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- REVUE DES SCIENCES
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- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ETuA L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A I/INDUSTIUE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- ABONNEMENTS
- Paris. Un an. . — Six mois.
- 20 fr. b 10 fr. b
- Départements. Un an. . — Six mois
- Union postale. Un an. . — Six mois.
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- Prix du numéro : 50 centimes
- LES TRENTE-DEUX VOLUMES PRÉCÉDENTS SONT EN VENTE
- AVEC LE VOLUME DES TABLES DES DIX PREMIÈRES ANISÉES
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- sans
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- HONORÉ TAR M. LE MINISTRE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE D*UNE SOUSCRIPTION POUR LES BIBLIOTHÈQUES POPULAIRES ET SCOLAIRES
- RÉDACTEUR EN CHEF
- GASTON TISSANDIER
- DIX-SEPTIÈME ANNÉE
- 1889
- DEUXIÈME SEMESTRE
- PARIS
- G. MASSON, ÉDITEUR
- LIBRAIRE DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
- 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 120,
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- 17* ANNÉE. — N° 855.
- l*r JUIN 1889.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- LE GRAPHOPHONE
- 1)E M. CHARLES S V M >' E R T A IN TER
- L’art d’enregistrer la parole et de la reproduire à volonté qui n’avait été considéré, jusqu’à ces derniers temps, que comme une liante curiosité scien-tilique, sans aucune portée pratique, est à la veille de transformer les procédés ordinaires de la corres-
- pondance rapide, dont la sténographie et la machine à écrire représentaient jusqu’ici les procédés les plus parfaits.
- Cràec à de récents perfectionnements que l’Exposition universelle de 1889 vient révéler à la vieille Europe, perfectionnements dus en partie à Edison et en partie à M. Charles Sumner Tainter, l’art phonographique devient un simple procédé et l’appareil
- d’application accessible au [dus grand nombre comme le sont, à des titres différents, les vélocipèdes, les appareils de photographie, les machines à écrire, etc.
- Ayant fait connaître récemment1 le nouveau phonographe d’Edison, nous croyons devoir présenter aussi à nos lecteurs le graphophone de M. Tainler, à qui l’on doit le plus grand nombre des perfectionnements de principe qui ont contribué à faire passer
- 1 Voy. n° 831, du 4 mai 188t), p. 503.
- 17e année. — 2e semestre.
- la phonographie dans le domaine de la pratique.
- En effet., les nombreuses modifications apportées au phonographe original d’Edison par les travaux de M. C. S. Tainter, font du graphophone un appareil entièrement original et nouveau n’ayant de commun avec le phonographe que le but poursuivi et le principe général qui a inspiré tous les inventeurs, depuis le phonautographe de Scott, et les idées générales émises par Charles Cros, avant la première réalisation matérielle, effectivement due à Edison.
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- J, A NAT U HE.
- (le point historique vidé, passons à la description de l’appareil de M. C. S. Tainter dont les premiers travaux sur la question remontent à 1885.
- L’idée principale qui caractérise et différencie essentiellement le graphophone de M. Tainter du phonographe d’Edison consiste dans la substitution du découpage de la cire, de la gravure phonographique, au gaufrage Av, la feuille de plomb ou d’alliage employée par Edison.
- C’est grâce au découpage, employé dans les appareils plus modernes d’Edison, que la reproduction des sons articulés est devenue plus claire et compréhensible, même lorsque l’on n’a pas entendu au préalable les paroles prononcées devant, l'appareil. L’appareil comporte quatre parties distinctes :
- Le système mécanique d’entraînement du cylindre, Le système enregistreur {recorder), la; système répétiteur (reproducer),
- Le système moteur et régulateur de vitesse.
- Le système d’entraînement du cylindre est des
- COPEAU DE CIRÉ
- STYLE COUPANT
- Diagramme montrant le découpage produit par le style coupant de l'inscripteur.
- plus simples. 11 se compose d’un axe horizontal sur lequel est fixée une poulie recevant son mouvement du moteur par l’intermédiaire d’une petite corde. Deux petits boutons placés sur la droite de l’appareil permettent d’embrayer ou de désembrayer à volonté le, mécanisme d’entraînement.
- Les cylindres d’inscription sont en carton recouvert de cire : ils ont 15 centimètres de longueur et 5,2 cm de diamètre. Ils tournent à la vitesse angulaire normale de 180 à 190 tours par minute.
- L’avancement des systèmes reproducteur et Descripteur sur le cylindre est d’environ 26 millimètres par minute, et le cylindre peut enregistrer environ 1000 mots correspondant à une conversation de cinq minutes. Le pas du filet découpé par l’inscrip-teur varie entre 1/6 et 1/7 de millimètre.
- Le cylindre de carton recouvert de cire sur lequel se fait l’inscription vient s’engager cidre deux pièces demi-sphériques qui assurent un centrage partait et une mise en place rapide. Un système d’engrenages relie le mécanisme d’entraînement du cylindre à une vis horizontale dont le pas est calculé pour faire avancer horizontalement de gauche à droite, à une \itesse de 26 millimètres par minute environ, les appareils d’inscription et de répétition qui se substi-
- tuent l’un à l’autre suivant les [(bases de fonctionnement de l'appareil.
- L’appareil d’enregistrement se compose essentiellement d’une lame mince de mica sur laquelle est fixée une lame coupante (fig. 5) qui vient s’appliquer contre le cylindre en carton recouvert de cire. La plaque est maintenue par sa périphérie dans une monture en bronze portant un pas de vis qui vient s’engager sur la vis horizontale servant à l’entraînement longitudinal du système inseripteur. Normalement, la monture appuie légèrement sur le cylindre par une partie formant arête mousse : la [tointe dépasse un peu et décrit une line spirale à la surface du cylindre en découpant un copeau de cire [dus fin qu’un cheveu. Si l’on vient à parler devant l’appareil, les vibrations de la plaque enfoncent plus ou moins la pointe à découper et creusent un sillon plus ou moins accidenté, comme le montre à une grande échelle la figure o. L’inscription ainsi obtenue est d’une extrême finesse, et la partie utilisée d’un cylindre ne se distingue de la partie blanche — s’il est permis d’appeler ainsi la partie noire du cylindre qui n’a pas encore servi — que par l’aspect
- Fig. 4. — Système reproducteur du graphophone.
- mat de la fine rayure hélicoïdale découpée à sa surface. 11 faut de lions yeux pour distinguer les petites irrégularités produites par les grands éclats de voix.
- Le système de reproduction est absolument distinct du système d'inscription, et c’est là une modification heureuse qui a contribué à rendre l'appareil pratique. M. C. S. Tainter n’a pas cherché, en effet, à reproduire la parole à haute voix : il s’est surtout attaché à réaliser un appareil parlant faiblement, mais nettement, et permettant de répéter un grand nombre de fois le phonogramme sans détériorer sensiblement, l’inscription.
- A cet effet, le système de répétition qui se substitue au système d’inscription, se compose d’un petit appareil en ébonite (fig. 4) dont l'extrémité se termine par une légère pointe en acier t articulée comme un levier dont l’une des extrémités s’appuie sur le cylindre et porte une ficelle tendue k, attachée au centre d’un disque mince en celluloïd e de 18 à 20 millimètres de diamètre seulement. La pointe en acier, rencontrant la surface accidentée de la rainure tracée sur le cylindre recouvert de cire, transmet ses vibrations au petit disque de celluloïd par l’intermédiaire de la ficelle tendue, et de là par un tuyau de caoutchouc fixé en f à deux petits cornets qui se fixent aux oreilles de l’auditeur.
- La figure 1 montre l'appareil fonctionnant pendant la phase d’inscription, et la figure 2 la [(hase
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- LA A AT LH K.
- d’auditiom Les paroles répétées par le graphophone étant aussitôt transcrites à la machine à écrire.
- Système moteur. — Les premiers graphophones construits en 1X85 et 1886 étaient actionnés à la main. On a essayé des moteurs électriques, des moteurs à eau, des moteurs à ressorts et à poids.
- | Chacun d’eux présente des inconvénients spéciaux | et a été abandonné, dans les plus récents modèles,
- | pour un moteur à pédale d’une construction très | simple. L’entraînement du cylindre se fait, par l'in-: termédiaire dç deux plateaux de friction couverts de 1 leathero'ide (succédané du cuir) qui restent en con-! tact jusqu'au moment oîi la vitesse angulaire de 1 l'appareil est suffisante. A partir de ce moment, un régulateur à force centrifuge agit pour séparer le I plateau fixé sur l'arbre au moteur à pédale et le 1 plateau fixé sur l’axe commandant le phonographe ; par l’intermédiaire d’une courroie, afin d’amortir les vibrations mécaniques qu’un embrayage non élastique pourrait transmettre.
- A partir de ce moment, Taxe de la pédale tourne à vide et n’entraîne plus l’arbre de l’appareil jusqu’au moment où la vitesse se ralentit assez pour produire de nouveau l’embrayage, il suffit donc que la vitesse angulaire du moteur soit plus grande que celle de l’appareil pour assurer à ce dernier une vitesse angulaire constante et indépendante du plus ou moins de régularité du système moteur.
- Cette disposition d’embrayage par friction, bien que très ancienne comme principe, est ici fort, ingé-‘ nieusement et fort simplement appliquée. La puissance mécanique dépensée pour actionner la pédale est bien inférieure à celle qu’exige une machine à coudre du plus petit type courant : c’est dire que l’opérateur n’éprouve aucune fatigue de ce chef.
- Le type simple, classique, que nous venons de décrire, peut être modifié pour résoudre un certain nombre de problèmes particuliers.
- S’il s’agit, par exemple, d’enregistrer une conversation entre deux personnes, le tube de l’in-seripteur est bifurqué et porte deux embouchures devant chacune desquelles parle successivement — et à la rigueur ensemble — chacun des deux interlocuteurs.
- S’il s’agit de garder une copie — une phonographie serait le mot plus exact — des paroles prononcées devant l’appareil et envoyées à un correspondant, l’appareil porte deux cylindres et réalise deux inscriptions simultanées et distinctes.
- Le mode d’exploitation de l’appareil est le suivant : la Compagnie loue un appareil à raison de 40 dollars (200 francs) par an, et donne gratuitement 50 cylindres. Des cylindres en nombre illimité sont vendus aux abonnés à raison de o cents (15 centimes) pièce : ces cylindres s’expédient par la poste dans de petites boîtes en bois pour 10 centimes.
- Sous réserve du prix élevé de la location, ce système nous parait très ingénieux et pratique, surtout si la Compagnie publie périodiquement une liste complète de tous les abonnés au graphophone, afin de n’en-
- voyer des messages de celte nature qu’à bon escient.
- Voici dans quel cas l’appareil est le plus soin ont employé en Amérique.
- Un homme d'affaires quelconque, commerçant, industriel, etc., dicte les réponses à ses lettres à un graphophone aussi vite que la parole le lui permet : les cylindres sont alors réunis ailes secrétaires qui, à l’aide d’une machine à écrire (fig. 2), transcrivent les lettres dictées en caractères typographiques. Le graphophone supprime donc un sténographe exercé et permet de partager la besogne de transcription entre un certain nombre de phonographistes, alors qu’un sténographe est obligé de faire lui-même la transcription de ses signes cabalistiques souvent difficiles à interpréter par un autre que par lui-même.
- Enfin, pour les nouvelles do la dernière heure, lorsque le temps matériel de la transcription fait défaut, il suffit d’envoyer le phonogramme au destinataire qui, muni d’un appareil identique, écoute une première fois son courrier, transcrit ou fait transcrire les phonogrammes les plus importants, garde les originaux et détruit les autres après en avoir pris suffisamment connaissance.
- Nous n’en finirions pas s’il nous fallait énumérer les innombrables applications réservées au graphophone sous sa forme actuelle, le dernier mot de la simplicité.
- Espérons qu’il nous sera donné avant peu de jouir pratiquement des avantages de la graphophonia et de faire mentir chaque jour le proverbe :
- Verba volant, scripta manent.
- E. Hospitalier.
- GASTON PLANTÉ
- L'un des représentants les plus autorisés de l’électricité, M. Gaston Planté, vient de mourir, le 21 mai 1889, à l’àge de cinquante-cinq ans.
- Gaston Planté occupait une place à part dans le monde scientifique; il n’appartenait à aucune école, et n’avait aucune attache officielle; par sa situation de fortune, qui lui assurait l’indépendance, il avait pu toute sa vie s’adonner aux recherches de l’électricité aux progrès de laquelle il a tant contribué.
- Gaston Planté passa son enfance dans un vaste appartement du Marais, à Paris, rue de la Cerisaie. Cinquante ans après, il y habitait encore et il ne quitta cette installation, qui fut le théâtre de tous ses travaux, que quelques années avant sa mort.
- C’est en 1860, après de patientes recherches sur les courants secondaires, que Gaston Planté construisit le premier élément de pile secondaire ou accumulateur. Cette découverte considérable, l’une des plus remarquables de notre époque, excita au plus haut point l’étonnement de l’Académie des sciences et des physiciens. L’avenir a donné la mesure de son importance. On sait qu’il n’est pour
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- L A NAÎT H K.
- ainsi dire pas aujourd'hui d'installation d’électricité où l’on n’ait recours aux accumulateurs, précieux réservoirs d’énergie électrique. Les types de ces appareils sont actuellement multiples, mais, quel que soit le nom qu’ils portent, on peut les considérer tous comme des accumulateurs Planté, de même que les divers modèles d’injecteurs de machines à vapeur, sont en réalité des injecteurs Giffard.
- Gaston Planté construisit, dans son cabinet de physique, une immense batterie d’accumulateurs qu’il chargeait lentement avec deux éléments 'Bunsen, et qui, accouplés en tension par milliers d’éléments, lui permettaient d obtenir des manifesta lions électriques imposantes, au moyen desquels l'illustre inventeur est arrivé à reproduire artificiellement les phénomènes naturels, depuis les aurores boréales jusqu’à la foudre globulaire1. Je me rappelle avoir souvent assisté jadis aux expériences grandioses'de Gaston Planté ; elles n’étaient pas sans péril, car les électrodes qu’il maniait, eussent pu frapper de mort l’expérimentateur inhabile. Le jeune physicien était autrefois aidé dans ses expériences, par son père,qui avait une ardeur toutejuvénile; lier de son iils au delà de tout ce qu’on peut dépeindre, scs yeux brillaient de joie quand on en faisait l’éloge.
- Touchante affection, que celle de ces deux hommes si étroitement unis; ils échangeaient toutes leurs idées, travaillaient toujours ensemble, et souvent le soir, pour se reposer des recherches de la journée, ils se livraient à la lecture des philosophes. Les œuvres de La Bruyère et de Pascal, étaient leurs ouvrages favoris.
- Quand Gaston Planté perdit son père, il en éprouva une douleur extrême, dont il ne se consola jamais. Fréquentant souvent la famille de ses frères, dont l’un d’eux, Francis Planté, est le musicien bien connu, il se plaisait néanmoins dans les recherches de son cabinet de physique. Sa santé n’était point vigoureuse, et il lui fallait prendre beaucoup de soins et de ménagements.
- Gaston Planté a continué ses travaux jusqu’à sa dernière heure; il les a résumés dans son livre impérissable, Recherches sur l'électricité, qui peut être considéré comme un des plus grands monu-
- 1 Tous tes travaux de Gaston Piaulé se trouvent exposés dans différents articles de la collection de La Nature, ('.(insulter les tailles des dix premières années.
- ments élevés à la science électrique. L’inventeur des accumulateurs n’avait pas seulement cultivé les sciences électriques; dans sa jeunesse H s’était adonné avec passion à l’étude de ht géologie et de la paléontologie : ou lui doit la découverte, dans le conglomérat de Meudon, des débris d’un remarquable oiseau éocène, auquel Constant Prévost a imposé le nom de.Gastornis (oiseau de Gaston). Cette découverte, faite en 1855, produisit un véritable événement en paléontologie. Gaston Planté avait une érudition universelle, son appartement n’était pas seulement un sanctuaire de la science expérimentale, un atelier du praticien avec tout son outillage, c’était aussi une bibliothèque où étaient méthodiquement rangés, dans une série de pièces successives, des
- ___________________milliers de livres et de
- publications scientifiques. Le savant physicien était un causeur incomparable : son esprit brillait par la gaieté, le trait, la finesse et la bienveillance. Gaston Planté était la modestie même; il ne s’occupa jamais pour lui, ni de s’attirer des honneurs, ni de demander quoi que ce soit, mais quand il s’agissait de rendre service à ses amis, il partait en campagne, et devenait solliciteur. Il avait au plus haut point le sentiment de la justice, et se révoltait à l’idée d une faveur ou d’une récompense qui échappait a celui qu’il en jugeait digne. Son cœur était aimant et tendre, et ses amis avaient pour lui une affection sans bornes Quelques années avant, sa mort, Gaston Planté hit élevé au grade dotïicier de la Légion d'honneur ; il méritait beaucoup plus, et sa place était à l’Académie des sciences. Mais le laborieux physicien ne recherchait pas les distinctions ; il était heureux dans son cabinet de physique, ou dans sa villa de Bellcvue et il se plaisait par-dessus tout dans la pratique du travail et dans l'intimité des siens ou de ses amis.
- Gaston Planté aura vécu modestement sur cette terre; il n’y fit pas de bruit, y tint une petite place; niais contrairement à ceux qui y passent avec fracas et ne laissent après eux rien de durable, il y aura semé le germe d’une moisson féconde pour l’avenir.
- Le nom de Gaston Planté est inscrit pour la postérité à côté de ceux des Vol ta, des Ampère, et des immortels fondateurs de la science électrique.
- Gaston Tissandier.
- Gaston Planté, mort à Itcllcvuc, près Paris, lu 21 mai 1889, à l’âge (le 5a ans. (D’après une photographie de M. Alophe.
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- L A NA Tl 11 11.
- L'ÉTABLISSEMENT NATIONAL
- DE PISCICULTURE DE BOUZEY
- PRÈS KPINAL
- La Nature a décrit récemment un certain nombre de laboratoires destinés à l’étude scientifique de la faune maritime des stations de Roscoff, de 11a-nyuls-sur-Mer, d’Àrcachon, des Sables-d’Olonne et d’Alger. Nous donnons aujourd’hui quelques renseignements sur un établissement de pisciculture d’eau douce récemment installé par l’Etat, dans les Vosges, à Bouzey, près d’Epinal.
- La question du repeuplement des eaux douces est
- Fig. 1. — L’établissement national de pisciculture de Bouzey. — afin d'abriter les jeunes poiss
- plus que jamais à l’ordre du jour. A la suite d’un discours humoristique prononcé à la Chambre des députés, le 19 novembre 1888, au sujet de la réglementation de la pêche du saumon, le Ministère des travaux publics a institué récemment une Commission composée de savants ichlyologues et d’ingénieurs des ponts et chaussées, chargée d’étudier à nouveau cette question si importante pour l’alimentation et la prospérité du pays. Enfin, tout récemment, une société d’aquiculture vient de se fonder sous l’impulsion de l’initiative privée, en vue de favoriser le repeuplement de nos cours d’eau.
- Le moment semble donc opportun de taire connaître à nos lecteurs les efforts que l’État a faits
- Bassins d’élevage des Salmonidés, couverts eu partie de planches ms. (D’après une photographie.)
- dans le même but, depuis quelques années.
- L’établissement de Bouzey n’a pas de prétentions scientifiques; son objectif n’est pas d’étudier des méthodes nouvelles, mais de vulgariser celles qui ont fait leurs preuves et de mettre gratuitement des œufs ou des alevins à la disposition des personnes qui s’adonnent au repeuplement des cours d’eau. Il 5 n’a fait que suivre les traditions de l’étahlissement ] créé à Huningue, en Alsace, qui, avant la guerre de 1870, traitait annuellement près de 20 millions j d’œufs, dont 6 à 7 millions de Salmonidés.
- La construction du canal de l’Est, qui réunit la Meuse à la Moselle et à la Saône, a nécessité l’établissement, près d’Epinal, d’un réservoir d’alimentation de 7 millions de mètres cubes. L’administra-
- tion a dû acheter, en 1878, pour établir ce réservoir, divers étangs ainsi que les bâtiments d’une ancienne féculerie dont ils dépendaient. Ces diverses installations pouvaient facilement être utilisées pour l’organisation, sur une échelle modeste, d’un établissement de pisciculture appelé à continuer les traditions de celui que la guerre nous avait enlevé. Les travaux, décidés le 6 août 1880, furent terminés assez à temps pour qu’on pût commencer les premières opérations à la fin de l’année 1881.
- L’établissement de Bouzey (fig. 1) est situé à 8 kilomètres d’Epinal et à 3 kilomètres de la station de Darnieulles. Les bâtiments sont contigus à un chemin de grande communication sur lequel s’ouvre l’entrée principale et les bassins régnent dans l’es-
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- LA NATUHE.
- Réservoir d'alimentation du canal de l'Ést.
- pace compris entre ce chemin et la digue du réservoir de Bouzey. Les bâtiments (tîg. 2) comprennent actuellement un labo ratoir e ou atelier d’incubation, un bureau, des magasins, des ateliers, une glacière et le logement du garde chargé de la sur-veillance. Le laboratoire a 10,50 m de longueur et 11,50 m de largeur; il contient six tables d’incubation fixes de 6,60 m de longueur chacune et 0,85 m de largeur (fig. 3
- d’une conduite souterraine de 200 mètres de lon-
- par
- une
- rieure spéciale
- Les rigoles inférieures sont alimentées
- rigole exté-
- //s/////
- Limited e l'etabl is*4 ment de pisciculture
- Fig. 2. — Plan de l’établissement de pisciculture de Bouzey. — 1. Laboratoire.— 2. Bassin des reproducteurs. — 3. Bassin d’élevage des Salmonidés. — 4. Rigole frayère des Salmonidés. — 5. Frayères des Cynrinidés. — 6. Bassin des Cyprinidés. — 7. Déversoir. — 8. Décharge du fond.
- à 5) ; elles sont disposées sur ~ trois rangs et on peut circulerentreelles.
- Sous toutes ces tables sont creusées, en contrebas du sol, des rigoles, dites rigoles inférieures, qui peuvent être utilisées soit pour l’incubation, soit pour l’élevage et la conservation des poissons. Le fond des tables est formé de dalles en ardoise et les parois sont en ciment. Le long du mur de droite sont disposés quatre bassins pour la conservation des poissons ad ultes pendant l’hiver.
- Outre les tables fixes, on place suivant les besoins, dans les espaces vides, des tables mobiles en bois de sapin, garnies de zinc, de dimensions diverses ; toutes les tables sont munies de couvercles en sapin qui préservent les oeufs d’une trop grande lumière en dehors des moments alîectés au triage et au nettoyage. Les œufs sont placés sur des claies a baguettes de verre posées sur les tables.
- Tables et bassins sont alimentés par un réservoir de 12 mètres cubes situé au droit de l’angle sud-ouest du laboratoire; celui-ci reçoit ses eaux du réservoir de Bouzey au moyen
- qui sert également de frayère pour les Salmonidés (fig. 2, n° 4). Le laboratoire est chauffé en hiver au moyen de deux poêles Phénix afin d’empêcher la congélation de l’eau dans les bassins.
- À l’entrée de 1’établissein’ent, se trouvent deux appareils à cascades alimentés par le réservoir. Le bureau est
- Fig. o. — Pian du bâtiment. — 1. Tables d’incubation et rigoles de premier élevage au-dessous. — 2. Bassin de premier élevage. — 3. — Décharge des rigoles du premier élevage.
- -6,60.
- Fig. 4. — Coupe en long d’une table d’incubation. a. Tuvau d’alimentation. — b. Grillage. — c. Déversoir.
- Fig. 5. — Coupe suivant AB.
- placé à gauche de l’entrée. 11 contient un poste télégraphique communiquant avec le bureau de l’ingénieur du canal, à Epinal. Les magasins où sont rangés les appareils de transport et les accessoires divers sont placés derrière le bureau; on y accède soit par le laboratoire, soit par l’extérieur.
- Les étangs et bassins extérieurs (fig. 2, nos 5 et 6) sont au nombre de dix et ont des dimen-sions variables; ils étaient destinés à la reproduction et à l’élevage des Cyprinidés (carpes, tanches, etc.,) mais ils n’ont pu encore être utilisés; il s’y est produit, en effet, des sources de fond très fraîches qui sont contraires à la fraie des poissons de cette espèce.
- La rigole frayère des Salmonidés, que nous avons mentionnée plus haut, alimente deux grands bassins maçonnés (lig. 2, n° 2) situés contre le bâtiment et dans lesquels sont conservés les reproducteurs de Salmonidés. Immédiatement en arrière de ces bassins, et à environ 3 mètres en contre-haut, sont creusés quatre bassins (fig. 2, n° 3) pour l’élevage des jeunes trui-
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- LA NATUBE.
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- tes. D’autres bassins de forme irrégulière, situés au pied de la digue du réservoir de Bouzey, entre la rigole frayère et la rigole de prise d’eau du canal, servent également a l'élevage des Salmonidés.
- Les bâtiments et leur aménagement, les étangs et, en général, les dépendances de l’établissement représentent au total une dépense de 80 000 francs.
- On traite actuellement chaque année, pendant la campagne d’hiver commençant le 1er novembre, plus de 2 millions d’œufs de Salmonidés (truites d’espèces diverses, saumon, ombre chevalier et fera) et, pendant la campagne de printemps commençant le 1er avril, environ 300000 œufs d’ombre commun.
- Ces œufs proviennent, pour la plupart, de Suisse et d’Allemagne; les principaux fournisseurs d’œufs sont : MM. Glaser, de Bâle; Lacubli, d’Ermatingen; de Dietrich, deMuttershausen. La France, représentée principalement par M. Chauvassaignes, de Clermont-Ferrand, ne fournit que des œufs de truite. Enfin, les reproducteurs nés et élevés à Bouzey fournissent annuellement environ 40 000 œufs de truite saumonée. Les œufs sont reçus tout fécondés; ils sont triés et mis en incubation à l’établissement qui les réexpédie aux destinataires lorsqu’ils sont embryon-nés et près d’éclore. A ce moment, ils sont moins difficiles sous le rapport de la qualité et de la température de l’eau et le triage des œufs morts n’exige plus des soins aussi incessants.
- Suivant les pratiques de l’établissement de Hunin-gue, on distribue gratuitement aux particuliers et aux sociétés qui possèdent des appareils d’éclosion la plus grande partie des œufs embryonnés. Les destinataires n’ont à supporter que les frais de transport par chemin de fer.
- Tous les œufs embryonnés non distribués éclosent à l’établissement et, après la résorption de la vésicule vitelline, sont répandus à l’état d’alevins dans les cours d’eau du département des Vosges et des départements limitrophes. 11 est rare qu’on transporte les alevins à plus de 100 kilomètres de distance, car on s’exposerait à des pertes que les variations dë température, quelque précaution qu’on prenne, rendent inévitables. Enfin, dans la mesure de ses moyens, l’établissement de Bouzey prête aux pisciculteurs des claies en verre et des appareils de transport d’alevins, afin de leur permettre de faire établir eux-mêmes des appareils analogues au moyen des ressources dont ils disposent.
- Afin de permettre d’effectuer ces opérations qui se renouvellent chaque année, l’État affecte à l’établissement de Bouzey un crédit annuel de 25 000 ir.
- Depuis sa création, l’établissement de Bouzey a traité 13 millions d’œufs; il en a distribué 10 millions, dont 2 millions et demi à l’état d’alevins. Les pertes de toute nature sont ensemble de 3 millions d’œufs, soit 23 pour 100.
- Comme on le voit, l’État s’est imposé de sérieux sacrifices pour arriver au repeuplement des cours d’eau. Les résultats, il faut bien le dire, sont difficiles à constater et n’ont peut-être répondu jusqu’ici
- que faiblement à ses efforts; mais au moins a-t-il propagé les bonnes méthodes, et il n’est pas douteux que si les particuliers suivaient son exemple, son rôle de distributeur d’œufs et d’alevins pourrait bientôt faire place à d’intéressantes expériences sur l’acclimatation d’espèces étrangères, sur les croisements, sur la domestication des principales espèces, sur le développement comparatif de poissons placés dans des conditions différentes d’éclosion, d’espace et de nourriture, sur tant d’autres questions enfin sur lesquelles la science ne possède encore que des données fort incomplètes.
- Le projet des installations que nous venons de faire connaître a été dressé parM. Gauckler, aujourd’hui inspecteur général des ponts et chaussées; la construction et l’exploitation ont été confiées aux ingénieurs du service du canal de l’Est, en résidence à Epinal. X..., ingénieur.
- LES SCIENCES ANTHROPOLOGIQUES
- A l’exposition UNIVERSELLE DE 1889
- Le public se presse en foule à l’Exposition préhistorique dans le Palais des Arts libéraux attribué k l’Exposition rétrospective du Travail et des Sciences anthropologiques; l’esprit humain éprouve un attrait toujours puissant à se reporter vers ce lointain passé absolument inconnu, il y a à peine quelques années, et k retrouver de vieux ancêtres dont le souvenir avait disparu avec les âges écoulés. Ce sont là les considérations qui ont amené la commission de l’histoire du travail, à remonter le cours des siècles et k présenter aux Français actuels les plus anciens habitants de nos régions. Un de ses membres les plus éminents, le docteur Hamy, a été chargé de l’exécution et il serait difficile de dire avec quelle conscience et avec quel talent il a rempli sa tâche. Les crânes, les os longs ont été moulés sur ceux conservés dans nos musées. Les outils, les armes, les vêtements, les ornements sont une reproduction aussi exacte que possible de ceux que les fouilles ont donnés. M. Ilamy a trouvé en M. Hébert un artiste du premier mérite capable de le comprendre et de le seconder. A eux deux, ils sont arrivés à la perfection du genre; ce mot de perfection n’est pas ici déplacé.
- Les premiers hommes, ou pour parler plus exactement, les plus anciens hommes dont jusqu’ici nous connaissons l’existence sont aux pieds d’un arbre qui leur assure un misérable abri ; ils s’efforcent d’apoin-tir des silex pour blesser plus sûrement l’animal que la ruse seule leur permet d’approcher. Les arcades sourcilières sont proéminentes, le crâne est fuyant; tout dans l’apparence de ces hommes indique une race encore sauvage et barbare.
- La scène suivante représente le vieillard de Cro-Magnon ; sa taille est élevée, son corps bien proportionné, son visage reflète la vigueur et l’énergie. Il possède une caverne qu’il a enlevée aux ours et aux l'auves qui vivent autour de lui; il connaît le feu, il
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- LA NATURE.
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- Fig. 1. —Le dolmen à l’Exposition des arts préhistoriques, Palais des Arts libéraux au Champ de Mars de Paris. (D’après M. Uamy.)
- sait cuire ses aliments. La chasse a été fructueuse, il rapporte sur ses épaules un quartier de cerf; une tète d’ours, des os épars dans la caverne indiquent que la viande est la base de la nourriture de la famille. La femme attend avec soumission le retour du maître ; plus tard elle portera au front les marques de sa brutalité; une hache en silex lui fera une vigoureuse entaille et le'travail de réparation que l’on constate sur le crâne montre qu’elle a survécu à sa dangereuse blessure Un autre membre de la famille grave sur le bois d’un renne un dessin ou un essai d’ornementation, il prépare un de ces mystérieux objets auxquels on donne, foute d’un meilleur, le nom de bâtons de commandement. Les troglodytes du Périgord ont déjà des goûts artistiques développés et l’on est étonné des résultats auxquels ils arrivent avec les misérables outils à leur disposition1.
- La civilisation marche, l’homme ensevelit les siens, il leur élève des tombeaux; voici le dolmen construit par ses soins, il sculpte sur les parois des signes encore inintelligibles (fig. 1). La pierre taillée à grands éclats ne lui suffit plus; il polit les roches les plus dures, par un frottement prolongé sur d’autres pierres. Ceux que ces questions intéressent peuvent, en étudiant la magnifique collection du
- 1 On peut voir à l’Exposition les remarquables bois travaillés qui formaient la collection de M. de Lastic, et que sa fille a bien voulu nous confier. Il est impossible de ne pas mentionner
- Fig. 2. (D’après MM.
- Danemark, constater à quelle perfection l’art néolithique, on ne peut lui donner un autre nom, est arrivé. Quand le silex fait défaut, l’homme n’hésite
- pas à fouiller la terre; il creuse des puits et les fait communiquer par des galeries souterraines. MM. Cartail-hac et Boule nous donnent la reproduction d’une de ces exploitations primitives, celle de Mur de Barrez (Aveyron) qu’ils ont retrouvée. Les mineurs ont percé les couches dures, ont cheminé dans les galeries, ont réparé avec intelligence les éboulements. On reste confondu à la pensée que tous ces travaux
- souvent si considérables ont été exécutés avec quelques silex, quelques pics en bois de cerf, dont les débris jonchent encore la mine abandonnée.
- A côté de l’homme qui polit une hache, un potier façonne un de ces vases que l’on trouve en grand nombre sous la plupart des mégalithes. Non seulement l’homme enterre son semblable, mais il a le soin de placer auprès de lui les vivres, les armes, les outils de sa profession, tout ce qui peut être utile dans cette vie nouvelle qui commence pour lui. 11 plaît de retrouver chez nos vieux ancêtres cette pensée si profondément empreinte dans le cœur de l’homme, que tout ne finit pas avec la vie mortelle qui s’écoule si rapidement.
- aussi le bâton de commandement trouvé à Montgaudier par M. Paignon et dont La Nature a déjà parlé. C'est un des plus beaux spécimens de l’art des troglodytes.
- — Une boutique gallo-romaine, fléron de Villcfossé et S. Heinach.)
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- LA NATLIU
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- I’ig 3, — I(e ti«sage (les Égyptiennes au temps des Pharaons, (D'après M. Maspero.)
- ig. 1. — La fabrique d’un potier athénien (D’après M. Perrot.) — Modèles de l’Exposition des sciences anthropologiques au Palais des Arts libéraux du Champ de Mars de Paris. (D’après des photographies de M. Balagnv.)
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- LA N AT U R K.
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- Les cavernes, les tanières creusées dans le sol ne suffisent plus aux néolithiques. Les stations lacustres, si nombreuses surtout en Suisse et en Autriche, montrent ce qu’étaient leurs habitations. Ils ne se contentent plus de peaux de bêtes jetées sur leurs épaules pour les préserver des froids rigoureux de l’hiver; ils savent cultiver les plantes textiles, tisser des étoffes encore grossières, il est vrai, et dont M. Hamy nous donne la reproduction fidèle.
- De nouveaux progrès se montrent, dus probablement à l’immigration de races étrangères; l’homme a appris à utiliser les métaux, à fabriquer le bronze par le mélange du cuivre et de l’étain. Nous avons sous les yeux son fourneau, ses creusets, ses moules, le soufflet, la pince, les outils dont il se sert. Tous ces objets sont exactement copiés sur ceux que possède notre admirable musée de Saint-Germain, trop peu connu malheureusement du grand public, à raison de son éloignement de Paris.
- Le fer vient d’Afrique ; ce sont des nègres qui, les premiers, l’ont travaillé. Il est impossible de ne pas s’arrêter devant ces types si curieux, de ne pas remarquer ces expressions si saisissantes que M. Hébert a su rendre avec tant de talent, non seulement chez les hommes préhistoriques, mais aussi chez ceux qui appartiennent déjààu domaine de L’histoire. Voici les Égyptiennes tissant les étoffes comme au temps des Pharaons (fig. o). Les scènes peintes ou gravées sur les murs des temples et des hypogées remontant aux plus vieilles dynasties sont reproduites par un habile artiste, M. Fauche-Gudin, sur les dessins donnés par notre savant égyptologue, M. Maspero. Plus loin, nous trouvons les premiers émailleurs chinois. C’est encore à un éminent membre de l’Institut, le marquis d’Hervey de Saint-Denys, que nous les devons. Le Ministre de Chine, à Paris, a tenu à présider lui-même à la toilette de ses nationaux ; il n’a pu qu’admirer la fidélité avec laquelle chaque détail, chaque accessoire ont été rendus.
- M. Ileuzé nous montre Part assyrien, et M. Perrot, en nous faisant connaître la fabrique d’un potier athénien, nous introduit au grand art de la Grèce. Quels admirables types ! Quelle simplicité et en même temps quelle élégance dans leurs produits ! On s’étonne parfois du rôle considérable joué par un pays si petit par sa superficie, si grand par ses œuvres. On s’étonnera moins en contemplant les figures que l’éininent directeur de l’École normale a reproduites avec une scrupuleuse fidélité. Une énergie douce et tranquille est peinte sur leur visage, on sent qu’ils ont la conscience de leur force (fig. 4).
- A côté d’eux, nos pauvres Gallo-Romains ne font pas grande figure. Arrêtons-nous cependant devant cette humble boutique, « Officina Prixtilli et Socio-rum » « Ad Amphoram rubram » (fig. 2). Le marchand montre ses poteries et ses figurines à la dame qui les marchande. Le type reproduit1 d’après des
- 1 Cette restitution est due à MM. Héron de Villefosse et S. Iteinacli. Eux aussi sont des maîtres qu’aucune difficulté ne peut arrêter.
- bas-reliefs n’est pas brillant ; nous sommes loin du vieillard de Cro-Magnon; les statuettes n’indiquent pas des goûts bien élevés, un sens artistique bien développé, et cependant ce sont là nos ancêtres et c’est de ces misérables débuts que nous sommes partis, pour arriver aux merveilles dont nous sommes les témoins éblouis.
- Nous aurions tort cependant de juger des Gallo-Romains par la pauvre boutique de Prixtillus. Regardons les vitrines de MM. Moreau et Nicaise; quelles admirables collections de verres, de poteries, d’épées; quels bijoux surtout! Toutes nos élégantes seraient heureuses de les porter.
- Les fouilles de Caranda dans l’Aisne sont célèbres pour tous ceux qui étudient le passé de notre pays et les progrès de l’art1. M. Moreau les a commencées déjà au déclin de la vie; il les poursuit avec une ardeur toute juvénile et chaque année des découvertes d’une importance capitale viennent récompenser ses efforts et son patriotique dévouement.
- M. Nicaise fouille dans la Marne; ses travaux montrent ce qu’ont été les progrès des hommes de la région de l’âge de la pierre aux temps historiques, et c’est avec un vif intérêt que l’on étudie dans sa collection, jusque dans leurs détails les plus minutieux, toute la série des âges de la vieille Gaule.
- Nous ne saurions terminer sans parler des excellents travaux de M. Rerger. Voici des moulages qui reproduisent les plus anciennes inscriptions connues. Quelle variété dans les modes employés par l’homme pour rendre sa pensée et quelle science il fallut pour les retrouver et les déchiffrer. Le génie de notre race se montre dans ses œuvres avec un éclat incomparable et c’est avec une admiration infinie qu’il faut saluer ces aspirations qui ont contribué, et qui contribuent si puissamment, à la grandeur de l’humanité. Marquis de Nadaillac.
- LE SABLE MUSICAL
- EXE KOCVELLE « MOXTAGXE 1)E LA CLOCHE »
- Je reviens d’un voyage de quatre semaines dans le désert du mont Sinaï, entrepris dans le but spécial d’étudier le Jebel Nagous , au sujet des recherches collectives du Dr. Alexis A. Julien et de moi-même sur le Sable musical. La « Montagne de la cloche » est située sur le golfe de Suez à 4 1/2 heures environ de Tor, parla route suivie par les dromadaires. Elle fut décrite pour la première fois par Seetzen en 1808, et depuis, elle a été visitée par Ehrenberg, Gray, Wellstedt, Rüppell’ Ward Nexvbold et feu le professeur Palmer ainsi que par un grand nombre de pèlerins. Mes observations confirment leurs relations du phénomène acoustique entendu, mais mes mesures diffèrent grandement de celles de tous les voyageurs, excepté peut-être le professeur Palmer.
- Le nom de Jebel Nagous est donné par les Bédouins à une montagne qui a presque trois milles de longueur et environ 1200 pieds de hauteur, composée de grès blanc portant de petits fragments et des veines de quartz. Des
- * Voy. n° 110, du 10 juillet 1875, p. 88.
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- LA N A TL LE.
- H
- côtés ouest et nord sont plusieurs grands bancs de sable ! brun formant des plans inclinés. Le sable sur une de ces pentes, à l’extrémité nord-ouest de la montagne, possède la propriété de produire des sons quand il glisse le long de la pente, soit par la force du vent, soit par l’action de l'homme. Je distingue ce banc de sable des autres en l’appelant la Bell Slope. 11 est de forme triangulaire et mesure 260 pieds à sa base, de 5 à 8 pieds au sommet, et a une hauteur de 591 pieds. 11 a la forte inclinaison de 51° presque uniformément. Il est borné par des falaises verticales de grès, et est interrompu vers la base par des rochers saillants de la même matière. Le sable est de couleur jaunâtre, très fin, et possède à ce degré d’inclinaison une curieuse mobilité qui le fait glisser, quand on y louche, comme de la mélasse ou de la poix, la dépression formée étant remplie par en haut. Le sable n’a aucun des traits caractéristiques du sable sonore qu’on trouve sur les plages. Quand il est poussé en bas avec les mains ou les pieds, on ressent une forte vibration et une note basse est clairement entendue qui ressemble au son d’une note basse tirée d’un orgue. La force et la continuité du son se trouvent en rapport de la masse de sable remuée, mais je crois que ceux qui le comparent au roulement lointain du tonnerre exagèrent. Les murailles rocheuses qui bornent le sable fournissent un écho marqué, qui peut avoir l’effet de grossir et de prolonger le son, mais qui n’est pas essentiel comme j’en ai fait ensuite la démonstration. Il n’y a pas de cavités où tombe le sable, comme cela a été rapporté à tort. Le pic du Jebel Nagous s’élève au-dessus de la Bell Slope à la hauteur de 955 pieds au-dessus du niveau de la mer, comme l’indique un baromètre anéroïde fonctionnant bien.
- Après avoir étudié la localité et le phénomène pendant plusieurs jours, je suis arrivé à la conclusion qu’il ne pouvait être unique comme on l’avait jusqu’ici supposé, et j’ai conséquemment étudié chaque pente de sable rencontrée sur la route des caravanes au nord de Suez. Le 6 avril, j’examinai un banc de sable incliné sur une colline n’ayant que 45 pieds de hauteur et fus récompensé par la découverte d’un second Nagous. Ce nouveau Nagous est dans le Wadi Werdan, à cinq minutes seulement de la roule des caravanes, et à un jour et demi de Suez à dos de dromadaire. Cette colline est appelée par les Bédouins Ramadan, et forme l’extrémité est d’une chaîne de petites collines qui a environ un quart de mille de longueur; comme ce sont les seules collines dans le Wadi, la localité peut être facilement trouvée par les voyageurs. Ces collines sont formées de grès congloméré et de gypse; leur pente vient du nord et monte graduellement; elles se terminent par de fortes falaises du côté sud. Le sable amené par le vent du nord est porté par-dessus les collines et repose sur la face inclinée, avec deux inclinaisons, 51° au-dessus et 21° ou moins au-dessous. En se servant des mains pour faire l’expérience habituelle, j’ai constaté que partout où le sable fin se trouve déposé à l’angle nécessaire pour produire la mobilité (51°), il produisait la note basse, quoique moins forte que sur la Bell Slope du Jebel Nagous. Dans un certain cas, mon ami et compagnon de voyage, M. Henry A. Sim, du service civil de Madras, qui a bien voulu m’aider dans mes recherches, entendit le son quand il se trouvait à 100 pieds de distance. Le sable Nagous se trouve à intervalles, sur les 500 mètres de collines basses; le banc principal à l’extrémité a i 50 pieds de large et 60 pieds de hauteur, mesuré sur la pente. Je remuai assez complètement le sable mobile sur
- celte pente, et le jour suivant, il ne produisit pas de son, n’ayant pas repris ses propriétés. La nuit entre ces deux journées fut très froide.
- J’ai la certitude que ce phénomène n’est pas très rare dans le désert, quoiqu’il se puisse que la production spontanée du son par le glissement du sable, comme au Jebel Nagous, le soit. Il reste à déterminer si le Rigli-Rawan, au nord de Caboul, est causé par des conditions semblables, mais je crains que les relations particulières qui existent entre l’Angleterre et la Russie ne m’empêchent de visiter l’Afghanistan septentrional.
- Notre drogman, Hanna Abusai), et les Bédouins qui nous accompagnaient furent grandement surpris de ma découverte d'un nouveau Nagous, et la croyance de ces derniers dans l’existence d’un monastère caché au cœur de Jebel Nagous, a été sérieusement ébranlée. Il est intéressant de noter que le nagous ou gong en bois est d’un usage journalier au monastère de Sainte-Catherine (mont Sinaï).
- J’ai pris des photographies du Jebel Nagous et j'ai recueilli de nombreux échantillons de roches et de sables. U. Carrington Bolton
- Le Caire, 20 aviil 1889. (de New-York).
- U MISE EN CULTURE
- DE 1,’OUEST DES ÉTATS-UMS
- Dès les premiers temps de la colonisation des Etats-Unis, il s’v est manifesté continuellement un mouvement d’exode vers l’Ouest, vers ce qu’on appelait dans le principe le Far West (l’Ouest lointain) et ce qu’on appelle aujourd’hui simplement l’Ouest, maintenant que tout le territoire de la Confédération a été traversé d’un Océan à l’autre par ce mouvement migrateur. Aujourd’hui il ne s’agit plus pour la foule des émigrants de se lancer à travers cet immense territoire inconnu, mais bien de mettre en culture une partie de ces terrains, bien connue à l’heure actuelle mais encore inoccupée. Cette mise en culture, cette occupation s’accomplit rapidement, comme on en peut juger par quelques chiffres. Pendant l’année fiscale qui finit au 50 juin 1888, le gouvernement a disposé de 16 519 076 acres du domaine public (en vertu de telle ou telle disposition de loi, préemption, législation forestière ou autre). Cette surface suppose la création de plus de cent mille nouvelles exploitations ayant chacune 160 acres de surface. Durant les huit dernières années, on a procédé au bornage de 124 000 000 acres de terrain du domaine public pour des établissements agricoles; cela représente 195 880 milles carrés, c’est-à-dire pins que l’étendue des quatre Etats suivants de la Confédération américaine : Illinois, Indiana, Ohio et Michigan. Dans cette surface de 124 000 000 acres, le Dakota a fourni 50 000 000 acres, le Kansas 18 000 et le Nebraska plus de 16 000. C’est d’ailleurs le Nord-Ouest qui contribue à ce mouvement pour la plus forte part. Et dans ces chiffres ne sont pas comptés les terrains concédés aux Compagnies de chemins fer le long de leurs voies et vendus par elles ; on estime qu’elles ont vendu ainsi 18 000 000 acres depuis 1880. Donc depuis huit ans la colonisation a occupé 142 000 000 acres de nouvelles terres appartenant au domaine public. Pour donner une idée de cette énorme surface, disons qu’elle dépasse la superficie de l’Allemagne et de la France; c’est deux fois autant que la Grande-Bretagne et l’Irlande réunies. — Et d’ailleurs, fait
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- LA NAÎTI5E.
- bien curieux à noter, cette prodigieuse colonisation de l’Ouest n’appauvri (nullement en population les territoires de l’Est; le flot de l’immigration européenne suffît à tout. Pendant cette même période de huit années, le vieux monde a envoyé 4 250 000 émigrants aux États-Unis. I). li.
- M DESTRUCTION DES HIRONDELLES
- MM. F. Billaud, L. Petit, et J. Vian ont re'ccm-ment adresse' un intéressant rapport à la Société géologique de France sur la destruction des Hirondelles qui s’opère aujourd’hui d’une façon tout à fait regrettable. Cette destruction a presque essentiellement pour but d’alimenter les provisions ornithologiques des modistes, à l’usage de la confection des chapeaux de dames, du genre de celui que nous reproduisons ci-contre. Nous croyons utile d’appeler à ce sujet l’attention de nos lecteurs en faisant connaître les faits cités dans le travail dont nous venons de parler.
- Depuis quelques années, le nombre des Hirondelles, qui revenaient au printemps dans nos départements du nord et du centre de la France, diminue notablement; les localités qu’elles avaient adoptées de temps immémorial pour y grouper leurs nids ont à peine reçu quelques couples en 1888, plusieurs sont même restées complètement désertes; et cependant les habitants de nos campagnes n’ont pas perdu le respect traditionnel des Hirondelles, et tous ceux qui ont su apprécier leurs services regrettent de ne plus les voir revenir. Yoici, à notre avis, une des principales causes de leur absence.
- H a été adressé aux naturalistes de Paris, aux printemps de 1887 et de 1888, des paniers contenant des Hirondelles mortes, mais en chair, non pas seulement par centaines, mais par milliers. Une partie de ces oiseaux, destinés aux modes, a été perdue par suite de l’impossibilité de tout préparer avant la putréfaction. Ces Hirondelles avaient été capturées dans le département des Bouches-du-Rhône, à l’aide de trois procédés : au filet, à l’hameçon, et à la pile électrique. Le dernier procédé nous paraît le plus destructeur et seul susceptible de donner plusieurs milliers de victimes en un jour.
- A la fin de mars, au retour des Hirondelles, les chasseurs tendent sur le bord de la mer de longs fils de fer, qu’ils soutiennent par des perches, ou aux rochers, avec des isolateurs ; les Hirondelles qui arrivent en bandes nombreuses, fatiguées par un long vol, se posent sur le
- fil qui leur barre la route ; le chasseur, caché par un rocher, met le fil en communication avec une pile électrique et toutes les Hirondelles tombent foudroyées.
- Si cette destruction continue quelques années encore, la France, dans dix ans, n’aura plus dîlirondelles que dans les collections.
- Et cependant, les trois espèces communes, l’Hirondelle rustique, l'Hirondelle de fenêtre et l’Hirondelle de rivage, sont des oiseaux essentiellement français, qui nous rendent de grands services dans les villes et dans les campagnes. Les services, les Hirondelles seules peuvent les rendre, car seules elles chassent au vol, de jour, souvent près de terre, et jusque dans nos habitations, les petits Insectes ailés, les Diptères, les Lépidoptères, les Né-vroptères.
- L’Hirondelle se nourrit exclusivement d’insectes ; douée d’une vue et d’une agilité merveilleuses, elle distingue de très loin les localités où la nourriture est abondante, s’y transporte rapidement et les purge en quelques évolutions. Elle chasse et mange toute la journée, c’est-à-dire 15 à 16 heures par jour au mois de juin; comme les Oiseaux de proie, elle rejette par le bec les parties indigestibles et digère très rapidement les parties nutritives; elle absorbe ainsi chaque jour, en insectes, deux ou trois fois le poids de son corps, qui varie de 17 à 22 grammes, suivant les espèces. Dans notre pays, où la culture intensive des champs et des jardins multiplie considérablement les Insectes, les Hirondelles sont plus utiles que jamais : nous devons donc leur continuer la protection qu’elles avaient jusqu’alors rencontrée en France.
- Nous pensons que, dans l’intérêt général, il est utile de signaler cette destruction des Hirondelles à MM. les Ministres de l’intérieur et de l’agriculture et de les prier d’inviter les préfets des départements riverains de la Méditerranée à défendre la chasse des Hirondelles, et à faire surveiller rigoureusement l’exécution des arrêtés pris dans ce but.
- MM. Billaud, Petit et Yian font appel aux autorite's ; nous essayerons de faire plus encore : nous nous adresserons à nos lectrices en parliculier et à toutes les dames en général, en les suppliant de bannir de leurs coiffures ces charmantes Hirondelles, petites bêles si gracieuses, qui nous rendent tant de services, et qui sont en même temps l’expression de l’indépendance et de la liberté.
- Pitié pour les Hirondelles. G. T.
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- LA NA TU P. K.
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- BALANCE APÉRIODIQUE
- Cette balance a été' construite dans le but d’accroître considérablement la rapidité d’exécution des pesées dans les laboratoires scientifiques et industriels.
- Les figures 1 et 2 donnent une coupe verticale et une vue d’ensemble de l’instrument.
- Un microscope fixe muni d’un réticule traverse les parois de la cage. Il est braqué sur un micromètre m. Ce micromètre est fixé a l’une des extrémités du fléau et porte un grand nombre de divisions.
- Avec cet appareil, le commencement des pesées se fait comme de coutume, à l’aide d’une série de poids, mais on s’arrête dans les essais successifs à un poids relativement élevé (au poids de 0,2g, par exemple) ; on laisse ensuite le fléau s’incliner sous l’effet de la petite dif férence de charge qui reste entre les deux plateaux. La division du micromètre qui correspond au fil du réticule du microscope varie avec l’inclinaison du fléau et donne la différence de charge entre les plateaux avec une grande approximation (au 1/10 de milligramme, par exemple). On évite donc ainsi tous les essais relatifs aux poids les plus petits, c’est-à-dire la partie la plus longue et la plus délicate de la pesée.
- Un organe indispensable de l’appa-reil est V amortisseur à air AA, qui empêche les oscillations de se produire et permet ainsi au fléau de se placer presque immédiatement dans la position d’équilibre.
- Après avoir essayé des amortisseurs magnétiques ou à liquide, j’ai fini par adopter, comme étant de beaucoup préférables, les amortisseurs à air. Ils se composent d’une ou plusieurs espèces de cloches (cylindres concentriques avec fond) suspendues au-dessous des plateaux et entraînées comme ceux-ci
- dans le mouvement de la balance. Au-dessous de ce système de cloches, se trouve un autre système analogue, mais renversé et fixe. Les cylindres des systèmes supérieur et inférieur sont de diamètres un peu différents, si bien qu’ils sont emboîtés les uns dans les autres, mais sans se toucher jamais. La coupe donne un système en chicane (iig. 1). Quand le fléau s’incline, le système supérieur pénètre plus ou moins dans le système inférieur, la quantité d’air varie sous la cloche. L’air ne peut pas circuler instantanément par le chemin long et rétréci qu’il est obligé de suivre entre les cylindres; il en résulte des variations dépréssion, qui durent un temps suffisant pour produire l’amortissement.
- On choisit ordinairement un amortissement tel que le mouvement de la balance commence à être apériodique sans charge dans les plateaux; avec la charge la plus forte dans les plateaux, on a alors deux ou trois oscillations rapides avant l’arrêt. Le micromètre est
- obtenu par un procédé photographique, il porte des chiffres et des traits distants de 1/20 à 1/50 de millimètre. Ce micromètre est rectiligne, les divisions sont équidistantes et la lecture laite au réticule du microscope est proportionnelle à la tangente de l’angle d’inclinaison du fléau. Cette tangente est précisément proportionnelle à la différence de poids. On constate, par expérience, que la précision des lecturès est supérieureaul/2000 de la plus grande différence de charge qui peut être lue au micromètre. La sensibilité est indépendante de la charge placée dans les plateaux. Pour que cette condition soit satisfaite, il est nécessaire que les arêtes des trois couteaux soient dans un même plan, et c’est précisément ce qui est parfaitement réalisé dans ces balances habilement construites.
- Les observations précises se faisant au microscope,
- Fig. 1. — Schéma de la balance apériodique.
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- LA NATURE.
- on est amené à donner à l’appareil une sensibilité angulaire beaucoup plus faible que dans les balances ordinaires et, par conséquent, à augmenter considérablement la distance entre l’axe de suspension et le centre de gravité du fléau. Ainsi, dans une balance ordinaire de 500 grammes, sensible à 1/10 de milligramme, cette distance était de 2/100 de millimètre ; dans la même balance, transformée avec la nouvelle disposition, cette distance était de 2 millimètres. Cette circonstance favorise l’indépendance de la sensibilité et de la charge ; car une très petite différence de niveau entre les arêtes des trois couteaux produit alors beaucoup moins d’effet pour diminuer la sensibilité. II y a encore un autre avantage, c’est que les mouvements de la balance sont très rapides, la durée d’oscillation étant à peu près proportionnelle à la racine carrée de la distance entre l’axe de suspension et le centre de gravité1. P. Curie.
- NÉCROLOGIE
- M. Ilalphen. — Georges-Henri Halphen, membre de l’Académie des sciences, dans la section de géométrie, où il avait remplacé M. Bouquet, en 1886, est mort à Versailles le 21 mai 1889 dans sa quarante-cinquième année. Né en 1844, il sortit avec honneur de l’Ecole Polytechnique, emportant l’estime de ses maîtres, qui avaient pu juger les qualités solides de cette brillante intelligence. Il embrassa la carrière militaire, sans toutefois abandonner les travaux de hautes mathématiques appliquées à la géométrie. 11 fut nommé examinateur des candidats à l’École Polytechnique. Il y a un an environ, il donnait sa démission de chef d’escadron d’artillerie pour se consacrer tout entier à la science. Ses travaux sur les équations différentielles, la théorie des cônes et les fonctions elliptiques, lui assurent iule place distinguée parmi les géomètres contemporains. Outre qu’il apportait une grande ingéniosité à la solution des problèmes et une l'art; clarté dans l’exposé des questions et la discussion des théories, il avait un talent particulier pour réaliser la simplification des méthodes. Les jeunes polytechniciens appréciaient son cordial accueil et la bonne grâce de ses manières. Ses nombreux amis, auxquels il laisse de vifs regrets, garderont le souvenir de ce savant aimable, de cet esprit délicat, qui fut à la fois un excellent géomètre et un brave soldat. F. 1).
- CHRONIQUE
- L’Exposition universelle «le 1889. — Le succès de l’Exposition va chaque jour en s’affirmant davantage. Toutes les installations vont être absolument terminées; les ascenseurs de la Tour Eiffel fonctionnent en partie, l’éclairage électrique du soir va être complète sous peu, et la foule des visiteurs continuera à envahir le Champ de Mars, de tous les points du monde. — En 1878, l’Exposition de Paris avait attiré le jour de l’ou-
- 1 Les premiers essais relatifs à cette balance ont été faits à l’Ecole de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris. La balance est construite par la Société centrale de produits chimiques. (D’après une note présentée à l’Académie des sciences.)
- verture 2(1 000 visiteurs payants; il y en avait 1 I I OflO à l’Exposition de 1889. Le maximum d’entrées payantes quotidiennes à l’Exposition en mai 1878 a été de 85 000; le maximum pour mai 1889 a dépassé 254000. Os chiffres ont leur éloquence et nous dispensent de tout commentaire. — Nous avons pris nos dispositions pour tenir nos lecteurs au courant de toutes les merveilles du Champ de Mars. Dans la présente livraison, nous décrivons le graphophone et l’Exposition anthropologique ; dans nos numéros suivants, nous parlerons des curiosités les plus intéressantes dont l’Esplanade des Invalides, le Champ de Mars et le Troeadéro offrent aujourd’hui une collection unique dansl’histoire de l’Immanité. La Nature a demandé une autorisation spéciale pour l’exécution de photographies dans l’Exposition; en outre l’un de nos praticiens les plus habiles auquel la photographie doit de nombreux progrès, M. Balagny, aidé de M. Jacques llucom, nous prête obligeamment son concours, et il parcourt avec ses appareils les galeries et les jardins de l’Exposition à l’intention de nos lecteurs. La Nature publie dans la présente livraison la reproduction de plusieurs remarquables photographies de M. Balagny. Outre nos collaborateurs habituels qui nous donneront des articles, MM. Max de Nansouty, David Napoli et Paul Gahéry, ont bien voulu se charger de traiter pour La Nature des sujets relatifs à l'Exposition universelle. Nous ne négligerons rien pour que les descriptions écrites par ces spécialistes, soient toujours accompagnées de gravures ou d’illustrations aussi exactes que précises et nos lecteurs peuvent compter sur notre zèle et notre activité pour les bien renseigner.
- Statistique des blessures de guerre. — Dans une conférence faite récemment à l’Association polytechnique militaire, M. le docteur Chassagne a montré que : dans la guerre de Crimée (1854-1856), avec un effectif total de 428 000 combattants, il y avait eu : 1 tué sur 53;
- 1 blessé sur 7. Dans la guerre d’Italie, en 1859, avec un effectif total de 405 000 combattants, il y avait eu : 1 tué sur 45; 1 blessé sur 7. Dans la guerre de 1870, avec 815 000 combattants, 1 tué sur 47; 1 blessé sur 7. Enfin dans la guerre turco-russe (1877-1879), avec 592 0Ô0 combattants, 1 tué sur 49; 1 blessé sur 7. De là nous pouvons conclure : l6 qu’un combattant a 1 chance sur 7~r d’être blessé et 1 sur 49 environ d’être tué; 2° qu’un général qui a fait compter le nombre des morts laissés par son adversaire sur le champ de bataille peut en déduire le chiffre total des pertes de celui-ci puisqu’il y a environ 7 blessés pour un mort. Le même auteur montre qu’il y a en ; dans la guerre d’Italie, trente-sept fois plus de blessés par la balle que par l’arme blanche et dix-sept de plus par la balle que par le canon. Dans la guerre de 1870, la même proportion s’est conservée entre la balle *
- et le canon. 17 contre 1. A. R, v?-
- •: v.
- I ne course à travers l'Atlantique. — Pendant-*.', le mois d’avril dernier, trois steamers des lignes transatlantiques les plus connues d’Angleterre se sont porté un défi pour la traversée des Etats-Unis en Irlande, ou plus exactement de Sandy Ilook (à New-York), à Browhead, sur la côte irlandaise. Ces trois steamers étaient le « Galba », de la ligue Cunard, le « City of Berlin », un des immenses vapeurs de la ligne Jnman, et enfin « l’Adriatic » de la ligne White Star. Tous les trois ils quittèrent Sandy Hook le 10 avril à 5 heures du soir, se dirigeant sur Queenstown. — Pendant les trois jours qui suivirent, hs trois paquebots ne purent arriver à se dépasser; et cependant leurs machines étaient menées a
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- toute vitesse. Tous les passagers suivaient cette lutte avec le plus grand intérêt, et les paris allaient grand train. Cependant le quatrième jour le « Gallia » gagna une bonne avance sur les deux autres, et cela au milieu des applaudissements enthousiastes de ses propres passagers; le « City of Berlin » laissait du reste derrière lui « l’Adriatic». Depuis ce moment ils ne se virent plus jusqu’à la fin du voyage, et voici l’ordre dans lequel ils sont arrivés. Le « Gallia » accomplit le voyage en sept jours, arrivant le 18 avril à 11 h. 45 m. du matin, devançant le « Berlin» de 2 h. 20 m.; le « City of Berlin » en effet n’arrivait qu’à 2 h. 5 m. après-midi, et « l’Adriatic » à 5 h. 25. Le résultat de cette course prouve du moins qu’on ne peut pas espérer obtenir une plus grande vitesse des machines et des bâtiments que l’on construit aujourd’hui.
- Photomètre enregistreur. — Le problème de la photométrie est des plus délicats ; il est encore loin dans bien des cas d’avoir reçu des solutions satisfaisantes. Il est intéressant de signaler les divers essais effectués dans cette branche de la physique. M. Dessendier vient de présenter à la Société de l’industrie minérale un photomètre enregistreur. Ce photomètre est basé sur le principe suivant, bien connu en chimie : si on soumet à l’influence de la lumière un mélange de volumes égaux d’hydrogène et de chlore, il se produit une quantité d’acide chlorhydrique proportionnelle à la quantité de lumière reçue. On prépare donc un mélange d’hydrogène et de chlore par l’électrolyse de l’acide chlorhydrique. Ce mélange est renfermé dans un tube de verre placé lui-même à l’intérieur d’un cylindre protecteur. Une petite ouverture permet à la lumière de pénétrer. Au fur et à mesure, il se forme une certaine quantité d’acide chlorhydrique qui est absorbé par un liquide, et le tube à gaz s’enfonce, le niveau des gaz diminuant. Le mouvement du tube est enregistré à l’aide d’un tambour tournant. On a donc des indications proportionnelles à l’intensité de la lumière. Bien que l’appareil paraisse encore assez compliqué en pratique, il mérite cependant d’attirer l’attention.
- Un nouveau tricycle aquatique. — Nous avons déjà signalé plusieurs fois divers systèmes de tricycles aquatiques. Nous trouvons encore dans le Scientific American la description d’un nouveau système, qui ne manque pas d’originalité. Ce tricycle consiste en une plate-forme fixée sur trois roues à palettes, deux sur un même plan en arrière et une à la partie antérieure. De cette plate-forme qui sert en quelque sorte de base, partent trois montants en fer qui viennent supporter une autre plate-forme placée à quelques mètres au-dessus de la première. C’est sur cette dernière que se trouve placée une petite machine à vapeur d’une puissance de quelques chevaux. Le mouvement de cette machine est transmis à un axe vertical et celui-ci transmet à son tour le mouvement à un axe horizontal placé sur la deuxième plateforme. Des chaînes partent de cet axe et viennent s’attacher sur les roues à palettes. Les voyageurs, qui peuvent être au nombre de trois ou quatre, se tiennent sur la deuxième plate-forme. Un 'gouvernail spécial permet d’agir sur la roue de devant et de la diriger à volonté.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 13 mai 1889. — Présidence de M. Des Cloizeadx.
- . Election. — La nomination de M. Berthelot comme secrétaire perpétuel avait laissé vacant un siège dans la
- section de physique. La section a présenté lundi dernier pour y pourvoir une liste de candidats comprenant : en première ligne, ex-æquo et par ordre alphabétique, MM. Henri Becquerel et Potier ; en deuxième ligne, ex-æquo et‘par ordre alphabétique, MM. Bouly, Gerncz, Mer-cadier et Violle. Au moment d’ouvrir le scrutin, le Président lit une lettre par laquelle M. Potier retire sa candidature. Les votants étant au nombre de 50, M. II. Becquerel est élu par 45 voix; MM. Mercadier et Violle en réunissent chacun 4 et M. Potier 2. Il y a 1 bulletin au nom de M. Gernez et 2 bulletins blancs. Nous adressons nos vives et sincères félicitations, non seulement à l’heureux élu, mais encore à son illustre père, M. Edmond Pecquerel, dont il devient le collègue.
- Nécrologie. — Nos lecteurs savent déjà la perte que les mathématiques et l’Académie viennent de faire dans la personne de M. Halphen, membre de la section de géométrie. Le défunt , qui n’avait que quarante-cinq ans, appartenait à l’Institut depuis deux ans déjà et parait avoir succombé à des accidents cérébraux consécutifs à l’excès du travail. —M.Berthelot fait part en même temps,en excellents termes, de la mort de M. Gaston Planté qui laisse en physique une trace si profonde par l’invention des accumulateurs d’électricité qui portent son nom. Ces appareils ont permis une véritable révolution industrielle dont les résultats incalculables nous profitent chaque jour. Aussi charitable que savant, M. Planté, qui durant sa vie avait déjà abandonné à la Société des amis des sciences le prix Lacaze que l’Institut lui avait décerné, a pris en mourant des dispositions très favorables aux physiciens : il fonde un prix et transforme ses propriétés de Bellevue en une maison de retraite pour les invalides de la science. J’ai personnellement eu le bonheur d’entretenir avec M. Planté des relations très amicales qui m’autorisent à consigner ici mes très sincères et très vifs regrets personnels.
- Carte de TAtlantique. — Une magnifique carte bathymétrique de l’océan Atlantique est déposée sur le bureau par M. Alph. Milne-Edwards. C’est le résultat des sondages exécutés par les croiseurs scientifiques Talisman et Travailleur dont les explorations, ont comme on s’en souvient, été dirigées par l’illustre naturaliste. Parmi les faits les plus nets qui ressortent de cette carte, il faut signaler l’existence d’une fosse très profonde qui sort de la Méditerranée pour aller se raccorder à la grande dépression déjà décrite dans la région moyenne de l’Océan.
- Maladie du peuplier. — Par l’intermédiaire de M. Duchartre, M. Prillieux décrit une maladie qui s’attaque au peuplier noir pyramidal. Déjà Yillemin en a décrit le début qui consiste à l’automne dans le dessèchement des rameaux par le fait d’un champignon. M. Prillieux ajoute aux actions déjà acquises le fait très intéressant que le champignon parasite affecte durant tout l’hiver la forme d’une très fine poussière olivâtre dont chaque grain est un corpuscule reproducteur et qui peut braver les intempéries les plus rudes sans en souffrir.
- Un parasite du maïs. — Il s’agit d'un insecte hémi-ptère, du genre Helia, voisin des pentatomes ou punaises des bois dont M. Laboulbèiie a étudié les caractères dans les Landes. A l’état adulte, l’animal mesure de 1 centimètre à 1 centimètre et demi ; mais, quand il est jeune il peut sans peine s’insinuer entre les grains des épis encore verts et y produire des ravages considérables : fauteur estime qu’en certains points un tiers ou même une moitié de la
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- récolte a ainsi été perdue. Les épis attaqués prennent souvent des formes contournées très singulières. 11 est intéressant de rappeler que c'est précisément un insecte de même genre que M. Pomel a récemment signalé
- de grandes quantités de
- Algérie
- comme détruisant en céréales.
- Étude sur les dépôts gypseux. —Un des membres les plus savants de l’Académie des sciences de Belgique, M. Alph. Briart, adresse un très important Mémoire sur l’origine des dépôts gypseux et gypso-salifériens. Sa conclusion est que tous ces dépôts dérivent de la mer et doivent être rattachés comme à un type exceptionnellement net au célèbre gisement du Stassfurth en Prusse. Nous ne pouvons analyser ce très important mémoire qui nous parait faire faire un pas décisif à la question si controversée jusqu’ici de l’origine de la pierre à plâtre.
- Varia. — Suivant son habitude, M. Tacchini adresse de Borne la statistique trimestrielle des phénomènes solaires, taches, facules, etc. ; il pense qu’un minimum de taches se prépare pour la présente année. — La conductibilité électrique des dissolutions salines est étudiée par M. Chroutschoff. —
- M. des Cloizeaux annonce la découverte de sulfate de baryte ayant la forme cristalline du feldspath andésite ; c’est le premier cas de dimorphisme chez un sulfate alcalino-terreux.
- — M. Le Chatellier continue ses recherches sur la dilatation aux températures élevées et traite cette fois des métaux. — On renvoie à la Commission du grand prix des sciences physiques un Mémoire de M. ilenne-guy sur le développement de la truite. — M. Sorel propose une nouvelle méthode de rectification des
- alcools. — Dans le Comité secret qui succède à la séance publique la Section de chimie présente une liste de candidats pour romplacer M. Debray ; en première ligne sont MM. Gautier et Moissan; en deuxième ligne MM.
- Fig. 1, 2 et 3. — Assemblages paradoxaux exécutés à professionnelle de Grenoble.
- de tous les ouvriers ; malheureusement, outre qu’il est très grossier, il ne présente point de chances de durée à cause de la pourriture des cordages; aussi aujourd’hui ne les emploie-t-on plus que pour des constructions provisoires connue les échafaudages, et on remplace actuellement les cordes par des fils de fer. Les curieux qui désireraient savoir comment ces sortes de liaisons étaient pratiquées, au moment où elles étaient à peu près seules en usage, en trouveront une description fort intéressante (pour ceux «pii savent le grec technique) dans le recueil des anciens mathématiciens publié en 1692 par Théve-not à l’Imprimerie royale.
- Aujourd'hui on entaille les Dois de manière à ce qu’ils s’emboîtent les uns dans les autres à l’aide
- d assemblages. Le plus simple de tous est celui qui est dit h tenon cl mortaise; un autre, qui est bien connu, est appelé à queue d'aronde, parce que les parties découpées ont la forme d'une queue d’hirondelle.
- Nous ne voulons pas décrire ici les divers assemblages dont nos lecteurs, s’ils les ignoraient par hasard, trouveraient le détail dans une foule d’ouvrages élémentaires ou même en s’adressant tout bonnement au premier charpentier venu ; mais nous avons pensé les intéresser en leur faisant connaître un certain nombre de dispositions en apparence tout à fait paradoxales.
- Celles que nous donnons ici ont été exécutées
- 'Ecole
- Jungfleisch, Dittc, etc.
- Stanislas Meunier.
- LES ASSEMBLAGES PARADOXAUX
- On sait que l’on a souvent besoin, dans les constructions, de réunir deux pièces de bois, soit en les mettant bout à bout pour obtenir une pièce plus longue, soit en les fixant sous différents angles, comme dans les cadres, les fermes des charpentes, etc.
- Autrefois on avait recours, daps ce but, à des liaisons faites au moyen de cordages; c'était le procédé le plus simple, le plus court et le plus à portée
- à l’école professionnelle de Grenoble, une des meilleures institutions de cette ville, qui en compte cependant tant d’excellentes.
- La figure I montre un assemblage à queue d'aronde combiné avec un assemblage ’à tenon. Les deux assemblages paraissent incompatibles parce que l'un s'enfonce et l’autre s'applique; notre dessin l’ait comprendre comment, grâce à des coupes inclinées, il n’y a, en réalité, que deux tenons.
- Les figures 2 et 5 donnent des dispositions où les pièces, quand on les regarde de face, semblent ne pouvoir se séparer, mais qui se séparent si on les fait glisser l’une contre l’autre dans le sens de 1 une des diagonales de la section. A. R.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandieii.
- Imprimerie A. Lahure, 9, rue de Fieurus, à Paris.
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- N° 85(5. — 8 JUIN 1889.
- LA NATURE.
- LES PROCÉDÉS DE SOUDURE ÉLECTRIQUE
- DE M. ELI H U THOMSON A l’exposition UNIVERSELLE DE 1889
- Nous avons déjà présenté à nos lecteurs1 les procédés de soudure électrique imaginés par M. le professeur Elihu Thomson de Lynn (Massachusetts) et signalé les nombreuses applications que ces procédés pouvaient recevoir. Nous y revenons rapidement aujourd’hui p o u r compléter les renseignements techniques précédemment publiés, par la représentation des appareils industriels fabriqués et exploités par la Thomson International Electric Welding C°, actuellement exposés et en fonction dans la section américaine de l’Exposition universelle de 1889 (Palais des Machines) .
- Les méthodes de soudure de M. Elihu Thomson, dans lesquelles il est fait exclusivement usage de courants alternatifs, emploient tantôt la méthode directe, lorsqu’il s’agit de souder de petites pièces, tantôt la méthode indirecte, pour des travaux plus importants.
- Dans la méthode directe (fig. 1) le courant est produit par une machine dynamo-électrique à courants alternatifs, portant deux enroulements distincts, l’un principal, à courants alternatifs, l’autre secondaire, fournissant un courant redressé pour exciter
- 1 Voy. n° 713, du l2U janvier 1887. p. 131.
- 17' année. — 2° semestre.
- les inducteurs. Le courant principal arrive directement aux pièces à souder par deux balais frottant sur les collecteurs montés sur l’axe de la machine, au-dessous du plateau ou table à souder. L’opérateur dispose les pièces à souder entre deux machines reliées aux balais, les rapproche mécaniquement et
- porte le point de contact à la température voulue eu faisant varier l’excitation et la machine à l'aide d’un rhéostat intercalé dans le circuit. Lorsque le résul tat est obtenu, un interrupteur rapide rompt brusquement le circuit d’excitation et arrête instantanément la production de chaleur.
- Cette disposition suffit pour souder des fils dont le diamètre varie entre 0,5 mm et 6 mm. Au delà, il faut avoir recours à la méthode indirecte. Dans la méthode indirecte (11g. 2), on tourne la difficulté que l’on rencontre à produire des courants de grande intensité par l’emploi de transformateurs d’in-duetion. Une machine à courants alternatifs de puissance suffisante — celle qui fonctionne dans la section américaine est de 55 kilowatts excités séparément — envoie un courant d’intensité variable avec l’excitation dans le circuit inducteur d’un transformateur dissimulé dans la cage de l’appareil représenté figure 2. Le circuit induit de ce transformateur qui ne forme qu’une seule spire ou un petit nombre de spires, communique avec les mâchoires dans lesquelles viennent se fixer les pièces à souder.^ Le plus gros type d’appareil
- Fig. 1. — Soudure électrique de M. Elihu Thomson. Appareil pour le procédé direct.
- Fig. 2 Soudure électrique. Appareil pour le procédé indirect.
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- LA N AT U HE.
- construit jusqu’ici et figurant à l’Exposition peut souder des barres de 1er de 5 centimètres de diamètre et produit un courant qui atteint et dépasse quelquefois 50 000 ampères, avec une force électromotrice inférieure à I volt.
- La méthode imaginée et réalisée pratiquement par M. le professeur Elilm Thomson présente sur le mode de soudure par courant continu et accumulateurs le grand avantage d’une grande élasticité d’emploi, sans matériel coûteux ni encombrant . Ce chiffre de 50 000 ampères que nous citons comme limite des résultats obtenus jusqu’ici n’a d’ailleurs rien d’absolu; c’est l’intensité rnaxima reconnue nécessaire pour souder entre elles des barres de fer de 5 à 6 centimètres de diamètre, mais avec des appareils plus puissants, appropriés à des travaux plus importants, il ne sera pas difficile d’obtenir des intensités de 100000 et même 200000 ampères. A ce point de vue, la puissance d’action d’un transformateur est presque illimitée, et la théorie des phénomènes d’induction assez avancée pour qu’on puisse en calculer à l’avance tous les éléments de construction, éléments qui dépendent du temps que l’on veut conserver à chaque opération.
- La durée d’une opération de soudure varie entre une seconde et deux minutes suivant la grosseur et la nature des pièces à souder. On voit que le procédé est d’une grande rapidité.
- Un compteur électromagnétique très ingénieux et très simple, fixé contre l’un des inducteurs de la machine à courants alternatifs, avance d’une unité chaque fois que la machine est excitée, c’est-à-dire chaque fois qu’elle est mise en opération, et compte ainsi le nombre de soudures faites dans une journée sans qu’on ait à s’en préoccuper.
- La collection de soudures exposée par la Thomson International Electric Welding C° est véritablement remarquable. On y voit non seulement des soudures de fer et d’acier de barres de toute grosseur, ce qui est l’enfance de l’art, mais aussi des soudures de tous les métaux qui ont résisté jusqu’ici à tous les procédés, et qui ne pouvaient être réunis que par une brasure ou une soudure hétérogène. L’argent, le cuivre, le laiton, le bronze, le plomb, l’étain, le zinc, le platine, l’aluminium, le maillechort sont soudés l’un à l’autre et entre eux dans nn ordre quelconque.
- On y voit aussi des tubes de fer soudés, des fils couverts soudés bout à bout en les dénudant sur une longueur qui ne dépasse pas o centimètres, des chaînes formées de un ou de plusieurs métaux, et un grand nombre d’autres échantillons non moins intéressants.
- Une énumération des spécimens des résultats obtenus par le procédé de M. Elibu Thomson ne saurait être que fastidieuse ; il vaut mieux aller voir sur place les résultats, les appareils et les expériences : c’est ce que nous conseillons à nos lecteurs que les nombreuses merveilles réunies au Champ de Mars attirent à l’Exposition. E. IL
- L’EXPÉDITION AMÉRICAINE
- A LA BAIE DE LADY FRANKLIN
- A la suite des résolutions de la Conférence polaire internationale, les États-Unis avaient organisé deux missions scientifiques : l’une s’est rendue à Point Harrow, dans le territoire d’Alaska, l’autre, à la baie de Lady Franklin. Cette dernière expédition était commandée par le lieutenant (aujourd’hui général) Greely ; elle se composait de deux autres officiers, de dix-neuf sous-officiers ou soldats, d’un médecin français, le Dr Pavy, et de deux Esquimaux ; en tout vingt-cinq volontaires vigoureux et résolus. Le programme des observations et des recherches scientifiques communes à toutes les expéditions polaires avait été tracé par la Conférence ; on avait fixé au 1er juillet 1882 le début des opérations, qui devaient être poursuivies pendant une année. Le général Ilazen, alors chef du Signal Service, désirait vivement que ce programme fût ponctuellement suivi, mais, comme la navigation dans le détroit de Smith n’est guère possible que vers le milieu de l’été, on décida que l’expédition, afin d’être en mesure de commencer les travaux à l’époque prescrite, partirait dès l’été de 1881. Les explorateurs quittèrent donc l’Amérique en juin de cette même année; un navire baleinier de Saint-Jean-de-Terre-Neuve, le Protée, avait été frété pour le transport du personnel et du matériel ; il emportait des vivres et des provisions de toutes sortes pour trois années.
- Le Protée arriva le 5 août 1881 dans la baie de Lady Franklin; pris dans les glaces à quelques milles de la côte, ce fut seulement le 12 qu’il put pénétrer dans le havre de la Discovery. On procéda sans retard au débarquement de la cargaison, afin que le navire pût s’en retourner pendant que la mer était encore à peu près libre. Le lieu choisi pour l’emplacement de la station polaire était peu éloigné du point où l’expédition de la Discovery avait établi ses quartiers d’hiver, en 1875-1876. Cette station fut appelée le Fort Conger (fig. 3), en souvenir du sénateur qui avait obtenu du Congrès le vote des fonds nécessaires à l’expédition; elle était située par 81° 44' de latitude nord, et 67° 5' de longitude ouest de Paris. Les premières semaines furent consacrées à construire la maison d’habitation, et les pavillons spéciaux destinés aux observations scientifiques ; les observations météorologiques, régulièrement faites à bord depuis le départ de Samt-Jean-de-Terre-Neuve, furent organisées définitivement à terre le 12 septembre, et les observations magnétiques le 17 septembre.
- Les recherches scientifiques imposées aux missions polaires ne devant commencer qu’au lor juillet 1882, la première année fut employée principalement aux explorations géographiques. Pendant la nuit polaire, qui se prolonge depuis le milieu d’octobre jusqu’à la fin de février, les membres de l’expédition purent s’aguerrir à supporter les vicissitudes d’un climat
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- LA N A T F B F.
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- extrêmement rigoureux, et, au printemps suivant, tous demandaient à partir en de'couvcrte. La plus grande animation régnait dans la colonie polaire au retour du soleil, à la ûn de février. Le commandant Greely ordonna des reconnaissances aux environs du Fort Conger, afin de vérifier l’état des glaces ; il fit aussi échelonner le long des côtes des dépôts de vivres en vue des sorties qui se préparaient, pendant que les hommes restés disponibles rapportaient du cap Murchison une provision de houille extraite de la mine découverte par l’expédition Narès.
- Fn mars et avril, le Dr Pavy fit un voyage d’exploration au nord de la Terre de tirant; il put s’avancer au nord du cap Joseph Henry, sur la glace, jusqu’à 82° 56' de latitude, au milieu de difficultés matérielles inouïes, dues surtout à l’enchevêtrement des énormes blocs de glace qui forment ce que les voyageurs arctiques appellent la grande route du pôle (fig. 4). Le Dr Pavy, mis en péril par une large rue d'eau qui rendit le retour fort dangereux, put constater ainsi, contrairement à certaine hypothèse, que la mer polaire, même en cette saison, n’est pas toujours complètement gelée. Malgré une attention toute spéciale, ni notre compatriote, ni les hommes qui l’accompagnaient, ne découvrirent le moindre vestige de la Jeannette, qui s’est perdue dans ces parages.
- Au commencement d’avril 1882, toutes les dispositions étant prises pour le ravitaillement, le lieutenant Lookwood, accompagné du sergent Brainard, partit en exploration dans la direction du nord, en longeant la côte du Groenland; il avait pour mission de s’avancer le plus près possible du pôle. Après une marche de plus d’un mois, les voyageurs eurent à subir une tempête d’une grande violence, qui les obligea à camper pendant six jours; afin de ne pas compromettre le succès de l’entreprise par le manque de vivres, ils prirent la résolution, malgré la fatigue d’une marche très pénible par un froid qui dépassait souvent 40°, de ne faire qu’un seul repas par jour. Le calme étant survenu, le voyage put être continué jusqu’à une île dont on détermina la position géographique : latitude, 85° 24' ; longitude, 45° 6' ouest. Le lendemain, on fit l’ascension d’une montagne dout l’altitude est supérieure à 600 mètres, et au sommet de laquelle le lieutenant déploya glorieusement le drapeau national. De ce sommet, la vue était « magnifique », la mer glacée se perdait à l’horizon nord, et la côte du Groënland se prolongeait au loin dans la direction du nord-est; le dernier point culminant distinctement visible fut appelé le cap Washington, à une latitude estimée de 85° 55'. L’île qui immortalisera le nom de Lookwood (Voy. la carte, fig. 1) est le point le plus septentrional qui ait été jusqu’ici atteint par l’homme : Marckbam s’était avancé sur les glaces jusqu’à 85° 20' au nord de la Terre de Grant, en 1876. Immédiatement au sud de l’île Lookwood, dans l’anse Weyprecht, se trouve une seconde île, de forme pyramidale, à laquelle le commandant Greely a donné le nom du sergent Brainard.
- On a constaté dans ces parages polaires des traces accusant la présence d’animaux variés : bœufs musqués, ours, renards, lièvres, lapins de Norvège, etc. Le règne végétal y est représenté par différentes variétés d’herbes; les saxifrages et les pavots s’y trouvent en assez grande abondance. Les roches sont constituées principalement par des schistes ardoi-siers. Avant de quitter l’île, le lieutenant Lookwood éleva un cairn dans lequel il déposa un résumé de son voyage, une copie de ses observations météorologiques et astronomiques, ainsi qu’un thermomètre à mini ma dont les indications peuvent descendre jusqu’à — 54°. Les cairns sont les boîtes aux lettres des régions polaires ; ils sont le plus souvent formés par des amas de pierres établis sur des éminences, de façon à être vus de loin (fig. 2). Les chefs d’expédition ont coutume d’y déposer, avec le récit des circonstances dont la connaissance peut être utile aux voyageurs futurs, des notes indiquant la position exacte des dépôts de vivres que, par un sentiment de véritable fraternité, ils disséminent le long des côtes, pour les besoins éventuels des explorateurs.
- A la fin d’avril, le commandant Greely fit lui-même un voyage en traîneau dans l’intérieur de la Terre de Grinnell, encore inexplorée; parti dans la direction de l’ouest par le fiord Chandler, il suivit une vallée où coulait une rivière prenant sa source dans un lac de grande étendue, le lac Ilazen. A son profond étonnement, cette rivière était ouverte sur 7 ou 8 kilomètres depuis sa sortie du lac; la température de l’eau était de 0°,5. Les vallées dont il fit la reconnaissance étaient couvertes d’une végétation herbacée tout à fait extraordinaire, et qui suffirait à expliquer la présence des espèces animales, assez nombreuses, qui vivent à ces latitudes élevées. Le bœuf musqué, notamment, s’y rencontre par petits troupeaux ; dans le seul voisinage de la station, les chasseurs du Fort Conger en tuèrent plus d’une centaine pendant les deux années de leur séjour.
- Le commandant Greely fit une seconde excursion dans la Terre de Grinnell au mois de juin suivant. Non loin du lac Hazen, sur le bord d’une rivière,il trouva des restes de campements d’été d’Esquimaux, et, tout près du lac, des vestiges d’habitations qui, dans les temps anciens, ont dù être occupées d’une manière permanente. Des recherches minutieuses firent découvrir divers objets remontant à cette époque : un traîneau presque complet, des débris d’armes de chasse, de harnais de chiens, des couteaux à lame de fer, des cornes de rennes, etc.
- Enfin, la Terre de Grinnell fut explorée une troisième fois par Lookwood et Brainard, qui s’avancèrent fort loin dans l’ouest, jusqu’à une sorte de grande baie à laquelle ils donnèrent le nom de fiord Greely, ils atteignirent dans cette direction, à la latitude de 80° 48', un point situé par 81° de longitude ouest ; la déclinaison magnétique y fut trouvée égale à 116° 55' ouest. Le sergent Brainard rapporta de cette expédition des éclats enlevés à un tronc d’arbre pétrifié.
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- LÀ N À TU UE.
- La flore est très variée dans le voisinage de la baie de Lady Franklin; les botanistes de l’expédition n’ont pas réuni moins de 09 espèces, trouvées auprès de la station d’bivernage ; cette richesse est due sans doute à ce fait que le soleil reste constamment au-dessus de l’horizon pendant les mois d’été.
- Le lieutenant Kisling-bury avait consacré ses loisirs à rassembler des échantillons de mousses et de lichens, dont les variétés sont très nombreuses, et la collection ornithologique com-prenait trente-deux espèces d’oiseaux. Malheureusement, tous ces matériaux précieux ont dû être abandonnés au Fort Conger, au moment de la retraite vers le sud.
- Nous ne pouvons, dans cette courte notice, qu’indiquer les travaux de la mission sur divers autres sujets scientifiques : la vitesse du son, les marées, l’hydrographie, le pendule, etc.; nous résumerons seulement les résultats des ohservatiens magnétiques et météorologiques, déduits de deux années d’observations. Dans les régions polaires, et plus spécialement au nord de l’Amérique, où se trouve le pôle magnétique, la boussole est constamment en état d’agitation, et les moindres troubles s’y manifestent par defortes oscillations de l’aiguille aimantée. Pendant la grande perturbation de novembre 1882, qui fut observée dans toutes les stations magnétiques du globe, la déclinaison au Fort Conger a varié de plus de 20° en moins de vingt-quatre heures.
- Les observations horaires de la déclinaison donnent 100° 37' ouest pour valeur moyenne de cet élément
- Fu'. 2. — Un Cairn dans les régions polaires.
- en février 1883; l’inclinaison, à la même époque, était de 85°. La comparaison des observations barométriques avec celles des stations groënlan-daises montre que la pression moyenne annuelle, ramenée au niveau de la mer, augmente avec la latitude depuis le sud du Groenland jusqu’à la baie de Lady Franklin ; les détroits qui font communiquer entre elles les mers de Baffin et de Lincoln se trouvent donc au nord de la ligne moyenne suivie par les dépressions barométriques ; cette particularité est confirmée par l’observation de la direction du vent au Fort Conger, qui souffle presque toujours d’entre nord et sud par l’est. L’eau recueillie tombe, pour la plus -grande partie, sous forme de neige et atteint à peine une couche de 10 centimètres d’épaisseur par an; le ciel est d’ailleurs d’une pureté remarquable, surtout en hiver, et la nébulosité ne dépasse pas le tiers de celle que nous observons à Paris. La température moyenne des trois mois d’hiver est de 39° au-dessous de zéro; celle de février 1882 s’est même abaissée jusqu’à
- — 41°; le froid le plus intense de la période,
- — 52°,8, a été constaté le 3 de ce mois. C’est vers la fin de juin que le thermomètre est le plus élevé, et ses indications ri atteignent pas 12°; la température moyenne annuelle est de — 20°. On pourra se faire une idée de la rigueur du climat par ce fait qu’en février 1882, une masse de mercure est restée congelée pendant seize jours consécutifs. Malgré des conditions climatériques aussi dures, la santé gé-
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- Fig. ô. — Expédition américaine à la baie de Lady Franklin. — Le Fort Longer.
- Fig. i. — Bloc paléocrystique. (D’après des photographies rapportées par l’expédition.) ^
- nérale ne s’e'tait pas altérée sensiblement, et, au Ayant ainsi achevé brillamment les travaux près-mois d’août 1883, tous les hommes étaient valides. crits, le commandant et les membres de l’ex-
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- pédition, après un isolement absolu de deux années, n’eurent plus qu’un désir, celui de revoir leurs familles, leur patrie. Il nous reste à exposer par quelle suite de circonstances malheureuses un petit nombre d’entre eux seulement eurent cette suprême consolation : la plupart payèrent de leur vie, après des épreuves aussi cruelles qu’imméritées, de déplorables malentendus. Tu. Moukeaux.
- — A suivre. —
- L’HISTOIRE DE L’HABITATION
- A L’EX POSITION lî N I VE R S EI, I, E DE 1889
- En avant de la Tour Eiffel, et se prolongeant de chaque coté sur le terre-plein qui borde le quai d’Orsay, s’élèvent une série de petites constructions figurant Ihistoire de l'habitation humaine. C’est à M. Charles Garnier qu’on doit l’idée première de cette intéressante exhibition, et c’est également lui qui l’a réalisée avec le concours de MM. Amman, professeur agrégé d’histoire au lycée Louis-le-Grand, pour la partie historique, et Darwant, sculpteur, pour la partie décorative. En 1878, l’un des grands succès de l’Exposition avait été la rue des Nations : il fallait non pas faire mieux en 1889, mais faire autre chose, tout en demeurant dans le principe d’offrir au spectateur la comparaison des divers procédés architecturaux. Aussi, tandis que la rue des Nations ne présentait qu’une série de façades témoignant des partis adoptés par les différents peuples dans l’établissement de leurs édifices d’apparat, et de l’utilisation des matériaux qu’ils trouvent sur leur sol, l’histoire de l’habitation embrasse l’évolution complète de l’art de bâtir pour les demeures des particuliers. Des inscriptions rédigées en langue française et aussi selon l’écriture du temps facilitent l’étude de ces « leçons de choses » ; et la présence de personnages portant les costumes conformes aux types et aux époques représentés contribue à rappeler les mœurs et les conditions de la vie pendant les périodes qui nous ont précédés.
- M. Garnier a réparti son programme en deux groupes principaux : l’un relatif à la période préhistorique, l’autre à la période historique. La première comprend quatre types d’habitations : sur terre, les abris sous roches ou dans les grottes (troglodytes), correspondant à l’àge de la pierre polie; sur l'eau, les cités lacustres (début de l’àge du bronze) ; sur terre, les huttes et les menhirs (époque du renne, âges du bronze et du fer).
- Les gravures ci-après (fig. 1 et 2) représentent quelques-unes de ces demeures; à l’origine l’homme n’a pour outils que des silex plus ou moins appropriés aux usages les plus primitifs de la chasse et de la pèche. Il est donc impuissant à se construire une habitation et doit chercher un refuge dans les excavations naturelles, lîn premier progrès né d’un besoin de défense contre les animaux féroces ou contre tout autre ennemi se révèle dans la construction des
- cités lacustres (fig. 2, n° 1). Des pieux foncés à quelque distance du bord supportent un plancher rudimentaire sur lequel s’élèvent des huttes : on n'y peut accéder que par des radeaux ou des esquifs creusés dans des troncs d’arbre, et le bronze qui vient d’être découvert permet à l’habitant de chercher son alimentation dans le lac au-dessus duquel il réside.
- Mais l’homme préhistorique ne vit pas uniquement sur les bords des lacs; et vers cette même époque l’emploi du bronze joint à l’utilisation du renne comme agent de transport lui permet également, sur terre, d’élever des menhirs et des huttes mieux closes (pie ses abris primitifs, et ces perfectionnements s’accentuent encore lorsque arrive l’àge du fer où l’homme préhistorique dispose enfin du métal par excellence.
- •La période historique comporte cinq subdivisions :
- 1° Les civilisations primitives : Egyptiens, Assyriens, Phéniciens, Hébreux, Pélasges et Étrusques. Les divers types de demeures correspondent respectivement aux figures dont nous donnons la reproduction.
- L’Égypte et l’Assyrie nous montrent des constructions massives et carrées, mais d’un caractère bien différent : aux quatre angles de la demeure égyptienne et encadrant la porte d’entrée, se dressent d’élégantes colonnes qui supportent le toit de la terrasse supérieure : celui-ci repose également sur une série de balustres. L’ornementation polychrome des supports relève l’aspect général en même temps que les couleurs vives des frises et des jambages des portes construites en briques émaillées. Plusieurs portes donnent accès à l’édifice qui reçoit le jour de baies trapézoïdales. Des hiéroglyphes décorent les façades latérales et des sphinx couchés sont préposés à la garde de l’entrée principale.
- Deux grosses tours carrées d’inégale hauteur, réunies par une sorte de portique qui contient la porte d’entrée constituent l’habitation assyrienne. L’intérieur ne prend jour sur le dehors que par des haies étroites et très élevées au-dessus du sol : la décoration consiste en moulures rectangulaires inscrites les unes dans les autres, et régnant sur toutes les faces du bâtiment : l’ornementation polychrome n’est ici représentée que par une douille rangée de briques émaillées posées au-dessus de la porte et par les colonnettes peintes qui divisent la baie de l’étage supérieur.
- La demeure phénicienne (fig. 2, n° 4) se distingue parle rôle prépondérant attribué au bois, dans la construction et par son ornementation polychrome. On sait, en effet, tout le parti que tiraient les Phéniciens des bois précieux coupés dans les forêts du Liban, et l’emploi qu’ils savaient faire de certaines couleurs dont ils gardèrent longtemps le monopole. La décoration empruntée à des formes géométriques présente un caractère très remarquable d’élégance et de légèreté. Une tour carrée placée à l’angle gauche de l’édifice est surmontée d’une terrasse à toi-
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- turc supportée par des piliers carrés. La façade du corps de bâtiment reproduit l’ornementation de la tour, et ses pilastres à chapiteaux moulurés soutiennent la balustrade d’une sorte de loggia sur laquelle s’ouvrent les appartements de l’étage supérieur.
- L’habitation pélasgique rappelle le procédé de construction des murs de Mycènes, c’est-à-dire l’entassement des blocs polygonaux sans interposition de ciment : on y remarque une baie de forme à peu près ogivale, avec un linteau qui réunit à la partie supérieure les pierres convergentes pour en assurer la stabilité.
- Avec le type étrusque (lig. 2, n° 5),nous arrivons à un degré de civilisation avancé : on sait, du reste, que les Etrusques ont exercé une influence considérable sur l’ancienne Rome à laquelle ils ont, dès l’origine, importé leurs habitudes de luxe et de goût. Un large soubassement en pierres de taille forme le rez-de-chaussée et se termine aux angles par des pilastres décorés de chapiteaux d’une ornementation sobre et régulière qu’on retrouve également dans la moulure continue qui encadre le linteau et les jambages de la porte. Un bandeau en encorbellement donne place à une sorte de promenoir qui règne tout autour de l’étage supérieur et qui est limité par une balustrade en bois et tuiles. Nous voyons ici la tuile faire sa première apparition aussi bien pour la couverture que pour le remplissage de la balustrade.
- 2° Les civilisations nées des invasions des Aryas : Hindous, Perses, Germains, Gaulois, Grecs et Romains avant Jésus-Christ.
- Nous ne nous arrêterons qu’aux habitations qui présentent un caractère architectural, telles que celles des Hindous, des Perses, des Grecs et des Romains. La première (fig. 1, n° 1) se compose de deux pavillons ou tours d’une très grande hauteur par rapport à leur largeur. Ils sont réunis par un corps de bâtiment très étroit et donnent au soubassement une importance prépondérante. Il en résulte pour l’ensemble un aspect assez lourd, heureusement racheté par l’élégance et la richesse de l’ornementation des étages supérieurs. Ceux-ci comportent des balcons à balustres : des colonnettes établies sur le premier soutiennent le second par leurs chapiteaux et se continuent jusqu’à un entablement élégamment mouluré. Chaque tour est couronnée par une sorte de pignon à contour ogival décoré en coquille et présentant ainsi, pour la première fois, la ligne courbe dans l’architecture ancienne.
- On la retrouve dans le type persan (fig. 2,n°7) où elle se manifeste dans l’arcade ogivale de la baie d’entrée, arcade qui se rattache à la verticale des piédroits par une courbe brisée : une innovation l’accompagne, c'est celle du dôme encore lourd et écrasé. Ici l’on ne rencontre comme matériaux que les briques soit crues, soit vernissées, qui seules, d’ailleurs, ont permis l’édification du dôme à l’époque où la coupe des pierres était inconnue. Les
- Perses en tiraient un parti très complet pour la décoration et l'ornementation, soit en leur empruntant des effets très heureux de coloration polychrome, soit en les appliquant aux ressauts des moulures, ou en les taillant pour les faire serpenter le long des colonnes prises dans la maçonnerie qui supporte le dôme.
- L’habitation grecque (fig. 1, n°5) se caractérise par l’élégance et la sobriété des lignes et de la décoration. Les lignes courbes y sont absentes, puisque, comme l’on sait, les architectes grecs n’ont employé que la plate-bande qui s’harmonise si bien avec le ciel pur de l’IIellade. Une sorte de vestibule rectangulaire à rez-de-chaussée avec un soubassement en pierre de taille et une porte encadrée par une moulure continue précèdent la cour intérieure qui contient les autels des dieux domestiques et sur laquelle s’éclaire toute la construction. De légers encorbellements supportent les bandeaux, et accusent le mode de construction en lui empruntant un motif de décoration suivant les principes bien connus de l’art grec.
- La demeure romaine avant Jésus-Christ (fig. 1, n° 8) se présente avec une boutique extérieure accolée à la porte surmontée d’un petit fronton triangulaire. Le couloir conduit à la cour intérieure ou atrium autour de laquelle règne un portique. Sur la façade latérale de droite se remarque une ornementation composite encadrant des peintures murales. Une terrasse supérieure fermée par une balustrade dont les intervalles sont remplis par des tuiles demi-cylindriques superposées, comme on en voit encore fréquemment en Italie, s’étend le long de la même façade, et se termine à l’un des angles par une sorte de pavillon ouvert dont les montants se prêtent à l’enroulement de la vigne. Le mur extérieur nous présente de véritables « annonces » gravées, il est vrai, sur l’enduit, au lieu d’être collées comme les nôtres; on y trouve jusqu’à l’invitation à s’inscrire et l’adresse du fermier.
- 5° Civilisations issues de la civilisation romaine en Occident : types gallo-romain, roman, moyen âge et de la Renaissance.
- Le premier nous conduit à une époque de décadence; il n’y a plus d’unité, ni dans le parti général de la construction, ni dans l’usage des matériaux. Les baies sont inégales et même inégalement ouvertes. Les ruines qui s’accumulent en Gaule forment des carrières où l’on va puiser les matériaux sans le moindre souci de l’ornementation. A l’un des angles, on voit un fût de colonne avec son chapiteau corinthien et un débris d’entablement. Le linteau de la porte du rez-de-chaussée a été arraché à quelque temple, et d’autres moulures incorporées çà et là dans l’épaisseur des murs témoignent du peu de soin qui a présidé à la construction. On reconnaît aussi dans les murs l’alternance de lits de briques plates avec les pierres de taille de petit échantillon que nous présentent les Thermes de Julien.
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- Cette dëcadenee s'arrête vers le dixième siècle : le style roman (fig. 1, n° 4) élaboré dans les cloîtres s'affirme et dénote une intelligence complète des ressources de la pierre et du bois. La création de la vie de famille qui ouvrait à la femme toutes les parties de l'habitation donne à la maison un aspect nouveau. Elle commence à prendre directement jour sur la rue : si une grande arcade, constituant une sorte de porche analogue à ceux des églises de cette époque, s’avance encore sur les baies du rez-de-
- chaussée, l’étage supérieur est plus découvert, surtout sur les faces latérales. L’appareillage est régulier : les fenêtres géminées tirent leur ornementation de motifs géométriques ou de rinceaux de feuillages encore lourds et imparfaits.
- Du treizième au quinzième siècle, la France voit s’achever l’affranchissement des communes et la construction civile vient former une branche spéciale de l’architecture. C’est alors qu’apparaissent les maisons à façades surmontées de pignons (fig. I,
- Fig. 1. — L’histoire de l’habitation à l’Exposition universelle de 1889. — 1. Monument Hindou. — 2. Renaissance. —3. Moyen Age. 4. Roman. *- 5. Grec. — 6. Arabe. — 7. Japon. — 8. Romain-Italien. (D’après nature par M. Albert Tissandier.)
- n° 3) dont quelques curieux spécimens ont fait la réputation des vieilles rues de Rouen et de Reims.
- Le rez-de-chaussée et le soubassement sont construits en pierre; le reste de la construction est en bois. À côté d’une porte étroite qui donne entrée dans l’habitation, une large arcade ogivale éclaire la grande salle commune. Les salles de chaque étage prennent jour sur la rue par une grande fenêtre continue. La façade se termine par un pignon de forme aiguë dont la saillie, supportée par deux pièces de bois recourbées en ogive, abrite les étages inférieurs. La charpente apparente constitue d’abord
- l’unique motif de décoration; plus tard ses remplissages se couvrent de carreaux de faïence ou se décorent d’un élégant briquetage.
- Le type des demeures de la Renaissance française (fig. 1, nu 2) montre la tendance à remplacer le bois par la pierre de taille et la brique. L’ornementation et la décoration présentent une variété infinie de motifs appliqués aux pilastres qui accusent les étages ou accompagnent les fenêtres rectangulaires ou cintrées et, le plus souvent, à meneaux. L’un des angles s’agrémente d’une tourelle carrée en encorbellement, qui contient l’escalier destiné aux étages
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- Fig. 2.— L’histoire de l’habitation 5 l’Exposition universelle de 1880. — 1. Cité lacustre. — 2. Monument du Mexique. Incas 5. Égypte. — 4. Phénicie. —5. Etrusque. —6. Russie. —7. Perse. (D'après nature parM. Albert Tissandier.)
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- supérieurs, et contribue, par sa coupole surmontée d’un épi, à l’élégance de l’ensemble. Le toit lui-même, dont la hauteur écraserait les motifs gracieux des étages, dissimule cet inconvénient grâce à ses grandes fenêtres-lucarnes et à ses hautes cheminées décorées avec autant de richesse que de goût.
- L’art de la construction civile atteint ici son apogée au moins en ce qui regarde la décoration extérieure de l'habitation, et les trois derniers types que nous venons de décrire présentent l’aspect le plus heureux, et sont les plus réussis de toute la série.
- 4° Les civilisations qui se rattachent au développement de la civilisation romaine en Orient : cette partie comprend les habitations des Byzantins, des Slaves, des Busses, des Arabes, des Turcs et des Soudaniens après Jésus-Christ. Nous n’avons retenu, faute de place, que celles des Russes et des Arabes.
- Le type russe (fig. 2, n° 6) se fait remarquer par sa hauteur au-dessus du sol et la hardiesse de ses proportions. La pierre dure étant très rare en Russie et d’un transport difficile, c’est au bois que la construction emprunte presque exclusivement ses éléments. Élevée sur un faible soubassement en pierre, elle s’appuie sur des piliers moulurés, et les vides extérieurs sont remplis par des rondins simplement écorcés. Les baies du premier étage sont supportées par des potelets moulurés et se terminent par des ogives évasées au-dessus desquelles règne une frise richement décorée. La toiture constitue une partie caractéristique de la décoration générale ; on y distingue spécialement les ogives qui encadrent les petites baies supérieures, et dont le profil est celui des coupoles en forme de bulbes adoptées dans l’architecture religieuse. L’accès au premier étage se fait par un escalier extérieur en bois dont une partie est découverte, tandis que l’autre s’abrite sous un élégant pavillon dont les auvents superposés sont reliés sur chaque face par une des larges ogives dont nous venons de parler.
- L’habitation arabe (fig. 4, n° 6) se compose d’une construction massive surmontée d’une terrasse : à l’un des angles se dresse une tour carrée avec une terrasse à créneaux aigus, et ne prenant jour sur la rue que par un élégant moucharabis analogue à ceux qu’on peut voir dans la « Rue du Caire ». La conception de la vie intime conduit l’Arabe à éclairer les appartements habités, par une vaste cour intérieure entourée d’élégantes colonnettes, et richement décorée de faïences vernissées à tons clairs et brillants. L’accès de l’extérieur se fait par une porte à arc outre-passé. Le bois, le stuc et la faïence jouent un grand rôle dans ces habitations, et tous les murs ou supports isolés sont reliés par un système de charpente horizontale.
- 5° Enfin viennent les civilisations contemporaines des civilisations primitives, mais qui ne sont pas entrées en communication avec elles, et n’ont, par suite, exercé aucune influence sur la marche générale de l’humanité : telles sont les civilisations des
- Aztèques, des Incas, des Esquimaux et des Lapons, des peuplades de l’Afrique équatoriale et australe, celles des Chinois et des Japonais, et celles des Peaux-Rouges.
- Sauf celles des Aztèques, des Incas, des Chinois et des Japonais, ces habitations rentrent toutes dans le genre de la cabane ou de la butte, et ne demandent pas une description détaillée. Celle des Aztèques témoigne, au contraire, d’une civilisation très avancée, telle que l’ont révélée les récentes découvertes des villes mortes du Yucatan. Il n’v a d’autres matériaux mis en œuvre que la pierre de taille : le bois, insuffisamment préparé, n’aurait pas résisté à la destruction par les insocles, si fréquente dans la région équatoriale. La décoration est empruntée uniquement aux formes géométriques et affecte une raideur particulière. Comme dispositions architecturales, on peut signaler la forme trapézoïdale de la façade antérieure de l’étage correspondant à celle de la couverture, constituée elle-même par une série de plates-bandes en échelons. Une sorte d’auvent en pierre de taille est établi au-dessus de la porte d’entrée, et règne tout autour de l’édifice; il est soutenu de distance en distance par des consoles également en pierre et dont les abouts sont curieusement moulurés.
- On retrouve quelques-uns de ces caractères dans la demeure des Incas (fig. 2, n° 2), notamment l'emploi exclusif de la pierre de taille, et la décoration, à l’aide de moulures géométriques, mais l’édifice est moins massif et l’ornementation s’y montr». beaucoup plus sobre.
- Le type de l’habitation chinoise est trop connu pour que nous nous y arrêtions : quant à la demeure japonaise (fig. 1, n° 7), elle donne une importance prépondérante à la charpente en bois, en raison de la fréquence des tremblements de terre. Les vides sont remplis par des cadres recoupés par de petites lattes sur lesquelles s’étendent des feuilles de papier huilé. Des parois de sapin très minces et mobiles dans des coulisses forment les cloisons intérieure et extérieure. Le toit en bambou s’élève sur un étage desservi par un balcon qui règne sur son périmètre, et dont les piliers supportent une véranda. Telle qu’elle est représentée, l’habitation japonaise évoque, par sa grâce et sa légèreté, l’idée d’une jolie volière qui n’attend que les oiseaux pour s’animer.
- On ne peut que féliciter M. Charles Garnier et ses collaborateurs, de l’habileté avec laquelle ils ont réalisé leur conception si originale. Elle constitue certainement l’une des parties les plus intéressantes de l’Exposition, et offre le mérite de charmer les yeux; en même temps elle ouvre l’esprit, à des comparaisons très complètes entre les diverses manières de concevoir l’habitation et les conditions de la vie intime auxquelles elle s’est appropriée suivant les peuples et les époques antérieures au siècle présent. G.-A. Renel.
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- L’HEURE NATIONALE
- Il est une réforme à la fois très simple et fort utile, que le bien-être public réclame et qui est attendue avec une impatience légitime : c’est l’unification de l’heure en France, comme elle existe dans plusieurs pays étrangers.
- Actuellement, trois systèmes d’heures sont employés sur notre territoire :
- 1° i'heure locale ou temps moyen du lieu, qui diffère d’une ville à l’autre suivant la position en longitude et qui varie de quatre minutes par degré. Il est midi lit ni. 4G s. à Nice et 11 h. 52 m. 41 s. à Brest, lorsqu’il est midi à Paris ;
- 2° L’heure de Paris, temps moyen de l’Observatoire, qui est envoyée chaque matin par voie électrique à toutes les stations télégraphiques de France;
- 5° L’heure des chemins de fer, qui retarde de cinq minutes sur l’heure de Paris, par condescendance à l’inexactitude des voyageurs.
- 11 en résulte, par exemple, qu’un étranger arrivant par chemin de fer de Nice à Marseille-, avec l’heure de Nice à sa montre, soit fi h. 20 m., trouvera 5 h. 55 m. à l’horloge intérieure de la gare (heure des chemins de fer) 0 heures à l’horloge extérieure (heure de Paris) et 6 h. 12 m. aux horloges de la ville (heure locale). Cette diversité d’heures dans une même ville est ridicule.
- L’absence d’une heure nationale, exclusivement adoptée dans toutes les localités françaises, présente d’ailleurs une foule de graves inconvénients : au point de vue scientifique, pour étudier les phénomènes imprévus, tels •pie les tremblements de terre ; au point de vue judiciaire, pour fixer l’instant d’un meurtre, vérifier un alibi, déterminer certains ordres de succession ; au point de vue militaire, pour transmettre et exécuter les ordres en cas de guerre, lors d’une mobilisation générale, etc.
- C’est pour remédier à cette préjudiciable confusion des heures que, sur la proposition du professeur Forel et du colonel Laussedat, VAssociation française pour l'avancement des sciences, réunie en Congrès à Oran, émettait à l’unanimité, le 2 avril 1888, un vœu tendant à l’adoption de l'heure moyenne du méridien de Paris comme heure légale, sur toute l’étendue du territoire de la France et de l’Algérie.
- Le 4 juin suivant, le Bureau des longitudes priait le Ministre de l’instruction publique de vouloir bien étudier cette importante question et la soumettre au Parlement.
- Lé 20 novembre, M. Lockroy, alors Ministre de l’instruction publique, déposait sur le bureau de la Chambre des députés un projet de loi donnant satisfaction au vœu exprimé par le Congrès d’Oran. On projetait alors d’inaugurer l’emploi de l’heure nationale à l’occasion de l’ouverture de l’Exposition universelle de 1889.
- Mais M. Lockroy n’est plus ministre, la Chambre discute le budget, l’Exposition est ouverte,... et l’heure nationale n’est pas encore adoptée.
- Cependant, un certain nombre de municipalités ont déjà répandu dans leur commune l’emploi de l’heure nationale, c’est-à-dire de l’heure moyenne de Paris. Lunéville et Angouléme ont donné ce bon exemple. Une des dernières villes qui l’ont suivi est Toulouse, où l’on emploie l’heure nationale depuis le 10 mars dernier.
- Puisque le gouvernement ne donne pas satisfaction au désir public, en demandant aux Chambres de voter le projet de loi déposé par M. Lockroy, que les municipalités prennent leurs mesures pour accomplir volontairement cette excellente réforme, qui présente beaucoup d'avantages et aucun inconvénient.
- C’est aux nombreux partisans du progrès et de la grandeur de la France à favoriser activement l’expansion de l’heure nationale. Jacques Léotard.
- LE TREMBLEMENT DE TERRE
- nu 30 MAI 1889
- Un tremblement de terre s’est fait sentir le jeudi, 50 mai 1889, dans l’ouest de la France, et sur les côtes est de l’Angleterre. À 8 h. 50 m. du soir, quelques observateurs ont senti une légère secousse à Paris même, notamment rue de 'Londres et à Auteuil. — Plusieurs secousses successives ont été ressenties à Guernesey, à Cherbourg, au Havre, à Caen, à Rouen, etc.
- Nous avons reçu au sujet de ce phénomène sismique quelques renseignements recueillis par nos lecteurs, qui dans de semblables circonstances ont toujours l’obligeance de devenir nos correspondants.
- Mlle Marguerite Belèze, à Montfort l’Amaury (S.-el-O.), a ressenti deux secousses à 8 h. 50 m. du soir. Les lits ont été déplacés dans la maison et les ondes sismiques paraissaient se diriger de l’est à l’ouest.
- M. David Benezet, contrôleur "du télégraphe aux chemins de fer de l’Ouest, à Dol (Ille-et-Vilaine), nous écrit : « Dès G h. 50 m. mon chien donnait des signes d’inquiétude manifestes et inexplicables. Précédées de grondements sourds, les secousses se sont produites à Dol à 8 h 50'15" et ont duré de 5 à 4 secondes. Les grondements souterrains se sont reproduits pendant toute la durée des oscillations; on pouvait les comparer au bruit que ferait une bande d’étofïe que l’on déchire. »
- M„ J. Damennne, à Tourny (Eure), nous adresse la communication suivante: « De mémoire d’homme la commune de Tourny n’a pas ressenti de secousse de tremblement de terre. Ce phénomène s’y est produit le jeudi 50 mai vers 8 h. 50 m. du soir. 11 a duré à peu près 5 secondes dans la direction de l’est à l’ouest ; sous son impulsion le battant de la cloche de l’horloge communale s’est fait entendre plusieurs fois. L’émoi a été grand chez un certain nombre de personnes ne sachant à quoi attribuer cette oscillation. »
- D’après M. Lebrethon, mécanicien, à Lisieux (Calvados), les secousses ont été assez violentes en Normandie. Ces secousses auraient duré cinq à six secondes ; elles ont été précédées d’un grondement souterrain : « Certains quartiers de notre ville, dit M. Lebrethon, ons ressenti des secousses plus fortes que d’autres ».
- M. R. Homo, pharmacien, à Damville (Eure), se trouvait à Rouen le soir du 50 mai. Il a éprouvé des mouvements très sensibles à 8 h. 50 ni. et croit avoir ressenti deux secousses successives.
- M. A. Desson, à Benouville, par Etretat, a d’abord entendu, vers 8 h. 50 m., une sorte de vacarme dans la maison dont les murs n’ont pas tardé à être secoués.
- M. 11. de Gallous, à Paris, nous écrit qu’il se trouvait jeudi soir dans une maison voisine de la gare Montparnasse. où vers 8 h. 50 m. une dame a ressenti une trépidation.
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- CHATAIGNIER COLOSSAL
- DE L’iLE DE MADÈRE
- Nous avons en France une excellente chose, la Commission des monuments historiques, chargée
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- LA NATUUE.
- d’entretenir et de réparer les monuments qui donneront à nos descendants une idée des constructions civiles, militaires et religieuses des temps passés. Je voudrais voir établir aussi une Commission chargée de veiller sur certains arbres séculaires, dont l’aspect calme et mystérieux nous inspire un profond respect quand nous les comparons aux végétaux qui les entourent. Les monuments anciens sont imposants, mais ils nous rappellent souvent de tristes révolutions; tandis que l’arbre a une vie, une éloquence qui frappent les esprits les moins cultivés et nous plongent dans de profondes réflexions sur le peu de
- durée de notre existence. Celui-là ferait une œuvre pieuse et intéressante qui publierait des vues et des documents sur les merveilles du monde végétal.
- Déjà, dans l’ordre d’idées qui précède, on a fait aux Etats-Unis ce que j’appellerai deux réserves nationales : je veux dire le parc de Yellowstone et la vallée de Yosemite, dont La Nature a publié les descriptions, et qui, préservés dès à présent des atteintes des spéculateurs, garderont pour l’avenir des arbres merveilleux et des curiosités naturelles exceptionnelles. Que n’a-t-on fait de même, il y a longtemps, pour les abords des chutes du Niagara !
- Le châtaignier colossal de l’ile de Madère. Vue d’ensemble de l’arbre et détail du tronc. (D’après des photographies.)
- Plût à Dieu que les merveilleux monuments de la Grèce et de tant d’autres pays n’eussent pas été la proie de barbares collectionneurs !
- Aujourd’hui, je voudrais signaler aux lecteurs de La Nature un châtaignier colossal dont les figures ci-dessus donnent une idée assez exacte. On sait que le Castanea Yesca, ou Châtaignier commun, atteint, dans les régions méridionales, d’énormes proportions et que celui de l’Etna passe à juste titre pour le doyen et le plus gros colosse de cette espèce. Autour de Paris, on en voit de nombreuses plantations qui, aménagées a sept ou huit ans, ne servent qu’à la fabrication des cerceaux et des échalas ; mais dans le Midi, le fruit du Châtaignier entre pour beaucoup dans l’alimentation des campagnes. L’arbra dont je
- donne ici le dessin se trouve dans l’ile de Madère, sur une propriété qui appartient à M. le comte de Carvalhal, à un endroit qu’on appelle Achada, dans la paroisse de Campanario ; cette paroisse est située à 23 kilomètres de Funchal.
- La hauteur de ce Châtaignier est d’environ 50 mètres et, à 1 mètre du sol, son tronc a 11,60 m de circonférence. 11 y a dans le centre de ce tronc une chambre carrée de 1,70 m de large et de 2 mètres de haut. Au sud, on a ouvert une fenêtre de 0,52 m sur 0,37 m.
- L’arbre est encore en pleine végétation; mais, comme pour tous les colosses de ce genre, il serait bien difficile d’en indiquer l’Age. Ch. Joly.
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- L'A NATURE.
- LES EXPERIENCES PUBLIQUES D’ÉLECTRICITÉ1
- fig. 1. — L'électricien ambulant de la foire de la Villette, à Pari-s. (D’après nature.)
- Un des principaux forains exploitant l’électricité au boulevard du Temple se nommait Cornus. Comme son voisin Curtius, il avait emprunté un nom à l’antique Rome. Il s’appelait en réalité Ledru, et son petit-fils fut le célèbre Ledru-Rollin, un des créateurs du suf-frage universel en France. J’ai beaucoup connu ce grand orateur, pour lequel j’ai toujours conservé une affection sincère.
- Cornus étaitnéàParis en 1751 et il mourut en 1807 à Fontenay, où il s’était retiré après avoir été arrêté pendant la Terreur. Peu s’en fallut qu’il ne portât sa tête sur l’échafaud révolutionnaire, parce qu’il était odieux à, Marat, et qu’avant la Révolution, il était physicien des Enfants de France.
- 1 Suite et fin. — Voy. n° 833, du 18 mai 1881), p. 31)7.
- Cornus excellait dans les tours où l’on avait besoin d’un aimant. Il s’était acquis la réputation d’en fabriquer de très forts qu’il vendait a tous les cabinets de physique.
- Robert Linguet parle en détails de Cornus dans le Journal de politique et de littérature pour 1776, n° 8, page 518.
- « Le sieur Cornus, dit-il, est un homme singulier. Son exemple prouve qu’il n’y a point d’état qu’on ne puisse ennoblir, tandis que celui de tant d’autres montre qu’il n’y en a point qu’on ne puisse avilir. L’aimant paraît avoir été le grand mobile dont il s’est servi pour scs illusions les plus importantes. Il s’est depuis appliqué à l’électricité, et son nom se compte parmi ceux des savants qui l’ont maniée avec Je plus de succès. »
- À côté de Cornus, nous pourrions citer d’autres
- Fig. 2. — L’appareil à électrisation automati jue du boulevard de Sébastopol à Paris. (D’après nature.)
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- forains qui eurent à differentes époques des fortunes différentes. Vers 1810 parut un faux Cornus, qui prit Je nom que Ledru n’exploitait plus et qui, après un succès éphémère, tomba dans la misère. Quinze ans après, un certain Miette, qui était physicien et électricien en boutique, acquit delà réputation. Son fils n’eut pas le même bonheur. L’électricité ayant baissé, il la dédaigna et ne conserva que les gobelets de l’escamoteur.
- Les grands jours, quand il y avait du monde, Miette montrait son portrait peint par Horace Ver-net. 11 prétendait être très fort en langue française parce qu’il consultait le dictionnaire de M. Poche : c’est ainsi qu’il désignait le dictionnaire qu’il portait toujours sur lui.
- En 1870, le pauvre Miette mourut. Un matin on le trouva inanimé dans son galetas. Le froid et la faim avaient eu raison de son rire !
- A plusieurs reprises La Nature a donné des détails sur des représentations foraines, qui n’auraient point été possibles sans l’électricité.
- A côté des théâtres, où l’électricité joue actuellement un rôle prépondérant, les modestes expériences du praticien en plein air existent encore.
- Les instruments se sont modifiés d’une façon profonde. La machine à roue de verre a complètement disparu. Le progrès si remarquable des machines d’influence n’a point suffi pour les protéger contre la concurrence de la bobine. En effet, celle-ci agit avec le concours d’une ou deux piles habilement dissimulées.
- Les physiciens ambulants en plein vent n’ont pas disparu des foires. L’électricien forain de la foire de la Villette opère avec une machine électro-médicale et produit des convulsions grotesques sur les naïfs incapables de quitter les poignées qu’ils ont saisies avec une confiance trop grande. La scène de notre gravure (fig. 4) se répète cent fois chaque jour, toujours avec un même succès.
- Un collègue de ce forain amorce son monde à force de coq-à-l'âne. Malgré vous, pour peu que vous l’interrogiez, il vous passe au doigt une bague de cuivre. Dans l’intérieur de cette bague se trouve logée une petite lame de zinc, les deux éléments de pile. C’est une variante de la chaîne Pulver-rnacher. L’électricien ambulant vous démontre que si vous lui achetez cette bague 50 centimes vous n’aurez point à redouter la migraine. En effet, il prend un aimant qu’il vous passe sous la main et il prétend que cette bague est tellement électrique qu’elle fait dévier l’aiguille.
- Nous devons à présent mentionner les appareils dans lesquels c’est le patient qui règle la dose d’électricité et la détermine suivant sa volonté, d’après sa force de résistance.
- De tous les appareils automates si nombreux, dans les foires, dans les gares de chemins de fer, dans les galeries de théâtre, le plus simple et le plus utile est sans contredit l’appareil à secousse. L’avantage qu’offrent ces appareils est que la décharge aug-
- mente d’intensité à mesure que l'on tire. Le courant agit tout le temps que l’on tient les poignées.
- Bien entendu, il faut commencer par laisser tomber dans la fente indiquée une pièce de 10 centimes. La pièce met le contact, et la bobine d’induction travaille tant que l’on empêche les poignées de revenir à leur place naturelle, qu’elles sont sollicitées à prendre par deux ressorts antagonistes.
- Un de ces appareils, le plus fréquemment utilisé, est placé à la porte de la Scala, sur le boulevard de Sébastopol, à Paris. C’est celui que nous reproduisons ci-contre (fig. 2).
- Les propriétaires feraient sagement d’envoyer quelqu’un faire boutique, ce qui, dans l’argot de la « banque » veut dire « commencer le mouvement. » En effet, quand un amateur est décidé à essayer le pouvoir de l’électricité, c’est à qui l’imitera; alors la recette devient excellente.
- Il y a des différences très grandes entre la manière dontles secousses agissent ; quelques individus, comme moi, peuvent à peine tirer les poignées, Ils sont obligés de les lâcher en criant. D’autres ont une résistance remarquable a l’action du courant.
- W. de Fonvielle.
- CHRONIQUE
- Les dates d'ouverture des Expositions universelles. — On sait que l’Exposition de 1889 a été inauguréé le lundi G mai. Un certain nombre de journaux ont fait remarquer que, par une coïncidence assurément fort rare, le 6 mai 1867, le 6 mai 1878 et le 6 mai 1889 étaient un lundi. Ce fait perd son caractère de singularité lorsqu’on considère que, dans l’intervalle de onze ans qui a séparé les jours considérés, il y a eu huit années ordinaires comptant trois cent soixante-cinq jours et trois années bissextiles en comptant trois cent soixante-six. Or :
- (8 x 565) + (5 x 566) =4018
- nombre exactement divisible par 7, condition suffisante pour que les dates et les jours des différentes années coïncident.
- Cette coïncidence ne se renouvellera pas pour l’année I960, car d’après le calendrier grégorien adopté en France depuis 1582, par lettres patentes du roi llenri III, l’année 1900 ne sera pas bissextile, Il ne s’écoulera donc que 4017 jours entre le 6 mai 1889 et le 6 mai 1900: le 6 mai 1900 sera donc un dimanche. -----------------------------
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3 juin 1889. — Présidence de M. Des Cloizeaux
- La chaleur de combustion du carbone. — On, sait qu’il y a le plus grand intérêt à déterminer avec précision la éhaléur de combustion du carbone : c’est la base de toute détermination de la chaleur animale et c’est la base aussi de toute détermination des chaleurs de formation des composés organiques. Lavoisier et Laplace l’avaient bien senti, mais leurs essais ne doivent plus être cités qu’au point de vue purement historique à cause du peu de précision dont la science d’alors était capable. Dulong reprit la question, mais sans prendre garde qu’une notable
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- partie du gaz produit était de l’oxyde de carbone au lieu d'acide carbonique, ce qui faussait considérablement le résultat ainsi que Itespretz l’a fait voir. En 1852, Favre et Silbermann firent des mesures acceptées longtemps, mais contre lesquelles cependant se présentent des objections considérables : la combustion opérée dans un courant d’oxygène était nécessairement très lente, prenant parfois quarante-huit minutes, et l’acide carbonique engendré était mêlé d’une proportion d’oxyde de carbone pouvant s’élever jusqu’à 55 pour 100. M. Berthelot a imaginé une méthode qui est absolument à l’abri de toute cause d’erreur : la matière à l’étude est placée dans un récipient très résistant au sein d’une atmosphère d’oxygène pur à 25 atmosphères de pression, de sorte que la combustion est intégrale et instantanée. Les mesures de l’illustre chimiste ont porté sur le carbone amorphe provenant du charbon de bois, sur le graphite et sur le diamant, ce dernier fourni en abondance par M. Taube qui a déjà donné des marques de son grand dévouement à la science. Pour le carbone amorphe, M. Berthelot trouve 8157 calories, au lieu de 8080 données par Favre et Sil-bermann. Rapporté au poids moléculaire, ce chiffre correspond à 97,05 c : c’est donc environ d’un centième qu’il faut augmenter la chaleur de formation de tous les composés organiques. Pour le graphite de la fonte, l’auteur obtient 7901 calories au lieu de 7770 qui était admis, soit 94,8 c rapporté au poids moléculaire. Enfin, pour le diamant cristallisé le nombre est de 7859 calories et 7800 pour le bore. On admettait dans les deux cas 7770 comme pour le graphite.
- Enrichissement de la craie phosphatée. — Le savant directeur de la Station agronomique de la Somme, M. Nantier, adresse un très important Mémoire sur la craie phosphatée de Beauval dont le gisement a été naguère décrit dans La Nature. Il est probable, en présence de l’ardeur des exploitants, que le gisement sera bientôt épuisé et alors, devenu moins difficile, on se rejettera sur la.craie phosphatée dans laquelle se trouve le phosphate riche et qui, bien que titrant 50 à 40 pour 100 de phosphate, est actuellement dédaignée. 11 faudra même passer à des zones moins lâches encore surtout si, comme le propose l’auteur, on parvient à les enrichir par un traitement convenable. Or, M. Nantier reconnaît, à la suite de très nombreuses expériences, qu’en lavant rationnellement certaines craies même très pauvres, titrant seulement 15 à 20, il est aisé de porter leur richesse à 55 ou 60, tandis qu’avec un simple lavage, comme on le pratique généralement, à Mons par exemple, on ne dépasse pas 55 à 45. L’auteur donne l’analyse détaillée de tous, ces produits. En terminant son très important Mémoire, il ajoute des réflexions que nous citerions en entier si la place nous le permettait et d’où nous extrayons seulement le passage suivant :
- « N’est-il pas évident que l’analogie de composition des phosphates lavés extraits de la craie et des phosphates riches m’autorise à dire, ainsi que M. Stanislas Meunier l’a déclaré1, que les poches de phosphate riche ont été formées parla lévigation de la craie, par des eaux chargées d’acide carbonique? Et, en effet, pour élever les phosphates de 60 à 80, ou même à 85, il suffit de les traiter par un acide faible comme l’acide chlorhydrique étendu qui enlève presque la totalité du carbonate de chaux. Mais cet acide dissout en même temps une assez forte proportion de phosphate. Aussi n’est-ce pas un acide aussi fort qui a dû provoquer la séparation du phosphate riche.
- * Comptes rendus, l. C11I, p. 657.
- C’est pourquoi, pour nous rendre compte de la valeur de l’hypothèse de M. S. Meunier, nous avons soumis la craie phosphatée à l’action de l’eau carboniquée (eau de Seltz) et nous avons obtenu les résultats suivants :
- Carbonate de chaux dissous par litre. Phosphate de chaux dissous par litre.
- Craie jaune, 7 pour 106
- de phosphate , 1,572 g. 0,0085 g.
- Phosphate riche, 77 pour
- 100 de phosphate. . . 0,159 g. 0,088 g.
- Ces chiffres montrent donc bien que dans ce cas encore le carbonate de chaux est d’abord eidevé et que le phosphate n’est dissous qu’ensuite et en très faible quantité. Tous ces faits justifient donc pleinement l’opinion de M. S. Meunier. »
- Le tremblement de terre du 50 mai. — Un très grand nombre de communications concernent les secousses éprouvées jeudi dernier en Normandie, dans le sud de l’Angleterre et puis à Paris ; elles ne paraissent pas contenir d’observations bien précises, sinon que les oscillations allaient du nord-ouest au sud-est et que le maximum a eu lieu entre Caen et Cherbourg. Il faut cepen-dont mentionner une note de M. Moureaux, présentée par M. Mascart, d’après laquelle, si la boussole de Saint-Maur a été influencée, ce qui n’est pas absolument certain, ce n’est du moins pas d’une façon purement mécanique, mais magnétiquement ou électriquement : un barreau de cuivre suspendu comme l’aiguille aimantée n’a, en effet, rien manifesté.
- Toxicité des eaux météoriques. — D’après M. Domingo Freire, une récente épidémie observée à Rio-Janeiro, d’une maladie caractérisée par un état hyperthermique excessif, la céphalalgie et la dyspnée et dont la terminaison a été souvent mortelle, aurait pour cause la toxicité des eaux suspendues en vapeur dans l’atmosphère. Le liquide provenant de leur condensation a tué des oiseaux auxquels on l’a injecté et l’observation microscopique y décèle d’innombrables spores.
- Le graphophone. — M. Tainter fait fonctionner devant l’Académie son graphophone qui se distingue avant tout du phonographe perfectionné, par son extrême simplicité. Nos lecteurs ont eu la description de ce merveilleux appareil ainsi que celui de M. Edison ; ils ont par consé-* quent tous les éléments de comparaison.
- Varia. — Les chlorures ammoniés de mercure occupent M. André. — M. le prince de Monaco présente une étude sur les courants de l’Atlantique. —- Un procédé pour déterminer le point de fusion des corps très fusibles est soumis par M. Damiens. — M. Béchard étudie l’acide métatungstique. Stanislas Meunier.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- NOUVEAUX JEUX d’ÉQUILIBRE
- Notre figure 4 représente un jeu d’équilibre que son constructeur, M. Watilliaux, désigne sous le nom de YEnervant. C’est un petit plateau de fer-blanc, au milieu duquel est une cavité centrale. Le fond du plateau est bombé en surface conique ;
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- une bille s’y promène. 11 s’agit de faire arriver la bille dans le trou central par le mouvement donné au plateau.
- 11 y a plusieurs moyens d’arriver à ce résultat, qui nécessite beaucoup d’adresse. La véritable manière, celle qu’emploient les forts équilibrâtes, consiste à faire gravir doucement à la bille le plan incliné formé par le fond bombé du plateau en penchant peu à peu et insensiblement ce plateau de manière à maintenir la bille sur le plan incliné jusqu’à ce qu’elle soit arrivée au trou central; mais ce moyen présente d’assez grandes difficultés d’exécution.
- Il est une autre manière beaucoup plus tacile, (“I avec laquelle on réussit rapidement. La bille étant sur le bord du plateau en avant du trou, au lieu de chercher à amener cette bille dans le trou, il faut faire comme si l’on voulait conduire le trou sous la bille, autrement dit faire glisser le plateau sous la bille et cela en imprimant au plateau un mouvement ail ongé dans la direction de la bille. Ce mouvement auquel il faut, bien entendu, donner la force nécessaire pour obtenir, sans rester en deçà ni aller au delà, le rapprochement entre le trou et la bille, ressemble assez à celui qu’on exécute en ramassant quelque chose à terre avec une pelle.
- Il va sans dire que si, au départ, au lieu de mettre la bille en avant du trou, vous la. mettez soit en arrière, soit à droite, soit à gauche, en un mot, en
- un point quelconque de la rigole, vous réussirez par le même procédé, mais au lieu de donner au mouvement l’impulsion en avant, vous donnerez cette impulsion, suivant le cas, en arrière, à droite, à gauche, autrement dit, toujours exactement dans la
- direction de la
- --------------------—„----------- bille. Quand on
- aura la pratique de ce mouvement, on réussira très facilement, même si l'on ferme les yeux, après avoir toutefois pris connaissance de la position de la bille. On réussit gé néralement mieux en tenant le plateau d’une seule main, qu'en le tenant des deux mains.
- Un autre jeu analogue nous est envoyé d’Amérique. Il est désigné sous le nom de Pigs in clover (porcs dans une prairie). Ce jeu consiste en une boîte de
- carton, où des bandes circulaires forment des chemins concentriques : quatre billes ordinaires y circulent ; ces billes représentent les porcs. Les chemins concentriques communiquent entre eux par des ouvertures placées aux extrémités d’un diamètre; au centre est une petite boîte (l'étable) percée d’une ouverture. Le problème consiste à faire entrer les cinq billes dans la boîte centrale par les mouvements imprimés au système. La solution est moins difficile que celle de Y Enervant ; mais encore faut-il avoir la main légère et exercée.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Imprimerie A. Luhure, 9, rue de Fleuras, à Paris.
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- N° 837.
- LA NATURE.
- LE PANORAMA *
- DE LA COMPAGNIE TRANSATLANTIQUE
- A l’exposition UNIVERSELLE DE 1889
- Que nous sommes loin du tronc d’arbre creusé lentement et péniblement qui fut le premier navire, et qu’on peut voir dans la partie de Y Exposition
- réservée a l'homme primitif! Combien de siècles s’écoulèrent avant que l’expérience eût appris aux hommes la forme la plus propre à une marche aisée et rapide! Le canot actuel, long et étroit, avec une carène tranchante qui fend les eaux, tient de l’oiseau et du poisson. Sous les coups répétés de l’aviron, il s’avance allègrement, il glisse sur l’onde comme un oiseau nageur.
- Æ
- Fig. 1. — Le Panorama de la Compagnie transatlantique au Champ de Mars. Développement de la moitié du Panorama.
- L’avant du steamer ta Touraine.
- Bientôt, le vent vint en aide au rameur. La voile enllée se courbe avec grâce et cède en résistant au souffle qui l’emporte. Le navire obéit comme la plume légère. Mais il redoute le calme qui le laisse
- immobile aussi bien que la tempête qui lui fait courir mille dangers.
- La vapeur vint enfin. Dès lors, plus d’inquiétude, plus d’irrégularité ni d’intermittence dans la marche,
- plus d’attente forcée et souvent pénible. Le navire à vapeur n’est pas esclave des éléments ; il ne compte pas sur les vents complaisants ; il part a son heure et s’arrête à sa volonté,; il accélère ou ralentit sa marche selon le besoin ; ni les courants ni les vents contraires ne sont pour lui des obstacles insurmontables, et les vagues furieuses ne parviennent qu’à le soulever sur leurs croupes et à le balancer mollement.
- Tout le monde connaît aujourd’hui, au moins de nom, la Compagnie transatlantique dont les navires 17e année. — 29 semestre.
- sillonnent tous les océans1. Les nombreux passagers qu’elle a transportés savent qu’elle n’a rien épargné pour assurer l’agrément et le bien-être du voyageur, la rapidité de la marche et la sécurité du voyage.
- Les navires sont de magnifiques constructions exécutées selon les prescriptions d’une science profonde et selon les règles d’un art délicat. Ils sont vastes, commodes,élégants, confortables : on y voit dessalons luxueux où l’on cause, où l’on fait de la musique, où
- 1 Yoy, n° 721, du 26 mars 1887, p. 265.
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- LA NATURE
- l’on danse même ; des salles de lecture, bien approvisionnés de livres et de journaux, des fumoirs bien aérés, des cabines qui sont de véritables chambres à coucher. Les plus récentes découvertes y sont appliquées : c’est à l'aide du téléphone que les ordres sont transmis et qu’ils parviennent sans erreur, malgré les bruits de la tempête ; c’est la lumière électrique qui éclaire la route, lançant au loin ses rayons éclatants par des lanternes phares, et inondant l’intérieur du navire de ses blanches et vives clartés.
- Ceux-là mêmes qui ne voyagent pas, s’intéressent néanmoins à la manière dont on voyage et se demandent avec une curiosité inquiète si l’on peut s’aventurer sans crainte sur la plaine liquide. Nul ne visite un port sans demander à voir un de ces navires qui ont tant de fois traversé l’Atlantique. Aussi ne sommes-nous pas surpris de voir parmi les curieux du Panorama des représentants de toutes les catégories sociales : des paysans, des ouvriers qui n’ont
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- Fig. 3. — Coupe du Panorama de la Compagnie transatlantique.
- jamais vu la mer, des bourgeois, des commerçants dont la vie s’est écoulée dans une petite localité ou dans une arrière-boutique, des diplomates qui rêvent de représenter la France à l’étranger, des amants de la nature qui ont soif de forêts vierges.
- A peine avons-nous fait quelques pas dans l’intérieur du Panorama que nous sommes en plein navire. A droite, à gauche, des couloirs éclairés par des / hujots donnent accès dans les cabines. Il n’y manque même pas, pour compléter la couleur locale, une vague odeur de goudron. Par un petit escalier, on arrive sur le pont, un vrai pont avec des cordages amoncelés, la boussole de quart, le téléphone, la foule des passagers, le capitaine, tout ce .qu’on voit sur un pont de navire au départ. Ce qui est près de nous est réel, à distance c’est un tableau appliqué contre le mur cylindrique intérieur de la rotonde au centre de laquelle nous nous trouvons. Ce tableau dont nous donnons les deux parties (fig. 1 et 2) est éclairé par un ciel ouvert formant une zone de la toiture conique. Ce ciel ouvert nous est caché ainsi que les bord du tableau, et la transition est si bien ménagée, les effets de lumière si heureusement gradués, les -passagers virtuels ont des attitudes si vraies, si naturelles; ils causent avec tant d’abandon,
- ils discutent avec tant d’animation, que nous sommes le jouet de l’illusion et (pie nous croyons avoir sous les yeux non un tableau, mais le paysage même. M. Poilpot s’est distingué dans l’exécution de ce remarquable tableau.
- La mer est là devant nous, avec sa surlace miroitante, moirée, scintillante des beaux jours, lançant de toutes parts comme autant d’étincelles, les rayons solaires réfléchis par les innombrables petites vagues comme par autant de miroirs mobiles. Il y manque pour achever l’illusion une brise légère, des pavillons flottants, les bruits du clapotage des vagues, quelques commandements à l’aide du porte-voix. Il est vrai qu’on pourrait redouter alors, tant l’imitation serait parfaite,que les visiteurs, transformés en passagers, ne ressentissent les effets du mal de mer.
- Le Havre est déjà loin sur la droite, estompé ainsi que les collines voisines par la brume du matin. Forêts et prairies se fondent en masses harmonieuses. Devant nous, la mer s’étend à perte de vue, jusqu’à l’horizon sans limites, où la mer et le ciel se noient l’un dans l’autre. Ce magnifique tableau arrache au public des exclamations d’étonnement, des cris de joie naïve ; on ne se lasse pas de le regarder.
- Notre figure 3 donne la coupe du Panorama, et montre à la partie supérieure la ceinture de bois où se trouve fixé le tableau qui forme un cylindre, un anneau de fer étant fixé à son bord inférieur1. Un parasol placé au-dessus de la passerelle réelle où se tiennent les spectacteurs, est destiné, d’une part, à intercepter à ceux-ci la vue de la zone par où pénètre la lumière, et d’autre part à leur cacher le bord supérieur du tableau. Le spectateur se trouve ainsi dans la pénombre, ayant devant les yeux le tableau bien éclairé. Enfin le bord supérieur du tableau est caché par le bastingage. Ce sont là autant d’artifices par lesquels on parvient à produire l’illusion de la réalité.
- Au-dessus du Panorama sont les Dioramas.
- Là, on voit les diverses parties du navire, le salon, la salle à manger, le fumoir, les cabines, représentés par autant de tableaux distincts. Le spectateur se trouve dans l’obscurité, en face et à une assez grande distance du tableau qui est éclairé par un ciel ouvert. Aucune lumière étrangère ne peut pénétrer entre le spectateur et le tableau ; aucun objet ne peut être vu non plus dans le même espace qui est de la grandeur du tableau, et limité par des murs, le plafond et le plancher.
- Les tableaux ne sont peut-être pas suffisamment éloignés, mais l’exécution laisse bien peu à désirer : les passagers causent, rient, fument, boivent, lisent avec tant de naturel qu’on serait tenté de prêter l’oreille à leur conversation ou de demander les nouvelles du jour à ceux qui lisent les journaux.
- Voici maintenant le port de Marseille encadré par de vieilles murailles brûlées des feux du couchant, et baignées par les flots de la mer azurée; puis
- 1 La rotonde en fer démontable est l’œuvre de M. Nénot, l’architecte auquel nous devons la nouvelle Sorbonne.
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- LA NATURE.
- Alger, éblouissant de lumière, dont les maisons d’une blancheur éclatante roulent comme une avalanche sur le versant d’une colline; New-York, entourée par des fleuves et par la mer, où l’on voit, en sentinelle avancée, la statue de Bartholdi donnée par la Franco1.
- Les Dioramas, pour être complets, devraient présenter des effets de jour et de nuit comme autrefois ceux de la vallée de Goldau et de Saint-litienne-du-Mont; c'était un attrait a jouté à tant d’autres. Malgré ces réserves, le Panorama, en grande partie l’œuvre deM.Daymard, l'ingénieur en chef très distingué de la Compagnie transatlantique, reste une des vives attractions de notre belle Exposition. Félix Dément.
- L’INCENDIE D’UN TUNNEL
- C’est là chose bien rare et bien extraordinaire; elle vient de se produire aux États-Unis, dans ce pays des événements peu communs. Cet accident curieux a eu pour théâtre la ligne du « Cincinnati Southern Railroad »,près de Sunburnt, dans le Tennessee. Près de cette ville, la voie ferrée traverse un tunnel, qui a été creusé en partie dans un gisement de houille. 11 y a quelque temps une collision eut lieu sous ce tunnel; l’un des deux trains qui se rencontrèrent était chargé en partie d’huile qui prit bientôt feu après l’accident. Mais, dans la construction du tunnel, on avait négligé de revêtir toute la voûte de pierres se fiant à la solidité des terrains. Si bien que la houille s’est trouvée directement en présence des flammes et a pris feu bientôt. Et le feu a duré plusieurs jours.
- LES VOYAGES DES FRÈRES ZENI2
- Peu d’années avant l’arrivée de Nicolo Zeno chez Zichmni, quelques barques de pêcheurs deFrislanda, entraînées irrésistiblement par une elfroyable tempête, vinrent échouer sur les côtes d’une terre dont jamais personne n’avait ouï parler. Six des naufragés tombent aux mains des habitants ; conduits à la capitale du pays et interrogés en présence du roi, ils s’entendent interpeller dans une langue inconnue et ne peuvent se faire comprendre eux-mêmes, sinon en parlant latin à un matelot européen naufragé comme eux et naturalisé dans l’île qui se nomme Estotilanda. Les infortunés marins ne sachant comment s’y prendre pour retourner en Europe, se résignent à se fixer à Estotilanda et l’un d’eux, plus intelligent que scs compagnons, apprend le langage de la contrée et y séjourne pendant plusieurs années.
- L’île, qu’il faut peut-être identifier avec Terre-Neuve, était à peine moins étendue que l’Islande r% mais plus fertile ; habitée par une population nom-
- 1 Ces tableaux sont les œuvres de MM. Iloffbauer et Matte.
- 2 Suite et fin. Yoy. n° 832, du 11 mai 1889, p. 369.
- 3 II est difficile de savoir si Nicolo Zeno veut parler ici de l’Islande ou d'Islanda dans les Shetland. M. Nordenskiôld tranche implicitement la difficulté en exprimant l’opinion que les pêcheurs de Feroë firent naufrage à Terre-Neuve. Les dimensions de cette dernière île sont en effet comparables à celles de la « Terre des Glaces ».
- breusc, intelligente et très civilisée. Les habitants de ces parages si reculés semaient des céréales, fabriquaient de l’hydromel, travaillaient les métaux, recueillaient de l’or, et allaient jusqu’au Groenland (Engroueland) se procurer, par voie d’échange, du soufre, de l'huile de poisson et des pelleteries. Le bois de construction leur est fourni en abondance par de nombreuses et épaisses forêts ; ils sont assez habiles marins, mais ils ignorent l’usage de l’aiguille aimantée. .Jadis, Estotilanda avait eu des rapports avec l’ancien monde ; car dans la bibliothèque du roi, notre explorateur involontaire retrouva des livres latins qu’aucun naturel du pays ne savait déchiffrer, et qu’il put lire sans difficulté. Il apprit enfin que vers le sud de l’île, il se trouvait de vastes terres très boisées, fort peuplées et riches en or, en un mot assez analogues à la région dans laquelle il se trouvait.
- Ses camarades et lui expliquèrent à leurs hôtes les avantages pratiques de la boussole, ce qui leur fit beaucoup d’honneur. Le roi s’empressa de leur confier la direction d’une flottille de douze barques et les chargea d’explorer dans la direction du midi une terre appelée Drogio. Mais l’expédition fut loin d’être heureuse : ballottés par une bourrasque d’une violence inouïe, les bateaux vinrent échouer sur des rivages inconnus et les malheureux qui échappèrent à la catastrophe tombèrent entre les mains de tribus anthropophages et furent presque tous mangés. Toutefois le marin de Frislanda s’étant aperçu que les Indiens ignoraient l’art de pêcher avec des filets1, sauva sa propre vie et celles de plusieurs de ses compagnons d’infortune, en fournissant aux chefs de la tribu du poisson en abondance. Dès lors les sauvages, enchantés de la diligence de leur nouveau pourvoyeur, le traitèrent avec beaucoup d’égards.
- Cependant sa réputation devint telle dans toute la contrée que d’autres caciques vinrent disputer a son premier possesseur cet être qui leur paraissait presque surnaturel puisque sa seule présence constituait une garantie contre la famine. Il fut enlevé bientôt a son maître par un autre guerrier plus rusé ou plus vaillant, lequel ne tarda pas du reste à être dépossédé à son tour. Le malheureux, qu’on s’arrachait à l’envi, vécut ainsi captif durant treize années, au service de vingt-cinq maîtres successifs, tous plus amateurs de poisson les uns que les autres, et l’on comprend sans peine qu’il vit bien du pays.
- La contrée lui parut très vaste et formant presque « un nouveau monde » à elle seule. Les indigènes ne savent même pas se garantir du froid au moyen de peaux de bêtes. Us se nourrissent de venaison et mangent à l’occasion de la chair humaine; ils ne connaissent pas les métaux et se livrent de furieux combats de tribu à tribu. Alors ils s’arment de lances en bois acéré et d’arcs dont les cordes sont faites avec le cuir de divers animaux sauvages. Toutefois ils
- 1 D’après le témoignage formel des missionnaires, les anciens sauvages californiens ne connaissaient ni hameçons, ni filets.
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- obéissent à des chefs et suivent des lois variables suivant les peuplades. Notons bien que ce résumé ethnologique convient à merveille aux Peaux-Rouges du Canada et des Etats-Unis, et il est beaucoup plus difficile de supposer, comme l’ont conjecturé plusieurs auteurs, que celte bizarre odyssée aurait eu pour théâtre la Russie du nord ou la Sibérie occidentale. Môme au quinzième siècle, les riverains de la mer Blanche ou de la mer Glaciale avaient déjà embrassé le christianisme, professaient des mœurs assez douces et se couvraient le corps d’épais vêtements. Au reste le marin de Frislandaajoute dans son récit, qu’au sud-ouest de l’immense territoire qu’il parcourut toujours pêchant pour le compte d’autrui, se trouvent d’autres pays riches en or et en argent, où règne un climat plus doux et dont les habitants, agglomérés dans de véritables villes, immolent à leurs dieux des victimes humaines dans des temples bâtis en pierre. Peut-on nier qu’il ne s’agisse du Mexique?
- Les compagnons du pêcheur s’accoutumèrent tant bien que mal à leur nouveau destin et ne cherchèrent point à retourner dans leur patrie. Lui, moins résigné, réussit à s’échapper et grâce à l’aide de quelques-uns des caciques qu’il avait jadis servis; errant de tribu en tribu, il arriva sain et sauf jusqu’à la terre de Drogio où il séjourna trois années. Un jour enfin, trois navires sont signalés, les naturels de Drogio ne peuvent s’expliquer avec les marins qui montent ces vaisseaux et ont recours à l’expérience de notre héros. Celui-ci s’aperçoit immédiatement, à sa grande joie, qu’il se trouve en présence de matelots venus d’Estotilanda, lesquels le choisissent pour leur interprète et l’associent à leur commerce. Il finit par gagner beaucoup d’argent et se trouve bientôt assez riche pour fréter un navire qui le ramène enfin à Frislanda.
- Ce récit merveilleux, que d’ailleurs confirmaient d’autres renseignements recueillis parmi les marins les plus aventureux de Frislanda, décida Zichmni à tenter une exploration du côté de ces régions extraordinaires. 11 est plus que probable que notre corsaire était moins aiguillonné par la curiosité de visiter des côtes inconnues que pressé de constater par lui-même l’existence de ces richesses lointaines. Prenant en personne le commandement de l’escadre, il ne laissa à son amiral Antonio Zeno que le second rang. A défaut du pêcheur dont nous avons résumé les aventures et qui mourut trois jours avant la date fixée pour le départ, on choisit pour guides d’autres marins qui étaient revenus avec lui d’Estotilanda.
- Après avoir fait escale aux îles de Ledouo et d'Ilofe, on cingle à pleine voiles vers l’ouest, mais alors survient l’inévitable tempête que nous avons eu tant de fois déjà l’occasion de mentionner. Plusieurs vaisseaux sont perdus corps et biens; les autres se rassemblent tant bien que mal et ne tardent pas à découvrir une terre. Personne n’est capable de la reconnaître : mais Pile, tout inconnue qu'elle est de Zichmni et de ses compagnons, n’est rien moins que déserte, car une foule armée, résolue à se défendre contre ceux qu’elle prend pour des agresseurs, se presse tumultueuse sur le rivage.
- Zichmni s’évertue en démonstrations pacifiques : les insulaires, en hommes de précaution, ne lui députent pas moins de dix interprètes, chacun d’entre eux parlant une langue différente. Neuf des idiomes dans lesquels s’expriment les messagers sont inintelligibles pour les marins de Zichmni; enfin le dixième truchement leur adresse la parole en islandais et se fait comprendre. 11 expose que Pile s'appelle Icnrin et qu’tdle a été jadis peuplée par une colonie écossaise. Les chefs de la dynastie régnante s’appellent invariablement Icari et descendent d’un prince de ce nom, fils de Deda-lo1, ancien roi écossai-’. Les Icariens sont tellement jaloux de leurs vieilles lois, que non seulement ils les maintiennent immuables, mais qu’ils ne veulent avoir aucun commerce avec les étrangers. Tout ce qu’ils peuvent faire c’est de recevoir chez eux un des matelots de Zichmni, il sera bien reçu, bien traité, mais il ne quittera plus Icaria, et sera assimilé aux dix interprètes naturalisés icariens qui sont les seuls étrangers tolérés dans l’Etat.
- La proposition ne convient pas à Zichmni qui lève l’ancre, et, faisant le tour de l’îte, vient s’abiiter dans une crique solitaire de la côte orientale, espérant pouvoir y faire aiguade et renouveler sa provision de bois sans attirer l’attention de ces insulaires peu hospitaliers. Mais quelques-uns d’entre eux épient les Frislandais, transmettent immédiatement l’alarme au moyen de feux allumés sur les hauteurs ;. des troupes d’hommes armés se ruent avec fureur sur les malheureux étrangers, en tuent ou en blessent plusieurs et obligent les autres à se rembarquer précipitamment. La flotte de Zichmni, toujours étroitement surveillée, longe encore les rivages d’Icaria;
- 1 Ce nom et le précédent ont une tournure par trop mythologique et paraissent avoir été forgés à plaisir.
- 2 Tous les noms de lieux figurant sur cette carte n’ont pas été reproduits sur notre fac-similé. On remarquera que le Groenland est dénommé hslanda et l’Islande Tfiylé.
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- comme les vivres commencent à faire défaut, on essaye, mais inutilement, de s’aboucher avec le premier interprète et on se décide en fin de compte à faire voile dans la direction de l’ouest. C’est dans un coin reculé de l’Irlande ou plus probablement encore, dans quelques-unes des Hébrides que le roi-pirate venait d’ètre si mal accueilli.
- Le temps qui n’avait cessé d’être favorable depuis l’apaisement de la tempête devint assez mauvais, et ce fut seulement au bout de plusieurs jours que le vent tomba. On était en vue d’une terre où l’on aborda sans difficulté. Le pays olfrait un aspect fertile et l’on eut l’heureuse chance de rencontrer aussi un port excellent; les vaisseaux furent placés à l’abri sur le rivage non loin d’une élévation de laquelle on voyait sortir de la fumée. Cent soldats bien armés partirent à la découverte , et en attendant leur retour on se pourvut largement d’eau douce et de bois. Les équipages pêchèrent beaucoup de poisson, capturèrent force oiseaux de mer; ces derniers étaient tellement nombreux que leurs œufs suffirent tout d’abord à restaurer les marins épuisés et affamés. On était au mois de juin, en pleine saison des nids et il faisait fort beau.
- Sur ces entrefaites, le détachement que l’on avait envoyé en reconnaissance revient; les hommes racontent qu’ils ont vu brûler, au bas de la montagne, un grand feu alimenté par une source de bitume liquide. La montagne est criblée de nombreuses anfractuosités, et dans ces cavernes demeurent plusieurs familles d’hommes, fort petits, sauvages et timides, qui, à l’approche des soldats de Zichmni, se cachent dans leurs grottes. Il s’agit évidemment d’une colonie d’Esquimaux.
- Il faut convenir que Zichmni jusqu’alors n’avait guère à se louer du succès de son entreprise; aussi est-il naturel que par contraste, ce havre solitaire, dans lequel il pouvait enfin goûter un peu de repos au sein de l’abondance, lui parut un vrai paradis terrestre. Il manifesta l’intention de s’y fixer définitivement avec tout son monde, et il aurait réalisé son projet si ses matelots désireux avant tout de revoir leur pays natal,, ne s’y fussent opposés. Cependant quel-
- ques-uns d’entre eux préférèrent rester en compagnie de leur chef dans le nouvel établissement auquel Zichmni donna le nom de Trin. Ce fut à Antonio Zeno qu’échut la mission de ramener en Europe les autres marins. Le relour à Frislanda s’effectua du reste sans aucun incident, et Antonio lui-même quitta définitivement les Feroë pour se retirer à Venise où il finit paisiblement ses jours.
- On croit que Zichmni fonda effectivement une petite colonie sur la côte qu’il avait découverte. Mais on ignore quelle fut la fin de ce hardi pirate dont les Zeni louent beaucoup la valeur et le caractère chevaleresque. Antonio Zeno avait rédigé un long manuscrit dans lequel se trouvaient consignés des détails très complets sur ses aventures et celles de son frère, accompagnés de renseignements circonstanciés sur les peuples septentrionaux et les terres de l’extrême Nord. Ce manuscrit ainsi que d’autres documents du plus vif intérêt fut malheureusement détruit un siècle plus tard par l’imprudence d’un enfant, d’un Zeno descendant d’Antonioet nommé Nicolo comme le frère de son aïeul. Parvenu à l’âge d’homme, ce Nicolo retrouva dans les archives de sa famille quelques lettres écrites par Antonio et Nicolo Zeno, et à l’aide de ces documents rédigea la narration dont nous venons de résumer les traits les plus essentiels1.
- Habent ma fata libelli! Antonio Zeno avait laissé une carte des mers septentrionales qu’il avait explorées, soit qu’il eût dressé lui-même cette carte dans le cours de ses voyages, soit que Zichmni lui en eût fait présent, soit enfin que le document ait été composé par lui à Venise d’après d’anciennes notes. Cette carte originale, décomposée par la vétusté, n’existait qu’à l’état de lambeaux à l’époque où vivait Nicolo Zeno le jeune, c’est-à-dire dans le milieu du seizième siècle. Au moyen des débris de la
- 1 L’histoire des Zeni a été éditée pour la première fois en l’an 1558 par un auteur vénitien : Francesco Marcolini. Le livre fut dédié à un patriarche d’Aquilegia, parent de la famille Zeno, monsignor Barbaro. Il eût été invraisemblable, de la part d’un faussaire, observe M. Nordenskiôld, d’aller précisément choisir comme parrain d’un récit apocryphe un grand personnage allié aux Zeni.
- __HcneJÂcure deJV. Zesitt
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- Fig. 2. — Carte indiquant les itinéraires probables des frères Zeni, d’après les interprétations de M. Nordenskiold.
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- carte d’Antonio, Nicolo Zeno et Ruscelli donnèrent la carte dite des Zeni dont nous avons donné un fac-similé et qui parut imprimée à Venise en 1561 comme appendice à une traduction de Ptolémée.
- Sur les indications de Ruscelli, Nicolo Zeno ajouta sur la copie le tracé des parallèles et des méridiens qui ne figuraient pas sur le dessin primitif. Toutefois, les degrés de latitude de Zeno, loin d’être conformes à la vérité, sont entachés d’erreurs assez graves dérivant de la méthode pratique employée alors pour les observations de latitude et qui consistait à mesurer la hauteur du soleil, le jour du solstice d’été. Or, dans la zone boréale, la réfraction dont on ne savait pas éliminer l’influence, à cette époque, fait paraître le disque solaire plus bas qu’il n’est en réalité1. De même, les marins ne connaissaient pas la déclinaison de l’aiguille aimantée et à plus forte raison, ignoraient l’existence des anomalies assez graves que le phénomène subit dans la partie nord de l’Atlantique. Toutefois Nicolo Zeno, ou plutôt son aïeul Antonio, a dû baser ses calculs sur l’observation des astres, et a du moins commis une erreur constante, car si l’on diminue de 5 unités le numéro d’ordre de tous les parallèles on tombe sur des valeurs assez voisines de la vérité; aussi avons-nous cru devoir effectuer cette correction indiquée par l’auteur suédois. Quant aux longitudes, elles comportent quelques inexactitudes assez pardonnables.
- Zeno le jeune ne crut pas devoir modifier les dimensions exagérées des îles; celles-ci, conformément aux usages suivis par les vieux cartographes, sont démesurément grossies. Nous agissons encore de même à l’égard des villes, des routes ou des chemins de fer lorsque nous les figurons sur un plan topographique. Alors comme aujourd’hui la précision était sacrifiée à la clarté.
- Malheureusement, Zeno le jeune, voulant trop bien faire, dépassa le but. Le dessin primitif ne comportait pas le tracé des îlots de Rres, de Grislanda et tutti quanti pas plus qu’il n’indiquait l’emplacement de la terre d’Icaria. Zeno s’empressa de réparer cette omission en s’aidant de la lecture du texte; ne comprenant pas que le terme A'Manda désignait une des Shetland, il plaça les premières îles dans le voisinage de l'Islande (voyez la première partie du récit) ; à l’égard de la dernière, celle d’Icaria, il prit sur lui de la reporter à l’ouest de Frislanda, dans la direction de l’Amérique, et l’isola en plein Océan. Telle est l’hypothèse mise en avant par le critique moderne; dans le but de faire mieux saisir sa pensée, nous avons couvert de hachures les additions fautives de Zeno le jeune, additions uniquement propres à embarrasser les érudits et qui ont contribué à discréditer la carte des amateurs vénitiens et à faire suspecter la narration elle-même.
- Cependant, pas plus que la première, la seconde
- 1 Plus près de l’équateur, le soleil s’approche assez du zénith pour que l'erreur commise devienne négligeable.
- partie des aventures des Zeni ne contient aucun détail invraisemblable. Quelques-uns de ces détails sont absolument typiques. Maintenant, comme on l’a prétendu, la carte a-t-elle été dressée au seizième siècle, d’après des documents récents, par Zeno le jeune ou Martolini qui auraient ensuite attribué leur compilation aux vieux Zeni? Il est pjobable que non, car les mappemondes ou cartes antérieures à 1560 étaient toutes bien inférieures comme précision à l’œuvre des Zeni, et il semble singulier qu’une assez bonne copie ait été faite avec de mauvais originaux. Le lecteur s’en convaincra facilement par l’examen d’une carte de la Scandinavie et des régions limitrophes, publiée par le vénitien Pedrezano en 1548, pour être annexée à une édition de Ptolémée.
- Les lecteurs de La Nature sont en droit de nous poser une question que l’examen de notre résumé suggère immédiatement à l’esprit. Que sont devenus les anciens établissements européens fondés en Amérique, soit à Eslolilanda, soit à Trin par Zicbmni? D'abord le pêcheur des Feroë, moderne émule du vieil Ulysse, a sans doute exagéré quelque peu l’importance de la première; quant à la ville fondée par Zicbmni et pour laquelle il délaissa Sorand, sa résidence provisoire de Frislanda, ce ne fut probablement qu’une agglomération bien modeste. Quoi qu’il en soit, de pareils établissements, séparés les uns des autres par d’immenses étendues, par cela même trop éparpillés pour se prêter un mutuel appui, éloignés de la mère patrie et ne conservant avec l’Europe que des rapports très intermittents, ont disparu par suite du retour progressif à l’état sauvage de leurs colons, et ces derniers se sont fondus graduellement dans les tribus environnantes indiennes ou esquima-des. Et précisément, au siècle dernier, Charlevoix observa chez certains Esquimaux du Labrador, des types à barbe touffue, à teint rose, à chevelure blonde, offrant en un mot l’empreinte de la race germanique. 11 est bien connu que l’existence solitaire dépeinte dans tous les livres à Robinson transforme rapidement en brute un homme d’intelligence moyenne. L’isolement rabaisse les peuplades comme il dégrade les individus1. Antoike de Sadorta.
- 1 Xous avons à ajouter ici quelques observations au sujet du precedent article (n° 832, du 11 mai 1889) : 1° La figure de la page 389 représente, non les ruines du monastère de Saint-Thomas (ruines ensevelies pour toujours sous les glaciers de la côte Est [du Groenland et que nul explorateur n’a jamais revues), mais bien les restes de l'église de Krakortok, bâtie au moyen âge près de Julianashaab (Groenland occidental) et sans doute construite vers la même époque que le légendaire couvent: 2° l’ile d’lcaria marquée sur la gauche de la carie des Zeni (page 379), doit être ombrée comme les îles de Mimant, Grislanda, etc.; 5° nous avons dit à la page 371, colonne!, ligne 28 et suivantes: « Les vieilles sagas du moyen âge nous représentent l’Islande comme couverte de forêts, etc. » M. le docteur Labonne, l’auteur d’un voyage en Islande et aux îles Feroë, nous écrit à ce sujet: « Je puis vous affirmer avec preuves à l’appui recueillies durant deux années de pérégrinations en Islande,, que depuis 874, date de la découverte de l’île par les Scandinaves, le climat de'celle-ci est resté le même. Les sagas ont été mal interprétées. »
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- LE GLOBE TERRESTRE AU MILLIONIÈME
- DE MM. T1I. VII,LARD ET COTARD.
- Il y a fort peu de temps, si l’on considère la longue durée des siècles à travers lesquels s’est écoulée l’histoire de l'humanité, que la notion exacte de notre glohe, de sa sphéricité, du rapport de superficie des continents et des mers, est à peu près connue. On est saisi d’étonnement en songeant que tout le Nouveau Monde était encore à découvrir au moment où Colomb en devina l’existence, c’est-'a-dire il y a environ quatre cents ans. La géographie est une science absolument récente, et il y a fort peu d’années que son importance est comprise. On ne saurait trop encourager les efforts de ceux qui s’en font les vulgarisateurs ; aussi applaudissons-nous sans réserve au projet grandiose que MM. Th. Yillard et Cotard ont réalisé au Champ de Mars, en construisant leur glohe terrestre au millionième, mappemonde immense et pleine d’enseignements1.
- MM. Yillard et Cotard, ont récemment publié une excellente description de leur installation ; nous en emprunterons les renseignements qu’ils nous donnent à ce sujet.
- Les cartes projetées sur des surfaces planes font perdre le sentiment de la rotondité de la Terre, déforment plus ou moins les contours extrêmes, et ne donnent aucune idée de la position respective des continents. De plus, la diversité de leurs échelles rend fort difficile toute comparaison entre les étendues représentées. Quant aux globes, ils sont ordinairement beaucoup trop petits pour permettre d’établir un rapport utile avec les cartes usuelles.
- Il était donc bien intéressant d’éviter ces divers écueils en construisant un globe dont les dimensions soient suffisantes pour pouvoir offrir tous les avantages de cartes géographiques établies à une échelle commune et pour donner en même temps, si possible, une relation plus saisissable avec la grandeur réelle de la Terre.
- Telle est la pensée qui a conduit MM. Th. Yillard et Ch. Cotard, à la création d’un globe au millionième. Cette œuvre géographique n’a pas été sans présenter d’assez grandes difficultés. Il s’agissait, en effet, de construire une sphère de 12,75 ni de diamètre, d’y figurer tous les détails de la surface de la Terre, de l’abriter sous une vaste coupole et d’en
- 1 Le globe terrestre a été exécuté sous les auspices d’un comité de patronage ainsi composé : Présidents d’honneur: S. M. l’Empereur du Brésil; S. A. R. le comte de Flandre; Membres d’honneur : MM. le général Annenkoff, Canovas del Castillo, duc de Sermoneta, général Tcheng-ki-Tong ; G. Govi; U. Geiser. Comité : MM. de Lesseps, d’Abbadie, Bouquet de la Grye, Cheysson, colonel Derrécagaix, Faye, A. Grandidier, Janssen, de Lapparcnt, colonel Laussedat, E. Levasseur, Lœwy, E. Mascart, Ch. Maunoir, A. Milne-Edwards, amiral Paris, de Quatrefages, Gaston Tissandier. — Exécution du globe : M. Seyrig, ingénieur; M. Albert Tissandier, architecte; MM. Jung, Kœchlin, Tachard et Zuber, collaborateurs; MM. Pillet et Schmid, entrepreneurs du bâtiment et de l’ossature métallique.
- rendre toutes les parties facilement visibles. Le globe est formé d’une ossature en fer constituée principalement par une série de méridiens réunis à un noyau central. Celui-ci est porté par un pivot reposant lui-même sur un pylône central, également en fer. Les méridiens sont munis d’une garniture en bois sur laquelle on a fixé les panneaux composant la surface du globe. Ceux-ci sont en feuilles de carton fabriquées à la main à la forme sphérique voulue et enduites d’un plâtre spécialement durci. Notre ligure 1 montre la manière dont on les a appliquées sur l’ossature. La surface totale est divisée en quarante fuseaux de neuf degrés ou de dix grades chacun et dont la largeur est exactement de
- I mètre à l’équateur. Chaque fuseau est lui-même divisé de dix en dix grades; il y a ainsi 600 de ces panneaux, ayant des dimensions diverses. La peinture a été faite directement sur ces panneaux avant leur mise en place, de façon à permettre ultérieurement le démontage et le transport du globe.
- « Le bâtiment qui renferme le globe a une charpente métallique formant coupole. 11 est éclairé par le dessus et par les grandes verrières des parois. Le visiteur entre, soit par un escalier, soit par l’ascenseur qui, l’un et l’autre, le font arriver à l’étage supérieur du bâtiment, sur une terrasse ou une passerelle d’où il peut inspecter la partie polaire ainsi que les régions tempérées de l’hémisphère.
- II descend ensuite par un chemin en spirale qui lui permet de voir successivement toutes les régions du globe jusqu’au pôle sud. A la partie inférieure se trouve, dans une fosse, le support du globe avec son appareil de mise en mouvement (fig. 2). »
- Ce globe qui est fort intéressant pour les savants, est surtout une œuvre de vulgarisation scientifique, en même temps qu’une tentative philosophique de représentation matérielle de notre planète.
- « Une telle œuvre, qui caractérisera, en 1889, l’étendue des connaissances de géographie, ne pouvait guère être tentée plus tôt. Bien peu d’années se sont écoulées depuis qu’il est permis de figurer avec quelque exactitude les fleuves et les montagnes du globè; et encore ces connaissances restent-elles relativement obscures, notamment dans le grand Continent africain, dont la géographie se modifie et se perfectionne incessamment, à ce point que les auteurs du globe du Champ de Mars ont dù refaire deux fois ce Continent pour y reproduire les modifications des cartes les plus récentes. 11 en est de même des régions centrales de l’Amérique du Sud ou bien encore de cet immense Empire chinois contenant, à lui seul, presque le tiers de la population du globe et dont le tracé géographique n’est encore qu’entr’ouvert à nos yeux.
- « A de telles dimensions une sphère terrestre ne peut manquer d’offrir, à tous les points de vue, un enseignement des plus utiles. Notre unité métrique est le quarante millionième du méridien ; cetto sphère a 40 mètres de circonférence ; un kilomètre y est donc représenté par un millimètre. Ce globe, de près de
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- 13 mètres de diamètre, donne, par son seul aspect, une impression de grandeur en même temps que le sentiment de la petitesse de l'homme par rapport à la T erre; de ce contraste naît une appréciation possible des dimensions réelles, parce que la notion du million est accessible à l’esprit. A cette échelle, l’idée de la grosseur réelle de la Terre n’est plus absolument une pure abstraction, sinon pour nos yeux, du moins pour notre imagination; le globe du Champ de Mars est, par rapport à la Terre, comme serait par rapport à ce globe, un tout petit grain du sable le plus fin.
- « A cette échelle du millionième, les détails géographiques peuvent être suffisamment indiqués et quelques-uns apparaissent a leur véritable mesure.
- Pour la première lois, on voit, sur un globe, la place réellement occupée par certains espaces de dimensions connues, tels que ceux de quelques grandes villes; Paris, par exemple, y occupe à peu près un centimètre carré. I)e là, tout de suite, un rapport qui s’établit nettement entre ce centimètre qui est Paris et la surface du globe qui est la Terre, et, par ce rapport, une perception plus aisée des dimensions comparées des divers pays, des continents et des mers. C’est dans ce même principe de proportionnalité que les auteurs de ce globe n’ont pas cru devoir représenter, en saillie, la hauteur des montagnes qui n’aurait été, même pour les plus élevées, que de quelques millimètres et qu’ils se sont bornés à les figurer par la peinture. A ce point de vue, également, cette grande sphère fournira un instrument précieux d’instruction sur la constitution de la Terre, sur l’épaisseur relativement si faible de son écorce solide et sur celle de son atmosphère dont la limite respirable, atteinte par les aéronautes, s’arrête-fait, aussi, à quelques millimètres de la surface,
- double couche infiniment mince où est confinée l’existence humaine. »
- Les profondeurs des mers ne sont également indiquées que par des teintes plus ou moins foncées. Mais, ces différentes données sont figurées sur un dessin exposé dans le bâtiment, représentant, à la même échelle du millionième, c’est-à-dire avec la même courbure que le globe, les hauteurs des plus grandes montagnes, la hauteur probable de l’atmosphère, et l’épaisseur si exiguë de la croûte solide jusqu’à la masse eu fusion qui se trouve vraisemblablement à une profondeur de 70 kilomètres, à une température de 2000 degrés.
- Pour la facilité de la lecture des cartes, le globe de MM. Yillard et Cotard a été monté avec son axe vertical et peut tourner sur le pivot qui le porte. Si on imagine qu’il soit animé d’un mouvement de rotation égal au mouvement diurne de la Terre, à son équateur, un point de sa surface marchera à raison de un demi-millimètre par seconde ; ce sera une vitesse à peine visible; mais, en prolongeant par la pensée son rayon à un million de fois sa longueur, on comprendra comment le même point parcourt réellement un demi-kilomètre pendant le même temps.
- « Cette Terre au millionième permet, enfin, de donner une idée moins inaccessible de l’étendue de notre système solaire par l’indication des distances et des dimensions proportionnelles du Soleil et des planètes. À cette même échelle, la Lune aurait 3,50 m de diamètre et serait à 384 mètres de distance; le Soleil aurait près de 1400 mètres de diamètre et serait à environ 150 kilomètres. Le diamètre de Jupiter aurait la moitié et celui de Saturne un peu plus du tiers de la hauteur de la Tour Eiffel. Vénus serait de la même grosseur que le globe;
- Fig. 1. — Le globe terrestre au millionième. —Mode d’application des fuseaux pendant la construction. (D’après une photographie de M. Balagny, exécutée le 1" juin 1889 )
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- Mars serait moitié plus petit. Le Soleil, placé au meme centre cpie le globe, enfermerait, bien entendu, la Lune dans sa masse; sa circonférence s’étendrait à un rayon de 700 mètres. »
- Ces seuls exemples suffisent pour montrer tout le
- parti que l’on peut tirer de cette sphère pour donner une idée de proportions qui, autrement, restent tout à fait inaccessibles à l'esprit.
- Au seul point de vue géographique, ce globe fournit des données saisissantes sur la position, la forme
- Fig. 2. — Vue d’ensemble du globe terrestre au millionième de MM. Th. Yiilard et Cotard. Exposition universelle de 1889.
- et les étendues comparées des divers pays et sur l’immensité des mers. On est frappé de voir notre Europe, qui a cependant tenu une grande place dans l’histoire de ces derniers siècles et dans le mouvement universel, comme perdue près du pôle, et si petite par rapport à d’énormes continents à peine explorés. On aperçoit les chemins de fer multipliant leurs lignes dans les pays les plus prospères
- et étendant leurs grandes voies internationales à travers des contrées encore à peine acquises à la civilisation; les parcours des grandes Compagnies de navigation reliant, presque à la même vitesse, les continents à travers les mers et, enfin, les lignes télégraphiques qui unissent les points les plus éloignés du globe par leurs communications instantanées.
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- « Cette vue d’ensemble disent avec raison, MM. Yil-lard et Cotard, donne la mesure de l'immense travail accompli pendant ce siècle qu’illustrent les plus étonnantes conquêtes de la science, et montre, en même temps, l’étendue des contrées qui attendent encore les bienfaits de la civilisation. Rien ne saurait, à un si haut degré, provoquer l’ardeur des découvertes et des entreprises hardies. »
- Nous terminerons en donnant notre appréciation personnelle sur la belle construction géographique de MM. Villard et Cotard. La promenade autour de leur globe au millionième est des plus instructives et des plus aptes à ouvrir l’esprit aux saines méditations. Quand on arrive au sommet de la construction, on aperçoit les vastes régions polaires qui défient encore aujourd’hui l’audace des explorateurs, et au milieu desquels tant de braves ont succombé
- 10 Mètres.
- Fig. 5. — Le globe du Château de Marly au xvn” siècle.
- au nom de la science. Si l’on descend peu a peu le chemin en spirale, on considère les continents, puis on est saisi d’étonnement en traversant l’hémisphère qui comprend l’océan Pacifique, dont l’immensité apparaît, tout à fait saisissante. On se rappelle cette phrase de Michelet qui, en parlant de la mer, disait : « sur le globe l’eau est la généralité, la terre l’exception ». En passant devant l’Australie, devant l’Afrique, on se rend compte de la grandeur des domaines qu’il reste encore à ouvrir à l’humanité, et tout au-dessous de la sphère, les régions australes vous procurent les mêmes sentiments que la vue des régions boréales.
- Le globe au millionième du Champ de Mars est assurément l’un des plus remarquables monuments de la géographie ; il laisse loin derrière lui toutes les constructions antérieures. On en jugera par la reproduction que nous donnons ci-dessus (fîg. 3) du globe du château de Marly, qui faisait l’admiration des géographes au siècle de Louis XIY. Ce globe
- avait environ 5 mètres de diamètre ; le pavillon qui le contenait n’existe plus, mais le globe lui-même est actuellement à la Bibliothèque nationale à Paris.
- Gaston Tissandieü.
- LE PÉTROLE EN GALICIE
- La Galicie est dotée de richesses minérales nombreuses et variées. On peut citer en premier lieu le sel, dont les gisements s’étendent en un immense demi-cercle sur toute la longueur du pays, depuis les mines célèbres de Wieliczka, non loin de Cracovie, jusqu’à la rivière Bu-kovine. A elles seules ces salines fournissent presque la moitié de la production de l’Autriche-Hongrie. Mais le sel est assez abondant sur toute la surface de l’Europe, et spécialement sur les cotes, pour que cette production soit relativement peu intéressante. Nous pourrions rappeler aussi qu’on trouve en Galicie du fer, du zinc, du plomb, des sables aurifères.
- Mais le produit de beaucoup le plus intéressant de cette contrée, c’est certainement le pétrole, dont l’emploi se généralise et prend un grand développement au point de vue industriel. Les gisements des roches pétrolifères s’étendent précisément sur une zone parallèle à celles des gisements salifères, et sur une longueur de 280 kilomètres rien qu’en Galicie. — Longtemps ces dépôts ne furent exploités que pour la consommation locale (comme les gisements houillers de la Russie), et par conséquent ils étaient mal exploités ; ces richesses étaient dilapidées même. Mais quand on eut découvert les gisements des États-Unis, et que la « fièvre de l’huile » se manifesta en Amérique, le contre-coup s’en fit sentir en Galicie; on comprit quelle source de richesse on y négligeait, et des ingénieurs ne tardèrent pas à arriver pour mettre les dépôts en exploitation. Dès l’année 180(3, la production dépassait 50 000 tonnes.
- Le centre principal fut d’abord à Boryslaw, c’est-à-dire dans le haut du bassin du Dniester; puis on fit des sondages au nord du Tatra, dans la vallée du Dunajec, et on mit à jour toute la richesse de la Galicie occidentale. Et aujourd’hui des forages récents ont donné un résultat encore plus remarquable.
- Pendant longtemps le commerce ne tenait pas grand compte de la production de la Galicie, et cela venait simplement de ce que, pour la plupart, les puits étaient forés à la main, suivant les méthodes les plus primitives ; aussi le rendement était relativement très faible. Depuis quelques années cependant on s’était, d’une façon générale, décidé à introduire les méthodes canadiennes de forage. Et aujourd’hui les entreprises disposent d’un personnel instruit et habile. Aussi le succès a presque partout répondu aux efforts, et, en particulier, la production du district de Lodyna est considérable. Du reste il faut noter que les puits de Galicie n’ont pas le débit si abondant des puits du Caucase ; mais les mêmes difficultés de transport n’existent point ici; l’huile trouve .un marché tout proche, si bien que les produits sont vendus assez cher, avant même qu’ils soient extraits. Le gisement de Lodyna est long d’environ 8 kilomètres, et il est justement traversé par un chemin de fer, ce qui permet d’envoyer l’huile aux raffineries à très peu de frais. Il y a quelques années, toutes les raffineries de Galicie ne produisaient pas ensemble plus de 4 millions de litres d’huile raffinée ; aujourd’hui cette production dépasse 26 millions de litres, et on s’attend à la voir doubler avant deux années.
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- LA NATURE.
- Quant au système de forage, les couches du terrain étant inclinées et souvent brisées, on n’a pas employé le forage américain à la corde, et, connne aux Indes anglaises, on a recours aux ouvriers et aux procédés canadiens.
- Du reste le gouvernement autrichien comprend toute l’importance que présente cette industrie, il donne tous ses efforts au développement de ces exploitations, et il a adopté dans ce but un régime franchement protecteur. Dans le district dont nous avons parlé, dans le district de Lodyna, il y a certains puits qui ont donné un bénéfice de 500 à 600 pour 100. L’extension du système des chemins de fer en Galicie va donner un nouvel essor, en réunissant le pays à tout le reste de l’Europe.
- Aussi l’Autriche-Hongrie espère bien avant peu pouvoir se passer complètement des pétroles des marchés étrangers. Daniel Bellet.
- CORRESPONDANCES POSTALES
- d’un paquebot
- Dans le courant de janvier dernier arrivait à Queens-lown le steamer Servia, de la « Royal Mail » portant la plus grande quantité de correspondances postales qui fût encore arrivée en Angleterre par un seul navire. Transportant déjà le maximum possible de passagers, environ 2 000 000 francs d’argent en barres, et enfin ayant son chargement de marchandises complet, il a débarqué 781 sacs de lettres, comprenant celles qui provenaient d’Australie et de Nouvelle-Zélande par la voie de San-Francisco. En outre, dès son arrivée, 700 sacs de correspondances, provenant également de son bord, furent immédiatement emportés jusqu’à Dublin, d’où ils partirent tout de suite pour Londres en allant prendre la voie de la « North-Western Raihvay Company. » Cette partie du chargement à elle seule pesait 55 tonnes ; et il avait fallu attacher au train postal 7 wagons spéciaux.
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- LA PHOTOGRAPHIE AUTOMATIQUE
- L’attention des visiteurs de la classe XII à l’Exposition de 1889, sera très certainement attirée par un appareil qui va être prochainement exposé par M. Enjalbert, dont La Nature a déjà décrit plusieurs fois les ingénieuses inventions.
- Cet appareil, dont la figure 1 représente l’ensemble, est destiné à exécuter toutes les opérations photographiques nécessaires pour obtenir le portrait du modèle qui s’est placé dans un fauteuil ad hoc, et qui a, au préalable, déposé une pièce d’argent dans la caisse.1
- La figure 2 montre le détail de la partie extérieure de l’appareil. À droite, l’indication de la pièce qui doit être introduite dans la caisse pour mettre l’appareil en action; à gauche, un repère pour fixer l’œil du modèle pendant la pose. Au-dessus, une série de cadrans divisés en secteurs sont parcourus par des aiguilles qui indiquent à chaque instant
- 1 Dans l’appareil primitif, on devait introduire dans la lire-lire une pièce de 0,50 f'r. en argent. L’appareil que M. Enjalbert a le projet d’exposer fonctionne avec un gros sou, et livre la photographie faite pour le prix de 10 centimes.
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- l'opération qui s’exécute à l’intérieur de T’appareil.
- Quelques instants avant que la pose ne commence, l’aiguille du deuxième cadran passe sur les mots : Préparez-vous, puis attention, et dès qu’elle arrive au secteur noir portant le mot pose, celle-ci commence et la sonnerie que l’on aperçoit au-dessus des cadrans fonctionne pendant toute sa durée qui est habituellement de 5 à 6 secondes. Au bout de quelques instants, l’opération totale ne durant que cinq minutes, le portrait sort terminé par le côté.
- En somme, l’appareil de M. Enjalbert prépare la couche sensible, l’impressionne, la développe et la termine par un séchage et un vernissage, le tout sans opérateur.
- Beaucoup des lecteurs de La Nature qui s’occupent de photographie, mais qui se servent de glaces toutes préparées, savent qu’avec ces préparations le temps de développement, de fixage, de lavage, et de séchage dépasse, et de beaucoup, la durée de cinq minutes nécessaire à l’appareil automatique pour livrer son résultat. M. Enjalbert, pour éviter ces longueurs, a adopté un procédé qui n’est plus guère employé que par les photographes forains, mais qui a l’avantage de donner le résultat en quelques instants. Ce procédé connu sous le nom de ferrotypie, consiste à faire une épreuve au collodion humide sur une plaque de métal très mince recouverte d'un vernis du Japon parfaitement noir et glacé. L’épreuve, quoique négative, se détache en positive par réflexion, et grâce au fond noir donné par le vernis elle apparaît suffisamment nette. On peut observer les mêmes résultats avec les négatifs ordinaires, et beaucoup d’opérateurs ont l’habitude de mettre leur cliché sur leur manche ou devant une étoffe sombre pour voir l’image en positif.
- Si les avantages de la ferrotypie sont multiples, elle offre l’inconvénient de nécessiter des opérations multiples, car il faut préparer la plaque ferrotype de toutes pièces, c’est-à-dire la collodionner, la passerait bain d’argent, puis, après la pose, effectuer les opérations du développement, du fixage, du lavage, du séchage et du vernissage. Tout cela se fait mécaniquement dans l’appareil automatique.
- Pour satisfaire notre curiosité, enlevons le devant de l’appareil, et examinons l’intérieur, qui est d’un réel intérêt.
- La partie inférieure renferme des accumulateurs électriques actionnant un moteur électrique. La partie supérieure contient les divers récipients avec les divers produits nécessaires; la partie moyenne, tout le mécanisme qui permet de réaliser les diverses opérations photographiques (fig. 3).
- Nous renoncerons à décrire d’une façon précise ce mécanisme admirablement étudié et réalisé. Nous dirons seulement que si l’on ouvre l’appareil, et qu'on le regarde fonctionner, on voit d’abord la colonne qui contient les plaques superposées et séparées par des cadres qui serviront à encadrer les épreuves une fois terminées. Ces plaques sont saisies par un chariot et poussées par le premier sup-
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- port mobile. Le chariot en se retirant dégage le cadre qui sort de l'appareil par la gauche.
- Vient ensuite le collodionnage. Dans un récipient à niveau constant, ou fontaine intermittente, H (lîg. 5), M. Enjalbert fait plonger un compte-gouttes qui pénètre par une ouverture du couvercle formé d’une niein-brane de caoutchouc destinée à éviter toute évaporation. Le compte-gouttes amorcé est relevé verticalement pour déposer le collodion sur la plaque convenablement inclinée. Pour ces opérations, la plaque est saisie par des supports que le courant transforme au moment voulu en électro-aimants. Une fois (pie la plaque a été égouttée et que le collodion a été assez évaporé, elle est saisie par un crochet et poussée sur le support de la seconde case. La plaque est plongée d’un seul coup dans la cuvette de nitrate d argent D et y reste l’espace d’une minute. Pendant ce temps, elle est secouée plusieurs fois, principalement à la fin, pour faciliter le dégraissage du collodion.
- La plaque vient ensuite en place pour la pose, en G. La pose est réglée à l’avance et aussi souvent que les circonstances l’exigent, par une touche triangulaire qui se rapproche ou s’éloigne du centre du commutateur et qui prolonge ou diminue le contact de l’obturateur.
- Pendant tout le temps que l’obturateur reste ouvert, un timbre, comme nous l’avons dit précédemment, prévient qu’on n’a pas à bouger. L’épreuve impressionnée est saisie comme
- Fig. 1. — Appareil de photographie automatique de M. Enjalbert. (Vue extérieure.)
- Fig. 2. — Détail du tableau et des cadrans indicateurs autour de l’objectif.
- pour la première case par un crochet qui la pousse sur le support de- la troisième case. Dans ce compartiment, la glace est développée, lavée, fixée et lavée
- à nouveau. Le mouvement giratoire du support l’emmène au-dessus d'un entonnoir et sous le robinet de développement, toujours dans le sens de l’égouttement de la plaque, pour éviter les taches. Le robinet est terminé en forme de pomme d’arrosoir aplati qui distribue le liquide en un jet plat. L’eau, pour le lavage, passe également dans la même pomme d’arrosoiret nettoie, en même temps qu’elle lave la plaque,* le robinet, pour éviter tout dépôt occasionne par le bain de développement. La glace est ensuite plongée dans la cuvette de fixage, F, contenant du cyanure de potassium et revient ensuite pour être lavée une dernière fois.
- Dans le quatrième compartiment la plaque est d’abord lavée à l’alcool et ensuite vernie à la gomme laque ; elle reste quelque
- temps pour se sécher au-dessus d’un tube chauffé intérieurement par une lampe spéciale. La plaque vient ensuite s'engager dans une canalisation qui la projette au dehors de l'appareil. — 11 est à remarquer,dans cet appareil, que les bains successifs n’ont aucune influence les uns sur les autres, puisque les clichés ne reviennent jamais en arrière et que les crochets qui servent à faire passer lesglaceshl’un compartiment dans un autre ne touchent jamais que les mêmes bains correspondants. Après toutes les opérations, la plaque tombe dans
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- un conduit qui la livre au client. Toutes les opérations sont terminées et n’ont demandé que cinq minutes.
- Grâce à la division des opérations sur les groupes et au système de passage d’une case dans l’autre au moyen de tiges spéciales à chaque groupe, il ne peut y avoir aucun mélange de produits. Pendant leur passage d’un compartiment à un autre, les plaques sont maintenues par l’attraction d’un électro-aimant fixe, puis elles sont saisies par Jes électros qui sont sur chaque support mobile.
- Nous avons vu que les aiguilles des cadrans exté-
- rieurs indiquent à chaque instant la marche des opérations, mais, ce qui est plus intéressant, c’est que, grâce à la division des opérations en quatre groupes, on peut recommencer une deuxième épreuve, dès que la plaque est passée dans le deuxième compartiment et ainsi de suite. De sorte qu’à un instant donné, les opérations s’exécuteront simultanément dans les quatre compartiments et ainsi de suite tant que les pièces de monnaie seront versées à la caisse.
- Au moyen d’un mécanisme très simple, la caisse indique elle-même si elle peut recevoir ou non. On y lit l’inscription Caisse ouverte ou Caisse fermée,
- Fig. 5. — Mécanisme intérieur Je l'appareil de photographie automatique. —A. Levier qui actionne le chariot faisant passer les plaques d’un compartiment dans un autre. — B Plaque au moment de l’extension du collodion. — C. Plaque au foyer de l’objectif au moment de la pose. — D. Cuvette du bain d’argent. — E. Plaque au moment du développement. — F. Cuvette du bain de cyanure. — G. Levier articulé commandant l’appareil à collodionner. —IL Appareil à collodionner. — I. Electros-aimants commandant les robinets d'arrivée du développement et du lavage, — K. Electros-aimants commandant les robinets d’arrivée de l’alcool et du vernis à la gomme laque.
- selon que l’appareil est apte ou non à recevoir la pièce de monnaie. De cette manière il ne peut y avoir de fausses manoeuvres.
- L’appareil de M. Enjalbert nous parait assurément destiné à un grand succès.
- A un autre point de vue ce système photographique a un réel intérêt. Il montre que toutes les opérations sont solidaires les unes des autres, qu’on peut les régler une fois pour toutes, à une condition, c’est que l’impression de la lumière soit toujours la même. Mais, comme celle-ci varie constamment et que nous ne pouvons la régler à notre guise, c’est le temps de son admission qu’il nous faudra modifier en plus ou en moins, suivant les cas, afin d’avoir une impression identique.
- C’est ce qu’a très bien réalisé M. Enjalbert en exécutant un dispositif qui permet de régler le temps de pose pour effectuer ce qu’on pourrait appeler le temps normal de pose.
- Le jour où, dans la photographie courante, nous aurons un appareil qui nous donnera le temps normal de pose dans telles ou telles hypothèses, avec tels instruments, telles préparations, tel développement, ce jour-là, la photographie automatique existera dans la véritable acception du mot.
- Actuellement, si l’on se sert dans l’appareil décrit d’un bain de développement toujours identique, c’est le temps de pose qui doit varier, suivant les différences d’intensité de lumière. Si, au contraire, on veut adopter un temps de pose toujours le même,
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- c est dans le développement que les variantes devront se produire.
- Enfin, en dernier lieu, ce qui nous frappe le plus dans l’appareil de M. Enjalbert, c’est le talent et l’ingéniosité qui ont présidé à son exécution. Nous nous permettrons, pour notre modeste part, de féliciter vivement M. Enjalbert de sa très curieuse invention, et nous espérons que les lecteurs de La Nature éprouveront autant d’intérêt que nous, à l’étude de cet appareil nouveau et original.
- Albekt Ronde.
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- CflRONIQUE
- Les Inondations en Amérique. — 11 est difficile de se faire une idée des désastres qui ont eu lieu en Amérique par suite des inondations ; jamais catastrophe ne fit plus de victimes et n’amena de conséquences plus terribles. Par suite d’une énorme crue de la rivière North-l'ork, la ville de Johnstown, près Pittsburg, a été entièrement recouverte par les eaux. Un vaste réservoir d’eau, qui avait 8 kilomètres de longueur et 3,5 kilomètres de largeur, et qui était situé à 8 kilomètres en amont de la ville, a rompu ses digues; toutes les eaux se sont alors précipitées sur Johnstown, renversant les maisons, dont les habitants n’eurent pas le temps de se sauver. Le réservoir était vide en une heure de temps. Les flots impétueux ont tout bouleversé, tout détruit sur leur passage ; lignes ferrées, lignes télégraphiques, ponts, maisons, tout a été entraîné et rompu. Le nombre des victimes a été estimé à environ quinze mille. Le feu s’est également déclaré en plusieurs endroits, et a ajouté ses ravages aux désastres existants déjà. La Pensylvanie occidentale a été aussi le théâtre de terribles inondations. Les villages de Coketown et Blairsville ont été submergés ; la Juniata a débordé à Gyrone, la ville de Clearfield est sous l’eau. 11 en est de même de tous les autres fleuves de la Pensylvanie, du Maryland et de la Virginie qui ont atteint partout des niveaux supérieurs à toutes les crues précédentes. Les villages de Southfork, Minéral, Point, Conemaugh et Woodville, qui comptaient ensemble plus de 7000 habitants ont entièrement disparu ; le nombre des victimes a atteint dans ces localités un chiffre encore plus considérable qu’à Johnstown. Les mines d’anthracite qui se trouvaient dans ces régions ont été submergées. Tous les ponts ont été anéantis ; la compagnie du chemin de fer llaltimore-Ohio a réussi à en préserver un en le faisant charger de locomotives et de wagons. Les eaux charrient partout des cadavres ; on craint des épidémies. Les dernières nouvelles, reçues à la date du 6 juin, sont cependant plus rassurantes; le niveau des eaux s’abaisse partout; mais il se passera un temps très long avant de pouvoir remettre les choses en leur état primitif. Plusieurs propriétaires de grandes usines vont même les abandonner, tant seraient élevés les frais de réparations à effectuer. Les pertes causées par les inondations peuvent être évaluées à 40 millions de dollars, soit 200 millions de francs.
- Raffinage du sucre par l’électricité. —
- M. F. Bauder vient d’indiquer un nouveau procédé pour le raffinage du sucre par l’électricité. Le sucre brut est placé dans une machine à action centrifuge, hermétiquement fermée au moyen d’un couvercle que traversent les deux fils conducteurs du courant, dont les extrémités sont dans l’intérieur de la machine, à une faible distance l’une de l’autre. On introduit la vapeur dans la machine;
- puis, lorsque le sucre est suffisamment humidifié, on ferme le circuit électrique et l’on détermine la production d’une série d’étincelles ; celles-ci donnent naissance à de l’ozone qui opère le raffinage. Le sirop qui résulte de l’action de la vapeur sur le sucre et se trouve séparé par la force centrifuge, peut être mélangé avec du sucre brut frais et soumis ensuite au même traitement. Attendons avant de porter nn jugement sur ce procédé.
- Le premier chemin de fer construit en Russie. — C’est le 27 avril 1856 que l’Empereur Nicolas sanctionna la construction du premier chemin de fer russe; cette voie longue de 26 kilomètres environ allait de Saint-Pétersbourg à Zarco Sala et Paulcrook; elle fut ouverte le 50 octobre 1857. — La deuxième ligne ferrée que posséda l’Empire russe fut celle de Saint-Pétersbourg à Moscou ; longue de 600 kilomètres, elle coûta au gouvernement 75 000 000 et la construction en demanda dix années ; pour cette voie, ce fut sur le conseil d’un ingénieur américain, le major Whistler, que la largeur de voie en fut fixée à 5 pieds et demi ; et cette largeur est devenue la largeur normale des voies russes. D. B. -------------------------------
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 11 juin 1889. — Présidence de M.Des Cloizeaüx.
- Séance très courte ouverte à 5 heures 1/4 et terminée dès 3 heures 50 m. à cause du comité secret dans lequel doivent être classées, en vue de l’élection qui doit avoir lieu lundi prochain, les candidatures à la place vacante dans la section de chimie.
- Le cyclone de la Floride. — C’est d’une manière tout à fait anormale que s’est propagé le cyclone décrit par M. Faye à l’aide de documents reçus d’Amérique. Annoncé de Saint-Thomas aux Antilles, le météore eût dû toucher à peine à la Havane et r emonter dans le golfe de la Floride; au contraire, il marcha sur Cuba, frappant en plein la Havane pour descendre sur le Yucatan. C’est un fait absolument extraordinaire bien qu’il ne soit pas unique. M. Faye rappelle à ce propos le célèbre cyclone du golfe d’Aden, de si funeste mémoire,dans lequel, avec bien d’autres navires, le Renard et YAuyusta ont péri corps et biens. L’explication qui paraît le plus plausible consiste à invoquer l’existence d’un anticyclone s’avançant lentement dans la Floride et repoussant pour ainsi dire vers le Yucatan le cyclone venant de St-Thomas dont il modifiait ainsi la marche réglementaire.
- Sur la goutte. — D’un très remarquable travail sur la goutte que publie notre savant et très honoré confrère M. le Dr Maximin Legrand, médecin consultant aux eaux d’Aix-les-Bains (Savoie), nous détachons les conclusions suivantes : 1° la présence de l’acide urique dans le sang et dans l’urine est physiologique ; 2° l’excès de l’acide urique dans le sang est inoffensif lorsque l’élimination n’en est pas entravée ; 3° le traitement de la goutte consiste à rétablir par tous les moyens possibles la fonction rénale.
- Le service du prompt secours. — Tel est le titre d’une captivante théorie hospitalière due à la plume de M. Louis Gallet, d’où sont sortis tant de charmants livrets d’opéras, et qui sait, à son heure, devenir grave sans cesser d’être élégant. « On a pu dire, sans grande exagération, que Paris est plus dangereux pour la vie de l’homme qu’une forêt peuplée de fauves. Si un étranger y arrive, n’ayant visité ni Londres, ni New-York ; à plus forte raison si c’est un provincial connaissant seulement les paisibles
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- cités aux rues mortes que trouble (le loin en loin le | passage d’une voiture, d’inquiétantes conceptions doivent 1 se former dans son cerveau.... En présence de ce torrent d’iiommes, de chevaux, de véhicules de toutes sortes qui, sur certains points et à certaines heures, roule sur la chaussée avec de brusques remous, des montées et des poussées inattendues, des invasions soudaines d’affluents, il doit se demander si, à chaque minute, un être humain 11e tombe pas, piétiné, écrasé, entraîné dans cet irrésistible mouvement.... Le nouveau venu n’a vu là pourtant que la surface de la vie de Paris. Après les accidents de la voie publique qui ont sollicité violemment son attention, il y a, en elfet, les accidents industriels, moins connus et communément bien plus graves et enfin les accidents à domicile dont la diversité le frapperait. Si le tableau pour une seule journée en était mis tout à coup devant ses yeux, il se demanderait sans doute comment les secours publics sont organisés pour répondre à ces incessantes exigences de la vie commune de près de trois millions d’hommes. » C’est, en elfet, une question poignante; M. Gallet l’expose avec une lucidité et une autorité qui donnent un grand charme à son beau travail et tout le monde souhaitera vivement qu’on adopte ses vues et que soient réalisés les projets d’hôpitaux qu’il a élaborés avec la collaboration spéciale de M. Henri Mathieu, architecte.
- Le tremblement de terre du 50 mai. — D’après une note de M. Denza, déposée par M. Fouqué, le phénomène s’est fait sentir en Italie, à Sinigaglia et à Moncalieri. Cependant, les heures n’étant pas les mémos, 8 h. 50 m. à Paris et H heures à Moncalieri, on peut se demander s’il n’y a pas coïncidence et non identité entre le tremblement de terre ressenti en France et celui d’Italie.
- Varia. — M. Bouchard présente, au nom de M. Germain Sée, un volume sur les maladies de cœur. —M. Mas-cart dépose sur le bureau le compte rendu de son cours du collège de France. Stanislas Meunier.
- LES PAQUEBOTS DE CALAIS
- A partir de l'année 1546 jusqu’en 1558, c’est-à-dire pendant une période de deux cent douze ans, Calais a appartenu sans interruption aux Anglais. Depuis même que le duc de Guise a reconquis cette ville si importante, les Espagnols l’ont conservée pendant trois ans, de 1595 à 1598. Aussi, sous l’ancienne monarchie, l’entrée du port était-elle interdite après le coucher du soleil, et les navires devaient-ils attendre en rade l’arrivée de la lumière. Le Gentleman s Magazine de 1815 renferme le récit d’un voyage fait de London Bridge à Calais en 1742 et dans lequel l’auteur se plaint beaucoup de cette mesure, qui faillit devenir fatale au navire qu’il montait. C’est par Calais que se faisait, depuis un temps immémorial, le service de la Poste, et que passaient les proscrits. Lorsque Voltaire fut expulsé de France pour avoir provoqué en duel un membre de la famille de Rohan, il fut expédié par Calais.
- Il y ajuste cent ans, en 1789, il n’était pas fort aisé d’aller en Angleterre. 11 fallait commencer par se procurer un passe-port, formalité qui n’a été abolie que sous Napoléon III. En outre, on avait
- besoin d’un permis d’embarquement à Calais, et d’un permis de débarquement à Douvres. Arrivé à Londres, il fallait se présenter aux autorités britanniques pour se procurer un permis de séjour, qui n’était valable que pour le lieu désigné. Si on s’en écartait, on était en rupture de ban, passible d’expulsion et de prison. Les Anglais étaient astreints aux mêmes formalités à Paris.
- Le paquebot ne partait que deux fois par semaine ; c’est seulement à partir de 1815 qu’il partit quatre fois. L’introduction de la vapeur n’entraîna pas la multiplicité des départs, qui ne devinrent plus nombreux que sous le règne de Louis-Philippe. A partir de 1850 il y en eut huit; les quatre cou-riers anciens furent conservés, et on y ajouta quatre nouveaux dits accélérés.
- En 1789, le Bureau des Messageries entreprenait de transporter les voyageurs de Paris à Londres pour la somme de 120 livres, nourriture comprise. Mais on estime qu’il fallait dépenser en pourboires et en extras, une somme d’au moins 40 livres.
- La durée moyenne du voyage en diligence de Paris à Calais était d’un jour et demi. Celle du passage variait, suivant l’état du temps, dans des proportions énormes. Quelquefois, mais rarement, le passage s’effectuait en trois heures. Arthur Young passa en 1787 en six heures, en 1788 il mit seize heures.
- Le passage de Louis XV111, le 25 avril 1814, ne dura que quatre heures. Il eut lieu à bord du Royal Sovereign, yacht du Prince-Régent, et fut célébré par l’érection d’une colonne qu’on voit encore près de la jetée. On ajouta même à ce monument une plaque de bronze représentant l’empreinte du pied du prince; mais depuis longtemps cet objet a disparu.
- Lorsque la reine Caroline revint d’Italie pour se rendre auprès de Georges IV, elle attendit vainement qu’un yacht royal vînt de Douvres pour la transporter en Angleterre et dut prendre le paquebot ; mais le capitaine, qui appartenait au parti libéral, fut assez galant pour bisser le pavillon royal au grand màt de son petit navire. Ce morceau d’étoffe donna le signal aux manifestations qui accompagnèrent triomphalement la princesse jusqu’à Londres.
- Le premier bateau à vapeur fut mis sur la ligne de Douvres en 1822. Il y a donc aujourd’hui soixante-dix-sept ans que s'est accomplie cette grande révolution qui devait faire de Calais un des ports les plus importants de France, et donner lieu à un mouvement annuel de plus de 200 000 voyageurs. L’histoire de cet événement se rattache directement à l’introduction de la vapeur en Europe.
- Le steamer anglais qui inaugura ce service a été construit à Glasgow comme le Calais-Douvres ; il se nommait le Rob-Roy, et avait commencé à faire pendant quelque temps le service de Greenock à Belfast. La Compagnie qui le possédait avait également établi une ligne sur Glasgow. Mais le navire qui faisait ce service ayant péri, elle construisit un steamer plus puissant allant d’un seul trait de
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- Glasgow à Belfast. Le Rob-Roy étant devenu disponible, on le mit sur une ligne dont il était facile de deviner l’importance, quoique personne ne put alors deviner l’étonnant développement qu’elle prendrait, par suite de la construction des chemins de fer. En effet, à cette époque, beaucoup de savants hésitaient encore à croire à l’avenir des chemins de 1er, et l'Académie des sciences de Paris se préoccupait surtout des moyens de communication de la capitale avec les villes des frontières à l’aide de tramways à chevaux que l’on nommait chemins à ornières.
- Le Rob-Roy ayant fait ses voyages d’essai d’une façon satisfaisante, on résolut de le remplacer par deux navires, l'un le British Sovereign et l’autre
- l’Union qui étaient copiés l’un sur l’autre. Il est facile de voir par la gravure ci-dessous combien ce type bateau à vapeur diffère de ceux de la période actuelle.
- 11 n'est peut-être pas superflu d’ajouter que, même du temps du paquebot à voiles, la ligne de Calais à Douvres n’était pas la seule qui fût mise à la disposition du public pour passer en Angleterre.
- Les passagers qui ne craignaient pas la mer avaient à leur disposition un paquebot allant de Dieppe à Brighton, et ceux qui voulaient voyager économiquement, une ligne de Calais à London Bridge en descendant la Tamise. Aussitôt que le succès du Rob-Roy fut constaté, on mit le Lord Melville sur la ligne
- Le British Sovereign entrant à Calais eu 1825. L’un des premiers paquebots à vapeur faisant le service d’Angleterre à Calais. (D'après une estampe du temps, de la Bibliothèque nationale.)
- de Calais à London Bridge, et le Swift, sur celle de Dieppe à Brighton.
- 11 y eut encore la ligne rivale d’üslende : ce fut celle que prit Byron, quand il alla pleurer la défaite de Napoléon sur le champ de bataille de Waterloo. Nous ne connaissons pas la date de l'installation de la vapeur sur cette direction rivale.
- Le paquebot à voile d’Ostende partait généralement de Margate.
- Le paquebot à voile de Dieppe sauva, dans un de ses derniers voyages, le célèbre aéronaute Green qui, dans une ascension exécutée a Brighton le 5 juin 1825, avait été entraîné en mer. 11 fut recueilli après avoir erré pendant trois heures en traînage sur les vagues.
- Autant les diligences françaises étaient désagréa-
- bles, autant les stage-coaches anglais étaient bien montés et établis avec luxe. Le voyage de Douvres ou de Brighton ît Londres était une véritable partie de plaisir. Depuis quelques années on a rétabli les stage-coaches pendant Libelle saison. Pour ma part, je m’en suis servi quelquefois avec grand plaisir. Pourquoi ne compléterait-on pas cette résurrection du passé en organisant pendant la belle saison un paquebot à voiles de Calais à Douvres? Les reconstitutions du passé sont toujours fort intéressantes, car elles permettent d’apprécier la longueur des étapes déjà franchies par le génie humain sur la route infinie de l’éternel avenir. W. de Fokvielle.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Imprimerie A. Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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- N° 858.
- 22 JUIN 1889.
- LA NATURE
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- LA. MÉTÉORITE DE BENDEGO
- Lors de leur célèbre, voyage au Brésil, voyage qui lut si profil aille à la science, Spix et Martius, passant
- par la province de Baliia, ne manquèrent [tas de faire un véritable pèlerinage à la météorite de Bendego. On était alors en 1820 et il y avait déjà trente-six ans que l’attention avait été appelée sur l’extraordinaire échantillon.
- i Fig. 1. — Transport de la météorite de Bendego à travers les forêts du Brésil à la traversée du Bio Jacuricy.
- (D’après une photographie.)
- Eli 1784, Cil
- effet, Joaquim da Motta Botelho annonça au gou-
- de Baliia la présence sur une colline, proche du ruisseau de Bendego,d’une pierre colossale renfermant, à son sentiment, de l’or et de l’argent. L’année suivante, alléché par l’appàt d’ailleurs illusoire de ces métaux précieux, Bernardo Carva-lho da Cunlia, de
- l'i?
- La météorite de Bendego. (D'après une photographie).
- son état capitaine-major d’Itapicuru, résolut de transporter le prétendu minerai jusqu’à Aracaju qui est le port de mer le [plus voisin. Il fit con-
- 17e année. — 2e semestre.
- struire un énorme char en hois que des bœufs devaient traîner, et ne reculant devant aucune dépense, il établit une chaussée empierrée pour la traversée du ruisseau. Après des difficultés innom h râbles victorieusement surmontées, la niasse minérale de 5360 kilogrammes, mesurant 7 pieds de longueur sur 4 de largeur et 2 d’é-
- paisseur, se mit en marche à la remorque de 12 paires de bœufs, et tout alla bien... pendant 180 mè-
- tres. Mais, « à la descente d’une colline, le chariot
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- LA NATURE.
- accéléra sa course, les essieux prirent l'eu et le véhicule alla s’échouer dans le Bendego. » 11 n’en fut plus question jusqu’en 1810.
- Mais Joaquim da Motta Botelho, le premier initiateur, n’avait pas abandonné ses projets et il conduisit lui-même Mornay au lieu pitoyable du naufrage, quand ce voyageur passa à Bahia avec la mission officielle d’étudier les sources minérales de l’intérieur de la province. Les eaux du Bendego baignaient toujours le bloc inébranlablement assis sur les débris du chariot. Mornay se contenta de prélever quelques fragments qui lui démontrèrent que le prétendu minerai d’or était un fer météorique, et le 16 mai 1816 il lisait a ce sujet une notice d’un haut intérêt devant la Société royale de Londres.
- Il fout dire à l’honneur des Brésiliens que la qualité perdue de minerai d’or ne fit pas baisser dans leur estime la pierre de Bendego : dès 1811, le brigadier Felisberto Caldeira se livra à de nouvelles tentatives pour retirer la météorite du bourbier qui l’avait saisie.
- C’est dans cet état que Spix et Martius trouvèrent le respectable rocher, mais profondément enterré et ne laissant voir qu’une portion de sa masse. Les illustres voyageurs ne purent qu’à grand'peine prélever sur le bloc quelques échantillons, les habitants du pays ayant depuis longtemps fait sauter toutes les parties saillantes. Quelques kilogrammes furent pourtant recueillis, qui allèrent enrichir les collections d’Europe. On avait à peu près oublié tous ces incidents lorsque, en 1885, le professeur ÜrvilleA. Derby, directeur de la section de géologie du Musée national de Rio de Janeiro, ouvrit une enquête qui précisa les conditions du gisement de la masse métallique. A sa suite, le Directeur du Musée, M. le conseiller Ladislao Netto, fit envoyer en exploration un jeune ingénieur, M. Yicente de Calvalho fils, dont le rapport fut lu en juin 1887 à la Société de géographie de Rio de Janeiro. C’est ce jour-là que la résolution fut prise d’amener coûte que coûte le précieux minéral jusque dans la capitale du Brésil, et il est honorable d’ajouter que c’est un simple particulier, M. le baron de Guahy, député de la province de Bahia, qui voulut prendre à sa charge tous les frais du transport, évalués à une cinquantaine de mille francs; l’État fournit le matériel et le concours des moyens dont il dispose, ce qui représente une somme à peu près égale.
- Grâce à ces ressources, toutes les difficultés cédèrent : le 25 novembre 1887, la météorite était installée sur un char traîné tantôt par (des bœufs, tantôt par des hommes, et, le 14 mai 1888*. elle arrivait à Jacuricy, station du chemin de fer de Bahia à San Francisco, ayant franchi 113 (kilomètres à travers un pays des plus difficiles. Il falluti ouvrir un sentier de 5 mètres de large sur 68 kilomètres ; élargir à la dimension convenable 38 kilomètres de chemins; en débarrasser plus de 6 kilomètres des racines d’arbres qui les rendaient impraticables et en améliorer autrement 19 kilomètres. Il fallut, en diverses
- localités, remuer près de 2000 mètres cubes de terre.
- Le voyage, qui prit cent vingt-six jours, comprenait plusieurs montées de 18 à 20 pour 100 et des descentes de 50 pour 100, des passages de rivières, de grandes lagunes, de vastes plaines de sable, des sols rocheux, des terres noyées. Aussi les incidents ne manquèrent-ils pas; voici l’indication de quelques-uns d’entre eux dans la sécheresse du texte officiel, éloquents dans sa concision :
- 5 décembre. Chute de la météorite au passage du ruisseau des Tocas.
- 12 janvier. Fortes pluies, on ne travaille pas à cause du mauvais temps.
- 14 ja"vier. I
- 15 janvier, )
- 16 janvier. Chute de la météorite à Volta da Pedra.
- 18 janvier. Chute de la météorite à Encruzilhada.
- 20 janvier. L’essieu de devant du chariot se rompt en arrivant à la lagune de Coité.
- (Les travaux furent suspendus jusqu’au 16 février.)
- 29 mars. L’essieu s’est rompu au passage de la lagune de la Giboïa.
- (C’est seulement le 4 avril qu’on repart.)
- 7 avril. L’essieu s’est rompu au passage de la lagune Nova.
- 1er mai. Chute de la météorite à la descente de la rampe de Genipapo.
- 9 mai. Chute de la météorite au passage de la lagune des Bois.
- 10 mai. Un essieu se rompt à la descente des Ta-ques ; on le remplaça le jour même.
- Le 15 mai, la niasse fut placée sur un wagon qui la déposa le 22 à Bahia, d’où elle passa par mer à Rio de Janeiro.
- Le gouvernement brésilien a consacré le succès de cette entreprise sans précédent par l’érection de deux obélisques et par la publication d’un magnifique volume in-4° enrichi de 19 photographies, d’une planche en couleur, de plusieurs gravures sur bois et d’une très grande carte géographique avec coupe donnant à l’échelle de 1/100 000 le détail de l’itinéraire. On y trouvera, outre le rapport de M. Carvalho père, chef de la mission officielle, une très intéressante notice sur les météorites en général, due à la plume savante de M. Cruls, l’illustre directeur de l’Observatoire de Rio de Janeiro.
- Nous ajouterons que le fer de Bendego, dont on connaissait déjà ïa composition minéralogique et que représente un modèle en bois dans le pavillon brésilien à l’Exposition du ( Champ de Mars, a déjà été l’objet de travaux importants depuis son arrivée à Rio. C’est ainsi que MM. Cruls et Morize sont parvenus à photographier ^les figures produites par les acides sur les surfaces,, polies dans des conditions absolument inusitées et qui révèlent des faits nouveaux du plus vif intérêt. C’est une précieuse occasion de constater par un exemple la somme très imposante de travaux réalisés chaque année par la pléiade des savants brésiliens : MM. Cruls, Derby, Gorceix, Freire et bien d’autres. Stanislas Meonier.
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- LES RAYONS ÉLECTRIQUES
- EXPÉRIENCES 1)K >[. LE DOCTEUR HERTZ
- L’identité, depuis longtemps soupçonnée, des ondulations électriques et lumineuses a été l’objet, de la part de Maxwell, d’une remarquable théorie connue sous le nom de Théorie électromagnétique de la lumière; mais cette théorie n’avait pas encore reçu, jusqu’à ces derniers temps, de confirmation expérimentale directe. Les travaux tout récents et particulièrement remarquables de M. Hertz viennent combler cette lacune. Bien que ces expériences, d’un caractère abstrait et théorique, ne se prêtent pas à un exposé élémentaire et rapide, nous allons cependant essayer d’en donner une idée générale, renvoyant aux publications spéciales ceux de nos lecteurs qui désireraient des renseignements plus complets.
- Le premier problème à résoudre consiste à produire des ébranlements, ondulations ou oscillations très rapides, assez rapides pour que les longueurs d’onde de ces oscillations ne dépassent pas un mètre, par exemple, pour fixer les idées. Ce résultat est obtenu à l’aide d’une bobine d’induction de Ruhmkorff dont le circuit secondaire, de haute tension, est muni de dispositifs qui donnent à la décharge un caractère oscillatoire rapide. A cet effet, l’étincelle éclate entre deux petites sphères en laiton poli, reliées par des tiges de cuivre à des sphères plus grosses de même métal. On peut faire varier la période de décharge entre certaines limites en faisant glisser les grosses sphères sur les tiges de cuivre. Dans ces conditions, le milieu environnant est le siège de mouvements électriques complexes participant à la fois des actions électrostatiques et électromagnétiques. M. Hertz met ces ondulations en évidence à l’aide d’un résonnateur électrique faisant voir ces ondulations comme un résonnateur acoustique amplifie et permet d’entendre certains sons particuliers.
- Ce j résonnateur ou explorateur du champ électrique pi’oduit par la bobine de Ruhmkorff est constitué par un circuit circulaire ou carré presque fermé, terminé par deux petites boules de laiton très rapprochées, dont on peut d’ailleurs régler et mesurer la distance à l’aide d’une vis micrométrique. Lorsque le résonnateur est placé dans le champ électrique, il se produit entre les boules du résonnateur des étincelles visibles, même à 20 et 25 mètres delà bobine. Un mur, une cloison en briques, etc., n’arrêtent pas la propagation des ondulations électriques révélées non seulement à l’aide du résonnateur, mais avec deux morceaux de métal quelconques (clefs, pièces de monnaie, etc.), mis en contact et séparés pendant que la bobine fonctionne. Le résonnateur donne cependant des résultats toujours plus nets, lorsqu’il est bien proportionné, parce que les mouvements électriques dont il est le siège sont synchrones avec ceux de la bobine.
- M. Hertz s’est aussi servi, comme explorateur, de deux tiges de cuivre dans le prolongement l’une de l’autre, terminées par de petites boulçs dont on peut faire varier la distance à volonté. MM. Joubert et de Nerville, qui ont répété les expériences deM. Hertz au Laboratoire central d’électricité, ont complété ce dernier explorateur en lui adjoignant des feuilles d’étain suspendues aux extrémités, ce qui augmente la capacité électrostatique de l’explorateur et le rend plus sensible. En disposant de grands miroirs en zinc sur le trajet des radiations électriques, on peut les réfléchir, et répéter toutes les expériences classiques d’optique sur les rayons lumineux.
- Les rayons électriques peuvent être polarisés, diffusés, réfléchis régulièrement, exactement, etc., comme les rayons lumineux.
- En traversant un prisme de poix ou de bitume, les rayons électriques sont réfractés, l’indice de réfraction électrique ayant sensiblement la même valeur que l’indice de réfraction optique. Toutes ces coïncidences, et bien d’autres sur lesquelles nous ne saurions insister ici^ rendent très probable la théorie de Maxwell, et semblent autoriser M. Hertz à considérer les radiations électriques comme dès radiations lumineuses de grande longueur d’onde. Voici en effet, quelles sont les conclusions de son dernier Mémoire présenté à l’Académie des sciences de Berlin.
- « Pour moi, les faits observés me paraissent mettre hors de doute l’identité de la lumière, de la chaleur rayonnante et des mouvements électrodynamiques. Je crois que l’identité conduira à des conséquences aussi profitables pour la théorie de l’optique que pour celle de l’électricité. »
- LA PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE
- DES POISSONS EN MOUYEMENT
- DANS L’EAU
- I/application de la photo-poudre à la photographie a déjà été signalée plusieurs fois dans cette revue; aussi ne comptons-nous parler ici que de la photographie de poissons nageant dans l’eau et faite à l’aide de cette lumière artificielle.
- Les résultats de la photographie instantanée sont déjà bien connus du lecteur; il suffit de rappeler les travaux intéressants de M. Marey, de Paris, et de M. Muybridge, de San Francisco ; ce sont spécialement les nombreuses épreuves instantanées, faites dans les différents jardins zoologiques qui ont éveillé à juste titre notre admiration.
- Pour le traité de M. le Dr Rombouts1, d’Amsterdam, « Artis, Kykjes in den Dierentuin » (Description du jardin zoologique d’Amsterdam), traité intéressant tant par son texte que par ses nombreuses illustrations, dessinées d’après des photographies, il a été fait récemment, à l’aide de la photo-poudre, un certain nombre de photographies auxquelles l’auteur de cet article a eu l’honneur de collaborer avec M. Rom-bouts. Le but que nous nous sommes proposé a été de photographier les poissons qui se trouvent dans les bassins de l’aquarium d’Amsterdam. La photopoudre n’ayant, tant que nous sachions, jamais été appliquée à cet usage, il n’est peut-être pas sans intérêt de décrire le procédé dont nous nous sommes servis.
- 11 fallait ainsi faire des épreuves de poissons qui, non seulement sont continuellement en mouvement, mais qui, étant enfermés dans des piscines, se trouvent dans de mauvaises conditions d’éclairage. On comprend facilement la valeur de pareilles épreuves pour l’étude de la motilité des poissons.
- 1 De cet auteur on trouve dans La Nature (n° 550, du 15 décembre 1884, p. 54), une notice sur La faculté qu’ont les mouches de se mouvoir sur le verre et les autres corps polis.
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- LA NAT U U K.
- Comme les poissons en nageant varient continuellement de place et de position, et (pièces changements se produisent excessivement vite, il nous a fallu naturellement faire des instantanés. Personne n’ignore en outre qu’un aquarium est toujours mal éclairé, de sorte que nous avons dù avoir recours à la photo-poudre.
- Avant de décrire notre mode d’opération, nous voulons commencer par parler des difficultés qu'a priori nous avions prévues. Les bassins, dans lesquels les poissons sont enfermés, ont quelques mètres de profondeur, c’est-à-dire que la distance de la paroi de devant (une glace) à celle de derrière est
- de quelques mètres (fîg. 1). Les poissons se mouvant en liberté dans leurs réservoirs, il va sans dire qu’il était tout à fait impossible, avant de faire la photographie, de mettre chaque poisson au point sur le verre dépoli de la chambre noire et que nous avons dùnous contenter de la piscine entière. Il fallait donc que la prise des images se fit au moment où un ou plusieurs poissons se trouvaient par hasard près de la paroi transparente. La distance entre cette paroi et les poissons doit d’ailleurs être très faible et cela pour deux raisons : d’abord, dès qu’une large couche d’eau se trouve entre eux, cette couche absorbe une quantité notable de lumière; ensuite, les images
- Fig. 1. — Vue d'ensemble de l'uue des salles dcl’Aijuarium d’Amsterdam.
- des poissons ne peuvent être nettes par suite de la déformation que la réfraction fait éprouver à chaque corps plongé dans l’eau.
- Dans les premières expériences que nous avons faites, nous avons placé deux chambres noires à quelque distance d’une des piscines, et, après avoir mis les plaques sensibles en position, nous avons allumé tout près du bassin, sur un banc, quelques grammes de photo-poudre. Malheureusement, en développant peu après, nous vîmes que la réflexion avait projeté dans nos chambres noires une certaine quantité d’images étrangères, gâtant tout à fait celles des poissons. La glace de la paroi de devant de la piscine avait donné lieu à une assez forte réflexion, de sorte que la llamme de la photo-poudre s’était réfléchie sur la plaque. Eu outre, on apercevait sur
- le cliché des images diffuses des chambres noires et des personnes qui se trouvaient à coté, ces images étaient formées par deux glaces, celle du réservoir photographié et celle du bassin vis-à-vis, derrière nos appareils, qui avaient par conséquent joué le rôle de miroirs.
- Aussi en faisant nos épreuves suivantes, avons-nous recouvert la glace du bassin, derrière les appareils, d’un morceau d’étoffe noire pour qu’elle ne réfléchît plus de lumière. Ensuite, afin que la flamme de la photo-poudre ne put plus être renvoyée sur nos plaques, avons-nous allumé fa lumière dans une caisse, placée sur trois pieds élevés, à côté des appareils, tandis que la direction des rayons, tombant sur la paroi de verre, fut réglée de sorte à ne pouvoir tomber, après réflexion, dans les objectifs
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- dos chambres noires. Comme il pénètre toujours un peu de lumière du jour dans les bassins (nous ne pou-
- vions boucheries ouvertures d’en liant, car les poissons gagnent le fond de l’eau, dès qu'ils se trouvent dans
- I ig. 2. — Fsturgron (Acipcnxer sluri't).
- Fig. i. — Position des nageoires pendant la nage, lîroehet (Exox Indus).
- Fig. 3. — Saumons 'de Californie.
- Fig. 5. — Position hélicoïdale de la queue. Dorade (Carassius auratus).
- Fig. 6. — Carpe (Cyprinus Carpio).
- l’obscurité; impossible alors de les photographier), il est donc indispensable d’ouvrir les objectifs juste au
- Fig. 7. — Saumon (Truita Salar).
- moment de la combustion de la poudre afin d’empêcher une action antérieure de la lumière du jour
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- J A NATURE.
- sur lès plaqués sensibles. C’est pour la même raison que la fermeture de l’objectif devait coïncider autant que possible avec l’extinction de la llamnie. j Afin d’ouvrir et de fermer l<vs appareils au moment voulu, les objectifs étaient pourvus d’obturateurs à compression d’air. Celui de non# (pii devait allumer la lumière tenait dans une. main une allumette (fixée à une baguette de bois), dans l’autre, le ballon en caoutchouc qui devait mettre les obturateurs en action. Dès que l’allumette touchait la poudre, le ballon était comprimé; l’ouverture des chambres noires se faisait ainsi h l’instant de la combustion de la poudre; immédiatement après les objectifs étaient fermés.
- Sans nous étendre davantage sur les difficultés de nos expériences, arrivons maintenant aux résultats obtenus1. Les gravures du texte sont des reproductions d’une partie des épreuves obtenues. La figure 2 représente un esturgeon au moment où il se précipite du haut en bas à travers le bassin. L’image est encore nette, malgré la rapidité avec laquelle le poisson nage et quoique la distance entre les chambres noires et la piscine soit relativement petite, ce qui démontre le peu de temps qu’a duré la lumière.
- La figure 3 nous prouve la même chose d’une façon encore plus concluante. Les poissons (truites de Californie) se mouvaient ici très vite à côté et au-dessus l’un de l’autre, et cependant les images sont tellement nettes qu’elles permettent un agrandissement d’une fois et demie. La ligure 4 nous fait voir la position des nageoires pendant la nage. La netteté de cette épreuve est telle que nous avons pu l’agrandir une fois et trois quarts.
- La figure 5 est particulièrement intéressante. La position de la queue du poisson qui se trouve en haut représente distinctement une hélice2; d’où l’on peut conclure que la nageoire caudale prend cette forme pendant la nage. Les ligures 6 et 7 n’ont pas besoin d’explication spéciale.
- Nous avons déjà vu précédemment (pie l’image de quelque objet que ce soit, qui se trouve à une certaine distance de la paroi transparente, ne peut se dessiner nettement sur les plaques sensibles, et d’ailleurs ces images ne seraient nuisibles que tant qu’elles couvriraient, soit en entier, soit en partie, celles des poissons qui sont parfaitement nettes.
- E. Cohex,
- Amsterdam, juin 1889. Etudiant en philosophie.
- LA VËL0C1PÉDIE MILITAIRE EN' FRANCE
- Le Ministre de la guerre vient de consacrer officiellement l'usage du vélocipède dans l’armée pour
- 1 Nos plaques proviennent de M. J.-F. Schippang, de Berlin ; le développement a été fait au moyen du ferro-oxalate de potasse.
- 2 Cela est très apparent sur la photographie, mais ne l’est plus autant sur notre ligure; la gravure ne saurait rendre avec une précision parfaite certains détails des clichés photographiques,
- le transport des dépêches. Chaque régiment d’infanterie de l’armée active comprendra quatre vélocipé-distes. Les chefs de corps choisiront eux-mêmes ces vélocipédistcs parmi les hommes de tous grades de la réserve et de l’armée territoriale qui se présenteront volontairement et réuniront les meilleures garanties pour remplir ce service. Les vélocipédistcs devront fournir eux-mêmes « leur monture » et l’entretenir en bon état. En sus de la solde de leur grade, ils auront droit à une allocation de 50 centimes par jour, à titre de prime d’entretien.
- Le service des vélocipédistcs en campagne ou dans les grandes manœuvres sera réglé par les généraux commandant les corps d’armée.
- Enfin, ces officiers généraux régleront également, dans tous leurs détails, l'habillement, l’équipement et l’armement des vélocipédistcs.
- 11 est à craindre qu’un pareil mode de recrutement devienne bientôt une porte ouverte à la faveur pour faire passer le moins péniblement possible le temps de service à certains favoris, quelles que soient du reste leur habileté et leur vigueur au point de vue vélocipédique.
- La question a cependant été étudiée en France, sinon aussi complètement qu’en Angleterre, du moins avec assez de soin pour que l’état-major général ait pu se former une idée nette des services qu’on peut attendre d’hommes convenablement montés et entraînés pour la transmission des ordres. Ce sont ces études que nous allons exposer au lecteur.
- Dans son numéro du (5 décembre 1884, le journal le Sport vélocipédique, de Paris, organe officiel de
- Y Union vélocipédique française, lançait le premier article sur le vélocipède dans l’armée. Un véritable tournoi suivit entre personnes autorisées du mondc% vélocipédique. Puis, des articles on passa aux faits. Le 22 avril 1880, un vélocipédiste de Pau, M. Daniel, — le même qui était allé de Pau à Calais (1100 kilomètres) en cinq jours dix heures, et de Paris à Vienne, Autriche (1500 kilomètres), en sept jours quatre heures cinquante minutes, — offrit à M. le Ministre de la guerre de mettre à sa disposition pour les manœuvres du 18e corps, cinq ou six vélo-cipédistes exercés. Mais, pour des causes qu’il est inutile de relater ici, on préféra avoir recours à
- Y Union vélocipédique française, qui fournit huit vélocipédistes.
- Dans l’intervalle, un essai pratique avait’ été tenté par le Vélo-Club grenoblois sur l’initiative de M. Terrier, l’un de ses membres. Le 15 août 1886, M. Brionnet portait une dépêche supposée de Grenoble au Bourg-d'Oisans (752 mètres d’altitude) sur un bicycle en un temps très court. Sur une bicyclette, M. Dumolard allait préparer, partant de Grenoble, à Tenein et Goneelin le ravitaillement et le cantonnement d’une troupe en marche, cela très rapidement aussi. Enfin, dans une autre direction et sur un tricycle, M. Terrier était censé aller détruire le viaduc du chemin de fer de Moirans. Les trois instruments vélocipédiques les plus usuels avaient
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- LA NATURE.
- été mis en jeu suivant leurs qualités respectives. Cette tentative originale valut à ses auteurs les éloges de M. le Ministre de la guerre.
- Les manœuvres du 18e corps, en 1886, vinrent immédiatement à l’appui : le général Cornât constata dans son rapport qu’il n’avait pas employé d’autres estafettes et que ses messages avaient été portés trois fois plus vite qu’autrefois.
- Les expériences ont été continuées, en 1887, aux manœuvres du 9e et du 17e corps et, en 1888, à celles du 5e et du 16e corps et ont donné également des résultats fort satisfaisants, toujours par l’emploi des vélocipédistes comme estafettes.
- Celles du 9e corps ont été très bien conduites et ont donné lieu aux observations suivantes.
- Le nombre des vélocipédistes qui prirent part à ces manœuvres était de 25 (9 avec bicyclettes, 10 avec bicycles et 6 avec tricycles) sous les ordres de M. Martin, sous-lieutenant au 71e territorial, président du « Yéloce-Club » d’Angers. Ils ont été uniquement employés à la transmission des ordres entre les états-majors et les différents services. On les avait répartis par groupes avec un chef de groupe.
- Les routes et chemins parcourus pendant les manœuvres étaient généralement mauvais ; le sol sableux des routes et les cailloux levés par le passage de la cavalerie et de l’artillerie rendaient souvent difficile la marche des vélocipédistes.
- Malgré cela on a pu constater que, sur une distance de 40 kilomètres, un vélocipédiste arrivait au cantonnement une heure et demie et même quelquefois deux heures avant l’estafette à cheval, sans fatigue et sans être obligé de se reposer avant de repartir, bien qu’il ait dû souvent prendre une route .détournée qui augmentait la distance à parcourir, mais lui offrait un terrain meilleur.
- Les vitesses ont varié entre 16 et 28 kilomètres à l’heure; mais on doit compter sur 20 kilomètres à l’heure comme vitesse moyenne pouvant être soutenue pendant toute une journée.
- Des vélocipédistes bien exercés arrivent à faire facilement 250 kilomètres par jourl, mais dans les manœuvres et en campagne il faut compter avec les embarras des routes par l’artillerie ou la cavalerie qui forcent souvent à ralentir la marche et même à conduire la machine en main. Aussi la distance maxima qu’on a pu parcourir en un jour au 9e corps a-t-elle été de 120 kilomètres. La plus petite vitesse obtenue a été celle de 10 kilomètres à l’heure, par
- 1 Voici quelques résultats obtenus par des vélocipédistes de profession sur les machines de la Compagnie Rudge-Cycle : 34,242 mètres parcourus en une heure par M. J. Dubois sur un bicycle de course; 40 kilomètres parcourus enl h. 12 m. par M. Oxborrow sur une bicyclette; 10 kilomètres en 18m. 42s. parcourus par M. Bcconnais, de Bayonne, sur le tricycle; 8,045 mètres parcourus en 14 m. 8 s. sur le « Rudge » tricycle spécial; 50 kilomètres parcourus en 2 h. 4 m. 10 s. sur un tandem, par MM. Giraud et Laval, du Cercle de la pédale de Paris; 226 kilomètres parcourus en 11 h. 59 m. 30 s. par les deux mêmes amateurs sur le même tandem; 360 kilomètres parcourus en 24 heul’es consécutives sur un doublc-driver, par M. E. Bertaux, de Caen.
- une marche de nuit sur une route défoncée par le passage de l’artillerie1.
- La machine qui paraît devoir être préférée pour les usages militaires est le tricycle ou la bicyclette.
- Le bicycle, qui est la plus légère (poids moyen ; 16 kilogrammes), ne peut développer ses qualités de vitesses que sur un terrain très uni ; son centre de gravité se trouvant placé sur la roue de devant, la rencontre d’une pierre ou d’un trou peut occasionner de graves chutes en avant. Malgré son frein, son arrêt ne peut se faire que progressivement.
- La bicyclette a une plus grande stabilité que le bicycle, son centre de gravité se trouvant entre les deux roues, sur la tangente de la roue de derrière. Son poids moyen est de 20 kilogrammes. Elle est munie d’un frein qui peut l’arrêter instantanément ; mais l’homme arrêté est obligé de descendre. De plus, ce n’est qu’avec une certaine fatigue que l’on peut marcher pendant un certain temps à une allure lente pour suivre une colonne d’infanterie.
- Le tricycle est la plus stable de toutes et un soldat peut s’en servir sans avoir besoin d’apprentissage comme les autres. Il permet de marcher facilement à toutes les allures et de s’arrêter en restant assis. 11 a, de plus, cet avantage considérable de pouvoir porter en arrière une charge variant de 10 à 20 kilogrammes au maximum suivant la force du vélocipédiste.
- Son inconvénient est, qu’avec une vitesse moindre, il occasionne plus de fatigue au cycliste, à cause de son poids (20 kilogrammes en moyenne), du frottement des engrenages et de la formation dans les terres molles de trois ornières au lieu d’une seule comme dans les modèles précédents. De plus, si le cycliste est obligé de suivre une colonne et de marcher sur l’un des côtés inclinés de la route, il doit se pencher en sens inverse de sa machine dans une position gênante pour conserver son équilibre.
- Une vareuse ample, laissant toute liberté aux mouvements, une culotte boutonnée près de la cheville et des souliers à lacets ont paru les vêtements les plus commodes. La jambière ou molletière est trop chaude et les brodequins lacés gênent le mouvement du pied. Il est bon d’y ajouter une pèlerine en caoutchouc avec capuchon pour préserver de la pluie et un sac en cuir pour porter les dépêches sans les froisser.
- Le revolver suffit, comme arme, à un homme qui n’est pas destiné à combattre, mais seulement à se défendre contre une attaque fortuite.
- Le sac peut être facilement adapté à toutes les machines, mais surtout au tricycle2. A. R.
- 1 Le colonel Savile, chef de la vélocipédie militaire en Angleterre, dit qu’on ne doit compter pour les cyclistes militaires que sur une vitesse de 6 à 8 milles (9600 à 12800 mètres) à l’heure. A l’école de gymnastique de Joinville, on admet que la moyenne des vitesses avec un tricycles sur due routes ordinaires et pour une course de plusieurs heures est de 8 à 10 kilomètres par heure.
- * Yoy. n° 732, du 11 juin 1887, p. 17.
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- LA NATURE.
- LES PONTS ROULANTS ÉLECTRIQUES
- DU PALAIS DES MACHINES A i/ENPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Le public prend un plaisir extrême à se faire transporter d’une extrémité à l’autre du Palais des machines sur les ponts roulants électriques dont notre grande gravure représente une vue d’ensemble. Il n’est point indifférent, en effet, de parcourir;! pied, ou sur cet original véhicule, les 400 mètres de la colossale galerie où sont entassées tant de merveilles de la mécanique ; de plus, bien des visiteurs, sinon tous, éprouvent une satisfaction intelligente en songeant que la force motrice nécessaire pour ce voyage aérien est fournie par l’électricité et constitue un exemple intéressant de transmission de l’énergie électrique à distance, ce problème d’avenir aujourd'hui résolu dans une large mesure.
- Voici quelques détails sur la construction et l’emploi de ces curieux appareils.
- Les ponts roulants comptent parmi les organes les plus importants des grands ateliers de construc-
- tion mécanique moderne. Pour répondre aux besoins toujours croissants de l'industrie, nos ingénieurs ont augmenté de plus en plus la dimension des pièces de machines et leur poids ; la surface des ateliers où s’élaborent ces pièces s’est accrue en proportion, et; ce sont de véritables voyages que les pièces ont à accomplir pour passer du dégrossissage au finissage, en s’arrêtant sur les tours, les machines à aléser, à percer, à cintrer, à mortaiser, à décolleter, à polir, etc., qui constituent, l’outillage actuel perfectionné.
- Le premier soin de l’ingénieur est de s’arranger de façon que la pièce à terminer, partie d’une extrémité de l’atelier, puisse, autant que possible, arriver à l’autre extrémité, sans être revenue sur ses pas. Le retour en arrière, présente, en effet, un double inconvénient ; il occasionne des pertes de temps et de force importantes ; il risque de couper la route à la pièce qui suit celle qui est livrée aux machines-outils et d’interrompre le travail des machines et de leurs équipes. Or, en bonne fabrication, il n’y a pas une minute à perdre.
- Pour les petites pièces peu lourdes que l’on peut manœuvrer à bras, le « circulns » que nous venons
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- Fig. 1. — Coupe du pont routant électrique de MM. lion et Lustremant. (Palais des machines au Champ de Mars.)
- de décrire est aisé à réaliser. Pour les grosses pièces qui nécessitent, dans leur manutention, Remploi de puissance mécanique considérable, on a recours aux appareils de levage, moufles, treuils, grues et ponts roulants. Un atelier bien outillé doit les contenir en tous sens de façon à permettre un'déplacement longitudinal ou latéral toujours rapide d’une machine-outil a l’autre.
- Pour les grues de levage, on s’arrange, comme cela se voit, par exemple, dans les fonderies, de façon que le cercle de rotation de la volée de chaque grue autour de son pivot vienne recouper celui de la grue voisine: la pièce passe ainsi d’un crochet à l’autre jusqu'à sa destination. Lorsque la disposition de l’atelier ne s’y prête pas, en raison de l’existence des supports de la charpente, on met les grues sur rails de façon qu’elles puissent aller prendre la pièce et, en contournant les obstacles au moyen de plaques tournantes, la porter à destination.
- Les ponts roulants sont une 'modification récente et fort utile des appareils de levage. Ils consistent en une forte poutre ou plate-forme entretoisée à laquelle sont attachées les moufles de suspension et qui peut se déplacer au travers de l’atelier. Le pont roulant affecte diverses formes : il peut être supporté par une grande charpente mobile sur rails, ou bien
- rouler d’une extrémité à l’autre de l’atelier dont il occupe toute la largeur, lorsque cette largeur n’est pas trop considérable : dans ce cas des poutres en fer placées au-dessous de la charpente servent de chemin de roulement. Enfin, ce qui est le cas de la grande galerie des machines à l’Exposition, lorsque l’on dispose les poutres de transmission de mouvement disposées en ligne au travers de l’atelier, ces poutres peuvent servir tout naturellement de chemin de roulement aux appareils.
- Les ponts roulants de petites dimensions reçoivent leur mouvement de transmission à la main au moyen d’engrenages ; pour les grands appareils on recourait jusqu’à présent à une machine à vapeur portée sur le pont et servant en même temps à l’élévation des fardeaux ; nous avons vu par le titre de cette note que l’énergie électrique peut désormais être utilisée avec succès dans le même but.
- Le Palais des machines de l’Exposition contient, on le sait, quatre files de poutres de transmission portées sur des colonnes en fonte ; des chaises pendantes accrochées à ces poutres reçoivent les arbres de couche actionnés par les machines motrices et sur lesquels les'machines exposées pren- ‘ nent leur mouvement. M. Vigreux, chef du service mécanique et électrique de l’Exposition, eut dès le
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- Vue d’ensemble du pont roulant électrique de
- MM. Bon et Luslremant, dans le Palais des machines;
- Exposition universelle de I88d.
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- LA NATURE.
- principe la pensée d’utiliser ces poutres de transmission pour faire circuler dessus des ponts roulants de-grande puissance destinés à manœuvrer et mettre en place, pendant la période d’installation, les pièces lourdes des machines à monter. Ces appareils n’ont donc pas moins de 18 mètres d’écartement. MM. Bon et Lustremant, d’une part, Mégy, Echeverria et Bazan, d’autre part, constructeurs à Paris, se proposèrent pour les fournir, et, d’accord avec M. Vigreux, il fut décidé que l’on emploierait, comme force motrice, l’énergie électrique au lieu de celle fournie par la vapeur. Ces ponts roulants, de 18 mètres d’écartement et de 5 mètres de largeur, présentent une surface utilisable de près de 90 mètres carrés : l’idée vint donc, tout naturellement, de les conserver en mouvement après la période' d’installation, et de les faire servir pour promener les visiteurs à 8 mètres d’élévation au-dessus du sol, d’un bout à l’autre de la galerie. L’idée était juste, car le public s’y presse, nous l’avons dit, avec curiosité.
- Voici la description sommaire de ces appareils : elle sera complétée pour le lecteur par l’examen de notre dessin en perspective et du dessin linéaire qui a été mis à notre disposition par MM. Bon et Lustremant.
- Pont roulant de MM. Bon et Lustremant. — Comme les appareils analogues, et pour répondre aux besoins industriels que nous avons indiqués au début de la présente note, le pont roulant est muni de trois mouvements : 1° levage du fardeau ; 2° déplacement transversal du fardeau au moyen d’un chariot porte-crochet mobile ; 5° déplacement longitudinal du fardeau avec l’ensemble du pont. Sa charpente est formée dedeux grandes poutres longitudinales, pleines, en tôle et cornières, sur lesquelles roule le chariot porte-crochet, de 2 poutres dites poutres de trottoir en treillis reliées aux précédentes par des consoles, et de 2 poutres transversales reposant sur les galets de roulement. A l’une des extrémités du pont sont réunis les mécanismes des divers mouvements, tous commandés par l’électricité.
- L’énergie électrique nécessaire est produite en dehors du Palais des machines dans un bâtiment spécial ; elle est fournie par une dynamo-génératrice Gramme qu’actionne par courroie une machine à vapeur Westinghouse à grande vitesse, de la puissance de 25 chevaux. Deux câbles à conducteurs en cuivre supportés par des crochets isolateurs amènent le courant à la dynamo-réceptrice que porte le pont ; celle-ci transmet son mouvement aux divers organes du pont par friction plate ; l’arbre de la réceptrice, prolongé à cet effet, commande, à grande ou à petite vitesse, par l’intermédiaire de deux galets, un arbre sur lequel se fait l’emprise des trois mouvements que nous avons indiqués plus haut. Cet arbre tourne toujours dans le même sens ; on obtient le mouvement de translation en avant ou en arrière, au moyen d’un embrayage à trois cônes de friction : l’un de ces cônes est calé sur un arbre du treuil, les deux autres sont calés sur un manchon tournant avec l’arbre sur lequel il peut glisser ou en terme techni-
- que, coulisser : en le faisant coulisser à droite où à gauche, on amène en contact l’un ou l’autre des cônes du manchon avec le cône du treuil, et celui-ci est entraîné dans un sens ou dans l'autre. Les leviers de commande des divers mouvements sont réunis au-dessous des poutres du pont dans une petite cabine, sous l’œil du mécanicien.
- Le poids total de l’appareil avec ses accessoires est d’environ 22 tonnes, sa plate-forme contient de 90 à 100 visiteurs, quelque peu entassés à la vérité, mais qui paraissent, en thèse générale, fort peu s’en soucier tant le spectacle les intéresse et tant ils trouvent de plaisir à être remorqués par la puissance invisible de l’électricité.
- Pont roulant de MM. Mégy, Echeverria et Bazan. — Nous passerons plus rapidement sur le deuxième pont roulant fourni par MM. Mégy, Echeverria et Bazan. Construit sur le même programme que le précédent et répondant exactement aux mêmes besoins, il s’en rapproche par tous ses éléments principaux. Signalons seulement que la transmission de mouvememt, au lieu de se faire par cônes de friction, se fait par engrenages simples au moyen d’embrayages dits progressifs ; ce système d’embrayage consiste en un ressort circulaire qui, pressé par un levier à la main du mécanicien, vient s’appliquer intérieurement contre le tambour portant le manchon sur lequel est calé l’engrenage transmetteur de mouvement. Il faut noter aussi que pour diminuer la torsion, égaliser les mouvements parallèles, et diminuer la résistance à la traction, l’arbre transversal moteur du pont roulant est attaqué par l’engrenage en son milieu au moyen d’un arbre intermédiaire qui reçoit la force motrice; celle-ci est fournie par une dynamo-réceptrice construite par M. Miot, ancien élève de l’École centrale.
- La transmission de l’énergie électrique se fait comme pour l’appareil précédent.
- Telle est, dans ses grandes lignes, l’installation des ponts roulants électriques du Palais des machines de l’Exposition. En dehors du plaisir goûté par les visiteurs, nous y voyons avec intérêt l’application à de grands appareils de levage de cette espèce, du principe de transmission de l’énergie électrique déjà appliqué avec succès à des grues de levage ordinaires, des monte-charges, etc... La Nature a décrit, dans un des précédents numéros i, l’intéressante application de l’électricité faite par le professeur américain Éliliu Thomson à la soudure par l’électricité et dont on voit tous les moyens de réalisation à l’Exposition. M. Rowan de Glascow a montré aussi, antérieurement, comment au moyen d’électroaimants on peut adapter l’énergie électrique, à distance, au fonctionnement des machines-outils dans les ateliers. Ce sont là des progrès importants à signaler, car le conducteur électrique bien isolé, qui se plie et se recourbe, peut passer partout, presque invisible, supprimant les tuyaux de vapeur,
- 1 Yoy. n° 836, p. 17.
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- leurs luîtes et leurs condensations coûteuses, les dangereuses courroies, les arbres de transmission et leurs engrenages et diminuant d’autant les chances d’accidents et de pertes industrielles. On ne saurait donc persévérer avec trop d’opiniâtreté dans cette voie d’applications dont nos électriciens et nos ingénieurs sont unanimes à présager tout l’avenir.
- Max de Nansoity.
- REQUINS DANS L’ADRIATIQUE
- Le percement de l'isthme de Suez a eu des conséquences que M. Ferdinand de Lesseps ne prévoyait certainement pas : l’introduction des requins dans la Méditerranée. Jadis on signalait, tous les quatre ou cinq ans, la présence dans ces parages d’un squale qui avait contourné l’Afrique et franchi le détroit de Gibraltar à la suite d’un navire ; mais le nombre de ces terribles poissons s’accroît maintenant d’une façon fort appréciable, principalement dans la mer Adriatique où se rendent de nombreux navires passant par le canal de Suez.
- On a capturé, il y a quelque temps, dans le golfe de Fiume, une grande femelle de requin qui s’était prise dans des filets de pécheurs de thons ; au commencement du mois d’août, un matelot du feu flottant de Pola harponnait un jeune requin devant l’établissement balnéaire de cette ville, et le 14 du même mois, un autre jeune requin long de 2,15 m, et âgé d’un mois environ, se faisait prendre dans les eaux de Medolino, non loin de Pola. Ce jeune squale, aux mâchoires années de dents de 2 à 6 centimètres, constituait déjà un danger pour les baigneurs1. H. IL
- L’EXPÉDITION AMÉRICAINE
- A LA BAIE DE LADY FRANKLIN (Suite et fin. — Voy. p. 18)
- L’expédition à la baie de Lady Franklin avait été organisée par le Signal Office, établissement analogue, comme attributions, à notre Bureau central jnétéorologique. Dans les instructions qui lurent remises au commandant Greely, il était nettement spécifié qu’en 1882, un navire de ravitaillement serait envoyé à l’expédition pendant la courte période où les bâtiments peuvent espérer franchir le détroit de Smith. Si, pour une cause quelconque, ce navire ne parvenait pas à atteindre les explorateurs, il devait établir des dépôts de vivres et autres provisions à la latitude la plus élevée possible sur la côte est de la Terre de Griimell, et y laisser également les lettres à destination des membres de l’expédition. Un autre dépôt, moins important, devait être placé à l’ile Littleton, sur la côte groën-landaise.
- Dans le cas où le navire de 1882 n’atteindrait pas l’expédition, un nouveau navire serait envoyé en 1883, avec mission de dégager les explorateurs; si, comme en 1882, les glaces ne pouvaient être franchies, ce navire stationnerait tant qu’il n’aurait pas à craindre d’être enveloppé ; et, s’il se trouvait dans la
- 1 D'après la Revue des sciences naturelles appliquées.
- nécessité de rétrograder, il devait débarquer des provisions à l'île Littleton, pendant qu’une escouade d’hommes se prépareraient à hiverner, et s’exerceraient à voyager en traîneau jusqu’à la côte est de la Terre de GrinnclL Enfin, si le lieutenant Greely ne recevait la visite d’aucun navire de secours, il devait abandonner sa station au plus tard le 1er septembre 1883, et se replier vers le sud par bateaux, en suivant le plus possible la Terre de Griimell. En prévision de cette retraite, le matériel de l’expédition comportait une chaloupe à vapeur et plusieurs barques. Le navire de 1882, le Neptune, arrêté par les glaces, ne put guère dépasser le 79e parallèle; il s’en retourna après avoir établi des dépôts en différents points, des deux côtés du détroit de Smith. En 1883, deux navires furent envoyés au secours de l’expédition. L’un était le Protée, celui-là même qui avait pu, en 1881, pénétrer facilement jusqu’à la baie de Lady Franklin ; il fit malheureusement naufrage, et coula avant qu’il eût été possible de sauver la cargaison; le bâtiment qui l’accompagnait, le Yantic, recueillit l’équipage en détresse, effectua des dépôts dans la limite de ses moyens, mais, connue le Neptune, il quitta la mer polaire sans avoir pu remplir sa mission.
- Quoi qu’il en soit, et conformément à ses instructions, comptant en tous cas sur l’avant-garde promise, le commandant décida l’abandon de la station dès que le travail réglementaire fut achevé. L’expédition quitta le fort Conger le 9 août 1883, en se dirigeant vers le sud. La mer était libre ; on mit à l’eau la chaloupe à vapeur et les canots contenant, avec quelques traîneaux, les documents jugés les plus indispensables. Le départ ne put naturellement 's'effectuer sans de cruels sacrifices; on dut laisser au fort Conger des vivres en quantité, les collections recueillies au prix d’efforts inouïs, la plus grande partie des instruments d’observation. Les chiens que le l)r Pavy avait achetés à Saint-Jean-de-Terre-Neuve, et qui rendirent de si précieux services dans les voyages d’exploration, furent également abandonnés. Au moment de la séparation, on leur ouvrit deux barils de lard, mais leur merveilleux instinct les avertissait sans doute de ce qui se tramait contre eux, car ils ne touchèrent pas à ce régal, et jetaient en vain des regards suppliants vers ceux qui les délaissaient.
- Le voyage fut extraordinairement pénible et dangereux dès qu’on rencontra les premières glaces flottantes; peu à peu, les rues d'eau disparurent complètement, et le 6 septembre, la petite flottille était prise dans les glaces. On dut abandonner la chaloupe à vapeur et deux canots; l’autre barque fut alors chargée de tout le matériel : documents, vivres, traîneaux, ainsi que le bagage personnel de chacun qui avait été réduit à quelques kilogrammes, tous, officiers et soldats, unirent leurs efforts pour sauver les résultats de l’expédition (fig. 1). Ballottés ensuite pendant vingt jours dans toutes les directions sur des banquises selon le caprice du vent,
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- LA N AT U HE.
- ayant subi plusieurs tempêtes, harassés de fatigue, soutirant horriblement du froid, tourmentés déjà par un doute affreux, ils échouèrent enfin au cap Esquimau, au sud du cap Sabine.
- On était au 28 septembre; la longue nuit polaire approchait. 11 fallait se bâter d'explorer la cote, à la recherche du navire attendu, ou tout au moins des nouvelles que, dans la pensée de tous, les cairns devaient indubitablement contenir. Les plus robustes furent chargés de ce soin; les uns partirent vers le sud jusqu’au cap Isabelle, pendant que d’autres remontaient au cap Sabine. Hélas! le pavillon américain ne llottait pas dans le détroit de Smith!
- Les nouvelles trouvées dans les cairns étaient navrantes : elles relataient l’insuccès du Neptune en 1882, le naufrage du Vrotée, et l’impossibilité où s’était vu le. Yantic de stationner à ces latitudes. Non seulement ce dernier navire était reparti, mais rien, dans les notes recueillies, n'indiquait que le poste avancé, sur lequel on fondait toutes les espérances, eût été constitué. L'effroyable réalité apparut alors aux yeux de tous : il fallait se résigner à un nouvel hivernage, n’ayant de vivres que pour quarante jours environ, manquant de combustible et de vêtements, car on avait laissé au fort Longer, avec des rations pour pins de six mois, les moyens de se
- Fig. 1. — L’expéditioa américaine à la baie de Lady Franklin.,—
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- protéger efficacement contre des froids prolongés.
- Un dépôt ayant été établi par le Neptune au cap Sabine, ce point fut choisi pour le troisième hivernage. Il y avait bien des rations en quantité à l’ile Littleton, de l’autre côté du détroit, mais, par une nouvelle fatalité, la glace n’était pas complètement prise, en sorte que les traîneaux ne pouvaient s’y aventurer; et, d’un autre côté, le seul canot qui restât avait été tellement éprouvé par le voyage sur la glace, qu’il était impossible de songer à le mettre à l’eau. On s’établit donc, de la façon la plus sommaire, dans une cabane construite en glace, et recouverte eu partie par le canot renversé, qui servait de toit; cette nouvelle station fut appelée le Camp Clay. Après avoir réuni les vivres trouvés dans les cachettes disséminées le long de la côte, le eom-
- La flottille abandonnée. Sauvetage des documents et des provisions.
- mandant procéda à l’inventaire des subsistances : avec un rationnement excessif, on pouvait atteindre le 1CT mars; dans cet intervalle, il serait sans doute possible de traverser le détroit en traîneau, et de gagner la côte est, où se trouvaient d’autres centres de ravitaillement. Les ressources naturelles, qui étaient relativement importantes au fort Longer, étaient à peu près milles au cap Sabine ; on reconnut bientôt qu’il ne fallait pas compter, pour augmenter l’ordinaire, sur le produit de la chasse et de la pêche; le gibier était très rare, et la mer ne fournissait guère qu’une sorte de crevette n’ayant aucune qualité comestible.
- Malgré ces déplorables conditions physiques et morales, le docteur n’eut à constater, dans la première partie de l'hiver, que des indispositions plus
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- LA NATURE
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- ou moins graves ; mais l’insufiisance du régime se traduisit bientôt par une faiblesse générale, qui s’accentua peu à peu; et lorsque le détroit lut de nouveau pris par les glaces, aucun homme n’avait la force nécessaire pour entreprendre le voyage de l’ile Littleton. Vers le milieu d’avril, les vivres étaient épuisés; la nourriture se composait exclusivement de lichens, de crevettes et de menus morceaux de peau de phoque bouillie.
- La mort trouva bientôt une proie facile au Camp Clav, et les décès par la faim se succédèrent avec, rapidité : on en compte six en avril, quatre en mai, sept en juin (car cette horrible situation s'est prolongée jusque-là) . lin décès par le scorbut était survenu en janvier. Le sort du commandant Greely et de scs hommes passionnai t vivement l'opinion publique aux Etats-Unis, et dès le m ois d e m a i 1881, le gouvernement expédia deux nouveaux navires, YOnra et la Téthys, à la recherche des explorateurs; le capitaine Schloy, qui avait reçu le commandement de cette expédition de secours, avaitdéclaréqu’il ne rentrerait pas en Amérique sans avoir accompli sa périlleuse mission. L'Ours, qui ouvrait la marche, put parvenir jusqu'au cap Isabelle; le capitaine Ash courut au cairn, où il trouva une note déposée par Lookwood à la tin de septembre, et indiquant la position du Camp Clay. Les officiers ne tardèrent pas à découvrir la retraite de leurs malheureux compatriotes (lig. 2). Le vent .souillait en tempête depuis deux jours et demi, et la tente avait été emportée par une rafale. Les survivants, incapables du moindre effort, sans nourriture
- et sans eau, étaient exposés à toutes les rigueurs du temps: quelques heures plus tard, tous auraient certainement péri. Des vingt-cinq hommes dont se composait, l'expédition, six seulement vivaient encore, attendant la mort comme une délivrance; parmi eux, se trouvait le commandant Greely, aujourd’hui chef du Signal Service des États-Unis. Le Dr Pavy était au nombre des morts, ainsi que les
- deux lieutenants.
- De grandes l'êtes furent organisées à New-York pour saluer le retour des hommes intrépides qui avaient arboré le drapeau national dans des régions jusque-là inconnues ; mais bientôt la presse se lit l’écho de certaines révélations, qui, se propageant rapidement, émurent profondément la population. L’histoire de l’hivernage au Camp Clay ne comprendrait-elle pas des horreurs d’une autre nature que celles dont nous avons parlé ? et les cadavres des morts n'auraient-ils pas servi à prolonger la misérable existence des survivants? L’exhumation des corps, rapportés pieusement par les navires de secours, semble ne laisser aucun doute à cet égard. Mais jetons un voile sur celte immense infortune, et constatons avec le commandant, qui d'ailleurs ignorait les faits, qu’ «“aucune loi divine ou humaine n’a été violée au Camp Clay ».
- Nous n’avons pu, dans cette courte notice, que donner une idée très affaiblie des tortures endurées par tous avec une résignation héroïque; chaque homme tenait, depuis l’origine, un journal des faits pouvant présenter quelque intérêt, scientifique ou autre. Ces notes révèlent un dévouement, un cou-
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- LA N AT U HE.
- rage extraordinaires; on y trouve des observations de diverse nature jusqu’au jour même où la mort les a brusquement interrompues.
- La science n’oubliera pas que la plupart des membres de cette malheureuse expédition sont morts pour accroître notre connaissance des caractères physiques et de la conliguration des côtes de ces régions désolées, circonstances qui, en facilitant aux explorateurs futurs l’accès des latitudes plus élevées, contribueront à la conquête du pôle. Th. Moukeaux.
- CHRONIQUE
- L’aimantation du fer aux températures élevées. — On cherche depuis longtemps à transformer l’énergie thermique ou chaleur en énergie électrique, en ayant recours à d’autres phénomènes que les actions électro-chimiques, dont le plus grand inconvénient réside dans le faible rendement, toujours inférieur à 1 pour cent. On a produit, pendant ces dernières années, sous le nom de générateurs thermo-magnétiques, un certain nombre d’appareils qui mettent à profit les variations de résistance magnétique du fer avec la température ; les expériences récentes de M. le docteur Hopkinson laissaient entrevoir la possibilité d’obtenir de grandes variations de l’induction magnétique pour de faibles variations de la température. Malheureusement, ce résultat est en contradiction avec les principes de la thermo-dynamique; il fallait donc qu’un autre phénomène intervînt pour rétablir le manque apparent d’harmonie entre ces différents faits d’expérience. Le phénomène connu sous le nom de récalescetice suffit pour rétablir l’accord, un instant compromis, entre la théorie et l’expérience, et démontrer l’impossibilité de l’application du phénomène découvert par M. J. Hopkinson à la réalisation d’un générateur thermo-électrique économique. En effet, à la température pour laquelle la perméabilité magnétique du fer éprouve de grandes variations pour de petits changements de température, il se réchauffe brusquement d’environ 200 degrés C. Dans ces conditions, il faut une grande quantité de chaleur mise en jeu pour que le fer subisse une faible variation de température de part et d’autre du point critique; le principe de Carnot se trouve donc satisfait. Puisque les expériences de M. Hopkinson nous amènent à parler des générateurs thermo-magnétiques, serait-il indiscret de demander ce qu’est devenu l’appareil d’Edison présenté il y a près de deux ans aux sociétés savantes américaines, et dont on n’a plus entendu parler depuis?
- L’industrie française en Belgique. — Nos
- grandes usines métallurgiques ont, dans les séries d’épreuves faites depuis deux années environ, amplement montré la valeur de leurs produits pour tout ce qui concerne le matériel de guerre. Aussi le gouvernement belge vient-il de leur répartir une grande partie de la commande des coupoles métalliques destinées aux nouveaux forts de la Meuse. En calculant la valeur approximative de cette commande, on voit que les commandes partielles se répartissent ainsi entre nos usines : le Creu-sot, 2 000 000 francs; Saint-Chamond, 5 000 000 francs ; Chàtillon, C 000 000 francs. Le total des commandes obtenues par les usines françaises, syndiquées, paraît-il, avec les usines belges, s’élève à près de 12 millions. — Quant à l’usine allemande de Grusson, syndiquée aussi
- avec l’usine belge de Cockerill, elle n’a obtenu que des commandes montant au total à 7 500 000 francs.
- LTn remorquage de ©500 kilomètres. — Un
- sait que remorquer un navire, surtout en pleine mer, constitue une situation fort dangereuse pour le navire remorqueur. Cependant il vient d’arriver dernièrement à Greenock, venant de Fernando Noronha, le remorqueur à vapeur le Stonncock. remorquant depuis la côte sud du Grésil le navire l'Ardencaple. — Ce dernier navire, parti chargé de sel du port de Liverpool, se dirigeait sur Calcutta, quand il fut abordé par un autre navire venant du Brésil. J1 put atteindre le port de Fernando Noronha. Mais il fut obligé de recourir au remorqueur le Stonncock pour regagner la Clyde, où on procéderait aux réparations. Ils quittèrent donc le Brésil, l’un remorquant l’autre, le 15 décembre 1888; ils touchèrent Saint-Vincent et Las Palmas pour y faire du charbon, et arrivèrent à Greenock le 18 janvier 1889. D’ailleurs ce même remorqueur avait déjà auparavant fait un remorquage remarquable et encore plus long de Sainte-Hélène à l’Angleterre méridionale.
- La destruction des mousses par le sulfate de fer. — M. Marguerite Delacharlonnv vient de présenter à la Société nationale d’agriculture un intéressant rapport sur les expériences qu’il a continuées pour la destruction des mousses par l’emploi du sulfate de fer. Voici deux ans que des essais sont tentés sur les prairies ravagées par la mousse, et le succès n’a fait que s’affirmer. — Sur la pelouse soumise à l’expérience, il a été employé 650 kilogrammes, dont 550 kilogrammes la première année et 500 kilogrammes la seconde. On avait craint que ce traitement ne nuisît aux plantes utiles : il n’en a rien été. L’herbe y est très vigoureuse, tranchant par sa couleur et son développement sur celle de la partie de la pelouse qui n’a pas été traitée, et qui reste envahie par la mousse. On a même tenté un traitement intensif, pour s’assurer que la substance employée n’était nullement dangereuse : en un endroit où la mousse avait presque complètement fait disparaître l'herbe, on a, durant 1887, appliqué deux traitements, l’un de 550 kilogrammes, l’autre de 500 kilogrammes ; de même en mars et en novembre 1888, on a appliqué un traitement de 500 kilogrammes; ces traitements représentaient 1250 kilogrammes à l’hectare. Bien loin de détruire l’herbe ou même (le lui nuire, ils ont remplacé la mousse par une herbe fine et serrée ; la puissance de la végétation semble doublée ; les plantes adventives mêmes ont été remplacées par des graminées et du trèfle blanc. — Les mêmes faits ont été constatés à la Société d’horticulture de Soissons, où d’ailleurs la dose employée n’a été que de 500 kilogrammes à l’hectare. — Enfin des résultats identiques sont signalés par la Société des agriculteurs de France : M. Néron, président de la section d’agriculture, a pleinement réussi en arrosant les prairies de purin additionné de sulfate, dans la proportion de 5 kilogrammes pour un tonneau de 600 litres. — Nous ne citerons pour finir qu’une dernière expérience, signalée par la Société d’horticulture de Saint-Germain-cn-Laye : on jeta à la volée 125 kilogrammes de sulfate de fer pulvérisé sur 500 mètres de pelouse couverte d’une mousse de 8 à 10 centimètres d’épaisseur ; la mousse a été complètement détruite, et du reste la dose était excessivement forte. Et il faut noter pour finir qu’on doit observer une proportionnalité entre la hauteur de la mousse et la quantité de sulfate. D’après M. Delacharlonnv, la quantité de sulfate sera exprimée, en kilogrammes par hectare, en mul-
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- tipliant par 20 la hauteur de la mousse exprimée en millimètres.
- Électricité et photographie. — Une curieuse découverte vient d’être faite par M.J. Greene, qui en a donné la description à la Société photographique de Londres. Il s’agit de l’action d’un courant d’électricité sur une plaque sensible qui a été exposée à la lumière. L’auteur a cru que l’électricité est capable de rendre à une plaque exposée ses qualités primitives, c’est-à-dire que cette plaque devient de’nouveau ce qu’elle était avant d’être exposée. On la place sur une plaque de métal dans un bain d’eau faiblement acidulée et on fait passer le courant d’une pile électrique dans la plaque métallique. Le résultat en est que, en fort peu de temps, l’image latente est tout à fait anéantie. On ne sait pas encore comment donner la théorie de cette curieuse action, mais on suppose que, sous l’influence du courant électrique, il se forme dans le liquide du bain une certaine quantité d'eau oxygénée (peroxyde d’hydrogène), qui a pour effet d’oblitérer l’image latente.
- Le doyen des perroquets. — Le doyen des Perroquets, un Cacatoès vivant depuis 90 ans dans la famille Wentworth de Sydney, est mort il y a quelques mois. Aveuglé par la cataracte et presque entièrement déplumé, il avait cependant conservé la parole, et c’est en criant sa locution favorite : « Good bye » (adieu), qu’il tomba mort de son perchoir.
- Le chemin de fer interocéanique mexicain.
- — Le Mexique a résolu de construire à travers son territoire une ligne interocéanique ; elle aura 585 kilomètres de longueur et ira d’Acapulco à La Vera-Cruz. Elle est déjà terminée et livrée sur 81 kilomètres de son développement entre Vireves et Puebla. La plus grande partie du reste de la ligne est en construction, et les travaux sont activement poussés. On croit que l’ensemble sera fini dans deux ans. I). B.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 11 juin 1889.— Présidence de M.Des Cloizeaux
- Organismes problématiques. — M. le Secrétaire perpétuel Berthclot signale, parmi les pièces de la correspondance, un très intéressant Mémoire de M. Henri Bour-sault sur des empreintes singulières présentées par les grès boloniens du Portel, près de Boulogne-sur-Mer. Il s’agit de ce niveau à bilobites qui fut décrit naguère ici même et qui a fourni déjà des vestiges remarquables appartenant aux genres Crossochorda, Tigillites, Eophy-tas et à bien d’autres. Cette fois, cependant, les trouvailles n’ont pas été faites comme précédemment à Equi-hen, mais entre ce point et Boulogne. M. Boursault décrit d’abord un échantillon qui présente une dépression en fer à cheval entre les deux branches duquel sont des sillons flexueux et qui, sans doute, vient se ranger dans le genre Taonurus : ce sera le T. boloniensis, H. B. Un autre paraît absolument nouveau et consiste en longues tiges fîexueuses entrelacées qui devaient être épineuses dans toute leur longueur. L’auteur désigne ce nouveau genre sous le nom de Portelia et il veut bien qualifier l’espèce de P. Metmieri, ce dont je suis heureux de le remercier ici publiquement. Entre autres titres d’intérêt, le Portelia offrira un appui très décisif à l’opinion qui veut que les bilobites soient, non pas de simples pistes comme le pensent M. Nathorst et ses élèves, mais bien des corps réels fossilisés, suivant les vues de M. de Sa-
- porta. Les paléontologistes seront heureux de lire dans les Comptes rendus la note de M. Boursault.
- Volcans et tremblements de terre. — Des notions importantes sur la liaison de ces deux grands phénomènes résulteront peut-être de l’intéressant diagramme adressé de Catane par M. 0. Silvestri et que M. Fouqué dépose sur le bureau. Le savant Sicilien ayant observé l’allure du tropomètre durant l’éruption de l’Etna en 1886 constata qu’au moment où le volcan allait entrer en activité le petit barreau aimanté manifesta une grande agitation. H se calma durant la crise souterraine mais entra de nouveau en branle quand celle-ci fut près de finir. On ne possède aucune théorie capable de rendre compte de ces laits; mais leur constatation précise est d’autant plus importante.
- Election. — Le successeur de M. Chevreul, dans la section de chimie, est M. Armand Gautier, professeur de chimie à la Faculté de médecine et qui a été désigné par 44 suffrages contre 11 donnés à son concurrent, M. Mois-san, professeur à l’Ecole de pharmacie. La liste de présentation portait en outre : en deuxième ligne, M. Gri-maux et en troisième ligne ex aequo et par ordre alphabétique, MM. Bitte et Jungfleisch.
- La durée des éclairs. — C’est une opinion généralement répandue que les éclairs n’ont pas de durée appréciable et pratiquement sont instantanés. Les observations présentées par M. Mascart au nom de M. Trouvelot contredisent ce sentiment. Pendant un fort orage M. Trouvelot imprima à l’appareil un mouvement d’oscillation rapide de droite et de gauche, et il soumet des épreuves où l’on voit côte à côte jusqu’à six images du même éclair. La seule explication possible, c’est que l’émission lumineuse a duré plus longtemps que le déplacement de l’appareil. M. Bouquet de la Grye cite des faits qui témoignent dans le même sens.
- Propriétés de l’eau de mer. — Deux expérimentateurs bien connus, MM. Soret et Sarrazin, ont cherché à déterminer l’indice de réfraction de l’eau de mer. Le liquide dont ils se sont servis a été puisé dans la Méditerranée, peu au-dessous de la surface, à 4 kilomètres en avant de Nice, à un moment où il n’avait pas plu depuis plus de huit jours. On a opéré dans un prisme creux à l’aide d’un goniomètre et à la lumière du soleil. L’indice de l’eau distillée étant égal à 1,528, on a trouvé pour l’eau de mer à 20° : 1,555 et pour la même eau à 10°; 1,556. Ces différences très faibles supposent chez les auteurs du Mémoire une très grande habileté dont ils ont d’ailleurs déjà donné bien d’autres preuves.
- Varia. — La petite planète Eucharis, n° 282 du groupe ; a été observée à l’Observatoire de Paris, par M. Degenités.
- — Une nouvelle note de M. Cornu concerne les résultats fournis par la réflexion métallique et vitreuse des différents rayons du spectre solaire. — M. With étudie l’inversion de polarisation dans les machines séridynamiques.
- — La photographie est appliquée par M. Huggins à l’étude du spectre d’Uranus. — Une note de M. Bonis concerne l’élargissement des raies spectrales des métaux. — Le nom nous échappe des auteurs d’un travail sur la culture des céréales au point de vue de l’augmentation du gluten et des qualités nutritives. — M. Guignet revient sur la cellulose et la constitution du papier parchemin. — Un mentionne une nouvelle note de M. Laboulbène sur la destruction des Hélia. — M. Sappey lit un mémoire de la méthode des coupes en anatomie. Stanislas Meunier.
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- LA NATURE.
- LA RUE DU CAIRE
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Un des côtés du Chain]) de Mars de Paris qui attire le plus les visiteurs est l'Exposition égyptienne, située vers l’extrémité du Palais des machines, du côté de l’avenue de Suffren. Cette exposition, qui compte quatre-vingts installations diverses, comprend la remarquable construction d’une rue du Caire, due àM. le baron Del or t.
- Notre gravure représente cette charmante petite rue qui transporte le visiteur en Egypte; elle est toujours parcourue par une foule de curieux.
- Tous les motifs d’ornements employé^ dans les constructions de la rue du Caire sont des moulages pris sur place. Le ravissant minaret qui domine l'ensemble des maisons est la copie, moins un étage, d’un véritable chef-d’œuvre du quinzième siècle, le minaret de Kaïd-Rey. Toutes les boiseries des maisons sont authentiques et anciennes ; les ruoucha-rabis qui s’avancent en balcon sur la rue, ont été recueillis dans les vieux quartiers du Caire; les portes ont deux ou trois siècles d’existence.
- La rue du Caire du Champ de Mars n’est pas, à proprement parler, une restitution d’une rue actuelle du Caire, c’est la reconstitution d’une ancienne rue de cette ville. L’œuvre est absolument remarquable et mérite tout le succès qu’elle obtient. On ne s’v lasse pas de s’y promener, d’autant plus que les curiosités y abondent. Ici vous entrez dans une maison où vous admirez un modèle du temple d’Edfou, avec les photographies du pays. Un peu plus loin, vous passez devant des boutiques où des Égyptiens
- et des Egyptiennes vendent des broderies, des bijoux, des tapis, des gargoulettes en terre, des cigarettes en tabac d’Orient, des sandales et des étoiles: puis vous entrez dans une écurie où sê trouvent les ânes du Caire, avec leurs harnachements et leurs Ailiers a la peau noire ; enfin les galeries latérales de l'Exposition égyptienne constituent un bazar oriental du plus haut, intérêt.
- Une des principales curiosités de la rue du Caire
- est un café arabe, où les visiteurs assistent à la danse d’almées et aux tournoiements de derviches tourneurs, avec musique de tambourins et de tarboucks. Ces exhibitions ont un cachet particulier et une couleur locale qui en font le principal attrait. 11 faudrait pour en voir de semblables entreprendre de longs voyages dans des pays souvent très éloignés.
- Quand on se rendra compte qu’en quittant le Caire et l’Egypte, on arrive aux expositions de la Chine, puis àcclle des Indes, etc., où les produits de ces pays lointains sont encore exhibés par des indigènes, et qu’ainsi, partout, les échantillons ethnographique s de l’univers entier sont rassemblés au Champ de Mars et a l’Esplanade des Invalides, on ne sera pas étonné de l'incomparable succès de curiosité qu’obtient chaque jour l’Exposition de 1889.
- L’éclairage électrique est tous les soirs dans son plein fonctionnement, et la foule est toujours nombreuse pour considérer les illuminations quotidiennes, du premier étage de la Tour Eiffel.
- Gaston Tissandier.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- La rue du Caire à l’Exposition universelle de 1889. (D’après une photographie instantanée de M. Balagny.)
- Imprimerie A. Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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- iV 839.
- 29 JUIN 1889.
- LA NATURE.
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- L’INSTITUT PASTEUR
- Pendant l’une des dernières séances de l’Académie des sciences, M. Pasteur a communiqué un intéressant résumé de statistique Sur la méthode de prophylaxie de la rage après morsure. Du 1er mai 1888 au 1er mai 1889, l’Institut Pasteur a traité 1675 personnes mordues et suspectes de rage, sur lesquelles on compte 186 étrangers et 1487 Français. Sur ce nombre de 1675, il y avait 118 personnes mordues à la tête ou au visage. 6 personnes dont 4 mordues a la tête et 2 aux
- membres, ont été prises de rage pendant le traitement; 4 autres ont été prises de rage, moins de 15 jours après la fin du traitement. 5 personnes mordues à la tète sont mortes après l’acbèvement complet du traitement. Ce sont donc seulement 5 insuccès de la méthode sur 1675 personnes traitées, soit un cas de mort sur 554 traités. En mettant ce qui serait illogique, au passif de la méthode, outre ces 5 cas, les 10 cas de mort dont il vient d’être question, on aurait 15 cas de mort sur 1675, soit un cas de mort sur 428 personnes traitées.
- Ces chiffres, que M. Pasteur n’accompagnait d’aucun commentaire, sont évidemme^ftqut_ftî$ft»;eur
- U
- Le laboratoire de microbie générale à l’Institut Pasteur.
- des inoculations préventives. — Nous avons décrit jadis l’installation générale de l’Institut Pasteur \ la communication dont nous venons de présenter le résumé nous donne l’occasion de compléter notre précédente notice en parlant du mode de fonctionnement des différents services de ce magnifique établissement.
- . L’Institut Pasteur peut abriter environ une quarantaine de travailleurs, à savoir quatorze dans chacun des laboratoires du premier étage, dont nous figurons l’un des deux, celui de la microbie générale, et le reste dans les laboratoires de recherches. En y comprenant les chefs de service et les préparateurs, il y a donc environ cinquante personnes
- 1 Voy.n0 808, du 24 novembre 1888, |i. 402.
- étudiant des questions de microbiologie. Français et étrangers y sont également admis, dans la limite des possibilités et des places disponibles, mais toutes les personnes admises ne le sont pas au même titre, et il y a des catégories correspondant à la diversité des laboratoires et des études qu’on y poursuit.
- A ce point de vue, l’Institut comprend six services principaux :
- 1° Service de la rage, ayant pour chef M. le professeur Grancher; 2° Microbie générale, souo la direction de M. Duclaux; 5° Microbie technique, directeur M. Roux; 4° Microbie appliquée à l’hygiène, directeur M. Chamberland; 5° Microbie morphologique, directeur M. Metchnikoff; 6° Microbie comparée, directeur M. Gamaleïa.
- Le service de la rage a pour objectif principal la
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- 17e année. — 2e semestre.
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- LA NATURE.
- vaccination après morsure, confiée a tour de rôle à MM. les Drs Chantemesse et Charrin, et toutes les études relatives it la rage.
- Dans les services de microbie generale et de mi-crobie morphologique, la préoccupation principale, sinon exclusive, est d’étudier les propriétés de forme et de fonction chez les microbes, de façon à savoir si ces propriétés sont constantes ou peu variables, et peuvent dès lors servir à caractériser des espèces distinctes, ou si elles sont à l’état de mutation continue, et varient entre des limites trop larges pour pouvoir servira autre chose qu’à établir des groupes.
- Les variations de forme sont à consulter, dans l'examen de cette thèse, mais elles ne suffiraient pas à elles seules pour la résoudre, alors même qu’elles seraient encore plus prononcées qu’elles ne semblent l’être. 11 faut encore la variation de propriétés physiologiques; celles-ci sont plus difficiles à constater lorsqu’on entre dans le détail, et exigent en général une étude chimique attentive. C’est ce côté chimique de la question qui est surtout représenté par le laboratoire de microbie générale, dans lequel sont enseignées toutes les méthodes d’analyse chimique pouvant servir à l’étude des microbes, de leurs besoins alimentaires, de leurs moyens de nutrition, de leurs produits de sécrétion et d’excrétion, etc.
- Le laboratoire de microbie appliquée à l'hygiène qui est semblable à celui de la microbie générale a dans son domaine tout ce qui intéresse l’étude hygiénique de l’air, du sol et des eaux, de même que l’étude et la préparation des vaccins.
- Jusqu’ici on voit qu’il est à peine question de l’action des microbes sur les êtres vivants. Nous y arrivons avec les services de microbie comparée et de microbie technique.
- Ces deux laboratoires ont le même objectif, l’étude des maladies microbiennes, mais le premier est surtout un laboratoire de recherches, le second un laboratoire d’enseignement. Cet enseignement a même ici un caractère particulier. Tandis que dans le laboratoire de microbie générale, les élèves suivent tous, pour ainsi dire, des voies particulières, chacun ayant son sujet et en poursuivant l’étude par des moyens appropriés, M. Roux reçoit, par séries, des élèves auxquels, en cinq ou six semaines, il donne toutes les notions et indique tous les détails de technique nécessaires pour assurer la compétence de ces élèves dans les questions de microbiologie. Cette initiation comprend un cours régulier et des exercices pratiques au laboratoire. Une fois le cours terminé, les élèves font place à d’autres, et ainsi de suite; cette période de cours dure de cinq à six mois, et comprend quatre ou cinq séries d’élèves. Quand elle est terminée, le laboratoire reprend son caractère de laboratoire de recherches, et admet des élèves sans limite de période de séjour, et dans les mêmes conditions que dans les autres laboratoires.
- La gravure que nous publions donne l’aspect d’un des grands laboratoires de l’Institut Pasteur. Cette salle, qui a environ 12 mètres de côté, est
- éclairée par neuf grandes fenêtres. Sept tables de travail occupent le pourtour; elles sont couvertes d’une plaque épaisse de lave de Vol vie, émaillée à la surface et ayant l’aspect d’une immense plaque de porcelaine. Elles sont à deux places; chaque travailleur a devant lui, dans la direction de la fenêtre, son microscope et ses instruments de travail ; à côté, à sa droite ou à sa gauche, du gaz qu'il peut conduire où il veut, et de l’eau qu’une cuvette, également en lave émaillée, laisse écouler dans un caniveau qui fait le tour du laboratoire. Une planchette à tiroir, placée de l’autre côté de l’avancement central qui porte la cuvette, permet au travailleur de se faire un réduit où il est entouré de tout ce qu’il lui faut.
- Une paillasse avec hottes permet d’exécuter les évaporations; en outre, des étuves sont disposées dans trois pièces voisines. Le laboratoire du préparateur est contigu avec ce laboratoire commun.
- L’admission et le séjour dans les divers laboratoires ne sont naturellement pas gratuits. Celui de M. Duclaux seul, à raison de ses origines et de la source de ses crédits, est astreint à rester un laboratoire ouvert. Mais on paye dans les autres. La longue expérience des Allemands sur ce sujet, l’expérience plus courte d’un grand nombre de laboratoires français, montrent que les étudiants profitent mieux de ce qu’ils payent. 11 y a donc un droit d’admission, payé une fois pour toutes, pour le cours de M. Roux et les leçons pratiques qui l’accompagnent. Pour les autres laboratoires, et pour celui de M. Roux, quand la période des cours y sera terminée, il y aura un droit mensuel pour l’entrée au laboratoire et le libre usage de l’eau, du gaz, des réactifs principaux et de la verrerie usuelle. Ce droit sera minime, de façon à ne pas être un obstacle au travail. Les animaux d’expérience seront de même 'fournis à un tarif réduit d’environ 50 pour 100 sur le prix des marchés, de façon, d’un côté, à ne pas arrêter les travailleurs dans leurs expériences utiles, de l’autre, à éviter les tentatives inconsidérées et le gaspillage d’animaux auquel on se trouve entraîné quand c’est l’Étal qui paye. Ici, ce ne sera pas l’État, c’est une société créée avec les capitaux de tous, dans l’intérêt de tous, et qui a le devoir étroit d’assurer la bonne gestion et l’emploi utile des capitaux qui lui ont été confiés. Elle ne songe pas à faire de bénéfices. Elle a seulement la légitime ambition de ne pas dépenser au delà de ses revenus.
- Le conseil de l’Institut se réserve, d’ailleurs, le droit d’accorder la gratuité absolue aux travailleurs qu’il eu jugerait dignes. Il est clair, du reste, qu’il y a des cas où elle s’impose, et qu’il y a tels ou tels savants auxquels on serait trop heureux, s’ils venaient travailler à l’Institut, de donner tout ce qui leur serait nécessaire. Les élèves qui le peuvent doivent payer, mais cette règle ne s’applique pas aux maîtres, et l’Institut restera débiteur de ceux qui viendront y faire une découverte profitable à tous h 1 D’après les Annales de l'Institut Pasteur.
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- U TYPOGRAPHIE MUSICALE
- Nous présentons aujourd'hui au public une invention destinée non seulement à révolutionner l’importante branche de l’imprimerie qui s’occupe de la publication d’œuvres musicales, mais aussi à causer une vive joie aux artistes et aux amateurs qui ont dû jusqu’ici faire souvent de grands sacrifices pour se procurer les partitions que les multiples difficultés de la gravure rendent hors de prix.
- Bien que les travaux de M. Henri Chossefoin sur la typographie musicale nous fussent connus dès les premiers essais et que nous ayons suivi avec intérêt les progrès de cette invention, nous n’avons pas voulu mettre au jour cette question avant que des résultats n’en eussent assuré le succès. Maintenant un atelier de typographie musicale fonctionne à l’important établissement Paul Dupont, à Clichy.
- Les tentatives qui ont été faites en vue de l’application de la typographie aux publications musicales sont nombreuses.
- Ces recherches datent, on peut le dire, de P époque même de la découverte de l’art de l’imprimerie. Les premiers essais qui furent tentés s’appliquèrent à des Psautiers et, jusque vers 1754, le plain-chant seul semble avoir été l’objet de tentatives de ce genre. Il nous suffira de mentionner les travaux de Breitkopf, au dix-huitième siècle ; ceux, plus récents, de Pétrucci, de Venise, qui font le sujet d’une étude particulière dans l’excellent ouvrage de Paul Dupont, Histoire de /’Imprimerie; ceux de Duvcrger qui, en 1825, entreprit de perfectionner l’œuvre de ses devanciers en y appliquant un système de polytypie.
- En 1847, Duvergerprit un brevet de quatorze ans. Cette durée s’écoula et le brevet tomba dans le domaine public sans que l’exploitation eût produit des résultats dignes d’intérêt. Vient ensuite le système de Tantenstein et Corde!, qui a rencontré un grand nombre d’admirateurs, mais qui est loin de résoudre le problème ; puis celui de Derriey, récompensé d’une médaille à l’Exposition de Londres, et enfin celui de Curmer, très ingénieux, mais que des complications innombrables ont fait promptement abandonner.
- L’étude de tous ces systèmes démontre que l’obstacle insurmontable a été l’adhérence de la note avec la portée. On n’a jamais pu faire disparaître les solutions de continuité qui donnent à une page de musique cet aspect bizarre que l’on peut observer sur certains ouvrages de musique des bibliothèques ou musées. En outre, aucune de ces méthodes n’oflrait d’avantages réels ; les signes, d’inégales dimensions, étant d’un maniement compliqué, il devenait fort malaisé, sinon impossible, de se reconnaître devant ces casses aux proportions énormes. L’art, d’assembler ces nombreuses combinaisons et d’en former un tout était sans doute admirable, mais nécessitait un long travail d’un ouvrier forcé de connaître la musique et ne produisait que des mobiles d’une extrême fragilité.
- La typographie Tantenstein susmentionnée est,
- nous l’avons dit, celle qui a rencontré le plus d’adhérents. Elle a été fréquemment utilisée dans des ouvrages didactiques; mais son emploi n’a pu être non plus "généralisé à cause du trop grand nombre de signes qui rend impraticable toute méthode de composition, donne un dessin musical disgracieux, avec ses nombreuses solutions de continuité, et rend les corrections à peu près impossibles.
- Nous ne citerons que pour mémoire la lithographie dont l’application à la musique n’a fourni aucun résultat par suite du manque de netteté des épreuves, et nous passerons à la gravure sur planches de cuivre ou d’étain dont l'emploi est général aujourd’hui.
- Les inconvénients de la gravure sur planches d’étain justifient les recherches constantes des moyens de lui substituer un autre mode; si l’on ajoute que letain est un des métaux dont le prix est des plus élevés, qu’une planche ordinaire pèse plus de 600 grammes, que ces planches, une ibis gravées, doivent être conservées en magasin après un premier tirage, pour servir aux tirages ultérieurs, on se rend aisément compte de l’énorme quantité de matière employée par une seule maison d’édition et de l’importance des capitaux immobilisés, de ce chef, par ces lourdes, coûteuses, et encombrantes archives de métal.
- Nous devons ajouter à ces graves inconvénients ceux plus graves encore résultant des corrections qui ne se font que très difficilement et les remaniements qui sont tout à fait impossibles.
- Ce sont ces considérations qui ont fait sans cesse rechercher des moyens nouveaux pour l’impression de la musique.
- L’invention de M. Henri Chossefoin est de nature à causer un véritable soulagement à tous ceux qui ont toujours été tributaires des exigences de la gravure.
- Les matériaux de la typographie musicale système Henri Chossefoin sont absolument semblables à ceux utilisés dans toutes les imprimeries. La base en est le type mobile établi d’une façon identique à celui des corps typographiques employés communément. On saisira tout d’abord l’avantage de cette similitude de dimensions qui permet d’intercaler la musique dans le texte et réciproquement, sans modifier en rien les dispositions du point. Les signes sont disposés dans des casses semblables à celles des ateliers d’imprimerie.
- L’ouvrier typographe compte les mesures contenues dans le manuscrit, c’est-à-dire dans le morceau à composer. Il établit sa justification, et répartit alors sur le nombre de pages à imprimer le nombre de mesures que chacune d’elles doit contenir (il procède dans ce cas absolument comme il est fait sur les planches gravées), car il est d’usage, dans le mode d’impression musicale, de ne jamais terminer un morceau qu’à la fin d’une page.
- 11 place ensuite ses signes dans le composteur, la ligne de portée servant d’interligne, et le garnit ainsi jusqu’à la formation complète de la ligne de musi-
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- LA NATURE.
- que. It pose ensuite celle-ci sur la galée et répète cette opération jusqu’à la formation d’une page qu’il serre en paquet au moyen d’une ficelle et place sur le marbre.
- Les notes et autres indications sc trouvant en dehors de la portée sont formées des memes signes qui viennent prendre place an milieu des blancs séparant chaque portée. Il est superflu d’ajouter que les corrections se font de la même façon que pour la typographie, et que les remaniements sont* des plus faciles par suite du très grand nombre d’espaces auxquels on peut si aisément substituer des signes.
- La mise en pages, la mise en formes, rétablissement des marges, etc., s’opèrent comme dans les opérations similaires de l’imprimerie.
- Les pages composées et fixées dans leurs châssis offrent à l’œil un tableau des plus gracieux. Tous ces signes juxtaposés, se joignant exactement, les uns
- s'élançant capricieusement au-dessus des lignes de portées, formées de lames de cuivre, les autres descendant au-dessous de ces lignes pour se mêler aux ligatures des croches, forment un relief du plus bel aspect.
- On peut à volonté tirer sur le mobile ou sur le cliché. Celui-ci s’obtient de la même façon qu’en typographie, et la reproduction des formes sur l’empreinte est d’une grande netteté.
- 11 semblerait tout d’abord que l’apprentissage à faire pour pouvoir se servir utilement de ce mode de typographie soit assez long; il n’en est rien et nous pouvons affirmer qu’après quelques jours un typographe peut composer sur manuscrit et cela sans connaître une note de musique.
- Dans la visite que nous avons faite aux ateliers de composition, nous avons vu composer pour l’Exposition universelle un mobile reproduisant divers fragments du Tannhauser, de Richard Wagner, ré-
- ANDANTE
- BEETHOVEN
- P -
- PIANO <
- Spécimen d’une ligne de typographie musicale, composée pour La Nature.
- sumant toutes les difficultés graphiques des combinaisons de caractères musicaux. 11 a été fait de ce mobile un cliché plomb et un cliché galvano qui figurent aussi dans l’envoi de M. Chosscfoin, exposé par la maison Paul Dupont à la section des Arts libéraux.
- Voilà donc résolu un des grands problèmes qui ont passionné, depuis la déeouverte de Gutenberg, un grand nombre d’hommes qui ont été des notabilités dans l’art de l'Imprimerie, aux arduités duquel se sont usées de puissantes intelligences, et que M. Henri Chossefoin n’a mené à bien qu’au prix de sacrilices et de veilles qui eussent vaincu de moins robustes organisations. Que de fois — tous les inventeurs connaissent ces cruelles transes — ne dut-il pas briser matrices et poinçons pour une erreur de quelque fraction de millimètre dans les calculs de relations des signes entre eux.
- Car il ne faut pas oublier que le problème ne consistait pas à aligner des signes groupés dans un certain ordre, (iliaque signe n’est qu’un fragment de caractère, et celui-ci même doit parfois être relié à
- d’autres, comme, par exemple, dans les groupes de notes unies par des ligatures ou dans les accords.
- Aujourd’hui, grâce à la constante ténacité de M. Chossefoin, à l’acharnement avec lequel il a combattu et vaincu chacun des multiples obstacles qu’il a rencontrés, l’art musical est en possession d’un puissant moyen de vulgarisation. Ou a maintenant l’espoir de pouvoir sous peu posséder les chefs-d’œuvre restés à l’état de manuscrit et qui dorment encore dans la poussière des bibliothèques à cause des prix exagérés de la gravure.
- Il serait injuste de ne pas rendre, en terminant, un hommage public à M. Paul Dupont pour l’accueil bienveillant qu’il a fait à M. Henri Chossefoin et pour la part qu’il a prise à son œuvre en mettant à sa disposition la puissante organisation de ses ateliers de Clichy ; adressons aussi nos vifs remerciements à M. Néry, l’aimable directeur de Clichy, qui a facilité notre tâche en nous faisant fournir les renseignements et les explications qui nous étaient nécessaires.
- Geouges Tausend.
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- LES DANSEUSES JAVANAISES
- Hg. 1. — Les danseuses javanaises à l'Exposition universelle de 1889. Esplanade des Invalides.
- les jambes bougent peu pendant la danse. Les doigts et les mains exécutent également certains mouvements tout particuliers. A Java, on ne danse pas pour s’amuser, mais seulement pour amuser les spectateurs. En général, ce sont de jeunes filles ou bien de jeunes femmes qui exécutent ces danses, dont les Javanais eux-mêmes ne connaissent pas l’origine.
- On distingue trois catégories de danses :
- 1° Le serimpi, qui est dansé par quatre personnes seulement : c’est aux yeux des Javanais la danse la plus gracieuse, et il n’y a que les princes souverains de Sourakarta et de Djo-
- qu’en attitudes gracieuses du corps, en mouvements kjokarta qui aient le droit de la faire exécuter dans lents des bras et des jambes, surtout des bras, car leurs dalams ou palais, et encore faut-il qu’ils
- Tous les visiteurs de l'Exposition coloniale de l’Esplanade des Invalides ont visité le curieux kampong javanais, ou village indigène qui s'y trouve. Sous un de ses pavillons en bambou se trouvent le gamelang et les danseuses, qui ont été amenées tout exprès de Java à Paris pour figurer à l’Exposition. Leur danse est certainement la principale attraction de ce coin de l’Esplanade des Invalides, car beaucoup de Parisiens n’avaient pas eu occasion de voir ces gracieuses danseuses à la dernière Exposition d’Amsterdam.
- La danse des Javanais, comme celle de beaucoup de peuples asiatiques, ne consiste
- Fig. 2. — Une des danseuses javanaises de l’Exposition. Vue de face.
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- soient présents. Un eliœurde douze hommes accompagne cette danse.
- Les danseuses sont habillées suivant l’ancienne mode du pays et, par suite, leurs costumes ressemblent un peu à ceux des mariées javanaises d’il y a cinquante ans. Leur jupe ou tapit est en soie de dilîérentes couleurs souvent ornées de ileurs dorées ; |ollt? pend jusqu’aux pieds, et, durant la danse, les ‘danseuses la rejettent de côté par un rapide mouvement du pied.,Elles ont autour de la taille une large ceinture de soie dont elles tiennent les extrémités dans leurs mains pendant la danse. Le haut du corps est étroitement serré dans un petit corset appelé 1pomakak. Au cou, elles ont un triple collier, et aux bras, qui restent nus comme le haut du corps, elles portent de gros anneaux en or. Sur la tète, elles ont une espèce de tiare en or ornée de pierres précieuses. Le kris, renfermé dans une riche gaine, est placé dans la ceinture un peu en arrière et du côté gauche. Dans leurs cheveux sont placées de jolies fleurs. Aux doigts elles ont des bagues. La figure, le cou, les bras et les jambes sont couvertes d’une légère couche de poudre jaune, qui jest, du reste, la couleur dont doit se revêtir tout Javanais se présentant devant son souverain.
- La musique qui accompagne cette danse est lente et solennelle; c’est celle du gamelang salendro. Le chœur chante des passages d’anciennes poésies qui parlent de la beauté et de la grâce des femmes et des concubines de Panji. Autrefois, quand celte danse était exécutée devant des Européens, dans les bâtiments de la Résidence, les danseuses faisaient le trajet du Kraton a cet endroit, dans un palanquin hermétiquement fermé et porté à dos d’hommes.
- Lorsque les danseuses sont prêtes elles viennent s’asseoir devant le Prince; quand il leur fait signe qu’elles peuvent commencer, elles le saluent d’abord, puis elles se lèvent.
- Les danseuses ont rarement plus de quatorze ans. Dès qu’elles ont un enfant, elles cessent de danser. Ce sont généralement les plus belles femmes de la région qu’on choisit pour cet emploi. Pendant la danse, elles ont toujours les yeux modestement baissés. De temps en temps elles cessent leurs mouvements lents pour faire quelques pas afin de changer de place. Quand la danse est finie, elles vont s’asseoir de nouveau, saluent, puis se retirent pour faire place à d’autres.
- Les danses de cette catégorie se rapportent généralement à un épisode guerrier de l’histoire héroïque de Java. Ce qui distingue cette danse de la suivante, c’est que les danseuses ne sont jamais plus de quatre, connue nous l'avons déjà dit, et qu’il n’y a que les souverains qui puissent la faire exécuter devant eux. Cette danse dure généralement une demi-heure, une heure tout au plus.
- Quand le gouverneur général des Indes va rendre visite aux princes de Sourakarta et de Üjokjokarta, ceux-ci font exécuter devant lui des danses qui sont particulièrement brillantes, parce que, pour honorer
- leur visiteur, les danseuses sont encore plus richement habillées que d’habitude.
- 2° La deuxième catégorie de danses s’appelle bedaja. Elle est exécutée par un plus grand nombre de danseuses. Quand la bedaja a lieu devant le Sousou-hounan de Sourakarta ou le sultan de Rjokjokarlîa, le nombre des danseuses est de neuf; devant les princes héritiers ou le Régent, il ne peut y en avoir que sept. Cette danse dure un pêu plus longtemps que la précédente; elle est moins relevée et peut être considérée comme le serimpi des nobles. Les danseuses sont d’origine plus modeste, et comme certains nobles ne peuvent pas toujours entretenir le nombre voulu de femmes nécessaires, ces danses sont souvent exécutées par des jeunes gens habillés en femmes. Le costume est à peu près le même que pour la danse serimpi, mais cependant moins luxueux; la musique qui l'accompagne est la même.
- o° La troisième catégorie de danseuses est celle des ronggengs; c’est la plus répandue dans File de Java. Les deux premières espèces de danses dont nous avons parlé se distinguent surtout de cette dernière par le fait que les danseuses ne chantent jamais, ce qui est le contraire pour lès ronggengs.
- Les ronggengs sont toujours des femmes de mœurs légères, ce qui fait qu’un auteur a pu dire qu’elles constituaient une véritable peste pour l’ile. La danse est pour elles une profession, et moyennant argent, elles vont danser dans les cérémonies publiques ou privées. On en trouve dans toutes les villes, mais c’est dans la région occidentale de File qu’il y en a le plus. Aucune fête n’est possible sans elles, et certains régents en engagent parfois des troupes entières pour une année. Malgré leur mauvaise conduite, il arrive assez souvent que quelques-unes d’entre elles, après avoir amassé une certaine fortune, épousent un petit chef; mais en général ces unions ne durent pas longtemps, car, après quelques années de tranquillité, le divorce les rend à leur vie vagabonde. Ces danseuses chantent en dansant au son du garnelang salendro ou pelog. Leur costume ressemble beaucoup à celui des danseuses des catégories que nous avons déjà décrites, mais il est plus vulgaire. Elles n’ont ni tiare, ni anneaux aux bras; quelquefois elles ont des bracelets. Elles se coiffent d’une façon qui leur est particulière et se mettent beaucoup de fleurs dans les cheveux. C’est généralement le soir, autour d’une lampe fumeuse suspendue à une poutre, qu’ont lieu leurs danses. Celles-ci, ainsi que leurs chants, sont assez grossières, ce (pii fait que les Européens s’en dégoûtent vite.
- Leurs épaules sont recouvertes d’un mouchoir et elles tiennent un éventail à la main, avec lequel elles se frappent de temps en temps les bras pour accentuer certains passages de leurs chants ou de la musique. Leur danse est cependant bien plus convenable que celle de certaines danseuses de l’Inde. Leurs chants, souvent très drôles, causent parfois de véritables déchaînements de gaieté et de fous rires
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- chez les spectateurs indigènes. Ceux-ci viennent souvent prendre part à ces danses. 11 existe aussi des troupes d’hommes qui exécutent les mêmes danses.
- Dans certaines l'êtes, les nobles du plus haut rang ont l’habitude de se mêler aux danseuses pour exécuter certaines danses avec elles. Cela n’a rien qui sorte des usages habituels, car tout Javanais d’un certain rang doit savoir danser avec grâce, et dans les régions de l’Ouest, les jours de fête, les chefs ont l’habitude de se joindre, l’un après l’autre en commençant par le plus jeune, aux danseuses, pour exécuter ensemble quelques ligures. Cette habitude était si forte autrefois qu’une fête n’était pas considérée comme complète si les chefs n’avaient pas eu l’occasion de déployer leur talent. Quelques-uns étaient même devenus célèbres dans l’art de danser.
- Il existe également des danses guerrières exécutées par des hommes seulement : on les appelle garnbuh et niutra. La première danse s’exécute avec un bouclier et la deuxième avec un arc et une llèche1.
- La danse des Javanaises de l'Exposition de Paris se rattache au serimpi, danse de la première catégorie ; nos gravures donnent une idée exacte du costume et de l’attitude des danseuses.
- Il nous reste à dire quelques mots de l’installation javanaise à l’Esplanade des Invalides.
- Une porte de style oriental donne accès dans le kampong javanais. Ce village est formé de deux rues ou plutôt de deux routes qui se rejoignent à angle droit; de chaque côté on a construit avec du bambou plusieurs petites maisons qui abritent diverses industries javanaises, des tisseurs, des brodeurs, des tailleurs; ici une de ces habitations sert au débit des liqueurs indigènes, là d’autres produits sont proposés aux visiteurs, étoilés, objets de parure, etc., plus loin un marchand de chapeaux de paille fait exécuter ses différents modèles à la mesure des acheteurs.
- A l’entrée est la « table de riz » où l’on sert des mets javanais. C’est à l’angle d’intersection des deux voies qu’on a installé le gamelang et les danseuses. Une large estrade surélevée de 1 mètre environ sert de scène; au fond, derrière les danseuses, les musiciens qui composent le gamelang sont rangés les jambes croisées; des sièges et de petites tables occupent le devant de la scène, à l’ombre d’un vaste toit de feuillage.
- Aucun coin de l’Exposition n’est plus frais, plus attirant, plus original que ce morceau de l’Archipel malais transplanté tout vivant au milieu de Paris.
- Prince Roland Bonaparte.
- 1 D’après les observations personnelles de l’auteur et les ouvrages suivants: 1° Raffles : The history of Java. London, 1817, 2 vol. in-4°; 2° Veth .- Java, Haarlem 187.5,3 vol. avec les corrections des princes indigènes; 3° Van der Lith : Nc-derlandsch Oost-Indië. Doesborgh, 1875, 1 vol. in-4°; 4° De Hollander : Handleiding bij de beœfening der Land-en Yol-kenkunde van Nederlandscb Oost-Indië, 1er vol., Breda, 1882, 1 vol. in-8°; 5Hardouin : Java. Leiden, 187(5, 1 vol. in-4°.
- LÀ TOUR EIFFEL1
- LA STATION MÉTÉOROLOGIQUE DU SOMMET
- La dernière notice que nous avons consacrée a la Tour Eiffel se rapportait aux projecteurs et au phare du campanile2 ; nous allons monter aujourd’hui encore un peu plus haut, gravir les échelons de l’échelle de fer qui se trouve près de l’appareil optique du phare, et soulever le couvercle métallique qui donne accès à la dernière terrasse au centre Je laquelle est fixée la tige du paratonnerre servant de hampe au drapeau national. Cette petite terrasse circulaire, de 1,60 m de diamètre, est, munie d’un garde-corps; elle se trouve à 500 mètres au-dessus du sol, et à 555 mètres au-dessus du niveau de la mer. C’est là que M. Eiffel, toujours soucieux des intérêts de la science, a donné asile au Bureau central météorologique et à son éminent directeur, M. Mascart. Nous allons décrire les instruments enregistreurs qui fonctionnent aujourd’hui avec une remarquable précision au sommet de la Tour, et dont M. Mascart a confié l’installation à MM. Richard frères.
- La station météorologique- de la Tour Eiffel comprend d’abord un thermomètre et un hygromètre enregistreurs disposés sous un abri fixé au garde-corps de la petite terrasse. Ces instruments ont dû être placés en dehors du garde-corps afin qu’ils ne soient pas influencés par le rayonnement du métal au sommet même du monument. A côté d’eux se trouvent un psychromètre et des thermomètres à maxima et à minima, pour le contrôle.
- D’autre part, un thermomètre et un hygromètre de MM. Richard transmettent leurs indications électriquement à des récepteurs enregistreurs placés dans le Palais des Arts libéraux (Classe 15), de sorte que les courbes d’enregistrement sont inscrites à la surface du sol même, où l’on peut être sans cesse tenu au courant de l’état de l’atmo sphère au sommet de la Tour.
- A côté de l’abri, sont disposés un pluviomètre et un actinomètre enregistreurs. A 20 mètres plus bas dans le laboratoire réservé au service météorologique, se trouve un grand baromètre enregistreur.
- L’anémomètre de l’Observatoire de la Tour est fixé à une tige de fer qui a 4,50 m de hauteur; il est donc placé à 559,50 m au-dessus du niveau de la mer. Cet anémomètre est formé d’un moulinet-Richard en aluminium, extrêmement léger, tournant sous le moindre vent : il établit des contacts électriques qui sont disposés de la façon suivante :
- Un premier système établit un contact pour un déplacement d’air de 1 mètre; un second système fait un contact pour chaque déplacement d’air de 50 mètres, un troisième, pour chaque déplacement d’air de 5 kilomètres. Ces contacts électriques sont
- 1 Vov. Tables des matières des précédents volumes.
- 2 Vov. n° 833, du 18 mai 1889, p. 385.
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- envoyés à la station dn sol, et là sont recueillis par des enregistreurs qui donnent la vitesse par seconde, c’est-à-dire divisent le nombre de contacts par le temps. L’enregistreur qui utilise les contacts émis par mètre, donne la vitesse vraie, celui qui utilise les contacts émis par 50 mètres, donne la vitesse moyenne ; enfin le système qui utilise les contacts émis par 5 kilomètres, sert à noter la totalisation du chemin parcouru, comme vérification.
- Ces appareils concernent la composante horizontale. Sur la tige même portant le moulinet de l’anémomètre, est montée une girouette du système Piazzi Smith qui, au moyen de trois fils, envoie la direction du vent à un enregistreur également placé à terre. La direction est notée 1/128 près.
- Sur une autre tige métallique, est monté un moulinet à ailettes tournant dans un plan horizontal. Cet appareil donne la composante verticale du vent, c’est-à-dire les vents ascendants et descendants.
- Enfin, sur une troisième tige, est un moulinet de Robinson, qui enregistre la vitesse moyenne du vent. Après l’Exposition, ces instruments seront reliés au bureau central météorologique (rue de l’Université, près le Champ de Mars).
- A côté de ces appareils, au sommet de la Tour, est une boite des correspondances électriques; elle contient une sonnerie magnéto de Abdank, et un téléphone qui correspond à la station terrestre de la Classe 15, où le public peut voir les enregistreurs reliés électriquement avec les appareils du sommet.
- La station météorologique de la Tour Eiffel, que nous avons visitée avec un grand intérêt, fonctionne dès à présent avec régularité, grâce à la précision des remarquables instruments construits par MM. Richard frères. On en comprendra toute l’importance par la réduction des tracés ci-dessus (fig. 1 et 2) dont nous sommes heureux d’offrir la primeur à nos lecteurs.
- Le premier tracé (fig. 1) donne le diagramme du 20-21 juin, envoyé par l’anémomètre enregistreur du
- sommet de la Tour. On voit qu’à 7 h. 50 m. du soir, le 20, le vent était assez intense au sommet de la Tour; il avait une vitesse de 12 mètres à la seconde; à 1 heure du matin, le 21, son intensité s’accrut,; il dépassa la vitesse de 14 mètres à la seconde.
- Le second tracé (fig. 2) donne le diagramme fourni par un anémomètre identique au premier, mais fonctionnant au-dessus du toit du Bureau central météorologique, rue de l’Université. Le vent, à 6 heures et demie, atteint seulement 4 mètres par seconde, et à 1 heure, tandis qu’il avait 14 mètres de vitesse à 500 mètres d’altitude, il n’atteignait pas 4 mètres à la surface du sol1.
- Ce fait montre l’intérêt des stations élevées, qui, seules, peuvent enregistrer d’une façon précise les phénomènes météorologiques ; il fait comprendre toute l’importance de la station de la Tour.
- Le monument de M. Eiffel n’est pas seulement appelé à rendre des services à la météorologie ; les autres sciences y trouveront aussi les éléments d’études nouvelles, et peut-être de découvertes importantes.—En quittant l’Observatoire du Campanile,
- nous avons visité le phare dont nous avons donné la description, puis un peu au-dessous, la terrasse ou les projecteurs de lumière circulent sur des rails cir-culaires; sur cette terrasse, au-dessus de la salle publique du troisième étage, est construit un pavillon, où plusieurs pièces sont destinées aux laboratoires de recherches. L une des salles de ce pavillon constitue l’appartement de M. Eiffel; c’est une belle pièce qui n’a pas moins de 6 mètres de longueur : deux portes donnent accès sur la terrasse d’où l’on jouit d’une vue incomparable. La chambre de M. Eiffel n’est pas encore meu-
- 1 Nous ferons observer ici que lors de l’action des vents déjà fort intenses comme ceux que nous signalons ici, l'oscillation du sommet de la Tour est à peine appréciable. Encore sur ce point, se trouvent réalisées les prévisions de M. Eiffel. On se souvient que, parmi les objections soulevées contre la Tour de 500 mètres, on parlait de ses oscillations extrêmes sous l'action du vent.
- fljdi 20 Juin Minuit. 21 Juin
- xii i ii m ivv vi vu Ym ix xxï xii i nnii\ryyiviivüiK.xja
- Fig. 1. — Tracé de l’anémomètre enregistreur placé au sommet de la Tour Eiffel à 300 mètres au-dessus du sol. (20-21 juin 1889.)
- M di 20 Juin Minuit. 21 Juin
- Fig. 2. — Tracé de l’anémomètre enregistreur placé dans le voisinage du sol, sur la terrasse du Bureau central météorologique, rue de l’Université. (20-21 juin 1889.)
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- Fig. 3. — Exposition universelle île 1889. — La Tour Eiffel au Champ de Mars, à Paris.
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- blée, mais lin lustre de lampes électriques à incandescence et un téléphone, y fonctionnent déjà.
- En quittant toutes ces parties du monument qui ne sont pas accessibles au public, on redescend dans la salle du troisième étage, qui n’a pas moins de 17 mètres de côté et qui peut contenir 500 visiteurs. Puis on reprend le chemin des ascenseurs Edoux dont le fonctionnement est d’une incomparable douceur : on croirait revenir à terre dans la nacelle d’un ballon captif.
- Nous voulions terminer cette notice en parlant des impressions du voyage au sommet de la Tour Eiffel, des curiosités que l’on rencontre sur la route; mais l’immense colosse de fer, avec sa grande salle des machines, avec ses ascenseurs, ses galeries et ses constructions du premier étage, avec ses restaurants et ses pavillons, avec la foule qui circule sans cesse dans ses diverses parties, est plus qu’un monument : c'est tout un monde, et nous n’avons pas encore épuisé les descriptions qu’il nécessite *.
- — A suivre. — Gaston Tissaxweh.
- LES PRUNES DE FRANCE
- Les prunes constituent un produit d’une grande importance pour l’agriculture; La Nature a donné, en son temps, des renseignements sur la distillation de ces fruits, et la quantité d’alcool qu’on en extrait. On sait ({lie d’ailleurs ces fruits trouvent une utilisation immédiate dans la consommation directe, après qu’ils ont subi certaines préparations ayant pour but d’en assurer la conservation. Aussi peut-il être intéressant d’indiquer combien la France entière en produit annuellement, et quels sont les principaux départements producteurs. Le Lot-et-Garonne vient en première ligne, avec 175000 quintaux, valant 12000000 de francs; les fruits de cette contrée sont fort estimés et bien connus ; aussi le prix en est-il assez élevé. Ce sont les Deux-Sèvres qui viennent ensuite, fournissant 98 960 quintaux, valant 2 000 000 de francs. La production du Loiret est de 55500 quintaux, d’une valeur de 270000 francs; celle des deux départements de l’Aisne et de Seine-et-Marne monte environ à 40 000 quintaux ; les 57 000 quintaux de Seine-et-Oise ont une valeur de 418000 francs; la production de Meurthe-et-Moselle monte à 34000 quintaux; et enfin, elle varie de 24000 à 14000 quintaux pour les départements de l’Aube, de la Haute-Saône, de la Meuse, des Vosges, de Tarn-et-Garonne, de la Haute-Marne et de la Seine-Inférieure. Quant aux autres départements, leur production varie de 10000 quintaux jusqu’à zéro. Tous ce s chiffres se rapportent à l’année 1885. Le total de la récolte de la Fiance s’est élevé à 732 000 quintaux. D’ailleurs, comme la qualité des fruits varie beaucoup, les variations des prix sont aussi considérables; aussi le prix du quintal, qui était de 68 francs dans le Lot-et-Garonne, n’était que de 20 francs dans les Deux-Sèvres, de 42 francs dans le Tarn-et-Garonne, et enfin de 4 francs 50 pour la Haute-Loire. 11 y a certainement de quoi alimenter un commerce considérable. D. B.
- 1 Nous publions ci-contre une gravure qui donne l’aspect de la Tour et complète nos précédentes illustrations.
- HÉLICES EN BRONZE DE MANGANÈSE
- L’emploi des hélices de bateaux à vapeur se répand de [dus en plus dans la marine. L’expérience prouve qu’elles permettent d’obtenir une augmentation de vitesse, qui peut aller jusqu’à un nœud par heure; à vitesse égale, on réalise toujours une économie de combustible. On peut se rendre compte des causes probables de cette supériorité. Si on les compare aux hélices en bronze ordinaire, la résistance supérieure du bronze de manganèse permet de les faire beaucoup plus légères. La diminution d’épaisseur des ailes est favorable au mouvement. Le frottement dans l’eau est également diminué par l’extrême douceur du métal. Si on les compare aux hélices en acier, qui présentent la même légèreté., leur supériorité provient de leur perfection de formes. Les hélices en bronze de manganèse se coulent sans altération du [tas, tandis que celles eu acier sont presque toujours déformées par le recuit. Ici encore la netteté de la surface est en faveur du bronze de manganèse, l’acier ne résistant pas à la corrosion.
- FABRICATION DU FER-BLANC
- Depuis quelques années, l’industrie du fer-blanc, ou tôle étamée, a pris une très grande extension. La cause en est due principalement à l’accroissement toujours de plus en plus considérable de la fabrication des conserves alimentaires en tous genres.
- Il existe, bien loin de Paris, sur les bords de l’Océan, dans un des départements le moins industriel de la France, dans le Morbihan, il existe une usine où la fabrication du fer-blanc a pris une importance remarquable. Nous voulons parler des forges d’Hennebont, situées à trois kilomètres en amont d’Hennebont, petit port de mer éloigné de 7 kilomètres de la rade de Lorient, en remontant l’estuaire du Blavet. Le lieu où est située l’usine se nomme Kerglau, ce qui, dans la langue bretonne, signifie « le village de la pluie. »
- Ayant eu dernièrement l’occasion de visiter ces régions si pittoresques et si poétiques des vieilles côtes de Bretagne, j’ai cru que les lecteurs de La Nature liraient avec intérêt la description d’un établissement métallurgique, implanté comme par hasard dans une région où le ciel est si rarement troublé par les fumées noires des cheminées des grandes usines.
- Les forges d’Hennebont ont été fondées en 1860 pour la fabrication spéciale des tôles et fers-blancs. Pendant les premières années, la production des forges était d’environ 750 000 kilogrammes par année. En 1885, elle atteignait 10 millions de kilogrammes, et, actuellement, elle dépasse 12 millions. En même temps, le petit port d’Hennebont, autrefois presque complètement désert et fréquenté seulement par quelques pêcheurs, prenait une grande importance. Toutes les matières premières, nécessaires à l’usine, viennent par navires dans cette localité. Débarquées dans le port, elles sont déchargées dans des chalands qui remontent le Blavet, et
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- remorquées soit par la vapeur, soit par des chevaux, jusqu’aux quais de l’usine. Les principales matières premières employées sont : la houille, qui vient directement d’Angleterre, et dont il est consommé de 70 à 80 tonnes en moyenne par jour; les fontes, les ferrailles, le carbonate de chaux, la magnésie, le kaolin, destinés à la fabrication de l’acier ; enfin, le zinc, la graisse et les acides devant servir à la fabrication du fer-blanc.
- L’usine occupe environ 700 ouvriers et ouvrières; la force motrice dont elle fait usage est d’environ 1000 chevaux, dont le quart est fourni par une turbine qu’alimente le Blavet, et le reste par différentes machines à vapeur.
- Le travail de l’usine peut être classé en cinq parties principales : 1° la transformation des fontes et ferrailles en lingots d’acier; 2° la transformation des lingots d’acier en barres et en tôles minces; 5° la préparation des tôles pour le fer-blanc; 4° la fabrication du fer-blanc; 5° enfin la décoration et l'impression du fer-blanc.
- Nous allons rapidement passer en revue ces diverses phases de la fabrication.
- Transformation des fontes et ferrailles en lingots d'acier. — La fabrication par les anciennes méthodes du puddlage et de l’affinage sont complètement abandonnées aux forges d’Hennebont; elles sont remplacées par la fabrication de l’acier doux en lingots au moyen des fours Martin-Siemens, disposés spécialement pour le traitement des fontes phosphoreuses et sulfureuses. A Hennebont, il y a deux fours Martin, produisant chacun 22 tonnes d’acier par 24 heures, Les fours Martin emploient chacun deux équipes de 50 hommes qui se relayent à chaque coulée. Le temps nécessaire pour charger et obtenir la coulée varie de 9 à 11 heures : on peut donc faire deux chargements par 24 heures.
- On charge d’abord le four avec du carbonate de chaux, qui forme aussitôt, au contact de la chaleur, un laitier basique de cbaux qui s’emparera du soufre et du phosphore de la fonte et déterminera l’épuration complète du métal. Tout l’intérieur du four et la sole sont recouverts de magnésie, sur laquelle ce laitier est sans action. Malgré ces précautions, il arrive parfois que, la pression des gaz étant trop forte, la chaleur devient trop considérable, fondant les briques de la voûte qui s’écroule.
- Quand l’acier est obtenu, on le coule dans des lingotières, de 1 mètre environ de hauteur, ayant une forme conique, et installées sur un wagonnet quatre par quatre. Elles communiquent ensemble par un tube de terre, à la partie inférieure, de sorte qu’on coule dans quatre lingotières en même temps.
- Transformation des lingots d'acier en barres et en tôles minces. — Cette partie de la fabrication occupe aux forges 500 ouvriers environ et exige la presque totalité de la force motrice. L’acier est d’abord transformé en barres, puis en tôles minces ou 1er noir.
- Les lingots d’acier sont portés dans des fours,
- dits à réchauffer, puis de là sous un marteau-pilon qui les façonne et les coupe en deux. Les morceaux sont réchauffés de nouveau pendant une demi-heure, puis passés aux trains à barres, au nombre de trois. Le train à barre est un laminoir ordinaire, qui allonge le fer, l’étire et en fait des barres de 6 à 7 mètres de long sur 0,10 m de largeur et 0,01 m d’épaisseur. Ces barres sont de suite refroidies par immersion dans l’eau et coupées en petits morceaux de 0,20 m à 0,50 m de long, suivant les dimensions des tôles à obtenir.
- Ces plaquettes d’acier sont portées au rouge vif dans le premier étage de fours dits à recuire, puis laminées au moyen de cylindres plats. Arrivées à une certaine étendue, on les plie en deux à l’aide d’une machine spéciale, et on les fait réchauffer de nouveau. On les lamine encore pour les étendre davantage; mais il faut avoir soin de remarquer qu’on lamine maintenant deux feuilles ensemble, puisque la première feuille a été pliée en deux. Par d’autres opérations successives semblables, on les plie quatre à quatre, puis huit à huit. On obtient alors un paquet "unique qu’on porte à la cisaille et qui lui donne les dimensions voulues; enfin, on procède au décollage des huit feuilles à l’aide d’un sabre-baïonnette. Lorsque les feuilles refroidies ne se décollent pas, c’est que le fer est de mauvaise qualité.
- La tôle brute ainsi obtenue est mise dans des boîtes rectangulaires en fonte, munies d’un couvercle. Ces boîtes sont introduites dans le rez-de-chaussée des fours à recuire; après un temps assez long, la tôle est retirée des boîtes et mise à refroidir. Cette opération a eu pour but d’enlever les traces d’écrouissage. On fait alors passer la tôle sous une série de cylindres en acier poli, où elle prend un assez joli brillant : c’est la tôle ou fer noir livrée au commerce.
- Préparation des tôles pour la fabrication du fer-blanc. — La tôle est décapée dans de grands bacs contenant de l’eau et de l’acide sulfurique. On peut aussi employer de l’acide chlorhydrique ou de l’acide azotique. A (Hennebont, il est employé par jour de 5 à 6000 kilogrammes d’acide sulfurique. La tôle est mise à tremper dans le bain acide pendant quelques minutes, puis elle passe à l’étamage.
- Autrefois, quand les tôles étaient moins bien préparées et faites avec un fer de moins bonne qualité, le décapage exigeait des manipulations plus compliquées. Après trempage dans l’acide, il fallait chauffer la tôle au rouge sombre dans un four, puis la frapper pour enlever l’oxyde, passer au laminoir dur, lessiver pendant douze heures dans de l’eau avec du son, agiter de nouveau dans un bain acide, frotter avec des étoupes et du sable et conserver dans l’eau.
- Aujourd’hui, toutes ces longues opérations sont supprimées. Le trempage dans l’eau acide et le lavage s’exécutent rapidement au moyen de machines à vapeur.
- Fabrication du fer-blanc. — Les procédés d’étn-
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- mage sont ici les mêmes que partout ailleurs. Le bain d’étain se compose de parties égales d’étain en saumons, provenant de minerai de roche et d’étain en grains, provenant des minerais d’alluvion, plus pur que le premier. On ajoute une petite quantité de cuivre.
- A propos des minerais d’étain en grains, c’est le moment de rappeler que toute cette côte du Morbihan contient des filons d’oxyde d’étain, trop rares et trop disséminés pour être exploités. Les puits de Piriac, creusés à la pointe du Castelli, juste en face du tombeau d’Almanzor, sont comblés depuis longtemps. Mais les filons, corrodés par les vagues, ont produit un sable stannifère que quelques personnes exploitent encore aujourd’hui. L’étain, si les recherches minières sont bien dirigées, deviendra pro-
- bablement une source de richesse future pour ces contrées.
- Nous nous contenterons de résumer brièvement les opérations principales de l’étamage. Après le décapage, les plaques passent dans un bain de graisse bouillante, puis dans un bain d’étain fondu, contenant un peu de chlorure de zinc. Au sortir de ce bain, le fer est brossé, puis on lui fait subir un second étamage semblable au premier.
- Le fer est alors distribué a des femmes qui le passent dans de la paille de riz hachée, et le frottent avec des tampons de laine. On a alors le fer-hlanc. Une partie de ce fer-blanc est livrée telle quelle au commerce; l’autre partie est portée à l’imprimerie.
- Cette fabrication spéciale de l’étamage occupe 160 ouvriers, hommes, femmes et enfants, répartis
- Fabrication du for-blanc. — Usine des lorges d’IIennebont.
- en 19 chantiers d’étamage, lesquels produisent de 500 à 600 caisses de fer-blanc par jour. Deux fours à raffiner l’étain et un four à recuire la cendre d’étain dépendent encore des chantiers de l’étamerie.
- Décoration et impression des fers-blancs. — Cette fabrication, inventée aux forges depuis 1868, rend de grands services aux fabricants de conserves alimentaires pour la décoration de leurs boîtes. Dix presses mécaniques et perfectionnées permettent au lithographe de faire l’écriture et le dessin à l’endroit sur la pierre, ce qui abrège beaucoup son travail. L’usine emploie pour ce travail des dessinateurs, des compositeurs, des lithographes, des écrivains, etc.
- Enfin, pour compléter la description de l’usine, signalons : un atelier d’ajustage, contenant des raboteuses à fer, des étaux limeurs, des tours parallèles, des machines à percer, etc., pour les réparations et pour tourner les laminoirs; une scierie
- mécanique, où l’on fabrique de 3 à 4000 caisses en bois pour l’encaissage du fer-blanc; un atelier de menuiserie et de charpente, pour la fabrication des modèles de machines ; une usine à gaz pour l’éclairage de l’usine, qui travaille jour et nuit; un atelier pour découpage du fer, fabrication des poêles à frire, etc. U y a quelques années, il y avait aussi sept fours à émailler le fer-blanc, mais ce genre de fabrication a été abandonné.
- Telle est la description, aussi succincte que rapide, de cette importante usine d’Hennebont, qui peut servir de modèle en son genre.
- Pour terminer, disons que les forges de Lockrist, situées un peu en amont des forges d’Hennebont, occupant environ 200 ouvriers, laminent aussi le fer et servent à la préparation du fer-blanc. Mais elles ont relativement peu d’importance.
- A. Bleusard.
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- LA LARNE DE LA. SALAMANDRE TACHETÉE
- Los lecteurs de La Nature connaissent déjà la Salamandre terrestre ou Salamandre tachetée (Sala-mandra maculom, Linné)1, que ses taches jaunes
- sur fond noir permettent de distinguer immédiatement des autres espèces du genre. Ils connaissent également la répulsion peu justifiée qu’elle inspire, et les fables répandues autrefois sur sa prétendue incombustibilité. Ils savent enfin que la Salamandre est ovovivipare, c'est-à-dire que le développement des
- Fig. 1. — La Salamandre tachetée. Animal adulte.
- embryons s’effectue tout entier dans le corps de la femelle, de sorte que la ponte et l’éclosion ont lieu simultanément.
- Nous nous proposons aujourd'hui de les entretenir de la larve de cette Salamandre, de leur en faire connaître les principaux traits d’organisation , ainsi que les métamorphoses qu’elle subit depuis sa naissance jusqu’au moment où elle a acquis la forme adulte.
- Il importe d’abord de bien remarquer que dans les cas d’o-voviviparité, l’embryon ne contracte, à part quelques rares exceptions, avec l’organisme maternel au sein duquel il se développe, aucune relation directe et n’emprunte qu’à l'œuf lui-même les éléments de nutrition dont il a besoin. Ces éléments étant épuisés, l’embryon, arrivé à un degré plus ou moins avancé de son développement, est expulsé au dehors enveloppé dans la
- 1 Yoy. Lu Nature, année 1879, 1er semestre, p. 2(i5.
- Fig. 2. — Larves de la Salamandre. — .Y" 1 cl 2. Larves encore dans l’œuf, vues par la
- lace ventrale et de dos. environ deux fois.
- membrane extrêmement mince et transparente de l’œuf, qu’il déchire aussitôt en devenant libre. Rare chez les Ratraciens, le phénomène de l’ovoviviparité est au contraire fréquent chez les Reptiles, et même
- chez les Poissons, où toutefois il n’offre pas constamment les mêmes caractères de simplicité. L’occasion vient de m’être offerte de {'observer sur une Salamandre tachetée (fig. 1) obligeamment envoyée, le 11 mars dernier, au laboratoire d’herpétologie du Muséum par M. le Dr Sau-ria, de Saint-Lothain, dans le Jura. Au moment de son expédition, elle était précisément parvenue au terme de sagestation,et, à son arrivée, elle avait déjà mis bas huit petits, dont plusieurs étaient encore vivants, bien qu’ils fussent à sec et protégés seulement dans la boite qui les contenait, par un peu d’herbe fraîche. Elle fut immédiatement placée dans une large cuvette contenant de l’eau, avec une brique sur laquelle elle se tenait habituellement et qui la laissait à moitié immer-
- .N“ 3 cl L Larves libres, vues de dos et de profil. Grossies
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- géc. C’est dans ces conditions que la ponte s’acheva. Elle se continua d’abord régulièrement cinq jours durant, pendant lesquels vingt-cinq oeufs furent expulsés. Elle se ralentit ensuite, coupée par des jours de repos, pour se terminer seulement dans la nuit du 5 au 4 avril par l’expulsion du dernier œuf. Elle avait ainsi duré de vingt-quatre à vingt-cinq jours: quarante-trois (45) œufs avaient été pondus, outre un embryon trouvé dans l’oviducte de lanière, dont la mort survint le 22 avril. D’autres observations montrent que le nombre des œufs d’une même ponte peut dépasser cinquante.
