La Nature
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- LÀ NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
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- AVEC LE VOLUME DES TABLES DES DIX PREMIÈRES ANNÉES ?
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- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- HONORÉ PAR K LE MINISTRE DE L’lNSTRUCTION PUBLIQUE D’üNE SOUSCRIPTION POUR LES BIBLIOTHÈQUES POPULAIRES ET SCOLAIRES
- RÉDACTEUR EN CHEF
- GASTON TISSANDIER
- DIX-HUITIÈME ANNÉE
- 1890
- deuxième: semestre
- PARIS
- G. MASSON, ÉDITEUR
- LIBRAIRE DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- 120. BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 120
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- 18* ANNÉE.
- N8 888.
- 7 JUIN 1890.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- LES PÉTROGLYPHES
- Les pétroglyphes sont le nom donné aux peintures, aux gravures sur roche si nombreuses dans les deux Amériques. A toutes les époques, dans toutes les régions, l’homme, poussé par une vanité enfantine, a cherché à reproduire avec son image les objets qui l’entouraient, les scènes auxquelles il avait pris part; mais c’est en Amérique que cet art, si l’on peut l’appeler ainsi, a pris le plus grand développement.
- Les pétrogly-phes se voient depuis le célèbre rocher de Dighton, d’une authenticité très contestable, jusqu’aux côtes du Pacifique. On les trouve sur les boulders, sur les blocs de grès, de marbre, de granit, polis par l’action des eaux, ou par celle, plus puissante encore, des glaces, sur les rochers qui bordent les canons du Far-West, sur les parois des cavernes. Les uns figurent des hommes, des animaux, des plantes, des objets fantastiques au gré du caprice de l’artiste ; les autres sont évidemment destinés à conserver la mémoire de combats, de migrations, d’événements plus ou moins importants dans l’histoire de la nation. D’autres enfin, qui se rencontrent surtout dans l’Amérique centrale, sont des signes conventionnels, de véritables caractères hiéroglyphiques. Us montrent le début des arts graphiques et ils sont intéressants pour l’étude des races anciennes de l’Amérique encore si peu connues, malgré les récents et savants travaux qui leur ont été consacrés.
- 18e année. — 2e semestre.
- Ces représentations, tantôt gravées à une certaine profondeur, tantôt tracées à grands traits en couleur, couvrent souvent des superficies considérables; au Rincon San Antonio (Californie), elles s’étendent sur des blocs de marbre de plusieurs mètres de longueur et de largeur. La piedra pintada,& iomilles de Santa Barbara, les pétro-glyphes de San Marcos dans la vallée de Cuxa-ma, sont plus considérables encore. Le père Marquette, un des premiers explorateurs du Mis-sissipi, décrit des falaises entières chargées de figures, de dessins souvent informes, etM. Pinart, dans un voyage récent, a retrouvé ces mêmes scènes, si l’on peut les appeler ainsi, sur les falaises de l’isthme de Panama.
- D’autres fois, les pétroglyphes sont gravés sur les parois des cavernes. Celles du Nicaragua sont remplies de ces figures. Dans l’une d’elles, auprès de Nihapa, on voit un serpent couvert de plumes, la représentation du grand Quetzacoal, le législateur ou le dieu des nations de l’Amérique centrale. Dans une grotte de Johnson’s County (Arkansas), l’ouvrier est parvenu, malgré une obscurité presque complète, à graver à une grande profondeur des figures encore parfaitement reconnaissables.
- Auprès du Rio Mancos (Nouveau-Mexique), sur les rives du lac Salé, près d’Utah, la capitale des Mormons, des pétroglyphes se voient à des hauteurs presque inaccessibles. M. Barber en cite sur les bords du San Juan à 200 pieds au-dessus de la ri-
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- Fig. 1. —
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- vière *. Les tortues, les serpents, les grenouilles, les pieds d’ours ou d’oiseau, parfaitement reconnaissables, mesurent plusieurs mètres de hauteur. Nous reproduisons une scène où l’on remarque des êtres humains avec une queue (fig. 2) ; d’autres représentent des haches qui rappellent celles gravées sur les mégalithes de la Bretagne. On se demande comment les hommes ont pu exécuter un semblable travail à de telles hauteurs2 et si on ne doit pas plutôt croire à une dépression subséquente du sol due à une perturbation géologique.
- Les pétroglyphes sont plus importants encore dans l’Amérique du Sud; ils témoignent, au Pérou sur-
- Fig, 2. — Pictographie des bords du San Juan, près de l’embouchure de La Plata.
- tout (fig. 5), d’un art plus avancé. Bovalius décrit dans l’ile de Ceiba, à l’extrémité nord-ouest de l’ile de Zapotera, une scène gravée sur un rocher, à 60 mètres au-dessus du niveau du lac5 ; elle représente des hommes couronnés de plumes, l’un d’eux foule aux pieds une tête humaine; des singes à la
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- Fig. 3. — Pictographie péruvienne. Province de Tarapaca.
- queue en spirale, des croix et d'autres objets inanimés* complètent le tableau. Humboldt cite, à l’entrée du pays des Muyscas, des rochers de granit ou de’ sj?énife‘ Charges de figures de tigre et de crocodile, sèntiriellés, sémble-t-il, destinées à protéger le pays. Les’roches granitiques du sommet des Andes, les' hautes cimes des Cordillères de la Bolivie portent
- 1 Rock Inscriptions of the ancient Pueblos of Colorado, Utah, Nnv-Meeico and Arizona.
- ~ ,'± Ce fait et l’extrême aversion des Indiens pour tout travail mettent à néant la théorie du Dr Richard Andree qui prétend que les pétroglyphes sont le résultat de l’oisiveté des indigènes. Ethnographtsche Par aile le n und Vergleiche.
- 5 J, Frcebel, A travers VAmérique, t. I, p. 507.
- des pétroglyphes. Ce sont des êtres humains qui atteignent jusqu’à 50 pieds de’ hauteur, des animaux, des chiens et des lamas principalement, des plantes, d’autres formes indéfinissables. M. Chatfan-jon, en remontant le cours de l’Orénoquc, a constaté, à Caïcara notamment, de véritables inscriptions. Elles remontent, nous apprend-il, à une antiquité fort reculée et les Indiens actuels ne peuvent en expliquer l’origine. Les rochers du Cerro Pintade s’élèvent à 250 mètres au-dessus de la plaine ; ;i plus de 100 mètres de leur hauteur, ils sont chargés de signes dont nul ne peut interpréter la pensée. M. Moreno cite, près du lac Argentino (Patagonie), des inscriptions tracées en groupes isolés sur les parois verticales du Punta-Walichu. Ces inscriptions présentent certaines combinaisons assez régulières de lignes et de points qui accompagnent des figures d’hommes et d’animaux. Tout informes qu’elles sont, elles attestent le séjour d'anciennes populations, très supérieures aux Tehuelches actuels.
- Les provinces brésiliennes du Para et du Piauhy renferment aussi des sculptures en creux dues à des populations depuis longtemps disparues. Dans la province de Matto Grosso, la Gruta das Oncas, aujourd’hui la demeure des jaguars, porte sur ses parois et sur les piliers qui soutiennent le plafond, des figures gravées ou sculptées. Dans la province de Ceara, les rochers rappellent, par les gravures dont ils sont couverts, les rochers de la Scandinavie, et tout permet d’espérer de nouvelles découvertes, à mesure que la civilisation et la culture gagneront les forêts et les savanes qui abritent -aujourd’hui des animaux féroees et des hommes plus sauvages encore.
- Ces gravures étaient obtenues par deux, procédés différents, tantôt par incision au moyen d'une pierre dure et tranchante, tantôt par friction avec une pierre, un bâton même, et du sable mouillé; les premières mesurent de 1/8 (5mm,2) à 1/2 pouce (lem,27) de profondeur; les autres, plus' difficiles à exécuter avec les moyens à la disposition de l’artiste, effleurent à peine la surface de la roche.1 Ces pétroglyphes représentent des sujets différents, ils appartiennent à une civilisation différente et, ce qui est assez remarquable, ils ne sê rencontrent jamais sur les mêmes points. , v
- On ne connaissait jusqu’ici de pétroglyphes que sur le continent; il Semblait que cet art s’était arrêté devant l’Océan. Mais, récemment, on a présenté à l’Académie des sciences naturelles de Philadelphie une photographie provenant de l’ile de Saint-Vincent, où figure une coulée de lave formant éperon dans 4a mer, dont elle n’est éloignée que dé quelques mètres et portant à sa surface des gravures très distinctes (fig. 1). Ces gravures, qui atteignent un quart de pouce de profondeur, ne paraissent pas avoir été creusées à l’aide d’un outil tranchant, mais plutôt par une friction prolongée. On les attribue aux Caraïbes qui, partis du continent voisin, ont successivement peuplé toutes les Antilles.-' . - - *
- Un savant éminent, le professeur Brinton, qui
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- s’est appliqué avec un grand succès à l’étude des antiquités préhistoriques de l’Amérique, croit que les gravures sur roche, qui se rencontrent assez fréquemment, il est vrai, sur le bord de la mer ou des ileuves étaient destinées, soit a obtenir la protection des divinités bienfaisantes pour la pêche et la navigation, soit à conjurer les démons ou dieux méchants qui se plaisent à nuire aux pauvres humains. C’est ainsi qu’il explique la gravure que nous reproduisons. 11 prétend y voir une femme. Les jambes manquent; mais on peut reconnaître la tète et les bras repliés sur la poitrine. C’est la représentation de la terre, la mère commune à qui les Caraïbes rendaient un constant hommage, et sa figure ainsi reproduite sur le bord de la mer devait sans doute protéger leurs personnes et leurs barques.
- Nous nous contentons de reproduire l’hypothèse du Dr Brinton ; sa discussion nous entraînerait bien loin. Elle peut être vraie pour la figure gravée sur le rocher de Saint-Vincent; mais on ne saurait appliquer aux pétroglyphes une règle générale. Chaque tribu, chaque peuple avait ses coutumes, sa vie propre, et restait étranger aux tribus voisines.il est possible que ce soient ces coutumes, ces usages, les pratiques religieuses qu’ils entraînent que les Proto-Américains ont voulu retracer par des figures, des scènes, parfois par de véritables inscriptions. C’est la seule conclusion aujourd’hui permise.
- Il est cependant une exception : c’est la représentation de la main humaine tracée à l’ocre rouge ou noire qui se rencontre si fréquemment dans les deux Amériques. Elle se voit dans les grottes d’Oajaca (Mexique); M. Pinard l’a reconnue sur une roche basaltique auprès du Rio del Busang dans le Sonora ; M. Barnard ‘, dans une caverne à Santo Domingo (Tehuantepec). Cette grotte est à une altitude de 700 pieds et l’ascension est des plus laborieuses. Une ouverture dans le sol donne accès à une chambre intérieure jonchée de pointes de flèche, de poteries brisées, d’ossements humains. Tout indique une sépulture que la main était sans doute destinée a défendre contre toute violation. The Thunder Birds Tracts, gravés sur les rochers du Dakota et qui remontent, nous dit-on, à une antiquité reculée, ressemblent à s’y méprendre à des mains humaines1 2 3 * et cette même main se voit sur les monuments du Yucatan. M. Charnay qu’il faut toujours citer, quand on parle de ces pays, la signale se détachant en rouge sur de grands vases noirs. Il veut y voir le symbole de Huenian, le grand législateur toltèque. Sa signification mystérieuse s’est conservée jusqu a nous. Schoolcraft5 raconte qu’ayant un jour, sur l’ordre du gouvernement des États-Unis, dont il était le représentant, convoqué les Indiens dans la Prairie du Chien, les guerriers se présentèrent portant sur leurs épaules l’empreinte en peinture blanche d’une main humaine. Il ne put
- 1 The Isthmus of Tehuantepec, New-York, 1852.
- 2 Lewis, American Naluratist, Mai 1886.
- 3 Personal Mémoire of a Résidence of thirly years
- with the ludions.
- savoir quelle signification les Indiens y attachaient C Si nous ignorons l’interprétation exacte et probablement, je le répète, très différente des pétroglyphes, notre ignorance est plus complète encore, quand nous cherchons l’époque où ils ont été exécutés. Cette époque est sans doute très variable selon les régions où ils se trouvent. S’il en est qui remontent à une certaine, antiquité, aucun ne représente des animaux tels que le mastodonte ou l’éléphant, par exemple, disparus depuis longtemps du sol américain. D’autres sont même relativement modernes; le cheval y est figuré; or cet animal était absolument inconnu des Indiens avant l’arrivée des Espagnols; et nous savons même qu’il excitait chez eux une profonde terreur. • '
- Ce rapide résumé ne peut donner qu’ujie faible idée des pétroglyphes. Notre unique désir est d’appeler sur eux l’attention des savants amérieanistes.
- Il est certain qu’ils trouveront là de précieuses indications sur les races qui ont précédemment peuplé le Nouveau Monde. Mis de Nadaillac.
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- OBSERVATION DE MOUVEMENTS PROPRES CHEZ UNE
- ÀMÀRYLLIDÉE
- Tout le monde connaît le Leucoïum ou nive'ole, dont la blanche campanule est le premier éclaireur de l’armée des fleurs allant au-devant du printemps. Aussitôt que les gros froids de janvier sont passés, la nivéole montre, sous les taillis, la pointe verte de ses feuilles, et pour peu que la Chandeleur ne ramène pas un second hiver, ses légères étoiles constellent en foule serrée le tapis toujours vert des mousses. Souvent la gelée survient, et la pauvre fleurette s’éveille sous la neige, mais elle est intrépide, elle sait se défendre à merveille contre les frimas, et je ne crois pas qu’elle paye jamais de la vie sa trop grande hâte à s’épanouir.
- Il y a une petite colonie de nivéoles dans mon jardin. Je les observe avec sollicitude, dès que le soleil d’hiver allonge un peu sa course, et je rc-t garde chaque jour le massif où elles sont pour guetter, comme le tout premier signe du printemps, l’apparition de la petite émeraude que fait la pointe de leurs feuilles. ‘
- Cette année, la fin de février a été exceptionnellement douce en Bourgogne, aussi, dès le 15, lès feuilles des nivéoles étaient sorties de terre. En regardant au milieu des touffes, on voyait poindre l'étui blanc qui doit devenir la campanule épanouie,. Toutes étaient également prêtes le 24, mais pas'
- 1 L’Amérique n’est pas le seul pays où la main Humaine figure avec un sens mystérieux. Le Dr Nicolas Seeland, dans son voyage en Kashgarie, rapporte la visite qu’il reçut d’un Daotaï au gouverneur chinois Ce haut fonctionnaire était précédé d’un officier balançant au bout d’une perche la représentation d’une main humaine. On raconte aussi que les Réguliers d’Abd-el-Kader la portaient comme insigne sur leur poitrine. Il serait facile de multiplier des faits semblables. Ils ne comportent actuellement aucune conclusion.
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- une hors de terre; le 25, une d’elles parut se décider à se lancer; le 26, sa tige avait bien 5centimètres de longueur; le 27, elle avait doublé, et la petite clochette blanche s’entrouvrait légèrement; le 28, la tige portait sa longueur normale, et la corolle était complètement épanouie. Mais pas une des voisines n’avait bougé; on voyait, au môme point, en terre, entre les feuilles, le sommet contracté de leur fleur.
- Dans la nuit du 1er mars, le vent tourna au nord, le ciel se découvrit, et le thermomètre tomba à—12°. En faisant un tour de jardin, dès le matin, je songeai à ma nivéole imprudente, et j’allai la voir. Elle était perdue ! La tige était renversée, et la corolle reposait sur la terre, comme un mort tombé sur la face! Voila de quel prix l’étourdie avait payé son empressement !
- A midi, il faisait un soleil radieux dans un ciel incomparablement pur; aussi, le dégel se produisait, et la température était remontée à une dizaine de degrés au-dessus de zéro. Je repassai vers les nivéoles.
- Quelle ne fut pas ma surprise de voir la morte ressuscitée, très droite sur sa tige, la corolle tournée vers le soleil, bien épanouie, éclatante de fraîcheur et de santé ! D’abord, je crus à une erreur, j’examinai avec soin tout le massif; mais non, les voisines, très
- prudentes, ne montraient toujours pas autre chose qu’un tout petit bout de nez blanc entre leurs feuilles. D’ailleurs, en regardant avec soin ma fleurette, je vis quelques petits grains de terre à l’extrémité de ses pétales: c’était donc bien elle qui s’était couchée pendant la nuit et relevée au grand soleil.
- La température baissa avec le jour, la nuit fut encore plus froide que la précédente; aussi étais-je curieux de savoir comment ma nivéole avait traversé cette seconde épreuve. Le 2 mars, à 7 heures du matin, j’étais près d’elle. Comme la veille, elle avait la tète en bas, et paraissait morte. Mais je ne me contentai pas d’un coup d’œil superficiel, je voulus
- Nivéole ou Leucoium
- voir les choses de très près. Je constatai d’abord que la tige n’était pas tombée nettement, comme celle d’une plante flétrie; elle dessinait un demi-cercle, régulier; sa résistance était égale dans toutes ses parties, elle était luisante et saine. Il n’y avait pas eu chute, il y avait eu courbure méthodique et lente, opérée exactement du nord au sud, comme je le constatai à la boussole, et comme j’eus d’ailleurs occasion de le vérifier pendant les trois jours que durèrent mes observations. La corolle n’était pas tombée affaissée sur la terre, elle était ronde et ferme,
- délicatement posée comme une cloche sur son ouverture, et les pétales adhéraient au sol de la façon la plus complète, malgré leurs dentelures et les aspérités du terrain, car ces [létales étaient ingénieusement courbés autant qu’il le fallait pour coller exactement partout. Je pris une large lentille, je me couchai par terre, et je pus constater cette adhérence absolue qui faisait, autour des précieuses étamines chargées de pollen, une fermeture hermétique contre la gelée.
- Je ne perdis plus de vue la fleurette, et d’heure en heure, je vérifiai sa position. Aussitôt que le soleil arriva jusqu’à elle, vers neuf heures du matin, la corolle commença de quitter le sol, puis la tige se redressa assez vite pour occuper la perpendiculaire vers onze heures. Quand le jour baissa, la tige recommença de s’incliner, à 4 heures de l’après-midi, la courbure vers la terre devint sensible à l’œil, et à 7 keures du soir, elle était complète. Le thermomètre marquait alors — 4°.
- Les 5 et 4 mars, le phénomène se reproduisit exactement comme le 1er et le 2. Le 5, le temps s’adoucit, il neigea, et la nivéole supporta sans sourciller, sans même s’incliner, cette- nouvelle vicissitude. Elle a, depuis, achevé tranquillement son évolution et porté sa graine.
- Cunisset-Carnot.
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- LOCOMOTIVES DE FORTERESSE A QUATRE CYLINDRES
- TYPE PÉCHOT
- Nous avons décrit précédemment le type de nia- I M. Decauville pour le service du petit chemin de fer chines compound à quatre cylindres adopté par | de l'Exposition universelle de 1889 *, et nous avons
- Fig. 1. — Vue d’ensemble d’une locomotive de forteresse pour les lortes rampes.
- montré les dispositions mécaniques auxquelles on ! de conduite munis de joints articulés. Les chances de avait eu recours pour donner à ces machines une j fuite se trouvent ainsi fort atténuées en raison de
- puissance considérable, tout en leur assurant l’élasticité propre a leur permettre de s’inscrire dans les courbes de petit rayon si fréquentes sur cette voie. Le mécanisme moteur comprenant quatre cylindres avec les pistons,
- bielles et manivelles] correspondants, est reporté sur deux trucks distincts susceptibles l’un par rapport à l’autre d’un mouvement relatif, et la vapeur qui a été admise à pleine pression dans le premier groupe de cylindres, est dirigée ensuite dans le second pour s’y détendre par des tuyaux
- la pression réduite au passage des joints. On voit par là quelles facilités nouvelles apporte le principe compound dans l’installation des machines articulées pour le service sur les voies à faible rayon de courbure. On comprend ainsi le nombre d’applications considérables qu’il reçoit sur ces curieuses petites machines qui ont eu à effectuer, d’ailleurs, un service souvent plus pénible et plus important que celui des locomotives des voies normales.
- 1 Voy. n» 859, du 16 novembre 1889, p. 389.
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- Quoi qu'il en soit, le type compound devient inapplicable lorsqu’on veut demander aux machines le travail maximum qu’elles peuvent fournir, 'et qu il tant admettre la vapeur à pleine pression sur tous les pistons moteurs. On se trouve ramené alors a une disposition plus rapprochée de celle des machines type Fairlie comportant deux mécanismes moteurs avec leurs groupes de cylindres respectifs 'rattachés directement à la chaudière par des conduits articulés, C est le cas qui s’est présenté, par exemple, pour les transports militaires pour les voies ,d'accès des points culminants sur lesquels sont établies les forteresses. On rencontre là des pentes dépassant toutes celles qu’admettent généralement nos voies ferrées, les déclivités de 50 à 70 millimètres y sont assez fréquentes, et on cite même la voie de service d’un des forts voisins de Nancy sur laquelle on atteint le chiffre de 93 millimètres par mètre. C’est probablement la plus forte pente atteinte en Europe sur une ligne à simple adhérence ; elle n’est, dépassée que par la ligne célèbre de Ba-turite, au Brésil, que nous avons signalée jadis 1 et qui atteint 100 millimètres.
- Pour desservir des rampes aussi fortes, on a dû demander aux locomotives tout l’effort moteur dont elles sont susceptibles, et on est arrivé, en effet, à d<es chiffres qui peuvent paraître surprenants, si on les rapproche des limites ordinaires qu’on ne veut pas dépasser pour le coefficient d’adhérence dans l’exploitation des chemins de fer. En France, on .admet généralement, en effet, que l’effort de traction ne doit jamais dépasser le 1/7 du poids adhérent, pour ne pas déterminer le patinage, tandis que, en Amérique, on n’hésite pas à atteindre des valeurs plus élevées et aller même jusqu’à 1/4.
- On a donc cru pouvoir donner sur ces petites machines à l’elfort normal une valeur dépassant le 1/7 du poids adhérent; on utilise ainsi, en temps ordinaire, un effort moteur plus considérable ; le seul inconvénient est d’obliger à diminuer la charge, et de réduire l’effort correspondant en augmentant la détente lorsque les conditions d’adhérence deviennent trop défavorables.
- La machine à quatre cylindres, adoptée par l’artillerie pour le service des voies de forteresses à fortes rampes, a été étudiée, d’après ces données, par M. le capitaine Péchot qui a repris le type Fairlie en l’appropriant à cçtte application ; elle est représentée dans les figures 1 et 2.
- L’artillerie possède actuellement un grand nombre de ces machines; l’une d’elles a même fait le service, des voies Decauville à l’Exposition de 1889, concurremment avec les machines compound du type Mallet; elle a pu montrer ainsi, dans des conditions réellement pratiques, qu’elle était susceptible de donner le coup de collier au départ et développer en marche un effort relativement élevé par rapport à ses dimensions. Cette machine a une
- * Yoy, n° 422, du 2 juillet 4881, p, 73,
- chaudière unique formée toutefois par la réunion de deux chaudières tubulaires ordinaires accolées par leurs foyers. On y rencontre donc deux foyers distincts avec leurs parois voisines séparées par la lame d’eau ordinaire de boîtes à feu, deux faisceaux tubulaires et deux cheminées, situées aux deux extrémités de la chaudière. Les portes des foyers sont reportées latéralement, le chauffeur se tient donc d’un côté de la machine, complètement séparé du mécanicien qui est reporté de l’autre côté et lui fait face. L’écartement des deux plaques tubulaires de foyers est de 0ra,900. La longueur totale de la chaudière est de 5m,22.
- La prise de vapeur est unique, elle est placée au milieu de la chaudière directement au-dessus de la lame d’eau isolante des foyers ; elle est commandée par un régulateur placé à la main du mécanicien. Dans les premières expériences, les entraînements d’eau dans la vapeur avaient créé de grandes difficultés; mais on avait réussi, dans la suite, à les éviter en entourant le régulateur d’une sorte de boîte dont les parois formaient chicanes et déterminaient la séparation et le dépôt des gouttelettes d’eau entraînées dans le courant de vapeur.
- A la sortie du régulateur, la vapeur à pleine pression est dirigée par un double tuyau bifurqué dans chacun des deux groupes de cylindres. Comme ils sont mobiles par rapport à la chaudière, un joint articulé est interposé sur chacun de ces tubes. Ceux-ci descendent verticalement dans l’axe du plateau d’assemblage du truck et de la chaudière, ils rencontrent un premier joint articulé à faces planes qui obéit aux déviations angulaires du truck; ils se prolongent ensuite par un tuyau présentant un manchon emboîté formant joint pour le glissement du va-et-vient qui obéit ainsi aux déplacements longitudinaux du truck par rapport à la chaudière. L’échappement de la vapeur dans la cheminée se fait directement par une tuyère verticale munie à la base d’un joint articulé.
- Les deux mécanismes et les trucks qui les supportent sont complètement identiques, ils comprennent chacun deux essieux accouplés moteurs qui sont commandés par le groupe des deux cylindres correspondants. L’écartement de ces deux essieux mesurant l’empâtement du truck est seulement de 0m,900. La distance des essieux les plus rapprochés des deux trucks est de 1 mètre seulement. Chacun des trucks est rattaché à la chaudière par un plateau métallique revêtu de caoutchouc, et qui sert de pivot central. - L. B.
- LA GRANDE TOUR DE LONDRES
- Au mois de novembre dernier, les promoteurs d’une grande Tour destinée à rivaliser à Londres avec la Tour Eiffel annonçaient qu’ils offraient deux prix, l'un de 12 500 francs, l’autre de 6250 francs aux deux meilleurs projets d’une construction ayant une hauteur minimum de 1200 pieds (566 mètres). Le programme ne spécifiait pas les matériaux à employer, mais stipulait que l’édifice
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- devait être étudié en vue de résister à une pression de 56 livres par pied earré (275kï*30 par mètre ouvré) et que la tension sur l’acier ne devait pas dépasser llke,38 par millimètre carré; le nombre d’étagps et le choix du type d’ascenseurs étaient d’ailleurs laissés à la volonté des concurrents, qui devaient, fournir, outre les dessins de détails, une élévation à l’échelle de 1/240.
- Tous les projets, au nombre de quatre-vingt-six, ont été récemment exposés dans la grande salle de la corporation des Drapiers; le jury, chargé de se prononcer sur la valeur des travaux et de les classer, est composé d’un comité d’ingénieurs et de professeurs, parmi lesquels se trouvent sir Frédéric Bramwell, sir Benjamin Baker, l’ingénieur du pont du Forth, etc.
- En passant eu revue ces conceptions provenant de toutes les parties de l’Europe et de l’Amérique, on peut facilement se convaincre que si, en général, elles dépassent la tour Eiffel en hauteur, aucune ne l’égale en bonnes proportions. Dans la plupart, on reconnaît une copie plus ou moins exacte de la tour du Champ de Mars ; d’autres présentent l’aspect de clochers immenses, de vis monumentales, de hauts fourneaux gigantesques; la pagode chinoise, la cheminée d’usine, le candélabre y sont également représentés.
- Sans avoir la. prétention de vouloir classer tous les projets exposés, nous essayerons de décrire les plus importants et les plus pratiques, en suivant l’ordre même du catalogue. Ils peuvent d’ailleurs être rangés dans quatre classes distinctes : 1er groupe, comprenant toutes les conceptions inspirées par Ja tour Eiffel; 28 groupe, les projets employant la maçonnerie; 5e groupe, caractérisé par l’emploi de cylindres verticaux superposés, à diamètres décroissants ; 4' groupe, composé des projets les plus fantaisistes.
- Dans la première catégorie, la première étude remarquable est celle de 31. H. Fidler, de Londres, consistant en une tour de 366 mètres de hauteur, entièrement en acier, — 31M, Kinkel et Pohl, de Washington, ont envoyé de très jolis plans d’une tour de 58ü mètres reposant sur une base carrée ayant 157 mètres de côté. — Un travail très curieux, signé <( W. P. », représente un édifice ayant 566 mètres de hauteur et une base carrée de 94 mètres de côté. —31. E. S'. Shaw, de Boston, a envoyé un très intéressant projet. D’une base carrée de 152 mètres de côté, s’élèvent quatre ‘colonnes tubulaires groupées autour d’une tour centrale avec laquelle ils se confondent peu à peu; ils atteignent une hauteur de 426 mètres, et se terminent au sommet, par une plate-forme circulaire de 50 mètres de diamètre., /
- Un des projets, à section triangulaire, porte le nom bien connu de 31. J. Thornycroft, de Chiswick ; il représente les dessins d’une tour de 536 mètres. — 31. Hills, de Londres, prétend s’élever jusqu’à 610 mètres au moyen d’une sorte d’obélisque.
- Dans le dèuxième groupe, parmi les projets employant plus ou moins la maçonnerie, nous trouvons une étude désignée par son auteur sous le nom de Acme; c’est une copie de la tour carrée de l’horloge de W’estminster portée à une hauteur de 396 mètres et renforcée par quatre contreforts.
- Une des plus remarquables conceptions architecturales est celle de 31. 3Iaxam Ende, représentant un édifice gothique construit, presque exclusivement en acier; la plate-forme principale est à 305 mètres. Elle offre un exemple d’imitation parfaite d'une construction de maçonnerie au moyen de métal,
- Le troisième groupe contient une série. d’élévations exécutées d’après des principes tout à fait différents; on ne reconnaît plus la tour du Champ de 3Iars, mais plus on s’éloigne de ce type, plus on avance dans le grotesque.
- La question du coût semble avoir été absolument se-^ condaire pour les concurrents; la plupart de ces contractions reviendraient en moyenne à 15 millions dé francs, l’une d’elles ne coûterait pas moins de 25 millions. !
- Tous ces projets vont, certes, rendre la tâche du jury, chargé de les classer, très pénible, car le public insisté sur ce fait que la nouvelle tour doit être un ornement et non une tache pour la métropole, et il est difficile de con-* cilier cette condition avec l’espace immense que devra nécessairement occuper l’édifice pour que son succès financier soit assuré.
- Quoi qu’il en soit, l’idée des promoteurs de la grande tour de Londres a été excellente en ce sens qu’elle a permis au public de se rendre compte jusqu’à quel point peut être poussée l’absurdité. Elle a montré aussi malgré quelques projets pratiques, sérieusement étudiés et d’unçs réelle valeur, que la Tour Eiffel pouvait dans l’avenir être dépassée en hauteur, mais non dans l’harmonie de son ensemble1. ^
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- LA PHOTOGRAPHIE A LA POUDRE-ÉCLAIR
- DE MAGNÉSIUM
- Les premiers essais de photographies à la lumièrq articielle, produite par la combustion d’un ruban dq magnésium métallique, remontent à une époque déjà lointaine; mais les résultats obtenus au début, laissaient beaucoup à désirer, en raison du défaut de sensibilité des plaques impressionnables, et de l’in-, suffisance du foyer lumineux formé par un seul point en combustion. Dans ces dernières années, on a vu paraître dans le commerce, du magnésium métallique réduit en poudre très fine2. , ,
- Cette poudre insufllée dans une .flamme,*produit une innombrable quantité de petits points incandes-f cents, dont chaque grain de magnésium est lé centre; il en résulte un éclair qui donne une lu-mière d’une grande intensité. En employant les plaques photographiques au gélatino-bromure d’argent dont la sensibilité est si grande, on est arrivé^ obtenir avec ce système d’éclairage artificiel des plipî tographies aussi satisfaisantes que celles dont la lumière solaire a été l’origine. t
- Nous avons depuis quelques mois beaucoup pratiqué ce mode de photographie à Yéclair magné-sique et nous croyons pouvoir ajouter utilement ici quelques renseignements à ceux qui ont été précédemment publiés par plusieurs de nos collaborateurs.
- 1 D’après une notice de M. H.-F..., ingénieur des arts et manufactures, dans les Annales industrielles.
- 2 Cette substance s’obtient au moyen de procédés tenus secrets. Quand on la considère à là loupe, elle paraît être formée de petits copeaux qui auraient été grattés à la surface du métal,
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- Les appareils destinés à insuffler la poudre de magnésium dans une flamme sont actuellement très nombreux; nous en avons fait connaître quelques-uns1. Il en existe d’assez compliqués qui comprennent un pied pour soutenir la lampe à alcool, un réflecteur
- Fig. 1. — Appareil pour la production de l’éclair magnésique.
- original le tison-éclair, appareil dans lequel la lampe est remplacée par une allumette-tison que l’on trouve chez tous les marchands de tabac; nous mentionnerons encore un petit appareil américain qui est d’un prix très modeste et qui a été déjà mentionné précédemment*.
- Il est désigné sous le nom de Has-tings'magne-sium flash-light lamp. Nous le représentons ci-dessus (fig. 1).
- 11 se compose d’une coupe métallique A contenant un corps poreux et fermée par une toile métallique. On verse quelques gouttes d’alcool dans ce récipient, auquel on adapte un tube de verre muni d’un entonnoir soudé à son milieu. Un tube de caoutchouc terminé par un petit tuyau en os est
- 1 Voy. n° 867, du 11 janvier 1890, p. 93, et n° 828, du 13 avril 1889, p. 306.
- * Voy. n° 828, du 13 avril 1889, p. 306.
- pour répartir l’éclair obtenu : tel est l’appareil de M. Schirm, dans lequel le magnésium en poudre est insufflé au centre de la flamme produite par la mèche circulaire d’une lampe à pétrole. Il en est d’autres beaucoup plus simples; nous citerons comme
- Fig. 2. — Appareil que l’on peut confectionner soi-même au moyen d’une pipe.
- adapté à son autre extrémité. On verse au milieu du tube, et par l’entonnoir médian la quantité suffisante
- de poudre de magnésium; on allume l’alcool, on ferme le petit entonnoir avec le doigt, et soufflant alors avec la bouche dans le tuyau de caoutchouc, on projette violemment la poudre de magnésium au milieu de la flamme (voy. B, fig- 1); On obtient ainsi une belle lumière : l’appareil est d’une grande simplicité.
- Les amateurs pourront se confectionner eux-mêmes plus facilement encore un appareil analogue, au moyen d’une pipe en terre de 5 centimes. La figure 2 représente en B la coupe de la pipe autour du foyer de laquelle il suffit d’enrouler une mèche de lampe à alcool. Au moment voulu, on imbibe cette mèche d’esprit-de-vin et on obtient ainsi une flamme circulaire au centre de laquelle il
- Fig. 3. — Fac-similé réduit d’une photographie nocturne a l’éclair magnésique. M. Bartholdi dans son atelier. (D'après une photographie exécutée par l’auteur.)
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- suffit d’insuffler le magnésium pulvérulent. A cet effet, la poudre ayant été versée en quantité suffisante, dans le fond de la pipe, on la projette, en insufflant l’air avec la bouche, dans le tuyau de la pipe. 11 est indispensable de munir le tuyau de pipe d’un tube de caoutchouc, afin que l’éclair se produise à une distance convenable du visage de l’opérateur. Ces expériences nécessitent des précautions, car les brûlures de magnésium incandescent sont très vives et très douloureuses.
- Quel que soit l’appareil employé pour obtenir l’éclair magnési-que, l’opérateur doit s’efforcer d’avoir une flamme intense et d’insuffler avec énergie la poudre de magnésium au moment voulu, afin de projeter cette poudre en un nuage très divisé qui produit une lumière très vive. Les petits appareils que nous venons de faire connaître, comme ceux dont nous avons donné antérieurement la description, ne peuvent pas servir à photographier de grands espaces, mais ils permettent d’obtenir d’excellents résultats pour des groupes placés dans une chambre de dimension ordinaire. Il est bon d’employer un assez grand diaphragme ; on fait la mise au point en visant une bougie que l’on fait tenir momentanément à différentes places du groupe, au milieu et suc-
- Fig. 4. — Fac-similé réduit d’une photographie nocturne à l’éclair magnésique. Observations à la lunette méridienne à l’Observatoire de Paris. (D’après une photographie exécutée par l’auteur.)
- peut laisser dans la pièce une lampe munie de son abat-jour, une bougie, ou même conserver un éclairage assez intense. Dans ce cas, il faut que les personnes à photographier restent immobiles pendant tout le temps qu’est retiré le bouchon de l’objectif.
- L’éclair magnésique peut être produit à droite ou à gauche de l’appareil photographique et un peu en arrière. On obtient aussi de bons résultats en faisant jaillir l’éclair magnésique au-dessus de la chambre noire qui sert alors d’appui à la main.—Voici comment nous opérons habituellement. Ayant fait la mise au point, en regardant une bougie placée momentanément au centre du groupe, nous ouvrons notre châssis n’ayant plus à retirer que le bouchon de l’objectif, et nous préparons notre appareil à éclair magnésique. Quand tout est prêt, nous prions les personnes à photographier de ne plus
- bouger au signal de un, deux, trois. Nous enlevons le bouchon de l’objectif, nous faisons jaillir la poudre-éclair, et nous refermons le bouchon. Dans ces conditions, nous le répétons, la salle où l’on opère, peut rester lumineuse.
- C’est ainsi que nous avons pu faire de bonnes photographies nocturnes de dimensions 15x18 avec le revolver photogénique de M. le Dr Ranque. Nous nous sommes servi de pla-
- Fig. S. — Autre fac-similé d’une photographie nocturne à l’éclair magnésique. L’intérieur d’un cabinet de travail. (D’après une photographie de M. G. Mareschal.
- cessivement à droite et à gauche. Il n’est pas nécessaire d’opérer dans l’obscurité complète, on
- ques Lumière, et notre objectif était muni d’un diaphragme de 20 millimètres d’ouverture. Nous repro-
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- duisans, en les réduisant, des spécimens d’épreuves obtenues dans quelques-unes de nos opérations du soir. La figure 5 est le fac-similé réduit d’une photographie faite à l’éclair magnésique, dans l’atelier de notre éminent ami, M. Bartholdi, que l’on voit assis devant les deux études qu’il vient d’exécuter pour le monument de Gambetta à Nancy et qui représentent l’Alsace et la Lorraine. Notre ligure 4 est un autre fac-similé réduit d’une photographie exécutée à 9 h. 20 m. du soir devant la lunette méridienne à l’Observatoire, où M. le contre-amiral Mouchez nous avait autorisé à surprendre, à l’aide de la photographie instantanée, les astronomes dans leurs travaux.
- La photographie à la poudre-éclair ouvre aux amateurs et aux praticiens un vaste domaine à explorer; elle permet d’obtenir des scènes de famille dont on ne pouvait même pas jadis tenter l’essai; des vues d’intérieur absolument nettes, comme la figure o, représentant le coin d'un bureau de travail, en donne le témoignage. 11 est indispensable de recommander aux personnes que l’on veut photographier avec l’éclair magnésique, de ne pas diriger les yeux du côté de la lueur; elles fermeraient les yeux au moment de l’impression de la plaque et sur l’épreuve positive on croirait voir des gens aveugles ou endormis. Les personnes à photographier doivent regarder de côté, ou mieux encore, prendre l’attitude de gens occupés à lire ou à feuilleter un album, etc. Nous avons vu d’excellentes photographies nocturnes de personnes dînant autour d’une table de salle à manger, jouant aux cartes devant une table à jeu, ou dégustant du vin dans une cave. Quand l’opérateur est exercé, il peut arriver à des résultats aussi nets qu’avec la lumière du jour.
- On ne saurait trop recommander aux amateurs et aux praticiens l’usage de la photographie à la poudre-éclair1 Il. Gaston Tissandier,
- ‘ Président de la Société d’excursions
- . des amateurs de photographie.
- LE CINQUANTENAIRE
- DE LA RÉFORME POSTALE ANGLAISE
- ' L’établissement* du tarif postal uniforme a joué un si grand rôle dans le développement industriel et commer-
- 1 On a cité des accidents graves causés par la poudre-éclair au magnésium, mais ces accidents ont été occasionnés par des mélanges dangereux de poudre de magnésium, de chlorate de potasse et de sulfure d’antimoine. Ce sont là de véritables corps explosifs dont on doit bannir l’emploi.
- Il est probable que, si au lieu d’insuffler de l’air dans la flamme avec le magnésium pulvérulent, on y insufflait de l’oxygène, la combustion du métal serait beaucoup plus vive et la'lumière produite beaucoup plus intense. Mais il ne serait pas commode de disposer d’un réservoir de gaz oxygène. Quelques opérateurs mélangent parfois le magnésium pur en poudre avec un poids égal de chlorate de potasse fondu, sec et en poudre également. Ces deux produits sont doucement mêlés sur une feuille de papier. Au lieu d’insuffler la poudre dans une flamme, ils l’allument directement avec une mèche à poudre. Elle brûle instantanément, le chlorate de potasse fournissant l’oxygène nécessaire à la combustion, en produisant une belle flamme. N’pu? n’avons pas essayé ce procédé,
- eial de la Grande-Bretagne, que le cinquantenaire de celte réforme a été célébré avec grand apparat dans le Rovaumc-LTui dans Guidhall, l’Hôtel de Ville de Londres, sous la forme d'une brillante exposition organisée par les soins de la Corporation de Londres et des autorités du Post-Office. Cette exposition honorée de la présence du Prince de Galles, ce qui, en Angleterre, suffit pour assurer le succès d’une entreprise quelconque, a été ouverte le vendredi 10 mai et s’est continuée les samedi 17 et lundi 19 mai. On avait réuni dans Guidhall, à l’occasion du jubilé postal, tous les spécimens de l'immense matériel employés depuis cinquante ans dans le service des postes et des télégraphes, et la plupart des appareils exposés étaient en fonction, ce qui donnait un attrait tout particulier à cette exhibition. Le discours d’ouverture a été prononcé parM. Raikes, Post-Master general, qui, après un hommage rendu à la mémoire de Sir Rouland Bill, le promoteur de la réforme dont on fêtait le cinquantenaire, a donné une idée des résultats obtenus, par quelques chiffres que nous croyons utile de reproduire. En 184J„ année qui suivit la réforme postale, le nombre des lettres circulant dans le Royaume-Uni était de 76 000 000; dans l’année 1889, il s’est, élevé à 1 600 000 000, soit 20 fois le nombre de lettres qui circulaient il y a cinquante ans.-11 convient d’ajouter à ce nombre de lettres 652 000 000 de cartes postales et autres communications au tarif de half-penny (cinq centimes) et un nombre considérable de journaux. i,:. }
- Pour initier les invités à la manipulation des lettres, on avait organisé un bureau spécial complet dans lequel se faisaient toutes les opérations. Chacun a profité dans une grande mesure de cette installation pour expédie;-lettres et cartes qui étaient frappées à cette occasion d'un timbre spécial et deviendront avant peu une véritable curiosité philatellique. Déjà les 20000 cartes postales émises par le bureau au prix de six pence (0fr,60) sè vendent couramment une livre (25 francs). Une importante collection de timbres-poste, de nombreusès gravures représentent les principaux incidents auxquels donnaient lieu les anciens moyens de transports, et un modèle au quart de grandeur naturelle d’un système permettant de cueillir des dépêches en route par un train lancé à toute vitesse, attiraient tout particulièrement l’attention du public d’élite qui se pressait dans les salons de Guidhall.
- Mais l’attention des visiteurs était plus particulièrement sollicitée par l’exposition télégraphique disposée tout spécialement pour mettre en évidence lè prodigieux accroissement de vitesse obtenu depuis cinquante ans dans les transmissions télégraphiques.
- Notre confrère Engineering nous fournit à ce sujet quelques renseignements du plus haut intérêt. L’appareil exposé le plus ancien était celui de Cooke et Wheatstone à quatre aiguilles et à quatre fils, appareil construit en 1858 et perfectionnant l’ancien appareil qui exigeait cinq aiguilles et cinq fils. 11 y avait également un modèle d’appareil à deux aiguilles et deux fils, ainsi que plusieurs modèles d’appareils à une seule aiguille et un seul fil, dont l’un, celui de Hughes, date de 1848 ,et l’autre, deDering, construit en 1852, est encore fort employé en Angleterre, et donne une vitesse très satisfaisante. L’introduction dû télégraphe à une aiguille et à un seul fil marque une étape dans les progrès de la télégraphie rapide, jusqu’à l’invention du télégraphe automatique de V heatstone qui a permis d’utiliser toute la puissance de débit du fil en le faT sant desservir par plusieurs opérateurs à la fois.
- Tandis qu’un bon opérateur peut à peine -transmettre
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- 40 mots par minute, il est possible, en employant les bandes perforées par plusieurs opérateurs, de dépasser de beaucoup ce chiffre, comme le montre le tableau ci-dessous qui résume les progrès faits depuis 1870 dans cet ordre d’idées.
- Vitesse de transmission Mots transmis Années. maxima effectivement
- en mots par minute. par minute en Irlande.
- 1870 80 50
- 1875 100 70
- 1880 200 150
- 1885 550 250
- 1890 600 462
- Bien que les transmetteurs automatiques puissent atteindre une vitesse de transmission de 600 mots par minute, 450 mots par minute est la vitesse normale. Cette vitesse de transmission diminuant lorsque la longueur de la ligne augmente, les longues lignes sont partagées en sections et munies de translateurs intermédiaires. Les nouvelles et les discours politiques sont même envoyés de Londres dans plusieurs villes de province à la fois à l’aide d’appareils embrochés sur la même ligne, ou montés en dérivation sur le même transmetteur automatique.
- D’autres modèles de systèmes duplex, quadruplex et multiplex étaient également en fonction dans Guidhall à l’occasion du cinquantenaire postal, mettant ainsi en évidence, par comparaison avec les appareils historiques également exposés, les immenses progrès réalisés et les nombreux services rendus par la science appliquée à l’échange rapide des communications entre les peuples civilisés. E. H.
- LE GÉANT FOSSILE DE CASTELNAU
- Les légendes de l'antiquité, celles même de beaucoup de peuples modernes à divers états de civilisation, mentionnent fréquement des races de géants sur lesquelles nous n’avons aucune indication positive. En faisant la part de l’imagination dans ces récits, il reste une forte probabilité en faveur de l’existence ancienne d’hommes qui auraient été avec l’homme d’aujourd’hui dans le même rapport de taille que les grands animaux quaternaires avec leurs descendants actuels. C’est un fait bien connu que presque toutes les espèces quaternaires, Elephas, Felis, Ursrn, Hyæna, Bos, Cervus, Meles, Fiber, etc., jusqu’aux petits mammifères et oiseaux, atteignaient des proportions énormes, et qui plaident en faveur des conditions de vie de leur temps. Il n’y aurait rien d’improbable à supposer que l’homme ait été aussi plus grand. Toutefois, des deux races quaternaires bien authentiques, celle de Néanderthal était tout au plus de moyenne taille, et celle de Cro-Magnon ne dépassait pas nos grandes races actuelles, les Polynésiens, par exemple. On tire même argument de ce fait pour établir l’origine relativement récente de l’homme et pour soutenir que son type est encore dans la période ascendante de l’évolution physique.
- Les empreintes dé pas gigantesques des grès quaternaires de Carson-City (Etats-Unis), qui ont fait tant de bruit il y a une quinzaine d’années et qui
- supposeraient par leur taille et leur écartement de^ hommes de plus de 5 mètres, sont regardées aujourd’hui par les savants américains comme produites par un Paresseux gigantesque, dont on ne connaît rien d’ailleurs. ‘ ?
- Enfin, si on laisse de côté les os d’éléphants pré-> sentés plusieurs fois comme os de géants, la terre ne nous a jamais livré d’ossements dépassant les très grandes tailles de notre époque.
- Il n’y a non plus rien à conclure des géants actuels. On n’en connaît, en effet, pas un seul qui paraisse, devoir sa taille à l’atavisme, et les recherches récentes sur l’acromégalie permettent même de se demander s’il ne faut pas chercher dans des troubles d’innervation la cause de l’exagération du rythme de croissance chez les géants qui ne sont pas simplement de grands individus dans une race de haute taille.
- Une ombre d’espoir a été, ces temps derniers,, donnée aux anthropologistes par divers chercheurs qui prétendent avoir trouvé dans des dolmens, et notamment dans ceux de la Lozère, des ossements humains de dimensions gigantesques; mais ces pièces n’ayant jamais été produites, on peut supposer qu’il y a eu erreur. L’homme néolithique introduisait, en effet, quelquefois dans ses sépultures des os de grands mammifères quaternaires, mammouth et rhinocéros (Trou de Chaleux en Belgique). ..
- La découverte singulière que j’ai faite dans la nécropole préhistorique de Castelnau, près Montpellier» ne me paraît pas appelée à résoudre la question» mais elle rouvre le débat, et elle apporte un élément positif de solution. ;
- La nécropole de Castelnau est un vaste cimetière que j’ai fouillé l’hiver dernier, et qui comprenait plusieurs centaines de tombes de l’époque de la pierre polie et du bronze, au-dessous d’une couche pro-r bablement plus récente. Elle m’a fourni une série d’environ quarante crânes bien conservés et un grand nombre d’autres détériorés. Parmi ces derniers se trouve un énorme crâne sans base ni frontal, qui suppose un individu très supérieur à la taille de 2 mètres, et d’un type morphologique commun dans les dolmens de la Lozère. La pièce provient d’un sujet sain, d’environ dix-huit ans.
- Mais j’ai trouvé mieux encore. Dans la terre d’un tumulus très vaste, rasé dès l’antiquité et qui contenait des cistes de l’époque du bronze plus ou moins maltraités par la superposition de sépultures du premier âge du fer, j’ai rencontré des fragments d’os longs de dimensions bien plus anormales. Je crois inutile de remarquer que ces os sont incontestablement humains malgré leur grosseur énorme, et le seul doute qu’ils puissent soulever porte sur la signification de ce volume insolite.
- La première pièce est la partie moyenne d’une diaphyse de fémur. On y distingue le trou nourricier, et au-dessus une trace de blessure cicatrisée. La circonférence de l’os est de 0m,46, la longueur du fragment, 0m,14, la forme presque cylindrique,;
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- la ligne âpre assez forte n’a aucune tendance au pilastre.
- La seconde pièce, plus caractérisée, est la partie moyenne et supérieure d’une diaphyse de tibia. L’épiphyse est détruite, il ne reste que la protubérance antérieure. La circonférence est de 0m,15 au trou nourricier, la longueur de fragment, 0m,2G. La coupe est en triangle équilatéral. La ligne oblique, très visible, atteint Om,ll de longueur.
- La troisième, très singulière, a été regardée par de bons anatomistes comme la partie inférieure d’un humérus, par d’autres comme celle d’un fémur, et de fait, ressemble aussi peu à l’un qu’à l’autre. L’aspect est assez celui d’un fémur sans épiphyse distale, mais l’os est assez fortement incurvé, sa coupe, en ellipse très régulière et très allongée, d’une forme identique sur toute la longueur de l’os ; et si on examine par le bout l’extrémité élargie, on reconnaît nettement le profil caractéristique de l’extrémité distale de l’humérus, l’amorce de la trochlée et de l’épitrochlée, du condyle et de l’épicondyle. L’os présentait d’ailleurs au moment où je l’ai recueilli une protubérance très contuse et qui n’a pas tardé à tomber en miettes, présentant la forme d’une épitrochlée et sans aucune analogie morphologique avec l’ar-ticulation tibio-fémo-rale.
- Je considère cependant plutôt comme fémur tératologique cette pièce paradoxale, de taille normale si on la regarde comme fémur, mais double de la moyenne si on la tient pour humérus. Placée à côté d’un humérus normal de même provenance, elle donne une impression gigantesque que sa nature, à mon avis, ne justifie pas. S’il en était autrement, il faudrait y voir un humérus modifié par la nécessité de supporter un poids de plusieurs centaines de kilogrammes et adapté à la station, sinon à la marche quadrupède.
- Par son état physique cette pièce suspecte ne se rapporte pas aux deux autres qui peuvent provenir, au contraire, d’un même individu. Celles-ci ont en volume plus du double des pièces normales auxquelles elles correspondent. A en juger par les intervalles habituels des points anatomiques, elles supposent des longueurs également à peu près doubles.
- Le sujet aurait eu une taille probable de 3m,50.
- Nous pouvons donc, par induction suffisamment vraisemblable, admettre l’existence d’un géant dont la nécropole de Castelnau nous aurait conservé les restes. Sa haute antiquité n’est pas contestable : par les conditions de gisement des débris, ils devaient être plus anciens que les cistes, et ceux-ci ont été rapportés par M. A. de Mortillet à l’époque mor-gienne, commencement du bronze, en raison de la présence de couronnes de bronze sur la tête de plusieurs squelettes. Je crois même que ces débris osseux ont été apportés du fond de la vallée avec la terre du tumulus, et dans un état très avancé de décomposition. Ils ont entièrement l’aspect des os fossiles des brèches quaternaires de la vallée.
- Le géant probable de Castelnau a donc pu vivre pendant le quaternaire ou le commencement de l’époque actuelle. Reste à savoir s’il suppose une population de géants.
- Les os sont dans un état de conservation qui ne permet pas d’affirmer s’ils proviennent d’un individu atteint d’hypertrophie générale du système osseux (gigantisme) ou d’un individu encoré jeune d’une race véritablement gigantesque. L’aspect est pathologique, mais on s’aperçoit au premier coup d’œil que l’irrégularité des surfaces est due surtout à l’action dissolvante d’un sol riche en acide carbonique et aux impressions des racines. Les os jeunes de mammifères quaternaires présentent souvent cet aspect. M. Delage, professeur de paléontologie à l’Université de Montpellier, regarde les os comme altérés post mortem et non pathologiques ; M. Sabatier, professeur de zoologie, tient l’état pathologique pour certain. La question est si délicate que l’examen, histologique lui-même n’a pu jusqu’ici en fournir la solution. —En résumé, la découverte de Castelnau rouvre une fois de plus la question des géants de l’antiquité. Il est à remarquer que les traditions placent, à peu près à l’endroit de la vallée où les os ont pu être pris, la caverne d’un géant. Il serait curieux que l’origine de la légende fût la découverte à cet endroit d’une partie du squelette dont les terres rapportées du tumulus de Castelnau nous ont fourni des os.
- G. de Lapouge.
- Les trois pièces osseuses attribuées au géant de Castelnau. Au milieu, humérus perforé de taille normale.
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- CHARGEMENT AUTOMATIQUE DES MINERAIS
- SUR NAVIRES
- Lorsque des minerais doivent être exportés par ruer en grande quantité, il est nécessaire de réduire au minimum les manutentions de chargement afin de diminuer dans la même proportion le prix de revient, surtout s’il s’agit de matières pondéreuses et qui doivent encore subir un ou plusieurs traitements avant de donner un produit définitif, comme les minerais de fer, de cuivre, etc. Aussi les ports de commerce où aboutissent ces minerais sont-ils généralement pourvus d’un outillage très perfectionné,
- et pour lequel l’idéal consiste à faire accoster directement les navires près de jetées ou d’estacades sur lesquelles des locomotives refoulent les wagons chargés, et à déverser ceux-ci par des couloirs dans les panneaux des cales. Mais il peut arriver que les mines soient assez éloignées des ports pour nécessiter des frais de transport trop onéreux, et il faut dans ce cas qu’elles possèdent leurs propres installations sur les côtes les plus voisines.
- Les mines de fer d’Onton, près de Bilbao, se trouvent dans cette situation, mais les difficultés pour elles sont plus considérables qu’ailleurs parce que les falaises les plus proches sont, comme l’indique notre dessin, tout à fait à pic et battues par une
- Voie sous-marine pour chargement de navires à On ton, près de Bilbao. — P. Pont roulant.
- mer souvent agitée qui n’aurait pas permis d’installer des estacades. M. A. de Palacio, directeur de ces mines, a résolu le problème d’une manière aussi ingénieuse qu’économique, en utilisant la pente sensiblement constante que présente le fond de la mer jusqu’à une assez grande distance du rivage.
- Le minerai est amené des mines situées assez près de la côte, par des chemins de fer aériens, jusqu’à une plate-forme qui surplombe la falaise. Il tombe ensuite dans un couloir incliné fermé à la partie inférieure par une porte. Là il est reçu par un pont roulant.
- Celui-ci consiste en un fort pylône métallique à base triangulaire monté sur roues et roulant sur trois voies métalliques de 1 mètre d’écartement chacune, posées sur le fond. Ces voies ont une lon-
- gueur d’environ 200 mètres et une pente de 5 pour 100. La prolondeur de l’eau à leur extrémité est donc au moins de 10 mètres et suffit au mouillage des plus grands bâtiments. Une quatrième voie ferrée est posée parallèlement aux trois autres ; nous en indiquerons plus loin l’emploi.
- Le tablier du pont qui reçoit le minerai est placé à 21 mètres au-dessus de la voie, c’est-à-dire à une hauteur suffisante pour accoster les navires et décharger directement dans les panneaux de cale. Pour communiquer un mouvement de va-et-vient au pont, il est relié à l’un des bouts d’un câble métallique qui passe sur un tambour solidement fixé à la falaise, et dont l’autre bout est accroché à des chariots lestés. Ces derniers, remontant et descendant alternativement la pente sur la quatrième voie dont nous avons
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- LA NATURE.
- parlé, iorment contrepoids pour manœuvrer le pont lorsqu’il est déchargé.
- Lorsque le pont se trouve ainsi ramené à son point de départ,'' il déclenche automatiquement un levier qui fait basculer la porte du couloir incliné, et les minerais tombent sur le tablier où ils s’entassent. Dès que la charge est suffisante pour vaincre parle frottement de roulement l’action du contrepoids, le pont se met en mouvement, et descend jusqu’au navire en même temps que le contrepoids remonte et que la porte du couloir se ferme.
- Le déchargement s’effectue en faisant basculer le tablier. Lorsqu’il est terminé, le contrepoids agit pour ramener le pont vers le rivage et ainsi de suite. La manœuvre du pont et son chargement sont donc entièrement automatiques.
- Cet appareil reçoit à chaque opération 100 tonnes de minerai, et peut effectuer jusqu’à 50 voyages par jour, c’est-à-dire, déposer 5000 tonnes à bord d’un navire, ce qui correspond à la capacité des plus grands steamers qui fréquentent ces parages. Il n’a coûté que 90 000 francs et fonctionne avec une parfaite régularité. G. Richou,
- Ingénieur des arts et manufactures.
- NÉCROLOGIE
- David Napoli. — Nous avons appris, non sans une vive douleur, la mort de l’un de nos collaborateurs les plus distingués, David Napoli, inspecteur principal des chemins de fer de l’Est et chef du laboratoire de cette Compagnie. David Napoli, né à Naples le 27 avril 1840, s’était fait naturaliser Français; et il était bon Français, car il fit partie des corps francs de l’Est pendant la guerre de 1870. Grâce à un travail persévérant et à un esprit scientifique des plus remarquables, Napoli devint un électricien et un physicien de grand mérite. L’un des premiers, il construit des horloges électriques et trouve, en collaboration avec Leclanché, les contacts à mercure. En 1867, alors que rien n’avait été fait en quelque sorte pour l’emploi de l’électricité dans les chemins de fer, il installe, dans le train du Sultan, la lumière et l’intercommunication électrique. Nous citerons, parmi les autres appareils qu’il construisit, le régulateur électrique de vitesse, le contrôleur électrique de rondes de nuit, une lampe à incandescence à air libre de Wedermann qu’il modifie et rend pratique, la trompe électrique, la sonnerie d'alarme à remontoir électrique (employée à la Compagnie de l’Est). En 1881, son dynamomètre explorateur de champ magnétique attira l’attention des physiciens. Son système d’intercommunication électrique dans les trains a été adopté par les Compagnies de l’Est, du Midi et de l’État. — L’intelligence d’élite de Napoli a trouvé aussi sa voie dans les travaux de mécanique ; pour lui la cinématique n’avait pas de secrets. Nous citerons particulièrement ses différentes machines à déterminer le coefficient de frottement des corps gras. Nous ajouterons qu’il a pris une grande part dans la collaboration au wagon dynamomètre de la Compagnie de l’Est. On lui doit encore un indicateur de vitesse, un contrôleur mécanique de ronde de nuit, la construction d’intégraphes, un profilographe pour rails, une machine à faire les additions, un indicateur optique de vitesse, un chronographe, un photomètre rotatif, un aetmomètre enregistreur, des appareils mécaniques et
- électriques pour contrôler et enregistrer la pression et la dépression dans le frein Westinghouse (chemins de l’Est). — Professeur de chimie et de physique à l’Association polytechnique depuis 1876, Napoli remplaça Paul Bert au fauteuil de la présidence de la Société de navigation aérienne, dont il était vice-président. Secrétaire de la Société internationale des électriciens dont il était membre du Comité de rédaction du Bulletin, Napoli était un conférencier infatigable, et il ne refusa jamais son concours quand il s’agissait de la science. 11 avait obtenu plusieurs médailles d’or aux différentes Expositions; il était chevalier de la Légion d’honneur et officier d’académie. David Napoli joignait à tous ses talents un grand charme personnel qui était apprécié de ses amis et de ceux qui l’approchaient. Avant la parole facile, les manières affables, il était doué d’une rare habileté manuelle. Napoli travaillait le verre à la lampe, comme le meilleur ouvrier verrier ; on pouvait dire de lui qu’il avait tous les arts dans la main. C’était un homme de réelle valeur qui avait encore devant lui le plus brillant avenir, si une mort prématurée ne l’avait enlevé à la science et à ses travaux. G. T.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 mai 1890. — Présidence de M. Hermite.
- Le spectre normal du soleil. — A son retour d'une absence de plusieurs mois, M. Janssen donne de très intéressants détails sur les travaux qui l’ont occupé à Biskra en plein désert saharien. Le savant astronome a réalisé de nombreuses séries de photographies spéciales du soleil à l’horizon, profitant de la limpidité de l’air et de l’éclat de l’astre, aussi blanc à son coucher et à son lever qu’il l’est ici au méridien. La part de l’atmosphère pourra, grâce à ces documents, être défalquée du phénomène total et la connaissance du soleil sera précisée. C’est grâce surtout à l’appui de l’autorité militaire que M. Janssen a pu réaliser le programme qu’il s’était proposé : un blockhaus fut mis tout entier à sa disposition et transformé en véritable observatoire par des escouades d’ouvriers appartenant à différents corps d’état. L’auteur a mis à profit les facilités dont il jouissait pour organiser une expédition en plein désert qui lui fournit entre autres résultats nouveaux de nombreuses photographies des phénomènes si variés du mirage. 11 doit y avoir des révélations bien curieuses et la constante bienveillance de M. Janssen nous fait espérer qu’il nous permettra de reproduire quelques-uns de ses positifs au grand profit des lecteurs de La Nature.
- Nouveau gisement de plantes fossiles. — Récemment nommé professeur de géologie à la Faculté des sciences de Marseille, M. Gaston Vasseur, dont nous avons plus d’une fois mentionné les intéressants travaux, annonce la découverte qu'il vient de faire d'une flore turonienne aux environs des Martigues. M. Albert Gaudry informe l’Académie de cette trouvaille et en fait ressortir les côtés saillants. Spécialement attaché à décrire la stratigraphie du gisement nouveau, l’auteur a fait appel à la haute compétence de M. Marion pour décrire les végétaux rencontrés : ils consistent en cryptogames, en gymnospermes, en angiospermes, et témoignent de leurs affinités avec les plantes d’aujourd’hui. C’est une nouvelle preuve que tandis qu’en paléontologie animale on a cru être autorisé à placer une division dans la série des âges terrestres entre le secondaire et le tertiaire, au contraire, au point de vue botanique ce moment ne laisse voir aucune sépara-
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- tion, et c’est dans le crétacé, au-dessous du terrain turonien, vers le cénomanien, que la démarcation relative pourrait-être établie.
- Minerai d'étain de formation actuelle. — H V a bien longtemps que les géologues ont été frappés de l’âge relativement ancien des gites stannifères et les expériences synthétiques n’ont permis de réaliser la reproduction de la’cassitérite qu’à des températures élevées. C’est donc un lait nouveau que le dépôt de l’étain par une source actuelle. Je viens d’en faire la rencontre en analysant des produits qui m’ont été remis il y a peu de temps parM. Errington de la Croix et qui proviennent du pays de Selangor en Malaisie. L’oxyde d’étain sous forme de .très fines dendrites est associé à de la silice hydratée, sorte d’opale caverneuse analogue à celle que déposent maints geysers autour de leur bassin.
- Température des cyclones. — On sait que la principale objection faite à la théorie cyclonique de M. Faye consiste à croire que dans les tempêtes tournantes l'air est plus chaud qu’au voisinage et tend par conséquent à monter. Gril résulte de travaux réalisés dans des observatoires de montagnes, au mont Washington, aux États-Unis, comme dans les Alpes autrichiennes et ailleurs, que c’est précisément le contraire qui est vrai. M. Faye, qui communique ces résultats, en tire comme on conçoit des conclusions tout à fait favorables à la doctrine qu'il défend depuis si longtemps avec tant d’autorité.
- Le cuivre et les pommes de terre. — Au nom de M. Aimé Girard, M. Schlœsing met sous les yeux de l’Académie des photographies qui montrent les excellents effets obtenus par le traitement au sulfate de cuivre de la maladie des pommes de terre. Les avantages en sont tout 4 fait remarquables : la dépense étant estimée à 55 ou 40 francs par hectare, l’accroissement du produit a été, paraît-il, de 150 à 500 francs.
- Varia. — Une très intéressante .Notice sur M. Soret est lue par M. Alf. Cornu. — Comme confirmation aux idées de M. Blanchard sur la séparation récente des îles de la Sonde, un entomologiste signale des lampyrides de Bornéo comme étant identiques à des espèces chinoises, ijmnamites et indiennes. —- M. le professeur Edm. Bcrrier étudie l’emploi de l’eau de mer artificielle pour conserver <jles animaux marins dans les aquariums et tout spécialement pour cultiver les huîtres. — Malagutti ayant dès longtemps démontré l’existence de traces d’argent dans l’eau de la mer, M. Delaurier imagine un procédé qui, s’il réussissait, réaliserait l’extraction du métal. — Deux nouveaux pélécypodes hermaphrodites sont décrits par M. Palseneer. —- MM. Barbier et Roux étudient le pouvoir dispersif des alcools de la série grasse.
- Séance du 2 juin 18Q0. — Présidence de M. Heumite.
- Sur la réduction du sulfate de potasse. — On nous a toujours enseigné que, sous l’action de l’hydrogène à chaud, le sulfate de potasse se réduit en sulfure de potassium pendant que son oxygène se convertit en eau, conformément à cette équation devenue classique :
- SO*K + 4U = KS + 4110.
- Or, il paraît que c’est là une grosse erreur et M. Berthelot a. soumis le phénomène à une étude complète riche en révélations imprévues. Un premier fait incontestable, c’est que, pendant toute la durée de l’expérience, il se dégage de l'hydrogène sulfuré que l’équation n’a pas prévu; un autre, c’est que la décomposition dégage de la chaleur au lieu d’en-absorber comme elle ferait si l’interprétalion
- précédente était exacte. En réalité, il se fait de l’hydrate de potasse et du sulfhydrate de sulfure de potassium. Ge dernier se dissocie partiellement dans l’hydrogène et il fournit aussi de l’hydrogène sulfuré qui réagit sur l’hydrate pour donner de nouveau du sulfhydrate de sulfure et de l’eau; et la réaction se continue de proche en proche jusqu’à ce que toute la substance soit transformée. Vers la fin, il y a dissociation de l’acide sulfhydrique dont l’hydrogène se dégage pendant que son soufre se fixe dans un polysulfure alcalin. Si l’on cherche à réduire le sulfate de potasse non plus par l’hydrogène, mais par le charbon, on trouve de même que les idées généralement professées sont inexactes : il ne se fait rien si aucune trace d’oxygène ne peut entrer dans l’appareil et l’agent de la réaction est, en réalité, l’oxyde de carbone :
- S04K + 4C0 = KS + 4C02
- M. Berthelot a réalisé la décomposition dans un courant de ce gaz. De plus, il montre que si une trace d’oxyde de carbone a pu intervenir, la décomposition se continue indéfiniment et même s’active en présence du charbon. En effet, l’acide carbonique produit précédemment se convertit en une quantité double d’oxyde de carbone; celui-ci attaque du sulfate et repasse à l’état d’acide carbonique qui redevient oxyde de carbone et ainsi de suite tant qu’il y a du sulfate à réduire.
- La collection des mollusques au Muséum. — M. le professeur Ed. Perrier adresse, par l’intermédiaire de M. de Quatrefages, une notice sur la classification qu'il a adoptée pour les Mollusques du Muséum en les rangeant dans les nouvelles galeries. Cette classification qui tient compte des progrès les plus récents de la science et à laquelle les découvertes de M. Perrier lui-meme impriment un caractère original, tire un haut élément d’intérêt de l’admission si philosophique des fossiles parmi les formes vivantes, de la suppression de cette limite essentiellement artificielle qu’on fait toujours entre la zoologie et la paléontologie.
- Monstres animaux et végétaux. — A l’égard des monstres-animaux, M. Dareste étudie le mode de formation des omphalocéphales et montre que chez ces êtres, dont le cœur est placé sur le dos comme dans une espèce de besace, il n’y a ni pharynx, ni poche cardiaque. A l’égard des monstres végétaux, M. Magnin signale des malformations consécutives au développement de cryptogames parasites. Un premier cas est fourni par le Muscari comorum dont les fleurs, normalement stériles, se trouvent alors munies de grosses étamines toutes gorgées de pollen. Un autre, plus curieux encore, concerne Y Euphorbia cyparisias. On sait que les fleurs de cette euphorbe sécrètent en abondance une substance sucrée à laquelle on attribue la propriété d’attirer les insectes dont la collaboration est nécessaire à la fécondation. Or, le parasite détermine l’atrophie complète des fleurs et il semblerait que la matière sucrée cessant d’etre utile elle ne sera plus sécrétée ; ce n’est pas ce qui a lieu. Des feuilles qui, d’habitude, ne fabriquent point le produit en question, se mettent à l’élaborer et l’on ne voit plus dans quel but.
- Alun de bauxite. •— La bauxite est un hydrate d’alumine naturel dont on exploite, en plusieurs pays, des amas considérables. M. Auger est parvenu à fabriquer, par son moyen, de l’alun de soude admirablement cristallisé et dont les propriétés sont fort différentes de celles qu’on attribue généralement au sulfate double.d’aluminium et de sodium. L’auteur explique en même temps la raison de cès particularités par la dissociation que subit la solution aqueuse à basse température ; entre 7° et 25°, l’alun
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- cristallise en octaèdres et se montre parfaitement transparent et inaltérable; mais vers zéro, il dépose un mélange d’alun avec des quantités variables et parfois très grandes de sulfate d’alumine et de sulfate de soude. C’est ce mélange efflorescent qu’on a généralement décrit comme alun de soude.
- Varia. — Des roches à éléolithes provenant du Canada sont décrites par M. Lacroix dans une Note déposée en son nom par M. Fouqué. — M. Cesaro adresse une courbe représentative des phénomènes de diffraction. — Les propriétés physiques de l’azote dont M. Sarrau s’occupait récemment fournissent aujourd’hui à M. Antoine le sujet d’un travail déposé par M. Bertrand. — Une monographie des Hippopotames fossiles d’Algérie est adressée par M. Homel. — M. Blanchard dépose un volume de M. Vic-
- tor Fatio sur les poissons de la Suisse et un Dictionnaire d’histoire naturelle par M. Pizzetta. — D’après M. Renou, le mois dernier a présenté des caractères météorologiques tout à fait exceptionnels. — M. le Dr Testud soumet au jugement de l’Académie plusieurs Mémoires anthropologiques et, entre autres, le résultat de la dissection d’un Boschiman faite au Muséum de Paris. — Les chlorosels d’iridium sont étudiés par M. Jollv. Stanislas Meunier.
- UN LABORATOIRE DE CHIMIE
- AU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
- L’Exposition rétrospective du Travail organisée dans le Palais des arts libéraux, au Champ de Mars,
- Un laboratoire de chimie en 1658. — Exposition rétrospective du travail en 1889.
- on 1889, a été incontestablement l’une des installations les plus intéressantes et les plus instructives de notre grande Exposition universelle. Nous y avons déjà emprunté de nombreux documents; nous ajouterons à ce que nous avons précédemment publié, et cela à titre de souvenir rétrospectif, la curieuse reproduction d’un ancien laboratoire de chimie dans la première moitié du dix-septième siècle. Quelle différence de matériel avec celui de nos laboratoires modernes! Le maître n’avait à sa disposition qu’un fourneau chauffé au charbon de bois, et que quelques cornues et matras de verre. De vieux livres sur sa table : voilà tout ce qui constituait son élémentaire outillage.
- Que de progrès exécutés depuis deux cents ans! Les fourneaux à gaz et le chalumeau à oxygène
- qui fond les métaux les plus réfractaires, la trompe à.mercure pour faire le vide, les récipients de gaz liquéfiés pour produire le froid, se joignent aujourd’hui aux merveilles d’un matériel admirablement combiné, pour fournir au chimiste les plus puissants moyens d’action. —Il y a lieu d’admirer nos arrière-grands-pères qui ont su faire des découvertes relativement importantes avec des ressources bien médiocres, et cet état de choses s’est continué jusqu’à une époque assez rapprochée de la nôtre. Scheele a fait à la fin du siècle dernier ses grandes découvertes dans un laboratoire des plus modestement outillés.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier. Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 889. — 14 JUIN 1890.
- LÀ NATURE.
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- LÀ POUDRE SANS FUMÉE
- LES EXPLOSIFS d’hIER ET CEUX DE DEMAIN1
- Le premier devoir qui s’impose à nous, avant d’entrer dans les considérations d’ordres divers que soulève l’adoption du nouvel explosif militaire, est de définir nettement, une fois pour toutes, ce que l’on appelle aujourd’hui une poudre sans fumée. Pourquoi sans fumée? Les armes qui l’utilisent — fusils, hotchkiss ou canons — ne sc-raient-ilsdonc que de simples tubes pneumatiques, analogues à ceux que La Nature a déjà décrits, le canon Zalinski par exemple, se manœuvrant par la détente d’un gaz comprimé, et ne faisant, par conséquent, ni fumée, ni bruit d’aucune sorte? Nullement. Nos armes actuelles sont restées en principe ce qu’elles étaient hier ; la charge de poudre s’allume par les mêmes méthodes ; le bruit que produit la rapide détente des gaz au sortir de la bouche à feu — bruit qui ne saurait, en aucun cas, être supprimé — subsiste toujours ; la fumée seule a disparu, ou, pour parler avec plus de vérité, elle a fait place à un nuage d’une légèreté à laquelle lie nous avait point habitués la vieille poudre noire, à un voile bleuâtre et transparent, qui disparaît entièrement, quelques secondes après la décharge de l’arme.
- Et pourquoi est-elle incolore, pourquoi est-elle invisible, cette fumée — car il y a toujours fumée,
- 1 Suite, voy. n° 885, du 17 mai 1890. t8" année. — 2* semestre.
- quelle qu’elle soit, de même qu’il y a toujours bruit — contrairement à ce qui avait été observé jusqu’à ce jour avec les poudres anciennes? La raison en est bien simple. Elle se résume en cette remarque : l’explosion de la poudre noire produit, en matières solides, en dehors des gaz eux-mêmes, environ 50 pour 100 du poids total des corps mis en liberté ; tandis que, l’explosion de la poudre nouvelle ne donne que des gaz simples, sans mélange de corps solides d’aucune sorte.
- Que l’explosion de la poudre à canon ordinaire soit suivie de la production d’un épais nuage de fumée, c’est là un phénomène qui n’est ignoré de personne, et auquel, jusqu’à ce jour, sauf de timides essais, on n avait point encore trouvé de sûr remède. Voyez, par exemple, de quel poids il doit peser dans la balance de nos guerres maritimes,
- dont l’ordre a été complètement bouleversé par l’apparition, sur la scène de la mer, des torpilleurs ! Le voici qui fend la vague, l’imperceptible petit bateau, glissant au ras des Ilots, montrant à peine son échine grisâtre. Vite, le leu des tourelles bat son plein. En avant mitrailleuses et canons-revol-vers. Peine inutile, le cuirassé colossal n’est bientôt plus qu’une citadelle démantelée, entourée d’un infranchissable voile de fumée, d’un maillot d’ouate qui lui cache complètement l’assaillant. En même temps que ses gaz précieux et actifs, l’explosion de la poudre à canon a jeté dans l'atmosphère une impénétrable brume.
- Expliquons-nous donc. Prenons notre poudre à canon, et décomposons, comme nous le ferons tout à l'heure pour la poudre nouvelle, sa combustion. Elle
- I'ig. 1. — Poudre sans fumée et gélatine explosive. — 1. Plaque de poudre saus fumée. 2. Grains de poudre sans fumée. — 3. Gélatine explosive.
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- peut, chimiquement, se résumer pur la formule connue :
- 4KAzOs
- -5C=
- Salpêtre, soufre et charbon
- K2SO*H-K*CO*
- 5CO+4Az
- Sulfate et carbonate de potasse (solides).
- Oxyde de carbone et azote (gazeux) .
- En dehors des gaz simples, oxyde de carbone et azote, la combustion de la poudre noire donne donc un résidu solide, composé en grande partie de sulfate et de carbonate de potasse. Une partie de ce résidu solide se dépose dans le canon et constitue la crasse des armes à feu; le reste se répand, en un état de division extrême, au milieu des gaz et des vapeurs développés par l’explosion, et produit, en les obscurcissant, la fumée visible. Troupiers et chasseurs, combien de vous ne se doutent guère que la fumée blanche et dense qui sort, comme un panache, de votre arme, après le tir, n’est due à autre chose qu’à une combustion incomplète des éléments de la poudre, qu’à un résidu solide suspendu, comme une fine poussière, dans le torrent gazeux qui les enveloppe et les retient, à la façon d’un léger et invisible filet !
- Pareil phénomène ne saurait se produire avec la poudre nouvelle, dont la puissance, au lieu d’être empruntée à L’antique composé ternaire, est tirée tout entière de ce que nous appellerons les grands explosifs ; et parmi eux, surtout, les celluloses nitrées et les nitroglycérines. Ici, plus de produits solides dans l’explosion : des gaz, rien que des gaz, des gaz et des vapeurs, sans poussière qui les obscurcisse, bref, une fumée invisible, ou du moins presque invisible. Faut-il vous mettre sous les yeux, comme nous l’avons fait pour la poudre noire, les équations chimiques qui reproduisent le mode de détonation de chacun des deux grands explosifs que nous venons de nommer. Voici l’équation de décomposition du fulmi-coton, qui n’est autre qu’une cellulose ni-trée au maximum :
- C6H7(A'z02)505 = 2C02 + 4C0 -h 5H20 + H + oAz
- ! Acide carbonique, oxyde de carbone, eau, hydrogène et azote (tous gazeux).
- Voici, d’un autre côté, la formule de décomposition de la nitroglycérine, que nous retrouverons tout à l’heure employée dans la poudre sans fumée Nobel :
- C3H5(Az02)303 = 3C02 -h 2,5M) 4- oAz + 0,50
- ,r. , , . I Acide carbonique. Eau. Azote et oxv-
- Nitrogfycenne = . J
- c J ( gene (tous gazeux).
- On se tromperait étrangement, en croyant que les savants dont nous allons citer plus loin les noms, et qui à des titres divers, ont appliqué leurs études à la recherche de la véritable formule de la poudre nouvelle, se fussent donné la mission exclusive de trouver une -poudre « sans fumée ». Ils
- n’ignoraient point certainement qu’en dirigeant leurs expériences sur les explosifs à base de celluloses nitrées, il en découlait forcément cette propriété spéciale; mais ce n’était point là cependant leur véritable souci. Ce qu’ils cherchaient avant tout, c’était un explosif capable d’imprimer une grande vitesse initiale au projectile, sans pour cela que ses propriétés brisantes pussent nuire à la sécurité de l’arme : une poudre, en un mot, à forte vitesse et à faible pression intérieure, puissante sans être brisante. Il était indispensable, enfin, que cette pondre fût moins encrassante que l’ancienne, sous peine de voir le tir perdre toute justesse, ou même devenir impossible.
- Toutes les poudres sans fumée connues à ce jour sont à base de nitrocelluloses, semblables à celles dont nous avons donné plus haut le mode de décomposition. Il nous est impossible d’entrer ici dans des détails de chimie élémentaire sur la composition et la préparation des nitrocelluloses; nos lecteurs sont libres de consulter à ce sujet les traités de. chimie industrielle. 11 nous suffira de dire que les nitrocelluloses, ou celluloses nitrées, qui s’obtien-? lient par l’action des acides sulfurique et.nitrique sur la cellulose, se partagent généralement en trois classes, suivant leur degré dénitrification, les mono, di et tri-nitrocelluloses, suivant que l’on a remplacé, dans la formule de la cellulose (C6HI003), un, deux ou trois atomes [d’hydrogène, par un, deux ou trois atonies d’azotyle ou nitryle (AzO2), ce qui donnerait à notre série de celluloses nitrées, les formules suivantes :
- Mononitrocelluloses. . . . C6H9(Az02)0:;
- Dinitrocelluloses..........C6H9 ( AzO2) 20:i
- Trinitrocelluloses .... C6H9(Az02)305
- Les mononitrocelluloses sont des corps imparfaitement nitrés ; les trinitrocelluloses sont des fulmi-cotons, qui sont très inflammables, et dont l’application aux armes de guerre n’a donné, malgré de brillantes recherches, que des résultats encore incomplets; seules, les dinitrocelluloses vont nous occuper ici, par la curieuse propriété qu’elles possèdent d’être solubles dans certains mélanges, dans un mélange de 2 parties d’alcool avec 1 partie d ether, par exem- _ pie, tandis que les trinitrocelluloses ou fulmi-cotons y sont complètement insolubles. On peut prévoir dès maintenant que lés poudres sans fumée doivent s’obtenir par la dissolution d’une cellulose soluble dans un liquide volatil, seule ou mélangée à des corps accessoires, oxydants ou ralentissants, ces derniers employés pour rendre l’explosion plus lente, et par suite, diminuer les pressions intérieures pouvant amener la rupture de l’arme.
- Reportons-nous dès maintenant aux gravures qui accompagnent notre article. Examinons les figures 1 et 2. La figure 1 nous montre, comme, nous l’apprend la légende, une plaque de poudre sans fumée ; la figure placée à côté (fig. 1, n° 2) reproduit les grains, ou plutôt les petits parallélépipèdes, de
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- poudre sans fumée, prêts à être versés, dans la proportion désignée, dans le tube métallique des cartouches actuelles. Ces grains, on le devine, sont obtenus par le découpage, en lamelles d’abord, en morceaux ensuite, de la plaque de la figure 1 (n° 1), à laquelle l’opération du laminage a laissé une épaisseur suffisante. Si on les examine attentivement, ils se présentent sous la forme d’une matière cornée, écailleuse, semi-transparente, colorée faiblement ou même complètement brunâtre, un aspect, en somme, absolument différent de la poudre noire. On dirait d’un morceau d écaillé ou de celluloïd coupé en fins morceaux. C’est tout simplement notre nitrocellulosc soluble, dissoute dans un liquide volatil <pie l’on aura ensuite fait évaporer, et laissant, comme résultat de l’opération, une niasse pâteuse, visqueuse, gommeuse, si l’on veut, qui peut être étirée, roulée et laminée en plaques entre deux cylindres métalliques, comme on le fait, toutes proportions et toutes températures gardées, pour les tôles de fer ou d’acier dans nos grandes usines métallurgiques.
- Depuis près d’un demi-siècle, les poudres sans fumée ont fait l’objet des plus savantes et des plus subtiles recherches, occupant tour a tour les maîtres en la matière, les docteurs ès sciences explosives : en France, notre illustre maître Berthelot, et Vieille; en Autriche, Von Lenk; en Angleterre, Abel; Schültze en Allemagne ; Johnson, et enfin Alfred Nobel, le chimiste suédois qu’ont rendu célèbre ses études sur la dynamite et ses dérivés. La poudre sans fumée de M. Alfred Nobel, dont nous reparlerons tout à l’heure, est en ce moment, nous devons le reconnaître, le seul explosif de guerre qui puisse être sérieusement opposé à notre poudre nationale.
- L’examen des diverses poudres sans fumée proposées, au cours de ces récentes années, au jugement des autorités militaires des puissances, nous familiarisera entièrement avec le nouvel explosif, «l’explosif de demain », comme nous l’appelons. Ces explosifs, quels qu’ils soient, ont tous une base invariable : les celluloses nitrées, dont l’explosion est tout entière gazéiforme. Voici, la première en date, après la poudre Schültze bien entendu, la poudre brevetée en 1886 par Sir Frédéric Abel, l’éminent chimiste de Woolwich, contenant 100 parties de nitrocellu-lose, à laquelle on ajoute 10 à 50 parties de nitrate d’ammoniaque. Toujours la nitrocellusose dans la poudre'brevetée en 1888 par M. Turpin, l’inventeur de la panclastite, et, dit-on, de la mélinite. Encore la nitrocellulose dans la poudre sans fumée que fabrique, depuis 1888, la poudrerie belge de Wct-teren — et toujours la nitrocellulose dans la poudre de la fabrique autrichienne de Walsrode, dite poudre Wolf ; dans la poudre Maxim, l’inventeur des mitrailleuses qui portent le même nom ; dans celle de Johnson, d’Emmens, et enfin dans la poudre Nobel, adoptée aujourd’hui par l’armée italienne, sous le nom de balistite.
- Notre intention n’a jamais été, — nos lecteurs le
- comprendront, et cela nous eût du reste été absolument impossible, — de décrire la fabrication de la poudre sans fumée qui charge aujourd’hui nos armes françaises. La poudre Vieille est secret d’État; le connaîtrions-nous, nous nous garderions bien d’en révéler le moindre détail. Tout ce qu’il nous est permis de dire, tout ce que nous voulons savoir, et que nous pouvons affirmer, c’est que, comme pour toutes les poudres dont nous venons de dresser la nomenclature, les propriétés de la poudre française sans fumée sont dues tout entières, ou du moins pour la plus grande part, à la cellulose nitrée, soluble ou non, qu’elle renferme.
- Si toutefois nous sommes tenus aux plus grandes réserves en ce qui regarde notre explosif national, il n’en saurait être de même au sujet des autres poudres sans fumée, dont une surtout, la poudre Nobel, fait parler d’elle — et très haut — en ce moment même. Notre curiosité scientifique sera du reste éveillée d’autant plus que, différant en cela de toutes les poudres sans fumée proposées jusqu’à ce jour, la poudre du chimiste suédois contient non seulement de la nitrocellulose, mais encore, et en très fortes proportions, de la nitroglycérine. Si nos lecteurs veulent bien se reporter aux formules, aux équations de décomposition chimique que nous avons mises plus haut sous leurs yeux, mon-, trant l’explosibilité entièrement gazéiforme de chacun de ces deux corps, ils se convaincront que nous ne saurions prendre un meilleur exemple à l’appui de ce que nous cherchons à leur démontrer; la poudre Nobel étant, si nous pouvons parler ainsi, -doublement invisible, par la présence simultanée, dans sa composition, de la nitrocellulose et de la nitroglycérine.
- Depuis longtemps déjà, — nous avons même assisté, il y a quelque quinze années de cela, lors du percement du grand tunnel du Gothard à ses pre-; miers essais — M. Alfred Nobel dirigeait ses études sur les mélanges de nitroglycérine et de nitrocellulose. Les gélatines explosives, employées dans .les travaux publics et dans les mines pour le sautage des roches, furent les premiers et fort intéressants résultats de ses expériences. Elles sont aujourd’hui d’usage et de fabrication courante. Nous mettons sous les yeux de nos lecteurs un spécimen de ces gélatines, qui ont l’apparence gommeuse, gélatineuse, et la couleur même de la gelée de mirabelle (fig. d, n° 5). Notre excellent dessinateur, M. Poyet, en a fort bien rendu la texture et l’image extérieures, à laquelle manque seule la couleur ambrée que revêt, comme une honnête et brave confiture, la traî-1 tresse et meurtrière substance.
- Ces gélatines à base de nitroglycérine et de nitrocellulose sont véritablement les ancêtres de la poudre sans fumée que Nobel fait essayer en ce moment sur les polygones des puissances européennes. Si nous nous reportons en effet au brevet que prit le chimiste suédois en 1887, brevet que nous avons sous les yeux, nous voyons que l’inventeur revendique-
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- LA NATURE
- la propriété d’un corps composé de 150 parties en poids de cellulose azotée soluble, avec un mélange de 100 parties de nitroglycérine et 10 à 12 pour 100 de camphre. Nobel obtient ainsi, après malaxage et laminage à chaud, une matière cornée ou semi-cornée, qui se laisse facilement couper en grains, et qui, dit-il, présente l’avantage appréciable de ne pas dégager de fumée visible. Son explosion est en outre assez lente pour qu’on en puisse faire une poudre de tir, d’infanterie ou d’artillerie.
- La poudre Nobel, adoptée par l’état-major italien, se fabrique en grand à l’usine de dynamite que le chimiste suédois possède, ou dans laquelle il est intéressé, en Italie, à Àvigliana, près Turin(fig. 5). Les di-
- verses périodes delà fabrication, très méticuleuse, on le comprend, se résument en opérations simples en elles-mêmes : le mélange de la nitroglycérine et de la nitrocellulose, leur malaxage, le laminage de la pâte gélatineuse obtenue entre des cylindres chauffés par un courant de vapeur, le refroidissement des plaques d’épaisseur diverses ainsi obtenues, leur découpage en lamelles et ensuite en grains, et entin le passage des grains sur des tamis perforés à des diamètres de plus en plus étroits. Toutes ces opérations, du moins les plus importantes, sont exécutées sous l’eau, afin d’éviter des éehauffements, et par suite des incendies.
- La gravure ci-dessous permettra à nos lecteurs de
- Fig. 3. — Vue générale de la fabrique de dynamite Nobel, à Avigliana (Italie.) — 1. Fabrication de l'acide sulfurique. Fabrication de l’acide nitrique. — 3. Atelier de nitroglycérine. — 4. Ateliers de dynamite. — 5. Ateliers de poudre sans fumée.
- se rendre compte de l’installation générale de la fabrique Nobel. A gauche, l’acide sulfurique; adroite, l’acide nitrique, nécessaires tous deux à la fabrication de la nitroglycérine, dont le toit blanchâtre émerge, au-dessus des bastions qui l’entourent. Nitroglycérines et coton nitré sont dirigés ensuite sur les ateliers de dynttmite, de gélatine explosive ou de poudre sans fumée, distribués dans l’enceinte de l’usine’.
- Il nous reste encore à aborder un dernier côté de la question, le côté spécialement militaire, ou plutôt tacticien. A un engin nouveau, d’une importance aussi capitale que celle de la poudre, doivent correspondre, en effet, des changements considérables dans l’ordre et la marche des batailles.
- Résumant en un mot célèbre cette science, ou plutôt cette prescience qu’il était seul à posséder de
- son temps, Napoléon disait dédaigneusement : « On s’engage, et puis l’on voit. ». Plus de tactique napoléonienne avec la poudre sans fumée, qui ne vous laisse rien voir ou qui vous montre trop, qui permet aux bataillons de rester cachés dans les fourrés, sans qu’aucun indice vienne les trahir, et qui défend aux régiments d’aborder la rase campagne sans être immédiatement découverts. 11 est vrai que le grand homme de guerre affirmait, dans d’autres circonstances, que la tactique devait être changée tous les dix ans. La poudre sans fumée aura été le signal de l’un de ces changements, du plus grand peut-être que la science militaire ait eu à enregistrer, quelques-uns même disent, d’une véritable révolution.
- — A suivre. — Maxime Helene.
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- L’ÉCLIPSE DE SOLEIL DU 17 JUIN 1890
- Le il juin prochain, les habitants de toute la France et des colonies françaises du nord-ouest de l’Afrique, assisteront à une éclipse qui, pour eux, ne sera que partielle, mais qui offrira cependant un véritable intérêt. En effet, elle sera annulaire pour tous les peuples vivant sur une zone de 100 à 200 kilomètres de largeur, régnant depuis le golfe de Guinée jusqu'à la Chine méridionale et traversant le Sahara, la Méditerranée orientale, le sud-
- est de l’Asie, la chaîne de l’Himalaya et le Thibet/
- Lors de son passage entre le Soleil et le globe que nous habitons, notre satellite aura cette fois un diamètre très petit, parce qu’il arrivera quatre jours après, lors de son apogée du 21 juin, usa plus grande distance de toute l’année. C’est ce qui fait (pic son disque ne pourra recouvrir complètement celui du Soleil, quoique celui-ci soit en ce moment très petit, parce que la Terre passera à son aphélie le o juillet prochain.
- De toutes parts débordera, même dans les lieux les plus favorisés et à l’époque de la plus
- Kaboul v
- .Téhéran
- Maroc
- Grand Désert
- Ouank
- Fig-, 1. — Carte de la zone pour laquelle l’éc-lipsc du 17 juin 1890 est annulaire.
- grande phase, un ruban de lumière étincelante qui empêchera d’apercevoir les auréoles, les protubérances, etc. Il y aura une diminution de lumière assez sensible pour que les peuples barbares, témoins du phénomène, qu’ils ne savent pas prévoir, s’aperçoivent qu’il se passe quelque chose d’extraordinaire sur le disque du Soleil. Quant à Paris et aux grandes villes de France, la partie obscurcie n’aura pas une valeur assez importante pour que la diminution de lumière frappe les personnes qui ne seront pas prévenues.
- Les circonstances de l’é-, clipse seront observées dans tous nos établissements astronomiques publics et privés, dont le nombre augmente de jour en jour de la façon la plus satisfaisante. M. Janssen, directeur de l’Observatoire de Meudon, qui revient d’une longue expédition dans le Sahara, où il a continué ses études sur l’atmosphère solaire, confiera à un délégué de son établissement le soin de suivre l’éclipse dans les lieux où elle se présentera de la façon la plus instructive, c’est-à-dire à Candie, qui peut en être considérée comme le centre.
- Pour la première fois, la Tour Eiffel servira à des observations célestes, et des excursionnistes s’y rendront en grand nombre, surtout si le ciel est voilé, afin d'étudier un phénomène, qui n’est pas très rare si on considère l’ensemble de la Terre, mais qui
- l’est bien davantage si on ne s’occupe que d’un lieu déterminé comme Paris. En effet, cette éclipse de soleil, qui porte le n° 7585 dans le grand catalogue d’Oppolzer, est la 219e du siècle. Mais il n’aurait pas été possible d’observer dans nos murs plus de la dixième partie de ce nombre, même si le ciel s’y prêtait, ce qui n’est pas très souvent le cas.
- Quoi qu’il en soit, le premier point du globe touché par le cône de pénombre est situé dans l’océan équatorial, au nord de File’ de l’Ascension,'et le dernier se trouve dans l’océan Indien, au nord de l’île der Ceylan. Le premier contact se produit à 7 h. 4 m. du matin et le second à 1 h. 4 m. du soir, en temps moyen de Paris. Le phénomène aura donc duré juste six heures pour toute la Terre. C’est seulement deux heures et quelques minutes de moins que la plus grande durée possible, dans les circonstances lés plus favorables.
- Pendant ce temps, la Terre aura tourné de 90 degrés autour de son axe polaire, de sorte que les heures locales des circonstances de l’éclipse seront toutes affectées par cette rotation. Mais le cône de pénombre que la Lune entraîne derrière elle balaie la Terre avec une vitesse beaucoup plus grande puisque, malgré ce déplacement si notable, on constate un peu plus de 97 degrés de longitude entre le premier point situé à l’ouest et le dernier situé
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- à l’est, c’est-à-dire entre le premier et le dernier contact.
- Nous avons groupé dans le tableau ci-dessous les circonstances de l’éclipse pour les différentes villes de France et des Colonies françaises, où on peut l’observer. Nous avons numéroté les stations que nous avons choisies, d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes, en les rangeant d’après la succession des instants où l’éclipse commence à être visible. Notre tableau montre très nettement que ces instants se succèdent de l’ouest à l’est, c’est-à-dire dans le sens de la marche du cône d’ombre.
- LES PROBLÈMES DE L’ATENIR
- Le Thomson Scientific Club de Lynn (Massachusetts), vient de célébrer le premier anniversaire de sa fondation le 15 mai dernier. A cette occasion, le professeur Elihu Thomson, s’excusant de prendre pour thème un sujet qui présente certains points de ressemblance avec les prophéties, a développé quelques considérations sur l’avenir des applications de la science, dont un résumé ne sera pas ici hors de propos. Les progrès futurs, a dit en substance le célèbre savant américain, sont essentiellement une question d’opinion personnelle, et toutes les prévisions sont exposées à recevoir des faits le plus formel démenti. Tant de voies si différentes sont aujourd’hui ouvertes aux progrès de la
- N°“ D’ORDRE STATIONS COMMENCEMENT FIN DURÉE GRANDEUR EN PARTIES DU DIAMÈTRE APPARENT DU SOLEIL
- t Saint-Louis 7 li. Il m. 47 s. 9 li. 39 m. 11 s. 2 h. 24 m. 51 s. 0,905
- 2 Alger 7 h. 50 ni. 58 s. 10 h. 43 ni. 28 s. 2 li. 52 ni. 50 s. 0,708
- 3 1 unis 7 h. 51 m. 59 s. 11 h. 01 ni. 59 s. 5 h. 07 m. 0,791
- 4 Toulouse 8 h. 07 m. 29 s. 10 li. 43 ni. 03 s. 2 li. 35 m. 56 s. 0,543
- 5 Marseille 8 h. 07 ni. 58 s. 10 h. 52 m. 10 s. 2 h. 44 m. 12 s. 0,590
- 6 Nice 8 h. 09 m. 57 s. 10 h 50 m. 43 s. 2 h. 40 m. 48 s. 0,600
- 7 Bordeaux 8 h. 10 m. 14 s. 10 h. 58 in. 50 s. 2 li. 28 m. 56 s. 0.497
- 8 Clermont-Ferrand 8 h. 13 ni. 42 s. 10 li. 47 m. 00 s. 2 h. 55 m. 24 s. 0,514
- 9 Lyon 8 h. 13 ni. 57 s. 10 h. 50 in. 51 s. 2 li. 56 m. 51 s. 0,532
- 10 Besancon 8 h. 18 m. 48 s. 10 li. 53 m. 30 s. 2 h. 54 m. 48 s. 0.510
- 11 Brest S h. 20 ni. 01 s. 10 h. 31 rn. 01 s. 2 h. 11 m. 0,588
- 12 Paris 8 h. 22 ni. 00 s. 10 h. 45 m. 30 s. 2 h. 25 m. 21 s. 0,445
- 13 Lille 8 h. 27 ni. 51 s. 10 h. 40 ni. 28 s. 2 h. 18 m. 51 s. 0,412
- Tahl~.au des circonstances de l’éclipse pour les principales villes de France et des Colonies françaises, en temps moyen de Paris.
- science, qu’il est difficile de prévoir celle dans laquelle elle s’engagera le plus résolument, mais c’est probablement dans l’électricité, et dans la profession de l’ingénieur électricien, cette profession si moderne, que se produiront les découvertes les plus remarquables. L’avenir apparaît encore fort brillant du côté des applications de l’électricité, et bien qu’un grand nombre de problèmes électriques soient aujourd’hui résolus, il en est encore un nombre au moins aussi grand qui attendent leur solution.
- Il n’y a plus aujourd’hui aucune difficulté à construire des machines électriques de 300 et de 500 chevaux, qui paraissaient autrefois gigantesques, alors que celle de 50 à 60 chevaux étaient les plus puissantes que l’on sût construire. Le jour vient où il faudra réaliser des générateurs électriques de plusieurs milliers de chevaux pour transmettre la force motrice sur une grande échelle, et alimenter des éclairages électriques importants à l’aide d’une seule station centrale. Le système idéal de distribution est celui qui permet de fournir avec une seule canalisation, tout ce qui est nécessaire, lumière, travail et chaleur, sans qu’on soit obligé d’avoir recours à des canalisations multiples.
- Il est plus facile de dire dans quelle direction il faut chercher à modifier la construction et les dispositions générales des générateurs électriques puissants que de prévoir les découvertes qui changeront du tout au tout le procédé actuel de production. Nous espérons qu’un jour viendra où il sera possible d’obtenir directement l’énergie électrique par la combustion du charbon, mais les faits acquis ne sont pas assez nombreux pour qu’on puisse préciser la voie qui donnera la solution. La pile thermoélectrique est encore un appareil de transformation d’un rendement si médiocre qu’on a toujours recours industriellement à un moteur à vapeur et à une dynamo, malgré l’encombrement et la complication du procédé de
- transformation. l)e nombreuses recherches scientifiques sont nécessaires avant que l’on puisse voir se réaliser industriellement la transformation directe de l’énergie de combustion du charbon en énergie électrique.
- Dans l’avenir, les chemins de fer seront tous à traction électrique, non seulement les tramways des grandes villes et les petites lignes de chemin de fer secondaires, mais aussi les lignes importantes reliant les plus grandes villes, et l’on ne voit pas pourquoi il ne serait pas possible d’obtenir des vitesses beaucoup plus grandes que celles de nos trains actuels remorqués par les locomotives à vapeur. Celles-ci ont, en effet, un grand nombre de pièces à mouvements alternatifs qui doivent se mettre en marche, s’arrêter et repartir en sens inverse très rapidement, tandis que la locomotive électrique ne demande qu’un simple mouvement _de rotation, compatible avec une bien plus grande vitesse. Bien que les locomotives aient été très perfectionnées, elles sont loin d’atteindre l’économie de charbon des puissantes machines fixes à grande détente et à condensation. Avec des machines stationnaires et des locomotives électriques, il sera possible d’atteindre des vitesses de 100 milles à l’heure (160 kilomètres par heure), en supprimant tout le poids inutile et'en ayant un mouvement parfaitement symétrique. L’économie de temps ainsi réalisée constituerait un grand progrès, et en prenant des précautions spéciales pour maintenir avec sécurité le train sur la voie, il serait possible de voyager à la vitesse de 150 milles par heure (240 kilomètres par heure). Je suis convaincu que ce chiffre représente la vitesse des trains dans un siècle, les problèmes à résoudre pour l’obtenir ne présentant pas de difficultés insurmontables.
- Un autre champ non moins fertile à cultiver est celui des applications électrochimiques. On sait les services rendus par l'électricité à l’extraction des métaux et à leur
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- purification. Chaque opération chimique n’étant, en somme, qu’un changement d’affinité ou d’enchaînement entre les particules qui constituent les corps, et l'électricité exerçant son action sur ces affinités, il est bien évident que toutes les opérations chimiques peuvent être conduites et dirigées par le courant électrique. 11 y a là de nombreuses recherches à entreprendre, mais il est rare de rencontrer un homme qui soit à la fois un chimiste accompli et un électricien achevé. J’irai plus loin, et j’oserai dire que toutes les opérations, la croissance des plantes elle-même, étant basées sur des réactions chimiques, et plusieurs d’entre elles pouvant être reproduites dans le laboratoire, notre nourriture elle-même pourra, dans un avenir rapproché, être produite par l’électricité. Nous obligerons les éléments à se combiner, comme ils se combinent dans les plantes, et nous pourrons ainsi utiliser directement les chutes d’eau à la production de nos aliments.
- D’autres idées pourront encore recevoir un grand développement dans l’avenir ; la production de la lumière sans chaleur, par exemple. C’est là un des plus remarquables problèmes dont l’attention s’impose aux physiciens et aux ingénieurs. Nos lampes à incandescence actuelles produisent une grande quantité de lumière, mais elles produisent aussi une trop grande quantité de chaleur. Si nous parvenions à éliminer cette production inutile de radiations non lumineuses, et à ne produire exclusivement que les radiations lumineuses, nous obtiendrions de la lumière à un prix extrêmement bas.
- Ces problèmes seront résolus à leur heure. Nous avons eu, en les envisageant, la satisfaction de voir qu’ils laissent une bonne somme de travail pour l’avenir.
- LE PLUS GRAND TOLANT DU MONDE
- A.U POINT DE VUE DE l’eMMAGASINEMENT DE L’ÉNERGIE
- Pour donner une idée des puissances mécaniques de plus en plus grandes employées dans l’industrie, dans la métallurgie en particulier, il nous suffira de citer quelques chiffres empruntés à une récente communication faite par M. G. Gordon devant la Society of Arts sur les progrès du procédé de fabrication des tubes sans soudure de M. Mannesmann, procédé que nous avons présenté à nos lecteurs, lorsqu’il fit son apparition1. La puissance mécanique exigée par le laminoir qui transforme le barreau de fer ou d’acier en un tube sans soudure varie entre 2000 et 10 000 chevaux-vapeur, suivant les dimensions du tube. S’il fallait aménager une machine d’une semblable puissance, l’installation serait forcément d’un prix très élevé, mais, heureusement pour le procédé, cette énorme puissance mécanique n’est nécessaire que par intervalles, et pour des durées assez courtes variant entre trente et quarante-cinq secondes, temps suffisant pour transformer en un tube une barre de 10 centimètres de diamètre et de près de 4 mètres de longueur. Dans l’intervalle entre deux opérations successives, le temps nécessaire à l’enlèvement du tube achevé et à l’installation d’une nouvelle barre est utilisé à l’emmagasinement d’une énorme quantité d’énergie dans un volant approprié à cette opération exceptionnelle. Ce volant a été construit d’une façon toute spéciale, en vue de résister à l’éclatement si fréquent avec lés volants en fonte animés d’une grande vitesse. Ce
- volant est constitué par un noyau en fonte sur lequel sont solidement boulonnés deux [disques en acier de 6 mètres de diamètre. Sur la périphérie de ces disques est enroulé un fil d’acier de 5mm,3 de diamètre, d’un poids total de 70 tonnes sous une tension de 60 livres (25 lvilogrammes). On ne saurait établir aucune comparaison entre la résistance d’un volant ainsi établi et celle d’un volant en fonte. Ce volant pesant plus de 7 0 tonnes tourne à une vitesse angulaire de 240 tours par minute, ce qui correspond à une vitesse périphérique de 75 mètres par seconde. Un calcul très simple montre que l’énergie correspondant à la puissance vive de ce volant tournant à sa vitesse inaxima, avant le commencement de chaque opération, n’est pas moindre de 20 000 000 de kilogrammètres, soit 74 chevaux-heure, c’est-à-dire qu’une machine de 74 chevaux-vapeur devrait travailler une heure à pleine puissance rien que pour communiquer au volant sa vitesse normale maxima. Grâce à ce volant, il suffit d’une machine à vapeur d’une puissance relativement faible de 1200 chevaux pour assurer la production continue de l’usine. En effet, si nous supposons que, pour une passe durant trente secondes, la vitesse angulaire diminue de moitié, le volant restituera, par cette diminution de vitesse, les trois quarts de l’énergie emmagasinée, soit plus de 15 000 000 de kilogrammètres.
- D’autre part, la machine de 1200 chevaux aura produit pendant les trente secondes
- 1200 X 75 X 30 = 2 700 000 kilogrammètres.
- Le travail total fourni sera donc de
- 17 700 000 kilogrammètres, ce qui correspond à une puissance moyenne de 17 700 000
- 50
- 590 000 kilogrammètres par seconde,
- 590 000 75
- 7866 chevaux-vapeur.
- Soit plus de six fois la puissance du moteur.
- Ce dernier chiffre peut se passer de commentaires.
- Ne quittons pas le procédé Mannesmann sans signaler une véritable curiosité manufacturière que ce procédé permet d’obtenir régulièrement. Dans la fabrication courante, le laminoir héliçoidal transforme une barre de fer cylindrique en un tube également cylindrique, mais ouvert à ses deux extrémités. En amincissant les deux extrémités de la barre, de telle façon que le laminoir ne puisse pas exercer d’action sur les extrémités, on obtient, après passage au laminoir, un tube cylindrique dont les deux extrémités sont fermées, de sorte que l’appareil résout le problème, paradoxal en apparence, de creuser un barreau de fer sans avoir aucun accès dans l’intérieur de ce barreau. Les nombreux spécimens de cette curieuse fabrication exposés devant la Society of Arts, lors de la communication de M. Gordon, ont fait avec raison l’admiration du public compétent qui remplissait la salle des conférences.
- —»<$><>—
- HISTOIRE DE LA BROUETTE
- Bans la plupart des notices biographiques sur Biaise Pascal, il est dit, à propos des travaux mécaniques du grand philosophe, qu’on lui doit l’inven-
- 1 Voy. n° 815, du 12 janvier 1889, p. 99.
- 1 Voy. n° 7, du 19 juillet 1875, p. 99.
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- LA NATURE.
- tion du baquet et de la brouette des vinaigriers1. Les auteurs d’un grand nombre d’ouvrages techniques et de dictionnaires, Douillet, notamment, dans son Dictionnaire des sciences, ont répété que la brouette avait été inventée par Pascal, c’est-à-dire vers le milieu du dix-septième siècle. — Dans le Dictionnaire de la langue française, de Littré,on peut lire d’autre part, à l’article brouette : a Les brouettes furent inventées par un sieur Dupin en 1669. » La construction de ces véhicules, d’après Littré, serait donc postérieure à Pascal qui mourut en 1662. Avant eu l’occasion d’avoir entre lesmains un
- curieux ouvrage du seizième siècle, la Cosmographie, de Sébastien Munster, édition de 1555, nous avons remarqué, dans ce vieux livre, une curieuse
- gravure sur bois, ou l’on voit très nettement figurée une brouette à une roue, poussée par un ouvrier. Nous avons reproduit cette gravure dans La Nature, e nmême temps qu’une autre planche du même livre où l’on voit représenté un wagon de tramway glissant sur rails1. On a donc la preuve certaine, disions-nous à cette époque, de l’existence de la brouette au milieu du seizième siècle, c’est-à-dire cent, ans environ axant Pascal?
- Fig. 1. — Brouette figurée dans uu manuscrit du treizième siècle. (Bibliothèque nationale, à Paris.)
- Fig. 2. — Brouette pour le transport des fardeaux figurée dans un manuscrit du quatorzième siècle. (Bibliothèque nationale, à Paris. )
- L’histoire de la brouette n’offre assurément pas une assez grande importance pour que nous ayons
- 1 Yoy. notamment la Nouvelle Biographie générale publiée par Firmin-Dirlot frères. Tome XXXIX.
- songé à nous en préoccuper davantage, après avoir cité, à titre de curiosité, le livre de Sébastien Munster. Mais le hasard nous conduisit à réunir de nou-
- 1 Yoy. n° 845, du 10 août 1889, p. 163.
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- LA NATURE.
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- dudli n& tomefaornut; dutUfMt
- ig. 3. — Brouette pour le transport des Blessés, figurée dans une miniature du quinzième siècle. (Bil)liothèque nationale, à Paris. 1
- veaux documents à ce sujet; ils nous ont paru valoir la peine d’ètre mentionnés. — L’an dernier, a l’Exposition rétrospective des moyens de transport,
- M. Bixio qui organisait, à coté de notre exposition aéronautique, son exposition des voitures et des véhicules de toutes espèces, nous disait que la brouette était bien antérieure au seizième siècle et qu’on en trouvait l’origine jusqu’au treizième siècle. Nous voilà, cette fois, bien en avance de Pascal.
- M. F. Guerrero, le collaborateur de M. Bixio, a bien voulu nous indiquer, pour La Nature, les curieuses trouvailles qu’il a faites dans les innombrables manuscrits de la Bibliothèque nationale aux époques antérieures à la découverte de l’Imprimerie.
- Nous reproduisons ci-contre (fig. 1), un fac-similé d’une miniature tirée
- Fig. i. — Brouette (figurée dans une autre miniature du quinzième siècle. [(Bibliothèque nationale, à Paris.
- de l'Histoire du Saint-Graal. Le manuscrit est du treizième siècle et la miniature que nous reprodui-
- sons se trouve en marge, assez naïvement dessinée ; mais elle donne l’image parfaitement nette d’un homme qui en pousse un autre dans une brouette à une roue absolument semblable à celles dont on se sert encore aujourd’hui, partout, dans les villes et dans les campagnes.
- Dans un manuscrit du quatorzième siècle, Vita et passio S. Dionysii Aero-pagi, on peut voir une brouette d’un autre modèle, également fort usitée aujourd’hui et qui sert cette fois, au transport d’un fardeau (fig. 2).
- En arrivant à une époque moins éloignée de la nôtre, les manuscrits deviennent plus artistiques; au quinzième siècle, ils contiennent des miniatures remarquables au point de vue de la finesse du dessin et de la beauté du coloris. Parmi les richesses de la Bibliothèque nationale, on
- trouve encore ici des documents qui représentent la brouette des siècles antérieurs. Voici (fig. 3) le
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- LÀ NATURE.
- fac-similé d’une magnifique miniature du quinzième siècle, empruntée au manuscrit : la Vie et les miracles de Notre-Dame. Cette miniature est peinte avec un art réel et son état de conservation ne laisse rien à désirer. La scène représente un asile, où des religieuses soignent les blessés, boiteux, bancals et paralytiques, etc. C’est assurément un blessé que l’on apporte dans une brouette, ce qui semblerait indiquer qu’autrefois la brouette servait parfois au transport des infirmes ou des impotents. Il se pourrait que ce fût un blessé que le dessinateur du treizième siècle ait voulu figurer dans la naïve composition dont nous avons parlé tout d’abord (tig. 1).
- Notre figure 4 reproduit une autre miniature du quinzième siècle, empruntée à un Quinte-Curce très remarquablement illustré h Ici, la brouette représentée au premier plan sert au transport de produits destinés à la construction. On remarquera que l’ouvrier facilite son transport par l’emploi d’une courroie passant autour de ses épaules à la façon de celles qui servent aux brancardiers.
- Il résulte de ce que nous venons de publier que l’existence de la brouette est manifeste dès le treizième siècle et il ne serait pas étonnant que ce modeste et commode véhicule fût bien antérieur à cette époque ; nous le croirions volontiers. Quoi qu’il en soit, les auteurs des futurs dictionnaires feront bien d’effacer les passages où leurs prédécesseurs affirment que l’origine de la brouette remonte au dix-septième siècle. Pascal est assez riche d’ailleurs, pour qu’en lui retirant l’invention de la brouette, on n’enlève rien à sa gloire.
- Comme conclusion philosophique a tirer de notre étude, nous ferons observer que l’histoire est un domaine inépuisable, et qu’au milieu des livres et des manuscrits anciens, on peut faire des trouvailles et des découvertes tout comme l’archéologue dans les entrailles du sol. Nous ajouterons aussi qu’une erreur t une fois imprimée est souvent reproduite dans toute une série d’ouvrages dont les auteurs empruntent leurs documents les uns aux autres, au lieu de remonter aux sources originales.
- L’histoire d’une brouette nous en aura fourni un frappant exemple. > Caston Tissandier.