- Au moment où ils viennent d être pondus, ^ les œufs ont l’aspect représenté dans la gravure (tig. 2, nos 1 et 2) et mesurent 11 a 12 millimètres dans leur plus grand diamètre. La ténuité et la transparence de leur enveloppe laissent voir dans leur intérieur la jeune Salamandre recourbée latéralement sur elle-même, de manière que l’extrémité de la queue se trouve appliquée sur le museau. Les œufs n’arrivent pas toujours intacts à l’extérieur; le plus souvent même leur enveloppe se déchire pendant l’expulsion, ce qui a fait croire pendant longtemps que l’éclosion avait lieu dans l’oviducte. A leur sortie de l’œuf, les jeunes, d’une longueur totale d’environ 25 millimètres, ont la tête large et déprimée, le museau arrondi et terminé par un bec corné garnissant les mâchoires. Le dessus du corps est d’un gris clair parsemé de points et de petites taches brunes, l’iris, d’un beau jaune d’or. Ces jeunes ne sont alors qu'à l’état de larves ou de têtards, et ont à subir diverses métamorphoses avant d’acquérir leur forme définitive. Ils sont bien, comme les adultes, pourvus de deux paires de pattes, et, sous ce rapport, sont plus avancés en développement que les têtards d’autres espèces de Salamandre, ou (pie ceux de Grenouille au moment de l’éclosion; mais ils respirent au moyen de branchies externes, au nombre de trois paires situées latéralement sur les côtés du cou, et ayant la forme de petits panaches. Ils offrent, comme les poissons, des fentes branchiales, que recouvre un repli operculaire uni, sous le pharynx, avec celui du côté opposé; de plus, une membrane, en forme de nageoire verticale, entoure la queue et remonte même sur le tronc, du côté dorsal, assez en avant des membres postérieurs. Comme eux aussi, ils sont pourvus d’un cœur à deux cavités seulement, un ventricule et une oreillette, et d’un appareil vasculaire branchial disposé d’une manière semblable. Par tous ces caractères, dont plusieurs, visibles extérieurement, sont mis en évidence par la figure 2 (nus 5 et *4), les larves de Salamandre se rapprochent des poissons, et comme eux, ont un genre de vie exclusivement aquatique.
- On sait que les globules du sang sont elliptiques chez les Batraciens, et que c’est dans cette classe de vertébrés qu’ils atteignent les plus grandes dimensions. Leur grand axe mesure en effet 1/28 de millimètre chez la Salamandre tachetée, tandis que chez
- l’homme, où ils sont circulaires, leur diamètre ne dépasse pas 1/125 de millimètre. Il en résulte qu’avec une simple loupe de Brücke, d’un grossissement linéaire à peu près égal à 8, on peut, sans préparation d’aucune sorte, être témoin du mouvement circulatoire du sang dans les branchies des larves de Salamandre. 11 suffit, pour cela, que ces larves soient bien éclairées dans la cuvette qui les contient. En examinant alors à la loupe les filaments branchiaux, devenus transparents dans ces conditions, on voit très distinctement, au milieu d’un liquide incolore, les globules du sang, sous la forme de points noirs un peu allongés, parcourir avec une vitesse modérée l’un des côtés de ces filaments jusqu’à leur extrémité, et suivre de l’autre une direction opposée.
- Les larves de Salamandre sont d’une agilité remarquable, qu’elles doivent à la forme comprimée de leur queue et au repli dont celle-ci est pourvue. On les élève facilement, en leur donnant d’abord pour nourriture ces petits crustacés qui pullulent dans les eaux stagnantes et que l’on désigne sons le nom de Daphnies; puis au bout de quelques jours, des vers de vase (larves de Chironome plumeux, voisin du Cousin commun) dont elles sont très friandes et que parfois elles se disputent vivement. Leur voracité est telle qu’elles s’entre-dévorent lorsque leur alimentation est insuffisante.
- Malgré les soins qui leur ont été prodigués, nos larves ont péri successivement avant d'avoir achevé leurs métamorphoses. Celles qui ont succombé les dernières avaient vécu quarante à cinquante jours et avaient presque doublé de longueur, sans éprouver, en dehors de cet accroissement, d’autres modifications extérieures qu’un raccourcissement des panaches branchiaux et une réduction en hauteur du repli caudal. Mais une observation plus prolongée nous eût fait voir bientôt les branchies s’atrophier complètement, les fentes branchiales se fermer, le repli caudal se résorber et la queue prendre une forme arrondie. En même temps, le bec corné disparaît, et le palais, ainsi que la mâchoire inférieure, se garnit de dents. Ces changements extérieurs ne sont pas les seuls qui surviennent : h l’intérieur, des poumons se développent et avec eux des vaisseaux pulmonaires, tandis que peu à peu les vaisseaux branchiaux s’oblitèrent et que le cœur acquiert deux oreillettes.
- Après ces modifications, la jeune Salamandre a quitté l’état larvaire et pris la forme adulte. Sa respiration, qui était d’abord branchiale, est maintenant pulmonaire, et la nécessité de respirer l’air en nature l’oblige à abandonner l’eau pour mener une vie aérienne : d’aquatique qu’elle était, elle est devenue terrestre. Plusieurs mois sont nécessaires à l’accomplissement de cette transformation ; mais ce n’est qu’à l’âge de deux ans environ que la Salamandre aura acquis tout son développement et qu’elle sera gpte à se reproduire. F. Mocqüahd.
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- CHRONIQUE
- Conférence (( Scientia ». — Le quatorzième dîner de Scientia a été offert à M. Fr. Darwin, l’un des fils du grand philosophe, qui est lui-mème un naturaliste Tort distingué; la réunion était présidée par M. Marey, de l'Académie des sciences. Le savant physiologiste a souhaité la bienvenue à M. Darwin et a résumé l’œuvre de son illustre père. M. Fr. Darwin a remercié l’assistance de l’honneur qui lui a été fait, et il a exprimé la joie qu’il éprouvait, en voyant les progrès que la théorie de l’évolution avait fait en France. Il a rappelé que son père attachait un grand prix à l’opinion des savants français. — Voici les noms des membres de Scientia qui assistaient à cette intéressante réunion : M. le Dr Raphaël Blanchard, le prince Roland Bonaparte, U. Boudet, S. de Brazza, Drewer, Rr Bucquov, R. Buquet, Cailletet, IF Dagincourt, P.-P. Dehérain, U. lleslandres, R. Eiffel, le capitaine Kspitallier, Louis Figuier, C.-M. Gariel, Gauthier-Villars, Giard, l)r Guérin, J. de Guerne, Dr flenocque, J. Ifen-rivaux, Dr Hubert, II. Krafft, Lafargue, Dr Landouzy, [)' Lannelongue, Gh. de Lesseps, L’Ilote, Dr Luys, Marion, Dr Mathias-lluval, Stanislas Meunier, G. Petit, Dr Picqué, Poyel, P. de Puyd, Dr Banque, E. Rehoul, Régamy, Dr Richet père, Dr Ch. Richet fils. E. Rivière, commandant de Rochas, Salles, Alfred et Gaston Tissan-dier, Vallot, 11. de Yarigny, Venukoff.
- La Meurthc empoisonnée etl-usine Solvay. —
- Nous avons rapporté précédemment le fait de la rupture d’un des bassins de l’usine Solvav (fabrication de la soude à l’ammoniaque) et de la mortalité qui s’en est suivie des poissons de la Meurthe. Nous revenons aujourd’hui sur une notice qui a ému l’honorable directeur de l’usine Solvav, et nous accueillerons volontiers les observations qui nous ont été faites à ce sujet. Assurément un accident, quelque regrettable qu’il soit, ne saurait faire oublier l’intérêt et l’importance de la fabrication de la soude à l’ammoniaque. Nous sommes les premiers à reconnaître qu'il n’est pas juste d’exagérer les récriminations au sujet de l’accident du 10 mai et de réclamer contre les usines de Dombasle des mesures de rigueur. Ces établissements industriels occupent l’un des premiers rangs dans l’est delà France; ils procurent du travail à 1500 ouvriers et contribuent à l’augmentation de la richesse publique. Cela reconnu, il ne nous paraît pas moins légitime de demander que l’on prenne des mesures pour éviter le retour d’accidents semblables à celui que nous avons enregistré ; nous avons la persuasion, d’ailleurs, que cela sera fait par l’usine elle-même.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 24 juin 1889.—Présidence de M. Des Cloizeacx.
- L'état de la matière au voisinage du point critique. — C’est le titre d’un très important Mémoire que lit M. L. Cailletet au nom de M. Colardeau et au sien. On sait qu’en chauffant en vase clos un liquide à une température suf-lisanle, nommée température critique, on voit disparaître subitement sa surface terminale. Cagniard-Latour, qui réalisa le premier cette expérience sur l’eau et l’éther, l’interpréta en admettant qu’à la température critique le liquide se réduit brusquement en vapeur dans l’espace qu’il occupait primitivement : de là le nom de température de vaporisation totale souvent donné à la température critique. Ilainsay, puis Jamin, ont proposé une autre expli-èation : la densité de la vapeur saturée qui existe au-
- dessus du liquide augmente quand la température s’élève, tandis que celle du liquide diminue à cause de sa grande dilatation ; la température critique ne serait alors autre que celle à laquelle ces densités deviennent égales : à ce moment-là le liquide n’aurait plus de raison de rester rassemblé au fond du tube; il viendrait pour ainsi dire nager dans une atmosphère de même densité, en formant avec elle une véritable émulsion : de là la disparition du ménisque terminal. Si cette explication était vraie, une nouvelle élévation de température continuerait à augmenter la densité de la vapeur en diminuant celle du liquide : alors la séparation devrait se faire de nouveau, mais le liquide se rassemblerait, cette fois, au sommet du tube. L’expérience ne vérifiant nullement cette singulière conclusion, MM. Cailletet et Colardeau ont recherché une explication plus satisfaisante. De leurs expériences, il résulte que le liquide persiste au-dessus du point critique, et (pie, de plus, sa densité à ce moment reste supérieure à celle du gaz superposé, ce qui se trouve en contradiction à la fois avec l’hypothèse de Cagniard-Latour et avec celle de Jamin. La conclusion de ces expériences est que : la température critique est celle à laquelle un liquide et l’atmosphère gazeuse qui le surmonte deviennent solubles l’un dans l’autre en toutes proportions. Cette solubilité réciproque des gaz et des liquides a permis aux auteurs de réaliser des systèmes mixtes formant toutes les transitions possibles entre l’état liquide et l’étal gazeux de la matière et de montrer qu’il y a continuité parfaite de l’un à l’autre. Il résulte de là que la distinction faite habituellement des trois étals, solide, liquide, gazeux de la matière n’a rien d’absolu. L’état pâteux réalise le passage continu du solide parfait au liquide parfait : les systèmes mixtes dont il vient d’être question donnent les mêmes transitions continues pour le passage du liquide au gaz.
- Le Dinoceras. — Parmi les plus intéressantes acquisitions faites récemment par le Muséum d’histoire naturelle, M. Gaudry signale une restauration du Dinoceras mirabile dont M. Marsh, qui a découvert cet étrange animal fossile dans les montagnes Rocheuses, vient de faire don à la galerie de paléontologie. Il a déposé en même ‘temps des photographies faites par M. Delille. C’est, dit M. Gaudry, l’animal le plus cornu que l’on ait jamais découvert. Le crâne de ce gigantesque pachyderme éocène porte, en effet, trois paires de protubérances : une sur le nez, une au-dessus des maxillaires, et la troisième en arrière de la région frontale. Et le savant académicien profile de la présence à la séance de M. Francis Darwin pour faire remarquer qu’on a parfois exagéré les idées darwiniennes au sujet de la concurrence vitale et de la lutte pour la vie. Ce sont, en effet, les espèces les mieux pourvues de moyens d’attaque et de défense qui ont eu l’existence la plus éphémère. En même temps, M. Gaudry annonce l’arrivée, au Jardin des Plantes, de splendides échantillons de Mastodontes découverts dans le miocène moyen du Gers par MM. Filhol et Marty. Il faut remarquer que ce Mastodonte, beaucoup plus ancien que son congénère quaternaire d’Amérique, est bien plus éloigné que lui du type Éléphant et spécialement du Mammouth.
- Le poison pulmonaire. — Revenant sur un sujet qu’il a traité déjà en collaboration avec M. d’Arsonval, M. Brown-Séquard discute l’opinion d’après laquelle les lapins, dont il a attribué antérieurement la mort au poison pulmonaire, auraient en réalité succombé à l’intluence des émanations pernicieuses fournies par l’urine et les autres déjections ' des animaux en expériences. Des auteurs ont soumis les
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- lapins à une atmosphère largement fournie des émanations dont il s’agit, sans provoquer chez ceux-ci aucun accident mortel. Ils ajoutent que le poison pulmonaire, toutes choses égales d’ailleurs, est notablement plus actif en hiver qu’en été. C’est un fait d’expérience, mais qui n’est pas expliqué.
- Préhistoire. — Trois importants Mémoires de M. Rivière sont déposés sur h; bureau par M. de Quatrefages. Le premier concerne la découverte d’un gisement quaternaire sur les bords de la Yézère, l’abri Pageyral; le second, la grotte de Saint-Martin (Alpes Maritimes); et le troisième, les grottes dites les baurnas de Rails, non loin de la précédente. Dans les trois cas, l’auteur, qui suivant les expressions de M. de Quatrefages est un de nos chercheurs les plus persévérants et de nos découvreurs les plus heureux, a mis la main sur une foule d’objets très curieux qui sont représentés dans de nombreuses planches.
- Mollusques hyperboréens. — 11 s’agit de coquilles recueillies dans les eaux douces de l’Europe arctique par M. Ilabot et étudiées par M. Westerland. La température moyenne du pays étant de trois degrés au-dessous de zéro, les glaces fondent seulement vers le 15 juin pour sc reformer dès le mois de septembre. Malgré ces conditions si défavorables, les espèces recueillies sont au nombre de trente-trois, parmi lesquelles trois sont nouvelles. Une espèce est spécialement intéressante à cause de sa ressemblance avec un mollusque de Tunisie et d’Algérie.
- Varia. — Les hases ammoniacales sont étudiées par M. Jolly qui y trouve du bioxyde d’azote et conserve les formules de Claus. — M. le général de Tillo soumet une nouvelle détermination du relief moyen des continents égale à 693 mètres et de la profondeur moyenne des mers qui serait de 3803 mètres. Stamslas Meuxier.
- Premier bateau à vapeur construit sur la Seine, à Paris, en 1816, par le marquis de Jouffroy. (D’après une gravure du temps de Dubueourt — très réduite.)
- LE PREMIER BATEAU A YAPEUR
- SUR LA SEINE A PARIS
- Nous avons donné récemment ici même l’aspect du premier bateau à vapeur qui a fait le service d’Angleterre à Calais, en 1825 L II nous paraît intéressant de compléter ce document en reproduisant l’aspect du remarquable bateau à vapeur que l’infortuné marquis de Jouffroy construisit à Paris en 1816, après avoir fondé une compagnie pour faire un service de transport de voyageurs sur la Seine.
- On sait que, de Jouffroy fit à Lyon, en 1785, la première expérience de navigation à vapeur, mais le génie de l’inventeur fut méconnu : il ne rencontra que les déceptions, l’hostilité et les déboires. Avec l’acharnement des hommes de conviction, il ne cessa
- 1 Voy. n° 837, du 15 juin 1889, p. 48.
- de poursuivre sa tâche : il entrevoyait assurément l’avenir de l’invention qu’il apportait à l’humanité.
- Le bateau à aube qu’il construisit à Paris, en 1816, ne réussit pas mieux que ses devanciers; il était cependant remarquable d’aspect et de construction. La machine était à l’avant, comme le montre notre gravure faites d’après une délicieuse composition de Dubueourt.
- La compagnie fondée par le marquis de Jouffroy se ruina, et l’on sait que le malheureux inventeur mourut misérable en 1852, a l’âge de quatre-vingt-un ansi.
- 1 Nous recommandons à ceux de nos lecteurs qui voudraient connaître en détail la vie du grand inventeur de lire le beau livre de M. Alfred Prost •. Le marquis de Jouffroy d’Abbans. 1 vol. in-8°. Paris. Ernest Leroux, 1889.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissanmer.
- Imprimerie A. Lahure, 9, rue de Fleuras, à Paris.
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- N* 840. — 6 JUILLET 1889.
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- NOUVELLE JETÉE A. TROUVILLE
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- I'ig. 1. — Vue, d’ensemble de la nouvelle jetée de Trouville quand les travaux seront achevés.
- Fig. 2. — La jetée à marée haute. Etat actuel des travaux. (D’après une photographie de M. Burstal.)
- Fig. 3. — Construction de la nouvelle-jetée de Trouville. (D’après une photographie de M. Burstal. — Juin 1889.)
- La plage de Trouville s’est embellie, cette année I change sensiblement l’aspect du côté des Roches Noi-1889, d’un élégant et hardi travail en fer, qui en j res. C’est une jetée qui, appuyée perpendiculairement 47e année. — 28 semestre. 6
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- à l’extrémité de la digue des Roches1 Noires, doit s’avancer de près de 400 mètres dans la mer, jusqu’à une fosse naturelle, dans laquelle il reste, à mer basse, au moins 3 mètres d’eau.
- C’est dans ce creux qu’avait mouillé l’aviso le Cuvier, qui stationnait pendant le séjour que fit le Président Thiers, en 1875, au chalet Cordier.
- M. Harding, propriétaire des terrains et de l’hôtel des Roches Noires, a conçu, dans son esprit entreprenant, un vaste projet que sa fortune personnelle et ses relations d'affaires lui permettent de mener à bonne lin.
- Après avoir conquis, sur la mer, de grands espaces de terrains, il les a défendus contre les assauts des vagues par des digues hautes et indestructibles édifiées à la suite de celles construites par M. Cordier.
- Animer et rendre agréable ce nouveau quartier conquis, voilà le but qui sera certainement atteint par la construction de cette jetée d’une forme ressemblant à celles qu’on voit en Angleterre, à Ryde et à Southsea, et à l’extrémité de laquelle doit s’élever un grand pavillon rotonde (fig. 1), sorte de casino destiné à donner des concerts et des fêtes rendues plus attrayantes encore par la perspective de l’incomparable panorama de l’embouchure de la Seine. Res bancs inviteront les promeneurs à s’arrêter pour admirer ce beau spectacle.
- L’exécution de cette jetée est appelée à rendre des services d’une grande importance à la navigation et aux voyageurs en déplacement de bains de mer du littoral, en leur permettant d’atterrir, alors que, la mer étant sensiblement baissée, le port n’a plus assez d’eau pour permettre aux bateaux à vapeur de les porter à terre; les navires, venus soit du Havre, soit d’Angleterre, pourront accoster l’extrémité de la jetée beaucoup plus tard et y laisser leurs promeneurs.
- Les yachts eux-mêmes, par beau temps et par temps maniable, pourront mouiller à petite distance de la jetée, dans la fosse voisine citée précédemment, et envoyer par leurs embarcations leurs équipages et leurs passagers alors que l’entrée du port asséchée n’est plus praticable.
- Les yachtsmen, pour gagner terre à mer basse par cette jetée, éviteront ainsi toujours un bain de pied, quelquefois même un bain jusqu’à la ceinture, s'il y a le moindre ressac. Ils n’useront pas d’autre moyen d’atterrir, en dehors du moment de pleine mer.
- l)u côté de la mer, sur le sable et sur les côtés de cette construction, doivent être établis six escaliers, placés à l’extrémité de chacune des quatre parties qui composent cette construction et sont destinés à faciliter l’approche et l’accostage des navires et le débarquement des passagers apportés par eux en toute saison.
- Un droit de passage sur le tablier de cette jetée conduisant à terre sur la digue sera prélevé par la compagnie propriétaire.
- Les marins eux-mêmes, dès que le temps le leur permettra, n’hésiteront pas à protiter de ce moyen
- rapide de porter leur poisson à terre plutôt que de bateler.
- La charpente en fer de cette jetée ne présente pour ainsi dire pas de surface non plus que de résistance à la mer en mouvement. Le travail a donc été calculé pour faire solide et résistant quoique léger pour l’œil, ainsi que la photographie (fig. 2) en donne une idée exacte.
- Les fers arrivent d’Angleterre tout ouvrés, troués, prêts à être boulonnés sur place, fabriqués par la Compagnie Rarlington Wagon and Engineering Limited .
- Peu de mots suffiront pour donner une idée du mode de construction de cette jetée.
- Les piles sont formées de trois pilotis en fer creux à cornière très épais, placés sur la même ligne, entretoisés à leur sommet ainsi qu’en deux autres points de la hauteur totale, c’est-à-dire au sommet, dans le milieu et dans le bas, ce qui relie ces pilotis au point de former un tout rigide d’une seule pièce (fig. 2 et 3).
- Chaque pilotis est couronné d’un large chapiteau boulonné avec lui, c’est sur ce chapiteau que vient reposer un arceau cintré; autant d’arceaux cintrés que de pilotis, donc trois cintres par arche.
- Ces pilotis, composés de quatre pièces boulonnées à leur extrémité inférieure, sont taillés en biseau comme certains porte-plumes. Au moyen d’une haute chèvre armée d’un pesant mouton de 1500 kilogrammes, chèvre placée d’abord sur le sable, puis portée plus tard par un grand chaland à flot, .lorsque les travaux se sont avancés au loin dans la mer, ces pilotis ont été enfoncés d’abord dans le sable, jusqu’à la rencontré d’une table calcaire horizontale, de 00 centimètres de puissance, qu’ils ont assez facilement traversée pour pénétrer au-dessous dans une glaise compacte d’un gris foncé presque pétrifiée.
- On se figure l'étonnement des habitués de Trou-ville lorsqu’ils verront, cet été 1880, la plage traversée par ce pont-jetée qui doit avoir trente arches de 15 à 16 mètres de portée s’avançant aussi loin dans la mer.
- Très probablement une montagne russe balnéaire, comme celle dont La Nature, du 6 octobre 1888 donne la gravure et la description1 sera jointe dans le cours de l’exécution qui ne sera changée en rien par l’addition ou, pour mieux dire, par l’adjonction d’un simple plan incliné qui offrira aux nageurs l’attrait inappréciable de pouvoir pénétrer tout d’un coup dans l’eau et leur évitera la sensation désagréable d’y entrer progressivement en s’avançant bien loin avant de rencontrer assez de profondeur pour s’y plonger.
- Pareilles nouveautés assurent une plus grande vogue encore, si c’est possible, à notre plus belle plage normande. Rr Le Roy d’Étiolles.
- 1 Vov. u° 801, du 6 octobre 1888, p. 293.
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- DENSITÉ DES ALLIAGES ET DES MÉTAUX
- Les étalons prototypes du kilogramme sont constitués par un alliage de 9 parties en poids de platine et 1 partie d’iridium. Malgré la perfection chimique obtenue par M. Mat-they dans la fabrication de ces alliages, M. Yiolle trouvait, dans bien des cas, une densité trop faible, due à des vides à l’intérieur des cylindres de platine iridié livrés par le fabricant. L’un de ces cylindres refondu dans un morceau de chaux, soigneusement nettoyé, dressé et poli, paraissant parfaitement homogène, donna encore une densité trop faible. Il s’était donc fait quelque vide à l’intérieur pendant la solidification, vide que M. Yiolle résolut de combler par pression. Le cylindre, porté à la Monnaie, y reçut cinq forts coups de balancier. La densité se trouva augmentée, mais pas encore suffisamment. Le cylindre, recuit pour éviter les brisures, Fut frappé de nouveau, puis recuit et frappé à refus. Il présenta alors la densité prévue ; et une nouvelle frappe, extrêmement énergique, n’amena plus aucun effet. Un second cylindre, soumis à un traitement analogue, se comporta semblablement. La fonte et la frappe à refus constituaient dès lors un procédé certain pour rendre excellents les kilogrammes qui n’avaient pas la densité exigée par la Commission. Tous les cylindres traités de celte façon ont offert exactement la même densité égale à la densité 21,55 d’un mélange de 9 parties de platine pesant chacune 21,46 et de 1 partie d’iridium pesant 22,38, les variantes introduites à dessein dans la frappe, le recuit, l’écrouissage, n’ayant eu aucun effet sur le résultat. En résumé : 1° L’alliage de 9 parties de platine et de 1 partie d’iridium se comporte, au point de vue de la densité (et aussi au point de vue de la chaleur spécifique), comme un mélange; 2° pour cet alliage, et sans doute aussi pour tout'métal physiquement homogène, la densité est un nombre parfaitement défini qui, une fois atteint, ne peut plus être modifié, ni par l’écrouissage, ni par le recuit, ni par les frappes les plus énergiques. Ces conclusions qui terminent une Note que vient de présenter M. Violle à l’Académie des sciences, présentent un grand intérêt, et méritent une confirmation expérimentale.
- LE PAVILLON
- DE LA RÉPUBLIQUE MEXICAINE
- A l’exposition UNIVERSELLE DE 1889
- Nous engageons les visiteurs de l’Exposition de 1889 a examiner avec une attention spéciale le pavillon de la République mexicaine édifié au Champ de Mars. Ce n’est pas là une œuvre banale, pas plus comme « contenant » que comme « contenu ».
- Il est intéressant de rappeler que, dans un élan chaleureux à l’égard de notre grande entreprise nationale, les Mexicains préparèrent leur exposition avec un soin particulier. Appliquant le principe de sélection industrielle et commerciale qui sera certainement la règle des expositions futures, ils organisèrent tout d’abord, au Mexique, une exposition préalable et ils envoyèrent à Paris ce qui avait paru le plus remarquable et le plus digne d’attention à tous les points de vue : le résultat ne pouvait man-
- quer d’ètre exceptionnel et chacun peut, en effet, le constater à l’heure actuelle.
- Pour grouper les produits ainsi réunis, la Commission mexicaine, à l’exemple d’un grand nombre des États étrangers qui ont répondu à l’appel de la France, décida de plus la construction d’un pavillon présentant, par lui-même, un intérêt archéologique et national. Ce pavillon, édifié par M. Anzà, architecte, avec le concours d’un savant archéologue, D. Antonio Penaficl, répond de la façon la plus large au programme des organisateurs.
- On connaît peu, à moins d’avoir lu les ouvrages de Pâtissier, Humboldt, Lenoir, Husson, Kingsbo-rougli et Dupaix, l'architecture de la civilisation mexicaine, la terre classique de la civilisation et des arts en Amérique, suivant l’expression de Batissier. Les arts étaient arrivés à une véritable splendeur dans l’antique Tenochtitlan, capitale de l’empire mexicain, lorsque la fureur guerrière des compagnons de Cor-tez et le zèle évangélique intempestif des missionnaires réduisirent à néant l’œuvre civilisatrice des Aztèques. Aucun monument ne resta debout; c’est sur des fragments isolés et, d’après des chroniques, que MM. Anza et Penaficl durent entreprendre leur œuvre de reconstitution.
- La construction qui nous est présentée attire l’attention par son aspect original. Pas d’autres ouvertures que les portes d’entrée : tout l’éclairage intérieur provient des cours. Le parement extérieur des murs est incliné de façon à donner à l’ensemble de l’habitation la forme pyramidale qui prédomine dans toutes les architectures primitives et se retrouve dans les huttes, les sépulcres, les autels. Comme matériaux, de grandes pierres en rangées horizontales alternant avec des rangées de matériaux décoratifs et surmontées de créneaux très analogues à ceux des édifices mauresques. L’édifice est couvert d’une terrasse.
- La décoration principale de la façade consiste en bas-reliefs représentant des rois, des divinités et des attributs divers, symbolisant les arts et l’industrie.
- Le pavillon est à deux étages : il occupe une surface de 70 mètres de longueur sur 53 mètres de largeur et se compose d’une grande salle centrale flanquée de deux salles latérales dont les corps font saillie sur la façade de l’édifice. Son aspect général est celui d’un temple. Chez les anciens Mexicains, comme chez tous les peuples primitifs, d’ailleurs, le temple était, en effet, le monument principal, et les prêtres possédaient les connaissances les plus étendues. La religion des prêtres aztèques, essentiellement astronomique, les conduisit, pour n’en prendre qu’un exemple, à des études si avancées sur le mouvement des planètes, que, dans la fixation des fêtes du Feu, lesquelles se célébraient tous les quatre ans, l’illustre Laplace, en refaisant leurs calculs, n’a trouvé qu’une erreur de onze minutes. L’art de mesurer le temps était donc plus perfectionné chez ce peuple que chez les Romains à l’époque de Jules César et qu’enEurope même à l’époque de François Ier.
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- MM. Anza et Pefiafiel ont en conséquence adopté P architecture d’un vaste temple. Au centre, l’escalier rapide par lequel, dans les temples aztèques, montaient les victimes destinées aux sacrifices; de chaque côté de l’escalier, les vases dans lesquels brûlait le feu sacré et sur lesquels étaient représentés treize soleils indiquant les dates de célébration des fêtes du Feu. Sur le soubassement s’appuie un portique soutenu par des figures authentiques trouvées à Jula par M. Pefiafiel; une corniche, également authentique d’origine, provenant de Xochicalco, couronne ce portique.
- Les quatre portes de l’édi/ice, placées dans les pavillons latéraux, sont ornées d’attributs représentant les solstices et les équinoxes; des ornements, encadrés par des tiges d épis de maïs, indiquent la date de 1* réforme du calendrier mexicain.
- Il convient de signaler, au premier étage, toute une série de bas-reliefs très curieux, exécutés par
- un sculpteur mexicain, M. Jésus Contreras. Sur le pavillon de droite, voici la déesse Centeotl, la Gérés mexicaine, les liras chargés d’épis de maïs; Tlaloc, le seigneur des pluies, (les nuages et des tempêtes, versant d’une main les redoutables inondations de la région mexicaine, lançant la foudre de l’autre main ; près de lui, Chalchiuhtlicul, la déesse des eaux régularisées et bienfaisantes.
- Sur le pavillon de gauche, voici Xochiquetsal, la déesse des arts, aux mains pleines de fleurs, Ca-maxtli, le dieu de la chasse, et le dieu du commerce Yacatecuhtli.
- Les six bas-reliefs du pavillon central représentent des rois et les chefs aztèques qui se distinguèrent dans la lutte contre les conquérants de Cortez.
- Toutes ces sculptures, exécutées d’après des documents certains et avec un soin consciencieux, présentent une originalité artistique absolument remar-
- Le Pavillon de la mexicaine à l'Exposition universelle, de 1889.
- quable : elles résument dans toutes ses phases une curieuse civilisation primitive, disparue dans une épouvantable tourmente, et sur laquelle nos archéologues ont porté, avec un intérêt justifié, leurs investigations.
- Les créneaux mêmes, qui se détachent sur le ciel à la partie supérieure de l’édifice, n’ont rien de banal : leur type a été trouvé par M. Penaliel aux environs de San-Juan-Teotihuacan.
- Avec une habileté consommée, les constructeurs du pavillon du Mexique ont su réaliser leur œuvre, au Champ de Mars,‘en employant les matériaux les plus modernes, le fer, la fonte et l’acier. Ce bâtiment dans lequel, s’il revenait sur la terre, Netza-hualcoyotl, le fameux roi des Acollhuas, se trouverait en pays de connaissance, est sorti, tout simplement, en ce qui concerne sa charpente, des ateliers de la Société des anciens établissements Cail,à Paris. L’Exposition de 1889 terminée, il sera démonté et transporté au Mexique pour y être réédifié. Ajoutons que le métal a été si bien employé et si judicieuse-mentréparti, que rien n’en paraît à l’œil de l’obser-
- vateur d’une façon assez accusée pour rompre l'impression de la reconstitution archéologique exacte de, la construction.
- Nous ne saurions, au cours de cette brève note, entrer dans le détail instructif de ces objets et produits exposés à l’intérieur du curieux pavillon que nous venons de décrire. Ils constituent une exposition complète des richesses variées que fournit ou produit le sol de la République mexicaine, roches et minerais, bois de construction et d’ébénisterie, matières textiles, produits agricoles, tabac, sucres, vins, alcools, plantes, fleurs et fruits, etc... Toute une collection de cartes et d’atlas géographiques et géologiques, de nombreuses photographies des différentes régions, permettent aux visiteurs de faire une étude instructive de la région mexicaine.
- Les efforts des organisateurs de cette exposition ont été couronnés d’un entier succès et feront un réel honneur à leur pays : c’est l’heureuse conclusion qui se dégage de son examen.
- Max de Nansoutÿ.
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- PÉPITE D’OR D’UN DEMI-KILOGRAMME
- TROUVÉE EN FRANCE
- Comment Clément Trouillas, qui gardait ses chèvres il y a quelques années auprès du hameau des Avols dans l’Ardèche, négligea de se faire une journée de 1500 francs, c’est ce qui paraît évident aujourd’hui et justifie la jalousie qu’il témoigne à son h eau-frère Adrien Noël. 11 avait ramassé une pierre singulièrement lourde et la tenait à la main au moment où l’une de se» bêtes mérita un rappel à l’ordre ; sans réfléchir il lui lança le pesant caillou et n’y pensa plus. Tout récemment, Noël ramassant du bois au même endroit aperçut à la surface du sol un objet brillant que, n’avant pas de chèvres à garder, il examina à loisir, et qui se trouve être une magnifique pépite d’or.
- Trouillas assure reconnaître son projectile dans le précieux échantillon et on peut croire qu’il a contribué, en le lançant, à y ouvrir la fissure qui le traverse de part en part.
- On juge si la trouvaille fit de bruit dans le pays; l’horloger des Vans proposa tout de suite d’acheter la pépite» pour 1200 francs, mais des gens avisés pensèrent qu’il y a intérêt scientifique à le préserver de la fonte et que le possesseur peut tirer meilleur parti des 545 grammes d’or qu’il a trouvés. Du nombre est M. Mazon, littérateur des plus distingués, qui a bien voulu, le 15 avril derjiier, m’écrire directement au sujet de cette découverte.
- A première vue,* on peut se demander si la pépite
- est bien originaire du sol français. On sait bien que César qualifie notre pays de Gallia aurifera, que VAriège tire son nom des paillettes d’or qu’il charrie, qu'Agricola écrit : Atirum in Cebennh inve-nitur in lapillis nigris; et l’on trouverait à cet
- égard maints détails piquants dans le charmant volume du Dr Francus intitulé : Voyage dam le midi de l'Ardèche (Privas, 1884) ; mais un bloc de 545 grammes met l’Ardèche sur le même rang que les placers de l’Australie ou de l’Oural.
- Tout d’abord il était important devoir l’objet, et, le 12 mai, M. Mazon m’informai! que la pépite lui était parvenue en communication à Paris. On en a sous les yeux un croquis très exact, à très peu de chose près de grandeur naturelle, avec
- une fente qui permet d’apercevoir des faces de forme cristalline. Le métal de la pépite est bien compact. Elle mesure 94 millimètres de long, 50 millimètres dans sa plus grande largeur, 8 millimètres dans sa plus grande épaisseur. M. Riche, qui en a fait l’analyse, y a trouvé : or, 980 millièmes; argent, 18 millièmes, plus de petites (juantités d’oxide rouge de fer qui semblent enfermées dans la pépite.
- D’après M. Jannettaz, sa densité est égale à 16. Pour la forme, elle rappelle un peu certains silex taillés ; on l’a comparée aussi à une pomme de terre écrasée. On y voit certaines rayures qui semblent faites intentionnellement, et M. des Cloizeaux s’était demandé si la pépite n’aurait pas eu déjà quelque propriétaire qui l’aurait apportée d’Amérique, et perdue dans ce pays où les minéralogistes
- Commune de
- i||A.PépiteNoel
- ’/m B. _„___Merle
- H C. Pellet
- D. __„___Robert
- , Comn.e de MelIops 9r'f,>'é§§
- Fig. 2. — Extrait du plan cadastral de la commune de Gravières (Ardèche), section des Tincouses, montrant les localités A, B, C, D, où ont été trouvées des pépites d’or à différentes époques.
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- LA NATURE.
- n’avaient jamais ouï parler de semblables trouvailles. Noël questionné a répondu qu’il avait vu l’orfèvre des Vans, à qui il avait porté son trésor, y pratiquer une petite incision. En outre, des enfants, ignorants de la valeur du précieux caillou, pouvaient avoir joué avec, et l’avoir rejeté ensuite.
- Au reste, une enquête très sérieuse, faite par M. l’abbé Canaud, curé de Gravières, et transmise par lui à M. Boussinesq, membre de l’Académie des sciences, nous révèle, avec de curieux détails, que les pépites ne sont pas aussi rares dans l’Ardècbe qu’on pourrait le croire. Telle est celle qu’il appelle pépite des Albourniers, trouvée il y a une trentaine d’années, par Etienne Pellet, dont le fils fut interrogé par M. Canaud : « Mon père trouva ce morceau d’ôr en piochant une vigne située au levant et près des Albourniers, entre les Albourniers et les Aynes-sets. Ce morceau d’or était d’un métal très brillant, très compacte de forme presque arrondie, quelque peu ridé et plissé, moins gros qu’une noix, comme qui dirait l’extrémité de mon pouce. » Cette pépite fut vendue 60 francs à un orfèvre.
- A Montjoc, une pépite fut trouvée par le « père Henri Robert, » qui plantait un jeune châtaignier. Mais comme il y a une quarantaine d’années qu’Henri Robert est mort, on ne se souvient plus dans le pays du poids du caillou.
- Enfin, il y a soixante ans, dans ces mêmes Avols qui viennent d’enrichir Adrien Noël, Joseph Merle fit une découverte analogue restée célèbre dans la région. « 11 y a encore, dit M. l’abbé Canaud, dans le village des Avols, un vieillard appelé Trouillas (vulgairement dit le Trouillasset) qui se souvient parfaitement avoir vu cette pépite. Je l’ai fait interroger sur la forme, la grosseur de ce morceau d’or, sur l’endroit où il avait été trouvé, etc. Il a répondu que ce morceau d’or était de la forme et de la grosseur du manche d’un petit couteau, que Joseph Merle l’avait trouvé engagé entre deux pierres, détachées, de bleste (schiste), dans le lit même du ruisseau delà fontaine, au-dessous du village des Avols, et l’avait vendu un assez bon prix à M. Bertrand, orfèvre aux Vans; que quelques jours après ledit M. Bertrand, orfèvre, setait transporté aux Avols, accompagné de M. Montet, maire de Gravières, à l’effet d’interroger les gens et examiner les lieux. » La pépite fut payée 380 francs par l’orfèvre.
- M. Canaud a joint à son excellente note un croquis relevé sur le tableau d’assemblage du plan cadastral de la commune de Gravières, et dans lequel il a indiqué les points où les quatre pépites ont été trouvées, c’est-à-dire dans la section A ou des Tincouses.
- La plus grande partie de la surface de cette section « est, dit-il, occupée par un énorme contrefort de la montagne de Barre appelé le Serre de Monjoc. Ce contrefort se soude à la montagne de Barre au point appelé le Chaussi, sur la route nationale des Vans à Yillefort, et s’avance en se prolongeant et s’élevant peu à peu en croupe jusqu’à la rivière du Chassezac. Le point le plus élevé du Serre de Mon-
- joc est le sommet de sa croupe dont les bases escarpées servent de berge au Chassezac. La carte de » l’État-major donne à ce somnlet 509m. d’altitude. » Un autre contrefort de la montagne de la Barre est le Serre du Fayet, séparé du Serre de Monjoc par le vallat du Fayet, limite des départements de l’Ardèche et du Gard. Ce vallat s’est creusé une vallée assez étroite, très profonde, entièrement dénudée, au fond de laquelle, à droite, se trouvent les Avols, un peu au-dessus du point de jonction des eaux du Fayet avec celles du Chassezac.
- M. Canaud donne ensuite la géologie de la région. Résumons-le.
- La roche des Tincouses (section A) est schisteuse, brunâtre, avec d’innombrables paillettes de mica, et présentant un aspect ondulé. Dans le langage du pays, cette roche, nous l’avons vu, est appelée bleste, du verbe patois ablestar, fendre. La plupart des maisons de la contrée sont recouvertes avec de larges éclats (lames) de cette ardoise grossière.
- Très dur et très compact, sur le versant de Monjoc du .côté du Chassezac, le micaschiste est de plus en plus fendu et friable à mesure qu’il se rapproche de la montagne^ de Baru. « C’est en plein micaschiste que les quatre pépites ont été trouvées. Un grand nombre de filons de toute nature intercalés entre les couches relevées de ces micaschistes sillonnent dans tous les sens le Serre de Monjoc et les collines de Tincouses : ainsi, celui de plomb argentifère aux Albourniers, celui de pyrites à Bon-Abri, celui de fer au Chaussi, et multitude d’autres parmi lesquels, j’ai toujours particulièrement remarqué un puissant filon de basalte, lequel, partant de la rive gauche du Chassezac, traverse la rivière, grimpe jusqu’au sommet du Serre de Monjoc et s’en vient ressortir à l’ouest dans la vallée des Avols sur le chemin de l’église de Gravières à ce village. »
- Une couche superficielle de grès existe sur le plateau des Avnessets, et une couche superficielle de calcaire sur la route des Vans à Villefort, au plateau de Chaussi. Toute la région a été soumise à une dénudation active. M. Canaud ne trouve nul indice lui permettant d’assigner l’altitude à laquelle les eaux du Chassezac pourraient s’être autrefois élevées relativement aux points où les pépites ont été trouvées.
- M. le professeur des Cloizeaux, à qui la pépite d’Adrien Noël a été communiquée, est très désireux d’en enrichir la collection du Muséum. Il serait bien fâcheux, en effet, qu’un échantillon, unique chez nous, allât disparaître dans un creuset d’orfèvre, et se transmuter en alliances et en boucles d’oreilles, au lieu de figurer dans une vitrine, parmi les plus remarquables productions de notre sol.
- Une curiosité naturelle peut en certains cas mériter un sacrifice aussi bien qu’un tableau ou une antiquité égyptienne. La France est riche d’ailleurs, même sans compter les mines d’or.
- Stanislas Meunier.
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- BACTÉRIDIES PHOSPHORESCENTES
- >f. le I)r Forster, d’Amsterdam, a récemment publié un intéressant travail sur des Bactéridies phosphorescentes; nous en donnerons ici le résumé.
- Il y a déjà plusieurs années que Pffiig a constaté que la phosphorescence des poissons était due à des micro-organismes. Dans ces derniers temps, les docteurs Forster et ïilanus ont entrepris une série d’expériences dans le but de rechercher la cause de la phosphorescence des barbues. Ils ont réussi à isoler et à cultiver des bactéries qui prospèrent très bien dans les divers milieux nutritifs, neutres ou légèrement alcalins, pourvu qu’ils contiennent une certaine quantité de sel. A 6 pour 100, les cultures réussissent encore, mais à 7 pour 100, elles s’affaiblissent..
- L’eau distillée tue promptement les bacilles. Les cultures sur plaques, « dans l’obscurité, paraissent parsemées de petits points lumineux de différentes grosseurs et, aux yeux de l’observateur étonné, ressemblent à un ciel étoilé ».
- Le professeur Engelmann, d’Utrecht, a examiné au spectroscope cette phosphorescence et, dans une colonie ayant environ 1 millimètre de diamètre, a trouvé un spectre ininterrompu entre 0,58 et 0,45. De 0,48 à 0,51, il était extrêmement apparent ; mais il diminuait rapidement d’intensité après la bande rouge, ainsi qu’après la bande violette. Ordinairement, les colonies phosphorescentes paraissent verdâtres ou d’un vert tirant sur le bleu.
- Ces cultures sur la gélatine, le bouillon, les pommes de terre, soumises à une température de 0 à 20 degrés Celsius, conservent leur aspect phosphorescent à peu près intact; mais cette phosphorescence disparaît à 52 degrés Celsius. Elles meurent si on les soumet quelques heure* à une température de 55 à 57 degrés, tandis que dans les glacières elles réussissent aussi bien qu’à la température ordinaire d’une chambre1.
- LES PEAUX-ROUGES
- ET LES AMÉRICAINS DE FRONTIÈRE, A PARIS
- Il y a une quarantaine d’années, les pionniers qui vivaient aux frontières de l’Ouest des États-Unis et particulièrement au Texas, commencèrent à coloniser des pays destinés à devenir riches et prospères ; ils avaient une existence des plus rudes, dont les romanciers, depuis Fenimore Cooper jusqu’à Gustave Aymard, nous ont donné une juste idée. Chasseurs, trappeurs, ayant à chercher leur subsistance quotidienne, en lutte permanente avec les Peaux-Rouges, ils étaient l’expression vivante de l’homme aux prises avec la nature, contraint de livrer chaque jour les combats de la lutte pour l’existence.
- A cette époque, un émigrant, Isaae Cody, d’abord établi à Scott County, état d’îowa, ne tarda pas à se rendre près de la frontière du Kansas, non loin du fort Leavenworth. C’est là qu’il éleva au milieu de cette vie primitive, son fils, William
- 1 D’après le Journal des connaissances médicales et le Journal de pharmacie.
- Cody, au moment où la guerre de Frontière avec les tribus indiennes régnait dans toute son intensité. Le jeune Cody était tout enfant qu’il se révélait déjà comme un cavalier accompli et un tireur de première force ; il perdit son père pendant un combat contre les Indiens, et il ne tarda pas à servir de guide aux armées américaines. 11 accompagna le général Sydney Johnston dans son expédition d’Utah; il devint plus tard éclaireur et guide du S15 régiment de cavalerie, et se fit toujours remarquer comme un homme d’une habileté extraordinaire d’une force inusitée, et d’un courage indomptable.
- La réputation de W. Cody, comme éclaireur, comme chasseur et comme combattant des Peaux-Rouges, devint universelle aux États-Unis. Après avoir servi, en 1868, comme éclaireur et comme guide dans les troupes du général Sheridan, il prit part à l’expédition du fleuve Salomon en ! 868—1801) ; accompagna des régiments depuis le Fort Lyon (Colorado) jusqu’au fort Mc Pherson (Nebraska) et se fit remarquer dans de nombreux combats. On comprendra l’importance du rôle d’éclaireur dans la guerre contre les tribus sauvages par ce passage d’un livre du général Irving Dodge : « Le succès de chaque expédition contre les Peaux-Rouges dépend surtout de l’habileté, de la fidélité et de l’intelligence des hommes employés comme éclaireurs. »
- Cody resta au service du 5e régiment de cavalerie jusqu’à l’automne de 1872. A cette époque, il fut élu membre de la législature de Nebraska, ce qui lui valut le titre d'honorable; mais il ne tarda pas à donner sa démission de député.
- C’est alors qu’il eut l’idée de donner des représentations publiques dans un hippodrome à Chicago, et il obtint un succès immense. Une telle exhibition paraîtrait en France un acte surprenant de la part d’un ancien député et d’un homme qui aurait eu l’honneur de servir dans les armées nationales; mais les Américains, avec leur esprit d’égalité et de libéralité absolue, ne jugent point comme nous, et l’honorabîe M. Cody ne perdit en rien l’estime générale que l’on avait pour sa personne et pour ses mérites. D’ailleurs le colonel Wr. Cody ne cessa jamais de se préoccuper des intérêts de son pays, et ses succès ne l’empêchèrent pas d’abandonner son hippodrome, pour reprendre la lutte contre les Sioux en 1876. Après la pacification des dernières peuplades Peaux-Rouges, il organisa une nouvelle troupe; associé aujourd’hui avec un directeur de théâtre américain, M. Naet Salsbury, Wr. Cody, dit Buffalo Bill, est venu en Europe avec une petite armée de Peaux-Rouges et d’Américains de frontière qui s’exhibe dans des représentations publiques du plus haut intérêt.
- Non loin de la porte Maillot, à l’entrée de Paris, M. le colonel Cody a installé un campement de ses troupes de Peaux-Rouges, qui vivent sous la tente avec leurs femmes et leurs enfants, côte à côte avec les cow-boys américains, habitués à dresser les che-
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- vaux sauvages, à chasser le bison, h combattre les Indiens. Il n’a pas moins de 200 chevaux dans sa troupe qui comprend aussi des bœufs sauvages et
- tout un matériel transporté de l’Ouest américain. Cette exhibition nous a paru être d’une haute curiosité au point de vue ethnographique et elle donne
- aux spectateurs l’occasion d’admirer un certain nombre d’exercices d’une étonnante habileté. Au commencement de la représentation, on assiste d’abord au défilé de toute la troupe qui comprend plusieurs détachements de Peaux-Rouges, montés sans selle sur des chevaux rapides. Ces Peaux-Rouges Sioux ont la peau teinte en jaune et en rouge, ils portent des costumes où les plumes jouent un grand rôle et offrent un aspect des plus pit-toresques. Les chefs qui les commandent et qui ont été engagés dans la troupe de M. Cody, sont d'anciens combattants, aujourd’hui pacifiés, des Américains.
- Après ce défilé, quelques Américains et jeunes
- Américaines de la troupe, se livrent a des exercices de tir au vol qui dénotent une adresse prodigieuse.
- Le colonel Cody est assurément le meilleur tireur de sa troupe; à cheval, au grand galop, il abat tout autour de lui des balles de verre qui sont lancées dans l’espace quelquefois très loin et à grande hauteur.
- La représentation se continue par des courses entre Américains, Indiens et Mexicains, par des simulacres d’attaque de diligence, par des exercices du lasso, par des scènes de danse des Peaux-Rouges. Les cow-boys donnent la représentation curieuse de chevaux sauvages attrapés au lasso et qu’ils arrivent à monter malgré des sauts désor-
- Fig. 5. — Tente canadienne dans le campement de Buftalo Bill, à Paris. (D’après des photographies de M. Balagny.)
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- Kig. i. — Exercices de la troupe de BulTalo Bill,^actuellement exhibée à Paris. (Composition de M. Gilbert, d'après nature.)
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- donnés de leurs bêtes rétives. — Buffalo Bill nous a autorisé à visiter en détail sa curieuse installation, et à faire, pour La Nature, la photographie de quelques personnages de la troupe. MM. Balagny et Ducora nous ont prêté leur concours habituel et nous reproduisons ici quelques-unes des photographies qui ont été exécutées à l’intention de nos lecteurs. Cette visite tout intime au campement indien nous a permis de recueillir de curieux renseignements que nous nous empressons de publier.
- La figure 1 représente l’un des types de Peaux-Bouges Sioux que nous avons surpris dans sa lente avec sa femme et ses enfants. Il a fort obligeamment endossé son costume sur la demande de l’interprète qui nous guidait, et il a posé devant l’objectif avec beaucoup de gravité. Ces Indiens ont une grande dignité et l’abord froid ; leur regard est assez dur. Ils ne se plient guère aux habitudes de la vie civilisée et leur nombre diminue sans cesse aux Etats-Unis. Le temps n’est pas éloigné où ils disparaîtront de la surface du globe; ils iront rejoindre dans l’éternité la longue succession d’êtres qui y passent tour à tour. Ces Indiens «ont de beaux hommes, l’intérieur de leur tente est propre, leurs costumes sont élégants, artistement ornés de plumes et de perles de verre; nous ne pouvions nous défendre d’un sentiment de commisération à leur égard.
- Notre deuxième gravure (fig. 2) donne le portrait de l’homme civilisé, de l’Américain des prairies, du eow-boy, du vainqueur de l’Indien. Nous avons choisi comme type, le chef de ces hommes énergiques, que l’on nomme le roi des cow-boys. Il s’appelle William Levi Taylor, il est d’une stature de géant (1,91 m), ses épaules sont larges et son jarret d’acier. À cheval, il manie le lasso avec une dextérité inouïe. Avec cela, il est d’une urbanité charmante; doux et modeste, il a des manières pleines d’aménité et de distinction. Pour donner une idée de sa vigueur, ses compagnons nous racontaient de lui qu’il ne craignait pas de lutter avec un taureau; il le saisit par les cornes et le couche sur le flanc comme on le ferait d’une chèvre.
- A côté des Indiens et des cow-boys, on passe en revue, dans le campement de Buffalo Bill, de curieuses tentes canadiennes, ornées de peintures primitives (fig. 3) ; à voir toutes ces installations on se croirait transporté aux confins des États-Unis.
- Notre gravure de page (fig. 4) donne l’aspect de quelques-unes des curieuses scènes de la troupe du colonel Cody. L’attaque d’une diligence traversant les prairies est figurée en haut de la composition. Les Peaux-Rouges surgissent de toutes parts pour cerner les voyageurs, bientôt secourus par Buffalo Billet ses hommes. Au milieu de la composition, on voit une scène de la danse des Sioux. A la partie inférieure du dessin est représentée une chasse au bison, et un cow-boy montant un cheval sauvage.
- Cet exercice d’une équitation invraisemblable est assurément l’un des plus étranges parmi ceux que la
- I troupe de M. Cody fait passer sous les yeux du public. Une fois que le cheval sauvage est pris au lasso deux hommes en tirant la corde le font cabrer et le renversent sur le dos; dans cette position, on lui tient les jambes et la tète, et on lui passe de force la selle et la bride. C’est quand le cheval est par terre que le cow-boy se met en selle; la bête se relève avec son cavalier, se livre aux sauts les plus violents pour s’en débarrasser; mais cette défense du cheval est vaine. — Ce sont de solides gaillards que ces hommes des prairies.
- Caston Tissanmer.
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- STATISTIQUE DES JOURNAUX
- Parmi les nombreuses statistiques exhibées à l’Exposition, il en est une dans le Palais des Arts libéraux, qui a retenu notre attention, c’est un relevé du nombre total des journaux qui paraissent dans le monde entier.
- Cette statistique démontre d’abord que la France n’édite pas la plus grande quantité de périodiques en Europe. Les Allemands ont cet honneur, l’Allemagne édite 5500 feuilles périodiques, parmi lesquelles 800 sont quotidiennes. Les journaux de dogme religieux, de cultes, de théories scientifiques foisonnent. Le plus ancien journal allemand est la Gazette des Postes de Francfort, née en 1616; le plus répandu, le Berliner Tageblatt, n’est que de 55 000 exemplaires.
- Après l’Allemagne, vient l’Angleterre qui édite 3000 périodiques, dont 809 quotidiens. La France suit avec un nombre à peu près égal : il est officiellement de 2819, dont un quart seulement est quotidien, bi ou Bihebdomadaire-.
- L’Italie tient le quatrième rang : elle possède 1400 journaux : 200 paraissent à Rome, 140 à Milan, 120 à Naples, 94 à Turin, 79 à Florence, 170 de ces feuilles sont quotidiennes. Le plus ancien est la Gazette de Gênes, fondée en 1797.
- 1200 journaux paraissent en Autriche-Hongrie; 150 sont quotidiens.
- Sur 850 feuilles, en Espagne, un tiers est périodique. Ce furent des aveugles qui colportèrent les 'premiers échantillons des gazettes appelées alors relaciones; elles paraissaient à des époques indéterminées et prenaient souvent la forme de romances, que les aveugles chantaient et vendaient dans les rues.
- La Russie ne possède que 800 journaux, dont 200 paraissent à Saint-Pétersbourg et 75 à Moscou. Une infinité de langues sont représentées dans la presse russe.
- En Grèce, les journaux sont proportionnellement nombreux. Chaque bourgade en a un. Athènes en possède 54 qui sont quotidiens.
- 450 journaux voient le jour en Suisse. La Belgique et la Hollande fournissent un nombre à peu près égal de publications. En Suède, en Norvège, en Portugal, la presse tient peu de place. Le mouvement du journalisme turc est assez actif.
- En somme, l’Europe possède 20 000 journaux.
- En Asie, on ne trouve pas moins de 3000 publications périodiques. La plupart paraissent au Japon et dans les Indes anglaises.
- La Chine est peu féconde ; eUe n’a que le King-Pau, journal officiel de Pékin, qui publie trois éditions par jour, sur papier de couleurs différentes, plus un journal
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- à Shanghaï et un en Corée; l’apparition de cette dernière feuille nommée Hu-Rao a été cause d’une discussion grave. 11 s’agissait de savoir en quel idiome elle serait rédigée. On la rédigea en chinois, il y eut des réclamations; elle est rédigée actuellement en chinois et en coréen.
- Le Japon possède 1500 journaux, nous en citerons quatre, savoir : le Hotchishimboun, le Nitchinitchislüm-boun, le Tchoyashimboun, le Maïnitchishimboun. Ce dernier est l’organe du parti radical japonais.
- 11 y a trois journaux français, l’un en Cochinchine, l’autre aux Indes, l’autre au Tonkin, l'Avenir, récemment fondé.
- Voici quelques-uns des titres poétiquement donnés aux journaux des Indes :
- Le Réflecteur de la lumière, les Montagnes lumineuses, le Soleil brillant, le Lever de la pleine lune, la Lumière de la moralité, Y Arbre merveilleux, V Océan de la sagesse, la Mer des sciences médicales, etc.
- Dans le Béloutchistan et l’Afghanistan,'pas de journaux. En revanche, il y en a six en Perse.
- En matière de presse, l’Afrique est déshéritée. Elle ne donne le jour qu’à 200 journaux, dont trente publiés en Égypte et le reste dans les colonies européennes.
- Mais comme bien on pense, une large part revient à l’Amérique. Il y a, aux États-Unis seuls, 12 500 journaux, dont un millier sont quotidiens.
- Le premier journal américain apparut à Boston en 1704 sous le nom de Boston News. Après s’être fort peu développée jusqu’en 1800, époque à laquelle il n’y avait que 200 journaux, la presse des États de l’Union a fait des progrès rapides depuis le commencement de ce siècle. On comptait, en effet, 1650 journaux en 1840, et en 1800 leur nombre était de 4000. On voit que, ..depuis lors, le chiffre est plus que triplé.
- Il y a 700 journaux au Canada, la plupart en français. A part le Mexique et le Brésil, où se publient une assez grande quantité de journaux, il ne nous reste qu’à citer la République argentine, dont la presse est représentée par soixante publications.
- Un dernier détail sur le journalisme en Amérique. Il existe aux Etats-Unis 120 journaux administrés, édités et rédigés par des nègres. La plus ancienne de ces feuilles est YEleyator, qui vit le jour à San Francisco, il y a dix-huit ans.
- On ne trouve en Océanie que peu de journaux; ils sont rédigés par les colons européens. Citons entre autres l’Australie, où il y a 700 feuilles, toutes en anglais, et les îles Sandwich, dont la capitale est Honolulu qui possède 8 journaux, 5 en anglais et 3 en hawaïen.
- On a calculé, étant connue la population du globe, qu’il existe un journal pour 82 600 individus U
- DISTRIBUTION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- PAR COURANTS ALTERNATIFS, SYSTÈME FERRANTI
- Si tous les procédés de distribution de l’énergie électrique appliqués pendant ces dix dernières années ne figurent pas actuellement à l’Exposition, il n’est pas par contre, de système important qui n’y compte un certain nombre de représentants. Nous profiterons de cette occasion exceptionnelle-
- 1 D’après le Gutenberg-Journal.
- ment favorable pour passer tous ces systèmes en revue, en ne décrivant, bien entendu, que ceux qui n’ont pas encore été présentés aux lecteurs de La Nature. Nous commencerons aujourd’hui cette revue par une description générale du système Fer-ranti, auquel les installations déjà faites en Angleterre, et celles plus importantes encore qui se construisent a Deptford, pour l’éclairage à grande distance d’une partie importante de la ville de Londres, donnent un intérêt tout particulier.
- Nous avons déjà signalé les avantages et les inconvénients des distributions d’énergie électrique par l’emploi de courants électriques de haute tension et de transformateurs; nous n’y reviendrons pas, nous contentant de faire ressortir les points particuliers et caractéristiques du système, en décrivant successivement la machine, le tableau de distribution, la canalisation et les transformateurs.
- Machine. — La machine dynamo-électrique de M. Ferranti (fig. 1) est à excitation indépendante, avec inducteurs fixes et induit mobile.
- Elle produit une ditférence de potentiel utile de *2400 volts et un courant maximum de 50 ampères, soit 120000 watts, à la vitesse angulaire normale de 500 tours par minute. L’induit sans fer dont le diamètre extérieur est d’environ 1,4 m, porte 20 bobines groupées en deux séries en quantité de 10 bobines en tension: l’épaisseur de la couronne de bobines induites ne dépasse pas 12 millimètres, elle est montée sur une série de supports en porcelaine qui l’isolent complètement de l’arbre, ainsi que du reste de la machine. Cet induit très léger est actionné par une transmission à cordes; il tourne entre deux séries d’inducteurs laissant entre leurs extrémités une couronne annulaire, de 16 millimètres d’épaisseur seulement.
- Le bâti en fonte qui porte les inducteurs se sépare en deux parties, suivant un plan vertical (figure 2), à l’aide de leviers que l’on aperçoit de chaque coté de la machine. On peut ainsi l’inspecter, le nettoyer avec la plus grande facilité, et remédier au moindre défaut d’isolement avant qu’il ne prenne une trop grande importance. La ventilation de l’armature est assurée par une série d’ailettes disposées sur l’induit : les fils de la bobine sont reliés à des collecteurs en cuivre sur lesquels viennent frotter des bagues garnies de métal antifriction. Toute cette partie de la machine est enfermée dans une cage en verre inaccessible aux visiteurs imprudents ou maladroits. Les inducteurs sont excités par une shunt-dynamo à courant continu, système Thury, montée dans le prolongement de l’axe de la machine Ferranti. A pleine charge, l’excitation prend 90 volts et 27 ampères, représentant moins de 2 pour 100 de la puissance utile totale. La faible résistance intérieure de l’armature jointe à son faible coefficient de self-induction fait que la différence de potentiel utile reste très sensiblement constante, quelle que soit la charge, ce qui réduit le système de réglage à sa plus simple expression, comme nous allons
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- l’indiquer dans un instant à propos du tableau de distribution.
- Le mode de graissage mérite aussi une mention spéciale : il est assuré par une circulation abondante d’huile coulant par son propre poids dans les paliers, et riAnontée d'une façon continue à l’aide d’une petite pompe à force centrifuge placée au-dessous du niveau du sol, et dont on aperçoit la courroie de commande sur la gauche de la figure 1.
- Ce type de machine est le plus petit de ceux que construit actuellement M. Ferrand; des types quatre fois plus puissants fonctionnent normalement depuis
- deux ans a l’usine de Grosvenor Gallery, et sous peu des machines de 1 200000 watts (1500 chevaux-vapeur) vont être mises en marche à Deptford,en attendant les types de 10000 chevaux, encore à l’étude.
- Tableau de distribution. —
- L’une des particularités essentielles du système Ferranti réside dans la simplicité extrême de tous les éléments de la distribution.
- C’est ainsi que le tableau de distribution représenté figure 5 ne comporte que les deux fils amenant
- le courant de la machine, trois interrupteurs et six coupe-circuits fusibles, un sur chacun des deux fils des trois circuits de distribution. Les appareils
- Fig. 2. — Machine Ferranti ouverte, vue du côté de la prise de courants.
- de contrôle se réduisent à deux : un ampèremètre (non encore installé) établi sur le circuit de la machine, et un voltmètre de Cardew monté en dérivât ion sur les bornes du transformateur servant à l’éclairage de l’usine.
- Ces coupe-circuits sont constitués par de longues poteries en grès qui présentent, lorsque le eouvprcle est enlevé, l’aspect d’une souricière à huit places; une rainure longitudinale partage cette poterie en deux moitiés, et c’est dans cette rainure qu’on vient loger un faisceau de fils fins en cuivre étamé, dont le nombre est proportionné à l’intensité maxima que la ligne et
- la machine peuvent supporter sans danger. En cas de court-circuit accidentel sur la ligne, le faisceau
- de fils fond dans le tube en poterie ; l’étincelle de rupture se trouve coupée et refroidie en plusieurs points à la fois, et rapidement é-teinte en un point absolument in-combustib le.
- Les interrupteurs commandant chaque ligne coupent la communication sur les deux fils à la fois, de façon à bien isoler de la machine toute ligne qui n’est pas en service.
- Le mode de réglage est aussi très simple, Lorsque — et c’est le cas à l’Exposition — le moteur commande plusieurs machines distinctes et doit, par suite,
- 1. — Machine dynamo à courants alternatifs, système Ferranti, vue du côté de la commande par cordes, de l’excitatrice et du graissage automatique.
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- tourner à une vitesse angulaire uniforme, on dispose une résistance variable dans le circuit d’excitation, et on règle cette résistance d’après les indications du voltmètre. Lorsque — et c’est, le cas le plus général, — chaque machine électrique est actionnée par un moteur distinct, il suffit de faire varier légèrement la vitesse pour maintenir le potentiel utile constant. C’est le mécanicien, guidé par les indications du voltmètre, (pii est chargé de ce réglage.
- Canalisation. — La canalisation est entièrement aérienne et se compose de fils aériens en bronze siliceux de 3 millimètres de diamètre recouvert de caoutchouc et d’une tresse de jute et fixés sur des supports en porcelaine, fixés eux-mêmes sur des
- poteaux. Rien de particulier à signaler, à propos de cette ligne, si ce n’est le soin apporté à empêcher que le public puisse, en aucun point, toucher au circuit primaire.
- Transformateurs. — Le transformateur a pour but de réduire la force électromotrice de la machine sur la canalisation — 2400 volts dans le cas particulier — dans un rapport approprié à la nature des appareils à desservir. Le principe de construction de tous les transformateurs est fort simple : il consiste à enrouler parallèlement deux circuits conducteurs dont les nombres respectifs de spires sont dans le rapport de réduction des forces électromotrices à réaliser. Ces deux circuits sont entourés d’une masse de fer suffisante pour réduire le plus possible la
- Fig. 3. — Tableau de distribution.
- résistance magnétique du milieu qui les entoure, tout en évitant les courants de Foucault qui abaisseraient notablement le rendement. La disposition adoptée par M. Ferranti est caractérisée par les facilités de construction et de réparation qu’elle présente. Le circuit primaire est constitué par une série de bobines rectangulaires disposées parallèlement et formant une sorte de cylindre creux dans lequel vient se loger la bobine secondaire à grosse section et à petit nombre de spires.
- On voit sur la coupe représentée dans le haut de la figure 4 les dispositions et les extrémités de ces enroulements. Le cylindre creux formé par l’enroulement est rempli par plusieurs séries de lames de tôle repliées moitié par-dessous, moitié par-dessus l’enroulement, et maintenues en place par une sorte de châssis en fonte en deux parties,
- Fig. 4. — Transformateur. Type de 7300 watts.
- la partie inférieure formant le socle et la partie supérieure le couvercle du transformateur représenté complètement monté dans le bas de la figure 4. En cas d’accident ou de mauvais isolement d’un circuit, il suffit de quelques minutes pour démonter le transformateur, retirer les bandes de tôle et remplacer la bobine défectueuse.
- Ces appareils sont construits dans des dimensions et pour des puissances très variables. Le type le plus courant est celui de 7500 watts (type dit de 10 chevaux).’ Le coefficient de transformation est lui-même très variable; c’est ainsi qu’a l’Exposition, les lampes à incandescence du bouillon Duval marchent à 100 volts, celles de la République argentine à 65 ; au pont de l’Alma, les lampes a arc et les lampes Sunbeam prennent 50 volts seulement . La distance entre la machine placée dans la station
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- de la Société l'Eclairagé électrique, sur la lierge de la Seine, près du pont d’Iéna, et la lampe la plus éloignée dépasse 2 kilomètres. On voit d’après ces chiffres que la distribution par courants alternatifs présente une merveilleuse élasticité, et qu’elle sait aussi bien triompher des difficultés de la grande distance que de celles résultant de la variété des appareils d’utilisation. E. H.
- CHRONIQUE
- Le craquement des bois. — Les lecteurs de La Nature, qui aiment à parcourir les bois, ont dû s’apercevoir que les arbres ne sont point habituellement silencieux, même en l’absence de tout vent. En écoutant attentivement, on perçoit, surtout dans la journée, un certain frémissement qui devient même par instants, un pétillement assez intense. Ceci s’appelle le « craquètement » des bois. Le fait est assez connu pour qu’une de nos vieilles chansons ait pour refrain :
- « J’entends le bois qui craquète,
- J’entends le bois craqueter. »
- « J’ai souvent noté, nous écrit M. Émile Sorel, le craquement en question, et j’ai même remarqué que les joncs marins, entre autres, présentaient le phénomène à un très haut degré. Dernièrement, dans notre résidence, à la campagne, aux environs du Havre, le craquètement des bois s’est reproduit, avec une intensité extraordinaire. Ma mère était dans son pavillon quand elle entendit, soudain, un pétillement très fort, tout à fait analogue à celui d’un incendie venant de se déclarer; justement effrayée, elle donna l’alarme. A l’étonnement général, on reconnut que, heureusement, l’incendie jn’existait nulle part, mais que le bruit provenait de deux sapins très élevés, situés à trente ou quarante mètres de l’habitation. 11 faisait alors un beau temps, très chaud et orageux, mais l’on ne put trouver la cause de ce singulier bruit; les uns l’attribuèrent à l’éclatement des bourgeons, sous l’influence du soleil printanier; d’autres à l’éclatement des pommes de sapin, sous l’influence de la chaleur; d’autres enfin, considérant l’état de l’atmosphère, l’attribuèrent à l’électricité. Cette dernière hypothèse pourrait peut-être se trouver exacte, considérant que le phénomène se produit presque toujours par temps chaud et orageux, et que les arbres ou plantes qui en sont généralement l’objet, comme les sapins et les joncs marins, ont des feuilles très pointues et acérées. Dans tous les cas, je serais heureux, si quelque lecteur de La Nature voulait bien fournir une explication scientifique au sujet du craquètement des bois. » <
- La production du sacre en Europe. — Depuis 1870, la production du sucre en Europe a augmenté dans des proportions vraiment étonnantes. Cependant, dans l’accroissement général, la France ne tient qu’une place relativement assez faible ; sa production n’est passée que de 325 000 tonnes à 474000. La Russie ne donnait que 171 000 tonnes ; elle en produit aujourd’hui 500 000. Pour l’Autriche, l’augmentation est de 240 000 à 325 000 tonnes. Enfin, c’est l’Allemagne qui présente l’accroissement le plus prodigieux, sa production étant passée de 180 000 tonnes à un million; du reste à elle seule elle fournit 50 pour 100 de la production totale de l’Europe.
- I). R.
- Pluie de feuilles. — Un correspondant du Cosmos,
- M. de Froberville, lui a récemment adressé les renseignements au sujet d’une pluie de feuilles dont il a été témoin, le 19 avril, par un temps très calme : « Je revenais de Blois en voiture, dit M. de Froberville, quand j’ai aperçu en l’air un certain nombre de feuilles sèches tombant presque verticalement. Assez surpris, à cause du calme absolu, je me suis arrêté et j’ai constaté qu aussi loin que je pouvais distinguer, la surface de la Loire, absolument unie à ce moment, était parsemée de feuilles auxquelles d’autres venaient sans cesse se joindre. Il y avait environ une feuille par 10 mètres carrés et cela sur toute la partie du fleuve que j’ai longée, c’est-à-dire sur 1 kilomètre et demi, et sur au moins 200 mètres de large dans les champs environnants. Ces feuilles étaient de diverses espèces, chêne, orme, etc., que j’ai bien reconnues pour appartenir à des plantes indigènes. Elles semblaient tomber d’un nuage isolé, assez allongé, de la forme d’un cumulo-nimbus, animé d’un mouvement très lent, vers le sud ou le sud-ouest. D’ailleurs, il aurait fallu une vue plus perçante que la mienne pour les voir dans leur chute à partir du nuage lui-même; tout ce que je puis dire, c’est que la direction de cette chute prolongée passait à peu près par le nuage, et qu’il était facile de les distinguer, à partir d’une centaine de mètres de hauteur. J’ai observé la chute pendant environ un quart d’heure, j’ignore si elle a continué après mon départ. D’après le nombre de feuilles tombées sur la Loire et celui de celles qui continuaient à tomber devant moi, je pense que le phénomène était déjà .commencé depuis une demi-h eure avant mon arrivée. Ce fait me paraît intéressant à cause du temps qu’il a fallu aux feuilles pour arriver à toucher la terre; étant donné que, depuis douze heures au moins, le vent était nul ou très faible, il a fallu qu’elles fuss ent enlevées à une hauteur considérable. »
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du\K juillet 1889.—Présidence de M. Des Cloizeaux
- Verre cristallisé. — M. Fouqué dépose sur le bureau un gros bloc de verre à moitié transparent et à moitié laiteux qui provient d’un accident singulier dont une usine de Saint-Ouen a été récemment le théâtre. 400000 kilogrammes de verre en pleine fusion étaient contenus dans un bassin de 24 mètres de long sur 6 mètres de large, et 1,50 m de profondeur : sa température était de 2000°. Par suite d’une imperfection de la paroi, un trou laissa échapper une veine du liquide incandescent qu’on chercha en vain à arrêter, et qui seulement dirigé par des murs de briques construits à la hâte, prit l’allure d’une coulée volcanique, et descendit par les escaliers dans les caves de l’établissement. L’écoulement persista pendant cinq heures, et le fleuve de feu avait alors 25 métrés de long. Après solidification, on reconnut que l’intérieur de la masse était restée vitreuse, tandis que l’extérieur avait cristallisé. C’est, comme on voit, précisément l’inverse de ce qui se produit dans les nappes naturelles de lave où la cristallisation s’opère le mieux le plus loin des surfaces de refroidissement. Le verre renfermait : silice, 75,7; soude, 11,5; chaux, 14,6. Les cristaux cependant consistent exclusivement en wollas-tonite ou bisilicate de chaux ; la totalité de la soude, est restée dans la matière amorphe interposée. Nulle part la substance n’est bulleuse, ce qui vient de ce qu’à l’inverse des conditions présentées par les laves, la substance artificielle ne renfermait aucune trace de matériaux volatils.
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- L'homme fossile en Scine-el-Marne. — Dans une courte Note signalée par M. le secrétaire perpétuel, M. Armand Viré annonce la découverte qu’il a faite auprès de Lorrez-le-Bocage ( Seine-et-Marne ) d’une dizaine de stations préhistoriques. Ce sont toutes des stations à l’air libre et leur emplacement est occupé actuellement par des terres cultivées. Elles ont fourni plusieurs milliers d’instruments, la plupart en silex, quelques-uns en diorite, dont les caractères sont bien loin d’être uniformes. Au lieu dit les Perrières, l’auteur a trouvé, outre un certain nombre de haches, surtout néolithiques, des racloirs et des grattoirs disséminés et pour la plupart d’une bonne facture, un atelier complet de tailleur de silex, comprenant une demi-douzaine de percuteurs, des ciseaux, plusieurs centaines de nuelei, et de nombreux éclats de rebut. Trois pièces très remarquables sont décrites spécialement par M. Viré; ce sont un hameçon et deux crocs possédant un bulbe de percussion très peu développé : le plus gros constituerait une pièce jusqu’ici unique.
- La durée des éclairs. — A propos de la Note récente île M. Trouvelot. M. Colladon, de Genève, annonce qu’il a lui-même constaté la durée relativement longue de certains éclairs. Il a pu, par exemple, voir très bien les branches d’arbre s’agiter pendant lè phénomène. De son coté, M. Dufour, faisant tourner un disque noir et blanc pendant un orage, a pu observer également la rotation. 11 paraît même que les savants suisses avaient depuis longtemps recommandé un mode opératoire qui se trouve être identique à celui que M. Trouvelot a employé.
- Les feuilles de Lepidodendron. — L’organisation des fouilles de Lepidodendron est peu connue, mon savant collègue, M. B. Renault, complète aujourd’hui leur histoire. 11 prend comme type les feuilles du L. rhodum-nense. Les feuilles de cette plante sont petites, acicu-laires, rhomboïdales à la base, cylindriques au sommet, parcourues par un léger sillon en dessus, une crête saillante en dessous, de chaque côté de cette crête il existe une rainure dans laquelle se trouvent localisés de gros stomates. La région médiane de la feuille est parcourue par un faisceau vasculaire bi-eentre entouré d’une zone continue de liber mou, et d’une gaine de cellules selé-riliées. Mais la partie la plus intéressante est une assise épaisse de cellules vasiformes rayées et réticulées analogues à celles qui existent autour du faisceau foliaire des Sigillaires. Sous ce rapport et sous celui du développement. énorme du suber que l’on constate dans l’écorce des tiges, les deux genres fossiles offrent un rapprochement frappant, rapprochement dù à la similitude du milieu dans lequel vivaient ces plantes. Cette couche remarquable de cellules vasiformes montre que les Sigillaires et les Lepidodendrons croissant dans et sur les bords des marais houillers étaient exposés à des alternatives nombreuses d’humidité et d’extrème sécheresse.
- La Société d'histoire naturelle d’Autun. — Le Ü" volume de cette importante 'société, dont on doit la création à l’initiative de M. B. Renault, renferme un grand nombre de Mémoires de paléontologie, de botanique et de géologie. On remarquera dans le nombre une Note de M. Naudin, de l’Institut, sur les tubercules des légumineuses; un grand Mémoire de MM. Bertrand et Renault sur le paroxylon, un catalogue raisonné de trois cents pages, des champignons supérieurs, par MM. Gillot et Lu-cand, etc,
- L'Inde Britannique. — L’un de nos compatriotes les plus au courant de ce qui concerne l’extrême Orient,
- M. J. Pène-Siefert, adresse la traduction qu'il vient de publier de l’important ouvrage de sir Richard Temple, et que M. de Lanessan a fait précéder d’une remarquable introduction. On trouvera dans ce livre outre la description d’un véritable type de colonisation moderne, une sorte de bilan scientifique du grand empire hindou.
- Élection de correspondant. — Le décès de M. Charles Martins ayant laissé vacante une place de correspondant dans l'économie rurale, M. Arlouing. de Lyon est élu par quarante voix contre trois données à M. Gavon, de Bordeaux, et deux à M. Raulin, de Lyon.
- Varia. — M. le prince de Monaco lit une Note sur la distribution bathymétrique des animaux marins. M. Sap-pey lit un Mémoire sur la comparaison des méthodes propres aux études histologiques. — M. Georges Pouchet adresse une Note sur l’abondance des sardines sur nos côtes durant l’année dernière. — L’influence de la température sur les propriétés physiques des métaux, occupe M. Le Châtelier. — Un très volumineux mémoire de M. Moureaux concerne les déterminations des éléments magitétiqués dans le bassin de la Méditerranée. — M. Léon Vaillant étudie à nouveau le problème si difficile de la reproduction des anguilles d’eau douce.
- Stanislas Meunier.
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- MONTRE MYSTÉRIEUSE
- A CADRAN TRANSPARENT
- MM. Armand Scliwob viennent de réaliser une montre assez singulière, dont nous avons eu le premier spécimen entre les mains et qui va certainement intriguer plus d’un curieux. Tout le monde connaît aujourd’hui ces pendules mystérieuses qui font encore l’étonnement de la foule. Un cadran transparent en verre suspendu par deux fils, des aiguilles, et voilà une horloge qui marque l’heure. Pas de mécanisme, pas de transmission, rien, et l’horloge marche à la minute. Le secret de ces <( mystérieuses » mérite d’être révélé.
- On a imaginé plusieurs systèmes. Robert Houdin avait combiné le suivant : il choisissait un grand cadran en verre qu’il suspendait par un iîl, et, au centre, il fixait une grande aiguille, l’aiguille des minutes, une petite aiguille, celle des heures. La grande se terminait par un talon à l’intérieur duquel un petit mouvement d’horlogerie caché déplaçait un poids. Le poids tournait autour du talon et changeait constamment l’équilibre de l’aiguille qui était ainsi obligée de progresser de minute en minute et d’effectuer le tour du cadran en 60 minutes. La grande aiguille en tournant, à l’aide d’un double engrenage ajusté dans l’axe, communiquait le mouvement à l’aiguille des heures. Rien de visible que les aiguilles, et tout fonctionnait régulièrement si le cadran était bien placé verticalement.
- Dans un autre dispositif, on cachait au centre, entre les aiguilles, un mouvement d’horlogerie très réduit. Comme les aiguilles étaient strictement équilibrées, il suffisait d’une très petite force pour les entraîner, et encore ici le public se demandait comment pouvait bien se produire leur mouvement.
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- LA NATURE.
- Souvent aussi on a placé un cadran de verre à une certaine hauteur sur une colonne de cristal fixée elle-même sur un socle. Dans ce cas, on a recours à un mouvement d'horlogerie très énergique ; la transmission se fait du socle aux aiguilles par l’intermédiaire d’un tube de verre qui, disposé au milieu de la colonne de cristal, ne s’aperçoit pas; le tube tourne, entraîné par le mouvement dissimulé dans le socle, et fait progresser les aiguilles. On a encore fabriqué des pendules a glace carrée sur socle avec transmission alternative. Une glace, dissimulée derrière la première, et directement actionnée de bas en haut par le mécanisme enfermé dans le socle, monte et descend d’une manière imperceptible ; ces oscillations invisibles suffisert pour faire marcher les aiguilles. 11 est inutile d’ajouter que ces divers systèmes sont coûteux et très accessibles aux dérangements. Les pendules mystérieuses n’ont guère pénétré dans le grand public. La montre de MM. Armand Schwob appartient aussi au genre des mystérieuses ; seulement, elle est solide, ne réclame aucune précaution d’équilibre et fonctionne régulièrement dans toutes les positions. C’est une pendule mystérieuse de poche. Un cadran de verre est serti dans un cercle d’argent et deux aiguilles se promènent comme par magie sur cette glace transparente sans la moindre transmission de mouvement apparente (fig. 1). L’œil traverse la montre d’outre en outre; on peut lire son journal à travers clef de l’énigme?
- Ouvrons la montre. Derrière le cadran C (iig. o) nous trouvons un plateau de verre JD qui ne s’aperçoit pas quand la montre est fermée; derrière ce plateau, une glace. L’axe des aiguilles traverse le plateau médian auquel il est fixé et repose, d’un côté, sur, le centre du cadran, de l’autre, sur le centre de la glace. 11 n’est pas difficile de s’apercevoir que les aiguilles tournent, parce que le plateau médian tourne lui-même. Mais d’où lui vient son mouvement? A la partie supérieure de la montre, près du pendant, le boîtier forme croissant (fig. 2) ;
- Fig. 1, 2 et 3. — Montre mystérieuse. — Fig. 1. Vue de la montre, le cadran sur fond noir est en verre transparent. — Fig. 2. Détail du mécanisme. — Fig. 3. Coupe à une plus grande échelle. — CC. Les deux glaces en dessus et en dessous du boîtier. — J. Cadran de la montre. — D. Espace dans lequel se meuvent l’aiguille des heures et celle des minutes.— EH G. Les trois roues formant la minuterie. — A. roue de verre à bordure de métal denté, communiquant avec le mouvement. — F B. Les deux plateaux de verre servant de cage ou support de la roue de verre transmettant le mouvement aux aiguilles.
- le cadran. Quelle est la
- dans le croissant d’argent, pourtant si réduit, on est parvenu à loger tout un mouvement de montre ordinaire. Or, le plateau médian mobile porte, à sa circonférence, un cercle métallique dentelé. Les dents engrènent avec celles d’un pignon du mouvement dissimulé dans le croissant. On ne voit pas, bien entendu, la circonférence dentelée du plateau cachée derrière les cornes prolongées du croissant ; on ne soupçonne même pas l’existence du plateau central en verre, dont les déplacements passent inaperçus. Aussi, toute personne qui n’est pas au courant de l’artifice que nous venons d’indiquer ne comprend pas comment les aiguilles peuvent '
- progresser sur le cadran. L’aiguille des minutes fait tourner directement l’aiguille des heures au moyen d’engrenages microscopiques dissimulés sous le support intérieur des aiguilles. Toute cette combinaison est bien trouvée et dépasse en ingéniosité les anciennes pendules mystérieuses. Ce système est à remontoir et marche trente-deux heures sans arrêt. Cette nouvelle montre pourrait bien, dans sa simplicité devenir le point de départ d’une application intéressante On sait le prix considérable des grandes horloges lumineuses que l’on voit sur quelques monuments publics; il serait souvent possible de résoudre le problème bien plus économiquement. La montre de MM. Sebwob est transparente; on peut la placer sur le trajet d’un faisceau lumineux ; il est donc aisé de projeter le cadran et les aiguilles sur un écran blanc à la façon des images de la lanterne magique ; dès lors, on obtiendra a volonté une horloge fantasmagorique ayant des dimensions colossales. Le procédé ne serait pas à dédaigner pour certains édifices, pour les usines, etc., partout où l’on a besoin d’indiquer l’heure de loin, le soir, à un grand nombre de personnes. Et c’est ainsi qu’une invention simplement curieuse peut inopinément être appelée à rendre des services imprévus. IIe.niu de Pau ville.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissanwer. Imprimerie A. Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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- N° 841. — 13 JUILLET 1889.
- . LA NATURE.
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- ACCLIMATATION
- DU SAUMON DE CALIFORNIE
- DANS LE DASSIN I)E LA SEINE
- Nous avons, a plusieurs reprises, entretenu les lecteurs de La Nature des efforts tentés par le service de pisciculture de la Ville de Paris en vue de doter les eaux de la France d’une espèce de Saumon américain remarquable par la rapidité de sa croissance et la qualité de sa chair. Ces essais, commencés à l’Aquarium du Troca-déro en 1883 et poursuivis pendant six ans avec persévérance, sont enfin couronnés de succès.
- Déjà, depuis plusieurs années, je recevais de temps à autre des lettres de pêcheurs m’annonçant la prise, dans telle ou telle rivière, de Saunions de Californie, et les dimensions fournies par les correspondants laissaient entrevoir que les eaux de notre pays conviennent parfaitement à cette espèce de Salmonidés. Lu effet, les Saumons repris dans Piton, le Gambon, la Marne, le Coing, présentaient une taille variant de 40 à 50 centimètres, et leur âge ne paraissait pas dépasser deux ans. Aux Andelys, en particulier, où passe la petite rivière du Gam-bon, quelques-uns de ces Saunions s’étaient cantonnés sous un pont, dans la ville même. On les y voyait encore l’été dernier et le fait m’avait été signalé par M. Morin, pisciculteur zélé, qui avait bien voulu servir de correspondant à l’Aquarium et suivre le résultat de l’empoissonnement du Gambon. Ces poissons avaient été lancés dans cette rivière en juillet 1886. Ils avaient, à cette dernière date, six mois et leur taille était de 10 centimètres. Or, les mêmes Saumons, que tous les habitants des Andelys ont pu voir ainsi et qui étaient pour ainsi dire 17e année. — 2e semestre.
- visibles tous les jours, avaient, en juillet 1888, atteint la taille de 60 centimètres environ. Ce fait a été bien observé et possède, par conséquent, la valeur d’une expérience directe d’élevage.
- Un second tait, porté récemment à ma connaissance, est encore plus probant. Un de nos plus distingués tabellions parisiens, grand amateur de sport nautique, possède à Marly un équipage de pêche. Ni lui, ni son pêcheur, un véritable loup de mer de la Seine, ne connaissaient les essais d’acclimatation du Trocadéro. Le 24 juin 1888, un coup d’épervier
- donné en avant de la machine de Marly ramenait un poisson de grande taille qui ne fut reconnu ni parle pêcheur de M. Dupuy, ni par les autres pêcheurs des environs accourus à cette nouvelle, [tour appartenir aux espèces que l’on prend habituellement dans nos eaux. Ce poisson ne pouvait être [tris pour une Truite, mais il ressemblait assez au Saumon et il fut baptisé Saumon par les pêcheurs qui remarquèrent toutefois qu’il n’avait [tas l’apparence du Saumon commun.
- Ce poisson fit les délices de nombreux convives ; mais, quand on procéda à son autopsie culinaire, la surprise fut très grande de trouver la chair de cet animal blanche, tirant un peu sur le jaune,couleur que ne présente jamais le Saumon commun, mais qui est précisément caractéristique du Saumon de Californie. Du reste, cette chair, d’après la note de M. Dupuy, était excellente, extrêmement délicate et d’un goût très lin.
- Ce n’est que tout récemment que M. Dupuy eu connaissance de l’élevage qui se pratique au Trocadéro, par l'intermédiaire d’un propriétaire, amateur très distingué de pisciculture, M. de Courcy, lequel veut bien servir de correspondant à l’Aquarium pour l’empoissonnement de l’iton. M. de Courcv, en ap-
- 1
- Saumon de Californie (Salmo (Juinnat) péché en Seiue, à Marly, Fac-similé d’une photographie.
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- LA NATURE.
- prônant les détails qui lui furent donnés par M. Du-puy, fut convaincu que le poisson capturé n’était autre qu’un des Saumons de Californie lâchés dans les affluents de la Seine par rAquarium. En effet, la chose parait induhitahle. 11 est impossible d’admettre que ces pécheurs de profession n’aient pas reconnu une Truite si ce poisson en était une. 11 n’est pas possible également que l’on ait eu atfaire dans ce cas à un Saumon ordinaire qui eût été immédiatement reconnu. La coloration spéciale de la chair l’indique. Il est vrai que certains Saumons ont la chair moins colorée que d’autres, mais cette décoloration partielle ne s’observe que chez des femelles épuisées q»ar une ponte abondante. Or, le 24 juin n’est nullement une époque de ponte puisque celle-ci a lieu en novembre; c'est, au contraire, le moment où les Saunions présentent la meilleure qualité de chair et celui dont nous parlons était précisément en très bonne condition. On ne peut donc admettre que ce fût un Salmo Salar.
- Mais s’il pouvait rester sur la personnalité de ce poisson quelques doutes, ils s’évanouiraient devant la précaution que M. Dupuy a prise, sans penser qu’elle deviendrait par la suite une véritable pièce à conviction. Retirer de ses tilets un aussi beau poisson est un événement dans la vie d’un pécheur. Dans l’allégresse du triomphe, le poisson fut suspendu devant une toile, entouré de ileurs, et l’objectif du photographe lit son oflice ni plus ni moins que pour un personnage illustre.
- Un exemplaire de cette photographie nous a été communiqué. Nous en donnons la reproduction. Rien que l’épreuve manque un peu de netteté, il est cependant facile de reconnaître la pigmentation spéciale du dos du Saumon de Californie et la forme particulière de son opercule qui, très heureusement, se trouvait soulevé. La forme générale du corps, moins fusiforme que celui du Salmo Salar, répond parfaitement à la forme des Saumons qu’élève l’Aquarium. Le poisson capturé à Marly est donc authentiquement un Saumon de Californie.
- Or, je n’ai point parlé jusqu’ici de son poids ni de sa taille, parce que c’est là précisément ce qu’il y a de plus surprenant et de plus instructif dans cette histoire. Le Salmo Quinnat, péché par M. Dupuy, le 24 juin 1888, mesurait 1,5 m, et pesait 10 kilogrammes.
- Or le premier lancement de poissons de cette espèce effectué dans la bassin de la Seine ne remonte qu’au mois de juillet 1885. Ce Saumon n’avait donc que trois ans. 11 était sensiblement plus grand que ceux que nous obtenons à rAquarium dans un pareil laps de temps. Cependant les Saumons du Trocadéro atteignent déjà en trois ans la taille de 0,80 m. Si nous ne la dépassons pas, cela tient certainement à l’état de captivité et aux conditions défectueuses du milieu où vivent nos poissons. Il est probable que ce Saumon de Marly se sera cantonné dans une partie du fleuve riche en petit poisson et aura grandi rapidement grâce à une abondante nourriture. Dans le
- Saeramcnto, cette espèce atteint fréquemment le poids de 20 kilogrammes.
- En entreprenant cet essai d’acclimatation, nous ne nous sommes pas fait illusion sur la persévérance qu'il nous faudrait déployer et sur la longue durée qu'il faudrait donner à cette'expérience pour arriver à un résultat concluant. Il faut compter sur un cycle de trois ans par génération de Saumons de Californie. Les Saumons dispersés par rAquarium en 1885 ne devaient, par conséquent, pondre qu’en octobre 1888. Le Saumon de Marly était de ceux-là et devait vraisemblablement déjà préparer sa ponte. Les descendants de cette première génération ne pondront à leur tour qu’en octobre 1891. Or, j’ai toujours pensé qu’il faudrait environ trois générations pour que le nouveau Salmonide devînt abondant dans le bassin de la Seine et arrivât assez nombreux sur le marché de Paris pour faire sensation dans les annales de l’alimentation.
- Nous avons dû évidemment compter avec les innombrables chances de destruction qui attendent un jeune poisson et auxquelles il est exposé pendant trois ans ; aussi avons-nous fait tous nos efforts pour obtenir une production constante et nombreuse d’alevins et pour ne mettre en liberté que des poissons déjà assez grands pour bien résister et combattre avantageusement dans cette lutte pour l'existence à laquelle les poissons, comme l’homme, sont soumis. C’est la seule méthode qui convienne en fait de repeuplement et c’est celle que je ne cesse de recommander aux pisciculteurs. Faute de ne l’avoir pas suivie, la Suisse a vu échouer les tentatives qu’elle a faites pour introduire le Salmo Quinnat dans ses eaux, et la Société d’acclimatation a inutilement déversé dans les eaux de l’Hérault, en 1879, un assez grand nombre d’alevins de Salmo Quinnat. Il ne parait pas que depuis cette époque on ait revu un seul de ces poissons. Aujourd’hui, éclairée par les essais d’élevage du Trocadéro, la Société d’acclimatation reprend avec de meilleures méthodes cet essai, qu’il est très désirable de voir réussir dans l’intérêt des populations du bassin méditerranéen. Elle fait venir de nouveau des œufs de Salmo Quinnat et installe dans l’Hérault des bassins pour l’élevage des alevins. Le succès, dans ces conditions, est très probable. Je dirais certain, si l’acclimatation d’une espèce nouvelle n’était une de ces questions hérissées de petits problèmes délicats à résoudre et ipie la physiologie seule a quelque chance de mener à bonne lin.
- Déjà la ville de Lyon, en 1887, a pris l’initiative de l’introduction du Saumon de Californie dans le bassin du Rhône et une colonie de cent cinquante saumons partie de l’Aquarium du Trocadéro a été soumise à l’élevage dans le parc de la Tètc-d’ür et confiée aux soins de M. Oddos.
- Pour en revenir à ce qui concerne le bassin de la Seine, depuis 1885 l’Aquarium a dispersé dans les affluents de ce fleuve environ 90 000 alevins déjà vigoureux. Leur taille, au moment de la mise à l’eau,
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- LA N À T li II E.
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- n’est jamais inférieure à 10 centimètres; file est souvent de 15 et même de 120. En supposant «pie, sur cette quantité, les trois quarts ou même les quatre cinquièmes aient péri, il restera toujours une dizaine de mille sujets qui se reproduiront, ce qui est suffisant pour assurer la reproduction spontanée de l’espèce. Toutefois, ce n’est pas au moment où les espérances (pie nous avons conciles viennent à se réaliser, qu'il convient d’abandonner le reste aux seuls efforts de la nature. Ce doit être, au contraire, une raison de plus de persévérer et d’arriver à des résultats pratiques qui feront descendre les Salmonidés, des régions aristocratiques où leurs prix actuels les maintiennent, à un niveau tout a fait démocratique, leur permettant d’entrer, pour une large part, dans l'alimentation habituelle des masses.
- JOCSSET DE BkLLESJIE.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- ÉCLAIRAGE GÉNÉRAL
- Tout visiteur entrant le soir à l'Exposition par la porte Rapp éprouve un sentiment d’admiration bien légitime à l’aspect de cette prodigieuse quantité de lumière qui éblouit ses yeux. Ce sentiment s’accentue dès qu’il pénètre dans la galerie faisant face à l’entrée, où la sculpture étale ses plus beaux échantillons, trouvant au milieu de cette atmosphère ruisselante de lumière un élément qui rehausse la beauté du marbre sur lequel viennent jouer mille feux chatoyants. Enfin, l’effet devient grandiose pour notre visiteur dès qu’il se trouve au milieu du jardin central et que sa vue embrasse le Trocadéro, la Tour Eiffel, les Fontaines lumineuses, les pelouses, le Dôme central, etc....
- Si ce visiteur est curieux, s’il a souci de T au delà, et c’est à celui-là que nous nous adressons, il est pris du vif désir de remonter à la source même d’où s’écoulent ces Ilots de lumière, d’en connaître l'organisation, enfin de se faire une idée des efforts qui ont concouru à la réalisation d’un aussi vaste projet..
- 11 est indiscutable que l’électricité est la cause primordiale de l’ouverture du soir de l’Exposition universelle; le succès de l’exposition d’électricité de 1881 au Palais de l’Industrie en est le germe. Bien qu’on ait un précédent, il faut bien remarquer que l’espace à éclairer à cette époque, quoique de dimension raisonnable, était relativement restreint si on le compare à celui d’aujourd’hui. En 1881, la surface d’éclairement comprenait le Palais de l’Industrie; en 1889, elle comprend le Champ de Mars, les Invalides et le Trocadéro, c’est-à-dire 845000 mètres carrés en nombre rond.
- Hàtons-nous d’ajouter que dans l’éclairage de cette surface considérable, le gaz joue un rôle important et cela est de toute justice, attendu qu’on ne pouvait raisonnablement employer exclusivement l’électricité, l’Exposition étant un vaste champ ouvert à toutes les industries.
- L’éclairage électrique est entré aujourd’hui dans le domaine de la pratique. L'extension qu’il a prise à Paris seulement le prouve surabondamment par le nombre de ses installations qui comprennent ensemble 55000 lampes à incandescence et 5500 foyers à arc, absorbant une puissance de 9000 à 10000 chevaux — ceci, bien entendu, en dehors du Champ de Mars — nombres qui augmentent incessamment.
- L’éclairage électrique est depuis longtemps sorti de l’enfance, puisqu’il utilise actuellement dans le monde entier, suivant les chiffres présentés à l’administration par M. H. Fontaine, le sympathique président du Syndicat des électriciens, 1000000 de chevaux-vapeur produisant un éclairage qui correspond à une intensité lumineuse totale de 200000000 de bougies; or, sachant que la circonférence de la Terre est de 40000000 de mètres, si ces 200000000 de bougies étaient espacées de 20 centi-
- mètres, elles feraient le tour do la Terre. Ces exemples suffisent amplement; nous n'insisterons pas plus longuement.
- Des premières négociations entamées avec le Ministre, sortit un arrangement par lequel il fut entendu (pie l’éclairage électrique de l’Exposition serait international, c’est-à-dire confié à un syndicat ouvert aux électriciens du monde entier et administré par les représentants de quelques Sociétés françaises.
- Après divers projets, la combinaison suivante fut adoptée :
- L’Administration consentait à verser au Syndicat une somme de 1800000 francs une fois donnée : en résumé, le Syndicat, en acceptant, s’engageait à l'aire tout l’éclairage public et privé à forfait. C’est ce qu’il fit, et là se terminaient les négociations qui ont précédé la vaste ' installation sur laquelle nous allons donner quelques détails.
- Dès le principe, le Trocadéro devait être compris dans les espaces éclairés électriquement, mais on décida en dernier ressort que son éclairage se ferait au gaz ainsi que celui de la Tour Eiffel, et l’extérieur du Dôme central. Quant à l’éclairage électrique, il s’étend du Champ de Mars à l’esplanade des Invalides en |>assant par les galeries de l’Agriculture et la passerelle du pont de l’Alma. De sorte que la lumière est produite par deux agents qu’on se complaît à entacher d’antagonisme et qui cependant paraissent vivre en assez bonne intelligence au Champ de Mars que, pour la circonstance et par antithèse, on devrait surnommer le Champ de la Paix.
- Qu’on nous permette de satisfaire une préférence en commençant par le commencement, c’est-à-dire l’électricité : Ab Jove principium.
- C’est le 28 septembre 1888 que le Syndicat des électriciens se mit à l’œuvre et procéda à la répartition des espaces à éclairer aux différents participants suivant l’importance des souscriptions. Au Champ de Mars la surface éclairée se partage en deux parties bien distinctes: les espaces couverts, les espaces découverts.
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- loi)
- LA NATURE.
- Espaces couverts. — Ils comprennent : la Galerie îles machines; la galerie de 50 mètres reliant le Dôme central au Palais des machines ; le Dôme central; la galerie Itapp et la galerie Desaix.
- Espaces découverts. — Ils se composent : des cours et avenues intérieures; du jardin supérieur; du jardin inférieur et des abords de la Seine.
- La partie la plus importante du programme était sans contredit le Palais des machines ; ses dimensions gigantesques ont exigé une étude difficile tant au point de vue du choix et de la nature des foyers, qu a celui de leur disposition; cette étude fut menée à bonne lin par le président du Syndicat, M. Fontaine.
- Douze maisons ou sociétés concourent à son éclairage qui se divise entrois parties : 1° la grande
- nef mesurant une surface de plancher do45 662 m2; 2° une galerie de rez-de-chaussée de 16 675 m2; 3° une galerie au premier étage semblable h la précédente, 16 075 m2, formant une surface totale de [très de 80 000 m2 et un volume de 2 millions de mètres cubes.
- Nous ferons connaître plus loin par un tableau sypnofique l'importance de l'éclairage de chaque espace, car il est inutile, croyons-nous, de s’étendre sur chacun d’eux; quand on en connaît un, il est facile de se faire une idée de la disposition des autres; mais nous tenons à nous arrêter plus particulièrement à la Galerie des machines qui mérite une mention spéciale.
- Les appareils qui participent à l’éclairage de la
- Galerie du 1er étage. Côté de l'Ecole Militaire
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- IM.M. Crompton et Cie MÏJasparl
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- Société ,
- 3*2 3*3 3** 3*5 3*6'
- Œrlikon IYI . Alioth et C'e
- © ©ooo|oo©9©oe«©©
- 3*7 3*8 3*9 360 35! 1352 3bQ 35* 355 356 357 356 359 300 36l
- M“nJ)uçomm,uji|
- 36 2 363 3 6* 36 5 366 8
- Gale ne- du 1er étage. Côté des groupes divers
- Régulateurs de60 ampères (Nos l à4-) Régulateurs de25ampèreslN os b à90) Régulateurs de 8 ampères (Nos 91 à327)
- Fig. \. — Exposition universelle de 1889. Plan général de l'éclairage du Palais des machines nu Champ de Mars de Paris. (I)'nprès les documents communiqués par le Syndical internalional des Électriciens.)
- grande nef forment deux séries complètement indépendantes l’une de l’autre pouvant fonctionner ou isolément ou simultanément.
- La première série se compose de 48 régulateurs de 00 ampères répartis entre 4 lustres de 12 régulateurs, suspendus au faîtage de la galerie à 40 ni. d’élévation et dans l’axe longitudinal du Palais. Leur manœuvre s'effectue au moyen de treuils fixés sur les fermes de la charpente à la hauteur du premier étage.
- Disposé par séries de trois, le réseau de ces régulateurs est donc composé de 16 circuits de 60 ampères sous une différence de potentiel de 200 volts, fournis par la société Gramme. 86 régulateurs de 15 ampères forment la deuxième série, et sont placés sur 5 rangs longitudinaux et 18 rangs transversaux, ce qui donne un régulateur par 400 m2 de
- surface de plancher. Les bas côtés du rez-de-chaussée et les galeries du premier étage reçoivent la lumière de 276 régulateurs de 8 ampères soutenus à 5 m. du plancher, sur des poteaux ou par des câbles attachés au plafond.
- Voici comment ont été répartis l’installation et l’entretien des 86 régulateurs de 25 ampères et des 276 régulateurs de 8 ampères.
- ARCS ARCS
- DE 25 AMP. DE 25 AMP.
- MM. Crompton et Cie (Angleterre). . . . 24 79
- .Maison Ducommun (Alsace) 20 76
- MM. Sautter-Lemonnier et Cie (France). . 12 50
- M. Jaspar (Belgique) Société belge pour le transport de force 11 7
- motrice à longue distance 6 8
- M. Borssat (France) 5 ))
- Société française de matériel agricole. . 4' 8
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- LA NATURE.
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- ARCS A IlCS
- DE 25 AMI». DE 25 AMI».
- M. Hemiou de Nancy........................ 4 8
- MM. Allioth et C“........................ » 30
- Ateliers d’Œrlikon (Suisse) ...... » "in
- MM. Popp et Ci0........................... » 5
- Totaux............. 8<> 27(1
- Avant d’aller plus loin, ouvrons une parenthèse et indiquons en quelques mots l'intensité lumineuse de J'éclairage de la grande nef du Palais des machines (pii est produite par 48 régulateurs de 00 ampères possédant un pouvoir éclairant de 1000 cartels chacun, et par 80 loyers de 25 ampères donnant 550 car-
- Fig. 2. — L’éclairage à l'Exposition universelle de 1889. — Les projecteurs de ta Tour Eiffel. Composition de M. t’oyel, faite d’après nature et d'après une photographie de M. N'eurdein )
- cels, ce qui fait 48 000 becs Parcel d'une part et 50100 de l’autre, soit un total de 78100 careels. Or, étant donné «pie la surface totale de la grande nef atteint près de 44 000 m2, on a calculé que la moyenne de l’éclairement du plancher est de J 0 careels par mètre carré, de sorte que la lumière répandue dans la nef de la Galerie des machines atteint à
- elle seule 440 OOOcarcels, près de trois fois l’intensité totale prévue pour l’ensenihlede l’éclairage public.
- Reprenons notre description et terminons-en avec le Palais des machines en signalant les foyers qui éclairent les trois escaliers dont l’un, celui du centre, faisant face à la galerie de 50 mètres (côté de l’École militaire) comprend 200 lampes à incandes-
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- La nature.
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- cenee de 8 bougies alimentées par la Société Wood-house et Rawson. Au-dessous de cet escalier se trouvent des bureaux éclairés au moyen de 10 lampes à incandescence de 200 bougies chacune fournies et entretenues par M. (iarnof.
- L’escalier (côté Sufïren) est décoré par la maison Jarriant au moyen de 500 lampes à incandescence de 8 bougies. Lnlin l’est^alier opposé (côté La bourdonnais) reçoit la lumière de 100 lampes à incandescence de 8 bougies installées par MM. Lrampton et O’.
- Les détails que nous venons de fournir sur une partie seulement de l’éclairage — la plus importante il est vrai, — donnent une idée approximative de la profusion de lumière répandue chaque soir. Avant d’en faire le résumé complet, nous voulons tracer quelques lignes du grandissime flambeau qui lance sur tous les points de l’horizon ses puissants rayons aux couleurs françaises. Nous voulons parler du phare et des projecteurs de la-Tour Eiffel.
- Il n’est pas nécessaire de nous appesantir sur le dispositif du phare, sur lequel nos lecteurs ont déjà eu d’ailleurs des renseignements détaillés *.
- Rappelons que la lampe électrique, placée au centre, a un pouvoir éclairant de 10 000 carcels; elle est complètement invisible de l'enceinte de l’Exposition et ne s’aperçoit qu’à partir de 1500 mètres du pied de la Tour; en revanche ses rayons portent à 80 kilomètres. La partie tournante est mise en mouvement par un courant accessoire venant du bas de la Tour connue le courant principal. C’est la première fois que dans un phare on fait un emprunt d’énergie à la source lumineuse pour remplacer le mouvement d’horlogerie; comme l’essai donne de bons résultats, il est probable que ce n’est pas la dernière fois que ce moyeu sera appliqué aux phares de France et des colonies.
- Un peu au-dessous, à 290 mètres, sur la cinquième plate-forme de 5,75 m de côté, on exécute des projections lumineuses à l’aide de deux appareils du système Mangin (lig. 2) identiques à ceux en service sur les cuirassés de notre Hotte. Indépendants Lun de l’autre, ces projecteurs sont alimentés chacun par un courant spécial de 100 ampères. Us sont placés sur la terrasse qui est au-dessus de la salle publique du troisième étage.
- Les miroirs qui renvoient les faisceaux lumineux ont 0,90 m de diamètre; de forme concavo-convexe, ils sont en verre argenté à la partie postérieure'. Leur foyer est égal à 10 000 carcels chacun et l’intensité totale de leurs rayons lumineux équivaut théoriquement à 8 millions de carcels. En concentrant les deux faisceaux sur un même objet, on pourrait donc atteindre une intensité de 10 millions de carcels. La manoeuvre des projecteurs se fait très facilement. Posés sur une sorte de truc roulant sur une petite voie Decauville qui fait le tour de la plateforme, on peut les transporter au point désiré.
- Indépendamment de ce mouvement de translation,
- 1 Voy. Il" 855, du 18 mai 1889. p. 585.
- ces appareils sont supportés par quatre pieds terminés par des galets roulant sur le truc, comme on peut le voir sur notre figure, ce qui permet aux projecteurs d’embrasser l’horizon dans tous les sens. Le troisième mouvement d’inclinaison s’obtient au moyen de la roue «pie l’on aperçoit sur le centre du tambour; un simple coup d’œil jeté sur notre dessin suffit pour se rendre compte du fonctionnement.
- Trois dynamos, installées dans le pied sud-ouest de la Tour, servent à la production des trois courants nécessaires à la lampe du phare et à celles des projecteurs. Les courants sont portés en haut de la Tour par six cfddes en fil de cuivre tressé non recouvert et simplement soutenus par des isolateurs. Le moteur «pii actionne les dynamos est de 55 chevaux nominaux. Paul Gaueiiy.
- — A suivre. —
- LE QUARTZ FILÉ
- On peut attribuer à M. Yernon Boys tout le mérite de Tinventiou du quartz connue isolateur : c’est lui qui, il v a deux ans environ, a fait des filaments de quartz tellement fins qu’ils en étaient invisibles, en se servant d’un arc et d’une flèche à l'extrémité de laquelle était fixée une petite masse de cette matière fondue. Les filaments ainsi obtenus présentent des propriétés élastiques et mécaniques remarquables, très habilement mises à profil par M. Boys pour la construction d’appareils scientifiques. 11 a le premier réalisé, sous une forme portative, l'expérience classique de Cavendisb démontrant l’attraction universelle. Dans cet appareil, le système mobile se compost! de deux petites masses de plomb de 1 centimètre de longueur, auxquelles un petit miroir est attaché ; le tout est supporté par un filament de quartz formant une suspension très mobile, sensible aux plus petites forces extérieures. On peut déplacer autour de ce système suspendu deux poids cylindriques en plomb de 1 kilogramme chacun : l'attraction de ces deux masses sur les deux petites masses suspendues se traduit par un déplacement de l'image d’un rayon lumineux projeté par le miroir sur une échelle placée à l’antre extrémité de la salle, déplacement qui dépasse cinquante divisions de l’échelle graduée, suffisant pour être vu parmi nombreux auditoire.
- M. Boys a démontré les propriétés isolantes du quartz par une expérience non moins frappante; les feuilles d'or d’un électroscope sont suspendues à un filament de quartz de 2 centimètres de longueur, et portées à un certain potentiel : bien que l’atmosphère environnante soit saturée d’humidité, les feuilles d’or gardent leur charge électrique pendant plusieurs heures, alors que si la suspension était en verre, cette charge se lut dissipée en quelques secondes. Le filament de quartz peut être plongé dans Beau et remis en place, sa surface étant encore recouverte de gouttelettes : il parait n’avoir rien perdu de ses propriétés isolantes. Mais c’est surtout pour la construction des appareils de mesure de précision que la découverte de M. Boys présente un réel intérêt, à cause de la grande ténacité, de la grande résistance d’isolé^ ment et des propriétés élastiqués du quartz, car les filaments formés de cette substance ne manifestent aucune trace de fatigue sous l’action de torsions répétées, ce qui assure la permanence du zéro, condition si souvent cherchée et presque impossible à réaliser avec les autres modes de suspension employés jusqu’ici.
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- LA. NAT U Hli.
- U «'suite, des expériences entreprises par M. Boys pour i déterminée les propriétés! élastiques . (les filaments ; de quartz que le module d’élasticité ou module d’Young de cette substance est sensiblement le même que celui du verre ; quant à la ténacité, elle est bien supérieure à celle du verre, car elle atteint 80 tonnes anglaises par pouce carré, c’est-à-dire 120 kilogrammes par millimètre carré.
- Espérons que nos constructeurs ne tarderont pas à mettre à profit ces précieuses qualités dans la construction d’un grand nombre d’appareils de démonstration et de mesure.
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- , LE FEU GRISOU
- | LA CATASTROPHE DE SAINT-ÉTIENNE
- line terrible catastrophe, qui rappelle celle du puits .labin en 1870, a eu lieu récemment dans les houillères de Saint-Etienne, aux puits Yerpilleux, Saint-Louis, et partiellement aussi au puits Jabin lui-même.
- Le 3 juillet, à 11 h. 45 m., une détonation sinistré, semblable à un coup de canon, jeta la terreur parmi les ouvriers travaillant au dehors et ébranla le sol sur une grande étendue. Aussitôt une épaisse colonne de fumée répandant une odeur acre et nauséabonde s’échappait de l’orifice du puits. Aucun doute n’était possible, c’était le grisou. Le puits Yerpilleux communique avec deux autres exploitations : le puits Saint-Louis et le puits Jabin, de sinistre mémoire. L’incendie se propageant avec une rapidité foudroyante avait gagné aussitôt ces trois puits. Heureusement les ouvriers qui occupaient ces trois derniers puits n’étaient pas très nombreux. A ce moment, les ouvriers du poste de jour étaient dans les galeries, au nombre de 147 au puits Yerpilleux, 30 au puits Saint-Louis et 7 au puits Jabin. Au bruit de la détonation, toute la population du quartier du Soleil et de Méons accourut, et immédiatement les secours s’organisèrent, sous la direction des ingénieurs de la Compagnie des houillères, des gouverneurs et des ouvriers. Les premières personnes accourues furent deux ingénieurs de la mine, M. Christophe Buisson et M. Mathieu Desjoyaux, qui descendirent immédiatement dans le puits; mais à demi asphyxiés, ils étaient bientôt obligés de remonter, non sans être fortement contusionnés. Rapidement organisés, les travaux de sauvetage ont continué avec la plus grande activité et le plus admirable dévouement.
- On ne saurait décrire les scènes déchirantes auxquelles donnait lieu la sortie des cadavres.
- Cette horrible catastrophe a provoqué partout, et surtout dans la région, un grand mouvement de solidarité. Plusieurs journaux ont ouvert des souscriptions. Le nombre des victimes atteint 210.
- Le puits Yerpilleux serait très peu grisouleux. Ce puits est un des plus importants de la compagnie. Sa profondeur est de 450 mètres; il est relié par des galeries aux puits Saint-Louis, Jabin, Mars et du Bardot.
- Au moment où les accidents de ce genre deviennent si nombreux, on pourrait se demander s’il ne faudrait pas prendre des mesures de précautions sérieuses en rendant obligatoire l’éclairage électrique des mines. Puisque les piles électriques n’ont pas donné de résultats, on pourrait recourir à des machines dynamos placées à l’extérieur et à des canalisations dans les mines. Les frais d’installation ne doivent pas être épargnés quand il s’agit de préserver la vie d’un grand nombre d’ouvriers.
- LA PRÔMCTION-DE L’ALCOOL. EN FRANCE
- Depuis quarante-cinq ans la production de l’alcool on France n’a fait (pie croître constamment; mais il est intéressant de noter les variations qu’a subies cette production en ce qui touche les différentes substances d’où sont extraits les alcools.
- De 1840 à 1875, les statistiques comprennent sous une même rubrique les alcools de vins, de cidres et poirés, de marcs, de fruits ; et la production annuelle moyenne qui, de 1840 à 1850, était de 815000 hectolitres, passe à 553082 dans la période 1805-1800, et à 530702 en 1870-1875. En 1840, on extrait déjà 30000 hectolitres d’alcool des différentes substances farineuses, grains et pommes de terre,; cette production annuelle atteint 84018 hectolitres en 1860, et 108483 en 1875. La progression de production des alcools de mélasses est aussi forte pendant cette même période, passant de 40000 hectolitres à 340040 et 582 445 en 1875; quant à celle- des alcools de betteraves, elle est pour ainsi dire fantastique; en 1840, ce n’est rien, 500 hectolitres; en 1875, elle monte à 515771 hectolitres.
- En 1876, les alcools de vins sont encore produits en masses considérables, 545004 hectolitres; mais ces chiffres tombent à 157 570 dès 1877, avec la maladie de la vigne, puis à 102051 en 1870, et enfin à 25250 hectolitres en 1885.
- En cette même année 1885, on produit 20008 hecto-lites d’alcools de cidres et poirés ; pour ceux de marc, la production, de 1876 à 1885, a oscillé de 76227 heeto-lit res à 45855 hectolitres; nous ne citerons qu’un seul chiffre pour celle des alcools de fruits, 7080 hectolitres en 1885. Mais tout naturellement par suite de la disparition presque complète de la vigne, et aussi comme conséquence de l’accroissement continu de la consommation de l’alcool, il a bien fallu trouver un produit pour remplacer les alcools de vins et pour satisfaire aux demandes toujours croissantes. Aussi on a eu recours aux substances farineuses, aux betteraves et aux mélasses.
- Pour ces dernières, la production est passée subitement à 710670 hectolitres en 1876 et est restée à peu près stationnaire depuis. Pour les betteraves, elle était de 245557 hectolitres en 1870; en 1885, elle est de 465451. Enfin, pour les substances farineuses, elle a monté de 101402 hectolitres à 567 768.
- On voit donc que malgré la disparition de la vigne, la production totale, qui était d’environ 1600000 hectolitres en 1875, était passée au bout de 10 ans à environ 1850000. D. Bkllet.
- LA FANFARE ADER
- A l’exposition UNIVERSELLE I)E 1889
- Si les nouveautés téléphoniques ne sont pas nombreuses à l’Exposition universelle, la téléphonie, cette toute jeune branche de la science électrique, est chaque jour l’objet d’expériences curieuses et intéressantes que nous devons signaler à nos lecteurs, dont un grand nombre n’étaient pas encore nés a la vie scientifique lorsqu’elles furent faites pour la première fois à Paris, en 1881, et il convient de féliciter la Société générale des téléphonés de les avoir répétées en 1889, à la grande satisfaction de la jeune génération.
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- LÀ NATURE.
- Nous faisons allusion aux auditions théâtrales I Ader, fonctionnant tous les jours dans le pavillon téléphoniques et aux auditions de fanfares, système ' spécial de la Société, près do la Tour Eiffel.
- Fig. 1. — La fanfare Aller à l'Exposition universelle île 1889. — Transmission.
- Les auditions théâtrales ayant déjà été décrites en détail dans cette revue1, nous nous contenterons de parler aujourd’hui des fanfares qui font, sinon l’admiration, du moins l’étonnement des visiteurs fréquentant les parages du pavillon où elles sont établies.
- Les parties essentielles de ce mode de transmission consistent en deux systèmes distincts : les transmetteurs et les récepteurs.
- Transmetteurs. —
- Les transmetteurs sont au nombre de quatre, actionnés par un nombre égal de musiciens mirlitonnant dans chacun d’eux sa partie de quatuor (fig. 1 ). Ce transmetteur représenté à part, en élévation et coupe (fig. 2), est identique à celui dont on fait usage dans la curieuse expérience du condensateur chantant.
- En A, est une embouchure devant laquelle le musicien iredonne sa
- 1 Yoy. Tables des dix premières années.
- partie, comme sur un mirliton ; il fait vibrer la plaque B à l’unisson du son (ju’iI émet, ce qui produit des interruptions périodiques plus ou moins rapides entre le disque B et la pointe G; le bouton I) sert à régler la distance pour que les ruptures de circuit soient bien franches et produisent dans les récepteurs des sons aussi purs (pie le comporte ce mode spécial de transmission, dans lequel tous les harmoniques sont systématiquement supprimés, pour renforcer le son fondamental.
- Ce transmetteur-interrupteur est intercalé dans le circuit d’une batterie d’accumulateurs avec les cinq récepteurs qu’il actionne, de telle façon que les quatre transmetteurs et les vingt récepteurs forment en réalité quatre groupes de transmission autonomes distincts, et dont l’accord est absolument dépendant de celui des artistes qui les font vibrer.
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- Récepteurs. — Los vingt, récepteurs sont disposés | phones, près de la Tour Eiffel .(fig. 3). Chacun de au-dessus de la porte d’entrée du pavillon des télé- | ces récepteurs se compose d’un aimant en IJ portant
- Fig. 3. — La fanfare Aller à l’Exposition universelle de 1889. — Réception.
- entre scs jambes deux petits noyaux de fer laissant entre eux un intervalle de quelques millimètres (tig. 4); ces deux noyaux de fer doux portent chacun une bobine de fil de cuivre N dont le nombre de spires est convenablement calculé pour l'effet à produire ; en regard du vide laissé par les deux noyaux de fer doux est une petite pièce de forme rectangulaire t également en fer doux, fixée sur une lame vibrante en sapin L de 10 centimètres de côté environ. Les ruptures périodiques de circuit produites par le transmetteur font varier l'aimantation des noyaux de fer doux des cinq récepteurs qu’il commande et font vibrer énergiquement les membranes en sapin, vibrations qui sont recueillies et versées, en quelque sorte, devant le pavillon des téléphones par de
- grandes trompettes en cuivre jaune disposés en devant chaque récepteur comme on le voit ligure 3.
- Il nous serait difficile de porter un jugement quelconque sur la valeur musicale et artistique de
- ces transmissions de musique de fanfare à distance : nous aimons mieux arguer de noire insuffisante compétence en la matière, mais il n’en est pas moins certain que ces auditions obtiennent le même succès de curiosité qu’à leurs débuts, en 1881, à l’Exposition universelle d’électricité, et qu’elles laissent entrevoir le moment où il sera possible de transmettre la parole à distance avec la môme intensité que les fanfares actuellement. Rien que toutes les tentatives faites jusqu’ici dans cet ordre d’idées n’aient pas donné des résultats bien brillants, il ne faut pas désespérer d’atteindre un jour ce résultat. Le téléphone n’existait pas il y a il couvre aujourd’hui le E. H.
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- LA JNATIJIIEI
- LOCOMOTIVES FRANÇAISES
- A (iHAMir, VITESSE
- Los lecteurs de La Nature ont été nus au courant, dans le numéro du 20 décembre dernier, de l’intéressante lutte de vitesse de trains en Angleterre, qui a eu pour théâtre, en août 1888, les deux grandes routes de l’Ouest et de l’Est, entre Londres et Edimbourg. ils se rappellent sans doute que les vitesses effectives atteignaient 105, 110 et même 125 kilomètres à l’heure, et (pie la moyenne se maintenait à 80,2 km. Ils mesureront, non sans étonnement, l’écart considérable que présentent ces chiffres et ceux que nous trouvons dans le n° 58 du Journal den Chemina de fer, publié en mai 1845 :
- On y cite, en effet, un mémoire lu à la Société de statistique de Londres, sur les lignes de chemins de fer où l’on atteint le plus haut degré de vitesse, et l’on présente à l’admiration publique les chiffres suivants :
- Compagnies Northern et Eastern (précisément la route de l’Est pour se rendre de Londres à Edim-
- bourg)..........................vitesse 57,7 km
- Compagnie Créât Western...............52,0 —
- — Newcastle et Nortlishields. 48,1 —
- — North Midland................46,5 —
- — Birmingham à Derby .. . 40,5 ' —
- — Midland Counties... . . . 44,0 —
- — Chester à llirkenhead. . . 44,0 —
- — Londres à Birmingham. . 45,5 —
- — Manchester à Birmingham. 40,1 —
- Le journal ajoute (pie pour toutes les lignes anglaises, la vitesse moyenne, arrêts non compris, est de 55,5 km à l’heure.
- Nous sommes, en vérité, fort loin de compte aujourd’hui, puisque ce nombre convient aux trains de marchandises directs de certaines lignes de notre réseau français sur lesquelles en général les vitesses moyennes sont moindres qu’en Angleterre1.
- il serait fort intéressant, non seulement de rapprocher ces résultats à quarante-six ans de distance, mais encore de comparer avec détails les moyens mis en œuvre pour les obtenir aux (leux extrémités de cette période d’une génération d’hommes et de mesurer ainsi l’étendue des conquêtes de l’art de l’ingénieur de traction.
- Mais réservant pour une autre fois cette étude rétrospective, qu’encourage d’ailleurs la présence à l’Exposition universelle des deux premiers spécimens
- 1 II n’en est pas moins vrai <|ue les grandes vitesses n’étaient pas inconnues à cette époque, mais quelques privilégiés seuls en jouissaient. « On offre la vitesse comme un hommage aux grands de la terre, » disait Me Betlnnont, l’avocat de la Compagnie du chemin de fer de Versailles, rive gauche, dans Son plaidoyer relatif à l’accident du 8 mai 1842. « Sur le chemin de fer de Corbeil la reine des Français fait 80 kilomètres à l’heure... On rend hopomage aux rois par des prodiges de vitesse. L’industrie anglaise, voulant faire honneur au maréchal Soult, le vieil ennemi de la puissance britannique, lui fait faire 109 kilomètres à l’heure sur ses chemins de fer. »
- de locomotives h voyageurs qui aient fonctionné dans le-monde, nous _préférons apporter a «os lecteurs quelques documents nouveaux sur les études actuellement en ^cours, ne serait-ce (pie pour leur affirmer que rien de ce qui peut toucher le bien-être du public n’est négligé par nos ingénieurs, et que ce n’est qu’à coup sûr qu’ils veulent le faire participer à des avantages que des novateurs hardis — imprudents, au dire des anciens — proclament comme incontestablement acquis.
- Tout le monde se souvient de l’émotion produite par l’accident de Yelars, près de Dijon, ^oîi un train express, descendant en vitesse normale une pente de 8 millimètres par mètre, dérailla juste quelques secondes avant son croisement avec un train de voyageurs marchant en sens contraire, et vint se briser contre lui dans une épouvantable catastrophe *.
- Quelle était la cause précise de ce déraillement? La voie avait été soigneusement revue et rebourrée la veille même; la machine est d’un type puissant qui fait depuis de nombreuses années le service des express de notre grande ligne de Paris à Marseille. Alors la vitesse était-elle trop grande? Mais la vitesse moyenne de marche des express de cette Compagnie est sensiblement inférieure à celles d’Orléans, du Nord et de l’Est, et, au moment du déraillement, elle était de 70 kilomètres à l’heure.
- Ainsi,..d’une part, à l’exemple des Compagnies anglaises, et excitées par les besoins de circulation rapide qu’amènent les relations à grandes distances et l’achèvement des grandes artères internationales, les Compagnies françaises sont obligées d’adopter des vitesses de plus en plus grandes; d’autre part, la cause inconnue du terrible accident, de Yelars provoque la déliance de l’Administration, sinon des ingénieurs eux-mêmes.
- On se trouvait donc amené logiquement à réclamer des études spéciales sur les conditions de stabilité des locomotives à grande vitesse françaises. Ces expériences ont eu lieu sur la ligne de Paris à Lyon, entre Sens et Montereau, et s’il n’est pas aisé de conclure d’une façon scientifique, et nette des conditions qui assurent en tout temps la stabilité des locomotives à toute allure, et par- suite d’affirmer des conclusions précises sur les causes de l’accident, du moins peut-on produire quelques résultats intéressants et signaler quelques traits généraux communs aux locomotives qui ont donné le plus de satisfaction au point de vue spécial de la» sécurité en grande vitesse.
- Les compagnies françaises appelées à ce concours étaient, avec le Paris-Lyon-Méditerranée, l’Est, le Nord et l’Orléans. Pour éviter une description, fastidieuse pour nos lecteurs, nous donnons, page 108, des croquis, à même échelle, des quatre locomotives essayées (fig. 1, 2, 5 et 4). A première vue, elles diffèrent toutes les quatre les unes des autres ; ce-
- 1 Vov. n° 798, du 15 septembre 1888, p. 241.
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- LA NATURE.
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- pendant plus attentivement, on reconnaît que les machines du Paris-Lyon-Méditerranée et de l’Orléans sont sœurs, et de lait, celle-ci est l’aînée par ordre de date. Elles ont comme caractéristique de reposer sur quatre essieux, dont deux moteurs accouplés au milieu, et de présenter, à l'avant de l’essieu d’avant une masse considérable en porte-à-faux, celle des cylindres, où s’élabore le travail de propulsion. Rappelons que ce travail se développe alternativement par demi-tour de roue de chaque côté de la machine et donne lieu aux diverses perturbations dans l’allure, de la marche, connues des ingénieurs sous les noms de galop ou tangage, roulis et lacet, suivant leur sens de production.
- La machine de l'Est n’a que trois essieux, dont les deux derniers sont moteurs accouplés. L'avant de la machine ne présente pas de masse en porte-à-faux, contrairement à ce que l’image pourrait faire croire, car le corps cylindrique (pii sert de base à la cheminée est entièrement creux et constitue la boîte à fumée. La masse des cylindres, à l'opposé de ce qui existe dans les machines de Paris-Lyon-Méditerranée et d’Orléans est à P arrière de la roue d’avant, fort rapprochée du centre de gravité même de la machine, de telle sorte qu’à efforts de perturbation égaux, le déplacement de cette machine ne peut-être qu’insensible comparé aux deux précédentes.
- La machine du Nord a quatre essieux. Mais les deux moteurs accouplés sont à l’arrière, et les deux essieux porteurs à l’avant font partie d’un petit véhicule articulé au bâti de la machine par une cheville ouvrière permettant ainsi à la machine de s’insérer sans secousses dans les courbes de faible rayon. Dans cette machine, la niasse des cylindres repose entre les deux roues porteuses de Pavant; ceux-ci sont intérieurs au bâti et, comme de ce fait leurs axes sont beaucoup plus rapprochés entre eux (pie dans le cas des machines de Paris-Lyon-Méditerranée et d’Orléans, les déplacements de la machine produits par l’alternance des efforts dans les cylindres sont très peu sensibles.
- Ainsi, d’une part, deux machines ayant une grande similitude d’organes, où l’action perturbatrice de l’alternance dans le mouvement des pistons est maximum et par suite exige des moyens spéciaux pour les combattre ; puis toutes les deux progressant sur la voie, de telle sorte que des actions extérieures, comme la force centrifuge, par exemple, agissent sur la masse en porte-à-faux à Pavant de la machine, avant que cette massse n’ait été guidée par la roue d’avant.
- D’autre part, deux machines n’ayant en commun que les dispositions contraires aux précédentes, c’est-à-dire que les roues d’avant dirigent en quelque sorte la masse qui les suit et que les déplacements dus aux fortes perturbations intérieures sont réduits au minimum.
- Le tracé de la voie choisie pour les essais, entre Montereau et Sens, est représenté par un croquis
- (fig. 5). Du kilomètre 89,450 au kilomètre 98,900, la voie avait été revisée et consolidée pour permettre de courir à la plus grande vitesse possible ; des agents devaient mesurer les mouvements qui pouvaient se produire dans l’assiette des rails après le passage des machines.
- Les expériences eurent lieu du 50 mars au 2 avril, devant une nombreuse assistance composée de fonctionnaires supérieurs de l'Administration et des Compagnies. Ces expériences, où les machines ne remorquaient qu’une voiture de lrc classe, à trois essieux de la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée, consistaient à relever le temps employé à parcourir l’intervalle compris entre deux poteaux kilométriques, d'où on déduisait la vitesse moyenne de marche de kilomètre en kilomètre et à noter l’allure des machines aux plus grandes vitesses atteintes.
- Le tableau graphique (tig. 0) donne les vitesses mesurées ainsi dans la course de retour entre Sens et Montereau, où, en raison de la pente générale du profil de la voie, les plus grandes vitesses ont été obtenues. L’échelle horizontale est celle de la succession des poteaux kilométriques et l’échelle verticale celle des vitesses en kilomètres à l’heure.
- Les locomotives de Paris-Lyon-Méditerranée, Orléans et Nord, se sont maintenues à 120 kilomètres à l’heure; la locomotive de l’Est, dont l’allure a été particulièrement remarquée, a facilement atteint 129 kilomètres. A ces vitesses vertigineuses, la sensation éprouvée sur une bonne voie n’est nullement désagréable, et on se doute à peine que l’on franchit l’espaee à près de 50 mètres par seconde. Lorsqu’on revient aux vitesses habituelles de nos trains express, soit 80 kilomètres à l’heure, il semble qu’on suive l’allure d’un train de marchandises.
- Toutes les machines se sont parfaitement comportées sur la partie de voie consolidée, tandis que des différences se sont accusées sur les parties avoisinantes qui avaient été laissées à peu près dans leur situation habituelle. Les machines du Paris-Lyon-Méditerranée et de l’Orléans se trouvèrent sensibles aux défectuosités de la voie, tandis que les machines de l’Est et du Nord se maintinrent, sans qu’à aucun moment l’on put craindre que leurs mouvements dussent avoir une influence fâcheuse sur la voie. D’ailleurs on n’a trouvé aucun changement aux voies après les passages de ces dernières machines, tandis que de légers mouvements de la voie ont été reconnus après les passages des machines du Paris-Lyon-Méditerranée et de l’Orléans.
- Mais il faut bien remarquer qu'en atteignant des vitesses oscillant entre 115 et 150 kilomètres à l’heure, on se trouverait dans des conditions extrêmement rares, sinon inconnues, sur les réseaux français.
- Si ces expériences ont permis de conclure à une stabilité excellente des locomotives de nos compagnies françaises pour l’usage quelles en font ac-
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- tuelleincnt, c’est-à-dire aux vitesses qui dépassent rarement en fait 90 kilomètres à l’heure, peut-être est-il permis de conclure que certaines d’entre elles
- sont susceptibles de continuer plus sûrement (pie les autres les avantages de stabilité dont elles jouissent actuellement, le jour où l’on serait amené ii
- Fig. 1. — Locomotive Paris-Lyon-Méditerrauéc.
- Locomotive Je l’Est.
- Fig. i — Locomotive Paris-Orléans.
- — Locomotive du .Nord.
- adopter les vitesses du Flying Scotchmann1. Il y a une remarque évidente, lorsqu’on examine les machines à grande vitesse anglaises-, c’est que toutes rentrent dans la catégorie de celles où se trouvent les machines de l’Est et du Nord, c’est-à-dire celles où les roues d’avant précèdent la masse qu’elles guident. Il semble qu’elles affermissent à l’avance la voie sur laquelle passera la partie de la machine plus sujette à l’ébranler, en rendant par suite cette voie plus résistante aux efforts d’arrachement que produit la machine.
- Ainsi donc, d’intéressantes études se poursuivent en ce moment dans lesquelles l’Administration supérieure, aussi bien que les fonctionnaires des compagnies, se préoccupe de doter notre public de voyageurs de puissants moyens de traction où la vitesse de marche ne soit pas acquise au prix d’une diminution dans la sécurité.
- Le problème n’est pas si simple qu’il semble au
- 1 Train rapide de Londres à Edimbourg, faisant en 8 h. 30 ni. un trajet de 637 kilomètres.
- premier abord. Si les moyens de locomotion rapide existent en Angleterre, c’est que l’abondance du
- trafic permet aux Compagnies anglaises d’établir et de maintenir une voie excellente, notablement meilleure que nos voies françaises, et de créer de nombreux trains relativement légers en dédoublant même les lignes lorsqu’il y a encombrement, tandis que nous sommes forcés d’être parcimonieux et lents à décider d’énormes dépenses mal rémunérées. En d’autres termes, les Anglais n’ont nulle peine à mener à 120 kilomètres à l'heure des trains qui ne dépassent pas 400 tonnes, sur des voies parfaites, alors que nous devons assurer la stabilité et la vitesse de trains de 150 à 200 tonnes sur des voies moins bonnes.
- Nous espérons que la conclusion ne se fera pas trop attendre et que nos ingénieurs seront bientôt en mesure de tirer profit, pour le public, des expériences de vitesse des machines locomotives françaises que nous venons de rapporter. C. G., ingénieur.
- 9 n i 0.7 °j 3^ ^
- JE.
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- Montereau «Ueneuvata-Guyard Champigny Pont-s-Yonne Sens
- Fig. 5. — Tracé Je la voie entre Moiitercau et Sens.
- m 103 102 11)1 100 99 98 97 96 95 96 93 92 91 90 89
- Fig. 6. — Tableau graphique des vitesses.
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- Dans une communication faite l’année dernière à l’Académie1, nous avons fait connaître une méthode
- à l’aide de laquelle on obtient, par le moyen de la photographie, des images directes de l’étincelle
- électrique qui sont toute une révélation sur l'agent 1 Compte* lewtus, 2 I oct. 1888 ; t. (Alt, p. 08 i.
- subtil, et qui, à la netteté du trait, joignent une perfection de détail qui ne saurait être surpassée. Plusieurs des photographies exhibées dans cette
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- LA NATURE.
- même séance ont été reproduites dans la Lumière électrique 1 et dans plusieurs autres Revues scientifiques et photographiques françaises et étrangères.
- Depuis cette première publication, les phénomènes électriques ont été, de notre part, l’objet de laborieuses études, et les quelques centaines de clichés aujourd’hui en notre possession révèlent des faits nouveaux, qui nous paraissent si intéressants, que nous ne résisterons pas au désir d’en dire ici quelques mots.
- A première vue on reconnaît sur nos clichés un fait important et capital qui domine tous les autres. Les images engendrées par la décharge de l’électricité positive (fig. 1 et o) sont dissemblables, et ne ressemblent en aucune manière aux images engendrées par la décharge de l’électricité négative (fig. 12 et 4). Les premières, sinueuses et singulièrement ramifiées, ressemblent à certains lichens, à certaines algues; tandis que les secondes, à ligne souvent brisée, rappellent par leur forme les feuilles élégantes de certains palmiers.
- Bien que d’une manière générale on puisse affirmer que toutes les étincelles électriques de même nom, quelle qu’en soit la source, se ressemblent, et ont un caractère, un air de famille tout à fait indiscutable, elles portent cependant, jusqu’à un certain point, un cachet individuel plus ou moins marqué qui fait qu’une étincelle, donnée par une certaine machine productrice d'électricité, diffère, en certains points, d’une étincelle fournie par une autre machine de différente grandeur ou de différente construction. La dilférence de forme tient peut-être à une question de quantité et de tension.
- Afin d’illustrer convenablement ce qui vient d’être dit, nous avons à dessein choisi deux cas extrêmes de variations de l’étincelle qui sont dues à la dilférence de construction des appareils employés. Les images (fig. 1 et 2), sont le produit de la décharge simultanée des pôles positif et négatif d’une bobine de Ruhmkorlf sur la surface sensible de deux plaques photographiques placées dos à dos; tandis que les images (fig. o et 4) résultent de la décharge dos pôles opposés d’une machine à plateaux d’ébonitc de Wimshurst, sur deux autres plaques sensibles disposées de la même manière. La différence est assez remarquable entre les premières et les secondes images, pour que nous insistions plus longuement sur ce sujet.
- Les images données par la grande machine de ïloltz, du Conservatoire des arts et métiers, mise à notre disposition par le bienveillant directeur de cette institution, M. le colonel Laussedat, ainsi que celles que j’ai obtenues avec la grande machine à douze plateaux de Wimshurst, construite par M. Du-eretet, et maintenant en exhibition au Balais des arts libéraux, diffèrent entre elles, comme elles diffèrent également des images fournies par d’autres appareils.
- 1 10 nov. 1888, t. XXX, |». 200.
- Les plaques photographiques elles-mêmes apportent une certaine modification, très légère il est vrai, dans la forme de l’étincelle, selon qu’elles reçoivent telle ou telle émulsion. On pourrait penser que la forme des électrodes apporterait aussi certaines modifications dans la forme de l’étincelle, mais s’il en est ainsi elles doivent être très légères, car jusqu’ici nous n’avons encore pu les constater sur nos clichés.
- Outre les faits que nous venons de faire ressortir, les photographies de l’étincelle permettent aussi d’étudier la marche intime des électricités opposées, ainsi que la relation étroite qui existe entre elles. Il est fort rare, en effet, qu’une étincelle électrique soit positive, soit négative, donne une image pure et exempte de tout mélange. Au contraire, les deux images se trouvent généralement associées, et ceci est surtout le cas pour les images qui naissent des décharges du pôle négatif.
- Si nous n’avions craint d’occuper trop d'espace, nous aurions pu parler des phénomènes d’induction qui donnent naissance à ces images minuscules si nombreuses, à ces ondes si instructives, et nous aurions aussi touché quelques mots des phénomènes mystérieux qui se produisent à la rencontre des électricités venant de directions opposées. Plus tard nous nous proposons de donner une idée de ces phénomènes, avec des figures dont ils ont eux-mêmes laissé la trace. E.-L. Trouvelot.
- CHRONIQUE
- Observations magnétiques. — Dans la dernière séance de la Société météorologique, M. Moureaux a présenté le tableau des observations magnétiques, encore inédites, faites dans la partie sud des îles Philippines, en 1888, par le P. Martin Juan, sous-directeur de l’Observatoire de Manille. Ces observations, faites avec des appareils semblables à ceux que 31. Moureaux emploie dans ses voyages magnétiques, s’étendent sur une région comprise entre l lü°l22' et 124° 9' de longitude est, et entre (i° 5' et 9° 47' de latitude nord, région dont la partie inférieure confine au maximum principal d’intensité qui couvre le grand archipel d’Asie, et à la ligne d’inclinaison nulle; elles étendent vers le nord le réseau si complet exécuté dans les Indes néerlandaises par 31. Yan Rijeke-vorsel. Malheureusement, l’observateur, atteint par les fièvres, ne put achever son travail si important; obligé de s’aliter après avoir étudié en détail la côte de Pile 3Iindonao, il mourut le 10 juillet à Surigao. L’Observatoire de Manille ne s’est pas préoccupé seulement de l’étude générale des îles Philippines, le P. Faura vient de faire construire un pavillon magnétique, et, depuis quelques mois, le magnétographe «le 31. 31ascarty fonctionne régulièrement.
- Le matériel des chemins de fer français. —
- D’après une statistique récente, il paraît que les compagnies de chemins de fer français possèdent à elles toutes le matériel roulant dont l’énumération suit: 10000 locomotives, 4500 voitures de première classe, 10000 de seconde classe, 10000 de troisième, 10000 wagons à
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- LÀ NATURE.
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- marchandises prenant place dans les trains à grande vitesse, et enlin 255000 wagons à marchandises de toute nature. I). H.
- Le gaz & l’Exposition universelle de 1889.
- — D’après des renseignements communiqués à la Société lectinique de Vindustrie du gaz en Fiance, il n’y a pas moins de 00000 becs de gaz de différentes consommations en service à l’Exposition. Leur consommation s’élève à 7000 mètres cubes à l’heure. On peut se faire une idée de l’importance de cette dépense et de cette installation en la comparant à l’éclairage public de la Ville de Paris, éclairage qui compte actuellement 00000 becs correspondant à 100000 becs du typ« de 140 litres par heure, soit 14000 mètres cubes par heure. Les illuminations au gaz de l’Exposition représentent donc une consommation de gaz égale à environ la moitié de ce qu’exige l’éclairage public de la Ville de Paris.
- In voyage à cheval. — Lu oificier de dragons russes, M. le cornette Asséiew, vient d’accomplir un tour de force sportique tout à fait exceptionnel. Parti le 10 avril, à cheval, de la ville de Loubny (province de Pultava), il est arrivé en trente-trois jours à Paris, voyageant toujours en selle et n’ayant avec lui qu’un seul cheval de main à la façon kirghise. M. Asséiew a suivi l’itinéraire que voici : Kiew, Novgorod-Volynsk, Léopol, Cracovie, Troppau, Bohème du Nord, Haute-Bavière, Darmstadt, Trêves, Luxembourg, Longwy, Montmédy, Reims et Paris.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 8 juillet 1889.—Présidence de M. Des Cloizeaüx
- Sur la pourpre. — Il y a déjà un certain temps que, dans un travail devenu classique, M. de Lacaze-Duthiers a fait connaître la structure des glandes qui, chez divers mollusques, sécrètent la matière colorante connue sous le nom de pourpre. L’illustre zoologiste a montré que la matière dont il s’agit, incolore et inodore dans son siège physiologique, est éminemment photographique et acquiert à l’air une odeur très sensible. Sous l'influence de la lumière solaire, la matière devient jaune, puis verte, puis bleue, puis violacée plus ou moins rouge. Dans le cas du Murex trunculus qui fournissait la pourpre aux anciens, c’est un violet très bleuâtre qui se produit en définitive : telle était la nuance de la couleur si estimée des Romains. L’odeur dégagée est alliacée ou phosphorée, rappelant celle des culots de cartouches qu’on retire d’un fusil de chasse après avoir tiré. L’histoire chimique de la singulière matière dont il s’agit était complètement à faire : sur les instances de M. de Lacaze-Duthiers, elle vient d’être entreprise par M. Tellier qui communique les premiers résultats auxquels il est déjà parvenu. La matière jaune est soluble et peut cristalliser. De même la substance bleue et les substances rouges peuvent être obtenues avec des formes cristallines : c’est un point tout à fait nouveau et fort important auquel il faut joindre cette note, que la pourpre constitue une encre incomparable pour marquer le linge. Des foulards, marqués ainsi en 1858 et soumis depuis ces trente ans à une série indéfinie de blanchissages, ont conservé intacts les caractères qu’on y avait écrits avec la pourpre.
- Géologie des environs d’Êtampes. — La construction d’un nouveau chemin de fer a amené l'ouverture d’une
- tranchée à Saint-Hilaire, près Etampes, au travers des assises fossilifères des sables de Fontainebleau. La proximité du gisement que j’ai découvert en 1878 à Pierrefitte rendait intéressante pour moi la visite de ce nouveau point. La conclusion d’un premier examen trop superficiel et sur laquelle je me réserve de revenir avec détails quand j’aurai terminé l’examen des matériaux recueillis, est que la faune de Pierrefitte se prolonge à Saint-Hilaire, mais fortement mélangée à des espèces du niveau d’Or-moy. Parmi les formes jusqu’ici propres à Pierrefitte, je citerai, dans la nouvelle tranchée, deux coquilles auxquelles j’ai imposé les noms de Corbnlomya Morleii et de Vénus Lœwyi. Plusieurs spécimens d’Halitherium ont été recueillis avec Pectuhculus obovatus, Cerithium pli-catum et trochleare, Cylherœa incrassata et splendida, JS ali c a crassalina, Pleurotoma Delgica, etc. Je reviendrai sur ce sujet dans un travail spécial. Je mentionne en même temps la rencontre au-dessus de Saint-llilaire, tout près du moulin de la Planche, d’une sépulture néolithique qui a fourni quatorze squelettes malheureusement tombés en poussière. J’ai sauvé cependant beaucoup de dents et divers os tels que des tibia parfaitement platycnémiques. C’est sous un rognon de grès qu’on exploite par pavés que cette trouvaille a été faite. Avec les débris humains gisait un vase en terre grossière à peine cuite parfaitement caractérisé.
- Mensurations ostéologiques. — M. Rollet (de Lyon) qui, en 1888, a publié de nombreuses mesures relatives aux os longs de l’homme, vient de terminer un travail analogue à l’égard des singes anthropomorphes dont il a eu à sa disposition une série de quarante-deux squelettes. La taille du Gorille est comprise entre 1,04 m et 1,07 m; bien loin, par conséquent, des 2 mètres indiqués dans beaucoup d’ouvrages. 27 fois sur 42 le bras gauche des Singes s’est montré plus long que le bras droit; ce qui est précisément le contraire de ce que fournit l’homme chez qui, 99 fois sur 100, le bras droit est le plus long.
- Statistique française. — Il résulte d’un travail de M. Levasseur qu’au siècle dernier on trouvait 550 individus de 0 à 15 ans sur 1000 Français, tandis qu’au-jourd’hui ce nombre est tombé à 209. 11 nous semble que ce résultat est tout à l’avantage du présent sur le passé puisqu’il montre que la proportion des individus parvenant à l’âge adulte est plus considérable qu’autre-fois; pourtant il semble que l’auditoire de M. Levasseur tire de sa lecture une conclusion inverse; mais c’est peut-être faute de réflexion. La Prusse et l’Angleterre seraient actuellement dans les conditions où la France était en 1789, avec son rapport de 550 enfants pour 1000 individus.
- Varia. — Au nom de M. Kœnig et au sien, M. Dar-boux décrit deux appareils dont le premier a pour objet de décrire le plan dans l’-espacc au moyen de quatre tiges articulées et dont l’autre procure la représentation du mouvement d’un corps solide suspendu par son centre de gravité conformément à la théorie de Poinsot. — M. Le Chatellier examine l’influence de la température sur les propriétés de l’acier. Stanislas Meunier.
- TRANSPORT DE LA STATUE
- « LA LIBERTÉ ÉCLAIRANT LE MONDE ))
- La statue offerte a la France par l’Amérique a été inaugurée le 4 juillet 1889, a la pointe de Elle
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- LA NATURE.
- des Cygnes, a Paris. C’est la réduction de celle que tous nos lecteurs connaissent, dont la tête figurait à l’Exposition universelle de 1878 et qui a été donnée par nous aux Américains. Elle est érigée à l’entrée delà rade ce New-York1.
- La réduction de cette œuvre colossale de M. Bar-tholdi a encore de très belles proportions. Elle mesure 8 mètres 60 centimètres à la tète et 11 métrés 40 centimètres à la llamme; son poids est de 11000 kilogrammes. C’est la fonderie de MM. Thiébaut frères qui a été chargée de son exécution. Cette fonderie se trouve aux Ternes, rue Guersant, et il s’agissait de transporter la statue tout d’une pièce à la pointe de l’ile des Cygnes;
- M. Chalet' fut chargé de cette délicate opération.Voici l’itinéraire suivi : rue Guersant, boulevards Gourion -Saint-Cyr et Cannes, parc de la Muette, avenue Prudhon, boulevard Beauséjour, rues de l’Assomption et de Boulainvilliers, et enfin pont de Grenelle. Le parcours est ron 6 kilomètres.
- La statue lut d’abord descendue au moyen de crics, du socle sur lequel elle se trouvait à la fonderie, pour être posée sur une sorte de traîneau formé de 4 chantiers parallèles entre eux et assemblés par deux traverses; puis étayée sur ce traîneau au moyen d’un assemblage dont on peut se rendre compte par notre gravure.
- Au moyen de longues poutres savonnées placées sur le sol, on constitua ensuite un chemin sur lequel le traîneau pouvait glisser facilement. Un treuil était fixé il quelques mètres en avant du chemin à parcourir, et dix hommes suffisaient à
- amener le pesant fardeau. Les poutres formant rails devenues inutiles à l’arrière étaient reportées en avant, le treuil déplacé et on recommençait la même opération. On avançait ainsi de 500 mètres par 24 heures, en travaillant jour et nuit; le départ s’était effectué le samedi soir 22 juin. Arrivé au parc de la Muette, on s’aperçut que le chemin parcouru était insuffisant si l’on voulait être prêt au jour fixé ; déplus, à cause des courbes assez fréquentes les manœuvres à bras d’hommes devenaient très
- difficiles. Rem-
- ...—..............................placer les hom-
- mes par des chevaux n’était pas possible, les difficultés de manœuvre eussent été plus grandes encore. G’est alors que M. Chalet eut l’ingénieuse idée de demander un de ces puissants rouleaux à vapeur que la ville de Paris emploie pour écraser le macadam et que M. Alphands’empressa de mettre à sa disposition. Un disposait alors d’une force considérable, très docile, tenant relativement peu de place et pouvant suivre les courbes avec.facilité. A partir de ce moment, on avança de près du double, soit 1 kilomètre par 24 heures, et le vendredi 28 juin au soir la statue était à pied d’œuvre. Notre gravure est la reproduction exacte d’une excellente photographie instantanée de M. Maurice Guibert. Elle rend parfaitement compte de l’opération, et nous croyons inutile de nous étendre davantage sur les détails; nous ne voulons pas terminer sans féliciter M. Chalet de la façon ingénieuse avec laquelle il a mené à bien cette entreprise.
- G. Maiïesciiai..
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissanmer.
- Transport à Paris, <lc la réduction de la statue de M. Bartholdi la Liberté éclairant le monde, inaugurée le 4 juillet 1889. (D’après une photographie instantanée de M. Maurice Guibert.)
- 1 Vov. u° 201, du 1er juin 1878, p. 15.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N* 842. — 20 JUILLET 1889.
- LA NATURE.
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- LE CHEMIN DE FER DECÀUYILLE
- A LEXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Lorsqu’il fut décidé que l’on construirait, au Champ de Mars, l’Exposition universelle de 1889, on reconnut bientôt la nécessité de lui donner une extension latérale, de lui créer des annexes capables de recevoir ce que les grands batiments en fer du corps principal ne pouvaient contenir ; or cet excédent a été considérable en raison même des progrès accomplis depuis l’Exposition de 1878. 11 a fallu loger d’intéressants et vastes panoramas, des machines
- élévatoires, l’Agriculture avec toutes ses dépendances, pisciculture, ostréiculture, beurrerie, laiterie, alimentation, etc..., les Postes et télégraphes, le Ministère de la guerre, les poudres et salpêtres, l’hygiène, l’Assistance publique, l’économie sociale, et enfin les colonies, Algérie, Tunisie, Annam et Tonkin, Guyane, Gabon, Indo-Chine, Guadeloupe, Martinique et Cochinchine, c’est-à-dire une des parties les plus intéressantes, à l’heure actuelle, d’une Exposition universelle.
- MM. Alpband et Georges Berger ne se trouvèrent pas néanmoins pris au dépourvu. Après avoir reconnu l’impossibilité d’étendre la surface utile du
- y'" WS,
- Fig. 1. — Le chemin de 1er à voie étroite Decauville à l’Esplanade des Invalides. (D’après une photographie instantanée de M. N’eurdein.)
- Champ de Mars du côté très encombré de Grenelle, ils pensèrent à annexer le quai d’Orsay et l’Esplanade des Invalides. Ils obtinrent ainsi la surface nécessaire de 70 hectares, supérieure de 20 hectares à celle occupée par l’Exposition de 1878.
- Clôturer l'espace considérable ainsi conquis et le répartir entre les exposants français et coloniaux, ce fut chose aisée. Mais alors se présenta une sérieuse difficulté. Du Palais des Machines à l’Esplanade des Invalides, en passant devant la Tour Eiffel et longeant le quai d’Orsay, il y a environ 5 kilomètres de distance. On ne pouvait demander aux visiteurs de l’Exposition d’ajouter au parcours accompli dans la visite du Champ de M.irs un trajet supplémentaire aussi considérable pour aller admirer toutes les choses curieuses que renferme l’Esplanade des In-17” année. — 2° semestre.
- valides. Il fallut trouver un moyen rapide et peu coûteux de résoudre le problème.
- C’est alors que l’on établit le projet d’un petit chemin de fer à voie étroite contournant le Champ de Mars le long de l’avenue de Suffren et allant aboutir à l’Esplanade des Invalides avec le nombre de stations nécessaires pour permettre aux visiteurs de satisfaire suivant la règle des Expositions universelles, leur fantaisie et leur curiosité.
- Nous passerons sur les difficultés techniques et économiques que présenta la mise au concours de ce projet; elles sont de peu d’intérêt à l’heure actuelle. La conclusion finale est que le projet élaboré par l’Administration fut exécuté par la Société Decauville avec le concours de M. Gaillot, entrepreneur.
- Ce chemin de fer minuscule, dont la voie n’a
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- LA NAT U HE.
- que 0,00 m d’écartement, contribue, dans une large mesure, à l’amusement des visiteurs; c’est là un résultat fort avantageux en matière d’Exposition. Mais il faut remarquer aussi qu'il montre, en plein Paris, et avec une circulation intensive, un exemple de ce que l’on peut attendre, comme services rendus, des chemins de fer à voie étroite. C’est une véritable Leçon de choses pour le public.
- Les chemins de fer à voie étroite, qui ont de chaleureux partisans, ont rendu de grands services en Algérie, comme chemins de fer de pénétration, et ils en rendront enéore. Les Anglais, les Russes s’en sont servis couramment dans leurs expéditions;
- 'a nos lecteurs. Rien de plus curieux que de voir ces petits trains remplis d’une foule joyeuse effectuer leur parcours avec tous les dispositifs, nous serions tenté de dire, tout le sérieux que comporte une voie ferrée ordinaire.
- Au point de vue technique, la construction n’a pas été sans difficulté. Ce petit chemin de fer est à deux voies de 0,60 m d’écartement, ainsi que nous l’avons dit ; il a fallu qu’il fût installé sans interrompre la circulation sur les avenues et les ponts donnant accès à l’Exposition. 11 comporte, en conséquence, plusieurs passages à niveau et deux tunnels, l’un de 20 mètres de longueur, sous la chaussée qui prolonge le pont d’Iéna, l’autre de 106 mètres sous le terre-plein du pont de l’Alma devant la Tour Eiffel. Ajoutons que le terrain à parcourir est
- en France même ils rendent des services, non seulement dans les exploitations agricoles et industrielles, mais encore comme chemins de fer d’intérêt local sur certains points. Mais tout le monde ne va pas aux colonies ni même dans les départements où ce genre de locomotion fonctionne. 11 est intéressant de le voir fonctionner et transporter des centaines de mille de visiteurs dans l’enceinte même de Paris et de se rendre compte des avantages et des inconvénients qu’il peut présenter dans des circonstances d'exploitation courante et intensive.
- Nous n’insisterons pas sur le point de vue pittoresque de cette installation : il n’aura pas échappé
- fort accidenté et fort contourné : il présente des pentes ou rampes de 25 millimètres par mètre et des courbes de 45 mètres de rayon. C’est merveille de voir les petites locomotives monter ces pentes et prendre ces courbes avec facilité à une vitesse qui atteint environ 15 kilomètres à l’heure ; elles sont de trois types différents, nommés, d’après les noms de leurs inventeurs, type Mallet (com-pound), type Pichot-Bourdon et type de Petit-Bourg, et pèsent de 6 à 12 tonnes. Les rails, en acier, ne pèsent que 9,5 k par mètre.
- Les wagons, tous couverts, mais les uns ouverts et les autres fermés, sont également de trois modèles : on y voit un modèle sur bogie de 9,20 m de longueur à soixante places, des voitures de première classe, sur deux essieux, k douze places, et enfin,
- 1—corrferurev
- l'Almal
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- 5^9 HALTE DU PALAJS' DE L'ALIMENTATION \
- Constructions
- Voies ferrées du ChTde fer intérieur Enceinte del'ExpOSition
- MACHINE!
- Fig. 2. — Plan du chemin de fer à voie étroite à l'Exposition universelle de 1889. Tracé de la ligne et stations.
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- LÀ NATUllE.
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- des wagons-salons — tout comme dans VOrient-express, — sur deux essieux, de 4,50 m de longueur et renfermant vingt places.
- Que l’on fasse grand ou petit, en matière de voie ferrée, que l’on aille très vite ou à une vitesse modérée, les précautions les plus grandes s’imposent pour éviter les accidents. Aussi chaque gare du petit chemin de fer de l’Exposition est-elle munie d’un disque manœuvré à distance et qui ne peut s’ouvrir aux passages à niveau que lorsque la barrière est fermée : des cloches électriques annoncent l’arrivée d’un train et chaque gare possède un poste téléphonique. Le fonctionnement et l’exploitation du « llecau-ville » de l’Exposition, — c’est ainsi que le public s’est accoutumé à le nommer familièrement — sont satisfaisants. Malgré le nombre considérable des trains journaliers et la circulation très active des voyageurs, rien n’est venu troubler, depuis son ouverture, sa marche régulière. Les partisans des chemins de fer économiques sur routes et à voie étroite peuvent le compter comme un succès et comme une confirmation de leurs théories. Des installations de ce genre sont tout indiquées pour les régions dont l’importance, au point de vue de la circulation des voyageurs et du transport des marchandises, ne saurait comporter ni justilier la dépense et le matériel d’une grande voie ferrée.
- 11 faudrait se garder, cependant, de tomber dans un excès contraire, comme cela est parfois arrivé même à des hommes techniques estimés, et de croire que ce petit matériel puisse, dans tous les cas, remplacer le grand avec avantage. Les voies ferrées étroites doivent, pour donner tous leurs bons résultats, rester limitées au rôle d'affluents des grandes voies larges qui constituent le réseau principal d’un pays. Cette question a une grande importance pour la Ville de Paris même, en ce moment où, à la suite du brillant succès de l’Exposition universelle, les travaux du chemin de fer métropolitain vont enfin être entrepris. Il serait illogique, contraire aux intérêts du commerce et de l’industrie, et nuisible aux intérêts plus sacrés encore de la défense nationale, de vouloir utiliser la voie étroite pour ce service spécial. Nécessairement relié à toutes nos grandes voies ferrées dont il doit être la plaque tournante générale, le métropolitain de Paris doit pouvoir recevoir tous leurs trains, sans arrêt au besoin, sans transbordement et sans embarras : il faut que le wagon chargé à Calais ou à Marseille arrive sans rompre charge à la gare des Halles Centrales.
- Laissons donc simplement à la voie étroite son rôle d’avant-garde et de pénétration; elle y sera le puissant auxiliaire de la civilisation.
- Max de Nansouty.
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- LES CANAUX EN RUSSIE
- Le réseau des voies navigables de la Russie, au moins en ce qui concerne les canaux, est encore aujourd’hui bien imparfait et bien défectueux, il y a encore peu de
- temps que de Saint-Pétersbourg à Astrakan, à la descente de la Volga, on mettait deux à trois mois. D’après la Statistique de l'Empire russe, publiée par de Livron, les voies navigables de l’Empire se répartissent ainsi. Tout d’abord les canaux n’ont qu’une étendue totale de 632 kilomètres, représentant 1,7 pour 100 de la longueur totale du réseau navigable de Russie. Le reste de ce réseau, formé des cours d’eau, présente une étendue de 4969 kilomètres dans le bassin de la mer Blanche; 14 271 kilomètres dans celui de la Caspienne ; 5324 dans le bassin de la mer d’Azov; 6111 dans celui de la mer Noire et enfin 8189 kilomètres dans celui de la Baltique.
- Le « Ministère des voies de communication » qui est en Russie l’analogue du Ministère des travaux publics de France, se prépare à se lancer dans l’application d’un programme général d’amélioration des canaux de l’Empire. Déjà un crédit de 6 à 7 radiions est réservé pour l’amélioration de la voie spéciale de la Sheksna, un des trois systèmes qui unissent la Volga à la Neva, et mettent ainsi en communication la Baltique avec la mer Caspienne. Un des principaux courants commerciaux par voies navigables qui se produise en Russie, est précisément celui qui se manifeste entre Saint-Pétersbourg et les ports que possède la Perse sur la Caspienne. L’idée en remonte jusqu’à Pierre le Grand, qui, le premier, eut l’idée de joindre la Néva à la Volga. Actuellement, pour satisfaire au trafic qui se fait ainsi à travers toute la Russie d’Europe, on peut prendre trois voies de communications différentes qui sont toutes les trois parcourues par de nombreux bateaux durant la saison de la navigation, c’est-à-dire tant que les glaces n’arrêtent pas la navigation.
- L’une de ces voies laisse la Volga à T ver, puis suit la Tvertsa jusqu’à son confluent avec la Mtsa, à Vishni Vo-lotchock; la Mtsa conduit elle-même au lac Lmeir et au Volkhôrv. La seconde voie quitte la Volga pour remonter son tributaire la Mologa, et atteint ainsi le Sias dans la partie supérieure de son cours. Enfin la troisième des voies'dont il s’agit remonte la Sheksna, entre dans le lac Blanc ou Bielo et enfin débouche dans le lac Ladoga.
- Voici quelles sont les dimensions des écluses des canaux russes : longueur maxima, 49,50 m; largeur maxima, 9,25 m. Le tonnage moyen des barques qui fréquentent ces voies navigables varie entre 200 et 500 tonnes ; et plus d’un millier de ces barques parcourent ces canaux pendant la saison de la navigation. Les canaux que nous venons de citer servent à transporter une portion considérable des blés et des suifs exportés du bassin de la Volga à destination d’Europe.
- On sait également que le Gouvernement russe a approuvé, en principe, le projet ayant pour but de réunir le Don à la Volga au moyen d’un canal qui donnerait ainsi au commerce du bassin de la Volga une issue sur la mer Noire. La distance entre les deux fleuves est d’environ 55 verstes (à peu près 55 kilomètres) ; il y a entre les deux points extrêmes une différence de hauteur de 126 pieds en faveur du débouché dans le Don. Mais, d’ailleurs, il faut aussi tenir compte de la chaîne de partage des eaux à franchir, et on peut compter sur trente écluses. Le canal doit être construit pour des bateaux de 210 pieds sur 42 et d’un tirant d’eau de 7 pieds. Tout cela n’est que le commencement d’application d’un grand programme d’amélioration. La Russie devient dès maintenant une puissance industrielle dont la concurrence ne tardera pas à être redoutable aux autres puissances européennes. Daniel Bellet.
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- UN CADRAN SOLAIRE PORTATIF
- Il y a quelques années, un antiquaire me lit cadeau d’un petit anneau de laiton d’une forme singulière, dont il ne connaissait pas l’usage, et dont il ne put m’indiquer la provenance. Cet anneau (fig. 1) portait, encastrée dans une rainure extérieure, une bande de laiton que l’on pouvait déplacer circulai-rement. La bande était percée d’un trou, traversé par un trait perpendiculaire à ses côtés. En examinant l’anneau de plus près, j’aperçus, sur la partie externe, non loin d’un tenon qui servait apparemment à le suspendre en position verticale, des lettres assez mal faites, dans lesquelles je reconnus les initiales des noms des mois1, et, à l’intérieur, de part et d’autre, d’un trait, une série de chiffres. La bande recouvrait une fente pratiquée dans l’anneau dans le voisinage des lettres.
- Après avoir tourné et r e -tourné ce singulier objet, l’idée me vint qu’il pouvait bien avoir servi comme ca-dran solaire d’une espèce parti culière, basé sur la variation de la hauteur du soleil sur l’horizon durant la journée. Une expérience aussitôt laite confirma cette idée. Quelques mesures grossières me montrèrent que ce cadran solaire avait été construit pour une latitude que j’estimai être celle de Londres.
- J’eus, à plusieurs reprises, l’occasion de m’assurer que cette forme de cadran solaire est très peu connue. J’en ai cependant trouvé la trace dans (un livre anglais : Le temps et ses indicateurs2. « C’était, dit l’auteur, un des premiers porteurs de l'heure qui aient été construits. Des anneaux de ce genre étaient très répandus au siècle dernier ; ils étaient fabriqués en grand nombre à Sheffield, lorsque les montres étaient encore trop coûteuses pour être d’un usage général. Certains de ces anneaux, d’une construction supérieure, étaient faits de manière à pouvoir être employés à diverses latitudes. »
- La théorie élémentaire de cet instrument est aisée
- 1 Ces initiales sont les mêmes, à peu d’exceptions près, dans les langues les plus importantes de l’Europe.
- * Time and time-iellers, by James-\V. Benson.
- à établir ; on reconnaît que, plus on s’approche du solstice d’hiver, plus l’ouverture À doit être abaissée. Hors de la zone équatoriale, ses positions extrêmes diffèrent de 94° environ. Mais, grâce à une propriété bien connue du cercle, les angles tels que 11 A 12, 11 A' 12 (fig. 2), ayant leur sommet dans les divers points que peut occuper la petite ouverture, et dont les côtés passent par les mêmes chiffres d’heures, sont égaux. L’instrument serait donc rigoureusement exact si les différences entre les hauteurs du soleil pour deux instants déterminés du jour étaient les mêmes en toute saison. Tel n’est pas le cas; mais, en adaptant les chiffres intérieurs à la moyenne des variations de la hauteur solaire, on arrive à réduire les erreurs extrêmes â moins d’un quart d’heure pour une latitude moyenne. 11 est aisé de se convaincre, sans aucun calcul, que cet instrument ne peut
- pas être employé aux latitudes élevées, puisque, aux pôles, le soleil se trouve sensiblement â la même hauteur pendant toute une journée.
- Il est très facile de construire un cadran solaire portatif en carton de Bristol ; il est utile de lui donner un diamètre supérieur â 10 centimètres et d’assurer l’invariabilité de sa forme en le renforçant par des anneaux découpés, comme le montre la figure o. Un fil à plomb placé à l’intérieur sert â en contrôler la verticalité.
- Ce petit travail de cartonnage tentera peut-être quelques-uns de nos lecteurs, qui trouveront dans la construction de cet instrument une bonne occasion d’étudier le mouvement apparent du soleil1.
- Ch.-Eo. Guillaume.
- 1 Je rappellerai, à ceux de nos lecteurs que la construction d’un instrument semblable intéresserait, que la hauteur h du soleil, en un lieu de latitude a, est donnée par la formule -.
- gin h = sin a. sin (3 + cos a- cas {3. cos ç,
- fi étant la déclinaison du Soleil, ç sa distance au méridien, qui varie de 15° par heure de part et d autre de midi. La déclinaison du Soleil, nulle aux équinoxes, est maxima aux solstices, où elle atteint 23° 30' environ ; d’un équinoxe à l’autre, elle varie proportionnellement au sinus du temps écoulé, la durée de 6 mois étant considérée comme équiva lente à 180°.
- --O-y-e--
- Fig. 1, 2 et 3. — Cadran solaire portatif.
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- LÂ SCIENCE AU THÉÂTRE
- LA MACHINATION ET I,E VAISSEAU DU RAM,ET DE (( LA TEMPÊTE )) A l/oPÉRA DE PARIS
- La machination du ballet la Tempête qui vient pie des progrès remarquables accomplis, à notre
- d’être représenté à l’Opéra est un excellent exent- époque, par l’art du machiniste et du décorateur.
- Machinerie théâtrale à l’Opéra de Paris. Le navire du ballet la Tempête. — 1. Montage du navire dans la coulisse. --2. Le navire
- monté apparaissant sur la scène. — 3. Ensemble du décor.
- Cet art spécial vient très heureusement en aide à l’imagination des auteurs et leur permet de transporter à la scène, avec toutes les ressources de l’illusion, les sujets les plus variés et les plus irréalisables en apparence.
- C’est ainsi que dans le ballet de la Tempête, tiré du théâtre de Shakespeare par M. Jules Barbier,
- l’auteur si justement apprécié des livrets des plus célèbres opéras de MM. Gounod et Ambroise Thomas, et transformé en scénario, avec la collaboration de M. Hansen, maître de ballet de l’Opéra, la décoration et la machinerie jouent un rôle très important. M. Lavastre, le savant peintre décorateur, M. Vallenot, chef machiniste, et M. Bianchini,
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- dessinateur, pour les costumes, ont trouvé l'occasion d’y faire preuve d’autant d’ingéniosité que de talent.
- Nous n’avons pas à donner ici de compte rendu du scénario proprement dit, ni à apprécier la belle musique du compositeur, M. Ambroise Thomas. C’est au [joint de vue spécial de l’art du machiniste et de l’ingénieur (pie nous l’examinerons, en nous aidant de différents travaux antérieurs, notamment de ceux de M. Talansier, ingénieur, dont la compétence en cette matière est connue.
- Le ballet en question se compose de trois actes comportant eux-mêmes un grand nombre de tableaux et de changements à vue. Le principal sujet de la décoration, de même que dans les célèbres opéras de Y Africaine et du Corsaire, consiste dans l’apparition et l’évolution sur la scène d’un grand navire de 12 mètres de longueur. Sa construction et sa manœuvre présentent des particularités fort intéressantes.
- Les bateaux, au théâtre, sont généralement constitués par de simples châssis de décors posés sur la scène et ajustés ensemble de façon à donner une illusion suffisante au spectateur qui les voit de face : c’est ainsi que le fameux vaisseau de l'Africaine est établi et qu’il exécute, depuis l’origine, son virage de bord et son naufrage légendaires. On obtient assez aisément ainsi des mouvements de déplacement verticaux, mais on conçoit que les mouvements de déplacement latéraux sont impossibles dans ces constructions étagées avec habileté comme de véritables châteaux de cartes. Le vaisseau de la Tempête devant évoluer en scène, au gré des auteurs, il fallait, pour répondre aux données du problème, construire une coque de navire dans son entier, avec cette condition qu’elle put se démonter rapidement, après chaque spectacle, en un nombre considérable de morceaux; en outre, le navire devait pouvoir porter une cinquantaine de personnes pour la figuration.
- M. Yallcnot, chef machiniste de l’Opéra, s’en est habilement tiré de la façon suivante. 11 a établi la coque apparente du vaisseau sur un plateau en charpente très solide qui constitue la base de la construction. Ce plateau est supporté par douze galets en fer, lesquels roulent sur le plancher de la scène; il est, en outre, guidé dans son mouvement par deux galets en bronze à rainure qui suivent un rail, en forme de T renversé, fixé sur le plancher.
- Les carcasses de la proue et de la poupe, ainsi que celle de la coque du navire, sont constituées par des fermes en bois verticales boulonnées sur le plateau de base dont nous avons parlé et qui supportent le plancher du pont. Sur ces fermes, on vient fixer des panneaux en toile peinte qui représentent les parties extérieures du bâtiment.
- Le vaisseau proprement dit est une galère, galère théâtrale bien entendu, sans rameurs, avec une poupe très élevée et découpée en gradins sur lesquels s’étage la figuration.
- A l’avant se trouve une solide armature verticale
- sur laquelle on attache une danseuse aux formes sculpturales figurant la proue vivante du vaisseau. De chaque côté, comme le montrent nos dessins, sont installés des parallèles, c’est-à-dire des parallélogrammes articulés en fer supportant des figurants qui, grâce à cette disposition articulée, conservent toujours, en montant ou en descendant, la position verticale. Ces parallélogrammes sont actionnés au moyen d’un câble qui s’enroule sur un treuil équipé à l’intérieur sur le plateau.
- Le grand niât, se compose de même d’une partie fixe dans laquelle vient coulisser une partie mobile, laquelle porte des personnages vivants dont le groupe s’élève ou s’abaisse à la commande d’un autre treuil. Des cordages en soie relient le grand nuit avec le beaupré et le petit mat d’arrière. Sur les lianes du vaisseau, à hauteur de la ligne de flottaison supposée, sont fixés, de part et d’autre cinq cadres courbés ou carcans en fer qui supportent des figurantes jouant le rôle de naïades. Les naïades sont censées pousser le vaisseau vers le rivage : leurs longs vêtements se confondent avec la teinte de la toile figurant les flots de la mer.
- Malgré sa complication apparente, cette construction se démonte avec une grande rapidité en plus de 250 pièces presque toutes en bois : elle se remonte ensuite, en moins de deux heures, avec un personnel de dix machinistes bien exercés.
- Venons au mouvement du vaisseau et au décor qui l’encadre.
- Les premiers plans de la scène représentent le rivage et sont occupés en partie par un plan incliné recouvert d’un tapis qui simule la terre ferme. La mer est représentée par une série de bandes d'eau parallèles formées de châssis en bois verticaux qui s’ouvrent successivement en leur milieu pour laisser passer le vaisseau. Comme celui-ci est garni au-dessous de sa ligne de flottaison d’une toile peinte couleur de mer, il a réellement l’air de fendre les flots au fur et à mesure qu’il avance.
- Lorsque le vaisseau arrive au plan incliné dont nous avons précédemment parlé et qui simule le terrain, ce plan recule peu à peu du côté de la salle en lui cédant la place; en même temps, de nouvelles bandes d’eau se développent pour occuper cet espace augmentant aipsi l'étendue de la mer. Le déplacement du plan incliné s’obtient très simplement en tirant sur le tapis qui le recouvre et qui vient s’enfoncer dans les dessous par une rainure ménagée sur le devant de la scène.
- Le mouvement est donné au vaisseau d’abord au moyen d’un câble attaché sur son flanc droit et s’enroulant sur un treuil, puis, à l’aide de machinistes dissimulés à l’intérieur de la carcasse qui le supporte.
- Lorsque l’extrémité du beaupré se trouve au-dessus du trou du souffleur, la manœuvre est terminée; c’est l’apothéose. Mlle Mauri (Miranda), placée sur un des parallèles, est enlevée jusque sur le pont du navire où elle recueille les applaudisse-
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- ments dus à son beau talent; M. Yasquez (Ferdinand) est élevé symétriquement sur l’autre parallèle : en même temps le grand mât s’allonge avec toute la figuration qu’il supporte. L’effet produit est véritablement remarquable : c’est un des plus beaux exemples de machination (pie l’on ait réalisés au théâtre.
- Terminons par un détail sur le mécanisme au moyen duquel M. Yallenot a résolu le problème difficile du mouvement des vagues de la mer.
- Pour produire cet effet, on dispose, en général, parallèlement au rideau, plusieurs bandes de toile peintes sous lesquelles courent des gamins chargés de leur imprimer des mouvements rappelant plus ou moins ceux de la mer déchaînée. M. Yallenot a remplacé cette manière d’opérer par un appareil mécanique bien conçu.
- Cet appareil se compose de deux fermes parallèles régnant sur toute la largeur de la scène et que l’on peut faire monter ou descendre à volonté, au moyen d’un câble s’enroulant sur un tambour placé dans les dessous. À chaque ferme sont attachés plusieurs leviers articulés, supportés en leur milieu, par une ferme intermédiaire fixe reposant sur le plancher de la scène. Sur le tout est jetée une grande toile peinte qui représente la mer. Lorsqu’une des fermes mobiles s’abaisse, les extrémités des leviers correspondants s’élèvent et réciproquement; en même temps, l’air s’engouffre sous la toile et ajoute a l'effet. On obtient ainsi des ondulations d’une grande vérité d’aspect.
- Nous bornerons ici cette brève description de la machination du ballet de la Tempête. Puisqu’il est bien reconnu que nous ne sommes plus au temps où l’on jouait Esther et Athalie, dans les salons de Saint-Cyr, avec le seul attrait des vers de Racine, il convient de féliciter ceux, directeurs, décorateurs et machinistes, qui savent si bien utiliser leur arsenal de dléeors, de trucs et de changements à vue. 11 serait, croyons-nous, difficile d’obtenir plus de précision mécanique et d’illusion que l’on n’a su le faire à l’Académie nationale de musique endette occasion. X..., ingénieur.
- LA DISPARITION DES ÉLÉPHANTS
- Dans les premières années du dix-neuvième siècle, les Éléphants erraient encore par troupes nombreuses sur les confins orientaux de la colonie du Cap, et à travers la ceinture de forêts qui couvre sa partie méridionale. On commença à les poursuivre dans l’est et en Cafrerie, vers 1830, mais le gouvernement, prévoyant une destruction prochaine, édicta, dans la partie sud de la colonie, des mesures prohibitives qui ont eu une certaine efficacité, de sorte qu’aujourd’hui on rencontre plus d’éléphants à une faible distance de la mer qu’à 2500 kilomètres à l’intérieur. Ils sont assez nombreux dans la forêt d’Addo, non loin de Port-Élisabeth, dans les forêts du Knyma et du Zitzikamma, et sur les pentes broussailleuses des monts Winterhœk. A Natal, par contre, où ils n’ont pas
- été protégés, et en Cafrerie, on n’en trouverait plus un seul à l’heure actuelle.
- Les immenses troupeaux qui parcouraient le Zoulou-land ont été détruits de 1850 à 1875 par Baldwin, Druminond et autres Nemrods; puis les régions plus septentrionales de l’A matongasland ont été ruinées à leur tour. La contrée où il reste actuellement le plus d’Élé-phants est la zone insalubre dont une partie porte le nom d’Unuzitaland, qui borde le Transvaal à l’est et au nord, zone dont les fièvres et la mouche Tsé-Tsé défendent énergiquement les approches pendant la saison chaude. L’titat libre d’Orange, peu boisé, n’a jamais été très riche en Éléphants, tandis qu’ils abondaient dans le Transvaal, où le capitaine Cornwallis Harris et le hoer Yoer Trekkers en entreprirent la destruction vers 1837. Quand le Transvaal eut été complètement dépeuplé, les chasseurs pénétrèrent sur le Blatabele et le Mashong Land situés plus au nord, où les Éléphants abondaient encore vers 1871 et 1875, dit le chasseur C. Selouss, tandis qu’on n’en voit plus un seul à l’heure actuelle. Vers l’ouest, on peut en dire autant du Bechuanaland, où Gordon, Cumming, OsxveU, Varden et Baldwin commencèrent l'œuvre de destruction en 1846 et 1850, la poussant progressivement jusqu’au lac N'Garni, le Zambèze et le Mababe veld.
- Plus à l’ouest encore, se trouvent le Kalahari, aussi peu épargné que le Bechuanaland, le pays des Namaquas et des Damaras où la disparition des Éléphants commença vers 1850 et 1860, avec les explorations d’Anderson qui y fraya la voie à des bandes de chasseurs de profession. 11 faut, pour rencontrer quelques Éléphants, remonter au nord du pays des Damaras jusqu’à l’Ovampoland, non loin de l’Atlantique, dont les indigènes interdisent rigoureusement l’entrée aux chasseurs étrangers. Cette décroissance continue du nombre des Éléphants fait progressivement diminuer les quantités d’ivoire exportées. Én 1875, la colonie du Cap en expédiait pour 1500000 couronnes1, et Natal pour 430000“. Ces chiffres s’étaient abaissés en 1886 à 54000° pour le Cap et 102000° pour Natal2.
- ^ Julien Petit.
- UNE FORÊT PÉTRIFIÉE
- DANS l’aRIZONA (ÉTATS-UNIS)
- Nous allons signaler à nos lecteurs une des merveilles naturelles des Etats-Unis, encore actuellement fort peu connue; il s’agit d’une forêt pétrifiée dans l’Arizona ; elle est désignée de l’autre côté de l’Atlantique sous le nom de Chalcedony Park. Cette forêt d’arbres, transformés en silex et en agates de toute beauté, est située à 84 kilomètres au sud-est d’Holbrook, dans Apache County, territoire de l’Arizona. Les arbres silicifiés se trouvent dans un terrain volcanique, au-dessus de cendres et de laves qui forment sur le sol une couche de 6 à 10 mètres de profondeur. Le dépôt de troncs d’arhres pétrifiés , s’étend sur une surface considérable de terrain, et le volume total qu’il pourrait former dépasse des millions de tonnes. Ün rencontre çà et là, amassés pêle-mêle, de ces troncs silicifiés qui ont parfois 3 mètres de diamètre et qui représentent assurément
- 1 La couronne anglaise vaut 5 fr. 81.
- 2 Yoy. Revue des sciences naturelles appliquées.
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- des géants du monde végétal comparables à ceux de Yosemite ou de Calaveras en Californie. Ce qui rend ce gisement particulièrement intéressant, c’est que la matière qui constitue les arbres pétrifiés n’est pas un silex vulgaire d’aspect, c’est une agate d’un aspect incomparable quand elle est polie; elle comprend toute la gamme des couleurs de l'arc-en-ciel, le jaune et le rouge y dominent et en font une des plus admirables pierres dures que l’on puisse voir. On rencontre parfois dans la masse, des cristaux d’améthyste du violet le plus pur.
- Nos gravures donneront une idée de la richesse de Chal-cedony Park en troncs pétrifiés. La figure 1 représente la vue du sommet d’une colline (Jaspar llill). La figure 2 montre l’entrée d’une localité qui se nomme le Chalcedony Canon, et la figure o donne l’aspect d’une des principales curiosités de ce monde étrange.
- C’est un pont naturel qui atteint 9 mètres de longueur et qui est formé d’un arbre entier transformé en silex.
- 11 est difficile de dire avec certitude quelle est l’espèce des arbres qui ont cédé leur substance aux dépôts de silice, mais il est probable qu’il s’agit de forêts antédiluviennes, englouties dans des phénomènes volcaniques, et transformées en matière siliceuse. Après avoir été très longtemps enfouis dans les cendres volcaniques, les troncs d’arbre, sous l’action d’eaux siliceuses, auront été convertis en silex, ou plutôt leurs molécules organiques auront peu à peu été remplacées par des molécules siliceuses : il n’y a pas, dans ces phénomènes de pétrification, transmutation de substance, mais simple substitution *.
- D’après l’opinion de savants minéralogistes américains, parmi lesquels nous citerons M. Geo. F.
- 1 II ne faut pas confondre ce phénomène de pétrification réelle (Épigénie organique des minéralogistes) avec celui
- Ivunz, expert joaillier a New-York, la forêt silicifiée de F Arizona est une merveille du monde minéral, et, d’après ce spécialiste, le jaspe et l’agate qu’elle fournit est la plus remarquable substance de ce genre, qui existe à la surface du globe. On a souvent rencontré sur la terre des arbres pétrifiés; nulle part jusqu'ici il n'en a été trouvé en si grande abondance au même endroit, et dont la matière était si intéressante au point de vue minéralogique.
- D’après les observations micrographiques de M. P. H. Dudley, de New-York, il semblerait que la nature de certains arbres pétrifiés de Chalcedony Park se rapproche de celle du genre Araucaria, d’autres auraient de l’analogie avec un cèdre (Juni-perus Virginianus).
- Le bois pétrifié de F Arizona est actuellement exploité par une Compagnie américaine, Drake Company, qui a exposé ses produits à notre Exposition universelle (section des États-Unis, Amérique). On voit dans l’exposition de la Drake Company des agates et des jaspes polis qui font l’admiration de tous les visiteurs, des troncs d’arbres entiers dont les tranches taillées et polies forment des tables d’une admirable richesse, et des objets d’art divers, que nous recommandons aux amis des curiosités de la nature. Le représentant à Paris de la Drake Company a bien
- de la pétrification par incrustation ou par moulage. Dans le second cas, il s’agit généralement, d’une eau chargée de matière calcaire qu’elle dépose à la surface de corps organiques, animaux ou végétaux. Elle les revêt ainsi d’une croûte pierreuse de carbonate de chaux qui en retrace la forme extérieure. La fontaine de Saint-Allyre, près de Clermont, est formée d’une eau incrustante dont la célébrité est presque universelle. On s’imagine souvent que ces sources ont la propriété de pétrifier, c’est-à-dire de changer en pierre les matières organiques ; c’est une erreur. Ici les matières organiques sont revêtues d’un enduit pierreux ; dans le cas des forêts de
- Fig. 1. — Les arbres pétrifiés de l’Arizoua. Chalcedony Park. Le sommet du Jaspar Hill. (D'après une photographie.)
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- Fig. 2. — Les arbres pélriliés de l’Arizona. Vue prise dans Chalcedony Canon. (D’après une photographie.)
- Dont formé par mi arbre pélriiié dans l’Arizona. Chalcedony Park. (D’après une photographie)
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- voulu nous remettre pour La Nature les intéressantes photographies quô nous reproduisons et nous donner les documents qui nous ont permis de renseigner nos lecteurs. Gaston Tissandier.
- SliR LES PARTITIONS ANORMALES
- DES FRONDES DE FOUGÈRES
- La Nature a donné l’année dernière 1 une curieuse figure représentant un grand palmier de Cayenne à tronc exceptionnellement bifurqué à partir du milieu de sa longueur. Presque aussitôt2 plusieurs correspondants signalaient l’existence d’un arbre analogue à Biskra. Le Muséum possède d’ailleurs un très beau spécimen du phénomène, qui a été figuré dans le Dictionnaire de botanique de Bâillon3.
- Ce genre de division anormale d’axes ou d’organes ordinairement simples, connu des botanistes sous le nom de partition 4, a été noté très anciennement sur les plantes et parties de plantes les plus diverses r>. On l’a constaté, en dehors de la fleur, sur des pétioles et mésonèvres de feuilles variées, sur des pédoncules et hampes de fleurs, des chaumes de graminées, des troncs de conifères, et même, à en croire un auteur6, sur des palmiers fossiles !
- Mais, pour être peut-être plus ancienne quc'le déluge, la cause de cet accident de végétation n’en est pas mieux connue, et, en lisant, il y a quelque temps, dans les Comptes rendus de VAcadémie des sciences1 une courte Note présentée par l’éminent président de la Société botanique de France, M. Du-chartre, pour résumer les études consciencieusement suivies pendant plusieurs années sur les Scolopendres par un patient observateur, dom B. Rimelin, je me suis remémoré une vieille observation personnelle, enfouie dans mes calepins en 1865, et dont l’exhumation, rapprochée du document précité, m’a paru de nature à pouvoir resserrer notablement le champ des hypothèses causales sur cet intéressant point de la tératologie morphologique, au moins en ce qui concerne les fougères.
- C’était en Normandie,, aux environs de Trouville, où j’allais herborisant le long d’un de ces chemins creux, dit Fossé de l'Epinaie, dont le frais ombrage, délicieux au promeneur, offre au botaniste une ré-
- l’Arizona, il s’agit bien d’une pétrification, c’est-à-dire que la matière organique a été remplacée par la matière du dépôt.
- 1 T. XXX, p. 212, n° 770, du 3 mars 1888.
- 2 Yoy. Boite aux lettres des nos 771, 772, 774. Dans les Communications du n° 776, un lecteur proteste qu’il n’a vu à Biskra qu’un palmier « à deux têtes et non à deux troncs ». Il faut croire que la bifurcation était, à l’époque, de fraîche date, et qu’en vieillissant, chaque tête devenant tronc fera une concurrence sérieuse au vétéran de Cayenne.
- 3 T. II, p. 633 (in-f°. Hachette, 1886).
- 4 A. de Saint-Hilaire, Morphologie végétale (in-8°, Du-sacq, 1847), p. 126.
- 5 F. Link, Elementa philosophiæ botanicæ (in-8°, Berlin, 1837), p. 325. — G.F.Jægcr, Ueber die Missbildungen der Gewaeehse (in-8°, Stuttgart, 1814), p. 27 à 30.
- 6 Memminger, Gannstadt und seine Umgebungen (in-8°, Stuttgart, 1812), p. 24.
- ’ C. R. t. CVIII p. 249 (4 février 18891.
- coite, sinon variée, du moins abondante et facile, de magnifiques fougères. A force de voir émerger de tous les coins de buissons d’immenses langues de cerf, des Scolopendres de 40 à 50 centimètres de long, toutes couvertes, en cette fin d’été, de leurs fructifications veloutées, à l’aspect de mille-pattes géants, l’on finissait par n’y prêter presque plus d’attention. Cependant, je ne pus faire autrement que d’être frappé de voir d’abord une, puis deux, puis tout un nombre de ces grandes langues vertes darder sur moi, à travers la fouillée, au lieu de leur pointe unique aiguë, des extrémités divisées en deux, en trois, parfois en plusieurs segments plus ou moins profonds, rappelant, à un degré beaucoup moins avancé de .déformation, cette variété cristata que l’on voit dans les rocailles du Jardin des Plantes, abîmée, alourdie, arrêtée en son élancement gracieux, par la superfétation monstrueuse, .en guise de pointe, d’une sorte de crête de coq épaisse et large, hérissée et crispée, d’aspect fort chagrin.
- En quelques minutes et dans un rayon de quelques pas, je recueillis une vingtaine de ces échantillons exceptionnels, dont j’ai fait représenter les principaux du n° 2 au n° 17 de la figure 2. J’étais en présence d’une véritable petite épidémie locale. D’où pouvait-elle bien venir?
- A ne juger que par l’exubérance de toute cette verdure, a ne voir que la richesse de ce bon sol normand, tout suintant de l’humidité perpétuellement entretenue par le ruisseau clair qui coulait au pied des haies, on devait être porté tout d’abord à ne point chercher d’autre cause que la surabondance de la végétation et l’influence d’un milieu ambiant particulièrement propice aux expansions foliacées. Et cette opinion se trouvait bientôt fortifiée, lorsque, regardant les grands Polypodes voisins (P. vulgare, L.) l’on remarquait sur nombre d’entre eux les mêmes bifurcations irrégulières, répétées sur plusieurs segments de chaque fronde, sur plusieurs frondes de chaque pied : toujours l’épidémie ! Et à côté de ces frondes franchement anormales, représentées du n° 18 au n° 29 de la figure 2 (excepté le n° 20, trouvé aux environs de Lisieux, mais dans un habitat semblable), d’autres qui, par les dentelures plus ou moins profondes de leurs segments (n° 25), ou l’apparence acuminée de ceux-ci et la déformation presque linéaire de leurs sores, auraient fait croire, si elles n’avaient été réunies souvent, sur un même rhizome, avec des frondes tout à fait ordinaires, à la variété P. serratum des botanistes. Ces altérations de forme n’allaient pas jusqu’à la monstruosité ; et pourtant il semblait naturel de les rattacher à la même influence, l’humidité ombreuse du lieu.
- Mais alors, pourquoi, en remontant le ruisseau de quelques mètres, ou en s’éloignant un peu vers le bas, ne retrouvait-on plus que cette simple variabilité d’aspect, commune à tous les endroits couverts, et plus du tout les partitions des Scolopendres, les bifurcations des Polypodes? En dessus et en dessous, la terre était aussi riche, l’ombrage aussi touffu, le
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- LÀ NATURE.
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- ruisselet aussi frais... Donc ce ne pouvait être à cette simple cause, à l’action unique du terroir, qu’il était permis de s’arrêter.
- Aussi bien m’arriva-t-il, peu de temps après, de recueillir à Lisieux, au haut d’un mur de pierres calcaires tout ensoleillé, aride et sec, un pied de Scolopendre qui, sur quatorze frondes rabougries, déchiquetées, irrégulièrement sorées, n’en présentait pas moins de cinq nettement bifurquées au sommet (n° J). Même observation a été faite par dom R. Ri-melin, qui, sur quarante échantillons, en a trouvé dix-sept, verts et vigoureux, dans un puits, et vingt-trois autres, jaunes et petits, dans un bois nouvellement coupé et exposé à l’ardeur du soleil.
- Un autre détail bien noté par dom Rimelin, c’est la tendance de l’anomalie à se répéter plusieurs fois sur chaque pied, sur chaque feuille ou partie de feuille. C’est ce qui ressort avec plus d’évidence encore de l’observation des espèces où l’accident, moins commun, se présente sous une forme plus caractéristique. Telles ces deux Filix ma; du Jura suisse (nos 50 et 54), si grandes que je dus les rogner par le haut et le bas pour les réduire aux 40 centimètres de longueur de mes feuilles d’herbier, et dont une seule, dans la partie conservée, ne compte pas moins de dix pinnules — presque la moitié — profondément bifurquées. L'Aspidium molle, Sw. du n° 55, avec son extrémité double, a trois partitions irrégulières. Le Polystichum dilatatum, D.C. des nos 51 et 55, outre quatre bifurcations, présente un arrêt de développement de la pinnule apicale, qui, déjetée et dépassée par la précédente, a produit un faux air de dichotomie terminale que n’a pu rendre la gravure. Enfin le superbe échantillon d'Aspidium acu-leatum, Sw. dont les deux grandes frondes sont si profondément bifides (fîg. 1, R), laisse voir sur chacune d’elles, un peu au-dessous de la bifurcation, une pinnule presque dédoublée elle-même par l’accroissement de la foliole alaire devenue pin-nuline.
- Cette multiplicité, cette répétition d’action de la cause productrice des partitions anormales, si évidente partout, peut-elle être attribuée à une sorte de « prédisposition » de l’individu? Ici, je cesse detre de l’avis de dom Rimelin, et cela d’autant plus que lui-même me fournit à l’encontre une observation capitale, décisive, en constatant que « les pieds qui ont fourni des frondes anomales en 1887 n’en ont pas donné en 1888, et à l’endroit où les frondes anomales abondaient en l’automne 1887, on n’en trouvait aucune au printemps 1886. » Preuve évidente, confirmation indiscutable du caractère purement accidentel, externe et passager, nullement intrinsèque, et pas plus individuel que spécifique, de la cause qui s’abat, une année et pas l’autre, en un point et pas dans son voisinage, sur des individus d’espèces diverses, frappés, au hasard des contiguïtés, sans qu’ils paraissent y avoir d’autre prédisposition que celle du chêne pour la galle, ou du champ de blé pour la grêle.
- Et, si je fais ces comparaisons, c’est qu’en même temps, et avec plus de force peut-être que les observations précédentes, s’éveille, à l’examen des partitions anormales, une impression, parfois vague, intuitive, presque toujours basée sur un détail de structure, un aspect spécial, un signe quelconque témoin du passé, pour évoquer impérieusement l’idée d'un traumatisme antérieur, d’une lésion primitive ayant du provoquer le dédoublement de la nervure primaire ou secondaire par simple réaction organique contre un arrêt de développement de l’extrémité libre. Rien de ce qu’on sait du rôle organogénique de la cellule apicale dans le développement des frondes de fougères 1 ne semble opposé à cette hypothèse, et n’est-ce pas par un mécanisme de cette sorte que se produit le phénomène analogue dans le règne animal, les lézards à deux queues, les crabes à pince double, les astéries a bras bifurques?
- A la vérité, ce n’est point en regardant les Scolopendres que vient pareille idée et leur apparence justifierait plutôt les opinions contradictoires de Jussieu, Roivin, qui voyaient dans leurs partitions comme des disjonctions de tissus, de véritables déchirures, tandis que Masters2, d’accord avec A. de Saint-Hilaire, pour qui « toute division indique un plus grand degré d’énergie de la végétation », considère les bifurcations comme des sortes de néoplasmes, de superfétations organiques.
- Mais déjà, sur les Polypodes, on peut remarquer souvent, au voisinage de la bifurcation, des avortements plus ou moins considérables (fig. 2, nos 19, 20, 28, 29). Cela est très visible sur les échantillons 51, 55, 55, où s’accentue l’apparence de traumatisme, tandis que celle de réaction compensatrice est accusée sur les Filix mas (50 et 54) par la multiplicité des folioles, les unes diminuées, les autres bipartites, les autres encore poussant pointe au delà de leurs voisines jusqu’à double longueur. Même sur les deux grandes frondes d'Aspidium aculeatum (R), on peut noter des irrégularités peu habituelles dans les grandeurs des pinnules. Enfin, l’échantillon A (fig. 1) de Polystichum spinulosum (?) 1) C. dont une fronde est complètement double sur un seul pétiole, porte sur l’autre la trace matérielle d’une blessure ancienne, entre deux parties de limbe dont le bimorphisme est si extraordinaire qu’à les voir séparées l’une de l’autre on ne les croirait jamais de la même espèce : en bas, des lobes larges, arrondis, confluents, d’un vert foncé, sèchement aristés; en haut, des pinnules d’un vert tendre et transparent, étroites, lancéolées, maigrement penniséquées, à peine sétacées : le tout sur un rachis comme brisé en son milieu, puis ressoudé par une sorte d’articulation cicatricielle, avec déviation latérale et forte incurvation du bout supérieur.
- 1 R. Sadebeck, Ueber die Entwickelung des Farnblattes p. 16 (in-4°, Berlin, 1874). — M. Westermaier, Jahrb. f. wissenschaftliche Botanik, t. XI, p. 460 (1881). — Van Thieghem, Traité de botanique p. 389 (lre édit. Savy, 1880).
- 2 Veqetable teratology (Londres, 1869) p. 04.
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- Il y a, dans l’herbier de France du Muséum, une feuille adulte du même Polystichum spimilosum (herbier Grenier) qui est très caractéristique à ce point de vue; tellement rabougrie, déformée par des partitions accidentelles, que Duval-Jouve a cru devoir y ajouter en note : « Ceci me parait être (sic) un Polystichum, et un P. spimilosum. J’ai constaté (sans les posséder) une semblable déformation par fasciation de 1\4. filix fæmina et du Polyp. vulg. Nous avons, au jardin de Strasbourg, une touffe de Sc. off. qui présente la même déformation. » Un échantillon d’Âspl.marinum, espèce bretonnante de l’herbier Tburet, a, sur une vingtaine de frondes assez tourmentées, deux bifurcations. Même cas pour un Blechnum spicanti. Mais l’apparence est moins marquée sur un Aspl. aculeatum de la Mayenne, tout à fait semblable au mien, et sur une fronde jeune de Polyp. phegopteris et une autre très belle de Polyp. fragile (an Cystoperis?) de l’herbier Thuillier, l’une et l’autre parfaitement doubles sur un seul [(étiole2. N’est-il pas admissible que, dans des cas aussi accusés, la lésion, forcément ancienne, ait été complètement effacée par l’activité même de la poussée ultérieure?Sur mon échantillon A, par exemple, aurais-je pu rien soupçonner, si je n’avais eu l’autre fronde comme témoin?
- Mais où l’aspect maladif est bien visible, c’est sur un pied d'Aspl. cicutarium actuellement vivant dans la serre du Jardin des Plantes où, après avoir noté des partitions accidentelles sur Aspl. striatum, Pte-
- 1 M. Chastaing [Bull. Soc. bol. t. XIX, p. 273; 1872) et M. Y. I’ayo dans sa Florale du mont Blanc (broch. in-10. Genève, 1881) citent des Bl. spicant triples. — De Brébisson (Flore de Normandie, 3e édit., p. 375. Rouen, 1859) a vu des épis d’Ophioglosse quadruples, et le Dictionnaire des sciences naturelles de Levrault (1825) donne (t.XXXYI, p.192) la ligure coloriée d’une Ophioglosse quadripalmée à cinq épis.
- 4 Une figure très curieuse de trois feuilles de Scolopendre réunies sur un rachis unique est donnée comme celle d’une variété constante et permanente (v. ramosum majus), dans le grand ouvrage de E. J. Lowe .{Feras, 8 vol. grand in-8°. Londres, 1808) on sc trouvent aussi représentés de nombreux cas de partitions anormales, notamment pour Polyp. phyma-todes, P. aureum, P. quercifolium, P. integrifolium, Aspl. filix mas, A. filix fæmina, A. caudalum, A. tri-chomanes, A. viride, Olfersia cervina, Aspid. molle, A. dilatatum, Déparia proliféra, etc.
- ris serrulata, Polyp. Anninghami, et même sur l’extrémité d’une grande fronde palmiforme de Blechnum hrasiliense (sans parler des espèces où l’anomalie est devenue stable, telles que Nephro-lepsis davalloïdes, var. furcans), j’eus la chance de découvrir, sur l'Aspl. cicutarium, outre une feuille simplement bifide, une autre présentant sur un seul et unique rachis, trois frondes complètement distinctes. La plante tout entière semble envahie de malaise. S’agirait-il d’un champignon microscopique comme cet uredo qui s’attaque si souvent aux Cys-topteris1 ou ce fumago dont parle Tulasne2? Je signale la question aux micrographes, car nous voici précisément arrivés, par élimination, aux deux seules hypothèses qui semblent pouvoir demeurer admissibles , comme cause première du phénomène.
- Un traumatisme mécanique, comme celui de la grêle, ne saurait être invoqué pour les plantes de serre. Une action parasitaire?peut-être bien, puisqu’on a remarqué de longue date5 que la maladie appelée cloque est fréquemment suivie de déformation crispée. Mais ce qui cadrerait le mieux avec le caractère à la fois épidémique, accidentel, et localisé du phénomène, ne serait-ce point la piqûre d’un insecte, la morsure d’une larve? 11 est vrai que ces animalcules passent en général pour avoir peu d’appétit pour les fougères et qu’au chapitre des Filicinées on ne trouve absolument rien dans le répertoire de Kaltenbach4. Mais des traces de ron-geures sont parfaitement évidentes sur l’extrémité
- 1 A. Rivière, E. André et E. Roze, Les Fougères, t. II, p. 208 (Rothschild, édit. 1860).
- 4 Seleclafungorum carpologia, t.II,p.281 (Klincksieek,1861).
- 3 Moquin Tandon, Éléments de tératologie végétale, p. 172 (in-8°, Loss, édit. 1841).
- 4 J. H. Kaltenbach, Die Pflanzenfeinde aus der Fiasse der bisekten, gr. in-8°, Stuttgart, 1874. —Par contre Schcnk (,Jahrbuch des Vereines fùr Naturkunde in Nassau, 1862-1863, p. 249) dit qu’il faut très probablement attribuer à la piqûre d’une cynipide la sorte de galle, analogue à celle du Diastrophus Bubi, qu’on trouve quelquefois sur le pétiole de la fougère impériale. — A. B. Frank (Die Krankheiten der Pflanzen, in-8°, Breslau, 1888) mentionne (p. 376) la trouvaille de larves de diptères cécydomyides ou mouches à galle, non seulement sur Pleris aquilina, mais encore sur Aspl. filix mas et A. filix fæmina. Quant aux parasites végétaux cités par le même auteur comme attaquant les
- Fig. 1. — (Échelle 9/50). — A. Polystichum spimilosum (?) DC. B. Aspidium aculeatum, S\v.
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- de nombreux lobules de notre fougère mâle si baro-quement déchiquetée. Ailleurs ce sont de petites taches jaunes malheureusement indéterminables sur la plante sèche, mais dont l’origine serait assurément curieuse à rechercher sur la plante vivante.
- D’autre part on sait que les Chinois ont des procédés à eux pour la production artificielle de monstruosités animales ou végétales. Celle dont nous nous occupons rentrerait-elle dans leur spécialité? Voilà qui serait encore fort intéressant à connaître, d’autant
- Fig. 2. — Fougères à partitions anormales de l’herbier de M. Guébhard.— 1 à 17. Scolopendnum of/icinarirn, Sw. — 18 à 29. Poly-podiurn vtilgare, L. — 30 à 3t. Polystichum /ilix mas, Roth. — 31 et 33. Polystichum dilataluni, DC. — 52. Phegopteris subexcisa, Sw. — 53. Aspidium molle, Sw.
- plus intéressant que, si nous en croyons les botanistes anglais, on serait presque toujours maître,
- fougères, ils sont assez nombreux : Colæosporium, Glœospo-rium, Sphœrella, Phyllachora, et, chose curieuse, les espèces auxquelles s’en prennent ces champignons microscopiques sont précisément celles qui, après les Scolopendres, présentent le plus souvent les partitions frondales.
- une fois l’anomalie apparue par une cause quelconque, de la fixer et transformer en variété stable par des semis rationnels.
- M. M. Keneely Bridgmann a publié à ce sujet1 des expériences bien extraordinaires. Ayant semé des
- 1 Ânnals and Magazine o/ nalural history (3° série) t. \lll,p. 490 (1861).
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- spores récoltées sur toute l’étendue d’une fronde do Scolopendre multifide fortement déformée, il en vit naître, dit-il, plusieurs centaines de jeunes présentant tous les degrés de déformation, depuis la forme ligulée la plus normale jusqu’au type déchiré de la plante mère et même pire, au point que, si on les avait vues séparément, on aurait pu très justement les rapporter à trois variétés distinctes.
- Il est vrai qu’après transplantation en masse de ces. petits plantons par touffes pêle-mêle, on vit peu à peu disparaître tous les individus monstrueux, étouf-lés par les plantes normales, celles-ci exerçant, au prolit do la régression au type ancien et du maintien de la forme spécifique, la loi de sélection par concurrence vitale.
- M. Bridgmann ne nous dit pas s’il a suivi pendant les années ultérieures ces premiers vainqueurs du combat pour la vie ; et c’est fâcheux, car,» d’après une autre observation de M. J. Scott1 faite sur la Lastræa dilatata, il arriverait souvent chez les Fougères, comme Darwin l’a observé chez les animaux, que les semis de plantes anormales tendent à reproduire la déformation originelle, non pas à leur naissance même, mais à une époque de leur existence correspondante ou à peine antérieure à celle où l’accident s’est montré chez la plante mère.
- Pour les Scolopendres, cependant, la monstruosité n’attendrait point le nombre des années, à croire la relation très formelle de M. K. Bridgmann. Ayant recueuilli séparément, avec précaution, les spores de la partie mal formée et de la partie normale d’une Scolopendre monstrueuse de la variété laceratum de Moore 2, il constata sur les deux semis une différence telle qu’à première vue on 11’eùt pu croire qu’ils provenaient de la même plante : d’un côté, sur des milliers d’exemplaires, à peine une douzaine faiblement irréguliers; de l’autre, au contraire, tous les plantons sans exception reproduisant la forme crépue, souvent plus exagérée que sur la fronde originelle. Des expériences analogues, faites sur des espèces différentes, donnèrent toujours le même résultat. Mieux encore : une Scolopendre crépue (Sc. vulg. crista galli) qui était restée une année entière parfaitement normale et ne s’était ornée (?) de frisures qu’au bout de deux ans, donna, par cette sélection des spores, une progéniture toute frisée dès les premières feuilles !
- Lorsqu’on expérimente sur des variétés où la fronde entière est atteinte de déformation, comme le Nephrodium molle corymbiferum, le Lastræa füix mas cristata, le Scolopendrium vulgare margina-tum, les spores prises indifféremment sur tous les points de la fronde reproduisent la monstruosité maternelle avec peu ou point d’altération. D’autre part, M. Mac-Nab3, lequel ne mentionne aucune pré-
- 1 Transactions of the bolanical Society of Edinburgh, t. VII, p. 552-370 (1863).
- 2 Ferns of Great Britain illustrated by Natura printing, i. II, p. 692 (in-f°, Londres, 1855.)
- 3 Tr. of the bot.Sy. of Edinburgh, t. VIII, p. 510 (1865)
- caution spéciale pour la récolte des spores, a donné, pour la reproduction par semis des variétés crépues, la statistique suivante : Aspl. trichomanes crista-tum, 100 pour 100; Lastræa füix mas cristata, 95 pour 100 ; Athyrium filix fæniina, 90 pour 100 ; Ath. Frizelliæ, 50 pour 100; Ath. f.-f. Vic-toriæ, 25 pour 100; Blechnum boreale cristatum, 75 pour 100; Bl. bor. crassicaule, 75 pour 100. Enfin, il est des espèces pour lesquelles le semis ne reproduit pas du.fout la variété; telle ÏAspidium dilatatum multiftdum, Moore1.
- Que penser de toutes ces données qui n’ont peut-être de contradictoire que l’apparence? Les horticulteurs qui, pour répondre au goût souvent dépravé des collectionneurs, s’ingénient’ à créer des formes nouvelles, potirraient peut-être nous en dire long là-dessus. Pour moi, je m’estimerai heureux si j’ai, par cette évocation de souvenirs en dehors de ma compétence actuelle, attiré l’attention des spécialistes sur un point assurément curieux par lui-même et qui, peut-être, pourra trancher la question discutée de la nature morphologique — feuille ou rameau? — de la fronde des fougères.
- Adrien Güébhard,
- a Agrégé de physique des Facultés de médecine.
- CHRONIQUE
- le craquement des bois. — Nous avons reçu de nos lecteurs plusieurs communications relatives au craquement des bois dont nous avons parlé dans notre numéro du 6 juillet. Un abonné, à Monsures, nous écrit : « J’ai devant mes fenêtres un vieux pin Laricio qui tous les ans au printemps, par le soleil, produit pendant un mois à peu près ce pétillement dont il est parlé dans La Nature. Ce bruit est causé par l’éclatement des pommes d’où les graines s’échappent en tournoyant. Dès que toutes les pommes sont ouvertes, l’arbre redevient muet. » — M. J.Cardot à Stenay, nous adresse une note dans laquelle il signale aussi le crépitement produit par les cônes de pins. Quanta ce qui concerne le jonc marin, notre correspondant l’explique par un fait analogue à celui de la déhiscence des gousses du genêt, dont les deux valves sous l’action de la chaleur cl de la sécheresse s’écartent brusquement en faisant entendre un bruit sec particulier. « Le jonc marin (Ulex europæus) fait partie comme le genêt de la famille des Papilionacées et comme lui a un fruit à gousse bivalve déhiscente à la maturité. » — M. E.Bopp-Tissot, à Chaux-de-Fonds, nous informe qu’il a eu l’occasion de faire plusieurs observations qui lui permettent d’attribuer le bruit du craquement de certains arbres au fendillement de l’écorce sous l’influence de la sève. Les pins, les platanes et en général les essences qui changent d’écorce par plaques ou écailles, font entendre des bruits de craquements.— Nous ajouterons que le bois sec a également un craquement particulier qui ne saurait s’expliquer de la même façon. Il nous est arrivé de percevoir des craquements, parfois très violents, émis par une bibliothèque en chêne.
- L'Institut Pasteur et les Anglais. — Récemment a eu lieu, à Mansion house, sous [la présidence du lord-
- 1 ltozo, toc. cit. t. Il, p. 197.
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- maire de Londres, un meeting dans le but de discuter les I mesures à prendre contre l'accroissement des cas d'hydrophobie en Angleterre. Le président a lu une lettre du prince de Galles, dans laquelle le prince fait l’éloge des travaux auxquels se livre M. Pasteur pour la cause de l’humanité, et exprime sa confiance dans leur succès. Plus de 200 sujets britanniques, pour la plupart des gens pauvres, ont été soignés gratuitement et guéris à l’Institut de la rue d’Ulm ; le prince a été d’avis qu’il n’était que juste que l’Angleterre coopérât à cette œuvre humanitaire. 11 espère qu’une somme d’argent importante sera souscrite pour l’Institut. Lecture a également été donnée de lettres de membres du corps médical de Londres. M. James Paget, le professeur lloscoe et sir Joseph Lister, se sont prononcés en faveur de la méthode Pasteur. Des résolutions conformes aux désirs contenus dans la lettre du prince de Galles ont été adoptées.
- Les bois des Landes. — Voici sur le commerce des bois des Landes quelques renseignements extraits d'une communication faite à la Société tiationale d’agriculture par M. Chambrelent. Au commencement de cette année, le gouvernement portugais a adressé une commande de 450 000 traverses de pins pour les chemins de fer du Congo. Il a, en outre, acheté une assez grande quantité de poteaux télégraphiques. Pour l’exécution des premiers pavages en bois dans les rues de Paris, on s’est servi de bois du Nord; mais des essais comparatifs tendent de plus en plus à faire accorder la préférence aux bois des Landes, qui offrent les avantages suivants : 1° ils s’usent beaucoup plus uniformément, ce qui tient à l’homogénéité de leur tissu par suite d’une croissance plus rapide ; 2° ils sont beaucoup moins sujets à la pourriture ; 3° ils se dessèchent plus rapidement après les fortes pluies. On doit exécuter à Buenos-Ayres 300 000 mètres carrés de pavage avec du bois des Landes. Il y a encore un autre emploi pour les pins maritimes de la Gascogne. La boulangerie parisienne, qui consomme près de 600 tonnes de bois par jour, faisait, jusqu’à ces dernières années, venir ce combustible des forêts de l'Est, et principalement de celles de l’Allemagne. On a reconnu chez le bois des Landes une puissance calorifique supérieure à celle du bois de l’Est; ainsi le consommation du bois des Landes par la boulangerie parisienne va continuellement en augmentant. Elle a dépassé, en 1888, 50 000 tonnes.
- Le radiomètre. — L'Electricien nous fait savoir, d’après un expérimentateur anglais, que le radiomètre de M. Crookes est un appareil absolument apte à servir de photomètre de précision. Une bougie étalon (candie), à une distance de 127 millimètres (5 pouces) d’un radiomètre a donné, à travers des verres de différentes couleurs, les résultats suivants : A travers un verre : vert, une révolution en 40 secondes ; bleu, 58 ; pourpre, 28 ; orangé, 26; jaune, 21; rouge clair, 20. L’action mécanique du radiomètre, produite par la radiation, est en raison inverse du carré des distances ; un instrument, placé à des distances de 20, 10 et 5 pouces, donne respectivement une révolution en 182, 45 et 11 secondes. L’influence de la chaleur peut être partiellement annulée par l’interposition d’une plaque épaisse d’alun. L’expérimentateur reconnaît que le plus grand obstacle probable relatif à l’application pratique du radiomètre aux usages photométriques est la difficulté de compter et d’enregistrer automatiquement le nombre de révolutions.
- Les oranges en Australie. — On a souvent cité les immenses cultures fruitières qui forment une source
- de richesse pour les États-Unis ; l’Australie veut aujourd’hui suivre cet exemple. La culture de l’oranger y a pris une telle importance, que l’exportalion des oranges s’y fait sur une grande échelle. Et précisément la récolte d’Australie commence au moment où finissent les expéditions d’Espagne, qui se font d’octobre à mai. Aussi les producteurs d’Australie seront-ils assurés de trouver ouverts les marchés d’Europe.
- Les chantiers de constructions maritimes de la Grande-Bretagne, — La Grande-Bretagne continue d’être une des premières puissances maritimes, et ses chantiers de construction ont produit, en 1888, plus encore que pendant l’année 1887. L’enscmble des navires qui y ont été lancés représentent un tonnage total de 903 171 tonnes; les chantiers de la Clyde à eux seuls y entrent pour 280 057 tonneaux, les ports du nord-est de l’Angleterre pour 506 897 tonnes, Belfast pour 35 495, la Merseypour 19 725. L’augmentation est de 550 000 tonnes sur les chiffres de 1887.
- La production de l‘or dans l’Afrique du Sud.
- — Le montant total de l’or brut exporté pendant le mois d’avril 1889 a été de 1360000 francs par les ports de la colonie du Cap, et de 1 900 000 francs par les ports de Natal; ce qui donne en tout le chiffre considérable de 5 260000 francs. C'est le total le plus fort qui ait encore été obtenu. 1). B.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance duPS juillet 1889.—Présidence de M. Uerjutc
- Séance très courte interrompue après une demi-heure par un comité secret. — M. Cruls, le savant directeur de Ilio-Janeiro, assiste à la séance et communique à l’Académie un travail sur la micrographie atmosphérique.
- Travaux agronomiques de l’Ecole de Grignon. — Notre savant collaborateur, M. P.-P. Dehérain, dépose sur le bureau un volume où sont insérés douze graphiques coloriés qui représentent les résultats obtenus sur différents sujets agronomiques dans les champs d’expériences de l’Ecole de Grignon. Ces graphiques sont actuellement exposés sur le quai d’Orsay avec les échantillons à l’appui. Le premier concerne les pertes et les gains d’azote des sols sous l’influence de diverses cultures ; son résultat le plus net consiste dans la confirmation d’une action améliorante exercée sur le sol par la prairie qu’il porte. Une deuxième planche exprime l’azote nitrifié en un jour dans une tonne de terre fertile renfermant 2,61 gr d’azote par kilogramme : on y voit qu’une terre riche, régulièrement arrosée, produit d’énormes quantités de nitrates ; c’est là, sans doute, ce qui a lieu dans les cultures maraîchères où s’élabore rapidement la matière végétale. L’auteur traite ensuite la question de la nitrification dans des terres restées quinze ans sans engrais : on reconnaît alors que le phénomène est très lent et il est vraisemblable que dans les terres en place le ferment nitrique ne fonctionne qu’avec une très médiocre activité et ne provoque plus que des pertes minimes insuffisantes pour balancer les gains que déterminent les ferments fixateurs d’azote. M. Dehérain étudie ensuite l’emploi des superphosphates ; l’acide phosphorique total et assimilable contenu dans différents sols; puis il passe à l’examen des produits fournis par diverses cultures. La comparaison de différentes races de froment est toute à Davantage du blé à épi carré dont plusieurs fois déjà nous avons entretenu
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- nos lecteurs. Pour les avoines, c’est à la variété dite géante qu’il faut donner la préférence. L’influence des engrais et des saisons sur les pommes de terre, sur le maïs fourrage et sur les betteraves, donne également lieu à des considérations très pratiques. Il nous faudrait beaucoup plus de place pour analyser comme elle le mérite l’importante publication de M. Dehérain ; ce qui précède suffira pour en montrer la haute importance et pour inspirer aux agronomes l’impérieux besoin de la lire.
- Falsification des huiles d'olives. — M. Raoul Brullé, chimiste de la station agronomique de Nice, propose le nitrate d’argent en présence de l’acide azotique fumant comme propre à caractériser les diverses huiles et à déceler les falsifications de l’huile d’olive. Vers 115° le sel métallique se décompose brusquement et on voit l’argent se déposer avec une coloration qui dépend exactement de l’huile employée. En saponifiant les huiles avant le traitement, on obtient de nouvelles couleurs qui viennent contrôler les premières. L’auteur donne dans son travail un tableau très complet des effets dont il s’agit et qui pourra rendre de grands services aux chimistes praticiens.
- Progrès de la cartographie russe. — Il y a dix ans, M. le général Venukoff a inséré dans la Revue de géographie un aperçu historique des découvertes géographiques faites dans la Russie d’Asie et il mentionnait à cet égard certaines publications cartographiques exécutées depuis trois siècles. L’auteur revient sur la même question aujourd’hui et avec une érudition des plug remarquables il nous offre le tableau de toutes les publications, depuis la carte de Battista Agneze, datée, de 1525 et retrouvée seulement en 1884 à la bibliothèque de Saint-Marc, à Venise, jusqu’aux excellentes cartes de M. Tillo.
- Varia. — M. le professeur Georges Pouchet étudie l'œuf de la sardine. — Des observations faites à Paris, du 9 au 13 juillet, de plusieurs petites planètes et de la comète de Barnard, sont adressées par M. Mouchez. — D’après M. Bouis, le mouvement brownien est d’origine purement physique et ne doit, en aucune façon, être rattaché à des phénomènes chimiques ou physiologiques/ — En collaboration avec M. Petit, M. Berthelot étudie les camphres nitrés par les méthodes de la thermochimie. — Les acides sulfoconjugués occupent MM. Friedel etjCraft. — L’insoluhilité du molybdate de cobalt fournit à M. A. Carnot un procédé de séparation de ce métal d’avec le nickel. — M. Boutron traite de la myopie héréditaire et applique la cocaïne à son traitement. Stanislas Meunier.
- OISEAUX MÉCANIQUES
- Nous avons décrit, il y a longtemps déjà, en 1875 et en 1877, les petits oiseaux mécaniques à ressorts de caoutchouc, de M. Alphonse Penaud1 et de M. latin 2.
- D’ingénieuses constructions de ce genre ont été reprises récemment par un praticien fort habile, M. Pichancourt, qui a fait voler sous nos yeux quelques petits oiseaux mécaniques dont le fonctionnement est très régulier. Nous représentons ci- contre l’un des petits modèles qui nous a été soumis ; le mouvement des ailes est déterminé par l’énergie emmagasinée dans des lanières de caoutchouc tordues.
- Notre ligure montre sur le premier plan le
- détail du mécanisme ;. l’oiseau est figuré à une plus petite échelle, les ailes abaissée s, à la partie supérieure du dessin.
- Ce petit oiseau mécanique a une envergure d’ailes de 0,55 m; le ressort de caout-chouc pèse 8 grammes et mesure 0,15 m de longueur; 1 e poids total du système est de 25 grammes. L’appareil vole en s’élevant légèrement et peut parcourir une vingtaine de mètres. M. Pichancourt est arrivé à construire un oiseau mécanique à ressort de caoutchouc, de dimension plus considérable, et qui ne pèse pas moins de 675 grammes.
- Lancé à la main, cet appareil se serait élevé à 8 mètres au-dessus du sol, et serait tombé à 21 mètres du point de départ, contre un vent contraire de 4 mètres à la seconde.
- De petits oiseaux mécaniques de ce genre ne constituent assurément que des jouets ou de petits appareils d’expériences ; mais, quand ils fonctionnent bien comme ceux de M. Pichancourt, ils méritent d’être signalés et d’être recommandés aux amateurs de mécanique et d’aviation. G. T.
- 1 Voy. n° 99, du 24 avril 1875, p. 327.
- 2 Voy. n° 192, du 4 février 1877, p. 148.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Petit oiseau mécanique île M. Pichancourt.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N» 845 . — 27 JUILLET 1889.
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- UNE EXCURSION AU MONT BANDAI AU JAPON
- EXPLOSION D’UNE MONTAGNE
- Le 15 juillet 1888, le mont Bandai, au Japon, a I des phénomènes géologiques. La presque totalité de été le théâtre d’un cataclysme rare dans l’histoire J la montagne, qui n’avait pas moins de 1500 mètres
- Fig. 1. — Vue générale du cratère du mont Bandai', au Jupon, en avril 1889.
- de hauteur, a été projetée dans l’espace par une gantesque chaudière à vapeur; il en est résulté des explosion souterraine comparable à celle d’une gi- désastres épouvantables, tremblements de terre,
- inondations, villages engloutis, dont nous avons précédemment donné un tableau précis1. Un phé-1 Voy. n° 802, du 13 octobre 1888, p. 315.
- 17e aimée. — 2e semestre.
- nomène de ce genre et ayant cette importance paraît être presque unique, il mérite une étude spéciale de la part des naturalistes, et on ne saurait
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- trop s’attacher à réunir les faits qui se rapportent à son histoire.
- Un de nos lecteurs du Japon, M. L. Rrouart de Leger, qui est un missionnaire très érudit, ami de la géologie, a fait récemment une excursion au mont Bandai, au sujet duquel on n’avait pas de renseignements depuis sa destruction par l’explosion souterraine. Les manifestations de vapeurs sont toujours très apparentes et le spectacle offert par le gouffre formé, là où était la montagne, est d’un effet majestueux. M. Drouart de Leger a réussi à prendre des photographies qu’il nous a envoyées de Tokio (Japon) dès le retour de son exploration. Les opérations ont du être faites par une pluie battante, et ce n’est qu’en protégeant l’appareil sous une couverture qu elles ont pu réussir.
- Sur l’ancien emplacement de Bandai des torrents de vapeur s’échappent çà et là du sol, de plus de cent endroits différents, et s’élèvent à une grande hauteur dans l’atmosphère; ces jets de vapeur font entendre un bruit formidable et forment dans les hautes régions de l’air de véritables nuages que l'on aperçoit, par temps clair, à plus de 40 kilomètres de distance.
- La photographie n° 1 donne la vue générale du cratère, si l’on peut se servir de cette expression pour désigner cette formation toute particulière qui ne rentre pas assurément dans la série des phénomènes volcaniques habituels. La montagne du Bandai était formée de trois pics : O-Bandaï (grand Bandai) qui s’aperçoit au‘milieu de notre gravure (fig. 1), ÏUra-Bandaï (arrière-Bandaï) qui se voit à gauche et le Ko-Bandaï (petit Bandai) qui a sauté. Les deux premiers pics sont restés intacts et dominent le gouffre.
- La deuxième photographie .(fig. 2) donne une vue de détail du cratère, montrant les immenses colonnes de vapeur qui s’échappent sans cesse de cet abîme imposant, où naguère il y avait une montagne entière. Cette localité si curieuse, qui a servi de scène à l’un des grands drames de la nature, offrirait assurément un vaste champ d’étude au géologue. Nous espérons que le Gouvernement japonais, qui porte aujourd’hui un si grand intérêt au progrès des sciences, aura l’occasion de favoriser des missions géologiques au mont Bandai. G. T.
- FORMATION DE LA ROUILLE
- Le professeur Crum Brown, d’Edimbourg, a présenté au dernier meeting de VIro7i and Steel lnstitule d’intéressantes observations sur les réactions chimiques qui constituant la formation de la rouille.
- Il s’agit, bien entendu, de l’oxydation du fer métallique sous l’influence des agents atmosphériques ordinaires et non de la corrosion en présence de vapeurs acides contenues accidentellement dans l’air.
- Les conditions nécessaires pour la formation de la rouille sont : 1° le métal à nu à la surface; 2° de l’eau à l’état liquide; 5° de l’oxygène; 4° de l'acide car-
- bonique, ces deux gaz étant en dissolution dans l’eau.
- Le fer n’est pas attaqué dans une atmosphère contenant de l’oxygène, de l’acide carbonique et delà vapeur d’eau, tant que l’eau ne se dépose pas à l’état liquide sur le métal.
- De l’eau, à l'état liquide, pure de gaz en dissolution, n’attaque pas le fer aux températures modérées. A chaud et très rapidement au rouge, le fer s’oxyde en présence de la vapeur d’eau et se recouvre d’une couche d’oxyde magnétique adhérente. On sait qu’on a basé sur cette réaction un système efficace de préservation du fer.
- L’oxygène seul n’agit pas sur le fer aux températures ordinaires ; à chaud il donne lieu à la formation d’oxyde magnétique.
- 11 en est de même de l’acide carbonique qui n’agit pas à froid, mais qui, au rouge, se réduit en oxyde de carbone, cédant au fer son équivalent d’oxygène pour la formation d’oxyde magnétique.
- L’eau contenant de l’oxygène en dissolution n’agit pas sur le fer à la température ordinaire.
- On le constate en mettant du fer dans de l’eau aérée et contenant de la chaux ou un alcali ; le fer n’est pas attaqué, parce que l’acide carbonique est fixé par la chaux ou l’alcali.
- De l’eau contenant de l’acide carbonique en dissolution attaque le fer à la température ordinaire, en formant du carbonate ferreux qui se dissout dans l’eau à la faveur de l’excès d’acide carbonique sous forme de bicarbonate ferreux. On prépare de cette façon des eaux ferrugineuses artificielles. Dans cette réaction il y a un dégagement d’hydrogène provenant de la décomposition de l’eau, mais, s’il y a de l'oxygène libre dans l’eau, l’hydrogène s’y combine et ne devient pas apparent. Avec une quantité illimitée d’oxygène et d’acide carbonique, le fer disparaîtrait entièrement sans laisser de traces visibles.
- Lorsqu’une dissolution de bicarbonate ferreux est exposée à une atmosphère ne contenant ni oxygène libre, ni acide carbonique, elle perd un équivalent d’acide carbonique et il se précipite du carbonate ferreux. S’il y a de l’oxygène libre, le carbonate ferreux se suroxyde et passe à l’état d’hydrate ferrique, l’acide carbonique se dégageant cl restant en dissolution dans l’eau.
- Ces réactions étant posées, voici comment s’explique la formation de la rouille.
- Cette formation comprend deux périodes : la première, la production lu bicarbonate ferreux soluble; la secontle, la transformation de ce bicarbonate en carbonate blanc, puis, progressivement, en hydrate ferrique, couleur de rouille.
- Il est à remarquer que l’acide carbonique en dissolution dans l’eau qui intervient ne disparaît pas, il est restitué et agit indéfiniment tant qu’il y a de l’eau et de l’oxygène. En outre, la couche de rouille qui se forme à la surface du fer a une nature poreuse et hy gros copi que qui facilite grandement l’attaque subséquente du métal. C’est pour cela qu’un morceau de fer qui a commencé à se rouiller continue à s’attaquer avec une énergie de plus en plus grande s’il reste dans un endroit contenant de l’humidité.
- A la suite de cette communication, plusieurs membres ont témoigné des bons résultats qu’ils avaient obtenus pour la conservation de chaudières et récipients en tôle de fer en mettant de lu chaux dans l’eau1.
- 1 D’après le Bulletin de la Société des ingénieurs civils
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- LES ANGOLAIS A PARIS
- Les Portugais ont en Afrique une importante colonie qui comprend une grande partie de la Guinée intérieure. Leurs possessions, qui n’ont pas d’ailleurs de limites Lien déterminées, sont désignées sous le nom de Colonie d’Angola.
- L’Angola se partage en trois divisions principales :
- Au nord, l’Angola proprement dit, où se trouve Saint-Paul-de-Loanda, port de mer, capitale de toute la colonie; au centre, le Benguela, dont la ville maritime la plus importante est Saint-Philippe de Benguela, dans une position très malsaine; et enlin la province de Mossamédès, avec un port qui porte le même nom.
- Un Hollandais, M. Goddefroy, a fait dans ce pays deux voyages successifs ; il accompagna d’abord l’ingénieur D. I). Yetli, qui voulait créer une route commerciale allant des contrées du centre à Benguela. M. Vetli succomba au cours de son expédition et son compagnon dut l’ensevelir au loin dans l’intérieur.
- M. Goddefroy entreprit une seconde expédition pour aller recueillir et ramener dans son pays natal les restes de l’infortuné ingénieur. 11 augmenta considérablement pendant ce temps une collection ethnographique aujourd’hui des plus complètes et parvint à décider un certain nombre d’indigènes à l’accompagner en Europe.
- Ce sont ces nègres, au nombre de dix-huit,, désignés généralement sous le nom d’Angolais, que l’on peut voir actuellement rue Laffite, à Paris.
- Après les exhibitions très instructives que le Jardin d’Acclimatation a entreprises depuis quelques années, celle-ci ne peut manquer de présenter un très grand intérêt au point de vue- ethnographique et anthropologique.
- Le voyageur est parvenu à grouper des indigènes appartenant a des tribus absolument distinctes et fort éloignées les unes des autres, depuis celle de Mondombé, assez près de la côte jusqu’à celles de Qangella, de Lunda et d’Ahioco, noms familiers à tous ceux qui ont lu les relations des voyages entrepris depuis quelques années dans l’Ouest et le Sud-Ouest africain, par de hardis explorateurs.
- M. Savorgnan de Brazza, dans ses Voyages, a décrit d’une façon très complète certains types dont nous retrouvons dans la troupe des Angolais des spécimens (pie nous avons pu photographier. C’est ainsi que nous découvrons, intercalé dans le récit de M. de Brazza, un dessin représentant un homme, Adouma de Boundje, qui ressemble presque trait pour trait à un habitant du Qangella qui figure ici.
- Cela provient sans doute de ce fait que la principale, pour ne pas dire la seule manière de vivre de ces peuplades, consiste à s’engager à la suite des caravanes, en qualités de porteurs. Hommes, femmes et entants sc chargent de ballots plus ou
- moins lourds, suivant leur force : les hommes portent jusqu’à 60 kilogrammes pendant des centaines de lieues. Or, il arrive que des convois s’arrêtent en route : on partage entre les porteurs* ce qui reste de vivres, et les malheureux sont abandonnés à eux-mêmes. Les rares survivants qui ont échappé aux lions ou qui ont résisté à la faim se lixent dans les villages les plus rapprochés; ils y font souche si on ne les force pas à devenir esclaves.
- L’une des peuplades représentées dans la troupe des Angolais par deux hommes et une femme qui répond au nom harmonieux de Canapé, offre cependant à ce sujet une particularité remarquable : les Mondombé (c’est le nom de leur pays) sont absolument réfractaires aux croisements avec les tribus voisines. Ils se marient exclusivement entre eux et semblent obéir à une prescription de leur religion. Cela nous a semblé d’autant plus intéressant que cette peuplade est la seule de toute l’Afrique, paraît-il, qui pratique la circoncision, second point de ressemblance avec la race juive.
- Les coiffures des Angolais sont particulièrement curieuses. Certains des hommes ont les cheveux rasés, sauf sur le sommet de la tête, où une toute petite touffe de laine noire habilement tressée par derrière sépare le crâne en deux parties.
- Trois des femmes ont les cheveux assez longs et divisés en deux touffes séparées par une raie soigneusement tracée. Nous sommes cependant loin de ces coiffures invraisemblables décrites par M. de Brazza et que portent certaines femmes du Haut-Congo ; d’après le savant voyageur « elles ne peuvent se coucher, à moins d’appuyer le derrière du cou sur une bille de bois, afin de préserver leur coiffure. »
- Chez les Angolais, c’est bien plus simple; plus simple aussi est le costume. Si les convenances ne s’y étaient opposées, ces naturels se présenteraient revêtus uniquement du pagne.
- Quelques femmes portent aux bras et aux chevilles de curieux bracelets de cuivre, qui semblent très lourds. Ces bracelets indiquent la richesse des femmes qui les portent. Plus ils sont volumineux et nombreux, plus elles sont riches. Quant aux colliers de leur pays, on a eu toutes les peines du monde à les faire garder aux femmes ; elles leur préfèrent les colliers de verroterie qui se fabriquent aux environs de la Tour Eiffel.
- Il faut vraiment que l’attrait de l’Exposition universelle soit singulier pour que des habitants de l’Angola aient consenti à y être transportés. 11 est vrai que la curiosité de voir Paris n’est pas l’unique pensée qui les a guidés : quand on songe que, dans leur pays, la seule nourriture de ces malheureux (quand ils en ont) consiste en mauvaise farine de manioc qu’ils mélangent avec de la terre avant de la délayer dans un peu d’eau croupie, on comprend que leur appétit se soit égaré quelquefois sur la chair humaine, mais on comprend surtout que la certitude d’avoir chaque jour une bonne soupe à leur faim lés
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- ait déterminés à abandonner pour quelque temps I On donne principalement aux Angolais du riz et les ingrates contrées (pii les ont vus naître. | un peu de viande : c’est le mets qu’ils préfèrent:
- de grandes écuelles en bois contiennent la part de chacun. Ils couchent sur des planches légèrement inclinées, comme dans un corps de garde; un seul d’entre eux est marié.
- Le couple a amené à Paris leur petit enfant qui est né au cours du voyage.
- 11 y a dans la troupe des Angolais deux jeunes filles, Mucin-ga et Muhongo, l’une a quinze ans, l’autre dix-huit ans. C’est l’élément gai de la troupe; Muhongo passe son temps à danser et à rire. Elle a autour de la ceinture un tatouage des plus remarquables. Presque toutes les femmes
- sont ainsi tatouées. C’est, avec une pointe d’ivoire ou de bambou grossièrement taillée que les parents
- ornent ainsi les enfants ; puis ils obtiennent la cicatrisation en saupoudrant d’épices les plaies vives.
- Voici quelques indications relatives aux figures intercalées dans le texte et qui reproduisent des photographies dues à un amateur, M. Maurice Bucquet.
- La figure 1 représente le groupe des hommes. Il y en a parmi eux de très beaux au point de vue plastique ; mais ils n étaient pas ainsi quand ils ont quitté leur pays. La-bas, les privations de
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- toutes sortes et le climat les abîment. Deux d'entre eux sont coiffés d’une sorte de panier garni de plumes hérissées : c’est la coiffure de guerre.
- Les hommes de la figure 2 sont dans leur posture favorite. Us restent ainsi accroupis pendant
- des heures. L’un d’eux, le doyen d’àge de la troupe masculine, porte une calotte qui ferait croire qu’il a de longs cheveux.
- L’homme, la femme et l’enfant de la figure 5 sont chacun d’un pays different ; l’homme est un
- Fig. ô. — Homme, temme et enfant de la troupe des Angolais, exhibés à Paris. (D’après des photographies'de M. Maurice Bucquet.
- Mondombé qui vient d’assez près de la côte. C’est le camarade de Cambiambia, celui qui montre si bien son profil dans la figure 2. Ce dernier est le seul d’entre tous qui comprenne le portugais. La femme n’est pas la première venue, si l’on s’en rapporte à la grosseur de ses bracelets. Enfin, le petit garçon est remarquable par son abdomen
- proéminent. Tous les enfants de cet âge ont le ventre ainsi gonflé. Faut-il attribuer ce fait à une nourriture solide qu’on leur fait prendre prématurément ; nous pensons que cela provient plutôt de ce qu’ils mangent de la terre mêlée à leurs aliments et qu’ils ne digèrent pas. Achille Darnis.
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- UN NOUVEAU DOCK FLOTTANT
- AU TOUT I)K HAMBOURG
- Un dock d’un nouveau système et présentant des conditions de construction qui permettent des manœuvres extrêmement rapides, vient d’être mis en service au port de Hambourg. Les premiers essais en ont été remarquables; un vapeur de 1800 tonneaux a été mis à sec en dix-neuf minutes; un autre, tirant près de 4 mètres, a été soulevé hors de l’eau en dix minutes; il quittait le
- dock à 8 heures du matin, et à 8 h. 50 m., un autre
- navire était à sec à sa place, tout prêt à subir les réparations. Ce dock n’est fermé que d’un côté, ayant ainsi
- l’allure générale d’un fer de cornière; le côté, le seul, est en face et tout près de la terre ; plusieurs arcs-boutants le maintiennent à des colonnes établies sur le rivage. D’ailleurs, ces arcs-boutants sont articulés au point où ils se fixent sur ces colonnes et sur le flanc du dock; si bien que celui-ci est toujours horizontal, à quelque niveau que soit son plancher.
- Des escaliers conduisent du fond du dock au sommet du côté. Yoici comment se fait la manœuvre. Dès que le dock est descendu sous l’eau au niveau voulu, le navire y entre, ce qu’il peut faire par tout le côté, et s’y amarre, de façon à ce que la quille soit au-dessus des tins à ce destinés. Aussitôt qu’il a pris son assiette, du haut du pont supérieur, on insüdle les jambes et les tins pour soutenir les flancs; et quelques minutes après la quille du navire et le fond du dock apparaissent hors de l’eau. Le dock est, en effet, divisé en un certain nombre de compartiments remplis d’eau lorsque le dock est à fond, et qu’on peut vider séparément, qui sont complètement indépendants. Pour le fonctionnement du dock il y a quatre pompes centrifuges; elles sont placées au sommet du côté du dock ; la vapeur est fournie par des chaudières installées sur le rivage même. A une des extrémités du fond du dock est ménagé un puits pour loger le gouvernail, qui, descendant plus bas que la quille, devrait, sans cette précaution, être démonté. Enfin des arcs-boutants à ressort sont disposés sur le côté du dock, pour que le navire puisse s’y appuyer sans subir de chocs. Du reste, tout naturellement, des gradins sont disposés le long des flancs du navire.
- Ce système, qui vient d’être employé pour quelques nouveaux docks d’Angleterre, présente une certaine originalité, et facilite beaucoup l’entrée des navires dans ces appareils de réparation. I). Bellet.
- LES MOYENS DE TRANSPORT
- AU PALAIS DES ARTS LIBÉRAUX EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Le Palais des Arts libéraux, au Champ de Mars de Paris, abrite une réunion d’objets du plus grand intérêt et qui méritent d’être spécialement étudiés par le visiteur. L’ensemble de ces objets, méthodiquement groupés, constitue l'Exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques. Notre savant collaborateur, M. de Nadaillac, a déjà donné, ici même, un aperçu très complet de l’exposition anthropologique1. Nous allons parler aujourd’hui d'une autre exposition des plus importantes de l’histoire
- 1 Vov. n° 855, du 1er juin 1889. p. 7.
- du travail : celle qui se rapporte aux moyens de transport.
- Le public peut la visiter dans la partie centrale du Palais des Arts libéraux dont nous donnons ci-contre une coupe avec une légende explicative (fig. 1). L’exposition rétrospective des moyens de transport est répartie dans les pavillons E F, cour, rez-de-chaussée, premier étage et dans la partie S S' du premier étage autour de l’aérostat arrimé sous la coupole.
- Dans l’histoire des moyens de transport, on a envisagé deux parties distinctes et inséparables, la voie et le transporteur. La voie comprend quatre divisions : la voie de terre, la voie de l’eau (fluviale et maritime), la voie de fer et la voie de l’air. Le transporteur comprend tous les véhicules connus et tous les engins de transport, depuis la voiture jusqu’à la locomotive et au ballon.
- La cour du rez-de-chaussée comprise entre les balustrades E F de notre plan, doit d’abord être parcourue par le visiteur. Cette cour est occupée par des modèles relatifs à la voie, les vitrines de pourtour par des modèles relatifs aux moteurs et aux véhicules. Nous signalerons tout d’abord une incomparable collection de modèles de barrages et d’ouvrages de navigation fluviale. Elle appartient à l’Ecole des ponts et chaussées; c’est assurément la plus belle et la plus complète qui existe. Aux pourtours on remarquera de nombreux modèles de navires qui ont été en grande partie envoyés par l’Angleterre. Les phares sont rangés à proximité de la marine. La collection exposée provient essentiellement du Musée des phares de France. Quelques modèles anglais y sont joints.
- Quatre poteaux indicateurs donnent les grandes divisions de l’exposition : voie de terre, voie de fer, voie maritime, voie fluviale.
- La voie de terre comprend d’abord l’histoire des routes; cette histoire est représentée dans les temps anciens par une partie de la grande carte de Peutinger, un livret des postes romaines, une carte des routes françaises en 1553, d’excellentes coupes de chaussées romaines; nous mentionnerons encore la carte des routes de France au dix-septième siècle et la coupe des chemins dans la Généralité de Limoges en 1777 L’histoire de la voie de terre se continue par une série de modèles de grands ponts de toutes les époques, en bois, en pierre et en fer. En maçonnerie, nous signalerons les modèles du pont de la Concorde (premier projet de Perronnet), ceux du pont de Tours, du pont de Mantes, du pont de Saint-Sauveur et du pont de Claix. Parmi les ponts en bois on verra les types les plus remarquables, notamment le pont de Mellingen et celui de Schafl-house en 1757.Les charmants modèles exposés appartiennent à l’École des ponts et chaussées. Comme ponts de fer, le visiteur passe en revue le pont tournant de Brest, et de grands modèles du pont de Garabit, et du pont de Forth. Des modèles explicatifs du travail de fondation à l’air comprimé complètent ces curieux documents.
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- L’histoire de la voie ferrée est constituée par des types de locomotives, des types de rails anciens parmi lesquels les vieux rails en fonte à ventre de poisson. La perforatrice du Mont Cenis, un des plus anciens exemples d’engrenage pour remonter les rampes, constituent des objets historiques de grande valeur. Le modèle du pont de Newcastle,, fait sous les yeux de Stephenson, celui du premier pont tubulaire de Robert Stephenson (Britannia Bridge), le modèle de la première locomotive, prêtés par l’Angleterre, ne sont pas moins dignes d’attention1. Sur les murs du rez-de-chaussée l’histoire de la voie ferrée est complétée par la première affiche des chemins de fer, en Angleterre, par le tracé du chemin de fer de Dar-lington à Stokton (projet original de Stephenson) et par une série de dessins de voitures et de locomo-
- tives. On voit que les organisateurs, dans un esprit d’impartialité absolue, se sont attachés à rendre justice aux travaux de l’étranger.
- L’histoire de la navigation fluviale comprend le flottage et toute la série des barrages. On remarquera, dans cette partie de l’exposition, les dessins d’une mission envoyée en Hollande au dix-septième siècle pour l’étude des écluses de navigation intérieure et maritime, des modèles de bateaux, un ancien plan du canal du Languedoc, les lettres patentes du canal de Briare, du Loing et d’Orléans.
- La navigation maritime est représentée par des modèles divers relatifs aux travaux des ports, formes de radoub, cstacades, portes d’écluses, bassins, etc.
- L’histoire de la navigation maritime nous amène
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- de 1889
- PALAIS
- DES ARTS LIBÉRAUX
- Fig. 1. — Exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques dans le Palais des Arts libéraux. — Au rez-de-chaussée : A. Arts et métiers. — B. Moyens de transport. — C. Arts libéraux. — I). Anthropologie et Ethnographie. — Sous la coupole. Histoire du théâtre. — Les galeries du premier étage correspondent autant que possible aux expositions inférieures. — M. Pourtour : Appareils télégraphiques. Histoire de la photographie, etc. — EF. Histoire de la voiture et de la chaussure. — SS’. Histoire de l’aérostation. — G. Histoire du théâtre. Estampes et gravures, etc. — II. Histoire de l’affiche, de la reliure, etc. — K. Anthropologie, craniologie, etc. — L. Entrée de l’imprimerie et de la librairie. — P. Entrée de la photographie.
- aux phares dont la collection est unique au monde. Cette collection, qui a été prêtée par l’administration des phares, comprend, parmi les curiosités de premier ordre, le phare à réflecteur de Cordouan, les phares à échelons avec les premières lentilles construites . par Fresnel, toute la série des feux antérieurs à l’emploi de l’électricité, lampes à mèches, et machine de Y Alliance, première dynamo employée pour l’éclairage des phares ; en parcourant cette partie de l’exposition, on suit la transformation progressive des lentilles, on passe en revue les bouées lumineuses et sonores, on étudie les modèles des plus remarquables phares en pierre ou en fer tels que ceux de la Nouvelle-Calédonie ou d’Ar-Men. Nous aurons encore à citer de vieilles cartes de marine prêtées par le service du Dépôt des cartes et plans, et toute la
- 1 Les premières locomotives et les premiers wagons de chemin de fer se trouvent à l’entrée du Palais des arts libéraux. -
- collection de modèles de bateaux, confiée par le Musée de la marine. Un peu plus loin en continuant à parcourir le pourtour, on voit des plans de ports célèbres et des modèles de navires à vapeur tels que le Pereire, ou de navires anglais.
- Le premier étage de l’Exposition rétrospective des moyens de transport est réservé à deux collections : la première, tout autour des galeries E, F (fig. 1), comprend l’histoire de la voiture et de la chaussure ; elle a été organisée par M. Bixio et constitue le complément des transports par terre; la deuxième, autour du ballon, sur les galeries circulaires, est formée de notre collection aéronautique, et résume l’histoire des transports par l’air.
- M. Bixio a d’abord réuni dans les vitrines une série d’objets tirés des musées, conservatoires et collections particulières, tels que traîneaux, carrosses anciens, chaises à porteurs, palanquins, véhicules
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- divers; puis il a classé, dans de vastes panneaux à deux faces, une multitude de gravures, d’estampes et de photographies qui donnent, dans l’ordre chronologique, l’histoire de la voiture et de la chaussure à travers les âges, soit d’après des documents inédits, soit d’après la reproduction d’ouvrages scientifiques. Il y a là plus de 1500 pièces diverses que nous ne saurions analyser en une notice succincte, mais nous nous contenterons de dire que l’ensemble est d’un très grand intérêt et que la classification méthodique adoptée est absolument scientifique.. Nous nous promettons de revenir d’une manière spéciale sur celte remarquable collection. Nous nous bornerons aujourd’hui a en emprunter, à peu près au hasard, deux spécimens curieux. Notre figure 2 reproduit une photographie exposée par M. Bixio et exécutée d’après un manuscrit du seizième siècle de la Bibliothèque nationale : elle représente un traîneau de cette époque.
- La figure 3 nous donne la physionomie de la litière de Vauban, d’après la reproduction d’une gravure du Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale.
- L’histoire du transport par l’air est celle beaucoup plus récente de la navigation aérienne. La découverte des ballons a produit, à l’époque où elle a eu lieu, la plus vive impression sur l’esprit public. Quand les frères Montgolfier eurent lancé le premier aérostat à air chaud àvAnnonay, le 5 juin 1783, lorsque le physicien Charles et les frères Robert eurent expérimenté à Paris, le 27 août de la même année, le premier ballon à gaz hydrogène, lorsque les premières ascensions furent exécutées, on était per-
- suadé qu’une telle découverte allait amener une révolution dans les destinées humaines.
- De telles préoccupations ont laissé partout des traces, dans les écrits, dans les journaux du temps, comme dans toutes les manifestations de l’art; les fabriques de céramique faisaient peindre sur leurs assiettes, sur leurs plats, sur leurs saladiers, des
- globes et des aérostats à gaz; les marchands d’estampes publiaient des gravures ou des images populaires reproduisant les faits les plus importants de l’aéronautique à ses débuts ; il paraissait des livres et des brochures sur la découverte nouvelle ; les artistes s’occu paient des aérostats et le reproduisaient sous toutes formes ; on voyait des montres et des pendules à ballons, des bonbonnières, des médailles, des meubles, des étoffes, des
- bijoux, des éventails, où les hauts faits de l’art nouveau étaient célébrés sous une forme plus ou moins naïve.
- La collection aéronautique que nous avons formée, depuis plus de vingt années, comprend un nombre considérable de ces pièces anciennes auxquelles se joignent des documents modernes qui reconstituent l’histoire des ballons jusqu’à nos jours. Il ne nous appartient pas de porter un jugement sur une collection que nous avons créée nous-même, le lecteur, ami de l’aéronautique, pourra l’apprécier.
- Les figures 4 et 5 reproduisent des photographies prises dans l’Exposition que nous examinons ici. La figure 4 montre une partie de la cour du rez-de-chaussée, avec le phare de Fresnel et, au premier plan, les modèles d'écluse et de barrage. La figure 5
- Fig. 3. — La litière de Vauban,* d'après une gravure du Cabinet des estampes. Histoire des voitures à l’Exposition rétrospective des moyens de transport.
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- Fig. J. — L'Exposition rétrospective des moyens de transport au Palais des Arts libéraux.
- Vue d’une partie do l’installation du rez-de-chaussée montrant les modèles d’écluses et le phare de Fresnel.
- Fig. 5. — L’Exposition rétrospective des moyens de transport au Palais des Arts libéraux. (Exposition universelle de 1889.) Histoire de l’aéronautique au premier étage. — (D’après des photographies de M. Balagnv.)
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- donne l’aspect du premier étage à l’entrée de la collection aéronautique. Une réduction de la première montgoliière de Pilaire de Rozier et d’Arlan-des (1785) a été attachée entre deux mâts d’un côté de l’exposition relative à l’histoire des ballons. De l’autre côté, un modèle semblable figure le premier ballon à gaz de'Charles et Robert. Au milieu de la coupole, le gros ballon arrimé avec sa nacelle représente l’époque moderne. C’est un aérostat de soie de Chine, construit par M. Lachambre.
- Nous espérons avoir donné une idée succincte de l'Exposition rétrospective des moyens de transports qui est riche en curiosités multiples.
- Que de progrès accomplis depuis le sentier naturel jusqu’à la voie ferrée, depuis le tronc d’arbre flottant jusqu’au navire transatlantique, depuis le premier chariot jusqu’à la locomotive de nos trains rapides et à l’aérostat, dirigeable ! Nous recommandons, à nos lecteurs de Paris, une visite dans cette partie de l’Exposition universelle; ils y trouveront de nombreux sujets d’étude et de méditation1.
- Gaston Tissandier.
- IA FORMATION DES FOSSILES
- d’^PRÈS LÉONARD DE VINCI
- M. Charles Ravaisson continue la publication, en fac-similés phototypiques, des manuscrits de Léonard de Vinci. Le splendide volume qui vient de paraître chez Quantin est la reproduction des manuscrits F et I de la bibliothèque de l’Institut. On sait que rien de ce qui constituait, au seizième siècle, le domaine scientifique de l’humanité n’était étranger à l’illustre auteur de la Joconde. Les lecteurs de La Nature nous sauront peut-être gré de reproduire ici la théorie de la formation des fossiles, telle que la concevait Léonard. t
- Des animaux qui ont les os au dehors, comme les coquillages, limaçons ou huîtres, capes, les bouoli (?) et de semblables qui sont d’espèce innombrable.
- Quand les inondations des fleuves troublés de fine fange (limon) la déchargeaient sur les animaux qui habitaient sous les eaux voisines des rivages de la mer, ces animaux restaient empreints de cette fange, et se trouvant beaucoup sous un grand poids de cette fange, ils devaient nécessairement mourir, les animaux dont ils avaient l’habitude de se nourrir leur manquant. La mer s’abaissant avec le temps, cette fange, les eaux salées écoulées, vint à se changer en pierre, et les coquilles de
- 1 Nous croyons devoir rendre hommage aux organisateurs qui ont assure le succès de l'Exposition rétrospective des moyens de transport, tout d’abord au président du Comité d’organisation, M. Alfred Picard, président de section au Conseil d’Etat, inspecteur général des ponts et chaussées; à II. Choisy, ingénieur en chef et professeur à l’École des ponts et chaussées; à M. Bixio, directeur de la Compagnie générale des petites voitures; à M. À. Sartiaux, chef de l’exploitation au chemin de fer du Nord; à M. Henri Pereire, secrétaire du Comité ; à M. Pesehart d’Ambly, directeur du matériel et des constructions navales au Ministère de la marine; à M. Guillain, conseiller d’État, directeur des routes, de la navigation et des mines au Ministère des travaux publics; à M. le contre-amiral O’Neill et à tous les membres du Comité.
- ces coquillages dont les animaux avaient été consumés se trouvaient à la place de ceux-ci, remplis de fange; ainsi, au milieu de la création (transformation) de toute la fange environnante en pierre, la fange aussi qui était restée dans les « écorces » (surfaces) de coquillages un peu ouverts s’étant jointe, par cette ouverture de la coquille, à l’autre fange vint, elle aussi, à se convertir en pierre, et ainsi toutes les écorces de tels coquillages restèrent entre les deux pierres, c’est-à-dire entre celle qui les enfermait et celles qu’elles contenaient. On en trouve encore en beaucoup d’endroits, et presque tous les coquillages pétrifiés dans les rochers des montagnes ont encore leur « écorce )) naturelle, surtout ceux qui avaient assez vieilli pour qu’ils se soient conservés par leur dureté, et les jeunes, étant déjà réduits en chaux en grande partie, avaient été pénétrés par l’humeur visqueuse et pétrifiable.
- Des os des poissons qui se trouvent dans les poissons pétrifiés.
- Tous les animaux ayant les os au dedans de leur peau qui ont été couverts par les fanges des eaux des fleuves sortis de leurs lits ordinaires, ont reçu à la minute l’empreinte de ces fanges. Et avec le temps, les lits des fieuves étant abaissés, ces animaux ayant l’empreinte de ces fanges qui les ont enfermés en consumant leur chair et leurs organes, les os seuls leur restant, leur organisation étant décomposée, ils sont tombés au fond de la concavité de leur empreinte. Et dans cette concavité, la fange, quand elle s'est séchée, par son élévation au-dessus du cours du fleuve, de l’humidité aqueuse et après l’humidité visqueuse, s’est faite pierre, enfermant en elle ce qui s’y trouvait, remplissant de soi tout creux. Et trouvant la concavité de l’empreinte de tels animaux, elle pénètre subtilement dans les menues porosités de la terre par lesquelles l’air qui s’y trouvait s’échappe, c’est-à-dire par les parties latérales, car il ne peut s’échapper en dessus parce que cette porosité est occupée à (par) l’humeur qui descend dans ce vide, et il ne peut fuir en dessous parce que l'humeur déjà tombée a fermé la porosité. Restent les parties latérales ouvertes de façon que l’air condensé et pressé par l’humeur qui descend s’échappe avec la même lenteur avec laquelle descend là l’humeur; cette humeur séchant, se fait pierre sans pesanteur, et conserve la même forme que les animaux qui ont laissé là leur empreinte, et elle en renferme les os. Édouard Sergent.
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- CHASSE DE L’ÉLAN EN SCANDINAVIE
- On lit dans la publication Land and water que les Élans dont la race semblait disparaître depuis quelques années, ont reparu l’automne dernier dans la partie sud de la Norvège. Les paysans de la province de Namdalen en ont abattu 88, et les concessionnaires du droit de chasse, qui sont étrangers, Anglais pour la plupart, en ont tué 26 autres. L’Élan reparaît également en Suède, sa chasse ayant été prohibée par le roi Oscar sur les provinces de Norrbotten, Gottemburg, Kronoberg et le sud de la province de Kalmar. On en a tué 2178 en 1887, et 1996 en 1888, dans la région où la chasse des animaux, âgés d’un an au moins, est permise, région comprenant : le nord de la province de Kalmar, les provinces de Kopparberg, Karslad, Vesteraar, Yestenoorland, Gefleborg et Upsal.
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- LES CANALISATIONS ÉLECTRIQUES
- A PARIS
- Dans quelques articles précédents1 nous avons étudié les canalisations électriques dans les pays étrangers. Nous avons montré la transformation qu’elles subissaient en ce moment aux États-Unis. 11 nous reste maintenant à parler des canalisations à Paris.
- Dans sa séance du 29 décembre 1888, le Conseil municipal de Paris a accordé des concessions pour l’éclairage électrique de certains quartiers de Paris sous forme de secteurs aux Compagnies Edison, Popp, Sencier, Surry-Montaut, Société anonyme pour la transmission de force motrice, Société du secteur de la place Clichy. 11 se réservait, de plus, le droit d’établir aux Halles centrales une usine municipale d’énergie électrique. De toutes ces sociétés, seules, la Compagnie Edison, Popp, la Société anonyme pour la transmission de la force motrice, la Société du secteur de la place Clicby et le service municipal,ont entrepris des travaux et commencé d’établir des canalisations. Les trois premières sociétés se sont contentées, en effet, pour le moment, d’effectuer ces travaux sur les grands boulevards, depuis la place de la République jusqu’à la place de la Concorde; ce qui leur permettait de se conformer au vote du Conseil municipal qui demandait, pendant l’Exposition, l’éclairage électrique des boulevards depuis le 1er juin jusqu’au 1er novembre. Nous aurons, du reste, l’occasion de revenir plus loin sur cet éclairage. Parlons d’abord des divers travaux de ces sociétés. D’une manière générale, toutes les canalisations sont souterraines (fig. 1 à 4). Elles consistent en des caniveaux en ciment, sable aggloméré et chaux, qui ont été établis sur place. Sur les caniveaux ont été placées de petites dalles, puis au-dessus une couche de sable et enfin la dalle de granit ou le bitume qui forme le trottoir. Tous ces caniveaux sont à environ 1,20 m des maisons; le service municipal a seul le droit de s’établir près de la façade des maisons. Les modes de passage et de traversée des rues et des chaussées sont également communs à toutes les sociétés. Dans les rues peu fréquentées, et où on n’a pas à craindre un trop grand nombre de voitures, on s’est contenté de mettre les caniveaux à une plus grande profondeur du sol, soit environ 1,50 m. Dans d’autres rues, les câbles ont été placés simplement sous plomb. Mais, pour les rues importantes, il a fallu creuser à chaque extrémité de rue des puits qui ont atteint parfois jusqu’à 7,40 m de profondeur,et les rejoindre ensuite par des galeries souterraines. La figure 5 montre une coupe de la rue du Pont-Neuf. De chaque côté de la rue, on voit les puits situés à proximité des maisons. Ces puits ont 7,40 m de profondeur sur 0,80 m de diamètre. A la partie inférieure se trouve une galerie souterraine qui a été creusée en souterrain et qui a
- 1 Yov. nos 819 et 832, 9 février et 11 niai 1889, p. 165 et p. 372.
- 1,50 m de hauteur. Elle passe au-dessous de trois types d’égout existant en cette partie sur la voie publique. Pour descendre dans ces puits pour la pose des câbles ou l’inspection des canalisations, des escaliers à échelons en fer ont été ménagés, semblables à ceux qui existent déjà dans les bouilles d’égout. Ce procédé de traversée des chaussées a été employé par toutes les compagnies. Enfin, de distance en distance, ont été établis des puits ou trous d’hommes. Nous ne voulons pas terminer de parler de ces travaux de voirie sans signaler les difficultés qui ont été vaincues. Les conduites de gaz sont nombreuses, et à chaque instant se rencontrent des branchements particuliers aboutissant dans les maisons. Les caniveaux ont souvent rencontré ces conduites, et dans bien des cas il a fallu passer en dessous. Ce travail, quelque pénible qu'il fut, n’était pas de nature à décourager les électriciens, et ne les a pas arretés un seul instant.
- Tels sont, d'une manière générale, les travaux qui ont été exécutés pour les canalisations électriques et menés à bonne fin. Une fois les caniveaux établis, il s’agissait de poser les câbles eux-mêmes. Divers systèmes ont été employés.
- La Société Edison a établi une canalisation à trois fils en circuits coniques, c’est-à-dire que les câbles vont en diminuant de section pour les uns et en augmentant pour les autres. Nous n’insisterons pas sur le système de distribution à trois fils qui a déjà été décrit dans ce journal ’. Ces câbles sont en bronze siliceux nu, composés d’un certain nombre de fils, et sont placés dans des crochets en fer galvanisé se trouvant sur des isolateurs en porcelaine (fig. 1). Ces isolateurs sont eux-mêmes portés par des tiges en fer vissées dans un support également en fer et qui se trouve pris dans la maçonnerie au fond du caniveau. Les câbles sont fixés solidement à l’aide de pinces métalliques, après avoir été fortement tendus à l’aide de moufles. A la partie inférieure du caniveau, ont été également placés de petits fils pour servir aux études et aux divers services particuliers de l’usine. Le même système de conducteurs nus a été adopté par la Société anonyme pour la transmission de force motrice. La disposition des isolateurs est seule un peu différente comme on peut le voir dans la figure 2. Pour les dérivations dans les rues, la Société a employé des câbles sous plomb placés sous moulures en bois injecté au sulfate de cuivre.
- La Compagnie parisienne (Yair comprimé a employé un tout autre procédé. Des tubes en fer de 20 centimètres de diamètre (fig. 5), semblables à ceux qui servent pour la distribution de l’air comprimé, ont été placés sous les trottoirs, avec les trous d’homme et puits réglementaires.
- Les câbles ont été ensuite posés simplement dans ce tuyau. Ce procédé, quoique des plus simples, ne saurait être approuvé sans réserve. Si les fils ne sont pas distingués par des étiquettes placées de dis-
- 1 Vov. n° 790, du Ier septembre 1888, p. 215.
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- tance en distance, il deviendra impossible de faire une recherche quelconque dans la suite.
- Enfin, pour le service municipal, tousles 1,50 m, des rainures ont été ménagées sur les côtés dos caniveaux (fig. 4). Dans ces rainures viennent s’introduire des cadres en bois, sur les faces desquelles sont fixés des crochets en fer vitrifié. Les crochets sont destinés à recevoir les câbles qui sont du reste isolés. Cette disposition permet de loger dans un espace très restreint un grand nombre de câbles.
- 11 est intéressant maintenant de suivre quelques-unes des opérations qui ont été cfTectuées jusqu’ici.
- Pour la pose des câbles, la compagnie Edison et la
- Société anonyme pour la transmission de la force motrice employaient de grosses bobines fixées sur un support en bois ou sur des madriers disposés à cet etfet (fig. 6). Le câble était déroulé dans les caniveaux sur une certaine longueur : ensuite commençait le tendage.
- La Compagnie Popp (fig. 6), au contraire, en mettant ses tuyaux, avait eu soin de laisser à l’intérieur un polit fil de fer qui se trouvait ainsi former un circuit continu dans l’intérieur du tuyau.
- A l’entrée d'un regard le câble était attaché à ce fil de fer, et tiré du regard voisin. Il arrivait bientôt au puits suivant, où un ouvrier le tirait d’une
- Fig. 1 à T. — Canalisations électriques à Paris. Types îles caniveaux.
- certaine longueur, puis le faisait passer plus loin et ainsi de suite, toujours suivant le même procédé. On avait soin d’attacher au câble un autre petit fil de fer pour laisser toujours à la place de celui qu’on retirait. Sans vouloir faire la critique complète de ce procédé, nous ferons remarquer cependant que dans la traction exercée pour tirer les câbles, bon nombre d’entre eux ont été endommagés, et il nous est même arrivé d’apercevoir des lésions sérieuses h l’isolant. On peut se demander ce qu’il adviendra avec de tels câbles placés surtout dans des tuyaux en fer et au milieu de plusieurs autres câbles.
- A la suite de ces grands travaux enfin commencés à Paris, il nous est permis d’espérer, dans un avenir prochain, des distributions d'énergie électrique. Malgré toute l’activité déployée, il n’a pas été pos-
- sible d’arriver avant l’Exposition. Aussi les trois sociétés dont nous avons parlé plus haut, et dont les secteurs comprenaient une partie des grands boulevards, ont-elles disposé leurs canalisations pour éclairer seulement ces derniers en ce moment. Elles reprendront plus tard la suite de leurs travaux.
- La Compagnie Popp a établi sur le boulevard des Capucines une usine où est installé un moteur à air comprimé de 50 chevaux. Ce moteur actionne une dynamo Thomson-Houston qui alimente 44 lampes à arc du même système. Ces lampes sont placées dans la rue Royale, des deux côtés de la rue sur chaque trottoir, sur les boulevards de la Madeleine et des Capucines, sur des refuges installés à cet effet, et enfin sur les pourtours de la place de l’Opéra.
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- La Compagnie Edison, a qui appartient l’usine I ment la description1, a placé 4 lampes à arc de la cité Bergère, dont on a donné précédem- | Pilsen (construites par M. Henriou) sur le refuge
- Fig. o. — Coupe d’uue me de Paris avec les canalisations électriques.
- de la place de l'Opéra, et 54 lampes au milieu des boulevards jusqu'à la porte Suint-Denis. Toutes ces lampes sont alimentées à l’aide des canalisations que nous venons de décrire plus haut. A cette occasion, l'usine de la cité Bergère a augmenté considérablement sa puissance. On a prévu, en eJfet, en plus, une puissance de 1600 chevaux fournie par des machines à vapeur Weyher et Riche-mond et Corliss, et des machines électriques Edison donnant 10 000 ampères et 110 volts (1100 kilowatts). Cette même usine a éclairé également, le 25 mai dernier, la salle des Folies-Bergère à l’aide de 520 lampes à incandescence de 16 bougies et 54 lampes à arc, au moyen d’une canalisation souterraine.
- Enfin la Société anonyme pour la transmission de la force motrice a utilisé pour l’éclairage des boulevards l’usine de la rue de Bondy qui desservait jusqu’ici les
- théâtres de l’Ambigu, des Folies-Dramatiques, de la Renaissance. Les lampes à arc sont au nombre de 25 et sont dites . « lampes homogènes de la Société française ».
- L’usine municipale d'électricité est destinée à desservir les Halles. centrales (sous-sols et rez-de-chaussée), à faire une distribution dans les voies environnantes (rue des Halles, du Pont-Neuf, de Rivoli) et dans des quartiers éloignés (avenue de l'Opéra, boulevards des Capucines et de la Madeleine). Pour répondre à ces diverses exigences, on a choisi des machines Edison à courants continus, à basse tension, et des machines à courants alternatifs Ferranti avec transformateurs.
- Ces installations se poursuivent; nous n’insisterons donc pas da-puisqu’elles seront décrites ultérieurement.
- 1 Voy. u° 757, du 10 juillet 1887, p. 101.
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- Les distributions d’énergie électrique sont enlin sur le point d'être établies à Paris, lia première démonstration publique est faite; la pratique suggérera peut-être quelques modifications, mais ces modifications ne seront certainement pas de nature à troubler l’état de choses existant actuellement. Après de longues années d’attente, Paris 11e comptera plus guère bientôt un seul immeuble qui 11e renferme, à côté de l’eau et du gaz, l’électricité et le téléphone. J. Laffargue.
- CHRONIQUE
- Tremblement de terre du 20 mai 18811 aux iles Philippines. — Dans la nuit du 25 au 26 mai dernier, à 2 h. 25 m. du matin, la population de Manille a été réveillée par une très violente secousse de tremblement de terre, la plus forte qui y ait été ressentie depuis le tremblement de terre de 1880, qui a détruit la ville presque entièrement. A la suite de cette catastrophe, les maisons nouvelles ont été construites en matériaux légers, de sorte que cette fois, malgré la durée et l’intensité de la secousse, les dégâts matériels sont relativement peu importants, et, comme accidents de personnes, on ne signale que deux Chinois tués. Dans la ville murée, tous les bâtiments en pierre qui existent encore ont été plus ou moins lézardés; plusieurs églises sont sérieusement endommagées. Le phénomène s’est annoncé par un bruit sourd, semblable à une canonnade d’abord éloignée, puis se rapprochant rapidement. La durée totale des secousses a été de 80 secondes. D'après le sismographe du P. Cecchi, en service à l’Observatoire de Manille, la direction générale du mouvement a été sensiblement O.-E., les oscillations ayant une amplitude de 5° à 6°. Le cryptophone, appareil construit à Paris pour la Société générale des téléphones, sur les plans du P. Faura, directeur de l’Observatoire de Manille, a permis de constater des détonations souterraines d’une grande intensité, non seulement pendant la secousse, mais encore dans la soirée du 26 mai et le lendemain. 11 résulte d’une enquête faite par M. Fradin, consul de France à Manille, que les pertes subies par nos nationaux sont insignifiantes.
- La hellite. — Cet explosif est composé, d’après M. Lamm, de : nitrate d’ammoniaque, 4 à 5 parties en poids; dinitrobenzine, 1 partie. La poudre est de couleur jaunâtre et presque sèche au toucher. Elle possède la saveur et l’odeur propres au nitrate d’ammoniaque du commerce. Les cartouches de bellite comprimées sont recouvertes de papier et d’un enduit analogue à la paraffine. Elles portent sur l’une des bases un ou deux trous destinés à recevoir un ou deux détonateurs de fulminate de mercure. Les expériences permettent de tirer les conclusions suivantes : la bellite explose à l’air libre comme dans les mines bourrées, à l’état pulvérulent aussi bien qu’en cartouches comprimées, avec l’aide d’une simple cartouche contenant 0,5 gr de fulminate de mercure. Elle agit comme poudre lente en mines bourrées, et comme explosif brisant à l’air libre et renfermée dans un récipient. Elle peut être employée dans les mines pour l’abatage, ou à l’air libre pour les travaux militaires de campagne, ou pour le chargement des obus. La bellite peut être fabriquée, manipulée, transportée et emmagasinée sans aucun danger, car elle 11’est sensible ni aux
- chocs accidentels, ni aux frottements, ni à l’action du feu ou de la flamme. Elle a une force équivalente à deux ou trois fois celle de la poudre noire.
- Rigidité des liquides. — Cette question a été traitée par M. Th. Schwedoff à la Société de physique. Lorsqu’on modifie la forme d’un corps physique, on éprouve deux genres distincts de réaction : frottement et ressort. Le premier détermine la viscosité du corps, le second dépend de sa rigidité. On connaît bien les méthodes expérimentales qui permettent de mesurer la rigidité des solides. Quant aux liquides, on n’en a pu mesurer que la viscosité, et pour cette raison leur rigidité est réputée nulle. M. Schwedoff décrit une méthode qui permet de déceler des traces minimes de rigidité dans les liquides. Un vase cylindrique vertical contient le liquide à étudier. Un autre vase, concentrique au premier et suspendu à un fil d’acier, plonge dans ce liquide. Deux miroirs, dont l’un est fixé au bout inférieur et l’autre au bout supérieur du fil, réfléchissent des images d’une échelle dans une lunette de Gauss. En imprimant une torsion au fil, on imprime une rotation au vase intérieur et, par conséquent, on déforme le liquide contenu entre les parois des deux vases. Les déplacements des deux images de l’échelle, observées dans la lunette, permettent de mesurer exactement l’intensité de déformation du liquide, et la condition d’équilibre entre l’élasticité du fil et la réaction du liquide donne le moyen de déduire la valeur numérique de la rigidité du liquide. Par ce procédé, M. Schwedoff a trouvé que l’eau distillée, contenant 1/2 pour 100 de gélatine en solution, est 1 trillion 840 billions de fois moins rigide que l’acier. Pourtant la viscosité de cette solution est relativement très petite. La glycérine, dont la viscosité est incomparablement plus considérable, ne donne pas de traces appréciables de rigidité. M. Schwedoff rattache ces résultats au phénomène de réfraction double dans les liquides déformés, phénomène découvert par Maxwell et étudié plus tard par M. Kundt et par M. de Metz. 11 établit les lois de la déformation résiduelle et de la relaxation dans les liquides. La dernière loi diffère essentiellement de celle qu’avait proposée Maxwell et se rapproche de la formule empirique donnée par M. F. Kohlrausch pour les corps solides.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du juillet 1889.—Présidence de M.Des Cloizeàox
- Le microbe cle la phtisie. — Tout le monde sait maintenant que le bacille de Koch ou microbe de la phtisie se trouve chez le bœuf avec les mêmes caractères et les mêmes propriétés que chez l’homme. Il faut ajouter que chez le bœuf et chez d’autres animaux le même bacille peut, au fieu de développer les accidents pulmonaires, pulluler dans le sang et déterminer alors des effets tout différents. M. de Courmont, dans une note analysée aujourd’hui par M. Chauveau, constate que le sang ainsi infesté détermine la tuberculose pulmonaire chez le lapin auquel on l’inocule. Mais si on l’injecte ensuite à un cobaye, cette fois l’organe respiratoire reste indemne et c’est le sang seul qui est envahi. Reprenons maintenant le bacille sur ce cochon d’Inde et laissons vieillir les liqueurs dans lesquelles ses cultures auront prospéré : un nouveau cobaye inoculé avec le produit de l’expérience prendra la tuberculose. Réciproquement, l’humeur du cobaye malade 11e donnera jamais la phtisie au lapin, mais bien
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- l'infection sanguine. M. Chauveau insiste sur le caractère singulier et jusqu’ici complètement inexplicable de ces laits. L’auteur a, du reste, été encore plus loin puisqu’il constate que les produits solubles auxquels donne lieu la vie du bacille de Koch, au lieu de jouir de propriétés vaccinati'ices, prédispose les animaux qui en reçoivent par inoculation à une contagion plus rapide et plus grave. C’est encore là une série de faits qui attendent leur interprétation.
- L'électrolyse chirurgicale. — Par l’intermédiaire de M. Bouchard, M. le I)r Fort décrit le mode d’action et la température de l’électrolyse linéaire telle qu’il l’emploie dans le traitement des rétrécissements de l’œsophage et des autres cavités naturelles du corps. Dans cette opération qui évite l’emploi des instruments tranchants et leurs conséquences nuisibles, la destruction du rétrécissement s’opère rapidement, sans douleur et à froid. Les conclusions de M. Fort sont basées sur plus de 550 opérations, et sur les expériences qui ont été pratiquées au laboratoire de physique du collège de France, au moyen des appareils thermo-électriques.
- Le préhistorique en Europe. — Tel est le titre d’un charmant volume que publie aujourd'hui M. Gustave Cot-teau, correspondant de l’Académie, et qui, sortant de sa plume élégante autant que savante, ne peut manquer d’avoir un grand succès auprès de tous les amis des sciences. C’est avant tout l’histoire, racontée de visu, des principaux congrès internationaux qui, depuis 1865, ont eu pour but les progrès de la préhistoire. Successivement l’auteur nous transporte à Neuchâtel, à Paris, à Norwich, à Copenhague, à Bologne, à Bruxelles, à Stockholm, à Budapesth et à Lisbonne et, dans chaque cas, il résume les discussions les plus importantes auxquelles les découvertes soumises aux excursionnistes ont donné lieu de leur part.
- Carte géologique d'Italie. — Le. service de la carte géologique d’Italie (R. üfficio geologico) fait parvenir une admirable carte à l’échelle du millionième, qui peut être citée comme un modèle. Par le nombre des détails et la clarté avec laquelle ils sont présentés, par l’heureux choix des couleurs et l’harmonie de leur ensemble, ce beau travail qui résume un faisceau énorme de connaissances acquises, fait le plus grand honneur à la Commission que président MM. Meneghini et Giordano, et qui compte dans son sein des géologues de la valeur de MM. Capellini, Gemmellaro, Scacchi, Stopani, Cossa, Zczi, Sormani, Baldacci, etc.
- Mouvement scientifique dans la France centrale. — En déposant sur le Bureau le deuxième Bulletin de la Société d’histoire naturelle d’Autun, fondée et présidée par M. Bernard Renault, M. A. Gaudry fait remarquer que le prompt et considérable succès de ce nouveau centre scientifique ne constitue pas un fait isolé. Depuis ces dernières années, les régions centrales de la France se signalent par leur grande activité : à Moulins, paraît une savante Revue du Bourbonnais; à Saint-Étienne, M. Grand’Eury fait faire chaque jour de nouveaux progrès à la paléontologie végétale; à Commentry, M. Fayol a mené à bien tout un ensemble d’expériences d’où est sortie une théorie nouvelle de la houille ; à Lyon, MM. Lortet et Chantre publient de magnifiques in-folio, avec planches, etc.
- Varia. — On annonce le décès de M. Govi, mort subi-
- tement à Rome des suites du diabète. — M. Yiard étudie les chrornites alcaline- terreux. — Les plalinates alcalins occupent M. Rousseaux. —Un volume posthume de M. de Birague, présenté par M. Émile Blanchard, concerne l’exploration du Congo. — M. Gernez poursuit ses intéressantes expériences sur le pouvoir rotatoire moléculaire et signale à cet égard l’action du molybdate d’ammoniaque sur l’acide malique. — Un chimiste arrive à doser le bicarbonate de soude frauduleusement ajouté au lait.
- Stanislas Meunier.
- UN PUITS ARTÉSIEN
- a l’esi*lanade des invalides a paris
- Notre colonie algérienne tient une large place a l’Exposition universelle. Son palais construit par Uliabile architecte Ballu est rempli d’intérêt et d’attraits sous le beau soleil qui n’a cessé, depuis son ouverture, de fêter notre belle entreprise nationale. Vins, textiles, laines, bois, liège, marbres, onyx et albâtres, montrent aux visiteurs toutes les richesses que possède ou produit notre sol algérien et prouvent, par les progrès accomplis depuis nos dernières Expositions de 1867 et de 1878, qu’il y a lieu de revenir, dans une large mesure, sur le préjugé qui représente les Français comme un peuple peu colonisateur. Nous avons déjà beaucoup lait en Algérie dans des circonstances particulièrement difficiles, et les résultats obtenus prouvent que nous sommes en voie de faire bien plus et bien mieux encore, n’en déplaise à nos infatigables détracteurs.
- Le désert lui-même n’a point échappé aux courageux efforts de nos colons. Il suffit, pour s’en rendre compte, d’examiner la belle exposition de la Société de Batna et du Sud algérien, entreprise française décolonisation agricole au Sahara. C’est bien la conquête du désert que cette œuvre de transformation et de fertilisation de l'Oued-Rir, au sud de Biskra, à laquelle se sont voués plusieurs de nos compatriotes, et notamment le savant ingénieur G. Rolland, qui en a, à plusieurs reprises, entretenu l’Académie des sciences.
- La Nature a relaté, en leur temps, les travaux et les communications techniques de M. G. Rolland1. Nous n’y reviendrons pas. 11 nous suffira de dire que la Société de Batna à elle seule exploite aujourd’hui une plantation de 50000 palmiers-dattiers sur une surface aménagée de plus de 400 hectares.
- Les premiers efforts tentés dans cette voie datent de 1856, époque de la conquête de la région par les troupes françaises. Les ateliers militaires se mirent résolument à l’œuvre sous l'habile direction deM. l’ingénieur Jus, secondé actuellement par M. le lieutenant Clottu. Aujourd'hui 670 puits artésiens ont été exécutés, dont 280 jaillissants, débitant par jour l'énorme quantité de 432 millions de litres
- 1 Comptes rendus de VAcadémie des sciences: 10 deeem-bre 1881, 14 septembre 1885, 10 janvier 1887.
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- d’euu. Une partie du fleuve souterrain secoule désormais a la surface du désert et rien n’indique que l’on soit encore prêt d’atteindre la limite de son débit, quelque grande que soit la saignée qui lui est faite.
- Ce beau résultat, il faut le dire, est dù pour une large part à un Ingénieur d’un grand mérite, M. Ed. Lippmann, qui met entre les mains de nos ateliers militaires un matériel de sondage d’une rare perfection. Ce matériel, étudié à fond, combiné pour être d’un transport facile à dos de dromadaire, et avec lequel tout est prévu pour surmonter les plus grandes difficultés du sol, est venu, a point nommé, permettre de réaliser l’œuvre colonisatrice avec sûreté et économie. Aussi, les organisateurs de l’Exposition coloniale à l’Exposition de 1889 prièrent-ils M. Lippmann de résumer, en quelque sorte, toute l’bis-toirc de la conquête pacifique de l’Oued-Rir’ sur le désert, par un modèle, en grandeur naturelle, d’un de ces ateliers de forage de puits artésien.
- Le constructeur fit plus; il lit le puits jaillissant sur l’Esplanade des Invalides, offrant ainsi au visiteur la vue d’un spectacle réservé jusqu’ici a nos braves soldats et aux voyageurs déterminés que n’effraye pas l’idée d’un voyage dans le Sud algérien. Notre gravure représente la vue de ce puits récemment inauguré près de la porte de l’Exposition, au quai d’Orsay, a deux pas de l’embarcadère du petit 'chemin de fer Uceau ville. Rien n’y manque, ni les puissants outils qui ont servi à exécuter le puits et qui, suspendus au-dessus de lui, semblent contempler leur œuvre, ni même deux beaux palmiers qui, plantés auprès, figurent le début de l’oasis tutélaire. Le petit site réalisé est vrai et plein de couleur : les nombreux indigènes qui circulent autour, attirés par l’Exposition, ajou-
- tent à l'illusion par leur présence et complètent le tableau.
- On ne nous croirait pas si nous tendions à laisser entendre que le puits artésien de l’Esplanade des Invalides va puiser ses eaux dans la couche aquifère du bassin de Paris, à quelque 700 mètres de profondeur. Son constructeur, qui tenait à être prêt en 1889, n’a pas jugé prudent de pousser jusque-là l’amour de la vérité et de l’exactitude; mais, par un artifice mécanique bien combiné et l’emploi d’un
- petit moteur invisible pour suppléer à la force ascensionnelle de l’eau, il a trouvé moyen de le faire jaillissant tout de même, comme dans la réalité : c’est donc un véritable puits artésien avec de l’eau véritablement jaillissante que l’on a sous les yeux. Ne quittons pas ce sujet sans nous élever contre une petite légende qui a cours en matière de puits artésiens du Sahara et qui a le grand tort d’être absolument fausse. Elle consiste à prétendre que les eaux jaillissant des entrailles du sol ramènent avec elles des crabes et des poissons aveugles, habitants malencontreux du ténébreux séjour de la couche aquifère de l’Oued-Rir’, Il est bien exact que les eaux jaillissantes ramènent avec elles des crabes et des poissons ; niais ces crabes sont identiques à ceux que l’on trouve aux abords des endroits humides dans tout le Sahara; et, quant aux poissons, ils ne sont nullement aveugles. Crabes et poissons proviennent des lacs qui alimentent la couche aquifère : happés, en quelque sorte, par les fissures du fond de ces lacs, ils sont entraînés jusqu’à elle. Certes, le séjour dans ce Stvx souterrain ne saurait augmenter leur acuité visuelle ni leur permettre d’exercer leurs yeux; mais ils ne les conservent pas moins d’une façon manifeste. Max de Nansouty.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- Spécimen d’un puits artésien d’Algérie à l’Esplanade des Invalides de Paris. (D’après une photographie de M. Léon Langlois.)
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- N° 844 — 5 AOUT 1889.
- LA NATURE.
- RÉPULSIONS ET ROTATIONS ÉLECTRODYNAMIQUE
- EXPERIENCES DE M. ELIHU THOMSON
- Les actions des courants sur les courants ont été découvertes par Ampère en 1820, peu de temps
- après l’expérience fondamentale d’Œrstedt; l’illustre physicien français en a résumé toutes les lois dans
- Répulsions et rotations électroilynamiques produites par les courants alternatifs. Expériences de M. Elihu Thomson.
- une formule classique qui porte son nom, et qui permet de prévoir le sens de l’action et la grandeur de cette action pour deux courants de formes quelconques, ainsi que l’action d’un courant sur lui-même.
- Ampère avait cependant laissé de côté, et pour cause, un cas des plus intéressants, celui de l’action de deux courants dont le second est induit par le 47* année. — 2* semestre.
- premier, puisqua l'époque de ses recherches l’induction n’existait pas. Même après la découverte de Faraday, en 1830, la question était restée entière, et ces effets particuliers ne furent étudiés pour la première fois qu’en 1884, lorsque M. le professeur Elihu Thomson, des Etats-Unis, les découvrit.
- Depuis cette époque, il les étudia, les étendit, et
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- LA NATURE.
- réussit, grâce aux machines à courants alternatifs dont l’emploi est aujourd’hui si répandu, à les réunir en un faisceau d’expériences des plus intéressantes, qui ont fait l’admiration des savants et l’étonnement des nombreux visiteurs fréquentant la galerie des Arts libéraux, à l’Exposition universelle.
- Nous nous proposons de décrire aujourd’hui les plus intéressantes et les plus frappantes de ces expériences, réservant pour un article ultérieur un certain nombre d’applications à l’étude ou déjà réalisées, et qui montrent bien que ces travaux ont une valeur pratique au moins aussi grande que l’intérêt de curiosité qu’ils présentent.
- Examinons tout d’abord le principe général sur lequel ces expériences sont fondées. Lorsqu’un noyau de fer est entouré d’une bobine traversée par des courants alternatifs, il s’aimante périodiquement dans un sens et dans l’autre, et produit un flux de force magnétique qui, partant de zéro, augmente, passe par un maximum, décroît, redevient nul, change de signe et repasse par les mêmes phases, mais en sens inverse.
- Avec des machines à courants alternatifs appropriées, ces flux de force alternés peuvent changer très rapidement de sens, jusqu’à deux et trois cents fois par seconde.
- Si l’on dispose devant ce noyau de fer un anneau en cuivre dont le plan est parallèle aux spires magnétisantes (n° 1 ), le flux variable traversant cet anneau induira des courants énergiques intenses, et ces courants développeront, si l’on maintient l’anneau en place pendant quelques minutes, une quantité de chaleur suffisante pour élever la température de l’anneau au point que celui-ci ne puisse plus être tenu à la main. La loi de Lenz nous apprend que les courants induits devront être de sens tel à chaque instant, qu’ils s’opposent à la variation du flux de force produit par la bobine primaire ou inductrice. Réduit à ce simple phénomène, le courant induit serait décalé par rapport au courant inducteur d’un quart de période, et, dans ces conditions, la somme des attractions serait précisément égale à la somme des répulsions : il n’y aurait aucune action attractive ou répulsive entre les deux circuits, par raison de symétrie. En fait, il n’en est pas ainsi parce que le courant induit dans le circuit secondaire s’oppose à son propre établissement, en vertu du phénomène connu sous le nom de self-induction. Le courant induit résultant se trouve retardé ou décalé d’une certaine fraction de la période, et la symétrie n’existe plus. Là somme des attractions est alors inférieure à la somme des répulsions : la répulsion devient prédominante, suffisante même pour que l’anneau se trouve maintenu suspendu dans l’espace contre les forces exercées par la pesanteur. Cette répulsion est si énergique, qu’il est matériellement impossible de poser l’anneau ou un disque de cuivre sur le noyau de fer ou, plutôt, sur la console dans laquelle ce noyau est dissimulé et de l’abandonner à lui-même; et ce
- n’est pas un faible étonnement que de voir s’échapper par la tangente tous ces objets déposés sur la tablette et qui refusent énergiquement d’y rester dès qu’on les abandonne à eux-mêmes.
- Le numéro 2 montre une variante de cette expérience : en enfilant un anneau de cuivre sur le noyau périodiquement aimanté par le courant alternatif, jusque vers le milieu de sa longueur, cet anneau abandonné à lui-même saute verticalement et s’élève jusqu’à 40 centimètres au-dessus du noyau de fer.
- Ces expériences ne mettent en jeu que des répulsions électrodynamiques : on peut compliquer le phénomène et produire des rotations très curieuses en rendant le champ dyssymétrique. A cet effet, on place sur le noyau de fer un demi-disque de cuivre qui en couvre juste la moitié. Les courants induits dans ce disque, jouent le rôle de véritables écrans magnétiques supprimant presque complètement tout le flux de force magnétique dans la région placée au-dessus de lui. En disposant au-dessous du noyau de fer, dans la région où le champ magnétique périodique a été partiellement supprimé, un disque de cuivre monté sur un pivot, ce disque est repoussé dans la région où le flux est le plus intense : il s’incline et prend un mouvement de rotation rapide autour de son axe vertical (n° 4).
- Le même phénomène de rotation se produit aussi avec un appareil inducteur ayant un noyau plus petit, placé sur une seule moitié du disque (n° 5) en ayant soin dé disposer un écran dont un des côtés est disposé radialemcnt pour produire la dyssymé-trie du champ. Le sens de la rotation se fait toujours vers l’écran.
- On réalise à la fois des rotations et des répulsions à l’aide d’une sphère creuse en cuivre placée dans un vase en verre renfermant une certaine quantité d’eau (n° 5). La sphère est repoussée et prend en même temps un mouvement de rotation rapide sans que les personnes non initiées aux phénomènes d’induction puissent se l’expliquer.
- La môme sphère de cuivre placée sur la console — le demi-disque écran, étant, bien entendu, dissimulé dans le couvercle — se livre sur cette plate-forme à des mouvements variés, rotations, arrêts et déplacements, dont la diversité tient aux positions relatives de l’écran, du noyau de la sphère et du plan sur lequel elle évolue (n° 6). On peut aussi faire tourner la sphère sur place et sur elle-même en la posant sur un rectangle en cuivre formant écran, sur lequel on a ménagé une petite cavité de forme sphérique dans laquelle la partie inférieure de la boule vient se loger sans que les répulsions soient assez énergiques pour l’en faire sortir (n° 7).
- Une dernière expérience — et ce n’est pas la moins curieuse — met à la fois en évidence les phénomènes de répulsion et d’induction d’une manière frappante.
- L’anneau du numéro 1 est remplacé par une petite bobine annulaire de fil isolé dont les extrémités sont reliées au filament d’une lampe à incandes-
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- LA NATURE
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- ceiice (n° 8). Le tout est mis dans un vase rempli d’eau disposé au-dessus du système inducteur. En envoyant le courant alternatif dans cet inducteur, la lampe à incandescence s’illumine aussitôt, tandis (pie, sous l’influence des répulsions électrodynarni-tpies, elle tend a remonter a la surface et s’arrête dans une position intermédiaire telle que la répulsion, plus la poussée hydrostatique, équilibre le poids de la lampe et de la bobine. Cette lampe s’illuminant dans l’eau, sans communication extérieure apparente, est une des plus jolies expériences et des plus frappantes que l’on puisse réaliser, pour montrer les phénomènes d’induction à distance et leur transmissibilité à travers la plupart des milieux.
- E. Hospitalier.
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- COMPTEURS POUR VOITURES DE PLACES
- La récente grève des cochers de fiacre à Paris vient de remettre une fois de plus à l’ordre du jour de l’actualité la question si souvent posée et jamais résolue jusqu’ici du compteur rationnel pour voitures de place.
- Bien qu’il semble ressortir des discussions soulevées à propos de cette grève, que cochers, loueurs et clients paraissent disposés à une entente ayant pour plate-forme de principe un compteur exact, il ne semble pas évident qu’il doive en être de même lorsque ce rara avis sera réalisé. 11 est tout d’abord superflu de démontrer longuement l’insuffisance des modes dérèglement actuel, à l’heure ou à la course, mais il n’est pas inutile d’établir qu’un compteur donnant satisfaction sinon égale, du moins équitable aux trois principaux intéressés, doit remplir un certain nombre de conditions qui paraissent incompatibles avec un mécanisme simple, solide, pratique et sur. Considérons le cas le plus simple, celui d’une course unique. Si le compteur enregistre la simple distance, il sera difficile au voyageur d’obtenir du véhicule une allure supérieure à une très petite moyenne. Si le compteur totalise à la fois le temps et la distance — ramenés, bien entendu, à leur commune mesure : franc, décime ou centime, — la voilure ira à l’allure la plus lente possible, qui correspondra à la somme maxima à verser pour le minimum de fatigue du cheval. On pourrait remédier à cet inconvénient en donnant au facteur vitesse une influence plus grande qu’au facteur temps, mais alors le cocher pourrait adopter une vitesse excessive dont le cheval et le loueur auraient également à se plaindre. 11 faut donc que le compteur soit disposé de telle façon que la somme à payer par le voyageur passe par un maximum lorsque la vitesse correspond à une bonne allure moyenne, ce qui sauvegarde tous les intérêts, puisqu’une allure trop rapide réduirait la somme à percevoir, aussi bien qu’une allure trop lente.
- Dans le cas plus complexe d’une voiture prise pour un service de quelques heures, composé d’une succession de courses et d’arrêts, un compteur à maximum pour vitesse normale résoudrait également bien le problème, puisque l’intérêt du cocher serait d’aller à bonne vitesse lorsqu’il roule, étant payé au temps pendant les arrêts.
- Dans un cas comme dans l’autre, qu’il s’agisse d’un trajet long ou court, d’une course unique, ou d’une série de courses et d’arrêts distribués d’une manière indéterminée, chacun y trouverait son compte, mais il ne semble pas facile de réunir dans un appareil simple toutes les conditions de la solution que nous venons d’indiquer, et
- il est à craindre que les appareils ne tenant pas compte de tous ces facteurs ne deviennent l’objet de sérieuses contestations, lors même que leur fonctionnement technique ne laisserait rien à désirer. En tout cas, le problème est assez intéressant pour tenter les chercheurs qui i trouveraient à la fois honneur et profits à en donner une solution satisfaisante.
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- RECHERCHES DANS LES VINS
- DES MATIÈRES COLORANTES I)E LA HOUILLE LE PLANOFUCHSINE
- La recherche des colorants de la bouille dans les vins a été l’objet d’un grand nombre de travaux dus a d’éminents chimistes tels que MM. A. Gautier, Ch. Girard, Bellier, Cazeneuve, Pabst, etc., etc., et qui ont eu pour résultat l’institution de méthodes précises de caractérisation à l’usage des chimistes analystes. Il est inutile d’établir l’importance de cette recherche, l’emploi des colorants artificiels par les falsificateurs n’étant un mystère pour personne, surtout après les procès retentissants de ces dernières années. Aussi a-t-on préconisé un certain nombre de procédés faciles, à l’usage de tous, pour déceler la coloration artificielle des vins ; la majorité de ces procédés reposant sur l’emploi d’un alcali et d’un dissolvant ne peuvent mettre en évidence que la fuchsine et les colorants peu attaquables par les alcalis; ainsi le sulfofuchsine et le rouge de Bordeaux, etc., qui sont détruits par les solutions alcalines, meme faibles, ne peuvent être caractérisés par ces procédés.
- M. Mathieu, professeur de physique au lycée de Constantine, et M. Morfaux, pharmacien dans cette ville, viennent de faire connaître1 un nouveau procédé réalisé à l’aide d’un petit nécessaire portant le nom caractéristique de Pha.no fuchsine.
- Ce procédé comprend les deux opérations suivantes : 1° teinture à froid de soie mordancée, par la liqueur à essayer; 2° traitement de la soie teinte par un réactif qui vise seulement la matière colorante naturelle du vin, sans agir sur les colorants artificiels. La soie employée est de la soie pure, exempte de toute charge et passée dans un bain formé d’acide azotique du commerce, étendu de dix fois son volume d’eau, bain qui favorise la fixation des colorants sur la fibre soyeuse. Les fibres sont réunies en forme de petites houppes (fig. 1) par des bracelets de caoutchouc; les extrémités des brins étant libres, la soie se teint par simple immersion très rapidement et très également, sans agitation.
- Le réactif de virage se compose d’une solution d’acétate neutre de plomb, acidulée par de l’acide acétique; ce réactif s’emploie en solution très étendue dans laquelle on introduit la houppe teinte; la soie colorée par les vins naturels passe en général au vert bouteille avec des variations dépendant de l’àge et du cépage, tandis que les colorants de la
- 1 Caractérisation des fuchsines, par L. Mathieu et J. Mor-l’aux. 1889. l‘aris, Challaïuol, éditeur.
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- LA NATURE.
- houille, la cochenille et l’orseille, donnent des nuances qui ne sont pas modifiées. L’addition convenable d’acide acétique a la solution d’a-cctate de plomb a une extrême importance pour la sensibilité du réactif, l’acide retenant les colorants sur la fibre, les alcalis les faisant tomber.
- Le nécessaire se compose donc de vingt-quatre houppes préparées et renfermées dans un étui métallique À (fig. 2), d’un flacon de réactif B, de deux tubes fermés G, C, coiffés d’une capsule à bouton D, et portés sur un petit support métallique E.
- Pour faire un essai, on remplit de vin l’un des tubes, soit en versant directement avec la bouteille, soit a 1 aille d un petit entonnoir de verre F (fig. 2). On fixe une houppe au crochet de la capsule D et on l’immerge cinq minutes dans le vin ; pendant ce temps, on prépare la solution de virage en remplissant d’eau le second tube et y versant huit à dix gouttes du réactif; la houppe sortie du tube à vin est pressée entre les doigts pour en faire sortir l’excès de liqueur, puis plongée dans le réactif où l'on observe ses variations de teinte.
- Le nécessaire comprend encore une petite collection de colorants artificiels G contenus dans de petits tubes en verre et qui permettent à l’expérimentateur de faire des essais comparatifs sur des vins qu’il peut falsifier. L’ensemble est renfermé dans un écrin avec
- une instruction détaillée. Ge procédé s’applique non seulement aux vins, mais aux vinaigres, bières,
- Fig. 1 et 2. — Hccherches des matières colorantes de la houille dans les vins. — Fig. 1. Houppe de soie. — Fig. 2. Le phanofuchsiue dans sa trousse. — A. Etui de 2i houppes de soie. —B. Flacon de réactif. — C, C. Tubes à essais. —B, l). Capsules à bouton. — E. support métallique. —F. Entonnoir de verre. — G. Colorants artificiels.
- Fig. 3.
- cidres, poirés, sirops, liqueurs, gelées de fruits, etc. Quant à ses avantages, ils ont été très bien indiqués
- par les auteurs :
- « L’appareil nous a paru répondre d’une manière satisfaisante au but que nous nous étions proposé d’atteindre, aussi bien par sa simplicité que par sa précision. Le caractère d’authenticité ou d’artificialité se détermine sans hésitation, puisqu’il dépend de l’observation de deux teintes, le vert et le rouge, qui sont complémentaires et n’admettent aucune nuance intermédiaire ; la détermination de la teinte ne peut donc offrir de confusion, même pour l’oeil le moins exercé. La
- précision, d’après les exemples que nous avons cités, dépasse tout ce que l’on peut demander a un essai de ce genre et suffit [tour assurer la tranquillité du commerçant et du consommateur.
- Nous croyons même que ce procédé sera employé par les chimistes pour l’essai préliminaire des échantillons de vins, car il leur permettra immédiatement de faire un classement des échantillons.
- La recherche est fort simple puisqu’elle ne nécessite que l'immersion d’une floche de soie dans deux tubes, Fun de vin, l’autre de réactif; aucun apprentissage, ni aucune connaissance spéciale ne sont nécessaires, ce qui le met à la portée de tous. De plus, elle ne demande que quelques minutes et on peut essais en même temps. »
- X..., ingénieur.
- Support, tubes et houppe eu expérience pour Fessai d’un vin.
- exécuter plusieurs
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- MACHINE A FABRIQUER AUTOMATIQUEMENT LES SACS EN PAPIER
- Rien ne semble plus simple, à première vue, que la fabrication d’un sac en papier, et l’on ne sent pas la nécessité d’employer une machine aussi compliquée que celle représentée ci-dessous, et qui nous arrive en droite ligne d’Amérique, excitant une vive curiosité parmi les nombreux visiteurs du Palais des machines à l’Exposition. Une machine de cette nature répond cependant à un besoin évident, et constitue, avec la machine à fabriquer les enveloppes, un accessoire important, presque obligé des papeteries cherchant à ouvrir des débouchés avantageux à leurs produits.
- Il est, inutile d’insister sur l’économie réalisée dans la substitution de la fabrication mécanique à la fabrication a la main, chaque fois qu’il s’agit de fabriquer des objets en grand nombre, toujours identiques a eux-mêmes, et pour lesquels le rôle de l’homme est réduit à celui de simple automate, effectuant périodiquement une opération toujours la même.
- Dans le cas particulier, les sacs obtenus sont d’une forme parallélépipédique parfaite, se tiennent debout sur le comptoir, ce qui facilite le remplissage, et donnent un empaquetage parfaitement régulier,
- Machine à fabriquer automatiquement les sacs en papier.
- condition des plus avantageuses pour l’emballage et le transport.
- Sans avoir la prétention de décrire cette ingénieuse machine, inventée par MM. A. Lorenz et W. H. Honiss, de New-York, nous voulons cependant donner une idée générale de son fonctionnement, une description complète et détaillée n’étant pas de nature à intéresser nos lecteurs, et demandant, d’ailleurs, beaucoup plus de place que celle dont nous pouvons disposer.
- Le papier destiné à fabriquer les sacs est disposé sur un gros rouleau de longueur appropriée et placé dans le bas — vers la gauche de la figure, — sur deux crans ménagés pour le recevoir. Il est saisi, entraîné d’une vitesse uniforme, et passe devant une première roulette encolleuse qui y dépose
- une bande longitudinale de colle de pâte de 1 centimètre de largeur. Le réservoir à colle est maintenu à niveau constant par l’ingénieuse disposition connue sous le nom de fontaine des oiseaux. Après encollage, le papier est replié sur lui-même et prend la forme d’un long tube continu. Ce tube est entraîné sur un mandrin creux taillé en forme de sifflet, percé de trous, dans lequel on fait un vide partiel à l’aide d’un petit ventilateur. La pression atmosphérique applique fortement le tube contre le mandrin, fait épouser au papier la forme de ce mandrin, et il arrive complètement aplati devant le découpoir. Le sac découpé est saisi par d’autres organes qui plient le fond bien carrément, y appliquent la colle et lui donnent sa forme finale. Le sac terminé vient tomber sur une toile sans fin qui lui
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- LA NA TJ] RE.
- l'ait parcourir les trois quarts environ de la circonférence d’une grande poulie à jante creuse dans laquelle circule un courant de vapeur. Pendant leur parcours, les sacs sont portés à une température suffisamment élevée pour produire un séchage partiel; ils viennent enfin tomber régulièrement dans une sorte de boite à trois cotés où un gamin vient les prendre par paquets de cinquante, tout comptés, un coup de sonnette indiquant la chute de chaque cinquantième.
- La force motrice nécessaire à chaque machine est des plus minimes; au dire des inventeurs, elle ne dépasserait pas un demi-cheval-vapeur pour une production variant entre 2000 et 9000 sacs à l’heure, soit de 20000 à 90000 sacs par journée de dix heures de travail, suivant la grandeur des objets fabriqués; le plus petit type est dit de 125 grammes; le plus grand est de 17,5 kilogrammes. Il ne s’écoule pas dix secondes entre l’instant où la machine est mise en marche et l’instant où le premier sac terminé vient tomber dans la boîte disposée pour le recevoir.
- Nous engageons vivement nos lecteurs a rendre visite à cette curieuse et intéressante machine qui fonctionne chaque jour dans la section américaine du Palais des machines; ils pourront, par cette visite, se faire une idée des ressources presque inépuisables qu’offre la mécanique pour résoudre les mille et un problèmes que pose la fabrication rapide, économique et entièrement automatique d’un objet de grande consommation.
- LE CHEMIN DE FER GLISSANT
- A L ESPLANADE DES INVALIDES, DE PAIUS
- Tout vient à point ù qui sait attendre. Jamais proverbe ne fut plus vrai et ne trouva d’application plus directe qu’à propos du chemin de fer glissant dont on vient d’inaugurer un tronçon à titre expérimental, sur l’Esplanade des Invalides, système dont l’idée remonte à trente-cinq ans.
- C’est en effet en 1854 que Louis-Dominique Girard, l’habile hydraulicien dont les turbines sont aujourd’hui universellement répandues, eut l’idée de construire un train sans roues, dans le but de réduire le frottement, et pour pouvoir atteindre de très grandes vitesses jusqu’alors inconnues, de substituer au roulement le glissement sur une mince lame d’eau sous pression. Malheureusement l’inventeur n’est plus là pour assister aux premières expériences un peu importantes de son système dont il avait fait les premiers essais à la Jonchère, entre Rueil et Bou-gival ; son installation fut détruite pendant la guerre, et lui-même tombait frappé par une balle prussienne, à peine âgé de quarante-huit ans, alors qu’il préparait les projets d’une petite ligne de Paris à Argenteuil, ligne dont il venait d’obtenir la concession.
- L’idée de Girard n’est heureusement pas morte avec lui ; elle a été reprise par un de ses anciens collaborateurs, qui, aidé de quelques amis, a réussi à établir la ligne de 150 mètres de longueur actuellement en fonction aux Invalides, à litre d'expérience et d’étude.
- Nous nous contenterons d’indiquer aujourd’hui le principe de fonctionnement général du système, réservant l’examen des détails pour un article ultérieur. L’idée qui a guidé Girard consiste à supprimer les roues et la locomotive, en remplaçant les unes et l’autre par des actions hydrauliques. Le système de glissement et le système de propulsion sont donc absolument distincts.
- Suspension et entraînement. — Le train est formé d’un wagon de manœuvre renfermant des réservoirs d’eau et d’air comprimé dont nous allons voir la fonction dans un instant, et d’une série de voitures, au nombre de quatre dans le train d’études exposé aux Invalides, plus spécialement combiné en vue de donner satisfaction aux exigences particulières d’un train de chemin de fer métropolitain. Chacune des voitures du train repose sur six patins de forme rectangulaire, creux au milieu, et portant une série de rainures étroites à l’arrêt: ces six patins reposent sur deux larges rails plats formant la voie. Lorsqu’on veut mettre en route, on fait arriver de l’eau sous pression sous chacun de ces patins. Cette eau sous pression est fournie par des réservoirs disposés dans les wagons de tête, et la pression est maintenue constante à l’aide d’un réservoir à air comprimé qui vient agir sur l’eau par l’intermédiaire d’un détendeur. L’eau ainsi amenée sous le patin ne peut s’échapper qu’en le soulevant, et comme elle arrive sur tous les patins à la fois, il en résulte que tout le train se trouve soulevé en même temps et vient flotter, en quelque sorte, sur une série de coussinets liquides excessivement minces, formant une suspension fort douce, et que l’eau sous pression venant des réservoirs entretient d’une façon continue, réparant les fuites d’eau qui se produisent autour de chaque patin. A cet instant, le train tout entier est assimilable à un bateau qui flotterait sur l’eau sans s’y enfoncer. Le frottement se trouve considérablement réduit, — les chiffres font encore défaut, — ainsi que l’effort de traction, et, par suite, la puissance mécanique nécessaire pour communiquer, toutes choses égales d’ailleurs, à un train donné une vitesse donnée.
- Propulsion. — Pour produire l’entraînement du véhicule ainsi suspendu hydrauliquement, chacune des voitures porte une sorte de turbine rectiligne formant-une véritable crémaillère régnant sur toute la longueur du train. Sur la voie, de distance en distance sont disposés des ajutages fixes portant un certain nombre de directrices par lesquelles l’eau sous pression peut, à un moment donné, s’échapper. L’admission de l’eau dans ces ajutages fixes est commandée par un levier que peut manœuvrer le mécanicien placé dans la voiture de tète : l’ensemble est assimilable à une turbine sans fin dont la partie mobile se déplacerait suivant l’axe de la voie et viendrait rencontrer successivement tous les ajutages. Le propulseur est donc entièrement fixe, et la force motrice est cueillie sur la voie par le train lui-même, en chaque point du parcours. A cet effet, une conduite maîtresse d’eau sous pression règne tout le long de la voie, sous les rails, et communique successivement avec tous les ajutages, chacun d’eux se refermant automatiquement dès que le train est passé. Deux séries d’ajutages agissant sur deux crémaillères-turbines disposées parallèlement l’une au-dessus de l’autre, permettent de marcher à volonté en avant ou eh arrière. Telles sont les grandes lignes du fonctionnement du système Girard, auquel son continuateur, M. Barre, a su apporter une série de perfectionnements qu’il est impossible de signaler dans’ une description aussi sommaire, sans figures à l’appui. Les avantages
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- réclamés en faveur de ce système sont nombreux : signalons en première ligne l’absence de trépidations et de mouvements de lacets, la douceur du mouvement pouvant se comparer à celui d’un traîneau glissant sur la glace. Signalons encore la douceur des arrêts, l’absence de fumée et de poussière, ainsi que le faible bruit, la légèreté du matériel glissant, ainsi que celle des travaux d’art qui en résulte, l’absence de graissage, la suppression complète des frais d’entretien des roues et bandages, ressorts de traction, tampons de choc ; l’économie de frais de traction, et, en dernier lieu, la possibilité de réaliser de grandes vitesses, pouvant atteindre, si l’on en croit certains journaux, jusqu’à 200 kilomètres par heure.
- Le chemin de fer glissant serait particulièrement approprié aux pays de montagnes possédant des chutes d’eau naturelles et présentent des rampes inaccessibles aux chemins de fer ordinaires; aux chemins de fer dits à ficelle, dans lesquels l’emploi des roues cause souvent des accidents; au transport des masses d’un poids considérable et indivisible, en ne conservant que la 'suspension et le glissement hydraulique, avec un mode quelconque de traction ; aux chemins de fer métropolitains, aériens et souterrains, etc.
- Sans partager l’enthousiasme des promoteurs de ce système, enthousiasme qu’il convient d’encourager chaque fois qu’il s’agit d’une entreprise nouvelle, nous estimons qu’il appartient à l’expérience de juger en dernier ressort, et de faire la part entre le rêve et la réalité. En tout cas, il est impossible de retirer au système le grand mérite de l’originalité, et même, pour la génération actuelle, de la nouveauté, car bien peu ont connu ou se souviennent encore des premières expériences si rudimentaires de la Jonchère. Souhaitons aux promoteurs le succès que mérite leur tentative hardie, et que les recettes à réaliser pendant les trois mois d’Exposition qui restent encore à courir, arrivent à couvrir les dépenses faites en vue de démontrer la valeur industrielle des projets de notre compatriote Louis Girard.
- LES CANAUX DE L’EMPIRE D’ALLEMAGNE
- L’Empire d’Allemagne, où la navigation intérieure est très développée, ne possède cependant qu’un réseau de canaux très restreint ; cela tient à ce qu’elle est heureusement dotée d’un grand nombre de voies navigables naturelles où circulent aisément les bateaux construits pour cette navigation spéciale. Toutefois, et surtout depuis le Congrès de navigation intérieure tenu à Francfort en août 1888, il se produit un mouvement en faveur de la construction des canaux. Les commerçants des pays situés entre le Rhin et l’Elbe, notamment, s’occupent avec une grande ardeur d’arriver à la création d’un ca-liai, le Rhin au Weser et à l’Elbe ; une Commission vient d’être nommée pour amener une solution rapide. Ce canal coûterait 488 millions de marks, somme approximative qui serait peu de chose en comparaison des services que rendrait le canal. 11 communiquera avec le canal « Ruhr et Ems » à Bevergern, et passera par Min-den, Hanovre et Wolmerstedt; la largeur prévue sera de 21 mètres environ, et la profondeur de 2 mètres. Du reste, on aurait le grand avantage de pouvoir se contenter de quelques écluses seulement. En outre, comme conséquence naturelle, on projette la correction du Weser jusqu’à Minden, et de la Fulda. On sait que la Fulda n’est autre que le cours supérieur du Weser, puisque réunie à
- la Werra, elle forme ce grand fleuve au-dessous de Minden. La navigation pourra ainsi remonter jusqu’au centre important du canal, et le commerce y gagnera beaucoup.
- D. R.
- LA CATASTROPHE DE J0HNST0WN
- EN PENSYLVAN1E (51 MAI 1880)
- On sait que les Américains ont souvent l’habitude d’exécuter des installations ou constructions diverses en toute hâte, et parfois sans prendre les mesures de précaution les plus élémentaires pour la solidité ou la durée des entreprises qu’ils exécutent. La terrible catastrophe de Johnstovvn, en Pensylvanie, est bien de nature à justifier cette manière de voir. Une ville de 10 000 habitants entièrement engloutie sous les flots ; telle est la conséquence de la construction d’un barrage mal établi.
- Dans une vallée arrosée par la rivière de Cone-maugh se trouvent une série de villes industrielles, Conemaugh-Ville, Woodwale, Cambria, etc. Au centre de cette agglomération s’élève la ville de Johnstown, capitale du Cambria County, située à environ 120 kilomètres à l’est de Pittsburgh. La vallée entière comprenait environ 20 000 habitants.
- Au nord de cette vallée, sur une hauteur d’environ 5 à 400 mètres, se trouvait un lac qui avait servi autrefois à l’alimentation d’un canal de navigation (fig. 1). Ce lac, d’une largeur de 2000 mètres et d’une longueur de 5 à 6000 mètres, était limité à l’entrée de la vallée par un barrage établi dans une . gorge étroite (fig. 2). Le barrage avait 500 mètres de long sur 21 mètres de hauteur; et la construction établie en forme de trapèze avait 90 mètres d’épaisseur à la base et 15 mètres seulement à la partie supérieure. Des portes de décharge avaient été ménagées dans l’intérieur de la maçonnerie pour donner un passage aux eaux. Ce lac était alimenté par deux cours d’eau de faible débit, le South-Fork et le Muddy-Run. Mais, pendant les mois d’avril et de mai, à la suite de pluies considérables, la rivière de Conemaugh et ses affluents subirent de grandes crues. Bientôt le niveau du lac commença à monter. Au lieu de se maintenir à 2,10 m au-dessous du niveau du barrage, les eaux montèrent à 1,20 m, et les deux ruisseaux d’alimentation amenaient toujours en abondance de nouvelles quantités d’eau. Un des témoins oculaires, M. J. Parke, ingénieur civil, raconte qu’à ce moment le colonel Unger essaya avec quelques ouvriers de creuser dans le barrage quelques rigoles de décharge. Malgré ces passages ménagés, l’eau continuait à monter dans le lac à raison de 50 centimètres par heure. 11 fallait immédiatement prévenir les habitants de la vallée du danger qui les menaçait ; mais ils étaient habitués à ces avertissements déjà réitérés bien souvent, aussi n’y firent-ils aucune attention. L’eau montait toujours cependant. « A 1 heure de l’après-midi, dit M. Parke, je traversai le barrage : il était déjà recouvert de 75 millimètres d’eau. Peu après une partie du som-
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- met avait été emportée. A ce moment il y avait environ 60 millions de mètres cubes d’eau dans le lac. » Le barrage ne pouvait résister longtemps à pareille pression. A 3 heures une ouverture se produisit; l’eau se précipita avec violence par cette ouverture en l’agrandissant considérablement. Quel-
- Fig. 1. — Vue à vol d'oiseau de la vallée (le Johnstown et du lac de Fork.
- duisirent des dégâts indescriptibles. Là encore, effroyable dévastation, puis, après une série de tourbillonnements, les eaux vinrent se briser contre le
- ques secondes plus tard, le barrage n’existait plus.
- Les eaux, précipitées en torrents, rencontrèrent d’abord le village de Woodsale où elles renversèrent toutes les habitations. Elles furent déversées ensuite sur Johnstown en entraînant et charriant tous les débris de maisons, d’arbres et d’habitants; elles pro-
- Fig. 2. — Le lac de Fork avant la destruction de son barrage.
- pont de Bierre. Les débris charriés s’amoncellent sur une hauteur de plus de 15 mètres, et, pour comble de malheur, le feu prend dans cet amas de
- Fig. 5. — Aspect du barrage après la catastrophe.
- bois, faisant encore d’innombrables victimes parmi les habitants qui s’y sont réfugiés.
- La figure 3 montre le barrage après la rupture, la figure 4 donne l’aspect des inondations et de l’incendie dans le voisinage du pont de Bierre, la figure 5 donne enfin l’aspect d’un quartier de Johnstown, Elm Street, après l’accident. Il n’y reste pas trace d’une maison; tout est bouleversé, anéanti.
- Plus de 10 000 personnes ont trouvé la mort dans cette horrible catastrophe, qui n’a jamais eu de précédent.
- La lecture seule des détails de ces ruines et de ces ravages remplit d épouvanté; mais quelque commisération que l’on puisse avoir pour les victimes, on ne saurait s’empêcher de faire observer qu’il était de la dernière imprudence de laisser ainsi au-dessus
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- Les inondations de Johnstown.^L’incendie' sc déclare parmi les'débris amoncelés (D’après les documents publiés par les journaux illustrés américains.)
- près du’pont de Bierre.
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- d’une vallée habitée un réservoir dont la capacité pouvait s’accroître à tout instant, limité par un barrage insuffisant et incapable de résister à une forte pression. Cette leoôn profitera sans doute à nos voisins d’outre-Océan et les rendra peut-être plus prudents à l’avenir. J. Laffargue.
- LÀ PSYCHOLOGIE EXPÉRIMENTALE
- Il s’est fait, depuis quelques années, en Allemagne, un grand mouvement en faveur des études de la psychologie dont les visées sont d’étudier l’union intime de l’àme et du corps, le lien qui existe entre les phénomènes de conscience et ceux de la vie organique. Dans une série de conférences publiques faites à l’Université de Genève en 1888, M. Th. Flournoy a esquissé l’état actuel de cette nouvelle science que l’on peut appeler la psychologie expérimentale. Nous n’avons pas le projet d’aborder ici des questions philosophiques qui doivent rester en dehors du domaine de la science proprement dite, mais nous reproduirons, d’après les conférences de M. Flournoy et d’après l’analyse qui en a été publiée dans le Monde de la science de Genève, quelques exposés relatifs à des méthodes souvent ingénieuses, et qui conduisent parfois à des résultats intéressants.
- Le grand centre de la psychologie expérimentale est' Leipsig, où M. Wundt a créé, il y'a une dizaine d’années, un laboratoire spécial. Cet établissement a compté, pendant les derniers semestres, une vingtaine d’étudiants, russes et américains principalement. On y emploie des instruments très délicats qui peuvent rivaliser avec ceux de la physique; nous en mentionnerons un par exemple qui sert à évaluer des temps très courts, jusqu’à un dix-millième de seconde. L’exemple donné par l’Université de Leipzig a été suivi en plusieurs pays. Il y a actuellement en Europe une demi-douzaine de laboratoires de psychologie, à Berlin, à Bonn, à Gœttingue, à Copenhague, à Cambridge. On sait que, s’il n’y a pas de laboratoire de ce genre à Paris, il y existe une Société de psychologie physiologique et que M. Rihot occupe au collège de France une chaire de psychologie expérimentale et comparée.
- La nouvelle science a-t-elle conduit à la découverte de notions nouvelles? 11 faut avouer qu’il n’en est rien, mais il faut convenir aussi qu’il en est à peu près de même dans l’étude de la nature intime du monde physique : nous n’en savons pas plus aujourd’hui sur la constitution de la matière que du temps de Platon et d’Aristote. Si la psychologie, en devenant scientifique et positive, n’a rien découvert d’important, elle a obtenu, en revanche, un certain nombre de "résultats de détail dont nous allons citer quelques exemples.
- Nos perceptions, que nous croyons le plus souvent instantanées, prennent un cêrtain temps pour se produire. Les recherches des psychologues ont montré que leur durée est mesurable. Voyons, par exemple, ce qui arrive lorsque nous voulons faire coïncider deux perceptions différentes, comme la vue et l’ouïe. Soit «ne aiguille se mouvant sur un cadran gradué et un appareil disposé de façon qu’un timbre sonne au moment où l’aiguille touche une division donnée du cadran. Une personne qui ignore cette disposition et qui a suivi des yeux l’aiguille peut-elle indiquer l’endroit précis où est l’aiguille au moment où la sonnerie se fait entendre? Pas tout à fait, l’expé-
- rience montre que la plupart des gens relient le coup de cloche avec une division antérieure. Ce fait est surprenant, mais il en est cependant ainsi. Dans quelques cas plus rares, on relie le son avec une division située plus loin que la division qui lui correspond.
- On fait des observations analogues dans une autre expérience qui consiste à presser un bouton au moment où l’on entend un coup de cloche. De semblables mesures s’obtiennent à l’aide de l’électricité qui est un agent très précieux pour les psychologues. Ces faits ont une application directe en astronomie. On sait qu’une des taches des astronomes, consiste à apprécier le moment précis du passage des étoiles au méridien. Pour cette mesure, l’astronome en observation suit de l’oreille le tic-tac d’une pendule et évalue d’après cela en fraction de seconde le moment où l’étoile a passé devant le fil de la lunette. On peut aussi se servir d’un appareil chronométrique sur lequel on fait une marque en pressant sur un bouton au moment voulu. Or, ni dans l’un, ni dans l’autre cas, il n’y a instantanéité. Sans s’en rendre compte, l’astronome commet une erreur, qui varie avec chaque individu et ne reste pas même toujours constante chez un même astronome. Cette erreur, remarquée dès le commencement du siècle, peut atteindre une seconde, et on l’appelle Y équa-
- tion personnelle. Voilà donc une observation du domaine de la psychologie faite il y a longtemps par les astronomes. Eh bien, la psychologie est en voie de rendre en retour un grand service à l’astronomie en lui montrant le moyen de diminuer énormément cette erreur qui complique beaucoup les calculs. La psychologie nous montre que les individus diffèrent les uns des autres par leur habitude de concentrer leur attention, les uns plus spécialement sur les phénomènes de la vue ou de l’ouïe, les autres, au contraire, sur l’acte de contracter leurs muscles. Ces derniers réagissent plus rapidement que les autres à une impression donnée. 11 y a des astronomes qui réagissent d’une manière, les autres d’une autre.
- Des expériences curieuses ont été faites quant au degré dé!i lisibilité des diverses lettres de l’alphabet. Certaines d’entre elles demandent,“pour être lues, un travail du cerveau beaucoup plus considérable que d’autres. Ainsi on a constaté que dans l’alphabet français e, c et s sont, sous'’ce! rapport, les trois plus mauvaises, tandis que w, m et q sont celles qui se lisent le plus vite, c’est-à-dire avec le moins de peine. Les trois premières sont justement de celles qui figurent de beaucoup le plus souvent dans tout livre écrit en français. Un oculiste français, pour faire disparaître ce défaut de notre alphabet, avait proposé de modifier la forme des lettres les plus usitées en vue de les rendre plus lisibles.
- Nous mentionnerons encore les observations singulières qui ont été faites sur les oscillations de l’attention. Sans
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- que nous nous en doutions le moins du monde, notre attention est soumise à un va-et-vient continuel. On peut s’en rendre compte en écoutant le tic-tac d’une pendule située un peu loin. Par moments, le son semble disparaître pour se faire entendre de nouveau peu après. Ces affaiblissements des perceptions sonores ne correspondent point, comme on aurait pu le croire, à une fatigue des nerfs, mais ils tiennent uniquement à l’attention. On a mesuré ces périodes d’oscillation. Elles ne sont pas les mêmes pour tous les sens ; pour la vue elles sont de qua-tre secondes, pour l’ouïe de trois et demie, pour les sensations de la peau de deux secondes et demie. Chose curieuse, ces chiffres sont assez constants.
- On remarque ces oscillations dans certaines illusions d'optique. Prenons un dessin linéaire (Voy. la gravure ci-contre) figurant un objet solide vu en perspective, un escalier, par exemple. En fixant les yeux attentivement sur ce dessin, nous verrons d’abord l’objet en relief; puis il ne tardera pas à paraître en creux pour reprendre peu après l’apparence du relief, et ainsi de suite. Ces oscillations s’imposent à nous, nous ne pouvons y échapper. On a pu les mesurer, elles sont de trois secondes et demie, à peu près.
- Les quelques observations que nous venons de citer, d’après les conférences de M. Th. Flournov, peuvent donner une idée des travaux auxquels on se livre dans les laboratoires de psychologie.
- DE QUOI SE NOURRISSENT LES CÉTACÉS
- Tout le monde s’intéresse à ces puissants animaux des mers, dont certains représentants ont des dimensions si colossales que les plus grands des Mammifères terrestres, les Éléphants, ne sont auprès d’eux que de pauvres pygmées. Les Cétacés viennent d’être l’objet d’une étude anatomique et physiologique complète que M. Bouvier a présentée comme thèse d’agrégation de pharmacie l. C’est un exposé synthétique et magistral de l’état actuel de la Céto-logie, auquel l’auteur a eu le bonheur de pouvoir ajouter bon nombre de faits nouveaux qu’il a constatés dans la dissection de trois Cétacés mis à sa disposition par M. Pouchet. Le passage relatif à leur nourriture, aux animaux qui leur servent de proie, m’a semblé particulièrement instructif et intéressant.
- « Les Cétacés, dit M. Bouvier, font la chasse aux autres animaux aquatiques et s’en nourrissent exclusivement; ce caractère, avant tout autre, a permis de les séparer des Sirénides, autrefois appelés Cétacés herbivores. Nous ne sommes pas renseignés d'une manière très précise sur les proies diverses dont s’emparent les Cétacés ; le plus souvent les documents que nous possédons sont dus aux recherches anatomiques qui ont décelé des restes de nourriture dans leur panse, ou a l’observation des fanons dans lesquels s’embarrassent fréquemment les petits animaux. Ces documents ne sont pas toujours d’une valeur incontestable, car les Cétacés avalent leur
- 1 Les Cétacés souffleurs, par Eugène-Louis Bouvier, agrégé de l’Université, docteur ès sciences, pharmacien de lre classe. — Imprimerie Le Bigot, Lille.
- proie sans les broyer, ils l’engloutissent pour ainsi dire telle quelle, et il ne leur est pas toujours possible d’éviter des corps étrangers qui ne jouent normalement aucun rôle dans leur nutrition. Témoin l’observation suivante faite sur la baleine de Californie par le capitaine Seammon. « Nous avons observé, dit-il, plusieurs individus pris dans les lagunes et nous y avons trouvé les herbes que les baleiniers appellent jonc ou mousse marine (une sorte de laitue marine), et qui, à certaines saisons, obscurcissent les eaux et forment des plages étendues à l'embouchure des estuaires. Beaucoup de naturalistes doutent que cela pénètre dans l’estomac comme nourriture, et ils pensent que la Baleine, traversant les eaux occupées par ces plantes, doit nécessairement, en ouvrant la bouche, en avaler plus ou moins et envoyer le tout dans l’estomac, puisqu’il n’y a pas d’autres voies pour s’en débarrasser. La quantité trouvée ne dépassait pas un plein baril. »
- « Esehricht a distribué les Cétacés en quatre groupes, suivant les proies dont ils se nourrissent. Ces groupes sont les suivants :
- 1° Sarcophages. Orques.
- 2° Teuthophages. Physétérides, Ziphioïdes, Del-phinaptères, Narvals, Globicéphales.
- 3° Ichlyophages. Marsouins, Dauphins, Plata-nistes, Balénoptères.
- 4° Ptéropodophages. Vraies Baleines.
- a Les Orques méritent à tous égards le nom de Carnivores (Sarcophages) et doivent se placer avec les Requins parmi les plus redoutables des* animaux des mers. Réunies en troupe, elles harcèlent et poursuivent les grands Mysticètes et, d’après Cuvier, leur arrachent la langue dès qu’ils ouvrent la bouche. Elles s’attaquent aussi à des proies plus petites et comme leur taille (7 mètres et plus) est développée en raison de leur voracité, elles entassent ces proies dans leur énorme panse stomacale jusqu’à la remplir complètement. Dans une Orque de 7,50 m, étudiée par Esehricht, la panse avait 2 mètres de longueur et 1,50 m de largeur ; elle ne renfermait pas moins de treize Marsouins et' de quinze Phoques. Ces animaux étaient entiers ou plus ou moins dissociés ; l’un d’eux était passé dans le deuxième compartiment de l’estomac et un autre était dépouillé de sa peau qu’Escliricht retrouva dans la bouche accrochée aux dents. « La frayeur que ces animaux inspirent est si grande, dit Van Beneden, qu’à la vue d’une lame de bois qui imite leur nageoire dorsale, les Phoques se sauvent comme les Poules à la vue d’un oiseau de proie, et les pêcheurs ont tiré parti de cette frayeur pour mettre les Phoques en déroute. Une planchette en bois peint, fichée dans la glace, suffit à cet effet. »
- « Les Teuthophages se nourrissent surtout de Calmars, sans négliger les autres Céphalopodes qui accompagnent ces derniers. Les becs de ces animaux se trouvent presque toujours en grand nombre dans l’estomac et même dans l’intestin de ces animaux. Vrolik estime à 10 000 le nombre de becs trouvés
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- dans un Hypéroodon, et l’on se demande combien doit engloutir de Céphalopodes le gigantesque Cachalot dont les dimensions sont incomparablement plus grandes que celles de l’Hypéroodon. »
- Après avoir respiré quelques minutes à la surface (dix minutes environ), le Cachalot plonge et peut rester une heure dix minutes à une heure vingt sous l’eau. Pendant ce temps, il est constamment occupé h chasser les animaux de fond, non seulement les Calmars et les Seiches, mais aussi les Poulpes et probablement l’espèce la plus musquée, YEledone mos-chata. C’est ce que montre l’ambre gris qu’il rejette; substance qui ne sert plus guère qu’à la parfumerie, et sur l’origine de laquelle on eut pendant longtemps les opinions les plus fausses. Cet ambre se forme probablement par couches concentriques dans la portion terminale de l’intestin, surtout en grande quantité dans les animaux malades ; il se trouve ordinairement rempli de becs de Céphalopodes, comme si ceux-ci avaient été englobés dans un ciment liquide ou pâteux se durcissant ensuite.
- On admet assez généraleme n t que toutes les espèces teutho-phages peuvent rejeter une plus ou moins grande quantité d’ambre gris.
- « Tous les Ziphioïdes et tous les Physétérides se nourrissent aussi de Céphalopodes, et ainsi qu’on l’a vu plus haut, il en est de même des Delphinaptéridés et des Globicéphales.
- « Les Ichtyophages se nourrissent de poisson et comprennent, d’après Eschrieht, la plupart des Del-phinidés ainsi que les Balénoptères. Dans la panse du Marsouin, que j’ai eu l’occasion d’étudier, se trouvait, recourbée en cercle, une alose de 60 centimètres de longueur et parfaitement en chair; à côté d’elle, je pus observer un Merlan et les restes dissociés de quelques autres Poissons. Dans le Dauphin, la dissociation de tous les Poissons était achevée, et il ne restait plus dans la panse qu’un nombre considérable de têtes, de nageoires, de vertèbres. Les Balénoptères paraissent être beaucoup moins franchement ichtyophages que les Dauphins; dans la Balænoptera musculus qu’il a étudiée, Mûrie ne signale que des fragments de Méduses et des restes d’Entomostracés ; la Balænoptera borealis, d’après R. Collett, se nourrit exclusivement d’un petit Crustacé copépode, le Calanus finmarchicus et la Balænoptera Sibbaldii, d’après M. Pouchet, d’un
- très petit Palémon des mers du Nord. Eschrieht range le Plataniste parmi les Ichtyophages, mais, d’après des observations plus récentes, cet animal recherche surtout un Crustacé, le Palæmon car-cinus; il mange aussi quelques Poissons et recueille même les grains de riz au voisinage des bateaux du Gange.