- LES ARBRES FRUITIERS
- ET LE SULFATE DE FER
- La Société nationale d'horticulture de France a entendu récemment une intéressante communication d’un de ses membres, M. Yenteclaye, au sujet de l’influence heureuse que peut avoir le sultate de fer sur les arbres fruitiers. M. Yenteclaye possède à Argenteuil un jardin
- 1 Nous donnons la désignation des manuscrits dont nous publions ici une reproduction : Fig. 1 : Ms. B. N. Fr. 95. Histoire du Saint-Graal. Folio 209. verso en marge. — Fig. 2 : Ms. B. N. Latin 5286. Folio 59. — Fig. 3: Ms. B. N. Fr. 9199.. Folio 104. verso. — Fig. 4 :-Ms. B. N. Fr. 20311. Folio 209,- verso.
- situé dans un terrain assez mauvais; ce sol est formé d'une couche de décombres sur laquelle a été étendue la terre maigre et calcaire du pays; et au-dessous, à 0m,G0 environ se trouve le tuf. Les arbres fruitiers plantés dans ce jardin n’y étaient point heureux; malgré d’abondantes fumures de fumier de vache, ils ne donnaient que des produits très médiocres; et encore, au bout de huit à dix ans, ils commençaient à dépérir.
- 11 y a quelques années, le propriétaire eut l’idée d’introduire du fer dans le sol. Tout d’abord, il essaya de l'eau ferrée, obtenue en laissant se rouiller de vieilles ferrailles dans le liquide d’arrosage; mais il fallait se procurer beaucoup de ces ferrailles, les arbres demandant des arrosements répétés. Or, à cette époque, il employait le sulfate de fer pour détruire le puceron lanigère sur quelques-uns de ses pommiers, et il avait remarqué que les-dits pommiers étaient beaucoup plus vigoureux que les autres arbres fruitiers non infectés de pucerons, et, par suite, non traités au sulfate de fer.
- La conséquence était aisée à tirer; c’est ce que M. Yenteclaye s’est empressé de faire. Il a donc fait subir à ses arbres fruitiers un traitement analogue basé sur l’emploi du sultate de fer, autrement dit, en terme vulgaire, de la couperose verte. Voici le détail du traitement : on commence par faire dissoudre 1 kilogramme de sulfate de fer dans 4 litres d’eau; un litre de cette solution est mis dans un arrosoir d’eau, et l’on étend encore le tout avec l’eau contenue dans un second arrosoir. Avec cette solution, très étendue, comme on le voit, on arrose la terre au mois de mars ; on recourt à un second arrosage en juillet, quand les arbres sont très malades. Quand il s’agit de planter un nouvel arbre fruitier, on arrose la terre qui doit recevoir l’arbre avec une solution du même sel, mais solution beaucoup plus concentrée.
- En fait, depuis six ou sept ans que M. Venteclaye soumet ses arbres à ce traitement, il obtient un résultat très satisfaisant, maintenant dans un bon ébat de végétation et de fructification les arbres mêmes dont il désespérait.
- I). B.
- /
- L’EXPOSITION DE
- L'ÉLEVAGE DE L’ENFANCE1
- Lorsque, avec la civilisation, apparut le lit, la mère plaça son nourrisson à ses côtés, puis elle voulut qu’il eût aussi le sien, et l’installa à son chevet dans une couche séparée. Ce fut le premier berceau.
- Chez les Grecs qui ne semblent pas en avoir fait, de bonne heure tout au moins, un fréquent usage, on les désignait par les mots liknon et scaphé, Le premier signifie proprement un van et l’on conçoit qu’effectivement un enfant ait pu être bercé dans une corbeille de cette forme : on voit d’ailleurs, dans un bas-relief du Louvre, un petit Bacchus couché dans un van qu’un satyre et une bacchante agitent en dansant.
- La scaphé devait avoir la forme d’une auge ou d’un bateau. La forme du bouclier dans lequel l'Alcmène, d’une idylle de Théocrite, berce ses enfants jumeaux, n’en est pas fort éloignée. C’est une véri-
- 1 Suite et fin. Yoy. n° 882, du 26 avril 1890, p. 323.
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- table auge qui sert de berceau à Romulus et à Rémus, dans une peinture qui décorait à Rome une chambre sépulcrale du mont Esquilin (Musée Kircher). Une pierre sculptée, probablement un ex-volo, trouvée près de Nuits (Côte-d’Or) et conservée au Musée de Beaune, représente un berceau romain ayant l’apparence d’un auget arrondi en dessous. Le moulage de cette pièce est venu récemment enrichir les collections formées par Mme Landrin.
- En France, les berceaux les plus anciens qui figurent dans des manuscrits des neuvième et dixième siècles, paraissent être formés d’un simple tronc d’arbre creusé. Par de petits trous percés sur les bords, on passait des bandelettes qui empêchaient l’enfant de se mouvoir et de tomber ; la convexité naturelle du bois facilitait le bercement.
- > Pour la commodité des parents plutôt que par hygiène, on le rendit, plus léger; et quand le goût du luxe fut partout répandu, on construisit de petits lits élégants et pratiques. Le berceau -devient ainsi une boîte assez longue, aux côtés plus ou moins ajourés et ornés, reposant sur deux pièces de bois demi-rondes, nommées patins, qui permettent à l’ensemble d’osciller facilement sur la base.
- Au quinzième siècle apparaissent les berceaux éloignés du sol, suspendus entre deux montants et se balançant soit sur des anneaux, soit sur des tourillons. Fréquemment employés, même de nos jours, dans le Poitou et le Centre, ils étaient obligatoires pour les riches, les nobles, les rois en maillot, comme le montre ces deux jmssages tirés, le premier, d’Aliénor de Poitiers ; le second, de Lemaire de Belges.
- « Il y avoit dessus le bers (de Marie de Bourgogne, 1457) un pavillon de damas verd et violet et les courtines de samyt, le bers estoit couvert d’ermines arminées, traînantes à terre et en fin drap de crespe dessus et tout autour tapiz veluz. Et doibst estre (au jour du baptême de l’enfant des dames nobles) le bers tendu d’un pavillon carré ou rond de soye ou de saye; mais la soye est plus honnorable et plus riche, qu’il soit couvert de menu vair, mais ne le fault point plus grand que le bers n’est, et si il passe les bords du bers de chacun coté quartier et demi, il suffit; car il ne faut point qu’il pende jusqu’à terre. Il faut que ce soit un hault bers pendant à anneaux de fer entre deux bois comme l’on fait de coustume. »
- « Vit le noble berseau, lequel estoit richement entaillé et d’ung bois noir nommé hébénus, bien cher et bien exquis, croissant aux Indes, dont on fait les berseletz des enfants royaulx pour ce qu’il a la vertu de les garder d’espoventement. »
- Mme Landrin a pu se procurer plusieurs berceaux de ce genre, les uns très beaux, sculptés, ornés, écussonnés, et gardés dans les familles comme pièces historiques, curiosités et objets d’art; les autres plus simples, employés encore de nos jours dans certaines régions (Auvergne). Un de ces derniers est complété par une sorte de gouttière, fixée en dessous, entre les montants; on devine dans quel but.
- Jusqu’au seizième siècle, les berceaux ne sont que rarement munis de rideaux ; il est vrai que les dits des grandes personnes étaient fort vastes, entourés presque toujours d’amples courtines, et que la nuit l’enfant était, mis à l’abri derrière ces courtines qui enveloppaient ainsi toute la famille comme sous une tente commune.
- Chaque siècle apporte des perfectionnements à la forme mère. Après l’adjonction des patins, vient la prolongation des montants qui forment ainsi quatre colonnes, facilitant le transport et le bercement. Puis on cherche à alléger tout l'appareil pour le rendre plus mobile, plus joli, plus sain et on commence à ajourer les parois qui finissent par n’ètre plus que des colonnettes finement tournées et maintenues entre des montants sculptés ou courbés avec élé-r gance. Afin de maintenir le voile qui, mal soutenu par les montants, pouvait s’affaisser sur la bouche de l’enfant et l’étouffer, on fixa bientôt par leurs extrémités des demi-cerceaux aux côtés. ,Pour plus de commodité l’ensemble de ces cerceaux fut rendu indépendant; ils sont, pour cela, tenus écartés et réunis entre eux par de petites colonnes, la première et la dernière se prolongeant un peu en avant pour empêcher que le poids du rideau n’entraîne le tout. Ailleurs, la matière première change et le berceau en osier apparaît. Ici, il est éloigné du sol par quatre pieds de bois; là, dans le pays flamand, il se recouvre complètement, par crainte des animaux, d’un treillis bombé de même substance. Il subit et se prête enfin à une foule de perfectionnements qui nous amènent à la bercelonnette de fer et filet, et au petit lit fixe, employés de nos jours (fig. 1, 2 et 3).
- Parmi les étrangetés remarquées dans la collection, il nous faut citer : le berceau usité dans les montagnes de l’Ariège, simple panier ovale Surmonté d’une anse placée dans la longueur, qui sou? tient les rideaux et sert à le transporter; celui de Kabylie tout en liège et on ne peut plus léger; cet autre du Tonkin, en lattes de bambous, à peine concave, ses deux extrémités munies de cordes d’écorce faisant anse, etc.
- On peut mentionner aussi, comme type curieux de berceau mobile, le benissou employé dans le Midi, sorte de panier allongé, en osier, avec ou sans capote. L’enfant tout emmailloté y est maintenu par des sangles de toile, et lorsque la mère veut l’allaiter elle prend le tout entre ses bras et sans en sortir le bébé lui présente le sein. Le nouveau-né n’est pas enlevé de son milieu chaud, il est donc préservé des refroidissements, seulement la question de propreté laisse quelque peu à désirer.
- Nous trouvons aussi, dans le Finistère, un berceau que Bon suspend, la nuit, devant la porte du lit clos, le jour, à une solive du plafond. Il se compose uniquement de lames de bois courbées et réunies par: deux montants horizontaux et parallèles. Deux cordes, supportent le tout. Et parmi ceux destinés à reposer à terre/: celui de Saint-Pol-de-Léon recouvert d’une, voûte en planchettes de bois, qui préserve l’enfant.
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- de l’atteinte des cochons et autres animaux; ceux si jolis du Finistère, du Morbihan, de la Dordogne, et un autre de la Drôme, datant de 1815, dont les j)anneaux des deux extrémités forment une lyre; enfin ceux en sapin, démon tables, en usage dans la Savoie et les Al [tes.
- Le bébé ne dort pas toute la journée, et les soins du ménage ou d’autres travaux ne permettent souvent pas à la mère de le garder sur les Aussi, surtout dans les campagnes, a-t-on cherché à se débarrasser de ces pauvres petits. Les systèmes trouvés, plus ou moins ingénieux, mal-heurcusemeri t presque toujours peu hygiéniques, peuvent se diviser eft deux grandes catégories : les fixes et les mobiles. Les premiers ne permettent pas à l’enfant de se mouvoir. C’est ainsi que dans la Vienne on suspendait encore, il y a moins de cinquante ans, le nourrisson, comme un paquet, en lui passant sous les bras une ceinture qui se fixe, par un clou, au mur ; que dans le pays Basque on le place dans un petit sac de toile accroché par les coins à deux clous. Ailleurs, on se Servira d’un tronc d’arbre creux, garni de paille, dans
- marmot jusqu’aux aisselles, sa gaine : ce sera la calasse dans la Saintonge et le souco en Vaucluse. En Bourgogne, en Normandie, le tronc est remplacé par une ruche renversée ou par un tube, en boudins de paille ourlés avec des lanières d’écorce de ronce : c’est la bourgne. Dans le Centre, une simple hotte, que l’on accroche à une branche près du lieu de travail, fera le même usage (fig. 5).
- La Touraine possède le chevalet qui a certes autre chose que le nom de commun avec la fameuse torture. La forme est celle d’un chevalet de peintre. Le poupon prend la place du tableau, les pieds butés contre une traverse et la tête maintenue droite par la traction de la lisière. De plus, le maillot est solidement sanglé par des courroies et tout mouvement du tronc est rendu impossible. Et tous ces appareils de supplice où le malheureux nourrisson, à bout de larmes, finit à la longue par rester coi, n’ont pas partout cessé d’être employés ; plus d’un village en conserve religieusement l’usage. —Les instruments de la deuxième catégorie, infiniment moins barbares,
- j lequel on enfouira le j comme un terme dans
- Fig. 1. —Berceaux des Landes et du Finistère.
- Fig. 2. — Berceaux du Jura, de FAlgérie et du Cantal.
- Fig. 3.-_— Berceaux de l’Auvergne, du Tonkin et du Morbihan.
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- quelquefois ingénieux, pourraient rendre des services, mais ils ont tous le grand défaut de laisser supporter le poids du corps aux jambes ou aux épaules trop faibles, à moins d’être utilisés pour des enfants déjà âgés.
- Le plus défectueux est celui venant de Cucurron (Vaucluse) : une corde pend d’une solive au-dessus de la table, on y accroche l’enfant qui pirouette sur ses faibles jarrets mais ne peut tomber.
- Les tourniquets ou virounous sont doués d’une mobilité parfaite et ils constituent certainement le plus simple et cependant un des meilleurs auxiliaires pour l’apprentissage de la locomotion (fig. 4). Mine Landrin en avait réuni une grande quantité qui ne ditféraient guère entre eux que par le mode de suspension. Les organes essentiels sont : une perche assez forte reliant verticalement le plafond au sol, munie à la hauteur d’environ 1 mètre d’une sorte de potence horizontale à-laquelle on accroche l’enfant. Le pied de la perche repose sur un fond de bouteille, le haut tourne dans un collier de vieux cuir. Souvent la potence, placée plus bas, se termine par une sorte de mâ-
- choire, de fourche, ou de lunette, dans laquelle on introduit le corps du bébé, h'alloir, très répandu, un peu partout, est un simple tronc de cône ou de pyramide, en bois ou en osier. Le bas est muni de roulettes, le haut soutient le poupon par les aisselles (fig. 5, n° 5).
- Citons enfin les glissières; cadres rectangulaires supportés par quatre pieds hauts de 45 centimètres (fig. 6). Une lunette carrée glisse dans les côtés du cadre dont elle parcourt la plus grande longueur. L’enfant placé entre les mâchoires de la lunette doit, lorsqu’il est parvenu à l’une des extrémités, faire un demi-tour sur lui-même afin de pouvoir continuer son exercice. Une autre sorte de promenade se compose d’une tige horizontale fixée près du plafond, sur laquelle roule une poulie qui soutient, au moyen d’une corde et d’un crochet, l’enfant marchant à terre.
- Tous ces meubles ont ceci de touchant, c’est qu’ils ont été inventés par des pères et construits par eux ; ce sont des trouvailles rudimentaires : mais tout le monde n’a pas le génie d’Edison. L’inventeur du phonographe avait à son service un
- Fig. 4. — Tourniquet.
- Fig. 5. — Promenoirs et gaines de l’exposition de l’élevage de l’enfance. — N* 1. Troue d’arbre creux. — iV ~i. Àlloir en osier. N° 3. Chevalet (Indre-et-Loire). — N* 4. Bourgne (Bourgogne). —N* 3. Alloir en bois à roulettes.
- mulâtre et une mulâtresse. Il les maria, un enfant naquit, et leurs services à l’usine devinrent moins bons. La mère surtout
- refusait de quitter son baby : « Je veux pouvoir le bercer quand il pleure, » disait-elle.
- Edison chercha trois jours; après ce temps, il lui dit : « J’ai trouvé, votre enfant sera bercé quand il pleurera, vous absente. » Au-dessus du berceau il plaça un pavillon phonographique : quand le petit criait, le son frappait le pavillon, produisait
- des vibrations qui, actionnant un système extrêmement sensible, agissait sur le berceau par oscillations. N’est-elle point
- tion d’un grand
- Fig. 6. — Glissière. (D'après des photographies de M. Maurice Bucquet.)
- cette atten-savant,
- cherchant pendant trois jours, d’un temps plus qu’à tout autre précieux, pour trouver le moyen d’empêcher de pleurer dans son berceau le petit enfant de ses domestiques ! — Combien d’au-tresobjets intéressants et curieux laissons-nous de côté, mais étudier tout nous entraînerait trop loin et
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- force est de s’arrêter ici. En résumé, on emporte de l’exposition que nous venons de faire connaître, une pensée réconfortante : tout va mieux qu’autrefois; le bon vieux temps n’était que le mauvais temps. L’enfance est plus heureuse ; on ne l’aime pas davantage, mais on sait mieux l’aimer. Peu à peu l’hygiène et la science ont fini par triompher de beaucoup des anciennes et atroces coutumes, et celles qui, malgré tout, subsistent encore, ne tarderont pas, espérons-le, a tomber en désuétude. F. Lamiiux.
- CHRONIQUE
- L’autographisme chez les animaux. — Nous recevons de M. C..., chef d’escadron d’artillerie, l’intéressante communication suivante : « Après avoir lu, dans le n° 887 de La Nature, l’article du I)r Cartaz sur l’auto-graphisme, j’ai l’honneur de vous signaler le fait suivant. Pendant que j’étais lieutenant à la 7e batterie du 22e régiment d’artillerie à Versailles, de 1871 à 1875, nous avions dans les écuries un cheval bai qui présentait d’une manière remarquable le phénomène de l’autographisine. 11 suffisait de ramasser une paille dans la litière et d’en promener l’extrémité sur les flancs de l’animal pour voir se produire, presque instantanément, une boursouflure de la grosseur d’un gros macaroni, qui suivait dans toute sa longueur le trait qu’on avait tracé. Les canonniers s’amusaient beaucoup de cette particularité. Le cheval ne présentait, d’ailleurs, rien de remarquable. 11 n’avait pas de défauts et faisait son service comme les autres ; j’ajoute qu’il était insensible aux expériences multipliées dont il était l’objet. La lecture de l’article de La Nature m’a remis en mémoire le cheval du 22e d’artillerie. Ce fait prouve que l’autographisme ne se présente pas seulement chez l’homme ; certains animaux peuvent manifester le même phénomène, seulement la constatation en est plus difficile. Néanmoins je ne serais pas étonné si d’autres personnes que moi pouvaient vous signaler également des chevaux, et même d’autres animaux, autographiques. »
- L’éclairage à Paris. — Dans une étude très complète qu’il a faite sur l’éclairage de Paris, M. llippolyte Fontaine, le savant Président de la Société des électriciens, a donné, entre autres faits intéressants, les curieux chiffres suivants : il y a trente-quatre ans, chaque habitant recevait à Paris, en moyenne et par an, un éclairage équivalent à celui que donneraient 3765 bougies ordinaires (bougie de 1/10 de carcel) ; dix-huit ans plus tard, en 1872, l’éclairage individuel était déjà de 6000 bougies; de 6543 en 1877; de 8427 en 1883; enfin, pour l’année 1889,. il a atteint 11 300 bougies, soit la valeur de 30 bougies par tète et par jour. L’éclairage de Paris est donc aujourd’hui trois fois plus intense qu’en 1855, grâce à l’entrée en scène de l’électricité, qui non seulement fournit une part déjà considérable de l’éclairage public et privé, mais qui a stimulé énergiquement, et à l’avantage général, la production qualitative et quantitative des autres sources de lumière. D’ailleurs, dans cette progression si rapidement croissante, le pétrole tient le terme le plus élevé, après l’électricité. Et tous les jours, cependant, on se plaint de l’insuffisance de notre éclairage nocturne et l’on peut se demander où s'arrêteront les besoins inassouvis de lumière artificielle. Devons-nous croire, avec M. E. Maseart, que ces besoins sont pour ainsi dire illimités et que l’œil humain ne se déclarera satisfait que lorsqu’il ne trouvera plus de différence entre
- le jour et la nuit? Alors, les gaziers comme les pétroliers et les électriciens ont de la marge et peuvent s’en donner à cœur joie ; car les mesures photométriques établissent que le soleil répand dix mille fois plus de lumière (c’est-à-dire l’équivalent annuel pour Paris de 116 millions de bougies-heure environ, par habitant), que n’en produisent actuellement toutes les usines parisiennes d’éclairage réunis.
- Le «Jardin «l’AeeliimUation de Paris. — Tout le monde connaît le bassin et le parc où vivent en paix les Phoques de la mer du Nord (Plioca vitulina), les Otaries, ou lions de mer, de l’océan Pacifique (Otaria Stellerï), et une troupe assez nombreuse de Cormorans ordinaires (Phala-crocorax carbo). Ces derniers se sont vite habitués à leurs turbulents compagnons, et savent très bien s’en faire respecter. En 1888, ces cormorans ont fait un premier nid; en 1889, la construction a été plus soignée; enfin cette année (1890), elle a été parfaite, et deux œufs viennent d’y être déposés. Cette incubation, faite dans un milieu aussi tourmenté, méritait d’être citée. Elle sera certainement suivie avec intérêt. On a encore enregistré, ces jours derniers, la naissance d’un chameau à deux bosses (Camelus bactrianus). Ce jeune animal est curieux à observer, car ses bosses sont absolument vides, et il a l’aspect d’un jeune poulain. Mais, dans bien peu de temps, le cou s’allongera, les Bosses se rempliront, et le petit chameau prendra l’aspect caractéristique de son espèce.
- Le tricentenaire de la découverte du microscope. — Le pouvoir amplificateur des lentilles est une découverte dont l’origine se perd dans la nuit des temps : Layard a trouvé une lentille convexe dans les ruines du palais de Nemrod, et il ne paraît pas douteux que le travail si délicat des pierreries anciennes ne doive sa remarquable perfection à l’emploi de dispositions optiques plus ou moins simples qui ont permis d’amplifier la grandeur apparente des objets travaillés. Roger Bacon a signalé le pouvoir amplificateur des segments de verre sphérique, et, peu de temps après, apparurent les jumelles dont on attribue l’invention à un opticien italien. Mais c’est seulement en 1590 que fut réalisée, pour la première fois, l’idée de combiner des lentilles et de construire un microscope proprement dit. Cette invention a été faite par Hans Zansz ou Jansen, et son fils Zacharias, tous deux fabricants de jumelles à Middelbourg, en Hollande. L’année 1890 correspond donc au tricentenaire de cette importante invention, et la population d’Anvers a décidé de fêter cette date historique en organisant une exposition microscopique internationale dans laquelle figureront les appareils anciens, ceux des époques intermédiaires, ainsi que les appareils modernes les plus perfectionnés. C’est là un projet d’un haut intérêt scientifique, et nous ne pouvons que former les vœux les plus sincères pour sa réalisation et son succès.
- La culture truffière dans la Haute-Marne. —
- La culture de la truffe est depuis quelque temps en progrès dans plusieurs contrées de la Haute-Marne, et spécialement dans la commune de Richebourg, au centre des chasses du prince de Joinville. La presque totalité de ces truffes sont à destination de Paris et de l’étranger, mais en passant par Cahors ou par Périgueux, où elles sont baptisées truffes du Périgord. Presque tous les habitants de Richebourg sont trufficulteurs ou chasseurs de truffes. A partir d’octobre, chacun d’eux, aidé de un ou deux chiens griffons noirs ou foncés dressés à cet effet, armé d’une bonne lame pointue et muni d’un carnier, passe sa journée à découvrir et recueillir les truffés. 11 n’y a d’interruptiofi
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- que lorsque la terre est durcie par la gelée. A Richebourg, on vend en gros les truffes de premier choix destinées au Périgord, de 5 à 6 francs la livre. — Celles de second choix pour la Provence, 4 francs. — Celles de qualité inférieure sont conservées en bouteilles Appert. La plupart des expéditions se font par la gare de Chaumont.
- Expériences sur les couleurs complémentaires.— Les expériences sur les couleurs complémentaires sont aujourd’hui bien connues, mais nous croyons pouvoir y revenir en quelques mots pour signaler une disposition des plus ingénieuses et des plus simples donnée à ces expériences par M. le professeur Sylvanus Thompson, et présentée à la dernière Conversazione de la Royal Society. M. Sylvanus Thompson montre les propriétés des couleurs complémentaires à l’aide d’une série de bouteilles renfermant chacune deux liquides immiscibles de densités très différentes, chacun de ces liquides étant coloré de la couleur complémentaire de l’autre liquide. Bien que chacun des liquides soit parfaitement transparent, ils deviennent opaques par leur superposition, ce que l’on démontre soit en plaçant deux bouteilles l’une sur l’autre, en ayant soin de mettre en regard les deux liquides dont les couleurs sont complémentaires, soit en mélangeant les deux liquides par une violente agitation. Ainsi, par exemple, une solution de vert d’aniline dans l’alcool amylique flottant sur de l’eau colorée par de l’aniline rouge donne deux couches parfaitement transparentes, mais qui forment un mélange opaque par leur agitation. Après quelques minutes de repos, les liquides se séparent de nouveau et l’expérience peut être répétée indéfiniment. Voilà une nouvelle expérience de physique sans appareils sur laquelle nous nous permettons d’appeler l’attention des professeurs.
- Graminées pour la fixation des dunes. On vient de faire, au Golden Gâte Park, à San Francisco, des expériences comparatives sur l’emploi des graminées pour fixer les dunes de sables mouvants. Les meilleurs résultats auraient été obtenus avec la « Sea bent grass », Calamagroslis arenaria et la « Bermuda grass », notre Chiendent commun, Cynodon daclylon, la première de cés espèces convenant surtout aux endroits fort exposés au vent, l’autre pour les parties plus abritées. Les personnes qui ont présidé aux expériences recommandent, en semblable circonstance, de planter ces Graminées dans des sillons distants de 45 à 60 centimètres, tracés à la chamie ou dans des poquets. Les semis ne doivent pas être faits sur place, mais en pépinière, et on procède à la transplantation quand les végétaux ont une vigueur suffisante. Un arbrisseau, le Leptospermum, aurait également fait preuve d’une certaine résistance.
- . En (Jamcllia géant. — M. Lathan d’Eddisburg, près de Liverpool, possède un Camellia Japonica albaplena, haut de 6m,10, dont le tronc a 25 centimètres de diamètre. Son feuillage couvre un cercle ayant 6m,10 de diamètre. Cet arbre magnifique fournit chaque année pour 1500 francs de fleurs.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 juin 1890. — Présidence de M. Hermite.
- Minéraux artificiels. — Un nouveau et important chapitre de minéralogie synthétique est inauguré aujourd’hui par M. Friedel qui expose à l’Académie les résultats remarquables auxquels l’a conduit la réaction des alcalis et des silicates alcalins sur le mica sous la double influence
- de l’eau et d’une haute température. L’appareil et la méthode employés sont, sauf des modifications de détails, ceux que Senarmont a mis le premier si fructueusement en œuvre : les matériaux qui doivent collaborer à l’expérience sont chauffés avec de l’eau dans un tube hermétiquement fermé et assez résistant pour retenir son contenu malgré de très fortes pressions. L’idée d’opérer sur le mica est neuve et pleinement justifiée par les observations lithologiques qui témoignent à chaque instant des facultés minéralisatrices de ce composé fluoré. En faisant agir la potasse sur le mica brun dit inuscovite, M. Friedel a préparé d’innombrables cristaux de néphéline. Jamais ce minéral n’était sorti d’une manipulation aqueuse. On réussit encore mieux en substituant la soude à la potasse et, dans tous les cas, on constate que le produit a une composition simple et parfaitement fixe. En ajoutant aux ingrédients une dose convenable de chlorure de sodium, on prépare la sodalite, laquelle est manifestement un composé strictement défini et non point, comme' l’avaient supposé quelques minéralogistes, une association de néphéline et de chlorure alcalin. Si l’on traite le mica, non plus par un alcali, mais par du silicate de potasse, c’est le feldspath orthose qui cristallise et, en diminuant la proportion de silice, c’est l’amphigène. L’intervention du chlorure de calcium détermine la cristallisation de l’anor-thite. Tout le monde sera frappé des conditions essentiellement naturelles de ces synthèses et on attendra avec impatience la suite qui a été promise du beau travail de M. Friedel.
- Production électrolytique de l'aluminium. — Un mélange de 60 parties de chlorure de sodium pour 40 de cryolithe ou fluorure double d’aluminium et de sodium étant fondu à une température comprise entre 850 et 1100 degrés, M. Adolphe Minet le soumet à l’électrolyse, L’aluminium métallique s’écoule de la cathode qui est en charbon dans un petit creuset d’où il est extrait à la fin de l’opération. En vingt-et-une heures, l’auteur a ainsi produit 5250 grammes d’aluminium métallique. La différence de potentiel aux électrodes était de 5,75 volts; la force électromotrice de décomposition de 2 volts; l’intensité du courant de 1500 ampères. La quantité de métal correspondant à une dépense de 1 cheval-heure est de 21gr,5 ; elle peut atteindre 30 grammes.
- Nouvel ennemi de la vigne. — I’ar l’intermédiaire de M. Blanchard, M. Ernest Olivier décrit un hyménop-tère du genre Teutredes qui pond ses œufs sur les ceps de vigne. Les larves pénètrent dans les rameaux, en mangent la moelle et tuent le végétal. D’autres hyménoptères nidifiants profitent des cavités ainsi produites pour « y dresser le berceau de leur postérité ».
- Varia. — Un procédé de dosage de zinc à l’état d’hy-posulfate est décrit par M. Riban. — La décomposition des engrais organiques dans le sol occupe M. Muntz. — De Zi-ka-Wei arrive un Mémoire sur la denture des ruminants ; le nom de l’auteur nous échappe. — M. le prince de Monaco lit une Note sur des animaux péchés en eau profonde dans la Méditerranée. — Un travail de M. Angot concerne l’amplitude de la variation diurne de la température. — M. Bouvier décrit la circulation du sang chez les crustacés décapodes. — M. Fol fait l’anatomie des éponges cornées. — Une étude des phosphates de chaux du département de Constantine est adressée par M. Blei-chert. — M. Trépied a photographié la comète de.Rroaks. — Les dépôts miocènes de la Vendée occupent M. Vasseur.
- Stanislas Meunier.
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- LA NATURE
- UN NOUVEAU DÉCAPITÉ PARLANT
- On se rappelle le succès obtenu par l'expérience de physique amusante qui avait été présentée à Paris, il y a quelques années, sous le nom de Décapité parlant.
- Nous avons décrit cette illusion d’optique 1.
- Des clowns fort habiles du fameux cirque de Barnum, à New-York, obtiennent actuellement un grand succès, en donnant la représentation d’une scène de décapitation d’un tout autre genre et dont l’idée que nous trouvons exposée dans le Scientific American nous a paru éminemment originale et ingénieuse. Nous abrégerons le récit de la scène pour parler surtout de l’expérience en elle-même.
- Deux clowns arrivent sur la piste du cirque au milieu duquel est une grande caisse qui servira de billot. Après discussions, l’un des deux clowns est condamné à mort ; on le couche horizontalement sur le billot de bois, on le couvre d’un drap et l’autre clown, armé d’un grand coutelas, lui tranche la tête. Glissant sa main sous le drap, il en retire la tête séparée du tronc; enlevant le drap, la victime apparaît décapitée comme le montre la ligure 1. —Le premier clown que le programme américain appelle llarlequin et auquel nous donnerons ce nom pour faciliter notre récit, montre triomphalement aux spectateurs la tête
- ' Voy. n° 377, du 2i août 1880 p. 185.
- qu’il a coupée; il la pose sur le billot de bois près des jambes du décapité et la recouvre d’un drap. Pour se reposer de son opération, llarlequin prend une cigarette et rallume ; puis il enlève le drap de la tète décapitée et a l’idée de lui introduire sa cigarette dans la bouche. O miracle! La tète décapitée fume, elle fait sortir par son nez la fumée de la cigarette, elle se met à rouler des yeux, et pousse des cris et des paroles. Cette tète coupée est animée ! — La figure 2 donne l’explication de cette curieuse expérience. Dans la caisse de bois se trouve un clown caché, dont la tète est entièrement grimée comme celle du premier clown décapité; à côté de lui il a, au début de l’expérience, une tète en carton absolument semblable aussi à celles de ces deux clowns jumeaux.
- Quand le clown qui doit être décapité se couche sur la caisse, et est recouvert d’un drap, une trappe s’ouvre à l’extrémité de son cou, il plie la tête qui se dissimule dans la caisse et la tète de carton est substituée à la sienne qu’il tient courbée. C’est cette tête de carton qu’Harleq u i n montrera aux spectateurs. La tète de carton posée sur la caisse, et cachée momentanément sous un drap, disparaît aussi par une trappe dont notre figure 1 indique la place; le deuxième clown caché dans le coffre la retire et la remplace par sa propre tète. — L’illusion est complète et produit le plus grand effet.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissas dieu.
- Taris. — Imprimerie Lahurc, rue fie Fleurus, 9.
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- N° 890. — 21 JUIN 1890.
- LA NATURE.
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- BATEAUX A TAPEUR DE NAPHTE
- LAUXCHES DE MM. ESCHER WYSS
- L’invention des launches à naphte constitue un progrès remarquable dans la construction
- des petites embarcations a vapeur, telles que yachts de plaisance, bateaux-omnibus pour desservir les hôtels, stations balnéaires, etc., situés au bord de l’eau et à une certaine distance des grands débarcadères. La maison bien connue, Esclicr Wyss, de Zurich, construit un grand nombre de ces cha-
- Fig. 1. — Lauuche à vapeur de naphte pouvant contenir 15 personnes.
- loupes à vapeur sur plusieurs types. Ce qui est essentiellement nouveau dans ces bateaux, c’est l'application qui y est faite d’un moteur à vapeur de naphte. Le naphte employé a un poids spé-cilique de 0,68 » 0,70 (76° a 70° Baumé) et présente la propriété dese transformer en vapeur et de se condenser ensuite beaucoup plus facilement que l’eau; il en résulte que, pour obtenir le même rendement de force, la chaudière à vapeur de naphte peut être beaucoup plus petite que celle à vapeur d’eau. Le naphte servant aussi de combustible pour chauffer la chaudière, le foyer est naturellement des plus simples. La machine et la chaudière prennent, par conséquent, beaucoup moins de place et sont beaucoup plus légères que celles à vapeur d’eau.
- 11 suffit de quelques minutes pour mettre la chaudière en pression ; la flamme du brûleur est réglée
- 18e jnnéf. — 2e semestre.
- d’avance, et, une fois le bateau en marche, il n’est plus nécessaire de s’en occuper. Avec la vapeur de naphte on obtient un effet utile double de celui de la
- vapeur d’eau, de sorte que la con-sommation de naphte est très minime ; aussi les bateaux peuvent-ils emporter une provision suffisante pour vingt-quatre heures de marche. Du réservoir, placé à la proue, le naphte se rend a la chaudière par un tuyau en cuivre au-dessous du fond du bateau, et la vapeur, après avoir agi sur les pistons, se condense dans des tuyaux longeant le bateau extérieurement, au-dessous de la ligne de flottaison, pour retourner ensuite au réservoir. Par conséquent, les passagers ne sont incommodés ni par la suie, ni par la fumée, ni par la vapeur. La manœuvre de la machine se fait d’une manière très simple, au moyen d’une roue à main. La coque est construite en bois, en fer ou en acier
- Fig. 2. — Moteur à vapeur île unphle du bateau représenté ci-dessus.
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- et ne présente rien de particulier. Le moteur est une machine à vapeur verticale à trois cylindres à simple effet, renversée, du type pilon, avec changement de marche à coulisse, attaquant directement l’arbre de l’hélice ; elle est renfermée dans la caisse A (fig. 2), dans laquelle entre directement la vapeur „d'échappement des cylindres. Les trois tiroirs placés dans la partie supérieure sont mis en mouvement par l’arbre R, avec un volant à main, mû de l’arbre d’hélice C par un engrenage intermédiaire.
- D’un côté de la boîte à tiroirs se trouve une soupape de sûreté D, automatique et mobile à la main, avec échappement dans la caisse A; de l’autre côté se trouve le manomètre E. La pompe alimentaire F, actionnée par un excentrique de l’arbre d’hélice, est en communication avec le réservoir à naphte par le conduit d’aspiration G et avec la chaudière par le conduit refoulant H. Au-dessus de la boîte à tiroirs se trouve l’espace de chauffage I, renfermant le grand bec annulaire K et le petit bec L.
- Au-dessus de cet espace est la chaudière M, consistant en une forte spirale en cuivre éprouvée à d 6 atmosphères, de l’extrémité supérieure de laquelle la vapeur entre par un tuyau central dans la boîte à tiroirs, et une partie de la vapeur va alimenter l’injecteur N par une petite conduite secondaire; dans ce dernier la vapeur se mélange à l’air atmosphérique, s’y introduisant par le registre et va dans le grand bec annulaire. Le petit bec est en communication directe avec l’espace supérieur du réservoir a naphte par le conduit 0.
- Le réservoir à naphte P, en cuivre, est placé à l’avant du bateau et baigné et rafraîchi par l’eau entrant dans l’avant par deux trous percés dans les parois de ce compartiment. A ce réservoir aboutissent les deux tuyaux de condensation Q, par lesquels la vapeur d’échappement sortant de la caisse de la machine, et longeant à l’extérieur les bandes du bateau, est condensée et conduite au réservoir. Dans la conduite aspirante est intercalée la soupape de naphte R, par laquelle se règle d’admission du naphte liquide du réservoir à la machine ; en outre, la pompe à main de naphte S, permet à la chaudière d’être aussi alimentée à la main.
- Avec la pompe 'a air T et par la soupape à air U, ouverte à gauche, et le conduit V, l’on refoule de l’air atmosphérique dans le réservoir, en obligeant par là les gaz de naphte qui se sont formés dans le réservoir d’arriver au petit bec; en ouvrant la soupape à air U à droite, l’air se dirige sur le sifflet de signal W.
- Voici comment on opère pour mettre l’appareil en marche. On fait d’abord fonctionner la pompe à air à main ; dès que l’air saturé de vapeur d’hydrocarbure sort du brûleur auxiliaire, on l’enflamme avec une allumette de sûreté introduite par le trou situé près de ce bec ; on réchauffe ainsi la chaudière. On fait marcher la pompe à air pendant un temps variable, de deux à six minutes, selon la
- température extérieure. Le serpentin s'échauffe; on donne alors quelques coups de l’autre pompe à main, pour introduire l’hydrocarbure dans le serpentin; le manomètre monte rapidement; on ouvre le robinet qui établit la communication entre la partie supérieure du serpentin et le brûleur en couronne; une petite quantité de vapeur sort par les trous du brûleur, mélangée à de l’air et s’enflamme immédiatement. A ce moment, on n’a plus besoin de faire fonctionner la pompe à air, et l’on peut mettre en route la machine dont la pompe alimentaire remplace alors la pompe à liquide à main. On obtient facilement une pression de 5 kilogrammes par centimètre carré, au générateur. La machine donne au bateau une vitesse de 7 à 8 nœuds à l’heure et n’exige aucune attention de la part du conducteur, que la surveillance et le graissage des parties frottantes.
- La mise en marche, au moins dans nos climats, ne demande pas plus de cinq minutes. La partie centrale du bateau peut être utilisée tout entière pour le chargement utile. Le chauffage ne demande aucun soin, la propreté est parfaite ; un seul homme manœuvre la machine et gouverne le bateau. Quant à la dépense, on a trouvé que pour une vitesse de 7 à 8 milles à l’heure, la consommation de naphte est de 5*,70 par heure. C’est la partie employée comme combustible, car la portion de liquide qui sert de fluide moteur est condensée et sert toujours sans perte sensible. Il est à remarquer que c’est pour la simplicité qu’on brûle comme combustible le liquide même qui sert à produire la vapeur motrice, et que rien n’empêcherait d’employer au besoin un combustible liquide plus économique.
- Le générateur, la partie la plus délicate d’une machine, se trouve soustrait aux causes les plus actives d’altération. Il ne peut y avoir aucun dépôt ou incrustation a l’intérieur, et la température de fonctionnement est si peu élevée qu’on peut tenir la main siir la cheminée pendant la marche à toute puissance.
- MM. Escher Wyss construisent les launehes sur deux types : le n° 1, pouvant contenir de huit à dix personnes, a 51U,50 de longueur, lm,50 de largeur, 0m,485 de tirant d’eau; la,machine de 2 chevaux donne une vitesse de 10 kilomètres à l’heure; le type n°2 (fig. 1) contient quinze à vingt personnes ; il a7m,90 de longueur, 1®,75 de largeur et 0m,535 de tirant d’eau; la machine est de 4 chevaux et la vitesse atteint 12 kilomètres à l’heure. C’est l’emplacement très réduit que demande le moteur qui permet h ces bateaux d’offrir autant de place utilisable pour les passagers.
- Nous pouvons ajouter à ce qui précède que la machine en question, d’ailleurs très intéressante, ne repose sur aucun principe nouveau. Les moteurs utilisant les liquides plus volatils que l’eau sont presque aussi anciens que la machine à vapeur. Artwright proposait et construisait, en 1797, sa machine à vapeur d’alcool, qui fonctionna assez bien, mais qui ne survécut pas, très probablement parce
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- qu'avec la construction très imparfaite de l’époque, les fuites importantes d’une vapeur aussi coûteuse devaient rendre le système très peu économique.
- On a employé à diverses reprises l’éther et le sulfure de carbone. Même en présence d’une infériorité sur la vapeur d’eau, au point de vue théorique, l’emploi de la vapeur d’hydrocarbure présente, au moins pour des puissances très limitées, un réel avantage pratique, à cause de la rapidité de mise en service, de l’immunité relative des générateurs contre la corrosion et l’altération et de la facilité de conduite. L. Knab.
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- LES VOYAGES AUTOUR DU MONDE
- Le premier voyage de circumnavigation, qui démontra expérimentalement la sphéricité de la Terre, date du seizième siècle. C’est celui que le célèbre navigateur Fernand de Magellan eut le courage d’entreprendre à travers l’inconnu, avec une vaillance et une habileté fort admirables. Quoique Portugais, c’est au service de l’Espagne qu’il a eu la gloire de réunir les découvertes de ses deux illustres-prédécesseurs, Colomb et Gama, en dirigeant l’expédition qui a fait la première le tour du monde.
- Parti le 20 septembre 1519, avec cinq caravelles, dont les deux plus grandes jaugeaient seulement 120 tonneaux, Magellan suivit la côte orientale de l’Amérique du Sud, explora et franchit le détroit qui porte son nom, et pénétra le premier dans l’océan Pacifique. Arrivé aux îles Philippines, après une longue traversée, l’amiral fit alliance avec plusieurs rois indigènes. Malheureusement, il voulut étendre la domination de l’un d’eux sur une île voisine, et, dans un combat livré le 27 avril. 1522, Magellan périt sous les coups des naturels, privé • ainsi du bonheur de terminer le grand voyage qu’il avait entrepris. Un des lieutenants de l’infortuné navigateur, Sébastien del Cano, parvint ensuite à regagner l’Espagne, par le cap de Bonne-Espérance, avec la Vittoria, seul navire qui existât encore de la flotte confiée à Magellan. Sur plus de deux cents hommes, dix-huit seulement, parmi lesquels l’historien de l’expédition, Pigafetta, rentrèrent dans leur patrie, le 6 septembre 1522, ayant effectué un voyage de circumnavigation vraiment incomparable de trois ans moins quatorze jours.
- Vers la fin du siècle, plusieurs expéditions maritimes accomplirent ensuite le tour du monde, dans la même direction que Magellan. L’anglais Drake fut le premier à suivre les traces du grand navigateur, en 1577-1580; il mit deux ans et dix mois à sillonner l’océan pour faire le tour de la Terre. Un compatriote de Drake, Cavepdish, exécuta en 1586-1588, le troisième voyage de circumnavigation; son absence fut seulement de deux ans et deux mois. C'est ensuite le hollandais Noort, en 1598-1601, qui fit un voyage autour du monde, mais il demeura près de trois ans hors de son pays.
- Ces diverses expéditions avaient principalement un but de commerce et de guerre maritime. Elles étaient plutôt organisées pour de lointaines conquêtes que pour explorer les mers, reconnaître la configuration des terres continentales, ,1a grandeur des îles et la position des archipels. Elles furent suivies, surtout pendant le dix-huitième siècle et enfin durant la première moitié du siècle actuel, par de nombreuses expéditions dont le but était essentiellement géographique et scientifique, et qui ont complété les découvertes antérieures en achevant l’exploration générale des océans et des côtes qu’ils baignent.
- De nos jours, les immenses progrès réalisés à tous les points de vue ont rendu faciles les voyages autour du monde, grâce â la commodité des moyens de transport par terre et par mer; et cela avec une rapidité qui, comme d’ailleurs toutes les conquêtes modernes de la science, plongerait dans un profond étonnement et une admiration sans bornes les Colomb, les Magellan, les Drake et les autres grands hommes des siècles passés, qui devaient prévoir cependant la marche en avant de la civilisation.
- Il y a vingt ans, Jules Verne, avec cette judicieuse vision des progrès à venir qui caractérise ses œuvres, montrait, dans Le tour du monde en quatre-vingts jour?, par quel itinéraire on pourrait aussi rapidement accomplir cet important voyage. Depuis lors, une semaine a été pratiquement gagnée sur l’estimation de Jules Verne. Une intrépide Américaine, miss Nelly Bly, attachée à la rédaction du journal le World, de New-York, vient de le démontrer de la façon la plus irréfutable. Le 14 novembre 1889, cette jeune fille s’embarquait pour Southampton, où elle arrivait le 22. Par Londres, Calais et le train express Paris-Turin, miss Bly était le 24 a Brindisi, pour le départ du paquebot des Indes, le 25 novembre. C’est ainsi qu’elle fut le 8 décembre à Aden, le 18 à Singapore et le 5 janvier 1890 à Yokohama. Elle prenait alors passage sur le courrier du Pacifique, pour San-Francisco. Là, pour traverser l’Amérique à destination de New-York, elle ne put prendre un express de la grande ligne, coupée par les neiges, ce qui lui fit perdre un jour. Néanmoins, le 25 janvier, miss Bly rentrait triomphalement à New-York, ayant fait le tour de la Terre en soixante-douze jours et six heures, c’est-à-dire avec une avance de près de trois jours, car elle s’était engagée à l’exécuter en soixante-quinze.
- Le jour même du départ de miss Bly, le 14 novembre, une autre vaillante jeune fille américaine, miss Élisabeth Bisland, appartenant à la rédaction du Cosmopolitan Magazine, de New-York, prenait le train de San-Francisco, dans le but d'effectuer un voyage autour du monde en soixante-douze jours, soit en trois jours de moins que miss Bly. Elle se dirigeait vers l’ouest au lieu de l’est, en sens inverse de sa concurrente. On sait qu’en faisant le tour du globe dans la direction de la course quotidienne du Soleil, on voit l’astre rayonnant passer au méridien
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- une fois de moins qu’en restant au point lise du départ, ce qui revient à dire que l’on gagne un jour, tandis qu’on perd un jour en allant en sens contraire, au-devant du Soleil. Miss Bisland suivit donc le meme itinéraire que miss Bly, quoique dans la direction inverse. Le 18 janvier, elle arrivait à Paris, avec l’intention de s’embarquer le jour même au Havre pour New-York, où elle aurait été de retour le 25, mais le courrier français était parti le matin et la jeune Américaine fut obligée de se rendre à Queenstown, en Irlande. Elle y prit passage le 19 sur un paquebot (pii, malbcureusement, n’avait pas une marche rapide. Aussi miss Bisland n’arriva-t-clle à New-York que le 29, quatre jours après sa concurrente1.
- Ces deux voyages, véritables courses autour du
- monde, sont très intéressants au point de vue de la démonstration pratique de la rapidité actuelle des communications. Il semble cependant que plusieurs jours pourraient être gagnés encore, mais il est probable que le manque de concordance absolue entre les arrivées et les départs des navires ou des trains dans les différentes stations de l’itinéraire ne permettrait pas de réaliser cette célérité théorique. En effet, supposons un voyageur partant de Londres le 1er janvier pour Marseille par chemin de fer, et de cette dernière ville le lendemain, à destination de Yokohama, à bord d’un paquebot des Messageries maritimes, allant en quarante jours au Japon. Le 10 février, il serait à Yokohama et s'embarquerait le il pour San-Franeiseo. Cette traversée, que les courriers accomplissent ordinairement en qua-
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- Fig. 1. — Tracé rios voyages autour du monde depuis Magellan jusqu’à nos jours.
- torze jours, le nouveau steamer rapide China vient de la faire en moins de treize. Le voyageur pourrait donc arriver à San-Francisco le 25 lévrier. Là, il prendrait place le lendemain dans un train express, qui le déposerait à New-York le 28, en admettant qu’il soit animé de la vitesse considérable avec laquelle un rapide a fait récemment ce parcours en quatre jours et demi au lieu de six. Le même jour, notre voyageur s’embarquerait pour l’Angleterre sur un des grands paquebots, comme le City-of-Paris, qui traversent l’Atlantique en un peu moins de six jours. Il serait ainsi de retour à Londres le 6 mars, après une absence de soixante-cinq jours, qui pourrait être diminuée de vingt-quatre heures en faisant le voyage en sens inverse. Un laps de temps aussi réduit pour parcourir ce vaste itinéraire montre très exactement la grande
- • 1 Le coût d’un voyage du genre de ceux-ci peut être évalué à 10000 francs au maximum, en première classe.
- vitesse théorique des communications autour du globe. En combinant habilement la date du départ avec celles du passage dans les diverses escales, il ne parait donc pas impossible de gagner actuellement deux ou trois jours sur miss Bly.
- La route, à la fois maritime et terrestre, dont nous avons parlé jusqu’ici, est de beaucoup la plus courte et la plus rapide pour faire le tour de notre planète. Quoiqu’elle se trouve en moyenne au-dessus du 50e degré de latitude nord, traversant ainsi les régions les plus civilisées, la longueur du trajet doit être, à cause des sinuosités, fort voisine du développement équatorial de la Terre, qui mesure 40 000 kilomètres.
- Si l’on voulait effectùer seulement par mer un voyage autour du globe, l’itinéraire naturel, en partant de New-York ou de Londres, serait presque celui des premiers circumnavigateurs, c’est-à-dire l’océan Atlantique jusqu’au détroit de Magellan,
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- puis l’Australie, Aden, Suez et Gibraltar, ou vice versa. Un paquebot marchant à raison de 15 nœuds à l’heure, comme la plupart des courriers postaux, mettrait moins de quatre mois pour accomplir cette grande traversée. La longueur du parcours serait ainsi supérieure d’environ un tiers à la circonférence équatoriale de la Terre. L’ancienne route, celle du cap de Bonne-Espérance, n’augmenterait pas très notablement la durée d’un tel voyage, tandis que l’ouverture du canal de Panama, en permettant de faire par mer le tour du monde sans passer au sud de l’Équateur, dont on ne s’approcherait beaucoup qu’à Singapore, rendrait possible une réduction d’un mois sur le laps de temps total.
- Le percement de l’isthme de Panama accroîtrait donc considérablement la rapidité des communications maritimes, mais il est un autre projet, dont la réalisation n’est pas éloignée, qui doit abréger d’une manière très sensible les grandes routes autour du globe. C’est le chemin de fer transsibérien, que les Busses commencent à travers l’Asie, sous la haute direction du général An-nenkoff, le célèbre constructeur du transcaspien, et qu’ils pensent achever pour la fin du siècle, unissant ainsi les rivages de la mer du Japon aux grandes capitales européennes. Cette gigantesque voie ferrée ira de Saint-Pétersbourg et Moscou à Yladivostock, par pjK. 2.
- Pcrm, Tomsk, Irkoutsk et Blagovechtchensk, Son
- parcours en Sibérie sera de près de 7000 kilomètres, ce qui en fera le plus long des chemins de fer. On peut espérer par suite que dans dix ans les émules de miss Bly pourront effectuer le tour du monde en beaucoup moins de temps qu’elle, grâce à cette ligne transasiatique. Il est permis en effet de croire que dans cet avenir prochain, on pourra se rendre en quinze jours de Paris à Yladivostock, soit de l’Atlantique au Pacifique à travers l’ancien continent. Douze jours suffiront alors pour atteindre ensuite San-Francisco à bord d’un paquebot rapide et quatre jours pour arriver à New-York par un train express. De là, en moins de six jours on rentrera à Paris, ce qui lait le tour du monde en
- trente-sept jours ! Si l’on tient compte de la progression avec laquelle la vitesse des steamers et des trains augmente chaque année1, nos fils pourront certainement exécuter le tour de la Terre en un mois par le précédent itinéraire. D’autre part, pour l’époque encore bien lointaine où l'on désirera joindre par une voie ferrée les chemins de fer transsibérien et transcanadien, un ingénieur américain a conçu récemment un projet formidable et tout à fait prématuré, qui consiste dans la construction d’un pont sur le détroit de Behring, lequel mesure 96 kilomètres dans sa partie la plus étroite. Trois petites
- îles permettraient de diviser ce pont géant en quatre grandes sections.* 11 serait possible ainsi de se rendre en chemin de fer de Paris à New-York, ce qui abrégerait encore un voyage autour du monde et réduirait dans ce cas la navigation à la traversée de l’Atlantique ajoutons que non seulement les difficultés de construction, mais aussi la rigueur du climat glacial des régions désolées que cette voie ferrée traverserait sans utilité, semblent devoir faire considérer ce projet comme un rêve irréalisable.
- Tandis que l’homme se voit dans l’obligation de construire paquebots et chemins de fer pour se déplacer avec quelque ra-‘ pidité, parmi les nombreux êtresqui l'entourent au sein de la vie terrestre,; il en est plusieurs auxquels il serait facile d’ae-, complir un voyage autour du monde avec une vitesse’ bien supérieure à celle que nous pouvons espérer atteindre, même dans un avenir lointain. En prenant pour base le développement de l’Équateur, un pigeon voyageur faisant
- * Prenons pour exemples, le voyage de Paris à Marseille, et celui de Marseille à Alger. Au dix-septième siècle, il fallait 15 jours pour aller en diligence de la capitale française au port méditerranéen; en 1782, on y mettait 8 jours; en 1814, 5 jours eu malle-poste; en 1840, 3 jours, grâce au chemin de fer, et en 1889, 14 heures seulement. Le trajet de Marseille à Alger se faisait en 90 heures en 1830, mais dès 1857, il ne demandait plus que 48 heures: en 1877, la durée du voyage se réduisait à 38 heures; en 1887, elle était de 28 heures et" en 1889, de 24 heures; enfin, la Compagnie Iransatlanliqué' mettra en service l’année prochaine, deux paquebots qui pour-, ront traverser la Méditerranée, de France en Algérie, en 22 heures.
- Magellan, d’après une ancienne gravure. (Collection Gaston Tissandier.)
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- 50 mètres par seconde, comme ceux du comte Ka-rolyi en 1884 de Buda-Pesth à Paris, ferait le tour du monde en neuf jours et six heures. Une hirondelle martinet, franchissant 89 mètres par seconde, accomplirait ce grand voyage circulaire en cinq jours et cinq heures. Ajoutons à titre de curiosité que si un chien lévrier pouvait l’exécuter, il y emploierait dix-huit jours et demi, en courant à raison de 25 mètres par seconde, ce qui est à peu près aussi la vitesse du vol du faucon. On trouve d’autre part dans la nature des exemples qui peuvent compléter cette petite statistique. Pour faire le tour de la.Terre, il faudrait : un jour et neuf heures à un son se déplaçant de 557 mètres par seconde dans l'air à la température de 10° C; un jour à un boulet de canon ou à un point de l’Equateur parcourant 465 mètres à la seconde ; onze heures à la Lune, qui gravite à raison de 1 kilomètre par seconde dans son mouvement de translation autour de notre planète; une minute et vingt-trois secondes à la grande comète de 1882, qui faisait 480 kilomètres à la seconde lors de son passage au périhélie; enfin, moins d’une seconde à un courant électrique dans un fil télégraphique aérien, et le même temps à un rayon lumineux. Jacques Léotard.
- LES PROPHÉTIES SCIENTIFIQUES
- Lors de la séance d’inauguration de la Conférence télégraphique internationale tenue à Paris, M. Jules Roche, Ministre du commerce, a rappelé que M. Charles Bourseul avait le premier pressenti et indiqué le téléphone. Voici quelques extraits d’un Mémoire écrit par M. Bourseul en 1854 :
- « Imaginez que l’on parle près d’une plaque mobile assez flexible pour ne perdre aucune des vibrations produites par la voix; que cette plaque établisse et interrompe successivement la communication avec une pile, vous pourrez avoir à distance une autre plaque qui exécutera en même temps exactement les mêmes vibrations,... Ce mode de transmission n’exigerait aucune espèce d’appareils.... Une pile électrique, deux plaques vibrantes et un fil métallique suffiraient.... On renoncera à procéder lettre par lettre, et, quoi qu’il arrive, il est certain que, dans un avenir plus ou moins éloigné, la parole sera transmise à distance par l’électricité. J’ai commencé des expériences; les approximations obtenues font entrevoir un résultat favorable. »
- Il ne faudrait pas considérer ces paroles comme l’origine d'une invention. Elles constituent une ingénieuse prévision ou, si l’on veut, une phophétie ; mais il y a loin d’une affirmation écrite à un appareil fonctionnant. M.Graham Bell qui a construit et réalisé le premier téléphone en reste incontestablement le premier inventeur.
- Il n’est pas rare de rencontrer de semblables prophéties dans les écrits des savants, des philosophes ou des littérateurs. M. Louis Pauliat, dans Y Intermédiaire des chercheurs et des curieux, nous cite un passage des œuvres de Cyrano de Bergerac qui, en 1650, avait pressenti la possibilité de la construction du phonographe. Cyrano de Bergerac, dans son Voyage à la Lune, reçoit d’un habitant lunaire deux livres merveilleux : ces livres ont des
- couvertures qui leur servent de boîte. Voici ce que dit à ce sujet le romancier du dix-septième siècle :
- « À l’ouverture de la boîte, je trouvai dans un je ne sais quoi de métal presque semblable à nos horloges, plein de je ne sais quels petits ressorts et de machines imperceptibles. C’est un livre à la vérité; mais c’est un livre miraculeux, qui n’a ni feuillets, ni caractères; enfin c'est un livre où, pour apprendre, les yeux sont inutiles; on n’a besoin que des oreilles. Quand quelqu’un souhaite donc lire, il bande, avec grande quantité de toutes sortes de petits nerfs, cette machine; puis il tourne l’aiguille sur le chapitre qu’il désire écouter, et au même temps il en sort, comme de la bouche d’un homme ou d’un instrument de musique, tous les sons distincts et différents qui servent entre les grands lunaires à l’expression du langage. »
- Cyrano de Bergerac a prévu la découverte des ballons ; il a été aussi le premier à parler, bien avant qu’ils n’aient été découverts par les astronomes, des satellites de Mars. Nous ne croyons pas qu’on ait encore fait remarquer que l’auteur des Voyages imaginaires avait pressenti la construction du phonographe.
- Nous rappellerons à ce sujet que notre spirituel Nadar a été prophète comme Cyrano, au sujet du merveilleux appareil d’Edison. Voici un passage emprunté aux Mémoires du Géant de Nadar (première édition de 1864, P- 271) :
- « Je m’amusais, dormant éveillé, il y a quelque quinze ans, à écrire, dans un coin ignoré, qu’il ne fallait défier l’homme de rien et qu’il se trouverait un de ces matins quelqu’un pour nous apporter le daguerréotype du son — le phonographe — quelque chose comme une boîte dans laquelle se fixeraient et se retiendraient les mélodies, ainsi que la chambre noire surprend et fixe les images. »
- Nadar suppose que son phonographe pourra être rapporté à une famille qui, n’avant pu assister à un opéra quelconque, entendra les chanteurs dont la voix aura été enregistrée et s’apercevra que le ténor « criait un peu trop fort. »
- Impossible de mieux prévoir l’admirable instrument qui se trouve avoir été baptisé quinze ans avant son apparition. Gaston Tissanmer.
- LE NETTOYAGE DES RUES
- la machine « l’hercule ))
- La question du balayage, du nettoyage des rues des grandes villes, est loin d’être seulement une question de luxe, si l’on peut s’exprimer ainsi; c’est plus peut-être que toute autre une question d’hygiène. Cette poussière qui s’accumule, il faut l’enlever le plus rapidement et le plus complètement possible, parce quelle contient une grande quantité de germes morbides que le vent répand partout. De la l’organisation des services fie balayage, la création de machines spéciales ayant pour but de ramasser la poussière et la boue, qui n’est que de Ja poussière non desséchée; mais, comme conséquence naturelle, comme service parallèle, on a créé l'arrosage, qui g pour but de transformer la poussière en une substance boueuse peu sujette à être soulevée par le vent. Cette question de l’arrosage est par elle-même si importante qu’on organise dans les grandes villes des services spéciaux
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- d’arrosage ; il en est notamment ainsi à Paris.
- En outre, la question du nettoyage se complique d’une considération particulière : la boue seule, lors même qu'elle n’est pas transformée en poussière, présente des dangers tout spéciaux, et cette fois il ne s'agit pas de la santé publique, mais des facilités de circulation : une faible épaisseur de boue, de cette boue demi-liquide qui se produit par les temps de brouillard, rend le pavé très glissant, la traction des voitures par conséquent très difficile et aussi les chutes des chevaux très fréquentes. Cet inconvénient se fait particulièrement sentir sur le pavage en bois : si ce mode de pavage présente des avantages considérables, si les chutes y sont peu graves pour les chevaux, du moins elles y sont multiples, surtout quand il est recouvert de boue, et il a besoin de lavages répétés.
- Pour remédier à ces divers inconvénients, pour enlever la poussière ou la boue, on a recours en principe à l’eau et au balai ; l’eau est projetée sur les chaussées, parfois à la lance, parfois à l’aide de tonneaux spéciaux; pour le balayage, il se fait souvent au balai proprement dit, ou bien à l’aide de machines balayeuses. Mais ces systèmes sont assez défectueux; l’arrosage à la lance, par exemple, se fait difficilement sur les voies où la circulation est très grande, et d’ailleurs, il ne peut s’appliquer qu’à de faibles surfaces ; l’eau se sèche avant que le balai puisse y passer; le même inconvénient se produit encore à un plus faible degré, il est vrai, pour l’arrosage au tonneau. En outre, et c’est une question fort importante en ces matières, il faut toujours deux machines se suivant, tonneau, puis balayeuse; il faut un personnel double. Cela entraîne de grosses dépenses, comme du reste la dépense en eau, qui est augmentée de ce fait que le balai ne suit pas immédiatement l’appareil déversant l’eau : une partie de cette eau s’écoule au ruisseau sans produire d’effet utile de lavage sous l’action du balai.
- S’inspirant de ces divers desiderata, M. Heutschel vient d’inventer une machine à nettoyer les rues dont le mérite est précisément d’avoir réuni sur un même bâti, en une même machine, tonneau d’arrosage et balayeuse ; cette machine se nomme 1’ « Hercules Street cleansing machine », ou machine Hercule à nettoyer les rues; la disposition en est simple, l’entretien facile.
- Le réservoir est un cylindre de tôle, la forme cylindrique étant la plus résistante; c’est là la partie principale du système, elle est portée par trois roues, deux devant et une derrière, toutes trois à peu près de même dimension, mais celle de derrière (la plus petite d’ailleurs) est montée sur pivot, ainsi que l’indique la figure 1, ce qui permet à l’appareil de tourner sans avant-train comme les chariots à bagages des compagnies de chemins de fer; c’est déjà une simplification.
- Au-dessous du réservoir, dont la capacité est d’environ 1200 ou 1300 litres pour les grands appareils, est disposée une balayeuse, installée oblique-
- ment, comme les balayeuses ordinaires; mais le rouleau balayeur est formé d’une série de lames hélicoïdales de caoutchouc, qui opèrent verticalement, comme les rateaux à main dont on se sert a Paris pour le nettoyage spécial des trottoirs. Le rouleau est solidaire du mouvement des roues de devant du chariot, dont il reçoit l’impulsion soit par des engrenages, soit par une chaîne sans fin ; — la chaîne sans fin est surtout employée dans les petits appareils. Nous avons déjà prononcé ce nom de petits appareils ; en effet, les machines se divisent en deux catégories : les grandes, traînées par un ou deux chevaux(fig. 2), suivant l’état de la chaussée, un seul cheval suffisant le plus souvent ; et les petites, traî-
- Fig. 1. — Machine à balayer et à arroser les rues, coupe et plan.
- nées à bras par un ou deux hommes. Le système est, d’ailleurs, le même, sauf de très petits détails dans les deux cas.
- Le fond du réservoir est percé d’une ouverture communiquant avec un tuyau qui se recourbe sous le chariot et vient alimenter un tuyau droit et horizontal percé d’une multitude de trous, comme dans les tonneaux d’arrosage : ce tuyau projette ainsi l’eau en avant du rouleau balayeur. La mise en communication du réservoir avec le tube de déversement et par conséquent la sortie de l’eau, sont commandées par un levier à contrepoids qui se voit au-dessus du réservoir et qui soulève un obturateur conique. D’ailleurs, en même temps, le relèvement du levier abaisse le balai, si bien que le balai ne peut agir que quand l’eau sort et se répand en avant de son passage. Notons, en outre, que l’ouverture peut être réglée par la disposition d’un cran qui vient empêcher le bouchon conique de se soulever au delà d’une certaine limite. Il faut plus ou moins d’eau, suivant l’état de la chaussée. Dans les machines à
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- cheval, le conducteur, de son siège, peut aisément manœuvrer le levier : un seul homme suffit.
- Si l’on veut avoir des renseignements sur l'effet utile de ces machines, nous dirons que le grand modèle peut nettoyer environ 5500 mètres carrés à l’heure, et le petit modèle à peu près 1200 mètres carrés. La machine Hercule peut aussi servir en temps de neige. Ordinairement, dans les rues encombrées de neige, on projette à l’avance du sel qui, abaissant le point de congélation, permet une liquéfaction plus rapide, puis on procède au balayage. 11 y a donc deux opérations. Avec la machine Hercule on n’en compte plus qu’une; en effet, avant de la mettre en service pour l’enlèvement de la
- neige, on jette dans le réservoir, et chaque fois qu’on l’emplit, une certaine quantité de sel qui doit varier, d’après l’inventeur, entre 1/2 quintal et 2 quintaux, et l’eau qui est ainsi versée sur la neige, y produit, mais d’une façon très rapide, l’action que produirait plus lentement le sel ; il y a là une action mécanique et physique très avantageuse.
- Cette machine, qui semble en ce moment être en grande faveur en Grande-Bretagne, a du moins le mérite de beaucoup de simplicité, et surtout une originalité qui permettrait de faciliter grandement le service si difficile et si coûteux du nettoyage des voies très fréquentées. Daniel Bellet.
- Nouvelle machine à nettoyer les rues, servant à la fois à l’arrosage et au balayage.
- PALMIERS EN PORTUGAL
- JUBÆA SPECTAB1LIS
- Il y a, en Portugal, plusieurs exemplaires de végétaux absolument uniques par leur force et leur beauté. L’un des plus beaux est, sans contredit, le splendide palmier dont nous donnons aujourd’hui la gravure. Il se trouve dans les jardins du Palais des Necessidades, à Lisbonne ; c’était l’habitation du roi artiste, Don Fernando, mort il y a quelques années.
- Ce palmier, planté il y a environ trente-cinq ans, venait de la maison André Leroy, d’Angers. Il avait alors seulement lm,50 de haut; c’était, sans aucun doute, l’un des premiers sujets qu’on ait vu en Europe, car l’introduction du Jubæa spectabiiis dans nos pays ne date que de 1850.
- Il a poussé avec une rapidité étonnante et mesure aujourd’hui plus de 8 mètres de haut, c’est-à-dire 6m,50 du sol à la naissance des premières feuilles. La circonférence de son tronc ou stipe est, à 1 mètre du sol, de 4m,50. Depuis 1885, il donne des graines fertiles produites par des inflorescences porteurs de fleurs des deux sexes. La date de sa fructification corrobore l’opinion émise que ce palmier ne commence à donner ses fruits qu’à sa trentième année.
- Le Jubæa spectabiiis, Kunth, ou Jubée élégant, de la famille des Palmiers et de la sous-tribu des Cocoïnées, a été nommé ainsi, dit-on, en souvenir de Juba II, roi de Numidie, dont les travaux sur les plantes sont mentionnés par Pline.
- Son stipe peut atteindre, dans son pays d’origine, jusqu’à 12 mètres de haut; il est très épais, cylin-
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- Jubæa spectabilis des jardins du Palais des Necessidades, à Lisbonne. (D’après une photographie.)
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- drique, couvert d’écailles formées par la base persistante des pétioles; feuilles peu nombreuses, longues de 4 à 5 mètres, pennées, à pinnulos linéaires, striées, vertes aux deux faces; spadices rameux, tous hermaphrodites, pourvus d’une, spatlie simple sans pointe. Etamines constamment au nombre de 17. Fruits longs de 5 centimètres formant par leur réunion comme d’énormes grappes.
- Ce palmier croît spontanément dans certains terrains secs du Pérou, du Chili et du Rrésil ; on le cultive aussi dans ces trois pays ainsi qu’au Mexique pour extraire de sa sève, qui est très abondante, un sucre ou sorte de mélasse qu’elle contient et que les indigènes appellent miel de palmiers.
- Chaque année, vers le mois d’août, on coupe la couronne de feuilles qui surmonte l’arbre, et la sève s’échappe de la plaie; elle continue à couler ainsi pendant plusieurs mois, si on a soin de raviver cette plaie tous les jours. Un bon arbre peut, paraît-il, produire de 500 à 400 litres de sève.
- Les voyageurs oublient de nous dire si ce travail peut se faire impunément tous les ans, ou bien si une fois fait, l’arbre ne dépérit pas.
- Les drupes des fruits fournissent, par la distillation, une eau-de-vie d’assez bonne qualité. Les graines, produites en quantité, ont la forme de petites boules; elles servent, du reste, de billes aux enfants du pays. L’amande est comestible et peut fournir de l'huile ; elle sert également de nourriture au bétail dans certains pays d’où ce palmier est originaire.
- 11 existe encore près de Lisbonne, dans le domaine de Lumiar, appartenant à la famille de Pal-mella, un autre magnifique exemplaire de ce palmier; il suit les traces de son aîné.
- Ernest Bergman.
- RÉCRÉATION MATHÉMATIQUE
- EXERCICES SUR LA DIVISIBILITÉ DES NOMBRES
- Voici une curieuse récréation mathématique qui peut offrir un sujet de distraction entre amateurs.
- L’opérateur s’adressant aux personnes qui l’entourent :
- Convenez, dit-il, entre vous d’un nombre de trois chiffres.
- On s’entend pour le nombre 565.
- A la droite de ce nombre, écrivez-le une seconde fois, comme cela : 565 565. — Bien.
- Maintenant, divisez-le par 7, puis le quotient par 11, et le nouveau quotient par 15.
- Comme je suis un peu sorcier, dit l’opérateur, j’inscris d’avance le résultat définitif de ces trois divisions sur ce petit papier plié que nous ouvrirons, quand vous aurez fini les calculs de votre côté. — Maintenant à l’œuvre, et prenez garde aux erreurs.
- Au bout de quelques minutes, l’opération est terminée. On déplie le papier et l’on se récrie en voyant qu’en effet le nombre inscrit est bien celui qu’ont donné les trois_ divisions successives.
- Ce nombre n’est autre que le chiffre primitif 565.
- L’explication de ce résultat est simple:
- Supposons un nombre quelconque, où l'on remplace les
- chiffres par des lettres, tel que abedefgh. Divisons-le par tranches de trois chiffres à partir de la droite, et écri-vons-le :
- ab ede fgh
- Ce nombre sera divisible par 7, si l'on a :
- (h + ’îxj + 2f) ) — (e -j- 5d -j- 2c) — zéro ou un multi-(+ b -j- 5fi) \ pie de 7.
- Il sera divisible par 11, si l’on a :
- h + f+ d -f- b — (g -f- e -j- c -f a) = zéro ou un multiple de 11.
- Il sera divisible par 15, si l’on a :
- (h — 5g — 4f) ) — (c — 57 — 4c) = zéro ou un multi-(+ b—5n) ( pie de 15.
- Réduisons maintenant ce nombre à six chiffres et admettons que les deux groupes de trois chiffres se répètent: ce nombre prend la forme fgh fgh.
- Pour appliquer les formules précédentes il faut y supposer :
- a = o, b = o, h = e, g = d, f = c.
- En y faisant ces transformations, on voit que le nombre donné remplit la condition de divisibilité par 7, par 11, par 15, puisque le reste de la division par chacun de ses trois facteurs est égal à zéro.
- C’est ce. qui explique comment chacune des divisions a donné un quotient entier.
- Etant divisible par ces trois facteurs, ce nombre est divisible par leur produit, c’est-à-dire par 1001.
- C’est un résultat qu’on pouvait obtenir directement en remarquant que le nombre quelconque, par exemple, celui de 565565 choisi tout à l'heure, est égal à 565000 -f- 565 ou 565 (1000 -f 1). On voit donc à priori que le nombre formé par l’addition d’un nombre de trois chiffres à la droite de ce nombre lui-même est divisible par 1001, c’est-à-dire successivement par ses facteurs premiers 7, 11 et 15.
- Le dernier quotient de ces divisions successives est le même que celui de 565565 par 1001, c’est-à-dire le nombre primitif lui-même 565, ce qu’il fallait démontrer. C...
- NOUVEAU FILET PÉLAGIQUE
- A FONCTIONNEMENT AUTOMATIQUE
- Les animaux dits pélagiques sont ceux qui vivent en pleine mer, et semblent se tenir ordinairement à la surface, ou peu au-dessous. Il est toutefois cer tain qu’ils peuvent s’enfoncer à des profondeurs assez considérables, et que l’on ne saurait guère estimer à moins de 150 brasses, pour quelques espèces. Les animaux de la surface peuvent-ils descendre au delà ! Existe-t-il des êtres analogues, mais se tenant toujours à une grande profondeur? Ou bien, comme le pensent certains naturalistes* une couche d’eau à peu près inhabitée s’étend-elle entre la région hantée par les pélagiques et celle qui fait partie du domaine de la faune abyssale? Ces questions, semblent actuellement à l’ordre du jour.
- Il est évident que, pour les résoudre, il faudrait employer un appareil ne s’ouvrant qu’à la profondeur voulue, et se fermant aussitôt qu’il s’éloigne sensiblement du niveau déterminé. L’un des engins les mieux disposés dont les dessins aient été publiés jusqu’ici, est celui que le prince de Monaco soumit à quel-
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- ques essais à bord de Y Hirondelle, et que l’on pouvait voir à l’Exposition dans le pavillon de la principauté. Ce filet n’a été employé qu’à une profondeur maxima de 500 mètres. Du reste, sa complication me paraît assez grande; et, ce qui est plus grave, ses organes sont bien exposés. Enfin, défaut capital, il s’ouvre et se ferme à la volonté des pécheurs, qui ne savent que fort imparfaitement à quelle profondeur il se trouve; et ne pourrait sans doute pas servir pour de très grandes profondeurs.
- Ou conçoit que je ne veuille pas faire ici l’histoire de tous les appareils de cette nature, à partir du cylindre que le capitaine Sigsbee attachait à scs lignes de sonde; mais il faut cependant mentionner, car il a servi, tout récemment encore, aux naturalistes de la Plankton -Expédition, le filet inventé par M. von Petersen, ingénieur de la station zoologique de Naples, et perfectionné par le professeur Chun. Au lieu de fonctionner comme celui de VHirondelle, à l’aide de poids envoyés par la corde de touée, cet instrument qu’on laisse descendre verticalement à la profondeur désirée, s’ouvre aussitôt que l’on exerce une traction sur la remorque, et se ferme automatiquement, au bout d’un temps variable avec la vitesse de marche, mais qui n’excède pas 15 h 20 minutes. Le mécanisme est également fort exposé, et la fermeture me semble bien imparfaite. Enfin, s’il est possible d’estimer à peu près le niveau où s’ouvre l’appareil, on ne peut savoir au juste de combien il se relève en péchant.
- M. Hermann Fol, qui accomplissait récemment, à bord de son yacht, une mission du Ministère de l’instruction publique dans les eaux de la Corse et de la Tunisie, a, paraît-il, imaginé une autre disposition, qui lui aurait donné de bons résultats jusqu’à 800 mètres. Dans la conférence qu’il a faite à Nice, et publiée dans la Revue scientifique du 1er février, M. Fol ne donne, du reste, aucune espèce d’indication sur son appareil, qu’il se réserve, dit-il, de faire connaître dans une autre publication. Cela me décide à publier dès maintenant le filet que j’avais projeté dans le même but et dont la construction n’est retardée que par des considérations budgétaires qui sont, heureusement pour lui et pour la science, tout à fait secondaires pour le naturaliste genevois.
- Le point essentiel, c’est que l’instrument est absolument automatique; et que l’ouverture et la fermeture en seront déterminées par la profondeur même à laquelle on voudra le faire travailler, c’est-à-dire par la pression qu’il supportera.
- Voici en deux mots sa description : un cadre presque exactement circulaire supporte, par son diamètre horizontal et sa partie inférieure, la bouche du filet. Celle-ci est fermée par deux volets minces en métal delta, ou quelque alliage analogue possédant une résistance assez grande. Ces volets ont la forme d’un quart de cercle légèrement prolongé d’un côté pour établir un peu de croisement. Ils sont montés sur des axes parallèles et fort rapprochés; et l’on voit qu’il suffit de faire tourner ces
- axes d’un quart de tour pour que la bouche du filet se trouve entièrement démasquée. Ce travail est effectué par un petit moteur électrique, commandant comme dernier mobile un pignon denté. Celui-ci est engrené avec un secteur porté par l’axe de l’un des volets, qui est également en prise avec un autre secteur porté par l’axe de l’autre volet. La rotation du pignon suffit donc à relever simultanément les deux volets. Lorsque ce mouvement est à peu près effectué, une came a, portée par l’un des axes, vient faire agir un commutateur que l’on voit sur notre figure (n° 2). Il s’établit d’abord une dérivation, envoyant dans un électro-aimant une partie du courant qui allait à la dynamo. La dérivation devient de plus en plus forte à mesure que les volets approchent de l’extrémité de leur course; et, quand ils sont arrivés à ce point, tout le courant passe par l’électro-aimant, en abandonnant complètement la dynamo. Cet électro-aimant attire une armature dont on voit (n° 5) la partie essentielle, et qui maintient solidement les deux axes dans la position voulue, tant que passe le courant.
- Ainsi donc, aussitôt le circuit fermé, les volets se relèvent; et le filet reste ouvert aussi longtemps qup le contact reste établi. Ce contact est déterminé, comme je le disais tout à l’heure, par la pression supportée par l’appareil y et par conséquent par la profondeur même pour laquelle on l’a réglé au moment de l’immersion. L'épaisseur de la couche d’eau explorée dépend uniquement de la sensibilité du manomètre. C’est en effet un manomètre métallique dont l’aiguillé établitle courant électrique, aussi longtemps qu’elle se trouve en regard d’un index qu’on déplace à volonté, et dont la largeur règle ainsi l’épaisseur de la couche d’eau explorée. Il suit de là que, pour obtenir une sensibilité suffisante, il faut avoir plusieurs manomètres. On introduit dans l’appareil celui qui correspond aux profondeurs que l’on désire étudier. Il va sans dire que, pour peu que la manœuvre des volets exige une certaine puissance, le courant passant par le manomètre ne sert qu’à actionner un relais fermant le courant principal. Mais rien ne s’oppose alors à ce que l’on fasse le filet, de dimensions assez grandes.
- Comme on le voit, aussitôt que l’instrument arrive à la profondeur désignée, le manomètre établit le courant et le filet s’ouvre et demeure ouvert; mais "aussitôt que l’aiguille du manomètre perd le contact avec l'index, soit cpie le filet remonte, soit qu’il s’enfonce trop, les volets abandonnés à eux-mêmes se ferment par leur propre poids ; leurs bords opposes étant aiguisés, en lames, peuvent couper comme une paire de ciseaux les corps généralement fort mous des animaux qui se trouveraient entre eux. Quant au commutateur, un ressort le ramène dans sa position première. Aussi, que dans le cours d’une même opération l'appareil atteigne et quitle un nombre quelconque de fois le niveau déterminé, Rouvrira à chaque fois, mais ne péchera jamais qu’à la profondeur voulue; et comme il n’est relié au
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- navire que par la corde de touée, il peut agir aussi bien à 10 mètres de profondeur qu’à 8000 mètres; tout dépend du manomètre. La pression est transmise à l’intérieur de la boîte M (n° 1), qui contient le mécanisme, par un ballon à air B, analogue à celui employé par le I)r P. Regnard pour des nasses éclairées. Ce ballon, dont la dimension varie naturellement avec la pression à supporter, de manière qu’il n’offre pas une trop grande surface au moment où l'appareil doit travailler, est enfermé dans un filet F, qui se trouve maintenu au-dessus de l’appareil par un léger arceau supporté par le cercle. Un tube, contournant le cercle du filet, transmet la pression à la boîte à piles P qui sert de lest à tout le système1. Les joints supportant la même pression en dedans et en dehors ne fatiguent pas, quelle que soit la profondeur; et tout le mécanisme, du reste simple et robuste, est renfermé dans une boîte étanche d’où sortent seulement les deux axes. La ligure ci-dessus (n° 1) montre
- de côté l’ensemble du système. Le filet de gaze, c, est porté par un cadre qui se
- 1 Afin que, même pour les pressions considérables, le volume initial du ballon ne soit point gênant, le vide intérieur des deux boîtes sera réduit le plus possible, au moyen de masses pleines, fixées sur les parois ou les couvercles, et ne laissant que la place strictement nécessaire au jeu du mécanisme.
- fixe au grand cercle par quelques loquets; et la bouteille terminale N est supportée par un anneau qui peut courir sur une tige supportée par la boite M. Le filet proprement dit se sépare donc en un instant du mécanisme; mais, tout le temps qu’il est en place, il se trouve maintenu de façon à ne pouvoir s’engager dans les autres organes. La bouteille, ou cylindre terminal, est fermée par un système de portes que j’emploie depuis assez longtemps. Un cercle, sur lequel est tendu un morceau de gaze, est maintenu solidement par un cadre, tant que l’appareil fonctionne. Avant de sortir de l’eau, un volet extérieur se ferme sur lui, et maintient le cylindre plein d’eau. Mais aussitôt le filet amené au-dessus d’un bassin, on ouvre à la fois ce volet et le cadre qui maintenait le cercle ; et tout ce qui est dans le filet se trouve mis en liberté sans subir aucun frottement.
- Il est évident que l’on pourrait employer une partie du courant fourni par la pile à allumer à l’entrée du filet une petite lampe à incandescence; et comme l’appareil peut demeurer ouvert, quoique en repos, aussi longtemps qu’on le désire, il agirait alors comme une des nasses éclairées dont je parlais tout à l’heure. Dr C. Viguier,
- Directeur de la station zoologique d’Alger.
- Filet pélagique automatique du Dr C. Viguier. — Sur le dessin principal, ou voit qu’il est impossible d’apprécier exactement, par la longueur de corde déroulée, la profondeur à laquelle se trouve l’instrument. — N° 1. L’appareil entier, vu un peu obliquement. T. Corde de touée, liée à uu demi-cercle mobile sur deux tourillons t,t'. C. Le cadre qui, lesté par la boîte à piles P, et soulagé par le ballon à air B, se maintient toujours vertical. M. Boîte renfermant le mécanisme. V. Volet. (L’instrument est représenté au moment où il s’ouvre), c. Le lilet de gaze. c’. Sa trappe, ou cône intérieur. N. Cylindre terminal. — N* 2. Commutateur. A. Axe de rolation du volet V. — a. Came poussant une tige mobile autour de O. Le courant arrive par cet axeO. D. Plot de la dynamo. E. Plot de l’électro-aimant. — N” 3. Arrêtoir E’ faisant partie de l’armature de l'électro-aimant, et saisissant à la fois deux disques fixés sur les axes A et A’ des volets.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE DES NÀYIRES
- Personne n’ignore que l’éclairage électrique s’est développé et a pris la plus grande extension sur les navires. Les circonstances étaient particulièrement favorables; les chaudières, les machines à vapeur existaient, il suffisait d’emprunter une fraction de la puissance totale pour la consacrer à l’éclairage. Nous ne rappellerons pas les débuts de l’éclairage électrique dans les navires; nous nous contenterons d’exposer l’état actuel de la question, et de signaler en particulier les nouvelles installations.
- Dans un navire, la place est mesurée, il faut
- donc des machines électriques puissantes sous un faible volume, et sous un poids relativement faible. Nous mentionnerons, en particulier, la machine dynamo Desroziers, d’invention récente, et déjà employée dans un grand nombre de navires. Dans cette dynamo, que l’on peut voir dans la figure ci-dessous, l’induit est constitué par deux couronnes parallèles et juxtaposées. Entre ces deux couronnes est intercalée une étoile métallique reliée à l’axe de rotation par un plateau d’entraînement.
- Les fils qui forment les circuits induits sont disposés en deux couches suivant les portions de rayons du disque comprises entre deux couronnes concentriques à l’arbre. Les fils radiaux sont reliés entre
- Machine à vapeur compound accouplée à une dynamo Desroziers.
- eux dans un ordre particulier qui constitue l’enroulement Desroziers, et sur lequel nous ne saurions donner ici de plus amples renseignements, sans entrer dans des discussions trop techniques. Qu’il nous suffise de dire que les fils une fois placés dans un ordre convenable sur chacune des deux couronnes dont il a été question sont reliés entre eux par des fils de cuivre isolés placés parallèlement sur les deux couronnes qui limitent le disque.
- Le disque qui forme l’induit a une faible épaisseur et se trouve resserré entre douze bobines d’électro-aimants, six de chaque côté, qui constituent les inducteurs, et qui sont disposées suivant les sommets d’un hexagone régulier. Ces machines n’ont qu’une seule paire de balais, comme dans la plupart des machines ordinaires, grâce à un
- habile dispositif qui couple en quantité plusieurs lames du collecteur placées à un angle déterminé l’une de l’autre. Le collecteur n’offre rien de particulier.
- L’induit Desroziers n’a donc pas de fer et est relativement léger. Grâce à l’enroulement régulier et symétrique, on peut atteindre des vitesses périphériques assez élevées, 20 à 22 mètres par minute. Le flux de force atteint une valeur moyenne de 5000 à 0000 unités C. G. S. Le fil induit a pu supporter, dans certains cas, jusqu’à 15 ampères par millimètre carré. Un des modèles de cette machine, construite par la maison Bréguet et qui donne 170 ampères et 105 volts à la vitesse angulaire de 350 tours par minute, pèse 1220 kilogrammes, soit environ 50 kilogrammes par cheval. En plus
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- de tous ces avantages la dynamo Desroziers présente celui d’avoir de faibles vitesses angulaires, ce qui permet l'accouplement direct avec les moteurs à vapeur. Il existe actuellement des types donnant 70 et 100 volts et une intensité variant de 125 à 500 ampères, et fonctionnant à la vitesse angulaire de 550 tours par minute. On comprend tout de suite l’importance de cette propriété pour l’application aux navires. Il est alors possible d’accoupler directement les dynamos aux machines à vapeur, sans avoir recours à des courroies ou à des transmissions intermédiaires.
- L’accouplement employé par la maison Bréguet est l’accouplement élastique de M. Raffard. 11 consiste en deux plateaux portés sur les extrémités des arbres à relier. Sur chacun de ces plateaux sont fixées des chevilles, perpendiculairement au plan du plateau. Ces chevilles sur l’un et l’autre plateau ne se trouvent pas sur une même circonférence, de sorte qu’elles peuvent tourner librement à l’intérieur les unes des autres. Des bagues en caoutchouc réunissent ensuite ces chevilles deux à deux. Cet accouplement élastique, qui est très ingénieux et très pratique, a d’abord l’avantage de permettre un accouplement sans une liaison directe et rigide, qui peut devenir dangereuse dans le cas d’accident à la machine à vapeur. 11 supprime ou amortit les coups de piston même avec des machines à un cylindre.
- Enfin, point important en pratique, il isole électriquement la dynamo de la masse du navire. Notre ligure montre la disposition généralement adoptée dans les installations; une machine Resrozie/s est reliée par un accouplement élastique à un moteur compound Bréguet vertical, du type pilon. La puissance de ce moteur est de 25 chevaux, à la vitesse angulaire de 550 tours par minute. Il peut fonctionner à condenseur où à air libre; il suffit de faire varier l’admission dans le petit cylindre, à l’aide d’une vanne graduateur placée sous la main du mécanicien.
- Les installations de ce genre sont déjà assez nombreuses; il en existe sur les navires le Surcouf, le Forbin, le llequin, le Coëtlogon, le Vengeur, le Formidable, le Hoche, le Saint-Laurent, etc. Nous signalerons en particulier les machines à bord du Saint-Laurent qui fonctionnent d’une façon régulière depuis déjà trois ans.
- Les machines Desroziers ne sont pas seulement employées sur les navires ; nous comptons déjà plusieurs installations de ce genre actuellement en service ou sur le point d’être terminées. La station centrale de la rue de Bondy, à Paris, emploie des dynamos de 280 chevaux actionnées à l’aide de courroies par des machines AYeyher et Richemond. Les stations de la rue des Filles-Dieu et de la gare du Nord ont aussi des machines accouplées directement à des machines Weyher à l’aide de plateaux Raffard.
- J. Laffargue.
- LES AUTOGRAPHES DE « LA NATURE1 »
- 91. Carnot
- Président de la République française.
- Les quatre lignes que nous publions sont extraites d’une lettre datée du 30 mai 1885. Cette lettre a été adressée par M. Carnot, alors député, à M. Gaston Tissan-dier, qui l’avait invité, au nom des sociétés aéronautiques dont il était le représentant, à assister à un banquet organisé pour célébrer le centenaire de la découverte des ballons :
- M. Carnot, qui accepta l’invitation, prononça quelques paroles après le banquet; il rappela que son illustre grand-père, qui avait à plusieurs reprises favorisé l’emploi des aérostats militaires, s’était occupé du problème de la direction des ballons. M. Sadi Carnot voulut bien écrire à ce sujet un'e notice qui a été publiée dans La Nature (Voy. le n° 525, du 23 juin 1883, p. 50). Cet article, d’un grand intérêt historique, résume les travaux aéronautiques du grand Carnot. Nos lecteurs peuvent s’v reporter. Nous ajouterons que l’autographe ci-dessus n’ayant pas été écrit spécialement pour La Nature, a dû être légèrement réduit par la photographie; les lignes manuscrites de l’original ont 9 centimètres de longueur au lieu de 7.
- CHRONIQUE
- Ce que coûte un coup dç canon. — Les progrès constants apportés à l’art militaire, et en particulier à la fabrication des pièces de canon, ont permis de construire des bouches à feu lançant des projectiles énormes. 11 était intéressant de se rendre compte de ce que coûtait un coup de canon. L'Economiste belge fournit sur ce sujet des chiffres fort curieux. Nous ne citerons que l’exemple du canon de marine de 110 tonnes dont chaque coup coûte 4160 francs, savoir :
- Poudre, 400 kilogrammes............. 1900 francs.
- Projectile 900 — .......... 2175 —
- Soie pour la cartouche.............. 85 —
- Total 4160 francs.
- Ce prix représente, à 4 pour 100, le revenu annuel d’un capital de 104000 francs. Ce qui est plus excessif encore, c’est que la pièce de 110 tonnes ne peut, paraît-il, tirer plus de 95 coups sans exiger d’importantes réparations. Or le prix de ce canon étant de 412 000 francs, il y a lieu d’ajouter à la somme indiquée ci-dessus, 4340 francs, pour frais d’usure par coup. Ce qui porte la dépense de chaque charge à 8500 francs. C’est pour rien!
- Étoiles de mer et bancs d’huitres. — Dans un de ses derniers Bulletins sur l’ostréiculture américaine,
- Suite. Voy. n° 881, du 19 avril 1890, p. 318.
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- 31. Jngersoll signale les ravages causés par les Etoiles de mer dans les bancs d’huîtres; il estime ces ravages à ‘200 000 dollars, rien (pie pour les parcs établis dans la baie de Buzzard, à l’extrémité occidentale du détroit de Long-lsland. Le nombre des Étoiles de mer s’est accru d’une façon prodigieuse depuis qu’on s’est mis à cultiver les huîtres dans ces parages. Les Etoiles de mer s’attaquent principalement aux jeunes huîtres, les entourent de leurs tentacules, brisent de leur bouche le bord des écailles encore peu épaisses, jusqu’à ce qu’elles atteignent l’animal; puis elles font pénétrer dans l’écaille leur estomac très extensible et arrivent ainsi à aspirer peu à peu le corps entier de l’huître sans défense.
- l>es raisins secs californiens. — La Californie attache aujourd’hui beaucoup d’importance à la préparation des raisins secs, industrie dont plusieurs Californiens sont allés faire une étude complété en Espagne. L’emballage de ces raisins a été perfectionné, pendant qu’on améliorait les Vignes qui les produisent, aussi sont-ils plus sucrés que les raisins espagnols, et ils peuvent se conserver cri bon état pendant un an, tandis que le sucre de ceux-ci s’effleurit en poussière blanche à la surface des grains. D’après le journal Garden and Forest, la Californie a expédié l’an dernier 1250 000 boîtes de raisins secs : ces boites, destinées principalement à l’Australie et aux îles du Pacifique, auraient même trouvé quelques débouchés en Europe.
- Destruction «lu kangourou. — Cette race intéressante est sur le point de disparaître; d’après l’avis des hommes compétents, il n’existera bientôt plus un seul kangourou, si l’on ne inet un terme aux hécatombes pratiquées depuis quelques années. R. G. Salomon, l’un des plus grands tanneurs d’Amérique et l’un des principaux importateurs de peaux de kangourous, propose de punir sévèrement tous ceux qui abattent un kangourou dont la peau pèserait moins de 10 à 12 livres. On a déjà pris en Australie et en Tasmanie des mesures de rigueur, et il est défendu dans ces pays de chasser maintenant le kangourou du lor janvier au 1er mai.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 juin 1890. —Présidence de M. Hermite.
- M.R.Bischoffsheim.—Nos lecteurs se rappellent que le décès de M. Cosson avait laissé un vide dans la section des académiciens libres. Une commission chargée de préparer une liste de candidats a proposé en première ligne : M. Bischoffsheiin et en deuxième ligne, ex aequo et par ordre alphabétique : MM. Laussedat, Lauth, Rochard et Rouché. Les votants étant au nombre de 67, 31. Bischofl's-heim est élu par 57 voix contre 15 données à M. le colonel Laussedat, 14 à 31. Rochard et 1 à 31. Rouché; il y a trois billets blancs.
- La ressemblance entre époux. — C’est d’une manière tout à fait intéressante que 31. de Lacaze-Duthiers signale un 31émoire des plus originaux de 31. Herman Fol et dépose à l’appui, sur le bureau de l’Académie, une série de photographies représentant de jeunes Suisses au moment même de leur mariage. 11 est généralement admis que les époux, âgés finissent par se ressembler d’une manière frappante. D’autre part, certains observateurs superficiels ont cru que les couples se formaient suivant la règle des contrastes et que chacun choisit un conjoint aussi dissemblable que possible de lui-même. 11 résulterait de là que la vie conjugale modifie profondément les traits des époux
- et amène une convergence remarquable. Comme bien des gens sont disposés à prendre ces considérations pour des faits démontrés et même en font la base de fort savants raisonnements relativement à l’influence d’un premier mariage sur les caractères physiques des enfants d’un second lit, 31. H. Fol s’est proposé, avant tout, de soumettre à une vérification sévère les assertions si facilement acceptées. Or, il a trouvé des documents très précis dans les portraits photographiques que les jeunes Suisses ont l’habitude de faire l'aire le jour de leur noce, et il reconnu que la loi des contrastes, comme celle de la convergence, n’est aucunement vérifiée. Après diverses éliminations qu’il justifie, l’auteur a conservé les portraits de deux cent cinquante-un couples dont cent quatre-vingt-dix-huit jeunes et cinquante-trois âgés et il les a classés en trois catégories : 1° ceux dont la ressemblance est au moins aussi grande qu’elle peut l’être entre frère et sœur ; 2° ceux dont la ressemblance est de incme ordre que la moyenne des ressemblances entre frère et sœur; 5U ceux dont la ressemblance est moindre que le point de comparaison choisi ou même tout à fait nulle. Voici le résultat :
- Couples. Ressembla uce très grande. Ressemblance moyenne. Ressemblance minime ou nulle.
- Jeunes. . Vieux . . 5i soit 27,27 0/0 13 soit 2i,53 0/0 78 soit 39,39 0/0 25 soit 17,17 0/0 06 soit 33,53 0/0 15 soit 28,50 0/0
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- et si l’on additionne les deux premières colonnes entre lesquelles on est souvent embarrassé de classer un cas, on trouve :
- Couples. Ressemblance. Dissemblance.
- Jeunes. . 152 soit 66,66 0/0 66 soit 33,53 0/0
- Vieux. . 38 soit 71,70 0/0 13 soit 28,50 0/0
- 31. Fol résume ainsi son intéressant travail : « 1° les couples s’unissent en suivant la règle des conformités et non pas celle des contrastes; 2° la ressemblance entre époux âgés n’est pas un fait acquis par l’efl'et de la vie conjugale, puisque cette ressemblance existe déjà au moment du mariage à peu près dans les mêmes proportions que dans les vieux ménages. »
- Les inosites. — Un se rappelle les belles expériences qui ont conduit 3131. 3Iaquenne et Tanret à distinguer quatre inosites d’après leurs propriétés optiques : la droite, la gauche, la neutre et l’inactive. C’est un ensemble parfaitement comparable à celui des acides tartriques étudiés naguère par 31. Pasteur. 31. Berthelot, qui a soumis ces derniers à des mesures thermochimiques devenues classiques, vient de réaliser sur les inosites un ensemble de déterminations correspondantes, et le parallélisme entre les deux séries s’en trouve de nouveau confirmé. Les deux inosites droite et gauche dégagent la même quanfité de chaleur et se dissolvent dans l’eau, et leur mélange ne donne lieu à aucun mouvement thermométrique; c’est que l’inosite neutre n’exige pas plus la dissolution que l’acide racémique et qu’elle se constitue seulement, comme il fait lui-même, au moment de la cristallisation.
- Étude sur Lavoisier. — Le grand succès fait par le public à l’éloge de Lavoisier, prononcé par 31. Berthelot dans la dernière séance solennelle de l’Académie, a encouragé l’illustre secrétaire perpétuel à compléter son beau travail et il le publie aujourd’hui sous la forme d’un volume de la Bibliothèque scientifique internationale. Un intérêt, nouveau est ajouté à cette œuvre si remarquable
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- en elle-même, par les extraits que M. Berthelot a faits des registres d’expériences de Lavoiser : un accueil empressé lui est assuré non seulement auprès des chimistes, mais aussi de toutes les personnes qui sont au courant des méthodes de la science.
- Propriétés thermiques de l'acide urique. — L’acide urique est considéré comme bibasique et en effet il est saturé par deux équivalents de base. Mais les recherches thermochimiques de M. Matignon viennent de lui démontrer que ces deux équivalents sont loin d’être unis à l’acide de la même façon. Le deuxième équivalent en effet n’est contenu dans le sel qu’avec une quantité de chaleur très inférieure à celle qui correspond au premier. Ce fait remarquable conduit à une conséquence chimique intéressante, en expliquant pourquoi les urates sont si facilement décomposés par les acides faibles et même par l’eau. Au point de vue physiologique il fait aussi comprendre comment, les phosphates étant capables de décomposer les urates, les urines présentent parfois ce caractère d’acidité dont la raison n’a pas encore été donnée d’une façon satisfaisante.
- Evolution de la phtisie. — 11 résulte, de très nombreuses expériences que MM. Héri-court et Charles Richet ont répétées sur de nombreux lapins, que la transfusion péritonéale du sang de chien apporte un retard considérable dans le développement de la tuberculose.
- Varia. — MM.
- MascartetFaye discutent les conditions de l’air dans lescyclones. — Des mesures de M. Ferrari ont pour but de déterminer les doses antiseptiques et anti-peptiques de diverses substances. — D’après M. Ainagat un accroissement modéré de la température ne modifie pas sensiblement l’élasticité du verre.
- Stanislas Meunier.
- TRUCS DE THEATRE
- LA FÉERIE DES (( PILULES DU DIABLE ))
- Les mystères de la scène ont toujours le don d’intéresser le public, et nous ne croyons pas qu’on enlève le moindre intérêt à une pièce, fût-ce même une féerie, en dévoilant ses trucs. Nous pensons qu’au contraire le spectateur qui sait comment cela se fait, suit avec d’autant plus d’intérêt la scène en cherchant à saisir les détails de l’opération, que la plupart du temps, du reste, il ne saisit pas du tout. Bien que prévenu, quand le truc est bien fait,
- on ne peut pas voir la ficelle. — On a repris depuis quelque temps, au théâtre du Châtelet, les Pilules du Diable; c’est une pièce bien ancienne, mais qui amuse et amusera toujours parce que c’est le véritable type de la féerie; c’est celle où il y a le plus de trucs. Nous nous proposons d’en décrire quelques-uns. Ils donneront une juste idée de l’habileté avec laquelle on sait combiner les effets de ce genre.
- Une scène de la pièce qui a beaucoup de succès est celle où une vieille sorcière fait sortir un homme de sa chaudière. Sur la demande de l’un des personnages de la pièce, son protégé, elle lui fournit un domestique merveilleux qu’elle fabrique de toutes pièces. Elle fait venir une grande marmite, les aides qui l’apportent l’ouvrent et montrent au public qu’elle ne contient absolument rien, non plus que son couvercle qu’ils déposent à côté. La sorcière verse
- quelque poudre mystérieuse, fait ses évocations, une flamme paraît ; on recouvre la marmite de son couvercle et aussitôt un homme en sort et gambade sur la scène. 11 n’a pu s’introduire dans la marmite par le plancher, car elle est supportée par un pied très léger. Les spectateurs ne comprennent pas par où l’homme est entré puisque avant de déposer le couvercle à terre on a fait voir qu’il était absolument vide. Oui, mais quand on le replace sur la marmite en le tenant cette fois bien de profil, il n’en est plus de même, car pendant qu’il était sur le plancher une trappe s’est ouverte et un homme est venu se loger dedans comme le montre la gravure ci-dessus; c’est un clown généralement qui remplit cet office, car il faut être assez disloqué pour se loger dans un aussi petit espace. Le couvercle de la marmite est muni intérieurement de deux barreaux peu visibles où l’acrobate peut appuyer ses pieds et se tenir des mains. Le truc fait toujours beaucoup d’effet.
- Dans un prochain article nous examinerons la célèbre scène de l’homme coupé en morceaux par un accident de chemin de fer, et raccommodé sous les yeux mêmes des spectateurs. Nous décrirons ensuite les tables mystérieuses employées dans la même féerie.
- — A suivre. — G. MaRESCHàL.
- Le Propriétaire-Gérant : U. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
- Trucs de théâtre. — La marmite magique de la féerie des Pilules du Diable au Théâtre du Châtelet, à Paris,
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- N° 891.
- ‘28 JUIN 1890.
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- LE STÉNOTÉLËGRAPHE
- SYSTÈME A. CASSAGNES
- La rapidité des communications est, sans contredit, une des plus grandes nécessités de notre époque. Quand un événement important se produit en un lieu quelconque, il est immédiatement signalé dans toutes les directions; c’est à qui fera connaître le premier la nouvelle. Dans cet ordre d’idées, le télégraphe rend chaque jour de grands services; on nous accordera, cependant, que le rendement des appareils les plus perfectionnés est relativement bien limité et que le prix de transmission est très élevé. C’est pour les dépêches de presse que ces deux inconvénients se font particulièrement sentir.
- Le Sténotëlé-graphe deM. Cas-sagnes, dont nous nous proposons de donner une description sommaire, a pourbut de remédier, dans une large mesure, aux inconvénients que nous venons de signaler. Comme son nom l’indique, ce nouvel appareil transmet a la vitesse de la parole et transcrit , à distance, la sténographie par les procédés de la télégraphie multiple. Nous ajouterons de suite que la sténographie obtenue est imprimée sur une bande de papier, en caractères typographiques que chacun peut lire.
- Le sténotélégraphe se compose essentiellement d un transmetteur au départ et d’un récepteur a l’arrivée (fig. 1 et 2). Dans le cas d’une petite distance, de 2 à o kilomètres, dans une même ville, par exemple, le transmetteur et le récepteur sont reliés par un câble — de vingt fils — dont le prix est possible pratiquement; pour les distances éloignées, entre deux villes, par exemple, la transmission et la transcription à l’arrivée sont réalisées à l'aide des'mêmes t8° année. — 2e semestre.
- appareils reliés par un seul lil télégraphique ordinaire. Dans ce dernier cas on fait usage, au départ, de quelques appareils intermédiaires dont nous parlerons.
- Examinons successivement les divers éléments de cet ensemble. Comme transmetteur, M. Cassagnes emploie le clavier de l’appareil de sténograghie mécanique, système Michela, dont il est utile de dire quelques mots pour la compréhension de ce qui va suivre. Le clavier Michela comporte vingt touches de piano actionnant chacune, par l’intermédiaire
- d’un levier horizontal, une tige verticale portant à l’une de ses extrémités un caractère conventionnel. Les tiges verticales, au nombre de vingt — une pour cha-quetouche — sont réunies sous une bande de papier de 0n,,044 de largeur, elles impriment sur cette bande les signes correspondants aux touches abaissées comme le montre la ligure 4i.
- Les choses sont disposées de telle sorte qu’une ligne représente une syllabe formée de la manière suivante : Une des six premières touches de gauche du clavier ou une combinaison de deux ou trois touches, donne la première consonne de la syllabe; les quatre touches suivantes donnent la deuxième consonne; les quatres autres touches donnent la voyelle; enfin les six dernières touches donnent la dernière consonne de la syllabe.
- La manipulation de cet appareil, employé couramment au Sénat italien, est extrêmement simple. Les mots prononcés par un orateur sont décomposés par le sténographe qui tient le clavier, il les imprime syllabe par syllabe sur la bande de papier, à la vitesse de la parole.
- 1 Traduction : la combinaison de la sténographie mécanique et de la télégraphie, permet d’obtenir une rapidité de transmission inconnue jusqu’à ce jour.
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- C’est le clavier et l’alphabet Michela <pie M. Cas-sagnes emploie, avec cette différence que, dans le sténotélégraphe, rabaissement des touches a simplement pour but de fermer un circuit électrique qui agit comme nous allons l’expliquer sur l’appareil récepteur. D’autre part, comme nous l’avons déjà dit, les combinaisons de signes Michela, produites au départ, sont transformées à l’arrivée de manière à fournir, non pas des signes conventionnels, mais bien les lettres typographiques correspondantes.
- Le récepteur représenté en vue d’ensemble figure 1 est expliqué par la figure 2. II se compose essentiellement de : 1° vingt électroaimants A reliés chacun par un fil du câble — cas d’une transmission à petite distance — à une touche de clavier. Ces électros sont disposés en quatre groupes de 6,4,4 et 6 correspondants aux groupes de touches dont nous avons parlé plus haut; 2° vingts glissières horizontales B, disposées au-dessus des électros, groupées elles-mêmes en quatre séries ; chaque glissière est normalement enclenchée par une tige t faisant corps avec l’armature a de l’é-lectro correspondant, et qui pénètre dans une encoche e de la glissière; 5° quatre roues des types
- R emmanchées, à frottement, sur un arbre O, vis-à-vis des quatre groupes de glissières. La première de ces roues comporte à sa périphérie vingt-six caractères typographiques, elle imprime la première consonne de la syllabe; les roues suivantes comportent respectivement onze, onze et vingt-six caractères typographiques pour l’impression de la deuxième consonne, de la voyelle et de la dernière consonne de la syllabe. Chaque roue fait corps avec une spirale dentée D qui porte un nombre de dents égal au
- nombre des types de la roue correspondante.
- Le fonctionnement de cet ensemble est le suivant.
- Quand, au départ, on abaisse une touche du clavier, le circuit de l’électro correspondant A, par exemple, du récepteur est fermé ; l’armature a est attirée et avec elle la tige t qui déclenche la glissière B. Celle-ci, sollicitée par le ressort à boudin M, se déplace dans le sens de la flèche. La vis Y vient alors buter contre l'extrémité de droite de la glissière B,, et l’extrémité de gauche de la première B, est arrêtée à une distance déterminée à l’avance de l’axe 0.
- Si, en même temps, on provoque le déclenchement de l’arbre O, qui reçoit un mouvement de
- y—r------------Papier
- yTampon d'irhpression
- Fig. 2. — Schéma du mécanisme de l’appareil récepteur.
- Relais I
- Courant
- correcteur
- 4 p 1 jurants correcteurs
- Pile locale
- Es correcteur
- 'Rhéostat
- Station de transmission
- Station de réception • [j Terre
- ri Terre
- Fig. 3. — Schéma de l’installation de deux postes en communication.
- rotation par un petit moteur électrique, les roues des types sont entraînées ; celle située vis-à-vis de la glissière B est arretée quand la dent de la spirale I), qui est à la même distance de l’axe de rotation 0 que l’extrémité de la glissière, vient buter contre cette dernière.
- L’appareil est réglé de telle sorte, qu’au moment de l’arrêt, la lettre correspondante à l’avancement de la glissière se trouve sous le tampon d’impression.
- Supposons maintenant que, pour obtenir une lettre, on doive abaisser, par exemple, deux touches du clavier, fermant les circuits des électros A et A;.
- On voit aisément que la glissière B;, avançant vers
- la gauche d’une certaine quantité réglée par la vis Yj, l’arrêt de la vis Y se trouve reculé d’une quantité égale. Le déplacement de la première glissière B est donc la somme des déplacements individuels des deux glissières considérées ; la dent de la spirale arrêtée correspond, dans ce cas, à la combinaison des deux touches abaissées. L’ensemble du récepteur est complété par quelques dispositions de détail; ainsi une série de cames S produisent, au moment voulu, l’impression, l’avancement du papier, le recul vers la droite des glissières B que les tiges t enclenchent de nouveau dans leur position initiale.
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- Ce que nous venons de dire pour une roue des types se pusse de même pour les autres, et l'impression des syllabes se produit comme le montre la ligure 5 qui reproduit la traduction sténographique en clair des signes conventionnels de la figure 4.
- Comme on le voit, les bandes obtenues sont parfaitement lisibles; elles peuvent être utilisées par les compositeurs d’imprimerie, soit directement, c’est-à-dire sans orthographe, soit révisées par un correcteur.
- Au point de vue sténographique proprement dit, cet appareil, qui permet la transmission de plus de deux cents mots par minute1, offre donc de sérieux avantages sur la sténographie à la main en réduisant d’autre part le temps nécessaire à la transcription.
- Examinons maintenant le cas de transmission à grande distance.
- Comme dans tous les télégraphes à transmission multiple, on fait usage, dans ce cas, d’un 'distributeur dont nous ferons connaître le principe : Supposons, au départ, un cercle en cuivre D (lîg. 5), divisé en un certain nombre de secteurs isolés les uns des autres, sur lesquels se déplace l’extrémité d’un frotteur F, monté sur l’axe d’une roue phonique A, de Paul la Cour, que les secteurs, au nombre de vingt, soient reliés chacun par un fil à l’une des touches du clavier. A la station de réception, imaginons un appareil identique dont les secteurs sont reliés aux électros du récepteur imprimeur. Supposons enfin que les deux frotteurs F et F’ reliés par un fil de ligne L tournent à la môme vitesse et passent au même instant sur les secteurs de même rang.
- Si l’on abaisse une touche du clavier, celle portant lenü 4, par exemple, le courant passera dans le fil de ligne et viendra actionner l’électro n° 4 quand les frotteurs passeront sur les secteurs n° 4, et à ce moment là seulement.
- L électro-aimant attire son armature et, les effets que nous avons indiqués antérieurement avec le câble de vingt fils se reproduisent ici avec un seul fil.
- On comprend cependant que, pour les grandes
- 1 La rapidité de la parole atteint rarement 180 mots par minute.
- distances, on soit dans la nécessité de se servir, à l’arrivée, de relais U fermant le circuit d’un courant local qui actionne les électros du récepteur.
- D’autre p art, pour que la transmission put se faire sans perdre de contacts, il faudrait, qu’au départ, le clavier fût actionné en cadence à raison d’une syllabe par tour du frotteur de ce poste. Or, cette condition ne peut être réalisée puisque la rapidité de la manipulation du clavier est subordonnée à la vitesse de la parole. Pour remédier à cet inconvénient, M. Gassagnes emploie deux petits appareils dont nous ne ferons connaître que le principe.
- Le clavier actionne, au départ, un organe spécial ou perforateur qui se compose essentiellement de vingt poinçons agissant verticalement, comme emporte-pièce, sur une bande de papier. Cette bande, au sortir de l’apjtareil, est donc percée d’une série
- de trous rectangulaires à l’endroit qu’occuperaient les signes conventionnels si l’on faisait de l’impression.
- La bande ainsi obtenue (fig. 6), à la vitesse de la parole, est placée dans un autre appareil ou entraîneur qui l’entraîne automatiquement et par saccades, en la faisant avancer d’une ligne à la fois. Vingt leviers à ressort tendent constamment à pénétrer dans les trous de la bande pour établir une série de contacts et fermer les circuits des relais correspondants installés à l’arrivée. A l’endroit où il n’est pas perforé, le papier forme donc isolant. Le mouvement de l’entraîneur est réglé par le distributeur du poste de départ.
- Dans la pratique, c’est aux leviers à ressort de l’entraîneur de la station de transmission et non aux touches du clavier, comme nous l’avions supposé plus haut, pour faire comprendre le système, que sont reliés les secteurs du distributeur de ce poste.
- Les bandes obtenues à l’arrivée sont identiques à celle représentée figure 5.
- La figure 5 donne la disposition d’ensemble des deux postes dans le cas de transmission à grande distance. Le point important à retenir, c’est la nécessité de la perforation préalable et l’emploi de bandes perforées à la vitesse de la parole, pour l’envoi des courants à la station de réception.
- Le rendement théorique de l’appareil est le sui-
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- Fig* 4. Fig. 5. Fig. 6.
- Impressions et bande perforée du sténotélégraphe.
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- vaut, l'ourles très grandes distances, Paris-Marseille, par exemple, les expériences faites ont montré que l’on pouvait faire usage de distributeurs à deux séries de secteurs. Les frotteurs faisant trois tours par seconde et le rapport des lignes sténographiques aux mots qu’elles représentent étant d’environ 80 pour 100, on voit que, sur cette distance, on peut transmettre 2x3x60x0,80 = 288 mots par minute.
- Pour les distances moindres, Paris-Bruxelles, par exemple, on peut faire usage de distributeurs à trois séries de secteurs. Le rendement, dans ce cas, atteint o X ô X 60 X 0,80 = 452 mots par minute.
- Nous n’insisterons pas davantage sur cet énorme rendement théorique; nous pensons que la marge est suffisante pour permettre un rendement pratique bien supérieur à celui du télégraphe le plus rapide qui donne de 25 à 50 mots par minute au maximum.