- « Eschrieht considère les Mégaptères comme des formes intermédiaires entre les Balénoptères et les Baleines, au point de vue de la nourriture du moins. La Megaptera longimana, d’après Scammon, se nourrit, en effet, de Poissons et de petits Crustacés, mais elle ne diffère pas beaucoup, en cela, des ichtyophages décrits plus haut. Quand aux vraies Baleines, elles paraissent recueillir les innombrables animaux pélagiques (Ptéropodes, Méduses, petits Crustacés, etc.) qui abondent à la surface des eaux, et ce n’est pas sans étonnement qu’on voit ces géants de la mer se nourrir des proies les plus petites
- qu’elle renferme dans son sein. La Baleine de Biscaye se nourrit de petits Crustacés pélagiques (Guelde) ». La Baleine du Sud d’un Crustacé branchiopode, le Cetochilus aus-tralis, et l’on a trouvé des moules dans la bouche de la Baleine de Californie.
- « Eschrieht a signalé quelques rapports entre la dentition des Cétacés et les proies diverses dont ils se nourrissent, mais ces rapports sont loin d’avoir la même importance que chez les autres Mammifères, car l’armature buccale des animaux qui nous occupent sert uniquement à saisir la proie et à la mettre à l’abri de la fuite. Chez les Sarcophages, les dents sont fortes, puissantes et acérées; elles sont peu nombreuses, caduques, ou mal implantées chez les Teuthophages et manquent même fréquemment à la mâchoire supérieure; les Cétodontes ichtyophages ont, à l’exception du Marsouin, des dents coniques toujours très nombreuses; enfin on pourrait trouver, chez les Mysticètes, un certain rapport entre la finesse des fanons filiformes et la taille des animaux dont se nourrissent ces grands Cétacés. »
- On voit par l’extrait précédent combien est intéressante, pour un zoologiste, le travail deM. Bouvier. Ce naturaliste a rendu un vrai service à la science en condensant les notions anatomiques et physiologiques sur les Cétacés, éparses dans plus de 1500 ouvrages immenses ou mémoires originaux,
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- Fig. 1, 2 et 3. — 1. Calanus finmarchicus. — 2. Cetochilus Auslralis. — 5. Palémon de la Balænoptera Sibbaldii, grossi 2 fois. — a. Grandes antennes. — b. Yeux. — c. Pattes, mâchoires. — d. Pattes natatoires. — e. Queue.
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- et en donnant, aux jeunes zoologistes qui voudraient l imiter dans ees essais de synthèse de plus en plus nécessaires à notre époque, un modèle qu’ils n’auront qu’à suivre et à reproduire pour les diiîérents groupes du règne animal. À. Menégaux,
- Agrégé ries sciences naturelles. —><>«—
- CHRONIQUE
- Éclairage électrique de Marienliatl. — La ville de Marienbad est éclairée à l’électricité depuis le mois de mai. L’installation comprend deux machines à courants alternatifs du système Zipernowsky, à excitation séparée, pouvant produire 50 kilowatts à la vitesse angulaire de 500 tours par minute. Ces machines sont actionnées par des moteurs à vapeur Westinghouse donnant 80 tours à 500 tours par minute : elles commandent directement les dynamos. L’usine, d’une superficie de 000 mètres carrés, est située à 2000 mètres de la ville. Les conducteurs électriques partant de l’usine sont fixés sur des poteaux analogues aux poteaux télégraphiques, et sont placés de distance en distance, tous les 50 mètres environ. C’est également sur des poteaux semblables que sont disposés les transformateurs dans des cages en fer. L’éclairage comprend l’éclairage public des places et l’éclairage privé. Le premier éclairage comprend 60 lampes à incandescence, et le second environ 1800, avec 48 lampes à arc. Toute l’installation a été faite par la maison Ganz et C°, au compte de la municipalité de Marienbad.
- La désinfection des vidanges et des eanx d’égont par l’électricité. — La municipalité de Rouen vient de faire procéder dernièrement à des expériences publiques de désinfection des vidanges et des eaux d’égout par l’électricité, d’après le procédé Ilermite, et les résultats obtenus ont été, dit-on, des plus probants. Dans ce système, une locomobile actionne un arbre de couche qui transmet le mouvement à la pompe élévatoire des matières à désinfecter, au générateur d’électricité et à l’électrolyseur. Le générateur est une machine Gramme, construite par M. Cooper, donnant 70 volts et 1200 ampères. L’électrolyseur est constitué par une cuve en fonte galvanisée où la matière à désinfecter pénètre par la partie inférieure. Des disques en zinc montés sur deux arbres qui tournent lentement, constituent les électrodes négatives. Les électrodes positives sont formées par de la toile de platine maintenue entre les disques dans des cadres d’éhonite. Quand la matière à désinfecter, additionnée de sel marin dans la proportion de 5 kilogrammes pour 1 mètre cube, pénètre dans l’électrolyseur, elle est soumise à l’action d’un courant électrique qui décompose le chlorure de sodium en même temps que l’eau de suspension ; il se forme un composé oxygéné du chlore, qui est un oxydant énergique, ainsi qu’un hydrate de sodium qui précipite les matières organiques.
- Lit pour malade. — M. Chappe d’Auteroche a fait à la Société d’encouragement une communication relative à un lit pour malade, qu’il appelle ægroplûte. Le but que s’est proposé l’inventeur est d’éviter au malade tout dé placement qui est souvent la cause d’accidents très graves. Ce lit, qui ressemble beaucoup à un lit de sangles ordinaire, si ce n’est qu’il est muni de roulettes, se compose essentiellement de quatre parties, dont deux fixes, celles de la tète et des pieds, et deux mobiles pour le reste du corps.
- Les parties mobiles permettent de changer les linges souillés sans que le malade fasse le moindre effort, et donnent accès au médecin qui, placé au milieu du lit, peut facilement examiner le malade, l’ausculter, l’opérer et faire les pansements nécessaires. Des pieds à dispositions particulières peuvent être adaptés au lit et permettent d’en élever ou abaisser les diverses parties. M. Chappe d’Auteroche peut, au besoin, appliquer son système au service des ambulances, le transformer en brancards provisoires en retirant les deux pièces mobiles qui peuvent être ensuite réintégrées pour former de nouveau le lil complet. Dès à présent, ce système de lit est visible à l’Exposition de l’Union des Dames françaises, Esplanade des Invalides.
- La consommation de vapeur des moteurs à grande vitesse. — Les exigences industrielles des appareils créés depuis moins d’une vingtaine d’années, — les machines dynamo-électriques en particulier, — ont rendu l’emploi des moteurs à grande vitesse nécessaire, presque indispensable, et l’on admet généralement que les avantages résultant de ces grandes vitesses sont plus que compensés par une consommation spécifique de vapeur plus élevée que pour les moteurs de même puissance à moyenne et à petite vitesse. Un ingénieur américain, M. Stephen Alley, a fait depuis plusieurs années un grand nombre d’expériences sur les moteurs à vapeur à grande vitesse du système Westinghouse, et ses études ont établi que, contrairement à l’opinion générale, on réaliserait de grandes économies par leur emploi à la condition d’apporter le plus grand soin à leur étude et à leur construction. L’un des points les plus importants est la perte due aux espaces nuisibles laissés au bout de la course du piston, perte d’autant plus importante que la vitesse est plus grande. Par contre, les moteurs à faible course et à grande vitesse ont sur les moteurs à grande course et à faible vitesse l’avantage que la perte par refroidissement des parois est beaucoup moins grande, cl que la perte par rayonnement peut être très réduite en recouvrant les cylindres avec une matière non conductrice. Il résulte des expériences de M. Alley que le moteur Westinghouse, travaillant à la pression de 120 livres anglaises par pouce carré, consomme en moyenne 20 livres de vapeur (0, 1 kg) par cheval-heure, (270000 kilo-grannnètres) avec condensation, et 24 livres (10,0 kg) par cheval-heure sans condensation. Ces résultats nous paraissent très satisfaisants et peuvent être mis à côté de ceux obtenus avec les meilleures machines à faible vitesse : l’avantage est incontestable lorsqu’on fait entrer en ligne de compte l’économie et la simplicité des installations. Espérons que l’Exposition fixera nos idées en les complétant et en nous faisant connaître les résultats obtenus avec les moteurs à grande vitesse autres que le moteur Westinghouse.
- Canal de la mer du Nord à la nier Baltique.
- — Les travaux du canal de la mer du Nord à la mer Baltique n’avaient avancé jusqu’à présent qu’avec une extrême lenteur. Rien que le premier coup de pioche ait été donné solennellement à Kiel, il y a plus de vingt mois, par l’Empereur Guillaume Ier, l’enlèvement des terres n’avait fait, depuis lors, que peu de progrès ; mais, d’après des renseignements récents, les travaux sont poussés, en ce moment, avec plus de vigueur. Les terrassements. ont été, attaqués sérieusement dans les cercles de Kiel et d’Echernforde, du côté de la Baltique, ainsi que dans le cercle de Suderdithmarschen, du côté
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- de l’Elbe. Dans la section centrale du canal, les travaux se bornent à la pose des rails d’un chemin de 1er provisoire et à la construction d’une gare près de Beldorf. Los travaux de la Giselau progressent rapidement, mais quand le vent souffle de l’ouest, l’eau monte si haut qu’on est obligé de les interrompre. Les ouvriers terrassiers ont afflué de toute provenance, mais surtout de Silésie, de Bavière et de Suisse.
- Éclairage électrique de la place du Carrousel à Paris. — La place du Carrousel était éclairée jusqu’à ce jour à l’aide de lampes à arc de Mersanne, alimentées par une station spéciale établie sur la place par la Société lyonnaise de constructions mécaniques. L’installation vient de subir quelques modifications. C’est la station centrale Edison, du Palais-Royal, qui a établi une canalisation venant jusque sur la place. Les câbles, traversant la place du Palais-Royal et la rue de Rivoli en égout, sont isolés et sous plomb jusqu’aux guichets de Rohan ; à partir de là, tout autour de la place, on a établi une canalisation en fils de cuivre nu portés sur isolateurs en porcelaine. Les lampes sont du système Pieper de 10 ampères et au nombre ’de 16. Elles sont fixées sur des candélabres de 6 mètres de hauteur, dans des lanternes à verres ordinaires. Sur le milieu de la place est une grande potence où sont accrochées deux lampes. La différence de potentiel aux bornes des conducteurs est de 100 volts. La disposition à trois fils permettrait de marcher au besoin à 200 volts.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- béance du 29 juillet —Présidence de M. Des Ci.oizeaux.
- La question de Vanguille. — A propos d’une note que M. Jourdain l’a chargé de présenter, M. Emile Blanchard revient sur la question qu’il agitait déjà l’autre jour de la reproduction des anguilles. Malgré l’insuccès constant des tentatives jusqu’ici réalisées, l’auteur pense qu’on pourrait arriver à une solution en calquant, pour ainsi dire, le procédé qui a si bien réussi en Ecosse et en Irlande pour le saumon. Il faudrait, au moment où les grosses anguilles descendent à la mer, en capturer le plus grand nombre possible pour incruster dans leur nageoire une très petite lame métallique, fixant leur identité. Si, comme M. Blanchard se croit en droit de le supposer, les anguilles ne sont que des larves de poissons marins peut-être tout à fait différents, on reconnaîtrait ces derniers aux estampilles placées précédemment sur les anguilles. Peut-être l’entreprise n’est-elle pas aussi difficile qu’elle paraît l’être à première vue, et on pourrait surtout espérer le succès si, comme il en est sollicité, le Ministre de la marine accordait aux savants le concours de son personnel.
- Une nouvelle météorite. — Je dois à la bienveillance de M. F. W. Clarke, chimiste en chef du Geological Sur-vey des États-Unis, l’envoi de quelques fragments d’une très remarquable météorite non encore représentée dans les collections d’Europe. C’est une pierre assez exceptionnelle à première vue et sur laquelle on ne possède qu’une très courte note de M. MerviUe, insérée dans l’A-merican Journal, et datée de Washington, 15 février 1888 On n’a pas assisté à sa chute et c’est un « prospector » de mines d’or qui la trouva en 1887 en traversant les montagnes de San-Emigdio en Californie. Abusé sur sa vraie nature et pensant qu’elle constituait un minerai d’or ou
- d’argent, le découvreur la déposa au laboratoire d’essais de M. Thomas Price à San-Fraucisco. Avant de se rendre compte de la constitution particulière de l’objet à l’étude, et bien malheureusement pour la science, le chimiste chargé de l’analyse plaça tout l’échantillon dans un creuset et le concassa en fragments dont les plus gros ne pèsent qu’une fraction de gramme. Malgré leur très petite taille, ces spécimens permettent non seulement leur examen chimique et minéralogique, mais même une détermination lithologique. Ayant été obligé de procéder à celte dernière pour fixer la place à donner à la nouvelle météorite dans les collections du Muséum, on me permettra d’en consigner ici très rapidement le résultat. La roche est grenue, d’un brun rougeâtre et ne laissant apercevoir des éléments métalliques que sur les surfaces polies. En lame mince, au microscope, sa nature météoritique est évi-vente. Des chondres d’enstatite de plus d’un millimètre de diamètre se détachent au milieu de cristaux limpides dont les plus abondants sont peridotiques et de grains opaques où l’on reconnaît très aisément du fer nickèlé et de la pyriliotine ou sulfure magnétique de fer. La densité de la roche prise à 11 degrés est égale à 5,59. L’aimant en retire 7,02 pour 100 de substances magnétiques. Le résidu, soit 92,98, se scinde sous l’action des acides en 52,15 de minéraux attaquables et 40,75 de composés pyrotiques. En comparant la météorite de San-Emigdio aux divers types conservés au Muséum, on reconnaît que c’est de la roche cosmique dite Bélajite qu’elle se rapproche le plus. Celle-ci est déjà représentée par les six chutes de Belajazerkwa, Russie, 4 janvier 1796 ; Tiiuor-chin, Russie, 15 mars 1807; Sloboska,Russie, 10 août 1818; Macao, Brésil, 2 novembre 1851 ; Nellore, Indes, 25 janvier 1852; et Seegonolie, Indes, 6 mars 1855. C’est un type intéressant qui demandera de nouvelles études.
- La caravane hydrologique de 1888. — M. Bcrthelol signale le très intéressant volume que viennent de publies M. le Dr de Pietra Santa et M. Joltrain pour la Société française d’hygiène. C’est le compte rendu de la seconde caravane hydrologique organisée par la Société pour permettre aux médecins de visiter les stations d’eau minérales et les stations sanitaires de la Suisse et des Vosges. Comme le précédent, l’biivrage se divise en trois chapitres. Le premier comprend la partie scientifique et les considérations générales sur la valeur thérapeutique des eaux et la climatologie; le second contient le récit de l’excursion ; dans le troisième figurent les conférences faites dans chaque station par les médecins-inspecteurs et consultants. C’est un livre écrit avec impartialité, sera consulté avec profit par tous les médecins, et lu avec intérêt par les malades et les touristes. L’organisation de ces caravanes constitue la création de véritables cours d’hydrologie sur place, qui font encore défaut ans nos Facultés de médecine.
- Varia. — M. Rouault étudie le mode de reproduction de quelques bryozoaires. — La croissance de la sardine continue à fournir à M. Pouchet le sujet d’études importantes à la fois au point de vue scientifique et à celui des applications. — M. Lesage signale les modifications qu’affectent les feuilles de certaines plantes par le fait de leur habitat dans l’air salé du bord de la mer. — Au nom de M. Daugeard, M. Duchartre dépose une étude relative au noyau de cellules chez les végétaux inférieurs. — Un procédé de dosage de l’argent, du mercure et du thallium par les liqueurs titrées est proposé par M. Ad. Carnot. Stanislas Meunier.
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- LA NATURE.
- LES JOUETS SCIENTIFIQUES
- LA TOUPIE HYDRAULIQUE
- Le giroscope, la toupie ronflante et la toupie caméléon sont les applications les plus connues du principe de la puissance vive des systèmes en rotation, et jusqu’à ces dernières années, on n’en connaissait guère d’autres; mais les jouets mécaniques sont devenus à la mode, et les inventeurs se sont alors ingéniés à en varier les formes et les dispositions à l’infini. Le livreur, la locomotive routière, les valseurs, etc., sont les variétés récentes les plus appréciées des enfants.
- Cependant le cercle dans lequel se mouvaient ces jouets — jamais figure de langage ne fut mieux à sa place — semblait, en somme, assez restreint, et les nouvelles pièces ressemblaient fort à des reprises, lorsque M. A.
- Davis réalisa la toupie hydraulique ou toupie-jet-d’eau, que chacun peut voir fonctionner en ce moment dans la section anglaise de l’Exposition universelle, et que la figure ci-contre représente en coupe, pour en faire comprendre le principe, et en vue d’ensemble, pour en montrer le fonctionnement.
- L’aspect extérieur de la toupie hydraulique n’est pas très dillérent de celui des toupies ron-llantes, toupies caméléons, etc. Un volant en alliage de plomb À est mis en rotation rapide à l’aide d’une ficelle enroulée à la partie inférieure, comme dans la plupart des toupies. Lorsque la vitesse est obtenue, la toupie est placée sur une assiette creuse remplie d’eau sur une hauteur de 12 à 15 millimètres. Le pivot B qui est garni à sa partie inférieure d’un disque de caoutchouc, vient, par la pression exercée par le seul poids de la toupie, se fixer solidement à l’endroit où on l’a placée, et l’empêche de se livrer à des promenades sur l’assiette, ce qui aurait le double inconvénient de projeter l’eau dans tous les sens et de nuire à la régularité du jet. La partie inférieure du volant porte un réservoir R dans
- lequel deux petites ailettes venues de fonte avec le volant produisent un entraînement de l’air contenu dans le réservoir. La force centrifuge fait ainsi rassembler l’air à la partie supérieure du volant, et il se crée un vide qui a pour effet d’aspirer l’eau renfermée dans l’assiette. L’air en rotation vient rencontrer le tube horizontal C; l’air lancé contre l’ouverture de ce tube maintenu fixe dans l’espace, grâce au pivot B, s’y engage, remonte par le tube vertical D et s’échappe dans l’atmosphère par l’extrémité de ce tube D.
- L’eau aspirée au bas du réservoir R suit le
- même chemin et s’échappe de la toupie pour s’épanouir sous la forme d’une magnifique gerbe dont la hauteur atteint, aux premiers instants, jusqu’à 1 mètre, si la toupie est bien lancée. Si le jet est bien vertical et l’ajutage peu divergent, toute l’eau retombe dans l’assiette et rentre de nouveau dans la circulation.
- Dans le cas contraire, une partie se répand au dehors de l’assiette, et il est prudent de placer celle-ci sur un plateau de grandeur appropriée, pour que la joie des enfants ne soit pas troublée par le mécontentement des parents ou les protestations des domestiques obligés de remédier aux inondations partielles causées par des maladresses inévitables. 11 serait d’ailleurs possible de changer la forme du jet par une modification convenable de l’ajutage, et de substituer à la gerbe divergente un jet unique bien vertical qui pourrait ainsi retomber presque entièrement sur l’assiette.
- C’est un petit perfectionnement, d’ordre purement paternel, que nous nous permettons de suggérer à l’inventeur.
- En tout cas, et malgré ce petit inconvénient, le jouet est charmant et constitue un amusement de plage parfait, tout à fait de circonstance en pleine saison de bains de mer. Dr Z...
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissa ndru. Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- La toupie hydraulique. — Vue d’ensemble et coupe.
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- N° 845. — 10 AOUT 1880
- LA NATUHE.
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- L’ÂNNiVM ET LE TONKIN À L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Fig. 1. — Les acteurs annamites à l'Exposition universelle de 1889.
- C’est sur l’Esplanade des Invalides, cuire les pavillons de la Tunisie, et le Palais des colonies, que se trouve l’Exposition de ]’An-nam et du Ton-kin. Celle-ci consiste en trois b à timents ou séries de batiments distincts. Près de la Tunisie, une construction formée de quatre galeries reliées entre elles par leurs extrémités, séparées par une cour médiane; à côté, un batiment qui représente un théâtre annamite, etplus loin, avant d’arriver au kam-pong javanais, c’est un enclos bordé de petites demeures dans lesquelles se trouvent des Tonkinois exerçant quelques-unes de leurs in-17e année. — 2* semestre.
- dustries. La première construction, d’aspect agréable, et qui, par les fortes chaleurs, offre au public
- un abri dont la fraîcheur est recherchée, renferme une série d’objets venant de l’Annam et du Tonkin. Parmi ceux-ci, les meubles dominent", et l’on pourrait croire que dans notre nouvelle colonie, l’art du menuisier et de l’ébéniste est fort avancé. Pourtant, il ne faudrait pas se hâter de juger aussi favorablement, car nombre de meubles ont une origine différente et viennent de la Chine ; le travail des indigènes a consisté à faire les incrustations de nacre
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- Fig. 2. — Un pousse-pousse tonkinois à l'Esplanade des Invalides, à Paris.
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- LA NATURE.
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- qui ornent ces meubles. Toutefois, les Tonkinois doivent pouvoir faire des meubles, car ils sculptent le bois avec talent. Les meubles exposés ne seront peut-être pas du goût de tout le monde; beaucoup de personnes reconnaissent volontiers le talent et l'habileté déployés dans le travail du bois, et la finesse des incrustations, qui préfèrent ne point avoir toujours sous les yeux des objets aussi différents de ceux auxquels ils sont habitués. Le goût de la chinoiserie — car cela en est — n’est point accordé à tous. 11 y a pourtant quelques lits, tables, guéridons, bahuts et glaces assez agréables, et d'un bon travail. Les sculptures sont généralement fines, surtout quand il s’agit de grands meubles ou de reliquaires. Certaines civières et quelques palanquins sont encore d’un bon effet. A côté des meubles sculptés et incrustés qui représentent une partie importante des objets exposés, il en est d’autres qui offrent un intérêt plus général, en ce sens qu’ils indiquent un peu les ressources naturelles du pays, et le parti qu’en peuvent tirer nos colons. Ici, ce sont des roches et des minéraux, mais en petit nombre. Cela est regrettable, car l’on a beaucoup parlé des richesses minérales de la colonie, des gisements d’or, d’argent, de mercure, de cuivre et de houille, et l’on eût dû faire mieux pour la première Exposition où I’Annam et le Tonkin sont sérieusement représentés. Plus loin, voici des échantillons d’écorces indigènes, et du papier que l’on en tire. Ce papier e$t fin, mais rien ne nous indique les procédés de fabrication qui seraient cependant intéressants k connaître. C’est- encore de la ramie, ce textile dont on parle beaucoup depuis quelques années, qui semble, par la multiplicité des usages auxquels on le peut plier, — on en fait des fichus légers, des rideaux transparents, aussi bien que des câbles et de la toile k voile — devoir opérer une révolution industrielle, mais que l’on n’a point encore appris k décortiquer dans les conditions désirables. Il est k souhaiter que l’on y réussisse, car l’Algérie et I’Annam conviennent k cette culture nouvelle. Voici encore des cocons de soie et des cotons, puis de la sparteric de fort bonne qualité. Tout cela est fort intéressant, mais pourrait letre beaucoup plus si le public qui parcourt cette exposition pour s’instruire, et peut-être avec l’idée d’y puiser des renseignements pour des entreprises commerciales ou industrielles k installer la-bas, trouvait dans une brochure succincte des chiffres et quelques documents sur l’abondance des ressources exposées, les facilités de culture, les débouchés possibles, etc. Signalons encore une carte annamite du Tonkin, à échelle assez grande, une série de tableaux sur toile de la vie annamite, qui sont fort curieux, et l’exposition scolaire. M. Dumoutier expose une série de travaux d’érudition et d’éducation qui mérite d’être signalée : ce sont des notes historiques et des méthodes linguistiques dont l’intérêt est sérieux.
- A vrai dire, le public, celui qui vient pour
- s’amuser et non pour étudier, prend plus de plaisir à parcourir le village tonkinois : là il voit et comprend, au lieu que dans le bâtiment principal, il voit sans saisir l’intérêt et l’importance de ce qui lui est montré. Ce village, construit en bambou, en bois léger et en chaume, consiste en une série de petites demeures dans lesquelles des Tonkinois, — en chair et en os — exercent différents métiers. Voici d’abord un bonze qui trace — après combien d’années d’étude et de travail — des caractères d’écriture ; puis ce sont des sculpteurs sur bois, et des incrusteurs qui travaillent le bois du pays avec leurs outils habituels ; des fabricants de tam-tam, des brodeurs, des bijoutiers, des tisseurs, des ciseleurs, des éventaillistes, des fabricants de palanquins, de parasols ou de lanternes. Cela est curieux à voir, et k suivre pendant quelque temps pour comprendre les méthodes et les procédés usités. La dernière hutte est celle d’un médecin de village ; elle ne donne point une haute idée des succès pécuniaires de notre confrère. Signalons aussi la boutique des laqueurs : on sait que les Tonkinois produisent d’assez belles laques.
- Au sortir du village tonkinois la foule est généralement nombreuse; elle entoure volontiers ces petits hommes k allure paisible dont la figure douce, résignée, s’abrite sous un large chapeau de paille en cône surbaissé : je veux parler des Tonkinois, des enrôlés au service des pousse-pousse. Les voilà, en effet, auprès de leur petite voiture, sorte de fauteuil roulant très haut sur roues auquel ils s’attellent docilement pour véhiculer les clients (fig. 2). (Cepousse-pousse serait mieux nommé tire-tire, puisqu’on tire la voiture au lieu de la pousser). 11 nous a paru que les fauteuils tonkinois étaient fort appréciés du public et que celui-ci n’avait jamais à se plaindre de ses petits, mais courageux coursiers à deux pattes. Cela est toujours agréable à constater dans une période où les cochers ne sont pas invariablement d’une politesse à la Chesterfield.
- Mais ce qui est véritablement curieux et pittoresque, c’est le théâtre annamite.
- Pas de rideau : les acteurs viennent sur la scène quand leur tour est venu; pas de changements de décors : Shakspeare n’en avait pas besoin ! A la place des écriteaux usités du temps du grand dramaturge, quatre ou six comparses qui traversent la scène avec un drapeau k la main; ceci indique que l’action se transporte ailleurs. Où? Je n’en sais rien, mais je crois qu’il est des gens bien informés qui le savent, ou le devinent. Les représentations sont extrêmement singulières. Entrez et prenez place. Sur lascène, d’un côté quatre ou cinq instrumentistes : il y a une manière de violon aigre et monotone ; un tambour k manifestations spasmodiques — les spasmes seraient plus espacés que cela n’en vaudrait que mieux, — une sorte de cymbale, et une trompette k sons extrêmement déplaisants et forts. Par bonheur, elle n’opère que rarement. Cet ensemble produit une musique horrible : il n’y a pas de mélodie, aucun
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- rythme appréciable ; c’ésl du bruit, ou plutôt un ensemble de bruits, et nous sommes loin de la curieuse et parfois très harmonieuse musique des Javanais, nos voisins. De l’autre côté de la scène, un musicien tient entre ses jambes une sorte de gros tambour. Chaque fois qu’un acteur a dit ou lait quelque chose de particulièrement bien, le musicien tape sur sa peau d’àne. C’est une façon de souligner les beaux cris, les gestes nobles, pour le public à qui ils échapperaient. Ce musicien est un claqucur en quelque sorte; il a l’admiration fréquente. L’orchestre redouble : voici les acteurs qui entrent, grimés, masqués, barbus, de geste emphatique et risible, ici gourmés et solennels, l'a sautillant comme des moineaux. Leur premier soin —je ne parle que de l’acte, ou fragment d’acte dont j’ai été spectateur, — est de se jucher sur des tables et tabourets, en s’échelonnant selon leur dignité. La musique continue. Le sujet de la pièce est la trahison d’un roi par un vassal infidèle, et le châtiment dudit vassal par des collègues demeurés loyaux. Le traître veut empoisonner son roi; la chose échoue — je ne sais pourquoi ; — le traître a recours à la force, mais le roi fuit, et on le voit courant sur la scène, tandis que les comparses font de même, drapeau en main, ce qui indique un perpétuel déplacement du lieu où se passe l’action, et symbolise l’extrême rapidité avec laquelle le roi a pris ses jambes à son cou. 11 est un des acteurs, celui qui joue le traître, qui témoigne d’un réel talent. Au milieu de l’exagération risible des gestes, des expressions et des attitudes, surtout dans la scène où le traître s’avance sans bruit pour attaquer le roi, et où les serviteurs de celui-ci prennent la posture du combat, reployés, menaçants, grotesques, perchés sur une seule patte, et demeurant en cette singulière attitude durant des minutes entières sans que l’on sache pourquoi, cet acteur a beaucoup de finesse, tour à tour bonhomme rond et affable, — pour endormir les soupçons, — et révolté frémissant de haine et de colère quand ses projets sont dénoncés. Ce qui est singulier, c’est la façon dont les acteurs se font entendre; ils crient, ils hurlent, mais ne parlent point ; ils expectorent leurs paroles en se démenant furieusement — comme un carton recule quand le coup est parti — et émettent des sons d’une raucité incroyable. Chose plus incroyable encore, ils ne toussent point, et il n’est pas un de nous qui pourrait en faire autant après quelques secondes de jeu sur les planches annamites.
- Allez voir le théâtre annamite, c’est véritablement curieux et intéressant, et il est des scènes fort bien jouées, même pour des civilisés tels que nous.
- H. de Varigny.
- NOUVEAUX COMPAS D’ÉPAISSEUR
- A LECTURE DIRECTE
- Les compas d’épaisseur, sous leur forme ordinaire, ne se prêtent pas à une détermination rapide du diamètre
- des pièces qu’its servent à mesurer : il faut, en ell'et, après avoir ajusté le compas sur la pièce, le rapprocher d’un mètre, l’y appliquer et faire une seconde opération pour connaître le diamètre en centimètres ou en millimètres de la pièce. Le pied à coulisse résout en partie le problème, mais il n’a pas une forme commode à la mesure des diamètres dans tous les cas que l’on l'encontre
- dans la pratique. Les deux figures ci-dessus représentent deux formes nouvelles du compas d’épaisseur qui résolvent complètement le problème : la simplicité des appareils nous dispense d’en donner une description et d’insister sur le caractère essentiellement pratique qu’ils présentent.
- Rien n’empècherait d’ailleurs, — et c’est un perfectionnement que nous nous permettons d’indiquer au constructeur, M. LL Rickinson, de Londres, — de remplacer la pointe ou index par un vernier, ce qui accroîtrait encore la précision de la mesure et étendrait le champ des applications de cet excellent outil.
- ORIGINE DES TRAMWAYS
- ET DE LA BROUETTE
- Il ne suffit pas de se tenir au courant des découvertes de la science moderne, il est intéressant de connaître l’origine de ces découvertes et de voir qu’elles sont parfois beaucoup plus anciennes qu’on ne le croit communément. Un de nos lecteurs, M. Pierre Valentin, nous communique un bel exemplaire de la remarquable Cosmographie de Sébastien Munster, ouvrage fort recherché des amateurs, et dont la première édition a été publiée à Bâle en 1541 b Ce livre, qui forme un gros volume in-folio, est rempli de gravures sur bois, dont quelques-unes sont des plus curieuses au point de vue scientifique. On en jugera par les gravures que nous publions, et par la notice que nous reproduisons de M. Valentin :
- On croit généralement que les wagons et les rails sont d’invention très récente. Dans un de ses derniers articles, toujours si remarquables (Revue des Deux Mondes, 15 novembre 1888), M. Paul Leroy-Beaulieu déclare que les tramways à marchandises « ont vu le jour au dernier siècle, silencieusement, sans attirer l’attention, dans les districts houillers de la Grande-Bretagne ».
- La lecture de ce passage me rappelle une gravure que
- 1 iNos reproductions sont empruntées à une édition de Bâle datée de 1555.
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- j’avais vue dans un très vieux et très intéressant volume : La Cosmographie universelle, de Sébastien Munster.
- Dans un des chapitres intitulés : Des mines, tant d'argent que autres métaux, lesquelles on trouve par cg par là en la Germanie et principalement au pays d’Alsace, est insérée une gravure dont nous donnons ci-dessous un fac-similé (fîg. 1) : on y a représenté la coupe
- d’une mine, au plus bas étage de laquelle uu homme pousse un wagonnet sur des rails ; on lit au-dessus ces mots : instrumenlum iractorum. L’auteur n’a probablement pas su comment appeler ces rails et leur a appliqué une dénomination latine, tandis qu’il indiquait par des noms allemands les divers personnages dessinés dans toute la mine : haspeler, ceux qui tournent le
- ;Fig. 1. — F ae-similé tl’une gravure du seizième siècle (1 ooo) où ligure un wagonnet sur rails.
- cabestan, seubezer, celui qui ramasse le métal, liahover, le mineur, zauven, le contremaître.
- Dans le texte, on lit ce passage : « Aux montaignes de misne on use instruments, lesquels ils appellent roues attelées, lesquelles par leur volubilité et vitesse devallent deux grandz seaux de peul de bœuf et puis les retirent dehors r’empliz d’eaue ».
- Doit-on appliquer ces lignes aux tramways ou au cabestan, il serait assez dilïicile de le dirb ; mais en pré-
- sence de la gravure seule, on ne pourrait nier l’existence à cette époque très lointaine des rails et wagonnets. Quelques pages plus bas, au reste, Sébastien Munster, en faisant la description des mines de la vallée de Leberthal est plus explicite, et nomme ces wagonnets des tombereaux sur quatre petites roues en fer.
- Voici en entier les détails que donne ce géographe des travaux qui s’exécutent dans la mine : (( Les faiseurs de metaulz ont leurs loix et ordonnances, et ne recognoissent
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- aulcune obéissance que de leur juge, lequel ilz ont pour magistrat. En leurs fosses et allées soubz terre, ils fuyuent la conduite de l’aymant ou compas, ne plus ne moins que les pillotes considèrent en la mer les régions du monde par un tel instrument. Quand ilz ont faict un puitz de certaine profondeur, ils meinet et creusent puis après à costé et font un a ultra puitz assez profond, et après cela
- ilz font encore un autre creux et cuvent un troisième puytz, et par ainsi ils descendent continuellement bas par merveilleux conduitz et destours, jusques à ce que l'eaue les empesche de fouyr plus avant, or les ouvriers sont là tout prestz pour recevoyr tout ce qu’on tire de ces fosses, soit des pierres ou de la terre, ilz ont des tombereaux sur quatre petites roues de fer, et amènent
- Fig. 2. — Fac-similé d’une gravure du seizième siècle (1555) où figure une brouette, au premier plan.
- tout cela à l’autre puitz plus prochain, où il v a d’aultres ouvriers, lesquels avec des instruments tirent en haut tout ce qu’on apporte et puis après le baillent à d’autres ouvriers pour l’emporter sur d’autres tombereaux. Par ce moyen, on vuyde hors, la terre et les pierres des lieux très pro-fondz d’icelle, par beaucoup de creux, fosses, puyts et par beaucoup de mains, et on est tout esbahy qu’en bien peu de temps ou veoit dehor en l’air en la margelle des fosses un grand monceau levé, qui finalement croist
- en telle sorte qu’il semble une petite montaigne. »
- Aucun doute n’est plus possible, les tramways à marchandises et les rails étaient connus au seizième siècle, l’ouvrage de Sébastien Munster, in-folio, de 1400 pages, orné de plans de villes et de royaumes fort exacts, de gravures très originales et de portraits de rois et empereurs pris sur des documents authentiques, en fait foi.
- Il nous a paru intéressant au moment où le public visite au Champ de Mars l’exposition des moyens de
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- LA NATURE
- transport, do signaler ce petit détail historique, qui prouve une fois de plus que. les choses qui nous paraissent nouvelles ont souvent une origine qui se perd dans la nuit des temps.
- Parmi les nombreuses gravures du livre de Sébastien Munster, il en est une autre qui est digne d’être signalée et que nous reproduisons également (fig. 2). Elle donne l’aspect d’une soufflerie de fourneau métallurgique actionnée par un moteur hydraulique. Au premier plan figure une brouette dont l’invention est souvent attribuée à Pascal. La gravure du livre de Munster donne donc la preuve certaine de l'existence de la brouette, au milieu du seizième siècle, c’est-à-dire un siècle avant Pascal. Nous croyons, du reste, que l’origine de la brouette est encore plus ancienne.
- Nous ferons observer que les vieilles gravures sur bois du seizième siècle sont très remarquables, et que, malgré leur naïveté, elles sont parfois pleines d’enseignement, soit au point de vue technique, soit au point de vue ethnographique. En dehors de l’intérêt du wagon glissant sur rail, la figure 1 nous représente le travail de l’exploitation d’une mine avec son puits d’extraction. A la surface du sol, un homme lait fonctionner la baguette divinatoire, vir-gula divina, au moyen de laquelle on prétendait découvrir les sources et les mines.
- La figure 2 n’est pas moins digne d’attention par l’ensemble de sa composition. Nous avons la persuasion que nos lecteurs sauront apprécier ces documents à leur valeur. Nous ajouterons que nos fac-similés ont été gravés avec la plus scrupuleuse exactitude. G. T.
- BALANCE HYDROSTATIQUE
- DE M. JOLY
- Los posées délicates et précises constituent un problème auquel les nombreuses balances de précision imaginées jusqu’à ce jour n’apportent pas une solution exempte d’objections. Les balances de précision sont, en effet, des appareils délicats, coûteux, exigeant une installation stable, un nivelage parfait et un temps quelquefois assez long pour l'ajustement des derniers poids.
- L’appareil que nous décrivons aujourd’hui d’après Industries a le mérite de faire disparaître une partie de ces inconvénients.
- La balance hydrostatique de M. J. Joly, de Trinity College, à Dublin, n’est pas autre chose, en principe, qu’un aréomètre de Nicholsoii renversé, mais ce simple changement donne à l’appareil un certain nombre de propriétés qu’il ne possédait pas, sous sa forme primitive, au point de vue de la comparaison des masses des corps, propriétés que nous ferons ressortir après avoir décrit l’appareil.
- lTn récipient métallique creux, déformé sphérique (fig. 1) ou cylindro-biconique (fig. 2), porte un crochet desus-pension à la partie supérieure et une ouverture de très petit diamètre à la partie inférieure, assez petite pour que l’eau qu’il renferme ne puisse s’échapper. A l’intérieur de ce récipient s’en trouve un autre de même forme parfaitement clos et formé d’un métal léger pour qu’il puisse
- flotter dans l’eau que renferme le premier récipient. Ce flotteur léger porte un crochet auquel est suspendu un fil métallique extrêmement fin traversant la tubulure du premier récipient et une ouverture de grand diamètre qui peut se dévisser pour le remplissage. Le diamètre du trou par lequel passe le fil de suspension ne dépasse pas 5 millimètres, de sorte que l’eau ne peut pas se répandre, même lorsque l’appareil est secoué ou qu’il roule sur la table.
- On suspend au crochet qui termine le fil fin un plateau double sur lequel on place des poids marqués jusqu’à ce que le flotteur se trouve suspendu librement dans le liquide, la poussée hydrostatique faisant à ce moment équilibre au poids de l’ensemble. On note une fois pour toutes ce poids M qui indique la limite supérieure des masses que l’appareil permet de mesurer. A cet effet, on place la masse à la partie inférieure du plateau, le plateau su-
- Fig. \ à 4. — balance hydrostatique fie M. Joly. — 1. Modèle à flotteur sphérique. —t. Modèle à floltenr cylindro-biconique.
- — 5 et -i. bétails de la suspension.
- périeur étant vide, et les poids marqués sur le plateau supérieur jusqu’à ce que le flotteur commence à descendre. La masse du corps se détermine par différence. Pratiquement la masse M n’est pas constante puisqu’elle varie avec la température de l’eau et celle du flotteur; aussi faut-il, pour les mesures de précision, déterminer la valeur de M à chaque expérience, ce qui est facile en employant la méthode bien connue de substitution.
- Le renversement de l’aréomètre de Nicholson a l’avantage de faire travailler la suspension par traction au lieu de la faire travailler par compression, ce qui permet d’employer un fil d’une très grande finesse, pour lequel l’adhérence du liquide est négligeable comme l’est le frottement du fil contre le collier de la tubulure. Un collier en bronze et un collier en agate donnent, à ce point de vue, des différences absolument inappréciables.
- Dans l’appareil représenté figure 1, le flotteur est une boule de verre légère de 6,3 cm de diamètre pesant 12 grammes. Le récipient extérieur est en laiton et formé de deux hémisphères vissés suivant l’équateur. La balance
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- LA NATURE.
- ost enfermée, dans une cage en verre qui la protège des chocs et des changements brusques de température.
- Les poids sont placés sur le plateau en les introduisant dans la cage par une ouverture qui y est ménagée. La disposition supprime radicalement les vis calantes.
- Le plateau double suspendu à un fil de laiton de 9 millimètres de diamètre ne pèse pas plus de 11 grammes : la balance pèse jusqu’à 100 grammes au milligramme près.
- Le crochet de suspension à deux œils est pris dans une sorte d’œillet qui limite la course du flotteur, l’empêche de venir au haut ou au bas du récipient et, dans le cas où le fil de suspension viendrait à se briser, arrête la chute du plateau. Les effets dus aux changements de température ne sont pas très importants. Ainsi, avec deux sphères de laiton, l’une de 7 centimètres de diamètre déplaçant 179 grammes d’eau, l’autre de 9 centimètres de diamètre, un changement de température déplace 14 mm5 d’eau, soit environ la moitié d’une goutte. Une petite rentrée d’air ne présente pas d’inconvénient, puisque cet air vient se loger au sommet du récipient, et ne trouble pas l’exactitude des observations; d’autre part, dans le cas d’un abaissement de température, la petite quantité d’eau expulsée sèche rapidement. Les variations de volume dues aux changements de température peuvent néanmoins se compenser par la disposition représentée figure 1.
- A cet effet, la tubulure est entourée d’un réservoir de dilatation communiquant avec l'intérieur de la sphère par un tube étroit arrivant presque jusqu’au fond du réservoir. Lorsque la température s’élève, le réservoir reçoit l’eau expulsée; lorsqu’elle baisse, le réservoir se vide partiellement au profit de la sphère; il n’y a ainsi aucune perte.
- La balance hydrostatique peut être utilisée à la détermination de la densité des solides à l’aide de dispositions faciles à imaginer ; elle constitue donc un précieux appareil de laboratoire dont les principaux avantages sont la simplicité, la compacité, le prix peu élevé et l’exactitude.
- LA TOUR EIFFEL 1
- UNE ASCENSION EN HAUT DU MONUMENT
- Les recettes de l’exploitation de la tour Eiffel ont atteint, depuis l’ouverture de l’Exposition jusqu’à la fin de juillet, le chiffre de 2 millions et demi de francs en nombre rond. Nous ne nous étions point trompe en annonçant, dès le mois de novembre 1884, le succès du monument de M. Eiffel2. La foule ne cesse d’envahir chaque jour les escaliers et les ascenseurs du colosse de fer, et nous continuerons aujourd’hui nos descriptions antérieures, en exécutant une ascension en compagnie de nos lecteurs.
- Nous arrivons au-dessous de la Tour de 500 mètres. 11 y a un ascenseur à chacun des quatre montants du monument; deux ascenseurs du système Roux, Combaluzier et Lepage, qui conduisent au premier étage, et deux ascenseurs du système Otis, qui vont directement au deuxième étage. Nous ne reviendrons pas sur le mécanisme de ces appareils, nous en avons parlé antérieurement, avec les détails nécessaires5. Nous nous bornerons à reproduire ci-
- 1 (Suite) Yoy. n° 839, du.29 juin 1889, p. 71.
- - Voy. n° 600, du 29 novembre 1884, p. 401.
- 3 Voy. n® 831, du 4 mai 1889, p. 359.
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- après de belles photographies qui représentent l’ascenseur Roux-Combaluzier au moment du départ (fig. 1), et l'ascenseur Otis lorsqu’il arrive au deuxième étage, à côté de l’imprimerie du Figaro (tig. 2). Ces photographies offrent un aspect artistique des plus étranges ; on croirait avoir sous les yeux quelques-unes des singulières compositions de Pyranèse. Chaque ascenseur Roux-Combaluzier (fig. 1), formé de deux cabines superposées, peut enlever 80 à 100 voyageurs au premier étage de la Tour et cela en moins d’une minute. L’ascenseur Otis est également à deux cabines superposées; la figure 2, qui représente son arrivée au second étage, donne aussi l’aspect d'un des petits escaliers hélicoïdaux qui conduit au sommet de la Tour, mais qui n’est point ouvert au public. Le fonctionnement des ascenseurs Roux-Combaluzier et des ascenseurs Otis est très régulier, et le voyageur n’y éprouve qu’une faible trépidation. Quand on arrive au premier étage, on ne manque pas d’être saisi d’étonnement par la grandeur des galeries latérales, où sont installés les quatre restaurants hollandais, anglo-américain, russe et français. Chacune des galeries qui forme l’un des côtés de la Tour a 70 mètres et demi de longueur; le carré compris par le pourtour extérieur de la plate-forme du premier étage est de 5000 mètres superficiels. La promenade du pourtour du premier étage n’est pas insignifiante, puisqu’elle fait parcourir au visiteur un chemin de 280 mètres. Les merveilles du panorama qu’il admire l’arrêtent d’ailleurs à chaque pas.
- Notre gravure (fig. 5) donne l’aspect d’une des galeries du premier étage, du côté du restaurant russe. Chaque restaurant de la Tour Eiffel occupe un rectangle de 23 mètres de façade et de 15 mètres de profondeur. Le gérant d’un de ces établissements nous disait récemment qu’il servait parfois 1000 repas par jour. Tous les matins, des caisses de provisions alimentent ces restaurants du premier étage. Le restaurant français seul, doit parfois monter le matin 800 bouteilles de vin pour la consommation de la journée, déjeuners et dîners.
- La partie centrale du premier étage n’est pas moins remarquable que le pourtour, et nous recommanderons au visiteur de parcourir les balcons et les galeries intérieures, d’où l’on peut considérer d’en haut la surface du sol comprise entre les quatre pieds de la Tour. Le spectacle est tout à la fois étrange et grandiose.
- Le second étage de la Tour peut être gravi par les escaliers hélicoïdaux ou par l’ascenseur Otis. Sur la plate-forme du deuxième étage est installée l’imprimerie du Figaro de la Tour Eiffel; à côté est un bar et des boutiques de pâtisserie. Pour monter au troisième étage, on doit avoir recours à l’ascenseur Edoux, dont le fonctionnement est particulièrement agréable. Le visiteur est enfermé dans une cage rectangulaire dont les parois, munies de grandes glaces, permettent de contempler le panorama extérieur. L’ascension est d’une incomparable douceur ; pas de bruit,
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- pas de trépidation, pas le moindre frottement; on se croirait dans la nacelle d’un ballon captif. A mesure que l’ascenseur s’élève, l’horizon s’élargit et offre un spectacle grandiose. Au sommet de la Tour, l'altitude est suffisante pour que l’on commence à voir la surface du sol se creuser en cuvette, comme on
- l’observe à un degré plus appréciable en ballon.
- Quelques personnes, sujettes au vertige, craignent de se confier aux ascenseurs de la Tour de 500 mètres ; nous ne saurions trop leur conseiller de vaincre cette appréhension. Le vertige est chose d'imagination ; on peut arriver, par la volonté et le raisonne-
- Fig. 1. — Ascenseur de lu Tour Kilïel pour,, le premier étage. Le départ au niveau du sol. (D’après une photographie de M. Neurdein.
- ment, à dominer ce sentiment instincti ; ceux qui en auront le courage, seront étonnés, après leur voyage, de l’agrément qu’ils en auront éprouvé. Nous en avons eu par nous-même de nombreux exemples lors de l’exploitation de l’aérostat captif de 1^,78, dont notre regretté maître, Henri Gitfard, nous avait confié l’administration. Quelques personnes nous disaient qu’à aucun prix elles n’oseraient se confier à la nacelle aérostatique, qu’elles auraient
- des étourdissements et des vertiges; et quand ces memes personnes, sur notre instance, consentaient à nous accompagner, elles se trouvaient toutes surprises de n’éprouver aucun malaise ni aucune autre impression que celle de l’étonnement né de la grandeur du spectacle quelles admiraient. II en serait de meme, nous en avons la conviction, pour les ascenseurs de la Tour Eiffel.
- Après avoir aujourd’hui jeté les yeux sur l’enscm-
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- Fig. 2. — Arrivé?, de l'ascenseur Otis an deuxième étage de la Tour Eiffel.
- Les deux eages superposées de l’aseenseur sont représentées au milieu de la gravure. A droite, on aperçoit l’escalier hélicoïdal
- conduisant au troisième étage de la Tour.
- Fig. 5. Une galqrie latérale du premier étage de la Tour Eiffel. — Côté du restaurant russe. (D’après des photographies de M. Neurdein.)
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- ble du monument, il nous reste à visiter l’installation mécanique des pompes à vapeur qui assurent le fonctionnement des ascenseurs mus par l’eau. Ce sera l’objet d’un de nos prochains articles.
- Gaston Tissandier.
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- LA STATISTIQUE
- Personne assurément ne doute de l’utilité qu’il y a à connaître l’étendue du territoire d’un pays, d’un département, d’une commune, le mode d'exploitation, la nature des cultures, la quantité de bétail, la longueur des routes, chemins de fer, canaux, côtes, l’importance des mines, des pêches, des carrières, la population, l’armée, l’état de l’instruction,etc. Or, évaluer toutes ces choses ou dénombrer les personnes de chaque groupe, c’est faire de la statistique. Donc nul ne contestera l’importance de la statistique.
- , Mais quand on en vient à la pratique, aux moyens d’évaluation, alors les critiques abondent et les railleries ne manquent pas. On veut par exemple évaluer les récoltes, le Préfet demande les renseignements aux maires, ceux-ci s’adressent aux gardes champêtres et ces derniers font tant bien que mal une- appréciation assez superficielle. Reste à faire des additions qui sont généralement exactes parce que c’est là chose aisée relativement ; mais si les nombres sont erronés en détail, l’addition n’en corrigera pas les inexactitudes, et voilà comment on fait de la statistique.
- Ces reproches ne s’adressent pas à la statistique, mais à l’inexpérience, à l’incapacité, à la paresse ou à la mauvaise foi de ceux qui sont chargés de fournir les renseignements. Est-il donc impossible d’obtenir des nombres , exacts dans la nature du possible, et si l’on n’obtient que des approximations, n’est-ce pas déjà chose utile?
- , Lorsqu’on fait le dénombrement de la population, on ' donne à remplir des imprimés qui selon nous ne sont pas assez simples ni assez compréhensibles pour le public. À cette occasion, les loustics livrent carrière à leur humeur caustique, et au lieu de fournir les renseignements utiles qu’on leur demande, ils remplissent les imprimés de sottises qu’ils croient spirituelles. Si l’on ajoute les indications fausses dictées par des craintes non justifiées, il en résulte une évaluation inexacte de la population. Encore dans ce cas, l’utilité de la connaissance du chiffre de la population n’est pas en cause, et il n’est pas impossible de réduire de plus en plus la part de l’erreur en simplifiant les imprimés, en les rendant plus intelligibles, en développant l’instruction générale, en faisant sentir l’importance des recherches.
- En résumé la statistique est utile et nous devons nous attacher à en diminuer les imperfections.
- Il nous paraît presque superflu de dire que la personne qui se propose de dresser une statistique doit posséder une connaissance complète du sujet qu’elle veut soumettre à la critique de la statistique, et ce qu’il nous faut indiquer, ce sont les procédés de recherches, les moyens d’appréciation, d’analyse et de contrôle des faits. Ces conseils utiles aux statisticiens nous sont donnés par M. Levasseur, de l’Institut, dans son livre sur La population française1 qui vient de paraître.
- Dans la recherche des faits, il faut voir nettement le
- 1 La population française, histoire de la population en France avant 1789, t. I, 1 vol. in-8°, chez Arthur Rousseau, éditeur.
- but qu’on se propose et faire le plan préalable à toute œuvre, qui est à l’œuvre ce que le plan que dessine l’architecte est à la construction qu'il veut exécuter. Le but nettement indiqué, on procède à la confection d’un questionnaire. La clarté est la première qualité d’un pareil document. La mesure et le tact doivent régler le choix des questions ; si l’on veut obtenir des réponses sincères, il faut être discret dans ses demandes lorsque les intérêts sont en jeu. Le commerçant, l’industriel, le paysan se montrent généralement défiants ; lorsqu’on leur adresse des questions qui touchent à leurs intérêts, ils craignent de les compromettre et fournissent des renseignements inexacts.
- S’il s’agit de faits qui relèvent directement de l’administration, nous n’avons pas les mêmes craintes, mais il faut veiller à ce qu’on les recueille avec soin et, dans tous les cas, une commission est nécessaire pour donner une direction aux travaux, signaler les lacunes, les imperfections, les desiderata, indiquer les méthodes et les procédés, etc. Lorsque les matériaux sont rassemblés, il reste à les mettre en œuvre. Vaut-il mieux concentrer dans la même main tout le service de la statistique de l'Etat comme cela a lieu en Prusse et en Italie, ou laisser à chaque Ministère sa statistique propre, comme en France. Les deux moyens ont des avantages et des inconvénients, et nous ne saurions dès lors marquer une préférence.
- Reste la partie la plus intéressante, mais aussi la plus délicate, et qui exige chez le chef qui en est chargé une rare sagacité : c’est l’interprétation des nombres, les conséquences à en tirer, car le défaut ordinaire de ceux qu’on pourrait nommer les statisticiens philosophes, c’est de se trop hâter de déduire, et d’attribuer à une cause unique un effet qui est la résultante de causes diverses intervenant pour des parts différentes. C’est dans ce départ à faire entre les divers facteurs d’un fait, qu’un esprit délié qui a_le sens des rapports et un jugement sûr, sont nécessaires. L’absence de ces qualités maîtresses chez un statisticien est la cause des erreurs et des préjugés qui régnent et dont la statistique ne saurait être rendue responsable. Les statisticiens font un usage quelquefois immodéré des moyennes; ils leur attribuent une portée qu’elles n’ont pas; ils en tirent des conséquences qu’elles ne sauraient fournir. Comme le dit fort justement M. Levasseur, « une moyenne est préférable aux éléments d’où elle est tirée quand elle établit une compensation entre des erreurs de détail qui se seraient produites en sens contraire, » mais si les erreurs ne se contrebalancent pas, la moyenne n’est plus que la moyenne des erreurs. Nous ne devons pas nous en laisser imposer par les chiffres : l’interprétation, voilà l’important, et si elle est fausse, ni la moyenne, ni les nombres, ni la statistique, ne sont responsables mais-seul celui qui interprète. « On est porté, dit M. Levasseur, à taxer d’ivrognerie un pays où la consommation annuelle d’alcool est de 5 litres par personne tandis qu’on innocente volon tiers celui où elle est de 2 litres ; mais si dans le premier pays, la consommation porte sur la moitié seulement des habitants, tandis que dans le second, c’est le vingtième, » ne faut-il pas tenir compte de cet autre élément d’appréciation ?
- Parmi les procédés employés par la statistique il en est un qui jouit d’une grande et légitime faveur, parce qu’il a le mérite de parler aux yeux, c’est le procédé graphique plus commode et plus accessible que les chiffres, qui permet de juger d’un coup d’œil de la marche des faits, fait ressortir les maxima, les minima, les incidents divers. C’est là un auxiliaire agréable et utile dont il ne faut
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- pourtant pas plus abuser que des moyennes et dont on ne doit d’ailleurs se servir qu’aulant qu’il constitue une simplification des procédés ordinaires.
- Telles sont, résumées en quelques lignes, les considérations dont M. Levasseur fait précéder son ouvrage sur la population française, travail considérable de vingt années où il montre, en remontant jusqu’aux origines, les grands changements qui se sont produits à travers les siècles, dans le nombre, dans la répartition et la condition matérielle des habitants. Dans le second livre, on peut voir l’état et le mouvement de la population ainsi que la statistique morale dans la mesure où elle est nécessaire à l’intelligence de la démographie ; enfin, l'auteur consacre le troisième et dernier livre à l’étude des lois de la population et de l’équilibre des nations. Il examine quelles sont les causes et les conséquences de l’augmentation ou de la diminution du nombre des habitants, d’où proviennent les grands mouvements d’émigration, quelle part la France y a prise, quels changements peuvent en résulter dans sa situation économique et politique, etc., toutes questions dont l’importance n’échappera à personne et que M. Levasseur est parvenu à éclairer sinon à résoudre. Le savant économiste n’a pas seulement produit une œuvre scientifique, mais aussi, ce dont nous ne saurions lui montrer trop de gratitude, une œuvre patriotique.
- Félix Dément.
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- MATHEMATIQUES ET MATHÉMATICIENS
- M. A. Rebière, professeur au lycée Saint-Louis, a réuni dans un ouvrage intéressant' de nombreux extraits des savants et des penseurs; nous détachons les suivants :
- (i L’étude approfondie de la nature est la source la plus féconde des découvertes mathématiques. Non seulement cette étude, en offrant aux recherches un but déterminé, a l’avantage d’exclure les questions vagues et les calculs sans issue, elle est encore un moyen assuré de former l’analyse elle-même, et d’en découvrir les éléments qu’il nous importe le plus de connaître, et que cette science doit toujours conserver : les éléments fondamentaux sont ceux qui se reproduisent dans tous les effets naturels. » Baron Fourier.
- « 11 faut écarter à tout jamais la division de la science en mathématiques pures et en mathématiques appliquées. La première classe n’existe plus aujourd’hui. L’arithmétique est éminemment pratique; la théorie des nombres elle-même retrouve ses plus beaux théorèmes dans l’étude des vibrations. La géométrie et la mécanique sont deux branches de la physique mathématique qui étudient deux propriétés distinctes de la matière, l’étendue et le mouvement. L’algèbre, le calcul différentiel ne sont que les instruments analytiques, indispensables, inséparables de toutes les théories physiques, ceux qui conduisent aux lois les plus générales des phénomènes qu’on étudie. Le calcul intégral, traité isolément, est un non-sens, car chacun de ses progrès a son origine naturelle dans une application. » Lamé..
- « Les mathématiques sont comme un moulin à café qui moud admirablement ce qu’on lui donne à moudre, mais qui ne rend autre chose que ce qu’on lui a donné. »
- Faraday.
- 1 Mathématiques et mathématiciens, 1 vol. in-8°. Nonv, éditeur à Paris.
- ASSIMILATION DE L’AZOTE
- PAR LES LÉCEMINEISES
- Il y a maintenant trente ans que l’illustre physiologiste Boussingault a fait l’expérience suivante :
- Du sable était calciné jusqu’à destruction de toute matière végétale; on y semait des graines, après y avoir incorporé des cendres provenant de graines semblables; le sable contenait ainsi les matières minérales indispensables à la plante. Dans ce sol, qui était arrosé avec de l’eau distillée, la graine parvenait bien à développer une petite plante, mais l’analyse démontrait ensuite que cette plante ne contenait pas plus d’azote que la graine qui lui avait donné naissance.
- A la suite de cette expérience, Boussingault concluait que les plantes sont incapables d’assimiler l’azote gazeux si abondamment répandu dans l’air; qu’elles sont obligées, pour constituer leurs tissus, de puiser dans le sol l’azote qui y existe à l’état de combinaison. Cependant l’expérience de Boussingault ne prouvait qu’une chose : c’est que les plantes n’assimilent pas l’azote sur le sol artificiel qu’il leur avait préparé. On a fait depuis un grand nombre d’expériences qui montrent qu’il y a des plantes qui peuvent absorber l’azote de l’air.
- M. Georges Ville, sur ses champs d’expérience de Vincennes, effectue depuis longtemps de véritables fumures, simplement en enterrant en vert les récoltes de légumineuses. M. Dehérain, sur un de ses champs de Grignon, trouve, en 1879, par kilogramme de terre : 1,50 gr d’azote. Ce champ nourrit, pendant trois ans de suite, du sainfoin qui est régulièrement récolté; en 1881, l’azote est monté à 1,65 gr. Les six années suivantes le champ reste en prairie de graminées : l’analyse faite en 1888 donne 1,98 gr d’azote. MM. Berthelot et André, par des analyses très nombreuses, démontrent que les terres pauvres, mais capables de se couvrir spontanément de végétation, s’enrichissent en azote, qu elles restent en friche, ou qu’elles soient cultivées, et que cet enrichissement est du à la présence de microorganismes qui ont pour fonction d’assimiler l’azote de l’air. MM. Hellriegel et Wilforth reprennent l’expérience de Boussingault; à leur tour, ils démontrent que sur le sol artificiel employé par le savant agronome, les plantes sont incapables de se développer; mais en même temps ils découvrent le fait suivant dont les conséquences sont de la dernière importance : c’est que ce sol, qui avait été stérile pour tous les végétaux, devenait fertile pour les plantes de la famille des légumineuses, lorsqu’on l’arrosait avec une infime quantité d’eau qui avait séjourné sur de la terre dans laquelle des légumineuses s’étaient déjà développées.
- Ainsi, un arrosement avec quelques gouttes d’eau, avait rendu les légumineuses capables de s’emparer de l’azote de l’air.
- Quelle est la modification qui était survenue dans
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- LA NATURE
- le végétal? Ils reconnurent que toutes les plantes qui s’étaient bien développées avaient leurs racines garnies de tubercules. Quand on écrase un fragment de ces tubercules dans une gouttelette d’eau, pour l’examiner sous le microscope, on voit une immense quantité de filaments en mouvement, qui sont désignés sous le nom de bactéries. Les lég u m i n e u s e s deviennent donc capables de fixer l’azote atmosphérique, quand leurs racines sont garnies de tubercules, et ces tubercules prennent naissance à la suite d’ensemencement avec les germes provenant d’autres tubercules.
- J’ai moi-même entrepris, au laboratoire de physiologie végétale du Muséum, un grand nombre d’expériences sur les bactéries des légumineuses. J’ai con-
- unc hauteur de 1,50 m; il porte un grand nombre de graines mûres. Les racines sont couvertes de tubercules de toute grosseur, comme le montre la
- photographie (fig.5). Ces tubercules s’étaient développés à la suite d’un arrosage avec quelques gouttes d’un bouillon de culture rempli de bactéries. L’autre pois figuré (flg. 2) n’avait atteint qu’un développement insignifiant, parce que ses racines n’étaient pas garnies de tubercules.
- J’ai séché à 110n la plan te qui s’était si bien développée et j’ai déterminé l’azote qu’elle contenait; j’avais effectué les mêmes opérations sur une graine identique à celle qui a donné naissance à la plante.
- Poids do la piaille
- sèelie.......107,300 g
- Poids do la graine
- sertie....... 0,251 g
- Augmentation. . 107,040g
- staté qu'on peut, par une simple piqûre, inoculer les bactéries d’une racine à l’autre : j'introduis une aiguille dans le tubercule d’une racine de luzerne, par exemple, et je pique ensuite la racine d’un pois avec cette aiguille. A la suite de cette vaccination, les racines du pois se couvrent de tubercules, qui sont remplis de bactéries ; et la plante se développe ensuite vigoureusement quand même je ne l’enracine que dans un sol privé de matières azotées ; le plant est capable de fixer l’azote de l’air.
- J’ai reconnu que les bactéries se développent rapidement après leur ensemencement dans un bouillon de culture provenant des racines de légumineuses, et j’ai pu me servir du bouillon ainsi rempli d'un nombre innombrable de ces organismes pour effectuer de nouvelles vaccinations sur des racines ou des ensemencements dans la terre.
- Je mets sous les yeux du lecteur une photographie de deux plants de pois provenant chacun d’une seule graine, et enracinés tous les deux dans le même gravier presque stérile. L’un deux (fig. 1) a atteint
- En divisant le poids de la plante par celui de la graine, nous voyons que celle-ci a augmenté le poids de la matière sèche quelle renfermait 427 fois. Azote de la plante......0,421 g
- 0,000 g
- 0,412g
- Cette plante avait fixé dans ses tissus 0,412 g d’azote provenant de l’air; elle avait augmenté 46 fois l’azote de la graine.
- J’ai dit que ces pois avaient été enracinés dans du gravier très pauvre; j’ai voulu voir si la minime quantité d’azote qu’il contenait au commencement de l’expérience, et que j’avais déterminée par un dosage, avait varié après les 70 jours qu’avait duré la végétation ; je m’attendais 'a trouver une diminution dans l’azote, et j’ai au contraire constaté un petit gain. Mon expérience venait ainsi appuyer l’importante découverte faite par M. Berthelot, dans ces dernières années : fixation de l’azote de l’air dans la terre arable, par le travail des microorganismes qui y sont renfermés. E. Bréal,
- Préparateur au Muséum.
- Fig. 1 el 2. — Pois plantés le 7 avril. Le n* 1 a été arrosé avec des bactéries de luzerne.
- Azote de la graine. Augmentation. . .
- Fig. ô. — Racine du pois n* 1 ci-dessus. (Fac-similés de photographies.)
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- LA NATURE.
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- GÉNÉRATEURS
- A VAPORISATION INSTANTANÉE DE M. SERPOLLET
- Nous avons été des premiers à faire connaître l’ingénieuse invention de M. Serpoilet d’un générateur de vapeur à production instantanée1 absolument inexplosible. L’Exposition nous présente une collection intéressante des applications déjà réalisées, et dont il nous paraît utile de dire quelques mots, car elles nous paraissent continuer la confiance dans le succès final de cet appareil, véritablement original et nouveau, confiance que nous avons eue dès le début.
- Sans répéter une description déjà faite en détail,
- rappelons que le principe de cette chaudière consiste à ne produire la vapeur qu’au fur et à mesure des besoins, dans un long tube métallique aplati dont les deux faces ainsi rapprochées laissent une lame mince, un vide ayant à peine quelques dixièmes de millimètre d’épaisseur.
- Dans les modèles récents, les tubes constituant le principal élément de la chaudière sont en cuivre rouge laminé, forment une double spirale plate portant une série de nervures qui ont pour but de faciliter réchauffement du corps métallique. Ces nervures augmentent la rigidité du système, forment réservoir de chaleur et augmentent la surface de chauffe.
- L’élément représenté dans le cartouche, à droite
- Le générateur à vaporisation instantanée de M. Serpoilet. Application à l'éclairage domestique.
- de la figure ci-jointe, est le type dit de 1 cheval : sa puissance de vaporisation est de 20 kilogrammes de vapeur par heure. L’ensemble que l’on voit sur notre gravure est combiné pour un petit éclairage électrique, direct ou indirect; il comprend, sous une forme très compacte, le générateur, le moteur et une petite dynamo à courant continu.
- Le moteur à vapeur est horizontal : le diamètre du cylindre est de 0 centimètres, la course de 3 centimètres et la vitesse angulaire de 300 tours par minute. Avec une admission de 70 pour 100, le moteur produit 75 kilogrammes par seconde, et consomme 15 kilogrammes de vapeur à l’heure. Grâce à un petit régulateur à force centrifuge qui règle la
- 1 Voy. u° 7U4, du 18 août 1885, p. 177.
- course de la pompe d’alimentation, la vitesse du moteur se maintient constante, quelle que soit la charge. La mise en route se fait par une injection d’eau dans le générateur à l’aide d’une pompe à main, et l’alimentation se continue ensuite par la pompe automatique. La suppression de l’alimentation produit l’arrêt immédiat de la machine. La consommation de charbon est de 4 kilogrammes par heure pour le moteur de 1 cheval tel que celui qui alimente la petite installation électrique.
- Un autre générateur de 3 chevaux alimente un moteur pilon qui consomme 8 kilogrammes de charbon et 35 kilogrammes de vapeur à l’heure.
- Le tricycle à deux places exposé par M. Serpoilet ejt aussi remarquable par l’alimentation automatique du foyer, ce qui a permis de reléguer la chaudière
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- LA NATURE.
- à l’arrière de la voiture. Une lois l’allumage fait et la voiture en marche, le voyageur n’a plus à s’occuper que de la direction du véhicule et de l’allure a lui donner.
- La provision de combustible est deGOkilogrammes, la consommation horaire ne dépasse pas 8 à 10 kilogrammes. La vitesse pratique est de 25 kilomètres par heure.
- Enfin, M. Serpollet expose un bateau de plaisance de 10 mètres de longueur sur J ,4 ni de largeur dans lequel la chaudière est formée de trois tubes superposés montés en tension au point de vue de la circulation de l’eau transformée en vapeur, qui passe d’un tube à l’autre, en allant de la partie la plus chaude vers la partie la plus froide. Cette chaudière dont le poids n’atteint pas 240 kilogrammes suffit cependant pour communiquer au bateau une vitesse de 15 kilomètres par heure. La pression est normalement de 17 kilogrammes par centimètre carré.
- Connue dans toutes les autres applications, la pompe automatique d’alimentation règle l’arrivée de l’eau nécessaire pour maintenir une vitesse normale, mais l’on peut, si besoin est, dépasser beaucoup cette vitesse normale en agissant à la main sur la pompe de mise en route. *
- L’ensemble de ces applications si variées donne à l’exposition de M. Serpollet un intérêt tout spécial, et nous ne saurions trop engager nos lecteurs à se rendre compte par eux-mêmes des progrès réalisés par une invention dont les premiers résultats datent de deux ans à peine, et à laquelle nous ne ferons qu’un seul reproche : celui de n’ètre pas encore en mesure de satisfaire aux demandes de ceux qui ont déjà su l’apprécier à sa valeur. X..., ingénieur.
- INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE
- SUR LES PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES PES MÉTAUX
- Les propriétés mécaniques des métaux aux températures auxquelles ils se trouvent exposés dans certaines applications industrielles sont restées jusqifici peu connues. M. André Le Chatellier a entrepris leur étude méthodique, et les premiers résultats de ses recherches ont été récemment présentés à l’Académie des sciences par M. Daubrée.
- 11 résulte de ces premières recherches que les propriétés mécaniques des métaux se modifient graduellement avec la température. La charge de rupture décroît quand la température croît, et les allongements produits par une même charge appliquée avec une même vitesse vont en croissant avec la température.
- Le fer et l’acier fondus subissent deux modifications : l’une se fait sentir à partir de 80 degrés, la seconde à partir de 240 degrés environ. Ces modifications dépendent à la fois de la température et de la vitesse de mise en charge, c’est-à-dire du temps et des efforts auxquels le métal est soumis. Elles ne peuvent avoir pour cause que des transformations se produisant sous l’influence simultanée de ces efforts et de la température, transformations qui sont d’autant plus complètes que la tempéra-
- ture est plus élevée et que le métal reste plus longtemps soumis à l’action de ces efforts.
- Ces transformations sont permanentes et se traduisent, après refroidissement, par une élévation considérable de la limite élastique, de la charge de rupture et par une réduction notable de l’allongement.
- D’après M. Le Chatellier, les altérations que subissent les métaux fondus, quand on les travaille au-dessous du rouge, altérations qu’on a classées sous le nom vague d’écrouissage, doivent avoir pour cause des altérations analogues qui feront l’objet d’une prochaine note dont nous résumerons également les résultats. Espérons que ces études méthodiquement conduites auront pour conséquence de substituer à la routine des méthodes plus sûres et plus scientifiques, et que l’art de travailler les métaux deviendra enfin une véritable science.
- CHRONIQUE
- Les mélanges détonants d’air et de pétrole.
- — Les explosions, qui ont eu lieu dans ces dernières années, de navires spécialement installés pour le transport du pétrole, ont éveillé l’attention au sujet des mélanges détonants d’air et de pétrole. Aussi notre excellent confrère l’Engineering, annonce-t-il que des expériences viennent d’être faites pour déterminer dans quelle proportion l’air doit se trouver en présence de vapeurs de pétrole pour former un mélange détonant. Tant que la proportion n’est que d’une partie de vapeurs de pétrole'pour 5 parties d’air, aucune explosion ne se produit; quand la quantité d’air est à la quantité de vapeurs comme 6 est à 1, le mélange est faiblement explosif; il le devient violemment, sitôt qu’il y de 7 à 9 parties d’air pour 1 de vapeurs. Enfin l'explosion est encore violente quand on compte 12 parties d’air ; mais avec lti parties l’explosion n’est plus que très faible; et, pour 20 parties d’air, il ne se produit plus du tout d’explosion, les vapeurs de pétrole étant complètement diluées dans la masse totale.
- Action de Falcool sur les Carpes. — L’alcool posséderait, paraît-il, la propriété de rappeler à la vie certains poissons déjà asphyxiés par un long séjour hors de l’eau: deux carpes de l’aquarium de South-Kensington, gardées à sec dans une caisse pendant quatre heures,paraissaient absolument mortes quand on les remit dans leur élément. Quelques gouttes d’eau-de-vie ayant été introduites dans la bouche d’une d’elles, elle reprit immédiatement ses sens et se remit à nager; quatre heures plus tard encore, le même procédé permettait de rappeler la seconde Carpe à la vie. L’expérience fut continuée avec d’autres poissons, mais si elle réussit pour la Truite, l’alcool fut, par contre, sans action sur un Saumon. D’après la Revue des sciences naturelles appliquées, un morceau de pain ou d’éponge imprégné d’eau-de-vie, placé dans la bouche des Carpes appelées à subir des transports de longue durée, leur permettrait d’arriver vivantes à destination.
- Un bac pour chemin de fer au Canada. — Venant aboutir à Sarnia, en face de la frontière des Etats-Unis, et au sud du lac Duron, le Grand Tronc canadien ne peut pas réunir directement ses voies ferrées aux voies américaines, puisqu’il n’y a pas de pont franchissant la rivière Saint-Clair, en raison de la navigation très active qui se fait entre le lac Duron et le lac Saint-Clair. Pour juger du mouvement de transports qui se fait cependant
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- d'une rive à l’autre, il l'aut voir les chiffres des wagons transportés de la rive canadienne à la rive des États-Unis. C’est qu’en effet on a établi un bac pour le transport des wagons entre la ville canadienne de Sarnia et Port 1 luron. Pendant l’année 1888, ce bac a transporté 29G 208 wagons à marchandises, 27 607 voitures à voyageurs, et 7920 wagons-postes et divers : ce qui donne le total de 551 795 wagons. Mis en un seul train, les wagons de marchandises eussent formé une longueur de 2700 kilomètres environ ; les voitures à voyageurs se seraient étendues sur 420 kilomètres. — On forme le projet d’établir un bac analogue pour le Canadian Pacific Railway entre Détroit et Windsor, au débouché sud du lac Saint-Clair.
- Exploitations houillères sous la mer. — De par
- sa situation même, la Grande-Bretagne possède une grande quantité de mines de houille où l’exploitation se fait assez loin sous la mer. Une bonne partie des mines du Cumberland sont dans ce cas. Pour les charbonnages du nord de l’Angleterre, on peut dire que c’est le cas le plus fréquent; tels sont ceux de Lord Lonsdale à Whitehaven. D’ailleurs, et en générai, ces exploitations se font avec une parfaite sécurité; cependant des désastres se sont parfois produits, comme en 1827, par exemple, près de Wokington, où la mer effondra le plafond de la mine et noya un nombre considérable d’ouvriers. Dans le Durham et le Northumber-land, sur la côté orientale, il est bien établi que la moitié des gisements houillers se trouve sous la mer du Nord. Pour ne citer qu’un exemple, à Cambois, au nord de Blyth, on est déjà parvenu à une distance très grande de la côte sous l’eau, et l’on compte que l’on se trouve en présence d’un bassin sous-marin de près de 200 milles carrés.
- L’éclairage des côtes de la République Argentine. — L’Argentine, qui voit tous les jours son commerce s’accroître dans des proportions considérables, et dont les poids sont aujourd’hui fréquentés par des lignes de navigation à service rapide, comprend la nécessité urgente qui se fait'sentir d’établir un bon éclairage et un balisage sérieux de ses côtes, pour permettre aux grands vapeurs d’entrer à toute heure de jour et de nuit dans ses ports. Aussi le gouvernement argentin est actuellement en pourparlers avec une compagnie qui demande la concession du droit de construire et d’exploiter sur ses côtes cinq phares de premier ordre, un phare de second ordre, et huit phares de troisième ordre, s’espaçant jusque dans le sud du littoral. Cette concession comprendra en outre l’établissement de quarante-cinq bouées-phares, dont les services ont été expérimentés avec succès en Europe, et d’autant de bouées secondaires disposées dans le Rio de la Rlata, où la circulation maritime est si active. Toute cette installation coûtera environ 18 000 000 de francs, somme dont s’indemnisera la Compagnie par un droit de tonnage établi sur les navires entrant dans les ports de l’Argentine.
- Constraction d’un port à l’embouchure du Weser. — Le Gouvernement du grand-duché d’Oldenbourg vient de décider la construction d’un grand port à Nordenham, juste à l’embouchure du Weser. Ce serait une Société anglaise au capital de 12 500 000 francs qui aurait, paraît-il, obtenu la concession de cette entreprise. Cette Société compterait au nombre de ses membres le Directeur de la « Union Steam Ship Company » et ceux de la « Royal Mail Steam Ship Company. » Cela laisse supposer que ces deux puissantes compagnies de navigation et de transport pour les pays d’outre-mer ont compris l’importance future du nouveau port, et ont l’intention de monopoliser autant que possible à leur profit le
- mouvement commercial qui s’y fera; il est néanmoins étonnant que l’Allemagne n’ait pas tenu à réserver ce commerce à ses capitaux et à ses compagnies de navigation. D’après le journal le Weser Zeituny, la Société anglaise qui se fonde ainsi est sur le point d’obtenir du Gouvernement grand-ducal un contrat lui attribuant l’exploitation du port pour cent cinquante ans.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 août 1889. — Présidence de M. Des Cloizeaüx
- Chaleur de formation des composés du fluor. — MM. Berthelot et Moissan ont entrepris ensemble des recherches sur la chaleur de formation des composés fluorés. Ces recherches viennent combler une lacune dans les constantes numériques de la thermochmie. 11 avait été pendant longtemps impossible de les poursuivre, car on ne savait isoler le fluor. Les expériences au moyen desquelles M. Moissan est parvenu à préparer le fluor ne remontent guère à plus de trois ans. Les nombres obtenus par MM. Berthelot et Moissan sont conformes aux prévisions que l’on pouvait tirer de l’ensemble des propriétés chimiques du fluor.
- Azote des terres arables. — M. Schlœsing revient sur le débat soulevé l’an passé au sujet de la fixation de l’azote par les terres arables. Depuis cette époque, un travail très important a été publié en Allemagne sur la question. Il y est reconnu que les terres végétales portant des légumineuses fixent l’azote de l’air, mais non point par elles-mêmes, et uniquement par l’action d’un microbe particulier qui se fixe sur les racines. M. Schlœsing rapporte que, par les expériences les plus délicates et les plus consciencieuses ayant porté sur plus de huit terres nourissant du trèfle pâturé ou fauché, des pois, des vesces, il a vainement essayé de contrôler cette assertion.
- Physique du Globe. — M. Silvestri, de Cutané, s’est appliqué à l’étude des phénomènes éruptifs dont le volcan de Lucano est en ce moment le siège. Cette éruption, qui dure depuis plus de onze mois, est caractérisée par l’absence ’de lave et l’extrême violence des projections. 11 n’est pas rare que des roches incandescentes ne s’élèvent a une hauteur de dix kilomètres. Les appareils sismiques les plus délicats ont été transportés au pied même du cône, et l’on a éprouvé la surprise de constater qu’ils restaient parfaitement inertes. Le bain de mercure, au moment des explosions, a accusé des vibrations très faibles. Ces vibrations produisent d’abord de très légères rides, puis après un repos de quelques secondes, de nouvelles rides plus fortes, comine si une première explosion très profonde était suivie d’une seconde explosion voisine de la croûte terrestre. Enfin si l’on transporte le bain de mercure à 500 mètres du cratère, les premières rides correspondant à l’explosion profonde, disparaissent ; à une distance de 2 kilomètres, le mercure n’offre plus la trace d’aucune vibration.— M. Mascart rappelle qu’il a communiqué, il y a quelque temps, une note de M. Wild au sujet de perturbations éprouvées par les appareils magnétiques de l’observatoire de Pulkowa. Ces perturbations avaient paru en rapport avec un tremblement de terre constaté en Asie. De cette coïncidence M. Wild avait déduit une vitesse de propagation des ondes sismiques. Or M. Moureaux a observé des perturbations, à peu près synchrones de celles dePoulkowa, dans les appareils magnétiques de l’observatoire météorologique du parc Saint-Maur. M. Mascart conclut que la transmission des vibrations du sol paraît assez douteuse. M. Nodon signale l’expé-
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- LA NATURE.
- rience suivante : Un conducteur isolé, soumis à l’action des rayons solaires, s’électrise positivement. La quantité d’électricité dépend de la hauteur du soleil ; entin le phénomène cesse, si le soleil vient à disparaître derrière les nuages.
- Varia. — M. llartog communique de nouvelles expériences sur les sullites, M. Cazeneuve sur les camphres et en particulier sur un camphre monochloré, M. Raphaël Dubois sur la photogénie des animaux inférieurs. — M. Trépied adresse les résultats numériques d’observations de comète faites à l’Observatoire d’Alger. — M. de Ilerrera étudie les oscillations du sol dues au mouvement sismique, M. Uiard le développement de la truite de mer.
- Stanislas Meunier.
- LE LION DRESSÉ
- DE l’hIPPODROME I)E PARIS
- 11 faut convenir que l’habileté et la patience des dresseurs de nos cirques et de nos hippodromes ne paraissent point connaître de limites. Nous en avons donné ici même de nombreux exemples; nous en citerons encore un autre aujourd’hui. 11 s’agit d’un dresseur étranger, qui donne à l’Hippodrome de Paris le spectacle étrange d’un petit lion écuyer qui monte à cheval et qui fait sur son cheval des exercices de voltige. Voici comment s’exécute cette représentation, dont la description complétera les nom-
- Exercice du lion dressé de l’Hippodrome de Paris. (D’après une photographie instantanée do M. Albert Londe.)
- b reuses notices publiées par La Nature sur les animaux savants.
- On construit au milieu de l’Hippodrome une cage circulaire en fer; des hommes roulent devant la porte de cette cage un chariot dans lequel est enfermé le petit lion, ainsi qu’un magnifique chien danois. Le dresseur arrive, entre dans la cage de fer et y donne accès au lion et a son chien. Ce dernier se contente de tenir dans sa gueule la cravache de son maître, mais c’est un chien de grande taille, et qui est peut-être bien là pour réprimer, s’il y avait lieu, les révoltes du lion. Un cheval muni d’une selle plate, est amené, il est également introduit dans la cage. Sur un geste du dresseur, le lion, assis sur un piédestal au milieu de la cage, saute sur le cheval qui se met à trotter autour de la piste.
- Une plate-forme est fixée contre la cage, le lion y monte, s’y repose pendant que le cheval continue sa course, et reprend sa place sur le cheval lorsque celui-ci repasse sous la plate-forme. On apporte de petites barrières que sautent tour à tour le cheval, le lion et le gros chien danois.
- Les trois bêtes sont admirablement dressées et parfaitement soumises à'leur maître.
- Notre collaborateur, M. Albert Londe, a fait une excellente photographie du lion dressé de l’Hippodrome. Nous la reproduisons ci-dessus. Cela est d’une exactitude parfaite, et nous dispense de tout autre détail. l)rZ...
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 846. — 17 AOUT 1889.
- LA NATURE.
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- L’EMPIRE DU JAPON
- A l’exposition UNIVERSELLE DE 1889
- Le Japon a répondu largement et officiellement à l’appel qui lui était l'ait par le Gouvernement français en vue de participer à l’Exposition de 1889. 11 n’a pas envoyé moins de 596 exposants, répartis dans 8 groupes et 58 classes, et il a consacré une somme de 650 000 francs à son exposition. Le résultat obtenu aura bien été celui qu’attendaient organisateurs et exposants : la foule n’a cessé de se presser dans les galeries où sont présentés les pro-
- duits divers de ce pays d’avenir et de se familiariser, au grand avantage des commerçants et des industriels japonais, avec les curieux spécimens de leur art spécial.
- Le Japon et ses productions sont depuis longtemps à la mode en France : nous ne croyons pas inutile de donner, tout d’abord, ici quelques détails, recueillis à l’Exposition même, sur celte contrée dont les sujets sont constamment venus puiser dans nos établissements et nos écoles les éléments nécessaires au développement de leur civilisation.
- Situé au nord-est de l’Asie, l’empire du Japon se compose de quatre grandes îles et d’un certain nom-
- Pavillou japonais et chinois, au Champ de Mars de Paris.
- bre de petites, d’une superficie totale de 99 000 kilomètres carrés environ : sa population est de 58 millions et demi d’habitants répartis administrativement entre 5 Fu et 45 Ken; les 5 Fu sont Tokio, Kioto et Osaka. Cinq ports bien connus sont ouverts au commerce étranger; ce sont : Yokohama, Kohé, Nagasaki, Niigata et Hakodate.
- Depuis 2500 ans une même dynastie règne sur ce pays : l’Empereur actuel ou Mikado se nomme Mut-suhito : il règne depuis 1868.
- La création des chemins de fer n’a pas été sans difficultés dans ce pays astreint à des coutumes antiques, malgré son goût pour le progrès. Il est certain que les voies ferrées le transformeront totalement. Actuellement, 955 kilomètres y sont en exploitation, 596 en construction et 2115 en projet.
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- Le développement des postes et télégraphes suit naturellement celui des chemins de fer et tend à renverser les barrières séculaires qui séparaient jadis ce pays du reste du Monde.
- Le commerce d’importation et d’exportation du Japon est très actif : il importe du coton filé, du sucre blanc et brun, du pétrole, du drap, des étoffes, et exporte des soies grèges, du thé, de la houille, du riz, du cuivre, des produits céramiques, etc. Ce sont ces produits divers que nous voyons artistement exposés au Champ de Mars par les soins de M. le vicomte Tanaka, représentant officiel du Gouvernement japonais à Paris et de M. Kentaro Yanagiya, commissaire général.
- M. Ch. Gauthier, architecte de la section japonaise, s’est fort habilement inspiré du sujet pour faire res-
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- LA NATURE.
- sortir le cachet spécial de cette exposition. Notre gravure représente l'élégant pavillon qu’il a composé dans ce but et édifié au Champ de Mars pour le compte du gouvernement japonais. Ce gracieux monument que l’on voit à gauche de notre figure exécutée d’après une photographie, est construit à côté du pavillon chinois. La Tour Eill’el apparaît au lond du dessin.
- La façade de l’Exposition japonaise sur l’avenue de Sutfren se compose de deux parties : à droite, ce sont les deux portes d’une habitation seigneuriale et un fragment d’architecture des temples japonais ; à gauche, c’est l’entrée d’un temple de daïmio. La couverture du bâtiment est une reproduction exacte de celles employées au Japon, ainsi que les bois, les pierres et les ornements divers reconstitués d’après des documents du seizième siècle.
- La porte, en bois de klyaki sculpté, mérite une mention spéciale : elle est l’œuvre de deux sculpteurs japonais renommés, Takamura et Ishikauda. Les carreaux en porcelaine, employés pour la décoration, proviennent de Kenaichi-ken; le tableau qui est au-dessus de la porte d’entrée est en sapin tressé avec un cadre laqué : il porte en caractères de bronze une inscription signifiant : « Empire du Japon. »
- Tous les matériaux de la porte principale ont été apportés du Japon même et mis en place par des ouvriers et des artistes japonais.
- En pénétrant dans le 'grand vestibule, nous remarquons deux peintures originales, signées par un artiste français, Henri Motte, et exécutées d’après les documents fournis par la Commission japonaise elle-même : l’une représente une vue de Ishiyamadera; l’autre, l’expédition du célèbre général japonais No-bunaga au seizième siècle. Les portes et les murs sont tendus de magnifiques portières en crêpe blanc et violet,’ suivant les vieilles traditions impériales, ou de papiers représentant des oiseaux et des bambous ; les frises sont en bois de sugi : les tapis du salon, fabriqués avec des cocons sauvages, proviennent de la grande manufacture à'Osaka.
- Détail intéressant, toutes les vitrines que nous pouvons admirer actuellement dans cette section avec leur remarquable collection de produits de toutes sortes seront, après l’Exposition de 1889, démontées et emportées pour aller figurer à une Exposition nationale du Japon qui se tiendra en 1890 à Tolrio (Oueno).
- Voici un rapide aperçu de ce que le visiteur a sous les yeux dans la section japonaise.
- Sur les 58 classes où l’Empire du Japon expose, les administrations impériales figurent dans 49 classes. Le Ministère de l’instruction publique présente son matériel d’enseignement, les plans de ses écoles normales, commerciales, d’arts et métiers, d’aveugles, de sourds-muets, etc. Nous y voyons figurer avec plaisir les documents relatifs à la Société pour l’étude et la propagation de la langue française. Le Ministère de l’agriculture et du commerce expose des
- plans de filatures et des collections de produits naturels variés, cires, laques, vernis, bois, écorces, insectes et cartes agronomiques des différentes régions du Japon. Le Ministère de l’intérieur expose de nombreux documents relatifs à la météorologie et au balisage des côtes au moyen de phares. Le Ministère de la guerre et celui des communications exposent des draps, des étoffes, des appareils télégraphiques et électriques variés, téléphones, microphones, etc., qui montrent combien le Japon se tient attentif aux progrès les plus récents.
- Les expositions commerciales proprement dites figurent, ainsi que nous l’avons dit, dans 58 classes. Peintures, étoffes, soieries, porcelaines, sculptures sur ivoire, bois et métaux, bronzes, produits alimentaires, sont représentés par des collections plus complètes et plus instructives que tout ce que l’on avait pu voir dans ce genre jusqu’à ce jour. On ne saurait en faire une description tant il y a de variété et d’originalité dans la présentation de ces objets si divers. Signalons cependant à nos lecteurs dans la classe 11 une reproduction artistique remarquable de la porte du temple de Nikko (yornëimon), chef-d’œuvre de finesse et de patience; dans la classe 18, des meubles sculptés et incrustés ainsi que des émaux cloisonnés dont les artistes japonais tirent un grand parti pour l’ameublement.
- Les porcelaines décorées de Seto, d'Àrita, de Satsnma, de Gifu, de Kioto, d'Osaka, de Kana-goura, de Tokio, de Banko, forment, dans la classe 20, une collection que l’on voudrait voir rester complète dans quelque Musée spécial.
- Dans la classe 25, consacrée aux bronzes et aux métaux ciselés et incrustés, nous remarquons une tour de cinq étages, en bronze ciselé, de 7 mètres de hauteur. C’est la reproduction fidèle de la fameuse tour de Nara, hérissée de clochetons, de sculptures et d’animaux chimériques, elle est destinée à faire l’ornement d’un des Palais impériaux. Nous admirons, un peu plus loin, une fontaine en bronze, également monumentale, à trois bassins superposés, dans laquelle un ibis (tsaru), très gracieux de dessin, verse l’eau à la partie supérieure.
- Un autre ordre d’idées nous arrête devant la classe 44, consacrée aux cocons, au tabac, à la cire, au chanvre, aux huiles. Nous y remarquons de l’huile d’olive de la récolte de 1888, fabriquée à Kobé : elle provient d’oliviers importés de France en 1878.
- Avant de terminer cette brève note, il convient de signaler dans l'exposition japonaise une installation d’un genre spécial qui excite vivement l’attention des visiteurs II s’agit du jardin japonais établi dans le parc du Trocadéro. Ce petit jardin n’occupe, à la vérité, que 500 mètres carrés de superficie, mais il est bien curieux; il montre les procédés originaux de culture des arbres et des plantes de jardin et d’appartement au Japon. Un jardinier, passé maître dans le pays, est venu l’installer et bien qu’il ait le souci de ses procédés poussé jus-
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- qu’à la limite du secret de fabrication, nous ne serions pas surpris qu’il fit école parmi nos pépiniéristes parisiens toujours à la recherche des choses nouvelles dans le domaine de leur industrie gracieuse et parfumée. Autour d’un kiosque en bambou qui sert de motif principal à l’œuvre de ce spécialiste, s’étendent, en gradins, des plates-bandes garnies de toutes sortes de plantes et de Heurs, soit en pleine terre, soit dans des cache-pots en porcelaine et en faïence : une llore exotique et brillante s’y étale. Voici de superbes lis en lleur, des asagawo montant à l’assaut des palissades, des sotetsu à l’élégant feuillage. Puis, des arbres fruitiers ou forestiers réduits à des dimensions d’une extrême petitesse par les procédés dont les jardiniers japonais ont le secret : des vergers et des forêts de Lilliput poussent sur ce territoire exigu. Un bassin à sec, suivant le goût japonais, est garni de petits monticules, de ponts rustiques et d’escaliers exécutés avec des troncs d’arbres minuscules. Une clôture de bambous (yaraïffaki) solidement attachés avec du shu-ronawa, sorte de corde tressée avec des écorces, entoure ce petit domaine dont nous recommandons la visite aux. amateurs de couleur locale et de botanique lorsqu’ils termineront leur visite de la section japonaise à l’Exposition. Max de Naksouty.
- L’AMLYSE DES YINS
- Au Congrès international de chimie, dans la section des produits alimentaires dont l’éminent chimiste M. Riche était le président, une critique approfondie des différentes méthodes d’analyse du vin a été faite; il est intéressant de publier ici les communications importantes auxquelles cette discussion a donné lieu, ainsi que les déterminations qui ont été prises au sein de cette assemblée.
- Dosage de l'acidité. — Pour la détermination de l’acidité, M. Tony Garcin a proposé une méthode qu’il emploie dans son laboratoire et qu’il préfère aux méthodes à l’eau de chaux et à la phtaléinedu phénol. Elle est basée sur le virage de la matière colorante du vin elle-même, sous l’influence des alcalis caustiques. A ce point de vue, les vins rouges peuvent être séparés en deux grandes classes par l’expérience suivante : lorsqu’on sature l’acide des vins par une solution de soude caustique, la matière colorante, après différentes nuances de transition, passe à une teinte noire qui, ainsi qu’on l’a déterminé par des touches successives au papier de tournesol, correspond à la neutralité du vin; l’addition d’une goutte de soude caustique fait virer cette couleur noire au violet pour une des catégories de vins et au bleu pour l’autre.
- L’opération s’exécute comme un titrage alcalimétriquc. On emploie un bécherglas d’un diamètre tel que le vin s’y élève à la hauteur de 12 à 15 millimètres environ. De cette façon, le vase étant placé sur une feuille de papier blanc, lorsqu’on verse la solution titrée de soude à l’aide de la burette, on saisit parfaitement la teinte noire de saturation et le virage au bleu ou au violet par l’addition d’une goutte de la liqueur caustique.
- On dose également de cette façon l’acidité des vins blancs après y avoir ajouté au préalable une quantité déterminée d’un vin rouge dont on connaît le titre acidi-
- métrique et la nuance de virage. On opère ensuite comme précédemment et on obtient la valeur cherchée en effectuant une simple différence.
- Dosage du chlore dans les vins. — On ajoute généralement du chlorure de sodium dans les vins pour masquer le mouillage ; le chlore s’y rencontre également à l’état de chlorure de potassium lorsque les vins ont été déplâtrés au chlorure de baryum. Des dosages opérés sur des vins authentiques ont fait passer dans la pratiqne certains chiffres indiquant, évaluée en chlorure de sodium, la quantité de chlore contenue dans les vins naturels, et ces chiffres ont jusqu’ici servi de base aux chimistes œnologues pour les conclusions de leurs analyses.
- Ainsi que l’expérience l’a démontré, les nombres relatifs au dosage du chlore publiés jusqu’ici dans tous les traités d'analyse, sont beaucoup trop faibles, même pour les vins dont les vignes productrices ont poussé en terrain salé, et il existe, indépendamment de cette considération, deux pratiques loyales usitées dans les pays vignobles, qui ont comme conséquence l’introduction du chlore dam les vins sans que pour cela on puisse conclure à une falsification.
- Dans les vignobles du Midi et principalement en Espagne, on lave les fûts à l’eau de mer; or, un demi-muid, d’une contenance voisine de 600 litres, a une capacité poreuse d’environ 6 litres. On peut donc admettre qu’après un certain temps, tous les sels de l’eau de mer contenus dans les pores du bois se sont diffusés dans le vin et que celui-ci renferme alors la quantité de chlorure de sodium contenu dans ces G litres d’eau de mer.
- Dans les vignobles du Centre où on colle les vins au blanc d’œuf, on a l’habitude d’ajouter à la colle une poignée de sel marin qui pénètre ainsi dans le vin soumis à cette opération.
- Lorsqu’on fait l’analyse d’un vin qui a subi ces préparations diverses, on conçoit qu’il donne, en chlorure de sodium, une quantité plus grande que celle indiquée dans les livres et on peut commettre une grave erreur en disant qu’un tel vin a été salé. 11 y a donc lieu de ne pas conclure à la légère à une addition de sel marin et, en général, à dire qu’il y a eu salage seulement quand le vin contient plus de 0,4 g et même de 0,5 g de chlorure de sodium par litre.
- Recherche de la matière colorante. — Dans la recherche des matières colorantes dérivées du goudron de houille, il y a lieu, pour arriver à obtenir la sensibilité maximum de la méthode, de choisir une soie spéciale qui fixe facilement la couleur et d’opérer ce fixage dans les conditions suivantes1 : les soies tordues fixent mal les couleurs, les mouchets les meilleurs sont faits avec une soie blanche particulière qu’on appelle dans le commerce soie de Chine. Le mouchet est placé dans l’alcool amy-lique qui a servi à traiter le vin suspect et cet alcool est évaporé rapidement jusqu’au moment où il ne se produit plus dans le tube de condensation de vapeur d’eau : ce moment correspond à peu près à la déshydratation complète de l’alcool amylique.
- Il ne faut pas pousser plus loin l’évaporation, parce que l’alcool a dissous, en même temps que la matière colorante, des résines qui, à ce moment, se déposent sur la soie, et souillent la couleur au point de la masquer lorsqu’elle n’existe qu’en petite quantité dans le vin.
- , E. Fleuüknt.
- 1 Vov. u° 844, du 3 août 1881), p. 147.
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- LA NATURE.
- PHYSIQUE EXPÉRIMENTALE
- U N INDICATEUR DE TOURS
- 11 est toujours utile d’indiquer aux mécaniciens comme aux physiciens, le moyen de faire par soi-même des appareils de mesure qui sont parfois susceptibles de rendre à un moment donné autant de services que des instruments de précision. C’est ce que nous ferons aujourd’hui au sujet des indicateurs de tours.
- Un des éléments les plus importants a connaître dans la marche d’une machine est, sans contredit, la vitesse. Si on connaît à chaque instant et exactement ce facteur, il est possible de prévenir des accidents et des irrégularités. Aussi a-t-on cherché des appareils indicateurs de vitesse pour répondre à ce besoin et en cxiste-t-il plusieurs systèmes.
- M. Geo. Hopkins continuant, dans le Scientific American, la série d’expériences de physique si intéressantes et si ingénieuses qu’il poursuit déjà depuis quelques années a donné une disposition nouvelle d’un indicateur extrêmement simple.
- Cet appareil est fondé sur le principe d’acoustique suivant : si l’on fait vibrer un tuyau sonore ouvert ou fermé sous l’influence d’un courant d’air, il y a une relation bien déterminée entre la longueur du tuyau et le nombre de vibrations. Cette relation est la suivante
- l étant la longueur du tuyau, v la vitesse de propagation du son dans l’air et n le nombre de vibrations. k est une constante qui est un nombre pair pour les tuyaux ouverts et impair pour les tuyaux fermés. De plus, à chaque valeur paire ou impaire de k correspond un son bien déterminé.
- La figure 1 montre la disposition expérimentale adoptée dans le laboratoire. Sur un axe est monté un petit cylindre portant des ailettes disposées suivant des rayons. Ce cylindre est mis en mouvement à l’aide d’une petite courroie au-dessous d’un tuyau sonore placé verticalement. Le tuyau sonore est
- composé de deux parties à coulisse qui peuvent glisser l’une sur l’autre. Pour une vitesse normale, on règle la longueur du tuyau afin d’obtenir un son bien déterminé. Tant que cette vitesse restera normale, le son sera le même. Dès que la vitesse variera, la longueur restant constante, le son changera, on sera averti de la variation de vitesse.
- En s’appuyant sur ce principe, M. Geo. Hopkins a construit un appareil qui peut être appliqué industriellement (fig. 2 et 5). À l’intérieur d’un tambour portant des ouvertures k la périphérie se trouvent des lamelles suivant des rayons. Ce tambour porte
- un axe et peut être placé à l’intérieur d’un autre tambour, de façon que les ouvertures dont nous venons de parler viennent passer devant un orifice correspondant au tuyau sonore. Ce dernier se compose, comme dans le premier cas, de deux longueurs s’enfonçant l’une dans l’autre et p résentant des divi-sions.
- Le tambour, en tournant, aspire l’air et le chasse à la périphérie du tambour ; l’air vient alors produire des vibrations dans le tuyau sonore.
- Cet instrument, très simple k construire soi-même, peut rendre de réels services dans le contrôle des vitesses d’une machine. Pour ce qui concerne les machines électriques, par exemple, les lampes-témoins sont les indicateurs ordinairement employés. L’indicateur acoustique aura l’avantage d’attirer l’attention de l’électricien en frappant ses oreilles, lors même qu’il ne surveillerait pas les lampes-témoins.
- 11 est seulement nécessaire de prendre un son un peu élevé pour qu’il se distingue au milieu du bruit des machines dans une usine; ce qui revient k prendre des tuyaux d’une faible longueur, condition qui rend l’appareil encore plus pratique.
- Avec un peu d’habitude, on arrive aisément à distinguer nettement le son produit par un tuyau et k s'apercevoir des moindres changements.
- J. Laffaugue.
- Fig. 1, 2 et 3. — Indicateur de tours de M. Georges Hopkins.
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- PLAN INCLINÉ POUR LES BAGAGES
- A I,A*GARE SAINT-LAZARE A PARIS
- La gare Saint-Lazare actuelle, telle qu’elle a été décrite ici *, ne ressemble plus en rien à ce qu’elle était autrefois. Nos lecteurs ont pu se rendre compte, par la description que nous en avons donnée, de la façon remarquable dont les ingénieurs de la Compagnie de l’Ouest ont su aménager le nouveau monument. Mais les transformations subies par les bâtiments se sont étendues à toute l’administration; tous les rouages de cette immense machine qu’on
- appelle une Compagnie de chemin de fer ont dû subir des modifications dans leur installation ; chaque service a dû, sans interrompre son travail, déménager ses bureaux, et il n’est pas jusqu’aux choses qui, en apparence, paraissent les plus insignifiantes qui n’aient donné lieu à de profondes modifications.
- Les voyageurs à destination des grandes lignes, qui venaient autrefois s’embarquer par la rue d’Amsterdam, viennent aujourd’hui par la rue du Havre et c’est Là que leur bagage est pris par les agents de la Compagnie. Ceci n’a l’air de rien, mais cela fut cependant la raison d'une organisation nouvelle fort intéressante que nous allons décrire et dont l’origi-
- l’Iiai incliné pour les bagages à la nouvelle gare Saint-Lazare, à Paris.
- nalité a frappé déjà sans doute beaucoup de nos lecteurs parisiens.
- La voie du chemin de fer se trouve à une altitude telle que son niveau est au-dessus de celui de la cour du Havre d’environ 5 mètres. Lorsque les voyageurs arrivaient par la rue d’Amsterdam, cette rue ayant une pente assez forte, il se produisait ceci : chacun transportait son bagage au niveau de la voie, et il n’y avait plus qu’à le rouler jusqu’au fourgon sur les petites brouettes ou tricycles de la Compagnie. Aujourd’hui le service des bagages se trouvant en sous-sol par rapport à la voie, il s’agit d’opérer le transbordement d’une autre façon.
- On avait d’abord songé à employer des ascenseurs
- 1 Voy. n“ 800, du 29 septembre 1888, p. 277.
- verticaux ordinaires [et, de fait, il en existe quelques-uns qui servent surtout aux colis de poids et de volume inaccoutumés. Mais la rapidité de la manutention opérée de cette façon, est insuffisante, surtout à l’époque des bains de mer où à la gare Saint-Lazare plus qu’à toute autre le mouvement des voyageurs atteint un chiffre considérable.
- On eut alors recours à une autre disposition qui fut installée par M. Bouisson, sous la direction de M. Clerc, ingénieur en chef de la Compagnie. Elle consiste à employer un plan incliné sur lequel les tricycles à bagages sont entraînés par des chaînes sans fin (figure ci-dessus). Chaque plan se compose d'un plancher incliné de 50 degrés sur l’horizon et divisé en trois compartiments dans le sens de sa longueur. Au milieu de chaque compartiment passe une chaîne
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- formée d’éléments articulés, comme les chaînes de Galle et portant des butoirs à ressort qui agissant sur une pièce fixe solidaire de l’essieu d’avant des tricycles détermine leur entraînement. Les butoirs sont à une distance telle les uns des autres que lorsque le tricycle est en place et poussé par l’un d’eux, sa roue d’arrière vient se loger sur le suivant, dans une ornière qui est pratiquée sur chacun d’eux pour recevoir cette roue et l’immobiliser; pendant le trajet il n’y a que les roues d’avant qui roulent.
- Il y a, comme nous l’avons dit, trois chaînes sur le plan incliné, celle du milieu sert à la descente de voitures vides, les deux autres à la montée. Le pignon de commande de chaque chaîne reçoit le mouvement, par l’intermédiaire d’engrenages, d’un moteur hydraulique formé de deux cylindres à double elfet dont les pistons agissent sur des manivelles calées à 90 degrés. Il y a deux moteurs pour les trois chaînes,, l’une commande la montée, l’autre tourne en sens inverse pour la chaîne de descente. Un embrayage à main permet du reste de les substituer rapidement l’un à l’autre.
- > La gare possède actuellement deux plans inclinés de ce système, qui ont été tous deux construits par la Société Fives-Lille.
- Le temps gagné dans la manutention par ce mode de transbordement, est considérable comparativement à celui qu’aurait exigé l’ascenseur vertical. On remarque, du reste, à première vue, que dans ce dernier cas il y a toujours une perte de temps inévitable, c’est celui employé au retour de l’ascenseur.
- Avec les plans inclinés le service se fait pour la montée et la descente d’une façon absolument continue. Chaque chaîne peut entraîner 1500 kilogrammes à la fois, soit cinq tricycles pesant 100 kilogrammes et 200 kilogrammes de bagages, ou trois tricycles de 200 kilogrammes chargés à 300 kilogrammes de bagages. La vitesse d’une chaîne est de 0,55 cm par seconde; on peut monter dix tricycles par chaîne et par minute, ce qui est très suffisant pour assurer le service, même au moment des plus grands mouvements de voyageurs.
- G. Mareschal.
- LE BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE
- I)E FRANCE
- Le Bureau central météorologique de France, créé en 1878, avait été à l’origine, faute de locaux disponibles appartenant à l’Etat, installe provisoirement dans une petite maison prise en location, rue de Grenelle, n° 60, qui ne tarda pas à devenir insuffisante. En 1887, un grand bâtiment dépendant des anciennes écuries de l’Empereur, et qui avait été occupé par différents services du Ministère de l’intérieur, devint libre, et le transfert du Bureau météorologique y fut décidé. Les Chambres votèrent les crédits nécessaires pour l’appropriation des locaux h leur nouvelle destination ; le Bureau météo-
- rologique s’y transporta immédiatement sans attendre que les travaux fussent achevés. L’installation est aujourd’hui terminée et, sans^être luxueuse, répond au moins parfaitement à tous les besoins du service.
- Les bâtiments occupés par le Bureau central météorologique sont situés près du pont de l’Alma, dans le carré compris entre la Seine, l’avenue Rapp, la rue de l’Université et l’avenue de La Bourdonnais, et qui contient en outre les écuries de la Présidence (écuries de l’Alma), le dépôt des marbres du Ministère des beaux-arts et le Garde-Meuble national; l’entrée en est rue de l’Université, n° 176; ils se composent (voir le plan fig. 1) d’une maison en façade sur la rue, d’une aile à l’extrémité de laquelle on a construit une tour pour les observations, et d’un jardin, dans lequel sont installés un certain nombre d’instruments. Le rez-de-chaussée est occupé par les laboratoires ; au premier sont la direction, le secrétariat, la bibliothèque et le service de la Climatologie et des Instruments ; enfin, au second pnt été placés le service des Avertissements (ou de la prévision du temps) et celui de la Météorologie générale. Nous nous bornerons dans cet article à décrire l’installation des laboratoires et des instruments d’observation.
- L’une des besognes les plus importantes du service de la Climatologie et des Instruments est de vérifier tous les instruments, baromètres, thermomètres, etc., destinés aux stations météorologiques, afin que leurs données soient aussi exactes que possible et rigoureusement comparables entre elles. Pour cela, ces instruments sont étudiés, chacun pendant plusieurs jours, côte à côte avec les étalons du Bureau, et sont rendus ensuite avec un procès-verbal de comparaison indiquant les corrections que leurs indications doivent subir pour devenir justes; si ces corrections dépassent certaines limites, l’instrument est refusé et rendu au fabricant. Il est bon d’ajouter ici que le Bureau météorologique se charge gratuitement de vérifier même les instruments qui appartiennent à des particuliers, sous la seule condition qu’ils soient construits d’une façon convenable pour pouvoir donner de bonnes indications. Le nombre des instruments vérifiés ainsi chaque année est considérable : en 1888, par exemple, on n’a pas étudié moins de 65 baromètres â mercure, 10 baromètres métalliques et 545 thermomètres, sans compter un certain nombre d’anémomètres et d’instruments enregistreurs.
- Les salles marquées G, I), E et F sur le plan (fig. 1) sont réservées à ces vérifications d’instruments ; la salle F est un laboratoire pour les diverses manipulations ; dans la salle E sont étudiés les thermomètres et les baromètres métalliques. Pour les thermomètres, on commence par vérifier la position du zéro, en les mettant dans de la glace fondante; puis on les suspend, au nombre de douze à la fois, dans un grand vase de cuivre contenant plus de 50 litres d’eau que l’on fait chauffer progressive-
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- ment jusqu’à 50°, température que ne dépassent guère les thermomètres employés en météorologie. Cette eau est constamment brassée dans tous les sens par des agitateurs, de manière (pie l’on obtient aisément une température bien constante dans toute la masse ; on lit alors les thermomètres en même temps qu'un thermomètre-étalon suspendu dans l’eau avec eux, et l'on note les différences qu’ils peuvent présenter. En recommençant cette détermination à diverses températures, on obtient la vérification des thermomètres dans toute l’étendue de leur échelle.
- Quant aux baromètres métalliques, on les enferme, au nombre de 10 ou 12 à la fois, dans une grande caisse à fermeture hermétique, munie de fenêtres vitrées, par lesquelles en observe du dehors les instruments. Au moyen d’une pompe, on fait varier à volonté la pression de l’air dans la caisse, et cette
- Tour •
- Écuries
- Rue do l'Université
- Fig. 1. — Plan du bureau central météorologique (rez-de-chaussée.)
- A. Salle d'attente des journaux. — B. Appareils de M. VVeyher. C. Baromètres normaux. — I). Comparaison des baromètres. — E. Laboratoire. — F. Laboratoire. —- G. Salle de* instruments.
- — II. Laboratoire photographique. —• I. Courants telluriques.
- — K. Magnétisme. — L. Dépôt des publications ; magasins. — M. Salle des machine . — N, N’. Accumulateurs. — P. Manège pour les anémomètres. — Q. Bassin d’évaporation. — H. Pilier pour les observations. — S. Abri pour les thermomètres. — T, T'. Pluviomètres.
- pression est sons cesse mesurée sur des manomètres à mercure. On peut ainsi porter en quelques minutes tous les baromètres à des pressions plus faibles que celles qu’on observe au sommet des plus hautes montagnes et vérifier si leur graduation a été bien faite. Une disposition particulière permet en même temps de les chauffer, pour déterminer dans quelle proportion ils sont sensibles aux variations de la température.
- Les salles marquées C et D sur le plan sont réservées à l’étude des baromètres à mercure ; elles sont pourvues du côté du nord de grandes fenêtres qui les rendent très claires; mais le soleil n’y entre jamais, et on n’y fait pas de feu, de façon que la température n’y varie que très lentement. Dans la salle C sont les baromètres-étalons dont le plus parfait, construit sur le type du baromètre normal de Régnault, est représenté dans la figure 2. C’est un
- large tube barométrique de 2 centimètres de diamètre, fixé par une monture de fonte à un monolithe, qui est porté lui-même sur une grande dalle de pierre reposant sur un massif de béton qui s’enfonce profondément dans le sol. Le parquet de la pièce est soigneusement isolé de la dalle, de façon qu’on évite ainsi, autant qu’il est possible, les trépidations incessantes que le passage des voitures et tous les mouvements de la rue impriment au mercure. La hauteur barométrique, ou distance des deux niveaux du mercure dans le tube et dans la cuvette, est mesurée sur un mètre-étalon de cuivre suspendu à côté du tube et divisé en millimètres. Les fractions de millimètre, jusqu’au centième, sont déterminées au moyen d’un cathétomètrc que la figure représente en détail et qui a été construit par MM. Rrunner frères, ces artistes qui sont actuellement sans rivaux dans le monde entier pour les instruments de haute précision. On conçoit aisément qu’avec un appareil aussi compliqué, les mesures ne soient pas assez rapides pour pouvoir être répétées fréquemment. Aussi ce baromètre-étalon ne sert-il qu’à vérifier, de temps à autre, des instruments d’un usage plus commode; une fois la correction de ces instruments bien déterminée par leur comparaison avec le baromètre que nous venons de décrire, ce sont eux qui servent couramment pour étudier tous les autres.
- Cette étude est faite dans la salle marquée D sur le plan ; dans cette salle sont disposés deux baromètres qui ont été comparés avec le baromètre-étalon de la salle C; à côté de ces baromètres, on suspend tous ceux qui sont envoyés en comparaison au Bureau, et trois fois par jour, on lit simultanément tous ces instruments. Après une vingtaine de lectures environ la correction de ces baromètres est ainsi déterminée avec toute l’exactitude que comportent ces instruments, c’est-à-dire à 2 ou 5 centièmes de millimètre près. Dans la même salle C sont installés encore des baromètres enregistreurs de divers modèles qui écrivent automatiquement et d’une manière continue toutes les variations de la pression atmosphérique.
- En G est une grande salle, qui sert à la fois de magasin pour les instruments en réserve, et de musée où l’on cherchera à réunir peu à peu les modèles de tous les instruments employés successivement en météorologie.
- Dans l’aile en H, I et K sont trois pièces complètement obscures : la première est un laboratoire pour la photographie; la seconde servira à l’enregistrement photographique des courants telluriques, ou courants électriques qui se produisent dans la terre et sont fréquemment un obstacle pour la transmission des dépêches télégraphiques; enfin, dans la troisième seront disposés les instruments imaginés par M. Mascart pour enregistrer photographiquement les variations du magnétisme terrestre. Bien entendu, ces instruments ne sauraient donner d’indications exactes, puisqu’ils sont placés dans un bâtiment où il y a beaucoup de fer et même, comme
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- nous allons le voir, de puissantes machines. Des appareils identiques fonctionnent, dans des conditions irréprochables, à l’Observatoire du parc Saint-Maur, près de Paris, où le Bureau central météorologique a installé en pleine campagne son poste central d’observations1. Ceux qui seront disposés dans la salle K sont uniquement destinés à l’instruction des observateurs; ils permettront aux personnes qui viennent fréquemment de différents points delà France et même de l’étranger pour se mettre au courant de nos méthodes d’observations et les adopter ensuite, de se former au maniement toujours délicat de ces appareils, sans être forcés de se rendre au parc Saint-Maur.
- Cette remarque, que nous venons de faire à propos du magnétisme, s’applique du reste aux autres observations météorologiques ; les bonnes observations ne peuvent se faire qu’à la campagne, loin de toutes les perturbations qu’amènent les grandes villes.
- À Paris, on se borne à former les observateurs, à vérifier les instruments, et enfin à étudier les méthodes ou les nouveaux appareils qui devront être adoptés ensuite dans les stations.
- Au bout de l’aile, en M, est la salle des machines qui contient une machine à vapeur de 8 chevaux et une machine dynamo-électrique Edison.
- Celle-ci produit l'électricité (jui est nécessaire non seulement à l’éclairage de tout le Bureau météorologique, mais encore au transport de la force motrice dans les laboratoires. Comme il serait trop coûteux et peu commode de mettre ces machines en mouvement chaque jour, toutes les fois qu’on aurait besoin d’un courant, on s’en sert seulement puir charger 40 accumulateurs disposés en dehors, en N et N', sous un hangar vitré. C’est à ces accumulateurs que l’on emprunte alors, suivant les besoins, l’électricité qu’ils tiennent toujours en réserve, et il suffit de les recharger une ou deux fois par semaine. On a toujours ainsi à sa disposition, et sans aucune difficulté, la lumière et la force.
- 1 Voy. n°* M l et 513, du 17 et 31 mars 1883, p. 240 et 276.
- Fig. 2. — Type du baromètre normal du Bureau central météorologique de France.
- Enfin, tout à Centrée, à côté de la salle d’attente du public, désignée par A sur le plan, est une autre salle marquée B dont nous donnons la vue d’ensemble (fig. 5), et où M. Weyher a bien voulu disposer tous les appareils qu’il a imaginés pour reproduire artificiellement les trombes et tourbillons atmosphériques. A gauche de notre gravure, on voit une table couverte de petits drapeaux qui donnent le sens des tourbillons produits artificiellement par la rotation d’un tambour muni de palettes hélicoïdales; à droite on distingue les appareils pour la formation des trombes. Sur les murs sont, pendus des tableaux de dessins théoriques explicatifs. Nous ne nous arrêterons pas sur ces ingénieuses expériences dont La Nature a déjà rendu compte1; leur place était toute marquée au Bureau central météorologique où l'on peut maintenant les reproduire à volonté puisque, grâce à l’électricité, on a toujours la force motrice à sa disposition.
- Jusqu’à présent, nous n’avons décrit que des installations qui peuvent et doivent être faites à l’intérieur des bâtiments; mais d’autres phénomènes, la température de 1 air, l’humidité, la pluie, l’évaporation, ne peuvent être observés que dans un jardin; d’autres enfin, comme le vent, exigent une tour assez élevée; il a donc fallu, dans l’aménagement du Bureau central météorologique, réserver la place pour un jardin et pour une tour.
- Dans le jardin, on a disposé en S (voy. le plan fig. 1) un abri sous lequel sont les instruments ordinaires, thermomètres à maxima et à mi-nima, psychromètre, thermomètres et hygromètres enregistreurs; en T et T' sont des pluviomètres de divers modèles; en B, un pilier pour essayer différents instruments et des boussoles ; en Q un bassin étanche de 5 mètres de diamètre, qui sert à la fois pour la mesure de la pluie et de l’évaporation; les variations du niveau de l’eau dans ce bassin, amplifiées cinq foi» pour plus de précision, sont enregistrées d’une manière continue; on peut donc lire à
- 1 Voy. n° 717, du 26 février 1887, p. 195.
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- Fi"-. 3. — Bureau central météorologique de France.
- Salle des appareils de M. Wevher pour la reproduction artificielle des trombes et tourbillons atmosphériques.
- chaque instant, soit la hauteur dont le niveau a baissé, c’est-à-dire la quantité d’eau évaporée, soit celle dont il a monté, et qui indique Unit ensemble l'importance et la durée de la pluie.
- Enfin, en P, va être construit un grand manège pour l'étude des anémomètres. On sait que ces instruments ont besoin, comme l’on dit en termes techniques, d etre tarés ; ils tournent plus ou moins vite suivant la vitesse du vent, mais il faut savoir quel est le rapport entre la vitesse de l’anémomètre et celle du vent; ce rapport change du reste non seulement avec la iormeet les dimensions de l’appareil, mais même avec la vitesse du vent. L'étude des anémomètres cile; le meilleur moyen consiste à
- Fig. 4.
- un manège qu’on fait tourner successivement à différentes vitesses connues, un jour qu’il n'y a pas de vent. L’anémomètre, emporté par le manège au travers de l’air en repos, tourne exactement comme s’il était lui-même dans une position fixe, au milieu d’un courant d’air en mouvement avec la vitesse du manège; il suffit donc de compter le nombre de tours qu’a indiqué l'anémomètre pendant un certain temps et de le comparer à la vitesse du manège pour avoir le rapport qui existe entre les indications de l’instrument et la vitesse du vent qu’il est destiné à mesurer. Cette détermination est d’autant plus exacte que le rayon du manège est plus grand ; aussi va-t-on installer dans le jardin du Bureau météorologique un manège dont
- Installation des anémomètres au Bureau central météorologique de France.
- est très diffi-les mettre sur
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- la circonférence sera de 40 mètres ; un anémomètre fixé sur ce manège parcourra donc 40 mètres pour chaque tour du manège ; tout l'appareil sera mis en mouvement par une machine électro-dynamique puissante et une transmission électrique ; on espère obtenir des vitesses maxima d’environ un tour par seconde, ce qui correspondrait à un vent de 40 mètres, c’est-à-dire aux coups de vent les plus violents. On pourra donc graduer ainsi les anémomètres dans toute l’étendue de leurs indications.
- Quant à l’étude même du vent, elle est faite, au Bureau météorologique, sur une petite tour qui a été construite à l’extrémité de l’aile du bâtiment et qui dépasse le toit de deux étages (fig. 4). Le premier de ces étages, où l’on parvient par un escalier intérieur, se compose d’une pièce fermée contenant les appareils enregistreurs, et qui s’ouvre sur une terrasse. De cette première terrasse part une échelle qui permet de s’élever au second étage de la tour formant une autre terrasse sur laquelle sont disposés les instruments. Bien que le sol de cette terrasse ne soit pas à une grande altitude (18 mètres environ au-dessus du sol), l’horizon est très dégagé et la vue s’étend très loin de presque tous les côtés. On aperçoit en particulier toute la partie de Paris située sur la rive droite de la Seine depuis Àuteuil jusqu’à l’extrême limite Est, avec les hauteurs de Montmartre et de Belleville, dans le fond; la situation est donc relativement aussi bonne qn’il était possible de la trouver dans une grande ville, et, en tous cas, plus que suffisante pour les recherches qu’on avait en vue. Sur cette tour on a installé les instruments suivants, qui se distinguent facilement sur la ligure.
- À l’angle de la plate-forme où arrive l’échelle, est un instrument terminé par deux boules : c’est un actinomètre enregistreur composé, d’après la méthode de M. Violle, de deux thermomètres dont le réservoir est doré pour l’un, noirci pour l’autre ; exposés au soleil, ils indiquent des températures très différentes, et de cette différence même on peut déduire à chaque instant l’intensité des rayons solaires. Aux deux angles de gauche de la tour, portés sur deux hautes tiges, sont deux anénomètres enregistreurs : le modèle ordinaire, formé de quatre demi-sphères creuses montées en croix autour d’un axe qui leur permet de tourner dans un plan horizontal et sur lesquelles agit le vent (anémomètre de Robinson) ; et le moulinet, beaucoup plus sensible, imaginé par MM. Richard frères, qui enregistre à chaque instant la vitesse du vent en mètres par seconde. Un instrument identique est installé au sommet de la Tour Eiffel, et la comparaison des courbes tracées simultanément par ces deux instruments donne déjà les résultats les plus intéressants1. Les deux anémomètres et la girouette, que l’on aperçoit à l’angle nord-est de la Tour, transmettent leurs indications dans la pièce placée en-dessous de la terrasse et où sont disposés les
- 1 Voy. n° 859, du 29 juin 1889, p. 71.
- enregistreurs, beaucoup trop délicats pour être exposés en plein air.
- Entre les deux anémomètres est un pluviomètre enregistreur; on distingue encore, au milieu de la façade du nord, un abri qui contient, avec les thermomètres à lecture directe, un thermomètre et un hygromètre enregistreurs. Enfin, d’autres tiges verticales sont toutes prêtes pour recevoir les anémomètres nouveaux de différents systèmes que l'on voudra expérimenter ou ceux que l’on désire simplement graduer, avant de les envoyer dans les stations de la province, de manière que leurs indications soient comparables à celles de l’anémomètre du Bureau central.
- Il y a là, comme on le voit, un observatoire absolument complet. Les progrès que le transfert du Bureau météorologique a permis de réaliser dans l’organisation du service des instruments se remarquent aussi dans les autres services. La bibliothèque notamment, vaste, bien classée, et recevant les publications météorologiques de tous les pays, est ouverte même aux personnes étrangères au Bureau qui s’intéressent à la météorologie, et y trouvent facilement tous les renseignements nécessaires à leurs recherches. Si l’on a dù se priver de tout luxe inutile dans la nouvelle installation, on a pu au moins faire tout ce qui était indispensable au point de vue scientifique. Aussi le Bureau centra] météorologique de France n’a-t-il plus rien à emicr maintenant aux services analogues les mieux dotés de l’étranger ; il peut recevoir sans crainte la visite des savants de tous les pays que l’Exposition et les congrès scientifiques attirent à Paris.
- Alfred Axgot.
- LES TISSES D’AGAVE
- Il existe au Mexique, et plus spécialement au Yucatan, deux agaves dont les fibres sont utilisables et fort appréciées comme textiles; c’est le henequen et le xiiic..
- Nous ne dirons que peu de mots du dernier, dont la mise en exploitation est toute récente. D’ailleurs il a beaucoup de rapports avec le henequen. Le nom sous lequel nous le désignons est le nom indigène; il pousse sur les monticules de ruines et de décombres qu’on nomme cuyos dans le pays, et qui sont tout ce qui reste de l’ancienne civilisation maya. Comme nous l’avons dit, c’est un agave ; il se reproduit par drageons. En grandissant ; il perd ses feuilles basses, et prend peu à peu l’allure d’un arbre, formant un tronc ligneux chargé de branches qui atteint parfois 4 mètres de hauteur. Jusqu’à sa mort il produit plusieurs milliers de ces feuilles fibreuses qu’on exploite, longues en moyenne de 0,60 m à 0,62 m, sans épines et sans dard terminal. D’après la « Revista de Merida », le propriétaire de l’hacienda Xcauchacan a expédié de la filasse de xtuc à une maison de New-York, qui a aussitôt fait une commande de 2000 balles, au prix de 75 centimes environ la livre. 11 paraît que cette fibre peut être employée mélangée avec le lin ou même seul, dans la fabrication des toiles fines. Mais pour cet agave, l’industrie est encore à l’état embryonnaire.
- Il n’en est point de même pour le henequen, déjà ex-
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- ploité en grand au Mexique. Cet agave, qui meurt après avoir fleuri et fructifié, c’est-à-dire au bout de cinq ou six ans, se propage par rejetons, qu’on transplante quand ils ont un volume de 50 à GO centimètres. On les replante alors sur des files distantes l’une de l’autre de 5,55 m; il faut entre les plants d’une même file une distance de 2,50 m; autrement la plante n’aurait pas l’air et l’espace nécessaires à son développement, et il ne serait pas possible de circuler dans la plantation pour les coupes périodiques des feuilles. La partie du Yucatan où l’on cultive le henequen est pierreuse et calcaire, sans terre végétale ; c’est à peu près le même terrain que celui que demande le xtuc; dans un terrain plus fertile, la plante produirait beaucoup moins de filaments, ce qui n’est point le but qu’on se propose.
- Les feuilles en acquièrent un développement de 1,25 m de long sur 0,06 m d’épaisseur à la base; elles sont pointues et en forme de lances. Elles sont recouvertes d’un épiderme assez résistant; mais la majeure partie du tissu est formée de filaments enveloppés dans un suc gommeux, résineux.
- L’extraction de la fibre, du moins au Yucatan, s’exerce encore d’une façon très primitive. Elle s’effectue au moyen de machines rudimentaires consistant en roues de 1 mètre à 1,50 m de diamètre, armées de quatre ou six couteaux métalliques ; mais elles ont le grand inconvénient de ne retirer intactes que les grosses fibres ; elles brisent la fibre mince, et cela empêche qu’on tende par une culture bien comprise à produire des fibres plus flexibles. Aussi cherche-t-on, en ce moment, à peu près comme pour la ramie, des machines plus perfectionnées.
- D’ailleurs l’exploitation du henequen est d’un assez bon rapport. Les frais n’en sont pas fort importants. Les rejetons de henequen ne demandent à être sarclés qu’une ou deux fois par an ; ils ne sont d’ailleurs pas sensibles au froid ni à la chaleur, ni même à la sécheresse; il faut seulement veiller à l’enlèvement immédiat des feuilles du bas, au fur et à mesure qu’elles arrivent à maturité. Seulement il faut construire un mur en pierres sèches entourant les plantations, pour mettre les jeunes plants à l’abri de la dent des bestiaux, qui en sont très friands. Comme matériel il faut principalement une machine à vapeur de 5 chevaux pour 10 000 pieds de henequen, plusieurs décor-tiqueuses, des hangars, et enfin un machiniste, des ouvriers et des charretiers. On récolte en général dans une exploitation de celte étendue environ 1 200 000 livres de fibres. D’ailleurs le prix du henequen augmente chaque année, et cet accroissement est fait pour encourager les producteurs et donner un grand essor à cette industrie. MM. Dondé et, Cie de Mérida fournissent à ce sujet des renseignements fort intéressants; l’exportation en était en 1886 de 228 586 balles d’un valeur de 19 600 000 francs; en 1887 les chiffres étaient 219 105 balles valant 29 400 000 francs ; enfin en 1888 215882 balles d’une valeur de 55 200 000 francs. On voit que si le total de la production reste à peu près stationnaire, le prix en a presque doublé, parce que des débouchés se sont ouverts et que l’on apprécie cette fibre. Ce sont d’ailleurs les États-Unis qui en consomment presque la totalité.
- D’ailleurs il vient de se créer dans la République Argentine une société pour l’exploitation de ce textile ; à San Fernando une fabrique spéciale s’installe, qui traitera également la fibre du pi ta, des yucas, et sans doute aussi de la ramie.
- C’est uné source certaine de richesses considérables. Et ce qui ajoute à l’intérêt de cette question, c’est qu’on
- vient d’introduire le henequen à la Guadeloupe, où l'on cultive déjà la ramie. De riches propriétaires poursuivent les essais avec activité.
- On peut du reste voir à l'Exposition universelle, dans les pavillons spéciaux du Brésil et surtout du Mexique des collections remarquables de fibres brutes ou décortiquées de pita et d’henequen. Daniel Bellet.
- LES GRANDES INVENTIONS MÉCANIQUES
- d’origixe FRANÇAISE
- Dans la galerie des machines au Champ de Mars, trois vitrines de la Classe 52 nous ont paru présenter un intérêt particulier. Elles renferment les modèles des grandes inventions mécaniques d’origine française. Voici l’énumération de ces inventions réunies par les organisateurs de cette (^position :
- Le système métrique, Assemblée national^ 1790; la machine de Yaucanson, Jacques de Vaucansoij, 1751; la chaîne de Galle, André Galle, 1852; la noix d’embrayage, Adolphe Nepveu, 1840; la balance de Roberval, Gilles Personier de Roberval, 1670; la presse hydraulique, Biaise Pascal, 1650; la montgolfière, Joseph-Michel et Jacques-Étienne de Montgolfier, 1785; l’aérostat, Jacques-Alexandre-César Charles, 1785; le bélier hydraulique, Joseph-Michel de Montgolfier, 1797; la turbine Four-neyron, Claude Burdin, 1824, et Benoît Fourneyron, 1852; la turbine Fontaine, Pierre-Lucien Fontaine, 1840; la roue Poncelet, Jean-Victor Poncelet, 1824; la chaudière tubulaire, Marc Séguin, 1827; la chaudière à petits éléments, Julien Belleville, 1850; le ressort Belleville, Julien Belleville, 1861 ; la soupape de sûreté, Denys Papin, Ï681 ; le manomètre métallique, Eugène Bourdon, 1849; l’injee-teur automoteur, marquis de Mannoury Dectot, 1818, et Henri-Jacques Giffard, 1858 ; la machine à vapeur à piston, Denys Papin, 1690; la détente par recouvrement, Benoît-Paul-Emile Clapeyron, 1842; la détente Meyer, Jean-Jacques Meyer, 1841 ; la détente variable par le régulateur, Marie-Joseph-Denis Farcot, 1856; le régulateur à bras croisés, Joseph Farcot, 1854; le régulateur Foucault, Léon Foucault, 1864 ; le compensateur de régulateur, Denis et Weyher, 1871; la machine à double expansion, Benjamin Normand, 1856; la machine à triple expansion, Benjamin Normand,* 1872 ; la navigation à vapeur, Denys Papin, 1698, Claude-François Dorothée et marquis de Jouflroy d’Abbans, 1776; l’hélice propulsive, Charles Dallery, 1805, le capitaine Delisle, 1825, et Frédéric Sauvage, 1852; le servo-moteur, Joseph Farcot, 1868; le marteau-pilon, François Bourdon, 1859; la machine à gaz, Philippe Lebon, d’Hubersin, 1801, Pierre Hugon, 1860, Jean-Joseph-Etienne Lenoir, 1860, et Alphonse-Eugène Beau de Rochas, 1862; la commande des freins à distance, Denys Papin, 1687, Désiré Martin et Yerdat du Trembley, 1860; le câble télédynamique, Ferdinand Hirn, 1850; le dynamomètre Morin, Arthur-Jules Morin, 1851; la mesure de l’élasticité par le spiral roulant, Edouard Phillips, 1869; le frein dynamométrique, Gaspard-Claire-François-Marie Riche, baron de Prony, 1821.
- On remarquera qu’aucune des grandes inventions mentionnées ci-dessus n’est antérieure à la seconde moitié du dix-septième siècle.
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- LA NATURE.
- UN NOUVEAU « PENNY-BOX» AUTOMATIQUE
- Le nombre des appareils automatiques qui vendent depuis votre poids jusqu’à votre photographie s’est considérablement multiplié pendant ees dernières années, mais il n’en existait pas encore un qui vendit de la lumière et — chose encore plus rare — qui rendît l’argent en cas de non-fonctionnement.
- Le problème est aujourd’hui résolu et la lacune comblée, grâce à l’ingénieux appareil de MM. Davies et Tourtel que nous allons présenter à nos lecteurs.
- Le but poursuivi par les inventeurs est de fournir aux voyageurs, en chemin de fer et en bateau, moyennant finances, et pendant un temps déterminé, au moment même où iis la désirent, une lumière douce et abondante leur permettant de lire, d’écrire et de se livrer aux mille et une occupations qui permettent de passer rapidement et agréablement le temps en voyage.
- L’appareil est constitué en principe par une sorte de tirelire portant en À une ouverture par laquelle on introduit les pièces de 10 centimes destinées à payer éventuellement l’allumage de la petite lampe à incandescence placée dans le bas. La pièce tombe en B et sert de point d’appui à un poussoir qui, en temps ordinaire, passe librement dans l’ouverture rectangulaire ménagée dans la partie du mécanisme représenté sur la gauche de la figure. Si l’on n’a pas introduit de pièce de monnaie, en appuyant sur le bouton placé sous l’indication Push hard, on ne produit pas de mouvement à l’intérieur de l’appareil ; mais si la pièce de monnaie a été préalablement introduite dans l’ouverture A, il se produit de deux choses l’une :
- 1° Si la lampe est en bon état, ainsi que les accumulateurs qui doivent lui fournir le courant et les connexions entre la source électrique et l’appareil, en appuyant sur le bouton, on remonte un mouvement d’horlogerie qui ferme le circuit pendant une demi-heure : ce circuit ainsi fermé allume la lampe et rend actif l’électro-aimant disposé au fond de la boîte.
- Cet électro-aimant maintient son armature atti- |
- rée, et lorsque l’on cesse d’appuyer sur le bouton, la lame en retour d’équerre qui maintenait la pièce, est retenue en arrière; la pièce de monnaie tombe à l’intérieur de la boîte et reste acquise à l’exploitation. Au bout d’environ 30 minutes, le mouvement d’horlogerie s’est déroulé, le contact se trouve rompu et tout revient dans la position d’attente.
- H faut introduire une nouvelle pièce de monnaie dans l’appareil pour avoir une nouvelle quantité de lumière. On peut d’ailleurs produire l'extinction avant le temps où elle se produirait automatiquement en appuyant sur un bouton plus petit, marqué extinguisher. En appuyant un instant sur ce bouton, on rompt le circuit, l’électro
- abandonne son armature et l’extinction reste acquise, tandis que le mouvement d’horlogerie continue à fonctionner. Il faut une nouvelle pièce de monnaie pour produire un nouvel allumage.
- 2° Si le filament est brisé ou la communication avec la source électrique interrompue en un point quelconque, la lame en équerre qui soutient la pièce en B n’est plus maintenue en arrière : elle revient en avant, sollicitée par un ressort disposé à l’arrière, et lorsqu’on cesse d’appuyer sur le bouton, au lieu de tomber à l’intérieur de la boîte, elle est guidée en avant et tombe en G, où il est facile de la recueillir. Grâce à ce dispositif ingénieux, l’appareil fournit la marchandise ou rend l'argent.
- En dehors de leur intérêt de curiosité, nous pensons que des appareils semblables disposés dans certains trains de luxe ou a bord des navires rendraient des services que les voyageurs ne trouveraient pas trop chers. On a bien déjà créé des appareils d’éclairage portatifs constitués par une petite trousse renfermant une pile ou des accumulateurs, mais l’entretien de la pile ou des accumulateurs constitue une sérieuse sujétion à laquelle fort peu de voyageurs veulent se soumettre : ces systèmes d’éclairage mobile n’ont obtenu jusqu ici aucun succès en pratique. Il n’en serait certainement pas de même pour les penny-box vendant de la lumière à quatre sous et même à dix sous l’heure.
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- LES FAÏENCES patriotiques .
- 11 n’y a pas fort longtemps que les collcction-neurs recherchent les anciennes faïences dites
- pati'iotiques que la plupart des fabriques de France et surtout celles de Ne vers, jetaient sur le marché à l’époque de la Révolution. C’est M. Champ-fleury qui a contribué jadis à les faire connaître : « J’appris a lire, dit l’éminent conservateur du
- Fig. 1. — Faïence patriotique liguraut un navire.
- musée de Sèvres, dans ces faïences, ou plutôt, j’appris une histoire toute particulière de la Révolution, en constatant par le nombre souvent répété
- Fig. 2. — Faïence patriotique liguraut un chariot attelé de hœufs.
- de certains types, combien quelques-uns avaient jadis répondu à l’esprit du peuple. Pour prendre un exemple, des milliers d’assiettes furent fabri-
- Fig. 3. — Faïence patriotique avec emblème la Réunion.
- quées par les potiers à la mémoire des mânes de Mirabeau, tandis que de très rares exemplaires constatèrent rémission des assignats; la création des assignats marquait une crise de la nation et il ne se trouva pas de potiers pour rehausser cette crise par des ornements patriotiques. Quelque peu enveloppé par les liens de l’idée fixe qui heureusement me soutenait pendant la longue période d’éluci-
- Fig. 4. — Faïence patriotique au ballon de 1784.
- dation de cette faïence parlante, je proposai dans mon enthousiasme de jeunesse, de placer dans un musée de l’Etat à la suite des salles ouvertes aux souvenirs des empereurs et des rois, l’art du peuple, l’art révolutionnaire. »
- Ce qui paraissait alors pour audacieux, est réalisé aujourd’hui. On peut apprécier cet art populaire si intéressant, si passionné, rempli de iinesse et d’es-
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- LA NATURE.
- prit, au musée Carnavalet à Paris, dans les musées de Nevers, de Rouen, d’Orléans et dans un grand nombre de collections particulières. On peut l’étudier surtout dans un magnifique ouvrage que viennent de terminer MM. C.-P. Fieffé et A. Bou-veault : Les faïences patriotiques nivernaisesl, qui nous donne la reproduction de tout ce qui a été fait dans les importantes fabriques de Nevers.
- Ces faïences patriotiques fournissent parfois des documents intéressants en dehors de l’histoire proprement dite ou des événements politiques. Voici un vaisseau à trois ponts parfaitement représenté .sur une vieille assiette de faïence nivernaise (fig. 1). Elle est datée de 1792 et porte comme légende : la Nation. En voici une autre qui nous montre un paysan conduisant un chariot attelé de bœufs; elle est datée de 1794 et porte comme légende: Vive l’abondance et ça ira. Nous emprunterons encore deux curieuses pièces au livre de MM. Fieffé etBou-veault, l’une figurant un emblème sur l’Union de la noblesse, du clergé et du peuple (fig. 5) ; l’autre se rattachant à la série des curieuses assiettes au ballon, antérieures à la Révolution, et qui ont été faites de 1783 'a 1780 au moment où la découverte des aérostats excitait l’admiration universelle.
- 11 faut feuilleter l’album de MM. Fieffé et Bou-veault pour se rendre compte de l’intérêt des anciennes faïences patriotiques : c’est l’histoire de la Révolution qui s’y trouve écrite avec la naïveté populaire, tour à tour guidée par l’enthousiasme et par la satire ; ce sont les humbles potiers qui ont laissé toutes ces curieuses manifestations de l’histoire, sur des assiettes alors destinées aux paysans, et que nos collectionneurs se disputent aujourd’hui.
- Nous félicitons les auteurs du magnifique ouvrage Les faïences patriotiques nivernaises; avec un esprit de recherche remarquable, une érudition incontestable et une patience à toute épreuve, ils ont élevé un monument qui sera apprécié par tous les amateurs des curiosités historiques.
- Gaston Tissandier.
- L’ASS0CI\TI0N FRANÇAISE ’
- l’ouu l’avancement des sciences
- SESSION DE PARIS 1889
- Le Congrès de 1 ’Association française, ayant pour président M. de Lacaze-Duthiers, a eu lieu cette année à Paris en raison de l’Exposition universelle. La ville de Paris a mis libéralement à la disposition de l’Association un crédit de 30 000 francs afin de lui permettre de tenir dignement ses assises, au moment où tant d’hôtes étrangers se trouvent réunis dans la métropole. La séance d’ouverture a attiré un nombre considérable d’auditeurs, le
- 1 Faïences patriotiques nivernaises, par C. P. Fieffé, conservateur du Musée céramique de Nevers, et A. Bouveault, architecte du département de la Nièvre. 1 volume de planches et de reproductions lithographiques en couleurs, avec Introduction, par Champtleury. In-tolio. Nevers, Imprimerie nivernaise.
- jeudi 8 août dans le grand amphithéâtre de l’Hôtel des Sociétés savantes. M. de Lacaze-Duthiers a prononcé le discours d’ouverture en développant cet important sujet: La méthode en zoologie. Le savant maître a terminé son allocution par quelques paroles pleines de patriotisme qui ont soulevé les applaudissements :
- « Je crois en avoir dit assez, s’est écrié M. de Lacaze-Duthiers, pour qu’il soit permis de repousser aussi énergiquement que dédaigneusement ces reproches, ces accusations malveillantes si souvent répétés, et représentant la France comme un pays où le travail scientifique se perd, où la décadence est proche. En présence de l’imposant spectacle auquel nous assistons depuis le mois de mai et qui se continuant avec un succès inouï, démontre au monde entier l’inanité de ces accusations, ouvrons nos assises, pleins de joie dans le présent, pleins d’espoir pour l’avenir; que nos travaux, aussi importants que variés, prouvent une fois de plus, dans cette année si féconde en manifestations pacifiques, que nous travaillons uniquement en vue du relèvement de notre pays, et que cette paix dont on parle tant ailleurs, sans y croire peut-être beaucoup, est la seule préoccupation des hommes sensés et sérieux de la France! de la France, qui est et veut rester libre et indépendante ! que rien ne pourra détourner des sentiments généreux et patriotiques dont elle fut toujours animée. »
- Parmi les excursions qui ont été faites, nous mentionnerons la visite de l’Observatoire d’astronomie physique, à Meudon, où M. Janssen a reçu les membres de l’Asso-ciation française. — Les séances des sections ont eu lieu du 8 au 14 août, et le Congrès de l'Association française s’est terminé par un banquet qui a été donné au premier étage de la Tour Eiffel.
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- CHRONIQUE
- Fumivorité des foyers. —Cette éternelle question a récemment donné lieu à des discussions et à des expériences, à Manchester. La population de cette ville avait émis de nouvelles plaintes au sujet des inconvénients de la fumée, et on avait été jusqu’à attribuer à cette cause l’augmentation, probablement passagère, de mortalité qui a été constatée depuis peu à Manchester. Certains manufacturiers soutenaient que l’oxyde de carbone, l’élément le plus dangereux contenu dans la fumée, se forme plus facilement quand le feu est clair et la combustion parfaite, que quand l’imperfection de la combustion donne lieu à ces dégagements de fumée noire dont on recherche la suppression. C’est précisément le contraire qui est vrai; mais, pour convaincre tout le monde, M. Fletcher a procédé à une série d’expériences en règle. Il a analysé 52 échantillons de fumée provenant des foyers les plus divers, et il a constaté presque toujours, comme on devait s’y attendre, l’absence d’oxyde de carbone quand la combustion s’opère dans de bonnes conditions. L’oxyde de carbone n’a été trouvé qu’exceptionnellement dans les cas où la fumivorité est complète. Au contraire, l’oxyde de carbone existe toujours dans les fumées noires dues à une combustion imparfaite. La proportion varie de 0 à 3,25 pour 100.
- Emploi (le l’ammoniaque comme antiseptique.—11 y a quelques années, d’après le Scienlifie American, le Dr B. W. Richardson, dans une communication à la « Medical Society », a appelé l’attention sur les propriétés antiseptiques de l’ammoniaque, et a montré que
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- le- sang, le lait et autres liquides susceptibles de s’altérer facilement, peuvent se conserver pendant longtemps quand on y ajoute une certaine quantité d’une dissolution ammoniacale; de même, les substances solides, telles que la viande, se conservent en vase clos rempli de gaz ammoniac. Ces résultats ayant été mis en doute, sous prétexte que l’ammoniaque est un produit de décomposition, le Dr Gottbrecht, de l’Université de Greifswald, a refait ces expériences, et les résultats qu’il a obtenus confirment absolument ceux du I)r Richardson. Après quelques essais préliminaires, dans lesquels une matière animale, placée dans une dissolution ammoniacale à 5 pour cent, a été trouvée intacte au bout de près de deux ans, le Dr Gottbrecht a trouvé plus commode d’employer le carbonate d’ammoniaque. — 11 a d’abord opéré sur les intestins lavés de porcs fraîchement tués, et a trouvé que le pouvoir antiseptique du carbonate d’ammoniaque dépend de la concentration de la dissolution, une dissolution à 1 pour 100 retardant la putréfaction de trois jours seulement, tandis qu’une dissolution à 10 pour 1001a retarde de seize jours. Une dissolution à 5 pour 100, ajoutée à de la gélatine à laquelle on a communiqué un commencement de putréfaction par inoculation, arrête la putréfaction; une dissolution à 2 et demie pour 100 empêche le développement des bactéries. D’autres expériences ont prouvé que la viande se conserve pendant six mois dans une atmosphère imprégnée de carbonate d’ammoniaque, et reste presque sans altération au bout de ce temps.
- Citronniers et Orangers en Amérique. — La
- Sicile expédie chaque année aux États-Unis d’énormes' quantités d’Oranges et de Citrons, transportés généralement par des bâtiments anglais, mais les Américains ont depuis longtemps songé à se soustraire à ce tribut et les plantations d’Orangers et de Citronniers prennent une telle extension en Californie et en Louisiane, que l’importation des fruits siciliens est appelée à cesser prochainement. Déjà même le produit de la vente sur les marchés américains est souvent insuffisant pour payer le fret, car les plantations ont subi en Sicile un accroissement énorme amenant un excès de production. Le climat de cette île, qui ne connaît pas les gelées, est cependant beaucoup plus favorable à la culture du Citron que celui de la Floride où beaucoup d’arbres ont été détruits par le froid en 1887.
- lies postes des principaux pays. — Le nombre des bureaux de poste est : aux Éiats-Unis. de 57 546 ; en Angleterre, de 17 587; en Allemagne, de 17 547; en France, de 7 296. La poste américaine a expédié l'année dernière plus de 5 576 millions de lettres et imprimés, la poste anglaise 2 279 millions, celle d’Allemagne, 1716 millions, celle de France, 1 400 millions; ce qui donne une moyenne d’envois postaux de: 71 par habitant aux États-Unis, 62 en Angleterre, 41 en Allemagne, 57 en France.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 août 1889.— Présidence deM. Des Ci.oizeaix.
- Anthropologie. — M. de Quatrefages fait hommage à l’Académie de la deuxième partie de l’Introduction à l’étude des races humaines. La première partie de cet ouvrage a été consacrée à l’étude des questions primordiales de l’anthropologie; la seconde est dévolue à la comparaison et à la classification des races humaines. M. de Quatrefages n’en compte pas moins de 172 issues de trois
- troncs, blanc, jaune, noir. Le berceau commun de ces trois troncs paraît avoir été le massif central de l’Asie, la race blanche à l’ouest, la race jaune au nord, la race noire à l’est. La race noire a paru longtemps avoir possédé deux centres, la Mélanésie et l’Afrique. Mais il n’y a là que l’effet des migrations accomplies sous l’action refoulante de la race jaune vers l’ouest d’abord puis vers l’Afrique. L’Europe n’a reçu que les blancs, mais les pro-toséinites et les noirs se sont partagé l’Afrique. Toujours sur les points de contact des races, le métissage s’est produit donnant lieu à de nouvelles espèces. L’ouvrage de M. de Quatrefages ne compte pas moins de 600 pages illustrées de 400 dessins et de 8 cartes. Dans l’une d’elles on a recherché l’influence de la superposition des races sur la linguistique et M. Maury est devenu le collaborateur de M. de Quatrefages.
- Physiologie. — M. Sappey entretient l’Académie des avantages de la méthode thermo-chimique sur la méthode dite des Coupes, pour l’étude histologique de l’appareil vasculaire des animaux et des plantes.
- Physique. — M. Lechatellier s’est appliqué à l’étude du coefficient de dilatation du quartz; il a constaté que vers 570 degrés, le coefficient de dilatation de ce corps éprouve un brusque changement. Yu l’extrême difficulté d’opérer des déterminations précises à une température aussi élevée. M. Lechatellier a essayé l’emploi de la lumière, et a observé qu’à cette température, le quartz devient biréfringent très énergiquement. C’est ainsi qu’une lame taillée perpendiculairement à l'axe optique, plus large qu’épaisse, donne une double réfraction très forte tandis qu’à la température ordinaire, ce cristal est peu réfringent. Ce phénomène se produit en sens inverse, si l’on opère sur un fragment de quartz échauffé au delà de 570 degrés, dont la température s’abaisse. — M. Lipp-mann communique des recherches théoriques sur les lois de l’induction dans les circuits sans résistance.
- Chimie. — M. de Sehulten, professeur à l’Université d’Ilelsingfors, a préparé à l’état cristallin l’hydrate de fer et l’hydrate de cobalt. Les cristaux sont microscopiques.
- Varia. — M. Cotteau fait hommage d’un ouvrage intitulé l'Homme préhistorique en Europe, et M. Salomon Reinach d’un livre sur les Antiquités du musée de Saint-Germain. — M. Marey communique, au nom d’un correspondant, un traité théorique d’équitation basé sur l'étude ehronographique des mouvements du cheval dans ses différentes allures. — M. Milne-Edwards remet un livre sur les protozaires recueillis par la mission du cap Ilorn. — L’Académie se forme en comité secret pour délibérer sur l’acceptation d’un legs.
- Stanislas Meunier.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- LES TROIS GLACES
- Nous allons présenter à nos lecteurs la solution d’un problème que le hasard de nos pérégrinations à la recherche des curiosités de tout genre a mis sur notre route, et qui consiste a donner a un petit nombre de personnes l’illusion complète d’une loule innombrable.
- Cette intéressante récréation scientifique était ex-
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- LÀ NATURE
- posée il y a quelque temps dans un établissement public voisin de l’Exposition universelle et qui n’existe plus aujourd’hui ; mais il n’est pas douteux que nous aurons bientôt l’occasion de le revoir dans nos fêtes foraines.
- La réalisation de cette illusion d'optique est d’ailleurs des plus simples et ne demande qu’un matériel tout à fait élémentaire.
- Concevons trois glaces bien planes et bien claires, aussi grandes que possible et formant un prisme droit dont la base est un triangle équilatéral. Une personne placée à l’intérieur de ce prisme verra son image réfléchie un très grand nombre de
- fois : une construction géométrique très simple et que nous recommandons à nos jeunes lecteurs de réaliser à titre d’exercice d’optique, par simple application du principe de l’angle d’incidence égal à l’angle de réflexion, permet de voir que l’image d’uu point quelconque placé au milieu de ce triangle de glaces sera reproduite indéfiniment par groupes de six images distribuées symétriquement autour de points régulièrement espacés dans les prolongements des plans des trois glaces.
- Une seule personne voit donc son image reproduite indéfiniment par bouquets de six jusqu’à ce que les réflexions successives atténuant l’intensité des
- Les (rois glaces. — Images produites par la réllexiou de trois personnes placées au milieu de trois glaces formant un prisme droit à base de triangle équilatéral. — La vue est prise devant une glace qui ne ligure pas sur le dessin.
- images, celles-ci cessent d’êtres visibles. Trois ou quatre personnes massées dans un des angles, donnent l'illusion d’une foule compacte et variée attendant, rangée sur des trottoirs, le passage d’uu cortège. Les chapeaux agités en l’air transforment l’attente pacifique en une manifestation enthousiaste, d’autant plus surprenante quelle est laite par une demi-douzaine de personnes au maximum. La figure ci-dessus peut donner une idée de ect efl'et remarquable, et les trois personnes dont les images réfléchies à l’infini produisent le résultat curieux que nous signalons, ont elles-mêmes beaucoup de peine à croire qu’elles sont le jouet d’une illusion.
- L’expérience n’est pas autre chose, en somme, que l’antique kaléidoscope, agrandi et rajeuni, en ce sens que l’observateur a sous les yeux les réflexions
- successives de sa propre image, et que les objets sont remplacés pas des êtres vivants et mobiles à volonté. Cinq ou six personnes peuvent occuper à la fois le prisme triangulaire de 2 mètres de côté environ dans lequel elles sont enfermées, et où elles ont pénétré par une trappe ménagée dans le plancher. Lorsque ces cinq ou six personnes se promènent dans tous les sens, elles présentent l’aspect d’une foule houleuse et agitée, commentant de graves événements.
- Toutes nos félicitations à l’auteur anonyme de cet amusant et instructif spectacle, qui a le grand mérite d’avoir su présenter sous une forme attrayante un principe d’optique peu récréatif en soi. Dr Z...
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandiek.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE
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- LÀ NAVIGATION AÉRIENNE
- A PROPOS D’UN AÉROSTAT DIRIGEABLE PERDU EN MER AUX ÉTATS-UNIS
- Depuis les expériences de navigation aérienne qui ont été faites à Chalais-Meudon en 1883, un temps d’arrêt a été marqué dans l’histoire de l’aéronautique; nous allons examiner la cause de cette interruption dans les résultats obtenus ; mais nous voulons auparavant parler d’une tentative qui a été faite récemment à Brooklyn, aux États-Unis, et qui s’est terminée par une catastrophe à ajouter
- h la liste déjà longue des drames aériens.
- Un ingénieur américain, M. Peter C. Campbell, a construit dans le cours de cette année un aérostat dirigeable du système de ceux qui ont été expérimentés de ce côté de l’Atlantique, depuis le ballon allongé de Giffard en 1852, jusqu’au ballon La France qui, pour la première fois est revenu à son point de départ en 1883. L’aérostat de M. Campbell, que représente notre figure, était de forme ovoïde ; muni à sa partie inférieure d’une nacelle allongée rigide, il était pourvu de plusieurs systèmes d’hélice, dont nous mentionnerons seulement les deux principaux : à l’avant une hélice verticale à deux pa-
- Aûrostat dirigeable de M. C. Campbell expérimenté à Brooklyn (États-Unis) et perdu en mer le 10 juillet 1880.
- lettes pour la propulsion du navire aérien; et au milieu une hélice horizontale à plusieurs ailettes pour les mouvements d’ascension et de descente. Un gouvernail rectangulaire fonctionnait à l’arrière. L’aérostat, confectionné très légèrement en soie de Chine, était de petit volume; sa longueur ne dépassait pas 18 mètres; gonflé au gaz de l’éclairage, il ne pouvait enlever qu’un seul voyageur. De moteur mécanique, il n’en est pas question dans cet aérostat minuscule, et c’est l’aéronaute lui-même qui devait actionner les hélices. Or, la puissance d’un homme ne saurait excéder 8 à 10 kilogrammètres par seconde, et ce moteur animé était assurément d’une insuffisance qui aurait dû être prévue.
- Quoi qu’il en soit, M. Campbell confia le soin d’expérimenter son système à un aéronaute déjà
- 17* usée. — 2* semestre.
- connu aux États-Unis, M. E.-D. Hogan. Le navire aérien s’éleva à 10 heures du matin d’une usine à gaz de Brooklyn, et le vent des régions supérieures le dirigea vers l’Atlantique. Plusieurs navires l’aperçurent dans les airs vers le sud de Long Island; à midi 50 minutes, c’est-à-dire deux heures et demie après son départ, on le perdit de vue. Deux capitaines de navire ont raconté qu’ils avaient aperçu en mer un ballon, à très grande distance, mais depuis, on a cessé d’avoir des nouvelles de l’aérostat dirigeable et de son infortuné pilote qui aura vraisemblablement été se perdre dans les profondeurs de l’Océan.
- Cette tentative malheureuse renferme ses enseignements. Elle nous montre d’abord encore une fois, ce que des aéronautes imprudents ont trop
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- LA NATURE.
- souvent paru ignorer, qu’il est bien téméraire de s’engager en pleine mer avec un aérostat de petit volume qui ne saurait rester dans l’atmosphère un temps suffisant pour accomplir de grandes traversées. La seule ressource du voyageur aérien, lorsque tout son lest est dépensé, et que la pesanteur l’a ramené à la surface océanique, est de recourir à l’aide de l’équipage d’un navire, mais il ne se trouve pas toujours un navire à point nommé au milieu des mers, pour opérer un sauvetage, et faut-il encore pour que le sauvetage réussisse, que le temps soit calme et la vague clémente.
- L’insuccès de l’expérience américaine au point de vue de la direction de l’aérostat est enfin dû a l'insuffisance du moteur.
- Quelques esprits ingénieux, qui s’occupent du problème de la navigation aérienne, s’attachent aux détails de forme et de construction du navire aérien, avant de se préoccuper de ce qui est faîne du système, c’est-à-dire du moteur qui lui assure la propulsion. Pourquoi les expériences aéronautiques de Chalais-Meudon, après celles que nous avons exécutées à Auteuil, mon frère et moi en 1885, sont-elles restées en suspens? Parce que l’aérostat la France, qui a donné jusqu’ici les résultats les plus satisfaisants que l’on ait jusque-là obtenus dans les expériences de navigation aérienne, avait seulement une vitesse propre de 6 mètres par seconde : ce navire aérien n’était dirigeable que lorsque les courants atmosphériques avaient une vitesse inférieure à 6 mètres par seconde. Or, pour que le vent ait une intensité aussi faible, il faut un temps calme, assez rare dans nos climats. L’aérostat la France, pour fonctionner par les temps ordinaires, âvec des vents d’intensité moyenne, devrait avoir une vitesse propre de 10 à 12 mètres par seconde ; mais comme le poids qu’un ballon peut enlever, est limité, il faudrait, pour obtenir un tel résultat, avoir à bord un moteur aussi léger que celui dont on s’est servi lors des premières expériences, et ayant une puissance beaucoup plus grande. Le problème de la navigation aérienne consiste, aujourd’hui à trouver un moteur beaucoup plus léger que tous ceux dont on dispose actuellement dans l’industrie ; nous entendons par moteur l’ensemble du système mécanique comprenant : 1° le générateur d’énergie ; 2° la machine ; 5° le propulseur; et 4° la provision de combustible, charbon ou pétrole s’il s’agit de vapeur, produits chimiques s’il s’agit de moteurs électriques ou autres, nécessaires pour l’alimentation pendant un espace de temps de quelques heures. Ce problème n’est assurément pas insoluble, mais il offre de très grandes difficultés; et ces difficultés sont celles qui entravent aujourd’hui les progrès de la navigation aérienne.
- Un certain nombre de personnes vous diront : mais vous n’arriverez jamais à donner aux aérostats une vitesse propre suffisante pour remonter les courants aériens d’intensité moyenne ; il faut abandonner les ballons et recourir hardiment aux appareils d’aviation, au plus lourd que l’air. N’oublions pas
- ipie pour s’engager dans cette voie, ici encore il faut des moteurs légers, plus légers même que pour l’aérostat allongé.
- Nous croyons qu’il est sage de procéder méthodiquement et de commencer par la navigation aérienne par ballons. 11 se peut que dans l’avenir les ballons dirigeables conduisent à l’aviation, mais quoi qu’il en soit, aéronautes ou aviateurs ne peuvent rien faire sans des moteurs légers.
- Gastox Tissaxmek.
- CINQUANTENAIRE DE LA PHOTOGRAPHIE
- Le lundi 19 août 1889, il y a eu juste cinquante ans qu’Arago, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, révélait au public les procédés à l’aide desquels Niepcc et Daguerre ont créé la photographie. Par une coïncidence bizarre, le 19 août de l’année 1889, était également un lundi. Une fête a été organisée pour célébrer cet anniversaire par les sociétés photographiques de Paris qui comprennent la Société française de photographie, la Chambre syndicale de photographie, la Société d'excursion des amateurs de photographie, la Société d'études photographiques, et le Photo-Club de Paris.
- Un banquet qui réunissait plus de cent convives a eu lieu dans la grande salle des fêtes de l’Hotel Continental, sous la présidence deM. Janssen. M. Edison, l’illustre inventeur américain, honorait la réunion de sa présence ; dans la ournée, M. Janssen, comme nous le disons dans une autre partie de ce journal (Yoy. Académie, p. 207), présenta M. Edison à ses collègues de l’Académie des sciences. En ouvrant la série des toasts, il a profité très heureusement de cette circonstance. En voyant, dit-il, que M. Edison assiste au cinquantenaire d’une invention française, il m’a semblé que le génie de l’Amérique tendait la main au nôtre. Puis, dans une brillante improvisation, il a cherché à se représenter ce que serait le centenaire de la photographie. 11 a dépeint toutes les nations étrangères, venant rendre hommage aux inventeurs de cet art admirable qui a appris à fixer la lumière, comme Edison a appris à fixer les sons.
- « Alors, a-t-il ajouté, les étrangers ne viendront pas seulement en chemin de fer, mais même en ballon. On ira en pèlerinage à Chàlons comme plus tard, dans un autre centenaire, on ira à Menloo-Park, pour retrouver les-traces de tant d’admirables inventions..))
- Après l’éloquente allocution de M. Janssen, la parole a été donnée à M. Larroumet, directeur de Beaux-Arts, qui a développé cette idée, que les artistes et les photographes n’étaient séparés que par un malentendu qui se dissiperait* et que la photographie avait fait pour les chefs-d’œuvre des artistes, ce que l’imprimerie avait fait pour les œuvres des penseurs.
- M. Davanne a pris alors la parole au nom de la Société de photographie. Il a rappelé le zèle avec lequel le plus éminent des astronomes avait commencé par obtenir du Gouvernement une récompense nationale en faveur des inventeurs de la photographie avant de divulguer, dans la séance du 19 aoùtl859, les procédés découverts au prix de tant de recherches et d’un bonheur inouï. En effet, il est encore impossible aujourd’hui de se figurer par quelle merveilleuse association d’idées, Daguerre est arrivé à la conception de l’image latente, à deviner le rôle que la vapeur de mercure jouerait dans sa révélation.
- M. Léon Aidai a porté, au nom de la Presse photogra-
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- phique, un toast à l’Administration, et montré les avantages de tout geure qui résulteraient d’un enseignement photographique, n’excluant pas celui de l’art du dessin.-11 a rappelé également le nom de M. Peligot, président d’honneur du banquet, que la maladie retenait écarté de cette solennité.
- M. Gyldin, membre de l’Académie des sciences de Stockholm, a répondu, au nom des hôtes étrangers, au toast de M. Janssen et a dit, en terminant, qu’une fête française était toujours une fête internationale, la France étant le cœur de l’humanité.
- M. Zenger, membre de l’Académie des sciences de Prague, a rappelé que, dans un passage réellement prophétique de son immortel Rapport, Arago a deviné que la photographie permettrait de voir des choses que l’œil humain ne verrait point sans son secours, et a ajouté que c’était M. Janssen, le président de cette fête, qui s’était chargé de donner à cette prophétie la sanction de la réalité.
- Plusieurs pièces de vers, l’une par M. Chardon, et l’autre par M. Guimard, ont été récitées. Pendant le dîner un orchestre s’était fait entendre, et après le dessert un concert brillant a commencé. 11 s’est prolongé jusqu’à une heure fort avancée. La réunion était très nombreuse, et s’est séparée à regret. M. Edison a été très particulièrement entouré, et il paraissait fort joyeux du sympathique accueil qui lui était fait1.
- LES STATIONS QUATERNAIRES
- DES ENVIRONS DE» LORREZ-LE-IiOCAGE (SEINE-ET-MARNE
- A 100 kilomètres de Paris, près de l’extrémité sud-est de la forêt de Fontainebleau et dans une vallée inconnue des touristes, existe une curieuse petite rivière nommée le Lunain. Après un parcours de quelques lieues, brusquement elle disparaît dans un gouffre, coule souterrainement l’espace de 12 à 15 kilomètres, puis reparaît en une belle source, et achève paisiblement son cours en allant mêler scs eaux à celles du Loing, aux environs de Nemours.
- C’est sur les bords de sa vallée que se trouvent les stations préhistoriques que je vais décrire et qui m’ont fourni certains objets d’un type absolument nouveau.
- Au nombre de plus de dix, elles s’échelonnent sur une longueur de 3 lieues environ, chacune d’elles occupant une sorte de cap, aigu ou arrondi, que forme l’intersection de la vallée principale avec une sorte de ravinement du sol, aujourd’hui desséché. L’une d’elles possède encore un superbe menhir
- 1 Nous tenons à ajouter nos hommages personnels à ceux qui sont adressés à si juste titre à l’inventeur du télégraphe quadruplex, de la lampe à incandescence, du phonographe et de tant d’autres merveilles de la physique moderne. — Nous avons eu l’honneur de voir à Paris M. Edison qui a eu la bonté de nous dire qu’il lisait chaque semaine La Sature à Menloo-Park, et qu’il s’intéressait beaucoup à notre publication et à toutes les choses d’actualité qu’on y faisait connaître.; Aucun éloge ne pouvait nous être plus précieux, que cette appréciation d’un des plus grands inventeurs de notre siècle. Nous préparons pour notre prochaine livraison, une notice spéciale sur les plus récentes expériences de l’illustre savant américain, dont nous avons d’ailleurs publié te portrait dans une de nos précédentes livraisons (Yoy. n° 831, du 3 mai 1889). G. T.
- de grès haut de 3 mètres, nommé la « Pierre Fitte », et qui domine le hameau de Vaupuiseau.
- Groupées tout au bord du plateau, comme le prouvent les amas de silex taillés qui ne s’éloignent pas de ce bord de plus de 200 mètres, les huttes devaient former des villages peu considérables. Leur longueur varie selon l’écartement des deux ravins qui les bordent, de 500 à 800 mètres.
- La beauté du site, l’agrément de la vallée et sa facile défense semblent avoir fait choisir ce lieu comme habitation dès l’apparition même de l’homme en France, car chacune de ces stations renferme, mélangés, les instruments types qui caractérisent les différentes périodes de l’àge de pierre1. En effet, parmi les quelques milliers d’objets que j’y ai ramassés se trouvent de beaux spécimens des haches acheuléennes, des pointes solutréennes et moustériennes, et enfin de superbes échantillons de l’industrie néolithique.
- La station la plus curieuse de toutes est située aux portes du village de Lorrez-le-Bocage (Seine-et-Marnc) au lieu dit « les Pierrières ». Profondément découpé en cet endroit, le plateau envoie en avant une petite presqu’île bordée sur trois côtés de pentes assez raides : le Lunain coule tout au pied, et à peu de distance sortent de terre des sources d’une limpidité et d’une transparence exceptionnelles. Grâce à ces avantages, cette cité paraît s’être mieux développée que toutes ses voisines et être devenue un centre important. C’est la seule dans laquelle j’aie constaté la présence d’un atelier de tailleur de silex. Une dizaine de marteaux ou percuteurs, plusieurs centaines de nuclei, des ciseaux à bois tout à fait analogues à ceux de nos menuisiers actuels, plusieurs petites scies, un nombre considérable de fragments de rebut, de longs et minces éclats dits couteaux, le tout en silex, tels sont les vénérables témoins de l’existence de cet atelier primitif.
- Non contents de répandre les produits de leur propre fabrication, les babilants de ce bourg, au moins à l’époque néolithique, durent se livrer a un véritable commerce d’échange avec des peuplades fort éloignées. En effet, à cette station des Pierrières ont été trouvées une hache et une flèche néolithiques, dont M. Stanislas Meunier, avec son ama-
- 1 L’un des savants les plus compétents en ces matières, M.le I)r Émile Rivière, résumant, an sujet des mêmes stations dans la Itcvue scientifique, une note que j’ai présentée à l’Académie des sciences (Séance du 1er juillet 1889), termine en disant •. « Nous ajouterons que ces stations que l’auteur considère comme quaternaires nous paraissent bien plutôt néolithiques, d’après un certain nombre des objets que l’auteur y a recueillis. » Il y a ici, je crois, un simple malentendu. Les objets décrits dans cette note forcément restreinte appartiennent en effet au type néolithique. De même, quelques dessins ([ue M. Rivière a eu occasion d’examiner, représentent, parmi les objets que j’ai recueillis à ces stations, les plus achevés comme travail. Rien détonnant dès lors qu’ils appartiennent à la période la plus récente de l’àge de pierre. Mais à côté de ceux-ci, et mélangés avec eux dans la plupart des stations, on a trouvé des objets appartenant évidemment aux périodes antérieures.
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- bilité habituelle, a bien voulu me déterminer la matière. La première est en diorite, la seconde en syénite, roches dont les gisements les plus proches sont les montagnes du Morvan.
- Parmi les pièces remarquables que j'ai trouvées tant dans cette station que dans toutes celles de cette vallée, je citerai deux crocs et un hameçon en silex, qui, selon l’avis de M. A. Bertrand, directeur, et de M. S. Heinach, sous-directeur du musée de Saint-Germain-cn-Laye, sont jusqu’ici uniques en leur genre. Tous trois portent le bulbe de percussion bien développé et sont couverts d’une profonde patine blanche.
- Le plus gros crochet a 0,091 ni de longueur, 0,069 m de largeur maxima et 0,029 m d’épaisseur.
- Un peu au-dessus du point où le croc se sépare du montant, ce dernier porte un petit étranglement demi-naturel, demi-taillé, et qui devait assurer la stabilité de la suspension. Enfin au-dessous de cet étranglement la peau primitive du silex a été laissée sur une longueur de 4 centimètres et sur une largeur de 2 centimètres environ.
- Le crochet moyen est d’un travail en quelque sorte plus habile, en ce sens que la courbure du croc a été obtenue, semble-t-il, d’un seul coup de marteau.
- Enfin le petit hameçon a dù être taillé par un ouvrier des plus adroits, je dirais presque par un artiste, tant il est délicat. Ses dimensions n’excèdent pas 22 millimètres de longueur, 12 millimètres de
- Huches eu silex, crochets et hameçons des stations quaternaires de Lorrez-le-Hoeuge (Seinc-et-Marne.)
- largeur maxima et 5,5 mm d’épaisseur. Deux haches aussi sont extrêmement remarquables de forme : l’iine très grossière, l’autre assez finement taillée et que représente le dessin ci-dessus. L’un de leurs bords, au lieu d’être taillé en tranchant, est épais et forme une face tout à fait plane.
- De minuscules hachettes d’enviroo q uontimètres de long sur 3 centimètres de large, taillées avec grand soin et qui certainement n’ont jamais servi, semblent être des haches funéraires ou plutôt des haches votives, consacrées aux divinités de ces premiers âges : car l’idée assez naturelle qu’elles ont pu être de simples jouets d’enfants est tout de suite écartée par leur état même de conservation et d’intégrité.
- Si j’en excepte les deux objets néolithiques dont j’ai déjà parlé, tous les instruments de ces stations sont en silex gris ou bleu, dont l’origine première I
- est la craie blanche, fort abondante dans la contrée : ce fait est attesté non seulement par les caractères minéralogiques de ces silex, mais par des fossiles même de l'étage sénonien (Terebratula octoplicata, épines et écailles d’oursins, etc.) qui apparaissent sur les faces de quelques haches ou grattoirs.
- La patine de quelques-uns de ces instruments est fort curieuse : d’un blanc éclatant ou légèrement bleuté dans les terres argileuses, elle varie du jaune clair au brun et du rose tendre au rouge foncé dans les sables ferrugineux.
- Enfin je dirai en terminant que jusqu’ici aucun ossement n’a été trouvé dans ces stations et que l’ameublement intérieur des huttes n’est représenté que par de rares fragments d’une poterie très siliceuse, noirâtre ou rougeâtre, et tout à fait dépourvue d’ornements. Armand Viré.
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- VOYAGE A CHEVAL
- de Loriîsv (rcssie) a paris
- On sait toute l’importance que présentent actuellement, au point de vue militaire, les questions qui
- se rattachent à la cavalerie et qui touchent par conséquent à l’équitation et au cheval. Tous ceux qui s’intéressent à ces questions, ont appris le véritable tour de force accompli par un jeune lieutenant de dragons de l’armée russe, M. Michel Asséelf qui est venu à cheval du fond de la Russie à Paris ayant
- l'ig. !• — M. Michel Asséeff, lieutenant de dragons de l’armée russe. Voyage à cheval de Loubny (Russie) à Paris.
- parcouru l'énorme distance de 2635 kilomètres en 1 visite de M. Asséetf et nous nous empressons d’offrir 30 jours. Nous avons eu l’honneur de recevoir la | à nos lecteurs des renseignements précis sur ce
- Fig. 2. — Carte du voyage à cheval de M Michel Asséeff, de Loubny (Russie) à Paris. Les points noirs indiquent les localités où ont eu lieu les principaux arrêts. Ces points réunis forment un parcours de 2633 kilomètres, exécuté en 30 jours.
- voyage qui peut être qualifié d’extraordinaire.
- M. Michel Wassilewitch Asséeff, lieutenant au 26e régiment de dragons de l’armée de S. M. l’Empereur de Russie, est né' au Caucase, où son père est général des Cosaques. Il embrassa très jeune la carrière militaire, car âgé de 25 ans il compte déjà 8 ans de service.
- La réalité ne dément point l’idée qu’on se fait d’un cavalier aussi énergique : M. Asséeff mesure 1 mètre 80 cent, et jouit de la santé la plus robuste; son poids au début du voyage était de 85 kilogrammes, à l’arrivée il était réduit à 81 kilogrammes.
- Ce voyage a été décidé à la suite de fréquentes
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- LA NATURE.
- discussions entre officiers : il s'agissait de prouver jusqu’où pouvait aller l’endurance des chevaux russes d’olficier et de troupe, ainsi que du cavalier.
- M. Asséelî lit ce qu’on appelle en Russie un « pari d’honneur ». 11 choisit dans le régiment deux chevaux qui n’avaient subi aucun entrainement préalable et se mit en route avec un léger bagage et sans autres précautions. Le poids total du cavalier et du harnachement était de 100 kilogrammes.
- Les deux juments qui avaient mérité le choix de M. Àsséeff étaient fort différentes, il est facile du reste d’en juger sur la photographie que nous reproduisons, d’après le cliché de la Photographie hippique (lig. 1). La première, celle qui est représentée tenue en main, Diana, est un cheval d’officier, trois quarts de sang, anglo-cosaque du Don, par Emir, p. s. anglais et Kouba, du haras du comte Gendri-kolf ; elle est haie, âgée de 5 ans et mesure 1,58 m. La seconde, Vlaga, est un cheval de troupe originaire de la Nouvelle-Russie; elle est baie, âgée de 7 ans et mesure 1,55 ni.
- M. Asséeff, durant les premiers jours, s’efforça de mettre ses chevaux en état; il ne les faisait marcher d’abord qu’au pas allongé entrecoupé toutes les demi-heures par 5 minutes de trot; les jours suivants 5 minutes tous les quarts d’heure, enfin et pendant le reste du parcours il alterna le pas et le trot chacun pendant 10 minutes. La distance parcourue était, pendant les premiers jours, de 48 kilomètres par jour; elle atteignit 115 kilomètres dans les derniers temps. Le cavalier montait ses deux chevaux chacun une demi-journée à la façon turcomane. Lorsque Diana était montée, Vlaga suivait en liberté.
- Le travail effectif du cavalier et de ses chevaux a été de 540 heures, soit en moyenne 11 heures de travail par jour et une vitesse de 8 kilomètres à l’heure.
- Le cavalier apporta à nourrir ses chevaux le même soin qu’à régler leur allure; il ne leur donna les premiers jours que du son et du foin, ensuite, moitié avoine et moitié son, piiis enfin avoine pure assaisonnée quelquefois d’un peu de sel. Les deux chevaux mangeaient alors en moyenne 54 livres d’avoine et 9 livres de foin, par jour, selon leur plus ou moins d’appétit ; le cavalier augmentait ou diminuait l’étape. Deux fois il les fit ferrer complètement pendant le parcours et, vu 1 état deséeheresse extrême du terrain, il dut à plusieurs reprises leur glycériner les sabots.
- L’itinéraire de Loubny-Kiew à Paris fut tracé au moyen d’un fil tendu sur la carte d’Europe, traversant la Yolhinie, la Pologne, la Silésie, la Rohême, la Bavière,le Darmstadt, l’Oldenbourg, les Provinces Rhénanes, le Luxembourg et la France (fig. 2). Ce trajet de'"2655^ kilomètres fut effectué en 50 jours.
- La Russie fôf traversée en 15 jours, l’Allemagne en 7, l’ÀütricherHongrie 4, le Luxembourg 1, la France 5, passant par : Kiew, Novgorod, où pris pour un officier hongrois il fut arrêté, Wladimir, Glatz, Carlsbad, Darmstadt, Trêves, Luxembourg, Longwy, Montmédy, Reims, Château-Thierry, Meaux, etc.
- M. Michel Asséeff a* été accueilli à Paris avec les
- honneurs qui sont dus à son énergie, et avec la sympathie (pie rencontreront toujours chez nous les officiers d’une nation amie. Mais il a trouvé une récompense autrement élogieuse pour lui, dans la haute approbation de S. M. l’Empereur de Russie, qui a vivement apprécié sa prouesse hippique.
- Le jeune officier de dragons de l’armée russe a reçu en outre, le 28 juillet dernier, une médaille d’or de la Société protectrice des animaux. 11 a été prendre des mains du président cette médaille, aux applaudissements de tous les assistants qui n’ont; pas manqué l’occasion de faire une manifestation en faveur de la Russie. M. Asséeff y a répondu en s’écriant : « Vive la France ». G. T.
- ——
- MINES ET MINEURS ÂU JàPON
- L’industrie minière, du Japon, du moins en ce qui concerne les métaux, paraît moins importante qu’elle ne l’était jadis : on prétend que, au dix-septième siècle, les Portugais en exportaient annuellement pour près de 20 millions d’or pur; les mines d’or n’ont plus aujourd’hui un rendement rémunérateur. On exploite toujours activement les mines de cuivre, d’argent et de fer; pour ces dernières un centre d’extraction fort important est dans l’archipel des Kouriles. — Mais la vraie richesse minière du Japon consiste dans des couches de houille très importantes. D’après Lymau, les seules mines de l’ile de Yéso renfermeraient une quantité de charbon qu’il évalue à 400 milliards de tonnes, (( assez pour subvenir à la consommation actuelle du monde pendant vingt siècles ».
- 11 peut être assez intéressant de noter quel est le genre de vie des mineurs japonais. Yoici quelques renseignements à ce sujet, renseignements qui se rapportent particulièrement aux houillères fort importantes de Takashima, aux environs du port de Nagasaki. Depuis environ seize années ces mines sont exploitées d’après les systèmes les plus perfectionnés et les plus modernes. — La population totale de l’ile comprend 10000 habitants, dont 2500 travaillent aux mines. Le concessionnaire vend à prix fixe des vivres aux mineurs. Qui connaît la frugalité des Japonais pressent que cet ordinaire ne doit pas être très varié ni très succulent. Le riz fournit la principale nourriture des habitants. Chaque personne en consomme environ 1200 grammes par jour; à cela, il est vrai, il faut ajouter peut-être 500 grammes de légumes, de pâtes ou de fruits.
- On a créé pour les mineurs des sortes de cités ouvrières; mais, pour les garçons, ils résident dans des constructions comprenant des salles communes, des dortoirs et des réfectoires très vastes. On a édifié des monuments à part pour les cuisines.
- Partout la propreté est minutieuse, et toutes les précautions sont prises au point de vue sanitaire ; l’eau court en abondance, et un excellent système d’égouts est aménagé pour desservir toute cette agglomération humaine. Les chambres des ouvriers sont chauffées à l’aide * de grandes cheminées; l’aérage et la lumière s’obtiennent au moyen de fenêtres pourvues de volets à coulisses. L’espace n’est point d’ailleurs ménagé, toutes les prescriptions d’une bonne hygiène sont scrupuleusement observées, et dans les chambres où dorment et mangent en commun les ouvriers célibataires, on a ménagé 500 pieds cubes d’air par personne.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- ÉCLAIRAGE GÉNÉRAL (Suite et fin. — Voy. p. 99)
- Ce qui nous reste à examiner de l’éclairage de l'Exposition constitue la surface la plus importante sur laquelle il fallait répandre la lumière. Cette
- surface se divise en trois emplacements comprenant le Champ de Mars, l’Esplanade des Invalides, reliés ensemble par la galerie de l’Agriculture, et le Tro-cadéro.
- Ne quittons pas le Champ de Mars et voyons comment a été faite la répartition des nombreux foyers qui y sont installés et qui concourent à l’éclairage public en même temps qu’à la partie ornementale et
- EMPLACEMENTS O. *1 Z •*fj s C3 GC ARCS de 25 ampères 1 FOYERS | JablochkotT1 LAMPES soleil1 LAMPES incandescence de 500 bougies LAMPES incandescence de 15 bougies S.S fl g & 2 « c H « c crj o c z/1 Os U3 ^ Z. si; "o
- Passerelle de l’Alma )) )> 10 » » )) » »
- Galerie de l’agriculture 24 » » )) )) )) )) })
- Quai d’Orsay )) )) 22 » » » » »
- Pont d’Iéna » )) 10 » )> » » »
- Bâtiments de l’administration » )> » » » )) 500 »
- Jardins inférieurs )) )) 00 » » )) )) »
- Projecteurs sous la Tour » 4 » )> » )) )) »
- Jardin central )) » 22 )) » )) )) »
- Escaliers du Jardin central » )) 52 )) » » )> »
- Pelouse du Jardin central )) )> » » » » » 3400
- Massifs et magnolias » )> )) » » » )> 800
- Orchestres du bas )) )> » )> » » 80 »
- Vélums du jardin central » » )) )> » » 000 )>
- Porches des palais des Beaux-arts et Arts libéraux )) » )> )) » » 500 »
- Façade intérieure des Beaux-arts 31 )) )> )) » )> )) »
- Façade extérieure des Beaux-arts 24 )> )) » » )> » »
- Façade extérieure des Arts libéraux 51 » » i) » » » »
- Galerie Itapp 58 » )) » » )) » )>
- Entrée Rapp 24 » )) )> » )) )) »
- Annexe de la classe 01 30 » )) » » )> » ))
- Cour de la force motrice 22 )) )> )> » » » »
- Cour La Bourdonnais 21 )> )) » » » )) )>
- Cour Suffrcn 5 » )) » » » )) ))
- Vestibule du Palais des Machines 4 » » » » 300 )> »
- Galerie de 30 mètres 48 » )) )) » » )) ))
- Dôme, intérieur et pourtour » )> » » 72 )) » »
- Dôme, intérieur et lustres. )> )) )) » » )) 224 »
- Dôme, pavillons adossés )) )) )) 10 » » » »
- Dôme, façade 10 7) )) » )> )> » )>
- Dôme, pavillons de raccordement 8 » » » )> » )) »
- Pelouse du jardin supérieur » » )) » » » » 2180
- Galerie Desaix. 48 » )) )> )> )> » »
- Refuge du jardin supérieur 4 » » )) » )) )) ».
- Vélums du jardin supérieur )> » » )) » )) 400 »
- Pourtour des pavillons de la Ville 24 » )) » » » » )>
- Galeries des restaurants 48 » » )) » )) )) )>
- Orchestres du jardin supérieur. » » )) )) » )) 00 »
- 1 L’intensité lumineuse de ces foyers est la suivante : 8 ampères = 100 careels ; 2a ampères = 550 earcels; Jabloelikoff = 50 carcels Lampes soleil = 75 carcels.
- Tableau de l’éclairage électrique de l’Exposition universelle de 1889, à Paris.
- décorative, donnant à l’ensemble une tonalité qui fait honneur aux organisateurs.
- Il n’est question, en ce moment, que de l’éclairage public, nous réservant de dire quelques mots plus loin sur l’importance numérique de l’éclairage privé.
- Pour ne pas fatiguer le lecteur par les détails d’une nomenclature qui ne manquerait pas d’être fastidieuse, nous indiquons, dans un tableau synoptique, la nature, l’emplacement et le nombre des
- foyers installés"au Champ de Mars jusqu’à l’Esplanade des Invalides et comprenant les espaces couverts (sauf la Galerie des Machines dont nous avons parlé dans le premier article), les espaces découverts : jardins, quai d’Orsay, passerelles, pont, etc.
- Dans ces chiffres ne figurent pas les foyers nécessaires à l’éclairage des fontaines lumineuses et au nombre de 48 dont 18 régulateurs (arcs) de 60 ampères donnant 1000 carcels chacun et 50 régulateurs (arcs) de 40 ampères donnant 650 carcels
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- chacun ; il est bon de faire remarquer que pendant leur fonctionnement on e'teint 36 arcs de 60 ampères de la Galerie des Machines dont on envoie le courant aux régulateurs placés sous les bassins.
- Enfin veut-on connaître approximativement le pouvoir éclairant total de tous ces foyers? on atteint une intensité lumineuse égale à celle que donneraient 178000 lampes Carcel. Or, si l’on admet,
- Fig. 1. — Plan de l’Exposition universelle (Champ de Mars) avec les canalisations de gaz. — Le développement des canalisations est d’environ 6 kilomètres; toutes les conduites sont en tôle et bitume, leurs diamètres varient de 0,051 m à 0,216 m, et elles alimentent indépendamment d’un certain nombre d'appareils d’éclairage public, des illuminations de la Tour Eiffel et de celles du Dôme central, 274 branchements particuliers de 0,027 m à 0,162 m de diamètre.
- comme le font les électriciens (côté lumière), que la carcel vaut dix bougies, on arrive au chiffre fantastique de 1 780 000 bougies pour Y éclairage public du Champ de Mars.
- Notons que dans ce chiffre nous n’avons pas compris les projecteurs et le phare de la Tour Eiffel, soit 500 000bougies pratiques.
- Seulement ! il y a un seulement, tant il est vrai qu’à côté du Capitole il y a toujours l’inévitable roche Tar-péienne, qu’on nous permette une critique qui a été faite d’ailleurs : pourquoi avoir lésiné sur l’éclairage des arbustes? Certains massifs et magnolias ne possèdent que trois ou quatre lampes à incandescence — qui ne sont pas de 10 bougies celles-là — ressemblant fort à des.... veilleuses dans une lanterne ; ne pourrait-on pas en augmenter le nombre en diminuant un peu celui des pelouses?
- Puisque nous parlons des pelouses, disons qu’on a dû recouvrir chaque lampe d’un globe en verre afin d’éviter les bris qui se produisaient chaque fois que la pluie tombait sur les ampoules possédant
- une certaine température après quelque temps d’éclairage.
- Avant de dire quelques mots de Y éclairage privé, nous allons passer brièvement en revue les principales usines de force motrice qui participent à l’éclairage dont nous venons de parler.
- Nous ne pouvons malheureusement pas entrer dans de bien longues explications, le sujet étant très complexe; et, où il faudrait un volume, nous ne possédons que quelques colonnes, suffisantes d’ailleurs pour renseigner nos lecteurs qui sont déjà au courant de l’agencement d’une station centrale.
- Toute station centrale se compose d’une ou de plusieurs machines à vapeur, à gaz, à air comprimé, etc., dont le travail est transformé en électricité par une ou plusieurs dynamos appelées pour cela générateurs électriques, lesquels envoient le courant à des appareils qui transforment à leur tour l’électricité en lumière ; ce sont les foyers dont il a été question plus haut.
- Avenue de /a Bourdonnais
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- Fig. 2. — Éclairage électrique de l’Exposition universelle de 1889.
- — Circuit de l’usine de la Compagnie de l’éclairage électrique (23000 mètres). — 1. Station de la Société. — 2. Station Decau-ville. —3. Buffet Decauville. — 4. Pont d’Iéna. — 5. Brésil. — 6. République argentine. — 7. Brasserie Tourtel. — 8. Mexique. — 9. Chili. — 10. Palais des enfants. — 11. Bouillon Duval.
- — 12. Compagnie Transatlantique.
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- Fig. 3.— Vue de Pune des usines électriques de rExposition[universelIe de 1889.
- Station de la Compagnie de l'éclairage électrique sur le bord de la Seine près le pont d’Iéna.
- IPI
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- LA NATURE.
- L’énergie électrique nécessaire à l’alimentation de l'éclairage public de l’Exposition est fournie par six stations principales :
- La station de la Compagnie de l’Eclairage électrique, la station Gramme, la station du Syndicat, la station Edison, la station Marcel Desprez et la station Ducommun.
- La station de la Compagnie de l'Eclairage électrique, que représente noire grande gravure (fig. 5), est située sur la berge de la Seine, près du pont d’Iéna, et comprend 8 machines Grammes de 20 et 40 foyers, 10 machines Rechniewski de 16 000 et 26 000 watts, d’une dynamo Ferranti de 120000 watts, plus 4 excitatrices.
- Cette station, la plus importante, a organisé la première application de distribution par courants alternatifs, avec la machine Ferranti, — dont on a donné la description1, — fournissant un courant de 2700 volts qui est amené à l’Esplanade des Invalides par des conducteurs souterrains. Des transformateurs, genre Ferranti, placés dans les locaux à éclairer ou dans les candélabres, réduisent la tension suivant la nature des lampes.
- Sa puissance totale est de 600 chevaux, obtenue par quatre chaudières Terme et Deharbe et quatre machines à vapeur Lecouteux et Garnier de 150 chevaux chacune.
- Les trois stations, Gramme, Syndicat et Marcel Deprez, sont situées dans le jardin intérieur entre le Palais des Machines et la galerie des industries diverses.
- La première (Gramme) se compose de trois machines à triple expansion pouvant développer 700 chevaux, et sont alimentées par neuf générateurs dont les foyers se chargent automatiquement suivant les procédés de M. Godillot sur lesquels nous reviendrons quand nous parlerons prochainement de la force motrice à l’Exposition.
- Les dynamos, au nombre de six, sont ainsi disposées : 2 machines de 900 ampères et 2 de 275 ampères ont leurs inducteurs excités en dérivation, et 2 machines de 480 ampères sont à excitation com-pound; chacune d’elles a 120 volts disponibles aux bornes, ce qui donne une puissance de 400 000 watts.
- La partie mécanique de la seconde (Syndicat) se répartit ainsi : une machine à vapeur de 100 chevaux et 2 dynamos, de M. Borssat; une machine à vapeur de 40 chevaux et 1 dynamo, de la Société des forges et chantiers de la Méditerranée ; une machine à vapeur de 50 chevaux et 1 dynamo, de la Société française de matériel agricole ; une locomobile avec turbine à vapeur Parson, exposée par M. Garnot.
- Les sept chaudières affectées à l’alimentation de ces machines sont de types différents, une partie de leur vapeur est envoyée à la section anglaise pour faire tourner les machines de MM. Crampton et CiP.
- A la station Marcel Deprez, le courant électrique est engendré par quatre dynamos à deux anneaux
- 1 Voy. n° 840, du G juillet 1889, p. 91.
- séparés. Une des dynamos est spécialement destinée au service, des arcs en tension; chaque anneau peut donner séparément un courant de 50 ampères avec une différence de potentiel moyenne de 600 volts.
- Les trois autres, de dimensions extérieures identiques a la précédente, sont employées au service de la basse tension pour les ares en dérivation, avec une tension de 75 volts.
- La force motrice de cette station est constituée par une machine Corliss à ('eux cylindres accouplés, construites par la maison Lecouteux et Garnier, et alimentées par 4 générateurs Roses.
- Près du pavillon de la Presse (côté La Rourdonnais) se trouve la station Edison avec huit dynamos dont deux débitent 800 ampères à 560 tours, deux autres 400 ampères à 800 tours et enfin quatre marchant à 700 tours donnent 400 ampères chacune avec 110 volts disponibles; ce qui donne une puissance totale de près de 600 chevaux.
- Les générateurs, au nombre de quatre, sont du type Relleville alimentant quatre machines Weyher et Richemond.
- Enfin la station Ducommun, située dans la cour de la force motrice, avec les générateurs Daydé et Pillé et les machines type Swet, produit 500 chevaux qui sont transformés par quinze dynamos de forces variables.
- Comme nous l’avions dit, nous n’avons fait que citer les six principales stations dont le détail de leur merveilleuse installation mériterait un développement que nous ne pouvons, à notre grand regret, leur donner.
- En continuant notre exposé, nous retrouvons quelques-unes de ces stations participant à l’éclairage privé, auxquelles viennent sc joindre d’autres installations mécaniques.
- L’éclairage privé tient une place importante à l’Exposition; et d’autant plus importante qu’on a dû l’étendre à l’Esplanade des Invalides dont l’ouverture du soir, à p7'iori, n’avait pas été prévue; voyons rapidement.
- Champ de Mars. — Les sociétés ou maisons Edison, l'Eclairage électrique, Transmission de la force à distance (Marcel Deprez), Sautter-Lemon-nier, Dieper (de Liège), Latimer Clark et Cie, se partagent l’éclairage des divers pavillons, théâtres, panoramas, brasseries, restaurants, etc., représentant environ 275 lampes à arc et 5250 lampes à incandescence.
- Trocadéro. — La Société Gramme a installé un moteur de la Compagnie parisienne du gaz de 16 chevaux actionnant une dynamo Gramme pour alimenter 2 arcs et 140 lampes au restaurant français.
- Esplanade des Invalides. — L’éclairage de cette partie de l’Exposition a été décidé très tardivement; aussi, bien que l’installation en ait été faite à la hâte, les résultats n’en ont pas moins été très satisfaisants. La force motrice actionnant les foyers qui y sont placés est distribuée par quatre stations, indé-
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- pendamment des 55 chevaux que fournit la Société Y Eclairage électrique pour entretenir, à l'Exposition de l’Algérie, 22 arcs et 120 incandescence dont le courant nécessaire est envoyé de l’usine du pont d'Iéna par l’intermédiaire d’un circuit de 1500 mètres. Ces quatre stations sont : la Compagnie électrique qui, avec 100 chevaux, alimente 75 arcs et 150 incandescence auxquels vient s’adjoindre un appoint de 15 chevaux fourni par la Société Cenex te, llerscher et Cie pour 2 lampes à arc et 50 incandescence.
- La maison Garnot possède une force motrice de 100 chevaux pour envoyer le courant à environ 60 arcs, 80 lampes à incandescence et à une lampe de 5000 bougies placée au sommet du minaret de l’Algérie.
- Enfin et encore, nous retrouvons la Société Y Eclairage électrique qui a fait installer, sur la berge de la Seine, une locomobile de 20 chevaux pour 16 foyers Jahlochkolf répartis dans la grande allée faisant suite à la porte d’entrée et dans les jardins de l’Algérie.
- Bref, si on récapitule, on arrive pour pi'ivé à l’évaluation suivante : Y éclairage
- Intensité lumineuse Force motrice
- en bougies. en chevaux.
- Champ de Mars 350.000 Trocadéro. ...... 4.500 500 16
- Esplanade des Invalides. . 120.000 240
- Totaux: 454.500 756
- De ce qui précède, il est facile de se rendre compte de l’importance énorme de cet éclairage qui est un exemple unique. 11 est vrai que le cadre s’y prêtait, mais ce dont on ne se doute pas, c’est le mal inouï et la ténacité extrême qu’il a fallu déployer pour mener à bien cette colossale entreprise ; ce sont les difficultés matérielles surmontées pour cette installation qui a nécessité la pose de plus de 1 000000 de mètres de câbles aériens et souterrains, véritable travail de Pénélope ! défaisant aujourd’hui ce qu’on avait fait hier par suite des bouleversements incessants du terrain, causés par les travaux à effectuer.
- Terminons en jetant un coup d’œil sur l’éclairage que fait la Compagnie parisienne du gaz à l’Exposition.
- Plus l’éclairage électrique fait de progrès et prend de l’extension, plus la consommation du gaz augmente; en un mot, la consommation du gaz est en raison directe de la lumière électrique produite. Cela semble paradoxal, c’est pourtant ce qui résulte du discours prononcé par M. Cornuault, président de la Société technique de l’industrie du gaz en France, à l’ouverture du Congrès. En effet, la production totale du gaz en France était, en 1878, de 450 700 000 m3; en 1888, elle a été de 628 000 000m3. Plus loin, M. Cornuault nous apprend que de 687 villes qui étaient éclairées au gaz en 1878, ce cbilïre s’est élevé à 1001 en 1888; enfin si l’on compare la population des villes de France qui s’éclairent au gaz, on trouve 9 945 000 habitants pour la première de ces années et 12 680 000 pour la seconde.
- Voilà qui justifie la loi que nous formulions plus haut.
- Les partisans pessimistes du gaz peuvent être tranquilles, l’éclairage électrique et le gaz sont insécables.
- La place qu’occupe l’industrie du gaz à l’Exposition montre une fois de plus sa vitalité. D’ailleurs quelques chiffres le démontreront davantage. Le développement des canalisations comme on peut le voir par le plan que nous publions précédemment (fig. 1) est de 6 kilomètres.
- Au Dôme central, la Compagnie du gaz a placé 5800 becs; l'éclairage de la Tour Eiffel comprend 4000 becs, dont l’installation a rencontré beaucoup de difficultés.
- Enfin le Trocadéro qui, les jours d’illumination, produit un effet si décoratif, le doit aux 51 862 becs qui y ont été répartis d’une si heureuse façon.
- Le nombre total de becs de gaz s’élève donc à 59 662, bridant chacun, en moyenne, 104 litres à l’heure, ce qui donne une consommation horaire de 6 204 848 litres, c’est-à-dire [très de 20 millions de litres les jours d’illumination. L’administration de l’Exposition paye le mètre cube de gaz 20 centimes produisant une dépense moyenne de 1200 francs par heure d’éclairage.
- Si l’on admet que chaque bec de gaz donne un pouvoir éclairant approchant d’une carcel, et si l'on reprend l’éclairage précédent, on arrive pour l’éclairage général de l’Exposition à une intensité lumineuse totale se décomposant ainsi :
- , l Éclairage public........ 208 000 carccls.
- Electricité, f , • .
- ( Eclairage prive. 454a0 —
- Gaz.. . . | Éclairage public et privé. . 59662 —
- Totaux: 315112 —
- En résumé, l’éclairage de l’Exposition universelle est encore un succès à enregistrer à l’actif de la France qui en compte déjà un grand nombre dans l’œuvre pacifique qu’elle a entreprise.
- Paul Gahéry.
- LE POUSSE-POUSSE À PONDICHÉRY
- On a décrit récemment les pousse-pousse employés pour transporter le visiteur à l’Esplanade des Invalides, faisant remarquer que ces voitures étaient tirées et non poussées1. 11 se peut que les pousse-pousse de Paris aient été légèrement modifiées. Nous allons donner ici des renseignements précis sur ces véhicules tels qu’ils sont usités dans les Indes, leur patrie d’origine.
- C’est à Pondichéry qu’est né le pousse-pousse, c’est aussi là qu’il s’est perfectionné. Aujourd’hui il est devenu une élégante voiture à quatre roues, d’une grande légèreté.
- La caisse entièrement en tôle est supportée à l’arrière par deux ressorts, comme les voitures ordinaires ; à l’avant elle s’appuie sur un ressort trans-
- 1 Voy. V An nam et le Tonkin à V Exposition universelle de 1889, u° 845, du 10 août 1889, p. 161.
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- versai reposant lui-même sur une barre de 1er qui relie entre eux les deux essieux ; cette barre, qui est soudée à l’essieu de derrière, vient se fixer à l’essieu de devant, de façon que celui-ci puisse tourner librement. La caisse du véhicule porte quatre montants en fer, destinés à recevoir une double toiture en bois; en outre, un gouvernail, relié par des boulons à l’essieu antérieur, se recourbe dans l’intérieur de la voiture, et vient se terminer par une poignée, à portée de la main du conducteur. Enfin, derrière la caisse, et à une distance de 8 à 10 centimètres de celle-ci, est fixée une barre horizontale en bois, sur laquelle s'appuient les pousseurs pour mettre le véhicule en marche.
- Les pousse-pousse, peints de couleurs vives et variées, sont artistement bariolés; de la toiture se déroulent des rideaux de vétiver, doublés de cotonnades à dessins gaiement bigarrés, qui préservent complètement des rayons brûlants du soleil; a l’intérieur, de moelleux coussins adoucissent les cahots de la voiture ; enfin des marchepieds en facilitent l’ascension.
- Le pousse-pousse présente un grand inconvénient, la toiture ne pouvant s’enlever atténue la faible brise que l’on va chercher le soir de tous côtés. Aussi a-t-on remplacé la double toiture, par une double capote en toile cirée, articulée comme dans nos voitures et qui s’ouvre et se ferme facilement. Le pousse-pousse offre alors l’aspect d’une jolie voiture, mais il coûte plus cher et il est aussi plus lourd.
- Les pousse-pousse sont les fiacres de Pondichéry, ils ont des stations particulières, on les loue à la journée, à l’heure, à la course; ils sont soumis aux mêmes règlements que les autres voitures, c’est-à-dire qu’ils doivent prendre comme elles le côté gauche de la route (règlement anglais), et porter des lanternes allumées après le coucher du soleil.
- Chaque famille, à Pondichéry, a son pousse-pousse, beaucoup d’indiens en possèdent aussi, et ce n’est pas ce qui cause le moins d’étonnement aux étrangers, que l’aspect de ces nombreux véhicules, sillonnant la ville dans tous les sens.
- Les pousseurs sont presque tous pariahs, cependant on trouve parmi eux quelques Hindous de caste ; ils peuvent parcourir jusqu’à 10 kilomètres en une
- heure. C’est ainsi qu'ils font très souvent le trajet aller et retour de Pondichéry à la pagode de Yille-nour (distance : 10 kilomètres), en ne prenant dans cette dernière localité qu’un repos de 1 à 2 heures; ils ne s’arrêtent guère que 5 minutes pendant la course et ils emploient ce temps à réparer leurs forces, par l’absorption d’une bonne dose de l’aliment respiratoire par excellence : l’alcool.
- Il faut un véritable apprentissage pour diriger un pousse-pousse. D’abord, il est nécessaire de bien connaître la valeur ou plutôt la vigueur de son attelage, et il est bien rare qu’on ne paye son tribut, soit en montant sur les trottoirs, soit en accrochant d’autres voitures. Il est très difficile, en effet, aux pousseurs bien lancés d’arrêter immédiatement le véhicule, malgré la promptitude qu’ils mettent à obéir à votre commandement. Les pousse-pousse sont
- à une ou deux places : leur prix varie de 50 à 120 roupies (le cours moyen de la roupie est de 2,06 fr.) : celui d’un pousse-pousse à capote peut s’élever jusqu’à 200 roupies. Un pousseur reçoit de 5 à 6 roupies par mois, sans être nourri ; il cumule généralement à ces fonctions celle de balayeur. On emploie un,deux ou trois pousseurs, suivant le trajet qu’on veut accomplir. Depuis quelques années, on a essayé d’atteler des chevaux aux pousse-pousse ; ces légères voitures conviennent très bien aux petits chevaux du pays ; dans ce cas, on dévisse le gouvernail, et on le remplace par deux brancards.
- Ce genre de locomotion ne s’est pas vite propagé dans les grandes villes anglaises de l’Inde : celles-ci sont en effet trop riches et trop étendues, pour user d’un tel véhicule, les chevaux y sont en honneur, et à Madras, par exemple, on peut voir défiler sur les promenades les plus riches équipages.
- Le pousse-pousse s’est embelli cependant de jour en jour; à l’Exposition de Calcutta (1883), un industriel de Pondichéry avait exhibé de vrais « huit ressorts » hauts sur les roues et richement capitonnés, qui ont séduit, dit-on, certains rajahs du nord de l’Inde. — On a vu que le pousse-pousse modifié de Pondichéry circule avec succès dans l’enceinte de l’Exposition de 1889. J. Philaire.
- —è—
- Le pousse-pousse à Pondichéry. (D’après une photographie.)
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- TRAINS DE DÉBLAIS
- DÉVERSANT PAR MOUVEMENT PNEUMATIQUE
- L’application des freins continus si largement répandus aujourd’hui dans l’exploitation des chemins de fer et qui, sauf le frein électrique Achard, emploient comme agent moteur l’air atmosphérique soit comprimé, soit raréfié, a suggéré à M. Buette, entrepreneur de travaux publics, l’idée d’opérer d’un seul coup, à l’aide d’un mouvement pneumatique, le déchargement d’un train de déblais tout entier. Un conçoit aisément l’avantage que présente une semblable disposition sur celle des trains ordinaires de déblais, où chaque wagon doit être manœuvré individuellement. L’idée de M. Buette est réalisée par M. Émile Chevalier, constructeur à Grenelle, et l’un des types de wagons étudiés par lui figure à l’Ex-position dans l’annexe de la classe 65 (Esplanade des Invalides).
- Ce wagon, représenté dans notre figure, est établi pour fonctionner à l’air comprimé. La caisse repose par l’intermédiaire de patins et d’ar-ticulationssur six pistons répartis en deux séries de chaque côté de l’axe longitudinal du wagon, et destinés à soulever la caisse du côté opposé à celui où l’on désire déverser. Ces pistons se meuvent dans des cylindres oscillants à simple effet, portés par les traverses intermédiaires du châssis. Un remarquera que l’axe de rotation de la caisse coïncide avec celui de la série de pistons qui demeure immobile, en sorte que cette dernière n’a à supporter aucun effort, et ne subit pas de déplacement.
- L’air comprimé, emmagasiné dans un ou plusieurs réservoirs intermédiaires est envoyé dans une conduite générale au moment voulu pour le déversement; sur cette conduite sont branchés des tuyaux secondaires destinés à envoyer le fluide moteur sous la série des pistons de droite ou de gauche, au moyen d’un robinet à trois voies placé sous chaque caisse et manœuvré par des
- poignées. Celte disposition permet, l’ouverture des robinets étant réglée, de décharger tous les wagons d’un train soit à droite, soit à gauche, ou de n’en décharger qu’une partie, si l’on veut, l’air comprimé ne faisant (pie traverser la conduite générale pour ceux qui doivent être réservés. Le déchargement effectué, il suffit de mettre la conduite générale en communication avec l’atmosphère pour (pie les caisses des wagons reviennent à leur position normale, en vertu de leur propre poids.
- Un peut également commander le déversement par un robinet spécial placé sur la locomotive, comme pour les freins : cette disposition, qui dispenserait. de l’emploi des robinets intermédiaires sous chaque wagon, s'appliquerait dans le cas où
- les wagons seraient destinés à un travail défini pour lequel il y aurait lieu de verser tout le train d’un seul coup, soit à droite, soit à gauche ; on remplacerait alors la conduite unique avec branchements latéraux par deux conduites distinctes, une pour chaque série de pistons.
- Pour réduire la main-d’œuvre à son minimum, l’ouverture et la fermeture des portes s’exécutent automatiquement. A cet effet, elles sont suspendues par leur partie supérieure au moyen de charnières et maintenues fermées par des crochets coudés K. Ceux-ci oscillent autour d’un axe K', de manière que la partie pendante vienne, au moment du déversement, toucher le châssis, en forçant le crochet à se relever. Uuand la caisse après le déchargement revient à la position horizontale, le crochet reprend également sa position primitive, et Ja porte, en retombant, en soulève l’extrémité, puis s’accroche d’elle-mêmc.
- Le wagon que nous venons de décrire est particulièrement destiné aux déblais, aux matières en vrac, etc., qui doivent être déchargés latéralement : mais il peut y avoir avantage à déverser entre rails, et c’est le cas des wagons chargés de ballast. Pour ce service, M. Émile Chevalier a établi un second type qui diffère du précédent par les dis-
- \\;i"uu (lévecscnl par mouvement im.'Uin.ilA. DtMaii d’un pisluii.
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- LA NATURE.
- positions de la caisse. Celle-ci est établie, comme l’indiquent les ligures 4 et 5, de manière que les axes de rotation ne coïncident plus avec les axes de soulèvement ; de plus la course des pistons se trouve réduite en même temps que l’eilbrt nécessaire au versement ; aussi un seul piston suffit-il à soulever chaque demi-caisse.
- Le robinet de manœuvre individuel est supprimé : les deux pistons devant agir simultanément reçoivent directement leur mouvement de la conduite générale, et la commande se fait de la locomotive. L’ouverture et la fermeture des portes s’exécutent automatiquement comme dans le wagon précédent.
- La description que nous venons de donner, montre que l’on pourrait substituer aisément l’air raréfié à l’air comprimé comme agent moteur. Mais cette modification entraînerait un accroissement assez considérable dans le diamètre des cylindres, et un renvoi de mouvement pour le soulèvement de la caisse.
- Outre l’avantage général de la. réduction de main-d’œuvre et de la rapidité du déversement, la possibilité de décharger individuellement les wagons d’ün même train soit à droite, soit à gauche, constitue une qualité précieuse pour l’établissement des remblais, ou pour le transport des matières lourdes et encombrantes, telles que bouilles, pavés, etc., qu’on peut classer à l’avance si elles doivent être débarquées sur des emplacements différents, soit qu’on les transporte par trains complets, soit qu’on forme des trains mixtes. G. Richou,
- Ingénieur des arts et manufactures.
- LÀ FABRICATION DES FUSILS
- EN FRANCE
- 11 ne nous appartient pas d’entrer dans des détails précis et de dire par exemple ce que les manufactures de l’Etat produisent de fusils par jour en ce moment.
- Ce nombre dépasse le chiffre de mille. Nous voulons seulement indiquer ce que nécessite une fabrication même réduite à ce nombre.
- La fraise joue un rôle considérable dans ces ateliers, c’est son emploi qui permet ce qu’on appelle Y interchangeabilité. Elle peut ajuster à un centième de millimètre près, et produit ainsi cette similitude indispensable entre les pièces de même forme. Disons en passant que l’emploi de la fraise sur les métaux est fort ancienne, mais n’est utilisée avantageusement que depuis quarante ans au plus.1 Revenons à l’installation d’une usine pour mille fusils par jour. Mille fusils par jour représentent deux fusils par minute. Le nombre des machines nécessaires est de 5500, d’où il suit qu’il faut cinq machines et demie de plus pour faire un fusil de plus par jour, soit 11 000 machines si on veut atteindre 2000 fusils. Ces machines (5500) mises bout à bout, demanderaient un atelier de huit kilomètres de long, ou la distance de Paris à Meudon, ou la distance de la Bastille à la Madeleine avec retour par la rue de Rivoli. Pour 2000 fusils, la distance de la gare de Lyon à Yilleneuve Saint-Georges serait à peine suffisante, ün ne peut doubler la fabrication par un travail de nuit. Les difficultés seraient insurmontables à cause de la précision extrême du travail. L’affûtage et l’entretien des outils
- occupe déjà un personnel considérable. H faut une machine à affûter, pour dix fusils par jour, soit 100 machines pour 1000 fusils. Huit ouvriers font une arme par jour, soit huit mille hommes pour mille fusils. Les machines à rayer sont au nombre de 250; chacune d’elles ne raye donc que quatre canons. On peut se représenter l’étendue des bâtiments suffisants pour un pareil personnel et un pareil outillage. Si, huit mille hommes sont nécessaires pour fabriquer mille fusils par joui', on peut estimer la façon de chacun deux de 55 à 40 francs, non compris les frais généraux, la matière première, etc.
- Au commencement de la transformation des armes de guerre et lorsque le fusil connu sous le nom de fusil Lebel a été adopté, il a fallu avoir recours à l’industrie privée. Les ateliers de l’État suffisent à tout depuis longtemps déjà, mais où trouver le nombre de fraiseuses nécessaires pour occuper huit mille hommes. A un certain moment on fit une rafle chez tous les mécaniciens de France possesseurs de machines à fraiser, ün envoya ramasser tout ce qui était disponible, en Amérique et en Angleterre, et c’est avec une prodigieuse rapidité que ces milliers de machines diverses furen installées à Chàtellerault, Saint-Etienne,Tulle, etc. Ces travaux extraordinaires, peu connus du public, montrent la valeur des hommes dont la France peut disposer, quand il s’agit de missions de cette importance. A. R.
- --$-$*<-
- CHRONIQUE
- Le banquet des maires de France 4 Paris.
- — Les maires de France, invités par le gouvernement à venir visiter l’Exposition universelle, ont été réunis dans le Palais de l’Industrie en un banquet comme nous croyons qu’il n’en a jamais été vu dans l’histoire de l’humanité, puisqu’il comptait 15000 convives, sous la présidence de M. Carnot. Le lendemain matin la grande nef du Palais de l’Industrie présentait un aspect des plus bizarres. Partout un amoncellement d’assiettes, de bouteilles, de linge, de carafes, de verres, de victuailles de toute nature. Ce qui était encore bon était mis de côté et réservé pour l’œuvre de la Bouchée de pain. L’enlèvement du tout a nécessité 400 voyages de voitures attelées à deux chevaux. Le matériel se composait de 80000 assiettes — six fois la hauteur de la Tour Eiffel — de 75000 verres et de 50000 fourchettes. 11 a été consommé 5000 litres de bouillon, 5000 litres de café, 4000 kilogrammes de poisson, 5500 kilogrammes de filets de bœuf, 1800 bottes de radis, 5500 kilogrammes de pâté, 15000 soufflés glacés, 50000 pains. 11 a été vidé 20000 bouteilles de vin, 4000 carafes frappées et 5000 siphons d’eau de Seltz ou d’eau de Saint-Galmier. 1000 corbeilles de fruits ont été vidées. Les pèches, tout particulièrement, ont été du goût des convives; 10 000 ont été mangées. Le service était fait par 1000 maîtres d’hôtel, 150 cuisiniers, 100 aides, 80 sommeliers et 250 hommes du matériel. Un maître d’hôtel servait 15 personnes, et, de plus, il y avait
- 1 maître d’hôtel en chef par 10 hommes.
- Production et consommation de la bière en Allemagne. — Pendant la campagne 1885-1886 la production des brasseries de Berlin s’est élevée à 2 298 414 hectolitres; c’est une augmentation de 5,50 pour 100 sur la campagne 1884-1885, où elle n’avait été que de
- 2 212 060 hectolitres. Dans cette dernière campagne elle s’élevait donc à 167 litres un quart par habitant, tandis que dans la campagne suivante elle a monté à 168 litres
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- LA NATURE.
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- trois quarts par tète. La production à Munich est plus considérable par rapport à la population : de 1 966 555 hectolitres en 1881-1885, elle a monté à 2 115 625 hectolitres en 1885-1886; dans la première période cela représente une production de 756 litres par tète, et de 815 litres en 1885-1886.
- Compas d’épaisseur. — Nous avons donné récemment (n° 845, du 10 août 1889, p. 165) la figure de nouveaux compas d’épaisseur très pratiques et très ingénieux. — C’est par mégarde que l’auteur de l’article a proposé l’emploi d’un vernier pour ces instruments. Les divisions pour mesurer des millimètres et fractions ne sont pas d’égale largeur dans ces instruments, elles doivent aller en augmentant. L’emploi d’un vernier n’est donc pas possible.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 19 août 1889. —Présidence de M. Des Cloizeaüx
- M. Edison. — L’illustre savant américain assiste à la séance. 11 est présenté par M. Janssen, et est accompagné du colonel Gouraud et de M. Cutting. Le président lui souhaite la bienvenue et M. Gouraud traduit en anglais les paroles de M. Des Cloizeaüx. M. Edison avait d’ailleurs prié M. Jaussen de dire combien il avait d’estime pour les travaux de l’Académie et pour les savants français. Il a fait dire en outre qu’il avait l’intention de faire présent à l’Académie d’un phonographe pourvu d’un grand nombre de cylindres de manière à conserver à la postérité l’impression de la voix des membres de l’Académie en 1889. La communication de M. Edison a été couverte d’applaudissements, et le président avivement remercié l’éminent inventeur.
- Absorption de l'azote par la terre végétale. —M. Berthe-lot revient sur les dernières expériences de M. Schlœsing exécutées à ce sujet. On se souvient que M. Schlæsing avait maintenu de la terre végétale humide dans un flacon hermétiquement bouché pendant un temps assez long, et qu’il n’avait pu ensuite constater aucune absorption d’azote, bien que la terre occupât le tiers environ du volume du flacon. M. Berthelot, loin de contester les résultats des expériences de M. Schlœsing, déclare qu’ils font partie des faits qu’il a déjà signalés à l’Académie. Seulement M. Berthelot les a donnés sous la forme négative, c’est-à-dire comme caractérisant les circonstances dans lesquelles l’absorption de l’azote ne se produit pas. D’après cet auteur, lorsque l’on maintient de la terre végétale au contact d’une atmosphère trop restreinte, un microbe aérobie se développe, mais il appauvrit cette atmosphère en oxygène, jusqu’à une limite à laquelle il meurt; l’absorption de l’azote ne peut alors se faire. Tel est le cas des expériences de M. Schlœsing. M. Berthelot ajoute que la fixation de l’azote dans les terres a lieu surtout vers la fin d’avril et pendant le cours de l’été, époque corrélative du développement de certains microbes. Enfin dans une nouvelle série d’expériences, M. Berthelot a recherché quelle pourrait être l’influence de l’électricité sur la production du phénomène. Mais ici, M. Berthelot ne donne aux résultats qu’il a obtenus, qu’une valeur provisoire. L’agencement de ses expériences lui paraît susceptible de perfectionnement, et les épreuves devront être multipliées pour établir l’influence du potentiel. M. Berthelot peut néanmoins affirmer que l’électricité favorise l’absorption de l’azote, mais dans de faibles proportions. Cette fixation est-elle le résultat d’actions pure-
- ment chimiques ou dépend-elle d’un accroissement de vitalité des microbes? Pour le moment, l’auteur réserve son jugement sur cette question. — M. Grimaux rappelle que vers la fin du siècle dernier l’abbé Nolet avait annoncé que le flux électrique rend la végétation plus active. Des expériences faites en 1881 dans les laboratoires de l’Ecole de médecine ont paru confirmer cette assertion. M. Mascart dit que le phénomène est douteux, il cite de très belles expériences entreprises à Ilelsingfors par M. Lindstrom, qui ont fourni des résultats presque négatifs ; ce n’est qu’au moyen d’une machine statique donnant un potentiel très élevé, qu’il a été possible de constater une accélération certaine delà végétation.
- Pénétration de Vocéan par la lumière. — MM. Hermann Fol et Sarrazin ont exécuté des expériences, d’où ilrésulleque la lumière ne pénètre pas dans les eaux de la mer au delà d’une profondeur de 400 à 450 mètres. Un expérimentateur allemand, M. Schultz, trouve un résultat sensiblement différent, 550 mètres. Le nombre de MM. Hermann Fol et Sarrazin paraît plus certain. En effet ces observateurs ont opéré sur la Méditerranée, à bord d’un yacht dont la machine permettait de dérouler et d’enrouler un cable en acier de 5000 mètres. Ce câble par son poids et le peu de résistance qu’il offrait au courant devait prendre, à très peu près, une position verticale. Il soutenait un châssis renfermant des plaques sensibles ; le châssis s’ouvrait automatiquement par un mouvement d’horlogerie. On connaissait donc exactement la profondeur atteinte par la plaque. M. Schultz a opéré de même avec des plaques sensibles que l’on immergeait; mais il employait un câble de chanvre qui sous l’action des courants pouvait prendre une position oblique. Ses nombres doivent donc être plus forts ; c’est ce que l’on constate en effet.
- Electro-dynamisme du Soleil. — M. Zenger propose de remplacel l’hypothèse de la gravitation universelle par celle d’une action électro-dynamique du soleil. M. Zenger parle ensuite d’expériences qu’il a réalisées et qui montrent que l’éclair n’est en réalité qu’une succession de décharges électriques très rapprochées. M. Janssen dit que les expériences toutes différentes instituées à Meudon conduisent à la même conclusion; il cite des éclairs observés par lui au cours d’un voyage dans l’Ilimalaya, dont la durée notée au chronomètre atteignait presque une seconde et demie.
- La grotte des deux Goules. — Cette grotte est située dans le canton de Saint-Vallier de Thiez (Alpes-Maritimes). Découverte par M. E. Rivière, en 1879, et explorée par lui, elle a fourni les restes d’une faune intéressante, beaucoup plus par la bonne conservation des ossements, qui permettent de reconstituer certains animaux, que par la variété des espèces animales. Les squelettes que M. Rivière a pu refaire en grande partie et qui figurent à l’Exposition universelle dans la salle des missions scientifiques du Ministère de l’instruction publique, appartiennent à un cervidé jeune non encore adulte et de la taille des Cervus elephas; à une chèvre de taille moyenne plus petite que la Caprea primigenia trouvée par M. Rivière dans les grottes de Menton et dans celle de l’Albarea de Sospel; enfin à un félin qui présente une assez grande analogie avec le F élis catus férus.
- Varia. — Une clause du testament d’un donateur lègue une rente annuelle de 1500 francs destinée à fonder un prix à décerner tous les deux ans, dont la valeur sera de 5000 francs. — M. Manon établit la nécessité de mesures administratives contre la destruction du frai de la sardine
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- sur les côtes de Provence. — M. Faye envoie une note sur la période glaciaire. — M. Verneuil présente un traité des maladies cutanées dù à M. Leloir, de la Faculté de Lille, et a M. Vidal, de l’Hôpital Saint-Louis.
- Stanislas Meunier.
- LES JOUETS MÉCANIQUES
- LE NÈGRE GRIMPEUR
- Voici encore un jouet bien fait pour inculquer à nos tout jeunes lecteurs le goût de la mécanique, en leur montrant, sous une forme simple et attrayante, un certain nombre de principes d’une application fréquente dans la pratique : poulie, machine d’Attwood, cliquet, crémaillère, engrenage, etc., et c’est à ce double titre, de jouet instructif et amusant, que nous le recommandons aux pères de famille.
- Voici en quoi consiste ce petit jeu représenté dans son ensemble, dans la partie droite de notre gravure. Un petit palmier de 0,4 m de hauteur environ, porte à sa partie supérieure un gros fruit représenté par une boule métallique. Au bas de l’arbre est un nègre qui embrasse le tronc de ses jambes et de ses bras.
- Vous donnez quelques secousses au système, avec le doigt : aussitôt le nègre monte en haut de l’arbre, il heurte le fruit avec la corbeille qu’il porte sur la tête; le fruit se détache et tombant dans la corbeille fait redescendre le nègre au bas de l’arbre.
- Le mécanisme de ce jouet consiste essentiellement en une poulie placée au sommet d’un tube de fer-blanc : sur cette poulie passe une cordelette dont l’une des extrémités porte un poids dissimulé dans le tube, et l’autre extrémité le nègre en fer-blanc estampé. Le poids étant plus lourd que le nègre tendrait à amener ce dernier à la partie supérieure, mais ce mouvement est empêché par une roue dentée et un cliquet disposé à la partie supérieure de la poulie. Si l’on vient à accrocher une palette de fer à la partie supérieure du cliquet, celui-ci se trouve libéré et vient dégager la poulie : celle-ci peut alors
- tourner sous l’action du poids et le nègre semble monter à l’arbre. L’illusion est complétée par le fait que le côté du cylindre simulant le tronc de l’arbre est percé d’une rangée de trous formant une crémaillère dans laquelle viennent s’engager les dents d’une petite roue disposée à l’intérieur du nègre, à hauteur de son ventre : la roue dentée ainsi mise en mouvement, imprime aux bras et aux jambes du bonhomme des mouvements de va-et-vient analogues — sinon identiques — à ceux d’un homme grimpant à un màt de eocagne.
- Arrivé à la partie supérieure, la corbeille disposée sur la tête du négrillon vient rencontrer la boule suspendue au cliquet, la soulève, la décroche, et celle-ci venant ajouter son poids à celui du nègre, il descend en ramenant le contrepoids à la partie supérieure et en venant lui-même à la partie inférieure, maintenu dans cette position par le cliquet qui, retombé sur la roue, empêche tout mouvement en sens contraire. Le nègre reste donc à la partie inférieure, même lorsqu’on enlève la boule, et il faut que celle-ci soit de nouveau raccrochée au sommet de l’arbre pour que la même série d’opérations recommence.
- Faisons remarquer que la vitesse d’ascension et de descente de notre petit grimpeur est une fonction des poids du nègre, du contrepoids et de la petite balle : il y a donc là, dans l’espèce, la plupart des éléments qui interviennent dans la machine d’Attwood pour ralentir la vitesse de la chute des corps, et le physicien qui l’inventa il y a plus d’un siècle était loin de se douter que son ingénieux appareil recevrait un jour une forme aussi amusante.
- Ajoutons enfin qu’au point de vue de la conservation de l’énergie, le travail mis en jeu dans chacune des opérations — montée et descente du personnage — est entièrement emprunté à l’expérimentateur qui fournit ce travail en portant le fruit depuis le bas du palmier (!) jusqu’au sommet. Dr Z.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Le nègre grimpeur.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N* 848. — 51 AOUT 1889.
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- LES PONTS MOBILISABLES MILITAIRES
- Lors do l’inauguration des voies stratégiques de chemin de fer qui a eu lieu récemment sur nos fron-
- tières du Sud-Est, on a lancé et établi sur le Yar un pont mobilisable en acier de 557 mètres dè longueur.
- Fig. 1, 2, 3, i et 5. — üélails des pièces du pont mobilisable en acier de M. le commandant Ilenry.
- Les pouls mobilisables sont aujourd'hui plus que jamais à l’ordre du jour; il y a pour cela une
- double raison. Les constructions de chemins de fête»
- jlBtèUOTHÈQUF
- sont très fréquentes, et, dans le tracé et la con-
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- Fig. 6. — Vue d’ensemble du pont mobilisable de 337 mètres lancé sur le Yar.
- struction d’une ligne ferrée, on est continuellement appelé à couper des voies de communication, des routes, qui doivent franchir la voie à construire par
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- un pont jeté par-dessus; il est évidemment inadmissible que, pour ce faire, on aille couper la circulation sur cette route jusqu’au moment où le pont
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- sera terminé, et permettra de franchir la tranchée par oh passera la voie ferrée; en pratique on construit une déviation de la route et on établit un pont provisoire, qui suffira jusqu’à ce que l’ouvrage . définitil soit achevé. En temps de guerre, on se trouve en face d’une nécessité encore plus urgente: ou bien un corps d’armée doit franchir un cours d’eau là oh il n’y a point, oh il n’y a jamais eu de pont; ou bien il se trouve en présence de communications coupées, de ponts détruits par l’ennemi. Dans les deux cas il faut, en toute hâte, arriver à jeter un pont provisoire, à créer un passage suffisamment solide et résistant pour supporter le poids des soldats, de 1 artillerie, des convois, et il faut que cette construction soit simple, rapide, qu’on puisse en avoir constamment les éléments sous la main.
- Pour répondre à ce dernier desideratum, des efforts nombreux ont été faits, notamment par le génie militaire, et nous en trouvons des exemples divers à l'exposition du Ministère de la guerre, sur l’Esplanade des Invalides, oh les différentes écoles de génie exposent des modèles de tous les systèmes de construction de ponts provisoires en campagne. La Nature a d’ailleurs cité plusieurs fois, notamment en 1886, des exemples de ces ponts en charpente, en rails de chemin de fer, etc.
- Aujourd’hui que la construction métallique a pris un rapide et remarquable développement, on a imaginé divers ponts métalliques mobiles : telles sont les deux passerelles qui franchissent la tranchée du chemin de fer Decauvillcà l’Exposition, réunissant l’histoire de l’habitation au reste du Champ de Mars. Le principe directeur dans ces constructions, c’est de ne composer le pont ou la travée que de pièces peu volumineuses, simples dans leurs liaisons mutuelles et autant que possible interchangeables. C’est le principe qu’avait adopté le commandant Henry quand il inventa son système de ponts mobilisables en acier, en 1880. Nous insistons particulièrement sur ce système, parce qu’il vient de recevoir la sanction de la mise en pratique, dans des dimensions auxquelles il n’est pas toujours permis de songer.
- En effet le pont de 557 mètres dont une vue d’ensemble accompagne cet article est une application du système du commandant Henry. C’est un pont provisoire, que la compagnie des chemins de fer du sud de la France vient de jeter sur le Yar àColomars, en face de Gattières. Cet ouvrage, en tôle d’acier, a une longueur de 557 mètres entre les culées extrêmes. Il se compose de 17 travées réticulées à mailles triangulaires rigides et démontables, ayant chacune une portée de 21 mètres. Les travées sont supportées par des pâtées ayant la forme de navettes, composées de 8 pilots ; 6 de ces pilots forment un rectangle qui est le corps de la pile; vers l’amont et vers l’aval il y a respectivement un autre pilot qui est la pointe de la navette; du reste tous ces pilots sont entretoisés entre eux, et ils sont réunis à la partie supérieure par des chapeaux portant les plaques d’ancrage ou de dilatation.
- Les ligures qui accompagnent cet article suffiront à peu près à faire saisir le système : dans la ligure 1 on voit le mode de jonction de 2 travées, qui viennent reposer presque bout à bout sur une même palée; la ligure 2 donne une coupe transversale du pont complètement achevé; enfin dans la ligure 5 ou peut comprendre le mode particulier d’assemblage d’un montant avec la membrure inférieure ou supérieure. Un coup d’œil montre bien (pie toutes les travées se composent exactement des mêmes pièces, et qu’il y en a d’ailleurs une très faible variété de formes; on peut citer comme pièces principales les éléments de membrure du cours ou d’extrémité, les abouts de membrures, les barres de treillis de 5,55 ni, les montants verticaux de 2,07 m, les pièces de pont, longerons, et barres plates- de contreventement. On peut juger de la rapidité avec laquelle se font les assemblages. Toutes ces pièces élémentaires, dont les plus grandes, les éléments de membrure du cours, n’ont que 6,28 m, sont très portatives, et c’est leur très grand avantage. La figure 4 représente l’élévation générale, la figure 5, la vue en perspective de deux travées ; au-dessous la figure 6 donne la vue générale du pont de 557 mètres.
- Ce pont, qui du reste d’après les intentions de son auteur, doit avant tout être utilisé comme pont militaire, offre un passage libre, de 5,60 m entre poutres et de 1,75 m entre les garde-roues fixées au platelage. Du reste la résistance de ce système est très grande, grâce à sa construction en acier : le tablier peut supporter une surcharge utile de 1200 kilogrammes par mètre courant, ce qui, par suite de sa largeur, revient à 500 ou 400 kilogrammes par mètre carré, et permet la circulation continue de voilures à 4 roues chargées à 2 tonnes par essieu et attelées de 6 chevaux. C’est une résistance énorme. Le poids par mètre courant du pont est de 500 kilogrammes, non compris les 18 kilogrammes d’armatures pour le lançage ni le platelage en bois. Le lançage s’accomplit aisément par des palans frappés sur les pilots.
- Les éléments étant interchangeables et de faibles dimensions, de simples soldats sous la direction d’un sous-officier du génie peuvent en quelques heures monter une travée d’une portée de 6 à 21 mètres; le système peut donc s’appliquer aussi bien aux ponceaux qu’aux grands ponts. Enfin, comme on l’a expérimenté pour le pont sur le Yar, une compagnie de sapeurs de chemins de fer peut opérer en 5 jours et 5 nuits le montage et le lancement sur galets d’un pont de 21 travées. Les travaux du pont de Colomars ont été commencés le 2 juillet 1889 à 1 heure de l’après-midi et terminés le 5 à 6 heures du soir; c’est donc une durée de 77 heures au total, mais dont il faut retrancher 50 heures employées à donner du repos aux 120 sapeurs et aux 120 hommes d’infanterie, et à réparer un petit accident arrivé à un groupe de 4 travées au moment du lancement.
- Enfin le pont est mobilisable essentiellement, et cela permet de le démonter, de le reporter à 20, à 50 kilomètres en amont ou en aval et de le rétablir
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- im ce nouveau point de passage, et cela en 0 jours, sur des palées nouvelles qu’il aura suffi de 4 jours au plus pour Lattre en ce nouveau passage du fleuve. L est la une opération qui pourra être fréquente en campagne.
- Un modèle de ce type de pont est exposé dans la classe (k>, à la Galerie des Machines. Nous ne voulons point dire qu’il soit le seul à présenter les avantages des ponts démontables; mais du moins il vient d être expérimenté fort heureusement et dans des conditions remarquables. C’est à ce titre qu’il est intéressant de le signaler. Daniel Bellet.
- L4 PRODUCTION
- MINERALE ET MÉTALLURGIQUE I)E L’ITALIE
- D’après le Rapport qui vient d’être publié par M. Pellati, inspecteur des mines du Royaume italien, le nombre des mines en activité en Italie, durant l’année l’année 1886, a été de 667, occupant 49 257 ouvriers; c’est 36 mines de plus qu’en 1885. Et cependant la valeur des minerais extraits a diminué de 5 588 006 francs; en 1886 cette valeur a été en chiffres ronds de 55 400 000 francs, tandis qu’elle était en 1885 de 59 000 000 de francs. La principale production a été célle du soufre, qui, à elle seule, représente la moitié de la production totale, du moins comme valeur : il y a 405 exploitations soufrières qui, avec 29 875 ouvriers, ont extrait 574 543 tonnes de soufre, valant 27 962 000 francs. Pour le plomb et le zinc, 76 exploitations et 8617 ouvriers ont produit pour 6 900 000 francs du second corps et 7 120 000 du premier. La production de l’or a monté à 5 500 000 francs, représentant 10 759 tonnes recueillies par 519 ouvriers dans 12 centres miniers. La production argentifère a été de 1659 tonnes valant 1 440 000 francs (7 exploitations et 1288 ouvriers). 11 a été extrait209 000 tonnes de minerai de fer par 1683 ouvriers; la valeur de cette extraction est de 2 290 000 francs. La production d’acide borique est assez importante; 564 ouvriers y ont été employés dans 12 exploitations ; ils ont extrait 3065 tonnes représentant une valeur de 1 531 000 francs. Enfin pour ne parler que des principales productions, nous ajouterons 8 exploitations de minerai de cuivre, où 1055 ouvriers ont produit 25 160 tonnes de minerai valant 1 100 000 francs.
- Et nous ne parlons point des extractions de manganèse, d’antimoine, de mercure, de pyrites de fer, de sel, d’asphalte, de bitume, d’alun, de graphite et même de pétrole ; pour ce dernier la valeur n’est que de 90 000 francs.
- Les provinces où l’industrie minérale a le plus d’impor lance sont celles de Cagliari, possédant 75 mines en activité, avec 9669 ouvriers ayant extrait pour 15 000 000 fr. ; celle de Caltanissetta, avec 178 mines, 12 544 ouvriers et 15 500 000 francs de production ; enfin celle de Gir-genti, avec 161 mines, 8998 ouvriers et une extraction d une valeur de 7 800 000 francs. Viennent ensuite en seconde ligne les provinces de Catane, de Livourne et de Pise, dont la production a dépassé 2 millions.
- Nous pouvons ajouter quelques mots sur les combustibles minéraux. 11 a été extrait des tourbières du Piémont, de la Lombardie et de Venise 70 000 tonnes valant 870 000 francs; et il a été produit dans les usines de Novi-Ligure, de Venise, d’Altavilla, de Livourne, 255 000 tonnes d’agglomérés représentant 8 760000 francs,chiffres qu’il faut additionner aux 1 800 000 francs de combustibles fossi-
- les. Quant à la production métallurgique, elle représente un total de 62 000 000 de francs. Le premier rang appartient au fer et à l’acier, représentant une. valeur de 59 000 000 de fr. : 161 000 tonnes de fer et 25 760 d’acier, traitées dans 255 usines par 10 567 ouvriers. Quant à la fonte, il en a été produit 12 290 tonnes dans 11 usines et par 248 ouvriers, représentant 1 220 000 francs. Si l’on tient compte des différentes usines établies sur le sol italien, on verra qu’elles sont au nombre de 272, employant 15 000 ouvriers. Ce sont des chiffres respectables.
- UN ARBRE EXTRAORDINAIRE A PARIS
- l’orme colossal
- I)E l’institution NATIONALE DES SOURDS-MUETS
- Nous avons souvent décrit les merveilles du monde végétal de tous les pays de la terre, nous avons parlé des Séquoias de la Californie, des Eucalyptus de l’Australie, des arbres célèbres d’Europe et de France.
- Nous allons aujourd’hui donner quelques détails sur un Orme géant, qui se trouve dans Paris même, au milieu de la cour de l’Institution nationale des sourds-muets, rue Saint-Jacques. Il y a longtemps que cet arbre nous était connu; il nous est revenu à la mémoire, en faisant l’ascension de la Tour Eiffel du sommet de laquelle il est très remarqué. Son immense mamelon de verdure s’élève presque à la hauteur des plus hauts monuments de la capitale et on le distingue nettement à distance, dans le voisinage du Panthéon, au delà du dôme des Invalides.
- Pour avoir des renseignements précis au sujet de cet arbre remarquable, nous nous sommes adressé à l’honorable directeur de l’Institution nationale des sourds-muets, M. Javal, qui a bien voulu recueillir à notre intention tout ce que l’on pouvait savoir relativement à cette curiosité végétale.
- L’Orme colossal qui s’élève dans la cour principale de l’Institution des sourds-muets, est le plus bel arbre connu de cette espèce. Il a 6 mètres de circonférence à sa base et mesure plus de 45 mètres de hauteur de la base au faîte.
- Son origine paraît remontera l’an 1G00. Sous son ombrage Malcbranche a médité le plan de là Recherche de la vérité. La tradition lui a conféré le nom d’orme de Sully. « On raconte, nous écrit M. Javal, que, sur l’ordre d’Henri IV, Sully fit planter un orme à la porte de chaque église de Paris et que l’arbre des sourds-muets est le dernier survivant de ceux qui auraient eu cette origine. Il semble qu’il serait facile de vérifier le fait de la plantation générale d’arbres près des églises et que si, sur ce point, l’histoire confirmait la tradition, l’origine attribuée à notre orme se trouverait vérifiée, et son nom d'orme de Sully, justifié. »
- Il est vrai que l’Orme de l’Institution des sourds-muets a longtemps été le voisin d’une église qui n’existe plus. Cette église qui a été détruite par un incendie sous la Restauration, a fait place à une partie des
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- bâtiments et de la cour d'honneur actuels de l'Institution nationale. Conjointement avec l'église Saint-Jacques dullaut-Pas, sa voisine, elle avaitdonnéhla petite rue qui passait entre les deux édifices le nom de rue des Deux-Eglises. La rue des Deux-Eglises existe toujours, mais elle porte, depuis longtemps, au lieu de son ancienne désignation qui ne serait plus justifiée, celle de rue de l'Abbé-de-l'Epée.
- C’est à leu M. de Lanneau qu’elle doit son appellation actuelle. M. de Lan-fieau, après avoir été directeur de Sainte-Barbe et fondateur de la Société amicale des anciens barbis-tes, était directeur de l’Institution nationale et maire de l’arrondissement du Panthéon quand il fit opérer ce changement de nom.
- Quel était le nom de l’église dont notre Orme était voisin? Quelle était la situation exacte de cette église? A quelle date a-t-elle été construite, à quelle date détruite par un incendie? Etait-ce une église . entièrement publique ou n’était-ce pas à l’origine un édifice appartenant au séminaire de Saint-Magloire dont l’immeuble est occupé par l’Institution en vertu d’un décret de la Convention datant de 1791 ?
- Pour résoudre ces diverses questions et d’autres encore qui, plus ou moins directement, touchent l’Orme colossal, des recherches seraient à faire, et il ne serait pas impossible d’arriver à des réponses précises. — L’Orme de l’Institution des sourds-muets, quoique âgé de trois siècles environ, est en pleine vigueur. Sa végétation est celle d’un adolescent et non d’un vieillard. Son tronc, parfaitement sain, doit être plein, et corps aussi bien que membres donnent tous les signes de la santé. En effet, de nombreuses pousses se forment constamment le long de son lut et quand quelque vent
- de tcmpèle brise une des branches de sa tète, comme cela s’est produit lors de l’orage du 19 août dernier1, on trouve du bois parfaitement constitué, sans creux, sans pourriture, et plein de sève. Après ces intéressants documents, M. Javal nous donne de curieux détails sur l’élagage du grand Orme.
- « Toutes les quelques armées, unhommc spécial (de
- ceux qu’on qualifie du nom d'écureuils dans l'Ile-de-France) fait sa toilette. C’est un grand événement ipii intéresse tout le quartier. Le prix de l'opération, exceptionnellement difficile, n’est pas moindre de 50 francs pour la journée de l’ouvrier spécial et son aide. L’ascension de l’élagueur dure près de deux heures. Aussi reste-t-il sur l’arbre en permanence pendant tout le travail. S'il . lui fallait, comme on fait habituellement, interrompre sa besogne et sortir pour aller déjeuner, elle ne serait pas faite en une journée, la plus grande partie du temps étant absorbée en allées et venues, c’est-à-dire en montées et en descentes. Aussi, procède-1-il d’une façon spéciale. Dès qu’il a terminé son ascension, il établit une poulie dans la partie supérieure de l’arbre, et son aide, resté tout le temps à terre et qu’il avertit avec un sifflet, n’a pas d’autre mission que de lui envoyer dans un panier, bissé par une corde qui passe sur la poulie, les objets dont il a successivement besoin : des outils, son déjeuner, etc. »
- Nous récommandons aux amateurs de curiosités parisiennes l’Orme colossal de l’Institution des sourds-muets. G. T.
- 1 Le !) juin J 875, un ouragan arracha quelques-unes des branches qui s’étendent vers l’ouest; l’une de ces branches avait 10 mètres de longueur et 1,54 m de circonférence.
- L’Orme colossal île l’Inslituliou nationale des sourds-muets, à Paris. (D’après une photographie.)
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- LE PALAIS DE LA COCHINCBINE
- A l’exposition UNIVERSELLE LE 1889
- Moins orné h l'extérieur, peut-être, que ne l’est le palais de l’Annam et du Tonkin1 et bien que ne présentant point sur ses murs ces curieux motifs ornementaux où la mosaïque, la peinture et le plâtre sont combinés pour donner les reliefs curieux et généralement fort élégants que nous avons vus naître sous les doigts habiles des artistes annamites, il y a quelques mois, le Palais de la Cochin-eliine nous plaît davantage par son architecture, et
- par son contenu. Un mot d’abord sur le bâtiment même. C’est un édifice à trois corps, dont deux parallèles entre eux et perpendiculaires au troisième auquel ils aboutissent par une de leurs extrémités. Leurs extrémités libres sont reliées entre elles par une galerie à jour, en bois, qui vient former le quatrième coté. Au milieu, une cour, dont le centre est occupé par un bassin où jaillit de l’eau; autour, des objets divers, des plantes, des bas-reliefs en faïence, des palanquins, des rocailles, des animaux en faïence, etc.
- Le porche par lequel on pénètre dans la galerie couverte est fort élégant, fait de bois sculpté
- Coin inkh'ieure du Palais du la (lodiiuchuiu, à l'Esplanade dus Invalides, à Paris.
- d'une taçon bizarre, et peint de couleurs diverses. Dès l’entrée, il faut nous arrêter. En face de nous le bâtiment principal, de l’autre côte de la cour, se présente surmonté d'une longue pièce en relief et coloriée, qui a 20 mètres de longueur, sur deux de hauteur, et garnit toute la longueur de la crête du toit. Cette pièce est en faïence, et représente une infinité de petits bonshommes en des postures et attitudes diverses, une série de scènes de la vie annamite. Aux deux bouts, et sur une partie de la longueur, deux longs animaux, des dragons, ouvrent leur gueule et serpentent, couronnant fort heureusement le motif, et le terminant. C’est dommage qu’on ne puisse voir ce relief de plus près, car il est
- 1 Yoy. n° 845, du 10 août 1889, p. 101.
- fort curieux, et le coloris en est très agréable à l’œil par le mélange de l’or et des couleurs. On y remarque encore des oiseaux fantastiques. Autour de la cour et sous la galerie couverte, des lanternes en papier, suspendues, sont d’un bon effet. Et maintenant, entrons dans le Palais.
- Examinons toutefois les objets qui se présentent. La variété en est grande. Voici, à côté de modèles de filets de pêche, qui d’ailleurs rappellent grandement les engins employés sur nos côtes normandes et bretonnes, des produits alimentaires fort variés. C’est par exemple, du macaroni de haricots, qui a assez bon air, du sucre de canne, de catégorie très inférieure, en cubes noirs qui n’ont rien d’agréable à l'œil; c’est encore du thé, et du vermicelle de patates et de riz. N’ayant point goûté de ces macaronis
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- et vermicelles exotiques, je ne puis porter de jugement à leur égard, mais il serait intéressant de savoir ce qu’ils valent, pour le palais. Voici encore — ceci n'est plus alimentaire! — de la ramie, l’inévitable ramie, qui se cultiverait si aisément en tant de points du globe, mais que l’on ne peut encore utiliser véritablement d’une façon industrielle ; puis des instruments de musique utilisés par nos frères jaunes à obtenir des sons que l’on ne saurait assurément pas qualifier d’agréables.
- Une vitrine se dresse au milieu de la salle. Avec un éclectisme très philosophique d’ailleurs, mais qui trouble parfois les cervelles imbues de méthode, l’on a réuni ici des étoffes du pays, des peignes, des idoles domestiques, et des dents d’éléphant. Puis viennent des meubles, des bois de Cochinchinc, des lits en bambou et des bocaux de riz et de paddy. Le riz abonde, les bocaux succèdent aux bocaux. Je ne puis dire qu’il paraisse très beau, mais en somme, c’est l’aliment principal des Asiatiques, et il n’en est point qui soit aussi abondamment consommé sur notre vieille planète. A côté du riz, différents échantillons d’alcool de riz. L’homme est singulièrement ingénieux pour extraire des meilleurs aliments les plus détestables poisons. Mais passons, car on ne peut passer son temps a philosopher. Voici une jolie petite collection d’ustensiles indigènes, en cuivre.
- Plus loin, des soies brutes et des étoffes de soie de belle qualité. Puis vient un grand plan en relief, fort bien exécuté d’ailleurs, mais qui a l’inconvénient de ne point présenter de noms propres. A côté, des arcs et des flèches, des défenses d’éléphant. Notez une vitrine renfermant des objets en écaille. L’écaille est de belle qualité, et les objets ont des formes capricieuses qui sont parfois d’un charmant effet, et qui plaira à ceux qui aiment les jolies choses. Entrons maintenant dans le bâtiment principal. Ici les meubles dominent. 11 en est quelques-uns, de décoration assez sobre, mais c’est l’exception : le plus souvent, ils sont incrustés et sculptés avec exagération : beaucoup de travail, mais en somme, l’effet produit est-il heureux? Chacun décidera selon son goût. Quelques fauteuils en bois, avec siège en pierre, — ceci est agréable par les fortes chaleurs, — sont d’une simplicité qui plaira à beaucoup ; de même quelques bancs en bois. Puis nous retombons dans les produits alimentaires. Au mur, quelques collections scolaires (leçons de choses) intéressantes, des cahiers et des dessins des élèves indigènes. Avec cela, des tortues en gros et en détail, de belles écailles, quelques cartons d’insectes et une intéressante collection minéralogique de M. Petiton.
- Toute l’exposition cochinchinoisc n’est pas dans le palais que nous parcourons ; il y a encore ce bizarre édifice qui s’élève un peu plus loin, la pagode d’Angkor-Wat. Pour être correcjt, il faudrait dire simplement Angkor-Wat, car wat signifie pagode. Et s’il fallait être tout à fait précis, il faudrait aller plus loin et dire : porte d’Angkor-Wat. En effet, la singulière construction dont il s’agit’ ne représente qu’une des
- portes de l’enceinte qui renferme la pagode d’Angkor. Cette pagode — je parle ici de la vraie, et non du fragment reproduit à l’Esplanade des Invalides — a été révélée au monde archéologique en 1801 seulement, parM. Mouhot, un naturaliste français, bien que le Cambodge ait été visité aux seizième et dix-septième siècles par de nombreux voyageurs et religieux. Les ruines d’Angkor-Wat, au dire des voyageurs qui les ont vues, sont admirables, s’élevant au milieu des décombres, et entourées d’une végétation superbe qui abrite de nombreux animaux sauvages. C’est un énorme édifice que la pagode d’Angkor. Le mur d’enceinte, de forme rectangulaire, a de 820 à 800 mètres sur chaque côté, et présente un certain nombre de portes monumentales : un fossé extérieur, large de 200 mètres, le borde. A l’intérieur, des tours, des colonnades, des galeries, le tout sculpté et orné à profusion. Le musée Khmer, de Compiègnc, renferme différentes pièces venant d’Angkor-Wat, entre autres, un moulage du bas-relief représentant la mort du roi des singes par lequel l’on peut juger de l’habileté des sculpteurs cambodgiens du temps passé. La construction reproduite à l’Esplanade des Invalides représente l’une des portes d’angle par lesquelles l’on accédait dans l’enceinte sacrée. Elle est fort intéressante d’ailleurs, au point de vue architectural, par la décoration intérieure et extérieure. Elle renferme beaucoup d’objets divers; l’on y trouvera accumulés, dans un ordre qui ne manque point d’imprévu : des lances, des sabres, des outils industriels et agricoles, des groupes de danseurs; de petites statuettes fort curieuses; des bijoux, coffrets, des bois sculptés; noter en particulier un groupe sculpté dans une racine d’arbre — des corbeilles (il en est de fort jolies), des masques de théâtre, des meubles — entre autres un lit, fort original avec ses petits matelas plats et ses oreillers cubiques ; — des pipes de forme très curieuse, pendues à l’une des colonnes, des bouddhas ventripotents — comme toujours; — et une collection de poissons desséchés qui ne sont guère appétissants. Les objets réunis dans l’espace d’ailleurs peu considérable que surmonte la construction d’Angkor méritent d’être regardés avec soin.
- Le public fera bien aussi de donner quelques instants à la Pagode de Villenour, près du Palais tunisien. Il y verra un autel bouddhique, avec les objets du culte.
- Ajoutons que l’administration de l’exposition coloniale a commencé à faire paraître une publication qui répond a un desideratum que nous avons précédemment exprimé, une publication qui comprendra quatre ou cinq volumes in-18, et dans laquelle on trouvera des renseignements sur l’historique de nos colonies, sur leurs ressources, sur leurs curiosités, etc. Il est regrettable que cette publication n’ait pas été faite dès le début de l’Exposition, mais différentes circonstances ont rendu la chose impossible. Mieux vaut tard que jamais, et nous félicitons
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- M. Henrique et ses collaborateurs de l’apparition I de cette publication dont nous aurons d’ailleurs à nous servir et à parler ultérieurement1.
- H. de Yakio'ï.
- TH. L EDISON
- Edison, l’illustre inventeur américain venu tout récemment à Paris, pour visiter notre grande Exposition universelle, appartient par ses découvertes à la classe privilégiée des bienfaiteurs de l’bumanité. Les hommages qu’il a trouvés parmi nous, sont justifiés, et nous y ajouterons notre humble tribut, en résumant ici l’histoire extraordinaire du grand physicien dont les débuts ont été si modestes, et dont les œuvres, déjà si importantes, soulèvent des applaudissements dans le monde entier.
- Thomas Alva Edison est né à Milan, un petit village de l’État de l’Ohio, aux États-Unis, le 11 février 1847.
- 11 n’a donc pas encore quarante-trois ans.
- 11 reçut de sa mère une instruction élémentaire qu’il compléta lui-même par un travail assidu, passant des nuits entières à lire tous les livres de science qui lui tombaient sous la main.
- A douze ans, simple garçon de train sur le Grand Trunk Railivay of Canada and Central Michigan, il fonda un journal, ou plutôt une feuille de renseignement imprimée sur le train en marche, entre deux stations, avec des caractères et une presse achetés d’occasion et placés dans un coin du fourgon à bagages. C’était là la première invention du jeune Américain, car the Grand Trunk Herald dont il était à la fois le propriétaire, le directeur, le rédacteur unique, le compositeur, l’imprimeur et le vendeur, est le premier journal qui ait jamais été fait sur un train de chemin de fer.
- Le jeune imprimeur fournissait dans sa feuille imprimée tous les renseignements pratiques, qu’il se procurait de station en station : voitures conduisant aux localités voisines des gares, prix des transports, hôtels recommandables, et aussi nouvelles de toutes sortes, saisies au vol, et imprimées au courant du train. Il y avait là une idée essentiellement originale, et absolument remarquable quand on pense qu’elle a été conçue et mise à exécution par un enfant de douze ans.
- Edison ne se contentait pas d’être journaliste et reporter. Il mettait ses loisirs à profit pour étudier la mécanique, l’électricité et la chimie, toujours dans le coin de fourgon qui lui était réservé; mais un jour, une expérience malheureuse mit le feu au véhicule; le conducteur de train irrité, mit à la porte le petit imprimeur avec sa presse, ses livres, ses produits et ses appareils de chimie qui avaient peu à peu envahi le fourgon, et l’avaient transformé en un véritable laboratoire.
- 1 A propos de l’Annam et du Tonkin, signalons l’ouvrage récemment publié chez F. Alcan, par M. J. Silvestre sur L’Empire d'Annam et le peuple annamite, et dans lequel on trouvera beaucoup de documents intéressants.
- L’expérience acquise par Edison dans scs fonctions multiples sur le train, lui permit alors d’entrer comme télégraphiste opérateur à Port-IIuron (Michigan), et d’étudier plus complètement la télégraphie à laquelle ses inventions ont fait faire de si remarquables progrès. Ses premières inventions de télégraphie duplex, datent de 1864, et le quadruplex, dont'l’usage est aujourd’hui si répandu, surtout en Amérique, fut imaginé, sinon réalisé, vers la même époque.
- En 1868, Edison vint à Boston, et c’est alors qu’il commença à être apprécié à sa juste valeur. C’est là qu’il ouvrit le premier atelier chargé de réaliser ses inventions qui restaient encore plus spécialement dans le domaine de la télégraphie. Peu de temps après, il entrait au service de la Gold and Stock Company et de la Western Union Telegraph Company, qui lui achetèrent ses inventions et commencèrent ainsi sa fortune. Un atelier pour 500 ouvriers fut construit à Newark (New-Jersey) pour la fabrication des télégraphes de bourse et de marché, mais la direction de cet atelier laissait à Edison trop peu de loisirs pour s’occuper de ses inventions et il l’abandonna bientôt pour le laboratoire désormais historique de Menlo-Park d’où sont sorties la plupart des inventions qui ont rendu son nom si justement célèbre.
- Plus récemment, le laboratoire de Menlo-Park s’est trouvé insuffisant et Edison l’a abandonné pour établir à Orange un établissement spécial où ses ateliers de construction et d’étude, considérablement agrandis, forment une véritable ville industrielle.
- Edison a touché avec succès à toutes les branches des applications de l’électricité. Ses inventions télégraphiques, qui ont commencé sa fortune, sont très répandues en Amérique.
- S’il n’est pas juste d’attribuer, comme on le fait trop souvent, le mérite de l’invention du téléphone à Ëdison, au détriment du véritable inventeur Gra-ham Bell, on ne saurait nier qu’Edison a apporté d’importants perfectionnements à cette invention. Le premier transmetteur à charbon employé en pratique était un transmetteur à pastilles d’Edison, auquel on a substitué partout depuis, des transmetteurs basés sur le microphone de Hughes, mais l’électro-motographe, appareil téléphonique parlant à haute voix, est une invention de premier ordre dont l’idée originale appartient bien à Edison.
- Le principe général de la lampe à incandescence de charbon dans le vide, est aussi, bien antérieur aux travaux d’Edison, mais c’est le grand inventeur qui, par ses nombreuses recherches, a rendu la lampe à incandescence pratique, et a véritablement produit dans l’éclairage la révolution à laquelle nous assistons depuis quelques années.
- La plus remarquable, la plus incontestable et la moins contestée des inventions d’Edison, est sans contredit le phonographe. C’est bien lui qui, pour la première fois en 1877, a su enregistrer la parole, et utiliser cet enregistrement à sa reproduction indé-
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- finie. Nous avons maintes fois signalé les perfection- son : il nous semble utile d’y revenir encore et de nements apportés à l’invention originale d’Edi- montrer quelques-unes des dispositions adoptées
- Fig. 1. — Appareil pour l'enregistrement par le phonographe tl’un morceau de piano.
- pour inscrire avec fidélité la parole, ou les morceaux de musique qui, reproduits par le phonographe perfectionné dont nous avons précédemment donné la description, font l’étonnement et l’admiration des nombreux visiteurs se pressant chaque jour autour des appareils, dans la Galerie des Machines ou dans la section américaine des Arts industriels.
- Tous ceux qui ont entendu le phonographe de 1878 et qui le rapprochent, par la pensée, du phonographe de 1889, seront certainement frappés des progrès accomplis pendant cette première
- période de dix années : ils conviendront, avec nous, que si les belles promesses du début, pouvaient paraître prématurées, et empreintes d’exagération, aucune d’elles, cependant, ne peut plus être considérée aujourd’hui comme impossible à réaliser matériellement. Edison est assez jeune encore pour tenir toutes ses promesses, même celles que des admirateurs aussi enthousiastes que sincères ont souvent faites un peu hâtivement en son nom. Gloire, comme noblesse, oblige. Quand on a bien entendu le nouveau phonographe a
- Fig. 2. —Enregistrement par le phonographe d'un solo de cornel à piston.
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- l’Exposition universelle1, on reste émerveillé de la netteté offerte par la reproduction des morceaux de piano et d’instruments à vent : il nous a paru intéressant, d’indiquer les moyens employés pour enregistrer les airs obtenus à l’aide de ces instruments musicaux. Notre ligure 1 montre l’immense cornet acoustique qui conduit les sons d’un piano à queue jusqu’au cylindre de cire du phonographe. L’appareil tel qu’il est représenté sur notre gravure, est celui qui fonctionne dans le cabinet réservé de l’Exposition de M. Edison au Champ de Mars. Pour l’enregistrement des airs obtenus au moyen d’un instrument de cuivre, il suffit d’un cornet acoustique de dimension moindre, comme on le voit dans notre deuxième gravure (fig. 2).
- Les auditions phonographiques à l’Exposition universelle obtiennent un succès considérable et la foule ne cesse de montrer combien elle sait en apprécier l’intérêt. Notre grande gravure (fig. 5) représente l’aspect de ces expériences mémorables exécutées dans le Palais des Machines. Nous reproduisons une photographie qui montre de nombreux auditeurs écoutant, par l’intermédiaire des doubles tuyaux acoustiques, la parole ou la musique enregistrées, et reproduites par ces merveilleux appareils; mais ces auditeurs méritent de la part de nos lecteurs un examen spécial, car ils sont formés par la réunion de tous les collaborateurs et les jeunes ingénieurs du grand savant américain. L’un des représentants de M. Edison, M. Hammer, a bien voulu nous communiquer pour La Nature une épreuve de cette photographie qui peut être considérée comme une pièce historique au point de vue scientifique. Tous les jeunes savants américains se sont groupés dans l’attitude du public lorsqu’il écoute les phonographes, et ils ont eu soin de se placer en présence du tableau qui reproduit les traits de leur maître Edison.
- L’illustre inventeur américain a depuis longtemps conquis l’admiration par ses découvertes ; nous ajouterons que lorsqu’on a eu l’honneur de le voir de près, on ne tarde pas à reconnaître qu’il sait rehausser ses mérites par des qualités rares : la simplicité et la modestie.
- Gaston Tissandif.r.
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- APPLICATION DE LA PILE DU COMMANDANT RENARD
- Le vendredi 23 août a eu lieu, au siège de la Société d'encouragement, à Paris, une réunion extraordinaire des deux plus importantes Sociétés d’électriciens : Institution of electrical engineers et Société internationale des électriciens. Le bureau, présidé par ’sir William Thomson, était composé de MM. Edison, Preece, Douglas Galton, Hughes, E. Graves, Mascart, colonel Sébert et Carpentier. Après les discours prononcés par M. le colonel Sébert, sir William Thomson et M. Mascart, plusieurs inventions ont
- 1 Yoy. Le nouveau phonographe d’Edison, n° 851, du 4 mai 1889, p. 365.
- été présentées par leurs auteurs; nous citerons notamment la soie artificielle de M. Chardonnet, le mélographe de M. Carpentier, des appareils chrono-photographiques, des projectiles enregistreurs, les appareils de MM. Richard frères, etc.... Une salle avait été organisée pour les auditions téléphoniques, et les assistants ont pu entendre Carmen, le chef-d’œuvre de Bizet, comme s’ils avaient été à l’Opéra-Comique. Enfin le phonographe d’Edison a remporté, comme partout où on le produit, le succès le plus complet et le plus mérité.
- Tout naturellement en cette circonstance, c’est à l’électricité qu’il appartenait de fournir l’éclairage des diverses salles ouvertes aux sociétaires et à leurs invités. Une lampe à arc de 300 bougies était disposée dans le vestibule; une autre de 900 bougies dans la salle du buffet ; la salle précédant celle des séances était éclairée par deux lampes à incandescence, ainsi que celle où avaient lieu les auditions téléphoniques; enfin la salle des séances, outre les becs de gaz qui y sont à poste fixe, recevait la lumière de deux lampes à incandescence, placées sur la table du bureau de chaque côté du Président, et d’un petit lustre portant dix lampes également à incandescence.
- Nous n’aurions pas jugé utile de mentionner cet éclairage, s’il eût été produit, soit par des accumulateurs, soit par des dynamos, comme l’éclairage auquel tout le monde est habitué aujourd’hui. Mais ce qui nous a paru digne d’intérêt, c’est que toutes les lampes, tant à arc qu’à incandescence, étaient alimentées exclusivement par des piles au liquide chlorochromique constituées chacune par un petit nombre d’éléments du modèle créé par M. le commandant Renard pour la conduite du ballon dirigeable la France, éléments dont nous avons précédemment donné une description détaillée1.
- Les lampes à arc étaient actionnées, celle de 900 bougies par 42 éléments, celle de 500 bougies par 36 éléments, contenus dans des caisses cubiques d’environ 0,50 m de côté. Quant aux lampes à incandescence, dont l’intensité était au moins de 25 à 50 bougies, elles se présentaient sous la forme de lampes mobiles, constituées par un récipient cylindrique de 0,20 m de diamètre sur 0,58 m de hauteur, contenant 7 éléments et supportant un candélabre surmonté d’une lampe Gérard. Le lustre de 10 lampes, suspendu au plafond, était actionné par une pile de 24 éléments, renfermée dans une caisse cubique de 0,50 m de'eôté.
- Toutes les piles ont fonctionné de la manière la plus satisfaisante ; une extinction s’est produite momentanément, mais cela a été causé par la combustion d’une lampe à incandescence.
- Les lampes électriques du commandant Renard, construites pour l’usage domestique, pèsent 15 kilogrammes, elles contiennent leur réservoir de liquide chlorochromique ; ces lampes ne donnent naissance à aucun dépôt de cristaux, ce qui en rend le nettoyage facile. De dimensions analogues aux lampes à huile contenues dans de grosses potiches, elles sont agencées de façon à supprimer toutes les difficultés de montage, de démontage, de chargement et d’entretien ; le remplissage se fait d’un seul coup; le placement des 7 zincs consiste dans le serrage de 7 vis; la mise en activité s’opère à l’aide de quelques pressions sur une poire pneumatique; enfin l'extinction s’obtient à volonté en dévissant une simple vis latérale. En un mot, ces lampes sont aussi faciles à soigner qu’une lampe à huile ordinaire, tout en étant
- 1 Yoy. n° 785, du 16 juin 1888, p. 38.
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- d’un entretien moins délicat, puisqu’elles ne renferment aucun mécanisme. Nous terminerons leur description sommaire par les renseignements ci-après qui nous ont
- été communiqués par le constructeur :
- Potentiel normal de décharge..........10 à 11 volts
- Courant de décharge................... 4 ampères
- Déhit.................................40 à 45 watts
- Intensité de la lumière........... . 25 bougies
- Tl , ( normale.................... , 5 heures
- Duree \ 0 ,
- | maxima. .......... 8 heures
- Prix des matières pour un chargement. . 2,50 fr.
- Prix de la bougie-heure. ...... 0,02 fr.
- On voit qu’il s’agit ici d’un éclairage d’un prix assez élevé ; mais, dans un grand nombre de cas, le consommateur regarde peu à la dépense s’il s’agit d’un éclairage domestique de luxe.
- La pile de 24 petits éléments, qui actionnait le lustre de 10 lampes lors de la soirée du 25 août à la Société iVencouragement, a été construite sur un modèle différent, spécialement pour le service de la marine militaire, qui l’a adoptée pour les signaux des torpilleurs, Quant aux piles qui alimentaient les lampes à arc de 900 et de 500 bougies, elles n’existent encore que sous une forme provisoire et l’on étudie en ce moment une disposition, analogue à celle des lampes mobiles à incandescence. On espère en rendre pratiques et avantageux les nombreux emplois.
- SUlt UN GENRE PARTICULIER
- D’EXPÉRIENCES CAPILLAIRES
- Voici lin phénomène curieux, et assurément inattendu. Dans une feuille de papier à lettre, découpons un rectangle de 7 centimètres sur 3 ; formons un pli dans le milieu de cette bande, et, les deux parties faisant entre elles un angle d’à peu près 45°, déposons-la sur un liquide par une de ses faces (fig. 1). Nous verrons d’abord le second pan de notre papier s’abaisser vers le premier, jusqu’au contact dans certains cas (fig. 2) ; après un moment d’arrêt, il prendra un mouvement en sens inverse, et se rabattra graduellement dans le prolongement du premier, sur la surface liquide (fig. 5).
- Rappelons en quelques mots l’explication de ces faits1. L’abaissement du pan supérieur est du à la courbure que prend, par l’effet de l’imbibition, la partie déposée sur l’eau ; l’angle (fig. 2) formé par le pan supérieur avec la tangente à l’arête reste sensiblement le même pendant la première partie du phénomène. Quant au relèvement, il est dû à trois causes : 1° la disparition de la courbure de la lame inférieure; 2° la mouillure de l’arête, dont les molécules tendent a s’écarter longitudinalement; o° la pénétration du liquide jusque dans les couches internes du papier : les molécules de la partie interne ont été fortement rapprochées lors de la formation du pli, de sorte que l’imbibition, en écartant ces molécules, produit un effet considérable.
- Cette expérience est le point de départ d’une
- 1 Yoy. Bulletins de VAcadémie royale de Belgique, juillet 1889.
- foule de récréations physiques. Les lecteurs de La Nature se souviendront probablement du petit bateau en papier qui se ferme quand on le remplit d’eau1. On peut faire, avec le même bateau, une expérience absolument opposée : on le ferme complètement, on l’aplatit, et on le dépose sur l’eau; le petit bateau ne tarde pas à s’ouvrir et à s’étaler à la surface du liquide (fig. 4 et 5).
- La rapidité du mouvement rapporté plus haut dépend de la nature du papier. Le papier-parchemin épais s’ouvre avec une lenteur qui fait douter de la réalité du phénomène; le papier Joseph s’ouvre instantanément. Le papier buvard fin, de couleur rose, est de tous le plus convenable; ni trop vif, ni trop lent, il accomplit ses exercices avec une aisance qui fait plaisir à voir. Ce papier est excellent pour les divertissements qui suivent : on découpe un
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- Fig. 1, 2, 3. — Expérience faite avec un rectangle de papier.
- triangle allongé, de 12 à 15 centimètres de haut, et on le replie sur lui-même par parties, en commençant par le sommet. La figure fi indique la manière d’opérer, le pointillé représentant les plis; pour faciliter les mouvements, on donnera aux plis successifs des hauteurs de plus en plus grandes. La figure 7 montre la pièce préparée. Le petit système, déposé sur l’eau, se déplie par saccades, et, s’étalant
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- Fig. 4 et o. — Petit bateau de papier s'ouvrant, et s’étalant sur l’eau.
- complètement, présente enfin l’aspect de la figure 6.
- En généralisant cette dernière expérience, on imagine facilement des figurines et découpures dont le déploiement sur l’eau, par son côté imprévu, amuse le spectateur. Quelques coups de ciseaux suffisent pour préparer des étoiles plus ou moins compliquées (fig. 8), un gant (fig. 9), etc. Les traits fins, dans les figures, indiquent la position des plis; les traits parallèles indiquent la surface par laquelle le système doit être déposé sur le liquide.
- Les faits qui précèdent suggèrent naturellement une série d’expériences que l’on peut réaliser avec de simples tiges. On connaît déjà diverses récréations physiques basées sur ce fait qu’une allumette pliée se redresse quand on mouille le sommet. Toutes les tiges minces présentent le même phénomène. Tiges de graminées, fétus de paille ou de foin, pédoncules et branches minces séchées, languettes de bois provenant du rabotage, tous ces
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- objets, pliés et déposés sur l’eau, se redressent, et reprennent énergiquement leur forme primitive.
- 11 n’est pas indispensable de laisser la tige sur l’eau : il suffit de la plonger, et, la retirant immédiatement, de la déposer sur une table ou sur une plaque pour faciliter ses mouvements. On peut donner à l’expérience de l’allumette une forme plus élégante : sur le corps de l’allumette, on découpe de petits copeaux qu’on rabat ensuite jusque dans le voisinage de l’axe (tîg. 10). Après avoir plongé le petit système dans l’eau, on voit les copeaux se redresser et prendre, par rapport an corps de l’allumette, une direction opposée (fig. 11).
- On peut se faire une idée de l’énergie de ces
- Fig. 6. 7, 8 et 9. — Expériences diverses avec du papier buvard fin, découpé.
- actions capillaires par la remarquable expérience que voici : fixons les extrémités d’une tige de graminée aux centres de deux rondelles de liège, et plions la tige de manière à rapprocher autant que possible ces dernières (fig. 12) ; quand on s’est assuré que celles-ci ne s’écartent pas d’elles-mêmes, on les pose avec précaution sur l’eau, puis on mouille
- main et fixant un petit drapeau de papier dans une fente pratiquée à l’une de ses extrémités (fig. 15). La disposition suivante donne lieu à un spectacle intéressant : la tige de paille est pliée aux deux extrémités, et la partie centrale est tordue (fig. 16). Si l’on dépose ce système sur un plan après l’avoir mouillé, il s’y livre à des contorsions qui donnent l’idée d’un animal étrange...
- Voici un problème à poser aux amateurs de physique récréative : une tige de graminée étant pliée et repliée sur elle-même, puis enroulée sur le tout de manière à former une petite botte (fig. 17), on demande de défaire la botte sans la toucher. — La solution nous apparaît fort claire : il suffit de laisser tomber quelques gouttes d’eau sur les jointures et sur le lien, et la botte se déliera comme par enchantement. Les tiges du foin, très flexibles, sont excellentes pour cette dernière expérience.
- Mais laissons au lecteur le plaisir d’imaginer lui-même d’autres récréations, et montrons en quelques mots l’importance de ces phénomènes pour l’étude de la nature.
- Les bandes de papier dont le pli disparaît par
- Fig. 14, la, 16,17,18. — Expériences capillaires exécutées avec des tiges de graminées tordues.
- 10 11
- Fig. 10 et 11. — Allumettes avec copeaux taillés au canif.
- Fig. 12 et 13. — Expérience de capillarité avec une tige de graminée.
- bien le sommet de l’angle formé par la tige. Aussitôt celle-ci tend à se redresser en écartant graduellement les rondelles qui finissent par prendre la direction verticale (fig. 15).
- Varions ces expériences. Enroulons une tige de paille ou de graminée sur un crayon ou sur une règle carrée, et forçons-la à se tenir en hélice aussi étroite que possible (fig. 14). L’hélice, plongée dans l’eau puis déposée sur un plan, va se déformer en se livrant à des contorsions intéressantes à suivre, et tendra à reprendre sa forme rectiligne.
- Tordons entre les doigts un fétu de paille; aban-donnons-le à lui-même pendant quelques instants, jusqu’à ce que tout mouvement élastique ait cessé: plongée dans l’eau, cette tige reprendra sa première forme, et se détordra avec énergie. On peut facilement suivre ce mouvement en tenant la tige en
- imbibition suggèrent l’idée que, dans la nature, il y a de très nombreux exemples où des plis formés dans certaines parties des plantes, telles que des feuilles, des pétales, disparaissent par l’action de l’eau.
- Dans le redressement des tiges par imbibition, on pourrait voir la cause du maintien rigide des branches des plantes et des herbes les plus délicates : vienne un pli, une fracture quelque part, la circulation de la plante, en assurant le mouillage de la blessure, produit sa guérison. Autre chose encore : il est certain que le gonflement des corps spongieux est dû en grande partie à l’eau qui s’introduit dans ces corps par imbibition ; mais il est incontestable que l’éloignement des parois, par suite du mouillage des arêtes, y est pour une bonne part. La turgescence d’une croûte de pain pliée, par exemple, l’oblige à se redresser.
- Nos tiges de paille tordues ne sont qu’une imitation bien faible des phénomènes présentés par les liges terminales et tordues de certaines graines; l’érodium (fig. 18), la folle avoine, la stipe empennée, etc., sont bien plus curieux à suivre dans leurs évolutions.
- G. Van der Mensbrugghe et F. Leconte.
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- LES AGCRÉENS A PARIS
- Nous avons récemment parlé des Angolais de la Guinée inférieure qui sont actuellement exhibés à
- Paris1. Nous dirons quelques mots ajourd’hui des Ac-créens, originaires d’Accra, pays situé au commen-
- Fig. 1. — Deux hommes aceréens.
- Fig. 2. — Femme aecréeime et sou enfant.
- cernent du gollé de Guinée (côte d'Or). Ces Aceréens, non moins intéressants que les Angolais, sont comme ces derniers soumis à l'examen du public parisien qui peut les visiter chaque jour, quai de B i 11 y, n°62, dans le voisinage de l’Exposition universelle.
- Ces représentants des Aceréens nous montrent que la race est d’un caractère doux, fa-milier et attachant. Eminemment industrieux, on rencontre chez eux, des bijoutiers, des tisserands, des vanniers et des sculpteurs. L’amabilité naturelle qui les caractérise, leurs gestes gracieux, leur affabilité pleine de cordialité, leur attirent de la part de tous les visiteurs 'une grande
- sympathie. On les a exhibés a Paris dans les conditions mômes de leur existence habituelle; tout
- est fidèlement reproduit. Un a transporté une grande partie de leur village môme.
- On trouve ré finis dans plusieurs cases : cinq bijoutiers, un sculpteur sur bois et un sculpteur de calebasses, un tisserand, un vannier, un forgeron, et sept femmes choisies parmi les plus beaux types de la race. Un petit bébé, gentil et caressant, âgé de deux ans, fait l’admiration de tous; courant de l’un à l’autre, il met une note gaie dans cette famille de travailleurs. 1 Voy. n° 843, ilu 27 juillet 1889, p. 131.
- Fig. 3. — Femmes aeciéeuues dont l’une écrase du maïs. (D’après des photographies de M. Maurice Buquet.)
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- LA NATURE.
- Les femmes sont traitées avec infiniment de douceur et ne s’occupent, à part deux d’entre elles, dont l’une est fabricante de piton (boisson de maïs fermenté) et l’autre boulangère, que de faire la cuisine pour toute la petite colonie.
- L’exhibition des Accréens a été organisée par MM. Gravier frères, négociants au Gabon et à Accra (côte d’Or) où ils sont les seuls représentants français. L’intention de MM. Gravier, en amenant en France les dix-liuit indigènes qu’ils ont installés à Paris, est de leur faire admirer les magnificences de la Métropole, et de leur apprendre à apprécier notre civilisation, de telle sorte que retournés dans leur pays, ils puissent faire à leurs concitoyens des récits en notre faveur et préparer de bienveillantes réceptions aux futurs colons français. Ce louable but sera certainement atteint si tous ceux qui comprennent l’importance de nos colonies de l’Afrique, veulent s’y intéresser.
- Les produits du beau pays de la côte d’Ür sont, pour ne citer que les plus importants, l’or, la gomme, le caoutchouc, l’ivoire et l’ébène qui suffisent à assurer aux travailleurs les plus sérieux éléments de prospérité.
- LE JEU DES PETITS CHEVAUX
- DANS LES CASINOS DE UAINS I)E MED
- Jusqu’à ces dernières années, le jeu des petits chevaux, tel qu’il était pratiqué dans les casinos, constituait pour les administrations un bénéfice prélevé sur le joueur dans une mesure rigoureusement proportionnelle à sa mise.
- Ordinairement, le joueur, — nous entendons par là l’ensemble des joueurs, — prenait 8 chevaux à 1 franc et l’administration des jeux rendait 7 francs au gagnant : le joueur perdait donc 1 franc sur 8, soit 12,5 pour 100 de sa mise.
- Il est probable que ce bénéfice ne suffisait plus à satisfaire les appétits de nos entrepreneurs de plaisirs balnéaires, car ils ont imaginé d’introduire un nouveau jeu également dit des petits chevaux, mais qui n’est, en réalité, qu’une roulette déguisée et pour laquelle certaines combinaisons correspondent, pour le joueur, à des pertes qui dépassent cinquante pour cent.
- Nous croyons intéressant et utile pour quelques-uns d’établir scientifiquement ce que nous avançons, en nous appuyant seulement sur les principes élémentaires du calcul des probabilités et sur la loi des grands nombres, loi toujours satisfaite dans une saison, lorsque l’on considère l’administration des jeux d’une part, et la collectivité des joueurs d’autre part.
- Yoici comment est disposée la roulette au casino deX... Un grand disque horizontal porte 68 crans qui viennent se présenter successivement devant une lame de baleine servant à désigner le Cran gagnant, comme dans le tourniquet classique de toutes les foires.
- Le cycle complet comprend donc l’arrêt dans chacun des crans, soit 68 parties à, 1 franc, pour fixer les idées.
- Sur ces 68 crans, il y a deux fois deux crans intitulés prix de Dauville et grand prix de Paris qui donnent droit à un remboursement de 15 fois la mise. Les 64 autres crans sont affectés à huit chevaux que nous dési-
- gnerons par A, B, G, I), E, F, G, U. Chacun de ces huit chevaux occupe donc huit crans marqués eux-mèmes 1,2, 5, 4, 5, 6, 7, 8. Ces chiffres représentent le nombre de fois la mise qui sera restituée au gagnant dans le cas où le cheval sur lequel il a ponté viendrait à gagner. Les huit chevaux ont d’ailleurs des toques rouges ou jaunes indiquant la couleur, et un rang pair ou impair, rang ou couleur sur lesquels on peut ponter à volonté entre un minimun de 50 centimes et un maximum de 2 francs. Cela posé, les différentes combinaisons auxquelles les joueurs peuvent se livrer sont au nombre de quatre : la couleur, la parité, le cheval, et les grands prix.
- 1° La couleur. Dans les 68 coups formant le cycle, la couleur gagnera 32 fois, le joueur ayant versé 68 francs, empochera 64 francs. La perte sera de 4 pour 68, soit 5,8 pour 100, chiffre des plus raisonnables et inférieur à celui de l’ancien jeu (12,5 pour 100). — 2° La parité. La combinaison est la même que pour la couleur, la perte est la même. — 3° Le cheval. Sur les 68 coups, le joueur sur un cheval gagnera 8 fois, et recevra successivement,
- 8x9
- 1, 2, 3.... 8 fois sa mise, soit—— =56 francs, somme
- A
- à laquelle il faudra ajouter 8 francs pour les 8 coups gagnés et pour lesquels le croupier ne ramasse rien au tableau, soit 56 + 8 = 44 francs. La perte sera de 68 — 44 = 24 francs, soit 24pour 68 ou 55,3 pour 100. — 4° Les grands prix. Le joueur gagnera 2 fois sur 68, il touchera deux fois quinze fois sa prime puisqu’il y a deux crans affectés,à un grand prix, plus ses deux mises, soit (2 X15) + 2 = 52fr. La perte sera de 68 —52 = 56 fr. soit 56 pour 68 ou 52,9 pour 100.
- Dans le cas où la collectivité de joueurs partagerait également ses mises entre les quatre combinaisons, le bénéfice de l’administration serait encore de 25 pour 100.
- Ces chiffres ne comportent aucune moralité ni aucune conclusion. S’il en faut une cependant, nous pourrons la formuler ainsi en faveur des joueurs : Pontez sur la couleur ou la parité, fuyez le cheval et plus encore les grands prix : c’est le seul moyen de réduire vos pertes... en jouant.
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- CHRONIQUE
- CJoup de foudre sur la Tour Eiffel. —-
- Lors d’un violent orage qui a eu lieu à Paris dans la soirée du 19 août, un coup de foudre a frappé la Tour de 500 mètres. Grâce à l’obligeance de M. Salles, nous avons pu aller dès le lendemain tout au sommet de la Tour afin de recueillir sur place des documents précis à ce sujet. Voici les faits tels qu’ils nous ont été présentés par le chef du service électrique de la Tour, qui, lors de l’orage du 19, se trouvait au sommet du monument retenu par la surveillance des projecteurs :
- « Vers 9 heures et demie du soir, un vent très violent soufflait du nord-ouest accompagné d’une pluie fine. Rien ne faisait soupçonner la présence d’un orage, quand tout à coup un éclair immense a sillonné les nues et frappé avec un bruit épouvantable le paratonnerre qui se trouve au sommet de la Tour, au-dessus du phare ; la Tour métallique a résonné sous ce coup comme un diapason, et la vibration a duré plusieurs secondes. Au moment de la décharge, quelques gouttelettes de fer enTusion sont tombées, provenant probablement de la fusion de la pointe du paratonnerre. Le bruit de cette décharge disruptive a imité celui de deux petites pièces d’artillerie tirées à
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- intervalle inappréciable, mais cependant distinct à l’oreille. Le gardien du phare n’a ressenti aucune commotion, pas plus que les trois personnes qui se trouvaient sur la plateforme des projecteurs, laquelle est asphaltée et par conséquent électriquement isolée de la Tour. Depuis quelques jours il avait été installé huit paratonnerres autour de la plate-forme des projecteurs; l’extrémité de ces paratonnerres est constituée par un faisceau de liges minces en cuivre surmonté d’une tige qui s’avance de quelques centimètres en avant du faisceau. Ces paratonnerres ont parfaitement rempli leur rôle, les nuages, en passant, se déchargeaient, produisant des décharges dites silencieuses, mais qui, en réalité, sont crépitantes et rappellent l’effet produit par un court-circuit rapide, effet bien connu des électriciens. Vers la fin de l’orage, de légers nuages traversant les projections du phare étaient subitement illuminés et donnaient lieu à des lueurs semblables à celles que l’on aperçoit dans un tube de Geissler. » Il résulte de cette expérience que, conformément à la théorie, la Tour Eiffel joue le rôle d’un excellent paratonnerre, et il est probable qu’elle protège les zones avoisinantes.
- La circulation à Paris. — Le nombre des voyageurs transportés pendant l’année 1887, tant à l’intérieur de Paris que dans la banlieue, s’est élevé à 301 550805, soit une moyenne générale de 820190 voyageurs par jour. Voici la part prise par compagnie dans ces chiffres :
- Compagnie générale des omm- Par ail. Par jour. P. 100.
- bus Compagnie des tramways (ré- 18896075-1 617699 62,8
- seau nord) Compagnies des Iraimvays (ré- 24409826 66876 8,1
- seau sud) Chemin de fer de ceinture : 24258408 66 461 8,0
- Rive droite 9557 819 25658 5,1
- Rive gauche 7970544 21857 2,6
- Saint-Lazare à Auteuil. . . Ligne de Grenelle au Champ 15104764 55905 4,5
- de Mars Compagnie des bateaux-omnibus ctdcs hirondelles parisiennes : 776 2
- Auteuil au pont d’Austerlitz. 6858951 18 792 2,5
- Pont-Royal à Suresncs. . . Compagnie des bat eaux-express : 1688925 4627 0,5
- Charenlon à Auteuil.... Compagnie générale des Petites 7811501 21401 2,6
- Voitures 17158070 46954 5,7
- Totaux 501559895 829190 100
- Les recettes correspondant au nombre de voyageurs transportés pendant l’année 1887 s’élèvent à la somme de 67 254 400 francs. On peut se demander quels chiffres nous réserve la statistique de 1889.
- Consommation des traverses en l»ois aux États-Unis. — Le Pacific Lumberman évalue à 160000 milles de 1609 mètres (environ 257 000 kilomètres) l’étendue actuelle du réseau des chemins de fer aux États-Unis. En supposant 2640 traverses par mille, ce qui est au-dessous de la moyenne, le nombre des traverses du réseau est de plus de 422400000. La durée moyenne des traverses dans l’Est, où l’on emploie des bois de bonne qualité, est de six ans, tandis qu’elle est de trois à cinq ans'dans l’Ouest, où l’on emploie des bois de qualité inférieure. La durée moyenne sur l’ensemble du réseau n’est pas de plus de cinq ans. D’après cela, la consommation annuelle des traverses serait de 84500000. Si l’on pense à la rapidité avec laquelle l’étendue du réseau augmente, on peut dire que cette consommation
- atteindra prochainement 100 millions de traverses palan. Le Pacific Lumberman pense que, malgré les immenses richesses forestières des Etats-Unis, les compagnies pourront trouver avantageux d’employer des traverses métalliques, par suite de la hausse du prix des bois qui aura certainement lieu.
- Inclusion d’un insecte dans du papier. — Un
- cas curieux d’impression d’un insecte dans du papier est signalé par le Insect Life. M. John R. Giles, directeur générale de la lithographie Giles et de la Compagnie de typographie libre de New-York, a recueilli dans une manufacture de papier un morceau de papier à calquer fait aux Indes, contenant l’impression parfaite d’une espèce de Lilhobius, un genre de la famille des Myriapodes. On distingue nettement toutes les différentes parties de l’insecte qui, mélé à la substance même du papier, fait corps avec lui. Le spécimen a dû se trouver pris accidentellement dans la matière, pendant qu’on fabriquait le papier, et passa inaperçu sous les rouleaux des différentes étapes du séchage.
- Longévité des tortues. — On a souvent parlé de l’àge avancé auquel pouvaient parvenir les tortues. Le Mornimj News, de Savannah (États-Unis) semble, par son récit, nous en donner une nouvelle preuve. Un fermier de Rondout (État de New-York) rencontrait en octobre dernier, dans les champs, une tortue qui marchait en se traînant péniblement. 11 put s’en approcher sans peine et voir sur sa carapace une inscription gravée. On pouvait lire : \V. D. Whittaker, 10 août 1771. Cette tortue était donc âgée de plus de cent dix-sept années.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 août 1889.— Présidence de M. Des Ci.oizkacx
- Fixation de l'azote par le sol. — M. Sehlœsing répond aux observations présentées par M. Berthelot, relativement à ses expériences à ce sujet. On se rappelle que M. Sehlœsing avait vainement cherché à mettre en évidence cette fixation affirmée par M. Berthelot dans des travaux antérieurs. M. Berthelot, loin de contester l’exactitude des expériences de M. Sehlœsing, en avait revendiqué les résultats comme faisant partie des actions qu’il avait annoncées. M. Sehlœsing s’était placé dans les conditions qu’il avait définies comme fournissant des résultats négatifs. Aujourd’hui M. Sehlœsing n’apporte pas dans la discussion de nouvelles expériences, mais il entreprend de réfuter l’assertion de M. Berthelot, au moyen de citations empruntées aux écrits de ce savant sur l’absorption de l’azote par les terres. 11 s’applique ensuite à démontrer que l’insuccès de ses expériences ne peut provenir de l’appauvrissement en oxygène de l’air renfermé dans les flacons qu’il a employés; enfin il repousse la nécessité, invoquée par M. Berthelot, d’une expérimentation concordant avec la période d’activité végétale maxima, corrélative d’un développement microbien, attendu que M. Berthelot aurait obtenu la fixation de l’azote sur des terres, au mois de . novembre.
- Microbes et tumeurs. — M. Verneuil rappelle que, dès 1881, il a signalé la présence de microbes pathogènes dans les tumeurs malignes, cancers, etc. Les travaux de M. Verneuil sur cette question ont été exécutés dans sa clinique de l’hôpital de la Pitié; ils ont été publiés en 1885.
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- Depuis cette époque, la présence de microbes dans les tumeurs bénignes a sons cesse été vérifiée, mais leur rôle n’a pas été défini. Le nombre d’opérations pouvant aider aux recherches est en somme assez restreinte, aussi a-t-il fallu plusieurs années d’observations> cliniques à M. Ver-neui! pour préciser les faits les plus importants. Il établit d’abord que les microbes ne sont pas répandus dans toute la tumeur, mais localisés en des points spéciaux depuis longtemps désignés sous le nom de foyers de ramollissement. Le microbe est bien l’agent de l’ulcération; si la plaie opératoire subit le contact du pus qui est contenu dans ces foyers, le malade meurt par septicémie. M. Yerneuil formule donc les règles suivantes pour l’opération de ces sortes de tumeur : ne jamais extirper la tumeur par morcellement, c’est-à-dire par fragments, afin de ne pas mettre à jour les foyers de ramollissement. L’ablation devra être exécutée en un bloc, et si quelque accident provoque l’épanchement du pus des loyers dans la plaie, laver immédiatement, à grande eau, toutes les surfaces, pour éviter la contamination, puis après l’opération nettoyer la plaie le mieux possible. Dans ce cas, il faudra se garder de réunir les chairs et faire un pansement ouvert.
- Paratonnerres de la Tour Eiffel. — M. Mascart constate l’efficacité parfaite du système de ces paratonnerres. Aujourd’hui la démonstration expérimentale est faite ; les personnes qui se trouvaient sur la dernière plate-forme au moment de la décharge électrique n’ont pas éprouvé la moindre sensation.
- Il est faux que le paratonnerre principal ait été endommagé; des parcelles de fer ont été brûlées, mais il a fallu un examen des plus minutieux pour retrouver la trace du phénomène.
- Laboratoire zoologique. —M.de Quatrefages fait l’historique du laboratoire créé à Cette par M. Sabatier, de la Faculté de Montpellier. La fondation de cet établissement remonte à 1881 ; il peut donner asile à douze observateurs et recevra prochainement de nouveaux agrandissements. Les fonds qui ont servi à sa création ont été fournis par le département, la ville, l’Etat, et surtout par des dons. La situation de ce laboratoire est des plus heureuses, car, placée en tète du canal qui met l’étang de Thau en communication avec la mer, les eaux sont constamment renouvelées par le courant qui s’établit entre la mer et l’étang ou entre l’étang et la mer, suivant la direction du vent. De plus, la variété extrême des fonds de l’étang permet une grande variété de pêche.
- Varia. — La statue érigée par souscription à M. Henri Bouley sera inaugurée le 5 septembre à Alfortville. — M. le général Stebnitzki, directeur du service géodésique en
- Russie, communique les résultats d’observations relatives à la longueur du pendule et à l’intensité de la pesanteur. M. Tisserand discute une hypothèse faite par M. Denning sur les trajectoires des centres d’émission des étoiles filantes. — M. Niklès signale la présence de la gault dans le sud-est de l’Espagne (province d'Alicante). — M. K<r-nigs a étudié les surfaces à double génération circulaire. — M. Raulin, l'action des phosphates sur la culture des céréales. Stanislas Meunier.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- EXPÉRIENCE SUR I.’INERTIE
- La figure ci-contre représente un cercle de carton mince formé par une bandelette ajustée au moyen
- d’une épingle ; ce cercle doit avoir 10 à 15 centimètres de diamètre. 11 est placé en équilibre sur le goulot d’une bouteille. On pose sur ce cercle, dans la verticale passant au milieu du goulot, une pièce de 50 centimes. L’expérience qu’il s’agit de réaliser consiste à enlever le cercle d’un coup de doigt et de telle façon que la pièce tombe dans la bouteille. En donnant ce coup de doigt sur la partie interne A du cercle comme le montre la pose de la main sur la ligure, la pièce tombera infailliblement dans , la bouteille. Mais si l’on frappe le cercle extérieurement par suite de l’élasticité du système il sera tout a fait impossible d’obtenir ce résultat. Si l’on veut faire manquer l’expérience à une personne non prévenue, on n’aura qu’à faire semblant de toucher la partie externe R du cercle. En frappant cette partie extérieure, la pièce entraînée par le disque accompagnera le cercle et sera toujours projetée en dehors de la bouteille1.
- Nous avons déjà publié un assez grand nombre d’expériences sur le principe de l’inertie; celle que nous venons de faire connaître constitue une variante amusante de l’une d’elles. 11 ne faut pas de grands préparatifs pour la réaliser. I)r Z...
- 1 Communiqué par M. Jules Fesser, à la Côte-Saint-André (Isère).
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandiek.
- Expérience sur l’inertie.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fieurus, 9.
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- N° 849. — 7 SEItTEMME 1889.
- LA. NATUDE.
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- LA STATUE DE LE VERRIER
- A EORSERVATOIlî K 1)E PARIS
- Lu cour d'honneur de l’Observatoire de Paris est actuellement ornée de la statue monumentale de notre grand Le Verrier. Cette statue, dont nous reproduisons l’image, est l’œuvre de l’éminent sculpteur M. Cbapu.
- Elle est en marbre blanc. L’astronome est représenté debout, la main gauche appuyée sur une sphère céleste. Le piédestal assez élevé, porte cette simple inscription : U.-J.-J. Le Verrier, 1811*
- 1877, Souscription internationale. Deux bas-reliefs ornent le socle. L’un représen-te l’Astronomie traçant 1 orbite des planètes, et montrant la planète découverte par les calculs de Le Verrier; l’autre figure la Météorologie désignant de la main l’Observatoire où se sont produits tant d’impérissables travaux.
- L’inauguration du monument a eu lieu il y a trois mois environ, le 28 juin 1889, en présence du Ministre de l’instruction publique et des principaux représentants officiels de la science ; les regards des assistants se portaient surtout sur M. U. Le Verrier, fils du grand astronome et sur Mme Magne, sa fille.
- M. le Ministre a donné la parole à M. Fizeau, de l’Institut, qui a parlé au nom du Comité de souscription. M. J. Pcrtrand, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, a prononcé une éloquente allocution au nom de l’Académie des sciences, et M le contre-amiral Mouchez, de l'institut, directeur de l’Observatoire, a résumé, avec beaucoup d’art, les impérissables travaux de son immortel prédé-17' innée. — 2* semwRe.
- cesseur. « Depuis deux siècles, a dit M. le contre-amiral Mouchez, cette place était vide et cette froide et sévère façade du monument de Perrault restait muette devant le visiteur; depuis bien longtemps notre Observatoire national semblait attendre la venue d’un savant hors ligne, dont la vie et les travaux fussent dignes de représenter son glorieux passé, d’en présager l’avenir, et de servir d’exemple
- aux futures générations d’astronomes. Si l’attente a été longue, elle est bien pleinement justifiée aujourd’hui. Il eût été facile, sans nul doute, de trouver dans la longue liste des anciens astronomes de l’Observatoire et les prédécesseurs de Le Verrier, plusieurs savants, que leurs trav aux, leurs découvertes et l’étendue de leur science eussent rendus dignes d’un tel honneur; mais ce n’est certes pas les déprécier de dire qu’aucun d’eux ne l’a mérité à un si haut point que Le Verrier. Aucun d’eux, en effet, n’a produit une plus merveilleuse découverte que celle qui, tout en doublant l’étendue de notre monde solaire, est venue démontrer d’une manière si éclatante la vérité des lois de la gravitation universelle et la puissance du calcul; aucun d’eux n’a produit, en même temps, un plus immense labeur que la théorie complète du système solaire et les tables universellement employées aujourd'hui pour en calculer les mouvements; œuvre si énorme, qu'on a peine à comprendre qu’un homme ait eu assez de confiance en lui-même pour oser l'entreprendre seul, assez de puissance de travail et d’énergique persévérance pour en poursuivre la complète exécution. » Après avoir énuméré les principaux travaux de
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- Le Verrier, travaux sur lesquels nous u'avous pas à revenir icil, M. le contre-amiral Mouchez a fort brillamment indiqué l’œuvre prépondérante du grand astronome dans la fondation de la météorologie française.
- « Le Verrier, en étudiant la tempête qui, après avoir traversé l'Europe en novembre 1854, vint s’abattre sur les Hottes alliées devant Sébastopol et occasionner la perte du vaisseau le Henri IV, lit la découverte de la marche du cyclone sur notre continent, et conçut immédiatement l’idée de fonder un réseau de télégraphie météorologique internationale, à l’aide duquel il deviendrait possible de suivre les tempêtes dans leur route, généralement de l’ouest à l’est, pour prévenir en temps utile toutes les localités, toutes les côtes menacées par Rapproche de ces désastreux météores. Ce fut un véritable et grand service rendu ce jour-là à l'humanité par notre illustre compatriote. Malheureusement, si les bonnes idées abondent en France, le sens pratique et la décision pour les utiliser nous font trop souvent défaut, et il arriva alors ce qui nous arrive si fréquemment : ce furent les étrangers qui, en réalisant les premiers ce grand projet, nous en montrèrent toute la valeur. Malgré la haute et légitime autorité dont jouissait alors Le Verrier, il n’était encore parvenu, après plusieurs années, qu’à créer quelques échanges de télégrammes météorologiques pour l'étude des grands mouvements de l’atmosphère, quand l’amiral anglais Fitz-Iloy, aussi savant météorologiste qu’habile navigateur, comprenant toute l’importance pour la marine anglaise de la découverte de Le Verrier, organisa à Londres, en 1859, le centre d’un réseau de télégraphie météorologique d’avertissements de tempêtes et de signaux,, aux ports des lies britanniques8. »
- On sait que Le Verrier ne cessa de penser, jusqu’à son dernier souille, aux intérêts de la météorologie française et nous aurons occasion de rappeler un peu plus loin quelques souvenirs personnels qui en sont le témoignage. Le grand astronome avait un dévouement, absolu à la science : un profond respect de la vérité le guidait dans tous ses travaux. La maladie qui le minait depuis de longues années avait singulièrement aigri son caractère, et le grand astronome soulevait autour de lui bien des inimitiés.
- 1 Voy. Notice biographique sur Le Verrier, n° 2‘28, du 13 octobre 1877, p. 305.
- 4 Après les paroles prononcées par JIM. Fizcau, Bertrand et le contre-amiral Mouchez, M. Tisserand a prononcé un discours au nom du Bureau des longitudes, et M. 0. Struvo, directeur de l’Observatoire de Boulkova, a terminé la séance par une allocution d’autant plus touchante qu'elle venait d’un savant étranger. « Il y a vingt ans, a dit M. Struvc, une îles sommités astronomiques de ce siècle, sir Georges Airv, eu parlant de Le Verrier m’écrivait ces paroles mémorables : « M’oublions jamais que c’est le géant de notre science. » M. Struvc, au nom de tous les astronomes étrangers, a voulu applaudir à l’érection de la statue de Le Verrier « devant le sanctuaire de la science qu’il a dirigé avec tant de succès. Heureux le pays, a ajouté M. Struvc, qui sait honorer la mémoire de scs grands citoyens! Honneur à la France. »
- Mais nous croyons pouvoir al'iirmer qu’il y avait en lui un grand fonds de bienveillance : il savait encourager et apprécier les travailleurs sérieux.
- Puisque nous avons aujourd’hui l’occasion de rendre hommage à la mémoire de l’illustre savant, il y aurait ingratitude de notre part à ne pas dire tout ce qu’il nous témoigna de sympathie à la suite de la catastrophe du Zénith et dans nombre d’autres circonstances. C’est Le Verrier qui accueillit le lieutenant Rrault, auteur de ces remarquables cartes des vents, et qui avait partout été rebuté. Le Verrier qui était un travailleur acharné avait parfois une touchante solheitude pour les hommes de bonne volonté. Alors qu'îi la lin de sa vie, il était vaincu par la maladie, il passait souvent des heures entières à côté des frères Henry, pendant leurs observations nocturnes. 11 donna sans cesse des encouragements à ces deux jeunes astronomes, dont il appréciait les travaux et le zèle désintéressé.
- La météorologie et le service météorologique en France furent l'objet de ses préoccupations dernières. Ayant remarqué des feuilletons que j’avais publiés à ce sujet dans le journal la République française sous les auspices du regretté Paul [fort, Le Verrier m’écrivit et me pria de venir le voir à l’Observatoire pour m’expliquer ses vues au sujet de l’organisation du service de la prévision du temps. Je me trouvai avoir ainsi l’honneur de m’entretenir à plusieurs reprises avec le grand astronome, dont les causeries souvent fort libres et familières, n’en étaient pas moins pleines de charme et d’esprit.
- Le Verrier était rongé par un mal incurable. 11 luttait toujours cependant, et n’abandonnait point le travail. Je le vis encore trois semaines avant sa mort. Après une conversation de quelques minutes qui paraissait le fatiguer, il me prit par le bras et me conduisit dans les jardins de l’Observatoire [tour me montrer les terrains récemment annexés à cet établissement à la gloire duquel il avait tant contribué. Arrivé sur les terrains d’agrandissement, il n’avait plus la force de se tenir debout; il s’assit sur une pelouse de gazon et me fit comprendre par un geste qu’il désirait que je continuasse seul ma visite. Je lis le tour des nouveaux terrains, et quand je revins auprès de Le Verrier, je le vis dans une attitude qui ne s’e(lacera jamais de mon esprit. 11 était étendu par terre; la tête appuyée sur la main gauche, il regardait avec une attention soutenue une pâquerette qu’il tenait de la main droite et qu’il venait de cueillir dans l’herbe. Quand il me vit, il resta quelques instants en observation, puis il me donna cette petite lleur, et d’un noble geste, sans prononcer une parole, il me montra l’immensité du ciel.
- Le pauvre grand homme eut à peine la force de rentrer dans son appartement; mais il me sembla qu’il venait de m’indiquer quel avait été le but de son existence entièrement consacrée à l’observation de la nature et aux investigations de l’inlini.
- Gastox Tissaxdier.
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- LE CHEMIN DE FER
- UE S A1 >' T - G EOKG E S-U E-CO M MIE RS A LA MURE DANS L’ISÈRE
- Le chemin de fer à voie étroite de Saint-Georges-de-Conmiiers à La Mure, sur les lianes de la gorge du Drac, dans l’Isère, inauguré le 24 juillet 1888, constitue, au point de vue de l'ingénieur comme à celui du touriste, l'une des lignes les plus curieuses qu’on puisse rencontrer, et nous avons cru intéressant de donner ici quelques détails au sujet des conditions d’installation et du matériel d’exploitation de cette voie. On y rencontre en effet comme le remarquait M. Roy devant la Société des Ingénieurs civils, dans une intéressante communication à laquelle nous empruntons la plupart de ces renseignements, l’extrême limite des difficultés que peut offrir la traversée d’un pays de montagnes. Nous avons eu souvent a signaler ici les lignes curieuses établies en pays étranger, mais il importe de ne pas oublier celles que nous avons chez nous, et qui dans bien des cas, présentent des aspects au moins aussi intéressants. On rencontre en France, en effet, des lignes fort pittoresques, et qui mériteraient d’ètre mieux appréciées des touristes, notamment dans la traversée du massif central et surtout, dans les Cévennes. Nous citerons aussi, du côté de la frontière de l’est, les lignes qui traversent les Vosges, le Jura ou les Alpes; le département de l'Isère en particulier en compte aussi plusieurs.
- La ligne de Saint-Georges-de-Commiers à La Mure est établie dans une. des vallées des contreforts des Alpes, où elle dessert principalement les mines d’anthracite et les carrières de ciment de la région; elle a un tracé qui se maintient continuellement sur le flanc d’une montagne abrupte, à 200 ou 500 mètres au-dessus du fond de la gorge où coule le Drac ; elle présente des points de vue sauvages et grandioses des plus curieux, et elle mérite donc une place à part parmi les lignes de montagnes. Joignez-y les conditions spéciales d’établissement avec des courbes de petit rayon qui en font un sujet d’étude pour l’ingénieur, car elles ont exigé un matériel
- roulant spécialement articulé pour en assurer le service.
- La ligne part de la station de Saint-Georges-de-Commiers sur la ligne de Grenoble à Gap, a 17 kilomètres de Grenoble, à l’altitude de 516,50 m.; elle s’élève jusqu’au plateau de la Mure, en traversant le col de la Festinièrc à l’altitude de 970 mètres suî-é vant un tracé des plus tourmentés qui ne comprend pas moins de 5 boucles de 100 mètres a peine de rayon, et situées tantôt en souterrain, tantôt en viaduc (fig. 1). La* pente moyenne atteint de 28 à 50 millimètres par mètre ; c’est la plus forte qu’on pouvait donner à une ligne à simple adhérence qui doit recevoir des trains très chargés. La distance à vol d’oiseau de Saint-Georges jusqu’au col, n’atteint pas 12 kilomètres, mais la voie ferrée a reçu un développement de 24 kilomètres pour ce même parcours. Les deux vues des gorges du Drac que nous reproduisons d’après des photographies (fig. 2 et 5) donnent une idée de l’importance et de la difficulté de ces travaux.
- On rencontre sur ce parcours les trois stations intermédiaires de Notre-Dame-de-Commiers, de la Motte-les-Rains, et de la-Mothe-d’Aveil-lon d’où part le petit embranchement de 2,500 km allant à Notre-Dame-d e -Vaulx. Celui-ci unit le cours sinueux du ravin du Vaulx au-dessus duquel il est élevé de 150 mètres environ. Quant à la ligne principale, elle atteint son point culminant au kilomètre 25, à l’altitude de 924 mètres d’où elle descend vers la station de la Mure à la cote de 881 mètres, en suivant le pied des montagnes qui bordent le plateau. La pente moyenne dans cette partie de la voie, est de 16 millimètres avec des courbes de 150 à 200 mètres de rayon.
- La longueur totale de la ligne en y comprenant l’embranchement de Notre-Dame-de-Vaulx, est de 52,600 km.
- Les ouvrages d’art sont nombreux et remarquables par leur hardiesse sur une ligne d’un profil aussi accidenté. Citons en effet la série d’arcades en maçonnerie qui soutiennent d’une manière presque continue la moitié de la plate-forme, littéralement accrochée, dit M. Roy, sur un immense clivage de
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- Fig. 1. —Carte du chemin de 1er de Suint-Georges de Gommiers à la Mure dans l’Isère et profil de la voie.
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- calcaire très escarpé, uni comme une glace, à 300 mètres au-dessus de la gorge du Rrac. On y rencontre également 0 viaducs ou ponts en arc, et 18 souterrains établis pour la plupart en courbe.
- Les rails en acier, fabriqués par la Compagnie des forges de Cbàtillon-Commentry, sont à double champignon, du type bullheaded, c'est-à-dire comportant un champignon de roulement très renforcé par rapport a celui d’appui sur les coussinets. Us pèsent 29,500 kg le mètre et sont exécutés en barres de 11 mètres de longueur. Les traverses en chêne au nombre de 14 par barre de 11 mètres, ont 2 mètres de longueur avec une section de 20 centimètres sur 15 centimètres. L’écartement intérieur
- entre les champignons est de 1 mètre. Les rails reposent sur des coussinets en fonte fixés sur les traverses par des tire-fonds. Les barres sont posées à joints alternés, les joints de l’une des files correspondent au milieu de celle (pii lui fait face. Ces joints sont d’ailleurs en porte-à-faux, suivant la pratique au jourd’hui habituelle dans les chemins de fer.
- L’étude du matériel roulant présentait, comme on le comprend immédiatement, des difficultés spéciales, car il fallait donner à ce matériel une élasticité suffisante pour assurer l’inscription dans des courbes de rayon si faible, et cependant limiter les déplacements qui en résulteraient ]>our prévenir sûrement tout déraillement. Comme il y a là une solution intéres-
- Fig. 2. — Ligne de Saint-Georges à La Mure. — Vue de la voie accrochée sur le flanc de la montagne dans la gorge du Drar.
- santé d’une difficulté (pii se rencontre dans toute ligne ayant des courbes très prononcées, nous avons cru devoir donner quelques détails à ce sujet, et nous représentons dans les deux figures ci-contre (fig. 4 et 5) les principales dispositions adoptées par M. Roy, l’ingénieur distingué qui fut chargé de cette étude délicate et qui s’est acquis d’ailleurs une autorité spéciale dans ces questions.
- Les véhicules employés dont le châssis a 6,10 m de longueur, reposent sur 3 essieux, dont l’un, celui du milieu, est le seul monté avec des boîtes à huile ordinaires et se trouve par suite maintenu dans une position invariable par rapport au châssis. Les deux essieux extrêmes, au contraire, sont montés avec des boites à huile spéciales du type de M. Roy, et celles-ci leur laissent un jeu suffisant pour prendre un déplacement transversal d’une quantité égale à la
- Fig. 3. — Ligne de Saint-Georges à La Mure.
- Entrée d'un des soulerrains dans la traversée de la gorge du Drac.
- flèche de la courbe de petit rayon comprise entre ces essieux extrêmes. Dès que le véhicule entre en courbe, l’essieu d’avant, puis celui d’arrière, se déplacent transversalement de la quantité nécessaire sous l’effort transmis au boudin des roues correspondantes par la réaction du rail qui le guide, et l’inscription s’opère ainsi sans déplacement du châssis maintenu par l’essieu du milieu resté immobile.
- La figure 4 représente, en vue extérieure et en coupe, le type de boite à graisse adopté pour permettre en quelque sorte le déplacement latéral avec pivotement de l’essieu nécessaire pour l’inscription en courbe. La plaque de garde a sa fourche divisée en deux branches indépendantes, réparties dans des plans différents, l’une, 0, fixée sur le longeron du châssis à l’extérieur, et l’autre, C', à l’intérieur. Sur
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- ces deux branches, sont rapportées les deux glissières B et B' sur lesquelles trottent les joues de la boîte à graisse A. Celles-ci forment d’un côté une suite de fourches embrassant avec un certain jeu la glissière intérieure R', et du côté opposé, une lace inclinée sur l’axe de l’essieu, et qui frotte contre la glissière B lorsque l’essieu vient à pivoter autour de son milieu.
- L’inclinaison même donnée a cette face limite le déplacement, puisqu’elle tend a ramener l’essieu dans sa position normale, et la glissière obéit seulement lorsque l’essieu éprouve une poussée suffisante transmise par la réaction du rail courbe contre le boudin de la roue pour le déplacer. Le tracé théorique de la face- de glissement serait un arc do cercle dont le centre serait pris sur un point de l’axe du châssis qui constituerait le pivot de l’essieu; mais M. Roy y substitue habituellement un simple plan. Pour limiter d’autre part le déplacement de l’essieu, on dispose en outre un double plan incliné sur le dessus de la boîte, en A, et sur le patin d’appui de la tige des ressorts de suspension qui transmet sur la boîte le poids du châssis.
- La seconde disposition intéressante à signaler, qui est également caractéristique des véhicules destinés à circuler sur les courbes
- Fig. 4. — Boîtes radiales des wagons de la ligne de Saint-Georges à La Mure. Vue extérieure et coupe.
- lignes
- Fig. 5.
- Vue extérieure des tampons d’assemblage des wagons de la ligne de 1 Saint-Georges à La Mure.
- prononcées, est celle des tampons d’attelage centrai étudiés également par M. Roy; cette disposition est représentée dansja figure 5 ci-dessus.
- L’attelage central s'impose dans ce cas en raison des déplacements relatifs que doivent prendre les véhicules pour s’inscrire dans les courbes, mais
- comme il leur laisse ainsi plus de facilité d’oscillation, il a par suite l’inconvénient d’accentuer le mouvement de lacet, et cet inconvénient devient d’autant plus sensible avec les boîtes radiales, en raison de la liberté de déplacement laissée aux essieux (pii en sont munis. 11 importait donc de eontre-balancer ces déplacements, tout en ayant cependant un attelage simple et facile.
- Les deux tampons de choc T, en forme de demi-cylindres verticaux, sont embrassés par deux anneaux A qui les tiennent assemblés et font ainsi office de crochets de traction. Ces anneaux A ont un diamètre de 10 millimètres environ, supérieur à celui des tampons; afin d’en faciliter l’introduction, ils se mettent en place au moment de l’attelage, ils remplacent la
- vis de serrage sans permettre, bien entendu, de graduer le serrage comme on le fait avec les vis.
- Les tampons eux-mêmes sont coupés en dent de scie, afin de faciliter l’assemblage, les deux tampons prenant immédiatement les positions respectives nécessaires ; un jeu de 5 centimètres est laissé entre les faces pour permettre aux tampons de s’incliner entre eux dans les courbes. L’attelage s’opère de la manière suivante : l’anneau A est relié par une articulation ménagée sur l’une des deux oreilles dont il est muni, à un collier
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- C qui pont tourner autour de la tige du tampon : lorsque ces tampons sont Lien en contact, on relève l’anneau A en faisant tourner le collier G autour de la tige, et on embrasse les deux tampons en le laissant retomber : la seconde oreille de l'anneau vient alors se loger dans la fourche ménagée à cet effet sur le second collier, et on la fixe dans cette position par une cheville à contrepoids P, destinée à la maintenir en marche. On opère ensuite d'une manière analogue sur le second anneau A qu’on relève également pour lui faire embrasser les tampons par le dessous, et on l’immobilise de même par la cheville à contrepoids.
- Chaque anneau pris isolément peut supporter sans déformation l’effort de traction, on a donc un attelage double de sûreté.
- Il nous reste enfin à dire quelques mots des freins qui jouent un rôle des plus importants sur une ligne aussi accidentée, d’autant plus qu’ils fournissent à la descente l’effort nécessaire pour retenir les trains lourds, effort pour lequel la locomotive serait insuffisante, carelle a été calculée seulementpour remonter les trains qui sont toujours peu chargés dans cette direction. Tous les trains sont munis du frein continu à vide, système Smith Hardy, dont nous avons donné la description précédemment. Chaque véhicule comporte deux essieux freinés qui sont précisément les essieux à boîtes radiales. Comme ceux-ci doivent cependant conserver leur liberté de mouvement, on a adopté pour chacun d’eux des freins à quatre sabots permettant ainsi d’équilibrer les pressions développées, et l’armature qui les supporte est rattachée solidairement avec l’essieu. Elle est seulement actionnée en son milieu par les tiges des pistons des cylindres à vide commandant le serrage ou le desserrage.
- Pour la traction, on emploie des locomotives ten-ders à trois essieux accouplés, avec un essieu porteur derrière le foyer, sous la caisse à eau et à charbon. Cet essieu porteur est muni de boîtes radiales permettant son déplacement transversal comme pour les wagons, et la circulation de la locomotive s’opère toujours avec la cheminée en arrière, afin que l’essieu mobile se présente le premier, et s’inscrive facilement dans les courbes. Les mécaniciens se sont d’ailleurs habitués rapidement à ce mode d’attelage, qui a sans doute l’inconvénient de les obliger h se retourner pour surveiller le foyer, mais qui, par contre, leur permettra d’embrasser plus facilement la voie d’un seul coup d’œil, la vue n’étant pas gênée par la machine elle-même, et la fumée qui se dégage de la cheminée. L'écartement extrême des essieux moteurs est de 2,5 m, et l’essîeu porteur est distant de l’essieu voisin de 2,25 m. L’essieu porteur est muni en outre d’un balancier transversal ayant pour effet d’assurer légalité de charge sur les deux fusées. Cette disposition prévient en même temps les causes de déraillement qui pourraient résulter des fortes dénivellations de la voie, dénivellations imposées, comme on
- sait, par les courbes si prononcées de cette ligne. Elle est particulièrement nécessaire sur un essieu qui marche à l’avant, et qui supportant les approvisionnements, a des charges variables et irrégulièrement réparties. L’essieu moteur est à coude extérieur aux roues, ce coude étant formé d’un bouton rapporté dans la roue, d’une manivelle et d’une fusée rapportée dans l’axe de l’essieu, cc qui permet de faire reposer la charge sur cet essieu par l’intermédiaire de quatre coussinets, en appuyant ainsi le coude de la manivelle de chaque côté. On a pu en même temps constituer simplement un contrepoids d’équilibrage pour la tête de la bielle et la manivelle, en le rapportant sur le prolongement de cette dernière au delà de la fusée.
- La tension de la vapeur dans la chaudière est de 10 kilogrammes, le diamètre des pistons 0,4 m, et la course 0,46 m; la charge maxima d’adhérence motrice est 28800 kilogrammes. Le poids de la machine à vide est de 29700 kilogrammes et avec les approvisionnements complets de 57000 kilogrammes. Elle remorque des trains de 120 tonnes, y compris son propre poids, à la vitesse de 15 à 20 kilomètres à l’heure, sur des rampes de 25 à 27 millimètres. X..., ingénieur.
- TRACÉ PRATIQUE D'UNE MÉRIDIENNE
- Les personnes qui consacrent leurs loisirs à l’observation des phénomènes naturels sont, le pins souvent, dans l’impossibilité de fournir des indications précises relatives à l’heure, faute d’avoir à leur disposition un moyen simple de régler une pendule ou une montre. Divers appareils ont été construits dans ce but, mais les uns sont d’un prix relativement élevé, et d’autres sont d’une installation délicate. La disposition que nous allons faire connaître, imaginée par M. E. Brunner, repose sur l’observation du soleil au moment de son passage au méridien; la construction de l'appareil n’entraîne aucune dépense, on peut l’installer soi-mème, et il est susceptible d’une très grande précision.
- Sur le rebord d’une fenêtre exposée dans la direction du sud et recevant sans obstacle les rayons solaires à midi, on fixe d’une manière invariable un petit godet ordinaire que l’on remplit de mercure. Un couvercle, formé avec une plaque mince de métal verni, est percé en son centre d’une ouverture circulaire de 6 à 8 millimètres de diamètre; il entre à frottement sur le godet, de manière à permettre d’abaisser le diaphragme jusqu’au voisinage immédiat du mercure. La fenêtre étant ouverte, le rayon solaire, réfléchi sur le bain de mercure, se projette au plafond de la salle. Lorsque le soleil passe au midi vrai, le centre du miroir et le centre de l’image réfléchie sont dans le plan méridien. Le tracé de la méridienne consiste à déterminer ce plan, et à en chercher l’intersection avec le plafond de. la salle.
- Pour cette opération préliminaire, il est nécessaire d’avoir l’heure aussi précise que possible. On pourra se la procurer dans un observatoire, ou, à défaut, profiter du passage des agents munis de chronomètres comparés, que les Compagnies de chemins de fer envoient fréquemment sur leurs réseaux pour vérifier les horloges des gares. Si
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- le chronomètre de comparaison est réglé sur le temps moyen de Paris, il faudra d’abord, en tenant compte de la différence des longitudes, convertir le temps de Paris en temps local, et corriger ensuite ce résultat de l’équation du temps, de façon à connaître à l’avance l’heure que marquera la montre au moment du passage du soleil au méridien du lieu. Ces corrections se trouvent indiquées dans la Connaissance des temps ou dans Y Annuaire du Bureau des longitudes.
- Au moment précis du passage, on trace au crayon, suite plafond, en B, par exemple, un point correspondant au centre de l’image réfléchie. On enfonce provisoirement un petit clou en ce point, et, au moyen d’un fil à coudre ordinaire, on réunit ce clou au centre du diaphragme M, ou à un point choisi sur le prolongement de son diamètre méridien; la ligne RM est dans le plan méridien. Pour obtenir sa projection au plafond, il suffit, à l’aide d’un fil à plomb, d’élever à l’intérieur de la pièce, tout près de la fenêtre, une verticale AC, qui rencontre en C le fil BM.
- On trace au plafond un second point, en A ; la ligne AB
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- K
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- C
- P
- Tracé jiraliquc d'une méridienne.
- est la méridienne cherchée ; on la prolonge au delà de B jusqu’à l'extrémité de la pièce, en D. Pour la rendre apparente, on relie les points A et 1) par un fil noir bien tendu, situé à quelques millimètres du plafond; ce fil, qui doit nécessairement passer par le point B, est dans la méridienne du lieu; il sera nécessaire d’ailleurs d’en vérifier la position, en la rectifiant, s’il y a lieu.
- La méridienne étant établie, l’observation consiste à noter sur une montre le moment du passage du milieu de l’image sur le lîl, ou plus exactement, à prendre la moyenne des moments du premier et du second contact. L’heure notée correspond au passage du soleil à midi vrai ; on en déduira le temps moyen et, par suite, la correction de la montre. L’approximation sera nécessairement subordonnée à la précision avec laquelle les points A et B auront été déterminés.
- Nous avons installé une méridienne dans ces conditions à l’Observatoire du parc Saint-Maur, en utilisant, pour fixer exactement la position du fil, les indications d’un chronomètre Bréguet dont l’état est connu par de fréquentes mesures de hauteurs du soleil. Nous donnerons une idée de l’approximation dont l’appareil est susceptible, en disant que la correction d’une montre, par notre méridienne, ne diffère pas de plus de deux à trois secondes de la correction vraie, obtenue par les méthodes astronomiques. Tir. Moureaüx.
- LES BANQUETS GRECS •
- M. Ch. Lévèque, lors d’une des dernières séances de l’Académie des sciences morales et politiques, a donné lecture d’un très intéressant travail sur les banquets grecs, à propos de l’ouvrage de M. Charles Huit sur le Banquet de Platon, qu’il avaitanalysédanslaprécédenteséance.
- M. Charles Lévêque nous montre comment les convives étaient placés à table, étendus sur des lits, le coude gauche appuyé sur un oreiller. A Athènes, les femmes n’assistaient pas aux banquets : ou elles étaient assises à des tables à part, ou elles étaient servies dans une autre pièce. En général, il n’y avait que trois lits par table, et le lit du milieu était considéré comme la place d’honneur. Les tables étaient petites et uniquement réservées aux mets solides. Les liquides, le plus souvent du vin coupé d’eau (les Grecs buvaient rarement du vin pur), étaient servis par un esclave qui emplissait les coupes avec une cuillère. Il n’y avait ni fourchettes ni couteaux; on se servait seulement de la cuillère pour les mets liquides. Les Grecs mangeaient avec leurs doigts, et il paraît qu’il était assez difficile d’apprendre aux enfants à se servir proprement de leurs mains. Les serviettes étaient également inconnues, et les convives les remplaçaient par de la mie de pain ou par une pâte spéciale qu’ils roulaient en houlettes entre leurs doigts et qu’ils jetaient ensuite. L’usage de se faire servir par ses propres esclaves, quand on était invité chez des amis, était admis. Au commencement du repas, le maître du logis se faisait remctti-e le menu par le cuisinier. Les tables étaient ornées de branchages avec leurs feuilles.
- Le repas se divisait en trois parties : la première constituait le dîner proprement dit; on consommait des huîtres, des coquillages, du poisson, des viandes et autres mets nourrissants ; puis les convives se livraient à d’abondantes ablutions et se parfumaient; pendant ce temps, les esclaves changeaient les tables et on passait à la seconde partie ou dessert, qui se composait de pâtisseries, de gâteaux au fromage, de pièces montées, de fruits divers et même de volaille et gibier. Pendant la troisième partie, on se contentait de boire ; c’était l’heure des toasts et les Grecs en étaient prodigues. Dans l’antiquité, on buvait avec modération, à moins que ce ne fût en l’honneur des dieux.
- LE JARDIN JAPONAIS
- A i/eXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Dans cette Exposition splendide, qui offre à nos yeux ravis tant de séductions diverses, il est plus d’un coin qui non seulement nous charme pour le moment, mais aussi laisse en nous une impression durable. Et ce sont notamment toutes ces installations faites par des peuples des régions lointaines dont l’histoire, par ce don d’attraction qu’a sur chacun de nous l’inconnu, nous intéresse d’abord et nous captive ensuite. Mais cet effet d’attraction, quelque vif qu’il soit, nous amène rarement à entreprendre de lointains voyages. On est trop bien en France, a-t-on dit, pour consentir à s’en éloigner et à chercher mieux.
- Aussi cet amour de l’inconnu, tempéré seulement
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- par la sensation de bien-être qui nous rend casaniers, uous*fait-il rechercher avec avidité toutes les occasions qui se présentent à nous d’entrevoir, par un coin du voile soulevé, les curiosités d’un inonde lointain et de concilier ainsi ces deux sentiments contraires, de curiosité que nous possédons à un si haut point et qui nous pousse à nous instruire, et d’amour du loyer qui nous retient captifs chez nous.
- Dans ce beau parc du Trocadéro, couvert d'épais ombrages, une visite au jardin japonais donne au plus liant point l’illusion d’un voyage aux pays lointains. Si, les yeux bandés, nous étions amenés dans ce jardin où l’on nous rendrait subitement la vue, nous nous croirions transportés sur quelque tapis magique des contes orientaux, là-bas, bien au delà des mers, en extrême Orient.
- L’aspect particulier nous frappe d’abord; nous gravissons les quelques marches faites, irrégulières, de troncs d’arbres sciés en rondelles posées à plat sur le sol et nous pénétrons par une élégante porte en bambous dans un jardin limité par une haie en bambous également qui, sont reliés, tressés en cordons noirs, par des fibres du palmier-chanvre, formant des houppes et des glands symétriquement disposés.
- Ce jardin nous donne l’aspect de tout un paysage japonais. Il se relie sans transition à une habitation coquette, toute pleine de potiches garnies de fleurs et de plantes diverses. Pour les Japonais, le jardin est le salon du dehors comme le salon est le jardin du dedans. Aussi, quand les intempéries les obligent à renoncer à la vie en plein air, retrouvent-ils encore dans l’habitation comme l’illusion du splendide paysage qui les entoure.
- Avec de tels modèles sous les yeux, avec cette prodigalité qu’a mise la nature à embellir les sites montueux et à semer les lleurs merveilleuses dans la plaine sillonnée de cours d’eau rapides, mouvementés, bordés d’une végétation abondante, les Japonais, doués d’un esprit lin et observateur, devaient être un peuple d’artistes. Ils nous le prouvent jusque dans les moindres détails. Ils joignent à ce bon goût qui leur fait si bien choisir leurs modèles, un talent d’imitation qui se retrouve dans toutes les branches des arts si diverses qui sont chez eux en honneur.
- Chez eux, un jardinier est un artiste et son talent ne consiste pas seulement à faire.brutalement pousser de belles lleurs. Il veut plus ; ses arbres, cultivés dans ces belles potiches de faïence ou de bronze, doivent, par leur aspect, rappeler ceux qui croissent à l'état spontané accrochés aux lianes de leurs montagnes ou aux bords de leurs ravins.
- Les conifères croissent chez eux en nombreuses espèces; ils les cultivent dans leurs jardins, dans leurs potiches, mais il ne leur viendrait jamais à l’esprit de leur imposer, par une taille barbare, ces formes d’animaux, chiens, dragons, canards, que leur donnent les Chinois, ou de cônes, de sphères et de pyramides que nous leur donnions autrefois. Leurs petits arbres de jardinières doivent rappeler par leur aspect ceux qui, vieillis par les ans, tour-
- mentés par le vent, ont pris des formes irrégulières, bizarres souvent, artistiques et élégantes toujours.
- Aussi appliquent-ils à ces arbres un mode de culture très particulier que nous demandons la permission, à nos lecteurs, de leur retracer succinctement et dont ils trouveront de nombreux spécimens au jardin japonais. La gravure ci-jointe en reproduit quelques-uns.
- Les Japonais arrivent à la nanisation de leurs arbres de jardinières par des procédés divers. Souvent ils cherchent dans les montagnes quelque échantillon rabougri, tourmenté, le rempotent en lui conservant son aspect pittoresque, sa forme penchée, et laissant quelques-unes des racines hors du pot. Puis ils taillent les branches, les rattachent pour leur donner un aspect élégant, et, les maintenant sans cesse dans des pots exigus, les conservent pendant de longues années dans leur forme restreinte.
- D’autres fois ils sèment ces conifères, puis sitôt que la plante est levée, ils pratiquent un pincement au-dessus des cotylédons de façon à faire développer les bourgeons cotylédonaires, lesquels resteront moins vigoureux que ceux qui se seraient normalement formés. Quand ensuite les rameaux vont s’allonger, ils les attachent en les courbant en S et le jeune arbre prendra dès le premier âge une forme tourmentée, inégale, souvent penchée hors du pot. Par un pincement fréquemment répété et des liens sévèrement appliqués, l’arbre conservera sa forme et s’élèvera peu. On a beaucoup exagéré l’àge de ces arbres cultivés en pots et dont il y a au jardin du Trocadéro de très beaux échantillons. On a dit qu’ils avaient des centaines d’années. Otez à ces chiffres un zéro et vous serez dans le vrai. Quelques-uns de ces arbres ont vingt ou trente ans, mais il ne faut pas croire qu’il faut autant d’années pour arriver à un beau résultat.
- Un des procédés qui contribue à nanifier ces arbres, c’est celui qui consiste à en déchausser les racines pour leur donner un aspect plus tourmenté. Et peu à peu ils enlèvent de la terre au pied de la plante, si bien que, dans certains cas, l’arbuste est porté sur des racines émergeant de 10 ou 15 centimètres au-dessus de la potiche.
- Ce sont, avons-nous (lit, surtout les plantes conifères qui sont soumises à ce mode de culture, notamment deux espèces de pin (Pinus parviflora et P. densiflora) et plusieurs variétés de tliuia (Cha-mecyparis oblusà).
- Souvent, pour augmenter l’aspect pittoresque de ces arbres nains, ils les plantent sur des troncs d’une fougère arborescente (Aristophylla) que l’on trouve dans le sud du Japon, ou bien encore sur un morceau de pierre ponce.
- Un autre genre de conifères, le podocarpc (Podc-car pus macrophylla) est soumis à un procédé de culture différent. Il consiste à mettre en pot une plante déjà toute formée ayant une tige de la grosseur du poignet, puis à implanter sur ce tronc que l’on décapite à 0,40 m environ au-dessus du pot, un
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- Arbres nains japonais à l’Exposition universelle de 1880 (Jardins du Trocadéro)
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- LA NATURE
- certain nombre de greffes latérales d’une variété de podocarpe à feuilles panachées. On obtient ainsi en peu de temps de très jolies pyramides de forme plus ou moins irrégulière.
- On voudra, c’est probable, essayer chez nous d’obtenir de ces arbres nains rpii séduisent par leur aspect si particulier. 11 n’est pas douteux qu’en suivant ces indications on arrive a des résultats heureux, mais je doute qu’il y ait chez nous grand intérêt, à les produire. Au Japon, toute la vie se passe en plein air, pourrait-on dire, car les maisons dont les cloisons sont des cadres en papier, permettent une aération vive rendue possible par la douceur du climat. Aussi ces arbustes élevés avec tant de soin peuvent-ils, sans danger pour leur bonne venue, séjourner dans les demeures.