- Il est vrai (pie le télégraphe transmet des mots orthographiés, ce qui n’est pas toujours utile ; le sté-notélégraphe peut naturellement transmettre aussi en orthographiant, mais avec une diminution de rendement de 50 pour 100 environ. L. Chenut,
- Ingénieur des arts et manufactures.
- Troues a'arlire servant de tam-tams à l’ile Protection, Nouvelles-Hébrides. (D'après une photographie.)
- LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE
- AUX NOUVELLES-HÉBRIDES
- Les naturels des Nouvelles-Hébrides, qui se livrent encore aux pratiques de l’anthropophagie, nous offrent un des plus curieux sujets d’études contemporaines a faire sur des populations primitives et sauvages. Nous empruntons le curieux dessin ci-dessus à un Mémoire qui a été publié par MM. A. Ihigen, médecin de la marine, et A. Pineau, lieutenant d’infanterie de marine, dans l’ancienne Revue d'ethnographie de M. Iïamy ; ce dessin représente des troncs d’arbre creusés, quelquefois percés de plusieurs trous réunis entre eux par une fente verticale ; ces troncs sont ornés, à leur partie supérieure, de sculptures représentant des tètes, des
- pieds, des casse-tête, des navires. C’est en frappant sur chacun d’eux, à l’aide d’un bâton, que les naturels produisent des sons assez cadencés, rappelant ceux du tam-tam. Les Néo-IIébridais exécutent leurs danses aux sons de ces tam-tams; ils s’y livrent après s’ètrc barbouillés le visage en rouge et en noir. Ils ont encore trois autres instruments de musique, une sorte de trompe faite d’un coquillage percé sur le côté ou à l’extrémité; la flûte de Pan à six, sept ou huit tuyaux, dont ils tirent parfois des sons harmonieux ; une flûte longue, percée à son extrémité inférieure, composée d’un seul morceau de bambou avec trois trous et une embouchure. Ces instruments ne servent que dans l’intérieur des maisons, pour amuser les enfants.
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- LA CULTURE DU FRAISIER
- AUX ENVIRONS DE PARIS
- Les fraises appartiennent à tous ceux qui veulent les cueillir, car indépendamment des fraisiers des jar-
- dins et des vastes fraiseraies des environs des grandes villes, ce fruit délicieux pousse dans les bois et même le long des baies. Or ees fraises sauvages sont loin d’être les moins succulentes, d’aucuns même les préfèrent aux grosses variétés améliorées, Victoria, Dr Morère, Marguerite, etc., qui sacrifient
- Principales variétés de fraises. — 1. Morère. — 2. Quatre saisons. — 3. Jucunda. — 4. Héricart. — 5. Fraise des bois. 6, Victoria. — 7. Marguerite. — 8. Princesse royale. — 9. Eleanor. (Grandeur naturelle.)
- souvent le goût à la grosseur et même à l’énormité.
- La fraise constitue un dessert rafraîchissant et parfumé, peut-être un peu lourd sur l’estomac si on en consomme beaucoup, mais qui se digère facilement si on a soin de le saupoudrer d’un peu de sucre ou d’y adjoindre un tant soit peu de kirsch ou de bon vin. On prétend même, qu’en mangeant des fraises matin et soir, on prévient les attaques de
- goutte et on guérit les rhumatismes. Cette assertion toutefois demanderait à être vérifiée. D’ailleurs ce fruit convient surtout aux tempéraments sanguins et bilieux. Quoi qu’il en soit, la fraise est un fruit délicieux et sa consommation dans les grandes villes a pris une telle extension, que les jardins des maraîchers, joints à la production spontanée des bois, sont devenus insuffisants; aussi aujourd’hui
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- LA NATURE.
- cullive-t-on en grand, aux environs des grands centres, de vastes espaces appelés fraiseraies. Les environs d’Angers, d’Orléans, de Marseille, de Bordeaux, et surtout de Paris, nous en donnent des exemples. Paris est alimenté en fraises par Bordeaux, Angers et surtout la Bretagne; de plus, de vastes fraiseraies s’étendent dans les environs, notamment a Verrières, Sceaux, Chàtenay, Marly, Fontc-nay-aux-Roses, Bagneux» Rosny, Bagnolet, etc., où l’on cultive, cela va sans dire, les variétés les plus recommandables. Parmi celles-ci, nous devons citer, par ordre de mérite : le fraisier des Quatre saisons, ou de tous les mois, bien connu ; ÏEléanor, grosse fraise de demi-saison; la Jucunda, grosse fraise tardive; la Marguerite, énorme fraise hâtive; la Vicomtesse Iléricart, également hâtive; la Victoria, et une foule d’autres. (Voy. la gravure.)
- En 1860, Mrae Elisa Vilmorin évaluait à 130 hectares le terrain consacré à une seule de ces variétés, VElton, dans les seules communes de Verrières, Sceaux, Rueil, Chàtenay, Marly, Fontenay-aux-Roses, etc.; mais, depuis, la cuRure des fraiseraies s’est encore étendue, et on estime aujourd’hui qu’elles couvrent plus de 500 hectares dans le département de la Seine.
- Le charmant village de Bagnolet, seul, compte plus de 300 cultivateurs de fraisiers. Les producteurs attachent une grande importance à la variété cultivée, et cela avec juste raison. Ainsi, comme le fait remarquer M. Ch. Baltet, le pays de Bièvres, dans une situation agréablement vallonnée, a commencé la plantation spéculative des fraisiers Eléa-nor et Jucunda. ha Princesse royale tend à disparaître. La Victoria y est appréciée, mais les marchands la trouvent un peu ronde. Quant 'a la Marguerite, son infériorité, pour le cultivateur1, tient à la légèreté relative de son fruit. « Portez un panier de Marguerite à la Halle, nous disait un jardinier de Bièvres, et un panier de ïllérica% grâce au poids de celle-ci, vous toucherez 40 sous de plus qu’avec la Marguerite. La fraise des Qualité saisons est d’une vente certaine ; aussi a-t-elle tenté partout le cultivateur.
- A Clamart un cultivateur ayant planté un hectare de fraisiers Jucunda, dans un sol froid et tardif, eut une récolte plus tardive encore et en tira, dit-on, neuf mille francs (jusqu’à trois francs le kilogramme). Il en résulte une propagande de la Jucunda que nous avons pu constater avec ÏEléanor, vulgairement Eléonore, dans la charmante vallée de Bièvre.
- La petite fraise des bois apporte modestement son contingent à l’alimentation, elle arrive surtout de la Haute-Marne, où des villages tels que La Yille-aux-Bois et Le Puits-des-Mèzes ont vendu pour neuf mille francs de cette sorte ; récolte faite dans les bois, donc tout bénéfice.
- Aux environs de Paris, la culture du fraisier se fait généralement en planches de quatre lignes avec
- 1 Le consommateur n’est pas toujours de cet avis.
- 2 Nom vulgaire de la variété Vicomtesse Iléricart.
- un espacement de 30 centimètres sur chaque ligne. Tous les ans, au commencement de l’automne, les fraisiers sont recouverts de paille et découverts au printemps; ainsi traitée, une fraiseraiedure de cinq à six ans. Au petit village de Bagnolet, la récolte des fraises dure un mois, on fait huit cueillettes sur chaque pied.
- Les fraises récoltées industriellement dans la banlieue parisienne, notamment à Montreuil, à Bagnolet et à Romainville, sont cueillies et transportées aux Halles dès 3 heures du matin.
- Un hectare rend à chaque cueillette une moyenne de 600 paniers de fraises, ce qui donne, pour la récolte totale, 4800 paniers par hectare. Or, chaque panier se vendant en moyenne ifr,50, cela fait une recette brute de 7200 francs par hectare; les frais totalisés s’élevant à 3000 francs environ par hectare, cela fait un bénéfice net de 4200 francs. Peu de cultures, ce nous semble, sont aussi rémunératrices.
- Toutes les fraises qui arrivent à Paris ne sont pas consommées en nature ; une partie, bien minime, il est vrai, est employée dans la confiserie et même en pharmacie, car le sirop de fraises est justement apprécié et les confitures qu’on fabrique avec ce fruit sont généralement très délicates.
- Quant aux bonbons, aux sorbets, aux glaces à la fraise, on les parfume avec l’essence de fraise, ou plutôt l’essence dite de fraise, qui est une des merveilles de la chimie moderne, en ce sens qu’elle est faite sans fraises; celle-ci est, en effet, constituée par un mélange des ingrédients qui suivent : bu-tyrate d’éthyle, 5 parties; éther nitrique, i ; for-miate d’éthyle, 1; acétate d’éthyle, 4; salicylate de méthyle, 1. Ajoutons, pour être juste, que cette composition a exactement le parfum de la fraise la plus délicate, et qu’employée en petite quantité, comme c’est le cas le plus général, elle n’est nullement dangereuse pour les consommateurs.
- Albekt Larbalétrier.
- L’UNITE DE PRESSION
- Dans la théorie des grandeurs physiques, on nomme pression le quotient d’une force par une surface; c’est ainsi que l’on parlera d’une pression de 5 kilogrammes par centimètre carré, le poids n’étant qu’un cas particulier de la force. Dans un système cohérent, l’unité de pression sera celle qui, appliquée à l’unité de surface, produira une poussée égale à l’unité de force.
- Or, on sait comment, jusqu’à ces dernières années, le choix des unités a été laissé au hasard. Sans parler du système C. G. S., les mécaniciens et les physiciens n’ont pas moins de quatre pressions différentes qui servent d’unités. Les coefficients d’élasticité sont exprimés en kilogrammes par millimètre carré (kg : mm2) ; les compres-sibilités en atmosphères, les pressions dans les chaudières en kilogrammes par centimètre carré (kg : cm2) ; enfin les pressions elles-mêmes sont le plus souvent exprimées en mètres ou millimètres de mercure. On conçoit l’inextricable complication qui en résulte lorsque les divers coefficients d’une formule pratique sont rapportés, comme cela arrive fréquemment, à plusieurs de ces unités. ' ~
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- La valeur de l’atmosphère, fixée depuis Laplace à 760 millimètres de mercure, dans des conditions précisées par le Comité international des poids et mesures et les Congrès météorologiques, est commode dans certaines observations qui font intervenir la pression atmosphérique, et il est certainement utile de la conserver, pour quelques années encore, dans certains cas particuliers. Mais il ne paraît pas douteux que toutes les constantes physiques relatives à la pression doivent être désormais rapportées à une unité reliée au système C. G. S. L’unité absolue dans ce système est la dyne1 par centimètre carré. Mais cette unité est trop petite pour les applications, et on substitue à la dyne une force un million de fois plus grande, la mégadyne. C’est dans cette unité que plusieurs auteurs ont déjà exprimé la compressibilité de divers corps; mais, si elle n’est pas encore entrée dans l’usage ordinaire, c’est, croyons-nous, pour deux raisons qui, au premier abord pourraient paraître extrêmement futiles. La première est qu’elle n’a pas de nom, et qu’on hésite à écrire en tète d’un tableau : les nombres sont rapportés à la mégadyne par centimètre carré ; le fait qu’aucun Congrès n’a fixé sa valeur normale explique la seconde.
- Nous avons proposé de désigner cette unité par le mot barie, dont l’étymologie, bien que peu rigoureuse, est motivée par les mots baromètre, courbes isobares, etc. De plus, les déterminations récentes montrent que sa valeur la plus probable est donnée par une colonne de mercure de 75cm,006 à 0°, située à 45° de latitude et au niveau de la mer. Le chiffre 6 qui termine ce nombre, bien que donné par le calcul, est encore incertain de toute sa valeur, et la décimale correspondante ne pourra être fixée que par une nouvelle détermination de la densité de l’eau, c’est-à-dire de la masse du litre. On aurait donc une valeur suffisamment exacte de la barie, en adoptant le nombre de 75 centimètres. L’approximation serait exactement du même ordre que pour les unités fondamentales du système métrique, le mètre et le kilogramme; elle serait au moins vingt fois plus grande que celle de l’ohm légal, pour laquelle on a adopté un nombre arrondi, mais très probablement erroné de 2 à 3 pour 1000. Nous voyons là un hasard très heureux, qui nous donne, dans l’unité C. G. S. de pression, un nombre voisin de l’atmosphère, et si simple que la réduction au mètre de mercure se fait par l’application du coefficient 3/4 ou 4/3.
- Ch. Ed. Guillaume.
- LES FÊTES PUBLIQUES8
- Nous ne dirons rien des fêtes du Carnaval, aujourd’hui démodé : la guerre de 1870 a même presque complètement fait disparaître chez nous l’antique usage du cortège du bœuf gras. Mais il est resté en France une mode qui subsiste dans un grand nombre de villes, c’est celle des cavalcades et des défilés historiques. Ces fêtes locales ont parfois une importance considérable et nous en avons donné précédemment plusieurs exemples. Nous terminerons aujourd’hui notre étude en parlant de l’u-
- 1 On se souvient que la dyne est la force qui, appliquée à 1 gramme-masse, lui communique une vitesse de 1 centimètre au bout d’une seconde ; elle est égale à 1 gramme-poids divisé par l’accélération de la pesanteur, soit 981 environ à Paris.
- 2 Suite et fin. — Voy. n° 882, du 26 avril 1890, p. 331.
- sage des lanternes, des transparents dans les fêtes illuminées et les retraites aux flambeaux. M. Francis Molard, archiviste départemental de l’Yonne, qui a fait une étude spéciale sur le sujet, nous fait remonter à l’origine de ces spectacles populaires, et nous donne quelques intéressants détails sur l’usage des lanternes; nous les lui empruntons ici :
- C’est dans l’extrême Orient qu’est né et s’est développé le premier germe de l'éclairage des transparents de corne, de soie et de papier. L’antiquité grecque et romaine ne pouvait guère y songer, puisqu’elle ne possédait que le papyrus et le papier d’écorces, tous deux trop opaques et trop fibreux pour obtenir un résultat utile en ce genre de décoration. Les Chinois, au contraire, dès le deuxième siècle avant l’ère chrétienne, eurent la bonne fortune de trouver le papier de coton, qui, plus mince et en tout cas beaucoup plus lucide, se prêtait admirablement à l’illumination. Aussi, les lanternes de papier, tantôt simplement blanc, tantôt diversement colorié, ne tardèrent pas à être, dans ces pays, de l’usage le plus commun. Il s’y célébrait autrefois, et il s’y célèbre encore aujourd’hui, une grande fête, dite des Lanternes, qui a l’analogie la plus étroite avec nos retraites illuminées. Du 13 au 17 du premier mois de l’année chinoise, la terre des Fils du Ciel n’est qu’un immense parterre de lumières étincelantes et multicolores. Il n’y a personne dans les villes et les campagnes, sur les côtes ou sur les rivières, qui n’allume des lanternes peintes, de formes bizarres. Chacun veut se distinguer. Les pauvres en ont à assez bon compte ; celles des riches vont quelquefois jusqu’à 200 francs. Les grands mandarins, les vice-rois et leurs parents en font fabriquer qui coûtent plusieurs milliers de francs. C’est un spectacle pour toutes les villes ; on y accourt de toutes parts. Il est permis au peuple d’entrer dans les tribunaux, que les magistrats se sont fait un point d’honneur d’orner de lanternes et de transparents les plus grandioses possible. Illuminés sont les bateaux sur les rivières, illuminées les voitures qui roulent, et jusqu’aux animaux qui les traînent. Ces lanternes sont quelquefois très grandes, et ont plusieurs mètres de diamètre.
- Parmi les retraites illuminées, celle qui a lieu à Auxerre peut être citée comme une des plus remarquables cérémonies de ce genre. Dans sa Notice historique des retraites d'Auxerre servant de préface au magnifique album illustré de cette fête, M. Francis Molard nous apprend quelle modeste origine ont eue ces cérémonies populaires.
- A la suite des grandes guerres de la République et (le l’Empire, de vieux débris de nos armées (et ils étaient nombreux à Auxerre en ce temps-là), éprouvèrent la nostalgie des tambours. En souvenir du passé, ils résolurent de s’octroyer à eux-mêmes, chaque samedi, une retraite bien roulante et bien sonnante sur la peau d’àne. Ils eurent en ville un succès merveilleux, et le goût de ce divertissement bruyant et quelque peu extraordinaire se répandit.
- Telle a été l’origine des cortèges d’Auxerre qui ont sans cesse été en se développant et qui, depuis de longues années, ont toujours eu lieu régulièrement sans modification notable. On en jugera par cette description qui en a été publiée en 1857.
- Alors commença d’apparaître à mes yeux quelque chose d’étrange, d’inouï et de magique. D’abord une dou-
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- zaine de tambours chinois avec leurs bonnets pointus, leurs caisses et leurs robes illuminées.
- Des bonnets transparents, des tambours transparents, des robes transparentes. Tout cela se mouvant, marchant, battant la caisse, au milieu de la plus profonde obscurité, et des cris de joie et des bravos de cinquante mille personnes. Puis venaient quatre clairons, — de nations et d’époques différentes — quatre clairons du temps de
- Charles VI, avec la toque illuminée, la cuirasse illuminée, les boucliers suspendus à l’arçon de la selle, illuminés. Chaque cuirasse et chaque bouclier d’un dessin différent. Puis une vingtaine de chevaliers — toujours du même temps — illuminés comme les trompettes et portant, de plus, des bannières à leurs armes, et illuminées.
- Pourquoi ces chevaliers du temps de Charles VI? Probablement un souvenir historique de la ville. Le bon et
- Fig. 1. — Ensemble de la retraite d’Auxerre; fête du S août 1889.
- malheureux Roi passa à Auxerre en allant à Bourges, quelque temps avant la fameuse paix intitulée : La paix d'Auxerre.
- Après avoir décrit le défilé pièce par pièce, l’auteur anonyme parle des sujets les plus importants :
- Une délicate fantaisie qui a coûté bien de la patience et du travail. C’est le menuet. Une vingtaine de jeunes gens costumés en seigneurs et dames Louis XV dansent à chaque arrêt, avec une gravité fort réjouissante, le menuet adoré de nos pères. La chaise à porteurs de M"® Dubarry suivait le menuet. Très simple et fort bien dessinée. Deux lions ailés montrent ensuite leur gueule flamboyante.
- Ils appartiennent au char du calife Haroun al Raschid. Style arabe très pur et riche décoration. Le calife se tient gravement assis sur un trône de toute beauté. Vient le char mauresque, lequel, avec ses ouvertures ogivales et ses parois rechampies de peintures zigzaguées de bleu cobalt, jaune et vert clair, fait un grand effet, surtout le plafond dont les rosaces, finement découpées, attirent l’admiration universelle.
- Plus remarqué encore est le traîneau mené par un cygne et portant Léda. Un amour, juché sur le cygne, semble le conduire. L’oiseau de Jupiter est magniiique. C’est ensuite un des plus beaux chars : le salon roulant, Une soirée chez Richelieu. La Reine des abeilles est un délicat petit char qu'on dirait prêt à s’envoler. L'Eléphant
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- portant l'empereur du .Mogol excite l’enthousiasme. Le palanquin qu’il porte est de toute beauté. L’escorte du
- Fig. 2. — Le char du calife de Bagdad (Retraite d’Auxerre).
- et un petit char portant des roses obtiennent aussi un vif succès de curiosité. Un tigre féroce enchaîné précède un petit char très coquet : Saluez, c'est l’amour qui passe!
- L’amour sort d’un œuf brisé et va s’envoler conduit par deux papillons. Sans contredit, le char dans lequel se trouva it la Fanfare auxerroise est le plus beau après le palais de Tsarskoë-Selo. 11 y a des détails d’exécution fort difficiles. Sur les côtés, des lyres, des cartouches portant le nom des principaux compositeurs français.
- Pour terminer le dôme, une aigrette qui s’élève flamboyante.
- Le Triomphe de Cèrès, char d’une ravissante composition. Enfin, le palais de Tsarskoë-Selo, haut de 21 mètres, a été le clou de la fête. Traîné par six bœufs, il s’avance lentement dans les rues, dé-
- grand Mogol est composée de cavaliers aux manteaux d’une richesse de très bon goût. Le Moulin de la galette
- Fig. 3. — L’empereur du Mogol (Retraite d’Auxerre).
- passant toutes les maisons. Les mille, et une. bougies qui l’éclairent répandent une lumière très vive. Cè palais de
- papier transparent est tout simplemen t j féerique! 11 termine magnifiquement la retraite ! Mille fois bravo aux organisateurs de cette fête !.
- Nous avons assisté au défilé d’Auxerre, l’an dernier, en 1889, et nous donnons la reproduction de cette curieuse fête populaire, en figurant son cortège presque tout entier (fig. 1).
- Nous avons photographié, d’autre part, les chars les plus importants. Notre figure 2 reproduit le char du calife de Bagdad : il n’a pas moins de 10 mètres de hauteur; voici, à côté, l’empereur du Mogol sur son éléphant, pièce mon-
- Fig. 4. — Le triomphe de Cérès. Char allégorique. (D’après des photographies de l’auteur/
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- tée sur un chariot à roulettes (fig. 5). Nous donnons enfin la vue du char allégorique de Cérès (fig. 4). On voit qu’il était question de ces chars dans le récit de 1857.
- Les défilés populaires de ce genre ne dureront pas toujours, aussi est-il intéressant d’en enregistrer la description. Ces fêtes qui rappellent parfois des souvenirs historiques ont, d’autre part, un côté puéril qui ne convient plus guère à notre époque. Les vraies fêtes populaires de notre temps nous semblent être les Expositions universelles qui réunissent, non plus les habitants d’une même contrée, mais les peuples des pays différents prenant part aux pacifiques tournois de la science et de l’industrie.
- A. Bergeret.
- LA MEMOIRE DES NOMS
- Dans une des dernières séances de la Société de biologie, M. Mathias Duval a présenté une communication sous le titre suivant : Quelques faits relatifs à une particularité de la mémoire (inhibition exercée par certaines images visuelles sur d'autres images visuelles). Ces faits se rattachent, comme on va le voir, a la mémoire des noms ; ils intéresseront assurément un grand nombre de nos lecteurs :
- J’ai eu de tout temps une grande difficulté à retrouver les noms propres, les noms de personnes. Mais peu à peu je me suis aperçu que cette mauvaise mémoire des noms propres n’était pas la même pour tous les noms, et qu’elle était soumise à une loi, dont j’ai pu reconnaître la signification absolue du moment que mon attention s’est attachée à la déterminer.
- Ma mémoire n’est presque jamais en défaut pour les noms des personnes dont je n’ai jamais vu le visage; quelque difficiles ou compliqués que soient, par exemple, les noms d’anatomistes étrangers, allemands ou autres, je les retiens et les retrouve facilement quand il est besoin, à condition que je n’aie jamais eu l’occasion de voir ceux qui portent ces noms; au contraire, je suis à chaque instant en défaut pour retrouver les noms des personnes qui me sont les plus familières, dont j’entends prononcer, ou dont je puis avoir à prononcer journellement les noms. Dans ces cas, quand je veux retrouver un nom semblable, c’est l’image du visage, l'image de la personne même qui se présente à ma mémoire, et avec une telle intensité, que cette image semble voiler celle du nom. De même quand je rencontre tout à coup un visage, une personne bien connue, cette vue, par son fait même, m’empêche de retrouver le nom.
- J’ai été amené à cette interprétation par le fait suivant : il y a peu d’années, il ne me serait jamais arrivé de ne pas retrouver, au moment voulu, le nom de Kol-liker. Je ne connaissais l’éminent anatomiste que par ses œuvres ; je n’avais de son individu d’autre image visuelle que celle de son nom imprimé. Ayant eu l’honneur de faire sa connaissance, ma mémoire s’est enrichie de l’image visuelle de sa personne, de son visage; dès lors, tout d’un coup, s’est produit ce fait singulier, que lorsque j’avais à retrouver son noirm c’était l’image, le souvenir de son visage qui se prés^ffait exclusivement, et l’image de son nom ne reparaissait pas. Mis en éveil par cette première observation, je l’ai répétée un nombre consi-
- dérable de fois pour divers cas analogues, et acquis la conviction qu’il y avait une véritable inhibition, exercée par la reviviscence de l’image du visage sur la représentation de l’image du nom.
- Appelé, il y a quelques années, à présider les séances de la Société de biologie, douloureuse fut ma surprise, lorsqu’un collègue demandait la parole, de ne pouvoir le désigner par son nom. La vue de son visage, de sa personne à ce moment, effaçait par l’intensité même de l’impression, l’image du nom. Plus récemment, en présidant la Société d’anthropologie, j'ai pu faire les mêmes remarques et analyser complètement le phénomène.
- Pour bien en préciser le sens, je dois ajouter que j’ai toujours eu une très excellente mémoire visuelle des choses, des lieux, des visages, reconnaissant, après un long intervalle, une personne vue peu d’instants, retrouvant mon chemin dans des lieux entrevus en passant. Or, du moment qu’un objet figuré avait gravé son image dans ma mémoire, la reviviscence de cette image rendait difficile celle du nom. Or, avec l’àge, il me semble que ma mémoire des formes, des lieux, des figures devient un peu moins vive; parallèlement, ma mémoire des noms semble devenir moins mauvaise ; c’est que les premières images devenant moins vives, n’exercent plus une inhibition aussi énergique sur les secondes. Jamais je n’ai hésité à retrouver un mot abstrait; c’est que là il n’y a pas d’image de la chose venant se substituer à celle du nom.
- Les phénomènes de mémoire que mentionne M. Mathias Duval sont peut-être assez fréquents; il est facile de les vérifier sur soi-même. Une semblable étude peut donner lieu à de curieuses observations.
- PHONOGRAPHE ET STÉNOGRAPHIE
- On vient d’obtenir à Chicago des résultats de nature à inquiéter tous les sténographes du monde, en employant le phonographe d’Edison à la reproduction de discours prononcés dans les assemblées délibérantes. La première expérience a eu lieu dans un Congrès tenu par les représentants d’une cinquantaine de sociétés ayant obtenu des licences d’Edison, pour l’exploitation de son brevet dans les différentes parties de l’Union américaine. A mesure que les discours étaient prononcés, un auditeur les répétait dans le tuyau d’un phonographe et les fixait sur le cylindre. Quand un cylindre était fini, on le portait à un autre opérateur qui tout prêt à faire marcher une machine à composer tirait du phonographe, avec la lenteur convenable, le discours entendu par son confrère. C’est ainsi que l’on a obtenu la composition du compte rendu de la session qui a duré deux jours et forme un petit volume imprimé avec une rapidité fantastique.
- Cette opération a été répétée le 5 juin lors d’un grand meeting convoqué par la Presse associée de Chicago, dans, la grande salle de l’Auditorium. On est parvenu à recueillir ainsi le discours prononcé par M. Chauncey Depew, célèbre orateur new-yorkais, en faveur de l’Exposition universelle de 1893, à laquelle il faisait une adhésion éclatante, après l’avoir énergiquement combattue.
- L’opérateur chargé de la répétition dans le phonographe s’était placé dans une galerie, assez près pour bien entendre, et assez loin pour ne pas troubler l’assistance par le bruit qu’il faisait, bruit d’ailleurs très faible, car il n’est pas nécessaire de parler haut pour obtenir une impression très nette. Les machines à imprimer étaient du système
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- Remington. L’orateur n’avait pas fini de parler que déjà des épreuves du commencement de son discours étaient remises aux représentants des divers journaux. La reproduction typographique prit un peu moins de deux heures quoique le texte eût 2049 mots.
- ANGLES ET DISTANCES
- Le lecteur est prié de ne point s’effrayer à l’inspection d’un titre qui semble emprunté .à un chapitre de géométrie analytique ou descriptive. Il ne s’agit ici ni de rabattements, ni de coordonnées rectangulaires, ni de puissances positives ou négatives. Nous voulons seulement énoncer en peu de mots quelques réflexions pratiques relatives à l’estimation des longueurs sur le terrain ou sur la carte, réflexions qui ne sont en rien nouvelles, mais qui peut-être dissiperont chez certaines personnes quelques préjugés très répandus.
- Faute d’un mètre ou d’une chaîne d’arpenteur, on mesure les distances en comptant les pas : tout le monde le sait. Cependant pour réaliser avec justesse cette opération qui paraît si simple il convient d’éviter deux écueils.
- Beaucoup de personnes d’abord, et non des moins instruites, s’imaginent qu’elles doivent s’efforcer de décrire des pas d’un mètre. Autant d’enjambées, autant de mètres : le calcul est vite fait et le procédé paraît excellent. En réalité le soi-disant pas métrique ne s’obtient qu’au moyen d’une tension de muscles assez fatigante et l’allure ainsi forcée ne peut ni se maintenir, ni surtout demeurer régulière. Il faut rejeter complètement cette mauvaise méthode qui ne peut fournir que des résultats fantaisistes et marcher tout bonnement au pas ordinaire qu’on aura eu soin d’étalonner, au préalable, en circulant entre deux bornes hectométriques, le long d’une belle route. En recommençant plusieurs fois et en prenant des moyennes, on arrive à des résultats d’une grande exactitude.
- Si le piéton compte les pas proprement dits, il est obligé, soit de ralentir sa cadence habituelle, ce qu’il doit éviter soigneusement, soit d’énumérer précipitamment à voix basse la kyrielle des nombres entiers : dans ce dernier cas, il s’expose à des erreurs, surtout si la ligne à mesurer offre un certain développement. Peu de gens, même parmi les officiers, savent éviter cet inconvénient en comptant par doubles pas, ce qui rend l’évaluation beaucoup plus aisée. L’opérateur part donc du pied gauche et ajoute à loisir une unité chaque fois que le pied droit pose à terre. S’il marche naturellement au pas militaire ou accéléré, le calcul de la conversion des doubles pas en mètres est extrêmement facile, cent doubles pas accélérés équivalant à 150 mètres. Il suffit de prendre la moitié du nombre de pas obtenu et de l’ajouter à ce nombre lui-même pour obtenir la longueur demandée exprimée en mètres1.
- 1 Par exemple, si le topographe a compte 78 doubles pas, il devra trouver 78 39, soit H 7 mètres.
- Au reste, chez les Romains, le mot « pas » avait la signification de « doubles pas. » Le mille romain, dont on connaît la longueur exacte, mesurait 1482 mètres. Il s’ensuit que le pas des légionnaires était inférieur à celui de nos troupiers. Le mille anglais vaut 1609 mètres et dérive du même ordre d’idées.
- L’opérateur est-il tenu de compter strictement en lui-même ses enjambées? Non, s’il faut en croire les prospectus des fabricants de podomètres; oui, en pratique, car ces appareils, encore bien imparfaits, se dérangent continuellement tout en se vendant quelquefois fort cher. Jusqu’au jour où l’on réussira à perfectionner le mécanisme de l’instrument, le podomètre ne pourra jamais donner de résultats dignes d’une confiance absolue. Certains opticiens consciencieux, — il y en a beaucoup — ont même renoncé à en tenir pour la vente.
- La Nature a autrefois indiqué le principe du « campylomètre » à l’aide duquel on mesure sur les cartes le développement des lignes courbes ou brisées1. Au moyen du petit disque fileté servant d’écrou mobile qu’on ramène d’abord à son point de départ, on suit exactement le contour dont on veut apprécier la longueur. Après avoir ainsi vissé la roue le long de la tige, on la dévisse en cheminant en sens inverse sur l’échelle de la carte jusqu'à ce que la roulette vienne buter contre l’arrêt sur lequel elle se trouvait appliquée au début de l’opération. Mais les inconvénients du campylomètre primitif sont multiples : il faut, par exemple, enrouler d’abord, puis dérouler, et cette double expérience entraîne une perte de temps assez notable. Il n’est pas rare que l’opérateur, s’il n’est pas très attentif, se trompe de sens au moment où, pour obtenir le report de la longueur mesurée, il fait mouvoir la roue le long de l’échelle, et il peut par mégarde visser au lieu de dévisser. I)e plus, dans le modèle le plus commun, le diamètre trop considérable de la roulette ne permet pas de suivre bien fidèlement les sinuosités trop accusées.
- Un premier perfectionnement consiste à disposer parallèlement à l’axe de la vis et perpendiculairement au disque une échelle graduée dont chaque division, dans le modèle que nous figurons ici, correspond à un développement de 4 kilomètres (au 80000e) ou de 5 kilomètres (au 100000e). Il suffît donc d’examiner le numéro de la division qu’a atteint la tranche de la roue filetée ; de plus, dans le but de fournir le complément de la distance demandée, le contour de la roue est gradué lui-même. Chaque division équivaut à un kilomètre, chaque subdivision correspond à un hectomètre. L’une des faces de la roue sert pour l’échelle du 80 000e, l’autre face pour le 100 000e. Le topographe avant d’opérer commence par dévisser à fond la roulette pour l’amener au zéro; puis il décrit le contour, soulève l’instrument, et ajoute au nombre qu’il lit sur l’échelle fixe le numéro de la subdivision de la roue
- 1 Yoy. Tables des matières des dix premières années.
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- qui occupe la place du zéro primitif. Ce campylo-mètre, naturellement beaucoup plus cher que le précédent, évite les inconvénients du report à l’échelle. Il fournit immédiatement, en kilomètres et hectomètres la longueur demandée, mais à cause du diamètre considérable de la roulette (16 millimètres) le second désavantage qu’on reproche au cam-pylomètre ordinaire, persiste, plutôt accru que diminué.
- Actuellement, on trouve chez la plupart des opticiens et même chez les papetiers bien montes un autre instrument qui ne présente pas les inconvénients des deux autres appareils décrits. La roulette est de rayon fort petit; son mouvement, d’abord réduit, puis amplifié, au moyen d’une série de roues dentées s’engrenant mutuellement, se transmet, en fin de compte, à une aiguille mobile autour du centre d’un cadran divisé, lequel est placé de façon à protéger le mécanisme. Rien de plus facile, en appuyant le doigt sur les dents très fines de la roue extérieure, que de mettre en mouvement l’aiguille du cadran et de la ramener au zéro. On opère ensuite comme avec les autres curvimètres, et le point terminus une fois atteint, on lit le numéro de la division couverte par l'aiguille.
- Les graduations du cadran correspondent aux kilomètres et se trouvent fort rapprochées, le mouvement primitif étant, somme toute, réduit dans une large mesure. On ne peut guère juger que des fractions égales ou supérieures au tiers du kilomètre. Mais, en revanche, on arrive sans trop de difficultés à suivre des contours très tourmentés, des courbes de petit rayon.
- Les erreurs commises sont infimes relativement aux distances mesurées lorsque ces distances dépassent quelques kilomètres. Il suffit, pour s’en convaincre, de suivre, sur le dessin,avec le curvimètre,des routes dont on connaît, au moyen de poteaux indicateurs1,
- 1 Lorsqu’une route traverse ou contourne une ville, il arrive trop souvent que les poteaux indicateurs du voisinage ne mentionnent point le nom du quartier ou du carrefour auquel se rapporte le chiffre indiqué, omission qui peut donner lieu à certaines méprises.
- la longueur développée exacte, ou des sections de voie de chemin de fer1.
- Si l’opérateur, par mégarde, fait mouvoir son instrument de façon que l’aiguille du cadran, en s’éloignant du zéro, se dirige à gauche au lieu de se mouvoir à droite, comme les aiguilles d’une montre, l’inconvénient est minime. Il suffira, en effet, de compter les divisions à rebours. Si, en route, on se trompe d’itinéraire, on doit se borner à rebrousser chemin jusqu’à un point quelconque du véritable contour, en revenant exactement sur ses pas. I/aiguille recule jusqu’à la division correspondante au point en question, et il ne reste plus qu’à reprendre, avec plus d’attention, la marche en
- avant. Ces remarques sont évidemment trop simples pour avoir besoin de commentaires, mais l’observation suivante va nous retenir beaucoup plus longtemps.
- Pour peu que la main du topographe ne soit pas très sûre, la roulette peut dévier légèrement du tracé que l’on suit sur le papier. Mais lorsque cet écart, imputable à la raideur du bras, ne se produit pas dans le voisinage d’un angle ou d’une courbe très accusée, et que la roulette, avant de rentrer dans la bonne voie, s’en rapproche par degrés insensibles, l’erreur commise est insignifiante. Deux lignes voisines À et B, dont l’une est droite, l’autre sinueuse ou polygonale sans rebroussement, ayant même origine et même extrémité, ont, à fort peu de chose près, même longueur si aucun segment de la ligne A ne fait, avec la direction de la ligne B, un angle de plus de 12 à 15 degrés. Il en est de même de deux lignes B et C de nature quelconque remplissant chacune les conditions indiquées par rapport à la droite tirée du point initial au point final.
- 1 N’oubliez pas que les indicateurs de chemin de fer mentionnent d’habitude les distances tarifées qui peuvent être plus grandes ou plus petites que les distances réelles. Tout trajet inférieur à 0 kilomètres est taxé légalement comme s’il équivalait à 6 kilomètres. Ainsi, le livret indique 6 kilomètres d’intervalle de Tarascon à Beaucaire, alors que les deux gares sont situées à 800 mètres à peine l’une de l’autre. Le développement de la voie ferrée de Lyon à Grenoble atteint 131 kilomètres, mais le voyageur ne paye que pour 121.
- Fig. 1. — Curvimètres. — A. Campylomètre ou Curvimètre primitif nécessitant le report à l’échelle. — B. Curvimètre avec double graduation indiquant directement en kilomètres et hectomètres, la longueur cherchée. (Les faces de la roulette divisée sont figurées à part. — C. Curvimètre à cadran dont l’aiguille donne les kilomètres parcourus sur la carte. (Échelle du dessin, moitié environ.)
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- Il est clair pour tout le monde que deux segments linéaires parallèles ou presque parallèles ont des longueurs égales ou quasi égales. Comment se l'ait—il que pour des segments inclinés de plusieurs degrés la proposition soit encore vraie? Cela résulte d’une remarque qu’on établit en trigonométrie élémentaire. La longueur du segment projeté est égale à la longueur du segment projetant multipliée par le cosinus de l’angle formé par les deux directions. Or, si l’angle est assez petit, le cosinus ne diffère de l’unité que d’une fraction très petite1.
- Revenons au cas de la ligne droite comparée, au point de vue de la longueur aux lignes courbes, polygonales ou mixtes qui s’en écartent peu. La droite, on le sait, forme la ligne de longueur minima tracée entre les deux points considérés. Or, d’après les propriétés fondamentales des grandeurs variables, le résultat du minimum est très sensiblement réalisé alors que les conditions requises par le calcul ne sont remplies qu’un peu grossièrement. En d’autres termes, une ligne, dont les sinuosités sont encore assez apparentes, pourra être géométriquement presque aussi courte qu’une ligne droite, et pratiquement aussi brève.
- Ce principe si simple avait-il échappé aux ingénieurs des deux derniers siècles? Peut-être bien. Les routes ou chemins que traçaient nos grands-pères étaient, autant que possible, dirigés en droite ligne, par monts,par vaux. Il a fallu les rectifier en bien des points. Le mot « rectifier » est impropre, car partout, sans exception, où l’on se trouve en présence d’une vieille route et d’une nouvelle, on voit la première heurter l’obstacle de front et se développer en alignement, et la seconde s’infléchir
- 1 Pour un angle de 14° à 15°, l’erreur relative que l’on commet en remplaçant la ligne projetante par la ligne projetée n’atteint pas 1/30 de la longueur de celle-là. Autre exemple : supposez un hexagone régulier de 1 kilomètre do côté inscrit dans un cercle de rayon égal ; un marcheur qui aurait à se rendre d’un sommet à l’autre en suivant, non la ligne droite, mais la circonférence, n’allongerait pas même son chemin de 47 mètres, tout en s’écartant trois fois plus de cette même ligue droite.
- pour contourner ce même obstacle. Mesurez les deux parcours sur le terrain ou sur la carte et vous constaterez presque toujours entre eux une différence bien médiocre; souvent même l’écart est inappréciable. 11 est superflu de faire longuement ressortir les avantages qu’offre la voie plate, même à longueur supérieure. Un véhicule qui parcourt un chemin horizontal ne doit vaincre que le frottement des roues sur le sol, mais celui qui gravit une pente doit aussi lutter contre la composante verticale de son poids. A la descente, les inconvénients sont pires qu’a la montée. Perte de temps, dépense de travail,
- risques d’accidents, précautions à prendre : c’était vraiment payer bien cher une économie de quelques décamètres par kilomètre.
- En définitive, seuls les géomètres ont le droit de proclamer que la ligne droite est le chemin d’un point à un autre à la fois le plus court et le plus avantageux. Pour les ingénieurs, l’axiome n’est vrai que s’ils opèrent en pays de plaine.
- Les instruments que nous avons fait connaître ont l’inconvénient de ne porter qu’une seule graduation ; nous allons décrire, en terminant, un nouvel appareil, désigné sous le nom de stadiomètre, et imaginé par M. le commandant de Bellomayre. Le stadiomètre que nous représentons ci-contre (fig. 2) se tient à la main comme un crayon.
- Après avoir placé l’échelle graphique à employer sous les bandes-ressorts de l’instrument, on amène l’index au zéro en faisant tourner la roue dentée ; puis on marque, au crayon ou à la plume, sur la face opposée à celle de l’échelle, le point correspondant à l’index de ce côté. Si, en effet, dans la mesure d’une distance, le premier des deux index arrive à l’extrémité de l’échelle sans que la mesure soit achevée, il suffit de retourner l’instrument et de continuer, dans le même sens, à parcourir le chemin à mesurer; l’index redescend et parcourt l’échelle en sens inverse. De là les deux graduations des échelles : ascendante (ou de gauche à droite) et descendante (de droite à gauche). On peut ainsi mesurer toute distance, quelle qu’en soit la Ion-
- Or, d’après
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- Fig. 2. — Le sladioinùire de M. le commandant de Bellomayre permettant de faire les mesures sur les cartes des différentes échelles européennes.
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- gucur; il suffit de se rappeler combien de fois le stadiomètre a été- retourné : on multiplie par ce nombre le dernier chiffre de la graduation de l’échelle employée et on y ajoute le chiffre donné par l’échelle ascendante si le nombre des retournements est pair, par l’échelle descendante si ce nombre est impair.
- Supposons, en se servant de l’échelle du 80000e, (pie l’on ait retourné trois fois l’instrument; on multiplie par 3 la dernière graduation de l’échelle, c’est-à-dire 20, et on a 60; en y ajoutant la graduation lue sur l’échelle descendante, 7,5/4 par exemple, ou 7 kilomètres 750 mètres, on obtient 67 kilomètres 750 mètres, distance cherchée.
- L’échelle de la carte sur laquelle on doit opérer peut ne pas se trouver dans la boîte ; dans ce cas, on la construit soi-mème en doublant les chiffres des graduations, et il n’y a plus qu’à la placer sous les bandes-ressorts du stadiomètre. On peut faire graver sur l’instrument telle échelle que l’on voudra ; mais il contient habituellement dans sa gaine les différentes échelles graphiques des principales puissances de l’Europe. Antoine de Saporta.
- NÉCROLOGIE
- F. Urine. —M. Frédéric Brine, général du génie anglais, vient de mourir récemment à Londres, à la veille d’accomplir sa soixantième année. Le défunt avait débuté dans la carrière militaire comme volontaire dans la guerre de Crimée, prit part à la guerre de Chine, et avait été longtemps employé dans l’Inde comme directeur des travaux publics du Pendjab. Lorsqu’il eut pris sa retraite, le général Brine s’adonna à la navigation aérienne, et ses ascensions aérostatiques lui ont acquis une véritable notoriété. Lors de la célébration du centenaire du voyage aérien de Lunardi,il prêta à Lhoste le ballon avec lequel le jeune aéronaute partit des jardins de Royal Artillery, et l’accompagna dans le ciel brumeux d’Angleterre. Ayant échoué dans une première tentative de traverser la Manche en partant de Douvres, il recommença l’expérience avec succès.
- CHRONIQUE
- Applications de l'aluminium à la construction des appareils de précision. — La faible densité de l’aluminium et sa résistance aux influences atmosphériques et à l’humidité rendent très désirable l’extension de ses applications à la construction des instruments de précision. D’après une note lue récemment devant the American Insiilute of mining engineers par M. W. P. Blakc, une maison de construction de New-York a entrepris la construction d’appareils géodésiques et marins, de sextants, entre autres, qui obtiennent un grand succès. Mais l’appareil le plus intéressant construit dans cet ordre d’idées est sans contredit le cercle répétiteur à double réflexion de M. le capitaine Townsend, appareil monté pour être tenu à la main, sur un navire, et qui pèse en tout, y compris les loupes et le manche, exactement une livre anglaise (455 grammes) soit environ le tiers du sextant ordinaire. Le cercle diviséde 9 pouces (22cm,5) de diamètre a été fondu d’une seule pièce et présente une contexture
- parfaitement homogène, sans aucune soufflure. Le métal employé dans sa construction se travaille bien à la lime, au tour, et même à la machine à diviser. Chacune des parties de l’appareil présente, malgré sa légèreté, toute la rigidité nécessaire et désirable. Les principales objections faites à l'aluminium en vue de cette application sont au nombre de deux : il se déchire sous l’outil à cause de sa douceur et de son état moléculaire un peu spongieux, et il ne donne pas des traits bien définis. La seconde objection disparaît par un martelage et un écrouissage convenables du métal; la première est également mise à néant par l’emploi d’un alliage d’aluminium et d’argent beaucoup plus dur que l’aluminium pur. Un alliage composé de 95 parties d’aluminium et 5 parties d’argent est beaucoup plus rigide que de l’aluminium, sans être cependant beaucoup plus dense que lui. Cet alliage se comporte bien sous l’outil, il est plus blanc, résiste mieux à la corrosion, se polit bien et se gradue mieux à la machine à diviser que l'aluminium pur. Sa densité est de 3,2, celle de l’aluminium de 2,6, mais ce léger accroissement de densité se trouve plus que compensé par les nombreuses qualités ainsi acquises par l’addition de 1/20 d’argent.
- Nouveau papier. — Un journal des États-Unis annonce la découverte d’un procédé pour la fabrication d’un papier spécial avec le résidu de bois de cèdre provenant des ébénisteries ou des fabriques de crayons et de caisses à cigares. Ce papier est spécialement destiné à être placé sous les tapis et à envelopper les articles en laine, les peaux, etc., qui sont sujets à être attaqués par les mites; le grand avantage de ce papier consiste en ce qu’il chasse les mites, qui ne peuvent en supporter l’odeur.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 juin 1890. — Présidence de M. Dermite.
- Les Enchaînements du monde animal. — Le plus illustre de nos paléontologistes, M. le professeur Albert Gaudry, dépose sur le bureau un nouveau volume de son magistral ouvrage intitulé : Les Enchaînements du monde animal. Nos lecteurs se rappellent qu’en deux volumes antérieurs l’auteur a traité d’abord des mammifères tertiaires, puis des fossiles des temps primaires. Cette fois, il décrit les fossiles des temps secondaires. Bien que l’ensemble comprenne, comme on le voit, toute la durée des temps géologiques, le livre ne constitue pas un traité de paléontologie et M. Gaudry tient à l’établir. C’est, suivant ses propres expressions, l’essai d’un chercheur qui tente de faire revivre les époques passées pour y trouver le secret de l’évolution de la vie. Intimement persuadé de la vérité du transformisme, le célèbre professeur s’est plu à faire ressortir les enchaînements organiques chaque fois qu’il les a rencontrés ; mais il n’a jamais craint de constater les lacunes des diverses séries, il a, au contraire, appelé sur elles toute l’attention des travailleurs, afin de rapprocher le moment où de nouvelles découvertes contribueront à les combler. Le texte, si lumineux par lui-même, est enrichi de 405 gravures d’après les dessins de Formant qui sont autant de chefs-d’œuvre, en même temps que des documents d’une scrupuleuse exactitude.
- Le laboratoire Arago. — De retour d’une excursion à Banyuls, où, comme on sait, il a fondé le laboratoire Arago destiné à l’étude expérimentale de la zoologie, M. de La-caze-Duthiers prend occasion de ce voyage pour faire une très intéressante communication. Un (des traits les plus
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- remarquables de la nouvelle institution, c’est l'ampleur cl la multiplicité de ses aquariums ; grâce à un jet tl’eau de 5 mètres où l’eau s’aère richement, le milieu est absolument favorable à la conservation et à la multiplication des animaux les plus divers. Des oursins, de l’espèce dite Cidaris diadema, arrachés à des fonds marins de 300 mètres, y prospèrent sous 1 mètre d’eau ; un congre de 10 centimètres a maintenant plus de lm,50. Il est devenu si familier qu’il sort la tète de l’eau pour prendre entre les doigts des visiteurs de petits fragments de poisson. Des étoiles de mer s’y sont reproduites au point de pulluler et tout récemment elles ont laissé découvrir la délicatesse non soupçonnée jusqu’ici de leur odorat. Un morceau de poisson pourri étant tombé au milieu du bac qui les contient, on les vit en effet manifester bientôt une grande inquiétude, puis se diriger en masse, des points les plus divers, jusqu’à cette proie et recouvrir de leur monceau l’objet de leur convoitise. Les corps rougeâtres qui terminent leurs bras et dont on s’accorde à faire leurs yeux ne sont d’ailleurs pour rien dans l’affaire; car on peut les amputer sans modifier l’allure des échinodennes. Un bras isolé se comporte aussi comme l’animal tout entier. On conçoit que les aquariums de Banyuls exercent une grande attraction sur les amateurs de science de la région, et des centaines de visiteurs s’y succèdent chaque année.
- Ce qui mérite tout spécialement d’être vu, c’est, selon M. de Lacaze, l’effet de la lumière électrique sur les animaux conservés : ils deviennent alors très actifs et laissent observer une foule de particularités jusqu’alors inconnues. Chose curieuse, certaines anémones de mer ou actinies que la lumière du soleil offusque au point qu’elles s’enfoncent dans le sable dès le lever du jour pour n’en sortir qu’à la nuit tombée, s’épanouissent sous les feux de ! la lampe électrique et constituent alors des ensembles véritablement féeriques. En réalisant la conservation et l’élevage des animaux marins, le laboratoire de Banyuls contribue efficacement, comme faisait déjà l’établissement de Roscoff, à alimenter d’échantillons vivants les cours de zoologie de toutes nos facultés des sciences : c’est là un service incomparable que M. de Laeaze-Duthiers a rendu à l’enseignement : l’an dernier, quatre cents colis de bêtes ont été expédiés dans nos grands centres universitaires et le service maintenant est tout à fait régulier. Yingt-six travailleurs et parmi eux plusieurs savants bien connus, M. Marion (de Marseille), M. Kowalewsky (de Moscou), M. Fredei’icque (de Liège), sont venus à Banyuls poursuivre leurs recherches. Et, comme si tout cela n’était pas assez, voilà M. de Lacaze qui veut ajouter à cet ensemble magistral de faits un chapitre tout à fait pratique en faisant servir ses ressources incomparables au développement de la pisciculture et de l’ostréiculture. Il promet, à cet égard, une communication ultérieure.
- Photographie Astronomique. — C’est avec l’art si supérieur qu’il sait mettre dans ses expositions, que M. Jans-sen énumère une série de résultats tout récents procurés par la photographie astronomique. Pourvu des appareils perfectionnés dont dispose l’Observatoire deMeudon, M.de la Baume Pluvinel a réussi la photographie de l’éclipse du 17 juin qu’il est allé observer à"Candie : il s’agissait de voir si les bandes de l’oxygène persisteraient dans le spectre du bord extrême du soleil de façon à démontrer enfin la présence de cet élément dans notre astre central : le succès, d’après une dépêche, aurait été complet, mais il faut attendre des détails complémentaires. Pendant ce temps l’Observatoire d’astronomie physique avait tout disposé de son côté pour suivre le phénomène. Seulement à
- Meudon l’éclipse devant être seulement partielle, le programme avait dù nécessairement être tout autre et il s’agissait de voir si, par l’atténuation des granulations solaires, une atmosphère propre à la lune manifesterait son existence. Le mauvais temps a mis obstacle à l’entreprise, mais M. Janssen prend cette occasion pour mettre sous les yeux de l’Académie une magnifique photographie qu’il a prise le 17 mai 1882, à Marseille, et qui montre que notre satellite n’exerce aucune influence sur la netteté des délinéaments solaires. 11 insiste enfin sur la nécessité de suivre les éclipses à l’aide du revolver photographique qui seul permettra de déterminer avec précision le moment des contacts.
- Nouvelle grotte préhistorique. — Notre infatigable confrère, M. Emile Rivière, décrit avec beaucoup de détails une grotte quaternaire qu’il a explorée dans les Alpes-Maritimes, c’est-à-dire dans la région même qui a fait à son nom une si grande réputation par la découverte des hommes fossiles de Menton. Elle est située à la Combe, dans le canton de Saint-Vallier ; et la liste est très longue des intéressants vestiges qu’elle a fournis. On y remarque le cerf élaphe, la chèvre, le cheval, le chat sauvage, le chevrotain, le sanglier, la marmotte, le lapin et des oiseaux. Quelques-uns ont fourni des squelettes complets.
- Varia. — M. de Laeaze-Duthiers constate que des saumons de Californie naguère transportés dans la rivière d’Aude ont prospéré comme en témoigne un individu péché récemment dans la Méditerranée. — Une nouvelle description des tempêtes tournantes est donnée avec beaucoup de détails par M. Faye. — M. Tiuiriareff réalise l’enregistrement photographique de la fonction chlorophyllienne parla plante vivante. Stanislas Meunier.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- CRAYON ET CANIF MÉCANIQUES
- Parmi les objets usuels, l’article de bureau est sans doute celui qui peut se présenter sous les aspects les plus différents. Les inventeurs et les fabricants en ont largement profité pour donner libre carrière à leur imagination ; on trouve des porte-plume, des crayons, des encriers, etc., sous les formes les plus variées et souvent les plus invraisemblables. Nous signalons à nos lecteurs, en leur en expliquant le mécanisme, toutes celles qui nous paraissent ingénieuses. Les dispositions prises pour le fonctionnement de ces petits appareils sont souvent fort habiles et peuvent donner l’idée de les appliquer à des machines plus importantes. Comme nous ne voyons là autre chose qu’une description intéressante au point de vue mécanique, nous ne croyons pas utile, comme on nous l’a souvent demandé, d’indiquer l’adresse du fabricant et le prix de l’appareil ; nous ignorons du reste souvent l’un et l’autre, et la plupart du temps ils se trouvent assez largement répandus dans le commerce pour n’avoir besoin d’aucune réclame.
- Le canif que représente la gravure (fig. 5) a été baptisé du nom de magique parce qu’il se présente sous un aspect qui ne rappelle en rien celui du canif ordinaire. Un petit étui en ébonite avec les
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- deux extrémités en métal nickelé, c’est tout ce qu’on voit d’abord. Mais si on appuie sur l’une des extrémités en tenant l’étui verticalement, on voit immédiatement la lame sortir et se fixer à l’autre extrémité. Voici comment ce résultat est obtenu. Dans le tube extérieur en ébonite, ivoire, ou autre matière,’ se trouve un second tube plat B en métal, coulissant dans le premier et terminé à l’une de ses extrémités par deux lames de ressort D formant une sorte de pince. A l’autre extrémité se trouve un bouton à ressort A. On voit que le tube extérieur se termine en C, par un rétrécissement qui vient frotter contre les lames de ressort I), et on comprend (pie si on appuie le doigt en A pour les chasser vers l’extérieur, elles pourront s’écarter, tandis qu’au contraire, si on enlève le doigt et qu’on laisse agir le ressort à boudin placé en A, elles tendront à rentrer et à se refermer.
- C’est là tout le mécanisme. La lame de canif E glisse librement dans le tube B, elle y descend par son propre poids, lorsque tenant la pointe en l’air on presse sur À ; elle en sort également par son propre poids, quand on tient l’instrument dans la position inverse. Un petit épaulement ménagé à l’extrémité inférieure l’empèche de sortir tout à fait, et la pression des ressorts D qui viennent s’engager dans un cran ménagé au bas de la lame, fixe sa position. L’avantage de ce système est île permettre d’ouvrir rapidement son canif sans se casser les ongles. Il est clair qu’on peut aussi bien mettre une mine de plomb à la place de la lame de canif, et il existe en effet des crayons magiques fonctionnant avec cette disposition;'mais rien ne limite la course de la mine et elle tombe assez facilement. Aussi a-t-on été amené à ajouter un perfectionnement qui fixe la mine lorsqu’elle est sortie d’une quantité déterminée. La partie supérieure de l’instrument est la même que pour le canif, mais le tube B est fixe (fig. 1 et 2). Il contient la mine qu’on fait glisser dedans d’un côté ou de l’autre par son propre poids. C’est un second tube E qui suit les mouvements du bouton à ressort placé à l’autre extrémité. Ce tube E est fendu dans le sens de sa longueur à sa partie inférieure. Chaque moitié porte en outre sur le côté deux fenêtres séparées par une partie pleineA(fig. 1)
- et dans ces fenêtres peut venir se loger un renflement ménagé sür le tube B. Ce tube est également fendu à sa partie inférieure et le renflement existe sur chacune des deux moitiés; celles-ci tendent à s'écarter quand elles sont libres. Les deux parties du tube E, au contraire, tendent à se rapprocher. En résumé nous avons trois tubes : l’un extérieur D et l’autre intérieur B qui sont fixes tous deux, et un tube intermédiaire E, qui est mobile et se déplace d’une quantité déterminée lorsqu’on appuie à sa partie supérieure. Si on tient l'instrument verticalement, la pointe en bas et la mine complètement rentrée, on voit (fig. 1) que l’une des fenêtres laisse passer le renflement B. Dans cette position la mine vient tomber jusqu’en E où elle est retenue, son diamètre
- étant supérieur à celui -I de Couverture qui existe alors en E. Si on appuie sur le bouton, on pousse le tube E et au même moment la partie pleine A viendra glisser sur le renflement B(fig.2) .Cela aura pour but d’immobiliser la mine en serrant l’une contre l’autre les deux parties du tube qui la renferme, et d’écarter les deux parties du tube intermédiaire E; comme on continue à appuyer, la partie renflée B vient se loger sous la fenêtre supérieure et en même temps les deux-parties de E se rapprochent ; celles de B s’étant écartées, la mine devenue libre tombe d’une quantité égale au déplacement total (la figure 2 devrait représenter la mine un peu moins sortie) du tube intermédiaire.
- Lorsque nous n’appuyons plus à la partie supérieure, le ressort antagoniste placé sous le bouton (non représenté sur la figure) tend à ramener le tube E dans sa position primitive ; le renflement B se trouve de nouveau sous la'partie pleine A, ce qui immobilise la mine et ce qui en même temps fait écarter les deux parties de E, de manière à lui permettre de sortir. Arrivé au bout de sa course, le tube E vient buter contre la partie inférieure du tube extérieur D, ce qui tend à le refermer plus fortement et immobilise complètement la mine dans sa position définitive pour l'écriture. 11 suffit naturellement pour la faire rentrer, de retourner l’instrument en appuyant de nouveau sur le bouton.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandieh.
- Paris. — Imprimerie Laliure, rue de Hcurus, 9.
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- .V 892. — 5 JUILLET 1890.
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- LE DRYOPITHÈQUE
- Le Dryopithèque est le seul Singe anthropomorphe fossile qu’on ait pu eomparer avee l’homme.
- La découverte de sa mâchoire inférieure dans le miocène de Saint-Gaudens, en 1856, avait eu un grand retentissement. Ses molaires ont la même dimension que chez l’homme. On a cru remarquer ([ue la canine, au lieu d’être proclive comme chez les Singes, avait une position droite qui devait entraîner une semblable position des incisives, et on en a conclu que la face avait un notable raccourcissement : sous ce rapport, a dit M. Lartet, le Dryo-pithèque se rapprochait beaucoup du type nègre.
- On vient de trouver à Saint-Gaudens une seconde mâchoire inférieure de Dryopithèque; elle appartient
- Fig. 1. — Mâchoire inférieure du Dryojùtlièque de Foiitan représentée eu dessus.
- important, c’est d’avoir la puissance d’exprimer nos pensées par la parole. La comparaison de la mâchoire du Dryopithèque avec celle des autres grands singes et de l’homme me semble fournir un commencement d’indication pour ce qu’on pourrait appeler l’histoire de la langue.
- La langue humaine peut s’étendre beaucoup en largeur, parce que la mâchoire inférieure, en forme d’arc, laisse un grand espace entre les rangées des arrière-molaires; elle s’étend aussi beaucoup en longueur, parce que la paroi du menton est très amincie ; elle l’est quelquefois à un tel point quelle est translucide au-dessous des incisives; en outre, chez les races élevées, sa partie inférieure se porte en avant, formant un bombement très caractérisé dans la partie où s’-insère le muscle nommé la houppe du menton. Comme chacun peut le constater sur soi-même, l’extrémité antérieure de la langue est habituellement courbée en bas, de sorte que l’avance de la partie inférieure du menton sert à lui t8° année. — 2° semestre.
- à M. Félix Régnault, de Toulouse, connu déjà par plusieurs importantes découvertes paléontologiques. M. Félix Régnault m’a prié de l’étudier. On en voit ici l’aspect, (fig. 1).
- Ce qu’on remarque tout d’abord dans la nouvelle mâchoire inférieure du Dryopithèque, c’est son allongement qui, nécessairement, coïncidait avec celui de la mâchoire supérieure et, par conséquent, de la face. La face devait être aussi proéminente que celle du Gorille, plus proéminente que celle de l’Orang-Outang, du Chimpanzé, beaucoup plus proéminente que celle de la Vénus hottentote dont la mâchoire est reproduite ci-dessous (fig. 2).
- Une seconde différence qui me frappe encore davantage est celle de la place laissée à la langue. C’est quelque chose assurément d’avoir une belle figure, mais il y a pour nous quelque chose de plus
- Fig. 2. — Mâchoire inférieure de la Vénus Hotleutolc représentée en dessus.
- laisser plus de place. Souvent, dans les mâchoires des races humaines les moins élevées dites prognathes, comme, par exemple, dans celle de la Vénus hottentote, le menton laisse un peu moins de place pour les mouvements de la partie antérieure de la langue, et l’espace entre les arrière-molaires est un peu moins large; mais la différence n’est pas très grande.
- Chez le Chimpanzé, l’Orang-Outang et surtout chez le Gorille, la langue a beaucoup moins de place. Chez le Dryopithèque, l’intervalle entre les mandibules était aussi resserré que chez le Gorille; par conséquent la langue était aussi étroite ; les os du menton étaient encore plus épaissis ; leur paroi postérieure restait sur un plan élevé jusqu a l’aplomb des arrière-molaires, de sorte que la langue avait encore moins de place en avant. Je ne vois quelque chose d’analogue que dans les Singes non anthropomorphes, tels que ceux du groupe des Macaques. M. Sauvinet, qui est chargé, sous l’habile direction
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- LA NATURE.
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- de M. Milnc-Edwards, de la ménagerie du Muséum, a bien voulu me mettre à même d’étudier quelques-uns de ces Singes. J’ai remarqué avec lui que les Macaques, les Magots, avaient la langue étroite, très épaisse en arrière, mince en avant; même en tenant compte de la mauvaise volonté que ces animaux mettaient à montrer leur langue, il nous a semblé qu’ils ne la tiraient pas aussi loin ni avec autant de souplesse que les hommes; cet instrument a chez eux des mouvements bien plus bornés. Il devait en être de même chez le Dryopithèque. Certainement, ce n’est pas lui qui nous éclairera sur l’origine de la parole.
- En résumé, le Dryopithèque, à en juger par ce que nous en possédons, non seulement est éloigné de l’homme, mais encore est inférieur à plusieurs Singes actuels. Comme c’est le plus élevé des grands Singes fossiles, nous devons reconnaître que jusqu’à présent la Paléontologie n’a pas fourni d’intermédiaire entre l’homme et les animaux1 * * 4.
- Albert Gauduv, de l’Institut.
- LES VOYAGES AUTOUR DU MONDE’
- Après miss Nelly Bly et miss Elisabeth Bisland, un Américain, M. Georges Francis Train, a fait récemment, en allant de l’est vers l’ouest, le tour du monde en soixante-sept jours et treize heures.
- Les journaux américains, le Sun, de New-York, du 19 mai, le Sunclay Ledger, de Tacoma, du 25 mai, donnent sur ce voyage des détails intéressants.
- M. Train avait déjà fait, en 1870, le tour du monde; il offrit au propriétaire du Ledger de recommencer en soixante jours, si on lui garantissait 5000 francs comme produit d’une conférence à faire dans cette ville. Le Ledger saisit l’occasion aux cheveux et Tacoma aussi.
- Tacoma est une ville de l’État de Washington, sur la côte du Pacifique, au sud-est de File de Vancouver. En 1880, elle comptait 720 habitants, elle en contient 50 000 maintenant. Elle vit là un excellent moyen de faire parler d’elle. Le journal avait garanti 7500 francs. La ville en souscrivit 20 000 et il fut entendu que Francis Train démontrerait que « Tacoma se trouve sur la ligne la plus directe et la plus courte que puisse suivre le commerce entier du globe. »
- M. Train partit le 18 mars 1890, à 6 heures du matin, et s’embarqua sur le vapeur l'Olympia, qui le conduisit à bord du transpacifique canadien Abyssinia. Le voyage à travers le Pacifique fut long et orageux, mais l’on marcha grand train et, le 4 avril, seize jours après, en entrait dans le port de Yokohama, au Japon.
- Il fallait que M. Train prit le bateau-poste allemand Général Werder, et le Général Werder était parti depuis deux jours. Heureusement il avait relâché à Kobe, autre port japonais. Par dépêche, Francis Train le fit attendre, traversa le Japon en chemin de fer et rejoignit le bâtiment.
- A peine était-il à bord que le Général Werder cinglait
- 1 Résumé d'un travail qui vient de paraître dans les Nou-
- veaux Mémoires de paléontologie (Société géologique de
- France) publiés chez Baudry, à Paris.
- 4 Yoy. n° 890, du 21 juin 1890. p. 55.
- vers llong-Kong, où il arrivait le 12 avril. Puis on fit route sur le Preussen, par Singapour, la Poinle-de-Galles, Aden et la mer Rouge jusqu’à Port-Saïd. Durant la dernière partie de ce parcours, une chose attira particulièrement l’attention du voyageur : la rencontre en quatre, jours, sur la mer Rouge, de pas moins de trois croiseurs allemands.
- À Suez, Train passa à bord de YArcadia, porteur de, la malle des Indes. Trois jours après, il était à Brindisi. En cinquante-deux heures, il traversa l'Italie, la France et aboutit à Calais. Un bateau spécial le transporta à Douvres. Le même soir, un rapide l’emportait de Londres à Queenstown où le transatlantique l'Etruria le recevait pour le déposer le 18 mai, à 5 heures du matin, à New-York, cinquante-neuf jours après son départ de Tacoma. Enfin, à 7 heures du soir, le 24 mai, il rentrait dans cette dernière ville, son point de départ.
- Miss Bly, de l’ouest vers l’est, et par San-Franeisco, avait mis soixante-douze jours et six heures ; miss Bisland, de l’est vers l’ouest, soixante-seize jours. Le temps doit évidemment se compter au méridien du lieu de départ; dans la direction vers l’est, on voit le soleil se lever uue fois de plus, et dans la direction vers Fouest, une fois de moins qu’au lieu de départ; mais la durée du voyage, en temps moyen, n’en est pas affectée.
- Jusqu’aujourd’hui) c’est donc M. Francis Train, de Tacoma, qui a fait le tour du monde en le moindre temps, soixante-sept jours et treize heures. Mais M. Train ne rentrait pas content, bien que reçu avec enthousiasme. « J’aurais fait, disait-il, le tour en quarante-huit jours, si les circonstances n’avaient pas été contre moi.
- « En prenant un lent vapeur pour Yokohama, j’ai perdu dix jours; deux de plus à Hong-Kong, dans un brouillard, un à Singapour, un à Colombo et deux en traversant l’Atlantique. Puis le retard à New-York, deux jours encore : en tout dix-huit jours. Mais n’importe, j’ai battu le record du tour du monde et me battrai moi-même plus tard. )>
- Il entend bien, en effet, recommencer et pas plus tard qu’en octobre prochain. Cette fois, il compte ne mettre que quarante-deux jours et demi.
- Dernier détail, qui a bien son prix : M. Francis Train est âgé de soixante ans. Louis Decamus.
- — A suivre. —
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- OMNIBUS ÉLECTRIQUE
- Lors de la visite du Lord-Maire de Londres à l’Exposition d’Edimbourg, le départ et le retour de ce magistrat se sont effectués dans des conditions toutes spéciales qu'il convient de mentionner. Le Lord-Maire été conduit à la gare d’Euston Road dans un omnibus électrique actionné par des accumulateurs et conduit par M. Ward, directeur de la Ward Electric Car Company. L’omnibus a fait très exactement et très rapidement son service, montrant qu’il était parfaitement dirigé par son inventeur et entièrement dans sa main, pour employer une figure très caractéristique en usage chez les gens de cheval. La Ward Electric Car Company est d’ailleurs en train de construire un certain nombre d’omnibus électriques qui doivent prochainement faire un service régulier entre Charing-Cross et King-Cross. Cette démonstration expérimentale sur une grande échelle ne contribuera pas peu, au dire des promoteurs, à la démonstration des qualités de l'électricité au point de vue de l’économie, de l’humanité, et de la propreté, en même temps qu’elle établira la facilité de locomotion dans les villes sans qu’il soit nécessaire d’avoir recours à des
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- tramways. Nous souhaitons tout succès aux omnibus de M.Ward, et nous tiendrons nos lecteurs au courant de son intéressante entreprise.
- LES PYGMÉES DE L’AFRIQUE CENTRALE1
- Toutes les tribus de la région équatoriale de l’Afrique, comprise entre l’océan Atlantique et le 52e degré de longitude est, ont entre elles une ressemblance plus ou moins éloignée; mais je placerais au 20e degré la ligne de séparation entre les deux grandes familles de même race et de même origine. Réparties sur environ 12 degrés de longitude, des peuplades par centaines offrent de très grandes analogies. Ce que Schweinfurth et Junker, Emin et Casati ont rapporté des Niam-Niam, des Monbouttou et des Monvou peut, avec quelques légères différences, s’appliquer aussi aux Bangala, Ouayyanzi, Batomba, Bassoko, Babourou, Bakoumou, Balessé.
- il existe une différence marquée dans la forme des cases, dans les tatouages du corps, les lignes dessinées sur le visage et les ornements dont ils agrémentent la lèvre supérieure. Cette variété provient du désir de se distinguer des voisins, mais ne dénote aucune diversité de race. Si jamais voyageur pouvait, du pont d’un bateau à vapeur, observer les rivages qui s’étendent d’Équateurville sur le Congo à lndc-soura, sur le haut Itouri, il serait frappé de la similitude, non seulement dans le costume et les armes, mais aussi dans la coloration des visages, tandis qu’il distinguerait bien vite comme étrangère toute colonie de Soudanais, Zanzibari ou Ouanya-mouezi accidentellement établie dans la contrée.
- Cette région, embrassant 12 degrés de longitude, est à peu près entièrement couverte par la forêt. A l’ouest, celle-ci est, de temps à autre, coupée par la savane, d’où une modification sensible dans le teint des autochtones. Le Sylvain, rarement brun foncé, a généralement la peau cuivrée, parfois presque aussi pâle que l’Arabe, et toujours d’une nuance plus claire que son frère des Prairies, un négroïde comme lui. Cette décoloration est due, sans doute, a leur séjour, de génération en génération, sous l’ombre éternelle des grands bois ; d’autres l’attribuent à un mélange primitif de deux races, l’une noire et l’autre de teinte moins sombre. Toujours est-il qu’en passant des grands bois au pays découvert, la différence vous saute aux yeux.
- Parmi les peuplades sylvestres, nous avons vu des physionomies singulièrement engageantes ; d’autres répulsives et dégradées à l’excès. Cependant, quelque féroce que soit le caractère des naturels,
- 1 M. Stanley a terminé le récit de scs récentes découvertes géographiques qu’il offre au public sous le titre : Dans les ténèbres de l’Afrique. L’édition française de cet ouvrage (qui paraît en même temps en Angleterre, en Allemagne et en France) forme 2 volumes in-8°, richement illustrés ; elle est publiée par la librairie Hachette. Les éditeurs ont bien voulu nous communiquer les bonnes feuilles du livre et nous autoriser à offrir à nos lecteurs l’intéressant chapitre que nous publions aujourd’hui sur les races de nains de l’intérieur du continent africain.
- quelque rétive leur disposition, et bestiale leur façon de vivre, il n’en est pas qui ne décèle des germes de progrès, grâce auxquels, a une époque future, la civilisation et tous les bienfaits qui en découlent se substitueront à la barbarie. Je fus particulièrement frappé de l’extérieur digne et des réponses de quelques prisonniers d’Engoueddé avec lesquels je pus m’entretenir en monvou.
- Éparpillés çà et l'a parmi les Balessé — d’Ipoto au mont Pisgah, entre les rivières Ngaiyou et l’I— touri, une région grande comme les deux tiers de l’Ecosse, — vivent les Ouamboutti, nomades de très petite taille et connus sous les diverses appellations de Batoua, Akka et Bazoungou1. Ces nains, d’une stature variant de 92 à 158 centimètres et dont le plus robuste ne pèse guère au delà de 40 kilogrammes, habitent la forêt vierge et se nourrissent de gibier. Ils disséminent leurs campements à 4 ou 5 kilomètres en forêt, sur le pourtour des essarts de quelque tribu agricole, celle-ci presque toujours composée d’hommes forts et bien découplés. Dix ou douze communautés de ces pygmées, nombrant en tout 2000 ou 2500 âmes, peuvent ainsi servir d’avant-postes à un défrichement de quelque importance. Avec leurs sagaies, leurs petits arcs et leurs flèches enduites d’une épaisse couche de poison, ils tuent l’éléphant, le buffle, l’antilope, ou bien, sans prendre tant de peine, creusent des fosses profondes qu’ils recouvrent artificieusement de roseaux, de feuillage et de terre; ils construisent aussi des hangars dont le toit, suspendu par une liane des plus fragiles, tombe au moindre choc, emprisonnant les chimpanzés, babouins ou autres simiens attirés par les noix ou les bananes mûres répandues sur le sol. Sur la piste des civettes, moufettes, ichneumons et rats, ils disposent d’ingénieuses trappes à lacets où, dans ses courses vagabondes, le petit animal se prend et s’étrangle. Outre
- 1 Stanley signale d’autres pygmées observés précédemment. Voici ce qu’il dit : «Après trois heures de marche, nous arrivons aux plantations d’Avaliko, juste au moment où la majeure partie de nos hommes commence à crier la faim. Ils courent vers les bananeraies comme les loups après la proie. Ici la caravane s’arrête une couple de jours pour fourrager et préparer des vivres.
- « A peine étions-nous installés qu’on nous amenait deux pygmées, un homme et une femme, au teint cuivré, jeunes tous les deux ; le premier devait avoir tout au plus vingt et un ans. Bonny le mesura consciencieusement, et j’écrivis sous sa dictée :
- « Hauteur, lm,220; — tour de tôle, 0m,515; —du menton au sommet du crâne en arrière, 0m,ôl(i; — tour de poitrine, 0m,G47; du ventre, 0m,705; — des hanches, 0ra,571; — de poignet, O1”,108; —bras gauche, 0m, 190 ; — cheville, 0ra,l78 ; — mollet, 0m,107 ; — longueur de l’index, 0m,051 ; — longueur de la main droite, ü,n,102; — du pied, 0m,159— delà jambe, 0”,5G; — du dos, 0m,47ü ; — du bras, jusqu’au bout des doigts 0m,492.
- « C’était le premier nain adulte que j’eusse encore vu : en lu passant la main sur le corps, revêtu de poils longs de 12 mil-limètreset plus, il nous semblait toucher de la fourrure. Il était coiffé d’une sorte de bonnet de prêtre, peut-être volé, peut-être reçu en cadeau, et décoré d’une touffe en plumes de perroquet. Une large bande d’écorce couvrait sa nudité. L’extrême malpropreté de ses mains, très délicates, attira notre attention. Il venait évidemment de décortiquer des bananes. »
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- la viande, les cuirs pour boucliers, les fourrures et l’ivoire, ils se procurent du miel sauvage et des plumes d’oiseaux. Ils excellent dans la confection des poisons, qu’ils échangent contre bananes, patates douces, tabac/ couteaux, lances et flèches. Leurs alentours seraient bientôt dépourvus de gibier s’ils n’exploitaient que les kilomètres carrés qui entourent la clairière, mais, dès que la proie se fait rare, ils partent à la recherche de nouveaux établissements.
- Pour les agriculteurs aborigènes, leurs hauts et puissants protecteurs, les pygmées sont des éclaireurs parfaits : connaissant les dédales de leur coin de la grande sylve, ils donnent l’alarme quand approchent les étrangers. Chacune de leurs demeures temporaires est un observatoire d’où ils surveillent les issues et abords de la clairière. Leurs villages commandent la croisée de toutes les routes; il n’est pas de sente qui ne les traverse. l)es indigènes approchent-ils, paraissant mal disposés, ils se liguent avec leurs voisins du moment et ne sont pas alliés à dédaigner. La flèche combat la sagette, le venin lutte contre le poison, la ruse se mesure avec l’astuce; le succès final est presque toujours pour la tribu amie des lilliputiens.
- Leurs proportions minuscules, leur agilité, leur malice, surtout leur pratique des bois, en font de redoutables adversaires, et les peuplades agricoles savent fort bien qu’en penser. Nul doute qu'elles ne soupirent souvent après le départ de ces hôtes encombrants auxquels, en retour de maigres redevances en fourrure ou en gibier, ils doivent laisser libre accès aux cultures, bananeraies et jardins. Chaque nation a ses parasites, et les tribus de la grande foret centrale ont beaucoup à souffrir de ces cruels petits hommes qui s’attachent à elles comme la glu et les flattent pour en être bien nourris, tout en les ruinant par leurs extorsions et pilleries.
- Les huttes des pygmées témoignent d’un certain goût. Ce sont des constructions basses dont la forme rappelle assez bien la moitié d’un œuf coupé en long.
- Les portes, hautes de 00 à 90 centimètres seulement, sont situées a chaque extrémité ; ils éparpillent les cases sur une circonférence plus ou moins irrégulière, au centre de laquelle ils réservent une place pour celle du chef de la famille. A 100 mètres environ, et sur chaque sente qui s’éloigne du village, on voit une guérite exiguë, juste assez vaste pour contenir deux de ces petits hommes et dont la porte ouvre sur la route.
- D’après ce que nous savons de ces fils de la forêt, si jamais des caravanes indigènes prennent le chemin, par exemple, d’Ipoto à Ibouiri, elles ne manqueront pas d’être considérablement allégées avant
- d’arriver à destination : il y a dix grandes clairières entre ces deux établissements et, sur la route de chacune, deux campements de pygmées ; ce serait donc vingt fois le péage en sel, tabac, fer, rotin, ornements de bambou, couteaux, haches, doloi-res, lances, flèches, anneaux, etc., qu’il faudrait acquitter. Vu les innombrables droits d’octroi et autres cou tribu tion s qu’exige ce parcours de lot) kilomètres, nous ne sommes pas surpris que les habitants d’Ipoto n’aient jamais entendu même le nom d'Ibouiri. De ces entraves apportées à la libre circulation résultent la diversité des dialectes et l’ignorance absolue des captifs relativement à des stations situées aune trentaine de kilomètres. Comme nous l’avons dit déjà, il existe deux types de nabots absolument distincts au point de vue du teint, de la conformation de la tête et des caractéristiques faciaux. Que les Batoua et les Ouamboutti aient ou non la même communauté d’origine, ils diffèrent autant que le Turc et le Scandinave. Les Batoua ont la tête allongée, le visage étroit, de petits yeux rougeoyants et rapprochés, ce qui leur donne une mine de furet, en dessous, anxieuse et refrognée. Les Ouamboutti ont la face ronde, les grands yeux de la gazelle, très distants, le front découvert, un air de franchise absolue, la peau d’une riche coloration jaune ivoire. Us occupent le sud du district, les Batoua tiennent le nord, mais ces derniers s’étendent vers le sud-est jusqu’aux forêts
- Fig. 1. —Los Pygmées d’Afrique à côté d'officiers anglais et de Soudanais. (D'après une photographie.)
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- d’Aouamba sur les deux rives de la Sendiki et à l'est de l’Itouri.
- La vie, dans leurs villages sous bois, est à peu près celle des cultivateurs. Les femmes amassent, le combustible et les provisions; les hommes chassent, guerroient et dirigent la politique. Le gibier ne manque jamais, et, en dehors de la [(réparation des fourrures, des cuirs ou des [dûmes, il faut encore fabriquer des filets pour le poisson ou des pièges pour les menus hôtes de la foret. Les [dus jeunes
- doivent s’exercer sans cesse au tir, car nous n’avons jamais traversé un bourg sans trouver bon nombre d’arculets et de fléchettes à pointe mousse. On fait aussi un usage abusif de la hache, si nous en jugeons d’après les arbres sur lesquels le tranchant en était essayé. A 500 mètres environ de chaque campement ouamboutti, des figures taillées à facettes [dus ou moins géométriques indiquent une résidence de nains. II. M. Stanley.
- Fig. 2. —Habitations des Pygmées dans les torils de l’Afrique centrale. (Gravure extraite du nouveau livre de Stanley Dans'les ténèbres de l’Afrique.)
- LA MALADIE DES POMMES DE TERRE
- ET LE MOYEN DE LA COMIÎATTEE
- C’est un fléau relativement ancien que la maladie de la pomme de terré ; il a précédé de trente ans le phylloxéra, de quarante ans le mildew de la vigne.
- 11 y a quarante-cinq ans, en effet, que pour la première fois, en France du moins, on a vu les champs de pommes de terre, attaqués par un mal inconnu, perdre leur belle couleur verte, noircir, et n'offrir plus bientôt, aux yeux attristés, qu’une forêt de tiges, racornies, couvertes de feuilles flétries et desséchées. Au pied des touffes ainsi arrêtées dans leur végétation, le cultivateur n’a plus trouvé alors que quelques tubercules maigres et tachés, qui, mis en cave, n’ont pas tardé à pourrir; la récolte était perdue.
- Ce fut, en 1845, une grosse émotion que celle causée par l’apparition inopinée de ce fléau ; une en-
- quête fut ordonnée, qui ne révéla qu’une chose ; c’est que, dès 1842, quelques cultivateurs avaient cru entrevoir le mal ; mais sur son origine, sur sa nature, sur les conditions déterminantes de son développement, tout d’abord on ne sut rien. De tous côtés cependant, la question était mise à l’étude, et les communications, faites à son sujet pendant dix ou quinze ans aux corps savants, aux journaux d’agriculture, etc., fourniraient la matière de bien des volumes.
- Aux cultivateurs cependant ces nombreuses publications n’apprirent pas grand’chose; le mal persistait, offrant dans son action, et suivant les années, des intensités diverses ; la pomme de terre avait le choléra, disait-on, et la préoccupation publique était telle à ce sujet que vers 1854, je crois, à Paris oit l’on rit de tout, on donna à une revue de fin d’année ce titre : Les pommes de terre malades.
- Ces préoccupations, d’ailleurs, n’avaient rien
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- d’exagéré; c’est, en effet, un gros désastre, en France, que la perte d'une récolte de pommes de terre; quelques chiffres suffisent à l’établir.
- Si l’on se reporte h la statistique officielle de 1882, la dernière au sujet de laquelle nous ayons des renseignements exacts, on apprend qu’en France la culture de la pomme de terre aboutit, en moyenne, à une récolte de 100 millions de quintaux. Comptée au prix de 4 francs le quintal, ce qui est modeste, cette récolte représente donc une valeur de 400 millions de francs. Cette valeur, le développement de la maladie peut la détruire absolument; tout au moins la réduit-elle trop souvent dans une large mesure.
- L’influence que cette perte ou cette diminution de récolte exerce sur l’alimentation de notre pays est considérable. Nous consommons, en France
- Fig. 1. — Phijtophtora infestons (parasite de la pomme de terre); grossi 100 fois. — a, mycélium, b, filaments avec conidies. c, conidie émettant des zoospores. (D’après un dessin de M. l‘ril-lieux.)
- 85 à 90 millions de quintaux de blé, et comme du fait, d’une part de l’extraction des sons par le meunier, d’une autre de l’hydratation de la farine par le boulanger, on compte qu’un poids de blé fournit un poids égal de pain, c’est, on le voit, à 85 ou 90 millions de quintaux que s’élève, annuellement la consommation française du pain. Le poids des pommes de terre consommées n’est guère éloigné de ce chiffre, si bien que la valeur alimentaire de celle-ci pouvant être estimée au tiers de la valeur alimentaire du blé, on peut dire que la perte d’une récolte de pomme de terre équivaut à la perte du tiers d’une année de pain.
- La cause du mal est connue aujourd’hui; on sait que c’est au parasitisme d’un champignon microscopique qu’est due la mort de la plante. Ce cryptogame qu’on a appelé d’abord le botrytis, puis le phylophtora infestant, est représenté à l’échelle de 100 diamètres dans la figure 1, ci-dessus, dont je dois le dessin au crayon si habile de mon savant et excellent collègue M. Prillieux.
- C’est un peronospora, en réalité. Les spores qu’ont
- fournies des végétations antérieures sont apportées par le vent, au contact des feuilles de la pomme de terre, elles y restent attachées par leurs poils, et bientôt, comme le montre la figure a, lancent, à travers le tissu végétal, leur mycélium, c’est-à-dire les tubes radiculaires à l’aide desquels le cryptogame va chercher les aliments que la plante élaborait pour elle-même et dont la privation va déterminer sa mort. Puis de la feuille surgiront de minces filaments portant, comme le montre la figure b, des conidies, c’est-à-dire de petites capsules qui vont servir de logement aux spores que fournit la fructification. Bientôt enfin ces conidies s’ouvriront, ef laisseront (c) échapper les spores qui, emportées par le vent, se dissémineront à leur tour sur la culture environnante.
- L’invasion de la culture par le parasite est, heureusement, facile à reconnaître, mais, malheureusement aussi, la propagation en est singulièrement rapide. C’est par la face inférieure des feuilles que l’attaque commence; des taches isolées s’y développent par places irrégulières; bientôt sur la face supérieure ces taches se montrent par une coloration noire; puis elles se multiplient, se rejoignent, et la feuille en est tout entière couverte. Celle-ci se fane alors, se recroqueville et, noire dans sa masse, reste attachée à la tige comme une feuille séchée au feu. La végétation s’arrête, les spores tombent sur le sol, arrivent au contact des tubercules, et les envahissent à leur tour.
- Rien n’est plus triste qu’une pièce de pommes de terre dévastée par lamaladie. Quelques jours suffisent à faire de la culture la plus belle un champ sur lequel il semble, en vérité, que le feu ait passé.
- Pour que le parasite se développe et produise semblable désastre, des conditions spéciales sont nécessaires : c’est d’abord une atmosphère humide, c’est ensuite une température de 20° au moins. C’est de juillet à septembre que ces conditions peuvent se rencontrer; aussi, sauf exception, ne voit-on pas la maladie sévir avant la fin de juin et après le commencement de septembre.
- En ce moment et grâce aux nuits fraîches du mois de juin de cette année, son apparition n’est signalée que sur des points peu nombreux, mais le danger n’en subsiste pas moins; quelques journéesde chaleur humide suffiraient à déterminer l’invasion.
- Bien des procédés ont été essayés pour combattre la maladie des pommes de terre; aucun, jusqu’à ces dernières années, n’avait donné de résultats sérieux, et pour éviter les désastres qu’il cause, on n’avait pu jusqu’ici que recourir à un palliatif. Celui-ci consiste à ne cultiver que des variétés possédant une résistance particulière au mal, comme, par exemple, la Chardon; mais ce sont là, en général, des variétés inférieures, et c'est à leur emploi qu’est dû, pour une bonne partie, l’état arriéré de la culture de la pomme de terre en France.
- Les choses sont changées aujourd’hui ; l’aspersion des cultures à l’aide de bouillies cuivreuses permet
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- d'enrayer absolument le développement de la maladie de la pomme de terre. Si nos cultivateurs le veulent, leurs récoltes sont désormais assurées.
- A partir du jour où l’on a su, à l’aide de ces bouillies, arrêter la marche du mildew de nos vignes, le résultat que je viens d’indiquer était à prévoir. Les deux parasites, en effet, ont entre eux la plus grande analogie, et ce qui tue l'an semblait à priori devoir tuer l’autre.
- (l’est à M. Jouet que revient, si je ne me trompe, l’honneur d’avoir, le premier, en 1885, ouvert la voie. Après avoir vu la bouillie bordelaise enrayer la marche du peronospora de la vigne, du peronospora de la tomate, il a tenté, dans les propriétés de sir Johnston, en Gironde, d’enrayer par le même agent la marche du peronospora de la pomme de terre et il y a réussi.
- D’autres l’ont suivi dans cette voie et ont réussi comme lui, mais n’ont malheureusement fourni aucun résultat numérique; si bien que leurs essais n’ont entraîné qu’un bien petit nombre d’adeptes.
- M. Prillieux, le premier, a fourni des chiffres. En 1888, il a couvert d’une bouillie épaisse à 6 pour 100 de sulfate de cuivre, le feuillage de neuf pieds de pommes de terre qui, à la récolte, lui ont donné cent quinze tubercules tous sains et intacts, tandis qu’a côté six pieds non traités lui ont fourni cinquante-trois tubercules seulement parmi lesquels figuraient 17 malades (soit 52 pour 100 de la récolte).
- L’influence heureuse et certaine des bouillies cuivreuses sur la maladie pouvait, dès lors, être con sidérée comme établie, mais cela ne suffisait, pas encore; il fallait par la pratique culturale établir, avec précision, les effets dus a cette influence et mettre en parallèle, d’un côté le bénéfice réalisé, d’un autre la dépense à l’aide de laquelle ce bénéfice pouvait être obtenu. C’est cette démonstration définitive que j’ai pu donner à la suite de mes cultures de 1888 et de 1889.
- Pendant ces deux campagnes, j’ai, en deux localités différentes, à Joinville-le-Pont (Seine) et à Clicliy-sous-Bois (Seine-et-Oise), soumis à l’action d’une bouillie cuivreuse diverses pièces de pommes de terre, dont une partie, exempte de tout traitement, était conservée comme témoin; à la récolte j’ai pesé les tubercules provenant des parties traitées et des parties non traitées, et après avoir trié les malades, évalué l’augmentation de la récolte saine du fait du traitement.
- La bouillie employée était faible, elle était obtenue en dissolvant 2 kilogrammes de sulfate de cuivre par hectolitre d’eau et amenant l’oxyde à l’état de bouillie par l’addition d’un kilogramme de chaux pesée à l’état vif, mais éteinte préalablement au mélange.
- En 1888, la maladie s’est montrée fort tard, en août, alors qu’on croyait bien l’avoir évitée. Les cultures étaient envahies déjà quand j’ai pu les traiter; le traitement par suite n’a été que curatif, alors qu’il doit toujours être préventif. Malgré cela, j’ai
- vu du fait de ce traitement, non seulement le nombre des tubercules malades diminuer au moins de moitié, mais encore le poids de la récolte saine augmenter dans une proportion qui, suivant les variétés, a été de 2,7 pour 100 (minima) à 22,9 pour 100 (maxima).
- En 1889, je n’ai pas attendu l’apparition du mal et j’ai traité préventivement. Grâce à la sécheresse de juin et de juillet, la maladie n’a fait l’année dernière que peu de ravages ; les résultats obtenus n’en ont pas été moins nets et j’ai vu notamment, à Clichy-sous-Bois,quatre variétés fournir sur une surface traitée, une récolte absolument exempte de maladie et supérieure de 1,9 pour 100 (minima) à 16,8 pour 100 (maxima) à la récolte des mêmes variétés sur une surface égale mais non traitée. Pour une des variétés non traitées, la proportion des maladies s’élevait en outre à 9,1 pour 100.
- En quelques régions à climat humide, des effets plus frappants encore ont été obtenus. En Normandie par exemple, àGlères (Seine-Inférieure), M. Herbet, préparateur du cours de technologie agricole à l’Institut agronomique, a, sur mes conseils, traité quarante-quatre pieds de Richters Imperator; à chaque pied, il a, en moyenne, récolté 2ke,643 de tubercules absolument sains; dans la même pièce, dix pieds sont restés sans traitement, chacun d’eux a donné à peine 1 kilogramme de tubercules presque tous malades; l’augmentation de la récolte saine, du fait du traitement, est ici de 164 pour 100.
- La gravure ci-après (fig. % p. 72) est la reproduction d’une photographie prise par M. Herbet à la ligne de séparation de la partie non traitée À et de la partie traitée B ; elle montre d’une façon saisissante les effets dus à l’action de la bouillie cuivreuse sur la végétation.
- Sans multiplier ces exemples, il est permis de considérer dès à présent comme résolue la question des services qu’on doit attendre du traitement préventif des champs de pommes de terre par les sels de cuivre.
- La dépense est modérée : 17 hectolitres de bouillie suffisent à l’arrosage d’un hectare; chacun de ces hectolitres contient 2 kilogrammes de sulfate de cuivre dont la valeur (au cours de 65 centimes) est de lfr,50 et un kilogramme de chaux qui ne vaut pas plus de 0fr,02 ; soit pour les produits une valeur de 1^,52x17 = 22^,44 à l’hectare. Pour arroser cette surface, quatre journées d’hommes ont été nécessaires en 1888 et 1889; cette année, grâce à l’emploi de pulvérisateurs perfectionnés, deux journées m’ont suffi; en comptant ces journées à 3 francs l’une, la dépense totale s’est donc élevée à 55 francs environ l’année dernière; elle ne dépasse pas, cette année, 29francs par hectare.
- Rien de plus simple d’ailleurs que les opérations nécessitées par le traitement. Près du champ de pommes de terre on apporte un tonneau défoncé. Dans ce tonneau (si comme d’habitude il peut tenir 2 hectolitres) on jette 4 kilogrammes de sulfate de
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- cuivre que l’on recouvre d’une cinquantaine de litres d’eau et qu’on y remue à l’aide d’un bâton, jusqu’à dissolution complète. D’autre part on prend 2 kilogrammes de chaux vive qu’on éteint soigneusement et qu’une fois éteinte (au besoin après l’avoir débarrassée des [lierres par tamisage) on mélange au liquide. Cela fait, on achève avec de l’eau ordinaire le volume de 2 hectolitres.
- La bouillie est prèle alors à être employée; il ne reste plus qu’à la verser dans la hotte de l’un quelconque des pulvérisateurs usités pour le traitement du mildew de la vigne. L’ouvrier, la hotte sur le dos, la lance à la main, s’avance ensuite suivant un rayon, arrosant à sa gauche autant de files que la force de son pulvérisateur le permet. Certains de ces instruments permettent de bien couvrir d’un seul jet cinq
- files espacées de 60 centimètres, ce sont naturellement les appareils de ce genre (pie l’on doit préférer.
- C’est là, on doit le reconnaître, un travail bien facile et peu coûteux. Il suffit à sauver la récolte dans les conditions d’invasion ordinaire, et c’est seulement dans le cas où par un retour inattendu delà maladie, cette invasion prendrait une gravité excep-tionelle qu’il conviendrait de recourir, plus tard, à un deuxième traitement.
- C’est, en tout cas, au moment même où ces lignes paraîtront, du 20 juin au 10 juillet, que le traitement préventif doit être appliqué. Aucun cultivateur soucieux de ses intérêts ne saurait négliger d’y soumettre scs champs de [tommes de terre. ^nn;, Girard,
- Professeur au Conservatoire dos arls ot métiers.
- Fig,2,—Traitement, de la maladie des pommes de terre par la bouillie cuivreuse. — A, partie non traitée. —11, partie traitée.
- (D’après une photographie de M. Herhct.)
- LES MARINES MILITAIRES*
- CUIRASSÉS ET CROISEURS ANGLAIS
- Après avoir décrit quelques-uns des [tins importants navires de guerre, de la France, de l’Italie, de la Russie et de l’Allemagne, nous aborderons aujourd’hui l’étude succincte de deux vaisseaux, types de la marine militaire anglaise. Nous choisirons un navire cuirassé et un croiseur.
- Le Trafalgar est assurément l’un des plus puissants navires cuirassés des temps modernes; on a achevé ses essais en 1889. Long de 105 mètres, large de 22m,50, il déplace 12 000 tonnes et a atteint 17 nœuds, avec 12 000 chevaux (fig. 1 ) ; c’est par suite le plus rapide des cuirassés existant actuellement, puisque les italiens Lepanto et. llalia, dépourvus
- (Suite). Yoy. n° 880, «lu 12 avril 1890, p. 289.
- de ceintures, doivent plutôt être rangés dans 1a catégorie des croiseurs protégés.
- La construction du Trafalgar a été fort poussée et s’est terminée en quatre ans ; sa flottaison est protégée par une ceinture blindée centrale de 70 mètres de long continuée par un pont cuirassé qui se termine à l’avant à la pointe de l’éperon dont il augmente la consolidation et à l’arrière à la mèche du gouvernail; cette ceinture est complétée par des traverses de 56 centimètres d’épaisseur perpendiculaires à la quille ; c’est la citadelle inférieure, Les murailles latérales montent jusqu’au pont ' supérieur avec une épaisseur de 41 centimètres et ' viennent se raccorder à deux arcs paraboliques formés de plaques de 46 centimètres; c’est la citadelle supérieure.Enfin des traverses de 15 centimètres venant par une suite de pans se joindre à la muraille forment un petit réduit comprenant de chaque bord 4m,127 qui
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- Fi". 1. — Le Trafalgar, grand navire cuirassé de la marine anglaise. (D'après une photographie.)
- La Magicienne, croiseur de la marine anglaise. (D’après une photographie.)
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- vont être remplacés incessamment par des tir rapide de même calibre et constituent avec onze tir rapide de 59 millimètres, 8 de 47, et quelques 57, l’armement léger du navire. Le gros armement est compris par paire dans deux tourelles placées symétriquemen à l’avant et à l’arrière, blindées à 46 centimètres et battant presque tout l’horizon ; élevées dans la citadelle supérieure, elles bénéficient en plus des traverses que forment l'inférieure, et le coup qui les atteindra aura dù auparavant percer les deux traverses, ce qui les assure d’une invulnérabilité à peu près absolue.
- Après avoir fait connaître un des plus puissants cuirassés de la marine anglaise, nous décrirons un de ses croiseurs : la Magicienne (fîg. 2). Ce navire semble représenter à peu près le type classique du croiseur anglais, quoique ayant donné dans la pratique des résultats bien inférieurs à ceux qu’on était en droit d’espérer d’après les expériences de réception; la position avantageuse de l’artillerie de ces croiseurs leur permet d’avoir la moitié de leurs pièces avant, simultanément dans la même direction; quelques-uns d’entre eux ont reçu un soufflage en bois destiné à porter un doublage en cuivre, disposition qui leur permet dans les campagnes lointaines de garder leur carène propre et sans végétations, cela pendant de longs mois sans passer au bassin.
- La Magicienne et ses semblables ont 81 mètres de longueur, 12m,5de largeur et 2800 ou 5000 tonnes suivant qu’ils sont ou non doublés ; ils ont un rayon d’action considérable grâce à la grande capacité de leurs soutes d’une épaisseur de 1“,80, fort divisées et comprenant avec le double fond la protection la plus sérieuse du navire. Ces croiseurs n’ont, comme cuirassement proprement dit, qu’un pont en dos de tortue dont l’arête supérieure affleure la flottaison ; elle a alors 25 millimètres d’épaisseur, tandis qu’en abord elle aboutit à lm,20 sous l’eau, et a atteint 50 millimètres dans cette partie inclinée; l’éperon, l’étrave et l’étambot sont en bronze.
- Chaque machine et groupe de chaudières est dans un compartiment séparé; l’armement principal se compose de six canons de 15 centimètres placés tous en abord, un sur chaque gaillard, l’autre à hauteur du pont principal un peu sur l’arrière des cheminées.
- A la même hauteur on compte dix canons à tir rapide de 57 millimètres, dont quatre sont répartis entre les logements de la teugue et ceux de la dunette; les autres se trouvent sur le pont principal.
- Citons encore quelques postes pour tirailleurs dans les hunes qui sont militaires et sur les passerelles et parois; n’oublions pas de mentionner aussi un petit nombre de canons-revolvers. L’attaque sous-marine comporte six tubes lance-torpilles dont deux fixes de chaque côté de l’étrave, les quatre autres dans le fàux pont par le travers des matis ; ces derniers sont à pointage variable et suspendus au barrot. Le poste de combat du commandant est blindé à l’avant du mât de misaine et surmonté d’un projecteur électrique.
- LE PYRÈTHRE EN CALIFORNIE
- Il y a une douzaine d’années, un Dalinate, M. G. Milco, introduisait en Californie quelques pieds d’un Chrysanthème, le Pyreihrum cinerariæfolium, végétal originaire de Dalrnatie, et dont les capitules pulvérisées constituent, concurremment avec ceux du Pyreihrum, roseam et du Pyrethrum carneum du Caucase, la poudre insecticide de Pyrèthre. Cette plante s’étant parfaitement accommodée au climat californien, M. Milco a songé à en entreprendre une culture industrielle, et aujourd’hui ses champs de Pyrèthre s’étendent sur une superficie de 500 acres, soit environ 121 hectares.
- Ces plantations, situées à Atwata, dans le comté de Merced, exigent des soins assidus, et d’ahondantes irrigations. Les pieds, qui atteignent une hauteur de 70 centimètres environ, sont disposés sur des lignes distantes de lm,25, avec intervalle de 50 à 00 centimètres entre les pieds d’une même ligne. La première récolte se fait attendre trois ans, on obtient ensuite le rendement maximum vers la quatrième ou la cinquième année. La récolte s’opère en fin mai, les inflorescences sont coupées, puis on en détache les fleurs en les passant sur des sortes de peignes, et on les étale sur des aires pour les faire sécher au soleil. Cette dessiccation constitue le point le plus délicat de la préparation, car sa mauvaise exécution peut faire perdre une partie de l’huile volatile formant le principe actif du Pyrèthre californien. Les fleurs desséchées sont ensuite pulvérisées. Le Pyrèthre californien traité plus méthodiquement que les produits similaires du Caucase serait, paraît-il, appelé à un certain avenir1.
- b —^
- L’AMOUR MATERNEL CHEZ LA
- F0RFICULE AURICULAIRE
- OU PERCE-OREILLE
- Tout le monde connaît la Forficule, ou plus vulgairement Perce-oreille, elle est commune partout; toutefois ce n’est pas un insecte aimé, aussi ne manque-t-on jamais de l’écraser lorsqu’on la rencontre. A un certain point de vue, cela se comprend, car tous les jardiniers vous diront que la Forficule est un insecte nuisible qui se loge dans les plus beaux fruits, dans les poires et les pèches notamment; quelle s’attaque aux choux-fleurs, aux giroflées, aux géraniums, aux œillets; en un mot, c’est un ravageur, non pas un des plus terribles, car il en est de plus dangereux, malheureusement, mais ce n’en est pas moins un ennemi de l’horticulture. Cependant, le plus souvent, on détruit la Forficule pour une autre cause : de la crainte qu’elle inspire. En effet, on croit généralement qu’à l’aide de l’espèce de pince dont l’extrémité postérieure de son corps est pourvue, elle s’introduit dans l’oreille des gens endormis, pour pénétrer dans le cerveau et donner ainsi la mort. C’est'là, inutile de le dire, un préjugé absurde; d’ailleurs, il n’est pas besoin d’être un anatomiste consommé pour savoir qu’entre le conduit auditif et la boîte crânienne qui loge le cerveau, il n’existe qu’une communication imperceptible qui ne saurait donner passage à quoi que ce soit et surtout à un insecte de cette taille. Aussi, avec bon nombre d’entomologistes, croyons-nous plutôt que le sobriquet ridi-
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- Pacific, rural Press de San Francisco.
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- LÀ NATURE.
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- culo dont on affuble communément la Forficule, provient de la ressemblance des pinces de l’insecte avec l’instrument dont on se servait autrefois pour percer les oreilles des petites filles.
- La Nature a décrit jadis l’insecte en question1. C’est un orthoptère long de 12 à 14 millimètres, brun-rous-sàtre, pourvu d’ailes repliées en éventail et logées sous des élytres très courtes. Ces ailes ne viennent que très tard aux Forficules et ce n’est qu’à l’àge adulte que l’insecte s’en sert, et encore dans les grandes occasions, pour se transporter d’un endroit dans un autre.
- La Forficule demande, avant tontt un habitat frais et obscur; dans le jour elle se réfugie sous les écorces, sous les pierres, dans la mousse. Au laboratoire de l’Ecole d’agriculture de Berthonval, où, certaines années, les For-ticules sont très nombreuses, elles se cachent volontiers' dans les tubes en caoutchouc reliant quelques pièces d’un appareil; elles trouvent, là, humidité et obscurité, mais c’est là, d’ailleurs, que j’ai pu vérifier certains faits avant trait à l’amour maternel chez ces insectes.
- On sait que chez les insectes, d’une manière générale, les parents ne s’occupent guère de leurs petits. Instinctivement, ils déposent -leurs œufs dans un endroit où les larves qui sortiront des œufs trouveront la table bien servie, puis ils s’éloignent et les jeunes larves s’en tirent comme elles peuvent, appliquant la maxime : (( Aide-toi, le Ciel t’aidera. ))
- Chez les Forficules il n’en est plus de moine. C’est au printemps que la femelle dépose ses œufs par paquets dans un endroit frais et obscur; mais, une fois la ponte effectuée, la mère se tient sur ses œufs, elle les couve-eu quelque sorte, chose très rare dans le monde des insectes, et ne les quitte que pour chercher sa nourriture . Ces œufs viennent-ils à être dispersés, l’insecte ne tardé pas à s’en apercevoir, il tourne, cherche, les recueille un à un ; il fait tant et si bien qu’il arrive à les rassembler.
- Dans la première quinzaine de juin, ces œufs éclosent. Les larves qui en proviennent sont d’abord blanches, très faibles et fort mal constituées, pouvant à peine se mouvoir. Certes, si elles étaient abandonnées à elles-mêmes, elles ne tarderaient pas à périr; mais la mère ne les abandonne pas plus que ses œufs, elle les soigne, leur apporte de la nourriture dans les premiers jours, puis les guide sur les piaules du voisinage. D’ailleurs les petits, comme s’ils avaient conscience de leur faiblesse, ne s’écartent point de leur mère et, au moindre danger, ils se rassemblent autour d’elle comme les poussins autour de la poule.
- Ces larves subissent plusieurs mues : après la première, leur couleur devient brune et, à la quatrième, elles se transforment en nymphe, puis en insectes parfaits. C’est à ce moment que la mère quitte sa progéniture, car la mort l’enlève à cette époque. Par une étrange singularité de la nature, la Forficule-mère ne doit pas connaître, à l’état adulte, la progéniture à laquelle elle a prodigué tant de soins dans le jeune âge. C’est encore là un fait exceptionnel dans le monde des insectes, où la mère meurt, en général, à la fin de l’été après la ponte effectuée en lieu sur; la Forficule, au contraire, passe l’hiver à l’état d’insecte parfait, dans quelque trou bien abrité, et c’est au printemps qu’elle disparaît, après avoir perpétué l’espèce, et guidé les premiers pas de ses enfants.
- Tels sont les faits relatifs à l’amour maternel chez les Forficules, Le naturaliste de Geer semble avoir été le premier à les relater; en 1874, le naturaliste allemand Tas-ehenberg les a vérifiés d’une manière complète, et voilà
- * Voy. nü 7, du 19 juillet 1875, p. 99.
- bientôt trois ans qu’il nous a été donné de les constater à notre tour.
- Ajoutons, pour finir, que c’est en se basant sur le fait que les Forficules demandent des endroits obscurs et frais qu’on parvient à s’en défaire. 11 suffit de déposer, près des plantes qu’on veut préserver, ou le long des espaliers qu’on veut mettre à l’abri de leurs atteintes, des pots à fleurs renversés posés sur un petit piquet ; ces pots étant remplis de mousse humide, les Forficules s’y réfugient pendant le jour et tous les soirs et matins on tue les prisonniers; on peut encore déposer près des plantes des tiges creuses de roseau ou de sureau, où les perce-oreille, qui semblent affectionner particulièrement les substances tubulaires, ne manquent pas de venir se loger.
- Albert Lvrbalétrier,
- Professeur à l’École d'agriculture du Pas-de-Calais.
- LE POLYPHONE ZIGANG
- On sait que la plaque vibrante d’un téléphone peut, sous l’inlïuence de courants électriques ondulatoires convenablement gradués et modulés, reproduire tous les sons et tous les timbres les plus divers dans une échelle de gammes très étendue, en ne laissant apparaître, que d’une manière presque insensible, une légère altération due au son fondamental de cette plaque vibrante. Il n’en est pas de même lorsque l’on utilise la plaque elle-même pour effectuer la modulation du courant, et nous avons décrit autrefois la trompette électrique de M. Zi-gang1, dans laquelle un courant, périodiquement interrompu par la vibration de la plaque elle-même, permet d’obtenir un son continu d’un timbre tout spécial. La trompette électrique constitue un appareil intermédiaire entre le téléphone et la sonnerie électrique qu’il peut, d’ailleurs, remplacer avantageusement dans un grand nombre d’applications. Les premières trompettes réalisées par M. Zigang donnaient un son fort peu agréable, et d’une hauteur souvent mal définie. En disposant tout le système sur une garniture entièrement métallique, en modifiant convenablement l’épaisseur de la plaque, son diamètre, son montage périphérique, la masse de l’armature, la capacité du résonnateur et les proportions de l’électro-aimant, le son de la trompette s’est trouvé très sensiblement amélioré; il prit un timbre qui se rapproche de celui du hautbois, timbre que l’on peut modifier dans une large mesure par une combinaison bien entendue des divers organes qui concourent à la production du son. Mais M. Zigang a voulu aller plus loin, et il s’est demandé s’il ne serait pas possible de transformer la trompette monophone, ou ne donnant qu’une seule note de hauteur sensiblement fixe, en un polyphone permettant d’obtenir plusieurs notes distinctes avec le même appareil. 11 y a réussi en mettant à profit la relation qui lie la hauteur du son principal fourni par une plaque vibrante à son diamètre. Les figures ci-après montrent les principales dispositions de
- 1 Voy. n° 751, du 4 juin 1887, p. 15.
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- l’appareil ainsi que la manière de le mettre en action.
- Le polyphone n’est pas autre chose que la trompette initiale constituée par un électro-aimant E (fig. 1) monté devant une plaque vibrante sur laquelle est collée une armature en fer doux À.
- Un contact en platine V ferme le circuit d’une pile sur l’électro et le rompt dès que la plaque est attirée pour le laisser établir a nouveau lorsque la plaque reprend sa position initiale, et ainsi de suite. Le son ainsi émis est celui qui correspond a la vibration propre de la plaque sous l’influence de la création et de lasuppression périodique des courants qui traversent l’électro. Mais si l’on applique une pointe mousse contre la plaque, on immobilise toute la partie de cette plaque comprise entre la pé-riphérie de la plaque encastrée dans la monture et le cercle concentrique passant par le point touché. La plaque rend donc un son plus aigu, et d’autant plus aigu que le point touché est plus rapproché du centre. On conçoit qu’en touchant la plaque en des points différents, on puisse lui faire rendre des sons différents ayant entre eux les rapports des tons
- Fig. 1. — Polyphone de M, Zigang.
- main droite déplace la pointe mousse à la surface de la plaque. Les passages liés sont particulièrement facilités à l’aide de cet instrument avec lequel l’auteur a déjà joué plusieurs morceaux concertants pour polyphone et piano. 11 serait possible d’ajouter
- à l’appareil des dispositions spéciales permettant de réaliser facilement les forte et les piano, soit en introduisant dans le circuit des résistances variables, soit en faisant varier le nombre des éléments à l’aide d’un commutateur, soit en introduisant dans le circuit une bobine à noyau de 1er mobile, de façon à modifier le coefficient de self-induction du
- Fig. 2.
- Exécution d’un air de musique sur de polyphone
- et des demi-tons des gamnn
- chromatiques, et qu’il devienne ainsi possible de jouer un véritable air de musique (fig. 2). C’est ce que fait M. Zigang avec une véritable virtuosité, bien que l’étendue de l’instrument dont il dispose ne dépasse pas une octave. L’attaque de chaque note se fait en appuyant sur un bouton de contact B (fig. 1) que l’on manœuvre de la main gauche, tandis que la
- cirpuit, et affaiblir ainsi l'intensité des sons ou la renforcer à volonté. Mais il ne faut pas perdre de vue que la hauteur de chaque son fondamental est
- aussi fonction delà source électrique et des résistances intercalées, de sorte que la position du contact correspondant à une note de hauteur donnée, n’est pas toujours lamême, et varie avec l’intensité du son que l’on peut obtenir, ce qui complique un peu l’exécution.
- Quoi qu’il en soit, le polyphone de M. Zigang est un appareil original et amu-d’ètre présenté ne fùt-ce qu’à
- La
- u digne Nature,
- et des nombreuses expé-peut, avec son aide, réaliser dans le but d’enseigner et de démontrer un grand nombre de principes de l’acoustique musicale.
- El). HoSl'lTAUEIi.
- sant : il nous aux lecteurs de cause de sa sim riences que l’on
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- LA NATURE.
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- IA GRANDE TOUR DE LONDRES
- Nous sommes aujourd’hui en mesure de compléter l’article que nous avons récemment publié sur ce sujet1 en reproduisant, d’après notre excellent confrère Industries, quelques-uns des projets qui se recommandent à l’attention par leur originalité, leur servilité d’imitation de la Tour Eiffel
- ou leur bizarrerie poussée, pour quelques-uns, jusqu’à l’absurdité. Nous mentionnerons aussi les parties principales du rapport du jury chargé de juger ce concours entre soixante-huit concurrents. 11 nous parait inutile d’entrer dans le détail de tous ces projets qui, de l’avis même du jury, ne présentent qu’un mérite essentiellement relatif; mais nous avons cru intéressant de réunir un certain nombre de ces projets choisis, sauf les quatre derniers, parmi les
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- ^£Jfws<r Je.