- Chez nous, au contraire, il n’est pas douteux qu’ils ne résisteront pas longtemps aux bons soins que l’on inflige h nos plantes de salon. Et le manque de lumière, l’excès de poussière, l’air trop rare, la température trop élevée aux jours de réception auront bientôt fait de les détruire; et ces pauvres arbres, élevés avec grand soin pendant des années, seront en quelques jours flétris, jaunis et desséchés.
- J. Dybowski.
- THÉORIE DU CERF-VOLANT
- Quel est Vangle maximum que la corde d'un cerf-volant peut faire avec le plan horizontal? Maximum d’effet utile.
- Aujourd’hui que ce jouet, que l’on appelle cerf-volant, tend vers des destinées plus hautes, comme de servir à l’art militaire et à la photographie, il ne serait pas sans utilité d’en répandre la théorie. Ouvrez tous nos traités de physique, compulsez tous nos cours de mécanique, et vous ne trouverez rien ou presque rien sur ce sujet. Une seule œuvre à ma connaissance fait exception. C’est une petite brochure intitulée : Théorie élémentaire du cerf-volant, publiée à Reims en 1887 par un érudit, M. Bertinet. Mais c’est une œuvre très savante, pleine de calcul différentiel, et qui ne s’adresse pas à la généralité du public. Le présent travail au contraire est fait en vue du grand public. Je vais faire voir, en résolvant le problème posé en tête, qu’à l’aide de la seule géométrie élémentaire, et du problème de mécanique, appelé le parallélogramme des forces, que tout le monde connaît, on peut démontrer : 1° qu’à chaque vitesse du vent correspond une inclinaison particulière du cerf-volant qu’il doit prendre pour atteindre son maximum de hauteur; 2° Que pour toute inclinaison plus grande ou moins grande le maximum ne sera pas atteint, et qu’il y aura, par conséquent, perte d’effet utile. Je préviens d’ailleurs le lecteur que cette théorie n’est applicable qu’aux cerfs-volants à surface plane et munis d’une queue. Quant aux cerfs-volants chinois, annamites, japonais, et à celui de M. Esterlin1, qui peuvent se passer de queue, le vent agit d’une manière différente sur leurs surfaces bombées ou creuses, et la théorie en est beaucoup plus délicate.
- Soit Y la vitesse exprimée en mètres par seconde, du vent supposé horizontal, P la pression en kilogrammes qu’il exerce sur la surface S du cerf-volant supposée perpendiculaire à la direction du vent. Sur une ligne AI) (fig. 1)
- comme diamètre, représentant, à une échelle arbitraire, la pression P, décrivez une demi-circonférence AKL). Au point, I) menez DU sous un angle y d’environ 20°. Prenez DU pour représenter, en grandeur et en direction la traction Q en kilogrammes que la queue exerce sur la pointe inférieure du cerf-volant. Elevez CB vertical et de longueur p, égale au poids en kilogrammes du cerf-volant (sans la queue, mais avec celui de la corde, et aussi celui du surpoids dont vous voulez le charge]', s’il y a lieu.) Du point B menez une tangente BK au cercle. Soignez AK et KD. Dans cet état vous avez une figure que j’appellerai la caractéristique de votre cerf-volant et qui vous donne : 1° la résultante BK ou R représentant, à votre échelle, en grandeur et en direction la traction que le
- Fl". 1. — Caractéristique d’un cerf-volant pour une vitesse donnée du vent. — Maximum de montée.
- cerf-volant exerce sur sa corde, au point de jonction de celle-ci sur la bride, et aussi l’angle (3 de plus grande montée ; 2° l’angle a que la ligne AK fait avec P. C’est l’angle que le cerf doit faire avec le plan horizontal pour atteindre sa plus grande montée : s’il fait tout autre angle plus grand ou plus petit, il montera moins, et il y aura perte d’effet utile; de plus si l’angle est plus petit il y a danger de chute ; 3° enfin la ligne KB représente en gran-
- deur et en direction la pression r. normale à la surface inclinée du cerf. Elle a pour valeur P sin a. Telle est la solution du problème. En voici maintenant la démonstration.
- Faisons d’abord abstraction de la corde et tenons le cerf à la main par le point de la bride où s’attache la corde, ou plutôt fixons ce point au sommet d’un mât. Sous l’influence du vent, le cerf va s’incliner plus ou moins suivant l’intensité du vent et prendra une position d’équilibre autour du point fixé. Quelle que soit sa forme, un cerf-volant, à surface plane et symétrique par rapport à son axe vertical, se tient en équilibre sous l’influence de trois forces : 1° la pression r. du vent horizontal sur la surface inclinée; elle est normale à la surface et appliquée au centre de poussée qui n’est pas le centre de figure ; 2° le poids p du cerf, sans sa queue, qui a son point d’appli-
- 1 Voy. Tables des matières des précédents volumes.
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- LA NATURE.
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- Fig. o.
- calion au centre île gravité; 5° enfin la traction oblique qu’exerce la queue à l’extrémité inférieure du cerf.
- La queue est loin d’agir à la façon d’un simple poids ou lest, comme beaucoup se le figurent. C’est un gouvernail automatique qui annule les soubresauts que ferait le cerf sans elle, et le maintient sous l’inclinaison nécessaire. Ces trois forces sont dans un même plan vertical passant par le point d’attache et le diamètre du cerf. Evaluons ces trois forces en kilogrammes ou fractions de kilogramme. Lorsque le vent frappe perpendiculairement une surface, la théorie admet que la pression P qu’il exerce est représentée par la formule, P = 0k, 113 SV2, S étant la surface en mètres carrés, et V la vitesse du vent en mètres par seconde.
- Si la surface est inclinée au vent, la pression ne cesse pas d’ètre normale, mais elle n’est plus qu’une fraction de la première. Quelle est cette fraction? Ici les auteurs ne sont pas d’accord. Les théoriciens démontrent que cette pression r. est égale à P sin2 a, a étant l’angle d’inclinaison sur la direction du vent. Certains praticiens la rapprochent plutôt de P sin a. Enfin d’autres trouvent d’autres formules plus compliquées, toutes entre ces deux valeurs extrêmes. J’admets la seconde expression comme plus simple et plus commode pour ma démonstration. Quant à l’action du vent sur un corps constitué comme la queue d’un cerf-volant, aucune théorie n’a été faite à ce sujet. Les expériences manquent aussi. Il faut donc se résigner à faire une hypothèse. Je la considère comme une bande d’étoile très étroite, et je lui applique la théorie de l’action du vent sur une surface, et à l’aide delà construction'géométrique figure 2, je trouve que pour faire un angle a avec l’horizon une queue d’un poids q donnera une traction Q = q sin a. C’est la résultante entre le poids Q et la poussée rJ normale à la surface. Les trois forces en action sont donc : - = P sin a, p, et Q = q sin a : exprimées en kilogrammes. Combinons-les, deux à deux, à l’aide du parallélogramme des forces (fig. 3) K combiné avec p donne une première résultante r ; puis celle-ci combinée avec Q donne la résultante définitive R. C’est cette résultante qui doit passer par le point d’attache pour que le cerf cesse de s’incliner autour de ce point fixe et reste en équilibre. F. Pottier,
- — A suivre. — ingénieur des Arts et Manufactures.
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- LES COURANTS DE LA MER1
- RECHERCHES RÉCENTES
- M. le professeur Pouchet, dans une première campagne entreprise en 1885, sous les auspices du Conseil municipal de Paris, et avec la collaboration du prince de Monaco, qui a le bon esprit de faire servir sa grande fortune et sa haute situation à l’avancement des sciences, se proposa « de jeter des flotteurs au milieu de l’Atlantique, vers les Açores, en dehors de la route habituelle des paquebots et des voies de commerce. »
- Chaque flotteur portait un numéro d’ordre. Il 1 Voy. n° 653, du 5 décembre 1885, p. 15.
- renfermait un lube de verre scellé à la lampe, et contenant un papier sur lequel se trouvait écrit, en huit langues, un avis destiné à ceux qui recueilleraient le flotteur. Toutes les précautions avaient été prises pour que le tube fût à l’abri de tout accident.
- La goélette L'Hirondelle, appartenant au prince de Monaco, partit de Lorient, pour les Açores, au mois de juillet. Le prince nous a donné dans un tableau l’ensemble des indications relatives à ses intéressantes expériences. On y trouve les numéros d’es flotteurs, la date et le lieu du lancement, celle de la reprise et du lieu de la reprise, la distance parcourue à vol d’oiseau, la durée du parcours, la direction apparente suivie.
- Reste à connaître l’inlïuence des vents et des courants et la trajectoire suivie par le llottcur.
- La plupart des flotteurs avaient suivi une marche commune et sensiblement régulière vers le sud-est. Les eaux superficielles de l’Atlanfique descendent donc du voisinage des Açores vers la côte africaine.
- En 1886, une nouvelle allocation du Conseil municipal permettait à M. Pouchet d’organiser de nouvelles expériences qui devaient compléter les premières. 500 bouteilles furent lancées, par série de 40, à la distance de 600 mètres environ les unes des autres, le long de la portion du méridien à 20 degrés de longitude ouest de Paris, portion comprise entre le cap Finisterre (Espagne) et le cap Lizard (Angleterre). L’opération dura six jours environ, du 29 août au 5 septembre 1886. Dix mois après, à la date du 17 juin 1887, 57 flotteurs avaient été retrouvés sur les côtes de Portugal, d’Espagne et de France.
- La direction suivie a été sensiblement perpendiculaire à la ligne qui unit Lisbonne à Granville. Les flotteurs des extrémités de la ligne de lancement sont venus en moins grand nombre que ceux du milieu de la ligne. Aucun n’a abordé la côte de France, entre la Teste et Ouessant. M. Pouchet en conclut qu’il est permis de douter de l’existence du courant dit de llennel, qui longe la côte ouest de France, en la remontant du sud au nord. N’oublions pas toutefois que les courants de second ordre, comme celui dont il est ici question, n’ont pas la régularité des grands courants ; il est même arrivé que des navigateurs ont constaté que le courant de llennel coulait en sens inverse de sa direction normale1. Dans ces conditions, il est permis de supposer que les flotteurs sont longtemps ballottés dans des directions opposées, et même qu’en définitive, ils n’abordent nulle part, sans qu’on puisse cependant affirmer que ledit courant n’existe pas. Il est probable au contraire que les grands courants déterminent des effets analogues aux remous qui longent les rives de nos cours d’eau. Un mouvement principal donne naissance à une succession de mouvements secondaires, tertiaires, dans les golfes de grandes dimensions, d’abord, puis dans les golfes plus petits.
- 1 Les courants de la mer. Table des matières des dix premières années.
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- LA NATURE.
- La branche descendante du Gulf-Stream qui longe la côte occidentale d’Europe et de l’Afrique septentrionale en entraînant une portion des eaux comprises entre le cap Lizard et le cap Finistère, détermine une circulation complète des eaux du golfe de Gascogne. 11 se produit un courant descendant à l’ouest du golfe et remontant à l’est, le long des côtes de France; c’est un circuit complet enfermé dans le golfe, et dont le courant de Rennel ne serait qu’une partie. C’est l’opinion de M. Bouquet de la Grye, de l’Institut, qui a fait dans le golfe même une expérience très importante, il y a quelques années. Disposant de toutes les chaloupes, en grand nombre, préposées à la surveillance de la pêche, il fit une campagne d’observations limitée aux eaux du golfe. Chaque chaloupe possédait des flotteurs qu’on laissait courir comme des lochs, dans une dizaine de stations différentes, et pendant trente-six heures. Il faut absolument faire des observations semblables circonscrites à une région, pour connaître les courants que
- nous appellerons volontiers courants dérivés de divers ordres.
- Une nouvelle expédition fut résolue en 1887, grâce encore à une libéralité du Conseil municipal. Dans cette expédition, des flotteurs furent lancés du voisinage des Açores, point de départ des premiers, aux environs de Terre-Neuve. Cette nouvelle direction était beaucoup plus inclinée vers l’ouest que la première.
- Un millier de flotteurs furent échelonnés à des intervalles variés de temps et de distance. L’opération commença le 19 juillet et dura 15 jours.
- Hàtons-nous de dire que la forme, les dimensions, les diverses dispositions de détail de ces flotteurs avaient été minutieusement étudiés en vue de les rendre très apparents, d’éviter qu’ils ne fussent brisés, de diminuer l’action des vents, etc.
- Le 15 février 1889, 44 flotteurs avaient été recueillis. Ceux qui avaient été jetés entre les Açores et Terre-Neuve ont suivi deux routes différentes correspondant aux deux branches du courant : les
- I Expérienoe de 1885.flotteur 1 à U9
- II Expérience de 1886. flotteur?!!) a 719
- IA etltt*”5 Expérience de 1887. flotteur 78141731
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- Açores
- Expériences sur les courants de l'Atlantique Nord. (D’après la carte de M. Georges Poucliet.
- uns sont allés par le sud-est rejoindre le courant équatorial, les autres, par le nord-ouest, se sont dirigés vers les Iles Britanniques.
- Quelles conclusions y a-t-il à tirer des expériences de M. Pouchet et de M. le prince de Monaco? L’origine des courants superficiels de l’Atlantique Nord se trouverait dans la région qui a son milieu à 45 degrés de longitude ouest de Paris et 42 degrés de latitude nord. De là, une nappe d’eau alimentée par le nord et l’ouest, se viderait par le nord-est et le sud-est, s’écoulant en éventail du Spitzberg aux Canaries; nos côtes ne recevraient, au moins en été, aucun courant de surface venant du sud-ouest, mais au contraire un courant de l’ouest-nord-ouest. La côte ne serait nullement soumise à l’influence d'une branche secondaire du Gulf-Stream.
- Que ces conséquences soient ou non vérifiées par la suite, elles fournissent déjà des indications qui ne seront pas sans utilité pour les marins et les géographes. Mais il ne faut pas se le dissimuler, ces expériences ne présentent pas les caractères de certitude des expériences de laboratoire. Le flotteur est
- essentiellement le jouet des vents et des flots; or, les vents varient et les flots sont changeants. Il fait un voyage qui ressemble aux pérégrinations d’Ulysse. Vingt fois sur le point d’aborder, il s’est vu rejeté loin du rivage, et il n’a dù s’échouer qu’après avoir fait bien des allées et venues ou tourbillonné sur place.
- Bornons-nous à enregistrer les résultats des expériences en attendant le moment où elles pourront être utilisées. Il en faut de semblables en grand nombre, dont on variera les données, jusqu’à ce (jue nous possédions enfin une connaissance assez complète de la mer pour pouvoir exécuter une carte aussi détaillée, quant aux mouvements des eaux superficielles, que l’est la carte des continents pour ce qui touche aux inégalités du sol et aux accidents de la surface. Lorsque la géographie de la mer sera aussi connue que celle de la terre, nous en retirerons tous les avantages que nous sommes en droit d’en attendre. Ge ne sera encore que la connaissance de la surface. Félix Dément.
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- NOUVEL APPAREIL POER LA RECOMPOSITION DE LA LUMIÈRE
- Tout, le monde connaît la belle expérience du disque de Newton qui permet de reconstituer la lumière blanche au moyen des sept couleurs du spectre. M. Poitevin,
- [•réparateur de physique au lycée Charlemagne, a récemment donné une forme toute nouvelle à cette expérience classique.
- De même que le disque de Newton, l’appareil que M. Poitevin a imaginé, est basé sur la persistance des impressions rétiniennes.
- L’appareil présente avec ce disque la différence essentielle qu’au lieu de recomposer la lumière au moyen de couleurs artificielles, on la recompose avec les couleurs naturelles du spectre.
- L'appareil, tel qu’il est construit par M. Dé-michel, se compose d’un disque A (fig. 1) qu’on peut animer d’un mouvement de rotation rapide. En face d’une fente ah, ménagée dans ce disque, suivant un de ses rayons, est fixé un prisme à vision directe CD, dont les arêtes sont parallèles à la fente.
- On fait arriver sur ce disque un faisceau de rayons parallèles, et on reçoit sur un écran E (fig. 2), placé plus loin parallèlement au disque, l’image étalée et non déviée vv , rr de la fente ab. Pour une rotation lente du disque, on voit l’image occuper successivement sur l’écran les positions i\v\ i\ v\, vtv\rt r\, comprises entre deux cercles concentriques. Mais si la rotation devient assez rapide pour que l’impression du rouge rr' persiste sur l’œil pendant que chacune des autres couleurs du spectre vv'rr' vient occuper sa place, on aura en rr' l’impression du blanc. Le même raison-
- nement peut se répéter pour toutes les positions de l’image. On obtient, en effet, sur l’écran une couronne blanche lumineuse.
- Afin d’avoir plus d’éclairement, on dispose sur le disque un second prisme C'D' dont l’effet vient s’ajouter a celui du premier.
- Notre figure 5 repré-te l’appareil de Poitevin, tel qu’il est construit pour l’enseignement. Cet appareil montre que les plus anciennes expériences peuvent être perfectionnées, et il y a là une amélioration réelle du célèbre disque de Newton. Puisque nous avons l’occasion de prononcer le nom du grand physicien, nous ajouterons que la plupart des expériences fondamentales de l’op-tique sont admirablement décrites dans son Optique, et l’on ne fait guère aujourd’hui que de les reproduire avec de très légères modifications.
- Une des plus simples expériences indiquées par Newton pour la synthèse de la lumière consiste, comme nos lecteurs ne l’ont pas oublié, à recevoir sur une lentille convergente le spectre solaire obtenu par le prisme. Les rayons diversement ré-lrangibles * qui composent le spectre vont converger en des foyers distincts, mais rapprochés. Si l’on place un écran de carton blanc au foyer où se confondent les rayons des diverses couleurs, on aperçoit une image blanche du soleil. Newton insiste très longuement sur ces expériences d’analyse et de synthèse de la lumière, et il indique même une expérience facile à réaliser qui pourrait prendre place dans la Physique
- Fig. 3. — Appareil de M. l'uilevin pour la recomposition de la lumière.
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- LA NATURE.
- sans appareils. « Jusqu’ici, dit Newton, dans son Optique, j’ai produit du blanc en mêlant les couleurs des prismes. Maintenant, pour mêler les couleurs des corps naturels, prenez de l’eau, un peu épaissie avec du savon, et agitez-Ia jusqu’à ce quelle s’élève en écume. Après que cette écume sera un peu reposée, vous n’avez qu’à la regarder attentivement, et vous verrez partout diverses couleurs sur la surface de chacune des bulles dont cette écume est composée. Mais si vous vous éloignez au point de ne pouvoir plus distinguer les couleurs l'une de l’autre, toute l’écume vous paraîtra d’une parfaite blancheur. »
- UNE ILE INTERMITTENTE
- Aussi loin que l’histoire nous reporte, il se passe à la surface du lac de Derwentwater, en Angleterre, un fait curieux et encore inexpliqué. Une petite île apparaît de temps à autre, toujours au même point, à l’extrémité sud-est du lac, à environ 300 mètres de l’embouchure de la Derwent; après quelque temps, cette île disparaît et s’engloutit. En cet endroit, le lac a 1,85 m de profondeur, et File, dans ses apparitions, s’élève de quelques centimètres au-dessus des eaux. Sa surface, toujours couverte d’une végétation verdoyante, est variable; elle n’a quelquefois que quelques mètres carrés, d’autres fois elle atteint une superficie de 8000 mètres. Elle est assez solide pour qu’on puisse y débarquer, ce qui a eu lieu à différentes reprises.
- Certaines années elle se divise, et il paraît plusieurs petites îles ; d’autres fois, l’ile unique est échancrée d’une ou plusieurs baies. Notre excellent confrère anglais Nature signale une étude intéressante de ce phénomène, que M. Siinons, secrétaire de la Société royale de météorologie d’Angleterre vient de faire paraître.
- Un examen attentif de l’île montre qu’elle est formée d’une masse tourbeuse de plusieurs pieds d’épaisseur, dont la surface est couverte de plantes aquatiques qui abondent dans ces eaux, telles que Litlorella lacustris, Lobellia dortmanna, Isoëles lacustris, etc. On constate aussi qu’elle est le sommet d’une sorte de boursouflure; quand cette ampoule s’atlàisse, elle disparaît. Si l’on enfonce un bâton dans ce sol mouvant, le trou laisse échapper d’abondantes bulles de gaz, qui ont une odeur particulière très perceptible.
- L’île n’apparaît pas tous les ans; en cent cinquante ans, elle ne s’est montrée que quarante fois, toujours pendant l’été, en juillet et en août surtout. Elle a paru cependant une fois au 5 juin, et une autre fois, elle est restée visible jusqu’en octobre; la chaleur, tant de l’atmosphère que des eaux du lac, semble donc une des conditions du phénomène.
- Un sondage, fait dans l’île même, a montré qu’elle repose sur un terrain formé de diatomées, dont la couche est peu épaisse. Les gaz, recueillis et analysés, semblent un mélange, par parties presque égales, d’azote et de gaz des marais, avec traces d’acide carbonique et d’oxygène; c’est à peu près la composition du grisou dans certaines mines.
- Il y a donc tout lieu de supposer que ce gonflement du fond du lac est dû à un développement de gaz à l’intérieur de la masse qui le forme ; mais les causes qui donnent lieu à cette effervescence, les raisons qui font que
- le phénomène se présente toujours au même point, ses irrégularités, restent inexpliquées. M. Siinons fait remarquer qu’on ne peut, en rien, comparer l’île du Derwentwater aux îles flottantes que l’on rencontre en une foule d’endroits et qui se composent toutes de masses de végétaux accumulés et arrachés aux rives, radeaux qui se déplacent, ou qui s’immobilisent en s’échouant sur les hauts fonds. L’ile du Derwentwater est ordinairement au fond du lac et ne s’en élève que de temps à autre; elle reste toujours intimement liée à ce fond, et elle occupe toujours la même place.
- CHRONIQUE
- Navire entraîné par une Baleine. — M. le D1 Pa-
- gès-Grigorieff signale dans la Revue des sciences naturelles appliquées une bien étrange aventure qui vient d’arriver à la goélette H.-B. Griffion, à Saint-Jean-de-Terre-Neuve. Nous avions déjà signalé antérieurement un cas semblable. Voici ce dont il s’agit. Un matin, tandis que les hommes de l’équipage occupés à la pèche de la Morue étaient allés comme de coutume visiter leurs lignes, le capitaine et le cuisinier, restés seuls à bord, furent surpris de sentir que le navire, qui était cependant solidement ancré et dont les voiles étaient serrées, semblait avancer avec une rapidité extraordinaire. Monter sur le pont pour se rendre compte de ce qui se passait, fut pour eux l'affaire d’un instant. Ils aperçurent alors une énorme Baleine qui s’était prise par la partie postérieure de l’abdomen à l’un des harpons de l’ancre faisant l’office d’un gigantesque hameçon et qui fuyait, avec la rapidité du vent, disent les témoins, entraînant avec elle la goélette désemparée. On juge de leur étonnement. Surpris tout d’abord de la nouveauté de l’aventure, ils ne tardèrent pas à reprendre tout leur sang-froid : ils se mirent en devoir de couper le câble de l’ancre; puis quand cette opération fut terminée, ils mirent à la voile pour rejoindre leurs compagnons qui se demandaient avec [anxiété ce qui avait dû se passer à bord. Le navire se rendit de là à Terre-Neuve pour se procurer une nouvelle ancre avec son câble, car quelque temps auparavant il avait déjà perdu l’ancre de rechange durant une forte mer. Quant à la Baleine, elle avait disparu aussitôt en emportant accrochée à ses flancs l’ancre du navire avec sa chaîne, et depuis on ne l’a plus revue.
- Puissance digestive comparée de l'Ane, du cheval et du mulet. — La sobriété du mulet et surtout de l’âne, leur aptitude à produire une somme de travail très considérable eu égard à la quantité et à la qualité des aliments absorbés, sont des faits bien connus. Si l’on se demande la cause de la supériorité motrice de l’âne et du mulet sur les chevaux de même poids et soumis à une même alimentation, il est a priori naturel de supposer qu’elle est due à une puissance digestive plus grande : l’âne et le mulet utiliseraient mieux leur nourriture que le cheval. Cette hypothèse vient de se transformer en une réalité clairement établie, grâce aux expériences que M. le professeur Sanson a exécutées tout récemment à l’Ecole d’agriculture de Grignon, expériences dans lesquelles a été étudiée comparativement la puissance digestive du cheval, de l’âne et du mulet. Voici les intéressantes conclusions que le savant zootecliniste déduit de ses recherches : l°les mulets .ont une puissance digestive notablement plus élevée que celle des chevaux; ils digèrent une
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- LA NATURE.
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- plus forte proportion de matière sèche alimentaire, et surtout de protéine brute; 2° cette puissance digestive plus élevée des mulets, leur est héréditairement transmise par leur père, l’àne, qui la possède à un degré encore plus haut; d’où il suit que la puissance du mulet se trouve intermédiaire entre celle de l’àne et celle du cheval ; 5“ la supériorité digestive des mulets par rapport aux chevaux explique leur incontestable supériorité d’aptitude mécanique ; ils rendent, à alimentation égale, plus de travail, parce qu’ils dégagent de leurs aliments plus d’énergie ; 4° pour une même quantité de protéine alimentaire, le mulet fournirait, comparativement au cheval, un supplément de travail de 12 pour 100; 5° il est donc pratiquement économique de substituer, partout où cela se peut, l’emploi des mulets à celui des chevaux, comme moteurs.
- Culture de la Réglisse aux Etats-Unis. — La
- variété de climats qui caractérise l’immense territoire des Etats-Unis permet, on le sait, aux Américains du Nord de tenter la culture de végétaux dont ils empruntaient autrefois les produits à d’autres régions. C’est aujourd’hui la Réglisse, qu’ils essayent d’acclimater dans les États méridionaux, en Floride principalement, où la température et le sol lui conviendraient parfaitement, d’après le Florida xigriculturist. La Réglisse se plante par boutures de racines secondaires, ayant 12 à 15 centimètres de long, déposées dans des trous verticaux écartés de 40 centimètres environ, et recouvertes de 10 centimètres de terre. Les rangs de boutures sont écartés de 65 centimètres. 11 lui faut un sol bien fumé, défoncé jusqu’à une profondeur de 90 centimètres à 1 mètre. Cette forte épaisseur de terre, dans laquelle les racines s’enfoncent verticalement, lui permet de résister aux ardeurs de l’été pendant les trois ou quatre années nécessaires à leur développement. Si le sol est mal préparé ou manque d’engrais, les racines moins vigoureuses sont exposées aux attaques d’un parasite spécial, le red spider, l’araignée rouge. On coupe les tiges chaque année, et on répartit sur le champ une certaine quantité de fumier bien décomposé. Quand on a donné tous les soins nécessaires à la culture, les racines peuvent être récoltées au bout de trois ans, mais le plus souvent c’est la quatrième année seulement qu’on peut les recueillir. La profondeur de 65 à 90 centimètres à laquelle elles .se trouvent exige l’emploi de la bêche. On conserve les racines latérales pour la plantation suivante, et les autres racines lavées, séchées et mises en bottes, constituent la Réglisse du commerce.
- Le commerce du musc. — D’après le consul d’Allemagne, à Shanghaï, le musc arrive sur le marché de cette ville en simples caisses de bois. Chaque lot contient toujours des poches falsifiées, qu’il faut acheter avec les autres. 11 est de règle de les trier avant de les expédier à Londres, et l’on constitue ainsi des sortes qu’on désigne par des numéros. Le numéro 1 est formé de poches'plus ou moins falsifiées; on en sépare généralement de 20 à 30 pour 100. La perte (20 à 25 pour 100) est représentée par des débris de peau, etc. Les sophistications consistent en terre, sciure de bois, morceaux de cuir insérés dans les poches dont on extrait le musc. On emploie moins fréquemment le plomb, la chair desséchée ou le papier inséré entre les couches externes et internes des enveloppes des poches, falsification qu’on ne peut reconnaître qu’en coupant la peau. Depuis près de deux ans, les adultérations s’élèvent à 80 pour 100; mais en l’absence de meilleures qualités, celles-ci trouvent encore acheteurs.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 sept. 1889. — Présidence de M. Des Cloizeaüx
- Rapports de l'analyse chimique des plantes et de leur régime. —M. Yille signale l’insuffisance de l’analyse chimique relativement au régime auquel il convient de soumettre les plantes, pour obtenir des terres un rendement maximum. 11 se propose de montrer que les plantes vivantes constituent de véritables réactifs extrêmement sensibles, au moyen desquels on peut découvrir les éléments de fertilisation contenus dans la terre nourricière et qui font défaut dans cette terre. M. Ville pose en principe, comme un fait d’expérience indiscutable, que pour atteindre leur développement maximum les plantes doivent rencontrer dans le sol du phosphate de chaux, de la potasse, de la chaux et une matière azotée. La suppression d’un seul des quatre termes suffit pour porter une atteinte profonde mais variable au développement de la plante. Ainsi, l’essai des différents engrais a fourni, pour le même sol, les résultats suivants :
- Rendement par liectar
- Récolte. Grains.
- Engrais complet 9570 kgs 39 hl
- — sans azote. . . . . 4517 — 13 —
- — sans phosphate. . 7555 — 24 —
- — sans potasse. . . . 7524 — 28 —
- — sans chaux. . . . . 8200 — 57 —
- Terre sans engrais . 5542 11 —
- Ces résultats sont liés au développement des plantes, à leur aspect général, à la couleur des feuilles. Les variations de couleur des feuilles fournissent un moyen extrêmement sensible de constater l’absence de l’un des quatre éléments de l’engrais. L’impression est très accusée et très caractéristique. Les expériences de M. Ville ont porté sur le chanvre, le froment, le colza, la betterave, la pomme de terre, la vigne, le trèfle, les pois, etc. Les résultats diffèrent très sensiblement d’une plante à l’autre ; ils ont tous été déterminés au moyen des notations chromatiques en usage dans les ateliers des Gobelins.
- Afin d’obtenir des conclusions plus précises encore, M. Ville a recherché les quantités de chlorophylle et de Caroline contenus dans des poids égaux de feuilles recueillies sur les cultures différentes de la même plante. Pour cela les feuilles, après avoir été desséchées, subissaient un premier traitement par l’éther de pétrole qui leur enlevait la Caroline. En reprenant le résidu par l’alcool absolu, on obtenait ensuite la chlorophylle. Les dosages sont absolument rigoureux. Les dissolutions diverses de chlorophylle ont ensuite été définies au point de vue de leur couleur verte. Quant aux dissolutions de carotine, après avoir subi l’évaporation, la matière colorante était dissoute dans du sulfure de carbone et donnait lieu à une série (de rouges orangés, soigneusement étudiés. Cette série forme une gamme parallèle à la série des verts obtenus. M. Ville dit qu’il s’applique à former des types végétaux, grâce auxquels, une récolte étant donnée, suivant le type dont elle se rapprochera le plus, il sera possible de fixer les éléments qui manquent à la terre.
- Dédoublement d'une comète. — M. Charlois, à l’Observatoire de Nice, et M. Bigourdan, à l’Observatoire de Paris, ont simultanément constaté le dédoublement de la comète découverte le 16 juillet dernier par M. Brooks. Les deux astres marchent parallèlement avec une vitesse égale; leur distance angulaire est d’ailleurs très faible.
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- C’est la reproduction d’un phénomène dont la comète de Biéla a donné le spectacle.
- Transmission électrique de la force. — M. Marcel Deprez écrit à l’Académie pour signaler le succès complet de la transmission électrique de la force, grâce à laquelle la ville de Bourganeuf (Creuse) est maintenant éclairée par l’électricité. L’installation fonctionne depuis trois mois, sans avoir nécessité aucune réparation. La chute d’eau, dont la force est utilisée, est distante de 14 kilomètres. La ligne est aérienne; elle est constituée par un fil de bronze silicié de 0,005 m de diamètre. Ce fil n’est isolé par aucune enveloppe; il repose directement sur des isolateurs en porcelaine fixés à des poteaux en sapin. Sur une remarque de M. Fizeau, l’Académie décide de prier M. Marcel Deprez de rechercher si la différence de potentiel entre les deux fils est assez considérable pour tuer un animal qui serait en contact avec ces deux fils à la fois.
- Aménagement d'insectes au Muséum. — M. Blanchard signale l'achèvement des travaux d’aménagement des collections d’insectes dans le nouveau bâtiment du Muséum. Ces collections se sont enrichies de dons récents et nombreux qui les ont complétées sur beaucoup de points.
- Elles ont été disposées suivant un plan tout nouveau qui sera sans doute adopté pour les galeries des autres capitales.
- Varia. — M.
- Zenger communique ses recherches sur la photographie stellaire. — M. liugo Gyldén envoie un Mémoire sur le développement en série des perturbations planétaires. — M. Bouquet de la Grye présente diverses cartes hydro-. graphiques. — M. Poirier présente, sous le nom de cvstoscope, un appareil propre à l’exploration de la vessie.
- Stanislas Meunier.
- PIERRES PRÉCIEUSES
- DE L AMÉRIQUE DU NORD A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Si vous passez dans la section américaine de l'Exposition universelle au Champ de Mars, au delà du Palais des arts libéraux, arrêtez-vous devant une merveilleuse vitrine circulaire contenant des échantillons des pierres précieuses de l’Amérique du Nord. Cette exposition, qui se rattache à celle de M. Tiffany,
- a été organisée par M. George Kunz, agent spécial des installations minéralogiques et métallurgiques des États-Unis; elle offre aux yeux du visiteur des pierres de toute beauté qui donnent une juste idée des richesses minéralogiques de l’Amérique du Nord, déjà si riche en produits de toutes sortes. 11 y a dans cette merveilleuse vitrine des échantillons splendides d’or natif cristallisé de Californie, des diamants, des rubis incomparables; l’un d’eux, tout à fait, exceptionnel de coloris et de limpidité, provient de la Caroline du Nord, Jenk’s Mine, Franklin, Maçon County; des saphirs d’une grande rareté, des émeraudes, des tourmalines, des cristaux de cristal de roche aussi limpides que l’eau d’une source pure, des péridots, des améthystes d’un violet foncé et transparent,
- de l'obsidienne, de la gadolinite, des turquoises. Les turquoises ont été exploitées aux Etats - Unis dès la plus haute antiquité par les Indiens, et la collection que nous signalons renferme quelques spécimens très curieux de la joaillerie des Indiens. Nous figurons ci-contre quelques-u ns d’entre eux. Le nu 1 de notre figure est un collier de rondelles de turquoises perforées, et reliées entre elles par un fil. Le n° 2 est une pièce singulière qui est représentée de grandeur d’exécution. C’est un petit chien de prairie taillé dans du marbre blanc, ses yeux en turquoise sont incrustés dans le marbre. Le cou de l’animal est entouré d’un collier auquel est pendu une rondelle de nacre. Cet objet constitue un ancien fétiche dont les Indiens de Pueblo se servaient pour solliciter la pluie. — Notre n° 3 est une bague d’argent avec chaton de turquoise. Le n° 4 est un cœur de turquoise auquel est fixé un petit anneau d’argent.
- La collection que nous signalons renferme nombre d’autres curiosités de ce genre : on y remarquera aussi de superbes échantillons de pyrite, de malachite, d’azurite, d’ambres, et de magnifiques pierres précieuses.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
- Anciens bijoux indiens de l'Amérique du Nord.
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- I*ig. 1. — Façade du Calais de 1 Exposition militaire à l’Esplanade des Invalides, à Paris. — Exposition universelle de 18811.
- Les arts de la guerre ont toujours occupé une place importante dans nos Expositions. Le public s’y intéresse et s’y passionne même à en juger par son empressement à visiter ces exlii-bilions d’engins meurtriers, dans l’espoir d’y trouver une révélation et de leur arracher le secret des luttes futures. À la vérité, une exposition de ce genre ne révèle rien autre chose que la prodigieuse activité de l’espèce humaine lorsqu’il s’agit de s’entre-détruire.
- Le secret qui donne le gain des batailles ! Il n’est pas seulement dans ce formidable amas de projectiles et de bouches à feu : il est dans la manière de s’en servir; il 17* année. — 2® semestre.
- est surtout dans la bravoure de ceux qui s’en servent. La guerre a, sur l’Esplanade des Invalides, un temple digne d’elle (fig. 1), construit par l’architecte du Ministère de la guerre. Nous eussions aimé, par ce temps de restitutions archaïques, que le monument lui-même fût la reproduction de quelque vieille citadelle du moyen âge, cet admirable Pier-refonds que Viol-let-le-Üuc a ranimé de son souf-11e,ou quelque coin de Coucy encore endormi dans ses ruines. Nous n’avons, pour réveiller ces vieux souveniers militaires, qu’une porte flanquée de tours crénelées et précédée d’un faux pont-levis ; mais cet échantillon
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- Fig. 2. — Les costumes de Farinée française. Groupe central des mannequins.
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- à échelle réduite, par suite du peu de recul du point de vue, détonne brutalement sur les ordres néo-grecs de la façade du palais.
- Quoi que l’on puisse penser du contenant, c’est le contenu qui nous intéresse. Or le contenu a été choisi, classé, organisé par les soins du Ministère de la guerre, avec un soin et une méthode admirables, ët l’on en sort émerveillé, les yeux pleins d’un admirable spectacle.
- Nous louerons sans restriction le vestibule et le superbe escalier tout garni de magnifiques tapisseries anciennes, qui mène au premier étage. C’est par cet étage du reste que nous commencerons notre visite, en parcourant rapidement la partie rétrospective de l’Exposition.
- Les collections particulières se sont libéralement ouvertes pour permettre cette précieuse accumulation de pieux souvenirs de nos vieilles gloires. Les héritiers de nos grandes familles guerrières ont envoyé les reliques sacrées deleurs ancêtres. Armes, vêtements, portraits, rassemblés là pour la première fois, forment une collection unique au monde et qu’il faut se dépêcher d’admirer, car dans un mois et demi tous ces objets précieux seront de nouveau dispersés. On ne peut considérer sans émotion ce passé glorieux de nos armées, qui nous fait bien augurer de son avenir.
- Les vieilles armures nous ont, je l’avoue, particulièrement captivé : on touche avec respect ces cuirasses bosselées, sous lesquelles ont réellement battu des cœurs vaillants.
- Si l’on voulait 'poursuivre l’étude rétrospective des engins de guerre, il faudrait descendre au rez-de-chaussée où l’artillerie a classé les petits modèles de tout ce qu’elle a produit, depuis les balistes et les catapultes, jusqu’au moderne canon rayé. Et quel chemin parcouru! Ce sont d’abord les bombardes cerclées de fer et couchées sur les chariots qui leur servaient d’affûts. La substitution du boulet métallique inventé par les frères Bureau, à l’antique projectile de pierre, marque une transformation radicale de l’art de la guerre, en donnant aux canons une mobilité et une puissance qui leur manquaient jusqu’alors. Cette invention a rendu possibles les rapides expéditions de Charles VIII au delà des Alpes, et voilà les premiers canons sur affûts à roues que les armées ont traînés avec elles.
- Mais poursuivons notre promenade au premier étage du palais. Après les vieilles armures, nous rencontrons les modernes costumes de l’armée française. Tous les fabricants d’uniformes se sont partagé la tâche de nous montrer la synthèse de cette armée, en habillant des mannequins en cartonnage, distribués sur le terrain d’un camp en une multitude de petites scènes militaires fort bien groupées (fîg. 2). A la suite de cette amusante exhibition, les différents fournisseurs de [choses intéressant l’armée ont exposé leurs produits, harnachement, habillement,optique, filtres, biscuits, instruments de musique militaire, etc... L’intendîi^e atteste le soin quelle
- prend d’assurer la subsistance de nos troupiers en exposant des modèles de ses moulins, de ses fours de campagne. La cavalerie nous montre les progrès de son harnachement et de son paquetage. Enfin nous arrivons à la cartographie qui fait grand honneur à notre dépôt de la guerre, depuis surtout l’impulsion donnée à ses travaux par le regretté général Perrier. Le service géographique de l’armée date de Louvois qui l’organisa en 1688. C’est un bicentenaire que l’on fête. Tantôt formant un corps indépendant, tantôt rattachés au génie, les ingénieurs géographes rendirent toujours d’inappréciables services à la science1. La plus ancienne des cartes exposées date de 1703 ; elle comprend la région des Cévennes, et le relief du terrain y est représenté en perspective cavalière. Peu à peu les méthodes se modifient ; les reliefs sont représentés par leurs lignes de plus grande pente, et, comme cela ne sulfisait pas à définir la valeur même de l’inclinaison, le géographe finit par tracer des lignes horizontales équidistantes. Enfin par la combinaison des deux systèmes, on arrive aux cartes à hachures dont le grand travail de l’État-major français est un des plus beaux spécimens.
- Depuis quelques années, le travail opiniâtre des officiers du dépôt de la guerre a permis de réaliser des cartes plus belles que tout ce qu’on a produit jusqu’ici. Ce sont notamment les magnifiques cartes de France, en six couleurs, au 50 000° et au 200 000e.
- Si maintenant nous redescendons.dans les salles au rez-de-chaussée, nous trouvons l’exposition du génie militaire où les plans-reliefs de quelques-unes de nos anciennes places fortes attirent toujours beaucoup de curieux par le rendu de leur exécution : c’est là le côté pittoresque ; mais à côté, nous voyons des modèles de ponts militaires, les appareils de forage, et surtout les innombrables appareils de mise de feu électrique qui rendent aujourd’hui de si grands services dans les mines.
- Maintenant que les armées formidables se développent sur des fronts d’une étendue considérable, on a dû se préoccuper d’une façon toute spéciale d’assurer les communications des divers corps qui les composent. Sans parler des pigeons-voyageurs qui sont embrigadés dans toute la France et pour lesquels on a installé, à l’Exposition même, un colombier modèle dans une des tourelles d’entrée, on sait que notre armée possède, à l’heure actuelle, des sections de télégraphistes rompus à leur métier qui exige tant d’activité pour poser en temps utile les lignes volantes sur le champ de bataille lui-même, et tant d’initiative pour parer à l’imprévu.
- La pose et l’isolement de ces lignes ne laissent pas d’être des embarras sérieux. Il sera, du reste, tout à fait impossible d’établir un câble télégraphique aérien, chaque fois que l’ennemi tiendra le pays, entre les deux postes que l’on veut relier; mais, dans ce cas, la télégraphie optique, grâce aux appareils du colonel Mangin, sera d’un utile secours;
- 1 Yoy. une notice tort complète sur le service géographique dans La Nature, n° 72(5, du 30 avril 1887, p. 339.
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- nos colonnes du Sud oranais, de la Tunisie et du Tonkin en savent quelque chose.
- C’est au même savant officier du génie que l’on doit les projecteurs qui permettent d’illuminer le terrain d’une attaque de façon à éviter toute surprise. On sait combien ces appareils rendent de services aux navires de nos escadres pour déjouer l’attaque des torpilleurs. La maison Sauttcr-Lemonnier, qui construit ces projecteurs, en a exposé de formidables échantillons; celui que l’on peut voir dans la Galerie des Machines n’a pas moins de 1,50 m de diamètre. On comprend quelles difficultés a dù présenter la taille d'un miroir aplanétique de cette dimension pour que l’aberration de sphéricité fût nulle.
- Nous arrivons enfin à la grande salle du rez-de-chaussée consacrée à la métallurgie militaire : ce n’est pas, du reste, le seul endroit où elle se montre, car lorsque l’on pénètre, au Champ de Mars, dans la région consacrée spécialement à la métallurgie, on peut se croire fourvoyé dans l’Exposition militaire, tant elle est envahie par les canons, projectiles et engins destructeurs de toute sorte. Par une juste réciprocité, le Palais des arts de la guerre, à l’Esplanade des Invalides, a fait une large place au métal. Toute cette machinerie compliquée des guerres futures offre, du reste, un attrait considérable au public qui contemple, avec un respect superstitieux, ces longs tubes d’acier aux gueules menaçantes, montés sur des affûts de formes bizarres. Dans cette salle trop basse pour les gros blocs d’acier qu’elle contient, l’exposition qui frappe tout d’abord par son importance est celle de la compagnie des Forges et Chantiers de la Méditerranée. Les usines que cette société possède à la Sevne et au Havre ne se contentent pas de construire de superbes cuirassés comme ce Pelayo dont la marine espagnole est fièrc à juste titre, elles produisent aussi des bouches à feu qui constituent tout un système particulier étudié par M. Ganet, l’ingénieur distingué attaché à cette compagnie. Le cadre trop restreint de cette notice ne nous permet pas de nous étendre sur les diverses parties de cette magnifique exposition; mais nous -voulons mentionner toutefois la reproduction en grandeur naturelle d’une tourelle marine complète, armée d’un superbe canon de 32 centimètres. Nous mentionnerons également les expositions de canons à tir rapide du système Hotch-kiss dont quelques-uns ont rendu de si grands services h nos canonnières du Tonkin, et les engins de même nature des systèmes Nordenfeldt et Maxim.
- L’examen des énormes plaques de blindage exposées par la société Chàtillon et Commentry méritent enfin d’attirer l’attention. Elles ne parlent à l’œil, il est vrai, que par leur masse; mais elles suggèrent au métallurgiste des réflexions qui ne manquent pas de philosophie, car si la fabrication du métal, et en particulier de l’acier, a atteint le développement et la perfection que Fqti peut constater aujourd’hui avec orgueil, dans notre, ^pays,
- c’est aux recherches nécessitées par les besoins militaires qu’il faut attribuer cet heureux résultat. De telle sorte que la guerre elle-même sert à l’occasion aux progrès de l’humanité. G. Bkthuys.
- LES JOURNAUX AUX ÉTATS-UNIS
- Un annuaire spécial de la presse américaine (American Newspaper Direclory), publié à New-York par George P. Rowcll, vient de paraître récemment. La nouvelle édition de 1889 mentionne la création de 2085 publications nouvelles, en 1888, et la disparition de 1888 publications, d’où il résulte un accroissement de 797 publications dans le courant de l’année. Actuellement, le nombre total des publications périodiques aux États-Unis et au Canada est de 17 107, qui se divisent de la manière suivante :
- 1° Publications hebdomadaires. . . . 12 791
- 2» mensuelles . . . . . 1 998
- 5° — journalières . . . . . . 1 584
- 4° — semi-mensuelles , . , . 241
- 5° — semi-hebdomadaires . . 222
- 6° — trimestrielles . . . . 127
- 7° — bihebdomadaires . . 65
- 8" — trihebdomadaires. , . . 44
- 9° — bimensuelles. . . . . 57
- 17 107
- Sur ces 17 107 publications, 11 290, ou près des deux
- tiers, tirent à moins de 1000 exemplaires. Le tirage
- total est de 54 799 500 exemplaires, ainsi répartis :
- Publications hebdomadaires. . . 19 588 000
- — mensuelles .... 7 472 750
- — journalières. . . . 5 715 750
- — semi-mensuelles . . 1 209 250
- — trimestrielles. . . . 515 750
- — semi-hebdomadaires. 271 250
- — bihebdomadaires . . 154 250
- — bimensuelles. . . . 54 000
- — trihebdomadaires. . 40 500
- 54 799 500
- Ajoutons qu’aucun journal dans le monde entier n’a un tirage aussi élevé que le Petit Journal de Paris qui, chaque jour, sort de ses presses 950 000 exemplaires en nombre rond.
- LES BALLONS CAPTIFS
- A PARIS, EN 1889
- C’est en 1867, lors de l’Exposition universelle qui eut lieu cette, année à Paris, que Gifl’ard construisit le premier ballon captif à vapeur.- Ce coup d’essai était déjà un coup de maître. Le ballon, en tissu enduit de caoutchouc et rendu imperméable par un vernis, n’avait pas moins de 5000 mètres cubes; il était gonflé.^ l’hydrogène, et enlevait douze à quinze voya^pî&s à 250 mètres de hauteur. L’aérostat fut in$fca|J?é>avenue de Suü'ren, dans un terrain voisin de 1 usine Flaud, tout près de l’Exposition du Champ de Mars, mais il ne put être inauguré que dans les premiers jours de septembre,
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- quatre mois après l'ouverture de l’Exposition. 11 n’en eut pas moins un succès considérable. L’impératrice et toute la Cour y montèrent dans la première quinzaine de septembre, et la foule ne cessa de faire queue pour prendre place dans la nacelle.
- En 1809, Henri (iilfard construisit à Londres un ballon captif de 12 000 mètres cubes, puis en 1878 il donna naissance à son gigantesque matériel de la cour des Tuileries. L’aérostat, de 25 000 mètres cubes, qui enlevait quarante à cinquante voyageurs à 500 mètres d’altitude, restera comme une des merveilles des constructions aéronautiques de notre siècle1.
- A l’époque où 1‘ immortel inven teur de l'injec-teur exécuta cet énorme ballon, on ne trouvait pas encore communément dans le commerce le ponghée ou soie de Chine, qui était appelé à apporter des modifications importantes dans l’art aéronautique.
- Cette soie de Chine, aujourd’hui très répandue en France et dans tous les pays du monde, est un tissu des plus remarquables; très résistant, très léger, très bon marché, s’altérant peu sous Faction des vernis à l’huile de lin cuite, il est susceptible de rendre les plus grands services aux aéronautes. Depuis le ballon captif de la cour des Tuileries, on a pu construire des aérostats captifs beaucoup plus petits, de 2500 a 4000 mètres cubes, dont l’étoffe en simple soie de Chine était suffisamment solide pour résister
- 1 Yoy. ii° 285, du 16 novembre 1878, j>. 585 et numéros récédents.
- à Faction des vents intenses, et dont la force ascensionnelle, par suite de la légèreté de l’enveloppe, était suffisante pour enlever à la fois une dizaine de voyageurs, c’est-à-dire pour rendre l’exploitation à peu près rémunératrice.
- M. Eugène Godard, en janvier 1884, construisit à Nice un ballon captif à vapeur, en soie de Chine
- pour des ascensions publiques. Ce ballon gonflé, pour plus de commodité, au gaz de l’éclairage, était assez volumineux : il cubait 4000 mètres et enlevait dix voyageurs à 200 mè-très d’altitude seulement1. La même année, le même aéronaute fit fonctionner à Turin, dans les premiers jours de juin, un ballon captif du même genre2. Ce ballon, du cube de 4500 mètres, pouvait élever quinze voyageurs a 500 mètres d’altitude. Au commencement de 1889, M. Gabriel Von, constructeur d’aérostats captifs militaires, fit fonctionner à l’Exposition de Barcelone un ballon captif de •4200 mètres cubes formé d’un seul tissu de soie de Chine d’une résistance de 1000 kilogrammes par mètre carré, et muni d’un cable de 400 mètres de longeur. Ce ballon était gonflé à l’hydrogène pur3.
- il était vraisemblable que l’Exposition universelle de Paris en 1889, ne se passerait pas sans avoir aussi ses ballons captifs. 11 y en a actuellement deux qui fonctionnent dans le voisinage du Champ de
- 1 Yoy. u° 560, du 25 lévrier 1884, p. 20G.
- 4 Yoy. u° 57(1, du 21 juin 1884, j». 50.
- 3 Yoy. n° 824, du 16 mars 1880,- p. 240.
- Fip. ]. — Fa nacelle de l’aérostat captif à vapeur de MM. Gabriel Yon et Louis Godard, avenue Kléber, près le Trocadéro, à Paris. (D’après une photographie de MM. île La Valette et Liéberl.)
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- LÀ NATURE
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- Mars: le premier, construit par MM. Gabriel Von et Kléber, près le Trocadéro; le second, construit par Louis Godard, est installé dans un terrain de l’avenue M. Lachambre, a trouvé sa place boulevard de Gre-
- Fig. 2. — Mat-lune à vapeur de l’aérostat captif de M. II Lachambre, Boulevard de Grenelle, à Paris, près l'École militaire.
- nelle, à proximité de l’ivcole militaire. — Le ballon captif du Trocadéro a un volume de 5055 mètres cubes, son diamètre est de 18 mètres, sa de 1017 mètres carrés. 11 est formé d'un seul tissu de ponghée recouvert de plusieurs couches de vernis. Il est construit sur le modèle des ballons captifs de Henri Giffard. Gonllé à l’hydrogène pur, il petit enlever dans sa nacelle circulaire, dont nous donnons l'aspect ci-contre (fig. 1) une douzaine de voyageurs à 400 mètres d’altitude, quand le temps est calme. Il est muni à sa partie inférieure d’une poche à air qui, lors des contractions du gaz dus aux refroidissements à la fin du jour, peut être gonflée d’air au moyen d’un ventilateur et permet de maintenir la permanence de la forme sphérique de l’aérostat, atténuant ainsi l’action du vent qui devient redoutable quand l'étoffe d’un ballon n’est pas bien tendue.
- Le rappel du ballon à terre s’opère au moyen d’un moteur à vapeur à deux cylindres, d’une puissance
- de 28 chevaux, actionnant chacun une des extrémités de l’arbre de commande par l’intermédiaire de plateaux avec boutons manivelles.
- La chaudière du système Field avec tubes pendentifs de 25 millimètres est timbrée à 8 kilogrammes par cné. La machine est pourvue d’un frein à air et d’un frein de sûreté.
- L’aérostat captif de M. H. Lachambre est commeceluideMM. Yon et Godard construit en soie de Chine et muni d’une poche à air. Il est de dimensions un peu moindres et cube 2600 mètres. Son diamètre est de 17 mètres. Le ballonnet compensateur a un volume de 500 mètres cubes. Le câble, de 50 millimètres a 400 mètres de longueur L’aérostat, gonllé d’hydrogène pur, enlève huit à dix voyageurs selon l’intensité du vent.
- Fig. 5. — Vue (l'ensemble de l’aérostal captif de M. II. Lachambre. (D'après une photographie de M. G. Flore!.)
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- Le treuil, mobile, monté sur quatre roues, est tout en fer et démontable; il a été construit par M. Couletle, constructeur-mécanicien. Actionné par deux cylindres accouplés, il a une puissance normale de seize chevaux, capable de ramener le ballon avec une force ascensionnelle de 1000 kilogrammes et cela à la vitesse de 1 mètre à la seconde (fig. 2). L’ascension s’opère par deux freins dont un à friction et l'autre à air comprimé, ce qui assure une ascension certaine et sans secousse. La bobine emmagasinant, le câble est mue automatiquement par l’arbre moteur; tous les leviers de freins ainsique la prise de vapeur sont groupés à l’avant, permettant au mécanicien d’avoir les appareils sous la main sans dérangement.
- La chaudière, qui est mobile, montée sur quatre roues, est de la puissance de 16 chevaux et timbrée à 7 kilogrammes par cm2; elle est formée d’un corps horizontal tubulaire et d’un grand réservoir de vapeur, alimenté par deux injecteurs Giffard, dont un de secours, ce qui permet au mécanicien d’avoir h tout moment le temps de s’occuper du treuil sans que sa surveillance fasse défaut.
- Notre figure o représente l’ensemble du matériel de M. Lachambre.
- Les deux ballons captifs à vapeur que nous venons de décrire sont très légers et suffisamment solides; ils sont dignes d’ètre recommandés aux visiteurs de l’Exposition universelle1.
- Quand le temps est calme et que le ciel est pur, on peut contempler, dans la nacelle de ces ballons, l’admirable vue à vol d’oiseau de l’Exposition universelle. Gxston Tissandier.
- LE CONGRÈS INTERNATIONAL
- DES ÉLECTRICIENS, DE 1.S89
- 11 y a eu cette année à Paris un grand nombre de Congrès scientifiques internationaux, à l’occasion de l’Exposition universelle; il ne nous est?pas possible de résumer les travaux auxquels tous ces Congrès ont donné lieu; mais nous ferons aujourd’hui une exception en faveur du Congrès des Electriciens, qui offre un caractère tout particulier d’actualité et d’intérêt. Voici une note succincte qui résume les conclusions adoptées ;
- Si le Congrès international des électriciens de 188!) qui vient de terminer ses travaux n’a pas rempli une tâche comparable à celle de son aîné de 1881, il n’en a pas moins rendu de sérieux services à l’industrie électrique en fixant quelques points sur lesquels une entente internationale devenait indispensable, et en indiquant, dans les discussions qui seront ultérieurement publiées, la voie dans laquelle un certain nombre de propositions non encore sanctionnées devront se maintenir pour obtenir des Congrès futurs l’estampille officielle qui leur
- 1 Nous ne parlons ici que (les aérostats captifs publies qu’il ne faut pas confondre avec les aérostats captifs militaires, dont nous avons parlé d'ailleurs à plusieurs reprises.
- donne le caractère de véritables lois internationales.
- Nous nous contenterons d’indiquer ici les principales résolutions prises "par le Congrès sous la présidence honoraire de sir William Thomson, et la présidence effective de M. Maseart.
- Le Congrès a tout d’abord adopté deux unités pratiques d’un usage courant parmi les électriciens, et il est désirable (pie les mécaniciens, dont le Congrès va bientôt s’ouvrir, sanctionnent ce choix, en adoptant les mêmes unités : nous voulons parler des unités pratiques de puissance et de travail.
- L’unité pratique de travail est 1 e joule.
- 1 joule = 107 unités C. G. S. de travail.
- L’unité pratique de puissance est le watt.
- 1 watt = 107 unités C. G. S. de puissance.
- Ces définitions officiellement adoptées feront, nous l’espérons du moins, disparaître du langage les anciennes expressions de force d’une machine et travail d’une machine. Désormais la force, la puissance et le travail s’appliquant à des quantités physiques différentes, mesurées par des unités différentes portant des noms différents, ne sauraient plus être confondus sous peine de faire preuve d’ignorance ou de parti pris.
- Pour l’expression de la puissance industrielle des machines, le watt étant une unité trop petite, le Congrès a recommandé l’emploi du kilowatt.
- 1 kilowatt = 1000 watts.
- Puisse cette nouvelle unité faire disparaître l’empirique cheval-vapeur. La proposition adoptée par le Congrès relativement à la définition de l’unité de lumière recevra aussi l’approbation de tous les praticiens. 11 n’y a pas à se dissimuler que l’unité absolue de lumière adoptée par le Congrès de 1881 et la Conférence internationale de 1884 n’a obtenu aucun succès en pratique. En dehors des difficultés de sa réalisation, on s’est heurté aux habitudes courantes d’exprimer les intensités lumineuses en bougies, cette unité plus petite répondant mieux aux intensités lumineuses.des foyers ordinairement employés.
- Mais chaque pays ayant sa bougie particulière, le Congrès a décidé de donner le nom de bougie décimale au vingtième de l’étalon défini par la Conférence internationale de 1884. La nouvelle bougie ne diffère pas essentiellement de la bougie anglaise, ni du dixième de bec Carcel employé par quelques expérimentateurs, fl ne sera pas difficile, en modifiant la bougie ou les étalons plus récents au pentane et à l’acétate d’amyle, d’obtenir un étalon représentant la bougie décimale avec autant d’exactitude que les mesures photométriques le permettent actuellement.
- Enfin d’autres décisions d’un ordre plus spécial ont été prises pour définir et donner des noms particuliers aux principales quantités dont on fait un usage constant dans l’étude des courants alternatifs. Nous renvoyons nos lecteurs aux journaux spéciaux dans lesquels ces nouvelles définitions sont exposées.
- A l’heure où ces lignes passeront sous les yeux de nos lecteurs, d’autres intéressants Congrès se préparent, notamment celui des chemins de fer qui aura à examiner et à élucider aussi un grand nombre de questions du plus haut intérêt.
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- LES COURSES DE TAUREAUX
- ET LES COERSES LANDAISES
- En cette année d’Exposition universelle, où les spectacles les plus étranges et les plus étrangers se réunissent à Paris, où nous pouvons goûter à tous les divertissements exotiques, ou le kampong javanais touche au village pahouin, où d’un concert ma-rocain nous passons dans un théâtre annamite, il était tout naturel que l’on songeât à importer dans la métropole ces courses de taureaux qui passionnent tant les Espagnols et les habitants du sud de la France. On sait quelle agitation se produit dans la presse quand on parle de permettre en France des courses véritables, les vraies courses espagnoles avec mort du taureau. La Société protectrice des animaux, s’armant du texte qu’on a nommé Loi de Grammont, intervient, et, en général, victorieusement; quand à Nîmes, par exemple, où l’amour de ces courses est le plus violent, on permet la course en elle-même, ce n’est jamais qu’avec la spécification expresse que la vie du taureau sera respectée, et celle des chevaux et des hommes autant que possible. C’est aussi dans ces conditions qu’ont été permises à Paris les nombreuses corridas qui y ont été installées1 ; cette condition ne s’applique d’ailleurs qu’aux courses espagnoles, puisque jamais dans les courses landaises, dont nous parlerons aussi, il ne s’agit de tuer le taureau2.
- Nous n’avons point l’intention d’entamer ici à nouveau la question de la moralité ou de l’immoralité et de la barbarie des vraies courses de taureaux espagnoles, où le sang coule, où les chevaux sont éventrés et se prennent les pieds dans leurs entrailles, et où enfin le taureau est égorgé. Tout a été dit à ce point de vue, et par les enthousiastes du divertissement populaire par excellence de l’Espagnol, et par les moralistes intraitables, effrayés de ce besoin qu’a la foule de voir verser le sang. Ceux-ci invoquent les lois protectrices des animaux en faveur de la bête qu’on poursuit, qu’on pique, qu’on blesse-à maintes reprises avant de la frapper définitivement; ceux-là montrent ces mêmes moralistes intraitables assistant, participant même à une chasse à courre, et tenant à ne point manquer le spectacle sanglant de la curée. Toujours est-il qu’aucun de ces arguments n’a d’influence auprès de la population espagnole, que l’attrait du danger couru par le torero passionne jusqu’à l’enthousiasme.
- l)u reste les courses de taureaux de la péninsule ne sont point d’invention moderne. On peut sans hésitation les faire remonter jusqu’aux jeux du cirque. Ces jeux, qui étaient leur plus grand plaisir à Rome, les Romains conquérants ne tardèrent point à les introduire en Espagne; aussi à cette
- 1 On a compté récemment à Paris quatre de ces Plazas de toros, rue Pergolèse, rue de la Fédération, avenue de Suffren et quai de Billy.
- 2 L’établissement des courses landaises est quai de Billy.
- époque, les arènes ne donnaient point asile qu’à des Courses de taureaux; on y voyait les combats de gladiateurs luttant non seulement entre eux, mais aussi contre des bêtes féroces de toutes sortes et contre des taureaux. C’est là l’origine des corridas auxquelles nous assistons aujourd’hui.
- Quand les Arabes envahirent la péninsule, ils interdirent ces courses, et, tant que dura leur occupation, les combats de bêtes en général furent absolument proscrits, partout du moins où ils régnaient en maîtres; mais les populations, supportant impatiemment la domination étrangère, n’en gardaient qu’un attachement plus grand pour leurs jeux nationaux. Dans le nord même de l’Espagne, là oii les Arabes n’avaient pu pénétrer, les soldats du fameux roi Pélage, retranchés dans leurs montagnes, avaient, comme grand divertissement, la chasse aux taureaux sauvages. Du reste, à cette époque, les gladiateurs n’existaient plus; mais, quand les Maures leur laissaient quelque répit, que la guerre s’assoupissait un peu, ces soldats organisaient de vrais combats de taureaux, ils se faisaient gladiateurs volontaires et se paraient fièrement du titre de loreadores. Après que les Arabes eurent quitté la péninsule, plus que jamais la corrida de toros devint le divertissement populaire, d’autant plus qu’on avait dû bien longtemps s’en priver par force ; c’était comme une manifestation contre les oppresseurs de la veille. Alors les noms les plus illustres entrent dans l’arène, tel le fameux Cid, Ruiz Diaz de Yivar; tous les fils de famille l’imitent et deviennent des caballeros en plaza. On raconte que Charles-Quint lui-même combattit le taureau en l’honneur de la naissance de son fils. Philippe III, Philippe IV, Charles II encouragent les courses de taureaux, et si, sous le règne de Philippe V, la noblesse s’abstient un peu de ces divertissements, du moins, en 1850, Ferdinand VII, fidèle aux traditions espagnoles, crée à Séville une école de Tauromachie. Il était impossible de favoriser davantage ces jeux, et ce n’était que la consécration de la passion violente que l’Espagnol a conservée pour la corrida. C’est comme chez le Romain la passion pour les jeux du cirque; c’est toujours le fameux cri : Panent et circenses, du pain et les jeux du cirque, avec cette particularité que, à la différence du Romain, l’Espagnol se passerait volontiers de dîner pour se payer une place à la corrida. Combien d’auteurs ont conté l’enthousiasme du peuple courant à la plaza ! nous ne voulons que renvoyer au livre, Voyage en Espagne, tras los montes, du grand écrivain Théophile Gautier; on y verra la foule des ouvriers, des paysans, des mendiants même, accourant de vingt lieues à la ronde pour applaudir au courage du toréador. C’est une fête nationale.
- Aussi n’est-il point dans la péninsule une ville qui ne possède son amphithéâtre. Tantôt il est en planches, tantôt il est en pierres, semblable aux arènes romaines, tel celui qu’on a édifié à Rouda; mais toujours c’est une immense construction
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- pouvant contenir dix mille, douze mille, parfois J du cirque se trouve l’arène, de forme ellip-mème quinze à vingt mille personnes. Au centre tique, longue de 120 mètres au moins, large
- Fig. 1. — Les courses de taureaux. Le Picador en présence du taureau.
- de 00 ; tout autour une palissade en planches peinte en rouge et liante de 1 , T» 0 m, qu’on nomme las tablas, et formant un couloir circulaire avec le bas des tribunes et des gradins rayonnant tout autour de l'arène (fig. 1) ; cette palissade estmunie dans le bas et du coté de l’arène d’une sorte de petit marchepied, qui permet au toréador pressé et poursuivi par le taureau de sauter par-dessus la palissade, avec une légèreté incroyable, et de se mettre à l’abri des atteintes de l’animal.
- A une extrémité de l’arène est la porte par laquelle entrent les toreros ; à l’autre, celle par où sort le taureau. Nous ne pouvons point, dans cette courte étude, donner des détails qu’on trouvera du reste ailleurs sur le costume si connu des toreros,
- ] que la pièce de Carmen
- j a rendu si populaire,
- pas plus que sur l’entrée dans l'arène de la cnadrilla, espadas, ou premiers sujets, banderilleros, pieadores, matadores (lig. 2) et gens de service. Rappelons (pie la caractéristique du torero espagnol, c’est la coiffure spéciale ou montera et la mono, ou petite queue de cheveux tressée sur la nuque. La clef du toril est donnée à Valguazil, et le toril est ouvert : la lutte commence. En Espagne, on élève les taureaux en troupeaux ou yanaderias; il y en a près de 500 très connues, que gardent des bergers aidés de bœufs dressés pour cet usage et nommés cabestros ; un taureau de plaza coûte de 1000 à 2500 francs et ne sert jamais que pour une seule course. 11 est
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- curieux de relever, dnns les traités de tauromachie, d’aprèsleursqualitésou leurs défauts et leur caractère-les dillèrents types de taureaux, qu’on distingue Enfin le taureau est sorti, le voici dans l’arène, en
- Fis;. 5. — Los courses landaises à Paris.
- Fig. 4. — Courses landaises, à Paris. Attaque delà hèle. Fig. ,j. — Courses landaises, à Paris. Attaque de. l’homme,
- (D’après des photographies instantanées exécutées pour La Nature par MM. Albert Fonde et Matiricc Bucquet.)
- présence des toréadors, et la lutte commence entre passant par des phases diverses. Ce sont des pica-l'homme et la bète, lutte d’adresse et de ruse, dores qui commencent l’attaque; mais auparavant
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- un toréador, le plus souvent l’espada, joue pour ainsi I dire avec le taureau; il est armé, en tout et pour tout, de la capa, grand manteau espagnol aux couleurs voyantes, lequel sert pour attirer le coup de corne de ranimai, (pii suit le mouvement du manteau, et, croyant frapper l'honnne, lance sa tète à quelques centimètres du corps du torero; d’ailleurs, la capa sert, dans toute la course, à détourner l’attention du taureau, quand il menace de trop près un torero. Voici le tour du picador, il est à cheval, et . armé de la pica ou vara, perche en hêtre longue de 5,50 ni, terminée par un fer triangulaire de un centimètre environ, et entouré d’un bourrelet pour qu’il ne pénètre pas trop ; le picador doit frapper le taureau au garrot, et savoir enlever son cheval au moment du coup de corne que lui lance l’animal, rendu furieux; du reste, souvent le cheval est éventré, et le torero renversé sous lui et plus ou moins blessé; quant aux chevaux, ce sont des montures de peu de prix, fournies par un entrepreneur.
- Si le picador est mis hors de combat, il est remplacé par un autre, et, après un certain nombre de coups de pique, on sonne la pose des bande-villas.
- La bander ilia est un bâton d’environ 0,65 m de long, tout entouré de papier de couleur frisé ; elle peut être plus ou moins ornée; mais, ce qui est essentiel, c’est qu’elle soit armée à son extrémité d’un fer en hameçon. Le banderillero est le torero chargé de placer les banderillas ; et, pour cela, il court au taureau, lui lance l’instrument de façon qu’il pénètre dans la peau et s’y accroche par son hameçon, et aussitôt l’homme se jette de côté pour éviter le taureau; on place même les banderillas étant assis sur une chaise, mais de toute façon on doit les piquer dans le garrot. On comprend que, après picas et banderillas, le taureau est suffisamment mis en fureur (d’aplomb, comme dit l’Espagnol) pour qu’il soit nécessaire de terminer le spectacle. On sonne la mort et Yespada s’approche. L’espada, c’est le chef reconnu de la cuadrilla, le maître en l’art du toreo. Il s’avance, armé d’une petite épéede0,90 m au plus, dont 0,80 m de lame ; de la main gauche il tient la muleta, petit carré d’étoffe écarlate monté sur un bâton de 0,50 m et éveillant tout à fait l’idée d’un drapeau de garde-barrière. La muleta joue un peu le rôle de la capa; avec elle l’espada attire l’attention du taureau, qui poursuit de la tète cette couleur qui l’irrite, et livre, pour ainsi dire, son cou au torero ; en effet, celui-ci saisit le moment propice, et plonge son épée dans le garrot de l’animal, qui tombe le plus souvent sans qu’une goutte de sang soit répandue1, et est entraîné au dehors par des mules brillamment harnachées. Nous ne pouvons donner des détails sur les différents coups d’épée. Mais, du moins, si l’on a pu reprocher à ce spectacle une certaine dose de cruauté, on ne peut refuser de lui reconnaître de la grandeur, et l’on se
- 1 Ce dernier coup est interdit dans les courses à Paris.
- sent, vivement émotionné à la vue de ces hommes «pie la mort, menace sans cesse.
- Nous avons d’ailleurs en France une variété de courses de taureaux dont nous avons dit un mot tout à l’heure, les courses landaises, bien moins sanglantes d’ailleurs. L’origine en est du reste toute différente. Les bergers des Landes, vivant constamment au milieu de leurs troupeaux, ont affaire souvent,;! des bêtes rebelles et sauvages, contre lesquelles il leur faut savoir se défendre par l’adresse. De là est né ce qu’on nomme l'écart, qu’ils ont à chaque instant à mettre en pratique dans les pâturages, et dont ils sont tout naturellement arrivés à faire montre dans des courses organisées. Il y a aussi une variété de course, la Ferrade, qui est un résultat naturel des occupations des gardeurs de troupeaux, et qui se retrouve identique, ou à peu près, dans les pampas de l’Argentine; ces vastes troupeaux de bœufs qui parcourent les Landes doivent être marqués aux initiales de leur propriétaire, pour que les vols puissent être évités, et il faut pour cela saisir ces bêtes à demi sauvages, les renverser par terre, et les maintenir, tandis qu’on leur applique une marque au fer rouge. C’est là une des variétés de courses : l’homme, à cheval, et armé d’une sorte de fourche au bout d’une longue perche, doit renverser la bête; mais l’antre genre de course est plus fréquent. Pour celui-ci, les points de ressemblance sont nombreux avec la corrida espagnole. Au moment où la bête entre dans l’arène, il y a quelquefois 8 ou- 10 écarteurs, qui courent la même bête, en général une vache landaise, aux mouvements violents, à l’allure sauvage, jusqu’à ce qu’elle soit fatiguée. La pose des banderillas se fait quelquefois ; mais le plus souvent elle est remplacée par la pose tout analogue de cocardes enduites de poix, qu’il faut placer entre les cornes de l’animal ; nous retrouvons aussi l’emploi de la capa. Mais, ce qui est vraiment original, c’est l'écart : l’homme attend de pied ferme, parfois les pieds liés ou posés sur son béret, la vache qui fond sur lui au galop; et, au moment où il est presque touché et jeté en l’air, par un simple mouvement du buste il se déplace à droite ou à gauche et les cornes l’effleurent sans le toucher. Souvent aussi, s’aidant d’nne longue perche, il saute par-dessus la tête de la vache comme il franchit les fossés dans ses landes, ou même enfin il attend immobile, et, au moment ou l’animal baisse le front, il prend son élan et le saute en longueur, parfois faisant le saut périlleux en l’air. Notons du reste que souvent la vache est tenue comme en laisse à l’aide d’une longue corde, qui permet en quelque sorte de la diriger.
- Les courses landaises sont aussi populaires dans le midi delà France que la corrida en Espagne; il n’est pas de village des Landes qui n’ait son arène, parfois simple enclos palissadé ou cour de ferme préparée dans ce but; tous les jeunes gens s’exercent, aux courses ; aussi y en a-t-il peu qui en fassent profession.
- Pour notre part, au risque de passer pour un
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- profane, nous préférons la course landaise à l’éven-trementdes chevaux:dans la corrida espagnole; mais il est certain (pie, dans tous ces spectacles où l'homme doit sans cesse faire appel à toute son adresse, à toute son agilité, à toute sa présence d’esprit, on se passionne presque, l’on n’est plus porté à s’étonner de l’enthousiasme des Espagnols ou de nos populations landaises. Daniel Bkllkt.
- CONJONCTIONS DE MARS ET DE SATURNE
- A la fin du mois de septembre se produira une série de conjonctions très remarquables. La première surtout mérite d’attirer l’attention des astronomes. La planète Mars s’approchera tellement de Saturne qu’elle n’en sera distante que d’une minute à 8 heures du matin, le 20. A ce moment les deux astres paraîtront n’en faire qu’un à la vue simple ; c’est un phénomène tellement rare qu’il ne paraît pas que les livres d’observation en fassent mention. Au moment où il se produira, le Soleil sera déjà au-dessus de notre horizon, et il ne sera visible qu’en Amérique. Cependant, dans la nuit du 15 au 20, les deux astres seront déjà excessivement voisins l’un de l’autre. Le 20, Saturne arrivera en conjonction avec Vénus, les deux astres seront encore très rapprochés, car ils ne se trouveront qu’à une distance d’un demi-degré; mais, quelque faible que soit cette distance, elle sera encore trente fois plus grande que la précédente. 11 est bon de noter que la Lune qui sera alors à son dernier quartier viendra elle-même se montrer dans ces régions sidérales, de sorte que quatre des sept corps célestes se trouveront à la fois très voisins l’un de l’autre. Nous ajouterons enfin que précisément le 22 décembre, jour où le Soleil arrivera à l’équinoxe d’automne, la Lune entrera successivement en conjonction avec les trois planètes, avec Vénus, à 2 heures du matin, avec Saturne, à 11 heures, avec Mercure, à 1 heure du soir. Le Soleil entrera dans la Balance à 9 heures du soir.
- UNE CÉRÉMONIE ROUDDHIQUE A PARIS
- Le jeudi 22 août, les membres du Congrès d’anthropologie et d’archéologie préhistorique ont pu, grâce à l’obligeance des commissaires de l’exposition cochinchi-noise, assister à une intéressante cérémonie : à un culte bouddhique. Le bouddhisme des Tonkinois n’est pas d’une pureté irréprochable; il est quelque peu éclectique, et l’on y trouve maintes pratiques empruntées à d’autres religions, au Confucianisme en particulier : c’est un métis et non un produit absolument pur. Malgré l’alliage, cette cérémonie a été fort intéressante pour les privilégiés qui y ont assisté, et je voudrais la décrire en quelques lignes pour ceux qui ne l’ont point vue. — C’est dans le petit temple voisin de la Tunisie, dans la pagode de Yillenour, que s’est fait le culte. Au milieu, encadré en avant par deux piliers portant des inscriptions, se dresse l’autel, ou plutôt une série d’autels en étage. Ils portent des fleurs, des vases et une série de bouddhas de tout âge, dont les mains ont des postures diverses. Au devant de l’autel, une petite estrade bordée sur les deux côtés de bancs sur lesquels prennent place les assistants de l’officiant. Puis arrivent trois officiants. Ils portent une robe rouge et un manteau long, à fond jaune, avec raies larges, horizon-
- tales et verticales, formant un même dessin, de couleur bleue. Sur le devant de l’estrade, au milieu, un coffret surmonté d’une coupe, renferme des fruits de lotus; à droite et à gauche, un vase de fleurs, et une sorte de chandelier surmonté d’une spirale d’encens qui brûle lentement. Sur l’autel brûle aussi de l’encens. Les assistants font de la musique ; ils heurtent leurs cymbales, ils frappent leurs petits gongs en cuivre. Pas de mélodie, un rythme monotone, qui va s’accélérant parfois, mais n’a rien de désagréable. L’officiant principal est debout devant l’autel ; deux autres, vêtus comme lui, sont à genou, à droite et à gauche. Ils se lèvent alors, et tous trois entonnent un chant, ou plutôt une déclamation nasillarde, à une seule partie. Leur tète est recouverte d’une étrange coiffure. Figurez-vous un de ces abat-jour garni d’une étoile brodée, fait en pièces régulières de carton, articulées entre elles, et renversé : la tète est coiffée par l'orifice le moins large. Avec cela l’officiant principal porte une paire de longues pendeloques.
- Tout en chantant, les trois officiants se prosternent de temps à autre, mettant le front à terre, tandis que l’un d’eux frappe un seul coup sur un gong spécial. Le chant cesse : les deux officiants latéraux s’asseyent sur un des bancs. Pendant la cérémonie, une fleur de lotus a joué un certain rôle, mais je ne puis dire au juste lequel, étant placé devant l’autel. La musique reprend. Alors l’officiant marche devant l’autel, en faisant des pas spéciaux, et surtout en contournant ses mains d’une façon très variée, et fort gracieuse. Décrire les attitudes et les gestes qu’il leur donne, serait difficile : tantôt il appuie l’un contre l’autre les deux poignets par la face palmaire, les doigts écartés et les mains séparées ; tantôt il disjoint les poignets et fait tourner ses mains l’une autour de l’autre. Après quelques instants, il avance vers le devant de l’estrade, tournant le dos à l’autel, et prend, après s’être incliné, le chandelier que surmonte le serpent d’encens qui se consume lentement; il le prend à deux mains, l’apporte devant l’autel, s’incline, puis le promène sur l’estrade, en long, en large, de droite à gauche, d’avant en arrière, en diagonale, etc. Par ses pas et sa démarche qui a quelque chose d’affecté et de voulu, il semble décrire à terre un dessin ou un signe complexe. Cela fait, il donne le chandelier à un assistant qui l’emporte. Nouveaux chants, avec musique. Puis la cérémonie précédente recommence ; mêmes gestes curieux et gracieux des mains, et l’officiant va prendre le vase de fleurs qu’il promène, au son de la musique, comme il a promené le chandelier, puis le remet à un assistant. On chante encore; le prêtre fléchit le genou, s’accroupit devant l’autel, la musique redouble. Le prêtre se redresse, et recommence son jeu de mains, plus complexe cette fois. De temps à autre, elles s’immobilisent en des postures bizarres, compliquées, pour, après quelques passes, en adopter d’autres. Cela fait, l’officiant vient prendre le plat de fruits de lotus, il le promène, toujours en faisant ses pas spéciaux, en décrivant ses dessins, et finit par le déposer sur l’autel. Les chants reprennent avec les pros-ternements ; les deux officiants restés assis se lèvent ; les autres assistants, vêtus de longues robes d’un marron roux, font de même, et l’officiant, tenant à la main une sorte de bannière, suivi de ses assistants, fait le tour de l’autel. A ce moment la musique fait un tapage infernal. L’officiant pose sa bannière et s’arrête devant l’autel. Le jeu de mains recommence : bientôt celles-ci se fixent en une attitude donnée, et l’officiant suivi des bonzes fait le tour de l’autel, gardant ses mains dans leur position
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- étrange, devant lui, à hauteur du visage. Le tour fini, les mains se disjoignent, jouent et prennent une nouvelle pose, et le tour recommence. Cela se répète trois ou quatre fois, et brusquement la cérémonie cesse. Elle a été écourtée, nous dit-on, en raison du peu de temps dont disposent les membres du Congrès; il paraît qu’après avoir offert le feu, les fleurs et les fruits de lotus, le prêtre devait offrir à bouddha un livre sacré. Telle qu’elle a été représentée, toutefois, la cérémonie a vivement intéressé les spectateurs, et l’élégance des gestes décrits par les mains de l'officiant a pu consoler ceux-ci de ne point en comprendre la signification. V.
- GNOMON A FLOTTEUR
- DESTIN]'; A DÉTERMINER EE TEMPS VRAI
- L’instrument, entièrement en métal, représenté dans les figures ci-contre, sert à déterminer, à l’aide de deux observations du soleil faites respectivement avant et après midi, l’heure qu’il est en temps vrai, à un moment donné de la journée, et offre un moyen de régler les pendules et les montres.
- 11 se compose essentiellement (voir la figure à droite) d’un flot-teur destiné être placé dans un vase contenant de l’eau. Perpendiculairement à sa face supérieure qui porte des cercles concentriques s’élèvent deux montants M,M, entre lesquels coulisse un écran E, percé, au centre d’une petite ouverture o. Des agrafes F, F limitent des oscillations du (lotteur.
- Le gnomon étant exposé au soleil, on note, avant et après midi, l’heure indiquée par la montre qu’il s’agit de régler aux moments des contacts extérieurs ou intérieurs du faisceau lumineux qui a traversé l’ouverture o avec un ou plusieurs mêmes cercles concentriques. La moitié de l’intervalle du temps écoulé entre deux contacts de même genre du faisceau avec un même cercle représente l’heure qu’il est, en temps vrai, au moment du dernier contact. Pour avoir l’heure, temps moyen, de ce contact, il suffit d’ajouter au résultat, ou d’en retrancher l’équation du temps pour le jour de l’observation. Tout autour du flotteur on a ménagé un retard destiné à recevoir le lest qu’il serait nécessaire d’ajouter pour rendrebien horizontale la face supérieure de ce flotteur.
- Si l’on ne voulait pas s’astreindre à mettre l’in-
- strument de niveau, ce qui est d’ailleurs le procédé le plus pratique, on pourrait adopter le dispositif représenté à gauche de notre figure.
- Les agrafes sont réunies par une tige rigide i du milieu de laquelle part un fil pouvant être promené comme un rayon sur tout le périmètre du llotteur et du vase renfermant le liquide.
- Après avoir décrit l'appareil voyons comment on le fait fonctionner.
- En même temps que l’on note l’heure indiquée par la montre à régler, au moment du contact du faisceau lumineux avec un des cercles À' ou IV, par exemple, après avoir engagé le fil dans la fente d'un petit repère que l’on tient à la main, on le tend dans la direction du faisceau, opération qui est facilitée par l’ombre portée du fil. On place alors ce repère à cheval sur le rebord du vase en l’y fixant de la même manière que les agrafes. Dans l’après-midi, quand
- le faisceau va de nouveau loucher l'un de ces mêmes cercles, R ou A, replaçant le fil dans la fente du repère correspondant b ou a, on fait tourner, de l’ouest à l’est, le vase sur lui-même jusqu’à ce qu'on voie l’ombre du fil se projeter sur le faisceau lumineux, et l’on attend que ce dernier touche de la même manière que le matin (intérieurement ou extérieurement) le cercle dont il s’agit, pour noter l’heure marquée au même instant par la montre.
- Prenant, comme il a été dit ci-dessus, la moitié de l’intervalle de temps qui a séparé les contacts du matin et de l'après-midi, on aura l’heure, temps vrai, du second contact.
- L’appareil dessiné à droite de notre ligure représente l’instrument tel qu’il est construit ; il nous a paru susceptible de rendre des services, et c’est à ce titre que nous avons cru devoir le signaler.
- Le gnomon à flotteur que nous venons de faire connaître a été imaginé par M. Hoarau Desruisseaux qui en a étudié le dispositif avec beaucoup de persévérance ; l’instrument est construit par M. Molteni. C’est un appareil de petite dimension, par conséquent très portatif, et il peut être utile aux voyageurs qui pourront l’utiliser en renouvelant ainsi des méthodes analogues à celles qui étaient employées dans l’antiquité. X..., ingénieur.
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- NOUVEL ACÀRIEN PARASITE DES OISEAUX
- i.k « cnnumisces amh,i:\a.nk »
- Le groupe des Sarcoptidcs plumicoles, Acariens qui vivent sur les Oiseaux, est un de ceux qui ren-
- ferment les formes les plus étranges et les plus intéressantes à étudier. Nous avons déjà présenté aux lecteurs de La Nature1 un de ces types curieux, YOmtaletia peyasus, remarquable par le luxe d’appendices de forme variée dont il est orné.
- Le Chirorfiscus amplexans, dont nous donnons
- aujourd'hui l'aspect (fig. 1) n’a rien de particulier groupe que YOustaletia. Ses formes sont très sim-sous ce rapport, bien qu’il appartienne au même pies, mais la structure de ses pattes antérieures est
- tout à fait anormale dans ce groupe, et diffère même de tout ce que l’on connaît jusqu’ici dans l’embranchement des Arthropodes.
- En effet, chez les Acariens qui vivent dans le plumage des Oiseaux, les membres antérieurs sont tou-
- jours terminés par un ambulacre ou ventouse en forme de cloche, qui leur permet de se fixer, dans toutes les positions, à la surface qui les porte, de
- 1 Voy. 13e année, 2° semestre (13 juin 1885), p. 24 et 25.
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- la meme manière que les mouches marchent sur une glace ou au plafond.
- Le Chirodiscus amplexans fait exception sous ce rapport. Ses deux paires de pattes postérieures sont seules munies de ventouses en forme de cloche, présentant la conformation normale. Quant aux deux paires antérieures, elles ont une forme très différente et ressemblent plus à des rames ou à des nageoires qu’aux pattes d’un animal terrestre. Dépourvues de la ventouse terminale, elles sont aplaties, dilatées en palette elliptique, et cette palette qui comprend les deux tiers du membre, présente une concavité interne. Enfin, et c’est là le point le [dus remarquable, les cinq articles qui constituent le membre normal chez les Sarcoptides, sont soudés en un seul article rigide, de telle sorte qu’à l’aide des plus forts grossissements on ne voit aucune trace des sutures, ce qui doit donner beaucoup de force à la pince formée par le rapprochement de ces pattes. Cette supposition est confirmée par l’examen des épinières ou lames chitineuses du squelette externe que l’on voit sous le ventre et qui donnent attache aux muscles des pattes. Ces épinières, comme on le voit sur la figure, sont très développés, soudés entre eux et se réunissant sur la ligne médiane en guise de sternum. Si l’on examine ces pattes de plus près (fig. 1, À) on voit que la palette ou disque concave, qui en forme la partie essentielle, est bordée d’une forte callosité, de telle sorte que l’on est en droit.de supposer que l’acarien peut en augmenter la concavité, à l’aide de muscles spéciaux, lorsque cette surface est appliquée sur une tige cylindrique, en d’autres ternies y produire le vide (comme dans la ventouse en forme de cloche), ce qui augmente la force d’adhésion du membre.
- L’examen seul de cette patte singulière nous met ainsi sur la trace de ses usages. Malgré sa ressemblance superficielle avec une rame, il n’y a pas lieu de la comparer aux pattes natatoires des Phyllo-podes, crustacés aquatiques à mœurs très différentes de celles du Chirodiscus qui vit dans le plumage d’un oiseau. La courbure de cette patte est, d’ailleurs, beaucoup plus forte que celle d’une rame. Sa palette ressemble davantage à la paume d’une main qui serait privée de ses doigts, ou dont les doigts seraient tous soudés ensemble. Dans les rares occasions où le Chirodiscus est forcé de marcher sur une surface plane, son allure doit être singulièrement embarrassée. Semblable à certains Edentés (Myrme-cophaga) dont les pattes antérieures sont armées d’ongles énormes, il ne peut appuyer sur le sol que le bord externe du membre. Par contre, cette disposition est très favorable pour grimper, et il semble évident que les pattes antérieures du Chirodiscus lui servent à embrasser fortement la tige des plumes de son hôte. Nous allons voir que ces plumes ont une constitution spéciale qui nécessite, en quelque sorte, cette forme anormale; mais auparavant il y a lieu de rechercher s’il n’existe pas, dans le même groupe des Acariens, quelques types ayant
- des habitudes et une conformation analogues.
- Nous trouverons ces types parmi les Acariens qui vivent, non sur les Oiseaux, mais sur les Mammifères, animaux couverts de poils cylindriques et dépourvus des ramifications qui forment les barbes de la plume.
- Une espèce appartenant à la famille des Trombi-didés et qui vit sur la Souris, la Myiobia musculi (fig. 2), a les deux pattes antérieures très différentes des autres, transformées en deux forts crochets ou crampons propres à saisir les poils de la tête de l’animal sur lequel elle vit ; mais la première paire est seule modifiée, et le nombre des articles, bien que réduit, est encore de trois bien distincts.
- Un autre acarien, appartenant aux Sarcoptides, comme le Chirodiscus, a les pattes postérieures dépourvues de ventouses, aplaties et incurvées de manière à saisir les poils : c’est le Myocoptes muscu-linus. Les articles du membre sont réduits à quatre, mais restent distincts et mobiles entre eux.
- Chez le Listrophorus gibbus, acarien de la même famille, vivant sur le Lièvre et le Lapin, on trouve quelque chose qui ressemble davantage au Chirodiscus. Mais, ici, la pince qui fixe l’animal aux poils, et qui rappelle tout à fait, par sa forme, la pince bivalve d’un abat-jour de bougie, est formée par la lèvre inférieure (fig. o), et non parles pattes.
- Le Chirodiscus amplexans est le premier exemple d’une disposition de ce genre signalé chez les acariens des Oiseaux.
- Le Chirodiscus vit sur le grand Engoulevent d’Australie désigné sous le nom de Podarge (Po-dargus strigoules). L’acarien n’a pas plus de 8 dixièmes de millimètre de long (0,80 mm). Le mâle ne diffère de la femelle que par l’échancrure de son abdomen; il est dépourvu de ventoutes génitales, ce qui le rapproche des Dermoglyphés.
- Si l’on examine à la loupe les plumes du Podarge et plus particulièrement celles de la tète et du cou, — région où l’on trouve le Chirodiscus, — on se rend facilement compte du mode d’organisation et des mœurs de ce dernier. Ces plumes, dites décomposées, comme celles des Rapaces nocturnes, sont ici de deux sortes : les unes ont les barbes écartées de telle sorte que les barbules ne peuvent se toucher et s’enchevêtrer comme chez la plupart des oiseaux; les autres ont ces mêmes barbules soudées ensemble en forme de lame. Cette disposition explique la mollesse bien connue du plumage des Oiseaux nocturnes. Dans l’un comme dans l’autre cas, l’Àcarien ne peut trouver une retraite dans le feutrage des barbules, et ne doit compter que sur la force d’adhésion de ses pattes pour se mettre à l’abri des secousses et du vent produits par le vol de l’oiseau ou du grattage opéré par celui-ci à l’aide de ses griffes et de son bec. E. Ycrreaux, qui a pu observer les Podarges dans leur pays natal, l’Australie, dit que ces oiseaux se tiennent, pendant le jour, sur les arbres, le corps ramassé en boule, le cou rentré et les plumes hérissées, plus semblables
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- à des mammifères qu’à des oiseaux. La mollesse de leur plumage décomposé ajoute encore à la ressemblance.
- Le Chirodiscus amplexam paraît assez rare. Malgré toutes nos recherches sur le Podargns stri-goides et d’autres Caprimulgidés, nous n’avons pu nous en procurer que trois exemplaires (un mâle et deux femelles). Cependant, sachant que les mêmes formes d’Acariens plumicolcs se retrouvent ordinairement, sur tous les oiseaux d’une même famille, nous ne désespérons pas de rencontrer ce type sur notre Engoulevent d’Europe (Caprimulgus Euro-pæm), ce qui nous permettra d’étudier de plus près ses mœurs et son genre de vie, qui doivent être des plus intéressants.
- l)r E. Trouessart et G. Neumann.
- NÉCROLOGIE
- Edmond Fuchs. — Un des membres les plus distingués du corps des mines, M. Edmond Fuchs, ingénieur en chef de lre classe, est mort subitement à Paris, le 0 septembre dernier, d'une congestion pulmonaire. Né le lc‘ octobre 1857, M. Fuchs était entré à l’École polytechnique en 185b. Deux ans plus tard, il en sortait comme élève ingénieur des mines et, après une carrière fort brillante, il devenait ingénieur en chef en 1881. Elie de Beaumont l’avait pris comme collaborateur à la carte géologique de la France, dès la création de ce service, auquel il resta attaché pendant presque toute sa carrière. Chef du génie auxiliaire à l’armée du général Chanzy pendant la guerre franco-allemande, il était nommé officier de la Légion d’honneur pour faits deguerrele 27 juillet 1871. M. Fuchs, mêlé à toutes les entreprises minières, avait été chargé de missions en Suède, au Tonkin, au Chili, au Colorado, aux montagnes Rocheuses, en Russie, en Finlande et en Crimée. En dernier lieu, il remplissait les fonctions de conservateur des gîtes minéraux à l’École supérieure des mines. C’était un homme énergique, un savant distingué, un travailleur acharné et un esprit charmant qui attirail à lui l’estime, l’affection et la sympathie.
- CHRONIQUE
- Production de la glace. — L’ensemble de la récolte de la glace dans tous les pays producteurs a une valeur de plus de 50 millions de francs. — Ces pays producteurs, sont principalement l’Amérique du Nord (États-Unis et Canada) la Suède, la Norvège, la Belgique. Nous ne rappellerons point comment se fait l’exploitation de la glace aux États-Unis et au Canada ; La Nature a déjà donné des renseignements détaillés sur les machines employées dans ce but1. Mais nous dirons que ce commerce aux Etats-Unis est centralisé sur trois points : New-York, qui exploite l’IIudson; Philadelphie, mettant en coupe les rivière Schuykill, Delaware et Kennebec ; enfin Boston exploitant le Fresh-Pond et le lac Wcûham. La consommation de la glace aux États-Unis est très importante ; New-York seul en demande 1250000 tonnes, Philadelphie 750000 tonnes. D’ailleurs les prix en gros sont extreme-
- 1 Voy. Tables des matières des dix premières aimées.
- ment bas; jadis la tonne se vendait 125 ou 100 francs, aujourd’hui elle ne se vend plus que 25 francs. C’est la Norvège, et principalement Drobak, près de Christiania, qui fournit la plus grande partie de la glace que consomme l’Angleterre. Du reste l’extraction de la glace en Norvège ne se fait point à l’aide de machines comme aux États-Unis, mais seulement avec des pics, des pelles et des crampons, et c’est une besogne fort dangereuse de la part de ceux qui en sont chargés. La glace des lacs norvégiens, transparente, limpide, de belle qualité, est fort estimée.
- Rosier gigantesque. — Le Journal des Roses nous révèle l’existence, aux États-Unis, d’un Rosier de dimensions absolument extraordinaires. Planté, il y a cinquante ans, à Charlestown (Caroline), ce spécimen, qui appartient à la section des Banks, a reçu, à une hauteur de 5 à 5 mètres, des greffes des variétés suivantes : Maréchal Niel, Marie Van Houtte, Devonicnsis, Madame Eugène Verdier et quelques autres Roses semblables. Son tronc mesure actuellement 50 centimètres de diamètre à la base, et ses branches recouvrent deux tonnelles ayant chacune 52 mètres de superficie; de plus, elles palissent un espace de 20 mètres de longueur sur 14 de hauteur, et les derniers rameaux dépassent la toiture de la maison à laquelle le berceau est adossé. Ce gigantesque Rosier se couvre littéralement de fleurs pendant une partie de la belle saison.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 sept. 1889. — Présidence de M. Des Ci.oizeaux
- Dédoublement de la comète de Urooks. — M. Trépied, directeur de l’Observatoire d’Alger, annonce que le dédoublement de la comète de Brooks, signalé il y a huit jours par MM. Bigourdan et Charlois, a pu être effectué très aisément à l’aide de l’Equatorial coudé de l’Observatoire. Cet instrument, construit en vue de divers perfectionnements, n’a pas trompé les espérances que l’on avait fondées sur lui ; il permet de séparer aisément deux objets dont la distance ne dépasse pas 0'',4. M. Trépied fait connaître en même temps que l’Observatoire d’Alger est aujourd’hui absolument achevé et possède un outillage complet d’instruments neufs. Cet établissement est situé à quelques kilomètres d’Alger, à une altitude de 550 mètres, en un lieu dit la Boudzaréah.
- Fixation de Vazote atmosphérique par la terre végétale. — M. Berthelot continue l’étude de la transformation de l’azote en ammoniaque, sous l’action de la terre et des plantes. Il fait observer qu’une plante renfermée dans une atmosphère confinée et humide dépérit très rapidement, tandis que cette humidité devient un agent de prospérité, dans une atmosphère illimitée. M. Berthelot remarque l’analogie complète de ce résultat avec l’effet d’une expérience semblable sur un animal. On sait que cet animal périt bien avant que la proportion d’oxygène soit tombée au-dessous de la limite qui amène la mort. L’animal meurt par auto-infection sous l’action des pto-maïnes engendrées par la respiration. M. Berthelot dispose deux pots remplis de terre humide nourrissant des végétaux, au-dessus d’un trépied, et couvre tout l’appareil d’une cloche hermétiquement close, mais qui permet de verser, de temps à autre, de nouvelles quantités d’eau sur la terre. Cette eau distille, vient se condenser sur les
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- parois de la cloche; on peut ainsi en recueillir un volume assez grand pour permettre des dosages très précis. M. Berthelot a trouvé qu’elle contenait de l’ammoniaque et une matière azotée de l’ordre des [domaines, dont l’action, sans doute toxique, détermine le dépérissement du végétal.
- Microbe (le la pleuro-pneumonie. — Le microbe de la pleuro-pneumonie a été révélé par les travaux de savants allemands, mais son existence n’avait pu être mise en évidence dans les recherches do nos laboratoires. Aujourd’hui la preuve est faite, et l’insuccès constaté jusqu’à ce jour doit être attribué à l'insuffisance de l’ensemencement. La sérosité pulmonaire ne parait pas contenir abondamment le microbe. Quatre espèces fort différentes ont pu être obtenues par le procédé de propagation dit
- culture à la gélatine. Ils sont répandus dans tout le poumon, et l’on ignore encore quel est le microbe spécifique de la maladie. L’un d’eux jouit de la propriété très rare de se développer à la température de 5° (b
- Varia. — M. Schlœsing démontre, par des expériences très précises, qu’il ne se dégage pas d’azote pendant la nitrification des sels ammoniacaux. — M. Langlois a poursuivi de nouvelles expériences à l’aide d’une substance produite au moyen du venin de la salamandre, le chlorhydrate de salamandrine. — M. Cazeneuve a préparé un camphre monobromé.— M. Magne a reproduit les verres marbrés anciens. — Enfin, la fermentation du miel dans la fabrication de l’hydromel a été étudié d’après les procédés de M. Pasteur. Stanislas Meünikk.
- LE TAPIS DE SABLE
- Près da Palais des Enfants au Champ de Mars, une artiste d’un genre tout particulier, M,le Adèle Calle-baut montre au public son merveilleux talent de peinture au sable ou travail au sable.
- Cette habile personne, peintre d’une nouvelle espèce, a devant elle une série d’assiettes d’étain remplies d’échantillons de sable de grès fin, diversement colorés, sables tout à fait semblables à ceux qui servent à sécher l’encre sur le papier. Avec sa main droite elle prend ce sable et le fait tomber sur la table en un filet régulier au moyen duquel elle fait avec une rapidité étonnante des dessins délicieux.
- Voici le sable violet qui tombe, il figure les grains d’une grappe de raisin noir ; le sable vert est pris ensuite,
- il tombe sur la table et se transforme en une feuille; le sable brun forme la lige, puis des prises légères d’autres sables façonnent les reliefs et les ombres. Après la grappe de raisin que nous représentons dans le haut de notre gravure, l’artiste balaye son œuvre et produit un bouquet de roses d’un aspect charmant; puis des tapis ornés de mille façons. Mlle Cal-lebaut arrive à faire tomber le sable avec tant de précision de sa main, qu’elle s’en sert pour écrire en traits aussi déliés qu’avec un pinceau. Cet exercice d’adresse qui * nécessite une main très délicate est fort curieux, et dénote beaucoup d’art et de goût de la part de son auteur. Dr. Z...
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissakdier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- iN° 85;i. — 21 SEPTEMBRE 1889.
- LA NATUR'E.
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- LES ILES FRANÇAISES DANS LE PACIFIQUE
- Parmi [les possessions" françaises du Pacifique, il n’y a guère de connu que Tahiti et la Nouvelle-Calédonie. Un de nos amis qui vient de séjourner dans
- ces parages nous apporte des renseignements intéressants sur les Iles sous le Vent et quelques autres où les voyageurs ont peu pénétré jusqu’à présent.
- Fig. 1. — Naturels de l’ile Futuna pendant une visite d’ofticiers français. (D’après une photographie.)
- Après quelques contestations, peu justifiées du reste, et qui ont pris fin par la convention anglo-française du 27 octobre 1887, la France a définitivement annexé les lies sous le Vent, archipel situé à une centaine de milles ouest-nord-ouest de Tahiti (fig. 2).
- L’annexion effective a été prononcée au mois de mars 1888 par notre gouverneur à Tahiti, M. La-cascade. — Bora-bora est la plus charmante de ces îles et c’est là seulement qu’on retrouve encore aujourd’hui les mœurs si simples et si douces décrites dans les voyages de Bougainville et plus récemment dans le mariage de Loti. La plage gazonnée sert de lieu de réunion à la population; presque tous les soirs la jeu-
- 47e aimée. — 2° semestre.
- nesse du village chante là, assise en rond, des cantiques ou des hyménées d’autrefois. La population est
- entièrement protestante. Un pic fort élevé domine l’ile qui possède une rade magnifique, très vaste, parlai tem eut abritée. Elle serait facilement défendable et pourrait servir à un lieu de ravitaillement important.
- Raïatea est la plus grande des Iles sous le Vent; actuellement elle est en pleine insurrection sous la conduite d’un chef de village très actif et très entreprenant qui, sous prétexte de patriotisme et d’autonomie, a entraîné une grande partie de la population, abandonnant ses villages et construisant de nouvelles habitations dans des parties peu accessi-
- 17
- . B orabora
- Fig. 2. — Carie des Iles sous le Veut dans l'océan Pacifique.
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- LA NATURE.
- blés de l’ile. Tous les autres chefs, leur famille et quelques partisans, sont réunis autour de la maison royale, au bord de la mer, sous la protection d’un navire de guerre français qui croise constamment dans cette rade. Une forte palissade en tronc de cocotiers entoure cet espace où vivent également un résident civil et un poste d’infanterie de marine.
- La religion protestante est prêchée dans ces îles par des pasteurs anglais qui se procurent l’argent dont ils ont besoin d’une façon très simple : plusieurs fois par an ils annoncent en chaire que leur bourse est vide et qu’il faut la remplir; au besoin ils poursuivent à domicile les récalcitrants et les tièdes. Ils arrivent ainsi à prélever un impôt qui atteint et même dépasse dix francs par tête d’habitant.
- Borabora et Raiatéa sont les deux îles principales de U archipel.
- Mais plus loin, au nord-est des Fidji, un peu à l’ouest de l’archipel des Wallis, dont nous avons le protectorat depuis 1888, se trouve l’ile de Futuna ou île de Horne qui, nous l’espérons, va prochainement aussi appartenir à la France1. Les habitants étaient autrefois féroces et anthropophages. L’ile contenait cinq tribus ; trois d’entre elles ont été littéralement dévorées par les deux autres qui vivent aujourd’hui à peu près en bonne intelligence entre elles sous la direction aussi ferme qu’habile des missionnaires.
- Notre gravure (fig. 1) représente un groupe de naturels au moment d’une visite d’officiers français dans cette île. On leur offre le cawa, dont ils vont boire dès qu’il sera fabriqué et après eux, tous les indigènes en boiront également. A droite un amas de régimes de bananes et d’énormes iguanes apportées en cadeau ; pendus aux arbres de nombreux cocos réunis deux à deux et mis à sécher; au centre, au premier plan, une grande cuvette en bois munie de trois pieds où se confectionne le cawa. C’est une racine d’arbuste qui pousse en abondance à Futuna; c’est le cadeau obligé de toute réception, de toute visite à un chef. Pour préparer la liqueur, quelques jeunes gens mâchent petit à petit cette racine de façon à former dans leur bouche une boule de fibres entrelacées plus grosse qu’un œuf. Ces boules sont placées, dès qu’elles ne peuvent plus être rendues plus grosses par leur auteur, dans la cuvette qu’on voit au milieu de la gravure ; elles sont arrosées d’eau et pétries à la main. Une fermentation rapide se produit et au bout d’un quart d’heure, on peut boire un liquide jaune-verdâtre au goût piquant et qui rappelle le coco mélangé de poivre. Prise en grande quantité, cette liqueur produit une sorte d’ivresse fort recherchée des naturels et qui à la longue développe des maladies de peau et un abrutissement complet.
- Dans cette île de Futuna les missionnaires régnent en maîtres aujourd’hui, mais les premières années de leur séjour furent extrêmement pénibles et plei-
- 1 La carte que nous publions dorme le groupe des lies sous le Vent, mais ne figure pas l’îlc de Futuna dont nous représentons par contre un des paysages avec les naturels du pays (fig. 1 ).
- lies de danger. L’un d’eux, le père Chanul, a même été mis à mort par les indigènes.
- Au lieu même de son supplice, à Poï, une église a été construite depuis; le missionnaire résident de ce village a appris aux naturels à tailler le granit et a mené à bien, sans le secours d’aucun Européen, ce travail considérable. On comprendra mieux encore les difficultés à vaincre quand on saura qu’il s’agissait là de faire travailler un peuple habitué à l’oisiveté la plus absolue. L’existence à Futuna est, en effet, des plus faciles, on n’a qu’à se laisser vivre bien facilement et sans aucun travail, la terre produisant presque sans culture les plus riches produits.
- Le copra, pulpe intérieure de la noix de coco, qui sert à faire de l’huile, s’y récolte en abondance. L’exportation de ces denrées suffit facilement à payer les produits étrangers nécessaires aux cinq ou six Européens qui habitent l’ile.
- Les bois d’essence recherchées pour l’ébénisterie y poussent en abondance, enfin la terre cultivée y produirait plusieurs belles récoltes par an.
- Nous tenions à faire connaître à nos lecteurs ces possessions françaises, si peu habitées par les Français, et même à peine connues de la plupart d’entre
- eux. M. G...
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- ABSORPTION DE LA LUMIÈRE
- PAU I.ES VERRES A VITRE
- Il est intéressant de connaître les quantités de lumière absorbées dans le passage à travers les verres. MM. Herz-berg et Schulze ont entrepris à cet égard quelques expériences que résume le Journal de l'éclairage au gaz. Les résultats ne s’appliquent qu’à des écrans plans placés devant un loyer lumineux. Les plaques de verre ont été rapprochées, autant que possible, du photomètre et non de la source lumineuse; car on avait reconnu que les pertes étaient plus grandes lorsque les plaques de verre étaient près du foyer lumineux. De plus la clarté de la plaque de verre dépoli renforce les rayons lumineux envoyés directement au photomètre. Le verre dépoli simple, non transparent, mais seulement translucide, donne des pertes allant jusqu’à 27 pour 100; le verre de cathédrale simple, légèrement coloré en vert, des pertes de 12,66 pour 100; le verre de cathédrale simple blanc, également des pertes de 12,66 pour 100 ; avec une plaque simple deverre double, fort, blanc du Rhin, on a eu des pertes de 10 pour 100 ; avec le verre mince simple pour miroirs, des pertes de 10 pour 100. Ces deux derniers verres réunis dans un même cadre avec un écartement de 0,06 m ont donné des pertes de 21 pour 100. Le verre de cathédrale et le verre double du Rhin réunis aussi dans le même cadre, avec un écartement de 0,06 m absorbent 25 pour 100 de la lumière émise. On a pris ensuite dans le plafond vitré d’une salle en service une plaque de verre dépoli avec étoile peinte et un carreau de toit vitré, recouvert de poussière. Les plaques ont été essayées telles qu’elles ont été prises, avec le même écartement qu’elles présentaient en place, soit 1,60 m. Les pertes ont été de 60 pour 100.
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- TRACTION ÉLECTRIQUE DES TRAMWAYS
- I,E SYSTÈME THOMSON-HOUSTON'
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Tandis que la vieille Europe discute encore la valeur pratique et économique de la traction électrique des tramways, risquant de timides expériences dont le peu d’importance môme suffit à jeter la défaveur sur les résultats, la jeune Amérique, moins gênée par les habitudes et la tradition, est en train d’adopter la traction électrique pour tous ses nouveaux tramways, donnant ainsi, par la seule extension pratique du système, la preuve irréfragable de sa supériorité.
- Il serait certainement prématuré de vouloir assigner dès maintenant une limite à la traction animale, mais on peut affirmer qu’il se construit actuellement plus de lignes nouvelles à traction électrique qu’il ne s’en établit avec la traction animale1, et les progrès incessants de l’électricité ne paraissent pas devoir modifier de sitôt ce courant industriel, sinon pour l’augmenter encore.
- 11 serait oiseux de revenir une fois de plus sur les avantages spéciaux que présente la traction électrique : nous nous contenterons de donner une description générale d’un système aujourd’hui très répandu, et qui, avec celui de M. Sprague, dont il ne diffère d’ailleurs que par des points d’une importance secondaire, se dispute le champ des applications.
- Rappelons cependant que les tramways à traction électrique peuvent se diviser en deux classes bien distinctes, suivant qu’ils transportent avec eux, dans des accumulateurs, l’énergie nécessaire à leur mouvement, ou qu’ils reçoivent cette énergie d’une usine centrale, par des conducteurs appropriés, souterrains ou aériens. L’avenir paraît réservé à la traction par accumulateurs pour des raisons qu’il est inutile de développer ici, mais dont on concevra l’importance en songeant que ce mode de traction est le seul qui n’apporte aucune modification aux voies déjà existantes, ce qui a bien son importance dans une ville comme Paris, et le seul aussi qui permette de trouver un emploi rémunérateur des stations centrales de distribution dont le matériel considérable reste inutilisé pendant la plus grande partie de la journée.
- En attendant, les villes d’Amérique moins préoccupées d’esthétique que nous, et n’ayant pas les mêmes préventions contre les fils aériens, ont adopté la traction électrique sur une grande échelle.
- Un réseau de tramways électriques alimentés par une usine centrale ne diffère pas essentiellement d’une usine de distribution d’éclairage ou de force motrice : on y trouve une ou plusieurs machines
- 1 L'Electrical World nous apprend, dans son dernier numéro qu’une compagnie de tramways de Cincinnati, venant d’adopter la traction électrique, met eu vente, à un prix très avantageux toute sa cavalerie composée de 100 chevaux, très convenables, ajoute le prospectus, pour la traction de voitures bourgeoises.
- génératrices, suivant l’importance du réseau, produisant sur la canalisation une différence de potentiel constante et assez élevée, — 500 volts environ, — alimentant une série de moteurs électriques montés en dérivation sur cette canalisation. 11 y a donc lieu d’examiner successivement le générateur, le tableau de distribution, la canalisation et le truc du véhicule, dans le système Thomson-Houston.
- Générateur. — Le générateur (fig. 1) est une machine dynamo-électrique à courant continu, à double enroulement et à potentiel constant. L’excitation en dérivation est disposée, comme dans toutes les dynamos, sur les jambes des inducteurs; l’excitation en série est placée à l’extrémité des pièces polaires, an point où son action est la plus efficace; elle y forme une sorte de collerette qui intrigue bon nombre de visiteurs non prévenus de cette disposition.
- Le type courant dans l’exploitation des lignes de tramways tournant à 900 tours par minute, produit 62 kilowatts, avec une différence de potentiel utile de 500 volts. Son poids est inférieur à 5 tonnes. Quelle différence avec le poids des machines de même puissance construites en 1881 !
- Cinq lampes à incandescence de 100 volts montées en tension sont établies en dérivation entre les deux pôles de la machine. Leur état d’incandescence est un indice permanent du fonctionnement de l’ensemble; leur présence a aussi pour effet d’atténuer l’action nuisible des extra-courants produits par des variations trop brusques de charge des nombreux moteurs actionnés par la station.
- Tableau de distribution. — La figure 2 montre, à titre d’exemple, le tableau de distribution d’une usine centrale de tramways pour laquelle le service, aux heures les plus chargées, exige le fonctionnement simultané de deux machines génératrices de 62 kilowatts chacune. Sur ce tableau sont disposés les rhéostats qui permettent de faire varier l’excitation des machines, de façon à obtenir le potentiel voulu, les interrupteurs qui servent ou à mettre une machine en circuit ou à l’enlever, les ampèremètres pour égaliser le débit des machines, et enfin les coupe-circuits à soufflage automatique qui méritent une mention spéciale. Ce coupe-circuit est représenté à part (fig. 4). Il se compose d’un électro-aimant à gros fil intercalé dans le circuit et entre les branches duquel se fait la rupture, soit à la main, s’il s’agit d’un interrupteur, soit automatiquement s'il s’agit d’un coupe-circuit. Le champ magnétique intense produit par Éélectro entre scs extrémités souffle l’étincelle, la refroidit et en atténue ainsi l’effet destructeur.
- Canalisation. — La communication entre la dynamo génératrice et les voitures se fait à l’aide d’un fil aérien, suspendu au-dessus de la voie, système très répandu aux États-Unis, mais dont nous nous accommoderions fort mal dans nos grandes villes.
- Ce conducteur, formé d’une barre de cuivre de section cylindrique, se ramifie suivant les différentes voies à desservir, et communique avec le pôle po-
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- LA NATURE.
- sitif de la machine, les rails formant le conduc- Le mode de suspension des conducteurs varie avec teur de retour, en relation avec le pôle négatif. la position de la voie relativement à la chaussée, et
- Fig. 1. — Gibiérah'iir élecliiquo Thoiiison-llousiou à double enroulement jiour la Inu lion des tramways.
- suivant que le tramway est à voie unique ou à double voie. Dans tous les cas, la communication du véhicule avec le cou- _
- ducteur est assurée à l’aide d’une poulie à gorge qui reste constamment en contact avec lui, quelles que soient les indexions de la voie. L’examen des nombreuses et ingénieuses dispositions adoptées pour résoudre tous les cas que l’on rencontre dans l’exploitation : croisements de voies, changements, aiguillages, etc., sortirait de notre cadre. Ceux de nos lecteurs que la question intéresse plus particulièrement trouveront dans l’Exposition les appareils résolvant tous les problèmes posés jusqu’ici par les besoins de la pratique.
- Truc. — La figure o représente le dernier modèle du truc adopté par la Thomson-Houston Electric Railway Company. Le principe général consiste a
- l ig. 2. — Tableau de dislrilmlioii.
- construire le système mobile tout à fait indépendamment du véhicule qui sera disposé dessus, et
- dont on n’a besoin de connaître à l'avance que le poids maximum ;i pleine charge, les rampes les plus fortes et les vitesses maxinia a réaliser, alin de proportionner le moteur ou les moteurs aux services qu’ils doivent rendre.
- La construction de ces moteurs présentait des difficultés spéciales résultant de leur position au-dessous de la voiture, très près du sol, et de leur exposition à la boue, à la neige, à la poussière, a l'humidité, etc. Le problème se compliquait encore du fait que les moteurs sont soumis à des chocs, des démarrages fréquents, des charges brusquement variables, etc. Chaque truc porte deux moteurs qui peuvent fonctionner ensemble ou séparément, sui-
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- vant les difficultés de la voie et les vitesses à obtenir. L’excitation est en série.
- On varie la puissance et la vitesse en intercalant une résistance variable dans le circuit, résistance
- manœuvrée par le conducteur de la voiture qui peut marcher à volonté en avant ou en arrière et se commander par l’une ou l’autre extrémité. La marche du train est renversée en renversant le sens
- Fig. 5. — Truc de tramways à deux moteurs.
- du courant dans la bobine de l’induit. On ne peut rompre le circuit qu’en intercalant successivement toutes les résistances de mise en marche, ce qui réduit l’étincelle d’ex-tra-courant,.
- Au dernier contact, un électro-aimant convenablement ménagé dans le circuit souffle l’étincelle de rupture et en réduit l'influence, si nuisible à la bonne conservation des contacts.
- Les balais de contact des moteurs méritent aussi une mention spéciale : les balais en lames de cuivre ou en fils de cuivre sont remplacés par des plaques de charbon qui donnent toute satisfaction en pratique, car elles usent moins le collecteur et donnent moins d’étincelles que les balais en cuivre ordinaires.
- Les moteurs sont articulés sur des axes horizontaux disposés près de la culasse des inducteurs et reposent sur de forts ressorts par l’intermédiaire de tampons en caoutchouc, ce qui amortit les varia-
- tions brusques d’allure auxquelles les moteurs sont soumis pendant le service. La transmission aux
- roues motrices se fait par des engrenages dont les dents sont mi-parties en fonte et en bois dur ; on obtient ainsi une grande douceur de roulement.
- La puissance de chacun de ces moteurs varie entre 5 et 10 kilowatts : comme un seul moteur a une puissance suffisante pour produire la progression de la voiture à une vitesse normale, on peut, en actionnant les deux moteurs à la fois, faire remorquer à chaque voiture une seconde voiture renfermant le même nombre de voyageurs, et non munie de moteur. C’est un avantage très apprécié par l’exploitation, au point de vue de la meilleure utilisation du matériel.
- Ajoutons que, dans le cas très rare d’avarie à un moteur, cette combinaison permet d’assurer le service jusqu’au retour à la station terminus dans des condi*-
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- tions de vitesse très suffisantes, et empêche presque complètement un car de rester en panne sur la voie.
- Telles sont les grandes lignes du système de traction électrique de tramways exposé par la Thomson-Houston Electric Railway Company, actuellement en service dans une quarantaine de villes américaines, sans parler de celles dans lesquelles le système est en construction ou en projet, et de celles qui ont fait choix du système Sprague, également très répandu, ou d’autres systèmes moins connus.
- Les progrès réalisés dans cette branche spéciale de l’industrie électrique sont d’autant plus remarquables que la première installation de tramway électrique aux Etats-Unis 11e remonte pas au delà de 1885. Cette date rend tout commentaire superflu.
- E. Hospitalier.
- THÉORIE DU CERF-YOLANT
- (Suite. — Yo-;. p. 231.)
- IJ est une construction géométrique très simple qui donne graphiquement toutes les valeurs de P sin a, suivant l’angle a. La voici (fig. 1). Sur le diamètre AB, égal
- à P kilogrammes, décrivons une demi-circonférence et traçons une corde AM faisant un angle quelconque a avec le diamètre. Je dis que la ligne MB sera égale à P sin a. En effet, tous les angles inscrits dans la demi-circonférence étant droits, l’angle AMB est droit. Donc MB est perpendiculaire sur AM et peut être considérée comme la projection orthogonale de AB ou P. Elle a, pour valeur P cos s ou P sin «, l’angle s étant complément de l’angle a. Maintenant, du point 0, centre du cercle, abaissons une perpendiculaire 00' égale à p, le poids du cerf, et du point 0' comme centre décrivons, sur la ligne CD, parallèle à AB, une demi-circonférence de même rayon que la première. Tous les points de cette circonférence seront à la même distance p de la première, distance comptée perpendiculairement. 11 en résulte qu’elle est le lieu géométrique du sommet de toutes les résultantes r qui peuvent exister entre toutes tes pressions r. et le poids p. Enfin du point 0 tirons une ligne de longueur Q, et suivant l’inclinaison a de la queue, que nous admettons pour le moment égale à 20°, parce que cette inclinaison varie entre 15 et 50 degrés. En réalité elle doit être la même que celle du cerf : mais comme celle-ci est une inconnue du problème, je prends arbitrairement la valeur de 20" qui me donnera une première approximation. Celle-ci me servira à modi-
- fier l’angle de (J dans une seconde approximation, etc., jusqu’à arriver à l’égalité. Par l’extrémité 0" de cette ligne comme centre, et sur la ligne EF encore parallèle AB, décrivons une troisième demi-circonférence, toujours de même rayon. Par une raison analogue, cette circonférence sera le lieu géométrique du sommet de toutes les résultantes R qui peuvent exister entre toutes les résultantes r et la traction Q de la queue.
- Toutes les résultantes r et R partent du point B. Or de toutes les lignes partant du point B à la rencontre de la circonférence 0", la plus élevée sur l’horizon, c’est la tangente BK, qui fait avec l’horizon l’angle p de plus grande montée. Mais le point de tangence K est l’homologue du point N" sur la seconde circonférence et du point M" sur la première : donc la ligne AM" donne l’inclinaison cherchée a du cerf correspondant à la montée maxima BK, et la ligne M" B = P sin a est la poussée correspondante. Or à cause du parallélisme et de l’égalité des trois diamètres AB, CD, EF, les lignes EK, et KF sont respectivement égales et parallèles aux lignes AM" BM", et il en sera de même de toutesleslignes joignant des points homologues-. On peut donc transporter toute la construction, à l’exception du point B, sur le troisième cercle et se dispenser des deux autres. C’est ainsi qu’on arrive à la caractéristique.
- On remarque que toute autre ligne BS, moins élevée sur l’horizon que BK, coupe la circonférence en deux points S et S', correspondant à deux inclinaisons très différentes ES, ES'du cerf sur l’horizon, l’une plus petite, l’autre plus grande que a. On voit donc que le cerf partant de la po-
- sition verticale en E et s’inclinant de plus en plus sur l’horizon parcourrait tous les angles depuis 90° jusqu’à a, point où sa montée serait maxima et que s’il continue à s’incliner, il ne pourra plus que descendre. Remarquons aussi qu’à partir du point K il entre dans une zone dangereuse, où se rapprochant de plus en plus de l’horizontalité, il risque d’être pris à revers par une bouffée de vent plongeant et de donner une tête. Yoilà donc la résultante BK trouvée en grandeur et en direction ; mais par quel point devra-t-elle passer pour que le cerf reste en équilibre sous soninfluence?Toutsimplementpar le point d’attache 0 (fig. 2) sur la bride. Alors, mais seulement alors son moment devient nul par rapport à l’axe horizontal passant par ce point 0, et par conséquent nulle aussi la somme des moments des trois forces qu’elle résume, ce qui est la condition d’équilibre.
- Si la résultante ne passe pas par le point 0 (fig. 2), elle formera un couple avec la résistance du point fixe sur lequel nous avons supposé le cerf attaché, ce qui le fera redresser ou incliner davantage jusqu’à ce qu’il se trouve une résultante satisfaisant à cette condition. Mais nous venons de voir que sous toute autre inclinaison il n’atteindra par son maximum de hauteur. Il y aura donc perte d’effet utile.
- Le lecteur se rendra maintenant facilement compte de ce qui se passe lorsqu’on lance un cerf-volant. Au moment où l’aide lâche tout, sous l’influence du vent et de la résistance de la corde le cerf prend immédiatement une
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- inclinaison d’équilibre autour du point d’attache (fig. 5). La corde se tend et oppose une résistance dans la direction ox voisine de l’horizontale et faisant avec la résultante lt un angle obtus. Sous l’influence de ces deux forces contraires le cerf, restant parallèle à lui-même, monte suivant la tangente au cercle que le point o peut décrire autour de la main de l’opérateur, et ne s’arrête que lorsque la direction de la corde arrive, en oy, à être exactement celle de la résultante R. 11 y a alors équilibre. Quand je parle de la direction de la corde, cela s’entend toujours de celle du dernier élément de cette corde à son point d’attache avec la bride, car elle n’est jamais droite, et décrit une chaînette plus ou moins accentuée. L’angle de montée au point d’attache est donc toujours différent de celui que l’on peut constater au dévidoir.
- Conclusion. — Mais, me dira-t-on, quels sont les moyens de réaliser à coup sur toutes ces conditions dans la pratique? Je répondrai : dans l’état actuel de nos connaissances aucun autre que notre expérience personnelle, notre flair, notre ingéniosité et le tâtonnement. Je vous ai montré le but à atteindre et les conditions pour y parvenir; à vous de vous ingénier pour les réaliser. Que nous manque-t-il pour agir avec certitude? Des expériences méthodiques sur deux points principaux : 1° Sur la position réelle du centre de poussée sous diverses inclinaisons, ce qui nous permettrait de déterminer avec exactitude le point d’attache par une épure. Il y a peut-être déjà quelque chose de fait dans ce sens. M. Rertinet part de ce principe que le centre de poussée, lorsque la surface prend une inclinaison a sur la direction du vent, s’élève au-dessus du centre de figure d’une quantité 1/6 co-sin a., I étant la hauteur verticale de la surface. Mais il ne donne aucune raison théorique où pratique de cette opinion. Un fait de mon observation personnelle me donne à penser que le centre de poussée pourrait bien effectivement être situé plus haut que le centre de figure, mais je ne saurais dire de combien. 2° Sur l’action du vent sur des queues de constructions diverses, papier, étoffes, etc., l’inclinaison qu’elles peuvent prendre avec une vitesse déterminée du vent et la traction qu’elles opèrent sur leur point d’attache. Tels sont les desiderata que je signale aux personnes qui auraient les moyens d’action et le feu sacré.
- On peut se demander ce que deviendrait la caractéristique dans le cas où la valeur de la poussée r. serait la valeur théorique P sin2 a. Il suffirait alors de remplacer le demi-cercle AKB (fig. 1) par une autre courbe qui serait intérieure au cercle. On peut en effet considérer la demi-circonférence comme une sinusoïde polaire, dont le pôle serait le point R, et les rayons vecteurs toutes les cordes DK égales aux sinus. Pour tracer la courbe en question par points il suffirait de tirer une série de rayons vecteurs également espacés et de leur donner pour longueur non plus sin a mais sin2 a, c’est-à-dire la longueur du rayon vecteur primitif multiplié par lui-même. On obtiendra ainsi une courbe qui sera une sorte de sinusoïde polaire carrée, ayant pour pôle le point D, et qui ne sera plus symétrique par rapport à l’axe vertical passant par le centre o. C’est à cette courbe qu’il faudra mener la tangente BK. On voit de suite qu’il en résulterait un abaissement sensible de l’angle (B de plus grande montée. Pour trouver l’inclinaison du cerf, il faudrait mener, au point K, une perpendiculaire à BK. Cette perpendiculaire ne passerait plus par le centre o, et le cerf serait moins incliné.
- F. POTTIEIÏ,
- Ingénieur des Arts et manufactures.
- COUP DE FOUDRE
- Pendant un violent orage qui s’est abattu sur Toulon dans la nuit du 3 au 4 septembre, après un grand nombre de coups de tonnerre assez fréquents, mais paraissant indiquer par le temps écoulé entre l’éclair et le bruit un notable éloignement du centre orageux, se produisit un silence de près de dix minutes. Puis, comme si l’électricité atmosphérique s’était concentrée pendant cette accalmie, éclata une formidable explosion qui mit en émoi tout le quartier du Mourillon. La foudre avait frappé la maison portant le n° 69 du boulevard Sainte-Hélène, et produit dans cet immeuble des effets vraiment surprenants par leur nature et leur intensité.
- Ainsi que le fait a été quelquefois constaté dans les cas de foudre globulaire, les effets de la décharge avaient surtout le caractère des résultats d’une explosion.
- L’étage supérieur de la maison foudroyée comprenait plusieurs pièces séparées par des cloisons de 5 à 6 centimètres d’épaisseur en briques et plâtre. Presque toutes ces cloisons étaient abattues en partie ; les vestiges qui en restaient se montraient sillonnés de lézardes et menaçaient ruine. Il fallut étançonner les poutres du plafond pour suppléer au manque d’appui qui résultait de ces démolitions. Les plafonds, en plâtre sur lattis en roseaux, étaient largement crevassés et disloqués; ils semblaient avoir été soulevés pour retomber ensuite. Les vitres des fenêtres et du jour de la cage de l’escalier étaient cassées ; les portes, les volets et les cadres des fenêtres étaient brisés.
- La rampe en fer de l’escalier et les tuyaux de descente des eaux en zinc présentaient des traces évidentes du passage d’une décharge électrique. Ces traces étaient surtout intéressantes à voir le long de la rampe composée de barreaux scellés dans un limon en plâtre soutenant une plate-bande. Tous les scellements avaient éclaté plus ou moins complètement.
- Il paraît résulter de ces constatations que la foudre a pénétré, par le sommet de la cage de l’escalier, sous forme globulaire, dans l’étage supérieur de la maison et y a éclaté en produisant de terribles effets explosifs et en lançant au moment de l’éclatement, par la rampe de l’escalier et par les tuyaux de descente, de violentes décharges électriques vers la terre.
- Heureusement les habitants de l’étage visité par la foudre étaient absents et aucun incendie n’a été allumé par ces décharges électriques.
- Une forte odeur d’ozone a empesté la maison et s’est fait sentir dans un cercle de plus de trois cents mètres de rayon autour du point foudroyé. F. Zurcher.
- Là CATASTROPHE D’ANVERS
- EXPLOSION n’üNE POUDRIÈRE ET INCENDIE DE RÉSERVOIRS DE PÉTROLE
- Les progrès de la chimie industrielle ont apporté à l’humanité des produits qui lui fournissent des agents précieux pour le travail des roches, pour le percement des tunnels et aussi des armes terribles pendant la guerre. Mais ces armes que le génie de l’homme a forgées se tournent parfois contre lui, et, comme le monstre de la fable, elles dévorent celui
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- qui les a créés. La catastrophe dont la ville d’An- I Le vendredi 6 septembre, le bruit d’une expio-vers a été récemment le théâtre en est un exemple. J sion épouvantable s’est fait entendre à Anvers,
- Fig. J. — La catastrophe d’Anvers. — Incendie d’un dépôt de pétrole. (D’après une photographie de M. Émile Ilellemans.)
- et la commotion a été si intense que des maisons ont été en partie détruites à 200 mètres de distance. On croyait à un cataclysme géologique.
- Voici, d’après les journaux belges, le récit de cette catastrophe qui restera comme une des plus effroyables dont l’histoire des matières explosibles ait donné l’exemple :
- L’explosion a eu lieu vers 2 heures de l’après-midi, dans un dépôt de cartouches et de poudres destinées à l’exportation, appartenant à M. Corvi-lain. Celui-ci avait racheté dernièrement, en Espagne, de grandes quantités de cartouches hors d’usage, et vingt hommes, soixante jeunes filles et cinquante enfants étaient chargés d’extraire la poudre de chaque cartouche, afin de fondre
- Fig. 2. — Nuage de fumée formé par la première explosion.
- ensuite en lingots les halles et les enveloppes métalliques. C’est pendant ce travail que se produisit la catastrophe. Pas une des personnes qui travaillaient n’a échappé.
- L’explosion a communiqué le feu à deux ' immenses réservoirs à pétrole de la Compagnie Van Riet, situés à proximité du dépôt de M. Corvilain, et le pétrole enflammé, coulant de tous côtés, a formé bientôt un grand brasier qui augmentait d’intensité de minute en minute, sans que l’on put entraver son développement. Une heure après la première explosion , la superficie embrasée était déjà d’un hectare environ et les flammes s’élevaient à une immense hauteur. Bientôt le pétrole enilammé commença à se ré-
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- pandre sur l’Escaut. Les navires en rade ont quitté [ mais sept ou huit d’entre eux ont été atteints par les précipitamment le port par mesure de prudence, | flammes et ont été détruits avec toute leur cargaison.
- La détonation a été si violente qu’elle a causé de nombreux dégâts jusque dans le centre de la ville. Des éclats de cartouches sont tombés dans divers endroits ; toutes les vitres de la Bourse, à ce moment en pleine séance, ont volé en éclats, provoquant une panique indescriptible. Les boursiers se sont sau-vés, éperdus, dans toutes les directions, pensant que la ville entière sautait en l’air. Les trottoirs étaient jonchés de débris de verre, car presque toutes les maisons de la ville ont leurs vitres brisées. Les toits de plusieurs maisons ont été
- Fie. L
- endommagés, et c’est surtout la toiture de la Bourse qui a beaucoup souffert, sans toutefois s’être effondrée. Les secours se sont organisés assez rapidement.
- Les autorités, la police, la gendarmerie, les pompiers et les troupes de la garnison rivalisaient d’entrain ; mais leurs efforts étaient vains : le feu prenait toujours de plus en plus d’extension et, d’autre part, les opérations de sauvetage étaient particulièrement difficiles, à cause de la chaleur intense qui empêchait d'approcher des locaux incendiés. En restant quelques minutes à 200 mètres du feu, on avait la ligure noircie.
- On a d’abord évalué le nombre des victi -mes à deux ou trois cents tués et à un millier de blessés, mais il est certain que ces chiffres sont exagérés. Le nombre des morts dépasse toutefois cent cinquante. Devant l’hôpital de Stujven-berg, où l’on transportait la plupart des morts et des
- Maison située à 100 mètres du lieu de l'explosion (D’après des photographies de M. Emile Hellemans, de Bruxelles).
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- blessés, une foule compacte attendait l’arrivée des convois. Le jour de la catastrophe, à 8 heures du soir, on y avait déjà apporté trente-six cadavres, quatre-vingts blessés et trois grands sacs de débris humains. D’autres morts et blessés étaient transportés à l’hôpital Sainte-Elisabeth.
- A l’endroit où fut la cartoucherie Corvilain, on voyait après la catastrophe un trou énorme, d’une profondeur de 4 mètres, creusé par l’explosion et rempli de débris de toute espèce, depuis de grands morceaux de tôle, jusqu’à des membres humains. A 400 mètres du lieu de la première explosion, on a recueilli des jambes et des bras mêlés à des boîtes de cartouches. Des explosions partielles ont eu lieu jusque dans la soirée, augmentant l’affolement de la population.
- Nous avons reçu de plusieurs correspondants de La Nature des photographies que nous reproduisons ci-contre et qui compléteront le récit que nous publions. La figure 1 montre l’un des dépôts de pétrole situé dans le voisinage de la cartoucherie Corvilain. La photographie a été prise 18 heures après la catastrophe; on voit quelle intensité extraordinaire offraient alors les nuages de fumée. La figure 2 montre le nuage formé par l'explosion, très peu de temps après la catastrophe ; ce nuage resta immobile pendant 15 minutes environ, gardant l’aspect que montre la gravure. Cette deuxième photographie exécutée par M. L. Van-Neck, nous a été communiquée par M. Dupuy, ingénieur à Bruxelles. La première photographie ainsi que les deux suivantes (fig. 5 et 4) ont été exécutées pour La Nature par un habile opérateur de Bruxelles, M. Emile Hellemans. La figure 3 représente quelques-unes des maisons du village d’Austruel, à 200 mètres du lieu de l’explosion, et la figure 4 une maison située à 100 mètres seulement. C’est l’explosion seule qui a mis ces habitations dans l’état où elles sont figurées.
- FABRICATION AUTOMATIQUE DU VINAIGRE
- M. Barbe, ingénieur, a récemment présenté à la Société cVencouragement un système qu’il a imaginé de fabrication automatique des vinaigres de vin, de cidre, de bière, d’alcool, etc. Pour la démonstration, M. Barbe a disposé ses appareils et récipients dans l’ordre qu’ils occupent réellement dans une vinaigrerie. Quatre flacons d’alimentation automatique, munis de leurs canalisations et appareils de distribution du liquide dans les cuves, ont fonctionné au moyen de l’eau.
- Ce système est essentiellement caractérisé par l’emploi de l’air comprimé ou, en opérant inversement, par le vide. A cet effet, chacun des flacons est relié, d’une part, par le goulot à l’aide d’un tuyau de caoutchouc, à une canalisation générale d’air qui est munie d’un clapet spécial, et d’autre part à l’aide d’un tube traversant le fond du flacon et amenant le liquide dans ce dernier, à une canalisation générale de liquide. Dans chaque flacon se trouve, en outre, un siphon dont la grande branche est reliée à un arrosoir en porcelaine ou un tourniquet en verre disposés entre le couvercle de la cuve et la partie supérieure des copeaux dont elle est remplie.
- Le liquide contenu dans un récipient élevé, ou pour mieux dire au-dessus de la vinaigrerie, est envoyé par un tuyau dans une cuvelle inférieure renfermant un flotteur, laquelle est en communication directe avec la canalisation du liquide allant aux flacons, pour régler l’écoulement et la hauteur du liquide dans ces flacons.
- Dès que le niveau est atteint, une balance hydrostatique munie d’un soufflet envoie de l’air dans la canalisation d’air et par conséquent dans les flacons; cet air exerçant une pression à la surface du liquide le fait pénétrer dans les siphons qui alors se trouvent amorcés et vident tous en même temps le contenu des flacons. Leur remplissage s’opère de nouveau et la vidange se produit de la même manière et ainsi de suite, sans discontinuité jour et nuit à l’aide de la balance, que l’on règle de manière qu’un versement d’un litre de liquide ait lieu toutes les quinze minutes environ dans chaque cuve. Le liquide destiné à l’acétification, appelé dilution, étant composé de 50 à 60 pour 100 de vinaigre, il s’ensuit que les 40 à 50 pour 100 qui renferment avec le ferment une proportion d’alcool déterminée sont convertis en vinaigre par un seul passage, soit à 6°, 8°, 10° ou 12° acétiques.
- Les versements ainsi répétés ont pour but d’éviter moins de pertes par évaporation que les autres systèmes qui nécessitent la présence des ouvriers, de maintenir l’acétification à un degré plus uniforme par suite d'un travail constant de jour et de nuit, et surtout d’augmenter la production du vinaigre.
- CALENDRIER DES MOISSONS
- DANS LE MONDE ENTIER
- Bien que personne n’ignore l’influence du climat et de la latitude sur la végétation, on ne se doute généralement pas qu’en considérant les cinq parties du monde, chaque mois de l’année est l’époque de la maturité des moissons pour un certain nombre de pays. C’est cependant ce qui ressort du tableau suivant dressé par les soins du Ministère de l’agriculture :
- Janvier. — Océanie : Australie, Nouvelle-Zélande; — Amérique du Sud : Chili, République argentine. Février et Mars. — Asie : Indes britanniques; — Afrique : Haute-Égypte.
- Avril. — Asie : Turquie d’Asie, Perse, Syrie, Asie-Mineure; — Afrique : Moyenne et Basse-Égypte; — Amérique centrale : Mexique, Cuba.
- Mai. — Asie : Asie centrale, Chine, Japon; — Afrique : Afrique du Nord; — Amérique du Nord : Texas, Floride.
- Juin. — Europe: Espagne, Portugal, Italie, Grèce; — Amérique du Nord : Missouri, Louisiane, Kansas, Orégon, Colorado, Géorgie, Alabama.
- Juillet. — Europe : Roumanie, Bulgarie, Hongrie, Autriche, France, Russie méridionale; — Amérique du Nord : Nébraska, Minnesota, Haut-Canada, Nouvelle-Angleterre.
- Août. — Europe : Angleterre, Belgique, Hollande, Pologne, Allemagne, Danemark; — Amérique du Nord : Bas-Canada, Colombie anglaise.
- Septembre. — Europe : Écosse, Suède, Norvège; — Amérique du Nord : Canada septentrional.
- Octobre. — Europe : Russie septentrionale.
- Novembre. — Amérique du Sud, : Pérou; — Afrique :
- Afrique méridionale.
- Décembre. — Asie : Birmanie.
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- Cette répartition des époques de moisson sur tous les mois de l'année est une excellente chose au double point de vue de la diminution des chances' de destruction des récoltes par les intempéiies, et du recrutement de la main-d’œuvre.
- Si des pluies diluviennes ou de longues sécheresses, si la grêle ou des gelées intenses font sentir leurs effets désastreux sur de grandes étendues de pays, une même plante n’en souffrira pas également partout, car elle n’est pas à la même période de végétation dans les diverses contrées dévastées par le fléau. Par exemple, des pluies continuelles en juin feront beaucoup plus de mal en Angleterre, où le blé est alors en fleur, qu’en Ecosse, où l’épiage n’a pas encore eu lieu.
- Ce sont précisément ces chances différentes de destruction par les intempéries qui, jointes à la dispersion de la culture des céréales sous presque toutes les latitudes, réduisent à très peu de chose les variations de la récolte totale dans le monde entier. Par suite de l’excellence des moyens de transport, le prix des céréales sur le marché est comme le rendement total, il ne peut varier que dans de faibles limites.
- Cet échelonnement de la maturité des céréales sur les diverses époques de l’année a aussi pour conséquence de favoriser le recrutement des moissonneurs. En France, par exemple, les blés sont souvent coupés par des équipes de Belges, dans le Nord, et d’Italiens ou d’Espagnols dans le Midi. Les premiers, retournent faire la récolte chez eux dans la seconde quinzaine d’aoùt, tandis que les Italiens ont déjà moissonné leurs champs quand ils entrent dans les nôtres.
- Ces voyages des équipes de travailleurs n’ont pas lieu seulement pour des pays limitrophes, mais encore parfois pour des contrées distantes de plusieurs mille lieues. — Dans La vie à La Plata, M. Dairaux raconte, en effet, que des bandes d’ouvriers italiens vont en hiver faire la moisson dans la République argentine, puis retournent chez eux en été pour se livrer aux mêmes travaux1.
- PHÉNOMÈNES ÉLECTRIQUES
- PRODUITS PAR LES RADIATIONS SOLAIRES
- A la suite de nombreuses observations faites depuis le mois de mai 1885 jusqu’au mois de juillet 18892, j’ai pu établir que les radiations solaires sont la cause de certains phénomènes électriques dont l’étude est résumée dans les lois suivantes :
- 1° Les radiations solaires, en rencontrant un conducteur isolé (métal ou charbon), communiquent à ce conducteur une charge électrique positive.
- 2° La grandeur de cette charge croit avec l’intensité des radiations solaires et décroît avec l’état hygrométrique de l’air. Le phénomène atteint, à Paris, sa valeur maxima en été, vers 1 heure de l’après-midi, lorsque l’atmosphère est pure et sèche.
- 5° Le passage des nuages devant le soleil fait cesser le phénomène.
- 1 D’après YIndustrie laitière.
- 2 Ces recherches ont été faites par M. Albert Nodon jui laboratoire des recherches physiques de la Sorbonne, et au laboratoire de M.. Mascart, au Collège de France.
- Le dispositif expérimental adopté est le suivant : Un grand cylindre en métal C (Yoy.fig.), disposé au soleil, était mis en communication avec le sol et formait cage de Faraday. Une ouverture ménagée dans le couvercle permettait aux rayons solaires de pénétrer a l’intérieur de ce cylindre, et de venir frapper une plaque métallique S disposée en son milieu. Cette plaque était en cuivre et avait été soigneusement isolée sur un support de M. Mascart. Un fil conducteur, recouvert desoie isolée à la paraffine, était fixé à la plaque S et descendait dans une chambre inférieure où étaient disposés les appareils d’observation.
- Ces appareils étaient : un électromètre de M. Mascart E, une pile de charge P de 100 éléments, un élément Daniell étalon I), une échelle graduée G, et un support isolant à acide sulfurique M.
- La caisse métallique C, l’enveloppe de l’électro-mètre E, le milieu de la pile de charge P et le pôle négatif du daniell D étaient réunis à un même point du sol dont le potentiel était pris comme zéro.
- L’aiguille de l’électromètre était reliée a la plaque métallique isolée.
- J’ai employé successivement l’électromètre de M. Lippmann qui a dù être abandonné à cause de sa capacité trop considérable pour ce genre d’expériences, puis les*électromètres de Ilankel, de MM. Curie et de M. Mascart. Voici maintenant en quoi consistait l’expérience :
- Le support isolant M, auquel étaient fixés les fils conducteurs communiquant respectivement avec la plaque S et avec l’aiguille de l’électromètre E, était mis au sol, de telle sorte que le potentiel de la plaque S et de l’aiguille devint égal à celui du sol que l’on prenait comme zéro.
- Le support était alors isolé du sol et l’on observait aussitôt sur l’échelle G une déviation de l’aiguille de l’électromètre indiquant une charge positive de la plaque S, variable avec l’intensité des radiations solaires et l’état hygrométrique de l’atmosphère.
- On comparait cette déviation à celle produite par le daniell I), dont le pôle positif était réuni à l’aiguille de l’électromètre, et le pôle négatif au sol.
- J’avais du reste soigneusement étudié dans des expériences préalables l’inlluence des phénomènes complexes qui pouvaient fausser les observations en produisant une charge électrique indépendante de la charge due aux radiations solaires.
- C’est ainsi que j’ai pu constater qu’en supprimant la cage de Faraday, la plaque métallique se trouvant exposée a l’air libre et à l’ombre, se chargeait sous l’influence seule du vent.
- Dans les observations, cette cause perturbatrice avait été soigneusement écartée par l’emploi de la caisse métallique C dont la présence empêchait l’arrivée du vent sur la plaque S.
- Les autres phénomènes secondaires, tels que réchauffement de la plaque, les actions thermo-électriques, etc., ont été reconnus négligeables devant le phénomène étudié.
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- LA NATURE.
- Après cette étude du phénomène, cherchons à en tirer quelques conséquences pratiques, relativement à l’électrisation des nuages.
- Nous devons tout d’abord admettre que ces résultats peuvent être étendus à des corps non métalliques tels que les nuages; c’est là une simple hypothèse, fort probable cependant, mais dont il faudra vérifier l’exactitude.
- Lorsque les radiations solaires traversent une atmosphère pure et sèche, elle chargent d’électricité positive le sol quelles viennent frapper. On peut admettre, par analogie avec les phénomènes actino-électriques, que la couche d’air immédiatement en contact avec le sol se charge d’électricité négative.
- Cet air échauffé au contact du sol s’élève, emportant avec lui sa charge négative. Ce courant d’air ascendant suit dans l’atmophère une marche oblique sous l’influence du vent, et il arrive souvent qu'il rencontre dans son ascension des nuages plus ou moins épais, qu’il soutient à une certaine hauteur dans l’atmosphère, et auxquels il cède sa charge négative.
- Cette charge électrique négative croit sans cesse sous l’influence de ces masses d’air électrisées et sans cesse renouvelées1.
- Cette hypothèse paraîtrait donner l’explication d’un certain nombre de phénomènes orageux. Elle semblerait expliquer la charge négative de la plupart des nuages.
- Les charges positives qu’on observe parfois dans les nuages peuvent être expliquées par la superposition de deux couches de nuages entre lesquelles auraient lieu les manifestations électriques.
- Cette charge des nuages devrait être d’autant plus grande que les rayons solaires seraient plus intenses et l’état hygrométrique de l’atmosphère plus faible; c’est ce qui devrait surtout avoir lieu en été et principalement dans les régions équatoriales. On expliquerait ainsi la fréquence des orages pendant la saison chaude et particulièrement pendant les journées
- 1 Par un mécanisme que l’on pourrait comparer à celui du replenisher, de sir William Thomson.
- d’été où les radiations solaires sont intenses. De même on trouverait l’explication des orages violents qui sévissent principalement sur les régions équatoriales.
- Les orages nocturnes proviendraient de nuées chargées d’électricité pendant le jour sous l’influence solaire, qui se déchargeraient la nuit par suite de rabaissement des nuages vers le sol, la distance explosive devenant alors suffisamment petite pour que la décharge puisse se produire entre ces nuages et le sol.
- Cette descente des nuages vers le sol pendant la
- nuit est due au refroidissement des courants d’air ascendants qui soutiennent les nuages dans l’atmosphère.
- On pourrait d’une façon analogue expliquer la fréquence des orages au-dessus des forêts, des rivières, des lacs, etc., par suite de l'abaissement de la température de l’air au-dessus de ces régions du sol,refroidissement entraînant avec lui la descente de la nuée orageuse vers le sol. Sans vouloir m’étendre davantage sur les hypothèses qu’on pourrait tirer des phénomènes électriques produits par les radiations solaires, je me permettrai cependant d’avancer qu’il pourrait y avoir grand intérêt à poursuivre les observations faites dans ce nouvel ordre d’idées, pour rechercher l’origine des phénomènes électriques de l’atmosphère. Ces phénomènes météorologiques, dont il nous est souvent donné l’occasion de contempler les splendeurs, offrent pour tous un sujet d’étude attachant, en même temps qu’utile à la science. Que chacun de nous apporte à cette étude son modeste butin d’observations, et bientôt la science se trouvera en mesure de connaître les secrets de ces phénomènes grandioses de l’atmosphère qui étonnent notre esprit et captivent notre imagination1. Ai^ert Nodon.
- 1 Les premières éludes faites sur ces phénomènes sont relatées dans un pli cacheté qui avait été déposé à l’Académie le 29 juin 1885, sous le n° 3956, et qui a été ouvert par M. le secrétaire perpétuel, sur la demande de l’auteur, dans la séance du 5 août 1889.
- Expériences de M. Albert Nodon sur les phénomènes électriques produits par les radiations solaires.
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- UN CIERGE GÉANT A ANTIBES (ALPES-MARITIMES)
- La Nature a plusieurs fois donné à ses lecteurs J voyageurs du Centre-Amérique. Le Cierge (Cereus, l'aspect des Cierges géants qui font l'étonnement des | llaw.) donne au paysage où il se développe des
- Un Cierge géanl (Cereus) à Antibes (Alpes-Maritimes). (D’après une photographie.)
- aspects absolument étranges. Assurément dans notre beau pays de France nous n’avons rien de comparable aux tableaux grandioses des régions chaudes de l’Amérique, mais nous possédons cependant des représentants remarquables de cette flore admirable. Nous reproduisons ci-dessus une très belle
- photographie qui représente un Cereus croissant sur le mur d’une maison d’Antibes, dans les Alpes-Maritimes. Nous devons ce précieux document à l’un de nos lecteurs, fort habile photographe, auquel nous adressons tous nos compliments pour son talent, et tous nos remerciements pour son amabilité. Ce
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- Cereus, comme le montre notre gravure, a de fort respectables dimensions, et il orne d’une façon peu commune le mur de la maison où il se développe.
- Nous ne saurions revenir ici sur les Cereus dont nous avons longuement parlé à plusieurs reprises, et nous renverrons nos lecteurs a nos précédentes notices1.
- CHRONIQUE
- L’uranium. — L’uranium a été découvert en 1789 par le célèbre Klaproth. Mais il n’a été isolé qu’en 1841 par Peligot. C’est un métal très lourd, car sa densité dépasse dix-huit fois celle de l’eau, et elle est à peu près égale à celle du platine fondu qui n’est que de 21. Il est remarquable par la résistance qu’il oppose au passage de l’électricité, circonstance effii sans son prix élevé l’aurait fait depuis longtemps employer dans la fabrication des bobines de résistance. Mais il coûte actuellement 60 francs le kilogramme, prix à peu près prohibitif. S’il était meilleur marché on l’aurait également utilisé à la préparation d’un alliage de platine ayant la couleur de l’or, et d’un autre alliage du même métal possédant la propriété d’être inattaquable aux acides. D’autres usages, auxquels il n’était pas possible de songer jusqu’ici, auraient peut-être été indiqués déjà, sans la rareté excessive de ses minerais. On nous écrit d’Angleterre que l’on vient de découvrir un filon abondant de sesquioxyde d’urane dans la mine de l’Union à Grampoundroad, dans le comté de Cornouailles. Jusqu’ici on n’avait rencontré que des géodes isolées. Le métal qu’on en tirait était toujours employé sous forme d’oxyde, le protoxyde pour teindre le verre, le sesquioxyde comme produit photographique, le bioxyde pour teindre la porcelaine. Il est pour le moins étrange que cette découverte inattendue concorde avec le centenaire de la découverte de Klaproth.
- Un torpilleur chauffé au pétrole. — Un nouveau torpilleur, construit par MM. Doxford et fils, de Sunder-land, a été essayé dernièrement. Le combustible employé était une sorte de résidu de pétrole, logé dans des soutes formant le double fond du bateau. Le foyer de la chaudière est du type ordinaire, avec front ouvert, et le combustible y est introduit par la pression de l’air. 11 entre, par 51 conduits, sous la forme d’une gerbe, et le feu a une telle intensité de chaleur blanche, que le surveillant est obligé de porter des lunettes doublement colorées pour protéger ses yeux. 11 y a une grande économie de main-d’œuvre, puisqu’il n’y a pas de chauffeurs, le foyer étant alimenté automatiquement. Il n’y a pas non plus de dépôt dans le foyer. La vitesse a été de 19 nœuds à l’heure. La provision de combustible est d’environ 14 t, et le prix d’achat en est de 50 francs, tandis que le charbon ne coûte, à l’Amirauté, que 17 fr. 50 la tonne; mais il faut tenir compte de ce que la livre d’huile n’évapore que 10 livres d’eau, tandis que la livre de charbon en évapore 15, et de l’économie de main-d’œuvre indiquée ci-dessus. Pour ce qui est de l’avantage de n’avoir ni fumée, ou du moins très peu, ni escarbilles, il reste à l’apprécier en argent.
- 1 Voy. Les Cactées, par M. J. Poisson, n° 175, du 7 octobre 1876, p. 292. Voy. aussi le Paysage de l'isthme de Panama, n° 473, du 24 juin 1882, p. 52, et la Vue de la vallée de l'Arizona, n° 199, du 24 mars 1877, p. 265.
- Le pouvoir perforant «lu fusil Lebcl. — Le
- Mémorial de l'artillerie de marine publie le compte rendu d’expériences exécutées parla commission de Gàvre en 1887 et 1888 pour déterminer le pouvoir perforant de la balle du fusil Lebel. Les expériences avaient pour but de déterminer les dimensions minima des épaulements en charbon, bois, terre, sable, et les épaisseurs des tôles de fer, acier doux et acier dur, suffisantes pour arrêter les balles du fusil Lebel aux différentes distances et sous des incidences variables. Les tirs exécutés en octobre et novembre 1887 déterminèrent la pénétration des balles dans les différents obstacles. Une seconde série de tirs en juin et juillet 1888 a eu pour but de rechercher les épaisseurs minima pour arrêter la balle du fusil modèle 1886. On tira la cartouche réglementaire à 10 mètres, 200 et 500 mètres. A 10 mètres, le charbon, le sable et la terre présentèrent une très grande résistance à la pénétration. De plus, il fut constaté qu’à cette distance les balles subissaient des déformations considérables. Ces obstacles, en effet, sont sans aucune élasticité et ne réagissent pas, par conséquent, sur le projectile. Mais à 200 mètres, la balle du fusil Lebel traverse une poutre de sapin de 60 centimètres d’épaisseur, une en chêne de 28 centimètres, une plaque de tôle de fer de 6 centimètres, etc. En résumé, la balle modèle 1886 possède un pouvoir perforant très supérieur à celui de la balle modèle 1874.
- L'avoine nouvelle aux chevaux. — On connaît le préjugé général qui tient que l’avoine nouvelle est dangereuse pour les chevaux. Des expériences sérieuses faites dans l’armée ont prouvé que ce préjugé est dénué de fondement. Ce qui a pu l’accréditer, ce sont les effets fâcheux des avoines récoltées un peu vertes, et données aux chevaux avant leur complète dessiccation. En effet, dans ces cas, il faut laisser à l’avoine le temps de jeter toute son eau de végétation avant de la faire consommer. Mais l’avoine nouvelle récoltée à maturité et bien desséchée est, non seulement sans danger pour les chevaux, mais elle est supérieure comme nourriture stimulante à l’avoine ancienne.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 sept. 1889. —Présidence de M. Des Cloizeaüx
- Annales de VObservatoire de Bordeaux. — M. Wolf analyse le troisième volume des annales de l’Observatoire de Bordeaux, publié parM. Bayet, directeur de cet observatoire. Cet ouvrage est divisé en deux parties, Mémoires et Observations. La première partie se compose de trois Mémoires deM. Bayet, traitant les sujets suivant : 1° Erreurs accidentelles d’observation dans l’observation des passages méridiens des étoiles, par la méthode dite de l’œii et de l’oreille, et notamment dans l’observation des circumpolaires ; 2° Influence de la réfraction dans la détermination de la valeur du tour de la vis micrométrique de l’oculaire des lunettes méridiennes, et supériorité de l’emploi des étoiles équatoriales, dans ce but, sur l’emploi des circumpolaires; 3° Notes sur l’histoire de la photographie astronomique. La deuxième partie de l’ouvrage contient les résultats d’observations de comète accompagnés de deux planches et les positions moyennes des étoiles observées à Bordeaux, pendant l’année 1885, pour le commencement de cette année. Le nombre des passages méridiens qui ont servi à composer ce catalogue ne s’élève pas à moins de 8600. L’Académie appréciera, dit M. Wolf,
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- l’activité introduite par M. Rayet, a l’Observatoire de Bordeaux.
- Éboulement d'une montagne. — M. llaton analyse un Mémoire envoyé par un professeur de l’École militaire de Constantinople sur l’éboulement d’une montagne située en Asie Mineure, à quelque distance d’Erzeroum. La catastrophe a été instantanée. Le 2 août dernier, après quelques bruits souterrains, la montagne s’abîmait, engloutissant un village de 156 habitants situé à son pied. Le massif rocheux semble avoir glissé sur des couches argileuses. En effet, le 9 août, M. Corti reconnaissait sur le liane de la montagne, des masses de terres marneuses solidifiées, dont le volume peut être évalué à 50 000 000 de mètres cubes. On y remarquait des aspérités atteignant 10 mètres et des blocs de rocher charriés parla masse fluide
- Tornado dans le Doubs. — M. Paye signale une sorte de tornado appelée par les Américains Windfall, qui a ravagé le 15 juillet dernier la partie du département du Doubs confinant à la frontière suisse. Au dire des témoins du phénomène, on vit se former un tourbillon dans un ciel nuageux, le phénomène grandir et prendre l’aspect d’un immense parapluie dont le manche vint toucher le sol pendant une durée d’environ deux minutes. Des arbres de 85 centimètres de diamètre furent sciés net, d'autres déracinés et projetés suivant la trajection du météore. Ce qui rend ce tornado très digne d’être cité, c’est l’altitude de la région dévastée qui commence à 1150 m sur le sol français pour atteindre 1500 m sur le territoire suisse.
- La peine de mort par l'électricité. — M. le Ministre de l’instruction publique adresse à l’Académie la traduction d’un article d’un journal américain appelé la Tribune qui contient l’indication de l'opinion de M. Edison relativement à l’emploi de l’électricité pour l’application de la peine capitale, en place de la pendaison. On sait que cette substitution résulte, pour l’État de New-York, d’une loi toute récente. La peine de mort ayant été depuis prononcée contre un criminel, l’avocat du condamné protesta contre la nouvelle pénalité, alléguant qu’elle était contraire à la Constitution qui prescrit de faire périr les coupables par les moyens les plus prompts. L’avocat avançait que le châtiment ordonné par la dernière loi n’amenait qu’une mort lente et douloureuse. M. Edison fut invité à titre d’expert à exprimer son opinion sur la question; elle fut contraire à l’avocat. M. Edison constata que l’homme peut résister à l’action d’un courant continu, tandis qu’au contraire, l’effet d’un courant alternatif, même très faible, est intolérable. C’est donc le courant alternatif que M. Edison croit efficace, bien qu’il reconnaisse n’avoir point fait d’expérience démonstrative. 11 ne doute point que les machines américaines dynamo-électriques, faisant 150 alternances du courant par seconde ne produiraient une véritable carbonisation du sujet. A ce propos, M. Dcprez signale le cas d’un ouvrier qui a supporté, pendant 20 secondes, le passage d’un courant continu de 500 volts. Les mains de ce malheureux ne pouvaient lâcher les conducteurs; il ne pouvait crier et fut sauvé par ses camarades. Après l’accident, il resta très longtemps sans connaissance.
- Transmission de la force. — M. Marcel Deprcz donne l'historique des expériences qu’il a réalisées depuis 1881, au sujet de la transmission de la force. D'après la note qu’il a communiquée, il a pu transmettre, dans son
- installation de Bourganeuf, 60 pour 100 de la force motrice à une distance de 14 kilomètres.
- Varia. — M. André communique une note sur l’observation des occultations des satellites de Jupiter. — M. Callendrau a exécuté des recherches mathématiques sur l’anneau de Saturne. — M. Zenger donne la drescrip-tion d’un objectif caladioptrique destiné à la photographie céleste. — M. Collonges réclame la priorité au sujet d’un travail sur la fonction de la rate pendant le diabète. — M. Mathias a étudié les chaleurs de vaporisation de l’acide carbonique liquide aux environs du point critique.
- Stanislas Meunier.
- FONTAINE LUMINEUSE
- SUR UNE TAREE DE SAI.LE A MANGER
- L'admiration produite par les fontaines lumineuses de l’Exposition, admiration bien justifiée, aura certainement une certaine inlluence à l’avenir sur l’imagination des artistes chargés de la décoration de parcs et jardins publics ou privés. Ils ne manqueront pas de s’emparer de ce nouvel élément d’embellissement. Déjà même l’administration du Grand-Hôtel, à Paris, a fait transformer le jet d’eau qui orne le milieu de sa cour et tous les soirs on peut voir la gerbe liquide colorée de differentes façons. Un amateur de sciences bien connu, M. Gaston Menier, a fait mieux encore : il a voulu avoir un spécimen de cette charmante application de l’électricité et de l’hydraulique sur sa table de salle à manger. Nous avons déjà entretenu nos lecteurs de cette table (qu’on pourrait presque qualifier de magique) où les plats peuvent circuler sur un chemin de fer électrique en s’arrêtant devant chaque convive1. Lanouvelle installation présentait plus de difficultés, surtout en raison de l’emplacement restreint qui lui était forcément assigné, et qui n’est pas précisément fait pour une telle machination; mais toutes les difficultés ont été habilement vaincues par M. Gaston Menier qui a combiné et dirigé lui-même toute l’organisation.
- La table a été percée en son milieu d’une ouverture ayant 1,1 m de long sur 0,9 m de large, et cette ouverture a été garnie d’un bassin de zinc ZZ, de forme polygonale et à larges bords évasés. Au milieu du fond de ce bassin se trouve le projecteur de lumière électrique qui se compose d’une boite circulaire en métal dont le fond est formé d’une glace étamée et la partie supérieure d’une glace sans tain. Dans la boîte sont rangées circulai-rement six lampes à incandescence ; trois d’entre elles sont visibles sur notre figure. Quelques précautions spéciales ont été prises pour éviter que l’eau froide ne fit éclater la glace supérieure échauffée par le voisinage de ces six lampes ; à cet effet, il y a une seconde glace sans tain éloignée de quelques centimètres de la première et la garantissant du contact de l’eau. Au-dessus de ce projecteur se
- J 1 Voy. n° 752, du 29 octobre 1887, p. 544.
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- LA NATURE.
- trouve un ajutage composé de deux couronnes concentriques ayant a leur centre une pomme d’arrosoir. L’eau est amenée par un conduit principal dissimulé sous le plancher ; les différents conduits de l’ajutage sont munis chacun d’un robinet placé à
- portée de la main du maître de la maison qui peut ainsi varier les effets à son gré.
- Les changements de couleur sont obtenus par l’interposition de verres colorés entre le projecteur et le jet d’eau; chaque verre est monté sur un
- Fig. 1. — Mécanisme île la l'ontainc lumineuse de salle à manger de M. Gaslon Manier.
- châssis spécial ayant environ 0,5 m de côté. Ces châssis, représentés superposés en ce, coulissent sur des rainures disposées a cet effet.
- Ils sont réunis deux â deux on laissant entre eux un intervalle de 0,30 m pour laisser passer la lumière blanche, quand le jet d’eau ne doit pas être coloré. A chaque paire de châssis est attachée une chaînette qui sort du bassin, le contourne en passant sur de petites poulies représentées en P, et vient passer devant la place du maître de la maison. La figure 1 montre clairement celte disposition : on voit qu’en tirant à droite ou à gauche les manettes soudées à chaque chaînette, qui passent dans les rainures figurées en T, on amène l’un ou l’autre des châssis; il y en a cinq paires, et en les combinant ensemble on obtient encore d’autres couleurs* Pour l’éclairage
- panaché, la plaque de verre colorée est percée en son centre d’une large ouverture circulaire dans
- laquelle est encastré un disque d’une autre couleur ; le jet central et le pourtour sont ainsi colorés différemment. Tout cet ensemble est garni et recouvert complètement de Heurs; la table, pour quelqu’un de non prévenu, est une table ordinaire avec une magnifique corbeille de fleurs au milieu, et on juge de l’étonnement général, lorsque tout à coup les lumières étant légèrement baissées, on voit sortir de cette corbeille une gerbe aux couleurs variées (lig. 2). C’est un surtout de table qui peut lutter avec les plus belles pièces d’orfèvrerie. G. Mareschal.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissa.nmer.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- N" 852. — 28 SEPTEMBRE 1889
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- LE CHEMIN DE FER GLISSANT A L’ESPLANADE DES INVALIDES
- L’Exposition de 1889 a produit peu de nouveautés mécaniques tout à fait originales, et le chemin de
- 1er glissant dont elle offre au public une application en fonctionnement, peut passer certainement pour
- Fig. 1. — Le chemin de fer glissant à l’Exposition universelle de 1889. (Esplanade des Invalides, à Paris.)
- l’une des plus curieuses et intéressantes de celles-ci. La Nature a déjà signalé ce chemin de fer au moment de son inauguration1, nous donnerons aujourd’hui quelques détails plus complets sur un mode de traction auquel on ne saurait refuser le mérite de l’originalité.
- La traction par glissement sur un lluide ou un liquide comme l’air ou l’eau donnant un frottement aussi réduit que possible, entraîne dans l'effort développé une économie considérable, par rapport à l’effort de roulement; le frottement sur l’air serait à peu près insignifiant, et sur l’eau il est encore beaucoup plus faible que dans le roulement des surfaces
- 1 Yoy. n° 844, du 5 août 1889, p. 150.
- 17e année. — î* semestre.
- | métalliques en contact. On aurait donc là le I moyen de réduire dans une proportion énorme les
- efforts de frottement inutilement développés dans la traction habituelle sur voies ferrées, et on comprend que des ingénieurs distingués comme le célèbre hydrau-licien M. Girard, et M. Barre qui reprend actuellement son idée, s’y soient attachés avec ardeur malgré les difficultés de toute nature qu’entraîne la nécessité d’interposer continuellement une matière fluide ou liquide, et d’empêcher
- tout contact métallique sur une ligne de grande longueur.
- M. Girard, qui a fait les premières études sur le chemin de fer glissant, avait eu d’abord en vue en 1852 l’application directe de l'eau à la traction sur
- 18
- Fig. 2. — Détail du mécanisme. — I'. l'atin des wagons. — R. Ilail de glissement. — A. Auhes du wagon, recevant le jet d’eau de propulsion. — B. Bec contourné du propulseur lançant l’eau. — D. Amortisseur. — C. Chaînes pendantes sans tin.
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- LA N A TT1R F.
- les voies ferrées pour remplacer la locomotive dans la traversée des lignes montagneuses.
- On voit en elï'et que, sur les pentes un peu fortes, la locomotive perd rapidement tout son etlet utile, car l’elfort qu’elle peut développer ne sert plus qu’à la remorquer elle-même par adhérence, et elle ne peut plus entraîner que des charges insignifiantes. Les inventeurs ont donc cherché à compléter cet effort adhérent par la crémaillère ou à remplacer la locomotive par une machine fixe assurant la traction par un càhle. Ces machines peuvent être actionnées enfin en utilisant les chutes d’eau si nombreuses dans les pays de montagnes, et M. Girard s’était proposé de supprimer même celles-ci en faisant agir directement sur le train les courants d’eau dont il
- Coupe par C O
- Coupe par A B
- Vue en dessous
- Fig. 5. —Patins du chemin île fer glissant, perfectionnés parM. Barre. — SS'. Orifice par lequel l’eau arrive dans le patin. — T. Tige de suspension supportant le châssis du wagon. — ?, j,k, l, r. Points d’interruption en chicane, des cannelures des gardes du patin. — M.N. Plan passant par le centre de poussée, du patin.
- pouvait disposer. L’eau est amenée au milieu de la voie par une série d’ajutages fixes, également espacés, qui la projettent sur une série d’aubes courbes fixées au-dessous des voitures et qui forment une sorte de turbine rectiligne, s’étendant sur toute la longueur du train. La distance des ajutages lixes est toujours inférieure à cette longueur, de sorte que le train reste continuellement soumis à l’impulsion de l’eau sous pression, ne pouvant pas quitter un ajutage avant d’avoir atteint le suivant.
- Partant de là, M. Girard avait reconnu qu’il y aurait une économie considérable à supprimer tout roulement et à remplacer les roues de la voiture par des patins frottant sur les rails, à condition d’interposer entre les surfaces métalliques une mince nappe d’eau ou même d’air, si la chose avait été possible. Une ligne constituée d’après ces deux principes avait été établie par lui à titre de spécimen, dans sa propriété de la Jonchère, sur une longueur de 40 mètres, avec une pente uniforme de 50 millimètres par mètre, et dans ces conditions restreintes, le fonctionnement en était satisfaisant. Malgré ce premier succès et l’appui qui lui était accordé par l’empereur Napoléon 111, il ne put obtenir en temps utile la
- concession d'une grande ligne qu’il sollicitait depuis longtemps pour faire un essai décisif. Cette concession lui fut accordée seulement en 1869, pour la ligne de Calais à Marseille; mais il mourut en 1871 victime de la guerre, sans avoir pu la réaliser.
- Cette idée du chemin de fer glissant était tombée en quelque sorte dans l’oubli lorsqu’elle fut reprise par M. Barre qui avait été le collaborateur de M. Girard, et celui-ci installa avec certaines modifications la voie d’étude qui figure actuellement à l’Exposition de 1889.
- Cette voie, établie le long de la palissade de clôture de l’Esplanade, présente une longueur d’environ 165 mètres;elle reçoit un train formé de plusieurs wagons découverts portant chacun la ligne d’aubes par lesquelles se fait l’entraînement au moyen de l’eau
- Fig. i. —Coupc longitudinale théorique d’uu propulseur avec son robinet automoteur, et forme pratique du clapet. — D. Clapet de fermeture dont la disposition perfectionnée par M. Barre est représentée à droite de la ligure. — C. Diaphragme en cuir servant à contre-halancer la pression exercée par l’eau sur le clapet. — H. Tige du clapet. — G. Orifice du canal E du propulseur. — lî. lîohinet de manœuvre du propulseur. — 0. Orilice de communication avec l’atmosphère pour régler l’échappement et amortir les chocs.
- projetéedes ajutages fixes disposés le longdu parcours.
- La figure 1 donne la vue extérieure du train glissant, et la figure 2 donne la vue détaillée, permettant de faire l’étude des principaux organes du système qui sont ; le patin du wagon, le rail et le propulseur.
- Le patin du wagon qui forme l’organe essentiel est représenté en P dans la figure 2 et on le retrouve en vue détaillée dans la figure 5. C’est une sorte de tiroir renversé frottant par ses bords ou gardes sur le rail B et portant en son milieu sur le couvercle une crapaudine qui reçoit le poids du wagon par l’intermédiaire d’une tige de suspension. Cette crapaudine est descendue aussi bas que possible sans atteindre nécessairement le niveau des gardes frottantes; cette disposition, imaginée par M. Barre, a pour but d’abaisser autant que possible le centre de suspension afin de l’amener au-dessous du centre de poussée déterminé par la réaction de l’air comprimé à l’intérieur de la boîte, et prévenir ainsi tout renversement. Celle qu’avait adoptée primitivement M. Girard ne donnait pas des résultats aussi satisfaisants, car le 'point d’appui de la tige se trouvait beaucoup trop relevé au-dessus de la surface de frottement, et le patin manquait de stabilité. Ajoutons que la crapaudine présente une surface d’appui sphérique avec un jeu suffisant dans la partie supérieure afin de permettre au patin d’obéir à tous les dévers possibles du rail.
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- L’eau arrive dans l’intérieur de la boîte formée par le patin par une tubulure S ménagée sur le couvercle, elle s’y accumule sous pression en comprimant l’air qui est refoulé vers le haut et tend à soulever le patin qui appuie contre le rail. L’eau tend alors à s’échapper par tout le développement du périmètre; mais l’évacuation est gênée par quatre cannelures concentriques avec points d’interruption en chicane ménagées sur les gardes des tiroirs. Ces cannelures, dont le tracé a été étudié à cet effet, amortissent peu à peu le tourbillonnement de l’eau, et il se produit graduellement une pression suffisante pour que le patin se soulève avec le véhicule, et laisse écouler ainsi une mince nappe d’eau de 1 /2 à 5/4 de millimètre qui empêche tout contact entre les gardes et les rails.
- D’après les expériences pratiquées à Senlis par M. Barre, un patin supportant une charge totale de 1060 kilogrammes, alimenté par un réservoir d’eau en charge sous pression d’air variant de 5 à 2 kilogrammes, a débité 140 litres d’eau en 2 minutes 25 secondes, soit 0,965 1 par seconde. La pression de l’air comprimé sous le patin s’est maintenue constante à 1,800 kg, et la résistance au glissement pendant la marche n’a pas dépassé 0,500 kg: c’est à peine le cinquième, comme on voit, de la résistance au roulement dans les conditions les plus favorables. Les rails reçoivent la forme d’une semelle en U renversé, élargie afin de diminuer la pression supportée par unité de surface, les patins sont munis d’autre part de talons qui viennent frotter contre les joues du rail et préviennent aussi toute déviation pendant la marche. Il faut évidemment que le rail soit installé suivant une position bien déterminée et tout à fait invariable pour assurer la portée parfaite du patin avec interposition d’une lame d’eau d’épaisseur constante et prévenir le contact des surfaces métalliques dans toutes les positions ; c’est là peut-être la condition la plus difficile à remplir sur une voie un peu longue qui présentera nécessairement des dénivellations, et on peut se demander si en pratique on y parviendrait jamais.
- Les joints forment aussi une grosse difficulté à raison de la nécessité d’assurer la continuité pour ainsi dire étanche des barres successives, et cela, malgré le jeu des dilatations, et les dénivellations qui se produisent toujours en ces points sous l’in-lluence de la charge mobile. M. Girard y avait pourvu d’une manière très ingénieuse, en prenant des barres terminées en biseau entre lesquelles il interposait un coin en forme de Y refoulé par un ressort qui le repoussait plus ou moins suivant les besoins en raison du jeu ménagé à chaque instant entre les extrémités des barres. M. Barre a remplacé ce joint un peu compliqué par une disposition plus économique : les rails sont en forme d’U renversé retenus à leurs extrémités par des pattes scellées dans les dés en pierre et dans les longrines de supports; sur les abouts est ménagée une rainure légèrement courbe peu profonde qui reçoit un boudin en caoutchouc de 8 à 10 millimètres de diamètre. Le joint des rails
- est serré à 2 ou 5 millimètres, et on obtient ainsi au-dessus du caoutchouc une sorte de petite cuvette étanche qui laisse cependant la liberté des dilatations.
- 11 nous faut, à présent, parler du propulseur qui complète l’installation du chemin de fer glissant. L’eau sous pression, dirigée par une conduite maîtresse régnant sur toute la longueur de la voie, est amenée comme nous l’avons dit, dans des appareils fixes répartis sur toute la voie d’où elle s’échappe à l’arrivée du train en exerçant son impulsion sur les aubes mobiles, et entretient ainsi le mouvement. L’eau arrive d’abord dans une boite à clapet fixée au-dessous du propulseur. Cette boîte représentée en détail figure 4 est maintenue fermée par l’effort même de la pression de l’eau, et elle s’ouvre seulement sous l’action d’une aiguille portée par le véhicule d’avant du train qui recule le clapet. L’eau arrive alors dans le propulseur et jaillit avec force par le bec B (fig. 2) ; elle rencontre ainsi les aubes A du wagon mobile, lesquelles se présentent en face du bec. L’écoulement de l’eau continue dans ces conditions jusqu’à ce que le robinet d’admission dans le propulseur soit fermé par une seconde aiguille fixée sur le véhicule d’arrière du train. Un trou spécial ménagé sur le robinet permet l’échappement gradué dans les positions successives qu’il occupe, et il atténue ainsi un peu les chocs auxquels l’appareil se trouve soumis par ces manœuvres.
- La buse du propulseur est munie d’ailleurs d’un clapet de vidange automatique pour assurer l’évacuation de l’eau en temps de gelée lorsque le propulseur ne fonctionne pas.
- Les propulseurs sont munis enfin d’organes spéciaux D dits amortisseurs placés à poste fixe sur la voie. Ces amortisseurs sont disposés en face des propulseurs, avec un jeu suffisant pour le passage des aubes mobiles. Us forment un canal vertical de forme parabolique qui recueille l’eau traversant les aubes, et à la partie inférieure, sont ménagées huit rangées de chaînes pendantes sans fin C qui ont pour but d’amortir la vitesse de l’eau; elles se trouvent entraînées en effet dans la veine liquide sortant du canal, et elles se noient dans la masse de l’eau dont elles absorbent la force vive. L’eau tombe sans vitesse dans un canal collecteur d’où elle est reprise pour servir ultérieurement, la même eau devant toujours être employée.
- Quant à l’alimentation des patins, elle se fait par le tender lui-même, qui emporte des accumulateurs d’air comprimé servant à refouler l’eau sous pression dans les patins. Si les parcours sont très longs, il est nécessaire d’avoir sur le tender une machine spéciale pour comprimer l’air.
- On voit d’après cette description comment s’opère la mise en marche du système : il suffit au départ d’ouvrir le robinet du premier propulseur au moyen de l’aiguille d’avant du train, et le mouvement se continue ensuite, en ouvrant successivement les propulseurs par l’aiguille d’avant, tandis que l’aiguille d’arrière
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- LA NATURE.
- les referme. Si le train doit revenir sur la même voie, il faut une seconde série de propulseurs agissant sur une seconde ligne d’aubes dirigées en sens inverse et disposées sous les wagons à côté de la première. Pour le départ, après un arrêt en pleine voie, il faut une transmission sur la longueur du train permettant d’actionner le robinet du propulseur convenable quelle que soit sa position par rapport au train.
- 11 y aurait également des questions assez difficiles à résoudre dans une exploitation un peu importante pour les aiguillages, les changements de voie, la gelée, etc. Nous ne croyons pas qu’il y ait a s’en préoccuper actuellement, car tout ingénieuse quelle est, l’application du chemin de fer glissant restera probablement limitée longtemps à certains cas spéciaux sur des lignes de peu d’étendue. Si on arrivait toutefois à obtenir un moteur plus indépendant de la voie qui permit de supprimer la conduite d'eau avec ses propulseurs, comme par exemple avec un moteur actionné par conducteur électrique, ce système retrouverait beaucoup plus d’élasticité, et il pourrait recevoir sans doute des applications plus variées surtout sur les lignes métropolitaines, car il supprime toute fumée, et il assure un mode de traction particulièrement agréable pour les voyageurs. 11 est fondé enfin sur une idée très ingénieuse et même économique au point de vue théorique, et il serait fâcheux de la voir rester toujours inutilisée.
- X..., ingénieur.
- ÉLECTRICITÉ PRATIQUE
- SON.NERIE ÉLECTRIQUE OVOÏDE DE >1. L. DORKL
- 11 est peu d’appareils domestiques sur lesquels l’imagination des inventeurs se soit exercée avec autant de persévérance que la sonnerie électrique, et l’on n’en est plus à compter les modèles créés depuis une vingtaine d’années pour substituer au modèle classique, mais disgracieux, de la sonnerie pendante, un appareil plus conforme aux goûts artistiques modernes.
- Le modèle représenté ci-dessus et actuellement exposé dans la classe 62, dans le Palais des Ma-
- chines, semble donner un commencement de satisfaction aux exigences ornementales actuelles. Le mécanisme de cette sonnerie est entièrement dissimulé dans une enveloppe métallique de forme ovoïde à laquelle on peut donner un aspect en harmonie avec le ton général de la pièce où on l’installe, en la bronzant, la nickelant, l'argentant ou la dorant, suivant les cas. On peut l’installer contre un mur, sur le fronton d’un meuble, sur une table ou un bureau, au milieu d’un panneau, sous une marquise, au milieu d’un plafond, etc. Le mécanisme est à l’abri de la poussière et de l’humidité, et son mode de montage le rend absolument indéréglable.
- Ce mécanisme présente lui-même des dispositions nouvelles intéressantes. Le marteau m est monté tout à fait indépendant de l’armature de l’électroaimant. Cette armature, ramenée en arrière par un
- ressort à boudin, vient, à chaque émission de courant, frapper le bas du levier Bm supportant le marteau m. Il lui imprime uneim-pu 1 sion et le lance contre le timbre : mais ce m o u v e m e n t a pour effet de rompre le circuit, et ce circuit ne se trouve refermé de nouveau que lorsque le marteau est revenu en arrière. 11 résulte de cette disposition, tout à fait nouvelle dans une sonnerie électrique, que l’intervalle de temps qui s’écoule entre deux coups successifs est indépendant de la tension du ressort, et même, dans une certaine mesure, de l’intensité du courant qui actionne la sonnerie. Cet intervalle de temps est fonction de la durée d’oscillation du pendule constitué par le marteau et la tige métallique qui le supporte : il en résulte que les coups se succèdent très régulièrement, et avec une intensité toujours égale, qualité des plus précieuses pour conserver a chaque appel son caractère de sonorité distinctif.
- Il va sans dire que la disposition se prête également bien à l’emploi de timbres en bois de gaïae, en acier ou en bronze, pour permettre de distinguer facilement les différents appels. C’est, en somme, un intéressant perfectionnement d’un appareil dont on croyait connaître le dernier mot, et que M. Borel vient de rajeunir en lui donnant une forme et des dispositions originales.
- .Nouvelle sonnerie ovoïde.
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- LE PALAIS DES COLONIES A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Fig. 1. — Le Palais des Colonies à l’Esplanade des Invalides de Paris.
- Situé dans l’Esplanade des Invalides, où il a été édifié par M. Sau-vestre, un architecte de grand talent,le Palais des Colonies dont nous donnons une gravure (lig. 1 ) renferme les envois do toutes les colonies auxquelles il n'a point été consacré un pavillon spécial.En lui-meme, il est intéressant à regarder. L’architecture en est très originale : elle ne rappelle aucun monument déterminé, et ne procède visiblement d’aucun style spécial.
- Par le perron qui occupe lemilieudelafaçade,l’on accède, après avoir franchi un poste d’Annami-tes et de Sénégalais qui ont fort bon air sous leurs uniformes, et qui observent leur consigne avec une minutie stricte, l’on accède, dis-je, dans un vaste Hall central, qui occupe toute la profon-
- deur de l’édifice, et toute sa hauteur. Dans ce Hall s’élève, au milieu, une pyramide de divinités asiatiques, des Bouddhas de toute sorte, en toutes attitudes, groupés sous un bouquet de palmes et de bambous énormes. Anciens et modernes, en bois, en bronze, en cuivre, les doigts en des poses variées dont chacune a sa signification spéciale, ces Bouddhas sont bien à leur place ici, et font un ensemble des plus curieux. Des Sacrans anciens, des fragments — très curieux — du char deBa-hour, et d’autres objets encore qui se rapportent au culte bouddhique, se trouvent aussi réunis l'a ; et dans des vitrines, disposées sur les 1 côtés du Hall, l’on rencontre «de tout un peu », I des objets mobiliers, des bijoux, des étoffes, etc.
- Fig. 2. — Modèle d’un cliar indien.
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- À droite et à gauche du Hall, deux grandes galeries, dont chacune est, sur les parties latérales, partagée par de petites cloisons en un certain nombre de stalles. Chacune de ces stalles est consacrée à nne ou plusieurs colonies. Les deux galeries sont encore, à hauteur du premier étage, parcourues par un vaste balcon, où se trouvent exposés nombre d’objets, qui n’ont pu trouver place dans les stalles du bas.
- Parcourons rapidement ces galeries, dont l’aménagement nous plaît beaucoup, et qui ont une agréable teinte d’exotisme par la variété et l’étrangeté des objets accumulés, et par la fantaisie des étoffes dont on a recouvert les bois.
- Le buste de Dupleix nous indique que nous sommes dans l’Inde française. C’est bien peu de chose, cette Inde française, et pourtant, elle nous est précieuse. Elle nous rappelle de glorieux souvenirs, glorieux pour le nom français, mais non pour ceux qui avaient mission de veiller à sa grandeur, glorieux pour Dupleix et ses collaborateurs, La Bourdonnais en tète, infamants pour Louis XY et ses ministres. C’est une triste histoire, en effet, que celle de la Compagnie des Indes, et de sa chute, suivie du triomphe de « la vieille dame de Londres », selon la dénomination donnée parles Hindous à la Compagnie des Indes orientales, sa rivale anglaise. Aussi y a-t-il peu de chose à voir dans l’exposition des Indes françaises, je laisse de côté les bibelots modernes qui n’ont aucun intérêt particulier, et je ne vois à signaler que des meubles, des peintures, et un modèle de char indien réduit au dixième (tig. 2.)
- Ce char sert dans les cérémonies religieuses; il est traîné à bras d’hommes, et c’est assurément un curieux objet. Au-dessus d’une série de trois frises sculptées, représentant des sujets divers (sont-ce des visions des béatitudes futures du croyant, après dépouillement de l'enveloppe de chair qui l’entoure ?), s’élève l’étage principal. Le toit est soutenu par des piliers faits de dragons verts, d’éléphants et de tètes humaines, par des diables blancs reposant sur des hommes accroupis. Au milieu, seule, impassible, une divinité, et ses prêtres autour d’elle à quelque distance. Quatre chevaux, dirigés par un cocher, semblent entraîner le char qui repose sur quatre épaisses roues, et c’est sous ces roues que viennent souvent se faire tuer les fanatiques qui aspirent aux joies célestes. Au-dessus des piliers, un vaste toit conique en étoffe ; autour, des pendeloques en étoffe et bois. L’ensemble de ce char est des plus curieux. Non loin de lui, un beau portail moderne, en bois sculpté, à trois compartiments, attire les regards. La sculpture en est très élégante, comme aussi les proportions. Ce portail est à vendre. — Laissons de côté les éventails en vétyver, les conserves, les foulards, les bracelets, les poupées habillées à la mode du pays ; voici qui est plus intéressant : ce sont divers meubles en bois sculpté. Il en est qui sont trop tourmentés, trop travaillés : cela manque de simplicité, mais quelques-uns sont d’un très bel
- effet, sobres et élégants. Ces meubles se trouvent éparpillés principalement au premier étage, au pourtour du Hall central. Au premier étage encore, notez les curieuses peintures sur talc, dans lesquelles un gros oiseau blanc et une énorme femme rose
- — la déesse de l’hydropisie, semblerait-il — jouent un rôle prépondérant, mais inexpliqué pour ceux qui ne sont point au courant de l’histoire religieuse et de la mythologie des Indes.
- Un grand bond à travers les mers : nous voici à Tahiti. Parmi les objets exposés, on remarquera la noix de coco, et ses nombreux dérivés. Le liquide qu’elle renferme constitue une boisson exquise. Sa chair, quand elle est jeune, est des plus agréables ; nuire, cette même chair est encore parfaitement comestible ; on la mange au naturel, on en fait des gâteaux délicieux, on en prépare de la fécule qui se conserve très bien, comme d’ailleurs la chair desséchée; avec la noix, on fabrique des boutons, et avec les fibres qui entourent celle-ci, on tresse des cordes très durables et solides. Puis voici le taro (Arum esculentum), le tubercule dont vivent tous les Hawaiiens, et aussi les Tahitiens. A en croire certains auteurs, il serait peu de nourritures aussi économiques. Un champ de un mille carré (le mille a 1609 mètres) suffirait à nourrir durant une année plus de 15000 bouches! On extrait du taro une fécule qui se conserve très aisément, et dont on voit de nombreux échantillons au Palais des Colonies. Avec le taro voici encore de très belles tiges de cannes à sucre, du café, du rhum, du sucre, une quantité d’objets tressés, chapeaux, colliers, pantoufles, etc., en feuilles de pandanus, bambou, fougères, canne à sucre, etc. Puis des coquilles, qui produisent une belle nacre utilisée dans l’industrie, quelques médiocres échantillons des coraux, pourtant si beaux, qui tapissent les côtés, et des divinités grotesques en bois et en pierre, qui rappellent les essais artistiques informes de l’homme primitif. D’ailleurs tous ces sauvages, quels qu’ils soient, ne sont-ils pas des hommes primitifs attardés? Voici enfin le kava (Piper methysticum) qui sert à confectionner une boisson enivrante.
- Encore un grand bond : nous voici à la Guyane. À vrai dire, l’exposition de la Guyane est maigre, dans le Palais des Colonies. Voici de l’or, en pépites et en grains. La Guyane en produit une certaine quantité, mais sans grand excès. Voici des peaux de bêtes et à côté différents animaux, des singes empaillés. Les échantillons de bois du pays sont fort beaux : les morceaux sont de grandes dimensions, et permettent de bien juger de la beauté des dessins naturels du bois. Puis, des poupées
- — noires — vêtues à la mode de la Guyane • d’opulentes négresses vêtues d’étoffes bariolées. Mais il ne faut point juger de la Guyane sur cette petite exposition seule ; il faut sortir du Palais des Colonies, et rendre visite au pavillon spécial qui est consacré a la Guyane française, plus loin, vers le Kampong javanais. Ce pavillon consiste en une mai-
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- son basse, entourée d’une large véranda, close contre la chaleur des rayons solaires, telle qu’il en faut dans ces pays brûlés par l’astre du jour. — Dans ce pavillon, c’est la zoologie qui domine, et les échantillons d’oiseaux et autres animaux sont fort nombreux. Il y a bien quelques meubles en bois du pays, et quelques produits végétaux, il y a aussi une pièce de bois sculpté qui est assez curieuse, et qui représente un grouped’Indiens entourant un arbre et vaquant à différentes occupations mal définies, mais en somme les animaux dominent. Voici des nids de guêpes gigantesques ; voici encore des œufs, voici des insectes, parmi lesquels de superbes coléoptères (Megalosoma acteon entre autres) ; voici enfin une fort jolie vitrine remplie d’oiseaux empaillés. Mais pas un nom ; aucun de ces oiseaux n’est déterminé, et le public ignorant regarde ces jolis animaux sans grand intérêt. C’est dommage, et il n’eût pas été difficile aux organisateurs du pavillon de mettre la main sur un ornithologiste compétent et complaisant qui leur eût rapidement désigné le nom de chacune des espèces exposées.
- Mais il nous faut rentrer au Palais des Colonies.
- Voici la Martinique. Comme l’on peut s’y attendre, du rhum en abondance. Voici bien quelques échantillons zoologiques, des coquilles, des poissons, des crustacés. —De l’exposition de Nossi-Bé, de Mayotte et des Comores, il y a peu de chose à dire. Un peu de rhum, de café, de sucre, de vanille ; du caoutchouc, des armes et des modèles de pirogues, quelques oiseaux, des étoffes, tout cela est maigre, et l’on sent qu’en réalité ces îles jouissent d’une prospérité très relative. Quand cela changera-t-il? Il est bon d’avoir des colonies assurément, mais il faut savoir en tirer parti, et il est incontestable que nombre de celles-ci ne rendent point les services qu’on en peut attendre. Les sociétés de colonisation ont un beau rôle à jouer, pour faciliter la colonisation, pour la diriger, et la rendre fructueuse, et leur utilité est incontestable. A ceux que la question intéresse, et ils sont certainement nombreux, je signalerai la Société française de colonisation, qui a pour secrétaire général M. Louis Henrique, l’intelligent commissaire spécial de l’Exposition coloniale, et le directeur de la publication les Colonies françaises. Cette société centralise et répand toutes les informations concernant l’agriculture et le commerce des colonies, et facilite l’émigration à ceux qui veulent se rendre dans celles-ci. C’est là un but très précis, et fort louable. Les brochures, mises à la disposition du public dans le Palais des Colonies, montrent comment la Société s’efforce d’y parvenir, et nous souhaitons que les personnes qui songent à faire œuvre coloniale viennent s’adresser à cette Société dont le rôle déjà appréciable ne peut que grandir en extension, et en utilité. — Nous avons beaucoup de colonies; il faut les peupler de colons intelligents et énergiques, sans quoi elles ne nous serviront à rien.
- Henry de Varigny.
- EXCURSION DANS LE MUT ARAGON
- ET DANS LA CATALOGNE
- Les touristes qui désirent visiter des pays inconnus vont bien loin les chercher; il y en a cependant tout près de nos frontières qui sont les plus curieux du monde et qui n’en sont pas moins actuellement presque ignorés. C’est ainsi qu’on peut citer les provinces d’Espagne, le haut Aragon et les montagnes de la Catalogne. Ces régions méritent l’admiration de tous. Jusqu’à présent le voyageur n’a point de document suffisant capable de le guider. La carte dite de Capitaine, qui est un prolongement de la carte de France dressée par cet ingénieur géographe, est remplie d’inexactitudes si nombreuses, qu’on doit la considérer comme inutilisable. La seule carte chorographique de l’Espagne est celle que publie le colonel don Francisco Coello; les parties des hautes Pyrénées espagnoles ne sont pas encore publiées. MM. Schrader et Ed. Wallon, membres du Club alpin-français, ont dressé séparément des cartes du versant espagnol des Pyrénées, mais elles ne donnent qu’une faible partie de ces provinces. Enfin M. Prudent, commandant du génie, mettant en œuvre les itinéraires et tours d’horizon rapportés par M. le comte de Saint-Saud, également membre du Club alpin-français, a dressé à l’échelle du 80 000e une esquisse, sur un canevas topographique très serré, de toute la région qui enveloppe au sud les parties levées par les deux explorateurs précédents, régions 'dites des Sierras de Aragon avec leur prolongement en Catalogne, et il en a fait une mise au net au 200 000e qui n’existe qu’en manuscrit. Ces divers documents précités servent à la construction de la carte de France au 500 000e dont M. le commandant Prudent a la direction ; elle a été entreprise au dépôt des fortifications qui fait actuellement partie du fonds de service géographique de l’armée. Les feuilles XIII et XIV de cette carte, sur lesquelles se trouve très largement indiqué le versant espagnol pyrénéen, seront sans doute publiées vers la fin de 1889 ou le commencement de l’année 1890.
- Au printemps dernier, je pouvais disposer de cinq semaines pour faire l ’exploration de ces intéressantes et pittoresques régions. Ne pouvant avoir de carte actuellement, j’eus recours à l’obligeance de M. le comte de Saint-Saud qui est pour ainsi dire la seule personne qui ait déjà parcouru ces pays. Je dois le remercier de la peine qu’il a prise en me traçant mon itinéraire. Grâce à ce document et à ses bons avis j’ai pu mettre mon projet à exécution. Je n’avais pour m’accompagner que Pierre Pujo, guide de lre classe à Gavarnie, et Gregorio Pascual, ancien alcade de la petite ville aragonaise de Torla, qui s’occupait du mulet chargé de nos bagages.
- Mon programme était de traverser les régions les plus sauvages du haut Aragon et de parcourir de même la haute Catalogne jusqu'à la Seo d’Urgel, puis finir par une visite à la république d’Andorre.
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- Le parcours de la vallée de Broto ainsi que le Salto de Roland, les deux merveilleuses murailles calcaires auprès desquelles on passe pour se rendre à Apies, si riche en vignobles, sont connus des touristes; je n'en parlerai pas. Arrivons à Yaso, ma quatrième étape.
- Yaso est un lieu découvert, à 880 mètres d’altitude environ, d’où l’on peut contempler toutes les grandes plaines de la province de Huesca çt une partie de la Sierra Guarra. Le panorama est vraiment grandiose. Dans les environs du village d’autres curiosités vous sont réservées : ce sont les deux grottes de Solentia situées près du vieux village de Bastaras.
- Ces grottes creusées par les eaux depuis les premiers âges, sont formées dans des montagnes de rochers dits de poudingues. La première grotte n’est accessible qu’en certaines saisons. Au commencement du printemps ces excavations sont remplies d’eau, elles deviennent de véritables réservoirs et quelquefois des crues terribles font tout déborder. Les eaux s’échappent alors avec fureur par l'entrée étroite, formant un courant impétueux qui creuse toujours les passages laissés au dehors par les rochers. La deuxième grotte n’est pas moins intéressante, mais située plus haut dans la montagne elle ne paraît pas avoir actuellement de sources souterraines. Son en-
- Fi*r. 1. — Enlioo tic la deuxième grotte de Solentia en Aragon.
- trée est formée de rochers sombres et sévères qui lui donnent un aspect tout à fait sauvage (fig. 1).
- Les Arabes et les Maures connaissaient jadis les grottes de Solentia, et avant d’avoir pu s’assurer de tout le pays, ils s’y réfugiaient. Ils y trouvaient un abri sûr et secret.
- Nous quittons Araso pour nous rendre à Rodellar où se trouvent de véritables merveilles naturelles. Les paysages du Colorado et de l’Arizona sont partout vantés comme les plus merveilleux du monde : nous pouvons affirmer que les gorges ou gargantes de Rodellar et les Cuevas de Otin qui en font partie doivent être mises en parallèle avec les splendeurs des États-Unis. Le rio Alcanadre, avec ses eaux d’émeraude, coule entre deux murailles calcaires fort resserrées. Devant soi, des rochers bleu de ciel
- ou de teinte orangée montent dans l’espace quelquefois jusqu’à 200 mètres de hauteur, se découpant en silhouettes fantastiques. Ils forment des tours et des châteaux ruinés, des pinacles ajourés comme ceux des cathédrales et des ponts aériens; des obélisques à peine en équilibre semblent servir de contrefort à cette niasse colossale de la montagne.
- Alquezar (700 mètres d’altitude), l’antique séjour des Arabes n’est pas moins curieux dans un autre genre que les localités précédentes. Les souvenirs légendaires n’existent plus comme à Yaso, mais nous avons devant les yeux de véritables preuves de la puissance des anciens tyrans de l’Espagne. Les tours du château antique, plantées au-dessus d’elfrayants précipices de roches calcaires, dominent la petite ville. Du côté sud, le seul point accessible de la forteresse,
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- Fin. 3. -
- Défilé des Terradels dans la Catalogne. (Dessins d’après nature de 11. Albert Tissandicr.l
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- de fortes murailles crénelées en défendent l’entrée (fig. 2).
- Les rues élroitcs d’xVlquezar avec leurs vieilles maisons et leurs jardins remplis de Heurs, les oliviers plantés partout où la terre végétale a pu être retenue parmi les immenses rochers, complètent l’ensemble d’un paysage vraiment remarquable au point de vue pittoresque.
- Lorsqu’on quitte Alquezar pour continuer plus avant dans les montagnes et gagner les rives du rio Cinqua, les ouvrages arabes se multiplient. Sur toutes les hauteurs qui dominent le lleuve on aperçoit encore une haute tour rectangulaire destinée à abriter une petite troupe d’hommes. Le pays était bien gardé ainsi, aucun mouvement sérieux ne pouvant se faire de la part des ennemis sans qu’une des tours ne put avertir par des signaux et des feux, l’autre tour sa voisine, et les renforts pouvaient arriver à Modiano situé au-dessus de l’étroit défilé de El Tremon où passe le rio Cinqua, à Abizanda et Arta-sona, à Estadillia qui domine la longue vallée de El Grado.
- Parmi les paysages de la haute Catalogne, le défilé des Terradets (446 mètres d’altitude) est un des plus remarquables. Les roches calcaires s’échafaudent en gradins immenses couverts de forets à des hauteurs qui atteignent jusqu’à près de 1500 mètres. C’est un entassement sans pareil, d’un aspect imposant et sauvage (fig. 5.)
- Le Coll de Gats, ou défilé des chats, situé plus au nord du rio Noguera Pallaresa, est aussi un des endroits qu’il faut citer. Ce sont des niasses colossales de roches calcaires et de poudingues. Je serai heureux, si j’ai pu inspirer à mes lecteurs le désir de visiter ces pays peu connus; ils en reviendraient charmés. Albert Tissakdier.
- FORMATION DE LA ROUILLE
- DANS LES TUNNELS *
- Le Hechanical World résume les résultats d’une étude faite sur une ligne de chemin de fer où les rails avaient été attaqués par la rouille avec une intensité extraordinaire.
- La ligne en question contient 18 tunnels, dont la longueur varie de 64 mètres à 728 mètres. On avait constaté le maximum d’oxydation dans un tunnel droit de 125 mètres, dans lequel le tirage produit par le mouvement du train suffit pour chasser la fumée. Le soufre que renferme la houille donne, en brûlant, de l’acide sulfureux qui, au contact de l’air humide, se change en acide sulfurique, dont l’action sur le fer est très énergique. Mais les choses ne peuvent pas se passer ainsi, quand la ventilation est énergique, comme c’était le cas. D’ailleurs, la rouille recueillie dans le tunnel était d’un caractère tout spécial : elle consistait en lamelles brunes, solides, de 2 millimètres et demi à 7 millimètres et demi d’épaisseur, ayant quelquefois l’apparence d’une masse métallique et, dans d’autres endroits, ressemblant à la pyrite de fer (bisulfure de fer). Ces lamelles étaient plus ou moins adhérentes, les unes faciles à détacher avec un canif, les autres, sur-
- tout sur les traverses métalliques, ne cédant qu’à l’action du burin.
- Le chimiste consulté par la Compagnie a attribué la formation de la rouille, non pas à l’acide sulfurique pouvant provenir de la transformation de l’acide sulfureux en présence de l’air humide, mais à l’acide sulfurique directement formé dans la machine et toujours contenu dans la fumée. Cette quantité d’acide dépasse 2 kilogrammes par heure.
- La nature des terrains que traverse le tunnel a aussi une grande importance. La formation de la rouille est considérable surtout dans les endroits modérément humides où une pluie fine, tombant sur le ballast, atteint les rails et les traverses. Cette eau sert de véhicule à l’acide sulfurique. Quand le tunnel est d’une certaine longueur, l’eau de condensation de la vapeur de la locomotive joue le même rôle et la voie se trouve couverte d’une couche d’humidité contenant une quantité considérable d’acide sulfurique. >.
- Telle est l’explication qui a été donnée.
- Les moyens qui ont été recommandés pour empêcher, autant que possible, la formation de la rouille, sont les suivants :
- 1° Emploi d’un ballast de nature poreuse, facilitant l’écoulement de l’eau; 2° emploi d’un ballast calcaire, surtout quand le tunnel traverse des terrains non calcaires ; 3° enduire soigneusement les rails et les autres parties en fer de la voie, avant la pose, de plusieurs couches de goudron carbonisé ; répéter la même opération une fois la pose achevée ; 4° remplir l’espace entre les rails de gravier de bonne qualité; 5° faire usage de combustibles aussi peu sulfureux que possible, réduire au minimum le dégagement de la fumée et de la vapeur dans les tunnels et éviter d’y jeter les cendres du foyer; 6° quand le tunnel est très long, opérer un nettoyage de temps à autre.
- —^C>o—
- LE "VENIN DE LA YIPÈRE
- M. le professeur Kaufmann, d’Alfort, a fait une étude assez complète du venin de la vipère et a produit sur ce sujet un travail qui a été couronné par l’Académie de médecine 1. Nous croyons intéressant de faire connaître quelques-unes des conclusions principales de l’auteur.
- Le venin de la vipère est un liquide limpide, incolore ou ambré, acide, qui doit sa toxicité non à des microbes, mais à des matières solubles. Les micro-organismes que l’on a signalés dans le venin ne sont pas constants ; quand ils font défaut, le venin conserve son activité normale ; les microbes isolés, cultivés et inoculés aux animaux, ne sont nullement pathogènes.
- Au contact de l’air, le venin liquide s’altère et perd ses propriétés; desséché, il se conserve longtemps et manifeste encore son activité après plusieurs mois.
- Après l’injection intra-veineuse, les effets apparaissent avec une rapidité foudroyante. Au moment de l’injection, les animaux sont vivement excités, ils se débattent et crient, mais cette excitation ne dure que quelques secondes, puis les animaux tombent dans un assoupissement profond qui dure jusqu’à la mort. Il se produit aussi, instantanément après l’injection, une chute énorme de la pression artérielle et une grande accélération des battements du cœur, avec un pouls petit et même filiforme.
- Les animaux, avant de succomber, ont souvent de l’hématurie, des vomissements et des évacuations alvines
- 1 Z)m venin de la vipère. — Paris. G. Masson, (2 fr. 50).
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- LA NATURE.
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- sanguinolentes. Les lésions consistent toujours dans des extravasions sanguinolentes, des hémorragies qui ont pour siège la muqueuse gastro-intestinale, le mésentère, le rein, le foie, l’endocarde, la muqueuse vésicale et certains muscles, surtout ceux qui sont en contact avec la plèvre et le péritoine. Le sang est plus fluide, moins coagulable; les globules rouges ont perdu leur forme discoïde et sont devenus sphériques; mais ils conservent la propriété de rougir au contact de l’air. Cependant, la teinte rouge n'est pas absolument normale.
- La mort, après l’injection intra-veineuse, doit être attribuée à l’apoplexie gastro-intestinale et à l’action stupéfiante exercée directement par le venin sur le système nerveux. Les injections hypodermiques de venin produisent à la fois des effets locaux se développant au point d’inoculation et des effets généraux dus à l’absorption du venin.
- Les effets locaux consistent dans une tuméfaction d’une coloration violette ou noire produite par l’cxlravasion sanguine et séreuse dans les tissus touchés directement par le venin. Dans ce cas, la mort peut être due soit à l’absorption du venin, soit, ce qui est le cas peut-être le plus commun, au développement des lésions locales, à l’altération et à la mortification des tissus au point d’inoculation et à une infection secondaire. Les tissus altérés constituent un excellent terrain pour la pullulation des microbes qui y pénètrent par la plaie. Ces microbes ne sont pas dangereux pour les animaux sains, car ils peuvent être inoculés sans déterminer aucune lésion.
- Il semble que des inoculations successives de faibles doses de venin soient capables de donner aux animaux une certaine immunité pour des doses plus fortes. Le venin de vipère n’est pas toxique pour la vipère elle-même.
- Ayant recherché des substances capables de détruire l’activité du venin, M. Kaufmann a trouvé que le permanganate de potassium et l’acide chromique, à 1 pour 100, constituent le meilleur antidote. En injectant quelques gouttes au point d’inoculation et (Jans son voisinage, on empêche le développement des effets locaux et on atténue considérablement les effets généraux. Il faut que ces injections soient faites aussitôt après la morsure ; elles peuvent cependant être encore utiles lorsque les accidents locaux ont eu le temps de prendre un certain développement avant l’application du remède. Dans ces derniers cas, il faut pratiquer des mouchetures dans la tuméfaction et injecter dans divers points quelques gouttes de la solution de permanganate ou d’acide chromique à un centième *.
- NOUVEAUTÉS PHOTOGRAPHIQUES
- développement a l’iconogène
- Un nouveau produit, qui donne de très bons résultats comme révélateur en photographie, vient de faire son apparition sous le nom d’Iconogène ou Eikonogène. C’est une matière dérivée de l’aniline comme l’hydroquinone : elle a été découverte par le docteur Andressen, de Berlin, qui n’en fait pas connaître la formule; elle se fabrique en Allemagne.
- L’iconogène est une substance colorée en gris verdâtre, impressionnable à la lumière. Elle ne cristallise pas comme l’hydroquinone. M. L’Hôte, le savant chimiste, auquel nous
- 1 D’après l Eleveur.
- avons soumis un échantillon de ce produit, a reconnu que l’acide nitrique fumant permet de distinguer les deux substances. L’acide nitrique agit lentement sur l’hydro-quinone en noircissant les cristaux et en donnant un composé oxydé, jaune, peu soluble. L’acide nitrique agit au contraire énergiquement sur l’iconogène en produisant une belle matière colorante jaune virant au rouge avec l’eau.
- On obtient de très bons résultats pour le développement à l’iconogène, en se servant des formules suivantes dont nous devons la communication à M. E. Guilleminot :
- A. Sulfite de soude .... 100 grammes.
- Eau distillée............... 1500 —
- Eikonogène................* 25 —
- B. Carbonate de soude. . . 74 —
- Eau distillée................ 500 —
- Pour développer, prendre 5 parties A et 1 partie B.
- Pour poses très courtes, ajouter quelques gouttes de l’accélérateur suivant :
- Carbonate de potasse............. 10 grammes.
- Eau distillée....................100 —
- Pour poses très longues, ajouter quelques gouttes du retardateur :
- Bromure de potassium. ... 10 grammes.
- Eau distillée....................100 —
- Fixage, etc., comme à l'ordinaire.
- M. Léon Vidal a étudié le nouveau produit, et nous emprunterons au savant praticien quelques-uns des renseignements qu’il a publiés dans le Moniteur de la photographie. M. Vidal constate que la solution d’iconogènc se conserve à l’air sans se colorer, « ce qui permet non seulement de conserver plus facilement une provision de révélateur tout prêt pour l’usage, mais encore et surtout d’y laisser les plaques à développer longtemps immergées, s’il est nécessaire, sans que l’on soit exposé à voir les négatifs se teindre, comme dans l’hydroquinone, par le fait de la coloration de ce produit au contact de l’air. Le bain d’iconogène, grâce à cette même propriété, peut servir plus sûrement au développement de plusieurs plaques successives. Comme conséquence de ce fait, on peut garantir à l’amateur qu’il pourra travailler impunément sans avoir sur les doigts et les ongles des taches désagréables. Mais examinons ce produit comme réducteur. A ce point de vue, il paraît être doué d’une énergie presque égale à celle de l’hydroquinone, nous n’osons dire égale et encore moins supérieure, attendu que jusqu’ici nos essais comparés ne nous ont pas prouvé que l’on put se prononcer en faveur de l’iconogène. Nous avons remarqué pourtant que pour des poses très rapides il permet d’obtenir un développement prompt et une épreuve aussi complète que possible quant aux détails. »
- M. E. Vogel a constaté que le développateur en question permet de réduire considérablement le temps de pose.
- Nous avons expérimenté le nouveau produit qui nous a donné de bons résultats et nous croyons pouvoir conclure avec M. Léon Vidal que ce révélateur peut être signalé comme offrant les avantages suivants : 1° sa conservation incolore au contact de l’air; 2° la limpidité des négatifs et la facilité du tirage ; 5° la rapidité du développement.
- Le nouveau produit mérite d’ètre sérieusement recommandé aux praticiens. G. T.
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- LA NATURE.
- SOUVENIRS DE DAGUERRE
- On se souvient que le 19 août 1889 les sociétés photographiques de Paris ont rendu hommage aux inventeurs de la grande et admirable découverte qui restera l’une des plus étonnantes du dix-neuvième siècle : la photographie, due au génie de Niepce et de Daguerre. Nous avons donné le compte rendu de la réunion du cinquantenaire de cette mémorable invention'. Tout ce qui touche à l’histoire des créateurs d’un si grand art, doit être recueilli comme un pieux souvenir; on ne saurait trop avoir de reconnaissance pour les bienfaits dont ils ont doté la science. Nous sommes heureux de publier aujourd’hui la reproduction d’une intéressante notice que M. Balagny a récemment présentée à la Société française de photographie sur de touchants souvenirs de Daguerre. Nous joignons à cette note la reproduction réduite des intéressantes photographies qui l’accompagnent :
- C’est à Bry-sur-Marne (Seine), tout près de Paris, par conséquent, que se trouvent les derniers vestiges, les reliques, disons-le, del’existence de Daguerre. Sur l’invitation qui nous en a été faite par M. Da-vanne, président de la Société française de photographie, nous nous sommes rendu à Bry, afin de photographier ces derniers restes. Le plus important de tous se trouve dans l’église même du village de Bry. Cette modeste église mesure environ 50 à 35 mètres de longueur. Le chœur est terminé, comme dans toutes les églises, par le maître-autel qui, à Bry, ne se trouve séparé du fond de l’église que par un espace vide qui compte 2,50 m à partir du pied du tabernacle jusqu’au fond de l’église.
- 11 ressort de là que celte église se terminait un peu brusquement pour la vue, ce qui explique pourquoi un esprit, aussi artiste que celui de Daguerre, a entrepris de changer cette disposition et de la rendre plus agréable à la vue des fidèles.
- Les deux côtés de l’église auraient dù se terminer en cintre derrière l’autel; mais, au lieu de se réunir, ils laissent la place à une ouverture de 2,25 m de large sur
- s Vov. n° 847, du 24 août 1889, p. 194.
- 5 mètres environ de haut. Daguerre prit le soin d’établir, en arrière de l’autel, un plancher qui se trouve au même niveau que l’autel lui-même, et à l’endroit où se termine ce plancher, il a fait élever un mur sur lequel il a peint son tableau; dans son esprit, cette peinture devait, par son effet de perspective, continuer l’église, qui, nous l’avons dit, se terminait un peu brusquement derrière l’autel. 11 eut alors l’ingénieuse idée de peindre sur ce mur une nef d’église. Cette nef est composée dans le style ogival de la Renaissance; la perspective, admirablement ménagée, fait croire au spectateur que l'autel n’est plus qu’au milieu de l’église, et, que derrière lui commence une nouvelle église beaucoup plus belle naturellement que la modeste église de Bry. Pour faire la jonction nécessaire entre l'église réelle et l’église imaginaire, le premier plan
- du tableau de Ta-guerre représente deux piliers en pierre blanche, qui s’élèvent à droite et à gauche de la composition. Sur ces deux piliers sont peints en grand relief des objets destinés à faire illusion ; ce sont :
- Un cadre doré sans sa peinture ; un cadre ovale avec sa peinture représentant la Vierge à la chaise.
- Sur chaque pilier, comme attaché par une main pieuse, un bouquet de roses. Au-dessous enfin de ces objets, en partant du sol, est figurée une boiserie surmontée d’une croix et portant deux médaillons. La partie supérieure du premier plan du tableau est terminée par un lambrequin, sur lequel semble accroché un Christ en ivoire (fig. 1).
- Tous les objets que nous venons de décrire et qui composent le premier plan sont peints de la main même de Daguerre, mais avec une telle perspective qu’on les croirait accrochés sur les piliers en pierre. Le relief est si considérable que l’on croit aussi que ces piliers sont en pierre naturelle. Derrière ce premier plan s’étend alors l’église imaginaire de Daguerre.
- Maintenant, si le spectateur s’éloigne du tableau et vient s’asseoir dans la nef, il croit positivement voir une église double de la grandeur réelle et d’une grande décoration artistique. L’illusion est absolue, si absolue que si l’autel n’était pas là pour barrer le passage aux visiteurs, on voudrait aller plus loin, jusqu’au fond. De plus, et de quelque côté que l’on se place dans l’église, l’effet produit est le même.
- On dit que, pendant l’exécution de son tableau, qui n’était qu’une espèce de diorama, comme il avait d’ailleurs l’habitude d’en faire, Daguerre, à chaque
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- LA NATURE.
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- coup de pinceau, se dérangeait pour voir si des différents côtés de l’église l’eü'et produit était toujours aussi vrai.
- Daguerre a laissé d’autres souvenirs à Bry. 11 était très lié avec le baron Louis et avec la famille de Itigny. Le baron savait quelles études il poursuivait; aussi lui laissait-il faire dans sa propriété certains embellissements, dans lesquels Daguerre ne cessait d’exploiter son talent de perspective. Il fit construire notamment une grottcqui existe encore en entier (fig.2) ; cette grotte est située dans un bouquet de verdure, sorte d’oasis abritée contre les rayons du soleil et jetée au milieu des prairies qui, dans ces parages, avoisinent la Marne.
- L’endroit est charmant et frais; il est traversé par un petit cours d’eau qui passe à côté de la grotte et sur lequel Daguerre a fait jeter un pont. Non loin de la grotte du baron Louis, Daguerre possédait une maison de campagne, dans laquelle il fit encore des décorations de perspective; mais, ici, il se servit de la verdure pour produire son effet.
- Ce sont de longues avenues dans le dessin desquelles on retrouve toujours l’idée diora-rnique qui a présidé à la composition du tableau. U allongeait son parc comme il avait allongé l’église.
- il est difficile de pénétrer dans cette propriété, vendue aujourd’hui. D’ailleurs, la maison de Daguerre a été rasée en 1870 ; il ne reste plus que la porte d’entrée de sa propriété, bâtie par lui-même et dont nous avons fait une photographie (fig. 5), ainsi que celle de sa tombe, située dans le cimetière de Bry et qui lui a été élevée par la Société libre des Beaux-Arts, en 1852.
- Ces souvenirs relatifs à la vie de Daguerre sont particulièrement intéressants. On sait que le célè-
- bre inventeur né à Cormeilles (Seine-et-Oise) en 1789, s’était consacré d’abord à la peinture : il compta parmi les plus brillants élèves de Degoti, décorateur de l’Opéra. Il devint lui-mème un maître, et ses décors excitaient à juste titre l’admiration du public.
- II introduisit de-3 perfectionnements importants dans cet art théâtral, et il inventa le diorama qui obtint à l’origine un succès inouï.
- Le l,r juillet 1822, la foule se précipitait avec avidité vers un nouvel établissement parisien installé dans les jardins de l’hôtel Sam son1 derrière le boulevard Saint-Martin. Elle allait contempler pour la première fois un spectacle qui, pendant de longues années, devait être l’objet de la laveur générale. Daguerre s’était associé au peintre Bouton, et tous deux avait imaginé de reproduire la nature au moyen d’immenses toiles, où les sujets étaient mis en relief par un éclairage puissant et bien ménagé. Ce qui excitait surtout l’étonnement des spectateurs, c’était le changement graduel des scènes, qui semblaient pour ainsi dire se fondre les unes dans les autres, et qui se succédaient sans interruption appréciable. Lors de l’exécution de ses toiles et de ses dioramas, Daguerre se servait très fréquemment de la chambre noire, et c’est dans la pratique de son art que le problème de la fixation de l’image de la chambre noire se posa dans son esprit.
- 1 Samson avait été trésorier de la chambre des deniers.
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- LA NATURE.
- A la. lin de sa vie, après avoir fait connaître les merveilleux procédés du daguerréotype, Daguerre se retira à Bry-sur-Marne, où il ne cessait d’ailleurs de travailler à perfectionner son invention. Il mourut à Bry, le 12 juillet 1851, et les souvenirs que nous reproduisons du grand inventeur, montre qu’il aimait à revenir aux préoccupations de sa première jeunesse ; l’auteur des dioramas se retrouve dans la peinture de l’église de Bry, et le décorateur apparaît dans la confection de la charmante grotte du parc du baron Louis. , G. T.
- CONGRÈS INTERNATIONAL
- I)E MÉCANIQUE APPLIQUÉE
- Parmi les vœux émis par le Congrès international de mécanique appliquée qui s’est réuni à Paris sous la présidence de M. Phillips, membre de l’Institut, du 16 au 21 septembre, il en est un certain nombre qui présentent un intérêt général pour toutes les personnes qui s’occupent de sciences, et que nous croyons utile de résumer.
- Une Commission1 de dénominations et de terminologie, nommée sur l’initiative de M. E. Hospitalier, et présidée par M. Haton de la Goupillière, a émis les vœux suivants qui ont été adoptés par le Congrès tout entier dans sa séance générale de clôture du 21 septembre.
- « Le mot force ne sera plus employé désormais que comme synonyme d’effort, sur la signification duquel tout le monde est d’accord. On proscrit spécialement l’expression transmission de force qui se rapporte en réalité à la transmission d’un travail et celle de force d'une machine qui n’est que l’activité de la production du travail par ce moteur, ou, en d’autres termes, le quotient d’un travail par un temps.
- « Le mot travail désigne le produit d’une force par le chemin que décrit son point d’application suivant sa propre direction.
- « Le mot puissance sera exclusivement employé pour désigner le quotient d’un travail par le temps employé à le produire.
- « En ce qui concerne l’expression numérique de ces différentes grandeurs, pour tous ceux qui acceptent le système métrique, les unités sont les suivantes :
- « La force a pour unité le kilogramme défini par le Comité international des poids et mesures.
- « Le travail a pour unité le kilogrammètre.
- « La puissance a deux unités que l’on pourra employer au gré de chacun : le cheval de 75 kilogrammètres par seconde, et le poncelet de 100 kilogrammètres par seconde.
- « L’expression énergie subsiste dans le langage comme une généralisation fort utile comprenant, indépendamment de leur forme actuelle, les quantités équivalentes : travail, force vive, chaleur, etc. Il n’existe pas une unité spéciale pour l’énergie envisagée avec cette généralité : on l’évalue numériquement, suivant les circonstances, au moyen du kilogrammètre, de la calorie, etc.
- « On se rend bien compte, dans ce qui précède, que ce système présente des différences avec celui qui est adopté maintenant pour l’étude de l’électricité.
- Les trois grandeurs essentielles de toute homogénéité,
- 1 Cette Commission était composée de MM. Haton de la Goupillière, de Comberoussc, Boulvin, Lencauehez, Gouilly, Casa-longa et Hospitalier.
- au lieu d’être, comme pour les électriciens, la longueur, le temps et la masse, sont ici la longueur, le temps et la force. Il a semblé que, pour les mécaniciens tout au moins, sans vouloir engager une discussion au point de vue de la philosophie des sciences, l’effort était une notion primordiale plus immédiate et plus claire que celle de la masse. »
- Il résulte de ce vœu que l’unité de puissance adoptée par les électriciens, le kilowatt, ne diffère pas essentiellement de la nouvelle unité de puissance adoptée par les mécaniciens sous le nom de Poncelet, et valant 100 kilogrammètres par seconde. Ce choix du poncelet comme unité de puissance présente le grand avantage de rendre le système des mécaniciens cohérent et décimal dans toutes ses parties. Nul doute qu’il ne se substitue dans un bref délai à l’unité empirique et non décimale employée jusqu’ici sous le nom de cheval-vapeur, et qui se trouvait battue en brèche depuis longtemps de bien des côtés différents.
- CHRONIQUE
- La météorologie au dix-septième siècle. —
- M. Alcius Ledieu, bibliothécaire d’Abbeville, nous adresse un curieux extrait d’un manuscrit de la Bibliothèque de cette ville (n° 97, fol. 131) relativement à des signes au ciel observés à Domart-en-Ponthreu (Somme), le 5 février 1670. Nous croyons qu’il s’agit de croix de lumière autour de la Lune. Voici le récit publié dans sa naïveté : « Du 5e febvrier, environ à six heures du soir, il s’est apparu sur notre horizon, du côté du levant, trois signes au ciel, savoir : un à la lune et deux autres, tous trois de même nature, tout ainsy que trois villages en feu, mais dinstinguo ; c’est que celuy de la lune, qui était le jour de sa pleine rondeur, vous croiriez, cher amy, le rond que la dicte lune s’est apparu à son lever tout en feu avec une barre qui contenait tout son diamètre de bas en haut, comme qui dirait à notre vue de la longueur de trois piques, tant en haut qu’en bas; lesquels signes ont duré tous trois également environ deux heures, au grand eston-nemcnt de tous ceux qui les ont vus, tellement que l’on a dit : (( Voilà le Ciel irrité contre nous », et ce avec raison. Et, pour immortaliser cette mémoire, une grande partie du peuple de Domart est sortie dans les rues et même a fait sortir les enfants, et, leur montrant ces signes épouvantables, on ,leur tint ces propos : « Voyez, mes enfans, voyez ces signes épouvantables et terribles, dont ce grand Dieu se sert pour nous faire voir les effets de sa juste colère ; voyez bien et remarquez le 5° jour de febvrier de l’année 1670, que ces signes nous ont apparu. »
- Une nouvelle plante textile. — On annonce qu’une nouvelle plante textile a été découverte sur les bords de la mer Caspienne. La plante, désignée par les habitants sous le nom de « kanaff », croît pendant l’été et atteint une hauteur de 10 pieds et un diamètre de 2 à 5 cm. En soignant la culture et en traitant la plante d’une manière technique, M. Blackenbury, ingénieur et chimiste, qui a fait une étude spéciale du « kanaff », est parvenu à en retirer une excellente matière textile. Celle-ci est souple, élastique et satinée. Le fil, qui est très résistant, peut être blanchi chimiquement sans perdre de sa valeur. Les étoffes fabriquées au moyen du « kanaff » et blanchies ensuite peuvent recevoir avec succès toute espèce de teinture et concourir très bien avec les autres toiles actuellement en usage. A cause de la modicité de son prix
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- LA NATURE.
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- et de sa solidité extraordinaire, le nouveau tissu convient tout spécialement pour la fabrication de sacs, de bagnolets, de cordages, etc., et peut défier toute concurrence. Son poids spécifique est beaucoup moindre que celui du chanvre, et sa force de résistance est au contraire beaucoup plus grande. Une corde de 8,25 mm de diamètre, formée de trois bouts tournés à la main, peut supporter un poids de 180 kilogrammes sans se rompre. Un cordage, fabriqué à Moscou et ayant un demi-pouce de diamètre, ne s'est rompu que sous un poids de 625 kilogrammes. Quand on considère que chaque année on emploie en Russie 150 millions de sacs, dont un tiers est importé, on ne peut pas se dissimuler que l’apparition de ce nouveau tissu sur le marché russe est un fait dont les conséquences peuvent être considérables. Il reste cependant à voir si la plante possède réellement toutes les qualités qu’on lui attribue, et si elle peut être cultivée dans des conditions qui lui assurent un succès commercial.
- Le volume d'eau débité par les chutes du Aiagara. — La quantité d’eau qui passe sur les chutes du Niagara varie naturellement avec la hauteur de la rivière. Le professeur Gunning estime que la moyenne est de 510 744 mètres cubes par minute, soit 735 471 000 mètres cubes en vingt-quatre heures. Plus des deux tiers de ce volume passent par les chutes du Fer-à-Cheval. En reprenant une comparaison déjà indiquée, on peut voir que le Niagara tombant sur le Champ de Mars (50 hectares) supposé clos, la Tour Eiffel serait submergée, non pas en quarante-huit heures environ, comme le dit un de nos confrères, à qui nous empruntons ces détails, mais en quatre heures huit dixièmes, car en multipliant la surface de 50 hc ou 500 000 m‘J par 300 m, hauteur de la Tour Eiffel, on obtient 150 millions de m'*, ce qui est à peu près le cinquième du débit par vingt-quati’e heures.
- Anguilles dans le Danube. — L’anguille était inconnue dans le Danube. Au printemps de cette année, une sorte de fédération, un Consortium de sociétés de pèche ayant son siège à Galatz, résolut d’enrichir le grand fleuve de cet excellent poisson, en utilisant l’alevin qu’on trouve en grande abondance sur la côte ouest du Schles-wig. Dans le courant de septembre, 500 000 alevins pris aux environs d’Altona, puis transportés par chemin de fer et en poste jusqu’à la rive roumaine, ont été confiés aux eaux du Danube, et on espère les y voir bientôt se développer.
- Taxe de l’énergie électrique à. la douane. —
- Il se présente en ce moment aux États-Unis un cas très singulier. Quelques stations centrales d’énergie électrique sont établies sur le territoire canadien. De ces stations partent des conducteurs qui amènent l’énergie électrique dans certaines localités des États-Unis. L’administration des douanes cherche le moyen de taxer une importation de ce genre.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 23 sept. 1889. — Présidence de M. Des Ci.oizeaux
- Le Congrès de mécanique appliquée. — Comme président du Congrès international de mécanique appliquée, M. Phillips rend compte à l’Académie des travaux que cette réunion de savants vient de terminer. En première ligne figure la fondation d’un laboratoire d’essai des matériaux et des machines’; en même temps le Congrès a émis le vœu que le gouvernement français prenne l’initiative d’une réunion internationale, qui fixerait les unités
- de mesure concernant la résîslance des matériaux et des machines et qui régleront les conditions des expériences d’essai. Au cours de ses séances qui ont été nombreuses, le Congrès a essayé de préciser le vocabulaire courant du personnel industriel en ce qui concerne les bases mêmes de la mécanique. Nous ne répéterons pas ici les renseignements que le lecteur trouvera à la page précédente. Nous nous contenterons de dire que l’adoption du Poncelet provoque une protestation de la part de M. Mascar, qui constate le désaccord qui tend à se produire entre les mécaniciens et les électriciens. Ces derniers, en effet, viennent, dans leur Congrès spécial, de décider l’emploi du kilowatt comme mesure de la puissance; il faut 0,736 kilowatt pour équivaloir au cheval-vapeur, et si, à côté, on admet le poncelet qui vaut 100 kilogram-mètres par seconde, il y aura des confusions analogues à celles qu’on prétend faire disparaître. Après des observations de M. Ilaton de la Goupillière qui paraît d’avis que les deux unités peuvent être admises concurremment, M. Berthelot, avec sa précision ordinaire, exprime le regret qu’il éprouve à voir des noms d’hommes servir de base à la nomenclature moderne. Poncelet, Ampère, Watt, Yolta, Ohm, sont maintenant des racines de noms dont la plupart n’ont pas de rapport nécessaire et immédiat avec les hommes qui les ont illustrés. Nous avons le kilowatt et l’ampère-heure, sans que Watt ou Ampère aient même prévu l’existence ultérieure de ces unités. Il est bien à craindre que le siècle prochain, par la force même de la marche en avant et des modifications incessantes des sciences, ne supprime cette terminologie et, en tous cas, le contraste est bien remarquable, comme le fait ressortir M. le secrétaire perpétuel, avec l’allure essentiellement impersonnelle qu’avait la nomenclature scientifique il y a seulement quatre-vingts ans.
- Infection phosphorescente. — Une très singulière découverte est signalée par M. Giard qui a reconnu qu’en injectant certaines bactéridies à des talitres et à d’autres crustacés, on communique à ces animaux une phosphorescence qui dure aussi longtemps que leur vie. On voit sur le bureau un flacon renfermant des crustacés ainsi traités, et M. Berthelot a constaté leur luminosité verdâtre dans l’obscurité.
- Le bleu du ciel. — D’après les études de M. Crova (de Montpellier), lés variations dans l’intensité de la couleur bleue du ciel sont exactement parallèles à celles de l’intensité calorifique de la voûte céleste. De nombreuses mesures exécutées au sommet du mont Ventoux sont résumées dans un tableau joint au Mémoire.
- Varia. — M. Gréon étudie les effets physiologiques de l’empoisonnement par l’acide cyanhydrique. — L’application des alliages de palladium à la chronométrie occupe M. Phillips. — L’Observatoire de Lyon adresse des chiffres relatifs aux comètes de Davidson et de Brookes. — Un médecin prétend guérir la phtisie par l’arsenic. — Pour M. Guérault la direction des ballons consiste à réunir deux aérostats l’un au-dessus de l’autre à 200 mètres de distance, la diversité d’allure des courants d’air aux deux altitudes permettant l’emploi de la voile comme sur les navires plongés à la fois dans l’eau et dans l’air. — Les métamorphoses d’un nématode fréquent chez les vaches du Bourbonnais occupent M. Moniez. — Suivant M. 11er-rera, le sol aurait subi un déplacement de 50 mètres, au cours d’un tremblement de terre ressenti à Marseille.
- Stanislas Meunier.
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- LA NATURE.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- LA GRENOUILLE JAPONAISE EN PAPIER
- Le Ministère de l’instruction publique du Japon a envoyé à l’Exposition une série intéressante de dessins industriels et artistiques, des modèles divers de travaux de broderie et de couture, de menuiserie,
- de poteries, etc., exécutés par les enfants des deux sexes des salles d’asile du pays. Les spécimens exposés sont intéressants et témoignent de l’intelligence et du goût que les jeunes Japonais mettent à ces travaux préliminaires, mais on peut en remarquer d’autres qui ne sont pas moins curieux. Ce sont les travaux de récréation faits par les petits enfants de la salle d'asile privée d’Azabu à Tokio.
- La série de tableaux montrant des papiers de couleurs découpés ou combinés de façon a former des fleurs, des papillons ou des dessins de marquetterie est tout a fait attrayante, et nos enfants seraient sans doute heureux de savoir exécuter d’aussi jolies choses. Nous connaissons en France, il est vrai, comme au Japon, le jeu charmant des papiers pliés. La cocote classique, la boîte et la galiote, etc., sont populaires chez nous, mais n o u s devons convenir que les Japonais ont des modèles plus ingénieux encore.
- La grenouille que nous mettons sous les yeux de nosjeunes lecteurs (fig. 8) en est un exemple. C’est grâce à l’obligeance de MM. les commissaires du Japon que nous avons pu tracer les figures nécessaires à son exécution. Il faut d’abord couper une feuille de papier de manière à avoir un carré parfait (tîg. 1). On plie la feuille en formant les diagonales a et a, puis on la retourne dans l’autre sens et on façonne les plis a angle droit indiqués en b b. Les plis ainsi bien déterminés, il sera facile d’exécuter la figure 2, puis de rabattre les extrémités b et a comme le montre la figure 5. On aura alors une série de huit petits panneaux autour de l’axe o a. 11 faut prendre ensuite le papier par le point b et bien plier la feuille de façon à faire deux nouvelles pointes régulières comme le
- montre la figure 4. Cette opération, faite sur les huit faces du papier plié, vous donnera le résultat représenté par la figure 5. On devra plier encore chaque panneau du papier en rabattant les pointes s vers Taxe central (fig. 6), et avoir soin de former aussi bien
- que possible les plis des pointes a. La figure 7 montre ce qu’il reste à faire pour terminer la grenouille. On relève, en les pliant, deux des pointes supérieures a pour former les pattes de devant, les deux autres pointes inférieures a serviront à confectionner les pattes de derrière. Le côté gauche de la figure 7 indique les pointes de papier non pliées, le côté droit donne l’aspect des pattes de la grenouille tout à fait terminées.
- La Nature a donné déjà un autre spécimen du jeu des papiers pliés japonais1 ; il s’agissait de l’exécution de l’oiseau de papier. — On remarque encore à lExposilion d’autres modèles parmi lesquels il faut citer le crabe en papier rouge, la jonque et le chapeau des Daïmios, le perroquet, etc. Le mode de confection de ces différents spécimens offre bien des points de ressemblance avec la grenouille. Dr Z...
- 1 Vov. n° 621, du 25 avril 1885, p. 536.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- lis- 8
- Grenouille eu panier exécutée par des écoliers
- \ V / '
- Earia. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N* 855.
- 5 OCTOBRE 1889.
- LÀ NATURE.
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- LE PAVILLON DES FORÊTS
- A l’exposition UNIVERSELLE DE 1889
- A l’exemple de ce qui a été fait par un certain nombre d’expositions spéciales, privées ou publiques, l’Administration des forêts a présenté l’exposition de ses services, en 1889, dans un pavillon fort original et fort curieux élevé dans le jardin du Trocadéro. Il s’agissait d’y réunir d’une façon élégante et méthodique tout ce qui concerne la statistique et la bibliographie, l’exploitation des bois, la restauration des terrains en montagne et la description des
- travaux variés qui font l'objet des préoccupations de l’Administration forestière. C’est ce qui a été fait.
- On connaît trop les funestes effets du déboisement et ses relations avec la dépopulation d’une partie importante du territoire de la France pour ne pas s’intéresser d’une façon particulière aux moyens dont la science et la pratique disposent pour le combattre.
- L’Administration des forêts a employé les matériaux mêmes que lui fournissent les exploitations pour ériger son pavillon d’exposition. Entièrement construit en bois, sur pilotis, il comprend un rez-de-chaussée et un premier étage. Le rez-de-chaussée se composa*
- Le Pavillon des Eaux et Forêts à l’Exposition universelle. (D’après une photographie.)
- d’une grande salle de 54 mètres sur 14, à laquelle on accède par deux perrons et deux vestibules de 6 mètres sur 9 ; une terrasse couverte de 5 mètres de largeur règne tout autour. C’est, on le voit, un véritable édifice, spacieux et élégant, bien que son architecte, M. Leblanc, en ait exclusivement emprunté tous les éléments à la forêt même dont cette construction est, en quelque sorte, la monographie matérialisée. La plus grande partie des bois mis en œuvre ont été exploités dans notre belle et poétique forêt de Fontainebleau si justement aimée des touristes : elle en a fourni 1240 mètres cubes; cependant la forêt de Montceaux, près de Meaux, a apporté son contingent à l’œuvre commune ; la forêt de Marly a prêté quelques-uns de ses châtaigniers ; celle de Com-piègne, ses mélèzes; celle de Gérardmer, dans les 17e année. — 28 semestre.
- Vosges, des sapins et des épicéas, essences que l’on ne trouve pas, tout au moins d’une façon exploitable, dans les forêts de Fontainebleau et de Montceaux.
- Toute la décoration extérieure du pavillon est en bois en grume non dépouillé de son écorce, d’essences forestières françaises, chêne, hêtre, bouleau, charme, érable, cerisier, frêne, châtaignier, peuplier, pins, épicéa, etc.... A l'intérieur, le bois en grume se mélange artistement avec le bois ouvré; la couverture, enfin, est en bardeaux de chêne.
- Dans l’axe principal de la grande salle, un bassin avec rocailles forme un motif central avec les colonnes rustiques qui supportent la construction et les deux escaliers conduisant aux galeries du premier étage. A1 mètre au-dessus du sol, autour de la grande salle, se trouve la galerie dite du reboisement, de
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- 5 mètres aussi de largeur, qui donne accès : 1° à trois vues dioramiques du reboisement; 2° à deux petites salles d’exposition; o° à deux annexes destinées au personnel.
- Le pavillon est par sa construction même, pour tous les visiteurs désireux de s’instruire, une exposition proprement dite, pleine d’enseignements divers : mais les collections qu’il contient sont également très remarquables. 11 fait grand honneur à MM. de Gayffier, conservateur des forêts; L. Daubrée et U. Daubrée, directeur et inspecteur des forêts; Sée, administrateur; Thil, inspecteur adjoint;Démontzey, vérificateur général du reboisement, qui l’ont organisé et installé avec les soins méritoires qu’apporterait un grand industriel à faire valoir les produits et les travaux d’une industrie nationale de premier ordre. Les agents forestiers, les directeurs et professeurs des écoles de Nancy et des Barres les ont aidés dans cette tâche, cela va sans dire, avec une bonne volonté et une émulation patriotiques.
- La statistique et la bibliographie occupent une place importante au premier étage du pavillon. On y trouve, collection unique, tous les ouvrages publiés par des agents des forêts de 1878 à 1889 et des notions statistiques relatives à tous les services forestiers : contenance du sol boisé, peuplement, exploitation, production et usage des bois, types de procès-verbaux, vérification des graines, etc... — Toujours au premier étage du pavillon, voici les monographies de toutes les essences forestières de France et d’Algérie, photographies de l’arbre sous ses différents aspects, échantillons de graines, de bourgeons, de feuilles, de lleurs et de fruits, diagrammes de la végétation de l’arbre, enfin sections microscopiques de bois, transversales et longitudinales, montrant les éléments constitutifs, fibres, vaisseaux, rayons médullaires, parenchyme, canaux résinifères, etc.... Des échantillons de bois sains et malades sous forme de petits cubes, complètent chaque monographie ; on voit à coté des rondelles montrant les différents modes de débit suivant les régions, des spécimens d’objets fabriqués et de produits chimiques et pharmaceutiques extraits du hois ; enfin, les champignons, les parasites et les insectes qui livrent aux essences considérées une guerre perpétuelle et contre lesquels luttent sans cesse la science et l’expérience de nos agents forestiers.
- En dehors de cette série instructive, il convient de signaler une collection complète des produits des carrières en exploitation dans les forêts domaniales et communales : les géologues y voient avec intérêt un grand nombre d’échantillons de hois fossiles et d’empreintes récemment découvertes et qui n’ont jamais figuré antérieurement dans aucune collection. Enfin, les outils forestiers forment au milieu de la grande salle d’imposants trophées.
- La restauration des terrains en montagne est une des parties les plus curieuses et les plus utiles de cette exposition. Il s’agissait de montrer au public par des exemples bien choisis toute l’importance de l’œuvre patriotique confiée à l’Administration des forêts en
- vue de rétablir, dans l’intérêt général, les massifs forestiers disparus des versants dénudés de nos plus importantes chaînes de montagnes. La forêt disparue, le règne du torrent commence, emportant avec lui la terre végétale, ravageant les cultures, détruisant toute existence de végétaux, rendant impossible l’existence des animaux sur son passage. Alors surviennent la misère, l’émigration et la dépopulation. Le tableau est triste; mais il faut savoir jeter les yeux sur lui et de chercher le remède qui consiste dans la restauration des terrains et dans leur reboisement.
- Nous avons vu, au Pavillon des forêts, non seulement da très nombreux projets de travaux ou vues de travaux en exécution, mais encore, ce qui vaut mieux, des preuves de résultats déjà obtenus dans les Alpes, les Cévenncs et les Pyrénées. Des photographies fort bien exécutées par les agents forestiers présentent les aspects divers des terrains en haute montagne des Hautes et Basses-Alpes, de l’Isère, de la Drôme, de Vaucluse, de l’Hérault, de l’Aude, des Hautes-Pyrérfées. Des dessins, des gouaches, des tableaux dus au crayon et au pinceau de MM. Sardi, Gabin et Charlemagne, nous montrent les torrents des Alpes et des Pyrénées pris sur le fait, en même temps que des projets de périmètre de restauration nous font saisir comment on peut lutter d’une façon méthodique contre l’œuvre de la nature mise en révolte par le gaspillage, les préjugés et l’incurie des populations mêmes intéressées à la conservation du sol natal. Puisse cette leçon de choses si émouvante, porter scs fruits dans l’avenir : ce serait un des résultats partiels bien utiles de notre magnifique Exposition de 1889 qui est si fertile en enseignements de toœs genres. Max de Nansouty.
- ÉRUPTION BOUEUSE
- DE KANTZORIK (ASIE MINEURE)
- Le village de Kantzorik, situé à 60 kilomètres de la ville d’Erzeroum en Asie Mineure, vient d’être le théâtre d’une catastrophe épouvantable dùe à une éruption boueuse. Voici les premiers renseignements qui ont été recueillis en Turquie :
- C’est d’abord à Constantinople que l’on a appris la nouvelle de la catastrophe; l’éruption a eu lieu le 2 du mois d’août dans le vilayet d’Erzeroum; elle a déterminé un éboulement qui a détruit le village de Kantzorik et a fait périr la majorité de ses habitants. Kantzorik était un petit hameau de la caza de Tortoum, caché dans une riante vallée, à 1600 mètres d’altitude sur le versant oriental des montagnes. Quelques jours avant l’événement, les habitants furent surpris des bruits souterrains qui se produisaient, et ils constatèrent que des sources, situées dans la vallée, s’étaient taries. Effrayés de ces phénomènes, ils avisèrent les autorités voisines, et reçurent aussitôt l’ordre d’évacuer la région. Mais cet avis arriva trop tard pour le plus grand nombre; le 2 août vers midi, tandis qu’affolés, les paysans préparaient leur fuite,, l’éboulement se produisit avec un fracas épouvantable : un torrent de boue se précipita des parties hautes de la vallée, entraînant des
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- roches et des niasses de terre arrachées à la surface et au cœur de la montagne ; tout le village, avec cent trente-six de ses habitants, fut englouti en un instant.
- La masse épanchée couvre une bande de terrain de 100 à 500 mètres de largeur, sur 7 à 8 kilomètres de longueur; elle atteint parfois 10 mètres de hauteur; on l’estime à plus de 50 millions de mètres cubes.
- La montagne, qui continue à s’ébouler, est aujourd’hui partagée par une énorme crevasse de 400 mètres de longueur, d’où s’est épanchée la masse boueuse; il s’en exhale une forte odeur. Aux dernières nouvelles, les bruits souterrains continuaient à se faire entendre, et des dépressions du terrain, ainsi que des fissures, étaient constatées jusqu’à 10 kilomètres du lieu de la catastrophe. Il y a donc tout lieu de supposer que l’on se trouve en présence d’un phénomène d’ordre volcanique.
- Aussitôt que la catastrophe s’est produite, M. Corpi a été délégué par le gouvernement turc pour aller visiter la localité qui offre un aspect lamentable au milieu des ruines et des éruptions boueuses.
- FABRICATION DU PAPIER AU JAPON
- ün savait depuis longtemps qu’au Japon et en Chine on fabriquait d’excellent papier, dont la qualité était notablement supérieure au papier d’Europe. Dernièrement le consul allemand à Gioko-Osaka a envoyé au Ministre du commerce et de l’industrie*d’Allemagne toute une collection d’échantillons de papier provenant de différentes fabriques de koki au Japon. 11 a joint à ces papiers les dessins des plantes qui servent à les préparer. Ces échantillons furent envoyés à l’Institut de Hanovre, où le professeur Miller fit des expériences sur leurs qualités et leur résistance.
- On doit signaler la résistance extraordinaire du papier japonais qui atteint 10,8 kilomètres de longueur de rupture avec une densité moyenne et une épaisseur relativement faibles. Nous rappellerons ici que l’on entend par longueur de rupture la longueur d’une bande de papier suspendue verticalement et enroulée à son extrémité inférieure, lorsqu’elle se rompt sous son propre poids, et que les papiers européens qui ont fait le sujet d’expériences très étudiées à l’Institut de Charlottenbourg, ont une longueur de rupture qui varie de 1 à 6 kilomètres au maximum, avec des densités moyennes et des épaisseurs bien supérieures à celles du papier japonais.
- La substance principale qui sert à faire le papier au Japon est la fibre de trois plantes qui sont : 1° la wickstro-mia canescens; 2° Vedgeivorthia papyrifera ; 5° la brous-sonetia papy ri fera ; lesquelles portent au Japon les noms de gampi, milsumata (dsuiko) et kodsn. Ces trois plantes sont cultivées sur une grande échelle en Chine et au Japon. Les essais d’acclimatation de ces trois plantes en Europe, qui ont été faits à Franc for t-sur-le-Mein, n’ont pas été jusqu’ici couronnés de succès.
- La tille de ces plantes est form'ée de filaments très longs et très flexibles qui constituent la résistance extraordinaire du papier japonais. Vus au microscope, ces filaments présentent les caractères suivants :
- 1° Wickslromia canescens (gampi). — L’iode colore les filaments du gampi en jaune. Le conduit intérieur de chaque fibre est assez étroit, il s’élargit parfois jusqu’à la moitié de l’épaisseui* totale de la fibre, qui est striée en long sur une certaine longueur comme la fibre du chan-
- vre. La surface extérieure est couverte de pores et les extrémités sont arrondies. Sous l’action d’une solution ammoniacale d’oxyde de cuivre, la fibre se gonlle et prend une forme en chapelet.
- 2° Edgeworthia papyrifera (milsumata ou dsuiko). — L’iode colore aussi les filaments du mitsumata en jaune. La fibre est très tendre et recouverte d’une mince tunique, les extrémités en sont légèrement arrondies ; un de ses principaux caractères est de se ramifier parfois. Sous l’action de la dissolution ammoniacale de l’oxyde de cuivre, elle se gonfle aussi, mais elle ne présente pas aussi distinctement que le gampi la forme en chapelet.
- 5° Broussonetia papyrifera (kodsu). — L’iode colore les filaments du kodsu en couleur cannelle intense. L’action de la solution ammoniacale d’oxyde de cuivre n’est pas aussi énergique que sur le gampi et le mitsumata .
- Presque tout le papier au Japon est fabriqué à bras d’homme, ce qui se reconnaît à ce que la fibre prise dans le papier présente, sans trace d’avaries, le même aspect que dans la tige de la plante. La confection du papier à la main est si répandue au Japon que presque chaque famille est pourvue du matériel nécessaire à ce travail. Comme l’industrie du papier au Japon s’est transmise de génération en génération par la tradition, les manipulateurs de la pâte sont arrivés à une véritable perfection.
- Tous les procédés de cette industrie sont extrêmement simples : on enlève l’écorce de ces plantes, puis on la met tremper pendant quelques jours afin de séparer la partie extérieure qui est de couleur cannelle de la partie intérieure incolore qui fournit les filaments du papier ; ensuite on lie en bottes cette dernière et on la met sécher au soleil afin de la blanchir. Ce blanchiment naturel a Davantage sur le nôtre de ne pas exposer les fibres à l’action d’agents chimiques qui peuvent en diminuer la résistance.
- Les Japonais se procurent l’alcali pour la cuite, par le lessivage des cendres de la plante; ils emploient aussi quelquefois l’eau de chaux. Ils font bouillir l’écorce pendant 12 heures dans des chaudières à découvert; puis, pour se débarrasser de l’alcali, ils agitent cette écorce dans des paniers sous un courant d’eau ; ensuite ils la frappent avec des bâtons jusqu’à ce qu’elle forme une bouillie, qu’ils brassent dans des cuves pour lui donner la consistance voulue ; enfin ils en retirent cette pâte à papier au moyen d’épuisoirs composés de tiges de bambous reliées par des fils de soie laissant des interstices entre elles.
- Afin que la masse s’agglutine, on ajoute dans les cuves, soit un extrait de racines bouillies de Yhibiscus-manihot, ou de la tille de Vhydraugea paniculata, soit de riz bouilli. Il est vrai que cet encollage ne peut se comparer à notre emploi de la gélatine ou de la résine blanche; aussi les fibres de ce papier ne sont pas assez adhésives, ce qui nuit à son aspect extérieur en le rendant peu lisse et permettant aux fibres de se détacher facilement des feuilles ; mais il est évident que cet encollage défectueux peut être amélioré et remplacé par un autre mieux approprié.
- Les applications de papier au Japon sont tellement multipliées que les Européens peuvent à peine s’en faire une idée. Les Japonais font en papier une foule d’objets d’un usage domestique, comme des étoffes, des imitations de peaux, des manteaux, des parapluies, des lanternes, des éventails, etc. h
- 1 D'après le Zapiski, par M. Marions. Bulletin de la Société d'encouragement.
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- LA TOUR EIFFEL 1
- Dans la livraison de La Nature, du 28 mai 1887 2, —il y a presque deux ans et demi, —nous présentions à nos lecteurs une description des fondations de la Tour de 500 mètres que M. Eiffel avait commencée contre vents et marées, à une époque où une multitude d'adversaires — comme les grandes choses en ont toujours — s’acharnaient après son œuvre et s'efforcaient d'en empêcher la réalisation, ha notice était accompagnée d’une gravure figurant les massifs de fondation d’un des montants de la Tour, du côté sud. Je n’oublierai jamais la visite que je fis alors sur
- lé chantier de construction : M. Eilïel eut l’obligeance de me recevoir lui-mème, et il me faisait remarquer, pour bien m’indiquer la grandeur du futur monument,, l’énorme distance a laquelle se trouvaient les fondations de chaque pilier. A cette époque, Déminent ingénieur n’était pas encore assuré d'une façon certaine, de la souscription des fonds nécessaires à l'exécution de son immense entreprise ; bien des difficultés, bien des déboires se présentaient à lui ; mais avec l’énergie des hommes d’action, il marchait droit vers son but. « En avant, toujours en avant, » telle était la devise de M. Eilïel : tel est le secret des grands succès. — Ces souvenirs d’une visite déjà lointaine me revenaient à l’esprit, parce que les fondations
- du pilier sud, figurées à cette époque dans La Nature, sont précisément celles qui abritent aujourd’hui la salle des machines de la Tour dont nous avons tout récemment visité l’installation complète.
- Nos lecteurs connaissent le mécanisme des ascenseurs de la Tour qui élèvent les visiteurs aux différents étages du monument3. Nous rappellerons que deux systèmes d’ascenseurs conduisent au premier étage ; ce sont : 1° l’ascenseur Iloux-Combaluzier et Lcpape ; 2° l'ascenseur Otis. L’ascenseur Otis s’arrête au premier étage, mais il continue sa marche jusqu’au second étage. En dernier lieu un ascenseur du système Edoux s’élève du deuxième étage à la plate-forme
- 1 (Suite). Voy. n° 845, du 10 août 1889, p 107.
- 3 Voy. u0 730, du 28 mai 1887, p. 400.
- 3 Voy. u° 831, du 4 mai 1889, p. 559.
- supérieure. Tous ces ascenseurs sont des appareils hydrauliques ; leur fonctionnement nécessite un volume d’eau considérable que font monter au niveau voulu des pompes élévatoires. C’est la salle des machines de la Tour Eiffel que nous allons décrire aujourd’hui pour compléter nos descriptions antérieures. Nous reproduirons à cet effet les renseignements que nous devons à l’obligeance deM. Adam, ciief mécanicien de la Tour, et qu’il nous a obligeamment donnés lors de notre visite à l’usine qu’il dirige.
- Les machines servant à fournir l’eau nécessaire aux ascenseurs de la Tour, sont renfermées, comme nous venons de le dire, dans le pilier sud et sont au nombre de quatre.
- Deux de ces machines, du système Wheelock, delà puissance de 150 chevaux chacune, ont été construites
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- par la maison Quillaeq à An/in (fig. 1). Elles action- 120 mètres de hauteur l’eau prise dans un immense lient chacune une pompe à double ell'ct qui élève à réservuir placé au-dessous de la salle des machines.
- Fi". 2. — L’usine des pompes élévatoires pour les ascenseurs de la Tour Eiffel.— Machines Worlhinglon.
- Cette eau est emmagasinée dans des réservoirs et est distribuée à chacun des ascenseurs faisant le service, du rez-de-chaussée au premier, et au deuxième étage.
- Lorsque les ascenseurs sont arrivés à destination, l’eau estren-vovée par eux pendant leur descente dans le réservoir d’où elle est partie. C'est toujours la même eau qui est en mouvement.
- Deux autres machines du sys-tcmeWorthington (fig. 2) de lapuis-sance de 100 chevaux chacune, servent à faire fonctionner l’ascenseur Edoux, allant du deuxième au troisième étage. Elles prennent l’eau nécessaire à cet appareil dans
- un réservoir placé au plancher intermédiaire à 200 mètres de hauteur, pour la porter au sommet
- dans un autre réservoir de même capacité.
- Cette eau descend dans un tuyau et vient actionner deux pistons agissant au-dessous d’une des cabines qui, dans son mouvement de montée, fait descendre la seconde. Lorsque le mou vement inverse se produit, l’eau qui a fait monter l’appareil revient dans le plancher intermédiaire. Là encore, c’est toujours la même eau qui sert.
- La salle des machines du pilier sud renferme, outre les appareils élévatoires que nous venons de
- Fig. o. — Le transbordement des visiteurs de la Tour Eiffel, de la cabine montante de l’ascenseur Edoux, à la cabine descendante. Etage intermédiaire. (D’après une photographie instantanée de MM. Pieurdein.)
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- mentionner, deux autres machines; elles servent à mettre en mouvement deux dynamos pour fournir à la Tour la lumière électrique nécessaire aux projecteurs, au phare et à l’éclairage des appartements de M. Eiffel *. Quatre autres machines à vapeur actionnent les pompes à air des condenseurs de ces machines.
- Les machines à vapeur (pie nous venons de mentionner nécessitent des chaudières importantes; ces machines sont alimentées par quatre générateurs du système Collet pouvant produire chacune 1500 kilogrammes de vapeur à l’heure; les générateurs sont également installés dans le pilier sud à côté de la salle des machines.
- L’alimentation nécessaire aux générateurs est fournie par deux machines à vapeur Worthington.
- En résumé, douze machines à vapeur sont renfermées dans le seul pilier sud de la Tour Eiffel et représentent une puissance de G00 chevaux.
- Le visiteur qui monte par le pilier sud ne se doute pas qu’il a sous ses pieds une usine à vapeur de cette importance.
- Nos gravures donneront une idée de l’installation mécanique de la Tour. La figure 1 représente les machines Wheelock, la figure 2 montre les machines Worthington. Les générateurs se trouvent à côté dans une salle à part et ne sont pas représentés dans nos gravures.
- Nous terminerons cette notice en représentant l’ascenseur Edoux à l’étage intermédiaire du transbordement (fig. 5). Notre figure est la reproduction d’une remarquable photographie instantanée de MM. Neurdein, qui ont fait, sur la Tour Eiffel, toute une série d’épreuves du plus haut intérêt1 2.
- Gaston Tissandier.
- —><><—
- FERMETURE DES LAMPES DE SURETE
- DES MINES
- La lampe de sûreté employée dans les mines est ordinairement entourée d’une toile métallique serrée qui, en jouant son rôle de bon conducteur de la chaleur, évite ainsi toute conflagration. Mais il faut que la lampe reste fermée et que le mineur ne puisse l’ouvrir en aucun cas. On sait que bien des explosions de feu grisou ont été déterminées par l’imprudence des mineurs qui étaient arrivés à ouvrir leur lampe et à mettre ainsi la flamme en contact avec un mélange détonant.
- A cet effet, on a imaginé plusieurs lampes et divers systèmes de fermeture. Nous mentionnerons entre autres le système inventé en 1874 par M. \illiers, directeur des houillères de Saint-Etienne. La lampe renfermait un verrou à ressort solidaire d’une armature en fer doux en fer à cheval. La lampe ne pouvait par suite être ouverte qu'à l’aide d’un aimant qui arrachait l’armature et rendait libre le verrou. On avait disposé au-dessous de la lampe un électro-aimant, et sur le même bâti une
- 1 Voy. n» 833, du 18 mai 1889, p. 383.
- 2 MM. Neurdein se sont servis avec grand succès de l'appareil photographique panoramique du commandant Moëssart, pour faire du liant de la Tour des vues panoramiques d’une rare perfection,
- machine magnéto-électrique Gramme à aimants Jamin et à pédales. Le courant produit par cette machine servait à exciter l’électro-aimant. La disposition adoptée, bien que commode, n’était pas encore très pratique. La machine Gramme exigeait un certain temps et un certain travail avant de fournir l’énergie électrique nécessaire ; l’ouvrier le mieux exercé ne pouvait ouvrir plus de six lampes par minute. On peut donc compter qu’en moyenne un homme ouvrait 5 lampes par minute. La puissance qu’un homme peut fournir étant environ de 4 kilogrammètres par seconde, le travail dépensé en 1 minute était de 240 ki-logrammètres, soit 80 kilogrammètres par lampe. M. J. Ilaffard eut alors l’idée de supprimer l’électro-aimant et de le remplacer par un simple aimant. La modification en apparence ne semblait rien, et cependant elle a rendu l’appareil pratique.
- L’appareil de M. Raffard, construit par la maison Breguet, et dont on peut voir un modèle dans le Palais des Machines, à la section des mines, se compose d’un aimant (NS) permanent ordinaire en fer à cheval placé horizontalement sous une table, dans laquelle est pratiquée une ouverture circulaire. À chacun des pôles de l’aimant est fixé un petit cylindre de fer a, de 17 milli-
- Appareil pour la fermeture des lampes de sûreté des mines.
- mètres de diamètre et de 20 millimètres de longueur. Ces prolongements polaires passent dans deux trous d’un disque b se trouvant au-dessus de l’aimant. Ce disque est réuni à un levier horizontal AB, mobile autour d’un point 0. Le levier est commandé par une pédale P, ou mieux par une simple planche inclinée. La lampe L est mise sur le disque dont nous avons parlé, de sorte que les branches du fer à cheval c, solidaire du verrou d, touchent les prolongements polaires de l’aimant. A ce moment on appuie sur la pédale P. Le disque se soulève et dégage le verrou qui est retenu par la lampe ; cette dernière peut alors être ouverte facilement.
- L’appareil est, on le voit, beaucoup simplifié, et il permet d’ouvrir plus de 50 lampes par minute sans aucune fatigue. L’énergie mise en jeu est également très faible; il s’ensuit donc à la fois économie de temps et de puissance dépensée. C’est encore une de ces petites inventions très simples qui sont appelées à rendre les plus grands services en pratique. J. L.
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- LA TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE
- D’après une statistique officielle que vient de publier le Journal télégraphique de Berne, il existait en service dans le monde entier, à la fin de 1888, 1045 câbles sous-marins ou fluviaux dont 247 seulement appartenaient à des compagnies privées, et dont 798 étaient la propriété de divers gouvernements; les 247 câbles privés avaient une longueur totale de 200 000 kilomètres, c’est-à-dire que mis bout à bout, ils auraient fait cinq fois le tour de la Terre. Les 798 câbles gouvernementaux n’avaient en tout qu’une longueur de 18 200 kilomètres. Plus du triple en nombre, ces tronçons avaient une longueur totale qui n’égale pas, en chiffre rond, la dixième partie de la précédente.
- Si on exclut l’Angleterre dont les renseignements ne sont pas parvenus et les États-Unis qui n’ont pas de télégraphie officielle, l’Allemagne était la puissance qui avait le plus grand nombre de bureaux télégraphiques: 15755; la France ne venait qu’après avec 9259. 11 est vrai qu’à ce nombre on doit ajouter 279 bureaux en Algérie, 62 en Indo-Chine française, 55 au Sénégal et 52 en Tunisie. Pour la longueur des lignes, l’avantage de l’Allemagne est moins grand. En effet, nous avons 88 000 kilomètres contre 94 000, non compris les réseaux coloniaux dont la longueur est de 10 000 kilomètres pour l’Algérie, de 2500 pour l’Indo-Chine, de 5500 pour la Tunisie, de 4700 pour le Sénégal. Nous avons l’avantage pour le nombre de télégrammes qui est de 57 millions contre 24 millions en Allemagne, sans comprendre les télégrammes coloniaux, à savoir : 1 558 000 en Algérie, 168 000 en Indo-Chine française, 182 000 en Tunisie, et 50 000 au Sénégal. La manière dont le budget des postes et télégraphes est établi dans l'empire d’Allemagne ne permet pas d’établir de comparaison pour les recettes avec la France. Nous dirons seulement que nos recettes télégraphiques se sont élevées à 52 millions de francs pour la France continentale et la Corse, 1 276 000 francs pour l’Algérie, 129 000 francs pour la Cochinchine, 61000 francs pour le Sénégal et 294 000 francs pour la Tunisie. Par suite de la fusion des services des postes et télégraphes, il n’est plus possible d’évaluer les dépenses télégraphiques ; mais les dépenses totales des deux services se sont élevées, pendant l’exercice 1888, à 74 millions pour le personnel et 58 pour l’exploitation, soit en total 152 millions. Il est bon de noter, comme nombre facile à retenir, qu’en 1888 il y a eu en France à peu près autant de télégrammes que d’habitants, et que la dépense moyenne a été d’environ 90 centimes. En Allemagne, il y a eu deux télégrammes par trois habitants et probablement la dépense par tête n’a point excédé 50 centimes.
- ANCIENS COSTUMES POPULAIRES FRANÇAIS
- AU PALAIS DU TROCADÉRO, A PARIS
- Le Palais du Trocadéro, à Paris, devient Uun de nos musées les plus intéressants : on y a inauguré récemment de bien curieuses collections d’anciens costumes et ustensiles populaires de France. Il nous paraît utile d’y appeler, d’une façon toute particulière, l’attention de nos lecteurs, car il s’agit d’une installation très importante. Plus de deux mille
- objets ont été réunis et classés par province* sous la direction de M. Armand Landrin, conservateur du Musée d’clhnograpbie.
- Ces objets appartenant, les uns à l’Etat, les autres à des particuliers qui les ont prêtés pour la durée de l’Exposition universelle, offrent un ensemble d’un grand attrait, en ce moment, où il est à la mode de rechercher les vieilles chansons, d’étudier les anciennes mœurs ou coutumes. Cette exposition apportera bien des nouveaux éléments, et jettera certainement, un nouveau jour, sur l’étude des traditions populaires.
- Ce n’est pas sans peine que l’on a pu réunir ces objets, hors d’usage maintenant pour la plupart, et remplacés par les nouveaux instruments perfectionnés et brevetés. Ils sont, rares, les paysans qui oui gardé le costume de leurs pères au lieu de revêtir l’affreuse blouse. Aussi il a fallu courir dans les villages les plus isolés, questionner, fouiller, ramasser dans les coins, enfouis sous la poussière, les ustensiles usés, toutes les vieilleries; et ce n’est que petit a petit qu’on a pu avoir des séries à peu près complètes.
- Les costumes authentiques, placés sur des mannequins modelés d’après nature et donnant une idée exacte du type de la région, sont groupés par province, et entourés des ustensiles de ménage locaux, des meubles anciens ou des instruments appropriés (Yoy. les gravures ci-contre).
- Nous trouvons d’abord dans une niche un petit intérieur arlésien.
- La pannetière si fine, grâce à ses colonnettes et à ses sculptures, est pendue à la muraille avec la salière traditionnelle, profondément fouillée, au-dessus du pétrin. Deux femmes causent : l’une est revêtue du costume ancien, l’autre du moderne, que les fêtes du Soleil ont fait connaître à tout Paris.
- À côtéj une grande scène nous montre un intérieur bourguignon pendant la vendange. Un vigneron du Maçonnais revêtu de son habit rouge, sa culotte et son grand chapeau à claque, regarde un homme qui, les jambes nues, presse le raisin dans la cuve. A ses côtés, attend une Bressane portant son bizarre chapeau de dentelles noires, en forme de champignon renversé, semblable h celui que portait certaines Espagnoles au seizième siècle ; et le corsage couvert de soutaches et de paillons dans le goût espagnol également.
- En face, un groupe de vignerons de l’Yonne déguste le vin nouveau. Puis vient la Franche-Comté, représentée par un lapidaire de Saint-Claude et une femme de Besançon. C’est à Saint-Claude que se taillaient presque tous les quartz hyalins connus sous le nom de cailloux du Rhin. Rien n’est plus primitif que le tour dont ils se servaient; tous les rouages sont en bois, mus par une manivelle a main ; la pierre est fixée par de la cire sur une baguette et frotte sur une plaque d’acier couverte de poudre d’émeri.
- La Normandie, si proche de Paris et si fréquentée,
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- est une de nos provinces qui est restée le plus fidèle outre les costumes normands proprement dits, la aux coutumes de ses ancêtres. Nous y trouvons, trace des colonies qui se sont établies dans cette riche
- Fig. 1. — Costumes de Normandie nu Musée du Trocadéro, à Paris.
- Fig. 2. — Costumes d’Auvergne au Musée du Trocadéro.
- (D’après des photographies spécialement exécutées pour La Nature, par M. Maurice Bucquet.)
- contrée (ftg. 1). Ainsi h Granville les femmes portent encore un grand manteau noir dans lequel elles se
- drapent avec toute la majesté espagnole; et à Dieppe les habitants du Pollet ont conservé presque jusqu’à
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- nos jours le costume ancien du comté de Nice dans Plus loin, nous assistons dans une habitation d’An-toute sa pureté.Ces vêtements sontcliarmantsd’aspcct. vergne aux préparatifs de la fête de saint Amable.IJn
- Fig. 5. — Costumes des Pyrénées au Musée du Trocadéro, à Paris.
- Fig. 4. — Costumes de Bretagne au Musée du Trocadéro.
- (D’après des photographies spécialement exécutées pour La Nature, par M. Maurice Bucquet.)
- homme de Riom tout blanc portant l’habit à la française, orne de fleurs la roue du saint, placée entre deux
- brancards sur les dossiers de deux chaises (fig. 2). La fête de saint Amable, patron de la ville de
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- Riom, se célèbre dans la première quinzaine du mois de juin. C’est à cette procession que la roue précédant la châsse du saint est portée en grande pompe par deux jardiniers vêtus de noir.
- L’ameublement du groupe de l’Auvergne, fort primitif dans ces régions, se compose d’un lit fermé en bois, d’un vaissellier, de quelques chaises et fauteuils, puis d’une table; n’oublions pas non plus la suspension de lampe en bois sculpté incrusté de miroirs. Dans le fond, on aperçoit la femme de la Tour-d’Auvergne portant son légendaire serre-malice. Au premier plan sont placées une femme de Nebouzat, et une autre de Pontgibaud avec ses sabots Louis XV très coquets, vernis, peints ou sculptés. Au bout de la table deux jeunes gens, nouvellement libérés du service, débouchent la bouteille des conscrits1.
- Ailleurs, on assiste à la danse du fandango par les montagnards des Pyrénées, tandis qu’un Basque joue du tambourin à cordes et de la flûte (fig. 3). À une autre place, on voit trois femmes et un homme de la Savoie : l’une portant le magnifique costume de la Tarentaise; une autre celui de Saint-Jean-d’Arles avec la jupe plissée et carenée, identique a celle que portaient nos ancêtres gauloises; la troisième, celui de Saint-Co-lomban des Villards qui rappelle tout à fait les costumes orientaux, avec sa veste mauresque, ses jambières de zouaves et sa jupe courte ornée de plusieurs rangs horizontaux d’une lisière de drap. Le patois de cette dernière commune est une langue absolument spéciale, incompréhensible pour les voisins, et dont on cherchait en vain l’origine, lorsqu’un détachement de turcos, revenant de la guerre d’Italie, passa par ce village, et aussitôt tous se mirent à parler couramment avec les gens du pays.
- Une autre grande scène représente un épisode de la vie bretonne : les apprêts pour une noce (fig. 4). Sous la cheminée le vieux grand-père veille à la cuisson des crêpes de blé noir que fait une petite fille de Concarneau. Dans le fond une servante bigourdane portant son curieux petit bonnet et son costume si sauvage tout couvert de broderies de soie jaune, semblables aux dessins des monuments mégalithiques, arrange la table autour de laquelle sont assis, buvant du cidre, des paysans de Bourg-de-Batz, Plou-gastel-Daoulas, Kerfenten, et un joueur de biniou de Pont-l’Abbé. A côté se tient debout la jeune fiancée en costume quimpérois tout rouge, tandis que, un peu plus loin, causent ensemble un homme de
- 1 L’usage de la bouteille des conscrits est tout à fait spécial aux montagnes de l’Auvergne; il est fort peu connu, et mérite d’être signalé. Les conscrits de certaines localités se réunissent avant leur départ dans une salle d’auberge. L’hôtesse qu’ils appellent tante leur apporte une bouteille de rhum, sur laquelle ils collent la liste de leurs noms et de leurs numéros. Apres avoir orné le goulot de rubans donnés par les bonnes amies, ils fixent un lien aux deux extrémités et en présence de la tante, celui qui doit partir le premier plante deux clous à une des solives, et y suspend la bouteille horizontalement. Puis l’on danse toute la nuit. A leur retour, ils s’assemblent de nouveau ; le premier revenu décroche la bouteille avec le même cérémonial, on la vide et les danses recommencent.
- Bourg-de-Batz et des femmes de Banalec et de Plou-gastel-Daoulas. Dans le milieu de la salle sont disséminés divers autres groupes et des vitrines plates.
- Le comté niçois est représenté par un joli •groupe offert par la ville de Nice au Musée d’ethnographie.
- L’Ariège, un des pays les plus misérables, est aussi celui qui est resté le plus sauvage. Les paysans ignorent encore presque totalement l’usage de la poterie et c’est dans du bois qu’ils façonnent leurs écuelles, cuillers, sièges et ustensiles de toute sorte, même leurs biberons. Aussi les vêtements, très pauvres, sont empreints d’un caractère tout à fait spécial. A Bethmal, les femmes portent des sabots, couverts de clous dorés, dont la pointe se recourbe et vient presque rencontrer la jambe. A Massa, la coiffure des mariées se compose d’une serviette pliée surmontée d’un bouquet de fleurs artificielles dorées et argentées, maintenu tout droit sur le sommet de la tête. Les hommes portent, eux, la culotte, des guêtres grossières, une veste et une calotte de drap finement brodées en couleurs voyantes.
- Dans des niches du nouveau Musée, nous trouvons plusieurs mannequins isolés. Un berger landais sur ses grandes échasses ; une femme d’Attigny (Champagne), avec son magnifique bonnet de dentelle; une autre de Mantes; puis du Bourbonnais et aussi un montagnard de l’Aveyron au costume d’allures sacerdotales.
- Ces nombreuses séries sont complétées par des collections, peut-être plus importantes encore au point de vue scientifique, rangées dans des vitrines. Ici ce sont de magnifiques expositions de médailles et enseignes de pèlerinage en plomb, retrouvées les unes dans la Seine à Rouen, les autres dans la Meuse à Verdun, celles-ci dans l’Aube à Bar, celles-là dans la Loire à Tours, et d’autres encore dans le Rhône à Lyon.
- Nous ne pouvons tout citer. Chaque province a apporté son contingent à cet ensemble remarquable où presque tout mériterait examen. Nous signalerons cependant encore les curieux outils à décortiquer, venant des forêts des Ardennes, de la Sologne, des Vosges, etc...; les formes d’un tibia de cheval, biseauté, dans la tête duquel est enchâssée une lame de silex ou de fer. En voyant ces outils étranges, on croirait qu’ils viennent d’être trouvés dans une cité lacustre ou un tombeau préhistorique, et certainement ils ont été conservés sans modification depuis les âges les plus reculés jusqu’à nos jours.
- Fernand Landrin.
- EXPLICATION DES MOUVEMENTS CÉLESTES
- PAR LES LOIS ÉLECTRO-DYNAMIQUES
- En admettant que la demi-rotation du soleil soit en nombre rond de 12 jours 60, j’ai montré, en 1884, que le temps des révolutions de toutes les planètes est un multiple remarquablement exact de cette durée. Les différences obtenues en adoptant
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- les temps périodiques déterminés par les astronomes sont très faibles tant pour les grosses planètes, que pour les astéroïdes compris entre Mars et Jupiter. Ainsi l’on peut admettre sans erreur sensible que l’année de Mercure soit égale à 7 demi-rotations du soleil, celle de Vénus à 18, celle de la Terre à 29, celle de Mars 55, celle de Méduse, la petite planète la plus voisine de nousà90, celle de Hilda, la plus éloignée, connue alors, à 228, celle de Jupiter à 544, celle de Saturne 5 854, celle d’Uranus à 2457, celle de Neptune 5 4778. En J 887, j’ai établi dans mon traité de la Météorologie du soleil, et dans mes communications à la section d’Oran de l’Association française pour ravaneement des sciences, que les mêmes considérations s’appliquent à la rotation des planètes autour de leur axe, et à la révolution des satellites autour de leur planète principale, en remplaçant par le demi-jour de celle-ci, la demi-rotation du soleil1.
- Des considérations théoriques, que j’ai développées déjà dans plusieurs communications faites depuis 1884 à l’Académie des sciences, m’ont conduit à penser qu’on ne peut expliquer ces relations remarquables qu’en admettant une action électro-dynamique exercée, tant par le soleil sur les diverses planètes de son système que par les planètes sur leurs satellites.
- Ayant été appelé à répéter, dans le laboratoire de l’Ecole polytechnique de Prague, les expériences d’induction unipolaire de mon compatriote M. Pulaj, j’ai eu l’idée de les étendre à l’induction bipolaire, et je crois que sous cette forme elles me fourniront une nouvelle preuve de la réalité des actions dont la théorie m’avait indiqué l’existence.
- J’ai présenté depuis lors à l’Académie des sciences, dans sa séance du 15 août, l’autographe électro-dynamique dont je m’étais servi à Prague ainsi que les courbes obtenues. Quelques jours après, j’ai fait au Congrès des électriciens une publication sur le même sujet. Le savant président M. Mascart a bien voulu mettre à ma disposition le laboratoire du Bureau central météorologique pour montrer aux membres du Congrès, dans la grande salle des expériences, les phénomènes que j’annonçais. A la suite de cette démonstration, M. Angot a bien voulu m’offrir d’exécuter lui-même au prochain Congrès météorologique, non seulement toutes ces expériences, mais encore un certain nombre d’autres qu’il m’a été impossible d’exécuter pendant la durée
- 1 On voit, dans cet ouvrage, que la révolution du premier satellite de Jupiter a lieu en 9 demi-jours de cette planète, celle du deuxième en 18, celle du troisième en 36, celle du quatrième en 81. La révolution des satellites de Saturne donne les mêmes résultats. Mimas, 4 demi-jours de Saturne, Encelade 6, Tliétys 9, Dioné 15, Rima 21, Titan 75, Hypé-rion 100, Japet 372. La révolution d’Ariel donne 12 demi-jours d’Uranus, celle d’Umbriel 20, celle de Titania 42, celle d’Obéron 68. Pour la Lune, la vérification est moins satisfaisante, ce qui s’explique à cause des dimensions considérables de notre satellite. Mais si on prend le cycle pendant lequel la Lune et le Soleil prennent respectivement toutes leurs posi-ions respectives, la différence devient négligeable.
- du Congrès des électriciens. En conséquence, M. Pel-lin a construit un appareil qui restera à Paris, à la disposition des savants français et dont je vais donner la description.
- Mon autographe électro-dynamique se compose d’un électro-aimant à deux bobines, hautes de 150 millimètres et d’un diamètre de 50 à 60. Ces deux bobines sont recouvertes de plusieurs couches d’un fd isolé de 5 millimètres. L’une est fixe, l’autre est mobile sur un rail en fer doux, destiné à annuler l’action des deux pôles inférieurs.
- Au-dessus des deux bobines, j’ai placé une plaque de verre enfumé rendue horizontale, à l’aide de quatre vis calantes. Un support mobile permet de suspendre au-dessus de l’électro-aimanl une boule en cuivre parfaitement sphérique.
- Pour répéter les expériences de M. Pulaj, je suspends la sphère au-dessus du centre de la bobine fixe, dans le prolongement de son axe magnétique.
- Alors j’exerce, sur le fil de suspension, une torsion en tournant simplement la sphère entre mes doigts, sans faire varier la verticale. Quand je l’abandonne à elle-même, la sphère se met à tourner spontanément en sens inverse du mouvement que je lui avais imprimé, bien entendu sans quitter la verticale.
- Aussitôt que le nyouvement a commencé, je fais passer le courant dans cette bobine, sans qu’il passe dans l’autre. La sphère s’arrête immédiatement, ce qui devait arriver nécessairement. En effet, il est facile de comprendre que son mouvement est paralysé par l’action inverse des lignes de force, sur chacun des deux hémisphères.
- Cette belle expérience est dont un corollaire de celle de Faraday, ou si l’on aime mieux de celle de Léon Foucault; les résistances étant symétriques par rapport à l’axe de rotation ne peuvent produire que le repos. Mais lorsqu’elles cesseront d’être symétriques, elles produiront l’elfet de forces latérales résultant des lignes de force et venant se combiner avec l’action de la pesanteur. Dans cette hypothèse, la sphère sera écartée de la position verticale, et déviée de manière à prendre un mouvement orbiculaire.
- Nous distinguerons successivement deux cas principaux.
- 1° Nous soumettons la sphère à l’induction unipolaire en déplaçant le point de suspension et en lui donnant la position indiquée dans la figure 2. Lorsque nous abandonnons la boule à elle-même après l’avoir préalablement mise en rotation, nous la voyons s’écarter progressivement de l’axe, et décrire avec une vitesse de révolution décroissante une spirale, dont les anneaux se dilatent progressivement tout en se resserrant, de manière à s’approcher indéfiniment d’une circonférence enveloppe, dont le diamètre dépend de l’énergie du champ magnétique et du poids de la boule. Tout en décroissant, la vitesse de révolution s’approche d'une limite constante, qu’elle atteint lorsque la spirale se confond sensiblement avec son enveloppe. Afin de mettre en
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- évidence les circonstances de ce mouvement, j’ai imagine d’armer la boule d’une pointe élastique, qui malgré l’élévation progressive du mobile, reste toujours en contact avec le verre enfumé et laisse un graphique de la spirale.
- Supposons maintenant qu’on soumette la sphère à l'induction bipolaire.
- Suspendons-la dans une position symétrique par rapport aux deux bobines, le style tracera une spirale circulaire.
- Si on met la sphère dans une position plus rapprochée du pôle nord, le style décrit une figure elliptique dont le grand axe prend la direction N.-S. et dont j’ai obtenu plusieurs ibis un graphique.
- Pour que l’action ait lieu, il faut cependant qu’au moment du départ le centre de la sphère se trouve dans le même plan vertical que la ligne N.-S.
- Si on met la sphère dans une position rapprochée du pôle sud, on obtient le môme résultat, seulement le mouvement se produit autour de ce pôle.
- On comprend que l’excentricité de l’ellipse est fonction de l'intensité du champ magnétique, et de la distance de la sphère à chacun des deux pôles.
- Si on met le second pôle très loin, on retombe dans un cas d’attraction unipolaire et l’on obtient des spirales avec une enveloppe circulaire. Supposons que nous approchions un troisième champ magnétique il est évident que les éléments du mouvement elliptique seront perturbés, et que l’on pourra obtenir les figures les plus diverses. Celles-ci deviennent de plus en plus irrégulières à mesure que l’action du troisième champ magnétique devient plus puissante. En plaçant dans une position convenable le champ perturbateur, on obtient sur la plaque la trace d’orbites ressemblant beaucoup à celles des petites planètes. Si ce troisième champ est suffisamment puissant, on obtient des orbites profondément transformés, offrant des points d’inflexion et des nœuds semblables aux formes que l’on a constatées dans les mouvements des satellites, des systèmes d’étoiles triples ayant entre elles une liaison physique. N’est-il pas remarquable que les phénomènes fournissent une théorie très simple, de cas si difficiles à expliquer et que les astronomes sont toujours tentés d’attribuer à deserreursd’observation.
- Les mouvements de plusieurs comètes périodiques notamment celle d’Encke, présentent des perturbations similaires qui aboutissent à une augmentation ou une diminution du temps de la révolution, circonstances remarquables qui ne peuvent être expliquées ni par la gravitation universelle, ni môme par l’existence d’un milieu résistant. Ces irrégularités se montrent également dans les mouvements de Mercure, ce qui a conduit Le Verrier à supposer l’existence de Yuleain comme planète perturbatrice. Toutes ces difficultés sont, comme on le voit, résolues d’une tbcon naturelle par l’hypothèse de l’action électro-dynamique du soleil.
- En outre M. Sherman a démontré, dans une communication faite cette année à l’Académie nationale des sciences de Washington, que les variations dans la durée des révolutions de la comète Encke coïncident avec la période undécen-nale d’activité dans l’activité observée à la surface du soleil.
- Tous ces faits et. beaucoup d’autres, sont complètement d’accord avec les conséquences les plus simples de ma théorie de l’action électrodynamique du soleil.
- En supposant que les pôles de l’électro - aimant soient très éloignés de lasphère, de manière que la distance des pôles de l’électro-aimant soit même très petite par rapport à cette grande distance, les ligne s de force deviennent sensiblement parallèles, et nous avons le cas de l’action de deux aimants lointains; car on peut considérer la sphère parcourue par des courants induits de direction constante comme remplacée par un petit aimant dont la distance des pôles égale le diamètre de la sphère, encore très petit par rapport à la distance de deux aimants. C’est alors la loi de Gauss qui s’applique à l’action de deux aimants énormément distants l’un de l’autre, en retombant sur la troisième loi de Kepler.
- C’est ainsi qu’on peut expliquer l’action de l’attraction universelle à distance par l’action électro-dynamique de deux courants, ou par l’action magnétique à distance, et qu’on peut, considérer la radiation électrique du soleil et des planètes comme la cause fondamentale des mouvements célestes.
- Ch. V. Zenger.
- Zonycr.
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- NOUVEAUX JEUX SCIENTIFIQUES DE M. ÉDOUARD LUCAS
- Nous venons de publier une première série de gnement et à la pratique du calcul et du dessin. Ces jeux scientifiques pour servir à l’histoire, à l’ensei- jeux s’adressent aussi bien aux enfants qu’aux
- Fig. 1. — La Fas’onlellr.
- Vue d'ensemble ; au-dessus détail d’une cheville.
- Fig. 2. — La Pipopipelte.
- Vue d'ensemble ; au-dessus détail d’une cheville.
- grandes personnes. Les enfants y trouveront des exercices de calcul, toujours nouveaux, toujours variés, qui leur faciliteront, tout en jouant, les procédés du calcul mental. Les grandes personnes y trouveront continuellement des questions et des combinaisons toujours nouvelles pour leur distraction et leur récréation aux jours de pluie, dans les voyages, ou pendant les longues soirées d’hiver.
- Ces jeux sont construits dans les mêmes dimensions, et renfermés dans une boîte recouverte d’une chromolithographie; ils sont édités avec beaucoup de goût et sont accompagnés d’une brochure
- explicative, d’une règle du jeu rédigée en anglais, en espagnol, en portugais. En outre, quatre des six jeux sont ornés d’un petit album imprimé sur
- Fig. 3. — Nouvelle Tuar d'Hanoi.
- bristol de couleurs. Dans son Essai d'éducation nationale, La Chalotais insiste à diverses reprises
- sur la nécessité et sur futilité d’instruire les enfants par les récréations. « Je suppose, dit-il, qu’un enfant sache déjà lire et écrire, qu’il sache même dessiner, ce ({ue je regarde comme nécessaire, je dis que les premiers objets dont on doit l’occuper depuis cinq à six ans jusqu’à dix sont l’histoire, la géographie, l’histoire naturelle, des récréations physiques et m a t h é m a t iques, connaissances qui sont à sa portée, parce qu’elles tombent sous les sens, parce quelles sont les jdus agréables et par conséquent les plus propres à occuper l’enfance. » Et plus loin : « La géométrie ne demande pas plus d’application que les jeux de piquet et de quadrille. C’est aux mathéma-
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- ticiens à trouver une route qui n’ait pas encore été frayée. Un pourrait peut-être commencer par (les récréations mathématiques1. »
- Autrefois, c’était par les jeux que les anciens apprenaient à lire à leurs enfants. On leur enseignait l’alphabet, comme le dit Quintilien, au moyen de lettres figurées en ivoire; et il n’est pas sans intérêt de rappeler que c’est avec des lettres d’ivoire que saint Jérome apprenait à lire à sa tille ; c’était, comme il le dit dans ses lettres, un jeu et en même temps une étude. Tantôt il plaçait les lettres dans leur ordre, tantôt il le renversait ou le bouleversait. On use encore aujourd’hui du procédé de saint Jérôme dont les Grecs se servaient bien des siècles avant lui.
- Nos jeux serviront à faire naître et à développer les facultés du calcul mental. Nous avons mis à profit le précepte de M. Gréard, membre de l’Académie française et vice-recteur de l’Académie de Paris : « Le calcul mental que prescrivent nos règlements et qui paraît chose si abstraite, conséquemment si difficile pour l’enfant qu’on y applique de primesaut, devient l’exercice le plus aisé, en même temps que le plus fortifiant, pour son intelligence naissante, s’il a été préparé comme il convient. »
- Nous serions heureux de contribuer par ces nouveaux jeux a rendre l’expérience possible et concluante. Nos livres et nos jeux sont amusants et sérieux, rarement solennels, parfois frivoles, parfois vulgaires. Nous avons fait tous nos efforts pour rendre chacun d’eux aussi instructif qu’original ; mais au moment de les livrer au public, l’auteur hésite et doute du succès, car il se rappelle les vers du plus gracieux des poètes :
- « Croire (juc l’on tient les pommes d’ilcspéride
- « Et presser tendrement un navet sur son cœur! »
- 1.. La Fasioulette. — La Fasioulette est un jeu de salon, de plage et de jardin, pour les dames et les demoiselles. Il comporte de nombreux exercices de dessins que l’on peut reproduire sur le papier quadrillé ou sur le canevas; on apprendra à trouver, suivant sa fantaisie, des dessins très jolis, toujours nouveaux, que l’on pourra exécuter en tapisserie avec des laines de toutes couleurs.
- Une planchette garnie de soixante-quatre chevilles dorées ou nickelées, espacées à égale distance les unes des autres, aux sommets de carrés égaux, figure les centres des soixante-quatre cases de l’échiquier ordinaire. Des brochettes en métal, toutes de même longueur, percées d’un petit trou a chacune de leurs extrémités sont réunies huit par huit, et articulées comme le mètre du menuisier. La longueur des brochettes a été calculée de telle sorte que l’on peut les implanter par leurs extrémités sur deux pointes voisines, mais non contiguës; cette longueur correspond précisément au saut du cavalier, du jeu des échecs (fig. 1).
- 1 Essai d'éducation nationale, ou plan d études pour la jeunesse,par messiic Louis Item; de Karaikuic do La ClialoluU, procureur général du ltoi au parlement de Bretagne. 1700.
- Mais il n’est pas nécessaire de connaître les échecs pour se récréer sur la Fasiouletlc. Une brochure de 5(5 pages et un superbe album de huit planches donnent, sans calculs, tous les renseignements nécessaires pour composer des dessins de toutes sortes, cadres, croix, moulins, étoiles, etc. Le nombre des dessins que l’on peut obtenir n’est pas connu, et les plus illustres mathématiciens qui se sont occupés de ce problème, Euler, d’Àlembert, Yandermonde, Legendre, etc., n’ont pu même en approcher d’une manière satisfaisante.
- La brochure contient l’histoire de cet intéressant problème qui remonte à la plus haute antiquité. L’album contient de jolis dessins composés par Mme la générale Parmentier.
- 2. La Pipopipelte. — La Pipopipette est un nouveau jeu de combinaisons dédié aux élèves de l’école Polytechnique. La boite qui la renferme est recouverte d’une lithographie peinte représentant un polytechnicien portant haut et ferme le drapeau national.
- Le jeu se compose d’une planchette garnie de trente-six chevilles disposées en carrés, et de soixante barrettes munies d’une poignée et évidées aux extrémités. La longueur des barrettes est exactement égale à la distance de deux chevilles voisines (fig. 2).
- Le jeu se joue à deux, trois ou quatre personnes placées autour d’une table comme au jeu de whist. L’ordre des joueurs est déterminé par le sort. Chaque joueur, à tour de rôle, prend une barrette et la place sur deux clous de la planchette à l’endroit libre qu’il choisit. Tout joueur marque un point lorsqu’il place sa barrette et ferme l’un des vingt-cinq petits carrés, c’est-'a-dire lorsque ce petit carré se trouve bordé sur les quatre côtés. Tout joueur qui marque un point par carré fermé continue jusqu’à ce qu’il ne ferme plus de carré. La partie est terminée quand tous les carrés sont fermés.
- La brochure indique quelques autres jeux; elle donne le nombre des combinaisons différentes du jeu qui s’élève à 82 chiffres; plus exactement, il est égal au produit des soixante premiers nombres entiers.
- Amusez-vous donc à votre jeu, dit l’auteur à ses camarades, étudiez-le aux heures de loisir; comme tout jeu de calcul, il contient sa méthode et son enseignement. Mais ne vous y attardez pas et permettez à un vieux camarade, un antique, de vous rappeler le précepte de Franklin: « Ne gaspillez pas le temps ; c’est l’étoffe dont la vie est faite. »
- o. La Tour d’Hanoi. — C’est une nouvelle édition, revue, corrigée et considérablement augmentée. Les lecteurs de La Nature se sont bien amusés à la lecture de l’intéressant et joyeux article du savant, lettré, aimable et spirituel, M. Henri de Pareille1, lors de la première édition. Au lieu de trois clous, comme dans l’ancienne Tour,on peut jouera quatre clous, et aller jusqu’à cinq clous (fig. o).
- 1 Yuy. h° àtio, tiu ÜÜ mars 1884, |>. 285.
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- Seize pions décroissants et de quatre couleurs différentes sont enfilés sur les clous, et il s’agit de les déplacer de bien des laçons. Le nombre des problèmes que l’on peut se poser sur la nouvelle Tour d’Hanoi est incalculable.
- 11 est bien entendu que l’on pourrait remplacer la tour par des cartes et, par exemple, par les quatre (juatrièmes majeures ou mineures d’un jeu de piquet. On disposerait ces cartes sur cinq tas, au plus, d’une manière quelconque, ou d’après l’ordre du paquet, après avoir battu les cartes. 11 s’agirait alors de reformer sur quatre des cinq cases, tantôt les quatrièmes dans l’ordre, avec la même couleur, ou des quatrièmes panachées. Mais la structure de la tour est plus amusante, et l’on peut s’y exercer en voyage.
- Édouard Lucas.
- CHRONIQUE
- La distribution des récompenses de l’Exposition universelle de 1889. — Dimanche dernier 29 septembre, une foule nombreuse et brillante se pressait à l’entrée du Palais de l’Industrie à Paris, organisée pour la distribution solennelle des récompenses de l’Exposition universelle de 1889. De l’avis de tous, la cérémonie a été la plus imposante et la plus belle de toutes celles qui ont eu lieu cette année. Après le défilé des représentants de toutes les nations, marchant bannières en tète, sur la scène incomparable qui a été érigée dans le Palais, M. Carnot, président de la République française, a prononcé un remarquable discours qui a soulevé les applaudissements unanimes. M. Tirard, président du Conseil, a parlé ensuite de l’Exposition, et a remercié tous ceux qui, nationaux ou étrangers, avaient contribué à son succès. M. Berger s’est ensuite levé, le palmarès à la main ; puis est venue la proclamation solennelle des récompenses dont le Journal officiel a publié la liste complète. — Nous sommes heureux d’apprendre à nos lecteurs que La Nature a été favorisée de brillantes récompenses; son rédacteur en chef M. Gaston Tissandier, son éditeur M. G. Masson et son imprimeur M. A. Lahure, ont obtenu des Grands Prix.
- Les entrées aux Expositions universelles. —
- line intéressante communication a été faite à la dernière réunion de l’Institut international de statistique. C’est le relevé comparatif des entrées aux grandes Expositions. L’Exposition qui vient en tête, avant 1889, est celle de Paris en 1878, qui a compté 12 millions et demi d’entrées, avec une moyenne de 65 000 par jour. Puis viennent celle de Philadelphie, qui a eu 10 millions d’entrées, 61 000 par jour; celle de Paris en 1867, 9 millions d’entrées, 42 000 par jour; celle de Vienne, 1873, et de Londres, 1851, qui ont vu chacune 40 000 visiteurs quotidiens et ont compté, la première 7 millions et la seconde 6 millions d’entrées; enfin le nombre des entrées s’est élevé à Londres, en 1862, à 6 millions, 54 000 par jour, et à Paris, en 1855, à 4 millions et demi, 24 000 par jour. La moyenne des entrées à l’Exposition de 1889 est jusqu’ici d’environ 150 000 par jour.
- Saumons en Allemagne. — Les tentatives faites pour introduire le Saumon dans la Ruhr, la Sieg et la Moselle, ont parfaitement réussi, paraît-il, et on prend aujourd’hui de grandes quantités de ce poisson dans des
- régions où il était absolument inconnu auparavant. C’est ainsi qu’on en a péché 1500 kilogrammes l’an dernier dans la Sieg, 2000 kilogrammes dans la Sauer, et 700 kilogrammes dans l’Our. Les alevins ayant servi à l’empoissonnement de ces cours d’eau venaient de l’établissement d’éclosion créé sur la rivière Agger.
- CO
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 50 sept. 1889. —Présidence de M. Des Cloizeaüx
- Vitalité de la trichine. — Déjà, en collaboration avec Bouley, M. Paul Gibier avait étudié l’action du froid sur la trichine. Opérant sur des viandes américaines salées, les expérimentateurs avaient constaté que l’immersion dans un mélange réfrigérant formé de chlorure de sodium et de nitrate de potasse déterminait infailliblement la mort du parasite. Mais la question était de savoir si les matières salines employées n’avaient pas directement exercé une action toxique sur l’animal. Pour le résoudre, M. Gibier a pris de la viande fraîche de porc infestée de trichines bien actives et il l’a exposée pendant deux heures à un refroidissement de —20° à —25° en évitant tout contact avec des substances étrangères. Dans ces nouvelles conditions, les vers n’ont rien perdu de leur vitalité et, par conséquent, le refroidissement constitue une mesure hygiénique tout à fait insuffisante : ce qui est aussi regrettable que nécessaire à savoir pour éviter une cause de mécompte funeste.
- Espèce nouvelle de spongeliomorpha. — M. de Saporta a imposé le nom de spongeliomorpha à des corps fossiles problématiques dont il a cherché à montrer les analogies avec les spo?igelia actuels. Je signale aujourd’hui de mon côté un fossile voisin extrait dans Paris même des sables dits de Beauchamp, superposés, comme on dit, au calcaire grossier. Toutefois, s’il s’agit incontestablement d’un spongeliomorpha, les caractères spéciaux de l’échantillon parisien permettent d’y voir une espèce particulière, et je la dédie au savant auteur du genre auquel elle appartient. Le spongeliomorpha Saporlai est essentiellement ramifié. 11 en résulte une forme générale grêle, très élancée, dont l’étude procure des raisons nouvelles et très décisives pour voir dans les fossiles de cette catégorie, non point comme on l’a dit quelquefois, de purs accidents de structure inorganique, mais des restes d’êtres réels, ayant vécu.
- Le spectre de l'hydrogène. — Ordinairement, pour observer le spectre des gaz, on les échauffe dans le tube de Geissler par le passage d’étincelles électriques. M. Trépied expose une autre méthode dans une note déposée par M. Mascart : le gaz arrive sous la forme d’un jet au sein même de l’arc électrique. Dans ces conditions, le spectre a des caractères spéciaux qui le rapprochent singulièrement de celui que fournit l’observation du soleil et des étoiles : il semble donc qu’on reproduise ainsi certaines conditions naturelles non imitées par le dispositif ordinaire.
- La géologie du Jura. — Un savant géologue très connu de nos lecteurs, M. Jules Marcou, fait une étude historique très curieuse sur les travaux dont le Jura a été l’objet jusqu’en 1870. En rapport personnel avec un très grand nombre d’illustrations et de notabilités scientifiques, il fait connaître maints détails du plus haut intérêt : Thirria, Thurmunn, Grcsslv, Pidancct, Elallon, I’ictet, de Résal et bien d’autres lui fournissent successivement l’occasion
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- de narrations, de lettres, d’incidents en tout genre. A propos de Gressly : « Grès si y nettoyait ses fossiles avec sa langue, puis il les essuyait sur ses manches ou sur son pantalon. Il ne faisait que rarement usage de linge nouvellement blanchi, entassait plusieurs chemises les unes par-dessus les autres, ce qui lui donnait des proportions de rotondité insolites. Toute sa personne, surtout pendant ses explorations géologiques, dénotait un ouvrier manœuvre. En 1857, à une époque où il se mettait encore avec une certaine recherche relative, il fut arrêté à une des portes de Soleure par le gendarme de garde qui lui dit :
- « Maçon, montrez votre passeport ! »
- À propos de Pidancet : « Comme nous voyagions à pied, nous nous arrêtâmes un soir à Monl-sous-Vau-drev, chez un oncle de Pidancet, le Dr Monod, marié avec une sœur de Jules Grévy, alors avocat assez obscur à Paris. En notre honneur, M. Grévy père et sa femme vinrent souper chez le I)r Monod.
- Aucun de nous autres ne pensait alors ,'t la future célébrité qui devait un jour être le partage de cette famille de bons bourgeois d'un village ! »
- A propos de lui-même :
- « Lorsque je passai la douane aux Verrières, j’étais dans des transes pour savoir comment on allait taxer mes livres, — ma bourse étant absolument vide ; — heureusement le chef de la douane était un botaniste que j’avais vu l’année précédente aux Rousses et qui même s’était joint alors à notre excursion au sommet <! la Dole. 11 me tendit gracieusement les mains, me lit rafraîchir dans son bureau et lorsque je lui montrai mon gros paquet de livres : « Tout cela, de la science », me dit-il, —
- <( Oui ! )) — « Très bien, trop heureux d’aider à la propager. » — Et là-dessus je remis tout dans ma malle. En le quittant, j’avais envie de lui sauter au cou.
- Les roches de Commentry. — Chargé de la partie lithologique du grand ouvrage dont M. Fayol a pris l’initiative sur le bassin houiller de Commentry, j’ai réuni dans un Mémoire des observations nombreuses. Les roches qui m’avaient été remises, à la suite d’une excursion que j’ai dirigée dans l’Ailier en 1882 avec les élèves du Muséum d’histoire naturelle, ont été soumises à des expériences variées. La plupart ont été taillées en lames minces et examinées au microscope à des grossissements divers et avec le secours desméthodes les plus perfectionnées. Quelques-unes des plus intéressantes ont été représentées par des photogravures que j’ai jointes à mon texte.
- Varia. — M. Guignet décrit des combinaisons de l’oxyde de cuivre avec des matières organiques. — L’innervation des mollusques fournit à M. Pelseneer le sujet d’un nouveau Mémoire. — M. Schiller a étudié les modifications de structure du nerf oculo-moleur du chat pendant les diverses époques de la croissance de l’animal.
- Stamsias Meunier.
- PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE
- Nous avons souvent appelé rallention sur les photographies instantanées dont les résultats sont aujourd’hui si remarquables. 11 nous arrive souvent de recevoir de nos lecteurs quelque spécimen curieux, et c’est toujours un plaisir pour nous de le faire connaître en le publiant quand il nous paraît offrir un intérêt particulier. Il nous a semblé qu’il en était ainsi pour l’excellente photographie que nous reproduisons ci-contre et qui représente un cheval que son palefrenier fait se cabrer.
- Cette épreuve, d’une netteté parfaite, nous a été adressée par M. R. François, d’Epernay. L’habile opérateur a employé un obturateur à guillotine avec déclenchement pneumatique et à vitesse variable. L’objectif est un Dall-mayer aplanétique de 76 millimètres de diamètre, à la lentille antérieure, les plaques des Nys à émulsion ordinaire ; le développement a été fait à l’hydroqui-none dont l’opérateur se déclare très satisfait.
- La photographie instantanée que nous reproduisons forme un petit tableau, très attrayant d’aspect ; l’homme et le cheval ont une pose gracieuse et naturelle au point de vue artistique. On sait qu’il n’en est pas toujours ainsi avec les photographies instantanées qui, malgré leur exactitude, offrent parfois des attitudes qui paraissent absolument invraisemblables.
- 11 y a là une étude curieuse à faire, et nous avons le projet de l'aborder prochainement.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Fac-similé d'une photographie instantanée communiquée par M. K. François.
- Paris. — Imprimerie Luhure, rue de Fleurus, 9.
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- N* 854. — 12 OCTOBRE 1889.
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- LE PANORAMA DU PÉTROLE
- A l’exposition UNIVERSELLE DE 1889
- L’art spécial et perfectionné de nos panoramistes devait logiquement se donner carrière à l’Exposition de 1880: c’est, en effet, ce qui est arrivé, car le public a pris goût à cet intermédiaire grandiose entre le tableau, toujours restreint de dimensions, quoi que l’on fasse, et le paysage proprement dit. C’est ce qui nous a valu le panorama de l’Histoire du siècle, celui du Tout-Paris de M. Castellani, à l’Esplanade des Invalides, et le merveilleux panorama de la Compagnie générale transatlantique, dû au pinceau de M. Poilpot, et que La Na'ure a décrit en détail il y a quelque temps'.
- L’industrie du pétrole, à la tète de laquelle se trouvent dans notre pays de grands industriels français, MM. Deutsch, a eu l'idée nouvelle et originale de recourir précisément à cet art a la mode des vues panoramiques, pour exposer, en 1889, les origines, le développement et les progrès de son industrie, et cela en se logeant, tout simplement, dans un des organes principaux de l’usine à pétrole : un réservoir en tôle. Les visiteurs désireux de s’instruire n’ont qu’à descendre sur le quai de la Seine, auprès du pont d’Iéna, du côté du Champ de Mars: ils y prendront une leçon de choses fort instructive et qui a ce mérite, en matière d’exposition, d'être gratuite, ce qui ne nuit point.
- Nous ne décrirons pas la construction proprement dite du panorama : c’est maintenant une
- Le Panorama du pétrole à 1 Exposition universelle de 1889.
- chose nouvelle et connue. Il s’agit toujours, comme on l’a vu dans le panorama de la Compagnie transatlantique et dans bien d’autres, d’une toile cylindrique sur laquelle est peint le paysage à représenter, éclairé à sa partie supérieure par un réflecteur en toile, sorte de gigantesque abat-jour. Un réservoir était tout indiqué pour fournir la surface cylindrique; afin de mieux l’utiliser encore, les promoteurs de cette idée originale l’ont divisé en deux parties. A la partie supérieure, à laquelle on accède par un escalier central, se trouvent les vues panoramiques. Tout le pourtour du bas est consacré à l’exposition des industries connexes de l’extraction du pétrole, la distillation, le raffinage, l’extraction des essences et des paraffines, qui forment les deux extrémités chimiques de la composition de ce singulier liquide.
- 1 Voy. n° 837, du 15 juin 1889, p. 53.
- 17e année. — 2e semestre.
- À notre époque où la lumière est devenue pour tous un besoin impérieux et une condition de bien-être, il est fort intéressant de suivre dans sa production, ou plutôt dans son élaboration, le pétrole qui a su prendre rang et le conserver à côté du gaz et de l’électricité. C’est ce que nous montre parfaitement le panorama.
- On n’en sort point renseigné, à la vérité, sur les origines de cette huile provenant des États-Unis, du Caucase et de quelques points du continent ; sa mise en œuvre, comprenant le raffinage, la distillation et leurs annexes, est seule française. Le chimiste allemand Engler en fait remonter la production à la décomposition lente de végétaux et d’animaux antédiluviens; Berthelot et Mendéleeff l’attribuent à des réactions chimiques résultant de phénomènes volcaniques. On ne peut affirmer qu’une chose, c’est que la découverte en est récente, qu’elle a été due au I hasard et que les États-Unis et le Caucase en sont,
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- actuellement, les points d’exploitation principaux. C’est ce que nous montre le premier étage du panorama peint par M. Poilpot avec son talent si varié et si remarquable. Sur une demi-circonférence du cylindre, c’est le gisement de Pensylvanie aux États-Unis, riant et verdoyant paysage que l’on dirait placé dans quelque site aimable de notre Normandie. Sur l’autre demi-circonférence, c’est le gisement du Caucase, près de Bakou, sur la Caspienne, paysage sinistre, désolé, brûlé par un soleil de feu, hérissé seulement des innombrables puits à pétrole que les sociétés concessionnaires y percent sans cesse avec activité. Le contraste est saisissant lorsque l’on songe qu’en somme le but à atteindre est le même et le liquide extrait presque identique en ces points si differents du globe terrestre. Le visiteur fait là, en quelques minutes, un tour du monde bien instructif.
- Les débuts de l’industrie exposée dans le réservoir de l’Exposition de 1889 datent à peine d’un quart de siècle. Pendant vingt années les États-Unis ont été les fournisseurs à peu près exclusifs du pétrole pour le monde entier. Mais actuellement, comme le montre très bien le panorama, avec les vues et les tableaux statistiques annexés, la concurrence que la Russie fait aux États-Unis est rude et redoutable. Partout, d’ailleurs, on est à la recherche du pétrole. L’Angleterre et la France ne paraissent pas, à la vérité, offrir un terrain favorable aux explorations, et l’Allemagne se contente, jusqu’à nouvel ordre, des gisements de Pechelbronn et d’Oelheim ; mais on est en voie d’obtenir des résultats très sérieux d’exploration en Espagne, près de Cadix, en Italie, dans la région arrosée par le Pô, et en Égypte, sur le littoral1 de la mer Rouge. En (iâlicie, en Roumanie, en Birmanie, des centres d’extraction importants ont été créés. e
- Ajoutons que les résidus des pétroles extraits en Russie ont, suri les pétroles américains, l’avantage signalé de contenir de la benzine, de l’anthracène et de l’huile d’anthracène, c’est-à-dire les mêmes principes précieux que le goudron de houille, permettant d’obtenir la gamme prestigieuse des matières colorantes dont l’industrie des teintures fait actuellement un si grand usage. C'est pour le pétrole russe un appoint dont on ne saurait calculer les conséquences.
- Au rez-de-chaussée du panorama du pétrole, sur tout le pourtour, se trouvent exposés, ainsi que nous l’avons dit, les documents techniques relatifs à l’industrie d’élaboration du précieux liquide : extraction, raffinage et distillation.
- Ce sont d’abord les outils et appareils de sondage servant à forer les puits d’où jaillit le liquide ou bien d’où il est pompé ; puis les appareils servant au transport, et tout d’abord, les énormes canalisations de tuyaux ou pipe-lines qui, au Caucase-et aux États-Unis surtout, s’étendent sur des longueurs étonnantes; le pétrole y est refoulé au moyen de pompes spéciales d’une grande puissance dans des tuyaux de
- 125 à 150 millimètres de diamètre. La pipe-line de Philadelphie, divisée en 7 sections ou relais, a 572 kilomètres de longueur, celle de Baltimore 10(3. Les canalisations du Caucase ont de 8 à i l kilomètres de longueur.
- L’emmagasinage du pétrole amené par ces conduites se fait dans d’énormes réservoirs en fer ayant de 42 500 à (50 000 hectolitres de capacité, analogues comme construction à celui que nous montre l’Exposition.
- Quant à l’exportation, elle se faisait tout d’abord au moyen de barils en chêne de 180 litres de capacité : puis sont venus les ’wagons-citernes, sortes de cvlindres en tôle fermés aux deux extrémités, surmontés en leur milieu d’un dôme comme les chaudières à vapeur et logés sur des châssis en bois.
- Enfin sont venus les bateaux-citernes (tank-slea-mers ou tank-ships) qui peuvent transporter jusqu’à 52 000 tonnes de pétrole en vrac. Les précautions sont si bien prises que ces volcans flottants ne présentent guère plus de dangers, moins peut-être, que les anciens navires pétroliers chargés de fûts en bois.
- Les pétroles bruts sont des mélanges en proportions variables d’un grand nombre de carbures d'hydrogène différant les uns des autres par leur état gazeux, liquide ou solide, leur degré d’inflammabilité, leur densité, leur point d’ébullition ou de congélation. On use de ces différentes propriétés pour les séparer les uns des autres, les trier en quelque sorte en diverses catégories d’essences, huiles d’éclairage, huiles de graissage, paraffine et vaseline. Le résidu de toutes ces opérations est un coke ou carbone très1 pur dont on a fait avec un certain succès des charbons pour l’éclairage électrique.
- Quant aux applications, dont le panorama nous donne toute la série, elles sont très nombreuses : l'éclairage domestique, les. phares, font usage des huiles et des essences ; le mélange d’air et d’essence ou gazoline, est employé dans des moteurs spéciaux, système Otto, Lenoir, Rouart, Benz, Salomon et Ten • ting, Panhardet Levassor,Diederich, Noël, Forest, etc., pour produire la force motrice. Le principe consiste à fabriquer, de toutes pièces, un gaz détonant analogue au gaz d’éclairage et que l’on utilise à peu près de la même façon.
- Il faut citer aussi des emplois très variés au chauffage industriel, au graissage des machines, à la désincrustation des chaudières, à l’ensimage des laines cardées, à la fabrication des,tissus caoutchoutés, à l’imperméabilisation des tissus, à la teinture, à la parfumerie pour l’extraction des parfums des fleurs, à la photographie et à la photoglyptie. Enfin, le phylloxéra, et plus récemment les criquets lorsqu’ils firent invasion en Algérie, ont trouvé dans le pétrole un adversaire redoutable contre leurs désastreux progrès.
- Un voit que cette industrie, qui n’existait pas il y a bien peu d’années encore, est capable, comme bien d’autres qui ont marché à pas de géant, de remplir
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- mi volume consacré à ses multiples applications. Nous avons la bonne fortune de les voir résumées avec une méthode didactique très sage dans le panorama de l’Exposition de 1889 et, pendant qu’il en est temps encore, nous ne pouvons qu’engager les visiteurs à en proliter pour leur instruction.
- Max de Naxsodty.
- LE PAVILLON UES TRAVAUX PUBLICS
- A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Le Ministère des travaux publics possédait tous les éléments voulus pour être brillamment représenté à l’Exposition de 1889 : il les a bien utilisés, complétant en cela son exposition analogue que nous avions déjà admirée en 1878.
- Son exposition officielle est réunie dans un élégant pavillon situé dans le jardin du Trocadéro, sur la gauche, en descendant vers le pont d’iéna. C’est à dessein que nous écrivons le mot officielle. Le domaine des travaux publics est, en effet, par lui-même, fort étendu et ce qui s’y rapporte devait nécessairement figurer en des classes diverses de l’Exposition : les chemins de fer, les matériaux de construction, sont en totalité ou en grande partie au Champ de Mars; les plans en relief de nos principaux ports de commerce se trouvent dans le Palais des Chambres de commerce maritimes, les chemins de fer dans le Palais des Machines, les travaux de régularisation des eaux torrentielles dans le Pavillon de l’administration des forêts, les matériaux de construction épars un peu partout ; enfin, toute une partie rétrospective, d’un haut intérêt, se trouve au Champ de Mars dans l’exposition spéciale de l’Histoire du travail.
- Le pavillon du Ministère des travaux publics, que nous allons parcourir, est consacré, avec beaucoup d’ordre et de méthode, aux plans, cartes, dessins et modèles relatifs aux voies de navigation et aux travaux maritimes, ports, rivières et canaux, phares et balises, etc.
- Le batiment, construit en briques et fer, couvert en tuile, est simple et élégant. 11 se compose d’une grande pièce centrale renfermant trois pièces de dimension inégale et d’un petit hangar annexe.
- De chaque côté de la pièce centrale, deux tourelles carrées renferment chacune un escalier aboutissant à une plate-forme supérieure qui sert d’accès à un phare. La tour du phare a 55 mètres de haut et elle serait certainement imposante si l’on ne se trouvait si proche de la Tour Eiffel.
- A l’intérieur, de beaux plans, des dessins et des modèles, relatent les principaux travaux exécutés par les différents services du Ministère des travaux publics. Parcourons-les.
- Amélioration des ports maritimes. — Voici le port de Marseille avec le plan en relief du port de la Joliette et l’indication du mode de construction de la jetée du large à laquelle la Méditerranée donne
- parfois de si rudes assauts. Puis, le port du Havre avec la description des beaux travaux exécutés dans ces dernières années et qui vont se continuer plus largement encore ; nous voyons le mode de creusement des bassins et de fondation des murs de quai par l’air comprimé ; le canal de Tancarville avec ses portes d’écluse à un seul vantail; le pont-tournant du bassin Rellot qui offre cette particularité de reposer sur une crapaudine unique et d’être mû par l’eau sous pression.
- Un peu plus loin nous trouvons les installations générales, les formes de radoub et la machinerie hydraulique du port de Calais, le port en eau profonde de Roulogne-sur-Mcr avec sa digue faite de gros blocs immergés, le bassin des chasses du port de Rondeur, les ponts-tournants du port de Saint-Malo, le port de Saint-Nazaire et les plans du canal maritime de la Basse-Loire, en construction.
- Viennent ensuite les travaux du port de Rochefort avec une nouvelle monographie complète et saisissante des fondations à l'air comprimé, ses écluses, manœuvrées par l’eau sous pression et enfin des travaux du nouveau port de la Pallice.
- Les travaux d’amélioration du port de Bordeaux, de la Gironde et de la Garonne maritime enfin la défense des côtes de l’Aiguillon (Charente) achèveront d'instruire les visiteurs.
- On y verra quelle somme considérable de travail a été dépensée dans ces dernières années pour l’amélioration de nos ports maritimes. Certes le temps n’est plus où avec l’esprit généreux de dénigrement qui nous caractérise en France, nous pouvions nous reconnaître bien en arrière sur nos concurrents et nos rivaux. La distance est regagnée ou près de l’être sur presque tous les points.
- Amélioration des rivières et des canaux. — Les rivières, ces « routes qui marchent », et les canaux qui les complètent et les relient entre elles, fournissent aussi au Ministère la matière d’une remarquable exposition.
- On peut examiner des dessins et des modèles très exactement exécutés des barrages de la Seine à Poses, Port-Villez, Suresnes, Bougival et Marly. L’écluse de Bougival qui n’a pas moins de 220 mètres de long est un des beaux travaux de ce genre réalisés dans ces dernières années.
- Le canal du Centre montre un exemple des écluses à grandes chutes que nos ingénieurs tendent à employer de plus en plus ; les plans du réservoir de Torcy-Neuf qui alimente ce canal attirent l’attention.
- Un peu plus loin nous trouvons les détails des travaux exécutés sur le canal de la Marne au Rhin, avec son bief de partage et ses usines à eaux alimentaires dont les données avaient servi de base aux calculs effectués pour le projet du canal de Panama.
- Le touage se fait, sur ce canal, en chaîne noyée; on peut comparer cette méthode de touage avec le système de touage mécanique funiculaire expérimenté
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- à Saint-Maurice, près Paris, par M. Maurice Lévy et dont les expériences se poursuivent au canal de Saint-tjuentin suivant les principes indiqués par M. Oriolle, ingénieur, un des premiers promoteurs de cette méthode.
- Le canal du Nivernais, celui du Rhône à Cette, de l’Oise à l’Aisne et de Neufossé, sont également exposés en détail avec leur matériel spécial et perfectionné : pont-oscillant, portes d’écluses équilibrées et ascenseur pour bateaux.
- Phares et halises. — L’exposition de l’Administration des phares occupe l'annexe du pavillon dont nous avons parlé au début de cette note. On sait combien notre « Service des phares » est universellement renommé ; il sert de type et de modèle dans le monde entier. Ajoutons que tous les appareils exposés, au lieu d’être de simples modèles de démonstration, sont des appareils réels qui, dès la fermeture de l’Exposition, seront mis en station et joueront sur notre littoral leur rôle sauveur : l’intérêt en est encore augmenté pour le visiteur qui peut, en quelque sorte, exécuter un voyage de circumnavigation des plus curieux en s’arrêtant aux points dangereux de nos côtes.
- Sur le seuil de cette annexe, brillent de chaque côté deux bouées lumineuses, l’une à gaz comprimé, l’autre à essence minérale : elles brûlent nuit et jour pendant toute la durée de l’Exposition de 1889, semblables à d’énormes lampes perpétuelles allumées par la France en l’honneur de l’humanité. Pendant le jour, la lueur est peu visible et le public passe souvent ignorant ou indifférent; mais, vienne la nuit, son éclat fait rêver les plus sceptiques.
- La porte franchie, nous pouvons examiner les beaux appareils français destinés aux phares d’Isigny (Calvados), des Grands-Cardinaux (Morbihan), du Grand-Charpentier (Loire-Inférieure) ; puis le phare métallique de Port-Yendres, le phare électrique de Planier (Bouches-du-Rhône).
- L’emploi de l’huile minérale, de la gazoline et de l’électricité sont mis en comparaison d’une façon fort instructive et l’on voit le parti que l’on peut tirer de l’une ou de l’autre suivant les cas. Si nous en croyons les électriciens, on n’a pu allumer pendant l’Exposition le phare bifocal de la Coubre dans
- lequel deux lampes électriques étendent un faisceau puissant convergent à plus de 70 kilomètres de distance : ce feu triomphant eût éteint l’éclat des fontaines lumineuses dans le Champ de Mars.
- Les signaux sonores, les sirènes à vapeur et à air comprimé, occupent dans cette exposition une large place : l’une d’elles, mise en action de temps à autre par l’air comprimé, fait retentir dans le Champ de Mars des appels qui ont été pour le public un grand sujet d’étonnement; une machine à air chaud de 10 à 12 chevaux de puissance devait l'actionner; mais les expériences continues n’ont pu être réalisées au cours de l’Exposition dans la crainte de troubler l’économie générale de la grande entreprise. Cette machine est destinée à fonctionner à l’embouchure de la Gironde.
- Ponts et viaducs. — Nous ne saurions énumérer tous les beaux spécimens de ponts et tle viaducs qui se trouvent dans cette exposition : nos lecteurs en trouveront d’ailleurs la description dans la collection de La Nature où ils ont tous été décrits en leur temps. Les modèles du viaduc de Ga-rabit et du viaduc de Tardes, construits par M. Eiffel, y occupent une place d’honneur.
- Les travaux d’étude du tunnel sous la Manche, si regrettablement interrompus, sont décrits dans tous leurs détails avec un intéressant modèle de la perforatrice Beaumont. Signalons aussi le siphon du l’ont-Morland avec son curieux système d’aspiration des eaux d’égout par injection d’eau sous pression, le pont suspendu de Tonnay-Charente et le beau pont en acier de la Seine à Rouen, récemment inauguré.
- Tels sont les principaux documents exposés dans le pavillon du Ministère des travaux publics. Les légendes détaillées qui les accompagnent, les modèles d’une réelle perfection qui y sont joints en rendent l’examen tout à la fois facile et instructif. On trouverait difficilement, à moins de visiter une grande quantité de collections et de musées spéciaux une occasion aussi agréable et aussi aisée de s’instruire et de prendre connaissance des progrès accomplis dans cette branche primordiale de l’activité civilisatrice moderne : il convient d’en profiter grâce à l’Exposition de 1889.
- Lc Pavillon des Travaux publics au Trocadéro, à Paris.
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- LA NATURE.
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- LE VIADUC DU VIAUR
- DANS LE TARN
- L’audace et le talent de nos constructeurs, en matière de grands ouvrages métalliques, ont progressé, ces dernières années, de la plus remarquable façon. Ce progrès est attribuable, d'une part, à la facilité et à l’économie avec lesquelles la métallurgie, devenue de plus en plus savante et sure de ses procédés, produit des masses énormes de fer et d’acier ; d’autre part, à la sûreté atteinte par les calculs de résistance des matériaux appuyés sur des notions précises de l’état de la matière et sur de nombreux exemples réalisés. Les grandes charpentes métalliques de l’Exposition universelle de 1889,
- élevées en quelques mois avec autant d’élégance que de sécurité, ont captivé l’attention du monde entier et montré tout le parti que l’avenir pourra tirer des nouveaux moyens d’action mis à sa disposition.
- La construction en fer et en acier, qui caractérise notre siècle, se prête, en effet, aux plus multiples usages, piles de viaducs, phares, môles de débarquement, portes d’écluses, bassins de radoub fixes ou flottants, caissons de fondations, etc. Mais c’est peut-être dans la construction des ponts que se montrera de la façon la plus évidente l’étendue du progrès réalisé. 11 n’est guère, à l’heure actuelle, de gouffre ni de ravin qui ne puisse être hardiment franchi au moyen d’ouvrages auxquels nos prédécesseurs n’auraient même pas pu songer, et le projet d’un pont sur la Manche, qui semblait chimé-
- Le viaduc du Viaur; projet- qui
- rique, il y a peu de temps encore, en raison de l’écartement nécessaire à donner à ses piles, entre absolument dans le domaine des conceptions réalisables à brève échéance.
- Parmi les conséquences immédiates de ce grand mouvement en avant opéré dans l’art de l’ingénieur, nous signalerons le viaduc du Viaur dont l’arche aura 250 mètres d’ouverture, ni plus ni moins. Après un minutieux contrôle de son projet effectué par une commission spéciale d’ingénieurs des ponts et chaussées, sa construction vient d’être adjugée à la Société de construction des Batignolles qui en a fait les études avec un soin et une hardiesse vraiment remarquables.
- Avant d’en faire la brève description, rappelons tout d’abord à nos lecteurs les grandes caractéristiques des ponts les plus gigantesques actuellement construits ou près d’être terminés.
- On cite, entre autres, aux États-Unis, le pont de
- va être réalisé, dans le Tarn.
- Dixville, sur le Kentucky River, dont les piles centrales sont espacées de 114,40 m, celui du Niagara, de 148,50 m de portée, celui de Kentucky et Indiana, de 110 mètres de portée, celui de Pough Keepsie, sur l’Hudson, de 160 mètres de portée.
- Le pont du Forth, en Écosse, qui se termine en ce moment, sera le plus colossal du monde : les lecteurs de La Nature en ont eu antérieurement la description L II comporte deux grandes travées de 585 mètres d’ouverture d’axe en axe des piles, et la hauteur libre au-dessus des hautes mers, prise au milieu de chaque travée, est de 47,50 m. Le tablier est tout entier en acier. En France, nous avons le magnifique viaduc de Garabit, construit par M. Eiffel, dans la Lozère, dont la travée centrale a 177,720 m d’ouverture d’axe en axe des piles et qui porte les rails du chemin de fer à 122,500 m
- 1 Vov. n° 709, du 25 février 1888, p. 197.
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- LA NATURE.
- de hauteur au-dessus du fond de la vallée.
- Le viaduc du Viaur sera le grand événement constructif des années qui vont suivre. Mis au concours par le gouvernement, en 1887, et adjugé récem-tnent, ainsi que nous l’avons dit, il présente une disposition toute nouvelle. 11 est constitué par deux charpentes métalliques symétriques présentant, en élévation, la forme d’un triangle dont le sommet serait fiché en terre et dont la hase serait horizontale; le triangle lui-même n’est pas symétrique et se prolonge, d’un coté de son sommet inférieur, beaucoup plus loin que de l’autre côté.
- Ce qui caractérise ce nouveau viaduc, c’est que, de même que les grands arcs du Palais des Machines de l’Exposition de 1889, il est articulé en trois points : il comporte une articulation à chaque naissance de l’arc, c’est-à-dire au sommet de chacun des triangles dont nous avons parlé plus haut, et une articulation à la clef.
- Ce système d'articulation a un double résultat. D’une part, il soustrait la construction à la dilatation toujours considérable et dangereuse dans les grands ouvrages métalliques. D’autre part, il fait porter et reposer l’ouvrage sur des tourillons de gros diamètre parfaitement dressés; il résulte de cette disposition que le constructeur est absolument fixé, au cours de son travail, sur le point de passage exact des résultantes des forces qui agissent sur le pont, tant intérieures qu’extérieures. Cette certitude n’existe pas dans le système des arcs continus tels que celui de Garabit, par exemple, et laisse, jusqu’au dernier moment, planer une certaine incertitude sur le montage et l’exécution ; par contre, elle ne s’acquiert que grâce à l’emploi d’une quantité et d’un poids de matière un peu plus grands que dans le système à arcs continus.
- En résumé, ce type de construction à articulation appliqué pour la première fois, en Erancc, à de grandes fermes et à un grand viaduc comme celui du Viaur, rendra de réels services au prix de quelques précautions indispensables dans l’établissement des tourillons. 11 est évidemment appelé à se développer en raison de la sécurité qu’il donne sur les résultats fournis par les calculs.
- Voici dans quelles conditions sera établi le viaduc du Viaur qui franchit, comme le montre notre dessin, une vallée très creuse, de 800 mètres d’ouverture entre les crêtes, et de 155 mètres de profondeur :
- Longueur totale <te l’ouvrage................ 460,00 m
- — de la partie métallique...............410,00 m
- Ouverture de la travée centrale.............. 250,00 m
- — de chacune des travées latérales. 80,00 m Hauteur du rail au-dessus du fond de la
- vallée.....................................116,80 m
- Hauteur de la partie métallique au-dessus
- des articulations des naissances........... 48,00 m
- Flèche de l’axe............................... 45,00 m
- Longueur de chaque travée de raccordement. 26,00 m
- Son aspect, dans le dessin tout au moins, n’est pas aussi gracieux que celui des ponts en arc, tels
- que celui de Garabit, par exemple, mais on peut être assuré, en raison de ses proportions colossales, qu’il présentera comme ses devanciers, et même comme le pont du Forlh dont la forme est extraordinaire, un caractère de beauté et de force tout spécial.
- Insistons en terminant sur un point qui mérite d’être noté. Ce n’est, pas dans le désir d’attacher leur nom à un travail exceptionnel que nos ingénieurs, sur de simples lignes de chemins de fer d’intérêt local, exécutent ces ponts et ces viaducs gigantesques. L’économie la plus raisonnée les y conduit, comme elle y conduisit, pour le viaduc de Garabit, le regretté Léon Royer, initiateur audacieux dans notre pays, de ces grandes traversées aériennes. Faute de pouvoir franchir le gouffre normalement et d'un seul jet, la voie ferrée se verrait en effet obligée de contourner la montagne en se lançant, à liane de coteau, dans d’interminables lacets. Si économique que puisse être la construction kilométrique de la voie dans ces conditions, le prix des kilomètres finit, à un moment donné et calculable, par dépasser le prix de revient du viaduc nécessaire pour franchir l’espace ; dès lors, le viaduc s’impose et nos ingénieurs n’hésitent pas à en adopter la solution.
- Nous reviendrons, par la suite, sur les détails de construction et de montage du viaduc du Viaur, qui seront par eux-mêmes un curieux champ d’études ouvert à nos constructeurs. X..., ingénieur.
- LÀ FOIRE DE MJNI-N0VG0R0D
- Depuis que l'on parle de conserver définitivement une partie des magnifiques constructions édiliées pour l’Exposition universelle, dans le but de donner une utilisation à ces immenses galeries, on a émis l’idée de créer à Paris une sorte d’immense foire annuelle, analogue à celle qui se lient au centre de la Russie, à Nijni-Novgorod.
- Aussi semble-t-il bien de circonstance de rappeler en peu de mots quelle est cette foire, et d’indiquer le développement continu que suivent les affaires commerciales qui s’y traitent.
- La ville de Nijni-Novgorod, située sur le cours de la Volga, à l’est de Moscou, au milieu d’une région industrielle peuplée par des populations diverses, n’a pas toujours été cet immense marché dont la réputation est universelle, cette foire, la plus importante du monde entier. Si nous voulions remonter aux commencements de l’histoire russe, nous verrions le centre commercial établi au confluent de la Kama et de la Volga; puis le marché est transféré à Kazan, au neuvième siècle. Enfin, dans la première moitié du dix-septième siècle, il était établi près du couvent de Saint-Makariy1, lieu de pèlerinage renommé, à 80 kilomètres en aval de Nijni-Novgorod. Mais comme le champ de foire était incommode, après un incendie, en 1816, on le transporta dans la ville même de Nijni, dont la situation est excellente au point de croisement des routes commerciales, unissant la Russie d’Europe à toutes les populations de la Russie d’Asie et
- * Saint-Macairo.
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- LA NATURE.
- 5! I
- de l’Asie en général, et au confluent de deux grands cours d’eau, l’Oka et la Volga.
- Le champ de foire, situé dans le bas de la ville et sur la rive gauche de l’Oka, est bâti par rues droites où s’alignent des boutiques contenant des marchandises variées; on y trouve un immense bazar de 1700 mètres de long sur 1 kilomètre de large. On compte environ 3000 boutiques sédentaires, et en outre autant de boutiques en bois qui s’élèvent seulement pour le temps de la foire.
- La première foire, tenue à Nijni même, l’ayant été en 1817, c’est donc la soixante-douzième qui vient d’avoir lieu.
- En 1817, la valeur des marchandises, c’est-à-dire le chiffre des affaires traitées, était de 26450000 roubles; pour montrer le développement extraordinaire qu’avait pris cette foire depuis cent ans environ, on n’a qu’à rappeler qu’en 1697, à la foire de Saint-Makariy, origine de celle qui nous occupe, le chiffre des affaires n’avait été que de 80000 roubles. En 1827, le chiffre n’a pas varié, pour ainsi dire, mais en 1837, il atteint à peu près 42 millions.
- Il passe à 55900000 roubles en 1847, et à 87100000 roubles en 1857.
- Mais vingt ans après, la progression est énorme, puisque les affaires se chiffrent par 126700000 roubles en 1867. Depuis lors, le commerce de cette foire suit cette marche ascendante fantastique : il atteint 175 millions de roubles en 1877 et 185 millions en 1887. Le chiffre même de l’année dernière (1888) que nous empruntons, ainsi que la plupart de ces renseignements, à notre confrère russe le Nouveau Temps, est d’environ 194 millions de roubles.
- 11 est assez intéressant de savoir quelles sont les principales marchandises qui arrivent sur ce marché. Tout naturellement ce sont les marchandises russes qui représentent la plus grosse part, 155 millions de roubles au total. Dans cet ensemble, on compte 28 millions pour les cotonnades, 22 pour les métaux, 16 pour, les laines et lainages, 8 pour la verrerie et la porcelaine, autant pour les pelleteries, et la même valeur pour les cuirs. Les 41 millions de roubles représentant la valeur totale des marchandises étrangères se composent principalement de 18 millions et demi de thé, venant de Chine, et dont la réputation est grande. Les produits du Turkestan, de Khi va et de Boukhara, dont le transport est aujourd’hui rendu bien plus facile par le chemin de fer transcaspien. représentent 7 millions de roubles. Enfin, il arrive pour 5 millions et demi de marchandises de Perse, qui ont pourtant, avant d’arriver à Nijni, un énorme parcours à faire.