- Les projets de Tours exposées à Londres. — 1. M. Otis (Hauteur : 1333 pieds). — 2. MM. Kinkel et Dohl (1250 pieds). — 3. M. NV. 1*. (1200 pieds). — 4. M. E.-S. Shaw (1400 pieds). — 5. MM. T.-C. Clarke, J. Mayer et VV. Hildenbrand (1280 pieds). — 6. M. I\ Cainpanaki (1100 pieds). — 7. Time is monev (1200 pieds). — 8. MM. A.-D. Stewart, J.-M. Maclaren et VV. Duna (1200 pieds), (1“' prix). — 9. M. Robert VVylie (1470 pieds). — 10. MM. E. Harper, H .-A.-II. llarper et J. Grahaui (1300 pieds). — 11. Wyndham Vaughau et W.-1E Tomkins (1500 pieds). — 12. M. Maxam Ende (1550 pieds). — 13. MM. J.-J. Webster et J.-W. Haigh (1300 pieds). — 14. MM. Fox et G.-E. Graysou (1500 pieds). — 13. M. S.-J. Eairfax (1296 pieds). — 16. M. H. Davey (1230 pieds). — 17. M. J.-G. Read et L.-A. Shudrey (1250 pieds). — 18. MM. R.-IE Smith et VV. lleuman (1400 pieds). — 19. M.j,ll.-E. Sketcbley (1193 pieds). — 20. M. Lamoat Young (440 mètres). — 21. M. T.-W. Trew (1267 pieds). — 22. Yegetarian (2007 pieds). — 23. Anonyme. (Circunferentially, radially and diagoually buill) (1600 pieds). — 24. « The Ceatury Tower » (1900 pieds). — Le pied anglais font vaut 0“,30 48.
- plus appréciés, afin de bien montrer combien il est difficile de faire du nouveau et de l’inédit après l’œuvre de notre compatriote M. .Eiffel.
- Le rapport du jury constitue, d’ailleurs, le plus éclatant hommage qui puisse lui être rendu, et nul ne saurait, étant données les conditions spéciales du concours, mettre en doute l’impartialité du jury dans les éloges indirects et peut-être un peu trop discrets qu’il décerne à la Tour Eiffel. En voici quelques extraits:
- 1 Voy. n° 888, du 7 juin 181)0, p. 7.
- « Les projets envoyés au Concours ont des mérites très variés, et bien que chacun d’eux renferme des parties excellentes, nous devons avouer que l’ensemble du Concours a été pour nous un véritable désappointement, et qu’il n’y a pas un seul projet dont nous puissions recommander l’exécution. (There being no single design ivhich we could recommend as il stands for execution.)
- « Pour rendre justice aux compétiteurs, il convient cependant d’ajouter que l’existence de la Tour Eiffel et le désir d’éviter des imitations ont considérablement accru les difficultés du problème, car la Tour Eiffel réunit les moyens les plus rationnels et les plus évidents de com-
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- biner un monument présentant un aspect architectural d'une construction économique.
- Un certain nombre de projets étaient naturellement excentriques et extravagants, tandis que d’autres ne présentaient aucun mérite architectural.
- Nous n’avons rencontré aucune difficulté à éliminer la plus grande partie des projets qui nous étaient présentés, mais il a fallu des études très suivies pour arriver à décerner la récompense finale. En nous confinant à l’examen des projets ’ élaborés par des hommes compétents, nous avons trouvé que, dans certains cas, on s’était préoccupé avant tout de réaliser une construction économique, tandis que, dans d’autres cas, au contraire, on s’était attaché de préférence à l'effet architectural....
- En comparant les projets, nous nous sommes efforcés de nous placer au même point de vue que l’auteur ou les auteurs de chacun des projets, et nous avons attaché une importance toute spéciale au temps et aux soins employés pour la confection des dessins, aux calculs de résistance et aux devis de prix de construction.
- Après examen attentif, nous avons décidé de distribuer ainsi les récompenses : premier prix (500 gui nées), MM. Stewart, Maclaren et Dunn. Second prix (250 gui-nées) : MM. "Webster et llaigh.
- 11 nous a paru inutile de donner en détail les raisons de notre choix et de classer par ordre de mérite les projets qui nous ont été présentés et n’ont pas obtenu de récompense, mais le jury estime que le projet de M. Maxam Ende mérite une mention honorable.
- Le premier prix (500 guindés) est attribué au projet de MM. Stewart, Maclaren et Dunn, de Londres, pour une tour octogonale de 1200 pieds de hauteur, ayant 500 pieds de côté à la base. Cette tour, entièrement en acier, comporte des ascenseurs à vapeur jusqu’au sommet (n°8).
- Le second prix (250 guinées), représenté sous le numéro 15, est accordé à MM. Webster et Haigh, de Liverpool. Le projet comporte des ascenseurs hydrauliques, et, dans les parties inférieures, de véritables habitations de toutes sortes.
- La mention honorable est accordée au projet de M. Maxâm Ende (n° 12) pour une tour gothique de 1550 pieds de hauteur, construite entièrement en acier. La plate-forme, placée à 1000 pieds de hauteur, est traitée comme partie principale. Tous les ingénieurs imbus du principe qui consiste à puiser dans la construction même les motifs principaux de la décoration, s’expliqueront difficilement cette récompense accordée à une imitation parfaite d’une construction de maçonnerie au moyen de métal. A ce titre, les pâtissiers qui construisent des Tours Eiffel en nougat ou en biscuit de Savoie nous paraissent avoir, eux aussi, quelques titres à une mention honorable.
- Notre énumération ne serait pas complète si nous ne mentionnions, à côté du projet qui a mérité et obtenu la plus haute récompense, celui qui s’est tout d’abord recommandé au jury par sa haute originalité et s’est trouvé éliminé avec unanimité.
- Ce projet venu d’Adélaïde, en Australie, n’est autre chose qu’une tour à roulettes qui, dans son ensemble, rappelle assez bien le pont roulant de Saint-Malo. Son
- auteur, dont le nom ne parvient pas jusqu’à nous, /q recommande « comme un préservatifefficacc contrôles terreurs qu’inspire le mal de mer lorsqu’il s’agit de franchir le détroit, jusqu’à ce que le tunnel sous la Manche ou le pont sur la Manche devienne un fait accompli. La tour à roulettes, continue l’auteur, serait tirée à travers le canal d’un hord à l’autre à l’aide d’un câble relié à un remorqueur à vapeur avec la plus grande facilité. La nouveauté de l’idée (qui n’est pas nouvelle, d’ailleurs) en ferait la conversation du jour ».
- En résumé, et malgré le concours, aucun des soixante-lmit projets n’est, de l’avis même de la Commission, digne d’ètre réalisé, et pendant longtemps encore, la ville de Paris, grâce à M. Eiffel, possédera le plus haut monument du globe.
- X..., ingénieur.
- CHRONIQUE
- L’ascension nocturne du ballon «le Figaro. ))
- — Il avait été décidé que le sommet de la Tour Eiffel servirait à des expériences lumineuses exécutées avec les projecteurs disposés sur le pourtour de la troisième plate-forme, et l’aérostat le Figaro. Le programme a été mis à exécution dans la soirée du 26 juin. L’aérostat devait partir à 9 heures, mais la quantité de lumière répandue dans l’atmosphère était si vive, qu’un ordre téléphonique a fait reculer le départ jusqu’à 9 h. 20 m. Des fusées lancées avant le lâchez-lout ont servi à guider les projecteurs qui ont été braqués sur l’aérostat aussitôt qu’il a allumé une flamme de Bengale. L’aérostat était monté par MM. Jovis et Mallet accompagnés de trois amateurs appartenant au monde de la finance. 11 portait dans la nacelle deux lampes électriques à incandescence, de vingt bougies chacune et placées au foyer d’un réflecteur, que les aéronautes dirigeaient vers la Tour. Quoique l’air fût peu limpide, et le ciel couvert, le feu de la lampe a été suivi jusqu’à dix heures et demie à l’œil nu et jusqu’à onze heures et demie avec la lunette de M. Eiffel dont l’objectif a environ trois pouces. De temps en temps des nuages faisaient perdre de vue la lampe, qui avait l’aspect d’une étoile, mais on retrouvait facilement l’aérostat à l’aide des flammes de Bengale que brûlaient les aéronautes. Lorsqu’on a cessé d’apercevoir la lampe, le ballon était à 1000 mètres et avait dépassé Château-Thierry; il était à près de 100 kilomètres de la Tour. Les feux du phare sont restés allumés jusqu’à deux heures du matin. L’aérostat les a aperçus jusqu’à une heure et demie du matin. Il se trouvait alors à une distance de plus de 120 kilomètres. Pendant les deux premières heures, on aurait pu facilement échanger avec la Tour des signaux Morse que l’on essayera de faire dans une autre expérience. Cette ascension montre qu’en employant les aérostats, on pourrait échanger des signaux avec Paris à une distance considérable défiant tout investissement. L’attérissage a eu lieu à huit heures du matin à Meisenheim, village de la Bavière rhénane, où les voyageurs ont trouvé un bon accueil. Ils avaient parcouru environ 450 kilomètres en dix heures quarante minutes. Cette ascension rappelle celle qui a été exécutée pendant le siège de Paris parle ballon le Général Chanzy, qui parti de la gare du Nord le 18 décembre 1870 à deux heures du matin,
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- attérit quinze heures plus tard dans le voisinage d’Ans-pacli en Bavière après avoir parcouru 850 kilomètres. Les quatre voyageurs français qu'un caprice du vent avait lancés en pleine terre allemande furent jetés en prison oii ils restèrent en étroite captivité jusqu’à la fin de la guerre. Cette expédition malheureuse avait pour but d’expédier en province des scaphandres, afin d’organiser la rentrée dans Paris à l’aide de plongeurs qui marcheraient dans le lit de la Seine.
- La multiplication des poissons. — Dans une conférence sur la pisciculture faite récemment au Jardin zoologique d’Accliinatation à Paris, M. Raveret-Wattel a particulièrement insisté sur la nécessité de favoriser la multiplication des poissons qui se nourrissent de végétaux dans les eaux où l’on se propose d’élever des salmonidés. Faire naître des truites, des ombres, etc., n’est rien; les nourrir comme il convient, c’est-à-dire de proies vivantes de bonne qualité, est la chose difficile. Parmi ces proies vivantes, il faut recommander spécialement le Calico-bass (Pomoxys sparoïdes), jolie petite perche originaire des Etats-Unis, maintenant acquise à nos eaux. Le Calico-bass s'accommode aussi bien des élévations que des abaissements de la température. Son incroyable fécondité, sa rusticité qui lui permet de prospérer dans les eaux boueuses, donnent à son introduction une véritable importance; car les éleveurs de salmonidés trouveront dans ses innombrables produits des ressources précieuses pour l’alimentation de leurs élèves.
- Nouveau désinfectant. — Les Anglais emploient beaucoup de thiocamf ou camphre à l’acide sulfureux, nouveau désinfectant présenté à la Société royale de Dublin par le professeur Reynolds (Emerson.) C’est un produit breveté dont la composition n’est pas bien exactement connue : on sait que c’est un liquide formé d’une dissolution d’acide sulfureux gazeux dans du camphre. Le thiocamf se conserve pendant plus de deux ans quand il est renfermé dans une fiole bien bouchée. Si l’on en verse une couche mince sur une assiette, il se produit aussitôt un dégagement abondant d’acide sulfureux mélangé à divers autres gaz désinfectants. Une bouteille de 170 grammes de ce liquide dégage 20 litres d’acide sulfureux; 2 grammes mélangés à 1 litre d’eau en font un désinfectant puissant pour les usages les plus variés, ne laissant dans l’appartement qu’une odeur aromatique très agréable. Le thiocamf s’obtient à très bon marché, et on le fabrique sur une grande échelle en Angleterre.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 30 juin 1890. — Présidence de M. IIermite.
- L’ostréiculture à Roscoff. — Comme il l’avait promis, M. de Lacaze-Duthiers rend compte aujourd’hui des essais d’ostréiculture auxquels il s’est livré dans les viviers du laboratoire de Roscoff. Du naissain d’huître, provenant des Sables-d’Olonne, fut placé dans des caisses en bois fermées en haut et en bas par une fine toile métallique qui furent immergées : la toile a pour double but d’em-pècher les petites huîtres de tomber au dehors et de s’opposer à l’entrée de la légion des animaux qui s’attaquent aux mollusques. Les crabes sont des plus féroces et rien n’égale la dextérité avec laquelle ils retournent une huître et forcent avec leurs pinces la résistance de sa coquille. On a soin de mettre les caisses sur des pieds un peu hauts afin de soustraire le contenu au contact prolongé de la vase. A chaque grande marée on va soigner les élèves, les remuer pour les débarrasser des impuretés et éliminer
- les sujets qui ont pu mourir. 11 y a deux mois, 8500 petites huîtres à l’état de naissain furent ainsi parquées à Roscoff : elles mesuraient de 1 centimètre et demi à 2 centimètres de diamètre. Aujourd'hui, comme en témoignent des spécimens mis sous les yeux de l’Académie, les mollusques ont 5 centimètres, 5 centimètres et demi et jusqu’à 6 centimètres; ils ont poussé leur barbe, suivant le terme technique, c’est-à-dire augmenté leurs valves d’une large zone de nacre prodigieusement fragile et toute transparente. La conséquence de ces faits, c’est que, sans aucun doute possible, les conditions biologiques favorables au développement des huîtres sont réalisées à Roscoff et, par conséquent, qu’on peut y faire prospérer l’industrie ostréicole. M. de Lacaze-Duthiers se félicite de pouvoir montrer ainsi aux pécheurs que la science à l’occasion « sert à quelque chose », et il espère les amener à immerger et à soigner des caisses de naissains dans la rivière de Saint-Dol-de-Léon.
- La dernière éclipse de soleil. — Etabli à La Canéc, dans l’île de Crète, M. de la Baume Pluvinel n’avait pas à craindre le mauvais temps : en cette saison un nuage ne s’est jamais vu dans la région. Mais il savait que l’éclipse ne serait pas tout à fait centrale comme elle l’eût été en quelque autre point de l’île. 11 fut séduit par les commodités du voyage, par l’excellent accueil du consul de France, M. Blanc, et n’eut d’ailleurs aucunement à se repentir de son choix. En effet, comme M. Janssen l’expose à l’Académie, les opérations ont pleinement réussi. Des photographies ont été prises et dans le nombre plusieurs photographies spectrales : des indices précieux ont été recueillis de la possibilité de photographier directement la couronne au moins lors d’une éclipse totale, et l’étude des bandes de l’oxvgène paraît prouver d’une façon de plus en plus probable que ce gaz n’existe pas dans l’atmosphère solaire. Ce dernier point sera peut-être tout à fait élucidé par l’examen approfondi des photographies que M. de la Baume va prochainement rapporter à l’Observatoire de Meudon.
- Traitement de la microcéphalie. — Une opération chirurgicale des plus hardies vient d’être tentée avec succès par M. Lannelongue à l’hôpital des Enfants, et M. Yerneuil la décrit de la manière la plus intéressante. 11 s’agit d’une fillette de quatre ans, aussi peu développée, au physique comme au moral, qu’un bébé de deux ans, ce qui la fait une exception dans sa famille où son père, sa mère et ses cinq frères et sœurs sont parfaitement conformés. Elle ne peut marcher, ne parle pas, n’est intéressée ou amusée par rien, bave continuellement. Persuadé que tout le mal vient avant tout de ce que le cerveau est gêné par son séjour dans un crâne trop étroit, M. Lannelongue procède à la trépanation ; il prélève sur le pariétal gauche une languette osseuse de 10 à 12 centimètres comprise entre la suture sagittale et la suture occipitale. L’opération eut lieu le 9 mai, le 50 juin la plaie est complètement cicatrisée et les cheveux ont repoussé dessus ; mais l’enfant est absolument transformée. Elle s’est comme éveillée; elle se tient debout sans difficulté et marche, elle commence à parler, joue et ne bave plus ; son intelligence est en voie évidente de développement. 11 y a huit jours, le même auteur a pratiqué une opération tout à fait analogue sur une petite malade comparable à la précédente; agissant plus largement que la première fois, il a enlevé une portion d’os allant du frontal à l’occipital et que M. Yerneuil compare à une petite tranche de melon. L’opération est trop récente pour que les effets soient complets, mais la guérison est en excellente voie. Tout le
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- monde appréciera l’importance de pareils résultats. Il ne s’agit point ici d’une tentative empirique faite au hasard ni d’une de ces vivisections humaines comme on en fait trop souvent. C’est une conception rationnelle inspirée par les notions les plus précises de la physiologie.
- Composition des phosphates sédimentaires. — On a généralement tenu à accentuer une différence profonde de composition entre le phosphate de chaux des fdons et des roches cristallines et celui qui constitue des rognons plus ou moins gros dans les terrains stratifiés. C’est pour cela que, les premiers étant désignés sous le nom d’apatite, on a appliqué aux autres la dénomination de phospliorite. Or, il résulte de très nombreuses analyses de M. Ilenri Lasne que la composition est identique dans les deux cas : des échantillons provenant du lias, du gault et du terrain sénonien lui ont toujours fourni un équivalent de fluor pour trois de phosphore, c’est-à-dire les proportions mêmes de l’apatite type.
- Composition minéralogique de la porcelaine.—Dans une Note présentée en son nom par M. Fouqué, M.Yer-ninsky met en évidence que la pâte des porcelaines et des autres matières argileuses fortement chauffée est essentiellement cristalline. La cuisson y a engendré une matière parfaitement définie par sa composition et par ses caractères optiques et qui consiste en un silicate d’alumine tout à fait comparable à la silimannite, sinon identique avec elle.
- Varia. — M. Lacroix étudie les caractères cristallographiques du pyroxène produit à la haute température par l’action de l’eau suréchauflée sur le verre. — La décomposition du chlorure de titane par les métaux occupe M. Lévy. — Un système propre à prévenir les collisions des navires en mer est proposé par M. Delaurier.
- Stanislas Meunier.
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- PHOTOGRAPHIES INSTANTANÉES
- Il nous est souvent arrivé de publier les fac-similés de quelques-unes des photographies qui nous étaient
- envoyées lorsqu’elles nous semblaient offrir une particularité remarquable. Celle que nous offrons ci-dessous à nos lecteurs, est digne d’ètre signalée parla grâce et le naturel du jeune chat qui a été photographié à son insu. Cette épreuve délicieuse que l’on croirait inspirée d’un tableau d’Eugène Lambert, fait partie d’une collection de chats reproduits dans leurs charmantes attitudes par M. Reutlingcr, l’habile photographe parisien. — Nous recommandons aux amateurs de s’exercer à faire ainsi le portrait des animaux, chiens, chats, bêtes de basse-cour et de ferme;
- leurs images auront des attitudes vraies, naturelles, sans pose et sans prétention. — Vous vous rappelez peut-être ce qu’a dit le spirituel M. Legouvé en feuilletant un album photographique de portraits humains :
- « Ces gens-là sont bien plus r e s s emblants qu’ils ne se l’imaginent, car sans s’en douter, ils ont travaillé eux-mêmes à leur propre ressemblance, ils ont été à la fois modèles et peintres. Plus d’un, j’en suis sûr, en s’asseyant sur la chaise pho-tographique, a pris sa pose préférée, sa physionomie de prédilection, celje qui exprime, non pas ce qu’il est, mais ce qu’il croit être. En voici un, par exemple, qui sourit d’un air fin; évidemment, il se trouve spirituel. Cet autre, avec ses yeux levés au ciel et sa chevelure orageuse, appartient à la classe des poètes inspirés ! Je serais surpris si ce personnage qui vous regarde en face avec des yeux profonds, comme s’il voulait vous percer à jour, ne se disait pas tout bas ; « Quel coup « d’œil d’aigle est le mien! Rien ne m’échappe. » Rien de semblable avec le portrait des bêtes.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus,
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- N* 895. — 12 JUILLET 1890.
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- LA VÉLOCIPÉDIE
- depuis quelques années, la vélocipédie a pris en France une extension considérable; plusieurs fois déjà La Nature a eu l’occasion de parler de ce sport aujourd’hui devenu très pratique, très cultivé, et qui a subi tant de transformations depuis la draisienne de nos pères1 2.
- De tous les sports, c’est peut-être celui qui a eu le plus à lutter contre le préjugé; il a été et il est encore incompris de certains esprits assurément trop exclusifs. Si nous en croyons ceux qui pratiquent la
- vélocipédie, cet exercice, comme d’ailleurs la plupart des exercices physiques, est passionnant, et c’est là, sans doute, la cause principale de son indiscutable succès.
- Il a fallu beaucoup de persévérance aux cyclistes de la première heure, ceux de 1860 à 1880, pour arriver à vaincre le préjugé moqueur et impitoyable. Aujourd’hui le succès a couronné la ténacité des amateurs et l’on ne se doute généralement pas de l’importance que la vélocipédie a prise dans nos nouvelles mœurs sportives.
- Les progrès accomplis dans la fabrication des cycles en France et à l’étranger sont surprenants; les
- Les (rois touristes vélocipédistes, MM. Maurice Marti», Georges Thomas et Oscar Maillotte, pendant leur voyage de Bordeaux à Paris.
- (D’après une photographie exécutée à Orléans.)
- appareils contemporains permettent aujourd’hui de parcourir des distances extraordinaires et de gravir des rampes très accentuées réputées jadis infranchissables-.
- La vélocipédie est défendue par de nombreux organes. Elle compte à son avoir trente-cinq journaux spéciaux, dont la plupart sont hebdomadaires; certains d’entre eux en Angleterre n ont pas moins de 30 à 40 pages. On se préoccupe de cet art nouveau dans la grande presse quotidienne qui lui prête
- 1 Yoy. n° 707, du 18 décembre 1886, p. 44.
- 2 Plusieurs plumes autorisées ont consacré au vélocipède des ouvrages spéciaux et favorables au point de vue médical. Nous citerons : Dr Philippe Tissié, l'Hygiène du vélocipé-diste; Dr Oscar Jennings, la Santé par le tricycle; Dr Mo-nin, La santé par l'exercice. Chapitre du Vélocipède.
- 18e année. — 2' semestre.
- depuis quelque temps son concours, et lui donne ainsi comme une sorte de consécration publique.
- Plus de cent sociétés vélocipédiques existent déjà en France; beaucoup d’entre elles sont même fédérées sous le drapeau commun de F Union vélocipédique de France créée en 1881. Cette fondation a pour but de défendre les intérêts des clubs et des cyclistes isolés (membres individuels), tout en facilitant les belles routes du tourisme au moyen d’un réseau admirablement conçu et appelé à rayonner un jour sur la France entière.
- La vélocipédie militaire, très sérieusement étudiée depuis longtemps déjà chez nos voisins de toutes frontières, est en ce moment l’objet d’un examen approfondi chez nous aussi, depuis les expériences très favorables faites aux grandes manœuvres de ces
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- dernières années. La presse militaire s’en est occupée et nos régiments ont actuellement des vélocipé-distes réguliers. Nous avons précédemment traité cette très intéressante question1.
- Nous nous occuperons aujourd’hui plus spécialement du vélocipède au point de vue de l’amateur et du touriste, heureux d’encourager un art essentiellement fortifiant, qui développe les muscles et l’énergie physique. Nous n’avons par nous-même aucune compétence de praticien, mais il nous a été donné récemment de lire un ouvrage fort curieux qui nous fournira des documents. Ce livre, dù à la plume de M. Maurice Martin, rédacteur au Veloce-Sport, est publié par ce journal2.
- C’est le récit, écrit sans prétention littéraire, mais rempli de conseils et d’idées pratiques sur le tourisme, d’un voyage effectué en août dernier, de Bordeaux à Paris, par trois cyclistes bien connus dans le monde vélocipédique : MM. Georges Thomas, président de VUnion vélocipédique de France, Oscar Maillotte et Maurice Martin, membres du Véloce-Club Bordelais.
- Entre l’itinéraire vélocipédique le plus direct de Bordeaux à Paris (557 kilomètres) eteelui trèsdétourné qui passe par les châteaux de la Loire et Fontainebleau (720 kil.) les trois touristes ont préféré le dernier. Nous reproduisons leur photographie prise à Orléans au moment de leur passage dans cette ville, au 500e kilomètre, alors qu’ils viennent d’accomplir la distance exigée par l’Union pour le diplôme de touriste (500 kilomètres au moins en cinq jours au plus). Il est assez curieux de suivre le détail des étapes marquées par M. Maurice Martin dans son ouvrage. Nous les indiquons ici :
- Le premier jour, samedi 24 août 1889, les voyageurs, partis de Bordeaux à 3 heures du soir, sont allés dîner à La Roche-Chalais, en passant par Libourne et Coutras; puis, continuant leur route, ils ont pris gîte pour la nuit à Chalais, où ils sont arrivés à 10 h. 30 m. du soir, ayant accompli un trajet de 81 kilomètres, à travers trois départements : Gironde, Dordogne et Charente.
- La seconde journée (dimanche 25) a été plus dure. Partis de Chalais à 6 h. 50 m. du matin, les velocemen arrivaient vers midi à Angouléme. Après avoir traversé notamment Montmoreau, Mouthiers et La Couronne, ils consacraient quelques heures à visiter le chef-lieu de la Charente, et filaient vers Ruffec par Le Mansle. Ils arrivaient à Ruffec vers 7 heures pour y dîner et y coucher. Le trajet parcouru, ce jour-là, était de 95 kilomètres et demi, exclusivement dans le département de la Charente.
- Le troisième jour (lundi 26), nos touristes quittaient Ruffec à 6 h. 35 m. du matin, visitaient le dolmen de Pierre-Pèse, traversaient Vivonne et Couhé-Vérac, passaient quelques heures à Poitiers, et le soir atteignaient Châtellerault, ayant fait ce jour-là 104 kilomètres dans les départements de la Charente, des Deux-Sèvres et de la Vienne.
- Le quatrième jour (mardi 27), les velocemen quittèrent
- 1 Yoy. n° 838, du 22 juin 1889, p. 54.
- 2 Voyage de Bordeaux à Paris -par trois vélocipédistes, parM. Maurice Martin, 1 vol. in-18, aux Bureaux du Véloce~ Sport. Bordeaux. Prix ; 2 fr.
- Châtellerault à 6 h. 30 m. du matin. Ils arrivaient à Tours vers midi, par Sainte-Maure et Montbazon, et le soir, ils parvenaient à Amboise, par Vouvrav. Le trajet parcouru dans cette journée était de 95 kilomètres, dans la Vienne et l’Indre-et-Loire.
- La cinquième étape (mercredi 28) est, avec la précédente, une des plus intéressantes du voyage. Partis d’Amboise à 6 h. 30 m. du matin, ils déjeunaient et séjournaient plusieurs heures à Blois, et couchaient le soir à Beaugency, après avoir visité, bien entendu, les merveilleux châteaux semés sur cette route (châteaux de Chaumont, Blois, Beauregard, Cheverny et Chambord). 96 kilomètres et demi avaient été parcourus ce jour-là, dans l’Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher et le Loiret.
- La sixième journée de route (jeudi 29) conduisit nos velocemen de Beaugency à Orléans, puis à Pithiviers. Us ne firent ce jour-là que 78 kilomètres et demi dans le département du Loiret.
- La septième journée (vendredi 30), les conduisit de Pithiviers à Fontainebleau, et de Fontainebleau à Melun. Ils parcoururent ce jour-là 92 kilomètres dans les départements du Loiret, de Seine-et-Oise et de Seine-et-Marne.
- Enfin, le huitième jour (samedi 31 août), ils quittèrent Melun à 6 heures et demie du matin, traversèrent Cor-beil, visitèrent Versailles et arrivèrent à Paris le soir, à 6 heures et demie, ayant couvert 77k“,500 dans leur journée et terminé leur voyage en sept jours et trois heures trente minutes.
- M. Maurice Martin et ses compagnons, qui sont modestes, ne donnent pas ce voyage comme un exploit vélocipédique. D’après eux, son mérite est précisément de pouvoir être accompli par les cyclistes de force moyenne entraînés pour la route et qui auront eu le soin de l’avoir bien préparée d’avance au point de vue des curiosités à visiter.
- Il paraît résulter des faits, que l’on peut vélocer a raison de 150, 200 et même 250 kilomètres par jour sur route, si l’on est très bien entraîné et vélo-cipédiste éprouvé, mais que le tourisme rationnel, celui qui permet de voir les pays, doit se faire à raison de 80 kilomètres ou de 100 au plus, et que ce dernier chiffre ne doit être atteint que pour les voyages étudiés d’avance.
- La vélocipédie est digne d’être recommandée à la jeunesse. C’est un exercice qui peut être utile en temps de guerre ; pendant la paix, il rend ceux qui le pratiquent, agiles, vigoureux et leur permet d’accomplir avec économie de longs voyages.
- Gaston Tissandier.
- LES VOYAGES AUTOUR DU MONDE'
- LA VAGUE AÉRIENNE DU KRAKATAU
- On a rappelé dans la première Notice qui a été écrite sous ce titre dans La Nature, que le son pourrait faire le tour du monde en 33 heures ; mais ce n’est là qu’un calcul de possibilité.
- Or on a observé directement des phénomènes physiques qu’il est intéressant de rappeler comme complément de nos articles. La grande éruption du Krakatau, qui a eu lieu le lundi 27 août 1883, à 10 heures et 2 minutes du
- 1 Suite et fin. Yoy. n° 892, du 5 juillet 1890, p. 66.
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- matin, temps local, a fourni à ce sujet des documents précieux. Krakatau est une île du détroit de la Sonde, située à 6° 8'30" de latitude Sud et à 103° 5'6" de longitude Est de Paris, ou à 6 h. 52 in. 20 s. en temps *.
- 11 est parti, à cette date, de lârakatau, une onde aérienne qui, autour de ce point comme pôle, s’est étendue annu-lairement à la surface du globe, dont elle a parcouru jusqu’à trois fois et un quart la circonférence entière.
- Cette vague atmosphérique s’est propagée avec une vitesse égale à celle du son dans l’air ; elle a circulé autour de la Terre: de l’est à l’ouest, en 30 heures57 minutes, avec une vitesse de 1085 kilomètres à l’heure, et de l’ouest à l’est, en 35 heures 17 minutes, avec une vitesse de 1137 kilomètres. La différence entre la vitesse des vagues de l’est à l’ouest et celle de l’ouest à l’est peut être attribuée à l’influence du vent et de la température de l’air traversé. La vitesse du son est de 1219 kilomètres à l’heure, à la température de 10 degrés.
- On sait que les instruments enregistreurs barométriques ont nettement et partout donné, dans leurs courbes, les instants des passages de la vague atmosphérique ; celle-ci se signalait par une hausse soudaine du baromètre, suivie immédiatement d’une baisse moins marquée que la hausse. A Paris, dont la distance depuis le Krakatau, mesurée sur un grand cercle, est de 4Ü3’M' del’està l’ouest et de 256°49' de l’ouest à l’est, le passage des quatre vagues successives enregistrées a eu lieu aux heures suivantes, comptées depuis le 26 août à minuit, temps moyen de Paris :
- (1) 13 h. 25 m., (2) 27 h. 40 m., (3) 50 h. 10 m., (4) 63 h. 0 m. Les différences entre (3) et (1) et entre (4) et (2) sont : 56 h. 45 m. et 55 h. 20 m.
- L’éruption du Krakatau a ensuite donné naissance à d’énormes vagues marines, de 15 à 35 mètres de hauteur à leur origine dans le détroit de la Sonde. La grande lame, partie de Krakatau vers 10 heures du matin, s’est propagée par toute la terre, à Ceylan, Aden, Maurice, Port-Elisabeth, et même jusqu’aux côtes de France. La vitesse des ondes a naturellement été très diverse ; elle augmentait avec la profondeur des mers. On l’a trouvée de 566 kilomètres par heure pour Port-Elisabeth, où la profondeur est de 2528 mètres.
- Dans la baie d’Orange (cap Ilorn), la mission scientifique française, envoyée alors dans les régions australes, a constaté au marégraphe, à la date du 28 août, la trace d’ondes d’une grandeur et d’une durée anormales. L’onde marine aurait employé environ 31 heures pour se propager du détroit de la Sonde à la baie d’Orange, et en admettant qu’elle ait suivi le chemin le plus court qui, par mer, sépare les. deux points, on peut lui assigner une vitesse de 460 kilomètres à l’heure.
- Le marégraphe établi à Colon par la Compagnie du Panama a également accusé des perturbations anormales très nettes, se traduisant par huit oscillations de 30 à 40 centimètres que la mer effectua du 27 au 28 août.
- Quoi qu’il en soit de ces ondes marines, nous pourrons tirer la conclusion suivante des observations qui précèdent :
- A l'époque d'août-septembre 1883, des vagues aériennes supérieures, en s’avançant vers l’ouest, dans la zone équatoriale, ont fait le tour du monde en 14 jours environ; elles marchaient avec une vitesse moyenne de 122 à 124 kilomètres à l'heure, de 54 mètres à la -seconde.
- Louis Decamps.
- 1 L’heure de l’éruption correspond donc au 27 août, 5 heures et 10 minutes du matin, temps de Paris.
- LE NIVEAU D’EAU A LONGUE PORTÉE
- I)E M. CH. LALLEMAND.
- D’après les lois connues de la pesanteur, la surface libre d’une nappe liquide en repos est horizontale, c’est-'a-dire perpendiculaire à la direction du fil à plomb. Si le liquide est renfermé dans deux vases communicants, les deux nappes se disposent dans un même plan horizontal.
- L’idée de mettre à profit cette propriété pour déterminer la différence de niveau de deux points est fort ancienne. D’après Vitruve, les Romains, dès le siècle d’Auguste, effectuaient leurs nivellements 'a l’aide du chorobate, appareil formé d’une règle en bois, longue de 20 pieds, portant plusieurs fils à plomb qui servaient a la mettre horizontale 1. Lorsque le vent rendait incertaines les indications des perpendiculaires, on posait sur la règle une auge longue de 5 pieds, large d’un doigt et profonde d’un doigt et demi, contenant de l’eau qui devait affleurer bien également les bords. Le chorobate devenait alors un véritable niveau d’eau. Pour le reste, Vitruve ne dit pas comment on se servait de l’appareil; très probablement on en appliquait les extrémités contre des échelles verticales divisées reposant sur les deux points dont on voulait connaître la dénivellation. Les lectures se faisaient directement sur ces deux échelles.
- Un ouvrage publié a Rome en 4629 et intitulé : Le machine del signor Branca donne le dessin d’un très grand niveau d’eau formé de tuyaux rigides réunis bout à bout par des portions de tubes.flexibles pour en faciliter le transport.
- Tout le monde connaît les niveaux d’eau employés sur les chantiers et formés de deux fioles en verre à moitié pleines d’eau, réunies par un tube rigide long de 0,u,80 à 1 mètre. Ici les deux ménisques déterminent seulement une ligne horizontale de visée que l’œil de l’opérateur prolonge jusqu'à la mire posée verticalement sur un point dont on veut connaître la hauteur relative; mais cet appareil très simple ne donne jamais des résultats bien exacts:
- M. Blondat, ingénieur en chef des ponts et chaussées, a décrit en 1840, dans les Annales des ponts et chaussées, un niveau d’eau à longue portée, composé d’un tuyau flexible de 50 mètres de longueur et de 4 centimètre de diamètre intérieur, terminé à ses deux extrémités par deux tubes de verre de 2 mètres de hauteur encastrés dans des règles de bois divisées. Le tuyau flexible était formé d’un tissu doublé intérieurement de caoutchouc ; la section circulaire était maintenue par une spirale en fer étamé, le tout était recouvert d’une toile grossière pour empêcher l’usure. L’équilibre s’établissait presque instantanément dans les deux tubes.
- M. Blondat signale les avantages suivants du nouvel appareil sur le niveau à lunette avec fiole à bulle
- 1 Le chorobate devait offrir quelque analogie avec notre niveau de maçon.
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- d’air : 1° suppression de tout réglage; 2° vérification facile de l’exactitude des lectures, dont la somme, pour chaque station de l’instrument, doit rester constante ou à très peu [très ; 3° possibilité, d’opérer la nuit et par les temps de brouillards, aussi bien (pic dans des bois touffus. — M. Blondat avait aussi construit un niveau à mercure au lieu d’eau.
- Le diamètre du tuyau était réduit à 5 millimètres et l’instrument devenait plus portatif. Toutefois M. Blondat n’ose le recommander à cause de la dépense assez considérable que représente le mercure.
- Enfin cet ingénieur avait imaginé un [niveau mixte à mercure et à eau, fondé sur le principe des vases communicants contenant des liquides de densités différentes. Cet instrument était spécialement destiné à la mesure des grandes dénivellations.
- M. Galland a modifié cet appareil en remplaçant, pour la mesure de la pression hydrostatique de l’eau, la [colonne de mercure par une lame élastique, comme on l’a fait dans les baromètres anéroïdes. La flexion de cette lame était indiquée par une aiguille mobile sur un cadran gradué expérimentalement.
- M Van derNoth, ingénieur des travaux de la ville de Metz, a employé, pour des nivellements souterrains, un tuyau ordinaire de caoutchouc enroulé sur un petit tambour porté par un homme. Les extrémités de ce tuyau se terminaient par deux petites fiolttg de verre d’une vingtaine de centimètres de
- longueur, qui glissaient le long de règles graduées.
- Soit que leur emploi ait présenté des difficultés, soit qu’ils n’aient pas donné l’exactitude attendue, ces appareils ne se sont pas répandus et leur existence semblait un peu oubliée, lorsque, en 1879, de nouvelles expériences, exécutées par M. Bouquet de la Grye, ramenèrent de nouveau l’attention sur ce sujet.
- Le tube employé pour ces expériences avait 300 mètres de longueuret0m,05 de diamètre. La mesure des hauteurs d’eau [dans les tubes extrêmes s’effectuait, par différence, au moyen d’une règle mobile graduée, montée sur un trépied in -stallé d’avance, ün amenait l’extrémité de cette règle successivement au contact de l’eau et de la tète du repère et on lisait le déplacement en face d’un index. La sensibilité de l’instrument était telle qu’il se comportait comme un baromètre différentiel, accusant les variations les plus faibles de la pression atmosphérique à ses deux extrémités comme, p ar exemple, les variations occasionnées par le passage d’un nuage au-dessus de l’un des tubes. Ces résultats amenèrent le Comité du nivellement général de la France à faire construire un grand niveau d’eau de précision. Après de nombreux tâtonnements, M. Cb. Lallemand, ingénieur des mines, chargé de ce travail, s’est arrêté à un modèle qui a figuré à l’Exposition de 1889, dans le pavillon du Ministère des travaux publics, au Trocadéro, et qui est représenté dans les dessins ci-dessus (fig. 1). L’appareil se compose essentiellement d’un tuyau
- Fig. 1. — Niveau d’eau à longue portée. Dessins de détail. — 1. Coupe verticale d’un tube. — 2. Élévation d’un tube. — 3. Manelion de visée avec le miroir vu en plan. — 4. Manchon de visée, vu de prolil. — 5. Itaccord avec le tuyau de communication. — 6. Coupe d’un raccord de communication.
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- flexible en cuivre, de 50 mètres de longueur et de 8 millimètres de diamètre intérieur, reliant deux tubes verticaux en verre, de lm,80 de hauteur utile1 et de 2 centimètres de diamètre, entourés d’une enveloppe isolante en liège et renfermés dans une gaine protectrice en cuivre nickelé. Deux fentes en regard sont ménagées sur toute la hauteur du tube pour faire la visée du ménisque.
- Cette visée s’effectue à l’aide d’un dispositif formé d’un manchon mobile, divisé en deux parties, C,D. Le manchon inférieur se fixe sur la gaine par la pression d’une vis de serrage w (fig. l,n°2).l)ans le manchon supérieur sont ménagées doux fenêtres dont les bords
- inférieurs déterminent le plan de visée. La fenêtre postérieure est fermée par un verre dépoli sur lequel un prisme a réflexion totale p (fig. 1, nos 5 et 4) renvoie la lumière du ciel. Sur le fond blanc de cet écran, le ménisque liquide apparaît comme un croissant noir; on amène son bord inférieur k être en contact avec le bas des fenêtres. Ce procédé permet d’atteindre une très grande précision dans le pointé.
- La hauteur de l’eau au-dessus du repère se lit sur une échelle en millimètres, tracée sur la gaine. Une petite nivelle sphérique N, de 20centimètres de rayon de courbure, fixée à la base du tube, sert à contrôler la verticalité de celui-ci au moment de la lecture.
- Deux thermomètres placés, l’un T à la base du tube, l’autre t (fig. 1, n° 4) sur le manchon mobile, donnent a chaque instant les températures respectives de l’eau et du tube métallique, températures dont on tient compte pour corriger les lectures.
- On opère de la manière suivante : l’appareil étant rempli d’eau préalablement privée d’air par ébullition, on rapproche les deux tubes pour vérifier si les ménisques se tiennent bien au même niveau et s’assurer ainsi de l’absence de bulles d’air interrompant la continuité de la colonne liquide. Cela fait, on pose le talon s des deux tubes sur les .deux repères ou pi-
- 1 Sur les chemins de fer, où la pente ne dépasse jamais 35 millimètres par mètre, cette hauteur suffit pour que l’on puisse toujours opérer en laissant au tuyau flexible son entier développement!
- quets dont on veut mesurer la différence de niveau; puis on ouvre légèrement les robinets R de communication placés k la base des tubes. Dès que les ménisques paraissent en repos, on fait simultanément, k un signal convenu et plusieurs fois de suite k titre de contrôle, les visées et les lectures sur les deux échelles. La différence des deux lectures moyennes, préalablement corrigées de l’influence de la température, exprime la dénivellation cherchée. La figure 2 montre l’exécution d’un nivellement opéré avec l’appareil de M. Ch. Lallemand.
- En 1884, on a nivelé, avec cet instrument 250 kilomètres de chemins de fer sur le réseau du Nord. — Le niveau d’eau a longue portée présente quelques avantages sur le niveau k lunette habituellement employé pour les nivellements soignés :
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- les lectures sont affranchies d’erreurs tenant au pointé, à la réfraction atmosphérique ou aux ondulations des images; mais, d’autre part, vu l’impossibilité de maintenir une température homogène dans toute l’étendue de la colonne liquide, les résultats sont souvent affectés d’une légère erreur systématique. On a dù, pour cette cause, renoncer h l’emploi du niveau d’eau à longue portée dans les opérations de haute précision, mais cet instrument est susceptible de rendre des services pour les nivellements secondaires ; c’est à ce titre que nous avons cru devoir le signaler. A. Lallemand,
- Ancien élève de l’École polytechnique.
- L’ÀYOINE
- DANS L’ALIMENTATION DE 1,’hOMME
- De toutes les céréales cultivées dans le monde, l’avoine est celle qui entre pour la plus faible part dans l’alimentation de l’homme, et cela, parce que l’avoine n’est pas, à vrai dire, une céréale vraiment panitiable, ou plutôt, parce que le pain qu’elle fournit est lourd,foncé en couleur, compact et amer.
- Mais parce que l’avoine donne un pain médiocre, est-ce une raison suffisante pour l’exclure de l’alimentation humaine? Telle n’est pas notre manière de voir, et si nous insistons aujourd’hui sur ce sujet, c’est que nous pensons que rien de ce qui touche au grave problème de l’alimentation humaine, ne doit être négligé, quelque minime que puisse être le contingent apporté. D’ailleurs, la raison invoquée plus haut pour exclure l’avoine de l’alimentation n’est pas suffisante, car le maïs et le riz sont absolument dans le même cas, et quoique n’étant pas paniliables, personne ne songe à contester leur utilité.
- Aujourd’hui, le froment sert presque exclusivement à la fabrication du pain, qui est la base de notre nourriture; les farines d’orge et de seigle disparaissent de jour en jour des boulangeries françaises, à plus forte raison celle d’avoine. Cependant, nos ancêtres de la Gaule et de la Germanie consommaient l’avoine sous forme de bouillie, et Celle-ci constituait même le fond de leur nourriture; or, suivant la juste remarqué de M. Cheysson, leur santé était loin d’en souffrir, si nous en croyons les historiens romains qui les représentent comme des hommes d’une taille et d’une force exceptionnelles. Pline va plus loin et attribue la rareté des maladies chez les Germains à l’usage de cet aliment.
- Tout le monde sait bien que l’avoine donne de la force et de la vigueur aux chevaux; or, pourquoi n’aurait-elle pas le même effet sur l’homme? De plus, bon nombre d’agriculteurs vous diront que l’on ne constate jamais chez les animaux nourris à l’avoine (même à fortes rations) les troubles digestifs de divers genres tels qu’ai-greurs, flatuosités, etc., que l’on remarque parfois chez ceux qui reçoivent d’autres grains en forte proportion.
- L’avoine entre encore aujourd’hui dans l’alimentalion de quelques peuples qui, d’ailleurs, sont loin d’être dégénérés; c’est donc bien à tort que quelques auteurs ont attribué à cette céréale une influence pernicieuse.
- Le gruau d’avoine ou avoine perlée, c’est-à-dire débarrassée de son écorce, est très en usage en Bretagne et dans quelques parties de la Normandie ; on le fait bouillir dans l’eau, dans le lait ou dans du bouillon. En Angleterre, ces potages sont prescrits aux convalescents.
- Dans quelques parties du sud de l’Allemagne, de la Bavière et de la Suisse, le gruau d’avoine, fabriqué avec des soins tout particuliers et vendu à un prix élevé, est aussi recherché pour la confection des potages que la semoule ou le tapioca, auxquels on le préfère même le plus souvent. 11 est de fait que, pour notre part, nous avons eu l’occasion de goûter un de ces hafersuppe aux environs de Deux-Ponts (Bavière) ; il nous a paru délicieux.
- En Ecosse et en Irlande, la farine d’avoine sert à préparer des bouillies très estimées appelées porrage.
- Mais, nous le répétons, la farine d’avoine donne un pain de mauvaise qualité. Cela tient à sa composition chimique qui décèle une trop faible proportion de gluten, celui-ci variant dans la proportion de 5 à 4,8 pour 100; encore la substance ainsi désignée dans les comptes rendus d’analyse ressemble-t-elle plus à l’albumine qu’au gluten proprement dit, qui, dans le froment, se rencontre dans la proportion de 10 à 18 pour 100. Cela n’empêche nullement qu’un mélange de farine d’avoine avec de la farine de blé et de seigle donne, en Bretagne, un pain très savoureux, d’excellente qualité.
- D’ailleurs, dans un plaidoyer de ce genre, en faveur de l’avoine, nous ne saurions mieux faire que de donner tout d’abord sa composition chimique moyenne, mise en regard de celle du blé ou froment.
- Avoine. Froment.
- Eau 13,16 14,01
- Matières azotées 9,09 15,20
- Amidon 55,11 58,83
- Dextrine et sucre. .... 7,82 7,16
- Cellulose 5,60 2,10
- Matières grasses 6,15 1,11
- Matières minérales .... 3,09 1,59
- M. Grandeau ayant analysé 174 échantillons d’avoines, a donné la composition moyenne suivante, qui ne s’éloigne que fort peu des chiffres précédents.
- Eau....................................12,97
- Matières azotées........................... 9,59
- Matières grasses........................... 5,16
- Amidon et matières sucrées.................59,18
- Cellulose.............................. 9,82
- Matières minérales......................... 5,28
- Comme on le voit, ce qui, au point de vue chimique, différencie surtout l’avoine du blé, c’est sa faible teneur en matières azotées, et sa grande richesse en matières grasses et en matières minérales. D’ailleurs Berthier a trouvé que le gruau d’avoine renfermait 1,5 pour 100 de cendres ‘ contenant les sels suivants, pour 100 :
- Phosphate de potasse......................50,0
- Phosphate de chaux........................15,4
- Phosphate de magnésie.....................53,3
- Silice..................................... 1,3
- Mais il est une autre substance contenue dans l’avoine, c’est l'avenine, isolée par M. Sanson, professeur à l’École d’Agriculture de Grignon, il y a quelques années. Cette matière, qui est une sorte d’alcaloïde, C56UilAz018, est renfermée dans le péricarpe; c’est elle qui donne les propriétés excitantes à l’avoine, et celle-ci, on le comprend, l’est d’autant plus, que l’avenine s’y trouve en plus forte proportion ; suivant les variétés on rencontre de 0,5 à 1 pour 100 de cet alcaloïde excitant dans les avoines.
- Par la mouture de l’avoine, on obtient de 68 à 72 de gruau, le reste étant constitué par du son et des petits
- 1 Le reste se trouvant dans l’écorce du grain.
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- poils ou barbes très tenaces, représentant environ 2 à 3 centièmes du poids total.
- Quant à la farine d’avoine, elle est difficile à obtenir; en effet, par suite de la forte proportion de matières grasses que renferme cette céréale, si on vient à l’écraser directement sous des meules, celles-ci s’encrassent, au point de s’arrêter et donnent à peine 20 à 25 pour 100 d’une farine grossière et pâteuse.
- En Bretagne, on prépare le gruau d’avoine en mettant celle-ci dans des fours à pain ; après quelques heures, on fait passer sous les meules, puis au tarare.
- Le gruau préparé en Irlande est beaucoup plus estimé ; voici comment on le prépare : L’avoine placée dans une chaudière, dont le fond est recouvert d’une mince couche d’eau, est chauffée progressivement par la vapeur qui se dégage du bain et jusqu’à complète évaporation. Des industriels opèrent plus en grand en faisant arriver de la vapeur dans le double fond d’une chaudière où l’avoine est renfermée ; l’opération est terminée, lorsque la masse dégage à sa surface des vapeurs abondantes. L’avoine ainsi préparée est mise dans un four à basse température et y séjourne vingt-quatre heures ; elle y éprouve un commencement de fermentation qui rend une partie de son amidon soluble, puis on la fait passer sous des meules convenablement espacées, et enfin dans un tarare qui sépare les grains de la balle et des barbes.
- En définitive, le gruau d'avoine est un aliment sain, agréable, nutritif, qui pourrait entrer dans la consommation courante. A n’en pas douter, il y ferait tout aussi bonne mine que les semoules, sagous et tapiocas, qui figurent généralement dans nos potages.
- Albert Larbalétrier,
- Professeur à l’Ecole d’agriculture du Pas-de-Calais.
- PLUS DE MUTES CHEMINÉES
- Un temps viendra, écrit un ingénieur américain au Steam Power, où les hautes cheminées n’auront plus de raison d’être. Ces paroles, qui pour quelques-uns paraîtraient fort irrévérencieuses, sont cependant justifiées par certaines considérations qui ne seront pas ici hors de propos. Le charbon brûlé dans une usine, dit en substance l’ingénieur américain, laisse encore perdre 25 pour 100 de la chaleur qu’il produit dans une cheminée. Il est certain que, pour assurer le tirage, les gaz doivent quitter la chaudière à une température relativement élevée ; mais il y a d’autres éléments qui pénètrent dans, cette même chaudière à une température plus basse, et auxquels on pourrait communiquer ou transférer avec avantage cette quantité de chaleur perdue. L’eau d’alimentation et l’air alimentant le foyer, pourraient servir à ramener une grande partie de cette quantité de chaleur à la chaudière; dans certaines industries le réchauffage de la vapeur d’échappement, le réchauffage du cylindre intermédiaire des machines à triple expansion, ainsi qu’un certain nombre de procédés industriels, permettraient d’économiser une certaine partie du combustible par l’utilisation des gaz chauds perdus. On peut objecter que c’est précisément dans le but de permettre un refroidissement considérable des gaz qui s’échappent d’une cheminée que l’on construit des cheminées élevées, car pour obtenir un tirage suffisant avec des gaz qui s’échappent relativement froids, il faut des cheminées de grande hauteur et de grande section. Le grand rendement des chaudières marines dans lesquelles on est loin de faire
- usage de quoi que ce soit rappelant une cheminée élevée constitue la meilleure réponse que l’on puisse faire à cette objection. Les progrès futurs seront probablement réalisés dans la voie de la récupération des chaleurs perdues par l’échappement des gaz chauds : le tirilge nécessaire ne sera plus demandé à une cheminée élevée de grande section, mais à des moyens purement mécaniques. L’expérience a démontré que la chaleur représentée par les gaz est bien supérieure à celle qui est nécessaire pour actionner un ventilateur fournissant l’air à un foyer. S’il en est de même dans l’application générale, il sera possible de se dispenser à l’avenir des hautes cheminées, si coûteuses et si disgracieuses, tout en obtenant une meilleui'e régularisation de la combustion, et en maintenant dans le foyer une pression plus grande et non plus petite que la pression atmosphérique.
- Les observations de l’ingénieur américain ne manquent pas de justesse à un certain point de vue, mais il n’en est pas moins vrai que les hautes cheminées auront encore leur raison d’être dans les grandes agglomérations, et partout où il est nécessaire de mêler les gaz chauds avec l’air atmosphérique, en vue d’obtenir le refroidissement de ces gaz et leur mélange avec l’air ambiant avant leur chute sur le sol, afin d’en réaliser une sorte de dilution. L’hygiène impose ce mélange ; pendant longtemps encore, cette considération l’emportera sur celle de l’économie.
- LA CAYERNE DE CACAHUAMILPA
- AU MEXIQUE1
- La caverne de Cacahuamilpa, au sujet de laquelle nous avons donné précédemment quelques documents géologiques, a été découverte vers 1855. L’entrée des galeries souterraines est située au milieu des montagnes, elle forme une voûte naturelle d’un aspect imposant, et une pente assez rapide qui va en s’élargissant, conduit en peu d’instants dans le souterrain le plus colossal qui existe peut-être dans le monde. En 1840, un voyageur émérite, Isidore Zôwenstern, décrivit pour la première fois la caverne de Cacahuamilpa, et il exprima les sentiments d’admiration que firent naître en son esprit des spectacles grandioses.
- « Rien n’égale, dit-il, les merveilles que présente son aspect, surtout près de l’entrée, où un reste de clarté permet d’admirer cette voûte immense dans son ensemble, tandis que plus loin, l’effet que produit la lumière des torches sur ces masses énormes n’est que partiel. La largeur du souterrain est à son commencement d’environ 90 mètres; en avançant dans ses immenses galeries, elle ne diminue qu’in-sensiblement ; sa hauteur dans cet endroit m’a paru de beaucoup dépasser sa largeur. Nous parcourûmes plus de 10 kilomètres de la grotte sans en trouver le fond ; nous avions eu la précaution de nous munir de ficelles pour en retrouver la sortie. On y voit des stalactites énormes, de la plus grande blancheur et des formes les plus fantastiques. Le thermomètre, qui marquait 28° centigrades a l’entrée de la grotte, s’éleva, dans son intérieur, jusqu’à 53° à l’endroit
- 1 Suite et fin. Voy. n° 880, du 12 avril 1890, p. 297.
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- le plus (listant où nous étions parvenus. Nous passâmes Dans ces derniers temps, la caverne de Cacahua-près de quatre heures dans cette grotte immense. » milpa a été soumise à de nouvelles explorations qui
- ont fait connaître des galeries non moins belles que celles dont parle Zôwenstern. A côté de la célèbre caverne* on en a même découvert une autre connue
- sous le nom de grotte Carlos Pacheco. De magnifiques photographies de ce monde souterrain ont été exécutées à la lumière artificielle du magnésium, et
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- grâce à l’obligeance de M. Ferrari Perez qui repré- il nous est possible d’offrir à nos lecteurs la reprosentait le Mexique à l’Exposition universelle de 1889, duction de quelques-unes de ces remarquables
- Fig. 5. — Détails de graudes stalactites de la grotte Carlos Pacheco. . Fig. 6. — Concrétions calcaires de la grotte Carlos Pacheco.
- épreuves. Les figures 1, 2 et 5 représentent quelques-unes des plus curieuses concrétions calcaires delà caverne de Cacahuamilpa» les figures 4,5, G, 7 et 8
- donnent l’aspect de stalactites et de stalagmites absolument merveilleuses de la grotteCarlos Pacheco.
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- L’INDUSTRIE DU CHLORE
- Parmi les grandes industries chimiques, la fabrication du chlore est une de celles qui ont été l'objet d’un grand nombre de tentatives pendant ces dernières années. Le procédé Weldon Péchiney est la seule méthode nouvelle qui soit entrée dans la pratique industrielle. Bien qu’on ne puisse affirmer qu’elle donne de bons résultats au point de vue pécuniaire, puisqu’elle n’est appliquée que depuis fort peu de temps (deux ans environ), les usines qui ont déjà monté ce procédé s’en montrent satisfaites.
- Le procédé Weldon Péchiney, pour la production du chlore, est basé sur l’emploi du chlorure de magnésium. C’est cette méthode dont nous voulons entretenir aujourd’hui nos lecteurs.
- On sait que le principal inconvénient de l’ancienne préparation du chlore par le bioxyde de manganèse et l’acide chlorhydrique était que l’on n’obtenait que moitié du chlore de l’acide chlorhydrique, l’autre moitié passant à l’état de chlorure de manganèse. On peut, du reste, représenter la réaction qui avait lieu par la formule chimique suivante :
- MnO* -4- 2HC1 = MnCl + 2HO -h Cl
- Bioxyde Acide Chlorure Eau Chlore
- de manganèse chlorhydrique de manganèse
- i Plus tard, on crut avoir évité -cet inconvénient par le procédé Deacon. II consiste à faire arriver l’acide chlorhydrique mélangé d’air dans un rér chauffeur qui le porte à 400\ puis dans un appareil de décomposition renfermant une matière poreuse imbibée d’un sel de" cuivre. Le gaz chlorhydrique réagit sur le sel de cuivre en produisant de l’eau, et l’oxygène régénère le sel de cuivre primitif en dégageant du chlore.
- Malheureusement, dans la pratique, les réactions ne se passent pas ainsi. Elles ne sont jamais complètes,.de sorte que par le procédé Deacon, on n’obtient au maximum que 60 pour 100 du chlore de l’acide chlorhydrique employé, et encore ce rendement baisse-t-il à mesure que les appareils font plus de service.
- Le nouveau procédé Weldon Péchiney présente, sur les méthodes précédentes, des avantages incontestables. Dans ce mode d’opérer, M. Weldon traite le chlorure de magnésium par la magnésie de façon à obtenir un oxychlorure de magnésium. Ce corps solide est chauffé dans un four avec un courant d’air et se décompose partie en chlore libre, partie en acide chlorhydrique. Le résidu est constitué par de la magnésie qui peut servir de nouveau dans une opération ultérieure.
- On voit que cette méthode n’exige l’emploi que de chlorure de magnésium, sel qu’on peut obtenir à bon marché, soit qu’on le prépare en traitant la magnésie par l’acide chlorhydrique, soit qu’il provienne de l’eau de mer ou des sels de Stassfurth et qui constitue un résidu sans grande valeur, puisque les usines de Stassfurth en ont rejeté en 1889 environ 200 000 tonnes, soit enfin qu’on le régénère des
- résidus provenant de la transformation en chlorates alcalins du chlorate de magnésie. De plus, ce procédé permet d’obtenir le chlore total du chlorure de magnésium. Par contre, cette méthode exige une dépense de combustible assez considérable et un matériel très coûteux. Cependant, grâce aux efforts de savants ingénieurs parmi lesquels on doit citer, en première ligne, MM. Péchiney et Boulouvard, ces difficultés semblent aujourd’hui heureusement surmontées.
- Nous étudierons d’abord le procédé Weldon Péchiney dans le cas le plus complexe, c’est-à-dire en supposant que l’usine soit obligée de préparer [son chlorure de magnésium. (Les autres cas, comme on le verra plus loin, se rattachent à cette première manière d’opérer.) Cette méthode comprend les opérations suivantes: 1° dissolution de la magnésie dans l’acide chlorhydrique ; 2° préparation de l’oxychlorure; 3° broyage et tamisage de l’oxychlorure ; 4U dessiccation de l’oxychlorure ; 5° décomposition de l’oxychlorure; 6° condensation de l’acide chlorhydrique.
- lre opération. — Dissolution de la magnésie dans l'acide chlorhydrique. — La réaction se fait dans une cuve hexagonale en lave de Volvic, munie d’un agitateur mécanique et surmontée d’une hotte communiquant avec la cheminée de l’usine pour enlever les vapeurs acides. On met l’agitateur en marche et on fait arriver dans la cuve de l’acide chlorhydrique, provenant partie d’acide neuf, partie de l’acide condensé dans un précédent traitement.
- On ajoute en même temps la magnésie calcinée obtenue comme résidu d’une opération antérieure. On a soin de n’ajouter que graduellement la magnésie et l’acide afin d’éviter une trop grande élévation de température et une trop grande production de vapeurs.
- Avec la magnésie, on introduit dans la cuve les poussières d’oxychlorures séparées par blutage, comme on le verra dans la troisième opération, et qu’on ne peut charger dans les fours. Pendant la réaction, on maintient l’acide en excès, et quand l’appareil est rempli de liquide, on sature avec de la magnésie qui précipite le fer et l’alumine qui peuvent se trouver comme impuretés. On ajoute aussi un peu de chlorure de calcium qui précipite, sous forme de sulfate de chaux, l’acide sulfurique que peut renfermer l’acide chlorhydrique neuf employé. On transvase alors le liquide dans des bacs de dépôt où les oxydes et le sulfate de chaux se déposent. Le chlorure de magnésium limpide est décanté.
- 2e opération. — Préparation de l'oxychlorure. — Pour que l'oxychlorure puisse se former, il faut que la solution de chlorure de magnésium ne contienne que six équivalents d’eau, autrement dit qu’il réponde à la formule chimique MgCl H- 6H0.
- Pour l’obtenir à cette concentration, on évapore la solution dans des chaudières chauffées à feu nu. Elle commence à bouillir à H 5°; on arrête quand le point d’ébullition atteint 140°. On introduit alors le chlorure, ainsi parvenu à la concentration vou-
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- lue, dans un pétrin circulaire en fonte, mobile autour d’un axe et portant des brassoirs sur un des rayons, puis on ajoute de la magnésie calcinée provenant d’une opération antérieure.
- On emploie un équivalent un tiers de magnésie pour un équivalent de chlorure de magnésium, ou, pour parler couramment, on met 27 kilogrammes de magnésie pour 48 kilogrammes de chlorure. 11 se produit un grand dégagement de chaleur, la masse se solidifie et les agitateurs la divisent en fragments. Au bout de vingt minutes, l’opération est terminée, l'oxychlorure est enlevé et mis en tas dans des caves où la réaction continue par suite de la température élevée du produit.
- 5e opération. — Broyage et tamisage de l'oxychlorure. — L’oxychlorure solidifié a été divisé par les malaxeurs en morceaux plus ou moins gros; il faut le réduire en petits fragments pour faciliter les réactions ultérieures. L’oxychlorure refroidi est broyé entre des cylindres garnis de pointes de diamant et dont on règle l’écartement pour obtenir des morceaux de grosseur convenable. Le produit passe ensuite dans une bluterie à mailles de 5 millimètres. On sépare ainsi 20 pour 100 de poussière qui, comme nous l’avons vu dans la première opération, est mélangée à la magnésie qu’on traite par l’acide chlorhydrique.
- 4e opération. — Dessiccation de l'oxychlorure. — L’oxychlorure ainsi obtenu donnerait, si on le calcinait à une haute température, peu de chlore et beaucoup d’acide chlorhydrique, à cause du grand excès d’eau qu’il renferme. 11 faut donc dessécher l’oxychlorure avant de le calciner; on sait d’ailleurs qu’on peut le chauffer jusqu’à 250° ou 500° sans dégager de notables quantités d’acide chlorhydrique.
- La dessiccation se fait sur des wagonnets munis de tablettes superposées; on y place l’oxychlorure en couches de 5 à 6 centimètres d’épaisseur; les wagonnets, réunis en train, sont introduits dans un carneau rectangulaire construit en briques (lig. 1) et qui peut en contenir 10. Les gaz chauds provenant de l’appareil de décomposition, que nous étudierons dans la cinquième opération, pénètrent dans le carneau à une température de 250 à 500°. Le chauffage est méthodique, c’est-à-dire que les wagonnets marchent en sens inverse des gaz chauds, celui que l’on vient de charger se trouvant près de la sortie de gaz, et celui que l’on va retirer, près de l’entrée. Le carneau est muni à chaque extrémité d’une double porte formant écluse et permettant de faire entrer ou sortir les wagons sans laisser rentrer l’air extérieur dans le carneau.
- Pendant la dessiccation, l’oxychlorure perd 60 pour 100 d’eau et 6,6 pour 100 de chlore total, sous forme d’acide chlorhydrique, ce dernier étant d’ailleurs trop dilué pour qu’on puisse le condenser.
- 5° opération. — Décomposition de l'oxychlorure. — Pour se décomposer simultanément en chlore, acide chlorhydrique et magnésie, l’oxychlorure doit être chauffé de 800 à 1000° dans un cou-
- rant d’air qui apporte l’oxygène nécessaire à la décomposition des chlorures. Le four où se fait cette réaction est le point capital de la fabrication.
- L’appareil se compose de deux fours fixes chauffés par un brûleur mobile.
- Les fours (fig. 2) sont rectangulaires, construits en briques réfractaires, recouverts de plaques de tôle et armés de frottes en fer pour empêcher les dilatations. Chaque four est muni de trois ouvertures : une, en A, à la partie supérieure pour le chargement de l’oxychlorure, et deux sur une des faces : une en haut, représentée par la lettre B, servant à introduire les gaz du chauffage; l’autre C, en bas, servant à éliminer les produits de combustion et la magnésie résiduelle.
- Le brûleur (fig. 2) se compose de tubes de fonte T, contenus dans une enveloppe de tôle solidement frottée et garnie intérieurement de briques. Les tuyaux de fonte sont rectangulaires et divisés par deux cloisons verticales en trois compartiments : les tubes du centre amènent le gaz combustible provenant de gazogènes Siemens; les autres amènent l’air nécessaire à la combustion et qui est pris directement sous le brûleur par les ouvertures oo'.' Ce brûleur peut être amené d’un four à l’autre en le faisant circuler sur des rails.
- La cinquième opération comprend deux parties ; le chauffage des fours et leur mise en travail.
- Le chauffage se fait en amenant le brûleur devant le four à chauffer. Le mélange de gaz et d’air pénètre dans le four par l’ouverture supérieure B et s’enflamme dans un espace vide qui est la chambre de combustion. Les produits gazeux formés sont éliminés par l’ouverture C et, comme on peut le voir dans la figure, repassent dans le brûleur autour des tubes amenant l’air et le gaz et cèdent à ces derniers une partie de leur calorique. De là les chaleurs perdues vont, comme il a été dit, chauffer le carneau où s’opère la dessiccation de l’oxychlorure.
- Quand la température voulue est atteinte dans le four, c’est-à-dire après quatre à cinq heures, le brûleur est écarté et transporté devant l’autre four.
- On passe alors à la mise en travail du premier four; l’ouverture supérieure B est fermée non hermétiquement par une porte verticale de façon que l’air nécessaire à la décomposition des chlorures puisse rentrer par les fentes. La porte inférieure G est fermée hermétiquement ; elle est montée sur un axe creux par lequel sont aspirés les gaz contenus dans le fourneau. On charge l’oxyclilorure par la trappe A ; la décomposition commence de suite en vertu de la température élevée du four; elle dure de quatre à cinq heures. Le mélange de chlore, d’acide chlorhydrique et de vapeur d’eau que renferme le four est aspiré, comme on l’a vu, par l’axe creux de la porte inférieure. Nous étudierons, dans la sixième opération, comment est provoquée cette aspiration.
- 6e opération. — Condensation de l'acide chlore-hydrique. — Les gaz sortant des fours sont à 500
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- ou 400° ; on les refroidit en les faisant passer dans une tour carrée en lave (fig. 3), traversée de nombreux tubes de verre inclinés aa',bb',cc', etc., refroidis intérieurement par un courant d’eau. Les gaz chauds entrent par le haut de la tour et sortent par le bas en 0. Une partie de l’acide chlorhydrique se condense et se rassemble au bas de la tour d’où il peut s’écouler par l’orifice D; les gaz traversent ensuite une série de 80 bonbonnes (dont on voit la première en T sur la droite du dessin) où se termine la condensation du gaz chlorhydrique. Les gaz restants se rendent alors à un ventilateur qui provoque l’aspiration dont nous parlions tout à l’heure. Ce ventilateur est formé d’un système de cloches en plomb montant et descendant alternativement sur un bain de chlorure de calcium qui ne dissout pas le chlore. En sortant de l’aspirateur, le chlore peut servir à faire des chlorures décolorants (chlorure de chaux, eau de Javel) suivant la méthode ordinaire, ou bien on peut l’employer à la production des chlorates que nous examinerons plus loin.
- Depuis l’établissement de ce procédé aux usines de Salindres,
- M. Péchiney a apporté la modification suivante à l’un des appareils à décomposition de l’oxychlorure. Dans le montage déjà décrit, les fours sont fixes et le brûleur est mobile; dans ce nouveau système, c’est le contraire qui a eu lieu : les fours sont placés dos à dos et montés sur une plaque tournante; on n’a ainsi qu’à reculer ou avancer le brûleur et à faire tourner l’ensemble de fours. Enfin d’autres usines ont adopté un autre procédé également ingénieux : les deux fours sont fixes et placés en face l’un de l’autre; le brûleur se trouve au milieu installé sur une plaque tournante; quand un des fours est suffisamment chaud, on fait tourner le brûleur de 180° pour chauffer l’autre four. Ces modifications ont pour objet d’éviter la manœuvre un peu compliquée du déplacement du brûleur; avan-
- tage qui n’est pas à dédaigner quand il s’agit d’un appareil qui pèse environ 30 tonnes.
- Dans la mise en œuvre du procédé Weldon Pé-ehincy, au lieu de fabriquer soi-mème son chlorure de magnésium, on peut se servir de chlorure de magnésium naturel des eaux de la mer ou des sels de Slassfurth. Ce chlorure naturel s’emploierait exactement comme le chlorure artificiel traité dans le cas précédent.
- Fabrication des chlorates. — Aux usines de Salindres, on fait agir le chlore obtenu comme nous l’avons dit, sur la magnésie en suspension dans l’eau à raison de 50 à 100 grammes par litre. La réaction se passe dans des vases en forme de barattes et munis d’agitateurs mécaniques. Il se fait un mélange de chlorate et de chlorure de magnésium ; on décante la liqueur et on la concentre jusqu’à 48° Damné; on laisse cristalliser et on turbine la masse cristalline obtenue qui se compose surtout de chlorure de magnésium ; la liqueur qui s’écoule est formée en majeure partie de chlorate de magnésie. Le chlorure de magnésium qu’elle contient encore est précipité, par addition de magnésie, à l’état d’oxychlorure insoluble dans la dissolution de chlorate; on tufbine une seconde fois; on a une liqueur de chlorate de magnésie purifiée. On y ajoute alors du chlorure de potassium ; il se fait une double décomposition qui donne du chlorate de potasse et du chlorure de magnésium. On concentre le liquide vers 40° Baumé ; le chlorate de potasse cristallise, il est égoutté de ses eaux mères et raffiné ensuite pour être livré à la consommation.
- Les eaux mères qui renferment surtout du chlorure de magnésium sont évaporées. Ce chlorure de magnésium résiduel peut être employé à la production du chlore, comme nous l’avons dit.
- A. Hébert.
- Fig.1_Carneau où s'opère la dessication de l'oxychlorure (Coupe)
- Fig.3_Coupe du condenseur
- \ // Fig.2 Four de décomposition \v/ (Couoe}
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- Fig. 1,2 et 3. —Appareils pour la fabrication du chlore par le procédé Weldon Péchiney.
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- CHAMBRE NOIRE DE CAMPAGNE
- Nous signalerons aujourd'hui à nos lecteurs une nouvelle chambre noire portative imaginée par un de nos officiers de cavalerie les plus distingués, M. le commandant H. Blain ; cet appareil peut rendre de grands services à l’amateur ou à l’officier en campagne, chargé du service de découverte. Comme l’a très bien dit M. le général de Brack : « 11 est aussi indispensable à un officier de cavalerie de savoir dessiner (pie de savoir écrire, parce que souvent, avec deux lignes, il dit plus et mieux qu’avec deux pages écrites ; (pie quelques traits au crayon se font plus vite, et plus facilement que ne
- Fig. 1. — Chambre noire portative. Disposition de l'appareil.
- recommandée aux amateurs et aux officiers, puisqu’il suffit de tracer en quelque sorte l’image obtenue. Le nouvel appareil de M. le commandant Blain est essentiellement portatif quand il est plié, üt peut facilement être porté par le cavalier à cheval ; il consiste en une petite table de 40 centimètres sur 50 centimètres, munie de trois pieds automatiques qui se redressent comme le montre la figure 1. La chambre noire proprement dite est montée au-dessus de la table, avec un rideau opaque en étoffe noire. On place sur la table une feuille de papier blanc. Ayant monté la chambre au plus haut des tiges, on la laisse descendre peu à peu jusqu’à ce que l’image ait acquis la netteté désirable : on fixe le système à l’aide de vis. On peut alors .dessiner ou peindre sur le papier en engageant la tète par l’ouverture du rideau. Souvent même l’ombre du corps suffit
- se compose un rapport, et qu’ils assurent et classent bien mieux les détails de ce rapport que ne le font les souvenirs que l’on conserve d’une longue reconnaissance.... L’habitude du dessin donne au souvenir une faculté qu’on pourrait appeler instinctive : c’est celle de saisir pour ainsi dire malgré soi, et sans être distrait d’autres pensées, la forme et la couleur des objets qui se présentent devant nous. Elle offre un immense avantage pour la guerre, c’est d’habituer à regarder et à bien voir ; à apprécier les distances, la nature des terrains ; à rendre présent ce qu’on a vu, et surtout à juger de la possibilité de la vitesse et de l’à-propos des entreprises.... »
- La chambre noire, qui facilite au plus haut point l’exécution des croquis, ne saurait être trop
- Fig. 2. — Chambre noire portative. Mode d’emploi.
- pour que l’image apparaisse (fig. 2). Avec un peu d’habitude, on arrive à faire directement une aquarelle sans esquisse préalable.
- Nous avons fait fonctionner la chambre noire de campagne que nous décrivons, et nous avons constaté que le pouvoir réflecteur de l’appareil est très suffisant. L’image obtenue est nette, sans déformation, ce qui est dû à la qualité de la glace et de la lentille rectiligne.
- M. le commandant Blain, en étudiant sa chambre noire positive, a eu surtout pour but de mettre en peu de temps dans la main des officiers des renseignements infaillibles qui leur permettent de rendre, avec une grande exactitude, ce qu’ils auront vu, et dont l'emploi sera éminemment utile pour appuyer les rapports des reconnaissances. G. T.
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- NÉCROLOGIE
- Charles Grad. — Nous avons eu le regret d'appremlre, par un télégramme, le 5 juillet, la mort de l’un de nos collaborateurs de la première heure, et qui, devenu célèbre, nous a continué, tant que sa santé le lui a permis, sa précieuse collaboration. Charles Grad est né le 8 décembre 1842 à Turckheirn, alors dans le département du Uaut-Rhin. Il a rendu le dernier soupir au Logelbach dans ce studieux coin de l’Alsace, illustré par les travaux de Ilirn. Issu d’une famille de manufacturiers, Charles Grad, après avoir été un brillant élève de l’Ecole des Mines, commença par s’adonner à l’industrie, ainsi que l’ont fait Ilirn, Schœu-rer-Kestner, et tant de ses compatriotes célèbres dans l’histoire des sciences ou des arts. Ses premiers travaux furent adressés à la Société de géologie. Après l’année terrible, Charles Grad n’opta pas pour la nationalité française, mais il resta un des chefs du parti delà protestation, avec les Dolfus et les Antoine.En 1877, il fut nommé député de Colmar au Reichstag, qu’il représenta pendant treize années consécutives. — Il ne nous appartient pas d’apprécier cette partie de la carrière de Charles Grad, chargé de faire entendre à Berlin la voix des provinces conquises. Nous dirons seulement qu’il prit la parole pour défendre les droits des optants. — L’Académie des sciences morales et politiques se l’attacha en 1883, comme Correspondant dans la section de l’économie politique. A l’âge de quarante-sept ans,Grad succombait à une maladie decœur. —Presque tous ses articles de La Nature sont, comme ses ouvrages, partagés en deux catégories principales, dont il s’occupait avec passion. 11 aimait à décrire cette Alsace qu’il chérissait par-dessus tout; il s’attachait à rappeler à la France les splendeurs de son pays natal. 11 racontait aussi ce qu’il avait vu de plus intéressant dans ses voyages, qui le conduisaient depuis le cap Nord jusqu’au milieu du Sahara, et depuis l’Irlande jusqu’à Jérusalem. Dans la première section de ses œuvres, nous citerons ses études sur le Climat de VAlsace et de la chaîne des Vosges, la Statistique industrielle de l'Alsace, son ouvrage de l’Alsace, le pays et les habitants, couronné par l’Académie française, ses articles de La Nature, sur les Variations du climat de l'Alsace, sur l'Homme fossile en Alsace, sur la Chaîne des Vosges, sur l'Elève de la truite en Allemagne, sur le Pétrole en Alsace, sur la Faune de la cathédrale de Strasbourg, et notamment des pages émues, vibrantes sur la Cicogne. Dans la seconde section figurent son Voyage en Orient, en Egypte et en Nubie, des pages nombreuses, appréciées de tous et accompagnées de photographies prises par lui-même, ou sous ses yeux, par ses coopérateurs. Nul de ceux qui ont lu ses articles sur ta mer Morte de Palestine, le Nil et ses irrigations, sur le Soleil de minuit, sur les Salines de Wieliczka, sur Gibraltar, les Singes de la Chiffa, les Barragesde l'Habra, n’a méconnu le patriote, l’érudit et le penseur. 11 y avait aussi un troisième sujet que Charles Grad abordait, avec regret et par devoir. 11 tenait à montrer à la France ce que sont ses voisins de l'Est. 11 donnait la description de l’Cni-versitéde Strasbourg, il indiquait le mouvement de la population, de l’autre coté du Rhin, il révélait les travaux des Allemands pour la rectification de ce fleuve ou pour la création de leurs ports militaires. —Nous perdons en Charles Grad plus qu’un éminent collaborateur, mais un ami sincère . Il aura trouvé dans la mort le repos qu’après l’année 1870 il n’a pu rencontrer ici-bas. Puissent se réaliser un jour les vœux que son cœur brisé n’a cessé de former pour le bien de l’Alsace et de la France! G. T.
- LES AUTOGRAPHES DE « LA NATURE »
- M. Jules Simon
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 7 juillet 1890. — Présidence de M. IIermite.
- Sur la parenté des mollusques avec les annélides. — Il n’y a pas bien longtemps que MM. Marion et Kowalewsky ont publié sur le Neomenya, animal très rare jusque-là des mers de Norvège, un Mémoire qui a produit une réelle impression. Ces savants distingués annonçaient, en effet, la découverte d’une forme intermédiaire entre les deux types mollusque et annélides, établissant, en conséquence, les preuves d’une filiation de l’une à l’autre. Par l’intermédiaire de M. de Lacaze-Duthiers, M. Pruvost vient aujourd’hui singulièrement changer les choses. Tout d’abord il a eu la bonne fortune de reconnaître que l’animal si peu connu est prodigieusement abondant dans certaine fosse sous-marine peu éloignée de Banyuls. C’est au point
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- qu'il a distingué huit espèces dans ce genre nouveau. En même temps il en a poussé l’anatomie jusque dans ses détails et de ses nombreuses préparations il résulte que les délinéaments pris par ses devanciers pour des cœurs et pour des organes segmentaires, caractéristique des vers, sont, en réalité, les appareils reproducteurs tout à fait conformes à ceux que possèdent les vrais mollusques.
- Il faut donc renoncer cette fois, paraît-il, aux arguments qu’on avait pensé procurer à la cause du transformisme.
- Les pédicellaires des oursins. — C’est encore M. de Lacaze-Duthiers qui dépose un curieux travail de M. Prou-hot sur le rôle d’un organe des oursins à l’égard duquel on a fait de bien nombreuses hypothèses. Il s’agit de ces curieuses pinces dermiques disséminées entre les piquants et qui portent le nom de pédicellaires. Si, comme l’auteur l’a fait au laboratoire de Banyuls, on introduit dans un bac, contenant un oursin, une étoile de mer soumise, au préalable, à un jeûne prolongé, oh assiste à une scène remarquable. L’astérie s’avance vers la proie qu’elle convoite, mais l’oursin, pour la recevoir, rejette tous ses piquants en arrière : les pédicellaires font face à l’ennemi et le mordent à qui mieux mieux. L’étoile manifeste sa douleur en s’écartant précipitamment pour revenir d’ailleurs bientôt à la charge à plusieurs reprises. Elle finit par vaincre, s’étale sur l’oursin, évagine son estomac dont elle l’enveloppe pour en absorber toutes les parties assimilables. En recherchant comment les pédicellaires ont pu servir d’armes défensives, on reconnaît que leurs valves mobiles sont pourvues d’un dard très acéré et d’une véritable glande à venin. Il est arrivé, paraît-il, à un naturaliste que, discrètement, M. de Lacaze n’a pas nommé, de se méprendre sur de petits organes incrustés dans les téguments de certain mollusque flottant et qui n’étaient autres que des pédicellaires d’oursins restés dans les plaies qu’ils avaient faites à la manière des aiguillons d’abeilles.
- M. Charles Grad. — M. Janssen se fait l’interprète éloquent de tous les amis des sciences en payant un tribut de regrets à M. Ch. Grad tout récemment décédé au Lo-gelbach en Alsace, et dont la biographie est résumée ci-contre (p. 94).
- Diagnostic de la ladrerie bovine. — La fréquence des Tænia, appelés communément Vers solitaires, s’est considérablement accrue à Paris depuis une vingtaine d’années, et cette fréquence porte sur le ver solitaire ou Ténia à tète inerme (Tænia saginata), tandis que le Ver à. tète armée (Tænia solium) est devenu de plus en plus rare. On doit atttribuer ce fait remarquable à la diversité d’origine des deux vers ; les germes ou cysticerques du premier nous viennent de la viande du veau ou du bœuf, tandis que les grains de ladrerie, ou cysticerques du second, se trouvent dans celle du porc domestiqué. L’abondance croissante du Ténia inerme provenant du bœuf s’explique par l’habitude très répandue de manger la viande saignante ou peu cuite, et aussi par l’usage thérapeutique de la chair crue. Et cependant, lorsqu’on veut constater dans la viande de boucherie les cysticerques du Ténia si communément répandu, on ne les aperçoit pas. M. Laboulbène a été préoccupé depuis longtemps d’arriver à pouvoir reconnaître par la méthode expérimentale les cysticerques du bœuf et du veau ladres, aussi bien que ceux du porc. Dans ce but, il avait donné à M. Gabriel Colin des Ténias inermes pour infester à Alfort des veaux et des bœufs, au moyen de cucurbitains ou anneaux murs remplis d’œufs. Les expériences avaient parfaitement réussi, mais alors un fait inattendu s’était produit. M. Colin avait remis à M. Laboulbène des morceaux de
- viande ladre d’un animal tué le matin et des fragments pareils dans l’alcool. Le lendemain, tandis que les fragments dans l’alcool montraient les cysticerques encore plus faciles à reconnaître, les morceaux de viande fraîche n’en offraient plus trace, à tel point qu’on pouvait penser à une erreur, ou à une substitution de morceaux de viande les uns aux autres. Aucun auteur n’avait encore signalé cette disparition rapide de l’aspect des cysticerques au contact de l’air sur la viande du veau et du bœuf. Craignant de n’avoir pas suffisamment examiné, M. Laboulbène avait attendu l’occasion nouvelle et favorable. Une récente tentative faite avec MM. Guichard et Georges Pouchet ne laisse plus aucune prise au doute.
- Varia. — Un procédé de synthèse de la boracite par voie aqueuse est décrit parM. de Grammont. — M. Ilenry adresse la photographie du spectre de Véga obtenu avec un prisme de 45°. — En traitant la sorbine par l’amalgame de sodium, MM. Vincent et Delachanal l’ont transformée en un isomère du glucose. — D’après un Mémoire dont l’auteur ne nous est pas connu, les sels d’aniline parfaitement purs sont tout à fait incolores meme après des années d’exposition à la lumière. — M. Lasne étudie l’orientation relative des failles dont la craie est recoupée aux environs de Doullens. Stanislas Meunier.
- TRUCS DE THÉÂTRE
- LA FÉERIE DES (( PILULES DU DIABLE )) 1
- Le truc le plus saisissant de la féerie que nous analysons, c’est le raccommodage du corps d’un acteur victime d’un accident de chemin de fer. Dans une explosion de la locomotive, le malheureux est coupé en huit morceaux : les jamhes, les cuisses, les bras, le tronc et la tète, qui sont précieusement recueillis et mis dans un panier par ses acolytes. Inutile d’ajouter que c’est au moment précis de l’explosion que-le véritable acteur disparaît derrière le décor représentant la locomotive et que du cintre on jette sur la scène les différentes parties d’un mannequin exactement habillé comme lui.
- Dans une scène suivante, en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par une fée quelconque, l’un des acteurs procède à la résurrection de son camarade. Pour cela, il se dirige vers le fond de la scène et pose d’abord une jambe, puis l’autre, revient sur le devant de la scène pour prendre les cuisses, va les placer sur les jambes; procède de même pour le tronc, les bras et la tête. Tout cela est fait lentement, de manière à laisser bien suivre l’opération en détail, morceau par morceau, au spectateur. C’est cette scène que représente notre gravure (fig. 1) au moment où on va remettre la tète en place. Après cela, le corps complètement reconstitué oscillera un peu comme s’il était mal équilibré, on sera obligé de le soutenir, de le caler pour qu’il ne tombe pas ; puis tout à coup il se met à marcher et à parler; c’est le véritable acteur qui est revenu. Voici comment la substitution s’est opérée. A l’endroit où doit se faire le raccommodage, le décor porte une découpure ayant la forme d’un homme et chacune des
- 1 Suite. Yoy. n° 890, du 21 juin 1890, p. 33.
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- parties^ corrcs[)ondant aux jambes, bras, tronc et I patience. Cette disposition est représentée à part sur tète, s’enlève et se rajuste comme dans un jeu de | la gravure (fig. 1). Le véritable acteur se trouve
- Kig. 1. — Raccommodage d'un homme coupé en morceaux. Truc de la lëeric Les Pilules du diableyau théâtre du Châtelet à Paris.
- dans la coulisse derrière cette partie du décor (fig. 2). Quand le personnage qui est en scène apporte la première jambe du mannequin, il ouvre la partie correspondante du décor, passe par là la fausse jambe et aussitôt l’acteur passe la sienne qui reste là. Le spectateur ne s’aperçoit nullement de la substitution, car personnage qui est en scène se trouve placé naturellement devant la partie truquée du décor au moment où elle s’opère.
- C’est ainsi, morceau par morceau, que le véritable acteur se substitue au mannequin ; il n’est pas précisément à son aise pendant l’opération parce qu’il est obligé de tenir assez en arrière la partie supérieure du
- corps jusqu’à ce que tout soit fini. Aussi comme il ne pourrait garder cette position, on est obligé de le
- faire tenir par deux machinistes (fig. 2). Quand la tète est enfin placée, que la substitution est complète, il doit pendant quelques instants jouer au mannequin et donner la sensation d’une chose inerte en équilibre instable. L’acteur Scipiou, qui remplissait le rôle récemment, joue parfaitement cette scène et l’illusion est complète même pour les personnes qui connaissent le truc dans tous ses détails. — A suivre. — U- MaRESCHAL.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, y.
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- N° 894. — 19 JUILLET 1890.
- LA NATURE.
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- LA POUDRE SANS FUMÉE
- LES EXPLOSIFS d’hIER ET CEUX DE DEMAIN1
- Le bouleversement qu’aura suscité, dans l’art de la guerre, l’application aux armes des nouvelles
- poudres sans fumée — dont nous avons décrit tout au moins le principe, sinon l’histoire complète — portera tout aussi bien sur l’arme de l’artillerie que sur celle de l’infanterie. Tout a été dit déjà sur les merveilles réalisées dans le tir des fusils, tant au point de vue de la vitesse imprimée au projectile
- qu’à celui de la pénétration, de l’irréprochable « travail » de la nouvelle balle. De ce côté, qu’il s’agisse de la poudre Vieille, de la poudre Nobel, ou de tout autre explosif similaire à base de nitro-eelluloses, nous sommes fixés, tout au moins relativement : quelque 10 ou 20 mètres de vitesse initiale de plus ou de moins, c’est affaire des savants expérimentateurs de nos champs de manœuvre de décider de la supériorité de l’une ou de l’autre des poudres rivales.
- La question spéciale des poudres applicables aux pièces d’artillerie n’est cependant point, autant que
- 1 Suite et fin. Yoy. n° 889, du 14 juin 1890, p. 17.
- 18e année. — 2° semestre.
- nous soyons exactement renseignés, résolue d’une façon absolument précise. Les essais continuent sur
- nos polygones européens, et il n’est guère de jour qu’une nouvelle ne nous arrive, nous apportant les résultats, plus ou moins exacts peut-être, mais dont nous devons cependant nous contenter, des tirs exécutés. On sait comment s’effectuent ces intéressantes expériences de calcul des vitesses initiales, soit de la vitesse du projectile au sortir de l’arme, fusil ou canon, au moyen de l’appareil électro-balistique que La Nature a déjà décrit précédemment.
- Notre figure 1 représente la disposition de l’un de ces appareils, lors de récents essais effectués au
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- Fig. 2. — Spécimens de poudre à canon sans fumée Nobel, d'après nature. (Grandeur naturelle.)
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- polygone de la fabrique westphalienne de Hamm, l’une des grandes poudreries que nous avons signalées au cours de notre premier article. Pour expliquer, du reste, d’une façon fort sommaire, la disposition générale de l’expérience que retrace notre gravure, il nous suffira d’en rappeler le principe. Le projectile, au sortir de l’arme, brise un fd qui ferme le courant d’une pile électro-magnétique, et qui met en mouvement l’aiguille d’une montre. Le choc de la balle sur le but, ou sur les cadres intermédiaires, ferme à son tour le courant et arrête le mouvement d’horlogerie, ce qui permet de lire exactement le temps employé par le projectile pour parcourir la distance qui sépare la pièce du but, et, par suite, d’en calculer très exactement la vitesse.
- C’est ainsi qu’ont été récemment essayées, pour l’usage de l’artillerie, la poudre Vieille au Crcusot, la poudre Nobel à Essen. MM. Schneider et O ont obtenu, avec des projectiles variant de 40 à 164 kilogrammes, et des canons de 15 et 24 centimètres, des vitesses initiales d’environ 800 mètres par seconde, supérieures donc de 150 mètres à celles que l’on obtenait avec les poudres prismatiques brunes dont nous avons donné des spécimens au commencement de cette étude. Les pressions intérieures dans l'aine de la pièce étaient, en outre, sensiblement inférieures à celles qui correspon, daient au maximum de vitesse obtenue avec les memes poudres prismatiques anciennes.
- A notre grand regret, il nous a été impossible de nous procurer, comme nous avons pu le faire pour les poudres noires, des échantillons de la poudre à canon sans fumée essayée au Creusot. Nous plaçons donc sous les yeux de nos lecteurs un « grain » de poudre sans fumée Nobel, adoptée, comme la poudre à fusil de ce même inventeur, par l’artillerie de l’armée italienne. La gravure a été exécutée d’après l’original même, en grandeur naturelle, comme nous l’avons fait jusqu’ici pour les explosifs que nous avons passés en revue. Le « grain » perforé à son centre, de la figure 2 (n° 1), mesure environ 60 millimètres de longueur sur 55 de largeur et 10 d’épaisseur, et pèse 160 à 180 grammes. Sa couleur brun foncé et sa configuration extérieure sont identiques à celles des petits grains de la même poudre que nous avons déjà représentés précédemment ; sa composition chimique restant sensiblement la même, soit à base de nitrocellulose et de nitroglycérine. Les vitesses initiales obtenues au polygone d’Essen avec la poudre Nobel ont varié entre les limites de 800 à 850 mètres par seconde. Les mêmes résultats ont été obtenus au moyen des poudres en grains plus petits (fig. 2, n° 2), ou en lamelles reliées en bottes de dix ou douze (fig. 2, n° 3). Les procès-verbaux d’expériences attribueraient en outre à la poudre à canon Nobel une régularité de combustion et une homogénéité de texture, soit un manque de porosité, qui maintiendraient le tir dans des conditions parfaites.
- Arrivés où nous en sommes, il ne nous reste plus
- à examiner qu’un seul côté de la question des poudres sans fumée, et ce n’est, à la vérité, ni le moins complexe, ni le moins intéressant; nous voulons parler de l'influence que peut, et que doit certainement exercer, sur le sort des batailles futures, l’adoption du nouvel explosif militaire. Nous signalions, dès le principe de cette rapide étude, les manœuvres exécutées en mars dernier à Champigny ; tout récemment encore, d’autres essais ont été faits au camp de Cdiàlons en présence de M. le Ministre de la guerre, et on nous promet, pour les prochaines grandes manœuvres d’automne, une véritable petite guerre exécutée, pour la première fois, avec la poudre nouvelle. Que sortira-t-il de ces essais répétés; quels changements apporteront-ils dans l’organisation des luttes de demain; comment devront se comporter désormais les masses ou les unités d’armes dans ces conditions, inconnues jusqu’à ce jour, de visibilité, et à la fois d’invisibilité, des combattants en présence?
- Le chapitre spécial de la visibilité des corps de troupes a fait à lui seul l’objet de nombreuses discussions, par cette seule raison qu’il appelait l’attention sur la question déjà ancienne de la couleur des uniformes. Plus de fumée, mais c’est le soldat à découvert, la cible vivante sur laquelle vont pleuvoir les balles parfaitement ajustées! Et l’on rappelait la légende de Napoléon parcourant le champ de bataille de Wagram, et s’arrêtant, pensif, devant les cadavres amoncelés de ses soldats qu’il avait fait vêtir, à la mode autrichienne, d’uniformes blancs, d’une visibilité excessive. La couleur garance du pantalon de nos fantassins n’allait-elle point, elle aussi, les désigner désormais au massacre? Dès les premiers essais de la poudre sans fumée, le pantalon rouge fut donc l’objet des plus vives inquiétudes. Disqns de suite que les craintes patriotiques que soulevait la couleur rouge n’étaient que très imparfaitement justifiées, par cette simple raison qu’à une distance variant de 500 à 600 mètres, elle ne se distingue même plus des autres couleurs de l’uniforme militaire.
- Après la question du pantalon rouge s’éleva celle des surfaces brillantes, les plaques des ceinturons, les casques éblouissants des cuirassiers ou des dragons, les boutons, le hausse-col, les galons, que l’on proposa — et avec plus de raison, il faut l’avouer — de brunir. L’Allemagne songea à noircir, et même à supprimer, la légendaire pointe du casque de ses soldats. Aucune mesure protectrice n’a été cependant, que nous sachions, prise jusqu’à ce jour, aussi bien chez nos voisins que chez nous-mêmes. On disait, à la vérité, ces jours derniers encore, que, à la suite de l’adojation toute récente de la poudre nouvelle, le grand état-major autrichien avait résolu d’abandonner l’uniforme blanc de ses troupes pour un unilorme gris moins visible.
- 11 ne faudrait du reste point s’exagérer l’importance de la couleur de l’uniforme, non plus que celle du maintien ou de la suppression des surfaces
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- brillantes du vêtement militaire. L’adoption d’un uniforme sombre, qui tendrait certainement à être adopté par nos voisins aussi bien que par nous-mêmes, pourrait, au contraire, entraîner après elle des conséquences d’une exceptionnelle gravité. Un spécialiste d’indiscutable autorité, M. le général Tricoche, signalait à ce sujet, dans une étude fort intéressante relative à l’influence de la poudre sans fumée sur la tactique, les sanglantes méprises auxquelles donna lieu, lors de la guerre de 1870-1871, la similitude de l’uniforme de nos chasseurs à pied avec celui des fantassins allemands.
- Le maréchal de Mac-Mahon rappelait également dans d’autres circonstances les douloureuses hécatombes de nos mêmes chasseurs, à l’armée du Rhin, sous Paris, sur la Loire et dans l’Est. Loin d’assombrir et de cacher l’uniforme, on serait donc porté à donner aux troupes un vêtement national sinon voyant, du moins parfaitement distinct de celui des armées étrangères.
- Si la couleur de l’uniforme peut, avec raison, être reléguée au second plan, il n’en saurait être de même du changement considérable que devra certainement, dans les conditions nouvelles du combat, subir la tactique moderne. On ne saurait cependant, comme le fait fort bien remarquer l’auteur de l’étude à laquelle nous faisons allusion plus haut, poser dès aujourd’hui des règles certaines à cet égard, par ce seul fait qu’il nous manque une donnée d’importance capitale, l’expérience du champ de bataille. On peut toutefois affirmer d’ores et déjà que la disparition de la fumée assurera à l’artillerie une place de plus en plus prépondérante dans les batailles. Le voile qui s’étend devant les batteries, dès les premiers coups de canon, est, à la fois, une gène pour le réglage du tir et un point de mire pour l’artillerie adverse. Ce voile n’existant plus, on aura sûrement plus de peine à reconnaître l’emplacement exact des pièces ennemies ; mais cet inconvénient sera largement compensé par l’incomparable avantage de « bien voir » tous les points du champ de bataille pendant l’action, ce qui facilitera à la fois le réglage du tir et les changements d’objectifs. L’artillerie acquerra ainsi un rôle considérable. Ses projectiles meurtriers iront fouiller successivement, avec une précision redoutable, les différents points du terrain, et sa puissance n’aura d’autre frein que celle de l’artillerie adverse.
- La victoire restera donc, il n’en faut pas douter, d’après l’avis des hommes compétents, à celui qui aura su s’assurer la priorité dans le réglage, et par suite, la supériorité du feu dans le combat.'
- C’est sur le jugement de l’ancien directeur de notre artillerie que nous clorons l’étude que nous avons cherché à rendre, malgré le secret qui entoure encore l’histoire de la poudre sans fumée, la plus complète et la plus sincère possible. L’inévitable lutte qui, avant peu d’années peut-être, ensanglantera le vieux monde — la dernière, espérons-le — se chargera de vérifier nos prévisions, de nous
- apprendre ce que deviendra la tactique, et avec elle, la physionomie des futurs champs de bataille. Chaque jour, les arsenaux des nations « civilisées » accumulent, en piles effroyables, les obus, les boîtes à mitraille et les cartouches, prêts pour la prochaine hécatombe. A peine le premier coup de clairon aura-t-il sonné, que mélinite et poudre sans fumée, roburite, fulmi-coton et picrates — toute la lyre guerrière et sanguinaire — rompant enfin le silence auquel ils sont condamnés, s’en iront décider du sort des armes et de celui des peuples.
- Maxime Hélène.
- L’AQUEDUC DE SERINO
- ET LA DISTRIBUTION DES EAUX DE NAPLES
- Parmi les grands travaux publics que nous ont laissés les Romains, les plus nombreux et les plus imposants sont assurément ceux qui ont pour objet l’adduction des eaux potables. On sait que le fameux pont du Gard était destiné à l'alimentation de la ville de Nîmes, et les aqueducs de la Rome des Césars pourvoient encore abondamment aujourd’hui aux besoins de la capitale de l’Italie.
- Une entreprise récente et remarquable vient de doter la ville de Naples d’une distribution d’eau en rapport avec sa population qui s’élève à cinq cent mille âmes, et fournit l’occasion d’une étude comparative entre les moyens employés par les ingénieurs de l’antiquité et nos modernes ingénieurs; les sources de Serino qui avaient été captées sous l’empereur Claude pour l’alimentation de Naples et des villes florissantes qui existaient à cette époque sur les rives de son golfe, sont précisément les mêmes qu’une Société française, la Compagnie générale des eaux pour l’étranger, a utilisées, en restreignant toutefois la distribution à la ville de Naples seule.
- Ces sources prennent naissance dans la haute vallée du Sabato (fig. 1) et sont à peu près les seules capables de donner un débit suffisant, qui se rencontrent dans le massif montagneux sur le versant duquel s’élève la ville de Naples : la nature des terrains éminemment perméables de presque toute cette contrée a, en effet, pour conséquence immédiate la déperdition des eaux superficielles. Aussi les Romains avaient-ils dû venir chercher les sources de Serino pour les amener à Naples par un aqueduc de 80 kilomètres de longueur.
- Cet ouvrage important alimentait en même temps plusieurs villes de la Campanie Félix, telles que Pompeïes, Nola, Atelie, Pouzzoles, et quelques autres; il portait également l’eau sur les coteaux du Pausilippe, sur les rivages de Nisida et de Baies, dans les nombreuses villas où les familles patriciennes de l’époque s’entouraient de toutes les- recherches du luxe le plus raffiné, et enfin jusqu’au cap Misène.
- Le tracé, partant de la rive gauche du Sabato
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- (fig. 1), suivait à peu près celui du chemin de fer actuel de Cancello à Avellino jusque vers Palma; laissant ensuite Somma à gauche, il arrivait dans le voisinage de Pomigliano d’Arco, où l’on remarque encore aujourd’hui les restes d’un grand pont-aqueduc de 4 kilomètres de longueur, et aboutissait à San Pietro à Paterno. Là se trouvaient les célèbres Ponti Rossi (Ponts Rouges) qui lui permettaient de franchir le vallon de Mia-no. Au delà de ces ouvrages il se divisait en trois branches cjui desservaient Naples : elles alimentaient une énorme cuve ou château d’eau qu’on voyait encore au temps de Charles-Quint, et qui servait de point de départ aux tuyaux de
- distribution. La longueur totale de l’ouvrage jusqu’à ce point était, comme nous l’avons dit, de 80 kilomètres. L’aqueduc reprenait ensuite son cours en côtoyant la colline du Yome-ro, et se dirigeait par la grotte de Pouzzoles sur cette ville en longeant le rivage.
- 11 se terminait au cap Misène où il déversait ses eaux dans un vaste réservoir qui existe encore aujourd’hui et a conservé son nom de Piscina mirabilis. Ce réservoir servait à l’alimentation de la Hotte considérable que l’Empire faisait stationner
- sur cette rade. Des branchements se détachaient à la sortie de la grotte de Pouzzoles pour aller, l’un au cap de Pausilippc, l’autre dans l’île de Nisida, dont il franchissait la passe sur un pont d’une structure très hardie.
- Comme mode de construction, l’ouvrage était formé, dans les parties en tranchée, d’un radier plat avec deux piédroits verticaux supportant une voûte ou toit à deux pentes faite avec de grandes tuiles en
- argile cuite. Les dimensions n’étaient pas partout uniformes.
- En résumé, l’aqueduc était entièrement à écoulement libre; les Romains ne disposaient, en effet, que de tuyaux de plomb, de petit diamètre ou de poteries qui n’auraient pu se prêter à l’établissement de conduites forcées. Ils étaient donc obligés de traverser les vallées
- Fig. 1. — Carte générale de l’aqueduc de Serino à Naples.
- Chambre de prise d'eau. Chambre de mise en charge et de décharge. Coupe Coupe entravers
- Chambre d'arrivée.
- Coupe
- 'Fig. 2. — Détails du siphon des Gruidi.
- sur des ponts de dimensions colossales comme celui du Gard. Mais l’abondance de la main-d’œuvre fournie par les esclaves leur permettait d’aborder ces travaux con-sidérables que nos ingénieurs actuels remplacent avec économie par des siphons métalliques renversés. L’aqueduc de
- Serino présente, sous ce rapport, l’installation la plus grandiose et la plus hardie qui ait été tentée jusqu’à ce jour. Nous devons toutefois ajouter qu’elle
- n’a été susceptible d’application qu’en raison de la grande hauteur de chute dont on disposait entre les sources et les réservoirs, car l’adduction des eaux par siphons renversés entraîne toujours une perte de charge assez importante.
- Avant de décrire cette partie capitale de l’aqueduc de Serino, nous avons tout d’abord à en faire connaître le tracé
- général, qu'on trouvera dans la figure 1. Un premier projet, dû à l’ingénieur italien F. Abate, captait les sources principales de la vallée du Sabato et les conduisait dans la plaine de Montoro par un canal en maçonnerie ; là les eaux auraient été divisées : une partie d’entre elles aurait été portée à Naples par une conduite en fonte de 55 kilomètres de longueur; le reste aurait été reçu par l’aqueduc romain réparé et complété sur tout son parcours.
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- Ce projet ne fut pas approuvé par la Municipalité de Naples en raison de l'incertitude que présentait la réparation de l’aqueduc romain, et on préféra faire contourner aux ouvrages le massif montagneux d’Avella en descendant d’abord la vallée du Sabato, puis franchissant la chaîne du Monte-Vergine qui la sépare de celle qui s’étend entre les monts d’Avella et le mont Ta-burno. Cette vallée n’est autre que la vallée Cau-dinc où les Samnites infligèrent aux armées romaines une capitulation restée fameuse dans l’histoire du peuple-roi.
- L’aqueduc libre continue son cours jusqu’au sommet de la colline de Cancello, à partir duquel trois siphons métalliques épousant le profil de la plaine de Naples viennent aboutir aux réservoirs de distribution. Ce tracé était le plus rationnel, car le profil relativement peu accidenté du terrain permettait de
- diminuer la longueur des tunnels, sans augmenter notablement le développement total de l’ouvrage.
- I)e plus, en choisissant Cancello comme objectif, on aboutissait au point où les montagnes d’Avella sont le plus rapprochées de Naples, ce qui réduisait la conduite forcée au développement minimum qu’elle put avoir.
- Les sources Urciuoli, dont le captage a suffi pour fournir le volume de 170 000 mètres cubes par vingt-quatre heures ou de 2 mètres cubes parseconde, prévu au traité de concession, sont situées à la cote 550 mètres au-dessus du niveau de la mer : leur limpidité est parfaite et leur température, à peu près constante, ne déliasse pas 12° pendant l’été. Elles sont recueillies dans trois galeries souterraines en maçonnerie entourées d’un drainage en gros galets qui sert de chemin aux eaux; celles-ci y pénètrent
- Fig. 3. — Siphon des Gruidi. — Vue générale.
- Fig. 4. — Premier pont-aqueduc d’Alripalda.
- sés : le plus élevé, situé au niveau du sol, porte les appareils de manœuvre des vannes placées à l’extrémité de chaque galerie; les deux autres sont sou-
- par des barbacanes ménagées de distance en distance dans les piédroits. Ces galeries se réunissent dans une chambre centrale à trois étages superpo-
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- tcrraines. La chambre intermédiaire reçoit les eaux du collecteur et communique avec un canal de décharge : la chambre basse reçoit le débouché de l’aqueduc à écoulement libre.
- Ce dernier, entre les sources et la colline de Can-cello, a une longueur totale de 59 551“,75 ainsi répartie :
- Aqueduc en tranchée ou à flanc de
- coteau.............................
- Siphons renversés (2, l’un de 588 mètres de longueur pour la traversée du vallon des Tronti, l’autre de 526 mètres pour celle du vallon des
- Gruidi)............................
- Ponts.................................
- Tunnels...............................
- Total.
- 59 986“,55
- il14m, 00 1706“,95 16 744“, 25
- 59 551“,75
- Dans les parties en tranchées l’aqueduc est recouvert d’une couche de terre d’au moins 1 mètre d’épaisseur, pour conserver à l’eau toute sa fraîcheur. Le profil le plus fréquemment appliqué est celui dans lequel le radier a la forme d’un arc de cercle renversé, raccordé à deux piédroits verticaux, sur lesquels repose une voûte en plein cintre. La hauteur sous clef est de 2 mètres, et la largeur entre les piédroits de 1“,60. Ce type est ramené dans quelques tunnels au profil circulaire ou ovoïdal pour mieux résister a la poussée des terres. Le canal est construit en maçonnerie ordinaire de pierres calcaires ou de pierres de tuf avec un mortier composé de chaux grasse, de pouzzolane et de sable par parties égales. L’ouvrage a été revêtu intérieurement d’un enduit de ciment de Grenoble sur une épaisseur de d5 millimètres, pour faciliter l’écoulement de l’eau en diminuant les frottements, et empêcher les pertes ainsi que les infiltrations. La section transversale est de 2“3,80 et peut, avec une pente de 0“,50 par kilomètre, débiter sensiblement plus que le volume prescrit (2 mètres cubes par seconde).
- La traversée des vallées secondaires s’opère en général sur des ponts ; mais on a dû adopter également deux traversées par siphons renversés dans les vallons des Tronti et des Gruidi, qu’il aurait fallu contourner dans des terrains dangereux pour la stabilité d’un canal en maçonnerie. Le premier de ces siphons a 588 mètres de longueur et se compose de quatre conduites accolées débitant chacune 500 litres ; le second a trois files de tuyaux dont chacune débite 667 litres : sa longueur atteint 526 mètres. Ce dernier ouvrage est représenté dans la figure 3 pour la vue d’ensemble et dans la figure 2 pour les dispositions de détail1.
- 1 Nous avons préféré donner la description complète de l’un des siphons intermédiaires placé sur l’aqueduc libre plutôt que celle des grands siphons qui réunissent la colline de Cancello aux réservoirs, parce que la longueur relativement restreinte de cet ouvrage permet d’en reproduire la vue d’ensemble. Les grands siphons sont d’ailleurs exécutés d’après les mêmes principes.
- Les tuyaux ont été posés en tranchée suivant l’inclinaison du terrain ; pour les empêcher de glisser, on les a retenus par des chaînes transversales en maçonnerie. Au fond du ravin coule un torrent sur lequel on a construit un pont en maçonnerie pour la pose du siphon. Les conduites partent d’une chambre en maçonnerie à deux étages située à l’amont de l’ouvrage : à l’étage inférieur débouchent les eaux du canal libre, qui passent ensuite dans les tuyaux; à l’étage supérieur se trouvent les appareils de manœuvre des vannes qui permettent de rendre les conduites indépendantes.. A la tête aval, les conduites débouchent dans une chambre d’arrivée analogue à celle de départ.
- La mise en charge des siphons se fait par le bas ; l’eau est prise dans les chambres amont par une conduite de 0m,150 qui vient se raccorder à chacune des files de tuyaux sur le pont du fond du ravin; de cette manière, l’eau s’élève régulièrement dans les deux branches à la fois, et l’air s’échappe sans secousses par l’extrémité supérieure de chaque branche, jusqu’à ce que le siphon soit plein. Les robinets de décharge sont également placés au point le plus bas de la même chambre que ceux de la mise en charge.
- Les ponts-aqueducs sont au nombre de vingt; parmi les plus importants figurent ceux d’Atripald, dont le premier, représenté dans la figure 4, franchit la route provinciale de Melfi; il a 505 mètres de longueur et se compose de 18 arches. On trouve également plus loin, sur les vallons du Rio-Vergine et du Rio-Noci des ponts-aqueducs ayant, l’un, 554 mètres de longueur et 20 arches, et l’autre, 495 mètres et 51 arches.
- Le percement des souterrains a donné lieu à de grandes difficultés, surtout celui de Ciardelli (de 5240 mètres de longueur), et de quelques autres de la même région où on a trouvé une argile humide, gonflant beaucoup et produisant des poussées.énormes ; elle laissait, en outre, éclxipper des gaz explosibles qui constituaient un danger permanent pour la vie des ouvriers et des agents de la Compagnie.
- On a pu ménager trois chutes sur le canal pour alimenter des usines. La première, de 5 mètres de hauteur, est située à la tête amont du grand pont-aqueduc d’Atripalda; la seconde a 36 mètres de hauteur et se trouve près d’Arpaja; la dernière a 57“,4o de hauteur et est établie à l’extrémité du canal sur le versant de la colline de Cancello.
- Les chutes diffèrent du profil normal en ce que le radier est disposé en gradins, et qu’à la tête de chaque chute on a construit une chambre au fond de laquelle on a laissé l’amorce des conduites en fonte qui porteront l’eau sur les moteurs des usines à créer. Au pied de la chute se trouve une seconde chambre où les conduites en fonte ramèneront l’eau après qu’elle aura été utilisée comme force motrice.
- Les appareils de manœuvre de l’aqueduc libre sont placés dans quatorze chambres espacées le long de la ligne. Elles renferment les vannes d’arrêt et
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- de décharge; ces dernières permettent de vider l’aqueduc par tronçons de 5 kilomètres. Des regards sont établis tous les 200 mètres.
- Nous voici arrivés à l’extrémité de l’aqueduc libre, c’est-à-dire au point d’où la colline de Cancello domine la plaine de Naples. C’est de là que partent les trois grandes conduites forcées ou siphons renversés dont nous avons déjà parlé. Dans un prochain article, nous en donnerons la description ainsi que celle des réservoirs qui présentent également des dispositions spéciales. G. Richou,
- Ingénieur des arts et manufactures.
- — A suivre. —
- struments par excellence du dessinateur, ceux avec lesquels on peut obtenir la plus grande précision.
- Soit AB (fig. 1) un arc de cercle plus petit qu’un quadrant; menons le diamètre passant par l’une des extrémités A de cet arc; sur ce diamètre, à partir du point A et du côté du centre, prenons une longueur AC égale à trois fois le rayon; joignons le point C au point B, et soit M le point où cette ligne CB coupe la tangente en A. La longueur de l’arc AB est un peu plus grande que la ligne AM, mais elle en diffère de moins de 1/500 du rayon si l’arc AB est plus petit que la moitié du quadrant, ou en degrés plus petit que 45°, et de moins de 1/4000 du rayon si l’arc AB est plus petit que le tiers du quadrant (30°) *. On pourra donc prendre AM pour longueur de l’arc AB, supposé inférieur à la moitié du quadrant, à
- LES COLOMBIERS MILITAIRES MARITIMES
- On sait que les puissances étrangères ont donné un grand développement à leur organisation colombophile. Depuis que l’Allemagne a confié la direction de ses colombiers militaires à des spécialistes, les résultats obtenus ont été tels, que le crédit des correspondances militaires par pigeons a été porté à 50 000 marcs, et que l’empereur en personne s’est constitué président de la Fédération des Sociétés colombophiles germaniques.
- Les ports de Kœnigsberg, Dantzig, Stettin, Stralsund, Stade, etc., ont été munis de colombiers maritimes qui, de concert avec les sociétés colombophiles du littoral, serviront spécialement à la marine de guerre allemande, de même que la Russie a spécialisé des équipes ailées pour établir des communications entre ses croisières et ses ports de la Baltique. La colombophilie danoise elle-même, sous la direction de M. de Holboll, qui faisait partie du dernier Congrès colombophile du Trocadéro, tient le Sund et le Cattégat. Depuis douze ans, les pigeons anglais font toutes les étapes entre Cherbourg et la Rochelle.
- L’Italie n’est pas restée en arrière ; les colombiers maritimes de la côte adriatique et de la côte tyrrhénienne ont été renforcés en vue du rôle important qu’ils auront à jouer dans les opérations navales. Les expériences se renouvellent chaque jour; tout récemment, l’une d’elles était présidée par l’amiral Lovera di Maria.
- Nous pouvons affirmer que, de son côté, notre honorable Ministre de la marine s’est préoccupé activementtde mettre à sa disposition exclusive des pigeons voyageurs en nombre suffisant; déjà il peut compter sur les colombiers civils de Marseille et de Toulon ; tout récemment le colombier militaire maritime de Brest a ouvert la série de ses entraînements en mer; tout porte à croire que notre colombiphilie maritime sera prochainement organisée sur des bases complètes.
- GÉOMÉTRIE DE LA RÈGLE ET DU COMPAS
- Dans la pratique du dessin, on peut négliger, sans inconvénient, le quart, du millimètre; ainsi deux points situés à une distance inférieure à un quart de millimètre peuvent être considérés comme confondus, et deux longueurs différant de moins d’un quart de millimètre comme égales. Cela admis, le problème de la rectification de l’arc de cercle est susceptible d’une solution très simple, n’exigeant que l’emploi de la règle et du compas, qui sont toujours comme du temps des anciens, les in-
- moins que le rayon soit notablement supérieur à 1 décimètre. Dans ce cas, il faudra opérer sur des arcs ne dépassant pas le tiers du. quadrant.
- Le point C peut tomber en dehors des limites de l’épure; mais un artifice très simple, familier en descriptive, permet de s’en passer. Soit d’abord à trouver un arc AB égal à une ligne AM. Menons par le centre O (fig. 2)
- 2
- une perpendiculaire sur OA et prenons OM' égal aux ^ de
- AM; la droite M'M rencontre la circonférence au point B. Soit, au contraire, à trouver la longueur d’un arc AD, la moitié du quadrant dans la figure. Prenons sur la tangente en A une longueur AE', voisine de celle de l’arc AD, comprise entre le sinus et la tangente de cet arc. Par la construction décrite plus haut on obtiendra un arc AE égal à AE'. L’arc ED, étant très petit, peut être considéré comme égal à sa corde. On obtiendra donc la longueur AN de l’arc AD en prenant E'N = ED. Comme vérification, la
- 2
- ligne DN doit passer par le point N' tel que ON' = ^ON.
- La plupart des opérations sur les arcs de cercle peuvent se ramener au cas où ces arcs ne dépassent pas une certaine fraction du quadrant, la moitié, par exemple. Ainsi la rectification du demi-cercle s’obtiendra en multipliant par 4 la longueur de la moitié du quadrant; la division du cercle en n parties égales revient à prendre la fraction 8
- - du demi-quadrant. On peut donc effectuer ces opérations
- à l’aide de la règle et du compas seulement, par un petit nombre de constructions.
- La méthode que nous venons d’exposer s’étend à toutes les courbes. A. Pellet.
- 1 On a généralement :
- arc AB — AM < ;
- R65
- •60 (2+cos0)’
- Q étant la mesure de l’arc AB en parties de rayon.
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- LA NATURE.
- PHOTOGRAPHIES LUNAIRES
- Dès l’apparition de la photographie, les astronomes eurent tout d’abord l’idée de l’employer pour obtenir l’image de la Lune. Dans la séance de l’Académie des sciences du 19 août 1839, l’illustre Àrago, prévoyant déjà les applications diverses qui pourraient en être faites aux recherches astronomiques, citait entre autres la possibilité de faire photographiquement une bonne carte de notre satellite. Malheureusement les procédés étaient alors si imparfaits, qu’il devait s’écouler bien des années avant qu’on pût réaliser les belles épreuves que nous admirons aujourd’hui.
- Avant d’entretenir nos lecteurs des magnifiques résultats récemment obtenus par MM. Henry à l’Observatoire de Paris, il nous paraît utile de rappeler brièvement quelques-uns des travaux photographiques des nombreux astronomes qui les ont précédés dans cette voie très intéressante.
- A la demande d’Àrago, Daguerre tenta de photographier la Lune, en 1839, mais, malgré une fort longue pose, il ne put avoir qu’une très faible image sans aucuns détails.
- L’éminent physicien J. W. Draper obtint en 1840, en Amérique, des images de la Lune de 25 millimètres de diamètre sur plaque daguerréotype, avec une durée de pose de vingt minutes en moyenne en se servant d’un télescope de 13 centimètres d’ouverture. Ces premières images n’avaient de valeur qu’à titre de curiosité.
- Une tentative de photographier la Lune sur plaque de verre fut faite ensuite par Niepce de Saint-Victor, en 1850. Mais ce fut W. G. Bond, dans cette même année, qui en employant la grande lunette de 38 centimètres de l’Observatoire de Harvard College, à Cambridge, aux Etats-Unis, réussit avec l’assistance de Whipple les premiers essais portant un certain caractère d’utilité astronomique. Les épreuves faites sur daguerréotypes avaient exigé 40 secondes de pose environ, et la Lune photographiée avait 6 centimètres de diamètre.
- A partir de 1851, avec la découverte du procédé au collodion, les essais se multiplient grâce aux avantages nombreux de ce nouveau mode opératoire ; et on obtient dès lors des résultats de plus en plus satisfaisants. Parmi ces résultats, nous citerons les photographies de Warren de la Rue, en Angleterre, qui sont restées célèbres ; les négatifs avaient 28 millimètres de diamètre et pouvaient être amplifiés jusqu’à donner des positifs de 45 centimètres de diamètre. Mais ce sont celles de Rutherfurd, de New-York, qui ont rendu le plus de services parce qu’elles ont'été multipliées et se trouvent dans le commerce ; elles sont au nombre de trois de 53 centimètres de diamètre : deux des quadratures et une de la pleine Lune.
- On peut citer encore les photographies obtenues en Amérique en 1804 par H. Draper, à New-York,
- avec un télescope de 40 centimètres de diamètre; celles de l’Observatoire de Melbourne faites avec un télescope de lra,22de diamètre ; ainsi que les épreuves obtenues par M. Pritchard à l’Observatoire de l’Université d’Oxford, et par M. A. A. Common, à Londres, avec son télescope de 0m,90. Plus récemment, l’Observatoire Lick, en Californie, a présenté au monde savant de très belles photographies dont il a été question dans La Nature*.
- Les nouvelles photographies lunaires de MM. Henry ont été faites à l’aide de leur équatorial photographique de 0m,53 de diamètre qui sera spécialement employé à la carte du ciel. Nous plaçons sous les yeux de nos lecteurs une reproduction de l’épreuve montrant l’une des régions les plus intéressantes de la Lune. On pourra remarquer entre autres, vers le centre, les trois énormes volcans, Catharina, Cyril lus et Theophilus, ainsi que la grande faille si curieuse placée dans le voisinage d’Agrippa. En comparant les photographies de MM. Henry à celles qu’on possède, on voit qu’elles constituent un progrès réel sur ce qui a été fait jusqu’ici, même avec des instruments plus puissants. En donnant à l’image de la Lune un diamètre pouvant aller jusqu’à 1 mètre, on constate que les détails sont plus nombreux, mieux définis et mieux modelés.
- La supériorité de ces résultats tient non seulement à la perfection de l’objectif photographique construit par MM. Henry et si habilement utilisé par eux, mais encore au procédé d’agrandissement direct qu’ils réalisent en adaptant un appareil spécial au foyer de la lunette. Les clichés obtenus dans ces conditions nouvelles donnent aux images une netteté beaucoup plus considérable que celle que donne l’agrandissement après coup d’un cliché ou d’une épreuve.
- L’Observatoire de Paris aura bientôt en service un grand équatorial coudé de O111,00 de diamètre, qui sera pourvu d’un objectif photographique de même ouverture, c’est-à-dire double de celui que MM. Henry emploient actuellement. Nous espérons que ces astronomes pourront utiliser prochainement ce puissant instrument et obtenir des résultats du plus grand intérêt.
- L’étude de la surface de notre satellite a toujours excité au plus haut point la curiosité de tous. La Lune présente en effet, au point de vue géologique, d’étonnants détails que les instruments permettent d’apercevoir avec une grande netteté et que de nombreux observateurs ont examinés et mesurés avec soin et persévérance. 11 y a des chaînes de montagnes considérables, des cratères d’un aspect particulier et très caractéristique, des fentes dans certaines régions, à propos desquels l’habileté des dessinateurs s’est longuement exercée. Mais il va sans dire que la photographie appliquée à l’étude détaillée de la géologie lunaire présentera l’immense avantage de nous fournir des épreuves de la plus rigoureuse exactitude. C’est d’ailleurs par la seule comparaison de clichés
- 1
- Yoy. n° 879, du 5 avril 1890, p. 281.
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- LA NATURE
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- Fac-similé d’une photographie lunaire obtenue par MM. Henry, astronomes à l’Observatoire de Paris. Région centrale
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- LA NATURE.
- obtenus à diverses époques qu’il sera possible de se prononcer sur la question, non encore résolue, de changements à la surface de notre satellite.
- Nous sommes heureux d’avoir à constater ici que la plus remarquable contribution à cette étude intéressante vient d’y être apportée par nos habiles collègues MM. Henry; leurs magnifiques résultats nous semblent en effet avoir atteint un très haut degré de perfection et rendu facilement réalisable l’exécu-. tion photographique de la carte de la Lune à grande échelle. A. Fraissinet.
- ---«->-0—
- LES FORÊTS EN TUNISIE
- Les forêts constituent une des principales richesses de nos colonies du nord de l’Afrique ; celles de l’Algérie, soumises depuis de longues années déjà à l’active surveillance de l’Administration forestière, font l’objet d’une exploitation normale, et donnent un rendement important. En Tunisie, au contraire, exposées qu’elles étaient aux déprédations des Arabes et aux incursions des troupeaux, elles s’appauvrissaient d’année en année, au point d’étre menacées d'une destruction prochaine, et l’on sait quelle funeste influence exercent les déboisements sur le régime des eaux d’une contrée, et par conséquent sur sa fertilité générale. Ce ne sera pas un des moindres bienfaits de notre occupation que la protection qu’elle assure désormais à cette partie des richesses naturelles du sol de la Régence. Le Journal of the Society of arts, dans un récent article, dont il puise les éléments dans les rapports du consulat, nous rend pleine justice à cet égard.
- Le Chêne-liège et le « Zen » couvrent, au nord de la Medjerdah, près de 150 000 hectares; au sud, le Chêne vert, le Thuya, le Pin d’Alep, qu’on rencontre par massifs importants dans les montagnes du Zaghouan, aux environs de Kairouan et du Kef jusqu’à la frontière algérienne, occupent une superficie à peu près égale. Plus au sud encore, à 5 milles à l’ouest de Sfax, on trouve une forêt d’Acacias de deux lieues carrées ; les arbres y poussent par bouquets, dans des dépressions naturelles formées d’un terrain d’alluvion ; bien qu’elles n’atteignent guère qu’une hauteur de 10 à 12 pieds au plus, ils donnent des planches de 8 à 10 pouces de large, d’un grain très dur, et susceptibles de prendre un beau goli. Les Chênes-liège ont dù subir, avant d’entrer dans la période de rendement, l’opération du démasclage, qui consiste dans l’enlèvement, jusqu’à 2 mètres au-dessus du sol, d’une première écorce rugueuse et sans valeur ; c’est après dix années seulement qu’une nouvelle écorce se sera^ formée, désormais utilisable pour le commerce. Les autres essences indigènes sont exploitées soit en vue de la production du tanin, soit par l’industrie du charbon de bois. Au delà de Sfax commencent la flore désertique et le règne du Dattier. Sur presque toute l’étendue de la côte s’étalent de riches plantations d’Oliviers qui, dès que les procédés grossiers de fabrication, employés par les indigènes, se seront transformés, rendront en abondance une huile de première valeur. L’île de Djerba n’est elle-même qu’un jardin, dans lequel l’Olivier atteint d’énormes proportions,
- M. de Lanessan a écrit sur ce même sujet un travail d’un réeL intérêt, qu’a publié. l'Algérie agricole. D’après cet écrivain, les forêts tunisiennes, aujourd’hui bien amoindries, ne tarderaient pas à revenir à leur ancienne splendeur, dès qu’une législation sévère les protégerait contre les ravages qu’y exercent les indigènes, et prohibe-
- rait énergiquement le parcours des troupeaux. L’événement, d’ailleurs, confirme dès à présent ces assertions.
- Dans l’immense domaine de l’Enfula, grâce à la vigilance d’une habile administration, on peut voir déjà les buissons rabougris de Tlnivas d’il y a cinq ou six ans se développer en beaux arbres atteignant une hauteur de 8 mètres ; les Oliviers, chétifs jusqu’alors et sans valeur, s’y développent dans d’égales proportions. 11 est hors de doute que, partout où l’on trouve encore des broussailles, le même résultat puisse être atteint; tout au moins, ces broussailles constitueraient-elles d’excellents abris naturels sous lesquels seraient faits utilement des semis ou des plantations d’essences plus piécieuses.
- Dans le Nord, l’exploitation est régularisée, la surveillance devient effective ; enfin, par un heureux aménagement, de larges ouvertures sont pratiquées à travers bois, en vue de localiser les incendies toujours si désastreux.
- La Compagnie du chemin de fer a planté, sur les abords de la ligne, de Tunis à la frontière de la province de Constantine, plus de 500 000 pieds d’Eucalyptus et d’Aca-cias (Eucal. resinifera et Acacia cyanophylla). D’après le chioniqueur anglais, les frais de plantation d’un acre en Eucalyptus ne seraient pas moindres de 20 livres sterling, soit plus de 1200 francs l’hectare. La dépense est sans doute exagérée ; nous avons entendu naguère le savant directeur du jardin du Ilamma évaluer le prix de revient d’une pépinière de trois ans à 500 francs seulement par hectare, chiffre encore assez élevé. Il est vrai de dire qu’en cas de réussite l’opération est fructueuse ; à la vingtième année, après des élagages successifs qui couvrent les frais de main-d’œuvre, il doit rester à l’acre 600 arbres valant chacun en moyenne 10 francs.
- On paraît être quelque peu revenu en Algérie de l’engouement des premières années pour les Gommiers australiens ; cependant, si toutes les variétés ne sont pas d’une égale valeur, la plupart ont une incontestable importance. Elles donnent, en peu d’années, des arbres de haute taille utilisables pour l’établissement des voies ferrées ou des lignes télégraphiques, voire même comme bois de travail. Dans tous les cas, il n’en est pas qui puissent rendre de semblables services, soit pour l’assainissement des terres humides, soit pour l’ornement d’un parc, soit enfin pour former des abris contre les vents1.
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- LES SOURCES DE NÀPHTE k BAKOU
- On a beaucoup dit dans ces derniers temps que les sources de naphte de Bakou étaient sur le point de tarir ; ces bruits ont été démentis. Il suffit de consulter les statistiques de l’exploitation pour se convaincre du contraire. En 1888, il a été recueilli 176332226 pouds (le poud vaut 16ks,38f de naphte brut, soit 15,1 pour 100 de plus que Tannée précédente. En 1889, la production a été encore plus élevée. En effet, alors qu’en 1888, il avait été recueilli’ jusqu’au 1er août, 91180285 pouds de naphte, il en a été recueili 94676247 pour le même,nombre de puits, pendant la même période de 1889. Les prix ont augmenté; mais cela provient de ce que les demandes deviennent de plus en plus nombreuses par suite de l’établissement de nouvelles usines et de l’emploi des résidus à une foule d’applications industrielles. Les 250 puits qui existent ne suffisent pas à la consommation, et on pourrait en foncer 150 autres.
- 1 D’après une Notice de M. A. Berthoule dans le Bulletin de la Société' nationale d'Acclimatation.
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- LA PHOTOGRAPHIE PRATIQUE1
- CONSTRUCTION D’UN APPAREIL ü’it GRANDISSEMENT
- La pratique des agrandissements prend de plus en plus une grande importance, tant par suite de la facilité d’emploi qu’offrent les papiers au gélatinobromure, que comme conséquence de l’usage de ces petites chambres à main, à foyer fixe, connues sous le nom générique de détectives; toutefois, le plus souvent, on recule devant la dépense première, l’encombrement, les difficultés de manipulation des lanternes de projection. Aussi croyons-nous être utile aux lecteurs de La Nature en leur indiquant un appareil de construction simple, qui permet d’obtenir avec facilité des agrandissements, soit a la lumière du jour, soit a la lumière artificielle (fig. 1).
- Avant d’entrer dans les détails de construction de l’appareil, il est bon de préciser les conditions générales dans lesquelles se font les agrandissements. Supposons un espace complètement fermé ABCD (fig.2, n° 1), pratiquons sur une des parois une ouverture ab dans laquelle nous fixerons un négatif que nous éclairerons fortement : si, à distance convenable, nous plaçons dans l’intérieur de l’espace fermé un diaphragme mobile MN, muni d’un objectif O, il se formera, sur la paroi opposée, une image AB amplifiée et renversée. On rendra cette image absolument nette en avançant ou en reculant le diaphragme porte-objectif, c’est ce qu’on nomme la mise au point. La grandeur de l’image AB par rapport au négatif ab et les distances respectives 1) et d de l’objectif a l’image et au négatif sont liées par une formule simple qui permet d’obtenir facilement les valeurs de D et de d; celles-ci sont :
- f étant le foyer de l’objectif employé. Ces formules nous serviront à déterminer plus tard les dimensions de nos appareils.
- De ce schéma, nous pouvons tirer les conclusions suivantes : un appareil d’agrandissement peut être considéré comme formé par la. réunion de deux chambres noires, l’une contenant le négatif et l’objectif, l’autre le papier sensible ; enfin on doit fortement éclairer le phototype et empêcher tout rayon lumineux autre que ceux passant à travers lejiégatif d’arriver sur la préparation sensible. Il en résulte trois moyens pratiques qui conduiront à la solution : 1° la petite chambre sera accolée à une grande chambre, l’objectif de la première pénétrant dans la seconde, le négatif étant tourné vers une source de lumière, jour ou forte lampe; 2° la petite chambre est fixée au volet d’une pièce dans laquelle on maintient l’obscurité, le volet est percé d’une ouverture en face du négatif et le papier sensible est tendu en avant de l’objectif a la distance voulue ; 3° une source lumineuse, une lampe, par exemple, est enclose dans
- 1 Suite. Voy. n° 877, du 22 mars 1890, p. 250.
- lin espace obscur sur une des parois duquel on pratique une ouverture qu’on ferme à l’aide de la petite chambre ; en face on dispose le papier sensible, on constitue ainsi une sorte de lanterne de projection. La figure 2 (nos 2 et 5) nous montre l’appareil qui nous permettra de résoudre les trois cas.
- 11 comprend une petite chambre noire A, portant d’un côté l’objectif O et de l’autre un cadre à rainures où se glisse le négatif à agrandir et fermé par un verre dépoli B. Deux languettes de bois G et C', passant dans de§ encoches pratiquées sur les côtés des planchettes de la chambre, maintiennent celles-ci à l’écartement voulu. Ces languettes sont montées à demeure sur une planchette I) munie d’un trou circulaire dans lequel peut s’introduire la bonnette de l’objectif. Cette planchette partagée en deux par un trait de scie SS' s’introduit dans les rainures d’une grande chambre noire (fig. 2, n° 2), ou, étant retournée, ainsi que la petite chambre, sert à fixer cette dernière soit au volet de la pièce obscure, soit à la paroi de la caisse contenant la lampe (fig. 2, n° 3).
- La construction de la petite chambre noire n’offre aucune difficulté : le soufflet est fabriqué comme nous l'avons indiqué dans un précédent article1 ; la grandeur maximum des clichés à agrandir étant de 9x12 centimètres, les dimensions extérieures du soufflet, le pli étant de 2 centimètres, seront de 13x16 centimètres. La longueur maxima du soufflet sera déterminée par la formule 2 et dépendra du foyer de l’objectif. Nous conseillons d’employer de préférence l’objectif double à portrait, dit quart de plaque1 qui présente le grand avantage d’être très lumineux. Ces objectifs ayant d’ordinaire 12,5 de foyer pour l’amplification d’un 9x12 en un 18x24, la formule devient :
- 12,5 (i -b- = 12,5 X 1,5 = 18-75,
- soit en chiffres ronds 20 centimètres. Nous avons ainsi tous les éléments nécessaires pour notre construction et nous savons que notre soufflet aura onze plis.
- La planchette porte-objectif E de la chambre (fig. 2, n° 4) sera découpée dans un mince feuillet de bois de noyer d’une épaisseur de 4 à 5 millimètres. On trouve facilement ce bois dans le commerce, il est employé à faire du découpage. On donnera à cette planchette 16 centimètres de hauteur et une largeur de 15 au lieu de 13, de manière à pouvoir coller, sur les deux grands côtés une bande de bois de 1 centimètre de largeur. On aura soin de découper la planchette de telle sorte que les fils du bois soient parallèles au petit côté, les deux bandes collées ainsi à contre-fil auront le double avantage : 1° d’empêcher le bois de voiler ; 2° de renforcer l’épaisseur aux points où doivent passer les languettes C et C'. Pour livrer passage à ces dernières, on fera sur les deux côtés de la planchette, à mi-hauteur, deux entailles ayant 4 à 5 millimètres de profondeur et
- 1 La seule condition nécessaire de l’objectif est qu’il couvre nettement le cliché à agrandir.
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- line hauteur de 4 centimètres. Telle est la largeur des languettes. Au-dessus de l’entaille, on fixera une lame de métal munie d’une vis de pression. Si cette dernière construction paraît difficile à l’amateur, il pourra donner à l’entaille un peu plus de 4 centimètres et la position de la planchette sur la languette sera assurée à l’aide d’un petit coin de bois, qui remplacera la vis de pression (fig. 7).
- La planchette sera percée à son centre d’un trou circulaire sur lequel se vissera la rondelle de l’objectif. L’arrière de la chambre noire sera constitué ainsi que le montrent les figures 5 et 6; on voit qu’il comprend : 1° une planchette de 15x16 percée au centre d’une ouverture rectangulaire de 8x11. Sur trois côtés de cette ouverture, on forme une rainure en juxtaposant des baguettes de bois de largeur convenable. Enfin trois autres baguettes plus en retrait formeront feuillure et serviront à soutenir une plaque de verre dépoli, maintenue en place par quatre petits taquets de cuivre.
- L’arrière de la chambre est entaillé sur ses bords comme la planchette d’objectif et munie de plaques à vis de pression ou a coins. Le soufflet est fixé à la colle forte sur ses deux planchettes; on le maintient en place, pendant que la colle sèche, à l’aide d’une série de pinces en bois dites pinces américaines. Une fois le collage sec, on aura soin de peindre en noir les parties du bois visibles à l’intérieur, dans ce but on fera usage du vernis noir, vendu dans le commerce sous le nom de vernis japonais; on l’emploiera étendu de deux fois son volume d’alcool, dans cet état il donnera une couche mate; on doit, en effet, éviter les vernis brillants qui peuvent occasionner des voiles.
- La chambre noire est soutenue et fixée à ses diverses montures, comme nous l’avons déjà dit, à l’aide des languettes C, C' et de la planchette D. On donne à celle-ci la largeur du soufflet, soit 15 centimètres, et comme hauteur l’écartement des deux
- feuillures ménagées sur la paroi antérieure de la chambre noire, pour le passage de la planchette porte-objectif; au centre, on découpe une ouverture circulaire ayant exactement le diamètre de la bonnette, puis on la scie verticalement en deux parties; celles-ci seront maintenues réunies à l’aide de deux crochets; le trait de scie qui pourrait donner du jour sera masqué par une languette de bois ou de métal mince cloué sur un des côtés seulement, et la tranche du trou circulaire garni d’un ruban de velours fixé à la colle forte.
- Les languettes C et G' sont clouées sur les tranches latérales de la planchette D, on les encastre
- dans le bois et on assure la solidité du tout en doublant l’assemblage par une équerre de métal. Notons que si la construction que nous venons de décrire ne devait servir que pour être montée sur une grande chambre noire, il serait inutile de scier la planchette I). Les languettes C, C' auront une largeur de 4 centimètres et leur longueur sera donnée par l’écartement maximum de la chambre noire, plus la hauteur de l’objectif.
- On voit sur la figure 2 comment il convient de monter la petite chambre lorsqu’elle doit être adjointe à une grande, les vis de pression la maintiennent sur les languettes au tirage et à la position voulue.
- L’emploi d’un tel appareil sera des plus simples : le petit négatif étant inséré dans la glissière B, la lace imprimée en regard de l’objectif, on met au point sur la glace dépolie de la grande chambre, puis on obture l’objectif en glissant derrière le diaphragme une mince lame de cuivre taillée sur le patron du diaphragme et non percée. La mise au point faite avec soin, il sera bon de repérer la position des diverses pièces mobiles, ce qui rendra plus rapides les opérations ultérieures. Le tirage des deux chambres pourrait être calculé à l’aide des formules
- Fig. 1. — Modes d’emploi de la petite chambre d’agrandissement.
- 1. Montage en lanterne de projection. —2. Montage sur volet. —3. Montage sur chambre noire.
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- 1 et 2 ; nous donnons dans le tableau ci-dessous les valeurs de et ^1 pour le cas de
- l’agrandissement des 0 X 12.
- Format de l'agrandissement d D
- 13x18 fx 1,666 /x2,50
- 13x21 fx 1,571 /x2,75
- 18x21 /X 1,500 /•x3,00
- 21x27 fx 1,111 fx 3,23
- 21x30 fx 1,100 fx5,W
- 27x33 fxi, 363 /x3,73
- 30x10 fx 1,300 fx 1,33
- 10x50 /xl,2tf) fx'6,iQ
- Ainsi avec un objectf de 12CIU,5 de foyer, l’agran-
- dissement d’un 9x12 en un 30x40 donne pour le tirage d delà petite chambre 12,5 X 1,3 = 16cra25 et pour I) distance du papier sensible au centre de l’objectif: 12,5 X 4,55 = 54cm,i2.
- Le châssis négatif est chargé dans la chambre obscure; parmi les nombreuses méthodes proposées pour la tension du papier, la plus simple, à notre avis, consiste à le mouiller dans un bain d’eau distillée , à l’étendre sur une plaque de verre, la gélatine en dessus, à bien égoutter et à placer le tout dans le châssis a la façon ordinaire ; les opérations sont assez rapides pour que la feuille n’ait pas le temps de se décoller. L’appareil chargé, on dirige le verre dépoli vers le ciel du côté du nord, où la lumière est plus
- 1 _ Schéma des agrandissements
- 2 -Vue perspective de la petite chambrenoiredisposée pour être adjointeaune grande chambre.
- 6 .Coupe suivant CD
- £Mopj£i/. Sc
- Fig. 2. — Détails de construction de la petite chambre d’agrandissement photographique.
- égale; dans ce but on le fixe sur une planche inclinée, ou si l’appareil est trop lourd on met derrière le verre dépoli un miroir incliné à 45° ; le reste des opérations est du domaine de la photographie ordinaire.
- Pour disposer l’appareil sur le volet d’une pièce obscure, on perce dans le bois une ouverture de la dimension du négatif, on fixe au-dessus et au-dessous deux bandelettes de bois formant feuillure pour le passage de la planchette D. L’appareil se monte comme on le voit dans la figure 2, n° 3, la chambre noire est retournée et les deux moitiés de la planchette D font saillie de chaque côté ; l’arrière de la petite chambre vient buter sur un léger cadre de bois cloué autour de l’ouverture du volet; on évite ainsi tout rayon lumineux autre que ceux passant par le négatif. Une plaque de verre de dimensions convenables (au besoin le verre d’une gravure enca-
- drée) est placée verticalement sur une table à distance convenable, réglée par le tableau ci-dessus. Une feuille de papier blanc mouillé placé sur le verre sert à faire la mise au point ; on y substitue ensuite la feuille sensible détendue dans l’eau distillée. Signalons un procédé très commode indiqué par M. Maurice Bucquet, et qui consiste dans l’emploi d’un grand châssis positif : celui-ci, garni d’une feuille de papier blanc, est dressé verticalement sur une table; le point assuré, on repère la position du châssis avec une bande de bois clouée sur la table et qui servira à le replacer exactement dans sa première position après le chargement du papier sensible.
- Pour résoudre le troisième cas, c’est-à-dire enclore une source lumineuse et former ainsi une sorte de lanterne de projection, on construit une petite caisse
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- de bois blanc de dimensions suffisantes pour entourer une lampe à pétrole ; on perce sur une des parois un trou de la grandeur du petit cliché de manière à ce que le centre corresponde au milieu de la flamme et on agence cette ouverture comme il a été dit pour le volet. A la base de la caisse on perce une série de trous afin de permettre le libre accès de l’air et assurer le tirage de la lampe; un faux fond percé empêche la lumière de filtrer. Sur le dessus on ménage un trou pour le passage du verre de lampe, on le garnit d’une cheminée de métal et on coiffe le tout d’une boîte métallique plus large ; on forme ainsi un couloir en chicane par lequel s’écoulent les gaz de la combustion sans laisser passer la lumière.
- Il est inutile d’ajouter que pour les deux premiers modes de montage, on peut éclairer le négatif à l’aide d’une lampe, pourvu qu’on ait soin de mettre celle-ci à hauteur du centre du phototype : le temps d’exposition est, bien entendu, plus long; on le raccourcit de beaucoup en faisant brûler à 10 ou 15 centimètres du verre dépoli un fil de magnésium.
- Il nous reste, pour compléter cette Note sur les agrandissements, à indiquer comment on pourra facilement construire les grandes cuvettes, nécessaires au développement des épreuves. Sur une feuille de bristol, en quatre ou en cinq, on trace un rectangle ayant quelques millimètres en surplus des dimensions de l’agrandissement; quatre lignes parallèles aux côtés de ce premier tracé et distantes de 5 centimètres donneront la hauteur des bords : le carton excédant est enlevé aux ciseaux, et les bords sont repliés à angle droit ; dans les angles on forme un pli en diagonale allant du coin du tracé intérieur au coin du tracé supérieur, on rabat le triangle double ainsi formé sur un des côtés et on le fixe à l’aide d’une de ces attaches doubles en métal composées d’une tête plate, munie de deux languettes, qu’on rabat de part et d’autre du trou par lequel on les a fait passer. On rend la cuvette étanche en la couvrant de chaque côté d’un vernis composé de deux parties de glu marine et une partie de gomme laque en poudre dissoutes dans de l’esprit de bois, ou encore en les paraffinant. Ces cuvettes sont placées sur une planchette à dessin qui servira à les agiter, car elles n’auraient pas assez de solidité pour résister au poids des liquides employés : ainsi soutenues, elles suffisent pour les opérations du développement et du fixage ; pour les lavages l’épreuve sera étendue sur une lame de verre ou d’ébonite et placée sous un robinet très près de l’orifice d’écoulement de manière à ce que l’eau s’étende en nappe.
- II. Fourtier.
- FUSIL À GAZ LIQUÉFIÉ
- La presse quotidienne a beaucoup parlé dans ces derniers temps d’un nouveau fusil à gaz liquéfié imaginé par M. Paul Giffard, le frère du grand inventeur Ilenri Giftard que la mort a enlevé à la science en 1882. Nous attendrons que des expérimentations rigoureuses aient été faites, avant de donner une appréciation sur la valeur de cette
- invention. Pour satisfaire la légitime curiosité de nos lecteurs, nous donnerons aujourd’hui une description sommaire de l’appareil, qui fonctionne au moyen de l’acide carbonique liquéfié, contenu dans un réservoir en forme de grande cartouche. Ce réservoir est placé à la partie inférieure du canon, ainsi que le montre la figure ci-dessous.
- Comme on le voit, le principe essentiel du nouveau fusil est d’emprunter le travail nécessaire au lancement du projectile, non plus à la conflagration de la poudre, mais à la détente du gaz acide carbonique liquide comprimé.
- Fusil à gaz liquéfié de M. Paul Giffard.
- L’organe essentiel du système est la cartouche qui renferme ce gaz ; elle est constituée par un tube d’acier f, fermé à sa partie supérieure par un bouchon f’ de même métal, vissé et brasé. La partie inférieure de la cartouche porte une soupape automatique à ressort ; une aiguille percutante est en relation avec cette soupape. Le chien, quand on le presse du doigt comme dans les fusils ordinaires, vient frapper sur l’aiguille percutante; celle-ci agit directement sur la soupape de détente du gaz liquéfié; il s’échappe à chaque coup une petite quantité de liquide qui se gazéifie instantanément et fournit la tension nécessaire à la projection de la halle. Le canon en acier se trouve vissé dans la culasse métallique b, qui porte un robinet d destiné à l’introduction du projectile. L’extrémité inférieure du canon de projection est bouchée par un bouton métallique à molette e, qui sert au réglage du tir, et qui peut être retiré à volonté pour visiter l’intérieur.
- La cartouche ou réservoir d’acide carbonique liquéfié est susceptible, selon sa dimension et le calibre des armes, de tirer cent à cinq cents coups consécutifs.
- La figure ci-dessus ne représente que la partie mécanique du fusil; le dessinateur en a supprimé la crosse et l’extrémité du canon.
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- Cil KO MO LE
- Valeur de l’éclairement de divers locaux. —
- Dans une des dernières séances de la Société internationale des Électriciens, M. de Nerville, le savant Directeur du Laboratoire central d’électricité, a exposé le résultat des mesures qu’il a faites sur l’éclairement de quelques locaux à Paris. A l’Opéra, l’éclairement varie de 10 à 15 bougies par m2 dans la salle, de 10 à 20 dans le foyer. Il atteint un maximum de 50 bougies par m2 dans la salle pendant les bals masqués. A l’Hippodrome, dans les loges, l’éclairement est compris entre 50 et 50 bougies ; sur la piste, il est en certains points de 70 bougies. Ce maximum s’élève à 150 bougies environ au centre de la piste pendant le 5'tableau da la pantomime de Jeanne d’Arc que l’on représente actuellement. Les salles de danses de l’Hôtel Continental, à Paris, pendant un bal, offrent un éclairage variant de 12 à 50 bougies. L’éclairage électrique des Halles Centrales correspond à un minimum de 1 bougie et un maximum de 6 bougies daqs les pavillons, et d’une moyenne de 2 on 5 bougies dans les allées. Pour donner une idée de la comparaison des éclairages artificiels avec les éclairages naturels, M. de Nerville a cité quelques résultats qu’il a obtenus dans un cabinet de travail moyennement éclairé'par la
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- LA NATURE.
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- lumière du jour : l'éclairement d’une feuille de papier placée sur la table varie suivant le temps et l’heure de la journée de 25 à 200 bougies par ni4. La même feuille, placée de manière à recevoir directement le jour des fenêtres, reçoit à certains instants une quantité de lumière équivalente à celle que lui enverraient 1200 bougies placées à un mètre. Le clair de lune produit un éclairement qui n’atteint pas un tiers de bougie par ms.
- Mirage en Algérie. — Notre collaborateur, M. le Dr. Viguier, nous donne la description d’un curieux effet de mirage qu’d a eu l’occasion d’observer récemment en Algérie : « Nous nous trouvions, nous écrit le savant directeur de la station zoologique d’Alger, le lundi 9 juin, à 9 heures du matin, entre le cap Matifou et le cap Djineh.Sur toute la côte, le mirage déterminait des pseudo-falaises ; et a mince frange d’écume qui bordait le rivage à chaque vague se trouvant aussi amplifiée, on eût dit qu’on promenait sur les falaises en question un rayon de lumière électrique. À ce moment nous avons observé dans le nord-est à environ 5 ou 4 milles un grand vapeur anglais qui présentait une apparence des plus étranges. Bien qu’il fut en dedans de l’horizon, sa coque n’apparaissait que comme une mince ligne noire, tandis que ses mats et sa cheminée semblaient au moins 4 fois plus hauts que de raison. A mesure que le vapeur se rapprocha, cette apparence se modilia peu à peu, et lorsqu’il nous croisa à 1 mille environ, son image était tout à fait normale. On ne le suivit pas des yeux pendant quelque temps ; mais quand il fut arrivé à peu près à 5 ou 4 milles, dans l’ouest-nord-ouest celte fois, notre attention fut de nouveau attirée par une déformation nouvelle. La coque de ce vapeur paraissait alors une véritable tour, et la mâture et la cheminée avaient par contre entièrement disparu. Nous étions nombreux à bord, et avons examiné soigneusement ces mirages avec une bonne lorgnette marine. L explication ne saurait être, dans un cas comme dans l’autre, que l’existence d’une couche d’air surchauffé ; mais dans un cas elle reposait directement sur la mer, dans l’autre elle en était séparée par une couche plus froide. »
- Les fraises au point de vue thérapeutique. —
- Bans l’un des derniers numéros de La Mature, j’ai lu un intéressant article sur les « fraises et les fraiseraies. » L’auteur signale, incidemment, la propriété curieuse qu’auraient les fraises de guérir la goutte, les rhumatismes etc. 11 ajoute, d’ailleurs, que celte assertion demande àetre vériliée. J’ai pensé qu’il pourrait être intéressant pour vos lecteurs de rapporter une opinion sur ce sujet que j’ai entendu exprimer à J.-B. humas. 11 aimait Beaucoup les fraises et se plaisait à raconter qu’il les considérait non seulement comme un mets exquis, mais aussi comme un médicament agréable. 11 tenait de Berzélius qu’elles contrariaient à coup sur les maladies delà nature delà goutte. A cette époque, ma curiosité fut éveillée par cette conversation et j’eus l’idée de faire une série de recherches en vue de trouver dans les fraises des composés du lithium, qui sont des antigoutteux célébrés. Je lis donc acheter, un peu partout, des fraises, chez les fruitiers, dans les petites voitures des rues, etc. Mes recherches furent vaines, et l’examen spectral le plus minutieux ne m'indiqua, et cela dans quelques cas seulement, que des traces du précieux inétal. Chemin faisant, je constatais, surtout dans les grosses variétés, des proportions considérables de phosphates. Ils provenaient probablement de la fumure abondamment distribuée pour le forçage. A. Mermet.
- * ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 juillet 1890. — Présidence de M. IIepmite.
- La rotation du soleil. — Nos lecteurs savent, depuis longtemps, comment M. Faye a conclu toute une théorie de la constitution physique du soleil, des beaux résultats obtenus par M. Carrington dans l’étude des taches solaires. L’astronome anglais a trouvé, en effet, que les régions équatoriales de notre astre central sont animées d’un mouvement de rotation plus rapide que celui auquel obéissent des régions moins éloignées des pôles. De l’existence ainsi révélée de blets gazeux parallèles mais se déplaçant inégalement vite, M. Faye a tiré la notion des cyclones ou tourbillons dont les taches nous font voir la production par la perte d’éclat de leur région centrale subitement réchauffée par sa pénétration dans les régions profondes de l’astre. Mais pendant que notre compatriote regardait comme définitivement établies les bases de son hypothèse, voilà qu’un savant allemand conteste les mesures de M. Carrington et revenant à une ancienne supposition de Kirchholf, ne voit plus dans les taches que de simples nuages flottant dans l’atmosphère solaire. On peut remarquer, en passant, que si telle était, en réalité, leur nature, le physique solaire y perdrait beaucoup, car mesurer la rotation du soleil avec ces taches, ce serait comme si un astronome étranger à notre globe voulait mesurer la rotation de la terre en observant nos nuages emportés par les vents. Heureusement, la liaison intime du mouvement des taches avec celui du soleil est démontrée de nouveau par les recherches d’un astronome suédois dont M. Faye a, comme on le conçoit, grand plaisir à exposer les résultats. Une méthode spectroscopique a naguère été suggérée par M. Fizeau pour mesurer la rotation du soleil : elle consiste à observer le déplacement des raies solaires fournies par les régions marginales de l’astre et qui sont de sens opposé suivant qu’on observe le bout du diamètre horizontal que la rotation amène vers vous, ou le bout que la rotation éloigne. La vitesse étant de 2 kilomètres par seconde, le résultat est très sensible et la méthode a fourni une vitesse de 25 jours 23, qui est conforme à celle qu’avait procurée l’observation des taches. Mais, dans ces derniers temps, on a singulièrement perfectionné les spectroscopes, et le savant suédois a pu en appliquer un, non pas seulement à mesurer la vitesse de rotation du soleil, mais à comparer cette vitesse sous différentes latitudes. C’est ainsi qu’il reconnaît, avec M. Carrington, que cette vitesse diminue de l’équateur vers les pôles et il peut faire des mesures fort en dehors de la zone où les taches ne se produisent jamais. 11 trouve :
- A l’équateur lk”,98 par seconde.
- A 15« 1km,85 --
- A 30° lkm,58 —
- A 45° lkm,19 —
- A 60° 0km,74 —
- A 75° 0km,54
- C’est, pour la théorie de M. Faye, une bien précieuse confirmation.
- Congélation de la viande. — Il existe au Ministère de la guerre une commission chargée d’étudier les procédés propres à congeler le plus rapidement possible de très grandes quantité1- dé viandes. Cette commission, présidée par M. Berthelot, fcompte M. Schlœsing au nombre de ses membres, et celui-ci décrit aujourd’hui un appareil qu’il a imaginé et dont le Ministre a ordonné la construction et l’essai. C’est une chambre dans laquelle les quartièrs de
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- viande sont disposés autour de l’appareil réfrigérant. Celui-ci, de forme cylindrique, est en définitive [la tourelle à coke si utilisée dans les laboratoires. Un liquide incongelable, refroidi à — 24 degrés, est amené par un tube très ramifié à la surface du coke, qui est en même temps traversé par un violent courant d’air. C’est cet air, pris dans une circulation continue, qui vient baigner la viande et la refroidit. Les résultats seront exposés dès qu’on aura procédé aux expériences.
- Varia. — M. le général Menabrea dépose le premier volume d’une nouvelle édition des œuvres de Galilée, publiées sous les auspices du gouvernement italien. — Une souscription est ouverte au secrétariat en faveur des victimes de l’incendie de Fort-de-France. — L’insuffisance des lois de Berthollet, qui ne font pas intervenir les
- données de la thermochimie, fournit le sujet d’un Mémoire à M. Colson. — M. Mangin décrit des réactifs colorants permettant d’étudier les substances fondamen-ales de la membrane. Stanislas Meunier,
- EXPÉRIENCES D’ÉLECTRICITÉ
- Nous avons reçu d’un de nos lecteurs, à Mexico, la description de quelques expériences fort intéressantes que l’on peut exécuter avec la bobine de Rulunkorff et des lampes à incandescence. Nous avons répété ces expériences au laboratoire de l’usine électrique des Halles, et nous sommes en mesure de les présenter aujourd’hui à nos lecteurs,
- Fig. 1 à 5. — Curieuses expériences d’électricité exécutées avec une bobine de Rulunkorff et des lampes à incandescence.
- en y ajoutant quelques renseignements pratiques.
- Si aux bornes du circuit secondaire d’une bobine de Rulunkorff (fig. 1), on adapte deux fils recourbés supportant chacun une lampe à incandescence, on observe une attraction entre les deux lampes au moment du passage du courant. Le phénomène est surtout marqué pour une distance de 3 à 5 millimètres. Il faut avoir soin de mettre des supports très flexibles : un fil de cuivre de 1 millimètre de diamètre isolé à la gutta convient parfaitement. Il importe également d’éviter les étincelles directes entre les douilles des lampes. Pour que l’attraction ait lieu, il faut qu’il se produise une effluve qui traverse les deux lampes et les force à se rapprocher. On peut aussi ne suspendre qu’une seule lampe (fig. 2), et en regard maintenir à la main une autre
- lampe. Dans ces conditions, il y a également attraction de la première lampe et effluve. Une lampe placée sur une borne du circuit secondaire de la bobine de RuhmkorlF (fig. 3) devient lumineuse. 11 suffit aussi d’approcher une lampe d’uné borne pour obtenir des lueurs assez vives (fig. 4). Une lampe étant suspendue par un fil flexible (fig. 5), si on approche une pointe quelconque en communication avec l’autre borne de la bobine, on constate une attraction et une lueur continue. Il serait encore possible de varier les expériences a exécuter sur le même sujet; celles-ci peuvent servir de modèles.
- J. Laffargue.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tjssandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- UN MANEGE ELECTRIQUE
- Fig. 1. — Vue d’ensemble du manège électrique, à -Nice.
- Quelle que soit l’opinion que l’on puisse professer sur les courses de chevaux et leur influence morale, il n’en est pas moins certain qu’elles offrent un attrait irrésistible pour un grand nombre de personnes, et que cette passion grandissante sévit également a tous les degrés de l’échelle sociale.
- Des novateurs hardis ont vu dans la coursomanie un filon à exploiter, et le jeu des petits chevaux, le passe-temps toujours à la mode des stations balnéaires, n’est qu’une des plus heureuses formes données aux courses véritables en vue de prolonger les émotions du pari, de l’imprévu et du hasard à des heures où les courses (8* année. — î’ semestre.
- véritables se feraient avec trop de difficulté et ne rencontreraient qu’un public insuffisamment nombreux. Le manège électrique que nous allons aujourd’hui présenter à nos lecteurs constitue un juste milieu entre les courses véritables et le jeu des petits chevaux.C’est,en fait, une heureuse alliance des courses véritables, du jeu des petits chevaux, deschevaux de bois et de l’électricité. Pris dans son ensemble, le manège électrique se compose d’un certain nombre de chevaux de bois demi-grandeur, tournant chacun sur une piste spéciale, sous l’influence d’un moteur individuel et recevant le courant d’un générateur uni-
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- que, niais d’une manière indépendante, ce qui assure à chaque coursier une parfaite autonomie, mitigée d’ailleurs par la haute surveillance de l’électricien qui les dirige, et en fait une sorte d’anarchie despotique. Les chevaux sont montés par des enfants et même par de grandes personnes, et c’est par là qu’ils ressemblent aux chevaux de bois, bien que la possibilité de leur donner des vitesses différentes leur permette d’ètre dépassés par les concurrents et de les dépasser à leur tour, ce qui augmente l’émotion des cavaliers. On peut engager des paris dont la part de hasard est tout aussi certaine que celle du jeu à pair ou impair sur les numéros des fiacres traversant le boulevard.
- Le manège de M. Salle constitue une intéressante application du transport et de la distribution de la force motrice par courants continus. L’installation réalisée à Nice, comme le montre la figure 1, comprend un moteur à gaz de 12 chevaux actionnant une machine dynamo Reehniewsky à double enroulement qui envoie le courant dans six moteurs électriques d’une puissance de 1000 watts chacun, montés en dérivation sur la machine et mettant en mouvement un cheval à
- Fig. 3. — Cheval mécanique du manège électrique, en plan.
- roulettes dont la vitesse, la mise en marche et l’arrêt sont, pour chacun d’eux, tout à fait indépendants de tous les autres.
- Le moteur et la dynamo ne présentent rien de bien particulier. Le moteur électrique, une dynamo Reehniewsky de très faibles dimensions, est disposé à l’arrière de chaque cheval (fig.Ü). Lorsque l’on ferme le circuit de la dynamo, tous les chevaux partent à la fois et prennent des vitesses relatives d’autant plus grandes qu’ils sont placés sur un cercle de plus grand rayon. La vitesse de chaque cheval peut d’ailleurs se régler à volonté à l’aide d’un rhéostat intercalé dans son circuit particulier. Un interrupteur permet même d’arrêter un cheval quelconque sans interrompre la marche de tous les autres.
- Tous les mouvements sont commandés du poste de l’électricien qui placé sur une estrade latérale domine toute la course et peut en suivre et en régler les péripéties, car. il a, sur un tableau disposé horizontalement, toutes les pièces de manœuvre nécessaires à la conduite du jeu.
- Ces pièces sont tout d’abord un commutateur principal coupant le circuit à tous les chevaux à la fois, puis six commutateurs individuels pour chacun des chevaux, six rhéostats intercalés dans les circuits respectifs des six moteurs et qui permettent de régler les vitesses angulaires de chaque cheval, enfin, un rhéostat d’excitation de la machine dynamo qui
- permet de faire varier la vitesse de tous les moteurs à la fois dans le même rapport.
- 11 est donc possible, en manœuvrant les différentes pièces de ce tableau, de régler l’allure générale ou particulière de chaque cheval, et d’en arrêter un quelconque presque instantanément si un obstacle tombe sur la voie ou si l’un des cavaliers se trouve subitement indisposé.
- L’entraînement de la roue motrice par le moteur se fait par contact direct. A cet effet, la grande roue est munie d’un bandage en caoutchouc sur lequel vient appuyer la poulie du moteur. Le frottement ainsi obtenu est suffisant pour obtenir l’entrainement du véhicule qui, avec son cavalier, pèse un peu moins de 500 kilogrammes. La vitesse moyenne est de 4 mètres par seconde, mais les chevaux placés à la périphérie peuvent atteindre une vitesse de 5, 6 mètres par seconde, vitesse qu’il n’est pas prudent de dépasser, ni même d’atteindre, à cause des difficultés qu’éprouverait le cavalier à se maintenir en équilibre, et des impressions de vertige qu’il pourrait ressentir.
- L’équipage sur lequel est monté chaque cheval mérite une mention spéciale, à cause des dispositions prises pour s’opposer au renversement. Les quatre roues ont chacune un diamètre différent, leurs deux essieux convergent vers le centre de la piste circulaire sur laquelle chaque cheval évolue, et l’axe se trouve incliné vers le centre. Chaque paire de roues constitue donc un véritable cône de roulement dont le sommet passe par le point central de la piste situé sur le plan horizontal de roulement. L’inégalité des roues oblige naturellement à n’employer qu’une seule roue motrice, et à monter les quatre roues absolument folles sur les essieux. Grâce aux dispositions prises, aucune tendance au déraillement ne s’est manifestée, même avec des vitesses de 7 ou de 5 mètres par seconde sur des courbes de 4 mètres de rayon.
- Deux petits galets placés sur la voie s’opposent au renversement sous l’action d’une poussée latérale ou d’une traction violente. La voie est constituée par un seul rail à ornière dans laquelle s’engagent les deux roues extérieures. Cette ornière sert de guide et suffît à prévenir tout déraillement. Le courant est amené à chaque moteur par deux galets roulant sur deux bandes métalliques circulaires en communication directe avec les pôles de la dynamo, par l’intermédiaire du tableau de manœuvre, ce qui permet de faire varier la vitesse de chacun des chevaux et même de l’arrêter en interrompant le circuit.
- Dans une course organisée en vue des paris, on procède comme pour le jeu des petits chevaux : les six coureurs étant lancés à toute vitesse, on supprime le courant à tous les chevaux au même instant. Ils continuent à rouler en vertu de la vitesse acquise et s’arrêtent successivement dans des positions variables d’une course à l’autre avec la vitesse et la position individuelle au moment de l’interruption du courant. C’est le cheval arrêté le plus près du but, mais ne l’ayant pas dépassé, qui gagne la course.
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- Telles sont les principales dispositions du manège électrique qui a fonctionné à Nice l'hiver dernier. En présence du succès obtenu, M. Salle en l'ait construire un modèle plus important : ce sera l’une des attractions de Y Exposition des sciences et des arts industriels qui doit s’ouvrir en août prochain au Palais de l’Industrie. X..., ingénieur.
- LÀ VALLÉE DU LUNÂIN
- GOUFFRES ET FONTAINES
- A 100 kilomètres à peine au sud-est de Paris, dans l’arrondissement de Sens (Yonne), il est un coin de terre qui paraît oublié depuis le moyen âge.
- Les chemins de 1er qui l’entourent de tous côtés sans qu’aucun le pénètre semblent avoir fui volontairement pour lui conserver son aspect d’autrefois. Des marécages et des étangs, à moitié desséchés pendant l’été, couverts de roseaux et bordés de saules, s’y rencontrent à chaque pas.
- Celte craie blanche, que le voisinage de la ville de Sens a fait appçler sénonienne, troue çà et l'a les collines, recouverte généralement de silex et d’argile roulés éocènes, et forme tout le sous-sol de la contrée, mauvaise pierre pour bâtir et peu employée. La plupart des villages sont faits de briques et de bois et d'un torchis d’argile et de paille, mode de construction solide d'ailleurs, car il n’est pas absolument rare de trouver des maisons des quinzième et seizième siècles, aux toits suraigus, aux poutres saillantes et sculptées avec plus ou moins de goût.
- Des avenues de pommiers bordent les routes, et des haies vives d’aubépine séparent les jardins : quelques vignes sur les coteaux produisent un vin assez vert consommé sur place, mais dont l'oïdium, le mildew et les gelées du mois de mai diminuent chaque année la quantité et la qualité.
- C’est au milieu de ce pays, près de la Belliolc, à une quinzaine de kilomètres de Sens, que naît, par 160 mètres d’altitude et dans un creux à peine sensible, un sous-afiluent de la Seine, dont le nom est à peine soupçonné des Parisiens, — je dirais presque des géographes, — mais dont le cours et le régime sont des plus curieux. 11 s’appelle le Lu-nain, ce qui peut-être est synonyme de Lunatique.
- Dans sa vallée supérieure, le Lunain n’est en été qu’un tout petit ruisseau coulant rapidement sur un fond de cailloux et de sable, entre de minuscules collines, les unes boisées, les autres dénudées. L’une d’elles se fait remarquer par une station de l’homme préhistorique : elle est située au Bac près Saint-Yalérien.
- C’est à peine si le Lunain possède alors assez d’eau pour actionner un moulin dont il pousse bruyamment la roue près du château de Yertron; puis, comme épuisé par cet effort, et insuffisamment réconforté par le trop-plein que lui envoient les étangs de Montacher, il va bien vite se perdre
- dans une série de gouffres pour ne reparaître qu’a-près 12 à 15 kilomètres de parcours souterrain, abaissé de 50 mètres.
- L’hiver cependant, et particulièrement dans les hivers rigoureux, comme celui de 1879, les pluies et la neige s’amassent dans les marais et les étangs, et forment des nappes de glace assez étendues qui, venant à fondre en partie et à se disloquer au printemps, fournissent pendant quelques jours une énorme masse d’eau qui se précipite dans la vallée inférieure. Les gouffres ne peuvent tout absorber; les glaçons s’amassent aux ponts, forment barrage; les eaux se précipitent dans les champs, charrient les terres, transportent les semailles, les bas villages sont envahis; l’eau s'introduit dans les caves, dans les étables.
- Puis, brusquement, les eaux s’écoulent et disparaissent et il ne reste plus, après les gouffres, dans le lit de la rivière et dans la vallée, que quelques flaques bourbeuses peu profondes, où frétille le poisson, échappé des étangs. La population court alors au Lunain, et c’est merveille de voir les jeunes enfants et les vieillards barbotant à qui mieux mieux dans cette vase, avec des seaux, avec des casseroles et même avec leurs mains et faisant des pèches miraculeuses. Les carpes et les anguilles de belle taille, et surtout le menu fretin, font les frais de bien des soupers.
- Mais cela ne se voit pas tous les ans, et d’habitude l’on n’observe qu’un débordement de 30 à 50 mètres de chaque côté du lit normal de la rivière, parce que les gouffres, en absorbant une partie de l’eau, servent de régulateur à l’inondation.
- C’est depuis un siècle seulement, assure-t-on, que ces gouffres se sont formés. Le premier s’ouvrit en 1770, au milieu même de la rivière, assez grand pour absorber à lui seul toute l’eau. On juge de l’étonnement des populations de la vallée d’aval, quand subitement les eaux se retirèrent. Beaucoup durent croire la fin du monde prochaine.
- Mais on se rassura bien vite, paraît-il, et voyant le soleil continuer son cours, on s’occupa activement de creuser au Lunain un nouveau chenal, qui, prenant un peu au-dessus du gouffre, rejoignait le lit normal en décrivant un arc de cercle.
- L’ancien et le nouveau cours se distinguent encore parfaitement entre Montacher et Chéroy, au voisinage des Barreries. Ils laissent entre eux une sorte d’ile basse, marécageuse, encombrée de rouelles, espèce de roseaux siliceux, qui produisent un foin de qualité fort inférieure.
- Dix ans à peine s’étaient écoulés depuis que le premier gouffre s’était ouvert, quand le sol s’effondra de nouveau, laissant voir l’orifice d’une seconde crevasse. On y jeta des poutres, et l’on établit une sorte de plancher sur lequel passaient les eaux.
- Mais depuis ce temps il s’ouvre de nouveaux trous presque chaque hiver, tantôt dans le lit* de la rivière, tantôt a côté, tantôt même assez loin dans la prairie. Au printemps, les riverains les comblent en
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- y jclant des voiturées de terre, de pierre et de Lois. Peine perdue ! Peu à peu les matériaux se tassent ou sont entraînés sous terre, et le gouffre reparaît aussi grand ; parfois les matériaux s’accrochent aux parois de la fissure et le gouffre paraît bouché; l’on espère désormais que le sol restera ferme, mais l’hiver suivant amène un nouvel effondrement à quelques mètres du premier.
- A ce sujet se pose un problème dont la solution définitive serait précieuse pour l’étude géologique de la contrée : ces gouffres correspondent-ils à de simples fissures de la craie, à de ces longs conduits dont le diamètre varie de quelques millimètres à 1 mètre, tapissés parfois de beaux cristaux de car-
- bonate de chaux et que les carriers appellent des fourneaux ? Peut-être ! En tous cas c’est l’hypothèse qui me parait la plus vraisemblable. Néanmoins, l’idée que ces trous aboutissent a une caverne et à un cours souterrain régulier semble de même ad-missible. C'est là une question qu’il serait intéressant d’élucider. Aussi, au mois de septembre dernier, le sympathique alpiniste, si connu par les périlleuses explorations des cavernes qu’il a découvertes dans les Causses, M. E.-A. Martel, accompagné de M. G. Gaupillat, mon ami E. Renauld et moi, avons tenté la descente de l’un de ces puits, situé au village de Montacher.
- S’enfonçant d’abord verticalement, il se coudait
- Fig. 1. — Un des gouffres du Luuain près des « Barreries # (Yonne).
- bientôt et passait sous le lit même de la rivière : l’eau suintait sans cesse à travers l’argile et les cailloux roulés qui formaient voûte; mais des roches et des pierres que les habitants avaient jetés dans le trou pour tenter de le combler nous opposèrent une barrière infranchissable, et force nous fut d’abandonner l’entreprise.
- Actuellement ces gouffres sont au nombre de six principaux : le premier est situé au milieu de la rivière, au-dessus de Montacher, près de la voie romaine d’Orléans à Sens ; comblé sans cesse, il absorbe néanmoins aux basses eaux une bonne partie du Lunain.
- Les deux suivants s’ouvrent à côté de la rivière ; l’un est constitué par un affaissement du sol d’une douzaine de mètres de long sur deux de large, avec
- une légère crevasse qui paraît s'enfoncer verticalement : il n’absorbe de l’eau qu’en hiver et fort peu.
- L’autre, situé 30 mètres plus loin, est celui dans lequel nous descendîmes (fig. 1). L’eau n’y pénètre en temps ordinaire, comme nous avons pu le voir, que par suintement.
- Les trois derniers, en hiver, sont la principale voie d’absorption de l’eau : je dis en hiver, car en été c’est à peine si les quelques gouttes qui échappent au premier peuvent ramper jusqu’à eux à travers les roseaux et les sables. Ils s’échelonnent jusque près du village de Chéroy, et sont au milieu même de la rivière : ce sont des puits à peu près verticaux ; des fagots de bois, avec de la terre et des pierres les comblent en grande partie ; mais le fond s’affaisse sans cesse plus ou moins rapidement,
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- et l’on entend parfois bruire l’eau qui s’y perd et paraît former une série de petites cascatelles souterraines.
- Les riverains ont eu l’ingénieuse idée de construire au-dessus des crevasses des sortes d’auges ou de petits ponts en planches, qui permettent au mince filet d’eau qui, pendant l’été, ne s’aventure jusque-là qu’a près les grandes pluies, de n'ètre pas absorbé complètement et d’aller humecter quelques instants encore le bord des prairies au milieu des plantes marécageuses.
- Parfois même l’eau arrive jusqu’au village de Chéroy où elle alimente un lavoir. Mais, après ce dernier pays, et du mois d'avril au mois de janvier, ce n’est plus qu’un fossé absolument sec qui sert
- Fig. 2. — Polissoire de haches en silex, dite le Palet du Diable, près Vaupuiseau (Seine-et-Marue).
- paces cultivés. Vaux-sur-Lunain apparaît bientôt, par 101 mètres d’altitude, village auquel la sécheresse habituelle de sa rivière a fait appliquer ce dicton, riche d’assonance, mais pauvre de versification, et qui n’est même pas toujours justifié :
- Dans ta rivière de Vaux Quand il pleut il y a de l’eau.
- Vaux, de plus, possède une fontaine légendaire, qui vit, selon la tradition locale, les infortunes conjugales de saint Gengoul.
- Un matin on constata avec stupeur que, imitant l’exemple donné par le Lunain, la fontaine avait disparu ! Grand émoi dans le pays! De temps en temps cependant, et comme prise de remords, la fontaine revient, puis disparaît de nouveau pour revenir encore.
- par endroits de route pour les voitures et pour les piétons.
- La vallée cependant change d’aspect après ce village, et à peu près à l’endroit où le Lunain entre dans Seine-et-Marne. Elle se creuse et se hoise. Les terrains tertiaires font leur apparition : les sables dits de Beauvais, le calca:re quartzifère, la pierre dite de Chàteau-Landon, se montrent par endroits, tandis qu’au sommet des collines va commencer toute une série de stations de l’homme préhistorique, riches en armes et autres instruments de silex. J’en ai déjà parlé1 ; je n’v reviendrai pas.
- La forêt de Fontainebleau s’étendait jadis jusque-là. Mais les petits bois qui bordent le Lunain sont maintenant séparés de cette forêt par de vastes es-
- Fig. ô. — Men-liir, dit la Pierre-Fitte, ou la Quille de Dieu, près Vaupuiseau (Seine-et-Marne.)
- A Villenouette, le Lunain rencontre depuis un an le premier et l’unique chemin de fer qu’il voit dans sa vallée. Ce chemin de fer n’a qu’une voie de 1 mètre d’écartement entre les rails et relie Monte-reauà Château-Landon, en vivifiant toute la contrée.
- Au pied des vieux remparts du douzième siècle dont quelques restes enceignent encore Lorrez-le-Bocage, nous sommes témoins d’un fait trop fréquent depuis que l’on a inconsidérément déboisé le sol. Le Lunain recevait là autrefois un aflluent court mais assez abondant, nommé le coulant d’Ardoux. Les cartes de l’état-major persistent à le marquer et lui donnent même un petit affluent, mais depuis
- 1 Voy. n° 847, du 24 août 1889, et aussi les Comptes rendus des séances de VAcadémie des sciences (1er juillet 1889) à l’article: Les stations quaternaires des environs de Lorrez- le-Bocage.
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- plus de trente ans il ne coule plus. Son lit est en grande partie comblé et par endroits le chemin de fer dont nous venons de parler passe sur l’emplacement qu’il occupait.
- Quittant Lorrez nous entrons dans la région des sources. Neuf de celles-ci, sur un parcours de 2 kilomètres, remplissent de nouveau le lit du Lunain et en font une rivière qui ressemble désormais à celles de la contrée et porte de nombreux moulins.
- Ces sources s’écartent généralement peu des bords de la rivière. L’une d'elles même est au milieu de son lit. Elles naissent par de petits bouillonnements dans des excavations dont le diamètre varie de 40 centimètres à 5 mètres, et la profondeur de quelques centimètres à 2 ou 5 mètres.
- Une seule fait exception et sort en un courant impétueux, comme si elle coulait d’un réservoir supérieur. On la nomme la fontaine de Jean-des-Neiges. Sortant au pied même d'une maison du hameau des Gros-Ormes, par 95 mètres d’altitude, jamais les sécheresses ne la tarissent, jamais les grandes pluies ne troublent sa parfaite limpidité. Sa température est constante et égale à 11° C.
- La ville de Paris songea à l’acheter. Des pourparlers eurent lieu; mais des contestations de propriété firent ajourner le projet, heureusement pour le Lunain, mais malheureusement pour Paris.
- Une analyse chimique rapide a donné pour les substances dissoutes dans cette eau les résultats suivants :
- Carbonates en général (outre le carbone de chaux), peu; Carbonate de chaux, beaucoup; Sulfates, aucun; Chlorures (peut-être un peu de chlorure de magnésium), beaucoup.
- Une autre source, aussi belle et presque aussi abondante que la fontame de Jean-des-Neiges, est la fontaine Carrée. Elle avait été captée par les Romains du village de Paley et conduite à leurs thermes. Toutes ces eaux, claires et vives, nourrissaient autrefois d’excellent poisson. L’anguille et surtout la truite saumonée de Paley étaient haut cotées sur le marché de Paris : le braconnage a tout détruit.
- Aux Closeaux (Clausas Aquas) le Lunain touche les derniers débris d’un temple romain, consacré à Pallas, que les archéologues du dix-neuvième siècle ont détruit sous prétexte de l’étudier. Le moyen âge en avait fait le repaire des follets et des fées, et le nom de Cave-aux-Eées désigne son emplacement.
- Laissant de coté le château de Paley, lourde bâtisse du quinzième siècle, construite sur l’emplacement d’une forteresse romaine, et l’église, où l’on reconnaît la main des fameux chevaliers du Temple, la rivière fait un détour dans la prairie, comme pour éviter le contact impur du vieux cimetière gallo-romain qui cache ses cercueils de pierre et ses guerriers armés dans la colline de Paley, et elle s’en va entourer l’emplacement de l’antique forteresse des anciens maîtres du pays, les Templiers. Cette forteresse a subsisté longtemps et a été abattue récemment ; la tradition populaire nous a conservé des détails bien curieux sur la résistance suprême et sur
- la dernière nuit que passèrent dans cette forteresse ses hôtes vaincus par les gens de Philippe le Be . Mais je craindrais d’abuser de la patience du lecteur en la racontant.
- Continuons à descendre le cours du Lunain.
- À la Noue-Blondeau, près de Yaupuiseau, nous apercevons dans la vallée, à 50 mètres de la rivière, un gros rocher ayant servi à polir les haches de silex aux temps néolithiques (ftg. 2), et, sur la colline, un beau men-hir appelé la Pierrc-Fitte ou la Pierre-Frile (fig. 5).
- Le premier bloc présente cinq rainures parallèles disposées comme les doigts d'une vaste main. Aussi les gens du lieu, d’imagination féconde, y voient-ils la main du diable et racontent une légende curieuse à ce propos. Mais je ne puis m’y étendre.
- C’est aux environs de la Pierre-Frite et du Palet du Diable que commence ce que l’on peut appeler le cours inférieur du Lunain. Les sables et les grès de Fontainebleau, que nous avons vus apparaître tout à l'heure, vont maintenant régner sans partage. Les eaux trouvant dans ces terrains moins de résistance, ont élargi et creusé la vallée. Les rochers de grès se montrent à nu en plus d’un point, avec les figures les plus bizarres; le sapin et le genévrier envahissent les pentes tandis que le peuplier couvre le fond de la vallée. A l’horizon, les collines de Nemours, noyées de brume, forment comme un vaste rideau bleuâtre, tandis que la vallée présente, au premier plan, ses arbres et ses clochers et, par endroits, dans la verdure, la surface miroitante de la rivière.
- Continuant paisiblement son cours, le Lunain arrive, à l’altitude de 83 mètres, au pied des bois de Nanteau, maintenant isolés et qui, il y a peu de temps encore, étaient reliés directement à la forêt de Fontainebleau. Puis il entre dans une assez large plaine, fond à peine ridé d’un ancien lac, et l’endroit le plus sec du département. Uai assisté à un phénomène singulier et qui a lieu fréquemment en cet endroit.» Me trouvant à peu près au milieu de cette plaine, je vis de gros nuages venir de l’ouest, crever sur la forêt de Fontainebleau, puis, dans leur marche en avant, sc détournée de cette plaine pour aller tomber sur les bois de Nanteau, après avoir fait presque un demi-cercle; il pleuvait devant et derrière moi, et il faisait beau où je me trouvais.
- Le Lunain passe alors au pied de Treuzy (71 mètres), de Nonville, et avant de traverser quelques marais encombrés de roseaux, il laisse à sa gauche le Palet de Gargantua, et la colline de Trin (145 mètres), avec sa fameuse tour du haut de laquelle la belle duchesse d’Étampes guettait, dit-on, l’arrivée de son royal amant, lorsqu’elle habitait le château Saint-Ange (Villccerf).
- Actuellement, du haut de la tour et même de la colline, on peut apercevoir, pendant la nuit, cette curieuse lueur rougeâtre qui colore les nuages au-dessus de Paris.
- Après cela, et comme pour terminer par une dernière bizarrerie un cours si tourmenté, le Lunain,
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- rencontrant le canal du Loing, le franchit sur un siphon, au village d’Epizy, et quelques mètres après, mêle ses eaux claires à celles du Loing, à 8 kilomètres du confluent de cette rivière avec la Seine aux eaux bleues. Armajsd Viré.
- NOUVEAUX NAVIRES CUIRASSÉS FRANÇAIS
- Quatre cuirassés d’escadre ont été mis en chantier ; ces navires ont les dimensions suivantes : 86m,50 de longueur de l’axe du gouvernail à h pointe de l'éperon ; 17m,48 de largeur maxima à la flottaison en charge ; 6™,98 de creux au milieu à la ligne droite des baux du pont principal ; 6m,72 de tirant d’eau moyen; 7m,08 de tirant d’eau à l’arrière, et 6590 tonneaux de déplacement total. Ils se nomment Tréhonart, Bouvines, Jemmapes et Valmy. Le premier sera construit par l’Etat, dans l’arsenal de Lorient ; le Bouvines sera construit à la Seyne par la Société des forges et chantiers de la Méditerranée, et les deux autr es à Saint-Nazaire par la Société des ateliers et chantiers de la Loire. Comme coque, ils seront identiques; ils différeront un peu par l’appareil moteur, pour lequel on laisse quelque latitude au constructeur. Celui du Tréhouart sera fait à Indret et sera alimenté par des chaudières Belle-ville ; les autres seront pourvus de chaudières multitubu-laires à retour de flamme du système Lagrafel et d’Allest. Leur armement comporte deux canons de 34 centimètres, quatre canons à tir rapide de 10 centimètres, quatre canons de 47 millimètres, dix canons Jiotchkiss de 37 millimètres et deux tubes lance-torpilles.
- Les canons de 34 centimètres auront une longueur de 32 calibres et lanceront des projectiles avec une vitesse initiale de 800 mètres. Leur coque sera en acier Martin-Siemens, l'étrave et l’étambot en acier coulé. Un double fond, dix cloisons étanches transversales et deux cloisons longitudinales, s’élevant toutes jusqu’au pont blindé, fournissent un grand nombre de compartiments étanches. La flottaison est cuirassée de bout en bout et son épaisseur varie de 25 à 46 centimètres. La cuirasse du pont principal a une épaisseur variant de 10 à 7 centimètres.
- Les appareils moteurs doivent développer 7500 chevaux avec le tirage naturel activé, et 8400 chevaux avec le tirage forcé à outrance. Les machines Sont, à triple expansion et à cylindres horizontaux ; les hélices à trois ailes seront en bronze au manganèse ; l’appareil évapo-ratoire comprendra huit groupes de deux générateurs timbrés à 15 kilogrammes. Le prix de revient de chacun de ces navires est estimé à environ 14 millions de francs.
- MORSURE DES LÉZARDS
- On connaissait par quelques observations les dangers qu’offre la morsure d’un lézard, YHeloderma, dont les dents cannelées rappellent par leur structure celle des serpents venimeux. On vient d’en avoir une nouvelle preuve. Sir John Lubbock, dans une lettre adressée à la Société zoologique de Londres, rapporte la mort d’un gardien, qui, mordu au pouce par un Heloderma, succomba quelques heures après, quelques fervents qu’aient été les remèdes qu’on employa. Cet accident prouve combien est dangereux pour l’homme ce lézard originaire de l’ouest de l’Amérique centrale et qui est la terreur des indigènes. Depuis longtemps on savait que, mordus par l’IIeloderma, les petits animaux comme les
- grenouilles, les pigeons, les lapins succombent au milieu de violentes convulsions. Weir Mitchell et Reichert avaient trouvé naguère (Philadelphia Periodical News, 1885), dans leurs recherches sur ce poison, que son action physiologique était toute différente de celle du venin des serpents. Le poison a été isolé en grande quantité par Fischer qui l’a recueilli dans d’énormes poches situées sous la mâchoire inférieure. Ces poches manquent à la mâchoire supérieure. L’empoisonnement causé par la morsure de l’IIeloderma (empoisonnement que Brehm reléguait au nombre des fables) est donc bien prouvé. Un genre voisin de l’IIeloderma, le genre Laulhonotus, originaire de l’île de Bornéo, possède la même structure dentaire; mais on ne sait rien encore sur la nocuité de sa morsure.
- L’EXPOSITION MILITAIRE
- DU MINISTÈRE DE LA GUERRE EN 1889
- Un des plus grands succès de l’Exposition universelle de Paris en 1889 a été incontestablement l’Exposition rétrospective militaire du Ministère de la guerre, installée à U Esplanade des Invalides.
- Faire connaître aux générations actuelles ce qu’a été l’armée française depuis son origine jusqu’à la veille de 1870, et par le spectacle du passé inspirer à ces générations, confiance dans le présent et dans l’avenir, tel a été le but poursuivi par la Commission dont les membres ont consacré leur temps, leur travail et leur compétence à organiser cette exposition, et qui, au seuil de la brillante collection réunie par leurs soins, ont arboré cette légende : Aux anciennes armées françaises.
- La Commission qui avait fait appel aux possesseurs de collections particulières, aux familles des person* nages dont il pouvait y avoir intérêt à consacrer la mémoire, aux musées de province et enfin au Musée d’artillerie, est parvenue de la sorte à rassembler en grand nombre les plus précieux objets historiques; qu’elle a classés en trois catégories : 1° tableauxj portraits, souvenirs, armes, vêtements, etc., des hommes de guerre célèbres ou des militaires qui se sont signalés par quelque action d’éclat; 2° armes, objets d’habillement et d’équipement mis en service dans l’armée aux différentes époques de l’histoire; 5° estampes, gravures, aquarelles et dessins de ces mêmes époques.
- Tous ceux qui ont visité cette admirable collection en ont conservé le souvenir; le public a été mis*au courant des transformations successives de l’arme* ment et de Funiforme des troupes de chaque arme! Français et étrangers ont vu comme en un tableau d’objets authentiques et de pieuses reliques, ce qu’avait été notre armée ; ce n’est pas sans émotion que nous jetions les regards sur les portraits de nos grands généraux, de nos braves soldats, sur1 les armes avec lesquelles ils ont combattu, sur les costumes dont ils étaient couverts, sur les marques de distinction qu’ils ont su conquérir. . ' j
- Toutes ce’s richesses historiques amoncelées ont été dispersées après la clôture du Champ de Mars et
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- de l’Esplanade des Invalides. L’exposition rétrospective, si admirée, est allée rejoindre dans le passé tout ce dont elle avait consacré le souvenir, et il ne resterait plus rien de cette œuvre, si la Commission d’organisation elle-même n’avait eu l’idée do faire reproduire par la photographie les objets composant la collection créée par elle. Ces photographies, reproduites par la photogravure, ont servi de hase à un magnifique et magistral ouvrage que publie actuellement à la Librairie artistique l’un de nos officiers s u p é r i e u r s ,1 e s plus distingués,
- M. le général Thoumas, dont la compétence comme écrivain militaire est universellement appréciée1. Quelle histoire pourrait présenter un intérêt plus vif, à l’heure où tous les yeux en France sont fixés sur l’armée et où les esprits les plus pacifiques sentent la nécessité de se préparer à une lutte dont peut dépendre l’existence même de notre pays ?
- L’ordre adopté par le classement des reproductions est l’ordre chronologique: on pourra, de la sorte, suivre, dans la série des temps, l’histoire de l’armée française, figurée par des jalons qui. en marquent les points les plus saillants.
- Quant au texte qui accompagne ces reproductions, ce n’est pas une histoire complète et 4méthodique de l’armée française, histoire que les proportions d’un volume réduiraient à une brève et, sèche analyse : c’est une sorte de galerie dans laquelle, à côté des biographies anecdotiques des personnages marquants, des épisodes intéressants se suivent dans l’ordre des temps, mais sans enchaînement logique, de manière à laisser dans l’esprit du lecteur, en ce qui concerne le passé mili-
- 1 Exposition rétrospective militaire du Ministère de la guerre en *1889, par le Général Thocmas. Grand in-4° avec ptancliesfiiors texte en photogravure, parait en 8 fascicules à la Librairie artistique. II. Launctte et Gie, G. lioudct, successeur.
- taire de la France, le sentiment des grandes lignes et la connaissance des détails caractéristiques.
- « Aucune histoire, comme le dit si bien l’auteur lui-même, n’est plus féconde en patriotiques enseignements! Charlemagne, Philippe Auguste, Montmorency, saint Louis, Duguesclin, Jeanne d’Arc, Caston de Foy, Bayard, Coligny, les Guises, Henri IV, Sully, Louis XIII, Condé, Turennc, Yauban, Louvois, Luxembourg, Catinat, Yillars, Maurice de Saxe, Rochamheau, les vieux régiments de Picardie, Piémont, Navarre et Champagne, les volontaires de la Révolution, Carnot, Jourdan, Hoche, Kléber, Desaix, Marceau, Masséna, Bonaparte, l’Empire avec sa gloire et ses maréchaux, Berthier, Murat, Lannes, Ney, Da-vout, Soult, Bes-sières, Poniatowski, quinze ans plus tard en Algérie, Clausel, Valée, Bugeaud, Lamoricière, Cavaigna'c, le duc d’Aumale, enfin sous le deuxième Empire, les derniers maréchaux, Canrobert et Mac-Mahon ! » Quant aux batailles et aux
- grandes victoires, elles ne fourniraient pas une moins longue énumération dc-pui s Bouvines jusqu’à Marignan, depuis les combats de François Ier, jusqu’aux campagnes de Turenne, et depuis les grandes victoires de Fleuras et de Ncnvin-den, jusqu’aux triomphes de Ma-rengo et d’Iéna.
- M. le général Thoumas, en offrant la reproduction des principales richesses de l’exposition militaire, promène en quelque sorte le lecteur dans un véritable musée ; il retrace des récits et des anecdotes militaires sur les hauts faits d’arme de notre armée, et sur les chefs qui l’ont conduit à l’honneur, depuis le moyen âge jusqu’à nos jours. Le passé militaire de la France apparaît dans toute sa gloire.
- Nous reproduisons ci-contre, par la gravure sur bois, quelques-unes des photogravures qui illustrent l’œuvre de M. le général Thoumas. Voici d’abord (fig. 1) un curieux engin du quinzième siècle. C’est
- Fig. 1. — Ribeaudequin du quinzième siècle.
- général Thoumas pour le
- Fig. 2. — Canon de 33 livres, sous Henri II, sa plate-forme et son épaulement. (Musée d'artillerie.)
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- le ribeaudequin, que l’on pourrait appeler la mitrailleuse du quinzième siècle. On appelait ainsi pendant le moyen âge une grande arbalète montée
- sur chariot. Plus tard, ce nom s’est appliqué à une machine à deux roues sur laquelle on avait fixé plusieurs canons de faible calibre Les ribeaudequins
- Fig. 3. — Chariot-orgue pour le transport des cuirasses ou corselets, etc., sous Henri II. (Musée d’artillerie.)
- datent de la première moitié du quinzième siècle, à Voilà d’autre part (fig. 2) un des canons de 33 livres une époque voisine de l’apparition de l’artillerie. qui servait .aux armées d’Henri II ; la gravure montre
- Fig. 4. — Armes blanches des seizième et dix-septième siècles. — Casque dit à l’antique, etc. (Collection Dupasquier.) ’ Plastron de cuirasse et gantelets du seizième siècle. (Collection Riggs.)
- la plate-forme et l’épaulement de cette pièce qui parait minuscule à notre époque. La figure 3 représente un chariot très curieux qui provient du Musée
- d’artillerie ; il servait à porter les cuirasses des officiers sur le champ de bataille, il portait aussi les piques, les arquebuses, les munitions. Il était traîné
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- par quatre chevaux. La figure 4 reproduit une des belles panoplies de l’exposition militaire ; on y voit armes blanches, casques, cuirasses et gantelets des seizième et dix-septième siècles, provenant de la collection Dupasquier et de la collection Riggs ; ce sont, pour les amateurs, des pièces de toute beauté et d’une grande rareté.
- Après le Moyen âge et la Renaissance, M. le général Thoumas passe en revue l’ancien régime, puis il aborde la Révolution et le premier Empire, époques sur lesquelles il s’arrête davantage parce qu’elles ont fourni le plus de matériaux au monument élevé à la gloire des anciennes armées françaises. L’auteur arrive enfin à l’histoire contemporaine et aux tristes désastres de l’année terrible.
- Cette œuvre, qui a pour but de perpétuer le souvenir de l’exposition militaire de 1889, est, au plus haut point, salutaire et réconfortante. L’ensemble de l'histoire de nos armées nous donne le sentiment de notre force, et nous inspire la confiance dans l’avenir. Gaston Tjssandier.
- A TRAVERS LES SIÈCLES
- Les études des phénomènes météorologiques sont aujourd’hui poursuivies avec beaucoup de persévérance. Ces études sont relativement modernes, mais dans tous les temps, cependant, il y a eu des observateurs consciencieux qui enregistraient les faits importants dont l’air était le théâtre. 11 est toujours curieux de recueillir les documents anciens dus à nos ancêtres du vieux temps. C’est ce que M. Marius Villard, architecte à Valence, vient de faire pour l’histoire météorologique du département de la Drôme en particulier, et de l’Europe en général. L’auteur a consulté de vieux Mémoires et de vieux livres ; il a réuni les phénomènes observés et enregistrés depuis le cinquième siècle jusqu’à nos jours.
- Nous empruntons au travail de M. Villard quelques faits particulièrement curieux, qui nous montrent encore une fois que ce que nous considérons souvent comme des saisons exceptionnelles appartient en réalité aux grands phénomènes périodiques et habituels de la nature :
- 1282. -T- Hiver chaud. Les enfants vendaient des bluets dans les rues de Paris en février.
- 1282. -tr Qn buvait à Liège du vin nouveau le 24 août.
- H février 1407. — Inondation désastreuse du Rhône. À Lyon, l’eau renverse plus de trois cents maisons et compromet la solidité du pont de la Guillotière. Le pont de Vienne, sur le fleuve, est emporté.
- 1408. — Nouvelles inondations du Rhône.
- 1408. — C’est le grand hiver. Presque tous les ponts de Paris sont emportés par les glaces. Le greffier du parlement déclare qu’il ne peut enregistrer les arrêts, l’encre
- 1 Météorologie régionale. Série chronologique de tous les faits recueillis par M. Marius Villard, architecte. — Bulletin d'archéologie et de statistique de la Drôme, in-8. Valence.
- gelant au bout de sa plume, malgré le grand feu qu’il entretient dans sa chambre. — Toute la mer est gelée entre la Norvège et le Danemark.
- 1475 et 1474. — Etés d’une chaleur désastreuse.
- C’est ainsi qu’à travers les siècles nous constatons tour à tour l’existence d’hivers rigoureux ou d’étés brûlants, à des intervalles de temps variables, qui ne semblent pas offrir de périodicité appréciable.
- Quelquefois ce sont aussi des phénomènes divers, électriques ou autres, qui frappent l’esprit populaire. Continuons à glaner dans le Mémoire de M. Villard :*
- 1527. — Le 5 avril « environ cinq heures après midy apparut à Vienne une cornette dont la figure étoit approchante à celle d’un dragon ardent. Ayant passé sur le Rhône, ce météore s’enflamma davantage ; il s’arrêta, sur l'éminence qu’occupoit le ehâtëau de la Bastie. Là, il en sortit deux éclats si violents, que le bruit qu’ils firent ne fut pas moindre que celui de deux coups de canon. On crut que la terre en avoit tremblé, et quelques-uns assurèrent qu’ils s’en étoient aperceus. Après, il disparut, ne laissant dans sa trace qu’une épaisse fumée. » — (Il s’agit ici, évidemment, non d’une comète, mais d’un cas remarquable de foudre globulaire.)
- 1544-1545. — Le vin gela partout en France, « jusques dans les tonneaux inesines ». A Paris, on le coupa avec des haches et on le vendit par morceaux, à la livre. En janvier 1545, le Rhône fut si petit, à Valence, qu’on allait à pied sec. « jusques au milieu à la part du Dauphiné », à l’endroit de l’abbaye de S. Ruf.
- 1572-1575. — Le froid fut très intense depuis le 1er novembre 1572 jusqu’au 28 avril 1575 ; à la fin de décembre, la neige tomba avec abondance et fut suivie d’un refroidissement tel que toutes les rivières furent gelées. Des montagnes de glace se formèrent sur la Saône et le Rhône à Lyon. On passa sur ce dernier fleuve, gelé, avec des chariots et charrettes, à Lyon, Vienne, Condrieu, Valence, Rourg-Saint-Andéol, Viviers, Le Teil, Roche-maure, Le Pouzin, etc. — A Donzère, on craignit que les protestants du Vivarais ne profitassent de cette circonstance pour venir piller en Dauphiné. Lors du dégel, la prévoyance des magistrats préserva seule Lyon de grands désastres.
- 1585. — L’hiver est très chaud : on voit des fleurs en janvier, et les blés ont des épis à Pâques ; mais la semaine du 21 mai est extrêmement froide. Les pluies, très abondantes pendant l’année, occasionnent des inondations ; le Rhône, notamment, emporte une partie des murailles de la Basse-Ville à Valence. L’automne amène une telle quantité de chenilles que les arbres, les haies, les murailles, les routes même, tout en est couvert.
- En parcourant cet intéressant Mémoire, on constate ainsi qu’il y a souvent des anomalies dans les ^saisons; à chaque époque, les hommes s’étonnent de ces anomalies, sans se rendre compte que des faits semblables ont été observés antérieurement. A la suite d’un été pluvieux, comme celui que nous traversons, Saint-Simon, dans ses Mémoires, se demande s’il n’y a pas un bouleversement dans les lois atmosphériques. — Il fautavo’ir soin, dans l’étude de la Nature, de ne pas tout ramener à son époque et à son impression personnelle. G. T
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- LE PÀRTUGE DE L’AFRIQUE
- ET i/lLE d’iIELGOI.AXD
- Le 18 juin 1890, était publiée une convention qui venait d’ètre passée entre l’Allemagne et le royaume uni de Grande-Bretagne et d’Irlande. Ce traité fixe les délimitations des sphères d’influence des deux parties contractantes en Afrique; elle a donc, au point de vue politique et géographique, une importance considérable, mais, il faut bien le dire, elle est encore plus grave par ce qu’elle ne dit pas que par ce qu’elle avoue.
- Si nous regardons la côte orientale d’Afrique, nous constaterons que les parties septentrionale et méridionale sont attribuées à l'Angleterre alors que le centre, c’est-à-dire la partie située en face de Zanzibar, est concédé à l’Allemagne, mais avec un droit de passage pour l’Angleterre, toute cette région allant jusqu’à la frontière de l’Etat du Congo. En d’autres termes, depuis l’embouchure du Rovuma, la frontière suit ce cours d’eau, atteint le Nyassa, suit la route Stevenson, horde le Tanganyika, longe la frontière du Congo et contourne le mont Mfumbiro, suit le premier degré de latitude jusqu’à la rive orientale du Victoria, pour emprunter sans doute les limites déjà connues — le traité est muet à cet égard — qui donnent à l’Allemagne le massif du Kilimanjaro et se terminer à la mer en face de l’ile Pemba. C’est la vraie voie d’accès aux régions centrales, c’est la route depuis des siècles suivie par les caravanes, c’est incontestablement la porte toute grande ouverte sur le bassin des lacs et les pays si riches, si fertiles, si populeux qui les avoisinent. C’est donc pour les Allemands la constatation officielle de leur établissement, c’est pour l’Angleterre la renonciation à les en déposséder; quant à l’avantage que celle-ci s’est réservé d’un libre passage pour ses marchandises, cela nous a tout à fait l’air d’une concession révocable à volonté.
- Nous ferons également observer que l’établissement des Allemands dans cette immense région coupe en deux le rêve qu’avaient fait nombre de politiciens anglais d’un empire qui, partant du Cap, serait allé rejoindre l’Egypte en passant par ces provinces équatoriales que les Mahdis n’ont pas pu arracher à l’habile Emin-Pacha. Il est vrai que l’Ouganda, le lac Albert et toute la vallée du Nil restent à l’Angleterre, ou, pour être plus exact, l’Angleterre s’attribue la possession de cette aire énorme de terrain et déclare, avec le consentement de l’Allemagne, quelle entend que personne ne l’y vienne troubler. Enfin, toujours avec le consentement de l’Empire, elle place sous son protectorat l’ile de Zanzibar.
- Quelques personnes ont vu avec inquiétude que les frontières de la nouvelle colonie allemande étaient celles mêmes de l’État du Congo, et, bien que lors de la constitution de cet État, un droit de préemption eût été réservé à la France, pour le cas où la Belgique voudrait s’en désintéresser, il serait possible
- que l’Allemagne ait envie de s’emparer un jour ou l’autre du bassin du Congo, ce qui mettrait entre ses mains toute l’Afrique équatoriale de l’Atlantique à la mer des Indes. Ajoutons que par des traités successifs, l’Angleterre, la France et l’Allemagne s’étaient engagées à respecter l’indépendance du sultan de Zanzibar. La dérogation de l’Angleterre à cette convention la forcera sans doute à donner une compensation à la France ; c’est du moins ce que réclame à juste titre notre Ministre des affaires étrangères.
- Le second article traite des frontières des zones d’influence des deux parties contractantes dans l’Afrique sud-occidentale; l’Angleterre conserve dans le Ngamiland, le pays de Matebelé, les territoires qui lui auraient été concédés par les chefs indigènes, territoires, il faut bien l’avouer, sur lesquels les Portugais ont élevé des prétentions qu’ils appuient non seulement sur des droits historiques, mais encore sur une longue possession interrompue, il est vrai, mais reprise, ou tout dernièrement comme dans certaines régions, ou depuis plusieurs années. En maintenant cette prétention qui nous semble n’avoir que des titres fort peu sérieux, l’Angleterre empêche le Portugal de relier sa colonie du Loando et du Benguela avec Mozambique; elle les isole complètement et c’est parce qu’il a bien compris toute l’importance des prétentions anglaises, que le Portugal a si énergiquement protesté, s’est si bravement exposé au bombardement de sa capitale. L’Allemagne devait cependant obtenir aussi quelque chose, elle s’étend donc sur le nord-ouest du Dama-raland vers le Zambèze.
- Un autre article du traité partage dans le Togo-land, c’est-à-dire sur le golfe de Guinée, le territoire contesté de Kreoi, attribuant le Nord avec Kpandu à l’Allemagne et le Sud avec Peki à l’Angleterre.
- Enfin, comme ultime concession de cette dernière puissance, l’ile d’Helgoland est cédée à l’empereur d’Allemagne. En échange de tous ces avantages, qu’a reçu l’Angleterre? Est-ce le protectorat de Witu et le pays des Somalis, territoires visités par notre compatriote M. G. Revoil qui a failli s’y faire massacrer? est-ce.... mais la liste est déjà finie. Sérieusement, l’Angleterre n’est pas habituée à conclure des marchés de dupe, elle est bien trop pratique, elle a trop l’habitude, comme on dit vulgairement, de donner un œuf pour avoir un bœuf, pour avoir mis sa signature au bas d’un pareil traité sans s’être assuré en échange des avantages pour le moins équivalents. Ces avantages, quels sont-ils? On peut supposer, malgré les bruits qui circulent dans le monde des affaires, que c’est la garantie de la possession de l’Égypte, si ce n’est encore que cela.
- Mais nous entrons ici dans un domaine qui n’est plus exclusivement géographique, nous nous arrêterons donc dans nos hypothèses pour donner quelques détails sur la petite île Héligoland ou Helgoland.
- Cet îlot qui n’a plus qu’un demi-kilomètre carré de
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- superficie est situé au large des embouchures de l’Elbe et du Weser. Il est défendu au nord-est par une bande de récifs et de bancs de sable qui se recourbent en forme de croissant, de l'a sans doute leur nom de Brunnen, vieux mot auquel certains philologues attribuent le sens de bouclier. On comprend que cette petite île n’ait point de port, mais les récifs dont nous parlons lui constituent au nord une rade où les profondeurs vont de 7 à 18 mètres, et au sud, entre Ilelgoland et l’île de Sable, une rade où les fonds sont de 5, 6, 7 mètres ; mais il faut évidemment des pilotes pour gagner ces mouillages assez difficiles.
- La carte n° 88 de l’Amirauté allemande à 1/15000, fait bien comprendre la situation de ces havres; elle nous montre que l’île est de tous côtés, sauf à l’est, protégée par une ceinture de hautes falaises rocheuses sur le haut desquelles sont disséminées les maisons, tandis que la partie basse et sablonneuse qui regarde le mouillage du sud, reliée à la partie haute par un escalier de 180 marches, porte avec un certain nombre de maisons moins importantes des établissements officiels. Un cable télégraphique la relie à l’île de Sable. Presque à égale distance des embouchures du Weser, de l’Elbe et de l’Eider, Helgoland descend en pente vers le nord-est. « C’est une masse de grès rouge, disent les Instructions nautiques sur la mer du Nord, offrant de tous côtés des faces perpendiculaires qui ont 50 mètres de hauteur dans l’ouest et 36 mètres dans l’est; elle forme par sa position isolée et par sa nature particulière, un excellent amer pour la navigation des côtes de la baie au milieu de laquelle elle est placée. »
- Il est absolument incontestable que l’île d’Helgo-land a été autrefois bien plus considérable qu’au-jourd’hui. Adam de Brême affirme qu’elle était très fertile, riche en céréales, en bestiaux et en volatiles, ce qui ne peut se rapporter qu’à l’époque où
- elle ne faisait qu’une avec sa chaîne de récifs orientaux. Les falaises de grès sont excessivement pittoresques, sculptées et taillées qu’elles sont par les intempéries, fouillées et creusées en grottes profondes par l’assaut continu des vagues furieuses.
- La population, qui était, il y a quelques années, de 2000 habitants de race frisonne, a diminué ; mais on compte une population flottante de 4000 à 5000 individus pêcheurs ou baigneurs, car Helgoland est une station très fréquentée en été.
- Appartenant jadis au Danemark, Helgoland a été prise par les Anglais en 1807 et devint, pendant le
- blocus continental, un entrepôt considérable de denrées coloniales et de produits des manufactures britanniques.
- Helgoland est sur la route marine de Brême et de Hambourg, située au large de l’embouchure de la Jahde et du grand arsenal allemand de Bre-merhafen. Nous comprenons que les Ministres de la guerre et de la marine aient tenu à posséder cette terre, épave de l’Empire auquel il y avait une sorte de point d’honneur de la réunir et donton peutfaire, en y dépensant beaucoup d’argent, il est vrai, une sorte de Kronstadt. Nul doute que le premier soin des Allemands ne soit de la réunir au continent par ur câble et d’y installer quelques-uns de ces immense: canons qui, sans interdire, à cause de l’éloignemen d’Helgoland, le libre accès des côtes, pourraien néanmoins gêner fortement les agresseurs.
- Quant à la population, elle n’était soumise à aucui impôt. On annonce que la perspective de la conscrip tion et des sommes relativement considérables qu’ell devra payer pour la gloire de devenir allemande, n pour elle aucun attrait et qu’elle a même mani festé le désir d’émigrer en masse sur quelqu autre point des possessions britanniques.
- Gabriei. Marcel.
- Phare neuf
- RADE NORD'
- SUD
- Aa.de
- Bruh'nen
- y ZU ™
- Les Sondes sont czcprujnces ovmdsan jJ Echelle en Kilomètres.
- Carte de l’île d’Helgoland ou Iléligoland
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- IA SCIENCE MJ THEATRE
- (( JEANNE D’ARC )) A L’HIPPODROME DE PARIS
- Tout le monde connaît ce bel établissement qui, jusqu’à ces dernières années, était le plus vaste de Paris et l’un des plus remarquables au point de vue de la construction métallique. En effet, quatre grands pilastres seuls supportent le poids de la toiture mobile, qui s’ouvre à volonté. Depuis, le progrès a marché, et après avoir vu la Galerie des machines au Champ de Mars, on peut regretter vivement la présence de ces quatre piliers, qui nuisent
- beaucoup à l'effet scénique et empêchent l’illusion d’être aussi complète qu’on aurait pu le désirer. En effet, devant les merveilles accomplies en décoration théâtrale, l’Hippodrome ne pouvait rester en arrière. Les conditions sont cependant loin d’être les mêmes que dans un théâtre ordinaire, où le public fait face à la scène ; car ici celle-ci est centrale, et dix mille personnes rangées sur un amphithéâtre elliptique doivent également bien voir. 11 ne saurait donc être question d’employer les procédés de décoration ordinaires, qui ne seraient visibles que d’une partie des spectateurs.
- 11 y a plusieurs années déjà, M. Houcke, le très
- Fig 1. — Le décor en toile métallique de Jeanne (TArc à l’Ilippodrome de Paris. (Fac-similé d’une photographie dé MM. Albert Londe et P. Boisard.)
- sympathique directeur de l’Hippodrome, avait imaginé un décor circulaire consistant en toiles peintes qui garnissaient le pourtour de la piste. Dans une pantomime équestre qui eut un grand succès, la Chasse, ces toiles représentaient des bois, des prairies s’étendant à perte de vue. C’était déjà un résultat intéressant ; mais immédiatement au-dessus du décor, les gradins remplis de spectateurs enlevaient aussitôt l’illusion. Ce qu’il fallait trouver, c était un décor de plus grandes dimensions, masquant absolument le public et ne l’empêchant pas cependant de voir le spectacle. Ce problème, qui à priori pourrait paraître présenter quelques contradictions, vient cependant de recevoir une solution des plus élégantes, et l’idée de M. Houcke, heureusement appliquée dans Jeanne (TArc, reçoit tous
- les jours du public un accueil enthousiaste.
- Voici la description de cette décoration. Une toile métallique de forme elliptique descend du cintre dans la piste et se trouve placée alors à 5 ou 4 mètres du premier rang de spectateurs. Cette toile est en fil d’acier de 1/2 millimètre; elle pèse 900 kilogrammes. Elle est maintenue par deux barres métalliques, l’une supérieure du poids de 820 kilogrammes, l’autre inférieure pesant 250 kilogrammes.
- Les mailles de la toile ont 1 1/2 millimètre carré.
- Le tout est suspendu au cintre au moyen de cordes portant à leurs extrémités des contrepoids pesant^^ kilogrammes. Ces contrepoids sont au nombre de 40. Il y a en faveur du rideau une différence de 200 kilogrammes, ce qui lui permet de descendre facilement. Pour le remonter, 12 treuils
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- LA NATURE.
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- à main placés dans la charpente sont suffisants.
- La face intérieure de la toile est peinte et représente la place du Vieux-Marché, à Rouen. La reconstitution de cette place historique fait le plus grand honneur à l’artiste, M. Lemeunier, qui l’a exécutée. Le décor ne comprend pas moins de soixante panneaux, ayant chacun 5 mètres sur 9 mètres de hauteur. Le développement total de la toile représente donc une longueur de 180 mètres et une surface de 1620 mètres1. Les coutures entre les divers panneaux ont été faites sur place avec des fils d’acier.
- Le décor étant descendu et le centre de la piste étant plongé dans l’obscurité intentionnellement, la peinture n’est pas visible. A ce moment, on inverse l’éclairage, le pourtour de la salle est éteint et toute la lumière concentrée dans1 le centre, de façon a éclairer très fortement le côté peint. Le décor appa-
- Bucher
- Toile métallique
- B.C.D.- Partie du décor visible par le spectateur A
- Fig. 2. — Disposition du décor métallique de Jeanne (l’Arc, dans la piste de l’Hippodrome. — A. Spectateur. — B CD, partie du décor visible pour le spectateur A. — E. Bûcher. — D. Pourtour de la piste. — T. Décor en toile métallique.
- rait subitement, et l’on se trouve pour ainsi dire transporté sur la place du Vieux-Marché. L'effet est d’autant plus saisissant que les spectateurs placés derrière la toile deviennent absolument invisibles. En effet, le spectateur placé en A (fig. 2) ne voit pas la toile placée immédiatement devant lui parce qu’elle n’est pas éclairée ; au contraire, il aperçoit éclatante de lumière toute la partie opposée du décor comprise entre B et D. Le public placé de l’autre côté de la toile, et qui n’est pas éclairé, disparait complètement. Le résultat est le même en quelque point que l’on se place. Néanmoins, il vaut mieux ne pas être trop près de la première toile. Les objets, les personnages vus à travers cette partie de toile font le même effet que si on les regardait a travers une fenêtre vitrée ordinaire.
- La photographie que nous avons faite de ce décor avec M. P. Boisard, notre habile collègue, en donne une idée parfaitement exacte (fig. 1). Sur cette épreuve, on constate bien, comme nous le disions an début, l’inconvénient des quatre piliers de la toiture au point de vue scénique. Sauf cette petite réserve,
- 1 L’installation mécanique du décor a été faite par la maison JtmÛHif frères ; la toile a été fournie par MM. Roswog
- tils/Ct gendre.
- l’effet obtenu est grandiose. Lorsque le public assiste au supplice de Jeanne, lorsqu’il la voit disparaître dans les flammes qui éclairent de lueurs sinistres les vieilles maisons du temps, l’illusion est complète : d’unanimes applaudissements saluent l’apothéose de celle qui, pour nous autres Français, est la personnification toujours vivanti' de la Patrie
- Albert Loxue.
- CHRONIQUE
- Abatage «les arbres par l'électricité. — flans les grandes forêts de la Galicie on emploie l’électricité pour l’abatage des arbres. L’outil dont on se sert pour les bois d’essence tendre est une tarière animée d’un mouvement de va-et-vient, en plus du mouvement de rotation qui lui est donné par un petit moteur électrique. Le tout est monté sur un chariot qui peut tourner autour d’un axe vertical et qu’onl!fixe au tronc de l’arbre. La mèche de l’outil décrit un arc de cercle et fait une saignée dans le tronc en opérant comme une machine a mortaiser le bois. Lorsqu’une passe est pratiquée, on avance l’outil pour approfondir la saignée jusqu’à ce que celle-ci soil arrivée à la moitié du diamètre du tronc ; on met alors des cales pour empêcher la fente de se refermer et on opère de l’autre côté jusqu’à ce qu’il devienne dangereux d’aller plus avant. L’opération est terminée à la hache ou avec une scie à bras. Le travail se fait rapidement et avec très peu de main-d’œuvre. On avait essayé, il y a quelques années, en Amérique, de scier les arbres avec un outil ayant, au lieu de lame dentée, un fil métallique porté au rouge blanc par un courant électrique. 11 ne paraît plus avoir été question de ce procédé.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 juillet 1890. —Présidence de M. IIermite.
- Analyse des sols au moyen des plantes. — C’est au milieu de l’attention soutenue de l’auditoire que M. le professeur George Ville communique les remarquables résultats auxquels vient de l’amener l’emploi des végétaux comme réactifs de la composition des sols sur lesquels ils se sont développés. Les faits 'dont il s’agit ont en effet une importance extrêmement considérable au point de vue pratique en même temps que pour la science pure, et on peut dire que le savant auteur ouvre une voie nouvelle aux recherches de physique végétale. M. Ville montre, par exemple, qu’il suffit de semer du froment dans une terre pour doser, par le seul aspect de la récolte et avec une précision extraordinaire, la proportion de phosphate de chaux que cette terre contient: si ce sel manque,la plante dépérit et meurt bien avant d’avoir fleuri; met-on au contraire dans le pot 2 centigrammes de phosphate de chaux, on a une récolte magnifique; elle est languissante avec 1 centigramme du même composé. À cet égard une particularité bien curieuse est offerte par certaines graines volumineuses contenant dans leur propre tissu une quantité notable de phosphate, par exemple, par les pois. Dans ce cas, même sans l’addition de sel, la plante fleurit et mûrit ses graines; mais si on sème celles-ci dans un terrain privé de phosphate, on voit cette seconde génération de pois se comporter comme la première génération de froment et succomber véritablement d’inanition. Malgré l’extrême délicatesse des mesures précédentes,
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- LA NATURE.
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- M. Ville est parvenu à en réaliser de plus extraordinaires encore en étudiant l’énergie inégale avec laquelle la levure de bière provoque la transformation du sucre en alcool suivant la composition du liquide sucré. A cet égard nos lecteurs seront heureux d’avoir sous les yeux le texte même de l’auteur. « 1° Avec 0gr,475, c’est-à-dire O6'',250 de phosphate, c’est-à-dire 2 dix-millièmes de phosphate par rapport au poids du liquide, la fermentation, dit-il, a duré trois cent six heures ; 50 grammes de sucre ont disparu, c’est-à-dire 120 fois le poids du phosphate. 2° Avec Üs‘,0950 de mélange salin ou 0gr,Ü50 de phosphate, c’est-à-dire 5 cent-millièmes du poids du liquide, la fermentation a duré trois cent six heures, et il a disparu 50 grammes de sucre, c’est-à-dire 000 fois le poids du phosphate. 5° Avec 0sr,009 du mélange salin ou 0gr,005 de phosphate, c’est-à-dire 5 millionièmes de phosphate, la fermentation a duré mille quatre heures; la quantité de sucre disparu s’est élevée à 2ti6‘,57, c’est-à-dire à 5000 fois le poids du phosphate. 4° Enfin, avec 0S%00095 du mélange salin ou 0sr,0005 de phosphate de chaux, c’est-à-dire 5 dix-millionièmes du poids du liquide, 17gr,28 de sucre ont disparu, c’est-à-dire 54 000 fois le poids du phosphate employé. Enfin, si l’on supprime absolument les minéraux et les phosphates, la fermentation ne se manifeste que par des effets à peine sensibles. La levure vit sur son propre fonds. Le sucre disparu s’élève à 1er,425, ce qui a exigé six cent quarante heures; mais, à partir de ce moment, la fermentation s’arrête et la consommation du sucre cesse complètement. Des faits qui précèdent il résulte donc, pour ne citer que les deux termes extrêmes, que si avec le froment on a pu constater la présence dans le sable calciné de 1 cent-mitlième de phosphate affirmée par un poids de récolte égal à 600 foisle poids du phosphate, avec la levure de bière on est arrivé à reconnaître, par une série de gradations, la présence de 0Br,0005 de phosphate dilué dans un litre d’eau, ce qui correspond à 5 dix-millionièmes du poids du liquide, mais, dans ce cas, la fermentation dure plus longtemps. »
- Phénomènes magnétiques aux environs de Paris. — Un très habile météorologiste bien connu de nos lecteurs, M. Moureaux, signale par l’intermédiaire de M. Mascart un fait complètement imprévu quant à l’allure des courbes qui relient entre elles à la surface de la France les localités où la déclinaison magnétique est d’égale valeur. Il s’agit d’un double rebroussement extrêmement accusé que toutes ces courbes présentent un peu à l’ouest de Paris selon une direction sensiblement N.-O.-S.-E. passant à peu près par Cosne. On pourrait peut-être expliquer la singularité dont il s’agit par la supposition que le sol renferme un filon de matériaux magnétiques incliné de 25° environ sur l’horizon, mais jusqu’ici aucun indice d’une semblable constitution n’a été prouvé par l’étude géologique du sol ; et si le filon existe, il doit être fort profondément situé. En tous cas M. Moureaux vient de faire une découverte d’une très haute portée et il est intéressant de noter qu’elle résultedela comparaison deprèsde deux cents observations faites par l’auteur avec la plus grande précision.
- M. Hébert. — Au nom de la famille de M. Hébert, M. Gaudry dépose une brochure imprimée avec grand luxe où l’on a réuni tous les discours prononcés aux funérailles de l’illustre géologue ainsi que ceux qui furent lus le 4 juin pour l’inauguration du médaillon déposé sur sa tombe. Ces éloquentes expressions de regrets unanimes et sincères sont accompagnées de deux belles gravures reproduisant, l’une le
- portrait du défunt, l’autre le médaillon frappé à son effigie. On conservera pieusement ce monument élevé à la mémoire de M. Hébert.
- Moyens de reconnaître la ladrerie bovine. — M. A. Laboulbène lit le compte rendu d’expériences intéressantes tentées pour reconnaître la ladrerie produite chez le bœuf par le Tænia saginata. Le 12 mars 1890, un veau de deux mois prend avec du lait tiède douze anneaux ou cu-curbitains de l’extrémité d’un long Tænia saginata. Le 24 mars, nouvelle prise de vingt anneaux. Deux mois après, l’ablation d’un morceau de muscle fessier fait apercevoir, entre les fibres musculaires, des corps demi-transparents, allongés, constitués par des Cvsticerques très reconnaissables. Le 50 mai, le veau a été tué par un boucher et préparé comme s’il devait être livré à la consommation. 11 a été examiné avec le plus grand soin en présence de MM. Guichard, Georges Pouchetet plusieurs personnes contrôlant ainsi l’observation les unes par les autres. Les divers muscles examinés présentent des Cysti-cerques ou grains de ladrerie depuis les muscles de la queue jusqu’à ceux qui meuvent le globe oculaire. Ce sont les muscles du cou, de la tète, les intercostaux qui paraissent le plus infestés. La moindre coupe pratiquée dans le sens des fibres fait reconnaître des kystes ; ils sont perceptibles aussi à travers les gaines aponévrotiques minces. La forme est allongée, variant de la grosseur d’un grain de chènevis à 6 à 8 millimètres. Il est très difficile de séparer, par la dissection, l’enveloppe kystique des fibres musculaii'es qui l’entourent. Le Gyslicerque renfermé dans son kyste en est facilement extrait, quand on ouvre ce kyste avec soin et en exerçant une légère pression. Dès que l’extraction a eu lieu, le Cysticerque se montre extrêmement transparent avec une tache allongée, blanchâtre, dirigée de l’extérieur vers l’intérieur, et formée par la tète, offrant à l’examen microscopique les quatre ventouses sans crochets. Ce Cysticerque, soit renfermé dans le kyste, soit libre, doit être mis dans l’eau ou un liquide approprié) sinon il s’affaisse, et devient de moins en moins visible par dessiccation. Il ne reste bientôt plus qu’une tache blanchâtre d’un demi-millimètre à 1 millimètre environ. Le Cysticerque se réduit ainsi de lui-même au contact de l’air et devient à peine perceptible pour un œil non prévenu. Ce dessèchement rapide n’a pas lieu, si une couche aponévrolique recouvre le kyste. D’autre part, en fixant des épingles auprès des kystes et en laissant même dessécher au soleil une tranche de viande couverte de grains de ladrerie, il était toujours possible de retrouver le point blanchâtre répondant à la tête et permettant d’affirmer la présence du Cysticerque. En mettant de l’eau pure sur le kyste affaissé, celui-ci reparaît. En enlevant des fragments de viande suspecte, même desséchée, et en les plaçant dans de l’eau additionnée d’acide nitrique ou acétique, les fibres musculaires et le Cysticerque se gonflent et reprennent un aspect reconnaissable. Pour rendre absolument inoffensive, au point de vue de la production du Ténia inerme, une viande de veau et de bœuf suspectée de Cvsticerques, il suffit de la faire cuire suffisamment. La viande bouillie ou rôtie ayant éprouvé, non seulement à la surface, mais aussi à l’intérieur, une chaleur de 50 à 60 degrés centigrades, est assainie; le Cysticerque inerme ne peut supporter, sans périr, une pareille température. Quant à la viande crue employée dans un but thérapeutique, elle ne peut nuire par des Cyslicerques inaperçus ou méconnus, si elle est pulpée avec soin et passée à travers les mailles d’un très fin tamis.
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- LA NATURE.
- Nouvelle maladie de la pomme de terre. — Il résulte des études de MM. Prillieux et Delacroix qu’un bacille détermine dans les tiges de la pomme de terre une maladie qui n’avait pas encore été signalée. Cette maladie s’attaque aussi au Pélargonium zonale, et on a pu l’inoculer à la fève et au lupin ; les auteurs désignent le nouveau microbe sous le nom de Bacillus caulivorus.
- Injection trachéale de médicaments chez l'homme. — Un savant de Barcelone, M. Bottey, s’est assuré qu’on peut sans inconvénient, sans même provoquer la toux, injecter des liquides dans la trachée, pourvu qu’avec une canule on ait dépassé la région laryngienne. Non seulement l'expérience a réussi chez les lapins, mais l’auteur a pu la répéter sur lui-même ; elle aura peut-être des conséquences thérapeutiques.
- Varia. — M. Ad. Carnot analyse les nouvelles sources qui sourdent à Cransac (Aveyron) du sol des houillères embrasées et y signale une très forte proportion d’azotates. — Suivant M. Henry Lasne, les phosphates de Mons, dont on avait fait une espèce minérale spéciale sous le nom de Cyplite, ont rigoureusement la composition de l’a-patite. — Le mécanisme de la production des fils de soie chez le Bombyx mori occupe M. Dubois (de Lyon). —
- M. Gueniot réclame contre M. Lanne-longue l’idée première de la craniectomie comme traitement de la microcéphalie. —
- Un instrument intégrateur dit dia-grammomètre est Présenté parM. le colonel Kosloff. — Le 18 juillet, M. Coggia a découvert à Marseille une nouvelle comète,dont il donne la situation. — Des études thermochimiques de M. Ber-thelot concernent la stabilité des sels.
- Stanislas Meunier.
- JOUETS SCIENTIFIQUES
- PISTOLET INOFFENSIF A FLÈCHE PNEUMATIQUE
- L’inventeur de ce jouet nouveau s’est proposé de mettre entre les mains des enfants une arme sans aucun danger, leur permettant l’exercice du tir à la cible, même dans un appartement.
- Nous ne dirons rien de la cible elle-même ; c’est un morceau de carton verni portant des cercles concentriques numérotés, comme les cibles ordinaires.
- Le pistolet n’olTre non plus rien de spécial, et se compose d’un canon dans lequel est renfermé un ressort a boudin qui se débande quand on appuie
- sur la détente. Notre dessin représente une variante de ce pistolet, baptisée du nom significatif de pistolet-squelette, parce que tous les organes intérieurs sont rendus visibles.
- C’est la flèche, dite ft,èche à tête pneumatique, qui offre le plus d’intérêt. La tige est un cylindre de bois plein dans le modèle fonctionnant avec le pistolet ordinaire, ou un tube métallique creux, dans le cas du pistolet-squelette. Cette tige est terminée d’un côté par un petit bourrelet métallique destiné à comprimer le ressort à boudin et à être agrafé par la détente. A l’autre extrémité se trouve un morceau de caoutchouc présentant à sa partie antérieure une cavité concave en forme de coupe.
- Lorsque la flèche est lancée contre une surface plane, l’extrémité élastique s’aplatit un instant contre cette surface, puis aussitôt l’élasticité du
- caoutchouc lui fait reprendre sa forme première, ce qui produit un certain vide à l’intérieur de la petite coupe, la tête de la flèche formant une véritable ventouse. Dès lors, l’adhérence de la flèche avec la surface plane est assurée par la pression atmosphérique, et l’on comprend quelle est la satisfaction du tireur qui voit le projectile adhérer aussi longtemps qu’il le désire à la place exacte qu’il a frappée. À défaut de cible, un calendrier en carton, une porte, un mur bien lisse pourront servir de but, puisque le projectile ne laisse sur eux aucune trace, et, contrairement à ce qui se passait jusqu’ici avec les autres armes d’appartement, qui faisaient trembler les parents pour leurs glaces, ce sont au contraire les glaces qui constituent les meilleures cibles pour la flèche à tête pneumatique, et cela sans aucune crainte de fêlure.