- Peut-être lorsque le fameux chemin de fer transsibérien sera construit, Nijni verra-t-elle son importance diminuer beaucoup; mais ce moment n’est pas encore venu, et on peut voir encore le mouvement de sa grande foire augmenter chaque année. Daniel Bei let.
- NOUVELLES GALERIES DE ZOOLOGIE
- DU MUSÉUM D’HISTOIRE NATURELLE DE PARIS
- Depuis de longues années, les locaux attribués aux riches collections du Jardin des plantes de Paris, étaient dans un état d’infériorité manifeste, quand on les comparait à ceux des établissements similaires de l’étranger.
- Il n’en est plus de même aujourd'hui. Un monument majestueux, on pourrait dire un Palais, est édifié au fond du Jardin; dominant les constructions avoisinantes qui y ont été conservées, il abrite les trésors accumulés depuis Buffon jusqu’à nos jours.
- L’inauguration de cet édifice a eu lieu récemment; nous y jetterons aujourd’hui un premier coup d’œil d’ensemble.
- Le nouveau Muséum d'histoire naturelle a été construit par un de nos architectes les plus distingués, M. André. La façade principale en est tout à fait grandiose; les proportions de l’ensemble sont belles et simples tout à la fois. L’intérieur de l’édifice répond par ses dispositions aux harmonies de l’extérieur ; un immense hall central en constitue le motif principal, des galeries latérales y sont étagées, et le visiteur peut ainsi admirer d’un seul coup d’œil l'ensemble des collections. L’effet est imposant. Cette ingénieuse disposition nous paraît très heureusement appropriée à l’objet du monument.
- Outre le hall et ses galeries latérales, trois galeries de façade sont superposées aux trois étages de l’édifice, ainsi que des salles latérales de dimensions moindres.
- M. Fremy, l’éminent directeur du Muséum d’histoire naturelle, nous a autorisé à faire exécuter des photographies spéciales pour La Nature ; nos gravures en sont la reproduction. M. Bocourt, le savant voyageur naturaliste, aujourd'hui gardien chef des galeries, nous a fait les honneurs du nouveau monument ; notre texte est le résumé des notes que nous avons prises lors de l’intéressante visite que nous y avons faite.
- On entre dans les galeries par une des portes latérales de la grande façade (fig. 1). Une première galerie s’étend au rez-de-chaussée et longe cette façade. Elle comprend dans toute sa longueur les Singes et les Carnassiers. Les vitrines sont remplies des individus admirablement empaillés dans l’attitude qui leur était familière pendant la vie. Nous signalerons de magnifiques groupes nouveaux de Panthères et de Tigres. Une pièce montée, formée d’un Tigre tenant un Paon dans sa gueule, est des plus remarquables. Citons encore les Tigres aux longs poils du nord de la Chine, et le Lion du Sénégal dévorant une Antilope. Les Singes empaillés se trouvent presque tous alignés dans les armoires latérales : on passe en revue toutes les espèces, depuis le Gorille dont les bras allongés ont plus de 2 mètres de longueur, jusqu'au minuscule Singe pygmée qui n’est guère plus gros qu’une souris. Les vitrines placées à l’étage supérieur de la galerie, comprennent la collection des Chauves-Souris.
- Après avoir parcouru cette première salle, on pénètre dans le grand hall. Au rez-de-chaussée il abrite, dans les vitrines nord du pourtour, les mammi-lères empaillés suivants ; Kangourous, Ours, Loups, Renards, Antilopes, et dans les armoires vitrées murales, les petits Carnassiers tels que Martes, Pu-
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- LA N ATI’HE.
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- tois, Loutres, etc. Puis viennent, dans le côté ouest, les Antilopes, les Fourmiliers, les Sangliers, les Anes, les Zèbres. En continuant à faire le tour de la salle du rez-de-chaussée, on arrive aux vitrines des Poissons, préparés et montés. On admire en passant les magnifiques Cyprins, et le Vastrés du Brésil, qui n’a pas moins de 2 mètres de longueur, et a été rapporté par M. Castelnau. Les armoires vitrées latérales comprennent en cet endroit les collections de poissons conservés dans l’esprit-de-vin. Le côté est, est rempli par les vitrines contenant les Marsupiaux, les Echidnés et les Ornithorinques.
- Le centre du hall, dont notre grande gravure indique l’aspect (fig. 2), a été ordonné avec beaucoup d’art et de goût. On passe d’abord, quand on commence la visite par le côté est, entre deux grandes
- vitrines contenant les Cerfs, puis on se trouve devant l’étagère aux proportions colossales qui porte, sur ses gradins, les Éléphants, les Hippopotames et les Rhinocéros; c’est celle que l’on aperçoit au premier plan de notre gravure. L’étagère centrale est également chargée de pièces monumentales : la Girafe, le Chameau, le Dromadaire et les Tapirs en forment les principaux objets; l’étagère de l’autre extrémité du hall est couverte de pièces comprenant les Chevaux, les Bisons, les Buffles, les Aurochs; on y remarque des échantillons rares: l’Ovibos musqué de l’île de Melville, le Yack du Thibet; puis viennent des vitrines renfermant les Lamas et les Antilopes. Tout autour six immenses squelettes de Baleines installés par M. Pouchet, professeur d’anatomie, complètent cet ensemble merveilleux.
- Fig. 1. — Façade des nouveaux bâtiments du Muséum d’histoire naturelle de Paris.
- Au deuxième étage, nous avons à parcourir la galerie de façade, et les galeries latérales de pourtour du grand hall. La deuxième galerie de façade est non moins belle que celle du rez-de-chaussée ; elle a été réservée aux collections d’oiseaux empaillés, collections incomparables, qui comptent assurément parmi les premières du monde. On est ébloui à la vue des vitrines contenant les innombrables variétés du monde ornithologique. Voici les Aigles aux ailes étendues, ou dévorant leur proie ; voilà les Condors, les Colombes, les Perroquets, les Oiseaux de paradis, les Oiseaux-Mouches, véritables parures vivantes. La série des oiseaux empaillés se continue dans une partie des galeries latérales avec les collections relatives aux Échassiers et aux Oiseaux de mer. Une salle à part comprend les oiseaux d’Europe. Des vitrines murales se rapportent aux spécimens des nids.
- La galerie sud du deuxième étage donne asile
- aux Reptiles ; une autre est encore consacrée à des Mammifères. Des vitrines plates dans le pourtour du premier étage ont donné place aux Madrépores et aux Coquilles.
- Montons au troisième étage. La galerie de façade contient les Crustacés. Des vitrines permettent au visiteur d’étudier tout ce qui est relatif aux dégâts des insectes sur les végétaux, aux nids d’abeilles et de guêpes, aux cocons de vers à soie. Le pourtour du grand hall, au troisième étage, comprend, dans la galerie nord, les Crustacés, les Annélides, les Coraux, etc.; dans la galerie sud, les Oursins et les Coquilles. Tout autour, les vitrines plates sont consacrées aux collections entomologiques d’une richesse inouïe, d’un intérêt de premier ordre; le monde des insectes n’est assurément pas le moins intéressant à étudier.
- L’organisation des nouvelles galeries zoologiques du Muséum nous paraît mériter les plus grands
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- La nouvelle galerie île zoologie au Muséum d’hisloirc naturelle de Paris. (D’après une photographie spécialement exécutée pour La Nature )
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- éloges : elle fait honneur aux quatre professeurs de zoologie de notre grand établissement national : M. Milne-Edwards (Mammifères et Oiseaux) ; M. Vaillant (Reptiles et Poissons) ; M. Blanchard (Insectes et Crustacés); M. Ed. Perrier (Animaux inférieurs), à leurs aides-naturalistes et préparateurs. Les collections du Muséum rappellent aussi, ne l’oublions pas, la gloire des savants et des explorateurs qui, depuis un siècle, ont conquis toutes ces richesses au nom de la zoologie.
- Comme 1 a si bien dit M. Fremy : « Quand on a le culte de la science, il est impossible de ne pas être saisi d’un véritable sentiment d’admiration devant les travaux des hommes illustres qui, dans ces galeries, ont posé les bases de l’histoire naturelle et constitué un monument scientifique qui ne périra pas1. » Gaston Tissandier.
- LES MOTEDRS THERMIQUES
- Sans aller jusqu’à dire, comme l’ont fait certains membres du Congrès international de mécanique appliquée, que la machine à vapeur a fait son temps et qu’on n’en construirait plus dans une vingtaine d’années, il est bien évident que, depuis une trentaine d’années, des machines thermiques autres que les machines à vapeur d’eau ont su se faire une large place dans l’industrie. Leur examen a fait l’objet, au Congrès de mécanique, d’une remarquable communication de M. Hirsch, l’éminent professeur du Conservatoire des arts et métiers. Nous croyons intéressant de résumer ici les points principaux de la conférence de M. Hirsch, renvoyant au mémoire original ceux de nos lecteurs que la question intéresse plus particulièrement.
- En partant des principes fondamentaux de la thermodynamique, on établit facilement que le rendement théorique maximum d’un moteur thermique, c’est-à-dire ‘le rapport du travail produit à la quantité de chaleur dépensée, entre les mêmes limites de température, est indépendant du corps intermédiaire, quel qu’il soit : vapeur d’eau, vapeur quelconque, gaz, solide, liquide, etc.
- Cela admis, M. Hirsch combat avec raison certaines conséquences qu’on a cherché à en déduire. On a dit, par exemple : du moment que le rendement est le même, quel que soit le fluide intermédiaire, il importe peu que ce fluide soit une vapeur ou un gaz quelconque; or, la vapeur d’eau est, pratiquement, le fluide le plus commode à manier ; donc c’est celui qui permettra de se rapprocher le plus des conditions théoriques ; en conséquence, la machine à vapeur d’eau présente une telle supériorité qu’il est inutile de poursuivre l’étude des autres machines thermiques.
- Ce raisonnement vague, longtemps considéré comme péremptoire, ne saurait être accepté sans réserve, et les faits en ont d’ailleurs démontré la fausseté.
- Une excellente machine de l’industrie consomme pratiquement par cheval-heure 1 kilogramme de bonne houille produisant, par sa combustion, 8500 calories. Une machine à gaz ordinaire consomme, pour la même quantité de travail utile, environ 1 mètre cube de gaz dont la
- 1 Les constructions nouvelles comprennent, outre les galeries de zoologie, des serres dont nous parlerons postérieurement.
- combustion développe en moyenne 5500 calories. Le rendement thermique de la machine à gaz est donc de plus de cinquante pour cent supérieur à celui de la machine à vapeur. El encore cette consommation de 1 kilogramme de houille par cheval-heure effectif implique-t-elle une machine à vapeur à condensation puissante, très parfaite, très soigneusement conduite et entretenue, bénéficiant de tous les progrès réalisés par un appareil deux fois séculaire arrivé à un degré de perfection qui ne laisse plus beaucoup de place à des progrès ultérieurs, tandis que la machine à gaz est née d’hier, que ses applications sont toutes modernes et infiniment moins étendues; que sa théorie est à peine ébauchée, que les mesures à l’indicateur montrent des conditions de fonctionnement extrêmement éloignées de celles qui pourraient assurer un rendement élevé. Et cependant le chiffre de 1 mètre cube de gaz par cheval-heure est réalisé couramment par les machines de puissance modérée, et il est souvent dépassé lorsque la machine est d’une puissance supérieure à dix chevaux.
- I kilogramme de bonne houille produit 8500 calories qui, intégralement transformées en travail, représentent, à raison de 425 kilogrammètres par calorie, 5012500 ki_ logrammètres.
- Un cheval-heure représente, d’autre part, une quantité de travail égale à
- 75 X 60 x 60 = 270 000 kilogrammètres.
- Le rendement n’est donc que de
- 270 000 _ K ...
- soit 7 5 pour 100 environ.
- O 612 500 r
- Sur 100 calories confiées à une machine à vapeur, il n’y en a donc que 7,5 transformées en travail : le reste esi perdu sous diverses formes.
- Yoici le bilan moyen de cette machine à vapeur si perfectionnée et cependant si prodigue.
- Sur 100 calories virtuellement renfermées dans le combustible, il n’en arrive guère plus de 60 dans la chaudière pour y faire de la vapeur. Le reste se disperse sous forme de fumées chaudes, de matières mal brûlées, par radiation, par conductibilité, etc.
- La vapeur arrivant dans le cylindre ne peut se transformer que partiellement en travail : dans le cas d’un moteur théoriquement parfait recevant de la vapeur à la pression de 5 kilogrammes par cm4, muni d’un condenseur à 40° C., le coefficient économique n’est que 0,27. On ne pourrait donc, de ce fait, utiliser que 0,27 X 60 = 16,2 calories.
- Mais le moteur est imparfait : la détente et la compression sont incomplètes, il y a des laminages de vapeur, des pertes de chaleur, des condensations qui ne permettent de recueillir qu’environ 60 pour 100 du travail théorique, soit : 0,60 x 16,2 = 9,72 calories.
- Les frottements et les résistances passives des organes mécaniques interposés entre la vapeur dans le cylindre et l’arbre, y compris les frottements de cet arbre dans ses paliers, sont une dernière cause de perte, et nécessitent l’introduction d’un nouveau coefficient appelé souvent rendement organique, et que l’on peut évaluer en moyenne à 0,77.
- II reste donc 9,72 x0,77 = 7,5 calories recueillies sur l’arbre sous forme de travail utilisable.
- ^ Les deux principales causes d’infériorité de la machine à vapeur au point de vue du rendement sont : 1° le nombre de transformations que la chaleur subit avant de se.
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- LA NATURE.
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- transformer en travail ; 2° la faible chute de température utilisable entre la température de la chaudière (158° C. dans l’exemple choisi) et celle du condenseur (40° C.).
- 11 n’en est pas de même avec les machines à gaz : la transformation est plus simple, plus directe, et, par suite, plus économique, et il est possible de faire agir le fluide à des températures élevées donnant un meilleur rendement. Mais il ne faut pas perdre de vue que le rendement thermique n’est pas le seul qu’il convienne de considérer. Quand on parle d’économie, en matière industrielle, il ne s’agit pas d’économie de chaleur, mais d’économie d’ar-(jent.
- Le prix de revient de la calorie doit donc entrer en ligne de compte : une calorie produite avec de la houille ne coûte pas le même prix qu’une calorie produite avec du gaz.
- 11 y a aussi à considérer les frais de main-d’œuvre, d’entretien, l’intérêt et l’amortissement applicables aux appareils, aux terrains qui les supportent, aux bâtiments qui les abritent, etc. 11 est donc impossible d’affirmer a priori qu’un moteur à rendement thermique élevé est nécessairement économique. Dans bien des cas, l’extrême économie dans la production du travail n’est qu’un avantage secondaire : les qualités que l’industrie exige d’un moteur dépendent, en premier lieu, de l’emploi auquel il est destiné; tel moteur qui donnerait toute satisfaction dans un cas déterminé serait, dans un autre cas, complètement inutilisable. La régularité d’allure, l’espace occupé, la légèreté, la sécurité, etc., sont autant de facteurs qui imposent, pour chaque application, le choix d’un système, de préférence à tout autre.
- Les moteurs thermiques qui se disputent aujourd’hui le champ des applications, peuvent se diviser en deux grandes catégories, suivant que le fluide agissant est une vapeur ou un gaz permanent.
- On peut comprendre sous le nom de machines à vapeur, celles dans lesquelles le fluide prend successivement l’état gazeux et l’état liquide.
- Comme gaz permanents, on n’a guère utilisé jusqu’ici que l’air atmosphérique successivement réchauffé et refroidi. Les machines de cette catégorie seront donc les machines à air chaud.
- Un troisième groupe désigné sous le nom de machines mixtes et diverses comprendra les moteurs dans lesquels on a essayé des combinaisons variées.
- machines a vapeur. — Dans cette classe viennent se ranger, en dehors des machines à vapeur d’eau ordinaires, les machines à vapeur d’eau surchauffée, et les machines à vapeurs diverses.
- La pression de la vapeur d’eau s’élevant très vite avec la température, le rendement thermique de ces machines est nécessairement faible. Pour tourner cet inconvénient, il suffit d’y ajouter de la chaleur sans augmenter la pression en surchauffant la vapeur dans un tuyau ou serpentin plongé soit dans les fumées, soit dans les flammes du foyer.
- Si la surchauffe est très grande, la vapeur brûle les lubrifiants et fait gripper les surfaces frottantes ; le succès de ce procédé est donc subordonné à la découverte d’un lubrifiant qui ne se laisse pas attaquer par ce fluide. Pour des surchauffes modérées, les avantages qui pourraient en résulter, sont contre-balancés par la difficulté de régler lé 'degré de surchauffe eu égard aux variations de vitesse de la vapeur dans le surchauffeur et des variations de vitesse et de température des flammes ou des fumées.
- Les procédés employés jusqu’ici sont impuissants ou compliqués.
- Vapeurs diverses. — Les essais faits sur d’autres vapeurs que la vapeur d’eau, éther, chloroforme, ammoniaque, acide sulfureux, sulfure de carbone, acide carbonique, etc., n’ont pas donné de résultats industriels, mais il semble que, suivant M. Hirsch, l’emploi de la combinaison de deux vapeurs, présentant en quelque sorte des qualités complémentaires, constitue une solution qui offre quelque chance de succès et qui mérite d’être étudiée. Des recherches bien dirigées relatives aux propriétés physiques des vapeurs pourraient conduire à des résultats nouveaux et intéressants dans l’application des vapeurs à la transformation de la chaleur en travail mécanique.
- — A suivre. —
- TREUIL SPIRAL
- A PUISSANCE CONSTANTE ET A PRESSION VARIARI.E
- Lorsqu’on exerce une certaine pression sur des corps compressibles, des fourrages ou des cotons, par exemple, pour en faciliter le transport à de grandes distances, par la réduction de l’encombrenient résultant de cette compression, on observe que les premières déformations se produisent sous une pression relativement faible, et qu’elle augmente graduellement à mesure que l’opération se continue. La quantité de travail nécessaire pour réduire le volume initial de quantités égales va donc en augmentant du début à la fin de l’opération.
- Si l’on emploie une série d’engrenages ou la disposition ordinaire du treuil différentiel pour transmettre l’effort exercé sur une manivelle au plateau mobile de la presse, chaque tour de manivelle faisant avancer le plateau de la même quantité, le couple résistant augmentant au fur et à mesure de l’opération, il faudrait atteler à la manivelle un nombre d’hommes de plus en plus grand.
- Le problème à résoudre pour remédier à cette mauvaise utilisation du personnel, et rendre le couple à exercer sur la manivelle sensiblement constant pendant toute l’opération, consiste à faire varier le nombre de tours de la manivelle nécessaire pour faire avancer le plateau mobile d’une certaine longueur, 1 centimètre par exemple, proportionnel à la pression à exercer. Dans ces conditions, la vitesse de déplacement du plateau diminue en raison inverse de la pression exercée, et le couple résistant reste constant, ainsi que le nombre de manœuvres nécessaires pour l’opération fout entière.
- M. Magna a résolu le problème d’une manière très ingénieuse, et la disposition qu’il a adoptée a fait récemment l’objet d’un rapport favorable de M. Tresca devant la Société d'encouragement pour l'industrie nationale.
- M. Magna emploie à cet effet un treuil différentiel dans lequel la grande poulie a une forme conique, et est munie d’une sorte de rainure en spirale guidant la chaîne pendant son enroulement sur le tambour à diamètre décroissant. La figure 1 montre cette disposition appliquée 'a une presse ; la figure 2 indique
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- LA NATURE.
- le principe de la combinaison mécanique réalisée par M. Magna.
- « Cette presse à grande course (fig. 1) est formée: d’un bâti en fonte sur lequel on vient monter les quatre tirants cylindriques de la presse, servant en même temps de guide au plateau presseur; d’un plateau inférieur au-dessous duquel se trouve disposé un arbre hori-zontal portant, à l’une de ses extrémités, un tambour cylindrique, avec rainure hélicoïdale pour l'enroulement d’une, chaîne à maillons cylindriques, et, à l’autre extrémité, le tambour en spirale formant, avec le premier, les deux éléments principaux d’un treuil ditféren-tiel à diamètres variables.
- « L’axe de ce treuil est mis en mouvement par une transmission retardatrice à double engrenage, la manivelle motrice étant montée sur un arbre parallèle au premier, fixé, ainsi qu’un arbre intermédiaire, sur le même bâti constituant la partie inférieure de la presse. Le plateau presseur porte deux poulies de renvoi supportant la chaîne et remplaçant la poulie mobile unique de la disposition théorique.
- « La chaîne de manœuvre vient s’attacher en un point du tambour-spirale, se dirige verticalement vers l’une des deux poulies mobiles, entoure le plateau presseur à sa partie supérieure, redescend vers le tambour cylindrique et vient s’y fixer.
- « En mettant en mouvement la manivelle motrice par l’action d’un ou deux hommes, on fera tourner lentement le tambour-spirale dans le sens nécessaire pour que la chaîne s’y enroule ; l’autre extrémité de la chaîne vient se dérouler du tambour cylindrique d’une quantité plus faible que celle correspondant k l’enroulement sur le premier tambour. L’ensemble
- des deux poulies mobiles et du plateau se rapprochera du plateau inférieur, d’abord d’une assez grande hauteur par tour de l’axe des tambours et ensuite de quantités de plus en plus faibles à mesure que la maiière aura atteint un degré de compression plus élevé.
- « L’appareil ainsi disposé ne permettrait que le mouvement du plateau mobile dans la direction de haut en bas. Pour obtenir le déplacement en sens inverse de cet organe presseur, l’appareil porte des contre -poids attachés k l’extrémité de chaînes passant sur des poulies fixées k la partie supérieure de la presse et venant s’attacher aux quatre angles du plateau mobile.
- « En agissant sur la manivelle en sens inverse du premier mouvement, et sous l’action des contrepoids, le plateau mobile se relève d’un mouvement allant en s’accélérant k mesure que le plateau se rapproche de sa position de départ.
- « Le type de ces appareils peut être modifié dans d’assez grandes limites, la chaîne adoptée dans l’exemple précédent peut être remplacée par une corde, les poulies de renvoi de la corde ou de la chaîne peuvent être plus nombreuses et former ainsi des moufles k plusieurs brins dont l’action vient se combiner avec celle du treuil différentiel pour constituer un appareil encore plus puissant. »
- M. Magna propose d’employer le même principe dans un nombre d’appareils très variés, mais c’est aux presses k manivelle qu’il trouvera certainement son application la plus fréquente et la plus immédiate : ce que nous en avons dit suffit à nos lecteurs pour leur suggérer un certain nombre de ces applications.
- Fig. 1. — Presse à treuil différentiel de M. Magna.
- Fig. 2. — Schéma explicatif.
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- LA NATURE.
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- DISTRIBUTION D’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- PA K ACCUMl'LATKl'llS, A SAINT-HILAIRE - DU - HAIUIOUKl’
- U se présente parfois dans le domaine des applications électriques des problèmes assez difficiles ; en voici un qui a été résolu, et qui, cependant, paraissait tout d’abord insoluble. H s’agissait d’établir une distribution d’énergie électrique dans la petite ville de Saint-llilaire-du-Harcouët (Manche), ville où il est dans les habitudes d’éteindre toutes les lumières à dix heures du soir, et de ne pas allumer pendant l’été du 1er avril au 50 septembre. Deux compagnies de gaz avaient déjà échoué. Une première était venue et avait placé les
- Fig. i. — Vue intérieure d’uue station d’accumulateurs.
- lilature abandonnée depuis quelques années et possédant un ruisseau, le Vauroux, d’un débit assez constant, comme le prouvent les livres de l’usine établis de 1854 à 1886. L’eau de ce ruisseau est accumulée dans trois étangs successifs, ce qui constitue une réserve de 200 m3 d’eau pouvant être utilisée à raison de 200 litres par seconde sur une première roue hydraulique de 5 mètres de diamètre, tournant à la vitesse angulaire de 7 tours par minute. Un engrenage actionne une transmission intermédiaire tournant à la vitesse angulaire de 45 tours par minute ; cette transmission se prolonge dans l’usine. Une deuxième roue, de 5 mètres de diamètre également, reçoit la même eau ayant déjà servi à la première et vient se réunir à la même transmission. Chacune de ces roues peut donner 7,5 poncelets; on peut donc avoir à volonté 7,5 et 15 poncelets, soit 7,557 et
- réverbères et les candélabres, puis elle s’était retirée. La deuxième avait établi les tuyaux de canalisation, acheté le terrain, et avait sombré au moment d’établir le gazomètre. 11 appartenait à M. Lamy, l’installateur bien connu d’éclairages en province, d’apporter dans ce pays non la lumière au gaz, mais la lumière électrique.
- Le type de distribution que nous allons décrire est une distribution à intensité constante par accumulateurs. De l'usine part un câble qui aboutit à une petite station où sont placés une série d’accumulateurs en tension. Le câble sort de cette station, se rend à une autre et revient ensuite à l'usine.
- Puissance hydraulique. — A4 kilomètres de Saint-llilaire-du-Harcouët se trouvait une vieille
- Fig. 2. — Vue extérieure de la station.
- 14,714 kilowatts. Les étangs sont remplis en trois heures et vidés en huit heures. Toute cette installation hydraulique existait déjà ; il a suffi de faire quelques faibles dépenses seulement pour la remettre en état. On a pu ainsi diminuer dans de très grandes proportions le premier prix d’établissement. Une machine à vapeur de réserve a été également prévue en cas d’accident survenu à la machinerie hydraulique.
- Machine électrique. — La machine électrique, actionnée par la force motrice dont nous venons de parler, est une machine Thury type C donnant 600 volts et 17 ampères (10,2 kilowatts) à 800 tours par minute; elle ne donne actuellement que 500 volts et 17 ampères à 400 tours par minute.
- Accumulateurs. — Les accumulateurs sont répartis en trois stations, au nombre de 55 à 55 dans
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- LA NATURE.
- chacune. Les lampes à incandescence sont des lampes de 65 volts (Woodhouse, Cruto, de Khotinsky, etc.). Les accumulateurs sont des accumulateurs Gadot, type de 50 kilogrammes, avec des plaques de 4 kilogrammes. Ces accumulateurs peuvent débiter de 0 à 45 ampères, avec une capacité moyenne de 6 ampères-heure par kilogramme de plaque. L’installation dans les stations est des plus simples. La figure 1 montre l’intérieur d’une de ces petites stations. D’abord une couche de sable, des madriers avec une table sur laquelle sont posés les accumulateurs. La charge a lieu dix heures par jour à 17 ampères.
- Canalisation. — La canalisation est aérienne et constituée par du til de cuivre nu de 4 millimètres de diamètre, placé sur des poteaux avec isolateurs établis sur les toits. Un peut voir dans la figure 2 les câbles placés sur les isolateurs et arrivant dans une station intermédiaire. Aux traversées des rues, les fils descendent le long des maisons, passent sous terre, et remontent de l’autre côté. La longueur totale du circuit atteint exactement 7847 mètres.
- Fonctionnement de l'éclairage. — Les lanternes municipales sont au nombre de 80, dont 6 fonctionnent toute la nuit. Un coulombmètre Jacquemier marque les ampères-heure fournis aux accumulateurs. L’horloge du compteur porte un contact qui allume les lampes municipales à une heure déterminée à l’avance suivant la saison. Le contact est changé à volonté, comme dans les réveille-matin. On remarquera que l’on n’a pas prévu de contact-extincteur à heure déterminée. Le garde champêtre est en effet chargé de l’extinction; et comme l’énergie est vendue au compteur, l’usine a tout intérêt à ne pas éteindre. Dans la journée, quand la charge des accumulateurs s’effectue, la différence de potentiel aux bornes augmente : les lampes seraient trop poussées. Un électro-aimant est placé dans le circuit de charge, et dès que le courant passe, il retire trois accumulateurs du circuit qui alimente les lampes.
- Compteurs. — Les compteurs employés sont des compteurs de temps à spirale et non à balanciers, parce que les mesures de ces derniers sont faussées suivant les positions. La lampe-heure de dix bougies est tarifée 5 centimes. En comptant une moyenne de 3,5 watts par bougie, les 55 watts-heure sont donc vendus 5 centimes, les 100 watts-heure reviennent à 0,142 fr, sensiblement le même prix qu’à Paris.
- Telle est, dans son ensemble, cette installation intéressante, qui offre l’exemple le plus logique de la distribution de l’énergie électrique, la distribution par accumulateurs. Nous souhaitons que cet essai réussisse dans la petite ville de Saint-Ililaire-du-Harcouët, afin que le procédé puisse être appliqué dans de plus grandes proportions.
- J. Laffargue.
- CHRONIQUE
- Le guano de poisson. — Personne n’ignore que, depuis longtemps, on utilise dans les pêcheries de France et surtout de Norvège les déchets de poisson pour les convertir en un engrais qui commence à être très apprécié. Depuis plusieurs années, l’abondance extraordinaire des harengs sur les côtes de la Suède et de la Norvège a engagé certaines grandes compagnies, organisées pour la pêche en ces parages, à transformer les harengs en engrais, par suite du bas prix de la matière première. Les résultats obtenus sont excellents et l’influence de ces engrais sur les récoltes, tout à fait satisfaisante. Le guano de morue est également très apprécié. Dosant 8 à 9 pour cent d’azote, 12 à 15 pour cent d’acide phosphorique et 1 à 2 pour cent de potasse, il forme un engrais complet qui se vend beaucoup moins cher que les guanos du Pérou et son action est aussi efficace, surtout dans les terres calcaires et sablonneuses. L’azote organique provenant des matières animales est, comme tout le monde le sait, beaucoup plus assimilable que l’azote des matières végétales, les tourteaux, par exemple, et cependant, par une singulière anomalie, le prix de ceux-ci est beaucoup plus élevé que celui demandé pour les engrais de poisson, poudre de morue, poudre de hareng, etc., etc.
- Expériences sur des bœufs de trait. — Le
- journal strasbourgeois Die Post publie quelques renseignements intéressants sur un concours de Bœufs de trait qui a eu lieu en décembre dernier, à Stokach, dans l’O-berland badois, et auquel une centaine de paires de Bœufs avaient pris part. Les essais de vitesse consistaient à faire traîner, le plus rapidement possible, une charge de 2000 kilogrammes par une paire de Bœufs. Les concurrents les plus lestes arrivèrent à parcourir le kilomètre en 8 minutes, les plus lents le franchirent en 10 minutes 40 secondes. Dans une seconde série d’expériences, on détermina le maximum de charge qu’une paire de Bœufs pouvait traîner pendant un kilomètre, sur une route détrempée par les pluies des jours précédents, traversant une voie ferrée en passage à niveau, et sans que leurs conducteurs se servissent du fouet. Cinq paires de Bœufs différentes purent, à tour de rôle, remorquer une charge de 16500 kilogrammes, répartie sur deux véhicules ; une autre paire traîna 16250 kilogrammes, une autre 16 000, et une dernière 15 000 kilogrammes.
- Les pigeons voyageurs en Allemagne. — fendant les manœuvres des 7° et 10e corps en Hanovre, on a établi entre les diverses formations des troupes un service considérable de pigeons voyageurs. L’empereur s’est spécialement préoccupé de ce service, et, par son ordre, un pigeonnier sera établi dans le castel même de Springe, près de Hanovre, ou il a récemment résidé.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 7 octobre 1889. — Présidence de M. Des Ci.oizea.dx
- Thermochimie. — M. Berthelot signale une très intéressante expérience qu’il vient de faire et qui confirme les données les mieux assises de la thermochimie. Il s’agit de la décomposition à froid de l’acide chlorhydrique avec mise en liberté du chlore. L’artifice consiste à faire agir l’oxygène sur l’acide chlorhydrique fumant en présence d’une trace de protochlorure de manganèse, lequel commence par passer à l’état de chlorhydrate de perchlorure.
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- LA NATURE.
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- Le chlorure de 1er détermine un résultat analogue quoique avec une intensité incomparablement moindre. L’auteur annonce la communication très prochaine d’expériences analogues relatives aux équilibres du brome et de l’oxygène dans la formation de l’acide bromhvdrique, attribué jusqu’ici à tort à l’action de la chaleur.
- La raffinose. — C’est le nom d’un sucre qui prend naissance durant la fabrication du sucre de canne et que les chimistes considèrent comme possédant une formule triple de celle de ce dernier. M. Berthelot constate que, dans les conditions de fermentation ménagée, ce sucre ne fermente qu’au tiers et qu’il se produit une matière isomérique du sucre de canne.
- Le vol sans coups d’ailes. — Bien qu’il ait été plus d’une fois nié positivement, le vol sans coups d’ailes peut être observé chez divers oiseaux; les fauconniers savaient très bien que le faucon se laisse tomber sur l’oiseau chassé par une pente courbe et que, s’il manque la proie, il remonte le long d’une pente symétrique, le tout sans aucun mouvement des ailes. M. Marey compare aujourd’hui ce mouvement à celui du véhicule qui glisse sur une montagne russe; et l’analogie se poursuit en ceci qu’à la remontée le point atteint est toujours un peu moins élevé que le point de départ de la descente, à cause des frottements. Cependant, si l’oiseau réalise ce genre de vol contre le vent, on le voit atteindre et même dépasser à chaque remontée l’altitude du point de départ, et cette circonstance, à première vue paradoxale, a fixé l’attention du savant physiologiste. En appliquant la méthode à laquelle il a donné le nom de photochronographie, M. Marey montre qu’il s’agit simplement d’une utilisation de la force intermittente du "vent dont l’oiseau sait profiter. Pour le montrer, il construit une sorte de petite montagne russe avec plusieurs ondulations de plus en plus hautes et laissant rouler une boule dans le sens inverse de la progression habituelle du chariot, il 'imprime au support un mouvement horizontal et intermittent au devant de la boule : celle-ci franchit successivement tous les sommets et parvient en haut de la montagne. En prenant de l’expérience un cliché photographique instantané, on voit que la courbe décrite par un point de la boule est contournée sur elle-même à la façon des cycloïdes.
- Le Bacillus anthracis. — Déjà M. Chauveau a montré que le microbe du charbon perd dans l’oxygène comprimé ses propriétés virulentes pour se convertir en un agent vaccinant très énergique. 11 annonce aujourd’hui que, malgré des essais très multipliés, il n’a pas pu retirer au virus ultra-atténué la faculté de vacciner pour le réduire à l’état de microbe purement saprogène. Au bout d’un temps suffisant, l’oxygène comprimé tue le protoorganisme, mais jamais il ne le transforme.
- Les mouvements de la trachée-artère. — On admet généralement jusqu’ici que durant l’expiration la trachée se contracte de façon à se raccourcir et à se rétrécir et qu’elle s’élargit durant l’inspiration et s’allonge. Or, dans un intéressant travail déposé en son nom, M. le Dr Nicaise démontre que la vérité est précisément le contraire de ce que l’on croyait.
- Propriétés des nerfs. — La pathologie des terminaisons nerveuses des muscles chez les animaux et chez l’homme constitue un sujet tout à fait neuf que vient d’aborder M. Marinesco. L’auteur a reconnu que dans le cas de dégénérescence des nerfs sectionnés et surtout des nerfs moteurs, la désorganisation n’est pas uniforme dans
- toute la longueur de l’organe : c’est d’abord le point le plus éloigné de la section, c’est-à-dire la plaque terminale qui se détruit et la maladie se propage suivant une marche rétrograde : les pathologistes professaient jusqu’ici l’opinion inverse.
- Géodésie. — Les réseaux trigonométriques de France et d’Espagne étant maintenant parfaitement raccordés, on devait se préoccuper de déterminer exactement la différence de longitude des observatoires de Paris et de Madrid : M. Bassot pour la France et M. Esteban pour l’Esr pagne se sont chargés de ce travail dont le résultat est communiqué en leurs noms par M. Faye. Le nombre obtenu : 24'6"0Ü, avec une erreur probable de 1/6 de seconde diffère peu de celui que Le Verrier et Aguillar avaient jadis publié (24'6" 08).
- Le mèthylfurfurol. — H y a une trentaine d’années, Stenhouse a annoncé qu’en distillant des fucus avec de l’acide sulfurique étendu on isole une substance isomère du furfurol et que ce chimiste désignait sous le nom de fucusol. M. Maquenne, aide-naturaliste au Muséum, vient de reprendre la question et il a opéré sur 80 kilogrammes de fucus qui ont fourni plus de 800 grammes de la matière à étudier. En opérant par distillation fractionnée et avec les précautions exposées dans le mémoire que M. De-hérain dépose au nom de l’auteur, M. Maquenne a trouvé que le prétendu fucusol est un mélange de furfurol qui bout à 162° et de mèthylfurfurol qui bout à 185°. Ce dernier, bien facilement reconnaissable à la couleur verte qu’il prend au contact simultané de l’alcool et de l’acide sulfurique, a déjà été signalé par M. Wilrn qui l’a extrait du goudron de bois. 11 reste à savoir quel est le principe immédiat de la plante marine qui détermine la production du mèthylfurfurol : c’est un point sur lequel l’auteur reviendra.
- Varia. — Le savant M. Cruls dépose le tome IV des mémoires de l’Observatoire astronomique de Rio-de-Ja-neiro. Stanislas Meunier.
- LE CHALET DE LA PRA (ISÈRE)
- A c21io MÈTRES D’ALTITUDE
- Les gravures ei-après représentent, d’après de belles photographies qui nous ont été adressées par leur auteur, M. Blanchet, secrétaire général du Club alpin français (section de l’Isère), le nouveau chalet-hôtel que le Club alpin français vient d’édifier à 2145 mètres d’altitude dans le massif de Belledone. Les constructions de ce genre, fort difficiles à construire aux grandes altitudes, rendent de grands services aux touristes et méritent, par conséquent, d’ètre signalées. L’inauguration du chalet de la Pra a eu lieu au mois de juillet dernier sous les auspices de MM. Xavier Blanc, sénateur; Viallet, président de la section de l’Isère ; Durier, vice-président de la direction centrale du Club alpin français; Chabrand, représentant les touristes du Dauphiné ; Mitai, président de la section lyonnaise du Club alpin, et de nombreux touristes, hommes et dames. Au milieu des applaudissements on a annoncé que le petit chalet de Pra était relié avec Domène dans la plaine, par le téléphone. Les brigades télégraphiques, sous
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- LA NATURE.
- la direction de M. Caupenne, leur chef énergique, | tempête, voulu asssurer la réussite complète de avaient, par un dernier efïort, malgré la neige et la | cette partie importante de l’inauguration. Elles
- Fig. 1. — Le nouveau ehalet-liôlel de la Pia (Isère', construit à 214j ni. d’altitude.
- avaient réussi à lancer la volée de 500 mètre.', qui franchit le lac du Crozet, et de là, déroulant rapidement sur la neige les câbles à terre, obligeamment mis à la disposition du Club par l’administration militaire, elles venaient d’opérer la jonction avec l’appareil téléphonique installé par M. Paulin, l’électricien bien connu à Grenoble. Des hurras répétés accueillirent cette nouvelle, et aussitôt des télégrammes furent adressés à Paris, à M. Janssen, l’éminent président du Club alpin, à M. Richard-Bérenger, président honoraire de la section de l’Isère, et son délégué à la Direction centrale, à M. Coulon, directeur général des Postes et télégraphes, à M. Mourre, directeur des Postes et télégraphes du département de l’Isère, et à M. Moreau, ingénieur des télégraphes
- à Grenoble, grâce au concours, à l’activité et à l'obligeance desquels cette heureuse innovation avait pu être menée à bien, dans un délai des plus courts.
- Cette installation téléphonique caractérise l’organisation du chalet-hôtel de la Pra qui vient s’ajouter aux constructions du même genre édifiées aux grandes altitudes. — On ne saurait trop encourager le zèle de ceux qui consacrent leurs efforts aux entreprises de ce genre ;
- a là des résultats utiles obtenus, puisqu’il s’agit de favoriser les ascensions en montagnes, si salutaires, si fortifiantes et souvent si profitables à la science. G. T.
- Le Propriétaire-Gérant : 6. Tissamher.
- Paris. — imprimerie Lahure, rue de Fleurus, y.
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- N° 855. — 19 OCTOBRE 1887.
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- LE GÉNÉRAL FA1DHERBE
- Le général Faidherbe, grand chancelier de la Légion d’honneur, qui est mort à Paris le 28 septembre dernier, appartient à l’armée par son patriotisme, par ses actions d’éclat, par ses victoires, mais il appartient aussi à la science, par ses voyages, par ses explorations archéologiques, et par les nombreuses publications qui lui sont dues. C’est à ce dernier titre surtout que nous devons consacrer quelques lignes à sa mémoire.
- « Peu de carrières, a dit un de ses biographes, auront été plus brillamment remplies. Né a Lille le 5 juin 1818, il fut admis à vingt ans a l’École polytechnique. Après des examens remarqués, Faidherbe entre a l’École d’application de Metz comme sous-lieutenant du génie, en sort lieutenant en 1842, va d’abord en Algérie puis à la Guadeloupe, retourne en Afrique comme capitaine, prend part à l’expédition du général Camou dans le Djurdjura, puis à celle de Saint-Arnaud dans la petite Kabylie, et du général Bosquet dans le massif de Bougie.
- Partout il se distingue par son courage et sa grande intelligence. En 1852, il est envoyé au Sénégal et se signale bien vite par de brillants faits d’armes dans le Fouta, à Podor, etc.
- Beux ans plus tard, à trente-six ans, il est nommé chef de bataillon, et on lui confie alors les hautes fonctions de gouverneur du Sénégal. »
- Faidherbe se révéla par ses hautes qualités militaires, il vainquit les Maures et leur imposa des traités, il pacifia tout le bas fleuve et se fit partout respecter, par la hardiesse de ses attaques et l’activité de ses mouvements.
- « L’homme de guerre était doublé d’un administrateur hors ligne. Pour faire du Sénégal une colonie prospère, Faidherbe voyait bien qu’il fallait autre chose que conquérir. Il embellit Saint-Louis, creusa le port de Dakar, créa de nombreux centres de production, construisit des écoles, des hôpitaux,* des casernes, un musée, organisa le service des postes et télégraphes. Doué d’une grande facilité pour' l'étude des langues étrangères, il apprit en fort peu de temps les principaux idiomes de la région et se 17* année. — 2* semestre.
- rendit ainsi très populaire parmi les indigènes. En 1858, il fut nomme colonel du génie, juste récompense de ses éminents services. Mais ce n’est pas impunément qu’on fait campagne dans les déserts brûlants du Soudan et sur les rives malsaines du Sénégal ; la santé de Faidherbe en ressentit de profondes atteintes. 11 demanda à rentrer en France; on lui confia alors le commandement de la subdivision de Sidi-Bel-Abbès dans la division d’Oran. —En 1862, Faidherbe repartit pour le Sénégal comme gouverneur et général de brigade. Deux ans après, il fut encore contraint de revenir en France et de renoncer définitivement au Sénégal. — L’année 1870 le trouva a la tète de la subdivision de Bône. En congé de convalescence à Lille, il demanda, dès la déclaration de
- guerre, à servir dans l’armée du Rhin, mais il reçut l’ordre de joindre immédiatement son poste en Algérie. »
- Après nos premiers désastres, Faidherbe s’empressa de se mettre à la disposition de la Défense nationale : Gambetta le nomma général de division et connnan-dant en chef de l’armée du Nord.
- On sait que Faidherbe, avec la foi qui l’animait, releva le courage d’une armée inexpérimentée; il prit hardiment l’offensive contre les Allemands, fut parfois victorieux, résista toujours avec énergie, et réussit à nous faire espérer, aux heures les plus tristes de notre histoire, que la fortune des armes allait changer en notre faveur. Ses efforts n’eurent point le succès qu’on en pouvait attendre, mais il ne manqua jamais de tenir d’une main ferme et qui ne connaissait point la défaillance, le drapeau national.
- Le général Faidherbe a publié de nombreux ouvrages: les uns sont relatifs à son gouvernement du Sénégal ou à notre histoire militaire, les autres sont essentiellement consacrés à ses études archéologiques. Parmi les premiers, on doit mentionner d’abord une remarquable Notice sur la colonie du Sénégal, publiée en 1859. Il convient de citer en outre, parmi les ouvrages qui défendent nos intérêts en Afrique, Y Avenir du Sahara et du Soudan (1865) ; Chapitre de géographie sur le nord-ouest de l’Afrique (1865); Bases d'un projet de réorganisation d'une armée nationale (1871); et enfin son dernier ouvrage militaire, La cam-
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- LA NATURE.
- pagne de l'armée du Nord (1871). Le livre remarquable, où l’auteur retrace les péripéties des efforts et des luttes de la vaillante armée qu’il commandait, est dédié à Gambetta. — La première publication scientifique importante que l’on doit au général Faidherbe date de 1870; elle a pour titre : Collection complète des inscriptions numidiques. D’autres travaux furent successivement publiés par le savant militaire ; nous mentionnerons tout particulièrement son intéressante étude sur les Dolmens d'Afrique; nous rappellerons encore son Essai sur la langue poid (1875) et ses recherches curieuses sur la langue berbère résumées sous le titre le Ze-naga des tribus sénégalaises (1877).
- Le général Faidherbe avait contracté au Sénégal le germe d’un mal qui devait l’enlever, et qui à la fin de sa glorieuse carrière lui fit sans cesse endurer de cruelles souffrances. Déjà lors de son commandement de l’armée du Nord, pendant la guerre franco-prussienne, sa santé était souvent compromise, mais l’héroïque soldat cachait sa douleur, et savait la vaincre sous une apparence de calme et de tranquillité placide; il y avait en lui une àmc stoïque, et comme son frère d’armes Chanzy, il a fait tout ce qui dépendait de ses forces, pour prolonger la résistance de nos armées, et sauver leur honneur. Gaston Tissaxdier.
- LE MOUVEMENT COMMERCIAL
- DU PORT DE LONDRES
- L’importance commerciale extraordinaire du port de Londres est bien mise en évidence par des tableaux fort curieux que vient de publier notre confrère le Times, auquel nous empruntons quelques chiffres. — Pour l’année 1888, par exemple, le total des importations de tout le Royaume-Uni, étant de 387 millions de livres sterling, le seul port de Londres a vu arriver un total d’importations de 138 millions de livres, c’est-à-dire environ un tiers du total. Pour l’exportation des produits indigènes, la proportion n'est pas si forte, Londres exportant seulement 50 millions de livres sur 233, un peu moins du quart. Enfin sa part est la plus forte quand il s’agit de la réexportation des produits étrangers ou coloniaux qui ne font que transiter dans les dépôts : Londres représente plus de la moitié de cette réexportation : 57 millions sur 64 millions de livres.
- On trouve au total que le chiffre du mouvement commercial de ce port s’est élevé à 226 millions de livres, ou 5 milliards 650 millions de francs. 11 est assez intéressant de noter quelles sont les principales marchandises importées par Londres. Nous trouvons 2221180001ivresdethé, le total de l’importation du Royaume-Uni ne montant qu’à 222758000; on peut donc dire que toute cette importation se fait par Londres. Il en est presque de même du cacao, dont Londres importe 26 911000 livres, sur un total de 29648000 pour l’ensemble du Royaume-Uni. Notons encore comme principaux articles d’importation : le sucre raffiné, 2 millions et demi de quintaux; le riz, 2700000 quintaux. Pour suffire à ce mouvement, Londres a vu entrer et sortir 79000 navires jaugeant 20609000 tonneaux, soit 216 navires en moyenne par
- jour; à Liverpool, le tonnage dans la même année n’a été que de 16135000 tonneaux. Ajoutons que dans le mouvement de Londres avec l’Europe, la première place appartient aux relations avec les Pays-Ras, la seconde à celles avec l’Allemagne.
- LES SUSPENSIONS EN QUARTZ FILÉ
- Nous avons déjà signalé à nos lecteurs le procédé si curieux et si original imaginé par M. Yernon-Boys pour fabriquer des filaments de quartz si fins qu’ils en sont presque invisibles, et nous avons fait ressortir les multiples avantages de ce mode de suspension sur les suspensions en cocon au point de vue de l’élasticité, de l’isolement électrique, etc. Nous sommes heureux de pouvoir compléter aujourd’hui ces renseignements généraux en décrivant le procédé complet de fabrication de ces suspensions d’après une communication faite par l’auteur devant la Society of arts, de Londres.
- Lorsque les fibres sont fabriquées d’après le procédé déjà indiqué, on peut les fixer aux appareils en s’y prenant de la façon suivante :
- Après avoir choisi une fibre de quartz du diamètre voulu et plus longue qu’il n’est nécessaire, il faut d’abord fixer un petit morceau de papier gommé à l’une de ses extrémités. Ce papier sert à lester la fibre et facilite les opérations ultérieures.
- Il faut ensuite fixer le bout supérieur de la fibre à un support. Le plus simple est d’employer une épingle ordinaire fichée dans un bouchon. Quel que soit le support adopté, il doit être bien appointi à sa partie inférieure.
- Si la pièce à supporter est extrêmement légère, et qu’elle soit très loin d’atteindre la charge de rupture de la fibre, le meilleur ciment à employer est le vernis à la gomme laque. On humecte l’aiguille avec le vernis sur une longueur de 5 millimètres environ : tenant alors la fibre près de son bout libre d’une main, et l’aiguille de l’autre main, les deux petits doigts restant en contact pour donner de la stabilité aux mains de l’opérateur, on applique immédiatement la fibre contre la partie de l’aiguille recouverte de vernis, et elle y adhère aussitôt. On tire alors la fibre sur une longueur d’environ un demi-millimètre pour s’assurer que, lorsque tout sera sec, il ne se produira pas de courbure anormale. On applique ensuite conti'e l’aiguille de suspension un morceau de fer chaud, la lame d’un canif ou des presselles, pour chauffer le vernis par conductibilité, faire évaporer l’alcool et fondre la gomme laque. Après cette opération, la fibre est solidement fixée à son support.
- Lorsque la pièce à supporter est lourde, le vernis ne convient pas aussi bien que la gomme laque fondue, mais celle-ci est d’un emploi plus difficile. 11 faut chauffer l’aiguille, la barbouiller de gomme laque et y appliquer la fibre lorsque l’aiguille est encore chaude, en exerçant une légère traction. 11 faut opérer en pleine lumière, devant une large fenêtre, en ménageant un fond bien noir pour rendre la fibre visible. Le velours, le papier et la peinture ne constituent pas un noir suffisant : le seul fond noir convenable est celui que l’on obtient dans un tiroir tiré de 3 à 5 centimètres.
- L’extrémité supérieure de la fibre étant convenablement fixée, il faut déterminer sa longueur et la couper à cette longueur. Le mieux est de faire un dessin très exact de la suspension en vraie grandeur sur une planchette bien dressée, indiquant le bout de l’aiguille, l’extrémité inférieure de la pièce à supporter et la position du miroir ou
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- de la partie tpn délimite la longueur de la][fibre. L’aiguille de suspension est alors soulevée jusqu’à ce que le petit morceau de papier se trouve suspendu en l’air : on applique la libre délicatement contre la planchette disposée verticalement, et on la l'ait glisser doucement pour faire coïncider l’extrémité de l’aiguille avec sa place sur le dessin. La fibre est alors droite et le poids en papier doit se trouver au dolà de la limite extrême de la suspension, bien que la fibre soit totalement invisible. On donne alors un coup de canif sur la planchette, à 5 millimètres environ au dessous de la marque. La fibre se trouve ainsi coupée à la longueur voulue. On prend alors la pièce à suspendre et on la fixe comme on l’a fait pour l’aiguille de suspension.
- 11 faut, après l’opération, rapprocher la pièce finie du dessin fait sur la planchette pour s’assurer que tout est bien en place. On peut d’ailleurs parfaire l’ajustement en chauffant l’aiguille de suspension et en tirant ou en poussant légèrement sur la fibre.
- Le petit poids en papier peut être alors enlevé, numéroté et fixé sur une plaque de microscope de façon à permettre de déterminer facilement le diamètre de la fibre à un moment donné. Si la fibre de quartz illuminée par une lumière placée à une certaine distance a été tout d’abord examinée avec un prisme, et que les bandes du spectre obtenu soient droites et régulières d’un bout à l’autre, c’est que son diamètre est bien uniforme. 11 ne faut employer pour les suspensions que les fibres présentant ces qualités.
- —c~v*<—
- LES CHEMINS DE FER DU JiPON
- On se rappelle que la construction du premier chemin de fer en Chine remonte à peu de mois, et que, d’ailleurs, cette construction, confiée à une compagnie française, n’est pas pour le moment bien heureuse dans ses résultats, puisque, à la suite d’un accident, le chemin de fer a été comme mis en interdit par la superstition des Célestes. Le Chinois est encore quelque peu réfractaire à la civilisation. 11 n’en est point de même de son voisin le Japonais. Bien que l’Empire du Soleil levant n’ait encore que six ports ouverts au commerce européen et étranger en général, la civilisation y a les plus solides racines; le pays se met à la mode européenne, aux dépens du pittoresque, et l’on peut compter au Japon un certain nombre de voies ferrées y formant un véritable réseau, bien que ces voies soient encore loin de suffire aux besoins du pays.
- 11 est intéressant de constater dès aujourd’hui le développement des chemins de fer dans ce pays qui, en quelques années, a su se transformer.
- C’est vers 1868 que se produisit le premier mouvement en faveur de l’introduction au Japon de ce moyen de locomotion et de transport, que déjà dès cette époque les nations européennes avaient universellement adopté sur leur territoire. Tout naturellement, quand on fait des projets, on n’en saurait trop faire, et Ton ne saurait les imaginer trop grands : aussi l’intention première était de créer une grande ligne devant relier Yédo et Kioto, l’ancienne et la nouvelle capitale, à Yokohama, l’un des grands ports
- de commerce, et à Tsourouga, ville importante située sur la côte ouest de la grande île de Niphon. Mais on n’était pas encore accoutumé dans le pays à de pareilles entreprises ; on se trouva en présence de difficultés nombreuses, si bien qu’on résolut de n’exé-* eu ter d’abord qu’une ligne de 29 kilomètres, unissant Tokio1 et Yokohama. L’exécution de cette ligne fut commencée en 1870, et deux ans après, c’est-à-dire en 1872, elle était terminée; ce chemin de fer était d’ailleurs construit à une seule voie, avec un écartement des rails de 1,067 m, ce qui est la largeur adoptée pour tous les chemins de fer du Japon, à l’exception de la seule ligne Osaka-Sakai,-où l’on se contente d’un écartement de 0,84 m. Au reste, cette première ligne ne tarda pas à voir naître un trafic considérable; on ne comptait, en 1875, que 1 225 000 voyageurs transportés; en 1884, ce trafic particulier atteignait 2 172 000 voyageurs, c’est-à-dire qu’il avait à peu près doublé. Pour le-transport des marchandises, en 1874 on comptait 5 519 tonnes transportées à toute distance; dix ans après, ce transit a monté à 55452 tonnes. Aussi le produit passait en moins de dix années, de 1875 à 1881, de 591 000 francs à 1 581 000 francs, ce qui portait le produit net kilométrique de 15 400 francs à 47 700 francs; et en 1880 on établissait une; seconde voie sur ce chemin de fer. ,
- L’exécution de cette ligne n’a pas présenté de dif- s Acuités techniques sérieuses; le pays est, en effet,; peu accidenté. Nous n’avons qu’à citer un grand' pont en fer de 50 travées, dont 6 de 50,48 m et 24 8 de 15,41.m d’ouverture, jeté par-dessus la rivièref ltokongo, près de Kawasaki. Encore n’est-ce point ; là un ouvrage d’art bien extraordinaire ; et cependant cette voie a coûté fort cher, au total 15 millions et demi, ce qui représente 555000 francs par kilomètre. À cette époque, d’ailleurs, matériel, armement, entrepreneurs, tout était anglais.
- La seconde ligne qu’ait possédée le Japon est celle de Kobé2 à Osaka et Adjikava, dans le sud de Kioto; elle a été inaugurée le 1er décembre 1874. La longueur en est de 55 kilomètres, et le coût d’établissement kilométrique a été de 640 000 francs ;; c’est un chiffre important, mais qui s’explique par les difficultés réellement considérables que Ton a rencontrées dans la construction. On y trouve 5 tunnels d’une longueur totale de 228 mètres, et plus de 200 ponts et ponceaux; le plus important des ponts est celui de Mukogawa, qui a 565 mètres de longueur.
- A Tannée 1876 remonte la voie ferrée d’Osaka à Kioto qui est comme le prolongement de la précédente ; elle a 45 kilomètres de long et a coûté 524 000 francs au kilomètre. Quatre ans après, on ouvrait à l’exploitation les 18 kilomètres de la ligne de Kioto à Otsou; c’est la dernière section de la ligne qui met en communication directe Kobé,:
- 1 On sait que Tokio et Yédo ne sont qu’une même ville.
- 2 Kobé et Hiogo sont deux noms différents d’une même ville, cas fréquent au Japon.
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- LA NATURE.
- Usaka, Kioto et le lac de Biwa: comme nous l’avons dit, Otsou est la station terminus ; elle possède un bon port et tout l’outillage nécessaire pour le chargement et le déchargement des bateaux naviguant sur le lac et apportant au chemin de fer les produits des diverses localités des bords du lac. Cette dernière section Kioto-Otsou a des rampes assez fortes allant jusqu’à 1/40.
- En 1885, l’ile de Yéso voit se construire la première voie ferrée qui la parcourt, et qui dessert le port de Temiya (ou Otorounai) passe par la ville de Sapporo, et aboutit, après 90 kilomètres de parcours, au centre Rouiller assez important de Poronai. Enfin l’année suivante on ouvre la ligne de 79 kilomètres de long, reliant la ville de Tsourouga, située sur la mer du Japon, à Septsou, à la pointe nord extrême du lac Biwa et à la ville d’Ogaki.
- A l’origine on a fait venir d’Angleterre, comme
- nous l’avons dit, l'armement de la superstructure et le matériel roulant; mais voilà déjà plusieurs années qu’il est fourni par les usines nationales de Shin-basi ; cependant on a encore généralement recours à l’importation des produits étrangers en ce qui concerne les locomotives, les roues, les essieux et les tampons. De même ce sont des entrepreneurs anglais qui ont construit, pour le compte de l’Etat, les premiers chemins de fer japonais. Mais aujourd’hui c’est le gouvernement lui-même ou la Société des chemins de fer japonais qui font exécuter respectivement leurs travaux par leurs ingénieurs, dont la plupart sortent de l’école d’ingénieurs de Tokio.
- Nous avons prononcé le nom de Société des chemins de fer japonais; c’est qu’en effet, il s’est constitué une compagnie de chemins de fer au capital de 100 millions; dans le seul espace de 1882 à 1885, elle a exécuté près de 125 kilomètres de cbe-
- Carte des chemins de fer du Japon.
- mins de fer. Depuis le 21 octobre 1885 elle exploite la ligne reliant Tokio à Tangasaki et Mayebashi, longue de 110 kilomètres, où le coût kilométrique ne s’eSt élevé qu’à 78 000 francs; enfin en mars 1885 a été ouverte la ligne appartenant à la même Société et joignant Shinagawa à Kawaguchi; cette voie de 21 kilomètres n’est que le raccordement des lignes Tokio-Yokohama et Tokio-Tangasaki. A la fin de 1885, le réseau total des chemins de fer japonais, comprenant aussi bien les chemins de l’État que les chemins de la compagnie particulière, se composait de 426 kilomètres; mais 450 kilomètres étaient en construction, et 859 à l’étude.
- Aujourd’hui ce réseau s’est augmenté effectivement dans des proportions très appréciables. On compte une longueur totale de 950 kilomètres ouverte au trafic, qui se répartit ainsi : 800 kilomètres environ dansl’île principale, Niphon ou Hondu, et le reste dans l’ile de YTéso. Aux lignes que nous avons citées comme étant en exploitation en 1885, il nous faut ajouter principalement, comme lignes de l’Etat,
- celles de Yokohama à Kodzu; de Hanga, sur la côte est, à Ogaki (ligne qui va ensuite à Tsourouga sur la côte ouest); de Tangasaki à Yokokowa, et de Nao-yetsu à Sikiyama. Quant au nouveau réseau de la Compagnie des chemins de fer japonais, il va de Tokio à Sendai. N’oublions pas non plus que les chemins de fer de l’État comprennent encore dans l’ile de Yéso une nouvelle ligne, celle qui réunit les immenses dépôts de soufre situés près de Kushiroko à la rivière du même nom.
- Nous ne pouvons énumérer toutes les lignes en construction ou en simple projet; la carte jointe à cet article les indiquera suffisamment. 11 y a d’ailleurs lieu d’espérer que le Japon va continuer à progresser rapidement, qu’il se hâtera d’achever ou de construire complètement les lignes déjà commencées ou tracées seulement et qu’il donnera à son réseau ferré un développement bien proportionné à la densité de sa population et à l’importance croissante de son commerce. Daxiei, Bellet.
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- LES CABESTANS ÉLECTRIQUES DE LA COMPAGNIE DU NORD
- a l’exposition
- L’obligation d’accomplir avec rapidité et sans dépense de force inutile la manutention des marchandises dans les ports, les entrepôts et les grandes gares de chemins de fer a conduit nos ingénieurs à perfectionner d’une façon remarquable les moyens mécaniques de transport de l’énergie à distance.
- En thèse générale la force, ou énergie, se transmet en cm ployant le gaz d’éclairage, les câbles télédynamiques, l’air comprimé ou raréfié, la vapeur d’eau surchauffée, l’eau sous pression ou l'électricité. Chacun de ces agents est indiqué, par sa nature même, pour répondre a des cas spéciaux sur lesquels nous ne saurions insister au cours de cette brève note. En ce qui concerne les quais, les entrepôts et les gares de chemins de fer, deux d’entre eux sont absolument indiqués et sanctionnés par des expériences pratiques très intéressantes : c’est l’eau sous pression et l’électricité.
- Dès 1880, la Compagnie du Nord, à Paris, dans ses importantes gares de triage et de manutention de La Chapelle, les plus grandes gares de marchandises d’Europe, montrait tout le parti que l’on peut tirer de l’eau sous pression pour actionner des cabestans et remplacer les chevaux pour la traction des wagons et leur rotation ainsi que pour celle des locomotives sur les plaques tournantes. Depuis
- UNIVERSELLE DE 1889
- lors nous avons eu l’occasion de décrire dans La Nature l’installation très curieuse de manutention
- hydraulique faite par la Compagnie de l’Ouest à la gare Saint-Lazare, à Paris, à l’exemple de ce qui se fait, d’ailleurs, dans la plupart de nos grands ports maritimes.
- Rappelons que c’est à Armstrong que revient le mérite d’avoir établi le premier les élévateurs hydrauliques tels qu’ils fonctionnent aujourd’hui et défini l’application de l’eau sous pression à
- la distribution de la force motrice à domicile : dès 1853, il faisait fonctionnera Newcastle des moteurs
- d’imprimerie en se servant de la distribution d’eau de la ville. Des installations analogues furent faites ultérieurement a Hull et à Londres : ce sont toujours les cabestans, les grues et les treuils qui servent d’organes mécaniques intermédiaires.
- L’eau, sous pression est un agent excellent : mais elle présente des inconvénients sur lesquels s’attachent sans cesse les préoccupations des ingénieurs : dépôts dans les canalisations, pertes de charge et fuites, haute pression à donner au liquide, difficultés et cherté d’installation des usines centrales qui produisent la force, enfin, obligation d’avoir toujours des chaudières et moteurs en mouvement, pour réaliser des opérations de peu de durée.
- 11 était donc logique de songer à recourir à l’agent
- Fig. 1. — Cabestan électrique de la Compagnie du Nord.
- Fig. 2. — Treuil électrique de la Compagnie du Nord.
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- LA NATURE.
- nouveau de production et de transport de l’énergie : l’électricité. C’est ce que vient de faire M. À. partiaux, l’éminent ingénieur en chef de l’exploitation de la Compagnie du Nord, avec le concours de M. Eug. Sartiaux, chef du service télégraphique de la Compagnie. La Société de trans?nission de la force par Vélectricité se trouvait précisément disposée, à point nommé, pour étudier, d’accord avec le haut personnel de la Compagnie du Nord, la réalisation pratique de 'ce problème délicat et surtout nouveau.
- On connaît tous les avantages principaux que présente l’électricité pour la transmission de l’énergie et dont le principal est d’éviter l’emploi des conduites, avec la rentrée ou la sortie par des fuites, des fluides utilisés, suivant que ces fluides sont raréfiés ou comprimés à leur intérieur. On sait aussi qu’en possession du principe de réversibilité des machines électriques, il est possible de mettre en mouvement de rotation a grande distance une machine électrique en lui envoyant, par l’intermédiaire d’un conducteur électrique, le courant produit par une machine électrique semblable dans une usine centrale de production d’énergie. Donc, relions intimement le cabestan d’une gare avec une machine électrique soit par engrenages, soit par montage direct sur son arbre de couche, envoyons dans cette machine un courant électrique et nous produirons la rotation. Deux tours de corde autour du cabestan suffiront à entraîner le wagon ou à le faire pivoter sur une plaque tournante pour aller se joindre à tel ou tel train dans une gare de triage.
- (Dans l’application le problème n’est pas aussi simple à résoudre. L’expérience a prouvé que la durée moyenne des mouvements de rotation exécutés par ces cabestans est, en général, très courte, et que le travail effectif total, produit et dépensé par chaque cabestan, est habituellement très faible. Comme, de plus, le travail est intermittent et que les cabestans ne travaillent guère simultanément, l’effort qu’il s’agit de produire ne saurait être fourni économiquement par des machines électriques fonctionnant d’une façon continue. Pendant une période de onze heures d’opérations, le cabestan le mieux utilisé de la grande gare de la Chapelle, malgré tout ce qui tourne, court et circule autour de lui, ne travaille guère plus de une heure quarante minutes à deux heures au maximum, et l’utilisation ne ressort qu’à 16 pour 100.
- Les savants ingénieurs de la Compagnie du Nord ont( donc résolument employé, pour l’électricité, comme cela se faisait pour l’eau sous pression, des réservoirs de force intermédiaire n’entrant enjeu qu’au moment voulu, c’est-à-dire, des accumulateurs électriques. L’idée est nouvelle et hardie pour ce cas particulier et elle trouvera certainement de nombreux imitateurs au grand bénéfice du progrès des applications de l'électricité.
- Voici la brève description de ce dispositif dont on trouve un intéressant spécimen dans le Palais des
- Machines à l’Exposition de 1889, au premier étage de l’exposition des outils d'exploitation de la Compagnie du Nord.
- Mécanisme. — Plusieurs systèmes ont été essayés. Le cabestan est, en tous cas, actionné par une petite machine dynamo-électrique réceptrice ; mais la transmission de la machine électrique à l’axe du cabestan peut se faire, soit au moyen de cônes de friction ou d'engrenages dans le cas d’une machine électrique à axe horizontal, soit par action directe dans le cas d’une machine électrique à axe vertical coïncidant avec celui de la poupée du cabestan.
- Nous décrirons ici le deuxième système, à engrenages, peu différent des deux autres et presque identique comme résultat obtenu. Mais c’est le dernier, sous forme d’une dynamo multipolaire, qui nous paraît devoir triompher définitivement et qui d’ailleurs est aujourd’hui définitivement adopté en principe.
- Le programme posé et réalisé dans le cabestan dont nous donnons les dessins est le suivant.
- Les cabestans doivent pouvoir fournir un effort de 400 à 500 kilogrammes avec une vitesse linéaire de 0,60 m par seconde à la périphérie de la poupée ou corps du cabestan ; le diamètre de cette poupée étant de 0,40 m, cette vitesse linéaire correspond à 70 tours par minute. La vitesse de la poupée d'un cabestan doit pouvoir, en cas de besoin, être réduite à 12 tours par minute pour tourner des locomotives sur plaque : cette réduction de vitesse s’obtient par une simple modification dans les accouplements des parties électriques, et par un abaissement du voltage électrique de 200 à 100 volts. Enfin la force motrice de la machine qui doit supporter au minimum 25 ampères sans détérioration est fournie par des accumulateurs au plomb de 25 kilogrammes.
- L’appareil exposé dans le Palais des Machines a été établi avec un réel talent par un constructeur électricien bien connu, M. Uillairet, il réalise ce programme. Get appareil se compose d’une cloche en fonte montée sur l’axe vertical d’une grande roue dentée R avec laquelle engrènent des pignons ; sur les axes de ces pignons qui tournent en sens contraire sont montés les deux anneaux de la machine dynamo-électrique réceptrice. Tous ces organes sont suspendus dans une cuve bien étanche en tôle rivée, recouverte d’une plaque en tôle striée. Tout l’ensemble, cloche du cabestan et organes moteurs, bascule autour de deux tourillons G afin de faciliter la visite et l’entretien; des chaînes attachées à des crochets spéciaux s’opposent au renversement total.
- La mise en action de la machine motrice s’opère au moyen d'une pédale agissant par l’intermédiaire d’une tige verticale sur un commutateur spécial de groupement à triple combinaison qui met gra- ' duellement en tension ou en dérivation les diverses parties de la machine électrique et gradue l’arrivée progressive du courant.
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- Accumulateurs. — La perte pour la ligne de conducteurs électriques étant évaluée à 1/1 OJe voltage au départ est de 210 volts donnés par 105 accumulateurs environ.
- Chaque élément d’accumulateur est formé de sept plaques, dont quatre positives et trois négatives, pesant ensemble 25 kilogrammes; la capacité totale de chaque accumulateur est, en moyenne, d’environ 250 ampères-heures, soit 7 ampères-heures par kilogramme d’élément, plaque, vase, liquide et accessoires compris. Le vase de chaque accumulateur est formé de deux glaces polies et de trois glaces brutes ou martelées, collées par un mastic spécial dans une carcasse en fer cornière, dont les angles sont assemblés avec des onglets en fonte malléable ; le tout est enduit d’un vernis inattaquable. Les plaques sont portées sur quatre râteliers en cristal soutenus par deux cadres formés d’une matière isolante et inattaquable aux acides.
- Résultats obtenus. — L’expérience des cabestans électriques a été faite avec succès, depuis plus d’un an, à la gare de La Chapelle pour tourner les wagons de marchandises et à la gare de Paris pour tourner les machines des trains-tramways. La manœuvre est très rapide et pour un cabestan en service effectuant environ 60 rotations par jour, chaque opération durant environ 30 secondes, il suffit de charger la batterie d’accumulateurs une fois tous les deux jours. Il y a évidemment là une application intéressante à signaler et un progrès accompli sur le système de manutention hydraulique déjà très perfectionné.
- Treuil électrique. — Nous terminerons par quelques indications sommaires sur le treuil électrique également exposé par la Compagnie du Nord et que représente notre dessin (fîg. 2). Il est destiné à la manutention des marchandises en sacs, telles que les sucres et les graines, et à remplacer le travail à dos d’homme des coltineurs, toujours long et pénible. C’est un chariot à quatre roues sur lequel sont montées deux machines électriques, l’une pour donner au chariot le mouvement d’avancement ou de recul sur le chemin de roulement, l’autre, pour communiquer au crochet de la chaîne portant les sacs le mouvement d’élévation ou de descente. Selon le sens du courant que l’on envoie dans la première de ces machines, le chariot marche en avant ou en arrière ; la transmission de la rotation de l’arbre de l’induit se fait au moyen de roues dentées qui commandent l’un des essieux du chariot. De même pour la seconde machine, la rotation de l’induit se communique, dans un sens ou dans l’autre, par l’intermédiaire d’un pignon denté, à l’aide d’une vis hélicoïdale engrenant avec une roue à noix autour de laquelle passe une chaîne à laquelle s’accrochent les sacs.
- La source d’électricité est une machine dynamoélectrique quelconque ou une batterie d’accumulateurs capable de débiter une intensité de 25 ampères sous 100 ou 200 volts aux bornes des réceptrices.
- Le courant est amené aux machines du treuil, comme le montre notre dessin, par des contacts à ressorts frottant sur des languettes en laiton fixées sur des madriers en bois établis à l’intérieur du chemin de roulement.
- Avec quatre hommes, y compris le chauffeur et le surveillant des machines électriques, cet appareil permet, en moins de quarante minutes, d’édifier une pile de 100 sacs, ou, en trente-cinq secondes, de prendre sur un wagon, d’élever, de porter à 25 mètres et de redescendre un fardeau de 140 kilogrammes et de revenir au point de départ. 11 réalise un progrès certain sur les anciens errements du travail à bras. Max de Nansouty.
- L’ANTHROPOLOGIE
- A I.'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- La section I de l’histoire rétrospective du travail, ou section des sciences anthropologiques, occupe à l’Exposition universelle l’extrémité regardant la Seine de la nef du Palais des Arts libéraux et s’v divise en trois sous-sections : l’anthropologie, l’ethnographie et l’archéologie partagée elle-même en historique et préhistorique. M. de Nadaillac a parlé des dernières dans La Natut'e1; nous dirons quelques mots de la première.
- Les sciences anthropologiques sont l’ensemble des sciences qui concourent à la connaissance pleine et entière de l’homme. L’anthropologie n’est l’étude de l’homme qu’au point de vue de son histoire naturelle.
- Lorsqu’on considère toutes les manifestations merveilleuses du génie humain qui s’échelonnent actuellement du Champ de Mars et du Trocadéro aux Invalides, l’esprit ne peut se faire à l’idée que ce soient les produits d’un être qui, tout en s’élevant au-dessus de tous les autres êtres vivants, au point de paraître une émanation de la Divinité, est demeuré par son corps matériel un animal au même titre que tous les autres animaux. Et cependant il en est ainsi. L’ethnographie et son annexe l’archéologie ont pour objet les peuples, leur passé plus ou moins lointain, les premiers vestiges de leurs industries ; mais l’anthropologie ne se préoccupe que de l’animal, du genre homo et de ses variétés appelées races, de sa conformation physique, de l’attitude verticale qu’il est seul à présenter dans la classe des mammifères à laquelle il appartient, de la main qui a exécuté toutes ces grandes choses, du cerveau qui les a conçues.
- Assurément, il y a là un contraste étrange qui fait méditer sur les voies et moyens qu’emploie la nature pour arriver à ses fins, et que les organisateurs de l’exposition d’anthropologie, représentés ici parM. Topinard, devaient mettre en relief.
- Le programme indiqué a été rempli, croyons-
- 1 Yov. n° 835, du 1er juin 1889, p. 7.
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- LA NATURE
- nous. L'anthropologie s’occupe essentiellement de deux choses : des races représentées ça et là dans les salles par des masques, des bustes, des figures
- en pied, des crânes de toutes provenances, les uns contemporains, les autres préhistoriques, des moulages de diverses parties du corps, des échantillons
- Fig. 1. — Groupe de nobles de Rajpout. (D’après une photographie de MM. Johnston et Hoffmann, de Calcutta.)
- de cheveux et d'yeux artificiels ; et de l’homme dans ses différences et ses ressemblances avec les animaux les moins éloignés de lui. Elle s’occupe même des origines, soit des races par une ou plusieurs souches, soit du groupe, humain entier, lequel dérive
- vraisemblablement de formes animales antérieures plus ou moins analogues à celles que nous connaissons. Dans son audace, elle essaye même de reconstituer la généalogie de l’homme à travers les figes géologiques jusqu’aux premiers rudiments des ver-
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- LA NATURE.
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- Fig. 2. — Souveraine du Xépaul et sa suite. (D’après une photographie de MM. Johnston et ilolünanu, de Calcutta.)
- tébrés et au delà. L’exposition d’anthropologie touche à toutes ces questions. Sans prendre position dans aucune, elle les indique du doigt. Ici ce sont des pièces anatomiques qui montrent que dans cette étude il faut commencer par l’organisation de l’individu, qu’ensuitc il faut comparer le squelette, le crâne, les muscles, les viscères, dans les différentes races, puis par rapport à l’animal proprement dit, et partout chercher la série, la dégradation si l’on procède de haut en has, la progression ou évolution si l’on procède de has en haut. Là ce sont des tableaux qui, de diverses manières, montrent la distance
- Fig. 3. — Un paria de Flude.
- (D’après une photographie de la collection Driver.)
- énorme de l’homme aux singes anthropoïdes par le poids du cerveau, par le degré de développement des circonvolutions cérébrales, par la réduction de vo-
- lume des appareils masticateur et olfactif, par le déplacement du trou occipital à la hase du crâne afin de s’adapter à l’attitude bipède.
- A côté des vues d’ensemble, les vues de détail ne manquent pas. Par exemple, sur les rapports topographiques de la surface externe du cerveau avec la surface externe du crâne, bien exposés par le professeur Cunningham de Dublin et par le docteur Féré de Paris, sur l’hérédité des caractères mise en lumière par le Dr Voisin, sur les types de races, sur la criminalité, etc.
- Parcourons du reste les salles et signalons, au hasard presque, les sujets qui attirent le plus
- volontiers l’attention des visiteurs toujours très nombreux. A l’entrée du pavillon de droite, là ou s’élèvent deux panneaux décoratifs représentant un Aïno et un
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- LA NATURE.
- Japonais, les deux du Japon : trois squelettes des célèbres grottes de Baoussé-Roussés, près de Menton, encore dans leur gangue de l’âge du renne, exposés par l’Institut catholique.
- À l’intérieur de ce pavillon, dans la vitrine 1) : une série de crânes de l’àge du bronze en Crimée, déformés pendant l’enfance. Ce sont les Maerocéphales d’Hippocrate. Cette coutume de se déformer le crâne aurait été, suivant Broca, transportée jusque dans l’Europe occidentale, où elle serait devenue inconsciente, en se continuant grâce à certaines coiffures! Deux crânes de cette même vitrine en sont des exemples, ils présentent la déformation dite toulousaine.
- Dans la même vitrine : tout ce que possède de plus précieux le musée de Rio Janeiro en fait de crânes préhistoriques; l’un serait contemporain des grands tatous, éteints depuis longtemps, du Brésil, époque répondant à notre âge du renne. Dans le pavillon de gauche, vitrine H, au milieu de crânes préhistoriques de France, une série ayant trait à l’usage de la trépanation du crâne à l’époque de la pierre polie ; l’un de ces cas est parmi les plus beaux de ce genre que la science possède, mais l’opération n’a pas réussi, le sujet en est mort dans les 48 heures.
- A côté se trouvent trois vitrines concernant l’anthropologie criminelle, mot incorrect qu’il faut remplacer par celui de criminalogie. On prétend que le crime est dans la généralité des cas une réminiscence atavique de nos ancêtres préhistoriques, qu’il y a un type de criminel-né qui reproduit une partie des caractères physiques de ces ancêtres. C’est une erreur. Le crime est le plus souvent un produit social, mais dans bien des cas un effet pathologique.
- C’est dans ce pavillon, à côté d’un gorille avec tous ses muscles mis en parallèle avec plusieurs écorchés de l’homme, que sont une série de tableaux résumant l’histoire du poids du cerveau humain.
- Le cerveau de l’homme atteint son maximum de développement de 25 à 50 ans, il commence à décroître vers 40 à 45 ans et a perdu 10 pour 100 vers 70 ans. La femme, abstraction faite de la part due à sa plus petite taille, a 4 pour 100 de cerveau de moins que l’homme. Les hommes travaillant par leur cerveau ont 10 pour 100 de plus que ceux dans les conditions ordinaires.
- Hâtons-nous de dire que si le poids du cerveau est un des facteurs de l’intelligence, il y a trois autres facteurs : le degré de développement des circonvolutions cérébrales, lesquelles ont pour objet de multiplier la surface sur laquelle s’étend la matière pensante, la structure intime du cerveau et les qualités physiologiques des cellules et fibres de la substance nerveuse. Ne négligeons pas non plus de dire que les 4 pour 100 de déficit du cerveau de la femme ne constituent pas pour elle une infériorité certaine. La femme a d’autres fonctions que
- l'homme à remplir dans la société. Son rôle est tout de sentiment et passif, tandis que celui de l’homme est actif dans la lutte pour l’existence dont tout le fardeau retombe sur lui. Or, nous ignorons si les éléments nerveux en rapport avec les fonctions de sentiment ont le même poids que ceux en rapport avec la volonté et l’action. Du reste, les faits qui précèdent ne sont vrais que dans les moyennes ; les quatre facteurs de l’intelligence se suppléent, se remplacent mutuellement.
- En sortant de ce pavillon pour prendre l’escalier conduisant en haut, on remarque volontiers deux moulages entiers d’un Boshimanef, au-dessus, deux panneaux décoratifs, l’un d’un Australien, l’autre d’une Hottentote très stéatopyge.
- En haut, à l’extrémité nord de la galerie, le moulage, réduit au septième, d’un animal fossile trouvé dans l’éoçène inférieur américain et considéré par l’exposant, le professeur Cope de Philadelphie, comme le type ancestral des mammifères à sabots, des singes et de l’homme.
- A quelques pas, dans la vitrine L, le crâne t/ès authentique de Charlotte Corday, exposé par le prince Roland Bonaparte. Un peu plus loin, à gauche, sur la cloison, une suite de cartes de la répartition de la couleur des yeux et des cheveux en Allemagne, en Suisse, en Norvège, en Tunisie, en France. Cette dernière a été relevée par le Dr Topinard, avec le concours de Y Association française, et des Ministères de la guerre et de la marine. Un grand nombre des abonnés de La Nature y ont collaboré, et nous nous proposons d’en indiquer les résultats généraux dans un article spécial.
- Puis toute la série des instruments usités en anthropométrie et en craniométrie, notamment ceux employés à la préfecture de police, pour les signalements par M. Alphonse Bertillon, ceux que M. Topinard prescrit pour les voyageurs, ceux dontM. Francis Galton a fait usage, il y a trois ans à Londres, à l’Exposition internationale de santé, où il a délivré 10000 feuilles anthropométriques aux visiteurs qui se présentaient, et une foule d’autres, de sources diverses : allemands, autrichiens, russes et italiens, etc.
- Puis tout ce qui concerne la photographie composite, par MM. Galton, Billings et Paul Nadar. Yoici en quoi consiste ce genre de photographie. Supposons qu’il faille cinquante secondes pour obtenir une épreuve, on fait poser successivement cinquante individus chacun une seconde seulement, la résultante est leur moyenne. M. Galton est arrivé à faire des composites de cent phtisiques et de deux cents sujets non phthisiques pour comparer'avec eux. L’expérience ne semble pas avoir confirmé les espérances qu’on avait conçues de ces opérations. M. Paul Nadar a démontré, à l’aide de photographies composites qui sont exposées, que les figures qui ont posé les dernières agissent davantage et donnent leur empreinte principale à la prétendue résultante. Cependant les cinq frères Reclus lui ont par exception
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- donné une composite assez satisfaisante qui reproduit, paraît-il, les traits non de l’un des cinq frères, mais d’un oncle.
- Signalons pour finir dans celte galerie 12 bustes de Peaux-llouges, très remarquables, envoyés par le musée anthropologique de Washington, 6 figures en pied des types principaux de l’Inde, envoyées par M. Risley, directeur du service ethnographique du Bengale, 50 masques d’indigènes de l’Océanie exposés par le I)r Otto Finsch, de Brème, une foule de photographies de la Russie d’Asie, de l’Inde, de la Tunisie, auxquelles il faut ajouter la collection totale des albums du prince Roland Bonaparte, et quelques-unes des 400 photographies et plus qu’il a prises sur les indigènes les plus curieux et les plus authentiques de l’Exposition actuelle.
- La collection des photographies de l’Inde, au nombre de 450 environ, mérite une mention spéciale. Elle est superbe et se compose de sujets isolés, de groupes et de.scènes ethnographiques. Nous en reproduisons trois échantillons. Le n° 142 est un groupe de nobles du Rajpout (fîg. 1) ; le n° 164, une souveraine du Népaul et sa suite (fig. 2) ; la troisième figure, un montagnard de *ace inférieure appartenant h une tribu que l’on dépeint comme dans un état permanent de demi-inanition (fig. 5).
- C’est la seconde, fois que l’anthropologie est représentée dans une Exposition internationale. La première fois, c’était en 1878, sur le quai de Billy, dans un bâtiment fort modeste, auquel on accédait par un pont jeté sur une rue escarpée. Le public sut en trouver le chemin et apprit que l’anthropologie est l'histoire naturelle de l'homme et embrasse les questions les plus palpipanteâ nous intéressant directement. L’Exposition actuelle le confirmera dans cette vue. l)r P. Ton\aju>.
- LES BOULEVARDS DE PARIS ÉLECTRISÉS
- lin fait extraordinaire s’est produit à Paris vers 6 heures, le 27 septembre sur le boulevard des Capucines. Les chevaux qui passaient en un certain point s’arrêtaient, sautaient sur eux-mêmes, et manifestaient une véritable terreur.
- Les journaux ayant reproduit l’accident avec force commentaires, nous avons voulu avoir des détails précis au sujet de cet accident ; voici ce que nous avons appris. Les fils de dérivation des lampes à arc placées sur les boulevards sont sous plomb et établis directement sous le pavé en bois. 11 s’est trouvé que ce plomb a été en communication avec un des câbles en cuivre nu de la canalisation. Les pavés de bois, mouillés en ce moment, ont formé une bonne communication ; des terres se sont également formées sur le fil central. Les chevaux en passant établissaient une dérivation par leurs fers et ressentaient une secousse assurément fort désagréable.
- L’accident a été très vite réparé, si l’on peut appeler accident une perte à la terre. Le spectacle offert par les chevaux s’arrêtant, sautillant et repartant, était, paraît-il, des plus curieux. J. L.
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- LES ROCHES TROUÉES DU CAUSSE NOIR
- Lors de notre récente campagne (juin-juillet 1889) dans l'intérieur des Causses, qui avait pour objet la continuation de nos études sur les eaux et rivières souterraines et qui sera prochainement résumée dans t ce recueil, nous avons eu l’occasion de découvrir à la surface du Causse noir (Aveyron), des phénomènes d’érosion des plus curieux : leur bizarrerie extraordinaire nous fait un devoir de les signaler, après bien d’autres déjà décrits1, à l’attention des lecteurs de La Nature; sommairement, d’ailleurs, car nos gravures constituent les meilleurs de tous les commentaires.
- C’est d’abord un pont naturel situé à 5 kilomètres et demi à l’ouest-sud-ouest de Peyreleau (Aveyron, sur la Jonte), au fond du ravin de la Rouvière, à mi-distance entre les cotes 811 et 720 de la feuille de Séverac (n° 208) de la carte au 80 000‘‘. On l’appelle le Pont des Arcs : il a 6 mètres d’ouverture ou de largeur; 4,20 m de hauteur dont 3,50 m sous voûte, ce qui laisse 0,70 m d’épaisseur au tablier.
- La largeur de ce tablier que l’on peut traverser très aisément est de 1,20 m. Le pont est formé par une roche longue de 15 mètres, évidée par les eaux et dont l’extrémité s’appuie sur un autre bloc.
- Les charrettes passent sous cette belle roche quand elles vont recueillir dans la forêt les bois coupés. Nous devons cette jolie trouvaille à notre ami M. Fabié, notaire et maire de Peyreleau.
- Sur le rebord méridional du Causse noir, au-dessus de la vallée de la Dourbie, à l’ouest du ravin du Valat-Nègre, entre Montpellier-le-Yieux et le hameau de Longuiers, le chaos rocheux de Caussou, inexploré jusqu’en 1889, nous a révélé des obélisques naturels, des arcades, des pyramides de 10 à 20 mètres de hauteur, sculptés, évidés par les anciennes eaux sauvages aux dépens des parties les plus friables de la roche. Une fenêtre ogivale large et haute de 5 mètres, et ouverte dans une longue muraille de dolomie, donne la véritable illusion d’un porche artificiel.
- Enfin, à 4 kilomètres plus à l’est, de l’autre côté du Riou-Sec, au nord-est du hameau de la Roque-Sainte-Marguerite, nous avons visité pour la première fois le sauvage entassement du Rajol, littéralement suspendu sur la crête du plateau à 400 mètres au-dessus du thalweg de la Dourbie. Là, les mots manquent pour décrire : les caprices de la nature sont peut-être encore plus surprenants qu’à Montpellier-le-Yieux même. Sur 500 mètres de longueur et 300 de largeur, dans le prolongement des Roquesaltes que la carte mentionne avec 846 mètres d’altitude, on ne voit que statues géantes, pilastres architecturaux, pyramides sculptées,
- » Yoy. n« 597, 608, 639, 675, 734, 766, 821, 824, 854.
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- Fig. 1. — Les rocs de Caussou. (D’après mie photographie de M. G. Gaupillat.)
- portails romans ou gothiques, bastions puissants et chemins de ronde en encorbellement. Une douzaine d’obélisques aux formes contournées et hauts parfois de 20 mètres rappellent de loin soit une procession de moines en cagoules, soit les piliers d’une salle hypostyle déséquilibrés par quelque tremblement de terre ; l’un d’eux, couronné d’un vrai chapiteau et élevé de 15 mètres, devrait s’appeler la colonne égyptienne. Au milieu des ruines se dresse un donjon naturel, avec ses créneaux et ses meurtrières à travers lesquels on passe la tête pour voir couler la Dour-bie dans le vertigineux précipice de 1200 pieds de profondeur. Au bord est percée la double porte du Dromadaire : ici deux ouvertures ovales ont été, dans la roche, creusées juste l'une au-dessous de l’autre; l’archi-
- Irave de la plus élevée forme le cou et la tête, un peu longue, il est vrai, du dromadaire qui a pour bosse une protubérance du roc. D’un point de vue favorable, la ressemblance est absolument risible.
- Et il faut une demi-journée pour examiner toutes ces étrangetés ar-tistement fouillées par le burin de l’érosion à même les assises du Causse. Peut-être en reste-t-il à découvrir de semblables dans la région. Nous n’avons pas encore tout scruté, car de Rodez à Montpellier l'espace est grand et le calcaire profondément travaillé par les météores aqueux. Malheureusement tout cela est en France, pas assez loin, si bien que l’on passe à côté sans se douter que l’Amérique même, avec ses fantastiques paysages, peut vraiment nous envier ceux des Causses. E.-A. Martel.
- Fig. 2. — Le Rajol. Colonne égyptienne. (D’après une photographie de M. G. GaupilJat.)
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- UNE NOUVELLE APPLICATION DE LA PHOTOGRAPHIE
- Malgré la facilité avec laquelle la photographie se plie à toutes les exigences de la science, certains phénomènes physiques étaient restés rebelles à son emploi : nous voulons parler des phénomènes si brillants et si féconds de l’optique supérieure qui nécessitent, pour la plupart, l’emploi d'une lumière monochromatique peu ou point active sur les émulsions ordinaires. La fixation photographique de ces images présente cependant un grand intérêt, car le montage des appareils qui les produisent est généralement long et délicat ; d’autre part, la projection de la plupart de ces expériences est toujours très difficile.
- De plus, certains phénomènes d’interférence et les anneaux colorés en particulier se prêtent d'une manière très commode à la mesure de plusieurs quantités physiques, les indices de réfraction et leslon-gueurs d’onde, par exemple.
- Ces déterminations, toujours très délicates sur une image aérienne du phénomène, deviennent extrêmement faciles sur le cliché photographique lui-même. Ces considérations nous ont amené à chercher le moyen d’obtenir d’une manière simple la reproduction photographique des phénomènes optiques qui nécessitent la lumière monochromatique ordinaire de la flamme sodée.
- Fig. 1 et 2. — Photographie d'un spectre (fig. 1) et photographie d’interférences (fig. 2).
- Fig. 3, — Photographie d'anneaux colorés obtenus Fig. 4. — Photographie d'anneaux colorés éclairés en partie
- par les procédés ordinaires. par la lumière de thallium et en partie par le sodium.
- Les sels d’argent ne commencent guère à être sensibles qu’aux radiations plus réfrangibles que le vert-bleu (raieF) (fig. 1, spectre b). 11 serait important d'avoir une émulsion sensible à la radiation sodée, ou bien de remplacer cette radiation par une lumière plus active sur les surfaces photographiques Nous avons employé avec succès ces deux moyens.
- Etude des glaces photographiques. — Emulsion sensible aux radiations lumineuses. — La photographie, tout en rendant fidèlement les contours des objets, est impuissante a conserver aux couleurs leurs valeurs relatives. Ainsi, le jaune et le rouge, très intenses pour l’œil, sont reproduits en noir par la glace sensible, et les teintes foncées du bleu
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- et du violet sont rendues par des tons clairs,
- Un sait depuis longtemps que certaines substances ajoutées à la couche sensible déplacent le maximum photogénique du spectre. Niepce de Saint-Victor (1830) employait des sels alcalins et métalliques; il remarqua que généralement le sel rend la glace impressionnable à la coùleur qu’il communique à la llamme de l’alcool; M. Ed. Becquerel indique la chlorophylle qui permet d’obtenir la reproduction de certains rayons jaunes. La découverte des couleurs extraites du goudron de houille a fourni un grand nombre de substances qui jouissent à un haut degré de la propriété de rendre les sels d’argent sensibles aux rayons rouges, jaunes et verts : la chrysoïdine et surtout l’éosine sont dans ce cas.
- On trouve maintenant dans le commerce des plaques appelées improprement isochromatiques qui, grâce à l’addition dans l’émulsion de ces matières colorantes particulières, présentent deux maxima
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- Fig. o et 6. —- Disposition des expériences.
- photogéniques (fig. 1, spectre a). Cette figure donne la photographie simultanée du même spectre tombant, partie sur une glace ne contenant que le sel d’argent (Monckhoven) et partié sur une glace isochromatique (Attout-Taillefer). La composition de l’émulsion isochromatique qui fait l’objet d’une fabrication industrielle nous est inconnue.
- On peut, en employant cette dernière glace, enlever même toutes les radiations violettes et ne conserver que le maximum lumineux en interposant un verre jaune ou mieux une petite cuve de bichromate devant l’objectif. Les couleurs conservent ainsi leurs valeurs lumineuses relatives.
- Ces glaces sont, relativement aux plaques ordinaires, très sensibles à la lumière sodée; elles nous ont permis la photographie de plusieurs phénomènes optiques, entre autres celui des interférences à frange centrale (fig. 2) et des anneaux colorés (fig. 3) qui nécessitent l’emploi d’une lumière simple.
- Voici le dispositif adopté pour la photographie des anneaux colorés (fig. 5) : A source de lumière; L lentille égalisant l’éclairage sur l’appareil donnant les anneaux B; G glace à faces planes non parallèles pour supprimer la réflexion sur la seconde surface; N chambre noire.
- Dans ces conditions, avec un objectif de 5 centimètres d’ouverture et 20 centimètres de foyer il faut environ trente minutes en employant la lampe monochromatique que nous décrirons plus loin. Mais il faut remarquer que la lumière a subi une réllexion
- sur la glace G non étamée qui l’a beaucoup affaiblie. Nous avons ainsi obtenu la photographie (fig. 5) dans laquelle on peut voir les anneaux jusqu'au bord de l’appareil. On peut, quand il n’est pas nécessaire d’éclairer les appareils par des rayons normaux, diminuer beaucoup le temps de pose en employant la disposition plus simple de la figure 6 dans laquelle les rayons sont obliques. Huit à dix minutes suffisent dans ce cas en employant la lampe monochromatique sodée de M. Curie.
- Le principe de cette lampe consiste à faire arriver dans la flamme le sel solide finement pulvérisé. Dans une éprouvette ordinaire se trouve en A le sel parfaitement sec (fig. 7) ; par le tube B arrive de l’air également desséché. Cet air, chargé de poussière sodée, se mélange dans le tube D à du gaz d’éclairage arrivant par C ; le mélange fait dans des proportions convenables est enflammé en F. Le seul inconvénient de l’appareil est de produire d’abondantes fumées de sel volatilisé.
- Étude d’une flamme photogénique monochromatique. — Il est peu de sels qui donnent à la fois une lumière simple et photogénique. Nous nous sommes arrêtés aux sels de thallium (chlorure solide, dans la flamme un bec Bunsen).
- Des expériences photométriques, dans lesquelles l’œil de l’observateur est remplacé par la glace photographique, nous ont montré que la flamme du thallium est environ trente fois plus active que celle du sodium dans les mêmes conditions. Le temps de pose pouvant être réduit a une fraction de minute, il sera possible de photographier des phénomènes dont la déformation ne soit pas trop rapide.
- Nous donnons comme exemple un même appareil à anneaux colorés, dont une moitié est éclairée par le thallium, et l’autre par le sodium (fig. 4) ; les temps de pose ont été pris tels que l’intensité des deux moitiés soit à peu près la même (1 minute et 50 minutes).
- On peut,par la mesure des diamètres d’un anneau de même rang dans les deux systèmes, déterminer le rapport des longueurs d’onde des deux radiations.
- Nous avons ainsi trouvé p = 1,09. Ce qui donne-
- Fig. 7. — Lampe pour la lumière de sodium.
- rait pour à', longueur d’onde du thallium , ^ o89p. kaa
- x =i709=mïï = 5/‘0,‘-
- La raie du thallium est en effet placée dans le spectre un peu avant la raieE. Cette méthode, absolument générale, peut être étendue facilement à la mesure d’autres longueurs d’onde.
- Ces études ont été faites à l’École de physique et de chimie, avec le concours des élèves travaillant au laboratoire. J.^B. Baille et C. Féry.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 oct. 1889. — Présidence de SI. Des Cloizeaüx
- Thermochimie. — SI. Berthelot continue l’exposé des expériences qu’il a faites en confirmation des lois thermochi-miques relativement au déplacement du brome et de l’iode par l’oxygène. Si l’on abandonne à elle-même une dissolution aqueuse très étendue de brome, il se produit très lentement de l'acide bromhydrique, si bien qu’en trois mois, par exemple, un septième de la quantité de brome s’est substitué à une dose correspondante d’oxygène. A première vue la chose peut paraître paradoxale, l’union du brome à l’hydrogène dégageant moins de chaleur que celle de l’oxygène à l’hydrogène : 3350 calories au lieu de 3450. Mais quand on analyse le phénomène on voit qu’il se produit transitoirement du perbromure d’hydrogène, HBr3, lequel, en présence de l’eau, dégage 45,5 calories. 11 y a donc là une confirmation bien éclatante des lois de la thermochimie. On sait que l’oxygène décompose très facilement l’acide iodhvdrique et cela est facile à prévoir, l’union de l’hydrogène avec l’iode ayant lieu sans échauffement tandis que celle de l’hydrogène avec l’oxygène produit plus de 5000 calories. Aussi l’iode ne déplace-t-il pas l’oxygène. Mais les choses se présentent tout autrement si l’on sait faire intervenir des conditions convenables et, par exemple, si l’on opère sur des dissolutions très étendues : quelques gouttes d’acide iodhy-hydrique très étendu placées dans un grand flacon plein d’air se décomposent au bout de plusieurs semaines. Le fait s’étend même à l’iodure de potassium, mais ici intervient l’acide carbonique de l’air qui donne à la réaction une énergie complémentaire représentée par sa chaleur de neutralisation. En solutions concentrées, l’iodure de potassium jaunit très vite, mais c’est qu’alors il se fait transitoirement du tri-iodure alcalin. La formation de ce dernier qui développe 3000 calories rompt l’équilibre thermique qui existait entre l’iode et l’oxygène. Dans la même série de recherches, l’illustre auteur a trouvé la raison de l’activité de la composante de l’ozone vis-à-vis de l’iodure de potassium : il se fait un périodate alcalin grâce à la production directe d’acide périodique interdite à l’oxygène ordinaire mais facile pour l’ozone.
- Transformisme en microbiologie pathogène. — On sait déjà que, par des manipulations convenables, M. Chauveau est parvenu à faire perdre au Bacillus anthracis ses propriétés virulentes normales et à le réduire simplement à l’état de microbe vaccinateur. Le savant physiologiste s’est proposé de rendre son activité première au proto-organisme ainsi ultra-atténué et, malgré tous ses efforts, il n’a pu observer jusqu’ici qu’un succès partiel. Par des séries de cultures et d’inoculations sur des animaux judicieusement choisis, M. Chauveau est parvenu à restituer au bacille la faculté de tuer les cobayes, puis les lapins et même de très jeunes agneaux, mais il n’est pas arrivé à le remettre en état de communiquer au mouton le charbon mortel. L’inoculation a pu être faite à trois mille moutons sans amener aucun résultat fâcheux : cependant tout « espoir » ri’est pas perdu encore et les tentatives continuent. Nous en rendrons compte.
- Metamorphism of rocks. — Sous ce titre, M. le Dr A. Irving, professeur au Wellington College de Berks, en Angleterre, adresse à l’Académie une thèse qu’il vient de soutenir devant l’Université de Londres ; il a bien voulu me faire parvenir directement cet important travail et m’a mis ainsi en mesure d’en rendre compte à nos lecteurs. Abordant le vaste champ du métamorphisme déjà si riche
- en travaux de tous genres, l’auteur a commencé par limiter la signification de ce terme, employé souvent d’une manière très vague. Pour lui, métamorphisme signifie exclusivement un changement dans la structure interne des masses rocheuses. Tout ce qui concerne la conformation extérieure est exclu. On remarquera aussi la subdivision très rationnelle du sujet en trois tètes de chapitres intitulés Paramorphisme, Métatropie et Métataxis. Le premier regarde les changements de composition sans modification de structure intime ; changements atomiques, et par conséquent d’ordre chimique; — le second, les changements moléculaires, et par conséquent d’ordre physique; — le dernier, les changements de contexture, et par conséquent d’ordre mécanique. Les phénomènes de dénitrification se rangent dans la première série; à la seconde appartiennent les exemples d’allotropie; enfin, dans la dernière on peut citer l’acquisition de la schistosité. C’est un ensemble parallèle, comme on voit, aux trois degrés de divisibilité de la matière : a. dissociation d’une molécule en ses atomes constituants ;• b. passage d’un solide à l’état liquide et consécutivement à l’état gazeux ; c. désagrégation d’une masse solide en poussière. Ces considérations que nous ne pouvons qu’indiquer, et qui ont fourni à M. Irving le sujet de très nombreuses expériences originales, sont de nature à faire avancer beaucoup le très difficile problème du métamorphisme.
- Les Avens de la région des Causses. — La Nature a publié les résultats des intrépides explorations entreprises par M. Martel dans les interminables souterrains des environs de Montpellier-Ie-Vieux. Ce géologue adresse aujourd’hui une note complémentaire sur le même sujet, où il cherche à expliquer l'origine de ces singuliers accidents. D’après lui les gouffres plus ou moins cylindriques et verticaux, profonds parfois de 150 mètres et que dans la région des Causses on désigne couramment sous le nom A'Avens, ne sont pas, comme on l’a dit si souvent, des résultats d'effondrement résultant d’affouillements opérés de bas en haut par des cours d’eau souterrains : leur cause première réside dans les grandes cassures du sol que trahissent leurs alignements fréquents sur de grandes longueurs. Les érosions partant de la surface, et révélées souvent par des cannelures hélicoïdales rappelant celle des « Marmites de géants », y ont eu une grande part quoique secondaire.
- Restauration des paupières. — Par l’intermédiaire de M. Bouchard, M. le Dr Léon Tripier (de Lyon) décrit la restauration qu'il a réussie plusieurs fois de paupières détruites, par exemple, à la suite de tumeurs. Le procédé, très élégant au point de vue chirurgical, présente un très grand intérêt physiologique. Une paupière manquant, M. Tripier prélève sur la paupière saine qui lui fait vis-à-vis autour du même œil un lambeau qu’il dissèque de façon à respecter l’intégrité des fibres musculaires et des filets nerveux; il le rabat sans le séparer tout à fait et en assure la greffe dans la situation désirée. Toutes les connexions anatomiques se rétablissent et après guérison l’opéré possède non seulement un voile palpébral, mais une vraie paupière qui peut se soulever et s’abaisser comme faisait l’organe primitif.
- Varia. — M. Maquenne lit la suite de ses recherches sur le méthylfurfurol. —A propos d’un travail de M. Berthelot sur le raffinose, M. Loiseau annonce qu’il avait confié à un paquet cacheté des faits analogues à ceux que M. le secrétaire perpétuel a fait connaître. — Une notice biographique sur Houzeau est adressée par M. Lancaster.
- Stanislas Mednier.
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- LÀ PRODUCTION DU TIN DE CHAMPAGNE
- L’exposition organisée par le Syndicat des vins de Champagne dans le palais de la De'gustation, sur le hord de la Seine, est assurément l une des plus intéressantes de nos granles industries nationales. On se rend compte,en voyant les objets exposés, de tous les efforts et des nombreux travaux que nécessite la fabrication des vins mousseux, depuis la culture de la vigne jusqu’à la mise en bouteille, et les dernières opérations du cap-sulage. Il s’agit là d’une des richesses de la France et la question vaut la peine d’être étudiée en détails.
- Nous nous contenterons aujourd’hui de reproduire deux tableaux fort curieux exposés par le Syndicat des vins de Champagne.
- Ils donnent une idée de l’énorme quantité de ce produit, célèbre dans l’univers entier.
- La ligure 1 donne d’une façon saisissante le tableau comparatif de la production, du stock et de Y expédition des vins mousseux de Champagne.
- Le stock en cave (en 1888, 574 558 hectolitres) serait contenu dans une bouteille de 147,60 mètres de hauteur et de 41,52 m de diamètre de base.
- La production (moyenne des douze dernières années, 205 219 hectolitres) serait contenue dans une bouteille de 107,50 m de hauteur et de 50,10 m de diamètre de base
- L’expédition (moyenne des douze dernières années,
- 19 545 750 bouteilles, soit 156 590 hectolitres) serait contenue dans une bouteille de 82,20 m de hauteur
- et de 25 m de diamètre de base.
- Notre gravure donne la proportion de semblables bouteilles, à des tours Notre-Dame de Paris, et de l’Arc de Triomphe de l’Etoile. Ces trois bouteilles superposées dépasseraient la hauteur de la Tour Eiffel.
- La figure 2 donne le tableau de l’expédition des vins mousseux de Champagne, d’après les documents officiels de la Chambre de commerce de Reims, et les relevés annuels de la Régie des contributions indirectes.
- On remarquera que l’étranger consomme une quantité de vin de Champagne bien supérieure à celle de la consommation française.
- Nous félicitons les organisateurs de la belle exposition des vins mousseux de Champagne ; outre les diagrammes de la statistique, leurs modèles sontdesmieux réussis. On voit, en petit, les champ,sde vigne de la Champagne ; ils sont cultivés et soignés au delà de tout ce que l’on peut imaginer ; on passe en revue les différentes phases de la fabrication, figurées à l’aide des appareils usités dans les caves : ces mannequins grandeur d’exécution montrent le mode opératoire de cette fabrication.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandiui.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fieurus, 9.
- La production, le stock et l’expédition des vins mousseux de Champagne.
- 22 Millions de bouteilles 21
- 20
- 19
- 18
- 11
- 16
- 15
- 14
- 13
- 12
- 11
- 10
- 9
- 8
- 7
- 6
- 5
- 4
- 3
- 2
- 1 million
- Je bouteilles
- Fig. 2. —Tableau de l’expédition des vins mousseux de Champagne en France et à l’étranger.
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- N° 85 0
- 20 OCTOBRE 1889
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- L’HISTOIRE DES CHEMINS DE FER A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Fig. 1. — La locomotive de Stei>lieuson (Locomotion) dans le Palais des Arts libéraux au Champ de Mars, et ses rails.
- Rien qu’elles soient nées d'hier, pour ainsi dire, la locomotive et la voie ferrée ont déjà leur histoire. L’apparition de ce mode nouveau de locomotion a apporté dans nos mœurs et nos idées
- considérables. On peut dire que la locomotive emporte l’histoire elle-même de ce mouvement rapide qui entraîne les voyageurs sur la voie de 1er. Aussi s’explique-t-on bien l’intérêt avec lequel les
- l’Exposition viennent contempler, dans la section des Arts libéraux, deux des plus anciens types de machines qui ont circulé sur les rails, en même temps que la reproduction des premières voies ferrées alors en usage. La première des machines exposées, dite Locomotion (fig. 1), a été exécutée par Stephenson
- 17e année. — 2* aemeatre.
- en 1825, pour le service de la ligne de Stockton à Darlingtou dont il avait dirigé la construction.
- Le grand ingénieur, qui devait; le premier donner à la locomotive sa forme caractéristique, était encore, pour ainsi dire, à sa période de débuts, et la machine de 1825 s’éloigne sensiblement du tvpe définitif qu’il de-en 1829 dans la Fusée. 11 avait exécuté cependant avec un certain succès plusieurs machines qui ont fait d’ailleurs un service courant assez prolongé sur des voies servant au transport des charbons. Le Blücker, la première de toutes, construite par lui en 1814 pour les mines de Killingworth, comprenait une simple chaudière cylindrique traversée par un foyer
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- en tôle creux débouchant directement dans la cheminée; elle reposait sur trois essieux dont deux moteurs. Les cylindres, au nombre de deux, étaient posés verticalement sur la chaudière, ils actionnaient chacun l'un des essieux extrêmes comme moteur, les manivelles étaient placées à 909 pour assurer la continuité du mouvement, et les deux essieux moteurs étaient solidarisés par une chaîne engrenant avec les pignons dentés dont ils étaient munis.
- Une seconde machine construite en 1815 reproduisait le type du Bliicher perfectionné et simplifié. La chaudière était supportée par trois pistons à vapeur placés directement au-dessus des essieux, et qui faisaient office de ressorts. Cette seconde machine présente enfin l’application indirecte du tirage forcé. Ainsi constituée, elle pouvait traîner un poids de 50 tonnes à la vitesse de 6 à 8 kilomètres à l’heure sur des voies sensiblement en palier. Ste-phenson construisit plus tard deux machines semblables, l’une en 1817 pour les mines de Kilmar-nock, et l’autre en 1822 pour le chemin de fer de Ilutton près Sunderland. Ces machines purent fonctionner jusqu’en 1848. Malgré ces exemples, on considérait encore généralement, en 1823, l’adhérence comme insuffisante pour assurer la traction sur les rails ; on voulait réserver les locomotives aux transports sur route, en conservant la traction par chevaux sur la voie ferrée. Stephenson cependant avait exécuté de nombreuses expériences au dynamomètre pour apprécier exactement les efforts développés dans les deux cas, et il pressentait déjà la nécessité d’associer la locomotive et les voies ferrées pour obtenir du nouveau mode de traction tout l'effet utile dont il était susceptible. Il parvint à convaincre l’un des principaux actionnaires de la ligne de Stock ton à Darlington, M. Pearso, et celui-ci lui avança les fonds nécessaires pour la construction d’une locomotive, et même pour la création d’un atelier spécial. C’est ainsi que fut fondé à Newcastle, en 1824, l’atelier de construction qui devait prendre bientôt un si grand développement.
- C’est de Newcastle, en effet, que sont sorties les locomotives de toutes les lignes nouvelles ouvertes aux transports depuis 1830, et c’est dans ce même atelier que se formèrent les ouvriers et ingénieurs qui allèrent fonder les principaux ateliers d’Europe et d’A-inérique. La locomotive de la ligne de Stockton conservait encore, comme on le voit sur la figure 1, d’après le modèle exposé, les traits des premières machines de Stephenson; la chaudière est traversée par un simple tube à fumée à l’extrémité duquel est le foyer; les deux cylindres sont placés verticalement au-dessus de la chaudière, la tige de chaque piston commande une sorte de balancier actionnant directement les manivelles des roues motrices. Les roues étaient accouplées, ayant chacune leur manivelle distincte, placée à angle droit. Un jet de vapeur dirigé de la chaudière dans la cheminée activait le tirage; mais on n’avait pas encore songé à utiliser à cet effet la vapeur d’échappement.
- Cette machine servait seulement à la remorque des trains dans les parties horizontales de la voie, les rampes étaient desservies par des machines fixes. Elle fut utilisée d’abord au service des trains de marchandises, puis on l’appliqua peu à peu au service des trains de voyageurs et elle est la première qui ait reçu cette application. C’est l’original lui-même qui figure à l’Exposition prêté par la Compagnie du South Eastern.
- La machine de Stockton ne présente pas encore les traits caractéristiques de la locomotive, c’est-à-dire l’emploi des chaudières tubulaires et l’application de la vapeur d’échappement au tirage du foyer, dispositions qui expliquent la grande puissance de cette machine sous un faible volume, et cette merveilleuse élasticité grâce à laquelle elle peut s’adapter toujours aux conditions de travail si variées qu’elle rencontre dans sa marche en plein vent, tant en raison de la pente et des courbes de la voie, que de l’état de l’atmosphère, etc. C’est sur la Fusée (le Rocket) que ces caractères se montrent réunis pour la première fois. Cette machine, qui fut construite également par Stephenson, remporta le prix du concours deRainhill le 6 octobre 1829 pour la ligne de Liverpool à Manchester ; son succès trancha définitivement la question de l’application des locomotives à la traction sur les voies ferrées. Le modèle figure à l’Exposition, et cette machine peut être considérée comme le prototype de toutes nos locomotives actuelles. Nous avons donné précédemment la vue de la Fusée1 et nous ne la reproduirons pas ici. 11 serait injuste de ne pas rappeler à celte occasion le nom de l’ingénieur français Marc Séguin qui, le premier, eut l’idée de la chaudière tubulaire et la fit breveter en 1827. 11 ne lui fut pas donné toutefois de réaliser à cette époque l’idée qu’il avait conçue ; les machines qu’il voulait construire ne furent terminées que longtemps après ; la ligne de Lyon à Saint-Etienne sur laquelle il voulait les mettre en service resta exploitée au moyen de chevaux jusqu’en 1833. A côté des locomotives, on remarquera également, en ce qui concerne le matériel roulant dans le Palais des Arts libéraux, les deux wagons-salons exposés, l’un qui a servi au duc de Wellington en 1835, et l’autre, à la reine Adélaïde en 1842. Signalons aussi les types de roues si curieux qui ont été appliqués à l’origine des chemins de fer. Les premiers sont complètement en fonte, rais et moyeux. Les rais ont une forme en double T, ou une section ovale arrondie. Les bandages sont en fer forgé. On remarque également des roues complètement en bois. Plus tard apparaissent les roues avec moyeux en fonte et les rais en fer formés d’une série de simples bandes recourbées dont les extrémités sont prises dans le moyeu. On trouve encore des roues analogues sur certains wagons de marchandises. Les premières de ces roues rfont pas de jante indépendante des rais. Sur les types postérieurs, une
- 1 Vov. n° 7k2, du 17 octobre 1874, p. 319,
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- fourrure en bois est interposée entre les rais successifs : c’est le cas, par exemple, pour la roue montée de 1852 exposée par la Compagnie d’Orléans.
- En ce qui concerne l’installation même de la voie qui a joué aussi un rôle considérable dans les chemins de fer, les types exposés sont aussi très curieux. Les premières voies ferrées paraissent remonter au delà du dix-septième siècle, les rails en métal servaient, à cette époque, pour faciliter la circulation des véhicules dans les houillères d’Angleterre. La Nature a publié, en effet, la reproduction des gravures curieuses de l’ouvrage de Munster montrant des wagonnets circulant sur des rails métalliques1. La ligure 2 représente, sous le n° 5, la vue des rails d’un des types les plus anciens figurant à l’Exposition. Ces rails étaient appliqués vers 1800 dans le pays de Galles pour les transports de Merthyr à Aberdeen Junction; ils sont formés d’une simple barre en fonte d’un mètre environ de longueur en forme de cornière retenue à chaque extrémité par des crampons pénétrant dans des dés de support en pierre. L’aile horizontale de la cornière sert de chemin de roulement, elle est creusée d’une sorte de sillon résultant du passage de la roue des véhicules. L’aile verticale a une largeur graduellement croissante à partir des extrémités vers le milieu.
- Un renforcement analogue se retrouve sur le type n° 4 que l’on voit aussi en AB (fig. 1) qui représente la voie ferrée appliquée de 1820 à 1850 pour les premières locomotives. Le rail est formé d'une barre en fonte ou même en fer forgé, posée verticalement dans des coussinets extrêmes fixés d'abord sur des dés en pierre puis sur des traverses, et renforcée en son milieu par excès de largeur. La partie supérieure de la barre servant au roulement est arrondie en forme de champignon, se rapprochant ainsi de nos rails actuels. Cette disposition de la barre renforcée ne s’explique pas au point de vue de la résistance, et il est même étonnant qu’elle se soit conservée quelque temps, car les ingénieurs de l’époque possédaient déjà certaines notions sur la théorie de la résistance des matériaux. Une barre comme le rail, reposant sur deux appuis extrêmes, travaille en effet par flexion, elle doit être assimilée à une arche de pont, toujours amincie au milieu, car les sections de la barre les plus fatiguées sont bien celles qui sont voisines des points d’attache. L’excès de métal ménagé à tort au milieu devrait être reporté aux extrémités.
- Les rails de la ligne de Stockton représentés (fig. 1) furent fabriqués en fer sur la demande de Stephenson qui prévoyait le surcroît de résistance dont la voie avait besoin pour recevoir des locomotives ; ces rails pesaient environ 10 kilogrammes le mètre courant et furent payés 300 francs la tonne, soit un prix double de ceux des rails en fonte.
- A côté des barres à section pleine qui ont prévalu délinitivement sous la forme de rails à double champignon retenu dans un coussinet, comme le repré-
- 1 Yoy. n° 845, du 10 août 1889, ]>. 165.
- sente le n° 5, dont on remarquera toutefois la curieuse traverse triangulaire, ou sous celle de rails à patin, ditVignole, dont la base élargie repose directement sur les traverses, on a fait également des essais de rails en forme d’U renversés reposant sur des traverses ou mieux sur des longrines. Tels sont, par exemple, le type Barlow et le type Brunei représentés dans les nos 1 et 2.
- Le rail Barlow, qui a eu un moment de grande vogue en Angleterre, a été appliqué aussi sur une large échelle par la Compagnie du Midi, notamment sur la ligne de Bordeaux à Cette. Ce rail est formé, comme on le voit, d’une sorte d’U renversé à bords très élargis qui repose directement sur le ballast, et qui, dans la pose, doit même être recouvert presque complètement par le ballast de l’infrastructure. La liaison des rails parallèles est assurée seulement par une cornière transversale, et, pour les joints, les extrémités des deux rails successifs sont rattachées entre elles par une semelle fortement rivée. Cette disposition de rails était d’un entretien fort économique, et, avec un ballast de bonne qualité, on arrivait à obtenir, dans le vide de l’U renversé, une sorte de noyau qui donnait beaucoup de stabilité au système, en le reliant plus complètement avec le ballast. Malheureusement, l’essai ne donna pas des résultats satisfaisants, car les rails se fendirent longitudinalement, et se trouvèrent ainsi hors de service ; on dut les remplacer à bref délai. A côté du rail Barlow, nous avons représenté également (n°l) le rail Brunei, bien connu par sa forme en U renversé, et qui repose sur une longrine en bois absolument continue. Des traverses en bois aussi espacées que possible assurent en outre la solidarité des deux files de rails. Ce type a été essayé sur divers points en Angleterre, en Allemagne, et notamment eu France sur la ligne de Bordeaux à Bayonne qui traverse, comme on sait, d’abondantes forêts de pins susceptibles de former le bois nécessaire pour les longrines. Le rail employé pesait 50 kilogrammes le mètre, il avait 6 mètres de longueur, et les longrines 4 à 6 mètres.
- Les rails étaient rattachés entre eux par une sorte de selle rivée qui ne laissait ainsi aucune liberté de dilatation dans les joints, bien que les trous eussent été ovalisés à dessein. L’expérience fut défavorable.
- Le rail Brunei fut délinitivement remplacé par le rail à double champignon du type ordinaire. On supprima les longrines et on rapprocha les traverses, on remplaça en même temps comme ballast, par du gravier, le sable des Landes qui était trop mobile.
- Actuellement, toutes ces formes compliquées sont absolument écartées, comme nous l’avons dit plus haut ; on ne rencontre plus que les deux types Vi-gnole et double champignon qui se partagent la faveur des ingénieurs de chemins de fer : c’est encore une question prématurée que de décider celui des deux qui doit l’emporter dans les voies ferrées de l’avenir. L. B.
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- LE PONT SUR LA MANCHE
- L’idée de relier l’Angleterre au continent par un pont n’est pas nouvelle; elle a préoccupé dès le commencement du siècle des ingénieurs éminents : ce sont surtout les études de Thomé de Gamond qui
- ont contribué à la vulgariser. Mais les projets (pii avaient été proposés jusqu’à ces dernières années étaient insuffisamment étudiés, ou irréalisables. C’est en 1875 (pie l’on a songé à établir la communication entre la France et l’Angleterre par un tunnel sous-marin et nous avons donné'a nos lecteurs des détails ! très complets sur ce travail pour l’exécution duquel
- Fig. 1. — Profil ru long cl plan du Pont sur la Manche.
- Fig. 2. — Pont sur la Manche. Travées de 300 mètres et de 300 mètres.
- il ne manquait ni le concours des ingénieurs, ni celui des capitalistes1. Un esprit d’hostilité du parti rétrograde de l’autre côté du détroit a prévalu, et l’entreprise immense qui avait reçu un commencement d’exécution n’a pas eu de suite.
- Aujourd’hui un nouveau projet de communication entre lit France et l’Angleterre,au moyen d’un pont, est préconisé par une compagnie anglaise, The Channel Bridge. Depuis Thomé de Gamond, l’industrie de l’acier et les méthodes de travaux à la mer ont tellement progressé que ce qui alors était une utopie peut se réaliser aujourd’hui. Les longues portées n’embarrassent plus les ingénieurs, pas plus que les fondations par des profondeurs d’eau qu’on n’osait aborder il y a trente ans. C’est pourquoi la Société du Channel Bridge demanda le concours de deux grands industriels français, MM. Schneider et Hersent, celui-ci entrepreneur de travaux publics, d’un
- 1 Yov. La Nature, 1874 1er semestre.
- renom universel, celui-là directeur de la grande usine du Creusot, et passé maître dans la fabrication et la manipulation des aciers. Tous deux se sont mis
- à l’œuvre, et, à l’aide de deux célèbres ingénieurs anglais, sir John Fowler et M. Benjamin Baker, ingénieur en chef du splendide pont eu construction sur le Forth, ils ont établi l’avant-projet dont nous allons résumer les grandes lignes.
- Le pont partira de la cote française, près du cap Gris-Nez, pour atteindre la côte anglaise près de Folkcstone. Sa longueur sera de 58 kilomètres environ, le profil projeté passant sur deux bancs, le Varnc et le Colbart, situés à G kilomètres l’un de l’autre, vers le milieu du détroit; on profitera ainsi de la présence de ces deux écueils, où la profondeur d’eau n’est que de 6 à 7 mètres au-dessous des basses mers, mais le pont ne sera pas, avec ce profil, tout à fait rectiligne.
- Examinons à présent par quels fonds se fera la construction des piles. Partons encore de la côte lran-
- Fig. 5. — Coupe transversale au milieu de la (ravée de 300 mètres.
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- çaise: entre le cap Gris-Nez et Ambleteusc, se trouve un point appelé le Cran-aux-Œufs ; c’est là que le Pont s’amorcera et que la voie ferrée se reliera au
- chemin de fer du Nord. Du Cran-aux-Œufs au Cob-bart, 17e kilomètre, le fond s’abaisse assez brusquement jusqu’à 40 mètres1; il s’infléchit ensuite jus-
- Fig. t. — Vue d'ensemble du Pont sur la Manche. D’après une aquarelle accompagnant l'avant-projet.
- qu’à 55 mètres vers le milieu du détroit, puis il se relève progressivement jusqu’au Colbart, couvert de fi it 7 mètres d’eau. Nous voici maintenant au Colbart, lequel est séparé du Yarne par une fosse dont la profondeur ne dépasse pas 25 à 27 mètres. Sur le Yarne, 22e kilomètre, de 9 à 10 mètres d’eau; puis de ce banc rocheux à la cote anglaise, des fonds de 24 mètres. Comme on le voit, c’est près de la côte française qu’on trouve les plus grandes profondeurs d’eau et qu’on aura à lutter contre les plus grandes difficultés de construction. Les travaux nécessiteront l’établissement d’un port à Ambleteuse et d’un autre à Folkestone, avec des installations particulières pour la préparation des piles et de la superstructure métallique.
- Il ne nous est pas possible de donner une idée complète des dispositions ingénieuses adoptées, d’une part, par le projet Hersent pour la construction des piles, d’autre part, par M. Schneider pour celle de la superstructure
- métallique qui doit recevoir le tablier sur lequel rouleront les trains de chemin de fer; il nous suffira de dire que les piles n'auront pas moins de 25 mètres de largeur et que les plus grandes, celles qu’on établira par 55 mètres d’eau, auront à la base, c’est-à-dire sur le sol sous-marin, 1604 mètres carrés de superficie. Constituées par des maçonneries qu’on mettra en œuvre dans des caissons métalliques, elles seront surmontées de coupoles mobiles qu’on démontera quand la partie su-périeure de la pile aura été terminée. Les caissons préparés à Ambleteuse et à Folkestone seront remorqués à leur position, coulés et placés avec toutes les précautions possibles. Les piles de rives, jusqu’à 20 mètres de profondeur, pourront être exécutées sans difficultés; mais, pour des travaux par des fonds supérieurs, il a fallu prévoir des solutions nouvelles. M. Ilersent,
- 1 Les cotes sont toutes au-dessous du niveau des plus basses mers.
- A'iVoau des Rails
- Fig. a. — Coupe transversale sur une pile.
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- avec sa grande compétence, les a arretées, non dans tous leurs détails, mais dans leurs grandes lignes, et son avant-projet a été établi avec le concours des éminents ingénieurs du pont du Forth. Pour les 55 piles du projet, le devis estime qu’on emploiera environ 4 millions de mètres cubes de maçonnerie et 76000 tonnes de fer. 11 faudra en moyenne 477 jours pour la construction d’une pile, y compris les opérations à terre, et 160 jours de chômage qu’on prévoit pour les intempéries et fêtes.
- La construction des piliers en maçonnerie sera certes la partie la plus difficile de l’entreprise, mais elle ne défie pas la puissance de l’industrie. Non seulement c’est l’avis de M. Hersent, mais encore sir John Fowler et M. Baker sont très affirmatifs sur ce point. Aux plates-formes des piliers seront fixées solidement des piles métalliques sensiblement cylindriques dont la hauteur variera de 40 à 45 mètres et sur lesquelles reposeront les poutres principales du tablier. Il y aura ainsi entre la surface inférieure des poutres et le niveau de l’eau au moment des hautes mers une hauteur de 54 à 57 mètres, ce qui est plus que suffisant pour les bâtiments à grande mâture et du plus fort tonnage. Enfin, le tablier étant porté sur piliers verticaux cylindriques, la hauteur de 54 mètres au minimum est franche sur toute la largeur d’une travée
- Pour les travées, • c’est-à-dire les passages entre les piles, on a admis trois types afin de concilier autant que possible les exigences de la navigation avec l’économie de premier établissement du pont : 1° travées alternées de 500 à 500 mètres; 2° travées alternées de 200 à 550 mètres ; 5° travées alternées de 100 à 250 mètres.
- Les figures que nous publions ci-avant compléteront les documents succincts que nous venons d’emprunter à Y Avant-projet, de MM. Schneider et Hersent, et à une savante notice de M. E. Weyl. Nous ajouterons que le métal prévu pour la superstructure métallique est l’acier; on l’a choisi parce qu’il donne une économie de poids de 50 pour 100 par rapport au fer dans des conditions de sécurité absolue, et c’est là un point capital, car les matières métalliques à mettre en œuvre et l’outillage à créer pour la construction du pont représenteront un poids d’environ 1 million de tonnes, y compris l’outillage des deux ports à créer, les nombreux remorqueurs et chalands spéciaux à construire pour la mise en place des piles et du tablier, la double voie ferrée avec garages. Les auteurs de F avant-projet estiment que la dépense s’élèvera à 860 millions de francs — mettons un milliard — pour opérer la jonction de l’Angleterre à la France, c’est-à-dire du réseau des voies ferrées de la Grande-Bretagne à celui du continent. 11 est presque inutile de dire qu’on donne un gage à ceux qui de l’autre côté du détroit rêvent périodiquement d’invasion; les travées terrestres du pont seront tournantes, de telle sorte que les communications par le chemin de fer pourront être interrompues au premier ordre. Cela étant, on
- ne voit pas une armée française s'engageant sur le pont ; elle aurait la certitude de trouver sur la côte anglaise un précipice de 50 mètres de haut, très difficile à franchir malgré toutes les ressources de l’art militaire. D’ailleurs, si cette garantie paraissait insuffisante à nos voisins, on peut leur faire remarquer qu’ils seront libres d’occuper militairement la tête du pont à Folkestone et de prendre telles précautions à leur convenance.
- Le grand projet du Pont sur la Manche mérite, on le voit, tout l’intérêt des ingénieurs et du public. On assure que l’illustre M. Gladstone, lors de sa récente visite à l’Exposition universelle de Paris, où sont exposés les plans du nouveau Pont, aurait dit :
- « Par le Tunnel ou par le Pont, la paix du monde est assurée. »
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- L’EXPOSITION DU BRÉSIL
- AU CHAMP DE MARS A PARTS
- Le grand Empire américain n’est pas venu officiellement au Champ de Mars; s’il y fait acte de présence, on le doit à M. Amédée Prince, secondé par quelques Français, en rapport d’affaires avec le lîrésil, MM. Lourdelet, Pector, Pra, Paul Rousseau, etc., par quelques membres de la colonie brésilienne à Paris, comme MM. Eduardo Prado, Rodolpho Dantas, de Sant’Ânna Nery, Klingelhoe-fer, etc., et à l’empereur Dom Pedro II, qui, alors à Cannes, fut mis au courant par M. le vicomte de Caval-canli et accorda aussitôt à l’entreprise un patronage bienveillant. Le Gouvernement, dontle personnel avait été modifié, ne put obtenir du Parlement qu’une maigre subvention de 500 contos ou environ 750 000 francs. C’est avec ces minces ressources que le comité Franco-Brésilien a fait ce que nous avons vu au Champ de Mars.
- Le pavillon, oeuvre d’un de nos jeunes architectes, M. Louis Dauvergne, devait répondre à ces moyens restreints et au caractère de sobre élégance, qui dans la pensée du comité devait être le cachet de l’exhibition brésilienne. Des millions de visiteurs attestent que l’architecte a fort bien répondu au programme. Le jardin et la serre, reliée au pavillon par une jolie galerie en fer ajouré, peuplés des plus beaux spécimens de la flore tropicale, ont dès le premier jour captivé la faveur du public. Un petit lac, dont l’eau a été chauffée pour permettre à la Victoria regia d’y étaler ses feuilles gigantesques, et un chalet de dégustation du café et du maté complètent la section brésilienne.
- Le rez-de-chaussée est plus spécialement consacré aux produits naturels du sol. On y trouve la collection très complète des cafés de diverses variétés, à divers degrés de préparation, et provenant de toutes les régions brésiliennes adonnées à la culture de cette rubiacée. On sait que le Brésil est dans le monde le plus grand producteur de cette denrée, et qu’on dépit des étiquettes sous lesquelles le commerce la livre aux clients, c’.est lui qui fournit la plus grande partie delà consommation usuelle. Deux grands prix et dix médailles d’or, sans parler de nombreuses autres récompenses, ont attesté que le jury international a su apprécier la valeur de cette collection. Tout voisins, sont les cacaos du Para, de Pernambuco, de Bahia, d’Espirito Santo : la production s’en développe actuellement d’une façon considérable. Eux aussi sont cités au premier rang, et fournissent une notable proportion du
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- LA NATURE.
- chocolat que nous consommons. Un peu plus loin, sont les sucres de cannes, bruts, raffinés, cristallisés, des diverses provinces, depuis Rio-de-Janeiro jusqu’au bassin de l’Amazone. Trois grands prix et cinq médailles d’or ont démontré que la production brésilienne peut se mesurer avec la plus vantée. La quantité exportable dépasse annuellement 500 000 tonnes, et n’attend pour pénétrer sur nos marchés européens qu’un adoucissement des mesures douanières par lesquelles ils protègent peut-être à l’excès le sucre de betterave.
- Viennent ensuite les produits agricoles alimentaires ; riz, haricots, farines de manioc et tapioca, arrow-root, amidon, farine de blé, seigle, orge, fécules de plusieurs racines indigènes ; puis des gommes, des cires végétales et des bougies de carnauba, etc., des caoutchoucs bruts sous les aspects usuels du commerce, une multitude de plantes et d’écorces servant soit à la boisson, soit à la droguerie pharmaceutique, soit à la teinturerie et à la tannerie, des cuirs superbes tannés avec ees matières ; des vitrines contenant du maté, le thé indigène, à tous les états où il peut être consommé, et enfin des cotons bruts, des éponges gigantesques, et des fibres végétales aussi nombreuses qu’elles sont fines, longues, tenaces, nacrées, susceptibles d’application à faire rêver. Je ne parle pas des duvets si ténus qu’il a fallu les plonger dans un bocal empli de liquide pour qu’ils ne se dispersent pas au moindre courant d’air, paillas avec lesquelles on fait là-bas des oreillers rivalisant avec les plus belles dépouilles de Feuler, ou des feutres d’une douceur soyeuse incomparable. Si l’on parvient à les filer, les dames auront à leur disposition un vrai tissu de fée.
- Deux groupes de produits cependant tranchent sur tout ce que je viens d’énumérer, et malgré leur importance qui éclate aux yeux, représentent dans la production brésilienne ce qu’on peut appeler la réserve d’un avenir qui sera peut-être demain. Ce sont les minéraux et les bois. L’exploitation en est encore pour ainsi dire à l’état d’enfance, soit par ses procédés, soit par son étendue. Les bois sont présentés avec une sorte de sincérité naïve qui déroute un peu le visiteur habitué aux artifices de préparation mettant en un saisissant relief la moindre qualité; mais pour le connaisseur, pour l’homme du métier, quelle richesse, quelle variété de tons, de grains, de dessins, de densités! quelle multitude d’applications dans la construction civile, navale, les travaux de chemins de fer, l’ébénisterie, la menuiserie, etc.! Il en est qui sont incorruptibles et que le séjour dans l’eau durcit encore, de façon qu’ils suppléent le fer dont ils dépassent la pesanteur et égalent la rigidité. Il en est dont les tons égalent la vivacité de couleur du plumage des oiseaux des tropiques. Deux ou trois essais de marqueterie en parquets, s’ils étaient vernis, donnent au visiteur l’impression d’un kaléidoscope.
- Minas Geraes, la grande province centrale, apparaît dans ce groupe avec le caractère vigoureux et franc de sa population : ses villes disposées en pyramide, ont retenu l’attention de tous les passants. Mais son exhibition la plus brillante est celle des minéraux. On y trouve, avec la richesse intrinsèque, l’énorme variété, un classement rigoureusement scientifique; c’est l’œuvre d’un de nos compatriotes, M. Henri Gorceix, fondateur et directeur de l’École des mines d’Ouro Preto. L’aménagement est dù au délégué provincial, M. Paul Rousseau. Pays de l’or, des diamants et du fer, Minas recèle dans ses entrailles des richesses qui, une fois les routes et les chemins de fer bien établis, assurent au Brésil de grandes ressources.
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- Déjà le mouvement est commencé, et sans parler d’autre5, l’exploitation de Faria, par exemple, va donner un précieux élan et servir de modèle. Un grand prix à la Commis sion de Minas, une médaille d’or à la collection minéralogique de l’École d’Ouro Preto, un grand prix à l’organisation de son enseignement supérieur, ont attesté la haute valeur de cette exhibition, sans parler d’un grand prix à la collection des bois de Barbaccna, d’une médaille d’or à la Commission de Minas, pour ses bois, d’une autre médaille d’or à M. Gorceix, comme collaborateur, et de quelques autres récompenses aux envois individuels de bois venus de Minas.
- Cette province d’ailleurs n’a pas borné sa participation aux bois et aux minerais. Ses végétaux, ses produits pharmaceutiques, ses tabacs, ses cafés, ses sucres, ses huiles, ses cires, ses pelleteries, ses tissus de coton, font une grande figure dans l’ensemble brésilien. Elle a obtenu une médaille d’or pour l’un de ses vins, envoyé de Campanha da Princeza ; ses envois de vins sont peu nombreux, néanmoins les récompenses attestent que la viticulture a un bel avenir à Minas.
- L’Empire du Brésil est trop grand, son exposition, malgré la hâte, les ressources restreintes dont elle a disposé, et son caractère tout d’initiative privée, est trop considérable, pour qu’on épuise le sujet en quelques lignes rapides ; nous sommes obligés de passer sous silence ce qui se rapporte à son industrie et à la façon dont les Brésiliens ont déjà tiré parti de la richesse de leur sol.
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- L’EXPLOITATION DES FORÊTS
- AUX KTATS-UXI3
- On sait avec quelle extraordinaire rapidité se fondent parfois des villes importantes aux Etats-Unis Les faits de ce genre sont toujours utiles à enregistrer. Le Scientific American nous en donne un nouvel exemple en mentionnant Uliistoire de la ville d’Aberdeen, de formation toute récente; nous donnons ici le résumé de cette histoire digne d’intérêt.
- La région qui avoisine la nouvelle ville d’Aberdeen est située sur les bords du Pacifique, dans le territoire de Washington ; elle comprend le havre de Gray : deux petites rivières, la Wiskahet la Chehalis, en baignent la surface. Une concession de 500 hectares comprenant les embouchures des deux rivières a été faite par l’Etat à un sieur Berm. L’exploitation a commencé il y a trente-trois ans. La redevance à payer était fixée à 15 francs environ par hectare; mais l’absence des moyens de communication, tant par l’intérieur que par mer, avait empêché le propriétaire de tirer parti de ses richesses. Il aurait abandonné tous ses droits pour fort peu de chose, quand l’ouverture du grand chemin de fer du Canada au Pacifique a changé la situation; cette voie ferrée a tout à coup fait affluer la vie sur cette côte négligée, et la ville d’Aberdeen, centre d’exploitation de la région, a été fondée sur les bords du havre de Gray. Elle n’a encore que 1600 habitants, et en Europe ce ne serait qu’un village, mais il y en avait moitié moins il y a un an, et aux États-Unis, où on a l’habitude d’aller vite,
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- LA NA TU HE.
- oii
- on escompte l’avenir, Aberdeen a reçu le nom de ville; à ses habitants, aux émigrants, à lui donner le développement nécessaire. A peine baptisée d’ailleurs, elle possède nombre d'insliLulions que l’on ne trouve pas dans une simple bourgade: elle a trois églises, deux écoles, une banque, quatre factoreries de saumon, un magasin général, une fonderie, un établissement de construction de chaudières et de machines, deux chantiers pour la construction des navires, deux hôtels, un journal hebdomadaire, et enfin, neuf scieries, débitant chaque jour près de 15000 mètres cubes de bois; c’est l’activité des habitants qui a créé et qui entretient toutes les
- institutions. Ajoutons que deux vapeurs font désormais un service régulier entre Aberdeen et Porlland, et tiennent la ville en relation avec le monde civilisé dont elle est séparée1 sur terre, par l'immense forêt. Celle séparation cessera d’ailleurs bientôt, car deux embranchements du chemin de fer du North-l'acific se dirigent sur la ville naissante, et ne manqueront pas de donner une grande importance à la cité: aujourd’hui, tel lot de terrain, cédé par le premier propriétaire au prix de 50 francs, se revend 5000 francs, cent fois [dus cher. Au reste, la vie n’est pas à bon marché dans le nouveau port, et nous n’en voulons pour preuves que les salaires promis
- Fig. 1.—Vue générale de la nouvelle ville d’Aberdeen, centre de l’industrie des bois, dans le territoire de Washington aux États-Unis.
- (D’après une photographie.)
- aux émigrants pour les attirer, et qui varient de 750 francs par mois, pour un contremaître de scierie, à 175, [tour le manœuvre; celui-ci n’a d'autres fonctions que de graisser les traverses sur lesquelles on traîne les troncs abattus. Nous devons faire observer que les ouvriers n’en sont [tas plus à leur aise; dans ces villes de nouvelle formation, loin des districts éloignés, une simple paire de bottes atteint souvent le prix de 200 francs. La ma jeure partie de la population est employée à l’exploitation des bois, et, sous ses efforts incessants, la forêt disparaît, là comme en cent autres endroits, avec une rapidité désolante; cependant, on n’a pu encore y employer des machines, mais cela viendra pour achever l’œuvre de destruction. Rien n’est épargné; arbres majestueux atteignant jusqu’à (> mètres de diamètre, où
- baliveaux, tout tombe sous la hache. Cependant les uns et les autres sont soumis à des traitements différents : les [dus petits sont abattus au pied, mais pour les plus gros, on établit, dans des entailles, un échafaudage à environ G mètres du sol et c’est là que les bûcherons opèrent la section du tronc. Cette dilapidation du bois n’a d’autre raison que la forme des arbres, qui sont souvent deux fois plus gros à la base qu’à cette hauteur, et dont on ne craint pas de perdre une bonne partie pour épargner le travail et aller plus vite dans l’œuvre de destruction. Ces puissantes colonnes, laissées çàet là sur le terrain, donnent à la ruine de la forêt un aspect de désolation tout particulier; de telles opérations réservent aux cultivateurs de l’avenir un formidable et redoutable travail de défrichement.
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- LA NATURE
- Fig. 2. — Transport des billots de bois à la rivière. Préparation de l’attelage au milieu d’une forêt dans le voisinage d’Aberdeen.
- (D’après une photographie.)
- Fig. 5. — Exploitation’ d’une forêt près d’Aberdeen. Vue d’un attelage de bœufs, traînant des billots de bois.
- (D’après une photographie.)
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- Des voies, composées de traverses cpie l’on graisse avec soin, permettent de traîner avec l’aide de bœufs, jusqu’aux cours d’eau, les tronçons tirés des arbres; ils y sont précipités et des débardeurs les conduisent jusqu’aux scieries où ils sont débités sans trêve. De là, poutres, madriers et planches, passent sur les quais qui longent le havre de Gray ou qui bordent les rivières, et sont embarqués sur les navires pour être transportés vers le sud dans les centres de consommation.
- A Aberdeen, le bois est roi, comme le coton dans le sud, le blé dans ITowa, le pétrole en Pensylvanie; malheureusement, comme pour ce dernier, c’est une royauté éphémère. L’exploitation des forêts ainsi conçue ne peut longtemps durer; là, comme ailleurs, il s’agit d’une dynastie qui va s éteindre; mais l’activité anglo-saxonne ne laissera pas le trône longtemps vacant, et c’est sans doute le blé et la vigne cpii régneront bientôt dans ces plaines dénudées.
- FRÉQUENCE DES PRINCIPALES MALADIES
- A PARIS
- Nous venons de lire un travail intéressant et curieux à plus d’un titre, de M. le docteur Bertillon, sur la fréquence des maladies à Paris pendant la période de vingt-deux ans, comprise entre 1865 et 1887. M. Bertillon y recherche, à l’aide des documents statistiques, si la fréquence tend à augmenter ou à diminuer, puis l’influence qu’exercent sur la fréquence, le sexe, l’àge et le milieu, c’est-à-dire l’arrondissement.
- La première partie du travail est consacrée à l’étude de la population par âges dans les divers arrondissements. A la formule adoptée : « Combien, sur mille habitants, s’en trouve-t-il de chaque âge, » M. Bertillon propose de substituer cette autre formule : « Combien sur mille individus en âge d’activité, s’en trouve-t-il qui n’ont pas atteint cet âge ou l’ont dépassé. » 11 croit pouvoir espérer ainsi une exactitude plus grande dans les nombres.
- Ces renseignements sont nécessaires pour s’expliquer la fréquence relative des maladies de l’enfance sur certains points de Paris et la rareté sur d’autres. On s’exposerait autrement à déduire des conclusions erronées. Ainsi, par exemple, il est reconnu que les quartiers pauvres sont ceux où le nombre des enfants est le plus considérable; si donc les maladies de l’enfance y sont plus fréquentes, toutes choses égales d’ailleurs, il n’y a rien là que de très naturel. Or, il y a des différences considérables dans le chiffre de la population enfantine des divers arrondissements. Pour n’en citer qu’un exemple, disons que le quartier de Charonne compte un nombre d’enfants au-dessous de cinq ans, quatre fois et demie aussi grand que celui de la Madeleine.
- La répartition de la population étant connue, examinons à l’aide des documents statistiques la fréquence plus ou moins grande des maladies. Ne nous hâtons pas de rien préjuger d’après la salubrité, l’exposition des régions, la propreté, l’aisance des habitants, car nos prévisions pourraient Lien se trouver déjouées par les chiffres. Cela prouve qu’il y a plus d’un facteur dont il faut tenir compte et dont la résultante n’est pas aisée à trouver. La fièvre typhoïde, par exemple, est très rare à Ménilmon-
- tant, le quartier le plus pauvre de Paris, et fait des ravages dans le quartier du Palais-Bourbon.
- La variole a les allures les plus irrégulières; on n’en peut rien déduire. Elle frappe -surtout les enfants de deux ans et au-dessous.
- Ici se place une observation qui a son importance au moment où on discute sur la nocivité ou l’innocuité de la vaccine. Les faits recueillis dans les pays étrangers montrent que la vaccination et la revaccination obligatoires font disparaître la variole, dans les pays où elles sont pratiquées.
- A Paris, les arrondissements situés à l’ouest, Yaugi-rard, Passy, etc., jouissent d’une certaine immunité, tandis que les arrondissements de l’est sont, au contraire, très frappés. La mortalité y est double ou triple de la moyenne. Bans ces dernières années, le nombre des décès par la rougeole s'est élevé beaucoup. On sait qu’il s’agit d’une maladie d’enfants fréquente dans les deux premières années de la vie, et, plus particulièrement, de un à deux ans. Après dix ans, elle ne fait plus de victimes.
- La statistique permet de conclure que la mortalité varie proportionnellement au nombre des pauvres et que l’accroissement a surtout eu lieu dans les quartiers pauvres. Faut-il l’attribuer aux privations, au défaut de soins et de précautions, à la débilitation des enfants ou à toutes ces causes réunies et à d’autres encore?
- La scarlatine est rare, et aussi le nombre des décès qu’elle occasionne. Elle frappe surtout les enfants de cinq ans et au-dessous, mais plus particulièrement ceux de deux ans. Les épidémies de coqueluche se sont trouvées assez fréquentes depuis 1877; cette affection atteint surtout les enfants les plus jeunes ; elle est très meurtrière dans les arrondissements extérieurs. La diphtérie fait ses ravages principalement parmi les enfants de un à quatre ans. Elle est très rare de quinze à vingt-cinq ans, puis reprend un peu, et se maintient jusque dans la vieillesse. Les arrondissements extérieurs sont ravagés dans des proportions effroyables.
- Nous ne suivrons pas M. Bertillon dans l’examen qu’il fait d’un grand nombre d’autres maladies. Nous nous arrêtons à la phtisie pulmonaire (poitrinaires) qui est dans tous les pays la cause de mort la plus active. Sur 100 000 habitants on compte en moyenne, à Paris, 400 décès annuels. Cette maladie est notablement plus fréquente chez les hommes et frappe indifféremment les individus de tout âge. On croit généralement que la jeunesse est particulièrement atteinte parce que c’est surtout de cette maladie que meurent les jeunes gens, tandis que les gens âgés meurent de toutes sortes de maladies.
- 11 faudrait pouvoir déduire de cette statistique les moyens de diminuer le mal; mais si l’on ne peut, pour chaque cas, indiquer un remède, on peut, d’une manière générale, conseiller d’obéir aux prescriptions hygiéniques. On diminuera la fréquence des maladies par l’assainissement des quartiers, la propreté, l’aération, l’éclairage naturel des habitations, la propreté des personnes, l’usage d’aliments sains, d’une eau pure ou, à défaut, d’une eau bouillie, en préservant les jeunes enfants du froid, et, en général, des variations brusques de température, sans les accabler sous le nombre des vêtements, en évitant tout excès, en faisant de l’exercice, etc., et en se souvenant du dicton :
- Gaîté, doux exercice et modeste repas :
- Voilà trois médecins qui ne se trompent pas.
- Félix IIément.
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- LE PALAIS DES COLONIES
- A i/eXPOSITION UNIVERSELLE UE 1889 1
- La section de la Transformation industrielle (les matières coloniales dans le Palais des colonies réunit un certain nombre de produits coloniaux, entourés des substances très diverses qu’on en retire : la matière brute et les matières fabriquées qui en dérivent. Cette section, agrandie et augmentée, représente le complément naturel des expositions coloniales particulières. Aux murs, nous voyons d’abord une série de défenses de narval, de dents d’hippopotame; de défenses d’éléphant. C’est là la matière première de l’ivoire. A côté, voici l’ivoire végétal, si employé pour fabriquer des boutons. L’on apprend encore que ce sont des déchets, de fines rognures de cette substance — la graine du Phyte-lephas macrocarpa — qui servent au théâtre à simuler les chutes de neige. Puis voici de la corne du buffle, avec laquelle se fabriquent maints objets, et du corail. Les morceaux de corail naturel n’ont rien de bien merveilleux, mais certains des objets fabriqués sont fort beaux. Une série de peaux pend au mur. Ce sont des peaux de boa, de requin et de crocodile. Le public en connaît assez les usages, et il a vu depuis longtemps maints objets recouverts de l’un ou de l’autre. Il regardera cependant avec intérêt une peau de requin (de son vrai nom Ra'ia Stephen) présentant, en différents points de sa longueur, différentes phases de la préparation avant d’arriver à 1 état parfait; il admirera les peaux de boa, diversement préparées, bien qu’au point de vue artistique, elles plaisent moins que la peau de requin ou de crocodile. Voici des nautiles, et une série des objets qu’on en fabrique ; voici des coquilles à nacre, avec les boutons qu’on en extrait; ce sont encore des coquilles gravées, des pantoufles en peau de python, et de belles peaux de crocodile. Plus loin, l’alfa, la noix de coco, le nickel, le mica, la ramie, la gomme copale (ou faux ambre), l’agave, l’aloès, etc., et, à côté de chacune de ces matières, une série d’échantillons des produits industriels qu’on en peut tirer. On fera bien de regarder les objets en ramie ; la variété en est incroyable : de la toile à voile aux fichus de femmes, on trouve toutes les textures possibles.
- Achevons maintenant de parcourir la série des expositions coloniales spéciales. La Nouvelle-Calédonie a une exposition très importante, grâce surtout à la participation de l’administration pénitentiaire, et à celle des sociétés minières. Pêle-mêle nous voyons du café en abondance, des résines, des biches de mer (holothuries desséchées dont certaines personnes se régalent fort), beaucoup de tabac, une momie mi-artificielle (la tête seule est authentique), des fétiches sculptés, en bois, en tronc de fougère, etc.,beaucoup d’échantillons de bois (en petits mor-
- 1 Suitr. Yoy. n° 852, du 28 septembre 1889, p. 277.
- ceaux) ; passablement de coquillages (au premier étage), beaucoup d’armes et de curiosités, et une jolie exposition des ressources minérales de la colonie qui renferme du soufre, du fer chromé, du cuivre, de la houille, et surtout du nickel que l’on exploite avec succès. Comme annexe à cette exposition, il faut parcourir le curieux village néo-calédonien, avec ses huttes à toit rond ou conique, surmontées de fétiches en bois peint, et dont notre gravure donne l’aspect (p. 548). En même temps on peut lier connaissance avec les quelques indigènes qui nous ont été expédiés.
- Relativement à la Guadeloupe, on ne verra rien au Palais des colonies : il faut se rendre au pavillon en fer, démontable, situé près du palais, où se trouvent exposés les produits de cette colonie. Ce qu’on y peut voir de plus curieux c’est une série de fossiles, une série d’outils en pierre, anciens (la collection est intéressante), quelques oiseaux, un herbier, et une collection de monnaies coloniales anciennes et modernes. Quelques objets en bois sont jolis : il y a de belles séries de photographies, mais sans indication des sites qu’elles représentent, ce qui en diminue l’attrait. Pour finir, du rhum, des cigares et des conserves.
- Quittons l’Océanie et gagnons l’Afrique. Voici l’exposition du Congo, puis celles du Gabon et du Sénégal. Dans la pièce occupée par le Congo français, nous remai’quons de belles défenses d’éléphant, brutes et travaillées. Ces dernières sont curieuses à regarder : des artistes indigènes ont sculpté tout autour de la dent de petits hommes et des animaux, d’une exécution fort naïve. Les fétiches abondent ici, en bois, en pierre, en métal. Il en est un dont le dessin est des plus rudimentaires, et qui rappelle beaucoup certaines sculptures des pièces de l’âge de pierre en Europe. Les autres sont très curieuses : tantôt ce sont des sujets isolés — le plus souvent un roi assis sur une chaise basse, et vêtu de son seul chapeau, ou d’une couronne; pour le reste du corps c’est sa couleur qui l’habille, — tantôt des combats où l’homme et la bête se mesurent. Il y a peu de semaines encore, cette exposition était complétée par une intéressante exhibition d’indigènes réunis dans le village Loango, mais les froids de l’automne ont fait partir ces exotiques.
- Dans la stalle consacrée au Gabon, il y a de beaux bois, mais sans désignation de nom; passablement de produits agricoles bruts, du raphia, et aussi du m’boundou, du caoutchouc, quelques bêtes empaillées, des insectes, quelques intéressantes photographies de types indigènes (au premier), et une collection de fétiches chez qui le ventre porte généralement une petite boîte à couvercle en verre, renfermant divers petits objets); il y a des fétiches pour la guerre, pour les dents, pour devenir invisible, pour la pluie, pour guérir les maladies, pour l’argent, etc. Pour les verroteries et tissus que l’on envoie au Gabon, et qui sont abondamment représentés ici, l’intérêt en est médiocre, et ces rouenne-
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- ries n’ont, en somme, rien à faire ici. Les Gabonnais qui étaient réunis dans le village pahouin sont également partis, et leur village, très primitif, est seul resté. Mais les anthropologistes parisiens ont eu tout le loisir de les bien étudier, et les membres du Congrès d’anthropologie ont pu leur faire une visite des plus intéressantes. Jamais ces naturels n’ont été plus palpés, manipulés, et examinés de leur vie, et je me rappellerai longtemps la curiosité intense avec laquelle l’un des plus éminents savants de Vienne faisait main-basse sur chaque indigène qui passait à portée, et lui palpait le crâne comme s’il en eût voulu enfoncer les parois. Beaucoup de ces indigènes, les Néo-Calédoniens surtout, ont appris à
- parler assez bien le français, et il est évident que les réflexions du gros public ne sont pas toujours de leur goût. 11 y a peu de jours encore, une visiteuse qui, devant les Néo-Calédoniens, disait à son mari — je respecte sa grammaire : — « Causes-y donc français pour voir, à cette sauvagesse » s’est attiré une verte réplique qui n’avait rien d’immérité. La curiosité banale, un peu bête, et très bavarde de la, foule déplaît évidemment à ces exotiques, et cela n’a rien d’extraordinaire.
- 11 me reste à signaler deux expositions encore dans le Palais des colonies. D’abord celle des missions de MM. E. Raoul et Jouffrov d’Abbans. Elles sont pleines d’intérêt, surtout pour le grand public : ce sont
- Le village Canaque à l’Exposition universelle de 1889. Esplanade des Invalides de Taris. (D’après nature.)
- des curiosités de toute sorte, des photographies, des dessins que l’on s’attarde volontiers à regarder, .C’est ensuite l’exposition relative à l’ile Kerguélen et à la Nouvelle-Zélande, organisée aussi par ces explorateurs. On remarquera de beaux bois de la Nouvelle-Zélande, et de fort intéressants échantillons zoologiques, entre autres VAptéryx, ou Kiwi, le Nestor notabilis ou Kea, perroquet qui tue les moutons pour manger la graisse qui entoure les reins; de superbes albatros (Diomedea), et des pingouins en quantité. Les albums montrent Kerguélen comme une sorte de paradis des pingouins. Ils s’y trouvent en quantités prodigieuses, peu farouches, car on les photographie aisément de près, et jamais je n’aurais cru qu’on pourrait représenter sur un même cliché autant de ces singuliers oiseaux. Il y a encore nombre
- d’échantillons zoologiques et beaucoup d’objets fabriqués avec la peau et les plumes des principales espèces de Kerguélen.
- J’oubliais l’exposition du Sénégal. A peine en puis-je dire qu’elle est assez pauvre : quelques ustensiles, armes, fétiches, étoffes, quelques bijoux du pays; un beau spécimen de quartz améthyste ; une forte exposition de droguerie concernant la noix de kola, et une certaine huile antirhumatismale. Le village sénégalais, par contre, est intéressant par ses constructions et par les indigènes qu’il renferme. Tous les Parisiens ont regardé avec plaisir un petit Sénégalais de deux ans, fort gentil, et dont la peau fait un si grand contraste avec le lait qu’il boit chez le débitant voisin. Henry de Yaric.ny.
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- UTILISATION DES COMBUSTIBLES PAUVRES
- FOYERS A COMBUSTION MÉTHODIQUE DE M. A. GODILLOT
- L’utilisation des combustibles pauvres qui constituent souvent un sous-produit encombrant et sans valeur de certaines industries importantes, est un problème difficile dont on cherche depuis longtemps la solution. Les grilles ordinaires sont tout à fait insuffisantes pour brûler convenablement certains de ces combustibles qui, comme les copeaux résidus de la fabrication des extraits de bois de châtaignier, pour prendre un exemple, renferment, en sortant
- de la décoction, 00 pour 100 d’humidité et 54 pour 100 seulement de ligneux, et ne produisent, à poids égal, que le cinquième de la chaleur de combustion d’une bonne houille. Il faut 9 tonnes de tannée humide occupant un volume de 20 mètres cubes ou 4,5 tonnes de bagassc occupant 59 mètres cubes pour produire la même quantité de chaleur qu’une tonne de houille. La combustion de ces combustibles si pauvres et si volumineux ne peut s’obtenir que dans un foyer remplissant un certain nombre de conditions spéciales. 11 faut d’abord que la combustion ait lieu sur des grilles étagées ou à gradins permettant à l’air l’arrivée directe sur le combustible par
- Foyer à conibusliou méthodique de M. Alexis Godillot. Application aux chaudières Davey-Paxinann alimentant les moteurs qui actionnent les dynamos servant à l’éclairage des fontaines lumineuses de l'Exposition universelle.
- couches horizontales d’assez grande section, sans laisser passer les plus menus fragments de ce combustible.
- Il faut, en second lieu, économiser la main-d’œuvre qu'occasionnerait le chargement à la main de volumes énormes d’un combustible pauvre et de faible densité; il faut enfin ne pas troubler la combustion déjà si difficile par une ouverture fréquente des portes du loyer. M. Alexis Godillot a triomphé de toutes ces difficultés en perfectionnant la grille à gradins, déjà appliquée depuis longtemps à la combustion des combustibles pauvres ou menus, on lui adjoignant le chargement mécanique du foyer.
- La grille a la forme d’un demi-cône reposant sur sa grande base : elle est formée de barreaux horizontaux demi-circulaires dont le diamètre va en crois-
- sant du sommet à la base. Ces barreaux chevauchent l’un sur l'autre, à la façon de lames de persiennes, et retiennent ainsi les parcelles les plus fines. Il suffit de diriger un jet continu de combustible sur le sommet du demi-cône p ur qu’il se distribue dans toutes les directions de la demi-circonférence, puis de là tombe sur la grille plate disposée au bas de la cascade.
- L’alimentation continue se fait à l’aide d’une hélice .en fonte qui tourne mécaniquement à une vitesse que l’on peut régler, au bas d’une trémie de chargement. Et pour que le combustible descende sûrement dans les intervalles des filets de celte vis et ne puisse s’y tasser et s’y bourrer, l’àme de l’hélice, au lieu d etre cylindrique, a la forme d’un cône effilé vers le foyer. De cette façon les intervalles des filets, ou si l’on
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- veut, les augels de l'hélice, présentent des capacités croissantes : l’hélice, tout en poussant la quanlité de matière qu’elle a reçue de la trémie au point lopins éloigné du fourneau, en puise de nouvelles quantités sur toute la longueur de la trémie.
- Le système est donc caractérisé par la forme tron-conique de la grille et son alimentation automatique par une hélice a augets croissants.
- Un combustible humide, amené au sommet d’une grille de ce genre dans un fourneau déjà échauffé, se dessèche d’abord, s’échauffe et s’enflamme, puis descend la pente en couche mince au fur et à mesure que celui qui est au-dessous lui fait de la place ; il brûle grâce aux lames d’air qui lui parviennent entre les barreaux et finalement arrive sur la grille horizontale où la combustion s’achève et les cendres s’accumulent. Ces cendres bouchent l’ouverture assez haute ménagée entre la grille étagée et la grille plate; on les retire, lorsqu’il y en a trop, à l’aide d’un ringard qu’on engage par cette ouverture et on les fait tomber dans le cendrier sous la grille tron-eonique. On règle le tirage à l’aide du registre.
- La grille peut être disposée sous la chaudière même ou dans un fourneau indépendant d’où sortent les flammes et les produits de la combustion en passant * au-dessus d’un autel qui sépare le foyer des carneaux de la chaudière. Dans ce dernier cas, on diminue les pertes de chaleur par les parois du fourneau en établissant autour de celles-ci une circulation de l’air qui se rend au cendrier. La voûte qui couvre le foyer est percée de deux ouvertures rondes qui sont ordinairement fermées par des couvercles. L’une est un regard pour examiner l’état du feu ; l’autre, de plus grand diamètre, sert à charger du combustible à la main en cas de besoin.
- M. Godillot s’est attaché depuis quatre ans avec énergie et persévérance à rechercher les cas où son système de grille pouvait rendre de bons services, à l’approprier à chaque situation et à chaque genre de combustible et à obtenir pour ces diverses applications une constatation éclairée et authentique des résultats réalisés. Les dispositions de détail varient naturellement avec l’application, la nature du combustible à utiliser : sciure de bois, copeaux, bagasse, déchets de teillage et de peignage du lin, déchets de décorticage de la ramie, tannée mouillée, copeaux épuisés et humides des bois de teinture, etc.
- Dans l’usine de M. J. Luc, de Nancy, par exemple, la consommation journalière de 18 tonnes de charbon a pu être complètement économisée par la combustion de loi tonnes de copeaux de cbêne provenant de l’usine d’extraits et qui, après extraction du tanin, renfermaient 61 pour 100 d’eau. D’après un rapport présenté à la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, par M. Brull, la quantité de vapeur produite par les différents générateurs représente en moyenne les huit dixièmes de la chaleur disponible dans le combustible.
- Le succès obtenu avec les combustibles pauvres et difficiles à enflammer ont conduit M. Godillot à traiter
- de ia même façon les combustibles encombrants et facilement inflammables, tels que les copeaux de raboteuses et les déchets de teillage de lin, de chanvre et de ramie.
- Enfin, puisque la combustion méthodique donnait de si bons résultats avec les mauvais combustibles, on pouvait espérer obtenir îles résultats non moins avantageux avec des combustibles riches. Les résultats obtenus n’ont pas trompé l’attente de l’inventeur, mais dans ces conditions nouvelles, la combustion était si active que la grille ne résistait pas aux températures élevées et que la houille collait aux barreaux, rendant ainsi le nettoyage pénible. Ces difficultés ont été levées en réalisant une circulation d’eau dans les barreaux. A cet-effet, chaque barreau, ainsi (|ue le représente la figure (p. 349), porte une nervure plongeant dans une cuvette. L’eau introduite dans le bassin du sommet descend en cascade, de cuvette en cuvette, et tombe finalement dans le cendrier. On peut brûler ainsi de la houille, du coke, de l’anthracite, du lignite, de la tourbe, même à l’état de poussière, etc.
- On peut voir à l’Exposition un certain nombre de chaudières munies des foyers à combustion méthodique de M. Godillot. Nous avons choisi, comme exemple, l’installation de la Station électrique de M. Gramme où sont établies 9 chaudières Davey-Paxmann faisant le service journalier des fontaines lumineuses. Ce service est particulièrement difficile par suite des surcharges de production pendant la marche, suivies d’arrêts brusques pendant les entr’actes. Un coup d’œil sur la figure permet de comprendre comment le combustible, placé dans un couloir unique, se distribue mécaniquement aux neuf chaudières et tombe sur la grille mi-conique.
- Dans toutes ces applications, ainsique cela résulte des rapports de techniciens compétents et impartiaux, tels qu’un certain nombre de directeurs à'Associations de propriétaires d'appareils à vapeur, on a obtenu un meilleur rendement, une simplification sérieuse du rôle de chauffeur, et une fumivorité complète. Le problème de l’utilisation des combustibles pauvres est donc aujourd’hui résolu : l’industrie ne tardera pas à tirer de grands avantages de ce progrès que la rareté toujours croissante des combustibles fera chaque jour apprécier davantage.
- X..., ingénieur.
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- CHRONIQUE
- Marclic, en pays de montagne, d’une batterie d’artillerie. — Le Courrier des Alpes publie d’intéressants renseignements sur une marche exécutée, pendant les dernières grandes manœuvres, par une batterie du 2° régiment d’artillerie, avec le concours du 50e régiment d’infanterie. La batterie a passé avec son matériel de campagne, de la vallée deBeaufort, dans la Tarentaise, en franchissant le Cormet d’Arèches dont l’altitude est de 2150 mètres. Ceux qui connaissent ce chemin aux roches glissantes, aux tournants très aigus, à pente atteignant parfois 55 degrés, et dont la voie est en maints endroits de
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- 1.50 m à peine sur le bord d’ubimes effrayants, se demandent comment de l’artillerie de campagne a pu passer là, où jamais encore aucune voiture, même légère, n’avait passé, et où les difficultés de passage sont déjà considérables pour les mulets. Il serait intéressant de connaître par quels moyens ce tour de force a pu être accompli. Nos braves soldats ont montré une fois de plus qu’avec la volonté et l’énergie on peut accomplir des prodiges et que le mot « impossible » n’est pas français. Un nous assure que la batterie n’a perdu ni bomme, ni cheval, ni voiture dans cette effrayante marche de 52 kilomètres dans la montagne; une nombreuse population l’a applaudie avec enthousiasme lorsqu’elle a défilé à Albertville, à l’issue des manœuvres.
- Les II(litres «T A réaction. — Àrcachon, le principal centre de l’ostréiculture française, a produit, en 1888, 205 millions d’huîtres, représentant une valeur de 4 500 000 francs. Cet énorme chiffre s’est uniquement partagé entre la France qui en a consommé 100 millions, et l’Angleterre, dont les importations ont atteint 80 millions; l’excédent, 25 millions, a servi au repeuplement des huîtrières de Marennes, des Sables-d’Olonne, etc. Malgré la sollicitude dont cette industrie est entourée sur nos cotes, la gelée, les cliangeinenls brusques de température, l’arrivée d’eaux de mauvaise qualité, les maladies, les poissons de proie et autres animaux, détruisent 70 pour cent du naissain. Outre les Huîtres d’Arcachon proprement dites, du genre Oslrœa, on élève dans cette région beaucoup d’IIuîtres portugaises, qui appartiennent au genre Gryphœa de Lamarck : Gryphœa angulata. Elles sont beaucoup plus grossières et plus communes. Les Huîtres, expédiées en Angleterre, n’entrent pas immédiatement dans la consommation ; on les conserve pendant plusieurs mois dans des claires, situées à l’embouchure de la Tamise, dont l’eau, fortement chargée de matières organiques, convient à merveille à l’engraissement des jeunes mollusques. Les unes sont alors vendues comme Huîtres anglaises ou écossaises ; les autres, effectuant une nouvelle migration, sont envoyées à Ostende où on régularise leur coquille en en brisant les bords, de manière à obtenir l’Huître dite d’Ostende.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 octobre 1889. — Présidence de M. Des Ci.oizeacx
- Physique végétale. — M. Georges Ville, professeur au Muséum d’histoire naturelle, donne lecture au milieu de l’attention générale d’un important mémoire sur les relations qui existent entre les caractères physiques des plantes et la richesse du sol en éléments de fertilité. Les résultats exposés ont été obtenus dans le champ d’expériences de Vincennes ; celui-ci est divisé en carrés égaux qui donnent à l’ensemble l’aspect d’une table de Pylha-gore. Dans une même rangée se montre une seule et même plante en présence successivement de l’engrais complet, puis d’engrais sans azote, d’engrais sans phosphate, d’engrais sans potasse, d’engrais sans chaux, enfin de terre sans aucun engrais. Dans les diverses rangées, au contraire, se présentent, soit avec le même engrais, soit avec la même absence d’engrais, des plantes variées telles que le blé, le chanvre, la pomme de terre, le maïs, le colza. Un simple coup d’œil suffit pour faire dans ces conditions une foule de remarques très importantes, et l’auteur s’attache à montrer comment la richesse du sol en éléments fertilisants se représente pour ainsi dire dans
- la plante, par la couleur, par la taille, par le poids, par le faciès général, et ce qui est d’un intérêt majeur, par la proportion de carotine et de chlorophylle. Des échantillons de chanvre qui sont sur le bureau et des photographies qui tapissent le mur de la salle permettent d’apprécier les faits énoncés. La taille constitue un caractère typique de premier ordre et qui se manifeste dès les premiers temps de la végétation. Le poids des récoltes sèches donne des indications très précieuses. Quant au faciès, c’est la résultante de tous les caractères secondaires qui, pris isolément, n’ont pas la signification des précédents, mais qui contribuent à donner à la plante sa physionomie caractéristique. Pour ce qui est des matières colorantes, M. Georges Ville aidé puissamment, comme il se plaît à le reconnaître, par les découvertes de M. Arnaud sur la dissémination de la carotine, arrive à exprimer numériquement, grâce à elles, la puissance végétative des plantes. Les tableaux*exposés font voir en effet que la couleur des feuilles et des tiges est rattachée d’une manière intime à la présence dans le sol de telle ou telle matière fertilisante, et, si le dosage de la chlorophylle n’est pas très facile, il se trouve que celui de la carotine peut se faire à 1/10 de milligramme près, et (chose curieuse) que la proportion de substance orangée varie exactement comme celle de la matière verte.
- Le phosphonium. — On sait que, si on fait passer dans l’acide sulfurique de l’hydrogène phosphoré, il y a réduction. A zéro, le gaz est simplement absorbé. Or, M. Besson vient de reconnaître qu’à une température plus basse, à — 25°, par exemple, les deux substances mises en contact se combinent ensemble et donnent un sulfate de phosphonium parfaitement défini et cristallisé. En présence de ce sulfate, le mercure métallique se gonfle et prend un aspect si ressemblant à celui de l’amalgame d’ammonium que l’auteur est d’avis qu’il s’agit d’un alliage avec le phosphonium : alliage d’ailleurs extrêmement instable même à la température de sa production.
- Rôle agronomique de l'ammoniaque. — Les expériences réalisées par Boussingault sur des sols préalablement stérilisés avaient fait voir que l’ammoniaque constitue un aliment pour les végétaux ; mais depuis la découverte du ferment nitrique et de l’oxydation qu’il inflige à l’ammoniaque, on en était venu à supposer que toujours l’alcali volatil, avant d’être assimilé, passe par l’état de sel azotique. M. Muntz, dans un travail déposé en son nom par M. Schlœsing, vient de s’assurer du contraire. De la terre végétale, débarrassée, par la température de 100 degrés, de tous les microbes qu’elle contient, devient très propre à la culture des plantes après l’addition de matières ammoniacales.
- Varia. — L’absorption de la sorbite par le sulfate de cuivre ammoniacal occupe un chimiste dont le nom nous échappe. — M. Bertrand vient de publier sur d’Alembert un volume qu’il dépose sur le bureau. — Le vol des oiseaux a fourni à M. Marey la matière d’un bel ouvrage dont l’auteur fait hommage à l’Académie. — La production synthétique simultanée de l’eau et de l’acide chlorhydrique occupe MM. Hautefeuille et Margoltet. — L’anatomie des poissons, spécialement en ce qui concerne les canaux muqueux, est perfectionnée par un élève de M. de Lacaze-Duthiei's. — M. le prince de Monaco dépose une monographie des mollusques des Açores, par M. Dautzen-berg, faite au sujet des dragages réalisés en 1887 par le bâtiment l'Hirondelle. Stanislas Meunier.
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- LA NATURE.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- IA QUESTION DU (( MATIN ))
- Ce nouveau jeu, qui fait en ce moment fureur, (•(insiste en une boîte rectangulaire, mesurant, en grandeur naturelle, extérieurement 9-i millimètres de longueur, 58 millimètres de largeur, 2 centimètres de hauteur, et renfermant sept petites billes en verre ou en pâte céramique, possédant chacune une couleur différente. La ligure qui accompagne cet article représente cette boîte, à une échelle légèrement réduite, vue en plan par-dessus le verre qui lui sert en quelque sorte de couvercle. Le fond de la boîte est en bois mince, les côtés sont en carton. La boîte est divisée en quatre compartiments «ouverts par les cloisons verticales EK, Cil (laissant entre elles et les petits côtés de la boite trois échancrures), JJ et KL.
- L'échancrure qui existe entre E et le côté AC donne passage a une bille. L’espace entre F et G est un peu plus petit que le diamètre de deux des billes réunies, chaque bille ayant exactement 1 centimètre de diamètre.
- Entre les cloisons EF, Cil et la cloison IJ, sontli-g urées 7 cases rectangulaires colorées sur lesquelles sont imprimées les lettres formant ces deux mots : Le MATIN. 1 jcs couleurs de ces diverses cases se succèdent dans l’ordre suivant : rouge, correspondant à la lettre L, blanc, à la lettre e, bleu, à la lettre M, et successivement jaune, lie de vin, vert et noir. Les sept billes sont teintées avec les couleurs qui correspondent à celles des différentes cases.
- 11 s’agit, en remuant simplement la boîte, après l’avoir fortement secouée dans tous les sens, de placer la bille rouge sur la case rouge, la bille blanche sur la case blanche, et ainsi de suite jusqu’à la case noire.
- Nous allons indiquer le nloyen le plus rationnel et le plus rapide d’arriver à ce résultat.
- Les sept billes, dans notre dessin, sont désignées par les lettres a, b, c, d, e, f, g. 11 faut avant tout, en partant de la lettre a et du coin D de la boite, les disposer dans l’ordre de couleurs suivant: vert, lie de vin, jaune, noir, rouge, blanc, bleu. On peut encore ne placer dans le bas de la boîte que
- les quatre premières de ces billes, et alors disposer en haut, à partir du coin A, contre le côté AB, les trois billes qui restent, dans l’ordre des couleurs nationales : bleu, blanc, rouge. Cela fait, en inclinant légèrement du côté AB, puis successivement en AC, en BI) et de nouveau en AB, on réunit toutes les billes contre le côté AB. Elles présentent alors l’ordre suivant, à partir du coin A : rouge, blanc, bleu, noir, jaune, lie de vin, vert. En frappant légèrement avec le doigt, en face de l’échancrure FC, contre le côté AB de la boîte, on fait passer la bille jaune (c) sur la case rouge, puis la bille lie de vin (b) sur la case blanche, la bille verte (a) sur la case bleue, et la bille noire (d) sur la case jaune. 11 faut éviter, dans cette opération, que la bille noire ne sorte avant son tour. 11 ne reste plus, en plaçant la boîte de champ, la partie CD en bas, qu’a frapper légèrement le côté de la boite, au-dessus de la case rouge, pour faire glisser successivement, par 1 e-chancrure disposée entre le côté AC et E, la bille b 1 e u e (g), la blanche (/’) et la rouge (e), en ayant soin que la bille noire ne s’échappe pas par l’extrémité de la cloison IJ, car, dans ce cas, toute l’opération serait recommencer.
- Jl faut également éviter tout mélange des billes dans le passage du long du côté Cl) au côté AB Pour cela, le mieux est de ne pas se presser et de faire faire le parcours aux billes par unités ou par groupes de deux ou trois au plus. •».
- Pour varier le jeu, on peut placer les billes sur les cases dans l’ordre inverse des couleurs. 11 suffit de disposer les billes, de a à <7, dans l’ordre suivant: blanc, bleu, jaune, rouge, noir, vert, lie de vin, et de continuer l’opération ainsi qu’il a été précédemment indiqué.
- Nous regrettons que, pour cet amusant jouet mécanico-géométrico-arithmétique, on n’ait pas adopté l'ordre des couleurs du spectre solaire, qui forment un vers alexandrin connu et facile à retenir :
- Violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge.
- 0. Frion.
- Le Propriétaire-Gérant : G. 1 issanmf.ü.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, lJ.
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- N* 857. — 2 NOVEMBRE 1889.
- LA NATURE.
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- J.-P. JOULE
- Le 11 octobre 1889 s’est éteint à Sale, près de Manchester, l’un des plus illustres savants dont l’Angleterre puisse s’enorgueillir.
- James Prescott Joule naquit à Salford, en 1818. Sa santé délicate ne permettant pas de lui faire suivre l’école, ce fut sa mère qui se chargea de sa première éducation et de son instruction élémentaire. À l’âge de quinze ans, il fut envoyé avec l’un de ses frères pour étudier la chimie sous la direction de l’illustre Dalton, alors Président de la Manchester Literary and Philosophical Society. Les leçons d’un pareil maître ne furent certainement pas sans influence sur l’esprit scientifique du jeune disciple; ses premiers travaux sur la constitution des gaz, les mélanges gazeux et l’action de la chaleur sur les gaz et les vapeurs faits en collaboration avec Dalton l’initièrent rapidement aux études physiques et chimiques.
- Ses recherches personnelles datent de 1858 et portèrent sur le magnétisme. Lesin-nales de Sturgeon renferment la description d’un moteur électrique qu’il imagina. En 1840, à peine âgé de vingt et un ans, il découvrit le phénomène désigné aujourd’hui sous, le nom de saturation magnétique, et trouva expérimentalement qu’en excitant indéfiniment un électro-aimant, la force portante tendait vers une limite dont il détermina la valeur et qu’il trouva égale à 140 livres par pouce carré de section du noyau, en tenant compte des surfaces des deux extrémités.
- C’est à propos de ces recherches qu’il signala « la difficulté, pour ne pas dire l’impossibilité, d’entreprendre des expériences et de les comparer entre elles, par suite des descriptions trop souvent incomplètes des appareils, et des nombres vagues etsouvent arbitraires qui servent à caractériser les courants électriques. Une semblable pratique, ajoute-t-il, pouvait se tolérer alors que la science était encore dans l’enfance, mais dans l’état d’avancement actuel une plus grande précision est rigoureusement exigible. J’ai donc décidé pour ma part, ajoutait-il, d’abandonner mes anciennes dénominations, et d’exprimer 17e année. — î‘ semestre.
- à l’avenir les résultats de mes expériences en faisant usage d’une unité plus scientifique et mieux appropriée. »
- C’est alors qu’il proposa l’emploi du voltamètre et adopta comme unité de quantité d’électricité la quantité capable de décomposer 9 grains d’eau,
- 9 étant le poids atomique de l’eau d’après la nomenclature chimique alors en usage.
- C’est en 1842 que Joule formula la loi qui porte son nom, relative à la quantité de chaleur dégagée dans un conducteur, par le passage d’un courant électrique. Dès le mois de janvier 1845, il définit une machine magnéto-électrique comme un appareil permettant de transformer le travail mécanique en chaleur. Au mois d'août de la même année, lors du meeting tenu à Cork par la British Association, il publia les premiers résultats de ses recherches relatives à l’équivalent mécanique delà chaleur.
- « Nous devons admettre, dit-il dans ce mémoire, que le comte Rumford avait raison d’attribuer au frottement la chaleur développée par le forage d’un canon. J’ai prouvé expérimentalement qu’il se dégage de la chaleur par le passage d’un courant d’eau dans des tubes étroits. Je ne perdrai pas de temps à répéter et à étendre ces expériences, convaincu que, par la volonté du Créateur, les grands agents de la nature sont indestructibles ; chaque fois qu’une force mécanique s’exerce quelque part, une quantité équivalente de chaleur est toujours produite. »
- D’autres savants tels que Séguin en 1859, Mayer en 1852, etc., étaient arrivés aux mêmes conclusions par le raisonnement, mais c’est Joule qui, le premier, posa le problème d’une façon bien définie et en donna la solution directe. Ce principe, qui nous paraît aujourd’hui si simple, ne fut pas accepté d’emblée par tous les physiciens de l’époque. Faraday lui-même ne s’y rallia qu’après quelques années; il en fut de même pour Miller et Graham. Joule trouva heureusement dans le professeur William Thomson un partisan convaincu et un çollaborateur de la première heure ; de cette collaboration sortirent de remarquables travaux qui cimentèrent en outre une amitié inaltérable entre les deux grands physiciens.
- James Prescott Joule, lié à Salford près de Manchester, en 1818, mort à Sale (Angleterre) îe 11 octobre 1889.
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- LA NATURE.
- Les travaux de Joule sont considérables, et nous n’avons pu mentionner que les plus importants et les plus connus, car ils ne comprennent pas moins d’une centaine de Mémoires.
- Cette année même, le Congrès international des électriciens, en sanctionnant le nom de Joule comme unité pratique de travail dans le système Ç. G. S., rendait un juste et dernier hommage à celui qui ne vivait que pour la science, et qui en posa les plus solides fondements. E. H.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- FORCE MOTRICE
- 11 existe une partie de l’Exposition qui, à priori, n’offre pas au public un grand attrait, soit par son isolement, soit par l’aspect peu séduisant quelle présente, mais dont l’intérêt est, cependant, capital : nous voulons parler de la cour dite de la Force motrice, qui se trouve au fond du Champ de Mars parallèlement a l’École militaire.
- Lorsque l’on quitte les galeries de l’Exposition, où sont accumulées tant de richesses et tant de beautés, on éprouve un peu d’hésitation à s’aventurer dans cette allée, sorte de fournaise où, à chaque pas, on ne rencontre que fours béants dans lesquels des hommes au visage noirci, véritables soldats du travail, y jettent le noir produit fossile qui sert à transformer l’eau en vapeur.
- C’est de là que s’élance, pour y revenir par de nombreuses ramifications, l’énergie qui actionne les moteurs, leur communiquant ce mouvement, cette activité, cette vie en un mot, qui donnent au Palais des Machines ce coup d’œil pittoresque et véritablement merveilleux.
- Force motrice. — La cour de la force motrice, ainsi que l’indique sa dénomination, est l’espace réservé aux générateurs de vapeur ou chaudières.
- EXPOSANTS NOMBRE SUKFÀCE RE CHAUFFE POIDS d’eau VAPORISÉE
- 1. Fontaine, à Lille 1 100-2 1 000 kg
- 2. Dulac, à Paris 1 80,40 1 000 —
- 3. Wcyer et Richcmond, à Pantin. 2 172,00 2 000 —
- 4. Compagnie de Fivcs-Lillc. . . 1 92,80 620 —
- 5. J. Belleville et Cie 6 000,15 10 000 —
- 0. De Nayer et Cie (Belgique). . 6 1 672,00 12 500 —
- 7. Roscr, à Saint-Denis 5 550,00 8 500 —
- 8. Daydé Pillé, à Crcil. .... 2 220,00 3 000 —
- 1). C° Knap, à Londres 1 125,00 1 500 —
- 10. Babcock et Wilcoxc, à Londres. 2 593,00 7 000 —
- II. Davcy-Paxmann (Colcbcster). . 4 420,00 5 000 —
- Totaux 51 4 437,55 52 120 kg
- Les générateurs alimentant de vapeur le Palais des Machines sont au nombre de 51 appartenant à onze exposants ; ils présentent une surface de chauffe de 4437,55 ms et peuvent vaporiser 52 120 kilo-
- grammes d’eau par heure dont la répartition est décrite dans le tableau ci-contre.
- La puissance développée par les trente-deux machines alimentées par les générateurs est de 2600 chevaux (2590, chiffre exact) utilisés, c’est-à-dire disponibles sur les arbres de couche du Palais des Machines.
- Dans le traité passé avec l’administration, il est stipulé que les propriétaires des moteurs pourront faire donner à ceux-ci une puissance égale à 2300 chevaux, plus 290 chevaux fournis sous conditions. La vapeur nécessaire à la production de ces 2600 chevaux est fournie gratuitement.
- Notons ici que la puissance totale qui pourrait être développée par ces trente-deux moteurs est d’environ 5000 chevaux, mais l’administration a voulu donner satisfaction aux exposants désireux de voir leurs machines produire un travail utile.
- Si l’on admet une consommation moyenne de 13 kilogrammes de vapeur par cheval et par heure, et si l’on ajoute la vapeur distribuée à différents exposants autres que ceux auxquels appartiennent ces moteurs, on peut évaluer à 38 000 kilogrammes l’eau vaporisée utile par heure.
- Il faut remarquer que nous avons parlé de 2600 chevaux disponibles sur l’arbre de couche, mais comme les machines à vapeur de l’industrie ne rendent qu’une fraction du travail qu’on leur donne, on doit multiplier le résultat exprimé par un coefficient de rendement que l’on peut estimer à 0,75 environ, c’est-à-dire que le travail passif sera de 0,25 environ; or, 52120x0,25 = 13030 représentant les résistances passives.
- Transmission. — La longueur des arbres de couche servant à la transmission du mouvement se décompose ainsi :
- 4 lignes de 540 mètres chacune . . 1500 mètres.
- 2 petites lignes de 25 mètres. ... 50 —
- 1 ligne spéciale (classe)............. 00 —
- Il convient d’ajouter une transmission de 206,66 m desservant les galeries de l’agriculture : on arrive alors à une longueur totale de 1677,66 mètres d’arbres de couche.
- Si l’on jette un regard en arrière, on voit, par exemple, qu’en 1855, l’Exposition possédait un arbre unique de 420 mètres de longueur; celle de 1867 en avait un de 731 mètres; enfin en 1878, le mouvement était transmis au moyen d’une double ligne d’arbres de 2176 mètres de longueur.
- Canalisations. —Deux galeries principales à plein cintre, de 550 et de 180 mètres de longueur, existent souterrainement et dans le sens longitudinal du Palais des Machines ; la première a 1,90 m de hauteur et 2,40 mde largeur; la seconde 1,70 m et 2 mètres. Chacune de ces galeries renferme trois tuyaux, l’un pour l’eau froide, l’autre pour la vapeur, le troisième pour la condensation.
- De ces galeries principales partent des conduites secondaires transversales allant aux différents grou-
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- pes de générateurs et amenant, d’une part, l’eau froide aux chaudières, et, d’autre part, la vapeur de la chaudière à un tuyau de vapeur qui est divisé en sections isolées les unes des autres et alimentées chacune par un groupe.
- Chacun des trente-deux moteurs est relié aux galeries principales par d’autres galeries transversales en maçonnerie et des caniveaux hoisés.
- Deux conduits en fonte, de 0,69 m de diamètre, sont placés le long de l’avenue de Suffren et servent : 1° à alimenter d’eau froide les générateurs; 2° a l’évacuation des eaux chaudes de condensation. Le premier communique avec un réservoir situé sur le quai d’Orsay, le second avec la Seine.
- Enfin si l’on fait entrer en ligne de compte les conduites de gaz servant à l’alimentation des différents moteurs, on arrive, pour la canalisation totale, aux chiffres suivants :
- Galeries souterraines.............. 700 mètres.
- Egouts............................ 5500 —
- Canalisation du gaz............... 3000 —
- Conduites d’eau. ........ 15000 —
- c’est-à-dire 22 200 mètres de conduites souterraines sillonnant le Champ de Mars.
- Consommation de combustible. — Le poids du combustible servant à la production de vapeur nécessaire à l’alimentation des moteurs du Palais des Machines est facile à obtenir le plus approximativement qu’il est possible. Sachant que, suivant la qualité du charbon et l’état de la chaudière, la quantité de vapeur produite varie entre 7 et 9 kilogrammes par kilogramme de houille, si l’on prend ces valeurs comme minima et maxima, on obtient un optimum qui sera 8.
- Or, la quantité d’eau vaporisée étant de 52 120 kilogrammes, on trouve que la consommation horaire sera de 6515 kilogrammes de charbon brut. Nous soulignons à dessein les mots charbon brut qu’il ne faut pas confondre avec le combustible proprement dit ; ce dernier est le charbon duquel on a défalqué les matières inertes telles que humidité et cendres que l’on peut évaluer de 10 à 12 pour 100 au minimum, ce qui augmente d’autant le poids de charbon brut réellement nécessaire et porte de 6515 à 7200 kilogrammes à peu près la consommation horaire, soit 45 200 kilogrammes par jour en adoptant une moyenne de six heures pour la marche des moteurs, et encore négligeons-nous les pertes de chaleur occasionnées par le tirage ou échappement des produits de la combustion par les escarbilles tombant dans le cendrier, par combustion incomplète, par refroidissement et fuites.
- Nous venons de mettre sous les yeux de nos lecteurs la valeur de la force motrice du Palais des Machines ; il nous reste à leur faire connaître celle dépensée par l’éclairage électrique qui, avec ses 9059 lampes à incandescence et ses 1095 lampes à arc, absorbe près de 4000 chevaux.
- Si nous récapitulons en nous servant des données
- précédemment indiquées, nous trouvons approximativement la consommation et la production suivantes par heure:
- VAPEUn. CHARBON BRUT.
- Palais des Machines. 52 120 kg 7200 kg
- Eclairage électrique. 65 000 kg 9000 kg
- Totaux. . . 117 125 kg 16 200 kg
- pour une force motrice totale de près de 6500 chevaux.
- A l’Exposition de 1855 où l’on voyait pour la première fois des machines en mouvement, la force motrice était de 550 chevaux; l’Exposition de 1867 avait 625 chevaux, et celle de 1878 possédait 2500 chevaux.
- Les appareils producteurs de vapeur, que nos lecteurs connaissent assez sans qu’il soit nécessaire d’en faire la description, sont nombreux à l’Exposition, car, indépendamment de ceux que nous avons mentionnés, il faut y joindre ceux qui sont affectés à l’électricité dont la plus grande partie sont fournis par les exposants.
- Les conditions de bon fonctionnement d’un générateur sont nombreuses, car la transformation de l’eau en vapeur n’est une opération facile qu’en apparence ; la forme et la disposition du foyer, la transmission de la chaleur, la stabilité manométrique, les causes d’entraînement d’eau, la rapidité de production, la qualité des matériaux employés, etc..., sont autant de questions qui demandent une étude approfondie à laquelle viennent s’ajouter une longue expérience et une grande pratique.
- Nous ne pouvons parler ici de tous les systèmes de générateurs, mais qu’on nous permette d’en citer un dont nous avons été à même de constater de visu et de auditu les grandes qualités de construction et de production. Le générateur Roser, qui participe à l’alimentation du Palais des Machines, fournit encore la vapeur à différentes stations électriques telles que la Société du transport de la force par l’électricité et la Société de l’éclairage électrique, c’est-à-dire 50 000 kilogrammes de vapeur par heure environ; mais, ce qu’il faut particulièrement noter, c’est que cette vapeur est sèche. Or, on sait qu’il n’est pas facile d’obtenir ce résultat, car l’entraînement d’eau est, la plupart du temps, un défaut inhérent aux générateurs.
- La chaudière Roser, comme aspect extérieur, n’offre aucune particularité, mais tous les organes intérieurs sont en fer forgé. La fonte de fer, d’ailleurs, n’entre presque plus dans la construction des chaudières à vapeur; très résistante à la compression, la fonte ne présente aucune garantie dans les efforts à l’extension, aussi la plupart des accidents qui se produisent dans les chaudières multitubu-laires sont-ils dus à la rupture des boîtes en fonte où se fait l'assemblage des tubes.
- — A suivre. — Paul Gaiiérï.
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- LA NATURE.
- LA. STATUE DE J.-B. DUMAS
- Le 21 octobre 1889 a eu lieu à Alais, dans le Gard, la double inauguration d'un nouveau lycée, consacré à J.-R. Dumas, et de la statue du grand chimiste. La statue élevée à la mémoire de celui qui par ses travaux et son caractère a mérité la vénération et la reconnaissance de ses compatriotes, est l’œuvre d’un méridional, le sculpteur Pecli; nous nous réservons de revenir {dus spécialement sur cette œuvre, en en dominant la reproduction. Nous parlerons aujourd’hui plus particulièrement de la cérémonie et de la visite qui a été faite {taries nombreux assistants à la maison natale de Dumas. Nous publions ci-contre une vue de l’humble demeure où naquit celui que l’on a pu appeler le successeur de Lavoisier. Elle ést située au milieu d’une rue tortueuse assombrie par des arceaux à l’italienne. Le père de Dumas, qui y vivait au commencement du siècle, était un modeste artisan; le futur secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences commença humblement sa carrière par la pharmacie.
- Il quitta Alais pour Genève, gagnant sa vie comme apprenti pharmacien, et c’est de la capitale suisse que datent les premiers travaux qui le mirent en lumière1.
- Le voile qui recouvrait la statue de Dumas est tombé à 2 heures, au signal du canon, et au milieu des acclamations d’une foule émue.
- Sur l’estrade officielle avaient pris place, autour de M. Pasteur, qui avait tenu à rendre lui-mèine hommage à son maître, M. Faye, Ministre de l’Agriculture, l’évêque de Nîmes, le baron d’Estrella, chambellan de l’empereur du Brésil, le maire d’Alais, le préfet du Gard, MM. Dar-boux, Gauthier, Boissier, membres de l’Institut; Cazot, sénateur; Jamais, Maurice Faure, Frédéric Gaussorgues, Bonnefoy-Sibour, Desmons, députés; Chancel, recteur de Montpellier; de Rouville, doyen de la Faculté des sciences; Frédéric Mistral.
- La famille Dumas était représentée par ses deux petits-fils, Noël Dumas, capitaine d’état-
- major, et Edwards Dumas, et par son neveu M. Brongniart, capitaine d’artillerie. Le président du comité de la statue, M. Bigaud, ingénieur en chef des mines, a remis le monument, et le maire a remercié au nom de la ville. Puis M. Pasteur a prononcé un remarquable discours respectueusement écouté et vivement applaudi.
- La France, a dit M. Pasteur, a eu, depuis dix-neuf ans, un sentiment de gratitude infinie pour ceux qui l’ont consolée et relevée.
- Que ce fut un vieillard qui, après avoir accompli sa destinée glorieuse, descendît dans la tombe ou que ce fût un homme frappé en pleine force emportant avec lui nos regrets et nos espoirs lointains, tous également aimés et pleurés, ont reçu à leur mort l’hommage d’une douleur
- publique. Ces pieuses funérailles n’ont pas suffi à la reconnaissance d’un peuple. Les noms acclamés qui représentaient ou l’intelligence, ou le courage, ou la bonté — parfois tout cela ensemble — on a voulu qu’ils fussent impérissables. Alors, dans la plupart des villes, des statues se sont dressées. Tout un groupé de morts est ainsi debout au milieu des vivants.
- Peu d’hommes ont mérité, autant que J.-B. Dumas, les honneurs d’un long souvenir. Peu d’existences ont été aussi noblement utiles. Tant de beaux travaux, tant de découvertes fécondes, tant de services rendus vous seront rappelées tout à l’heure. Je ne veux et je ne puis en ce moment que vous adresser quelques mots, moins comme le président de votre comité que comme le disciple et l’ami de celui qui revit devant nous dans son éloquente et sereine attitude. C’est bien là, non seulement le professeur incomparable que nous avons connu, mais l’homme apte à toutes les tâches et dominant toutes les fonctions.
- M. Pasteur a rappelé les grands et impérissables travaux de Dumas, les œuvres utiles qu’il a inspirées, les entreprises fécondes qu’il a favorisées. Il a dit, ce qui est particulièrement juste, que le grand chimiste avait un grand cœur, et qu’il savait encourager toutes les entreprises utiles.
- La cérémonie a été terminée par un discours de M. Faye, qui a parlé au nom du gouvernement et par des allocutions de M. d’Estrella, au nom de l’empereur du Brésil, et de M. Gaston Boissier, au nom de l’Académie française.
- — A suivre. — G XS L ON 1ISSAND1GK.
- .-B. Dumas ( * ) à Alais (Gard).
- 1 Notice biographique, n° 5G8, du 19 avril 1884, p. 321,
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- LA NATURE.
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- UTILISATION DE LÀ FORCE DES VAGUES
- L’utilisation de la force des vagues est un problème que se sont posé de nombreux inventeurs, et qui jusqu’ici n’a pas encore trouvé de solution bien pratique. Notre confrère Cosmos vient de faire connaître, d'après un journal américain, une application intéressante dont nous lui empruntons la description. Il ne s’agit pas d’une solution définitive du problème, mais d’une installation originale qui montre qu’avec les moyens les plus rudimentaires et sans grandes dépenses, on peut tirer un bon parti de cette immense force perdue.
- Cette installation est faite au bord vde la mer, à
- Océan Grove, à environ vingt lieues au sud de New-York. Si elle n’est pas parfaite, elle a du moins le mérite d’avoir régulièrement fonctionné pendant plusieurs mois et d’avoir rendu d’utiles services.
- Dans cette localité, la force des vagues a été employée pour élever les eaux de la mer dans un château d’eau, d’où elles étaient distribuées dans le voisinage pour l’arrosage des rues. On sait que quelques auteurs préconisent l’emploi de l’eau salée pour cet usage, le sel qu’elle laisse à la surface du sol absorbe la vapeur d’eau de l’atmosphère et entretient une humidité constante de la voie; d’autres, il est vrai, ne voient que les inconvénients des effets du chlorure de sodium sur les chaussures des pié-
- t'iilisjuion de la foivp dos vagues à Océan Grove aux Etats-Unis.
- tons, les sabots des chevaux et les fers des roues. Mais comme tous sont d’accord certainement pour reconnaître les excellents résultats que l’on peut obtenir d’un large approvisionnement d’eau, fùt-ce de l’eau de mer, soit pour créer un courant dans les égouts et en entraîner les immondices, soit pour éteindre les incendies, le cas échéant, une installation analogue k celle dont nous nous occupons n’en conserve pas moins tout son prix.
- Entre les piles de la jetée, on a suspendu des portes mobiles autour d’un axe horizontal placé à leur partie supérieure ; — plusieurs travées ont reçu des portes pareilles; la gravure représente l’une d’elles. — Ces portes sont de longueurs telles quelles plongent dans la mer de 0,50 m à marée basse et de 2,10 m à marée haute. Chacune a près de 2 mètres
- de large, et les vagues, dans leur mouvement de va-et-vient, les font osciller sur les tourillons [qui les soutiennent. Chacune d’elles est prolongée à sa partie supérieure par une barre rigide articulée avec la tige du piston d’une pompe horizontale ; à chaque mouvement de la porte correspond un mouvement du piston, qui refoule l’eau de mer dans un réservoir placé a 12 mètres de hauteur sur un château d’eau. Il est évident qu’on pourrait relier les tiges motrices à des pompes plongeant dans un puits fournissant de l’eau douce; mais dans le cas actuel, on s’est contenté de l’eau de mer, qui servait à arroser les voies de cette station balnéaire, et l’événement a prouvé que, pendant les jours calmes, cette installation a suffi à alimenter abondamment ce service. -------------------------------
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- LA NATURE.
- Lk CONQUÊTE DU PÔLE NORD
- Les lecteurs de La Nature connaissent le hardi voyage effectué l’an dernier à travers le Groenland, entre le 64e et le 65e parallèle, par le docteur norvégien Fritjof Nansen, accompagné de trois de ses compatriotes *.
- L’attention publique, qui, depuis la découverte du passage du Nord-Est par le baron Nordenskiold en 1878-79, avait été peu attirée sur les expéditions aux régions polaires, paraît s’y intéresser de nouveau.
- A son retour en Europe, en mai dernier, SI. Nansen a reçu le plus chaleureux accueil dans le monde savant et parmi ses compatriotes. Aussi une expédition dans l’océan Arctique, sous son commandement a-t-elle été projetée en Norvège et en Danemark.
- L’expédition partirait au printemps de 1890, sur un solide petit vapeur. Elle gagnerait le Spitzberg ou la terre de François-Joseph, puis s’enfoncerait le plus possible vers le nord. Si le navire se trouvait arrêté par les glaces, l’expédition continuerait sa route sur des traîneaux en emportant de légères embarcations pour le cas où elle devrait naviguer.
- Le docteur Nansen a déjà trouvé pour l’accompagner plus de volontaires qu’il n’en a besoin, et une souscription ouverte pour couvrir les frais de l’expédition a rapidement atteint 500 000 francs.
- La route choisie par le promoteur du voyage est celle préconisée depuis longtemps par les géographes norvégiens, suédois, allemands et autrichiens. Le docteur Auguste Petermann considérait cette voie comme offrant plus que toute autre des chances de succès. L’illustre géographe de Gotha était de ceux qui croient fermement à l’existence, dans le voisinage du pôle nord, d’une mer libre de glaces, surtout facile à atteindre au nord de l’Europe. Ce n’est pas là une hypothèse faite à la légère, car plusieurs explorateurs dignes de foi ont vu, sous des latitudes élevées, les flots de l’océan Arctique s’étendre isans obstacles vers le pôle.
- En 1854, l’Américain Kane dépassa le 80e parallèle, au nord de la mer de Baffm et du détroit de Smith. Par 81° 17' de latitude, son lieutenant Morton eut le bonheur d'arborer, sur le cap Indépendance, le drapeau des États-Unis, en vue d’une vaste mer ouverte. Deux compatriotes de Kane, Hayer, qui parvint à 81° 55' en 1861, et Hall, qui atteignit 82° 16' en 1871, virent également l’océan Polaire libre de glaces au delà du détroit de Smith et du canal Kennedy.
- D’autre part, Nordenskiold, qui hiverna au Spitzberg en 1868, au nord du 80° parallèle, a déclaré que la mer y était dégagée pendant une grande partie de l’année. En 1871, les Autrichiens Payer et Weyprecht trouvèrent l’Océan presque libre à l’est du Spitzberg, où iis découvrirent trois ans plus tard la terre de François-Joseph, sous le 826 parallèle. Enfin, une mer ouverte a été reconnue au nord de la Sibérie : c’est la Polynia des Russes, par laquelle notre compatriote Gustave Lambert espérait atteindre le pôle lorsqu’il tomba sous les balles allemandes pendant la guerre de 1870-1871.
- En 1827, entre le Spitzberg et le Groenland, le capitaine anglais Parry s’éleva en traîneau jusqu’à 82° 45' de latitude, mais la banquise qui le portait fut entraînée vers le sud au moment de la débâcle et il dut revenir.
- Depuis lors, deux expéditions se sont approchées plus
- 1 Voy. n° 811, du 15 décembre 1888, p. 58.
- encore du pôle nord, par la route du détroit de Smith, sans atteindre la mer libre. En 1876, un membre de l’expédition du capitaine anglais Nares, le lieutenant Markham, parvint jusqu’à 85° 20' de latitude, au delà du Groenland et de la terre de Grinnel. Le lieutenant Look-wood, compagnon du capitaine américain Greelv, atteignit, en 1822, sur la côte groënlandaise, le point le plus septentrional où l’homme soit parvenu : 85° 24'. Comme Markham, il constata que l’Océan était couvert de glaces vers le nord. Ces deux courageux explorateurs étaient donc arrivés à près de 700 kilomètres du pôle sans apercevoir la mer libre, mais il est fort possible que l’étendue de celle-ci vers le sud varie d’année en année.
- Il semble, au premier abord, que les extrémités de l’axe terrestre doivent être plus glacées encore que les régions qui les avoisinent. Cependant l’existence de la mer libre du pôle nord est loin d’être contraire aux lois de la physique du globe. De même que les pôles magnétiques, les pôles du froid ne coïncident nullement avec ceux de la Terre. Les lieux les plus froids de l’hémisphère boréal paraissent être situés vers le 85e parallèle, dans l’archipel arctique américain et dans le nord-est 'de la Sibérie, où on a vu la température descendre jusqu’à 76° C. au-dessous de zéro.
- Ce qui rend également probable l’existence de la mer libre, c’est la puissante intervention du Gulf-Stream. Après avoir réchauffé les côtes de l’Europe occidentale et le littoral norvégien, la branche principale de ce grand fleuve marin coule vers le nord et s’enfonce sous les banquises de glace près du Spitzberg. « Il va consoler le pôle, » a dit Michelet. En effet, le bienfaisant Gulf-Stream est alors dirigé vers ce point, où sa chaleur doit ouvrir une mer libre et favoriser les forces vitales qui sont partout répandues.
- Il est à remarquer qu’une véritable tradition se perpétue depuis le moyen âge sur la présence d’une mer libre au pôle nord. D’anciens cosmographes, tels que Martin Behain et Juan de la Cosa, ont représenté sur leurs globes une sorte de méditerranée dans les régions.
- C’est maintenant au vaillant docteur Nansen à marcher droit au pôle, malgré les obstacles de la nature, et à lui arracher enfin ses secrets, en plantant sur l’extrémité de l’axe terrestre le glorieux drapeau de la science.
- Jacques Léotard.
- VERBE TREMPÉ, VERRE IRISÉ
- Le verre trempé n’a pas jusqu’ici rendu les services que l’on en attendait. Cela tient à différentes causes qu’il serait trop long d’exposer ici : trop grandes variétés entre les bains de trempe, compositions de verres quelconques trempés dans les mêmes conditions, etc. Bref, le verre trempé, après avoir fait fureur, est maintenant limité à des emplois très restreints : plats pour la cuisson des aliments et bobèches pour bougeoirs. Limité à ces usages nécessitant des verres d’épaisseurs égales, de formes très simples, il peut ne pas présenter au même degré les inconvénients de rupture qui peuvent amener des accidents et qui ne permettent pas de compter sur des résultats toujours les mêmes avec des objets de même forme, de même poids, de même volume.
- Les anciens connaissaient d’ailleurs la manière d’obtenir le verre dur résistant comme le métal. J’ai lu dans un ancien auteur que nos ancêtres trempaient quelquefois le verre ramolli, c’est-à-dire au moment du moulage, dans le sang d’un bœuf nouvellement tué, sang chaud non
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- défibriné. C’était là évidemment l’origine de la trempe.
- L'irisation n’a pas eu un succès persistant; à l’Exposition actuelle, on voit peu de verres irisés, alors qu'à l’Exposition de 1878, ces verres faisaient l’objet, sinon de l’admiration, tout au moins attiraient l’attention.
- On se souvient de l’origine attribuée à ce verre irisé.
- À la suite de l’Exposition de Vienne (1873) les ouvriers de M. Lobmayr, le grand verrier de Bohême, voulant fêter les succès de leur patron, lui offrirent une fête et, parmi les réjouissances diverses, les feux de Bengale figurèrent pour une part considérable. Le lendemain, on s’aperçut que les objets en fabrication au moment où avait eu lieu la fête étaient comme recouverts à la surface de taches diversement colorées qui donnaient à ces objets un aspect des plus désagréables. On crut d’abord à un accident de fabrication, mais n’en trouvant pas les causes, M. Lobmayr pensa que les fumées des feux de Bengale tirés la veille pouvaient bien ne pas être étrangères à la production de ce phénomène. Pour s’en assurer, il fit vaporiser, à l’orifice des ouvreaux de travail, des mélanges de sels de cobalt, d’urane, des composés d’arsenic, etc. Les résultats confirmèrent ses prévisions et même les dépassèrent, en ce sens que les objets fabriqués furent tous plus ou moins colorés et doués de reflets irisés du plus bel effet. La sagacité de M. Lobmayr venait donc de lui permettre de reproduire les irisations constatées sur certains verres anciens. Mais si, pour lui, ce procédé était nouveau et pouvait être considéré comme une découverte, ,ce n’en était pas moins la reproduction d’un procédé connu depuis longtemps déjà.
- Je trouve, en effet, ce qui suit dans l’ancien ouvrage intitulé : Art de la verrerie, de Néri, Merret et Kunckel, publié à Paris en 1752 : Manière de donner au cristal de roche sans le fondre une couleur de vipère. « On prend des morceaux de cristal de roche, de différentes grandeurs, on choisit ceux qui sont bien purs et sans aucun défaut, on y joint d’antimoine et d’orpiment bien pulvérisés de chacun deux onces et de sel ammoniac une once; l’on met ces matières pulvérisées au fond d’un creuset et l’on arrange par-dessus les morceaux de cristal dont on vient de parler ; l’on couvre le creuset d’un autre creuset renversé de façon que l’ouverture de l’un soit appliquée à l’ouverture de l’autre; on les lute bien, et après que le lut est séché, on met le tout au milieu de charbons qu’on laisse allumer petit à petit et d’eux-mêmes. Le creuset, en commençant à sentir l’action du feu, fumera considérablement; il faut, pour cette opération, une cheminée fort large; et, lorsque la fumée s’élèvera, le parti le plus sûr sera de sortir du laboratoire, car cette vapeur est mortelle. Lorsqu’il ne viendra plus de fumée, on laissera le feu s’éteindre de lui-même, et le creuset se x’efroidir ; on en ôtera pour lors les morceaux de cristal, ceux qui seront à la surface du creuset seront de couleur d’or, de rubis balais, et marqués de différentes couleurs, ceux qui seront au fond seront, pour la plupart, de couleur de vipère ou truités; on pourra polir à la roue et brillanter ces cristaux comme on fait d’autres pierres précieuses. Les autres morceaux de cristal, montés en or et garnis d’une feuille, seront fort beaux et feront un bel effet à la vue.
- D’après cette description, on conclut qu’avant l’année 1752 on était en possession de moyens pour communiquer au verre des reflets ou irisations, et que ces moyens étaient absolument semblables à ceux qu’a découverts M. Lobmayr en 1876. J. Henrivadx.
- LA LONGUE PAUME
- ET LE CONGRÈS DES EXERCICES PHYSIQUES
- Un des plus intéressants Congrès internationaux de l’Exposition universelle s’est tenu en juillet dernier : nous voulons parler de celui des « Exercices physiques ». On sait qu’en effet en ce moment il se produit un mouvement général tendant à propager les divers exercices physiques dans les lycées, dans les collèges, et à soigner le développement physique des enfants au moins autant que leur développement intellectuel.
- Or ce Congrès a consacré une de ses journées à une séance de longue paume donnée sur le terrain du « Cercle de Longue Paume du Luxembourg », et à laquelle ont pris part divers cercles de paume ainsi que différentes écoles. L’occasion nous semble bonne pour d’entretenir nos lecteurs de ce jeu aujourd’hui si peu pratiqué et qui jadis avait tant de succès chez nos aïeux.
- La paume, qui se divise du reste, ainsi que nous le verrons, en longue et courte paume, est un jeu fort respectable, au moins par son ancienneté. Nous n’avons pas envie de rechercher si Hérodote dit vrai en attribuant cette invention aux Lydiens; mais à coup sûr les Grecs pratiquaient ce jeu, qu’ils nommaient sphéris tique ; tout gymnase contenait un sphoiristérion; nous pourrions renvoyer l’incrédule à Y Odyssée, où il verrait Nausicaa jouant à la paume avec ses compagnes. C’était la pila des Romains, jeu auquel ils se passionnaient; on en trouverait des preuves à Rome dans les peintures des Thermes de Titus, et Gallien l’ordonnait comme une excellente gymnastique « contre l’apoplexie pour dissiper la superfluité des humeurs. »
- Avec de pareils états de service, on ne s’étonnera pas que la paume, apportée dans les Gaules sans doute par les Romains, y ait pris une grande vogue. Au quinzième siècle elle était devenue excessivement à la mode; tout quartier avait son jeu de courte paume; nous en trouvons notamment la mention dans le Journal d'un bourgeois de Paris sous Charles VI et Charles VII et dans les Recherches sur la France, de Pasquier, qui parle même « d’une jeune femme du Hainaut, âgée de vingt-huit ans, jouant de l’arrière-main et de l’avant-main mieux que tous joueurs. » Le jeu de la rue Grenier-Saint-Lazare était un des plus fameux de l’époque; Charles Y en avait fait établir un à l’hôtel Beautreillis ; sous Henri IV, grand joueur de paume comme François Ier, se produit une amélioration : jusque-là on avait joué (comme l’indique l’étymologie) avec la main, mais protégée d’un gant épais, garni même au quinzième siècle d’une série de tendons; sous Henri IV apparaît la raquette, dont nous dirons un mot plus loin. Des jeux s’installent alors partout, à Paris, à Bordeaux, à Nantes, à Orléans, à Marseille, à Montpellier, à Lyon, à Meaux, à Grenoble, dans bien d’autres villes et dans toutes les résidences royales.
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- Au dix-septième siècle ce jeu devient un privilège des nobles, et des ordonnances l’interdisent aux vilains. Mais ces prohibitions ne peuvent subsister, et au dix-huitième siècle on voit s’installer partout de ces jeux, qu’on nommait des tripots; on citait surtout celui de la rue de la Perle, au Marais, ceux de la rue Cassette, de la rue Mazarine, de la rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés (connu sous le nom de Jeu de l’Étoile) et de la rue de Vendôme. La vogue en était telle qu’une première ordonnance de police de 1777 défendait de jouer à la paume certains jours déterminés; une autre ordonnance de 1761 avait défendu « aux soldats de fréquenter les jeux de paume et de billard » (les mêmes batiments conte-
- naient en général ces deux espèces de jeux). Le jeu de la rue Mazarine était encore ouvert en 1825. Sous Louis-Philippe la décadence de ce jeu national ne fit que s’accentuer; à Paris, il n’y avait plus que celui du passage Sandric ; en province, on en comptait encore six, à Fontainebleau, Chantilly, Meaux, Avignon, Bayonne et Draguignan; quant à la fameuse salle qui avait vu le Serment de 1789, elle était devenue un simple garde-meuble. En 1852, Garcin, l’illustre paumier du Palais de Fontainebleau, y était encore ; en 1861, on construisit un jeu couvert pour l’Empereur sur la terrasse des Feuillants aux Tuileries; il y est toujours du reste, et c’est, le seul jeu de courte paume que possède Paris; le
- Fig. 1. — Le jeu <le courte paume au dix-huitième siècle. (D’après une gravure de l’Encyclopédie moderne de d'Alemlierl et Diderot.)
- jeu de longue paume est, comme nous l’avons dit, dans le jardin du Luxembourg.
- Quel est donc ce jeu qui a tant passionné nos pères? Nous ne pouvons avoir l’ambition d’expliquer en détail ce que c’est dans le court espace qui nous est ménagé (aussi bien la pratique est très supérieure à la théorie en ces matières) ; mais nous pouvons en donner une idée générale.
- Les deux instruments nécessaires sont la raquette et la balle. La raquette, ressemblant un peu aux raquettes pour jouer au volant, est beaucoup plus forte et plus longue; jadis les meilleures se faisaient à Liancourt; aujourd’hui elles se fabriquent à Saint-Quentin, avec des échalas de frêne qu’on courbe à chaud, et des étançons de bois de tilleul. Les balles se faisaient jadis en chiffons, ou recoupes d'étoffe,
- formant de longues bandes qu’on enroulait en boule; aujourd’hui elles sont généralement en liège recouvert de flanelle blanche. Les joueurs doivent d’ailleurs être munis de souliers sans talons et très flexibles et vêtus de flanelle, ce jeu étant très violent.
- Dans la paume en général, le principe est le renvoi de la balle d’un camp à l’autre, c’est-'a-dire d’une extrémité à l’autre du jeu, sans qu’elle dépasse les limites fictives ou réelles du jeu, et sans qu’elle tombe par terre avant d’atteindre le milieu du jeu nommé corde. Dans l’un et l’autre cas, la partie se fait en cinq ou six jeux, et chaque jeu se compose de quatre quinze, autrement dit de quatre coups pour le gain de chacun desquels on gagne quinze; si une balle tombe bonne à terre sans être relancée par le camp A, par exemple, il faut, sous peine de perdre
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- tFig. 2. — Le jeu île longue paume, au jardin du Luxembourg, à Paris, en 1889. (D’après une photographie instantanée).
- quinze, que, sous certaines conditions, ce camp permute de place avec le camp B et réussisse à dépasser le point de chute de la balle sans que le camp B la ramasse.
- Nous sommes forcés de ne donner que ces rapides indications, le jeu étant d’ailleurs rempli de finesses.
- La courte paume se joue dans un bâtiment fermé, qui est tantôt carré, tantôt à dedans ; dans les deux cas, c’est un carré long fermé par quatre murs de 96 pieds sur 50 ; pour les mesures et la disposition exactes de ces jeux, nous renverrons a l’article « Paume » de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, article fort intéressant dont nous reproduisons une des cu-rieusesplanches(fig. 1); disons seulement que, parallèlement à un des murs de côté, on élève une galerie, un corri-
- dor ouvert à auteur d’appui, maisgarnid’un filet en poche, et recouvert d’un toit à 45° sur lequel, pendant le jeu, les balles peuvent venir frapper et rebondir. À cette galerie, en retour d’équerre et parallèlement à un mur de tête, se joint un autre corridor disposé d’une façon identique. Dans le jeu carré, l’autre mur de tête est percé d’un trou au ras de terre; dans le jeu à dedans, il y a, au pied de ce mur, un troisième appentis. Enfin au milieu est un filet partageant le jeu perpendiculairement à son axe. On comprend quels bonds bizarres et inattendus fait la balle quand elle est projetée sur ces toits inclinés des galeries. La longue paume, au contraire, se joue en plein air comme on le voit sur la photographie qui accompagne cet ar-
- Fig. 3. — La raquette du lawn*tennis, dérivé du jeu de paume, et ses accessoires. — A,B. Bâtons montés en A,B'. — C. Maillet pour enfoncer les bâtons. — D. Vrille pour faire un trou dans la terre dure. —E. Piquet. — F. Corde de séparation.— G. Raquette. — H. Balle.— K. Soulier du joueur.
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- ticle 1 (fig. 2), sur un terrain de 50 à 60 mètres de long; les limites en sont figurées par des galons étendus ou des raies dans le sol, de même que la corde du milieu. Dans la longue paume, les bonds de la balle se font toujours sur le sol, qui doit être spécialement bien entretenu et élastique; dans la courte paume, ils se font surtout le long des murs et des toits des galeries et la balle prend les allures les plus désordonnées.
- Mais, qu’elle soit longue ou courte, la paume est un jeu qui demande constamment de l’attention, de l’agilité, de la souplesse, de la vigueur, cette dernière qualité surtout dans la longue paume, où la balle doit franchir de grandes distances; dans ce jeu tous les muscles travaillent, ceux des bras, du torse, des jambes. Aussi serait-il très désirable de voir ce jeu, qui aujourd’hui ne se pratique plus pour ainsi dire que dans le Nord, l’Artois, la Picardie, reprendre la vogue dont il jouissait en France. 11 est généralement remplacé par le lawn-tennis, qui nous revient de l’ancienne France en passant par l’Angleterre. Le lawn-tennis se joue avec des raquettes et des balles auquel se joignent un filet de séparation des deux camps (fig. 3).
- Nous ne pouvons que nous féliciter de voir déjà les Écoles municipales prendre goût à la longue paume, et souhaitons complète réussite à cette renaissance du vieux jeu national.
- Daniel Bellet.
- LES MOTEURS THERMIQUES
- (Suite et fin. — Voy. p. 314.)
- machines A air chaud. — Les machines à air chaud ne suivent pas le cycle de Carnot, et ne pourraient le suivre qu’en leur donnant des dimensions énormes ou en adop-taiît des pressions exorbitantes. Réduire les dimensions et faire les joints étanches, surtout lorsqu’on a recours à des températures élevées constituent les principales difficultés que l’on rencontre dans la réalisation pratique d’un bon moteur à air chaud.
- On a aussi cherché à remédier à l’imperfection du cycle par l’emploi de récupérateurs ou régénérateurs qui améliorent le rendement, tout en laissant aux appareils des dimensions restreintes. On n’a pas su jusqu’à présent construire un régénérateur remplissant toutes les conditions exigées. Les moteurs à air chaud actuels sont à chauffage extérieur ou à chauffage intérieur. Le chauffage extérieur est commode, n’altère pas sensiblement la pureté du gaz, et permet de brûler des combustibles de qualité ordinaire et à bas prix, mais l’utilisation de la chaleur est fort médiocre. Ces machines ne paraissent convenir que pour de faibles puissances, lorsque la question d’économie n’est qu’accessoire et que la question de commodité est prédominante. Le chauffage intérieur par lequel l’air devientàla fois moteur et comburant et atteint une température maxima qui n’est autre que la température de combustion, fournit un rendement élevé, et présente des avantages théoriques importants, contre-balancés par de sérieuses difficultés
- 1 Nous devons cette photographie à l’obligeance de M. Ri-chefeu, trésorier du cercle du Luxembourg et membre du Congrès des exercices physiques.
- pratiques. Ces machines diffèrent par la nature du combustible et par le mode de combustion adopté.
- Les moteurs à air chaud, à combustion intérieure et à combustible solide, présentent des difficultés considérables d’allumage et de mise en-train : l’entretien doit être fait par l’introduction méthodique de fragments de combustible dans une capacité close. Si la marche n’est pas continue et de quelque durée, il faut recommencer souvent la fastidieuse opération de la mise en train. Les fumées chaudes et chargées de suie empâtent les organes; l'élimination des cendres et des scories n’est pas facile à obtenir. Ces difficultés ont été tournées en partie dans des machines nouvelles qui brûlent du coke et dont les parties frottantes intérieures sont constamment nettoyées et rafraîchies par un courant d’air froid.
- Avec les combustibles gazeux, une partie de ces difficultés disparaissent, mais, par contre il faut le plus souvent préparer ce combustible de toutes pièces, et il coûte cher. Le plus employé de ces combustibles est le gaz d’éclairage dont le prix, à pouvoir calorifique égal, est incomparablement plus élevé que celui de la houille. C’est ce prix élevé qui a amené les perfectionnements considérables ayant pour résultat de diminuer la consommation des moteurs, et à ce point de vue, les machines à gaz soutiennent victorieusement la comparaison avec les machines à vapeur.
- Le prix élevé du gaz dans les grandes villes fait qu’on a cherché, dans certains cas, à fabriquer directement le gaz dans une petite usine spécialement consacrée à l’alimentation du moteur thermique, usine qui joue, vis-à-vis de ce moteur, le même rôle que la chaudière à l’égard de la machine à vapeur, soit par distillation simple, soit par combustion incomplète. La difficulté de vendre le coke et les sous-produits provenant d’une distillation simple faite sur une petite échelle rend ce premier procédé à peu près impraticable, économiquement parlant.
- Il reste la combustion partielle dans des gazogènes fournissant des mélanges variables en proportions de gaz inertes, d’oxyde de carbone et d’autres gaz combustibles. Cette transformation est assez simple et peu coûteuse, mais le gazogène demande une mise en train assez longue, son allure doit être régulière, il s’accomode mal d’écarts de production un peu prononcés. Une machine à gaz alimentée par un gazogène perd donc une partie de ses avantages les plus précieux : la mise en marche instantanée et à volonté.
- Les combustibles liquides offrent des avantages considérables comme facilités d’emmagasinage, faible poids et faible encombrement. Sauf l’allumage et la tenue de la flamme, ils semblent comparables au gaz d’éclairage comme commodité d’emploi. Pour produire et entretenir la combustion des liquides à l’intérieur des récipients sous pression, on emploie divers procédés. On chauffe le liquide pour le vaporiser et la vapeur est injectée dans le récipient où elle doit brûler. On fait passer sur le liquide combustible et volatil un courant d’air suffisamment lent qui se charge ainsi de vapeurs combustibles et fonctionne dans un moteur analogue aux machines à gaz. On injecte le liquide sous forme de poussières en le pulvérisant par un jet d’air. Tous ces procédés sont plus ou moins dangereux et donnent des difficultés sérieuses à l’allumage. Espérons que l’on parviendra à les surmonter.
- Au point de vue du mode d’emploi du combustible, les machines à combustion intérieure se divisent en deux grandes classes, suivant que la combustion est régulière et continue, ou explosive et intermittente. Dans les pre-
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- mières, le fluide combustible se consume régulièrement, progressivement, et est fourni par un débit régulier au fur et à mesure qu’il est brûlé ; dans les machines à explosion, au contraire, l’inflammation est brusque et se propage en un temps très court dans toute la masse du mélange. C’est seulement aux combustibles liquides ou gazeux que les deux modes de combustion sont applicables.
- Les machines à combustion continue forment deux classes, suivant que la combustion se fait dans le cylindre ou dans un récipient spécial ; ni l’un ni l’autre de ces systèmes ne sont encore très répandus.
- Les machines à explosion alimentées par un combustible liquide ou solide ne diffèrent pas, en tant que mode de fonctionnement, des machines à gaz d’éclairage. La pression des gaz augmentant brusquement au moment de l’explosion, produit un véritable choc qui n’est pas sans être préjudiciable aux organes mécaniques, et qui a fait hésiter jusqu’ici à aborder les grandes puissances avec ces machines. Le prix de revient de la force motrice étant plus élevé qu’avec les machines à vapeur, l’usage de ces machines est aujourd’hui restreint aux cas où l’économie peut être sacrifiée au faible encombrement, à la prompte mise en marche, lorsque le travail à produire est intermittent et de courte durée, etc.
- Dans une machine à gaz théoriquement parfaite, on obtiendrait 6 à 7 chevaux-heure par mètre cube. En pratique, les pertes par les parois, les imperfections du cycle, les résistances passives, la combustion incomplète et l’allumage font qu’on dépasse rarement un cheval-heure par mètre cube.
- Ces causes de pertes, que M. Hirsch analyse rapidement dans son mémoire, font que, dans la pratique, le rendement thermique des machines à explosion tombe presque au niveau de celui des bonnes machines à vapeur, quoique le rendement soit environ trois fois plus grand. Les coefficients de perte pris individuellement varient considérablement d’un type de moteur à l’autre, mais dans tous, les déperditions prépondérantes sont dues à l’influence des parois et à l’imperfection du cycle. Les procédés d’allumage actuellement employés sont : le jet de flamme, le déplacement d’une flamme, l’étincelle électrique ou l’incandescence. M. Hirsch signale un dernier procédé qui, pour n’avoir pas encore été appliqué d’une manière tout à fait pratique, ne lui semble pas absolument inapplicable. Il consiste à exercer sur le mélange explosif une compression qui l’échauffe et détermine la réaction : si le mélange est déjà chaud et contenu dans une capacité chaude, il suffit d’une compression assez modérée pour le porter à la température d’inflammation ; avec ce procédé, la combustion se produirait presque instantanément dans toute la masse comprimée.
- Le refroidissement des parois demande une grande quantité d’eau, souvent coûteuse ou difficile à se procurer. Dans les moteurs de faible puissance, on échappe à cette sujétion en augmentant l’action du rayonnement extérieur à l’aide de nervures de grande surface. Ce procédé est insuffisant pour les moteurs un peu puissants. Pour réduire la consommation d’eau, on a essayé d’immerger le cylindre dans une bâche ouverte et pleine d’eau qui se vaporise à 100° C., au fur et à mesure que la chaleur lui est transmise.
- Le réglage de la vitesse des moteurs à explosion présente des difficultés spéciales. Le couple moteur étant très irrégulier, il faut que le volant ait, à puissance égale, un moment d’inertie beaucoup plus grand que celui d’une machine à vapeur. Dans la plupart des machines à gaz,
- le régulateur agit sur l’admission du gaz combustible, mais comme il est délicat de modifier la teneur du mélange, qui, en dehors d’une composition peu susceptible de varier, ne s’enflammerait plus, la régulation se fait en supprimant l’accès complet du gaz pendant un ou plusieurs cycles, dès que la vitesse dépasse le régime normal, ce qui a l’avantage de proportionner la consommation à la puissance. Pour les moteurs de puissance faible et qui n’exigent pas une allure très régulière, l’on supprime tout simplement le régulateur. Pour empêcher la machine de s’emporter, il suffit d’étrangler l’arrivée du gaz : quand la vitesse dépasse la valeur normale, le mélange explosif devient trop pauvre et ne s’enflamme plus.
- Dans la plupart des machines actuelles, le mélange oxplosif est comprimé avant d’être allumé. Cette compression préalable augmente la puissance spécifique du moteur ainsi que le rendement. La compression s'effectue tantôt dans un cylindre spécial, tantôt dans le cylindre moteur lui-même. Ce mode de fonctionnement est souvent désigné sous le nom de cycle à quatre temps, à cause des quatre opérations successives exécutées dans le même cylindre : aspiration du mélange explosif ; compression du mélange explosif ; explosion et détente ; expulsion des produits brûlés.
- Ce système, avantageux au point de vue économique, laisse fortement à désirer au point de vue de la régularité d’allure, le volant devant dépasser en un tour et demi le travail emmagasiné pendant une demi-révolution. On remédie en partie à cet inconvénient par l’emploi de grandes vitesses angulaires, en attelant deux pistons sur le même arbre et en croisant les périodes, de façon à avoir une impulsion à chaque révolution. *
- machines mixtes et diverses. — Les divers perfectionnements adaptés aux machines à air chaud ont eu pour objet l’amélioration du cycle des machines à explosion, et surtout l’utilisation de la chaleur emportée par les gaz de l’échappement.
- Dans certaines machines, ces gaz encore chauds et sous pression sont envoyés dans un cylindre spécial où ils agissent sur un piston; d’autres fois, ces gaz servent à chauffer une petite chaudière alimentant un cylindre de machine à vapeur. Les résultats obtenus ne sont pas encore bien nets. D’autres, ayant en vue les moteurs pour la navigation, suppriment piston, machine et propulseur et font agir la pression des gaz directement à l’arrière du bateau, sur l’eau dans laquelle il flotte. Cette pression est obtenue, tantôt par la combustion continue des gaz qui servent d’agents propulseurs, d’autres fois par des mélanges gazeux explosifs, et même par des explosifs solides, tels que les poudres lentes ou le pyroxyle. Bien que les expériences n’aient rien donné jusqu’ici de pra1-tique, et malgré les regrettables accidents qu’elles ont causés, il ne semble pas que l’on se heurte à une impossibilité théorique, et l’on pourra obtenir un jour ou l’autre des résultats utiles, en vue de certaines applications spéciales, telles que les torpilles automobiles, etc.
- emploi des moteurs thermiques. — Chaque fois qu’il s’agit de produire à bon marché, dans une installation fixe, une force motrice puissante et continue, la machine à vapeur ordinaire reste encore le moteur par excellence. Pour les puissances ne dépassant pas quelques chevaux, les machines thermiques, et surtout les machines à explosion ont pris une large place dans l’industrie, surtout lorsque le travail est intermittent.
- Pour les très petites puissances, lorsque la commodité d’emploi est prédominante, la machine à vapeur cesse
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- d’être à sa place, et les divers moteurs thermiques rendent des services de plus en plus appréciés.
- Pour les installations mobiles, les machines thermiques actuelles sont encore trop lourdes, trop encombrantes et trop délicates pour avoir donné lieu à des applications importantes. En matière de navigation, les machines à vapeur combinées ne paraissent pas avoir dit leur dernier mot. Quant aux machines à air chaud, il faudrait les améliorer en les rendant plus légères par l’emploi de hautes pressions et de grandes vitesses, la simplification des cycles, l’usage des combustibles liquides, etc. Peut-être un avenir prochain nous réserve-t-il à cet égard des surprises.
- MACHINE A CIGARETTES
- On sait les défauts reprochés aux cigarettes fabriquées mécaniquement par la Régie, défauts qui font que jusqu’ici le vrai fumeur, quand il ne veut pas s’astreindre à confectionner sa cigarette lui-même, recherche de préférence celle qu’on lui vend comme faite a la main, si coûteuse qu’elle soit.
- Ces défauts étaient inhérents à la fabrication automatique et surtout à celle des machines à grande production que l’État avait dû adopter.
- Pour produire beaucoup et marcher régulièrement, ces machines ne peuvent employer que du tabac très sec, ayant par la dessiccation perdu presque toute sa qualité, presque tout son arôme, et c’est une véritable pincée de poussière qu’elles bourrent dans le tube de papier.
- Et puis ce tube de papier est collé.
- Pour le faire, il faut d’abord un large recouvrement et l’emploi d’un papier spécial épais et spongieux, c’est-à-dire donner à brûler au fumeur beaucoup trop de papier : premier inconvénient.
- Et, second inconvénient beaucoup plus grave, usage de la colle, laissant à la cigarette ce goût âcre, désagréable et malsain de gélatine brûlée que tous les fumeurs connaissent trop.
- M. Decouflé, qui déjà fournissait à la Régie toutes ses machines à cigarettes collées, est arrivé dans son nouveau type à supprimer tous ces défauts.
- L’État s’est rendu propriétaire des brevets pour la France et fait fonctionner cette machine sous les yeux
- du public, à l’Exposition universelle de Paris, au pavillon du Ministère des finances, tout près du pilier nord de la Tour Eitfel.
- Un système de distribution, absolument nouveau, permet d’employer le tabac sans préparation préalable, c’est-à-dire frais, en fil, humide même si on le voulait, d’où, production d’une cigarette à fibres longues, gardant entier l’arome du tabac et ne se vidant plus seule dans la poche du fumeur.
- Puis, et c’était là que le problème paraissait insoluble, le tube est formé et joint sans aucune espèce de collage.
- La bande de papier sans fin est roulée d’abord. Un petit appareil qu’on ne peut voir sur le dessin, car il est caché dans le tube en formation, force les deux bords du papier à se plisser à angle droit et à s’agrafer d’un millimètre environ l’un dans l’autre.
- Aussitôt agrafe, le tube est saisi par deux molettes, qui, tout en l’entraînant, écrasent J'agrafage au point de former une véritable soudure, soudure si solide qu’on peut déchirer le papier partout excepté là.
- On peut d’ailleurs employer un papier aussi fin et aussi léger qu’on le veut.
- Puis le tube, coupé sans trace de déformation, arrive à la machine à cigarettes proprement dite, est bourré, terminé et envoyé dans un coffret où il est emmagasiné par quantités de mille.
- La Régie est donc maintenant en état de donner une cigarette aussi saine, aussi agréable, que celles roulées à la main, tout en étant plus élégante et beaucoup mieux calibrée.
- La nouvelle machine offre en outre l’avantage fort appréciable de produire 20 pour 100 de plus dans Je même temps, que ne peuvent le faire les anciens appareils à colle.
- Nous donnons ci-dessus l’aspect de ce remarquable système qui fonctionne avec la plus grande précision et qui laisse assurément derrière lui les appareils antérieurs. Nos lecteurs pourront reconnaître ses avantages en se reportant aux notices que nous avons antérieurement publiées à ce sujet1.
- 1 Yoy. notamment n° 252, du 50 mars 1878, p. 275
- La nouvelle machine à cigarettes de la Régie française ; système Decouflé à tubes sans colle.
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- LE VOYAGE EN BALLON DE GAMBETTA
- ET LE MONUMENT «EPINEUSE
- Dimanche, 15 octobre 1880, a eu lieu à Epineuse (Oise) l'inauguration d’un monument l'ort intéressant puisqu’il rappelle les ballons du siège de Paris : nous voulons parler de celui qui a été construit sous les auspices du Conseil général de l’Oise, en sou venir de l’ascension aérostatique exécutée par Gambetta et M. Spuller pendant la guerre de 1870 ; voyage aérien mémorable qui permit aux Ministres de l’intérieur et de la guerre, de présider à la Défense nationale.
- Le monument commémoratif est une pyramide fort simple, construite en pierre de taille dure; sur deux de ses faces on lit les inscriptions suivantes : «—Le 7 octobre 1870, Gambetta, accompagné de son ami Spuller, est sorti de Paris assiégé dans le ballon Armand Barbés. — Ce ballon, après avoir essuyé le feu de l’ennemi, est venu atterrir dans le bois de Favières, territoire d’Epineuse. »
- M* Spuller, Ministre des affaires étrangères, était venu de Paris avec MM. Janssen, de l’Institut, Joseph Reinach, W. de Fonvielle, etc.; il a éloquemment rappelé l’émouvant voyage qu’il a exécuté pendant l’investissement.
- Inauguration à Epineuse du monument commémoratif du voyage en ballon de Gambetta pendant le siège de Paris. (D’après une photographie instantanée de M. L. Commessy.)
- Après des discours prononcés par M. Célestin Lagache, conseiller général de l’Oise, et par M. llainsselin, le nouveau député de Clermont, la cérémonie s’est terminée par une allocution de M. Janssen, qui a parlé en sa qualité de président du Congrès aéronautique.
- Nous rappellerons que Gambetta, sentant la nécessité d’organiser la Défense nationale après nos premiers désastres, résolut de quitter Paris investi pour se rendre à Tours. 11 partit dans le ballon l'Armand Barbés, de la place Saint-Pierre à Montmartre, le 7 octobre 1870, accompagné par M. Spuller, et conduit dans les airs par l’aéro-naute M. Trichet. L’aérostat qui portait Gambetta et sa fortune descendit à Epineuse, dans le voisinage de Montdidier. Les voyageurs furent jetés par le
- vent sur un chêne qui porta longtemps le nom de chêne de Gambetta. — Ils avaient été assaillis dans les airs, comme l’ont été la plupart des aéro-nautes du siège de Paris, par une inolfensive fusillade des soldats allemands. Quand ils prirent terre, Gambetta et M. Spuller se doutèrent que les troupes ennemies allaient s’efforcer de les faire prisonniers ; ils se hâtèrent de partir. Des dragons allemands furent en effet envoyés à la poursuite de l’aérostat, mais ces dragons « arrivèrent trop tard ».
- Les aérostats, pendant le siège de Paris, ont été d’un bien utile concours à la patrie : ils ont rendu illusoire l’effet moral de l’investissement de Paris, qui, grâce à la poste aérienne, n’a jamais cessé de communiquer avec la province.
- Les ennemis de la France dont les desseins ont été
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- LA NATURE.
- en partie déjoués par la découverte des frères Mont-golfier, n’ont pu empêcher la tête et le cœur de la nation de rester unis.
- Nous donnons une reproduction très exacte de la cérémonie d’Epineuse. Un de nos lecteurs, M. L. Commessy, instituteur à Allonne (Oise), a fait une excellente photographie instantanée, qu’il a eu l’obligeance de nous adresser; elle donne l’aspect de la pyramide commémorative et de la foule qui l’entoure quelques instants avant la cérémonie patriotique dont nous avons tenu à enregistrer le souvenir. G. T.
- BRULÉ VIF PAR L’ÉLECTRICITÉ
- Le nombre des fils électriques qui croisent les rues de New-York est devenu tellement considérable, et les courants qui les traversent sont tellement intenses, que la vie de chaque habitant se trouve perpétuellement menacée.
- Il ne se passe pas de semaine, sans qu’un accident ne soit dù à cette cause. Depuis dix-huit mois, huit citoyens de New-York ont été tués par des fils de télégraphe qui s’étaient rompus, dix-sept autres ont été blessés griève ment de la même manière. Mais jusqu’à présent aucun de ces accidents n’avait donné lieu à un drame aussi horrible que celui qui s'est déroulé le 12 octobre pendant plus de trois quarts d’heure, sous les yeux de plus de 5000 personnes impuissantes à porter secours à la malheureuse victime de son devoir.
- C’était vers le milieu du jour au coin de Centre et de Chambers Street, dans un des quartiers les plus animés de New-York, au moment des affaires. Un employé du télégraphe s’apprêtait à monter sur un immense poteau muni de ses souliers à crochets. Arrivé au sommet, l’homme après avoir soigneusement évité de toucher les fils qui alimentent les lampes électriques à arc, pénétra dans le fouillis des fils situés au-dessus, les touchant impunément, car ils ne sont traversés que par de faibles courants.
- Mais le nombre des fils^tait si considérable que le malheureux employé fut bientôt prisonnier dans cette toile d’araignée d’un nouveau genre ; il allait néanmoins essayer de continuer son ascension périlleuse lorsqu’il fut pris sans le vouloir par un fil traversé par un courant intense, et dont il ne put pas se dégager. Alors commença une scène horrible : la foule s’étant aperçue de ce qui se passait, restait spectatrice du drame sans savoir comment porter secours au malheureux, dont la face était contractée par les souffrances qu’il éprouvait. Bientôt des flammes commencèrent à sortir de sa bouche, de ses mains et de ses bottes, l’infortuné était brûlé vif et à petit feu ; pendant plus d’une demi-heure le public muet d’horreur fut témoin de cette agonie et quand les secours vinrent du Western Union Telegraph C°, il était trop tard. On ne retrouva qu’un cadavre complètement carbonisé.
- Il ne faut pas croire que les employés du télégraphe soient seuls menacés d’une mort pareille. Plusieurs passants ont déjà été foudroyés par des fils qui, rompus ou coupés, sont tombés à terre et les ont atteints. Il estgrand temps que le maire de New-York change cet état de choses et cela lui est d’autant plus facile qu’il a la loi pour lui, car depuis plusieurs mois déjà, il existe une ordonnance qui enjoint de faire passer tous les fils sous terre.
- Il faudra malheureusement encore beaucoup de temps pour en arriver là, car la transformation étant coûteuse, encontre de l’opposition. René de Saussure.
- New-York, 12 octobre 188D.
- —»<>o—
- NÉCROLOGIE
- Philippe Ricord. — Une des plus grandes célébrités du monde médical, le docteur Ricord, estmortle22 octobre 1889 à l’âge de 89 ans. L’illustre praticien naquit aux États-Unis, à Baltimore, le 10 décembre 1800. Ses deux frères et lui, fort épris des sciences naturelles et de l’étude, visitèrent successivement, dans leur tendre jeunesse, le Canada et la Colombie ; ils récoltèrent de superbes collections botaniques et zoologiques. Les deux frères Alexandre et J.-B. Ricord, agréés comme naturalistes par le gouvernement français, vinrent alors en France et amenèrent avec eux leur jeune frère Philippe qui, depuis quelque temps, étudiait la médecine à Philadelphie. Philippe Ricord arriva à Paris sans fortune, et, pour faire ses études médicales, il trouvait des ressources d’existence en enseignant l’anglais et en faisant diverses traductions. Grâce à un labeur constant, à des veilles prolongées, il arriva bientôt à concourir à l’Internat des hôpitaux. Nommé au concours de 1822, il fut successivement l’interne de Dupuytren, de Béclardet deLisfranc. Après avoir été couronné à diverses reprises par l’École pratique, il passa sa thèse le 5 juin 1826.
- Malgré ces succès, les débuts du docteur Ricord furent d’abord difficiles ; ne pouvant attendre la clientèle à Paris, il s’en alla modestement exercer la médecine à la campagne, à Saint-Martin-d’Olivet, petite ville de 5000 âmes, à trois lieues d’Orléans. L’année suivante, il revint concourir à Paris pour une place de chirurgien des hôpitaux, échoua et retourna s’établir à Crouy-sur-Ourcq, près de Meaux. La clientèle vint vite ; Ricord, réconforté par ses succès de petite ville, reprit courage, regagna Paris, concourut et fut reçu le premier en 1828 ; il dut alors faire des leçons sur la chirurgie, à l’hôpital de la Pitié.
- Ce n’est qu’en 1831 qu’il passa à l’hôpital des vénériens du Midi. Dès lors son’ but était atteint, son avenir assuré. Frappé de l’ignorance de ses contemporains sur l’affection qu’il avait tous les jours sous les yeux, il'résolut d’étudier à nouveau les faits qu’il observait. 11 travailla pendant quelques années dans le silence des salles de ce sombre hôpital, et remporta des victoires surprenantes, qu’il s’efforça, d’ailleurs, de faire connaître, avec une précision et une méthode admirables. Son talent d’observateur n’eut d’égal que la finesse de son esprit; dans ses cours, comme dans la conversation de chaque jour au lit du malade, il est resté incomparable. Son autorité comme professeur ne tarda pas à atteindre son habileté comme chirurgien.
- Ricord, qui avait la clientèle la plus étendue de Paris, fut élu membre de l’Académie de médecine en 1850. — Il a été promu, le 12 août 1860, commandeur de la Légion d’honneur, et grand officier le 25 juin 1871, pour services rendus, comme président des ambulances pendant le siège de Paris.
- D’une haute intelligence, en dehors de ses travaux, de ses écrits et de ses mémoires, Ricord était doué d’un caractère excellent; ses élèves et ses malades avaient pour lui la plus sincère affection. Amateur d’art, l’éminent chirurgien avait réuni dans sa maison des sculptures de prix et des tableaux de maître. L’âge et la maladie
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- furent impuissants à altérer sa bonne humeur; jusqu'au moment où il fut contraint de s’aliter, il assistait aux séances de l’Académie de médecine, et avait conservé son cabinet de consultations. Vers la fin de sa vie, sa démarche était devenue difficile : « Je me porte bien, disait-il en souriant, mais ce sont mes jambes qui ne me portent plus. )>
- CHRONIQUE
- Les alouettes de la Tour Eiffel. — M. Foussat, chef du service électrique de la Tour de 300 mètres, nous fait connaître un fait curieux qui s’est passé à la troisième plate-forme de la Tour, dans la nuit de lundi 21 octobre, et qui est de nature à intéresser nos lecteurs. Le phare et les projecteurs étant en marche, entre 9 et
- 10 heures, ils ont été tout à coup entourés par une nuée d’alouettes qui, suivant dans leur vol les rayons du phare, venaient se heurter aux glaces des appareils électriques. En un instant la plate-forme a été jonchée d’alouettes étourdies ou mortes, et une abondante récolte en a été faite. Près de 230 de ces oiseaux ont été recueillis à cet étage. Un certain nombre de blessés sont tombés dans l’Exposition et ont été trouvés par les gardiens. Ce soir-là, le phare a joué le rôle d’un gigantesque miroir à alouettes, à la grande joie de certains chasseurs. — Les phares maritimes attirent souvent les oiseaux ; nous nous rappelons avoir visité le phare de Calais, à la partie inférieure duquel on a eu l’excellente idée de constituer un musée ornithologique des oiseaux capturés au sommet par le gardien. On voit là plusieurs vitrines d’oiseaux empaillés, depuis des hirondelles jusqu’à des oies sauvages et des cygnes qui sont tombés sur le balcon du phare après s’être brisés contre les verres. L’administration de la Tour Eiffel pourrait commencer la fondation d’un musée de ce genre; l’alouette en serait la première pièce.
- Les voyages extraordinaires à l’Exposition.
- — L’Exposition universelle de 1889 a suscité bien des voyages extraordinaires. Plusieurs ont été remarquables : nous rappellerons celui du lieutenant russe Àsséeff venu à cheval de Russie à Paris; d’autres voyages ont été accomplis par forfanterie ou par originalité comme celui des journalistes viennois venus à Paris en fiacre, d’autres par le désir de faire à peu de frais une visite à l’Exposition. Parmi tous les faits que l’on pourrait citer, il est curieux d’en retenir quelques-uns. Nous mentionnerons le voyage d’ouvriers venus de Vienne à Paris en trente jours partie en brouette, partie en voiture. Un étudiant d’IIel-singfors, M. Kajander, est venu en bicycle, après un trajet de 4000 kilomètres qui a duré deux mois et demi. Un alsacien, M. J. Moch, est venu à pied de Mulhouse à Paris.
- 11 a fait 470 kilomètres en neuf jours et demi. Un italien est arrivé de Cannes à Paris en quarante-cinq jours avec sa petite fille âgée de cinq ans et demi ; il conduisait un jeune âne d’Afrique sur le dos duquel était installé un orgue de Barbarie. Nous citerons encore l’histoire de jeunes enfants de treize ans qui sont venus furtivement de Nice et qui ont été trouvés à Paris tout dernièrement. Un jeune homme de Vichy a accompli à pied le trajet de Vichy à Paris (360 kilomètres) en six jours. M. et Mme Lau-maillé sont venus en tricycle de Concarneau à Paris en neuf jours; la distance est de 559 kilomètres. La liste de ces voyages est certainement très incomplète ; mais ils sont une preuve indiscutable du grand succès de notre merveilleuse Exposition.
- Les vins australiens. — La vigne prospérant sur toute l’étendue du continent australien, cet ensemble de colonies est arrivé à produire 100 000 hectolitres de vin par an, chiffre dont le territoire de Victoria fournit la moitié. La population australienne boit peu de vin, 2,25 1 seulement par tête dans la Nouvelle-Galles du Sud, aussi la production dépasse-t-elle la consommation, et les propriétaires coloniaux, faisant appel aux sentiments patriotiques des habitants de la mère patrie, voudraient voir leurs vins prendre en Angleterre la place des crus français. Ces tentatives ne semblentpas avoir eu grand succès jusqu’à présent, car les Anglais, trouvant que les vins australiens se conservent difficilement, conseillent aux producteurs de les consommer eux-mêmes. D’après une lettre insérée dans le journal Colonies and India, du 6 février, le principal obstacle à la vente des vins australiens serait l’absence de noms des crus, ces vins étant distingués d’après les cépages producteurs : Carbinet, Sau-vignon, Rusling, Chasselas, Verdeilho, etc. La désignation des terroirs, absolument inconnus en Europe, serait peu avantageuse également; les viticulteurs australiens auraient donc l’intention d’adopter les noms des crus français dont leurs produits se rapprochent le plus, et on peut prévoir la prochaine apparition, sur le marché anglais, des bordeaux et des bourgogne des antipodes. La production du vin en Australie est assez faible, il est vrai : suivant le baron Von Babo de Vienne, elle ne dépasserait pas 5,8 hl par acre, tandis qu’on obtient généralement 6,8 hl en Espagne, 7,4 en France, 9,6 en Hongrie, 54,6 au Cap de Bonne-Espérance dans l’intérieur du pays, et 69 hectolitres dans la région côtière.
- Une pile en bois. — L’imagination des inventeurs s’est bien exercée sur les piles jusqu’à ce jour, et nous trouvons encore des choses nouvelles à ce sujet. M. H. Serrin a exposé des modèles de piles en bois. Ces piles sont constituées comme les piles ordinaires par un zinc, un charbon et un liquide excitateur ; le tout est contenu dans une cavité creusée dans un bloc de bois. On réunit dans un même bloc plusieurs éléments en tension ou en quantité. L’ouverture supérieure est ensuite fermée hermétiquement; la pile a donc les avantages d’une pile sèche sans en avoir les inconvénients. Ces résultats ont été atteints par une préparation spéciale rendant le bois imperméable. Ces piles ont été utilisées pour une quantité de petites applications (allumoirs, allume-gaz, etc.)
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 oct. 1889. — Présidence de M. Des Cloizeaüx
- L'atmosphère souterraine. — Dans un travail précé7 dent, M. Schlœsing fils a fait connaître le procédé qui lui permet de déterminer la composition des gaz contenus dans la terre végétale ; il transmet aujourd’hui, par l’intermédiaire de M. Duclaux, les résultats auxquels il est parvenu. Après avoir confirmé les assertions de Boussin-gault au sujet des terres de labour, il montre que dans les terres d’herbages la proportion d’acide carbonique augmente très rapidement avec la profondeur et atteint parfois 10 pour 100 du volume total des gaz souterrains. Certains cas d’interversion peuvent cependant être observés quand l’air est extrêmement calme et ne réalise pas le brassage de l’acide carbonique produit dans les couches tout à fait superficielles du sol arable ; mais ce sont de rares exceptions. M. Schlœsing a reconnu aussi que l’atmosphère souterraine, loin d’être immobile, circule très
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- activement : sur les pentes l’acide carbonique s’écoule véritablement, de sorte qu’à profondeur égale sa proportion est plus forte au pied des coteaux qu’à leur sommet. Ce sont autant de notions tout à fait nouvelles.
- Fixation de l'azote par les légumineuses. — M. De-hérain fait une très intéressante exposition des faits récemment constatés à son laboratoire de physiologie végétale du Muséum d’histoire naturelle, par M. Bréal. Cet expérimentateur a repris les recherches de MM. llellriegel et AVilfarth qui, comme on sait, ont reconnu l’existence, dans les nodosités radiculaires des légumineuses, de bactéries jouissant d’une énorme faculté fertilisante. Au lieu d’arroser la terre avec une décoction de racines pourvues de nodosités bactérifères, M. Bréal inocule les microbes dans les racines de lupins qu’il a d’abord fait germer sur du papier et qu’il plante ensuite dans un sol convenable. Les légumineuses se signalent alors par un accroissement extraordinaire dont témoignent les photographies que M. Dehérain fait circuler et l’analyse montre que le sol a alors fixé 1,964 g d’azote. Dans d’autres expériences, des racines de luzerne chargées de bactéries ont fourni au sol un enrichissement de plus de cinq grammes d’azote. Personne ne contestera le vif intérêt de semblables résultats.
- Magnétisme terrestre et tremblements de terre. —
- Au nom de M. Moureaux,
- M. Mascart annonce que le 25 octobre dernier, à 11 h. 55 m. du matin, on a constaté à servatoire de singulières perturbations magnétiques qui se sont trouvées coïncider avec le violent tremblement de terre dont viennent de souffrir Gallipoli et la région des Dardanelles. Le fai t est d’autant plus intéressant à enregistrer, qu’il ne semble pas possible qu’une trépidation ou qu'une autre action mécanique ait été transmise et qu’il conduit dès lors à faire jouer au magnétisme un rôle dans les phénomènes sismiques.
- Étoiles filantes et pierres tombées du ciel. — La petite encyclopédie populaire, que M. Amédée Guille-min publie chez Ilachette, vient de s’enrichir d’un nouveau volume que l’auteur adresse à l’Académie. C’est l’exposé des découvertes les plus récentes relatives aux étoiles filantes et aux météorites, écrit dans le style sobre et agréable qui a fait à notre sympathique confrère une place si distinguée parmi les vulgarisateurs.
- Varia. — M. de Saporta étudie les hybrides, produits spontanément entre divers arbres de la Provence. — Les leçons professées au Collège de France par M. Joseph Bertrand sur la théorie mathématique de l’électricité viennent de paraître en un volume, que l’auteur dépose sur le bureau. — Les azotates doubles de ruthénium et
- de potassium sont étudiés par M. Jolly.. — M. Le Chatellier détermine les lois de l’équilibre de partage entre le chlore et l’hydrogène à l’occasion d’une note récente de MM. Uautefeuille et Margottet. — Un récit est adressé de Tokio d’un tremblement de terre, ressenti au Japon le 28 juillet dernier. — M, Arnaud précise la composition de la digitaline. Stanislas Meunier.
- PHYSIQUE SANS APPAREILS
- EXPÉRIENCE SIR 1,'lNERTIE
- La Nature a fait paraîtrejadis une expérience d’inertie au moyen des Dames d’un jeu de jacquet ou de trictrac,. Un de nos lecteurs, M. F.-J. Desja-
- lets, nous en communique une autre qu’il a imaginée :
- On tient d’une main un cornet et les deux dés, comme le représente la figure ci-contre : il s’agit de lancer le premier dé en l’air et le recevoir dans le cornet, ce qui n’est pas difficile; mais la difficulté est d’y faire entrer le deuxième, car si vous lancez en l’air le deuxième, le premier, qui est déjà dans le cornet, saute en l’air aussi, et tombe en dehors, de sorte que presque toujours on arrive à n’avoir qu’un dé et très rarement deux dans le cornet. Pour réussir à faire entrer le deuxième quand le premier y est déjà, il ne faut plus lancer le deuxième dé en l’air, il faut faire tomber vivement la main et le cornet en lâchant le deuxième, de façon à ce que le premier dé, qui est dans le cornet, soit à une hauteur moindre que le deuxième qui est dans les doigts ; les dés tombent moins vite que la main et le cornet ; ce dernier, à un moment, se trouve plus bas que les dés, alors ils tombent dedans; expérience d’inertie très gracieuse, et impossible, pour ainsi dire, si on veut la réussir en lançant en l’air le deuxième dé.
- Si le lecteur veut bien se reporter à nos précédents articles de physique sans appareils, il verra combien peuvent être nombreuses les expériences—-amusantes relatives à l’inertie.
- 1 Yoy. n° 745, du 10 septembre 1887, p. 240.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- Expérience sur le principe de l’inerlie.
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- N° 858. — 9 NOVEMBRE 1889.
- LA NATURE.
- Ô69
- L’USINE MUNICIPALE D’ÉLECTRICITÉ DES MLLES CENTRALES, A PARIS
- -a?
- 1. — Lsine municipale électrique des Halles centrales à Paris. — Les machines dynamos Edison.
- (D’après une photographie nocturne à la poudre-éclair, spécialement exécutée pour La Nature, par M. le Dr Ranque.)
- Nous avons attendu longtemps à Paris, avant d’avoir des distributions d’énergie électrique; mais il semble en ce moment que le m ouvementest donnéet que nous n’aurons bientôt plus rien à envier à nos voisins d’outre-Manclie et d’ou-tre-Océan. La Nature a déjà parlé à plusieurs reprises des installations et canalisations établies dans Paris.
- Entre toutes les stations centrales, il convient de citer particulièrement l’usine ^municipale des Halles centrales,
- __déjà en fonctionnement et dont l’inauguration officielle aura lieu très prochainement.
- Au mois de janvier 1887, un incendie se déclarait 17e année. — semestre.
- Fig. 2. — Inverseur de l’usine municipale.
- dans les sous-sols des Halles, au milieu d’un tas de paniers; en peu d'instants les dégâts étaient considérables. Dès lors le Conseil municipal décidait en principe d'éclairer les Halles à la lumière électrique. L’idée a été reprise ensuite, et au lieu de limiter le projet à une simple installation, le conseil a créé une station centrale pour desservir les Halles et faire un essai de distribution chez les particuliers. L’usine est située dans les sous-sols, sous le pavillon de la Boucherie, en face l’église Saint-Eustache. La salle des machines a une surface totale de 1620 mètres carrés; la salle de chauffe une superficie de
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- LA NATURE.
- 350 mètres carrés. Tout cet espace n'est pas encore occupé, mais il le sera dans peu de temps, dès que la puissance de l’usine sera augmentée. D’autres salles sont réservées aux ateliers, au magasin, aux bureaux et au laboratoire. L’entrée particulière de l’usine est située rue Vauvilliers.
- Les chaudières sont du* système Belleville; elles sont au nombre de six, et peuvent fournir 1500 kilogrammes de vapeur d’eau par heure à la . pression initiale de 12 kilogrammes par centimètre carré. Les six chaudières sont montées en quantité avec commande individuelle par une valve spéciale. Des détendeurs spéciaux ramènent la pression à la valeur normale exigée pour le bon fonctionnement de chacune des machines motrices.
- La vapeur fournie par les différents générateurs vient se réunir dans un tuyau général. Sur ce dernier sont branchées des prises de vapeur aboutissant à chaque machine.
- 11 y a d’une part trois machines 'a vapeur Weylier et Richemond, à triple expansion, d’une puissance de 105 poncelets (140 chevaux), fonctionnant à la vitesse angulaire de 160 tours par minute et à la pression de 10 kilogrammes par centimètre carré. 11 y a également trois machines Lecouteux et Garnier, horizontales, à condenseurs montés directement sur l’arbre, d’une puissance de 127 poncelets (170 chevaux), à la vitesse angulaire de 180 tours par minute et à la pression de 6 kilogrammes par centimètre carré.
- Au point de vue électrique, l’usine peut être divisée en deux parties absolument distinctes : la distribution par courants continus, et la distributions par courants alternatifs. Les machines Weylier et Richemond actionnent chacune deux dynamos Edison de 50 kilowatts, à courants continus (fig. 1). Les machines Lecouteux etGarniei mettent chacune en mouvement une machine Ferranti de 120 kilowatts, à courants alternatifs.
- La distribution par courants continus dessert les Halles centrales et un certain nombre de rues avoisinantes (rue des Halles, du Pont-Neuf, rue Berger, etc.). L’éclairage des Halles comprend 450 lampes à incandescence de 16 bougies placées dans les sous-sols, et 180 lampes à arc pour les rez-de-chaussée et allées couvertes. Environ 500 lampes à incandescence brûlent jour et nuit, le reste ne brûle qu’à certains moments. De même pour les lampes à arc, quelques-unes seulement brûlent à partir de la nuit, et d’autres au moment des criées, à 2 heures du matin. Pour satisfaire à toutes ces exigences, chaque pavillon a un tableau spécial pour l’arc et un tableau spécial pour l’incandescence. Ce dernier tableau renferme deux commutateurs, l’un commandant le circuit des lampes permanentes, et l’autre le circuit variable. Le système de distribution est à trois fils et par feedets.
- La distribution par feeders consiste, en principe, à maintenir à l’usine une différence de potentiel plus
- élevée que celle qui est nécessaire, et à relier directement certains points convenablement choisis sur le réseau par des conducteurs d’alimentation (feeders). Une résistance variable intercalée dans le circuit de chacun des feeders permet d’absorber l’excès de pression électrique, et de maintenir le potentiel constant aux extrémités des feeders d’où partent les circuits de distribution.
- L’installation comprend donc deux machines montées en tension et plusieurs machines montées en quantité. Des homes de chaque machine partent deux barres de cuivre qui viennent aboutir à un inverseur placé devant le tableau général de distribution. Cet inverseur (fig. 2), construit parla Compagnie Edison, a pour but de permettre la mise en route d’une machine sur l’un quelconque des deux circuits. Comme les machines sont couplées en quantité, pour éviter qu’elles ne travaillent l’une sur l’autre, il y a
- une disposition spéciale qui ne permet de fermer le circuit d’une machine que si le commutateur de l’excitation a été fermé auparavant. De cet inverseur, le courant passe au tableau de distribution, où se trouvent les verrous-commutateurs des circuits extérieurs. Les extrémités des feeders, qui sont au nombre de sept, aboutissent à ce tableau. En partant, les feeders destinés à la voie publique se dirigent vers un tableau de réglage, où sont des rhéostats permettant de compenser à chaque instant les variations dues à la différence de consommation, grâce à des lampes témoins et à des voltmètres placés sur des fils de relour venant des jonctions des feeders avec les circuits de distribution sur la voie publique. Deux feeders spéciaux, avec tableau spécial de réglage, sont affectés à l’éclairage des Halles. Les lampes à incandescence fonctionnent à 100 volts, et appartiennent à tous les types (Woodhouse, de Khotinsky, Edison-Swan, Gauthier-Pidot, etc). Les lampes 'a arc sont montées par quatre en tension sur 215 volts, qui sont donnés par les trois fils extrêmes de la canalisation à trois fils. Elles sont également de plusieurs systèmes (Cance, Bardon, Henrion, Pieper). Le nombre de lampes à incandescence de 60 watts que l’on peut alimenter chez les particuliers dans les principales rues que nous avons désignées plus haut est environ de 1500.
- Le réseau de distribution par courants alternatifs part des Halles, longe la rue Coquillière, la rue de la Yrillière, la rue des Petits-Champs, l’avenue de l’Opéra, le boulevard des Capucines et celui de la Madeleine. Un circuit est placé sous chaque trottoir ; une machine Ferranti de 2400 volts et 50 ampères dessert chacun des circuits. On a également prévu une troisième machine de même puissance comme réserve. Nous avons déjà parlé ici1 du système de distribution Ferranti; nous n’y reviendrons pas.
- Le mode de canalisation employé par le service municipal a déjà été décrit dans ce journal2 en ce
- 1 Yoy. n° 840, Ou 0 juillet 1889, p. 91.
- 2 Yoy. n° 843, Ou 27 juillet 1889, p. 159.
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- qui concerne les courants continus. Pour les courants alternatifs, une partie (les câbles est concentrique et placée en égout; l’autre partie est constituée par des câbles simples qui seront placés sous moulures et dans des caniveaux en ciment.
- Le prix de l'énergie électrique est fixé à 15 centimes les 100 watts-heure. L’énergie est en effet vendue au compteur. Le type de compteur n’est pas encore désigné; il le sera ultérieurement, lorsque les résultats du concours établi par la Ville de Paris seront connus.
- Telles sont d’une maniéré bien abrégée les principales dispositions de cette intéressante et importante station centrale. Les difficultés n’ont pas manqué pour établir les machines et les canalisations dans les sous-sols des Halles. Le fonctionnement présentera également un service chargé. L’usine municipale remplit en effet les fonctions d’une triple station centrale; pendant le jour une machine fonctionnera d’une manière continue ; à partir de 5 heures, la consommation augmentera par l’éclairage d’une partie des lampes à arc et par l’éclairage des particuliers; à 2 heures du matin, au moment où les abonnés auront éteint chez eux, l’éclairage sera au complet dans les Halles pour les criées et les marchés.
- Les travaux ont été habilement dirigés par M. F. Meyer, ingénieur des ponts et chaussées, qui avait confié la partie électrique à MM. Chrétien et Laffargue et les constructions et parties de maçonneries à M. Darciie. E. Hospitalier.
- LES TRAINS DE VOYAGEURS
- EX 1810 ET EX 1889
- Les Compagnies de chemins de fer ont exposé au premier étage de la galerie des machines (classe 61) des dessins qui représentent des types de locomotives, de tenders et de voitures à voyageurs aux différentes époques de l’existence des chemins de fer, notamment en 1840, en 1854, en 1867, en 1878 et en 1889, et qui constituent une véritable histoire des trains de voyageurs. En dehors de ces dessins isolés, que toutes les compagnies ont en.oyés à l’Exposition, vraisemblablement sur la demande de l’Administration supérieure, la compagnie d’Orléans a eu l’ingénieuse idée d’exposer des tableaux-aquarelles représentant des trains de voyageurs tout entiers aux époques que nous venons d’indiquer. Ces tableaux montrent d’une manière encore plus saisissante dans quelle mesure ont varié la puissance des machines et les dimensions des voitures à voyageurs depuis l’origine des chemins de fer.
- En 1840, une machine à roues libres de 1,66 m de diamètre avec 12000 kilogrammes de poids adhérent remorquait un train de quatorze voitures pesant 90 tonnes à la vitesse de 40 kilomètres à l’heure, ce qui était considérable pour l’époque. La capacité du tender était de 4 mètres cubes seulement.
- Les voitures de troisième classe en usage en 1840 étaient découvertes et les voyageurs se trouvaient exposés à toutes les intempéries. Quant aux voitures de première classe, elles rappelaient beaucoup par leurs formes les diligences.
- Mais, en 1840, les chemins de fer étaient à leur début ; ils étaient encore considérés par bien des personnes comme une invention dangereuse à laquelle il ne fallait pas trop se fier. Les gens sérieux et raisonnables trouvaient la diligence plus sûre et ne voulaient pas rompre avec les anciennes habitudes. Toutefois les Parisiens, plus insouciants que les provinciaux, se servaient volontiers du nouveau mode de transport pour faire des excursions dans la banlieue.
- Ajoutons qu’à cette époque, tous les compartiments de voyageurs étaient fermés à clef pendant la marche, par mesure de sécurité, et que c’est précisément cet excès de précaution qui contribua à donner toute sa gravité à l’accident du chemin de fer de Versailles du 8 mai 1842, dans lequel périt l’illustre amiral Dumont d’Urville avec sa famille, car, après le déraillement du train, un commencement d’incendie s’étant déclaré, un grand nombre de voyageurs, qui n’avaient éprouvé aucun mal et qui auraient pu échapper au désastre, trouvèrent la mort dans les flammes, faute d’avoir pu disposer d’une issue.
- Dès 1854, le matériel des chemins de fer avait pris à peu près l’aspect qu’il devait conserver par la suite. Les voitures étaient devenues plus spacieuses et plus lourdes. Les trains de voyageurs se composaient de vingt-quatre voitures, nombre qu’il a été reconnu bon de ne pas dépasser et que les règlements ont consacré comme un maximum, ce qui correspondait alors à une charge de 185 tonnes. Des machines à roues libres de 2 mèlres de diamètre et 13 000 kilogrammes de poids adhérent remorquaient cette charge à la vitesse de 40 kilomètres à l’heure. La contenance du tender dépassait cinq mètres cubes.
- En 1867, le poids d'un train de voyageurs de vingt-quatre voitures atteint 210 tonnes. 11 devint alors nécessaire de construire des machines plus puissantes à roues accouplées de 2 mètres de diamètre avec25000 kilogrammes de poids adhérent, lesquelles remorquent les trains avec une vitesse de 50 kilomètres à l’heure. Sur ces nouvelles machines, un abri était ménagé pour le mécanicien et son chauffeur, qui, jusqu’alors, étaient restés exposés aux intempéries.
- En 1878, les dimensions et le poids des voitures sont encore augmentés. On voit apparaître les véhicules à grand écartement d’essieux, dont les premiers spécimens ont été construits par la compagnie d’Orléans, et aussi les voitures à trois essieux, auxquelles la compagnie P.-L.-M. a accordé la préférence. Dès lors, le poidsd’un train s’élève à 255 tonnes. Des machines encore plus puissantes deviennent nécessaires pour traîner cette lourde charge. Déjà en 1878, on voyait circuler sur certaines grandes lignes
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- des trains express marchant à la vitesse de 70 kilomètres à l’heure, et dans la composition desquels il entrait jusqu’à 100 tonnes de matériel à voyageurs.
- Mais le public n’est jamais satisfait! Après avoir admiré, en 1840, la vitesse, vertigineuse pour l'époque, de 40 kilomètres à l'heure, il a fini, de nos jours, par trouver que la vitesse de 70 kilomètres était tout à fait insulïisante. D’autre part, on a réclamé des compartiments plus larges, des sièges plus commodes, des plafonds plus élevés, des cabinets de toilette dans les voitures et des wagons-restaurants dans les trains; on a protesté contre la fatigue, la gêne et les incommodités de toute sorte, en un mot, contre le supplice résultant de l'obligation de se tenir à peu près immobile dans son coin pendant les longs voyages ; enfin on a voulu avoir, dans chaque voiture, une galerie-promenoir permettant aux voyageurs de circuler dans le train comme sur un navire et assurant, au moyen de passerelles,
- la communication permanente avec le wagon-restaurant. Bref, de til en aiguille, on en est arrivé à construire ces énormes voitures à bogies, auxquelles nous faisions allusion en commençant, véritables arebes de Noé, dont chacune ne contient pas moins de quarante-huit places de première classe, dont le poids dépasse 30000 kilogrammes, et dont le prix de revient n’est pas inférieur à 70000 francs. On conçoit que, dans ces conditions, le poids net des trains de voyageurs ait augmenté dans des proportions considérables. Et encore nous n’avons pas parlé de tous les accessoires qui ont surgi depuis quelques années et qui sont venus s’ajouter à ce poids mort : appareils d’intercommunication, freins continus à vide ou à air comprimé, réservoirs pour le gaz d’éclairage, etc.
- Les nouvelles voitures à intercirculation ne sont pas encore d’un usage très courant, attendu que, jusqu’à présent, on n’a pas encore eu le temps d’en construire un grand nombre; mais, avant peu, nous les verrons
- Dessins comparatifs des types ne locomotives lomlcrs cl voilures pour trains île voyageurs des années 1810, 18,'ii, 1867, 1878, 1889.
- circuler sur toutes nos grandes lignes. Pour le moment, la compagnie P.-L.-M. en a mis deux en service dans les trains de jour de Paris à Marseille et retour, et la compagnie d’Orléans compte en munir très prochainement ses trains rapides de Paris à Bordeaux, qui marchent à la vitesse de 75 kilomètres à l’heure.
- Le train qui se trouve représenté sur le dessin que nous reproduisons d’après les jolies aquarelles que la compagnie d’Orléans a exposées au Palais des Machines, comprend, outre la locomotive et le ten-der, un fourgon à bagages, une voiture ordinaire de première classe à quatre compartiments isolés, trois voitures du nouveau type à intercirculation, un wagon-restaurant, un fourgon à vaisselle, un bureau ambulant des postes et un second fourgon à bagages. l>e poids d’un pareil train est d’environ 225 tonnes. On a construit, pour le remorquer, des machines à roues accouplées de 2,15 rn et même de 2,30 m de diamètre, avec un poids adhérent de plus de 30000 kilogrammes, et des tenders pouvant contenir 15 mètres cubes d’eau, de façon à permettre
- d’accomplir sans arrêt de longues étapes, comme le fait déjà la compagnie P.-L.-M. avec ses trains rapides, qui vont d’une seule traite de Paris à Laroche (155 kilomètres), de Laroche à Dijon (160 kilomètres), etc. Tout ce matériel, ainsi perfectionné au prix de longs efforts et de sérieux sacrifices, constitue, nous le répétons, le dernier mot du progrès en 1889 et on ne saurait se lasser d’admirer les ingénieuses combinaisons qui ont présidé à sa construction.
- Et cependant, qui oserait affirmer qu’au siècle prochain, où nous allons entrer, lorsqu’on exposera, à titre de curiosité rétrospective, quelqu’un de ces lourds wagons à bogies et à intercirculation, qui nous semblent si pratiques, si confortables et si luxueux, sa vue n’excitera pas chez nos descendants une douce hilarité, quand ils le compareront avec les nouveaux moyens de locomotion que l’avenir leur réserve sans doute, et dont nous ne nous faisons probablement pas la moindre idée ?
- Alexandre Laplaiche,
- Inspecteur de l’Exploitation commerciale des chemins de fer.
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- MONTE-ESCALIER
- Nos lecteurs connaissent assurément les ascenseurs qui sont actuellement utilisés de toutes parts dans les grandes villes pour éviter, à ceux qui ont à atteindre les différents étapes d'une maison, la fatigue résultant de l’ascension des escaliers. Le monte - escalier , conçu dans le même but, ditfère complètement de l’ascenseur, et son installation est beaucoup moins coûteuse; ajoutons toutefois que l'inventeur de cet appareil n’a nullement la prétention de remplacer les ascenseurs dont les applications sont nombreuses, l'a où le mouvement des visiteurs est important : le monte-escaliers a des visées plus modestes, et s’applique surtout dans les hôtels, dans les maisons particulières, où les transports de visiteurs sont limités.
- En principe, ce nouveau mode d'ascension repose sur l’adaptation aux escaliers existants, d’une sorte de siège mobile qui peut transporter les personnes d’un palier à un autre, en suivant les mêmes évolutions que l'escalier lui-même, sur lequel l’appareil en sert ice n’occupe pas plus de place que ne le ferait la personne elle-même, en montant ou descendant comme d’habitude, et au repos extrêmement peu, car le siège se relève automatiquement le long de la rampe ou le long du mur, suivant les cas.
- Les dispositions peuvent varier avec les circonstances, mais l’installation se résume aux organes essentiels suivants ;
- 1° Le guide généralement constitué par deux fers plats supportés de place en place par des colonnettes et suivant, à quelques centimètres d’écartement des
- fuseaux de la rampe, les mêmes évolutions que celle-ci. Dans le cas où il se trouve avantageux de fixer le guide du côté du mur, il n’y a pas de dilfi-culté, mais le cas est peu fréquent à cause des portes des a](parlements. — 2° Le siège mobile porteur qui se compose d’un chariot vertical roulant sur les fers plats qui lui servent de rails et d’un strapontin sur lequel se place la personne. — .5° Le
- moteur. Celui-ci peut être hydraulique, électrique eu autre. 11 communique l’entraînement au chariot, par l'intermédiaire d'une chaîne ou d’un câble; mais les dispositions de la transmission peuvent varier suivant les circonstances. Le moteur peut exercer, par exemple, une traction directe ou bien entraîner un arbre de transmission sur lequel chaque aj (pareil prend individuellement et dans le sens voulu la puissance qui lui est nécessaire. A Paris, où l’on dispose partout d'eau sous pression, et où l'on disposera très prochainement de l'électricité comme du gaz et de l’eau, chaque cas spécial déterminera le choix du moteur le plus avantageux. Il en est de même dans les grandes villes. Pour les châteaux et habitations isolées, on pourraégalement, lorsque l'installation en vaudra la peine, établir un réservoir d’eau à une certaine hauteur pour alimenter le moteur. 11 n’y a nulle part impossibilité d'application, mais seulement différence de dépense. Chaque appareil, d'étage en étage, est indépendant et peut fonctionner isolément, de telle sorte que l’un peut monter pendant que l’autre descend.—Nous avons figuré le monte-escaliers d’après l’appareil que le public a pu voir fonctionner à l’Exposition universelle de 1889, dans la galerie des machines (classe 65).
- Monte-escalier de M. J. Alain Amiot.
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- Ce système était une fies choses nouvelles figurant à l’Exposition. L’installation laite sur un emplacement très restreint ne devait être considérée que connue une démonstration du principe. Mais il fonctionnait très régulièrement malgré la raideur de l’escalier.
- Le moteur employé à l’Exposition est une machine dynamo-électrique système Miot du type ordinaire de ce constructeur. Ce moteur commande, par l’intermédiaire d’une vis sans fin, un arbre portant une noix sur laquelle s’enroule la chaîne de traction. La marche avant ou arrière et l’arrêt du moteur sont obtenus à la volonté de la personne placée sur le strapontin par la simple manœuvre, dans un sens ou dans l’autre, d’un petit levier de commutateur relié a la machine par un conducteur souple, et qui permet de renverser le sens du courant dans l’induit sans changer le calage des balais. Les inducteurs étant alimentés par une dérivation spéciale toujours de même sens, le moteur tourne à volonté dans un sens ou dans l’autre pour la montée ou la descente.
- Le courant électrique est amené par deux fils aériens qui relient l’installation de M. Amiot avec le pavillon des machines qui actionnent les ponts roulants. M. Amiot a employé l'électricité à l’Exposition parce que la pose de deux fils était plus simple que la tuyauterie nécessaire pour un moteur hydraulique.
- Dans la plupart des installations, au contraire, l’eau sous pression sera employée comme force motrice. Un dispositif spécial permettra, avec la faible pression relative des conduites publiques, d’alimenter à haute pression de très petits moteurs dissimulés sous un siège placé sur chaque palier.
- Le monte-escalier ne peut transporter qu’un seul voyageur à la fois, mais comme il y a un appareil fonctionnant isolément pour chaque étage, les visiteurs peuvent monter successivement d’étage en étage, ou bien encore un visiteur peut descendre l’escalier pendant qu’un autre le monte, ce qui ne saurait avoir lieu avec les ascenseurs ordinaires.
- * Quoi qu’il en soit d’ailleurs de l’avenir réservé à ce système, nous avons cru devoir le signaler parce qu’il est nouveau et qu’il nous a paru bien conçu et bien étudié. X..., ingénieur.
- LA PÈCHE DU HOMARD
- A TERRE-XEUVE
- Nos lecteurs trouveront peut-être quelque intérêt à connaître les conditions dans lesquelles s’exerce cette industrie. C’est en 1885 que le chef de la division navale française signala à l’administration les ressources merveilleuses qu’on pouvait tirer de la capture des homards : les industriels anglais établis sur le French Shore avaient mis, depuis longtemps, à profit l’exploitation de la pêche de ces crustacés. Venus de l’ile du prince Edouard et du cap lircton, ils avaient élevé des usines dans les haies de
- la côte nord-ouest et de la côte est de l’ile. A Port-Swen-der, notamment, une usine anglaise avait pêché 800000 homards en deux mois et était obligée de restreindre la pêche afin de permettre le fonctionnement régulier de la mise en boite, llien de plus simple, d’ailleurs, que la pêche de ces crustacés et la préparation des conserves qui permettent de les expédier au loin.
- Un pêcheur, seul dans un canot, jette à l’eau une série de casiers demi-cylindriques en lattes, à claire-voie, avec une ouverture latérale au centre de laquelle on suspend une tête de morue. Les homards attirés par cet appât dont ils sont très friands, pénètrent dans le casier et n’en peuvent plus sortir unevfois entrés. Lorsque le pêcheur a déposé son dernier casier, il va relever le premier qu’il remonte avec une douzaine de homards. Il les recueille, amorce de nouveau, remet le casier à l’eau et eontmue ainsi sa tournée sans interruption. Pendant le mois de juillet, sur un espace de 3 kilomètres, on peut pêcher parfois plus de 10 000 homards par jour.
- Les homards capturés sont rapportés à l’usine ; on les verse dans de vastes chaudières pleines d’eau bouillante ; on remue avec un bâton armé d’un filet en mailles métalliques. Dès qu’ils sont cuits, on les égoutte et on les range sur des tables placées le long du mur de la pièce. Une fois refroidis, un homme les dépèce avec un couperet ; la chair est portée à des femmes qui en remplissent des boîtes en fer-blanc. Les boîtes sont pesées; on soude le couvercle en y laissant un trou; enfin on les dépose sur des plaques percées entourées d’eau bouillante ; après quelques instants de cuisson, on ferme le trou par une goutte de soudure et la conserve est terminée. Nos armateurs devaient bientôt être incités à tenter une entreprise qui présentait des avantages si considérables; le port de Saint-Servan fut le premier à organiser une « homar-derie » à Terre-Neuve, en 4887. Les résultats de la première année furent satisfaisants : 20 hommes, montant 10 chaloupes, plaçaient et relevaient 280 casiers par jour ; chacune de ces chaloupes rapportait en moyenne 550 homards par jour et parfois davantage. Le gouvernement ne négligea rien pour encourager ces entreprises ; il affranchit de tous droits, à l’entrée, les boîtes de conserves provenant de la fabrication française à Terre-Neuve, alors que les boîtes similaires anglaises payaient 40 francs par 100 kilogrammes. De plus, les commandants de la division navale recevaient les ordres les plus précis pour soutenir, aider, protéger ceux qui entreprenaient l’industrie naissante. Ils avaient notamment reçu des instructions toutes spéciales pour résister aux prétentions des Anglais ou des Terre-Neuviens qui voudraient s’opposer aux installations de nos nationaux sur le « French Shore )>’.
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- L’OUTIL PNEUMATIQUE
- DE MAC-COY
- Les journaux scientifiques américains et anglais s’occupent beaucoup depuis quelque temps d’un appareil fort simple et très ingénieux à la fois, qui permet de réduire énormément le prix de la main-d’œuvre dans une foule de travaux, tels que ceux du fer, du cuivre, de l’or, de l’argent, de l’acier, du bois, du granit, du marbre, etc. Ses applications sont égale-
- 1 D’après la Revue générale de la marine marchande.
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- ment nombreuses pour les travaux de mine et de carrière. L’Outil Pneumatique Mac-Coy, c’est le nom de la nouvelle invention, pourrait être un jour aux industries que nous venons d’indiquer rapidement, ce que la machine à coudre est à la couture à la main. Les Américains, toujours prompts à appliquer un perfectionnement pratique, adaptent déjà cet outil pour une vingtaine d’industries différentes et déclarent qu’il constitue une économie nette de 75 à 85 pour 100 dans la main-d’œuvre; l’ouvrage obtenu est, dans bien des cas, supérieur à celui de la main-d’œuvre ordinaire.
- Nous allons nous efforcer de donner une explication détaillée du nouveau système.
- La force motrice est fournie au moyen de l’air comprimé à une pression qui varie de 5 à 5 kilogrammes par cm2, selon le genre de travail que l’on veut accomplir; afin de laisser la mobilité jla plus complète à l’ouvrier, l’air est conduit à l’outil à l’aide d’un tuyau de caoutchouc ordinaire; s’il le faut, l’outil peut fonctionner sous l’action de la vapeur au lieu de l’air comprimé.
- L’outil pneumatique donne un très grand nombre de petits coups de marteau en très peu de temps; des essais répétés, faits aux États-Unis, ont démontré qu’il peut donner jusqu’à 15 000 coups de piston ou de marteau en une minute. Il s’ensuit qu’au lieu de donner vingt ou trente coups de marteau en une minute pour accomplir une certaine tâche, selon la pratique usuelle, on donne de cinq à dix mille petits coups pour accomplir une tâche décuple dans le même laps de temps.
- Dans l’origine, cet outil avait été construit uniquement à l’usage des dentistes, pour tasser et durcir l’or ou l’argent en feuille dans le creux des dents malades; mais après trois années de travaux incessants, l’inventeur, M. Mac-Coy, perfectionna l’appareil et parvint à l’appliquer à une foule d’industries. Variant selon les applications, c’est un outil qui pèse de 250 grammes à 10 kilogrammes, et qui mesure de 12 millimètres à 150 millimètres de diamètre, sur une longueur de 100 à 500 millimètres. Ses organes sont peu nombreux et fort simples; ils sont tous renfermés dans un cylindre d’acier muni à une extrémité d’une embouchure à laquelle on attache le tuyau de caoutchouc qui amène l’air venant du compresseur, et, à l’autre extrémité, d’une tige conique dans laquelle on emmanche un ciseau ad hoc, selon que l’on dégrossit ou que l’on finit une matière quelconque. Cette tige est munie à l’intérieur d’un ressort à boudin qui rappelle constamment l’outil en arrière, chaque fois qu’il a été frappé d’un coup de marteau, ou, pour être correct, d’un coup de piston ; ce piston est l’organe principal de l’appareil, c’est l’agent actif qui reçoit et qui donne tour à tour l’impulsion communiquée par l’air comprimé. Ce marteau-piston n’a pas de tige ; il joue librement dans le cylindre principal et il porte en lui-même, par le travers de son axe, son appareil de distribution sous
- la forme d’un petit piston à deux têtes et à compartiment central qui, en jouant constamment d’un côté et de l’autre, permet le passage de l’air comprimé; cet air abat et relève alternativement le marteau. L’introduction et l’échappement de l’air sontcon-duits de telle façon que le piston ne frappe jamais, dans sa course ascendante ou descendante, sur les parois de l’appareil qui l’enveloppe; il n’a pas non plus de contact latéral avec cette enveloppe, car il est toujours entouré de tous côtés d’une couche d’air qui, tout en étant infinitésimale, est suffisante pour l’isolcr complètement. C’est ce qui explique que cet
- Fig. î. — Outil pneumatique de M. Mac-Coy. — a. Section vue de face. — b. Vue de côté. — c. Chambre d’échappement. — d. Chambre d’introduction et régulateur.— e. Piston de distribution. — f. Plan du régulateur.
- outil peut travailler avec une vitesse aussi étonnante sans être jamais graissé. Cette même couche d’air s’interpose aussi entre le piston-frappeur et la tête du porte-outil.
- Nous avons vu à 1 Exposition du Champ de Mars1 un outil qui avait frappé plus de 5 millions de coups, et la tête du piston-frappeur indiquait pour toute usure une surface plus brillante que les autres parties. Dans ces conditions exceptionnelles, on comprend, jusqu’à un certain point, l’assertion de l’inventeur, qui prétend que l’usure de l’outil est nulle, sauf pour deux petites rondelles en lignum vita qui
- 1 Salle des Machines, section des États-Unis, classe 57.
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- servent de tampon et qui sont placées aux deux extrémités du petit piston distributeur.
- Nous donnons ci-avant (fig. 1) quelques dessins qui aideront le lecteur à mieux comprendre la construction de cet outil vraiment extraordinaire.
- Dans la figure 1, il y a six dessins, a, b, c, d, e, f, qui donnent tous les détails de la construction. L’extrémité supérieure de a reçoit le tuyau flexible qui amène l’air comprimé; l’antre extrémité, qui épouse la forme conique, reçoit les outils proprement dits; cette partie conique est immédiatement relevée à l’intérieur, après chaque coup de marteau-piston, au moyen d’un ressort à boudin, figuré à la
- partie inférieure de la figure b, et par l’air comprimé en retour.
- Lorsque l’air comprimé est introduit dans l’outil, il rencontre comme obstacle un cylindre-piston qu’il cbasse en avant jusqu’à ce qu’il frappe sur la tète de la tige qui supporte l’outil. Par le moyen d’une rainure ménagée dans le cylindre meme, une certaine quantité d’air s’interpose à chaque coup, entre l’extrémité inférieure du piston et la tète du porte-outil; la même chose se produit dans la course ascendante. Par ce dispositif, un matelas d’air empêche le contact violent de deux parties métalliques, et, par conséquent, leur usure.
- Fig. 2. — Emploi du nouvel outil pneumatique américain. —
- 3. Matage des tôles.
- L’organe de distribution, celui qui règle l’admission et l’émission de l’air, se trouve placé dans l’intérieur du piston-marteau, dans une position sec-tionnelle transversale; on peut en voir les détails dans les figures a et e. C’est un petit piston à deux têtes ayant deux gorges séparées par une paroi au centre; dans sa course il couvre et découvre tour à tour les orifices d’émission et d’admission d’air.
- La course du piston-frappeur est très courte ; elle varie de 5 à 6 millimètres seulement, selon la dimension de l’outil.
- La figure f donne les détails de l’organe d’admission de l’air, on le voit aussi dans la figure d ; il est placé de manière à ce que l’ouvrier qui emploie l’outil puisse le contrôler facilement. Par un léger
- i. Taille el sculpture du marlire. — 2. du charliou.
- - Ucpcu^,.
- mouvement du doigt, il active le travail au point de frapper cinq, six, et jusqu’à dix mille mille coups à la minute, ou à n’en frapper qu’un petit nombre et d’une très petite force. On peut imaginer, par ce détail, quelle délicatesse de touche, quelle précision l’ouvrier peut apporter à son travail, sans pour cela se donner aucune peine. L’ingénieur de la Compagnie américaine nous assure que, grâce à cet outil, il a vu de simples manœuvres devenir, en peu de temps, des ouvriers experts, lorsqu’il leur eût fallu des années d’apprentissage s’ils s’étaient servis des outils ordinaires.
- La figure 2 représente l’emploi de l’outil pour diverses industries.
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- LÀ STATUE DE J.-B. DUMAS
- (Suite et fin. —Voy. p. 350.)
- La statue de J.-B. Dumas s’élève sur la place Saint-Sébastien, à Alais; elle est due, comme nous
- l’avons dit précédemment, à un sculpteur de grand talent, M. Pech, qui a su animer le bronze, et faire revivre dans le métal la physionomie de l'illustre chimiste.—J.-B. Dumas est représenté debout, le bras étendu, dans le geste qui lui était familier quand il enseignait ou lorsqu’il prononçait quelques-uns
- La statue de J.-B. Dumas à Alais (Gard).
- de ces éloquents éloges qui lui ont ouvert les portes de l’Académie française.
- En présentant à nos lecteurs l’aspect du monument, nous ne croyons pouvoir mieux faire que de continuer à donner l’appréciation de M. Pasteur sur le grand savant :
- Parmi les hommes supérieurs, a dit M. Pasteur, dans son allocution prononcée le jour derinaugurationdumonument,
- il en est qui, s’isolant dans leurs études, ont pour le tumulte des idées une pitié dédaigneuse ou une indulgente ironie. Ne s’inquiétant pas de l’opinion générale, — que dans "leur esprit trop délicat ils confondent volontiers avec l’opinion du vulgaire, — ils ne visent qu’à exercer une influence directe sur un cercle de privilégiés. Si cette élite leur échappait, ils trouveraient encore dans l’activité et le spectacle de leur propre intelligence un intérêt vif et prolongé.
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- D’autres, emportés au contraire par le besoin de faire triompher leurs idées, se jettent dans les batailles de la vie publique.
- Il est enfin un petit nombre d’hommes aussi bien faits pour le travail silencieux que pour les débats des grandes assemblées. En dehors des études personnelles qui leur assurent dans la postérité une place à part, ils ont l’esprit attentif à toutes les idées générales et le cœur ouvert à tous les sentiments généreux. Ces hommes-là sont les esprits tutélaires d’une nation.
- M. Dumas en fut, dès sa jeunesse, un type souverain. S’agissait-il d’une grande école à fonder comme l’Ecole centrale, ou d’un inventeur à encourager comme Daguerre, par exemple, plus que méconnu dans les premiers temps, M. Dumas était toujours là. Ses avis, pleins d’une douce gravité, pesaient comme des oracles. Outre cette pénétration immédiate qui lui faisait démêler en toute idée neuve ce qui était praticable et durable, il avait pour chaque personne et dans chaque cas particulier le don de conseil. Aussi, entreprendre un travail qu’il n’eùt pas approuvé nous eût semblé, à nous ses élèves, une tentative téméraire et comme un manque de respect.
- Pour moi, messieurs, je puis dire que pendant quarante ans je n’ai cessé de travailler en ayant devant l’esprit cette figure vénérée dont un mot encourageant d’abord, puis mieux, puis plus que je n’osais l’espérer, étaient pour moi une récompense et un honneur qui dépassaient tous les autres. Son enseignement avait ébloui ma jeunesse; j’ai été le disciple des enthousiasmes qu’il m’avait inspirés. Son autorité, son pouvoir d’àme étaient si grands que, quand il me demanda, en 1865, le plus dur des sacrifices, celui d’interrompre mes recherches sur les fermentations pour venir dans votre pays étudier, sans que rien m’y eut préparé, le fléau qui ruinait la sériciculture, je lui répondis ce mot : « Disposez de moi. » « Ah! me dit-il alors, avec une intonation où éclatait tout son cœur d’enfant d’Alais, ah 1 parlez ! La misère dépasse tout ce que vous pouvez imaginer ! »
- Ce qu’il me fallut d’efforts durant cinq années pour triompher de cette maladie des vers à soie qui désolait vos magnaneries, je n’ai pas à le rappeler. Mais dans l’expression de votre reconnaissance dont je suis si profondément touché, n’oubliez pas la part d’initiative qui revient à M. Dumas.
- Rien ne nous semble plus touchant que les liens d’estime et d’affection réciproques qui existent entre les grands maîtres et leurs élèves. Si M. Pasteur se glorifie d’avoir eu J.-B. Dumas pour maître, M. Dumas était fier de compter M. Pasteur parmi ses élèves, et lors de la cérémonie d’Alais, le groupe de sériciculteurs qui a offert à M. Pasteur un objet d'art en souvenir de ses beaux travaux sur la maladie des vers à soie, ne pouvait rien faire pour rendre mieux hommage à la mémoire de J.-B. Dumas.
- Gaston Tissandier.
- ÉRUPTION DE PÉTROLE
- Un phénomène étrange a été décrit récemment par le consul des États-Unis à Maracaibo dans le Vénézuela. La partie du gouvernement de Colon située entre les rivières Santa Anna et Zulia et la Sierra qui forme la frontière de la Colombie, est très riche en asphalte et en pétrole. Près du Rio de Oro, au pied de la Sierra, on rencontre
- une cave horizontale qui émet constamment des bulles de bitume épais. Ces bulles font explosion à l’entrée de la cave avec un bruit assez fort pour être entendu de très loin, et le bitume Ramasse en un large dépôt près du bord de la rivière. Le territoire limité par les rivières Zulia et Catatunibo et la Cordillère est riche en dépôts et en courants d’asphalte et de pétrole, particulièrement vers le sud. A une distance de plus de 7 kilomètres du confluent de la Tara et de la Sardinete, on rencontre un rempart de sable de 25 à 50 pieds de hauteur et qui a une surface d’environ 8000 pieds carrés. Sa superficie est percée d’une multitude d’orifices cylindriques de différentes dimensions qui rejettent avec violence du pétrole et de l’eau chaude en produisant un bruit égal à deux ou trois steamers soufflant simultanément. Le sol aux alentours, jusqu’à une très grande dislance, est recouvert ou imprégné de pétrole. Les chercheurs de baume de copahu, qui parcourent seuls les forêts vierges du pays, appellent cette place le petit enfer (Infernilo). On assure qu’un seul de ces courants de pétrole remplit un réceptacle de la capacité de 18 litres en une minute, ce qui représente 1080 litres par heure ou 25920 litres par 24 heures. Ce pétrole est d’excellente qualité et d’une densité de 85 degrés. Si l’on considère l’immense quantité de gaz inflammables qui doivent être émis par ce flux de pétrole, on peut penser qu’elle doit être en rapport direct avec le phénomène connu depuis la conquête sous le nom de Faro de Maracaibo. Celui-ci consiste en l’apparition d’éclairs continus sans explosion que l’on peut observer vers le sud depuis la barre d’entrée du lac. On rencontre aussi, près des montagnes et dans le voisinage de la rivière Torondoy, plusieurs courants d’une substance qui paraît différente de l’asphalte et du pétrole. C’est un liquide noir, peu dense et fortement imprégné d’acide carbonique qui est presque identique à celui qu’on rencontre aux États-Unis parmi les gisements d’anthracite1.
- UN NOUVEAU CYRTOMÈTRE
- Le cyrtomètre a été imaginé par Andry pour mesurer les courbes ou saillies des parois thoraciques chez les malades. C’est, comme son nom l’indique (xupxôî, courbe; p.:Tpov, mesure), un appareil flexible pouvant s’appliquer sur la paroi du corps, en suivre les contours, en relever le profil et en reportant l’instrument sur le papier, donner une véritable coupe horizontale avec tous les détails de forme, accessoires ou surajoutés par une lésion quelconque.
- Cet instrument n’a été guère jusqu’ici employé que par les médecins. Un d’eux, médecin distingué des hôpitaux de Paris, Woillez, réhabilita l’usage de cet instrument en construisant un appareil plus pratique que celui d’Andry. Il faut citer également dans ce genre le cyrtographe de Fourmentin qui était une ingénieuse application du pantographe à la représentation graphique des courbes de la poitrine.
- Le cyrtomètre, dont le dessin est représenté ci-contre, réalise un perfectionnement de plus. 11 a été imaginé par le Dr Mollard, directeur de l’Institut kinésithérapique de Lyon. C’est une lame d’acier flexible, garnie à la partie extérieure d’une série de petites articulations constituées par l’engrènement de pinces, lamelles d’acier qui glissent l’une dans l’autre. La multiplicité de ces articulations à
- 1 D’après le journal anglais Nature.
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- engrenage, leur faible dimension, permet à la lame d’acier de ne rien perdre de sa flexibilité et de s’appliquer sur tous les contours possibles.
- Le détail intéressant, et très simjde, de cet appareil est la fixité de la mesure prise; le détail est réglé par un mécanisme très simple, une série de petites vis à écrou immobilisant les lamelles d’acier à leur point d’emboîtement, quand l’appareil est appliqué. Vous voulez mesurer la courbe thoracique d’un sujet atteint de scoliose, vous appliquez l’appareil comme une ceinture autour de la poitrine ; une fois la lame d’acier bien collée en quelque sorte sur le point dont vous désirez avoir le relevé, vous serrez les vis. Les articulations sont rigides, immobiles. Comment faire pour enlever cette ceinture ? L’élasticité de la lame d’acier va nous en fournir le moyen; en la détordant de chaque bout par une sorte de mouvement de spirale, vous enlevez très facilement le cyrtomètre, dont la courbe n’a pas bougé, la lame d’acier reprenant sa disposition première et les articulations n’ayant pas cédé.
- 11 ne reste qu’à reporter sur le papier la courbe donnée par l’instrument pour avoir une mesure aussi précise que possible. Pour mesurer les déviations de la taille, les voussures d'une région quelconque du corps, le cyrtomètre de Mollard donne des résultats d’une exactitude
- Le cyrlomètre du I)r Mollard.
- qu’on ne pouvait avoir jusqu’ici avec un instrument aussi simple. Je ne m’arrêterai pas aux applications qu’il peut avoir en dehors de la médecine; mesures anthropométriques, mesures pour un sculpteur, etc. Si j’ai bien fait comprendre le mécanisme de l’instrument, le lecteur en trouvera sans peine les applications. Dr A. Cartaz.
- LE PALAIS ALGÉRIEN
- A. L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Nous ne saurions avoir la prétention de passer en revue la totalité de l’exposition algérienne. C’est dire que nous ne nous astreindrons pas à tout signaler au passage, depuis la belle carte murale qui se trouve dans la galerie d’entrée, jusqu’aux milliers de bouteilles de vin algérien qui entourent la sortie du Palais. Nous noterons l’élégant et pittoresque aménagement des salles, égayées par les couleurs vives des tapis, des tentures algériennes, qui appellent le soleil clair d’outre-mer; nous signalerons l’intéressante collection de brochures publiées par le commissariat général de l’exposition algérienne, dans lesquelles différents écrivains nous entretiennent des principales ressources et industries de notre grande colonie.
- Au point de vue zoologique, j’attirerai l’attention sur l’exposition de plumes d’autruche. L’autruche
- existait autrefois à l’état sauvage en Algérie, mais voici vingt ans qu’elle a disparu, détruite par les chasseurs. Depuis cette époque, différentes tentatives ont été faites pour élever cet oiseau, comme cela se fait au Cap, pour l’exploitation des plumes. On sait qu’au Cap il se produit pour 50 à 60 millions de francs de ces plumes, dans les parcs consacrés à l'élevage. On peut obtenir, à peu près, le même résultat en Algérie, comme le signale M. J. Forest, non dans le Nord assurément, mais dans des parties plus chaudes, entre Biskra et Ouargla, où l’on trouve tout ce qui est nécessaire pour cette industrie, sauf l’autruche, qu’il faut, bien entendu, importer, comme cela a été fait d’ailleurs dans bien des cas plus difficiles : c’est ainsi qu’il existe aux Etats-Unis trois parcs qui ont fort bien réussi. Si l’on s’y prend bien, il semble que cette industrie soit capable de prendre rapidement de grands développements, car, en 1865, il y avait 8 autruches au Cap, et, en 1875, elles étaient plus de 52 000 î Actuellement, l’ensemble des parcs représente une valeur de plus de 200 millions, l’exportation des plumes atteint 75 millions de francs. Cet exemple est encourageant. L’autruche peut très bien vivre dans certaines parties de l’Algérie : il en existe quelques parcs et l’on peut voir les plumes obtenues au Palais algérien.
- Au point de vue des ressources zoologiques encore, je signalerai les effets salutaires des règlements récents qui ne permettent l’exercice de la pêché qu’aux équipages français (d’origine ou naturalisés) et obligent les étrangers à acquitter certaines taxes. Le nombre des bateaux a un peu diminué, mais du moins les profits vont en entier à des nationaux. Il serait bon de surveiller beaucoup plus la pêche du corail, afin que le précieux polype ne vienne point à disparaître : en 1870, on en pêchait pour plus de 2 millions, et en 1888 on en a pris pour moins de 500 000 francs. Le corail diminue beaucoup et il est urgent d’agir. On sait que le corail algérien est de belle qualité, et, de toutes façons, il faut ne pas le laisser détruire.
- Après les ressources zoologiques', les richesses agricoles. Certes, chacun de nous a entendu parler des vins d’Algérie, et chacun a pensé avec satisfaction que nos vignobles tant éprouvés en France se reconstituaient peu à peu sur la terr.e d’Afrique; mais nul, je le pense, parmi ceux qui ne se sont point spécialement occupés de la question, ne s’attendait à l’imposante manifestation de la viticulture algérienne qui s’est produite à l’Esplanade des Invalides. Tous ont été surpris et émerveillés. Quelques chiffres justifieront cette admiration. La récolte de 1889 est de près de 5 millions d’hectolitres valant plus de 40 millions : or, en 1879, pour la première fois, l’Algérie exportait 6000 hectolitres. Enfin, l'Algérie compte actuellement plus de 85 000 hectares de vigne. C’est là une œuvre qui s’est accomplie depuis peu et dont les progrès ont été superbes. Est-il à souhaiter quelle continue? doit-on accroître
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- encore la superficie du vignoble algérien? M. Bertrand, le président de la Société d’agriculture d’Alger, n’hésite pas à se prononcer affirmativement, en montrant que les vignobles algériens ne sont menacés d’aucun danger sérieux, et sont assurés d’une production lucrative. 11 faut pourtant l'avouer : avec les règlements en vigueur, avec les armes excellentes dont l’autorité dispose pour combattre le phylloxéra, il est honteux pour celle-ci que le phylloxéra ait pu, non pas prendre pied, mais prospérer en Algérie. Cela prouve une fois de plus qu'il vaut mieux faire ses affaires soi-mème que de les confier aux mains d’autrui. Il est à souhaiter que l’on considère sé-
- rieusement cette question d’une haute importance.
- La viticulture n’est pas la seule ressource agricole de notre colonie. Chacun a pu voir, à coté du Palais algérien, le petit pavillon consacré aux forêts algériennes. A la vérité, c’est plutôt le triomphe du liège qu’autre chose : les essences y sont peu nombreuses et c’est le chêne-liège qui domine. L’industrie du liège est en effet répandue en Algérie, comme en Tunisie, grâce aux 455 000 hectares qui s’y trouvent, plantés de quercus suber. D’ailleurs la superficie de la totalité des forêts, en Algérie, est de plus de 3 millions d’hectares, où le chêne vert, le pin d’Alep et le thuya dominent. 11 est passable-
- Fig. 1. — lXilais de l'Exposition algérienne à l'Esplanade des Invalides de Paris. (d'après une photographie de MM. Neurdeiu.)
- ment de meubles exposés dans la section algérienne : les bois sont beaux, mais en général le travail est d’un goût très médiocre.
- Au point de vue de l’agriculture générale, nous avons noté bien des échantillons intéressants en fait de blé, d’orge, de ramie, d’alfa. Mais ce qui nous intéresse plus encore, ce sont les tentatives faites, principalement du côté de Biskra et de Touggourt, pour créer des oasis, pour rendre la culture possible grâce aux puits artésiens. L’eau se trouve, dans cette région, à une profodneur qui n’a rien d’exagéré (de 50 à 80 mètres), et l’eau seule est nécessaire pour transformer le désert, sur les confins duquel on se trouve, en plaines fertiles, appropriées à diverses cultures ; aussi doit-on applaudir aux efforts de tous ceux qui cherchent, par les puits artésiens, à four-
- nir de nouveaux champs à l’activité des agriculteurs. Nous renverrons à ce sujet nos lecteurs aux excellents articles publiés précédemment dans La Nature1. — Parmi les produits agricoles exposés, il en est un qui présente un grand intérêt : je veux parler non de la ramie, — qui prendra sans doute bientôt un essor superbe, — mais de l'alfa (ou halfa). Cette plante, la Stipa ienacissima des botanistes, est une graminée vivace, qui se rencontre en abondance dans toutes les parties de l’Algérie. Elle croît encore en Espagne, en Tunisie, en Tripolitaine et au Maroc : avec l’Algérie, ces différents pays en exportent par an 225 tonnes environ. A quoi sert donc cette plante, demandera-t-on? Elle
- 1 Voy. n° 823, du 9 mars 1889, p. 231.
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- a des usages multiples. On Remploie beaucoup pour fabriquer la pâte à papier, et elle fait une concurrence sérieuse a la pâte préparée avec le bois : la papeterie en absorbe environ 210000 tonnes par an. Presque toute cette énorme quantité va en Angleterre, soit 200 000 tonnes ; la Belgique et la France se tiennent pour satisfaites avec le restant, et le motif en est tout simple : en raison des prix de transport, l’halfa revient, par 100 kilogrammes, à 10francs en Angleterre et h 14 francs en France. Cela paraît absurde, mais cela est. L'halfa se prête encore à d’autres usages, en particulier a la sparteric et a la cordc,-rie.Onen fait des nattes, des tapis, des corbeilles, des
- balais, des chaussures, des cordes, des tentures, du celluloïd. Si l’on veut voir du papier d'halfa, on en trouvera à l’exposition algérienne; on en verra encore en regardant les beaux journaux illustres anglais, et l’on sait que les papiers anglais sont de belle qualité. 11 est regrettable que l'halfa, si facile à cultiver en Algérie, revienne si cher en France, car il y aurait manière d’utiliser avantageusement ce produit.
- Un coup d’œil à présent sur l’exposition forestière, où les beaux échantillons de bois abondent, et nous pouvons regarder un instant les ressources minéralogiques auxquelles M. Pomel a consacré une excel-
- Eig. — Le bazar algérien à l'Exposition universelle
- lente étude. On peut voir d’admirables échantillons de marbre de toutes couleurs, et surtout des onyx incomparables. De cette dernière roche, il y a deux blocs, l’un brut, l’autre poli, de grande beauté, et encore une coupe immense, montée sur quatre colonnes, avec socle en même matière, qui fait l’admiration de tous. 11 est de fait que la pièce est digne de tous les éloges, et que l’effet produit par ce motif est saisissant. Remarquons encore, sur les murs, les cartes très intéressantes du département d’üran, dressées au point de vue de la viticulture, de l’agriculture et enfin de la minéralogie. Un coup d’œil aussi sur les objets préhistoriques, sur les échantillons minéralogiques, sur les peaux d’animaux (lion, panthère, etc.), sur le corail, etc. Signalons aussi l’exposition du sorgho a sucre. C’est
- de 1889. (D'après une photographie (le MM. Neurdefu.)
- une plante intéressante. Elle se cultive aisément en Algérie et contient passablement de sucre ; depuis quelque temps l’on fait des essais pour créer une industrie sucrière, et ces essais méritent d être signalés. On tire de ce sorgho du beau sucre, qui ne le cède en rien au sucre de canne, et peut-être assistons-nous à l’éclosion d’une ressource nouvelle dont notre colonie tirera grand profit.
- Aux environs du Palais algérien sont groupés des tentes arabes; à côté une sorte de théâtre nous donne l’exhibition des Aïssaouas.
- Irons-nous chez les Aïssaouas ? Cela n’en vaut guère la peine, et c’est un faible simulacre de scènes curieuses, mais assez répugnantes pour nos yeux.
- Nous jetterons en passant un coup d’œil sur les bazars où des marchands débitent force petits objets
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- orientaux et dont l’aspect est parfois très pittoresque («g. 2).
- Nous conserverons longtemps le souvenir de l’impression que nous a produite la belle exposition du Palais algérien, impression des plus encourageantes, qui nous permet d'espérer que nous saurons tirer de notre colonie un parti toujours meilleur.
- Henry de Yarigny.
- — «X^X——
- CHRONIQUE
- Le plus grand tramway du monde. — C’est à coup sur la République argentine qui va bientôt avoir l’honneur de posséder le plus grand des tramways du monde, comme longueur et comme importance. Cette voie, actuellement en construction, est destinée à relier un certain nombre de villes de la République à Buénos-Ayres ; la longueur en sera de 500 kilomètres. Son matériel n’est pas moins considérable, c’est-à-dire qu’il est proportionné à la longueur du réseau. 11 possédera 5 sleeping-cars, 4 wagons à impériale, 20 wagons à plates-formes, 6 wagons-glacières, 4 wagons-abattoirs, pour le transport du bétail et des volailles, 2 wagons-grues et 200 wagons à marchandises. On voit que ce serait bien plutôt, à tous points de vue, uft chemin de fer qu’un tramway: mais on a préféré ce dernier système, tout simplement par suite du bon marché de la traction animale; dans l’Argentine, où les mines de charbon ne sont pas encore exploitées, et où le bois est assez rare, le combustible coûte très cher, tandis que les chevaux sont solides et résistants et ne coûtent presque rien; on n’hésite pas à les employer aux besognes les plus pénibles; ne considérant comme valant quelque chose que leur peau, qu’on exporte comme cuir. D. B.
- Longévité des éléphants. — Les journaux de Ceylan ont parlé récemment de la mort d’un éléphant très connu dans l’ile, et qui a été vu par plusieurs générations d’Anglais; cet éléphant avait reçu le nom de Sello; il avait appartenu au dernier des rois de Kandy, à Sri-wiekrema-Rajah-Singha, et était l’un des cent éléphants qui furent pris par le gouvernement anglais, en 1815, quand la dynastie kandyenne fut renversée et que file entière passa sous le gouvernement britannique. A cette époque, on disait de l’éléphant Sello qu’il avait quinze ans ; si ce chiffre est bien exact, il serait mort de mort naturelle à l’àge de quatre-vingt-neuf ans. Pendant presque toute sa vie, Sello fut employé aux travaux publics de l’ile, construction de routes, empierrements, défrichements, transport de fardeaux ; en 1880, il fut vendu et acheté par un habitant de l’ile, M. de Soysa. 11 servit quelquefois dans les campagnes dans lesquelles l’on réduit à la domesticité les éléphants sauvages. Il était remarquablement doux, intelligent et obéissant. Il y a deux ans environ, il devint complètement aveugle ; on continua cependant à l’employer à la charrue jusqu’à la fin de sa vie. Ses défenses, qui furent enlevées après sa mort, avaient cinq pieds de longueur et il était haut de huit pieds.
- l'n pont sous-inarin sous le Sund. — Ce projet, au titre paradoxal, est l’œuvre d’un ingénieur suédois, M. Rudolf Lilljeqvist; le fait est que c’est bien un pont, portant une voie ferrée et établie sur des piles, et que cependant il serait sous-marin. Il s’agit d’établir une communication permanente par voie ferrée entre Copen-
- hague et la Suède; la distance est seulement entre les deux côtes de 4 kilomètres environ; mais ce passage nécessite toujours des transbordements, et en outre, il est souvent difficile pendant l’hiver, par suite des encombrements de glaces. Le pont en question partirait d’Uelsing-borg, sur la côte suédoise, pour atteindre Elseneur ; cette dernière ville est unie par voie ferrée à Copenhague. Il doit se composer de travées de 50 mètres; mais il doit être descendu à un niveau suffisant au-dessous de la surface du détroit pour ne pas gêner le passage des navires du plus fort tirant. D’ailleurs, condition nécessaire, le tablier supportant la voie ferrée est entouré d’un tube composé d’une double enveloppe, une extérieure en fer, une autre intérieure en acier ; l’espace intermédiaire doit être rempli de béton. Le poids de ce grand tube serait calculé de façon à pouvoir presque flotter et à ne faire supporter aux piles qu’une très faible pression. C’est qu’en effet il y aura des piles, et c’est même ce qui lui donne le caractère véritable d’un pont. Ces piles ne seraient simplement que des caissons métalliques pleins de béton et coulés à environ 30 mètres les uns des autres ; les joints des tubes se trouveraient donc au droit de ces piles, ils seraient garnis d’une épaisse couche de béton qui rendrait tout l’ensemble complètement homogène et solidaire des piles. La pose en serait faite avec des pontons spéciaux, semblables à ceux qui ont servi à la construction du viaduc de la Tay. Il est évident qu’il y a là une idée originale : on évite ainsi les difficultés inhérentes au creusement d’un tunnel sous-marin. Ce pont ne serait pas autre chose qu’une sorte de siphon, analogue à celui qui sert au passage du grand collecteur à Paris, sous la Seine ; mais ce siphon contiendrait une voie ferrée. On estime que toute la construction ne coûterait pas plus de 15 à 20 millions de francs, non compris, bien entendu, les travaux d’approche pour amener le chemin de fer au niveau voulu. D. B.
- Pavage en briques. — On compte environ cinquante villes aux États-Unis qui se servent de briques pour le pavage de leurs rues ; et parmi ces villes, il en est, paraît-il, qui emploient ce système depuis plus de quinze ans. Bien entendu il ne faut pas songer à employer dans ce but la brique ordinaire à bâtir, qui s’userait beaucoup trop vite; mais la bonne brique dure donne toujours de bons résultats ; il la faut autant que possible vitrifiée. Il paraîtrait même qu’on ne peut trouver qu’un pavage qui vaille la brique, c’est le granit, qui coûte du reste trois fois l’autre. Les meilleures briques sont celles qui sont faites d'argile jaune commune, contenant une forte proportion de silicate et de fer. La pose de ce pavage n’est pas très compliquée. Le sous-sol étant creusé à la profondeur voulue, on répand et on tasse soigneusement à la surface une épaisseur d’environ 0,15 m de sable ou de gravier; puis on pose par-dessus une première rangée de briques placées longitudinalement et parallèlement à l’axe de la rue ; cette première assise est simplement là pour donner l’élasticité nécessaire à la voie ; et il n’est pas nécessaire que les briques la composant aient une qualité égale à celles de la couche supérieure de revêtement. Par-dessus cette première assise, on répand et on tasse environ 0,02 m de sable criblé ; alors on pose la seconde couche de briques en travers de l’axe de la rue, et les joints de deux files consécutives en chicane. Enfin, on recouvre le tout d'une couche de sable fin qu’on fait pénétrer dans les joints ; puis un rouleau de 5 à 6 tonnes est passé plusieurs fois, et le pavage est prêt; aussi doux que le pavé en bois, il ne produit presque pas plus de bruit. Mais il est abso-
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- lument nécessaire que la rue soit bien drainée, que l’écoulement de l’eau y soit assuré, pour que la surface de cette voie résiste. Enfin, il paraîtrait que les chevaux y glissent peu, grâce à la présence de joints multipliés. Ce pavage serait indestructible, ou à peu près, à condition qu’on n’y laisse point séjourner l’eau ni la glace. La ville de Decatur, dans l’État d’Illinois, est toute pavée en briques, et cela ne coûte que de 6 à 8 francs le yard carré.
- Crayons en papier. — D’après notre confrère le Mechanical World, on viendrait de trouver un nouveau procédé qui permettrait de faire des crayons en papier, c’est-à-dire de substituer le papier au bois comme enveloppe protectrice de la mine ; il s’agit, bien entendu, non de papier en feuille, mais de pulpe de papier, qui s’emploie déjà pour toutes sortes de moulages à la place du bois lui-même. Jusqu’à présent, on avait éprouvé de grandes difficultés dans la fabrication de ces crayons : le papier, on le sait, est excessivement dur et émousse parfaitement l’acier, aussi l’enveloppe de ces nouveaux crayons opposait-elle une résistance considérable à l’action du canif, on ne pouvait que difficilement tailler le crayon. Mais, par le nouveau procédé dont il s’agit, la cohésion du papier est complètement changée, et il se coupe aussi aisément que du bois de cèdre. Le papier est d’abord fait en forme de tubes qu’on maintient et qu’on dispose dans un cadre au fond d’un cylindre; la substance qui doit servir de mine, graphite, pastel de couleur, est alors placée dans ce cylindre à l’état plastique, et elle est soumise à une pression suffisante pour qu’elle pénètre dans le vide intérieur des tubes de papier, et n'y forme point de solutions de continuité. Comme suite à cette première opération, les crayons sont mis à sécher à une température croissant graduellement, et cela, pendant six jours. Alors on applique la partie originale de cette fabrication, on la plonge dans un vase plein de paraffine et de cire en fusion; et le résultat de l’opération est de modifier la constitution de la pulpe de bois, de telle sorte qu’elle puisse aisément se tailler. Il ne reste plus qu’à couper les crayons à la longueur voulue. C’est une industrie qui mérite d’ètre encouragée, car elle per mettra d’économiser nos ressources forestières, d’autant plus que les crayons demandent de très bons bois pour leur fabrication. D. B.
- Fabrication du coke en Amérique. — D’après un article de Ylron Age, un des endroits où la fabrication du coke est concentrée de la manière la plus remarquable, est la région de Connesville, longue et étroite bande de terrain, limitée au nord par Latrobe, en Pensylvanie, et au sud par Morgantown, dans la Virginie occidentale, sur une longueur de 80 kilomètres et une largeur variant de 1 kilomètre et demi à 8 kilomètres. La superficie peut être évaluée à 250 kilomètres carrés. On exploite du charbon qui est consacré presque entièrement à la fabrication du coke, laquelle est évaluée à 5 millions de tonnes par an. 11 y a 75 installations occupant ensemble 13 047 fours : la plus petite usine, celle de Great Bluff, compte 16 fours, et la plus grande, celle de Standard, 707. La configuration du terrain fait qu’on n’a que rarement besoin de faire l’extraction par puits ; ceux-ci ne sont qu’au nombre de 12, dont la profondeur varie de 15 à 160 mètres. La puissance des couches est en moyenne de 2, 50 m avec un peu de variation. On calcule qu’il y a 375 000 bushels de charbon par acre de terre, mais qu’on pourra seulement en extraire 300 000, ce qui fait prévoir un épuisement total dans quarante ans. Les fours ont en moyenne
- 3, 60 m de diamètre, ils reçoivent de 110 à 140 bushels et donnent de 3 à 4 tonnes de coke par 48 heures, excepté ceux qui sont chargés le vendredi qu’on laisse cuire jusqu’au lundi. Le coke extrait dans ce dernier cas est recherché par la fonderie. Le charbon est amené aux fours par des wagons en fer contenant de 120 à 190 bushels, traînés généralement par des mules depuis le carreau de la mine; quelquefois cependant, dans les grands établissements, par de petites locomotives. Le transport du coke emploie environ 8000 wagons de chemins de fer et les sommes payées annuellement pour le transport de ce coke à Pittsburg, où on le consomme à peu près entièrement, s’élèvent à 20 millions de francs, à raison de 4 francs la tonne.
- Train de chemin de fer foudroyé. — Un accident remarquable vient d’arriver à un train du chemin de fer de New-York à New-Haven. A Stamford (Connecticut), pendant un violent orage, à 4 heures de l’après-midi, alors que le train filait à toute vitesse, un éclair frappa la locomotive au beau milieu. Le mécanicien John Schofield et son chauffeur, éprouvèrent une forte secousse qui les étourdit à moitié. Tous deux ayant été aidés à descendre de la locomotive, furent pris de vomissements . La décharge mit la locomotive hors d’usage et l’arrêta. Une autre dut lui être substituée, ce qui prit 45 minutes. Le mécanicien et le chauffeur furent vite remis. Les employés du chemin de fer disent que c’est la première fois qu’ils entendent parler d’une locomotive frappée de la foudre pendant qu’elle marche à toute vitesse.
- Te développement du réseau ferré au .y États-
- I nis. — L’immense réseau ferré des États-Unis s’est encore agrandi en 1888 de 5120 milles de lignes à voie normale ; si l’on songe que le mille vaut 1600 mètres environ, c’est-à-dire plus d’un kilomètre, on voit que c’est un accroissement qui en vaut bien la peine. Cependant c’est beaucoup moins que les augmentations vraiment phénoménales des années 1887, 1883, 1882 et 1881, qui avaient été respectivement de 13000, 9000, 11560 et 9796 milles. Douze compagnies de chemins de fer seulement ont construit plus de 100 milles chacune. Celles qui ont le plus étendu leur réseau en 1888 sont : la compagnie « Chicago, Kansas and Nebraska » qui s’est accrue de 412 milles; et la « Saint-Paul, Minneapolis and Southern Pacific », un peu plus de 300 milles.
- D. B.
- Le gagnant du gros lot de 500 OOO francs des bons de l’Exposition universelle. — Tous les journaux ont annoncé que ce gagnant était un conducteur de l’imprimerie Lahure, M. Franssens. Nos lecteurs apprendront assurément avec quelque intérêt que ce conducteur (en terme d’imprimerie, celui qui conduit les presses typographiques) est l’opérateur qui exécutait chaque semaine le tirage de La Nature. M. Franssens n’avait qu’un seul billet, le numéro 54 639, qui a gagné le gros lot de 500 000 francs. Nous sommes heureux de déclarer que cette fois la Fortune n’a point été aveugle; elle a comblé de ses faveurs un homme laborieux et honnête, père de nombreux enfants, qui s’était élevé par son travail, qui accomplissait ses fonctions avec intelligence et qui avait le sentiment du devoir. Il est vraisemblable que M. Franssens ne s’occupera plus du tirage de La Nature.
- II savait conduire sa machine d’impression; nous lui
- souhaitons d’avoir aussi l’habileté d’ètre un bon conducteur de ses richesses. G. T.
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- LA NATURE.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du A novembre 1889. —Présidence de M. Des Ci.oizeaux
- constate l’existence de magnifiques collections de roches et de fossiles dont les richesses s’accroissent rapidement tous les ans. C’est une occasion de mentionner les magnifiques publications du Geological Survey de Pensylvanie qu’on a pu voir à l’Exposition universelle de cette année.
- Varia. — M. Phillips présente un appareil qu’il a imaginé pour mesurer directement avec une très grande précision le coefficient d’élasticité de substances variées. — M. Arnaud continue ses intéressantes études sur la digitaline. — Les zéolithes renfermées dans les roches des Pyrénées sont déterminées par M. Lacroix.
- Stanislas Meunier.
- LÀ SCIENCE PRATIQUE
- MANIÈRE DE CO El! HER LES TUBES DE VERRE
- 11 est souvent nécessaire, quand on a quelque appareil de chimie à monter pour une expérience,
- de courber des tubes de verre. Dans les laboratoires, les chimistes se servent de becs de gaz, au centre de la flamme desquels on insuffle de l’air; à l’aide de ces chalumeaux, le verre se travaille très aisément. Mais l'amateur, ou le praticien à la campagne, n’a pas sous la main d'appareils de ce genre. Dans ce cas, une simple lampe à esprit-de-vin peut suffire, en opérant comme l’indique la figure ci-dessus. La lampe à esprit-de-vin étant allumée, on chauffe dans la flamme la partie du tube de verre qu’il s’agit de courber; il faut avoir soin de ne pas chauffer au même point, ce qui ne manquerait point de produire le bris du verre, mais de promener le tube dans la flamme en le tournant sur lui-même et en le faisant aller successivement de droite à gauche, et de gauche a droite. Quand il est chaud, on laisse alors la flamme agir au meme point, le verre ne tarde pas à se ramollir et on le courbe alors comme on le ferait de cire à cacheter. On peut même, avec une lampe à simple esprit-de-vin, l’étirer et le fondre.
- Il est bon de chauffer le tube dans la partie supérieure de la flamme qui est plus chaude que la partie centrale, c’est ce que les chimistes appellent la flamme oxydante.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier. Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- Seance extrêmement courte à laquelle a succédé un comité secret.
- Microbiologie. — M. Bouchard lit un travail qu’il vient de terminer sur Je rôle et le mécanisme des lésions locales dans les maladies infectieuses. Parmi les très nombreux faits mentionnés, on remarquera ceux qui concernent les effets concomitants à une inoculation de bacilles pyocyaniques, réalisée parallèlement sur des lapins sains et sur des lapins rendus réfractaires à la contagion par une vaccination antérieure. Chez les seconds la piqûre s’entoure d’une tuméfaction qui manque aux animaux sains et qui se remplit avec une extrême rapidité d’innombrables leucocytes. Dès la quatrième heure ces leucocytes sont ainsi cent fois plus abondants chez les lapins jouissant de l’immunité à la suite de la vaccine que chez leurs congénères neufs. Ces leucocytes renferment des bacilles et chacun d’eux peut en contenir jusqu’à trente. Comme complément à ces résultats, MM. Char-rinet Roger démontrent que le sang des animaux vaccinés renferme un principe défavorable au développement du bacille pyocyanique. Comme il résulte de la vue de tubes placés par M. Bouchard sous les yeux de l’Académie, le sérum des animaux neufs ensemencé donne lieu à un développement des microbes incomparablement plus énergique que le sérum du
- sang fourni par les lapins réfractaires à la contagion.
- Géologie lorraine. — Sur la proposition de M. le secrétaire perpétuel, on renvoie, à la Commission chargée de décerner le prix Delesse, un volume de M. G. Bleicher intitulé : Guide du géologue en Lorraine. C’est un exposé très clair et très complet, que l’auteur a su rendre très personnel, des notions relatives auxtrois départements de Meurthe-et-Moselle, des Vosges et de la Meuse. 11 se compose de deux parties parfaitement distinctes, dont la première concerne les caractères des terrains qui affleurent des Vosges à la bordure crétacée du bassin de Paris, tandis que l’autre consiste dans des programmes d’excursions. Cette dernière partie, éminemment pratique, assurera certainement le succès du livre que nous annonçons : on étudiera aussi avec un vif intérêt les deux planches de coupes ajoutées à l’ouvrage et qui se recommandent par leur excellente exécution.
- Le Muséum de Philadelphie. — L’Académie reçoit du Geological Survey de Pensylvanie trois volumes composant le catalogue des collections du Muséum géologique de Philadelphie. Ce catalogue, rédigé par M. Charles E. liall, de Harrisburg, est remarquable à plus d’un titre. Il
- Manière de courber un tube de verre.
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- N* 850.
- 16 NOVEMBRE 1889.
- LA NATURE.
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- LES ROCHES A FORMES ANIMÉES
- Dans une notice récemment publiée par La Nature, M. Martel a signalé les curieuses roches trouées
- du Causse Noir 1 dues à des phénomènes d’érosion qui méritent de fixer l’attention des géologues.
- Je crois être agréable aux amateurs si nombreux des curiosités naturelles en mettant sous leurs yeux quelques autres exemples singuliers de transforma-
- tion de rochers, observés au bord de la mer ou au toral, la force érosive agit plus rapide et plus ma-fond des gorges du massif central. — Sur le lit- nileste; sur le littoral breton en particulier: les
- Fig. 2. — « Le Capucin » en Auvergne. (D’après une photographie de l’auteui.)
- Fig. 3. — « L’Ours » en Auvergne. (D’après une photographie de l’auteur.)
- découpures profondes de la côte montrent que la mer a violemment entamé le mur de granit. L’action des eaux est, dans ce cas, aidée par la lutte continuelle du llux et du reflux. Chaque année, après les fortes tempêtes de l’hiver, on constate des éboulis
- énormes qui changent la configuration de la côte et, joints à ceux des années précédentes, lui donnent l’aspect chaotique qu’elle revêt. Çà et là, dans les
- 1 Voy. n° 855, du 19 octobre 1887, p. 551.
- 25
- 17* année. — 2e semestre.
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- LA .NATI:ItE.
- échancrures du rivage, des roches noirâtres, les unes isolées, les autres groupées, assises sur les veines d’un granit plus dur, résistent à l’attaque des Ilots et revêtent le soir, quand l’ombre s’abaisse, toute espèce de formes fantastiques.
- Tel est le Lion ou le Sphinx comme on appelle encore la roche qui se trouve dans la baie qui porte ce nom entre le Pouliguen et Bourg-de-Balz (Loire-Inférieure). L’énorme niasse de granit qui revêt la forme du noble animal ne mesure pas moins de 7 mètres de hauteur sur une douzaine de longueur. Le monstre de pierre est au repos, la tête haute; il tourne le dos à la mer dont il semble défier les attaques (fig. 1). 11 n’est pas cependant sans subir les conséquences de cette lutte inégale. Battu sans cesse par le flux et le reflux, le corps se creuse de profonds sillons transversaux, la tête s’émiette sous l’action érosive des eaux. Le colosse subit chaque année quelques transformations qui font prévoir pour un temps plus ou moins court sa disparition complète. Pour l’instant, entouré de rochers plus petits et de forme variant à l’infini, il est d’un aspect vraiment saisissant avec sa tête fièrement relevée : il semble inspecter le rivage et la nuit on dirait un des héros des légendes bretonnes qui, comme le Korrigan dont la grotte est située non loin de là, attendrait ses victimes.
- C’est maintenant en pleine montagne, sur ce sol si tourmenté de l’Auvergne, dans la vallée de la Dordogne, que je prendrai deux autres exemples de roches à formes animées. Là l’érosion est plus lente mais non moins active sous l’inlluence de la neige et de sa fonte.
- Dominant de près de 500 mètres la petite ville du Mont-Dore, émerge des forêts sombres, le pic du Capucin (1472 mètres d’altitude) avec son sommet aride et dénudé (fig. 2). 11 porte, accolée à son flanc dont elle s’est peu à peu détachée, une roche bizarre de plus de 100 mètres de hauteur, qui lui a donné son nom. Un dirait, en effet, un moine, un capucin qui, le capuchon rabattu sur la tête, lçs bras croisés sous sa longue robe grise, descendant de la montagne, se serait arrêté à mi-côte et regarderait avec complaisance la station balnéaire qui se trouve à ses pieds, sur les deux rives de la Dordogne, bien maigre encore à cet endroit.
- Démontant la vallée jusqu’au Puy-de-la-Grange, qui la ferme complètement et du haut duquel la rivière fait une chute de plus de 100 mètres, nôus avons à notre droite la gorge d’Enfer. À l’entrée même de cette gorge, en compagnie d’autres blocs géants, se trouve le rocher de l’Ours, cerbère farouche qui semble en défendre l’accès (fig. 3). Cet, ours gigantesque, d’au moins 50 mètres de hauteur, bien proportionné du reste, semble avoir voulu grimper le long de la paroi de la vallée et s’être arrêté un instant pour se reposer, fatigué de sa rude ascension.
- Tout, dans cette gorge si bien nommée, revêt un caractère sinistre. Fortement encaissée, ses parois présentent de toutes parts d’énormes blocs de rocher
- suspendus au-dessus de la tête du touriste. Un maigre ruisseau sort des hautes cheminées trachytiques du Puy-de-l’Aiguiller qui s’élèvent d’un seul jet à une hauteur de plus de 400 mètres, et couvrent d’une ombre farouche ces lieux dévastés. Aucune apparence de végétation ne se montre sur le sol, couvert de débris de rochers de toutes dimensions, témoins de ce travail lent mais sûr de l’érosion qui, après avoir produit le monstre de pierre qui nous occupe, continuant son œuvre, le détruira et l’entraînera au fond de la gorge.
- Ce ne sont là que des curiosités. Bien n’égale les sites que l’on trouve dans l’Auvergne si peu connue. Pourquoi ne la visitons-nous pas? Pourquoi connaissons-nous moins la France si pittoresque et allons-nous au loin chercher des sujets d’excursion quand les étrangers viennent dans notre beau pays? Probablement parce que nous en sommes trop près.