- Les visiteurs de la section américaine, à l’Exposition universelle de l’année dernière, étaient fort effrayés de voir un jeune garçon tirer à la cible dans les glaces des vitrines voisines ; ce jeune homme était le représentant de l’inventeur, et prouvait ainsi au public que si l’arme était inofl'ensive, le projectile ne présentait non plus aucun danger pour les glaces ou les carreaux. Arthur Good.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissanmer
- Pistolet à ilèche pneumatique. — 1. Mode d’emploi du pistolet.
- 2. Ensemble du système au moment du tir. — 3. Détail de la flèche pneumatique.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N* SiHi. — 2 AOUT 1890.
- LA NATURE.
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- LE COURSIER DU DÉSERT
- loin par tant de parties ignorées et les dangereux mystères qu’il renferme encore, il faut franchir des
- La-bas, au pays des vastes solitudes, dans ce grand Sahara, si près de nous par la distance, si
- Fig. 1. — Chameaux coureurs du Sahara. (D'après une photographie.)
- espaces souvent infinis pour arriver à relier deux points habités. Et il est nécessaire de posséder une monture exceptionnellement douée pour qu’elle [misse lutter avec succès contre tant d’exigcances diverses avec lesquelles on se trouve sans cesse aux prises. Là, tout est négation, et malheur à celui qui, avant le départ, n’a pas tout prévu, tout organisé, tout emporté !
- Une pérégrination à travers ces régions ressemble singulièrement à une traversée en mer. Pendant des journées, pendant des semaines, davantage parfois, on reste séparé de tout être humain, de toute ressource et aussi de tout moyen de refaire sa provision de ce qui devient le plus indispensable à la vie : l’eau.
- Pour faire un semblable voyage, à escales aussi distantes, il est impossible de songer à ses propres
- t8° année. — 2e semestre.
- forces, si grandes fussent-elles, et il faut à tout, prix se donner l’aide de quelque animal domestique qui
- puisse servir en même temps de monture, pour franchir des disr tances trop grandes, et de bête de charge, pour porter l’indispensable provision d’eau et de vivres.
- Malheur à l’imprudent qui, trop confiant dans son énergie et sa force de résistance, s’embarque seul ! Porteur de provisions insuffisantes, il deviendra presque à coup sûr victime de la soif, et, après deux ou trois journées d’inutiles efforts et de souf-rances vaines, halluciné, conduit par de chimériques visions, illusionné par le mirage qui lui fera voir des lacs bienfaisants là où il n’y aura que plaines de sable, il périra en proie aux plus effroyables tortures. Parcourant ces régions désolées, il me souvient d’avoir trouvé sur ma route des ossements que
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- Fig. 2. — Chameau coureur garni du harnachement touareg.
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- LA NATURE.
- la piété des 'Arabes avait, en façon de mausolée, recouverts de quelques pierres. Mes guides s’arrêtèrent et firent une prière; et m’informant, je sus que c’étaient là les restes d’un malheureux nègre qui, fuyant la dureté d’un esclavage barbare et opprimant, avait voulu, quittant El Goléa, aller rejoindre Ouargla. Il était mort de soif en route !
- Après le massacre, au puits d’Àssiou, du chef et d’une partie de l’escorte de la mission Flatters, dont le souvenir seul doit laisser en nos cœurs une tris-I tesse et un remords aussi, puisque, après dix années écoulées, nous ne les avons pas encore vengés, les j survivants, au nombre de soixante-deux, essayèrent * de revenir vers l’Algérie. Mais, dépourvus de montures, ils durent abandonner la plus grande partie de leurs provisions, et, décimés bientôt par les privations et la fatigue, ils ont marqué la route parcourue de leurs cadavres, placés là comme des jalons sanglants destinés à montrer la route qu’il nous faudra prendre un jour pour nous laver de l’offense subie!
- Lorsque l’on veut voyager dans ces régions, il n’est d’autre moyen que d’adopter la monture des Arabes nomades du Sud, laquelle est le dromadaire. Sélectionné avec soin, il a produit une race plus fine, plus élégante de forme et d’allure, plus rapide dans ses mouvements et cependant aussi robuste et aussi résistante que l’est celle de l’habituel chameau des caravanes. Ce méhari, c’est le nom que donnent les Arabes au chameau coureur, est admirablement adapté au milieu dans lequel il est obligé de vivre. Sobre à l’excès, quand la nécessité l’y oblige, il se contente de brouter tout au long de sa route les sommets des plantes rabougries qui consentent à pousser dans ces plaines arides. Muni, comme tous les animaux de son espèce, d’une poche spéciale qui lui permet de faire une provision d’eau et de la ruminer peu à peu, il peut se passer de boire, sans en souffrir nullement, pendant une période relativement longue. Parti d’Ouargla pour aller à El Goléa, je ne pus abreuver mes chameaux pendant toute la traversée qui dura dix jours, le seul puits que nous ayons rencontré fournissant une eau trop saumâtre pour que, même les animaux, consentissent à en boire. Mais, arrivés à El Goléa, où l’eau est douce et bonne, chaque bête absorba six ou sept seaux • d’eau.
- Muni d’un pied large dont la sole à peine cornée s’applique étroitement sur le terrain, il est admirablement doué pour marcher dans les plaines de sable et franchir les dunes; aussi, dans de semblables conditions, son allure est-elle plus vive et surtout plus longtemps soutenue que celle du cheval.
- L’Arabe, habitué à vivre dans ces vastes solitudes où tout est négation, où le tableau se déroule uniforme pendant des journées et des journées encore, concentre toute son attention sur le sol qu’il parcourt. Et ces plaines de sable sont pour lui comme un grand livre où tout reste inscrit ; il lit sans effort toutes les empreintes conservées et en déduit tous
- les événements passés. « Là est venue une caravane hier, il y avait tant de chameaux de bât et tant de méliara; ceux-ci étaient chargés, ceux-là ne l’étaient pas ; tant d’hommes les accompagnaient, il y avait parmi eux un roumi (chrétien) ». Tout cela est dit à coup sûr, sans hésitation et sans erreur aussi. Quand un Arabe a perdu un chameau au pâturage, il le cherche, retrouve sa trace, car il la reconnaît entre cent autres, la suit et finit toujours par dépister l’animal.
- Un chaambi d’Ouargla avait un méhari qui, un beau jour, lui fut volé, comme il était au pâturage. Un an après, étant au M’Zab, il découvrit sur le sable les empreintes fraîches du pas de son animal. 11 se rendit chez le cadi et déclara que dans un troupeau* qui était proche il devait y avoir un animal dont il donna le signalement complet et qui lui avait été volé. On se rendit au pâturage, le chameau volé y était en effet et le détenteur ne pouvant nier plus longtemps fut obligé de restituer l’animal qu’il s’était frauduleusement approprié.
- C’est une erreur très répandue, très accréditée aussi que celle qui consiste à dire que de monter à chameau cela donne le mal de mer. On n’a pas plus de mal de mer sur la bosse d’un méhari qu’on ne l’a sur le dos d’un cheval. Cette erreur vient probablement de ce que l’on confond le méhari muni de sa selle avec le dromadaire muni du baçour qui sert à transporter les femmes. Dans le baçour, en effet, qui est une sorte de plate-forme établie à l’aide de sacs rembourrés, installés sur la bosse, l’on peut être très incommodé, roulé que l’on est d’un côté, puis de l’autre. Il en est tout autrement quand on monte à méhari garni de la selle touareg.
- Les dessins ci-joints qui sont la reproduction de photographies prises sur place, montrent le méhari sellé et monté.
- La selle, faite en forme de siège un peu creux, est munie, à l'arrière, d’une palette en bois garnie de cuir qui empêche le recul et, à l’avant, d’une sorte de croix en bois ou en fer. Le tout est solidement assujetti à l’animal par des sangles sous-pectorales. La conduite se fait à l’aide d’une bride passée dans un anneau qui traverse la narine droite.
- Quand il s’agit de monter en selle, on fait coucher la monture. Dès quelle est relevée, on croise les jambes sur le cou sur lequel on appuie solidement un des deux pieds ; l’autre reste libre et sert, par de petits mouvements, à exciter l’animal par de légers coups et à lui faire comprendre ainsi qu’il lui faut partir au trot. Le croisillon passé entre les jambes croisées empêche, dans les allures vives, les trop grands déplacements et assure l’assiette du cavalier. Lorsque l’on veut marcher rapidement, par un mouvement de bride, on ramène la tête de l’animal jusque près des genoux du cavalier, et l’anse que forme ainsi le cou assure une très grande stabilité par l’appui qu’y trouve le pied,
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- solidement campé. La main droite est armée d’une tige en rachis de palmier, et l’exhortation par quelques bons coups de cette matraque appliqués sur la croupe est souvent celle que l’animal comprend le mieux ou, tout au moins, au moyen de laquelle on se fait le mieux obéir.
- Les Touaregs, qui sont grands cavaliers à méhari, montent et descendent de leur monture sans même l’arrêter. Us se servent, pour foire marcher la bête au galop, d’une sorte de tige de fer très courte et munie de deux petits crochets à l’une des extrémités ; se penchant alors, s’accrochant à la selle, ils piquent l’animal sur la poitrine, au défaut de l’épaule, et souvent écorché jusqu’au sang, le méhari part avec toute la vitesse qu’il est capable de fournir.
- Cette année eurent lieu à Biskra, en janvier, des courses de chevaux et aussi de méhara. Les résultats obtenus furent les suivants : la piste, longue de 1800 mètres, fut franchie par le cheval gagnant en deux minutes trente et une secondes, tandis que le méhari mit, pour franchir la même distance, trois minutes trente-six secondes. 11 est juste d’ajouter que les méhara n’étaient nullement entraînés et aussi quelque peu émus par la foule environnante; les chaamba qui les montaient eurent de la peine à leur faire donner toute leur vitesse.
- Où la supériorité du méhari devient incontestable, c’est quand il s’agit de franchir de grands parcours. Un de ces animaux peut, en effet, facilement fournir dans sa journée une course de 100 à 120 kilomètres. J’ai, pour mon compte, fait en moins d’une journée une course dans les dunes, de 75 kilomètres sans que ma monture fut le moins du inonde fatiguée au point qu’elle put fournir, le lendemain encore, une course très longue.
- Au début, on éprouve quelque appréhension, perché au sommet de cette bosse, à une grande hauteur au-dessus du sol, mais l’on s’y fait vite et l’on peut rapidement devenir un aussi bon cavalier que le premier chaambi venu. Il serait très désirable que dans l’extrême Sud algérien il existât des colonnes militaires montées à méhari. Dans l’état actuel de notre organisation, nous n’avons pas un seul de ces cavaliers militaires. C’est là une lacune qu’il importerait de combler, car chacun a présents à la mémoire les services que rendirent en Égypte les soldats montés sur des chameaux de course1.
- J. Dybowski.
- LES COURANTS ALTERNATIFS
- a l’usine municipale des halles, a paris
- Les machines à courants alternatifs Ferranti de l’usine des Halles ont fonctionné pour la première fois sur la canalisation extérieure le samedi 12 juillet 1890. On sait que la canalisation passe en caniveaux, avec galeries pour la traversée des chaussées, dans les rues Coquillière,
- 1 Voy. Méhara ou chameaux coureurs, n° 756, du 9 juillet 1887, p. 85.
- des Petits-Champs. Arrivée dans l’avenue de l’Opéra, elle se divise en deux parties, une sous chaque trottoir, et se dirige vers le Théâtre-Français. Les câbles employés ont été fabriqués par les usines Rattier à Bezons ; ils se composent d’un toron de cuivre de 60 millimètres carrés de section, d’une couche de caoutchouc pur d’environ 15 millimètres d’épaisseur, de 2 couches de caoutchouc blanc,d’une couche de caoutchouc noir, de deux couches de ruban caoutchouté, d’une couche de chanvre imprégnée d’une composition résineuse, de deux rubans enduits d’une composition hitu-ineuse.lls ont donné une résistance d’isolement supérieure à 2000 inégohms par kilomètre à l’essai fait avec 500 volts, après avoir été soumis pendant une heure à une différence de potentiel alternative de 5000 volts mesurée à l’électro-mètre Thomson. — Ces câbles ont été placés dans des caniveaux et dans des moulures en bois injecté. Le soir de l’inauguration, le 12 juillet, deux abonnés ont été desservis : le premier, au restaurant des Quatre-Tourelles, en face la Banque, et le deuxième, la maison Patin etCie,dans l’avenue de l’Opéra, où un magnifique tableau garni de lampes tricolores avait été disposé. Les machines à l'usine produisent une différence de potentiel de 2400 volts entre les deux câbles; chez les abonnés se trouve un transformateur qui ramène cette tension à 100 volts ou à 50 volts suivant les cas. Les transformateurs sont installés dans un coffret spécial bien aéré près du tableau de distribution intérieure; le service municipal seul a le droit d’accès du transformateur.
- Maintenant que le premier pas est fait, espérons que les installations deviendront nombreuses dans ces grands quartiers, où la lumière électrique est de première nécessité.
- DU COLONEL KOZLOFF
- Le Diagrammomètre est un appareil de mesure qui permet de calculer rapidement tous les éléments d’un diagramme ou d’une courbe figurant des données numériques par le moyen de la pesanteur. Le modèle actuel, représenté dans la figure 1, n’est encore qu’un premier essai qui montre tout le parti que l’on pourra tirer d’instruments plus spéciaux, adaptés aux divers besoins des calculateurs. Ce sera, dans un avenir prochain, Yinstrument universel de calcul pour l’ingénieur, le physicien, le chimiste, le minéralogiste, le médecin, le météorologiste, le statisticien, l’agronome, le banquier, l’industriel, le comptable et le négociant.
- Cet appareil diffère de tous les instruments de calcul connus jusqu’à présent, parce qu’il permet de résoudre en même temps un nombre considérable de problèmes, et d’autre part, parce qu’il est actionné par la pesanteur. On ne connaissait guère, jusqu’à présent, que deux ou trois appareils de ce genre, imités de la .Balance arithmétique de Cassini décrite dans le Recueil des machines de l'Académie des sciences de Paris (tome 1,1699), et de la Balance de M. Lalanne, sénateur, inspecteur général des ponts et chaussées. Nous signalerons encore, dans le même ordre d’idées, le pont-levis, d’après le système du général Poncelet, qui se trouve au fort du Mont-Yalérien.
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- LA NATURE.
- Le Diagrammographe est un tableau situé dans un plan vertical, représenté dans le bas de la figure 1, sur lequel sont tracées des lignes verticales et horizontales équidistantes. En avant du tableau se trouvent disposées des coulisses verticales que l’on peut monter ou baisser, à volonté. On peut ainsi figurer un diagramme, une courbe quelconque, eon-tormément au système des coordonnées de la géométrie analytique de Descartes.
- Les coulisses sont numérotées horizontalement de gauche à droite et représentent les abscisses; les différentes hauteurs des coulisses par rapport à une horizontale quelconque représentent les ordonnées. On peut donc figurer instantanément u il diagramme correspondant à un tableau de chiffres, et produire ainsi des graphiques de toutes sortes. En prenant pour abscisses le temps, mesuré en minutes et secondes, les ordonnées peuvent figurer la trajectoire d'un projectile, les particularités du mouvement des organes des machines, les dilatations et les températures et en général tous les phénomènes qui sont des fonctions du temps. En prenant pour abscisses les heures du jour, les ordonnées peuvent représenter la température, la pression barométrique, l’état hygrométrique, la vitesse du vent, le pouls et la température des malades, etc. En prenant pour abscisses les jours de chaque mois, les mois de 1 année, les années d’un siècle, les ordonnées peuvent représenter les cours de la bourse et des valeurs financières, les recettes et les dépenses d’un négociant, les divers budgets des États et des villes, les
- températures et les pressions moyennes, le rendement et le prix des récoltes, les résultats de la statistique, de la natalité et de la mortalité, etc. En un mot, le diagrammographe permet de représenter instantanément, d’une manière visible, évidente, les résultats d’un tableau de chiffres, l’étude des phénomènes des sciences d’observation et des travaux de la
- statistique; c’est le pliénoméno-graphe, par excellence, le véritable montreur de phénomènes. Mais cette partie est indépendante du reste de l’appareil et pourrait s’en détacher au besoin.
- Un peu , au-dessus de la partie centrale de la figure 1 on voit un autre Diagrammographe dans lequel les coulisses sont remplacées par des fils verticaux le long desquels glissent des anneaux ou des curseurs. Un cordon de couleur passe à travers tous les anneaux; en élevant ou en abaissant ceux-ci, on figure un diagramme par le cordon tiré à ses deux extrémités par des tambours à ressort; l'appareil est disposé de telle sorte que l’on peut figurer en même temps jusqu’à cinq diagrammes, par des cordons de couleurs differentes ; mais il suffit de ne considérer qu’un seul de ces diagrammes.
- À chacun des anneaux du diagramme correspond une chaîne verticale (fig. 2), accrochée au fléau d’une balance. Lorsqu’on relève l’anneau mobile d’une longueur déterminée, l’extrémité inférieure de la chaîne se relève d’une quantité complémentaire et ne pèse plus sur le fléau que d’un poids proportionnel à la longueur figurée par l’ordonnée. Par suite, si l’on représente un diagramme sur l’appareil,
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- le poids effectif des chaînes permet de déterminer la moyenne arithmétique des ordonnées. D’autres leviers portent encore des chaînes reliées par des fils aux anneaux d’un même diagramme et le mouvement de l’anneau produit diverses dispositions des chaînes.
- Des cadrans appelés-weswrewrs sont représentés en haut de la figure 1 ; dans l’ordre de gauche à droite, ce sont : 1° moyenne; 2U probabilité; 5° intensité; 4° maximum moyen; 5° mouvement probable. Au-dessus, un sixième cadran, le Ilésumé
- Fig. 2. — Mécanisme intérieur du diagrammomètre.
- général. Le cadran 5 mesure la longueur du diagramme au moyen d’un tambour; pour se servir des autres, on agit sur la poignée de la grande aiguille de manière à rendre horizontale la petite aiguille inférieure, et on lit en centièmes, les indications des cinq mesureurs qui donnent : 1° la moyenne arithmétique de toutes les ordonnées; 2° la moyenne arithmétique de l’écart de chacune des ordonnées avec la
- valeur moyenne; 4° la moyenne arithmétique des ordonnées supérieures à la moyenne; 5° la probabilité du mouvement ascendant ou descendant de l’ordonnée; enfin, 6° le résumé général permet de réunir, en une seule moyenne, les résultats indiqués, par les autres mesureurs, en les affectant de coefficients variables.
- Les principes et les détails de construction de cet
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- LA NATURE.
- appareil sont fort ingénieux ; ils ont reçu la haute I approbation de M. Marcy, membre de l’Institut, qui a fourni à l’auteur des extensions de l’appareil pour l’espace à trois dimensions, et donné le nom du nouvel appareil, le Stéréogrammomètre. M. Marcel Deprez, membre de l’Institut, s’est souvenu de ses travaux originaux sur les intégrateurs et sur les applications de la mécanique et de la physique à toutes sortes de calculs et a vivement félicité l’inventeur. MM. Gariel, Ciieysson, ingénieurs en chef des ponts et chaussées; MM. les colonels Laussedat, Mannheim, Quinemant; M. Matrot, ingénieur qp chef des mines; MM. Guieysse, Janet, Lemoine, Masson,. Campion, etc., ingénieurs, ont approuvé les diverses destinations de l’appareil, ainsi que M. le Dr Bertillon, chef des travaux de la statistique municipale.
- Le diagrammomètre est resté exposé au Conservatoire pendant le mois de juillet; il sera présenté aux membres du Congrès de Limoges, par les soins de l'Association française pour /’Avancement des sciences. Puis le colonel Kozloff retournera au Caucase pour perfectionner ses appareils et leur donner la forme définitive. Il y retrouvera le souvenir de son ancêtre Prométhée qui fut puni d’un supplice effroyable pour avoir voulu ravir le secret des dieux et dérober le feu du ciel. .Belle et poétique image de l’inventeur, au cerveau dévoré par des pensées sans cesse renaissantes et toujours nouvelles! Edouard Lucas.
- LE NARYÀL ET LA LICORNE DES ANCIENS
- On voit figurer dans quelques blasons, et notamment dans les armes royales d’Angleterre, l’image d’un animal fantastique dont il est souvent question dans les écrits des auteurs anciens et qui a vivement exercé la sagacité des commentateurs. Nous voulons parler de la Licorne qui est représentée sous la forme d’un Cheval dont le front est orné d’une longue corne spiralée. Quelques auteurs admettent que l’idée de cet être bizarre a été suggérée par la vue d’une Antilope oryx se profilant sur l’horizon avec ses cornes superposées. D’autres pensent que la Licorne n’est qu’un Rhinocéros dont l’imagination des anciens voyageurs a singulièrement exagéré les dimensions de l’appendice nasal. Il est probable qu’il y a du vrai dans ces deux opinions. Rien ne s’oppose, en effet, à ce que Y Oryx qu’Aristote mentionne, en passant, dans son Histoire des animaux1 et auquel il attribue une corne unique, soit une espèce d'Antilope, du genre de celles que les naturalistes modernes désignent encore sous le nom d'Oryx. Ces Antilopes, au moins celles de l’espèce dite Oryx beisa, qui habite le nord-est de l’Afrique, étaient si bien connues des anciens Égyptiens qu’on les voit représentées dans des scènes de chasse ornant les tombeaux des
- 1 Histoire des animaux, liv. II, ch. i, parag. 7, traduc-lion Camus, t. I, p. fit et t. IT, p. 80.
- Pharaons ; leur existence ne pouvait donc guère être ignorée des Grecs du temps d’Aristote, qui étaient en relations fréquentes avec les Égyptiens.
- D’autre part, quoi qu’en dise Bochart1, il ne paraît pas douteux que l’Ane d’Inde, qui est cité par Aristote en même temps que l’Oryx, et qui a été considéré depuis comme le Monoceros ou YUnicorne par excellence, n’est autre chose que le Rhinocéros, qui n’est mentionné nulle part, sous §on nom actuel, dans l'Histoire des animaux. II serait assez étrange en effet que le grand naturaliste grec n’ait pas ouï parler du Rhinocéros de l’Inde, lui qui, grâce à la munificence du roi de Macédoine, avait en Asie, au dire de Pline, de nombreux voyageurs chargés d’observer les animaux et les plantes et d’enlfrecueillir des spécimens destinés à ses études. D’autre part dans les écrits de Ctésias de Gnide, auxquels Aristote a emprunté divers renseignements sans avoir beaucoup de confiance dans leur exactitude, on trouve une description de l’Ane d’Inde qui, tout en ne convenant guère dans son ensemble au Rhinocéros, renferme cependant quelques traits se rapportant fort bien à cette espèce. Ainsi Ctésias, qui ne paraît d’ailleurs avoir eu sous les yeux qu’un astragale et une corne de l’Ane d’Inde, dit qu’avec des cornes de ce genre on fabrique des vases pour boire, vases qui garantissent ceux qui en font usage contre les convulsions, le attaques d’épilepsie et les tentatives d’empoisonn unent. Or de nos jours encore, dans plusieurs pays de l’Orient, on attribue précisément les mêmes vertus-à des coupes qui sont faites avec des cornes de Rhinocéros creusées et artistement ciselées.
- Pline, il est vrai, mentionne plus tard, comme deux espèces distinctes, la Licorne et le Rhinocéros qui commençait 'a être bien connu des Romains depuis qu’il avait paru dans les jeux du cirque ; mais il est évident que, comme son prédécesseur Aristote, le naturaliste latin a puisé ses renseignements principalement dans les écrits de Ctésias. Il a cependant introduit, dans sa description de la Licorne, certaines modifications qui la rendent plus strictement applicable au Rhinocéros : ainsi il n’a plus fait de cet animal un Ane, un Solipède, mais il lui a donné seulement la forme d’un Cheval, une tête de Cerf avec une corne plantée au milieu du front, des pieds d’Eléphant et une queue de Sanglier. Au contraire, d’autres auteurs plus récents trompés par l’expression d’Ane d’Inde, employée par Aristote, ont confondu cet animal avec l’Onagre, et c’est ainsi que peu à peu s’est fixée la figure chevaline de la Licorne. Mais tout cela n’explique pas comment la corne pyramidale et légèrement recourbée du Rhinocéros a pu se transformer en cette longue défense droite et ornée de spirales qui sort du front de l’animal héraldique. C’est pourquoi il est nécessaire de faire intervenir des éléments empruntés soit h des Antilopes du genre Oryx, soit à un animal marin, ou Narval,
- 1 Hierozoicon, liv. III, ch. xxvi.
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- qui est orné d’une défense allongée et spiralée comme celle de la Licorne.
- Le Narval (Monodon monoceros), qui fera plus particulièrement le sujet de cet article, est un Cétacé d’assez grande taille, mesurant 4, 5 ou même 6 mètres et demi de long à l’âge adulte et offrant des affinités avec le Béluga (Béluga catodon ou Üelphi-nopterus leucas), de la famille des Dclphinidés. Il a le corps allongé, épais en avant, atténué en arrière et terminé de ce côté par une nageoire caudale ample et profondément échancrée, mais dépourvu de nageoire dorsale, celle-ci n’étant représentée que par un repli cutané, irrégulièrement dentelé. Les nageoires pectorales sont arrondies à leur bord inférieur et relativement peu développées, de telle sorte qu’elles doivent agir plutôt comme balanciers que comme organes de propulsion. Le cou est très court et très épais ; la tête de forme globuleuse, avec les évents percés à la face supérieure du crâne, est revêtue, de même que le corps, d’une peau molle et luisante, de couleur variable. Le plus souvent les adultes sont d’un blanc jaunâtre, avec des taches brunâtres ou noirâtres allongées et irrégulières, qui deviennent confluentes sur la tête et qui sont toujours beaucoup plus nombreuses chez les femelles que chez les mâles. Les jeunes, au contraire, sont d’un gris bleuâtre ou ardoisé presque uniforme, et les individus dage moyen offrent des teintes plus foncées que les adultes. Mais le caractère le plus frappant de l’espèce réside dans la présence chez le mâle d’une défense qui atteint parfm^ plus de 2 mètres de long avec une circonférence ae 18 centimètres à la base. Cette défense, absolument droite et graduellement effilée, est ornée d’un cordon saillant, enroulé en spirale, dont les tours deviennent plus rares et tendent à s’effacer du côté de la pointe. A son extrémité la dent est nette et blanche, tandis que dans le reste de sa longueur elle est salie par un enduit graisseux de couleur brunâtre. Quoi qu’on en ait dit, elle est toujours implantée uniquement dans l’os maxillaire, de telle sorte qu’on doit la considérer plutôt comme une canine que comme une incisive; et, règle générale, elle se développe toujours du côté gauche de la mâchoire, tandis qu’elle n’est représentée de l’autre côté que par une petite tige spiralée. Mais dans certains cas la dent de droite pousse aussi vigoureusement que l’autre, et l’animal se trouve pourvu de deux défenses parallèles. M. Brown a pu examiner au Groenland plusieurs individus offrant cette anomalie apparente qui n’est, en réalité, qu’un retour à un type normal de dentition, et M. J.-W. Clark a décrit, il y aune vingtaine d’années, le squelette d’un Narval, conformé de la même façon et donné au musée de Cambridge par M. Reinhardt, de Copenhague1. Rien de semblable n’existe chez la
- 1 R. Brown. Notes on the History and geographical Relations of the Cetacea frequenting Ravis Strails and Baffius Bay, Proceed. zool. Soc. Lond., 1868, p. 562. — J. W. Clark, On the Skeleton of a Narre h al wilh tivo fidly developped tusks, ibidem, 1871, p. 42.
- femelle du Monodon monoceros, chez laquelle la défense de gauche est même aussi complètement atrophiée que la dent correspondante du côté droit. Quant aux autres dents, elles font défaut, leur place n’étant indiquée sur les màcfîoires que par des impressions transversales.
- On a prétendu que le Narval se servait de sa défense comme d’un harpon pour atteindre sa proie et l’amener à portée de sa bouche ; mais, s’il en était ainsi, si réellement l’animal était forcé de se nourrir par ce procédé singulier, la femelle qui ne possède point de dent saillante hors de la bouche serait fatalement condamnée à périr. Il y a presque autant d’invraisemblance dans l’opinion exprimée par Fabricius qui considère la défense du Narval comme une sorte de pioche avec laquelle le Cétacé brise la glace et maintient béantes en hiver des ouvertures par lesquelles il vient respirer, en compagnie d’autres animaux de son espèce ; car s’il paraît bien établi, comme le dit M. Brown, que de telles ouvertures existent dans les champs de glace et que des centaines de Narvals et de Bélugas s’y pressent pour aspirer avidement l’air nécessaire à leurs poumons, rien ne prouve que ces soupiraux soient l’œuvre des Narvals. Au contraire tout porte à croire que la dent du Monodon monoceros est bien une arme offensive et défensive, une véritable lance avec laquelle le Narval pourfend ses rivaux et s’oppose peut-être aussi aux entreprises des autres Cétacés, des Phoques et des Ours blancs. Parmi les individus que l’on captive il y en a beaucoup, en effet, qui ont la défense brisée plus ou moins près de la tête, et M. Brown prétend même que l’on trouve parfois de ces dents rompues qui portent fichée dans leur tronçon la pointe d’une autre dent ayant pénétré près de la base dans une partie où le tissu était peu résistant. A l’appui de cette hypothèse on peut citer encore ce fait que, parmi les Mammifères terrestres, il n’est pas rare de constater également chez le mâle un développement extraordinaire des canines. C’est ce qu’on observe notamment cnez les Chevrotains et les Cervules dont les mâles portent de véritables défenses avec lesquelles il se font de cruelles blessures dans les luttes acharnées qu’ils soutiennent, au printemps, contre les individus de même race.
- En temps ordinaire les Narvals sont cependant des animaux doux et sociables qui vivent en bonne harmonie avec leurs semblables. A certaines époques, ils se réunissent en troupes extrêmement nombreuses, qui effectuent des migrations régulières. Une de ces troupes, que M. Brown eut l’occasion d’observer dans le détroit de Davis, comptait plusieurs milliers d’individus de sexes différents, s’avançant en rangs serrés comme un régiment de cavalerie et manœuvrant avec la plus admirable régularité.
- En dépit des assertions des auteurs anciens, les Narvals sont des animaux vifs et agiles, pourvu qu’ils aient l’espace nécessaire à leurs évolutions. D’un simple coup de queue, ils peuvent changer brus-
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- quement de direction et, une fois blessés, ils entraînent souvent le harpon à une profondeur de 50 à 40 brasses. Leur nourriture se compose de poissons, parfois assez volumineux, qu’ils roulent peut-être avec leur langue afin de pouvoir les avaler et dont on trouve les arêtes enchevêtrées dans leur estomac avee des débris de Crustacés et des becs de Calmars.
- A l’heure actuelle, ces étranges Cétacés ont à peu près la même distribution géographique que les Bélugas et ne se rencontrent plus guère que dans le détroit de Davis, dans la baie de Baffin et dans la mer Glaciale. Nordenskiôld nous apprend1 que les pêcheurs norvégiens n’en trouvent plus sur les côtes dè la Nouvelle-Zemble, mais qu’on en aperçoit parfois des troupes nombreuses entre cette terre et le Spitzberg. Pendant l’été les Narvals remontent fort loin du côté du pôle, tandis qu'au printemps et en hiver ils fréquentent les côtes du Groenland ; mais, même pendant la saison froide, ils ne descendent que fort rarement au sud du 69ft degré de latitude. C’est à
- peine si depuis deux siècles on peut citer trois ou quatre apparitions de ces animaux dans la mer du Nord, autour des Shetland, aux environs de Boston dans le comté de Lincoln, en Angleterre, et sur les côtes d’Allemagne. Il n’en était pas ainsi au temps jadis, et au treizième siècle ils visitaient probablement les mers occidentales de l’Europe, puisqu’il en est question dans les écrits d’Albert le Grand qui les considérait à tort comme des poissons naturellement fort dangereux mais ayant heureusement des allures très lentes. A une époque encore plus reculée, au dernier siècle avant l’ère chrétienne, les Narvals se montraient avec les Baleines sur les côtes d’Espagne. C’est ce qui résulte du témoignage de Strabon qui désigne cette espèce de Cétacés sous le nom de Licorne marine. On voit par là que les anciens établissaient un rapprochement entre le Narval et l’Uni-corne et l’on comprend très bien que peu à peu la confusion se soit établie entre l’animal marin et l’animal terrestre. Certains attributs du premier
- j. jo, i. — Licorne (Monoceros seu vnicornu). Fig. 2.— Licorne, autre espèce (Monoceros seu unicoïmi alittdj.
- (D’après l'ouvrage de Jonston, Uist.nat. de quadrupedibus.)
- furent transportés au second et finalement l’idée vint de planter la longue défense du Cétacé sur le front de l’Unicorne, transformé en Cheval.
- La cause de la disparition graduelle de Monodon monoceros des régions tempérées de l’Europe est la même que celle qui a provoqué l’extinction graduelle des Baleines et leur retrait vers le nord; c’est la chasse trop active qui a été faite à ces animaux. Jadis en effet les dents des Narvals étaient fort recherchées; on leur attribuait, comme les Chinois le font encore de nos jours, toutes sortes de vertus médicinales qui se trouvent énumérées dans les anciennes pharmacopées et notamment dans Y Histoire complète des drogues de maître Pomet. On s’en servait aussi pour fabriquer des crosses d’évêques, des sceptres richement ornés ou des meubles précieux. Ainsi M. Brown raconte qu’il existe au château de Rosen-borg, en Danemark, un trône en ivoire de Narval et que le capitaine Scoresby, le père du naturaliste, possédait un lit de même substance. A l’entrée des anciennes galeries du Muséum d’histoire naturelle de
- 1 Voyage de la « Véga #, Irait. franc, de Cli. Ratio! et Cli. Lallemand, t. I, p. 140.
- Paris se trouvaient exposées deux dents brutes mesurant chacune 2m,50 et une canne à pomme d’or ciselé, donnée par M. le baron de Damas. Enfin d’après , Brehm, le cabinet des margraves de Bayreuth, à Plas-senburg, renfermait, au seizième siècle, quatre dents de Narval dont l’une fournissait des remèdes pour les membres de la famille princière, mais était considérée comme une pièce de si grand prix que l’on n’en pouvait détacher un fragment qu’en présence d’un représentant du souverain. Deux autres de ces défenses avaient été données, en payement d’un habit de cour, par Charles-Quint aux margraves de Bayreuth qui, en 1559, refusèrent de céder la plus grande aux Vénitiens pour le prix de 50 000 sequins, soit 560000 francs de notre monnaie ! A Dresde, dans la collection de l’électeur de Saxe figurait également une dent de Narval, suspendue à une chaîne d’or et que l’on estimait à 100 000 écus.
- La valeur des défenses du Monodon monoceros baissa considérablement aussitôt qu’elles eurent perdu leur réputation pharmaceutique ; néanmoins l’ivoire de Narval ne cesse pas d’être recherché dans l’industrie, et en 1885, d’après M. Emile Dubois,
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- Fig. 3. — Combat de Narvals
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- les baleiniers rapportèrent encore à San-Francisco 5200 kilogrammes de ce produit qui se vend aujourd’hui, suivant la qualité, au prix de 50, 40, 50, ou même 76 francs la dent.
- Les Groenlandais font grand cas de la viande de Narval, qu’ils mangent cuite ou séchée et surtout de la peau qui, bouillie et réduite en gelée, constitue pour eux une véritable friandise. Les tendons du même animal donnent un fil très résistant; les intestins, des vessies que l’on attache à différents instruments dépêché; et les parties graisseuses, une huile à brûler excellente. La variété des produits que l’on tire du Narval explique suffisamment l’acharnement que mettent les peuples du Nord à poursuivre cette espèce qui est appelée Unie par les marins anglais, Tautour, ToukaUik ou Tugalik par les Groenlandais, Kelluak-Tuak par les Esquimaux de Pond’s Bay, Lughtal par les Norvégiens et Nanvhal par d’autres peuples Scandinaves. E. Oüstai.et.
- LES
- COUPS DE FEU DES CHAUDIÈRES A. YAPEUR
- On dit qu’une chaudière a reçu un coup de feu lorsque la tôle constituant la paroi de la chaudière a été portée au rouge sur une étendue plus ou moins grande. Le coup de feu est caractérisé par divers indices, notamment par une teinte bleuâtre que prend la tôle sur sa face exposée à la chaleur, teinte due à la formation d’une couche d’oxvde.
- Le coup de feu a d’ordinaire pour conséquence une altération de la qualité du métal, une désorganisation des clouures voisines. Dans beaucoup d’explosions, on a constaté sur la chaudière détruite des coups de feu récents ou anciens. Tout générateur qui a reçu un coup de feu doit être considéré comme suspect et soumis à des visites et à des épreuves sérieuses.
- On connaît assez bien, à la suite d’accidents nombreux, les dangers que présentent les coups de feu une fois produits. Mais on est beaucoup moins bien fixé sur les conditions qui peuvent en amener la production. Lorsque la chaudière a manqué d’eau, le coup de feu s’explique de lui-même. Mais il arrive assez souvent que l’on constate des coups de feu sur des chaudières qui ont été maintenues constamment pleines. En pareil cas, l’explication devient plus douteuse. Quelques-uns pensent qu’un jet de flamme violent, dirigé sur un point de la paroi, suffit à lui seul pour porter la tôle au rouge; d’autres soutiennent qu’une paroi ne peut être atteinte d’un coup de feu, quelle que soit la violence de la flamme, du moment qu’elle est refroidie sur sa face intérieure par le contact de l’eau contenue dans la chaudière. Il existe enfin des opinions intermédiaires : un feu violent ne suffirait pas pour produire le coup de feu, si la tôle est bien mouillée intérieurement, et si*le métal est bien hofnogène et bien continu; mais tout obstacle à la transmission rapide de la chaleur pourrait avoir pour effet d’élever'outre mesure la température de la face en contact avec les flammes ; parmi ces obstacles, on signale les incrustations, les graisses contenues dans l’eau ou répandues sur la paroi, les pailles, les doublures de la tôle le long des coutures, etc.
- C’est dans le but de jeter quelque jour sur ces questions que des expériences ont été entreprises au Conservatoire des arts et métiers par M. Hirsch, professeur, en collabora-
- tion avec MM. Alfred Tresca et Gauthier, préparateurs du Cours de mécanique appliquée. Les résultats de ces expériences et de ces recherches ont eu plutôt en vue d'obtenir des aperçus exacts sur l’ordre des grandeurs des phénomènes étudiés que des mesures rigoureuses de ces phénomènes.
- Nous ne pouvons pas, en considération de leur étendue, donner un résumé des expériences de M. Hirsch, et nous devons renvoyer le lecteur que la question intéresse plus particulièrement aux Annales du Conservatoire des arts et métiers et au Bulletin de la Société d'encouragement pour l’industrie nationale qui ont publié in extenso cet important travail ; nous nous contenterons d’en reproduire le résumé et les conclusions qui peuvent fournir quelques aperçus sur les conditions dans lesquelles se produisent les coups de feu et sur les circonstances qui accompagnent la transmission de la chaleur à travers les parois des chaudières. Elles confirment sur certains points les idées reçues en les précisant dans une certaine mesure, bien que, sur d’autres points, elles semblent apporter des indications nouvelles.
- 1° Une tôle saine et continue, bien mouillée par l’eau de la chaudière, même exposée à un feu violent, ne prend en aucun de ses points une température assez élevée pour que sa solidité soit sensiblement altérée; 2° la viscosité de l’eau, même lorsqu’elle est portée à un degré assez élevé, n’empêche pas la tôle d’être bien mouillée et ne diminue pas notablement le pouvoir réfrigérant du liquide; 3° la transmission de la chaleur est plus ou moins gênée par la doublure des tôles; une rivure, même bien faite, ne doit pas être exposée à un feu trop violent; 4° une paille dans l’épaisseur d’une tôle ou un défaut de contact intime entre les deux tôles d’une clouure, dans les parties du générateur exposées à un feu un peu intense, constituent une cause grave d’accident; 5° le contact d’une maçonnerie réfractaire, même portée à une température élevée, ne^jré-sente pas de danger, si la tôle est continue et bien mouillée ; 6° tout enduit gras déposé sur la paroi interne de la tôle gêne fortement la transmission de la chaleur; 7° lorsque l’enduit gras est constitué par un corps susceptible de se décomposer par la chaleur, le coup de feu est particulièrement à redouter. Les corps gras organiques, huiles de lin, de colza, etc., semblent, à cet égard, beaucoup plus dangereux que les corps gras minéraux.
- Enfin, comme conséquence ultime, on peut déduire de ces expériences qu’une chaudière bien établie, bien tenue, propre et convenablement pleine, ne court pas le risque d’être brûlée, même par un feu vif; que d’autre part, lorsque le feu est ardent, il est nécessaire de prendre des précautions sévères, et notamment d’éloigner avec soin tout ce qui pourrait gêner la transmission de la chaleur, soit dans l’épaisseur du métal, soit entre le métal et l’eau.
- UE CUIYRE ÉLECTROLYTIQUE
- On sait que l’industrie du raffinage du cuivre par l’élec-trolyse a pris, pendant ces dernières années, une très grande extension, et que c’est à peu près exclusivement avec ce cuivre raffiné que sont faits les conducteurs électriques dits de haute conductibilité employés pour la construction des dynamos, des transformateurs, et des canalisations de distribution d’énergie électrique.
- Mais le cuivre ainsi obtenu manque de cohésion, et présente une porosité telle qu’il faut, avant de le travailler et de lui donner les mille formes qu’il doit ultérieurement
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- recevoir, le fondre au risque de l’oxyder, et de lui faire perdre ainsi le bénéfice de sa grande pureté. Pour obtenir un dépôt électrolytique compact, il est nécessaire d’opérer avec une très grande lenteur, si grande que le prix du cuivre ainsi obtenu en rend l’emploi prohibitif dans la plupart des applications.
- Il s’agissait donc d’obtenir un cuivre électrolytique, malléable et ductile, sans être obligé de procéder à une refonte du métal déposé, et sans prolonger indéfiniment l’opération électrochimique.
- C’est ce problème qui vient d’ètre industriellement résolu de la manière la plus heureuse et la plus complète par M. William Elmore, de Londres. Le procédé employé par M. Elmore est d’une assez grande simplicité : il consiste à déposer le cuivre sous forme de tube sur un mandrin cylindrique animé d’un lent mouvement de rotation, et à brunir le dépôt au fur et à mesure de sa formation en le pressant fortement par une agate contre laquelle il se déplace. Le dépôt grenu et poreux se transforme ainsi, sous l’influence de la pression mécanique exercée par l’agate, en un dépôt à contexture fibreuse, d’une nature très uniforme et d’une grande résistance. Ce procédé augmente également la densité du métal. Pendant la rotation du mandrin, l’agate qui produit le brunissage est animée d’un mouvement longitudinal qui lui fait décrire une spirale à pas très fin à la surface du mandrin, mais ce déplacement est calculé pour qu’entre deux passes successives au même point, il ne se soit déposé qu’une couche excessivement mince de cuivre électrolytique. En modifiant la rapidité du dépôt et l’épaisseur de la couche déposée entre deux passes, on modifie dans de grandes limites les propriétés physiques du métal. On peut également, par le déplacement des anodes, modifier l’épaisseur et faire, par exemple, le tube plus épais aux extrémités, lorsqu’il s’agit de brider le tube. Le cuivre ainsi déposé présenté une résistance à la traction supérieure à celle des meilleurs cuivres laminés, et les tubes ainsi obtenus d’une seule pièce, sans soudure, conviennent tout spécialement à la tuyauterie des machines à vapeur ainsi qu'à tous les autres appareils industriels employant de la vapeur à une pression plus ou moins élevée.
- Le procédé de M. Elmore n’est pas limité à la fabrication des tubes. En découpant le tube sous forme de spirale, on produit un long fil de section carrée qui, passé à la filière, peut être, après un grand nombre de passes, amené à un diamètre tel qu’un kilogramme de métal ait une longueur de plus de 100 kilomètres. Ce fil de cuivre est obtenu sans qu’il soit nécessaire de procéder à aucun recuit après un certain nombre de passes à la filière, opération indispensable avec le cuivre éleclrolytique refondu qu’il faut recuire de temps en temps pour lui enlever l’aigreur produite par l’écrouissage. L’augmentation de densité du cuivre Elmore se traduit par une diminution sensible de la résistance spécifique. C’est ainsi que certains échantillons ont une conductibilité spécifique égale à 104, en représentant par 100 la conductibilité spécifique du cuivre dit pur de Matlhiessen.
- Le procédé Elmore permet aussi d’obtenir des récipients de toutes formes et de toutes dimensions sans aucune soudure ni rivure, à un prix incomparablement moins élevé. Les pistons plongeurs et les corps de pompe peuvent être recouverts d’une couche de cuivre très adhérente et solidement maintenue, en ayant soin d’effectuer le dépôt électrolytique sur une surface rugueuse et bien propre assurant l’adhérence du cuivre et du métal sur lequel le cuivre est déposé. Lorsqu’il s’agit de fabriquer des tubes
- ou des récipients,”on empêche, au contraire, cette adhérence en recouvrant les mandrins de plombagine. En résumé, le procédé de brunissage pendant la formation du dépôt a pour effet de remplacer la refonte et la coulée, et l’on conçoit que l’application de ce procédé puisse être étendue à d’autres métaux que le cuivre. Il pourra servir, par exemple, à assurer un contact plus intime et une continuité plus parfaite entre un métal de peu de valeur et une couche de métal plus précieux dont le premier aura été électrolytiquement recouvert. Une couche mince ainsi déposée offrira plus de sécurité et de garantie qu’une couche beaucoup plus épaisse, mais inégalement déposée. M. Elmore a donc créé une nouvelle industrie et des produits réellement nouveaux dont il est encore difficile de limiter et même de prévoir les innombrables applications.
- —E'11
- LE PRIX DE REVIENT DU CHEVAL-HEURE
- ET LA CONSOMMATION DU GAZ AVEC LES MOTEURS A GAZ
- Aujourd’hui que les besoins de petite force motrice se font sentir de plus en plus dans la pratique, il importe de recueillir le plus de renseignements possibles sur les prix de revient des différents systèmes de distribution. Le rapport de la Compagnie du gaz de Tilsitt nous fournit quelques chiffres sur les moteurs à gaz, depuis l’année 1882 jusqu’en 1890, le nombre de moteurs installés chaque année, leur puissance, la consommation totale de gaz, la consom-
- ination calculée de gaz par cheval installé.
- Aimées. NoÜre Puissance moteurs. ,otale- Gaz total Gaz consommé consommé. P?r f ]?'a installe.
- 1882-83 3 9 chev. 9 922m3 1102 m3
- 1883-84 5 23 24 862 1 081
- 1884-85 6 27 34 827 1 290
- 1885-86 8 35 56 291 1 100
- 1886-87 10 56 43 403 1 205
- 1887-88 11 59 50 989 1 507
- 1888-89 Il 44 58 528 1 330
- 1889-90 12 52 72 016 1 385
- Le second tableau ci-dessous nous donne le prix du gaz,
- le prix du cheval-heure, et le nombre d’heures de fonc-
- tionnement.
- Années. Prix du mètre cube, de gaz. Prix du cheval-heure. Nombre d’heures de fonctionnement.
- 1882-83 0fr,25 0fr,225 1225
- 1883-84 0fr,2125 0fr,19125 1201
- 1884-85 0fr,20 0fr,18 1433
- 1885-86 0fr,1875 0,r, 16875 1222
- 1886-87 0fr,l 75 0fr, 1575 1340
- 1887-88 0fr,l 75 0fr,1575 1452
- 1888-89 0tr,1625 0fr, 14625 1477
- 1889-90 0fr,1625 0",14625 ,1540
- Dans l’espace de huit ans, le prix du mètre cube de gaz a donc baissé de 0fr,25 à 0fr,1625, et le prix du cheval-heure de 0fr,225 à 0fr,14625.
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- NOUVELLES APPLICATIONS DE LA
- DISTRIBUTION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- PAR COURANTS ALTERNATIFS TRANSFORMÉS
- La lutte engagée entre les courants continus et les courants alternatifs est plus vive que jamais; sans qu’on puisse prévoir encore qui l’emportera (nous
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- LA NATURE.
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- pensons même tfue personne ne l’emportera, chacun des systèmes ayant un champ d’applications important et tout spécial qui lui assure la supériorité), il n’est pas sans intérêt de passer en revue les progrès réalisés depuis moins de deux ans dans l’application des courants alternatifs et des transformateurs à la distribution de l’énergie électrique.
- Jusqu’à l’Exposition de 1889, l’emploi des transformateurs à courants alternatifs avait été exclusivement limité à l’alimentation des lampes à incandescence, à potentiel constant. Les transformateurs employés dans ce but sont nombreux ; ils affectent les formes les plus variées, mais ils se composent toujours en principe de deux circuits électriques : l’un, le primaire, monté en dérivation sur les bornes du générateur à courant alternatif ; l’autre, le secondaire, alimentant les lampes montées en dérivation.
- Les lignes de force développées par le courant périodiquement variable qui traverse le circuit primaire se développent dans un troisième circuit, appelé circuit magnétique, et dont on s’efforce de diminuer le plus possible la résistance qu’il oppose à la formation du champ en le constituant par du fer doux.
- (La figure 1 montre les dispositions intérieures d’un transformateur de M. Elihu Thomson, que nous avons pris pour type à titre d’exemple.)
- Afin d’éviter la formation de courants de Foucault ou courants locaux parasites dans ce circuit magnétique, on le subdivise en le formant de feuilles de tôle convenablement découpées et superposées. Les différents types de transformateurs actuellement en service diffèrent surtout par la combinaison plus ou moins judicieuse qui a présidé au découpage et à l’arrangement de ce circuit magnétique, en vue d’une bonne utilisation de la matière, d’une économie de main-d’œuvre et d’un bon rendement. A ce dernier point de vue, tous les transformateurs modernes sont sensiblement équivalents, et l’on peut admettre que pour un transformateur d’une puissance égale ou supérieure à 1 kilowatt, le rendement à pleine charge est de 95 pour J 00. A quart de charge, il est encore de 90 pour 100, et il ne tombe pas à moins de 85 pour 100 lorsque la charge est le dixième de la puissance maxima. Ce sont donc là d excellentes conditions industrielles, qui ne sont dépassées par aucun autre appareil mécanique ou électrique.
- Le succès obtenu par les transformateurs dans l’éclairage par incandescence et à distance par l’emploi des transformateurs ne pouvait pas s’arrêter à cette seule application. Il était intéressant de pouvoir réaliser aussi l’éclairage par acte voltaïque, et ce problème, aujourd’hui résolu, comporte plusieurs solutions intéressantes, dont nous nous contenterons d’indiquer le principe, les questions de détail demandant des études théoriques qui ne sauraient trouver place dans cette publication.
- La première application que nous puissions signaler dans cet ordre d’idées est l’emploi de transformateurs à l’alimentation de bougies J:\blocbkolf. Dans le procédé ordinairement employé pour l’éclairage par bougies Jablochkoff, on intercale les foyers sur un seul circuit, ce qui les rend solidaires et s’oppose à ce que l’on en alimente ainsi un trop grand nombre. Pour faire disparaître cet inconvénient, M. Labour, ingénieur de la Société l'Éclairage électrique, a étudié un transformateur représenté figure 2, qui permet de desservir un nombre de bougies quelconque, tout en assurant l’indépendance absolue de chaque foyer. Le circuit primaire du transformateur est monté en dérivatipn sur la canalisation générale, et le circuit secondaire alimente une bougie. Le transformateur, de très petites dimensions, est logé dans le socle même du candélabre qui supporte le foyer lumineux, ce qui facilite l’installation, et met le transformateur à l’abri de la malveillance, ainsi que de tout contact accidentel.
- L'extinction accidentelle ou voulue d’un foyer
- quelconque reste donc limitée à ce foyer?et n’apporte aucun trouble au fonctionnement de tous les autres.
- Lorsqu’il s’agit de lampes à arc, c’est-à-dire de charbons dont le rapprochement doit se faire automatiquement par un mécanisme de réglage, la
- question se complique un peu, et l’expérience démontre qu’il faut avoir recours à des artifices pour que le courant fourni au régulateur soit plutôt à intensité constante qu’à potentiel constant, comme c’est le cas avec toutes les distributions à courants alternatifs établies jusqu’à présent.
- Il a donc fallu imaginer des dispositions nouvelles pour réaliser ces conditions toutes spéciales. L’une des plus ingénieuses est celle de M. le professeur Elihu Thomson, qui a combiné un transformateur présentant cette propriété singulière qu’en mainte-
- Fig. 1. — Transformateur à potentiel constant de M. Elihu Thomson.
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- Fis.
- liant une différence de potentiel efficace constante aux bornes du circuit primaire, on obtient une intensité efficace constante, ou sensiblement telle, dans le circuit secondaire, même pour de très grandes variations de résistance du circuit secondaire, la force électromotrice développée dans ce circuit secondaire croissant avec la résistance de l’arc alimenté par le transformateur. La figure 5 montre les dispositions de ce transformateur composé, comme tous les autres, d’un circuit primaire, d’un circuit secondaire et d’un circuit magnétique d’une forme spéciale. Ce circuit magnétique est formé de trois noyaux, dont deux traversent les deux circuits primaire et secondaire, le troisième venant établir une dérivation magnétique entre les deux autres, dérivation que l’on peut d’ailleurs faire varier à volonté dans l’appareil d’expériences représenté figure 5, en introduisant plus ou moins profondémeut une pièce de fer laniellée dans une coupure ménagée sur ce troisième noyau. C’est la dérivation magnétique ainsi créée qui donne au transformateur la propriété de maintenir le courant constant dans le secondaire, lorsque la différence de potentiel est maintenue constante au primaire. Le réglage d’une lampe à arc intercalée sur ce circuit secondaire devient alors une question relativement simple, et nous aurons l’occasion de décrire ultérieurement certaines dispositions qui permettent de l’effectuer.
- Un autre artifice permettant d’obtenir une intensité sensiblement constante sur le circuit secondaire
- - Transformateur de la Société d'éclairage électrique pour l'alimentation des bougies JablochkolF.
- Fig. 3. — Transformateur de M. E. Thomson donnant une iniensité constante dans le circuit secondaire avec une différence de potentiel constante aux bornes du circuit primaire.
- alimentant une lampe à arc consiste à produire une différence de potentiel constante de 100 volts aux bornes du circuit secondaire, et à intercaler dans ce circuit secondaire une bobine ayant peu de résistance, mais présentant un grand coefficient de self-induction. L’expérience et le calcul démontrent que, dans ces conditions, on obtient une intensité sensiblement constante dans le secondaire.
- Signalons enfin la solution récemment adoptée par la Compagnie Westinghouse, et qui consiste à monter les transformateurs en tension sur un circuit dont l’intensité est maintenue constante, la machine dynamo étant spécialement construite pour obtenir ce résultat. Tous ces procédés résolvent parfaitement le problème de l’alimentation des lampes à arc par des courants alternatifs. 11 ne suffisait pas aux électriciens partisans des courants alternatifs d’avoir su réaliser des appareils pouvant répondre à tous les besoins de l’éclairage. Deux problèmes attendent encore leur solution complète : le premier consiste dans la création d’un moteur à courants alternatifs présentant les mômes avantages de mise en marche, d’arrêt, de rendement, etc., que les moteurs à courant continu ; le second,
- plus difficile encore, est celui de l’emmagasine-ment de l’énergie électrique fournie par les courants alternatifs. Le premier de ces problèmes est à peu près résolu ; des recherches récentes laissent entrevoir une résolution théorique satisfaisante du second. Dans ces conditions, et si, comme on peut le croire, toutes les espérances se réalisent, les
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- dernières objections faites à l’emploi des courants alternatifs perdront bientôt leur raison d’être ; il sera alors difficile de fixer les limites des applications auxquelles pourra donner lieu la distribution de l’énergie électrique par courants alternatifs et transformateurs. E. Hospitalier.
- NÉCROLOGIE
- Bordère. — Il y a quelque temps déjà, est mort un homme estimé et aimé de tous dans les Pyrénées, Bordère, ancien instituteur à Gèdre, sur la route de Saint-Sauveur à Gavarnie dans les Uautes-Pyrénées. 11 était âgé de soixante-quatre ans, et sa vigoureuse constitution semblait lui promettre une vie plus longue. Bordère était très connu dans son village, à Gèdre, où il avait appris à lire à plusieurs générations d’écoliers. En même temps qu’il faisait son métier avec conscience, il avait étudié la botanique avec ardeur, à la fois dans les livres et dans la nature. 11 avait parcouru, sa boite d’herborisation sur le dos, une grande partie des Pyrénées ; il connaissait surtout admirablement la région centrale, de Barèges à Cauterets. 11 était en relation avec les botanistes de toute l’Europe, dont les photographies étaient le seul ornement de son modeste cabinet de travail. Le gouvernement, voulant rendre hommage à un mérite reconnu à l’étranger comme en France, lui avait accordé une distinction que bien peu d’instituteurs ont obtenue : il avait nommé Bordère chevalier de la Légion d’honneur. La section des Pyrénées centrales du Club alpin français, siégeant à Toulouse, parmi les membres de laquelle Bordère comptait plusieurs amis, a voulu perpétuer sa mémoire dans son pays natal, et elle a fait poser, le 24 juin dernier, sur les murs de la maison qu’il a longtemps habitée, une plaque de marbre noir avec cette inscription : « Dans cette maison a vécu M. Bordère (1825-1889), instituteur, chevalier de la Légion d'honneur. Ce fut un savant modeste et un homme de bien. »
- CHRONIQUE
- L’Eleetrophonoscope. — On fait en ce moment en Angleterre des gorges chaudes d’une petite mystification scientifique dont les auteurs responsables ne sont rien moins que M. AV. H. Preece, l’ingénieur-électricien en chef du Post-Office, et M. Hughes, l’inventeur bien connu du télégraphe et du microphone. Dans une récente soirée donnée au South Kensinyton Muséum à l’occasion du Jubilé du Penny Postage, un numéro du programme attirait tout spécialement l’attention des nombreux visiteurs. On annonçait très sérieusement dans le programme qu’il serait donné, pour la première fois en public, un avant-goût de ce que serait la téléphonie en 1990, à l’aide d’un appareil merveilleux, la plus grande découverte de l’époque, appelé YEleclrophonoscope, grâce auquel il était non seulement possible d'entendre son interlocuteur, mais encore de le voir. L’expérience, parfaitement réussie d’ailleurs, consistait dans l’emploi d’un téléphone ordinaire et d’une combinaison de miroirs analogue à celle qui permet de voir à travers une pierre, expérience décrite autrefois dans La Nature. Comme il s’agissait d’une fête de charité, la mystification a été prise du bon côté, et l’électrophono-scope a été le clou de la soirée. Mais quelques journaux politiques et, malheureusement aussi, quelques journaux scientifiques ont pris la chose au sérieux, et l’un d’eux est
- allé jusqu’à publier une dépêche (apocryphe) d’Edison annonçant que ce dernier avait fait antérieurement la découverte en question. On devine le succès de cette joyeu-seté s’ajoutant à la première. 11 n’y a pas de gens gais qu’au Portugal, en dépit de la chanson.
- Consolidation du sol. — Dans la plupart des cas de fondations sous l’eau, sur sable ou gravier, il est d’usage de creuser le sol et d’établir la construction sur un massif de béton. M. Fr. Neukirch, de Brême, est l’auteur d’un procédé qui permet de transformer sur place, et jusqu’à telle profondeur qu’il convient, le gravier ou le sable du sol en un monolithe solide. Ce procédé consiste à injecter dans le terrain du ciment en poudre, au moyen d’air comprimé, de vapeur ou d’eau sous pression.' Le ciment est jeté dans une trémie ou entonnoir dont le fond, en tissu métallique, retient les grains qu’il contient presque toujours et les corps étrangers ; la poudre de ciment tombe dans le caisson qui est à la base de l’appareil, où elle est prise par un injecteur qui l'envoie, par un tuyau flexible, dans un tube perforé enfoncé à la profondeur voulue, d’où elle passe et se répand dans le sol, chassant devant elle l’eau dont il est imprégné. Le terrain à consolider peut être délimité par des palplanches. L’idée de ce procédé est inspirée évidemment du procédé Poetsch, dont nous avons parlé jadis, et qui transforme en un bloc solide, par congélation, les terrains aquifères que l’on peut dès lors traverser à sec.
- Pigeons voyageurs en Afrique. — On s’occupe actuellement d’organiser, dans l’Afrique orientale, entre Zanzibar et les centres les plus importants de l’intérieur, un service postal de pigeons voyageurs. Les essais auxquels on a procédé ont déjà donné des résultats très heureux, et des postes installés de 50 en 50 kilomètres vont être établis entre la côte et le lac Nyassa, sur une distance de 500 kilomètres. On estime qu’un pigeon, partant de ce dernier point, pourra parvenir en six heures à Zanzibar.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 juillet 1890. — Présidence de M. Il ermite
- Les brachiopodes de mers profondes. — Le Talisman et le Travailleur, dans le cours de leurs fructueuses explorations, ayant ramené des abîmes sous-marins une série de brachiopodes, MM. Paul Fischer et (Ehlert ont été chargés de les étudier. M. le professeur Albert Gaudry présente aujourd’hui le résultat de leur étude et il le fait avec ce talent suprême d’exposition qui caractérise toutes ses communications et qui captive l’intérêt de tout l’auditoire. Les animaux soumis à l’examen appartiennent à seize espèces distinctes que les auteurs ont soigneusement déterminées : corrtme ils sont aussi bons paléontologistes qu’habiles zoologistes, ils se sont préoccupés tout de suite de comparer les brachiopodes d’aujourd’hui à ceux qui caractérisent diverses époques géologiques. Confrontés avec les représentants de la faune crétacée, les échantillons vivants n’ont manifesté que des différences, et la chose méritait d’être constatée après l’affirmation de savants anglais, exagérant bien mal à propos le point de vue dit des causes actuelles, et prétendant qu’aucun changement ne s’est produit, depuis les temps secondaires, dans les grands fonds de l'Atlantique. Mais ce qui est peut-être moins attendu, pour l’éocène les différences sont tout aussi considérables et même pour le miocène. Au contraire, les formes du pliocène inférieur, telles que les
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- montrent les dépôts subapennins, sont véritablement identiques aux brachiopodes vivant aujourd’hui dans les abîmes de l’Atlantique. Chose curieuse, les dépôts pliocènes moyens et pliocènes supérieurs, quaternaires et actuels de la Méditerranée ne laissent plus rien voir d’analogue et tout d’abord le fait paraît étrange. Comme le font remarquer les auteurs, il s’explique très aisément, au contraire, par les modifications que la température sous-marine a éprouvées par le fait seul du soulèvement qui, du même coup, a diminué la profondeur de la Méditerranée, a séparé cette mer de l’Atlantique et a donné à notre région continentale l’altitude d’où les grands glaciers quaternaires ont nécessairement résulté. C’est ainsi, comme le fait remarquer M. Gaudrv, qu’entre les mains d’observateurs l’étude des petites bêtes peut révéler de grandes choses, et tout le monde félicitera MM. Fischer et Œhlert de leur beau travail.
- La locomotion aquatique. — En perfectionnant encore les belles méthodes d’enregistrement photographique qui lui ont permis de faire tant de découvertes importantes, M. Marey parvient à suivre- les évolutions d’un animal aquatique, de façon à obtenir en une seconde jusqu’à 50 épreuves différentes résultant chacune d’un temps de pose égal à ~j ou de seconde. Des notions très curieuses sont ainsi obtenues. C’est ainsi que l’auteur fait voir, par 12 photographies, toutes les phases de l’ondulation imprimées par une méduse à son ombrelle locomotrice. Une autre série d’images fait voir un poulpe sautant au-dessus de l'eau. 11 y a aussi une raie vue de profil, pendant qu’elle fait onduler les bords de son corps plat, et une comatule dont le mode de progression est tout à fait imprévu.
- Astronomie. — La comète découverte à Marseille le 18 juillet par M. Coggia excite le zèle des observateurs. M. l’amiral Mouchez transmet les résultats obtenus par Mlle Leroux avec l’équatorial de la tour de l’Est, à l’Observatoire de Paris. MM. Picard et Courly ont opéré à Bordeaux, M. Raimbau à Alger, M. Stephan à Marseille. M. de la Baume-Pluvinel lit la relation de son voyage à Chypre pour l’ohservation de l’éclipse solaire du 17 juin dernier et met sous les yeux de l’Académie les photographies spectrales qu’il a obtenues. M. Fortin signale l’état actuel de la surface solaire et rattache à la rapidité de certaines taches les fréquentes tempêtes de ces derniers temps : il en annonce en même temps une pour demain. 11 semble toutefois qu’on puisse faire une objection préalable à cette influence du soleil sur l’état de notre atmosphère, en remarquant qu’on ne sait pas comment, si nos tempêtes étaient l’œuvre du soleil, elles intéresseraient plutôt certaines régions terrestres que les autres. Or on n’a pas dit que les dernières perturbations aient fait le tour du globe. Mentionnons enfin la situation critique du directeur de l’Observatoire de Madagascar, qui constate dans sa lunette méridienne des déplacements dus sans doute aux fréquents tremblements de terre des environs de Tananarive. Le 16 et le 21 février, le 29 mars, le sol a tremblé, et il paraît que les trépidations se distribuent ainsi toute l’année.
- Varia. — M. Pelseneer étudie le système nerveux des mollusques pélécypodes. — Les malonates occupent M. Massol. — Un curieux travail de M. Cheneau, dont les conséquences sont conformes aux conclusions thermochimiques formulées par M. Berthelot, concerne la précipitation par l’hydrogène sulfuré d’un mélange de nitrate de plomb et de nitrate de cuivre, — Des réactifs
- convenables conduisent M. Guignard à déterminer le siège des cellules renfermant chez les crucifères les substances qui déterminent la productioii des essences sulfurées. — Un travail sur le camphre artificiel est transmis au nom de l’auteur par M. Friedel. — La traduction française du Traité des machines à vapeur, par M. Sinigaglia, est déposée sur le bureau parM. Léauté.
- Stanislas Meunieh.
- PHYSIQUE SANS APPAREILS
- LE JET ü’eAU
- L’expérience que nous allons faire connaître présente cet intérêt que les appareils nécessaires à sa réalisation sont à la portée de ceux qui sont le plus ordinairement privés de cabinets de physiaue.
- Le potager campagnard primitif peut en procurer sans frais tous les éléments et matériaux nécessaires.
- Le problème que nous allons résoudre se pose ainsi : Étant donnée une vulgaire citrouille {Cucurbila oblonga) de grosseur et de maturité convenables, confectionner un jet d’eau muni de son réservoir, de ses conduits et de sa vasque.
- Solution. Prenez une grosse citrouille (fig. 2) coupez-la en deux portions inégales BFCE et BFCD, de telle sorte que la calotte supérieure n’ait guère que la profondeur d’une coupe, tandis que la partie inférieure présentera les dimensions d’un grand saladier. Aidez soigneusement la cucurbitacée, nettoyez-la intérieurement et vous aurez un réservoir de forte capacité et une vasque qu’il ne s’agira plus que de réunir par des tuyaux.
- Tuyaux. Les feuilles de citrouille ont une tige longue, creuse, imperméable, fuselée; si donc vous coupez cette tige au-dessous de la feuille (fig. 3, n° 1), vous aurez des tronçons de tubes qui s’emboîteront facilement pourvu que vous cherchiez, avant de faire votre section, l’endroit précis qui permettra aux morceaux à assembler de pénétrer l’un dans l’autre (fig. 3, n°5). Vos joints se feront très exactement sans lut, en raison de l’élasticité de la matière et de la forme des tronçons de tubes employés. De plus vous trouverez, en les cherchant, des feuilles dont les queues naturellement cintrées vous serviront pour former vos coudes (fig. 3, n° 2).
- Montage. Dans le fond du réservoir, et dans l’ombilic même de la citrouille, pratiquez une ouverture légèrement conique de dedans au dehors, ou en forme de V. Introduisez dans ce trou, par l’intérieur du réservoir, une tige de feuille proportionnée comme calibre avec cet orifice, de manière à ce qu’elle y pénètre à frottement doux et le dépasse dans les deux sens (fig. 2, E). Votre amorce est faite; allongez votre tuyautage par voie d’emboîtage autant que vous le désirez.
- Votre réservoir sera disposé dans un arbuste solide (fig. 1) ou bien sur une chaise de jardin à claire-voie, ou enfin sur un tertre formé de plaques de gazon, sur des briques, des pierres, etc.
- Fixez vos tuyaux à un tuteur quelconque à l’aide
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- de brins d’herbe, d’écorces d’arbres ou de ficelles. Enterrez votre conduit horizontal sous un lit de sable ou de terre et sur ce terre-plein placez votre
- vasque RDC percée d’un trou et traversée par l’ajutage. Cet ajutage est formé d’une queue de feuille choisie, pointue, introduite dans un orifice ménagé au canif
- en lorme d’A de telle manière que de conduit Y '(fig.- o, n° 5)-entre à frottement doux dans son logement. Si vous voulez régler le jet, ornez la par- ' tie supérieure de l’ajutage d’une plume d’oie fine- : ment coupée ou d’une tigelle de coudrier dont vous aurez enlevé la moelle (fig. o, n° 4).
- Fonctionnement. Tout étant ainsi préparé conformément à la figure 1, remplissez le réservoir d’eau et aussitôt celle-ci jaillissant s’élèvera à une hauteur proportionnelle à celle du réservoir, déduction faite de la perte dans les frottements.
- Nous avons recommandé de laisser dépasser l’a-
- morce du bassin intérieurement, afin que les détritus divers ne puissent s’engager dans la conduite; par excès de précaution on pourrait protéger cette amorce par une queue de feuille courbe formant siphon (fig. 5, n° 5), mais c’est là un raffinement excessif.
- Inutile d’insister, me semble-t-il, sur l’usage à faire de cet appareil pour expliquer aux enfants toutes les théories que comporte son fonctionnement. Léox Dumuys,
- Membre de la Société des sciences d’Orléans.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Laliure, rue de Fleurus, 9.
- Fig. 3. — Détails de la construction.
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- N* 897. — 9 AOUT 1890.
- LA NATURE.
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- LES FONDATIONS DES GRANDES PILES
- DU PONT DE FORTH 1
- Les fondations des grandes piles du pont de Forth ont donné un nouvel exemple des résultats auxquels on peut arriver par l’emploi de l’air comprimé, dans les travaux où l’exécution des maçonneries doit non seulement être poussée à une grande profondeur sous l’eau, mais encore est exposée aux perturbations qu’apporte l’action du vent et des marées. Le système le plus généralement en usage en Angleterre pour les fondations de pont consiste à immerger verticalement des cylindres en fonte dans lesquels on drague les matériaux, ce qui détermine l’enfoncement, puis qu’on remplit de béton quand ils ont atteint une couche d’une solidité suffisante.
- Mais ce jtroeédé ne pouvait se prêter à l’exécution des énormes piles du pont de Forth. 11 fallait, ou bien les foncer à l’aide de batardeaux ouverts à l’air libre dans lesquels on aurait épuisé l’eau, ou bien refouler celle-ci à l’aide de l’air comprimé, de manière à rendre la chambre de travail étanche. C'est à ce dernier mode de travail qu’on a eu recours, et il était le seul qui fût susceptible d’application en raison des profondeurs de 22 à 27 mètres sous l’eau que devaient atteindre les maçonneries.
- Chacune des piles principales se compose elle-même de quatre éléments cylindriques en maçonnerie ayant à la base 21m,35 de diamètre, puis se
- 1 Voy. n° 876, du 15 mars 1890, p. ‘226.
- 18e année. — 2e semestre.
- réduisant 'a 19m,80 et enfin à 14m,70 au couronnement d’où part le pied des piles métalliques. Nous rappellerons que le pont comporte trois piles principales, une à South Queensferry sur la rive sud du golfe de Forth, une intermédiaire sur File d’Inchgarvie (fig. 1) et une àNorth Queensferry sur la rive nord.
- Trois des éléments de cette dernière ont été fondés à sec, le quatrième, se trouvant en partie à sec et en partie dans l’eau, a permis l’emploi d’un batardeau
- de palplanches avec sabots en fonte entrant dans le rocher.
- Les quatre élé-ments de la grande pile South Queensferry sont fondés sur caissons, à des profondeurs variant de 21”,60 à 27m,15. Le travail a été exécuté par M. Coiseau, ingénieur français.
- Les caissons qui ont été étudiés par les ingénieurs anglais, et qui présentent des épaisseurs beaucoup plus grandes que celles qu’on emploie actuellement sur les chantiers du continent, ont été construits sur toute leur hauteur sur la rive de South Queensferry, puis lancés à l’eau comme des navires : ils ont ensuite, été remorqués et amenés dans la position qu’ils devaient occuper, et où on les a échoués en les chargeant de béton. Chacun d’eux comprenait une chambre de travail de 2ra,10 de hauteur, à laquelle aboutissaient trois cheminées, une pour la descente des ouvriers et deux pour la descente des outils et la montée des déblais rocheux (fig. 2). La couche de vase peu résistante qui recouvrait le terrain solide sur une épaisseur de 4 à 6 mètres était délayée sous l’action d’une colonne d’eau venant d’un réservoir placé à la partie supérieure du caisson. La pression de l’air dans la chambre de travail suffisait à la taire
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- Fig. 1. — Caisson du pont de Forth à Inchgarvie.
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- évacuer, partie sous le tranchant même du caisson, partie par le tuyau d’un éjecteur. Au-dessous de la vase se trouvait une couche d’argile tellement résistante ([u’on ne pouvait la désagréger économiquement par aucun explosif. On a alors eu l’idée de se servir d’une pelle hydraulique, constituée par un cylindre dans lequel se mouvait un piston actionnant la pelle (fig. 5). On la faisait fonctionner en prenant appui sur le plafond delà chambre de travail.
- L’éclairage se faisait par lampes électriques à incandescence pour éviter autant que possible la contamination de l’air où travaillaient les ouvriers. La pression a atteint par moments jusqu’à trois atmosphères et les heures de travail durent être réduites à trois par poste. La durée du fonçage a été de quatre mois pour trois des caissons pour lesquels le travail s’est effectué dans les conditions normales, et de huit
- nie dt 9.1
- Demi-coupe Demi-élévation
- Fig. 2. — Caissons de Queensferry.
- mois pour le quatrième qui avait subi un accident par suite de causes non imputables à l’entrepreneur.
- A la pile d’inchgarvie on a eu à vaincre une difficulté spéciale pour les deux éléments sud (les éléments nord ont été, pour ainsi dire, fondés à sec). La roche basaltique sur laquelle ils devaient reposer présentait, en effet, une pente considérable : la dénivellation entre les deux extrémités d’un même diamètre du caisson était, en effet, de 6 mètres. On ne pouvait songer, dans ces conditions, à échouer un caisson comme à l’ordinaire, pour le travail à l’air comprimé, puisqu’une notable partie de sa circonférence se fût trouvée en porte-k-faux. M. Coi-seau proposa et fit adopter un expédient ingénieux qui consistait à constituer de toutes pièces un fonds artificiel à l’aide d’une pile de sacs remplis de sable. On a employé, à cet effet, 50000 sacs, qui, chargés dans des bateaux, ont été amenés et coulés pendant es étales de marée haute et de marée basse sur le
- roc (fig. 1) dans les parties les plus basses, à l’emplacement du tranchant du caisson, jusqu’à ce que ce sol nouveau atteignît 1 mètre au-dessus du niveau du roc. Le caisson a été ensuite échoué et lesté comme à l’ordinaire. Son tranchant portait d’un côté sur le rocher, de l’autre sur les sacs à travers lesquels il pénétra jusqu’à ce que ceux-ci vinssent rencontrer la banquette de 1 mètre de largeur placée à mi-hauteur des consoles de la chambre de travail. La surface d’appui devenant considérable, la pression sur les sacs diminua proportionnellement; le caisson s’arrêta et cela, dans une position parfaitement horizontale. On put alors faire descendre les ouvriers et déblayer la roche à la mine de manière à former une surface d’appui horizon-laie. On n’a plus eu, dès lors, qu'à remplir de béton la chambre de travail.
- Le fonçage de ces deux caissons que M. Coiseau
- Fig. 3. —
- avait entrepris à forfait en stipulant une durée de huit mois, a été effectué en six mois seulement et dans des conditions de marche parfaitement régulières.
- Les travaux à l’air comprimé exécutés au pont de Forth ont été conduits avec assez d’habileté et de prudence pour qu'on n’ait eu à déplorer aucune mort d’homme. Le fonçage n’en a pas moins été très pénible en raison de la haute pression atteinte à diverses reprises et des dégagements de gaz provenant du terrain, qui, de temps à autre, s’enflammaient, sans cependant produire de détonation. Aussi les équipes ont-elles dû être renouvelées trois fois bien qu’on eût abaissé à trois heures la durée du travail, et qu’on eût pris les plus minutieuses précautions pour l’éclusage et la sortie des ouvriers.
- Le succès obtenu dans l’établissement à l’air comprimé des piles du pont de Forth est dû à la haute expérience et à la grande habileté de M. Coiseau,
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- qui, dans ces circonstances difficiles, a su représenter dignement le génie civil français.
- G. Richou,
- Ingénieur des arts et manufactures.
- LES RACES DE CHIENS
- Les expositions canines qui ont lieu depuis huit ans chaque année à Paris et dans les principales villes de France, montrent combien les races de chiens sont actuellement nombreuses et variées : on en compte aujourd’hui, en Europe, environ cent cinquante bien distinctes et bien pures, — c’est-à-dire se reproduisant avec des caractères constants, — sans compter une foule de sous-races ou de variétés que nombre d’éleveurs plus ou moins habiles cherchent à fixer.
- La plupart des races de chiens, surtout parmi celles de création moderne, sont l’œuvre de l’homme et ont été obtenues en croisant entre elles des races plus anciennes et en écartant par la sélection tous les sujets qui s'éloignaient du type cherché. Mais beaucoup de ces races sont aussi le résultat du hasard, ou plutôt des modifications de certaines parties de l’organisme, d’une sorte de dégénérescence rachitique ou tératologique, devenue héréditaire, qui a été la conséquence de la domestication ; — car il est prouvé que le chien est l’animal le plus anciennement domestiqué et que sa soumission à l’homme date de plus de cinq mille ans; — telle est l’origine des races de bassets, de bouledogues et de tous les petits chiens dits d’appartement. L’homme a souvent, volontairement*ou involontairement, aidé à la production des races de cette dernière catégorie par un régime antinaturel auquel il soumettait le chien, ou en s’attachant à la reproduction d’un animal né monstrueux, soit par curiosité, soit par intérêt. On sait que les caractères accidentels, les modifications spontanées qui ne nuisent pas aux fonctions essentielles de la vie, deviennent facilement héréditaires et qu’il en est de même de certaines modifications artificielles poursuivies pendant une longue série de générations.
- BufTon croyait que les races de chiens, qui étaient déjà nombreuses de son temps, dérivaient toutes d’un seul type qui était, pour lui, le chien de berger ; d’autres savants faisaient descendre le chien du loup et d’autres du chacal ; aujourd’hui, on admet avec raison que plusieurs espèces de chiens sauvages ont concouru, dans l’origine, à la formation de différentes races de chiens actuelles.
- Dans les habitations lacustres de l’âge de la pierre, en Suisse, et dans les kjoekkenmoedding (restes de cuisine) du Danemark, de la même époque, on trouve les restes d’un chien qui, d’après Rutymeyer, appartient à une race constante jusque dans ses moindres détails* de taille moyenne, d’une conformation légère et élégante, à boîte crânienne spacieuse et arrondie, à museau court, peu pointu, à
- mâchoire médiocre dont les dents forment une série régulière. Ce chien, qui a reçu des géologues le nôm de chien des tourbières (Canis palmiris), ressemble, par la grandeur, l’étroitesse des membres et la faiblesse des attaches musculaires, entièrement à l’épa-: gneul, au braque, ou au chien de berger griffon. Ce-chien de l’âge de la pierre est entièrement distinct du loup et du chacal dont on a voulu faire descendre le chien domestique, et, comme il a apparu aussi bien en Danemark qu’en Suisse, il n’y a aucun doute que cette espèce, propre à l’Europe, a été soumise par l’homme et utilisée par lui, dès l’origine, pour la chasse, et, plus tard, pour la garde de la maison ou du bétail. *
- Plus tard, à l’époque des métaux, on voit apparaître, soit en Danemark, soit en Suisse, des races de chiens plus grandes et plus fortes, ayant, par leurs mâchoires, les caractères des dogues, et probablement amenées par les premiers émigrants d’Asie.
- Il y a, du reste, des preuves historiques que les chiens des plus fortes races sont originaires d’Asie, où l’on trouve encore le dogue du Thibet, le plus colossal de tous. En effet, on lit dans Pline l’histoire suivante : Alexandre le Grand reçut d’un roi d’Asie un chien d’une taille énorme ; il voulut le faire combattre avec des ours et des sangliers; le chien resta tranquille, ne se leva même pas, et Alexandre le fit tuer. A cette nouvelle, le roi expé-diteur lui envoya un second chien semblable au premier et lui fit dire que ces chiens ne combattaient pas des animaux aussi faibles, mais bien le lion et l’éléphant, qu’il n’avait que deux individus pareils et qu’au cas où Alexandre ferait aussi tuer celui-ci il ne trouverait plus son égal. Alexandre fit combattre ce chien avec un lion, puis avec un éléphant, et il les tua tous les deux. Alexandre le Grand fut tellement affligé de la mort prématurée du premier chien qu’il bâtit une ville et des temples en son honneur.
- La province montagneuse de l’Epire, qui portait le nom de Molosside, dans la Grèce ancienne, a-t-elle donné son nom aux Molosses qu’elle produisait, ou bien ces grands chiens lui ont-ils donné le leur? Dans tous les cas on sait que c’est de l’Epire que les Romains tiraient les Molosses qui combattaient les animaux féroces dans les cirques, et qué de Rome ils furent transplantés dans les Iles Britanniques et sont devenus les Mastiffs actuels.
- Si nos chiens de chasse et de berger ont leur souche en Europe, et les dogues en Asie, les lévriers ont la leur en Afrique et surtout en Égypte. En effet, on trouve dans la Haute-Égypte une sorte de grand chacal sauvage à forme de lévrier, le Simeniâ si-'1 mensis, que Paul Gervais regardait avec quelque * raison comme la souche du lévrier domestique, et là*1 comparaison de leurs crânes vient à l’appui de cetté , opinion. L’étude des plus anciens monuments pharaoniques montre que les anciens Égyptiens avaient déjà au moins cinq races de chiens domestiques deux chiens de garde très élancés se rapprochant
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- beaucoup du lévrier, un vrai lévrier bien reconnaissable, une espèce de braque et une sorte de basset à jambes courtes mais droites. Tous ces chiens avaient les oreilles droites, excepté le braque qui les avait déjà tombantes, ce qui prouve qu’il avait déjà subi plus que les autres les eflèls de la domestication. Le lévrier des temps pharaoniques existe encore très nombreux dans le Kordofan, d’après Breltm.
- En résumé, voilà donc au moins trois souches de chiens bien distinctes : 1° un chien de chasse ou de berger d’origine européenne ; 2° un dogue, type des chiens de forte race, originaire d’Asie; et 3° un lévrier, originaire d’Afrique.
- Nous ne suivrons pas les effets de la combinaison de ces trois types à travers les siècles et la formation des différentes races, nous renvoyons pour cela à un ouvrage complet, auquel nous travaillons depuis quelques années et dont deux parties ont déjà paru1.
- Nous allons passer en revue rapidement les différentes races de chiens que l’on est susceptible de rencontrer dans nos Expositions canines, en commençant par les plus grandes. C’est encore dans les pays de montagne que l’on élève les plus grands chiens et ils ont tous pour caractère commun d’avoir un pelage très fourni. Le plus grand de tous, au dire des voyageurs, est le Dogue du Thibet. Buffon dit en avoir vu un qui, assis, avait cinq pieds de haut. Celui qu’a ramené le prince de Galles, de son voyage aux Indes, était plus haut de taille, plus fort et plus trapu qu’un grand Maslifl; il en différait, en outre, par son pelage long, un
- 1. Les Races de chiens, en trois volumes, flans la Bibliothèque de l’Éleveur.
- peu rude, noir en dessus, roussâtre en dessous avec les cuisses et la queue garnies d’un poil très long et très soyeux.
- Nous avons en France un beau chien de montagne, c’est notre Chien des Pyrénées, qui a 80 à 85 centimètres de hauteur à l’épaule, et une robe très fournie blanche, tachée en dessus de jaune pâle ou de gris louvet. Il est très puissant et susceptible de défendre avec succès les propriétés ou les
- troupeaux contre les ours et les loups.
- Le chien du Saint-Ber nard est le type du chien de montagne; il est de môme taille que le chien des Pyrénées, et en diffère surtout par ses couleurs : il est blanc en des-sous avec un grand manteau d’un rouge orangé plus ou moins vif couvrant le dos et la croupe ; la tête et les oreilles sont de môme couleur, avec addition de noir sur les bords ; mais le museau est blanc, et une bande de même couleur s’avance sur le front jusque près de la nuque; le collier est aussi entièrement blanc. Il y a deux variétés de Saint-Bernard, l’une à long poil, l’autre à poil plus court quoique très fourni. Nous donnons ci-contre le portrait de Cano, grand chien du Saint-Bernard appartenant à M. Gaston Léonnard (fïg. 1). Un petit garçon est à cheval sur ce chien, de très grande taille.
- Bien que ce soit au célèbre couvent de Saint-Bernard que cette race s’est formée, elle n’y existe plus à l’état de pureté et c’est chez des éleveurs spéciaux de Suisse et d’Angleterre qu’il faut aller chercher les beaux types; le fameux Plinnlimon, qui a été acheté 25 000 francs par un Américain, il y a deux ou trois ans, et dont les journaux, même politiques, se sont beaucoup occupés, est né et a été élevé en
- Fifj.'l — Cano, "ranci chien du Sainl-liernard à M. Léonnard. (Il’après une photographie.)
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- Angleterre. Il paraît qu’il faut aussi en rabattre des actes de sauvetage qu’accompliraient, dit-on, journellement, les chiens de Saint-Bernard ; ce n’est plus qu’une légende. Il y a eu, il est vrai, un chien de Saint- Bernard, nommé Barry, qui figure empaillé au musée de Berne, et qui a accompli des prodiges de sauvetage, mais ce fut une exception dont la réputation s’est étendue à tort sur tous les autres : ceux-ci sont de simples chiens de garde que les moines entretiennent pour leur propre sûreté et qui ne vont pas du tout seuls à la recherche des voyageurs égarés dans les neiges.
- Les Terre-neuve, qui diffèrent des précédents par leur robe entièrement noire, ou noire et blanche, étaient, il paraît, dans l’origine aussi des chiens de montagne; ils seraient, d’après certains auteurs, originaires de la Norvège et auraient été transportés à Terre-Neuve par les navigateurs norvégiens qui découvrirent Pile. Adaptés à leur nouvelle existence, ils sont devenus d’excellents chiens d’eau, de lions nageurs, et de bien meilleurs sauveteurs que la plupart de leurs congénères.
- Est-ce en descendant dans la plaine que les chiens de montagne ont perdu leur long poil et sont devenus des Dogues à poil ras comme le Dogue anglais ou Mastiff et les Dogues allemands ou grands Danois? C’est très probable. Dans tous les cas, c’est principalement par ce caractère d’avoir les poils ras que les dogues se distinguent des chiens de montagne.
- Entre eux, on distingue encore les Dogues par les caractères suivants : le Mastiff n’est pas très haut à l’épaule (80 centimètres), mais il est très lourd, épais, à membres puissants, à tête forte,
- plissée, à museau court et large et à robe jaunâtre ou café au lait plus ou moins clair, accompagnant un masque noir, c’est-à-dire que les oreilles, le pourtour des yeux et le museau sont fortement charbonnés.
- Les Dogues allemands ou grands Danois ne constituent qu’une race, mais à trois variétés suivant la robe : 1° ceux de robe unicolore ou zains, dont le pelage est de couleur gris ardoisé, dite bleue, ou
- isabelle plus ou moins foncé, sans tache blanche; 2° ceux à robe bringée, c’est-à-dire à robe fauve rayée transversalement de noir comme le zèbre mais beaucoup moins nettement; 5° ceux à robe tachetée ou tigrée, c’est-à-dire à robe fond blanc parsemé de taches noires irrégulières plus ou moins grandes; ceux-ci ont généralement les yeux vairons ainsi que ceux de la première variété à robe bleue.
- Quelle que soit la variété à laquelle ils appartiennent, les Dogues allemands, ou grands Danois, sont plus élancés, moins lourds que les Mastiffs; quelques-uns sont même assez légers pour faire croire qu’ils ont du sang de lévrier dans les veines. Ils ont aussi le museau plus long, quoique carré, et ont une allure et des mouvements plus vifs.
- Les plus grands chiens peuvent se rencontrer dans cette race et c’est certainement le plus grand chien de France et peut-être de l’Europe que le beau Dogue allemand que possède M. le professeur Charcot, et que nous reproduisons ci-dessus (fig. 2). Il mesure 90 centimètres à l’épaule et a un développement osseux et musculaire parfaitement en rapport avec cette grande taille, tout en ayant d’admirables proportions, de
- Fig. 2.— Sigui'd, grand cliiou danois à M. le D' Charcot. (D’après uhe photographie.)
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- la légèreté, de l’élégance et des mouvements comparables à ceux du plus beau cheval.
- On rencontre fréquemment, chez les dogues anglais ou mastiffs, des individus chez lesquels les incisives et canines supérieures se placent en arrière de leurs correspondantes, et cela par suite d’un léger raccourcissement des os de la mâchoire supérieure qui n’est pas visible extérieurement. C’est le premier degré d’un arrêt de développement tératologique qui, depuis le moyen âge, s’est fort accentué chez certains sujets et a donné lieu à une variété chez laquelle ce défaut est devenu héréditaire. Telle est l’origine de la race des Bull-dogs ou Bouledogues.
- Les Bouledogues, dans l’origine, étaient presque aussi grands que les Mastiffs; transportés en Espagne sous Philippe II, ils y ont conservé leurs caractères primitifs; mais les Bouledogues restés en Angleterre ont continué à dégénérer, en sorte que, maintenant, les plus grands ont à peine la moitié de la taille du Bouledogue espagnol, et les petits vont à peine à celle du Carlin, tout en conservant une largeur de poitrine et une force musculaire considérables.
- — A suivre. — P- MÉGXIN.
- NOUVEAUX PENNY-BOX
- On sait que les Anglais désignent sous le nom général de penny~box, boîte à penny, toute disposition mécanique par laquelle, grâce à l’introduction préalable d’une pièce de dix centimes, on peut se procurer un grand nombre ' d’utilités, et même souvent d’inutilités de la vie. Dans un récent voyage en Angleterre, nous avons constaté que la penmjboxomanie, dont nous ne connaissons encore en France que les premières manifestations, a pris dans ce pays des proportions considérables, et nous pensons qu’il ne sera pas sans intérêt de signaler ici quelques-unes des formes nouvelles — pour nous tout au moins •— de cette industrie spéciale.
- On peut classer les penny-box en deux groupes distincts : ceux qui donnent quelque chose de tangible et de matériel en échange de la monnaie, et ceux qui se contentent de donner une pure indication ou la jouissance momentanée d’un objet : nous en citerons tout à l’heure des exemples. Les distributeurs automatiques du premier groupe existent déjà à peu près tous à Paris : allumettes, chocolat, bonbons, aiguilles, tous les mille et un articles susceptibles d’ètre vendus dans une petite boite en carton ou en métal sont, à Londres comme à Paris, à la disposition du public. La seule innovation que nous ayons à signaler dans cet ordre d’idées est le distributeur de photographies : moyennant un penny il est possible de s'offrir la photographie d’une célébrité artistique, politique ou scientifique, et dont un échantillon est placé au-dessus de chacune des fentes destinées à recevoir le penny.
- C’est dans les distributeurs qui ne donnent rien de matériel en échange du penny que se manifeste incontestablement la plus grande ingéniosité. Après la balance automatique est venu un appareil à prendre la taille ; un autre mesure le volume des poumons, mais ce dernier n’a qu’un succès des plus médiocres, à cause de la nécessité dans laquelle se trouve l’opérateur de souffler dans un tube et de porter ainsi à ses lèvres une embouchure dont l’histoire n’est qu’imparfaitement connue.
- Un inventeur ingénieux a perfectionné l’appareil dyna-
- mométrique par une alléchante promesse : une forcé modérée actionne une sonnerie, une grande force rend l'argent. Et l'on voit, au-dessous de cette inscription, une petite coupe destinée à recevoir le penny restitué à l’homme assez fort pour faire rendre l’argent au penny-box. Ce n’est, hélas ! qu’une promesse, et les poignes les plus solides tentent vainement de faire opérer à l’appareil cette restitution partielle, au plus grand profit de l’ingénieux industriel dont le succès, nous le craignons, n’aura qu’un temps, les hommes forts étant rares, et la mystification trop évidente.
- Dans un ordre d’idées plus sérieux et plus pratique, nous avons remarqué, à l’Exposition d’Edimbourg, la chaise penmj-box, destinée à supprimer le service des receveuses et des contrôleuses de location de chaises dans les promenades et endroits publics. Cette chaise, entièrement en fer, a son siège relevé comme ceux des fauteuils d’orchestre des théâtres bien meublés, mais cette position normale du siège, lorsqu’il n’est pas en service, est solidement maintenue par une serrure dont la clef n’est autre chose qu’une pièce de dix centimes introduite dans une bote placée sur le côté de la chaise. On peut alors rabaisser le siège et s’asseoir dessus; mais il faut avoir bien soin de ne pas se relever sans exercer une pression avec la main, pression qui maintient le siège en place si l’on a l’intention de se rasseoir à nouveau, car un ressort qui sollicite le siège à se relever le verrouillerait à nouveau, et il faudrait donner un autre penny pour en avoir la jouissance une seconde fois.
- Nous avons enfin remarqué, dans la gare de Charing-Cross, à Londres, un penny-box d’un genre tout spécial et qui sera d’autant mieux apprécié qu’il sera plus connu. Il s’agit d’un procédé de correspondance entre personnes appelées à passer en un même point à des heures différentes. En ce point se trouve l’appareil dont nous parlons et qui se compose d’un tableau portant deux orifices destinés à recevoir l’inévitable penny; au-dessus de chacun de ces orifices sont inscrites les indications nécessaires. Le premier de ces orifices est destiné à recevoir le penny qui doit mettre à la disposition du client une certaine partie d’un rouleau de papier sur lequel doit être écrit le message, généralement signé d’un nom de convention. Après un intervalle de temps suffisant pour l’écriture de la lettre, la petite ouverture se referme automatiquement, et il faut remettre un nouveau penny pour qu’une nouvelle partie du rouleau de papier vienne se mettre à la disposition de l’écrivain. Toutes les petites correspondances ainsi écrites les unes à la suite des autres sont cachées par deux panneaux ; mais en introduisant un penny dans la seconde ouverture, les panneaux se déroulent, et pendant deux minutes, il est possible de lire tous les messages écrits dans la journée. Après deux minutes, les panneaux se referment, et ne s’ouvrent que sur les pressantes sollicitations d’un nouveau penny.
- Un semblable moyen de correspondance bien compris d’un certain public et convenablement distribué sur les points les plus fréquentés d’une grande ville pourrait rendre les plus grands services, car il met à la disposition de chacun, à toute heure du jour et de la nuit, un moyen rapide et sur d’échange de communications qui seraient souvent impossibles par d’autres moyens.
- On voit, par ces quelques exemples, que si la penny-boxomanie n’est, le plus souvent, qu’une question d’amusement, elle peut, dans certains cas, rendre de véritables services, et cela suffit pour justifier son développement, peut-être excessif en apparence.
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- LÀ MLLE DE CHICAGO
- A PROPOS DE L’EXPOSITION DE 1895 1 LE CANAL DES DEUX MERS EN AMÉRIQUE
- Les lecteurs de La Nature savent tous que l’on se préoccupe depuis longtemps en France de l’établissement d’un canal maritime permettant de faire passer dans l'Océan les navires de la Méditerranée, et vice versa, sans avoir à franchir le détroit de Gibraltar. Ils apprendront donc avec intérêt qu’on se propose en ce moment en Amérique de mettre la dernière main à une entreprise analogue, qui sera exécutée sur une échelle bien autrement importante puisqu’il s’agit de faire communiquer le golfe de Saint-Laurent avec le golfe du Mexique en employant, d’une part, la chaîne des Lacs et de l’autre le cours du Mississipi. Ce qui augmente considérablement l’intérêt de cette entreprise, c’est qu’elle mettra à cheval sur une sorte de Bosphore artificiel, creusé à main d’homme, la ville de Chicago où se tiendra, en 1895, l’Exposition commémorative de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. Si, dans celte occasion solennelle, les navires de mer peuvent se promener librement à travers toute l’Amérique du Nord, ils ne feront que suivre l’itinéraire tracé, il y a plus de deux siècles, par Cavelier de la Salle, l’intrépide explorateur français, auquel on vient d’élever une statue à Chicago, en présence de notre c msul et des résidents. Comme on l’a dit alors, le projet de rattacher ainsi les glaces du Nord et les feux de l’Équateur par une chaîne immense d’établissements civilisés, est une des vieilles idées de la monarchie française, dont les traités de 1765 ont empêché de commencer la réalisation.
- Le Saint-Laurent débouche dans l’océan Atlantique par un golfe immense.
- Malgré le volume prodigieux de ses eaux, et la rapidité de son cours, le Saint-Laurent n’est pas‘navigable jusqu’au lac Ontario. Il n’y a que de petits navires qui, dans des circonstances favorables, puissent remonter jusqu a Montréal, la capitale du Haut-Canada.
- On n’y arrive qu’en franchissant les rapides de la Chine, petit village pittoresque en aval de cette grande ville, qui fut fondé par Cavelier de la Salle. C’est là que ce grand homme établit sa première habitation lorsqu’il arriva au Canada, avec l’intention d’explorer l’intérieur, ce qu’il fit ultérieurement d’une façon si glorieuse. Il donna le nom de la Chine à sa ferme et à son blokhaus, pour exprimer l’espérance qu’il avait conçue de trouver au bout des lacs, et au-dessus des rapides, le passage de l’extrême Orient.
- Les rapides de la Chine, et tous les autres jusqu’à Prescott, sont franchis à l’aide d’une série de canaux latéraux au Saint-Laurent formant une longueur
- 1 Suite et. fin. — Voy. n° 881, du 19 avril 1890, p. 311.
- totale de 68 kilomètres, en y comprenant la traversée de plusieurs lacs, et même une partie du lit du fleuve, utilisée entre deux cataractes.
- Le canal de la Chine a été construit le premier; il date de 1821, et ne servait qu’à des barques tirant 4 pieds d’eau, c’est-à-dire un peu plus de 1 mètre. En 1845, on commença à le creuser jusqu’à 14 pieds et cette opération dura pendant cinq ans..Les autres canaux sont au nombre de cinq ; le premier, en remontant, nommé le Beauhar-nais, traverse deux petits lacs; il conduit au Corn-wall, puis à un groupe de trois canaux nommés le Williamsbourg.
- La navigation du Saint-Laurent n’offre plus aucune difficulté jusqu’à Kingston à l’entrée du lac Ontario sur l’emplacement de l’ancien fort français de Frontenac. Pour passer de l’Ontario à l’Érié, les navires ont recours au canal Welleland, qui, comme les canaux latéraux, se trouve tout entier sur le territoire du Dominion, dont il est certainement un des titres de gloire.
- La longueur du canal Welleland est d’un peu plus de 50 kilomètres. Il a été ouvert en 1855 pour la navigation des petits vaisseaux, et creusé en 1844. Mais on a 'été obligé d’augmenter de nouveau ses dimensions à cause du tonnage toujours croissant des navires qui se présentaient à ses écluses sans pouvoir les franchir. En 1882, malgré l’accomplissement d’un second agrandissement, on avait été obligé de refuser 557 navires qui cubaient près de 800 000 tonnes. Le mouvement moyen de la navigation, dans la dernière décade, a été de près d’un million de tonnes chaque année.
- La navigation du lac Érié a toujours eu lieu sans aucune difficulté ; mais il n’en a pas été de même de celle de la rivière Sainte-Claire, du lac de même nom, et de la rivière de Détroit.
- Le gouvernement des États-Unis sur le territoire duquel se trouvent ces eaux intérieures a suivi l’exemple du gouvernement canadien. Il a fait draguer le fond de ces deux rivières et du petit, lac qui les sépare pour porter leur profondeur en tout temps à 15 ou à 16 pieds, c’est-à-dire à 50 ou 60 centimètres de plus que les canaux canadiens.
- Une fois dans le lac Michigan, les navires arrivent sans difficultés au port de Chicago, qui est fréquenté non seulement par des navires venant de l’Atlantique, mais par la marine spéciale des lacs dont l’importance est considérable.
- Malheureusement, cette active navigation est interrompue pendant une partie de l’année à la suite de la congélation de ces eaux intérieures, provenant en partie de leur altitude aussi bien que de leur latitude et de leur situation continentale.
- Chicago reçoit actuellement plus de 20 000 navires dont le tonnage s’élève à près de 10 millions de tonnes. La rivière de Chicago a naturellement servi à l'établissement du port de cette grande ville. Le lit de son estuaire a été creusé à différentes reprises et des travaux considérables ont été
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- faits dans le lac comme on peut s’en assurer par le dessin que nous donnons (fig. 5).
- A 1 kilomètre environ de l’embouchure se trouve le confluent de deux cours d’eau qui portent tous deux son nom.
- Le plus important vient du Nord et son cours a une soixantaine de kilomètres sans offrir aucune particularité notable. C’est le second dont la longueur n’a que 7 à 8 kilomètres, que Cavelier de la Salle a remonté pour passer dans le bassin du Mississipi à l’aide d’un portage.
- Aujourd’hui ce bras est canalisé dans toute sa longueur et sert au passage des navires qui se rendent dans la rivière des Plaines et de là dans l’Illinois.
- Malgré les indications que la nature avait en quelque sorte pris soin de donner aux hommes, ce n’est point pour l’établissement d’une voie navigable que les premiers travaux hydrauliques ont eu lieu à Chicago. On ne se proposait d’abord que de se débarrasser des eaux-vannes, qui troublaient la limpidité du lac, où les habitants puisent avec des machines élévatoires pour satisfaire à leurs besoins industriels ou économiques. On commença donc par construire à Chicago même une écluse ascendante que l’on remplissait avec les eaux d’égout surélevées à l’aide d’une pompe spéciale, et qui servaient, par surcroît, à faire passer les barques dans la rivière des Plaines.
- La rivière des Plaines traverse un pays fertile, et coule dans un lit creusé au milieu de roches calcaires. Elle prend sa source auprès d’un petit village dont elle porte le nom, et qui est situé sur l’emplacement d’un ancien établissement français. A 200 kilomètres environ de sa source elle se joint à un cours d’eau paresseux, traversant une série de marécages et auquel on a donné
- le nom de Kankakee. La réunion de ces deux cours d’eau forme une rivière plus importante appelée l’Illinois, et qui a donné son nom à l’État important dont Chicago est la ville principale. Après un cours de 300 kilomètres, obstrué par quelques rapides situés à l’embouchure de la rivière Vermillon, dont la suppression a nécessité des travaux d’une grande importance, l’Illinois se jette dans le Mississipi, à 50 kilomètres au-dessus de son confluent avec le Missouri. Le canal latéral de l’Illinois a une longueur de plus de 100 kilomètres. Il a été approfondi à différentes reprises. Les travaux dont on a besoin pour mettre sa largeur et sa profondeur en harmonie avec les travaux exécutés sur le Saint-Laurent, sont actuellement l’objet des délibérations du Congrès des États-Unis. Leur exécution rapide se rattache, en quelque sorte, au choix de Chicago comme siège de l’Exposition universelle de 1893.
- La navigation du Mississipi a besoin elle-même d’être perfectionnée pour que ce grand fleuve soit praticable pour des navires de fort tonnage. Il serait trop long de rapporter tous les travaux dont il a été l’objet pour approfondir le lit dans les endroits où il est barré par des bancs de sable, ou pour
- rendre les passes navigables.
- Les travaux hydrauliques dont le Mississipi a été ou sera l’objet pour l’amélioration de sa navigation, se relient avec ceux qui sont nécessaires, pour arrêter les inondations dont sont victimes les fermiers ou même les citadins habitant ses rives Les problèmes techniques que soulève l’ouverture du canal dés Deux-Mers, de l’autre côté de l’Atlantique, sont identiques à ceux dont nous avons à nous préoccuper pour l’entreprise analogue, mais les proportions du Mississipi
- Çuébec'
- J? Chicagb
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- Fig. 1. - Tracé du canal des Deux-Mers aux Etats-Unis.
- Fig. 2. — Vue d’un élévateur à blé à Chicago, (D’après une photographie.)
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- excèdent celles du Rhône d’une façon dont il n’est I quelques nombres. Si on représente par 1 la lon-pas superflu de donner une idée rapide en citant | gueur du Rhône évalué 'a 800 kilomètres, celle du
- Fig. 3. — Pavillon du parc Jackson sur la plage du lac Michigan à Chicago. (D’après une photographie.)
- Mississipi sera représentée par près de 9. Si on prend 1 estimée à 120 000 kilomètres carrés, celle du bassin encore pour unité la surface du bassin du Rhône | du Mississipi devra être représentée par 60.
- Fig. 4. — Lac du parc Lincoln à Chicago. (D’après une photographie.)
- Nous reproduisons ci-contre (fig. 1), en une carte I est assurément appelé à donner une extension nou-très réduite, le tracé du canal des Deux-Mers, qui | velle à la ville déjà si prospère de Chicago. Nous
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- reproduisons enfin trois photographies qui nous ont été communiquées et qui représentent un élévateur à blé (fig. 2), un pavillon du parc Jackson, sur la plage du lac Michigan (fig. 3), et le lac du parc Lincoln (fig. 4). Ces deux parcs sont pour les habitants de Chicago ce que le bois de Boulogne est pour les Parisiens. W. de Fonyieixe.
- IA COLLOGMPHIE RAPIDE
- AUX ENCRES CRASSES -- PROCÉDÉ DE M. 0. BALAGNY
- Nous n’apprendrons rien aux amateurs de photographie si nous leur disons que le plus intéressant est de faire un cliché et de le développer, que le plus ennuyeux est de tirer un positif, de le virer, le fixer, sécher, coller, etc.... Aussi combien y a-t-il d’amateurs qui font tirer leurs épreuves par des tireurs de profession! Combien même y en a-t-il qui se contentent du cliché et n’en font jamais tirer de positifs !
- Nous pensons que l’avenir est au tirage facile et rapide aux encres grasses, aux procédés analogues à la lithographie, mais à condition que les opérations soient simples et faciles à exécuter; c’est, croyons-nous, le cas du procédé de M. Balagny, chez lequel nous avons pu dernièrement tirer en une heure environ plus de vingt épreuves d’un cliché apporté par nous.
- Tous nos lecteurs connaissent déjà M. Balagny dont nous avons signalé à différentes reprises les importants travaux photographiques. Il a eu l’idée d’utiliser l’émulsion au gélatino-bromure de ses plaques souples en la combinant avec le bichromate de potasse pour obtenir des clichés en relief faciles à tirer aux encres grasses.
- Nous lui laissons le soin d’expliquer lui-même sa manière d’opérer.
- On peut dire que depuis quelque temps le public qui s’occupe de photographie est merveilleusement disposé pour adopter les impressions en noir destinées à remplacer le papier albuminé. C’est le papier au bromure d’argent et le papier au platine qui ont opéré cette conversion. Pour notre compte, nous avons pensé qu’il fallait aller plus loin, et de suite l’impression aux encres grasses, la seule qui donne avec le charbon des épreuves inaltérables, s’est offerte à notre esprit. Malheureusement laphololypie, comme on l’appelait jadis, ou la pholocollographie comme le Congrès de 1889 a voulu qu’on l’appelât désormais, effrayait bien des amateurs qui l’auraient franchement adoptée si on avait pu les débarrasser du matériel encombrant des presses des étuves et des glaces. C’est là ce que nous avons cherché à faire par notre procédé de collogra-phie rapide que nous allons décrire succinctement.
- La maison Lumière, qui fabrique déjà les plaques souples pour les négatifs s’est mise à préparer aussi de grandes pellicules dites plaques souples pholotypiques destinées à faire le tirage des épreuves positives.
- Quand donc on s’est procuré ces plaques, on les passe au bichromate de potasse dans une dissolution de ce sel dans l’eau à raison de 3 pour 100. Au sortir de ce bain, on essore la plaque sur une glace, couche en dessous, au
- moyen d’une raclette en caoutchouc, puis on la met sécher soit dans un cabinet noir, soit simplement dans une armoire dont on élève la température jusqu'à 35° environ en allumant une rampe à gaz, brûlant à bleu. Le charbon de Paris allumé dans un simple réchaud convient aussi, quand on n’a pas le gaz à sa disposition.
- Les plaques souples sont piquées aux quatre angles, couche en dessus, sur une planche à dessiner, les unes à côté des autres. On met cette planche dressée contre le mur, soit dans le cabinet noir, soit dans le laboratoire, soit enfin dans l’armoire où doit se faire le séchage. Puis on ferme le tout hermétiquement après avoir allumé le feu, et l’on vient deux ou trois heures après voir où en est l’opération. Le plus souvent on la trouve terminée. On éteint le feu, on laisse refroidir et l’on met les plaques souples bichromalées en portefeuille.
- Quand on veut tirer un cliché, on met au fond de son châssis-presse une cache plus petite d’un centimètre, sur chaque dimension que le cliché à tirer. Par-dessus on pose un cliché retourné pelliculaire, puis enfin un morceau de plaque biehroinatée coupée plus grande que l’ouverture de la cache, d'au moins deux à trois centimètres sur chaque côté. On ferme le châssis et on expose à l'ombre au moins un quart d’heure et deux à quatre minutes au soleil. Pour faire de belles épreuves, il faut un bon cliché; nous recommandons l’emploi des clichés pelliculaires qui se retournent facilement, llfautun cliché ni doux ni dur, un bon cliché, en un mot, non voilé, ayant des blancs bien transparents. C’est là que le châssis simple à rideau dans une chambre bien close comme nous l'avons décrite ailleurs rend de vrais services pour l’obtention de clichés bien purs destinés à l’impression collographique.
- On fait ensuite une légère insolation par le dos en retournant la plaque souple biehroinatée dans le châssis, sans le cliché, puis on plonge dans Peau la planche ainsi terminée afin de la bien débarrasser de son bichromate. Le lavage doit être d’autant plus long que l’impression a été plus forte. Quand on veut aller vite, on imprime son cliché très peu de temps, juste le temps nécessaire pour que l’image se voie bien à l’envers de la plaque souple biehroinatée. On insole par le dos, à l'ombre, une minute environ, puis on mouille dix à quinze minutes. On peut donc arriver à avoir des épreuves bonnes à tirer en vingt à trente minutes. Mais ces épreuves ne valent pas celles tirées sur une planche qui après avoir été fortement impressionnées sont lavées toute la nuit suivante, et pour lesquelles on remet l’impression au lendemain matin.
- Pour pouvoir imprimer, il faut placer la planche sur un bloc en fonte d’acier polie, ou en pierre lithographique. On trempe une feuille de gélatine (des graveurs) dans le bain suivant : Eau 100 U centimètres cubes, glycérine 300 centimètres cubes. Au bout de deux minutes, on la retire du bain, on la met sur le bloc ou sur la pierre et on donne un coup de raclette ; puis immédiatement on pose dessus sa planche et on obtient l’adhérence complète au moyen d’un rouleau de gélatine ne servant qu’à cet usage.
- Avec un linge on enlève tout excès de liquide, puis on commence l’encrage. On prend du noir lithographique auquel on ajoute quelques gouttes d’huile de lin et un peu de vernis faible. On mélange bien le tout, puis on étend gros comme un pois de ce noir sur une dalle de marbre, ou sur une feuille de fer-blanc ; on se sert pour cela d’un rouleau de cuir. Quand le noir est bien divisé, on y passe à plusieurs reprises un rouleau de gélatine de manière à le recouvrir d’une couche très mince puis on le passe sur l’épreuve, et l’on [est étonné tout d'abord de la
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- facilité de l’encrage. Cette facilité est due à la présence du bromure d’argent dans la gélatine bichromatée, dont le grain retient très aisément toutes les parcelles d’encre. Le bromure d’argent qui fait partie inhérente de ce procédé a aussi pour conséquence d’abréger de beaucoup le temps de l’insolation. Enfin comme la couche sensible est pelli-culaire et souple on peut suivre la venue de l’image dans le châssis, ce qu’on ne pouvait pas faire avec l'ancienne phototypie sur glaces. On peut tirer sur presse à copier. Il faut avoir soin de mettre sur le bloc une cache, puis le papier, puis une feuille de caoutchouc bien plane d’au moins 5 millimètres d’épaisseur, enfin un contre-bloc en acier très plat aussi ; puis on serre le tout, et l’épreuve vient aussi fine qu'avec un cylindre.
- 11 est bon de laver la planche avec de l’eau glycérinée de temps en temps, toutes les deux ou trois épreuves.
- Tel est en peu de mots le procédé que nous sommes heureux d’offrir aux amateurs de photographie pour obtenir des épreuves inaltérables. Nous sommes sûr que bon nombre d’entre eux chercheront à l’étudier, car nous pouvons dire qu’ilest excessivement attachant, amusant même. On sait quel plaisir on a à développer un cliché ; eh bien, on éprouve le même charme à voir l’épreuve se dessiner sous le rouleau. Du reste nous serons heureux de donner nos conseils à tous les amateurs qui voudront nous les demander. En peu de temps nous les mettrons au courant. On voit par ce qui précède que la dépense d’installation doit être peu coûteuse, et en tout cas bien peu en rapport avec le plaisir qu’elle procurera.
- Nous ajouterons que M. Balagny est un chercheur infatigable qui s’adonne à la photographie avec passion, s’y consacre entièrement, ne ménageant jamais ni sa peine, ni son temps. Nous sommes heureux de pouvoir signaler de nouveau le résultat de ses travaux, en indiquant un procédé qui rendra de réels services à toutes les personnes qui s’occupent de photographie. G. Mareschal.