- Dp A. Saiîazin.
- --C>Y>^—
- L’ÉCLAIRAGE DES CÔTES DE FRANCE
- Pour peu que l’on veuille remonter dans l’histoire de l’éclairage des côtes, on s’aperçoit que, seuls dans le principe, les ports et les entrées de fleuves étaient éclairés; c’était un contresens et on peut dire qu’aujourd’hui on applique la théorie inverse. Avant de songer à gagner le port, le navigateur court des dangers de toutes sortes par le voisinage même du littoral; ce sont surtout les parties avancées de ce littoral qu’il faut lui signaler.
- C’est, en général, sur ces parties avancées qu’ont été établis les phares de grand atterrage et de premier ordre ; d’ailleurs, parfois les pointes ne sont éclairées que par des phares d’ordre inférieur, pour des raisons particulières et multiples. Quand une fois le navigateur est averti et qu’il se trouve engagé entre deux de ces phares, il lui faut encore éviter des écueils, suivre des passes, reconnaître des caps, suivre ou éviter certaines directions; et c’est pour le guider dans sa route qu’ont été créés les autres phares, dont quelques-uns, comme nous le verrons, n’éclairent qu’un secteur restreint, le secteur dangereux. Enfin, en arrivant au port, le navire trouve de petits feux appelés précisément feux de ports, qui sont là pour lui signaler la passe entre les jetées, le port même, et dont quelques-uns ne sont allumés qu’à la pleine mer, quand l’entrée du port est possible.
- Il y a en tout cinq ordres de phares, sans compter les feux de ports. Avant 1875, il n’y avait que quatre ordres. D’ailleurs, disons-lc tout de suite, de grandes modifications ont été introduites dans cette classification depuis quelques années.
- Mais il faut différencier tous ces feux pour que, du large, le marin les reconnaisse et se localise. Jadis, avec les anciens feux au charbon de terre ou au bois, les différences ne pouvaient consister qu’en la multiplicité des feux réunis sur un seul point.
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- Mais, depuis plus de soixante ans, les différences sont très caractérisées. Il suffit d’ailleurs que deux feux semblables ne soient pas trop rapprochés, de façon à ce qu’on ne puisse les confondre, les leux voisins permettant d’ailleurs la distinction. Ces principes furent posés par le rapport de l’amiral Rosscl à la Commission des phares, rapport présenté en 1826, peu après la célèbre découverte de Fresnel1. C’est de cette époque que datent tous les progrès qui furent introduits peu à peu dans ce service si important et si remarquable des côtes de France.
- Les différentes caractéristiques des feux n’ont fait que se multiplier depuis cette époque. D’après le programme de 1825, pour les phares de premier ordre, par exemple, on n’admettait que trois caractères différentiels : feux fixes, à éclipse de minute en minute, et à éclipse de demi-minute en demi-minute. Un feu fixe devait toujours être cnlre les deux autres types. Mais c’était assez défectueux, les marins ne tenant pas toujours compte des intervalles entre éclipses. On adopte parfois alors les feux doubles, comme pour les pliares de la Ilève. On en vint à adopter, pour les feux de premier ordre, un caractère des autres ordres : feu fixe varié par des éclats accompagnés d’éclipses et se succédant de trois en trois ou de quatre en quatre minutes. On ajouta ensuite à cette série les feux présentant des éclipses espacées d’une seconde et demie : ce furent les feux scintillants.
- Enfin, vers 1864, on en vint à colorer les feux2. Longtemps on avait hésité à introduire cette caractéristique. La couleur réduit, en effet, notablement l’intensité lumineuse; en outre, les circonstances atmosphériques modifient parfois les colorations. On admit cependant la coloration rouge pour les feux d’ordre secondaire, puis même pour les phares de premier ordre. Le rouge est, de toutes les couleurs, la plus distincte pour une même absorption. Il porte, par les temps de brume, plus loin que le blanc, qui est légèrement coloré en rouge par le brouillard. On admit peu après la coloration verte, bien que cette couleur porte moins loin que le blanc.
- Aujourd’hui nos phares, d’après leurs caractères, se divisent en sept genres principaux : 1° feux fixes, le plus souvent blancs, parfois rouges ou verts; 2° feux à éclipses, celles-ci se succédant à des intervalles qui varient de dix secondes à une minute; quelques-uns sont rouges ; — 5° feux variés par des éclats se succédant à des intervalles de deux, trois ou quatre minutes (notons que les éclipses ne sont pas réellement complètes) ; — 4° feux scintillants, dont les éclipses se succèdent à des intervalles de moins de cinq secondes ; — 5° feux alternativement fixes et scintillants, où plusieurs éclats se suivent de très près, suivis d’une éclipse totale; — 6° feux clignotants, à éclipses courtes et fréquentes ; — 7° enfin feux diversement colorés : les
- 1 La carte dont un extrait accompagne cet article (lig. 2) fut dressée à cette occasion.
- - Les Phares, par lieynaud. —Imprimerie nationale, 1LC4.
- uns ont des éclats alternativement rouges et blancs, d’autres un éclat rouge suivant deux éclats blancs. Pour quelques-uns, le feu blanc devient alternativement rouge et vert. Nous passons sur d'autres variétés. Rappelons seulement que quelques feux sont colorés dans un espace angulaire déterminé où le navigateur ne doit pas entrer, ou bien dont il ne doit pas sortir jusqu’à un changement complet de direction.
- Pour établir les rapports relatifs des feux pour lcclairage des côtes, il faut tenir compte de la portée. H y a deux portées. L’une, la portée lumineuse, dépend de l'intensité du feu. L’unité de mesure employée est la lampe Carcel de 0,02 m de diamètre et brûlant 40 grammes d’huile de colza par heure. Cette portée n’est point proportionnelle aux racines carrées des intensités : l’atmosphère, la brume interviennent, et le service des phares a dressé des tableaux qui montrent que la portée lumineuse s’accroît peu avec l’intensité. L’autre portée, c’est la portée géographique, limitée par la sphéricité du globe; elle dépend de la hauteur du feu au-dessus du niveau de la mer, du rayon de courbure de la surface terrestre dans l’endroit considéré, et de la réfraction, celle-ci faisant décrire au rayon lumineux une courbe concave par en dessous. On a dressé des tableaux donnant les portées géographiques, correspondant à des différentes hauteurs au-dessus de la mer, tant du foyer lumineux que de l’œil de l’observateur. Supposons un observateur placé à 5 mètres; le foyer, placé à 1 mètre porte à 10,658 milles1; pour 5 mètres à 15,450 milles; pour 20 mètres, à 24,156 milles; pour 50 mètres, à 28,070 milles; pour 70 mètres, à 59,519 milles. Ces tableaux peuvent servir à reconnaître approximativement à quelle distance on se trouve d’un phare. Des phares de premier ordre, comme celui de Belle-Ile, portent jusqu’à 28 milles.
- Les phares étant pour la plupart faits pour montrer et jalonner une direction, étant destinés, suivant le terme marin, à être pris l’un par l’autre, leur position relative a une grande importance; et, pour l’établir on doit se livrer à des études très précises. Il faut notamment tenir compte de l’irradiation qui dépend de l’intensité lumineuse, de l’obscurité du fond, et aussi du degré de myopie de l’observateur. Aussi a-t-on dù se livrer à une série d’expériences pour constater la distance qui doit séparer deux feux quand on ne veut pas qu’ils soient confondus. Cette question se présente pour les feux de direction très nombreux sur l’Océan, mais fort rares sur la Méditerranée, où l’on rencontre peu de passes à éclairer. Pour ces feux, on est en outre forcé de les établir à des hauteurs différentes, de façon qu’ils soient toujours en vue les uns et les autres dans les passes à éclairer, et qu'ils ne se masquent point. Dans une notice aussi rapide, nous ne pouvons exposer en détail le système des appa-
- 1 Le mille murin esl de 1£5L2 mètres.
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- LA NATURE.
- I'iS- 1.
- reils lumineux des pliures, mais nous rappellerons qu’au dernier siècle encore on employait des feux de charbon de terre brûlant à l’air libre ou à peu près. Durant la première moitié de notre siècle, on employa l'huile de colza épurée; dès 1857, on taisait des essais sur l’huile de schiste.
- Depuis 18 75, on l’emploie d’une façon générale. Mais une nouvelle lumière est aujourd’hui appliquée à quelques phares de premier ordre : nous voulons parler de la lumière électrique, installée pour la première fois en 1805 aux phares de la llèvc. Nous consacrerons d’ailleurs une notice spéciale aux phares électriques. Outre le foyer lumineux, les phares nécessitent l’emploi de systèmes optiques dirigeant sur l’horizon maritime les rayons qui divergeraient de tous côtés. Les premiers appareils furent les appareils catoptriques ou à réflecteurs. Ces réflecteurs, tout d’abord sphériques, furent appliqués vers la lin du dix-huitième siècle, notamment aux phares de la llève, à l'île de Ré, à Cordouan qui possédait 80 lampes. En 1785, Teulèrc imagina les appareils tournants munis de réllecteurs paraboliques en cuivre plaqué d’argent, avec des lampes à double courant d’air au foyer du réflecteur. On installa un grand appareil de ce système à Cordouan. Ces appareils, usités exclusivement en Angleterre jusque vers 1864, sont fort légers et employés pour les feux de ports et feux flottants. Les appareils sidéraux n’en sont qu’une modification. Le second système consiste dans les appareils dioptriques. On y utilise la propriété qu’ont les lentilles convexes de réfracter prcs-
- encore l’éclairage
- Carie des cèles de Frauce (lîretagno) dressée jiar la Commission des phares en 1820.
- Fig. 2. — Carte donnant l’éclairage de la même portion de côte en 1889. (Les feux de ports ne sont pas compris.)
- que parallèlement à leur axe les rayons émanés de leur foyer. Mais des lentilles de grandes dimensions eussent, par leur épaisseur, absorbé une grande partie de la lumière; Fresnel, en 1879, en rendit
- l’emploi possible en imaginant les lentilles à échelons. Il compléta son invention par les anneaux catadioptriques, sur lesquels nous ne pouvons insister, et varia les dispositions en créant les éclipses par rotation. On est ainsi arrivé à des résultats merveilleux au point de vue de l’intensité, et le système de Fresnel est la base de de nos
- côtes.
- Nous ne pouvons parler de toutes les variétés d’édifices que nécessitent les phares : tours en granit, tours en fer, feux flottants. Nous reparlerons quelque jour de ces derniers, et peut-être aussi de
- quelques-uns des travaux les plus difficiles qu’a nécessités la construction de certains de nos phares.
- Terminons en citant quelques chiffres. En 1825, la France possédait 15 phares, dont 9 de premier ordre et 6 de troisième; point de feux de ports.
- En 1864, nous avions 275 feux, dont 45 de premier ordre, et 5 feux flottants. Aujourd’hui, la France continentale compte 425 phares, dont 45 de premier ordre et 9 feux flottants. D’ailleurs, on n’a qu a comparer les deux cartes ci-jointes pour voir les progrès qui ont été faits. Nos côtes sont maintenant aussi bien éclairées qu’il est possible, et nous pouvons être fiers du résultat obtenu.
- Damel Dellet.
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- LOCOMOTIVES COMPOUND DESSERVANT LA VOIE DECAUVILLE
- A l’exposition UNIVERSELLE DE 1889
- L’application aux locomotives du principe com- machines marines, est une des questions qui s’im-pound qui donne des résultats si importants sur les posent aujourd'hui à l’attention des ingénieurs de
- Fig. 1. — Locomotive lype coinpouud avec essieux moteurs convergents, du chemin de fer Decauville à l’Exposition universelle de 1889.
- chemins de fer, et l’étude en est poursuivie par les différentes Compagnies qui ont construit presque toutes des machines d’essai sur ce type. Combinée avec l’augmentation du timbre des chaudières qui peut atteindre actuellement 12 a 15 atmosphères, la distribution en compound forme la disposition originale la plus intéressante qu’on puisse signaler sur les locomotives à l’occasion de l’Exposition de 1889.
- Nous en avons déjà parlé précédemment h mais nous croyons intéressant de signaler aujourd’hui les locomotives qui desservaient les voies Decauville à
- 1 Yoy. n0 512, du 24 mars 1883, p. 208.
- l’Exposition; car ces machines possèdent une élasticité très remarquable due essentiellement à la disposition compound, et qui leur permet de s’inscrire dans des courbes de rayon excessivement réduit. Comme elles ont leurs essieux tous moteurs et capables cependant d’une certaine convergence, elles réalisent à ce point de vue un problème dont la solution avait été vainement poursuivie sur les grandes lignes lors de l’installation des premières voies à forte pente. Le type de la machine Bavaria qui avait été considéré comme le plus satisfaisant à ce point de vue lors du fameux concours institué pour la ligne de Semring, n’a pas survécu, et le type
- Fig. 2. — Plan (lu mécanisme moteur <le la locomotive ci-dessus.
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- LA NATURE.
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- Engerth qui lui avait succédé dans la faveur générale a du subir de son coté des transformations qui l’ont complètement altéré; on pouvait donc considérer en quelque sorte, à juste titre, le principe de l’utilisation complète du poids de la machine pour l’adhérence comme incompatible avec celui de la convergence des essieux.
- Les machines Fairlie et Mayer qui reposent sur deux boggies mobiles autour de leurs centres ont bien apporté une solution pratique de la difficulté, mais elles ont l’inconvénient d’entraîner, dans l’installation, de nombreuses complications résultant principalement de la nécessité de maintenir étanches les tuyaux flexibles de vapeur qui relient la chaudière fixe aux cylindres moteurs mobiles avec les boggies, et celte difficulté est d’autant plus grande que la vapeur ainsi dirigée est toujours à pleine pression dans les tuyaux de raccord.
- L’étude des machines de chemin de fer Decauville a été faite par M. Mallet, l’ingénieur distingué qui s’est constitué chez nous le propagateur de l’application du principe compound aux locomotives, et qui en a réalisé le premier sur la ligne de Bayonne à Biarritz une application des plus intéressantes. Dans les machines Decauville il s’est servi très heureusement de la distribution compound pour réaliser la convergence des essieux moteurs. Ces essieux, au nombre de quatre, sont divisés en deux groupes parfaitement distincts qui peuvent s’incliner l’un par rapport a l’autre. Le groupe des deux cylindres à haute pression, solidaires avec les essieux qu’ils actionnent, est rattaché d’une manière invariable au châssis de la machine et à la chaudière, ce qui évite toute articulation sur les tuyaux de prise de vapeur pour lesquels les fuites sont le plus à craindre.
- Le second groupe moteur, actionné par les cylindres à basse pression, est mobile par rapport au châssis, il est placé à l’avant de la locomotive et relié au premier au moyen d’une charnière articulée autour d’un pivot placé dans l’axe de la machine, ce qui lui permet ainsi de se déplacer dans le sens horizontal par rapport à la chaudière, lorsqu’il est sollicité par la réaction des rails dans les parties courbes de la voie. La vapeur déjà détendue est dirigée à sa sortie des cylindres à haute pression dans un tuyau situé dans l’axe de la machine, elle traverse une rotule voisine de l’axe d'oscillation pour se rendre ensuite dans les boites d’admission des cylindres à basse pression. Quant à la vapeur d’échappement venant de ceux-ci, elle est dirigée dans la cheminée par un tuyau vertical muni de deux rotules. Cette disposition diminue beaucoup, comme on le voit, les difficultés inhérentes aux assemblages à rotule dans les tuyaux de conduite, puisqu’ils sont traversés seulement par la vapeur à faible pression.
- Pour permettre le déplacement de l’avant-train par rapport à la chaudière, celle-ci est munie sous la génératrice inférieure de platines qui reposent et peuvent glisser sur un arc en fer dont le centre est fixé au point d’articulation. Cet arc est fixé sur
- l’avant-train, et mobile avec lui. La pression d’admission dans les premiers cylindres peut atteindre 12 kilogrammes!, limite fixée par le timbre de la chaudière; dans les cylindres mobiles, elle ne dépasse pas 4 à 5 kilogrammes.
- Le rapport des volumes des deux types de cylindres est de 2,25; l’admission est la même dans les cylindres à haute et à basse pression, ce qui a permis de commander les deux distributions par un changement de marche unique. La distribution dont on peut suivre les pièces sur la figure 1 est du type Walschacrts.
- L’écartement des essieux de chaque groupe moteur est seulement de 0,85 m, le diamètre des roues motrices étant de 0,60 m, ce qui permet à la machine de circuler dans les courbes les plus prononcées qu’on puisse rencontrer, soit de 20 mètres ou même de 15 mètres de rayon, bien que la longueur totale de la machine soit de 6,58 m. Sur ces courbes, l’inclinaison de l’avant-train articulé par rapport à l'axe de la machine atteint 6 degrés. La machine est munie d’ailleurs d’un attelage central, comme les wagons, pour faciliter l’inscription en courbe.
- Le poids total de la machine en charge atteint 11 500 kilogrammes, ce qui donne environ 2875 kilogrammes par essieu, et elle peut développer un effort de traction de 1750 kilogrammes avec un coefficient d’adhérence de 1/6,5. Le poids à vide est de 9300 kilogrammes. L’écartement total des essieux est de 2,80 m; les roues les plus rapprochées de chaque groupe sont distantes de 1,10 m. Le diamètre des cylindres à haute pression est de 0,187 m, et à basse pression de 0,280 m. La course commune est de 0,260 m. L’approvisionnement d’eau est de 1420 litres, et celui du charbon de 520 kilogrammes.
- Quatre des machines employées à l’Exposition étaient conformes à ce type et sont disposées pour fonctionner toujours en compound, c’est-à-dire qu’on ne peut pas admettre directement la vapeur à pleine pression dans les cylindres de détente ; l’elfort de traction maximum qu’elles peuvent développer se trouve par suite plus limité, mais cette disposition est sans inconvénient, car le travail de la machine à l’Exposition est peu variable, et l’effort de 1700 kilogrammes suffit pour assurer les démarrages.
- Dans d’autres cas, lorsque le travail est plus irrégulier, il peut être nécessaire d’admettre la vapeur à pleine pression dans les quatre cylindres moteurs, et la machine est munie alors d’un détenteur et d’une valve d’admission étudiés par M. Mallet que l’on fait fonctionner spécialement pour les démarrages. Cette disposition a été adoptée sur la machine La Ville de Laon construite antérieurement et qui fonctionnait aussi à l'Exposition ; elle permet d’atteindre pour l’effort de traction une valeur de 2000 kilogrammes par le fonctionnement direct, même avec des cylindres de plus pcLites dimensions. Ces loco-
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- motives spéciales qui peuvent ainsi développer une puissance plus lorte, tout en conservant une grande élasticité, sont appliquées plus spécialement par le service de l’artillerie qui s’en sert pour le transport des lourdes pièces de forteresses sur les petites voies ferrées établies pour en faciliter l’accès.
- Nous n’insisterons pas sur le matériel roulant du chemin de fer Ilecauville, car nous avons eu déjà l’occasion de le signaler dans une notice précédente1.
- Les wagons de deuxième classe du type ordinaire ont 9,05 m de longueur, ils sont supportés également sur deux boggies qui permettent ainsi l’inscription dans les courbes. Ces boggies en fer ont 1,40m de longueur et 0,745 m de largeur; ils sont espacés de 6,90 m d’axe en axe. Ils reposent sur deux essieux espacés de I mètre et dont les roues ont 0,44 m de diamètre.
- Ce type de voiture contient soixante places. Il existe aussi des voitures de première classe et des wagons-salons reposant sur deux essieux sans boggies, mais avec une longueur de 4,50 m seulement.
- L. B.
- L’ACCROISSEMENT DU COMMERCE
- DANS LES PRINCIPAUX PORTS DU MONDE
- Nous trouvons, dans une nouvelle publication qui vient de paraître à l’occasion de l’Exposition universelle et qui est intitulée « La Chambre de commerce et le port de Marseille à /’Exposition de 1889 », une série de renseignements comparatifs curieux sur l’accroissement subi par le commerce maritime des principaux ports du monde pendant une période de cinquante années environ, de 1852 à 1887. Ces renseignements consistent dans l’indication du tonnage de jauge des navires entrés dans ces ports.
- En 1852, c’est tout naturellement le port de Londres qui tient la tète avec un tonnage de 1 050 147 tonnes. En 1887, c’est encore lui qui est au premier rang, avec 12 507 166, c’est-à-dire un accroissement atteignant plus du décuple. Liverpool, dont le tonnage de 678 965 tonnes le place au second rang pour la première période, garde cette place, si nous ne tenons pas compte du chiffre de 8 666 012 tonnes fourni pour Constantinople, et qui ne se rapporte pas seulement au port, mais également au Bosphore; le tonnage de Liverpool est, en 1887, de 7 940 788 tonnes, la progression est équivalente à celle du port de Londres. Le chiffre fourni pour Constantinople en 1852 (406 424 tonnes) ne s’appliquait qu’au port seul, qui venait en quatrième. En cette même année 1852, le tonnage de Marseille le plaçait au troisième rang et valait presque celui de Liverpool, étant de 629 780 tonnes; aujourd’hui il n’atteint que 4 820 570 tonnes, et se trouve dépassé par Hong-Kong, New-York, Cardiff même. Hong-Kong, qui n’existait pas en réalité en 1852, voit entrer des navires d’un tonnage de 6 550 000 tonnes ; New-York, qui venait avec 400 585 tonnes, il y a cinquante ans, bien loin derrière notre grand port de la Méditerranée, est représenté aujourd’hui par le chiffre énorme de 6 087 110 tonnes. Enfin Cardiff, dont nous n’avons pas le tonnage en 1852, atteint, en 1887, 5544 426 tonnes. Le
- 1 Voy. n° 842, du 20 juillet 1889.
- tonnage du Havre, qui était en 1852 de 588 551 tonnes, est maintenant de 2 485557 tonnes. On voit que pour tous nos ports en général la progression est bien moins forte que pour les ports anglais. Celte proportion est malheureusement encore vraie quand on compare nos ports aux principaux ports allemands ou belges. Hambourg, en effet, dont le tonnage était seulement de 586 515 tonnes, atteint maintenant 5 920 254 tonnes, dépassant le Havre de 1 500 000 tonnes. Le progrès du commerce d’Anvers est encore plus remarquable ; atteignant un total d’à peine 151 042 tonnes en 1852, venant donc après Gènes, après Amsterdam, Trieste, Bordeaux, la Havane, Nantes, et bien d’autres, son tonnage dépasse maintenant 5 700 000 tonnes, et égale presque celui d’Hambourg. Malte, qui n’existait pas au point de vue commercial, il y a cinquante ans, a aujourd’hui un tonnage de 5 501987 tonnes. Nous trouvons encore Gênes, qui passe de 550 410 tonnes à 2 955 894 tonnes, dépassant de beaucoup Glascow et le Havre, dont le mouvement d’entrées n’a monté que de 588551 tonnes à 2 485 557 tonnes; cette dernière progression est évidemment remarquable, mais elle est bien faible quand on la compare à celle des ports étrangers, et que l’on songe à toutes les sommes que l’on a consacrées au grand port de l’embouchure de la Seine.
- Nous citerons encore IIull, qui a passé de 262 955 tonnes à 2 225 857 tonnes. Dans le tableau relatif à 1852 nous voyons Amsterdam venir en assez bon rang, de beaucoup avant Bordeaux et Nantes avec 245681 tonnes; aujourd’hui il vient dans les derniers numéros de la liste avec 915 647 tonnes, dépassant à peine Rouen. Bordeaux, dont le tonnage, quiétaitde225 548 tonnes en 1852, atteint maintenant 1 928 446 tonnes. Alexandrie est montée de 220 682 à 1 618056 tonnes. Trieste est devenu un port très important, dont le mouvement d’entrées atteint 1 584 877 tonnes. A Rouen ce même tonnage est passé de 140 856 tonnes à 825942 tonnes seulement; c’est-à-dire que la progression n’a pas été considérable. Dunkerque le dépasse de beaucoup avec! 128 716 tonnes; Cette présente un mouvement de 1 041 752 tonneaux. Nous pouvons encore citer comme ports importants, dont quelques-uns sont nés récemment au grand commerce, Buenos-Ayres avec 2 400 000 tonnes; Chicago, 5 926 518 tonnes; Bombay, 2155 585 tonnes; Naples, 1 729 069 tonnes; Brème, 1 444 685 tonnes ; Smyrne, 1 420 668 tonnes ; Canton, 1 555 154 tonnes.
- En ce qui concerne spécialement nos ports, leur classement actuel les place ainsi: Marseille, Le Havre, Bordeaux, Dunkerque, Cette et Rouen. Ce dernier port a perdu de son importance relative, par suite des transformations de la navigation maritime.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- SOUVENIRS RÉTROSPECTIFS
- L’Exposition universelle de 1889, qui aura été l’un des triomphes de la science et de l’industrie cÔntemporaines, a été close mercredi 6 novembre, après une journée merveilleuse, où le nombre des visiteurs s’est approché de 400000. Nous ne voulons pas la voir disparaître sans y jeter un dernier coup d’œil, et nous avons réservé quelques-unes de nos meilleures gravures, à l’occasion de notre souvenir rétrospectif.
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- I/Exposition universelle a été belle dans toutes ses parties, niais il est quelques points où elle offrait un aspect particulièrement attrayant. Le visiteur qui
- arrivait par la Seine sur les bateaux-mouches y accédait assurément par un de ses côtés les plus riants. Nous reproduisons une photographie qui
- Fig. 1. — L’Exposition universelle de 1889, à Paris vue de la Seine. — L’exposition maritime et le Panorama des transatlantiques.
- donne une vue d’ensemble du côté de la Seine (fig. 1). à côté, le Panorama des Transatlantiques, et au On aperçoit au fond le Palais de l’alimentation, puis premier plan, l’édifice de l’exposition maritime.
- Fig. 2. — La passerelle du pont de l’Alma en face l’avenue Rapp. (D’après des photographies de MM. Neurdeiu.)
- Le visiteur qui entrait au contraire par l’Esplanade j des Invalides et qui parcourait à pied les galeries du bord de l’eau pour arriver au Champ de Mars, avait à franchir, à mi-chemin, la passerelle du pont de l’Alma (fig. 2), élégant pont métallique que nous
- avons parfois vu couvert d’une foule compacte, y passant comme le courant d’un fleuve rapide.
- Voici enfin une troisième gravure (fig. 5) qui représente les magnifiques fontaines lumineuses, admirées de si nombreux visiteurs venus de tous les
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- Fig. 3. — L'Exposition universelle de 1889. à Paris.—Le Dôme central, le groupe deM.Coutan et les fontaines lumineuses.
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- points de la France et du monde; au milieu on aperçoit le groupe du sculpteur Coutan, plus loin le Dôme central, puis au fond le gigantesque Palais des Machines. — De la Tour Eiffel, nous ne dirons rien aujourd’hui; elle dominera,pendant longtemps encore, ces lieux où les représentants de toutes les nations de l’univers sont venus s’associer à l’œuvre pacifique dont notre pays a pris l’initiative.
- L’Exposition a été ouverte pendant 185 jours, à partir du 6 mai jusqu’au 6 novembre inclusivement. Le total des entrées pendant la durée de l’Exposition a été en chiffres ronds, de 25 000000, ce qui donne approximativement un excédent de 12 000000 sur les chiffres des entrées en 1878. On peut donc dire que l’Exposition de 1889 a attiré deux fois plus de visiteurs que celle de 1878, qui, cependant, a eu une durée un peu plus longue, ayant été fermée le 10 novembre.
- C’est le 10 mai 1889, un vendredi, que les entrées ont été le moins nombreuses, soit 56 922. Les chiffres les plus élevés ont été atteints le dimanche 5 octobre, soit 587 877, et le mercredi 6 novembre, où ce dernier chiffre semble avoir été dépassé. Il y a donc l'a un succès sans précédent.
- L’Exposition universelle de 1889, de l’avis même des étrangers qui l’ont visitée, est la plus grande manifestation de travail qui ait jamais été réalisée en un si court espace de temps. Il a fallu des efforts prodigieux de labeur et d’intelligence pour arriver à un tel résultat, pour édifier un ensemble si grandiose où le sentiment artistique dominait de toutes parts. Ces efforts n’ont été accomplis que sous l’action d’un sentiment très élevé, qui a été incontestablement inspiré dans l’esprit de tous ceux qui y ont pris part, par l’idée du patriotisme, par la volonté de contribuer au relèvement de la nation, et par le désir de montrer au monde que la France n’a rien perdu du rang quelle occupe dans le concert des peuples civilisés.
- Gaston Tissandier.
- FOUDRE ---- ÉLECTROLYSE ---- ÉLECTRO-MAGNÉTISME
- Foudre. — Au siècle dernier, on accusait le tonnerre d’une foule de maléfices, entre autres, de troubler le vin et de le faire tourner. Dans un manuscrit champenois de 1770, nous trouvons à ce sujet la curieuse recommandation que voici : « Pour en arrêter l’effet (de la foudre), il faut mettre sur chaque tonneau du fer qui empêche l’effet du feu électrique du tonnerre, ce secret est plus ancien que la découverte de l’électricité. »
- Le fer n’agit pas ici, comme le fait remarquer M. Mau-mené, comme conducteur, ou par une propriété électrique quelconque, mais mécaniquement par son poids, en s’opposant aux vibrations du tonneau (plus il est lourd, plus il produit d’effet). Ces vibrations font dégager des parois une multitude de petites bulles qui troublent le vin en faisant remonter la lie jusqu’à la surface.
- La foudre produit électriquement d’autres effets ; elle
- développe dans l’atmosphère une plus ou moins grande quantité d’ozone, qui a une action beaucoup plus énergique sur le vin que l’oxygène ordinaire. C’est l’ozone qui fait tourner le bouillon et le vin en temps d’orage.
- Le meilleur remède, c’est la fermeture exacte des tonneaux pendant l’orage et quelque temps après.
- Electrolyse. — Des expériences exactes et précises d’électrolyse de vins ont été publiées à Rome en 1887 et en 1888. Elles sont dues à Flavio Mengarini. Les résultats des premières se trouvent rassemblés dans le n° 56, 1887, de la Chem. Cenlralblatt, mais les expériences furent faites sur de petites quantités de vin : 10 litres.
- En 1888, les expériences furent faites plus en grand, Mengarini opéra sur 50 litres à la fois. Après dégustation, analyse, examen microscopique et comparaison avec le vin original, voici ce qu’il en conclut : « Tous les vins électrolysés acquièrent un goût particulier, plus ou moins désagréable, mais qui n’est pas celui de vin vieux. L’éleetrolyse doit cesser avant que ce goût ne devienne sensible, sans quoi la valeur marchande du vin en souffrirait. Le vin rouge supporte mal l’éleetrolyse, après quinze heures il s’acidifie. Les résultats donnés par l’analyse, quant aux effets produits par la durée et l’intensité du courant, sont trop disparates pour qu’on puisse recommander la méthode pour l’amélioration des vins. »
- Voici le résultat de ces expériences que j’ai répétées moi-même. Le vieillissement des vins et le développement de leur bouquet ne peuvent pas s’obtenir par l’éleetrolyse. En effet, si nous considérons ses résultats, nous voyons qu’elle commence par troubler le vin, puis qu’elle précipite en plus ou moins grande quantité les sels et les matières colorantes et organiques du vin. Il y a bien ensuite diminution d’alcool et d’acide par la production d’éthers, mais ces éthers ne peuvent pas reproduire le vrai bouquet du vin, attendu que la précipitation de ces matières diverses, qui en sont la base essentielle, a lieu en présence d’une électrolyse qui décompose les sels constitutifs du vin.
- Electro-magnétisme. — Electromagnetic process. — Venons maintenant à un nouveau procédé dû au Dr C. J. Fraser, de San-Francisco ; procédé qui doit, d’après les journaux américains, révolutionner l’art de faire le vin.
- Véleclromagnetic process, employé par la Pure Wine Co of California, consiste non plus à faire traverser le vin par le courant, mais à agir par influence. « On entoure le tonneau d’un solénoïde que l’on fait traverser par un courant pendant trois semaines, jour et nuit ; les matières albumineuses (?) du vin se précipitent; il devient clair, limpide et vieux avec développement du bouquet1. »
- Les attentes de l’ihventeur sont surpassées, paraît-il, mais la nouvelle nous vient d’Amérique, comme le raffinage électrique du sucre. Attendons les résultats.
- Ray de la Morinerie.
- INDICATEUR DE VITESSE ABSOLUE
- Construire un appareil indiquant la vitesse d’un mouvement est un des problèmes qui ont le plus tenté les inventeurs, mais l’écueil qui les a fait échouer est le peu de préoccupation qu’ils ont eu de
- 1 D’après une note du Dr Fraser, son procédé stérilise également les vins et remplace la pasteurisation.
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- la constitution même de cette valeur mécanique.
- La vitesse en effet n’est pas une chose simple, c'est un quotient : elle est égale à l’espace parcouru divisé par le temps. Pour l’apprécier exactement, il faut donc établir un instrument qui fasse intervenir ces deux facteurs avec leur valeur propre et qui les divise automatiquement l’un par l’autre.
- Presque tous les indicateurs existants se réduisent à emprunter à la vitesse a mesurer une certaine quantité de mouvement qu’on transforme en travail. Ce dernier est employé à tendre des ressorts ou à soulever un poids.
- Il est évident, même à priori, que les mesures ainsi faites sont inexactes. On ne peut en effet transformer en travail mesurable toute la quantité de mouvement empruntée. 11 y en a fatalement une partie qui se trouve absorbée en route, et la perte, étant fonction des frottements et par suite du degré de lubréfaction des organes, est une variable qui altère les indications. De plus ces dernières ne peuvent être proportionnelles.
- MM. Richard frères ont créé un indicateur de vitesse fondé sur le principe même de la vitesse. Sa construction n’utilise que des moyens enseignés par la cinématique pure et il ne consomme aucune force appréciable. De telle sorte que le même appareil qui indique la vitesse d’une machine de cent chevaux peut être employé pour enregistrer celle d’une machine à coudre.
- Comme nous l’avons dit plus haut, la vitesse est égale au quotient de l’espace par le temps et a pour
- c*
- formule V=- Pour résoudre cette équation,
- MM. Richard frères ont établi un dispositif général faisant automatiquement le quotient de deux facteurs mécaniques et ils l’ont appliqué à la mesure cherchée en rendant l’un proportionnel à l’espace parcouru par le modèle considéré, et l’autre proportionnel au temps.
- Le dispositif est basé sur le principe suivant :
- Deux plateaux tournent parallèlement en sens inverse l’un de l’autre en fonction du temps et compriment entre leurs surfaces une roulette fixée à l’extrémité d’une tige munie d’une vis sans fin ; celle-ci engrène avec une roue qu’on fait tourner en fonction de l'espace parcouru. La roulette vient alors constamment prendre sur la surface des plateaux une position qui correspond au quotient des deux facteurs.
- Considérons une roue T (fig. 1 ) engrenant avec la vis sans fin S à l’extrémité de laquelle se trouve la roulette Q. Cette roulette est appliquée sur la surface du plateau P qu’un mouvement fait tourner en fonction du temps (le deuxième plateau est supposé enlevé).
- Si l’espace parcouru commande la roue T et l’entraîne dans le sens des aiguilles d’une montre, il va faire agir la roue sur la vis sans fin S comme le ferait un pignon sur une crémaillère et va éloigner la roulette du centre du plateau. Mais comme celui-ci fait aussitôt tourner la roulette sur elle-même en
- fonction du temps, il dévissera sa tige de l’écrou formé par la denture de la roue T, d’autant plus vite que la roulette s’éloignera plus du centre. La roulette se trouvera par suite ramenée vers ce centre par un mouvement proportionnel au temps.
- Les deux fonctions ayant lieu simultanément, il y a immédiatement équilibre et la roulette vient occuper sur le plateau une position stable. Nous disons que cette position, mesurée par la distance au centre du plateau et indiquée par une aiguille, correspond au quotient des deux facteurs.
- Voici la théorie indiquée par MM. Richard frères :
- Si l’on désigne par M le mouvement d’éloignement de la roulette par rapport au centre du plateau, par N le mouvement qui tend à l’y ramener; puisqu’il y a équilibre, on peut poser l'égalité :
- (1) M—N = 0 ou (2) M = N
- Or N est évidemment proportionnel au mouvement du plateau P multiplié par a, distance de la roulette au centre, c’est-a-dire a a t, M est comme
- Fig. 1. — Schéma de l’indicateur de vitesse.
- il a été dit, proportionnel à l’espace parcouru e ; l’équation (2) devient donc
- a tz=e
- ,, , ,, e espace parcouru,
- dou Ion tire a = - = —-î-----------’ ce qui
- t temps * 1
- est l’équation même de la vitesse.
- 11 suffit donc de pouvoir constamment lire la distance a de la roulette au centre pour connaître la vitesse absolue.
- Ce principe théorique est appliqué aux indicateurs de vitesse ou cinémomètres de diverses façons.
- Pour les appareils destinés aux machines, on fait agir par une mince corde de cuir ou de chanvre le moteur sur la roue tangentielle afin de percevoir 1 l’espace parcouru ou le nombre de tours. Les plateaux entraînés en même temps se trouvent par une disposition particulière animés d’une vitesse constante à l’aide d’un régulateur isochrone afin de fournir le facteur temps. Les déplacements de la roulette, transmis à une aiguille par un procédé très simple indiquent le quotient des deux, c’est-à-dire la vitesse absolue par seconde.
- L’appareil enregistreur représenté par notre vignette (fig. 2) montre cette disposition.
- Le même appareil, modifié ad hoc, peut donner électriquement la vitesse de machines placées à grande distance. Ce cas se présente pour les anémo-
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- Fig.
- mètres qui mesurent les déplacements de l’air par un moulinet placé sur le sommet d’un édifice; c’est encore celui d’une grande usine comprenant un ou plusieurs moteurs dont le directeur désire connaître la vitesse sans même quitter son bureau.
- Dans ce dernier cas, l’installation se fait de la manière suivante.
- Sur chaque machine, on place une came fermant un circuit électrique à chaque tour de l’arbre, au moyen de deux petits ressorts. L’un de ceux-ci est relié à la terre et l’autre à une des touches d’un commutateur placé dans le bureau de l’ingénieur.
- Ce commutateur ayant autant de directions qu’il y a de machines à contrôler, on place dans le circuit l’indicateur de vitesse et une pile de quelques éléments. Le tout est monté comme une simple sonnerie électrique.
- Lorsque le directeur veut savoir la vitesse de la machine n° 3, par exemple, il lui suffit de mettre la manette du commutateur sur la touche 5.
- Immédiatement l’appareil entre en fonction et in-, dique ou enregistre le nombre de contacts électriques émis dans l’unité du temps, c’est-à-dire la vitesse absolue par
- seconde. Un point des plus importants à signaler dans ces instruments, est la proportionnalité des indications. Depuis la vitesse nulle, c'est-à-dire 0, jusqu’au maximum de l’appareil, les déplacements de l’aiguille indicatrice sont toujours les mêmes pour un même accroissement dans la vitesse.
- Indicateur de vitesse absolue de MM. Richard frères.
- Fig. 3. — Détail du mécanisme.
- Ces appareils sont sensibles, non seulement à une variation de un tour en plus ou en moins, mais encore à une variation de vitesse pendant un tour de la machine sur laquelle ils sont attelés.
- Les inventeurs ont appelé cet instrument Elec-tro-G in ém o graphe.
- Les visiteurs de l’Exposition ont pu voir dans la classe 15 des appareils de ce genre qui écrivaient le nombre de tours par seconde de moulinets d’aluminium ou anémomètres placés sur le sommet de la Tour Eiffel,c’est-à-dire la vitesse du vent.
- Le même principe a été appliqué par MM. Richard frères à la construction d’un indicateur de vitesse à appréciation optique, c’est-à-dire d’un instrument indiquant la vitesse
- absolue d’un mouvementqu’on aperçoit sans pouvoir prendre aucune commande dessus, par exemple, un train de chemin de fer qui passe, une mouche qui vole, etc.
- Il est enfin employé par ses inventeurs dans une quantité d’appareils destinés à donner le produit ou le quotient de deux ou plusieurs facteurs mécaniques et entre autres dans les planificateurs de puissance, les enregistreurs de la richesse d’un mélange gazeux, instruments construits et en fonction dont la description nous entraînerait trop loin et sur lesquels nous ne saurions insister davantage.
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- mètres, les intégrateurs, les
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- LE CAFÉ DES OISEAUX A BAR-LE-DUC
- Ouvrez un dictionnaire géographique, consultez un guide de voyageurs-touristes, ni l’un ni l’autre ne vous indiquera que Bar-lc-I)uc possède une de ces curiosités originales qui attirent la foule des visiteurs, des amateurs de raretés. Et cependant celle-ci en valait la peine...
- Connue des habitants de la ville, recherchée par les voyageurs de commerce qui se la signalent l’un à l’autre comme une chose à voir, — et ils ont raison, — cette collection de plus de dix mille pièces d’oiseaux, d’insectes, de coquillages, de miné-
- raux, etc., parfaitement conservées et artistement rangées autour d’une vaste salle de café, méritait mieux de la faveur publique. Son maître aura disparu et n’en aura point profité; l’œuvre disparaîtra, elle aussi, et il n’en restera que le souvenir que La Nature veut bien lui consacrer1.
- Joseph-Louis Poirson, né a Toul en 1808 (descendant par sa mère des comtes d’Haussonville), acheta en 1850 ce café dit de la Comédie, modeste établissement n'ayant d’autre ressource que le théâtre dont il est une dépendance. 11 n’y faisait point fortune...; aussi, pour attire;1 le public, il eut l’ingénieuse idée d’en faire un musée, tout en lui conservant son affectation propre d’établissement pu-
- Lc Cale des oiseaux à Bar-lc-Duc.
- hlic, de salle de café. Son goût pour les collections de toutes sortes fit de son projet un chef-d’œuvre : cinquante ans de son existence furent consacrés à l’accumulation, à l’assemblage de ces oiseaux, de ces coquilles, de ces minéraux, etc., etc., qui font encore aujourd’hui l’admiration des visiteurs.
- En 1852, c’est-à-dire plus de quinze ans après le début de son entreprise, M. Poirson fit construire une très jolie façade à son établissement auquel il décerna cette fois le nom original de Café des Oiseaux. Pourquoi des Oiseaux plutôt que de tout autre nom embrassant mieux l’ensemble de son musée d’insectes, de poissons, d’armes, de monnaies, plantes, gravures, etc., qu’il contenait? Sans doute parce que sa collection d’oiseaux était la partie la plus importante de cette réunion de raretés. Fixer
- le nombre de pièces de ce musée serait difficile ! Nous sommes au-dessous de la vérité, bien certainement, en osant dire qu’il renferme plus de dix mille éléments divers.
- En traversant le vestibule et le couloir d’accès du café, on rencontre des plateaux de bois dur, coupés en tranche dans l’épaisseur d’un tronc d’arbre, qui mesurent plus de 2 mètres de diamètre; à côté, sont des branches qui, par leur conformation, représentent des figures les plus excentriques.
- Avant la salle principale, se trouve une première
- 1 A l’heure où nous écrivons ces lignes, le Calé des Discaux — immeuble cl collection — est sous scellés, après décès du propriétaire. Faute d’acquéreur pour le tout, ce musée sera disloqué, vendu série par série, pièce par pièce, aux enchères publiques. Ce serait vraiment dommage !
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- LA NATUHL.
- pièce vitrée, prolongement du café, où s’étale, à côté des tables affectées à la consommation, une splendide rocaille grillagée où était entretenue une volière animée des plus riches. La salle de café qui vient après est une vaste galerie rectangulaire, garnie de vitrines profondes sur trois de ses côtés. Dans ces armoires vitrées sont rangés, avec un art et un goût exquis, les oiseaux et les quadrupèdes empaillés. Dans les cintres qui surmontent ces armoires et qui forment, eux aussi, vitrines, mais sans épaisseur, sont étalées les collections de papillons et d’insectes de toutes sortes.
- Le côté vitré, sur la cour, n’a pas été place perdue : fait de deux devantures à jour presque accolées l’une à l’autre, il renferme, dans son épaisseur, des éprouvettes allongées où se voient, pendus, des serpents et des lézards de toutes les patries.
- Au plafond, en guise de parasols japonais, surplombant les tables, sont des carapaces de tortues marines, des alligators, des caïmans de toutes les familles. Il faudrait un volume pour dire un mot de chacune de ces collections. La galerie du fond, par exemple, celle des perroquets, contient des types de presque toutes les sortes de cette tribu d’oiseaux.
- Les aras, les perruches, les kakatoès, les loris, les microglosses, les psittacules, les ingambes, les touis, les criks, les papegais et les perroquets proprement dits y sont non seulement représentés, mais souvent l’un à côté de l’autre dans la même famille sont des types différant seulement par la variété des couleurs. Ainsi, dans les perroquets, on remarque le perroquet cendré ou jaco à plumage gris perle; le perroquet amazone, tout vert ; le perroquet à tête jaune, celui à bec noir, etc., etc.
- L’ornithologiste émérite qui a eu la patience et le talent d’accumuler là cette rare collection n’a commis qu’une faute : c’est de n’en avoir pas dressé un catalogue.
- Dans une salle contiguë à la grande, se trouve la collection des fumeurs (cette pièce, du reste, leur était réservée). Toutes les formes imaginables de pipes, toutes les variétés de blagues à tabac y sont entassées.
- La vue d’ensemble que nous en donnons aidera à se faire une idée de ce qu’est, en réalité, le Café des Oiseaux. Une des attractions de ce curieux établissement était un magnifique jet d’eau, au centre de la pièce du café. Le mécanisme qui l’alimente, une turbine hydraulique que meut un petit ruisseau traversant la cour voisine, est une merveille d’imagination. Un bassin de 2 à 5 mètres de diamètre, rempli d’eau sans cesse renouvelée, était un charmant aquarium où s’ébattaient les poissons aux mille variétés de formes et de couleurs ; à côté d’eux, une douzaine de grenouilles se cachent sous la nappe dorée, et ne laissent sortir le bout du nez que pour lancer au plafond un mince filet d’eau qui vient retomber dans une corbeille que porte sur sa tète une statue aux formes gracieuses surmontant
- ce bassin (copie en miniature du bassin des grenouilles au parc de Versailles). Et que d’autres merveilles qu’il nous faut passer sous silence !
- Voilà l’œuvre d’un collectionneur!
- Nous ne ferons pas l’injure à M. Poirson de le traiter de maniaque; cependant la passion d’amasser ceci, de collectionner cela, lui avait communiqué ce je ne sais quoi de typique qui ressemble à un travers individuel.
- Sur les dernières années de sa vie, il était devenu aigre, sombre, humeur qui ne plaisait point à la clientèle de ce genre d’établissement : ce qui explique le peu de succès d’une attraction cependant si bien préparée ! Le café était mort bien avant son maître qui s’est éteint doucement en mars dernier.
- A. Bergluet.
- CHRONIQUE
- Sensibilité tics thermomètres. — On sait que le mercure se dilate, de 0 à 100° C., assez régulièrement, de 0,0002 de son volume, pfar degré. Cette dilatation n’est pas sans exiger un certain temps, ce qui nuit singulièrement à la promptitude des observations. Pour éviter cet inconvénient, il suffit d’augmenter la conductibilité du mercure, afin que l’équilibre de température s’établisse plus rapidement. Dans ce but, M. C. Sache recommande l’emploi d’un amalgame d’argent à 0,1 pour 100, qui est meilleur conducteur de la chaleur que le mercure pur. Beaucoup de thermomètres employés en médecine — où il importe de ne pas fatiguer les malades, — sont établis de cette manière, il est à souhaiter que ce perfectionnement s’étende aux instruments employés pour les recherches scientifiques et autres travaux analogues.
- La longévité des oiseaux. — Le cygne est l’oiseau qui atteint l’âge le plus avancé, on a affirmé qu’il pouvait vivre trois siècles. Le faucon viendrait ensuite; dans son ouvrage intitulé Naturhistoriker, Knauer raconte avoir vu un faucon âgé de 162 ans. On cite les exemples suivants à l’appui de la longévité de l’aigle et du vautour : un aigle de mer capturé en 1715, âgé déjà de plusieurs années, mourut 104 années plus tard, en 1819. Un vautour à tète blanche, capturé en 1706, mourut en 1826, dans une des volières du château de Schœnbrunn, près devienne, où il avait passé 118 ans en captivité. Les perroquets et les corbeaux peuvent devenir plus que centenaires. La vie des oiseaux de mer et de marais équivaut parfois à celle de plusieurs générations humaines. Comme beaucoup d’autres oiseaux du reste, les pies vivent fort vieilles quand elles sont libres, mais ne dépassent pas de 20 à 25 ans en captivité. Le coq vit de 15 à 20 ans, le pigeon 10 ans environ. Le rossignol meurt au bout de 10 ans en captivité, le merle au bout de 15 ans. Les serins vivent de 12 à 15 ans en cage, mais ceux qui volent en liberté aux îles Canaries atteignent un âge beaucoup plus avancé. Quant à l’appétit des oiseaux, il est formidable ; la grive mange, en un seul repas, une énorme chenille équivalant, si on tient compte du rapport de taille, à une cuisse de bœuf pour un homme. Le rouge-gorge consomme chaque jour une masse de nourriture animale représentant un ver de terre long de 4 à 5 mètres.
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- LA NAT UH K.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 11 novembre 1889. — Présidence de M. Hui mite
- Les météorites mexicaines. — Le savant directeur de l’École des mines de Mexico, M. Antonio del Castillo, adresse à l’Académie un très important travail intitulé Catalogue descriptif des météorites du Mexique. On n’y trouve pas moins do 27 localités distinctes ayant fourni des masses, métalliques ou pierreuses, originaires des espaces extra-terrestres, masses parfois isolées, parfois réunies en nombre plus ou moins grand et constituant alors des averses météoriques. La surface de la République mexicaine se divise à cet égard en trois zones, dans chacune desquelles les matériaux cosmiques présentent des caractères spéciaux. Ces trois zones sont : 1° celle d’Oaxaca, au sud, où l’on découvre de temps en temps de nouveaux blocs ou masses dont le caractère principal est de ne pas s’altérer rapidement au contact de l’air et de ne renfermer que peu ou pas de troilite (pyrrhotine) ; 2° celle de Toluca, à peu près centrale, s’étendant à l’est jusqu’à Ameca-Ameca, dans laquelle se trouvent d’immenses quantités de petits morceaux et des masses clair-semées, surtout dans la vallée de Xiquipilco et ses environs, dans la vallée de Toluca; les fers météoriques de cette zone offrent cette particularité qu’ils se décomposent rapidement à l’air atmosphérique et qu’ils se recouvrent de croûtes ocreuses qui se désagrègent, de déliquescences de chloiure de fer, et d’efflorescences nickelifères vertes; 5° enfin l’immense zone du nord comprenant les régions du canton de Jimenez, au centre, et de Santa-Rosa au nord-est, régions auxquelles l’auteur ajoute encore celle de Bacubirilo au sud-ouest, et celle de Catorce au sud. Les fers météoriques de ces diverses régions de la troisième zone ne sont pas très altérables à l’air et renferment de la pyrrhotine en abondance. Je noterai que par suite d’un malentendu sans doute, M. del Castillo mentionne parmi les pierres, la météorite de San Francisco del Mezquital, représentée au Muséum et qui est en réalité un fer du type caillite.
- Activité comparée des digitalines. — Il existe une grande incertitude dans les notions, aujourd’hui possé-^dées par la médecine et la pharmacie, au sujet des produits actifs dérivés de la digitaline. C’est ainsi que l’on considère la digitaline amorphe comme dix fois moins active que la digitaline cristallisée. D’autre part, le nom de digitaline est appliqué en Allemagne à un produit que nous appelons en France digilaléine, et qui diffère chimiquement et physiologiquement de la digitaline. M. le Dr Bardet, savant médecin de l’hôpital Cochin, expose aujourd’hui le résultat de nombreuses expériences qui prouvent : 1° que la digitaline amorphe a la même énergie que la digitaline cristallisée, depuis que le Codex exige pour les deux produits' la complète solubilité dans le chloroforme; 2° que la digitaline allemande ou digita-léine, insoluble dans le chloroforme et soluble dans l’eau, est irrégulière dans son énergie qui est de vingt à quarante fois moindre que celle de la véritable digitaline. Il est donc utile de ne prescrire que de la digitaline chloroformique, en se rappelant que l’activité peut être considérée comme égale, que le produit soit cristallisé ou amorphe.
- Election. — Le décès de M. Halphen ayant laissé vacante une place dans la section de géométrie, la liste de
- présentation portail : en première ligne, M. Picard; en deuxième ligne, M. Appell, et en troisième ligne, MM. Gour-sat et Humbert. Les votants étant au nombre de 54,
- M. Picard est élu par 45 suffrages contre 3 donnés à M. Appell et 1 à M. Humbert; il y a 5 billets blancs.
- Histologie des poissons. — Comme suite à ses recherches sur la constitution de la matière nerveuse des invertébrés, M. Johannès Chatin adresse, par l’intermédiaire de M. Alph. Milne-Edwards, les résultats que lui a fournis l’examen des poissons. La conclusion la plus frappante de cet intéressant travail est que les myélocystes, abondants au sein de la surface grise, ne diffèrent pas essentiellement des cellules nerveuses proprement dites auxquelles les rattachent des séries de transitions continues.
- Constitution de la rétine. — D’après MM. Raphaël Dubois et Renault, il y a continuité complète entre la couche pigmentaire de l’épithélium de la rétine et la couche des cônes et des bâtonnets. Cette constitution est fort analogue à celle du tégument externe des pholades où chaque cellule cctodermique se continue dans la profondeur par une fibre musculaire. La cellule est très sensible à la lumière, de façon que cet agent physique détermine directement la contraction de la fibre.
- Progrès de la cartographie agronomique. — M. le général M. Yenukoff veut bien me remettre au profit des lecteurs de La Nature un extrait d’un très important mémoire adressé par M. Læwinson-Lessing et écrit en langue russe. Cette dernière circonstance qui privera certainement du travail dont il s’agit les lecteurs mêmes des Comptes rendus, donne beaucoup de valeur à l’analyse % que voici et en justifiera la longueur. Dans ses premiers débuts, d y a à peu près 20 à 25 ans, la cartographie agronomique faisait encore partie de la cartographie géologique, les cartes spéciales des terres végétales manquaient. Elles étaient remplacées par les cartes géologiques détaillées et en partie adaptées aux besoins de l’agronomie. Comme exemples de ces cartes nous pouvons citer les suivantes : J. V. Lorenz, General Eodenkarte Oesterreichs,au 1:3200 000, publiée en 1886 ; C. Malaise,
- Carte agricole de la Belgique, 1 : 800 000, 1871 ; Ben-nigsen-Forder, Bodenkarte des Umgegend von Hall,
- 1: 25 000, 1876 ; M. Fesca, Agronomische Karte des llit-terguts Linden, 1 : 10 000,1882 ; E. Laufer, Der Babcls-berg, geognosischund agronomtischBearbeitet, 1:12500,
- 1884; R. Keiper, Steesow, geogn. und agron. Bearbeitet,
- 1886; Meugy, Carte géologique agronomique de l’arrondissement de Rocroi, 1 : 40 000, 1885, et plusieurs autres cartes du même auteur. H. Credner, Geologische Special-karte der Kon. Sachsen, 1 : 25 000. Peu à peu l’adaptation des cartes géologiques aux besoins de l’agronomie devient plus complète, et nous pouvons nommer les cartes suivantes comme modèles de ce genre de cartographie :
- A. Orth, Geognostisch-agronomische K. der Umgegend v. Rudersdorf, 1 : 25 000, 1877; Geologische Specialkarte von Preussen und Thuringischen Staaten, 1 : 25 000 ;
- A. Ortli, Geognostisch-agr. K. der Feldmark Rittergut Fridrichsfelde, 1 : 5000, 1875. Enfin, les derniers progrès de la cartographie agronomiques se manifestent par la séparation des éléments géologique et agronomique : les cartes deviennent pédologiques. D’une pareille carte on exige tout d’abord une classification rationnelle et scientifique des sols, une classification basée non sur un ou plusieurs caractères des terres végétales, mais sur l’ensemble de leurs propriétés chimiques, physiques et géologiques. La carte doit être détaillée et non schématique,
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- dans les limites de l’échelle; elle doit être démonstrative, et sa légende claire, simple et complète, pour faciliter l’emploi de la carte, sans avoir recours au texte explicatif quelquefois très volumineux. Parmi les cartes agronomiques de cette troisième catégorie nous citerons : J. Lorenz, Uebersichts Bodenkarte der Umg. v. St.-Florian, 1868; Detail Bodenkarte, 1 : 4580, 1868. Les deux cartes sont bonnes, mais se distinguent l’une de l’autre par la classification des terres végétales. Delesse, Carte agronomique des environs de Paris, 1862; Ogérien, Carte agronomique du département du Jura, d’après la nature chimique des sols ; Delesse, Agronomie du département de Seine-et-Marne, 1879. L. Holmstroem och A. Lituls-troem, Maljords-och-Alfkarta medhôjd-Kurvor iifver stôrr delen af inegorna till egendomen Skottorp i Sodra-Ualland, 1 : 4000 ; W. Tchas-lavshj, Carte agronomique delà Russie d’Europe,
- 1879 (en russe); W. Dokoutchaïef, Carte schématique de la région de Tchernozème dans la Russie d’Europe, 1 :
- 4200000 1885 (en russe) ;
- W. Dokoutchaïef, Carte de la distribution des terres végétales dans la province de Nijni-Novgorod, 1 :
- 420 000 (en russe). Cette dernière carte, qui se trouvait à l’Exposition universelle de Paris, peut servir de modèle’aux cartes pédologiques en voie de préparation ; son auteur a reçu une médaille d’or.
- Elle est accompagnée d’un texte explicatif, en 15 volumes, qui contiennent les résultats des reéherches de MM. Dokoutchaïef et de ses six collègues, dont l’un est M. Læwinson-Lessing lui-même.
- Varia. — Pour M. Pa-rinaud, le strabisme est la conséquence d’un trouble de l’innervation. — Le sulfate de quinine paraît à M. AVorms être le meilleur médicament à employer dans les cas de diabète. — La géologie et la paléontologie algériennes fournissent à M. Poruel le sujet de nouvelles publications. — Une étude thermochimique sur la nicotine est adressée par M. Colson. — M. Mascart décrit au nom de M. Bollée une ingénieuse machine à calculer. — La morphologie et la biologie du muguet des malades (oïdium albicans) occupent MM. Lisnosky et Roux. — M. Etard continue ses importantes recherches sur la solubilité des sels. Stanislas Meunier.
- PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE
- DU CRATÈRE DU VÉSUVE
- La photographie dont nous publions aujourd’hui la reproduction est un intéressant spécimen des ap-
- plications de la photographie instantanée à l’étude des phénomènes de la nature en activité. (Jette épreuve nous a été communiquée par M. Georges Luys, étudiant en médecine, qui l’a recueillie lui-même dans l’ascension du Vésuve qu’il vient d’accomplir récemment. Elle est peut-être la seule qui existe, en tant du moins qu’épreuve de vulgarisation pour le public, car nous estimons qu’il y a fort peu de touristes qui, dans une ascension semblable, songent à emporter avec eux les appareils photographiques nécessaires pour reproduire un pareil spectacle.
- Il s^Rgit donc d’une reproduction instantanée du cratère du Vésuve en activité tel qu’on le voit
- tous les jours par un beau temps, alors qu’il émet sous forme d’un panache continu des masses de vapeurs blanchâtres accompagnées de projection de scories, qui retombent en pluie autour de son orifice. C’est ce phénomène tout spécial, l'éjection des scories, que la plaque sensible a instantanément enregistré.
- L’endroit d’où cette vue a été prise est situé sur une éminence d’où on domine le cratère, qui, lui-même, est placé au centre d’une vaste dépression. L’épreuve a été faite le 27 septembre 1889 par une lumière très transparente vers 3 heures de l’après-midi. On voit sur le premier plan les contours du cratère nettement indiqués : c’est un large trou d’environ 10 mètres de diamètre dont les bords sont en partie cachés par les masses de vapeurs s’élevant dans l’atmosphère, et sur le fond blanc desquelles se détachent en noir les parcelles de lave semi-fluide projetées en l’air.
- L’instrument employé a été un appareil à main de Marco Mendoza avec des plaques Lumière. 11 est encore à noter que le développement n’a pu être fait que trois semaines plus tard avec les sels de fer, sans que la plaque ait eu à subir la moindre altération.
- Nous ajouterons, en outre, que lepreuve, agrandie par les procédés habituels, n’a perdu en rien de sa finesse et a donné un fort bon résultat.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Fac-similé d’une photographie instantanée du cratère du Vésuve exécutée par M. Georges Luys, le 27 septembre 1889.
- Paru. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 860. — 25 NOVEMBRE 1889. LA NATURE. 401
- F.g. 1
- Fig. 2.
- Fig. 5. Fig. 4.
- (Fac-similés de photographies instantanées de M, C.-I!. Pereira, ingénieur.)
- Il devient banal d’insister aujourd’hui sur les merveilleux résultats obtenus par la photographie instantanée : les travaux de M. E.-J. Mare y sur la 47* année. — îe semestre.
- reproduction des mouvements de l'homme en marche, du cheval qui court, ou de l’oiseau qui vole, ont une importance capitale, d’ailleurs appréciée par
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- LA NATURE.
- les physiologistes, par les artistes et par les mécaniciens même qui étudient l’aviation1. Ces travaux ont excité l’émulation des praticiens; et de toutes parts la photographie du mouvement enregistre de nouveaux documents. Nous avons donné récemment les résultats obtenus sur la photographie de poissons en mouvement dans l’eau2, et nous ne manquons pas de publier les épreuves qui nous sont adressées, quand elles nous paraissent offrir un intérêt spécial. Nous allons avoir l’occasion de revenir aujourd’hui sur dos sujets de ce genre.
- Un ingénieur italien, M. C.-B. Pereira, nous a communiqué récemment par l’aimable intermédiaire du savant directeur de l’Observatoire géodynamique de Rome, M. Michel-Etienne de Rossi, des photographies représentant les attitudes et les positions d’équilibre de l'homme pendant le saut; nous en donnons la reproduction. Ces photographies ont été faites en pleine lumière avec un obturateur rapide, au moment où un amateur de gymnastique sautait au-dessus d’un bâton posé sur les dossiers de deux chaises (fig. 1), ou au-dessus d’une table de jardin surhaussée par une chaise ou un petit banc (fig. 2, o, 4). On remarquera combien les attitudes varient dans ces exercices renouvelés. Dans la figure 1 le sauteur a les bras étendus, jetés à droite et a gauche de son corps; dans la figure 2 son attitude en l’air est absolument invraisemblable, ses bras et ses jambes sont presque horizontaux et parallèles. (Nous devons faire observer qu’il y a ici une déformation produite par l’objectif, et que bras et jambes sont assurément allongés ainsi que les pieds grossis). Les attitudes de sauteur dans les figures 3 et 4 ne sont pas moins intéressantes. Dans la figure 4, le gymnaste ayant seulement la hauteur de la table à franchir, a dù faire un effort moindre, et son attitude parait plus naturelle. —J1 y a là, dans les photographies instantanées du genre de celles que nous signalons, toute une mine d’études pour l’observateur. Gaston Tissandier.
- U LIQUEUR D’ABSINTHE
- Lors d’une des dernières séances de l’Académie de médecine, MM. Cadéac et Albin Meunier ont présenté une note qui tendrait à détruire l’idée accréditée jusqu’ici de la toxicité de l’absinthe. Mais on va voir plus loin qu’il ne faut pas se hâter de conclure.
- D’après ces praticiens, dans la liqueur d’absinthe, il y a trois choses à considérer : l’alcool, l’essence d’absinthe
- 1 M. Marey continue ses études de la physiologie du mouvement avec la plus louable activité. L’honorable académicien vient de publier, à la librairie G. Masson, un nouvel ouvrage sur le Vol des oiseaux (1 vol. in-8° avec 1 planche et 164 figures dans le texte). Nous parlerons prochainement des résultats qui sont enregistrés dans cet important travail, mais nous voulons, dès à présent, le signaler à nos lecteurs. L’auteur, après avoir étudié l’anatomie de l’oiseau, décrit les appareils inscripteurs des mouvements, puis il étudie d’une façon complète le mécanisme du vol.
- 2 Yov. n° 858, du 22 juin 1889, p. 51.
- et différentes autres essences ajoutées à cette dernière pour donner un goût plus agréable, le bouquet, et aussi pour mettre moins d’essence d’absinthe qui coûte trop cher. C’est ainsi qu’on joint à celle-ci des essences d’anis, de badiane, de fenouil, d’hysope, de coriandre. L’alcool employé est à 70°; le plus souvent, il est dilué, par le client, avec de l’eau pour pouvoir boire la liqueur. Dès lors, il reste un liquide à 8 ou 10 pour 100 d’alcool, titre se rapprochant de celui du vin ordinaire. Si la liqueur est prise avec modération et diluée, l’alcool jie pourrait donc exercer des effets fâcheux, s’il est de bonne nature ; et, cependant, combien d’accidents graves surviennent à la suite de l’absorption quotidienne de 2 ou o verres d’absinthe diluée. MM. Cadéac et Albin Meunier ont incriminé les différentes essences combinées à celle d’absinthe, et en particulier celle d’anis. Pour eux, ce qu’on est convenu de nommer l’absinthisme, est dù à l’action de l’essence d’anis, et ils proposent de le nommer Yani-sisme. Les essences d’absinthe et d’anis ne seraient que des correctifs à cause de l’excitation vive, gaie et continue qu’elles produisent; celle due aux autres essences n’ayant qu’une durée fort courte. D’après eux, il faut donner amnistie entière à l’essence d’absinthe; et un homme pourrait en absorber à jeun, pendant plusieurs jours de suite, sans danger, la quantité nécessaire à la fabrication d’un litre de liqueur. Ayant expérimenté toutes ces essences chez des animaux, ces deux auteurs ont trouvé à l’autopsie, après l’injection d’essences autres que celle d’absinthe, les lésions du foie, des reins, du bulbe, du cerveau, semblables à celle de l’alcoolisme (il est bien entendu qu’ils ne se sont pas servis de teintures alcooliques). Pour éviter tous les graves inconvénients de l’absinthisme, de l’anisisme, si vous voulez, MM. Cadéac et Meunier proposent de supprimer les essences d’anis, de badiane, de fenouil, ou tout au moins de les diminuer et d’augmenter la quantité des essences pour eux bienfaisantes : absinthe et coriandre.
- Le travail de MM. Cadéac et Meunier était fait pour attirer l’attention; mais M. Laborde, rapporteur de ce travail, a présenté le résultat de nouvelles expériences qui paraissent concluantes et qui contrediraient absolument l’opinion des auteurs précédents. D’accord avéc M. Maignan, M. Laborde a montré qu’une injection hypodermique de 1 gramme d’essence d’absinthe chez un cobaye, produit, au bout de quelques minutes, des accès convulsifs subintrants, ayant tous les caractères de l’état de mal épileptique, l’animal mourant 40 minutes après environ. Si, d’autre part, on injecte à un cobaye, dans les mêmes conditions, la même quantité d’essence d’anis, il ne présente qu’un peu de somnolence, d’abattement, mais aucun phénomène convulsif.
- Nous ajouterons qu’il se trouve dans le commerce, à l’usage des distillateurs, différentes espèces d’essences d’absinthe. Les unes, d’un prix élevé, contiennent surtout de l’absinthe; les autres sont essentiellement formées d’..essence de fenouil et d’anis. Les premières, injectées à des animaux, donnent lieu à des accidents épileptiformes, ce qui ne survient pas avec les dernières. Contrairement aux conclusions de MM. Cadéac et Meunier, les absinthes à bon marché el falsifiées seraient moins redoutables que celles dont l’absinthe est le constituant fondamental.
- Nous nous permettrons de conclure, d’après les documents qui précèdent, que la liqueur d’absinthe, comme ses succédanés, est une liqueur dangereuse dont on ne saurait trop s’abstenir.
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- LA FABRICATION DES FOURRURES
- Dans le commerce, on peut distinguer deux sortes de fourrures : les fourrures chères et les fourrures bon marché. Les premières sont la plupart du temps des peaux authentiques; les autres sont artificielles, ou mieux, teintes. Ceci pourtant peut souffrir quelques exceptions; c’est ainsi que, l’hiver passé, il a été acheté un grand nombre de»manleaux garnis en renard bleu; pourtant, il ne s’est vendu, je crois, dans toute l’année, que trois ou quatre de ces peaux sur le marché de Londres, et quatre ou cinq sur ceux de Russie. Les peaux les plus employées pour la fabrication des fourrures artificielles sont : le chat et le lapin, angoras ou non, et le mouton; la chèvre ne sert que rarement.
- Les peaux arrivent sèches à l’usine ; on les ouvre par le milieu du ventre; on coupe la tète, les pattes et la queue. En même temps on sépare celles qui proviennent d’animaux en mue, et celles qui ont été attaquées par les insectes; elles perdraient leur poil pendant la teinture.
- Les peaux reconnues bonnes sont mises à tremper dans une eau légèrement alcaline ; lorsqu’elles sont molles, on les écharne, c’est-à-dire qu’on les racle de façon à en séparer la couche fibro-Yasculaire et les tissus graisseux sous-jacents qui nuiraient aux opérations ultérieures. Ces peaux sont lavées de nouveau, puis tannées. On les trie alors pour en séparer les fourrures entièrement blanches. Celles qui restent sont teintes en noir par le procédé habituel, à deux bains successifs, l’un de campêche, l’autre de fer. Lorsque la teinture en bain est achevée, les fourrures ainsi fabriquées sont lavées jusqu’à ce que l’eau de lavage sorte claire ; elles sont ensuite séchées, soit à la presse, soit à l’essoreuse à force centrifuge, qui donne un séchage plus rapide, meilleur et plus régulier. Les peaux ainsi traitées sont portées au séchoir, et enduites d’huile de foie de morue, la seule qui conserve aux cuirs leur élasticité et leur flexibilité.
- Lorsque l’huile a bien pénétré dans le cuir, les peaux sont mouillées de nouveau, étirées pendant qu’elles sont encore humides, puis remises à sécher pour la dernière fois. Lorsque la dessiccation est complète, on décolle les poils qui s’étaient réunis par mèches lorsque les fourrures étaient encore mouillées. Cela se fait, soit par peignage, soit par battage, soit par des moyens plus rapides encore, au dire des industriels qui les emploient.
- Une fois le poil redressé, les peaux sont encore étirées à sec, pour augmenter leur souplesse. La manipulation dans la teinturerie est finie ; les poils sont parfaitement noirs et brillants ; les cuirs ont encore une légère teinte bleuâtre provenant d’ordinaire d’un léger excès de fer dans le bain. Cette teinte, du reste, vire au noir mat sous l’influence de l’air, en très peu de temps.
- Les fourrures sortant des ateliers sont d’abord classées par longueur et par épaisseur de poil, puis par tailles. On les pare, c’est-à-dire qu’on les rogne pour leur donner une apparence régulière ; elles sont alors livrées au commerce. Pour que ni les peaux ni les rognures ne soient endommagées, la fourrure se coupe toujours au canif, à l’envers, et en la pliant suivant la ligne qu’on veut suivre, de façon à ne couper que le cuir, sans toucher au poil.
- Les peaux blanches sont teintes à la brosse, en plusieurs lois, de façon à obtenir un poil café au lait aux environs du cuir, et marron foncé; couleur loutre, un peu au-dessus. Cette opération s’exécute en relevant le poil à contre-sens avec des peignes d’épaisseurs variables,
- de sorte que les peaux ainsi traitées peuvent passer à la machine à raser, qui coupe tous les poils à une longueur donnée, et rend une fourrure sans aucune irrégularité de teinte. Ces peaux sont ensuite brossées, puis battues pour enlever les rognures de poil, enfin, comme les autres, elles sont une dernière fois étirées à sec, rognées et classées.
- Les peaux de mouton sont dessuinlées et tannées, puis par un peignage on sépare une première fois les touffes des poils; on teint ensuite à la brosse, comme dans le cas des peaux blanches, mais de façon à obtenir des poils bruns près de la peau et noirs à l’extrémité. La fourrure sèche est encore peignée, pour amener les poils à onduler sans friser par touffes ; on rase très légèrement, on étire à sec et on rogne. On obtient ainsi des peaux imitant la fourrure d’ours noir.
- Cela est la partie purement industrielle. Si maintenant on passe à la partie commerciale, on y trouve, outre la vente des fourrures fabriquées, l’utilisation complète de tous les déchets. Les queues de lapin sont vendues aux fabricants de chapeaux en castor vrai. Les tètes et les pattes, ainsi que les peaux de rebut, sont vendues aux fabricants d’engrais animaux. Le poil est trop court ou de trop mauvaise qualité pour être utilisé, et tous ces débris forment un engrais de premier ordre.
- Les déchets provenant de l’écharnage, mis à part, sont cuits et employés à la nourriture des porcs, soit dans l’usine même, soit chez des éleveurs. Les rognures des peaux teintes, les joues, sont assorties par qualité de poil, cousues ensemble, et vendues un peu meilleur marché que les fourrures entières. Enfin, les' petites rognures, ayant de cinq à quinze millimètres de largeur, sont encore assorties par couleurs, puis cousues sans distinction de longueur de poil. Les bandes ainsi obtenues sont rasées et vendues très bon marché.
- Si on cherche les différentes façons d’imiter les fourrures de prix, on trouve :
- Pour le renard bleu, la teinture à la brosse, la composition des mélanges colorants variant avec les fabricants. Pour la loutre, les peaux de lapin blanc, teintes /à la brosse en plusieurs fois, et rasées.
- Les fourrures douces à poils longs, servant pour manchons et, boas, le singe noir d’Amérique, notamment, s’obtiennent par la teinture des peaux de chats ou de lapins angoras. Ces peaux, surtout les peaux de lapin, se trouvent à même dans les lots de peaux-brutes, et toujours en assez faible quantité. On les met de côté après l’écharnage. L’hermine se fait avec du chat ou du lapin blancs à poils courts et très fournis. La queue noire de l’hermine se représente par un petit morceau de peau teinte, roulée et cousue après-coup. Enfin, l’ours noir s’imite avec une assez grande perfection par la peau de mouton, défrisée et teinte comme il a été dit plus haut.
- Si en prend maintenant l’utilisation des diverses qualités dans ces fourrures, on voit que les peaux entières servent à faire les manteaux et les couvertures de prix, soit seules, soit entourées d’un cadre de fourrures naturelles, aux endroits les plus apparents.
- Les rognures de premier choix cousues en bandes servent à faire les cols, parements et manchettes; elles servent aussi pour les manchons ; les coutures lorsqu’elles sont bien faites, ne s’aperçoivent pas.
- Enfin, les petites rognures, cousues et rasées, servent à faire les casquettes dites « de loutre », les gants fourrés, les fourrures à très bon marché et les garnitures de harnais dans la sellerie fine. P. B.
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- LE PARFUM DES ROSES
- LES KOSKS ODORANTES ET LEUR CULTURE INDUSTRIELLE
- Tout d’abord ce n’est pas le parfum, mais les parfums des Roses qu’il faudrait dire. Si vous avez examiné avec un peu d’attention la collection d’un amateur de roses, ou meme un simple parterre de rosiers quelque peu assortis, vous aurez certainement remarqué qu’il est bien difficile de trouver deux variétés de Roses possédant exactement la même odeur. Il y a plus : sur le même pied, entre deux roses dont l’une à peine entr’ouverte et l’autre en plein épanouissement, vous pourrez souvent saisir une nuance très appréciable dans les odeurs quelles fournissent. Il y a mieux encore : la même rose, odorée à différents moments de la journée, soit le matin, encore humide de la rosée nocturne,
- soit dans la forte chaleur du plein midi, quand ses pétales se crispent et que sa tige elle-même s’incline comme harassée, cette même rose, disons-nous, n’exhalera pas exactement le même parfum dans chaque cas.
- Ce seront, si l’on veut, des nuances de la même odeur fondamentale, du moins la plupart du temps, et il est évident qu’il faudra parfois quelque attention et un organe un peu dressé à cette étude pour les bien
- saisir : jamais l’odorat n’aura mieux justifié l’épithète de « subtil » dont on le décore si souvent à tort; mais ces nuances n’en existent pas moins, et le fait de leur existence est des plus importants pour le physiologiste attentif. D’ailleurs, à côté de ces Roses douées du parfum classique, bien connu, mais diversement nuancé, de ces Roses qui sentent la Rose, en unmot, il y en a beaucoup qui exhalent une tout autre odeur. Il
- Fig. 1 et 2. — Fig. 1. Coupe d’uu pétale de rose vu au microscope et traité par l'acide osmique au 1/200. — a. Épiderme supérieur à éléments papilleux. — b. Epiderme inférieur à éléments quadrangulaircs. — f. Parenchyme et faisceau iibro-vasculaire. L’osmium s’est réduit eu noir dans les cellules productrices du parfum. — Fig. 2. Glandes des feuilles.
- Fig. 3. — Carte de la région des Balkans consacrée à la culture des Roses. (D’après la carte de l’État-major autrichien.)
- en est qui sentent la violette (Banksia alla), le muguet (.Rosa Ripartii), le réséda (Rosa canina), le musc (Rose Salet : hybride de R. mousseuse), la jacinthe (Rose unique jaune : variété de Roses noisette), l’œillet (Rosa moschata), la framboise (Gloire de Dijon : rose thé), l’abricot (Rosa bracteata), l’ananas (Rose Desprez), la pomme de reinette, etc.; il y en a qui sentent la punaise (Rosa lutea, Rosa platyacantha, Rosa Beggeriana) ; il y en a même enfin qui ne sentent rien, ce qui est encore une façon de ne pas sentir la Rose, et celles-là sont
- nombreuses, et non des moins belles (Dersian Yellow, Captain Christy, etc.).
- Existe-t-il une relation entre ces différentes variétés d’odeurs et les caractères spécifiques de la fleur? Autrement dit, l’étude du parfum peut-elle apporter quelques secours aux naturalistes, dans ce travail de Pénélope qui s’appelle la classification des Roses? Disons-le de suite ; dans plusieurs cas, oui; beaucoup plus souvent, non.
- Nous n’entrerons pas ici dans le détail de cette question, nous contentant de renvoyer le lecteur, que
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- ce sujet intéresserait spécialement, au travail d’ensemble que nous avons consacré à l’étude de ce sujet1. Le plus souvent, d’ailleurs, la détermination du parfum d’une Rose n’est pas aussi aisée qu’il pourrait le sembler. Chacun sait que, dans une Ilosc, ce sont les pétales qui dégagent le parfum ; mais ce qu’on ignore d’habitude, c’est que les parties vertes, c’est-à-dire le calice et le pédicelle de la fleur, ont fréquemment leur odeur propre qui entre en combinaison avec celle des pétales dans le mélange des parfums soumis à notre odorat. Il peut même arriver que le pétale ne sente rien et que le calice seul donne toute l’odeur. Ce dernier cas est beaucoup plus commun qu’on ne le croit, dans le règne végétal. Prenez, par exemple, la fleur du Pélargonium tonale, qui, sous le nom impropre de Géranium
- rouge, foisonne au bord des corbeilles de tous nos jardins. Cette fleur, approchée des narines, exhalera une odeur très désagréable de punaise, urineuse, pour lui donner son vrai nom. Maintenant, à l’aide d'une petite pince, détachez doucement, un à un, les cinq pétales de la fleur, et étalez-lcs sur une feuille de papier inodore ou sur du marbre. Accumulez ainsi autant de pétales que vous voudrez : vous serez très surpris de constater qu’ils ne dégagent absolument aucune odeur. Examinez maintenant ce qui reste de vos fleurs sans corolle, et vous retrouverez l’odeur désagréable que le calice et le pédicelle, les* parties vertes, en un mot, étaient seuls à produire; avec un peu d’attention même vous constaterez de visu la présence des nombreuses petites glandes à essence qui couvrent,
- Fig. 4. —Uu champ de Roses à Kézanlik (Bulgarie). (D’après uue photographie.)
- comme un duvet léger, toutes ces parties vertes*
- C’est à des glandes semblables qu’est due la production du parfum sur le calice des Roses, quand il y a parfum ; de même l’odeur que dégagent les feuilles de certains Rosiers lorsqu’on les froisse. Il est à remarquer que si dans une espèce, les fleurs et les feuilles sont odorantes, les odeurs produites de part et d’autre sont alors bien nettement distinctes. La Rose cent-feuilles a des fleurs douées de 1’ « odeur de Rose » la mieux caractérisée : ses feuilles froissées dégagent une odeur poivrée toute spéciale et très différente de celle-ci.
- Le plus souvent les espèces à feuilles odorantes ont des fleurs inodores. C’est le cas du R. rubigi-nosa, dont les feuilles donnent une agréable odeur de pomme de reinette, perceptible à distance dans certai-
- 1 Dr Blondel. Les produits odorants des Rosiers. 1 vol. in-8° de 165 pages, avec 5 gravures hors texte, une carte et une planche sur cuivre. Paris, 1889. 0. Doin, éditeur.
- nés conditions, du R. lutea, dont les feuilles ont une odeur fine de citron, des R. mollis, R. pomifera, R. tomentosa, etc., et en général de tout le groupe des Tomentosæ, dont les feuilles dégagent, quand on vient à les froisser entre les doigts, une odeur désagréable de myrrhe et de térébenthine.
- Nous n’insisterons pas ici sur cet appareil glanduleux des feuilles des Rosiers : rappelons seulement que chacune de ces délicates glandules est formée d’un support plus ou moins long et d’une petite tête renflée en boule, qui est proprement la portion utile. L’oléo-résine qu’elle sécrète s’y accumule vers le haut de la sphère, soulevant l’enveloppe de cellulose qui recouvre la glande, et se collectant en une grosse gouttelette arrondie qui déprime au-dessous d’elle en coupe hémisphérique les cellules sécrétrices de la tête glanduleuse. Au moindre froissement, la mince coque de cellulose se brise et l’essence se répand au dehors, communiquant son odeur à tout
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- cc qui la touche. La Rose sur laquelle peut être observé le plus aisément cet appareil glanduleux, est assez commune chez nous : c’est la Rose moussue, improprement appelée mousseuse.
- Mais s’il est aisé, sur les parties vertes du Rosier, d’observer à l’œil nu les organes producteurs du parfum, cela devient tout à fait impossible quand il s’agit des pétales. 11 est clair cependant qu’il y a, en quelque point de ce pétale, sécrétion de matière odorante ; nous avons d’ailleurs la preuve matérielle de l’existence de celte matière puisque nous pouvons l’isoler par la distillation : c’est Yessence de Roses dont nous reparlerons dans un prochain article. Or, si attentivement que l’on observe, même a la loupe, la surface et les bords de chaque pétale, il est impossible d’v découvrir la moindre trace d’un organe sécréteur faisant saillie au dehors. 11 est vrai que la face supérieure de ces pétales est recouverte de petites papilles coniques très rapprochées, mais dont le rôle est tout ditfércnt et d’ailleurs bien connu : grâce à l’air qu’elles emprisonnent entre elles, elles donnent aux pétales, particulièrement à ceux de couleur foncée, leur aspect velouté tout spécial.
- Ce n’est que par la méthode des coupes que nous pouvons arriver à la solution du problème. Une coupe très mince, pratiquée au rasoir, perpendiculairement à la surface du pétale, comme l’indique le dessin (fîg. 1), montre ce pétale constitué par deux plans superficiels d’épiderme emprisonnant un parenchyme lâche. L’épiderme supérieur, comme nous l’avons déjà fait remarquer, se compose de cellules papilleuses; mais nous ne voyons encore aucune trace d’organes sécréteurs, et nous ne les verrions jamais sans l’emploi de l’artifice suivant. Si l’on plonge la coupe pendant quelques secondes (une vingtaine) dans une solution aqueuse d'acide osmi-que au 1 /200, et qu’on replace ensuite la coupe sous le microscope, on voit se former, dans les cellules des deux épidermes, de grosses masses d’un noir bleuâtre qui ne sont autres que des précipités d'osmium métallique réduit au contact de l’essence. C’est donc dans les éléments de la surface entière du pétale qu’est sécrété le produit odorant (fig. 1 et 2, a et b).
- Au moyen de quelques réactions complémentaires, on apprend ensuite que l’essence s’y trouve en compagnie d’un tanin et d’une matière grasse fixe, non volatile, qu’il est d’autant plus difficile d’isoler que l’un et l’autre réduisent également l’osmium, comme l’essence. Mais le tanin seul est soluble dans l’eau ; l’essence seule est volatilisablc par la chaleur : il est donc possible d’arriver à les caractériser séparément. Il est probable que c’est aux dépens du tanin que l’essence se forme par voie de dédoublement.
- Nous décrirons dans un autre article les procédés industriels qui permettent d’extraire le parfum des Roses. Nous ne nous occuperons ici que des cultures industrielles de Rosiers faites en vue de cette extraction. Ces cultures sont surtout développées aujourd’hui en France et en Bulgarie. C’est cette dernière région qui mérite seule, maintenant, le nom de
- pays des Roses, dont on a si longtemps décoré la vallée de Kashmir en Perse. U y a bien eu réellement, autrefois, une vallée des Roses à Kashmir, ou plutôt à Shiraz, et Kæmpfcr, qui la visita en 1684, lui consacra une très curieuse description dans ses Amænitates (II, 575). Mais les choses ont bien changé depuis lors. La vallée de Kashmir ne donne plus que des Andropogon servant à fabriquer l’essence de Raima-Rosa, sorte de fausse essence de Roses. Les magnifiques jardins du shah, où l’essence de Roses fut découverte en 1612, dans de si poétiques circonstances, ne renferment plus que quelques Rosiers géants, conservés comme curiosités, et dont un échantillon, rapporté par Pissard, fleurit aujourd’hui à Argenteuil, chez M. Godefroy-Lebœuf. Celui qu’Olivier vit à Téhéran au commencement du siècle atteignait 50 pieds de haut. C’est tout ce qu’il reste de Rosiers au pays des Roses, et, par un singulier retour des choses, le shah fait venir aujourd’hui d’Europe les Rosiers destinés à ses jardins.
- C’est au pied des grands Balkans, dans l’ancienne province turque de la Roumélie orientale, aujourd’hui rattachée à la Bulgarie depuis la révolution de 1885, que se trouvent situées les plus importantes cultures industrielles de Rosiers. Les deux centres principaux de l’exploitation sont Carlova et surtout Kézanlik (Voy. carte, fig. 5).
- Les plantations couvrent les deux flancs de chaque vallée ; mais celles qui s’étagent sur les hautes pentes des Balkans, orientées au midi, sont infiniment plus importantes et d’un meilleur rendement que celles du contrefort qui leur fait face, la Sredna-Gora. Le versant sud de cette dernière chaîne porte encore quelques plantations, mais en petit nombre : les quelques points cultivés sur le versant nord des Balkans n’ont aucune importance industrielle.
- Les deux points extrêmes de la vallée des Rosessont Koprivchtitza à l’ouest, et Twarditza à l’est. La vallée de la Strema est comprise dans le district de Carlova (ancien canton turc de Giopça) ; celle de la Toundja est située dans les districts de Kézanlik et de Novo-Zagora (en turc Ieni-Sagra). Les districts situés sur le versant sud de la Sredna-Gora sont Novo-Selo (ancien canton turc de Kojim-Tepe), Brczovo (Karadscha-Dagh), Tchirpan, Stara-Zagora (.Eski-Sagra). Enfin, beaucoup plus au sud, au pied des Rhodopes (Despoto-Dagh), entre ces montagnes et la Maritza, s’est créé récemment un petit centre d'exploitation, encore sans grande importance, à Bradzicova (district de Pechtéra). Les cultures de Rosiers présentent, en Bulgarie, un aspect tout spécial (fig. 4). Ce sont de vastes champs sablonneux, dans lesquels les Rosiers s’alignent en longues haies, atteignant la hauteur d’un homme et espacées l’une de l’autre de 1,50 m à 2 mètres. Les espèces cultivées sont au nombre de trois. La première, la seule qui soit réellement exploitée, et qui représente 90 pour 100 des pieds d’une culture, est une variété rameuse du R. damascæna; c’est la Rose rouge des
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- paysans bulgares. Son odeur est peu prononcée, mais exquise. — La seconde, connue sous le nom de Rose blanche, est, d’après les échantillons que nous avons eus entre les mains, un R. alba. On la cultive très peu, sa fleur peu odorante étant beaucoup moins estimée des distillateurs. Elle fleurit quinze jours après l’autre, n’est jamais distillée seule et ne se plante qu’en bordure des plantations, pour en marquer les limites, ou comme tête de rangée, afin de n’offrir aux déprédations des passants que des fleurs sans valeur. La troisième espèce est une Rose à fleur rouge foncé, connue dans le pays sous le nom de Rose de Constantinople; nous n’avons pu encore nous en procurer d’échantillon fleuri et en bon état : mais sa feuille permet déjà de la rattacher au groupe des Gallicanes, dont fait partie le R. damascæna. Sa présence dans les cultures est d’ailleurs tout à fait accidentelle.
- La culture des Rosiers exige des soins assez compliqués : taille, sarclages et labourages fréquents dans les allées, tassement de la terre au pied des arbustes à l’entrée de l’hiver pour les prémunir des désastreux effets de la gelée, etc. La gelée est, en effet, le plus terrible ennemi des Rosiers ; mais ce n’est pas le seul. Un des plus étranges est un ver ou plutôt une larve, nommée en bulgare tchervé, qui s’insinue sous l’écorce lorsque les chaleurs sont précoces et très vives, et qui décrit ainsi autour des branches une galerie annulaire se traduisant au dehors par un léger bourrelet. Si l’on vient alors à toucher la branche attaquée, elle se brise en ce point, aussi net qu’une baguette de verre.
- La floraison a lieu du 20 mai au 20 juin. C’est en même temps la période consacrée à la cueillette des fleurs, qui sera décrite dans un prochain article.
- Les cultures françaises installées en Provence, autour de Cannes et de Nice, sont également disposées en haies espacées de 1 mètre à 1,25 m l’une de l’autre, sur la pente de collines exposées au soleil. La grande culture n’y existe point : la plupart du temps, chaque champ est exploité par le paysan qui en est le propriétaire, et le produit en est transporté directement par lui aux grandes distilleries établies dans la ville. L’espèce cultivée est ici la Rose cent-feuilles (R. centifolia), qui fleurit du 20 avril au 20 mai, un mois plus tôt qu’en Bulgarie. Une autre espèce, appartenant au groupe des Roses thés, la Rose safrano, est cultivée pendant l’hiver, mais ne donne que des fleurs peu odorantes et une essence de qualité très inférieure ; les distillateurs ne l’acceptent que rarement et la plus grande partie de ces fleurs sont expédiées à Paris pour les fleuristes.
- Nous ne parlerons que pour mémoire des cultures de Rosiers que les Allemands commencent à établir autour de Leipsick et de Dresde et sur lesquelles ils fondent grand espoir.
- A Provins, pendant tout le moyen âge, le R. Gallica (Rose de Provins), rapporté, dit-on, de la croisade par le comte Thibaut Ier, le Chansonnier, fut cultivé en grande abondance pour la prépa-
- ration des sachets à la Rose, de l’eau de Roses et surtout des fameuses confitures à la Rose et au miel. A Provins, il n’existe plus guère qu’une centaine de pieds de Rosiers, dans un jardin particulier, et cette industrie, jadis célèbre, y est à peu près éteinte aujourd’hui. Les pétales, dits de Provins, que le Codex prescrit encore, et dont la pharmacie fait assez souvent usage, sont fournis aux environs de Paris, par toutes les Roses rouges de culture indistinctement et d’une façon plus particulière dans le département du Var, par une variété de Roses thé, connue sous le nom de Cramoisi supérieur.
- Dr R. Blondel.
- LE VERRE TREMPÉ
- A la suite d’un article précédemment publié dans La Naturei, nous recevons de l’inventeur du verre trempé la lettre suivante que nous nous empressons de publier :
- Je Us dans La Nature du 2 novembre, scyis la signature J. Henrivaux, un article où il est question du verre trempé.
- Voulez-vous permettre à l’inventeur de la trempe du verre de rectifier quelques erreurs de l’écrivain au sujet de ce produit. Si le verre trempé n’a pas rendu tous les services que l’on en attendait, ce n’est pas la difficulté de la fabrication qui en est la cause, mais l’hostilité de tous les marchands de verres et cristaux auxquels on a eu le tort de s’adresser pour répandre un article qui pouvait, dans une certaine mesure, réduire le chiffre de leurs ventes*
- Il fallait s’adresser directement à la clientèle; les personnes qui se servent de cristaux trempés y reviennent tous et font elles-mêmes la propagande autour d’elles.
- Mais rien n’est plus simple que la composition des bains de trempe; ils varient un peu comme composition et comme température suivant la composition du verre et du cristal, mais, dans une verrerie, une fois une composition adoptée, on s’y tient pour l’ensemble de la fabrication. Il n’y a donc qu’à adopter un bain qui reste toujours le même pour la même usine.
- Quant à la nature du verre, il n’y a pas lieu de la modifier; tous les verres se trempent et se trempent bien.
- Il est encore inexact de dire que le verre doit être d’épaisseur égale pour se bien tremper et que, par suite de cet inconvénient, son usage est réduit aux plats pour la cuisson des aliments et aux bobèches.
- Les verres d’inégale épaisseur se trempent très bien, et les verres à boire, gobelets, choppes ou verres à pied sont les articles qui se vendent le plus.
- Il y a une usine en Amérique où on ne fait que des verres d’éclairage; ailleurs on trempe le verre plat, les tubes ou plaques pour niveaux d’eau, puis les services de table, les plats, les assiettes en cristal opale imitant la porcelaine, etc. Avec un ouvrier soigneux, on peut à peu près tout tremper dans des conditions parfaites de solidité et de durée.
- Veuillez, monsieur, excuser ces explications qui m’ont semblé nécessaires pour détruire la mauvaise impression et le tort que pouvait produire la lecture de l’article de M. Henrivaux à un produit qui n’a contre lui que de n’ètre pas assez connu. A. de la Bastie.
- 1 Voy. n° 857, du 2 novembre 1889 p. 358.
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- LA NATURE.
- PETITE MACHINE A ÉCRIRE
- « LA MINIATURE ))
- Nous avons déjà décrit ici plusieurs systèmes de machines à écrire1, mais aucun jusqu’alors n’a présenté les caractères de simplicité et surtout de bon marché de celui-ci. La Miniature pocket type wri-ter justifie bien son nom ; on peut la mettre facilement dans sa poche ; elle a 5 centimètres de haut sur 10 de long et 7 de large. Notre gravure la représente aux deux tiers de sa vraie grandeur. Nous nous souvenons qu’au sujet de la machine Columbia, la dernière que nous décrivions, nous disions en terminant qu’un amateur pourrait facilement la construire lui-même en la simplifiant, et nous indiquions les quelques-modifications à y apporter dans ce cas.
- L’inventeur de la Miniature a été aussi loin que possible dans la voie des simplifications et il a réduit la machine à sa plus simple expression, ainsi qu’on va pouvoir en juger.
- Les caractères typographiques, en caoutchouc, sont montés sur la face inférieure d’un disque au centre duquel se trouve une poignée B. Un axe légèrement incliné traverse le disque et la poignée, et, si on fait rouler celle-ci entre les doigts, on fait en même temps tourner le disque.
- Dans ce mouvement tous les caractères viennent successivement passer sur un petit rouleau en feutre E enduit d’encre. Un chariot métallique monté sur deux rouleaux A et G supporte tout ce système. La platine du chariot est percée d’une ouverture en regard de laquelle viennent successivement se présenter tous les caractères supportés par le disque. Pour se servir de l’appareil il suffit de le poser sur l’endroit où l’on veut écrire en le maintenant avec la main gauche appuyée sur le rouleau A. On fait tourner la poignée B pour amener la lettre ou le signe à imprimer en face de l’ouverture dont nous venons de parler, ce qui est facilité par l’indication, sur la face supérieure du disque, des lettres ou signes qui sont en dessous et par une petite saillie rivée sur la platine du chariot
- 1 Yoy. n° 705, du 4 décembre 1886, p. 16.
- en face de l’ouverture. On exerce alors une légère pression sur la poignée B, la tige qui la traverse étant légèrement mobile permet à la lettre fixée sous le disque de venir toucher le papier et s’y imprimer.
- Des crans que le disque porte sur son pourtour et qui correspondent exactement à chaque caractère, viennent s’engager, au moment de la pression sur B, dans la petite saillie dont nous avons parlé et assurent l’immobilité du disque dans le sens latéral pendant l’impression. Aussitôt que la pression de la main cesse, un petit ressort fixé sur la platine du chariot fait monter le disque en dégageant le cran de la saillie et on peut alors amener une autre lettre et répéter la même série d’opérations qu’auparavant.
- L’intervalle entre chaque lettre est obtenu en poussant avec la main gauche le rouleau A qui porte une petite roue à rochet dont chaque cran donne exactement l’intervalle nécessaire. Quant à l’intervalle entre les lignes il est déterminé au moyen d’une petite échancrure H, ménagée dans la platine, qu’on place toujours au-dessus de la ligne qui vient d’être écrite et qui sert alors de suide à travers cette échancrure pour écrire la suivante. On voit que, malgré la plus grande simplicité, tout a été prévu. La rapidité n’égale pas celle des grandes machines à écrire Remington et autres, maisn’oublions pas qu’elles coûtent 500 francs tandis que celle-ci coûte cinquante fois moins cher; ce qui est une considération.
- On fait deux types de machines qui sont identiques pour les dimensions de 1 appareil, mais qui varient par la dimension des caractères typographiques. Le n° 1 donne la taille utilisée surtout pour la correspondance, le n° 2 donne des caractères plus gros ayant un peu plus de 3 millimètres de haut.
- Elle rendra surtout service à tous ceux qui ont à écrire des adresses, des étiquettes, des titres, etc. Nous la recommanderons aussi en particulier aux amateurs photographes pour imprimer sur leur album le sujet de leurs épreuves.
- G. Mareschal.
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- LA NATURE
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- L’INSTALLATION ÉLECTRIQUE
- DU CHATEAU ROYAL DE TELES!! ET DU PALAIS ROYAL DE RUO.IIAREST
- Fig. 1. — Salle des turbines Girard, du Château royal de Roumanie.
- Depuis quelques années, grâce aux progrès toujours croissants de la science, les installations élec-
- triques sont devenues très nombreuses et il est toujours intéressant de les faire connaître quand elles
- Fig. 2. — Salle des dynamos du Château royal de Roumanie.
- présentent des particularités remarquables, ou qu’elles se signalent par leur importance et par la diversité des solutions employées. C’est le cas de l’installation du Château royal de Pelesli en Roumanie.
- Sans nous arrêter à la description complète du Château royal situé dans les Carpathes, à 150 kilomètres au nord de Bucharest, nous dirons seulement que la surface totale est de 5000 mètres car-
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- L\ NATURE.
- rés, et le volume de 21 000 mètres cubes. L’usine électrique qui dessert le Château est placée dans le parc environnant à 150 mètres de distance. Elle comprend deux salles de machines, et deux autres pièces pour le bureau et le magasin. Dans Tune de ces deux salles (fig. 1), sont installées deux turbines Girard à arbre horizontal, chacune aux extrémités, commandant une transmission en 1er de 12 mètres de longueur. La puissance de ces turbines est de 85 chevaux (65,75 poncelets) à la vitesse angulaire de 600 tours par minute. Elles sont actionnées par une dérivation d’eau empruntée au torrent du Pelesh et tombant sous une hauteur de 125 mètres, avec un débit de 70 litres d’eau par seconde. Sur l’arbre de transmission sont fixées une série de poulies sur lesquelles peuvent s’adapter les courroies commandant les dynamos. Ces dernières sont au nombre de cinq : trois dynamos-shunt Edison à courants continus (150 ampères, 110 volts à 1100 tours par minute); une dynamo-série Brush à courants redressés ( 10 ampères, 800 volts, a 950 tours par minute); une machine Gramme, à courants alternatifs, du type dit auto-excitatrice (500 volts, 28 ampères à 1400 tours par minute).
- Dans la deuxième salle se trouve aussi une turbine Girard qui actionne directement une dynamoshunt Gramme type supérieur (20 ampères, 110 volts à 400 tours par minute). La puissance de cette dernière est de 4 chevaux (5 poncelets). La canalisation est formée de câbles sous plomb de MM. Derthoud-Borel.
- L’éclairage général comprend 660 lampes à incandescence de 10, 16 et 52 bougies, soit un total de 8500 bougies, 25 lampes à incandescence de 100 bougies, 10 bougies Jablochkolf de 80 carcels.
- Les lampes à incandescence de 10, 16 et 52 bougies sont réservées pour l’intérieur du Château. Les lampes à incandescence de 100 bougies sont du système Siemens ; elles prennent 10 ampères et 25 volts, et sont montées en tension au nombre de 25. Elles éclairent la route venant de Sinaia sur une longueur de 900 mètres. Les foyers Jablochkolf éclairent l’allée principale.
- La moyenne de l'éclairement du Château est de 1,5 bougie par mètre carré et de 0,55 par mètre cube. Toutes les parties de l’habitation sont loin cependant d’être éclairées également. Ainsi, au rez-de-chaussée, où se trouvent la salle à manger, le salon de réception, l’éclairement est de 5,15 bougies par mètre carré et de 0,52 bougie par mètre cube; il n’est, au contraire, que de 1,47 bougie par mètre carré et de 0,15 par mètre cube au premier étage, et de 0,57 bougie par mètre carré au second.
- Le palais royal de Bucharest est éclairé de même à la lumière électrique depuis 1885. Il est desservi par l’usine électrique de la Compagnie du gaz de Bucharest. L’éclairage comprend 1580 lampes à incandescence de 10 bougies. L’éclairement est ici de 5,47 bougies par mètre carré et de 0,46 bougie par mètre cube au rez-de-chaussée pour la partie nouvelle
- du palais, et de 4,87 bougies par mètre carré et 0,64 bougie par mètre cube au premier étage.
- En terminant, nous nous permettrons d’adresser nos vives félicitations au roi de Roumanie qui a fait établir une installation aussi importante et aussi luxueuse. 11 est beau de voir un monarque favoriser le développement des applications scientifiques, et se tenir au courant des progrès modernes. Nous ne devons pas oublier non plus d’adresser des éloges mérités aux ingénieurs électriciens qui ont mené à bonne fin les belles installations que nous venons de présenter à nos lecteurs. J. Laffargue.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- FORCE MOTRICE (Suite et fin. —Voy. p. 354.)
- Pour ce qui concerne les machines à vapeur, l’Exposition de 1889 n’a pas eu de découverte saillante ni d’innovation importante a signaler; les véritables progrès résident spécialement dans la perfection de la construction qui est arrivée à un degré bien difficile à dépasser dans l’avenir, dans celle des détails et plus particulièrement dans les améliorations incessantes apportées au rendement calorifique, en même temps qu’on s’est appliqué à diminuer le plus possible la consommation de combustible tout en conservant la même production de travail. Car ce qu’il ne faut pas oublier, c’est qu’il y a à peine vingt ans, les machines à vapeur exigeaient encore une consommation de 4 kilogrammes de charbon par cheval et par heure, c’est-à-dire pour produire pendant une heure le travail d’un cheval-vapeur; or, aujourd’hui certaines machines en usage produisent le même travail pendant le même temps avec 750 grammes de charbon. Cette économie a pu être réalisée en tenant compte autant qu’il a été possible du principe de la conservation de l’énergie mis en lumière par les Joule, les Meyer, les Hirn, etc., et cela en s’appliquant à obtenir deux conditions essentielles qui peuvent se résumer dans les deux propositions suivantes :
- 1° Étant donné un poids de charbon, produire la plus grande quantité de vapeur possible ; 2° cette quantité de vapeur obtenue, lui faire rendre tout le travail mécanique qu’elle est susceptible de donner.
- La première de ces conditions est obtenue par l’amélioration apportée dans la construction des chaudières. On sait que le combustible n’est pas utilisé de la même manière dans tous les générateurs de vapeur; la perfection du foyer, les dispositions intérieures de la chaudière, et son état d’entretien influent notablement sur l’utilisation du combustible, la combustion aussi parfaite que possible de ce dernier par la transformation de l’oxyde de carbone en acide carbonique qui a été obtenue en grande partie par l’adaptation de la soufflerie ; en un mot, tous les points que nous venons d’indiquer grosso modo sont l’objet d’une étude incessante
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- de la part des constructeurs de chaudières qui ne tendent qu’à un but ; mettre en pratique ce théorème : La puissance d'un générateur est proportionnelle au poids de vapeur que peut fournir en une heure chaque mètre carré de sa surface de chauffe. Ajoutons que les progrès réalisés en ce sens sont incontestables.
- La seconde condition que nous avons indiquée, et dont le rôle revient aux moteurs, a atteint des résultats véritablement surprenants, ainsi que le démon- » trent les chiffres mentionnés précédemment, et cela, grâce à l’emploi rationnel de la détente obtenue au moyen de la distribution dont les dispositions ciné-matiques, variant suivant les constructeurs, ont per mis de différencier les divers systèmes de machines qui peuvent toutes se rapporter à deux types principaux : le type Corliss et les machines Compound.
- Mais si l’on voulait faire une classification plus étendue, on pourrait admettre la suivante : machines Corliss proprement dites, et celles qui en dérivent; machines Sulzer à soupapes équilibrées; machines de Wolf; machines Compound.
- Ce sont, en grande partie, ces principaux types qui concouraient au mouvement des arbres de transmission du Palais des Machines et que nous condensons dans le tableau ci-après (p. 412), en indiquant les constructeurs, les systèmes et la puissance approximative :
- Tous ces moteurs, appartenant à plus de trente exposants, possédaient une puissance nominale de 5000 chevaux; mais, comme nous l’avons dit, ils ne développaient qu’une puissance de 2590 chevaux utilisés.
- Ainsi qu’on peut s’en convaincre, par un coup d’œil jeté sur notre tableau, tous ces systèmes sont connus. Nous ajouterons même que la distribution Corliss, qui a acquis dès son apparition une si grande et si juste réputation, n’est qu’un perfectionnement de la distribution Macabies. Mais si les machines Corliss n’offrent pas une grande économie sur les autres, au point de vue de la consommation du combustible, elles ont du moins l’avantage d’avoir préparé l’industrie à l’idée d’employer des machines à grande vitesse, ayant une grande puissance sous un faible volume et alors coûtant moins cher, bien entendu.
- La fermeture de l’admission dans le système Corliss s’obtient au moyen d’un déclic et d’un ressort métallique; dans la machine Sulzer, cette action est obtenue par des soupapes dites à manchon, fortement appuyées sur leurs sièges par des ressorts à boudin énergiques et sont manœu vrées par des cames.
- Les deux types de machines dont nous venons de parler sont à un cylindre, tandis que dans la machine Wolf, la vapeur admise à pleine pression dans un petit cylindre passe dans un plus grand où elle se détend.
- Dans le système Compound qui n’est qu’un type Wolf perfectionné, il y a également deux cylindres de dimensions inégales ayant chacun leurs organes de distribution, mais la vapeur admise dans le petit
- cylindre passe dans un récipient intermédiaire où elle se réchauffe avant d’aller se détendre dans le grand cylindre. Afin de diminuer les causes de condensation de la vapeur, les deux cylindres sont garnis d’une enveloppe isolante.
- Les principaux types de machines à quatre distributeurs qui figuraient à l’Exposition sont ceux de Lecouteux et Garnier, de Paris ; Brasseur, de Lille ; Schneider, du Creusot; Sulzer. Le type de Wolt avait son représentant dans la machine Posvell, de Rouen. Enfin le système Compound était largement représenté par les machines Weyher et Richemond, de Pantin ; Cail; Biétrix, de Saint-Etienne; Boulet, de Paris, etc.
- Chacun des types que nous venons de signaler présente ses avantages et ses inconvénients correspondants; dans chaque application particulière on rencontre des dispositions différentes suivant la nature du travail demandé ; les machines soufflantes des hauts fourneaux, par exemple, qui demandent un travail continu et bien constant, ne conviendront pas au travail tout à fait irrégulier des laminoirs ; puis doit entrer en ligne de compte également la pression de vapeur dont on dispose ; le prix du combustible, l’abondance de l’eau, l’emplacement même du moteur sont autant de raisons qui conduisent à adopter, dans chaque cas, des dispositions de moteurs qui présentent entre eux des formes très variables par les systèmes d’agencement ou le groupement des organes principaux et en font des machines horizontales, verticales, à pilon, à colonne, etc.
- Qu’on nous permette de signaler spécialement l’installation mécanique faite par la maison Lecouteux et Garnier dans la station centrale d’électricité située dans le jardin d’isolement, près du Palais des Machines. La Société de transmission de la force par l’électricité avait imposé aux constructeurs un programme dans lequel on leur demandait une machine de 500 chevaux qui, à un moment donné, pût en développer 1000; cela semble étranger priori, mais le problème a été résolu. L’installation dont nous parlons consiste en une paire de machines jumelées du type Corliss de 1868 perfectionné; la puissance nominale du groupe est de 500 chevaux à la vitesse de 60 tours par minute, mais les deux machines peuvent développer 1000 chevaux, et cela sans aucun danger d’échauffement ou d’usure anormale. Ces machines, destinées à mettre en mouvement les dynamos d’une grande station centrale d’électricité pour la transmission de la force le jour et de la lumière la nuit, doivent donc marcher sans interruption; de là, l’importance des dimensions donnée aux surfaces frottantes et à toutes les pièces en général. Mais ce qu’il est utile de noter et qui n’a pas été la moindre des particularités du problème, c’est que ces machines sont disposées d’une manière telle que dans le cas d’arrêt de l’une d’elles, pour un motif quelconque, il faut que sa jumelle fasse le travail total : ajoutons que toutes deux ensemble doivent pouvoir faire le travail d’un groupe voisin en supplé-
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- ment du leur, toute question de consommation de vapeur étant réservée. Nous signalerons les principales caractéristiques que nous devons à l’obligeance de M. Crussard, l’intelligent ingénieur de la maison Leeouteux et Garnier :
- Nombre de tours par minute, 65; diamètre dû piston, 0,72 m; course, 1,2m; vide, 69à 70 mil-
- limètres; consommation de vapeur par cheval indiqué et par heure, 7,5 kilogrammes; rendement, 0,80 k 0,85. Le volant mérite une mention, il pèse 50 000 kilogrammes et a 1,55 m de largeur; il est composé de deux volants de 15 000 kilogrammes assemblés entre eux et reçoivent chacun une courroie de 0,75 m de large.
- m * PUISSANCE
- « CONSTRUCTEURS SYSTÈMES APPROXIMATIVE OBSERVATIONS
- o k NOMINALE
- Chevaux
- i Powell (Rouen), Matter, succr Doubles tandems conjugués. 300
- i Forges de l’IIorme (Lyon). Compound (système Bonjour). 100
- i Société de Vierzon (Vierzon). 00 Machine ordinaire à condensa-
- tion.
- i Schneider (Creusot). Corliss (dernier brevet). 300
- i Windsor (Rouen). Machine à balancier. 300
- t Chaligny (Paris). Machine compound. 00 à 80
- i Roulet (Paris). Cail (Paris). Compound. 100
- i Machine pilon compound. 150 à 200
- i Darblay (Essonnes) Type Corliss. 25 à 30
- i Riétrix (Lyon). Compound à distributeur circu-
- laire. 50 à 70
- i Wevher et Richemond (Paris),. Machine pilon à 4 cylindres. 300
- i Leeouteux et Garnier (Paris) Corliss. 150
- t Rrasseur (Lille) Machine Whoclock compound. 150 Pour le transport de force action-
- nant la classe 49, sur le quai.
- i Compagnie Fives-Lille. A 4 distributeurs. 80 à 100 Système particulier de distru-
- billion.
- i Douane Jobin (Paris). Système Quernel. 80
- 2 Davey-Paxmann. Machine à 1 cylindre. 50 à 00
- 1 Stright-Line Cie (Amérique). Machine genre Armington. 50 à 00 Accident arrivé au volant.
- Sweet Eugène. Sans garniture.
- 1 Société du Phénix (Gand). Machine compound. 300 Distributeur spécial.
- 1 Société Wintertluir (Suisse). Machine compound. 100 A grande vitesse.
- 1 Sulzer frères (Suisse). Machine type Sulzer. 500
- 1 Rerger André (Alsace). Compound. 120 A distribution , Corliss perfec-
- tionnée.
- 1 1 Société Alsacienne. Relfort, Mulhouse, GrafTenstadt. Compound, système Friékail. 120
- 1 Rrown Eugène (Amérique). Machine à cylindre, à 4 distri-
- buteurs plans. 80
- 1 Carels frères (Gand). Genre Sulzer compound. 200
- 1 Société Oerlikon (Suisse). Transport électrique de force,
- système spécial. 300
- 1 Escher Wyss (Suisse). Compound, système Friékart. 150
- 1 Obry et Grandemange (Paris). Compound. 100
- 1 Casse et fils (Lille). Machine à balancier à 2 cylin-
- dres. 000
- 1 De Quillacq (Anzin). Compound, système Wheelock. 300
- 1 Buffaud-Robatcl (Lyon). Machine pilon compound. 100
- 1 Berendorf (Paris). Machine à 1 cylindre. 50 à 00
- Tableau des principaux types de machines ayant fonctionné à l'Exposition universelle de 1889.
- Nous regrettons de n’avoir pu citer les autres moteurs qui se trouvaient dans le Palais des Machines1,
- 1 Nous avons reçu line réclamation à laquelle nous regrettons de ne pouvoir faire droit, ayant dit à maintes reprises que la place nous faisant défaut nous ne pouvions parler de tout et de tous, mais cela n’infirme en rien les qualités du générateur exposé par le signataire de cette réclamation. Seulement où nous ne sommes plus d’accord, c’est sur les chiffres que cite notre correspondant : « Sa chaudière produit, dit-il, 2000 kilogrammes de vapeur par heure pour un groupe de machines d’une puissance lotale de J J05 chevaux. »
- cette vaste ruche industrielle dont nous n’entendrons plus le bourdonnement. Paul Gahéry.
- Nous sommes obligé de rappeler ici que les machines qui figuraient dans le Palais des Machines, ne produisaient qu’une partie de leur puissance nominale et même que beaucoup marchaient à blanc, telle la machine Farcot de 1000 chevaux qui n’en dépensait que 30.
- Mais si nous admettons pour un instant les chiffres ci-contre, on voit qu’il est matériellement impossible, avec 2000 kilogrammes de vapeur, d’alimenter 1105chevaux en prenant un minimum de 10 kilogrammes par cheval.
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- LA NATURE.
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- LA SCIENCE PRATIQUE
- LES VEHKOUS 1)E SURKTÉ
- Il y a bien des manières de fermer sa porte, et, depuis l’antique verrou jusqu’aux serrures les plus c o nCpliquées, nous n’en connaissons pas d’absolument sûre. Il faut cependant distinguer deux cas : celui où l’on se trouve dans le local à fermer et celui où l’on se trouve dehors.
- Dans le premier cas, il est facile de s’enfermer sûrement. Outre le moyen primitif qui consiste à tirer un meuble devant sa porte, il y a le petit morceau de bois taillé en biseau
- qu’on glisse entre le plancher et le bas de la porte. Il est vrai que de l’extérieur on peut, avec une lame de couteau, chasser ce coin ; aussi ajouterons-nous un petit perfectionnement qui consiste à l’assujettir solidement au moyen d’une petite vrille qui le traverse et vient se fixer au plancher. Avec ces deux objets bien simples, un petit coin de bois et une vrille de 10 centimes, on peut dormir tranquille. On pourra nous objecter que la condition essentielle est que
- la porte s’ouvre vers l’intérieur. Cela est vrai, mais c’est le cas général et si, par hasard, elle s’ouvrait vers l’extérieur, nous ne serions pas pris au dépourvu car nous joindrions à notre matériel deux pitons à vis et une forte ficelle. L’un des pitons fixé à la porte près de la serrure, l’autre au plancher à
- Fig. 1. — Chaîne de sûreté perfectionnée.
- Fig. 2. — Nouvelle fermeture de porte par arc-boutant.
- 2 mètres de la porte, nous les réunissons par la ficelle que nous attachons solidement et nous pouvons défier les voleurs. *
- Maintenant examinons le second cas, celui où l’on sort de citez soi. Ici les choses se compliquent: d’abord, parce que c’est généralement quand on est
- absent qu’on désire que sa porte soit bien fermée ; ensuite, parce que c’est précisément parce qu’on sort qu’il est impossible d’organiser la moindre barricade à l’intérieur. Il y a bien des serrures, dites incrochetables qui sont, sinon inviolables, du moins fort difficiles à crocheter; les malfaiteurs n’essayent généralement pas de ce moyen et ils préfèrent la pince monseigneur. Nous croyons utile de rappeler ici que cet instrument, cher aux voleurs, est tout
- simplement un ciseau en acier légèrement recourbé à ses extrémités et qui peut, lorsqu’il est bien manœuvré, forcer le pêne à sortir de la gâche et au besoin faire sauter celle-ci. Les complications de la serrure deviennent alors bien inutiles.
- Parmi les systèmes qui permettent de se mettre à l’abri d’une attaque de ce genre, il en est deux qui,
- à l'exposition de serrurerie, ont particulièrement attiré notre attention. L’un consiste en une chaîne fixée au mur par une de ses extrémités (fig. 1) et portant à l’autre bout un crochet qu’on place sous la serrure dans une entaille ménagée à cet effet. Cette opération se fait de l’extérieur en passant le
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- LA NATURE.
- bras par la porte entre-huiilée. Lorsqu'on donne ensuite deux tours de clef, la chaîne vient s’enrouler sur le tambour À auquel correspond le crochet, et elle se trouve complètement tendue. (Cette position est indiquée en pointillé sur la gravure.) En supposant que par une pesée on force le pêne à sortir de la gâche, la fermeture est quand meme assurée; et cela quel que soit le sens d’ouverture de la porte.
- L’autre système nous paraît encore plus sûr. Il consiste à placer un arc-boutant contre le volet de la porte. Cet arc-boutant est une tringle en fer (fig. 2). Au moment de sortir, on place l’une des extrémités dans un petit trou ménagé à cet effet sur le plancher. L’autre extrémité porte un petit verrou A que l’on place dans une glissière II fixée sous la gâche. Dans ce verrou s'engage l’extrémité d’un levier pivotant en R et dont l’autre extrémité I) aboutit dans la gâche même en face du pêne de la serrure. On voit de suite que lorsqu’on donne un tour de clef, le levier DRA force l’extrémité A de la tringle à venir contre la porte dans une seconde glissière E disposée là pour la recevoir. Si la porte s’ouvre vers l’intérieur, elle peut alors résister à toutes les pesées. Si elle s’ouvrait dans l’autre sens, il faudrait que la tringle au lieu de s’appuyer simplement sur le plancher y fût accrochée, ce qui est facile à réaliser. Voici donc notre porte bien fermée de l’extérieur avec la clef; il s’agit maintenant de la rouvrir. A cet effet, on a fait subir au pêne de la serrure une légère modification ; on y ajoute simplement une pièce C évidée à son extrémité. D’autre part, l’extrémitéD du levier est recourbée en équerre et entre dans cet évidement lorsqu’on ferme la porte. 11 résulte de cette disposition que le levier AD devient solidaire du pêne et voyage avec lui. En tournant la clef de l’extérieur pour ouvrir la serrure, on forcera donc la tringle à venir sous la gâche en II et rien n’empêchera plus d’entrer. 11 est clair qu’une fois rentré on ôte tout à fait la tringle. L’avantage de cette fermeture est de pouvoir utiliser les serrures qui existent ; il n’y a que la gâche à changer. G. Maresciial.
- NÉCROLOGIE
- Emile Muller. — Emile Muller, décédé à Nice le Il novembre 1889 et dont les obsèques ont eu lieu à Paris le 18 novembre, était une des personnalités industrielles en vue dans les dernières années qui viennent de s’écouler. Né à Altkirch, en Alsace, il était sorti, en 1844, de l’École centrale des arts et manufactures dont il fut un des élèves les plus distingués. Il y professa pendant de longues années jusqu’à sa mort, et il eut l’honneur de remplacer l’illustre J.-B. Dumas comme président du Conseil de perfectionnement de cette école ; il fut aussi président de la Société des ingénieurs civils.
- Le caractère d’Émile Muller n’était point banal. 11 résumait bien en lui les qualités de l’ingénieur civil dont le rôle est considérable pour répondre aux besoins incessants du progrès moderne. C’était un travailleur intrépide et obstiné, toujours disposé à tout tenter, ne reculant
- devant aucun doute et ne dédaignant aucun moyen d'action. Son esprit s’est exercé dans les champs les plus divers. Au début de sa carrière, il réalisa d’une façon pratique, avec Engel Dolfus, la construction des cités ouvrières de Mulhouse, l’une des rares tentatives de ce genre qui aient abouti au succès. Plus tard il fut le promoteur de l’Association des propriétaires d’appareils à vapeur du département de la Seine et de l’Association des industriels de France contre les accidents du travail, créations éminemment utiles et philanthropiques.
- Lorsque l’idée de la crémation des corps, si importante au point de vue de l’hygiène, fut lancée dans le public, Emile Muller l’encouragea et lui apporta le concours de son expérience : fidèle à ses principes, il a voulu que son corps fût incinéré.
- La science appliquée à la construction, à l’hygiène, à la physique et à la chimie industrielle, lui était familière. Il a fait, en métallurgie, d’importantes recherches, dont la période troublée de 1870 ne lui a pas permis de retirer tous les profits, mais dont l’honneur lui reste. 11 fut avec J.-B. Dumas le fondateur de la revue le Génie civil, qui prépara et suivit les travaux de l’Exposition de 1889, et il présida constamment, avec ardeur et indépendance, son Conseil d’administration.
- Comme industriel, Émile Muller se distingua notamment dans la céramique appliquée aux constructions. 11 était un des fervents de cet art spécial et les belles mosaïques qui ont brillé d’un si vif éclat sur les dômes des Palais du Champ de Mars en 1889 sortaient en grande partie de ses usines : le monde entier les a admirées.
- Emile Muller est mort officier de la Légion d’honneur, distinction qui lui avait été conférée en 1878. Son œuvre a été considérable : ce travailleur savant et énergique a donné un exemple qui mérite d’être suivi.
- Max de Nansouty.
- Le Dr Quesneville. — Nous avons appris avec un grand regret la mort du Dr Augustin Quesneville, décédé le 14 novembre 1889 à l’àge de 80 ans. Le Dr Quesneville était un chimiste fort.distingué qui avait été l’élève et le successeur de Yauquelin dans sa fabrique de produits chimiques. En 1854, Quesneville, un des assidus du cours de chimie de Chevreul, fut reçu docteur en médecine ; il se consacra dès lors à l’étude des sciences et de la chimie industrielle. En 1840, il fonda une publication mensuelle la Revue scientifique, qu’il appela depuis 1857 Moniteur scientifique. Le Moniteur scientifique était une revue remarquable, presque essentiellement consacrée à la chimie et aux applications industrielles de cette science. Le Dr Quesneville a dirigé ce journal pendant 50 ans; et au mois d’octobre dernier, il en annonçait la disparition dans les termes suivants : « Menacé sérieusement dans notre santé, c’est avec beaucoup de peine que nous pouvons terminer nos derniers numéros. Commencé le 1er janvier 1840, sous le titre de Revue scientifique, notre journal aura accompli ses cinquante années d’existence, en même temps que nous finirons notre quatre-vingtième année. Il nous est impossible de luire plus. » — Alors que nous étions directeur du Laboratoire de l’Union nationale, il y a une vingtaine d’années, nous avons publié de nombreux articles de chimie dans le Moniteur scientifique ; nous avons eu l’occasion d’apprécier dès cette époque le caractère plein de dignité et d’indépendance du Dr Quesneville. C’était un homme de beaucoup d’esprit et de savoir : il ne ménageait pas ses critiques et avait souvent la plume acérée; mais il était essentiellement honnête, avait le plus profond respect de la
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- LA NATURE.
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- vérité et ne disait jamais rien qu’il ne pensât et qui ne fût conforme à ses convictions : son amitié n’était pas banale. Nombre de savants éminents savaient apprécier le J)r Quesneville dont l’œuvre a fait honneur au journalisme scientifique. Gaston Tissandier.
- CHRONIQUE
- Transmission de la robe chez les chevaux.
- — Nous résumons, dans les lignes suivantes, un certain nombre d’observations rassemblées par le professeur Wilckens, de Vienne, sur la transmission de la robe des chevaux. Les chevaux anglais de pur sang ont four ii les renseignements ci-dessous : deux producteurs de même robe ont intégralement transmis cette robe 856 fois sur 1000. En prenant des producteurs de robes différentes, 473 poulains sur 1000 ont hérité de la couleur du père, 508 de celle de la mère, 55 avaient des robes différentes de celles des parents. Avec des producteurs de même robe, c’est le pelage alezan qu’on obtient le plus souvent, 976 fois sur 1000 ; avec des producteurs de robes différentes, on obtient surtout le pelage bai, 529 fois sur 1000, si l’étalon est de cette robe, 615 fois, si c’est la jument; la robe noire se rencontre alors le plus rarement, 116 fois sur 1000 quand l’étalon est noir, 92 fois si c’est la jument. Les observations suivantes ont été faites sur les demi-sang anglais : deux reproducteurs de même robe ont transmis cette robe 873 fois sur 1000. En croisant les couleurs, on a obtenu 367 poulains ayant la robe du père, 555 celle de la mère, 78 ayant des robes différentes. Avec des producteurs de même robe, c’est encore le pelage alezan qui a été obtenu le plus souvent, 946 fois sur 1000 ; en croisant les robes, on a surtout obtenu le pelage bai, 554 fois sur 1000 avec étalon bai, 706 fois sur 1000 avec jument bai. La robe noire s’est rencontrée le plus rarement; 132 fois sur 1000 avec étalon noir, 210 fois avec jument noire. Des arabes de pur sang et de demi-sang ont fourni les données ci-contre : deux producteurs de même robe transmirent cette robe 837 fois sur 1000; avec des producteurs de robes différentes, 313 poulains sur 1000 hériteraient de la robe du père, 366 de celle de la mère, 121 avaient des robes différentes de celles des parents. En accouplant des animaux de même pelage, on obtient la robe blanche 900 fois sur 1000; en croisant les couleurs, la robe blanche fut obtenue le plus souvent, 729 fois avec des juments blanches, la robe bai obtenue 551 fois avec des juments de cette couleur venait ensuite ; la robe noire se présenta le plus rarement, 125 fois sur 1000 avec des étalons noirs, 190 fois avec des juments de cette couleur. On a pu constater que la fréquence de transmission de la robe variait avec le sexe; pour 1000 étalons de couleur bai, on trouve généralement 1091 juments de cette teinte. Dans les produits d’animaux de même couleur, la robe blanche est plus fréquente chez les juments que chez les étalons ; dans les produits d’animaux de couleur différente, au contraire, les poulains à robe blanche sont le plus souvent des mâles. On obtient en général 948 juments blanches pour 1000 étalons de cette robe, 1013 juments alezan pour 1000 étalons, 1056 juments noires pour 1000 étalons.
- Les progrès de la mécanique appliquée en Prusse. — L’augmentation et la multiplication rapides des forces et instruments employés au service de l’activité industrielle et commerciale ont été mises en lumière par une statistique dressée au commencement de l’année,
- concernant spécialement le nombre des machines et chaudières à vapeur en activité dans le royaume de Prusse, par comparaison avec le relevé fait en 1879. Cette statistique fournit des données et renseignements du plus haut intérêt. On y constate qu’il existait en Prusse 47 151 chaudières à vapeur fixes au commencement de 1889 ; 27 pour 100 appartenaient aux industries des boissons et aliments; 26,5 pour 100 aux industries des mines, forges et salines, et 10 pour 100 aux industries textiles. Le nombre des machines à vapeur fixes s’est, durant cette même période, accru de 29 895 à 45192, dont 58 pour 100 sont employées dans l’industrie alimentaire, 57 pour 100 dans les industries minière et métallurgique, et 25 pour 100 dans l’industrie textile. Le nombre des chaudières et machines à vapeur locomobiles a monté de 5556 à 12 177 ; la moitié à peu près en est affectée à l’agriculture et à l’exploitation forestière. De 1879 à 1889 le nombre des chaudières à vapeur fixes a augmenté de 45 1/2 pour 100 et celui des machines fixes de 51,2 pour 100. Le nombre des appareils à vapeur en activité sur les bateaux a plus que doublé pendant le même laps de temps. D’autre part la puissance des machines s’est accrue considérablement: la force en chevaux des machines à vapeur a augmenté de 70 pour 100 et celle des machines placées à bord des bateaux de 206 pour 100.11 esta remarquer que la plus forte augmentation, en ce qui concerne les chaudières et machines fixes, est fournie par les provinces qui étaient restées auparavant le plus en arrière, celles de Posen et de la Prusse orientale et occidentale, ce qui témoigne d’une grande amélioration dans les forces productives de l’agriculture dans les régions orientales du royaume de Prusse.
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- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 novembre 1889.— Présidence de M. Hehmite
- Origine de la chaleur animale. — Dès le début de ses immortelles recherches sur la combustion, Lavoisier attribua exclusivement la chaleur animale à la combinaison avec la substance des tissus de l’oxygène introduit dans les poumons par l’acte respiratoire, et il pensa que l’intensité de cette chaleur est proportionnelle à la quantité de l’oxygène consommé. Depuis, on fit entrer en ligne de compte la formation de l’acide carbonique et celle de l’eau, mais sans se préoccuper des composés d’où dérivent ces produits ultimes. C’est à M. Berthelot que revient l’honneur d’avoir, le premier, montré dans son classique ouvrage sur la thermochimie que le problème est beaucoup plus compliqué qu’on n’avait cru d’abord et qu’il faut, par exemple, ajouter aux oxydations pures et simples la considération des hydratations dont l’organisme est le siège. Le savant chimiste a reconnu, par exemple, que, dans le cas des nitrites, ce deuxième phénomène développe une quantité de chaleur représentant le tiers de celle qui procède des oxydations. Toutefois, pour appliquer la nouvelle méthode, il faudrait pouvoir disposer de données qui manquent encore à la physiologie , car on ne sait pas quels sont les éléments brûlés ni quels sont tous les composés résultant de leur combustion. Déjà M. Berthelot, poursuivant patiemment la solution désirée, a étudié durant ces dernières années la chaleur de combustion de nombreuses substances organiques; aujourd’hui il détermine les chiffres relatifs à l’urée, le plus important des corps brûlés, abstraction faite de l’acide carbonique et de l’eau, celui qui contient la presque totalité de l’azote éliminé. En opérant suivant le dispositif qu’il a décrit, c’est-à-dire dans la bombe
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- remplie d’oxygène comprimé, l’auteur trouve que la combustion de l’urée considérée comme égale à 011*4/0* représente 151 500 calories. Ce chiffre est sensiblement celui auquel on parviendrait en supposant brûlées les mêmes quantités de carbone et d’hydrogènes libres; mais la coïncidence est fortuite, car l’urée dérive de l’acide carbonique, corps déjà brûlé où le carbone ne joue plus aucun rôle. C’est la combustion de l’hydrogène contenu dans l’ammoniaque qui seule développe la chaleur observée, concurremment avec l’hydratation de l’urée, conformément à ce que nous disions plus haut.
- Polarisation rotatoire. — Comme suite à de très intéressantes recherches dont nous avons déjà plusieurs fois entretenu nos lecteurs, M. 1). Gernez applique aujourd’hui, dans une note déposée par M. Duclaux, les phénomènes de polarisation rotatoire à l’étude des combinaisons de l’acide malique avec le molybdate d’ammoniaque . L’auteur trouve qu’un premier maximum des phénomènes correspond au mélange des deux corps, équivalent à équivalent; si on augmente la proportion d’acide, on voit la rotation diminuer jusqu’à son minimum qui répond au mélange de 5 équivalents d’acide malique pour 1 de molybdate alcalin ; en continuant on voit un nouveau maximum apparaître pour s’établir lorsque la proportion des deux corps est de 7 pour 1.
- Leçons él ém e niai res d'hygiène. —C’est encore M. Duclaux qui dépose sur le bureau au nom de l’auteur la septième édition des leçons d’hygiène de M. le Dr Hector George, maître de conférences à l’Institut agronomique. La réputation de cet excellent ouvrage n’est plus à faire ; il importe seulement d’insister sur le soin que notre très distingué confrère a pris d’introduire dans sa nouvelle édition les progrès les plus récents des sciences; on y trouve le résumé des communications relatives à l’hvgiène faites à l’Académie des sciences, à l’Académie de médecine, dans les autres sociétés savantes et dans les publications périodiques. Nous signalerons notamment les documents les plus actuels relatifs aux grandes questions d’hygiène publique : la vaccination contre la rage, la nature parasitaire et contagieuse de la phtisie pulmonaire, les recherches sur l’origine du choléra et les mesures de préservation les plus recommandées contre les épidémies, les congrès de la tuberculose, la vaccination anticholérique, etc.
- Varia. — M. le Dr Luys expose les résultats auxquels l’a conduit l’examen ophtalmoscopique du fond de l’œil chez les hypnotiques. — A propos des recherches récentes sur le mouvement de la comète périodique de
- Wienecke, M. Faye constate l’admission de sa théorie relative à la force répulsive procédant du soleil. — Poursuivant ses recherches d’astronomie expérimentale, M. André étudie l’occultation des satellites de Jupiter par des procédés dont nous avons antérieurement donné ici le principe. — M. Tondini propose comme méridien universel le méridien de Jérusalem.
- Stanislas Meunier.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- STATUE A DOUBLE IMAGE
- Il y avait à l’Exposition italienne, au Champ de Mars, une statue qui attirait l'attention des promeneurs. Cette statue représentait la Marguerite de Goethe; elle était placée devant un miroir. Ce miroir donnait par réflexion l'image de Faust comme le représente notre gravure. L’artifice était fort bien dissimulé par le sculpteur; ce n’était pas en réalité une double statue, ce qui aurait été facile à faire ; Faust était obtenu habilement au moyen de tous les plis de la robe de Marguerite.
- Marguerite a les deux bras devant elle : ces mêmes bras forment ceux de Faust qui paraît, dans le miroir, les tenir croisés derrière le dos. La figure de Faust est sculptée dans les cheveux de Marguerite, et l’attitude de l’homme est savamment obtenue au moyen des plis de robe de la femme. Cet objet curieux pourrait inspirer une idée analogue à quelques-uns de nos sculpteurs : c’est à ce titre que nous le.signalons. Nous ne savons pas quel est le nom de l’auteur de cette curieuse statue; mais nous pouvons ajouter quelle était exposée par un fabricant de miroirs italien, M. Francesco Toso, de Venise.
- La curieuse statue que nous décrivons est en bois sculpté, à peu près de grandeur naturelle. Il fallait la réflexion du miroir pour rendre apparente l’image de Faust, si ce n’est cependant à l’endroit du visage, qui même par la vision directe était apparent dans les cheveux de Marguerite.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier. Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- Slalue de Marguerite, donnant par réflexion dans un miroir l’imago de Faust.
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- N8 861. — 30 NOVEMBRE 1889.
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- LE PONT DE FORTH1
- Parmi les plus grands et les plus importants travaux du génie civil à notre époque, il convient de
- citer le pont de Forth qui comprend, comme le savent nos lecteurs, deux travées de 521 mètres formant les plus vastes espaces que l’on ait encore pu franchir d’une seule portée. Nous avons, à plusieurs
- Fig. 1. — Les travaux du pont de Forth dans la Grande-Bretagne (Écosse). Etat des travaux le 2 mai 1889. (D’après une photographie communiquée à La Nature, par M. l’ingénieur Baker.)
- reprises, parlé de cette œuvre remarquable, et nous avons exposé les premiers travaux dès l’année 1885 *.
- Il est intéressant de voir quels ont été les progrès accomplis depuis cette époque. M. Benjamin Baker,
- Fig. 2. — Les travaux du pont de Forth. État des travaux le 9 octobre 1889. (D'après une photographie de M. Phillips.)
- qui dirige cette entreprise colossale, avec sir John
- Voy. n° 769, du 25 février 1888, p. 197.
- Voy. n° 612, du 21 février 1885, p. 183.
- 17e année. — 2e semestre.
- Fowler, a bien voulu nous tenir au courant de l’état de son immense chantier en 1889. L’éminent ingénieur anglais nous a adressé la photographie que
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- LÀ NATune:
- reproduit la figure 1 ; elle montre l’aspect de la construction à la date du 2 mai 1889. La figure 2 indique l’avancement des travaux depuis le commencement de mai jusqu’au 9 octobre, en reproduisant une photographie exécutée à cette date, et récemment publiée dans Engineering.
- Cette photographie représente la grande construction métallique vue du côté sud-ouest, elle fait voir que la jonction d’une des arches immenses a été terminée et que l’autre est sur le point de l’être. Ces opérations de jonction dans les entreprises de ce genre offrent toujours des difficultés, et leur succès est un grand résultat acquis.
- Le pont de Forth est en Angleterre l’objet de la plus grande curiosité, et le chantier de construction est depuis longtemps l’objet du pèlerinage des ingénieurs. On peut affirmer que ce chantier est le plus important du monde, le nombre d’ouvriers employés à la construction a dépassé le nombre de 4000. Les difficultés de construction ont été considérables, la profondeur de l’eau est très grande, et il a fallu des fondations gigantesques pour soutenir les piliers. Cet ouvrage est appelé à faire époque dans l’art de l’ingénieur, et le lecteur jugera de son importance en se reportant à la grandeur réelle de ce que représente notre gravure (fig. 2). L’ensemble du pont constitue une poutre de 1 kilomètre et demi qui repose sur trois appuis distants de 500 mètres. Chacune des tours métalliques des trois piliers a 110 mètres de hauteur !
- L’entreprise commencée en 1885 est en bonne voie d’achèvement ; le jour de l'inauguration du pont de Forth sera un grand événement dans l’histoire du
- génie civil. X..., ingénieur.
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- | LES BLINDAGES
- ! POUR CUIRASSEMENT DES NAVIRES
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- 1 Les nombreux visiteurs de l’Exposition ont remarqué avec un vif intérêt dans le pavillon du Ministère de la guerre les énormes blindages exposés comme spécimens des cuirassements appliqués actuellement à notre marine de guerre.
- Devant ces lourdes et imposantes masses, la foule s’arrêtait saisie d’étonnement en songeant à la puissance des cuirassés qui peuvent flotter avec un pareil revêtement, et plus encore, peut-être à la puissance de l’outillage dont la métallurgie dispose ractuellement pour les obtenir. La préparation des produits militaires 'servant pour l’attaque et la défense a été en effet le point de départ de la plupart fies progrès réalisés depuis ces trente dernières [années par l’industrie métallurgique et du développement incessant de son outillage.
- Dans cette lutte continue qui s’est poursuivie entre l’attaque et la défense, entre le canon et la cuirasse, c’est à la métallurgie que chacun des. deux adversaires a demandé des armes. L’artilleur s’est attaché à obtenir un canon plus léger,- tout en étant plus
- résistant, susceptible de' donner par l’allongement de l’àme une vitesse initiale plus forte au projectile ; et pour le projectile lui-même, il a voulu un métal de plus en plus dur, susceptible de supporter sans rupture une énergie de choc continuellement croissante contre des cuirasses elles-mêmes toujours plus résistantes. L'ingénieur des constructions navales, de son côté, cherchait à donner à ses cuirasses toute la résistance dont elles étaient susceptibles, tant par l’augmentation de l’épaisseur poussée jusqu’aux limites extrêmes, que par la meilleure répartition du métal, l’étude plus savante des formes, et surtout l’emploi de nuances de métal de plus en plus dures.
- Il est résulté de là des exigences toujours nouvelles dans la fabrication des canons, des projectiles et des blindages, exigences pour lesquelles il a fallu employer des lingots de plus en plus considérables avec des appareils de manœuvre, des outils d’ébau-cbage et de finissage appropriés, et adopter des aciers dont les qualités physiques de dureté, de résistance et d’homogénéité allaient toujours en augmentant.
- C’est ainsi que la métallurgie s’est trouvée amenée à développer continuellement son outillage à tous les points devue, pour la coulée, le forgeage, le gaba-riage et même le transport, de manière-à aborder utilement ces grosses masses pesant 40 0Q0 à 50 000 kilogrammes, auxquelles les forgerons d’autrefois n’auraient jamais pu songer. Elle a étudié scientifiquement le métal quelle devait élaborer, et elle est arrivée par là à le traiter dans des conditions physiques et chimiques minutieusement déterminées qui font en quelque sorte de la forge un laboratoire agrandi. Notre métallurgie nationale peut revendiquer sa part dans les progrès si considérables que notre armement a réalisés, et ces progrès, qui nous permettent d’attendre avec plus de sécurité leS| luttes de l’avenir, ont été reconnus par les étran-, gers eux-mêmes qui sont venus commander de nombreux produits spéciaux dans nos usines nationales.
- L’application des cuirassements métalliques au’ revêtement des navires avait été proposée dès 1845; par l’illustre ingénieur Dupuy de Lomé; mais elle fut écartée à cette époque, et l’idée ne put être réalisée qu’en 1854 à l’occasion de la guerre de Crimée sur l’intervention personnelle de l’empereur Napoléon III. On construisit alors cinq batteries flottantes qui furent revêtues de cuirasses en fer de 11 centimètres. Celles-ci, qui constituaient en quelque sorte de véritables forts plutôt que des navires, réduisirent en quelques heures les fortifications de Kinburn, le 17 octobre 1855, et grâce à leur revêtement métallique, elles ne reçurent que des avaries insignifiantes du tir ennemi.
- Ce succès décida l’application des cuirassements métalliques aux navires de haute mer, et le type en fut créé par Dupuy de Lomé. Là Gloire, qui fut ainsi le premier cuirassé, estreprésentéeen schéma dans la figure 1. Elle avait une cuirasse recouvrant toute, la ceinture sur une épaisseur de 12 centimètres dans la partie inférieure à la flottaison, et de 11 centimètres
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- seulement au-dessus pour recouvrir les œuvres mortes. Elle avait 77 mètres de long et reçut un armement formé de 56 canons rayés de 16 centimètres.
- L’élan était donné pour l’application des cuirassements, et après la Gloire, on construisit bientôt d’autres navires un peu plus puissants dont nous ne pouvons mentionner ici que les principaux : la Couronne, la Flandre, le Magenta, etc. Le poids de la cuirasse était alors de 900 tonnes environ ; le nombre des hommes d’équipage était de 500 à 600. Plus tard, vers 1865, en présence des progrès de l’artillerie rayée, on reconnut la nécessité de porter à 0,20 m l'épaisseur de la cuirasse, et on arriva aux vaisseaux du type Océan, représenté figure 1. On remarquera que la cuirasse fait toujours le tour complet de la ceinture, disposition qui n’a pas toujours été conservée postérieurement; elle descend à 2 mètres au-dessous de l’eau, et présente sa plus faible épaisseur, soit 0,100 m à la partie inférieure; elle se relève au milieu du navire pour former un réduit cuirassé armé de 4 canons de 27 tirant aux sabords. Ce réduit comporte enfin aux quatre angles autant de tourelles armées de canons de 24.
- On retrouve des dispositions analogues sur le Redoutable, représenté dans notre figure ; il fut l’un des premiers navires exécutés en fer. La substitution du métal au bois pour la construction des navires permit de diminuer le poids de la coque, et d’augmenter le poids de la cuirasse, celle-ci atteint en effet 550 millimètres à la flottaison, avec un réduit octogonal de 500 millimètres d’épaisseur armé de 4 canons de 27. Ce navire est le premier chez nous dont le pont ait été blindé, disposition qui s’imposait devant les progrès du tir plongeant. La cuirasse employée, en fer, a une épaisseur de 60 millimètres.
- Avec Y Amiral Duperré et Y Amiral Baudin, la cuirasse atteint pour ainsi dire son maximum d’épaisseur. On arrive en effet à 550 millimètres au milieu à la flottaison, et à 400 millimètres à la partie inférieure. L’énorme cuirasse arrive ainsi à dépasser le poids de 5 800 000 kilogrammes, et les éléments dont elle se compose ne pèsent pas moins de 55 à 40 tonnes chacun. Mentionnons également les tourelles relevées au-dessus du pont cuirassé, dont le blindage a 400 millimètres d’épaisseur et qui sont reliées aux soutes par un passage de munitions également blindé.
- Le métal des blindages a subi en même temps une transformation essentielle, imposée par les pro-
- grès du matériel d’artillerie ; on a dù chercher un métal plus dur que le fer qui se traverse trop facilement; et on est arrivé ainsi à appliquer l’acier à cette fabrication. On a créé en même temps le métal mixte formé d’un sommier en fer revêtu d’une couche d’acier très dur destinée à assurer la rupture des projectiles au moment du choc.
- Les tourelles de Y Amiral Baudin ont été fabriquées en métal mixte par la Compagnie des forges de Châtillon-Commentry, et l’exposition de cette compagnie au Ministère de la guerre comportait une plaque cintrée du poids de 52000 kilogrammes environ, ayant environ 4 mètres de longueur, 2 de largeur et 0,50 m d’épaisseur qui avait servi aux essais de réception du Formidable, cuirassé de même type. Cette plaque est représentée couchée sur le sol dans la figure 5. Comme plaque en fer, nous signalerons la grosse plaque de muraille posée debout et qui faisait particulièrement l’admiration de tous les visiteurs (fig. 2). Cette grosse plaque est représentée après avoir subi le tir de réception qui comporte, comme on
- le voit, le tir de cinq projectiles dont les impacts sont presque tangents. La plaque a supporté cette épreuve sans aucune fente, résultat qui témoigne ainsi de la grande malléabilité du métal.' Cette considération de malléabilité est tout à fait capitale pour les blindages de pont sur lesquels les déchirures pourraient amener des voies d’eau, et elle explique la préférence accordée jusqü’à présent au fer soudé pour le revêtement des ponts.
- Après Y Amiral Baudin, l’épaisseur des blindages tend à décroître, et sur la série des quatre cuirassés non encore terminés qui ont suivi, et dont nous représentons le type dans le Hoche (fig. 1), elle est ramenée à 0,45 m à la llottaison.
- Si on considère, avec M. l’ingénieur Hauser, le chemin parcouru depuis les premiers cuirassés jusqu’à Y Amiral Baudin, on voit que le déplacement total a presque doublé, passant de 5800 ail 400 tonneaux, la coque en bois est remplacée par une coque en acier, passant de 14 pour 100 à 55 pour 100 du déplacement, la cuirasse passe de 120 millimètres d’épaisseur à 550 millimètres, avec un poids allant de 16 à 55 pour 100. L’artillerie, placée d’abord dans les sabords, est reportée peu à peu dans les tourelles; le réduit cuirassé est complètement supprimé. Le nombre des hommes d’équipage se modifie peu, car si on est arrivé à 750 sur le Marengo, on compte retrouver 500 sur Y Amiral Baudin,
- Amiral-Baudin Hoche
- Fig. 1. — Type des principaux navires cuirassés français depuis La Gloire (1855) jusqu’au Hoche (1889).
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- soit un chiffre inférieur à celui de la Flanche.
- Pour l’artillerie proprement dite, les calibres des canons et surtout les longueurs d’âme vont conti-nuellement en croissant pour permettre d’atteindre avec des poudres à combustion lente des vitesses de plus en plus fortes, et on arrive actuellement à préparer des canons de 32 et 34 centimètres ayant jusqu’à 40 calibres de longueur d’âme. L’exposition de la Société des Forges et Chantiers de la Méditerranée présentait le spécimen d’un pareil canon destiné à la tourelle d’un cuirassé japonais, avec lequel on peut obtenir une vitesse de 700 mètres à la sortie de la bouche.
- L’invention des nouveaux explosifs entraînant l’obligation de protéger les œuvres vives et les hommes de manœuvre en tous les points exposés, et par contre, le désir d’alléger le navire pour lui donner une rapidité d’évolution qui devient de plus en plus nécessaire, paraissent devoir entraîner une nouvelle transformation dans le cuirassement des navires. Sur tous les points où les fentes n’ont pas trop d’inconvénients, on cherchera à employer des métaux très durs susceptibles d’arrêter avec une masse ' beaucoup plus faible, des coups qui traverseraient des plaques en fer plus épaisses, et on réservera les métaux moins durs, plus malléables, pour les points où les fentes sont particulièrement à craindre. Les progrès réalisés ces dernières années dans la métallurgie de l’acier permettent heureusement
- de réaliser ce programme, et l’exposition de la Compagnie de Chàtillon-Commentry en particulier
- renfermait des séries complètes de plaques de toutes nuances de dureté, s’adaptant ainsi parfaitement à toutes les applications qu’on peut avoir en vue.
- La grande plaque représentée sur la figure 3 forme la série extrême du métal doux ; elle a une résistance à la perforation d’un cinquième supérieur à celle du fer soudé, et présente en même temps une homogénéité parfaite que le fer ne saurait avoir et une malléabilité au moins égale; on s’en rendra compte
- par l’examen des empreintes obtenues dans les essais du tir normal et du tir oblique, car ces résultats n’avaient jamais été obtenus avec les plaques en fer. Ce métal est particulièrement bien adapté au cuirassement des plaques de pont. Viennent ensuite des plaques en métal mi-dur ayant un excès de résistance à la perforation d’un quart environ sur le fer, qui peuvent faire des plaques de ceinture de navires, et enfin les plaques en métal dur mieux appropriées à la préparation des abris légers de toute nature, dont la résistance dépasse d’un tiers celle du fer et qui peuvent supporter un choc d’une énergie double. 11 y a là une série de résultats importants obtenus par l’application des méthodes scientifiques dans le travail de l’acier, et nous avons cru intéressant de le mettre en lumière, en raison des services que notre marine peut en espérer. L. B.
- Fig. 5. — Plaque du pont du navire Le Suchet après l’épreuve de réception. — Au-dessous plaque du Formidable.
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- LA SCIENCE AU THEATRE
- LA « MOUCHE I)’0R ))
- Il y a sept ou huit ans qu’on a vu pour la première lois la Mouche d’or dans une féerie du théâtre du Châtelet, à Paris.
- La Mouche d’or a fait sa réapparition cette année au même théâtre dans une nouvelle pièce, le Prince soleil, qui a fait salle comble depuis le commencement de l’Exposition, et avec laquelle les heureux directeurs encaissent le second million. Nous n’avons pas à parler ici du côté artistique de la pièce ; mais il rentre tout à fait dans notre cadre de donner quelques détails sur les dispositions mécaniques du truc qui est l’un des éléments de son grand succès.
- Il s’agit, pendant la représentation d’un ballet, d’enlever dans l’espace, a un moment donné, une danseuse au moyen d’un fil invisible pour le public. Rien de plus simple en théorie : un fil suffisamment fin passe sur une poulie placée dans les combles, l’une des extrémités est accrochée au corset du sujet qui représente la mouche d'or et des machinistes tirent sur l’autre extrémité au moment voulu.
- En pratique cela peut se faire ainsi; mais alors les mouvements sont brusques et manquent absolument de grâce ; ils ne laissent aucune illusion au spectateur. Tous ceux qui sont allés au théâtre du Châtelet ont pu voir au contraire avec quelle souplesse, quelle légèreté, la mouche d'or exécute les sauts de 8 à 10 mètres, qui donnent
- réellement l’illusion du vol. Ce résultat est obtenu au moyen d’un appareil placé tout en haut du théâtre, sur la partie qu’on nomme le gril, et juste au-dessus du centre de la scène. C’est un treuil (fig. 2) composé de deux poulies T et P de diamètres différents, solidaires toutes deux d’un axe en forme de vis à pas très allongé. Une pièce E guidée par des tiges II forme écrou sur cet axe. Elle est reliée à l'une des extrémités du treuil par de forts caoutchoucs C,C dont on peut faire varier le nombre a volonté. Sur la gravure, et pour plus de clarté, on a représenté seulement un caoutchouc tendu de chaque côté de l’écrou E, et deux autres non en en service pendant à l’extrémité du treuil. En réalité, il y a quinze à vingt caoutchoucs en service.
- Voici maintenant comment l’appareil fonctionne : sur la petite poulie T s’enroule un câble ÀÀ qui traverse le gril et va jusqu’à une galerie située un peu au-dessous (fig. 1) ; sur la grande poulie P s’enroule un fil d’acier R qui descend jusqu’à la scène et sert à accrocher la mouche d'or. Ce fil a environ un millimètre de diamètre, il est peint en noir et n’est pas visible pour le spectateur; lorsqu’il est complètement déroulé, le câble A est au contraire enroulé.]'On voit que par la différence des diamètres des poulies T et P on obtient une très grande course du fil B pour un petit déplacement du fil A ; celui-ci est terminé par un petit trapèze que saisit un machiniste. Aux moments voulus il tire ce trapèze jusqu’au plancher, ou le
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- LA NATÏJJ1E.
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- laisse monter en élevant les bras et en montant sur un escabeau de deux ou trois marches. En même temps l’écrou E se visse ou se dévisse sur l’axe, en tendant ou détendant les caoutchoucs qui agissent comme amortisseurs ; c’est ce qui donne à la mouche d'or ce mouvement très doux, plein de souplesse et de légèreté si applaudi des spectateurs.
- Le sujet qui représente la mouche arrive d’abord en scène librement et exécute un pas avec le reste du ballet ; puis il passe un instant dans la coulisse où on attache rapidement le fil au corset au moyen d’un mousqueton : il prend alors son élan et traverse la scène d’un seul bond; puis recommence en sens inverse, s’arrête au milieu, etc.
- Près du treuil et ayant en main le frein F se trouve la personne qui commande la manœuvre, elle voit la scène et peut suivre tous les mouvements de la mouche, la faire monter, descendre ou l’arrêter à volonté.
- L’appareil que nous venons de décrire n’est pas le seul employé ; il y en a un second, placé à côté, qui ne sert que dans un seul cas, c’est pour enlever la mouche d’un seul bond du centre de la scène dans les frises où elle disparaît. A cet effet, dans ce second appareil la poulie T et le fil A sont supprimés ; on tourne au moyen d’un engrenage ad hoc la poulie P de manière à dérouler complètement le fil B et à visser en même temps l’écrou E qui entraîne alors et tend une trentaine de gros caoutchoucs ; puis on cale la poulie au moyen d’un solide verrou. On a là en somme un accumulateur de travail ; il faut environ un quart d’heure à un homme pour tendre complètement les caoutchoucs. On comprend qu’au moment voulu lorsqu’on ôte le verrou et qu’on permet aux caoutchoucs de se détendre, ceux-ci tirant sur l’écrou avec force font tourner la poulie avec une grande rapidité. Le bond vertical qu’accomplit alors la mouche d'or dure à peine une ou deux secondes; tout le travail accumulé en un quart d’heure est dépensé en un instant. Nous avons là un exemple des accumulateurs d’énergie souvent employés dans l’industrie et notamment dans les grandes gares de chemins de fer.
- Le théâtre armé amplement de sa partie artistique et pour produire tous les effets de mise en scène qui charment nos yeux, a souvent recours aux applications de la physique et de la mécanique, et nous aurons encore bien des fois l’occasion de signaler la science au théâtre. G. Mareschal.
- L’INSTITUT PASTEUR1
- ' La dernière réunion du Conseil d’administration de l’Institut Pasteur a été particulièrement intéressante. Dans cette réunion, M. Pasteur a lu le rapport des travaux de l’Institut pendant l’exercice 1888-1889.
- Le service de la rage, sous la direction de M. Gran-
- • 1 Yoy. n° 808, du 24 novembre 1888, p. 402.
- cher, et par les soins de MM. Chantemesse et Charrin, a traité, du l" novembre 1888 au lar novembre 1889, 1830 personnes françaises ou étrangères, parmi lesquelles 11 ont succombé à la rage, malgré le traitement : mortalité, 0,60 pour 100. En écartant delà statistique, comme il convient, 4 personnes mortes pendant le traitement ou dans les quinze jours qui l’ont suivi, la mortalité est réduite à 0,38 pour 100, chiffre encore inférieur à celui des années précédentes.
- M. Pasteur fait remarquer que les personnes mordues par des animaux reconnus enragés par certificats de vétérinaires donnent sensiblement la même mortalité que celles mordues par des animaux dont la rage a été démontrée par inoculations, ce qui prouve que l’examen des vétérinaires est fait sérieusement et que l’admission au traitement est soumise à un contrôle sévère.
- Ces résultats du traitement de la rage ne sont pas les seuls; on sait que l’Institut Pasteur a pour objet, outre la vaccination antirabique, l’étude des maladies virulentes et contagieuses, et l’application des découvertes de la microbie à l’hygiène et aux sciences biologiques.
- Le laboratoire de M. Duclaux (préparateur, M. Fern-bach) a donné quatorze Mémoires sur la nutrition intracellulaire, sur les levures de bière, sur les organismes des épanchements intra-pleuraux, etc.
- M. Roux, chef du service de la microbie technique, a publié avec M. Yersin, son préparateur, un travail très important sur la diphtérie.
- Le microbe de la diphtérie, aujourd’hui bien connu, fabrique une substance toxique qui produit un empoisonnement souvent mortel, d’où la nécessité de détruire sur place les fausses membranes et les microbes qu’elles contiennent. MM. Roux et Yersin poursuivent ces travaux; en outre, M. Roux a fait un cours de technique très apprécié par les médecins français et étrangers.
- M. Chamberland a continué ses recherches sur le filtre qui porte son nom et qu’il améliore sans cesse.
- M. Metschnikoff a poursuivi ses remarquables études sur les phagocytes et leur rôle dans l’immunité. A côté de lui, MM. Tchistowich, Ruffer et Le Dantec ont préparé ou publié divers travaux sur la même question.
- Après le rapport de M. Pasteur, M. Christophle, gouverneur du Crédit foncier et trésorier de l’Institut Pasteur, a fait connaître la situation financière, qui est prospère. Toutefois, malgré la générosité des donateurs, qui ont envoyé 2 500 000 francs en chiffres ronds, l’Institut Pasteur aura longtemps encore besoin de la subvention de l’Etat, car la meilleure part de la souscription a été employée à la construction et aux aménagements intérieurs.
- Nous souhaitons que la générosité de nouveaux souscripteurs vienne accroître les ressources de l’Institut Pasteur.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- SOUVENIRS RÉTROSPECTIFS1
- Nous avons reçu de M. J. Jackson, le savant bibliothécaire-archiviste de la Société de géographie, un travail très intéressant qui résume, d’une façon complète et succincte, les renseignements que nous avons donnés sur les entrées à l’Exposition universelle de 1889. C’est une courbe, qui retrace le mouvement des
- 1 Yov. n°859, du 16 novembre.1889,. p. 591. . - -
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- la nature:
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- visiteurs depuis le 6 mai jusqu’au 6 novembre ; nous la reproduisons ci-après (fig. 1). Rien ne saurait mieux faire valoir les avantages dç la méthode graphique. Ce tableau qui tient à peine une demi-page de La Nature, donne des renseignements aussi remarquables par leur netteté que parleur concision. On voit comme la courbe s’élève, les 10 juin (lundi de la Pentecôte), 7 et 15 octobre, et le 6 novembre (jour de clôture), au-dessus des chiffres d’entrée de 300 000 visiteurs. M. Jackson a continué ce curieux travail de statistique et il a dressé des tableaux donnant les chiffres d’entrées par chaque jour de la semaine. La reproduction de ces diagrammes nous entraînerait trop loin ; nous nous bornerons à en donner le résultat. Le dimanche est le jour qui a fourni le plus grand nombre de visiteurs; le lundi vient en seconde ligne, puis bien après, le jeudi, le mercredi et le mardi. Le samedi est le jour qui a fourni le moins de visiteurs. On eût pu croire que, par un restant de préjugé encore parfois existant, le vendredi aurait été placé en dernière ligne: il n’en est pas ainsi.
- Pour compléter l’histoire de l’Exposition universelle, nous dirons quelques mots de son prix de revient et des recettes qui ont été effectuées. Jusqu’au 6 novembre inclus, l’administration a oblitéré 28 149 352 tickets. Le Crédit foncier ayant mis en circulation 30 000 000 tickets, il restait donc, au 6 novembre, 1861717 tickets non utilisés, parmi lesquels un certain nombre est rentré depuis la fermeture officielle de l’Exposition.
- Ce chiffre colossal de 28 149 352 tickets employés laisse loin derrière lui ceux qui ont été atteint aux Expositions de 1878 et de 1867. — En 1878, le nombre des entrées fut de 12 600000 en chiffre rond. —En 1867, il fut de 8 407000.
- Le total général des recettes, y compris les subventions de l’Etat et de la ville de Paris, concessions diverses, etc., s’est élevé à 49 500 000 francs.
- On avait estimé d’après les devis et plans que l’Exposition coûterait une somme totale de 43 000 000 de francs. Ce chiffre n’a pas été atteint, et ne dépassera pas 41 500 000 francs. Il restera donc, — fait unique dans l’histoire des Expositions — un excédent de recettes de 8 000 000 de francs. Cet excédent sera versé dans les caisses du Trésor.
- L’Exposition de 1867 avait donné, en recettes, 27 144660francs; en dépenses, 22 983 820 francs; celle de 1878 avait donné 23 685 200 francs de recettes contre 55,590,000 francs de dépenses.
- Le succès de l’Exposition de 1889 est encore attesté par le nombre de voyageurs qui sont venus à Paris pour la visiter. D’après les évaluations de la police, 5 millions de provinciaux sont venus dans la capitale pendant la durée de l'Exposition. Ce chiffre est approximatif, il ne comprend que les voyageurs descendus dans les garnis et les hôtels, et néglige ceux qui ont reçu l’hospitalité chez des Parisiens.
- Il est venu à Paris 1 500000 étrangers qui se répartissent ainsi : Belges,- 225 400", Anglais,
- 380000; Allemands, 160 000; Suisses, 52 000:; Espagnols, 56000; Italiens, 38000; Russes, 7000; Suédois et Norvégiens, 2500 ; Grecs, Roumains, Turcs, 5000; Autrichiens, 32000; Portugais, 3500; diverses nations de l'Asie, 8250 ; diverses nations de l’Afrique, 12000 (les Algériens forment la plus grande partie de ceux-ci) ; Amérique du Nord,. 90 000; Amérique du Sud, 25 000; Océanie,' Java, etc., 5000. Tous les hôtels, grands et petits,; ont dû refuser du monde.
- On estime que tous les visiteurs de l’Exposition ont laissé à Paris une somme dont le minimum paraît être de 1 milliard et demi de francs.
- Les recettes de l’octroi se sont naturellement ressenties de l’excès d’habitants. Elles ont présenté en mai un accroissement de plus de 1 million de francs sur celles de mai 1888. En septembre, mois pendant lequel le nombre des visiteurs à l’Exposition a dépassé 5 millions, l’excédent de recette de l’octroi sur le même mois de l’année précédente, a atteint 2 millions de francs.
- La Compagnie du Nord a transporté 425 000 voyageurs en sus du mouvement habituel que l’on éva-i lue à 700 000. L’Est accuse 1 million de touristes avec 128 trains à prix réduit. La Compagnie d’Orléans a transporté à Paris 160 000 personnes.
- En Un seul jour, le dimanche 1er septembre, la gare Saint-Lazare (Compagnie de l’Ouest) a eu un mouvement de voyageurs de 505 000 personnes; et la gare Montparnasse, de 54 000.
- En deux jours seulement, les trains de plaisir du réseau Paris-Lyon-Méditerranée ont jeté à Paris 21 000 voyageurs.
- Si nous résumons à présent l’appréciation que l’on peut porter sur l’œuvre en elle-même, on devra reconnaître que l’Exposition universelle n’a en réalité rien montré d’essentiellement nouveau au visiteur : elle n’a pas présenté de découverte saillante, mais elle a donné le témoignage de progrès incontestables et importants dans tous les genres d’industrie et dans la puissance de la fabrication. Nous en choisirons deux exemples dans des applications très diverses. Considérons par exemple le travail de la métallurgie : on fabrique aujourd’hui des canons qui dépassent le poids de cent tonnes, et l’Exposition de 1889 nous a donné quelques spécimens des pièces gigantesques de nos usines -modernes. Reportons-nous à l’Exposition de 1867 ; nous y trouverons le canon en acier fondu de l’usine Krupp. Ce canon qui excitait l’étonnement général, pesait 15 000 kilogrammes : il reposait sur un châssis tournant du poids de 25000 kilogrammes. On n’y ferait pas attention aujourd’hui. 11 avait été forgé par un marteau à vapeur de 50 tonnes. Les marteaux-pilons contemporains dépassent le poids de 100 tonnes. ;
- Nous choisirons notre deuxième exemple dans l’industrie des produits chimiques. Considérons a fabrication des glaces, nous voyons les difficultés être graduellement vaincues, la surface obtenue s’accroître et le prix de revient diminuer. Noire
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- figure 2 donne la surface des glaces de Saint-Gobain, présentées aux diverses expositions françaises. La glace de 1806 n’avait que 4 mètres carrés de surface en nombre rond; celle de 1889 mesure 34 mètres carrés. On voit par quels intermédiaires progressifs on passe 'a chaque Exposition pour arrivera ces deux limi-
- tes extrêmes. Il est probable que la grandeur de la glace de 1889 ne sera pas notablement dépassée, on pourrait peut-être faire une glace plus haute ; on ne saurait la faire plus large. Si sa largeur dépassait 4,20m on ne pourrait plus la transporter et la faire passer sous les ponts.—En 1802, le prix des glaces de Saint-
- Fig. 1. — Courbe des entrées à l’Exposition universelle~sde 1889, depuis le 6 mai jusqu’au 6 novembre. — Diagramme dressé par M. J. Jackson, bibliothécaire-archivisle de la Société de Géographie. (Du 13 au 22 juillet les entrées comprennent aussi celles de l’exposition des animaux reproducteurs, e'. du 0 au 12 septembre, celles de l’Exposition des chevaux.)
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- Gobain pour 1 mètre carré de superficie était de 205 francs; en 1889, il est de 30 francs. Pour une surface de 4 mètres carrés, le prix était en 1802 de 5644 francs; il est aujourd’hui de 136 francs.
- Nous sommes loin du temps où Colbert écrivait au comte d’A-vans : « 11 n’y aurait absolument aucun débit de grandes glaces dans le royaume;
- il n’y a que le roi qui puisse en avoir besoin. »
- Les observations que nous présentons ici sur la métallurgie et sur la fabrication des glaces, pourraient être faites sur la plupart des autres industries.
- Le travail humain ne cesse de se perfectionner et de s’accroître. —Que seront les Expositions universelles de l’avenir? Nul ne saurait le prévoir : mais il est certain que des merveilles sont réservées à nos descen-
- 1878
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- Fig. 2. — Les glaces de Saint-Gobain de 1806
- dants, et que des découvertes inattendues viendront s’ajouter à celles que nous connaissons aujourd’hui.
- Un des caractères saillants de l’Exposition universelle de 1889, a 1R&9 été l’étonnante réunion des représentants de peuples étrangers, avec la reconstitution du milieu qu’ils habitent, depuis le village néo-calédonien Jusqu’aux décors de l’Orient
- et aux splendeurs de l’Inde. Nous avons souvent donné l’aspect de ces restitutions qui, comme celle d’une rue du Caire, ou d’une cité javanaise, ont puissamment contribué au succès de l’Exposition : nous offrirons encore à nos lecteurs la vue d’un de ces lieux qui ont été les endroits favoris du visiteur du Champ de Mars : c’est l’intérieur du grand Pavillon indien (fig. 3), édifice original dû à M. Clark. 11 a été
- aux Expositions universelles françaises à 1889.
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- Fig. 4. — Exposition universelle de 1889.
- Au-dessous de la Tour Eiffel. (D’après une photographie instantanée de MM. Neurdein.)
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- presque entièrement construit avec des moulages rapportés des Indes, et dans la salle fort élégante du centre, une vasque de marbre soutenue par des lions formait un délicieux motif ornemental. Des Indiens authentiques de la vallée de Cachemire, vêtus de blanc, étaient les serviteurs de ce lieu de repos doucement éclairé par une lumière discrète.
- Nous nous arrêterons ici : l’Exposition n’est plus, et nous croyons en avoir assez dit sur son compte ; nous terminerons toutefois en jetant une dernière fois les yeux, à l’aide de la photographie (fig. 4) sur l’ensemble du Champ de Mars vu au-dessous delà Tour Eiffel, qui actuellement fermée au visiteur n’ouvrira qu’au printemps prochain.
- Gaston Tissandier.
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- LES DIAMANTS A L’EXPOSITION DE 1889
- Il ne s’est peut-être jamais présenté une collection de diamants aussi riche que celle qui s’est trouvée réunie à l’Exposition universelle. On a pu voir rassemblés les plus beaux échantillons de Paris, de la Belgique, de la Hollande et les plus riches produits du sud de l’Afrique. Dans la galerie française de joaillerie, classe 37, il y avait plus de vingt exposants d’ornements en diamants de toute espèce et de toutes formes, tels que couronnes ou diadèmes, colliers, bracelets, aigrettes, boucles d’oreilles, bagues, épingles et peignes, broches, médaillons et cadres de miniatures, porte-bouquets et manches d’éventails, plaques de décoration, épaulettes, garnitures de corsages et de robes, etc. ; on y voyait à la fois des diamants bruts, des diamants taillés et sertis sous toutes les formes possibles.
- On a exposé dans la salle principale le grand prix de la tombola annoncée, qui consistait en une parure de diamants estimée 200 000 francs. Cette parure se compose d’une couronne ou diadème, d’une broche, boucles d’oreilles, aigrette, éventail, etc.
- L’ensemble des diamants réunis à l’Exposition a pu être évalué au moins à 175 ou 200 millions de francs. On y rencontrait plusieurs articles exceptionnels et tours de force. Un modèle de la Tour Eiffel, tout en diamants, de 1 mètre de haut, n’a pas été vu à l’Exposition, mais a été montré au public, Galerie Petit, rue de Sèze ; on a admiré par contre au Champ de Mars, le Diamant impérial, qui appartient à un syndicat de marchands de Londres, lequel pesait brut 457 carats, et qui pèse aujourd’hui, taillé et poli, 180 carats; il est estimé une très grande valeur ; le Koh-i-noor qui ne pèse que 103 carats et demi, mais qui est entouré de brillants pèse plus du double.
- La section belge présentait dans une vitrine, plusieurs très beaux et gros échantillons de diamants taillés du Cap. Il y avait deux cases de bijoux : dans l’une était un très gros brillant entouré de six petites pierres; dans l’autre se trouvaient six gros diamants. On y voyait un diamant brut du Cap du poids de 300 carats, une croix de diamant taillée dans une seule pierre, unique en son genre, deux longs pendants d’oreilles, les miniatures du roi et de la reine des Belges sous des cadres de gros diamants, et une toute petite épée taillée dans un diamant.
- Il existait à l’Exposition deux ateliers de taille de dias mant ; cette industrie a fait de grands progrès dans ce-
- dernières années et a suivi la marche ascendante de la production des découvertes extraordinaires des mines du sud de l’Afrique.
- MM. Boas et Cie, d’Amsterdam, occupaient un petit pavillon où les diamants étaient rangés dans une série de cases; il y en avait pour plus de 25 millions de francs. Des Juifs hollandais taillaient et polissaient le diamant dans ce pavillon ; ils enchâssaient la pierre brute dans une soudure métallique et la soumettaient au frottement continu de petites meules qui façonnaient les différentes facettes.
- La Compagnie générale minière du sud de l’Afrique avait exposé dans une grande salle toutes les opérations de lavage de la terre bleuâtre qui renferme les diamants, ainsi que sa méthode de taille. On y trouvait aussi des modèles des différentes transmissions de mouvement de la mine de Beer, des cartes géographiques, des pholor graphies et une magnifique exposition de diamants, valant au moins 25 millions de francs. Un des spécimens bruts, déformé octaédrique, pesait 306 carats-, un autre taillé qui était également exposé est le plus gros brillant du monde, il pèse 228 carats et demi et vaut 2 500 000 francs. Le shah de Perse a acheté à cette Compagnie trois gros diamants.
- Ce sont des Français, employés de M. Roullina, qui taillaient et polissaient là le diamant ; on pouvait les voir percer cette pierre par le procédé si lent qui demande trois semaines pour forer un trou du diamètre d’une épingle. Ils employaient à ce travail un foret en acier qui faisait 14 000 tours par minute. !
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- L’ORIGINE DU PÉTROLE
- D’après le savant chimiste russe Mendeléef, le procédé de formation du pétrole serait le suivant : Il est admis généralement que l’écorce de la terre est très mince par rapport à son diamètre, et que cette écorce renferme des substances à l’état pâteux ou fluide, parmi lesquelles on rencontre des carbures de fer et d’autres métaux. Lorsque par suite d’un refroidissement, ou par toute autre cause, il se produit une fissure d’où sort une chaîne de montagnes, l’écorce terrestre se tend et il se forme des fissures au pied de la. chaîne ; ou encore il se produit, dans une certaine mesure, un dérangement dans une série de couches de roches, qui les rend plus ou moins poreuses, de manière que les eaux de surface peuvent se frayer un chemin dans les couches profondes de l’écorce et atteignent accidentellement les dépôts incandescents de carbures métalliques qui peuvent exister soit à l’état isolé OU; mélangés avec d’autres matières. Il est facile de se représenter ce qui doit se produire sous l’influence de ces circonstances : le fèr, ou tout autre métal en présence, forme* un oxyde avec l’oxygène de l’eau, l’hydrogène est mis en liberté ou se combine avec le carbone du métal et produit; une substance volatile qui est le naphte. L'eau qui arrive en excès sur les masses incandescentes se change en vapeur, dont une partie remonte au travers des substances poreuses qui remplissent les fissures, et cette vapeur entraîne avec elle les vapeurs de l’hydrocarbure qui vient de se former; ce mélange de vapeurs se condense complètement ou en partie, dès qu’il arrive aux couches plus froides. La composition chimique des hydrocarbures produits dépendra de la température et de la pression du milieu dans lequel ils se sont formés. Il est évident que ceux-ci peuvent varier entre des limites très étendues, et
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- c’est pourquoi les huiles minérales, le bitume, l’azoké-rile et les autres produits similaires diffèrent tellement entre eux par leurs proportions relatives d’hydrogène et de carbone. On pourrait ajouter que l’on a préparé fréquemment du pétrole artificiel par un procédé analogue à celui qui est décrit ci-dessus.
- Telle est la théorie de ce chimiste éminent, il l’a édifiée non seulement sur ses connaissances chimiques étendues, mais aussi sur l’expérience pratique qu’il a acquise en visitant officiellement les principales contrées de production d’huile minérale d’Europe et d’Amérique; il l’a déduite de ses discussions avec les hommes spéciaux qui dirigent cette industrie, et de tous les écrits sérieux qui ont été rédigés sur la matière. Il est vrai de dire que les aperçus de M. Mendeléef n’ont pas été acceptés par toutes les autorités compétentes; cependant l’état de permanence remarquable des puits d’huile, le dégagement inépuisable de gaz hydrocarbonés dans certaines régions, obligent presque à croire que les produits hydrocarbures se reforment presque au fur et à mesure de leur consommation, qu’il y a également peu à craindre que la demande excède jamais la production et qu’il y a tout lieu d’espérer que l’on rencontrera ces produits dans presque toutes les régions de la terre; le sol dans le voisinage des grandes révolutions géologiques en est surtout prodigue. Les perfectionnements des méthodes de forage des puits, permettront de pénétrer à de plus grandes profondeurs; et on doit rappeler ici, qu’en dehors des frais de fonçage des puits, il n’y a pas lieu à des dépenses extraordinaires d’extraction à de grandes profondeurs, puisque en général l’huile monte à la surface ou à une distance approchée. Les pressions extraordinaires de 46 kilogrammes par centimètre carré qui ont été mesurées dans quelques puits, semblent démontrer l’imperméabilité des couches du fond desquelles l’huile a été poussée à la surface, et elles tendent à confirmer l’opinion qu’elle s’est formée dans des régions de beaucoup inférieures à toutes celles qui ont pu recéler des restes organiques 1.
- NOUVEAUX1 COMPTEURS ÉLECTRIQUES
- L’accroissement considérable des stations centrales de distribution d’énergie électrique pendant ces dernières années donne un intérêt d’actualité tout particulier à la question des compteurs électriques et à l’examen des principes de quelques solutions récemment proposées pour résoudre ce problème simple en théorie, d’une difficulté énorme en pratique, si l’on veut que l’appareil réalise à un égal degré toutes les conditions qui caractérisent un appareil parfait, conditions souvent incompatibles et exclusives les unes des autres.
- Rappelons d’abord rapidement que l'énergie fournie à un appareil électrique pendant un temps donné, est fonction de trois facteurs distincts ; l’intensité du courant, la différence de potentiel aux bornes de l’appareil et le temps de passage du courant.
- Dans le cas le plus général, les trois facteurs sont supposés simultanément variables, l’appareil constitue alors un watts-heure-mètre. Lorsque la distribution est à potentiel constant, le problème se sim-
- 1 Society of arts, 20 septembre 4889.
- plifie et l’appareil devient un ampères-lieure-mëtre où, comme on l’appelle le plus souvent dans le langage courant, un compteur d'électricité. Les quatre appareils représentés ici et dont les premiers types réalisés figuraient à l’Exposition universelle de 1889, sont deux watts-heure-mètres pour courant continu et deux ampères-heure-mêtres pour courants alternatifs.
- Watts-heure-mètre de M. Blondlot. — Comme dans la plupart des compteurs de cette espèce, on trouve deux parties essentiellement distinctes : l’appareil de mesure et l’appareil d’intégration. L’appareil de mesure est un électrodynamomètre dont la bobine fixe, à axe vertical, est roulée d’un gros fil et est traversée par le courant total fourni au consommateur. La bobine à fil fin, placée à l’intérieur de la bobine à gros fil, est montée en dérivation entre les bornes de distribution chez chaque abonné. Le couple exercé sur la bobine mobile par la bobine fixe est ainsi proportionnel au produit e\ de l’intensité I du courant principal par la différence de potentiel e aux bornes de la distribution. Un contre* poids disposé sur un bras monté sur l’axe de Ta bobine mobile équilibre le couple électrodynamique et fait dévier cette bobine d’un angle proportionnel à ce produit e\. Le mouvement d’horlogerie, une pendule ordinaire, a pour rôle de fermer périodiquement, une fois par cinq minutes, dans le cas considéré, le circuit d’une dérivation spéciale constituée par deux solénoïdes : l’un de ces solénoïdes a pour effet de ramener la bobine à fil fin au zéro, dans la position verticale; le second solénoïde, disposé horizontalement, a pour effet de rendre momentanément solidaire, par une sorte d’embrayage magnétique, l’axe de la bobine et celui d’un compteur de tours qui, dans chaque opération, tourne d’un angle égal à celui que faisait la bobine mobile avant d’être ramenée au zéro. Les rotations ainsi imprimées périodiquement au compteur de tours se totalisent et peuvent se lire sur un cadran horizontal commandé par une vis sans fin montée sur le premier axe du compteur de tours. La bobine mobile, en se déplaçant sur un cadran vertical disposé au-dessous de la pendule, fait connaître la puissance e \ fournie à chaque instant aux appareils commandés par le compteur. Les intervalles de temps qui séparent deux cueillettes successives peuvent se lire sur le cadran de la pendule, et les intégrations faites par l’appa-reil sur le cadran horizontal, de sorte que le consommateur a sous les yeux, à chaque instant, tous les éléments de vérification qui lui sont nécessaires.
- Watts-heure-mètre de M. Clerc. — Cet appareil,1 analogue en principe à celui de M. Blondlot, —les deux appareils ont été conçus et exécutés vers la même époque, et tout à fait indépendamment l’un de l’autre, — en diffère cependant par le mode d’intégration périodique. L’horloge est entretenue en mouver ment par une dérivation prise sur la canalisation; elle entraîne une manivelle fixée sur l’axe principal avec une vitesse angulaire uniforme. Lorsque Ja
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- puissance dépensée est nulle, l'aiguille fixée sur l'axe de la bobine mobile est dans la position représentée par la figure 5. La portée fixée sur l’extrémité de la manivelle vient tangentiellement à l’aiguille, mais ne lui imprime aucun déplacement. S’il passe lin certain courant dans les deux bobines mobile et fixe, l’aiguille est déviée vers la droite d’un angle que des contrepoids convenablement disposés sur l’axe permettent de rendre sensiblement proportionnel au produit e I : la manivelle ramène l’aiguille au zéro une fois par tour.
- Ces rotations sont transmises à un compteur de tours et totalisées à l’aide -d’une disposition mécanique ingénieuse que l’on voit à l’avant de la figure 3. Cette disposition consiste essentiellement en un petit doigt suspendu à un bras de levier fixé à l’axe de la bobine mobile : lorsque le levier se déplace de droite à gauclie, il entraîne la grande roue montée sur l’axe du totalisateur ; en se déplaçant de gauche à droite, le doigt glisse sur la jante de la roue, et la rotation effectuée dans le déplacement précédent reste acquise, comme dans l’appareil de M.Blon-dlot : l'aiguille indique la puissance en watts et le compteur le total des watts-heure fournis au consommateur.
- En modifiant convenablement les circuits, on peut varier à volonté la puissance maxima à intégrer, et même rendre l’appareil propre à la mesure de l’énergie consommée dans un circuit traversé par des courants alternatifs.
- Compteur d'électricité de M. Elihu Thomson. — Ce compteur est surtout destiné à la mesure de l’énergie fournie h des circuits traversés par des courants alternatifs : le principe et les dispositions en sont absolument nouveaux. La partie inférieure de l’appareil renferme un petit transformateur dont le circuit primaire est traversé par le courant total à intégrer. Le circuit secondaire de ce transformateur est alternativement et automatiquement fermé sur deux lames de platine repliées en forme d’étoiles (fig. 2), et renfermées dans deux ampoules en verre, hermétiquement fermées, reliées par un tube de verre horizontal renfermant de la glycérine. Le courant produit dans le circuit secondaire étant sensiblement proportionnel au courant primaire, la quantité de chaleur dégagée par unité de temps dans les lames de platine est proportionnelle au carré de ce courant primaire : cette chaleur se produisant dans une seule des ampoules à la fois, dilate l’air qu’elle renferme, refoule la glycérine dans l’ampoule opposée, et, à un moment donné, produit le basculage de l’ensemble. Le courant traverse alors la seconde ampoule, et ne passe plus dans la première qui se refroidit pendant que la seconde s’échauffe, jusqu’à ce qu’un nouveau basculage se produise, et ainsi de suite.
- En proportionnant convenablement le transformateur et en disposant un circuit de correction dont la description nous entraînerait trop loin, il est possi-
- Fig. 1. — Watts-heiire-mélro tle M. Blondlot.
- Fig. 2. — Compteur d’électricité de M. Elihu Thomson,
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- ble d’obtenir que le nombre de basculages par unité de temps soit proportionnel à l’intensité efficace du courant. Un compteur de tours totalisant le nombre de basculages pourra donc faire connaître la quantité d’électricité efficace fournie au circuit pendant le même temps. Bien que cet appareil soit plus spécialement destiné à la mesure des courants alternatifs, il serait facile de le modifier en vue de son application aux courants continus.
- Compteur Paccaud - Boi'el.
- — La caractéristique de ce dernier appareil dont il nous reste à indiquer le principe est que, construit en vue de la mesure des courants alternatifs, il ne fonctionnerait pus du tout avec des courants continus. Il appartient à la classe des compteurs-moteurs, et est fondé sur les propriétés spéciales des champs magnétiques pro-duits par des courants alternatifs de grande fréquence. Concevons deux bobines dont les axes sont disposés rectangulai-rement, renfermant un nombre inégal de spires, et montées en dérivation l’une par rapport à l’autre, de telle sorte que le courant total les traverse à la fois tout en se divisant inégalement à chaque instant dans chacune d’elles, par suite de l’inégalité des coefficients de self-induction. Chacune de ces bobines tendra à produire un champ magnéti-
- que dont l’intensité dépendra à chaque instant de l’intensité du courant qui la traverse. Le champ résultant sera rotatif dans un sens déterminé par les
- attaches des bobines entre elles. Un disque de fer mince placé dans ce champ rotatif tendra à tourner dans le sens même de la rotation du champ, et d’autant plus vite que le champ sera plus intense, ainsi que le courant produisant ce champ. En disposant des ailettes formant régulateur sur le même axe que le disque, et en proportionnant convenablement les différentes parties de l’appareil, on conçoit la possibilité de réaliser une sorte de moteur électrique
- qui, entre certaines limites, tournera avec une vitesse angulaire sensiblement proportionnelle à l’intensité
- efficace du courant total. C’est dans le but d’obtenir cette proportionnalité nécessaire le mieux possible que l’appareil pratique ne ressemble pas complètement à l’appareil théorique que nous venons de décrire.
- Dans le modèle représenté figure 4, l’un des champs magnétiques est produit par un électroaimant ; d’autre part, les ailettes du frein sont mobiles et se soulèvent pour conserver la proportionnalité aux grandes vitesses en réduisant la valeur du couple résistant dù à l’air. Le nombre de tours totalisé sur un compteur est proportionnel à la
- Fig. 3. — Watts-heure-mètre de M. L. Clerc.
- Fig. 4. — Compteur d’électricité de MM. Paccaud et Borel.
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- quantité d’électricité efficace fournie au circuit.
- On voit, par la description succincte que nous venons de faire de quelques-uns des types de compteurs récemment réalisés, à combien de principes différents l’on peut avoir recours pour résoudre l’important problème posé par la distribution de l'énergie électrique. 11 faudra attendre la sanction de l’expérience et, pour les deux premiers, les résultats du Concours ouvert par la ville de Paris, avant de se prononcer sur leurs mérites respectifs.
- E. H.
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- CHRONIQUE
- Les livraisons de l>(l l¥tltlt»'C et les années bissextiles. — 11 se produit pour La Nature, comme d’ailleurs pour tous les journaux périodiques hebdomadaires, un fait sur lequel nous croyons devoir appeler l’attention de nos lecteurs, car il est assez peu remarqué en général. Une année ordinaire se compose de 565 jours et une année bissextile de 366, tandis que les 52 semaines d’une année régulière ne représentent ensemble que 364 jours. 11 en résulte que, dans un intervalle de 6 années comprenant une année bissextile, on a dù compter une semaine de plus, et publier ainsi 27 numéros au lieu de 26 dans un des semestres. C’est le cas du numéro actuel de La Nature qui forme la 27e livraison du 2e semestre de 1889. Le fait que nous signalons se reproduit pour la troisième fois depuis la fondation du journal dont le premier numéro date du 7 juin 1873. Ce n’est qu’excep-tionnellement que le premier semestre (du premier décembre au premier juin) peut avoir 27 numéros, car il faut pour cela que le premier décembre commence le semestre soit un samedi, et que l’année suivante soit bissextile. Le fait s’est produit une seule fois, le 51 mai 1884, pour le numéro 574, le 1er semestre commençant le 1er décembre 1883 et l’année 1884 étant bissextile. L’année 1889 de La Nature (1er décembre 1888 au 1er décembre 1889) ayant 55 samedis fait donc bénéficier les abonnés d’un numéro de plus que les années précédentes et les années suivantes. Le fait se reproduira à nouveau en 1894, pour le second semestre, et en 1900, également pour le second semestre.
- Le tremblement de terre du 20 octobre 1889.
- — Nous avons annoncé, dans notre numéro du 2 novembre (p. 368), qu’un tremblement de terre s’était produit, dans la nuit du 25 au 26 octobre dernier, sur les bords du détroit des Dardanelles, et que, sous l’influence de cette commotion du sol, des courants terrestres s’étaient propagés jusqu’à Paris, où leur passage a été enregistré au magnétographe de l’Observatoire du parc Saint-Maur; les mêmes phénomènes nous sont signalés de l’Observatoire du Puy-de-Dôme. Le Courrier de Srnyrne, du 2 novembre, nous apporte des détails sur ce tremblement de terre. Signalé d’abord à Gallipoli, il paraît s’être étendu sur une assez grande région. A Mételin, la secousse a été ressentie à 1 h. 25 m. du matin (temps local), et a duré quarante secondes; les oscillations étaient de l’ouest à l’est. Ce tremblement de terre a causé de graves dégâts, surtout dans la partie occidentale de l’ile. D’après les premiers relevés officiels, 1800 maisons sont en ruines, complètement écroulées ou rendues inhabitables; à Hy-dêra, village situé dans la montagne à dix heures de Mételin, toutes les maisons,* au nombre de 250, ont été
- détruites. La ville et la citadelle de Baba, ainsi que la citadelle de Sigrion, se sont également écroulées. Dans le voisinage des eaux thermales de Polychnitos, une source a jailli par suite des trépidations du sol. Le nombre des morts et des blessés est considérable : 15 000 personnes sont sans abri. Le gouvernement et les particuliers pourvoient aux premiers besoins.
- La fabrication des armes à Liège. — On sait que la ville de Liège a une réputation universelle pour la fabrication des armes ; le commerce y est toujours fort actif, et nous pouvons en acquérir la certitude en consultant des chiffres contenus dans le rapport du Consul de France dans cette ville pour l’année passée. En 1888, on y a fabriqué 1 503 540 armes à feu, dont 612 550 revolvers seulement, c’est-à-dire près de la moitié du chiffre total pour ces armes spéciales, dont l’emploi se généralise de plus en plus. En 1887, la production totale avait été de 925 545 armes; on voit quelle progression a suivie cette industrie ; en une année, c’est une augmentation de 62,6 pour 100. D’ailleurs le bénéfice n’a pas été aussi considérable qu’on pourrait le croire pour les fabricants, car les prix ont baissé dans des proportions énormes. En effet, la valeur de toute la fabrication avait été en 1887 de 11 537 798 francs; en 1888, pour une production presque double, la valeur totale n’a été que de 12 262369 francs, ce qui présente seulement une augmentation de 16,81 pour 100. Aussi les ouvriers ont-ils été très peu payés, gagnant à peine en moyenne 2 francs pour une journée de douze à quatorze heures. Ce qui a fait ainsi baisser les prix, c’est, outre les tarifs édictés par les Etats-Unis, principalement l’état de choses sur la côte orientale d’Afrique; on sait, en effet, que le principal élément du commerce avec les noirs est l’importation de la poudre de chasse ou de guerre et d’armes blanches ou d’armes à feu de pacotille. C’est vers la Hollande surtout que vont les armes fabriquées à Liège : on en a importé dans ce pays, en 1888, pour 2 124 081 fr.; la France vient en seconde ligne, avec une importation de 1 926 826 francs ; puis l’Allemagne, pour 1 643471 fr.; puis les États-Unis pour 1 184 494 francs; et enfin la Grande-Bretagne pour 799 647 francs, tiennent en dernier le Brésil, la Chine, l’Italie et le Portugal. D. B.
- Saisie d'une ligne de tramways. — On sait que les États-Unis de l’Amérique du Nord sont la terre classique des excentricités. Nous en trouvons un nouvel exemple dans l’histoire contée par un journal américain; c’est celle d’une saisie extraordinaire qui a eu lieu à Kansas-City, dans l’État de Missouri. La ville est sillonnée par un réseau de tramways à câble, c’est-à-dire funiculaires, qui font le service du centre aux quartiers extérieurs et à la banlieue. La compagnie qui les possède devait une certaine somme, environ 20 000 francs à divers créanciers : ceux-ci ont obtenu un jugement contre elle, et ils se sont empressés de-faire prendre un gage pour couvrir leur créance ; le meilleur était la ma* chinerie de l’exploitation. En effet, vers 10 heures du soir, tous les tramways en circulation se sont arrêtés sur place tout le long de la ligne et n’ont plus bougé de toute la nuit. C’était le shérif qui, muni du jugement exécutoire, venait do saisir la machine et le câble et de les faire arrêter. L’affaire s’est arrangée pendant la nuit, la Compagnie a payé; mais on peut juger de la fureur des pauvres voyageurs, qui, après avoir payé leur place, ont été obligés de regagner à pied leur demeure, ' - D, B. *- -
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- LA NATLllE.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 novembre 1889. — Présidence de M. IIkhmite
- Epuisement des terres par la culture sans engrais. — Notre savant collaborateur, M. P.-P. Dehérain, expose au tableau, dans une improvisation écoutée avec le plus vif intérêt, les résultats auxquels l’a conduit l’examen des récoltes fournies par des parcelles de son champ d’expériences de Grignon privées de tout engrais depuis 1875. Tandis que des terres semblables mais fumées donnent à l’hectare de 35 000 à 40 000 kilogrammes de betteraves, les parcelles dont il s’agit en produisent à peine 13000 kilogrammes, et la culture du trèfle incarnat et du trèfle rose est de son côté tout aussi misérable. Pour savoir à quelle cause attribuer cette stérilité, l’auteur compare la composition actuelle du sol impuissant à ce qu’elle était il y a dix ans : la quantité d’acide phosphorique qui était 1,55 est encore 1,4; la potasse, l’azote n’ont pas varié davantage; mais la proportion d’humus, au contraire, s’est considérablement modifiée. Au lieu de 16 grammes de carbone que renfermait d’abord le kilogramme de matière organique, on n’en trouve plus que 7,2 et on doit, en conséquence, attribuer à cette diminution l’appauvrissement de la terre. Cela admis, il reste à préciser le rôle fertilisateur de la matière organique du sol. M. Dehérain passe en revue les diverses hypothèses imaginées à cet égard, et les rejette successivement presque toutes : c’est ainsi qu’une longue série d’observations recueillies pendant l’année qui vient de s’écouler, lui montre qu’on lie peut attribuer la stérilité relative des terres pauvres en humus, ni à leur impuissance à retenir l’humidité, ni à leur inaptitude à produire des nitrates ou de l’acide carbonique. A ce dernier égard, des expériences de contrôle ont consisté à cultiver comparativement des betteraves dans une terre riche en humus et dans une terre pauvre, cependant convenablement arrosée et additionnée de nitrates de phosphates et de sels de potassé; car, tandis que les betteraves de la terre riche pesaient 410 grammes, celles de la terre pauvre atteignaient à peine 92 grammes. Aussi faut-il, conformément aux vues de Théodore de Saussure, si généralement et, paraît-il, si inconsidérément abandonnées, voir dans l’humus une matière exerçant directement un pouvoir nutritif sur les végétaux : non pas toutefois par sa masse mais en quelque sorte catalytiquement, à peu près comme le sulfate de zinc dans les si curieuses expériences de M. Raulin sur VAspergillus niger. 11 manque toutefois à cette conclusion hardie et ingénieuse un dernier contrôle : la fertilité rendue à la terre par l’adjonction de la substance humique ; c’est ce que M. Dehérain se promet de faire.
- Sur la chaleur animale. — Continuant le cours de ses magistrales recherches de thermo-chimie appliquée à la physiologie, M. Berthelot arrive cette fois à élucider l’un des problèmes les plus considérables de la biologie. Dès 1777, Lavoisier se demandait si dans l’acte respiratoire l’oxygène brûle* directement les matières contenues dans le sang ou bien s’il est simplement absorbé par les poumons pour aller exercer son action dans toutes les' régions de l’organisme. En collaboration avec Laplace, il formule en 1782 des conclusions conformes à la première supposition, mais revient en 1792 à la forme dubitative àja suite de diverses objections dont les principales avaient été exprimées par Lagrange. Depuis lors la découverte de l’action de l’oxygène sur les globules du sang et spécialement sur l’hémoglobine qu’il contient, a résolu
- l’alternative, mais sans faire savoir encore quelle part de la chaleur animale dérive directement des oxydations cellulaires et quelle part de cette combinaison spéciale. M. Berthelot comble aujourd’hui cette lacune et commence par déterminer la chaleur dégagée par l’union de l’oxygène à la matière rouge du sang. L’expérience est prodigieusement délicate : le sang absorbant 20 fois son volume de gaz, 700 grammes de liquide se combinent à 177 milligrammes d’oxygène. Toutefois la précision du procédé mis en œuvre est à la hauteur de ces conditions défavorables et permet de tenir compte du phénomène calorifique concomitant au déplacement de l’acide carbonique : la conclusion est que la chaleur dégagée rapportée à 4 équivalents d’oxygène (soient 32 grammes) correspond à 14 770 calories : c’est quelque chose d’analogue à ce que produit l’oxydation de l’argent. Comme la chaleur de formation de l’acide carbonique correspondant aux 4 équivalents d’oxygène considérés, est égale à 97 650 calories, on voit que le phénomène qui vient d’ètre décrit développe à peu près 1/7 de la chaleur animale totale, les autres 6/7 dérivant des oxydations cellulaires. Depuis longtemps on se demande également si l’introduction de l’air dans les poumons a pour conséquence d’élever ou d’abaisser la température du sang, mais la question est si complexe que des hypothèses seules ont tenté d’y répondre. Ici encore M. Berthelot apporte des chiffres du plus haut intérêt. Supposons d’abord, conformément à des conditions réalisées souvent dans les régions tropicales, que l’atmosphère, à la température même du corps, soit saturée d’humidité : la chaleur dégagée sera égale à 14 770 calories comme on vient de le voir, moins la chaleur absorbée par l’acide carbonique qui se dégage, soit 5600 calories. Le sang gagnera donc 9200 calories, ce qui correspond aune élévation de 0°,1 pour la température du sang. Supposons en second lieu que l’air ambiant soit absolument sec et à zéro: la chaleur animale produite est la même, mais l’air expiré étant à 30 ou 51 degrés, il a absorbé 6000 calories, tandis que l’eau évaporée en emporte 15 000. Retranchons de ces 21 000 calories les 9200 de tout à l’heure, nous trouvons une perte de 11 800 calories et par conséquent le sang se refroidit de 0°,1 environ. D’ordinaire on est dans des conditions intermédiaires à ces cas limites, et l’on voit combien les découvertes de M. Berthelot jettent de lumière sur un des chapitres jusqu’ici les plus obscurs de la science.
- Dêvitrification du verre. —; Ayant soumis aux études microscopiques familières aux lithologistes les produits fournis par la dévitrification des verres, MM. Appert et Henrivaux y constatent la production de plusieurs minerais cristallisés. Le plus fréquent est la wollastonxte ou bisilicate de chaux; il se fait aussi très fréquemment* quand la composition chimique de la substance s’y mêle, du pyroxène, de la mellilite et des feldspaths du 6e système cristallin. Ces faits donneront un appui nouveau à 'l’opinion d’après laquelle les roches cristallines donnent fréquemment de la dévitrification de masses amorphes préexistantes. C’est un point qui me paraît évident ainsi que j’ai eu l’occasion d’y insister à diverses reprises.
- Le bifluorure de platine. — Par l’action directe du fluor sur le platine à 500 degrés, M. Moissan amène ces deux corps à contracter une combinaison cristalline. Celle-ci se scinde sous l’influence de l’eau en acide fluorhy-drique et en oxyde de platine. Avant 150° le fluor n’agit pas sur le métal précieux et l’auteur a profité de cette inertie pour déterminer la densité, la couleur et le spec-
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- LA nature:
- tre du fluor, mais il se borne à annoncer ces résultats qu’il exposera dans un mémoire ultérieur.
- Varia. — La comète de Swift, découverte le 19 novembre, a été observée à Paris, les 21, 22 et 23 du même mois par M. Bigourdan. — La larve du Tænia Grimaldi, parasite du dauphin, est décrite parM.Monmez, de Lille. — M. Maquenne décrit un nouveau sucre. — Une note de M. Varey concerne les cyanures doubles et spécialement ceux de mercure et de zinc. — M. Thoulet, de Nancy, étudie les sédiments fins tenus en suspension dans les eaux naturelles. — Les réactions de l’acide aspartique sur le chlorure de sodium occupent M. Daniel Berthelot. Stanislas Meunier.
- LE MUSÉE GUIMET
- Paris vient encore d’augmenter ses richesses scientifiques ; un nouveau musée a été ouvert au public ; c’est le musée Guimet, destiné à servir k l’histoire des religions et des civilisations orientales.
- Ce musée, considérablement augmenté, a été transféré de Lyon à Paris par M.
- Émile Guimet qui ne demanda au gouvernement qu’un asile pour ses collections sous la condition que cet asile dont il prenait même à sa charge une partie des dépenses de construction, porterait son nom. La collection de M. Guimet, qui vaut plusieurs millions, et qui a été offerte à la Ville de Paris par son heureux possesseur, est actuellement installée avenue d’Iéna, dans le monument dont nous donnons ci-dessus l’aspect.
- Le musée possède un nombre considérable d’antiquités et curiosités hindoues, chinoises, japonaises, thibétaines, égyptiennes, grecques, romaines, gauloise^, alexandrines, etc., ainsi que de très riches spécimens de céramiques japonaises et chinoises, puis une bibliothèque d’environ 13 000 volumes, imprimés ou manuscrits, sur l’Orient. Toutes ces richesses ont été rapportées par M. Guimet a la suite de ses voyages à travers le monde.
- Si nous jetons un rapide coup d’oeil sur ces merveilles, nous voyons d’abord au rez-de-chaussée, à droite, la céramique chinoise divisée en trois salles, les deux premières contiennent les produits groupés par matières et genres de décors ; la troisième salle, les produits classés par date de fabrication.
- A gauche, est la céramique japonaise, classée par lieux de fabrication.
- Au premier étage sont trois salles comprenant :
- Première salle. Les cultes de l’Inde qui sont : le Boudonisme, le culte de Geva et celui de Vishnou.
- Deuxième salle. 1° Cultes de l’Indo-Chine (Cambodge, Siam et Birmanie) ; 2° culte du Thibet ; 5° culte de Ceylan; 4° culte de l’Annam. Religions de la Chine, qui sont : Bouddhisme, Taoïsme, Confucianisme.
- Troisième salle dite des Jades, renfermant les objets précieux de l’Orient (jades, cornaline, cristaux de roche, laques, sous forme de vases, sceptres, coupes, etc.) Cette salle, comme richesse, est estimée à près d’un million.
- Une salle k part renferme les objets relatifs k la religion du Japon: le Shintoisme, le Bouddhisme
- japonais (chacune des principales sectes est représentée dans une ou plusieurs vitrines) ; au milieu de la salle se trouve le Man-dara, fac-similé fait avec beaucoup de soin par M. Yamamoto, sculpteur de Kioto, pour M. Guimet, sous la surveillance du grand prêtre du temple de Too-dji k Koo-boô-Daïshi.Aufondde la salle, on voit des objets historiques d’une grande valeur. —Le deuxième étage comprend: adroite, le culte de la Grèce, del’Etrurie, de Rome, des Gaules; k gauche, salle égyptienne, puis des tableaux ayant figuré à l’Exposition de 1878 représentant des scènes de la vie publique en Égypte et reproduisant des peintures des tombeaux de Saqquarah et des Pyramides.
- Nous nous bornerons aujourd’hui k donner un simple aperçu des richesses du musée Guimet qui a été inauguré tout récemment avec une grande solennité.
- Le public peut actuellement le visiter et s’instruire des religions et civilisations de l’Orient ; il pourra, en outre, apprécier le généreux désintéressement de M. Guimet, qui mérite la reconnaissance de tous les savants et de tous ceux qui s’intéressent k l’histoire. V. Dagnan.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier. Paru. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
- Le nouveau Musée Guimet, à Paris.
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- LA NATURE
- DIX-SEPTIÈME ANNÉE — 1889
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- -A
- Absinthe (ha liqueur d'), 402.
- Académie des sciences (Séances hebdomadaires de 1’), 15, 50, 46, 63, 79, 94, 111, 127, 142, 159, 175, 191, 207, 223, 239, 255, 270, 287, 503, 318, 335, 351, 367, 384, 399, 415, 451.
- Acarien parasite des oiseaux (Nouvel), 253.
- Accréen9 à Paris (Les), 221.
- Agronomiques de l’École de Grignon (Travaux), 127.
- Alcool en France (La production de 1‘), 103.
- Alcool sur les carpes (Influence de U), 174.
- Algérien à l’Exposition universelle de 1889 (Le palais), 379.
- Alouettes de la Tour Eiffel (Les), 567.
- Américains de frontière, à Paris (Les
- 1 Peaux-Rouges et les), 87.
- Ammoniaque (Rôle agronomique de T), 551.
- Ammoniaque comme antiseptique (Emploi de T), 190.
- Angolais à Paris (Les), 131.
- Anguille (La question de F), 159.
- Anguilles dans le Danube, 287.
- Annam et le Torikin à l’Exposition universelle de 1889 (L’), 161.
- Années bissextiles et les livraisons de La Nature (Les), 430.
- Anthropologie, 191.
- Anthropologiques à l’Exposition universelle de 1889 (Les sciences), 7, 327.
- Armes à Liège (Fabrication des), 450.
- Assemblages paradoxaux (Les), 16.
- Association française pour l’avancement des sciences. Session de Paris 1889, 190.
- Atlantique (Une course à travers 1’), 14.
- Atmosphère souterraine (L’), 367.
- Avoine nouvelle aux chevaux (L’), 270.
- Azote des terres arables, 175.
- Azote par la terre végétale (Absorption
- de F), 207, 223, 255.
- Azote par les légumineuses (Fixation de F), 368.
- B
- Bac pour chemin de fer au Canada (Un), 174.
- Bacillus anthracis (Le), 319.
- Bactéridies phosphorescentes, 87.
- Balance apériodique, 13,
- Balance hydrostatique de M. Joly, 166.
- Ballons captifs à Paris en 1889 (Les), 243.
- Bandai au Japon(Une excursion aumont), 129.
- Banquets grecs (Les), 231.
- Bateau à vapeur sur la Seine à Paris (Le premier), 80.
- Batterie d’artillerie (Marche en pays de montagne d’une), 350.
- BelJite (La), 142.
- Bière en Allemagne (Production et consommation de la), 206.
- Blessures de guerre (Statistique des), 14.
- Bleu du ciel (Le), 287.
- Blindages pour cuirassement des navires, 418.
- Bœufs de trait (Expériences sur les), 318.
- Bois des Landes (Les), 127.
- Boulevards de Paris électrisés (Les), 331.
- Brésil au Champ de Mars (L’Exposition du), 342.
- Briques (Pavage en), 582.
- Brouette (Origine des tramways et de la), 163. i- v
- c
- Cabestans électriques de la Compagnie du Nord à l’Exposition universelle de 1889, 325.
- Cadran solaire portatif (Un), 116.
- Café des Oiseaux, à Bar-le-Duc (Le), 597. Caire à l’Exposition universelle (La rue du), 64.
- Canal de la mer du Nord à la mer Bal- ’ tique, 158. . >
- Canalisations électriques à Paris (Les), 139.
- Canaux de l’Empire d’Allemagne (Les),* 151.
- Canaux en Russie (Les), 115.
- Caravane hydrologique de 1888 (La), 159.
- Carbone (La chaleur de combustion du), 30. ‘
- Carte de l’Altantique, 15.
- Cartographie agronomique (Progrès dç la), 599.
- Cartographie russe (Progrès de la), 122, Causse noir (Les roches trouées du) 351.
- Causses (Les avens de la région des), 335.
- Catastrophe d’Anvers (La), 263. , *
- Catastrophe de Johnstown (La), 151. Cérémonie bouddhique à Paris (Une), 251.
- Cerf-volant (Théorie du), 234, 262. Cétacés (De quoi se nourrissent les), 155 Chalet delà Pra, à 2145 mètres d'altitude (Le), 319.
- Chaleur animale, 431.
- Châtaignier colossal de l’île de Madère, 27.
- Chemin de fer construit en Russie (Le premier), 46. v:
- Chemin de fer Decauville à l’Exposition universelle, 113.
- Chemin de fer de Saint-Georges-de-Commiers à La Mûre dans l'Isère, 227. Chemin de fer glissant à l’Esplanade des Invalides, 150, 273. - '
- Chemin de fer interocéanique mexicain, 63.
- Chemins de fer à l’Exposition universelle de 1889 (L’histoire des), 337.' Chemins de fer du Japon (Les), 323. Cierge géant à Antibes (Un), 269. Circulation à Paris (La), 223.
- Citronniers et orangers en Amérique» 191. ( ’ r «
- Cochinchine à l’Exposition universelle
- 28
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- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- de 1889 (Le palais de la), 213.
- Coke en Amérique (Fabrication du), 383.
- Colonies à l’Exposition universelle de 1889 (Le palais des), 277, 347.
- Combustibles pauvres (Utilisation des), 549.
- Comète (Dédoublement d’une), 239, 255.
- Compas d’épaisseur à lecture directe, 163, 207.
- Compteurs électriques (Nouveaux), 427.
- Compteurs pour voitures de place, 147.
- Congrès international des électriciens de 1889 (Le), 246.
- Congrès international de mécanique appliquée, 286.
- Conjonctions de Mars et de Saturne, 251.
- Constructions maritimes de la Grande-Bretagne, 127.
- Costumes populaires français (Anciens), 295.
- Coup de foudre, 263.
- Courses de taureaux et les courses landaises (Les), 247.
- Cracotement des bois (Le), 94, 126.
- Craie phosphatée (Enrichissement de la), 31.
- Cratère du Vésuve (Photographie in-
- - : stantanée du)!, 400.
- Crayons en papier, 383.
- Culture de. l’ouest des États-Unis (La mise en), 11.
- Cyclone de la Floride (Le), 46.
- Cyrtomètre (Un nouveau), 378.
- Daguerre ( Souvenirs de), 284.
- Danseuses javanaises (Les), 69.
- Densité des métaux et alliages, 83.
- Diamants à > l’Exposition universelle de 1889, 426.
- Digestive comparée de l’âne, du cheval
- 1-et du mulet (Puissance), 238.
- Digitalines, 399.
- Dinocéras (Le), 79. “
- Distribution d’éaergie électrique par accumulateurs à Saint-Hilaire-du-llar-couët, 317.
- Distribution de l’énergie électrique par courants alternatifs, système Ferranti, 91;
- Dock flottant au port de Hambourg (Un
- - nouveau), 134.
- Dumas (La statue de J.-B.), 356, 377.
- •. . t .t» •
- ..... E ...............'
- Eau de mer (Propriétés de 1’), 63.
- Eau débité^ par les chutes du Niagara (Le volume d’), 287.
- Eaux météoriques (Toxicité des), 31.
- Éclairage des côtes de France (L’), 386.
- Éclairage des côtes de la République argentine, 1.75.
- Éclairage; électrique. Application de la pile du commandant Renard, 218.
- Éclairage électrique de la place du Carrousel^ Paris, 159.
- Éclairage électrique de Marienbad, 158.
- Éclairage général'de l’Exposition universelle de 1889,? 99, 199.
- Éclairs (La durée des), 63, 95.
- Edison, 207, 215.
- ÉJan.ea,Scandinavie (Chasse de 1’), 138.
- Élection à l’Académie des sciences, 15, 399.
- Électricité (Brûlé vif par T), 366.
- Électricité (Les expériences publiques
- , d’), 29.
- Électricité et les vins (L’)> 394.
- Electricité et photographie, 63.
- Électricité pratique, 276.
- Electrique de l’énergie (Transmission), 240.
- Électrodynamisme du soleil, 207.
- Electrolyse chirurgicale, 143.
- Éléphants (La disparition des), 119.
- Éléphants (Longévité des), 382.
- Energie électrique à la douane (Taxe de 1’), 287.
- Engrais (Culture sans), 431.
- Équilibre (Nouveaux jeux d’), 31.
- Éruption boueuse de Kautzorik (Asie Mineure), 290.
- Étoiles filantes et pierres tombées du ciel, 368.
- Excursion dans le 'haut Aragon et dans la Catalogne, 279.
- Expédition américaine à la baie de Lady Franklin, 18, 59.
- Expériences capillaires (Sur un genre particulier d’), 219.
- Exposition militaire à l’Esplanade des Invalides, 241.
- Exposition universelle de 1889, 1, 7, 14, 17, 22, 33, 39, 56, 64, 69, 71, 83, 99,103,113,134, 143,161,167,173, 177, 199, 213, 231, 240, 241/ 289, 292, 505, 507, 525, 327, 336, 537, 342, 347, 354, 591, 410, ,423, 426
- Expositions (Les dates d’ouverture des), 30.
- F
- Faïences patriotiques (Les), 189.
- Faidherbe (Le général), 321.
- Fanfare Adcr à l’Exposition universelle de 1889 (La), 103.
- Fer aux températures élevées (Aimantation du), 62.
- Fer-blanc (Fabrication du), 74.
- Feu grisou (Le). Catastrophe de Saint-Étienne, 103.
- Fluor (Chaleur de formation des composés du), 175.
- Fontaine lumineuse sur une table de salle à manger, 271.
- Force motrice à l’Exposition universelle de 1889, 354, 410.
- Forêt pétrifiée dans l’Arizona (Une), 119.
- Forêts auxÉtats-Uuis (L’exploitation des), 543.
- Fossiles (La formation des), 138.
- Foudre sur la Tour Eiffel (Coup de),
- 222.
- Fougères (Sur les partitions anormales des frondes de), 122.
- Fourrures (La fabrication des), 402.
- Foyers (Fumivorité des), 190.
- France centrale (Mouvement scientifique dans la), 143.
- Fuchs (Edmond), 255.
- Fusils en France (La fabrication des), 206.
- G
- Gaz à l’Exposition universelle de 1889 (Le), 111.
- Générateurs à vaporisation instantanée de M. Serpollet, 173.
- Géodésie, 319.
- Géologie des environs d’Étampes, 111.
- Géologie du Jura (La), 305.
- Géologie lorraine, 384.
- Géologique d’Italie (Carte), 143.
- Glace (Production de la), 255.
- Glaces (Les trois), 191.
- Globe terrestre au millionième de MM. Villard et Cotard (Le). 39.
- Gnomon à flotteur, 252.
- Goutte (Sur la), 46.
- Graphophone de M. C. S. Tainter (Le), 1, 31.
- Grotte des Deux-Goules (La), 207.
- Guano de poisson (Le), 318.
- Gypseux (Études sur les dépôts), 16.
- II
- Habitation à l’Exposition universelle (Histoire de 1’), 23.
- Halphen, 14.
- Hélices en bronze de manganèse, 74.
- Heure nationale, 27.
- Hirondelles (La destruction des), 12.
- Homard (La pêche du), 374.
- Houillères sous la mer (Exploitations), 175.
- Huiles d’olives (Falsification des), 128.
- Huîtres d’Arcachon, 351.
- I
- Iconogène (Développement à 1’), 283.
- Ile intermittente (Une), 238.
- Iles françaises dans le Pacifique (Les), 257.
- Inde britannique (L’), 95.
- Industrie française en Belgique (L’), 62.
- Infection phosphorescente, 287.
- Inondations en Amérique (Les), 46.
- Insecte dans du papier (Inclusion d’un), 223.
- Insectes au Muséum (Aménagement d’), 240.
- Installation électrique du Château royal de Pelesh et du palais royal de Bu-charest, 409.
- Institut Pasteur (L’), 65, 126, 422.
- Inventions mécaniques d’origine française (Les grandes), 187.
- Italie (Production minérale et métallurgique de T), 211.
- J
- Japon à l’Exposition universelle de 1889 (L’Empire du), 177.
- Jardin japonais à l’Exposition universelle de 1889 (Le), 251.
- Jeu des petits chevaux dans les casinos de bains de mer (Le), 222.
- Jeux scientifiques de M. Edouard Lucas (Nouveaux), 501.
- Johnstown en Pensylvanie (La catastrophe de), 151. ,
- Jouets scientifiques. La toupie hydraulique, le nègre grimpeur, 160, 208.
- Joule (J. P.), 353.
- Journaux (Statistique des), 90.
- Journaux aux États-Unis (Les), 243.
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-
-
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- 435
- L
- Laboratoire zoologique, 224.
- Lampes de sûretc des mines (Fermeture des), 294.
- Légumineuses (Assimilation de l’azote par les), 171.
- Lepidodendron (Les feuilles de), 95.
- Le Verrier à l’Observatoire de Paris (La statue de), 225.
- Lion dressé de l’hippodrome de Paris (Le), 17(5.
- Liquides (Rigidité des), 142.
- l.it pour malade, 158.
- Locomotives compound desservant la voie Dccanville à l’Exposition universelle de 1889, 589.
- Locomotives françaises à grande vitesse, 106.
- Lot de 500 000 francs des Bons de l’Exposition universelle (Le gagnant du gros), 383.
- Lumière (Nouvel appareil pour la recomposition de la), 237.
- Lumière par les verres à vitre (Absorption de la), 25.8.
- M
- Machine à cigarettes, 564.
- Machine à écrire La Miniature (petite), 408.
- Machine à fabriquer automatiquement les sacs en papier, 149.
- Magnétiques (Observations), 110.
- Magnétisme terrestre et tremblements de terre, 368.
- Maires à Paris (Le banquet des), 206.
- Maïs (Un parasite du), 15.
- Maladies à Paris (Fréquence des principales), 316.
- Maricnbad (Éclairage électrique de), 158.
- Matériel des chemins de fer français (Le), 110.
- Mathématiques et mathématiciens, 171.
- Matières colorantes dans les vins (Recherches des). Le phanofuchsine, 147.
- Mélanges détonants d’air et de pétrole, 174.
- Mer (Les courants de la), 235.
- Méridienne (Tracé pratique d’une), 230.
- Metamorpliism of rocks, 335.
- Météorite (Une nouvelle), 159.
- Métgoritc de Bendcgo (La), 49.
- Météorites mexicaines, 399.
- Météorologie au dix-septième siècle (La), 280.
- Météorologique de France (Le bureau central), 182.
- Météorologique du sommet de la Tour .Eiffel (Station), 71.
- Méthylfurfurol (Le), 319.
- Meurthe empoisonnée et l’usine Solvay (La), 79.
- Mexicaine à l’Exposition universelle de 1889 (Le pavillon de la République), 83.
- Microbes et tumeurs, 223.
- Microbiologie, 384.
- Mines et mineurs au Japon, 198.
- Moissons dans le monde entier (Calendrier des), 266.
- Mollusques hyperboréens, 80.
- Montagne (Éboulement d’une), 271.
- Monte-escalier, 373.
- Montre mystérieuse à cadran transparent, 95.
- Mort par l’électricité (La peine de), 271.
- Moteurs thermiques (Les), 314, 362.
- Mousses par le sulfate de 1er (La destruction des), 62.
- Mouvement (La photographie du), 401.
- Mouvements célestes par les lois élcc-trodynamiques (Explication des), 298.
- Muller (E.), 414.
- Musc (Le commerce du), 239.
- Musée Guirnct (Le), 452.
- Muséum de Pensylvauie (Le), 384.
- N
- Navigation aérienne (La), 193.
- Navire entraîné par une baleine, 238.
- Nécrologie, 15, 255, 414.
- Nerfs (Propriétés des), 319.
- N'jni-Novgorod (La foire de), 310.
- O
- Observatoire de Bordeaux (Annales de 1’), 270.
- Oiseaux (Longévité des), 398.
- Oiseaux mécaniques, 128.
- Or dans l'Afrique du Sud (Production de F), 127.
- Oranges en Australie, 127.
- Organismes problématiques, 63.
- Orme colossal de l’Institution nationale des sourds-muets à Paris (L’), 211.
- Osléo'ogiques (Mensurations), 111.
- Outil pneumatique de Mac-Coy (L’), 374.
- P
- Panorama de la Compagnie transatlantique à l’Exposition universelle (Le), 53.
- Papier au Japon (Fabrication du), 291.
- Paquebot (Correspondancespostales d’uni, 43.
- Paquebots de Calais (Les), 47.
- Paratonnerres de la Tour Eiffel, 224.
- Paume et le Congres des exercices physiques (La longue), 359.
- Paupières (Restauration des), 335.
- Pavillon des forêts à l’Exposition universelle de 1889 (Le), 289.
- Peaux-Rouges et Américains de frontière à Paris (Les), 87.
- Penny-Box automatique (Un nouveau), 188.
- Pépite d’or d’un demi-kilogramme trouvée en France, 85-
- Perroquets (Le doyen des), 63.
- Pétrole (Éruption de), 378.
- Pétrole à l’Exposition universelle de 1889 (Le panorama du), 305.
- Pétrole en Galicie (Le), 42.
- Pétrole (Origine du), 426.
- Peuplier (Maladie du), 15.
- Phanofuchsine (Le), 147.
- Phénomènes électriques produits par les radiations solaires, 267.
- Phosphonium, 351.
- Photographie (Le cinquantenaire de la), 194.
- Photographie (Une nouvelle application de la), 333.
- Photographie appliquée à l’étude de l’étincelle électrique (La), 169n Photographie automatique (La), 43. ’ Photographie du mouvement (La), 401. Photographie instantanée, 304. Photographie instantanée des poissons eij mouvement dans l’eau, 51. Photomètre enregistreur, 15.
- Phtisie (Le microbe de la), 142. j
- Physiologie, 191.
- Physique, 191, 207. *
- Physique du globe, 175. ' j
- Physique sans appareils. Expérience sur 1 inertie, 368. ,
- Physique végétale, 351.
- Pierres précieuses de l’Amérique du Nord à l’Exposition universelle de 1889, 240. -,
- Pigeons voyageurs en Allemagne (Les)* 318.
- Pile en bois (Une), 367.
- Pisciculture de Bouzey (L’établissement national de), 5.
- Plan incliné pour les bagages à la gare Saint-Lazare, à Paris, 181.
- Plante textile (Une nouvelle), 286. , . Plantes et de leur régime (Rapports dé l’analyse chimique des), 239.
- Planté (Gaston), 3.
- Platine (Bifhiorure de), 431.
- Pluie de feuilles, 94.
- Point critique (L’état de la matière au voisinage du), 79.
- Poison pulmonaire (Le), 79. - ^
- Poissons (Histologie des), 599.
- Poissons en mouvement dans Peau (La photographie instantanée des), 51.
- Pôle nord (La conquête du), 558.
- Pont de Fortli (Le), 417. J
- Pont sous-marin sous le Sund (Un), 382.( Pont sur la Manche (Le), 340.
- Ponts mobilisables militaires (Les), 209. Ponts roulants électriques du Palais des Machines à l’Exposition universelle (Les), 56.
- Port à l’embouchure du Weser (Construction d’un), 175.
- Port de Londres (Le mouvement commercial du), 322.
- Ports du monde (L’accroissement du commerce dans les principaux), 391. Postes des principaux pays (Les), 191. Pourpre (Sur la), 111.
- Pousse-pousse à Pondichéry (Le), 203. Pouvoir perforant du fusil Lebel (Le), 270.
- Préhistorique en Europe (Le), 143. Prunes de France (Les), 74.
- Psychologie expérimentale (La), 154. Puits artésien à l’Esplanade des Invalides à Paris (Un), 143.
- Q
- Quartz fdé (Le), 102, 322.
- Quesneville (Le Dr), 414.
- R
- Radiomètre (Le), 127.
- Raffinage du sucre par l’électricité, 46. Raffinose (La), 319.
- Rayons électriques (Les), 51. Récompenses de l’Exposition universelle de 1889 (La distribution des), 303.
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-
-
- 436
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Récréations scientifiques. Nouveaux jeux d’équilibre. Expériences sur l'inertie. La grenouille japonaise en papier. La question du Matin. La statue à double image, 32, 224, 288, 352, 416.
- Réglisse aux États-Unis (Culture de la), 239.
- Remorquage de 6500 kilomètres (Un), 62.
- Répulsions et rotations électrodynamiques, 145.
- Requins dans l’Adriatique, 59.
- Réseau ferré aux États-Unis (Le déve-loppement du) 383.
- Rétine (Constitution de la), 399.
- Ricord (Philippe), 366.
- Roches à formes animées (Les), 385.
- Roches de Commentry (Les), 304.
- Roses (Le parfum des). Les roses odorante tes et leur culture industrielle, 404.
- Rosier gigantesque, 255.
- Rouille (Formation de la), 130.
- Rouille dans les tunnels (Formation de la), 282.
- S
- Sable musical (Le), 10.
- Sacs en papier (Machine à fabriquer automatiquement les), 149.
- Salamandre tachetée (La larvede la), 77.
- Saumon de Californie dans le bassin de la Seine (Le), 97.
- Saumons en Allemagne, 303.
- Science au théâtre (La), 117, 421.
- Science pratique (La). Manière de courber les tubes de verre, 384.
- Scientia (Conférence), 79.
- Secours (Le service du prompt), 46.
- Société d’histoire naturelle d’Autuu (La),
- <95.
- Sonnerie électrique ovoïde de M. Borel, 276.
- Soudure électrique de M. Elihu Thomson à l'Exposition universelle (Les procédés de), 17.
- Spectre de 1 hydrogène (Le), 303.
- Spongeliomorpha (Espèce nouvelle de), 303.
- Stations quaternaires des environs de Lorrez-le-Bocage, 195.
- Statistique française, 111, 170.
- Statue la Liberté éclairant le monde
- (Transport de la), 111.
- Sucre en Europe (La production du), 94.
- T
- Tapis de sable (Le), 256.
- Télégraphie électrique (La), 295.
- Température sur les propriétés mécaniques des métaux (Inlluence de la), 174.
- Tempête à l’Opéra de Paris (La machination et le vaisseau du ballet la), 117.
- Théâtre (La science au), 117, 421.
- Thermochimie, 318, 335.
- Thermomètres (Sensibilité des), 598.
- Tissus d’agave (Les), 186.
- Tonkin à l’Exposition universelle de 1889 (L’Annam et le), 161.
- Tornado en France, 271.
- Torpilleur chauffé au pétrole (Un), 270.
- Tortues (Longévité des), 223.
- Toupie hydraulique (La), 160.
- Tour Eiffel (La), 71, 167, 292.
- Tours (Un indicateur de), 180.
- Trachée-artère (Les mouvements de la), 319.
- Traction électrique des tramways. Le système Thomson-Houston, 259.
- Train de chemin de fer foudroyé, 383.
- Trams de déblais, 205.
- Trains de voyageurs en 1840 et en 1889 (Les), 371.
- Tramway du monde (Le plus grand), 382.
- Tramways et de la brouette (Origine des), 163.
- Tramways (Saisie d’une ligne de), 430.
- Transformisme en microbiologie pathogène, 535.
- Transport au palais des Arts libéraux à l’Exposition universelle de 1889 (Les moyens de), 134.
- Travaux publics à l’Expo.-ilion universelle de 1889 (Le pavillon des), 307.
- Traverses en bois aux États-Unis (Consommation des), 223.
- Tremblement de terre du 26 mai 1889 aux îles Philippines, 142.
- Tremblement de terre du 30 mai 1889 (Le), 27, 31, 47.
- Tremblement de terre du 26 octobre 1889, 450.
- Treuil spiral à puissance constante et à pression variable, 315.
- Trichine (Vitalité de la), 305.
- Tricycle aquatique (Un nouveau), 15. Trou ville (Nouvelle jetée à), 81.
- Tunnel (Incendie d’un), 35. Typographie musicale (La), 67.
- Y
- Uranium (L’), 270.
- Usine municipale d’électricité des Halles centrales à Paris (L’), 369.
- Y
- Vagues (Utilisation de la force des), 557. Vapeur des moteurs à grande vitesse (La consommation de), 158. Vélocipédie militaire en France (La), 54. Verre (Manière de courber les tubes de), 584.
- Verre cristallisé, 94.
- Verre (Dévitrification du), 451.
- Verre trempé, verre irisé, 358, 407. Verrous de sûreté, 413.
- Viaduc du Viaur dans le Tarn (Le), 309. Vidanges et des eaux d’égout par l’électricité (La désinfection des), 158.
- Vin de Champagne (La production du), 336.
- Vinaigre (Fabrication automatique du), 266.
- Vins (Analyse des), 179.
- Vins australiens (Les), 367.
- Vipère (Le venin de la), 282.
- Vitesse absolue (Indicateur de), 594.
- Vol sans coups d’ailes (Le), 319.
- Volcans et tremblements de terre, 63. Voyage à cheval (Un), 111, 197.
- Voyage des frères Zeni, 35.
- Voyage en ballon de Gambetta et le monument d’Epineuse (Le), 365.
- Voyages extraordinaires à l’Exposition (Les), 567.
- Z
- Zoologie du Muséum d’histoire naturelle de Paris (Nouvelles galeries de), 511.
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-
- LISTE DES AUTEURS
- I* A R ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Angot (Alfred). — Le Bureau central météorologique de France, 182.
- B. (I).). — La mise en culture de l’ouest des États-Unis, 11. — Les canaux de l’Empire d’Allemagne, 151.
- Bâclé (L.). — L’histoire des chemins de fer à l’Exposition universelle de 1879, 337. Locomotives compound desservant la voie Decauville à l’Exposition universelle de 1889, 389.
- •— Les blindages pour cuirassement de navires, 418.
- Baille (J.-B.). — Une nouvelle application de la photographie, 535.
- Bastie (A. de la). — Le verre trempé, 407.
- Bellesme (Joussetde). — Acclimatation du saumon de Californie dans le bassin de la Seine, 97.
- Bekgeult (A.). — Le café des Oiseaux à Bar-le-Duc, 397.
- Bellet (Daniel). — Le pétrole en Galicie, 42. — Production de l’alcool en France, 103. — Les canaux en Russie, 115. — Un nouveau dock flottant à Hambourg, 134. — Les tissus d’agave, 180. — Les ponts mobilisables militaires, 209. — Les courses de taureaux et les courses landaises, 247. — La fuire de Nijni-Novgorod, 310. — Les chemins de fer du Japon, 323. — La longue paume et le Congrès des exercices physiques, 359. — Le plus grand tramway du monde, 382. — Un pont sous-marin sous le Sund, 382. — Crayons en papier, 383. L’éclairage des côtes de France, 586. L’accroissement du commerce dans les principaux ports du monde, 591.
- Bétiiuys (G.). — L’Exposition militaire à l’Esplanade des Invalides, 241.
- Blondel (Le Dr R.). — Le parfum des roses. Les roses odorantes et leur culture industrielle, 404.
- Bleünard (A.). — Fabrication du fer-blanc, 74.
- Bonaparte (Le Prince Roland).—Les danseuses javanaises,69.
- Bolton (H. Carrington). — Le sable musical, 10.
- Bréal (E.). — Assimilation de l’azote par les légumineuses ,171.
- Cartaz (D1 A.). — Un nouveau cyrtomètre, 378.
- Cohen (E.). — La photographie des poissons en mouvement dans l’eau, 51.
- Curie (P.). — Balance apériodique, 13.
- Dagnan (V.). — Le musée Guimet, 432.
- Darnis (Achille). — Les Angolais à Paris, 131.
- Dybowski (J.). — Le jardin japonais à l’Exposition universelle de 1889, 231.
- Féry (G.). — Une nouvelle application de la photographie, 333. Fleurent (E.). — L’analyse des vins, 179.
- Fonvielle (W. de). — Les expériences publiques d’électricité, 29. — Les paquebots de Calais, 47.
- Frion (0.). — La question du Matin.
- G. (C.). — Les locomotives françaises à grande vitesse, 106.
- Gahéry (Paul). — Exposition universelle de 1889. Éclairage général, 99, 199. — Force motrice, 354, 410.
- Guébhard (Adrien). — Sur les partitions anormales des frondes de fougères, 122.
- Guillaume (C. Ed.). — Un cadran solaire portatif, 116.
- Hément (Félix). — Le panorama delà Compagnie transatlantique à l’Exposition, 33. — La statistique, 170. — Les courants de la mer, recherches récentes, 235.— Fréquence des principales maladies à Paris, 546.
- Henrivaux (J.). — Verre trempé, verre irisé, 358, 407.
- Hospitalier (E.). — Le graphophone de SI. C. S. Tainter, 1,
- — Les procédés de soudure électrique de SI. Eliliu Thomson à l’Exposition universelle, 17. — Distribution de l’énergie électrique par courants alternatifs, système Ferranli, 91.
- — La fanfare Àder à l’Exposition universelle de 1889, 103.
- — Répulsions et rotations électro-dynamiques. Expériences de SI. E. Thomson, 145. — Traction électrique des tramways. Le système Thomson-Houston à l’Exposition universelle, 259. — J. P. Joule, 553. — L’usine municipale d’électricité des Halles centrales, 569. — Nouveaux compteurs électriques, 427.
- Joly (Ch-). —Châtaignier colossal de l’île de Madère, 27.
- Laffargue (J.), — Les canalisations électriques à Paris, 139.
- — La catastrophe de Johnstown en Pcnsylvanie, 151. — Un indicateurs de tours, 180. — Fermeture des lampes de
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-
-
- 438
- LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE ALPHABETIQUE.
- sûreté des mines, 204. — Distribution d’énergie électrique par accumulateurs, à Saint-Hilaire-du-Harcouët, 317. — Les boulevards de Paris électrisés, 331. — L’installation électrique du château royal de Pelesli et du palais royal de Bucharest, 409.
- Landrin (Fernand). — Anciens costumes populaires français au Palais du Trocadéro, à Paris, 295.
- Laflaiciie (Alexandre). — Les trains de voyageurs en 1840 et en 1889, 571.
- Leconte (F.). — Sur un genre particulier d’expériences capillaires, 219.
- Léotard (Jacques). — L’heure nationale, 27. — La conquête du pôle nord, 358.
- Le Roy d’Étiolles (I)r). —Nouvelle jetée à Trouville, 81.
- Londe (Albert). — La photographie automatique, 43.
- Lucas (Edouard). —Nouveaux jeux scientifiques de M. Edouard Lucas, 301.
- Marescdal (G.). — Transport de la statue la Liberté éclairant le monde, 111. — Plan incliné pour les bagages à la gare Saint-Lazare, à Paris, 181. — Fontaine lumineuse sur une table de salle à manger, 271. — Petite machine décrire La Miniature, 408. — Les verrous de sûreté, 413. — La science au théâtre ; « la Mouche d'or », 421.
- Martel (E.-A.). — Les roches trouées du Causse noir, 531.
- Ménégaux (A.). — De quoi se nourrissent les cétacés, 155.
- Meunier (Stanislas).— Académie des sciences (Séances hebdomadaires de F), 15, 50, 46, 63, 79, 94, 111, 127, 142,159, 175, 191, 207, 223, 259, 255, 270, 287, 303, 518, 535, 351,367,584,599,415,431. — Lamétéorite de Bcndego, 49.
- — Pépited’or d’un demi-kilogramme trouvée en France, 85.
- Mocquard (F.). — La larve de la salamandre tachetée, 77.
- Morinerie (R. de la). — L’électricité et les vins, 394.
- Mohreaux (Th.). — L’expédition américaine à la baie de Lady Franklin, 18, 59. — Tracé pratique d’une méridienne, 230.
- Nadaillac (Marquis de). — Les sciences anthropologiques à l’Exposition universelle de 1889, 7.
- Nansouty (Max de). — Les ponts roulants électriques du Palais des Machines à l’Exposition universelle, 56. — Le pavillon de la République mexicaine à l'Exposition universelle, 83.
- — Le chemin de fer Decauville à l’Exposition universelle, 113. — Un puits artésien à l'Esplanade des Invalides, à Paris, 143. — L’Empire du Japon à l’Exposition universelle de 1889, 177. — Le Pavillon des forêts à l’Exposition universelle de 1889, 289. — Le panorama du pétrole à l’Exposition universelle de 1889, 305. — Les cabestans électriques de la Compagnie du nord à l’Exposition universelle de 1889, 325.
- Neumann (G.). — Nouvel acarien parasite des oiseaux, 253.
- Nodon (Albert). — Phénomènes électriques produits par les radiations solaires, 267.
- Pàrville (II. de). — Montre mystérieuse à cadran transpa-
- f rent, 95.
- Pottier (F.). — Théorie du cerf-volant, 234, 262.
- Petit (Julien). — La disparition des éléphants, 119.
- Philaire (J.). — Le pousse-pousse à Pondichéry, 203.
- R... (4.). — Les assemblages paradoxaux, 16. —Lavélocipé-die militaire en France, 54. — La fabrication des fusils en
- " ' France, 206.
- Rexel (G.-A.). — L’histoire de l’habitation à l’Exposition universelle, 22.
- Riciiou (G.). — Trains de déblais, 205.
- Saporta (A. de). — Les voyages des frères Zeni, 35.
- Sarazin (Dr A.) — Les roches à formes animées, 585.
- Saussure (René de). —Brûlé vif par l’électricité, 366.
- Sergent (Édouard). — La formation des fossiles d’après Léonard de Vinci, 158.
- Tausend (Georges). — La typographie musicale, 67.
- Tissandier (Albert). — Excursion dans le haut Aragon et dans la Catalogne, 279.
- Tissandier (Gaston). — Gaston Piaulé, 5. — La destruction des hirondelles, 12. — Le globe terrestre au millionième de MM. Villard et Cotard, 59. — La rue du Caire à l’Exposition universelle de 1889, 64. — La Tour Eiffel, 71, 167, 292. — Les Peaux-Rouges et les Américains de frontière, à Paris, 87. — Une forêt pétrifiée dans l’Arizona, 119. — Les oiseaux mécaniques, 128. — Une excursion au mont Bandai au Japon, 129. — Les moyens de transport au palais des Arts libéraux, à l’Exposition universelle de 1889, 134.
- — Origine des tramways et de la brouette, 163. —Les faïences patriotiques, 189. — La navigation aérienne, 193. — Voyage à cheval de Lourny (Russie) à Paris, 197. — Un arbre extraordinaire à Paris, 211. — Th. A. Edison, 215.
- — La statue de Le Verrier à l’Observatoire de Paris, 225.
- — Les ballons captifs à Paris en 1889, 243. — Développement à l’iconogène, 285. — Souvenirs de Dagucrre, 284.
- — Nouvelles galeries de zoologie du Muséum d’histoire naturelle de Paris, 511. — Le chalet de la Pra, à 2145 mètres d’altitude, 519. — Le général Faidherhe, 521. — La statue de J.-B. Dumas, 556, 577. — Le voyage en ballon de Gambetta, et le monument d’Epincuse, 565. — Souvenirs rétrospectifs de l’Exposition universelle de 1889, 591, 423.
- Topinard (P.). — L’anthropologie à l’Exposition universelle de 1889, 327.
- Trouessart (Dr E.). — Nouvel acarien parasite des oiseaux, 255.
- Trouvelot (E.-L.). — La photographie appliquée à l’étude de l’étincelle électrique, 109.
- V... — Une cérémonie bouddhique à Paris, 250.
- Van der Mensbuugghe (G.). — Sur un genre particulier d’expériences capillaires, 219.
- Varigny (II. de). — L’Annam et le Tonkin à l’Exposition universelle de 1889, 161. — Le palais de la Cochinchine à l’Exposition universelle de 1889, 213. — Le palais des colonies à l’Exposition universelle de 1889, 277, 547. — Le palais algérien à l’Exposition universelle de 1889, 579.
- Viré (Armand). — Les stations quaternaires des environs de Lorrez-le-Bocage, 195.
- X..., ingénieur. — L’établissement national de pisciculture de Bouzey, près Épinal, 5. — Recherches dans les vins des matières colorantes de la houille. Le phanofuchsine, 147.— Générateurs à vaporisation instantanée de M. Serpollet, 173.
- — Le chemin de fer de Saint-Georges de Commiers à La Mure, dans l’Isère, 227. — Gnomon à flotteur, 252. — Le chemin de fer glissant à l’Esplanade des Invalides, 273. — Le viaduc du Viaur dans le Tarn, 309. — Utilisation des combustibles pauvres, 358. — Monte-escalier, 573. — Le pont de Forth, 417.
- Z.... (I)r) La toupie hydraulique, 160. — Le lion dressé de l’hippodrome de Paris, 176. — Les trois glaces, 191. — Le nègre grimpeur, 208. — Expérience sur l’inertie, 224. — Le tapis de sable, 256. — La grenouille japonaise en papier, 288.
- Zenger (Ch.-V.). — Explication des mouvements célestes par les lois électro dynamiques, 298.
- Zurcher (F.). — Coup de foudre, 263.
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- TAULE DES MATIERES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués
- dans notre table en lettres italiques.
- Astronomie.
- L’heure nationale (J. Léotard). ........................ 27
- Un cadran solaire portatif (Cn.-E. Guillaume)...........116
- Tracé pratique d’une méridienne (Th. Moureaux). . . 230
- Conjonctions de Mars et de Saturne......................231
- Gnomon à flotteur destiné à déterminer le temps vrai. . 252
- Explication des mouvements célestes par les lois électrodynamiques (Ch. V. Zenger)...............................298
- Dédoublement d'une comète. . .................... 239, 255
- Annales de l’Observatoire de Bordeaux...................270
- Géodésie.................................................319
- Physique.
- Le Graphophone de M. C. S. Taintcr (E. Hospitalier). . 1
- Les procédés de soudure électrique de M. Elihu Thomson, à l'Exposition universelle (E. IL).................. 17
- Les expériences publiques d’électricité (\Y. de Fonvielle). 29
- La photographie automatique (A. Londe)................... 43
- Les rayons électriques. Expériences de M. le docteur
- Hertz................................................. 51
- La photographie instantanée des poissons en mouvement
- dans l’eau (E. Cohen)................................. 51
- Les ponts roulants électriques du Palais des Machines à
- l’Exposition universelle (Max de Nansouty)............ 56
- Densité des alliages et des métaux....................... 83
- Distribution de l’énergie électrique par courants alternatifs, système Ferranti (E. H.)........................... 91
- Exposition universelle de 1889. Eclairage général (Paul
- Gahéry).......................................99, 199
- Le quarz filé.......................................... 102
- La fanfare Ader à l’Exposition universelle de 1889 (E.H). 103 La photographie appliquée à l’étude de l’étincelle élec-
- trique (E.-L. Trouvelot). .............................109
- Les canalisations électriques à Paris (3. Laffargue). . . 139
- Répulsions et rotations électrodynamiques. Expériences
- de M. Elihu Thomson (E. Hospitalier)..................145
- Nouveaux compas d’épaisseur à lecture directe. . 163, 207
- Balance hydrostatique de M. Joly..........................166
- Un indicateur de tours (J. Laffargue)....................180
- Le cinquantenaire de la photographie......................194
- Th. A. Edison (Gaston Tissandier). .'...............215
- Eclairage électrique. Application de la pile du commandant Renard...............................................218
- Sur un genre particulier d’expériences capillaires (G. Yan
- der Mensbruggiie et F. Leconte)........................220
- Théorie du cerf-volant (F. Pottier). ...... 234, 262
- Nouvel appareil pour la recomposition de la lumière. . 237
- Le Congrès international des électriciens de 1889 . . . 246 Absorption de la lumière par les verres à vitres. . . . 258 Traction électrique des tramways. Le système Thomson-Houston à l’Exposition universelle de 1889 (E. Hospitalier) ................................................ 259
- Phénomènes électriques produits par les radiations solaires (Albert Nodon).....................................267
- Fontaine lumineuse sur une table de salle à manger
- (G. Mareschal).........................................271
- Sonnerie électrique ovoïde de M. L. Borel............276
- Nouveautés photographiques. Développement à l’icono-
- gène (G. T.)...........................................283
- Souvenirs de Daguerre (G. T.).......................'. 284
- Fermeture des lampes de sûreté des mines (J. L.). . . 294
- La télégraphie électrique.................................295
- Photographie instantanée..................................304
- Distribution d’énergie électrique par accumulateurs à
- Saint-Hilaire-du-Hareouët (J. Laffargue)...............317
- Les suspensions en quartz filé............................322
- Les boulevards de Pans électrisés (J. L.)............331
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- 440
- TABLE DES MATIÈRES.
- Une nouvelle application de la photographie (J. B.-Baille
- et C. Féry)......................................
- Brûlé vif par l’électricité.........................
- L’Usine municipale d’électricité des Halles centrales, à
- Paris (E. Hospitalier)...........................
- L’éclairage des cèles de France (Daniel Bellet) . . .
- L’électricité et les vins (Ray de la Morinf.rie)....
- Photographie instantanée du cratère du Vésuve. . • .
- La photographie du mouvement........................
- L’installation électrique du château royal de Pelcsh et
- du palais royal de Buchnres (J. Laffargue).......
- Nouveaux compteurs électriques (E. 11.).............
- Photomètre enregistreur.............................
- Raffinage du sucre par l’électricité................
- L’aimantation du fer aux températures élevées. . .
- Electricité et photographie.........................
- La durée des éclairs................................
- IJétat de la matière au voisinage du point critique.
- Observations magnétiques............................
- Le radiomèlre.......................................
- Rigidité des liquides...............................
- L'électrolyse chirurgicale.............................
- Éclairage électrique de Marienbad...................
- Éclairage électrique de la place du Carrousel, à
- Paris............................................
- L’éclairage des côtes de la République argentine. .
- Physique.......................................19 U
- Electrodynamisme du soleil..........................
- Transmission électrique de la force. .... 240,
- La peine de mort par Vélectricité...................
- Taxe de l’énergie électrique à la douane............
- Le bleu, du ciel....................................
- Le spectre de l’hydrogène...........................
- Une pile en bois....................................
- Train de chemin de fer foudroyé.....................
- Sensibilité des thermomètres........................
- Chimie.
- Fabrication du fer-blanc (A. Bleunard)..............
- Le feu grisou. Catastrophe de Saint-Etienne.........
- La production de l’alcool en France (D. Bellet). . . .
- Formation de la rouille.............................
- Recherches dans les vins des matières colorantes de la
- houille. Lephanofuclisinc (X..., ingénieur)......
- Analyse des vins (E. Fleurent]......................
- La catastrophe d’Anvers. Explosion d’une poudrière et
- incendie de réservoirs de pétrole................
- Fabrication automatique du vinaigre.................
- Formation de la rouille dans les tunnels............
- Verre trempé, verre irisé (.T. IIenrivaux). . . . 358,
- La liqueur d’absinthe...............................
- La fabrication des fourrures (P. B.)................
- La chaleur de combustion du carbone.................
- Toxicité des eaux météoriques.......................
- Propriétés de L'eau de mer..........................
- Verre cristallisé...................................
- Sur la pourpre......................................
- La production de l'or dans l’Afrique du Sud. . . .
- Falsification de l’huile d'olives...................
- La bellite..........................................
- La désinfection des vidanges et des eaux d’c’gout par
- V électricité....................................
- Les mélanges détonants d’air et de pétrole . , . . Chaleur de formation des composés du fluor. . . .
- Chimie.................................................
- Le commerce du musc.................................
- L’uranium...........................................
- Le guano de poisson.................................
- Thermo-chimie..................................518,
- La raffinose. ......................................
- Le méthylfurfurol...................................
- Le phosphonium.................................
- Fabrication du coke en Amérique.....................
- Dévitrification du verre..............................451
- Le bifluorure de gélatine.............................451
- météorologie. — Physique du globe. Géologie. — minéralogie.
- Le tremblement de terre du 50 mai 1889. . 27, 51, 47
- Le pétrole en Galicie (Daxif.l Bellet)................ 42
- La météorite de Bendego (Stanislas Meunier)........... 49
- La Tour Eiffel. La station météorologique du sommet
- (Gaston Tissandieh)................................ 71
- Pépite d’or d’un demi-kilogramme trouvée en France
- (Stanislas Meunier)................................ 85
- Une foret pétrifiée dans l’Arizona (Etats-Unis) (Gaston
- Tissandier)........................................119
- Une excursion au mont Bandai, au Japon. Explosion
- d’une montagne (G. T.).............................129
- La formation des fossiles d’après Léonard de Vinci
- (E. Sergent)....................................158
- La catastrophe de Johnstown, en Pensylvanie (J. Laffar-
- gue)............................................151
- Le bureau central météorologique de France (Alfred Angot). 182 Les stations quaternaires des environs de Lorrez-le-Bocage
- (Seine-et-Marne) (Armand Viré)..................195
- Les courants de la mer. Recherches récentes (Félix Hé-
- ment)...........................................235
- Une île intermittente..............................238
- Pierres précieuses de l’Amérique du Nord à l’Exposition
- universelle de 1889............................. 240
- Coup de foudre (F. Zurciier). ............ 263
- Phénomènes électriques produits par les radiations solaires (Albert Nodon)................................267
- Eruption boueuse de Kantzorik (Asie Mineure).... 290
- Eruption de pétrole................................578
- Les roches à formes animées (Dr A. Sarazin)........585
- Les diamants à l’Exposition de 1889................ 426
- L’origine du pétrole...............................426
- Etude sur les dépôts gypseux....................... 16
- Enrichissement de la craie phosphatée.............. 31
- Les inondations en Amérique........................ 46
- Le cyclone de la Floride........................... 46
- Organismes problématiques.......................... 65
- Volcans et tremblements de terre................... 63
- Pluie de feuilles.................................. 94
- L’homme fossile en Seine-et-Marne.................. 95
- La durée des éclairs............................... 95
- Géologie des environs d’Etampes....................111
- Tremblement de terre du 26 mai 1889 aux îles Philippines.............................................142
- Carte géologique d’Italie.............................143
- Une nouvelle météorite.............................159
- Physique du globe. . ............................... 175
- Coup de foudre sur la Tour Eiffel.....................222
- Paratonnerres de la Tour Eiffel.......................224
- Eboulement d'une montagne..........................271
- Tornado en France..................................271
- La météorologie au dix-septième siècle................286
- Espèce nouvelle de spongeliomorpha....................503
- La géologie du Jura...................................303
- Les roches de Commentry...............................304
- Metamorphism of rocks.................................335
- L’atmosphère souterraine..............................367
- Magnétisme terrestre et tremblements de terre. . . 368
- Etoiles filantes et pierres tombées du ciel...........368
- Géologie lorraine.....................................584
- Les météorites mexicaines.............................399
- Tremblement de terre du 26 octobre 1889.............. 450
- Sciences naturelles. — Zoologie. — Botanique.
- Paléontologie.
- La destruction des hirondelles (G. T.)................ 12
- Châtaignier colossal de Pile de Madère (Cu. Joly). ... 27
- Requins dans l’Adriatique (H. B.)..................... 58
- 553
- 566
- 369
- 386
- 394
- 400
- 401
- 409
- 427
- 15
- 46
- 62
- 63
- 65
- 79
- 110
- 127
- 142
- 143
- 158
- 159
- 175
- 207
- 207
- 271
- 271
- 287
- 287
- 503
- 567
- 383
- 398
- 76
- 103
- 103
- 130
- 147
- 179
- 263
- 266
- 282
- 407
- 402
- 402
- 30
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- TABLE DES MATIÈRES.
- 441
- La larve de la salamandre tachetée (F. Mocqüard). . . 77
- Bactéridies phosphorescentes............................ 87
- La disparition des éléphants (Julien Petit).............119
- Sur les partitions anormales des frondes de fougères
- (A. Guébhard)....................................... 122
- Chasse de l’élan en Scandinavie..........'...........138
- De quoi se nourrissent les cétacés (A. Menegaux). . . 155
- Un arbre extraordinaire à (Paris. L’orme colossal de l’Institution nationale des sourds-muets (Gaston Tis-
- sandier).......................... . f . . . 211
- Le jardin japonais à l’Exposition universelle de 1889
- (J. Dybowski)........................................251
- Nouvel acarien parasite des oiseaux. Le Chirodiscus amplexans (Dr E. Trouessart et G. Neumann). . . . 253
- Uu cierge géant à Antibes (Alpes-Maritimes).............209
- Le venin de la vipère.................................. 282
- Nouvelles galeries de zoologie du Muséum d’histoire
- naturelle de Paris (Gaston Tissandieii)..............511
- La fabrication des fourrures (P. B.)....................402
- Le parfum des roses. Les roses odorantes et leur culture
- industrielle (Dr R. Blondel).........................404
- Maladie du peuplier..................................... 15
- La destruction des mousses par le sulfate de fer. . 02
- Le doyen des perroquets................................ 03
- Le dinoceras ........................................... 79
- Mollusques hyperboréens . ............................ 80
- Le cracotement des bois.........................94, 120
- Les feuilles de Lépidodendron........................... 95
- Les bois des Landes.....................................126
- La question de l'anguille...............................159
- La grotte des deux Goules...............................207
- Inclusion d’un insecte dans du papier...................223
- Longévité des tortues...................................223
- Laboratoire zoologiquc..................................224
- Culture de la réglisse aux Etats-Unis...................239
- Aménagements d’insectes au Muséum.......................240
- Rosier gigantesque......................................255
- Une nouvelle plante textile.............................286
- Anguilles dans le Danube................................287
- Saumons en Allemagne....................................303
- Les alouettes de la Tour Eiffel.........................567
- Longévité des éléphants.................................382
- Le Muséum de Philadelphie. .............................584
- La longévité des oiseaux................................598
- Histologie des poissons.................................599
- Géographie. — Voyages d’exploration.
- Le sable musical. Une nouvelle montagne de la cloche
- ^ (II. Carrington Bolton)............................ Il
- L’expédition américaine à la haie de Lady Frar.klin (Tu.
- Moureaux). ...................................18, 59
- Les voyages des frères Zeni (A. de Saporta).......... 55
- Le globe terrestre au millionième de MM. Villard et
- Cotard (Gaston Tissandier)........................ 39
- Voyage à cheval de Lourny (Russie) à Paris. , . 111, 197
- Les îles françaises dans le Pacilique (M. G.)........257
- Excursion dans le haut Aragon et dans la Catalogne
- (Albert Tissandier)..................................279
- Le chalet de la Pra, à 2145 mètres d’altitude (G. T.) . 319
- La conquête du pôle Nord (Jacques Léotard) ..........558
- Carte de T Atlantique................................... 15
- L’Inde britannique. .................................... 95
- Progrès de la cartographie russe. ....... 128
- Canal de la mer du Nord à la mer Baltique. ... 158
- Les avens de la région des Gausses. . ...............355
- Lès voyages extraordinaires à l'Exposition..............567
- Anthropologie.. — Ethnographie. — Sciences préhistoriques.
- Les sciences anthropologiques à l’Exposition universelle
- de 1889 (marquis de Nadaillac) . ..................... 7
- L’histoire de Fhabitation à l’Exposition universelle (G. A.
- Renel). ............................................. 22
- La rue du Caire à l’Exposition universelle (G. Tissandier) .................................................... 64
- Les danseuses javanaises (Prince Roland Bonaparte). . 69
- Les Peaux-Rouges et les Américains de frontière à Paris
- (Gaston Tissandier)..................................... 87
- Les Angolais à Paris (Achille Darnis)......................131
- L’Annam et le Tonkin à l’Exposition universelle de 1889
- (II. de Varignï)........................................161
- L’Empire du Japon à l’Exposition universelle de 1889
- (Max de Nansoutï).......................................177
- Les faïences patriotiques (Gaston Tissandier)..............189
- Le palais de la Cochinchinc à l’Exposition universelle de
- 1889 (II. de Varignï)...................................213
- Les Accréens, à Paris......................................221
- Les banquets grecs.........................................231
- Une-cérémonie bouddhique à Paris...........................251
- Le palais des Colonies à l’Exposition universelle de 1889
- (Henri de Varignï)............................ 277, 347
- Anciens costumes populaires français au palais du Tro-
- cadéro, à Paris (Fernand Lasdrin).......................295
- L’anthropologie à l’Exposition universelle de 1889 (ÜrP.
- Topinard)...............................................327
- Le palais Algérien à l’Exposition universelle de 1889
- (H. de Varignï).........................................579
- Le musée Guimet (V. Dagnan)................................432
- I.c préhistorique en Europe................................145
- Anthropologie..............................................191
- Mécanique. — Art de l’ingénieur. — Travaux publics. — Arts industriels.
- Balance apériodique (P. Curie)............... .• • • 13
- Les assemblages paradoxaux (A. R.).................. . . 16
- Les ponts roulants électriques du Palais des Machines à
- l’Exposition universelle (Max de Nansoutï)........... 56
- Origine des tramways et de la brouette (G. T ). . . . 163
- La Tour Eiffel (Gaston Tissandier)........... 71, 167, 292
- Hélices en bronza de manganèse............................ 74
- Le premier bateau à vapeur sur la Seine, à Paris. . . 80
- Nouvelle jetée à Trouville (Dr Le Roy d’Etiolles). . . 81
- Le pavillon de la République mexicaine à l’Exposition
- universelle de 1889 (Max de Nansoutï)................ 83
- Montre mystérieuse à cadran transparent (H. de Parville). 95 Les locomotives françaises à grande vitesse (C. G.). . . 106
- Le transport de la statue « la Liberté éclairant le
- monde » (G. Maresciial)................................111
- Le chemin de fer Decauvillc à l’Exposition universelle
- de 1889 (Max de Nansoutï). . ........................113
- Les canaux en Russie (Daniel Bellet)....................115
- Oiseaux mécaniques (G. T.)................................128
- Les moyens de transport au palais des Arts libéraux à l’Exposition universelle de 1889 (Gaston Tissandier). . 134
- Un puils artésien à l’Esplanade des Invalides, à Parjs, . 145
- Compteurs pour voilures de place..........................147
- Machines à fabriquer automatiquement les sacs eu papier. 149 Le chemin de fer glissant à l’Esplanade des Invalides. 150
- Les canaux de l’Empire d’Allemagne........................151
- Origine des tramways et de la brouette (G. T.). . . . 163
- Générateurs à vaporisation instantanée de M. Serpollet
- (X..., ingénieur)......................................173
- Inllucnce de la température sur les propriétés mécaniques des métaux...........................................174
- Plan incliné pour les bagages à la gare Saint-Lazare, à
- Paris (G. Maresciial)..................................181
- Les grandes inventions mécaniques d’origine française. 187
- Mines et mineurs au Japon...............................198
- Trains de déblais déversant par mouvement pneumatique
- (G. Riciiou).......................................... 205
- Le chemin de fer de Saint-Georges de Gommiers à
- La Mure dans l’Isère (X., ingénieur)...................227
- Le chemin de fer glissant à l’Esplanade des Invalides
- (X..., ingénieur)......................................273
- Congrès international de mécanique appliquée..............286
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-
-
-
- 442
- TABLE DES MATIÈRES.
- Fabrication^ du papier au Japon.........................291
- Le panorama du pétrole à l’Exposition universelle de
- 1889 (Max de Nansouty)...............................30o
- Le pavillon des travaux publics à l’Exposition universelle
- de 1889........................................... 307
- Le viaduc du Viaur dans le Tarn (X ...ingénieur). . . 309
- Les moteurs thermiques..........................314, 302
- Treuil spiral à puissance constante et à pression variable 515
- Les chemins de 1er du Japon (Daniel Bellet)............323
- Les cabestans électriques de la compagnie du nord à l’Exposition universelle de 1889 (Max de Nansouty). . . 325
- L’histoire des chemins de fer à l’Exposition universelle
- - de 1889 (L. B.). . . .........................337
- Le pont sur la Manche...................................340
- L'exploitation des forêts aux États-Unis................343
- Utilisation des combustibles pauvres. Foyers à combustion méthodique de M. A Godillot (X..., ingénieur). . . . 349
- Exposition universelle de 1889.Force motrice([\u'LGAiiÉRY). 354
- Utilisation de la force des vagues. . ..............557
- Machine à cigarettes.'..................................364
- Les trains de voyageurs en 1840 et en 1889 (A. Laplai-
- r che).................................................571
- Monte-escalier de M. J-A. Amiot (X..., ingénieur). . . . 573
- L’oufil-pneumatique de Mae-Coy..........................375
- Locomotives compound desservant la voie Dccauville à
- l’Exposition universelle de 1889 (L. B.).............399
- Indicateur de vitesse absolue...........................394
- Petite machine à écrire La Miniature (G. Maresciial). 408
- Le pont de Forth (X..., ingénieur)................. 417
- Un nouveau tricycle aquatique........................... 15
- Le premier chemin de fer construit en Russie. . . 46
- Le chemin de fer interocéanique mexicain................ 63
- Les chantiers de constructions maritimes de la Grande-Bretagne.......................................127
- Lit pour malade.........................................158
- La consommation de vapeur des moteurs à grande
- vitesse. ........................................... 158
- Un bac pour chemin de fer au Canada.....................174
- Exploitations houillères sous la mer....................175
- Construction d’un port à l’embouchure du Weser. . 175
- Fumivorité des foyers................................. 190
- Le volume d’eau débité par les chutes du Niagara. . 287
- Le vol sans coups d’ailes...............................519
- Le plus grand tramway du monde..........................382
- Un pont sous-marin sous le Sund.........................382
- Le développement du réseau ferré aux Etats-Unis. . 385
- Crayons en papier. . ...................................383
- Physiologie. — Médecine. — Hygiène.
- L’institut Pasteur....................... 126, 422, 65
- La psychologie expérimentale............................154
- Un nouveau cyrlomètre (Dr A. Cartaz)....................578
- Sur la goutte........................................... 46
- Le service du prompt secours............................ 46
- Le poison pulmonaire................................. . 79
- Mensurations ostéologiques..............................111
- Le microbe de la phtisie................................142
- La caravane hydrologique de 1888....................... 159
- Emploi de l'ammoniaque comme antiseptique. . . . 190
- Physiologie.............................................191
- Microbes et tumeurs.................................... 223
- Puissance digestive comparée de l’une, du cheval et
- du mulet.................................. . . .
- Microbe de la pleuro-pneumonie....................
- Vitalité de la trichine...........................
- Le Bacillus anthracis. ...........................
- Les mouvements de la trachée-artère...............
- Propriétés des nerfs. . . ........................
- Transformisme en microbiologie pathogène. . . . .
- Restauration des paupières........................
- Microbiologie.....................................
- Activité comparée des digitalines.................
- Sur la chaleur animale.............................
- Agriculture.— Acclimatation.— Pisciculture.
- L’établissement national de pisciculture de Bouzey, près
- Épinal (X..., ingénieur)............................ 5
- La mise en culture de l’ouest des États-Unis (D. B.). . 11
- Les prunes de France (D. B.)........................ 74
- Acclimatation du saumon de Californie dans le bassin de
- la Seine (Jousset de Bellesme)..................... 97
- Assimilation de l’azote par les légumineuses (E. Bréal). 171 Le Jardin japonais à l'Exposition universelle de 1889
- (J. Dybowski)......................................231
- Calendrier des moissons dans le monde entier..........266
- Le pavillon des forêls à l'Exposition universelle de 1889
- (Max de Nansouty)..................................289
- La pêche du homard à Terre-Neuve......................374
- Un parasite du maïs. ................................. 15
- La Meurthe empoisonnée et l'usine Solvay.............. 79
- Les oranges en Australie..............................127
- Travaux agronomiques de l’École de Grignon. ... 127
- Action de l’alcool sur les carpes.....................174
- Azote des terres arables..............................175
- Citronniers et orangers en Amérique.............\ . 191
- Absorption de l’azote par la terre végétale. 207,223, 255 Rapports de l'analyse chimique des plantes et de
- leur régime........................................239
- L'avoine nouvelle aux chevaux.........................270
- Expériences sur des bœufs de trait....................318
- Les huîtres d’Arcachon................................551
- Physique végétale. ...................................551
- Rôle agronomique de l’ammoniaque......................551
- Les vins australiens..................................367
- Fixation de l’azote par les légumineuses..............568
- Progrès de la cartographie agronomique................399
- Epuisement des terres par la culture sans engrais. 431
- Art militaire. — Marine.
- Le panorama de la Compagnie transatlantique à l’Exposition universelle (Félix Hément)....................... 33
- Les paquebots de Calais (W. de Fonvielle)............ 48
- La vélocipédie militaire en France (A. B.)........... 54
- Un nouveau dock flottant au port de Hambourg (D. Bel-'
- let)................................................134
- La fabrication des fusils en France (A. R.)..........206
- Les ponts mobilisables militaires (Daniel Bellet). . . . 209
- L’exposition militaire à l’Esplanade des Invalides (G. Bé-
- tiiüys).............................................241
- Les blindages pour cuirassement des navires (L. B ).. . 418
- Statistique des blessures de guerre (A. R.)............ 14
- Un remorquage de 6500 kilomètres....................... 62
- L’éclairage des côtes de la République argentine . . 175
- Un torpilleur chauffé au pétrole..................... 270
- Le pouvoir perforant du fusil Lebel....................270
- Les pigeons voyageurs en Allemagne.....................318
- Marche, en pays de montagne, d'une laiterie d’artillerie..............................................350
- Fabrication des armes à Liège..........................450
- Aéronautique.
- La navigation aérienne, à propos d’un aérostat dirigeable perdu en mer aux États-Unis (Gaston Tissan-
- dier)...................................................193
- Les ballons captifs à Paris, en 1889 (Gaston Tissandier). 243 Le voyage en ballon I . Gambetta et le monument d’Épi-neuse (G. T.) . .'........................................... 565
- Notices nécrologiques. — Histoire de la science.
- Gaston Planté (Gaston Tissandier)............... 3
- Halphen (D. F.). . . . ................................. 14
- La statue de Le Verrier, à l’Observatoire de Paris (Gas-
- 238
- 256
- 303
- 319
- 319
- 319
- 535
- 335
- 384
- 599
- 431
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-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 443
- TON Ti8SANDTEb) . .......................................225
- Edmond Fuchs................................................255
- Le général Faidherbe (Gaston Tissandieh).................321
- J. 1*. Joule (E. H.)........................................353
- La slntue de J.-B. Dumas (Gaston Tissandieb). . . 356, 377
- Ricord (Philippe)......................................... 566
- E Muller (Max de Nansocty)..................................414
- Le Dr Quesneville (Gaston Tissandieb)...................414
- Sociétés savantes. — Congrès et associations scientifiques. — Expositions.
- Académie des sciences. (Comptes rendus des séances hebdomadaires) (Stanislas Meunier), 15, 30, 46, 65,
- 79, 94, 111, 127, 142, 159, 175, 191, 207, 223 239,
- 255, 270, 287,303,318,335,351,367,384,399,415, 431 Exposition universelle de 1889, 1, 7, 14, 17, 22, 35,
- 39, 56. 64, 69, 71, 83, 99, 103, 113, 134, 143,161.
- 167, 173, 177, 199, 213, 231, 240, 241, 289, 292,
- 305, 307, 325, 527, 354, 379, 391, 410............. 423
- Association française pour l’avancement des sciences.
- Session de Paris 1889............................... 190
- Le Congrès international des électriciens de 1889 . . . 246
- Congrès international de mécanique appliquée...........286
- La foire de Nijni-Novgorod (Daniel Bellet)............310
- L’exposition du Brésil au Champ de Mars à Paris. . . 342
- La longue paume et le Congrès des exercices physiques
- (Daniel Bellet).................................. 559
- Élection à VAcadémie des sciences..................... 15
- Conférence « Scientia ». ............................ 79
- La Société d’histoire naturelle d’Autun............... 95
- Variétés. — Généralités. — Statistique.
- Récréations scientifiques. — Nouveaux jeux d’équilibre.
- Les trois glaces. Expériences sur l’inertie. La grenouille japonaise, en papier. La question du Matin.
- Statue à double image. 31, 191, 224, 288, 352, 416
- L’incendie d’un tunnel..................................... 35
- Correspondances postales d’un paquebot.................. 43
- La typographie musicale (G. Tausend).................... 67
- Statistique des journaux. . .............................. 91
- La production d’alcool en France (Daniel Bellet). .103 La science au théâtre. — La machination et le vaisseau du ballet la Tempêtes l’Opéra de Paris. — La Mouche d or (G. Mahesciial) .................................417, 421
- Jouets scientifiques. — La toupie hydraulique, le nègre
- Le lion dressé de l’hippodrome de Paris..............176
- Un nouveau penny-box automatique. ........ 188
- Le pousse-pousse à Pondichéry (J. Philaiiie).........203
- La production minérale et métallurgique de l’Italie. . . 211 Le jeu des petits chevaux dans les casinos de bains de mer. 222
- Les journaux aux États-Unis............................ 243
- Les courses de taureaux et les courses landaises (Daniel
- Bellet)..............................................247
- Le tapis de sable............................. 256
- Nouveaux jeux scientifiques de M. Édouard Lucas
- (Édouard Lucas)...................................301
- Le mouvement commercial du port de Londres. . . . 522
- La production du vin de Champagne.......................336
- Fréquence des principales maladies à Paris (F. IIéhent). 346 Physique sans appareils. Expérience sur l’inertie . . . 568
- La science pratique. Manière de courber les tubes de
- verre. Les verrous de sûreté................ 384, 413
- L’accroissement du commerce dans les principaux ports
- du monde (Daniel Bellet)..........................391
- Le café des Oiseaux à Bar-lc-Duc (A. Bebgeret). . . . 597
- Petite machine à écrire La Miniature (G. Mabeschal). 408
- Une course à travers l'Atlantique.................... 14
- Les dates d’ouverture des Expositions universelles . 50
- L’industrie française en Belgique....................... 62
- La production du sucre en Europe........................ 94
- Le matériel des chemins de fer français..............110
- Le gaz à l’Exposition universelle de 1889 .... 111
- L’Institut Pasteur et les Anglais.......................126
- Les postes des principaux pays..........................191
- Le banquet des maires de France à Paris. ; . . . 206
- Production et consommation de la bière en Allemagne............................................... . 206
- La circulation à Paris............................ . . 223
- Consommation des traverses en bois aux États-Unis. 223 flavire entraîné par une baleine. ......... 238
- Production de la glace............................. . . 255
- La distribution des récompenses de l’Exposition universelle de 1889..................................... 503
- Le gagnant du gros lot de 500 000 francs des Bons de
- l Exposition universelle.............................383
- Les livraisons de la LA NATUBE et les années bissextiles............................................ . 450
- Saisie d’une ligne de tramways..........................430
- FIN DES TABLES
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- ERRATA-
- Au lieu ite : géologique.
- Il faut : zoologique.
- Au lieu de : 85° 55 .
- Il faut : 83° 35'.
- Au lieu de : 990Ù0 kilomètres carres.
- Il faut : 399 000 kilomètres carrés.
- Au lieu de : paraissait.
- Il faut .'passait.
- en
- en
- •Au lieu de : des oscillations.
- Il faut : les oscillations.
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- Au lieu de : retard.
- Il faut : rebord, n
- Au lieu de: la livre d’huile.
- Il faut : la livre de charbon.
- en
- Au lieu de : la livre de charbon. Il faut : la livre d’huile.
- Page 356, col. remontant.
- 1, ligne 13, en 1, ligne 5, en Page 336, col. 2, ligne 1.
- Au lieu de: 574 558 hectolitres. Il faut : 903 219 hectolitres.
- Page 336, col remontant.
- Page 558, col. Page 358, col. Page 558, col. Page 358, col.
- 1, ligne 42.
- 2, ligne 7. 2, ligne 21. 2, ligne 59.
- Page 388, col. 2, ligne 4.
- Au lieu de : 203 219.
- Il faut : 374 558.
- Au lieu de : 19 545750 hectolitres.
- Il faut : 19548750 hectolitres. Au lieu de : Hayer.
- Il faut : llayes. ,
- Au lieu de : 1822. î
- Il faut : 1882.
- .lu lieu de : 85° parallèle.
- U faut : 75e parallèle. ’
- Au lieu de : l égions.
- Il faut : régions polaires boréales.
- Au lieu de : 1879-t ;
- Il faut : 1819. .
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- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- p.444 - vue 448/572
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-
- 679‘ BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- d’après les observations de m. renou (parc de saint-maor, altitude : 49 m. 30)
- Mai 1889. — Semaine du lundi 20 an dimanche 26 Mai.
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- Baromètre
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de RI. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE î D. Q. LE 21, A 10 H. 3 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après le bulletin international du bureau CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 mai Mardi 21 Mercredi 22 Jeudi 25 Vendredi 24 Samedi 25 . Dimanche 26. 9”,3 11*,4 14*,7 15*,5 _ 17°,7 17*,7 1S*,7 N. W. 1 N. 2 N. N. W. 2 S. 0 S. S. E. 2 S. 1 N. 2. Couvert. Couvert. Couvert. Couvert. Beau. P. Couvert. Beau. 0,0 5,1 0,0 0,2 0,0 3,7 0,0 . Presque couv. orage de 16 à 18 h. avec pluie. Tr. nuag. Eclairs très éloignés au N. E., à 23-24 h. » Orage du S. E. au N. E., de 21 à 24 h. Nuageux; pluie de min., 28 à 45, orage de N. W. au N. E., de 14 à 16 h. Beau le m. peu nuag. les., averse à 22 h. 15, pluie après 23 h. 10. Nuageux; pluie jusq. 2 h., orage à l’W.-W. N. W. de 19 à 21 h. Nuageux; orage de 13à 15 h. pluie torrentielle de 14 h. à 14 h. 30.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orage h Grenoble. — Nous avons déjà signalé précédemment l’éboule-ment de rochers; voici encore un autre accident. A la suite d’un violent orage qui a éclaté le 23 mai au soir à Grenoble, plus de 2000 mètres cubes de rochers se sont éboulés sur la route nationale de Grenoble à Villard-de-Lans, au lieu dit les Portes-d’Engins, bien connu des touristes qui partent de Grenoble pour visiter les gorges de la Bourne et les Goulets. Plusieurs blocs ont une hauteur de 10 mètres. La route est coupée sur une longueur de 60 mètres.
- La circulation ne pourra être rétablie avant quelques jours. Le transbordement des voyageurs et des bagages s’opère avec de grandes difficultés.
- line pluie de boue d Niice. — M. E. André, à Paris, nous informe que. dans les premiers jours du mois de mai, il est tombé à Nice une pluie de boue. Les feuilles des arbres et des plantes ont été couvertes d’un enduit boueux. et
- rouge. Le phénomène n’est pas très rare ; nous avons déjà signalé à plusieurs reprises des pluies analogues.
- Un tremblement de terre à Oran. — Une violente secousse de tremblement de terre a été ressentie le 21 mai à 4 h. 20 du matin à Oran et dans tous les environs. Elle a duré plusieurs secondes; une autre secousse qui a été ressentie quelques instants après a été bien moins forte. D’après les indications relevées sur le sismographe de la Direction d’artillerie, la direction du mouvement a été du sud-est au nord-ouest. L’émoi a été grand partout. Un certain nombre d’habitants, réveillés en sursaut, se sont sauvés de chez eux, à moitié vêtus. Il y a eu cependant peu de dégâts. Dans les bâtiments de la Douane, un mur a été lézardé sur une longueur de 20 mètres environ. On signale également, dans plusieurs quartiers de la Ville, quelques maisons lézardées, des corniches fendues et des cheminées renversées.
- Lacroix, lieutenant, à Oran,
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- TEMPÉRATURE
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- G. MASSON, ÉDITEUR, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
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- OUVRAGES NOUVEAUX
- La librairie G. Masson a mis en vente pendant le mois de mai :
- Géographie économique de l’Europe, par Marcel Dubois, maître de conférences à la Faculté des lettres de Paris. 1 vol. in-8°, cartonné toile................................................ fr. 50
- Traité d’arithmétique commerciale, par A. Brasilier, ancien élève de l’Ecole polytechnique, professeur à l’Ecole supérieure de commerce et à l’Ecole des hautes études commerciales. 1 vol. in-8° avec figures dans le texte. .............................5 fr.
- nouvelles machines à courants alternatifs Zipernowski-Déri, par J. Laffargue. — Correspondance anglaise : Eclairage électrique. Le quartz comme isolateur, par J.-A. Berly. — Académie des sciences. — Nécrologie. — Faits divers. , ;
- Numéro du 11 mui : L’électricité à l’Exposition universelle de 1889, par E. H. — Emploi du condensateur pour les transmissions télégraphiques rapides par C. Jacquin. — Emploi de la méthode graphique dans le calcul des canalisations, par J. Laffargue. — Correspondance anglaise : Traction électrique. L’éclairage électrique et le Board of Trade. Oléo-électricité. Eclairage électrique. Divers, par J.-A. Berly. — Académie des sciences. — Bibliographie. — Faits divers.
- Numéro du 18 mai : L’électricité à l’Exposition universelle de 1889, par E. H. — L’éclairage électrique du Palais de l’Elysée, par J. Laffargue. — Correspondance anglaise : Accumulateurs. Electricité médicale. Téléphonie. Divers, par J.-A. Berly. — Académie des sciences. — Correspondance. — Faits divers.
- Essai sur l’organisation et l’administration des entreprises agricoles, ou traité d’économie [rurale, par J. Piret, ancien professeur d’économie rurale. 1 vol. in-4°........................15 fr.
- Précis de microh ie médicale et' vétérinaire, par MM. Thoinot, ancien interne des hôpitaux, et Masselin, médecin-vétérinaire. 1 vol. in-18 diamant, avec 75 figures, dont 20 en couleur intercalées dans le texte. . ......................................... • 6 fr»
- Un précis avait sa place marquée parmi les nombreux ouvrages traitant des microbes et des maladies microbiennes; il fallait un guide élémentaire, un manuel de laboratoire initiant l’élève aux pratiques de la microbie, à sa technique et à ses applications à l’étude de ces maladies : on saura gré aux auteurs d’avoir comblé cette lacune en publiant ce petit livre essentiellement français, inspiré des doctrines de M. Pasteur et des traditions du laboratoire de l’École normale. De plus, le Précis de microbie est presque un livre de luxe, où les figures en couleur ont pour la première fois, dans un volume de ce prix et de ce format, une large part.
- La Tour Eiffel de 500 mètres. Description du monument, sa construction, ses organes mécaniques, son but et son utilité, par Gaston Tissandier, rédacteur en chef du journal La Nature. Brochure in-8°, avec 32 gravures dans le texte, précédée d’une lettre autographe et d’un portrait de M. Eiffel.....................1 fr.
- PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- SOMMAIRES
- Bulletin de la Société chimique de Paris, paraissant le 5 et le 20 de
- chaque mois.
- Numéro du 5 mai : Extrait des procès-verbaux des séances. — Action du sodium sur le cyanure d’éthyle, par M. Hanriot et L. Bouveault. — Sur la résistance à la lumière des matières colorantes fixées aux tissus, par J. Joffre. — Note sur le système d’avertisseur d’asphyxie par l’oxyde de carbone, par Bacine. — Sur la transformation du nitrocamphre en nitrosocamphre, par P. Cazeneuve. — Sur la cristallisation de l’acide iodique anhydre, par II. Les-. cœur. — Analyse des travaux de chimie.
- Annales de chimie et de physique, paraissant tous les mois (numéro de mai). — Note sur la vitesse d’attaque du marbre et du spath d’Islande par quelques acides, par M. G. Cesaro. — Relation entre la vitesse d’attaque du spath par les acides et l’élasticité optique estimée suivant la direction normale au plan d’attaque, par M. G. Ccaro. — Nouvelle méthode pour la mesure de la conductibilité électrique des sels fondus par MM. E. Bouty et L. Poincaré.— Energie et vision,par M. S. P.. Lan-gley. — Sur l’acide carbonylferrocyanhydrique et quelques carbonyl-ferrocyanures, par M. J. A. Muller. — Sur la séparation du cobalt et du nickel, par la méthode des nitrites, par M. H. Baubigny. — Sur deux principes cristallisés extraits du bois de santal rouge, l’homoptéro-carpine et la ptérocarpine, par MM. P. Cazeneuve et L. Ilugounenq.
- L’Électricien, paraissant tous les samedis.
- Numéro du 4 mai : Effets des radiations lumineuses sur l’aimantation du fer, par E. IL — Le réglage des courants alternatifs dans les distributions par transformateurs, par G. B. — Les lampes Bernstein, par J. Laffargue. — Les
- Revue 'd’hygiène et de police sanitaire, paraissant le 20 de chaque mois (numéro du 20 mai). — Les poêles mobiles et à combustion lente, par M. le D1 E. Vallin. — Les nouvelles distributions d’eau de Roubaix, de Tourcoing et de Dunkerque, par le Dr J. Arnould. — Note sur le pavillon d’hôpital temporaire de l’Union des femmes de France, par S. Périssé. — De l’influence de l’alimentation des jeunes enfants sur leur mortalité à Berlin, par le Dr J. Bertillon. — Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle (Séance du 24 avril 1889). — Bibliographie. — Revue des journaux. — Variétés.
- Revue d'anthropologie, paraissant tous les deux mois (numéro du 15 mai). — Etude sur les ossements humains trouvés par M. Piette dans la grotte Murée de Gourdan, par le Dr E. T. Hamy. —L’or gaulois, par Emile Cartailhac. — Documents sur la couleur des yeux et des cheveux en Norvège, recueillis par les D" Arbo et Faye : Mise en œuvre et résultats, par M. Topinard. — La Kashgarie et les passes du Tian-chan (suite), par le Dr Nicolas Seeland. — Note sur l’indice céphalique de la population provençale, par le Dr A. Fallot. — Hallstatt en Autriche, sa nécropole et sa civilisation, par le Dr Maurice Hoernes.
- — L’anthropométrie aux Etats-Unis, par M. Topinard. — Revue française. — Revues étrangères. — Correspondance. — Exposition des sciences anthropologiques. — Actualités. — Bibliographie.
- Journal de l'agriculture, paraissant tous les samedis. Chaque numéro contient la Chronique agricole de la semaine, le compte rendu de la séance de la Société d’agriculture, celui du marché aux bestiaux de la Villette et la Boîte aux lettres.
- Numéro du 4 mai : Chronique agricole, par H. Saguier. — Dommages causés par le hanneton et sa larve ; mesures pour le détruire, par Reiset. — Conférence sur l’emploi des engrais, II, par H. Sagnier. — Expériences sur le traitement de la maladie des pommes de terre, par Lambert. — Une notice sur la race limousine, par II. Sagnier. — Les invasions de sauterelles en Algérie, par Narcisse Faucon. — Un Snsecte à détruire dans les vignes, par Florent. — La question des salaires dans l’agriculture, par Benouard. — Deux maïs remarquables, par Galand. — Sur la destruction des hannetons à Gorron par Brocchi.
- Numéro du 11 mai : Banquet des constructeurs agricoles, par Henry Sagnier,
- — Météorologie du mois d’avril 1889, par Renou. — Etude sur la richesse en glutçn du blé, par Gatellier et L’Hôte. — Concours de pulvérisateurs à Avignon et assemblée générale des sériciculteurs de France, par Zacharewicz.
- — L’agriculture française à l’Exposition universelle, par Gaudot. — Les propos de Jean Labiche, III. — L’horticulture à l’Exposition universelle, par de Pradel.
- — Pulvérisateur pour le traitement des Vigûes, par de Sardriac. — Courrier du Nord-Est, par Bronswick. — Situation agricole dans le Midi, par Coste-Floret. — Situation agricole dans la Nièvre, par Salomon.
- Numéro du 18 mai : Nouvelles des cultures et des travaux agricoles, par Pagnoul et Bronswick. — Exposition universelle. Concours temporaire de beurres et fromages, par H. S. — Aide de l’Etat à l’élevage de la race durham en France, par de la Tréhonnais. — L’enseignement agricole, par François Bernard. — Emploi du sulfate de cuivre contre le mildew et l’anthracnose, par Ducom. — Plantes fourragères : les agrostides, par Yarneville. — La comptabilité agricole dans la moyenne et la petite culture, par Wagner. — Le silplie des betteraves, par Florent. — La pisciculture dans l’Eure, par Chabot-Karlen. — L’importation des viandes fraîches à Paris, par Henry Sagnier. — Situation agricole en Lorraine, par Prével.
- Numéro du 25 mai : Utilisation agricole des haunetons, par Quantin. — L’assurance contre la grêle en Bavière, par Paul Muller. — Sur les traitements contre le mildew, par Coste-Floret. — L’horticulture à l’Exposition universelle, par Dyhowski. — Le soja, par de Duhor. — Un nouvel habitat de la truite, par Prevel. — La Meurthe empoisonnée, par Bronswick,
- Annales agronomiques, paraissant le 25 de chaque mois (numéro du 25 mai). — Sur la valeur marchande des blés à épis carrés, par M. Dc-dier. — L’acide phosphorique et l’agriculture algérienne, par M. La-dureau- — La valeur agricole du sulfate d’ammoniaque, par M. Wa-rington.
- * Imprimerie A. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris.
- p.2 - vue 450/572
-
-
-
- «
- ' N° 855 de \
- LA NATURE/
- Supplément au numéro S35 de LA NATURE du 1er juin 1889
- 527” BOITE AUX LETTRES
- (
- SAMEDI \
- Ie' juin 1889 /
- \ei lettres et communications relatives à la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à M* Gaston T1SSANDIER
- 19, avenue de l'Opéra, à Paris.)
- fOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Un abonné, à Paris. — II n’y a aucune erreur à rectifier dans totre précédent article, au sujet du pouvoir lumineux du phare (e la Tour Eiffel. Pour mesurer l’intensité de la lumière du Soleil, m compare l’éclairement qu’elle produit sur une surface donnée écran au photomètre) à celui que produit la lampe earcel-unité lacée à 1 mètre de l’écran. On trouve ainsi que l’œil indique égalité d’éclairement lorsque l’intensité de la source artificielle st de 6000 unités (six mille). Il est bien évident que l’unité hoisie ( l carcel placé à 1 mètre) est arbitraire et que la lumière u Soleil est simplement mesurée pour un observateur placé sur la erre. En se rapprochant du Soleil, cette intensité croîtrait suivant t loi du carré des distances. Le chiffre de 8 000 000 de carcels jour le faisceau du projecteur se rapporte toujours à la même unité, il carcel-mètre, c’est-à-dire qu’en se plaçant à 1 mètre du projecteur, œil reçoit autant de lumière qu’il en recevrait de 8 000 000 (huit [millions) de becs Carcel placés à 1 mètre. En s’éloignant de l’appa-jreil, cette intensité diminue comme le carré de la distance (sans tenir compte de l’absorption). A 100 mètres, c’est à peu près l’intensité du Soleil; à 1000 mètres, c’est beaucoup plus faible, etc. Seulement, il est bien clair qu’en parlant d’intensité du Soleil, il ne s’agit pas de l’intensité vraie, réelle, ce serait celle d’un obser-nteur placé à 1 mètre de l’astre central de notre système, et nous |e savons en aucune façon ce qu’elle peut bien être. On peut en faire !) calcul en multipliant le chiffre de 6000 par le carré de la distance lu Soleil à la Terre, et en évaluant l’absorption atmosphérique.
- M. D., à Dunkerque. — Dans notre article sur Calais, on avait seulement indiqué les tonneaux de jauge; il y a eu erreur matérielle. — Pour Dunkerque, la progression a été faible pendant quelque temps et a paru à l’auteur un déclin relatif en raison de la progression considérable de certains ports étrangers. Mais vos observations sont en somme parfaitement justes.
- Un abonné, à Bruxelles, à propos de nos récents articles sur les moyens employés pour combattre les hannetons, nous informe qu’en Belgique il existe des sociétés spécialement organisées pour détruire ces animaux. Les membres de la Société ont un costume spécial, une fanfare, et s’en vont tous les dimanches, drapeau en tête, faire carnage de hannetons. Des récompenses sont accordées par les communes : on distribue aussi des médailles.
- M. E. T., à Paris. — Consultez le Dictionnaire de chimie de Wurtz ; vous trouverez quelques renseignements à cet égard.
- M. R. P., à Namur. — Ce fait est contraire à la loi fondamentale lu Lavoisier ; il ne peut s’expliquer que par l’absorption d’un produit étranger, l’eau, par exemple.
- Un amateur électricien, à Versailles. —Non; il faut des piles Daniell de grandes dimensions. Voyez la description de la pile IJ’Keenan dans le n° 745, du 27 août 1887.
- M. H. M., à Paris. — 1° Adressez-vous à l’auteur de l’article, 70, rue de Rivoli. — 2° Ces traits sont obtenus par une gravure à l’acide luorhydrique.
- M. If., à La Roche-sur-Yon. — 1° Voyez les traités spéciaux. — •2* Aucune raison.
- . M. Martin, à Saumuré — é^ous ne connaissons pas cette adresse.
- I M. A. Carré, à Saint-Etienne. — L’expérience que nous avons Récrite est bien antérieure.
- M. A. B., à Nîmes. — Il n’y a aucun inconvénient pour le fonctionnement.
- M. G. Hermite. — Ce système a déjà été proposé ; nous doutons ;fort qu’il donne des résultats satisfaisants.
- j M. J. Bruit, à Lyon. — Remerciements pour le petit envoi ; mais l’appareil est arrivé tout brisé, nous n’avons pu nous rendre compte de son fonctionnement.
- M. le DT F., à Cray. — Nous avons reçu votre brochure; nous la signalerons à l’occasion.
- j M. le marquis A. de G., à Palerme. — Il nous est impossible de conserver tous les manuscrits que nous recevons ; votre manuscrit n’ayant pas été conservé, nous ne pouvons l’envoyer à la destination jquè vous nous désignez; agréez tous nos regrets.
- M. X., à Neuilly. — Adressez-vous au constructeur désigné dans l’article.
- MM. O. Smith et G. Lévy, à Cardenas. — Cette indication n’est pas exacte; vous pouvez vous en rapporter à l’article publié.
- M. A. Tabassi, à Solmona. — Vous trouverez dans les annonces plusieurs adresses d’appareils photographiques.
- M. J. Colin, à Charleville. — Ce bicycle n’est pas construit industriellement.
- j M. A. Meyer, à Saint-Maurice-Lille. — 1° L’adresse demandée est
- 10, rue Saint-Honoré, à Versailles. — 2° Il faudrait essayer les diverses méthodes proposées. — 5° Remerciements.
- M. L. S., à Milan. — Inconvénients inévitables; on a essayé plusieurs procédés qui n’ont pas donné de bons résultats.
- M. Nélon. — Ces appareils sont construits par M. Alvergniat, rue de la Sorbonne, à Paris, ou par M. Fontaine, rue Monsieur-le-Prince, à Paris.
- M. Romei N., à Torino. — 1° Voyez la description que nous avons donnée du générateur Serpollet, dans le n° 794, du 18 août 1888. — 2° L’adresse de l’inventeur est 27, rue des Cloys, à-Paris.
- M. J. Surdun, à Montpellier. — Pour tout ce qui concerne les annonces, veuillez vous adresser à l'Office général de publicité, 9, rue de Fie unis, à Paris.
- M. B. de Rollière, au château de la Jonchère. — Il conviendrait d’effectuer des expériences pour connaître la valeur réelle de ce nouveau système de propulsion.
- M. J. Breton, à Courrières. — 1° Nous avons publié, dans le dernier numéro, une note de M. Lippmann à ce sujet. — 2° L’alun ordinaire.
- M. A. Durai, à Blois. — Ces bains ne sauraient être conservés longtemps sans s’altérer.
- M. F. Pégulu, à Arécibo. — Il existe plusieurs traités de ce genre à la librairie Hachette, 79, boulevard Saint-Germain, à Paris; nous ne pouvons vous donner d’autres renseignements.
- M. Chibout. — Vous pouvez nous envoyer les prix de revient de cette machine : ils nous intéresseront beaucoup.
- M. Moreaut, à Bédarieux. — Non; l’appareil n’est pas encore dans le commerce.
- M. Chaillot, à Meaux. — 1° M. Wiesnegg, rue Gav-Lussac, à Paris. — 2" Pas d’adresse spéciale; il existe partout des reproductions de la Tour Eiffel.
- M. J. Plassard, à Paris. —* 1° Traités sur les boissons à la librairie E. Lacroix, 112, boulevard de Vaugirard, à Paris. — 2° Manuel pratique d'équitation, résumé de la méthode de M. le comte d’Aure, méthode très estimée par les gens du métier. (Garnier, éditeur.)
- M. Colard, à Laval. — L’abat-jour à rosace tournante est construit par M. Défaucheux, 1, rue Muller, à Paris.
- M. le DT Bouteillier, à la Ferté-Fresnel; M. M. Pérez, à Mexico; M. E. Fergeau, à Paris. — Remerciements pour vos communications.
- M. R. L., à F. - Adressez-vous à la Société des reliefs géographiques, 54, rue de Seine, ou à MM. Erhard frères, éditeurs de cartes en relief, 55 bis, rue Denfert-Rochereau.
- M. G. Bourgeois, à Lille. — Il y a à la Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris, des traités spéciaux relatifs aux différentes cultures.
- M. Ch.. F, à Paris. — Nous ne saurions vous renseigner exactement; voyez à la librairie Michelet, quai des Augustins.
- M. H., à Paris. — La Compagnie continentale (7, rue Gavarni, à Passy) ne vend que de l’oxygène ; vous trouverez de l’hydrogène chez les marchands de produits chimiques.
- M. F. M., à Paris. — 1° Traité élémentaire d'électricité, par M. Joubert, à la librairie Masson. — 2° Pas de traité spécial ; voyez l’article sur la fabrication des lampes à incandescence publié dans le n° 628, du 15 juin 1885, de La Nature.
- M. Couture, à X. — Non ; vous ne pouvez agir ainsi, vous abîmeriez vos médailles; faites un moule en plâtre ou ciment très fin, laissez sécher et coulez l’alliage dedans.
- M. C. F., à Bayonne. — 1° Cette question n’a rien de scientifique ; nous ne pouvons y répondre. — 2° L’acide chlorhydrique est préférable; l’acide fluorhydrique attaque le verre.
- Un abonné. — L’intensité est maxima, quandTes bobines induites sont perpendiculaires aux pôles inducteurs; les théories nouvelles expliquent parfaitement ces phénomènes.
- M. H. F., à Troyes. — Nous ne connaissons pas ce mode de fabrication.
- M. C. Métivier, à Paris. — Il faut employer du caoutchouc de bonne qualité; il serait préférable de prendre des robinets à siphon déverseur, dans lequel se déposeraient les matières calcaires.
- *1 M. Alex. Ament, à Paris. — Vous trouverez une brochure sur les pigeons voyageurs par M. de Roo, à la Société d’acclimatation.
- M. C. M., à Bordeaux. —Nous avons dit précédemment que le bougeoir à pétrole n’était pas encore construit industriellement.
- M. J. Colette, à Saint-Sauveur. — La librairie E. Bernard, quai des Grands-Augustins, à Paris, édite plusieurs ouvrages d’hydrographie.
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- M. L, Bouchet, à Neuilly. — Le moyen de nettoyer les statuettes en plâtre ou en terre cuite est indiqué dans la Science pratique, p. 90. (G. Masson, éditeur.)
- . QUESTIONS
- N° 1278. — MM. Huguenin Thiebaut, à Ponts-Martel, demandent l’adresse du constructeur d’un appareil à tremper les pièces d’horlogerie en grande quantité dans un bain chaud à température constante, et se refroidissant automatiquement à mesure que la température de ce bain augmente par l’immersion de pièces rougies au feu.
- N° 1279. — Un bibliophile, à Gand, demande la composition d’un vernis ou enduit pour remettre à neuf le dos en cuir d’anciens livres.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Les anneaux de fumée. — L’expérience des anneaux de fumée, produits par la combustion de l’hydrogène phosphoré intéresse toujours un auditoire profane; aussi a-t-on cherché à produire ces anneaux d’une façon plus pratique et je crois avoir lu jadis dans votre estimable journal un moyen qui réussit fort bien. Il consiste à
- Jiroduire des vapeurs de chlorure d’ammonium, dans une boîte de èr-blanc, lesquelles vapeurs sont ensuite expulsées par un orifice circulaire. Mais quoique simple, ce moyen n’est pas à la portée de tout le monde, car il nécessite des tubes, de l’acide chlorhydrique, de l’ammoniaque; permettez-moi donc de vous indiquer un moyen, d’une simplicité enfantine, pour arriver au même résultat. On prend une feuille de papier quelconque (un journal, par exemple) et on la roule en un tuyau conique de façon à ce que les orifices circulaires aient 5 à 6 centimètres de diamètre d’un côté, et seulement 1 et demi à 2 centimètres de l’autre. La longueur du tuyau est indifférente; je recommande cependant d’adopter 40 ou 50 centimètres. Le tuyau étant prêt, on se munit d’une cigarette (pipe ou cigare) allumée et faisant une forte aspiration de fumée on chasse celle-ci lentement, dans le tuyau de papier en appliquant hermétiquement contre la bouche le gros orifice de celui-ci. Ayant chassé toute la fumée, on attend que celle-ci commence à sortir par l’extrémité opposée et alors si on fait avec les lèvres le mouvement du pipage, on chasse la fumée en de magnifiques anneaux. Avec une seule aspiration de fumée on peut produire au moins cinquante anneaux; la seule condition à remplir est de se placer dans une chambre close où l’atmosphère est en repos. M. Mollard, à Dole.
- L’huile de hanneton. — Le numéro de La Nature du 27 avril et celui du 18 mai contiennent des articles sur la destruction des hannetons; ces articles me font souvenir qu’en 1857 ou 1858 ces insectes ravageaient le canton de Genève. Habitant alors la campagne, nous leur fîmes la chasse et ayant constaté que l’immersion dans l'eau ne leur faisait aucun mal et que jetés dans un feu de broussailles les 5/4 au moins s’en échappaient, il nous vint à l’idée de les écraser sous une meule à fruits (dite rebatte). Le résultat de cette opération fut environ 500 litres d’une bouillie noire et d’aspect desagréable qui fut mise provisoirement dans un tonneau défoncé et oublié dans la remise des communs. Quelques mois plus tard, ayant besoin du tonneau, nous le trouvâmes rempli d’une nuile parfaitement claire et limpide qui fut soutirée avec soin.
- 11 y en avait environ 150 litres, elle flottait sur une lie noire lourde et épaisse. Cette huile produisit à l’essai une jolie flamme claire, sans odeur, et remplaça, tant que dura la provision, l’huile de colza qui se brûlait alors à la ferme. Les fortes gelées des hivers suivants ayant presque détruit les larves de hannetons, l’expérience ne put être répétée. Sans préjuger des qualités de cette huile, il serait intéressant de répéter cette expérience et de profiter des sacrifices que font certaines communes pour se débarrasser de ces insectes nuisibles en cherchant à utiliser leurs dépouilles. Il se fait en ce moment en Algérie de grandes destructions de criquets ; leur graisse serait-elle utilisable et cela en vaudrait-il la peine? C’est dans l’espérance d’intéresser à cette recherche quelques-uns de vos lecteurs que je me permets de vous transmettre les détails qui précèdent. F. C. Darier, architecte, à Genève.
- tin monstrueux serpent. — La Trinidad vient d’être ravagée par un monstre extraordinaire, un serpent de 47 pieds de long, dernier survivant de la race des Iluillias qui abondait autrefois dans l’île. Voici quelques détails empruntés à la Défense coloniale de la Martinique; ce serpent commença à exercer ses déprédations, au
- mois de février, dans le canton d’Arima, autour des forêts montagneuses situées au nord. On constata d’abord la disparition de volailles et de menus animaux domestiaues, suivis bientôt d’ânes et plus tard de mulets et de chevaux. A la suite de la disparition de plusieurs jeunes enfants, les habitants s’émurent et on commença une chasse sérieuse. Après plusieurs jours de recherches, on parvint aux cavernes du Guacnard. En approchant d’un étang situé à l’intérieur, les chiens manifestèrent une terreur extraordinaire et refusèrent d’avancer. Bientôt le monstre dressa sa tête au milieu de l’étang : il fut accueilli par une décharge générale. Après quelques instants de lutte il expirait en s’élançant hors de l’étang. Examiné avec soin, ce serpent avait 47 pieds de long et 2 pieds et demi de large. Son corps fut ouvert, et on y trouva un cerf qu’il venait de dévorer. Le serpent a été empaillé et envoyé à Port-d’Espagne, où il doit être exposé à l’Hôtel de Ville.
- G. de Ferrancourt, à Bordeaux.
- Abondance de pluie extraordinaire. — Sachant que nombre de vos abonnés et lecteurs s’intéressent aux questions météorologiques, je me permets de vous signaler la quantité extraordinaire de pluie qui est tombée le 16 mai au matin à la Troncle. De 7 h. 20 à 7 h. 45, soit vingt-cinq minutes, il est tombé 5,5 mm ; d’eau, 1,0 mm par cinq minutes. De 9 à 10 heures, j’ai recueilli au pluviomètre 7,6 mm, soit en tout, c’est-à-dire en une heure! vingt-cinq, 12,9 mm d’eau. C’est, je crois, une quantité d’eau qui a été rarement observée, surtout celle de 5,5 mm en vingt-cinq mi- ! nutes. ^ L. Poulat, j
- Membre de la Société météorologique et astronomique de France. |
- BIBLIOGRAPHIE
- !
- Le Sénégal. La France dans VAfrique occidentale, par le général, Faidherbe. 1 vol. in-8° confinant 21 gravures et 5 cartes ou plans. ! Hachette, éditeur. — Paris, 1889. |
- Dans cet ouvrage remarquable, le général Faidherbe traite, avec [ une compétence indiscutable, des questions qui ont vivement! préoccupé les esprits et le Parlement, il y a quelques années, celles du développement à donner à notre colonie du Sénégal et à ses dépendances, de notre établissement sur le Niger et de la con-f struction de voies de transports, notamment d’un chemin de fer! destiné à relier le bassin du Niger à la côte. ‘
- Après les péripéties émouvantes et périlleuses des voyages du; capitaine Binger, l’ouvrage du général Faidherbe sera accueilli avec un vif intérêt par tous ceux qui n’enferment pas la France, son! action et son avenir dans les limites naturelles que la nature lui a! tracées en Europe. * j
- Scènes et types du monde savant, par Victor Meunier. 1 vol. in-18.! Octave Dom, éditeur. — Paris, 1889. •
- II ne suffit pas de lire et de travailler les ouvrages des savants [ pour les connaître à fond. La plupart se révèlent souvent par des ! traits charmants dans la vie commune, et dans leurs rapports entre hommes scientifiques. C’est sans doute cette idée qui a inspiré j M. Victor Meunier quand il a écrit ce petit livre qui renferme une ! foule d’anecdotes très intéressantes et instructives à la fois. '
- La santé par l’exercice et les agents physiques, par le DrE. Monin. I 1 vol. in-18, avec une préface de Th. Daryl. Octave Doin, éditeur. | — Paris, 1889. j
- Elévation des eaux par la chaleur atmosphérique. Utilisation des chaleurs perdues. Forces gratuites. Eclairage gratuit. Froid gratuit, par Ch. Tellier. 1 brochure in-8° avec 65 figures dans le texte. J. Michelet, éditeur. — Paris, 1889.
- Le monde vu par les savants du dix-neuvième siècle, par M. G. ! Dallet. Publication périodique paraissant tous les jeudis. J. Bail- i lière, éditeur. — Paris, 1889. j
- Description d'un nouveau ventilateur et son application à l'aéra- j tion des mines et locaux publics, par Fromektel. 1 brochure j in-18. Bouffaut, éditeur. — Gray, 1889.
- De l'ozone. Aperçu physiologique et thérapeutique, par le Dr Doua" j tien Labbé. 1 brochure in-18. Asselin et Houzeau, éditeurs. — Paris, 1889. *
- Ferrocarriles de 75 centimetros, par Enriqce Heriz, 1 brochure in-8°. Juan Gener, éditeur. — San Félin de Guixols, 1889.
- Die Entstehung der Ârten durch rüumliche Sonderung, par Moriz Wagner. 1 vol. in-18. Benno Schwabe, éditeur. — Basle, 1889.
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- La Rédaction et l'Administration de LA NATURE sont étrangères au service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser i l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rue de Fleuras, j
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale ave l’éditeur.
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- \{J?ZL) 528e BOITE AUX LETTRES (.*»)
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- t Les lettres et communications relatives à la Botte aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à M. Gaston TISSANDIER * 19, avenue de l'Opéra, à Paris.
- J* Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d'adresse, etc.) doivent être adressées
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- II ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- ‘ AVIS. — U Administration du journal LA NATURE prie 5 MM. les abonnés dont Vabonnement se termine au 31 mai, et qui 5 n'ont pas donné d'ordre contraire, de prendre note que les man-! dats de renouvellement sont mis en recouvrement à partir du ! 10 juin.
- i mmmm__________
- Adresses relatives aux appareils décrits : L’Enervant se trouve chez M. Watilliaux, fabricant de jeux, 110, rue Yieille-du-Temple,
- ' à Paris ; les Pigs in clover, sont en vente au camp des Buffalo Bills,
- à Paris.
- M. Vallot, à Paris et M. Bailly, à Nogent, nous informent que le ! bougeoir à pétrole Chandor est actuellement en vente chez MM. Des-! marais frères, 40, rue du Bac, ou 29, rue de Londres, à Paris.
- 1 M. T. Guéritie, à BloiSj nous écrit, à propos des notices que nous 5 avons publiées sur la destruction des hannetons, que le 19 mai les 1 enfants des écoles avaient ramassé, dans le Loir-et-Cher, environ
- 5000 kilogrammes de hannetons.
- M. P. ïiivoire, à Lyon, nous adresse une communication relative à la note de M. Lippman (sur la photographie en valeiirs justes) qui a été publiée dans notre n° 834, du 25 mai. Notre correspondant nous écrit que M. L. Vidal avait imaginé un procédé analogue en 1879. En avant de l’objectif, on plaçait un disque composé de lames ^ translucides, vertes, jaunes, orangées et violettes. Le disque était animé, pendant la pose, d’un moiîvement de rotation. Le cliché était alors la reproduction des effets d’ombre et de lumière de l’objet , reproduit.
- M. G. Couttolenc, à Reims. — 1° Cette trompe est la trompe à eau des laboratoires; elle a été décrite dans La Nature. — 2° Sujets ! un peu trop spéciaux; remerciements.
- ' M. P. C., à Bordeaux. — 1° Oui. — 2° Le lavage dans l’eau cou-. rante est le seul moyen bien efficace pour enlever toute trace d’hy-posulfite : il faut un lavage prolongé et une parfaite circulation d’eau.
- M. A. G., à Auteuil. — 1° Ce mode d’éclairage aurait pu être accepté. — 2° Nous ne saurions vous renseigner.
- M. H., à Contich. — Nous avons déjà donné plusieurs fois des problèmes analogues.
- M. A. de Chaipin, au château de Pierreux. — 1° Adressez-vous à la Société générale des téléphones, 41, rue Caumartin, à Paris. — 2° Pour les circuits téléphoniques, il est préférable d’employer deux fils sans la terre. — 3° Ce sujet est trop spécial; voyez un constructeur.
- M. le comte A. de L., à Saint-Just. — Vous trouverez plusieurs de ces produits chez un pharmacien ou chez un droguiste.
- M. Duguet, à La Châtre. — Votre ouvrage a été signalé dans la bibliographie du n° 827, du 6 avril 1889 (519e Boîte aux lettres).
- M. J. Rohrer, au château de Sérezin. — Cartes célestes et ouvrages d’astronomie, à la librairie Flammarion, rue Racine, ou chez Gau-thier-Yillars.
- M. P. Caillou, à Lareinty. — Société de constructions industrielles, 127, rue Michel-Bizot, à Paris.
- M. G. Calinesc, à Paris. — Schanchieff Electric Battery Syndicale, 66, Basinghall Street, London, E. C.
- L’abonné 415, à Paris. — Il faut employer des lessives alcalines (lessive de potasse, de soude).
- M. Dehaut, à Mons. — Ce procédé réussit très bien ; vous pouvez essayer de mettre d’abord un tiers d’huile de pétrole, et augmenter I ensuite la proportion.
- M. H. Ploquin, à Nantes. — Remerciements; nous avons déjà signalé plusieurs phénomènes semblables.
- M. Y. Charmeteau, à Saint-Dizier. — Vous pouvez essayer le jus ' de tabac.
- M. A. Soret, au Havre. — Nous n’avons trouvé nulle part d’adresse i où vous pourriez vous procurer cette substance, j M. A. Dumas, à Grenoble. — Vos observations sont exactes; i mais en botanique, ce sont les noms latins qui dominent.
- ; M. F. Brudenne, à Loches. — Votre appareil est ingénieux ; mais ! il y a un grand nombre de systèmes analogues, nous ne saurions les décrire tous dans La Nature.
- M. A. Moreau, à Paris. — Vous serez renseigné en consultant la brochure intitulée la Tour Eiffel, par G. Tissandier. (G. Masson, éditeur.)
- M. E. Lopes, à Castello Branco. — Nous n’avons pas les adresses île ces fabricants.
- M. E. de S., à Berne. — Ie Non. — 2° Journal anglais Nature : Macmillan and C°, 29, Bedford Street, Covent Garden, London.
- M. F. Michaëlis, à Moscou. — 1° Ce moteur convient bien. —
- 2° M. Daimler, à Stuttgart. — 3° Navigation de plaisance, par MM. More et Méo, à la librairie Eugène Lacroix. — 4° Adressez-vous à MM. Mors, avenue de l’Opéra.
- M. E. J., à Paris. — Consultez la Laiterie, par M. Pouriau, à la Librairie agricole.de la maison rustique, 26, rue Jacob.
- M. F. B., à Paris. — La colle d’ainidon convient parfaitement pour coller les photographies. Pour préparer cette colle, on prend de l’eau chaude, on verse peu à peu de l’amidon, en ayant soin d’agiter, jusqu’à consistance sirupeuse.
- M. E. Lehman, à Paris. — Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. R., à Fourmies. — Le petit livre indiqué ci-dessus, et la Scienc'e pratique (même éditeur) contiennent un grand nombre de formules d’encres à tampon.
- M. E. Larade, à Saint-Lunaire. — Consulter ces mêmes ouvrages âu sujet des recettes pour détruire les fourmis et fourmilières.
- M. D. Fenaut, à Rennes. — Il existe plusieurs appareils répondant au même but ; agréez nos remerciements.
- M. P. Carré, à Pans; M. J. C., a Paris. — Remerciements pour vos communications. .
- M. Nérac, à Ilérimoncourt. — Cette question est trop spéciale; nous regrettons de ne pouvoir l’insérer.
- M. E. Sauvaire, à Marseille. — La pile O’Keenan est construite par MM. Mors frères, avenue de l’Opéra, à Paris.
- M. F. Noël, à New-York.—Nous vous remercions pour votre communication ; mais ce problème a déjà paru dans La Nature, et se trouve également dans la Science pratique.
- QUESTIONS
- IY° 1280. — M. L. Redon-Neyreneuf, à Lyon, demande dans quels ouvrages on pourrait trouver des renseignements sur les procédés des Chinois pour la déformation ou l’atténuation des plantes et des animaux et sur les conséquences de ces procédés.
- RÉPONSES
- Réponse au n° 1275. — Je tiens à' la disposition de M. E. T., à X., une statistique de la production de la soie en France et à l’étranger, mais seulement en communication. (Communiqué par M. L. Redon-Neyreneuf, 22, rue des Prêtres, à Lyon.)
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Etablissement de pisciculture de Gremaz (Ain). — J'ai l’honneur de vous faire part qu'il existe dans le département de l’Ain un établissement de pisciculture très intéressant à cause du procédé employé pour nourrir les jeunes truites. Chaque bassin destiné à l’élevage d’un lot de poisson est double. Dans l’un on commence par préparer la nourriture en y déposant des œufs d’une espèce de mollusques. Au bout d’un mois tout le fond du bassin est couvert d’une couche de mollusques d’environ 25 à 30 centimètres d’épaisseur. On fait alors passer les poissons dans ce bassin et on prépare la nourriture dans le second. Au bout d’un mois la même opération se répète, mais en sens inverse. La dépense pour la nourriture est presque nulle et la jeune truite spécialement se comporte très bien avec ce genre d’alimentation.
- (U. Ingold, à Saint-Laurent du Jura.)
- La graisse de hannetons. — En lisant l’article sur l’huile de hannetons dans le n° 835 de La Nature, je me rappelle une expérience qu’un de nos professeurs a faite devant nous au collège il y a une quinzaine d’années et qui consistait à fabriquer de la graisse de voiture avec les hannetons. Après avoir renversé sur un trépied en fil de fer un cruchon à eau rempli de hannetons et dont le goulot était recouvert d’un bout de toile métallique, nous établîmes tout autour du cruchon, un peu au-dessus de l'anse une plate-forme au moyen de déchets de fer-blanc consolidés avec de la terre glaise. Cette plate-forme servant de foyer, nous chauffâmes doucement notre cruchon et au bout de quelques instants nous eûmes la satisfaction de voir s’échapper du goulot de grosses gouttes d’un liquide gras et épais d’une couleur blanc-grisâtre. II paraît que les habitants de certaines contrées du nord de l’Europe obtiennent par ce moyen — employé sur une grande échelle — économiquement
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- la graisse qui leur est nécessaire pour les roues de leurs grosse» voitures et tombereaux. (Un abonré, à Phalsbourg.)
- L'intelligence d’une poule. — Je suis en ce moment témoin d’un exemple d’attachement chez les Gallinacés ([ui me parait assez rare et assez curieux. Mon jeune frère avait apprivoisé une poule de la race de Houdan ; chaque matin, en sortant de la maison, il portait à sa poule, du pain ou d’autres friandises. Peu à peu, l’oiseau prit l’habitude de le suivre dans les allées du parc, et, arrivé à un certain banc, mon frère s’asseyait; la poule sautait à ses côtés et venait lui picoter le pain dans la main. Il y a quelque temps, mon frère partit pour aller au collège; si la poule lui avait été seulement attachée par la reconnaissance du ventre, elle se serait bien vite accoutumée à son absence, d’autant plus qu’on la soignait d une manière toute spéciale. Les premiers jours, en effet, tout alla bien. Mais, quand l’oiseau voit que mon frère ne revient plus, le voilà tout à coup saisi de tristesse. D’abord, il va tous les jours sous les fenêtres de la chambre de son maître, et y reste de longues heures ; puis, voyant l’absence se prolonger, il se dirige vers le banc où on le pansait tous les matins, se couche au pied, la tête sous ses ailes, sans bouger, le jour comme la nuit; et/ce qui est plus fort, la poule désolée refuse de prendre aucune nourriture. En vain jette-t-on autour d’elle les grgins les plus aimés : la poule ne détourne pas la tête ; la paupière de son œil est relevée, elle a, je crois, la ferme intention de se laisser mourir de faim. On a vu des chiens se laisser mourir de faim sur la tombe de leur maître, mais, à ma connais-sanpe, jamais poule ne montra un tel attachement. C’est un chapitre à ajouter pour leur honneur, à l’histoire anecdotique de ces volatiles.
- (U. Belliard, à Arcachon).
- M. G. Halphen. — Dans notre dernier numéro, nous avons publié un article nécrologique sur M. G. Halphen. — Nous avons une petite erreur à rectifier à ce sujet. — 11 n’est pas exact que M. G. Halphen ait donné sa démission de chef d’escadron d’artillerie. II s’occupait activement de son service, et travaillait avec ardeur à son troisième volume sur les fonctions elliptiques.
- Médaille de la Société d’encouragement au bien. —
- Dans sa dernière séance, tenue dimanche 1er juin au Cirque d’hiver, sous la présidence de M. Jules Simon, la Société nationale d’encouragement au bien a décerné une médaille d’honneur à Madame Stanislas Meunier pour son récent ouvrage intitulé : Misère et grandeur de THumanité primitive.
- Destruction des hirondelles. — Nous avons fait part à nos lecteurs (n° 855, du 1er juin 1889, p. 12) du rapport sur la destruction des hirondelles présenté par MM. Billaud, Petit et Vian à la Société zoologique de France. Nous recevons à ce sujet la communication suivante du sympathique secrétaire général de cette Société, M. le Dr Raphaël Blanchard : « J’ai la satisfaction de vous dire que la Société zoologique n’a point fait vainement appel à la ollicitude des pouvoirs publics en faveur de ces gracieux et utiles oiseaux. En effet, par une lettre en date du 24 avril, M. le Ministre de l’intérieur m’a fait l'honneur de m’informer qu’il venait « d’adresser à MM. les Préfets des Bouches-du-Rhône, de l’Hérault, du Var et des Alpes-Maritimes des instructions en vue de prescrire dans leurs départements une surveillance sévère pour la protection des hirondelles, et les inviter à ne pas hésiter à déférer au parquet tout individu ayant contrevenu aux dispositions prises à l’effet d’interdire la capture ou la destruction de ces oiseaux o.
- dant quelques instants. Dans l’eau régale ou dans tout réactif acide oxydant, par exemple (acide# chlorhydrique et chlorate de potasse) les grains naturels se décolorent beaucoup plus vite que les grains artificiels. D’après le Moniteur scientifique, l’examen microscopique donne dans tous les cas le moyen de reconnaître la fraude de la manière la plus certaine. L’analyse d’un produit anologue a donné à J. Koenig : eâu 5,14 pour 100; substance azotée (Az x 6,25), 10,75; graisse (extrait éthéré), 2,19; substance extractive non azotée, 76,76; débris ligneux, 3,96; cendres, 1,20. L’eau dissolvait 29,88 pour 100 de la substance de ce café artificiel, qu’on a reconnu au microscope comme composé uniquement de farine de maïs.
- BIBLIOGRAPHIE
- Scènes et types du monde savant, par Victor Meunier. 1 vol. in-18, Octave Dom, 1889.
- Par suite d’une confusion qui a été faite entre divers ouvrages, l’auteur de notre précédent Bulletin bibliographique a attribué un caractère en quelque sorte anecdotique à ce livre. M. Victor Meunier nous écrit pour nous faire remarquer que son ouvrage est « la dénonciation de quelques-uns des abus inhérents à notre excessive centralisation scientifique, a Nous croyons devoir revenir aujourd’hui sur les Scènes et types du monde savant pour indiquer le caractère de cette œuvre parfois passionnée et au sujet de laquelle nous, ferons toutes nos réserves. M. Victor Meunier a cependant un double mérite qu’on ne saurait méconnaître : c’est celui de la sincérité et du réel talent d’écrivain. L’auteur retrace l’existence de savants malheureux tels que Gratiolet, Auguste Laurent, Boutigny, d’Evreux, Silbermann, et il en tire l’indication de réformes qui lui paraissent nécessaires. Nous n’avons pas les mêmes opinions que M. Victor Meunier. Sans partager absolument l’optimisme du célèbre héros de Voltaire, le Dr Pangloss, qui affirmait que tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes, nous avons la conviction que la justice n’est pas un vain mot, que, sauf de rares exceptions qui dépendent souvent de défauts de caractère, les travailleurs honnêtes et consciencieux arrivent ici-bas à trouver la récompense de leurs efforts. G. T.
- Géographie économique de l’Europe, par Marcel Dubois, maître de conférences à la Faculté des lettres de Paris. 1 vol. in-18. — Paris, G. Masson, 1889.
- L’auteur, dans le remarquable ouvrage que nous annonçons, s’est efforcé de mettre en relief le rapport qui unit la terre à l’homme : il a dominé la multitude des faits et des statistiques par des remarques appropriées au caractère particulier de chaque Etat. Nous félicitons le savant écrivain d’avoir réussi dans cette difficile et utile tentative d’associer l’économie politique à la géographie.
- Manuel pratique de photographie, par A. Rossignol. 2 vol. in-18 de la Bibliothèque de l’amateur photographe. — Paris, Octave Doin, <889.
- De l’Electrolyse du sulfate de cuivre dans l'étalonnage des instruments électriques, par A. W. Meikle, traduit de l’anglais par G. IIenrard. 1 brochure in-18. — G. Brandt, 46, rue de l’Université, à Liège.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Congrès et conférences de l’Exposition universelle. —
- — Lundi 10 juin, à 4 heures. Conférence : M. Lourdelet : Les chambres de commerce françaises à l’étranger et les Musées commerciaux. Palais du Trocadéro. Entrée libre. — Mercredi 12 juin, à 2 heures. Séance d’ouverture du Congrès international de sauvetage. Palais du Trocadéro. — Samedi 15 juin, à 8 heures du soir. Séance d’ouverture du Congrès international pour la propagation des exercices physiques dans l’éducation. Ecole des ponts et chaussées, 28, rue des Saints-Pères.
- Cafés artificiels. — Un mécanicien de Cologne construit des machines brevetées en Allemagne pour la fabrication du café artificiel. La base de ce café artificiel n’est autre que des farines de céréales torréfiées que l’on forme en grains imitant, paraît-il, à s’y méprendre, les grains de café véritable. Un moyen rapide de distinguer les grains de café artificiels, le plus souvent mélangés en proportions diverses
- — 15, 20, et jusqu’à 50 pour 100 — avec le café naturel, consiste à placer le café à examiner sur une couche d’éther. Les grains artificiels tombent immédiatement au fond, tandis que les grains naturels, en raison de la teneur du café en corps gras, surnagent pen-
- Conlre-poison du vert-de-gris.
- Le moyen de combattre les effets délétères du vert-de-gris consiste à faire prendre au malade, dès les premiers soupçons, une assez grande quantité de verres d’eau, dans chacun desquels on aura fait dissoudre un blanc d’œuf. Pour que la dissolution soit complète, chaque blanc d’œuf devra être battu dans une seule assiette. C’est un contre-poison très efficace : il décompose en effet le vert-de-gris et les autres sels de cuivre, de manière à les laisser à un état qui n’est plus dangereux.
- Destruction des vers blancs.
- On a souvent indiqué des moyens pour détruire les vers blancs ; en voici un qui est ancien et qui a donné souvent d’excellents résultats. Il consiste à répandre sur la terre une couche d’environ 15 millimètres d’épaisseur de cendres de charbon de terre, au moment du printemps. Cette substance préserve non seulement de la présence des vers, mais elle produit un amendement favorable à la terre.
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- 8ir BULLETliN METEUKULUlilUUlii m LA N Al UIUS
- d’après LES OBSERVATIONS DE M. RENO0 (PARC DE SAINT-MAUR, ALTITUDE : 49 M. 30)
- Mai-Juin 1889. — Semaine du lundi 27 Mai au dimanche 2 Juin.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction'du vent.
- Baromètre enregistreur die M. Rédier. — Thermomètre i l’abri, h boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. LE 29, A 5 H. 29 M. DD S«IR.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE HILUMÈ1
- Lundi 27 mai lo*,9 N. W. 0 Couvert. 11,2
- Mardi 28 12*,8 S. 2 Couvert. »
- Mercredi 29 13»,6 S. W. 3 Beau. »
- Jeudi 50 12*,9 S. S. W. 2 Beau. 0,4
- Vendredi 31 13*,5 N. N. E 0 Couvert. »
- Samedi J" juin 14“ ,5 N. N. E 2 P. nuageux. 1,0
- Dimanche 2 22\0 S. S. E. 2 Beau. »
- OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Très nuageux ; petite pluie de 7 à 8 h. du soir, petit brouillard à 8 h. du matin.
- Presq. couv., traces insignifiantes de pluie.
- Tr. nuag., averses à midi et à 1 heure et demie.
- Nuageux, petite averse à 5 h. 40 m. du soir.
- Presq. couv., pluie de 8 h. matin à 2 h. du soir.
- Nuag. ; halo, éclairs très loin au S. W.-S. S. W. à partir de 9 h. du soir.
- P. nuag. jusqu’à 4 h. 5 m., tr. nuag. ensuite ; tonnerre de 6 h. à 11 h. du soir avec pluie.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Les orages eu Francs. — Les orages ont été nombreux dans ces derniers temps et se sont répandus un peu sur toutes les contrées.
- L'n orage terrible s’est abattu ie 25 mai au soir sur Laon et les environs, tUne véritable trombe a ravagé la région voisine d’Anizy-le-Château. A Ilirson, ! la foudre est tombée en différents endroits. La pluie était tellement abondante ! que l’on pouvait circuler en barque dans les rues. Une grande quantité de grêle lest tombée dans les communes voisines de Vervins; les récoltes sont ravagées.
- Le 26 mai également, vers 7 heures du soir, à la suite d’un orage d’une violence exceptionnelle, la voie s’est affaissée sur une longueur de 50 mètres sur i la ligne de Paris au Mans, entre les gares de Coudé et Nogent-le-llolrou, au 'passage d’un train de marchandises.
- , Un orage très violent s’est déchaîné le même jour sur Paris. De midi à ï heures, la pluie a fait rage, et la foudre est tombée sur plusieurs points de la rive gauche, qui a été particulièrement éprouvée. Les jardins de Montrouge et de Plaisance ont été absolument dévastés par la violence de l’avtrse.
- Un accident beaucoup plus grave s’est produit avenue de Chàlillon, près de
- la barrière. La .Ville fait construire, en cet endroit, en dessous de la voie des tramways de Fontenay, un embranchement d’égout. Par suite du poids des eaux, toutes les constructions en cours sc sont effondrées subitement, et un trou de 10 mètres de profondeur s’est formé au côté droit de la chaussée.
- On nous a signalé aussi de Villencuve-sur-Lot un violent orage qui a éclaté le 28 mai sur cette ville et dans les environs, couvrant le sol d’une nappe d’eau qui s’est élevée par endroits jusqu’à 2 mètres de hauteur. Un train de voyageurs venant de Paris a dû s’arrêter à Penne, la gare de cette localité étant envahie par les eaux.
- A la même date, nous avons reçu de Toulouse des nouvelles alarmantes. La pluie n’a cessé de tomber, pendant quelques jours, sur Toulouse et la région. La Garonne a subi une crue de (dus de 2 mètres.
- Une trombe d'eau s’est abattue sur la commune de Flourens. Le ruisseau de Moncesse a subitement grossi, ainsi que celui de Lhers. Le village de Lasbordes a été littéralement envahi par l’eau, qui a atteint, dans certaines maisons, une hauteur de 1,50 m. Au point de jonction du Gardigeol avec le canal du Midi, les talus de ce dernier ont été franchis et ses flots ont rompu les berges sur une étendue considérable, près de 5 kilomètres, dans la commune de Gardoucli. En très peu de temps la plaine a été en grande partie inondée dans les communes de Gardouch, de Vieille-Vigne et de Montesquieu, qui traverse le canal.
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- I Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne l’appareil de photographie automatique, s’adresser à
- 4 M. Enjalbert, 4, rue Saint-Martin, Paris.
- •j Un abonné, à Paris. — 1° Il y a une exposition historique aéro-r< nautique au Champ de Mars, dans la galerie des Arts libéraux, autour f de la coupole centrale au premier étage, il y est question de l’aérostat dont vous parlez. — 2° Renseignez-vous à la maison Serpollet, dans la galerie des machines, près des moteurs à gaz Otto.
- M. P. Fermand, à Paris, nous signale un exemple d’attachement ri d’une poule à ses maîtres, analogue à celui que nous avons indiqué dans notre dernier numéro.
- , 31. Gomir, àPuttelange; M. Ch. Thïbour, à Blidah; 31. F. de
- ' Gassicourt, à Paris; M. C. Fulpius, à Genève; M. S. de la Iglesia, au Ferrol; 31. A. Baudin, à Paris. — Remerciements pour vos communications.
- 4 M. Lagarde, à Carcassonne. — Vous trouverez plusieurs compo-
- II sitions de pâtes pour polycopie dans le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- ’« M. C. B., a Strasbourg. — Cette question n’est pas de notre compétence ; nous ne saurions vous renseigner.
- M. H. Gilly, à Nîmes. — 1° Oui, à la librairie 0. Doin, 8, place '4 de l’Odéon, à Paris. — 2° Il y a des signaux convenus.
- * 31. K. Z., a Bruxelles. — Dans ces petites machines l’échappement - se fait à air libre ; c’est le piston qui, en se déplaçant, met à décou-.1 vert l'ouverture d’admission.
- n M. P. C., à Trucy. — 1° La photographie moderne, par p A. Londe, à la librairie G. Masson. — 2° La librairie Gauthier-Yil-< lars a publié plusieurs petits traités sur cette question.
- L M. A. Chasteauneuf, à Saint-Bonnet. — Adressez-vous à M. E. Dey-i! rolle, naturaliste, 46, rue du Bac, à Paris.
- 31. le Dr L., à Paris. — 1° Tout dépend des constantes que vous •j voulez obtenir avec cette machine; voyez les articles publiés dans s les n011 745.et 750.
- i M. Gomez, à la Havane. — L’adresse à laquelle on peut se pro-g curer le tableau synoptique de la prévision du temps a été donnée J dans le corps de notre 524’ Boîte aux lettres.
- » 31. Burato, à Zara. — Nous avons indiqué, à plusieurs reprises,
- j les journaux s’occupant spécialement de l’Exposition ; voyez notre 525e Boîte aux lettres.
- g 31. E. Jaulnoz, a Raiata. — Appareils de projection : M. Molteni, 44, rue du Chàteau-d’Eau.
- a 3t. A. S., à Béthune. — 1° Choix de méthodes analytiques, par
- * M. Georges Krechel, à la librairie G. Carré, 58, rue Saint-André-des-
- lj Arts, à Paris; ou encore Traité d’analyse des matières agricoles,
- ? par Grandeau, à la Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue
- || Jacob, a Paris. — 2° Tous les marchands de produits chimiques
- I vous fourniront ce matériel. (Billault, Fontaine, Paul Rousseau, etc.)
- M. A. P., à Paris. — 1° Employez de l’eau acidulée sulfurique . faible; le zinc sera seul attaqué. — 2° Consultez les traités de métallurgie.
- 31. A. Gandolphe, à Nice. — On sera évidemment obligé de prendre des mesures pour éviter à l’avenir de semblables désastres.
- ! 31. A. Berthault, à Proverville. — 1° Nous ne connaissons pas de
- ! fabricants «de ce genre. — 2" Produits en celluloïd : M. Pluquet, 15, rue Notre-Dame-de-Nazareth, à Paris.
- 31. Reynaud, à Marseille. — L’adresse demandée est M. Daimler, à Stuttgart.
- M. E. Renault, à Mareuil-6ur-Ay. — Ce procédé nous est inconnu.
- M. J. Napoli, à Foggia. — Nous ne pouvons insérer les offres et demandes de livres épuisés en librairie.
- 31. le DT Hèche, à Saignelegier. — Ces représentations n’ont plus lieu.
- * 31. A. B., à Nîmes. — 1° Il en est ordinairement ainsi avec | l’enroulement à tambour. — 2° Votre induit peut rester comme il j est.
- 31. le LF Chaumier, à Bléré. — Les effets des fontaines lumineuses sont des plus variés ; il n’est pas nécessaire de recourir aux plaques multicolores qui ne produiraient d’ailleurs pas l’effet que vous croyez.
- H. IL Fourgons, à Clermont-Ferrand. — Il y a à la librairie Gauthier-Yillars une série d’ouvrages photographiques qui traitent de ces questions.
- M. Alibert, à Castelnaudary. — Il nous a été impossible de nous procurer cette adresse, après plusieurs recherches ; agréez tous nos regrets.
- M. F. de C., à Paris. — Vous trouverez des appareils relatifs a
- l’astronomie dans le Palais des Arts libéraux. Pour ce qui concerne la météorologie, voyez l’Exposition de l’Observatoire de Montsouris (Pavillon delà Ville de Paris, côté du Palais des Beaux-Arts).
- M.A.B., a Chaumont. —M. le DrHardy, 5, boulevard Malesherbes, Paris.
- M. le Comte d’O, à Versailles. — Le fabricant est, croyons-nous, M. Mors, avenue de l’Opéra.
- M. J. Plassard, à Paris. — 1° Nous publierons peut-être un article à ce sujet. — 2° Nous ne pouvons vous répondre. — 2° Nous vous avons déjà répondu dans la 527’ Boîte aux Lettres (1er juin).
- M. V. Bourgog, à Paris. — Vous trouverez plusieurs traités de toxicologie à la librairie G. Masson.
- 31. N. 31., à Versailles. — Vous avez pu voir dans notre dernier numéro les mesures qui ont été prises à cet égard.
- M. F. D., à Genève. — Articles d’escrime chez M. Génique, 8, rue de Saint-Quentin, ou au Dépôt de Paris, 5, boulevard de Strasbourg, Paris.
- Un abonné, à Passy. — II existe un grand nombre d’éditeurs de phototypie, entre autres, MM. Quinsac et Baquié, 75, rue Claude-Bernard, et Berthaud, 9, rue Cadet, etc., etc.
- 31. Gerbeau, à Paris. — Traité des feux d’artifice, par A. De nisse, chez l’auteur, à Bry-sur-Marne, ou Traité pratique des feux colorés, par P. Tessier (librairie Michelet).
- 31. de la Brosse, à Saint-Bar. — Pas de traité aussi général sur cette question; mais vous trouverez des renseignements dans Une instruction sur la recherche des poisons, par M. Otto, à la librairie Masson.
- 31. C. 31., à Auch. — 1° Filtres Maignen, avenue de l'Opéra, à Paris. — 2° Vous n’êtes pas d’accord avec les naturalistes.
- M. Jambon-Prouvèze, à Chalon-sur-Saône. — Pour souder les objets en écaille, il suffit de les chauffer et de les réunir au moment où ils entrent enfusion, comme la cire à cacheter.
- 31. F. V., à Saint-Quentin. — Ces questions sont un peu spéciales; adressez-vous à des agences de brevets.
- M. Genin, à Amilly. — Il faut faire cet objet soi même; pas de fabricant.
- M. E. Durand, à Schaarbeek. — Nous ne connaissons pas cette fabrique de lampes à incandescence.
- 31. Toussaint, à Nancy. — Ne saurait être réparé; remplacer l’objet.
- M. V. Baraban, à Neuillv. — Pour ce qui concerne la marmite antiseptique, s’adresser à M. Schribaux, à l’Institut agronomique, à Paris.
- AI. L. Michelot, à Epernav. — 1° Pour calculer la résistance du <xZ
- fil, vous avez la formule R = -g-. (Voyez le Formulaire pratique de
- l’électricien. (G. Masson, éditeur.) — 2° Connaissant la différence de potentiel e aux bornes de la lampe, et i l’intensité en ampères
- qu’elle consomme, vous avez J' — -., soit, dans votre cas, ~ =
- z 0,0
- 14 ohms. — 3° Les 16 lampes étant montées en dérivation, if vient
- 14
- pour la résistance totale extérieure — = 0,87 ohm. — 4’ Adressez-
- vous à la maison Gramme, 84, rue de Crimée, à Paris, ou à M. F. Henrion, à Nancy.
- Un lecteur, à Nice. — 1° Il faudrait étudier la manière dont vous avez opéré pour vous répondre. — 2° Il y a, en effet, une modification chimique qui s’opère, mais qui est encore peu expliquée.
- 31. D., à Nantes. — Adressez-vous à la Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris, ou à M. Andriveau-Gou-geon, 4, rue du Bac.
- L’abonné 433, à Paris. — 1° Une atmosphère est la pression exercée par une colonne de mercure de 76 cm de hauteur à la température de 0°C. Cette pression est égale à 1,055 kg. par cm2. Les manomètres gradués en kilogrammes devraient l’être en kg. par cm2. — 2° Non.
- M. G. D., à X. — Nous ne pouvons répondre sans examiner vos bains de virage; vos produits sont-ils bien purs?
- 31. A. 31., à Merdrignac. — 1° Cette pile n’a pas reçu beaucoupr d’applications. — 2° Piles Radiguet, 15, boulevard des FilIes-du-: Calvaire, à Paris. — 5° Il existe un très grand nombre de ces appareils.
- 31. G. Renou, à Paris. — L’auteur n’a pas publié de documents! plus complets; vous pourriez peut-être en avoir en vous adressant directement à lui à l’Académie des sciences. . f
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- M. F. G. Viar, à Saint-Sébastien. — Les principales maisons françaises qui s’occupent de la fabrication des accumulateurs sont les maisons Gadot, Philippart frères, Reynier, etc.; il nous est impossible de vous donner des renseignements commerciaux.
- QUESTIONS
- N° 1281. — M. Louis Mourrut, à Lézignan, demande la composition du liquide que l’on emploie pour les boutures de la vigne américaine avant de les mettre en pépinière.
- RÉPONSES
- Réponse au n° 1280. — Les procédés des Chinois et des Japonais pour la déformation des plantes sont tenus secrets. Une Note paraîtra à ce sujet à la fin du mois dans le Bulletin de la Société d'horticulture de France. Un Mémoire assez étendu sur cette même question paraîtra dans trois mois environ dans le Bulletin de la Société botanique de France. (Communiqué par M. J. Vallol, à Paris.)
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Production et consommation dn sel. — La production du sel a augmenté depuis quelques années dans une proportion considérable, principalement par le fait des nombreuses applications qu’en fait l’industrie, fabrication de produits chimiques, du savon, du verre, extraction de l’argent et du cuivre de leurs minerais. Voici quelques renseignements à ce sujet donnés par le Monde de la science et de l'industrie : La consommation du sel est évaluée, par habitant, en Amérique, à 25 kilogrammes; Angleterre, 20; France, 15; Italie, 10; Russie, 9; Autriche, 8; Prusse, 7; Espagne, 6; Suisse, 4,5 kg. La production annuelle du sel, dans le monde entier, peut être estimée à 7 300 000 tonnes. L’Europe en fournit, pour sa part, environ 5 280 000 tonnes. La Grande-Bretagne produit annuellement 2 235 000 tonnes de sel. Elle en exporte près d’un million. L’Angleterre possède des salines importantes, par exemple, dans Cheshire, et à Middlesborough, sur la Tees. La France, en 1876, produisait 550 000 tonnes. Aujourd’hui elle en produit plus de 660 000. Ce sel provient principalement des Bouches-du-Rhône, du lac de Ré, des départements des Landes, Charente-Inférieure, Loire-Inférieure et des salines des départements de la Meurthe, Moselle et Doubs. La consommation du sel en France, inférieure à la production, est de 550 000 tonnes, dont 376 000 servent à l’alimentation. L’Italie produit annuellement plus de 406 000 tonnes de sel, tiré soit de la mer, soit de salines telles que celles de Volterra et Salso Maggiore. Elle en exporte 254 000 tonnes. La Suède importe du sel pour une somme de 2 075 000 francs. La Norvège également en importe près de 70 000 tonnes. En 1876, la Russie recevait de l’étranger 316 000 tonnes de sel destiné uniquement à l’alimentation. En 1886, ce chiffre est descendu à 25 400 tonnes. La production de l’Allemagne est de 810 000 tonnes, qui produisent un revenu de 25 millions de francs. Le Canada consomme 161 000 tonnes de sel, extrait principalement des salines de la province d’Ontario. En 1886, dans les Etats-Unis, la production a été de 968 639 tonnes, l’importation de 396 410 tonnes. La valeur du sel y est d’un peu plus de 4 dollars et demi par tonne. L’Inde produit du sel, mais le quart de ce qu’elle en consomme provient de l’étranger. En Afrique, les lacs salés de Candiote, à l’embouchure du Sénégal, sont une source de sel. Des salines se trouvent dans le Sahara et en Algérie. Ce dernier pays a une production annuelle de 14 200 tonnes. L’Australie est restée en arrière dans cette exploitation. Elle possède des salines, mais abandonnées pour la plupart. La Grande-Bretagne, à elle seule, exporte annuellement en Australie plus de 68 680 tonnes de sel.
- Résultats d’expériences sur une voiture A vapeur. —
- Je vous adresse quelques renseignements sur une voiture à vapeur que j’emploie depuis déjà quelque temps et qui a été construite par MM. de Dion, Bouton et Trépardoux. La chaudière est à chargement central, on remplit à nouveau le tube de combustible tous les 20 kilomètres. Tout est disposé de façon qu’une personne seule peut facilement conduire. La réserve de coke est à l’avant, entourant la chaudière; elle est de 60 litres, qui suffisent pour un trajet de 48 kilomètres. La réserve d’eau est de 130 litres contenus dans la bâche, sous les sièges; elle permet un parcours de 40 kilomètres.
- Le poids de la voiture avec trois personnes et sa charge est de
- 1100 kilogrammes. Les deux roues d’arrière sont indépendantes a | actionnées chacune par un moteur spécial. J’ai dépensé 5 hectolitres1 de coke pour 300 kilomètres, ce qui donne 3 centimes 33 par' kilomètre (le coke de Paris est ici à 2 francs l’hectolitre). On peut admettre comme moyenne une dépense d’eau de 5 litres par kilo-mètre. Ces chiffres sont les résultats de nombreuses expériences ; ils varient beaucoup suivant l’état des routes et la charge de la voiture. La chaudière est timbrée à 12 kilogrammes par cm*; elle a 48 cm de diamètre sur 52 de hauteur; elle vaporise en moyenne 60 litres à l’heure, sur une route ne présentant que des pentes faibles, à la vitesse de 25 kilomètres par heure. La vitesse la plus convenable pour promenade est de 20 à 24 kilomètres par heure; mais il ne faut pas croire que c’est là un maximum, car on peut gravir certaines rampes à 24 kilomètres avec 10 kilogrammes par cm* de pression. Cette machine, très petite relativement à sa puissance, est d’une simplicité remarquable; et son fonctionnement m’a donné toute satisfaction. D. Chibout-Flambart, à Vendôme.
- Phénomènes électriques.— J’ai été témoin dernièrement d’uu phénomène électrique qui m’a paru digne d’être porté à votre connaissance. Je venais de faire une promenade en voiture à vapeur, et1 la machine encore en pression se trouvait sur un sol de briques, bien sec. Le manomètre indiquait une pression de 6 à 7 kilogrammes par cm*, et voulant le faire monter, j’ai ouvert le robinet du souffleur. Quelques instants après, en approchant la main, j’ai ressenti une légère commotion électrique dans les doigts. Deux personnes présentes se sont amusées à tirer de petites étincelles de toutes les parties de la voiture qui est entièrement métallique et montée sur quatre roues garnies de caoutchouc, isolant suffisant, et je crois d’ailleurs nécessaire, pour permettre la manifestation du phénomène.! Un autre jour, sur une route, en faisant fonctionner le souffleur,) j’ai obtenu des étincelles de 3 millimètres. La pression était alors de'
- 9 kilogrammes par cm* environ. Dans la théorie de ce phénomène,, Faraday prétend que la vapeur sèche ne produit pas d’électricité. C’est ce qui a amené la disposition spéciale de la machine d’Armstrong dont les effets sont très remarquables grâce à un isolement : parfait et à 60 ou 80 becs d’échappement. Toutefois, on peut! répéter en petit l’expérience avec un isolement relatif, et un seul jet j de vapeur sèche. La chaudière de ma voiture est en effet munie de) 70 tubes sécheurs. D. Chibout-Flambarr, à Vendôme. !
- Le bolide du 7 juin. — Vendredi 7 juin, à 9 h. 20 m. du) soir, en examinant, à Billom, le ciel étoilé, nous avons aperçu éma-i nant de P Scorpion un météore d’une intensité lumineuse extraor-! dinaire. La couleur d’abord d’un blanc éclatant passa successivement au rouge puis au violet. Malgré la présence de la lune en ce moment très brillante, le bolide offrait un éclat au moins deux fois supérieur à celui de Vénus. La trajectoire (de (3 Scorpion aux environs dej Régulus) fut parcourue en six secondes, puis le météore disparut subitement en laissant quelques traces légères. On a pu remarquer les changements successifs des couleurs.
- Pélissier, Üuval et Dutheil, à Billom.
- J’ai observé à Vendôme un magnifique bolide le 7 juin à 9 b.t 15 m. du soir. Un globe étincelant de plusieurs minutes de diamètre) apparent et d’un éclat très vif est apparu au S. S. W. La lumière) émise par ce globe était nettement bleue. Il décrivit dans le ciel un1 arc parabolique en partant d’une hauteur de 30° environ au-dessus de l’horizon et allant disparaître au-dessous de l’horizon au-dessus du vieux château. Le phénomène n’a pas duré plus de quatre secondes. Pouyade, à Vendôme.
- Congrès et conférences de l’Exposition universelle. —
- Palais du Trocadéro, salle des Congrès et Conférences. Lundi)
- 17 juin, à 2 heures, séance d’inauguration du Congrès international! des architectes. — Mardi, 18 juin, à 4 heures, conférence (entrée) libre). M. Rabot, chargé de missions scientifiques par le Ministère! de l’instruction publique : Les explorations polaires.— Mercredi,]
- 19 juin, à 4 heures, conférence (entrée libre), M. Sagnier, rédacteur] en chef du journal de l'Agriculture: Situation du vignoble français]
- — Jeudi, 20 juin, à 2 heures, séance d’inauguration du Congrès] international de la Société des gens de lettres, organisé avec ) concours de l’Association littéraire internationale. — Vendredi,
- 21 juin, à 4 heures, conférence (entrée libre), M. Sully-Pnidhomme, de l’Académie française : Allocution. — M. Henri Becque : Victor Ilugo. — Dimanche, 23 juin, à 2 h. 1/2, séance d’inauguration du Congrès international de la paix. — Au Palais des enfants (Champ de Mars), le mardi 18 juin, à 10 h. 15 m. du matin, conférence visite (entrée libre) par M. G. Roy, ancien président de la Chambre) de commerce de Paris : La Viticulture. .
- Li Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser à l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rne de Fleur : '
- AVIS. —La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite.*La reproduction des illustrations) même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale ave l’éditeur.
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- 81" BULLJülM iVlCillîiUnULiUinyufi lia un îmiuiua
- d’après les observations de m. renou (parc de SAINT-MAÜR, altitude : 49 M. 30)
- Juin 1889. — Semaine du lundi 3 au dimanche 9 Juin.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enreglfirenr de M. Rédier. — Thermomètre k l’abri, à boule sèche et à boule_mouîllée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. LE 6, A 8 H. 11 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après le BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL
- Lundi 3 juin 17»,1 W. 2 Couvert.
- Mardi 4 15*,6 • N. E. 0 Beau.
- Mercredi 5 15*,8 N. N. E. 3 Beau.
- Jeudi 6 . 20*,6 E. N. E. 3 Beau.
- Vendredi 7 21»,8 S. W. 1 Nuageux.
- Samedi 8 20»,5 S. 2 Quelq. nuages
- Dimanche 9 18»,4 S. S. E. 2 Couvert.
- PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 7,4 Couv. jusq. 3 h.f*. beau ensuite.
- 0 Peu nuageux.
- 0 Nuageux de 8 h. m. à 4 h. s. beau avant et après.
- 0 Beau le m., nuag. le s. ; orage à partir de 9 h. s.
- 0 Tr. nuag., orages de 1 h. 30 à 3 h. s. et après 7 h. 30 s. grosse pluie à plusieurs reprises.
- 26,3 P eu nuag. le m., très nuag. les.; orage une grande
- partie de l’apr.-midi, pluie à plusieurs reprises.
- 1,3 Presq. couv., orage de midi à 3 h. s. plusieurs averses.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Résumé <lcs observations météorologiques faites au parc de Saint-illaur en mai l§89
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 754*“,46; minimum le 25, à 5 heures du soir, 746““,04 ; maximum, Je 21, à 8 heures et 10 heures du matin. 759““,68.
- Moyennes thermométriques : des minima, 9*,72; des maxima, 20",82; du mois, 15°,27; moyenne vraie des 24 heures, 14°,67. Minimum le 3, au matin, 3°8, avec un peu de gelée blanche; maximum le 26, entre midi et 1 heure, 27°,0.
- Tension moyenne de la vapeur, 9““,60; la moindre, le 1", à 1 heure du matin, 5““,3; la plus grande, le 23, à 5 heures du soir, 16““,6. Humidité relative, 78; la moindre, le 4, à 5 heures du soir, 37; la plus grande, 100, en 12 jours.
- Pluie 55““,4 en 33 heures, réparties en 18 jours.
- Nébulosité, 64; aucun jour clair. Brouillard faible les 1" et 27 et sur la Marne seulement, les 3 et 11.
- Vents de S.W. dominants, faibles, en moyenne.
- Température moyenne de la Marne, 16°,24; minimum, le 2, à 7 heures du matin, 11°,75; maximum, le 27, à 3 heures et demie du soir, 19°,35. Elle est restée presque invariablement au niveau moyen annuel et d’une transparence dô 1 sistre 5 1* 50«
- Il y a eu 8 jours d’orage, les ,5, 9, 14, 20, 22, 23, 25 et 26, dont deux forts
- le 20 avec pluie torrentielle de 5 minutes à 4 h. 58 m. du soir, et le 26 avec pluie torrentielle à 2 h. du soir, qui donne 11'"“ d'eau en 10 minutes. Le 2J éclairs au N.E. à 11 heures du soir. ’ ’
- Relativement aux moyennes normales, le mois de mai 1889 présente les résultats suivants : Baromètre plus bas de 2““,08; thermomètre plus haut de 1°,36; tension de la vapeur plus forte de 2"”,14; humidité relative plus forte de 9; pluie plus forte de 4““,4; nébulosité plus forte de 7. Le mois de mai de cette année est le plus chaud depuis 1875 (14°,84).
- Le printemps (mars, avril, mai) présente les écarts suivants : baromètre plus bas de 1““,66; thermomètre plus bas de 0°,25; nébulosité plus forte de 11; pluie plus forte de 5““,5.
- Floraisons : le 2, cerisier de Sainte-Lucie; 4, fraisier des bois; 5, lilas, marronnier, pommier ; 7, eoignassier, quelques marronniers en pleine fleur, d’autres n’ont pas commencé; 9, xyiosteon, jasminum fruticans, fléole ; 10,’flouve odorante; 11, marronnier à fleur rouge, ornithogale ; 13, glycino, épine-vinette; 14, épine blanche, brome mou, pimprenelle, bugle; 16, paulownia, iris germanique, polygala; 22, lotier corniculé, framboisier; 24, sureau commun, lin sauvage, broussonetia ; 25, seringat, sauge officinale, églantier, capucine; 26, dactyle pelotonné, poa pratensis, ivraie vivace, gemn urbanum, acacia; 27, briza media; 28, rose du Bengale; 29, iris des marais; S0, rose de tous les mois, hémérocalle jaune, boulque laineuse.
- Le 6, quelques hirondelles de fenêtre; elles sont tout le mois, comme les hirondelles de cheminée, extrêmement rares; les martinets au moins aussi communs que d’habitude.
- Erratum d'avril : tension moyenne de la vapeur d’eau, au lieu de 7““,12 lisez 6““,10. Ecart de la normale, au lieu de 0”“,81 lisez 0““,21.
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- ÉLECTRICITÉ ET APPLICATIONS Abollard, 16, avenue de Villiers, Paris. Berrnrter père, fila, 14, rue Cafarelli. Produits chimiques pour électricité, fabrique de piles Bunsen, Daniell et Le-clanché. Vases poreux.
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- B. Béa, rue du Montparnasse, 47. Fournitures générales d'électricité. — Robinets électriques, breveté s. g. d.g.
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- f N° 838 de
- J.A NATURE
- ) 530e BOITE AUX LETTRES (
- SAMEDI
- ii juin 1889
- )
- lettres et communications relatives à la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à M- Gaston TISSAWDIKR
- 19, avenue de l'Opéra, à Paris.
- tfOÜTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D'ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES Rf A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- J
- p# Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- ÛN
- M. E. Boutilly, à Velesmes; M. L. Herbin, à Troyes. — Le procédé indiqué dans notre article pour tuer les hirondelles, et qui " consiste à tendre un fil nu entre des poteaux et à le faire traverser « par des courants, est parfaitement exact: Quand les oiseaux sont placés sur le fil, les deux pattes appuyées, il s’établit par le corps de l’oiseau une dérivation qui peut le foudroyer si l’intensité du
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- qui peut le foudroyer u courant est assez grande. Il n’en est pas de même avec les fils télé-s graphiques, parce que l’intensité des courants mis en jeu est très faible; dans bien des cas, ces courants n’atteignent que des milliampères.
- s4 M. C. L ., Paris, nous signale que, dans un de nos derniers articles sur la Tour Eiffel où nous avons parlé des plus hauts l monuments du monde, nous avons omis de parler de la pyramide üflde la Magdalena (Etat de Sonora, Mexique). Cette pyramide, d’après J notre correspondant, aurait environ 250 mètres de hauteur. Nous nj aimerions avoir des renseignements précis à ce sujet, isft M. Th. Schœllkopf, élève à l’Ecole de physique et de chimie, et k M. Xavier Schœllkopf, élève à l’Ecole des beaux-arts, nous adres-pi, sent des photographies très bien réussies des illuminations de la Tour Eiffel et du feu d’artifice de la dernière fête donnée le Ier juin 1889. Nous félicitons nos correspondants des excellents résultats obtenus; mais ayant déjà donné des photographies analogues dans En Nature, nous ne pouvons revenir sur ce sujet.
- M. Toudouze, à Paris, à propos de l’article que nous avons consacré aux tricycles (omnibus à trois roues), nous informe qu’en 1856 il existait dans Paris deux lignes de tricycles, l’une allant du boulevard des Capucines à la place de la Bastille, et l’autre de la porte Saint-Denis au boulevard des Invalides.
- M. A. Hall, à Calais, nous adresse des photographies des différents arcs de triomphe qui ont été dressés dans cette ville en l’honneur du président de la République (arcs de triomphe de l’armée, des pêcheurs, des ponts et chaussées, de la marine, etc.) ; nous adressons tous nos compliments à l’opérateur qui a obtenu de bonnes épreuves.
- M.'J. B. R., à Marseille. — Nous ne pouvons nous occuper, dans la Boîte aux lettres, des offres et demandes d’appareils; adressez-vous à l'Office de publicité, 9, rue de Fleuras, à Paris.
- M. J. D. E., à Paris. — 1° 11 n’existe pas de traité spécial sur cette question; les renseignements complets sont épars dans les diverses publications. — 2° 20 francs par an.
- M. P., à Vincennes. — Vous trouverez ces détails dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences. (Gauthier-Villars, éditeur.)
- M. C. Petit, à Sillery. — Nous croyons que ces objets ne se fabriquent plus.
- M. H. D., à Nantes. — Nous ne pouvons vous répondre sans avoir expérimenté l’appareil.
- Un lecteur, à Sèvres. — Consultez les traités de préparations pour naturalistes, chez M. E. Deyrolle; 46, rue du Bac.
- M. J. A., a Bilbao. — Cet appareil n’d pas reçu de modifications ; il est toujours employé sous la même forme.
- M. R. Girard de V., h Paris. — 1“ Il n’existe pas de traité spécial sur cette fabrication qui n’est pas encore entrée dans la pratique courante. — 2° Vous trouverez de la fibre vulcanisée chez M. Kap-ferer, 12, rue d’Orléans-Saint-IIonoré, à Paris.
- M. E. V., ii Toul. — L’adresse demandée est : Cercle de l’Ordre, Aix.
- M. S., à Paris. — 1° Le règlement concernant les photographies à l’Exposition a été publié dans notre 526° Boîte aux lettres, du 25 mai 1889. — 2° et 5° Voyez les petits livres des Recettes et procédés utiles et de la Science pratique. (G. Masson, éditeur.)
- M. P. Miray, à Rouen. — L’essence de térébenthine ne possède aucun caractère désinfectant, et ne saurait être comparée au chlorure de chaux, sulfate de fer, etc.
- M. Fouque, à Bordeaux. — Cet insigne peut être porté sur la scène.
- M. M. Prud'homme, à Paris. — Vous pourrez vous procurer ce traité, en vous Jffiressant à la Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob.
- M. C. Reynet, à Gap. — Remerciements pour votre communication; mais nous avons déjà donné ce procédé antérieurement.
- M. B. D ., à Paris. — Il existe plusieurs traités de teinture à la librairie Masson; vous y trouverez les renseignements que vous demandez.
- L’abonné 991, à Nantes. — 1° On ne peut atteindre un laps de temps aussi considérable. — 2° Une lampe de 7 à 8 bougies. — 5° De 8 à 10 volts. — 4“ Adressez-vous à M. Radiguet, 15, boule-
- 5° Bichromate de potasse ou de soude
- vard des Filles-du-Calvaire. et acide sulfurique.
- M. J. M., h X.— Non; rien de décidé encore à ce sujet.
- M. A. Journaux, à Rousies. — La photographie moderne, par Albert Londe. (G. Masson, éditeur.)
- M. R. C., à Paris. — Les formules qui ont été publiées pour la conservation des plantes sèches dans le n° 854, du 25 mai 1889, pourraient être essayées dans le cas qui vous occupe.
- M. R. Laviyne, à Oloron-Sainte-Marie. — II faut tendre un fil nu et employer des piles au bichromate avec un commutateur dans le circuit. Nous ne pouvons vous fixer absolument sur le nombre d’éléments; une expérience seule pourra vous l’apprendre.
- M. Th. Galland, à Chalon-sur-Saône. — Erreur; rien de semblable n’a été décrit dans La Nature.
- M. X. Y., à Lyon. — Voyez l’article Béliers hydrauliques dans le Dictionnaire des arts et manufactures.
- M. H. Capelet, à Paris. — 11 n’y a pas d’autre procédé que de feuilleter une à une les Boîtes aux lettres déjà parues. On se souvient aisément de l’idée générale des différents sujets qui ont été traités.
- M. L. Saynet, à Paris. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner; cet aéronaute n’est plus à Paris, à ce qui nous a été affirmé.
- M. C. L., à Paris. — 1“ M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard. — 2° Consultez l’article publié sur la pile du commandant Renard dans le n3 785, du 16 juin 1888. — 3° Adressez-vous à la librairie.
- M. J. Arnaud, à Toulon. — Il existe un grand nombre de machines à glace ; tout dépend du prix que vous voulez y consacrer. Dans notre 526e Boîte aux lettres (n° 834, du 25 mai 1889) nous avons indiqué les principales adresses où vous pourrez vous en procurer.
- M. le Dr Teissier, à Bernay. — Le Génie civil (6, rue de la Chaussée-d’Antin, à Paris) donne les documents officiels de l’Exposition. 11 y a aussi le Journal officiel de l'Exposition; adressez-vous à l’Administration de l’Exposition (avenue de La Bourdonnais).
- M. E. Piot, à Dijon. — Les traités sur les machines à vapeur renferment ces renseignements. (Librairie Dunod, quai des Augus-tins, à Paris.)
- M. Siegfried Zausmer, à Calais. — Nous ne connaissons pas de traité de ce genre.
- L'abonné 1000, au château de Baumefort. — 1° Pas d’autre procédé que de laver longtemps et à grande eau. — 2° Les substances colorantes de cette nature sont presque toutes toxiques, à un degré plus ou moins grand. — 3° Au lieu de matière colorante, vous pourriez employer de la sciure de bois légère qui serait entraînée par les eaux.
- QUESTIONS
- IY° 1282. — M. J. P., à Paris, demande le moyen de nettoyer les cuirs jaunes (cuirs de bride, selles, etc.) sans les durcir.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Fiches analytiques des périodiques. — Nous recevons la lettre suivante que nous publions, pensant qu’elle pourra être utile aux bibliothécaires et à ceux de nos lecteurs qui aiment à compulser des documents : (( Je viens de terminer un travail fort rade, mais bien attrayant et qui vous intéressera, j’en suis sur, le dépouillement complet de votre savante revue, La Nature, depuis le premier article jusqu’à la deuxième livraison de juin courant. Chaque sujet est indiqué par son idée essentielle sur une fiche libre de manière à pouvoir être classé alphabétiquement et être retrouvé à l’instant voulu. Ainsi je puis en deux minutes indiquer aux travailleurs tout ce que vous avez publié sur les chemins de fer, le papier, les piles, les ponts, les tunnels, les aérostats, les tremblements de terre, et mille autres points richement développés par vous et vos collaborateurs érudits. Je puis, sans tarder, renseigner le chercheur sur l’ingénieuse idée de la Bibliothèque de la Nature. Vos tables généralement bien faites, malgré certaines erreurs d’indication et les libellés trop condensés de certains sujets comme l’histoire de Y habitation, les Sciences anthropologiques à l’Exposilion, m’ont beaucoup servi et ont accélért considérablement ma besogne. J’ai souvent vu avec plaisir, parc» que j’ai employé le même procédé dans le dépouillement de plus d< vingt revues importantes, que vous signalez des articles par Y ad
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- emploie à cet effet invariablement le substantif sans avoir égarü à son manque de précision dans bien des cas. Beaucoup de nos visiteurs qui lisent habituellement La Nature, à qui j’ai montré mon travail, ont été émerveillés des richesses variées qu’elle renferme : autre chose est, en effet, de voir les choses en bloc et d’un seul coup d’œil, autre chose est de les voir en détail, au jour le jour ; dans le premier cas c’est de l’éblouissement, dans le second c’est le train ordinaire de la vie, peu émouvant ; l’Exposition de Paris éblouit parce que tous les rayonnements humains sont concentrés en un point unique. Ce que je viens de faire pour La Nature, je l’avais déjà fait pour vingt grandes revues, pour la Revue scientifique, la Revue bleue, la Nouvelle Revue, la Revue des Deux Mondes, le Correspondant, la Revue Suisse, le Tour du Monde, Y Illustration, etc. Toutes ces fiches mobiles se combinent alphabétiquement et présentent instantanément ce que les périodiques ont publié sur le même objet : ces études innombrables présentent un aspect imposant. Donc, pour le chercheur d’idées, économie de temps et suggestion d'idées, comme le disait dernièrement la Revue scientifique dans une note destinée à l’encouragement de ce catalogue idéologique qui compte actuellement 400 000 fiches dans lesquels entre La Nature pour environ 20 000. Je serais heureux, monsieur, si mon travail pouvait mériter votre haute approbation et si vous jugiez utile, pour fortifier le mouvement de l’esprit contemporain vers les Périodiques, ces livres sans fin, ces échos puissants de toute la pensée moderne, de consacrer dans un coin de La Nature quelques lignes qui feraient connaître à vos lecteurs les avantages de ce catalogue des Périodiques. Ne serait-il pas à désirer que ce catalogue se fasse non seulement à notre Bibliothèque royale de Bruxelles, mais dans tous les grands centres d’activité pensante, non pour quelques revues par-ci, par-là, mais pour toutes les revues du monde? Ce serait l’inventaire universel de tous les trésors de la science moderne. » F. Nizet, Attaché à la Bibliothèque royale de Bruxelles. Nous félicitons notre correspondant de son travail éminemment utile aux chercheurs. — M. Nizet a publié une brochure où il donne des considérations relatives à son système de catalogue.
- Récolte des plumes d’autruche. — On élève maintenant l’autruche dans le sud de l’Afrique et en Amérique. La première récolte, dans les établissements d’élevage américains, s’effectue dès que les animaux ont atteint l’âge d’un an, et on réitère ensuite l’opération tous les neuf mois. La queue et les ailes, les seules parties dépouillées, fournissent, suivant le sexe, des plumes blanches, grises, brunes ou noires, qui s’emploient sous leur couleur naturelle ou après avoir subi l’action de la teinture. La force des autruches et les terribles coups de pied qu’elles peuvent décocher par devant, font de l’enlèvement des plumes une opération assez dangereuse; aussi deux individus doivent-ils s’en charger en procédant de la façon suivante : dans un des angles de chaque parc à autruches on voit une sorte de guérite assez haute, ayant 1,50 rn environ de côté. Un des hommes entre dans la guérite, où il répand une poignée de grains sur le sol, l’autre reste à l’extérieur. Une autruche s’approche, allonge son long cou dans la guérite et se met à picorer le grain. L’homme resté dans l’enclos la pousse alors vivement, mais sans violence, vers l’intérieur, pendant que son compagnon, la saisissant par le cou, lui enfonce la tête dans une sorte de chausse en tissu épais, de sac long et étroit, fixé à la paroi faisant face à la porte. L’animal aveuglé ne cherche plus à se défendre et la récolte peut aussitôt commencer, mais les deux hommes ont soin de toujours se tenir derrière l’autruche, afin de ne pas s’exposer à la lame redoutable qui prolonge son orteil. Les plumes sont arrachées ou coupées. Chaque ade en fournit d’ordinaire vingt-cinq grandes et la queue une dizaine, sans compter un certain nombre de petites. Une espèce de mite qui vit sur les autruches attaquerait les plumes si on les emmagasinait immédiatement ; aussi les expose-t-on pendant deux ou trois jours aux rayons ardents du soleil, qui fait périr l’insecte. Les plumes des animaux élevés dans les autrucheries américaines sont généralement beaucoup plus belles et plus estimées que celles des autruches vivant en liberté. (Revue des sciences naturelles.)
- Congrès et conférences de l’Exposition. — Congrès international de la Protection des œuvres d’art et des monuments, du 24 au 29 juin. Les séances d’ouverture et de clôture auront lieu au Palais du Trocadéro : les autres séances, à l’Ecole des beaux-arts.
- — Congrès international des Habitations à bon marché les 26, 27 et 28 juin, au Cercle populaire (Esplanade des Invalides). — Congrès international de la Boulangerie, du 28 juin au 2 juillet, au Palais du Trocadéro. —Le mardi, 25 juin, à 10 heures un quart du matin, au Palais des enfants (Champ de Mars), conférence-visite par M. Regnard, ingénieur : Le travail des métaux.
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- méros de La Nature, un article de M. Ch. Joly sur le châtaignier de l’île de Madère et autres arbres colossaux. Nous avons en France, et notamment dans le canton de Salernes (Var), des phénomènes de cette nature. Je vous citerais un bouquet de chênes blancs dont le tronc mesure de 8 à 10 mètres de circonférence, des ormeaux, des , oliviers d’aussi forte épaisseur. Mais il existe, sur la place de l’Hôtel-de-Ville, à Salerne, un ormeau gigantesque datant de 1683 et mesurant 25 mètres de circonférence. Le tronc de cet arbre est creux et a été utilisé par un cordonnier qui y a installé son échoppe. Une porte I et une fenêtre ont été percées dans l’écorce de l’arbre et au-dessus de l’atelier se trouve un pigeonnier communiquant au dehors par plusieurs trous. Massot, à Montdevergues (Vaucluse). il
- BIBLIOGRAPHIE
- Le fusain sans maître. Traité pratique et complet sur l’étude du i paysajge au fusain, par Karl Robert. 1 vol. in-8°. Nouvelle édition ornée de 25 planches hors texte. Henri Laurens, éditeur. — Paris, 1889.
- Un grand nombre de personnes s’occupent de l’étude du paysage,mais bien peu réussissent. Cette étude est, en effet, des plus i délicates et demande l’attention la plus soutenue. M. Karl Robert, ! ui est un artiste consommé, vient de faire une nouvelle édition ’un traité très précieux. C’est l’artiste habitué à vaincre les difficultés qui parle dans ce livre et qui enseigne aux autres les moyens de les vaincre. Cette nouvelle édition est appelée à avoir le même succès que la précédente.
- Traité pratique du modelage et de la sculpture, par Karl Robert.
- 1 vol. in-8°. Henri Laurens, éditeur. — Paris, 1889.
- Comme le précédent, ce traité se recommande aux personnes désireuses de recueiUir les leçons d’un maître. M. Robert donne encore ici tous les détails nécessaires à une bonne exécution, et toutes les précautions à prendre pour obtenir de bons résultats.
- Introduction à l'étude de la chimie des anciens et du moyen âge, par M. Berthelot. 1 vol. in-8° avec planches, figures en photogravure. Georges Steinheil, éditeur. — Paris, 1889.
- L'Esthétique du mouvement, par P. Souriaü. 1 vol. in-8° de la Bibliothèque de philosophie contemporaine. Félix Alcan, éditeur.
- — Paris, 1889.
- La philosophie de Gassendi, par Félix Thomas. 1 vol. in-8”. Félix Alcan, éditeur. — Paris, 1889.
- Traité encyclopédique de photographie, par Ch. Fabre. 1 vol. grand in-8°, tome Ier. Matériel photographique. Gauthier-Villars, éditeur. — Paris, 1889.
- Détermination des éléments magnétiques dans le bassin occidental de la Méditerranée, ouvrage accompagné de cartes magnétiques, par M. Th. Moureaux. 1 brochure grand in-4°. Gauthier-Villars, éditeur. — Paris, 1889.
- Dictionnaire de botanique, par M. H. Bâillon. 1 brochure grand in-4°, 24° fascicule. Hachette, éditeur. — Paris, 1889.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Nettoyage des fûts,
- Voici une recette pour détruire la moisissure qui infecte profondément les bois de futailles, le goût d’évent, l’odeur de lie putréfiée, etc. Il faut verser par l’ouverture de la bonde du tonneau les quantités suivantes pour un tonneau de 1200 litres: sel de cuisine,
- 200 grammes ; peroxyde de manganèse en poudre, 200 grammes ; acide sulfurique concentré, 200 grammes; 6 litres d’eau bouillante.
- Une fois ce mélange fait, et qui produit du chlore, on assujettit la bonde, on agite un peu le fût, puis on le laisse en repos pendant trois ou quatre heures. On ouvre alors la bonde et l’on rince à grande eau, à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu’elle ressorte bien claire et sans odeur. Si le fût est ou plus petit ou plus grand, on diminue ou on augmente proportionnellement la quantité des matières employées. *
- La Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères au service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser i l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rne de Flenrus.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- Où
- duuuiü i ni luuim/nuuuuiyuu uu un imitinu
- d’après les observations de m. renoü (parc de saint-màur, altitude': 49 M. 30)
- Juin 1889. — Semaine du lundi 10 au dimanche 16 Juin.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de RK. Rédier. — Thermomètre è l’abri, k boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. LE 13, A 2 H. 7 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après le bulletin international du bureau central MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLÜIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 juin . 16°,2 S. 5 Couvert. 2,4 Couv. de 7 h. à midi, nuag. av. et ap., pluie a 8 h. 40 et à midi, atm. tr. claire l’après-midi.
- Mardi 11 15*,7 S. W. 1 Beau. 1,3 Très p. nuag. halo, atm. tr. claire l’après-midi.
- Mercredi 12. . . .... 16",1 N. N. E. 2 Beau. » P. nuag., couv apr. 21 h., halo.
- Jeudi 13 15",8 N. 2 Couvert. » Tr. nuag., pluie de minuit à 6 h. T. p. av. 4 à 6 h., ciel et atm. trouble toute la journée.
- Vendredi 14 13%0 N. W. 2 Nuageux. 5,0 Nuag. horizon très brumeux.
- Samedi 15. 16",5 W. S. W. 2 Couvert. » Tr. nuag. atm. claire le matin, tr. claire le soir, halo et arc circumzénithal.
- Dimanche 16 16",0 N. N. W. 2 Couvert. » Tr. nuag quelq. coups de tonnerre à 21 h. av. averse.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- ' Les orages ea France et à. l’étranger. — La foudre est tombée a plusieurs endroits pendant le fort orage qui s’est abattu sur Paris le 9 juin lernier.
- D’abord rue de Prony, 105, dans la propriété de M. Vaillant où un mur a été été à bas. Un petit bâtiment élevé au pied de ce mur a été détruit par les ravois dont il a été couvert. Quelques instants plus tard, la foudre est tombée venue de Châtillon et a produit dans la chaussée une excavation profonde qui e prolonge jusqu’aux catacombes.
- De terribles orages mêlés de grêle ont éclaté dans la Haute-Garonne à la date ail juin. Les communes de Montesquieu, de Volvestre, de Muret, et les oteaux du Lauraguais ont été très éprouvés, ainsi que le canton de Frontan t les communes de Saint-Jory, Saint-Sauveur et Cépet. Les récoltes sont .per-ues, et les terres partout ravinées.
- A la même date, un orage épouvantable a éclaté sur la ville de Bourg. La foudre est tombée sur la célèbre église de Brou, qui est, comme l’on sait, l’une des merveilles historiques de la France.
- Le 11 juin également, un ouragan d’une violence extx-ême a ravagé une étendue de 10 kilomètres de long sur 5 de large, à Aumale (Algérie), 6 hectares de vignes sont entièrement détruits. Celte contrée était déjà très éprouvée en ce moment par les ravages des criquets.
- Un orage épouvantable s’est aussi déchaîné le 12 juin sur Nîmes et dans les plaines environnantes. Toute la journée, il avait plu abondamment. Le soir, il tomba des grêlons mêlés à la pluie. Vers minuit, l’orage se transforma en un véritable cyclone.
- Enfin des nouvelles reçues de Madrid à la date du 9 juin nous apprennent que cette ville a essuyé de véritables trombes d’eau. Un grand nombre de personnes ont été blessées par les grêlons qui formaient sur l’arène de la place de Los Toros une couche de plus d’un pied d’épaisseur. A New-York, la cathédrale Saint-Jacques, à Brooklyn, a été détruite par la foudre.
- TEMPÉRATURE
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- L”ZL) 531e BOITE AUX LETTRES (
- SAMEDI \
- 29 juin 1889 J
- Lw lettres et communications relatives à la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à K. Gaston TISSANDIBR
- 19, avenue de l’Opéra, * Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’au» lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le bougeoir à pétrole île M. Chandor, dont plusieurs de nos lecteurs nous demandent encore l’adresse, est en vente chez MM. Desmarais frères, 29, rue de Londres, à Paris.
- M. A. Labastille, aux Cayes (Haïti), à propos de la plante-boussole dont nous avons parlé dans la Chronique météorologique du n° 826, nous écrit qu’il existe à Haïti un arbre, le Bois de fer (Side-roxylum americanum, Pluck), dont les feuilles jouissent des mêmes propriétés et sont de plus hygrométriques. Les feuilles du Bois de fer tournent sur elles-mêmes ou sur leur pédoncule propre, pouvant se trouver alors les unes au-dessus des autres en différents plans. Quand le temps est couvert, la direction des feuilles, pendant le jour, est horizontale; elles se ploient,avec le soleil, en forme de gouttière; et, si la chaleur est très forte, les extrémités inférieures des feuilles se ferment entièrement. A mesure que la chaleur diminue, les folioles s’abaissent peu à peu jusqu’à ce que leur surface redevienne plane. Pendant la nuit ou à la rosée, les folioles se renversent et se rapprochent en sens contraire.
- M. Kupfferschlaeger, à Liège, à propos du procédé pour le nettoyage des fûts que nous avons signalé dans le numéro du 22 juin, nous fait observer qu’il serait plus simple d’employer une solution de chlorure de chaux et d’ajouter un peu de vinaigre que d’introduire dans les fûts le mélange indiqué pour produire le chlore.
- IU?i abonné de La Nature, nous écrit à propos de la grande pyramide du Mexique dont il était question dans une de nos précédentes Boîtes aux lettres, et nous rappelle qu’il a été question, sous toutes réserves, de la découverte de ce monument, dans le n° du 19 janvier 1881. Un de nos correspondants, M. J. D., électricien à
- !" Romainville, nous affirme que, d’après un Mexicain de ses amis, ce monument n’existe pas.
- M. G. Sédition, à Paris. — L’Exposition de photographie se trouve dans le Palais des arts libéraux (l<’r étage).
- 1 M. A. Wolti, à Strasbourg. — 1° L’adresse est donnée en tète de * la présente Boîte aux lettres. — 2° Nous n’avons vu cette description
- 1 nulle part. — 3° Traité théorique et pratique des moteurs à gaz, par A. Witz. (Librairie Michelet, quai des Grands-Augustins, à Paris.)
- J M. H. Claine, à Mazatlan. — Il n’existe pas en français de traité , analogue; vous ne trouverez que des manuels de télégraphie.
- M. Buelle, à Paris. — Consultez le Guide du fabricant d’alcools . et du distillateur, par Basset, ou le Traité de la fabrication des * liqueurs et de la distillation des alcools, par Duplais. (Librairie * E. Lacroix.)
- M. B. F. G., à Paris. — Les ressorts ont une puissance très f limitée ; on ne saurait les utiliser pour une application de ce genre.
- M. D. L. de G., à Lisbonne. — Adressez-vous au Ministère de . l’agriculture, à Paris.
- M. A. B., à Nîmes. — 1° Oui. — 2° Cet enroulement présente toujours cette forme.
- M. M. Rémond, à Paris. — 1° Vous trouverez ces renseignements chez M. E. Deyrolle, naturaliste, 46, rue du Bac. — 2° Nous avons j indiqué un liquide de ce genre dans les Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. Rigam, à Bruxelles. — Non ; il faut une permission pour pho-, tographier dans Paris. S’adresser à la préfecture de police, ou au directeur des travaux, à l’Hôtel-de-Ville.
- M. L. Tissier, à Paris. —Vous pouvez employer le chlorure de I zinc, ou le chlorhydrate d’ammoniaque.
- j Un abonné, à Avignon. — 11 est nécessaire, pour bien former un j accumulateur, d’alterner le sens des charges, ensuite de faire des I décharges et recommencer souvent.
- 1 M. A: Nobécourt, à Asnières. — Vous pourrez vous procurer de I l’acide carbonique liquide chez les fournisseurs de produits chimiques pour laboratoires.
- Un abonné, à Tours. — 11 nous est impossible, à notre regret, de
- vous renseigner.
- M. $. L., à Paris. — Consultez les traités de chimie, à l’article des oxydes métalliques; vous y trouverez les principales propriétés de chaque oxyde.
- Une lectrice, à Paris. — Nous regrettons de ne pas connaître de procédé à vous indiquer.
- M. J. U. B., à Marseille. — Oui; ces appareils de météorologie sont exposés à l’air, mais sous abri. Voyez la description des instruments de météorologie publiée dans La Nature. (Table des matières des dix premières années.)
- M. H. Roussy, à Saint-Julien-de-la-Nef. — Nous ne pouvons vous répondre sans avoir de plus amples renseignements sur votre moteur.
- M. E. Daguin, à Bayonne. — Cette expérience est intéressante ; mais elle a déjà été faite, au moins, à notre connaissance.
- Un abonné, à Anvers. — II faut disposer l’anémomètre dans un endroit élevé dépassant autant que possible les obstacles environnants.
- M. Hélie, à Aix. — Le travail de M. le Dr M. Legrand sur la goutte constitue une brochure in-8° qui est en vente au bureau des publications du Journal de médecine, 35, boulevard Haussmann, à Paris.
- M. G. Weil, à Paris. — 1° Pas de recette à vous indiquer. — 2° Il est prudent de recouvrir le châssis d’un voile noir. — 3° Pas encore.
- Un abonné des Landes. — 1° C’est évidemment une cause, mais elle n’est pas la seule; on ne saurait éviter la polarisation avec ces piles. — 2° Oui; les piles sèches peuvent convenir pour un service intermittent. — 3° Beaucoup. — 4* Placer le mercure dans une assiette, de l’eau acidulée sulfurique par-dessus, et tremper le zinc.
- Mraa Tourreil, à Paris. — Nous regrettons de n’avoir pas d’autres renseignements à vous donner.
- M. G. Lefebvre, à Paris. — Il existe à la librairie Dunod plusieurs traités généraux sur les chutes d’eau; la librairie Bernard, quai des Augustins, édite également sur le même sujet des traités complets. (Hydraulique appliquée : chutes d’eau, roues à augets, à aubes, turbines, etc.)
- M. W., à X. (Haut-Rhin). — Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles indiqué plus haut.
- M. A. Carré, à Saint-Etienne. — Vous trouverez des recettes pour le bronzage des métaux dans le livre ci-dessus indiqué.
- M. E. P., à Vanves. — Vous trouverez diverses compositions de ciments, enduits, pour boucher les fentes des parquets dans le même petit livre.
- MUe M. Belèze, à Montfort-l’Amaury. — Remerciements pour votre communication.
- Un abonné, à la Roche-sur-Yon. — Malgré tout notre désir de vous être agréable, nous ne saurions répondre à cette question.
- M. le Dr Ferciot, à Beaucourt. — Consultez les traités de viticulture qui se trouvent à la Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. P. Devaux, à Roubaix. — Adressez-vous au secrétariat de la Faculté de médecine.
- M. C. J., à Arras. — 1° Cette composition nous est inconnue. — 2° Oui ; on verse l’acide oxalique sur l’oxalate ferreux peu à peu et en agitant.
- M. E. S., à Londres. — 1° Un acide quelconque conviendrait. — 2° Mettez un parafoudre sur la ligne; voyez la description dans les traités de physique.
- M. A. Duveau, à Rouen. — Nous avons reçu votre brochure; le sujet nous paraît un peu trop spécial pour le journal; agréez nos remerciements.
- M. E. F., à S. — Voyez les traités de pêche, notamment l’Ami du pêcheur. (G. Masson, éditeur.)
- M. E. Ben Aouda, à Toulon. — 1° M. A. Chevalier, ingénieur-opticien, 158, galerie de Valois, Palais-Royal. — 2° Ce phénomène n’a pas été beaucoup étudié jusqu’ici.
- QUESTIONS
- N° 1283. — M. L. Bruandet, à Bourges, demande où il pourrait trouver un procédé industriel pour dégraisser le cuir tanné sans le détériorer.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Formation d’alliages.
- D’après Hallock, lorsqu’on chauffe longtemps à 100° : 1 partie de cadmium, 1 partie d’étain, 2 parties de plomb et 4 parties de bismuth enfuie limaille et bien mélangées, on obtient l’alliage connu de Wood
- Si l’on place de l’étain sur un morceau de plomb bien limé et si l’on chauffe de 190° à 200°, les deux métaux fondent ensemble.
- On peut donc former un alliage avec les matières intégrantes constitutives, sans pression notable, en les soumettant à l’action d’une température supérieure au point de fusion de l’alliage : elle peut en même temps être bien inférieure à la température de fusion du métal le plus fusible entrant dans sa composition.
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- Dressé à l'Observatoire de Paris d’après les publications du Bureau des Longitudes
- f
- POSITION DES PLANETES PRINCIPALES
- JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1889
- Cocher
- Persée
- NEPTUNE
- Lion \
- /?c LJmL
- Po ssons
- Petit Chien
- Baleine
- Lièvre
- Grarid /Chien
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- JL Sept.
- Passage au méridien
- Dauphin
- Poissons
- M1 iucus
- Verseai
- JRANUS
- Antinoüft
- lOct,
- Capricorne
- Poisson Austral
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- Eclipse partielle de Lune, le 12 juillet 1889, en partie visible à Paris
- Entrée de la Lune dans la pénombre, 12 juillet......... 6 h. 14 m, 7
- Entrée dans l’ombre.................................... 7 Ji. 52 m, 4
- Milieu de l’éclipse. 9 h. 3 m, 3
- Sortie de l’ombre........................T...........10 h. 11 m, 1
- Sortie de la pénombre.................................11 h. 21 m, 8
- Grandeur de l’éclipse=0,480, le diamètre de la Lune étant un.
- Lever de la Lune à Paris, le 12 juillet, à 8 h. 0 m.
- Eclipses des Satellites de Jupiter.
- 1889.
- Juillet 10. Août 15. — 22.
- 1889.
- Sept.
- TROISIEME SATELLITE. Immersion.
- »
- »
- 9 h. 53 m. 23 s.
- QUATRIÈME SATELLITE. Immersion.
- 8 h. 38 m. 37 s.
- Emersions.
- 12 h. 44 m. 49 s. 8 h. 46 m. 38 s.
- Emersion.
- Occultations des planètes et des Etoiles par la Lune, visibles à Paris.
- PREMIER SATELLITE 1889. Nom de l’astre. Grandeur. Immersion. Emersion.
- 1889. Immersion. Emersions. Juillet 6. 80 Vierge. 6 8 h. 20 m, 9 9 h. 26 m, 6
- juillet 6. » 13 h. 3 m. 33 s. — H. 6343 B. A. C. 6 11 h. 55 m, 1 12 h. 51 m, 8
- — 15. » 9 li. 26 m. 53 s. — 13. 17 Capricorne. 6 10 h. 19 m, 4 10 h. 53 m, 0
- — 22. » 11 h. 21 m. 37 ». Août 7. Jupiter. 7 h. 17 m, 0 8 h. 12 m, 1
- Août 7. » 9 h. 39 m. 59 s. — 7. 6161 B. A. C 5-6 12 h. 33 m, 0 ippalse 1 K',t ta bord.
- — 23. » 7 h. 58 m. 40 s. — 13. 33 Poissons. 5 9 h. 16 m, 7 10 h. 4 m, 2
- Sept. 15. e 8 h. 12 m. 31 s. — 13. 17 B. A. C. 6 11 h. 52 m, 7 13 h. 4 m, 1
- DEUXIÈME SATELLITE. — 16. 830 B. A. C. 6 16 li. 51 m, 1 ippalse i 4’,t dabord.
- 1889. Immersion. Emersions. — 18. 7813 Lal. 6 12 h. 10 m, 0 12 h. 51 m, 5
- Juillet 2. » 12 h. 32 m. 33 s. — 19. l Taureau. 5-6 15 h. 45’ m, 8 Ippolse à t’,i il btri.
- — 27. » 9 h. 39 m. 12 s. . — 23. ri Ecrevisse. 6 14 h. 59 m, 6 15 h. 39 m, 6
- Août, 28. » 9 h. 27 m. 4 ». Sept. 16. Ç Taureau. 3 13 h. 4 m, 3 13 h. 36 m, 4
- «snl «0 . ... , a..... . ft kJ59.li»- 20 s. — 18. S Gémeaux. 3-4 13 h. 14 m, 1 ippalse i l’,I du berd.
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- LïT tiULLETlIN MtiiHiUtlULUUlUUü Uû LA ilAïuru*
- d’après les observations de m. renoü (parc de saint-maur, altitude : 49 M. 30)
- Juin 1889. — Semaine du lundi 17 au dimanche 23 Juin.
- Le courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent.
- laromUrc caraflstrenr de M. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et h boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. LE 20, A 7 H. M M. DU MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 16*,4 N. E. 5 Beau. 0,0 Peu nuag. de 15 h. à 19 b. qq. nuag. av, et apr.
- JLiUnai II juiu. • • • * • • Ifaivli Ift . 14*,6 N. E. 3 P. Nuageux. 0,0 Peu nuag. le m., tr. nuag. le s.
- 17”,0 N. E. 2 Beau. 0,0 Peu nuag., éclairs du S. au S. W. à 2J-23 h.
- 18*,7 N. E. 2 Beau. 0,0 Peu nuag., le s. tonnerre au S. de 18 h. 1/2 à 22 h., Pluie de 19 h. 23 » 50 m. Peu nuag. le m., nuag. le s., éclairs à l’E. S. E. à 22 h.
- 18*,5 N. E. 2 Beau. 2,1
- 17*,3 N. N. W. 2 Beau. 0,0 » 1» »
- nimn'in/'hp 9^ . . . . . . < 12* ,6 N. 4 Nuageux. 0,0 Nuag. jusqu’à 9 h., quelq. nuag. ensuite.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Une quantité de ulule extraordinaire. — Un de vos correspondants signalait dans une précédente livraison, un cas de pluie remarquable par la quantité d'eau tombée. J en ai constaté un plus curieux encore le 27 mai dernier, ou le plu-viomètre-enregislreur de mon observatoire a accusé 27 millimètres d’eau tombée en une heure d’orage diurne (de 4 à 5 heures). C’est plus que la moyenne d’un mois entier ici. Courtois, à Laon.
- lies orages eu France. — Les orages ont été très nombreux en France pendant la semaine qui vient de s’écouler.
- Daus la soirée de mercredi 19 juin, un orage d’une violence extraordinaire » éclaté sur Bar-le-Duc et les environs. Un ruisseau, presque toujours à sec, le Naveton, a grossi dans des proportions extraordinaires et envahi une partie de la ville, qui, en quelques minutes, s’est trouvée sous une couche d’eau de 30 centimètres à 1 mètre. Les environs de Bar et particulièrement la commune
- de Naives ont beaucoup souffert. Ce village a été comme enseveli sous des torrents de boue.
- Le 19 juin également, à Salles, dans le canton de Belin, près Bordeaux, un orage a éclaté et la foudre est tombée au lieu dit le Perrin. Dans une prairie, deux femmes, la mère et la fille, qui étaient en train de faner, ont été foudroyées et sont mortes sur le coup. Un arbre, qui se trouvait à 20 mètres d’elles, n’a pas été touché.
- A la même date, uu orage a sévi dans la région de Nogent-le-Rotrou. Les eaux ont envahi la ligne du chemin de fer sur plusieurs points et la circulation a été interrompue entre les gares de Bretoncelles, Condé, Nogent et le Theil.
- Dans la nuit du 19 au 20 juin, un véritable cyclone s’est abattu sur les Martigues (Bouches-du-Rhône)' et sur i’élang de Berre. L’ouragan soulevait des vagues énormes. De grands platanes ont été coupés au ras du sol sur la route d’Istres. La campagne est dévastée sur certains points et un grand nombre de cheminées ont été enlevées par le vent.
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- LA NATURE/
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- 532e BOITE AUX LETTRES (>mm )
- ai lettres et communications relatives & la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à H. Gaston TISSANDIER
- 19, avenue de l'Opéra, à Paris.
- RITES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) BOIVENT ÊTRE ADRESSÉES
- A LA LIBRAIRIE JfASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui mcerne la montre mystérieuse, s’adresser à M. Sehwob, 19, bou-vard Bonne-Nouvelle, à Paris.
- M. Leblon, à Paris, à propos de la communication de M. Chibout-i lambard, relativement à la production d’électricité par vapeur sèche [v je nous avons publiée dernièrement, nous écrit qu’il a construit je machine, actuellement exposée dans le Palais des machines, qui uj (oduit de l’électricité avec la vapeur sèche comme avec la vapeur ^ mnide.
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- M. A. Labrosse, à Brada. — Nous ne croyons pas que cette expé-lienee soit exacte.
- M. P. G. (Ardennes). — Non, il faut un matériel nouveau.
- M. H. Fourgous, à Clermont-Ferrand. — On peut empêcher les (preuves de photographie de gondoler quand elles sont collées sur Iristol. en collant de l’autre côté un papier positif.
- M. P. B., à Paris. — Consultez les traités de micrographie à la brairie G. Masson ou à la librairie Gauthier-Villars.
- M. Goidtsnovez, au château d’Aische. — Il a été question du mnetonnage à plusieurs reprises, dans le corps du journal et dans Boîte aux lettres; voyez les numéros précédents; nous n’avons ; ss d’autres renseignements.
- M. J. Gibet, à Smyrne. — 1° Nous pensons que ces appareils ne f fabriquent plus. — 2° Les indications ne sont pas très exactes.
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- M. C. Rossignol, à Cahors. — Votre observation est fort juste; il en sera tenu compte dans un erratum, à la fin du volume.
- MUo M. Belèze, à Montfort-l’Amaury. — Nous publierons prochainement un article au sujet des procédés employés dans l’extrême Orient pour déformer les végétaux. Remerciements.
- M. H. Evandeveld, à Gand. — Voyez notre notice su£ les Fleurs sèches, n° 815, du 12 janvier 1889, p. 105; nous avons aussi indiqué des moyens de conserver les fleurs fraîches dans h Science pratique. (G. Masson, éditeur.)
- M. L. V., à Bruxelles. — Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (Même librairie.)
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- Un abonné, à Paris. — Vous pourriez consulter la collection du Journal de l’agriculture, des Annales agronomiques (G. Masson, éditeur), ainsi que plusieurs autres traités spéciaux agricoles. (Librairie agricole de la maison rustique indiquée plus haut.)
- M. E. Fergeau, à Paris. — 1" Aucune différence. — 2° Oui.
- M. Genevée, au Havre. — Ces notions ne sont pas exactes; il faut distinguer la densité, le poids spécifique et les conditions d’équilibre des corps.
- M. B. de F., à Chaintré. — line distillation fractionnée et répétée plusieurs fois peut seule faire disparaître ces huiles ou essences empy reumatiques.
- M. P. B., à Angers. — Il faudrait pouvoir examiner vos produits de développement pour vous répondre. Sont-ils purs et de bonne qualité ?
- M. C. Longuet, à Châlons-sur-Marne. — 1° Nous croyons que cet ouvrage n’est plus édité. — 2° Les plus importants de ces appareils et machines seront décrits.
- M. L. Grelle, à Yesoul. — Cette question n’a rien de scientifique; nous ne saurions vous renseigner.
- M. P. Genet, à Paris. — 11 n’a été fait jusqu’ici que des expériences; la fabrication n’est pas encore montée industriellement.
- M. Q. L., à Saint-André-lès-Lille. — Ajoutez une dissolution d’alun à votre encre; elle restera claire.
- RÉPONSES
- Réponse au n° 1282. — Le meilleur moyen de nettoyer les cuirs jaunes sans les durcir consiste à faire un mélangé de 9 parties d’eau de-vie ou alcool et de 1 partie de glycérine, à laver avec une brosse à ongles les cuirs tachés ou courroies, avec ce mélange, puis à saupoudrer les cuirs avec de la terre de Sommière, laisser sécher et
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- essuyer avec un linge fin. (Communiqué par M. E. Pavèze, à Chambéry.)
- Réponse au n° 1285. — M. A. Dauphin, pharmacien, à Mailly (Somme) et MM. Brïllié et Dupré, 11, rue Jacques-Cœur, à Paris, nous font savoir qu’ils "ont des produits et des procédés spéciaux pour dégraisser le cuir tanné.
- BIBLIOGRAPHIE
- Notice historique sur les divers modes de transport par mer, par M. G. Tbognedx. I vol. in-8° avec illustrations de H. Derenaucourt. E. Plon, Nourrit et C'% éditeurs. — Paris, 1889.
- « U est curieux, comme le dit M. G. Trogneux dans la préface •'de son ouvrage, pour ceux qui s’intéressent aux choses de la mer, de voir -comment, en partant du radeau des Phéniciens ou de l’arbre creux des Indiens, les différents peuples sont arrivés à créer les magnifiques navires que l’on admire de nos jours. Les étapes successives qui ont été parcourues sont elles-mêmes pleines d’enseignements. » Tel est, en peu de mots, le programme que s’était tracé M. G. Trogneux, et il l’a rempli exactement en donnant les détails les plus intéressants sur les diverses inventions dans l’art naval. La vérité historique est scrupuleusement respectée et rien n’a été sacrifié à la vérité scientifique. Cet ouvrage, très bien illustré, sera lu avec un grand intérêt.
- Traité général de photographie, suivi d’un chapitre spécial sur le gélatino-bromure d’argent, par D. V. Monckiioven. 1 vol. in-8° •avec planches et figures intercalées dans le texte. Huitième édition. G. Masson, éditeur. — Paris, 1889. Prix : 16 francs.
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- Le Congo français du Gabon à Brazzaville, par Léon Guiral. 1 vol. iri-18 orné de gravures et d’une carte, avec une préface par M. J. Künckel d’Herculais. E. Plon, Nourrit et C‘% éditeurs. — Paris, 1889.
- Tables trigonométriques centésimales précédées des logarithmes des nombres de 1 h 10 000, par J. L. Sanguet. 1 vol. in-16, édition stéréotype. Gautliier-Villars, éditeur. — Paris, 1889,
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- COMMUNICATIONS DIVERSES
- L’Association française pour l’avancement des sciences. — Le'18° Congrès de VAssociation française pour Vavancement des sciences se tiendra à Paris, à l’Ecole des ponts et chaussées, du-8 au 14'août, sous la présidence de M. de Lacaze-Duthiers, K membre de l’Institut. Cette session comprendra des séances de sections, des visites industrielles et des excursions dans les environs de Paris: L’Association distribue chaque année des subventions : pour des recherches ou expériences scientifiques. Une somme do ;
- 18 000 francs a été votée cette année par le Conseil et le total des1 subventions distribuées à ce jour s’élève à la somme de 192 000 fr. j Pour tous les renseignements, s’adresser au Secrétariat, 28, rue Serpente, à Paris. . ‘ '
- Congrès et Conférences de l’Exposition. — Du 8 au!
- 12 juillet. Congrès international de VEnseignement technique commercial et industriel au Conservatoire dès arts et métiers. Séance d’ouverture du 8 juillet. — Du 11 au 13 juillet. Congrès international des cercles populaires, au Cercle populaire (Esplanade des Invalides. Séance d’ouverture le 11 juillet à 2 heures. — Le 11 juillet, à 4 heures et demie, Conférence au Cercle populaire par M. Hodgson Pratt : Les cercles populaires. — Du 12 au 18 juillet, Congrès international des œuvres èt institutions féminines, à la Mairie du sixième arrondissement (place Saint-Sulpice).; Séance d’ouverture le 12 juillet à 5 heures.— Le 12 juillet* à 4 heures. Conférence au Palais du Trocadéro, par M. Ginette de Rochemart : Les ports maritimes : le Havre.
- Le canon de Itange de l’Exposition universelle. —• On
- peut voir en ce moment à l’Exposition le canon de 520 millimètres à frettage biconique système de Bange breveté s. g. d. g. construit par la Société anonyme des anciens établissements Cail et essayé au champ de tir de la Commission d’expérience de Calais les 7, 8, et 9 mai 1889. Voici quelques données intéressantes sur ce canon : la longueur de la bouche à feu est de 12,500 m; le poids total de 47 tonnes; le poids du projectile, de 400 kilogrammes; la vitesse initiale mesurée au chronographe a été trouvée de 650 mètres par seconde; la vitesse restante i 1500 mètres, de 590 mètres par seconde; la portée mesurée sous l’angle de 10°, est de 9500 mètres; la portée maxima sous l’angle de 30°, de 19 000 mètres ; l’épaisseur de la plaque en fer traversée par le projectile à sa sortie du canon est de 90 centimètres; l’épaisseur de la plaque en fer traversée à la distance de 1500 mètres est de 75 centimètres; l’épaisseur de la plaque en acier la plus résistante traversée par le projectile à la sortie du canon n’est pas inférieure à 60 centimètres, et à la distance de 1500 mètres, de 50 centimètres. La force vive du projectile à sa! sortie du canon, est de 8622 tonnes-mètres; la hauteur à laquelle cette force vive pourrait soulever la bouche à feu atteint 183 mètres.
- Monographies récréatives. Ce qu’on peut faite avec les œufs. Collection complète des expériences faciles et amusantes, par le professeur Abel Cépak. 1 vol. in-18. J. Michelet, éditeur. — Paris, 1889. Prix, 2 francs.
- Quelques lettres sur Vapiculture, par le baron A. de Dietricii. De la construction d’un rucher, études et notes sur l’apiculture à l’Exposition de 1878. 1 brochure in-12. Fischbachér, éditeur. —-Paris, 1889.
- Du classement des etablissements hospitaliers, par le IP Drouineaiv
- 1 brochure in-12. G. Masson, éditeur. — Paris, 1889. Prix.
- 2 fr. 50.
- Le service du prompt secours. Théories hospitalières, par M. Louis Gallet. 1 brochure in-8° avec devis et plans dressés par M. H. Mathieu. architecte. G. Steinheil, éditeur. — Paris, 1889. Prix,
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- Hygiène de la vue. Des vues courtes, longues et faibles. Des lunettes, des conserves, par M. le Dr A. Changarnier. .1 petite brochure in-18. G. Masson, éditeur. — Paris, 1889.
- The fishery industries of the United States, par G. Brown Goode.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Nouveau procédé pour la trempe de l’acier.
- On a signalé dernièrement un nouveau procédé j»our la trempe* de, l’acier qui donne, paraît-il, d’excellents résultats. Certains alliages de plomb et d’étain, dont on connaît le point de fusion précis, sont parliculièremenkjH'opres à communiquer aux objets en acier qu’on y plonge, le degré voulu de dureté, sans offrir le danger de dépasser la température correspondante. Pour la dureté du verre, convenable pour instruments de chirurgie, 1,75 partie de plomb et 1 d’étain; pour la dureté spéciale requise pour couteaux, burins, 2 parties del plomb et 1 d’étain; pour la dureté prononcée, convenable pour ciseaux, scalpels, etc., etc., 5,50 parties de plomb et 1 d’étain; pnurj la dureté ordinaire, pour rabots, haches, etc., 4,60 parties de plomb et 1 d’étain; pour la dureté inférieure, pour couteaux de table, gouges, 8,50 parties de plomb et 1 d’étain; pour la dureté médiocre, pour petits ressorts, sabres, etc., 12 parties de plomb et 1 d’étain; pour peu de dureté, pour scies fines, 55 parties de plomb et 1 d’é-i tain ; pour objets mi-doux, tels que scies grossières et grands ressorts, I partie de plomb et 1 d’étain.
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- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- PRESSION BAROMÉTRIQUE
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- BDLLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- d’après les observations de m. renoü (parc de saint-maor, altitude : 49 M. 30)
- Juin 1889. — Semaine dn lundi 24 au dimanche 30 Juin.
- et
- LUNDI I MARDI I MERCREDI I JEUDI 1 VENDREDI I SAMEDI I DIMANCHE 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 0MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de M. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est raméné à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. LE 28, A 9 H. O M. DU MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES OU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 24 juin. ...... 15*, 2 N. 1 Beau. 0,0 Nuageux; atm. brumeuse.
- Mardi 25. . 15“,9 N. N. E. 2 Beau. 0,0 Quèlqùcs nuages le ni , p. nuag. le soir. atm. claire.
- Mercredi 26. . . . . . 17*,6 N. 2 Beau. 0,0 Peu nuag. tonnerre et pluie de 1(3 li. 14 à 17 b.
- Jeudi 27 18*,1 Calme. Couvert. 0,8 Très nudg., pluie le mat., liom.'brumeux.
- Vendredi 28 15*,8 N. 2 Nuageux’. 1,4 * Nuageux, orage au S. de 11 h. 17 m. à 46 m.
- Samedi 29. 16“,6 N. 2 P. Nuageux. 0,2 Peu nuag., atm. brumeuse et-ciel terne. ui
- Dimanche 30 .16*,8 W. 4 Beau. 0,3 Nuag. de 16 h. à 24 h., beau avant et après.
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE,
- Les orages ont continué à sévir dans un grand nombre de
- Les orages-
- localités.
- A Guéret (Creuse), le 21 juin, un orage très violent a produit une grave s- catastrophe dans la commune de Saint-Plantaire. Six personnes étaient occupées à biner des pommes de lerre, lorsque le tonnerre tomba sur elles ; quatre furent tuées sur le coup, et les deux autres ont été frappées de paralysie.
- Un orage a éclaté également, le 27 juin, sur Chàteaubriant. La foudre est j lombée près de la gare sur un poteau télégraphique; le fil a été tordu jusqu’au ' Bureau de poste. Une maison située dans un faubourg de Nantes a été également frappée.
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- Observation dune trombe. — M. F. Tard y a présenté récemment à la Société météorologique quelques intéressants détails sur la trombe du diman-
- che 30 septembre 1888, de la Forest à Vergougiat, près Coligny (Ain), Un nuage bas s’est prolongé eu siphon d’abord l'art mince (10 à 13 centimètres de diamètre) qui s’est augmenté progressivement jusqu’à atteindre 1,50 m environ. La direction de la trajectoire c.-t N 80“ E, de lu Forest '(commune, de SItirbo/.) jusqu’auprès de Coligny; là, au pied d’un escarpement, elle s’infléchit' en suivant une sorte de ravin, en remontant un peu vers le N , et c’est là qu’ellé produisit les plus grands dégâts. Arrivée au haut de l’escarpement., à l’altitude d’environ S0D mètres, 250 mètres au-dessus de la plaine, on n'en retrouve plus de traces. Le sens de la rotation es! parfaitement accusé par la façon dpnt Je phénomène a couché le maïs des champs qu’il a traversés; il est dirigé de droite à gauche; de plus, il y a une composante centripète très marquée; au (entre des champs, le maïs se trouve rassemblé en forme de faisceau ; on a remarqué en un point un second phénomène issu du premier, de moindre intensité,-mais ayant les mêmes caractères généraux; seulement le mouvement de rotation était de sens inverse. L’eau d’une petite rivière, le Solnau, a été enlevée, nVec de la vase, à 0 mètres environ et projetée au dehors : ces faits ten !ent à prouver, outre le mouvement circulaire, un mouvement centripète et un mouvement ascensionnel.
- TEMPÉRATURE-
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- OUVRAGES NOUVEAUX
- La librairie G. Masson a mis en vente pendant le mois de juin :
- Du classement des établissements hospitaliers, par le I)r G. Droui-neau, inspecteur général des établissements de bienfaisance. Brochure in-8"............................................2 fr.
- Bans ce livre, l’auteur examine successivement le secours hospitalier et le secours d’hospice. Il établit de quelle manière les établissements actuels peuvent répondre aux divers besoins de l’assistance, non seulement dans l’état présent, mais aussi dans l’avenir, c’est-à-dire au moment où les conditions du secours seront fixées légalement et rendues obligatoires pour les communes, les départements et l’Etat, cette étude est toute d’actualité, d’un grand intérêt, et mérite d’attirer l’attention de tous ceux qui s’occupent en ce moment des graves problèmes de l’assistance publique.
- Des hallucinations de l'ouïe, par le I)1 G. Descourtis. Mémoire couronné par l’Académie de médecine. (Prix Civrietix. 1888). 1 brochure tn-4"................... ....................2 fr. 50
- y
- Congrès pour l'étude de la tuberculose, lre session, 1888. Président : M. le professeur Chauveau (de l’Institut). Comptes rendus et mémoires publiés sous la direction de M. le I)r L.-H. Petit, secrétaire général. 1 vol. in-8", avec figures......... . 15 fr.
- Traité de chimie minérale et organique, par M. M. E. Yillm, professeur à la Faculté des sciences de Lille, et M. Hanriot, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris. 4 volumes grand in-8"................................................50 fr.
- PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- SOMMAIRES
- Bulletin de la Société chimique de Paris, paraissant le 5 et le 20 de
- chaque mois.
- Numéro du 5 juin : Note sur les réactions de la diméthylamline en présence du chlorure d’aluminium, par H. Giraud. —Action de l’acide chlorhydrique sur la solubilité du chlorure cuivreux, par K. Engel. — Sur les chlorhydrates de chlorures en général, par R. Engel. — Note complémentaire sur des matières colorantes dérivées de l’éther tétralienzylique de la benzidine, par A. Colson. — Sur l’emploi du permanganate de potassium pour reconnaître les impuretés des alcools, par P. Cazeneuve. — Sur la vitesse de transformation de l’acide métaphosphorique, par P. Sabatier. — Observations sur l’emploi des verres colorés en photographie, par Pelaurier. — Analyse des travaux de chimie.
- Numéro du 20 juin : Extrait des procès-verbaux des séances. — Sur quelques combinaisons et réactions du bioxyde d’azote et de l’hypoazotide avec quelques chlorures anhydres, par A. Besson, — Sur l’oxydation du triphénylméthane, par M. Hanriot et 0. Saint-Pierre. — Action du potassium sur le triphénylméthane, par M. Hanriot et O. Saint-Pierre. — Analyse des travaux de chimie.
- Annales de chimie el de physique, paraissant tous les mois (numéro de juin 1889). — Etude sur les couches.électriques doubles, par M. Krouchkoll. Variation du coefficient de frottement produite par la polarisation vol-
- taïque, par M. Krouchkoll. — Sur une nouvelle classe de composés! organiques à réaction, 11. Acétylcyanacétatcs d’éthyle et de méthyle,} par MM. Atb. Haller et Atf. Held. — Sur quelques phosphates et quel-' ques silicates de thoriue et sur les composés correspondants de la zireone, par MM. Troost et Ouvrard. — Etude sur l’amalgame d’aluminium; son emploi en thermochimie, par MM. J.-B. Baille et C. Féry., L'Électricien, paraissant tous les samedis. j
- Numéro du 1" juin : Gaston Planté, par E. H. — Le transformateur-régu-! lateur, par G. Houx. — Les accumulateurs dans les stations centrales, par ‘ J. Laffargue —Correspondance anglaise : Nouvelles Compagnies. Eclairage, des phares. Télégraphie sous-marine. Eclairage électrique. Telpherage, par J.-A. Berly.
- Numéro du 8 juin ; Les systèmes de distribution de l’énergie électrique à l’Exposition universelle de 1889, par E. H. — Manœuvre des aiguilles des chemins de fer par l’électricité, par C. — L’éclairage électrique et le BOAlili OF TRADE (à suivre), par J.-A. Berly. — Réglage automatique des machines i système P. Henrion, pur J. L. — Académie des sciences. — Faits divers. j
- Numéro du 15 juin : Les récentes expériences sur les ondulations électriques, par Paul Bary. — L’éclairage électrique des grands boulevards, par G. Roux. — L’aimaiilâlion du fer aux températures élevées. — Academie des j sciences. — Faits divers.
- Numéro du 22 juin : Lampe à arc de M. C. E. L. Brown, par G. Roux. — La station Gramme à l’Exposition, par J. L. — L’éclairage électrique et 1ÏT BOARD OF TlîADE (suite et lin), par J. A. Berly. — Académie des sciences. — Faits divers.
- Revue d’hygiène et de police sanitaire, paraissant le 20 3e chaque mois (numéro du 20 juin). — L’hygiène à l’Exposition de 1889. — Sur les microbes pathogènes contenus dans la bouche des sujets sains et les maladies qu’ils provoquent, indications pour l’hygiéniste et le médecin, par M. le IP Netter — Note sur un projet, d’assainissement de Marseille ! (avec figures), par M. Cartier. — Noie sur un accident causé par l in- f flammation subite d’un peigne en celluloïd, par M. Léon Foucber. — j Correspondance. — Société de médecine publique et d’hygiène proies- j sionnelle (Séance du 22 mai 1889). — Bibliographie. — Revue des j journaux. — Variétés. j
- Journal de l’agriculture, paraissant tous les samedis. Chaque numéro cou- \ lient la Chronique agricole de la semaine, le compte rendu <le la séance de la Société d’agriculture, celui du marché aux bestiaux de la Villette et la Boîte aux lettres.
- Numéro du 1*' juin : Revue agricole de l’étranger. La tourbe, par l)u : Pré-Collot. —L’enseignement agricole, par François Bernard.—Plantes fourragères. La Crételle, par Varneville. — Les propos de Jean Labiche, par Jean Labiche. — Les semoirs Smylh à l’Exposition universelle de 1889, par de I Sardriac. — Les bactéries des broussins des vignes, par Cuboni et Picaud.
- Numéro du 8 juin : La vente de Wbittlebury, par de la Tréborinais. — Revue agricole de l’étranger. — La tourbe en Autriche-Hongrie, 11, par Du Pré-Collot.— L i race bovine d’Angeln, par Gaudot. — Les machines agri- ( coles à l’Exposition universelle, II, par Henry Sagnier. — Nouveau collier pour les arbres, par de Sardriac. — Discours sur le budget du Ministère Je i’agriculture à la Chambre des députés, par Faye et Louis Passy. — Silnation viticole dans le Midi, par Coste-Floret. — Concours du Comice de Seine-el- ; Oise, par Henry Sagnier. — Apparition prématurée du blaek-rot, par Prit- ! beux.
- Numéro du 15 juin : Expériences de semoirs à Noisiel, par Henry Sagnier.
- — Situation agricole dans la Dordogne, par de Lentillac. — Sur le commet ce ; des bois des Landes, par Chambrelent. — L'horticulture à l’Exposition universelle, par Dybowski. — Les tarifs de pénétration et l’agriculture, par Re- ' nouant. — Bouillies bourguignonnes contre le raildew et le black-rot, par j Emile Masson. — Revue commerciale et prix courant des denrées agricoles, par Rémy.
- Numéro du 22 juin : Les orages et les récoltes dans les Vosges, par Jacquot.
- — Les produits sud-américains sur les marchés d’Europe, par de la Tréhon-nais. — Sur l’enrichissement de la craie phosphatée, par (Vautier. — Agronomie. L’azote et les légumineuses, par Duvillard et Bussièrc. — Courrier du Nord-Est, par Bronswick. — Séance solennelle de la Société nationale d'agriculture, par G. Marsais.
- CHEMINS 13E PER DE 1»A LUS
- OE PARIS A LA BOURBOULE ET AU MONT-DORE
- PRIX »E§ BILLETS
- A ORLÉANS
- DU MONT-DORE ET DE LA BOURBOULE A PARIS
- GARES EXPRESS (a) i", 2",3*cl. 1" EXPRESS 2*, 3'cl.
- PARIS . . Dép * 8 40 mat. 8 * » soir
- Orléans (Les Aubraisi . . . Dép 10 29 — 9 59 —
- ( Arr, 11 41 — 11 21 —
- Tierzon 5 ( Dép. Déjeuner 12 5 soir 11 35 —
- MONTLUÇON . . Dép. 2 29 — 2 50 mat.
- Chamblet-Néris . . Arr, 3 » — —
- Evaux-les-Bains . . . Arr. 3 11 — 3 39 —
- Evgurande . . Dép. 5 7 — 5 ht —
- t ( Arr. 5 45 -- 6 29 —
- Laqueuille . } ( Dép. 6 25 soir 7 »
- LA BOURBOULE. . . LE MONT-DORE.. . ’ ’ j Arr. 7 55 — 8 30 —
- * Ces trains n’ont lieu que du 17 juin au 15 septembre.
- (a) Ce train ne prend les voyageurs de 2* et 3" classes que pour Montluçon et au delà.
- AVIS. S'adresser au chef de la Gare de Paris et au bureau succursale, rue de Londres, 8, pour retenir des places de Lits-Toilette, ainsi que des omnibus de famille pour conduire les voyageurs et leurs bagages de leur domicile à la gare.
- Ces demandes doivent être faites 12 heures d’avance.
- DE PARIS
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- LA BOURBOULE
- ET Aü
- MONT-DORE
- ou vice versâ
- r Classe. . 58.15 2' Classe. . 43-75 3' Classe. . 31-60
- Ces Billets donnent droit au parcours sur le chemin de fer jusqu’à la station de Laqueuille et, dans la voiture de correspondance avec le chemin de fer, de celle station au Mont-Dore et à La Bour-boule.
- GARES EXPRESS l’%2% (*) 3’ cl. EXPRESS 1”, 2’, ù9 H.
- LE MONT-DORE. . . . . (Dép. 6 A* 50 soir 10 ** 30 mat.
- LA BOURBOULE. .
- Laqueuille . . . Dép. 8 40 — 12 42 soir
- Eygurande . . . Ait. 9 17 — 1 19 —
- Evaux-les-Bains. . . . . . . Dép. 11 11 — 3 14 —
- Chamblet-Néris . . . Dép. 3 36 —
- MONTLUÇON. . . . . . . Arr, 11 52 — 3 58 —
- (Arr. 2 o6mat. 6 15 —
- Vierzon > Diner
- (Dép. 2 42 — C 40 soir
- Orléans (Les Aubrais).. . . . Arr. 3 56 — 7 54 —
- PARIS . . . Arr. 5 46 — 9 44 —
- " Ces trains n’ont lieu que du 17 juin au 15 septembre, (ù) Ces trains ne prennent entre Montluçon exclu et Paris que des voyageurs de 1" classe. Toutefois les voyageurs de 2° el 3” classe arrivant à Montluçon munis de billets directs y sont admis.
- AVIS. S’adresser la veille du départ auchefde gare de La-queuiiie ou au bureau du correspondant de la compagnie à La Bonrboule et au Mont-bore pour retenir des places de Lits-Toilette, ainsi que des omnibus de famille, pour conduire les voyageurs et leurs bagages, à leur arrivée à Paris, de la gare d’Austerlitz à domicile, ou à la gare du Nord pour les voyageurs munis de billets directs pour Londres.
- JUIN-OCTOBRE 18 j9. — AVIS. Pendant la durée de l’Exposition Universelle, la Compagnie d'Orléans délivrera, à toute personne qui en fera la demande, des Cartes d’abonnement trimestrielles pour Paris, comportant une réduction de A0 % sur les prix prévus par son Tarif spécial A N* 3 pour les cartes d'abonnement de cette durée. — Toutefois, cette réduction ne portera que sur les caries délivrées pour des parcours excédant 50 kilomètres.
- Imprimerie A. Lahure, 9, rue de Fleurus, Farts.
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- (u«™«) 533e BOITE AUX LETTRES («™»)
- Les lettres et eommunieations relatives à la Botte aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à H. Gaston TISSANDIER
- 19, avenue de l'Opéra, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements b’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- M. Y an Ackere, ancien officier de marine, à Cambrai, à propos de la notice que nous avons publiée dans un de nos derniers numéros Sur le premier bateau à vapeur sur la Seine, nous fait remarquer que Joufïroy avait fait sa première expérience à Bauine-les-Dames sur le Doubs, en juin 1776, à l’aide d’une machineà simple effet faisant mouvoir des volets imitant les nageoires des oiseaux aquatiques. Nous n’avons pas parlé de cette expérience parce qu’elle n’avait pas réussi. C’est seulement en 1785 que Joufïroy essaya avec succès les roues à aubes à Lyon.
- M. F. Gineste, à Toulouse, nous adresse des renseignements au sujet d’une salamandre tachetée qu’il a eu l’occasion d’observer; ces renseignements confirment ceux qui ont été publiés dans le n° 859.
- M. E. G.y à P. — Il n’y a aucun corps qui jouisse de cette propriété.
- M. Martin, à Gérardiner. — Adressez-vous à M. Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, ou à M. Trouvé, 14, rue Yivienne, à Paris.
- il/. L. Thiriat, à Vassy. — Vous aurez des renseignements sur les pigeons voyageurs en vous adressant aux bureaux de VEleveur. 2 ter, avenue Aubert, à Yincennes (Seine).
- Un abonné, à Rome. — La personne qui a fait cet article n’est plus en France.
- M. Duc roux, à Charolles. — Fabrique de verres-à vitres : MM. Appert frères, 5, rue des Chasses, à Clichy.
- L'abonné n° 824, à Monsures. — 11 n’y a aucun inconvénient à se servir de la vaisselle en nickel.
- M. G. Bouret, à Paris. — Remerciements pour votre pièce de vers, que nous avons lue avec intérêt.
- M. L. J., à Lille. — Fournitures de nacre : MM. Bazin, 7, rue des Gravilliers; M. Pia, 2, même rue; et M. Leroy, 12, meme rue, à Paris.
- M. N. J., à Paris. — Cette expérience est bien connue.
- M. H. Dubois, à Lille. — Un simple soufflet peut suffire pour gonfler les ballons de ce genre.
- M. B. M. Gratama, à Utrecht. — Il s’agit d’un produit de distillation de la résine; vous en trouverez chez M. Calvet et C‘% à Saint-Denis (Seine) (France).
- M. A. B., à Bruxelles. — Le jour n’est pas encore déterminé.
- M. L. de Bouqiville, à Paris. — L’adresse demandée est 55 ter, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- il/. E. J., à Paris. — Nous ne saurions vous donner la composition exacte de ce produit; il faudrait en faire l’analyse.
- M. P. Mansion, à Châlons-sur-Marne. — Nul inconvénient, du moment que le costume n’est pas officiel.
- M. R. P., à Nantes; M. L. de Morsier, à Paris. — 1° On remplace le bichromate de potasse par le bichromate d’ammoniaque ; les formules restent sensiblement les mêmes. — 2° Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. Pottier, à Auxerre. — 1° Les formules ne sont pas bien établies. — 2° Voyez dans le petit livre indiqué ci-dessus quelques procédés de bronzage.
- M. A. B., à Paris. — La composition des fusées asphyxiantes pour terriers de renards est donnée dans la Science pratique. (G. Masson, éditeur.)
- M. J. B. Schmitt, à Belfort. — Consultez les deux petits livres dont il est parlé ci-dessus.
- M. J. Thibault, à Paris. — Nous avons reçu votre intéressante photographie; agréez nos remerciements.
- M. J. F., à Vernon. — 1° Cette adresse nous est inconnue, mais vous pourrez avoir un conjoncteur-disjoncteur en vous adressant à M. Simmen, constructeur, 44, rue de Dombasle, à Paris. — 2° Cet ouvrage anglais existe; mais nous n’avons pas d’adresse à vous indiquer.
- M. E. F., h Paris. — Fixpériences très contestées.
- M. G. C., à Gap. — Trieurs pour tous grains : M. Cabasson J., 108, rue Saint-Maur, à Paris; M. Boulet J., 61, rue Boinod; Société française de matériel agricole, 5, rue de Dunkerque.
- M. G. Schlumberger, à Mulhouse. — Nous regrettons de ne pas avoir la composition de ce goudron ; vous pourriez vous adresser à .l'Office de publicité, 9, rue de Fleurus, pour connaître le fabricant.
- M. R., à Paris. — Remerciements pour votre communication.
- L’abonné n° 545. — Nous ne connaissons pas la composition de ce liquide.
- Un abonné, à Strasbourg. — 1° Il y a des’ appareils photographiques à tous prix; voyez aux annonces. — 2° Leçons de clinique
- chirurgicale, par le D' Dolbeau; Traité clinique et pratique des opérations chirurgicales, par le I)r Chassaignac, à la librairie G. Masson.
- Un abonné de la Marne. — 1° Nous avons déjà publié une série d’articles sur l’Exposition. — 2° L'Exposition de Paris, 7, rue du Croissant; le numéro : 50 centimes. — 5“ L’adresse demandée est : 166, boulevard Montparnasse, à Paris. — 4° Oui.
- Un abonné de la Loire-Inférieure. — 1° Cette expérience a déjà été faite ; il faut mettre la lampe sur le gros fil, et la pile sur le iil fin. Le nombre d’éléments dépend de la puissance de la lampe. — 2° Oui; un peu. — 5° La pile à oxyde de cuivre de Lalande et Chaperon ; mais elle n’a que 0,8 volt de force électromotrice.
- Un abonné, à Angoulèine. — Tous ces procédés et recettes ont été réunis dans les petits volumes que nous indiquons souvent à nos abonnés. (Recettes et procédés utiles et Science pratique. G. Masson, éditeur.)
- M. L. Boullenger, à Oinsk. — 11 existe un grand nombre de petites machines à imprimer, notamment les machines de M. Paul Abat, 5, rue Joquelet, à Paris. La section industrielle américaine à l’Exposition renferme en ce moment plusieurs machines à écrire dont les descriptions ont été données dans La Nature, et dont les adresses sont aux annonces. (Remington, Ilall, Calligraph, etc.)
- M. G. de Roos, à Arnheim. — Le sujet est intéressant, mais il est trop spécial pour être décrit dans le journal; agréez tous nos remerciements.
- M. G. Bel, à Tours. — Adressez-vous à l’Imprimerie Paul Dupont, 4, rue du Bouloi, à Paris.
- M. B. V., à Coulours. — Consultez les Arts et produits céramiques, par MM. Bonneville, Paul et Jaunez, à la librairie E. Lacroix, 112, boulevard de Vaugirard, à Paris.
- M. C. Saudin, à Paris. — Nous vous envoyons la brochure de M. E. Hospitalier sur les Compteurs d'énergie électrique.
- M. J. Martin, à Saint-Denis. — Nous vous répondrons la semaine prochaine.
- M. II. G., à Mustapha. — 1° Coulez le savon dans des moules en bois. — 2° Il parait tous les six mois un volume de La Nature, comprenant les numéros du semestre.
- M. G. H., à Laignes. — 1° Pas de traité de ce genre. — 2° Un lavage énergique au carbonate de potasse est le seul procédé.
- M. E. B.,. à Paris. — Nous ne pourrions vous donner des renseignements certains à ce sujet; les expériences ne sont pas encore assez nombreuses.
- M. J. D., à B. — 1° Les contacts sont probablement oxydés. — 2° Traités de mathématiques supérieures à la librairie Gauthier-Yillars, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. P. M., à Sèvres. — 1° Les avis sont un peu partagés à ce sujet, bien que la supériorité semble exister en faveur du premier. — 2° Vous aurez une étude complète de ce télégraphe en consultant les n°* 445, 458, 465 et 469 de La Nature.
- M. R. Homo, à Damville. — 11 y a eu des projets analogues. Vous pouvez renvover votre chercheur à notre article sur le mouvement perpétuel (n° 505, du 20 janvier 1885, p. 122).
- M. E. de Sabres, à Lisbonne. — Nous ne connaissons pas d’autre maison s’occupant de cette fabrication.
- M. Pellechet, à Paris. — 1“ Marmite antiseptique de M. Schri-baux, à l’Institut agronomique. — 2° Adressez-vous aux magasins de la Ménagère, boulevard Bonne-Nouvelle.
- M. J. Driancourt, à Saint-Denis. — Il faut ajouter ou retrancher 0,4 n au nombre de degrés alcoométriques, n étant le nombre de degrés centigrades au-dessous et au-dessus de 15°,C. Pour de plus amples détails, consultez l'Agenda du chimiste. (Hachette, éditeur.)
- RÉPONSES
- Réponse au n° 1280. — Un abonné, à Vaux, nous informe que l’on trouve des renseignements sur les procédés des Chinois pour la déformation ou l’atténuation des plantes dans Le voyage dans l’intérieur de la Chine et en Tartarie, ouvrage traduit de l’anglais par J. Casteon, librairie Buisson, 20, rue Jlautefeuille, à Paris. Nous publierons prochainement un article à ce sujet dans le corps du journal.
- Réponse au n° 1281. — Boutures de la vigne américaine. — Chaque année je fais des pépinières de plants américains; certains de ces plants sont difficiles au bouturage. Voici le moyen le plus
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- pratique pour obtenir le plus de réussite. J’emploie la composition suivante : 2 kilogrammes de sulfate de fer: 1 kilogramme de cendres iespl <s riches en potasse. Faire dissoudre le tout dans (iO litres d’eau. On enlève l’écorce de la bouture sur une longueur de 10 à 15 centimètres, de manière à mettre à nu la partie de la bouture qui doit être enterrée. On laisse la bouture dans la composition ci-dessus pendant deux jours en ayant soin de ne laisser plonger dans le liquide que la partie mise à nu. Mettre ensuite les boutures en pépinière et arroser avec cette composition qui ne doit servir que pour 5000 plants au plus. J’ai employé ce procédé maintes fois, les résultats ont été excellents. (Communiqué par M. Francis Cabrol, à Narbonne.)
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Congrès et conférences de l’Exposition universelle. —
- Lundi 15 juillet, à 4 heures. Conférence par M. Lefenestre : La peinture française depuis 1789, au palais du Troeadéro. — Mardi
- 16, à 10 heures un quart. Conférence-visite par M. Napoli : Les appareils de précision, au Grand Théâtre (Champ de Mars). — Mardi 16, à 2 heures. Séance d’ouverture du Congrès de la participation aux bénéfices, au palais du Troeadéro. Séances du 16 au 19 juillet au Cercle populaire (Esplanade). — Mardi 16, à 5 heures. Séance d’ouverture du Congrès de bibliographie mathématique. Séances du 16 au 26 juillet, au palais du Troeadéro. — Mercredi
- 17, à 10 heures. Séance d'ouverture fin Congrès (les œuvres d'assistance en temps de guerre, au palais du Troeadéro. Séances du 17 au 20 juillet, à l’Ecole des sciences politiques, rue Saint-Guillaume. — Mercredi 17, à 4 heures. Conférence par M. de Lanessan : La colonisation dans l'extrême Orient, au palais du Troca-déro. — Jeudi 18, à 4 heures. Conférence par M. de Lapon nne-raye : Les ancêtres de la critique moderne : Chateaubriand et Mme de Staël, au palais du Troeadéro. — Vendredi 19, à 4 heures. Conférence par M. E. Trélat : La salubrité dans la maison et dans la ville, au palais du Troeadéro. — Samedi 20, à 4 heures. Conférence par M. Courajod : L’influence de la France du Nord dans l'œuvre de la Renaissance, au palais du Troeadéro. — Samedi 20, à 4 heures. Conférence par M. Ch. Lucas : L'enseignement professionnel en France depuis 1789, au Cercle populaire (Esplanade.)
- Les tremblements de terre en Normandie. — Dans notre numéro du 8 juin, nous avons donné quelques renseignements généraux sur le tremblement de terre du 30 mai. M. Sorel fds, du Havre, nous donne des détails historiques sur les tremblements de terre en Normandie. Nous les résumerons dans les lignes suivantes: A différentes reprises, des secousses de tremblement de terre ont été ressenties au Havre et dans notre région. Voici les principales dont on a gardé le souvenir. La première se produisit pendant les fêtes de Pâques 1580; l’abbé Pleuvri, dans son Histoire du Havre, la qualifie de « grand tremblement de terre. » Le 18 septembre 1695, la population fut effrayée par une secousse de la durée d’une seconde. En 1757, se produisit un tremblement mentionné par M11* Masson Legolft. On observa deux secousses vers minuit. La première fut assez violente pour effrayer vivement les habitants qui se répandirent dans les rues. En décembre 1759, un tremblement de terre est signalé à Montivilliers. Cinq secousses décroissantes se produisirent dans une durée de cinq heures. Plus près de nous, en juillet 1847, on ressentit à Ingouville, à Graville et sur la Côte, une oscillation de l’ouest à •'est qui dura quelques secondes, avec un bruit semblable au roulement d’une voiture éloignée, et se prolongea jusqu’à Harfleur, Montivilliers et Orcher. Au Havre même, la secousse fut peu sensible, mais précise. Dans le courant de 1879, enfin, une légère secousse se produisit, dont on a gardé le souvenir. Mais la secousse du 30 mai 1889 semble avoir été la plus étendue et la plus accentuée de toutes celles qui ont été observées jusqu’ici dans cette région. Nous parlerons à présent de ce dernier tremblement de terre. Au Havre, les oscillations allaient de l’est à l’ouest; on en a compté dix à douze, dont la durée totale a été de quatre à cinq secondes. Dans plusieurs parties de la ville, on a très nettement perçu les détonations sourdes et répétées qui accompagnaient chaque secousse. L’amplitude des oscillations a pu être évaluée à 2 ou 3 centimètres. Dans beaucoup de maisons les meubles ont été déplacés; la vaisselle s’est entrechoquée. Hue de la Glacière, un des habitants qui prenait l’air à sa fenêtre ouverte a vu très distinctement les murs des jardins, situés en face de lui, osciller sur leur base. En même temps de larges plaques de plâtras s’en détachaient. M. Lennier, président de
- la Société géologique de Normandie, a fait également quelques obser- 1 valions : à Sainte-Adresse, route des Phares, sous la chapelle de ? Noho-Dame-des-Fiofs : 8 b. 29 tn. oscillations de ha~ en haut, peu ; sensibles, durée trois à quatre secondes. 8 h. 29 m. od s. Osciliations . de bas en haut et de l’ouest à l’est, qui ont duré cinq à six secondes, j Les secousses ont été aussi très nettement ressenties à Fréville, Lil-lebonne, Saint-Pierre-du-Rouvray, Pavilly, Yerville, Bolbec, Dieppe, Fécamp, Elbeuf. Dans cette dernière localité, les trépidations ont dû être très légères, car un très grand nombre de personnes n’ont ressenti rien du tout. À Pont-Audemer, certaines personnes ont ressenti la secousse, alors que de très proches voisins n’ont rien éprouvé. De même à Cormeilles, la moitié du bourg s’est aperçue du tremblement, l’autre moitié ne s’est aperçue de rien. Dans cette localité, l’horloge de la paroisse s’est mise à sonner. Dans la campagne, au moment où le tremblement s’est produit, on a entendu un bruit très fort, semblable à .un coup de tonnerre ou à un coup de canon tiré dans le lointain. Certaines personnes l’ont comparé au | mugissement produit par un vent d’une excessive violence. La durée de la secousse a été si courte, qu’on n’a pas eu le temps d’avoir peur. On a entendu craquer les planches, les meubles remuaient: dans certaines maisons, la vaisselle s’est entrechoquée et, avant de s’être rendu compte de ce qui se passait, tout était fini. Les mêmes impressions ont été ressenties à Guernesey, Granville, Rouen, Thi- ! ber ville et Campigny dans l’Eure. j
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Nettoyage des fûts.
- Nous avons publié dernièrement une recette pour le nettoyage des fûts. M. J. Dnancourt, à Saint-Denis, nous fait remarquer que la recette qui a été donnée sur le rinçage des futailles n’est pas sans inconvénients, par suite de l’emploi d’agents chimiques très énergiques, et qu’il a dû lui-même y renoncer à cause du goût de chlore qui pénètre profondément dans les pores du bois, et que des rinça ges à grande eau ne peuvent faire disparaître complètement. Les fûts ainsi traités ne présentent pas d’odeur sensible après le nettoyage, mais si on s’en sert pour loger de l’eau-de-vie, cette dernière prend un très mauvais goût au bout de quelque temps. 11 a obtenu, au contraire, de très bons résultats par le procédé suivant : on verse un peu d’eau froide dans le fût, on introduit une chaîne en fer par la bonde, et on agite vivement en tous sens pour enlever la couche de moisissure qui recouvre le bois, puis on vide le fût, on verse une infusion bouillante de farine de moutarde et on agite de nouveau pour recommencer encore trois ou quatre fois, jusqu’à complet refroidissement. On rince alors avec une eau de chaux, puis à l’eau chaude et à l’eau froide. 100 grammes de farine suffisent grandement pour un fût d’un hectolitre.
- Destruction des chenilles.
- Le Bulletin de la Société d'agriculture de Fontainebleau donne une excellente recette pour détruire les chenilles. Nous recommandons le procédé à nos lecteurs : un nuage de pétrole d’une excessive ténuité est projeté directement, par le bec qui surmonte le pulvérisateur, sur les agglomérations de chenilles et sur les nids où elles se rassemblent, et à l’instayT elles sont frappées de mort en s’appliquant, sans tomber à terre, sur le support même, nids, feuilles ou branches, où elles étaient réunies. A peine un léger brouillard les a-t-il enveloppées qu’après un court moment de torsions sur elles-mêmes, elles restent tout à coup immobiles pour ne plus donner signe de vie; elles se fixent et sèchent sur le point où elles sont frappées de mort. On pourrait craindre qu’un certain nombre de chenilles, garanties du jet direct par leur position sous les feuilles ou autres objets, n’échappassent à la mort. Les faits ont démontré le contraire. En effet, dans les expériences faites, on a remarqué des chenilles évidemment protégées par leur position de l’atteinte directe, s’agiter convulsivement et chercher à s’éloigner, mais au bout de très peu de temps elles se fixaient et mouraient sur place comme les autres, sans avoir gagné du terrain. 11 n’a pas été remarqué qu’une seule de ces dernières soit parvenue à se sauver. 11 semble donc démontré que toute chenille enveloppée dans l’atmosphère du brouillard de pétrole périra infailliblement.
- La Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces ponr lesquelles on doit s’adresser à l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rue de Flenrns.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal 1m Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 85“ BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- o'vPB'.S LES OS ERVtTDNS DE M. RËNU (PARC DE SAINT-MAUR, ALTITUDE : 49 M. 50)
- Juillet 1889. — Semaine du lundi IFr au dimanche 7 Juillet.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 40; les flèches i iférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de BT. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de ta mer.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. LE 0, A 0 H. 8 if. DU MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES^DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLOIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1er juillet 14-,4 N. 2 Beau. 0,3 P. nuag., tr. brumeux.
- Mardi 2 14',8 N. N. E. 3 P. Nuageux. 0,0 Nuag. ou couv. jusq. 19 h. ; beau ensuite.
- Mercredi 3 14',8 N. N. E. 3 Quelq. nuages 0,0 Nuag. de 9 h. à 18 h., beau avant et après.
- 17',3 N. N. E. 2 Quelq. nuages. 0,0 Quelq. uuages.
- Vendredi 5 17',5 N. E. 2 T. Nuageux. 0,0 Nuag. de 13 h. à 16 h. quelq. nuages av. et après.
- Samedi 6 •' 16‘,4 N. 2 Beau-brumeux, 0,0 P. nnag. de 10 h. à 21 h. beau av. et apr.
- Dimanche 7 j 17',t S. W. 2 Beau-brumeux. 0,0 Tr. nuag. de 12 h. à 19 b. p. nnag. le reste du temps.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Résumé des observations météorologiques faites au pare de Saint-Maur en juin 1889
- par M. E. Renoü.
- Moyenne barométrique à midi, 757““,35. Minimum le 9, à 11 heures du oir et minuit, 745““,50; maximum, le 30, à 10 heures et 11 heures du soir, G6",(51. .
- Moyennes thermométiiques : des minima, 12*,89; des maxima, 23',48; du lois, 19°,28; moyenne vraie des 24 heures, 18',54. Minimum le 4, au matin, ’2; maximum les 6 et 26, vers 4 heures du soir, 29°,5.
- Tension moyenne de la vapeur, ll““.64; la moindre, le 11, à 4 heures du >ir, 6““,8 ; la plus grande, le 7, à 7 heures du soir, 17““,2. Humidité relative, i; la moindre, le 26, à 5 heures du soir, 36; la plus grande, 100, en 8 jours. Pluie 46*“,5 eh 2t heures, réparties en 11 jours.
- Nébulosité, 41 ; aucun jour clair. Pas de brouillard.
- Vents à peu près également répartis, l’W. manque également, faibles en inéraf.
- Température moyenne de la Marne, 20°,75; minimum, le 1", à 6 heures du matin, 18°,13; maximum, le 26, à 3 heures du soir, 22°,19. Elle est restée presque invariablement au niveau moyen annuel et d’une transparence faible.
- 11 y a eu 9 jours d’orage, les 2, 6, 7, 8, 9, 16, 20, 26 et 28 dont un notable, celui du 7, qui a donné 22”" d’eau de 2 h. à 2 h. 45 m. du soir. Eclairs les 1", 19, 21. •
- Relativement aux moyennes normales, le mois de juin 1889 présente les résultats suivants : Baromètre plus bas de 0*“,57; thermomètre plus haut de 2°,84; tension de la vapeur plus forte de 1““,44; humidité relative plus forte de 3; pluie plus faible de 8““,1 ; nébulosité plus faible de 17. Le mois de juin est le plus chaud depuis 1877, ensuite il faut remonter à 1858 pour trouver un mois de juin plus chaud.
- Floraison : le 2, philadelphe incolore, genêt d’Espagne, lirome des prés, digitale, camomille double, arrenathère bulbeuse (acacias en pleine fleur); 3, mauve; 0, stachys silveslris, campanula modium, anthirrhinum majus (gueule de lion), crételle; 7, phaluris, ruban de bergère; 8, jasmin blanc commun; 12, pois vivace, achillée d’Egypte ; 13, hémérocalle fauve, œnothère odorante (tilleul à larges feuilles, à pleine fleur); 14, véronique à épis; 10, lychuis de Chalcédoine; 19, pavot somnifère ; 20, maturité du framboisier; 21, lis blanc, troène du Népal; 22, sumac de Virginie, hypepium calycintim; 27, monardo 28, godetia rubicunda.
- TEMPÉRATURE
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- anppiement an numéro dez *„• jüa nayuhc on zo juillet 1989
- 534‘ BOITE AUX LETTRES («SS»)
- Lm lettre* et communication* relative* à la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à H- Gaston TISSANDIER
- 19, avenue de l'Opéra, fc Paris.
- j Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- i A LA LIBRAIRIE MASSON, 420, BOULEVARD SAINT-GERMAIN,
- i »
- j II ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date'de la livraison.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne les petits oiseaux mécaniques, s’adresser à M. Pichancourt, 54, rue de la Glacière, à Paris.
- Un abonné, à Grenoble. — Remerciements pour votre communication que nous insérons dans la Chronique météorologique.
- M. C. de Gassicourt, à Paris. —1 Nous aimerions avoir des renseignements plus complets sur cette expérience que nous n’avons pu réussir.
- M. F. Andreu, à Mahon. — 1* Nous ne pouvons vous renseigner exactement sur les prix de revient ; il faudrait faire des expériences comparatives. — 2° Nous n’avons pas parlé de ces machines.
- Un abonné, à Louvain. — Traité pratique de photogravure sur zinc et sur cuivre, par Geymet, ou Traité pratique de gravure héliographique, à la librairie Gautbier-Villars, à Paris.
- L'abonné 437, à Paris. — Vous trouverez ces renseignements dans Etoffes imprimées et papiers peints, par MM. Lenormand et Yergnaud. (Librairie encyclopédique Roret, 42, rue Ilautefeuille.)
- M. A. Beer, à Paris. — 11 serait nécessaire de faire des essais de laboratoire pour vous répondre ; nous regrettons de ne pouvoir vous donner satisfaction.
- M. A. Addia, à Paris. — Nous n’avons aucune souvenance de cette lettre. Les expériences dont vous parlez sont contestées.
- M. X, S. H., à Saint-Genest. — Adressez-vous à la librairie Dela-haye, place de l’Ecole-de-Médeçine ; vous y trouverez les ouvrages que vous désirez.
- M. J. Rivière, à Rouen. — Informez-vous chez les principaux papetiers, notamment chez Fortin, rue des Petits-Champs, à Pans.
- M. F. Van D., à Turnhout. — Essayez l’alcool, le pétrole ou l’essence de térébenthine; le vernis se dissoudra certainement dans l’un de ces produits.
- M. T. F., a Bordeaux. — L’ouvrage de M. l’amiral Cloué sur le filage de l’huile à la mer a été édité par la librairie Gauthier-Villars, à Paris.
- M. P. Darcy, à Paris. — Nous croyons qu’il s’agit bien de fusils chargés à balles.
- M. C. Montemier, à Montpellier. — Nous ne pouvons indiquer .ces préparations dans le journal; voyez les traités de chimie organique.
- M. Goubert, à Bourg-Saint-Andéol. — Il vous a été répondu dans la 532' Boîte aux lettres (n° 840, du 6 juillet 1889).
- M. Picart, à Paris. — Vous trouverez des miroirs métalliques chez M. Pellin, ingénieur civil, successeur de M. Duboscq, 24, rue de l’Odéon.
- AT. E. Brézinski, à Saint-Denis. — Nous ne connaissons pas de méthodes plus pratiques que celles indiquées dans les traités de photographie ; vous pourriez peut-être consulter à cet égard le Dictionnaire de chimie de Wurtz.
- M. //. Allard, à Troyes. — Laves pour laboratoires ; M. Gillet, 9, rue Fénelon, et M. Mortreux, 2 bis, boulevard Jourdan, à Paris.
- Un lecteur, à Paris. — Vous trouverez ces renseignements dans les traités d’hydrothérapie à la librairie G. Masson.
- M. Giraud, à Digne. — Ces taches de moisissures disparaîtraient probablement par le lavage à l’eau oxygénée; voyez le nettoyage des gravures dans le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. P. K. W. — Le meilleur moyen est de répandre du tan à cette place; consultez du reste le petit livre indiqué ci-dessus.
- M. L. Gervais, à Caudebec-en-Caux. — Vous trouverez des mémoires avec cartes sur la navigation en France, à la librairie Dunod, quai des Augustins, à Paris.
- M. Bardaz, h Sainte-Marie (Martinique), nous écrit que le fait _que nous avons rapporté, au sujet d’un serpent monstrueux tué récemment à la Trinidad, dans le n° 835 n’est pas exact. Il s agit d’une histoire inventée par les journaux.
- L’abonné 4429, à Paris. — La méthode n’a pas été publiée; mais nous pensons qu’il s’agit de peintures habilement faites.
- M. Alvaro Franco, à Lisbonne. — Nous ne pouvons vous donner aucune adresse précise; il faudrait s’adresser à des librairies de livres anciens.
- M. 0. P., à Vitry. — 4° Voyez les articles nombreux à ce sujet publiés dans le journal. — 2 '‘Accumulateurs voltaïques, parE. Reynier. (Librairie Baudry, rue des Saints-Pères, à Paris.)
- M. L. J., a Lille. — Oui, vous pouvez employer le vernis.
- M. S. A., à Lisbonne. — Nous~ne pouvons vous préciser rien de bien certain à ce sujet.
- Un abonné de la Loire Inférieure. — Il faut faire soi-même une
- bobine de Ruhmkorff, avec deux circuits appropriés; l’expérience vous renseignera sur les valeurs à adopter; nous n’avons aucune donnée à cet égard.
- M. H. L., à Dole. — La lumière obtenue sera de courte durée, à moins d’employer des artifices spéciaux pour éviter la polarisation (commutateurs tournants, etc.)
- M. Aliamet, à Douai. — 4° Ce chiffre est peu déterminé. — 2' Environ 4 carcel. — 3° Pas de traité, il faut consulter les journaux spéciaux. — 4' Ce fait est bien connu. — 5° Ces précautions sont élémentaires.
- Un abonné, à Chambéry. — L’obturateur de MM. Londe et Des-soudeix se trouve chez M. bessoudeix, 31, rue du Rocher, à Paris.
- M. Ricardo A. Day, à Buenos-Ayres. — Nous craignons de reproduire un fait qui n’est peut-être pas très exact. Se méfier des faits divers de certains journaux.
- M. Lucien Grou, à Paris. — Nous n’avons trouvé aucune adresse dans le Dictionnaire de Bottin; il existe des bateaux pliants insubmersibles, 28. avenue de l’Opéra.
- M. J. T., À Paris. — 1° Vous trouverez plusieurs traités à la librairie Michelet, quai des Augustins. — 2® L'Electricité dans la maison.. (G. Masson, éditeur.)
- M. E. Landrau, à Pons. — Ce phénomène n’a pas encore reçu d’explication satisfaisante.
- M. P. C., h Trucy. — Nous regrettons de ne pas connaître les adresses demandées.
- M. .4. Valet, à Mareuil. — Vous pourriez essayer l’ammoniaque en dissolution.
- M. L. Michelot, à Epernay. — 1° Le calcul des inducteurs d’une machine est encore assez compliqué et demande de longues explications; vous les trouverez tout au long dans le Formulaire pratique de l’électricien de 1889. (G. Masson, éditeur.) — 2° Nous croyons que cet ouvrage est épuisé en librairie.
- M. N. Hépites, à Bucharest. — Les verres de lentilles ordinaires suffisent pour construire la lunette à bon marché dont nous avons parlé.
- M. C. de V., à. Bortsfort. — Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles indiqué plus haut.
- RÉPONSES
- Réponse au n° 1282. — Dégraissage des cuirs. — M. C. Brunei, chimiste, à la Plaine-Sàint-Denis, nous écrit qu’il a établi une usine dans cette dernière localité pour le dégraissage des cuirs par le sulfure de carbone. Cette usine traite de 4 à 500 kilogrammes de cuirs par jour.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Congrès et conférences de l’Exposition universelle. —
- Dimanche, 21 juillet, à 4 heures. Conférence par M. Monceaux ; Olympie (avec projections), au palais du Trocadéro. — Lundi 22, à 9 heures. Séance d’ouverture du Congrès de Vutilisation des eaux fluviales. Séances du 22 au 27 juillet, au palais du Trocadéro. — Lundi 22, à 4 heures. Conférence par M. Guieysse : La participation aux bénéfices, les retraites et l’assurance, au Cercle populaire (Esplanade). — Mardi 23, à 10 heures un quart. Conférence-visite par M. Dumont : L'éclairage électrique et la Fontaine lumineuse à l'Exposition, au Grand Théâtre (Champ de Mars). — Mardi 23, à 4 heures. Conférence par M. Chaulfon : L’assurance contre les accidents, au Cercle populaire. — Mercredi 24, à 4 heures. Conférence par M. Maze : La caisse nationale des retraites et le livret individuel, au Cercle populaire. — Jeudi 25, à 4 heures. Conférence par M. Magne : L’architecture française du siècle (avec projections), au palais du Trocadéro. — Jeudi 25, à 2 heures. Séance d’ouverture du Congrès de la propriété artistique. Séances du 25 au 31 juillet, à l’Ecole des beaux-arts. — Dimanche 28, â 2 heures. Séance d’ouverture du Congrès de l’assistance publique. Séances du 28 juillet au 4 août, à l’institution des Jeunes Aveugles.
- Orage de grêle en Bourgogne. — La région dijonnaise vient d’être traversée par une épouvantable tempête. Le 12 juillet, vers 3 heures de l’après-midi, après une matinée d’une chaleur lourde et étouffante (33° 4/2 à l’ombre), tout à coup un nuage de grêle
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- s’abat sur la ville; et pendant un quart d’heure au moins une véritable mitraille crépite sur les murs et les toits. De mémoire d’homme, on n’a vu ici une grêle pareille, dure, sèche, énorme; les plus petits grêlons avaient la taille d’une grosse noisette ronde, beaucoup atteignaient et dépassaient celle d’un gros marron, quelques-uns étaient comme des œufs de poule. J’en ai pesé qui allaient à 14 grammes; on en a vu (dit un journal) qui pesaient 90 grammes. Beaucoup étaient formés de grêlons agglomérés, d’autres plus compacts, d’une masse unique, semblaient s’étre grossis en plusieurs fois : au centre, un noyau transparent enfermé dans une couche mate et comme en cristaux rayonnants; là-dessus, de nouvelles couches alternativement transparentes et mates. Au début, la grêle tomba seule, puis elle fut accompagnée d’une pluie torrentielle, le tout fouetté par un vent du nord-ouest d’une violence épouvantable. Dans la ville, les vitres brisées se comptent par milliers; les murs qu’ont frappés les grêlons semblent avoir été criblés par des balles. Quant à la campagne, le désastre est complet : partout où a sévi le fléau, les champs et les vignes offrent le plus navrant spectacle. Les raisins sont à terre, ou pendent déchirés à des ceps dont les feuilles sont déchiquetées; ailleurs les pampres mêmes sont brisés et jonchent la terre de leurs débris; la ruine est complète pour plusieurs années. Des fruits, il n’en est plus question. Dans certains endroits, on a ramassé des centaines d’oiseaux tués. La nuée, d’après les quelques renseignements que l’on a en ce moment, semble avoir parcouru une trentaine de kilomètres. Telle était la dureté des grêlons que six heures après le passage du fléau, et malgré la chaleur du sol, on en trouvait encore des amas non fondus. Le baromètre n’a bougé ni avant ni après la tempête, le mien marquait 738 millimètres. Les détails que je vous donne sont ceux que j’ai constatés personnellement.
- E. Dubarry.
- Plaies extraordinaires. — Sous ce titre nous avons signalé de fortes pluies dans notre 527e Boîte aux lettres et dans la Chronique météorologique du n° 859. Plusieurs de nos lecteurs nous ont écrit en nous citant des pluies beaucoup plus remarquables par leur intensité. Nous ferons observer à nos correspondants que les pluies dont il a été question sont extraordinaires pour les régions où elles sont tombées; ce terme n’avait rien d’exclusif, ni d’absolu. Voici, du reste, quelques renseignements complémentaires. M. Mirville, à Rochefort-sur-Mer, a relevé au pluviomètre de l’hôpital de la marine, le 26 juin dernier, 44 millimètres d’eau tombée en vingt minutes. Le secrétaire de la Commission météorologique du département des Vosges, M. Garnier, nous écrit que dans ce département les chutes d'eau sont de beaucoup plus considérables que celles que nous avons signalées. En 1885, le 25 juin, un orage a donné 81 millimètres d’eau en deux heures, à Epinal. En 1887, le 9 décembre, la quantité d’eau de neige recueillie au fort de Château-Lambert a été de 123 millimètres. En 1887, le 1er juin, un orage a donné 60 millimètres de pluie en cinq quarts d’heure à Gemaingoutte et à la Hardalle. En 1888, le 6 juin, un orage a donné 42 millimètres de pluie à Frain, de 5 heures trois quarts à 6 heures du soir, soit pendant quinze minutes seulement. Le 23 juin, même année, on a recueilli 60 millimètres à Monthureux-sur-Saône, de 6 à 7 heures du matin. Le 21 août, même année, le pluviomètre de Cornimont a donné 26 millimètres de pluie en quinze minutes et 97 pour la journée entière. Le 30 septenfbre, même année, une averse a donné 81 millimètres de pluie en une heure et demie, à Gerbépal. Le 12 juin 1889, un orage a donné 123 millimètres d’eau à Plombières, de midi à 1 heure et demie. Enfin, le 21 juin 1889, une averse a donné 40,5 mm à Trampot, de 8 h. 45 m. à 9 heures du soir, soit en un quart d’heure. M. Petit, ancien directeur de l’Observatoire de Toulouse, a publié jadis quelques chiffres sur les pluies tombées à Toulouse. Il a cité les pluies du 23 avril 1841 et du 25 mars 1844 ui fournirent, en trois heures, l’une 38, l’autre 40 millimètres ’eau; celles du 8 juin 1848 (49 millimètres d’eau en cinq heures), du 6 septembre 1848 (19 millimètres en trente minutes). A Privas (Ardèche) une pluie torrentielle de douze heures, en 1846, donna 25 centimètres d’eau. En 1865, à Paris, le pluviomètre de la terrasse de l’Observatoire enregistra 52 millimètres d’eau. En Belgique, la pluie du 4 juin 1839 indiqua 112 millimètres d’eau en vingt-quatre heures,
- infographie musicale. — A propos de notre article sur la typographie musicale publié récemment, M. Le Boulch, à Versailles, nous affirme que dans ce système le prix de revient de la composition est parfois plus élevé qu’avec la gravure. Pour arriver à une économie, il faut tirer à grand nombre ; or, les éditeurs ne tirent souvent pas plus de 200 à 400 exemplaires. A ce propos, M.
- Le Boulch nous communique le procédé d’autographie employé
- dans ses ateliers, à Versailles. Ce procédé consiste à écrire la musique, chant, piano, etc., avec des caractères typographiques, ainsi qüe titres, dessins, écritures, faits à la plume sur papier ordinaire n’ayant reçu aucune préparation au moyen d’une encre spéciale, ayant pour résultat de transformer l’autographie en un original pouvant servir indéfiniment au report sur pierre lithographique ou autre support. La manipulation en est des plus simples : quand la feuille écrite est sèche, il suffit de noircir une plaque d’encre grasse, d’y étendre la feuille, de passer à la presse, de retirer cette feuille qui ne présente plus alors qu’une surface noire où toute trace de trait a disparu, laisser sécher, tremper la feuille noire dans de l’eau. Alors commence le développement : l’eau pénétrant le papier, fait dissoudre l’encre spéciale qui est délébile, de telle façon que l’on voit apparaître le dessin en blanc sur fond noir, car la partie du papier n’ayant pas reçu l’encre délébile, conserve l’encre grasse; laisser sécher. Pour avoir un report sur pierre ou autre support, on étend sur la pierre une matière sensible à la lumière, on laisse sécher la pierre, on pose dessus la feuille originale négative, on retire la feuille, on encre la pierre, on la développe, on l’acidule au moyen ordinaire ; la lumière ayant traversé les blancs a dessiné en noir sur la pierre, les blancs de la feuille, et l’on a un beau report, prêt à subir le tirage d’autant de milliers d’exemplaires que l’oft désirera. 11 est facile de voir, par ce procédé, que la feuille négative originale n’a subi aucune altération et est prête à fournir un nombre indéfini de reporfs, sans jamais se détériorer ou s'effacer comme le fait la planche d’étain. M. Le Boulch applique ce même procédé à toutes planches de métal ou pierres gravées. Pour les reports inaltérables, on encre simplement le relief de la gravure, ce qui donne un dessin, lettre, etc. (blanc sur fond noir) ; on laisse sécher, on fait le transport sur pierre de la même manière que ci-dessus. Nous insérons cette communication tout en laissant à notre correspondant la responsabilité de ses appréciations.
- BIBLIOGRAPHIE
- Congrès pour l'étude de la tuberculose chez l'homme et chez les animaux. Comptes rendus et mémoires publiés sous la direction de M. le Dr L. H. Petit, secrétaire général, première session, 1888, 1 vol. in-8°. Deuxième fascicule. G. Masson, éditeur. — Paris, 1889.
- Précis de microbie médicale et vétérinaire, par MM. L. Thoinot et J. Masselin. 1 vol. in-16 avec 75 figures noires et en couleur. G. Masson, éditeur. — Paris, 1889.
- Les sensations internes, par H. Beaunis. 1 vol. in-8" de la Biblic-thèque scientifique internationale. Félix Alcan, éditeur. —Paris, 1889.
- Traité pratique de la vaccination animale, par A. Laykt, professeur d’hygiène à la Faculté de médecine de Bordeaux. 1 volume grand in-8° avec 22 planches en chromo-lithographie. Félix Alcan, éditeur. — Paris, 1889.
- Marqueteur, tabletier et ivoirier, par MM. Maigne et Robichon. 1 vol, in-18 de la collection des Manuels Roret, avec figures. Librairie encyclopédique de Roret. — Paris, 1889.
- Recherches et notes originales, par M. le Dr V. Gaijppe. 1 vol. in-8% Imprimerie Lanier et ses fils. — Paris, 1889.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Bouteille lumineuse.
- On prend une fiole de verre blanc et clair de forme oblongue, on met dans cette fiole un morceau de phosphore, gros comme un pois ; on verse par-dessus de l’huile d’olive au tiers de la bouteille, et on ferme hermétiquement. Quand on voudra s’en servir, on débouchera la fiole pour laisser passer l’air extérieur, et ensuite on la rebouchera. Alors respace plein d’air de la fiole paraîtra lumineux, et sa clarté sera presque égale à celle d’une petite lampe. Si la lumière s’affaiblit, on lui donnera de la force en laissant pénétrer l’air au moyen du bouchon qu’on ôtera ; en hiver, il faudra chauffer la fiole avant de la déboucher; ainsi préparée, elle peut servir pendant un an.
- La Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser à l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rne de Fleurai.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 86* BULLET1JN METEUKULUliiUUBi uu la iVAïunn
- d’après LES OBSERVATIONS DE M. RENOU (parc DE SAINT-MAUR, ALTIT0DE : 49 M. 30)
- Juillet 1889. — Semaine du lundi 8 au dimanche 14 Juillet.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de H. Rédier. — Thermomètre è l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené è O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. LE 12, A 9 H. 11 M. DD SOIR.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après le BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 juillet 15*,0 S. S. w. 5 Couvert. 0,5 Couv. jusqu'à 21 h., nnag., ap. pluie à plus. repr. atin. bruineuse le mat., claire le soir.
- H&rdi 9> .•••>•«••* 18-, 4 S. S. E. 0 Nuageux. 0,8 Nuag., orage à 18 h. S. S. W. avec pluie, atm. très claire, halo.
- Mercredi 10 \ . . 18*,1 S. 2 Couvert. 6,0 Nuag., horizon tr. brumeux le m., atm-. tr. cl. le soir, gouttes à 21 b.
- Jeudi 11. . 16*,7 S. S. E. 0 Couvert. 2,8 Tr. nuag. tonnerre fb. au S. W. à 4 h. 1/2, pluie, atm. tr. claire.
- Vendredi 12 19*,1 N. 0 Couvert. 3,5 Nuag., tonn. de 4 h. 20 à 45 au S. S. W. av. pluie. Eclairs le s.
- Samedi 15 16*,5 S. W. 2 Couvert. » Nuag., gouttes brum. à 5 h. à l’horizon, atm. tr. cl. ap. 11 h.
- Dimanche 14 U’,7 S. W. 1 Couvert. 0,6 Tr. nuag., pluie à diverses reprises.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- ( Orages en province. — Le 50 juin, un orage a éclaté sur la ville de 1 Montrichard (Loir-et-Cherj. Vers 5 heures, il se produisit un éclair instanta-1 nément suivi d’une violente détonation. La foudre venait de tomber sur la ! tour carrée, monument situé au centre de la cité. Elle atteignit et précipita de l’édifice un drapeau-girouette en tôle épaisse, large d’un mètre. Il était ; surmonté d'une sphère creuse métallique et dorée qui fut trouée en plusieurs endroits. Une forte hampe en chêne a été fendue d’un bout à l’autre. Plusieurs ' personnes du voisinage ressentirent une vive commotion, comme une sorte de i choc en retour.
- : A la même date, un violent orage a éclaté à Lons-le-Saunier; la foudre est
- tombée sur la gare des marchandises. El!e a occasionné un commencement, d’incendie, qui, d’ailleurs, a été éteint tout de suite, et elle a terrassé deux hommes et un cheval qui n’ont pas eu de mal. Par suite des orage?, le réservoir de l’ancienne gare des Dombes a débordé. L’eau a détruit un mur de 20 mètres de longueur.
- (Jne tron.be & Annecy. — Lundi 8 juillet, à 11 heures et demie du matin, une trombe s’est manifestée à Chevêncs, dans la propriété de M. ftoupiez, près d’Annecy (Haute-Savoie). Le tourbillon a enlevé d’énormes tas de foin à une hauteur de 200 mètres. Une partie de ce foin a été transportée dans les jardins de MM. Fournier et Mermillod; il a été recueilli dans l’avenue de Chambéry et aux Balmettes. Ce phénomène s’est produit par un temps calme et n’a duré que trois secondes tout au plus. Deux petits poussins, qui se trouvaient dans le foin, ont été projetés à plus de 100 mètres sans éprouver aucun mal.
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- Les lettres et communications relatives à la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à M. Gaston TISSAJfDIBR
- 19, avenue de l'Opéra, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d'adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- 4 II ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- MM. Henry Deval et H. Dutheil, à Billom, nous écrivent que le lundi 15 juillet, à 10 heures du soir, ils ont aperçu deux bolides, i Le premier, d’un vert émeraude très brillant, parut émaner de la | constellation de la Vierge et disparut environ deux secondes après sans laisser de trace. Le second, moins brillant que le premier, partit de la grande Ourse, décrivit en trois secondes une trajectoire rectiligne vers le Scorpion et disparut en laissant une traînée lumineuse qui persista quelque temps.
- M. Moreau, à Bédarieux, nous écrit que la pyramide du Soleil au Mexique, dont nous avons parlé précédemment, existe bien en réalité à San Juan Tehotihuacan. La discussion peut porter seulement sur la véritable hauteur du monument; un de nos lecteurs pourrait-il nous renseigner?
- M. E. Jaulme, à Raiatea (lies sous le Vent). — 1“ Cette machine i nous est inconnue ; il ne faut pas toujours ajouter foi aux articles de j ce genre. — 2° Vous pourriez vous adresser au maire de la localité J pour avoii d’autres renseignements.
- I M. F., à Paris. — Cette adresse n’est pas connue de nous.
- | M. M. de Motileff, à Odessa. — 1° Les renseignements publiés ’ sont exacts ; pas d’adresse particulière à vous donner. — 2° Ce vernis r est excellent. — 5° Ce papier est employé en photographie.
- M. L. Feltz, à Strasbourg. — Dans le livre dont vous parlez, il y | a la composition de plusieurs vernis ; vous pourriez peut-être essayer aussi la gutta-peivha.
- 1 M. Werner, à Bellevue.. — Nous n’avons pas de procédé simple à
- * vous indiquer; agréez tous nos regrets.
- Jt M. Martin, à Paris. — Dans le n° 834, du 25 mai 1889, nous ) avons donné la composition de plusieurs liquides que vous pourriez
- * employer; consultez aussi les Recettes et procédés utiles. (G. Mas-
- * son, éditeur.)
- j M. Tahner. à Leyrnarie. — Plusieurs procédés pour la conserva-I tion des viandes sont indiqués dans le petit livre indiqué ci-dessus et j la Science pratique. (G. Masson, éditeur.)
- M. J. Fillion, à Besançon. — 1° II faudrait faire des expériences de laboratoire pour vous répondre. — 2° Consultez un chimiste. —
- I 5° Remerciements pour votre communication, t M. F. Lefebvre, à Paris. — Ce sujet est trop spécial pour le ^ journal.
- ){ M. E. Duvut, à Saint-Jouin. — Ce sont des tuyaux en caoutchouc ^ ordinaire; vous en trouverez chez les marchands de caoutchouc.
- 1 (Ménier, 7, rue du Théâtre, ou India Rubber C°, 97, boulevard Sé-
- 2 bastopol, à Paris.)
- ï M. A. d'Oliveira, à Vianna do Castillo. — 1° Nous regrettons de ne pouvoir vous fournir ces renseignements. — 2° Cet annuaire n’est que pour la France.
- u, M. Marcellin, à Paris. — Il s’agit, en effet, d’un appareil panoramique ; voyez la description de cet appareil dans les traités de pho-. tographie.
- M. E. Bollée, au Mans. — Ces tables n’èxistent pas toutes faites; mais vous trouverez tous les éléments nécessaires à leur confection dans YAnnuaire du bureau des lonyitudes pour 1889 (Gauthier-Yillars, éditeur) et dans Y Agenda du chimiste. (Hachette, éditeur.)
- M. C. M. H., à Mulhouse. — Consultez la petite brochure La Tour Eiffel, par G. Tissandier. (G. Masson, éditeur.) Prix : I franc.
- M. L. Marie, à la Martinique. — Vos observations sont fort justes ; nous avons publié une rectification dans notre 534® Boîte aux lettres.
- M. J. Napoli, à Foggia. — L’adresse demandée est : 34 ter, rue de Dunkerque, à Paris.
- M. Mariano Léal, à Léon (Mexico), nous envoie les courbes obtenues avec les appareils enregistreurs Richard à l’Observatoire inétéo-"" rologique de Léon (Mexico).
- — M. J. Collart, à Paris, nous écrit pour nous confirmer les rensei-" gnements publiés dans notre dernier numéro au sujet de l’emploi
- de la farine de moutarde pour le nettoyage des fûts.
- |J M. A. B., à Marseille. — Vous trouverez de ces flèches chez les 7 armuriers.
- M. le Dr Flotard, à Khroub (Constantine). — Vous pouvez vous 0 adresser directement à l’auteur : 8, rue Guy-de-la-Brosse, à Paris.
- M. A. Chavarsche, à Paris. — Piles à oxyde de cuivre : M. de Branville, 25, rue de la Montagne-Sainte-Genevîève. Vous verrez tous les modèles de ces piles à l’Exposition (Galerie des machines).
- - M. L. Chédeville, à Vernon. — 11 est difficile d’éviter cette oxy-
- i dation des contacts; l’amalgamation donne parfois de bons résultats, j M. F. Scheurer, â Lüre.' — Les serpents de Pharaon sont con-
- ! stitués par du sulfocyanure de mercure; la préparation en est indi-
- quée dans les Récréations scientifiques, par G. Tissandier. (G. Masson, éditeur.)
- M. A. Baer, à Lille. — Articles de petite mécanique : M. Radi-guet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. Pélissier, à Paris. — 1° Lampes à pétrole de grande intensité : M. Molteni, 44, rue du Château-d’Eau, ou M. Lépine, 24, rue Sévigné. — 2° Ces sources lumineuses sont cependant faciles à comparer; prenez un photomètre Bunsen à tache d’huile.
- M. A. Zarrecki, à Paris. — Nous n’avons plus entendu parler de ces expériences; il est probable qu’on ne leur a donné aucune suite.
- M. Vandevyver, à Garni. — Une seule édition de ce petit livre a été faite.
- Mme de Linières, à La Flèche. — Vélocipèdes à vapeur : MM. Ser-pollet frères, 27, rue des Cloys, à Paris.
- M. M. Nourry, à Brousse (Turquie). — Vous trouverez plusieurs ouvrages techniques sur la machine à vapeur à la librairie Dunod, quai des Augustms, à Paris.
- M. Mariano Santo, à Léon. — L’encre dont vous nous parlez est destinée aux tampons ; vous trouverez à la suite de cette recette les formules de plusieurs autres encres, dans le petit livre des Recettes et procédés utiles.
- M. A. Verhelst, à Gand. —Le même livre vous renseignera.
- M. A. Woltz, à Strasbourg. — 1° La quantité de gaz est peut-être insuffisante. — 2° Il y a deux ballons captifs à l’Exposition.
- M. L. Sckutoivicz, à Rouen. — Nous pensons que cette compagnie n’existe plus ou du moins n’a plus de représentant en France.
- M. T. Huart, à YVarmes. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. N. Fiori, àPadoue. — Il faut consulter des traités de vélncipédie.
- M. Goubert, à Bourg-Saint-Andéol. — 1° Machines à glace : MM. Rouart frères, boulevard Richard-Lenoir; M. Carré, 29, rue de l’Estrapade; glacière des familles, aux magasins de la Ménagère, boulevard Bonne-Nouvelle, à Paris. — 2° Voyez les descriptions d’appareils à glace dans le n° 474, du 1er juillet 1882, p. 80, et dans le n° 570, du 3 mai 1884, p. 359.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Congrès et conférences de l’Exposition universelle. —
- Lundi 29 juillet, à 2 heures et demie. Séance d’ouverture du Congrès des traditions populaires. Séances du 29 juillet au 1er août, au palais du Trocadéro. — Lundi 29, à 8 heures et demie du soir. Séance d’ouverture du Congrès de chimie. Séances du 29 juillet au 4 août, au Conservatoire des arts et métiers. — Lundi 29, à 8 heures du matin. Séance d’ouverture du Congrès pour l'élude des questions relatives à l'alcoolisme. Séances du 29 au 31 juillet, au siège de la Société contre l’abus de l’alcool, rue de Grenelle, 84. — Lundi 29, à 4 heures. Conférence par M. le colonel Laussedat : Les écoles et les musées industriels aux Etats-Unis en 1886, au palais du Trocadéro. — Mardi 30, à 10 heures un quart. Conférence-visite par M. Viilard : La géographie et la statistique en 1889, au Grand Théâtre (Champ de Mars). — Mardi 30, à 2 heures. Séance d’ouverture du Congrès pour l'étude des questions coloniales, au palais du Trocadéro. Séances du 50 juillet au 5 août, au Collège de France. — Mercredi 31, à 9 heures du matin. Séance d’ouverture du Congrès d’aéronautique. Séances du 51 juillet au 4 août, au palais du Trocadéro. -— Mercredi 51, à 9 heures du matin. Séance d’ouverture du Congrès colombophile. Séances du 31 juillet au 4 août, au palais du Trocadéro. — Jeudi 1er août, à 9 heures du matin. Séance d’ouverture du Congrès de thérapeutique et de matière médicale. Séances du 1er au 5 août, à l’hôtel des Sociétés savantes, 28, rue Serpente. — Samedi 3, à 2 heures. Séance d’ouverture du Congrès de la propriété industrielle, au palais du Trocadéro. Séances du 5 au 10 août à l’Ecole des sciences politiques, rue Saint-Guillaume, 27. —Dimanche 4, à 5 heures. Séance d’ouverture du Congrès d'hygiène et de démographie. Séances du 4 au 11 août à l’Ecole de médecine.
- Pulvérisateur agricole. — Plusieurs de nos lecteurs nous ont souvent demandé des renseignements sur les pulvérisateurs. Ils liront sans doute avec intérêt la communication qui a été faite dernièrement à la Société d'encouragement par M. F. Bourdil, ingénieur civil, sur un pulvérisateur destiné à l’aspersion des vignes’ atteintes du mildiou. Cette aspersion est faite avec un mélange de lait de chaux et de solution de sulfate de
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- cuivre appelé bouillie bordelaise. Destiné à des bouillies pâteuses, ce pulvérisateur devait remplir des conditions particulières : ne pas s’engorger et avoir des frottements réduits à leur minimum; aussi diffère-t-il des autres pulvérisateurs industriels par un point essentiel, il n’est pas constitué par des parois rigides, mais repose sur l’emploi d’une membrane élastique. L’appareil est formé par une canule métallique enveloppée par une gaine en caoutchouc et terminée par un biseau triangulaire. L’appareil est monté directement sur un corps de pompe. Le liquide, chassé par la pompe, est laminé entre la canule métallique, la membrane élastique et le biseau, et .sort en une nappe pulvérulente. Les engorgements sont rendus impossibles et les frottements réduits à leur minimum par l’élasticité même de la paroi de caoutchouc qui se dilate toutes les fois que cela est nécessaire pour laisser passer des impuretés. On sait que si l’industrie ne fournissait aucun exemple de ce mode de pulvérisation, la physiologie pouvait, en revanche, servir de modèle. Le même phénomène se produit quand le mouleur sur métaux mouille le sable de son moule en se servant de ses propres lèvres comme d’un appareil pulvérisateur. La pompe qui accompagne le pulvérisateur, devant avoir des frottements aussi réduits que possible, est munie d’un piston perfectionné. Un des plateaux du piston est mobile et est maintenu par un ressort dont l’élasticité compense les excédents ou l’usure de la garniture en amiante. Le piston est d’une douceur remarquable, quoique étanche à l’air comme un piston de machine pneumatique. La pompe communique, par un tuyau en caoutchouc, avec une hotte placée sur le dos de l’ouvrier.
- Gazomètre de la Compagnie du gaz à iVew-lork. — La
- Compagnie du gaz de New-York établit en ce moment un des plus grands gazomètres qui aient jamais existé. Le terrain ne se prêtant pas à la construction d’un sous-sol, on a décidé de construire une cuve en fer presque au niveau du terrain. Le gazomètre est constitué
- {>ar trois cylindres rentrant l’un dans l’autre; lorsqu’il sera plein, sa lauteur totale sera triple de celle du réservoir inférieur. Sur l’emplacement du gazomètre, on a nivelé le sol, en déblayant environ 2,50 m, puis on a battu un millier de pieux de 0,30 m de diamètre sur 12 mètres de longueur sur la circonférence extérieure du réservoir; on a coulé, dans l'emplacement ainsi préparé, une couche de béton de 0,60 m d’épaisseur sur laquelle on a fait reposer les feuilles de tôle constituant le fond du réservoir. Le diamètre de cette fondation est de 60 mètres. L’épaisseur de la tôle du fond du réservoir est de 4,4 mm en deux feuilles de chacune 2,2 mm assemblées à recouvrement; une doublure en feuille de tôle est interposée entre les deux feuilles sur la largeur du recouvrement et l’assemblage est fait à six rangs de rivets. L’épaisseur de la tôle est réduite proportionnellement à sa distance du fond. Le diamètre du réservoir est de 58,60 m et sa profondeur de 13 mètres. Le bord supérieur du réservoir est terminé par un couronnement de poutres en fer qui supporte vingt-quatre colonnes en fer creux servant de guides au gazomètre. Ces colonnes sont entretoisées par des couronnes en fer horizontales et des poutrelles diagonales assemblées entre elles et avec les couronnes; à la partie supérieure une plus forte couronne en fer réunit toutes les colonnes. Tout ce système de colonnes s’élève à 28 mètres au-dessus du réservoir et à 55 mètres au-dessus du niveau de la rue. Le gazomètre lui-même, ainsi qu’il a été dit, se compose de trois parties de 12,50 m de hauteur chacune. Sur la couronne supérieure de chacune d’elles sont disposées vingt-quatre poulies pourvues de galets qui roulent sur des guidages fixés sur les colonnes. Les galets sont disposés de deux manières, radialement et tangentiellement : les premiers sont en usage en Angleterre et en Amérique, les seconds galets tangentiels sont d’origine française; le système consistant dans la réunion de ces deux types sur une même poulie a déjà été employé en Angleterre, et il semble que ce soit la première application que l’on en fasse en Amérique. Dans le gazomètre que nous décrivons, les galets radiaux ont de plus grandes dimensions et sont fixés plus solidement que les galets tangentiels qui jouent en réalité un rôle moins important. Le toit du gazomètre est fixé sur la couronne supérieure qui réunit les colonnes, et repose sur un système radial de chevrons en fer qui s’appuient au centre sur une colonne intérieure. En général, ce système de construction rappelle avec de plus grandes dimensions le nouveau grand gazomètre de Birmingham. La contenance de ce gazomètre est de 91 000 mètres; il est pourvu de deux tubes de 0,80 m de diamètre pour l’entrée et la sortie du gaz.
- Les orages dans la région de Bar-le-Duc. — M. J. Cardot, àStenay,nous a écrit à la date du 12 juillet: Nous avons eu dans la Meuse des orages presque quotidiens. Heureusement qu’à part celui qui a dévasté, il y a quelque temps, une partie des environs de Bar-le-Duc, ils n’ont pas produit de grands dégâts jusqu’ici ; mais ils se sont fait
- remarquer par de nombreuses chutes de foudre. Dans les environs de Stenay et de Montmédy, les arbres foudroyés ne se comptent plus. Le 29 juin, près de Stenay, pendant un orage qui a duré vingt minutes à peine, et dans un rayon de 300 mètres environ, quatre peupliers et un poteau télégraphique ont été atteints par le fluide électrique. Nous avons eu aussi une petite trombe. Deux ouvriers fanaient dans une prairie bordée de grands peupliers hauts de 20 à 25 mètres. Le ciel était pur, le temps très chaud, l’air calme. Tout à coup les deux ouvriers voient le foin tourbillonner et s’élever jusqu’à la hauteur de la cime des peupliers. J’arrivai peu de temps après ; le carré de foin que l’on était occupé à faner était bouleversé et mis en roules irréguliers, et une traînée de foin, qui s’étendait jusqu’à une trentaine de mètres de là, indiquait la direction qu’avait suivie la trombe. 11 n’y avait pas apparence d’orage ce jour-là.
- Orage de grêle en Bourgogne. — Nous avons déjà publié dans le dernier numéro quelques détails sur un orage île grêle en Bourgogne ; voici encore quelques renseignements sur l’orage de grêle qui a sévi le samedi 13 juillet, vers 11 heures du matin, sur le canton de Saint-Jean-de-Losne (Côte-d’Or). Depuis le matin, le temps chargé d’électricité était intolérable de chaleur, et occasionnait généralement un véritable malaise. La veille, un orage terrible avait éclaté sur Dijon, et vous avez pu voir dans les journaux le récit des dégâts qu’il avait causés. Chez nous, c’est le lendemain que nous avons été atteints. Comme je vous le disais, l’air était irrespirable. A l’horizon, le ciel était d’un noir livide vraiment effrayant, et semé de nuées rougeâtres inquiétantes. Tout à coup le vent s’est élevé avec une violence inouïe, chassant devant lui les nuages avec une rapidité vertigineuse; pas un éclair, pas un coup de tonnerre. Puis sont tombés des grêlons d’une grosseur extraordinaire, très rares, très espacés, gros comme le poing, et pesant 500 à 600 grammes. A Changey, un grêlon pesait, assure-t-on, 972 grammes. Ces grêlons étaient hérissés de pointes ayant la forme de prismes, qui les faisaient ressembler à certains cristaux. Après cette grêle extraordinaire, la pluie est tombée avec une abondance extrême mêlée de grêlons de la grosseur d’une-noix. Cela a duré vingt minutes, puis alors le tonnerre et les éclairs n’ont pas cessé pendant autant de temps à peu près, la foudre tombant à chaque coup. C’était un terrible et magnifique spectacle. Au château de Magny, 167 vitres ont été brisées ; les ravages de cette grêle ont été terribles pour certains cantons. Le tonnerre est tombé sur une baraque en planches où s’étaient réfugiées cinq personnes, et l’a mise en pièces sans qu’aucune des personnes aient eu le moindre mal. Il y avait une petite voiture d’enfant dont une des roues a disparu sans laisser de traces. Un enfant a eu le bras cassé par un grêlon. Chose curieuse, le baromètre n’a baissé que de 1 millimètre.
- Cécile Tournouë, à Laborde.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Nettoyage des fûts.
- A propos de la recette que nous avons donnée dernièrement à ce sujet, M. F. Granier, à Paris, nous écrit que la farine de moutarde possède bien, en effet, à un très haut degré, la propriété désinfectante qu’on lui attribue. L’action désodorante de la graine de cette crucifère, et de quelques autres, est due à l’essence de moutarde (sulfocyanure d’allyle), qui ne préexiste pas dans la graine, mais prend naissance, seulement, en présence de l’eau froide ou à peine tiède, l’eau bouillante empêchant la production de cette même huile essentielle ou la détruisant si elle existe. C’est ce qui explique ce fait, peu connu du public, qu’un sinapisme fait à l’eau bouillante est complètement inactif, l’action sinapisante de la farine du Bras-sica nigra étant due au même principe que celui qui agit comme désodorant. De ce qui précède, il ressort qu’après un barbotage semi-liquide de farine de moutarde, fait à froid, et duquel on enduirait totalement les parois intérieures d’un fût qu’on voudrait désinfecter, abandonnant ensuite ce fût, ainsi enduit, plusieurs heures à l’action de cette substance, la mauvaise odeur dont on voudrait le débarrasser serait bien plus entièrement neutralisée que si on faisait celte même opération à chaud.
- Solution contre les taches de rousseur.
- Chlorhydrate d’ammoniaque. .... 4 grammes.
- Acide chlorhydrique médicinal. ... 5 —
- Glycérine.......................... . 30 —
- Lait virginal.......................50 —
- Faire dissoudre. Matin et soir on touche avec un pinceau imbibé cette solution les taches de rousseur rebelles.
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- La Rédaetiw et l'Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces ponr lesquelles on doit s’adresser à l’Office de Pnblicité de l’Imprimerie, 9, rne de Fleirns.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- ls7‘ BULLETIN METEOKULUlilUUIS DE LA INA) UlitJ
- d’après LES OBSERVATIONS DE N. RENOU (PARC DE SAINT-MAUR, ALTITUDE : 49 M. 30)
- Juillet 1889. — Semaine du lundi 15 au dimanche 21 Juillet.
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- Baromètre.
- Thermomètre sec
- Thermomètre humide
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de M. Hédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et è boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : I). Q. LE 19, A 7 H. 54 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL METEOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi la juillet U*,7 W. S. W. 1 Couvert. 19 Nuageux le matin, couvert le soir.
- Mardi 16.. 14-, 6 S. W. 2 Couvert. 0,0 Couvert; gouttes ou petite pluie après 21 h.
- Mercredi 17 15M S. W. i Couvert. 1,* Couvert jusqu'à 8 h., nuag. jusqu’à 18 h., beau ensuite.
- Jeudi 18 12*,8 S. W. 0 Beau. 0,0 Nuageux de 9 b. à 20 h., beau avant et après.
- Vendredi 19 14*,2 N. N. W. 0 Nuages légers. 0,0 Beau jusqu’à 7 b., nuageux ensuite.
- Samedi 20 16*,0 S. 2 Presque couvert. 0,0 Très nuageux, surtout le soir.
- Dimanche 21 17%6 W. S. W. 5 : Couvert. 0,0 Très nuageux ; pluie fine de3b. à a b.et demie et à 24 h.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Mort par la foudre. — Un violent orage a éclaté le 1 1 juillet dans la soirée sur Laon et les environs. A. Saint-Ermc, la foudre a causé un épouvantable malheur. M. Pognard, instituteur à Chaudardes, et M. Messine, maire de cette commune, quittaient la gai e de Saint-Erme, lorsqu’ils furent surpris par l'orage. Us n’avaient pas fait 200 mètres que la foudre les renversait inanimés sur la route. On accourut à leur secours. M. Messine était complètement paralysé; des soins empressés ne tardèrent cependant pas à lui faire reprendre
- l’usage de ses membres. Quant à M. Pognard, la foudre l’avait tué net. Les cheveux du malheureux étaient grillés, la peau du crâne et les oreilles étaient comme frisées.
- Orage* en province. — Un violeut orage de grêle qui s’est abattu le- \ -10 juillet sur la commune de Villeneuve les-Magueloime (Hérault) a complète- » meut dévasté les vignobles. Les pertes sont évaluées à un million environ.
- A la date du 11 juillet un orage a également éclaté sur les communes de Muret, Venerque et le Vernet près de Toulouse. La grêle" est tombée à Vaecavee ~ une extrême violence. Les blés et les vignes sont hachés; les arbres fruitiers dénudés.
- TEMPÉRATURE
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- ADRESSES UTILES
- Pour le» aimoQOM, «'adresser a L’OffLoe de publiait^ de l'Imprimerie Labare. 9. ra# de PLeams, Paris.
- L« KlnififtOS ST L ADMIBISTRATIOH D* « U HàfDltl * SON* ÉTRANct*»* A CI SKRVtC»
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- i, etc. — Piles et app. p.
- FILTRES
- Filtre WaIgnen(Voir La Nature, n*668, du 20 mars 1886. — Pour tous renseignements, s’adresser à la Société Mai-gnen, 4, Place de l’Opéra, Paris.
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- UT™) 536'BOITE AUX LETTRES (.*»)
- Les lettres et communications relatives à la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées & M. Gaston TISSANDIER
- 19, avenue de l'Opéra, à Paris.
- Toutes Les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour ce qui concerne le phanofuchsine, s’adresser à M. J. Morfaux, pharmacien, à Constantine (Algérie). — La toupie hydraulique se trouve dans la Galerie des machines de l’Exposition universelle (section anglaise).
- M. M. T., à M. C. — Ce précipité n’est autre que de l’oxalate de cuivre : remplacez simplement l’hydrogène par du cuivre dans l’équation.
- M. C. D., à Leuze. — L’expérience récréative que vous nous , signalez est curieuse : nous allons essayer d’en donner l’explication.
- M. R. B., à Paris. — Cette disposition permet de faire fonctionner lia pile d’une façon continue; au lieu d’un robinet, vous pouvez iadopter un petit siphon. 11 suffirait alors de faire couler l’eau.
- M. J. F. D., à Paris. — 1° Pour la Revue des sciences naturelles appliquées, il faut vous adresser à M. J. Grisard, secrétaire, 41, rue de Lille. — 2° Remerciements pour votre communication.
- M. E. Àmaunj, à Vernon. — Le mélange doit être fait à froid.
- Un abonné, à Paris. — Nous ne connaissons pas d’autre procédé ; agréez tous nos regrets.
- M. L. Negri, à Turin. — Adressez-vous à des libraires; ils vous renseigneront certainement.
- Un lecteur, à Paris. — 11 faut consulter des médecins spécialistes ; nous n’avons aucune compétence à cet égard.
- M. A. Cannissié, à Lille. — MM. Girard et Pabst ont publié leurs recherches sur les bandes d’absorption des matières colorantes, dans l’Agenda du chimiste de 1886.
- M. J. Parisy, à Paris. — Vous trouverez cet ouvrage à la Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, notamment le Cours élémentaire d’horticulture, par Boncenne, Y Encyclopédie horticole, par Carrière.
- Un abonné, à Vianna de Castello. — Nous avons entendu dire [ qu’il suffisait de laisser ces détritus en contact avec de la chaux ! éteinte.
- M. le Dr Perrusset, à Bougie. — Nous avons déjà signalé des faits analogues; remerciements.
- M. C. Deleroy, à Bruxelles. — Il n’y a aucune manifestation électrique dans ce phénomène.
- i M. G. Chartot, à Montbard. — Cet appareil pourrait marcher; niais il est bien compliqué auprès des systèmes fort simples qui existent aujourd’hui.
- . M. E. Wiart, à Paris. — L’adresse du constructeur est donnée en tète de la 534" Boîte aux lettres.
- M. 0. Diradour, à Constantinople. — Nous ne connaissons pas ce ! système d’obturateur.
- » M. H. Frossard, à Rouchainp. — Cette institution se trouve, 65, rue du Cardinal-Lemoine, à Paris.
- i M. L. F., à X. — 1° La composition du liquide n’est pas connue. — 2° Vous pouvez vous adresser à des fabricants de pro-. duits chimiques ; mais on peut effectuer soi-même cette distillation.
- M. David, à Paris. — Vous aurez des renseignements nombreux sur la métallurgie du plomb et sur la fabrication des tuyaux de plomb, dans le Dictionnaire de chimie, de Wurtz; vous pouvez aussi consulter les ouvrages suivants ; Etat actuel de la métallurgie du plomb, par Gruner; Notice sur les mines h plomb de Pontesford, par Moissenet, et Préparation du minerai de plomb dans le Cardi-i ganshire (librairie Dunod).
- M. P. C., à Tercis. — Ce procédé paraît présenter de réels avan-tages.
- il/. C. IV., à Theux. — L’éditeur de cet ouvrage est M. ilenn Lau-reus, 6, rue de Tournon, à Paris.
- M. J. V., à Montpellier. — Vous pouvez vous adresser à l’expo-1 sition Edison (section américaine).
- À Un lecteur. à Dijon. — 1° 11 faut consulter, dans les traités de chimie organique, la description de cette levure; nous ne pouvons donner ici toutes les explications que comporte la question. — 2° Vous en trouverez chez les marchands de produits chimiques.
- M. H. Fribourg, à Paris. — On obtient ces résultats à l’aide de ! plusieurs tours de main, qui sont tenus secrets.
- M. C. il/., à M. — Le fait n’est certainement pas exact; ce phénomène n’a jamais lieu.
- M. X., à Saint-V. — 1° Oui; les métaux doivent être en fusion. — 2° Les métaux du commerce suffisent. — 3° Réchaud à alcool ; M. G. Dreyfus, 32, rue de Paradis, à Paris.
- M. Reculon, à Tournus. — Vous pourriez vous adresser à M. Du-cretet, 75, rue Claude-Bernard, à Paris.
- L’abonné 415, à Paris. — Vous trouverez tous les renseignements nécessaires sur le développement à l’hydroquinone dans un article
- de M. Balagny paru dans le n° 796 de La Nature, 1er septembre 1888, p. 215, ou dans la Science pratique. (G. Masson, éditeur.)
- M. 0. B., à Constantine. — 1° Plusieurs procédés pour le nettoyage des médailles sont indiqués dans les Recettes et procédés utiles. — 2° Pas d’éditeur spécial; mais M. Van Peteghem, expert, 41, quai des Grands-Augustins, pourra peut-être vous renseigner.
- M. H. Violette, à Coutances. — Il existe déjà plusieurs compteurs fondés sur le principe de l’intercalation d’un électro-aimant en circuit; nous ne savons pas si vous pourrez arriver à enregistrer facilement le nombre de tours de ce| appareil dans un temps donné.
- M. H. C., à Périgueux. — 1° Oui; mais les renseignements pratiques sont disséminés dans plusieurs ouvrages. — 2° Consultez l’ouvrage de M. H. Fontaine, Eclairage à l’électricité. (Baudry, éditeur, rue des Saints-Pères, à Paris.)
- M. E., à Rosheim (Alsace). — Nous ne pouvons vous donner des indications bien précises à cet égard ; tout dépend du prix que vous voulez mettre à cet appareil.
- M. A. L., à Paris. — Vous pourriez peut-être avoir recours aux moyens employés pour prolonger la durée des fleurs, moyens qui sont indiqués dans la Science pratique.
- M. B. IF., à Quimper. — 1° Pas de machine de ce genre. — 2° Non; nous avons donné une méthode d’analyse du lait dans le n° 501, du 6 janvier 1883, p. 85. — 3° Nous avons publié de nombreux articles à ce sujet dans le journal ; voyez la Table des matières des dix premières années. — 4° La laiterie, par M. Pouriau, l’Art de faire le beurre et les meilleurs fromages, à la Librairie agricole de la maison rustique. — 5° Pas de traité.
- M. F. Alvargonzalez, à Gijon. — L’adresse à laquelle on peut se procurer cet ouvrage est indiquée dans l’article au bas de la page.
- M. le Dr Fines, à Perpignan. — Remerciements pour votre communication qui sera insérée.
- M. H. Buret, à Saint-Phar. — 1° Il faut employer de l’acide phé-nique liquide. — 2° Il suffit d’en répandre dans la pièce.
- M. Meurdra, au Havre. — 1° Pour les divers appareils photographiques, voyez aux annonces. — 2° La photographie moderne, par A. Londe. (G. Masson, éditeur.)
- M. C. Thouvenot, à Rome. — Le nouveau phonographe d’Edison a été décrit dans le n° 831, du 4 mai 1889, p. 363.
- M. G. Bellet, à Criquetot. — 1° Le changement d’adresse sera effectué. — 2° Pas de procédé connu. — 3° Plaques Lumière, à Lyon. — 4° Consultez des traités de photographie.
- M. H. Joly, à Lyon. — 1° Oui; on connaît plusieurs établissements éclairés à la lumière électrique. — 2° Aucune influence.
- M. L. de C., à Sainte-Menehould ; Al. B. de Rollière, à Paris; M. Genesteix, à Poitiers. — Nous publions aujourd’hui un premier article qui vous renseignera sur le chemin de fer glissant.
- M. L. Uriarte, à Buenos-Avres. — Ce vernis est un vernis noir ordinaire ; vous en trouverez plusieurs formules dans la Science pratique.
- M. G. Hart, à Paris. — Pour ce qui concerne les annonces, veuillez vous adresser à YOffiee de publicité, 9, rue de Fleuras.
- M. E. Fergeau, à Paris. — Les clichés doivent être passés au bain d’alun avant le fixage.
- M. L. Baudry, à Pans. — Moteurs à pétrole pour canots ; Compagnie française Otto, 15, avenue de l’Opéra, ou Yarrow et C18, Isle of dogs Poplar, London.
- Un abonné, à Paris. — Les différences entre l’or jaune et l’or rouge dépendent beaucoup du mode d’extraction et de préparation; voyez à ce sujet les traités de métallurgie.
- M. A. Tournouër, à Luxey. — Ces insectes hémiptères se nourrissent de la sève des arbres, qu’ils piquent avec leur rostre.
- M. C. Figa, à Palamas, nous écrit qu’au mois de février 1888 il avait imaginé un cadran solaire analogue à celui que nous avons décrit dernièrement.
- M. Winter, à Paris. — La pression serait en effet insuffisante dans le tonneau; il faut avoir recours à une petite pompe rotative.
- M. Fuégo, à Lyon, nous envoie une photographie du feu d’artifice qui a été tiré à Lyon sur le pont Tilsitt, le 14 juillet dernier.
- M. P. Richert, à Alger, nous envoie également la photographie de la mosquée de la place du Gouvernement à Alger, illuminée à l’occasion du 14 juillet. On sait aujourd’hui que, par les procédés au gélatino-bromure, ces genres de photographie réussissent très bien.
- M. A. D. C., à Paris. — Vous ne réaliserez ces conditions quen chargeant des accumulateurs à l’aide de piles {piles au bichromate ou au sulfate de cuivre).
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- M. P. A., à Sens. — Le procédé que nous avons indiqué est cependant exact; il faut du phosphore de bonne qualité.
- Le cercle du Progrès, à Sommières. — 1° Cet acide est un poison très violent. — 2° Il a une odeur caractéristique. — 3° On peut le retirer des noyaux de cerises noires.
- M. A. Fournier, à Montpellier. — 1° Il faudrait faire des expériences ; nous ne pouvons vous renseigner exactement. — 2° Piles ‘..elalande et Chaperon : M. de Branville, constructeur, 25, rue de la M ontagne-Sain te-Geneviève.
- M. B., à Nantes. —Etiquettes décalque : M. F. Appel, 12, rue du ^eIta, à Paris.
- M. A. Beer, à Paris. — Remerciements pour votre communication.
- M. N. Klein, à Jletzeral. — Vous trouverez dans La Nature la description des appareils les plus intéressants à ce sujet.
- M. Meinart, à Arras. — L’adresse demandée est 10 rue de Malte.
- M. H. Gabriel, à Paris. — Nous allons prendre des renseignements sur ce travail, et nous en parlerons s’il y a lieu.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Congrès et conférences de l’Exposition universelle. —
- Dimanche 4, à 3 heures. Séance d’ouverture du Congrès d’hygiène et dq démographie. Séances du 4 au 11 août à l’Ecole de médecine. — Lundi 5, à 9 heures. Séance d’ouverture du Congrès pour l’amélioration du sort des aveugles. Séances du 5 au 8 août, à l’Institution nationale des jeunes aveugles, boulevard des Invalides, 50. —Lundi 5, à 9 heures du matin. Séance d’ouverture du Congrès des sciences géographiques. Séances du 5 au 12 août, à l’hôtel de la Société de géographie, boulevard Saint-Germain, 184. —Lundi 5, à 9 heures du matin. Séance d’ouverture du Congrès de dermatologie et de sgphiligraphie. Séances du 5 au 10 août, au Musée de l’hôpital Saint-Louis, rue lîichat. — Lundi 5, à 3 heures. Séance d’ouverture du Congrès de médecine mentale. Séances du 5 au 10 août, au Collège de France. —Lundi 5, à 2 heures. Séance d’ouverture du Congrès de zoologie, au palais du Trocadéro. Séances du 6 au 10 août. —Mardi 6, à 10 heures. Séance d’ouverture du Congrès de l'enseignement supérieur et de l'enseignement secondaire. Séances du 5 au 10 août, à la Sorbonne. — Mardi 6, à 10 heures un
- uart. Conférence-visite au Grand Théâtre (Palais des enfants, Champ
- e Mars), par M. Boucheron : Teinture et impression. — Mardi 6, à 2 heures. Séance d’ouverture du Congrès de psychologie physiologique. Séances du 6 au 10 août, à la Faculté de médecine (amphithéâtre du laboratoire de physiologie). — Mardi 6, à 1 heure. Séance générale du Congrès des sciences géographiques, au palais du Trocadéro. — Mardi 6, à 2 heures. Séance d’ouverture du Congrès de photographie, au palais du Trocadéro. Séances du 7 au 10 août, à la Société française de photographie, rue des Petits-Champs, 76. — Jeudi 8, à 2 heures. Séance d’ouverture du Congrès pour l’étude de la transmission de la propriété foncière, au palais du Trocadéro. Séances du 8 au 14 août, à l’hôtel des Sociétés savantes. — Samedi 10, à 2 heures. Séance d’ouverture du Congrès d’anthropologie criminelle, au palais du Trocadéro. Séances du 11 au 17 août, à l’Ecole de médecine.
- I/Exposition ouvrière. — L’annexe de l’Exposition universelle, comprenant les exposants ouvriers qui n’ont pu être placés au Champ de Mars, faute d’emplacement, est installée au Pavillon de la Ville de Paris, Cours la Reine, Champs-Elysées, est ouverte au public, de 8 heures du matin à 6 heures du soir. Entrée gratuite.
- Pluies extraordinaires.—Les pluies extraordinaires précédemment citées, ne sont rien à côté de celles que mentionne Kaemtz dans son traité de météorologie. « A Joyeuse, il tomba en un jour 250 millimètres d’eau; à Genes, dans le même espace de temps, 810 millimètres; et à Genève, en trois heures, 160 millimètres. » M. le Dr Fines, dans la Climatologie du Roussillon, cite une grande averse qui a donné 313 millimètres d’eau en 1 heure et demie de temps. C’est probablement la plus forte qui ait été observée en France. Le Verrier en parle dans l’Atlas météorologique de l’observatoire de Paris, année 1868. p. 6: « Le 20 mai 1868, des pluies extraordinaires par leur abondance ont causé de grands dégâts en quelques points du département des Pyrénées-Orientales, et principalement à Molitg. M. de Massia a mesuré ce jour-là, de 2 h. 30 m. à 4 heures du soir, en 1 heure et demie, l’énorme quantité de 313 millimètres. Cette trombe a produit les effets les plus désastreux : un quartier de roc descendu de la montagne a coupé |
- en deux un homme qui s’était abrité dans une cabane placée près pA du lit de la rivière de la Tet, au confluent de l’Espinouse. La moitié j-é du corps a été trouvée sous le roc et l’autre moitié près d’Eus, [. à 12 kilomètres de distance. La route qui conduit de Prades aux) thermes de Molitg, construite sur un sol granitique et parfaitement établie, avec une forte pente, a été ravinée ; mais la trombe, ; tombant dans un petit espace et en pays de montagne,_ a limité ses ravages à un cercle restreint. Nous avons entendu ce jour-là, à Perpignan, quelques coups de tonnerre, mais nous n’avons pas eu une goutte de pluie. » - Cœürdevache,
- Attaché à l’Observatoire de Perpignan. '
- Propulsion des navires par une hélice intérieure. —
- M. Oriolle, ingénieur constructeur à Nantes, vient de donner une nouvelle disposition à l’hélice des navires. Son système consiste à ' faire tourner une hélice de grand* diamètre, actionnée par une uissante machine, dans un siphon ménagé au milieu même du ateau et amorcé par une pompe. L’eau est aspirée par un orifice i percé dans le fond plat du bateau, en avant du propulseur qui la refoule vers l’arrière par une ouverture semblable. Le tracé du siphon a été fait de manière à présenter le moins de résistance > possible à la circulation de l’eau. L’hélice se trouve ainsi complète- ! ment immergée sans qu’une rentrée d’air puisse avoir lieu et travaille | uniquement à la poussée en avant. Il n’y a pas, en effet, de pertes | latérales et l’effet utile n’est diminué que par le frottement et la déformation de la veine liquide dans le siphon. On a déjà constaté ! que le rendement de l’hélice est meilleur lorsqu’elle est placée sous une voûte; peut-être y aurait-il encore une supériorité d’utilisation dans le siphon imaginé par M. Oriolle. Un bateau, nommé Wilhel-mine, et construit par M. Oriolle, a donné de très beaux résultats.
- Ce bateau mesure 20 mètres de longueur, 3,50 m de largeur et 0,65 m de creux. Il cale 0,25 m au repos et, grâce à ses deux gouvernails (un à chaque extrémité) il évolue avec une facilité j remarquable. L’hélice a quatre ailes : son diamètre est de 0,85 m | et son pas de 1,20 m. Les extrémités du siphon viennent mourir j sur le fond plat, de manière à ne présenter aucune discontinuité, à 3 mètres environ en avant et en arrière du propulseur. Celui-ci est j actionné par une machine relativement légère. Aux premiers essais, j la moyenne de plusieurs parcours a été de 8 noeuds forts à l’allure j de 300 tours par minute, la machine développant 40 chevaux indi- ! qués et la pression étant de 5 kilogrammes. Depuis, la Wilhelmine a filé facilement 9 noeuds à l’heure. M. Oriolle espère pouvoir appliquer à un torpilleur son nouveau mode de propulsion. Un des principaux avantages qui en résulteraient pour ces petits navires, serait de diminuer beaucoup leur tirant d’eau, ce qui pourrait être précieux pour eux dans bien des circonstances. A propos de ce nouveau mode de propulsion, il est bon de rappeler que sur certains bateaux construits par M. Thornycroft, l’hélice fonctionne aussi dans une sorte de siphon où l’eau est élevée au-dessus de son niveau normal : l’un de ces bateaux déplace 9 tonneaux et demi et cale seulement 0,505 m. Ce dernier navigue sur le Congo depuis six ans. D’autres essais avaient été tentés par Dupuy de Lôme pour faire naviguer sur le Rhône des bâtiments à faible tirant d’eau avec de grandes hélices qui n’agissaient que par l’extrémité de leurs ailes. Un autre ingénieur, M. Salmon, de Lyon, exposa, en 1867, un type d’embarcation qui ne fut pas adopté non plus.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Remède contre les brûlures et les plaies en général.
- On met de la chaux vive dans de l’eau, on l’agite fortement jusqu’à ce qu’elle soit délitée; puis, lorsqu’elle est clarifiée par le repos, on prend 500 grammes de cette eau, dans laquelle on ajoute eu à peu quatre jaunes d’œufs délayés dans 60 grammes de téré-enthine. On panse les plaies avec ce mélange étendu sur de la charpie deux ou trois fois par jour, et si elle adhère les premières fois, on a soin de l’enlever au moyen de l’eau tiède pour ne point déchirer la pellicule qui se forme, ce qui empêcherait la cicatrisation de se produire.
- Moyen d'argenter l’ivoire.
- On laisse tremper l’ivoire dans une dissolution faible de nitrate d’argent; l’ivoire se colore peu à peu en jaune. On le lire alors et on le plonge dans de l’eau bien pure. On l’expose au soleil, dont l’action le rend noir au bout de quelques heures ; en le frottant, il devient très brillant.
- La Rédaction et l'Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces ponr lesquelles on doit s’adresser i l'Û/fîce de Publicité de l’Imprimerie, 9, rue de Flenrns.
- AVIS. —La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal Isa Nature est interdite. La reproduction des illustrations même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- PRESSION BAROMÉTRIQUE
- 688" BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA NATURE
- D’APRÈS LES OB;EKV*riONS DE M. RENO'J (PARC HE sAINT-MAUR, ALTITUDE : 49 M. 30)
- Juillet 1889. — Semaine du lundi 22 au dimanche 28 Juillet.
- Baromètre
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- La courbe tiupérieuie indique ta nébulosité de M à 10; tes flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre «nreifiatreur de M. Rédier. — Thermomètre a l’abri, a houle »Ache el a boite mouillée
- Le baromètre esl ramené a O au niveau de la mer.
- PHASES HE LA LUNE I N. !.. LF 28. A 0 II. 10 V. HL MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQ’JES A 7 HEURES DU MATIN
- o’ArKÈS LE BULLETIN INlKKSAnovVL DH BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- I
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL t PLUIE EN MM.MMFl Kl $ OBSEHVATI0NS GÉNÉRALES
- Lundi 22 juillet 15*,5 W. S. W. 2 Nuageux. » Tr. nuag.,- atmosph. claire.
- Mardi 25. 15’,8 S. S. W 0 Couveit. » Tr. nuag., pi. av. tonnerre au N. à 13 h. 20.
- Mercredi 21 . 14",8 W. S. W. 2 Couvet t. 2,9 Prcsq. couv., quelq. gouttes à 6 h., atm. tr. claire.
- Jeudi2eii •*•*•*»* 16*,6 S. W. 5 Couvert. 4,1 Tr. nuag. avers, ou pluie de 15 à 16 il. alm. tr. claire.
- Vendredi 26 UM S. W. 3 Couvert. M. Couv., pluie à pi. repr., tonnerre à 17 h. 41 et 49.
- 14-, 2 W. (N. W. 2 Couvert i n,7 Tr. nuag., gouttes, éclairs à 1 II. et 23 h. tr loin.
- Dimanche 28 15",5 W. N. W. 1 Beau. » i Tr nuag., averse à midi 45.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- E.« pluie en juin *880. — Le mois dé juin 1889 nous u offert un exemple caractéristique de l’inéuale répartition des chutes pluviales pendant les mois d’élé. Là où les orages ont été rares ou faibles, il est tombé très peu d’eau ou relativement peu. C’est ainsi qu’à l’extrême ouest delà Belgique a régné une sécheresse intense : à Nieuport, ou n’a recueilli que 12,6 mm d’eau; à Dixmude, 10,0 mm : à Iseghem, 9,5 mm. Peu d’orages ont été observés dans la région où se U’ouve1 t ees localités : à Fûmes, on n’a entendu le tonnerre qu’une fois dans tout le
- cours du mois; à Osteude, deux fois; à Mouserou, quatre fois Dans les parties du pays où les manifestations orageuses ont été fréquentes mais jeu intenses, le pluviomètre n’a, de même, reçu qu’une faible quantité d’eau : de 20 à 25 millimètres en moyenne. Mais dans les.provinces du sud et de l’est, où des orages d’une violence extraordinaire ont éclaté, des pluies torrentielles sont survenues. Voici quelques chilfres intéressants sur les quantités de pluie relevées après vingt-qualrc heures. Le 7 juin, à Bruges, on a eu 39 mm d’eau, 80 mm à Mont-sur-Mui chienne, 75 mm à Trazegnies; le 8 juin, 45 rnni à Baraque-Michel le 14 juin, 59 mm à Ghe< 1, et le 29 juin, 50 mm à Stavalot. Te plus, les vents du nord-est et d’est se sont, en juin 1889, substitués aux vents de sud-ouest eP d’ouest, qui prédominent généralement à cette époque de l’année.
- _________________ (Ciel et Terre.)
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- . 1 fort volume in-8°, cartonné..................32 fr.
- DE LA PROTHÈSE CHIRURGICALE appliquée à la résection des maxillaires, rhinoplaslie sur appareil prothétique permanent, restauration de la face, lèvres, nez, langue, voûte et voile du palais, par M. Claude Martin, médecin-dentiste de l’Ecole de service de santé militaire, avec une préface de M. le professeur Ollier, membre correspondant del’lnstitut. 1 vol. in-8°, avec 250lig. dans le texte. 15 fr.
- L’Auteur a traité, dans cet Ouvrage, sous la forme qui convient à une publication, les questions d’Optique qui ont fait, à différentes reprises, l’objet de son enseignement au Collège de France.
- Ce Traité comprend deux volumes. Il s'adresse aux élèves des Facultés et des Ecoles d’enseignement supérieur. L’Auteur espère que les physiciens et les professeurs trouveront aussi quelque interet dans le mode d’exposition, le groupement des phénomènes, la discussion des expériences, et dans certaines questions que les publications analogues n’ont pas l’habitude de donner.
- Titres des Chapitres du Tome I.
- Ckap. I. Préliminaires. — Ciiac. II. Systèmes optiques. — Ciiai>. lit. Interférences. — Chap. IV. Propriétés des vibrations. — Chai*. V. Diffraction. — Chap. VI. Interférences par tes lames isotropes. — Ciiap. VU. Application des interférences. — Chap. VIII. Polarisation. — Chap. IX. Double réfraction.
- UNE
- MISSION VITICOLE
- EN AMERIQUE
- CAR
- PIERRE VIALA
- Professeur de viticulture à l'Ecole nationale d’agriculture de Montpellier.
- I volume iu-8°, avec 8 planches en couleur et une carte géologique des Etats-Unis.............................15 fr.
- Get ouvrage n’est pas, comme on pourrait le croire, un rapport ou compte rendu officiel, c’est une étude complète de toutes les questions relatives aux vignes américaines et aux maladies de la vigne, dans leur pays d’origine, qiustions qui intéressent au plus haut point les viticulteurs français.
- La première partie contient l’étude des vignes américaines porte-greffes et se subdivise en monographie des Espèces sauvages, Hybrides sauvages, Vignes cultivées; elle est suivie d'un chapitre sur l’adaptation des vignes américaines. La seconde partie traite des Maladies de la vigne en Amérique.
- L’ouvrage est complété par une carte donnant la distribution géologique des terrains des Etats-Unis et huit planches en couleur représentent les formes les plus intéressantes des vignes américaines et des maladies de la vigne.
- PRÉCIS DE MICROBIE médicale et vétérinaire, par MM. le IKL.-H. T hoinot, ancien interne des hôpitaux, et E.-J. Mas-selin, médecin-vétérinaire. 1 vol. in-12, avec figures noires et en couleurs................................6 fr,
- HISTOIRE CHIRURGICALE DE LA GUERRE AU T0N-KIN ET A F0RM0SE 1883-1884—1885, par le docteur 11. Nimier, médecin major, professeur agrégé au Val-de-Gràcc. 1 volume in-8°.... ...........5 fr.
- DU CLASSEMENT DES ÉTABLISSEMENTS HOSPITALIERS, par le Dr G. Drouineau, inspecteur général des établissements de bienfaisance. Brochure in-8u. . . 2 fr.
- GÉOGRAPHIE ÉCONOMIQUE DE L’EUROPE, par Marcel Dubois, maître de conférences à la Faculté des lettres de Paris. 1 vol. in-8°, cartonné toile..........4 fr. 50
- TRAITÉ DE CHIMIE minérale et organique, par MM. E. Willm, professeur à Ja Faculté des sciences de Lille, et M. Han-riot, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, 4 volumes grand in-8°........................50 fr.
- ESSAI SUR L’ORGANISATION ET L’ADMINISTRATION DES ENTREPRISES AGRICOLES ou Traité d’économie rurale, par M. J. Piret, ancien professeur d’économie rurale. 1 volume in—4°................... 15 fr.
- TRAVAUX DE LA STATION AGRONOMIQUE de l'Ecole d'agriculture de Grignon, par M. P.-P. Dehérain, membre de l’Institut, professeur de physiologie végétale au Muséum d’histoire naturelle et de chimie agricole à l’école de Grignon.
- 1 volume in-8°, avec 12 planches en couleur. . . 3 fr.
- AVANT-PtiOPOS: — O11 a étudié à la station agronomique de Grignon les changements survenus dans la composition des sols soumis à diverses cultures, les quantités de nitrates qui peuvent se produire dans ces sols, l’intluence qu’exercent, sur l’abondance et la valeur des récoltes, les engrais distribués,' le choix des variétés semées; la plupart de ces travaux comportent les déterminations numériques, susceptibles d’étre représentées par des graphiques qui ont été tracés e-t figurent h l’Exposition.
- Pour faciliter leur lecture, pour répandre ce mode de représentation des résultats culturaux, utile à l’enseignement, je produis les dessins exposés en les accompagnant de courtes explications nécessaires pour faire saisir l’intérêt des questions étudiées.
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- supplément an numéro »4b de la nature do 10 août 1889
- LT™*) 537e BOÎTE AUX LETTRES (..*«)
- Les lettres et communications relatives à la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à H. Gaston TISSANDIKB
- 19, avenue de l'Opera, é Paris.
- 'OUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui'précède la date de la livraison.
- I Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour ce qui concerne la balance hydrostatique, s’adresser à M. J. Joly, à Trinity college, Dublin. — La fabrication des générateurs Serpollet est en voie «organisation ; on ne saurait actuellement se procurer de ces appareils.
- I M. P. G., à Arcachon, nous écrit relativement au précédent article de M. Guébhard sur les Partitions anormales des feuiltes Me fougères (n° 842, du 20 juillet 1889, p. 122) que l’on pourrait citer à ce sujet les feuilles de trèfle, divisées en quatre lobes bien {distincts et bien conformés.
- I M. Joseph Plassard, à Villers-sur-Mer. — La phosphorescence de ja mer est due à des animalcules microscopiques phosphorescents jnoctiluques miliaires) ; vous trouverez des détails à ce sujet dans le mnde de la mer de Frédol. (Hachette et Cia, éditeurs.) Ces animal-iules se trouvent tantôt à la surface de l’océan, tantôt au contraire (dans les profondeurs.
- I M. H. Clarté, à Remiremont. — Ces appareils ont été décrits lans le n° 215, du 28 mai 1887 de Y Electricien, p. 344. (G. Masson, Sditeur.)
- M. E. Caillet, à Paris. — La pile du commandant Renard est construite par M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard.
- Un lecteur, à Paris. — 1° Les acides que vous mentionnez se trouvent dans le commerce à tous les degrés de concentration. — 2° L’acide nitrique et l’acide sulfurique ordinaire suffisent. — 5” Vous trouverez plusieurs traités sur l’exploitation de l’or en Amérique à la librairie Dunod, notamment : Gisement et exploitation le l’or en Californie, par Laur ; Nouveau mode de traitement des muerais tCorde la Californie, par Rivot; Notice sur l’exploitation hydraulique de l’or en Calijornie, par Sauvage.
- M. P. L. Châtaignier, à Lyon. — Adressez-vous à la Librairie agricole de la maison rustique, 20, rue Jacob, à Paris.
- M, Boutemy, à Launoy. — La canne d’arpenteur se trouve chez M. Morin, 3, rue Boursault, à Paris.
- M. G. Damagnez, à Candas. — La vaseline vous donnera de bien meilleurs résultats que la graisse ordinaire.
- M. G. G., à S. — Nous vous avons répondu précédemment à ce
- jet.
- ! M. M. P., à Genève. — Vous trouverez plusieurs traités d’algèbre là la librairie Gauthier-Villars, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. A. P. de G., à Bahia. — Cette fabrique n’existe plus.
- M. P. T., à Lunéville; M. L. Rousseau, à Paris. — Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. F. A., à Bercy. — 1° Rien dé semblable n’a paru dans le journal; nous avons seulement donné un procédé dans le livre indiqué ci-dessus. — 2° La revue d’anthropologie du Dr Topinard i étudié cette question. (G. Masson, éditeur.)
- M. H. E., à Bruxelles. — Nous ne croyons pas que vous trouverez de moteur à ce prix.
- M. A. G. M., à Bruxelles. — Le matériel des chemins de fer a déjà fait l’objet de nombreux articles dans la Revue des chemins de for, le Génie civil; adressez-vous à la rédaction de ces journaux.
- M. X., à Saint-Noy. — Nous regrettons de ne pouvoir vous ournir ces renseignements qui ne sont pas du domaine scienti-îque.
- M. V. L., à Bordeaux. — La lactoline est un lait privé de toute son eau par le passage d’un courant d’air. Il ne faut pas confondre avec la laclone qui est un liquide obtenu par la distillation sèche de l’acide lactique.
- M. Tib. Proot, à Wounen. — Vous trouverez une grande variété de ces guides chez tous les libraires. Nous ne .saurions en indiquer an spécialement.
- M. Corcho, à Santander. — Traité pratique de la fabrication lu ciment de Portland, par M. Lipowitz, chez M. E. Lacroix, éditeur, à Paris.
- M. J. Courtois, à Paris. — Remerciements pour votre communication. De nombreux projets ont été étudiés à ce sujet ; mais la question est toujours de réaliser pratiquement un appareil.
- M. J. Cervera, à Valencia. — Le compteur Aubert est fabriqué a Lausanne (Suisse).
- M. L. Moretti, à Padoue. — Nous ne connaissons pas l’adresse de ce fabricant.
- M. G. Genod, à Lyon. — On a souvent proposé des systèmes analogues à celui que vous décrivez; on n’en obtiendrait pas les résultats que vous attendez.
- M. J. Saussié, à Dijon. — Nous regrettons de ne pouvoir vous fournir de plus amples renseignements.
- M. J., à Beaune. — 1° 11 faudrait faire des expériences. — 2° Les
- accumulateurs ont pour but d’emmagasiner de l’énergie électrique produite par les piles dans des conditions défectueuses, conditions qui seraient très désavantageuses au point de vue de la régularité et de la fixité de la lumière. Cette transformation s’opère évidemment avec une perte d’énergie, mais qui est relativement faible.
- Un lecteur vendéen. — lu La composition de cet alliage n’est pas connue exactement; elle varie du reste beaucoup.
- M. H. Joly, à Lyon. — Nous ne pouvons vous donner ces détails; adressez-vous à des compagnies d’électricité.
- M. V. B., à Coulours. — Nous n’avons jamais entendu parler de ce moteur électrique.
- M. A. Clément, à Coulours, à propos du cadran solaire dont il a été parlé dernièrement dans le journal, nous écrit qu’il y a quarante-cinq ans, sur les indications d’un vieux berger, il en avait construit un semblable. On a indiqué, en effet, dans l’article, que cet appareil était très ancien.
- M. G. B., à Paris. — La brochure du Dr Bornet, dont on a parlé dans le n° 830, se trouve à la librairie J.-B. Baillière.
- M. Chavanat, à Clermont-Ferrand. — 1° Oui, cet acier est plus dur. — 2° Il existe dans le commerce. — 3° Nous le pensons.
- M. Devémy, à Valenciennes. — 1° Il y a des procédés actuellement appliqués dans l’industrie, mais nous croyons qu’ils sont tenus secrets. —• 2° Les Plantes fourragères, par M. G. Heuzé ; la Basse-Cour, pigeons et lapins, par Mma Millet-Robinet, et autres traités de ce genre, à la Librairie agricole de la maison .rustique.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Congrès et conférences de l’Exposition universelle. —
- Dimanche 11, à 9 heures du soir. Séance d’ouverture du Congrès de sténographie. Séances du 11 au 18 août à l’Hôtel Continental, rue de Castiglione. — Lundi 12, à 10 heures. Séance d’ouverture du Congrès de l’enseignement primaire. Séances du 11 au 19 août, à la Sorbonne. — Lundi 12, à 2 heures. Séance d’ouverture du Congrès des Sociétés par actions, au palais du Trocadéro. Séances du 13 au 19 août, à l’Ecole des sciences politiques, 19, rue Saint-Guillaume. — Lundi 12, à 2 heures. Séance d’ouverture du Congrès de t’interventi n des pouvoirs publics dans l’émigration et l’immigration. Séances du 12 au 15 août, au Palais de l’Industrie, porte XII. — Mardi 13, à 10 heures un quart du matin. Conférence-visite au Grand Théâtre (Palais des enfants, Champ de Mars), par M. Périssé : Les machines à vapeur à VExposition. — Mercredi 14, à 4 heures. Conférence au palais du Trocadéro, par M. de Fourcaud : L’évolution de la peinture française au dix-neuvième siècle. — Samedi 17, à 4 heures. Conférence au palais du Trocadéro par M. J. Hirsch : La mécanique à l’Exposition universelle de 1889. — Les mardis et vendredis, le Dr Topinard fait des conférences-promenades dans les salles de l’anthropologie de la section I de Y Histoire rétrospective du travail. Il commence par le pavillon d’angle de droite, rez-de-chaussée.
- La fpntaine saline de Mézlères. — On signalait dans notre canton de Mézières (Côte-d’Or) une fontaine saline. Des fouilles organisées par M. Communeaux, conseiller général, ont fait découvrir un puits fermé au fond par une pierre présentant une ouverture. C’est par là que s’échappait une eau très claire et très salée. L’analvse de cette eau faite par M. A. Carnot, inspecteur à l'Ecole des mines, a indiqué une proportion de 0,069 g de chlorure de lithium par litre. Dans ces derniers temps, les fouilles ont été reprises pour débarrasser la fontaine, et on a pu faire plusieurs remarques intéressantes. On a d’abord trouvé deux têtes de statues parmi de nombreux débris de poterie. La fontaine est creusée dans le roc en cuvette, l’eau vient du fond par des fissures. Cette cuvette, dans laquelle on voit encore la trace des coups de pics, a 2,50 m de large ; elle est recouverte par la grosse pierre formant le fond du puits. Cette grosse pierre est elle-même percée de neuf trous ayant 0,08 m de diamètre. Le devant de la fontaine se trouve à 1,50 m au-dessous du sol et a une longueur de 30 mètres, et une largeur de 20mètressur une épaisseur de 0,25 m. Ne se trouverait-on pas là enface d’une ancienne station balnéaire romaine? Les débris d’habitations romaines sont fort nombreux dans notre pays; dernièrement, un cultivateur a trouvé un petit Mercure en bronze de 0,10 m de hauteur. Deroïe, à Arnay-le-Duc.
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- Dépôts «le pétrole dans le Véné*uela. — Lé Bulletin de la Société d'encouragement donne des détails sur les dépôts de pétrole dans le Vénézuela. Nous en emprunterons quelques extraits. On trouve de notables richesses en asphalte et pétrole dans une partie du département de Colon, dans la région située entre les rivières Santa-Anna, Zuilia et la chaîne montagneuse qui fait la frontière de la Colombie. Les chercheurs de baume de copahu, produit qui abonde dans ce terrain très étendu couvert de forets inhabitées, ont fourni au consul américain de Maracaïbo les renseignements qui suivent : au pied de la montagne, près de la rivière Oro, se présente une caverne d’où s’échappent constamment sous forme de globules un bitume épais et consistant; à leur arrivée à l’embouchure de la caverne, ces globules font explosion avec un fracas qui s’entend à de grandes distances et le bitume se réunit en un fdet lent qui forme un dépôt sur les bords de la rivière. Le territoire tout entier, limité entre les rivières Zuilia, Catacumba et la Cordillère, est riche en dépôts et nappes d’asphalte et de pétrole, et ce dernier est très abondant vers la région du sud. A une distance d’un peu plus de 7 kilomètres du confluent des rivières Tara et Sardinelte, on rencontre un plateau de sable de 8 à 9 mètres de hauteur d’une superficie d’environ 720 mètres carrés, dont la surface présente à l’œil une
- BIBLIOGRAPHIE
- Le Champ de Mars, par Ernest Maindron, avec la collaboration de M. Camille Viré, ouvrage illustré de 70 lettres ornées, par M. Jules Adeline et de 114 reproductions d’après les documents originaux. 1 vol. in-8°. — Lille, imprimerie L. Danel, 1889.
- L’auteur de ce livre est un collectionneur et un érudit : au moment où l’Exposition universelle de 1889 attire une partie du monde au Champ de Mars de Paris, il a eu l’heureuse idée d’écrire l’histoire de ce Champ de Mars qui, depuis sa fondation (1751) jusqu’à nos jours, est un peu l’histoire de Paris, et aussi l’histoire de la France. M. Maindron a recueilli dans les Bibliothèques, dans les collections particulières, dans les trésors de sa propre collection, tous les documents relatifs à l’histoire du Champ de Mars, et il les présente au publie sous forme d’un livre des plus instructifs, richement illustre de reproductions d’anciennes estampes. Nous parcourons dans ce beau livre tous les événements, fêtes officielles, expositions, expériences et épisodes divers dont le Champ de Mars a été,1e théâtre, depuis la première revue passée par Mm* de Pompadour, jusqu’à l’inauguration de l’Exposition uni-
- CAMP DU CHAMP DE MARS ,P SE S PARIS, EN JUILLET IJ8 O
- Ce Camp etoiit.J tv/po.rè (fe-timà fieçvncns cte Petits Sut.rje,?, atruriyue de Ûrqÿû/is et dJtu.rsars.tipi dans te tidtvtwM de t'Ecote Mttùatre .Jbii&y ces treupeeprirent fa ftufc da/is ta mut du d Jcuïiet.ct c/ter laissèrent une partie de leu/' tnpape. 1
- Le camp des régiments des Petits Suisses an Champ de Mars en 1789. — (D’après une, gravure du Champ de Mars, par Ernest Maindron.)
- infinité de trous cylindriques de tous diamètres, d’où s’échappent avec violence des torrents de pétrole et d’eau chaude ; le bruit en est très assourdissant. Le sol est imprégné de pétrole à des distances considérables dans le voisinage de cette éruption. Les chercheurs de baume de copahu donnent à ce site le nom de Infernito (petit enfer) ; d’après une expérience faite par eux, un récipient de 10 à 17 litres de capacité a été rempli en une minute d’un pétrole d’excellente qualité, capté sur l’une seulement des sources. Ce nombre correspondrait à un captage de 26 mètres cubes environ par 24 heures. Jusqu’à présent aucun monopole n’a été concédé par le gouvernement. Le consul américain pense que cette considérable émission et accumulation de gaz inflammables est probablement en relation avec le roulement constant d’éclairs et de tonnerre que tous les navigateurs constatent vers le sud de la barre du port de Maracaïbo, et qu’ils appellent le phare de Maracaïbo.
- verselle de 1889. M. Ernest Maindron est un historien et un écrivain : son livre, qui sera lu avec beaucoup d’inté-rét par tous, est en outre un régal pour les érudits et les amateurs d’estampes. Nous empruntons à ce bel ouvrage une charmante gravure relative au camp des Petits Suisses installé au Champ de Mars en 1789.
- Histoire générale des races humaines. Introduction à l'étude des races humaines, par A. de Quatrefages, membre de l’Institut. Classification des races humaines avec 256 gravures dans le texte, 2 planches et 5 cartes. 1 vo in-8°. — Paris, A. Hennuyer, 1889•
- La photographie, par M. Pabst, chimiste principal au laboratoire municipal. 1 vol. in-8" de Y Encyclopédie chimique publiée sous la direction de M. Fremy. Dunod, éditeur. — Paris, 1889.
- La Photographie au gélatino-bromure d'argent. Le développement de l'image latente, par A. de la Baume Pluvinel. In-18 avec figures et 5. planches doubles. — Paris, Cauthier-Viîlars, 1889. Prix, 2 fr. 75.
- Traité pratique de développement. Étude raisonnée des divers révélateurs et de leur mode d'emploi, par Albert Fonde. In-18. Gauthier-Villars. Paris 1889. Prix, 2 fr. 75.
- Choix de lectures littéraires, par MM. E. Bauer et de Saint-Etienne, professeurs à l’Ecole alsacienne. 1 vol. in-18. G. Masson, éditeur. — Paris, 1889.
- En Sèvre, notes de voyage par M. L. de Kadoré. 1 vol. in-8\ L. Clouzot, éditeur. — Niort, 1889.
- Le Petit Jardin, par D. Bois. 1 vol. in-18 de la Bibliothèque des connaissances utiles. J.-B. Baillière, éditeur. — Paris, 1889.
- La vie des plantes, par Sir John Lubbock. 1 vol. in-18 avec 271 figures intercalées dans le texte. J.-B. Baillière, éditeur. — Paris, 1889.
- Traité théorique et pratique d’électrochimie, par Donato Tombas!, 4e fascicule. 1 vol. grand in-8°. Bernard, éditeur. — Paris, 1889.
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- pépite «l’or «tes Avols. — Dans son intéressant article du 6 juillet concernant la pépite des Avols, M. Stanislas Meunier exprimait combien il serait fâcheux qu’un échantillon, unique en France, disparût dans un creuset d’orfèvre au lieu de figurer dans une vitrine de minéralogie. Vos lecteurs apprendront avec plaisir que la pépite des Avols ne sera pas fondue et qu’elle figure aujourd’hui dans une collection française. On peut la voir à l’Exposition, classe 41, dans la belle réunion dé minerais d’or exposée par M. de la Bouglise. 11 en a été fait, en outre, quatre moulages destinés à nos principales collections d’études publiques. G. Bénïer.
- Pauvre Islande! par Victor Meignan. 1 vol. in-18. E. Kolb, éditeur. — Paris, 1889.
- La restauration des terrains en montagne au pavillon des forêts, par I'. Demontzey. 1 vol. in-8°, à l’Imprimerie nouvelle, 1889.
- Courants de l'Atlantique Nord, par G. Pouchkt. 1 vol. grand in-8°. Imprimerie municipale, à l’Hôtel de Ville. — Paris, 1889.
- La pharmacie à Montpellier depuis son origine jusqu'à la Révolution, par A. P. Marty. 1 brochure in-8°. — G. Masson, éditeur.. Paris, 1889.
- Les poissons venimeux, contribution à l’hygiène navale, par A. Bot-, tard. 1 brochure in-8°. Octave Doin, éditeur. — Paris, 1889.
- La Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères au service des Annonces pour lesquelles ou doit s’adresser à l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rue de Fleures,,
- AVIS.. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. .La reproduction des illustrations, même avec indication .de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l'éditeur.
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- BULLETIN MËTËOROLOGIQÜE DE LA NATURE
- d’après LES OBSERVATIONS DE M. RENOU (PARC DE SAINT-MAÜR, ALTITUDE ! 49 M. 30)
- Juillet-Août 1889. — Semaine du lundi 29 Juillet au dimanche 4 Août.
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- LUNDI I MARDI ! MERCREDI. I JEUDI I VENDREDI I SAMEDI . I DIMANCHE 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI'6' MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6
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- Baromètre.
- Thermomètre sec.
- Thermomètre humide .*’*
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de ni. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. LE 4, A 1 H. .16 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS i THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATKLVS GÉNÉRALES
- Lundi 29 juillet 15*,7 N. W. 0 Presque couvert. » Presque couvert, gouttes à 7 h, et demie.
- Mardi 30 16°, 1 O • Couvert. » Couvert le matin ; nuageux jusqu’à 7 h. ; beau ensuite.
- Mercredi 31 16*, 8 Calme. Beau. >> Nuageux de 14 Ir. à 21 h.; beau avant et après.
- Jeudi 1" août 19*,5 S. E. 2 Quelques nuages. r> Quelques nuages jusqu'à 9 h. ; très nuageux ensuile.
- Vendredi 2 17»,4 VV. N. W. 2 Nuageux. » Nuageux.
- Samedi 3 . 17% l S. W. 2 Nuageux. » Nuageux;
- Dimanche 4 17°,6 8. S. W 1 Nuageux. » Très nuageux jusqu’à 16 h. ; nuageux ensuite ; 'éclairs, puis quelq. coups de tonnerre ap. 22 h. av. gouttes.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Résumé des observai ions météorologiques faites au pare de Suint-Mnur en juillet ISS#
- par M. E. Henou.
- Moyenne barométrique à miili, 757*“.50. ; minimum le 26, à 2 heures du soir, 750*“. 19 : maximum, le I", à 1 h-tire du matin, 766J“.âi.''
- Moyennes thermométriques : des mini ma 12*. 88; des maxiina, 2i*,03; du mois, 18",49, m lyemie vraie des 24 heures, 17 .81. Minimum le 18. vers 4 heures du matin, 7*6; maximum le 10, entre 2 et 3 heures du soir, 30°,2.
- Tension moyenne de la vapeur, 10"” 78. ta moindre, le 17, à 7 Meures du soir, 6"",4; la plus grande, le 12, à 10 heures du matin, 17““.3 Humidité relative, 72; la moindre, le 20. à 3 heur, s du soir, 51; la plus grande, 100, un seul jour, le 30, à 1 heure du malin et à minuit.
- Pluie 51—,5 .-n 23 Meures réparties eu 12 jours. Il y a eu 5 jours de tonnerre, les 9, 11,12, 23 et 26 et un jour d’éclairs, le 27.
- Vents de la région de, l’ouest dominants. Vent de S.W. Tort le 25 do 7 heures du matin à 2 heures du soir. Nébulosité. 39.
- Température moyenne de la Marne. 20°.fi3; minimum. 18°,10 le 27; maxi-mu ni, 23'M» le 12; la Marne a été dans la journée au-dessus de 20° tout le mois sauf du 23 au 30. Elle s’est éclaircie jtrogressivement -et est descendue de même de ti",84. • 1 » ; •
- Relativement aux moyennes normales, le mois rie juillet 1889 présente les résultats suivants :
- baromètre plus bas rie O”””,36. Thermomètre plus bas rie 0°,29. Tension de la vapeur moindre de 0"”,21 Humidité relative moindre de 2. Pluie moindre de 19”“,9. Nébulosité plus- grande de 1.
- Le moi* de juillet a été chaud jusqu’au 15 et ensuite assez frais.
- Nous axons m té la floraison des plantes suivantes :
- 1er jnil'et, joubarbe; 2, catalpa, maijolaine; fi, absinthe, verge d’or; 7, epi-pactis n roruiiens ; 9, plilox decussata ; 11, éeliinops spbæroeephalus; 14, glaïeul, 24, persicaire ; 51, sedum telephium.
- Errata du mois de juin 1889, lisez température maximum 30#3 le 7. Relativement aux moyennes normales, lisez thermomètre plus haut de 2”,20.
- TEMPÉRATURE
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- OUVRAGES NOUVEAUX
- La librairie G. Masson a mis en vente pendant le mois de juillet :
- Traité descriptif des maladies de la peau, symptomatologie et anatomie pathologique, par MM. Henri Leloir, professeur à la Faculté de médecine de Lille, membre correspondant de l’Académie de médecine, et Emile Vidal, membre de l’Académie de médecine, médecin de l’hôpital Saint-Louis.
- Cet ouvrage est accompagné d’un atlas de 54 planches en chromolithographie. n paraîtra en 0 livraisons dont rhacune comprendra 6 planches avec 5 feuilles de texte et les explications des planches, l e prix de vente pour les souscripteurs est de 90 francs, payables à raison de 10 francs par livraison. Quand l'ouvrage sera complet, le prix sera porté à- ... ........................................ 100 fr.
- Du sang et de ses altérations anatomiques, parM. Geoi'ges Hayem, professeur à la Faculté de médecine de Paris, membre de l'Académie Fhôpital Saint-Antoine, avec
- 126 figures dans le texte reproduisant en noir et en couleur les fiessins histologiques de l’auteur. 1 fort volume in-8°, cartonné. .......................................... 32 fr.
- De la prothèse chirurgicale appliquée à la résection des maxillaires, rhinoplastie sur appareil prothétique permanent, restauration de la face, lèvres, nez, langue, voûte et voile du palais, par M. Claude Martin, médecin-dentiste, de l’Ecole de service de santé militaire, avec une préface de. M. le professeur Ollier, membre correspondant de l’Institut. 1 vol. in-8°, avec 250 figures dans le texte.....................................................15 tr.
- Histoire chirurgicale de la guerre du Tonkinct à Formose, 1885-1884-1885, par le Dr H. Nimier, médecin-major, professeur agrégé au Val-de-Grâce. 1 vol. in-8°......................... 5 fr.
- Traité d'optique, par M. E. Mascart, membre de l’Institut, professeur au collège de France.
- Tome Ier. 1 volume in-8°, avec 199 figures dans le lexte et 2 planches. (Triangle des couleurs, spectre solaire des réfractions et spectre normal)......................................................20 fr.
- Tome II........................................(Sous presse).
- Une mission viticole en Amérique, par Pierre Viala, professeur de viticulture à l’Ecole nationale d’agriculture de Montpellier. 1 vol. in-8°, avec 8 planches en couleur et une carte géologique des Etats-Unis................................................... 15 fr.
- Travaux de la station agronomique de l'Ecole d'agriculture de
- Grignon, par M. P.-P. Dehérain, membre de l’Institut, professeur de physiologie végétale au Muséum d’histoire naturelle et de chimie agricole à l’Ecole de Grignon, 1 vol. in-8°, avec 12 planches en couleur................................................. 5 fr.
- PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- SOMMAIRES
- Bulletin de la Société chimique de Paris, paraissant le 5 cl le 20 de
- chaque mois.
- Numéro du 5 juillet : Extrait des procès-verbaux des séances. — Composition chimique Ou sel gemme de Roumanie, par Istrati. — Dosage de l'acide nitrique par le prolosulfate de fer.
- Numéro du 20 juillet : Fixation de l’azote par la terre végétale nue ou avec le concours des légumineuses, par ISeillielot. — Sur la fixation de l’azote dans les oxydations lente-, par Kerthelot. — Sur l'origine du bronze, sur le sceptre de Pepi I", roi d’Egypte, par Berthelet. — Sur les réactions entre l’acide chromi |ue et l’eau oxygénée, I, II, 111, par Beitlielot, —Sur la chaleur de la formation de l'hydrogène actimonié, par Berthelot et Petit. — Chaleur de comhu-tion du carbone sous ses divers étals; diamant graphite, carbone amorphe, par Berthelot et Petit. — Recherches sur la série thionique, I, II, III, par Berthelot.
- Annales de chimie et de physique, paraissant tous les mois (numéro de juillet) — Recherches sur quelques combinaisons du rhodium, par M. E. I.eidié.— le speclre invisible du soleil et de la lune, par M. S. P. Langley. — Sur la solubilité des sels, en présence des acides, des hases et des sels, par M. R. Engcl.
- L’Électricien, paraissant tous les samedis.
- Numéro du 6 juillet : Une nouvelle pile à gaz, par E. H. — Les défauts inhérents aux accumulateurs au plomb, par G. R. —L’écLairnee électrique A bord des navires, par J.-A. B. — Eclairage électrique do Mariewbari, par J. L — Lampe à arc'de MM. Perrin et Mas-on, par J. L. — Académie des sciences. — Faits divers : Congrès de météorologie, voltmètres et umpère-n.èires de poche. Concours d'admission à l’Ecole de physique e', de chimie iielu-ti ielles de la Ville de Paris. L’éclairage des grands boulevards, par l’air comprimé. Une victime de l’électricité,
- Numéro du 15 juillet : -Sur l’emploi dos dynamos et des accumulateurs comme régulateur de viirsse des moteurs à variations déchargé périodiques, par E. 11. — La distribution d'énergie électrique à intensité constante, System- lleissler, par J. I afl'ar-u-, — Le shunt trausfoimaleur de M. Smith. — Académie des sciences.— Faits divers.
- Numéro du 20 juillet ; Une commission d’essais, par E, H. — Répulsions et rotationsolcctrodyuamiques, expériences et apppliration- de M. le professeur Elihu Thomson. — L’expo-ilion de la maison Sautter-Lemonnieg, par J. Laf-fargue. — Les fontaines lumineuses eu province — Tambours d'accouple* meut à bagues de caoutchouc. — Académie des sciences. — Faits divers.
- Numéro du 27 juillet : Les accumulateurs électriques A l’Exposition universelle rie 1889, par G. Roux. — La station centrale Edison à l’Exposition universelle de 1889, par J. L. — Académie des sciences. — Faits-divers : Fantômes des champs électriques . Isolem nt. des isolateurs en porcelaine. Le procès de la îriacliiue dynamo Componnd. Telphéragc.
- Revue d’hygiène et de police sanitaire, paraissant le 5 et lé 20 de^ chaque mois (numéro du 20 juillet). — L’hygiène à l'Exposition universelle de 1889 (suite). — L’hvgiène-il y a cent ans, par M. le Dr H. Napias. — Noie sur le traitement antiseptique de la diphtérie, par MM. les D3 Chautcmcsse et Vidal. — Note sur un pavillon d’isolement . pour scarlatineux, construit à l'hôpital Trousseau et aux Enfants-Ma-lades (avec figures), par M. O. André. — Etiologie de la fièvre typhoïde au Havre, par M le l)r Gibert. — Bibliographie. — Revue des journaux. — Société de médecine publique et d'hygiène professionnelles (Séance du 20 juin 1889). — Variétés.
- Revue d'anthropologie, paraissant tous les deux mois (numéro du 15 juillet 188'*). — Anthropométrie scientifique et proportions artistiques, par le colonel Duhousset. — Le canon des proportions du corps, par M. Topinard. — Note sur un vestige des libations chez les Provençaux de nos jours, par le Dr Bérenger-Féraud. — Paléoethnologie italienne. Les villages lacustres et palustres et les terremares (suite et fin), par M. IVmpeo Custelfranco. — Revues étrangères. — Correspondance. — Exposition universelle — Association pour l’enseignement des sciences anthropologiques. — Bibliographie.
- Journal de l’agriculture, paraissant tous les samedis. Chaque numéro contient la Chronique agricole de la semaine, le compte rendu <le la séance de la Société d’agriculture, celui du marche aux bestiaux de la Villelte et la Boîte aux lettres.
- Numéro du 6 juillet: Nouvelles de- cultures et des travaux agricoles, par de Viljjcrs de l'I-le-tdam, Bronsv ck. Salomon et Darragon.— Concours international de pulvérisateurs, par Gardas. — Etude sur les croisements artificiels du blé, car Gatcllier, L’Hôte et Schribaux. — Session de la Société des agriculteurs de France, par Guuddt. — Syndicat des fabricant» de sucre de France, par Henry Sagnier. — L’horticulture h l’Exposition universelle.
- IV, par Dybowski. — Les machines agricoles à l'Exposition universelle, V.par Henry Sagnier. — Congrès international d'agriculture, par Ferlct. — Discours à la séance d'inauguration du congrès par Méline, Dehérain. — Bibliographie agricole, par Georges Marsais.
- Numéro du 15 juillet : Coucour- de la Société royale d’agriculture d’Angleterre, par de la Trehonnais. — Revue agricole de l’étranger, par du Pré-Col lot — Société des agriculteurs de France, par Gaudot. — Sur le bouquet des vins, par Rommier. — Allocution au Congrès international (l’agriculture, par Faye. — Le liètle incarnat de Suède, par Gutand. — Courrier ilu nord-est. par Bronsvick. — Les essais de moissonneuses à Noisiel, par II. S. — Excursion du Congrès imernational d’agriculture, par II. S.
- Numéro du 20 juillet : Concours international du bétail par Henry
- . Sagnier. — Sur la Iran-formation des terres de la terme d’Arcy, par Joulié.
- — Nouveau procédé de lanage pour les foius, par Emile Masson. — Congrès
- . international d’agriculture, par Ferlet.
- Numéro du 27 juillet : Concours de moissonneuses et de faucheuses à Noisiel, par Henry Sagnier. — luriiist' ialisalicn de la pisciculture, par Vacher.
- — La lutte coutré le mil lew. par Duborri. — Situation agricole en Lorraine, par Prével. — L’hoi ticuiture à l'Exposition universelle, V, par Dybowski.
- Annales agronomiques, paraissant le 25 de chaque mois (numéro du 25 juillet). — Commerce rationnel des fruits de pressoir, par M. Truelle (suite). — Revue des travaux publiés en France et à l’étranger.
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- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- uSAJ 538' BOITE AUX LETTRES ( «K. )
- Les lettres et communications relatives A la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à I. Gaston TISSJJfDIEB
- 19, avenue de l'Opéra, à Paris.
- I TOUTES LES- COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- j II ne peut tire répondu qu’au» lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour ce qui concerne le Penny-Box s’adresser à MM. Spagnoletti et Crookes, Gold-hawk Works 39 B, Goldhawk Road, London, W.
- L’abonné 1003, à X., à propos de la vigne monstre de Kinnel que nous avons signalée dans le n° 820, du 16 février 1889, nous écrit que près de la station balnéaire d’Evian se trouve un châtaignier qui mesure 14 mètres de circonférence à la base du tronc. Non loin de là on voit aussi un cep de vigne d’une circonférence de 3 mètres, et un autre d’une circonférence de 15 mètres; ce dernier porta l’année passée 144 grappes de raisins.
- M. L. Blanchard, à Grenoble, nous écrit au sujet du cadran solaire décrit dernièrement, qu’en 1862 il a eu entre les mains un appareil semblable. Il y avait une légère différence. La bande coulissant dans la rainure creusée tout autour de l’anneau de cuivre, se rat-j tachait par un retour sur elle-même à une petite bague, et l’intervalle compris entre les deux extrémités ainsi réunies laissait passer, par la fente du grand anneau, le rayon de soleil qui indiquait l’heure.
- M. L. B., h G. — Pour les couvertures bleues et les suppléments, il faut vous adresser à la librairie Masson ; mais nous croyons que ces suppléments sont épuisés.
- M. J. Claudel, à Besançon. — Vous trouverez des collections zoologiques chez M. E. Deyrolle, naturaliste, 46, rue du Bac, à Paris.
- MM. Lépinette et Rabilloucl, à Lyon. — Des projets semblables ont déjà été mis en étude; mais ils n’ont donné aucun résultat.
- M. B. J*, a lvry. — 1° Ce procédé n’est pas connu. — 2° Pas de traité récent; voyez à la librairie E. Lacroix plusieurs ouvrages sur les huiles de pétrole.
- M. A. Barliard, à Enghien. — Le petit chemin de fer électrique f que vous mentionnez a été décritdans len°706, du 11 décembre 1886.
- 1 M. A.Jehl, à Mazamet. — L’expérience seule peut vous fixer à cet égard.
- M. Dorny, à Poitiers. — 1° Nous n’avons trouvé nulle part l’in-; dication d’un livre de ce genre. — 2° 11 faut faire le calcul pour con-: naître le diamètre à donner à ce piston.
- M. F. Autal, à Grigny. — Le petit injecteur à gaz, pour souffler les bulles de savon, se trouve chez les marchands de jouets; aucune ‘ adresse particulière à vous indiquer.
- I 'M. F. L., à Paris. — 1° Nous ne pouvons vous renseigner. — 2" Vous trouverez la composition de plusieurs bains de nickelage dans le Formulaire pratique de l'électricien. (G. Masson, éditeur.)
- M. E. Isard, à Montpellier. — La lettre a été envoyée à son adresse.
- Afme de Milleville, à Cannes. — Il s’agit des voiles de clichés pendant le développement. Ce produit est bon.
- M. A. B., à Nîmes. — 1° Il n’y a pas de limite d’âge. — 2° Le programme se trouve chez les libraires. — 3° Tous les renseignements ont été donnés dans les articles publiés à ce sujet.
- M. C. Colin, à Bruxelles. — Nous ne saurions vous indiquer la composition exacte de ces produits; il faudrait en faire l’analyse.
- Un lecteur, à Nouzon. — Les secousses sont désagréables; mais il n’y a aucun danger à 100 volts.
- M. le Dr Milet, à Noyon. — L’analyse qui consiste à reconnaître j dans le lait naturel la vaseline substituée par fraude au beurre est ! assez délicate ; nous ne pouvons vous indiquer un moyen simple, i M. A. Saugerpis, à Mamers. — Il n’existe pas de traité spécial;
- I vous ne trouverez que des renseignements épars dans divers traités !: de minéralogie,
- 1 M. A. Morigny, à Maubert-Fontaine. — Nous avons décrit de nom-j breux thermomètres à maxima et à minima, et notamment le ther-\ mométrographe dont vous nous parlez; voyez la Table des matières 1 des dix premières années, ainsi que les nos 741, du 15 août 1887, et f 763, du 14 janvier 1888.
- f M. Leroux, à Rouen. — Les lampes à incandescence que vous j| désirez sont des lampes Gérard à grande intensité et à faible vol-j tage, ne consommant environ que 2,5 watts par bougie ; adressez-vous | à la Société anonyme d'électricité, avenue Marceau, à Courbevoie, î M. Z. S., à Paris. — Le système de machine pneumatique que f vous nous proposez est exact en théorie ; mais en pratique il est ! d’une puissance limitée et présente l’inconvénient d’exigef certaines ! manipulations (ébullition de l’eau, etc.).
- | M. A. Garcia, à Bordeaux. — 1° La couche de gélatine se soulève | sous la pression de l’eau; dans-le lavage à grande eau, il faut éviter f de faire pénétrer l’eau entre le verre et la gélatine. — 2° Nous n’a-;; vons pu retrouver cette adresse.
- ji M. G., à Ernée. — Il n’existe pas jusqu’ici d’autres moteurs | adaptés aux tricycles que des moteurs électriques et à vapeur.
- M. B., à Nantes. — Les vernis ne sont pas aussi tenaces que vous le pensez ; voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. C. P., à Gand; Un lecteur, à Gray; M. Ch. R., à Paris. — Consultez le petit livre indiqué ci-dessus.
- M. F. N., à New-York. — La photographie moderne, par Albert Londe, ou le Traité général de photographie, par Monckhoven, vous conviendront.
- M. A., à Oporto. — Yous trouverez ces appareils à la maison Ta-chet frères, 42, rue du Bac, à Paris.
- M. P. de Gauvain, à Besançon. — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés.
- Un abonné d'Ille-et-Vilaine. — Il faut vous adresser à l’Office général de publicité, 9, rue de Fleuras, Paris.
- M. C. Ruesz, à Mulhouse. —Consultez l'Electricité dans la maison et le Traité élémentaire d'électricité.
- M. E. Fergeau, à Paris. — Le dispositif que nous avons indiqué est plus simple que la lampe.
- M. F., à Segonzac. — Les peaux de singes peuvent servir à la fabrication des gants.
- M. Moureaux, à Paris. — Nous croyons que pour dessiner dans les rues de Paris il faut une autorisation du directeur des travaux de Paris; cependant nous connaissons des dessinateurs qui n’en ont jamais demandé et qui ont fait de nombreux croquis sans être dérangés.
- Un abonné, à Cabourg. — Une lunette astronomique de faible grossissement suffit pour observer les satellites de Jupiter. Voy. la notice que nous avons publiée sur une lunette pour 15 sous, (521e Boîte aux lettres du 20 avril 1889.)
- M. E. U., à Troyes. — Il serait nécessaire de faire l’analyse.
- Un lycéen, à Paris. — Veuillez consulter notre 512e Boîte aux lettres (16 février 1889); vous y trouverez dans les Réponses plusieurs procédés de métallisation des fleurs et des insectes.
- M. A. M. B., à Besançon. — Nous regrettons de ne pas connaître d’adresse; c’est celle qui nous avait été indiquée.
- M. A. Poirée, à Rouen. — A Paris on tue les chiens par l’asphyxie au moyen du gaz de l’éclairage.
- M. C. du V., à Bruxelles. — 1° 11 existe plusieurs traités sur cette question à la librairie Gauthier-Yillars; peu de résultats obtenus. — 2e Vous trouverez des piles à écoulement chez tous les marchands de piles.
- M. P. C., à Trucy. — Consultez l'Art de faire le vin avec des raisins secs, par Audibert; la Fabrication des vins factices, par Dubief ; la Vinification, par le même auteur, à la librairie Eugène Lacroix, à Paris.
- M. L. Castelnau, à Arcachon; M. F. C. Casati, à Buenos-Ayres.
- — Remerciements pour vos communications.
- M. H. L., à Pans. — 1° Voyez dans la section belge le truc électrique Julien pour tramway; vous trouverez aussi plusieurs autres moteurs qu’il conviendrait d’adapter au tramway. — 2° Les systèmes sont nombreux ; ils ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients.
- — 5° Adresse inconnue.
- M. E. Bourguignon, à Paris. — La formule de l’eau sédative est la suivante : ammoniaque liquide 60 grammes, alcool camphré 10 grammes, sel marin 60 grammes, eau ordinaire 1 litre.
- M. P. A., & Sens. — Le procédé que nous avons indiqué réussit très bien; mais il faut du phosphore blanc de très bonne qualité et bien conservé à l’abri de la lumière.
- M. O. P., à Vitry-en-Artois. — 1° Vous trouverez des renseignements pratiques dans Eclairage à Vélectricité, parM. Fontaine. (Librairie Baudry, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.) — 2° Agréez nos remerciements.
- M. J. C., Fardel, à Lille. — Pour empêcher les bois de se fendiller, on les laisse tremper dans une dissolution d’eau salée.
- M. A. P., à Versailles.—Nous pensons que vous trouverez ce que vous désirez chez MM. Vilmorin-Andrieux, 4, quai de la Mégisserie, à Paris.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Sur les bruits et les craquements. — Puisque dans ces derniers temps l’attention des lecteurs de La Nature a été fixée sur les craquements d’origines diverses (voyez n° 842, du 20 juillet 1889, p- 126), permettez-moi de vous signaler à ce sujet l’observation d’un fait qui n’a pas laissé que de m’intriguer véhémentement pendant plus d’une semaine, et dont, à vrai dire, je n’ai pas encore l’explication
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- d’une manière certaine. Il s’agit, non pas de craquements, à proprement parler — ceux-là sont si communs qu’on n’y prend plus garde — mais d’un tac-tac-tac entendu à diverses places ae mon appartement toujours trois ou quatre fois répété, — jamais plus — et tout à fait semblable, par le caractère sec et régulier des petits coups, par leur intensité et leur netteté, au choc d’un ongle sur une boiserie ou encore le bruit que produit dans les forêts je ne sais plus quel oiseau grimpeur — le pic, je crois — en tapant contre les troncs d’arbre pour en faire sortir les insectes. Pendant quelque temps, mon appartement était comme envahi de ce tac-tac-tac partant de trois ou quatre coins différents, et jamais ensemble, quoique souvent très près l’un de l’autre, et toujours dans le même ordre de succession. Il y avait de quoi éveiller l’atlention la moins prévenue et faire croire à une véritable descente d’esprits frappeurs. Esprits malins, on le sait, qui se taisent quand on écoute, qui parlent dans votre dos- dès que vous avancez du côté où vous, les avez entendus, qui semblent enfin se faire un jeu de se moquer de toutes les recherches. Et c’est bien ce qui m’arriva, lorsque je voulus avoir le cœur net de l'affaire, et en découvrir la cause physique. Vous dire les torticolis que je me suis donnés pour coller mon oreille contre les murs en grimpant sur les meubles ou me glissant dessous, les suffocations que je me suis imposées pour retenir ma respiration et m’immobiliser afin de mieux entendre; et les sauts brusques de ma chaise, le jour, ou de mon lit, la nuit, pour surprendre l'esprit frappeur; et les marches sournoises sur la pointe du pied en évitant toute trépidation du parquet.... tout cela pour arriver finalement à donner ma langue aux chiens : ce sera bien établir le côté extraordinaire, — lâchons le mot : surnaturel — de cette petite manifestation suprêmement agaçante, et faire comprendre comment, d’un fait réel de ce genre, peut-être, a pu sortir une légende cabalistique, digne sœur des tables tournantes. C’était à y croire, vraiment, tant se dérobait toute cause palpable. Un jour, après avoir ausculté toute une paroi, je crus avoir découvert, dans le voisinage du point délimité, deux trous d’insecte rongeur: c’étaient de vieilles traces de clous en plein plâtre! Sur ce bel exploit, il fallait renoncer, et c’est ce que je fis, non sans garder la conviction que ces craquements-frappements n’étaient que les chocs contre un objet voisin, ou plutôt les grincements sur eux-mêmes de quelques objets posés ou suspendus dans un équilibre assez instable pour être amenés à un état de mouvement pendulaire momentané sous l’effet de vibrations synchrones extérieures, comme celles dont fournit toujours un assortiment le pavé de Paris et dont la transmission inégalement rapide par des chemins divers justifierait à la fois la non-simultanéité et la succession régulière, la sorte de répondance de mes tac-tac : de grands mouvements comme ceux qu’on donne au parquet ne produisent aucun effet, parce qu’ils ne contiennent pas apparemment la note vibratoire à l’unisson de celle dont la résonance est cherchée. C’est ainsi que s’expliquerait la désobéissance au commandement, et l’intermittence capricieuse de l'esprit frappeur. Quant à son ubiquité, elle serait l’effet d’une simple illusion d’ouïe facile à comprendre : toutes les parois d’une chambre sont, en effet, pour notre oreille autant de miroirs acoustiques; tout bruit qui se produit dans l’intérieur donne naissance à autant de centres sonores secondaires que donnerait d’images lumineuses sur de vraies glaces une lumière placée au même point. Or, quiconque est entré dans une.de ces chambres merveilleuses tout en glaces, comme il y en avait naguère une triangulaire exposée aux Palais des fées, a pu constater à quel point il serait difficile à la vue même de distinguer entre l’objet réel et ses premières images. Combien n’est-ce pas plus embarrassant pour l’oreille qui, mieux elle est douée au point de vue du sens directeur, plus elle doit hésiter entre les multiples directions d’où lui vient le son! Voilà bien de la physique : à défaut du corps de délit, j’ai dû me contenter de l’hypothèse. Je vous la donne pour ce qu’elle vaut et pour en faire ce que vous voudrez. A. G.
- Origine des tramways. — Je viens de lire dans La Nature (n°845, du 10 août 1889, p. 163) un article de M. Valentin sur l’origine de la brouette et du tramway. Je me permets de vous signaler deux gravures de la Métallurgie d’Âgricola (Georgii Agricolæ de re metallica libri duodecim, haie, 1561, in-fol.), qui représentent une brouette et un wagonnet à roues. Cet ouvrage est de vingt ans postérieur à celui de Sébastien Munster. Mais les planches sont je crois les mêmes que celles de la première édition parue à Haie en 1546, soit cinq ans seulement après Munster. Je n’ai rien à dire de la brouette qui n’est que l’amplification delà ligure que vous avez reproduite. Le chariot au contraire me parait un peu plus intéressant. Comme il est facile de le voir dans le livre, il a deux paires de roues, dont l’une est presque réduite à l’état de galets. Entre les deux petites roues se trouve une broche ou poinçon ou cheville en fer et émoussé |
- (clavus obtusus), le poinçon sert au guidage du chariot et voici comment d’après le texte: « ...; ut magnoillo obtuso (sous-entendu clavo) ad idem fundum affino, ne a trita via, hoc est cavo trabium aber-rent (s.-ent. orbiculi). » Le cavus Irabium me paraît indiquer des rails creux. En sorte que la voie de ce chariot devait être analogue aux chemins de fer à crémaillère actuels, toute question de moteur à part. Le poinçon servant de guide glissait dans la rainure d’une
- ! loutre et sur cette poutre, de chaque côté de la rainure, roulaient es deux galets ou petites roues. Les deux autres roues devaient suivre en dehors sur le sol la route que leur traçait leur poinçon. Maintenant on peut se demander si ces roues elles-mêmes ne circulaient par sur des rails. Je l’ignore, car j’ai feuilleté et examiné toutes les figures d’Agricola, et elles sont nombreuses et très nettes, et nulle part je n’ai vu ce chariot en travail. A. Finet,
- Attaché au laboratoire de II. Péligot, aux Arts et Métiers.
- Congrès et conférences de l’Exposition universelle. —
- Lundi 19, à 4 heures. Séance d’ouverture dû Congrès d'anthropologie et d'archéologie préhistoriques. Séances du 19 au 26 août, au Collège de France. — Lundi 19, à 2 heures. Séance d’ouverturè du Congrès de médecine légale. Séances du 19 au 21 août, à l’Ecole de médecine. — Mardi 20, à 9 heures du matin. Séance d’ouverture du Congrès des grains et farines. Séances du 20 au 22 août, au Pavillon de l’Orangerie, jardin des Tuileries. —Mardi 20, à 2 heures. Conférence du Congrès de photographie, par M. Jasssen, au palais du Trocadéro. — Mardi 20, à 10 heures un quart du matin. Conférence-visite au Grand Théâtre (palais des Enfants, Champ de Mars), par M. Hëdkline : Historique et fabrication du canon de fusil de chasse. — Mercredi 21, à 10 heures du matin. Séance d’ouverture du Congrès d'homéopathie. Séances du 21 au 24 août, au palais du Trocadéro. — Mercredi2l, à4 heures.Conférence au palais du Trocadéro, par M. Villard : Les associations du travail en France et à l'étranger. —Jeudi 22, à 3 heures. Conférence du Congrès d'anthropologie et d'archéologie préhistoriques, au palais du Trocadéro. — Jeudi 22, à 2 heures. Séance d’ouverture du Congrès de photographie céleste à l’Observatoire d’astronomie physique, à Meudon. Séance du 23 août au 3 septembre à la Société françaire de photographie, rue des Petits-Champs, 76. — Vendredi 23, à 4 heures. Conférence au palais du Trocadéro par M. Henri Havahd: Le mobilier au xixe siècle. — Samedi 24, à 10 heures du matin. -Séance d’ouverture du Congrès des électriciens, au palais du Trocadéro. Séances du 24 au 31 août.
- BIBLIOGRAPHIE
- Annales de l'Observatoire impérial de Rio-de-Janeiro, publiées par L. Chuls. 2 vol. grand in-8°. Typographie Lombaerts et Cu. — Rio-de-Janeiro, 1883.
- Voyages en famille, par M. C. Vendryës. 1 vol. in-16 illustré. L. Bas-chet, éditeur. — Paris, 1889.
- Manuel d’hydrothérapie. Leçons professées à l’École pratique de médecine de Paris,suivies d’une instruction sur les bains de mer, par le Dr M. Macario. 1 vol. in-18. Félix Alcan, éditeur. — Paris, 1889.
- Du traitement des aliénés dans les familles, par Ch. Féré, médecin de Bicêtre. 1 vol. in-18. Félix Alcan, éditeur. — Paris, 1889.
- Annuaire de l’observatoire municipal de Montsouris pour l'an 1889. Météorologie, chimie, micrographie. Applications à l’hygiène. 1 vol. in-16. Gàuthier-Yillars, éditeur. — Paris, 1889.
- Farbelectrochemische Mittheilungen, par F. Goppelsrœder. 1 brochure in-8. Wenz et Peters, éditeurs. — Mulhouse, 1889.
- Ueber Capillar-analyse und ihre verschiedenen Ânwendungen sowie über dasEmporsleigen der Farbstoffein den Pflanzen, par F. Gop-pelsrœder. Wenz et Peters, éditeurs. — Mulhouse, 1889.
- lndian Meleorological Memoirs, publiés par Henry F. Blanford. 5 vol. grand in-8°. — Calcutta, 1888.
- Report on the meteorology of India in 1887, par John Eliot. 1 vol. grand in-8°. —Calcutta, 1889.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Eau de noix.
- On prend une centaine de noix vertes pilées, 31 grammes de clous de girofle, 62 grammes de cannelle. Un laisse infuser dans 20 litres d’eau-de-vie pendant un mois; on tire au clair et on ajoute 10 litres de sirop ordinaire.
- La Rédaction et l'Administration de LA NATURE sont étrangères au service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser i l'Office de Poblitilé de l’Imprimerie, 9, rue de Flenrns.
- AVlïj. —>- La repruiiucUou, sans indication de source, de> articles publiés par le journal La Rature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- (T BULLETIN METEOROLOGIQUE UE LA NATURE
- DIAPRÉS LES OBSERVATIONS DE N. RENOIJ (PARC DE SAINT-MAUR, ALTITUDE : 49 M. 36)
- Août 1889. — Semaine du lundi 5 an dimanche 11 Août.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de BX. Rédier. — Thermomètre è l’abri, à boule sèche et à boute mouillée.
- Le baromètre est ramené è O au niveau de. la mer.
- PHASES DE LA LUNE I P. L. LE H, A 4 H. 52 M. DU .MATIN
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTBI S OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 août 19",1 W. 2 T. nuageux. B Nuag , il éclaire à 1 h. au N.-N.-W., gouttes à 10 h. et midi, atm. tr. claire.
- Mardi t> 14",1 S. W. 2 Couvert. B Tr. nuag.. averses, atm. tr. claire.
- Mercredi 7. . . . . 15" ,2 S. W. 2 Beau. 0.1 Tr. nuag,, beau ap. 18 h. atm. tr. tTaire.
- Jeudi 8 13", 2 Calme. Beau. » P. nuag., Iransp. atm. 6 km. à 6 h. hor. très bruni, à 12h.
- Vendredi 9.. . .• 14",9 E. 0 Beau. » P. nuag. le m., tr. nuag. le s., halo, tr. brum.
- Samedi 10 15*,3 S. W. 2 Couvert. » Tr. nuag., tonn. de 20 h. 27à 15 m., av. pl., atm. t. cl.
- Dimanche 11 14",2 S. W. 5 Nuageux. 8,9 Nuag. tonn. au S. W de 14 h. à lo h. av. un peu de pl.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- L’orage de Hons-Kong. — Un orage terrible a éclaté à la fin du mois leruier à Hong-Kong. Cet ouragan a duré 48 heures. Jamais pareil phénomène ies’est produit en ce siècle. Les coups de tonnerre n’ont pas discontinu-* pendant deux jours. Les dégâts sont immenses. Le crn>re de la ville n’est plus lu’nn amas de ruines. Deux heures apr s que l'ouragan fut déchaîné, les iétons avaient de l’eau jusqu’à la ceinture. Le soir, plusieurs ponts furent mporlés. 42 Chinois ont été tués par la foudre. Il a plu 57 heures avec une
- grande violence. Le pluviomètre marquait à un moment donné une hauteur de 70 centimètres. Dans le port, 500 jonques ont été coulées. Près de 5000 Chinois se trouvent sans asile. Puis de 200 ont péri. Les dégâts sont évalués à 120000 » piastres, soit environ » mdlious.
- Les suites d'un orage à Chicago. — A la date du 29 juillet, à Chicago, ppndaut un orage d’iipe viohnee extrême, une mai-on en cours de construction s’est effondrée sur le c itiaue voisin et l’a écrasé S personnes ont été tuées. La pluie est tombée avec une abondance absolument extraordinaire; le pluviomètre a enregistré 4 pouces en 2 h. 15 minutes. Les sous-sols de toutes les maisons ont été inondés.
- TEMPÉRÀTURÉ
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- e qu’on peut voir de la Tour Eiffel. Enfin, on va donc pouvoir faire d’une façon intelligente l’ascension de la Tour dë 300 mètres. Dressée de la façon la plus exacte et la plus claire, la carte qui vient de paraître
- chez Strauss, rue du Croissant, Ce qu’on peut voir de la Tour Eiffel permet, en effet, de s’orienter et de reconnaître tous les points visibles de l'horizon. En outre, les principaux monuments de Paris, dessinés autour du cadre, servent de points de repère, et des flèches tracées en marge donnent la direction des principales villes de France et du monde entier. Chacun pourra donc envoyer un salut aux parents, aux amis, dans l’exacte direction du pays où il les a laissés.
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- (u„™J 539e BOÎTE AUX LETTRES («S»)
- Les lettres et communications relatives à la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à M. Gaston TISSANDIEB
- 19, avenue de l'Opéra, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressée>
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’au« lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le petit jouet du nègre grimpeur se trouve à l’Exposition universelle, Galerie des Machines, section anglaise.
- Un abonné, à Mont-de-Marsan, nous envoie le discours qui a été prononcé par M. Aignan, professeur de physique, à la distribution des prix du lycée de Mont-de-Marsan. Le sujet était : Gaston Planté. Nous ' félicitons bien vivement M. Aignan de l’heureuse idée qu’il a eue de | proposer ce savant électricien comme exemple aux jeunes gens studieux.
- ? M. le duc de Sermoneta, à Landro (Tyrol). — Vous nous demandez, j à propos de notre notice sur le lion dressé à l’Hippodrome (n° 845, du | 10 août 1889, p. 176), dans quel ouvrage on pourrait avoir des renseignements sur les moyens employés par les dresseurs pour arriver 1 à de semblables résultats. Il n’existe pas de livre traitant ce sujet; les dresseurs ou dompteurs n’aiment pas faire connaître les méthodes qu’ils emploient. Ils ont généralement recours à de mauvais traite-i ments quand la bête n’obéit pas, et à des récompenses de gourman-! dise quand au contraire elle a été docile. Si vous voulez apprendre à 1 un cheval en liberté à sauter une barrière, vous le frappez du fouet quand il est d’un côté de la barrière, vous lui donnez du sucre lorsqu'il est de l’autre côté. Après quelques séances, le cheval ne tarde pas, quand le fouet est levé, à sauter du côté de la barrière où on l’habitue à être régalé.
- M. Horace Pelletier, à Candé. — Nous avous lu avec intérêt votre longue lettre, mais nous ne partageons pas votre avis sur bien des points. Nous ne saurions vous présenter ici nos objections. Nous le regrettons.
- M. Delaurier, à Paris. — Nous allons nous occuper de l’intéressant mode de culture que vous signalez, et nous en parlerons s’il y a lieu.
- M. Fournier, à Argenteuil, nous adresse la description d’un chapeau de sauvetage, qui consiste en un petit flotteur placé dans le chapeau. Si la personne qui porte cette coiffure vient à tomber à l’eau,
- , le flotteur se détache, et monte à la surface en déroulant une ficelle 1 qui reste attachée à la coiffure. Les sauveteurs ont ainsi une indication exacte du point où se trouve la personne en danger.
- M. A. C. Boers, à Welteweden (Batavia). — 1° Revue internationale de sténographie : A. Chérie, 19, boulevard Montmartre, à Paris. — 2° Adressez-vous directement à l’Ecole des ingénieurs à Liège.— 5“ Il existe des programmes de conditions d’admission, à la librairie 1 Üelalain, rue des Ecoles, à Paris.
- M. G. Weil, à Londres. — 1° L’appareil nous est inconnu; pourriez-vous nous donner quelques renseignements? — 2° Nous ne croyons pas que l’Exposition de Birmingham soit ouverte. — 5° Jusqu’au 1er octobre, sauf changements. — 4° Non.
- M. Dequevauvillers, à Remiencourt. — Cette brochure n’est pas i en vente : il faut s’adresser directement à l’auteur.
- M. A. Faussemagne, à Haïphong. — Nous avons déjà dit plusieurs fois qu’il nous était impossible d’indiquer un appareil en particulier, chaque système a ses avantages et ses inconvénients; voyez les annonces.
- M. C. C. Y., à Boulogne-sur-Mer. — Nous n’avons pas fait d’expérience sur le révélateur dont vous nous parlez; nous ne pouvous encore vous renseigner.
- M. F. Ehrmann, à Paris. — Le petit télémètre de poche a été décrit dans le n° 753, du 5 novembre 1887.
- M. Boulangier, à Lyon. — L’article du journal est déjà très ancien; nous n’avons plus l’adresse du constructeur de l’appareil.
- M. Haure G., à Paris. — Il n’existe pas de livre spécial sur ce sujet.
- M. A. Meyer, à Saint-Maurice-lès-Lille. — La première adresse demandée est 12, rue Caumartin; nous n’avons pas la seconde.
- M. F. Martin, à Paris. — Nous regrettons de ne pas avoir de l renseignements à vous fournir à ce sujet.
- M. T. Loup, à Paris. — Veuillez vous adresser à l’éditeur, librairie G. Masson, 120, boulevard Saint-Germain.
- Un lecteur, à la Varenne. — En pratique on n’emploie pas encore d’autre procédé chimique que le procédé au chlorure de Sainte-Claire Deville.
- L’abonné 824, à Monsures. — Moteurs à pétrole : MM. Salomon frères, 46, rue Curial, et la Société des constructions mécaniques spéciales, 250, rue Lecourbe, Paris.
- M. Antos, à Tours. — Il faut consulter un médecin.
- M. Tauzia de Lespin, à Brive. — C’est une question purement commerciale, sur laquelle nous ne pouvons vous renseigner; agréez tous nos regrets.
- M. A. Christiaens, à Reims. — Ces questions sont trop spéciales; voyez les traités de chimie, et notamment le Dictionnaire de Wurtz.
- M. M. Besnard, à Orléans. — Vous trouverez des tableaux contenant les caractères des champignons chez M. Bouasse-Lebel, 22, rue Saint-Sulpice, à Paris.
- M. J. F., à Corbeil. — L’article sera publié dans un prochain numéro.
- M. G. Michaud, à Payerne. — Société anotiyme d’électricité, 39, avenue Marceau, Courbevoie (Seine).
- Un abonné, à Cauterets. — Il est préférable de développer soi-mème ses clichés par les méthodes ordinaires.
- M. J. Bosc, à Ajaccio. — Vous réussirez sans doute en continuant votre opération; quant à la reconstitution du cachet, nous croyons qu’il sera difficile d’y parvenir.
- M. L. L., à Paris. — Adressez-vous au bureau du contrô.’e des voitures (sous-direction des travaux de Paris, Hôtel de Ville).
- M. Fréna, à Paris. — 1° Pas de traité spécial ; il n’existe que des re iseignements épars dans les divers traités de physique. — 2° Les machines dynamo-électriques, par S. Thompson. (Traduction de E. Boistel, à la librairie Baudry.)
- M. J. Boisson, à Bourges. — 1° M. le Dr Duplay, 2, rue de Pen-thièvre. — 2° Le livre (les abeilles, par M. Roissy, à la Librairie agricole de la maison rustique. — 3° Dans les jardins du Trocadéro et sur le quai d’Orsay.
- M. H. ü., à Lille; M. J. Pinchon, à X.; M. A. F., à Boulogne-sur-Mer. — Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. E. Salomon, à Vincennes. — Il s’agit, croyons-nous, d’un vernis spécial, mais nous n’en connaissons pas la composition.
- M. A. Quenot, à Jarville; M. S. Bouvart, au Quesnoy.— Remerciements pour vos communications.
- M. Rieffel, à Paris. — 1° M. Durupt, ingénieur, 64, rue du Chemin-Vert, est l’inventeur d’un nouveau système de maison démontable qui a été présenté à la Société des ingénieurs civils dans la séance du 19 juillet dernier. — 2° Maison Marion, 14, cité Bergère.
- Un abonné, à Ivry. — Vous trouverez à ce sujet toutes les explications nécessaires dans les traités de cosmographie.
- M. L. Guillaume, à Rouen. — 1° Le Bois, journal spécial du commerce des bois ; M. Racine, directeur, 4, rue Chaptal. — 2° Adressez-vous à l’auteur, à la bibliothèque royale de Bruxelles.
- M. Cuny-Moignet, à Abbeville. —Les fabricants d’huiie emploient des procédés que nous ne connaissons pas.
- M. P. Lauriol, à Chartres. — Votre intéressante communication sera utilisée prochainement ; agréez tous nos remerciements.
- M. J. D., à Orléans. — 1° Le livre du Dr Goguillot convient parfaitement. — 2° Il faut vous adresser à l’Institution des sourds-muets, à Paris.
- M. Ballard, à Paris. — Nous vous remercions beaucoup; mais nous ne pouvons faire régulièrement une insertion du genre de celle que vous proposez.
- M. Desury, à Saint-Brieuc. — Vitraux peints ou gravés : M. An-glade, 55, boulevard Montparnasse; M. Champigneule, 70, rue Tra-versière; et M. Rosev, 22, boulevard Poissonnière, à Paris.
- M. A. L., à Bar-le-Duc. — Il faut écrire directement à l’auteur, au Muséum d’histoire naturelle.
- M.C. Mercier, à Sedan. — Adressez-vous aux marchands de statuettes.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Sur les bruits et les craquements. — La communication publiée à ce sujet dans notre dernière Boite aux lettres nous a valu plusieurs observations intéressantes, que nous allons résumer. M. G. Raymond, M. L. R. del Carpio, à Paris, M"* Marguerite Beleze, à Montfort, M. Delaurier, à Paris, M. X., à Pouliguen, et M. E. Roman, à Périgueux, nous écrivent que le bruit dont il a été question, estproduit par un petit insecte coléoptère, Anobiumpertinax ou Anobium tessellatum, ou vulgairement vrillette, dont la larve vit dans les bois morts. Arrivé à l’état parfait et au moment de la reproduction, l’insecte frappe de petits coups secs avec ses mandibules sur les boiseries, afin de signaler sa présence à ses congénères. Ces bruits sont bien connus à la campagne, surtout dans les vieilles maisons et les vieux meubles. Les gens superstitieux appellent ce tac-tac, l'horloge de la mort. —M.L. del Carpio ajoute que ce bruit est aussi produit par des psoques (du grec <j»cô-/oü, je gratte), qui sont des Névroptères de la famille des Plénipennes. Ces insectes ne sont pas les seuls, paraît-il, à produire le tac-tac. — M. G. Trouvé, à
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- Paris, nous écrit qu’il a eu l’occasion d’observer lui-même le fait dans la maison qu’il occupe, maison déjà ancienne. Le bruit était occasionné par une araignée qui se trouvait dans les boiseries. « Une autre fois, dit M. Trouvé, étant chez mon frère, ex-pharmacien à Soissons, j’eus l’occasion d’entendre non plus un seul tic-tac, trois ou quatre fois répété, mais un véritable orchestre s’entraînant à qui mieux mieux. Le lendemain, un menuisier fut appelé ; il souleva les boiseries et fit une destruction complète d’araignées. Le bruit cessa. L’araignée produit ce bruit par les mouvements de son abdomen qui vient frapper violemment la boiserie ou le papier, à intervalles réguliers. » — Un lecteur de La Nature, à Reims, il/. Dumée, pharmacien à Meaux, et M. V. Bablon. à Paris, nous écrivent dans le même sens que M. Trouvé. Ce dernier correspondant nous écrit que certaines araignées se répondent ainsi entre elles par ce tac-tac: Un lecteur, à Reims, nous dit qu’il a pu recueillir une de ces araignées qu’il avait trouvée derrière une glace, et. l’emprisonner dans une boîte, où il observait le tac-tac qu’elle taisait entendre. — Et maintenant, si nous observons les phéno-I mènes de craquement qui se passent en plein air sur les arbres, nous pouvons noter des faits remarquables. M. Duveau, ingénieur à Beaufort, nous rapporte un exemple à ce su jet, : « A propos du craquement et des différents bruits des bois, voici un fait qui s’est produit j il y a deux ans au mois de mai sur la route de Beaufort à la Ménitré (Maine-et-Loire), route plantée de peupliers suisses dans un terrain marécageux et qui sont d’une croissance très rapide. Le chef can-r tonnier Juliot, travaillant vers midi sur la route, entendit un bruit i de sifflement assez fort près de lui; il se retourna et vit avec stupéfaction la sève de l’un des peupliers s’échappant avec bruit d’une rupture faite spontanément à l’écorce, à 2,50 m au-dessus du sol. Le liquide était projeté jusqu’à.l’autre côté de la route (10 mètres). La projection dura à peu près 30 secondes en décroissant, et il s’écoula environ 1 litre et demi à 2 litres de sève. L’arbre ne paraît pas avoir souffert de cette perte. La cicatrice de l’écorce se voit encore. » Ce dernier fait peut être rapproché des causes de craquements que nous avons signalées dans les numéros 840 et 842, du fi et du 20 juillet : le craquement était produit par l’éclatement du bois laissant échapper des pommes de pin.
- Tremblement de terre à Angers, à Poitiers et dans ! le Sud-Ouest. — Le lundi 12 août 1889, à 2 h. 45 m. du matin, i j'ai ressenti, à mon observatoire de la Baumette (près Angers), une faible secousse de tremblement de terre dont la durée a été d’environ deux secondes. Cette secousse ayant agité un peu les portes et 1 les fenêtres avait un bruit sourd dont l’intensité me semblait être vers le sud. Le ciel était couvert de cirrus et de cumulus épais, le vent très faible venait de l’ouest. La température à ce moment était de 12°,8 et le baromètre à 0° marquait 752,97 mm.
- A. Cheox, à Angers.
- i Un de nos abonnés de Poitiers nous écrit aussi que le 12 août, à 2 h. 30 m. du matin, une secousse très violente s’est fait sentir dans I cette ville. Les oscillations avaient une direction nord-sud et ont duré cinq secondes environ.
- Dans la nuit du 11 au 12 août, à 3 heures moins un quart nous avons eu une secousse dé tremblement de terre assez violente mais de peu de durée. J’ai été réveillé par un fort bruit ressemblant à une explosion souterraine ; ma tête et mes pieds ont été presque de suite projetés contre les montants de mon lit qui est orienté du nord au sud. Une autre personne de la maison dont le lit est placé dans une direction perpendiculaire à celle du mien a été roulée d’un côté sur l’autre. Pendant ce temps les ustensiles de ma table de toilette se sont entrechoqués ou ont vacillé sur le marbre de la table. L’ondulation, qui peut avoir duré une ou deux secondes, semble avoir eu lieu du nord au sud, ou inversement du sud au nord. Sache.
- Congrès et conférences de l’Exposition universelle. —
- Mardi 27, à 10 heures un quart du matin, Conférence-visite au Grand Théâtre (palais des Enfants, Champ de Mars), par M. E. Hu-bou : Applications de l'électricité aux chemins de fer. — Mardi, 27, à 1 heure. Séance d’ouverture du Congrès des officiers et sous-officiers de sapeurs-pompiers. Séances les 27 et 28 août au palais du Trocadéro (Salle des Fêtes). — Mardi 27, à 4 heures. Conférence au palais du Trocadéro par M. Germain Bapst : Uorfèvrerie et la bijouterie mérovingiennes. — Mercredi 28, à 4 heures. Conférence au palais du Trocadéro, par le général Tcheng-ki-Tong : L'organisation sociale de la Chine. — Vendredi 30, à 4 heures.
- Conférence au palais du Trocadéro par 51. Frédéric Passy : La population.
- En champignon monstre. — J’ai l’honneur de porter à votre connaissance un fait qui vient de se produire dans la localité que j’habite, fait nouveau pour moi et qui, je crois, mérite de vous être signalé. Il s’agit d’un champignon monstre qui porte, je pense, le nom de Lycoperdon géant ou bovisla. 11 a pris naissance vers le premier de ce mois, dans un jardin potager, à 2 mètres à peine d’un mur de bâtiment situé au soleil levant. On a commencé à le remarquer, en raison de son volume extraordinaire; le 8, il atteignait alors 1,16 m de pourtour; le 9, 1,29 m; le 10, 1,54 m, et enfin, le 11, 1,40 m. Depuis cette époque, il est resté stationnaire. Sa forme est semblable à celle d’une énorme vessie, posée sur le flanc; son enveloppe est parfaitement blanche et glacée. La queue de ce champignon est disproportionnée, petite et mince comme un bout de crayon ordinaire. Ce monstre pèse 5 kilogrammes et ne représente pas moins de 20 décimètres cubes.
- L. Masson, à Dommartin.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Moyens de reconnaître la nature des fibres, soie, laine et coton.
- Il est intéressant de pouvoir reconnaître facilement la nature des fibres. Voici quelques moyens très simples : Les fils de coton brûlent sans odeur; les fils de laine ou de soie se recroquevillent à la flamme et dégagent une odeur caractéristique de matière animale azotée en calcination. Le coton ne se dissout pas dans les lessives alcalines concentrées; les fibres animales s’v dissolvent, au contraire, complètement. Cette réaction a été utilisée récemment pour le dosage des fibres animales et végétales mélangées. Les acides minéraux forts agissent peu sur les fibres d’origine animale ; ils charbonnent assez rapidement le coton. L’acide nitrique colore en jaune les fibres animales et ne modifie pas la couleur blanche du coton. Le réactif de Millon (nitrate mercuro-mercurique) colore les fibres animales seules en rouge. D’après Liebermann, on distingue les fils de coton des fils de laine ou de soie en alcalinisant une solution de fuchsine par addition goutte à goutte d’une lessive de potasse ou de soude caustique. Au moment où la liqueur se décolore, on y plonge les fils à essayer. Après une demi-heure environ, on les retire et on lès lave soigneusement à l’eau. Dans ces conditions, la laine et la soie prennent une coloration rouge; le coton reste incolore. Wolish a basé un procédé de différenciation sur ce fait que la cellulose, sous l’influence des acides forts, se saccharifie partiellement, et que le glucose ainsi formé fournit, avec l’acide sulfurique concentré et le naphtol ou le thymol, des colorations caractéristiques. Cette réaction n’est pas influencée par les matières colorantes fixées sur la fibre, en sorte qu’elle peut être appliquée directement à l’étoffe ou au fii teint. Elle offre, de plus, l’avantage de faire reconnaître en même temps la présence de la laine; celle-ci résiste à l'acide sulfurique concentré qui dissout au contraire la soie et le coton. On peut encore reconnaître la soie et le coton au moyen de différents réactifs. Les solutions ammoniacales d’oxyde cuivreux (réactif de Schweizer) dissolvent également bien la soie et le coton; mais, tandis que l’addition de certains sels, de sucre ou de gomme, à la dissolution cupro-ammonique, en précipite le coton, ’ la soie ne se sépare que lorsqu’on acidulé la liqueur. Une dissolution ammoniacale d’oxydule de nickel ne dissout que la soie. La laine et les soies se différencient par l’acide chlorhydrique chaud qui dissout très promptement la soie, alors que le coton se désagrège simplement sans se dissoudre.
- (Zeitschrift fur die cliemische Industrie,)
- Remplissage des trous dans le bois.
- M. Frank Christin recommande, dans un journal américain (Stones and Hardware), le procédé suivant pour boucher les trous pratiqués-dans le bois pour une cause quelconque, les trous des clous, par exemple. On mélange de la sciure de bois avec de la colle forte, de manière à former une pâte qu’on met dans les trous. Cette pâte, une fois sèche, présente une extrême solidité. M. Christin emploie ce procédé depuis trente ans, avec un succès constant, pour les réparations des soufflets de forge. Quand on a plusieurs fois remplacé le cuir, les trous sont si rapprochés qu’on ne peut guère enfoncer de nouveaux clous et, lors même qu’il est possible de clouer tin nouveau cuir, il est essentiel de remplir les anciens trous pour être suide l’étanchéité du soufflet. Le mélange indiqué ci-dessus peut être employé en toute confiance.
- La Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an service des.Annonces pour lesquelles on doit s’adresser i l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rne de Fleuras.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, de» articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, •même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d'une entente spéciale avec l’éditeur.
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- |&91‘ BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA NATURE
- û’APRÊS LES OBSERVATIONS DE M. RENOU (PARC DE SA1.VT-MADR, ALTITUDE I 49 M. 30)
- Août 1889. — Semaine du lundi 12 au dimanche 18 Août.
- La courbe supérieure indique 'n nébulosité de Ü à 10; les flècfies inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de M. Rédier. — Thermomètre à l'abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené a O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LDNE : 1). O LE 18, A 41 H. 1 M. DU MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 1 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 12 août 13°,3 S. W. 2 Nuageux. 0,1 -“À ' Nuag., quelq. averses l'après-midi.
- Mardi 13 14’,2 N. W. 0 Couvert. 0,2 Prcsq. eouv.
- MAw.rp.Hi 14. - * . , 13°,G S. W. 2 Quelques nuages. 0 Nuag. jusqu’à 9 h. couv. après; pluie de 19 h. à 21 11., reprod. à 23 h. 21) m.
- Jeudi 15 1G°,9 W. 2 QueJq. éclaircies. 1.8 Presq. couv. pl. jusqu’à 5 h.
- 17°,1 S. W. 1 Couvert. 0 Presq. couv. jusqu’à 21 h.
- 15°,0 S. VV. 2 Couvert, brouillard. 0 Nuag., brouillard de 700 m le m.
- Dimanche 18 15°, 2 Calme. P. nuageux. 0 Nuag., quelq. gouttes à 17 h. et demie.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Un coup de foudre. — A l’occasion du récent voyage de l’Empereur d’Au-iche à Berlin, une petite guerreaeu lieu dans les environs de Spandau. Toute la lanœuvre s’est effectuée par un temps assez beau, coupé de quelques ondées, ms l’après-midi, pendant que les troupes venues de Berlin regagnaient leurs sernes, un orage a éclaté. Dans le Thiergarten, la foudre est tombée sur un iloton de cinq uhlans qui ont été jetés par terre, eux et leurs montures. Un
- homme et un cheval ont été tués raide. Les quaire autres cavaliers et leurs chevaux sont grièvement atteints.
- Une trombe ù Dunkerque. — Un phénomène curieux, que l’on n’avait jamais observé jusqu’à présent à Dunkerque, s’est produit en rade, vers 5 heures, le 13 août. Une trombe s’c;t élevée à environ 3 milles au large, se dirigeant de l’ouest à l’est avec une vitesse moyenne. Après une dizaine de minutes, elle s’est abattue, heureusement sans rencontrer de navire; Pendant ce temps, le ciel s’était obscurci ; il faisait presque nuit.
- TEMPÉRATURE
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- ADRESSES UTILES
- Pour !•» uaonoH, «'adresser à l'Ofâloa de publiait^ de rtmprlmsrie Latiare. 0, rae de Pleuras, Paris.
- Là RlDACTION KT L*ADMINISTRATION Dt « U NAfCTB » SONT iTRANCÉRU A fl SIRTICX
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- FILTRES
- Filtre Maigxten (Voir La Nature, n*668, du 20 mars 1886. — Pour tous renseignements, s’adresser à la Société Mai-gnen, 4, Place de l’Opéra, Paris.
- OPTIQUE
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- Ce qu’on peut , voir.de la Tour Eiffel. Eulin, ou va donc pouvoir faire d’une façon intelligente l'ascension de
- la Tour de 500 mètres. Dressée de la façon la plus exacte et la plus claire, la carte qui vient de paraître chez Strauss, rue du Croissant, Ce qu’on peut voir de la Tour Eiffel permet, eu effet, de s’orienter et de reconnaître tous les points visibles de l’horizon. En outre, les principaux monuments de Paris, dessinés autour du cadre, servent de points de repère, et des flèches traeces en marge donnent la direction des principales villes de France et du monde entier. Chacun pourra donc envoyer
- un salut aux parents, aux amis, dans l’exacte dire d i pays où il les a laissés.
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- M^Mamem au Biuuoro a*to <m> jua n«awMi u«* «a août toov
- U':;™œ) 540E BOITE AUX LETTRES (»-«.)
- Le» lettre» et communication» relative» & la Boite aux lettre» et à la rédaction doivent être adreasée» à H. Gaston TISSANDIER
- 19, avenue de l'Opéra, à Pari».
- ÎODTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne la pile du commandant Renard, s’adresser à MM. Aron frères, 152, rue de Tournon, Paris.
- M. A. Magen, à Fransac, nous écrit que le 19 août, pendant un orage, il a observé dans le ciel un immense nuage ayant la forme d’une bande circulaire. La pluie tombait à une des extrémités du nuage et la condensation avait lieu par les deux bords de la bande.
- M. F. Gaudin, à Clermont, nous informe qu’une société de photographie vient de se fonder à Clermont-Ferrand sous le nom d'Association des amateurs photographes d'Auvergne.
- M. le Dr A. Osiecki, à Meaux, et M. A. Simmen, à Paris, à propos des bruits et des craquements des bois, nous donnent les memes renseignements que ceux qui ont été publiés dans la dernière Boîte aux lettres. M. Simmen ajoute qu’il était parvenu à captiver un anobium; enfermé dans une boîte, cet insecte faisait entendre sa sérénade.
- M. G. M., à Epinac-les-Mines. — Nous avons publié un article complet sur les fleurs sèches dans le n° 815, du 12 janvier 1889.
- M. D., à Thiers. — L’adresse du constructeur est : 25, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève.
- M. A. T., à Charleville. — Nous ne connaissons pas d’application de ce genj-e; mais il serait très facile d’adapter à un tricycle l’indicateur de tours acoustique qui a été signalé dans le n° 846.
- M. le Dr Bribosia, à Namur. — Cette installation sera décrite complètement dans un prochain numéro.
- M. T. H., h Wasmes. — Nous avons répondu précédemment. (Voyez 555e Boîte aux lettres, du 27 juillet 1889.)
- M. F. H., à Poitiers. — Ie et 2° Employez du camphre, de l’acide phénique ou de la poudre de pyrèthre. — 5° Filtre Maignen, 4, place de l’Opéra. — 4° Nous avons déjà décrit la marmite antiseptique de M. Schribaux, de l’Institut agronomique de Paris. — 5° Appareils Carré, rue de l’Estrapade, à Paris.
- M. R. Guppy, à Allevard. — Un article sur la photographie à grande distance a été publié dans le n° 702, du 15 novembre 1886.
- M. F. Peralta, à Divonne-les-Bains. — 1° Il faut faire passer la fumée dans un laveur à eau. — 2e Consultez les traités de chimie. — 5e Les avis sont partagés à ce sujet.
- M. E. Fergeau, à Paris. — 1° Voyez les traités élémentaires d’électricité et de photographie. — 2° Les accumulateurs permettent d’obtenir une lumière fixe avec les piles.
- M. E. G., a Paris. — Pour fixer le noir de fumée sur le papier, on passe ce dernier dans une solution de gomme laque dans l’alcool.
- il/, G. Brochu, à Genève. — 11 n’y a pas d’autre produit qui réponde au même but.
- M. A. .Grandpierre, à Sedan. — 1° Bec à gaz du Dr Auer : M. Ca-diot, 44, rue Taitbout, à Paris. — 2’ Société du gaz Clamond, 50, Faub.ourg-Saint-IIonoré. — 5° Lampe à gaz Wenham, 58, rue de la Rochefoucauld.
- M. H. Magunna, à Saintes. — 1” Cet appareil peut donner de bons résultats. — 2° M. Carpentier, 20, rue üelambre, à Paris.
- M. H. L., à Tamatave. — 11 s’agit probablement du liquide destiné à remplir le vide laissé entre le verre concave et le verre convexe. Il faut démonter la lunette, et nettoyer les deux surfaces.
- M. G. A., à Lille. — Nous n’avons pas de renseignements bien précis sur ce mode de traction.
- M. P. Meyer, à Paris. — Nous ne pouvons répondre aux questions que vous nous posez; veuillez consulter les traités spéciaux d’électricité pour connaître les constantes qui caractérisent les accumu-latcurs*
- . Un abonné, à Lisbonne. — Ce produit est tout à fait distinct de Yœnoline; mais les caractères ne sont pas encore bien établis.
- M. E., à C. —Renseignez-vous auprès de M. Carpentier, ingénieur-constructeur, dont l’adresse est donnée ci-dessus.
- M. T., à Bordeaux. — Nous ne croyons pas que ce procédé soit breveté.
- Un lecteur, à Nancy. — Il n’y a pas de traité spécial sur cette question.
- M. T. Maeriche, au Caire. — L’adresse demandée est : 20, rue Félicien-David, Paris-Auteuil. .
- M. S. M., aux Sables-d’Olonne. — Nous ne pouvons vous indiquer
- un appareil en particulier; agréez tous nos regrets.
- Un lecteur, à Dunkerque. — 1° Pas de procédé donnant de bons résultats pratiques. — 2° Consultez la Science pratique. (G. Masson, éditeur.) — 5° M. Morin, 5, rue Boursault, à Paris. — 4° Non. _
- Un lecteur, à Orléans. — 1° Le prussiate jaune est employé. — 2° Pas d’explication suffisante. — 5° Pas de traité spécial.
- M, J. B., à B. — Vous pouvez employer une dissolution de silicate de potasse.
- M. le Dr B., à Namur; M. C., à Toulouse. — Les projets sont nombreux en aéronautique ; mais il ne suffit pas de faire des projets, il faut les réaliser); c’est toujours là le point difficile.
- M. L. Faure, à Lille. — Nous ne saurions vous renseigner exactement; consultez les traités de métallurgie à la librairie Dunod.
- M. C. de L., à Cerbère. — Vous trouverez un porte-plume de ce gence chez M. Fortin, papetier, rue des Petits-Champs, à Paris.
- M. E. Duc, à Grenoble. — Oui, les pluies de crapauds sont réelles. Elles sont déterminées par des trombes qui aspirent l’eau d’une mare et qui font retomber au loin l’eau et les crapauds qu’elle contenait.
- M. H. A., à M. —Cette question est étudiée dans les traités d’analyse minérale; voyez à la librairie Gauthier-Villars.
- M. G. M., à Lorient. — Adressez-vous au Journal Industries, 22, Wellington Street, Strand, London.
- M. J. Nicolas, à Béziers. — Prenez un vase en cuivre de petites dimensions, rempli d’eau, et réunissez les bords avec les fils venant des piles. Vous pouvez aussi mettre une résistance à l’intérieur du vase et la faire traverser par le courant.
- L'abonné 415, à Paris. — Avez-vous pris les précautions indiquées relativement à la composition du bain ?
- M. L. Thomasset, à Saint-Fons. — Les photographies relatives au voyage à cheval du lieutenant Asséeff se trouvent à la Photographie hippique, 46, avenue de la Grande Armée, Paris.
- M. J., à Beaune. 1° Le vent nul est désigné par 0, le vent maximum par 10. — 2° Consultez Éclairage à Vélectricité, Vhlectricité industrielle, et autres traités du même genre à la librairie Baudry.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Ii'lioiire donnée an loin par la Tour Eiffel. —
- Nous reproduisons textuellement une lettre que nous recevons à -ce sujet : « Je m’adresse à vous parce que, suivant une locution employée, vous devez être un peu de la maison. Et cette maison, c’est la maison Eiffel et sa Tour admirable dont je ne veux pas faire l’éloge parce que ma voix, la cinq ou six millionième, n’ajouterait pas grand’chose à la .gloire de son auteur. Je vous prie, si comme je l’espère vous partagez mon avis, d’être mon avocat auprès de l’Administration de la Tour pour* en tirer une nouvelle utilité, un service qu’elle pourrait rendre sans frais, je crois. La Tour Eiffel se voit de quantités d’endroits, à 40 kilomètres au moins à la ronde : elle pourrait donner l’heure exacte à la seconde à tous ceux qui pourraient apercevoir sa lumière si prodigieusement prodiguée tous les soirs. Pour cela il serait nécessaire d’avoir le concours de la presse, qui certainement ne s’y refuserait pas, et de l’Observatoire que l’obligeant M. l’amiral Mouchez^ ancien commandant au Havre, ne refuserait probablement pas davantage ; et enfin d’établir quelques conventions : par exemple, côté ouest, à 9 h. 0 m. 0 s., feu rouge à droite, vert à gauche; à 9 h. 15 m. 0s. côté sud, feu vert à droite, rouge à gauche ; à 9 h. 50 m.O s. côté est, feu rouge à droite, vert à gauche ; et enfin côté nord, à 9 h. 45 m. 0 s. feu vert à droite, rouge à gauche. Un volet cachant les feux quelques minutes avant l’heure à donner tombant au moment précis de la seconde arrivée et voilà un phénomène terrestre capable de remplacer les phénomènes célestes si rares et si difficiles à observer par un temps souvent défavorable. H y a bien les lignes télégraphiques; mais messieurs les employés vous donnent l’heure à deux minutes près. Et si l’on veut l’avoir au moyen des phénomènes célestes, il faut prendre le passage d’un astre à son méridien, connaître en temps la distance de son méridien avec le méridien de l’Observatoire; ou bien il faut observer une éclipse de soleil ou de lune, phénomène peu fréquent ; ou bien observer les éclipses des satellites de Jupiter, ou bien les occultations ou bien encore se livrer aux laborieux calculs d’une distance lunaire. Tout cela nécessite outre des instruments plus ou moins coûteux une pureté de ciel le plus souvent absente. Et encore par le long procédé des calculs lunaires on ne peut arriver à la précision que peut donner la Tour Eiffel, comme je l’indique. »
- Henri Leroy,
- pharmacien de 1™ classe, à Lisieux.
- L’idée émise par notre correspondant nous paraît de nature à être sérieusement examinée; nous ajouterons que M. Eiffel a déjà pensé à se servir de la Tour pour donner l’heure à distance et il a eu un instant l’idée de construire au sommet du monument des cadrans
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- d’horloges électriques géantes qui se seraient vus de tout Paris. L’heure donnée par des signaux serait assurément plus facilement réalisable.
- Un miroir magique. — Un de nos lecteurs, dont nous regrettons d’avoir égaré le nom, nous adresse, au sujet d’un récent article sur les Trois glaces (n° 846, du 17 août 1889, p. 191) l'intéressante notice que l’on va lire : « Soit CD, CE deux miroirs perpendiculaires. Un point P situé dans l’angle des deux miroirs donnera trois images, A obtenu par réflexion de P dans CD, B par réflexion de P dans CE, P’ par réflexion de A dans CE ou de B dans CD. Ces deux dernières réflexions ne donnent la même image que si les miroirs
- sont exactement à D angle droit. Ouvrons
- maintenant l’angle des deux miroirs de façon que, CD restant immobile, CE vienne en CF. Le déplacement de CE déplacera l’image de P dans ce miroir, elle viendra de B en B' et l’image de cette image dans CD viendra de P' en b. L’image A ne bougera pas; mais, par suite de la rotation de CE, l’image de l’image A dans CD viendra de P' en a. L’image unique P' de P après deux réflexions sera remplacée par deux images a et b, la première correspondant à la réflexion sur Cl), puis sur CF, la seconde à la réflexion en ordre inverse. Si, au lieu d’un point unique fel que P, nous avons un corps de dimensions finies P,P2, nous aurons par réflexion simple deux images A, A 2 et B,Ba, et par réflexion double deux autres images a,n2 et btbt. Les deux dernières images ne seront pas entièrement visibles pour un observateur placé en P. L’image «jOa est donnée par- réflexion sur CD puis sur CF. Les seuls points de cette image visibles au point P, seront ceux
- Figure explicative des miroirs magiques.
- V
- Fig. 2. — Images décroissantes successivement formées.
- situés de telle façon que du point D ils soient vus dans le miroir CF, c’est-à-dire la portion «,a. Pour la même raison, de l’image bibi on ne verra que la partie b$. On verra ainsi l image de PjP2 en supposant que la partie centrale en ait été enlevée, et les deux extrémités recolées l’une contre l’autre. Pour un même angle formé par les miroirs, l’écartement des deux images o,fl3 et bfb^ est d’autant plus grand que la distance PC est elle-même plus grande. Si le point P est tout près jdu point C, la portion centrale supprimée sera presque nulle. A mesure que le point P s’éloignera du point C dans une direction donnée, la portion supprimée s’agrandira, et à une distance d’autant plus grande que l’objet PtP2 sera plus grand toute image disparaîtra. Soit les deux miroirs verticaux et P,Pa un observateur regardant dans la direction de C, à mesure qu'il s’éloignera il verra disparaître les parties médianes de son image, et la figure, par exemple, prendra les apparences monstrueuses qu’indique le dessin. Le fait peut être observé dans une alcôve revêtue de glaces dépendant d’une des chambres du palais de Versailles. «
- Congrès et conférences de l’Exposition universelle. —
- Lundi 2, à 2 heures. Séance d’ouverture du Congrès des mines et de la métallurgie. Séances du 2 au H septembre, au Conservatoire des arts et métiers. —Lundi 2, à 9 heures du matin. Séance d’ouverture du Congrès dentaire, au palais du Trocadéro. Séances du 2 au 7 septembre, aux salles de réunion des deux Sociétés odontologiques, rue Rochechouart, 57, et rue de l’Abbaye, 5. — Lundi 2, à 2 heures. Séance d’ouverture du Congrès des institutions de prévoyance. Séances du 2 au 7 septembre, au palais du Trocadéro. — Lundi 2. Séance d’ouverture du Congrès de médecine vétérinaire. Séances du 2 au 8 septembre, à la Société de géographie, boulevard
- Saint-Germain, 184. — Lundi 2. Séance d’ouverture du Congrès de "j VInstitut international de statistique. Séances du 2 au 6 septembre. — Mardi 3, à 10 heures un quart du matin. Conférence-visite au Grand Théâtre (Palais des enfants, Champ de Mars), par M. Santa Anna Néry. Le Brésil en 1889. — Mardi 3, à 4 heures. Conférence au palais du Trocadéro, par M. Hallopeau : L’art de la métallurgie (1789-1889). Le maître de forges. —Jeudi 5, à 4 heures. Conférence au palais du Trocadéro, par M. Martel : La région des Causses (Lozère et Aveyron). — Samedi 7. Séance d’ouverture du Congrès de chronométrie. Séances du 7 au 14 septembre, au palais du Tro-___________niinnnAtifi 8 Sp.'incp d’niivertim» du Cnnarès des sociétés
- cadéro. — Dimanche 8. Séance d’ouverture du Congrès des sociétés coopératives de consommation, au palais du Trocadéro. Séances du 8 au 12 septembre. Séance de clôture le jeudi 12 septembre, au palais du Trocadéro.
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité d’optique, par Ml E. Mascart. Tome I. 1 vol. in-8°. Gau-thier-Villars, éditeur. — Paris, 1889.
- Cours pratique d’enseignement manuel. Ajustage, forge, fonderie, chaudronnerie, menuiserie, par J. Desforces. 1 atlas avec figures et explications. Gauthier-Villars, éditeur. — Paris, 1889.
- L'impression oies tissus de coton. Blanchiment, impression, teinture, par Antonio Sansone. Traduit de l’anglais, par J .-A. Montpellier. 1 vol. in-18,avec 1 atlas de planches. Georges Carré, éditeur. — Paris, 1889.
- Les produits odorants des rosiers. Le parfum des roses, les diverses odeurs des roses, siège du parfum chez les rosiers, par le DrR. Blondel. 1 vol. grand in-8°. Octave Doin, éditeur. — Paris, 1889.
- Antiquités nationales. Description raisonnée du musée de Saint-Germain-en-Laye, tome 1. Epoque des alluvions et des cavernes, par Salomon Reinach. 1 vol. grand in-8°. Firmin Didot et Cio, éditeurs. — Paris, 1889.
- La France préhistorique, par M. E. Cartailiiac. 1 vol. in-8% de la Bibliothèque scientifique hiternationale. Félix Alcan, éditeur. — Paris, 1889.
- La lanterne de projection. Manuel pratique, par H. F’ourtier. I vol. in-8°, illustré de 8 gravures et de nombreuses vignettes. A. La-verne et Cie, éditeurs. —Paris, 1889.
- Metamorphism of Bocks, par A. Irving. 1 vol. in-8°. Longmans et C°, éditeurs. — Londres, 1889.
- The Scripps league, American Workingmen’s Expédition. 1 petite brochure in-18°. John F. Eby et C°, éditeurs. — 1889.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Galvanoplastie sur verre ou sur porcelaine. ,
- Le Moniteur de la céramique et de la verrerie indique un procédé découvert par M. Hansen qui permet, paraît-il, de recouvrir le verre ou la porcelaine de dépôts métalliques, par voie galvanique. Pour recouvrir le verre ou la porcelaine d’une couche conductrice du courant électrique, on se sert, dans ce but, d’une dissolution de chlorure d’or ou de platine dans de l’éther sulfurique, additionnée d’une certaine quantité de soufre dissous dans une huile lourde. Le mélange, après avoir été chautré doucement, doit avoir une consistance qui permette d’en passer une couche avec un pinceau. On chauffe alors modérément dans un moufle la pièce recouverte de celte couche jusqu’à la volatilisation complète du soufre et du chlore. L’or ou le platine sont adhérents à la surface, et on peut placer l’objet dans un bain galvanoplastique ordinaire. Pour obtenir un dépôt de cuivre, ce bain doit être composé de 2 parties de sulfate de cuivre pour 3 parties d’eau distillée. Pour l’argenture, il faut 17 parties de nitrate d’argent et 13 parties de cyanure de potassium dissous dans 300 parties d’eau. Enfin, pour la dorure, on se sert de 7 parties d’or, qui sont préalablement dissoutes dans l’eau régale, puis précipitées au moyen de l’ammoniaque. Le précipité encore humide est mis dans une solution chaude de 9 parties de cyanure de potassium et 90 parties d’eau. Un mélange de 10 parties de dissolution d’or avec 1 partie de dissolution d’argent donne de l'or vert, tandis que la même proportion d’or mélangé également avec 1 partie de dissolution de cuivre donne de l’or rouge.
- Lt Rédsetion et l’Administration de LA NATURE sont étrangères su service des Annonces ponr lesquelles on doit s’adresser i l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rue de Fienrns.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustration? meme avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur. ’
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- 692' BULLETFKTfBTEOROLOGIQUB DE LA NATURE
- d’après les observations de m. renoo (parc de saint-maur, altitdde : 49 M. 30)
- Août 1889. — Semaine dn lnndi 19 an dimanche 25 Août.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de RI. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à bonle sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DD BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 août 19°,3 S. S. E. 2 Couvert. 0 Tonnerre au S. à 21 h., au zénith à 22 h., cesse au N. N. E.
- Mardi 20. 16”,1 S. W. 5 Couvert. 18,6 à 231i. pluie, la moitié du temps, couvert. Cou v. jusqu’à 13h., nuageux ensuite, qq. averses le mat
- Mercredi 21. 13",3 S. S. W. 2 P. nuageux. 2,1 Très nuageux, pluie à plusieurs reprises.
- Jeudi 22 14‘,3 S. S. VV. i Beau. 4,3 Nuag., tonnerre de 13 h.42 m. à 16 b. 20m.dan$l’W. S. W.,
- Vendredi 23 11", i s. s. w. Couvert. 0,1 puis dans l’E. avec pluie. Très nuageux, plusieurs averses.
- Samedi 21 11",2 S. W. 2 Très nuageux. 0,2 Très nuageux, plusieurs fois de la pluie.
- Dimanche 23 11",6 S. VV. 2 Couvert. 1,1 Très nuageux, pluies à plusieurs reprises; un peu d> grêle à 15 b. 30 m.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Les orages en France. — Des orages d’une grande violence se sont déclarés, les 19 et 20 août, sur divers points du littoral de la Manche et de l’Océan. Au Havre, le steamer anglais Jessie and Emily a été désemparé et a dù mouiller sous Bruneval, position dangereuse, à proximité de la cote. Il a pu être ramené au port par le remorqueur Abeille, qui avait été envoyé à son secours. La bourrasque a fait également rage sur Dieppe et a surpris en mer un certain nombre de canots, dont quelques-uns seulement ont pu regagner le port. A Saint-Malo, le coup de vent était accompagné d’une pluie al>ondante. Au sud de fa Bretagne, dans la baie de Qtiibcron et sur le littoral de l’Océan, aux Sables-d’Olonne, les orages ont causé quelques dégâts. •
- l’n orage effrayant s’est abattu le 20 août sur Lesparre. A 3 heures, de "tos nuages noirs s’amoncelaient, et bientôt une pluie torrentielle, mêlée de "rè-lons, s’est mise à tomber à torrents. Les éclairs se succédaient sans interruption, et des roulements ininterrompus du tonnerre se faisaient entendre dans toutes les directions. A Hourtin, la foudre est tombée en dix endroits différents ; à Caussan, elle est également tombée deux ou trois fois sur le clocher de l’église.
- La foudre * Lourcellco-Ie-Couite. — Le 21 août, à CoureelBs-le-Comte (Pas-de-Calais), pendant un orage terrible, quatre personnes s'olai-nt mises à l’abri près d’une meule de blé; la foudre est tombée en cet endroit a a tué subitement trois d’entre elles.
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- TEMPERATURE
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- Filtre Malgnen (Voir La Nature, n*668, du 20 mars 1886. — Pour tous renseignements, s’adresser à la Société Mai-gnen, 4, Place de l’Opéra, Paris.
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- Les lettres et communication» relatives & la Boite aux lettres et & la rédaction doivent être adressées à Bf- Gaston TISSéJNDIER
- 19, avenue de l'Opéra, à Paris.
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- fc. Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Dans la dernière Boîte aux lettres nous avons indiqué, comme constructeurs de la pile du commandant Renard MM. Aron frères, 132, rue de Tournon ; c’est 152, rue de Turenne, qu’il faut lire.—L’appareil pour la recomposition de la lumière, de M. Poitevin, est construit par M. Demi-j chel, successeur de M. Salleron, 24, rue Pavée-au-Marais, à Paris.
- • Un abonné, à Paris. — Les documents d’origine japonaise que
- nous avons consultés portent que la superficie du Japon est de . 24 794 ri carrés. Le ri carré vaut environ 15,22 km carrés; la j superficie serait donc de 377 365 kilomètres carrés.
- 1 JH. A. Labastille, aux Cayes (Haïti), nous adresse un échantillon de j ficelle formée de papier roulé entre les doigts. Cette ficelle, très 1 employée à New-York, est d’un prix modique et a une solidité suf-? lisante pour maintenir attachés des paquets légers.
- 1 M. C. T., à Paris. — Consultez les traités élémentaires d’astro-B nomie, et Y Annuaire du bureau des longitudes.
- M. J. Tcherniac, à Ollioules. — 1° Le bougeoir à pétrole Chandor | se trouve chez MM. Desmarais, 29, rue de Londres, à Paris. — 2° Cet
- 2 appareil ne se construit pas. — 3* Eolipyle Paquelin : M. Legrand ' et C1*, 38, rue de la Folie-Méricourt. — 4° Réchaud à alcool : M. G.
- * Dreyfus, 32, rue de Paradis.
- JJ M. A. F. Robin, à Adélaïde (Australie). — Adressez-vous à la Société botanique de France, 84, rue de Grenelle-Saint-Germain, à i Paris.
- * M. L. Schaetzen, à Tongres (Belgique). — Vous trouverez un -4 appareil de ce genre à VAutocopiste noir, 9, boulevard Poissonnière, J à Paris.
- t M. V. D. L., à Paris. — 1° Voyez les traités de photoglyptie, à la - librairie Gauthier-Villars. — 2° Il n’y a aucuns frais à payer pour la il correspondance de la Boîte aux lettres qui fait partie de la rédac-tion de La Nature.
- * M. G. D. C., à Paris. — 1° Celte machine nous est inconnue. —
- * 2° Traité pratique de la laine peignée et cardée, par Leroux;
- * Traité pratique du travail de la laine cardée, par Lhomme, à la
- * librairie Eugène Lacroix. — 3* Pas de livre de ce genre.
- _ M. H. M., à Lyon. — 1* Les ballons actuellement confectionnés I sont imperméables à l’hydrogène; ils sont faits en soie de Chine (ponghée) avec plusieurs couches de vernis à ballon. — 2° Non.
- M. H. Biolley, au Havre. — Ce procédé n’est pas encore exploité U industriellement.
- Un abonné, à Janina. — 4* Outils divers : M. Guilleminot, 23,
- * boulevard Richard-Lenoir; M. Choquet, 19, rue Corbeau ou MM. Des-
- * prêt frères, 6, rue Pastourelle, à Paris. — 2* M. Trouvé, 14, rue h Vivienne, ou M. Mors, 8, avenue de l’Opéra. — 5° Les vernis, à la
- librairie encyclopédique Roret.
- M. D. B., à Bercy. — La toupie hydraulique se trouve dans la m Galerie des Machines, à la section anglaise, comme nous l’avons dit ; précédemment, et non dans la section américaine où vous l’avez À cherché par erreur.
- M. A. P. C., à Chalon. — 1° Pas de traité relatif à la fabrication des dynamos. — 2* Les machines dynamo-électriques, par M. R. V.
- , Picou, à la librairie Baudry, rue des Saints-Pères, à Paris. — 3# Non.
- I M. E. L., à Grenoble. — Les expériences n’ont pas réussi.
- M. P. Constantin, à Rodez. — Reportez-vous aux articles que nous avons publiés sur le ballon la France, vous aurez tous les ren-! seignements ; il faudrait arriver à un. moteur encore plus léger que I celui que vous indiquez.
- j M. G. Ménissier, au château de Chamoy. — 1* Adressez-vous aux i fabricants de compteurs à eau et à gaz; pas de constructeur spécial j à vous indiquer. — 2° Remerciements.
- ] il/. T. C., à Moscou. — Compteurs et indicateurs de tours pour machines à vapeur : M. Ducommun, 18, boulevard Magenta; M. Bari-
- quand, 127, rue Oberkampf; M. Borel, 47, rue des Petits-Champs, à Paris.
- M. J. Minieu, à Montluçon. — Ces réactions sont expliquées, autant qu’il est possible de le faire, dans les traités de photographie.
- M. F. Lefelvre, à Blosseville. — Le fait que vous mentionnez est connu des électriciens.
- M. A. Sabadell, à Barcelone. — Nous ne croyons pas que cet élevage puisse se faire en Europe.
- il/. Bouillon, à Boulogne. — Plusieurs inventeurs ont déjà cherché à utiliser le travail produit par le mouvement des marées sans jamais y réussir. Le problème offre de grandes difficultés pratiques.
- M. M. V., à Bienne. — Adressez-vous à des éditeurs de musique : M. A. Leduc, 3, rue de Grammont; M. Hartmann, 20, rue Daunou; au Comptoir général de musique, 11, boulevard Haussmann.
- M. H. Allard, à Troyes. — Nous allons prendre des renseignements.
- M. C. P., à Saint-W. — M. Dessoudent, 51, rue du Rocher.
- M. A. Berthet, à Paris. — Nous regrettons de ne pouvoir vous fournir de renseignements; voyez un vétérinaire spécialiste.
- M. C. Fournier, à Lyon. — Il faudrait faire des expériences comparatives entre les divers moteurs à pétrole exposés pour se rendre compte de la supériorité d’un système; le jury a effectué ces essais, il faut attendre les rapports.
- M. A. B., à Pantin. — 1® Les Continents célestes, à la librairie Flammarion, rue Racine. — 2° Traités de pharmacie, à la librairie G. Masson.
- M. Constantin, à Paris. — Nous avons traité ces questions de photographie amusante à plusieurs reprises ; consultez les volumes de La Nature des années précédentes.
- M. C. Milani, à Pise. — Il n’existe pas de traité de ce genre.
- M. J. Delaistre, à Paris. — Traité théorique et pratique des moteurs à gaz, à la librairie J. Michelet.
- M. D. Moreau, à Saint-Saulve. — L’idée d’employer des moteurs à gaz a été souvent proposée; mais ces moteurs demandent à être fixés d’une manière stable sur des bâtis solides et ne sauraient fonctionner s’ils étaient suspendus.
- M. Neuenham, à Etterbeek-lès-Bruxelles. — Remerciements pour votre offre que nous ne pouvons accepter.
- M. G. Brochu, à Genève. — L'interessante expérience sur la diffusion des liquides que vous nous signalez a été décrite précédemment dans nos articles de Physique sans appareils.
- M. L. d'Espinay, à Romorantin. — Nous croyons qu’il n’y a pas de remède. II faudrait renouveler votre provision d’acide pyrogallique. Il est préférable d’acquérir les produits par petites quantités.
- Un abonné, à Evian-Ies-Bains. -- Adressez-vous directement à l’inventeur; l’adresse est donnée dans l’article et en tête de la 514e Boîte aux lettres.
- M. R. de la Morinerie, à Reims; M. C. Boucaud, à Bordeaux; M. R. X., à Liège; M. R. S. E., à Ténériffe (îles Canaries). — Remerciements pour vos communications.
- M. J. T., à Paris. — Consultez les petits livres Recettes et procédés utiles et Science pratique. (G. Masson, éditeur.)
- M. F. G. Estefani, à Tolède. — Nous avons indiqué plusieurs procédés de bronzage des fusils dans les ouvrages dont il est fait mention ci-dessus ; nous n’avons pas de recettes pour le damasquinage.
- M. A. F., à Nîmes. — 1° Demandez le programme à la direction des postes et télégraphes. — 2° La machine doit être excitée en shunt pour la charge des accumulateurs.
- M. L. Toussaint, à Badonviller. — Nous ne pouvons vous donner une adresse spéciale ; ces appareils se trouvent partout.
- M. G. Fougère, à Bordeaux. — 1° Il existe des procédés pour reproduire les caractères d’imprimerie d’un livre; mais l’original est détérioré. — 2° 11 faut employer des substances odorantes très fortes (lavande, etc.).
- M. II. L., à Dole. — 1“ Nous ne croyons pas que le tapis en question soit cause de l’altération des pièces dWfevrerie. — 2° 2 fr. 25.
- M. E. Figueras, à Paris. — Il n’v a aucun appareil de ce genre. On croyait autrefois au pouvoir des baguettes divinatoires, mais la science a fait justice de ces préjugés.
- M. P. Joutel, à Lion-sur-Mer. — Les décorations des coquillages se font à l’aide de couches de silicate de potasse ou de soude, sur lesquelles sont ensuite passées les couleurs voulues.
- M. Shlarewsky, à Odessa. — Vous trouverez ces oreillers de bois japonais chez MM. Oppenheimer frères, 21, rue de Cléry, à Paris.
- M. R. de T., à Paris. — La liste de tous les Congrès a été publiée dans le journal ; voyez les Boîtes aux lettres précédentes.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Destruction des insectes dans les serres par la vaporisation du jus de tabac.
- Les plus redoutables ennemis des plantes cultivées en serre sont les insectes, qui y pullulent en quantité considérable, car ils sont à l’abri des principales chances de destruction qui s’opposent, en plein air, à leur prodigieuse multiplication. On a remarqué que la plupart d’en-
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- jion est insuffisante ou quêta température est trop élevée. Depuis que a culture des orchidées a pris une sérieuse extension, de grands progrès ont été faits dans ce sens. On ne voit plus que chez les horticulteurs routiniers ces vieilles serres basses, à peine ventilées dans le haut par quelques carreaux entr’ouverts, où règne une humidité stagnante, dans un air confiné. Mais on a beau multiplier les ouvertures pour créer ainsi une constante circulation d’air et veiller à ce que la température ne s’élève pas au delà du degré reconnu nécessaire, on ne peut entièrement débarrasser les plantes de leurs hôtes dangereux. Les pucerons, les thrips, les cloportes, les coccus, les acarus, les araignées rouges, les pmixlaineux, sont les plus-communs et les plus dangereux de la tribu. Les uns grignotent les racines si délicates des orchidées, les autres piquent les feuilles et les font périr, soit en absorbant la sève au fur et à mesure de sa production, soit en les salissant de leurs déjections, qui forment bientôt à leur surface une couche noire et visqueuse et en déterminent ainsi la mort ou l’atrophie. Ceux de ces animaux qui vivent dans le sol factice où végètent les plantes sont presque impossibles à atteindre. Cependant l’eau chaude à 50° les fait presque tous périr1. On a reconnu par des I expériences directes qu’à cette température elle ne fait aucun tort aux parties les plus délicates des végétaux’, et qu’on pourrait même arroser des plantes à l’eau bouillante sans nuire en aucune façon à l leur santé. Ces expériences, que noüs'avons répétées nous-mème, ont ;i été publiées autrefois par la Revue horticole. On peut aussi détruire ces animaux par des arrosages au jus de tabac dilué; mais nous ne l l’avons pas essayé. Il n’y a guère que les cloportes, les limaces, cer-I taines variétés de thrips inoffensifs, et les vers de terre, qui élisent ,! domicile dans le substratum des plantes. Mais, quel que soit le dommage qu’ils puissent causer, ~il n’est pas à comparer à’celui qui I résulte de l’invasion des autres insectes sur les parties aériennes des végétaux. C'est surtout de ceux-là que les jardiniers se sont occupés de tout temps, et ils en ont activement poursuivi la destruction, tout i en se livrant, par des procédés variés et peu efficaces, à la chasse et à la capture directe des cloportes et des limaces. Nous ne connaissons pas d’exemple de l’emploi des ‘ poudrés insecticides dans les serres. Elles doivent être écartées par des raisons toutes physiques;
- , elles saliraient les végétaux soumis à leur action. 11 ne reste donc à étudier que l’emploi des liquides et celui des gâz ou vapeurs.’L’usage • des insecticides liquides est déjà très ancien dans les serres, c’est aussi le seul admissible pour les plantes de plein air. Beaucoup de produits de I natures très diverses ont été essayés avec plus ou moins de succès.
- I Noiis pourrions en citer d’excellents, et qui loin de nuire aux plantes ne font qu’activer leur végétation, mais ce serait sortir des bornes de notre étude. Disons seulement que l’emploi «les Hquides ne peut ,* donner qu’une solution très incomplète. II est presque toujours impossible d’immerger complètement la plante dans lînsecticiée, ce qui d’ailleurs demanderait un temps énormè. On est réduit à projeter le liquide sur les végétaux au moyen d’une seringue. C’est comme si on mitraillait un bois au hasard pour détruire l’énnémi qui y serait cantonné. Nombre d’insecte' ne sont pas mouillés par l’insec-ticide; ils échappent à la destruction et leur multiplication est si rapide qu’au bout de quelques jours à peine il faut recommencer les I aspersions. De tout temps les jardiniers, reconnaissant l’inefficacité 1 de ce mode d’action, se sont préoccupés d’assainir leurs serres par des fumigations ou des vaporisations. Scientifiquement, le problème serait complètement résolu par l’emploi de l’éther. Cette substance se vaporise rapidement à la température ordinaire, et par l’expérience des entomologistes, on sait qu’elle asphyxie tous les insectes, même les plus résistants. Elle ne fait d’ailleurs subir aux plantes aucune détérioration, même à l’état liquide. Mais l’emploi de l'éther est impossible I dans les serres, tant à raison de son prix élevé que parce qu’il formerait avec l’air un composé détonant et risquerait ainsi de donner lieu aux plus terribles accidents. 11 pourrait aussi déterminer l’asphyxie chez ceux qui voudraient pénétrer dans une serre saturée de ses vapeurs. On a essayé de se servir de fumée de tabac, mais le remède était peut-être pire que le mal. Sans parler de l'infection prolongée que le tabac répandait dans les serres, les fleurs et les plantes délicates souffraient toutes plus ou moins de l’action des huiles' empvreu-matiques que renferme sa fumée. Les parties tendres des adiantum, des fougères, etc., etc., ne pouvaient y résister.
- — A suivre. — E. Roman, à Péri gueux.
- 1 Un intéressant travail de M. Dybcwski prouve qu'il est impossible d’élever, par des arrosages, la terre des pots à une température suffisante pour détruire les insectes; mais ectte observation ne s’applique pas au compost dans lequel on cultive les Orchidées.
- Un de nos lecteurs, M. Masse, a essayé, depuis quelque tçmps, de substituer, en photographie, le virage au platine au virage a l'or, pour les épreuves aux sels d’argent sur papier salé ou albuminé. Après de nombreux tâtonnements, il est arrivé à un résultat satisfaisant. Il a bien voulu nous communiquer la formule qui lui a donné les meilleurs résultats. Il a adopté un mode de virage qui fixe l’épreuve en même teipps; ce procédé a l’avantage de permettre à l’opérateur de choisir la teinte définitive de l’épreuve, sans crainte de la voir descendre de ton, comme il arrive avec le virage ordinaire à l’or.
- On prépare deux solutions :
- . t Chlorure de platine....................1,50 gr.
- | Eau distillée. ........ 100 grammes
- Hvposulfite de soude. ..... 150 grammes
- B j Acétate de soude cristallisée. . . 30 —
- ' Eau distillée......................... 900 —
- Il faut avoir soin de ne se servir que de chlorure de platine bien privé de chlofe et de vapeurs nitreuses. Pour le virage fixage, on mélange 10 centimètres cubes de la solution A à 90 centimètres cubes de la solution B et on plonge les épreuves lavées, comme de coutume, daos ce bain jusqu’à production de là teinte désirée. On lave ensuite à l’eau pendant cinq à: six heures. Ce virage donne tous les tons photographiques ordinaires et le noir lithographique ; les épreuves sur papier salé ont une grande douceur, elles sont très faciles à retoucher, soit à l’encre de Chine, soit au crayon; les épreuves sur papier légèrement albuminé ont des noirs très vigoureux et des demi-teintes bien transparentes. Ce virage, manié par d’habiles praticiens, donnerait des résultats admirables; Nous avons eu entre les mains quelques épreuves virées par ce “procédé ; elle ont un ton noir très réussi.
- Préparation du brou de noix.
- Plusieurs lecteurs nous ont demandé la manière de fabriquer un vernis spécial pour donner aü bois la couleur de noyer. Yoici quelques renseignements à ce sujet. On recueille l’enveloppe pulpeuse des noix lorsque le fruit est bien mûr, ori verse de l’eau dessus et on laisse macérer le tout pendant un an ou deux. Plus la macération est prolongée, plus la couleur est foncée.
- On peut obtenir immédiatement une couleur de. brou de noix tout aussi bonne et aussi foncée, fl suffit de foire sécher les enveloppes de noix fiés mûres et d’eo. foire bouillir 209 grammes par Etre d’eau pendant deux heures. Dès que le liquide est refroidi, il est ton pour L’usage. Mise en bouteille, cette, couleur se conserve pendant plusieurs années* Elle a de plus l’avantage de ne pas avoir besoin d’ètré additionnée de mordant pour être très adhérente au bois. Si les noix n’étaient pas bien.mûres, cette couleur ne se conserverait pas. Dahs le cas où la décoction, soit à froid, soit à chaud, serait trop foncée, on pourrait l’éclaircir en l’allongeant d’eau.
- • ; ’ Soudure à froid*
- Pour souder les objets qui ne peuvent pas. supporter une température élevée, on peut,employer le procédé suivant : on prend du cuivre en poudre, précipité d’une dissolution de sulfate au moyen du zinc, et on le mélange dans un mortier de fonte ou de. porcelaine avec de l’acide sulfurique’concentré. Le nombre des parties de cuivre varie avec le degré de dureté que l’on désire obtenir. On ajoute alors, en remuant toujours, 70 parties de mercure, et quand l’amalgame est achevé, on lave à l’eau chaude pour enlever tout l’acide, puis on laisse refroidir. Au bout de dix à douze heures, le composé est assez dur pour rayer l’étain. Pour en faire usage, on le chauffe
- e’à ce qu’il prenne la consistance de la cire. 11 n’y a alors qu’à dre sur les surfaces, et, une fois refroidi, il adhère avec une grande ténacité. (Moniteur industriel.)
- Vert céladon sur soie et coion.
- On fait dissoudre, dans du fort vinaigre, 500 grammes de vert-de-gris qu’on conservé bién bouché dans une étuve chauffée à 30°; on ajoute à ce mélange une égale quantité en poids d’une dissolution de cendres gravelées, en conservant toujours le mélange à la' même température; on passe les soies ou cotons à l’alun, puis on se sert pour teindre de cette composition encore chaude.
- La Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces ponr lesquelles on doit s’adresser i l’Office de Pnblicité de l’Imprimerie, 9, rne de Fleorcs
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, meme avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- D’aPRÈS LES OBSERVATIONS DE K. RKNOIJ (PARC .*E SALNT-XAUR, ALTITUDE: 49 M. 30)
- Août-Septembre i889. — Semaine du lundi 26 Août au dimanche l,r Septembre.
- LUNDI I # MARDI I, MERCREDI I JEUDI I VENDREDI I SAMEDI ! DIMANCHE
- 6 MIDI 6 MIN*' 6 MIDI V MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6' MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6
- Baromètre.
- Thermomètre sec.
- Thermomètre humide
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les (lèches inférieures, la direction du vent.
- •aromètr* enregistreur de M. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LÜNE î N. L. LE 26, A 2 H. 9 M. DD SOIR.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES OU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET TORCE -- de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL j ’ • PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES . •>»...
- Lundi 26 août . . . 10*,3 S. S. W. 0 Brumeux. 11,7 Hausse barométrique presque générale.
- Mardi 27 . . . 10",i S. 0 Beau. . . . 2,2 . Le temps est au beau. .
- Mercredi 28. ....... 9% 7 0 Beau. ' 0 ' 1 Le temps reste beau. . '
- Jeudi 29 12",0 0 Beau. 0 Le beau temps continue.
- Vendredi 30 13*,2 E. S. E. 0 Brumeux. j 0 Le temps beau et chuud_ persiste.
- Samedi 31 . . 15’,2 0 Brumeux. 0 La température est très élevée.
- Dimanche 1" septembre . 18%2 N. N. E. 2 Nuageux. ' 0 Le temps beau et chaud persiste.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Résumé des observations météorologiques faites au parc de Saint-Maur en août 4880
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 757",94; minimum le 20, à 5 heures du malin, 744““.17; maximum, le 28, à 9 heures du matin, 766““.38.
- Moyennes thermométriques : des minima 11*.55; des inaxima, 25",40; du mois, 17®,48; moyenne vraie des 2i heures,' I6\S0; minimum le 28, vers 5 heures du matin, 6"9; maximum les 4 et 51, 28°,2.
- Tension moyenne de la vapeur, 10*“.42; la moindre, le 6, à 5 heures du soir et Je li à 4 heures du soir, 6.““,6; la plus erande, le 1M, à 7 heures du soir, 17““.8. Humidité relative, 75; la moindre, le 9, à 2 heures et à 5 heures du soir, 33; la plus grande, 100. en 4 jours. „
- Température moyenne de la Marne, 19°,27, variant de 16°,70 le 28 a -1 ,57 le 4. Elle est restée basse et claire tout le mois.
- Pluie 53*5,9 en 35 heures trois quarts réparties en U jours. Nébulosité, 53. I n seul jour de brouillard, le 17; le 27, brouillard bas sur la vallée de la Marne. , .
- Le vent a été remarquablement fixe à la région du S.W ; il a souille 25 fois du S. à l’W. à midi; pas un seul vent de N.E.
- Il est tombé un peu de grêle le 25, à 3 heures et demie du soir, pendant une grande pluie. 11 y a eu 5 jours d’orage : le 4, de 11 heures à minuit, orage un peu au S.E.: le 10, à 8 heures et demie du soir, quelques coups de (odnerre au S.E.; le 11, de 2 heures à 3 heures du soir, orage qui passe encore au S.E.; le 19, fort orage zénithal avec pluie abondante de 9 heures à 11 heures du soir; le 22. de 3 heures à 5 heures du soir, orage qui passe au S.E. avec veut violent de S.W. de 3 h. 43 m. à 4 heures. : >
- Relativement aux moyennes normales, le mois d’août 1889 présente les résultats suivant»; baromètre plus bas de 0““,09; thermomètre plus* bas de 1°,02; tension de la vapeur moindre de 0"“,90; humidité moindre de 1; pluie plus forte-de. 4",6; nébulosité moindre de 5.
- Le 2, floraison .de l’igname de Chine et le 19 de l’hêmérocalle du Japon.
- Les martinets ont disparu vers le 10. Tout le monde avait remarqué fa rareté extraordinaire des hirondelles en juin et juillet; en août elles ont été au mohi» aussi nombreuses que d’habitude; mais cette fréquence n’a lieu que pour l’hirondelle de fenêtre; les autres ont continué d’être d’une extrême rareté, si meme elles n’ont tout à fait disparu.
- Temp. mov. Ecarta. - Pluies. Ecarts.
- Résumé de l’eté : Juin 18",51 + 2,20 i6mm,5 — 7 " ,(>
- Juillet 17,«l -0.29 31,5 — IP.'.,
- Août 16.80 — 1,02 53.9 H" -£,(>
- 17,71 •4- 0,o0 131,9 — 22,5
- TEMPÉRATURE
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- OUVRAGES NOUVEAUX
- La librairie G. Masson a mis en vente pendant le mois d’août :
- (grammaire pratique de la langue française, par Frédéric Bataille, officier d’académie, ancien instituteur public, chargé d une classe primaire au Lycée de Vanves. Cours préparatoire, contenant 54 lectures enfantines et historiettes morales, 344 exercices de langue et d’orthographe, 54 morceaux de récitation, 54 modèles d’écriture calligraphiés, 54 dessins par M. F. Bouisset. 1 vol. in-12, cartonné........................................0 fr. 60
- Géographie économique de l'Afrique, l Asie, l Océanie et l Amérique, par Marcel Dubois, maître de conférences à la Faculté des lettres de Paris. 1 vol. in-16, cartonné toile.........4 fr. 50
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- 1 Du tabac. Description historique, botanique et chimique. Climat. Culture. Récolte. Frais. Produits. Modes de dessiccation. Séchoirs.
- [ Conservation. Commerce. Législation, par Y. P. G. Demoor, secré-
- j1 taire de la Société d'agriculture et de botanique d’Alost, etc.;
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- Manuel pratique de vinification, par L. Rougier, professeur dépar-
- 1 temental d’agriculture de l’Ardèche; 2e édition, corrigée et augmentée, avec 38 figures dans le texte. 1 volume petit in-8°. 2 fr. 75
- préparation du fluorure de méthyle, par Moissan et Messans. — Sur les réactions des huiles avec l’azotate d’argent,_ par H. Brulle. — Essai rapide des suifs et des corps gras solides succédanés des suils, par Heu ri Taffe.
- Sur un oxybromure cuivrique analogue à l’atacamite, par Et. Brun. Sur les alcaloïdes de l’huile de toie de morue, par A. Gautier et L. Mourgues.
- Annales de chimie et de physique, paraissant tous les mois (numéro d’août). — Recherches sur le pouvoir inducteur spécifique et la conductibilité des corps cristallisés, par M. Jacques Curie. — Recherches sur la série thionique, par M. Bcrthelot. — Chaleur de formation des acides thioniques (premier Mémoire), par M. Berthelot. — Action des alcalis (deuxième Mémoire), par M. Berthelot. — Action des acides sur les hyposulfites (troisième Mémoire), par M. Berthelot. — Sur la composition du miel eucalypté, par M. Maquenne. — Sur la fixation de l’azote dans les oxydations lentes, par M. Berthelot. — Sur 1 origine du bronze et sur le spectre de Pepi Ier, roi d’Egypte, par % Berthelot.
- . L’Électricien, paraissant tous les samedis.
- Numéro du 3 août : Etude photométrique de quelques sources de lumière, par J.-B. Baille et G. Féry. — Une trousse pour monteurs électriciens, par J. Laffargue. — Académie des sciences. — Faits divers.
- Numéro du 10 août : La station centrale du syndicat des électriciens à l’Exposition universelle de 1889, par J. L. — Détermination du rendement d’un transformateur, par F. Estemps. — L’éclairage électrique de la ville de Nantua (Ain), par L. Grézel. — Note sur l’enregistreur de vitesse, système Duveau, par C. — Académie des sciences.— Faits divers.
- Numéro du 17 août : Les incohérences de la photométrie, par E. H. — L’exposition de la compagnie Edison (d'Amérique!, par J. L. — Les générateurs électrochimiques à l’Exposition universelle, par Marcel Gaupillat. — Station de la Société de la transmission de la force par l’électricité à l'Exposition, par J. L. — Quelques chiffres relatifs aux mélanges d’eau et d’acide sulfurique, par G. Roux. — Académie des sciences. — Faits divers.
- Numéro du 24 août : Le Congrès international des électriciens en 1889, par E. H. —Programme du Congrès. — Deux méthodes récentes pour la mesure de l’intensité des champs magnétiques, par Edmond Van Aubel. — La station centrale de la Société. L’éclairage électrique à l’Exposition universelle, par J. L. — Voltmètre industriel de la Compagnie Edison et Swan, par G. Roux. — Académie des sciences. — Faits divers.
- Nouvelle méthode de clarification et de consenmtion des vins, remplaçant le plâtrage, par P. Hugounenq, chimiste à Lodève (Hérault). 1 brochure.................................... A fr. 10
- Etude comparée de quelques procédés de vinification proposés pour remplacer le plâtrage, par A. Bouffard, professeur d’œnologie à l’Ecole nationale d’agriculture de Montpellier. 1 brochure in-4”. . . ;................... 1 fr. 10
- Manuel du greffeur de vignes, par Y. Pulliat, professeur à l’Institut agronomique, secrétaire de la Société de viticulture de Lyon; 4® édition, revue, corrigée et augmentée. 1 brochure. 1 fr. 20
- Leçons sur un cas d'hystérie mâle avec astasie-abasie, par le professeur J. Grasset, recueillies et publiées par L. Bourguet, interne des hôpitaux de Montpellier. 1 brochure in-4°. . 2 fr.
- La pharmacie à Montpellier, depuis son origine jusqu’à la Révolution. Etude historique d’après des documents originaux, par A. P. Marty, pharmacien de première classe. 1 brochure in-8°. . 3 fr. 50
- PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- SOMMAIRES
- Bulletin de la Société chimique de Paris, paraissant le 5 et le 20 de
- chaque mois.
- Numéro du 5 août : Extrait des procès-verbaux des séances. — Sur les variations de la fonction acide dans l’acide stannique, par Léo Vignon. — Recherche du chlore libre dans l’acide chlorhydrique, par Kupfferschlaeger.
- — Sur la préparation des chlorures d’isobutyle, de propyle, d’allyle, d’éthyle et de l’iodure d’isobutyle, par H. Malbot. — Sur l’analyse des méthylanilines, par H. Giraud. — Sur la matière colorante des vins, par Monnet. — Sur une nouvelle méthode de préparation du chlorure d’acétyle et de l’acide mono-chloracétique, par V. Auger et A. Béhal. — Sur quelques chlorures ammo-niés de mercure, par G. André. — Sur quelques dérivés de l’acide lactarique, par Philippe Chuit. — Recherches sur les sulfines, par A. Palein. — Sur les chlorures de combustion et de formation des nitriles, par Berthelot et Petit.
- — Sur la chaleur de formation des hypoazotites, par Berthelot.
- Numéro du 20 août : Action de l’acide carlmnique sur les produits de la fermentation, par L. Lindet. — Appareil pour prendre la densité des fruits, pommes de terre; topinambours et autres tubercules et racines, par Bail-Itache et Commelm. — Réponse à la réclamation de M. Collié, touchant la
- Journal de l'agriculture, paraissant tous les samedis. Chaque numéro contient la Chronique agricole de la semaine, le compte rendu de la séance de là Société d’agriculture, celui du marché aux bestiaux de la Villette et la Boîte aux lettres.
- Numéro du 3 août : Nouvelles des cultures et des travaux agricoles, par Bronswick et Nebout. — Les races étrangères au concours de Paris, par Henry Sagnier. — L’ensilage de l’herbe de prairie, par Emile Mer. — Les machines agricoles de l’Exposition universelle, par Henry Sagnier. — Sur les sucres destinés aux vendanges, par Menudier. — Travaux de la Société nationale d'agriculture, par Louis l'assy. — Pisciculture. Les eaux saumâtrées, par Chabot-Karlen. — Petites nouvelles agricoles de l’étranger, par du Pré-Collot. — Décorations dans la Légion d’honneur, par H. S.
- Numéro dû 10 août : Les intermédiaires, par François Bernard. — Les races françaises au concours de Taris, par Henry Sagnier. — Les ennemis de la vigne en Seine-et-Oise, par Rivière. — Un nouvel ennemi des céréales, par Carré. — Discours prononcé aux obsèques de M. Millot, par Dehérain.— Observations sur la production de la graine de betterave, par Peligot. — Les pseudo-vins, par Lugol. — Bibliographie agricole, par Henry- Sagnier. — Revue commerciale et prix courant des denrées agricoles, par Remy.
- Numéro du 17 août : Courrier du nord-est, par Bronsvick. — Les animaux de basse-cour au concours international d'animaux reproducteurs, par Lemoine. — Les pseudo-vins et le sucrage, par Menudier. — Une mission viticole en Amérique, par Georges Marsais. — La crise agricole et l’absentéisme, par Jules Maistre. — Bibliographie agricole, par Henry Sagnier.
- Numéro du 24 août : Lettre au Ministre de l’agriculture sur l’importation des viandes de boucherie, par Gomot. — Nouvelles des cultures et des travaux agricoles, par Salomon et de Lentilhac. — Vente des animaux de l’Exposition anglaise à Paris, par de la Tréhonnais. — Revue agricole de l’étranger, par du Pré-Collot. — Les magnaneries dans l’Istrie, par de Dignano. — Les animaux de basse-cour au concours de Paris, par Et. Lemoine. — Le navet doré de Suède, par Galand. — Agronomie : l’azote et les légumineuses, 11, par Devillard et Bussière. — Etude sur diverses variétés de blé à la station expérimentale agricole de Cappelle, par Fl. Desprez.
- Annales des sciences naturelles. Zoologie et Paléontologie,
- comprenant l’anatomie, la physiologie, la classification et l’histoire naturelle des animaux, publiées sous la direction de il. A. Milue-Edwards, tome VII, n°* 3, 4. — Etudes sur le développement des Annélides, et en particulier d’un Oligochaete, limicole marin, par M. Roule. Ce cahier contient 8 planches.
- Annales des sciences naturelles. Botanique, comprenant l’anatomie, la physiologie et la classification des végétaux vivants et fossiles, publiée par M. Ph. Yan Tieghem. Tome IX, nM 4, 5, 6. — Prodrome d’une histoire naturelle des Agaricinées (suite et fin), par M. V. Fayod. Ce cahier contient 2 planches.
- Annales agronomiques, paraissant le 25 de chaque mois (numéro du 25 août). — Etude d’économie rurale. Question sociale, par M. P. C. Dubost. — De la formation de l’ammoniaque dans la terre arable, par M- Hébert. — Notices nécrologiques. — bibliographie. — Revue des travaux publiés en France et à l’étranger.
- Paris.
- Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- Supplément au numéro 850 de LA NATURE dû 14 septembre 1889
- Ul™*) 542‘ BOITE AUX LETTRES ( )
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- Lea lettres et oommunioations relatives à la Botté aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à H. Gaston T1SSANDIER
- 19, avenue de l'Opéra, à Paris.
- Todtes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison .
- Une lettre autographe de IW. Edison. — L’illustre inventeur américain nous a fait l’honneur de nous écrire une lettre autographe dans laquelle il nous accuse réception de deux volumes que nous lui avions envoyés avec quelques exemplaires de La Nature contenant notre notice sur le Phonographe. Nous avons fait reproduire cette lettre, en la réduisant légèrement par les procédés du gillotage, pensant qu’elle intéresserait nos lecteurs en général et les amateurs de graphologie en particulier :
- HOTEL ou RHIN A P7 Vendôme
- Nous donnons la traduction de l’autographe ci-dessus pour ceux de nos lecteurs qui ne savent pas l’anglais :
- « Mon cher Tissandier ; tous mes remerciements pour les deux livres et pour les exemplaires de La Nature. J’espère que vous viendrez à notre Exposition de 1892. Apportez avec vous un navire aérien pratique. Je suis sur que cela peut être fait, mais tout le monde paraît à ce sujet faire fausse route. Tout à vous : Thom. A. Edison. »
- Nous remercions M. Edison de son aimable épitre, et nous ferons tout notre possible pour aller le voir à New-York en 1892. Le grand inventeur, en indiquant que les aéronautes font fausse route, croit assurément qu’il faudrait expérimenter des appareils d’aviation et des aéroplanes. 11 a certainement raison en théorie, mais nous pensons que les ressources de la science actuelle ne permettent pas encore de faire pratiquement de l’aviation, tandis qu’il n’est pas impossible, dès aujourd’hui, de donner aux aérostats allongés à hélice une vitesse propre suffisante pour remonter des courants aériens d’intensité moyenne. Que le génie d’Edison nous apporte un moteur léger, très légôr, et nous irons le voir à New-York en ballon dirigeable, lors de l'Exposition américaine de'4892. G. T.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne le gnomon, s’adresser à M. Molteni, 44, rue du Chàteau-d’Eau, à Paris.
- M. F. Bonnet, à Clermont-Ferrand, nous demande pour quelle
- raison un train de chemin de fer en marche n’a jamais été frappé par la foudre. On peut répondre à ce sujet que le train a une très faible hauteur et qu’il est au même potentiel que la terre. En outre, l’espace qu’il occupe est très faible relativement à la surface du pays où il circule : il y a donc peu de chance que la foudre le rencontre. Nous croyons, d’autre part, que les voyageurs se trouvant dans un train en marche frappé par la foudre seraient à l’abri de tout danger : le wagon est, en effet, comparable, dans cette circonstance, à la cage de Faraday.
- M. P. Ferry, à Paris. — 11 y aurait un moyen simple d’éviter l’effet des coups de piston du moteur à air chaud. 11 faudrait exciter la machine en shunt seulement, c’est-à-dire mettre le fil de série ou gros fil en dérivation aux bornes de la machine avec une résistance additionnelle en circuit. 11 serait alors possible de mettre en dérivation aux bornes cinquante voltamètres qui amortiraient les coups de piston. C’est là une dépense; mais elle a l’avantage de donner une lumière fixe et régulière.
- M. A. Moulinier, à Angers, à propos du champignon gigantesque que nous avons signalé dans le n° 847, nous informe qu’il vient d’en trouver un semblable. 11 n’a encore que treize jours d’existence, et mesure déjà 2 mètres de circonférence.
- Un lecteur, à X. — Tous trouverez des chambres claires pour dessins de paysages chez M. l’ingénieur Chevallier, 15, place du Pont-Neuf, à Paris.
- M. A. Lallier, à Paris. — Non, la loi de Colladon est une loi limite, qui ne s’applique plus dans le cas présent. C’est après de nombreuses expériences que l’on s’est arrêté à la disposition actuelle des jets paraboliques des fontaines lumineuses.
- M. le comte des Garets, à Paris; M. A. Bab, à Amsterdam; M. A. F., à Turin. — L’adresse à laquelle on peut se procurer la pile du commandant Renard est donnée en tête de la 541e Boîte aux lettres (n° 849, du 7 septembre 1889).
- M. Legrand, à Elbeuf. — Nous ne connaissons pas de vernis de ce genre.
- M. Billet, à Paris. — Yos produits ne sont peut-être pas bien purs.
- M. A. S. — 11 faut employer la poudre de pyrèthre.
- M. A. Boberl, à Troyes. — Venez à l’Exposition universelle de Paris; vous entendrez le phonographe, et vous serez convaincu.
- M. B. B., h Paris. — Il faut essayer de souder les deux feuilles de fibre en les imprégnant de sulfure de carbone, ou en appliquant à chaud un mastic de résine et de gutta-percha.
- M. Panisset, à Montbrison. — Nous étudions en ce moment cet appareil; nous le décrirons s’il y a lieu.
- M. .4. F., à Turin. —4° Nous avons déjà donné ces descriptions. — 2° Le nouveau phonographe d’Edison n’est pas encore dans le commerce ; mais le savant inventeur s’occupe activement de monter une fabrication importante.
- Un lecteur, à Paris. — 4° Journal anglais Nature : MM. Macmillan and C°, 29, Bedford Street, Covent Garden, London.
- M. F- Gaulier, à Paris. — Cette expérience est connue; nous en avons décrit d’analogues. Remerciements.
- M. J. M., au Yésmet. — Il faut laisser plonger la plaque dans de l’eau tiède légèrement acidulée d’acide acétique.
- M. G., à Paris. — U y a beaucoup de bonnes fabriques de plaques photographiques ; nous ne saurions vous indiquer la meilleure. Voyez aux annonces.
- Un abonné, à Londres. — 4° 11 faut laver à l’eau tiède. — 2e M. Enjalbert, 4, rue Saint-Martin, à Paris. — 3“ Oui. — 4° Il existe une foule d’appareils automatiques de ce genre.
- M. A. Rieffel, à X. — L’ingénieux appareil qui permet d'obtenir automatiquement les portraits a été décrit dans le ri° 837, du 45 juin 4889, p. 43.
- M. A. Iluard. — 4° Indiquez seulement la distance focale; cette donnée suffira. — 2° Machines à fabriquer les bas : M. A, Riehourg, 20, boulevard Sébastopol, à Paris.
- M. A. Humblot, à Xertigny. — Appareils de météorologie : MM. Baudin, 276, rue Saint-Jacques; Richard frères, 9, impasse Fessait, à Paris.
- M. E. D., à Paris. — Cette manipulation exige certaines précautions; voyez les traités de chimie organique.
- M. E. Vandeveld, à Gand. — Vous trouverez des traités sur l’hygiène des habitations à la librairie E. Bernard, 55 ter, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. L. Dubois, à Paris. — Nous ne pouvons publier que les renseignements donnés par l’inventeur; nous n’en avons pas d’autres.
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- M. L., à Montpellier. — Précis de microphotographie, par M. IIu-borson, à la-librairie Gauthièr-Villars.
- 31. Bandarcüi, a Paris. — 1° Non. — 2° Cét appareil se trouve à l’exposition de photographie; mais il ne fonctionne pas. — 5° Rien <le bien précis à ce sujet.
- U abonné. G56, à Château-Renault. — R faut faire des essais de laboratoire avec les diverses matières colorantes.
- M. H. N., à Saint-Omer. Nous ne connaissons pas d'autres bonnes machines pour amateurs; nous décrirons prochainement celle (jui est à l’Exposition et qui est destinée à l’industrie.
- 31. le Du Frômentel, à Gray. — 1° Adressez-vous à la maison Marion, 14, cité bergère;- à Paris. — 2° Aide-mémoire de photographie, -par M.'C. Fabre, ou l'Annuaire photographique, par M. Da-vanne, à la librairie Gauthièr-Villars.
- M. G. Vallât-, ;i Royat; —La recette du vernis à ballon est donnée dans les Recettes utiles; ce vernis se trouve tout fabriqué chez il. Arnoul à Saint-Ouen-l’Aüinone (Séine-et-Oise).
- I 31. Dutertrè, au Creusot.— 1° Éclairage à l’électricité, par 'il. Fontaine, à la librairie Baudry. — 2“ LeFormulaire pratique de •l'électricien, à la librairie Masson. — 3° Traité pratique et théorique Ides moteurs à gaz, par Witz, à la librairie Michelet, i M. H. Saudin, à Caen. — Moteurs à pétrole : M. L. Charon, à ' Solre-le-Château (Nord); MM. Mors, 8, avenue de l’Opéra ; M. Thiroux,
- ] 18, rue Descartes ; ou M. J. Mire, 9, rue de Valenciennes, à Paris.
- I 31. Bagnoli, àOrbètello (Italie) ; M.E. Waïtzenegger, a Lu Roche-sur-Yon. — Remerciements pour vos communications.
- M- K- B-, à Lille. — Ces insectes sont des blattes ; voyez dans les IRecettes et procédés utiles (G. Masson, éditeur) les moyens de vous ten débarrasser. ’
- 31. X., à Armentières, — Voyez-le petit livre indiqué ci-dessus, i 31. L. Dumort, à Rouen. 1° On peut obtenir jusqu’à quatre et cinq épreuves avec les diverses machines à écrire en intercalant un papier spécial entre chacune des épreuves. —- 2° La fabrication industrielle est en voie d’organisation.
- M. P. Piequet, à Reims. — Il n’existe pas de traité spécial sur cette question.
- ' M. A. Woltz, à Strasbourg. — 1° On peut remédier à ce défaut •n imbibant la mèche. — 2° Jusqu’au 1er novembre, i Un lecteur, h Brest. — Il faut laver le vêtement et l’exposer à l'air.
- ' 31 le comte d’Aucourt, à Blainvilliers. — Adressez-vous aux
- bureaux du journal l'Eleveur, 2 ter, avenue Aubert, à Vincennes. l M. Fleurot, à Philippeville. —Le procédé que nous avons indiqué ist exact; il faut opérer avec soin.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- p Congrès et conférences de l’Exposition universelle. —
- )imanche 15, à 5 heures. Séance d’ouverture du Congrès d’otologie
- de laryngologie. Séances du 15 au 21 septembre, au Trocadéro, — Lundi 16, à 9 heures et demie. Séance d’ouverture du Congrès de nécanique appliquée. Séances du 16 au 22 septembre, au Conservatoire dos arts et métiers. — Lundi 16, à 4 heures. Conférence au >alais du Trocadéro par M. de Nansouty : L'industrie ostréicole. — lardi 17, à 10 heures un quart. Conférence-visite au Grand Théâtre Palais des enfants, Champ de Mars), par M. Cottanc.in : Hygiène et natériaux de construction. — Mercredi 18, à <4 heures. Conférence u palais du Trocadéro, par M. le Dr A.rJ. Martin : L’hygiène et les lygiénistes autrefois et aujourd'hui. —Jeudi 19, à 5 heures. Séance l’ouverture du Congrès de météorologie. Séances du 19 au 25 sep-embre. — Jeudi 19, à 4 heures. Conférence au palais du Trocadéro, ,ar M. Gaston Tissandier : Le présent et l'avenir de la navigation ’érienne (avec, projections, par M. Molteni). — Vendredi 20, à 1 heures. Séance d’ouverture du Congrès des travaux maritimes. iéances du 20 au 26 septembre, au palais du Trocadéro. — Ven-Iredi 20. Séance d’ouverture du Congrès de photographie céleste.
- Voyage en Corse. — J’arrive de Corse et je ne saurais trop ecommandef aux touristes ce magnifique pays aussi beau que peu onnu. L’île est accidentée de montagnes excessivement élevées telles lue le mont Cinto et le mont Rotonde qui atteignent 2700 mètres; lie offre des vues de mer magnifiques, de belles gorges, des sites [ui valent les plus beaux des Pyrénées, des golfes donnant une idée les lacs les plus pittoresques de la Suisse. Les hôtels sont à des prix xcessivement modérés, les bateaux de la Compagnie Morelli sont onfortables, et la traversée, aller et retour, coûte 60 francs en première, nourriture comprise, dix-huit heures de mer de Marseille à lastia, quinze heures d’Ajaccio à Marseille. Je recommande aux tou-
- ristes Bastia, la grotte de Brando, belles, stalactites transparentes, admirables vues de mer, les sources d’Orezza, magnifique pays de montagnes, l’ascension très belle au San Pietro entreprise d’Orezza, Corte, Ajaccio, Propriano, Sartène et les grottes marines de Boni-facio. Les vues sur le détroit sont très belles. Ajaccio est une délicieuse station d’hiver.
- Henry Courtois, à Muges, par Damazan (Lot-et-Garonne).
- BIBLIOGRAPHIE
- Les aérostiers militaires, par G. Bethuys. 1 volume contenant de nombreuses illustrations de G il Baer. Jn-8°. — Paris, H. Lecèno et Oudin, 1889.
- Voici un charmant et instructif volume que nous recommandons à nos lecteurs. L’auteur qui cache sous un pseudonyme un spécialiste fort compétent et fort érudit, retrace d’une façon complète l’histoire des ballons militaires depuis les premiers aérostiers jusqu’aux équipes de l’Ecole de Chalais-Meudon. Les aérostats du siège de Paris, les ballons dirigeables, l’histoire moderne des
- L'ambassade annamite au Toiikin allant assister aux manœuvres des ballons captifs militaires de l’armée française.
- aérostiers militaires, forment de longs chapitres parfois captivants d’intérêt. Des gravures charmantes ornent ce livre excellent. Nous reproduisons l’ambassade annamite au Tonkin rendant visite aux aérostiers militaires qui ont joué un rôle important dans les reconnaissances si souvent faites du haut des airs. L’ouvrage se termine par de savantes considérations sur ce qu’on peut attendre de l’avenir de l’aéronautique.
- 3Ianuel pratique de vinification. Raisins et vendanges, cuvage, conservation du vin et traitement de ses maladies, etc., par L. Rougier. 1 vol. in-16. Coulet, éditeur, à Montpellier. G. Masson, éditeur, à Paris. 1889.
- La première ruche, par Eugène Jobard. 1 vol. in-16. Imprimerie du Bien public. — Dijon, 1889.
- Les colonies françaises, notices illustrées publiées par ordre du sous-secrétaire d’Etat des colonies sous la direction de M. L. Hen-r[que. Tome Ier. Colonies et protectorats de l’Océan indien. 1 vol. in-16. Quantin, éditeur. — Paris, 1889.
- Dommages aux champs, dégâts des lapins, manuel théorique et pratique destiné aux chasseurs, agriculteurs, magistrats, avocats, avoués et huissiers, par MM. Valadon et Zurcher. 1 vol. in-16, aux bureaux de l'Eleveur. — Vincennes, 1889.
- Monnaie, médailles et bijoux, essai et contrôle des ouvrages d’or et d’argent, par M. A. Riche. 1 vol. in-18 de la Bibliothèque des connaissances utiles. J.-B. Baillière et fils, éditeurs.— Paris. 1889.
- Annuaire statistique de la ville de Paris, huitième année, 1887.
- 1 vol. in-4°. G. Masson, éditeur. — Paris, 1889.
- t Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères ta service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser i l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rne de Fleurs s
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustration-, îême avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- "694e BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA NATURE
- d’après LES OBSERVATIONS DE M. RENOU (PARC LE SAINT-MAUR, ALTITUDE : 49 M. 30)
- Septembre 18S9. — Semaine du lundi 2 an dimanche 8 Septembre.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de 2H. Rédier. — Thermomètre h l'abri, à boule sèche et A boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O an niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE ! P. Q. LE 2, A 7 H. 44 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 sfipfflmhrfl.. - - -, 13*.4 N. N. E. 1 Nuageux. » Nuag., brouill. de 200 m. tonn. de 17 h. 40 à 18 b. 50
- avec pluie de 18 b. 10 à 20 h. ; il éclaire jusqu’à 23h.
- Mardi 3 . . . . 17°,0 S. S. W. 2 Couvert. 1,3 Tr. nuag., pluie plusieurs fois dans la journée.
- Mercredi 4. ...... 16’, 9 N. 1 Couvert. 1,3 Tr. nuag., pluie à 14 b. 10 et à 16 h. 30, horizon brum.
- Jeudi 5. ........ . 15*,2 N. 2 Couvert. 0,3 le matin. Couv. jusqu’à 16 h., nuag. ensuite, T p A 2 km à 9 b.
- et 8 k à 13 h.
- Vendredi 6. ....... 14*,8 N. 2 Couvert. )> Tr. nuag. jusqu’à 8 li., qq. nuag., puis beau, T p À 2 km à 7 h. Quelq. nuag. lem., Ir. nuageux le s., gouttes. T p A
- Samedi 7 11M N. 1 P. nuageux. »
- o km à 7 h., almosp. Ir. cl. a 14 b.
- Dimanche 8 li’,0 N. Ê. 0 Couvert. » Couv. ou nuag. jusqu’à 17 h.', beau ensuite.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre en Californie. — Une forte secousse de emblement de terre a été ressentie le 28 août à Los Angeles (Californie). Les ii'loges ont été arrêtées; des plafonds de maisons ont été crevés. Une secousse été ressentie également à Pasadena.
- Tremblement de terre dans le département de Maine-et-oire. — M. .1. Ouillon, à Chaudron (Maine-et-Loire), nous écrit : « Nous ’ons ressenti, dans la nuit du 3 au 4 septembre, une secousse violente de emblement de terre, à minuit quatre minutes précises. Le bruit souterrain a iré cinq secondes; les trépidations très perceptibles, trois secondes. La direc-»n était, d’après ce que j’ai pu juger, du sud-est au nord-ouest. Celte pre-ière secousse a été suivie d’une seconde bien moins forte, à minuit dix milles. Le ciel était noir et couvert. Un troisième bruit souterrain a eu lieu rs 3 heures du matin, mais très faible. L’affolement était grand paimi la
- population qui toute avait allumé ses feux et s’était levée. Au dire des paysans, les animaux dans les étables étaient très agités. »
- M. Huitjnard, à Denée, nous informe que les secousses se sont également fait sentir dans cette localité un peu après minuit. A Augers, les secousses ont été très légères; elles ont été beaucoup plus fortes à Landemont et à Cha-lonnes. Dans cette dernière commune il s’est produit deux fortes détonations souterraines au moment même de la secousse.
- VJne trombe à Saint-Pierre-en-Port. — M. L. Philippe, à Saint-Pierre-en-Port, nous écrit qu’il a été témoin d’une trombe Je dimanche 23 août. Cette trombe prit naissance dans la soirée vers 7 heures. Elle avait de 8 à 10 mètres de diamètre, et on pouvait distinguer dans l’axe de la trônai e une partie beaucoup plus claire ayant un diamètre d’environ un tiers plus petit que celui de la trombe. Pendant deux ou trois minutes elle marcha dans u* direction de l’ouest en faisant constamment avec l’horizon un angle de 70 ;* 80 degrés. Cinq minutes environ après sa formation, la trombe se dissipa rapidement par sa partie inférieure tandis que la partie supérieure remontait lentement vers le ciel et restait visible assez longtemps. La durée totale dit phénomène a été de quinze minutes environ.
- TEMPÉRATURE
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- Filtre Malgnen (Voir La Nature, n* 668, du 20 mars 1886. — Pour tous renseignements, s’adresser à la Société Mai-gnen, 4, Place de VOpéra, Paris.
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- Supplément an numéro 851 de LA NATURE do 21 septembre 1888
- 543e boite AUX LETTRES («7î»)
- Lm lettres et communications relatives à la Botte aux lettres et k la rédaction doivent être adressées à H. Gaston T ISS AN DUR
- 19, avenue de l'Opéra, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être ardessêej
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précédé la date de la livraison.
- M. F. Duc, à Grenoble, nous signale une singulière coïncidence qui existerait d’après lui, entre la couleur des positifs photographiques et les conditions atmosphériques. Quand le temps va se mettre au beau, le papier albuminé sensible, exposé sous le cliché, tourne au rouge; si le temps se met à la pluie, le même papier devient violet. Il serait intéressant de vérifier ces observations.
- M. Charles F. Novella, à Bruxelles. — 1° Il existe beaucoup de types de machines à écrire ; voyez aux annonces. — 2° Nous ne croyons pas qu’il soit possible pratiquement de suivre un discours avec une machine à écrire; mais il y a une machine à sténographier chez MM. Fenwick frères, 21, rue Martel, à Paris.
- M. V. d’Aoust, à Bruxelles. — L’adresse que nous avons donnée est exacte; nous n’en avons pas d’autres à vous indiquer.
- M. P. Courant, à Nantes. — Nous avons publié un long article sur les fleurs sèches dans le n“ 815, du 12 janvier 1889, p. 103.
- M. Moreau, à Auby. — Vous trouverez de nombreux renseignements sur les engrais à la Librairie agricole de la maison rustique, à Paris, notamment L'azote et le phosphore, par M. Favier ; Entretiens sur l’agriculture, par Fouquet; Sot et engrais, par Lcfour ; Chimie Usuelle appliquée à Vagriculture, par Stockhardt, etc.
- M. Frikell, à Saint-Etienne. — 1° Il faudrait avoir vu l’expérience pour vous répondre. — 2° Les numéros étant épuisés en librairie, il est difficile de vous les procurer.
- L’abonné n° 290. — Vous pouvez faire une ascension en ballon, i en vous adressant aux directeurs des ballons captifs du boulevard j de Grenelle, ou du Jardin Kléber; voyez l’article que nous avons I publié à ce sujet dans le n° 850, du 14 septembre 1889, p. 243.
- | M. H. Broche, à Saint-Etienne. — On a essayé et réussi cet ' acclimatement au Jardin d’acclimatation; renseignez-vous auprès du | directeur de cet établissement.