- LE PRIX DE L’ÉCLÂIRÂGE
- PAR LES MOTEURS A GAZ ET LES ACCUMULATEURS
- Les stations centrales d’énergie électrique, qui ont enfin obtenu à Paris droit de cité, ne s’établissent pas assez vite et n’étendent pas assez leur distribution, si nous en croyons les nombreuses lettres de nos lecteurs qui nous demandent les moyens d’alimenter quelques lampes pendant quelques heures. Nous ne parlerons pas ici des diverses solutions du problème par piles ; elles ont toutes été étudiées. Nous nous contenterons d’indiquer quelques prix de revient à l’aide des moteurs à gaz et des accumulateurs, d’après une communication présentée par M. Delahaye au Congrès de la Société technique du gaz à Lyon le mois de juin dernier. Nous distinguerons d’abord entre deux sortes de dépenses: 1° les dépenses de premier établissement; 2° les dépenses d’exploitation.
- Dans les dépenses de premier établissement, nous comptons l’aménagement du gaz et de l’eau, le prix du moteur à gaz, de la dynamo, des accumulateurs, et de différentes installations intérieures.
- On peut admettre une dépense moyenne de 80 francs par cheval pour l’aménagement de l’eau et du gaz. De même, en comptant les moyennes des prix d’achat des moteurs de 4, 8, 16 et 25 chevaux, on peut compter sur une dépense de 710 francs par cheval. Il en est également
- ainsi pour les dynamos; on peut évaluer les dépenses d’acquisition de la dynamo à 140 francs par cheval de puissance motrice nécessaire. Ces dynamos fournissent généralement 600 watts par cheval dépensé sur la poulie d’entraînement.
- Pour les accumulateurs, on peut aussi compter sur un prix moyen de 840 francs par cheval.
- Les dépenses d’installation s’élèvent donc à 930 francs par cheval sans accumulateurs et à 1770 francs avec accumulateurs. Un cheval de puissance motrice à la poulie pouvant alimenter 15 lampes de 10 bougies, le prix d’installation de la lampe de 10 bougies est de 60fr,50 sans accumulateurs et de 118 francs avec accumulateurs.
- Examinons maintenant les dépenses d’exploitation. Si l’énergie fournie par la machine est utilisée directement, nous pouvons établir les comptes suivants :
- 3-8 chevaux. 16-23 chevaux.
- Amortissement et intérêt par heure. 0fr,07644 0 r,07644
- Loyer, par heure 0(r,05480 0fr,5480
- Personnel 0\10 0tr,05
- Gaz à 0tr,30 le mètre cube. . . . 0f‘,50 0,r,2550
- Graissage, chiffons OvlO 0fr,o5
- Eau (40 litres à 0fr, 16 le mètre cube). 0,r,o064 0fr,0064
- Frais divers 0fr.i»5 0fr,O25
- Total 0fr,687ü4 0lr,5l704
- Prix de la lampe-heure de 10 hou-
- gies 0rr,04584 0fr,03451
- Duree moyenne : 5 heures par jour.
- Si nous faisons intervenir les accumulateurs , les dépenses
- vont augmenter dans de notables proportions. Nous avons
- d’abord les dépenses propres aux matières, et ensuite les
- dépenses causées par les accumulateurs eux- -mêmes :
- 4-8 chevaux. 16-23 chevaux.
- Amortissement et intérêt par heure. 0fr,05822 0fr,03822
- Lover, par heure 0fr,274 0fr,274
- Personnel 0fr,10 0fr,05
- Gaz (à 0f',30 le mètre cube). . . . 0fr,50 0‘p,255
- Graissage, chiffons 0M0 0fr,05
- Eau (40 litres à 0tr,16 le mètre cube). 0’r,0064 0fr,0064
- Frais divers 0,r05 0f'',025
- 0 r,62202 0",45202
- Accumulateurs. Amortissement,
- par heure 0fr, 11506 0fr,11506
- Production : deux fois la dépense.
- aux bornes de la dynamo . . . lfr,24404 0fr,90404
- Prix de la lampe-heure de 10 bou-
- gies. . 0fr,0906 0,r,068
- Ainsi donc le prix de la Lampe-heure de 10 bougies revient à 0fr,045 ou 0fr,034 et, à l’aide d’accumulateurs, à 0fr,0906 ou 0fr,068. Mais il serait juste de remarquer que la charge des accumulateurs permettra de prolonger la durée de l’éclairage ; le prix en sera donc moins élevé.
- Dans ces conditions et surtout aujourd’hui où l’on a des, lampes à incandescence de 10 bougies ne consommant que 0,4 ampère et 100 volts, il n’est pas douteux que les particuliers auront beaucoup plus d’intérêt à s’adresser directement aux stations centrales qui leur fourniront la lampe-heure de 10 bougies à raison de 0fr,06. J. L.
- TRUCS DE THÉÂTRE
- LA FÉERIE DES « PILULES DU DIARI.E1 ))
- Avant d’expliquer le mécanisme des « tables mystérieuses », voyons d’abord de quoi il s’agit eu
- 1 Suite et fin. Voy. n° 893, du 12,juillet 1890, p. 95.
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- scène. Trois voyageurs arrivent dans une auberge et il n’y a à manger que pour un ; on apporte une table toute servie pour un seul convive. Sur le vœu formé par l’un des acteurs, la table se divise en trois tables semblables que l’on voit se superposer; chacune des deux nouvelles est servie identiquement comme la première.
- L’inspection des figures 1 et 2 fera comprendre le truc. Cette table (fig. 1) qui semble unique, est en réalité, composée de trois tables dont les pieds s’emboîtent les uns dans les autres ; les dessus des tables supérieures sont percés de fentes pour laisser passer le service de celle du dessous. Le spectateur voyant la table de face ne s’aperçoit pas que tout le service est en triple. Ces accessoires sont absolument plats et s’appliquent l’un contre l’autre ; ils sont découpés dans une feuille de tôle et la peinture se charge de leur donner du relief. Notre dessinateur a montré la table un peu de profil et exagéré exprès l’espace entre chaque objet pour faire mieux comprendre la chose. Lorsqu’on apporte la table en scène, on a soin de poser les quatre pieds exactement en regard de petites trappes ménagées dans le plancher et de la fixer en H avec un crochet.
- Les trappes correspondent à quatre montants qui viennent par les dessous s’engager dans les pieds et qui sont réunis en un seul bâti X, portant des poulies (fig. 2). Une corde attachée à un point fixe L, passe sous les poulies du bâti, vient repasser sur une poulie fixe et se termine par un contrepoids P qui
- fait équilibre au poids des deux tables supérieures et du bâti lui-même. Un seul homme, placé dans le
- dessous, en tirant sur ce contrepoids, fait monter au moment voulu tout le bâti; les tringles poussent les pieds emboîtés l’un dans l’autre, et soulèvent les deux tables supérieures. La figure 2 montre sur la gauche les pieds ouverts pour laisser voir la disposition des tringles. Celles-ci disparaissent, bien entendu, dès que les acteurs en scène prennent les tables supérieures pour les placer à côté de la première. Voici maintenant la suite de l’aventure. Nos trois compères se sont à peine installés, chacun devant sa table, qu’arrivent deux pèlerins qui, eux aussi, voudraient bien dîner; on leur approche une quatrième table, mais sans rien dessus. Heureusement pour eux, ils sont protégés par une fée plus puissante que la première et, sur leur désir, tous les mets disparaissent des trois premières tables pour être transportés immédiatement sur la leur. Pour mécanisme, revenons aux deux premières figures. On voit que la nappe de chaque table est repliée sur elle-même. Une extrémité est clouée la table, l’autre se termine par une tringle en fer attachée en M et N â de forts caoutchoucs qui sont tendus ; la tringle est maintenue dans sa position par un crochet. Sur une réplique convenue, les acteurs enlèvent, sans en avoir l’air, ces crochets ; la nappe, vivement tirée par les caoutchoucs s’étend tout à coup sur la table et la tringle en rasant la [surface replie contre elle tous
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- les mets, verres, bouteilles et bougies, qui sont montés sur des charnières. Les bougies s’éteignent d’elles-mêmes dans ce mouvement. Au même moment et sur la même réplique, la quatrième table se charge de mets. La figure 5 montre par une déchirure faite par derrière que les mets sont tout préparés, bougies allumées dans le fond de la table.
- De forts contrepoids P glissant dans les pieds sont reliés à ce double fond par quatre cordes passant sur des poulies, ils tendent à le faire monter. Mais il est maintenu en bas par un fil FF le prenant au milieu et en dessous et venant après avoir passé sur des poulies s’accrocher au milieu d’un volet A B C D qui forme le dessus de la table. Ce volet tend à s’ouvrir, non seulement sous l’action du fil FF et des contrepoids P, mais aussi de ressorts à boudin placés entre les charnières. On voit que deux petits verrous le retiennent fermé (fig. 3).
- Dès que ces verrous sont tirés, il s’ouvre en, se rabattant par derrière, et le double fond vient prendre sa place.
- La figure 4 montre la position du volet ABCD après l’opération.
- La partie vue sur la gravure est celle qui est cachée aux spectateurs ; sur l'autre face, qui est vue de la salle se trouve clouée une nappe qui dissimule la caisse, on ne voit que l’extrémité des pieds; le dessus du volet peint en blanc donne l’illusion de la nappe se continuant sur la table.
- Les acteurs arrivent facilement à défaire de part et d’autre les crochets avec un ensemble parfait. La disparition d’un côté et l’apparition de l’autre se fait
- avec une telle rapidité qu’on ne peut s’expliquer, comment cela a pu se faire. L’effet est surprenant même quand on est dans le secret... comme maintenant les lecteurs de La Nature.
- Il existe dans la même féerie bien d’autres trucs
- dont nous n’avons pas parlé parce qu’ils se comprennent facilement sans explication. Ce sont souvent ceux-là qui excitent le plus la joie du public.
- Au commencement de la pièce, par exemple, on voit un bonhomme assis sur un fauteuil et en train de déchiffrer un grimoire. Il est éclairé par une chandelle. Tout à coup la chandelle grandit, grandit... et atteint 5 mètres de haut, mais le bonhomme ne s’en aperçoit pas, car en même temps, les pieds de son fauteuil sont montés
- à la même hauteur. Ce n’est que quand il veut quitter son siège qu’il constate sa situation élevée. La bonne fée qui le protège fait bien redescendre le fauteuil, mais elle oublie de faire descendre aussi la chandelle, de sorte qu’il ne peut plus lire. Tout le monde se rend parfaite ment compte que chandelle et fauteuil sont prolongés dans le dessous du plancher, et que c’est de là qu’on les pousse, mais malgré cela, c’est une hilarité générale. Ce qui prouve qu’il n’est pas toujours nécessaire de dépenser beaucoup d’argent et d’imagination pour amuser le spectateur ; il faut seulement frapper juste et à propos, ce qui est quelquefois beaucoup plus difficile. G. Mareschal.
- Fig. 3. — Explication du mécanisme de la table à triple service.
- Fig. 4. — La même table après la transformation.
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- CHRONIQUE
- Fabrication de l'ammoniaque au moyen de la houille. — M. Mond arrive à transformer l’azote de la houille en ammoniaque en brûlant celle-ci dans un courant d’air chargé de vapeur d’eau. Dans son installation de Northwich, il est arrivé à retirer 32 kilogrammes de sulfate d’ammoniaque par tonne de charbon anglais renfermant 1,2 à 1,0 pour 100 d’azote. Voici quelques détails sommaires sur les appareils employés par l’auteur, d’après le Mémoire qu’il a publié dans les comptes rendus de la Society of Chemical industry. Le charbon est brûlé‘dans des fours à vent se .chargeant par la partie supérieure et ayant un cendrier en partie rempli d’eau. Le foyer ne possède pas de grille et l’air est dirigé dans la masse incandescente après avoir barboté dans l’eau du cendrier. Les produits de la combustion sont conduits dans un laveur muni d’un agitateur mécanique, fonctionnant comme les barillets des usines à gaz. Ce laveur fournit des goudrons et des eaux ammoniacales. Les gaz traversent ensuite une tour remplie de briques à claire-voie sur lesquelles coule en mince nappe une solution de sulfate d’ammoniaque renfermant une certaine quantité d’acide sulfurique libre. Les eaux ainsi obtenues sont séparées des goudrons, évaporées, et donnent par refroidissement des cristaux de sulfate d’ammoniaque. Les eaux mères servent à humecter le contenu d’une seconde tour que traversent les gaz au sortir de la première, où ils se dépouillent presque complètement d’ammoniaque. Les gaz servent ensuite à chauffer l’air qui se rend aux fourneaux. Us renferment 10 pour 100 d’oxyde de carbone, 23 pour 100 d’hydrogène et 3 pour 100 d’hydrocarbures. On les emploie comme combustible pour les évaporations ; leur valeur calorifique est environ 75 pour 100 de celle du charbon.
- Tannage électrique. — L’établissement, à Ber-mondsey (Londres), de la British Tanniny Company, fondée au commencement de 1889 pour l’exploitation en Angleterre du procédé de tannage électrique de MM. Worms et Balé, est terminé et a commencé à fonctionner. Un grand nombre d’invités sont venus le visiter récemment. Le procédé Worms et Balé repose sur la combinaison de deux faits déjà connus antérieurement, et qui concourent tous deux à l’accélération du tannage. L’un, révélé par Gaulard, est le passage d’un courant électrique à travers le liquide actif; l’autre, dont quelques rares tanneurs avaient déjà tiré parti, est l’agitation des peaux à tanner dans le liquide, ou l’inverse. A la tannerie de Bermondsey, les peaux sont placées dans des tambours cylindriques de 3m,tlü de diamètre, qui possèdent un mouvement de rotation. Chaque tambour contient 500 kilogrammes de peaux et 1000 à 1500 kilogrammes de liquide, qui le remplissent à moitié. Le liquide est un extrait tannant dilué, auquel on ajoute un peu de térébenthine. Un courant de dix ampères entrant et soient par les paliers, passe à travers le contenu du tambour. La rotation du tambour et le passage du courant durent de deux à six jours, suivant l’épaisseur des peaux. Au bout de ce temps, le tannage est terminé. L’examen de la tranche d’une peau coupée montre que l’action est uniforme sur toute l’épaisseur, résultat que n’avait pu donner jusqu’à présent aucun procédé de tannage accéléré. La force des cuirs tannés par le procédé Worms et Balé serait supérieure à celle des cuirs ordinaires. D’après des essais faits à la demande de Falkenstein, directeur de la tannerie de Bermondsey, les dos pour courroies
- lannés à cette usine auraient une résistance à la traction de 4305 livres par pouce carré (301 kilogrammes par centimètre carré), tandis que les cuirs de même espèce, préparés par les procédés ordinaires, se rompent, d’après Kirkaldy, sous une traction moyenne de 3572 livres par pouce carré (250 kilogrammes par centimètre carré).
- line source au fond de la mer. — L’île Bahrein, située dans le golfe Persique, est le lieu de production d’un phénomène géologique fort curieux, — Pile, ou du moins le fond de la mer dans le proche voisinage de la côte de l’île. La température y est torride; il n’v a ni puits ni citernes, celles-ci d’ailleurs ne pourraient point être alimentées, puisqu’il ne pleut jamais sur l’île, et cependant, malgré tout, une.population nombreuse y existe. C’est donc qu’elle trouve à boire : elle se procure l’eau qui lui est nécessaire... au fond de la mer, où il se fait un jet puissant d’eau douce. Mais il faut aller puiser l’eau à cette source sous-marine, et pour cela il faul un procédé tout particulier et très original. Ce sont des plongeurs qui vont à la recherche de l’eau douce. Une équipe s’en va en bateau au-dessus du point où sort le jet d’eau douce; un plongeur se jette à l’eau, tenant de la main gauche, et en bouchant solidement l’ouverture avec son poing, une grande outre en peau de chèvre; dans la main droite il tient une grosse pierre qui l’aidera à plonger, cette pierre est d’ailleurs attachée à une corde; s’étant jeté à l’eau, il touche bientôt le fond, entraîné par le poids de la pierre. Immédiatement il lâche la pierre, ouvre son outre au-dessus du jet de la source, la lefenne vigoureusement et hermétiquement dès qu’il la sent remplie, ce qui se produit presque immédiatement. Buis il se laisse pousser à la surface de l’eau par la force de celte espèce de geyser. Les camarades qui sont restés dans le bateau se hâtent de l’aider à remonter dans l’embarcation et surlout de le débarrasser du précieux récipient, dont on verse le contenu dans un grand tonneau que porte le bateau. On remonte la pierre en tirant sur la corde; elle va servir à nouveau au plongeur qui se précipite à nouveau, em-I ortant une nouvelle outre. Il lui faut assurément beaucoup de présence d’esprit pour ne pas ouvrir l’outre avant le moment voulu; autrement il ne rapporterait à la surface que de l’eau saumâtre au lieu d’eau douce.
- La meilleure machine thermique. — On sait qu’en vertu du principe de Carnot, les moteurs thermiques, c’est-à-dire les appareils qui transforment l’énergie thermique ou chaleur, en énergie mécanique ou travail, ne peuvent effectuer cette transformation qu’en consentant à une perte dont la limite théorique est fixée par les températures absolues maxima et minima des substances décrivant un cycle thermodynamique. Au point de vue économique, c’est la machine à vapeur qui vient en première ligne, mais, au point de vue du rendement, lorsqu’on ne fait pas intervenir les prix relatifs des combustibles ramenés à la même quantité dé chaleur développée, ce sont les moteurs à gaz qui tiennent la tête, et de beaucoup. Une récente lettre adressée par M. J. Hirsch à la Société d’encouragement pour l’Industrie nationale, en fait foi. H s’agit d’expériences faites sur un moteur à gaz construit par MM. Rouart frères. Nous citons textuellement : « Le moteur est à deux cylindres; en allure normale, il développe environ 16 chevaux effectifs (12 poncelets). Les expériences ont eu pour objet de constater le rendement, c’est-à-dire la quantité de gaz consommé par unité de travail produit; le détail de ces expériences est donné dans le compte rendu. Quant au résultat obtenu, il est
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- remarquable : celte machine a réalisé aux essais une consommation très faible: 001 litres de gaz par cheval-heure effectif; autrement dit, cette machine transforme en travail 20 pour 100 de la chaleur contenue dans le combustible qu’elle consomme, Un pareil résultat dépasse de beaucoup tout ce que l’on a pu obtenir jusqu’ici à l’aide de machines à vapeur. Nos meilleures machines à vapeur présentent en effet un rendement thermique qui n'atteint guère 10 pour 100. »
- Un nouvel indicateur de fuites de gaz.—On sait depuis longtemps que l’éponge ou mousse de platine jouit de la propriété curieuse de devenir spontanément incandescente lorsqu’elle est plongée dans un mélange d’air et de gaz combustible, mais cette propriété n’avait pas été appliquée jusqu’ici à l’indication des fuites de gaz, faute d’une disposition appropriée pour utiliser ce fait expérimental d’une façon pratique. Pour obtenir ce résultat, M. II. N. Warren propose de saturer de l’amiante avec une solution d'oxalate de platine, et de l’enflammer dans un creuset en platine. Cette substance ainsi préparée devient incandescente lorsqu’elle est placée dans une atmosphère renfermant seulement un demi pour 100 de gaz. Mais il faut, pour que l’action se produise, que la mèche d’amiante soit portée à une température de 80 degrés Fahrenheit; on peut obtenir ce résultat en la chauffant au préalable à l’aide d'une petite lampe à esprit-de-vin. J1 suffit alors d’approcher la mèche de l’endroit suspect pour voir aussitôt la mèche d’amiante devenir incandescente, si le mélange de gaz et d’air atteint ou dépasse la proportion indiquée. L’idée est assurément ingénieuse, mais l’emploi d’une mèche qu’il faut chauffer à 80 degrés Fahrenheit nous semble encore un peu compliqué. Espérons que le procédé se perfectionnera, et qu’on découvrira une combinaison qui dispense de ce chauffage préalable.
- L’écriture microscopique. — Un camelot vend actuellement sur les boulevards à Paris, de petits cartons sur lesquels se trouvent tracés des traits horizontaux qui, vus sous un fort grossissement, révèlent une écriture microscopique parfaitement lisible. Chaque disque de la grandeur d'une pièce de 1 franc renferme une fable de La Fontaine. Le vendeur laisse croire que cette écriture a été faite par lui directement à l’aide d’une loupe. En réalité elle est obtenue par la réduction au moyen de la photogravure de grandes pages écrites en écriture ordinaire. La Revue des livres et de la presse, à laquelle nous empruntons ce document,ajoute ce souvenir historique : <t C’est en somme la reproduction par des procédés industriels et scientifiques de ces merveilles d'autrefois dont parle Pline : VIliade tout entière (15210 vers) écrite sur un morceau de parchemin pouvant être renfermé dans une coquille de noix, ou bien encore ces grains de millet sur .chacun desquels un scribe habile avait pu tracer en entier un vers alexandrin. »
- Les Presses mécaniques. — On annonce que le New- York Herald a fait récemment l’acquisition de presses qui impriment, coupent et plient 48 000 exemplaires d’un journal de 8 pages à l’heure. Un autre journal de New-York fait annoncer que dans quelques semaines il aura des presses mécaniques qui donneront 100 000 exemplaires à l’heure. Il y a moins d’un siecle, les presses à bras ne pouvaient donner que de 60 à 100 exemplaires à l’heure. Vers 1830, les presses mécaniques à mouvement alternatif permirent un tirage de 500 à 600 exemplaires à l’heure. Ce fut considéré alors comme merveilleux. Si l’on compare ces chiffres avec ceux qu’il est possible d’obtenir au moyen
- des presses rotatives actuelles, on voit l’énorme progrès accompli en quelques dizaines d’années.
- Une expérience de marche. — Dernièrement, deux sous-officiers du 5° bataillon de chasseurs à pied, nommés J.-B. Montillot et E. Fournier, en garnison au fort de Beauregard près Dijon, voulurent se rendre compte de la distance qu'ils pourraient parcourir en vingt-quatre heuie?. Ils rentrèrent au fort au bout de vingt-cinq heuies, sur lesquelles il faut défalquer quatre haltes comprenant ensemble sept heures et demie. Ils avaient parcouru un trajet de 118 kilomètres ; la movenne de leur allure avait été d’environ 6757 mètres à l’heure.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 août 1890.— Présidence de M. Duchaîitre.
- Traitement du Black-root. — M. Delécluze s’est appliqué à la recherche des moyens propres à combattre efficacement la maladie de la vigne connue sous le nom de Black-root, due aux ravages de spores qui se fixent aux feuilles de la vigne. La solution aqueuse de sulfate de cuivre qui paraissait devoir fournir un excellent remède ne réussit guère que dans une proportion de 25 pour 100 du nombre d’hectares traités. M. Delécluze croit avoir trouvé la raison de ce demi-succès dans la façon d’opérer des viticulteurs, qui mouillent seulement la partie supérieure des feuilles, tandis qu’il est essentiel de mouiller également les faces inférieures. Les résultats qu’il a obtenus à l’aide de cette méthode lui semblent absolument concluants. L’auteur n’indique pas le moyen pratique de mouiller les faces inférieures des feuilles; son procédé semble donc d’une application difficile.
- Epuisement des terres restées sans engrais. —M. De-hérain entretient l’Académie de ses expériences relatives aux causes d’épuisement des terres restées sans engrais. 11 a eu à sa disposition des terres laissées dans cet état depuis 1875, c’est-à-dire depuis quinze années. Tandis qu'elles pouvaient encore donner une récolte passable avec de l'avoine, elles ne pouvaient nourrir la betterave. Or les terres épuisées diffèrent surtout des terres arables par la faible proportion de carbone organique qu’elles renferment. Cette proportion se réduisant de plus de moitié, il est naturel de lui attribuer le principal rôle. Ce rôle avait paru être de retenir l’eau à la manière d’une éponge; de plus, en se brûlant, ces matières peuvent devenir l’origine de nitrates. M. Dehérain a constaté que les eaux de drainage, que donnent les deux espèces de terres placées dans des conditions atmosphériques analogues, sont très peu différentes ; mais tandis que les eaux provenant des terres dépouillées sont incolores, celles provenant des terres arables sont colorées par des matières organiques. Les premières laissent passer 2 grammes de potasse par mètre cube, les secondes 4. Les quantités de nitrates sont également peu différentes, mais comme elles correspondent à l’un des principes actifs des fumures, M. Dehérain pense que les efforts des agriculteurs doivent tendre à «tenir ces nitrates dans les terres en exploitation. Dans ce but, il donne le conseil de pratiquer un léger labour aussitôt après la récolte et de semer des graines vigoureuses, puis au moment des grands labours, d’enfouir le tout.
- Un nouveau thermomètre. — M. Charles Henry présente un nouveau thermomètre qui possède, outre la graduation ordinaire, une graduation spéciale, déduite du principe de Carnot, dont les degrés sont une fonction logarithmique des degrés vulgaires. Cet appareil est un
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- véritable thermomètre physiologique, car il résulte des expériences de l’auteur qu’il y a anesthésie relative de la sensibilité thermique, chaque fois que les mains de l’expérimentateur sont plongées simultanément dans des bains à deux températures différentes, exprimées dans la nouvelle échelle par certains nombres entiers ou fractionnaires simples. D’ailleurs, ces nombres, que l’auteur appelle rythmiques, correspondent à des actions analogues dans d’autres manifestations de la sensibilité, chaque fois que, sous une forme plus ou moins directe, ils caractérisent une variation d’excitation. L’auteur évalue l’anesthésie déterminée par des températures rythmiques, en notant l’intervalle thermique nécessaire pour la perception d’une différence entre ces températures.
- hiloxicalion saturnine. — M. François, de la Faculté de Lille, a mis en évidence les effets de causes accessoires sur le développement des accidents provoqués par l’intoxication saturnine. M. François a expérimenté avec le chlorure de plomb administré en injection sous-cutanée à des chiens. On sait que les accidents dus à l’intoxication saturnine suivent une marche réglée et lente, allant de l’épilepsie au délire. M. François a fait absorber aux animaux soumis à l’expérience des quantités d’alcool suffisantes pour déterminer l’ivrésse. D’autres sujets ont été mis à l’épreuve d’émanations violentes.
- Dans les deux cas la succession graduelle des accidents saturnins a élé considérablement avancée.
- Cette expérience explique le développement si rapide de la maladie chez les ivrognes ou chez les personnes sous le coup de violentes émotions.
- Scaphandriers.—M. Ca-zalas, professeur;! Athènes,a fait une étude attentive des accidents qui surviennent aux scaphandriers. Les travaux poursuivis à Egine lui ont permis de recueillir plus de soixante cas pathologiques ; enfin il a expérimenté sur des animaux soumis à une décompression brusque. Les expériences de M. Cazalas ont vérifiéles conclusions deM.PaulBert relativement à l’accumulation des gaz dans les vaisseaux sanguins.
- Varia. — M. Dulaurier conseille, pour la décomposition du grisou, l’emploi de l’étincelle électrique passant d’une manière continue entre des conducteurs placés dans les galeries de mine. — M. Leduc a repris les expériences de M. Régnault d’une part, Dumas et Boussingault de l’autre, relativement à la composition de l’air. — M. Christian recherche les combinaisons de l’acide carbonique et de l’hémoglobine. — M. Belot propose le pétrole comme remède efficace contre le choléra. Stanislas Meunier.
- PHYSIQUE SANS APPAREILS
- FILTRE ÉCONOMIQUE
- En ce moment où la question d’épuration de l’eau est tout à fait à l’ordre du jour, il n’est peut-être pas sans intérêt de prendre connaissance d’un filtre simplifié, qu’on peut construire soi-même sans frais, et qui suffit parfaitement à purifier une petite quantité d’eau nécessaire à la boisson.
- Prenez une pipe en terre à grand fourneau, emplissez le fourneau de très petits fragments de charbon de bois léger, et comblez les interstices avec la poussière de ce même charbon, puis bouchez avec une rondelle de bon liège destinée à retenir le charbon dans la pipe. Avant de tasser le charbon, il faut mettre un petit tampon d’ouate au fond du fourneau.
- Après avoir adapté à l’extrémité du tuyau Un bout de tube de caoutchouc, la pipe constitue ainsi un excellent filtre siphon qu’il suffit de plonger dans un vase contenant l’eau à purifier. Pour faire fonctionner l’appareil, vous amorcez le siphon en aspirant fortement par le tube de caoutchouc; l’eau coule dans le récipient où vous désirez la recevoir, une carafe, par exemple, comme le représente notre figure.
- 11 est indispensable que l’extrémité du tube soit à un niveau plus bas que le fourneau de la pipe. Si vous désirez arrêter l’écoulement de l’eau, il suffit de_placer a l’extrémité du tube une petite pince façonnée comme l’indique le dessin figuré a gauche de notre gravure; c’est simplement une épingle à cheveux, pliée suivant ABC ; on introduit le caoutchouc dans la boucle C et quand on désire que l’écoulement reprenne, il n’y a qu’à appuyer sur les extrémités A et B dont le rapprochement fait ouvrir la boucle C et desserrer le tube.
- Dans le cas où l’on désirerait obtenir beaucoup d’eau en peu de temps, il suffirait de disposer ainsi plusieurs filtres dans un même récipient1.
- 1 Communiqué par M. II. B., à Paris.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Filtre eoulcctionué avec une grosse pipe en terre.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N» 898. — U» AOUT 1890.
- LA NATCUE.
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- LES MOUTONS ALLEMANDS
- ET LA F IL VUE APHTEUSE
- Depuis une quarantaine d’années, le nombre des moutons a notablement diminué en France, et cette dépécoration, comme disent les agronomes, qui s’accentue d’ailleurs d’année en année, n’est pas particulière à notre pays, elle est tout aussi manifeste en Angleterre et en Belgique, par exemple. C’est bien a tort qu’elle a ému quel tpi es économistes, car sa cause réside, à n’en pas douter, dans les progrès de la culture; le mouton seul pouvant utiliser les pâtis et les maigres piiturages qu’entretient la culture extensive, et qui, heureusement, deviennent de plus en plus rares. Ainsi, en 1840, on comptait en France 52 millions de moutons; en 1862, ce chiffre s’abaissait à 29500000; en 1872, il était de 24 600 000 et aujourd’hui, la population ovine de notre pays at-teint environ 21 000 000 de tètes1. Les départements qui comptent le plus de moutons ne sont donc pas, d’après ce qui précède, ceux dont la culture est la plus avancée; en effet, c’est dans l’Aveyron et l’Indre que ces animaux sont les plus nombreux2 ; par contre le Nord
- et le Pas-de-Calais, qui sont les départements les plus avancés au point de vue agricole, comptent relativement peu de bêtes ovines.
- Or, malgré cette diminution du nombre des moutons en France, la consommation de la viande de boucherie va toujours en augmentant, aussi ne pro-i.
- 1 Yoici d’ailleurs la statistique de la population ovine pour les divers pays de l’Europe; ou compte :
- PAR 100 HECTARES POUR 100 HABITANTS
- Soit 40 moutons, OU 60 pour la France
- — 125 — ou 112 pour l’Angleterre
- — 56 — ou 80 pour la Prusse
- — 44 — ou 138 pour l’Espagne
- — 23 — ou 26 pour l’Italie
- — 20 — ou 11 pour la Belgique
- — 9 — ou 65 pour la Russie.
- 2 Dans l’Aveyron, on comptait 857 448 moutons en 1840, et 757 528 en 1876, ce dernier chiffre s’est maintenu depuis.
- Dans l’Indre, on comptait 801 627 moutons en 1862 et 663 354 en 1882. Le département du Nord où l’agriculture ôst la plus avancée compte aujourd’hui 111000 têtes de moutons, tandis qu’il y en avait 184000 en 1862.
- 18' annse.
- 2e semestre.
- duisons-nous plus assez de bêtes ovines pour les besoins de l’alimentation. Le déficit, grâce à la facilité des voies de communication et des moyens de transport, est comblé par les arrivages de l’étranger. On évalue à plus de 100 millions les sommes envoyées hors de France par suite de la réduction de nos têtes de moutons de 52 à 21 millions. C’est surtout l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie qui nous envoient des moutons; l’Allemagne tient la tête dans ce mouvement, et on compte que, depuis 1884, il h été importé, de ce pays, une moyenne de 600 000 moulons par an.
- Mais la loi de 1887 a frappé d’un droit de 5 francs par tête tous les moutons venant de l’étranger. Or, comme en définitive, nous ne produisons pas assez de moutons indigènes, les viandes abattues n’ont été frappées que d’un droit très minime, soit 0fr,60 par mouton abattu (ce qui semble surtout favoriser
- les producteurs de laine français plutôt que les producteurs de, moutons de boucherie), il en est résulté que l’importation d’Allemagne, des moutons vivants, a fortement diminué et que, par contre, l’arrivage des viandes mortes s’est accrue dans une notable mesure. Ainsi, en 1889, l’Allemagne nous a envoyé ‘206 000 moutons vivants, soit une diminution de 400 000 têtes sur l’importation de 1884, et pour les moutons abattus, tandis que l’importation était de 2 500 000 kilogrammes en 1887, elle atteignait 5000 000 l’année suivante, et dépassait 8000000 en 1889.
- En outre, Paris a reçu, en 1888, 4810 kilogrammes de viande de mouton congelée, provenant de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Comme on le voit, ces viandes congelées, dont on s’était fortement ému tout d’abord, ne nous arrivent qu en quantités insignifiantes, elles sont d’ailleurs peu appréciées des consommateurs. *
- . Les choses en étaient là, lorsque l’arrêté du 25 novembre 1889 a interdit l’entrée en France de tous les moutons vivants venant d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie, arrêté motivé par une épizootie de fièvre aphteuse sévissant avec beaucoup d intensité sur les moutons.de ces pays. Certes, les producteurs de moutons français n’avaient pas à se plaindre de cette interdiction qui les mettait à l’abri
- il
- lu mouton allemand.
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- d’une maladie éminemment contagieuse susceptible d’entraîner à des pertes considérables. Mais cela n’a pas fait l'affaire des bouchers, mégissiers, peaussiers et boyaudiers parisiens, car l’importation des viandes abattues a subi une recrudescence importante, la chair des bêtes atteintes de fièvre aphteuse n’étant nullement insalubre. Comme quoi, on a bien raison de dire que ce qui fait le bonheur des uns fait le malheur des autres; mais on nous accordera qu’il valait mieux sacrifier la boucherie et la mégisserie parisienne à l’ensemble de notre élevage de bêtes ovines.
- Tel est, en somme, le résumé de cette importante question des moutons allemands et de la fièvre aphteuse, qui a pris, à Paris, les proportions d’un événement, et non sans quelque apparence de raison, étant donnés les intérêts multiples mis en jeu. Aussi croyons-nous être agréable à nos lecteurs en leur présentant ces fameux moutons allemands qui, il y a quelques mois, ont défrayé toutes les chroniques.
- M. A. Sanson, l’éminent professeur de zootechnie de l’École nationale d’agriculture de Grignon et de l’Institut agronomique, fait, des moutons dits allemands, une variété de la race qu’il appelle Germanique (Ovis aries Germanica)', ils ont donc par cela même bien des points de ressemblance avec les moutons Dishley, communément appelés moutons précoces, ou perfectionnés, dont on admire tous les ans de si beaux spécimens dans les concours et qui appartiennent d’ailleurs à la même race. - Les moutons allemands sont nettement brachycéphales, les arcades orbitaires sont très saillantes et, en arrière de celles-ci, on remarque de fortes dépressions; le front est large, entre les yeux est une petite dépression ; le chanfrein présente une surface courbe, en ogive peu accentuée; l’arcade incisive est étroite, ce qui rend la bouche petite, la face est par cela même triangulaire et relativement courte.
- Les moutons allemands sont de grande taille, assez variable d’ailleurs suivant les localités, mais n’allant que rarement au-dessous de 70 centimètres. La tête est forte et osseuse. Leurs jambes sont longues et maigres, la poitrine est ample et les jambes écartées; contrairement aux moutons anglais Dishley, les variétés allemandes de la race germanique ont le squelette grossier ; leur poids vif varie entre 40 et 50 kilogrammes, et leur rendement en viande nette atteint rarement 50 pour 100.
- La toison de ces bêtes s’arrête un peu en arrière de la nuque, ce qui les fait paraître chauves; celle-ci est d’ailleurs assez grossière, formée de mèches pointues et tombantes, longues et dures au toucher ; elle est blanche, ou plutôt blanchâtre; d’après A. de Weckherlin, le rendement en laine s’élève à 4 ou 5 livres après le lavage. La face, les jambes et surtout les oreilles présentent des taches noires ou brunes très caractéristiques. .La laine ne s’étend jamais non plus jusque sur les membres, i ' Les représentants de cette variété se rencontrent
- principalement dans les provinces de Westphalie, Franconie, Bavière et Wurtemberg, où on les désigne, en raison de légères particularités qui les distinguent, sous le nom de race de pays (Landschaf). Les westphaliens se distinguent facilement par leur corps ample et leurs membres moins allongés. Dans cette province, bon nombre de troupeaux, comme le fait remarquer M. Sanson, sont l’objet de soins de reproduction et d’alimentation qui se reconnaissent à une meilleure conformation. Us atteignent un plus fort poids et un rendement plus élevé. La saveur de la viande, qui dans toutes les variétés allemandes n’a rien de remarquable, n’est pas ici plus fine, mais celle-ci est moins difficile à mâcher et à digérer.
- Ces moutons, dans leur pays, sont l’objet d’un commerce d’exploitation très actif, surtout dirigé vers Paris. Comme le fait remarquer Settegast, la prospérité de l’Allemagne et l’état florissant, de son industrie sont dus, pour une grande partie, à l’exploitation lucrative de son sol maigre au moyen de ces bêtes à laine, à laquelle s’est jointe la culture de la pomme de terre et sa transformation en alcool. Les franconiens ont les membres un peu moins longs, et par conséquent le corps plus volumineux; leur laine, très grossière, longue de 15 à 20 centimètres, ne présente que de faibles ondulations. Sur le marché de la Villettc, leur viande est moins estimée que celle des westphaliens.
- Dans les nombreux troupeaux qui arrivent, ou plutôt qui arrivaient dans ces derniers temps au marché de la Villette, on pouvait remarquer aussi quelques individus différant d’une sensible manière des précédents, tout d’abord par leur dolichocé-phalie1, leurs orbites également saillants, avec un chanfrein busqué à partir de la dépression orbitaire, courbure se continuant jusqu’au bout du nez, celui-ci étant serré au-dessous des yeux, les joues fortes et la bouclie grande. Ces moutons appartiennent a une autre race, celle du Danemark, Ovis aries ingevonesis de M. Sanson ; ils sont à peu près de même taille, mais on les distingue tout de suite à leur tête volumineuse, leurs oreilles pendantes, leur cou long et leur physionomie stupide ; de plus leur queue est relativement courte, de la le nom de Karzchwænzige-Schaf (mouton a courte queue), qu’on leur donne dans les provinces de Prusse, du Hanovre, de Mecklembourg et de Poméranie, où ils constituent la population ovine locale.
- Dans le Hanovre, ces moutons sont désignés sous le nom de Haideschnucke (race des bruyères) ; ils sont de plus petite taille et d’une grande rusticité.
- En descendant vers la vallée du Rhin, on trouve les Laubelschaf, dont la laine est un peu plus fine ; les représentants de cette variété se rencontrent aujourd’hui jusque dans le bassin de la Sarre. Dans la région de l’Eifel ces moutons sont désignés sous le nom de Rhônschaf.
- 1 C’est-à-dire à cràuc allonge contrairement aux brachycéphales qui ont le crâne plutôt développé en largeur
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- Dans les vallées et les plaines, on trouve une population ovine de forte taille, a laine lisse et plus longue, ayant beaucoup d’analogie avec nos moutons flamands et caractérisés surtout par une tache noire autour des yeux; on les désigne sous le nom de Spiegelschaf (moutons à lunettes).
- Tels sont les caractères, non pas des populations ovines de l’Allemagne, qui sont nombreuses et au milieu desquelles les mérinos et surtout les métis Southdown-mérinos (plus particulièrement désignés sous le nom de prussiens sur le marché de la Villette), deviennent de plus en plus nombreux, mais bien des moutons dits allemands, qui arrivent sur nos marchés de France, et parmi lesquels les franconiens et les westphaliens dominent de beaucoup.
- Les moutons allemands, ou plutôt habitant les diverses parties de l’Allemagne, cette distinction ayant son importance, en raison du peu de soins qui leur sont généralement donnés, et malgré leur rusticité, sont sujets à bon nombre d’affections et de maladies diverses ; depuis quelque temps surtout, la fièvre aphteuse ou cocotte sévit sur eux avec une singulière intensité. Cette maladie, dont on a, il faut le reconnaître, un tant soit peu exagéré la gravité, est encore appelée mal de bouche ; elle est éminemment contagieuse et peut être importée dans les villages par des troupeaux de passage. Elle est surtout caractérisée par le développement dans la bouche, sur les lèvres et dans l’espace interdigité, de petites ampoules ou phlyctènes, isolées ou confluentes, très douloureuses; les moutons atteints deviennent tristes, ils sont abattus, leur bouche est chaude et dénote un état fébrile manifeste; un ou deux jours après l’apparition de ces symptômes, se montrent les phlyctènes, ce qui atténue quelque peu la fièvre ; les vésicules sont surtout abondantes sur le bourrelet incisif, mais elles peuvent manquer en cet endroit, tandis qu’elles se montrent toujours aux onglons. Peu de jours après, les ampoules s’ulcèrent, et enfin elles se dessèchent généralement vers le huitième jour.
- Cette maladie, on ne saurait trop insister sur ce point, est éminemment contagieuse, et elle attaque non seulement les moutons, mais encore les bêtes bovines chez lesquelles elle est plus grave, et même les porcs; aussi, pour éviter la contagion, faut-il, dès le début, isoler les malades et leur donner une alimentation légère et rafraîchissante.
- C’est par les étables, les aliments, les pâturages, les routes, les voitures, les wagons, que la propagation s’effectue surtout ; toutefois, la contagion est peu active au commencement et au déclin de l’épizootie, c’est surtout au moment où les ampoules sont pleines de liquide virulent et que l’écume sort de la bouche, c’est-à-dire deux ou trois jours avant la dessiccation, que la contagion est le plus à craindre.
- Ce n’est pas d’hier qu’on connaît cette maladie, qui, s’il faut en croire certains documents, sévissait déjà sur le bétail au seizième siècle. Or, on a remarqué une certaine périodicité dans son éclo-
- sion ; en effet, dans la seconde moitié de ce siècle, presque toute l’Europe a été frappée, notamment en 1845-1846, 1855-1857, 1862, 1869; en 1871, 700 000 têtes de bétail ont été contaminées en France et en Angteterre; en 1872, la cocotte a frappé 200 000 moutons dans le Wurtemberg et dans le duché de Bade. Enfin, en 1886, la maladie a atteint 500 000 moutons en Prusse1.
- Comme le fait remarquer M. Magne, ancien directeur de l’Ecole vétérinaire d’Alfort, il serait difficile de soigner individuellement un grand nombre de malades, mais on peut donner à boire de l’eau salée ou acidulée pour déterger les plaies de la bouche, et préparer un bain avec de l’eau dans laquelle on a délayé quelques kilogrammes de chaux ou plutôt 4 à 5 kilogrammes pour 100 litres de sulfate de cuivre. On dispose ce bain dans un vase large et peu profond, qu’on place sur le seuil d’une porte; on fait passer les animaux par cette porte et on les force ainsi à plonger les pieds dans le bain ; on les tient ensuite sur une litière sèche. Ce moyen facilite la cicatrisation des ulcères.
- 11 faut remarquer que la chair des moutons atteints de la cocotte n’est nullement malsaine pour la consommation ; leur laine non plus ne souffre rien de cette affection, mais les bêtes malades dépérissent beaucoup et la saveur de la viande s’en ressent par cela même.
- En un mot, si l’épizootie en question n’est pas des plus meurtrières, c’est, par contre, une des plus ennuyeuses pour les éleveurs ; aussi, à notre sens, l’arrêté ministériel du 25 novembre, malgré les récriminations auxquelles il a donné lieu, a-t-il été une sage mesure. Nous avons assez d’épizooties graves sévissant sur les moutons en France, sans qu’il soit besoin d’ouvrir les portes à une maladie venant de l’étranger *, et qui, ainsi que nous l’avons vu, se propage avec une étonnante rapidité, non seulement sur les bêtes ovines, mais encore sur le gros bétail. Ce serait risquer trop gros jeu.
- Albert Larbalétrier,
- Professeur à l’École d’agriculture du Pas-de-Calais.
- 1 II y a quelques semaines, au moment même où cet article était écrit, l’épidémie de fièvre aphteuse, malgré l’interdiction dont nous avons parlé, s’était déclarée sur plusieurs points de la frontière de l’Est, notamment dans les communes de Tragny, Boulay, Aumetz, Brouville, Courcelles, etc.; à l’heure actuelle, d’après les renseignements qui nous parviennent, elle est en décroissance.
- 2 Le Comité consultatif des épizooties, réuni il y a quel-
- ques semaines sous la présidence de M. le Ministre de l’agriculture, s’est prononcé absolument contre la proposition d’installation, à la frontière, de parcs d’observation où serait interné le bétail étranger, parce que l’expérience a montré qu’en pareil cas, les quarantaines sont inefficaces contre la propagation de la maladie. }
- D’autre part, le Comité a émis l’avis, qu’avant d’autoriser l’envoi d’animaux vivants aux abattoirs de la Villette par wagons plombés, des locaux et des quais spéciaux fussent installés pour recevoir le bétail, en raison de l’extrême subtilité du virus de la fièvre aphteuse et de la facilité de sa propagation. Ce sanatorium est en ce moment en voie d’exécution.
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- LA NATURE.
- LA CRAVATE PHOTOGRAPHIQUE
- Où s’arrêteront les progrès de la photographie instantanée? A côté des admirables résultats obtenus par les savants et notamment par M. Marcy, les inventeurs se sont ingéniés depuis plusieurs années à exécuter de petits appareils minuscules qui permettent aux amateurs de faire des photographies sans que l’on s’en aperçoive. Nous avons fait connaître la j u m e 11 e p h o to-graphique1, le chapeau photographique2. Mais voici qui est plus fort et qui est destiné à obtenir grand succès au-
- praü-
- s’agit
- près des ciens. Il d’une cravate longue munie d’une épingle. L’épingle est un objectif, et la cravate longue une chambre noire. Quand quelqu’un vous aborde et vous parle à 50 centimètres ou même 1 mètre de distance, vouspressez dans votre poche une poire de caoutchouc invisible et vous avez le portrait de votre interlocuteur.— Cet ingénieux petit .appareil qui peut aussi prendre des vues
- Fig. 1. — Lu cravate photographique.
- d’ensemble, a été imaginé par M. Edmond Bloch qui l’a fait fonctionner devant nous, et quoique l’instrument ne soit pas encore fabriqué industriellement, nous n’avons pas voulu tarder à le faire connaître à nos lecteurs.
- Notre figure 1 représente la cravate longue -photographique, le numéro 2 la représente vue de face telle qu’elle doit 'être portée par l’opérateur, la chambre noire métallique, très plate et très légère devant être cachée sous le gilet. Le numéro I la figure par derrière, le couvercle de la chambre noire étant enlevé pour montrer le nécanisme intérieur. Il y a là six petits châssis minuscules qui peuvent passer successivement devant l’objectif et qui permettent d’obtenir successivement six clichés. L’instrument peut secon-
- 1 Voy. Tables des matières des dix premières années.
- 2 Voy. n° Gl.‘>, du 14 mars 1885, p. ‘258.
- struire avec 12 ou 18 châssis. Voici comment on fait fonctionner l’appareil. La cravate étant placée, on arme l'obturateur en tirant le bouton A (fig. 1, n° 2) qui passe sous le gilet. Pour changer la plaque, on tourne de gauche à droite le bouton B qui a été introduit dans une boutonnière du gilet et qui simule un bouton de ce vêtement.
- On doit tourner ce bouton jusqu’à ce qu’on sente l’effet d’un léger enclenchement qui se fait en G
- (fig. 1, nu 1) et qui met la plaque exactement devant l’objectif.
- Pour ouvrir l’objectif, on presse la poire de caoutchouc D qui a été placée dans la poche du pantalon ; le tube de caoutchouc E passe sous le gilet, et sert à transmettre l’action de la main. — Pour charger l’appareil, on l’ouvre à sa partie inférieure, et faisant tourner les petits ressorts, G,O,G., on met les plaques sensibles dans les châssis, et on replace les ressorts dans leur position primitive.
- L’appareil n’est guère plus épais qu’une cravate longue ordinaire appelée Régate par les chemisiers.
- La chambre noire (pii contient les plaques n’a pas plus de 5 millimètres d’épaisseur. La circulation des six petits châssis devantl’objec-tif s’obtient au moyen d’une chaîne sans fin comme le montre notre figure.
- M. Edmond Bloch nous a montré quelques-unes des photographies qu’il a pu obtenir avec ce premier appareil qu’il ne considère encore que comme un instrument d’essai. Nous reproduisons ci-dessus trois portraits obtenus par la cravate photographique (fig. 2) au moyen de l’objectif minuscule habilement dissimulé au centre d’une épingle. Ces épreuves ont environ 4 centimètres carrés ; elles sont suffisamment nettes pour parfaitement reconnaître les portraits figurés. — Si cet appareil peut être bien construit, nous lui prédisons une grande vogue. Gaston Tissandier.
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- Fac-similé des roiIrails obtenus à l aide de l'appareil ci-dessus.
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- LA NAT IJ HE
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- STATION D’ESSAIS DES MACHINES AGRICOLES
- INSTALLEE PAR LE MINISTERE DE L AGRICULTURE
- Depuis que le matériel agricole s’est perfectionné, le nombre des constructeurs mécaniciens qui s’occupent de sa fabrication s’est accru dans des proportions considérables. Les modèles d’une meme machine sont souvent très nombreux et très différents dans leurs dispositifs. Comment le cultivateur qui ne dispose ni du temps, ni de l’outillage scientifique nécessaires aux expériences peut-il se guider dans la
- recherche de la meilleure machine à employer? 11 est obligé de s’en rapporter souvent au prospectus. N’insistons pas sur la valeur d’un tel document.
- Pour les semences, les engrais, etc., il existe déjà des stations d’essais, des laboratoires agronomiques qui peuvent fixer le choix de l’intéressé. Rien de semblable n’existait pour les instruments.
- M. Ringelmann, professeur de mécanique agricole à l’Ecole de Grignon, a été frappé de cette lacune, et après bien des démarches, il vient d’atteindre le but qu’il s’était proposé. L’arrêté ministériel du 24 janvier 1888 a ordonné la création d’une station
- Station d’essai des machines agricoles à Paris. — Ilall principal. — M. Moteur à gaz de G chevaux. — P. Poulie à diamètre variable. D. Dynamomètres enregistreurs divers. — E. Machine à essayer.
- d’essais. M. Ringelmann fut naturellement chargé de cette création, et il s’y est consacré tout entier.
- Le Conseil municipal de Paris, prenant en considération l’intérêt qu’un semblable établissement pouvait présenter à l’industrie parisienne, a décidé, dans la séance du 17 décembre 1888 qu’un terrain communal d’une contenance de 3509 mètres carrés, situé rue Jenner, n° 47 (XIIIe arrondissement), serait affecté, pour une durée de quinze années, à M. le Ministre de l’agriculture, à l’effet d’y établir la station d’essais de machines agricoles.
- Ce terrain, placé en bordure d’une voie très large et d’un accès facile, en face de bâtiments municipaux, offre, tant par sa superficie que par sa situation et le voisinage, des avantages incontestables.
- Une clôture de 70 mètres de développement limite la station. Un portail en fer s’ouvre sur une rampe d’accès pavée, qui aboutit au hall d’essais. Ce hall que représente notre gravure comprend* outre le bureau de l’ingénieur directeur, un moteur à gaz M, de la puissance de 6 chevaux, des poulies P à diamètres variables dont nous parlerons prochainement, des dynamomètres indicateurs enregistreurs automatiques I); des compteurs, balances, etc. Un petit atelier de mécanicien comprenant tour, forges, machines à percer, etc., est adjoint à ce bâtiment.
- Ce hall est destiné aux essais des différentes mat chines dites d’intérieur de ferme (tarares, trieurs; aplatisseurs, concasseurs, moulins à farine, hache-.
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- LA NATURE.
- lfifi
- paille, coupe-racines; appareils d’industrie laitière, etc.) ainsi qu’aux machines industrielles telles que celles en usage dans la tannerie, la filature, l’éclairage électrique, etc.
- Un appentis de 14 mètres de longueur sur 4 mètres de profondeur, fermé sur ses deux pignons, peut abriter des machines dont le fonctionnement occasionne des poussières. Ces machines sont actionnées par l’arbre de couche du grand hall précédent qui, à cet effet, fait saillie du bâtiment sur une longueur de 5 mètres environ.
- Les essais de batteuses commandées par la partie extérieure de l’arbre, peuvent s’effectuer en plein air, du côté de la rampe d’accès, ou à l’abri, sous l’appentis précédent.
- Pour certains essais spéciaux (presses à fourrage, batteuses, élévateurs de paille, etc.) on dispose au fond du terrain d’une ligne de transmission de 40 mètres de longueur dont une extrémité est occupée par un hangar ouvert de 10 mètres de long sur 6 mètres de large. Contre le mur de fond s’adosse un appentis de 15 mètres de longueur et 5 mètres de profondeur, destiné à servir de remise au gros matériel, ainsi qu’au fer, au bois, au charbon, aux "matières diverses nécessaires aux expériences.
- Les essais de machines a vapeur, locomobiles, locomobiles routières, ont lieu en plein air ou sous un des appentis.
- Une piste circulaire est disposée à l’effet des expériences des manèges et des machines actionnées par un manège direct : batteuses, moulins à pommes, machines à préparer le mortier, etc.
- Prochainement, au milieu du terrain, on va élever un pylône de 18 mètres de haut destiné aux essais de pompes. Des planchers placés de 5 en 5 mètres, une grue fixée à la partie supérieure, des appareils de jaugeage, compléteront cette installation hydraulique qui permettra d’effectuer les essais dans d’excellentes conditions.
- Enfin un très grand emplacement est réservé au fond du terrain pour les concours spéciaux qui peuvent être organisés par le Ministre ou par des sociétés, sous les auspices de l’Administration. Telles sont, avec la maison du directeur et celle du mécanicien (qui est en même temps le concierge), les principales constructions de la station.
- Un laboratoire spécial, destiné à des expériences sur la résistance des matériaux, va être adjoint à la station. Ce laboratoire, pourvu des machines de précision nécessaires, rendra de grands services aux constructeurs et leur permettra de se rendre un compte exact de la valeur des matériaux, fers forgés, étirés, fontes, pierres, etc., qu’ils emploient.
- Les machines à essayer sont adressées au directeur de la station qui les soumet à un examen dont les points principaux sont : le rendement mécanique, la qualité du travail produit, les frais de fonctionnement. l’usure approximative. Les intéressés constructeurs ou acquéreurs peuvent demander à ce que l’examen soit plus approfondi sur l’un ou l’autre
- point. A la fin des essais, il est dressé un Bulletin d'expériences sur lequel sont consignés les résultats obtenus ; c’est un document officiel qui accompagnera désormais la machine et qui sera une garantie pour l’acquéreur.
- En dehors de cette catégorie d’essais, il en est une autre qui regarde le constructeur seul et qui n’est pas moins importante. 11 peut en effet être arrêté dans les perfectionnements, parce qu’il ne possède pas les renseignements scientifiques nécessaires. 11 peut hésiter sur la forme la meilleure à adopter pour telle ou telle pièce. Le laboratoire lui donnera toutes les indications nécessaires à cet égard, et ces essais, dits de renseignements, ne sont communiqués qu’à l’intéressé seul.
- Bien que la station ne fonctionne que depuis peu de temps et soit encore trop peu connue, elle a déjà eu à effectuer des essais de pompes, de moulins et de quelques autres machines. On voit que par l’installation générale qu’il est parvenu à réaliser, M. Rin-gelmann a créé un établissement qui répond bien à un besoin et qu’il atteint le but que le Ministère s’est proposé.
- Les essais sont faits à l’aide de procédés scientifiques et d’instruments de précision qui permettent de déterminer d’une façon absolue la valeur réelle des machines et des matériaux employés.
- Cette station rendra les plus grands services aux industriels et aux agriculteurs. G. Mareschal.
- LE GRISOU
- A PROPOS DE LA CATASTROPHE DE SAINT-ÉTIENNE DU 29 JUILLET 1890
- Le 29 juillet dernier, au puits de Villebeuf, près Saint-Étienne, un coup de grisou terrible faisait plus de 150 victimes, 112 morts et une quarantaine de blessés dont la plupart ne survivront pas, les blessures produites par ce genre d’explosion étant presque toujours mortelles. Sept jours après, le 4 août, un barrage d’incendie ébranlé par la catastrophe précédente occasionnait une nouvelle inflammation du grisou et faisait 12 autres victimes dont 2 morts.
- Le bassin de la Loire est le plus grand pourvoyeur du martyrologe du travail des mines en France ; nos lecteurs se rappellent l’explosion du puits Jabin en 1876 qui fit 189 victimes1, nombre qui n’a été dépassé que par la catastrophe de 1866 à Oaks Colliery (Angleterre) où l’on eut à déplorer la mort de 361 mineurs, et plus récemment en 1883, par celle de Frameries (Belgique) où plus de 600 mineurs furent tués.
- Les désastres de ce genre sont malheureusement trop fréquents; en Angleterre seulement, d’après une statistique publiée par le Times, de 1837 à 1887, le grisou n’a pas fait, sur le territoire du Royaume-Uni, moins de 60 000 victimes dans lesquelles le chiffre des morts figure à lui seul pour 11 U00. Bien qu’éprouvée aussi, la France n’a pas à déplorer une hécatombe semblable; dans une période de soixante-dix années, il s’est produit chez nous
- 1 Vov. n° 170. du 2 septembre 1876, p. 212.
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- 808 accidents de grisou ayant fait en tout 1520 tués et 1574 blessés.
- Malgré les progrès delà science et de l’industrie, malgré les efforts incessants des savants et des ingénieurs pour combattre le fléau, à l’annonce de chaque nouvelle catastrophe, les mêmes questions surgissent : à quoi attribuer le sinistre? sur qui doit-on faire retomber la responsabilité?avait-on fait le nécessaire pour prévenir un tel accident?
- Malheureusement le grisou ne désarme pas et déjoue tous les moyens mis en œuvre contre lui. Tantôt, il enveloppe progressivement le mineur, tantôt il fonce sur lui avec impétuosité. Dans le premier cas il s’échappe lentement de la houille par suite d’une diminution de pression atmosphérique, mais alors il est entraîné avec l’air des appareils de ventilation. Dans le second cas, plus terrible celui-là, le grisou s’accumule dans certaines cavités appelées sacs à grisou et y acquiert une pression considérable qui va jusqu’à 15 atmosphères. M. Lindsay-Wood a même mesuré, dans des houillères anglaises, des tensions égales à 50 atmosphères.
- L’idée des sacs à grisou qui, jusqu’ici avait prévalu, semblerait devoir être abandonnée; c’est du moins ce qui résulte du très intéressant rapport présenté à l’Académie royale de Belgique par M. Cornet, l’habile ingénieur des mines de ce pays. Suivant cet ingénieur, le grisou se trouverait assez souvent dans les fissures des roches qui encaissent les couches de houille, mais c’est principalement dans le charbon même qu’il se rencontre; or, on comprend que dans les couches inférieures il se trouve à une pression de plusieurs atmosphères, c’est-à-dire, dans un état qui rend le charbon en quelque sorte explosif. Lorsqu’une surface plus ou moins grande d’une pareille zone profonde de charbon renfermant du grisou vient à être soustraite à une partie de la pression exercée par les roches encaissantes, ce qui arrive quand elle est rencontrée par une galerie, le grisou se dégage brusquement, avec un grand bruit, en brisant, pulvérisant et lançant au loin la houille qui le renfermait. Le mouvement se transmet dans un temps très court, jusqu’aux profondeurs de la couche, où l’on trouve plus tard une excavation correspondant au volume de charbon pulvérisé, rejeté dans les galeries. C'est l’existence de cette excavation qui a fait croire que les dégagements instantanés de grisou étaient dus à des cavernes ou des poches où le gaz inflammable se trouvait emprisonné.
- Quelle que soit l’hypothèse à laquelle on s’arrête, on est obligé de reconnaître qu’il n’existe pas de procédés pour combatter sûrement cet ennemi terrible. Nous aurions voulu pouvoir analyser le compte rendu de M. Daubrée, de l’Institut, rapporteur de la Commission d’études instituée par la loi du 26 mars 1877, sur l’initiative de Paul Bert et de plusieurs membres de la Chambre, à l’effet de rechercher les moyens propres à prévenir les explosions de grisou ; mais la place nous manque ; disons néanmoins qu’après cinq ans de laborieuses recherches et de nombreuses expériences, la Commission ut supra a fait connaître. certains caractères de ce gaz, mais il faut malheureusement avouer que les moyens réellement efficaces sont encore à trouver.
- Si, cependant, comme on l’a avancé, la catastrophe du puits de Villebeuf est due à l’imprudence d’un mineur qui aurait ouvert sa lampe, on trouverait de ce chef un remède dans l’éclairage par incandescence ; et, en attendant l’usage général de celui-ci, il faudrait chaque jour fermer les lampes par une soudure avant de les remettre aux mineurs, et encore ce moyen n’empêcherait pas les
- accidents causés parle mauvais état du tamis ou s'il venait a être percé accidentellement.
- On a suffisamment parlé, pour ne pas y revenir aujourd’hui, sur les moyens employés actuellement : pénitent, lampes éternelles, foyers établis aux puits de sortie d’air, appareils soufflants qu’on accuse toutefois et avec raison de déterminer une surpression qui s’oppose dans une certaine mesure à la sortie du grisou des pores de la houille; enfin des appareils aspirants placés sur l’orifice de sortie de l'air, pompant pour ainsi dire les gaz de la mine, et facilitant ainsi le dégagement du grisou, mais ils ont l’inconvénient d’être très exposés en cas d’explosion, l’inflammation du grisou se propageant de préférence dans le sens du courant d’air.
- Ce moyen vient d’être préconisé de nouveau par M. Sautereau, ingénieur, car indépendamment des avantages signalés, il permettrait de supprimer le travail manuel du pic et de la pioche pour le remplacer par des machines, haveuses ou perforatrices, marchant par aspiration, c’est-à-dire par le vide.
- L’idée mérite d’être étudiée comme toutes celles qui peuvent intéresser le sort de nos mineurs; il faut au besoin stimuler les inventeurs de procédés efficaces par des récompenses de manière à augmenter les moyens actuels dont on dispose. Comme le fait observer M. Ch. Lallemand, ingénieur des mines, dans son intéressante brochure, Les accidents de grisou, il est surtout ulile de porter l’attention sur l’amélioration de l’aérage, de veiller à ce* qu’il soit exercé une surveillance soutenue des conditions de volume, de vitesse et de distribution du courant d’air; d'avoir soin de fournir au mineur des lampes de sûreté bien établies, bien entretenues; de ne recourir qu’à un personnel d’ouvriers prudents, connaissant le danger, respectant les prescriptions tutélaires; et obéissant à une réglementation sévère de l’emploi des explosifs.
- On ne saurait trop se préoccuper des questions qui ont pour but de préserver la vie des mineurs, ces héros du travail que la mort décime, mais ne décourage jamais.
- Paul Gahéry. i
- L'A W W TE EN CALIFORNIE
- Un des plus grands et peut-être le plus important des gisements d’amiante ou d’asbeste du monde entier se trouve en Californie, dans une contrée dont quelques dépôts de borax, de soude et de sel constituaient la seule richesse minérale. Le gisement d’asbeste qu’on vient de découvrit* près Oro Grande est unique, tant au point de vue de la pureté qu’à celui de l’abondance des produits. La veine a 7 à 8 mètres d’épaisseur et s’étend sur une distance de 450 mètres; des affleurements qui ont eu lieu de distance en distance, donnent à supposer que ce gisement s’étend encore à 1200 mètres plus loin que là partie qui a été reconnue. Ce gisement est presque entièrement libre des corps étrangers que l’on rencontre habituellement, l’hornblende et la trémolite. Les fibres sont longues, soyeuses et ont un magnifique reflet nacré ; elles se trouvent en une bande de 50 à 120 centimètres d’épaisseur et on a pu en retirer avec la main des touffes de 1 mètre de long ; elles sont aussi résistantes que celles du lin et l’on peut en faire un fil excessivement fin. Outre le bel asbeste fibreux qui compose le cœur de la veine, on rencontre sur les bords de celle-ci de grandes masses dé rock-cork (liège de rocher), une variété de l’asbeste se laissant couper sans difficulté et qui est aussi légère que le liège ordinaire.
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- LA NATURE
- ROCHES A FORMES ANIMÉES
- Nous avons successivement publié depuis quelque temps une série de documents relatifs aux roches et
- aux montagnes qui offrent l’aspect d’êtres animés, profils humains ou animaux1 : ce sont là d’après ce que nous avons rappelé, ce que nos pères désignaient sous le nom de jeux de la nature; il est toujours cu-
- Fig. 1. — Les Chutes de la GraudMére, au Canada. (D'après une photographie.)
- rieux de les signaler. Nous avons reçu de nos correspondants quelques nouveaux envois de photographies de ce genre,nous ferons connaître ceux qui nous paraissent offrir un intérêt particulier.—
- M. Charles Maine, ingénieur du dé-partement des Travaux publics, nous adresse des Trois-Rivières,
- (Canada) ,une ma gnifique épreuve photographique des Chutes de la Grand'Mère. Ces chutes sont ainsi nommées parce que l’un des rochers qui se trouve à leur milieu, offre l’aspect du profil d’une vieille femme (fig. 1) ; elles sont situées sur la rivière Saint-Maurice à 48 kilomètres de son embouchure dans le Saint-Laurent. Leprolil de la tête de vieille que l’on
- remarque sur le rocher de la petite île centrale est donnée par les saillies des pierres vues en perspective. Outre cette curiosité, les chutes en elles-mêmes sont d’une grande beauté, — M. Duc, photographe à Grenoble, nous adresse d’autre part la photographie d’un profil de Napoléon que dessinent dans le ciel les montagnes qui avoisi-nenteette localité (fig. 2). En considérant la gravure ci-contre de côté, on voit nettement se découper 1 e front, le ne z et la bouche du gigantesque personnage. ‘G. T.
- 1 Voy. n° 870, <lu 15 mars 1890, p. ‘229.
- ——
- Fig. 2. — Le prolil de Napoléon préside Grenoble.
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- LA NAT URL.
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- A PROPOS DES FONTAINES WALLACE
- Fig. 1. — Une fontaine Wallace à Paris, près de la rue de Home. (D'après une photographie instantanée de M. Maurice Bucquel.)
- L’administration municipale fait établir en ce mo- I ment, dans divers quartiers deParis, de nouvelles fon- j taines Wallace.
- On sait tpie l’institution de ces fontaines est due à la générosité d’un Anglais, sir Richard Wallace, né à Londres le ‘20 juillet 1818, marié en France avec une Française, Mlle de Castelnau, fille d’un officier de notre armée, et mort tout récemment le 20 juillet dernier, à l’àge de soixante-douze ans, dans son château de Bagatelle, au bois de Boulogne.
- En 1870, sir Richard Wallace hérita de 00 millions de son parent, le marquis d’Hertford, et le premier usage qu’il fit de son immense fortune fut
- de donner 100 000 francs pour organiser une ambulance militaire pendant le siège de Paris, puis de
- s’inscrire, encor*' pour 100 000 fr., en tète d’une liste de secours en faveur des familles obligées de fuir leurs maisons bombardées.
- C’est en 1872 qu’il dota Paris de cent fontaines à boire dont le gracieux modèle est dù au sculpteur Charles Le Bourg, ne laissant à la charge de la ville que la pose et les travaux de plomberie nécessaires pour les alimenter d’eau
- (fig-. !)- . r
- Ce qui caractérise surtout les fontaines Wallace, c’est le gobelet qui y est fixé avec une chaînette et qui, par mesure de propreté, est habituellement im-
- Fig. 2. — Fontaine Cretet, et rampes du mont Geuèvre, llautes-Alpes. (D’après une photographie.)
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- LA NATURE.
- mergé dans un petit bassin sous le jet d’eau qui descend du dôme supérieur.
- L’usage de ce genre de gobelets existe à Londres depuis longtemps; il a été emprunté par les Anglais aux Orientaux. A Constantinople, il y a plus de 6000 fontaines, munies chacune d’un vase à boire et appelées Sebilkana, qui sont dues à des fondations particulières. — A Genève, un philanthrope avait lait faire, il y a quelques années, un grand nombre de gobelets en métal portant l’inscription : Aimez-vous les uns les autres. Il les fit attacher par des chaînettes de fer auprès des fontaines publiques; mais ces chaînettes furent bientôt rompues ou coupées et la tentative charitable ne se renouvela pas, je crois..
- Puisque j’en suis sur la question des fontaines, le lecteur me permettra de citer quelques-unes des inscriptions dont on les a accompagnées.
- Au sommet de la magnifique route de la Fossille que Napoléon Ier fit construire pour traverser le Jura, le voyageur surpris voit sortir, du milieu de blocs amoncelés, une nappe d’eau large de près d’un mètre. Nul ornement ne décore la fontaine de Flo-rimont, mais au-dessus du déversoir, on peut lire sur une dalle ces mots :
- NAPOLÉON EMPEREUR, 1S03.
- Au pied de la route du mont Genèvre, également ouverte par ordre de l’Empereur, on peut admirer une fontaine analogue dont l’aspect grandiose, en ces lieux déserts, produit un effet saisissant (fig. 2).
- Voici l’inscription gravée sur une plaque de marbre noir qui a été encastrée dans la maçonnerie en pierre de taille au-dessus de la nappe d’eau :
- A ETIENNE CRETET,
- COMTE RE CHAMPMOI.,
- MINISTRE DE i/lNTÉRIEUR,
- COMMANDANT DE LA LÉGION d’hONNEUR,
- SOUS LES AUSPICES DUQUEL ON A OUVERT LA ROUTE DU MONT GENÈVRE.
- J.-C.-F. LADOUCETTE, PRÉFET DES HAUTES-ALPES, MEMRRE DE LA LÉGION d’hONNEUR,
- ET LE CONSEIL GÉNÉRAL I)U DÉPARTEMENT,
- M DCCC VIII
- Gomme pendant, je citerai que la municipalité d’un gros village de la Nièvre fit placer, en 1866, sur un vaste réservoir qu’elle avait fait construire et dont elle voulait revendiquer publiquement l’honneur :
- ABREUVOIR DU CONSEIL MUNICIPAL
- Malheureusement, cette inscription ne dura pas plus que celle qu’un mauvais plaisant afficha, une nuit sur le socle d’un des lions qui ornent l’escalier extérieur de l’Institut et qui, on le sait, étaient autrefois peints en bronze vert et servaient de fontaines :
- Superbe habitant du désert,
- En ces lieux, dis-moi, que fais-tu?
- — Tu le vois à mou habit vert;
- Je suis membre de l’Institut;
- Et la preuve, mon cher confrère,
- C'est que je verse de Veau claire!
- Un autre farceur munit ces horribles animaux, dont le masque rappelle la placide figure de feu Astier-Réhu, de cet avis charitable (sauf pour l’artiste qui les exécuta) :
- n’approchez pas, car ils sont mauvais
- Santeuil composa un très grand nombre d’inscriptions latines pour les fontaines de Paris. Voici la traduction de l’une d’elles :
- La nymphe qui donne de cette eau Au plus creux du rocher se cache :
- Suivez un exemple si beau,
- Donnez sans vouloir qu'on le sache.
- Une autre se composait de ces deux seuls mots invitant également à la charité :
- NIH1L SIBI
- (Rien pour elle-même).
- Gelle-ci est à Maison-Laffitte :
- SALVE, SISTE,
- BIBE, VALE.
- Ce ne sont pas seulement les modernes qui ont eu des inscriptions pour leurs fontaines. Les recueils spéciaux en ont conservé plusieurs.
- Il n’y a pas bien longtemps qu’on découvrit, auprès des ruines d’un vieux bassin, une pierre de taille où des lettres étaient ainsi disposées :
- RES
- ER
- vo
- IR
- Un des savants du lieu trouva l’explication : res publica er igere vo luit ad ir rigandum.
- « La République a érigé ce réservoir pour l’arrosement. »
- J’ai lu en Suisse, sur une fontaine ombragée par quelques arbres touffus, loin de toute habitation, ces jolis vers :
- Toujours claire, toujours pure,
- Rien ne trouble ici mon cours.
- Que l'amant de la nature Puisse ainsi couler ses jours!
- Je terminerai par un épigraphe philosophique emprunté à Malherbe :
- Vois-tu, passant, couler cette onde Et s’écouler incontinent ?
- Ainsi fuit la gloire du monde Et rien que Dieu n'est permanent.
- A. R.
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- LA NATURE.
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- POUR I,’AVANCEMENT DES SCIENCES DIX-NEUVIÈME SESSTûN I)U 7 AU U AOUT 1800 CONGRÈS I)E LIMOGES
- Suivant le vote de l’Assemblée générale d'Oran, l’Association française a tenu à Limoges, en 1890, sa dix-neuvième session, sous la présidence de M. Alfred Cornu, membre de l’Institut et du bureau des longitudes, professeur à l’École polytechnique, ingénieur en chef des Mines. Le Congrès, qui a été ouvert le 7 août, s’est prolongé jusqu’au 14 du même mois.
- Lors de la séance d’ouverture, M. Alfred Cornu a prononcé une savante allocution sur le Rôle de la physique dans les récents progrès des sciences. Voici la péroraison de ce discours qui a vivement intéressé l’auditoire :
- « Dans le rapide tableau que j’ai mis sous vos yeux, j’ai essayé de vous donner une idée du rôle que joue la physique moderne dans le développement des sciences qui relèvent de l’expérience ou de l’observation. Si incomplet que soit ce tableau (car j’ai omis, pour ne pas fatiguer votre bienveillante attention, des questions capitales), vous avez pu voir que la physique a conservé à un haut degré le caractère d’une science générale, tant par la variété des objets qu’elle embrasse que par les relations intimes qu’elle a conservées avec les sciences faisant autrefois partie de son domaine. Vous avez remarqué, d’un côté, combien elle a donné à des sciences, comme la chimie ou l’astronomie physique, de l’autre, combien elle a reçu du dehors pour le développement de ccrlaines branches comme l’électricité; elle est donc apte aussi bien à fournir des méthodes délicates ou un outillage de précision qu’à profiter des suggestions venues des sciences voisines; par suite, elle se prête merveilleusement aux échanges avec toutes les branches de la philosophie naturelle.
- Grâce à son étendue, qui va des confins de l’histoire naturelle aux spéculations les plus abstraites de l’analyse mathématique, elle peut donner à chaque science faisant appel à ses méthodes ou à ses appareils le degré, je dirais volontiers la dose de précision qui lui convient.
- « La physique offre encore un caractère remarquable • c’est l’esprit général qui la domine et dirige la marche de ses progrès. Tandis que certaines sciences se subdivisent à l’infini, en physique, au contraire, les phénomènes tendent à se grouper ; le nombre des agents distincts diminue de plus en plus ; la chaleur est devenue un mode de mouvement ou mieux une forme particulière de l’énergie ; le magnétisme a disparu, se confondant avec l’électricité ; l’électricité elle-même laisse entrevoir ses affinités avec les ondulations lumineuses, lesquelles sont liées depuis longtemps aux ondulations sonores. Ainsi, à mesure que les diverses branches se perfectionnent, les distinctions s’effacent et les théories tendent à s’unifier de plus en plus suivant les lois de la mécanique rationnelle.
- « Et cela ne doit point nous surprendre : la science doit être une et simple; les limites que les philosophes ont tracées entre les diverses branches du savoir humain sont artificielles; elles marquent seulement l’ignorance où nous sommes des Tiens cachés qui unissent les vérités que nos devanciers nous ont transmises. Mais les efforts des générations successives n’ont pas été vains, et nous entrevoyons déjà le jour où ces limites, désormais inutiles, s’effaceront d’elles-mèmes et où toutes les branches
- de la philosophie naturelle viendront se rejoindre dans une harmonieuse unité. »
- Après un éloquent discours du maire de Limoges et le résumé des travaux de l’Association française en 1889 par le secrétaire général M. A. Gobin, M. Galante, trésorier, a présenté l’état des finances de l’Association et le Congrès de Limoges a été ouvert.
- Les séances des sections ont offert un grand intérêt par le nombre et l’importance des communications ; plusieurs excursions et visites industrielles ont offert, comme les années précédentes, un véritable attrait aux membres du Congrès réunis à Limoges.
- Les excursions, qui ont compris deux journées d’exploration, ont dû se terminer par un voyage d'une durée de deux à trois jours, permettant ainsi de visiter la plus grande partie des environs de Limoges et de la région limousine : château de Chalusset, Saint-Yrieix, abbaye de Solignac, Chanteloube, château de Bort, etc., Roehe-chouart, Saillat-Chassenon, Saint-Junien, vallée de la Tar-doire, Guéret, Ahun-Busseau, Aubusson, La Rochefoucauld, Rancogne, Rochebertier, Angoulème, Nontron, Brantôme, Périgueux, Brive, Rocamadour, etc.
- Une cérémonie des plus importantes a signalé cette réunion scientifique : nous'voulons parler de l’inauguration de la statue de Gay-Lussac qui a eu lieu le 11 août. Nous reviendrons sur cette solennité, mais dès à présent nous en donnerons le résumé succinct.
- L’inauguration de la statue du grand chimiste et de l’éminent physicien a eu lieu sous les auspices de M. Jules Roche, Ministre du commerce. M. P.-P. Dehérain, vice-président de l’Association française, délégué de l’Académie des sciences, a éloquemment résumé la vie et les travaux de Gay-Lussac, et le Ministre a ensuite pris la parole. Le monument, qui est l’œuvre de M. Aimé Millet, a été hautement apprécié de tous par sa haute valeur artistique.
- Le Congrès de Limoges laissera des souvenirs durables dans l’esprit de tous ceux qui y ont pris part, et nous espérons qu’il ouvrira une nouvelle ère de prospérité pour l’Association française qui depuis de longues années conduit successivement tous ses sociétaires dans les principales villes de France.
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- MARINE FRANÇAISE
- « LE CÉCILLE ))
- CROISEUR A GRANDE VITESSE ET A BATTERIE COUVERTE
- Le croiseur rapide le Cécille, construit dans les chantiers de la Seyne (Var) sur les plans de M. La-gane, l’éminent directeur de ces ateliers, vient de terminer ses essais de grande vitesse, en présence de la Commission supérieure nommée par M. le Ministre de la marine. 11 ne sera pas sans intérêt pour nos lecteurs de donner quelques détails sur ces expériences qui ont été de tous points satisfaisantes, et qui ont largement dépassé les prévisions et les calculs de l’auteur des plans.
- Le Cécille est un grand croiseur à batterie couverte de 117m,50 de longueur. Sa largeur est de 15ra,03.
- Son déplacement en pleine charge, aux essais, était de 5500 tonneaux, son tirant d’eau moyen était de 6 mètres environ. Le navire avait été placé dans les
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- LA NATURE.
- conditions spécifiées par le marché. Ajoutons enfin que ce dernier fixait la durée de l’essai de vitesse à six heures, pendant lesquelles la vitesse moyenne devait être de 19 nœuds au minimum.
- Le Cécille appareilla le mardi 1er juillet, à 8 h. 30 m. du matin, ayant à hord la Commission présidée par M. le contre-amiral, major de la flotte à Toulon. Deux heures après, les expériences commençaient et se poursuivaient sans interruption, sans incident, et de la façon la plus satisfaisante pendant les six heures imposées, sur la grande hase des îles d’Hyères. Les chaudières fournissaient abondamment la vapeur nécessaire aux machines, qui tournaient
- à 101 révolutions par minute. La puissance développée a été de 10 500 chevaux environ. &
- Dans ces conditions, il a été fait six parcours pendant lesquels la vitesse moyenne a été de 19 nœuds 20.
- 11 est nécessaire d’ajouter que le temps n’était pas calme, une bonne brise de mistral soufflait depuis plusieurs jours, et influençait désavantageusement la vitesse, qui sans cela eut été encore supérieure.
- Le Cécille a effectué un deuxième essai de grande vitessse le samedi 5 juillet; c’était une expérience « à outrance » destinée à indiquer l’accroissement de vitesse obtenue en faisant passer l’introduction de la
- Le Cécille, nouveau croiseur à batterie de la marine française, d’après une photographie exécutée par M. Bar et I'. Couadou,
- en rade de Toulon.
- vapeur de 0,65 à 0,71. Les parcours effectués sur la hase officielle des îles d’Hyères, en présence de toute la Commission et des ingénieurs du port de Toulon, ont donné une moyenne de 19 nœuds 65, sans aucune fatigue pour les machines motrices. Les vibrations dues aux hélices étaient insignifiantes.
- Ces résultats, qui ont valu à M. Lagane les félicitations de M. le major de la flotte et de la Commission tout entière, montrent que ce magnifique croiseur est bien le navire le plus rapide dans sa classe que notre marine possède. Comme, en plus de sa belle vitesse, il est très puissamment armé de huit canons de 16 centimètres, placés six en tourelles barbette, un en chasse et un en retraite, et de dix canons de 14 centimètres en batterie dans l’entrepont,
- sans compter cinq canons à tir rapide de 47 centimètres et dix canons-revolvers, nous pouvons affirmer, sans crainte, que ce bâtiment pourra rivaliser avec les plus grands croiseurs des marines étrangères, tant au point de vue de l’offensive que de la vitesse.
- Le Cécille possède, en outre, un pont cuirassé, qui règne de bout en bout, et qui protège efficacement ses machines, ses chaudières et ses soutes a munitions. Il est enfin pourvu de quatre tubes lance-torpilles munis des derniers perfectionnements.
- Ces quelques lignes suffisent pour faire voir combien notre marine doit se féliciter de cette nouvelle unité navale, si complètement satisfaisante.
- X..., ingénieur.'
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- SÉPULTURE GALLO-ROMAINE DÉCOUVERTE A BEAUVAIS
- Une importante découverte archéologique a été faite à Beauvais, au cimetière des Capucins, le 11 juillet 1890. Un fossoyeur avertit M. Yi-gnon, le conservateur du cimetière, qu’il venait de trouver une pierre formant obstacle dans un terrain que l’on devait creuser. Après avoir exécuté des fouilles méthodiques avec le concours de M. Dauchin, adjoint, on découvrit un sarcophage de pierre dont on put soulever le couvercle à l’aide d’un cric (fig. 1).
- Le corps avait été déposé dans un cercueil de plomb aux parois épaisses de 5 millimètres; le couvercle, à rebords réfléchis sur tout le pourtour, emboîtait sans soudure les côtés du coffre. Des bâtons perlés, dont trois isolés passés en long et en travers vers le milieu et quatre autres en sautoir aux extrémités encadrées d’une baguette, constituaient tout l’ornement de ce cercueil métallique.
- Au fond du cercueil, parmi les cendres, il ne restait du corps (qui avait été placé la tête au Levant et les pieds au Couchant, contrairement à l’usage) que les deux tibias, les deux fémurs, une partie de la mâchoire inférieure, deux maxillaires et deux incisives.
- D’après le volume de ces ossements, on suppose que ces restes sont ceux d’un homme.
- Le sarcophage dans lequel est enfermé le coffre de plomb mesure extérieurement 2m,55 de longueur, 0m,90 de largeur, est profond de 0m,60, de forme rectangulaire, sans rétrécissure et sans abaissement aux pieds. Sur ses parois, épaisses de 0m,18, pesait
- le couvercle monumental, évidé par-dessous et taillé par-dessus en forme de toit haut de 60 centimètres.
- Au milieu de la longueur, une traverse de 65 centimètres carrés constitue un massif horizontal qui devait être destiné, semble-t-il, à servir de base à un monument extérieur.
- Ce sarcophage, du poids de 4 à 5000 kilogrammes, a été taillé dans un bloc de pierre paraissant provenir des carrières ouvertes et exploitées sur la côte Saint-Jean depuis la plus haute antiquité.
- Dans l’intérieur, à la tête et aux pieds du mort, entre le plomb et la pierre, étaient alignés sept vases en verre fort curieux, dont trois malheureusement brisés et quatre parfaitement conservés, tous complètement irisés : 1° un joli barillet à cercles bien réguliers, haut de 22 centimètres; 2° une burette aux belles proportions, haute de 25 centimètres;
- 5° un ballon au long col, en forme de cône renversé, haut de 16 centimètres; 4° un gobelet à parois cannelées, de 12 centimètres de hauteur.
- Le barillet et la burette contiennent encore une liqueur brune, d’odeur fade, — quelque antique parfum, sans doute, — dont une partie doit être analysée. Détail particulier : cette découverte devrait dater de trente années; en novembre 1860, on a inhumé un corps sur ce sarcophage et, le 13 juin 1875, une seconde inhumation a été faite dans le même terrain, au même endroit. La partie supérieure du sarcophage n étant guère située à plus d’un mètre et quelques
- Fig. 1. — Sépulture gallo-romaine découverte dans le cimetière de Beauvais. Ouverture du sarcophage.
- (D’après des photographies de M. E. Balthazard à Beauvais.)
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- centimètres au-dessous du niveau du sol, il en faut conclure que le fossoyeur d’alors n’avait pas creusé de trous profonds.... et pas du tout réglementaires.
- La découverte du sarcophage que nous décrivons a attiré pendant plusieurs jours une foule considérable au cimetière de Beauvais ; les ossements ont été provisoirement placés dans une dépendance de la chapelle et les vases rangés avec soin par le conservateur dans son appartement. De Paris, sont également venus de nombreux amateurs; un connaisseur qui jouit de quelque notoriété a estimé la trouvaille le prix respectable de 10 000 francs.
- On va incessamment déterrer le sarcophage tout entier : cette opération demandera des soins et des précautions, en raison du poids formidable de la pièce ; en relevant le cercueil qui, de son côté, pèse environ 500 kilogrammes, il se peut qu’on trouve des médailles, dont la découverte contribuerait certainement à fixer une date précise à l’àge de cette sépulture que, jusqu’à plus ample information, les archéologues estiment vieille de 1500 à 1700 ans.
- Quoi qu’il en soit, d’après l’avis des archéologues qui ont examiné la sépulture, la découverte que nous enregistrons paraît constituer une des plus belles découvertes du genre qui aient été faites depuis longtemps à Beauvais et aux environs.
- NÉCROLOGIE
- Henri-Frédéric Peters. —La science astronomique vient de faire une perte sérieuse dans la personne de Chrétien-llenri-Frédéric Peters, directeur de l’observatoire de Clinton, dans l’État de New-York. Peters est né en 1813, d’une famille allemande établie à Coldenbuttel, petite ville du Schleswig. 11 fit ses études à Berlin, en même temps que son frère Guillaume-Charles-Ilartwig, qui vit le jour dans le même village en 1815. Le cadet se consacra à la botanique. Il fit de nombreux voyages en Afrique, et est surtout célèbre par son exploration du Mozambique, à laquelle il dut l’honneur d’étre nommé membre de l’Académie de Berlin. Henri Frédéric Peters termina à Copenhague son éducation astronomique, et appliqua sa science à des travaux topographiques dans le royaume de Naples. 11 passa en Amérique, appelé par la construction de la carte des Etats-Unis, et se fixa à Clinton, où il se consacra à l’observation des phénomènes célestes. Peu d’astronomes ont été aussi actifs que Peters, à qui l’on doit des milliers d’observations sur les taches du Soleil, et un catalogue de plus de 60 000 étoiles zodiacales. Après Palisa, c’est l’observateur à qui l’on doit le plus grand nombre de découvertes dans cette branche importante de l’astronomie moderne. Grâce à sa parfaite connaissance du ciel étoilé, il signala 47 de petits corps célestes. Sa première découverte fut celle de Feronia, la 72e, planète qui eut lieu le 29 mai 1861. Il dut partager cet honneur avec M. Sa fiord. Mais par compensation dans la nuit du 51 juillet 1872 il découvrit deux planètes: la première, Gerda, est la 122e du groupe; et la seconde, Brun-hilda, la 125e. L’activité de M. Peters 'était inépuisable, et ce savant a été victime de son zèle. On peut dire qu’il est mort à son poste. La nuit du 28 juillet s’annonçait très belle, on le [vit à son heure ordinaire
- se diriger vers la coupole, où il restait seul et sans aides toutes les fois que les observations étaient possibles. Le lendemain matin, en faisant sa ronde, le concierge trouva son maître mort au pied de l’escalier qui conduisait à l’oculaire. 11 avait sur la tête le bonnet qu’il portait lorsqu’il observait, et l’apoplexie avait été tellement foudroyante, que la main crispée du maître tenait encore le cigare entamé qu’il fumait, lorsque la mort est venue le surprendre.
- CHRONIQUE
- Fa première exécution électrique à New-l’ork. — C’est le 6 août 1890, plus de treize mois après sa condamnation à mort, le 24 juin 1889, que l’assassin Kemmler a été exécuté dans la prison d’Auburn, à New-York. Les journaux politiques qui relatent cette exécution sont remplis de renseignements les plus fantastiques, et souvent contradictoires sur les résultats de la première électrocution. Nous attendrons de nouveaux détails que ne tarderont pas à nous fournir les journaux spéciaux d’électricité et de médecine, avant de donner des détails sur cette nouvelle et regrettable application de l’électricité.
- Inc trombe dans les Alpes-Maritimes. — Le
- dimanche 5 août, vers quatre heures et demie, les nombreux paysans qui étaient occupés à faire les blés dans le grand pré servant d’aire au village de Saint-Yallier-de-Thiev, virent s’avancer du haut du Pas de la Faye, point culminant de la route nationale n° 85, au nord-ouest du pays (altitude 980 mètres),un immense tourbillon dépoussiéré qui descendait en droite ligne sur le pré (altitude 710 mètres), commença par enlever, à l’entrée, quelques gerbes, puis « sautant par-dessus les premières meules » — telle est l’expression des témoins oculaires — s’abattit sur un tas de grosses bottes liées en filets, les bouscula, et continua sa route vers le sud-est en rejetant à une hauteur d’une douzaine de mètres les pailles aspirées dans un tourbillonnement inférieur qui pouvait avoir une quinzaine de mètres de diamètre : on la vit disparaître enfin après un trajet à peu près rectiligne de 5 kilomètres. Le baromètre avait, dès 2 heures commencé à baisser pour atteindre à 4 heures une dépression de 2 millimètres et remonter brusquement, de 7 à 8 heures, à sa précédente hauteur. A. G.
- Emploi d'un courant électrique pour augmenter l’adhérence des locomotives. — En vue
- d’augmenter l’adhérence des roues des locomotives et d’obtenir un effet supérieur à celui que donne l’emploi du sable, M. Rees de Baltimore a imaginé de faire circuler un courant électrique entre les roues motrices d’avant et d’arrière et la partie intermédiaire de la voie. Des expériences ont été faites, avec des trains composés de 45 à 48 wagons, sur une section de la ligne Philadel-phie-Reading, inclinée de 25 pour 1000 et longue de 15 kilomètres. Sans l’emploi du courant électrique, les trains avançant difficilement et avec de nombreux arrêts, mirent jusqu'à 55 minutes pour parcourir la distance entière. Avec l’aide du courant, la montée se fit aisément, sans aucun arrêt, dans un temps qui ne dépassa pas 50 minutes; de plus, on constata une moindre dépense de combustible, conséquence naturelle du travail plus régulier de la machine. Le courant, fourni par une dynamo montée sur la locomotive, avait une tension limitée de manière à ne présenter aucun danger, et le méca-
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- nicien pouvait régler à volonté son effet sur l'adhérence des roues.
- Un banquet sous l’eau. —Les travaux d’approfondissement du port de la Ciotat viennent d’être terminés. À cette occasion, le directeur de l’entreprise, M. Robert, a offert à la presse et au personnel de surveillance un déjeuner qui ne manquait pas d’originalité. La table avait été dressée à huit mètres au-dessous du niveau de la mer, sur le fond même du port, à l’intérieur du caisson dans lequel travaillent les ouvriers, et les minces parois de ce caisson séparaient seules les convives de l’énorme masse d’eau qui s’étendait au-dessus et autour d’eux. Cette salle à manger d’un nouveau genre avait été magnifiquement illuminée et décorée, et, sans les légers bourdonnements d’oreilles causés par la pression maintenue dans le caisson pour empêcher l’envahissement de l’eau, les convives eussent été certainement loin de se douter que le moindre arrêt dans le fonctionnement des pompes à air pouvait suffire pour qu'ils fussent instantanément noyés. Après le banquet, un concert improvisé a prolongé la fête pendant la plus grande partie de l’après-midi ; puis les convives sont revenus à l’air libre.
- Conservation dit beurre par l’acide carbonique sous pression. — L’acide carbonique, si nous en croyons la Revue industrielle, vient de résoudre le difficile problème de la conservation du beurre sans en modifier ni le goût ni les qualités. Du beurre, placé dans un récipient en fer dans lequel on a comprimé de l’acide carbonique à la pression de 6 atmosphères, a pu se conserver intact pendant cinq semaines ; il est facile de comprendre tout le parti que l’on pourra tirer d’une semblable découverte. Le beurre sera placé dans des bidons en fer suffisamment résistants, portant une tubulure à robinet par laquelle on y comprimera de l’acide carbonique pur préparé et emmagasiné comme pour la fabrication des eaux gazeuses.
- lin serpent bicéphale. — Dans le parc de Windsor près de Londres, un soldat de la garde a trouvé un serpent à deux tètes. C’est une vipère de l’espèce commune, ses deux têtes sont bien formées, celle de gauche est moins large et moins vigoureuse que l’autre, qui paraît être la tète normale; le nez de la gauche était comme aplati et peu visible, celui de la droite partagé par un pli creux. Le médecin du régiment, qui a payé la bête 10 shellings au soldat, a écrit à ce sujet une lettre où il dit que les serpents bicéphales ne sont pas rares, mais ne vivent pas longtemps; celui-ci était mort fraîchement quand on l’a trouvé et paraît avoir vécu trois semaines.
- MjC kérosène et les araignées. — Un correspondant du Scienlific American signale une curieuse propriété du kérosène, produit de la distillation du pétrole brut, intermédiaire entre les huiles volatiles et les huiles lourdes, et spécialement applicable à l’éclairage. Sous le robinet d’un réservoir plein de cette essence, on avait placé un récipient pour recueillir les gouttes. À plusieurs reprises, on constata que ce récipient se remplissait d’araignées qui s’y précipitaient, attirées par l’odeur, et y périssaient promptement.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 11 août 1890. — Présidence de M. Ddchartke
- Eclairage des mines. — M. de Gerson, représentant en Fiance d’une compagnie anglaise connue sous le nom de
- compagnie Stella, présente une lampe électrique portative destinée à remplacer lés lampes de mineur ‘actuellement en usage. Cette lampe pèse 1600 grammes; elle donne une lumière équivalente à la lumière d’une bougie et dure normalement douze heures avec le même éclat. En réalité elle est construite pour durer dix-sept heures afin de pouvoir fonctionner sûrement pendant douze heures. La construction est fort simple et paraît susceptible de maintenir l’appareil en service pendant un temps très long, qui peut, au dire des inventeurs, compenser au delà la différence du prix d’achat. Cette lampe venait de donner lieu à une série d’expériences les plus favorables dans les mines d’Anzin, lorsque la catastrophe de Saint-Etienne est venue mettre la question de l’éclairage des mines à l’ordre du jour. La lampe Stella n’est pas encore exploitée par la compagnie ; elle est renvoyée à l’examen de la Commission spéciale du grisou où elle sera étudiée avec soin.
- Météorites diamantifères. — Une météorite tombée récemment avait donné lieu de croire à la présence du diamant. MM. Berthelot et Friedel ont analysé un échantillon pesant 300 grammes prélevé sur cette météorite. Ils n’ont pu constater la moindre trace de carbone cristallisé.
- Alimentation des plantes carnivores. — M. Raphaël Dubois, ayant à sa disposition sept espèces de plantes dites carnivores provenant du Jardin botanique de Lyon, a entrepris de rechercher quelle était exactement la valeur physiologique des phénomènes de transformation que présentent les substances animales mises en contact du liquide sécrété par les plantes de cette famille. On pensait que la transformation des substances animales était une véritable digestion et qu’elle concourait au développement du végétal. Les recherches de M. Raphaël Dubois paraissent ramener à un rôle beaucoup plus simple l’étrange propriété de ces plantes. La transformation subie par les corps des insectes et des mammifères placés dans les urnes semblent dues à l’action de microorganismes aériens, qui se développent dans le liquide des urnes, lorsqu’elles s’ouvrent au contact de l’air. On sait que ces organes sont protégés par un véritable couvercle qui ne s’écarte qu’au moment de la croissance complète. M. Dubois a soutiré le liquide des urnes avant l’ouverture et a constaté que l’albumine restait parfaitement inerte à son contact. Au contraire, la liqueur sécrétée par les urnes parvenues au terme de leur croissance, a révélé une action très énergique, surtout à la température de 55°. Mais ce liquide était alors rempli de bactéries qui sont pour l’auteur le véritable et unique agent de la transformation.
- Extermination des lapins. — Pour arriver à l’extermination des lapins en Australie, on conseille de semer en grande quantité une plante appelée Mercurialis pe-rennis dont ces animaux seraient très friands, mais qui agit sur eux comme un toxique violent, bien qu’elle soit sans danger pour les boeufs et les moutons. M. Duchartre se refuse à admettre que l’instinct dont sont doués les animaux n’écarte point les lapins d’une plante dont l’ingestion leur est funeste.
- Varia. — L’Académie apprend la mort de M. Chancel, de Montpellier, chimiste distingué, connu surtout par des travaux sur le dosage des matières contenues dans le vin. — M. de Lacaze-Duthiers a entrepris des recherches sur la formation du pourpre par certains mollusques. — M. Gé-
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- LA NATUREL
- l’ard a découvert un nouvel acide gras qu’il extrait du Datura stramonium et auquel il donne, pour cette raison, le nom d’acide daturique. Sa formule est C17II5401 2; on voit qu’il tient le milieu entre l’acide stéarique et l'acide palmitique. — L’Académie nomme une Commission pour surveiller l’exécution des bustes de Claude Bernard et J.-B. Dumas. — A 5 heures, comité secret.
- Stanislas Meunier.
- I.A TOUI’l K MAGNÉTO-ÉLECTItIQUE
- Il n’est pas d’objet qui ait plus exercé la sagacité et l’imagination des inventeurs que la toupie. Nous avions déjà des toupies de toute espèce : la toupie harmonique \ qui fait entendre des notes har-monicuses en ronflant, la toupie d’induclion 2 qui manifeste des phénomènes d’induction, la toupie hydraulique5 qui lance en l’air un magnifique jet d’eau, etc. Voici maintenant la toupie magnéto-électrique due à M.-Truffert. Une s’agit rien moins, en effet,que d’ùuc petite machine magnéto enfermée dans une toupie; voyons la description du système.
- A l’extérieur, la toupie magnéto-électrique ne diffère pas essentiellement des toupies à volants; elle en remplit même l’office ordinaire. Deux petits manches à mains peuvent s’adapter à un axe vertical, et ont un ressort qui permet le rappel. Pour lancer la toupie, il suffit, comme le montre la partie inférieure de la figure, d’appuyer un des manches sur l’axe central de la toupie, de tirer violemment sur l’autre manche, et de retirer vivement les deux manches ; la toupie continue à tourner.
- Mais voyons entre temps ce qui s’est passé, et considérons l’intérieur de la toupie.
- Nous trouvons d’abord en A, dans une calotte métallique, trois pièces de fer aimantées et disposées comme le montre la figure. Dans la partie centrale est un axe qui sert de point d’appui à la bobine
- 1 Voy. n° Gtti, du ‘21 mars 1885, p. 256, et n° 657, du
- 2 janvier 1886, p. 80.
- 1 s Voy. n° 765, du 14 janvier 1888, p. 112.
- - 3 * Yoy. n" 814, du 3 août 1889, p. 110.
- de la machine magnéto. En B se trouve un disque de zinc portant trois bobines en bois G, enroulées d’un certain nombre de tours de fils. Ces trois bobines sont montées en tension; une des extrémités est attachée au disque de zinc lui-même; l’autre communique avec une petite pièce de bois D montée sur ce même disque de zinc. Dans le prolongement du montant de bois D, et de l’autre côté du disque, est fixée perpendiculairement une tige qui vient traverser la deuxième calotte métallique E servant de protection extérieure à la toupie. Cette tige porte une petite roue à dents prononcées dont nous verrons l’utilité tout à l’heure. Cette dernière partie de la toupie est représentée à part sur la figure, il est du reste très facile de se l’imaginer.
- 11 est une autre partie sur laquelle nous voulons insister. En F se trouve un petit disque annulaire
- de cuivre. D’un côté ce disque porte un petit bouton G, que l’on peut manœuvrer de l’extérieur de la toupie, et qui permet de faire tourner le disque dans un certain espace. De plus, le disque porte une traverse de cuivre horizontale soudée en un point II d’une part, et venant s’appuyer en I sur un contact relié à Faîne de la toupie. En J se trouve l’ouverture par laquelle passe la tige de la bobine dont il a été question plus haut. — Voyons maintenant le fonctionnement. Quand on fait tourner l’un des manches en tirant sur l’autre, la bobine se déplace dans un champ magnétique, il y a production d’un courant induit. Grâce aux communications établies, l’opérateur se trouve en contact avec les bornes de la machine magnéto. De plus, la bobine en tournant fait déplacer la roue de contact qui établit et rompt le circuit à chaque instant. L’opérateur reçoit donc à chaque instant aussi les courants de rupture et de fermeture, c’est-à-dire une succession de secousses plus ou moins agréables. Il serait facile de s’électriser ainsi soi-même et suivre même à domicile un petit traitement électrique. On pourrait alors dire de la nouvelle toupie qu’elle joint l’utile à l’agréable : miscuit utile dulci. J. L.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 899. — 23 AOUT 1890.
- LA NATURE.
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- De tous les moyens dont nous disposons pour la mesure des petites forces, la torsion d’un fil de suspension est, sans contredit, le plus commode, le plus précis et le plus délicat. C’est en utilisant ce principe de la torsion d’un fil dans l’appareil connu sous le nom de balance uni flaire, pour la distinguer de la suspension ou balance bifilaire, que Coulomb établit, dans ses expériences mémorables, les lois des actions magnétiques et électrostatiques, et que Cavendisli détermina la masse de la terre.
- Les lois de la torsion établies par Coulomb nous apprennent que le couple nécessaire pour tordre un fil d’une substance donnée varie en raison directe de la quatrième puissance du diamètre. Avec des fils très fins et la méthode de réflexion qui permet d’observer de très faibles déviations, il est possible, sinon de mesurer, du moins d’observer des forces dont la limite inférieure est d’environ un centième de milligramme. Ces forces, si petites qu’elles paraissent, sont cependant énormes comparées à celles qu’il est aujourd’hui possible de mesurer par les nouvelles méthodes et les nouveaux moyens d’investigation dont dispose la physique moderne.
- Pour la mesure des forces inférieures à celles que nous venons d’indiquer, il faut absolument renoncer aux suspensions métalliques. Lorsque l’on veut tréfiler du cuivre à un diamètre inférieur à cinq centièmes de millimètre, on éprouve des difficultés toutes spéciales. On arrive à faire du fil de cuivre dont le diamètre est inférieur a trois centièmes de millimètre, mais ce fil n’offre plus aucune résistance et son emploi est difficile, pour ne pas dire impossible. Il en est de même pour l’argent,.
- Nous reproduisons ci-dessus les photographies agrandies d’un certain nombre de fibres pouvant servir à l’établissement des suspensions unifilaires ; elles reproduisent à la même échelle l’aspect qu’elles présentent. Le numéro 1 est un cheveu considéré comme un des plus fins; le numéro 2 est un fil de cuivre du plus petit diamètre que 18e année. •— ï° semestre.
- l’on sache tréfiler aujourd’hui ; le numéro 5 représente plusieurs spécimens de verre filé. Le verre filé présente, comme mode de suspension, de nombreux avantages, à cause de son uniformité, de son indifférence aux influences atmosphériques, et, surtout, à cause de la possibilité de l’obtenir sous toutes les longueurs possibles. Mais ces avantages multiples sont accompagnés d’un grave défaut qui lui enlève toutes ses qualités comme suspension destinée à la mesure des couples de torsion. Lorsqu’on imprime une torsion à une semblable suspension, il se produit un déplacement du zéro, et l’appareil abandonné à lui-même indique une nouvelle position d’équilibre. C’est pour cela, et aussi pour le fait que le couple de tension d’une suspension en verre filé est assez élevé, que ce mode de suspension n’est jamais employé dans la construction des instruments de précision, malgré les grandes facilités fde abrication du verre filé.
- Lorsque l’on a reconnu l’impossibilité de construire des suspensions dont le couple de torsion lut, pour un angle et une longueur donnés, plus faibles que ceux obtenus avec le verre filé, on se décida à abandonner complètement les suspensions dans lesquelles le fil servait de couple directeur, et l’on chercha à réaliser des suspensions sans couple de torsion, le fil ne servant qu’à suspendre l’équipage mobile, en ayant recours à des moyens auxiliaires pour créer le couple directeur.
- C’est aux suspensions en fil de cocon de soie que l’on a jusqu’ici donné la préférence pour constituer la suspension des appareils de mesure délicats* Le cocon naturel se compose, comme le montre le numéro 4 de la figure 1, de deux fils irréguliers collés ensemble par une sorte de gomme. Le diamètre de chacun de ces fils est d’environ 0mm,0I25. Chacune de ces fibres peut porter 4 grammes avant sa rupture et supporter régulièrement et normalement un poids de 1 gramme. Sa résistance à la traction varie donc entre 15 et 20 tonnes par pouce carré ; elle est bien supérieure à celle du verre et même à celle du fer, en supposant qu’il soit possible, avec ces substances, de réaliser des fils aussi fins. Mais le couple de torsion de la soie,
- 12
- Fibres pouvant servir à l'élablisscmeiit de suspensions unifilaires. — 1. Cheveu fin. — 2. Fil de cuivre. — 3. Fils de verre. — i. Fil de cocon. — 5 et 6. Fils de quartz. (L’échelle est indiquée en millimètres. Chaque division élémentaire représente un centième de millimètre.
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- LA NATURE.
- si faible qu’il soit, est assez élevé cependant pour troubler le fonctionnement de tout appareil délicat, à cause de son inconstance. Ce couple de torsion est en effet très instable; à un moment donné, la libre se tord dans un sens, puis dans un autre, et cet effet ne peut être mitigé qu’en le rendant négligeable par l’emploi de forces relativement énergiques, agissant sur des appareils de grandes dimensions. Toute tentative faite pour accroître la délicatesse d’un appareil par la réduction de ses dimensions est aussitôt entravée par l’importance relativement grande que prennent les vagabondages de la suspension.
- La délicatesse des appareils employés par les physiciens s’est donc heurtée, jusqu’à ces derniers temps, à l’imperfection du mode de suspension qu’offrait la soie. Une suspension plus parfaite constituait par suite un moyen de perfectionnement des appareils de recherche, et ouvrait ainsi la voie à de nouveaux progrès. M. Yernon Boys a été assez heureux pour découvrir cette nouvelle suspension, dont l’usage ne s’est malheureusement pas encore répandu en France, si tant est que l’on puisse citer un seul laboratoire de recherches où elle soit appliquée, et nous croyons rendre service aux expérimentateurs en leur signalant les intéressants résultats obtenus par M. Yernon Boys. — En cherchant à perfectionner des appareils destinés à l’étude de la matière radiante, M. Yernon Boyé fut amené à abandonner la suspension en fil de cocon pour les raisons que nous venons d’indiquer. Il 11e put non plus faire usage de fil à la Wollaston, beaucoup trop fragile. Le fil de verre était trop inconstant, et le couple directeur qu’il produisait était mille fois trop grand, étant donnée la petitesse des forces mises en jeu dans les expériences délicates qu’il entreprenait.
- C’est alors que M. Boys fut conduit à instituer une série de recherches en vue de trouver une nouvelle substance convenable pour cette étude, et qu’il fut ainsi amené à imaginer un procédé d’une admirable simplicité pour la fabrication de fils très fins en quartz filé. L’appareil se compose d’une petite arbalète dont la flèche est constituée par une paille terminée par une pointe d’aiguille. On fixe à la queue de la flèche un petit cylindre de quartz dont l’extrémité a été fondue dans la flamme d'un chalumeau oxydrique. En abandonnant la flèche, celle-ci est lancée vers le but, que l’on éloigne le plus possible. En vertu de son inertie, la partie fluide 11e suit pas la flèche dans son mouvement ; elle se développe entre le but el te chalumeau, sous la forme d’un long filament, plus fin qu’un fil de toile d’araignée, et qui, par le fait de sa finesse, ne retombe à terre que très lentement. On obtient par ce procédé des fibres de quartz de très grande longueur, d’une très grande régularité et d’une résistance à la traction absolument extraordinaire. Le numéro 6 de la figure représente, à la même échelle que les autres modes de suspension, une libre de quartz de 5 millièmes de millimètre de diamètre. Elle est montée dans un instrument d’observation dont la partie
- suspendue pèse environ 2 grammes. Sa section n’est que le sixième de celle d’un fil simple de cocon, et sa résistance mécanique est sensiblement la même. Sa constitution non organique la met à l’abri de toutes les variations capricieuses auxquelles serait soumise une suspension en lil de cocon beaucoup moins sensible.
- La longueur de la suspension n’est que de 40 centimètres. Son couple de torsion est si faible que s’il fallait remplacer celte fibre de quartz par une autre en verre filé, le plus fin que l’on sache produire, il faudrait lui donner une longueur égale à la hauteur de la Tour Eilfel.
- On arrive à obtenir des fils de quartz encore plus fins, si fins qu’il devient impossible d’en prendre une photographie, et que leur présence ne se manifeste que par un phénomène de diffraction. Adéfaut d’une mesure exacte de ces diamètres, on en est réduit à une estimation. Le diamètre des plus petites fibres de quartz ne serait pas, d’après M. Piggott, supérieur à 25 millièmes de micron1. Pour se faire une idée tangible de cette finesse, il suffit de dire qu’un bloc de quartz ayant 25 millimètres de longueur et 25 millimètres de diamètre, tréfilé à ce diamètre, pourrait faire 658 fois le tour de la terre.
- Mais ce sont là plutôt des curiosités sans intérêt pratique. Les fibres employées dans les instruments de M. Vernon Boys ont 2,5 microns de diamètre, et présentent un couple de torsion dix mille fois plus petit que le verre filé le plus fin. A mesure que le diamètre de ces libres diminue, leur résistance à la traction augmente beaucoup et arrive à dépasser celle des barres d’acier. Les fibres les plus fines supportent 150 kilogrammes par centimètre carré de section, et les fibres ordinaires de 90 à 100 kilogrammes par centimètre carré. Ces fibres ne sont pas affectées par l’humidité et produisent des couples de torsion extrêmement petits, mais il n’était pas évident à priori qu’elles ne manifestent pas de fatigue, comme le verre filé, après avoir été soumises à une torsion exagérée. Pour prouver que cette fatigue ne se manifeste pas, M. Boys fait faire deux tours complets autour de son axe à l’extrémité d’une fibre rectiligne à laquelle est suspendu un miroir ; en abandonnant ensuite l'équipage à lui-même, il revient exactement au zéro, montrant ainsi l’élasticité parfaite de la suspension.
- Malgré leur finesse excessive, les fibres de quartz ont un diamètre parfaitement uniforme. Elles supportent un essai optique sévère, si sévère que des irrégularités invisibles au microscope seraient rendues très apparentes par cet examen.
- C’est avec ces fibres que M. Vernon Boys est parvenu à réaliser certaines expériences que l’on considérait jusqu’à présent comme impossibles. Nous citerons en particulier, comme la plus frappante et la plus remarquable à notre avis, la reproduction de l’expérience de Cavendish. Cavcndish démontrait
- 1 Le micron est égal à 1 millième de millimètre.
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- LA NATURE.
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- l’attraction newtonienne en employant de grosses balles de plomb fixes pesant plusieurs quintaux et de petites balles mobiles de même métal de 900 grammes environ (1 livre 5/4).
- M. Boys est parvenu à démontrer ces attractions et à les rendre visibles à un nombreux auditoire en employant comme grosses masses des poids en plomb pesant 900 grammes, et comme petites masses de petites sphères ne pesant que 1 gramme. Les balles en plomb de l’expérience de Cavendish étaient suspendues à un levier de 6 pieds de longueur (1"\8). Dans l’appareil de M. Yernon Boys, les balles suspendues à une fibre de quartz sont fixées à un levier horizontal de moins de 2 centimètres de longueur. Un calcul dont le développement serait ici hors de propos, établit que les forces en jeu dans cette expérience sont inférieures à
- 200 000 000 de 8ramme’ et 11 serait Possible> Par l’emploi de suspensions en fibres de quartz, de mesurer des forces 2000 fois plus faibles.
- M. Yernon Boys a donc doté la physique moderne d’un précieux moyen d’investigation ; cette science lui devra un grand nombre de ses progrès futurs, lorsque l’emploi des fibres en quartz filé se sera répandu dans les laboratoires de recherches.
- E. Hospitalier.
- L’AQUEDUC DE SERIN0
- ET LA DISTRIBUTION DES EAUX DE NAPLES (Suite et fin. —Voy. p. 99.)
- Dans notre précédent article sur la distribution des eaux de Naples, nous avons décrit la partie de l’aqueduc qui fonctionne sous l’action de la gravité, et qui s’arrête au sommet de la colline de Cancello. Nous allons maintenant faire connaître les dispositions de la partie des ouvrages qui fonctionnent sous pression, c’est-'a-dire des siphons qui relient la colline de Cancello à la ville.
- L’aqueduc à écoulement libre débite 2 mètres cubes par seconde, soit 172 800 mètres cubes par vingt-quatre heures : or, la ville de Naples a 500 000 habitants et le traité de concession impose l’adduction aux réservoirs de 200 litres par tête, soit de 100000 mètres cubes. Tel est le volume que doivent débiter les siphons, et il reste ainsi sur la colline de Cancello 72 800 mètres cubes disponibles soit pour l’augmentation ultérieure de la distribution, soit pour la force motrice.
- L’un des siphons porte l’eau au réservoir supérieur, à 185 mètres d’altitude au-dessus du niveau de la mer; il a 0m,700 de diamètre et part de la colline de Cancello à la cote 207m,77. 11 débite 252 litres par seconde : sa longueur atteint 22 720 mètres et la perte de charge pour cette longueur et ce débit est de 24ra,77.