- I M. E. de R., à Carcassonne. — MM. Rouart frères, exploitent les | procédés Raoul Pietet, boulevard RiehardTLenoir, à Paris, f M. Ch. Dequevauvillers, à Remiencourt. — Adressez-vous à l’éditeur dont nous avons indiqué le nom dans la Bibliographie.
- [ M. L. B., à Roquemaure. — Pas de procédé pratique à vous si-I gnaler.
- \ M. P. R. Alla', à Paris. — Nous regrettons de.vous dire qu’il n’y i a pas dé livres du genre de ceux que vous demandez, j M. Gévelé, à Pans. — 1° Oui. — 2° On n’a pas encore appliqué ces | moteurs à la navigation. — 3° Pas de traité général sur cette question, i M,. Constantin, à Paris. — Le photobuste a été décrit dans le n“ 791, du 28 juillet 1888, p. 144.
- M. G., aux Lilas. — Vous aurez des renseignements à ce sujet f dans le traité de Chimie industrielle, de Payen. (Hachette et C!% i éditeurs.)
- j M. H. Allard, à Troyes. — Cette nouvelle peinture commence î seulement à être employée ; nous n’en connaissons pas la composition, j M. C. Belmaure, à Maurs. — Pompes de tous systèmes : M. Bro-; quet, 121, rue Oberkampf; L. Dumont, 55, rue Sedaine, à Paris, î f Un abonné, à Rome. —- 1“ Il faut une machine shunt, il en ; existé beaucoup de types, nous ne saurions vous en indiquer un en , particulier; tout dépend de la question de prix, de rendement, etc.
- ; _ 2° Voyez le petit livre des Recettes et Procédés utiles. (G. Masson).
- I M. L. Dgpéré, à Bruxelles. — Essayez les différents vernis dont i la composition est donnée dans l’ouvrage indiqué ci-dessus.
- | M, L. Quinot, à Guignonville. —JI est préférable, pour argenter i une glace, de réduire le nitrate d’argent ammoniacal par l’acide tar-; trique ; voyez les détails de l’opération dans le petit ouvrage indiqué j plus haut.
- i * M. P. C'., à Versailles. — Consultez Y Annuaire -du bm'eau des j longitudes, à la librairie Gauthier-Villars.
- Un lecteur, à Montbéliard. — Nous allons étudier l’appareil que Vous signalez, et nous le décrirons s’il y adieu.
- M. Hubert, à Poitiers. — Nous ne pouvons donner d’autres renseignements que ceux qui ont été publiés dans notre; article.
- M. V. R., à Malzéville. — Nous ne croyons pas que cet appareil soit encore, dans le commerce. .
- M. L. B., à Paris. — Il n’y a pas de colle répondant au but que vous demandez; on remplace par une étiquette en clinquant.
- M. A. G., à Paris. — 1° La soie de Chine pour aérostats se trouve aux,, magasins du Bon Marché ou du Louvre;, —.2“ Nous, tiendrons compte de vos-observations*. -, ......
- t^-UUr -abonné, àtLevallois.- rtn 1". L’ancien cheval-vapeur correspondait à 736 watts; d’après les décisions du dernier. Congrès rdesJweé-. triciens, le watt est l’unité de puissance, en pratique on emploie le kilowatt. — 2° Le rapport du volt à l’ohm donne l’ampère. —
- 3” Une dynamo est excitée en shunt, quand le circuit qui alimente les inducteurs est pris en dérivation sur le circuit principal.
- M. J. de Bellesme, à Nogent-le-Rotrou. — 1° Traité pratique de vélocipédie, par A. Maquaire, 5, boulevard de Strasbourg à Paris. — 2“ Nous avons donné une longue liste de journaux vélocipédiques dans la 525e Boîte aux lettres, du 18 mai 1889.
- M. Guibert, à Millau. — Remerciements pour votre communication.
- Un lecteur, à Vincennes. — 1° Le ballon la France a été décrit . dans le n° 587, du 30 août 1884, p. 193. — 2° Nous avons publié de nombreux articles sur les appareils de ventilation ; voyez les Tables des matières.
- M. A. R., à Lisbonne. — La machine à écrire Remington, 21, rue Caumartin, à Paris, a été utilisée pour les aveugles.
- QUESTIONS
- N’“ 1284. M. de N., à Paris, demande s’il y a un moyen pratique de protéger par un enduit ou un vernis quelconque, et de fixer des peintures murales exécutées à la colle.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- . Un enfant colossal. — M. Emiliano Mejia, à Medellin (République de Colombie), nous adresse la communication suivante : Dans la ville de Medellin se trouve un enfant du nom d’Eliodoro Mejia appartenant à l’une des principales familles delà contrée. Il n’a que douze ans, et mesure déjà 1,52 m de hauteur, et pèse 145 livres. 11 jouit d’une excellente santé, malgré cet embonpoint excessif. Notre correspondant joint à cette communication une intéressante photographie de ce phénomène. ,
- Congrès et conférences de l’Exposition Universelle. —
- Lundi 23, à 10 heures. Séance d’ouverture du Congrès du commerce, et de l’industrie. Séances du 22 au 28 septembre, au Conservatoire des arts et métiers. — Lundi 23, à 4 heures. Conférence au palais du Trocadéro, par M. Vilmorin : L’hérédité dans les végétaux.
- — Mardi 24, à 10 heures. Séance d’ouverture du Congrès du repos Hebdomadaire au point de vue hygiénique et social: Séances du-24 au 27 septembre, au Cercle populaire (Esplanade des Invalides).
- — Mardi 24, à 10 heures un quart. Conférence-visite au Grand
- Théâtre (Palais des enfants, Champ de Mars), par M. Decaüx : L’hygiène et l’utilisation des vidanges de Paris. —Mardi 24, à 4 heures. Conférence au palais du Trocadéro, par M. Baltet : L’horticulture depuis cent ans. — Jeudi 26, à 4 heures. Conférence au palais du Trocadéro, par M. Beaoïun-Gressier : Du rôle économique des voies de navigation intérieure. — Samedi 28, à 4 heures. Conférericé au Cercle populaire (Esplanade des Invalides), par M. de Foville ; L’épargne. •
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Destruction des insectes dans les serres par la vaporisation - du jus de tabac. >
- (Suite et lin. — Voy. 541” Boîte aux lettres, du 7 Septembre 1889.)
- Les choses en étaient là, lorsque, il y a cinq ou six ans, M. Boizard, jardinier de Mme de Rothschild, eut l’idée ingénieusé d’utiliser les jus de tabac, résidus de la fabrication des manufactures, qui jusqu’alors n’avaient que des emplois très limités. Il les fit évaporer dans ses serres, et obtint ainsi un résultat excellent qu’il fit connaître avec un rare désintéressement à tous ses collègues en horticulture. Presque tous répétèrent ses expériences, et il fut reconnu que le procédé était parfait, qu’il détruisait par urte seule opération la plupart des insectes vivant sur les feuilles et que les survivants ne résistaient pas à une série de fumigations, régulières. C’était là, il faut le dire, un grand service rendu à l’horticulture, et, en dehors de ' cette application spéciale, le procédé Boizard peut en avoir d’autres qui n’échapperont pas aux lecteurs de La Nature, et que nous signalons à leurs recherches. La nicotine contenueydans les jus de -tabac doit, jîn- ejfqt,, ayoir ;ûnè ;.Actipp dé/tf üctiyê^..surl les y microbes èt sur tous les msecteA. Ainsi' nous ésiimôfis' cfu'uflé^ lèülë‘,'fu:WSga-tion bien exécutée suffirait pour détruire les larves des mites
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- contenus dans les tissus, et en assurer ainsi la conservation. Des fumigations périodiques donneraient aussi sans doute, dans les musées, le moyen de conserver indéfiniment sans détérioration les insectes et les animaux empaillés. Il y a là'toute unç série de recherches à entreprendre» aujourd’hui surtout qu’on peut admettre que désinfectant et insecticide sont des mots presque synonymes. II est singulier queja mpotine contenue dans lesgus de tabac soit pour les ' animaux un poison ires subtil et qu’elle n’ait sur les plantes auçune.action nuisible : au contraire, .elles paraissent s.e trouver très bien de lotions faites sur les feuilles avec une dilution a 1/10 ou à 1/15; ces lotions sont dès, à présent employées aveo succès par des horticulteurs distingués. Nous allons maintenant faire connaîtra la dose de tabac et les divers, procédés à employer pour la fumigation, Les manufactures livrent des ju$ plus ou moins concentrés; ,11 y a avantage à les demander au plus.griainl(degré .de concentration possible., .car les prix de transport sont ainsi moins élevés; et chacun peut étendre le jus de tabac pour; île ramener au degré de. concentration qu’il préfère. Les jus qui m’ont I l'été livrés parla manufacture de Bordeaux marquaient 12°,5 à l’aréo- I .mètre de Baume, soit 1,09 ati densimètre. Ils coûtent 60 centimes pris à'Bondeaiw. Onlesétçnd généralement de la moitié de leur volume,,
- I mais cette addition, utile ,si on emploie l’ébullition directe, est moins ’i nécessaire quand on a recours aux procédés perfectionnés qui seront (décrits,plus loin. On. admet généralement, d’après les premières expériences de M, Boizard, qu’un litre de jus de tabac à 12%5 Baumé jisuffit pour détruire les insectes contenus dans une serre de 60 mètres 'cubes. Si la fumigation est souvent répétée, cette quantité peut même, suivant lui, être réduite à moitié. Il nous reste à passer en revue les ‘divers procédés employés pour vaporiser* le jus de tabac et à faire 1 connaître celui que nous jugeons préférable.
- M. Boizard faisait simplement bouillir le jus dans une casserole, 'jsur un fourneau portatif placé dans la serre. Lorsque après une ébullition prolongée le liquide devenait trop épais, il ajoutait de l’eau et continuait l’opération. Ce procédé réussit parfaitement, mais il présente plusieurs inconvénients. Le premier est d’exiger un temps assez ' long pendant lequel un garçon jardinier doit se tenir constamment dans la serre, ce qui est extrêmement pénible et quelquefois insupportable. Le second est peut-être encore plus grave. Une faible partie t de la chaleur développée par la combustion du charbon de bois est (utilisée pour l’évaporation. Le reste produit dans la serre un iéchauffement qui peut être dangereux. De plus, l’acide carbonique et surtout l’oxyde de carbone qui se dégagent nuisent certainement plus aux plantes que la vapeur elle-même. Il est donc probable que ce procédé sera peu à peu abandonné par les horticulteurs.
- On a ensuite inventé plusieurs appareils qui permettent de vaporiser le jus de tabac en dehors de la serre, où les vapeurs produites sont introduites par le moyen d’un tuyau. Ce procédé n’a aucun des inconvénients que nous avons signalés plus haut ; seulement les appareils ; sont assez coûteux, l’opération est encore trop longue ; de plus il y a 'toujours un résidu, et par conséquent l’utilisation du jifs de tabac n’est pas complète. On a aussi proposé de verser le jus sur des pla-'iques de tôle chauffée, sur du coke incandescent, etc., etc... Ces procédés sont réalisables, mais celui que nous employons depuis quelque temps dans notre serre nous paraît à la fois le meilleur et le plus simple de tous. Il n’exige aucun appareil spécial ; il permet d’obtenir aussi vite ou aussi lentement qu’on le désire l’évaporation du jus de tabac sans aucun résidu, et. sans que la présence du jardinier soit nécessaire..D’opération une fois commencée s’achève automatiquement. Nous nous servons d’une, masse de fonte, véritable réservoir de chaleur, que nous portons dans un fourneau quelconque à une j température voisine du rouge sombre (700°). La forme la plus avantageuse à lui donner nous a paru être celle d’un pain de sucre ou d’un obus avec un anneau à sa partie supérieure, mais cette forme importe peu. Nous transportons cette masse dans la serre et nous la
- Ïilaçons dans une casserole en fer, puis, au moyen d’un bidon de fer->lanc percé d’un trou, nous faisons couler sur la fonte un filet de jus de tabac qui s’évapore au fur et à .mesure, et très rapidement. Si l’opération est bien conduite, le jus est presque entièrement vaporisé au contact de la fonte, et rien ou presque rien n’arrive dans la casserole, ce qui d’ailleurs n’aurait aucun inconvénient. Il ne se produit ainsi ni poussière, ni oxyde de carbone, ni chaleur en excès, puisque, quand l’opération estbien conduite, le bloc de fonte donne tout ce qu’il contient 'de chaleur et reste à une température voisine de 100°; il se refroidit 'alors très lentement. L’opération est rapide, et aussitôt que le bidon ja été convenablement disposé on peut s’éloigner avec la certitude que rien n’interrompra la vaporisation commencée. En tenant compte de la capacité calorifique de la fonte, on voit qu’il faut environ 11 kilo-
- f'ranimes de fonte portée au rouge sombre pour vaporiser un litre de iquide. Au moyen des fumigations, on détruit complètement les puce-' rons, les acarus, les thrips, les coccus, etc... Les poux laineux
- souffrent, mais semblent n’ètre détruits qu’à la longue. On s’eu débarrasse facilement au- moyen d’un pinceau imbibé d’éther ou mieux de-collodion;- ils sont instantanément foudroyés. Les limaces se cachent et échappent ainsi à l’opération. Depuis que nous la répétons, nous ne trouvons plus de cloportes,dans la serrer il est à pré-, sumer. qu’ils ^enfuient devant la vapeur de tabac, car elle ne peut
- fuère les faire périr dans leurs retraites. Ce n’est pas seulement à-état de,gaz quê ta vapeur du tabac produit son effet. Elle se dépose à l’état de buée fine sur toutes le§ parties des plantes. C’est pour cela qu’il peut y avoir intérêt à étendre le jus de tabac d’un peu d’eau, afin que la vapeur produite soit plus abondante.: Nous terminerons en faisant refiiarquer que la fonte pourrait,être avantageusement utilisée, comme réservoir de chaleur. Ainsi limasse dont nous nous servons pèse ,22 kilogrammes et peut être facilement maniée; elleest facile à, chauffer:a» rouge cerise*,et dans cet état elle emmagasine assez-de. chaleur pour chauffer l’eau d’une baignoire ordinaire.:-
- • • E. Roman, à Périgueux.
- Conduits à gaz et à air combinés. ’
- Chacun sait que la consommation de l’air dans les locaux fermés est sensiblement augmentée par la combustion du gaz d’éclairage, qui, elle-mêmè, Subit les effets de sa raréfaction. Pour éviter cette raréfaction de l’air respirable par la combustion du gaz, pour augmenter la puissance d’éclairage de ce dernier et pour éviter la corruption de l’air produite par une combustion incomplète, M. Edel propose une disposition permettant d’amener du dehors l’air nécessaire à la combustion du gaz. A l’extérieur de la muraille, on dispose une cavité servant de réservoir de prise d’air, et fermée au dehors par une persienne à lames inclinées vers le sôl, de façon à éviter que la violence des coups de vent n’agissè sur la flamme des becs. On peut, en outre, dans le même but, diviser le réservoir en compartiments par un certain nombre de cloisons parallèles, alternativement écourtées, de façon à obliger l’air à parcourir un chemin sinueux, avant d’arriver au conduit d’aspiration, et, par suite, lui faire perdre sa vitesse. Un conduit part de ce réservoir et va rejoindre le tuyau de gaz auquel il est juxtaposé, et ces deux tuyaux se rendent au brûleur. Le conduit d’air aboutit à un cylindre clos dans lequel se trouve enfermé le bec de gaz ; ce cylindre est fermé, à sa partie supérieure, par un tamis par où l’air peut s'échapper en se mélangeant au gaz. Pour empêcher l’affluence de l’air contenu dans le local, le bec de gaz est entouré, en outre, d’une cloche fermée par le bas.
- Fin de quinquina.
- On obtient très économiquement un excellent vin de quinquina de la manière suivante : on met dans un litre bien nettoyé 50 grammes de quinquina officinal pulvérisé, puis on ajoute 100 grammes d’alcool à 60 degrés, on bouche et on laisse en contact pendant vingt-quatre heures. On verse alors 1000 grammes de bon vin rouge et on fait macérer pendant dix jours, en agitant le mélange au moins deux fois par jour. On jette le tout sur un filtre de papier blanc, posé dans un entonnoir de verre et on obtient un vin parfaitement clair, que l’on conserve dans une bouteille bien bouchée. (Dr Detez.)
- Manière de polir l'acajou et le noyer.
- On dissout à une douce température de la cire d’abeilles dans de l’essence de térébenthine rectifiée jusqu’à ce que le mélange devienne visqueux, puis on frotte longuement avec une flanelle ou un chiffon de laine. On obtient aussi un beau poli en frottant d’abord avec de l'huile de lin, puis avec un chiffon et un peu de carroir anglais en poudre extrêmement fine.
- Vases de pile en pâte de bois0
- Pour obtenir de bons vases en bois imperméables, il faut employer le procédé suivant : Au lieu de passer simplement une coucne de vernis à l’intérieur et à l’extérieur des vases, après leur avoir donné la forme voulue et les avoir fait sécher, on les place dans une cuve où l’on fait le vide, puis on y fait arriver le liquide protecteur; lorsque tous les vases sont bien recouverts par celui-ci, on donne accès à l’air qui, par sa pression, fait pénétrer complètement le vernis dans tous les pores de la pâte dont l’imperméabilité se trouve ainsi assurée d’une façon parfaite.
- ' Li Rédactions! l'Administration de LA NATURE sont étrangères sn serrieo des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser i l'Office de Pablieité de l’Imprimerie, 9, rne de Fleim
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- soi) -t’Vïfii •? ; -•s:v \ ' T.- •• - : . .
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- 695' BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA
- d’après les observations de m. renou (parc de saint-maur, altitude : 49 m. 30) Septembre 1889. — Semaine dn lundi 9 au dimanche 15-Septembre
- P''m j i. %£>c<< tiitiàvt i
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- • ♦
- ItroBitra «nrefflatrear de M. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule eèche et A boule mouillée.
- Le baromètre eut ramené à O du niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE î P. L. LE 9, A 2 H. 2 M. DU SOIR.- -
- ! ’
- ' ‘i *5:
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après le bulletin international du bureau CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 septembre 10*,6 Calme. Beau ; breuill. 1500*. »> Nuageux de 15-h. à 17 h.; beau avant et après.
- Mardi 10 12* ,0 Calme. Beau. Quelques nuages légers. •
- Mercredi 11., 12*. 2 Calme. Beau. » Beau ; quelques nuages après 20 h. ,
- Jeudi 12 12*,0 N. 0 P. nuageux. » Nuageux.
- V*n/ii»Afii AT*. - . . . . . . 16*,6 N. N. E. 2 Couvert. » Couvert jusqu’à 11 h. ; peu nuageux ensuite.
- Samedi 14 15*,2 N. W. 2 Couvert. Couvert jusqu’à 14 h. ; beau ensuite.
- Dimanche 15 10%5 N. 2 Couvert. » Couvert ou très nuageux jusqu’à 19 li.; beau ensuite
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Un coup de foudre, h Gonesse. — Le 2 septembre dernier, un orage court, mais très violent, éclata sur Gonesse (Seine-et-Oise) où je me trouve en ce moment. Vers 6 heures du soir, un coup de foudre atteignit la cheminée d’une briqueterie située à la gare même. La foudre, tombée sur le côté est, démolit tout le haut de la cheminée et ressortit, par l’ouest, par une déchirure énorme, qui affecte presque entièrement ce côté. Gette cheminée, de AO mètres de hauteur, est double en épaisseur et l’entre-deux est combla avec du sable. La foudre a tout traversé, de telle sorte que la cheminée menace ruine et devra être abattue. L. Leleu, à Gonesse.
- Tremblement de terre du 4 (septembre <§SR. — Par un temps presque tout couvert de cumulus et par un vent d’ouest très faible, j’ai ressenti à mon observatoire de la Baumette (près Angers), le 4 septembre, vers minuit 10 minutes, deux secousses assez fortes de tremblement de terre, à environ 3 secondes d’intervalle. Le bruit, comparable à un fort roulement de tonnerre, a fortement ébranlé les portes et les fenêtres et fait croire à plusieurs personnes'que l’on entrait dans leurs cbamhres. La trépidation m’a semblé se produire de l’ouest à l’est. Eu ce moment la pression atmosphérique à 0° était de 760“*, LÜ et la température de 15°,5. A. Cueex,
- à l’Observatoire météorologique de la Baumette, près Angers
- A la même date, entre minuit et une heure, plusieurs secousses de tremblement de terre ont été ressenties sur la route de Paris à Chatenay.
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- OPTIQUE
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- PHYSIQUE
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- Supplément an numéro 852 de LA NATURE dn 28 septembre 1889
- U™J 544e BOITE AUX LETTRES (*Tm)
- Les lettres et communications relatives à la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à H. Gaston TISSANDIER
- 50, rué de Gh&teaudun, à Paris.
- Toutes les communications oui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Changement d’adresse t On est prié de s’adresser désormais,
- Bout tout ce qui concerne la Rédaction et la Boîte aux lettres, à '. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La sonnerie élec-I trique ovoïde de M. Borel est construite par M. Borel, 51, rue Ren-nequin, à Paris.
- • On peut se procurer le nouveau révélateur photographique l’icono-t gène chez M. Guilleminot, 6, rue Choron, à Paris.
- ' M. J. Fouray, à Rouen, nous indique un moyen d’éviter les accidents produits par la gelée dans les conduites d’eau en métal : il suffit de les ovaliser légèrement. Sous l’effort de la pression inté-I rieure les tuyaux tendent à reprendre la forme circulaire. Les essais ! de cette nature sont poursuivis depuis trente-cinq ans sans qu’on ait | eu d’accident.
- M. G. Poazet, 12, quai Saint-Antoine, à Lyon, nous adresse un g nouveau calendrier perpétuel, qui permet de trouver la date d’un J jour quelconque d’une année, la date de la fête de Pâques et autres s fêtes, et de calculer l’âge de la Lune.
- J M. Lidon, à Relizane (Algérie). — Votre petite installation de 1 lumière électrique est intéressante, mais nous en avons décrit sou-1 vent d’analogues ; remerciements.
- * M. E. de R., à Carcassonne. — C’est par erreur que dans notre * dernière Boîte aux lettres nous vous avons dit que MM. Rouart - frères exploitaient les procédés Raoul Pictet. La Compagnie industrielle des procédés Raoul Pictet a son siège, 19, rue de Grammont, à Paris.
- 11 M. B. Felder, à Saint-Imier. — Il s’agit d’uit procédé d’héliogravure ; vous trouverez des renseignements sur l’héliogravure dans le n° 65, du 29 août 1874, p. 199.
- | M. F. F. M., à Paris. — Le Journal de pharmacie a publié des ;• mémoires sur les tuyaux et réservoirs en plomb ; il faut éviter de *1 laisser séjourner l’eau dans ces récipients.
- [J M. M. Boussard, à Paris. — Nous avonsydonné les détails des opérations à suivre pour la récolte et la préparation des plantes des 4 collections dans les n°* 827, du 8 avril 1889, p. 298; n° 850, du if 27 avril, p. 546; n° 854, du 25 mai, p. 411. j, M. M. T urbet, à Bruxelles. — Nous avons décrit, d’après le Scien-_ tific American, la manière de construire soi-même une machine g dynamo-électrique (nos 745 et 750, du 10 septembre et du 15 octo-1 bre 1887, p. 255 et 514).
- M. E. Fergeau, à Paris. — Nous ne connaissons pas les objets “ dont vous parlez.
- M. G. H. Nion, au Havre. — Vous trouverez des ouvrages d’élec-9 tricité à la librairie Masson (Traité élémentaire d’électricité, par Joubert, les Principales applications de l’électricité, par Schœntjes, u et prochainement le Traité élémentaire d'énergie électrique, par ™ E. Hospitalier), à la librairie Baudry, et chez MM. Gauthier-Villars,
- . à Paris.
- M. H. Carmauche, à Brighton. — Le prix de cét ouvrage n’est pas marqué sur la couverture ; adressez-vous à la librairie Lecène et Oudin, 17, rue Bonaparte, à Paris.
- M. V. L.,& Riminiou-Sarat (Roumanie). — Le procédé de photogravure donne plus de finesse ; mais il nécessite un tirage hors tëxte, en taille-douce.
- M. G. P. R., à Pons. — 1° A la rentrée, vous pourrez écrire au laboratoire de chimie minérale du Collège de France. — 2° Il faut une cornue en verre. — 3° Oui. ;
- M. B. Remartinez, à Madrid. — 1® Oui; l’autocopiste noir vous sera utile. — 2° Cet ouvrage est édité par M. A. Hennuver, à Paris. — 5® Eclairage électrique domestique : M. Radiguet ou MM. Aron I frères, à Pans. — 4“ M. Voitellier, place du Théâtre-Français, à -* Paris.
- M. J. Bertin, à Anfo (Italie). — Votre procédé ne serait appli-S cable que pendant la nuit; 11 exige des conditions qui ne Seraient ; pas faciles à réaliser en pratique.
- n< 3f. L. D. K., à Paris. — Vous trouverez des traités sur la culture et l’industrie des textiles à la Librairie agricole de la maisbn rus-(1 tique.
- -j Un abonné, à Buenos-Ayres. — 1“ Nous doutons fort que cette 2: fabrication existe. — 2® On a annoncé la publication de plusieurs grands traités sur les machines à l’Exposition universelle.
- M. Onofrio, à Lyon. — Nous avons donné plusieurs articles sur - la question.de production des nuages engendrés par les détonations d’artillerie ; voyez les n°* 822, du 2 mars 1889, -p: 211; 827, du 6 avril 1889, p. 294; et le ïi° 829, du 20 avril 1889, p. 550.
- M. A. Berquier, à Provins. — Les fabricants de lampes se servaient jusqu’à présent, pour les essais photométriques, de plusieurs espèces différentes de bougie ; on n’emploiera plus dorénavant que la bougie décimale on le 1/10 du bec Carcel.
- M. Rousseau, à X. — Appareils Carré, 29, rue de l’Estrapade, à Paris.
- M. A. D. B., à L. — 1® Laissez tremper le linge dans le pétrole ; la tache se dissoudra. — 2° Oui.
- H. F. Andren,k Mahon (îles Baléares). — 1® Le Brasseur, organe spécial des intérêts de la brasserie, à Sedan (Ardennes). — 2® Le laboratoire du brasseur, par M. Marx, à la librairie G. Masson.
- M. E. G., h Paris. — Les télégraphes à transmission rapide ont été décrits longuement dans La Nature, notamment l’appareil Baudot: n®’ 445, du 10 décembre 1881, p. 27 ; 458, du 11 mars 1882, p. 250; 465, du 15 avril 1882, p. 514; 469, du 27 mai 1882, p. 407.
- M. P., à Paris. — Vous trouverez plusieurs traités d’arithmétique à la librairie Gauthier-Villars.
- M. A. Méheust, à Merdrignac. — 1® Non; il faut révéler et fixer. — 2“ Nous avons parlé à plusieurs reprises des appareils de photographie de poche. — 5“ Voyez les annonces.
- M. A. A., à Smyrne. —Le compteur pour voitures de place, dont vous nous envoyez le projet, aurait plusieurs inconvénients. Le crayon placé sous la banquette et destiné à écrire quand celle-ci fléchirait ne serait guère pratique. Au bout d’une course, il faudrait mesurer la longueur de la bande déroulée.
- M. A. M. B., à Besançon. — Les machines à casser les pierres figurent à l’exposition des travaux publics et à l’exposition de la Ville de Paris.
- M. J. de C., à Nice. — 1° Non. — 2® Deux ou trois épreuves. — 5° Oui.
- M. G. Delahaie, à Bruxelles. — 1° Ouvrages sur les générateurs à vapeur et sur les applications du pétrole à la librairie Bernard, quai des Augustins. — 2® Adressez-vous à des agences de renseignements concernant les brevets.
- M. A. Firmin, à Nîmes. — Nous n& pouvons vous donner de plus longues explications dans la Boîte aux lettres; voyez les traités élémentaires d’électricité.
- M. H. Dutheil, à Billom. — Oui, l’appareil se trouve à l’adresse indiquée.
- M. E. C. B., à X. — Nous vous conseillons de prendre des piles Leclanché ordinaires pour les sonneries.
- M. R. Gagné, à Libourne. —-Le cuir est simplement imprégné d’huile et de graisse.
- M. Delaurier, à Paris. — Le problème de l’éclairage de petites fontaines lumineuses est tout autre que l’éclairage des fontaines de l’Exposition; il est plus facile d’éclairer entièrement un.faible jet qu’une grande masse d’eau, même en employant, dans ce dernier cas, des intensités lumineuses beaucoup plus grandes.
- M. A. Martin, à Paris. —• Traité du jeu, par J. Barbeyrac ; Académie des jeux, par Richard ; ces livres sont déjà vieux et ne peuvent se trouver que chez les marchands de livres anciens.
- M. B. Marcellin, à Paris; M. V. Lmde, à Sérat. — Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. A. Thévenard, à Paris; M. B. Hollander, à Londres; M. J. Brun, à Lvon. — Remerciements pour vos communications.
- M. G. Û. von Cleeff, à Amsterdam. — La lettre a été envoyée à destination. (La suite h la prochaine livraison.)
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Congrès et conférences de l’Exposition universelle. —
- Lundi 50 sept., à 5 heures. Séance d’ouverture du Congrès des sciences ethnographiques, au palafs du Trocadéro. Séances du 50 sept, au 7 octobre. — Mardi 1er octobre, à 10 heures un quart. Confé rence-visite au Grand Théâtre (Palais des enfants, Champ de Mars), par M. Alejo Peyret : Une visite au pavillon de la République argentine. — Jeudi 5, à 10 heures. Séance d’ouverture du Congrès d’hydrologie et de climatologie, au palais du Trocadéro. Séances du 5 au 10 octobre, à la Faculté de médecine. — Vendredi 4, à 4 heures. Confèrence au Cercle populaire (Esplanade des Invalides), par M. Bonjean : L’extinction du paupéfisme par la mutualité. — Samedi 5, à 4 heures. Conférence au palais du Trocadéro, par M. Bellaigce : La musique française au dix-neuvième^ siècle.
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- k% BULLETIN TRIMESTRIEL ASTRONOMIQUE
- Dressé à l'Observatoire de Paris d’après les publications du Bureau des Longitude»
- POSITION DES PLANÈTES PRINCIPALES
- OCTOBRE-NOVEMBRE-DECEMBRE 1889
- Passage ;ra méridien à. minait.
- Cocher
- Pensée
- NEPTUN
- Po issons
- Petit Chien
- BaJeine
- Lièvre
- d /Chien
- xvn xvi XV XIV XHI XH
- 7. 17 B. A. C. 6 5 h. 53 m, 7 6 h. 56 m, 2
- 10. 830 B. A. C. 6 9 h. 3 m, 3 9 h. 55 m, 6
- — 13. 1 Taureau. 5,6 7 h. 13 m, 9 8 h. 3 m, 8
- — 14. ri Gémeaux. 3-4 15 h. 17 m, 6 • 16 h. 30 m, 7
- — 15. 44 Gémeaux. 6 14 h. 28 m, 6 15 h. 16 m, 1
- — 28. 6161 B. A. C. 5-6 7 h. 0 m, 6 Ippulse t l’,8 du bord.
- Nov. 3. 30 Poissons. 5 9 h. 51 m, 9 Il- h. 5 m, 8
- — 3. 33 Poissons. 5 12 h. 6 m, 2 12 h. 50 m. 4
- — 8. 1272 B. A. C. 6 11 h. 29 m, 7 Appuis* à S',t du b*rd.
- ' 10. 141 Taureau. 6 18 h. 23 m, 3 :19 h. 20 m, 8
- — 17. v! Vierge. 4 14 hi 13 m, 4 15 h. 10 m, 2
- — 29. t4 Verseau. 4 3 h. 57 m, 5 5 h. 10 m, 5
- Dec. 4. 5724 Lalande. 6 13 h. 8 m, 7 14 h. 16 m, 5
- — 8. •n Gémeaux. 3-4 5 h 20 m, 8 6 h. 12 in, 6
- — 31. 830 B. A. C. 6 5 h. 9 m, 0 6 h. 15 m, 8
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- Eclipse totale de Soleil, le 21-22 décembre 1889, invisible à Paris.
- Commencement de l’éclipse générale, 21 décembre, à 22 h. 25 m. 9, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 62° 30' 0. de Paris, latitude = 11° 42' N.
- Commencement de l’éclipse totale, 21 décembre, à 23 h. 21 m. 6, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 74° 19' 0 de Paris, latitude = 14° 36’ N.
- Commencement de l’éclipse centrale, 21 décembre, à 23 h. 22 m. 3, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 73°44'0. de Paris, latitude = 15° 7' PI.
- clipse centrale à midi vrai, 22 décembre, à 1 li. 1 m. 9, temps moyen de Paris,dans le lieu, longitudes 15°43' 0. de Paris, latitude = 12"37' S.
- Fin de l’éclipse centrale, 22 décembre, à 2 h. 45 m., temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude s 46° 45' E. de Paris, latitude s 5° 25' N.
- Fin de l’éclipse totale, 22 décembre, à 2 h, 45 m. 8 s., temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 46 °21' E. de Paris, latitude = 5 “14' N.
- Fin de l’éclipse générale, 22 décembre, à 3 h. 41 m. 4, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude s 34° 27' E. de Paris, latitude = 2° 0’ N.
- Occultations des Etoiles par la Lune, visibles à Paris.
- 1889. Nom de l'astre. Grandeur. Immersion. Emersion.
- Octobre 1. 24 Sagittaire. 6 9 h. 23 m, 1 10 b. 22 m,
- * L’étoile est sous l’horizon.
- 1889.
- octobre 1. Novembre 9.
- 1889.
- Octobre 24.44
- 1889.
- Novembre 9.
- Eclipses des SateUites de Jupiter,
- PREMIER SATELLITE Immersion.
- DEUXIÈME SATELLITE. Immersion.
- »
- TROISIÈME SATELLITE. Immersion.
- 5 h. 50 m. 18 s.
- Emersions.
- 6 h. 31 m. 23 s. 5 h. 3 m. 31 s.
- Emersion
- 6 h. 31 m. 53
- Emersion.
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- 696' BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA NATURE
- DIAPRÉS LES OBSERVATIONS DE JC. RENO0 (PARC DE SAINT-MA0R, ALTITUDE I 49 M. 30)
- Septembre 1889. — Semaine du lundi 16 au dimanche 22 Septembre.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de H. Rédier. — Thermomètre à l’abri, k boule sèche et k boule mouillée.
- Le baromètre 4M ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE î D. Q. LE 17, A 4 H. 58 M. DU MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DO BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANGE
- VENT PLUIE EN MILLIMÈTRES
- JOURS THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE ÉTAT DU CIEL OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- de 0 à 9
- Lundi 16 septembre.. . . **,9 N. E. 2 Beau. » Quelques nuages de 10 à 14 h. ; beau le reste du temps ; gelée blanche.
- Mardi 17 3*,6 N. E. 0. Beau. » Quelques nuages jusqu’à 10 h.; beau ensuite; forte gelée blanche.
- Mercredi 18 4%6 N. 0 Beau. » » Beau.
- Jeudi 19 a’,1 Calme. Beau. a Beau jusqu’à 8 h. ; nuageux jusqu’à midi ; couvert ensuite ; gelée blanche; pluie à partir de 25 h. 25 m.
- W. S. W. 0 5,2
- VAnrirpfii 9lft. ....... 11*,8 Couvert. Couvert jusqu’à 13 h. ; tr. nuag. ensuite ; plus, averses. Très nuageux de 6 h. à 11 h- ; couv. avant et après;
- Samedi 21 8*,9 W. 1. P. nuageux. 0,6
- petite pluie de 19 b. à 21 h. Couvert le matin ; quelques éclaircies le soir; pluie la moitié du temps.
- TH manr.hfi 22 9’,9 S. W. 1. Couvert. 0,7
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Un orage À Calais. — Un orage d’une violence extraordinaire a éclaté à Salais, le 3 septembre, de minuit à 4 heures. Les éclairs se succédaient sans interruption suivis de coups de tonnerre formidables. La pluie tombait a torrents. Au plus fort de l’orage, un millier de passagers débarquaient et embar-I quaient. La foudre est tombée à l’hospice et a blessé trois enfants du côté j d’Hazebrouck. Plusieurs incendies ont été causés par la foudre.
- Ued ouragans en Espagae. — Un fort ouragan s’est déchaîné dans la
- nuit du 10 septembre sur Barbastro; malgré sa violence, il n’y a eu aucun dégât. Un autre ouragan s’est formé dans les environs de Tudela. Les dégâts sont importants surtout dans les districts de Nosquera, Pontevedra et Lerida.
- Ues inondations de Steegedin. — On nous a écrit de Buda-Pesth, à la date du 4 septembre : Le grand quai de pierre de Szegedin, conslruit apres la catastrophe de 1879, s’est écroulé hier sur une longueur de 150 mètres à la suite d’inondations. II est possible que la construction tout entière, dont les fondations reposent sur un terrain vaseux et mouvant, cède à l’action des eaux; dans le cas d’une forte crue simultanée de la Theiss et de la Maros, ce serait la ruine de toute la ville nouvelle, qui n’est protégée que par ce quai.
- TEMPÉRATURE
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- Supplément au numéro 853 de LA NATURE * u 5 octobre 1888
- 545" BOITE AUX LETTRES U"»)
- Ln lettres et eommameations relatives à la Boltr> «us lettres, et à la rédaction doivent être adressées à M. Gaston TISSAJNDIBit
- 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements s’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne les nouveaux jeux scientifiques de M. Edouard Lucas et leurs brochures explicatives, s’adresser à MM. Chambon et Baye, 14, rue Etienne Marcel, à Paris.
- M. E. Turpiti, à Colombes, à propos des décisions du Congrès international de mécanique appliquée, nous écrit que le nom de Poncelet n’est peut-être pas bien approprié. C’est la difficulté de trouver un nom bien caractéristique qui a fait adopter le Poncelet. En toute rigueur, cette unité industrielle de puissance devrait s’appeler 1 ’hec-tokilogrammètre par seconde. Ce nom était trop long pour être adopté. L’inconvénient de prendre le nom d’un savant décédé1 n’est pas grave en pratique : ce qui se passe actuellement en électricité en est une preuve. Il n’y a pas, du reste, à revenir sur la décision t du Congrès.
- * M. L. P., à la Roche-sur-Yon, nous adresse la photographie d’un j poirier monstre de la Guidauchère (Vendée). Cet arbre a 14,5 m de
- hauteur, ses branches couvrent une superficie de 200 m*. Le tronc J mesure à la base 3,10 m et à la naissance des branches 3,60 m. A l 1,9 m de terre, quatre branches partent du tronc et ont respectivement 1,6 m, 1,7, m 1,9 m et 2,10 mde diamètre. L’âge de cet ! arbre géant est inconnu.
- I M. R., à Fedj-M’zala (Algérie), nous informe qu’une mule appartenant à un indigène de Fedj-M’zala a mis bas dans la nuit du 21 l au 22 septembre. Le produit, parfaitement conformé, est mort en naissant. Pareil fait a été signalé plusieurs fois, toujours avec la
- * même suite, la mort de l’individu.
- j M. le Dr V., à P. — Les expériences sur la densité des liquides ' (fiole des quatre éléments, etc.), sont décrites dans tous les traités t de physique. La Nature en a parlé bien souvent.
- | M. Van Diketet, à Bruxelles. — Ballons en baudruche : M. H. La-j chambre, 24, passage des Favorites, à Paris,
- ! M. H. R., à Erzange. — 1° Nous ne saurions vous renseigner. —
- I 2* 2 fr. 25.
- I M. C. C., à Auxerre. — Le mélotrope et le mélographe de M. Car-| pentier ont été décrits dans le n° 734, du 25 juin 1887, p. 49.
- Un Châlonnais. — Nous avons donné, il y a plusieurs années,
- * dans La Nature, la description des verres chantants.
- I Un abonné, à X. — On a souvent essayé de faire des moteurs à i poudre, mais sans succès jusqu’ici.
- i ilf. F. Teissier, à Bernay. — Nous avons un article en préparation j sur ce sujet.
- i M. A. R., à Calais. — Il n’y a pas d’autre moyen que de mettre ] un paratonnerre.
- * M. F. de M., » Paris. — Il existe des bibliothèques de ce genre | dans presque toutes les mairies.
- | M. X., à Quito. — Pour obtenir un éclairage brillant, hygiénique et économique à la fois, prenez l’éclairage électrique, i M. Asseline, à Chaumont-en-Vexin. — Nous avons publié, la 1 semaine dernière, un article sur le chemin de fer glissant.
- . M. Chédeville, à Vernon. — Il faudrait prendre un réservoir en tôle galvanisée, ou enduire la partie extérieure de minium avec une couche de peinture et laisser l’intérieur tel qu’il est.
- M. M., h Levallois. — Il est nécessaire que nous sachions comment est produite cette force électro-motrice. Si l’on emploie une machine dynamo, il faut nous dire comment la machine est excitée, en shunt, ou en série.
- M. H. G., à Charenlon. — Vous consulterez avec profit Eclairage à l’électricité, par II. Fontaine, et Electricité industrielle, par Monnier, à la librairie Baudry.
- M. Nossencass, à Poitiers. — Nous avons dit précédemment que la fabrication était en voie d’organisation à Paris.
- M. Jacquot, à Chaumont. — Il faut, en effet, faire la correction que vous indiquez ; nous ferons un erratum.
- M. X., à Cahors. — Vous faites une erreur de 10. L’accélération i due à l’action de la pesanteur est, en effet, de 981 centimètres par ! seconde par seconde. L’ancien cheval-vapeur valait bien'736 watts; le ; poncelet de 100 kilogrammètres par seconde, vaut 981 watts, soit
- (sensiblement le kilowatt, à 3 pour 100 près.
- M. A. Tollet, à Pans. — Vous trouverez des avertisseurs électriques automatiques d’incendie chez M. Hutinet, 20, rue de Chaillot, ou chez M. L. Ferry, 10, rue Choron.
- Un abonné, à Paris. — Pas de traité spécial sur celte culture; renseignez-vous à la Librairie agricole de la maison rustique.
- M. M. B.,& R.— Pour ce qui concerne les appareils et produits photographiques, voyez aux annonces.
- M. J. Raymond, à Louvain. — On a beaucoup parlé en effet, il
- y a quelque temps, de cet appareil merveilleux; depuis il n’en a plus été question. Nous croyons qu’il n’y a rien de sérieux dans cette nouvelle.
- M. H., à Moreuil. — Nous avons souvent indiqué les principaux traités élémentaires d’électricité à consulter. Reportez-vous à nos précédentes Boîtes aux lettres.
- M. J. Tardieu, à Limoges. — Revue internationale des produits chimiques : M. F. Thivet, 72, boulevard Gambetta, à Saint-Quentin.
- M. L. Lutz, à la Fertê-Gaucher. — Liquides des piles au bichromate ; voy. Formulaire de l’Electricien (G. Masson, éditeur).
- M. A. Taluffe, à Mantes. — Nous regrettons de ne pas avoir cette adresse.
- M. L. J., à Paris. — Veuillez vous adresser à l’Office général de publicité, 9, rue de Fleuras. »
- M. L. Vaillé, à Lodève. — 1° Nous n’avons pas entendu parler de cet appareil. — 2° Consultez les traités de physique industrielle.
- M. X., h Vienne. — La traduction de cet ouvrage n’existe pas en français.
- M. H. Chaput, à Limoges. — Vous trouverez les formules de plusieurs vernis dans les petits livres des Recettes et procédés utiles et de la Science pratique. (G. Masson, éditeur.)
- M. A. B., à Marseille. — 1° Votre idée est ingénieuse, mais ne saurait être réalisée pratiquement. — 2® ü n’existe pas de livre de ce genre.
- M. Rieffel, à Paris. — Il est bien préférable d’employer les procédés ordinaires de développement.
- M. E. Pariz, à Paris. — Les formules sont exactes; le procédé exige certains tours de main qui ne s’acquièrent qu’à la longue.
- 31. E. P., à Pont-de-Chéruy. — Vous trouverez de petits alambics brûleurs pour la distillation des fruits chez M. Derov fils, constructeur, 75, rue du Théâtre, à Paris.
- M. E. B., à Ch. — La préparation, la teinture et la conservation des gants noirs exigent des procédés spéciaux que nous ne saurions vous indiquer.
- M. Ch. Veillard, à Paris. — Il existe un traité d’hypnotisme, à la librairie E. Plon, 8, rue Garancière.
- M. L. Dermigny, à New-York. — Machines à glace : appareils Carré, 29, rue de l’Estrapade; glacière des familles, à la Ménagère, boulevard Bonne-Nouvelle ; Compagnie industrielle des procédés Raoul Pictet, 19, rue de Grammont; MM. Rouart frères, boulevard Richard-Lenoir, à Paris.
- M. L. M., à Saint-Servan. — Vos remarques nous paraissent fort justes; il faudrait maintenant effectuer des expériences.
- M. G. Haegh, à Bruxelles. — 1° Adressez-vous au directeur de l’Ecole, à Londres. — 2° La photographie sans objectif, ou Procédés de reproduction des dessins par la lumière, par R. Colson, à la librairie Gauthier-Villars.
- M. E. T., h Dijon. — Traité pratique de la peinture des épreuves photographiques, par Klary, à la même librairie.
- M. Pélissier, à Lyon. — Si vous nous envoyez votre ouvrage, nous en mentionnerons le titre dans la bibliographie.
- Mm‘ M. Nicolas, à Paris. — La composition de cette substance est tenue secrète par l’inventeur; nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. E. Treves, à Laveno (Italie). — La fontaine lumineuse de M. Gaston Menier a été construite spécialement pour lui, et ne se trouve pas dans le commerce.
- M. C. de Milleville, à Cannes. — 1° Les plaques photographiques développables à l’eau sont revêtues d’un enduit renfermant les substances révélatrices.
- M. S., à Amsterdam. — Les renseignements que nous avons donnés ont été publiés par le journal cité dans l’article.
- M. G. B., h Paris. — 10, rue Saint-Honoré, à Versailles.
- A/. A. à Paris. — Non; le bain ne peut servir que pour un nombre limité d’épreuves.
- M. M. C., à Moscou. — Pour le voyage, nous vous recommandons les clichés pelliculaires.
- M. L. A., à Lille. — Voyez le petit livre des Recettes et Procédés utiles indiqué plus haut.
- M. L. Pontallié, à Saint-Malo. — Nous avons reçu vos communications; agréez nos remerciements.
- M. Jeda, à Joigny. — Le rapport du nombre de spires inductrices au nombre de spires induites dans une bobine d’induction ou un transformateur, est ce que l’on appelle le coefficient de transformation; il est égal au rapport des différences de potentiel aux bornes
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- des deux circuits. Consultez le Formulaire pratique de l'électricien, indiqué plus haut.
- Mi P. M., à Paris. — Les comptes-rendus du Congrès d’aérostation ont été publiés en partie dans le journal VAèronaute, 91, rue d’Amsterdam.
- M. H. Allard, à Troyes. — Il faut passer sur cette pierre une couche de silicate de potasse ou de soude.
- M. A. Woltz, à Strasbourg. — 1° Les expériences continuent. — 2* Plüsiéurs articles ont déjà été consacrés à la nickelure; voyez la Table des matières des dix premières années.
- M. C. Tillier, à Laon. — Veuillez écrire à M. Pouzet qui pourra vous fournir de ces almanachs. .
- M. jju C,, à Pertuis. — Nous ne saurions vous renseigner; adressez-vous au Ministère’de la guerre.
- M. L.N., à Montpellier. — 11 suffit d’écrire au secrétaire de l’Association française.
- "M. Otto, à Fréjus. — 1° Non. — 2° Ces anciens signes d’alchimie | ont été souvent décrits; remerciements.
- i;l ,M. G, G. L., à X. (Roumanie). — Les appareils télégraphiques .^actuellement employés reposent sur le principe que vous indiquez, j . M. J. D., à Paris. — Vous trouverez plusieurs traités sur les vins ('•à la Librairie agricole de la maison rustique.
- ^ . ............=
- !i| ^ RÉPONSES
- ! ji Réponse au n° 1284. -r— Deux cas peuvent se présenter quand il Is’agit de protéger par un enduit ou vernis et de fixer des peintures ,. murales exécutées à la colle : 1° l’encollage est assez fort, c’est-à-' I dire qu’il n’est pas trop chargé de blanc d’Espagne : alors on vernit (avec du vernis cristal surfin si l’ensemble de la peinture est clair j ou bien du vernis Flatting très brillant et durcissant très vite si les 'i tons sont foncés ; 2° si l’on a des doutes sur la force de l’encollage , 'par suite d’un excès de blanc d’Espagne et d’une insuffisance de colle, jil faut encoller légèrement avec une colle très propre et très trans-1 parente, puis on vernit comme il est dit ci-dessus. En résumé, d’un 1,] bon vernis dépend la conservation de la peinture, mais un bon vernis est chose assez rare. Les vernis anglais, marque Lewis-Berger, dont iJle dépôt est chez M. Lefebvre, à Corbeiî, sont les plus estimés. i|!j (Communiqué par M. J. Fugairon, à Corbeil.)
- |j Autre réponse au n° 1284. — MM. Faure Kessler et C°, ingé-inieurs-chimistes, 15, avenue de l’Opéra, à Paris, ont publié une ;)'j notice sur la fluatation, où se trouvent, je crois, tous les renseigne-I,ments désirables. (Communiqué par M. B. N., à Bruxelles.)
- I < ______________________________'
- , ------------------------------------------:------------------
- ! COMMUNICATIONS DIVERSES
- l .
- 1 Congrès et conférences de l’Exposition universelle. —
- l*1 Mardi 8 octobre, à 10 heures un quart. Conférence-visite au Grand I I! Théâtre (Palais des enfants, Champ de Mars), par M. Leyret : La République argentine. — Mardi, 8, à 4 heures. Conférence au palais du 1 Trocadéro, par M. Dehérain : La culture rémunératrice du blé.
- I, Ce craquement des plantes. —A propos de nos précédentes ' i communications sur le craquement des bois, M. Labastille, aux Cayes i (Haïti), nous signale le bruit produit par certaines racines déplantés i herbacées. Le cas est surtout remarquable chez l’igname. Il m’a été ' donné, nous dit M. Labastille, d’entendre en effet la plainte produite ^par la racine qui pousse. Elle fait entendre un petit bruit sourd, sec i et court. Notre correspondant nous donne aussi une explication de ce I phénomène : « Le rhizome de cette plante étant très avide d’eau, par i îmbibition, l’humidité ne pénètre pas également dans tous ses pores,
- ' ce qui porte une des faces de la racine à se contracter, tandis que la partie qui s’imbibe se dilate ; et le phénomène quoique lent, est assez violent pour occasionner ün bruit ; il en résulte même une déforma-; tion des tubercules que l’on peut constater facilement. C’est à cette ! même cause, c’est-à-dire à la porosité et à l’imbibition, que l’on peut attribuer les craquements singuliers des bois et non à l’influence de l’électricité. Ainsi toutes les clôtures de ce pays, sont des barricades de roseaux ou de bambous, qui sont si avides d’eau, que, quoique I coupés depuis longtemps, ils repoussent si on les replante dans un i terrain humide ; leurs pores absorbent facilement la rosée qui est j'très forte la nuit dans ce climat; et au lever du soleil, il est vraiment intéressant d’entendre la dessiccation qui commence. Et ce bruit a 1 lieu régulièrement chaque matin, il augmente à mesure que le soleil s’élève davantage. Une fois, j’ai fait cesser ce crépitement des ro-| seaux, en les arrosant d’eau, ce qui prouve que toutes les ouvertures
- qui s’étaient manifestées sous l’ardeiir du soleil se sont bouchées d’elles-mêmes. Tout le monde sait aussi que les tonneaux vides, abandonnés à eux-mêmes, se disjoignent, en se desséchant et produisent alor& ces mêmés craquements qu’on entend dans les forêts. »
- I.a catastrophe d’Anvers. — Résidant depuis plusieurs années à Anvers et ayant pü apprécier la valeur des informations fournies par La Nature, je me permets d’ajouter quelques détails complémentaires. Les magasins à petrole, couverts en toile et contenant 56 OOOba-rils de pétrole qui ont brûlé, sont placés près des formes sèches et sont entourés de fossés en terre dans lesquels le pétrole a été maintenu et a brûlé ; l’incendie y a été communiqué directement par l’explosion de la cartoucherie ; celle-ci en effet a renversé lés toitures, les barils gerbes par la secousse du sol se sont disloqués et ont laissé échapper leur liquide sur lequel sont tombées planches en feu, cartouches, etc., qui l’ont enflammé. Les navires fort heureusement n’ont pas été atteints par les flammes. Le seul qui ait été ün moment en danger est le vapeur Prince Albert de Belgique, bateau porteur appartenant à la société Cockerill et qui était dans la forme n° 5 lors de l’explosion. Les vibrations du sol ont fait sauter le navire sur lui-même et la plupart des accords qui maintiennent le navire en place sont tombés sauf deux ; sa situation était donc très critique, étant si près des magasins en feu ; mais on put refermer le tube de l’étambot temporairement, remettre le navire à flot et le conduire en lieu sûr. Pour d’autres vapeurs et des bélandres, il y a eu des dommages causés par l’explosion seule, mais pas d’incendie. Chez MM. Rieth et Cie, il y a eu seulement commencement d’incendie; de leurs trois réservoirs deux étaient vides et en nettoyage, ils ont été tordus et aplatis totalement; le troisième, de 18 mètres de diamètre et de 10 mètres de hauteur, contenait encore 3 mètres de hauteur de pétrole; dans toute la partie libre les tôles sont tordues et arrachées, dans la partie pleine le pétrole a fait coussin élastique et la déformation est insi-nifiante ; ce réservoir placé à 20 mètres du foyer d’incendie pen-ant 48 heures et arrose d’eau constamment à l’extérieur n’a pas pris feu. L’impression produite par l’explosion a été d’une force énorme, car sur le toit de mon atelier placé à 500 mètres environ du lieu de l’explosion, tous les arbalétriers ont été rompus ; l’onde de compression a d’ailleurs été ressentie partout avant Fonde sonore de l’explosion.
- H. Bêeiard,
- Ingénieur-constructeur à Anvers.
- Train frappé par la fondre. — M. F. Bonnet, de Clermont, demande (n° 850 de La Nature) pour quelle raison un train de chemin de fer en marche n’a jamais été frappé par la foudre. C’est là robablement une erreur. J’ai lu, il y a assez longtemps, le récit ’un accident de ce genre, et je connais un second fait. En automne, 1875, — il me serait possible d.e faire préciser la date, — un train allant de Saint-Affrique (Aveyron) à Béziers, fut surpris par un orage épouvantable à peu de distance de la station des Cabrils, c’est-à-dire sur un point des plus hauts de la ligne. A l’entrée ou à la sortie du tunnel, le train fut frappé par la foudre. Ma belle-sœur et son fils qui étaient au nombre des voyageurs, reçurent une vive commotion et furent un instant aveuglés par l’éclair ou par la foudre elle-même, car la lanterne du compartiment fut brisée et ses débris très menus projetés dans le wagon. Chose curieuse! ma belle-sœur qui souffrait depuis dix ans de migraines atroces et fréquentes, commençait à ce moment à ressentir les attaques du mal. Elle se trouva brusquement et définitivement guérie par l’émotion. E. C., à Toulouse.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Bière de gingembre.
- Yoici une excellente formule pour préparer la bière de gingembre : prenez 30 grammes de gingembre de bonne qualité et concassé, 500 grammes de sucre blanc, 50 grammes de racine de persil, 25 grammes de crème de tartre et 2 citrons coupés en tranches, mettez le tout dans un pot en grès et versez dessus 5 litres d’eau bouillante, couvrez le vase et remuez fréquemment jusqu’à ce que la température soit descendue à 35 ou 40 degrés. Ajoutez alors 50 grammes de levùre et placez le vase dans un endroit tempéré pour que la fermentation se fasse. Après 24 heures, passez à travers une flanelle, laissez fermenter encore un jour ou deux, passez encore une fôis et mettez en bouteilles en ficelant les bouchons.
- i La Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces ponr lesquelles on doit s’adresser i l’Office de Poblieité de l’Imprimerie, 9, rne de Flenros
- I AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Rature est interdite. La reproduction des illustrations,
- : même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
- I
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- MT BULLETIN METEUKULUiîlUUE DE LA Ml ÜKKi
- D’APRÈS LES OBSERVATIONS DE H. RENO0 (PARC DB SAINT-MAÜR, ALTITUDE : 49 M. 30)
- Septembre 1889. — Semaine dn lundi 23 an dimanche 29 Septembre.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de M. Rédier. — Thermomètre è l’abri, è boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE U LUNE t N. L. LE 25, A 2 H. 51 M. DU MATIN.
- OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d'après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- de 0 à 9
- J Lundi 23 septembre.. . . 5",0 » 0 Beau. J,2 Nuag. jusq. 15 h., beau ensuite. Brouil. de 900 m. à 6-7h.
- Mardi 2 t.. 7M S. 1. Nuageux. 0,0 Nuageux.
- Mercredi 25 9%5 W. N. W. 5 Quelq. nuages. 0,3 Couv. jusqu’à 6 h., nuageux jusqu’à 17, beau ensuite, bruine de 3 à 6 h.
- 2\2 S. 1 Beau. 0,0 0,0 P. nuag. de 11 h. à 17 h., beau avant et après, gel. bl. Couv. le m., nuageux le s. Pr. couv., pluie de 10 h. 50 à 50.
- Vendredi 97 7*,9 S. S. W. 1 Couvert.
- Samedi 28 12*,8 S. W. 2 Couvert. 0,0
- Dimanche 29 9°,0 N. W. 2. P. nuageux. 0,1 T. nuag., pl. de 14 h. à 17 h. et demie, averses dans la soirée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages en Angleterre. — M. le D' Marcet a récemment présenté à la Iociété de physique et d'histoire naturelle de Genève quelques observations ur des orages récents en Angleterre, accompagnés de phénomènes électri-nes et de grêle ; ces phénomènes ont été décrits dans une communication de I. Marriott à la Société royale de méléorologie de Londres.—Le dimanche, juin dernier, vers 3 heures du matin, un orage venant du Wiltshire s’avar-ait vers le nord avec une vitesse d’environ 10 milles par heure. Un orage, robablement le même, se montrait dans les environs de la Tweed, entre 1 heures du matin et midi, accompagné de grêle, dont les grêlons mesuraient iisqu’à 5 pouces (12,7 cm) de circonférence. L’après-midi du même jour, l’orage
- paraissait dans le nord-ouest de l’Angleterre et au sud de l’Ecosse, et les grêlons atteignirent 7 pouces (17,8 cm) de circonférence. — Le 6 juin, de violents orages se déchaînaient au sud de. l’Angleterre et à Londres; à Tunbridge Wells il tomba des grêlons énormes, l’un d’eux se trouva peser une demi-livre, soit 226 grammes. On obtint les photographies d’un certain nombre d’éclairs de ces différents orages. Quelques-unes se présentèrent sous la forme de bandes dans lesquelles on apercevait deux ou trois décharges électriques parallèles. Il se produisit aussi sur la plaque des tracés obscurs, phénomène rare, mais positif. La lumière des éclairs paraissait avoir une durée appréciable, et non la promptitude d'une étincelle de la machine électrique.
- Tremblement de terre en Espagne. — Des secousses de tremblement de terre ont été ressenties à Tarragone le 17 septembre. 11 n’y a pas eu d’accident.
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- Supplément an numéro 854 de LA NATURE du 12 octobre 1889
- CSU) 546e BOITE AUX LETTRES (»H.)
- Los lettres et communications relatives à la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à H. Gaston TISSANDDEH
- 50, rue de Ghàteaudun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être ardessées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- LES AUTOGRAPHES DE LA NATURE. — Une lettre de H. Eiffel. — Dans notre 542® Boite aux lettres (n° 850, du 14 septembre 1889), nous avons publié la reproduction d’une lettre de l’illustre inventeur américain M. Edison. Nous avons fait remarquer à ce propos que les autographes des célébrités contemporaines étaient généralement très recherchées des collectionneurs. L’autographe est intéressant pour tous. 11 y a, dans la forme et l’aspect de l’écriture, quelque chose de caractéristique et de bien spécial à l’écrivain. L’écriture, comme le visage, a sa physionomie, et les amateurs de graphologie y trouvent le sujet d’observations souvent ingénieuses. H nous est venu à l’idée de solliciter, pour les offrir à nos lecteurs, des autographes de quelques-uns des hommes éminents de notre époque, et nous nous sommes adressés d’abord à M. Eiffel en lui demandant quelques lignes spécialement écrites pour La Nature. Nous avons reçu la lettre suivante :
- Nous ajouterons que M. Eiffel, en nous remerciant sous une forme si aimable et si affectueuse, manifeste une trop grande bienveillance à notre égard. C’est nous qui avons à lui offrir l’expression de notre reconnaissance pour les merveilles qu’il exécute, et qu’il nous donne l’occasion de faire connaître. G. T.
- M. le Dr Beaudet, à Saint-Maixent, à propos de l’article que nous avons publié récemment sur les colonies françaises, nous envoie la photographie d’un très intéressant objet de sa collection, un char indien rapporté de Pondichéry. Ce char mesure 1,04 m de hauteur, 1,05 m de largeur. D a été enlevé d’une pagode de Pondichéry démolie en 1853 pour cause de vétusté.
- PJf. E. W., à la Roche-sur-Yon. — 1° Nous vous avons accusé réception de votre communication dans la 542® Boîte aux lettres, du 14 septembre 1889. — 2® Une feuille de papier blanc. pSjgBS
- M. V. Tertrais, à Nantes. — Vous trouverez tous les renseignements sur le désétamage du fer-blanc dans le n° 819, du 9 février 1889.
- M. A. fi., à R. — L’Ecole municipale de physique et de chimie
- de la Ville de Paris accorde des diplômes de chimiste après trois années d’études ; le concours d’admission a lieu tous les ans au mois de juillet.
- M. 0. E., h Paris. — 1® Un tel moteur aurait une puissance très limitée. — 2° Non.
- M. E. S., à Naples. — Nous avons déjà décrit plusieurs systèmes analogues ; nous ne saurions encore revenir sur la même question.
- M. G. Mareschal, à Calais. — Le sujet nous paraît un peu (spécial ; cependant nous allons examiner le projet.
- M. J. F. Beins, à Groningue. — Adressez-vous aux marchands de produits chimiques.
- M. J. Borie, à Paris. — Consultez M. E. Deyrolle, naturaliste, 46, rue du Bac.
- Un lecteur, à Vitry. — 1° Il faudrait essayer l’appareil pour en connaître les résultats pratiques. — 2° N’a pas été décrit.
- M. L. Desplantier, à Robiac. — 1° Vernis : M. L. Caron, 58, rue du Cherche-Midi, à Paris. — 2“ Employez un vernis à cuivre.
- M. E. Puvrez, à Fresnes. — Essayez une couche de minium : nous savons que ce procédé a réussi dans des circonstances semblables.
- M. E. Lesourd, à Tours. — La lampe utilisant la chaleur perdue se trouve chez M. Legrand, 38, rue de la Folie-Méricourt, à Paris.
- M. A. Mannessier, à Maccagno. — Il est impossible de faire une opération galvanoplastique quelconque sur le fil de fer en bottes ; il faut le disposer convenablement dans le bain.
- M. Ch. P., à Saint-W. — Nous vous conseillons de prendre des piles Leclanché.
- L’abonné 810; M. T. L., à Rouen. — Pour recoller un vêtement de caoutchouc, humectez légèrement les deux parties, de sulfure de carbone, et appliquez-les l’une sur l’autre.
- M. P. fi., à Paris. — 4® Non. — 2“ Des calculs très simples, que nous ne pouvons expliquer ici, donnent ces relations.
- M. Sto'inoff, à Paris. — Piles Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire.
- M. Parant; M. A. Barriolet, à Paris. — 1° Lavez la tache avec du pétrole. — 2® Appliquez un vernis noir ; consultez les Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.) — 3® Nous ne croyons pas.
- M. X., à Paris. — 1® Il existe de nombreux modèles d’appareils photographiques ; voyez aux annonces. — 2° Consultez la Photographie moderne, par Albert Londe, à la librairie G. Masson.
- M. A. G., à Pornic. — Pas d’adresse spéciale à vous indiquer.
- M. G. Laloyer, au Mans. — 1® Oui. •— 2° Plaques Lumière. —: Adressez-vous au fabricant que nous avons indiqué dans la Boîte aux lettres.
- M. J. Plassard, à Epernon. — 1° Le Sport français, 1, rue Laffitte; Le Sport vélocipédique, 188, boulevard Pereire; Le Yacht, 55, rue de Chàteaudun, à Paris. — 2° Pas de journal aussi général.
- M. A. Meyer, à Saint-Maurice-lès-Lille. — Ces phénomènes peuvent s’expliquer par des effets de réflexion et de réfraction.
- M. Sà, à Lisbonne. — MM. Aron frères, 132, rue de Turenne, à Paris.
- M. F. Peralta, à Paris. — Le moyen que vous indiquez est simple; mais le produit n’a pas de solidité.
- M. H. Soubeyran, à Vienne. — 1“ Adressez-vous à l’auteur, à Nogent-sur-Marne; nous ne connaissons pas d’autre adresse. — 2® MM. Buss et C1', 195, rue de l’Université, à Paris, ont publié un catalogue-notice.
- M. P. Laurive, à Montauban. — 1® Chauffe-bains : Nombreuses adresses dans le Dictionnaire Bottin. — 2“ Vous trouverez plusieurs procédés pour détruire les vers dans le petit livre Recettes et procédés utiles.
- M. O. P., à Bilbao. —Vitraux d’imitation adhésifs : M. L. Levens, 55, rue de Chàteaudun, à Paris.
- M. G. Delahaie, à Bruxelles. — 1® Préparation du gaz d’éclairage. — 2® On se débarrasse de l’hydrogène sulfuré en le faisant passer à. travers un mélange de carbonate de fer et de chaux.
- M. A. Gaudet, à Lyon. — 1° Le prix est de 2 fr. 25. — 2° Remerciements pour votre indication.
- M. E. Fergeau, à Paris. — Votre envoi ne nous est pas parvenu.
- M. J. Beauchet, à Paris ; M. P. Lemaire, à Enghien. — Remerciements pour vos communications.
- M. D. F., à Raisinés; M. R. S., à X. — Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles indiqué plus haut.
- M. J. Tardieu, à Limoges. — Remerciements pour vos intéressantes photographies que nous utiliserons prochainement.
- M. J. Bourgade, à Millau, à propos du phénomène que nous
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- avons signalé dans la 545" Boîte aux lettres, nous écrit qu’il y a à Peyre (Aveyron) un enfant de quatorze ans qui pèse 120 kilogrammes; sa taille est de 1,53 m.
- M. Rondenet, à la Roche-sur-Yon. — Si le câble d’un ballon captif venait à rompre près de la nacelle, l’ascension du ballon serait assurément très rapide ; mais si l’aéronaute avait soin d’ouvrir la soupape supérieure, il n’v aurait aucun danger pour les voyageurs.
- M. Goubert, au Teil (Ardèche). — 1° Les vases pour accumulateurs sont faits exprès ; nous vous conseillons de vous adresser plutôt aux fabricants d’accumulateurs. — 2° Récipients en ébonite : usines Menier, 7, rue du Théâtre, à Paris.
- M. Kœnig, à Paris. — Il est préférable d’employer des produits purs.
- M. Firmin, à Nîmes. — 1° La disposition en shunt est plus avantageuse. — 2° Non.
- M. M. Otto, à Fréjus. — 1° M. A. Rouillé, à Rânes (Orne), a obtenu de très jolies reproductions d’étincelles électriques sans appareil photographique; voyez le n° 827, du 6 avril 1889, p. 304. — 2° Nous ne saurions l’affirmer.
- M. R. Mondos, à Paris. — La disposition que vous signalez pour la distribution à trois fils a été déjà employée. Elle n’assure la distribution qu’à quelques volts près.- Pour avoir en tous points la même différence de potentiel, il faut que les circuits soient coniques. C’est le mode de distribution adopté par la Compagnie Edison sur les boulevards.
- M. E. Frikellé, à Saint-Etienne. — 1° Les ouvrages de l’abbé îloigno se trouvent à la librairie Gauthier-Villars. — 2° Le dictionnaire de chimie de Wurtz est édité par la librairie Hachette. — 3° Pour tout ce qui concerne les appareils et expériences de prestidigitation, adressez-vous à M. Voisin, 83, rue Yieille-du-Temple, à Paris.
- M. C. L., à Lunéville. — Vous aurez ces renseignements dans les traités de mécanique appliquée. (Librairie Gauthier-Villars, E. Bernard, etc.).
- M. J. A., à Drama (empire ottoman). — Renseignements sur les turbines hydrauliques, par 0. de Lacolonge, à la librairie Dunod ; ouvrages d’hydraulique appliquée, à la librairie E. Bernard, à Paris.
- M. Watelin, à Marlotte. — Nous n’avons pas d’autres explications que celles contenues dans l’article.
- M. A. Foyer, à Arras. — Traités sur les engrais à la Librairie agricole de la maison rustique, à Paris.
- M. J. M., à Gand; M. de VAigle, à Compiègne. — Nous avons donné l’adresse en tète de la Boîte aux lettres.
- - M. E. Meissonnier, à Paris. — 1° Pas de traité spécial; voyez les traités de chimie industrielle. — 2° Le livre des Parfums, par Piesse, à la librairie J.-B. Baillière.
- M. E. Roman, à Périgueux, nous fait observer, au sujet de la notice que nous avons publiée sur la fabrication du papier au Japon (n* 853, du 5 octobre 1889, p. 291), que la Broussonetia papyrifera n’est autre que le mûrier du Japon qui fructifie sous nos climats.
- M. Serot, à Saint-Dizier. — 1° Le bougeoir à pétrole Chandor est fabriqué par M. Desmarais, 29, rue de Londres, à Paris. — 2° Non.
- M. A. Woltz, à Strasbourg. — Il a paru plusieurs articles relatifs au moteur à gaz Otto; voyez le n° 211, du 16 juin 1887, p. 38, et le n° 342, du 20 décembre 1879, p. 37.
- M. A. Peubret, à Paris. — Pour faire ce calcul vous trouverez les formules dans les traités élémentaires de physique ; un premier calcul approché nous donne environ 15 litres par seconde.
- M. P. Lelurque, à Orléans. — 1° Chaque accumulateur doit avoir une capacité de 60 à 70 ampères-heure; il faut donc 10 kilogrammes de plaques. Le nombre de 6 n’intervient que pour obtenir la différence de potentiel de 12 volts. — 2° Le renouvellement des liquides une fois par jour suffira.
- M. E. R. D., à Nevers. — 1° Nous n’avons pas d’autre adresse à vous indiquer. — 2° Il existe de nombreux systèmes de lampes à pétrole*. — 3® Consultez les traités de chimie agricole.
- M. E. L., à Moulins. — 1° Le produit n’a pas besoin d’être conservé dans l’obscurité. — 2° Non.
- M. Lacombe, à Paris. — 11 est très facile de déclencher l’obturateur avec une communication électrique comme vous l’indiquez ; le procédé est souvent utilisé.
- L'abonné 858, à Tournus. — 1° Le précis de zoologie médicale, du Dr Carlet, a été réédité par la librairie Masson. — 2° Prix,
- 7 fr. 50.
- M. Y. Freires, à Lisbonne. — La publication industrielle des machines, outils et appareils les plus perfectionnés : M. Armen-gaud aîné, 45, rue Saint-Sébastien, à Paris.
- M. G. Utudjean, à Constantinople. — 1° Portraits-timbres en
- caoutchouc : M. Talufe, photographe, à Mantes (Seine-et-Oise),France. — 2° Enlever légèrement la colle avec un chiffon mouillé.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Congrès et conférences de l’Exposition universelle. —
- Mardi 15 octobre, à 4 heures. Conférence au palais du Trocadéro, par M. H. Fontaine : L’éclairage électrique industriel. — Mardi 15, à 10 heures un quart. Conférence-visite au Grand Théâtre (Palais des enfants, Champ de Mars), par M. Cadiot : Le Paraguay.
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité pratique de la thermométrie de précision, par Ch. E. Guillaume, attaché au Bureau international des poids et mesures. 1 vol. in-8°. Gauthier-Villars, éditeur. — Paris, 1889.
- La thermométrie est certainement une des questions de la physique qui a été le plus étudiée depuis déjà de longues années. Et cependant elle était loin d’être résolue complètement. A mesure que le domaine de l’expérience s’étendait, et que l’on devenait plus sévère pour les mesures de précision, le thermomètre à mercure devenait de plus en plus défectueux. L’étude complète dû thermomètre a été effectuée au bureau international des poids et mesures par notre savant collaborateur, M. Ch.-E. Guillaume, et il a résumé les résultats et conclusions de ses expériences dans le livre que nous signalons à nos lecteurs. Calibrage d’un thermomètre, corrections, erreurs, comparaison, déplacements du zéro, compressibilité du mercure et du verre, tout est traité dans cet ouvrage, qui contient les détails et les préparations des plus minutieuses expériences, dont on a le secret au pavillon de Breteuil.
- Essai sur l'organisation et l'administration des entreprises agricoles ou traité d’économie rurale, par J. Piret. 1 vol. in-8°. G. Masson, éditeur. — Paris, 4889.
- Notes biographiques sur J -C. Houzeau, par A. Lancaster. 1 brochure in-4°. F. Hayez, éditeur. — Bruxelles, 1889.
- Annuaire de la chimie industrielle et de l’électrochimie, par Donato Tommasi. 4™ année, 1 vol. in-16. Bernard Tignol, éditeur. — Paris, 1889.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Conservation des pommes.
- Pour conserver les pommes tout l’hiver, et même une partie de l’été, il faut choisir d’abord les fruits qui sont parfaitement sains, les porter dans une chambre, et les déposer sur des claies d’osier s’il est possible, en ayant soin qu’ils ne se touchent pas. Aussitôt après, fermer parfaitement les portes et fenêtres, et allumer du feu avec du bois de sarment, de manière à obtenir beaucoup de fumée, et que cette fumée remplisse la pièce. Pendant quatre ou cinq jours, renouveler cet enfumage. Prendre ensuite les fruits un à un et les mettre dans une caisse avec de la menue paille de froment, toujours en ayant soin qu’ils ne se touchent pas. Faire une couche sur la première, et ainsi de suite jusqu’à ce que la caisse soit pleine et recouverte d’un lit de même paille. R ne reste plus qu’à fermer.
- Remède contre les brûlures.
- Dans le n° 844 de La Nature, vous avez donné une recette dé remède contre les brûlures. Permettez-moi de vous en indiquer une autre que j’ai moi-même vu employer et qui a donné de bons résultats : on met une forte poignée de feuilles de lierre dans un litre d’eau; on les fait cuire doucement dans un vase non métallique, jusqu’à ce que les queues se détachent d’elles-mêmes en les prenant pour soulever les feuilles. A ce moment, l’eau sera réduite de moitié, si l’opération a été bien conduite. On ajoute une cuillerée à bouche de bonne eau-de-vie. On met continuellement, sur la brûlure, des compresses de ces feuilles et de l’eau dans laquelle elles ont bouilli. Toute douleur disparaît et la cicatrisation est prompte, sans laisser de traces. (Communiqué par M. Jarre, à Ornans).
- La Rédaction et V Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser à l’Office de Pnblieité de l’Imprimerie, 9, me de Flenm*
- ___La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations,
- même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur. , v ^
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- 698e BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- D’APRÈS LES OBSERVATIONS DE H. RENO0 (PARC DE SAINT-MÀUR, ALTITUDE : 49 M. 30)
- Septembre-Octobre 1889. —- Semaine du lundi 30 Septembre au dimanche 6 Octobre.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de H. Rédier. — Thermomètre h l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. LE 2, A 1 H. 43 M DU MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU^MATIN
- •d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- de 0 à 9
- Lnndi 30 septembre. . . 8”,9 W. 2 Couvert. 3,2 Couv. sauf éclaircies à 21 h. ; pl. de 13 h. à 20 h. 30. ’
- Mardi 1“ octobre. . . . 7”,5 N. 0 Couvert. 7,9 Couv. jusq. 16 h. ; nuageux ensuite; se couvre ap. 22h.
- Mercredi 2 7”, 6 S. W. 1 Couvert. » Couv. jusq. 14h., puis très nuageux; beau après 19 h.;
- 0,4 brouillard de 1500 à 21 h. : pluie de 14 h. à 14 h. 39;
- 4”,9 S. 0 Très nuageux. Nuageux jusq. 13 h.; couv. jusq. 20 h.; beau ensuite; gelée bl. ; pluie de 16 à 19 h.
- Couvert. 3,6
- 9”,6 S. 3 Presq. couv. ; pluie de 14 h. 45 à 15 h. 40. J Couv. jusq. 14h.; très peu nuag., puis beau.. V Très nuag. de 11 h. à 17 h. ; peu nuag. avant et aprës.! ;, : H
- Ssmftrii S. ....... . 8”,9 S. 1 Couvert. 0,5
- 4”, 6 S. 0 Beau. »
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Résumé des observations météorologiques faites au parc de Saint-Maur en septembre 1889
- par M. E. Renoo.
- Moyenne barométrique à midi, 759“,43; minimum le 25, à 1 heure du matin, 747“,79; maximum, le 16, à 9 heures du matin, 767“,61.
- Moyennes thermométriques : des minima 8*,87 ; des maxima, 19*,88 ; du mois, 14°,35; moyenne vraie des 24 heures, 13”,66. Minimum le 26, au matin, 1”,0 (autre minimum de 1“,2, le 17). Maximum le 2, vers 3 heures du soir, 30°,1 avec un 7ent de S.E. faible et un ciel très nuageux. Il y a eu 5 jours de gelée blanche les 16, 17,18, 19 et 26. Le 17, le thermomètre à minima à boule peinte en vert,, posé sur l’herbe marquait —5”,4 ; ce même jour, M. Raymond, à Achères, lieu bas près de la Seine, altitude 25 mètres, a eu sous l’abri un minimum de — 2”,0.
- Tension moyenne de la vapeur, 9“,05; la moindre, le 16, à 3 heures du soir, 3“,0; la plus forte, le 2, à 7 heures du soir, 18“,3, à la fin d’un orage. Humidité relative, 77; la moindre, le 16, à 3 heures du soir, 24; la plus grande, 100, en 9 jours.
- Pluie 24“,6 en 24 heures réparties en 10 jours; aucune forte pluie; la plus
- abondante, celle du 30, qui a atteint 7",9, a duré 10 heures. Un seul jour d’orage, le 2, de 5 heures à 7 heures du soir, avec 1””,3 de pluie seulement.
- Nébulosité moyenne, 47 ; il y a eu 7 jours presque entièrement sereins et aucun jour tout à fait couvert.
- Température moyenne de la Marne, 17°,35, elle a varié de 21°, 17 le 2 à 13°,11 le 20 ; elle est restée basse et très claire tout le mpis.
- Les vents du N.VV. au N. ont dominé; il n’y a eu aucun vent de S.S.W. ni de S.W. Le vent, presque toujours faible, n’a été assez fort de temps en temps que du 21 au 29. 1
- Relativement aux moyennes normales, le mois de septembre 1889 présente les résultats suivants : baromètre plus haut de 1“,55; thermomètre (plus bas de 1°,27; tension de la vapeur moindre de 1",13; humidité relative moindre de 7; pluie plus faible de 28",0; nébulosité moindre de 6.
- Le 17, des hariçots semés tardivement et alors en fleurs n’ont eu que quelques feuilles légèrement atteintes par la gelce ; les patates, au contraire, ont beaucoup souffert.
- Errata. — Au résumé d’août, au lieu de ; pluie 53“,9 en 35 heures trois quarts, lisez 54”“,9 en 36 heures.
- Au résumé de l'été, à la colonne de la pluie, au lieu de :'55“,9, lisez 54“,9.
- A l’écart, au lieu de : -+- 4““,6, lisez .5“,6.
- Au total de pluie de la saison, au lieu de : 131””,9, lisez 132””,9.
- A l’écart, au lieu de : —22,3, Usez —21,3.
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- O. MASSON, Editeur, 130, boulevard Sairtt-OerraiairL, à Paris
- PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT •
- LE
- YOL DES OISEAUX
- E.-J. MAREY
- mehbre de l’institut et de l’académie de médecine, professeur AU COLLÈGE DE FRANCE
- 1 vol. in-8% avec une planche et 164 figures dans le texte, 1© francs.
- Le vol des oiseaux a toujours éveillé la curiosité des chercheurs. Pour le physiologiste, ce genre de locomotion est un des phénomènes les plus intéressants, mais aussi les plus mystérieux
- que la nature offre à ses études ; pour le mécanicien, l’explication de la locomotion aérienne est un des plus beaux problèmes dont il puisse poursuivre la solution. Mais des difficultés spéciales ont longtemps résisté à tous les efforts.
- C’est l’histoire du développement graduel de nos connaissances sur le vol des oiseaux que l’auteur a essayé de retracer dans cet ouvrage.
- Dans \&première partie sont exposées les particularités que l’observation des oiseaux a fait connaître. On y trouvera également les théories, de moins en moins imparfaites, émises successivement par les couvertes des
- Pigeon porlant l’appareil myographique et le chronographc électrique.
- naturalistes ; anatmoistes et des
- enfin les zoologistes
- dé-
- qui
- peuvent éclairer les conditions mécaniques du vol.
- La seconde partie, consacrée à laphysiologieexpérimen-tale, comprend les recherches sur la force musculaire de
- l’oiseau et les expériences qui ont servi à déterminer la nature et la succession de ses mouvements.
- Dans la troisième partie 1 problème est abordé au point de vue mécanique. On'y essaye d’évaluer les forces qui agissent sur l’oiseau pour le soutenir et pour le propulser dans l’air. Puis on étudie successivement une série de problèmes mécaniques et,’ en particulier, le coup d’aile proprement dit, la force qu’il exige, la résistance qu’il trouve dans Pair, les réactions qu’il imprime à la masse de l’oiseau.
- Bien que cette étude soit conçue au point de vue mécanique, elle s’éclairera beaucoup de vol avec les autres formes de la
- la comparaison du locomotion animale, car toutes ces formes, terrestres, aqua-
- Goéland vu suivant l’axe de sou vol; dissociation des images par le miroir tournant.
- tiques, etc., présentent entre elles d’importantes analogies.
- Enfin, dans la quatrième partie il sera question du vol plané et du vol à voile : formes étranges où l’aile est passive et immobile, tandis que l’air agit pour la
- rtnmnnû îl forait rt’nn PPI’f.vnlflnt.
- L’ouvrage est enrichi de figures, toutes dessinées et gravées d’après les documents de l’auteur et principalement d’après ses photographies instantanées; ces figures aident à la lecture du livre en même temps au’elles en augmentent l’originalité et l’intérêt.
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- 547' BOITE AUX LETTRES (»Z>)
- Les lettres et communications relatives à la Botte aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à M. Gaston TISSAJiD1KR
- 60, rue de Gh&teaudun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être ardessébs
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- M. P. Honoré, à Paris, nous écrit que les moteurs hydrauliques ne sont connus dans le nord de la France que sous leur forme mathématiquement étudiée et conçue par les ingénieurs. Dans les hautes vallees de la frontière des Pyrénées, on trouve, au contraire, de vieux moulins dans lesquels la meule est placée directement au-dessus d’une turbine taillée dans du bois et emmanchée sur un arbre vertical en bois. Ces appareils ont des aubes très contournées. Les unes sont à choc d'eau, les autres à poids d'eau. Les vieux systèmes pyrénéens doivent être l’origine de nos turbines, comme les vieilles roues à palettes des moulins sont les ancêtres des roues hydrauliques actuelles. Notre correspondant ajoute que nos abonnés du midi de la France pourraient peut-être nous donner à ce sujet des renseignements qui ne manqueraient pas d’être intéressants. On connaîtrait ainsi la filiation qui rattache les escargots en bois des Pyrénées aux turbines métalliques de la construction moderne.
- M. Thureau, à Paris. — Nous nous servons en ce moment de plaques Guilleminot.
- Un abonné, à X. — Les traités de mécanique appliquée donnent des renseignements sur le tracé des engrenages.
- M. P. C., à Paris. — 1° Oui. — 2° On ne saurait fixer aucune limite.
- M. Pradet, à Eymoutiers. — 1° Ces procédés sont tenus secrets.
- — 2° On acidulé légèrement la liqueur.
- Un abonné, à Rome, — Les agglomérés sont formés avec une composition spéciale, dans laquelle il entre des mélanges de brai et de goudron.
- M. X., à Orléans. — Les essais ont été faits par une compagnie de chemin de fer; nous n’avons pas entendu parler des résultats obtenus.
- M. A. Favreau, à Nantes. — Essayez des sels de plomb ou de baryte (hyposulfite de plomb, azotate et sulfate de baryte).
- M. F. èimer, à Paris. — Lampes sous-marines : )I. G. Trouvé, 14, rue Vivienne.
- M. 4. Bonnesœur, à Saint-Servan. — Pour vous répondre, il faudrait pouvoir examiner vos produits.
- M. J. J., à Saint-Laurent. — 1° Ajoutez à la solution, de l’acide chlorhydrique; vous obtiendrez un précipité de chlorure d’argent.
- — 2° Incinérez tous les papiers, et faites fondre dans un creuset avec du borax comme fondant. — 3° La Science pratique. — 4° Prix, 2 fr. 25.
- M. M. Leclair, à Auxerre. — Nous avons donné l’explication de cette intéressante expérience dans le n® 814, du 5 janvier 1889, p. 95.
- M. Bory, à Paris. — Il faut employer la benzine ou l’huile de pétrole.
- M. E. Scheffer, à Ànduze. — Séchoirs pour linge : M. A. Robin, 6, rue d’Oran, à Paris.
- M. A. de Flotte, à Paris. — Veuillez vous adresser directement à l’auteur, à Epernay.
- L'abonné 1004, à Lagrasse. — R serait bon de désinfecter les vêtements à l’acide phénique.
- M. J.,-à Constantine. — Adressez-vous à l’Ecole des beaux-arts, à Paris.
- M. E. Fergeau, à Paris. — Nous avons reçu votre photographie sur une curieuse anfractuosité dans un saule. Votre épreuve est très réussie, mais les. phénomènes de ce genre ne sont pas rares; nous ne croyons pas qu’il y ait lieu d’y insister.
- M. J. Hergenreder, à Paris. — Adressez-vous à la maison J. Carpentier, 20, rue Delambre.
- M. C. Villard, à Lyon, — 1® Colle à la gomme arabique. — 2° Pas d’inconvénient.
- M. A. B., à Tours. — Nous avons indiqué à plusieurs reprises des traités pratiques d’électricité ; voyez nos Boites aux lettres précédentes.
- Mm° B., à Nanterre. — 1° L’adresse a été donnée dans la 545e Boîte aux lettres. — 2° Oui. — 3° Voyez la note au bas de la page 302, dans le n° 853.
- M. J. Claudet, à Besançon.— Le livre des Recettes et procédés utiles donne plusieurs formules de pâtes à copier (p. 149, 5e édition).
- M. J. Canvalunglin, à Padoue. — Théorie de la capillarité, par E. Mathieu, à la librairie Gauthier-Yillars, à Paris.
- M. J. Dobelmann, à Poitiers. — Vous trouverez des livres de ce genre chez M. E. Deyrolle, naturaliste, 46, rue du Bac, à Paris.
- M. le D' Paquelin, à Paris; Un abonné, à Mexico. — Remerciements pour vos communications.
- M. P. B., à Beaune; M. A. Coemans, à Gand; M. J. Bonnet, à
- Lille. — Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, indiqué plus haut. Vous y trouverez les renseignements que vous demandez.
- M. C. Sexer, à Nantes. — Veuillez vous adresser à l'Office général de publicité, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- Un abonné, à Porto. — Nous avons décrit le petit oiseau de papier que vous signalez dans notre n® 621, du 25 avril 1885, p. 336.
- M. F., à P. — Consultez les traités d’agriculture, à la Librairie agricole de la maison rustique, à Paris.
- M. M. E., à Barcelone. — 1° Les lampes de sûreté des mines pourraient être utilisées, en employant des toiles métalliques assez fines.
- — 2° Maison Breguet, à Paris.
- Un abonné, aux Lilas. — Nous ne pouvons vous indiquer un système en particulier; tout dépend du prix que vous voulez y mettre, du travail que vous exigerez, etc.
- M. Mouchon, à Paris. — Vases poreux pour piles : M. Thierré, 47, rue Vieille-du-Temple, à Paris.
- M. C. D., à Bruxelles. — Les lampes Gérard sont fabriquées par la Société anonyme d’électricité, 39, avenue Marceau, à Courbevoie.
- M. Uludjian, à Constantinople. — Effectuez des expériences.
- M. Bouillon, à Boulogne. — Le sujet nous paraît trop spécial; nous ne pouvons entreprendre une longue discussion.
- M. J. Plassard, à Paris. — 1° Il faut employer des verres rouges.
- — 2° Dictionnaire usuel des sciences médicales, à la librairie Masson.
- M. J. G., a. Rilly. — Vous trouverez des plantes de ce genre chez les horticulteurs.
- Un lecteur, à Rouen. — Quand le pétrole est manié avec précaution, il n’offre pas de danger.
- M. V. Freire, à Lisbonne. — Pas de traité de ce genre.
- M. H. Allard, à Troyes. — 1° Nous avons en vain cherché l’appareil dont vous nous parlez. — 2° Pas d’adresse à vous indiquer.
- M. H. Pelletier, à Madon. — Remerciements pour votre communication ; mais nous croyons qu’il y a une cause d’erreur qui vous échappe.
- Un membre de T « Amicitia », à Valenciennes. — Oui; nous avons publié des articles sur l’audition colorée, en 1885, premier semestre.
- M. Veruhet, à Paris. -— Votre lettre a été envoyée à destination.
- M. L. Ferlus, à Narbonne. — Adressez-vous aux marchands de guano ordinaire.
- M. H. Laville, à Paris. — Ces piles peuvent vous convenir.
- M. C. de L., à Cerbère. — Lampes électriques portatives : M. Trouvé, dont l’adresse est donnée plus haut.
- M. X., à Z. —Librairie militaire : MM. Berger Levrault et Cie, 5, rue des Beaux-Arts, à Paris.
- M. A. Maury, à Paris. — Pas de traité spécial; vous trouverez quelques renseignements dans le Traité élémentaire du microscope, son emploi, par E. Trutat, à la librairie Gauthier-Yillars.
- M. Thirel, à Rouen. — Vous pourrez vous procurer des tubes à hydrogène comprimé en vous adressant à M. Gabriel Yon, 28, boulevard Beaumarchais, à Paris.
- ss 1 .""T —: ----: ___ ____ — il. ........................... .
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- lin jeu scientifique. I.e caméléon. — Nous avons sous les yeux trois nouveaux jeux mathématiques que nous communique leur inventeur, M. Fleury, 4, rue Legoff, à Pans, ils se nomment le caméléon, le trifolium diabolique et le paradoxal tricolore. Ils ont quelque analogie avec le taquin que nous avons décrit, mais ils ont plus de mérite, en ce sens que la solution n’est jamais impossible, quoique plus difficile que celle du taquin dans ses cas possibles. Nous expliquerons aujourd’hui le caméléon qui est le plus simple des trois jeux. Le caméléon consiste en une boite ronde contenant huit pions et un échiquier formé d’un octogone étoilé, aux sommets duquel se trouvent autant de cases affectées des lettres qui constituent le mot camélon. Ces huit cases sont alternativement rouges et jaunes, et les rouges communiquent par des rayons avec une case noire qui est au centre. Les pions portent aussi chacun une lettre du mot caméléon. Les huit pions étant d’abord placés au hasard, chacun sur une des neuf cases du jeu, la question consiste à les ramener tous sur les cases affectées des mêmes lettres, en conduisant chaque fois un pion sur la case vide, suivant la ligne droite qui se trouve tracée entre ce pion et cette case. Pour arriver à résoudre celte question, remarquez d’abord que quand les huit pions
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- sont à leurs places respectives, c’est-à-dire sur les cases affectées des mêmes lettres, ils présentent sur le pourtour le mot CAMELEON ; tandis qu’en suivant la ligne polygonale à partir de la case C, on les rencontre dans l’ordre C,E,0,A,L,N,M,E. Nous dirons qu’en cet état ils sont ordonnés et rendus à destination. Si maintenant nous supposons tous les pions placés au hasard sur les cases, la solution que nous indiquons ici consistera dans les deux opérations suivantes : 1° ordonner les pions ; 2° les conduire à destination. — 1° Ordonner les pions. Puisque, pour être ordonnés, les pions doivent se suivre dans l’ordre C,E,0,A,L,N,M,E, sur la ligne polygonale, le pion C devra y être suivi du pion E; celui-ci du pion 0; le pion 0 du pion A, et ainsi de suite. Pour faire passer un pion derrière un autre sur la ligne polygonale, on le pousse au centre, où il attend que cet autre quitté une case rouge, pour venir l’occuper après lui. Si, au moment où l’on veut, conduire un pion sur la case centrale, il n’est pas déjà sur une case rouge, on en pousse au centré un autre non encore ordonné, et situé sur une case rouge ; puis on joüe jusqu’à ce que 4 le premier soit arrivé sur une case rouge, et qu’on ait pu reconduire j ensuite celui du centre aussi sur une case rouge, sans couper le •f
- Le jeu du Caméléon.
- I/!
- Ml
- I, train déjà formé. — 2° Conduire les pions à destination. Les pions une « fois ordonnés, deux cas peuvent se présenter. Premier cas. Si le pion j M se trouve sur une case rouge, poussez-le au centre ; puis jouez un , autre pion sur la case vide, et les autres à la suite, en continuant 11 ainsi jusqu’à ce que les sept pions du pourtour soient arrivés sur 11' leurs cases respectives, après quoi, il ne vous reste plus qu’à pousser i| le pion M sur la case vide. Second cas. Si le pion M n’est pas sur [lj une case rouge, jouez successivement les pions E,C,E,E,C; puis con-lj duisez à destination le train des sept pions du pourtour, et le pion C sur sa case.
- I Un bolide A Billom. — Vendredi 27 septembre, à 8 h. 50 m.
- i' environ du soir, nous avons été témoins d’un magnifique phéno-
- mène : probablement l’explosion d’un bolide splendide. Observant
- II les Pléiades, notre attention fut attirée par une gerbe lumineuse, M d’un blanc éblouissant, qui s’éleva de l’horizon directement sous lj Mira Ceti, et, après avoir parcouru lentement 3° environ, éclata ! ' sans bruit, projetant autour d’elle une quantité d’étincelles multico-j | lores, dont la moins brillante surpassait certainement Jupiter, qui ! cependant jetait en ce moment tous ses feux à l’horizon austral. Les
- j ; étincelles disparurent successivement et une traînée lumineuse inar-jj qua encore longtemps la place où avait apparu ce magnifique spec-jj tacle. Le bolide aura été certainement mieux visible dans l’est de la j France. A juger d’après ce qu’il nous a été permis de voir, ce devait !|| être un bolide ou plutôt un bradyte vraiment extraordinaire.
- | Henry Deval et Henry Duthkil,
- Membres de la Société astronomique de France à Billom.
- en bouquets, que supporte un vase, découpé dans une feuille de papier, attaché aussi, de façon que leur surface soit bien unie; on dispose autour un encadrement avec des feuilles ou divers ornements, des devises, des noms, etc., découpés; le tout bien retenu par des épingles. Quand on a obtenu le tableau désiré, on délaye bien noir de l’encre de Chine, en quantité suffisante ; on en imbibe deux brosses dures, — des brosses à ongles peuvent servir — qu’on frotte l’une contre l’autre au-dessus de toute la toile qui se recouvre de pointillés noirs et blancs. Arrivé à la teinte voulue, on enlève les feuilles, ornements, etc., dont les dessins se détachent en blanc sur la toile; on peut alors les retoucher ou les ombrer à volonté; et franger l’étoffe qui peut être lavée plus tard sans crainte d’effacer l’encre si elle est de bonne qualité. Il est évident que l’on peut varier à l’infini les dessins et les ornements.
- A. Labastille, aux Cayes, Haïti.
- Amour maternel chez les animaux. — Voici un fait qui peut n’être pas sans intérêt; j’en fus témoin il y a quelques jours à la campagne. Une chatte ayant des petits qu’elle ne pouvait rejoindre (on l’avait enfermée par mégarde dans un grenier) se décida à exécuter du toit de ce grenier un saut que j’ai mesuré mètre en main. L’animal a franchi parfaitement d’aplomb, les membres ramassés, 6 mètres en largeur, d’une hauteur de 7,50 m, soit un angle avec la verticale d’une quarantaine de degrés et près de 10 mètres de trajet dans l’espace ! Ajoutons que l’animal, en parfaite santé actuellement, se trouvait alors dans une situation presque intéressante. Je ne doute plus, si l’animal avait été traqué et entraîné à ce genre de sport, qu’il n’eût fait un saut de proportions doubles. On peut juger par cet exercice de la vigueur musculaire chez les chats.
- Dr Leroux, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Le principe du mouvement et son application à la mécanique céleste et à la météorologie, par L. Purper. 1 vol. grand in-4°. P. Schmidt, éditeur. — Paris, 1889.
- Madère. Station médicale fixe. Climat des plaines, des altitudes, par le Dr C. A. Mourao Pitta. 1 vol. in-8°. Félix Alcan, éditeur. — Paris, 1889.
- Guide médical à l'Exposition universelle de 1889, par M. Marcel Baudoin. 1er fascicule. Instruments de chirurgie et de précision. 1 vol. in-8°. E. Lecrosnier et Babé, éditeurs.— Paris, 1889.
- La lumière électrique. Générateurs, foyers, distribution, applications, par L. Montillot. 1 vol. in-16 de la Bibliothèque scientifique contemporaine. J.-B. Baillière, éditeur.— Paris, 1889.
- Les industries des animaux, par F. Houssay. 1 vol. in-18 de la Bibliothèque scientifique contemporaine. J.-B. BaiUière, éditeur. — Paris, 1889.
- Les Vosges. Le sol et les habitants, par G. Bleicher. 1 vol. in-18 de la Bibliothèque scientifique contemporaine. J.-B. Baillière, éditeur. — Paris, 1889.
- Vade-mecum du mathématicien, par M. D. Michaud. Recueil d’arithmétique, d’algèbre, de géométrie, de trigonométrie, de mécanique, cosmographie descriptive, physique, chimie. 5 fascicules in-18. Witte et Perrussel, éditeurs, à Lyon; Croville-Morand, libraire, à Paris. 1889.
- A popular treatise of the winds, by W. Ferrel. 1 vol. in-8°. John Wiley et Sons, éditeurs. — New-York, 1889.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Cire à modeler.
- Peinture snr toile des dames haïtiennes. — J’ai vu confectionner, par nos dames haïtiennes, avec de la grosse toile ou du coton Siam croisé, des couvertures pour tables de couture, des dessus de tabourets, des dossiers de chaises, etc., d’un bel effet, et dont le procédé me paraît assez intéressant pour le communiquer à vos lectrices. Le principal est d’avoir un grand nombre d’épingles. Après avoir étendu la toile d’une façon rigide sur une table quelconque, on y attache soigneusement des feuilles sèches, arrangées
- Lt Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an servies des Annonces
- On obtient une très bonne composition avec la formule suivante : cire d’abeille, 1 partie; saumon de plomb, 1 partie; résine de pin, 1 partie ; huile d’olive, 9 grammes ; carbonate de chaux, 9 grammes. Fondez ensemble les trois premiers ingrédients, puis ajoutez assez de chaux broyée au préalable avec un peu d’huile d’olive pour obtenir une bonne pâte. Si on le désire, on peut la colorer avec un peu de carmin ou d’ocre.
- pour lesquelles on doit s’adresser à l’Office de Pnblicité de l’Imprimerie, 9, me de Flenrns
- AYIS. _____La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations,
- même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- D’APRÈS UES OBSERVATIONS DE M. RENOU (PARC DE SAINT-MAUR, ALTITUDE : 49 M. 30)
- Octobre 1889. — Semaine du lundi 7 an dimanche 43 Octobre
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- La courbe tupérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- aromètrs «nrefflatraar de M. Rédier. — Thermomètre h l’abri, ft boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE t P. L. LE 9, A i H. 35 M. DU MATIN.
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- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE ", FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLDIE EN MILLIMÈTRES 1 OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 7 octobre. . . . • .11*,2 S. 4 Couvert. 0,0 Couv. jusq.13 h., peu nuageux ensuite, quelq. averses.
- Mardi 8 8%5 S. W. 2 Nuageux. 1,7 Tr. nuag. jusq. 9 h., couv. ensuite, pluie dans la soirée.
- Mercredi 9. ....... 9",0 S. W. 2 Très nuageux. 10,0 Nuageux jusq. 14 h., couv. ensuite, orage avec pluie et grêle à 17 h., pluie après 20 b.
- 9%0 S. 2 Très nuageux. 16,3 Tr. nuag.; pluie de minuit à 1 h., et de 4 h. 50 à 5 h. 30. Couv. jusqu'à 15 h,, nuageux ensuite, pluie à diverses reprises le matin.
- Vendredi 11 8‘,1 S. E. 2 Couvert. l,i
- Samedi 12 7% 7 N. E. 0 Couvert. 6,8 Couv. le matin, peu nuag. le soir, pluie de 4 h. à 9 h.
- Dimanche 13 3%3 S. 0 Nuageux. 6,5 Nuag. jusq. 19 h., beau ensuite ; gel. bl. petit brouil.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Un cyclone dans l’île Carmen (Amérique). — Des nouvelles reçues de Vera-Cruz, à la date du 5 octobre, ont annoncé qu’un terrible cyclone avait dévasté l’île Carmen et occasionné dans le golfe du Mexique de nombreux sinistres; 27 navires ont sombré et 125 maisons ont été détruites.
- Ues orages en Italie. — Un violent orage a sévi le 5 octobre sur toute la province de Cagliari en Sardaigne et a fait de nombreuses victimes. Les dégâts ont été considérables dans les campagnes. A Quarlu, plus de 200 maisons se sont écroulées. A Quartucci, 30 maisons ont été détruites; 5 cadavres ont été retirés. A Pizzi, 15 maisons ont été très endommagées et 5 se sont écroulées. A Montserrat et à Cagliari, beaucoup de maisons ont été détériorées, notamment la préfecture.
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- Lee lettres et oommumoations relative* à la Boite aux lettre* et à la rédaction doivent être adressée* à H. Gaston TTSSiWDlM
- 60, rué de ChAteaudun, à Paris. '
- Toutes les communications qoi concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
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- Il ne peut être répondu qu'au» lettre« reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le jeu du Matin s& se trouve chez les fabricants de jouets ; pas d’adresse spéciale de constructeur.
- — Mme veuve Carlier, à Saint-Martin-de-Hinx, nous fait part de la mort de M. François-Henri Carlier, décédé dans sa propriété de Saint-Martin-de-Hinx, le 10 octobre 1889, à l’âge de soixante-cinq * ans. M. Carlier était un météorologiste des plus distingués; l’obser-ril vatoire qu’il avait fondé fonctionnait depuis vingt-cinq ans, et con-ri* stituait incontestablement l’une des plus remarquables stations françaises.
- Un lecteur assidu, à Paris, nous écrit qu’après avoir lu notre notice sur les nouvelles galeries du Muséum d’histoire naturelle, il est allé les visiter : il exprime le désir que les étiquettes des objets exposés mentionnent, à côté du nom scientifique, le nom vulgaire. h"fl y a, en effet, des désignations d’étiquettes qui sont inaccessibles au profane.
- M. L. G., à Paris. — 1° Il faut que l’intensité soit de quelques ampères, pour bien suivre les variations. — 2° Consultez le Formulaire pratique de l'électricien. (G. Masson, éditeur.)
- M. de Milléville, à Cannes. — L’adresse à laquelle vous pourrez vous procurer l’appareil et les notices explicatives a été donnée en tête de la 536' Boîte aux lettres, du 3 août 1889.
- M. A. Jagot, au Mans. — Les hélicoptères fonctionnent bien comme appareils d’expérimentation; vous pourrez vous en procurer chez («|M. Dandrieux, 64, rue Rébeval, à Paris.
- M. Commessy, instituteur, à Allonne. — Tous nos remerciements pour vos excellentes photographies que nous utiliserons prochainement* M. P. R., à Paris. — Ouvrages sur les constructions navales à la librairie E. Bernard et à la librairie Dunod.
- M. 0. L., à Bruxelles. — La carapace de la tortue est travaillée directement.
- M. H. Choisne, à Courbevoie. — Voyez le Dictionnaire de chimie, *3 de Wurtz, à l’article Acide sulfureux.
- M. E. Rouquier, à Grasse. — Quand le pont sera terminé, nous pourrons apprécier s’il y a lieu de le décrire.
- M. C. Marcon, à Lans. — 1° Briquet à air comprimé : M. II. Jac-qui, 11, boulevard Montmartre, à Paris. — 2° Réchaud à alcool : M. G. Dreyfus, 32, rue de Paradis.
- M. E. Perdreau, à Rochefort. — Abat-jour à rosaces tournantes : M. Défaucheux, 1, rue Muller, à Paris.
- M. G. M., à Paris. — Nous avons déjà décrit plusieurs appareils pour tracer les ellipses, notamment Yellipsographe dans le n° 793, du 11 août 1888, p. 175.
- M. J. A. Poiriez, à Saint-Pol. — Pour vous répondre, il faudrait que nous puissions examiner sur place les filaments dont vous nous parlez.
- M. E. Prétot, à Mulhouse. — Le papier pour ferrotypie se trouve chez tous les marchands de produits photographiques; voyez aux Adresses utiles.
- Un lecteur, à Paris. — 1° Objectifs Darlot : 125, boulevard Voltaire'. — 2° La photographie moderne, par Albert Londe. (G. Masson, éditeur.)
- Une abonnée, à Rome. — Il est bien difficile de vous renseigner à distance; interrogez un médecin.
- M. A. Lauvernier, à Paris. — 1° Traités d’électricité, librairie» Masson, Gauthier-Villars, Baudry, etc. — 2“ Il existe des cours du soir pour les électriciens à l’Association philotechnique, 42, rue Lhomond.
- M. J. P., à Savonnières; M. P. Lequin, à la Bassée. — Pas de traité de ce genre.
- M. F. Dervel, à Paris. — Il faut consulter des ouvrages spéciaux sur les chemins de fer; voyez à la librairie Dunod.
- M. E. Thomas, à Mont-sur-Meurthe. — L’hélice conviendra parfaitement.
- M. Uarbrou, à Paris. — Vous trouverez des verres de couleur chez ÏV^ M. Paul Rousseau, rue Soufflot, ou chez M. Pellin, opticien, rue de l’Odéon.
- ^ M. P. Dauzat, à Billom. — 1° Il n’y a pas de vernis qui résiste 8: au bichromate de potasse acide. — 2' M. Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, Paris.
- _ M. E. Marin, à Jolibert. — 1° L’exposant qui avait le dépôt de
- CJ la toupie hydraulique est parti sans laisser son adresse. — 2° Un lavage énergique à l’acide suffit.
- M. le Dr Christy, à Brive. — 1° Non. — 2° Le petit volume la 0 Science pratique donne un moyen de dédoubler le papier.
- M. F. Desjalcts, à Wassy; M. Carreau, à Nantua; M. F. Cruls,
- à Gand. — Remerciements pour vos intéressantes communications que nous mettrons à profit.
- M. C. N., à Paris. — Non; il faut tenir compte d’une foule de circonstances accidentelles.
- M. A. Boucard, à Paris. — Nous avons reçu votre envoi ; agréez nos remerciements.
- M. J. demain, à Lyon. — 1° Oui. — 2° fl existe de nombreux appareils; voyez les Annonces.
- M. J. M. Vincent, à Romanèche. — Adressez-vous à M. Fortin, papetier, rue des Petits-Champs, à Paris.
- M. G. Schramm, à Nantua. — Le sujet a déjà été traité dans La Nature; nous ne saurions y revenir.
- M. E. Caballero, à Pontevedra. — Il faudrait essayer l’appareil et voir s’il y a proportionnalité entre l’énergie dépensée et les indications.
- M. Lesueur, à Bourges. — Ecrivez à M. Castellani, au panorama du pétrole, à l’Exposition : la lettre lui parviendra sûrement.
- M. R. de Longeville, à Paris. — Chaque catalogue contient en tête le programme général des groupes et des classes différents adoptés par l’administration de l’Exposition.
- M. L. B., à C. — 1° Il faudrait employer une fondation élastique, isolée complètement du mur. — 2° Adressez-vous à l’Office général de publicité, 9, rue de Fleurus, pour ce qui concerne les annonces de La Nature,
- Un abonné, à Brest. — 1° M. Mildé, 26, rue Laugier, à Paris. — 2" MM. Richard frères, 9, impasse Fessart, à Paris.
- M. Singer, à Paris. — Méthode de sténographie, par Prévost Delaunay, chez M. Picard, 37, boulevard Saint-Michel ; La Revue internationale de sténographie, chez A. Chérie, éditeur, 19, rue Montmartre; Le Journal des sténographes, chez M. E. Duployé, à Montreuil.
- M. R. Pavon, à Cordoue. — Photomètre Weber : M. Pellin, opticien, rue de l’Odéon, à Paris.
- M. E. M., à Saint-Servan. — 1° Consultez les traités de physique. — 2° Nous n’avons pas ces prix.
- M. Ch. Busson, au Mans. — Nous ne connaissons pas la composition du vernis que vous nous demandez; mais vous pouvez employer le vernis qui sert pour le cuivre poli.
- M. J. de Cussac, à Nice. — Il y a là un phénomène d’oxydation qui n’est pas encore bien expliqué.
- MM. Parke-Davis, à Détroit. — Nous ne pouvons utiliser votre notice qui est trop spéciale ; veuillez agréer tous nos regrets.
- M. Patry, à Paris. — 1* Premières notions de géologie. Les Pierres et les terrains, Histoire naturelle des pierres et des terrains, par M. Stanislas Meunier (G. Masson, éditeur). — 2° Instructions sur le rangement des collections, chez M. E. Deyrolle, 46, rue du Bac.
- M. A. B., à Meudon. — Le Bon jardinier, à la Librairie agricole de la maison rustique, à Paris.
- M. J. G., à Paris. — Les deux systèmes sont également bons; il est difficile de vous conseiller. .
- M. E. Clément, à Apt. — On peut obtenir de la glace en produisant l’aspiration de l’air, comme dans les machines Carre; il faudrait faire des essais.
- M. X. F., à Marie. — La puissance motrice nécessaire dépendra totalement de la meule à faire tourner; on ne saurait vous fixer aucun chiffre. '
- M. A. B., a Nîmes. — 1° Traité théorique et pratique des moteurs à gaz, par A. Witz, à la librairie Michelet, quai des Augus-tins, à Paris. — 2° Pas de traité spécial. — 3° On peut compter environ 600 à 700 litres de pétrole par cheval-heure.
- M. V. Massart, à Arques. — L’Ami du pêcheur, par Poitevin, à la librairie G. Masson.
- M. P. K., à D. — 1° Aucune carrière spéciale. — 2“ Pas de limite d’âge. — 3° Oui.
- QUESTIONS
- Na 1285. — M. P. Gilbert, à Louvain, demande le titre d'une bonne flore bretonne.
- jY° 1286. — M. H. Deis, à Lesparre, demande comment on peut faire disparaître les taches de rouille sur les verres des lunettes astronomiques et des jumelles.
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- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Expérience de capillarité. — M'occupant de questions scientifiques et notamment d’expériences de physique, je crois devoir vous signaler un fait assez curieux qui répond à ce problème : faire nager sur l’eau une plaque de verre. A la suite d’opérations photographiques, je déposai une plaque à développer, doucement, dans son bain (oxalate de fer). Or, je m’aperçus que mes doigts plongeant, la plaque les abandonnait : elle surnageait, .et, à la faible lueur que laisse passer mon carreau rouge, je vis un rebord d’eau se former. Je me fis alors cette réflexion; c’est un bateau dont les bords ne sont rien, ou plutôt réellement, la surface de l'eau. Cette résistance était telle que je pus placer, sur ma plaque 13/18, une vingtaine de grammes. Sur de l’eau distillée cette expérience se répète avec non moins dé succès. Il est évident que l’éau est refusée par la couche de gélatine, mais je pense néanmoins que l’expérience réussirait aussi pour une simple plaque de verre, à la condition d’être absolument propre. Je crois me souvenir que votre estimable journal La Nature à déjà donné certain travail se rapportant à ce qui précède. (Communiqué par M. E. Hellemans, à Bruxelles.) 1
- Papier de tenture rongé par lés insectes. — Nous vous envoyons un fragment de papier de tenture provenant d’une vieille
- maison que nous venons d’acheter. L’immeuble a été très négligé et dans l’une des pièces tapissée depuis au moins trente ans, nous trouvons un papier fond gris à dessins vert et noir sur gris. Certains insectes ont mangé le fond gris, laissant la partie vert-noir très finement déchiquetée, comme vous pouvez vous en rendre compte par l’échantillon inclus. Ces petits animaux, reconnaissant proba• blement la mauvaise nature de cette couleur, ne voulaient pas s’en nourrir. Henri Petitdidier, à Remiremont.
- Papier de tenture rongé par les insectes, les parties délaissées sont les parties vertes vénéneuses.
- L'heure nationale. — Grâce à l’initiative des municipalités, l’heure nationale continue à se propager en France. Depuis le mois de juin, la ville de Nîmes emploie l’heure de Paris. Le 23 août, le Conseil municipal de Marseille a également adopté l’heure nationale. Le Conseil général des Bouches-du-Rhône a émis le vœu que toutes les communes du département suivent cet exemple. Nous pouvons donc espérer que le mouvement créé en faveur de l’unification de l’heure, s’étendra bientôt à notre patrie tout entière, pour le grand bien de la population. J. L.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- 500 grammes. Procéder pour la préparation comme pour le mélange j précédent. ^ (Le Progrès agricole.)
- Préparation des mèches pour .lampes à huile.
- Plonger la mèche de coton dans une solution saturée de sel de i cuisine et d’eau que l’on filtre pour s’assurer que tout le sel a été dissous, et ensuite la faire bien sécher. Cette mèche donne une flamme brillante sans fumée. Ensuite on fait ün mélange à parties | égales d’huile et de solution saline, et oq l’agite pendant quelque 1 temps, puis on laisse en repos jpsqu’à ce que toute .l’huile'., soit revenue à la surface du liquide, et on décante pour la recueillir; cettè huile, ainsi traitée, dure plus longtemps que l’huile ordinaire.
- La lumière obtenue est plus jaune que la lumièreordinaire; elle possède les raies du spectre du sodium.
- L’acide chromique contre la transpiration.
- En Allemagne, la direction de santé du Ministère de la guerre vient de recommander l’emploi de l’acide chromique, comme un j remède peu coûteux, sûr et sans danger, propre à prévenir la trans- 1 piration exagérée des pieds. On badigeonne la peau des pieds avec une solution d’acide chromique à 5 ou 10 pour 100, et l’Opération n’a pas besoin d’être renouvelée avant deux ou trois semaines, par- J fois même avant sept ou huit semaines. Avant de prendre cet arrêté, J l’administration avait essayé le remède, avec les meilleurs résultats, | sur 18 000 soldats.
- Procédé pour dessiner sur la toile à calquer.
- La toile étant tendue sur le dessin à copier, on frotte légèrement l’un contre l’autre au-dessus de cette toile deux morceaux de pierre ponce et lorsqu’on juge qu’il y a suffisamment de poussière en prend un linge quelconque, on en fait un tampon dont on se sert pour étendre la poussière et en frotter la toile en agissant par circonférences et non de gauche à droite ou de haut en bas, ce qui tendrait à friper la toile. La pierre ponce n’a pas, comme la craie eu le son, l’inconvénient de laisser de traces, par conséquent ne salit pas les vêtements. On peut alors dessiner sur la toile. Les traits à l’encre de Chine n’ont pas de solution de continuité.
- Reproduction des parchemins.
- A propos d’une réponse que nous avions faite précédemment dans la Boîte aux Lettres relativement à la reproduction des parchemins, nous recevons la communication suivante : « J’ai eu plusieurs fois l’occasion de reproduire des parchemins anciens, c’est-à-dire jaunes. J’opérais ainsi : je faisais un négatif au collodion, rapide, je désiodais et je renforçais au bichlorure de mercure et à l’ammoniaque ; nécessairement le jaune venait un peu trop transparent, mais alors avec un petit blaireau, et après avoir verni le négatif, je passais dessus du bitume de Judéedissous dans du chloroforme. J’ai obtenu de très bons résultats. Le procédé est d’un fond de couleur du parchemin minutieux, mais il réussit bien. On peut profiler avec la plume lithographique et remplir au pinceau. Un autre procédé plus facile serait de blanchir le jaune avec du blanc et faire le négatif comme ci-dessus; de cette manière on conserve les originaux. » Moreau,
- Lithographe, à Mexico.
- Destruction des chenilles.
- L’industrie a mis aujourd’hui à notre disposition un certain nombre d’agents toxiques, mortels pour les chenilles, et inoffensifs pour les plantes, étant suffisamment dilués d’eau; ce sont: le pétrole, la j benzine, le savon blanc ou noir (mais préférablement ce dernier), l’essence de térébenthine. Voici deux formules que l’on peut employer; elles sont d’une préparation facile et d’une efficacité reconnue : eau, 100 litres; savon noir, 2 kilogrammes; pétrole ou ben-'l - zine, 1 litre. Le savon est dissous à froid dans 15 à 20 litres d’eau;
- ! on ajoute le pétrole ou la benzine en agitant fortement le liquide i j, | pour faciliter l’incorporation, puis on verse le complément a’eau ! | nécessaire. La deuxième formule sera employée lorsque l’on aura i laissé prendre aux chenilles un développement complet, si, par exemple, on a été empêché d’écheniller le 1er mai. Ce liquide agit avec plus de vigueur : eau, 100 litres; savon noir, 2 kilogrammes;
- ; jus de tabac à 13°, 1 litre; essence de térébenthine ou pétrole,
- Platinage de la porcelaine.
- M. Sénet a communiqué au Bulletin de la Société internationale des électriciens le procédé suivant, imaginé par lui, pour platiner la porcelaine. On applique une couche de bichlorure de platine (additionné d’un peu d’acide chlorhydrique pour le rendre légèrement liquide) ou de chloroplatinate d’ammoniaque, de préférence le premier, sur de la porcelaine pouvant aller au feu, et on la soumet, dans un moufle, à une température de 1000 à 1200 degrés, pendant quinze à vingt minutes. La chaleur réduit le chlorure, et le platine fait corps avec la porcelaine. En répétant celte opération une ou deux fois, la porcelaine disparaît sous la couche de platine. Les capsules dont on fait usage dans les laboratoires peuvent être métallisées de la sorte, et, par suite, peuvent remplacer celles en platine ; elles sont, pour ainsi dire, rendues incassables. On a platiné de la même manière des électrodes en porcelaine, et les résultats ont été satisfaisants.
- La Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonças ponr lesquelles on doit s’adresser i l’Office de FnMicité de l’Imprimerie, 9, rue de Flecrns
- j1 AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, ' | même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 700e bulletin météorologique de la
- D’iPRàS LES OBSERVATIONS DK M. RBNOU (PARC DE 8AINT-MA0R, ALTITUDE : 49 M. 30)
- Octobre 1889. — Semaine du lundi 14 au dimanche 20 Octobre
- u.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de U. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à bonle sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O an niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q LE 17, A 0 H. 47 M. DU MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE ,FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 14 octobre 1*>3 S. 0 Beau. » Quelq. nuages de 11 à 16 h., gel. bl. brouill. de 500 m.
- Mardi 15 l-,6 S. 0 Beau. » Quelq. nuages jusqu’à 18 h., couv. ensuite, brouillard _ léger, gel. bl. pluie d’un quart d’heure à 20 h. 45.
- Mercredi 16 8*,7 S. S. E. 4 Couvert. » lr. nuag., souvent de la pluie ou des gouttes.
- Jeudi 17. 10*, 6 W. N. W. 2 Couvert. 0,5 Très nuag., pluie à plusieurs reprises,
- Vendredi 18 8*,2 S. S. E. 0 Couvert. 3,5 Presque couv., pluie dans la soirée. V
- Samedi 19 9-,4 S. W. 2 Couvert, 2,3 Pr. couv. jusqu’à 7 h., nuag. ensuite, pluie à plus.repr.
- Dimanche 20 8°,6 S. S. W. 2 Couvert; 1,1 Tr. nuag., souvent de la pluie.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Les inondations en France et en Europe. — Les pluies abondantes de ces derniers temps ont fait grossir le Rhône qui est sorti de son lit en plusieurs endroits. A la date du 14 octobre, les nouvelles de la région signalent des dégâts sérieux causés par l’inondation à Lons-le-Saulnier, Poli-gny, Louhans. A Besançon, les pluies ont déterminé une crue très rapide du Doubs; le niveau des eaux a dépassé de 25 centimètres celui du mois de juin dernier. A Montbéliard, de même, les cours d’eau ont grossi et débordé; la place d’armes a été submergée.
- L’Adige a également fait de nombreux ravages à Milan. A Klagenfurth, en Autriche, le Mœll a débordé : à Neumarkt, la basse ville a été inondée, Salurm a été entièrement submergée. Les dégâts causés par ces inondations sont considérables.
- Tremblements de terre en Cornouailles et en Tunisie.
- Une secousse de tremblement de terre a eu lieu dans le pays de Cornouailles, le 7 octobre, vers 1 h. 45 m. de l’après-midi. Elle était accompagnée de bruits souterrains semblables aux roulements du tonnerre; le phénomène a été nettement constaté à'Donbléborough, Boscastle etCamelford. Les constructions ont été ébranlées, mais il n’y a eu ni dommages, ni accidents.
- A Gafsa, en Tunisie, on a ressenti, le 17 octobre, à 8 h. 25 m. du soir, une première secousse de tremblement de terre qui a duré environ dix secondes; l’oscillation allait de l’est au sud-ouest. Une deuxième secousse s’est produite à 8 h. 45 m. et une troisième à 5 heures du matin. Quelques maisons se sont écroulées à Gafsa, mais il n’y a pas eu d’accidents de personnes, A Elguettar, huit secousses ont eu lieu dans la nuit et la matinée; plusieurs maisons ont été démolies et des masses de roches, détachées de la montagne de Séguia, ont en partie obstrué la ville.
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- M. Haye ni a traité toutes ces matières avec méthode. Ainsi d’abord la technique, l’examen du sang, le dénombrement des globules, la numération des hématoblastes, l’examen spectroscopique, anatomie du San?, anatomie comparée,
- asiologie, modifications relatives à l’âge, puis altérations, processus mor-;s, anémie, albuminurie. Ensuite développement et rénovation du sang, pathologie, chlorose, traitement, pleurésie, érysipèle, fièvres éruptives, tuberculose, etc. Enfin étude des principales maladies dont le diagnostic peut être fait à l’aide de l’examen du sang. Cet ouvrage fera époque et marquera une étape dans l’histoire de nos connaissances sur l’anatomie et la physiologie du sang.
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- Ce traité comprend deux volumes. Il s’adresse aux élèves des Facultés et des Ecoles d'enseignement supérieur. L’auteur espère que les physiciens et les professeurs trouveront aussi quelque intérêt dans le mode d’exposition, le groupement des phénomènes, la discussion des expériences et dans certaines questions que les publications analogues n’ont pas l’habitude de donner.
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- Les importants travaux exécutés récemment dans les ports de Dieppe et de Newhaven, en donnant la facilité d’organiser, dans ces deux ports, des départs à heures fixes, quelle que soit l’heure de la marée, ont permis aux Compagnies de l’Ouest et de Brighton de ré-
- duire considérablement la durée du trajet entre Paris et Londres et de créer des services rapides qui fonctionnent tous les jours, sauf le cas de force majeure, aux heures indiquées ci-dessous :
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- Départ de Paris-St-Lazare. . . . Départ de Dieppe , iqare de London-Bridge. Armée a Londres^ dc Ylctork. . 9 h. matin midi 45 7 h. soir 7 h. soir 8 h. 50 soir 1 h. du matin 7 h. 40 du m. 7h. 50 du m. n. ,i T , (garede Victoria . Départ de Londres]” , , , _ (gare de London-Bridge. Départ de Newhaven Arrivée à Paris-St-Lazare. . . . 9 h. matin 9 li. » 10 h. 35 » 6 !i. 30 soir 8 h. 50 du s. 9 h. du soir 11 h. du soir 8 h. du matin
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- Billets simples valables pendant 7 jours
- lra classe 41.25 — 2e classe 30 » — 5“ classe Sf .25 Plus 2 fr.par billet, pour droits de port à Dieppe et à Newhaven.
- Depuis quelques .jours, la Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest a ouvert, à la gare Saint-Lazare, à l’extrémité de l’impasse d’Amsterdam, une nouvelle entrée exclusivement réservée aux voitures vides qui viennent attendre les voyageurs arrivant par les trains de grandes lignes.
- Cette entrée donne accès dans la cour de la rue d’Amsterdam où, maintenant, les voitures peuvent stationner au nombre de 46, savoir :
- 8 voitures de maître, ou retenues à l’avance ;
- 10 omnibus de la Compagnie de l’Ouest ;
- 10 coupés de la Compagnie de l’Ouest; et 9 voitures de place provenant de la station de la rue de Londres.______________________
- Billets d’Aller et Retour, valables pendant un mois
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- Ces billets donnent le droit de s'arrêter A Rouen;
- Uieppe, Newhaven et Brighton.
- Plus 4 fr. par billet, pour droits de port à Dieppe et à Newhaven.
- Après leur chargement effectué, ces voitures sortent toutes de la cour par la grille du n° 17 de la rue d’Amsterdam, en ne formant par conséquent,: qu’un seul sens de courant dans cette cour, avantage bien appréciable si l'on songe aux encombrements que produisait sur ce point la rencontre des véhicules de toutes sortes qui entraient et sortaient par la même issue.
- Enfin, les voyageurs (piétons) airivant par les trains de grandes lignes peuvent sortir de la gare par la nouvelle porte de 1 impasse d’Amsterdam ; cette nouvelle facilité sera certainement appréciée par les voyageurs se dirigeant vers les quartiers Nord de Paris et auxquels cette issue évite un assez long détour.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- Supplément an nnméro 857 de LA NATURE du 2 novembre 1889
- (uT.:™«) 549' BOITE AUX LETTRES U™.».)
- Lee lettre* et eonmraiiieation* relative* à la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressée* à H. Gaston TISSAlVDIBJt
- 60, rue de Gh&teaudun, à Paris.
- Toutes les communications oui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour ce qui concerne le jeu de paume s’adresser au Cercle du jeu de paume du Luxembourg à Paris ; pour les accessoires du lawn-tennis, à MM. Marchai et Buffard, fabricants de jouets, passage de l’Opéra, à Paris. — Machine à fabriquer les cigarettes : M. Decouflé, constructeur-mécanicien, 6, rue Roger, à Paris. — Le chiffreur universel se trouve chez M. Flamm, 6, cité Trévise, à Paris.
- M. le Dr D., à Draguignan, à propos de l’article que nous avons publié sur l’heure nationale dans notre dernier numéro, nous écrit que la municipalité de Draguignan a adopté l’heure de Paris depuis le 14 juillet dernier.
- M. L. Grelle, à Vesoul, nous fait savoir que depuis le 1er octobre, les horloges publiques de Vesoul indiquent l’heure de Paris.
- M. Couturier, à Andrésy, nous informe que dans l’Oise il a été pris, l’été dernier, des saumons de Californie de 5 à 10 kilogrammes et de 0,50 m à 0,75 m de longueur. Ce fait vient appuyer et confirmer ce que nous avons dit dans un précédent article au sujet des essais d’acclimatation de ce poisson dans nos rivières.
- M. H. Allard, à Troves. — Il suffit de mettre un électro-aimant en regard avec une armature de fer sur la porte : un contact à distance vous permettra de fermer à volonté.
- M. L. Perissé, à Paris. — M. Derogy, 35, quai de l’Horloge.
- M. Grapin, à Paris. — 1° Pile rotative Bazin, 10, place Pereire.
- — 2° Pile O’Keenan, chez M. Mors, 8, avenue de l’Opéra; ou pile Radiguet, 17, boulevard des Filles-du-Calvaire.
- ‘"'M. E. M., à Saint-Brieuc. — L’adresse est donnée en tête de la Boîte aux lettres du numéro que vous mentionnez.
- M. G. C., à Troyes. — Nous allons étudier la question et nous vous répondrons.
- M. J. Beruch, à Zara. — Les eaux souterraines, par M. Dau-brée, à la librairie Dunod, quai des Augustins, à Paris.
- M. R. Layer, à Rouen. — La veilleuse-horloge était fabriquée autrefois par M. Laverne, 10, rue de Malte, à Paris.
- M. A. Leroy, à Paris. — On sait que les rails existaient au commencement de ce siècle ; nous avons cité des exemples du seizième siècle, parce qu’ils sont peu connus. Agréez nos remerciements.
- M. F. Fierro, à Malaga. — Zincs pour piles Leclanché : maison Leclanché et Cî#, 116, rue Truffaut, Société anonyme des mines de la Vieille-Montagne, 19, rue Richer, à Paris.
- M. H. C., à Gisors. — Avec des mesures de prudence et de précaution, il n’y a aucun danger à se servir de ces voitures à vapeur.
- M. Colvis, à Jarville. — Le baromètre que vous indiquez est d’une construction simple, mais il présente de nombreux inconvénients.
- M. J. Roux, à Toulon. — Non ; ces catalogues n’existent pas. Adressez-vous à la Compagnie des chemins de fer du Nord.
- M. A. Houriez, à Albert. — Nous ne saurions vous renseigner; il faudrait faire quelques essais.
- M. A. Blanc, à Lyon. — 1° L’ombromanie a été traitée dans le n*760, du 23 décembre 1887, p. 55, et dans le n° 777,du21 avril 1888, p. 321. — 2° Adressez-vous à la librairie Masson.
- M. J. Kempf, à Moyenmoutier. — 10 Les compagnies d’électricilé font presque toutes des transmissions de force motrice à distance.
- — 2° Nous avons déjà décrit de nombreuses installations.
- ’ M. Birraux, à Seyssel. — Vous trouverez des traités sur les chaudières à la librairie E. Bernard ou Dunod, quai des Augustins, à Paris.
- M. A. F., à Paris. — Adressez-vous au secrétaire de la Société d’amateurs de photographie, M. Mareschal, 22, avenue Carnot.
- M. Rieffel ou Cottard, à Paris. — Nous utiliserons la communication de votre première lettre; il n’y a pas de substance qui réponde à la question posée dans la seconde.
- M. E. Richard, à Pont-Sainte-Maxence. — Nous ne pouvons vous indiquer aucun procédé spécial.
- M. Lehup, à Versailles. — Les pédales pour machines à coudre sont au premier étage de la galerie des machines ; vous les trouverez en prenant l’escalier qui est à la sortie de la galerie centrale et qui donne dans le Palais des Machines.
- M. J. Fesser, à la Côte-Saint-Ândré. — Aucune adresse spéciale.
- Un abonné, à Saint-Pol-sur-Mer. — 1° On avait comparé, en elfet, la puissance» d’une machine à la puissance d’un cheval. — 2“ On ne peut se procurer ces ingrédients.
- M. L. Guette, à Bordeaux. — Employez du sable fin additionné -de quelques gouttes de vinaigre.
- M. A. P., à Alger. — Nous avons indiqué à plusieurs reprises des traités de vélocipédie; voyez les Boîtes aux lettres précédentes.
- M. E. D,, à Lima. — H n’y a eu que des expériences de labora-
- toire à ce sujet; mais on n’a encore fait aucune application industrielle.
- M. A. Meyer, à Saint-Maurice-lès-Lille. — 1° Cet ouvrage se trouve à la librairie Dunod indiquée plus haut. — 2° Aucune explication n’a été donnée à ce sujet.
- M. A. V., à Boulogne-sur-Mer. — La machine électrostatique de Wimshurst a été décrite dans le n° 753, du 5 novembre 1887, p. 359.
- M. R. S. E., à Ténériffe. — 1° Ce procédé serait difficile à réaliser. — 2° Cette expérience a été décrite dans La Nature.
- M. D. L., h Remedios (Cuba). — 1° Lampes à incandescence • Compagnie Edison-Swan, 1, rue Le Peletier. — 2° Voyez aux Annonces.
- M. H. A., à Compïègne. — 1“ Nous ne connaissons pas l’éditeur de ces ouvrages. — 2* Pas de traduction.
- M. F. Cadet de G., à Paris. — Quelques-uns de nos lecteurs ont réussi ; il n’y a pas de documents plus complets.
- M. J. P., À Paris. — Il existe de nombreuses fabriques pour les timbres en caoutchouc ; nous ne pouvons vous indiquer une adresse en particulier.
- M. A. Cazeneuve, à Montrejeau. — Nous n’avons pas d’autre recette pour la soudure à froid que celle que nous avons indiquée.
- M. C. Maire, aux Trois-Rivières. — Ces phénomènes de réduction par la lumière sur les couleurs des végétaux sont connus ; ils offrent assurément de l’intérêt.
- M. E. I., à X. — M. Clifford Smith, 8, rue de Trévise, à Paris.
- M. A. Lugadet, à Paris. — Album du menuisier parisien, Le menuisier moderne, par Guilmard, à la Librairie E. Lacroix, 112, boulevard de Vaugirard.
- M. E. Zénon, à Ecaussines. — Manuel médical d’hydrothérapie, par le I)r Beni-Barde, à la librairie Masson.
- M. C. Handel, à Le'vallois-Perret. — Voyez dans le petit livre La Science pratique les moyens de fixer les bandes de caoutchouc sur les roues de vélocipèdes.
- M. I. A. B., à Nancy. — Consultez les divers procédés que nous avons indiqués, pour la conservation du linge, dans le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. Ch. de Mesmaeker, à Mons. — Pas d’adresse spéciale à vous indiquer.
- Un lecteur, à Ponta-del-Gada ; M. F. Witz, à Barcelone.—Remerciements pour vos communications.
- M. Chavaroche, à Paris. — Lampes à incandescence pour bijoux : M. G. Trouvé, 14, rue Vivienne, à Paris.
- M. A. Taluffe, à Mantes. — Nous ne connaissons pas cette fabrication ; nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. le commandant T., à Tours. — Nous n’avons pas entendu parler de l’inventeur en question; mais nous vous signalerons les excellentes méthodes de mnémotechnie de M. Guyot-Daubès, boule* vard Montparnasse, 166, à Paris.
- M. R., à T. — 11 faut présenter cette machine aux sociétés savantes; adressez-vous aux secrétariats de la Société d’encouragement, et de la Société internationale des électriciens, à Paris.
- M. F. J., à Amiens. — 1" Montre observateur : M. A. Schwob, 19, boulevard Bonne-Nouvelle, à Paris. — 2° M. E. Lippmann, 56, rue Chabrol, à Paris.
- M. J. Thévin. à Paris. — Adressez-vous à MM. Vilmorin-Andrieux, 4, quai de la Mégisserie.
- AI. P. Charpentier, à Paris. — Les conditions que vous énoncez sont en effet celles qui s’imposent pour les compteurs de voitures de places.
- M. C. Assemaet, à Abbeville. — Nous avons fait quelques recherches, mais nous n’avons pu nous procurer la composition de ce liquide.
- M. A. F., à Paris. — On garnit les ouvertures de morceaux de verre, et on les ferme extérieurement.
- M. D., h Valenciennes. — Il ne faut pas ajouter foi aux réclames que vous avez lues.
- M. le Dr C. D., h D. — Nous ne saurions donner les prix des appareils; car souvent ces prix sont variables avec les dimensions, le but, etc. La Nature aurait l’aspect d’un prospectus.
- M. H. Geoffroy, à Paris. — Nous allons examiner ce système et nous le décrirons s’il y a lieu. ‘ -
- M. Boulay, à Rennes. — 1° Procédés très variables suivant la nature des pièces à polir. — 2° A la librairie Michelet, à Paris. — 3° Effacez à la potasse.
- M. V. P., à Limoux; M. C. Gaillard, à Grand-Serre. — Pour ce qui concerne les renseignements relatifs au concours de compteurs
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- de voitures, il faut vous adresser à la sous-direction des travaux de Paris. (Hôtel de ville, bureau du contrôle des voitures.)
- M. P. C., h Nantes. — l°Pas de procédé spécial. — 2® Adressez-vous à des joailleries. — 3® On emploie un régulateur de température.
- M. E. de Champgrand, à Arcachon. — La description du port de Calais a été donnée dans le n® 805, du 3 novembre 1888'et p. 365; et dans le n® 807, du 17 novembre 1888, p. 387.
- M. P. Fernand, à Paris. — Vous trouverez des documents dans . le Dictionnaire de chimie de Wurlz, à la librairie Hachette.
- I M. H. des Sablons, à Paris. —• 11 faudrait pouvoir examiner vos . produits pour vous répondre ; plusieurs de nos lecteurs ont employé ce virage avec succès.
- M. Brezinski, à Paris. —- Consultez le Formulaire pratique de i l'électricien. (G. Masson, éditeur.)
- M. Jobert, à Saint-Florentin. — Association française pour , j l'avancement des sciences : hôtel des Sociétés savantes, rue Ser-|l|' pente, à Paris.
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- ,>
- î" Récréation géométrique. — Etant donnés une carte de j|1 visite et des ciseaux, s'en servir pour faire la démonstration du ,.i( théorème du carré de l'hypoténuse. — Coupez la carte de manière à en conserver un carré parfait ABCD. Coupez ce carré suivant BE, l c’est-à-dire par le sommet B et un point E quelconque pris sur AD.
- ’i’
- 11
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- i. •
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- "(
- > Coupez ensuite par les sommels A et C, suivant AF et CG, perpen-
- j diculaires sur BE. Détachez du carré le triangle X et placez-le en
- il haut de la figure, AB coïncidant avec CD. Détachez de même le
- , i triangle Y (qui est égal au triangle X) et mettez-le à gauche de la
- 11 figure de manière que CB vienne en AB. Coupez ce triangle suivant EH, prolongement de GE. Vous obtiendrez ainsi la figure de droite 1 résentant deux carrés qui sont précisément ceux construits sur les eux côtés de l’angle droit du triangle X, tandis qu’en remettant à leur place primitive le triangle X et les deux morceaux du triangle Y, vous reconstituerez le grand carré ABCD qui est celui construit sur lj l’hypoténuse du triangle X. En conséquence, vous pouvez, en quatre 1 coups de ciseaux, couper une carte carrée de manière à former, à volonté, soit le grand carré, soit les deux petits carrés construits j( sur les trois côtés d’un triangle rectangle, ce triangle étant repré-, j senté lui-même par un des cinq morceaux de la carte. (Communiqué par M. Ferdinand Cruls, maître de topographie à l’Université de Gand.)
- tourner la partie mobile jusqu’à ce que la lettre Z vienne se placer au-dessous de la lettre B. On ferait de même pour toute autre clé choisie (clé de lettres ou de chiffres). Ainsi, avec la clé B/Z les lettres Z, I, D, R, etc., du cercle intérieur correspondront aux lettrés B, C, D, E, etc., etc., du cercle extérieur, et on écrit alors pour les lettres à chiffrer du cercle extérieur, les lettres correspondantes du cercle intérieur.
- «. Exemple : Clé B/Z Je pars demain ..... »
- Br apmf drnpwe
- La lettre ou la dépêche peut,être composée alternativement de lettres et de chiffres, puisqué l’on peut substituer à chaque lettre le nombre correspondant.
- b. Exemple : Clé A/M suis arrivé ,
- 021pl5 m25bllel8
- Par ce moyen on évite la répétition successive de deux mêmes lettres dans un mot. Si l’on choisit des chiffres comme clé, on procède comme dans le cas a, le premier nombre figurant sur la partie fixe (cercle de chiffres extérieur) et le second sur la partie mobile (cercle intérieur ou cercle chiffreur).
- c. Exemple : Clé 10/32
- Venez 11 1/2 matin
- 33 25 23 25 17 14 24 27 12 31 24 29 26 23
- La personne qui recevrait ce télégramme serait nécessairement portée à traduire 11 1/2 par les lettres, mais comme elle formerait
- Chiffreur universel permettant d’assurer le secret des correspondances.
- un mot n’ayant aucune signification, elle devra alors, dans un cas analogue, employer les chiffres du cercle extérieur. Si l’on craignait, en employant une seule clé, que le premier mot ne fût compris par un tiers et qu’à l’aide de ce premier mot, il pût deviner tout le reste de la dépêche, on peut établir une combinaison plus difficile encore et stipuler, par exemple, qu’on aura une clé spéciale pour chaque mot. De la sorte chaque mot aurait sa propre clé.
- On voit, d’après ce qui précède, que les combinaisons relatives à la clé et à ses modifications peuvent varier à t’infini, et qù’il est impossible à quiconque n’est pas initié dans le secret de déchiffrer la correspondance.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- j lie chiffreur universel. — Le petit appareil que nous repré-! sentons ci-contre permet d’établir une correspondance sans que
- j nul autre que ceux qui ont la clef puisse comprendre cette corres-
- j poqdance. Le chiffeur universel, ainsi nomme par son inventeur,
- j M. Flamm, sert aux communications secrètes et peut être utile à
- : l’armée ou au commerce. Cet appareil se compose de deux parties :
- I l’une fixe et l’autre mobile.
- La partie extérieure, ou fixe, renferme une série de chiffres ainsi qu’un tiret (—) et un point d’interrogation (?). (Le tiret sert unique-' ment à former les fractions.) Immédiatement au-dessous se trouvent | , placées les letlres de l’alphabet dans leur ordre naturel, à l’exception ; ' ‘ de la lettre y, une série de nombres, tous de deux chiffres, et au-dessous desquels se trouvent aussi les lettres de l’alphabet, mais non dans leur ordre naturel. Cette partie sert à indiquer les lettres ou chiffres de la partie extérieure fixe. Exemple : deux personnes ont ! choisi la clé B/Z ; B se trouve sur la partie extérieure fixe et Z se i trouve sur la partie intérieure mobile. Pour avoir la clé, on n’a qu’à
- Procédé pour enlever du bois lès vieilles peintures sèches et vernies.
- On met dans un litre d’eau 31 grammes d’acide sulfurique; on fait fondre dans l’eau 125 grammes de potasse rouge en pierre; quand le tout est mélangé, on le passe à chaud avec une brosse un peu rude : il n’est aucune peinture qui résiste à ce Uniment, et le bois n’en est nullement altéré.
- Manière de blanchir la paille.
- On commence par étendre la paille dans un endroit soigneusement fermé, au miUeu duquel on allume du soufre. Vingt-quatre heures suffisent pour la bien blanchir; mais, pour la rendre souple sans la tacher, on la met pendant trois ou quatre heures dans de grosses toiles mouillées.
- 1 2 La Rédaction «1 l’Administraiion de LA NATURE soat élrangères an serv:ce des Annonces ponr lesquelles on doit s’adresser i l’Office de fuMicité de l’Imprimerie, °,rae deFIeurna
- iJ- AVIS. — La reproduction, sam indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, * né me avec indication de provenance, ri’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 701e bulletin météorologique de la nature
- d'après les observations de m. renoo (parc DE SAOTT-KADR, ALTITUDE : 49 H. 30)
- Octobre 1889. — Semaine du lundi 21 au dimanche 27 Octobre.
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de Bf. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à bonté sèche et è boule monlllée.
- Le baromètre est ramené à O an niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. LE 24, A 2 H. OO M. DD SOIR.
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- j OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE jFRANCE I
- : \\t .*
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES i i’’. - [: Stu • OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 octobre.. . . . 8*,2 S. 0 K Couvert. 4,9 Couv. sauf éclaircies de 17 à 20 b.; pluie jusq. 4 h. 10.
- Mardi 22 7*,9 S. 0 Couvert et pluie. 2,2 Couv. le matin, nuageux le soir, tonnerre à 17 h., puis éclairs au N. N. W., pluie à diverses reprises.
- Mercredi 23 9M S. 2 Couvert. 2,i Couvert le matin, peu nuageux le soir.
- Jeudi 24 . 6*,6 S. W. 2 Couvert, brouillard. 0,0 Couv. de 6 à lili., beau av. et apr., brouillard le matin.
- Vendredi 25 5*,5 N. E. 2 Couvert. 0,0 Couv. jusq. 17 h., beau ens.; brouil. le m.; gel.bl.le s.
- Samedi 26. 5*,3 N. E. 2 Couvert. 0,0 Couv., petite pluie à 12-15 h. et de 16 h. 1/2 à 19 h.
- ] Dimanche 27 13*,0 S. 3 Nuageux. 2,5 Nuag. de 7 h. à 15 h.; couv. le reste du temps; pluie à 1 h. et de 20 h. 50 à 22 h. 30.
- CHRONIQUE météorologique
- Couleur de la mer. — D’après îles observations faites par AI. le D' F. Dntfort, pendant la traversée de l’Atlantique entre Bordeaux et Bueuos-! rres, en novembre 1888, il a été constaté que l’océan Atlantique est, eu aérai, d’un bleu un peu plus pur que celui du lae Léman (à peu près la. inte de la Méditerranée de la côte algérienne). Aux îles du Cap-Vert, le bleu ait absolument pur, de la teinte du sulfate de cuivre ammoniacal.'
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- La vitesse des orages. —On sait qu’en Belgique la vitesse des orages t de 43 kilomètres environ à l’heure. En Hollande, d’après des observations cueillies en 1888, elle est, en moyenne, de 50 kilomètres. En Styrie et en
- Carinthie, d’après [des1 [observations faites en 1886 et en 1887, elle est 'de 29,7 km. Dans l’Allemagne du.Sud, la vitesse des orages est de 41,1 km; en France, de 41,3; en Italie, de 3a,7 ; en Norvège, de 38 kilomètres. *'
- (Ciel et Terre.)] ; • j
- Tremblement de terre et magnétisme. — Les journaux du 27 octobre annoncent qu’un tremblement de terre est survenu sur les bords du détroit des Dardanelles. Le 26 octobre, à 2 heures du matin, Gallipoli, notamment, a beaucoup souffert. Les appareils magnétiques de l’Observatoire du parc Saint-Maur ont subi, au même moment (Il h. 35 m. du soir, le 23 octobre), les vibrations caractéristiques qui ont été Observées déjà à diver-ses reprises lors des tremblements de terre. Tu. Modreaüx
- TEMPERATURE
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- (uTJ™) 550e BOITE AUX LETTRES
- Les lettre» et communication» relative» à la Botte aux lettre» et à la rédaction doivent être adressée» à M. Gaston TISSANDIBIt
- 50, rue de Ch&teaudun, à Pari».
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Monte-escalier, M. J.-A. Amiot, ingénieur civil, 20, rue Choron, à Paris. — Outil pneumatique Mac-Coy, agent pour la France : M. Rapp, 10, rue Nationale, à Argenteuil (Seine-et-Oise).
- M. X., à Bourg-Saint-Andéol, à propos des remèdes contre les brûlures que nous avons indiqués récemment, nous donne la recette d’un mélange d’huile et de craie ; c’est la formule bien connue de l’onguent oleo-calcaire.
- M. F. Noël, à New-York, nous informe qu’il est en ce moment question en Amérique de construire un édifice dans le genre de la Tour Eiffel pour l’Exposition de 1892. Le succès sans précédent de l’admirable Tour Eiffel ne peut laisser dormir en paix les Américains. Un autre lecteur nous adresse d’autre part un projet tout à fait extraordinaire d’une Tour de 500 mètres, articulée sur une base, et dont le sommet pourrait s’abaisser jusqu’au sol! Il y a loin d’un semblable projet à la réalité.
- M. G. D., à Gand. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner; cette adresse n’est pas connue à Paris.
- M. E. Larade, à Saint-Lunaire. — Pour combattre l'humidité des placards, vous pouvez employer du chlorure de calcium placé dans des vases de terre ou des assiettes.
- M. A. H. L., à Cannes; M. P. J., à H. —Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés ; adressez-vous au secrétariat de l’Académie des sciences.
- M. Mathieu, à Paris. — Le téléphone dont vous nous parlez est destiné à l’armée; on ne saurait en donner la description complète, le système étant tenu secret.
- M. X., à Saint-Etienne. — 1° Petits moteurs électriques : ateliers Gramme, 63, rue de Crimée; Trouvé, 14, rue Vivienne ; Société d'éclairage électrique, 250, rue Lecourbe, à Paris. — 2° Employez des piles au bichromate.
- M. L. Calais, à Cette. — Pour ce qui concerne les annonces, il faut vous adresser à l’Office général de publicité, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- L'abonné 815, à Cannes. — 1° Cette odeur ne persisterait pas si la graisse était enlevée par un dissolvant approprié ; l’eau ne dissout pas les corps gras, il faudrait y ajouter de la potasse. — 2° Dictionnaire de chimie de Wurtz, à la librairie Hachette. — 3° Traité élémentaire de l'énergie électrique, actuellement sous presse, à la librairie Masson.
- M. H. Carbonelle, à Calais. — Il serait nécessaire de construire un appareil et de l’expérimenter.
- M. E. C., à Liège. — M. G. Pouzet, 12, quai Saint-Antoine, à Lyon, a établi un calendrier de ce genre; nous l’avons signalé dans une de nos Boîtes aux lettres précédentes.
- M. le Dr Pegoud, à Grenoble. — Vous trouverez de la poudre de magnésium chez M. Cadot, 550, rue Saint-Jacques, à Paris.
- M. J. Botte, à Goritz. — Nous avons décrit l’appareil panoramique du commandant Moëssart; la description est d’ailleurs donnée au complet dans une brochure publiée à la librairie Gauthier-Villars.
- M. E. Frichot, à Dreux. — Les différents modes de chauffage ont leurs avantages et leurs inconvénients, et il est bien difficile de vous conseiller; consultez le Traité du chauffage de M. Joly. (Baudry, éditeur.)
- M. G. Denolly, à Paris. — Adressez-vous aux fabricants de dynamos que nous avons déjà indiqués plusieurs fois.
- Un abonné, aux Sables-d’Olonne; M. J. M., à Gand; M. A. J., à Joignv. — Voyez, dans le petit livre des Recettes et procédés utiles (G. Masson, éditeur), les formules des poudres phosphorescentes.
- M. J. Divoire, à Malines. — Voyez le petit livre de la Science pratique chez le même éditeur.
- M. Van L., à Courtrai. — 1° Procédés pour rendre le bois incombustible dans le livre indiqué ci-dessus. — 2° Deux volumes.
- M. Lartigue, à Courbevoie; M. d’Arratières, à Montpellier; M. Touletier, à Saint-Chamond. — Même réponse pour vos questions.
- M. H. T., à Bonnières. —La photographie moderne, par Albert Londe (G. Masson, éditeur).
- M. A. B., à Zurich. — Nous ne connaissons pas de livres de ce genre.
- M. F. Borel, à Béziers; M. le Dr Beaudet, à Saint-Maixent. — Agréez nos remerciements pour vos communications.
- M. C. 0. R., à Paris. — Regrets de ne pouvoir accepter votre . proposition.
- M. F. C. de G., à Paris. — 1° L’expérience est très curieuse; mais il nous faut d’autres renseignements pour la réussir. — 2° Les
- courants à haute tension ne peuvent produire des effets de ce genre. — 3° Ces adresses ont été données dans les Boîtes aux lettres des numéros où ces jeux sont mentionnés.
- M. Serot, à Saint-Dizier. — Cet appareil devait se fabriquer industriellement, mais le projet de l’inventeur n’a pas eu de suite.
- M. F. V., à Mèze. — Oui; il y a avantage à laisser la pile en charge sur les accumulateurs au moment de l’éclairage, quand on le peut. '
- M. J. M., h Bordeaux. — Votre galvanomètre peut être sensible, mais il entraîne avec lui toutes les erreurs dues aux variations de l’aimant.
- M. S. E., à Calais. — 1° Il existe une série d’appareils montés avec piles Leclanché permettant d’allumer une lampe de quelques bougies en pressant sur une poire; voyez aux annonces. — 2° Non.
- L’abonné 1159, à Evreux. — Votre question ne touche en rien à la science, nous n’avons aucune compétence en matière financière.
- Un abonné, à Bruxelles. — Nous avons reçu votre communication relative à un paradoxe astronomique. La coïncidence que vous indiquez existe; mais il faut remarquer que tout est relatif.
- M. A. T., à Rouen. — Adressez-vous au directeur de l’Ecole libre des sciences politiques, 27, rue Saint-Guillaume, à Paris.
- Un abonné, à X. — La fourrure est endommagée; nous ne croyons pas qu’il y ait de remède.
- M. E. Mejia,‘k Medellin (Colombie) ; M. R. de la Morinerie, à Reims; M. le Dr A. Sarazin, à Monchamps. — Remerciements pour vos communications que nous utiliserons prochainement.
- M. Grimbert, à Paris. — Nous avons déjà parlé des propriétés organoleptiques du sucre en poudre dans La Nature; cependant nous citerons vos intéressantes expériences.
- M. L. Teule, à Soumah. — Nous ne connaissons pas de fabrique pour ces aciers.
- M. G. M., à Lyon. — L’appareil industriel a quelques mètres de hauteur.
- M. G. Onofrio, à Lyon. — 1° Une variante de l’expérience que vous signalez a été décrite dans La Nature; il s’agissait d’enlever un rond de serviette avec le doigt en rotation. — 2° Nous croyons nous rappeler que vous parliez de phénomènes du même genre.
- M. A. B., à. T. —Consultez les traités de chimie industrielle à la librairie Masson et à la librairie Hachette.
- M. L. Bivier, à Neuilly. — Dictionnaire d’électricité, par M. E. Jacquez, à la librairie Michelet, 25, quai des Grands-Augustins.
- RÉPONSES
- Réponse au n° 1286. — On peut faire disparaître les taches de rouille sur les verres des lunettes astronomiques et des jumelles, en mettant ces taches en contact avec de l’acide chlorhydrique additionné d’un peu d’eau. (Communiqué par M. A. Thiéry, à Etréau-pont (Aisne).
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Nouveaux jeux de dominos. — La volte. — Jeu de dominos imaginé par le capitaine Bastoul. — Le but poursuivi est de placer un domino qui s’adapte indifféremment aux deux bouts du jeu, de manière à former un cercle rentrant, c’est-à-dire la figure de manège appelée volte. La volte seule peut clore le coup, ou, comme l’on dit, la reprise. La volte se joue le plus souvent à deux personnes. Chaque joueur prend cinq dominos. Quand on va en remonte (à la pêche), comme il sera expliqué, chacun lève trois dominos. Pour la volte les dés se mêlent, se donnent et se placent à la manière ordinaire. Celui qui a eu la main au coup précédent fait le manège (le ménage) et se sert le dernier. La partie se joue en autant de fois 50 points qu’il y a de joueurs. La partie comporte donc un certain nombre de coups ou reprises. Le joueur qui a en main un dé pouvant fermer le cercle, l’annonce aussitôt, en disant : Volte! et abat ce dé, que ce soit ou non à lui de jouer. Il gagne la reprise, et marque le total des points restant entre les mains de ses adversaires. Il en résulte que si le joueur, dont c’est le tour de poser, a en main deux dés lui permettant de clore la volte, il peut les abattre simultanément; puisqu’il a le droit de poser l’un et d’abattre l’autre aussitôt après. Si un joueur ne peut fournir lorsque c’est son tour de poser, il dit : je me dérobe (je boude) et le tour continue. Si tous les joueurs se dérobent,
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- celui qui, à ce tour, s’est dérobé le premier dit : en remonte, chacun est tenu de prendre trois dés et le jeu reprend comme si personne ne s’était dérobé. Si l’un des joueurs, ayant posé son dernier dé sans clore la volte, n’a plus de dominos, quand son tour revient de poser, il annonce en remonte et chaque joueur doit prendre trois dés au talon. Si, dès le début de la reprise, les dominos d’un joueur forment, en les employant tous, un cercle complet, le joueur annonce : volta prima et gagne la reprise d’emblée. Ce coup n’est valable que si le joueur qui l’annonce n’a encore posé aucun domino. Si, par extraordinaire, plusieurs joueurs faisaient volta prima à la même I .reprise, celui d’entre eux qui aurait le moins de points dans son jeu l serait seul considéré comme gagnant. La volte se joue aussi à quatre : chacun prend alors trois dés et la remonte est de deux. Enfin la volte peut se jouer à trois : on enlève alors le double blanc, chacun ( prend trois dominos et la remonte est de trois.
- 1 Le complément. —Imaginé par Mme Marcelle Bastoul.'— Le , complément se joue à deux, trois ou quatre personnes. Chaque |, i joueur prend sept dés. On ne va pas à la pêche. Le principe de ce M ' jeu est que : un domino étant posé, le suivant complète le nombre ,j' de 6 points. Ainsi, après un 4 il faut un 2 ; après un 3 il faut un 3 ; après un 5 un 1 ; après un 6 un blanc, et après un blanc un 6. Le gagnant est celui qui fait domino, ou, si le jeu est bouché, c’est le 4 joueur entre les mains duquel il reste le plus de points; car on ne décompte pas les dés pour la valeur de leurs points, mais bien pour L celle de leurs compléments à 12 points. Ainsi, dans ce décompte, lf le 4 compte pour 2, le 5 pour 1, etc.... le 0 pour 6 et le 6 pour 0. Ji On doit donc s’efforcer de se défaire des blancs et des plus bas numéros. Enfin le gagnant ajoute à son gain le complément des dés i qui peuvent lui rester en main. Ce jeu offre de nombreuses combi-11 ' naisons et se prête à des calculs plus compliqués que le domino .| ordinaire et le matador.
- 1 La trisection de l’angle. — La trisection^ de l’angle est,
- J comme on sait, un problème géométriquement insoluble. Voici, cependant, un petit appareil nommé trisecteur, qui permet de réa-üser cette opération avec assez d’exactitude et sans trop de tâton-nements. Sur une feuille de bristol on trace une ligne AD que l’on l divise en trois parties égales AB,BC,CD. Sur BD comme diamètre on
- J décrit une demi-circonférence et au point B on élève une perpendi-| culaire BH à DA. On donne à l’appareil la forme_ci-contre. Pour i diviser en trois un angle QOP on fait passer la ligne BD par le som-
- I met O, puis, sans cesser de faire passer BH par O, on amène la demi-it circonférence à être tangente à la ligne OP en ayant soin que le
- I point A soit sur QO; quand cette position est trouvée, on trace OC
- j| et OB qui divisent l’angle en trois parties égales. En effet, en appe-1 lant K le point de tangence de la demi-circonférence sur OP, on voit
- ! que les triangles rectangles OKC,OCB,OBA sont égaux, d’où il suit
- que les trois angles en O sont égaux. C.Q.F.D. (Communiqué par M. L’Esprit, à Paris.)
- Géographie économique de l’Afrique, l’Asie, l’Océanie et l’Amérique, par M. Marcel Dubois. 1 vol. in-18. G. Masson, éditeur. — Paris, 1889.
- Les étoiles filantes et les pierres qui tombent du ciel. 1 vol. in-18 de la Petite Encyclopédie populaire, par Amêdée Guillemin. Hachette, éditeur. — Paris, 1889.
- La civilisation et les grands fleuves historiques, par Léon Metch-nikoff. 1 vol. in-16 avec une préface de M. Elisée Reclus. Hachette, éditeur.— Paris, 1889.
- L’énergie et ses transformations, par R. Colson, capitaine de génie. 1 vol. in-14. G. Carré, éditeur. — Paris, 1889.
- Le Brésil en 1889, avec une carte de l’empire en chromolithographie, publié par les soins du syndicat du comité franco-brésilien, sous la direction de M. F.-J. de Santa-Anna .Nery. 1 vol. in-4°. Delagrave, éditeur. — Paris, 1889.
- La France économique. Statistique raisonnée et comparative, par A. de Foville. 1 vol. in-16. A. Colin et Cie, éditeurs. — Paris, 1889.
- Annuaire général de la brasserie française. 1 vol. in-8°. (G. Masson, éditeur.) — Paris, 1889.
- Annual report ofthe Board of regents ofthe Smithsonian Institution showing the operations, expenditures, and condition of the institution for the year ending june 1886. Part. lre, 1 vol. m-8°. Government printing office. — Washington, 1889.
- Le Japon artistique. Documents d’art et d’industrie réunis par S. Bing. In-4° richement illustré. 22, rue de Provence, à Paris.
- La 18e livraison du Japon artistique contient la seconde partie d’une étude sur la céramique japonaise, écrite par M. Philippe Burty, inspecteur des Beaux-Arts, un des premiers qui surent découvrir les merveilles de l’art japonais, quand ces chefs-d’œuvre n’étaient encore connus du public que sous le nom très vague de chinoiseries. Cette livraison contient, en outre, la série habituelle de 10 planches hors texte, reproduisant des œuvres de l’art japonais.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Remède contre les brûlures.
- Dans les n°' 844 et 854, La Nature donne deux recettes contre les brûlures. En voici encore une autre qui m’a donné de très bons résultats. On prend : saindoux de porc, 100 grammes; camphre pulvérisé, 30 grammes ; essence de myrte, 30 grammes. On fait fondre au bain-marie le saindoux et le camphre ; puis en retirant loin du feu, on verse goutte à goutte l’essence de myrte, jusqu’à ce qu’elle forme une pommade très liante. On applique, avec un pinceau, cette pommade sur la plaie, et on la recouvre d’une feuille de papier Joseph non collé, que l’on change matin et soir. (Communiqué par M. E. Rouquier, à Grasse.)
- Jaune orange.
- On prend une lessive de potasse ou de soude caustique, on la fait bouillir, et on y verse 250 grammes de réalgar (sulfure d’arsenic) ; on laisse à l’ébullition pendant une demi-heure environ, puis on ajoute, en remuant toujours, 125 grammes d’acétate de plomb; on gomme ensuite à la gomme arabique. On passe alors les pièces dans cette teinture. On fait enfin une forte dissolution d’acétate de plomb, par exemple, de 64 grammes par bouteille d’eau tiède; on promène les pièces dedans pour dissoudre la gomme, on rince et on sèche.
- ! BIBLIOGRAPHIE
- ! <
- ' Traité de manœuvre et de matelotage, par Sir George S. Nares-; 1 Traduit de l’anglais et annoté par Edmond Tiret. 1 vol. in-8%
- ; 1 2e édition. Aux bureaux du journal le Yacht. — Paris, 1889.
- I1
- : Li Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces
- Pâte pour blanchir les mains.
- On fait cuire des pommes de terre blanches et très farineuses; on les pèle, on les écrase bien et on les délaye avec un peu de lait; la pâte d’amandes n’est pas meilleure.
- pour lesquelles on doit s’adresser à l’Office de Pnblicité de l’Imprimerie, 9, me de Flenrns
- l AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, ;i. même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- BULLETIN' METtiOKULUlilUUU UE LAlMTUmü
- d’après LES OBSERVATIONS DE X. RENOU (parc DE SAINT-XAUR, ALTITUDE : 49 X. 30)
- Octobre-Novembre 1889. — Semaine du lundi 28 Octobre an dimanche 3 Novembre.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 â 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de X. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. LE 31, A 8 H. 40 M. DD MATIN.
- OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après le bulletin international du bureau central XÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES 1 OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 28 octobre . . . . 11»,7 S. W. 4 Couvert. 11,4 Nuag., beau ap. 18 h., pluie de 3 h. à 7 h.
- Mardi 29 4*,1 S. 0 Beau. *> Beau le m., p. nuageux le s., gelée bl. broüil. léger.
- Mercredi 30 8», 6 S. 1 Couvert» fi Couvert ou très nuageux jusqu’à 21 h., beau après; gouttes à 7 h. 50, halo.
- Jeudi 31 8»,5 S. W. 0 Couvert. » Nuageux jusqu’à 15 h., beau après, averse à 5 h. 15, gelée blanche dans la soirée.
- Vendredi 1" novembre 1",8 S. E. 1 Beau. Û Couvert de 12 h. à 21 h., peu nuageux av. beau après, pluie de 15 h. à 19 h.
- Samedi 2. . 2*,5 S. W. 1 Beau. 4,7 Beau jusqu’à 7 h., nuageux ensuite, averses.
- Dimanche 3 5%9 S. 2 Couvert. 0,9 Couvert ; pluie de 13 h. à 23 b.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Lee inondations en Europe. — Dans noire 700* Bulletin météorologique, nous signalions de grandes inondations en Europe; elles sont loin d’être terminées d’après les nouvelles qui parviennent. En Espagne, à la suite de ! pluies torrentielles dans la province de Murcie, les eaux de la rivière Segura ont débordé le 31 octobre et ont inondé la voie ferrée jusqu'à Alicante. La hauteur des eaux sur la voie a atteint 50 centimètres. Par suit^t de la crue des eaux, des régions entières‘sont inondées dans la Prusse orientale. Les dégâts sont très considérables. A Posen, les rues de la ville basse sont sous l’eau.
- Mais c’est surtout en Italie que les désastres sont plus terribles. A la date du 1"* novembre, on mande de Bologne que le Reno a rompu ses digues en cinq endroits, que le Sillaro a brisé les siennes sur quatre points, et que la Savena a également débordé. La ville de Gento court de sérieux dangers. De Bellune, on télégraphie que trois localités sont inondées. Partout le Pô déborde, ainsi que ses affluents, A Parme et dans la province, le Tarcq et le Parma ont débordé. L’Adige cause des ravages énormes. Toute la ville basse de Vérone est sous l’eau. Mantouo est ravagée dans ses quartiers bas. A Ferrare, le Pô est monté de 2 mètres, tandis que son affluent, le Pamaro, a monté de 16 centimètres par heure. Toute la plaine de Modène est inondée. Les lacs de Côme et Majeur ont débordé et la ville de Côme est inondée.
- TEMPERATURE
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- Supplément au numéro 8S9 de LA KAÏUftE du 16 novembre 1889
- (u.r™«) 551" BOITE AUX LETTRES ( 16 novembre 1881))
- Les lettres et communications relatives à la Boite aux lettres et & la rédaction doivent être adressées à M. Gaston TISSAWDH>
- 50, rue de Ch&teaudun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- * A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'au» lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Indicateur de vitesse ] absolue : MM. Richard frères, 8, impasse Fessard, Paris-Belleville.
- M. P. fi., à Lyon, nous fait remarquer que dans le dernier tirage du 30 octobre des bons de l'Exposition, les numéros qui ont gagné 1000 francs sont tous au-dessus de 500 000 et qu’il y en a quatre de 900 000. Dans les douze numéros sortis les premiers, il n’y a pas de zéro. Il ne faut pas attribuer ces faits à une irrégularité dans le fonctionnement des roues, mais à un simple hasard. On voit parfois, au jeu de la roulette, la rouge ou la noire passer dix, douze fois et plus.
- M. P. Roux, à Paris, nous adresse la photographie d’un nouveau moteur à vapeur adapté à un tricycle. Ce moteur a été construit par un'mécanicien de Charézier. Nous avons déjà signalé dans La Nature de nombreuses applications de ce genre.
- M. Delahaye, à Fourmies (Nord), nous informe du fait suivant u’il a eu l’occasion de constater. Des plantes grasses ont été placées ans une chambre à larges fenêtres. Si ces dernières sont garnies
- !de rideaux de coton ou de soie, les plantes sont en pleine vigueur;
- si ce sont des rideaux de laine, elles dépérissent. On pourrait expli-| quer le fait, il nous semble, en disant que les rideaux de laine, étant 4 plus épais, absorbent plus de lumière que les rideaux de coton et a de soie. Notre correspondant rappelle aussi l’absorption de l’odeur ! de peinture par une botte de foin ; nous avons déjà signalé cette par-| ticularité.
- I M. Boucharel, à Paris. — Il n’y a eu, à notre connaissance, I aucune expérience sérieuse de ce genre.
- 1 M. Magin Pena, à Murcia. — Machines à produire la glace : I MM. Rouart frères, boulevard Richard-Lenoir; Compagnie industrielle des procédés Raoul Pictet, 19, rue de Grammont; machines i Carré, 29, rue de l’Estrapade, à Paris.
- M. Lebon, à Lorient. — 1° M. Pellin, successeur de M. Dubosc, 21, rue de l’Odéon, à Paris. — 2° Bec à incandescence Auer, 42, rue l du Louvre; Electric gas, 33, rue des Bourdonnais, à Paris, i M. J. Antonin, à Paris. — Nous n’avons pas remarqué le régu-I lateur que vous mentionnez.
- I M. Appellit, à Andincourt. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner; il faut consulter les statistiques spéciales qui ont dû être établies pour la traction animale.
- M. A. Pozo, à Coquimbo (Chili). — Des essais de laboratoire seuls 1 peuvent vous fixer à cet égard.
- I M. I. P. C., à Calais. — 1° Non. — 2° La résistance du corps humain est variable. — 3° De la tension. — 4° Le voltage est le seul facteur à considérer, puisque la résistance d’une lampe est bien déterminée à chaud. — 5° Non ; l’intensité diminuant, le travail E11 diminue. — 6° L’intensité est infinie, théoriquement ; la machine brûle. — 7° Il faut des compresseurs.
- M. L. Charvet, 7, place Saint-André, à Grenoble, prie le corres-i pondant de Naples qui, au mois de mai dernier, désirait être ren-j seigné sur la pierre ponce, de s’adresser directement à lui. j M. G. L., à Paris. — Nous avons reçu votre intéressant travail , sur la propagation des ondes électriques; mais le sujet nous paraît ; trop spécial pour La Nature.
- j M. le Dc Loysel, à Cherbourg. — Nous ne savons si ces travaux ont été publiés ; adressez-vous à la librairie Baudry, à Paris.
- M. J. Jauneau, au Voide. — 1° On ne saurait juger un appareil ! de ce genre sans l’expérimenter. — 2® Consultez une agence de brevets.
- M. J. Plassard, à Paris. — 1° L’écume de mer est une roche naturelle, la magnétite des minéralogistes. — 2° Aucune adresse spéciale. — 3° Pas d’autre moyen.
- M. G. C., à Paris. — Nous croyons qu’il s’agit de balles de verre à bouteille, peut-être de verre trempé.
- M. P. Hortu, à Bourges. — Votre lettre a été envoyée à destination.
- ; M. Boissonnel, à Douai. — La maison que vous signalez s’occupe en effet d’installations de ce genre; nous ne pouvons vous fournir ’ de. plus amples renseignements sur le système que nous n’avons pas i expérimenté.
- M. C. Marcon, à Paris. — Nous vous avons répondu dans notre ! 548* Boîte aux lettres, du 26 octobre 1889.
- 11 M. G. Chauveau, à Paris. — La description de la pile légère de l’aérostat dirigeable la France a été donnée dans le n° 785, du î 16 juin 1888, p. 38.
- s L'abonné 345. — Il faut démonter l’appareil et essayer d’insuffler de l’air.
- M. P., à Amiens. — L’expérience que vous nous décrivez est
- plutôt une expérience d’adresse qu’une 'expérience scientifique? agréez nos remerciements.
- Un abonné, à Sabres. — 1° M. Bessemer, le célèbre inventeur, est mort depuis plusieurs années. — 2° Pas d’applications à vous signaler.
- M. P. Dive, à Ustaritz. — Il s’agit de deux procédés distincts.
- M. H. P., à Limoges; M. E. Galloo, à Berques; M. le Dr P. Bernard, à Lille; M.de la Laurencie, à Fleurac; M. Colombier, à Haubourdin. — La pile dont il est question ne répond pas à tous les éloges qu’en font quelques journaux politiques dans des articles de réclame; rien de bien pratique encore.
- M. L. L., à Paris. — Cannes de poche : M. Dubettier, 9, rue Bichat.
- M. J. Wich, à Paris. — 1® Adressez-vous à l'ancienne Société générale des téléphones, 41, rue Caumartin. — 2° 20 francs palan.
- M. C. Thomann, à Courbevoie. — M. Nadar a fait de bonnes photographies du cabinet de Chevreul; vous pourriez vous les procurer chez lui, 51, rue d’Anjou.
- M. F. Bourrin, à Lyon. — Plaques Attout-Tailfèr, 63, rue Mou-lin-de-la-Pointe, à Paris.
- Uti amateur, à Paris; M. F. Serve, à Saint-Etienne. — Pour de petits appareils de mesure, adressez-vous à M. Desruelles, 29, rue de Richelieu.
- M. C. J. Webb, à Londres. — 1° Nous avons dit : à Paris. — 2“ Carnet imprimeur, au Comptoir commercial et industriel, 35, rue des Eperonniers, à Bruxelles.
- Un Brésilien, à Paris. — Leçons de mécanique élémentaire, par MM. Harant et Laffitte, à la librairie Dunod.
- M. L. P., à Bilbao. — Figures en relief de géométrie dans l’espace : M. Bouzendroffer, 130, rue du Bac, ou M. Morin, 3, rue Boursault, à Paris.
- M. T. Santy, à Port-au-Prince. — Piles du commandant Renard : MM. Aron frères, 152, rue de Turenne, à Paris.
- M. J. K., à Strasbourg. — Vous pouvez très bien faire des clichés posés avec des plaques pour instantanés.
- M. A. P., à Chalon-sur-Saône. — Il n’y a pas de préparation spéciale pour les électrodes des voltamètres; les plaques de cuivre doivent seulement être bien décapées.
- Un abonné, à Porto. — Nous ne savons pas de quel objet il s’agit; voulez-vous nous le définir en quelques mots. Nous vous répondrons.
- M. L. Laffitte, à Marseille. — Vous trouverez des renseignements sur ce? plantes dans des traités spéciaux de botanique ou de médecine (toxicologie et autres) à la librairie Masson.
- M. Bêchez, à Montpellier. — Pas d’adresse à vous indiquer.
- M. Muudausel, à Batavia. — Un petit microscope ordinaire, appelé compte-fils, vous permettra, avec un peu d’habitude, de distinguer dans la toile les fibres du coton.
- M. J. Wève, à Nimègue. — Nous avons indiqué l’éditeur dans la 540* Boîte aux lettres, du 31 août 1889.
- M. J. Camus, à Modène. — Remerciements pour votre communication fort intéressante, mais nous ne saurions revenir sur le même sujet ; il y a beaucoup de variantes de ce petit problème.
- M. M. Couturier, à Paris. — Les faits que vous nous signalez peuvent s’expliquer par la réflexion de la lumière sur le cône en verre et sur l’abat-jour après. La couleur de la lumière réfléchie est due à des phénomènes d’absorption et de réfraction intervenant dans la réflexion.
- M. J. Scotte, à Epernay. — Nous n’avons entendu parler d’aucune nouvelle application de ce genre.
- Un lecteur, à La Chaux-de-Fonds. — Nous avons indiqué précédemment les fondations élastiques deM. Anthoni, à Levallois-Perret ; voyez le n" 810, du 8 décembre 1888, p. 21 de La Nature.
- M. C. Veragen, à Paris. — Le mode de fondation élastique dont nous venons de parler pourrait vous convenir.
- M. Léon Doudey, à Aulnay. — Il vous faut employer 30 Bunsen ou 30 piles au bichromate pouvant débiter 5 ampères ; 25 petits accumulateurs rempliraient le même but et vous auriez l’avantage de pouvoir les charger successivement avec quelques éléments au bichromate seulement.
- M. H. Tomt, à Anvers. — Nous regrettons de ne pouvoir vous fournir ces renseignements; adressez-vous aux grandes maisons de quincaillerie en Belgique.
- M. P. Gent, à Paris. — Pas de livres spéciaux à vous désigner.
- M. Janet, àCuisery. — Remerciements pour vos communications.
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- M. Biron, à Toulon. — 1° Chez MM. Poulenc frères, 92, rue VieiUe-du-TempIe, à Paris. — 2° Pas d’adresse spéciale.
- M. A. Chaveron, à Dunkerque. — L’adresse à laquelle on peut se procurer l’outil pneumatique Mac-Coy, que nous avons décrit dans notre dernier numéro, est donnée dans la 550“ Boîte aux lettres (9 novembre 1889).
- M. le Dc Ricard, à Agen; M. P. M., au camp de Châlons. — Consultez le livre les Vernis, à la librairie encyclopédique Roret, rue Hautefeuille, à Paris.
- il. Ch Kœchlin, à La Haye. — Cette expérience se fait au moyen de chaises articulées qui permettent de sortir et d’entrer dans les cordes.
- M. E. Lassaque, à Villeneuve-sur-Lot. — 1° Le fait de l’homme brûlé par l’électricité à New-York est parfaitement exact. Il est probable que les fils se sont touchés et ont déterminé une étincelle qui a communiqué le feu aux vêtements de l’ouvrier. 11 peut arriver que par suite d’une forte étincelle il y ait incendie. — 2° Remerciements pout vos recettes.
- M. Ê. Fergeau, à Paris. — Il est difficile, en effet, de se servir du microscope à renversement; il existe un dispositif plus commode qui a été décrit dans un livre déjà ancien.
- M. //. B., à Evreux. — 1° Les numéros sont épuisés à la librairie Masson, mais vous pouvez vous procurer le volume qui les contient. — 2° 16 francs.
- M. G. Van Bever, à Malines. — Il n’y a pas de constructeur spécial.* ' > .
- M. B. de Ligonnis, à Saint-Quentin. — Il s’agit d'un truc créé jadis par Robert-Houdin qui n’avait aucune prétention comme magnétiseur.
- M. Ch. W., p Rouen. — Ces machines n’ont pas été décrites dans le journal.
- M. L, P., à Marseille.Pas de traité; de ce genre.
- M. (EN., à Pontoise; M. J. Fardel, à Lille; Al. E. Poney, à Genève; M. J. P., h Paris. — Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. X., à L. — 1° Traité des machines dynamo-électriques, par M. R. V. Picou, à la librairie Baudry. — 2° Prix ; 16 francs. — 5° Traité des piles électriques, par Niaudet, à la même librairie.
- M. C. Sevin, à Paris. — 1° 11 faut faire le mélange des substances avec précaution. — 2° La formule de l’encre bleue pour tampons est bien donnée dans le petit livre en question.
- Jlf. Cadet dé Gassicourt, à Pans. — Remerciements pour vos intéressantes expériences que nous publierons prochainement.
- M. A. F., h Nîmes. — 1° Peinture rouge ordinaire ou brun Brunswick. — 2° Dans votre cas particulier, il faut reliér entre eux les extrémités U et A', et joindre les extrémités A et H' à chacun des balais.
- M. Lazerat, à Paris. — Nous pensons que ces pièces sont brasées
- M. C., à Castres. — Transmission de Vénergie électrique, les moteurs, par G. Kapp, traduction de M. E. Boistel, à la librairie G. Carré, rue Saint-André-des-Arts, à Paris.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Cours du Conservatoire national des arts et utétfers.
- PARIS. — AXNÉE 1889-1890.
- Géométrie appliquée aux arts. — Les lundis et jeudis, à neuf heures du soir. — M. A. Laussedat, professeur. Le cours ouvrira le lundi 11 novembre. — Cinématique. — Classification des mécanismes. — Etude géométrique des organes qui servent à la transformation des mouvements : engrenages, cames, excentriques, articulations, échappements, encliquetages. — Compteurs. — Instruments enregistreurs.
- Géométrie descriptive. — Les lundis et jeudis, à sept heures trois quarts du soir. — M. E. Rouché, professeur. — Le cours ouvrira le lundi 11 novembre. — La ligne droite et le plan. — Les surfaces réglées et les surfaces de révolution. — Les ombres linéaires.
- Mécanique appliquée aux arts. — Les lundis et jeudis, à sept heures trois quarts du soir. — M. J. Hirsch, professeur. Le cours ouvrira le lundi 11 novembre. — La mécanique à l’Exposition de 1889. — Machines motrices. — Transmission dq travail. — Pompes. — Compresseurs. — Appareils de levage, etc.
- Constructions civiles. — Les mercredis et samedis, à sept heures trois quarts du soir. — M. Emile Trf.lat, professeur. Le cours ouvrira le mercredi 13 novembre. — La salubrité dans les constructions. — Les cinq facteurs de la salubrité : air, lumière, chaleur, eau, sol. — Leur introduction ou leur utilisation dans la maison, les lieux de réunion, la ville.
- Physique appliquée aux arts. — Les mercredis et samedis, à neuf heures du soir. — M. E. Becquerel, professeur; M. H. Bec
- qüerel, suppléant. Le cours ouvrira le mercredi 13 novembre.______
- Principes fondamentaux de la physique. — Applications diverses de la chaleur; formation des vapeurs; emploi de leur force élastique; sources de chaleur et de froid; chauffage; ventilation. —Acoustique ; production et propagation des sons ; téléphone : phonographe.
- — Sources de lumière ; éclairage ; analyse spectrale. — Instruments d'optique.
- Chimie générale dans ses rapports avec l’industrie. — Les mardis et vendredis, à neuf heures du soir. — M. N..., professeur. — Une affiche spéciale annoncera l’ouverture du cours.
- Chimie industrielle. — Les lundis et jeudis, à neuf heures du soir. — M. Aimé Girard, professeur. — Un avis ultérieur annoncera l’ouverture du cours. — Matières végétales. — Légumes et fruits, leur composition, leur valeur alimentaire. — Procédés de conservation. — Céréales. — Mouture des grains. — Outillage et procédés de la meunerie moderne. — Farines. — Pain et biscuits. — Pâtes alimentaires.
- Chimie appliquée aux industries de la teinture, de la céramique et de la verrerie. — Les lundis et jeudis, à sept heures trois quarts du soir. — M. Y. de Luynes, professeur. Le cours ouvrira le lundi II novembre. — Des verres. — Eléments, propriétés, fabrication. — Fours. — Soufflage, moulage, coulage. — Verres colorés, émaux. — Décoration, taille, gravure. — Vitraux. — Des poteries.
- — Matières premières, argiles. — Préparation, façonnage, travail des pâtes céramiques. — Cuisson, décoration des poteries.
- Chimie agricole et analyse chimique. — Les mercredis et samedis, à neuf heures du soir. — M. Th. Schlobsing, professeur. Le cours ouvrira le mercredi 13 novembre. — Engrais, amendements.
- — Alimentation rationnelle du bétail. — Méthodes gazométriques.
- — Analyse appliquée aux matières végétales.
- Agriculture. — Les mardis et vendredis, à sept heures trois quarts du soir. — M. E. Lecouteux, professeur. Le cours ouvrira le ! mardi 19 novembre. —L’agriculture dans ses rapports avec le cli mat, le sol, les débouchés, la population, les capitaux. — Etude spéciale des baux à ferme, du métayage, du faire-valoir direct. — L’agriculture à l’Exposition universelle de 1889.
- Travaux agricoles et génie rural. — Les mercredis et samedis, à sept heures trois quarts du soir. — M. Ch. de Combehoossb, professeur. Le cours ouvrira le mercredi 13 novembre. Introduction : La ville et la campagne. — Tableau de la production et de la culture françaises. — Les progrès nécessaires. — Description et étude spéciale de la ferme. — Bâtiments ruraux. — Eléments et conditions de leur construction. — Notions sur la résistance des matériaux. — Dépendances de la ferme : logements et hygiène générale des animaux. — Ecuries, étables, bergeries. — La basse-cour, le poulailler et le colombier. — Le lait et ses transformations. — La laiterie et la fromagerie. — Les associations fruitières.
- Filature et tissage. — Les lundis et jeudis, à neuf heures du soir. — M. J. Imbs, professeur. Le cours ouvrira le lundi 11 novembre. — Méthodes et matériel du peignage. — Opérations subsé-
- 3uentes. — Méthodes et matériel du filage. — Retordage et apprêts ns fils. — Fils façonnés. — La classe 54 à l’Exposition de 1889. — Tissus feutres.
- Economie politique et législation industrielle. — Les mardis et vendredis, à sept heures trois quarts du soir. — M. E. Levasseur, professeur. Le cours ouvrira le mardi 12 novembre. — Circulation des richesses. — Valeur. — Métaux précieux et monnaie. — Histoire des prix. — Cherté et bon marché. — Crédit et banques. — Influence des moyens de communication. — Commerce, traités de commerce et tarifs douaniers.
- Economie industrielle et statistique. — Les mardis et vendredis, à neuf heures du soir. — M. A. de Foville, professeur. Le cours ouvrira le mardi 12 novembre. — Voies et moyens de transport. — Moteurs et véhicules. — Routes et voitures publiques. — Chemins de fer. — Navigation intérieure. — Navigation maritime. — Postes et télégraphes. — Conséquences économiques et sociales de. la transformation des moyens de transport.
- Droit commercial. — Les mercredis et samedis, à sept heures trois quarts du soir. — M. F. Malapert, professeur. Le cours ouvrira le mercredi 13 novembre. — Tribunaux de commerce : organisation, compétence, procédure. — Prud’hommes. — Arbitrages. — Contrats et obligations. -— Contrats commerciaux. — Louage d’industrie ; travaux publics ; concession et exploitation des chemins de fer. — Effets de commerce.
- Le Directeur du Conservatoire national des arts et métiers,
- A. LAUSSEDAT.
- Lt Rédaction et l'Administration de LA NATURE sont étrangères tn service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser i l’Office de Publicité de l'Imprimerie, 9, me de Flenrns
- AYIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des iUustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur. '
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- B’aPRÈS LES OBSERVATIONS DE N. RBNOü (PARC DE SAINT-MAUR, ALTITUDE : 49 H. 30)
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- Novembre 1889. — Semaine dn lundi 4 an dimanche 10 Novembre.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de M. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE ! P. L. LE 7, A 4 H. 15 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après le bulletin international du bureau central météorologique de fràncb
- JOURS l 1 THERMOMÈTRE 1 ! i VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 1 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES ;
- Lundi 4 novembre . . 10% I S. W. 2 Couvert. 6,9 Couvert sauf quelques éclaircies.
- Mardi 5 8%2 N. 0 Couvert. 0,9 Couvert, pluie à plusieurs reprises.
- Mercredi 6. ...... 3%1 N. N. E. 2 Beau. 2,6 Quelques nuages, gelée blanche.
- Jeudi 7 - 0%i N. N. W. 0 Brouillard, beau. 0,0 Beau jusq. 19 h., couvert ensuite, brouillard ie matin.
- Vendredi 8 7%8 S. 0 Brouillard, couvert 0,0 Couv., bruine la moitié du temps, brouill. ou tr. bruni.
- Samedi 9 9”,5 S. W. 1 Couvert. 0,3 Couv., un peu de bruine, petit brouillard av. le jour.
- Dimanche 10 9,7 Unîmes Couvert. 0,0 Couv. bruine de 7J). à 11 b.; broir.il. 1cm. puis tr. brum. 1
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Résumé des observations météorologiques faites au pare de Saint-Maur en octobre 1899
- par M. E. Resou.
- Moyenne barométrique à midi, 752",87; minimum le 21, à 4 heures du matin, 759",25; maximum, le 25, à 11 heures du malin, 761”“.93.
- Moyennes thermomélriques : des minima 6*, 13; des maxima, 14%56; du mois, lüu,24; moyenne vraie des 24 heures, 9'.50. Minimum le 15, au matin, 0°,8 (0%9, le 14 au matin). Maximum les 16 et 27 dans l’après-midi, 17”,9. Il y a eu 6 jours de gelée blanche.
- Tension moyenne de la vapeur, 7",58; la plus faible, les 14 et 15 à 6 heures du matin, 5",0; la plus forte, le 7, à midi, 10",9. Humidité relative, 86; la plus faible, le 15, à 1 heure et à 3 heures du soir, 45; la plus forte, 100, en 20 jours.
- Pluie 81",6 en 61 heures réparties en 19 jours.
- Orages les 9, à 5 heures du soir avec pluie de l4““',2, et 22 à la même heüre
- Nébulosité, 63. 11 y a eu 4 jours de brouillard, dont 2 seulement notables, les 14 et 24.
- Température moyenne de la Marne, 11#,47, sa température a décru presque régulièrement de 12'*,83 le 1" à 10’,03 le 26; elle a remonté ensuite de quelques dixièmes. Elle est restée presque toujours très claire et à un niveau bas et constant. 1
- Le vent a été presque constamment du S. au &W. U n’a été fort .que peu % de temps, le 9, à 1 heure du matin.
- Relativement-aux moyennes normales, le mois d’octobre 1889 présente les résultats suivants ;
- Baromètre plus bas de 4””,15; thermomètre plus bas de 0°,98; tension de la vapeur moindre de 0““,42. Humidité relative moindre de 1. Pluie plus forte » de 29",6. Nébulosité plus grande de 2. 1
- Le topinariibour a fleuri le 12; une fleur du chimonanthus flagrans s’e.st ouverte le 27. Les-dernières hirondelles ont été vues le 18. ,.
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- TEMPÉRATURE
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- G. MASSON, ÉDITEUR, 120, BGüLZYÀRD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- OUVRAGES NOUVEAUX
- La librairie G. Masson a mis en vente pendant le mois d’octobre :
- Le vol des oiseaux, par E.-J. Marey, membre de l’Institut et de l’Académie de médecine, professeur au collège de France. 1 fort volume in-8% avec 1 planche et 164 figures dans le texte. ... 10 fr.
- I Précis d'anatomie pathologique, par L. Bard, professeur agrégé à i la Faculté de médecine de Lyon, chef des travaux pratiques d’anatomie pathologique, médecin des hôpitaux. 1 vol. in-18 diamant, I avec 120 figures dans le texte........................... 7 fr. 50
- |i Manuel de diagnostic médical et d'exploration clinique, _ par P. Spillmann, professeur de clinique médicale à la Faculté de 1 médecine de Nancy, et P. Hausalter, chef de clinique médicale.
- J.il 2* édition entièrement refondue, avec 89 figures dans le texte,
- i 1 1 vol. in-18 diamant......................................0 fr*
- ; 1 La chimie contemporaine. Système atomique. Théorie et notations. I- ! Comparaison avec les équivalents, par le Dr A. Frébault, pharma-
- \ cien de 1" classe, professeur de chimie à l’Ecole de plein exercice
- i( de médecine et de pharmacie de Toulouse. 1 vol. in-8“. . 8 fr.
- i|‘ Traité de la culture fruitière commerciale et bourgeoise, par i Charles Baltet, horticulteur à Troyes. 2" édition, entièrement refondue. 1 volume in-18 avec 350 figures dans le texte. 6 fr.
- 11 Bromeliacea Andrenæ, Description et histoire des broméliacées
- V récoltées dans la Colombie, l’Ecuador et le Vénézuela, par Ed.
- , André, rédacteur en chef de la Revue horticole, ancien voyageur
- V botaniste du Gouvernement français dans l’Amérique du Sud.
- ' 1 fort vol. in-4° contenant 39 planches lithographiées et une carte
- [ j, partielle de l’Amérique du Sud. Cartonné...............25 fr.
- , Développement des éléments du système nerveux cérébro-spinal-j Nerfs périphériques, moelle, couches corticales du cerveau et du
- il cervelet, par W. Vignal, docteur ès sciences, répétiteur à l’Ecole
- • des hautes études. 1 vol. grand in-8°, avec 14 planches litho-
- !;i graphiées et figures dans le texte.....................6 fr.
- | | Contribution à l’étude des baciériacêes (schyzomycètes). Le bacille i mesentericus vulgatus, par W. Vignal, docteur ès sciences,
- t: répétiteur à l’Ecole des hautes études. 1 vol. grand in-8°, avec
- !ii 45 figures dans le texte...............................3 fr.
- f( PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- SOMMAIRES
- J Bulletin de la Société chimique de Paris, paraissant le 5 et le 20 de
- j chaque mois.
- i Numéro du 5-20 octobre : Chaleur de combustion de l’isodihutylène et de
- ' l’isotribulylène, par M. Malbot. — Sur l’analyse des méthylanilines, par F. Re-vertin et Ch. de la Harpe. — Sur le dosage de l’acide carbonique des carbonates dans les terres arables, par J.-A. Muller. — Analyse des travaux de chimie.
- Annales de chimie et de physique, paraissant tous les mois (numéro d’octobre). — Recherches sur quelques composés azotés de la série aromatique, par M. P. Petit. — Recherches sur la conductibilité des corps cristallisés (deuxième Mémoire) par M. Jacques Curie. —- Sur l’état de la matière au voisinage du point critique, par MM. Cailletet et Collardeau. — Synthèses au moyen de l’éther èyanacétique. Ethers cyanosuccinique et cyanétricarballyliquc, par MM. A. Haller et L. Barlhe
- L’Électricien, paraissant tous les samedis.
- Numéro du 5 octobre : Les expériences d’essais sur les machines dynamos, par Paul Bary. — Les générateurs électrochimiques, à l’Exposition universelle, par Marcel Gaupillat. — Les applications de l’électricité aux chemins de fer à l'Exposition universelle (suite), par R. Séguéla. — Correspondance : La station électrique de Marienba l, par Fischer. — Faits divers.
- Numéro du 12 octobre : Les définitions fondamentales de la photomélrie, par Louis Weissenbruch. — La science académique. Sur la dénomination de l’unité industrielle du travail. Note de M. II. Resal, par E. Hospitalier. — Les alternateurs Mordey, par G. Roux. — Faits divers.
- Numéro du 19 octobre : Choix des câbles pour courants alternatifs, par Ch. Jacquin. — Lampe à arc Bardon, par J. Laffurgue. — Faits divers : Communication téléphonique entre Londres et Paris. L’état actuel de la traction par accumulateurs. La science de la lumière électrique.
- Numéro du 26 octobre : Mesure de l’isolement dans les stations centrales, par Ch. Jacquin. — La station centrale de Kensington et Knightsbridge à Londres, pur G. Roux. — Nécrologie. — Faits divers.
- Journal de l’agriculture, paraissant tous les samedis. Chaque numéro contient la Chronique agricole de la semaine, le compte rendu de la séance de la Société d’agriculture, celui du marché aux bestiaux de la Villette et la Boîte aux lettres.
- Numéro du 5 octobre : Exposition universelle : Liste des principales récompenses, par Henry Sagnier. — La carie et le charbon des céréales, par Sehribaux. — Les machines agricoles à l’Exposition universelle, XVI, par Henry Sagnier. — Les syndicats agricoles, par François Bernard. — Le calcaire dans Jes terres arables, par A. Bernard. — Situation agricole dans la Nièvre, par Salomon. — Bibliographie agricole, par Henry Sagnier.
- Numéro du 12 octobre : Les vendanges dans l'Hérault, par Coste-Floret. — Valeur fertilisante des scories de déphosphoration, par Hoc. — La pisciculture des eaux douces, par Chabot-Kurlen. —La viticulture à l’Exposition universelle, par Henry Sagnier. — Sur l’influence de l’hérédité, par Sanson de Loncey. — La récolte de 1889 dans le Cher, par Casanova.
- Numéro du 19 octobre : Situation agricole en Alsace, par Paul Muller.___
- La lutte contre le black-rot, par de Dubor. — Etude sur la culture du blé, par Robert et Paul Noël. — Sur la destruction de la cuscute, par Marguerite-Delacharlonny. — Le vitriolage des graines de semences, par Claparède. — Congrès des syndicats de la brasserie française, par Ferlet. — Bibliographie agricole, par Henry Sagnier.
- Numéro du 26 octobre : Etude sur les diverses variétés de blé, par Desprez. — Traitement sur le black-rot en 1889 dans le Lot, par Savre. — Etude sur la culture du blé, par Robert et Paul Noël. — La pisciculture à l’Exposition, par Pagnoul, Bronsvick, de Lentiihac et Dupuy-Montbrnn. — Le recrutement régional, par Boissonnet.
- Revue d’hygiène et de police sanitaire, paraissant tous les mois (numéro du ‘20 oclobre). — L’hygiène à l’Exposition universelle (suite et fin). — Étude sur les circonstances qui peuvent faire varier la richesse des égouts en microbes et leur action nocive (avec figures), par M. le Dr Poincarré. — Revue des journaux. — Variétés.
- CHEMIN DE FER DE PARIS A ORLÉANS
- Échéance de
- lie Directeur de la Compagnie a l’honneur d’informer MM. les porteurs d’obligations que le montant des intérêts semestriels sera payé dans les bureaux du service central, à Paris, 8, rue de Londres, à partir du 2 janvier 1890, savoir :
- Obligations 4 pour 100 d’Orléans (1842 et 1848) et obligations
- d’Orsay (2e série)..........................................25 fr.
- Obligations 3 pour 100 d’Orléans et du Grand Central. . . 7,50
- Sur ce paiement, il sera retenu, pour les impôts établis par la j ! loi du 29 juin 1872 :
- I 1° Pour les obligations 4 pour 100 d’Orléans (1842) et les obliga-
- i tions d’Orsay (2e série) :
- I Net â recevoir.
- 1" Pour les obligations au porteur, 1,99............. 23 fr. 01
- ;1 — nominatives, 0,75................ 24 fr. 25
- II 2’ Pour les obligations 4 pour 100 d’Orléans (1848)
- j1, — au porteur, 1,97................. 23 fr. 03
- « — nominatives, 0,75. ..... 24 fr. 25
- S" Pour les obligations 3 pour 100 d’Orléans et Grand Central:
- i. — au porteur, 0,63.................. 6 fr. 87
- — nominatives, 0,225............. 7 fr. 275
- janvier 1890
- Les coupons ci-dessus désignés pourront être payés à Paris, à partir du 2 novembre prochain, sous une retenue calculée au taux d’escompte de la Banque de France.
- Les titres qui auront usé de la faculté d’escompte ne pourront être présentés au transfert ou à la conversion avant le 2 janvier 1890.
- Les coupons seront payés, dans toutes les gares et stations de la Compagnie d’Orléans et dans les gares principales des Compagnies de P.-L.-M., de l’Est, de l’Ouest et du Midi, ainsi qu’aux guichets de la Société générale et de ses succursales, du Crédit Lyonnais et de ses succursales et de la Société générale de Crédit industriel et commercial.
- Les intérêts seront payés par ces Sociétés de crédit, sans frais pour les porteurs de titres, mais sous déduction des impôts à leur charge. Le paiement aura lieu dans un délai de huit jours au plus tard, à partir de la remise des titres qui ne pourront être escomptés par les-dites Sociétés.
- Paris, le 11 octobre 1889. Le Directeur de la Compagnie,
- Heurteau.
- Paris. — Imprimerie Laliure, rue de Fleurus, 9.
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- Supplément an numéro 860 de LA NATURE du 23 novembre £039
- UT,™) 552‘ BOITE AUX. LETTRES ( 23 novembre i88o)
- Le* lettre* et communication* relative* à la Boite aux lettre* et & la rédaction doivent être adressée* à H. Gaston TISSANDIEB
- 50, rue de Ch&teaudun, à Pari*.
- Toütes les communications qdi concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d'adresse, etc.) doivent être adressé»
- • A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'au» lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison
- LES AUTOGRAPHES DE LA NATURE. — J.-B. Dumas. — Nous avons parlé récemment du grand chimiste en décrivant le monument élevé à sa mémoire. Nous compléterons les documents que nous avons réunis à ce sujet, en publiant l’extrait suivant d’une lettre écrite par J.-B. Dumas, et datée deRoyat, 6 septembre 1881 :
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- !
- j Le regretté secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences a toujours professé un véritable culte pour Lavoisier, et l’on vient de voir par la lettre ci-dessus qu’il avait pieusement visité le château où se ' trouvent de précieuses reliques du fondateur de la chimie moderne.
- , Adresses relatives aux appareils décrits. — La petite machine à écrire de poche se trouve à l’adresse suivante : The miniature pocket type Writer Company, 265, Swan-Arcade, Bradford (Angleterre). — Serrure à chaîne : M. Loyer, 42, rue de l’Echiquier, à Paris. — Serrure à tringle arc-boutant : M. Boyer aîné, 15, carrefour de l’Odéon, à Paris.
- JH. L. S., à Saint-Jean-de-Losne, nous écrit que les sources d’eau ; de Châtillon-sur-Seine, renommées jusqu’ici, ont été subitement I contaminées, et successivement les unes après les autres; les ani- maux ont refusé de les boire? On en est encore réduit à des conjec-i tures sur la cause du phénomène. Les autorités locales ont fait pré-, lever des échantillons qui seront soumis à l’analyse.
- I M. A. de V., à Turnhout, nous informe qu’en 1874 il avait ima-| giné un appareil cryptographique analogue au chiffreur universel que j nous avons décrit récemment.
- 1 M. M. Otto, à Marseille, nous adresse des spécimens de photographies d’étincelles électriques obtenues directement. Nous avons antérieurement donné des détails sur des expériences analogues.
- M. Chevard, à X..., et M. Joyeux, à Chaville. — Nous avons communiqué à l’auteur de l’article les lettres que vous nous avez écrites au sujet des premiers rails anglais. La critique faite visait les barres de plusieurs longueurs pour lesquelles on reconnaîtra que la ; forme amincie était mieux indiquée; mais il est certain que pour | les barres d’une seule longueur sur lesquelles il n’y a pas un encastrement aux extrémités, il est préférable de les renforcer au milieu ; la phrase employée était trop générale, car elle n’excluait pas ces barres courtes.
- M. A. Etoffe, naturaliste-préparateur, à Paris, nous écrit qu’il a reçu, pour l’empailler, d’un de ses clients de Péronne, un Ibis noir tué dans la contrée. On sait que cet oiseau n’habite que l’Égypte. L’œsophage était rempli de petits os de grenouilles, surmulot et i musaraigne ; l’intestin renfermait des vers ressemblant beaucoup à l’ascaride du chien.
- M. Pierre Haen, à .Marseille. —L’adresse à laquelle on peut se procurer les jeux de M. E. Lucas est donnée en tête de la Boîte aux lettres Au numéro qui contient la description de ces jeux.
- M. J. Plassard, à Paris. — La nomenclature de ces produits est trop longue; consultez les traités sur les dérivés de la nouille, à la librairie Masson.
- M. R. Stummer, à Vienne. — Il nous est difficile de vous indiquer un type de machine à écrire plutôt qu’un autre; tout dépend du prix, des conditions de fonctionnement exigées, etc.
- M. Balland, à la Bridoire (Savoie). — Vous trouverez cette huile chez les marchands de produits chimiques.
- M. J. C., à Montpellier. — Nous regrettons de ne pouvoir vous fournir ces adresses qui ne sont pas en-notre possession.
- M. B., à Anvers. — La machine à échardonner la laine brute, que vous mentionnez, est assurément intéressante ; mais elle ne rentre pas dans le cadre de notre publication.
- JH. P. L. Châtaignier, à Lyon. — La Compagnie française d'aix comprimé, au lac Saint-Fargeau, à Paris, emploie un compteur d’air comprimé; mais nous ne saurions vous fixer sur son exactitude.
- Un abonné, à Paris. — Les détails de cette fabrication ne nous sont pas connus, et nous ne croyons pas qu’il existe de traité sur la question.
- JH. G. Fournier, à Paris. — Nous croyons que la fabrication a été interrompue. Adressez-vous cependant à M. Molteni, 44, rue du Château-d’Eau.
- M. E. Fergeau, à Paris. — Nous n’avons plus le titre de ce livre présent à la mémoire ; nous ne pouvons à notre regret vous renseigner.
- M. J. L., à Nancy. — Petites pièces de mécanique séparées, chez M. Radiguet, 16, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- JH. L. M., à Lille. — Pour les traités spéciaux de photographie, adressez-vous à la librairie Gauthier-Villars, quai des Grands-Augus-tins, à Paris.
- JH. Bezencenet, à Rio-de-Janeiro. — Notions préliminaires de chimie, par MM. P.-P. Dehérain et G. Tissandier. (Hachette, éditeur.)
- M. A. Burgy, à Mulhouse. — Il est probable que les verres employés sont de qualité tout à fait inférieure ; il faut remarquer aussi que l’appareil ainsi construit ne peut présenter une grande perfec^ tion.
- il/, le Dr A. B., à Rome. — 1° Le ruban de la machine Remington est difficile à faire soi-même; il y a là un procédé de fabrication tenu secret. — 2° Ces machines ont leurs avantages et leurs inconvénients. — 5° Pas de revue de ce genre.
- M. C., à Lacépède. — Nous ne croyons pas qu’il existe encore de dépôt de ce guano.
- JH. X., à Versailles. — Il suffit de passer un vernis noir.
- JH. G., à B. — H faudrait faire des recherches de laboratoire pour pouvoir vous répondre.
- JH. E. Krachenbühl, à Genève. — Le moteur dont il est question n’avait aucun caractère sérieux; voyez ce que nous en disions dans notre 490e Boîte aux lettres, du 15 septembre 1888.
- JH. Benoit, au Havre. — Vous pourriez essayer l’auxanoscope de M. Trouvé, 14, rue Vivienne, à Paris.
- M. J. Corbasson, à Aubigny-Ville. — Recettes connues des fabricants; ne sont pas publiées; nous ne saurions vous renseigner.
- M. Ramont, à Lille; JH. Drouet-Langlois, à Paris. — L’adresse est donnée en tête de notre 550e Boîte aux lettres, du 9 novembre 1889.
- JH. P. Penneteau, à Larochefoucauld. — Voici les adresses des principaux constructeurs de moteurs à vent que nous avons pu recueillir à l’Exposition : M. A. Bollée, au Mans; M. Rossin, à Orange (Vaucluse); M. J. Aubry, 10, rue Château-Landon, à Paris: M. 0. Leneutre, à Allaines-Péronne (Somme); M. U. David, à Orléans.
- JH. S. Emin, à Constantinople. — L’adresse à laquelle on peut se procurer la sonnerie Borel est indiquée au commencement de notre 544° Boîte aux lettres. (Supplément du ne 852, du 28 septembre 1889.)
- JH. H. Alexandre, à Morlaix. — Vous trouverez probablement des renseignements à ce sujet dans Chauffage et vetitilation, par M. Joly. (Baudrv, éditeur.)
- JH. G. S., à Orléans. — 1° Prenez des piles Leclanché. — 2e Voyez aux annonces,
- JH. D., à Saint-Quentin. — Traités relatifs à la métallurgie du cuivre, à la librairie Dunod, quai des Augustins, à Paris.
- JH. D. F., à Paris. — 1° Adressez-vous directement à la Chambre de commerce de Marseille. -- 2° 11 est difficile de se prononcer à cet égard.
- M. D., à Paris. — 11 faut consulter des traités de chimie; ces explicitions nous entraîneraient trop loin.
- M. Guilhermin, à Paris ; M. Bonssaquet, à Lyon. — Il n’existe pas de traité de ce genre.
- JH. V. U. Toumon, à Troyes. — H n’y a pas de doute dans le cas que vous citez: le cercle de fer se rompra.
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- M. B. de Ligounès, à Saint-Quentin. — Nous croyons que dans l’expérience de Robert Houdin, l’enfant était fixé à une tige de fer rigide ; cela n’a pas été publié.
- M. G. Fraisse, à Saint-Nazaire. —- 1° Ouvrages sur la menuiserie et l’ébénisterie à la librairie E. Lacroix, 112, boulevard de Vaugi-rard, à Paris.
- M. C. de Milleville, à Cannes. — L'hypnotisme, par le Dr Paul Marin : E. fiolb, éditeur, 7, rue du Croissant, à Paris.
- M. Léon Doudey, à Aulnay. — MM. Aron frères, 152, rue de Turenne, à Paris.
- M. E. Pastori, à Vérone. — Nous avons dit, dans notre dernière Boîte aux lettres, ce qu’il fallait penser de la nouvelle pile.
- I M. L. Lejeune, à Nanterre, nous écrit qu’au dernier tirage de la jl loterie des Bons de l’Exposition il n’v avait pas de roues; l'observation que nous avons faite précédemment n’en est donc que plus . i juste.
- 4il M. G. D., à Tours; M. H.' Grasset, à Bar-le-Duc ; M. A. de V., j i à Turnhout; M. J. de C. Saavedra, à Porto. — Remerciements f i pour vos communications.
- . i M. E. A., à Valentigney ; il/. Branquart, à Cherbourg; M. J. Al-' lain, à Lisieux ; M. E. C., à Lyon. — Voyez le petit livre des Re-l, cettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. S. Oudart, à Reims. — Votre question se rapporte-t-elle aux ' tableaux pour peinture à huile, ou aux tableaux noirs? Dans ce dernier cas, consultez le petit livre indiqué ci-dessus.
- Un lecteur, à Bayonne. — Nous regrettons de n’avoir pas d’autre 1? , procédé à vous indiquer.
- i', M. F. M. N., à Mulhouse. — Écrivez à l’adresse que nous 1 avons donnée dans notre 549° Boîte aux lettres, du 2 novembre i'l 1889.
- I , M. L. Vialet, à La Ciolat. — Nous ne connaissons cette société j11! que de nom; il nous serait difficile de vous fournir des renseigne-iji ments précis.
- M. Cailliot, à Montdidier. — 1° Nous ne pouvons donner cette i; I photographie; nous en avons déjà publié beaucoup d’analogues. —
- 1 l! 2° Manuels Roret, rue Ilautefeuille, à Paris.
- i M. P. M., à Châtéau-Chinon. — Il faut encoller le papier.
- l] ! M. V. G., h Gand. — Il est très probable qu’on a fait usage de
- iji ces procédés dans la construction.
- j i M. N. D., à Tigueira. — Faire une dissolution de cire jaune V dans l’essence de térébenthine.
- y ’ M. L. Bisch, à Grenoble. — Si vous voulez nous indiquer le pro-cédé, nous le publierons; nous n’en connaissons pas.
- M. A. B., à Meudon. — Adressez-vous à la Librairie agricole de |! la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- (il M. Louis Negrè, à Turin. — Les plaques Lumière, marque verte j extra-sensible, pourront vous convenir pour instantanés en hiver y dans les montagnes.
- y M. //. Geoffroy, à Paris. — Produits divers en amiante ; M. H. j | Hamelle, 21 quai Vaïmy.
- !, M. E. Vasseur, à La Garenne-Colombes. — L’intensité du courant 1 ., . . E
- est liée à la résistance du circuit par la loi de Ohm I=:-- E étant
- K
- . constant, si R augmente, I diminue; si R diminue, I augmente.
- , M. E, Le Petit, à Paris. — 1° Pas de fabricant spécial. — Traités sur la machine à vapeur à la librairie Dunod, ou à la librairie Mi-j chelet, quai des Augustins, ou encore Les machines à vapeur actuelles, par M. Buchetti, chez l’auteur, 11, rue Guy-Patin. —
- | 3° Remerciements.
- S M. L. Michau, à Provins. — Le fourneau électrique n’existe pas I encore dans la pratique; mais des essais sont poursuivis de plusieurs il j côtés dans cette voie.
- | COMMUNICATIONS DIVERSES
- !j Les centenaires. — Dans l’élégant catalogue de l’Exposition du ! Chili, sous la rubrique Climat, page 5, on lit les lignes suivantes qui nous ont été communiquées par M. Renard. Nous les reproduisons sans commentaires. « ...Peu de pays, proportionnellement à la I population qu’ils renferment (2 950 412 habitants) peuvent présenter ; une statistique plus intéressante que celle fixée par Je dernier recen-[,! semènt du Chili en 1885. Cette statistique constate l’existence sur
- I le territoire chilien de 348 personnes âgées de 100 à 110 ans; 106
- i de 110 à 120 ans; 14 de 120 à 130; 1 de 132; 5 de 155; 1 de | 138 et 1 de 150 ans. »
- I ' Un trisecteur. — Je lis dans l’un des derniers numéros de La 1 Nature (550° Boîte aux lettres) un procédé qui permefde diviser un
- angle en trois parties égales. Le trisecteur proposé ne peut, me semble-t-il, résoudre le problème sans tâtonnements. D’ailleurs, un instrument semblable, fait en bristol ou même en bois, ne doit pas être d’un usage commode. Voici un des nombreux appareils qu’on peut imaginer fians cet ordre d’idées. Il est fondé sur ce petit problème de géométrie(fig. 1) :0 est un cercle, ABCune sécantedontla partie extérieure AB est égale au rayon. L’angle COD est triple de CAO. Il est facile de voir que les triangles ABO, BOC sont isocèles; que l’angle C = B — 2a (extérieur au triangle ABO) et qu’enfin COD = C + A.=: 5a. — Rien de plus facile que de réaliser un trisecteur remplissant ces conditions: trois réglettes égales AB,BO,CO, (fig. 2) une réglette X, où coulisse l’articulation O, une 2“ coulisse pour l’articulation C, le tout en bois où en cuivre (comme je l’ai construit). Et l’on aura un excellent trisecteur, très exact, et qui pourra se replier sous forme
- Fig. 1 et 2. — Trisecteur.
- Fig. 1. Figure explicative. — Fig. 2. Vue de l’appareil.
- d’une réglette peu volumineuse (le mien a environ 15 centimètres de longueur totale). On pourra le fabriquer économiquement avec quatre bouts de règle plate et quatre vis à bois.
- L. R., professeur à Provins.
- BIBLIOGRAPHIE
- Conférence générale internationale des poids et mesures. Discours prononcés à la séance d’ouverture du 24 septembre 1889. 1 brochure grand in-4°. Gauthier-Villars et fils, éditeurs. — Paris, 1889.
- Rapport sur la construction, les comparaisons et autres opérations ayant servi à déterminer les équations des nouveaux prototypes métriques, présenté par le Comité international des poids et mesures, rédigé par M. R. Benoit, directeur du bureau international des poids et mesures. 1 vol. grand in-4°. Gauthier-Villars et fils, éditeurs, —Paris, 1889.
- Notices sur les objets présentés à VExposition universelle de 1889 par le service de l'exploitation de la Compagnie des chemins de fer de l'Est. — Paris, 1889.
- Sens dessus dessous, par Jules Verne. 1 vol. in-8°. J. Hetzel et C'*, éditeurs. — Paris, 1889. t
- Dix ans soldat. Souvenirs et impressions de la vie militaire, par Ch. Mismer. 1 vol. in-8\ Hachette et C‘% éditeurs. — Paris, 1889.
- Les excentricités physiologiques, par Victor Meunier. 1 vol. in-8®. Dentu, éditeur. — Paris, 1889.
- Eléments de cryptographie, par A. L’Esprit. 1 brochure in-8*. Librairie de la Science en famille. — Paris, 1889.
- Les orages au parc Baleine, par G. de Rocquigny-Adanson. 1 brochure in-4°. Institut national de géographie. — Bruxelles, 1889.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Mastic à la glycérine.
- On obtient un bon mastic en pulvérisant de la litharge très finement, de façon à obtenir une poudre impalpable, puis en la desséchant complètement dans une étuve à haute température. On mélange alors à la poudre ainsi obtenue, de la glycérine, en quantité suffisante pour faire un mortier épais.
- ' Li Rédaction et l'Administration de LA NATURE sont dirai g Tes m service des*Annontes pour lesquelles on doit s’adresser i l'Office de Publicité de l'Imprimerie, 9, rue de Fleuras
- i AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, m\me avec indication de provenance, n’est autorisée qu’eu cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- • *’APRÈS LES OBSERVATIONS DB M. RBNOO (PARC DB SAINT-MAUR, ALTITUDE : 49 M. 30)
- Novembre 4889. — Semaine du lundi 11 an dimanche 17 Novembre.
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- L* courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les (lèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de m. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à bonle sèche et à bonle mouillée. Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. LE 15. A 8 H. 45 M. DU SOIR
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après le bulletin international du bureau CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES ”1 OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 novembre . . 9%0 N. 1 Couvert. » Couv. jusq. 18 h., quelq. nuages ensuite, gelée bl. le s.
- Mardi 12. 0,4 N. E. 1 Beau. )) - Beau, atm. très elairc, gelée blanche le soir.
- Mercredi 13., ..... . — 0*,8 N. N. E. 1 Beau. M — — — —— — —
- Jeudi 14. ......... 4*,0 S. E. 1 Couvert. » Presque couv. jusqu’à midi, beau ensuite, gelée blanche. Beau jusqu’à 12 h., très peu nuageux ensuite, gelée blanche, halo etparhélies.
- Vendredi 15 1*,9 S. E. 1 Beau. ))
- Samedi 16 2*,8 S. S. E. 0 Beau. » Nuag. brouil. le m., gelée bl., gouttes à 14 h. 10, halo
- Dimanche 17 ! 5*,0 N. 1 Couvert. » Couv. de 2 h. à 20 h., beau avant et ap., brouillard de 1000 mètres à 7 ; très brumeux dans la journée.
- ERRATUM. — Par suite d’une erreur de notre graveur, les courbes météorologiques de notre 694e Bulletin (n° 850, du 14 septembre 1889) ne sont pas exactes. Nous les rectifions ici:
- Septembre 4889. — Semaine du lundi 2 au dimanche 8 septembre.
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- N° 861 de
- LA NATURE
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- \30 novembre 1889/
- Le* lettres et communications relatives à la Botte aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à H. Gaston TISSAJfDIElt
- 60, rue de Ch&teaudun, à Paris.
- Tout» les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MAStON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN. I
- II ne peut être répondu qu’au» lettre» reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- AlltH DE L'AIKVlKM*TKA'l'It>.V — MM. les abonnés dont l’abonnement expire le 30 novembre, sont priés de faire parvenir avant le 5 décembre leur ordre de réabonnement. Les quittances de renouvellement seront présentées vers le 10 décembre à ceux qui n’auront pas fait parvenir d’avis contraire.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les appareils électriques de mesure que nous décrivons cette semaine, se trouvent aux adresses suivantes : compteur Blondlot: M. Fabius Ilenrion, à Nancy; compteur Clerc : M. Postel-Vinay, 38, rue Vanneau, Paris; compteur Thomson : Thomson Electric C°, à Lynn (Massachusetts) ; compteur Paccaud-Borel : M. Patin, 9, rue du Point-du-Jour, Paris.
- M. G. Mercier, à Paris. — Vous pouvez employer une des compositions de ciments qui sont indiquées dans le petit livre que vous mentionnez.
- M. C. G., à Paris. — Il ne faut pas se servir de vernis gras; prenez des vernis au copal ou à la gomme laque.
- M. II. Gilly, à Nîmes. — Oui ; il y a une traduction anglaise des Récréations scientifiques de M. Gaston Tissandier. Ce livre a été traduit dans presque toutes les langues de l’Europe.
- M. J. Plassard, à Paris. — 1° Les lentilles peuvent en effet être utilisées. — 2° Nous n’en connaissons pas d’autres.
- M. J. Delehaye, à Paris. — Remerciements pour votre communication qui sera utilisée prochainement.
- M. H. M., à Bordeaux. — Ces cours n’ont pas été publiés.
- M.H. V., à Commentry. — Traités sur l’exploitation de la houille, à la librairie Dunod, ou à la librairie E. Lacroix, à Paris.
- M. H. Blanchet, à Grenoble. — La Nature a parlé des vitres perforées (n° 680, du 12 juin 1886, p. 20).
- M. L. Derenguer, à Louvain. — Instruction sur les paratonnerres, par Pouillet et Gay-Lussac, à la librairie Gauthier-Yillars, à Paris.
- M. Alp. Van Reeth, à Matagne-la-Grande. — Moteurs à air comprimé : Société française d'air comprimé, au lac Saint-Fargeau, à Paris.
- Un abonné, à Paris. — 1° Pas de traité de ce genre. — 2® Transmission de T énergie électrique, par E. Boistel. (G. Carré, éditeur.)
- M. Gruber, à Kœnigshoffen. — 11 existe de nombreux traités de sylviculture, mais ils ne répondent pas entièrement au but que vous demandez; voyez cependant le Traité forestier pratique, par M. Gur-maud; le Traité général de la culture et de T exploitation des bois, par M. Thomas, à la Librairie agricole de la maison rustique, à Pans.
- M. F. Guaitella, à Bastia. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner; aucun livre ne traite cette question.
- M. L. A., à Paris. — Remerciements pour votre communication; nous vous félicitons de vos intéressants récits, mais nous ne saurions revenir sur le même sujet.
- M. A. G., à Constantine. — Ce procédé a été expérimente au Jardin d’acclimatation; mais nous ne savons pas où réside l’inventeur.
- M. C. Nicolas, à Paris. — Adressez-vous à M. Andriveau-Goujon, 4, rue du Bac.
- M. J. G., à Paris. — 1° Nous ne connaissons pas le prix. — 2° L’adresse est donnée dans le numéro où l’appareil est décrit.
- M. X. Y., à Perpignan. — Il ne faut pas ajouter foi à cette prophétie; aucun de nos astronomes n’a parlé de cette comète.
- M. J. S. Pugnet, à Rives. — Ce procédé, quoique ingénieux, ne nous paraît pas très pratique.
- M. G. Brault, à Paris. — Le produit n’a qu’une très faible valeur industrielle ; le blanc d’Espagne est un calcaire spécial.
- MM. Rouart, à Paris. —- Nous tiendrons compte à une prochaine occasion de votre rectification ; c’est par erreur que l’on a imprimé boulevard Richard-Lenoir au lieu de Boulevard Voltaire.
- M. L. A., à Paraucaba. — 1° Cela dépend des applications faites. — 2° 11 existe un grand nombre d’appareils, de machines électriques et de turbines; voyez aux Annonces.
- M. F, Roy, à Nancy. — Photographies de l’Exposition : MM. Neur-dein frères, 52, avenue de Breteuil, à Paris. ^
- M. M. T., à Abbeville. — La question des derniers progrès de l’éclairage électrique par pile a été traitée, à l’occasion de 1 Expo-sition, dans les derniers numéros de 1 Electricien. (G. Masson,
- éditeur.) , ,, . ,, ,
- M. Ch. Carre, à Bar-sur-Seine. — Il est probable que le petrole a
- brûlé dans la cruche sans la détériorer. .
- .M. G, Noury, à Paris. — 1° On ne saurait rendre a ce tapis de linoléum son éclat primitif. — 2° Tricycles à vapeur : MM. de Dion, Bouton et Trépardoux, 20, rue des Pavillons, à Puteaux (Seine), et MM. Serpollet frères, 27, rue des Cloys, à Paris.
- M. V. M., à Paris. — U faut une lunette astronomique assez puis-
- sante; vous en trouverez, mais pas en location, à la maison Baille-Lemaire, 26, rue Oberkampf.
- M. E. L., à Metz. — 1° Traités de photominiature, à la librairie Gauthier-Villars. — 2° Autres traités de photographie, à la même librairie.
- L'abonné 879, à La Rochelle. — Filtre Chamberland, système Pasteur, 58, rue Notre-Dame-de-Lorelte, à Paris.
- M. R. L., h Paris. — Il suffit d’adapter au phonographe un cornet acoustique pour le faire entendre à une assemblée de personnes.
- M. J. Lunel, à Carpentras. — Vous trouverez un traité de mnémotechnie chez M. Guyot-Daubès, 166, boulevard Montparnasse, à Paris.
- M. E. Odier, à Saint-André-en-Boyans (Isère). — Les expositions ont lieu environ tous les onze ans ; il est probable qu’il y en aura une en 1900.
- M. Rouzie, à Poitiers. — Il a été question des pigeons voyageurs dans un très grand nombre de numéros de La Nature. Consultez les Tables des matières.
- M. G. Tilloy, à Bordeaux. — 1° Nous ne saurions vous renseigner; adressez-vous à un journal spécial d’agriculture. — 2° Voyez le petit livre indiqué ci-dessous.
- M. E. B., à Paris. — Ces renseignements se trouvent dans le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. V. Pernique, à Noisy-le-Sec. — Voyez le petit livre de la Science pratique, à la même librairie.
- M. A. E. J., à Paris; M. Leroux, à X. — Remerciements pour vos communications.
- M. L. Blasini, à Béguey, et M. G. C., à Bordeaux. — Cet appareil est le pronostic ou sturm-glass des Anglais : il a été décrit dans le n° 182, du 25 novembre 1876, p. 409.
- M. de Komar, à Varsovie; M. de L'Aigle, à Compiègne; M. H. T., à Bonnières. — Les adresses que vous demandez sont données dans les numéros mêmes où les appareils sont décrits. (En tête de la Boîte aux lettres.)
- M. H. B., à Laon. —L’eau oxygénée blanchit parfaitement les os.
- M. Piaux Georgin, h Jonchery. — Pas de livre spécial; voyez les traités d’analyse chimique ordinaires.
- M. A. T., h Paris. — La laiterie, par M. Pouriau, à la Librairie agricole de la maison rustique.
- M. J. Gaubert, à Saint-Maurice. — Adressez-vous aux grands marchands de fonte; nous ne pouvons vous donner une adresse en particulier.
- Un ancien abonné, à Porto. — Nous croyons que l’objet dont vous parlez est une réunion de plusieurs individus; mais nous ne l’avons pas vu, nous ne saurions rien affirmer.
- M. Otto, à Marseille; M. Jutes Delehaye, à Paris. — Remerciements pour vos communications que nous utiliserons prochainement.
- M. Cadet de Gassicourt. — Nous n’arrivons pas à réussir votre expérience ; faut-il de la potasse caustique ?
- M. le Dr Lazerat, à Paris. —- R n’y a pas de soudure, mais simplement dépôt.
- M. P. Tournier, à Paris. — Les comptes rendus du Congrès de mécanique appliquée n’ont pas encore été publiés.
- M. E. E., à Mulhouse. —L’adresse demandée est : 34, rue de Maubeuge, à Paris.
- M. L. Duffaut, à Avignon. — Adressez-vous à la Compagnie française des freins Westinghouse, 152, quai Jemmapes, à Paris.
- M. R. Raie, à Bar-sur-Aube. — 1° Non; la vitesse n’atteindrait que quelques centimètres par seconde. — 2° Augmenter le nombre de tours par minute. — 3° TVous ne saurions vous répondre. — 4° Evidemment.
- M. J. Constantin, à Lyon. — Il nous serait bien difficile de vous donner des renseignements à ce sujet.
- M. Ch. Blech, à Paris. — 1° Vous trouverez des détails techniques dans le Génie civil. — 2° Nous n’avons pas cette adresse.
- M. E. Pouchin, à Rouen. — Nous n’avons trouvé aucune adresse relative à cette fabrication.
- M. A. Jehl, à Mazamet. — Le liquide que vous demandez n’existe pas.
- MM. A. Fenwick, à Paris. — Nous regrettons de ne pouvoir envoyer votre lettre; nous n’avons pas l’adresse complète.
- M1 Magin Pena, à Murcie. — Regrets de ne pouvoir nous charger de ces commissions.
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- M. H. Guyon, à( Versailles.— Les documents dont vous parlez se trouvent réunis dans le bel ouvrage de M. Grimaux, Lavdisier. (Félix Alcan, éditeur.)
- confrère, le sujet de nombreuses études et de nombreuses expé» riences très intéressantes. Nous engageons nos lecteurs à nous com-muniquer les faits qu’ils pourraient recueillir ou observer sur cette question.
- * QUESTIONS
- N" 1287. — M. L., à Paris, nous écrit : « J’ai un an de service militaire à accomplir dans un régiment d’artillerie où on nous oblige à,nous astiquer six fois par jour. Aussi je vous serai très reconnais-I , sant de m’indiquer dans La Nature quel est le meilleur cirage pour 1 les basanes et les bottes, et quels sont les trucs (s’il y en a) pour . ' faire reluire les basanes le plus vite possible. Quelle est la meilleure , substance pour astiquer les boutons en cuivre des uniformes? »
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- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Histoire de la cryptographie. — La Nature du 2 novembre consacre au Chiffreur universel de M. Flamm une notice fort intéressante. Mais nous croyons devoir faire remarquer à ce sujet que le principe de l’appareil dont il s’agit est très ancien. Il est depuis longtemps parfaitement connu des cryptographes, car il a été fort souvent décrit dans des traités spéciaux où les chercheurs pourront le retrouver, s’ils prennent la peine d’ouvrir le Opus novum, praefectis ar-cium,ete. de Jacobus Silvester, citoyen de Florence, imprimé à Rome en 1526, ou bien le livre de Jean-Baptiste Porta, De occultis literarum notis, etc. Montisbeligardi, 1593. Dans ces deux ouvrages, la méthode circulaire est expliquée tout au long. Au siècle dernier, cette méthode était assez répandue. Il en est parlé dans une brochure fort curieuse, attribuée à un certain Dlandol, et intitulée : Le contre-espion ou les clefs de toutes les correspondances secrètes, Paris, 1794, 66 pages in-8°. Là l’appareil est décrit sous le nom de cadran mystérieux. Le colonel Fleissner de Wostrowitz, dans son Traité de cryptographie (Handbuch der Kryptographie), Vienne, 1881, explique également la méthode circulaire. La Revue maritime, tome LXXXIV, année 1885, contient un travail très complet de M. Josse, capitaine d’artillerie, sur les divers svstèmes de cryptogra-
- fïhie connus. Il y donne le dessin d’un appareil imaginé par M. Grivel, equel appareil ressemble également au chiffreur de If. Flamm. Enfin le célèbre jurisconsulte allemand Jean-Louis Klüber, mort en 1827, consacre dans sa Cryptographie publiée à Tubingue, en 1809, une vingtaine de pages à la méthode circulaire ou Radiographie dont il fit connaître les défauts et qu’il perfectionna en adoptant pour l’un des alphabets l’ordre conventionnel et pour l’autre l’ordre régulier. C’est exactement ce qu’a fait M. Flamm. Ne vous paraît-il pas équitable de restituer au Chiffreur de cet inventeur le nom de Radio-graphe que lui avait appliqué Klüber et de rendre à cet appareil cryptographique la modeste place à laquelle il a droit dans l’histoire de la Stéganographie ?
- F. Silas. Vienne, 20 novembre 1889.
- ' £* venin de la vipère. — L’article contenu dans le n° 852 de
- La Nature, du 28 septembre 1889, sur le venin de la vipère, I m’engage à faire connaître à M. le professeur Kaufmann, ainsi qu’à
- , vos lecteurs, un fait intéressant et utile à cet égard. Possédant, il y
- a un certain nombre d’années, une usine à emboutir le cuivre dans j, les Alpes du Piémont, j’avais à mon service des ouvriers d’une loca-
- | lité nommée Furmière, située sur un petit plateau à l’entrée de la
- | vallée de Ceresole, et où les vipères sont très abondantes, et leurs
- f morsures, par conséquent, fréquentes, tant sur les habitants que sur
- |j leurs bestiaux. Ils emploient alors comme moyen de guérison, qu’ils
- | i; disent prompt et infaillible, de la raclure d’aubier du frêne dont ils
- | jl. appliquent une partie immédiatement en compresse sur la morsure,
- | i et dont l’autre partie est mangée par le patient, homme ou animal, il quel qu’il soit. La localité que j’ai visitée possède le frêne en abon-I dance, ainsi le remède est près de la cause du mal. f I Alexis Bioli.ey, ingénieur,
- I ancien élève de l’Ecole centiale, à Couvet (Suisse).
- Influence de la lumière sur les plantes. — Nous avons , enregistré, dans notre 551e Boîte auxjettres, du 16 novembre 1889, le fait, qui nous était signalé par un de nos abonnés, de l’influence j i de la lumière sur les plantes exposées dans des salles où se trouvent I des rideaux de soie ou des ridêaux de laine. Dans un charmant ; article du XIXe Siècle, du 25 novembre 1889, M. Raoul Lucet examine de nouveau la question, et se rallie entièrement à notre avis. Il ajoute de plus, ce qui est parfaitement exact, que la couleur ; des rideaux joue un rôle important. Il y a là, comme le dit notre
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- . * .,.......... n.
- Décapage des métaux.
- L’acide chlorhydrique employé au décapage du zinc produit une couche d’hydrocarbonate qu’il faut enlever avant de souder. De plus, l’emploi de cet acide offre plusieurs inconvénients : l’acide chlorhyT drique dégage des vapeurs dangereuses pour les ouvriers qui les aspirent tous les jours ; ces vapeurs rouillent le fer, l’acier, maculent le cuivre, brûlent les mains, brûlent les fibres des cordages d’échafaudage sans que la détérioration soit aucunement apparente. La Papeterie indique une nouvelle composition brevetée, dû à M. Alfred Kunwald, qui doit remplacer l’acide chlorhydrique pour la soudure du cuivre, laiton, etc., fer-blanc, plomb et tous les objets nickelés, argentés, etc. Acide chlorhydrique, 4 kilogrammes ; chlorure d’étain, 4 kilogrammes; chlorhydrate d’ammoniaque, 1 kilogramme; chlorure de zinc, 10 kilogrammes. Mettre le tout en dissolution dans 100 litres d’eau. L’acide chlorhydrique pourrait être remplacé par tout autre acide, par exemple sulfurique (3 kilogrammes) ou açétiqué (6 kilogrammes). Le chlorhydrate d’ammoniaque par un poids égal de chlorure de sodium. Si la composition est exclusivement destinée au décapage du zinc, bien que la première formule puisse donner d’excellents résultats, il serait mieux de la composer ainsi : Acide chlorhydrique, 4 kilogrammes; chlorhydrate d’ammoniaque, 1 kilogramme; chlorure d’étain, 4 kilogrammes, pour 100 litres d’eau. Les inconvénients mentionnés ci-dessus sont supprimés par l’emploi de cette liqueur, qui porte le nom de son inventeur.
- Nouveau mode de reproduction lithographique.
- Voici un procédé qui permet de reproduire sur pierre ou sur zinc les impressions anciennes ou récentes sans aucune difficulté : on prépare une solution très claire de gélatine dont on verse une couche mince sur une pierre lithographique ou sur un zinc et on laisse sécher. On fait dissoudre, d’autre part, de l’alun dans l’eau jusqu’à saturation. On mouille dans cette solution d’alun le verso de la feuille imprimée que l’on veut reproduire, de sorte que l’alun pénètre toute l’épaisseur du papier sans traverser l’encre d’imprimerie qui forme le dessin ou les lettres du recto. On applique le recto sur la pierre ou sur le zinc, que l’on passe aussitôt à la presse. Par l'effet de cette pression, l’alun, dont le papier est imprégné, rend la gélatine insoluble à l’eau chaude partout où elle touche les parties non imprimées du papier, tandis que tous les endroits de la gélatine qui n’ont été touchés que par l’encre du dessin ou des lettres ont été préservés de l’alun. Ces endroits restent donc solubles à l’eau chaude. On enlève la feuille de papier qui doit rester intacte et l’on verse de l’eau chaude sur la couche de gélatine. Cette eau dissout la gélatine aux seuls endroits qui étaient recouverts par l’encre du papier, c’est-à-dire qui n’ont pas été insolubilisés par l’alun. Aux autres endroits, qui correspondent aux blancs du papier, la gélatine insolubilisée reste intacte. On laisse sécher la surface ainsi préparée. Quand elle est sèche, on l’encre, et le noir ne reste adhérent qu’aux endroits qui ne sont plus recouverts de gélatine et qui maintenant reproduisent les lettres ou le dessin en négatif. Il ne reste plus qu’à préparer la pierre ou le zinc pour le tirage par les procédés ordinaires de la lithographie. Le même travail peut se faire pour le recto et le verso du papier. [L'Imprimerie.)
- Moyen de conserver le lait en bouteille.
- On met le lait en bouteilles bien bouchées, qu’on laisse au bain-marie pendant douze heures; il diminue de moitié, et l’eau contenue s’évapore par le bouchon; après ce temps, on cachette les bouteilles. Le lait peut alors se conserver ainsi très longtemps.
- Eau conservatrice pour les oiseaux empaillés.
- On prend 16 parties d’eau, 4 de chlorure de chaux, 2 de sulfate d’alumine et de potasse, 1 de salpêtre ou nitrate de potasse ; le tout est mêlé ensemble. On en passe quelques couches avec un pinceau dans l’intérieur des oiseaux à conserver.
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- Li Rédaction »t l'Administration do LA NATURE sont étrangères an service des Annonces ponr lesquelles on doit s’adresser l l’Office de PiMirité de l’Imprinerie, 9, me de Flenrns
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- SAMEDI \
- 7 décembre 1889/
- tel lettres et communication» relatives à la Botte aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à H. Gaston TISSANDDEB j
- 60, rue de Ch&teaudun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressé*» .
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- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- AVIS UE I/AOMINISTKATIO.V — MM. les abonnés dont l’abonnement expire le 30 novembre, sont priés de faire parvenir avant le 5 décembre leur ordre de réabonnement. Les quittances de renouvellement seront présentées vers le 10 décembre à ceux qui n’auront pas fait parvenir d’avis contraire.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne les voûtes célestes, s’adresser directement à M. Léon Jau-bert, à l’Observatoire du Trocadéro, à Paris. — Le tachyscope électrique ne se construit pas encore en Europe.
- M. L. Blanchard, à Grenoble. — Nous croyons que toutes les causes que vous citez, contribuent au bruit de roulement que l’on entend dans les tunnels lorsqu’on y passe en chemin de fer. La compression de l’air et les échos de la route y sont pour beaucoup.
- M. J. P., à Epernon. — Noiis avons voulu parler, dans notre article, de la falsification des fourrures; la notice a été présentée d’une façon qui peut, en effet, prêter à un malentendu. Reportez-vous à ce que nous disons dans la chronique du présent numéro.
- M. Herbert d’Ortignac, à Paris. — Le titre d’ingénieur est souvent pris par des personnes qui n’ont aucun diplôme ; il en est de même pour celui d’architecte, de chimiste. Il n’y a aucune règle légale à ce sujet.
- M. le comte Puslowsic, à Albertyn. — Nous n’avons pas parlé de cette nouvelle invention, parce qu’elle ne marque aucun progrès nouveau, et que les résultats en sont très contestés.
- M. C. Handjéri, à Manube. — 1° Il existe plusieurs modèles; voyez aux Annonces. — 2° Pas de procédé.
- M. Collin, à Paris; M. A. Lesiourd, à la Ferté-Bernard. — Traité élémentaire d'électricité, par M. Joubert ; Les principales applications de T électricité. Le traité élémentaire de l'énergie électrique, par E. Hospitalier, paraîtra dans un mois à la librairie Masson.
- M. J. C., à Lisbonne. — Vous trouverez de nombreux traités de photographie à la librairie Gauthier-Yillars, à Paris.
- M. E. H., à Bruxelles. —Nous croyons que M. Hutinet, 18, avenue Parmentier, à Paris, pourra vous fournir ce matériel.
- M. A. J., à Paris. — L’eau athénienne pourrait vous convenir.
- M. A. Girardot, à Paris. — Nous prendrons des renseignements, et nous vous répondrons s’il y a lieu.
- M. Lovroc, à Paris. — Voyez le Distillateur pratique, par Flinz, le Manuel des distilleries, par Péroche, et autres ouvrages de ce genre à la librairie E. Lacroix.
- M. C. Bouché, à Breuillet. — Cet acier est fabriqué à l’aide de procédés spéciaux sur lesquels on a encore peu de renseignements.
- M. R. J., à Paris. — 1° Dans le n° 848, du 31 août 1889, p. 218. — 2° MM. Aron frères, 132, rue de Turenne.
- M. S. Tausmer, à Calais. — 1° Maison Leclanché et Cie, 105, rue Nollet, à Paris. — 2° 11 faut se méfier. — 3° Il y en avait un grand nombre de systèmes.
- M. C. Fina, à Genève. — Il n’existe pas de compagnie.
- M. Quenault, à Senones. — Aucune colle spéciale de ce genre; essayez la colle forte ordinaire.
- M. P. Seulin, à Valenciennes. — Ces appareils ne se trouvent pas tout fabriqués ; il faut les commander.
- M. P. L. Barbet, à Darnetal. — Pas d’ouvrage de ce genre.
- M. A. L., à Cherbourg. — 1° Enlever le vert-de-gris en raclant et laver légèrement avec de l’eau acidulée sulfurique. — 2° Passer une couche de peinture.
- M. A. Bello, à Lisbonne. — Nous regrettons de n’avoir pas d’adresse à vous indiquer.
- Un abonné, à X. — 1° Non. — 2° Il n’existe pas de moyen bien efficace pour empêcher les mèches de charbonner.
- M. L. Delamotte, à Bernay; M. F. Hamberger, à Oberried; M. Th. Sœure, au Mans; M. P. Vigué, à Prades; M. Delaniotte, à Bernay. — L’adresse est donnée en tête de la Boîte aux lettres dans le numéro même où l’appareil est décrit.
- M. X., à Paris. — Nous avons reçu votre envoi; agréez nos remerciements.
- M. d’A., à Saint-Jean. — Vous pouvez vous adresser à la Société d'encouragement au bien, à Paris.
- M. R. Tellier, à Sillé-le-Guillaume. — Ce produit se trouve chez tous les marchands de caoutchouc, notamment à la India Rubber C®, 97, boulevard Sébastopol, à Paris.
- M. H. H., à Paris. — Les fourrures conservent souvent une odeur particulière dont il n’est pas possible de les débarrasser.
- Un abonné, à Berck-sur-Mer. — 1° Les cartons sont découpés mécaniquement; voyez l’article que nous avons publié sur le perforateur de M. Carpentier (n® 734, du 25 juin 1887, p. 49)
- M. J. /., à Vonges. — Remerciements pour votre communication.
- Jf. R., à C. — Le procédé pourrait, en effet, être appliqué; mais
- il présente des inconvénients pour la disposition pratique à donner aux appareils.
- M. G. Mourain, à Paris. — La formule du pronostic ou sturm-glass est la suivante : alcool à 80°, 80 grammes; salpêtre, 6; sel ammoniac, 6; camphre, 6; eau distillée, 200.
- M. L. Bouchet, à Neuilly-sur-Seine. — Il faut purifier par un lait de chaux pour précipiter l’excès de Bicarbonate de chaux.
- M. J. C., h Montpellier. — 1® Il y a eu le catalogue général de l’Exposition paru en plusieurs fascicules. — 2® Pas de traité.
- M. le Dr H. Lecuyer, à Beaurieux. — Chaufferettes à l’acétate de soude : MM. Ancelin et Gillet, 32, boulevard Henri IV, à Paris.
- M. A. Gilly, à Nîmes. — Adressez-vous à la librairie Masson, qui pourra vous procurer la traduction anglaise des Récréations scientifiques.
- M. H. L., à Paris. — Remerciements pour votre communication sur les Sauvages du Dauphiné : nous l’utiliserons prochainement.
- M. C. Damour, à Saint-Pierre-Aigle. — 1° Consultez une agence de brevets. — 2® Composition tenue secrète. — 3° Par la distillation.
- M. E. F., à Boubiers. — L’adresse demandée est : 34, rue de Meubeuge, à Paris.
- M. L. Gouin, à Champagne-Vaud. — Il n’existe pas de filières de ce genre.
- M. C. Guénot, à Joigny. — 1° Adressez-vous à M. E. Deyrolle, naturaliste, 46, rue du Bac, à Paris. — 2° Nous vous avons répondu de consulter le petit livre des Recettes et procédés utiles.
- M. Trusson, à Paris. — The Scientific american : MM. Münn and C®, 361, Broadway, New-York.
- M. C. R., à Auteuil. — 1® Les comptes-rendus des Congrès ont paru dans les différents journaux techniques. — 2° Il existe un grand nombre de poudres analogues, mais la composition en est inconnue.
- M. L. G., à Paris. — 1° Revue générale des chemins de fer, à la librairie Dunod à Paris. — 2° Dans plusieurs numéros parus depuis le mois de mai.
- M. P. Verdet, à Paris. — Les photomètres sont sujets à de nombreuses causes d’erreur.
- M. Ch. L., à Paris. — Les mots : pèse plus du double doivent être supprimés.
- Mt Calmet P., à Armissan. — Remerciements pour votre proposition ; mais nous ne nous occupons pas spécialement de collection d'histoire naturelle.
- M. C. Fulpius, à Genève. — 11 faudrait lire les ouvrages de Ch. Darwin, notamment Origine des espèces.
- M. C. N., à Decize. — Adressez-vous à la librairie Hachette qui pourra, croyons-nous, vous renseigner sur les traités de graphologie.
- Une lectrice, à Paris. — Ces objets ne sauraient être réparés.
- M. G. D., à Bordeaux. — II n’a pas été question de la fabrication de cet appareil en France.
- M. E. Marion, à Buxy. — Nous avons publié de nombreux renseignements sur la fabrication des accumulateurs: voyez la Table des matières des dix premières années, et le n® 751, du 22 octobre 1887.
- M. H. B., h Evreux. — 1° Ces deux unités sont à peu près équivalentes : l’une est l’unité anglaise, l’autre l’unité française. —
- 2° Le bec Carcel vaut 9,5 candies ou 10 bougies.
- M. E. Fergeau, à Paris. — Nous avons déjà publié des recettes analogues; agréez nos remerciements.
- Un lecteur, à La Rochelle. — Nous pensons qu’il n’existe pas de traité spécial; renseignez-vous cependant auprès de M. DeyroUe, naturaliste, dont l’adresse est donnée plus haut.
- M. L. T. H., à Granville. — 1° Non. — 2® Voyez aux Annonces. ,
- M. Boulay, à Rennes. — 1" Nous ne connaissons pas le procédé .
- que vous désireriez connaître : il est tenu secret. — 2“ A la librairie ,5 Dunod, quai des Augustins, à Paris. ;-
- M. Jérôme Mari, à Viterbe. — Un de nos collaborateurs doit , nous donner une notice sur ce sujet; remerciements.
- M. le Dr Lermoyer, à Paris. — Nous utiliserons prochainement , , vos intéressantes photographies. s
- M. H. Hà Bordeaux. — Il y a eu récemment, dans le journal ’ ^ Ciel et Terre, une notice très complète sur les spectres météorolo- st giques, spectres du Brocken, etc. f
- M. Garry, à Valence. — Votre observation est très curieuse et a D déjà été signalée; mais n’y a-t-il pas là un peu l’effet du hasard, ; le vent soulevant les fils d’araignée.
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- RÉPONSES
- Réponse au il0 1287. — Astiquage militaire. — Cirage des bottes. — Faire reluire les basanes. — Faire briller les boutons de cuivre. — Pendant mon congé, étant artilleur à la Fère, et suivant le peloton de brigadier pour lequel il fallait être irréprochable d'astiquage, j’ai essayé de tous les cirages ; seul, le cirage Marcerou m’a donné de bons résultats pour cette raison probablement qu’il contient beaucoup de cire. Comme trucs, il y avait la fameuse gousse d’ail dont on frotte les basanes avant de les enduire de cirage. Le plus souvent l’on se contentait, tout en cirant, de passer fréquemment et vivement la brosse à reluire sur la chevelure ;;ce qui, tout en séchant un peu cette brosse, développait de la chaleur. Dans tous les cas, moins il y a de cirage, plus vite les cuirs reluisent. En résumé, tout ceci aidant, ce qui m’a réussi le mieux encore c’est ce qu’on appelle vulgairement Vhuile de bras. — Pour astiquer les boutons de cuivre, rien de mieux qu’un mélange de tripoli, terre pourrie, blanc d’Espagne dans l’alcool, le tout accompagné d’une brosse bien sèche et bien fournie. (Communiqué par M. Thiéry, pharmacien-chimiste à Etréaupont.)
- Autre réponse au n° 1287. — Le meilleur moyen pour faire reluire la basane est d’employer une brosse à reluire légèrement humectée de pétrole. 11 faut que la brosse soit à peine imprégnée de pétrole et, au besoin, la frotter sur du bois avant de s’en servir. De cette façon la basane reluit immédiatement même étant humide. (Un ex-conditionnel du 26e d'artillerie.)
- Autres réponses au n° 1287. — Résumées plus loinaux Recettes utiles.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- JLe déraillement de Varennes-le-Cirand. — Le 16 novembre 1889, à deux heures du malin environ, un double déraillement s’est produit à Varennes-le-Grand, Un de nos abonnés, M. Guil-lemin à Chalon-sur-Saône, nous envoie à ce sujet les renseignements suivants : Au moment d’arriver en gare de Yarennes, un train de marchandises s’est sectionné en deux parties. Le mécanicien s’aperçut, seulement à la hauteur du village de Sevrez, que son train — qui ne s’arrête pas à Varennes, — ne le suivait plus en entier.La queue était, en effet, restée en détresse au point où était survenue la rupture des attelages : une partie des wagons qui la constituaient avaient pris position en travers des rails, trois de ces véhicules avaient été culbutés en dehors de la voie 2, et gisaient sur le versant du talus élevé d’une dizaine de mètres à cet endroit de la ligne de Mâcon. Quelques instants après, vers quatre heures du matin, le train express n° 11 heurtait très probablement un des wagons du train n3 4054 qui obstruait la voie 1 parcourue par l’express et projetait ce véhicule sur le versant du talus, du côté de cette même voie ; le choc occasionné par la rencontre de cet obstacle déterminait le déraillement de l’express dont pas une seule des onze voitures qui le composaient n’est restée sur rails. On n’a eu à déplorer que quelques contusions sans aucune gravité.
- Un navire de pétrole en feu en pleine mer. — Le 28 novembre, à quatre heures, le trois-mâts Ville-de-Marseille, ayant à bord trois mille barils de poudre, du pétrole et des alcools, était arti de Marseille pour les Indes. Il avait à bord une quinzaine 'hommes d’équipage. A quelques milles au large, le feu se déclara dans des caisses de vivres, mais il fut rapidement éteint; cependant, soit que le capitaine eut quelques appréhensions, soit que devant le mauvais temps il crût prudent de ne pas aller plus loin, il vira de bord et rentra au port. Il s’amarra à l’extrémité du quai des Anglais. Or, le 29 novembre, à midi, un homme de l’équipage donna l’alarme, disant que le feu était à hord de nouveau. Les secours arrivèrent rapides, mais le feu envahissait toujours le navire, et le chargement allait être atteint. On voulut le couler alors, mais l’opération ne réussit pas assez rapidement. Le navire fut alors abandonné. Une demi-heure après, à trois heures, une explosion formidable retentit. La Ville-de-Marseille venait de sauter! Des débris de toutes sortes et des éclats de bois pesant plus de cent kilogrammes furent projetés à
- (dus de quatre cents mètres, et la plupart des maisons voisines eurent eurs vitres brisées.
- BIBLIOGRAPHIE
- Réunion du comité international permanent pour l'exécution de la carte \photographique du ciel à VObservatoire de Paris en septembre 1889. 1 brochure grand in-4°. Gauthier-Villars et fils, éditeurs. — Paris, 1889.
- Les merveilles de la science ou description des inventions scientifiques depuis 1870, par Louis Figuier. Supplément. 1 vol. grand in-4°. Jouvet et C‘% éditeurs. — Paris, 1889.
- Sur les tourbillons, trombes, tempêtes et sphères tournantes. Etude et expériences, par M. C. L. Weyher. Deuxième édition. 1 vol. in-4\ Gauthier-Villars et fils, éditeurs. — Paris, 1889.
- Histoire de la peinture militaire, par Arsène Alexandre. 1 vol. petit in-8° de la Bibliothèque d'histoire et d'art. Henri Laurens, éditeur. — Paris, 1889.
- Guide de jardinage, par J. Dïbowski. 1 vol. in-16 de la Collection d'ouvrages utiles. C. Marpon et E. Flammarion, éditeurs. — Pans, 1889.
- Conférences sur la science et l'art industriel, année 1889. 1 vol. in-18 de la Bibliothèque municipale professionnelle Forney. J. Michelet, éditeur. — Paris, 1889.
- L'éclairage électrique actuel dans différents paxjs. Comparaison de son prix avec celui du gaz, par Jules Couture. 1 brochure in-8°, 2e édition. J. Michelet, éditeur. — Paris, 1889.
- Une révolution dans l’éducation, par D. Merle. 1 petite brochure in-18. — Paris, 1889.
- Electricity in modem life, by G. W. de Tunzelmann. 1 vol. in-8° de the contemporary science sériés. Walter Scott, éditeur. — London, 1889.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- L'astiquage militaire.
- Pour la visière et la jugulaire du képi, le cirage Nubian étendu en très petite quantité,est supérieurà tous les vernis employés.—Pour les boutons, on ne saurait trop recommander le tripoli blanc délayé dans un peu d’eau ou d’alcool. Le fusain en poudre très fine sera employé lorsqu’un dépôt noir se formera entre les canons des boutons, ce ui arrive fréquemment. Le phosphate de chaux neutre avec un peu ’eau-de-vie commune convient également. — Passons aux éperons. N’employez pas d’éperons nickelés pour les manœuvres. Ils sont très beaux les premiers jours, mais les coups nombreux qu’ils reçoivent les rendent d’un entretien difficile. — Quant aux terribles basanes, elles demandent un choix plus éclairé. Mais, quelle que soit la matière employée, il ne faut pas oublier qu’il faut y ajouter une quantité considérable d’huile de bras, graisse de coude ou produit similaire. Pour faire reluire les basanes même mouillées, on peut encore mettre un peu de pétrole sur la brosse. — Le cirage Marcerou, marque TM, est excellent et conserve bien le cuir, mais étant très onctueux il salit l’étoffe, lorsque le pantalon est plié. Il a l’avantage de cirer des basanes humides. Le cirage Durel est aussi très bon, il est préférable par les temps secs. Il est plus rapide que le Marcerou, mais exige une grande sécheresse du cuir. Le cirage en bouteille employé par les bourreliers est aussi très bon, mais il est coûteux. Dans les cas pressants, on peut mettre sur la brosse à reluire un peu de pétrole, mais ce liquide détériore le cuir, et ne donne, en somme, qu’un brillant momentané. Quelques artilleurs fabriquent eux-mêmes des brosses à crins très longs qu’ils prennent sur la queue des chevaux au moment de la coupe. Ces brosses sont les meilleures. Les brosses douces sont presque indispensables pour les basanes. — Les poignées de sabre se font à la pommade magique, une fois par semaine et au tripoli les autres jours. Si l’on ne veut pas mettre de cirage sur un pantalon neuf, on peut le frotter avec une gousse d’ail; mais cette odeur vous suit partout. (Communiqué par un ancien engagé condilionel, un artilleur du 25e, M. L. A. M., à Cherbourg, M. P. Bosi, à Luy, etc.)
- Conservation du lait.
- Le paragraphe concernant la conservation du lait publié ici même dans notre dernier numéro (n° 861, du 50 novembre) a été inséré par mégnde. Ce procédé, qui nous avait été envoyé pour que nous donnions notre avis à son sujet, devait être annulé. Il ne saurait être mis à exécution, ou du moins la phrase de bouteille bien bouchée doit être supprimée. C’est bouteilles ouvertes qu’il faudrait lire. 11 s’agirait alors d’une simple recette de concentration. (Voy. à ce sujet un article de la présente livraison, p. 6.)
- La Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser i l’Offlee de Pablieité de l’Imprimerie, 9, rne deFlenrnt
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur. ’
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- E
- rUE LAMTUKE
- >’APRÈS LES OBSERVATIONS DE K. RENOU (PARC DE SAINT-MAUR, ALTITUDE : 49 M. 30)
- Novembre-Décembre 1889. — Semaine du lundi 25 novembre au dimanche 1er Décembre.
- ia courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent.
- larouètra enregistre a r de 1H. Rédier. — Thermomètre à l’ahrl, à boa le sèche et A boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE î P. Q. LE 29, A 5 H. 58 M. DU SOIR-
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- D’APRÈS LE BULLETIN INTERNATIONAL DD BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- VENT PLUIE EN MILLIMÈTRES
- JOURS THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE ÉTAT DU CIEL OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- de 0 à 9
- Lundi 23 novembre . . . 9% 1 S. W. 6 Couvert. 4,1 Couvert sauf éclaircies dans la soirée, pluie jusqu’à 11 h., atm. tr. claire.
- Mardi ’26 2%9 S. 1 Très nuageux. 1,1 Presque couvert, petite pluie à plusieurs reprises,
- gelée blanche, atm. claire.
- Mercredi 27 0*,4 N. N. W. 2 Couvert. M Presque couvert, pluie ensuite, neige à div. reprises.
- Jeudi 28 ....... • 2*,1 N. 5 Peu nuageux. 4,9 Couvert jusqu’à 5 h., et de 15 à 20 h., nuag. le reste,
- neige et pluie a plusieurs reprises.
- 2J,1 W. N. W. 0 Couvert. 1,0 Presque couv., gelée blanche, petit brouillard à 10 h. pluie et gouttes plusieurs fois.
- Samedi 30.. ...... 3”,9 K. N. W. 2 Couvert. 0,9 Très nuageux, pluie le m., atm. claire le m., tr. claire
- le soir.
- Dimanche 1" décembre. - 3’,2 N. 0 Beau. » Beau le m., nuageux le soir.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- La neige à Maëstricht. — Je viens d’être témoin, ce matin, d’un phénomène atmosphérique qui me semble assez rare et assez intéressant pour 1 vous le relater. Hier encore la journée avait été fort belle, mais le baromètre, : qui était fort élevé, se mit à descendre rapidement et, pendant la nuit, il y eut de fortes rafales de vent et de pluie. Le matin, le vent était encore assez fort, mais il pleuvait seulement par intervalles, quand, vers midi et demi, je vis tout à coup flotter dans l’air, portés par le vent, des flocons de neige d’une dimension extraordinaire, les petits ayant de 8 à 10 centimètres, les grands jusqu’à 33 centimètres dans leur plus grand diamètre, car ils étaient identiquement conformés comme les flocons de dimension ordinaire. En ce moment il pleuvait un peu et il ne tombait pas d’autre neige. Les gros flocons étaient d’ailleurs fort peu nombreux et la pluie ne dura que quelques minutes. La température étant relativement élevée, les gros flocons fondaient immédia-
- tement après leur arrivée à terre. Ce fait a-t-il des précédents et commen peut-on s’expliquer cette agglomération anormale de cristaux neigeux?
- M. Boumano, à Maastricht.
- Un ouragan A Marseille. — On écrit de Marseille à la date du 29 novembre : un véritable ouragan s’est, pendant deux jours, déchaîné sur la Provence, activé par un mistral glacé qui a fait descendre le thermomètre à 3 degrés au-dessous de zéro. A Marseille, la mer était démontée et les vagues inondaient le chemin de la Corniche. Aucun voilier n'est entré dans nos ports et le mouvement de la journée d'hier s’est borné à deux entrées et trois sorties de vapeurs. Le temps est mauvais dans toute la région et, dans les Basses-Alpes surtout, le froid est très vif.
- Erratum. — Le bulletin de la semaine dernière a été noté par erreur du 24 au 30 au lieu de : du 18 au 24. La phase de la Lune doit être, d’autre part rectifiée ainsi dans ce même Bulletin : N. L. le 23 à 1 h. 55 m. matin,
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- La 1/2 page...............125 fr. Le centimètre carré.. . • O 60
- Par numéro.
- ADRESSES UTILES : la ligne, 25 francs par an (dans 24 numéros au moins).
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- N° 865 de
- kLA NATURE
- Supplément au numéro 863 de LA NATURE da 14 décembre 1330
- ) 555e BOITE AUX LETTRES (
- SAMEDI \ .
- U décembre 1889/ *
- Le#' lettres et communications relatives à la Botte aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à M. Gaston TTSHAWDlkl
- 50, rue de GhAteaudun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressés!
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'au» lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- iS
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le jouet automatique à hélice nous a été adressé de Strasbourg : nous n’eti connaissons pas de dépositaire à Paris.
- M. H. Béliard, à Anvers, nous cite le fait de tuyaux de plomb rongés par les rats sur le vapeur anglais Rialto, arrivé de Baltimore. A Paris, dans les égouts, les câbles téléphoniques et télégraphiques sont souvent sujets à de telles avaries.
- M. A. B., à Montpellier. — 1° La question i>a pas été traitée à ce point de vue. — 2° L’adresse du correspondant, à Paris, est donnée en tête de la Boîte aux lettres du numéro où l’appareil est décrit.
- M. F. Jouannin, à Paris. — Ces travaux doivent être déjà anciens; nous ne pouvons vous renseigner.
- M. H. Lamirault, à Londres. — 1° Nous croyons que les expériences alimentaires qui vous ont été citées ne sont pas exactes. — 2° II n’y a pas, pensons-nous, de .différence entre les saisons pour le mal de mer.
- M. L. David, à Lyon. — 1“ Il s’agit d’un classement méthodique habilement opéré. — 2° Effet d’optique dû à la réflexion.
- M. M. Peret, à Lille. — Moteurs à vapeur pour tricycles : MM. de Dion, Bouton et Trépardoux, 20, rue des Pavillons, à Puteaux (Seine) ; MM. Serpollet frères, 27, rue des Cloys.
- M. J. G., à Chartres. — 1° et 2° Objectifs Darlot ou Dallmayer.
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- — 4° Pour ce qui concerne la publicité, il faut vous adressera l'Office général de publicité, 9, rue de Fleuras, à Paris.
- M. G. Mikhdilovitch, à Zyzykine (Russie). — La dorure se fait d’une façon analogue à l’argenture par les procédés galvanoplas-tiques.
- M. Jobard, à Dijon. — L’adresse de l’inventeur est la suivante : 54, rue de Maubeuge, à Paris.
- M. L. Chalat, à Valentigney. —Le procédé nous a parfois réussi; mais si les plaques sont trop voilées, il n’y a rien à tenter.
- M. G. L., à Paris. — 1° Dans le cas de deux piles en tension, la différence de potentiel est double; l’intensité est deux fois plus grande, pour une même résistance, dans le cas de deux piles en quantité. — 2° Oui.
- M. J., a Tours. — 1* Vous trouverez des cartes et plans de ce genre chez M. Andriveau-Goujon, 4, rue du Bac, à Paris. — 2° Plusieurs de nos abonnés n'ont pas réussi avec ce procédé.
- M. J. M., à X. — Votre projet présenterait de grandes difficultés pratiques.
- Un abonné, aux Lilas. — 1° Il y a eu de nombreux appareils en projet, mais peu de réalisés. — 2° Pas de traité spécial.
- M. F. P., à Lyon. — 1° On peut prendre ce titre sans passer d’examens, mais il est bon d’avoir une instruction technique suffisante. — 2° Il y a dans l’armée un service de télégraphie optique et électrique.
- M. L. S., à Romans. — 1° Excellent ouvrage. — 2° Non; à moins de retoucher le cliché.
- M. R. D. G., à Paris. — Traité théorique et pratique des moteurs à gaz, par A. Witz, à la librairie Michelet.
- M. H. Bernier, à Paris. — Pratiquement, le gaz de l’éclairage a une force ascensionnelle de 730 grammes environ par mètre cube; l’hydrogène pur, fabriqué en grand, a une force ascensionnelle de H70 grammes. Avec ces données vous pouvez calculer la force ascensionnelle de votre ballon en déduisant le poids du matériel.
- M. A. R., h Mantes. — Non, vous ne pourrez jamais obtenir ce résultat.
- M. L. Fernet, à Beauvais. — Dictionnaire abrégé des sciences physiques et naturelles, par MM. E. Thévenin et H. de Varigny (Félix Alcan, éditeur). •
- M. E. A., à X. — Il est difficile de vous conseiller à cause de la grande variété des systèmes en usage.
- M. L. Courmont, à Lille. — 1“ Vous pouvez, sans inconvénient, monter ces éléments en tension. — 2“ Oui. .
- 'M. A. L., à Paris. — 1° Le rosier, par Lachaume, à la Librairie agricole de la maison rustique, 26,. rue Jacob. — 2° Pas de traités spéciaux. — 3° Sol et engrais, par Lefour; Les engrais, torne II de la Chimie agricole d’Isidore Pierre ; L’école des engrais chimiques, par G. Ville, à la même librairie.
- M. Lachnitt, à Paris; Mme Morel, à Caluire ; M. J. R. Tamaris
- — Almendaro, à Puebla. — Nous ayons déjà indiqué plusieurs fois que cette adresse se trouve en tête de la Boîte aux lettres du numéro où l’appareil est décrit.
- M. P. R., a Nantes. — Il a été question d’organiser, à la ville de
- Paris, un concours pour compteurs de voitures ; vons pourriez vous renseigner à la sous-direction des travaux de Paris, à l’Ùôtel-de-Ville.
- M. T. H. M., à Périgueux. — II ne faut pas ajouter foi à de tels articles de réclame.
- 1 M. L. A., h Arcis. — Adressez-vous directement à la librairie que vous mentionnez.
- M. Gassoivker, à Colmar. — Vous pouvez, en effet, essayer de passer ces tuiles dans du goudron.
- M. E. Caballero, à Pontevedra. — Remerciements pour votre communication.
- M. A. Baron, au Havre; M. X., a Poitiers. — Consultez le petit livre de la Science pratique. (G. Masson, éditeur.)
- Un abonné, à Paris. — Nous avons indiqué un moyen de réparer les cuvettes photographiques dans le livre indiqué ci-dessus.
- M. Sabran, à Marseille. — Remerciements pour votre renseignement que nous utiliserons à l’occasion.
- Un abonné, à Lausanne. — Les préparations de ces corps sont indiquées dans tous les traités de chimie.
- M. L. Miquel, à Louvain. — Les dimensions et le poids de l'appareil dépendent de sa puissance ; on construit des moteurs pratiques depuis 150 watts (0,2 cheval) jusqu’à 100 et 200 kilowatts (150 et 300 chevaux), et la limite est loin d’être atteinte.
- Un abonné, à M. — Oui, le phonographe enregistre plusieurs vibrations à la fois. Nous avons pu entendre, à l’Exposition, plusieurs airs de la fanfare des gardes de la reine d’Angleterre.
- M. A. Houdart, à Moreuil. — Il est difficile de fabriquer soi-même ce papier parchemin; vous en trouverez chez tous les marchands de produits chimiques.
- M. P. Armingeat, à Paris. — Les locomotives, par Bâclé, à la librairie Dunod.
- M. Th. Karafiath, à Budapest. — Nous transmettons votre lettre relative à une annonce, à l'Office de publicité de la maison Lahure; on vous répondra directement. Le service des annonces est indépendant de la rédaction.
- M. Felipe Fierro, à Malaga. — 1° M. Mildé, fabricant de paratonnerres, 26, rue Laugier, à Paris. — 2° Pas d’adresses spéciales.
- — 3“ 20 francs.
- M. P. F., à Paris. — Délayez de la craie teinte en noir,'dans de l’eau, et écrivez avec cette encre. En frottant vous pourrez effacer, mais il restera toujours les traces marquées par la pression de la plume sur le papier.
- M. P. Dupaigne, à Sèvres. — 1° et 2* Vous trouverez ces formules dans le Traité de photographie de M. Davanne. (Gauthier-Villars, éditeur.) — 5® Il faut mettre du tannin dans le bain de révélage.
- M. A. R., k Saint-Dizier. —Les anciennes Boîtes aux lettres sont épuisées ; il ne vous sera possible de vous procurer cette collection que d’occasion.
- M. L. P., à Paris. — La lampe à spirale de platine incandescente se trouve chez M. Muller, 40, rue la Bienfaisance.
- M. Chavanat, à Clermont-Ferrand. — Remerciements pour votre intéressante communication que nous utiliserons prochainement.
- L’abonné 345. —1” Piles au bichromate. — 2° Le nombre d’éléments dépend du voltage de la lampe. — 3° L’idée peut être réalisée.
- M. P. Rouge, à Apremont-la-Forêt.— Adressez-vous à M. E. Dey-rolle, naturaliste, 46, rue du Bac, à Paris.
- L'abonné H10, à X. — Voyez les réponses qui ont été faites à propos de l’astiquage militaire dans la Boîte aux lettres précédente : on y parle de bons cirages.
- M. Mohnerret, à Lyon. — MM. Neurdein frères, photographes, 52, avenue de Breteuil, à Paris.
- M. X., à Mouzon. — 1° Pour vous répondre, il faudrait connaître > la résistance intérieure de votre pile, ce qui ne peut être obtenu t que par une mesure directe. — 2° Vous pouvez prendre des accu- -inulateurs que vous chargerez par votre batterie de piles. ,
- QUESTIONS ;!
- iV“ 1288. — M. G. A., à Paris, demande s’il existe un moyen ’ d’empêcher la buée de troubler les verres d’un lorgnon, lorsqu’on’, entre dans un appartement chauffé. ' ’ ’
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- ît,
- Sur des sauvages habitant le Dauphiné en 1646. —(3
- M. H. L. nous communique la-curieuse lettre suivante qu’il a copiée
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- à la Bibliothèque nationale en faisant des recherches dans de vieux manuscrits. Elle est datée de Grenoble, 3 aoust 1646. — « Monsieur! Je n’avois encore ose vous escripre craignant de ne me trouver mepteur, qu’a deux petites lieües d’icy il y a un village nommé la Combe qui appartient à M. le conr Francon, et que dans une grande forest on y a veu depuis quelque jours deux sauvages masle et femelle. Quelques habitanz de ce village les ayantz veu souventes fois ont voulu prendre la hardiesse de s’en saisir. Il y a six jours qu’un charbonnier assez robuste estant dans la forest entendit une voix féminine, il s’achemina de ce costé la et descouvrit que c’estoit l’ifn de.s dis sauvages assis sur un petit, rocher, la curiosité le porta de s.’en approcher de bien près, il fit si bien qu’il s’en saisit et avec grande peine il mit ceste sauvage par terre, laquelle se voyant vaincue, elle jetta un grand crv. Tout incontinent ce charbonnier se sentit saisy a un bras par l’autre sauvage lequel luy fit lascher prise, comme le masle eut secouru sa femelle, ils se prindrent par la main et sé retirèrent dans la forest, depuis ce temps le charbonnier ne s’est pas pu, ayderdu bras si fort le sauvage le pressa. Il asseure que le masle et la femelle ont des ongles pointus comme un ours. Ils sont tous veluz, la femelle a au dessoubz des yeux un petit espace que la chair paroyt.Ils sont de petite stature, mes espois, courent fort et grimpent sur les rochers et sur les arbres avec une grande dextérité, on les a encores veuz deux ou trois fois depuis le charbonnier, aprez demain il ira quantité de monde de ceste ville et des villages circomvoysins pour lascher de les prendre. )) (Bibliothèque nationale. Fonds Dupuy, 639, fol. 169.) Une autre lettre de M. Salvaing de Boissieu et datée du 25 septembre 1646, confirme ce fait d’un couple humain velu habitant dans les montagnes du Dauphiné. — Il serait intéressant de savoir ce qu’il y a de vrai dans ce curieux récit. — Des documents existent-ils à ce sujet à la Bibliothèque de Grenoble?
- Expérience de capillarité. — Voici une expérience bien facile pour faire suite à l’article publié dans La Nature sur le même sujet (n°848, du 31 août 1889). Une tige de graminée, de paille, de foin,
- Pliée fortement, se déplie dès qu’on la dépose sur l’eau. Or il se fait que alcool, l’éther, les huiles grasses et essentielles n’ont aucune action sur ces tiges pliées. De là l’expérience suivante. On verse de l’eau dans une capsule, et on dépose sur l’eau une légère couche d’éther, de térébenthine, de pétrole ou d’huile grasse. On amène avec précaution une tige pliée dans le liquide supérieur; elle y flotte, et par conséquent ne change pas de forme. Mais si on l’enfonce légèrement de manière que son sommet vienne à toucher l’eau, la tige se déplie lentemènt et tend à redevenir droite. L’expérience, faite avec l’éther, est assez élégante ; la térébenthine donne aussi de bons résultats ; vient ensuite le pétrole et enfin les huiles grasses dont le contact empêche presque lé redressement de la tige. On peut retarder d’une façon sensible le déploiement d’une tige en humectant le sommet avec un peu d’huile ou de beurre que l’on tient sur les doigts. Ces expériences ne manqueront pas d’étonner les spectateurs non initiés à cegenre de phénomènes.—Quelques conseils pratiques aux personnes qui voudraient répéter ces récréations physiques : pour cacher l’artifice, on mettra les liquides superposés dans une capsule opaque, et non dans un vase en verre où la couche de séparation serait fort visible. Profitons de cette occasion pour rappeler que les vapeurs de l’éther et de certaines huiles sont inflammables; il sera donc bon de prendre des précautions. (Communiqué par M. F. Leconte, à Gand.)
- Conférence. — Notre collaborateur, M. J. Dybowski, fera, le samedi 21 décembre, à 8 heures et demie précises, à l’hotel de la Société nationale d’acclimatation, 41, rue ae Lille, une conférence publique sur La colonisation du Sahara (avec projections) : Notre pénétration dans le_ Sud. — Le désert. — Création d’oasis. — Les puits- artésiens. —- La mission Flatters. — Ses conséquences. — Notre avenir dans le Sahara.
- La statue de Boussingault. — Un Comité s’est formé pour élever une statue à la mémoire du grand chimiste. La souscription est ouverte; s’adresser à ce sujet au secrétaire du Comité, M. H. Sa-gnier, rédacteur en chef du Journal de l'agriculture, carrefour de la Croix-Rouge, n° 2, à Paris.
- Exposition internationale d’électricité & Franefort-sur-le-Mcin en 1890. — Nous sommes avisés qu’une Exposition internationale d’électricité aura lieu à Francfort-sur-le-Mein du 1er juin au 50 octobre 1890. Elle comprendra les moteurs électriques, les modes de production de l’électricité, les accumulateurs et transformateurs, les modes de transmission électrique de l’énergie, la télégraphie, la téléphonie, les appareils de mesure, l’électrothérapie, les publications relatives à l’électricité. Les adhésions doivent être envoyées avant le 20 décembre 1889 au comité de l’Exposition électrotechnique, à Francfort-sur-le-Mein.
- BIBLIOGRAPHIE
- Uranie, par Camille Flammarion. Illustrations de Bieler, Gambard et Myrbach. 1 vol. in-8° de la collection Guillaume (édition du Figaro). — Paris, C. Marpon et E. Flammarion, éditeurs, 1889.
- Le succès des livres d’astronomie de M. Camille Flammarion date de fort loin. C’est en 1862, il y a environ vingt-huit ans, que M. Flammarion, jeune élève astronome à l’Observatoire de Paris, publia son premier livre : La pluralité des mondes habités. Il eut un grand retentissement et les éditions se succédèrent aux éditions. Depuis, l’auteur a marché de succès en succès, mêlant la philosophie, la poésie même à la science ; ses ouvrages, toujours écrits dans le but de répandre les notions relatives à la connaissance du ciel, ont constamment trouvé un accueil empressé delà part du public. Uranie est un véritable roman astronomique; l’auteur est emporté dans l’espace par la Muse du ciel, et il contemple de près les splendeurs de l’immensité qui sont décrites d’une plume imagée et souvent élégante. La deuxième partie de l’ouvrage est consacrée à des faits qui touchent aux confins du spiritisme ; elle a son intérêt pour ceux qui s’intéressent à ces questions philosophiques. Le livre d'Uranie est illustré de charmantes gravures qui en font un bel ouvrage de bibliothèque et de jour de l’an .
- La science au théâtre, par Louis Figuier. 1 vol. in-18. — Paris, Tresse et Stock, éditeurs, 1889.
- Après avoir réussi à vulgariser la science par le livre, M. Louis Figuier a essayé, depuis plusieurs années, de la populariser par le théâtre. La tentative est très intéressante et fort digne d’être encouragée. —M. Figuier a représenté au théâtre l’histoire de Denis Papin, de Gutenberg, essayant ainsi de faire vivre en quelque sorte les grands combats de l’inventeur contre l’inconnu et contre l’adversité. Dans le volume que nous annonçons, il s’agit surtout de comédies. Le Mariage de Franklin, Miss Telegraph, le Premier voyage aérien, sont d’une lecture attachante; le Sang du Turco, où l’auteur a mis habilement à profit le fait de la transfusion du sang, forme une pièce comique très amusante. U s’agit d’un poltron qui devient un brave, parce qu’il a reçu dans ses veines le sang d’un vaillant Turco d’Afrique. Les tentatives de M. Figuier ont échoué sur la scène théâtrale, mais l’ueuvre mérite d’être lue et trouvera un favorable accueil de la part du pnblic et des nombreux admirateurs et amis du célèbre écrivain scientifique.
- Le Robinson des airs. 90 compositions par MM. Rochegrosse, Gain, Mouchot, Julien, Férat. Texte et gravures de Méaulle. 1 vol. in-4\ — Paris, librairie Ducrocq.
- Le titre de ce livre en indique le sujet; il s’agit d’un jeune enfant qui, à la suite d’une aventure extraordinaire, se trouve enlevé seul dans un ballon. Le récit est rempli de péripéties et très mouvementé. Tout ce qui concerne l’histoire de l’aéronautique est retracé avec exactitude'; les dessins, dont l’ouvrage abonde, sont charmants et très bien gravés, il y a là tout ce qui est nécessaire au succès d’un livre d’etrennes pour la jeunesse.
- Les insectes de la vigne, par Valéry Mayet. 1 vol. in-4° de la bibliothèque du Progrès agricole et viticole, avec 5 planches et 80 figures. G. Masson, éditeur. — Paris, 1890.
- Du tabac, par Y. P. G. Demoor. Description historique, botanique et chimique, culture, climat, récolte, etc. 1 vol. in-18. 2e édition.
- G. Masson, éditeur. — Paris, 1889.
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- La chimie à la ferme, par R. Varington. Traduit de l’anglais par Paul de Vuyst et P. Wautebs. 1 petite brochure in-1'8. G. Masson, éditeur. — Paris, 1889.
- Traité encyclopédique de photographie, par Charles Fabre. Tome deuxième. Phototypes négatifs, 6* fascicule. 1 brochure in-4°. Gauthier-Villars et fils, éditeurs. — Paris, 1889. ;
- Almanach de l'agriculture, par Henry Sagnier, 1 volume in-18.
- G. Masson, éditeur. — Paris, 1889.
- Manuel pratique du pâtissier, par Leblanc. 1 vol. in-8° de l’Encyclopédie Roret, à la librairie encyclopédique Roret. — Paris, 1889.
- Guide médical à l’Exposition universelle internationale de 1889, par Marcel Baudouin. 1 brochure in-8°. Aux bureaux du Progrès médical. — Paris, 1889.
- Li Rédtetioi at l’Adnmistutioi da LA NATURE ton! étringèm in unriea des Aimantai pair lesquelles on doit l’tdresier i l'Office de PiMieité de lTaprimene, 9, rue de Fleirn
- AVIS, La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, mime avec indication dp provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l'éditeur.
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- BULLETIN METtrORULTlUrOUE DE LAMTlJUb
- •'APRÈS LES OBSERVATIONS DE M. RENDU (PARC DE SAINT-NATO, ALTITUDE : 49 M. 30)
- Décembre 4889. — Semaine du lundi 2 au dimanche 8 Décembre.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de IV. Rédier. — Thermomètre à l’abil, è boule eNche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O an niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE t P. L. LE 7, A 10 H. 2 M. DU MATIN.
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- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN ' V j
- d'après LE BULLETIN INTERNATIONiL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE f
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- JOURS THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 i ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES i
- Lundi 2 décembre. . . . - 6*,1 N. N. E. 1 i Beau. 0,0 Beau le matin, cotryerf le soir/- ’
- Mardi 3 — 7°,1 N. E. 2 Beau. 0,0 Beau.
- Mercredi 4 - 6%7 N. 'E. 1 Beau. 0,0 Couvert de 18 h. à 20 h., beau avant et après.
- Jeudi 5 0*,2 N. N. E. 2 Couvert. 0,0 Couvert. ,
- Vendredi 6 — 1»,0 N. N. E. 2 Couvert. 0,0 Beau de 10 h. à 17 h., couvert avant et après.
- Samedi 7 — 2*,0 S. 0 Couvert. * , <M> Couvert, petite neige à partir de 15 h. 40. j'
- Dimanche 8 ! :• 1 — 3",1 Calme. . ! Quelques nuages. 0,7 Nuageux de 7 h. à 10 h., couvert le reste du temps.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Résumé des observations météorologiques faites au pare de Saint-Maur en novembre 1689
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 764““,65. Minimum le 27, à 5 heures du matin, 747““,44. Maximum, le 20, à 11 heures du matin, 775”,23.|
- Moyennes thermométriques : des minima 2*,39; des maxima, 9*,56; du mois, 5#,97; moyenne vraie des 24 heures, 5*,86. Minimum le 22, au matin, -m maximum le 14 dans la journée, 14°,9. Il y a eu 6 jours de
- gelée et 10 jours de gelée blanche....................
- Tension de la vapeur, 6”, 23; la moindre, le 50, à minuit, 2“ ,2; la plus grande, le 8, à 1 heure du soir, 9”,8. Hanàidité relative, 88; la moindre' le 27, à 2 heures du soir, 53; là plus grande, 100, en 16 jours.
- Pluie 29”,5 en 55 heures et demie réparties en 14 jours. Parmi ces 14 jours’ sont deux jours de petite neige, les 27 et 28. Nébulosité moyenne, 62. Brouillard ! les 7, 8j 9, 10, 17, 18, 21 et 29; brouillard bas le 15. i
- Température moyenne de la Marne, î#,77; elle s’est abaissée presque régulièrement de 10°,13 le 1" à 5°,00 le 30.; elle est restée basse et claire tout le mois. ' * >
- Les vents de S. et de N N.W. ont dominé également. Il y a eu un vent de , S.S.W. Toit le 3, à 9 heures du soir, et un vent de S.S.W. à S. W., souvent très :, „ fort, le 25, de 1 heure à 7 heures du matin. ,
- Relativement aux moyennes normales^ le mois de novembre 1889 présente > ~ les résultats suivants : baromètre plus haut de 7”,81; thermomètre plus haut de 0°,05 ; tension de la vapeur moindre de 0",10 ; humidité relative plus grande, de 1 ; pluie moindre de 20”,5 ; nébulosité moindre de 8. 1
- La hauteur moyenne du baromètre est extraordinaire'; on en rencontre une , égale en 1867, mais on n’en trouve pas d’autres si élevées depuis 1757. j
- L’année météorologique 1889 peut se résumer ainsi : Moyennes de 1889 : thermomètre, 9\72, écart —O8,3; baromètre, 757”,85, écart -H0",2; pluie, 519”,0, écart—35”,3; nébulosité, 61, sans écart. ît,
- Nombre de jours de : brouillard, 42 ; pluie, 174; gelée, 70;oràge, 53, . /
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- AVEC LE COtiCOtmS DE
- M. le baron JULES DE GUERNE
- Chargé des Travaux zoologiques à bord
- Le Prince se propose de publier successivement une suite de travaux de diverses natures ayant'trait à la navigation, à l'hydrographie, à la physique du globe, A la zoologie, à l'anatomie comparée, etc. Les matériaux d’études sont répartis entre des spécialistes qui conservent, sous la responsabilité de leur signature, une indépendance absolue d’opinions.
- L’ouvrage est imprimé avec grand luxe à Monaco, à l’Imprimerie du gouvernement, sur un papier à la forme spécialement fabriqué pour cet ouvrage.
- La vente en est conliée à la librairie G. Masson.
- Le premier fascicule aujourd’hui paru (108 pages grand iu-4®. avec 4 planches dont 2 en couleur) comprend les Mollusques marins des lies A pores, par M. Dautzenrerg.
- Sont en préparation : pour la partie zoologique. Crustacés Décapodes. M. Milne-Eowards. — Amphipodes, M. Chevereux. — Cestodes et Trématodes, JVI. Moniez. — Stellerides, M. Perrier. — Spongiaires, M. Topsent. — Bryozoaires, M. Jullien. — Atcyonnaires, M. Studer. — Tuniciers, M. Kohotnèff, etc.
- Les fascicules paraîtront à des intervalles indéterminés.
- Prix du premier fascicule. ^................................f>’-
- CONGRÈS INTERNATIONAL
- vTenu à Paris du 4 au 11 juillet 1889
- ^...... Sous la présidence
- de M. Jules MÉLINE
- PRÉSIDES [ .Mt Vx’ CHAMBRE DES DÉPUTÉS
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- 1* volume grand in-8». .... . .. ........ >0 IV.
- Ce volume reproduit les âctès5du Congrès international d’agriculture tenu en juillet 1889 à Paris. Il est divisé en six sections: crise agricole; crédit agricole et institutions, de prévoyance; enseignement agricole, culture industrielie; viticulture et sériciculture ; protection contre les animaux et cryptogames nuisibles. On y trouvera, outre le compte rendu des séances,, tous les documents qui ont servi de base à ces travaux.
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- Ce traité est divisé en trois parties,La première est consacrée à l’étude des blessures de guerre envisagées dans leur manière d’être sur les divers tissus du corps humain ; elle comprend la description des armes et des nroiectiles actuellement en usage. Dans la seconde sont décrites les blessures de guerre des différentes régions du corps et les particularités ou’èlies présentent, ainsi que leur traitement. La troisième partie est consacrée à l’exposé de l’organisation du service de santé de l’armée d’après i«= règlements en vigueur. ______________
- NOUVELLES ARCHIVES
- DU
- MUSÉUM D’HISTOIRE NATURELLE
- publiées PAR , !
- MM. les professeurs-administrateurs de cet établissement
- TROISIÈME SÉRIE, TOME I, FASCICULE I
- Les Nouvelles 'Archives du Muséum commencent une nouvelle série (la troisième).
- On sait l’importance des travaux publiés dans cette collection et le soin apporté par l’éditeur à cette publication, dirigée par les professeurs du Muséum, et patronnée paris Ministère de l’instruction publique.
- Le premier cahier du volume vient de paraître ; il contient entre autres un grand travail de MM. Pouchet et Beauregard sur le cachalot, avec 8 planches et figures dans le texte.
- Le second fascicule, qui termine le volume et qui paraîtra très prochainement, est en partie composé d'un mémoire de M. Vaillant sur la tortue céleste avec très belles planches en couleur et de recherches sur les insectes de Patagonie.
- Chique volume comprend 2 fascicules et est vendu. . . . 40 francs
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- précédées de notions statigrapinques et paléontologiques
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- le marquis DE SAPORTA,
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- Plusieurs motifs ont engagé l’auteur à reprendre et à soumettre à un ! dernier examen cette flore déjà étudiée par lui en 1862 et complétée en ; 1872 par un premier supplément : i
- D’une part, la foule des espèces nouvelles, et les remaniements motivés i par ces découvertes ; d’autre part, le désir d’assigner à la flore fossile d’Aix, ] la plus considérable après celle d'Amérique, son horizon légitime sur le? niveau éocène le plus élevé. !
- Cet important travail, primitivement publié dans les Annales des sciences! géologiques et les Annales des sciences naturelles a été réuni en un volume sur la demande de plusieurs botanistes. j
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- La liste des parasites animaux ou végétaux qui s’attaquent à nos récolté augmente d’année en année. La, vigne, la culture française par excellence est particulièrement frappée. L’auteur s’est proposé de donner un historique succinct, de décrire l’insecte, ses mœurs, ses ravages, d’indiquer le moyens de lutte. Phylloxéra, cicadelle, pyrale, cbelonies, attises, charan çons, etc., sont successivement étudiés. L’ouvrage est illustré de figuri dont plusieurs en couleur d’une rare perfection. 1
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- ' N* 864 de
- LA NATURE
- wttpwuwm au iiBBflmrWOtfia''HÀguiiii fla 21 décembre 1339
- ) 556" BOITE AUX LETTRES («Æ.»
- )
- L«s lettre* et eommunioation* relative* à la Boite aux lettre* et à la rédaction doivent être adressée* à M. Gaston TISSAIWDWI
- 60, rue de Ch&teaudun, à Paris.
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- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- AVIS DE I/ADMIVISTRATION. — Au moment du Jour de l’an, il se produit toujours dans la distribution des numéros à Paris quelques irrégularités, qui sont absolument étrangères à notre administration, et dépendent de la surcharge de travail des employés de la maison Bonnard-Bidault, chargée de la distribution. Nous prions MM. les abonnés de nous signaler cependant ces retards, afin qu’il y soit immédiatement porté remède.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne le Combinard, s’adresser à M. Marchand, 71, rue du Cherche-Midi, Paris.
- 37. E. Hennequet, à Paris; 37. V. 37., à Maromme. — A propos de la phptographie sans objectif, nous vous recommandons de consulter l’intéressant opuscule de M. Colson, à la librairie Gauthier-Villars. — Pour percer des trous de diamètre déterminé, il faut se servir d’aiguilles dont on mesure le diamètre au moyen d’une vis micrométrique. On fait rougir l’aiguille au feu et on perce des plaques de métal mince. On peut se procurer ces plaques minces chez MM. Dehors et Deslandres, 8, rue des ilaudriettes, à Paris.
- 37. T. E., à Bruxelles. — 1° Un élément Bunsen suffit. — 2° Voyez les catalogues des marchands de produits chimiques.
- 37. E. Moonen, à Paris. — Nous avons publié récemment, dans la 512° Boîte aux lettres, quelques procédés de métallisation de fleurs.
- 37. le comte de F., à Château-Renault. — La benzine, le pétrole, l’essence de térébenthine peuvent dissoudre cette couche de peinture.
- Cercle de Saint-Chamond. — S’adresser au Ministère de la guerre pour avoir ces renseignements.
- 37. G. Chenal, à Paris. — Nous ne saurions vous indiquer le meilleur de ces appareils; il faudrait faire des études comparatives.
- 37. A. Fournier, à Paris. — Les mesures d’isolement électrique sont décrites dans les traités d’électricité ; voyez le Formulaire pratique de l’électricien, à la librairie Masson.
- 37. Bracq, à Paris. — Remerciements pour votre photographie; les nuages sont, en effet, fort bien réussis.
- , 37. F.. C. Kœchlih, à La Haye. — Les frères Davenport faisaient jadis l’expérience comme nous vous l’avons indiqué. Le prestidigitateur dont vous parlez a peut-êtré un autre procédé ; nous ne le connaissons pas.
- 37. P. >C., à Hautefeuille. — Une instaüation de ce genre par des piles est absolument impraticable.
- 37. 77. Taillefer, à Châteauneuf. — Les rapports du Jury de l’Exposition universelle seront peut-être publiés ultérieurement; ce serait à souhaiter. . •
- 37. A. Lefebvre, à Paris. — Adressez-vous à MM. Floury, directeurs du théâtre du Châtelet; ils ont la concession pour les procédés destinés à rendre les décors incombustibles, dans les théâtres de Paris. % .
- , L'abonné 1203, à Samsun.— Moulins à vapeur : MM. Beyer, 16, rue de Lorraine; M. Dartel-Legat, 42, rue de Chalon, à Paris; M. Rose, à Poissy (Seine-et-Oise) ; M. Schweitzer, rue du Port, à Saint-Denis (Seine); etc., etc.
- 37. F. Coulaud, à Bergerac. — l° 0n a publié une Table des matières des dix premières années de La Nature en 1883. — 2° Rien à vous indiquer.
- 37. B. W., à Mulhouse. — Nous n’avons pas les adresses de ces maisons de Londres.
- 37. G. C., à Fribourg. — 1° Non. — 2° Pas pratique. —3° Difficile à trouver. — 4“ Toutes les fabriques d’engrais peuvent fournir ces produits.
- 37. L. Marchetti, à Paris. — La machine à fabriquer les sacs automatiquement de MM. A. Lorenz et Honiss a été décrite dans le n” 844, du 3 août 1889, p. 149.
- 37. Andrieu, à Saint-Céré. — 1° Lentilles : M. Pellin, rue de l’Odéon, à Paris. — 2° A été décrit dans La Nature. f J7. «7. Plassard, à Paris. — Nous ne saurions vous renseigner.
- 37. Goubert, au Pouzin. — 1“ Le bois est attaqué lentement; pour éviter cette attaque, on le trempe dans de la paraffine fondue. — 2° Le chêne. _
- M..F, J., à Amiens. — Le livre d’Ozanam peut se trouver chez dés marchands de livres anciens; il est assez rare en librairie.
- 37. G. D., à Versailles. — Ces dépôts proviennent des grimpements de sel. Pour les éviter, il faut enduire de vaseline brune les bords du Yafee de'la pile.
- 37. de M., à Sancé. —1° Adressez-vous â M. Mason, constructeur, 108, 'quai Marierhont, à Bruxelles. — 2° Nous ne connaissons pas, d’essais de ce genre. ‘
- M. G. Sorlin, à Rennes. — Vous ne pouvez pas calculer ainsi une
- machine, il faut d’autres éléments importants (résistance magnétique, flux à produire, etc.); voyez ce que nous avons dit au sujet de la construction d’une dynamo (n°* 745, du 10 septembre 1887, p. 235; et 750, du 15 octobre 1887, p. 314.)
- 37. E. F., h Dijon. — Des expériences analogues ont été décrites dans La Nature; remerciements.
- M. H. T.,, à. Compiègne. — Veuillez vous renseigner à l'Ecole supérieure de pharmacie, à Paris.
- 37. L. Pécoul, à Marseille. — L’expérience est connue ; les ressorts ne sont pas des accumulateurs pratiques d’énergie.
- 37. S., à Eurville. — Le mode de chauffage le plus économique dépend beaucoup des conditions particulières.
- 37. E. Carquillat, à Noyon. — La Revue aéronautique n’a pas cessé de paraître; trois livraisons doivent être publiées à la fois. — La collection aéronautique du palais des arts libéraux a été signalée dans La Nature.
- 37. B., à Tunis. — Cet accident ne se produit pas avec de bons réactifs ; nous ne saurions vous renseigner sans connaître vos produits.
- 37. J. Bizet, à Paris. — Il existe plusieurs systèmes; voyez aux Annonces.
- 37. P. Cyrille, à Fontaine-au-Bois. — Il faut désinfecter à l’acide sulfureux.
- 37. P. Rivet, à Ustaritz. — Nous ne connaissons pas de fabricant spécial.
- 37. G. Pellissier, à Paris. — Remerciements pour la recette que nous utiliserons prochainement; la récréation mathématique est bien connue.
- Un lecteur, à X. — 1" Pas d’adresse à vous indiquer. — 2° Journal Ciel et Terre, à l’Institut national de géographie, 18, rue des Paroissiens, à Bruxelles.
- 37. L. L., à Constantine. — Une brochure sur la Ramie a été publiée par la Société d’acclimatation, à Paris. *
- 37. Bouthier, à la Séauve. — 1® Les machines dynamo-électriques, par. M. R. V. Picpu, à la librairie Baudry, rue des Saints-Pères, à Paris. — 2° N’a pas été décrit.
- 37"e M. Belèze, à Montfort-l’Amaury. — Adressez-vous à la librairie Rothschild, à Paris.
- 37. L. d’A., à X.; M. Gerbeau, à Y.; 37. C. Thomas, à Paris; 37. P. Salignattü, à Vienne; 37. E. F., à Zurich; 37. Fitremann, à Nantes ; 37. P, Bordeaux, à Neuilly. — Nous ne croyons pas qu’il existe des traités aussi spéciaux ; renseignez-vous cependant auprès des grands éditeurs de Paris. On nous demande souvent des traités de chimie, d’analyse, de mathématiques ou autres sujets; les livres de ce genre sont innombrables, il nous est souvent impossible de renseigner nos lecteurs à cet égard.
- 37. Châtelain, à l’Ile-Saint-Denis. — M. Tachet, constructeur d’instruments de précision, 42, rue du Bac, à Paris.
- 37. Vuillemin, à Remiremont. — Cette adresse nous est inconnue.
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- 37. 77. P. de V., à X. — Même réponse pour les vernis à bois.
- 37. E. Mocrich, à Haren; 37. «7. Baylac, à Paris; 37. A. Rapp, ai Argenteuil; M. Jamin, à Tours. — Remerciements pour vos com-i munications. i
- 37. A. C. Arsénian, à Constantinople. — Société d'excursions -dés amateurs de photographie; s’adresser au secrétaire M. Rolland,, 2, rue de Sfax, à Paris.
- Un ingénieur, à Port-Saïd. — Le journal que vous mentionnez s ne se trouve pas dans la liste des journaux de Paris; nous ne savons -pas s’il existe. ,
- 37. A. Woltz, à Strasbourg. — 1° Pour la souplesse du cuir, employer l’huile de baleine ou la pâte de MM. Le Pileur frères, 78,', Faubourg-Saint-Martin, à Paris. — 2° Il y a une quantité de maisons de ce genre. y
- L’abonné 818, à Nancy. — Nous ne croyons pas qu’on soit encoret. arrivé à fabriquer ce produit. J
- 37. A. Matlhey, à Genève. —L’invention dont il est question n’este
- pas pratique et ne répond à aucune des conditions annoncées.
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- M. Ch. Noé, à Paris. — Il est impossible, pour le moment, de se procurer cet appareil en Europe.
- M. Kleczkowsku, à Paris. — L’établissement en question existe bien, mais nous ne connaissons pas l’adresse exacte.
- REPONSES
- Réponse au n° 1288. — Pour éviter le dépôt de buée sur un lorgnon quand on entre dans une pièce chauffée, il faut avoir soin, ivant d’entrer, de le retirer et de le mettre dans la poche pour le aisser échauffer; on peut ensuite le remettre sans inconvénients. (Communiqué par M. Piequet, à Reims.)
- Autre réponse au ti° 1288. — On mouille légèrement les verres avec de la glycérine, mais de façon à n’avoir qu’une très faible couche. (Communiqué par M. Yvon, à Paris.)
- Autre réponse au n° 1288. — En réponse à la demande du h° 1288, j’ai l’honneur de vous communiquer la précaution suivante à prendre dans le cas dont il s’agit : avant d’entrer dans une pièce chaude, projeter l’haleine sur les deux faces des verres du lorgnon et essuyer aussitôt. Le peu de chaleur transmise suffit à empêcher le dépôt de la buée. (Communiqué par M. P. Gay, à Paris.)
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- La pluie dans les régions élevées et dans les régions lasses. — La quantité d’eau tombant dans une région dépend beaucoup de l’altitude et du climat de cette région. M. J. Van Bebber publié, dans Ciel et Terre, quelques chiffres sur les quantités de pluie tombées annuellement qui peuvent nous fixer entièrement à ce sujet. Pour les stations élevées d’abord, nous trouvons pour le îont Washington ((Amérique), à l’altitude de 1916 mètres, 2,13 m jd’eau; pour le mont llamilton (Californie), à l’altitude de 1295 mètres, 86 centimètres d’eau; pour le mont Ben Nevis (Ecosse), à l'altitude de 1343 mètres, 3,58 m d’eau; pour le Puy-de-Dôme (France), à l’altitude de 1465 mètres, 1,54 m d’eau; pour le mont Plantade (Pic du Midi), à l’altitude de 2366 mètres, 2,21 m d’eau; pour le mont Brocken (Harz), à l’altitude de 1141 mètres, 1,49 m l’eau; pour le mont Schneekoppe (Sudètes), à l’altitude de 1599 mètres, 1,40 m d’eau; pour le mont Wendelstein (Bavière), à l’alti-:ude de 1837 mètres, 1,49 m d’eau; pour le mont Obir (Autriche), i l’altitude de 2148 mètres, 1,59 m d’eau; pour le montRighi, à 'altitude de 1790 mètres, 1,71 m d’eau; pour le mont Sântis, à 'altitude de 2473 mètres, 1,57 m d’eau; pour le mont Curepipe Maurice), à l’altitude de 518 mètres, 4,22 m d’eau; pour le grand >aint-Bernard, à l’altitude de 2896 mètres, 1,61 m d’eau. Pour les ’égions moins élevées, la quantité de pluie est bien inférieure. A lurlington (Vermont), dont la hauteur est de 81 mètres, la moyenne innuelle est de 73 centimètres; à San José (Californie), 29 mètres, le 33 centimètres ;'à Laggau (Ecosse), 250 mètres, de 1,03 m;. au ’uy-de-Dôme, au pied de la montagne, à 388 mètres d’altitude, de 15 centimètres; à Pau, 207 mètres, de 85 centimètres; à Bruns-vick, 98 mètres de hauteur, de 60 centimètres; à Eichberg, >48 mètres, de 64 centimètres; à Munich, 311 mètres, de 74 cen-imètres; à Gratz, 344 mètres, de 38 centimètres; à Genève, 107 mètres, de 75 centimètres ; à Beauvallon, 73 mètres, de 1,54 m; à Jamestown, 12 mètres, de 14 centimètres; à Turin, !75 mètres, de 83 centimètres. Il résulte de ces nombres que, dans es montagnes, à une altitude de 1200 à 5000 mètres, la quantité l’eau est plus que double de celle qui tombe dans la plaine, au îiveau de la mer.
- BIBLIOGRAPHIE
- yaris, par Auguste Vitu. 1 vol. grand in-4% avec 500 dessins inédits d’après nature. — Paris, maison Quantin, 1889.
- François Ier disait déjà, en parlant de la grande métropole : « Paris n’est pas une ville, c’est un monde. » Quel monde immense n’est-ce pas aujourd’hui, encore plus qu’alors. Comme le dit l’éminent auteur du beau livre que nous signalons : « Paris ne saurait être embrassé d’un coup d’œil d’aucun point de son immense étendue. Il faut, pour s’en procurer l’idée générale, le contempler successivement de plusieurs sommets différents l’un de l’autre, du haut d’un de ces divers postes-vigies qui s’appellent les tours Notre-Dame, le Panthéon, la colonne de Juillet, la tour Saint-Jac-ques-la-Boucherie, la colonne Vendôme, l’arc de triomphe de l’Étoile, enfin la Tour Eiffel, et coordonner les différents pano-
- ramas par un effet de mémoire visuelle. » Cette vaste entreprise a été tentée et fort bien réussie par M. A. Vitu, qui décrit Paris tout entier, avec le talent d’écrivain et l’érudition nécessaires pour mener à bien une œuvre si considérable. Paris- est un magnifique ouvrage que l’éditeur a publié avec grand luxe; presque Chaque page est enrichie d’une ou de plusieurs gravures qui donnent le tableau complet de tous les monuments et de toutes les curiosités de la capitale. C’est un livre littéraire et descriptif en même temps qu’un magnifique album.
- La France et ses colonies, par Onésime Reclus, tome second : Nos colonies. 1 vol. in-18 jésus, avec 252 gravures et 18 cartes. Librairie Hachette et Cie. — Paris, 1889.
- Au moment où l’on se préoccupe partout de la politique coloniale, le livre de M. Onésime Reclus apparaît bien à propos. A la science du géographe, à la connaissance approfondie du globe qu’il possède comme son frère, M. Elisée Reclus, l’auteur joint une vivacité de style, une originalité particulière. Les éditeurs ont accompagné le texte d’une profusion de gravures de la plus grande perfection artistique qui donnent des vues exactes des contrées et des types décrits dans ce bel et intéressant ouvrage.
- Les lacs de l'Afrique équatoriale. Voyage d’exploration exécuté de 1883 à 1885, par Victor Giraud. 1 vol. in-8° contenant 161 gravures et 2 cartes. — Paris. Librairie Hachette, 1890.
- Le Toit du monde (Pamir), par Guillaume Capus. 1 vol. in-18 delà Bibliothèque des merveilles, avec 31 gravures sur bois et une carte. Librairie Hachette et Gi0..— Paris, 1889.
- Les couleurs, par Ch. Er. Guignet, 1 vol. in-18 de la Bibliothèque des merveilles, avec 36 gravures et 18 planches en couleurs. Librairie Hachette et C‘°. — Paris, 1889.
- Le désert, par Adrien Mellion. 1 vol. in-18 de la Bibliothèque des merveilles, avec 23 gravures sur bois. Librairie Hachette et Cir. — Paris, 1889.
- Le bronze, par Maxime Hélène. 1 vol. in-18 de la Bibliothèque des merveilles, ouvrage illustré de 80 vignettes. Librairie Hachette et Cie. — Parisj 1889.
- A travers l'Empire britannique (1883-1884), par M. le comte de Hübner. 2 volumes in-18, avec 98 gravures sur bois. Librairie Hachette et Cio. — Paris, 1889.
- Physiologie et hygiène du cerveau et des fonctions intellectuelles. Mémoire, raisonnement, enchaînement des idées, etc., par M. Gutot-Daubès. 1 vol. in-18, de la Bibliothèque d’éducation attrayante.— Paris, 1889.
- Nouveau dictionnaire de géographie universelle, par M. V. de Saint-Martin. 49° fascicule. Pong-Pritt. 1 brochure grand in-4°. Librairie Hachette et Cie. — Pans, 1889. *
- Manuel pratique du fabricant d'alcools (alcools de vin, de cidre, de poiré, de betterares, de mélasses, etc.), par E. Robinet. 4 vol. in-16 de la Bibliothèque des actualités industrielles. Bernard Tignol, éditeur. — Pans, 1889.
- Dictionnaire d'agriculture. Encyclopédie agricole complète, par J. A. Barral, continué par H. Sagnier. 20° fascicule. 1 brochure in-8°. Hachette, éditeur. — Paris, 1889.
- L'électricité à l'Exposition universelle de 1889, par Henrt Yivarbz.
- 1 brochure in-8°. Bernard Tignol, éditeur. — Paris, 1889.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Moyen de reconnaître si le vinaigre est falsifié avec de l’acide sulfurique.
- refroidir, on u
- et on traite par l’azotate de baryte. Le précipité obtenu, qui est du sulfate de baryte, permet de trouver la quantité d’acide contenue dans le vinaigre.
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- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, oéme avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 08e BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA
- »’APRis LES OBSERVATIONS DE H. RENOU (PARC DR SÀINT-MÀUR, ALTITUDE : 49 M. 30)
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- Décembre 1889. — Semaine du lundi 9 au dimanche 15 Décembre.
- La courbe eupéiieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de EK. Rédier. — Thermomètre A l’abri, à boule sèche et h boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O an niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNÉ ï D. Q. LE 15, A 5 H. 8 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- D’APRÈS LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE « VENT ’ DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 V ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES V OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 1 Lundi 9 décembre. . . . » — 1*,6 S. 4 Couvert. » Nuageux jusqu’à 6 h., couv. ensuite, neige, verglas le soir, halo.
- Mardi 40 . . 4*,9 . . S. S. W. 2 Couvert. 7,1 ,, Couv., petite pluie à partir de 13 h 1/2. T..p. A 6 km.
- Mercredi 11 3* ,8 S. W. 2 Couvert. 15,7 Beau de 17 à 20 h., couvert ou très nuageux après, pluie cesse à 8 h.
- Jeudi 12 — 2°,4 S. S. E. 0 Beau, • r 0,5 Peu nuageux jusqu’à 16 h., couv. après, brouillard toute la journée de 30 à 40 m.
- Vendredi 15 — 2°,1 S. 5 Couvert. ». Couv. grains.de neige de 14 à 15 h., puis petite grêle et neige.
- Samedi 44.. ^ 0*,2 N. E. 1 Couvert. Couv. grains de neige, de 4 à 8 h. T. p. A. 10 km. bruine le m.
- Dimanche 15 1 — 2%9 N. W. 1 Peu nuageux. 0,1 Nuag jusqu’à 17 h., beau ensuite; halo, petit brouil. dans la soirée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- ; lin cyclone au Jupon. — Dans une des dernières séances de la Société i météorologique, H. Wada a donné un Résumé des documents relevés par Observatoire central de Tokio sur le cyclone qui a ravagé la partie méridio-lale et orientale du Japon, le 11 et le 12 septembre 1889. Le centre a parcouru me trajectoire dirigée vers le N. 55° E., avec une vitesse qui a varié de 50 à 10 kilomètres par heure, depuis l’origine jusqu’à la fin. Les isobares avaient
- (i forme d’ellipses dont le grand axe était dirigé vers le N.N.E. La pression sur 'isobare voisine du centre était le plus souvent de 734 millimètres, mais est "scendue parfois jusqu’à 717, baisse qui n’avait encore été observée qu’une Ls au Japon. Les flèches du vent ont fait, en moyenne, un angle de 45° avec ^tangente aux courbes Jsobares. Le vent a été surtout violent dans le demi-
- cercle dangereux où il a atteint 29 mètre s, par seconde, c’est-à-dire la vitesse effrayante de 104 kilomètres par heure. Le calme central était très marqué. La période de baisse barométrique a été accompagnée partout de pluies considérables qui ont atteint jusqu’à 205 millimètres en vingt-quatre heures. Ce typhon, coïncidant avec la pleine mer dans le S.E. du Japon, a provoqué un raz de marée désastreux dont le niveau s’est élevé,à 5 mètres au-dessus des plus hautes mers, La vague énorme a balayé les plaines basses, entraînant 5000 maisons, 400 bateaux et faisant 874 victimes dans un pays déjà éprouvé au cours des deux mois précédents par Je tremblement de terre et l’inondation. La dépression a traversé les contrées montagneuses du Japon où elle a franchi, sans en être influencée, des altitudes de 3000 mètres. Il y a eu de grands dégâts causés par les grands vents et les inondations survenant un peu avant l’époque de la moisson. Grâce aux avertissements de l'Observatoire central de Tokio, les sinistres maritimes ont pu être presque complètement évités.
- TEMPÉRATURE
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- Les lettres et communication» relatives à la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à M. Gaston TISSAKDIBK
- 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les jouets automatiques à hélice qui ont été décrits dans le dernier numéro se trouvent à la fabrique d’images Delhalt, 8, place Saint-Louis, à Metz (Lorraine). — Nous ne connaissons pas le fabricant de la tirelire magique : le petit appareil qui nous a servi de modèle, a été acheté par nous aux magasins du Louvre, à Paris.
- M. Philippe, à Houdan. — Consultez Y Annuaire du bureau des longitudes; vous y trouverez les points d’ébullition des différents liquides.
- M. B. Bouchu, à Roanne. — Renseignements sur le nickelage dans le Formulaire pratique de Vélectricien (G. Masson, éditeur), et dans le traité de Roseleur, à la librairie Baudry.
- J. G., à Paris. — On a imaginé un grand nombre d’appareils répondant à ce but; voyez la collection de La Nature.
- M. X., à Reims. — Compteur électrique Frager, 53, rue Claude-Yellefaux, à Paris.
- M. L. Guette, à Bordeaux. — Adressez-vous à une agence de brevets; nous n’avons aucune compétence en cette matière.
- M. M. Wœstyn, à Trostianetz-Podolsk. — 1° A l’usine Edison, à New-York. — 2° Oui. — 3° Pas d’obstacle. — 4° Non. — 5° Nous ne pouvons vous indiquer le prix.
- M. W. G., à Paris. — 1° Calcul élémentaire à faire d’après les équivalents chimiques. — 2° Conjoncteur-disjoncteur automatique pour accumulateurs : M. Simmen, 44, rue Dombasle.
- M. Lasserre, à Duras. — La réponse serait trop longue à vous donner; voyez la théorie des cadrans solaires dans les traités de cosmographie.
- M. H. Houpeurl, à Saint-Etienne. — Il est très difficile de se procurer ces vases; adressez-vous aux fabricants d’accumulateurs.
- Un abonné, à Lyon. — 1° Oui. — 2° Chlorhydrate d’ammoniaque purifié et dont la solution a été filtrée. — 3° Deux à trois lampes de 12 volts et 1 ampère.
- • M. E. Fergeau fils, à Paris. — 1° M. E. Deyrolle, naturaliste, 40, rue du Bac. — 2° Au secrétaire de la Société d’excursions des amateurs de photographie : M. Rolland, 2, rue de Sfax.
- Un lecteur, à Lille. — 1° Oui; mais il faut avoir soin de mettre un conjoncteur-disjoncteur automatique dans le circuit de charge. — 2° Non.
- M. A. ü., à Metz. — Nous ne connaissons pas d’expériences de ce genre; il faudrait faire des essais.
- M. J. Y., à Grenoble. — Adressez-vous à l’auteur de l’article, 4, passage des Eaux, à Paris.
- H. L. R., à Paris. — Voici les principales adresses, relevées à l’Exposition, des constructeurs de moteurs à pétrole pouvant être 'adaptés à la traction : M.Noël, à Provins (Seine-et-Marne) ; MM. Ilouart frères, 157, boulevard Voltaire; M. Mors, 8, avenue de l’Opéra; M. Thiroux, 18, rue Descartes; M. Forest, 76, quai de la Râpée; M. Durand, 163, avenue Victor-Hugo; M. J. Mire, 9, rue de Valenciennes, à Paris, et M. L. Charon, à Solré-le-Chàteau (Nord).
- M. J. M., à Versailles. — Prenez des piles Radiguet ou des piles du commandant Renard.
- M. A. M., à Rouen. — 1° M. Mors, 8, avenue de l'Opéra, ou M. Trouvé, 14, rue Vivienne, à Paris. — 2° Pas de fabricant spécial. — 3° Non.
- M. A. D., à Vanves. — Ces appareils donnent de bons résultats.
- M. H. Lapauze, à Paris. — Nous n’avons pas entendu parler de ce fabricant.
- Jflle Laurence Blanc, à Marly (Suisse). — Consultez le Livre des parfums, de Piesse, à la librairie J.-B. Baillière, à Pans.
- M. L. Platet, à Paris. — Nous me pensons pas qu’il existe un appareil de ce genre; mais il ne serait pas difficile d’en imaginer et d’en construire.
- i . M. E. Moisson, à Boulogne-sur-Mer. — 1° Pour vous répondre, il faudrait savoir le poids de vos accumulateurs, leur débit en ampères, le courant de charge en ampères. — 2° Mettre autour du vase, à l’intérieur, de la vaseline brune, ou toute autre substance -grasse.
- M. X., en Portugal. — 1° Consultez les traités de minéralogie; ces questions y sont traitées. — 2° Oui.
- M. J. Plassard, à Paris; M. G. D., à Etampes. — Nous avons indiqué, dans notre dernière Boite aux lettres, l’adresse de MM. Floury, qui ont un procédé d’incombustibilité des tissus.
- JL P.. O., à Montauban. —: Il existe un très grand nombre de tréfileries; il est impossible de donner les adresses que vous demandez ; agréez tous nos regrets.
- L'abonné 435, à Courtenne. —Cette invention date de 1876.
- M. A. Bertrand, à Pont-Sainte-Maxence.— 1° Le traité de M. E. Hospitalier, que nous avons précédemment indiqué, à la librairie Masson, vous conviendra. — 2° Prenez le moteur à pétrole, la dynamo, et des accumulateurs que vous chargerez pendant la journée.*
- M. C. Massignon, à Cannes. — Graisses et huiles : M. Uamelle, 21, quai de Valmy, à Paris.
- M. Soubrier, à Paris. — Nous ne connaissons pas encore d’application de ce genre à Paris.
- M. A. R. C., à X. — 1° Ces appareils ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients. — 2“ Renseignez-vous à un bureau de poste,
- M. L. Vialet, à La Ciotat. — L’adresse des inventeurs est : 27, rue des Cloys, à Paris.
- M’l Fabre, à Narbonne. — Ces cornets acoustiques ne peuvent pas convenir dans tous les cas de surdité ; il faudrait consulter un spécialiste.
- M. R. Mailhat, à Paris; M. A. Spaeth, à Intra (Italie) ; M. J. M., à Paris; M. A. Arsénian, à Constantinople. — Nous avons reçu vos communications; agréez nos remerciements.
- M. L. S., à Bruxelles. — M. Collin, 6, rue de l’Ecole-de-Méde-cine, à Paris.
- M. J. L., à Paris. — Pas d’adresse spéciale; le brancardier se trouve chez les quincailliers et chez les marchands de vin.
- M. P. B., h Bastia. — On ne saurait fixer une couleur sur du caoutchouc soumis à une distension; au bout de peu de temps, la couleur s’écaille et tombe.
- M. J. B., à Angers. — 1° Adressez-vous directement au journal qui a décrit cette lampe. — 2° et 5° Oui ; au moyen de la poudre-éclair.
- M. J. H., à Toulon. —Impossible de vous fournir des renseignements sur cette machine ; demandez-en à l'inventeur que vous indiquez.
- M. G. R., à X. — 1° Vous ne pouvez pas faire ces reproductions sans l’autorisation de l’auteur ou de l’éditeur. — 2° Même réponse pour votre deuxième question.
- M. S. M. A., à Lunéville. — Nous croyons que vous trouverez les renseignements demandés sur la pâte plastique pour modelage dans le Mouleur, manuel pratique de la. collection lloret, à la librairie encyclopédique Roret, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. A. Derbis, à Marseille. — Dans l’opération de la photographie sans objectif, on se sert du verre dépoli pour la mise au point, l’image est peu lumineuse, mais suffisante.
- M. E. Alida, à Nancy. — Les expériences de Hertz ont été décrites dans presque tous les journaux scientifiques ; nous en avons parlé dans notre n° 838, du 22 juin 1889, p. 51.
- M. H. Jay, à la Guillotière. — Vous pourriez essayer des charbons gras d’Anzin ou de Saint-Etienne, en les arrosant légèrement ; ils ont donné d’excellents résultats dans des conditions semblables aux vôtres.
- M. P., h L. — Nous ne pensons pas que vous trouverez ces pièces détaillées; adressez-vous cependant aux maisons Breguet, Gramme, Edison, à Paris.
- M. F. J., h Amiens. — M. Molteni, 44, rue du Château-d’Eau, à Paris.
- Un abonné, à Paris. — 1° Il suffit d’incorporer une solution de bichromate à de la gélatine fondue. — 2° Adressez-vous aux marchands de produits chimiques.
- M. H. de Coninck, à Bondeville. — Il existe de nombreux systèmes d’accumulateurs; voyez aux Annonces.
- M. F. Dcsjalels, à VVassv. — Nous n’avons rien publié de semblable dans La Nature.
- M. S. Uammer, à Lyon. — 1° Les lampes brûlent, parce que la différence de potentiel aux bornes est t< op élevée. — 2“ J1 faut mettre quelques lampes en circuit pour faciliter l’allumage; cela tient à la nature même de la machine. — 3° Vous pourriez mettre un régulateur destiné à maintenir la différence de potentiel constante, quelle que soit la résistance extérieure (régulateur Uenrion, à Nancy).
- Un amateur photographe, à Oloron. — Vous trouverez des lampes à incandescence à verre rouge à la Compagnie des lampes à incandescence Edison-Sivan, 1, rue Le Peletier, à Paris, chez M. Bardon, 61, boulevard National, à Clichy (Seine).
- M. L. M., à Chartres. — Presse à brocher : maison Poirier, Hachée, successeur, 122, rue du Faubourg-Saint-Martin, à Paris.
- M. M. Bossière, à Paris; M. Thibonne, à Blida. — Remerciements pour vos communications que nous utiliserons prochainement,
- Ùn abonné, h Erzeroum; M. J. Fillion, à Besançon; M. A. de Brodotv, à X.; M. R. W., à Bordeaux. — Il nous est impossible
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- à notre grand regret, de répondre aux demandes de ce genre; nous en avons exposé les raisons dans la précédente Boîte aux lettres.
- M. Ch. Dufour, à Saint-Vallier. — Voyez le petit'livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. E. D., à Vigny. — Nous regrettons de ne pas connaître de
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- I La (( fille sauvage )) de la Champagne en 1931. —
- i M. E. Meynard, de La Rochelle, nous adresse la communication suivante : « Dans le n° 863 de La Nature (555* Boîte aux lettres), |. vous avez inséré une notice sur des sauvages ayant habité le Dauphiné en 1646. Voici un fait bien plus récent qui a été publié en 1835 <« sous le titre la Fille sauvage, dans la géographie la France pitto-
- *: resque de A. llugo, p. 222, à l’historique du département de la
- : Marne et qui est de nature à intéresser les lecteurs. « En 1731, un r être à forme humaine, pressé par la soif, entra dans le village de
- : Sogny, à deux lieues de Chàlons. Il avait à la main un bâton court
- ' et gros par le bout, comme une masse. Ses cheveux flottaient épars,
- i son corps était presque nu, ses mains et son visage étaient noirs;
- I les paysans le prirent pour le diable et lâchèrent contre lhi un
- dogue dont le collier était armé de pointes de fer. Cet être inconnu 3 attendit le dogue sans crainte, et, d’un coup de bâton, l’étendit mort sur place. Ensuite il regagna la campagne, grimpa sur un arbre avec la légèreté d’un écureuil et disparût dans la forêt. Les paysans effrayés n’osèrent pas le poursuivre. Peu de jours après, les domes-1 tiques du château de Songy (à cinq lieues de Chàlons) aperçurent
- ] pendant la nuit, dans le jardin, sur un pommier chargé de fruits,
- ij une espèce de fantôme; ils s’approchèrent en silence afin d’envi-
- I ronner l’arbre, mais le fantôme sauta sur un pommier voisin, et, de
- i là, de branche en branche, hors du jardin, se sauvant dans le bois,
- au sommet d’un arbre très élevé. Le seigneur de Songy accourut ( avec ses domestiques et des paysans, et l’on reconnut sur l’arbre un
- II être semblable à une jeune fille à peau très brune et à longs che-1 ' veux flottants. C’était le diable de Songy; mais on n’en eut pas peur.
- ( On environna l’arbre et on le cerna. La jeune fille resta tapie dans r le plus épais du feuillage. On croyait avoir affaire à quelque folle; la r difficulté était de l’engager à descendre. Après l’avoir gardée à vue 3 pendant quelque temps, on pensa que la faim et la soif la feraient t sortir de sa retraite... » La fille sauvage fut saisie et gardée à Chà-
- ;. Ions. Elle avait les ongles des pieds et des mains très longs et très
- i durs. Sa peau paraissait noire, mais elle était naturellement blanche ;
- 1 car cette teinte brune, que le grand air seul lui avait donnée, dis-
- ! parut bientôt. Elle paraissait âgée de douze à quinze ans. On la con-’ j duisit au château; son premier, mouvement fut de se jeter sur des •> volailles crues que le cuisinier préparait. On comprit que ce ne pou-1 r vait être une folle, et on devina ce qu’elle avait été jusqu’alors. Elle 3 n’articulait aucun son et poussait seulement de la gorge un cri dont t l’expression était effrayante. Elle savait imiter le cri des animaux et ) le chant de quelques oiseaux, mais non pas celui du rossignol.
- 1 D’après ce quelle raconta par la suite, elle était sensible à l’impres-
- 1 sion du froid, et se couvrait dans l’hiver. On parvint à l’apprivoiser.
- \ Elle commença à comprendre et bientôt après à parler la langue
- i française, et dès lors s’effacèrent peu à peu de ses idées les souvenirs
- i de ce qu’elle avait été, de ce qu’elle avait fait. Tout ce dont elle
- 1 conserva la mémoire fut qu’elle avait habité dans les forêts. La
- ! découverte de la jeune sauvage fit du bruit. On en parla dans la pro-
- 1 vince et même à Paris. M. de La Condamine, de l’Académie des
- 6 sciences, vint exprès à Chàlons pour la voir et l’observer. La reine
- l de Pologne, passant à Chàlons, eut la curiosité de la voir. Pour
- i donner à la princesse une idée de so"n premier état, la jeune fille
- poussa devant elle son effroyable cri de la gorge et saigna avec l’ongle un lapin vivant dont elle but tout le sang. De Chàlons, on la conauisit à Paris, où elle voulait se faire religieuse; mais sa faible santé l’empêcha d’exécuter cette résolution. Elle continua néanmoins d’habiter Paris, vivant des pensions que lui faisaient plusieurs personnes charitables, et elle y est morte vers 1780. Ce fut à Paris que Yalmont de Bornare la vit en 1765 (elle portait alors le nom de M’1* Leblanc, et voyait souvent M. de la Condamine). Il conjecture,
- ! nous ignorons d’après quels indices, quelle était venue des terres arctiques, et qu’elle était de la nation des Esquimaux. » Il paraît certain qu’ily a beaucoup de fable dans cesanciens etnaïfs récits; il est vraisemblable cependant que le fond de ces histoires est vrai; nous croirions volontiers qu’il s’agit non de sauvages, mais de malades r atteints de maladies nerveuses analogues à nos hystériques.
- f Incendie d*un pétrolier à Rouen. — On nous signale ] de Rouen l’incendie d’un navire chargé de pétrole, Le Fergusson
- appartenant à MM. Deutsch. On ne connaît pas exactement la cause remière de l’incendie; mais on suppose que c’est un homme du ord qui, au mépris de tous les règlements, aura fumé, et laissé tomber une étincelle. Cet homme âgé de dix-neuf ans a été la seule victime. Le navire a brûlé complètement ; il avait été construit en 1880, à Sunderland, et mesurait 250 pieds anglais de longueur sur 34,5 pieds de largeur; il jaugeait 972,58 tonneaux. Sa valeur était de 800 000 francs, et il portait 150000 francs de marchandises.
- BIBLIOGRAPHIE
- La Seine à travers Paris, par Saint-Jüirs. 1 vol. grand in-8°, illustré de 230 dessins et de 17 compositions en couleurs, par G. Fraipont. Librairie artistique. H. Launette et Ci0. G. Boudet, successeur. — Paris, 1890.
- « Nous l’aimons dans le passé et dans le présent, cette Seine généreuse qui défendit Lutèce à ses premières heures et la berça dans ses roseaux. Confiée à sa garde, enrichie par elle, la barque frêle est devenue la trirème imposante des armes parisiennes, et, comme il arrive dans les familles tendres, la Ville, qui a formidablement grandi dans le cours des siècles, prend affectueusement aujourd’hui sa vieille nourrice dans ses bras de pierre, la pare et la protège à son tour. » Ainsi s’exprime l’auteur dans son introduction, où il prépare le lecteur aux excellentes descriptions qu’il lui réserve sur le parcours de la Seine à travers Paris. Le texte qu’inspire chaque curiosité du parcours du fleuve à travers la capitale, est embelli à chaque page de délicieuses compositions de M. Fraipont qui excelle à prendre la nature sur le vif et dont les croquis délicieux font de ce livre un incomparable album. Les dessins de M. Fraipont sont rehaussés de teintes, et, en outre, dix-sept planches en couleur complètent les illustrations dans le texte. Ce beau livre est édité avec luxe et beaucoup de goût, comme tout ce qui est publié par la Librairie artistique.
- Les Cévennes et la région des Causses, psr E.-A. Martel. 1 vol. in-8° de 400 pages avec 140 gravures et 11 cartes et plans. — Paris. Librairie Ch. Delagrave, 1890.
- Les Cévennes sont la monographie complète, descriptive, anecdotique et scientifique d’un coin de la France, le pays des Causses, inconnu il y a dix ans, découvert à partir de 1879 par MM. Le-queutre, de Malafosse, Gaupiüat et Martel. Ce dernier surtout a, depuis 1883, dans de nombreuses conférences, communicatiohs à l’Académie des sciences, etc., fait connaître ses propres recherches et révélé que la Lozère et les départements limitrophes, les hauts bassins du Lot, du Tarn, de l’Hérault, renfermaient des sites pittoresques ignorés, des curiosités géologiques non soupçonnées, et des plus remarquables. Nos lecteurs connaissent les curieux voyages et les intéressantes explorations souterraines de M. Martel, qui est un de nos collaborateurs, et c’est un plaisir pour nous de signaler son intéressant et curieux ouvrage.
- Le temps de pose (La photographie au gélatino-bromure d’argent), par A. de la Baume Pluvinel. 1 vol. in-18. — Paris, Gauthier-Yil-lars et fils, 1890.
- Manuel de pholotypie, par M. G. Bonnet. 1 vol. in-18 de la Bibliothèque photographique. — Paris, Gauthier-Villars et fils, 1890.
- La Loire (Les fleuves de France), par Louis Barron. 1 vol. in-S* orné de 134 dessins par A. Chapon. — Paris. Henri Laurens, éditeur, 1888.
- La Seine (Les fleuves de France), par Louis Barron. 1 jvol. in-8° orné de 175 dessins par A. Chapon. — Paris, Henri Laurens, éditeur, 1889.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Destruction des verrues.
- Dans le journal Àrchiv für Pharmacie, Vidal propose un moyen facile de destruction des verrues, principalement aux mains. Ce procédé consiste à étendre une couche de savon noir sur une bande de flanelle, que l’on applique sur la verrue au moyen d’une forte ligature, et qu’on laisse en place jour et nuit. Après un petit nombre d’applications, la verrue est assez ramollie pour pouvoir être enlevée par raclage.
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- Lt Rédaction #t l’Administration de IA NATURE sont étrangères in service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser à l’Offlce de FiMidté de l’Iipriierie, 0, rne de Fleuras
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- • AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des Ulustrations, ^ J même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- •'APRÈS LES OBSERVATIONS DE X. RBNOU (PARC DE SAINT-MAUR, ALTITUDE : 49 M. 30)
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- Décembre 1889. — Semaine du lundi 16 au dimanche 22 Décembre.
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- Baromètre
- .'ThermomèVre/sec
- X^^a/TKermomelre humide
- V> ' 4» ,-rJ'rfV^- •’.—
- L« courbe supérieure imique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre anreffUtrear de M. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule aècbe et à boule mouillée.
- Le baromètre eat ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. LE 22, A I H. 2 M. DU SOIR
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- D’APRls LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- VENT PLOIE EN MILLIMÈTRES
- JOURS THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE ÉTAT DU CIEL OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- de 0 à 9
- Lundi 16 décembre.. . . — 1*,9 S. W. 0 Couvert. 0,0 Couvert ; très brumeux.
- Mardi 17. . 0*,2 S. 2 Couvert. 0,0 Couvert; krouill. de 600 m. jusq. 16 h. 1/2 ; très bru-
- j meux ensuite.
- Mercredi 18 — 2% l S. W. 2 Couvert. 0,0 Couvert; hrouill. le matin, très brumeux le soir.
- Jeudi 19 j — 1*,1 S. 2 Couvert. 0,0 Couvert ; hrouill. ; bruine jusq. 10 h. qui forme petit verglas.
- Vendredi 20 - 0M S. 2 Couvert. 0,0 Couvert; hrouill. avant le jour ; petite pluie à 15 h. 1/2
- t jusqu’à 16 h.
- Samedi 21 0“,9 S. S. W. 1 Kuag. à horizon. 1,1 Nuageux jusq. 8 il.; couv. ensuite ; forte gel. bl.
- Dimanche 22 8*,0 S. S. W. 4 Couvert. 0,0 Couvert ; gouttes toute la journée ; petite pluie
- 21 h. 1/2 à 23 b. 1/2.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- i --------
- I Juem limites équatoriales des chutes de neige. — M. H. Fischer t vient d’étudier les limites équatoriales des chutes de neige. Les résultats qu’il | a obtenus sont les suivants. Il a distingué les chutes de neige régulières | et les chutes accidentelles. Le premier chiffre se rapporte aux chutes régu-i lières et le second aux chutes accidentelles. Les valeurs non déterminées sont représentées par 0 :Dans les côtes ouest de l’ancien monde, 45° N., 33° N-; j continent d’Europe, 37°, 0°; Airique du Nord, 0°, 28°; intérieur de l’A-ie, 24°,
- ; 23°; côtés est de l’ancien monde, 50u, 23° 1/2; côtes ouest de l’Amérique du
- i Nord, 47°, 34®; intérieur de l’Amérique du Nord, 25°, 18° 1/4; côtes est de i l’Amérique du Nord, 35°, 27°; intérieur de l’Afrique du Sud, 0°, 24° S.; intérieur | de l’Australie, 0°, 28°; côtes est d’Australie, 0°, 34°; côtes ouest de l’Amérique
- du Sud, 45° S., 34°; intérieur de l’Amérique du Sud, 7° 1/2, 7° 1/2; côtes est de l’Amérique du Sud, 44°, 25°.
- Il résulte de ces déterminations que, dans le sud de l’Europe, les chutes de neige sont régulières dans toutes les parties élevées de l'intérieur; des neiges accidentelles tombent dans toute 1 Europe, dans la Tripolitaine, en Algérie, dans la haute et basse Egypte, dans toute la Syrie et la Mésopotamie. En Afrique, c’est sur l’Atlas que la neige tombe régulièrement, ainsi que dans les montagnes neigeuses de l’Équateur et dans les montagnes du Cap. En Asie, la limite équatoriale correspond avec les zones élevées. En Australie, les contrées au sud-est ont des neiges accilfentelles; c'est seulement dans les contrées les plus montagneuses, les plus élevées, que la neige tombe régulièrement. Dans les hautes montagnes de l’Amérique du Sud, la limite des neiges avance vers l’Équateur. Les plaines de l’est ont, jusqu’au tropique, des chutes de neigé accidentelles.
- TEMPÉRATURE
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-
-
-
- ADRESSES
- UTILES
- Pour les annonces, s’adresser à l’Office de publicité de l’imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris
- LA RÉDACTION ET L’ADMINISTRATION DE « LA NATURE » SONT ÉTRANGÈRES A CE SERVICE
- QESSOIRES ET SUPPORTS POUR tPES A INCANDESCENCE ET A ARC
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