- Les deux autres siphons alimentent le réservoir
- du bas et moyen service ; leur diamètre intérieur est de 0m,800 et leur débit total de 928 litres par seconde. Us partent de la cote 155m,56 et arrivent au réservoir inférieur à la cote 95m,60. Leur longueur est de 18 727 mètres, et la perte de charge atteint 42m,05.
- Au point bas le siphon de 0m,700 supporte une pression de 186 mètres, et les deux siphons de 0m,800 une pression de 115 mètres. Aucun travail de ce genre, exécuté jusqu’à ce jour, ne supporte, croyons-nous, des pressions aussi considérables eu égard aux longueurs et aux diamètres des conduites.
- L’entrée de l’eau dans les siphons se fait par les chambres de départ situées à leur tête amont sur la colline (fig. 1). La plus haute de ces chambres forme le point de départ du siphon du haut service. Elle est divisée en trois compartiments : celui de gauche reçoit les eaux qui viennent de l’aqueduc principal; celui du milieu donne passage aux eaux qui n’entrent pas dans le siphon de 0ra,700 et qui continuent leur route- vers la chambre inférieure ; le compartiment de droite sert à la prise du siphon
- de 0m,700.
- La chambre inférieure (fig. 2), de laquelle partent les deux siphons de 0m,800, est également divisée en trois compartiments : l’un, pour recevoir les eaux qui viennent de la chambre supérieure ; l’autre, pour la prise des deux siphons de 0m,800 ; le troisième, pour le trop-plein des eaux que les siphons ne peuvent recevoir, ou pour la décharge de celles amenées par l’aqueduc, si on ne veut pas les introduire dans les siphons.
- Entre l’extrémité de l’aqueduc libre et la première chambre de départ de la conduite de 0m,700, de même qu’entre cette chambre et la seconde qui sert de départ aux siphons de 0m,800, le canal forme chute suivant l'inclinaison de la colline, et son radier est disposé en gradins, comme dans les autres chutes dont nous avons déjà parlé.
- Les trois conduites forcées aboutissent à des chambres d’arrivée analogues à celles des siphons des Gruidi et des Tronti après avoir épousé le niveau de la plaine d’Acerra, et franchi en galeries souterraines les lignes de chemin de fer qui la traversent, et les canaux ou ravins sur des ponts. La figure 5 donne le profil en long de la plaine d’Acerra. La mise en charge s’effectue par le bas dans les mêmes conditions que pour le siphon des Gruidi. Des décharges permettent de vider les conduites pour effectuer les réparations (fig. 4), mais l’eau ne peut être enlevée qu’en la détournant à la tête amont, car il aurait été dangereux avec des conduites d’aussi grands diamètres et soumises à d’aussi fortes pressions, d'employer des robinets d’arrêt posés sur leur parcours.
- Les siphons de 0m,800 se terminent sur la rive droite du vallon de Miano, et débouchent dans un canal libre en maçonnerie qui conduit les eaux au réservoir de Capodimonte. Le siphon de 0m,700 a un parcours un peu plus long, vers lagauche, pour arriver au réservoir de Seudillo destiné au haut service.
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- Les deux réservoirs présentent cette particularité intéressante qu'au lieu d’ètre construits en maçonnerie, ils ont été creusés dans le massif tufier qui lorme lu plus grande partie du sous-sol de Naples. Ce massif étant très compact, on était certain d’ob-
- tenir une complète solidité, en même temps qu’une certaine simplicité de construction, et l’avantage fort appréciable de mettre l’eau à l’abri des intluences extérieures de la température.
- Le réservoir du haut service ou de Scudillo,
- KcJieUe'dr U600
- Profil en long des Chûtes de Cancello.
- Canal' «
- Chambre de déparldu Siphon .
- Fùj. ] r ùi Haut Service,
- Changements
- de pente uniforme / n
- ( Nombre 53 *9 55 lf.O + 1
- fer OradtnslMautaa' 2,00 2,00 2,00 2,00 X35
- yXargeur o, 685 0.725 0,57 0,66 0J&2
- Coteh' de nioccuL Sj diLJ'adicr'. ^ 1 . . J
- Hauteurs partielles 36,3o 7*.6S
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- Appareils de mise en charge etde décharge des Siphons.
- IUP
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- Fig
- Fig. 5
- Profil des galeries.
- Echelle de H/Ooo
- Echelle- de ï'Goo.
- Profil de la •§ conduite libre d'arrivée | du réservoir du bas et 5 du moyen service.
- Profil de nivellement en long entre Cancello et Naples.
- r*_» / Pour* 1er bezutmers 1 ce8000
- csietca ^ Pour les longueurs 1 à-200 000
- Xeucote' cfe dêpari' ci 207,77 ùuliqiaxntjes pressionsftatigees c/feHioes
- Cancello
- .Jtiànc.
- Plan au niveau du Canal d'arrivée
- £jfto%lEVCo
- Fig. 1 a 5. — Coupes et profils relatifs aux travaux de distribution des eaux de Naples.
- dont nous donnons la coupe et le plan dans la ligure 5, est composé de trois grandes galeries creusées dans la direction de l’est à l’ouest à une profondeur moyenne de 50 mètres au-dessous du sol et revêtues d’un enduit en ciment de Grenoble. Le profil transversal de ces galeries a la forme d’un ovale se rétrécissant vers le sommet, et terminé à la base par
- un radier légèrement déprimé vers le centre. Lenivean de l’eau, quand le réservoir est plein, est à la cote 183mètresau-dessusdu niveau de la mer. Les galeries ont9m,50 dehauteur sous clefetlO mètres de largeur; la hauteur de l’eau est de 6 mètres. Les trois galeries sont indépendantes et séparés par un massif rocheux de 10 d’épaisseur; elles ont chacune
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- 114 mètres de longueur. La contenance totale du réservoir est de 20 000 mètres cubes.
- L’aération s’effectue au moyen de puits verticaux débouchant à l’air libre.
- Les manœuvres se font à l’aide de deux galeries de service superposées : l’une, qui est au niveau de la calotte du réservoir et sert à l’arrivée de l’eau ; l’autre, située au niveau du radier et employée pour le départ des eaux et la vidange de l’ouvrage.
- Le siphon de 0m,700, par lequel l’eau arrive, débouche dans une cunette creusée dans le radier de la galerie supérieure. L’eau tombe dans les compartiments en passant par trois branchements munis de vannes. Les eaux de trop-plein, qui ne peuvent entrer
- dans le réservoir, descendent dans le canal inférieur de décharge par un rapide situé à l’extrémité du canal d’arrivée. À l’origine de ce rapide, on a établi un déversoir qui maintient l’eau dans le réservoir au même niveau que dans le canal d’arrivée. Les conduites de départ sont au nombre de trois. Chacune d’elles peut être alimentée par les trois compartiments du réservoir à la fois, par chacun d’eux séparément, ou bien encore par la conduite d’arrivée, suivant que l’on ouvre ou que l’on ferme une ou plusieurs des vannes qui règlent la distribution. La vidange s’opère par un tuyau placé au fond de chaque galerie du côté de l’entrée; ce tuyau traverse le massif qui sépare les galeries du réservoir des gale-
- Fig. 6. — L’une des cinq galeries du réservoir de Capodunonte près de Naples
- ries de service, et va tomber dans un canal qui règne tout le long de la galerie de service inférieure. Dans ce canal de décharge débouche également le trop-plein des eaux amenées par le siphon d’arrivée, ainsi que nous l’avons dit plus haut.
- En dehors du réservoir, le canal de décharge est découvert et il va aboutir au vallon des Fontanelle.
- On pénètre dans l’intérieur du réservoir par un escalier en hélice qui prend naissance dans le vestibule de la maison du gardien située au-dessus du réservoir, et aboutit à la galerie supérieure d’arrivée.
- Le second réservoir, établi sur la colline de Capodimonte, est destiné à l’alimentation des services lias et moyen. Sa capacité est de 80 000 mètres cubes. Il se compose de cinq grandes galeries creusées parallèlement l’une à l’autre à une profondeur
- moyenne de 50 mètres au-dessous du sol, et dont l’une est représentée dans la figure 0. Le profil transversal de ces galeries est analogue à celui du réservoir de Scudillo. Elles ont 10m,80 de haut et 9m,25 de large avec des piliers de même épaisseur. Les galeries extrêmes communiquent entre elles par des bras transversaux, et celle du milieu est isolée, ce qui permet de réunir les réservoirs ou d’en former trois indépendants. Les parois ont reçu un enduit de ciment de Grenoble jusqu’à 0m,50 au-dessus du niveau de l’eau. L’aération s'effectue par sept puits qui débouchent à l’extérieur.
- Les appareils de manœuvre sont disposés d’une manière analogue en principe à ceux du réservoir du haut service, mais le nombre des galeries est de trois, la première servant à l’entrée de l’eau, la se-
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- çonde' air départ œt' la-troisième à la décharge. i ' j CoiïHïîe nous-' l’avons ; déjà dit, la distribution se répartit en deux-zones 'distinctes : elle assure une alimentation^journalière;de 200 litres par habitant. - : Les travaux, commencés^u mois de novembre 1882 et attaqués sur lin grand nombre de points à la fois, ont été terminés en décembre 1881, et l’exploitation a été inapgurée le/10 niai 1885 en présence du roi et de la reine, d'Italie. - . . ^
- i* Cette grande entreprise, combinée avec la création (d’un nouveau réseau dégoûts, a permis d’assainir la .ville de Naples, en répondant aux nécessités de l’hygiène municipale et à tous les besoins domestiques* Ail point de vue de la hardiesse de la conception et '“‘ffè l’habileté dans l’exécution, elle peut aisément soutenir la comparaison avec les œuvres les plus vantées des Romains. Car, si elle présente à l’œil moins de travaux grandioses que n’en devait montrer l’aqueduc romain, c’est que, comme l’a si bien lait remarquer M. Couche1, à propos de la dérivation de la Dhuis, les solutions modernes, par leur progrès même, dissimulent les difficultés vaincues, et que le caractère économique des moyens employés en est un mérite de plus. En particulier, l’établissement des grands siphons de Cancello peut être regardé comme l’une des œuvres les plus hardies de notre temps, et depuis cinq années qu’ils sont en fonctionnement, sous les énormes pressions que nous avons indiquées, ils n’ont donné lieu qu’à un très léger accident. Ces travaux font le plus grand honneur à MM. Marchant, directeur de la Compagnie générale des eaux pour l’étranger, et à M. Schnæ-belé, l’un de ses ingénieurs, qui ont conçu le plan général, dont le second a dirigé l’exécution.
- G. Riciiou,
- Ingénieur des arts et manufactures.
- UNE REFORME DANS LA «INSTRUCTION
- DES MACHINES A VAPEUR PUISSANTES
- MM. A. Lencauchez et Durand viennent de présenter à la Société des ingénieurs civils un important Mémoire, gros de conséquences, si les chiffres qu’ils publient ne sont pas contestés ou infirmés par d’autres expérimentateurs. Bien que la question soit un peu spéciale, nous croyons utile et intéressant d’en présenter les grandes lignes à nos lecteurs, renvoyant ceux que la question intéresse plus particulièrement aux Mémoires et comptes-rendus des travaux de la Société des ingénieurs civils, numéro de juin 1890, dans lequel l’étude de MM. Lencauchez et Durand a paru sous le titre : De la production et de l'emploi de la vapeur considérée comme force motrice, principalement dans les locomotives.
- Le but de ce Mémoire est de mettre en évidence un certain nombre de faits d’observation sur la production et l’emploi de la vapeur, faits recueillis depuis plus de vingt années au chemin de fer d’Orléans. Il résulte de ces expériences qu’une locomotive actuelle bien construite produit un cheval-heure effectif, mesuré sur son arbre ou
- 1 Les eaux de Paris en 1884.
- essieu moteur, en consommant lkg,25 de briquettes ou charbon de bonne qualité, 10kg,5 de vapeur sèche correspondant à une consommation moyenne de 12 kilogrammes d’eau environ. Les machines fixes à grande vitesse Armington et Sims, sans condensation, très répandues en Amérique pour l’éclairage électrique, sont garanties par les constructeurs pour une dépense de 12kg,25 de vapeur par cheval-heure effectif mesuré au frein de Prony, mais les machines bien soignées ne dépensent en réalité que 10,5 à 11 kilogrammes, elles tournent à la vitesse angulaire de 250 à 500 tours par minute, sous des pressions de 5 à 0 kilogramme par centimètre carré. Les machines Corliss, type du Creusot. ne dépensent par heure, sans condensation, que 10kg,74 avec introduction de 20 pour 100, et à une pression effective de 7kg,76 par centimètre carré. A la pression effective’ de 5kg,5 par centimètre carré, dans les mêmes conditions, la dépense s’est élevée à 10kg,8 de vapeur par cheval-heure. La même machine marchant à condensation à 7kg,75 par centimètre carré a dépensé de 9kg,27 à 9kg,53 par cheval-heure. Sous la pression effective de 4kg,5 par centimètre carré, la dépense de vapeur a varié entre 9kg,58 et 9kg,47 par cheval-heure. Si, au lieu d’employer la condensation, on avait utilisé la vapeur de l’échappement au réchauffement de l’eau d’alimentation, à 97 degrés G, la dépense aurait été très sensiblement la même.
- On voit, de plus, par les chiffres que nous avons cités, que la marche à condensation a fait peu gagner en pratique lorsque la pression effective est passée de 4kg,5 à 7kg,5 par centimètre carré. Ce bénéfice, qui n’est que de 2 pour 100 environ, montre qu’en pratique
- 12 11
- les admissions inférieures à y— et -r-— cessent d’être
- économiques, et qu’il faut s’en tenir à l’admission au
- 1
- 8'
- Dans une machine à condensation, la pression n’a donc pas besoin de dépasser 4 kilogrammes par centimètre carré ou 5 kilogrammes par centimètre carré de pression
- 1
- effective au maximum pour une admission à -,—
- 12
- Les locomotives étant, par principe, des machines sans
- 1
- condensation, n’ont besoin que d’une admission au - , et
- peuvent, dans ces conditions, supporter une pression de llkg,4 par centimètre carré, sans que la consommation de vapeur dépasse 10kg,5 de vapeur réelle (vapeur sèche) par cheval-heure! Mais, en munissant la lo comotive de dispositions spéciales qui amélioreront son rendement, il ne serait pas impossible de regagner la différence de consommation de 24 pour 100 qui existe actuellement entre les locomotives et les machines fixes les plus récentes et les plus perfectionnées.
- La conclusion importante à laquelle arrivent MM. Lencauchez et Durand à la suite de ces comparaisons, c’est que la condensation est rarement utile, et qu’il serait regrettable aujourd’hui de faire de grands sacrifices pour percer des puits devant fournir 200, 300, 000 et 1000 mètres cubes d’eau par heure pour la condensation de machines d’une puissance de 300 à 1000 chevaux, comme en réclament aujourd’hui les stations pour l’éclairage électrique, car ces volumes d’eau sont d’inutiles petites rivières artificielles créées à des prix ruineux.
- En ce qui concerne les locomotives, MM. Lencauchez et Durand estiment qu’elles peuvent brûler, suivant les cas, les plus médiocres combustibles, et qu’elles peuvent
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- LA NATURE.
- 183
- produire la force motrice à des prix aussi avantageux que les machines fixes les plus perfectionnées.
- Une locomotive ordinaire consommant 13 kilogrammes de vapeur par cheval-heure, pourrait, en employant un foyer gazogène, un réchauffeur d’eau d’alimentation, en employant une circulation active dans les enveloppes, et en faisant usage d’un système de distribution perfectionné, voir tomber sa dépense à 8kf,5 de vapeur par cheval-heure, chiffre correspondant à la dépense des meilleures machines à condensation.
- On voit que- les conclusions de MM. Lencauchez ne tendent à rien moins que de produire une véritable révolution dans la construction des grandes machines à vapeur, en supprimant purement et simplement la condensation, les complications qu’elle entraîne et les frais de premier établissement qu’elle occasionne. Nos lecteurs apprécieront l’importance de ce fait dont nous laissons le sbin de la discussion aux spécialistes. E. II.
- LES FRAISES
- AU POINT DE VUE T H É R A P E U T IQ U F,
- La Nature a récemment consacré aux propriétés thérapeutiques réelles des fraises, un intéressant petit article1 que je crois devoir confirmer et compléter au point de vue physiologique et médical, particulièrement en ce qui concerne la goutte et la gravelle.
- Pour le faire, j’emprunte, à mon Traité des calculs*, un passage qui donne sur l’action de ces fruits l’opinion des chimistes les plus illustres de ce siècle. -
- Les eaux minérales alcalines, celles de Vichy, de Vais, par exemple, et le bicarbonate de soude que contiennent ces eaux sont prescrits comme remède contre la goutte et la gravelle, maladies dans lesquelles les sécrétions (les urines) sont très acides.... acidité que les sels alcalins ont la propriété de neutraliser.
- . Les fraises mangées en abondance produisent le même effet.... Ce phénomène s’explique chimiquement.
- L’expérience a démontré à des chimistes du plus grand renom, tels que Wœhler, Berzélius, J.-B. Dumas, Milon et Pelouze, qu’on pouvait rendre alcaline l’urine d’un animal ou d’une personne, rien que par l’ingestion d’une abondante quantité de fruits mûrs, fraises, cerises, raisins, etc.
- Avant d’avoir une connaissance exacte de la nature chimique des fruits rouges, on les regardait tous comme des fruits acides contenant de l’acide oxalique, lequel traverse l'économie sans subir de changements, ou contenant des oxalates qui ne subissent qu’une transformation peu sensible. Or, les fruits rouges bien mûrs (si on en excepte les groseilles) ne contiennent pas d’acide oxalique; mais ils contiennent d’autres acides organiques végétaux très décomposables en acide carbonique et en oxyde de carbone... qui sont les acides pectique, malique, tartrique, citrique, etc. L’acide acétique (le vinaigre, autrement dit) subit la même transformation.
- Ces acides dans les fruits, sont combinés à la soude et à la potasse, et donnent lieu à la production de carbonate de soude et de carbonate de potasse, sels alcalins qui donnent aux sécrétions une réaction alcaline.
- Les fraises ne contenant pas de lithium, il ne peut se former de carbonate de lithine par leur décomposition; et je ne crois pas non plus qu’il soit possible d’attribuer
- 1 Voy. n° 894, du 19 juillet 1890, p. 111.
- * Traité pratique de la gravelle et des calculs, avec 120-figures dans le texte, 2° édition, 1869, .1.-41. Baillère, Paris.
- aux phosphates de la fumure intensive de la culture des plants de fraisiers, la réaction alcaline que les fraises mangées en abondance donnent aux sécrétions animales.
- L’aclion du raisin est identique à celle des fraises : il y a en Suisse des cantons où l’ont va faire depuis plus de cinquante ans, au mois de septembre, une cure de raisin pour combattre la goutte, la gravelle. C’est en énorme quantité que chaque malade avale ce raisin mûr et sucré ; cela varie, selon la tolérance de l’estomac et la gourmandise, des sujets, de 5 à 10 kilogrammes dans la journée. Ce traitement, agréable à quelques-uns, ne tarde pas à produire des résultats appréciables vers la seconde semaine. C’est d’abord une dérivation intestinale salutaire pour des personnes habituellement trop nourries n’aimant que les aliments très azotés et substantiels. A ce moment les malades éprouvent moins de peine à se mouvoir, leurs articulations semblent devenir plus souples; leurs sécrétions et leurs excrétions, sueurs, urine, bile, changent de nature, deviennent plus abondantes et alcalines. La bile est aussi sensiblement modifiée. Je sais des malades qui doivent à ce traitement d’avoir été débarrassés de nombreux calculs biliaires.
- 11 y a quarante ans, à Vichy, les docteurs Prunelle, Petit, Noyer, Barthez, médecins inspecteurs des sources, médecins des hôpitaux civils et militaires de Vichy, avaient très rationnellement défendu l’oseille et la tomate à cause de l’acide oxalique qu’elles contiennent. Ces médecins, dont les ordonnances étaient respectées comme des oracles, alors que la chimie n’avait pas encore prononcé son arrêt par des voix aussi autorisées que celles que j’ai citées, avaient aussi proscrit du régime la salade et tous les fruits rouges que l’on ne servait pas sur les tables d’hôtel.
- Puis en 1852 sont venus à Vichy des médecins plus jeunes, d’abord Durand-Fardel, Willemain, puis Pupier, Sénac, qui ont osé rompre avec les vieux préjugés touchant le régime. Aujourd’hui qu’il y a plus de trente médecins, la science et ses progrès les ont maintenus, je le suppose, dans le plus parfait accord sur ce sujet tout au moins.
- I)r Le Roy d’Étiolues.
- POULIE A. DIAMÈTRES VARIABLES
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- SYSTEME ALBARET
- Lorsqu’on veut faire varier la vitesse d’un appareil mû par un moteur à vapeur ou autre, on a recours à des poulies de transmission de diamètres différents. Il est surtout nécessaire de pouvoir obtenir des vitesses très différentes dans les essais auxquels on soumet les machines : moulins, pompes, dynamos, etc..., soit que le constructeur veuille les étudier avant la construction définitive, soit que l’acquéreur veuille se rendre compte des conditions de fonctionnement. Afin de ne pas être obligé de changer chaque fois de poulie, ce qui est coûteux et parfois irréalisable, on a imaginé depuis longtemps des poulies à diamètres variables. Elles se composent ordinairement d’un certain nombre de segments de cylindre pouvant se rapprocher ou s’éloigner de l’axe par un mécanisme spécial. Mais dans un tel système la circonférence de la poulie n’est jamais continue et chaque partie a une courbure différente de celle qui correspond au diamètre de la poulie.
- Afin d’éviter ces inconvénients et sur la demande
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- LA NATURE.
- de M. Ringelmann, l’habile directeur de la Station d'essais des machines agricoles installée par le ministère de l’agriculture1, M. Albaret a conslruit un nouveau système de poulie dans lequel la variation du diamètre est basée sur un autre principe qui permet d’avoir une surface continue ayant la courbure correspondante au diamètre employé.
- Elle se compose de deux plateaux (Vov. fig. ci-dessous) circulaires dont l’un est solidaire du moyeu; l’autre est alésé de manière à venir s’appliquer exactement contre l’extrémité de ce moyeu où il est maintenu par des boulons. Dans les deux plateaux on a ménagé des rainures circulaires concentriques très rapprochées, à un centimètre l’une de l’autre.
- Pour faire usage de la poulie, après avoir dévissé le plateau mobile, on introduit, dans la rainure correspondant au diamètre choisi, une lame d’acier mince (représentée à part, C) qu’on enroule sur elle-même si cela est nécessaire et qu’on maintient provisoirement au moyen d’un cercle AB muni d’un écrou. On approche ensuite le plateau mobile et on fait pénétrer la lame d’acier C dans la rainure correspondante.
- On serre alors les boulons qui réunissent les deux plateaux et qui sont en assez grand nombre pour constituer un tout parfaitement solide. On peut alors enlever le cercle auxiliaire AB qui est inutile et serait même gênant pour le placement de la courroie. La bande d’acier a la longueur qui correspond au plus grand diamètre, par conséquent elle se trouve enroulée plusieurs fois sur elle-même dans les petits diamètres, mais la largeur des rainures est calculée en conséquence. Du reste si l’on veut, dans une poulie de diamètres très variables, que les croisements soient moins nombreux, on peut facilement avoir plusieurs bandes d’acier de longueur différente.
- On comprend que, avec deux poulies de ce système reliées l’une au moteur l’autre h la machine à essayer, on puisse faire varier les vitesses dans des proportions très considérables, tout en conservant aux poulies leur véritable forme; ce système est indispensable dans tout laboratoire destiné aux essais de machines. G. Mareschal.
- Voy. n° 898, du 10 août 1890.
- LE FIGUIER DE R0SC0FF
- On sait que le Figuier est un arbre qui ne pousse que difficilement sous le climat du nord et du centre de la France, ses fruits n’y mûrissent pour ainsi dire jamais; cependant il vient bien en Bretagne et dans les îles Normandes à cause de la température relativement douce de ces contrées.
- Les Figuiers croissent, en général, en Bretagne, dans des endroits abrités des vents du nord et du nord-ouest, ils ne s’élèvent guère au-dessus des maisons qui les protègent. Leur dimension est à peu près celle d’un pommier.
- 11 existe, sur la route de Saint-Pol-de-Léon à Roscoff, près de ce dernier village, un de ces figuiers qui jouit d’une grande célébrité et dont les dimensions et la forme exceptionnelles méritent en effet
- d’être signalées (fig. 1 et 2).
- Cet arbre n’est guère plus élevé que les autres Figuiers du même pays, il peut avoir 4 à 5 mètres de hauteur; mais il couvre de ses branches une étendue considérable qu’on peut évaluera 400 mètres carrés environ.
- Il est situé dans le potager d’une grande ferme ; le tronc unique, assez bas et très contourné, est, engagé en partie dans un mur de clôture épais, ce qui rend très difficile l’estimation de sa grosseur; nous pensons que la section du tronc peut avoir environ 15 décimètres carrés, cela correspondrait à un arbre de 40 centimètres de diamètre. De ce tronc, et à lm,80 environ du sol, partent, horizontalement et dans toutes les directions, une quantité considérable de branches dont quelques-unes s’étendent jusqu’à plus de 15 mètres du tronc. Ces grosses branches servent de base à un fouillis de petites branches qui s’élèvent vers la lumière formant une sorte de toit de verdure extrêmement touffu.
- On conçoit facilement qu’un arbre disposé de la sorte ne puisse pas se soutenir de lui-même. Les grosses branches s’appuient sur les murs de clôture de deux petits potagers et sur trente-huit piliers en granit formés chacun d’une seule pierre d’emiron 2 mètres de b auteur et 50 à 40 centimètres d’épaisseur.
- L’ensemble est disposé comme l’indique le petit, plan que nous publions ci-après (fig. 5). Entre les
- Poulie à diamètres variables.
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- LA NATURE
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- Fig. 1. — Vue inférieure du figuier de Roseoff en Bretagne. D'après une photographie de M. A. Meliard.
- Fig. 2.
- Vue du figuier de Roseoff montrant ses Branches au-dessus d’un mur (D’après une photographie de M. A. Meliard.)
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- LA NATURE.
- deux rangées de piliers parallèles se trouve une allée couverte de 25 mètres environ de longueur : cette allée est représentée dans une de nos photographies (fig. 2).
- Au delà de la dernière rangée de piliers, les branches s’abaissent jusqu’au sol.
- Lorsque j’ai vu pour la première fois cet arbre, au mois de septembre 1884, il était couvert de feuilles encore bien vertes qui formaient un ombrage épais; les figues apparaissaient assez nombreuses et commençaient à mûrir. J'ai eu la curiosité de demander au fermier quelques renseignements sur cet arbre extraordinaire; je cite ses réponses qui, malheureusement, sont assez vagues.
- « Quel âge peut avoir ce figuier? lui demandai-je.
- — Monsieur, me répondit-il, les vieux du pays l’ont toujours vu comme il est aujourd’hui.
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- Fig. 3. — Plan du figuier de RoseolE — A, B. Maisons d’habitafion. — CDEFGHI. Murs de clôture de deux jardins potagers. — K. Tronc du figuier. — LMNP. Rangées de neuf piliers en granit. — 1 et 2. Points où les deux vues photographiques ont été prises. — RSTU. Ligne pointillée indiquant l’espace couvert par le figuier. (Les cotes ont été inscrites d’après des mesures faites au'pas.)
- —Combien vous donne-t-il de figues mures par an ?
- — Il y en a tant qu’on veut, on a beau en prendre tous les jours, il en reste toujours.
- — Mais combien en prenez-vous par jour?
- — Plusieurs paniers pendant la saison, c’est-à-dire pendant deux ou trois mois.
- — Est-ce que cet arbre grandit encore ?
- — Oui,monsieur; il couvrirait bien toute la propriété si on le laissait faire; je suis forcé de couper tous les ans les bouts des branches qui sortent de l’allée. »
- Si vagues que soient ces renseignements, j’ai pensé qu’ils présentaient encore assez d'intérêt pour être notés, d’autant plus que le figuier de Roscoff, malgré sa réputation universelle, n’a pas à notre connaissance été décrit d’une façon complète. Il résulte de ce que nous venons de dire, que cet arbre, quoique très vieux, est encore très vigoureux, qu’il porte des fruits excellente en quantité ; enfin que, malgré la disproportion qui existe entre la dimension du tronc et celles des branches, celles-ci trouvent encore assez de sève pour continuer à croître.
- Une particularité qui n’est pas des moins étranges, c’est que la végétation, assez riche aux environs
- de Morlaix et de Saint-Pol-de-Léon, cesse pour ainsi dire à l’endroit même où se trouve ce figuier. A partir de la ferme où il se trouve, le vent de mer couche et roussilles arbres, ceux-ci poussent rabougris, clairsemés sur un sol qui devient aride et rocailleux jusqu’à la mer. À. Mehard.
- LES CONSTRUCTIONS NAVALES
- DE LA MARINE DE GUERRE BRITANNIQUE
- Au moment où la France s’apprête à consacrer des sommes considérables à la réfection de son matériel naval, et où notre flotte de guerre va se voir augmenter d’un grand nombre d’unités, il peut être intéressant de constater quels efforts on fait dans le même but dans les pays étrangers; les chiffres doivent être tout spécialement curieux à constater en ce qui concerne la flotte britannique, qui est considérée comme la première des flottes européennes. Les renseignements que nous allons fournir sont relatifs à l’ensemble de l’année 1889, et s’appliquent aux navires lancés dans le courant de cette année.
- En première ligne, nous citerons le Blake, de 9000 tonneaux, d’une puissance de 20 000 chevaux, devant fournir 22 nœuds, et ayant coûté environ 11 millions de francs (exactement 430 633 livres sterling). Au second rang vient le Vulcan, de 6620 tonneaux et 12 000 chevaux, devant donner 20 nœuds, et dont le prix a été de 292 107 livres. Le troisième de la liste a un tonnage infiniment moindre, c’est le Barham, de 1850 tonneaux, de 6000 chevaux, d’une vitesse de 19,5 nœuds, ayant coûté 101 408 livres.
- Nous trouvons ensuite quatre navires du même type, portant les noms de Blanche, Blonde, Barrosa et Bar-raconta, filant uniformément une vitesse de 16,5 nœuds à l’heure, jaugeant 1580 tonnes, ayant une puissance de 3000 chevaux, et dont le prix de construction a été de 96 000 livres. Une autre série comprend deux navires de 1170 tonneaux et de 2000 chevaux, filant ou devant filer 14,5 nœuds. Nous relevons ensuite neuf navires d’une vitesse de 13,5 nœuds, d’un très faible tonnage, 805 tonnes et 1200 chevaux. Enfin la dernière série, composée de huit navires, fournit des vitesses très remarquables, 21 nœuds, avec un tonnage très faible, 735 tonneaux et une puissance de 4500 chevaux; ces derniers navires ont, du reste, coûté beaucoup plus cher que ceux de la série précédente. L’ensemble de toutes ces constructions a entraîné une dépense approximative de 55 millions de francs. (Il s’agit, bien entendu, des seuls navires lancés en 1889.)
- En outre, il faut ajouter qu’il a été livré treize torpilleurs de première classe et dix de soconde.
- D. B.
- L’UTILISATION DES CHUTES DU NIAGARA
- Nous avons déjà parlé à plusieurs reprises des nombreux projets émis pour utiliser la puissance motrice des chutes d’eau du Niagara. Cette fois, les projets semblent être plus sérieux. Il s’est formé un syndicat pour acquérir une grande superficie de terrains tout autour des chutes. Sur ce terrain seront établies des usines de toute nature, auxquelles la force motrice sera fournie par les chutes. On sait que la hauteur de ces dernières est de 60 mètres; en n’utilisant qu’une chute de 40 mètres, et un débjt d’eau de 4 pour 100 seulement du volume total, on
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- compte sur une puissance de 120 000 chevaux. On se propose également en même temps de fournir la force motrice à la ville de Buffalo qui se trouve à 26 kilomètres de là. Pour arriver à cette utilisation, on devra d’abord construire d’immenses turbines, il faudra ensuite choisir le mode le plus convenable pour la distribution de l’énergie. On sait que plusieurs systèmes de distribution se trouvent en présence : les cables télodynamiques, l’air comprimé, l’air raréfié, l'eau sous pression, la transmission électrique. On se décidera suivant les conditions particulières de l’iilstallalion. Le syndicat a alors résolu d’ouvrir un concours entre les ingénieurs, et de soumettre les épreuves de ce concours à une Commission scientifique internationale. Les membres de cette Commission viennent d’étre désignés. Ce sont MM. : Sir William Thomson, président; le professeur Mascart, directeur du Bureau central météorologique de Paris; le colonel Tur-rettini, ancien directeur des travaux du Saint-Gothard, et directeur delà Compagnie d’utilisation des forces motrices du Rhône à Genève; Dr Coleman Sellers, professeur de mécanique au Stevens Institute et au Franklin Institute; le professeur W.-C. Unwin, de Londres, secrétaire.
- Nous aurons donc, à brève échéance, un grand exemple de transmission d’énergie à faible distance. Le problème consistera ensuite à étendre cette distance ’de transmission, afin de connaître la distance extrême à laquelle cette distribution cesse d’étre économique. Il serait même intéressant d’établir plusieurs modes différents de distribution pour desservir plusieurs endroits, afin de comparer, chiffres en mains, les prix de revient de l’installation et de l’exploitation. J. L.
- LA. ROCHELLE ET SON NOUVEAU PORT
- DE LA PALLICE 1
- La Rochelle, si bien située sur les côtes de l’Au-nis, au fond de sa baie, ouvrant elle-même sur une rade protégée des vents redoutables de l’Océan et du golfe de Gascogne, avait su prendre, dès le treizième siècle, une grande importance commerciale; même après la révocation de l’Édit de Nantes, qui lui avait fait perdre 5000 habitants, son port conservait toute son activité; d’après un état du commerce de 1756, la sortie des marchandises, pour les pays étrangers, s’élevait à 5 676 156 livres, et l’entrée à 2 107 555 ; les relations étaient surtout établies avec le Portugal, l’Espagne, la Hollande, la Danemark, les villes hanséatiques, l’Angleterre, et aussi le Canada, les Antilles, Saint-Domingue, où les Rochelais avaient fondé un puissant établissement. La paix de Paris n’avait pas pu arrêter le développement de ce port; de grands travaux y furent engagés successivement pour lutter contre les atterrissements, facilités notamment par les anciennes substructions de la digue Richelieu : curage du chenal, établissement de quais, d’un, puis de deux bassins à flot, d’une écluse de chasses, et agrandissement des retenues de ces chasses. Jusqu’en 1862, à partir du commencement du siècle, plus de 7 millions y furent dépensés. Enfin, jusqu’à aujourd’hui, les dragages du chenal ont été constamment continués. Mais les efforts les
- 1 Voy. n° 506, du 10 février 1885, p. 171.
- plus énergiques ne pouvaient plus suffire à maintenir le port dans un état satisfaisant et à le rendre praticable à la grande navigation.
- En effet, et depuis bien des années déjà, il se produit une transformation radicale dans le commerce et la navigation maritimes. Le tonnage individuel des navires augmente sans cesse, en même temps que les navires à vapeur remplacent peu à peu les navires à voile. Pour prendre même une période assez courte, de 1871 à 1882, la jauge moyenne des vapeurs, qui était de 424 tonneaux en 1871, est passée à 660 en 1882; le port recevait, en 1871, des vapeurs jaugeant au maximum 659 tonnes; en 1882, on en voyait entrer de 1269 tonnes. Or, pour parvenir au port, il faut suivre un chenal long de 2 kilomètres et demi, large de 25, et donnant 5 mètres de tirant d’eau à pleine mer. Certainement, jusqu’en 1882, il n'y avait pas encore eu décroissance dans le mouvement commercial, puis-qu’en 1871 le tonnage à l’entrée et à la sortie était de 254 574 tonnes, et qu’il atteignait 657 216 tonnes en 1882.
- Mais la dépression était menaçante, les steamers, dont le tirant d’eau tend de plus en plus à dépasser 5 mètres, allaient être obligés d’abandonner le port de La Rochelle, si l’on n’y portait point remède. Dès 1870, les armateurs avaient tenté un effort dans le but d’obtenir une transformation complète, et enfin, devant des réclamations continues, l’Administration se décidait à commencer des travaux très importants, mais en toute connaissance de cause : M. Bouquet de la Grye était chargé d’étudier une solution pour rendre La Rochelle accessible aux plus grands navires. On aurait pu songer à transformer La Rochelle même, à y creuser un nouveau bassin à Ilot, et surtout à élargir et approfondir le chenal grâce à des dragages continus; mais la dépense eût été énorme et le résultat plus qu’incertain, les dépôts de vase étant continuels dans la baie. C’est pourquoi, au lieu d’améliorer le port actuel, on résolut de créer de toutes pièces un nouveau port, La Pallice.
- Le nouvel établissement s’ouvre en face d’une rade protégée de toutes parts, surtout par les îles d’Oleron et de Ré. Ces îles la garantissent des redoutables vents d’ouest et de sud-ouest ; les fonds de 5 mètres au-dessous du 0 des cartes marines se rapprochent de la côte et peuvent être atteints par des jetées de 600 mètres de longueur ; les fonds sont immuables, et il n’y a pas de barre à craindre. Aussi le projet de M. Bouquet de la Grye a été universellement adopté ; il va être bientôt consacré par la pratique, puisque le port est aujourd’hui ouvert, et que les travaux, commencés en 1881, peuvent être maintenant considérés comme terminés, sauf quelques détails, appareils de manœuvre, éclairage, etc. L’inauguration du port de La Pallice vient d’avoir lieu le 19 août dernier, sous les auspices de M. le Président de la République française.
- Prenant le chemin de fer à la gare de La Rochelle, nous pouvons gagner le nouveau port par voie ferrée,
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- LÀ NATURE.
- quittant la ligne de Nantes pour nous diriger dans l’ouest jusqu’à la pointe nord de la baie de La Rochelle; de loin nous apercevons l’immense bassin, et nous descendons de wagon sur le quai même.
- Les ouvrages du port comprennent un avant-port enfermé entre deux jetées, un bassin à flot, et enfin deux formes de radoub. Passant vite le long des quais, où nous reviendrons tout à l’heure, pour suivre un ordre logique, nous allons examiner d’abord en détail l’avant-port. Creusé à la cote — 5 mètres (au-dessous du 0), il a une superficie de 12 hectares et demi, et on y pénètre par une passe de 90 mètres s’ouvrant dans la direction ouest-nord-ouest; en basses mers, on y trouvera 5 mètres ou 6m,95 suivant qu’on sera en équinoxe ou en mortes-eaux ; en hautes mers, la profondeur y variera entre llm,56
- et 9m,66; on voit quelle différence avec le tirant d’eau qu’on aurait pu obtenir, mais à’grand’peine, dans le chenal de l’ancien port de La Rochelle! Ici nous trouvons un tirant d’eau bien suffisant pour tous les besoins de la grande navigation. Les deux jetées n’ont ni mêmes dimensions, ni même direction, l’avant-port ayant la forme générale d’un triangle rectangle reposant sur la côte par un côté de l’angle droit. La jetée sud a une direction ouest-quart-nord-ouest, elle est longue de 626 mètres pour atteindre les fonds de — 5 mètres ; sur 220 mètres à partir de l’origine, elle est formée d’une passerelle reposant sur 15 piles en maçonnerie. Le but de cette construction est de ménager l’entrée de l’eau dans ce qu’on nomme une chambre d'épanouissement, sorte de petit bassin ayant pour but
- Fig. 1. — Plan du nouveau port de La Pallice.
- d’éviter les oscillations brusques de l’eau à marée montante dans l’avant-port; cette chambre est bornée par une digue d’épanouissement se soudant à la jetée à l’origine de la partie pleine et se reliant au rivage.
- La jetée nord a une direction sud-ouest; longue seulement de 455 mètres, elle ne gagne que les fonds de — 2m,50; au contraire, la jetée sud a été très allongée pour protéger l’entrée des vents de sud-ouest. Deux ouvrages accessoires sont au point d’enracinement de la jetée nord ; au nord s’étend devant la côte une digue de défense de 280 mètres. Dans le sud, et devant le terre-plein séparant l’avant-port du bassin, est construit un brise-lames de 500 mètres de longueur, formé d’un plan incliné à 1 de base pour 0m,15 de hauteur. En suivant ce brise-lames, nous trouvons les entrées des écluses, situées entre l’extrémité de cet ouvrage et le pied de la jetée sud. Nous avons dit les écluses; deux en
- effet étaient prévues, mais, par raison d’économie* on n’a construit que les amorces de la petite (qui doit avoir 14 mètres de largeur) ; elle sera terminée quand le mouvement commercial prendra de l’intensité. La grande écluse, accolée à l’autre, a 22 mètres de largeur, la longueur totale en est de 255 mèr très; elle est munie d’une paire de portes de flot; elle a, en outre, trois paires de portes d’èbe, les deux extrêmes comprenant entre elles une longueur utile de 165 mètres. Le radier est à la cote —5 mètres, le seuil des portes d’èbe d’amont à — 4 mètres. Toutes les portes sont en fer, composées d’entretoises horizontales et de montants verticaux, les deux extrêmes formant poteaux-tourillons; une des faces de chaque vantail est dressée suivant un arc de cercle, la largeur du vantail est de lm,60 au milieu, de 0m,60 à l’extrémité; ces portes peuvent flotter aisément pour la facilité du transport en cas de réparations. Les portes d’èbe aval sont munies
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- de ventelles. La hauteur des portes varie entre 11 et 12 mètres, et le poids d’un vantail entre 95 et 107 tonnes. Les manœuvres ne sont faites que provisoirement à bras, on va installer des appareils hydrauliques sur tout l’ensemble des quais.
- Nous pouvons maintenant pénétrer dans le bassin à ilôt, et, pour cela faire, nous pourrions prendre passage sur le plus grand transatlantique, qui trouverait des dimensions bien suffisantes. Nous entrons par la partie nord du quai ouest. Le bassin à flot n’est pas uniformément rectangulaire, comme le montre la carte. S’étendant dans la direction ouest-est, il a une longueur totale de 700 mètres; sur les 400 premiers mètres à partir de l’ouest, il a une
- largeur de 200 mètres, qui se restreint à 120 sur les 300 mètres restants. Il est creusé à la eote — 4 mètres, et présente une surface de 11 hectares et demi, avec une longueur de quais utile de 1600 mètres. En réalité, c’est bien peu, un seul bassin, et 1 kilomètre et demi de quais; mais on a fait peu pour commencer, en se ménageant un agrandissement très facile : au milieu du quai de 120 mètres a été construite l’amorce d’un canal qui mettra le premier bassin en communication avec les autres que l’on creuserait vers l’est, en cas d’agrandissement du port. Les docks, entrepôts, etc., ne sont pas encore établis; mais l’État a acheté tout autour du bassin une surface de 200 mètres de
- largeur, où ils seront établis, ainsi qu’une gare maritime.
- Nous avons parlé de formes de radoub : ce sont les installations les plus nécessaires a un port de commerce, et celles qui manquent le plus souvent sur nos côtes, du moins dans des dimensions suffisantes pour les grands navires. Celles-ci sont établies à l’extrémité ouest du grand quai sud, parallèlement l’une à l’autre. La plus petite a 14 mètres sur 115; la forme n° 1 a comme longueur totale de radier 180 mètres sur 22 ; bien des navires fréquenteront La Pallice pour avoir recours à ces instruments. Chaque forme est munie de trois banquettes, d’une glissière en maçonnerie et d’une fosse à gouvernail.
- Dans les formes, comme dans les écluses et aussi dans le bassin à Ilot, les fouilles se sont faites en
- plein rocher, et les maçonneries ont été réduites à de simples revêtements. Le creusement de l’avant-port n’a pas été aussi facile : un batardeau de 300 mètres a d’abord été construit entre les jetées suivant la laisse des basses-mers, formant avec les jetées une enceinte d’où l’on a extrait 900 000 mètres cubes de déblais ; puis, quand les jetées ont été assez avancées, on a construit un second batardeau s’appuyant sur la jetée sud et l’extrémité de la jetée nord, et formant une autre enceinte d’où l’on a extrait à sec 120 000 mètres cubes. Les jetées elles-mêmes, du moins sur 316 mètres pour l’une et sur 108 pour l’autre, ont été fondées à l’air comprimé, avec des caissons mobiles d’un système particulier, sur lesquels, avant peu, nous donnerons des détails dans cette Revue.
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- Aujourd’hui le port est, on peut le dire, terminé; sur la dépense totale de 21 millions, 19 sont employés ; le port est livré au commerce qui trouve de 10m,56 a 8m,66 d’eau dans le bassin *. Nous possédons maintenant un port aisément accessible aux plus grands navires; ils vont apprendre à le connaître et à l’apprécier, sûrs d’y trouver toutes facilités de mouvement comme de réparations, et confiants dans l’abri que leur otfre la magnifique rade de La Pallice : La Rochelle va reprendre son ancienne splendeur.
- Daniel Rellet.
- NÉCROLOGIE
- Galissier. — Le nom que nous inscrivons ici n’a pas atteint la célébrité; c’est celui d’un savant modeste et laborieux qui vient d’ètre victime de son amour des sciences naturelles. Nous nous faisons un devoir de rendre hommage à sa mémoire. — M. Galissier était un des plus sympathiques professeurs à l’École normale de Foix. 11 était parti le 6 août pour herboriser dans les Pyrénées ariégeoises avec M. Mailho, curé de Sainte-Quilterie, à Tarascon, et un Anglais. Un guide les dirigeait. Sur les flancs du Montcalm, au bord d’un précipice, M. Galissier aperçut une plante assez rare, delà famille des gentianes, et il voulut la prendre. Il planta son bâton ferré et s’en servit d’appui; mais la terre céda et l’infortuné botaniste, ne pouvant se retenir, fut précipité la tête la première. Le corps vint frapper d’abord une plate-forme à 5 mètres de la chute, puis il continua à rouler sur la déclivité de la montagne et alla tomber dans la rivière, qui coulait mugissante, dans le précipice, profond de 590 mètres environ. La mort fut subite. Le cadavre a été transporté à Foix. Les obsèques ont eu lieu le 10 août et le corps a été accompagné à sa dernière demeure par un grand nombre de personnes, désireuses de témoigner à la famille de ce malheureux professeur l’affection et la part qu’elles prenaient à sa douleur. — Au moment où les promenades en montagne sont si fréquentes, nous croyons devoir recommander la prudence aux touristes. Les catastrophes de ce genre n’arrivent malheureusement que trop souvent.
- CHRONIQUE
- Le mal de cœur en ascenseur. — Les ascenseurs, dont l’usage est aujourd’hui si répandu dans toutes les constructions modernes, ne présente qu’un seul inconvénient auquel il est facile de porter remède, si nous en croyons notre confrère Iron. Les personnes d’une constitution délicate ne peuvent faire usage d’un ascenseur sans ressentir, au moment de l’arrêt, un mal de cœur, si violent pour quelques-unes, qu’elles répugnent à faire usage de ce moyen si commode de locomotion verticale. L’arret plus ou moins brusque de l’ascenseur produit le vertige et soulève quelquefois l’estomac, comme si les organes intérieurs remontaient jusqu’à la gorge. Cet effet, absolument conforme d’ailleurs aux lois les plus élémentaires de la physique, a simplement pour cause le fait qu’au moment de l’arrêt toutes les parties du corps ne sont pas
- 1 Suivant qu’on est en équiwaxe ou en mortes-eaux.
- arrêtées en même temps. Les pieds, en contact direct avec le plancher, sont d’abord arrêtés, tandis que les autres parties du corps continuent leur mouvement. Si toutes les parties du corps pouvaient être arrêtées ensemble, les effets désagréables dont nous venons de parler ne se produiraient plus. Ce résultat peut être obtenu très simplement en appuyant avec une certaine force la tète et les épaules contre les parois de l’ascenseur. Tout le corps est ainsi solidarisé dans son mouvement, et l’on n’éprouve plus aucun malaise lorsque les changements de vitesse se produisent. Si la recette indiquée par Iron est exacte, elle expliquerait pourquoi la plupart des personnes éprouvent moins les affres du mal de mer couchées que debout.
- L’étendue des forêts d'Europe.—Les forêts occupent, actuellement, 59,7 pour 100 de l’étendue totale delà Suède, 36,9 pour 100 de la Russie, 32,5 pour 100 de l’Autriche, 28,4 pour 100 de la Hongrie, 25,2 pour 100 de l’Allemagne, 24,5 pour 100 de la Norvège, 19,9 pour 100 de la Serbie, 19,6 pour 100 delà Belgique, 18,9 pour 100 de la Suisse, 17,7 pour 100 de la France, 17 pour 100 de l’Espagne, 15,2 pour 100 de la Roumanie, 13,1 pour 100 de la Grèce, 12,3 pour 100 de l’Italie, 7 pour 100 de la Hollande, 5,3 pour 100 du Portugal, 4,8 pour 100 du Danemark, 4 pour 100 de l’Angleterre. En faisant porter les chiffres non plus sur l’étendue totale, mais sur la population, on voit que la Norvège a 4ha,32 de forêts par tète d’habitant, la Suède 5h’,85, la Russie 2ha,87, la Hongrie et la Serbie 58 ares, l’Espagne 52, l’Autriche 44, la Grèce 43, la Roumanie 37, l’Allemagne 50, la Suisse 27, la France 25, l’Italie 13, le Portugal 11, le Danemark 10, la Belgique 9, la Hollande 6, l’Angleterre 4. Quant aux États-Unis, leur domaine forestier, représentant 19 pour 100 de l’étendue totale, couvre 190 millions d’hectares, superficie égale à quinze fois celle de l’État de Pensyl-vanie; S111,80 de forêts correspondent à chaque tète d’habitant.
- Les températures élevées. — On sait combien il est difficile de mesurer exactement les hautes températures des foyers industriels ; et cependant leur détermination est souvent très importante. M. U. Le Chatelier a fait dernièrement, à la Société d’encouragement, une communication qui résume parfaitement l’état actuel de la question. Le pyromêtre de Wedgwood, le plus ancien en date, utilisait le retrait de l’argile. Mais les indications qu’il donne ne sont pas comparables entre elles, parce que le retrait total ne dépend pas seulement de la température, mais aussi des différentes conditions accessoires. Le thermomètre à air, qui théoriquement serait le plus parfait des pyromètres, ne peut convenir pour les usages industriels en raison de sa fragilité et de la complication de son emploi. Le plus souvent on se contente d’estimer les températures à l’œil d’après la nuance des radiations émises. Ce procédé sommaire peut être amélioré par l’emploi d’un verre de cobalt, ou mieux d’un système optique; quartz entre deux niçois qui permet d’arrêter à volonté une des radiations moyennes du spectre. Le pyromètre de MM. Houel et Mesuré, fondé sur ce principe, permet d’apprécier très exactement la constance de température d’un jour. Le plus exact des pyromètres proposés jusqu’ici à 1 industrie est le pyromètre thermo-électrique dont le principe a été indiqué dès 1832 par Becquerel. 11 faut employer pour le couple des métaux suffisamment homogènes, tels que le platine et ses alliages, et avoir un galvanomètre assez rustique pour pouvoir être installé dans les usines. Les
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- galvanomètres à cadres mobiles de MM. M. DeSprez et d’Arsonval remplissent toutes les conditions désirables. On peut avec un semblable pyromètre faire des mesures concordant à moins de 10° par mètre. La seule incertitude provient des points fixes employés pour la graduation. En admettant 1500° pour le point de fusion du palladium, on trouve : acier doux, 1450; acier dur, 1400; acier-manganèse, 1200, ferro-nickel, 1230; fonte grise, 1220; fonte blanche, 1105.
- Un curieux phénomène physiologique. — Tout le monde sait qu’en mettant les deux fils d’un galvanomètre sensible, l’un au-dessus de la langue, l’autre au-dessous, on produit un courant qui fait dévier l’aiguille du galvanomètre. L'Eleclrical Engineer nous rappelle un autre moyen beaucoup plus simple et beaucoup plus original de mettre en évidence les propriétés acides de la salive. 11 consiste à mettre une petite lame de zinc sous la langue et une pièce de 5 francs en argent entre la lèvre et la gencive supérieures. Au moment où l’on fait toucher ces deux métaux, les yeux subissent une contraction faisant croire à l’apparition d’un éclair. Si l’on ferme les yeux en faisant cette expérience, on ne sent plus rien. Nous avons répété cette expérience avec des pièces de 1 franc et de 2 francs en argent et des pièces en or, mais le phénomène est moins net qu’avec une pièce de 5 francs en argent. Celte expérience est très curieuse et nous engageons beaucoup nos lecteurs à la répéter.
- La puissance (les dynamos actuelles. — Une
- des caractéristiques les plus nettes des progrès des applications de l’électricité nous est fournie par l’accroissement si rapide de la puissance des unités adoptées dans les stations centrales de distribution de l’énergie électrique, A l'exposition d’électricité de 1881, la dynamo la plus puissante était une machine de 800 ampères et 110 volts exposée par Edison, soit 90 kilowatts (120 chevaux). Aujourd’hui les stations centrales électriques de Berlin sont alimentées par des dynamos à courant continu, de 380 kilowatts (500 chevaux) ; la station de Rome emploie des alternateurs — c’est le nom consacré aujourd’hui des machines à courants alternatifs — de puissance équivalente; l’usine de Deptford, à Londres, possède un alternateur de 1500 chevaux à 5000 volts, en attendant que la construction de deux machines de 10 000 chevaux soit terminée. Ces quelques chiffres permettent de juger des progrès réalisés en dix années.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 août 1890. — Présidence de M. Ditciiartre.
- Éclairage électrique. — M. Trouvé adresse une réclamation de priorité au sujet de la construction de la lampe électrique portative présentée à la dernière séance au nom de la compagnie Stella. M. Trouvé rappelle que sa lampe est essentiellement une lampe de sûreté, qu’un appareil pesant 420 grammes peut fonctionner pendant quatre heures et qu’enfin un appareil pesant 040 grammes peut durer pendant douze heures. 11 ajoute qu’elle est depuis longtemps en usage dans les poudreries nationales de Sevran-Livry et du Bouchet, ainsi que dans les établissements de l'artillerie et dans la marine italienne. Nous ferons observer, toutefois, que la lampe de M. Trouvé est alimentée par une pile au bichromate, et que la lampe Stella fonctionne au moyen d’accumulateurs. — M.Trouve
- présente, en outre, un nouvel appareil appelé éryginato-scope (spuyua, trou creusé dans la terre, T/.or.éw, je vois) destiné à l’inspection des couches géologiques traversées par les sondes exploratrices. Ce nouveau polyscope n’est1 qu'une modification de celui dont M. le commandant Manceron a tiré un si bon parti à Saint-Thomas d’Aquin pour la vérification de lame des canons et de l’intérieur des obus, qu’emploient également les écoles d’application d’artillerie et du génie, de Versailles, Toul, Verdun, Belfort, Epinal, et dont se sert l'ingénieur Heurtebisc pour l’examen des raccordements des colonnes montantes des ascenseurs hydrauliques. 11 est formé d’une lampe à incandescence placée à l’intérieur d’un réflecteur hémicylindrique et devant un miroir articulé où vient se réfléchir l’intérieur de l’objet examiné. Le Gouvernement portugais a envoyé l’année dernière une mission scientifique sur les côtes du Mozambique, dans le but d’y explorer les terrains et de se rendre compte de leur richesse en minéraux utiles et surtout en charbon. Cette mission était placée sous la direction de M. d’Andrade, lieutenant-colonel du génie et de- M. Marcano da Carvalho, à qui M. Trouvé avait conseillé l’application de son nouvel instrument. Cette proposition fut accueillie et l’érygmatoscope fut expérimenté avec succès. Cet appareil se compose d’une lampe à incandescence dont la puissance est considérable, enfermée dans un cylindre. L’une des surfaces hémicylindriques constitue le réflecteur; l’autre, en verre épais laisse passer les rayons lumineux qui éclairent ainsi avec une vive intensité les couches géologiques traversées par l’instrument, après son introduction dans le trou de sonde, La base inférieure, inclinée à 45°, est un miroir à contour elliptique, et la base supérieure, à section droite, est ouverte pour permettre à l’observateur placé à l’orifice du puits de voir dans le miroir l’image des terrains à l’aide des lunettes de Galilée. La lampe est montée de façon que ses rayons émis vers le haut soient interceptés. Tout l’appareil est suspendu à un long câble, formé par ses deux fils conducteurs, et qui s’enroule sur un treuil à tourillons métalliques isolés électriquement. Ces tourillons sont en communication, par l’intermédiaire de deux ressorts frotteurs, d’une part avec les conducteurs, et de l’autre avec les pôles de la batterie portative automatique de M. Trouvé. Cette disposition permet de descendre et de remonter à volonté l’érygmatoscope, sans embarras, et sans qu’il soit nécessaire d’interrompre la lumière et l’observation. Cet appareil donne à des profondeurs de 200 et 300 mètres des résultats excellents ; c’est avec la plus grande netteté que les couches de terrain sont aperçues et reconnues par les observateurs. Mais on comprend, qu’en ce qui concerne l’éclairage électrique, rien n’empêche de poursuivre les investigations à des profondeurs plus grandes : la puissance de l’appareil n’a de bornes que celle de la lunette de Galilée.
- Traitement de la tuberculose expérimentale. — M. Koch ayant annoncé au Congrès médical de Berlin qu’il avait réussi à arrêter le développement de la tuberculose expérimentale chez des cobayes, MM. Granclier et Ilippolyte Martin sont amenés à communiquer les résultats encore incomplets d’expériences dirigées vers le môme but dont ils avaient consigné les premières données, dans un pli déposé au mois de novembre dernier. La communication de MM. Grancher et Ilippolyte Martin se double donc d’une question de priorité. D’ailleurs, M. Koch n’a fourni aucune indication sur la méthode qu’il a suivie. Les observateurs français ont toujours expérimenté sur des lapins, par injection intraveineuse
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- du liquide virulent. Ils ont choisi ce mode d’expérimentation parce qu’il amène invariablement la mort de l’animal dans un délai de quinze à vingt jours, suivant la résistance du sujet. MM. Grancher et Martin ont ensuite préparé différentes cultures désignées par des numéros compris entre 1 et 10, le numéro 1 correspondant à la culture la plus virulente, et le numéro 10 à la culture la plus atténuée. L’injection du liquide 1 est toujours mortelle tandis que les liquides 9 et 10 ne déterminent que des lésions passagères. En injectant d’abord les liquides faibles, puis remontant la série des numéros, les opérateurs ont pu inoculer le liquide n° 1 sans que la mort de l’animal ne survienne, même après un délai de plusieurs mois, tandis que des animaux témoins ayant reçu la même injection n° 1 ont péri dans un intervalle de vingt à vingt-cinq jours. M. Grancher pense que les résultats de M. Koch ont été obtenus par une voie différente et il estime que la science est désormais dotée de deux méthodes d’investigation pour le traitement de la tuberculose.
- Varia. — M. Ferrera da Silva, professeur à l’Université de Porto, signale une réaction caractéristique de la cocaïne.
- M. Barthe a réalisé quelques synthèses nouvelles.
- — M. Delaunay développe des considérations générales sur la production du grisou. —M.Dulaurier signale quelques actions réciproques entre les eaux et les plantes.— M. Poincaré présente ses leçons d’électricité et d’optique et M. Piquet un traité des annuités viagères. —M. Decharme a entrepris des expériences sur l’aimantation transversale par les aimants.
- Stanislas Meunier.
- AMITIÉ RÉCIPROQUE CHEZ DEUX OISEAUX
- (perruche et sturnidé)
- Chacun sait combien est répandu, dans le monde ornithologique, l’instinct de la sociabilité, qui pousse les individus d’une même espèce, chez un certain nombre d’Oiseaux, non seulement à émigrer en bandes, mais à vivre en compagnie pendant toute l’année et à nicher ainsi.
- Par contre, il doit arriver rarement, surtout à l’état libre, que deux Oiseaux (mâle et femelle) appartenant à des ordres différents, se recherchent et se prodiguent des caresses, sans chercher à s’accoupler, physiologiquement parlant, en un mot s’aiment d’amitié.
- J’ai eu l’occasion d’observer un grand nombre de lois un tel fait, chez deux Oiseaux que ma mère
- conserve depuis plusieurs années dans l’une de scs volières, à Rouen. L’un est une femelle du Conure jendaya (Conurus jendaya, Gm.), et l’autre un mâle du Gracupic à cou noir (Gracupica nigricollis, Payk). Le Conure jendaya est une Perruche qui habite le Brésil, et le Gracupic à cou noir, de la famille des Sturnidés, a pour patrie la Chine et l’Inde.
- Il est curieux de voir, vivant au milieu d’un certain nombre d’Oiseaux d’espèces bien différentes, et dans une volière spacieuse, ces deux êtres que la classification ornithologique tient notablement éloignés l’un de l’autre, mais que l’amitié a réunis depuis des années. Il convient de dire que ce sentiment existe à un degré beaucoup plus haut chez la Perruche, qui recherche avec insistance son compagnon, le suit ou il va se percher, se presse contre lui, l’épluche, en un mot lui témoigne une amitié constante. Quant au Gracupic, s’il ne recherche pas la Perruche, du moins il a pour elle un peu d’amitié, car non seulement il la laisse volontiers se presser contre lui, mais il l’épluche aussi.
- J’ajouterai que le Gracupic, par son chant varié, curieux, et par les attitudes bizarres qu’il prend en exécutant certains passages de son répertoire musical, excite à juste titre le rirechez les personnes qui le regardent.
- Cette excellente paire d'amis vaut la peine qu’on parle d’elle dans une publication spéciale, et je pense que ces lignes ne seront pas sans intéresser ceux qui s’occupent, soit au point de vue purement scientifique, soit uniquement au point de vue distractif, de psychologie ornithologique.
- Le dessin ci-dessus représente, au quart environ de leur grandeur naturelle, et dans une position qui leur est familière, les deux Oiseaux en question, que j’avais lait mettre dans une cage afin de pouvoir les photographier aisément1.
- Henri Gadeau de Kerville.
- 1 D’aprcs Le Naturaliste.
- Le Propriétaire-Gerant : G. Tissandieh.
- Paris. — Imprimerie Lahurc, rue de Flcurus, 9
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- r 900. — 50 AOUT 1890.
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- LES BATEAUX ÉLECTRIQUES DE PLAISANCE
- U nous paraît superflu de faire ressortir les avan- I propulsion des bateaux de plaisance; il suffît de tages de l’électricité considérée comme moyen de [ les énumérer : marche silencieuse, absence de chau-
- Fig. 1. — La Viscountess Bury, bateau électrique anglais de 20 mètres de longueur.
- dière et de toute machinerie visible, absence de chaleur, d’odeur, de poussière, d’escarbilles et de fumées, place disponible pour les voyageurs plus grande que dans les bateaux a vapeur, etc.
- Malheureusement, ces avantages multiples sont corrélatifs à un grand inconvénient qui, jusqu’à ce jour, a sérieusement retardé le développement de ce genre tout spécial de sport. Le moteur électrique a besoin d’une source électrique qu’il faut renouveler ou recharger périodiquement, piles ou accumulateurs.
- Le rechargement des piles, question de prix de revient à part, est une opération fastidieuse, surtout à bord d’un bateau, aussi cette source électrique n’a-t-elle été employée que pour des bateaux de très petites dimensions; les bateaux électriques 48° aDDée. — 2° semestre.
- actionnés par des piles ne sont encore qu’en très petit nombre, et appartiennent, en général, à des amateurs passionnés qu’aucun travail ne rebute.
- La question change d’aspect lorsque l’on a recours à des accumulateurs. Ceux-ci peuvent être assez grands pour renfermer une charge d’énergie électrique suffisante pour un parcours d'une journée entière, correspondant à huit et même à dix heures de marche effective, ce qui est largement suffisant pour une promenade en rivière. Dans le cas où la promenade doit durer plus d’un jour, il s’agit alors d’effectuer le rechargement des accumulateurs pendant la nuit.
- C’est ce problème qui est en partie résolu aujourd’hui sur une certaine partie de la Tamise, entre Londres et Oxford, par MM. Immisch. Une flottille de
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- Fig. 2. — Bateaux électriques. — Station pour le chargement des accumulateurs à l’Exposition d’Edimbourg.
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- bateaux électriques dont le nombre augmente régulièrement, est aujourd’hui en service continu, à la disposition du public qui peut en faire la location pendant toute la belle saison, pour une ou plusieurs journées. Sur le parcours, sont établies dix stations de chargement où les bateaux peuvent venir se recharger pour continuer leur route, comme les bateaux de plaisance à vapeur viennent faire du charbon en certains points de leur route.
- Ces bateaux électriques sont différents de forme et de grandeur. Le plus grand actuellement construit, la Viscountess Bury, n’a pas moins de 20 mètres de longueur et 3m,3 de largeur (fig. 1 ). Il peut recevoir soixante-dix passagers, et possède un grand salon dans lequel on peut dresser vingt-quatre couverts. D’autres bateaux plus petits peuvent recevoir de quinze à vingt-cinq personnes.
- La figure 2 représente, au moment de son chargement électrique, un type intermédiaire : c’est le modèle employé à l’Exposition d’Edimbourg, dans lequel les visiteurs peuvent faire des promenades sur le canal de l’Union, moyennant une très faible rétribution.
- Les bateaux électriques employés sur le canal à l’Exposition d’Edimbourg peuvent recevoir quarante personnes. Us sont alimentés par une batterie de cinquante accumulateurs disposés sur les flancs du bateau, sous les banquettes, ce qui les rend facilement accessibles en vue d’une inspection, d’un remplacement ou de la mise hors du circuit d’un élément accidentellement en mauvais état. Ces 50 éléments sont divisés en deux groupes de 25 éléments en tension. Ces deux groupes sont montés en dérivation lorsqu’il s’agit de marcher à demi-vitesse, allure normale, dans les promenades d’agrément ; et en tension lorsque l’on veut aller à grande vitesse, franchir rapidement un passage difficile, empêcher un abordage. Ces accumulateurs, construits par YElec-trical Power Storage Company, ont une capacité de 120 ampères-heure, et pèsent une tonne environ. Us sont suffisants pour imprimer au bateau, a demi-vitesse, une allure de 8 kilomètres à l’heure ; comme le débit ne dépasse pas 25 ampères à cette allure, on voit que les deux batteries montées en dérivation peuvent fournir plus de 9 heures de marche effective, ce qui est plus que suffisant pour le service d’une journée entière.
- La charge s’effectue pendant la nuit, et comme le régime de charge de ces accumulateurs peut être porté à 40 ampères, il suffit de 3 heures pour effectuer ce chargement.
- L’hélice est mise en mouvement par un moteur électrique Immisch d’une puissance de 3,5 chevaux; mais, à demi-vitesse, le moteur ne produit qu’une puissance bien moindre, en absorbant 50 volts et 25 ampères, soit 1250 watts. Le moteur est série, et actionne directement l’hélice de petites dimensions et animée, par suite, d’une grande vitesse angulaire. Ce moteur est aussi de très petites dimensions, eu égard à sa puissance, et disposé à l’arrière où il ne
- gêne en aucune façon la circulation des voyageurs. La manœuvre du bateau est des plus simples, et peut être confiée à une dame et à un enfant. Outre le gouvernail, le barreur dispose de trois leviers, chacun d’eux ne pouvant occuper que deux positions distinctes. Le premier levier est un simple interrupteur, qui prend la position de marche ou d’arrêt, fermant ou bien ouvrant le circuit des accumulateurs sur le moteur. Le deuxième levier est un inverseur de courant dans l’induit, qui sert à produire la marche en avant ou la marche en arrière. Le troisième levier, sert à marcher à pleine vitesse ou à demi-vitesse. Il couple tous les accumulateurs en tension lorsque l’on veut aller à grande vitesse, et couple les deux séries de 25 accumulateurs en dérivation pour marcher à demi-vitesse. Des indications bien apparentes font connaître les fonctions de ces leviers et montrent les positions qu’ils doivent occuper suivant les combinaisons à réaliser. Toute fausse manœuvre est donc impossible, et, dans le cas d’une erreur, il ne s’ensuivrait aucun accident pour le moteur ou les accumulateurs. Des coupe-circuits fusibles sont disposés sur le circuit du moteur pour le cas où l’hélice se trouvant entravée par les herbes, le moteur viendrait à ralentir sa vitesse au point de laisser prendre au courant une intensité dangereuse pour sa conservation.
- Telles sont les principales dispositions des bateaux électriques qui sillonnent le canal de l’Union à l’Exposition d’Edimbourg. Lors de la visite de Y Institution of Electrical Engineers à cette Exposition en juillet dernier, nous avons eu l’occasion, grâce à l’obligeance de Lord Bury, président du Conseil d’administration de la General Electric Power and Traction Company qui expose ces bateaux, d’apprécier les agréments de la navigation électrique et nous pouvons affirmer, par notre expérience personnelle, qu’aucun des nombreux avantages réclamés en leur faveur n’a été exagéré.
- A l’Exposition d’Edimbourg, il n’y a qu’une seule station de chargement, les bateaux revenant après chaque promenade s’arrimer au point de départ. Sur la Tamise, entre Londres et Oxford, les dix stations de chargement sont distribuées de telle façon que le chargement soit toujours possible pendant la nuit, quel que soit le point où l’on s’arrête. La Compagnie qui exploite ce nouveau genre de navigation de plaisance a même prévu des stations de chargement flottantes, en vue de satisfaire aux besoins des clients au moment des régates, dans les endroits où des stations de chargement ne sont pas encore établies.
- Il y a là, à notre avis, une idée des plus heureuses, et que nous voudrions voir réaliser à Paris, sur la Seine et sur la Marne. Il ne faut pas perdre de vue qu’il ne serait pas nécessaire d’installer un grand nombre de stations de chargement pour assurer le service régulier des bateaux électriques à accumulateurs. Certaines villes comme Asnières, par exemple, qui disposent déjà d’une usine centrale pour la distribution de l’énergie électrique à courant continu,
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- pourraient, sans grands frais, utiliser cette usine pour desservir une station de chargement établie sur les bords de la Seine. La station ne comporterait comme matériel qu’un tableau de distribution et quelques câbles volants, destinés à relier les accumulateurs à charger aux conducteurs venant de l’usine centrale.
- La plupart des stations de bateaux électriques actuellement en service sur la Tamise appartiennent à la Compagnie qui les loue aux amateurs, à l’heure, à la journée, à la semaine ou au mois. Lorsque le système de navigation se sera développé davantage, et que des stations de chargement suffisamment nombreuses seront établies sur toute la Tamise, certains amateurs préféreront avoir leur bateau personnel construit suivant leurs goûts, et viendront aux stations acheter de l’énergie électrique qui leur sera vendue au kilowatt-heure, comme aux autres consommateurs.
- Attendons-nous donc, avant une vingtaine d’années, à voir sur la Seine, la Tamise, le Rhin, sur tous les grands fleuves et toutes les grandes rivières de l’Europe, des bateaux électriques plus confortables, plus élégants et plus nombreux que ne le sont aujourd’hui les bateaux de plaisance à vapeur.
- E. Hospitalier.
- LES PROJECTIONS ET L’ENSEIGNEMENT
- On sait le succès que rencontrent auprès du public les projections qui sont faites assez fréquemment dans les conférences scientifiques. Leur importance n’est plus aujoud’hui a démontrer, mais néanmoins à notre avis, leur emploi est encore loin d’être suffisamment répandu.
- Il est nécessaire en effet de disposer tout d’abord d’un matériel représentant une certaine dépense; de plus, par suite d’un préjugé qui n’est pas encore disparu, bien des personnes ne considèrent la lanterne à projections que comme une lanterne magique perfectionnée sans tenir compte en aucune manière des services signalés qu’elle peut rendre. Enfin les sujets que l’on désire montrer à l’auditoire doivent être reproduits sur verre, à une dimension déterminée, et cela par des procédés uniquement photographiques.
- Pour celui qui est au courant des procédés photographiques, rien ne sera plus simple que d’obtenir ces projections; mais pour le profane qui veut traiter un sujet inédit, ce sera une véritable impossibilité à moins de s’adresser à quelques rares spécialistes qui exécutent ce travail avec succès.
- L’art des projections et la photographie se tiennent donc par des liens très étroits, et pour beaucoup l’appareil de projection n’est bon qu’à l’amplification d’épreuves photographiques sur verre.
- C’est là cependant une erreur qu’il ne faudrait pas laisser trop s’accréditer : en effet on a déjà pu, au moyen d’artifices spéciaux, projeter même des corps opaques ; bien que de ce côté les résultats ne soient
- encore aussi complets que lorsqu’il s’agit de ; transparentes, le principe est acquis; d’autre part, il est possible de projeter tous les phénomènes qui s’effectuent dans des milieux transparents. On peut de cette manière montrer à un public nombreux des phénomènes physiques ou chimiques variés qui, grâce à l’agrandissement considérable obtenu, deviennent parfaitement visibles alors que l’observation directe en eût été délicate pour un seul observateur. Nous avons vu quelquefois réaliser dans les cours publics certaines expériences au moyen de l’appareil de projection, mais nous ne connaissions pas d’instruments construits spécialement dans cet ordre d’idées.
- Cette lacune a été heureusement comblée par un de nos excellents collègues, M. H. Fourtier. L’appareil qu’il a combiné se trouvait à l’Exposition universelle dans la vitrine de M. Laverne, le constructeur bien connu, et c’est là que nous l’avons remarqué et étudié.
- Dans l’esprit de l’auteur, cet appareil est destiné à compléter l’enseignement du professeur qui peut montrer ainsi à tous ses élèves un nombre considérable d’expériences diverses. Il associe la mémoire des yeux à celle de l’intelligence, et l’on sait que la première n’est pas la moins fidèle ni la moins durable. Il peut de plus, entre les mains d’un amateur habile, lui permettre d’étudier de fort près les grandes lois des sciences physiques et chimiques'. C’est à ce titre qu’il nous a paru mériter une description particulière pour les lecteurs de La Nature.
- L’idée de M. H. Fourtier a consisté à placer dans la lanterne à projection un récipient étanche à faces parallèles, dans lequel devront se passer toutes les expériences. Cet appareil a reçu le nom de Cuve-laboratoire (fig. 1). Cette cuve est du reste faite d’une manière fort ingénieuse et très pratique. Un morceau de caoutchouc épais en forme d’U est placé entre deux plaques de verre. L’ensemble est serré au moyen de deux pièces métalliques armées de vis de pression. Pour assurer l’étanchéité absolue il suffit de graisser très légèrement la tranche du caoutchouc au moyen de vaseline, puis de serrer suffisamment les vis de pression.
- Le grand avantage de cette cuve est de pouvoir se démonter entièrement et avec la plus grande facilité. Le nettoyage en est donc des plus simples.
- La cuve-laboratoire se place dans la lanterne de projection au lieu et place de la vue à projection ordinaire.
- La figure 2 montre l’installation générale de la cuve montée sur une lanterne à projection. On voit, à gauche, l’appareil de projection dont le système optique est éloigné suffisamment pour recevoir la cuve laboratoire; à droite, l’écran sur lequel se distingue l’image agrandie du phénomène étudié. Dans le cas présent le dessinateur a représenté la décomposition de l’eau obtenue par le passage d’un courant électrique.
- On remarquera que la projection est vue dans son
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- vrai sens. On n’ignore pas cependant que la lanterne à projection donne des images renversées, ce qui oblige à mettre les vues transparentes la tête en bas. Ce redressement de l’image est obtenu au moyen d’un prisme placé en avant de l’objectif.
- Sur les deux côtés de la cuve se trouvent deux piliers métalliques qui supportent des tiges fixées à angle droit. Ces tiges, que l’on peut charger du reste suivant la forme de l’objet à maintenir, servent à tenir les divers accessoires que nous allons décrire.
- Ils sont en communication avec les deux bornes placées sur le socle et peuvent par suite servir de conducteurs électriques.
- Le courant nécessaire pour les diverses expériences est fourni par une pile à bouteille au bichromate de potasse. Sur le devant de la figure on aperçoit un inverseur de courant qui est fort utile dans les expériences d’élcctrolyse (Voir detail, fig. 1 ). — La figure 3 représente les divers accessoires qui accompagnent la cuve laboratoire et qui sont nécessaires pour les expériences dont nous donnons l’énumération.
- Lames de verre inclinées. —
- Ce dispositif sert à mettre en évidence le principe de la capillarité. Les lames étant placées dans la cuve, on introduit dans celle-ci une petite quantité d’un liquide quelconque légèrement coloré. Ce liquide s’élève alors entre les deux lames et d’autant plus qu’elles sont plus rapprochées (fig. o, nu 1) On obtient ainsi une courbe tout à fait caractéristique.
- Un autre dispositif (fig. 5, u° 4) permet de faire la même expérience sous une autre forme. Une série de tubes de verre de diamètres différents remplacent les lames inclinées; on opère de même avec un liquide légèrement coloré. Celui-ci monte alors dans les divers tubes, mais d’autant plus haut que leur diamètre est plus réduit.
- Le dispositif n°2 (fig. 3) qui n’est qu’un simple tube en verre recourbé en forme d’U, a pour but de montrer la loi de l’équilibre des liquides. En effet quelle que soit l’inclinaison de l’appareil, les deux surfaces du liquide sont toujours sur le même niveau.
- Le tube n° 5 a au contraire des branches de diamètre inégal. En y introduisant deux liquides comme du mercure et une solution de chlorure de sodium, par exemple, on voit que l’équilibre étant établi, la
- hauteur des liquides est précisément inverse de leur densité.
- Le n° 5 représente une lame de palladium dont l’extrémité est enroulée en une spirale, et un des côtés enduit d’un vernis isolateur. Celte simple lame permet de mettre en évidence le phénomène si curieux de l’occlusion indiqué par Graham. Le palladium a en effet la propriété fort curieuse d’absorber 376 fois son volume d’hydrogène. —L’expérience est ainsi disposée. On remplit la cuve d’eau légèrement acidulée, puis on y plonge un fil de platine et la lame de palladium. Le courant positif passant par le fil de platine, on voit se dégager une série de bulles très fines d’oxygène. Au pôle négatif l’hydrogène est absorbé immédiatement par le palladium et aucun effet n’est visible; mais peu à peu, par suite du vernis appliqué sur l’une des faces de la lame, il se produit une dilatation de la spirale qui se redresse.
- Puis enfin lorsque le palladium a occlus la quantité voulue d’hydrogène, celui-ci se dégage à son tour sous forme de bulles plus grosses et plus nombreuses que celles d’oxygène. Si à ce moment on inverse le courant, l’hydrogène occlus par le palladium se dégagera vivement et se recombinera alors avec l’oxygène; peu à peu la lame reprendra sa forme première.
- Le n° 6 représente un récipient en verre qui permet d'introduire un liquide dense dans un autre moins dense qui remplit la cuve. La diffusion des deux liquides se fait successivement et donne lieu à des volutes tout à fait caractéristiques.
- La pipette n° 7 permet de faire tomber une goutte d’un produit quelconque dans un liquide donné, afin de produire telle ou telle réaction.
- Les deux fils représentés en 8 sont des fils de platine destinés à montrer l’électrolyse de l’eau. La cuve étant remplie d’eau légèrement acidulée avec de l’acide sulfurique, si l’on fait passer le courant, on voit se dégager le long de leur surface de nombreuses bulles de gaz, qui sont d’ailleurs plus nombreuses du côté du pôle négatif. On sait en effet que l’eau est décomposée en deux volumes d’hydrogène contre un d’oxygène. Si l’on veut faire l’électrolyse de certains sels métalliques, on emploie des fils représentés en 9 et qui se terminent en éventail.
- La cuve contenant du chlorure d’étain, si l’on
- Fig. 1. — Cuve-laboratoire pour projections.
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- envoie le courant, on voit se produire au pôle négatif une magnifique végétation métallique. Lorsque le courant est renversé, elle disparaît peu à peu pour se reformer sur l’autre conducteur. On peut très facilement varier cette expérience en remplaçant le chlorure d’étain par l’acétate de plomb qui donne une arborescence très belle bien connue sous le nom d'arbre de Saturne.
- Le dernier accessoire représenté en 10 (fig.5) est un électroaimant dont le noyau a été prolongé intentionnellement. On remplit la cuve de glycérine, et on répand à la surface du liquide des paillettes de 1er qui à cause de leur légèreté descendent au fond avec lenteur. Vient-on à placer l’électro-aimant dans le liquide, dès que le courant passe, les paillettes sont attirées vivement, se groupent en formes variées et constituent ce qu’on nomme le spectre magnétique.
- Comme on le voit, les accessoires qui accompagnent la cuve-laboratoire ne sont pas nombreux, mais il n’en est pas de même des expériences qu’ils permettent de réaliser : l’opérateur peut les multiplier à l’infini. A titre d’exemple, nous allons en signaler un certain nombre, en dehors de celles qui ont été décrites incidemment à propos de l’emploi des divers accessoires de la cuve laboratoire.
- I. — Réactions chimiques. — Ces réactions se
- font dans la cuve avec des solutions diluées de façon à ne pas éteindre les rayons lumineux. On se sert, suivant les cas, de la pipette ou de la cuiller en
- verre : 1° mettre dans la cuve une solution de sulfate de protoxyde de fer, ajouter goutte à goutte une solution de ferro-cyanure de potassium ; production de bleu de Prusse; 2° remplir la cuve d'une solution de sulfate de cuivre; ajouter de l’ammoniaque; on obtient un précipité verdâtre; si l’on ajoute un excès d’ammoniaque, ce précipité se dissout et le liquide prend une teinte bleue magnifique, le bleu céleste des pharmaciens; 5° remplir la cuve d’une solution étendue d’azotate d’argent, y ajouter une solution de sel marin ; précipité blanc de chlorure d’argent qui se redissout si l’on verse une solution d’hypo-sulfite de soude; 4° remplir la cuve d’une solution de chlorure de baryum; ajouter peu à peu de l’acide sulfurique étendu ; précipité de sulfate de baryte sous forme de fines granules; 5° remplir la cuve d’une solution d’azotate de plomb (4 parties d’eau, 1 de sel), projeter un cristal un peu gros de sel ammoniac. Il se formera des arborescences très curieuses de chlorure de plomb.
- II. — Phénomènes de coloration. — 1° Remplir la cuve de teinture de tournesol bleue et verser quelques gouttes d’acide sulfurique dilué; le tour-
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- Fig. 3. — Accessoires de la cuve-laboratoire pour projections.
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- nesol vire au rouge ; une addition d’ammoniaque ramène le tournesol au bleu; on peut répéter cette expérience avec le sirop de violettes ou le curcuma ; 2° mettre dans la cuve une solution de rosaniline et ajouter quelques gouttes d’ammoniaque; le liquide est décoloré; si l’on sature l’ammoniaque par une petite quantité d’acide, la couleur est régénérée.
- HT. —Mélange et diffusion des liquides. — La cuve laboratoire est éminemment propre pour montrer ces phénomènes très curieux qui se prêtent mal à l’observation directe. Les liquides se mélangent par pénétration ou par diffusion : dans un cas, les molécules s’interposent par suite d’agitation ou de toute autre cause; dans l’autre, les molécules se mélangent par action spontanée, mais dans aucun des deux cas il n’y a d’actions chimiques : 1° remplir la cuve d’eau pure et y laisser tomber, au moyen de la pipette, un liquide coloré, de l’encre par exemple; celle-ci, en pénétrant dans l’eau, produit une série de volutes du plus curieux effet; 2° la cuve étant remplie d’une solution d’eau alunée, l’introduction d’un liquide moins dense, une solution alcoolique d’une couleur d’aniline, par exemple, donnera naissance à des mouvements du liquide d’une forme tout à fait particulière; 3° un cristal de violet d’aniline très léger posé sur la surface de l’eau contenue dans la cuve se dissoudra peu à peu et donnera de minces filets violets qui se formeront en volutes particulières; 4° dans la cuve contenant de l’eau tiède de 15 à 20 degrés, on déposera un petit morceau de glace. Le mélange des deux liquides de densités différentes donnera lieu à de curieuses ondulations qui seront très visibles, grâce à l’amplification du phénomène alors qu’elles ne le sont pas à l’observation directe.—Nous nous arrêtons dans la description des expériences qui peuvent être réalisées au moyen de la cuve-laboratoire.
- Cet ingénieux appareil devrait être d’un emploi constant dans les cours de physique et de chimie où le professeur est réduit à ne montrer que les grosses réactions pouvant être saisies de son auditoire; il pourrait compléter ainsi son enseignement d’une manière éminemment instructive1.
- Albert Londe.
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- LES CYCLONES
- DE DREUX ET DE SAINT-CLAUDE
- Lundi 18 août, vers 10 heures du soir, un cyclone a subitement exercé son action de dévastation dans la ville de Dreux (Eure-et-Loir) et dans les environs. La journée avait été chaude et orageuse. A 9 h. 45 m. du soir, deux nuées sombres se dessinèrent très nettement, l’une au-
- 1 La cuve-laboratoire de M. il. Fourtier permet de réaliser avec la plus grande facilité devant un auditoire nombreux l'expérience du développement de l’image latente sur une préparation photographique. Dans ce cas, on remplace le verre postérieur de la cuve par un verre rubis assez foncé. Cette expérience qui a été faite pour la première fois par notre savant collègue, M. Davanne, dans une conférence à la Sorbonne, pourra cire exécutée très aisément avec la cuve-laboratoire.
- dessus du village de Marville, l’autre sur Garnay, au sud-est et au sud-ouest de Dreux. Contrairement à ce qui se passe en pareille circonstance, aucun roulement de tonnerre ne se faisait d’abord entendre, mais les deux nuées lançaient des éclairs ininterrompus et tellement précipités que l’horizon paraissait incendié.
- A 10 h. 10 m., les deux nuées, ou plutôt les deux orages se réunirent à 400 mètres environ au sud de Dreux, au-dessus du pont de Yernouillet, et alors ce fut terrible. Il se forma tout à coup un cyclone, une tornade, mais une de ces tornades comme on en voit dans les plaines de l’Amérique du Sud, un tourbillon aspirant, lancé à une vitesse de 30 à 40 mètres à la seconde. En moins d’une ou deux minutes, le désastre a été accompli.
- Une centaine de maisons ont été plus ou moins endommagées, une vingtaine même, complètement détruites. Les rues les plus éprouvées sont les rues Saint-Thibault, d’Orisson, des Écoles, Parisis, Saint-Jean et les rues adjacentes. Le tribunal civil est à peu près démoli. Les écoles primaires et le collège ont aussi souffert. Rue Saint-Jean, les arbres séculaires qui formaient l’ornementation des maisons bourgeoises de ce quartier, sont arrachés et encombrent la voie publique. Les dégâts sont évalués à plus d’un million. A Brissard, à 6 kilomètres de Dreux, commune d’Abondant, vingt-deux maisons sont détruites. Les habitants campaient en plein air. Les récoltes sont perdues.
- Le lendemain, 19 août, un autre cyclone non moins épouvantable s’est abattu, à 7 h. 30 m., sur Saint-Claude (Jura). En quelques minutes, les toits de la sous-préfec-ture, de l’hôtel-de-ville et de la gare ont été enlevés et projetés à quelque distance. Le fameux pont suspendu qui unit deux montagnes par-dessus la ville a été soulevé et est devenu impraticable. Plusieurs maisons et fabriques se sont écroulées. Les dégâts sont incalculables. On a en outre à déplorer de nombreux accidents de personnes : on compte déjà cinq morts et de nombreux blessés. L’orage s’est étendu dans toute la région entre Saint-Claude, Mory et la vallée de Joux, en Suisse. Le télégraphe a été interrompu entre Saint-Claude et Lons-le-Saunier. Le cyclone n’a duré que trois minutes environ. Dans les environs de Morez, des milliers de sapins sont abattus; aux Rousses, Bois-d’Amont, Préinanon, La-moura, des centaines de toitures sont emportées, notamment celles du couvent et de l’église des Rousses, où les tombes du cimetière sont renversées ; à Longchaumois, neuf maisons se sont écroulées ; le bétail est enseveli sous les décombres. Quatre maisons ont été détruites par la foudre à Bois-d’Amont.
- De nombreux orages avaient éclaté tous les jours précédents dans le Rhône et sur divers autres points.
- Nous reviendrons prochainement sur ces phénomènes météorologiques, mais nous avons voulu dès aujourd’hui les enregistrer ici.
- LA MÉTHYLSACCHARINE
- Nos lecteurs se souviennent sans doute de la saccharine, cette matière d’un pouvoir « sucrant » si intense fabriquée au moyen des produits de distillation de la houille et qui a donné lieu à tant de discussions. La Nature en a, du reste, parlé en temps et lieu*. Un chimiste allemand, M. Kronberg, vient d’isoler un corps analogue qui constitue le dérivé méthylé de la saccharine, c’est-à-dire qu’il peut être représenté par la formule de
- 1 Yoy. n° 757, du 3 décembre 1887, p. 1
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- la saccharine dans laquelle un atome d’hydrogène serait remplacé par un groupe méthyle CH3. La formule de la saccharine étant, en chimie atomique, C7H503AzS, celle de son dérivé méthylé ou méthylsaccharine, sera donc C8H703AzS. Ce dernier produit a d’ailleurs un pouvoir sucrant aussi grand que la saccharine. Il est supposable que, par des procédés analogues à celui suivi par M. Kronberg, la chimie pourra réaliser des séries nombreuses de substances dont les propriétés édulcorantes différeront fort peu de celles de la saccharine. A. II.
- LE MUSÉE DE BOULAQ
- ET LE MUSÉE DE GIZÉH
- Le Musée de Boulaq a vécu : les monuments qui le composaient ont été transportés dans le palais du khédive à Gizéh, et c’est Musée de Gizéh qu’il faudra désormais appeler l’endroit où l’Égypte conserve et expose ses antiquités nationales à la curiosité des touristes.
- Ce n’est pas sans regret que les savants de tous les pays ont reçu la nouvelle de ce déplacement au moins inutile. Depuis le jour où Saïd-Pacha avait donné à Mariette les ruines d’une mosquée, transformée sous Mohammed-Ali en bâtiments d’exploitation pour le service des bateaux à vapeur, le Musée avait subi bien des transformations. D’abord installé dans quatre ou cinq petites chambres bâties parallèlement au Nil, et dont on voit la représentation figurée dans Y Album publié par Mariette, il avait été transféré bientôt à quelques mètres plus loin, dans un bâtiment nouveau construit en équerre sur les bords mêmes du lleuve. Restauré de 1878 à 1880, après une grande inondation qui avait failli le détruire, protégé contre le retour des eaux par un grand quai en maçonnerie, agrandi et presque doublé d’étendue en 1882, possesseur de terrains considérables où s’élevaient ses magasins provisoires et où l’on espérait que s’élèveraient plus tard des salles nouvelles, il paraissait devoir rester à jamais dans l’endroit même où Mariette l’avait établi. Il était d’une disposition commode, bien éclairé, gai d’aspect extérieur, assez voisin du Caire pour être accessible à toute heure et sans difficulté. La vignette ci-après (fig. 1) représente la Salle funéraire vers le mois de juin, au moment où le directeur et ses aides, revenus de la Haute-Égypte, rangeaient le long des murs les monuments acquis pendant la campagne de l’hiver précédent. C’était toujours une occasion de remaniements considérables. Il fallait trouver une place aux nouveaux-venus, les mettre, autant que possible, à côté des objets de même nature et de même époque. Cette année-là, je me le rappelle, nous venions de découvrir la nécropole d’Akhmîm, et nous rapportions avec nous un butin immense. Le grand sarcophage en pierre dont on aperçoit l’extrémité venait d’être installé, non sans peine. Il est d’époque grecque, curieux par, le nom du personnage, curieux surtout par son état d’inachève-
- ment qui m’avait décidé à le prendre, malgré son poids. Une partie seulement des sujets qui l’ornent est sculptée : le reste est encore dessiné au pinceau* et porte intacte la mise au carreau du vieil artiste qui avait entrepris de le décorer. Cette salle était d’ailleurs l’une des plus pittoresques qu’il y eût au Musée. Un tombeau complet, celui de Harhotpou, démonté à Thèbes puis rebâti pierre à pierre, s’y dressait dans un coin. Partout, le long des murs, autour des colonnes, dans l’embrasure des portes, des cercueils de momie étaient rangés, avec leur face jaune, verte, bleue, rose, rouge sombre, or vif. Nos gardiens arabes en avaient peur et ne s’y aventuraient la nuit qu’en tremblant, « à cause de ces grands yeux toujours ouverts qui les regardaient et qui essayaient de les rendre fous ». On croyait volontiers, à Boulaq, que cette salle et la salle voisine des Momies royales étaient hantées par l’esprit des vieux Égyptiens dont le corps ou le cercueil y reposaient.
- Le transfert à Gizéh est, je le crois, regrettable, et je crains que le gouvernement égyptien ne regrette amèrement un jour de l’avoir ordonné. Les Bédouins de la Grande Pyramide sont trop près, et connaissent trop bien la valeur des scarabées et des bijoux : je ne dormirais pas tranquille si j’avais encore à garder tant de trésors. De plus, le palais de Gizéh, construit pour servir de logement, est aussi mal disposé que possible pour le nouvel usage qu’on lui a donné. Les salles en sont éclairées de côté, par conséquent assez mal, et une partie des objets y restent dans l’ombre. Avec l’argent employé au transport et à l’appropriation, on aurait pu bâtir un musée neuf sur un terrain plus convenable. M. Gré-baut, le directeur actuel des fouilles d’Égypte, avait donc une tache ardue. Il s’en est acquitté avec une habileté remarquable, à laquelle tout le monde en Orient et en Europe s’est plu à rendre hommage.
- On se rendra compte des difficultés matérielles du travail, si l’on songe qu’il devait mettre en mouvement des colosses en granit, des sarcophages, des stèles, un pyramidion d’obélisque, des portes et des tombeaux antiques, des centaines de monuments dont chacun fait à lui seul la charge d’un bateau. Il fallait descendre, embarquer, débarquer, remonter tout cela, avec mille précautions et mille délicatesses, car la pierre est souvent pourrie ou désagrégée et menace de se rompre au moindre choc. Le transport des menues antiquités était peut-être plus périlleux encore. Sans parler des dangers de vol, qu’on se représente le temps et le soin qu’il faut dépenser pour emballer près de quinze mille petits objets en verre, en cornaline, en bois, en pierres de diverse espèce, tous friables de vétusté, et dont la plupart mesurent à peine quelques centimètres de haut. Ajoutez l’obligation de ne pas démanteler le vieux Musée avant le départ des touristes en mai, et d’avoir terminé, en partie au moins, l’agencement du Musée nouveau, avant leur retour, vers le milieu
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- de novembre. M. Grébaut prit si bien ses mesures qu’il réussit à tout faire dans les délais prescrits. Le Musée de Boulaq fermé en mai 1889, le Musée de Giséli ouvrit ses portes en décembre de la même année, au grand étonnement des Égyptiens qui n’osaient espérer pareille vitesse d’exécution.
- L’arrangement intérieur est fort remarquable. La décoration des salles est, comme on peut le voir par nos dessins, ce style bâtard de décadence italienne qu’on rencontre dans la plupart des palais et des maisons élevées en Égypte pendant notre siècle. Ce n’est pas précisément ce qui convient à l’apparence et à 1a nature des monuments exposés. M. Grébaut a
- sauvé cette discordance du mieux qu’il a pu, par la disposition ingénieuse des objets; il a su les grouper si habilement que l’attention du visiteur se concentre entièrement sur eux, et ne va pas se heurter aux détails lamentables de l'ornementation. La figure 2, qui représente la salle de l’ancien Empire (je conserve, faute de mieux, les vieux noms en usage au Musée de Boulaq), donnera une idée de la façon dont il a procédé. Au milieu de la salle, les belles statues s’élèvent, qui parleur valeur artistique ont droit à demeurer en pleine lumière. Elles sont tournées la face aux fenêtres, et ne perdent rien, malgré la vigueur du jour trop cru qui les frappe.
- Fig. 1. — Salle funéraire de l’ancien Musée de Boulaq. (D’après une photographie.)
- En avant, entouré de sa grille en cuivre traditionnelle, le Sheikh-el-beled s’avance, cette admirable image en bois d’un des chefs de corvée qui construisirent la grande pyramide ; nous l’avons eue à Paris à l’Exposition de 1867, et ceux qui l’ont vue alors se rappellent l’admiration mêlée de stupeur qu’elle excita1. Personne en Europe ne soupçonnait les vieux artistes égyptiens d’avoir fait des œuvres aussi puissantes ni d’allure aussi franche. Les deux grandes statues en calcaire peint qui la flanquent, appartiennent à deux personnages de la Ve dynastie, Ti et Rânofir. Celle de Rânofir est d’une fierté de pose et d’une habileté d’exécution qui l’approchent au Sheikh-el-beled. Les grandes stèles, les statues de moindre
- 1 En voir la reproduction dans l’Album photographique de Mariette.
- intérêt, les bas-reliefs, sont rangés le long des parois en lumière moins bonne. Aussi bien n’est-ce pas sur eux que se porte en général la curiosité des visiteurs. Ils les parcourent d’un regard distrait et ne s’inquiètent guère que des objets isolés au milieu de la pièce. Par la baie de la porte, on aperçoit une partie de la salle voisine, avec ses statues et ses papyrus accrochés au mur dans de longs cadres.
- La figure 3 représente la nouvelle Salle funéraire. Au fond l’escalier moderne étale ses doubles rampes et ses paliers superposés. Un simple coup d’œil montre combien peu le décor s’accorde avec le contenu; mais, passons. La salle est sombre, et l’on comprendra quelle peine M. Grébaut a dû prendre pour en tirer un parti satisfaisant. Ce sont ici en partie les mêmes sarcophages qu’on voit dans la
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- vignette n° 1, mais éparpillés sur le dallage d’une est si riche encore, malgré le pillage réglé auquel elle salle trop vaste. Les vides se rempliront vite : l’Egypte est soumise depuis quelques années, que M. Grébaut
- Fig. 2. — Nouveau Musée de Gizéh. Salle de l’ancien Empire. (D’après une photographie.)
- aura bientôt fait de se procurer assez de sarcophages pour encombrer et cette salle et toutes les salles du Musée. Les momies royales de Déir-el-Baharî sont
- réunies toutes ensemble dans un salon du premier étage, avec ces mêmes cages en verre et en bois que j’eus tant de peine à leur procurer. On arrive chez
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- elles par l’escalier que l’on voit au fond de notre gravure (fig. 5), et de là on passe dans les autres pièces, où les monuments de moyenne taille s’étalent tout étonnés de se trouver à l’aise. Beaucoup des monuments que jadis on ne voyait guère deviennent ici accessibles. Le gros public en profitera peu, car c’étaient pour la plupart des monuments curieux pour l’archéologue, mais dénués de valeur artistique; du moins les savants en feront-ils leur compte, et pourront-ils venir vérifier tout à leur aise les copies publiées par Mariette.
- Je ne m’attarderai pas à décrire la cour vitrée, ni les chambres obscures qui l’environnent : les gravures et le texte qui les accompagne, suffiront à montrer ce qu’est le Musée nouveau et en quoi il diffère de l’ancien.
- Le Musée de Boulaq est aujourd’hui un souvenir du passé : il est entré dans l’histoire et il y occupera une place glorieuse. Je souhaite au Musée de Gizéh une fortune plus calme, un accroissement aussi prompt de richesses, et surtout une vie plus longue.
- G. Maspero, de l’Institut.
- L’iNTHOPMGIE
- ....Qui amat flores reputatur amare puellas,
- a jadis écrit fort galamment le poète Ovide.
- Aujourd’hui il convient de modifier l’aphorisme et de dire : « Ceux qui aiment les fleurs sont des amis de la bonne chère ! »
- Il paraît, en effet, qu’à l’heure présente, tant en France qu’en Angleterre, il se poursuit une véritable croisade pour l’introduction dans notre alimentation courante d’un certain nombre de fleurs. Ce sont des botanistes londoniens qui se sont mis en tète ceHe idée, assurément excentrique, de nous rendre anthophages; traduisez : mangeurs de fleurs.
- Quoi qu’il en soit, si les savants'Anglais réussissent dans leur entreprise, nous verrons bien vite sur nos tables les fleurs comestibles du Phog (Caligonum polygonoïdes), du Mahwa (Bastia latifonia), du Dillenia pentagyna, etc., apparaître et prendre triomphalement leur place à côté des violettes, des jasmins, et des pétales de roses que depuis fort longtemps déjà nous recevons d’Italie sous forme de confiseries.
- En effet, en dépit de nos voisins d’outre-Manche qui voudraient bien, pour une fois, se donner la réputation d’être des initiateurs, il y a longtemps que dans la grande alimentation, celle de chaque jour et de tout le monde, l’on mange des fleurs. VAnthophagie est assurément une pratique des plus courantes ; seulement, à l’ordinaire, l’on est anthophage sans le savoir.
- La preuve expérimentale de cette assertion n’est ni longue ni ^difficile à trouver. Ainsi, par exemple, lorsque nous croquons les feuilles d’un artichaut à la poivrade, ou que nous dégustons un [vulgaire chou-fleur à la sauce blanche, nous mangeons des fleurs. Les choux, comme l’artichaut, sont au surplus des plantes très particulièrement accommodantes et de ressources. Voyez en effet, ce que nous devons au seul Brassica oleracea, le simple chou vulgaire, celui que les ménagères mettent chaque jour dans la marmite du pot-au-feu.
- A l’état sauvage, ledit Brassica oleracea est une plant8 rare, en France au moins, où on ne le rencontre guère que dans les parties inaccessibles des falaises crayeuses du cap Gris-Nez. Pour se développer à son aise, il lui faut l’air de la mer, les embruns salés et le calcaire phosphaté.
- Mais que l’homme vienne à en faire son pensionnaire, et alors, selon le mode de culture qu’on lui applique, il fournit, soit le chou ordinaire, soit le chou-rave, soit le chou-fleurs soit encore le chou de Bruxelles, etc., suivant que l'on a développé plus spécialement l’appareil foliaire, radiculaire ou floral de la plante. Ce dernier cas est notamment celui du chou-fleur et du chou de Bruxelles. Le chou-fleur, en effet, n’est rien autre chose que l’inflorescence du végétal presque parvenu à son complet développement; quant au chou de Bruxelles, il en est seule -ment le bourgeon floral non arrivé à maturité parfaite.
- A ajouter encore à cette liste des choux-fleurs comestibles, le Brocoli, qui est une variété maritime et sauvage, ou à peu près, du Brassica oleracea, et dont l’inflorescence moins touffue que celle de notre chou-fleur ordinaire est pareillement comestible et non moins délicate.
- En Hollande — ainsi, du reste, qu’en Bretagne — le Brocoli est cultivé en grand dans, les polders, — on nomme de la sorte, dans les Pays-Bas, les grands pâturages au sol' d’alluvions, et qui ont été gagnés sur la mer, — et, afin de lui assurer une existence se l’approchant le plus possible de ses conditions normales de croissance, les paysans de là-bas le font pousser en lui fournissant un engrais à la fois minéral et organique, des étoiles de mer, qu’ils vont ramasser à pleins chariots sur les grèves. Ajoutons encore que la récolte des inflorescences de Brocolis est à l’ordinaire enfermée dans de vieux fûts ayant contenu de généreux vins de France, bourgogne ou bordeaux, ce qui lui donne un arôme particulièrement fin et agréable, et est ensuite expédiée en Angleterre d’où nous la voyons enfin revenir sur nos tables sous la forme de pickles au vinaigre ou à la moutarde.
- Voilà pour le simple chou; quant à l’artichaut, le Cinara scolymus des botanistes, il partage avec plusieurs autres de ses proches parents la propriété d’avoir un réceptacle floral charnu et succulent, sans compter qu’à l’occasion sa tige est susceptible de figurer avec avantage dans les meilleurs menus, sous le vocable de « cardons au jus ou à la moelle ». Ces fleurs-légumes dont nous venons de parler sont d’une consommation générale; à côté d’elles, il convient d’en citer nombre d’autres qui pour être moins connues n’en sont pas moins précieuses à l’occasion ; ainsi, par exemple, le Crambe maritima, un proche parent du chou, appartenant comme lui à la grande famille des Crucifères, qui pousse naturellement et en grande abondance au bord de la mer, dans le galet, sur nos côtes de la Manche et dont les inflorescences sont particulièrement estimées des gourmets : c’est un végétal dont la culture, sans aucun doute, sera entreprise régulièrement quelque jour.
- Les familles les plus diverses des plantes fournissent des espèces aux fleurs comestibles. C’est le Nymphéa lutea ou Nénuphar jaune, dont les fleurs fraîches écloses, au parfum subtil et délicat, sont employées dans l’est de la France à la confection de certaines confitures d’une saveur exquise; ce sont les grappes blanches et odorantes du Robinia pseudo-acacia, vulgairement Acacia blanc, qui servent en certains pays, une fois trempées dans la pâte, à la confection de beignets non moins savoureux que ceux obtenus avec des rondelles de pomme; c’est le figuier dont nous
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- mangeons en réalité bien plus les inflorescences que les fruits ; ce sont les fleurs de Capucine ou de Bourrache qui servent à assaisonner nos salades; c’est le Câprier dont nous utilisons dans les sauces les bourgeons floraux confits dans le vinaigre; c’est le Giroflier qui nous fournit un autre bourgeon floral, notre clou de Girofle; c’est le Dion edule, une gymnosperme cycadée des pays tropicaux, dont les écailles florales sont charnues et rappellent nos châtaignes ; c’est l’Anis étoilé qui n’est rien autre chose que l’ovaire de la fleur non encore fécondée; c’est le Chou palmiste qui est encore un simple bourgeon floral; c’est l’Agave, dont le bourgeon floral coupé laisse écouler en abondance un liquide sucré et fermentescible ; ce sont les innombrables fleurs employées en pharmacie pour la préparation des tisanes ; celles renfermant en abondance des principes sucrés et dont l’industrie tire usage pour la fabrication de boissons fermentées ; ce sont enfin les champignons, les morilles, les truffes, etc., dont nous ne mangeons, en somme, que la portion correspondant essentiellement à la partie florale des plantes phanérogames.
- Bien longue, on le voit, est l’énumération que nous venons défaire, et combien incomplète, cependant! L’an-thophagie, tout au contraire de ce que certains seraient tentés de croire, n’est pas une pratique nouvelle, mais a existé de tous temps et en tous lieux, et il semble qu’elle ne soit pas proche de disparaître. Les botanistes, avec grande raison, du reste, seraient là pour s’y opposer, en admettant, hypothèse bien improbable, que la simple gourmandise naturelle à l’homme ne fût pas suffisante à l’obtenir.
- Et voilà comment et pourquoi nous sommes et demeurerons à jamais des Antuophages. G. Vitoux.
- LES ARAIGNÉES
- Dans un angle du plafond, une araignée a fait sa toile, ou mieux, son filet. La ménagère a pris bien vite la tête de loup, et brutalement, elle a enlevé ce petit chef-d’œuvre. Ce terme de chef-d’œuvre fera sourire de pitié le lecteur qui n’a jamais connu que les toiles d’araignées salies par les poussières, n’a jamais vu l’animal à l’œuvre ni observé le réseau sortant de ses.... pattes; pour un peu, nous allions dire de ses mains.
- La petite bête si décriée à tort, dont on fait peur aux enfants, avait, d’un long fil soyeux, construit cette toile souple, légère, élastique, qui puise ses éléments de résistance dans sa souplesse, sa forme et sa disposition. Le vent peut l’agiter comme la voile du navire, sans la déchirer ; comme le flexible roseau, elle plie mais ne rompt pas. D’abord fort propre, luisante et blanche, elle est devenue noirâtre, répugnante en se recouvrant des poussières en suspension dans l’atmosphère et que les courants d’air ascendants entraînent jusqu’au plafond.
- Comment un si petit être a-t-il pu tirer de son corps une aussi prodigieuse longueur de fil d’une manière presque continue? Quand elle ne ferait que dévider une bobine, où la logerait-elle dans son petit corps. Mais le fil ne se forme qu’à la sortie du corps, comme notre barbe et nos cheveux. A l’intérieur, c’est un liquide épais, visqueux, gluant, une
- pâte molle que sécrètent des organes nommés glandes. Ce sont aussi des glandes qui produisent les cheveux, les poils, les larmes, les ongles, le mucus du nez, le cérumen des oreilles.
- Dès que la pâte arrive à l’air, elle se sèche et prend l’état solide. Ainsi la pâte à faire du macaroni, l’argile dont on fait des tuiles et des briques, durcissent au contact de l’air.
- Avant sa sortie du corps de l’animal, la matière molle n’a pas de forme. L’araignée l’expulse par des sortes de mamelles ou filières au nombre de deux ou trois paires qui se trouvent à la partie inférieure du ventre. L’extrémité des filières est criblée de trous comme une pomme d’arrosoir et à chaque trou répond un tout petit tube ouvert. Par ces tubes sort la matière pâteuse. Ces divers jets, encore mous, se soudent, et n’en forment qu’un seul qui constitue le fil d’araignée. Ce fil est donc en réalité formé d’un grand nombre de fils. Qu’on juge de la finesse de ces derniers, puisque le fil composé est lui-même l’emblème de la finesse!
- Tantôt l’araignée ne possède qu’une sorte de glande qui ne produit qu’une espèce de fil, tantôt elle est pourvue de plusieurs glandes qui fournissent des fils dont la ténacité, la finesse et l’élasticité sont différentes. Se figure-t-on une vache qui donnerait diverses espèces de lait plus ou moins riche en beurre ou en matière caséuse !
- Le rôle de l’araignée ne se borne pas à la production de la matière première; en Meuse habile, elle achève, polit, régularise le fil brut, puis elle dirigera le fil ainsi préparé pour former le réseau, ou filet, ou toile, ou tenture, comme on voudra l’appeler. Elle tire tout de son propre fonds ; on ne sème pour elle ni chanvre ni lin ; elle est tout à la fois machine à filer et à tisser ; elle porte en elle la matière première, le mécanisme et le mécanicien.
- Les extrémités de ses pattes sont de véritables peignes, les unes à dents fines et serrées, les autres à dents fortes et distantes, en un mot, peignes fins et démêloirs. C’est plaisir de la voir à l’œuvre, écartant le fil d’une patte ou le dirigeant à travers les dents, comme une femme trace de la main armée du peigne des sillons dans sa chevelure, lorsqu’elle se coiffe.
- Les filières n’affectent pas toutes le même mode de groupement ; les unes sont disposées en faisceau, les autres en rosace. Il est assez naturel d’en conclure que le fil ne doit pas avoir les mêmes qualités dans ces divers cas et que sa grosseur, sa ténacité, son élasticité, sa souplesse doivent varier avec sa forme, c’est-à-dire selon qu’il est plus ou moins dense ou plus ou moins tordu.
- La constitution de la toile, sa direction varient avec les espèces. Ainsi, l’araignée domestique (Tégénaire) construit une tenture plus ou moins irrégulière et dans un sens horizontal.- C’est une sorte de hamac. En outre, elle ajoute un tube qui est sa demeure tandis que la toile est un piège à insectes.
- L’épeire dirige son réseau dans un plan sensiblement vertical. C’est d’elle qu’il est surtout question
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- quand on parle de l’araignée et de sa toile, car elle exécute un réseau bien connu dont la régularité n’a pas frappé seulement les observateurs. Cette régularité, toutefois, n’est pas géométrique, et certaines modifications apportées dans la forme permettent de reconnaître les espèces. On distingue les réseaux comme les nids des oiseaux, bien que les araignées n’emploient pas, comme les oiseaux, des matériaux divers et ([ue la méthode, les procédés soient les mêmes puisqu’elles tirent tout d’elles-mêmes.
- On a bien des fois décrit avec plus de complaisance et de talent que d’exactitude la manière dont elle construit son réseau. Nous allons essayer de décrire avec précision ce remarquable travail l. L’épeire ayant choisi un point d’une branche ou d’un objet, laisse suinter le liquide de sa filière, en quantité plus ou moins grande. Le fil est bien léger; le moindre vent qui ne ferait pas rider la face de l’eau suffit pour le tendre et l’étirer dans la direction où il souffle. Il atteint ainsi une nouvelle branche à une certaine distance de la première. L’araignée l’y fixe et le tire ensuite jusqu’à ce qu’il soit convenablement tendu. Cela fait, elle va répéter le même manège une seconde fois, en partant du second point fixe et en choisissant un nouveau point placé plus bas que le premier. Elle reviendra ensuite sur le premier fil qu’elle parcourra en partie pour s’arrêter en un point d’où
- 1 M. Simon, l’homme de France qui connaît le mieux les araignées, a bien voulu nous faire part de ses observations. Notre dessinateur, M. Clément, habile artiste autant que bon
- elle ira rejoindre le second. Elle aura ainsi construit un triangle sensiblement vertical, dans tous les cas
- légèrement incliné,'dont par de nouveaux fils plus courts, elle va tronquer les angles et faire des pans coupés. Ce cadre extérieur, échafaudage de la toile proprement dite, est composé d’un fil plus fort que celui des rayons et des traverses.
- Elle revient maintenant sur le premier fil, et on la voit s’avancer avec assurance, sans s’aider pourtant d’un balancier, et sans paraître éprouver le moindre vertige. Elle gagne un point d’où descendant un fil jusqu’au côté opposé du cadre, elle passera par le milieu. Pendant qu’elle marche, le fil la suit comme une corde détendue, et c’est seulement lorsqu’elle a fixé la seconde extrémité qu’elle lui donne la tension convenable comme un violoniste qui tend une corde de son violon. Elle va maintenant, partant du milieu du dernier fil, diriger des rayons aux divers points du cadre, en général régulièrement et symétriquement. Pour construire chaque rayon nouveau, elle longe le précédent en même temps qu’elle produit son fil ; elle écarte ce nouveau fil à l’aide d’une de ses pattes de derrière, comme fait une femme qui trousse légèrement sa robe en marchant, afin que les deux fils ne s’agglutinent pas. Elle gagne ainsi le cadre qu’elle longe un instant, sécrétant toujours du fil. Elle fixe ensuite l’extrémité et
- entomologiste, était particulièrement désigné pour exécuter les dessins qui joignent aux qualités artistiques le mérite d’une rare fidélité^.
- Fig. 1. — Araignée domestique (Tégénaire) Mâle. — Femelle près de ses œufs.
- Fig. 2. — Filières. — 1. F. En faisceau. — 2. F. Palpiforme. — 3. F. En rosace fermée. — 4. La même ouverte et très grossie. On voit les lils élémentaires parallèles avant leur réunion.
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- Fig. 3.
- elle le tend de manière que le nouveau rayon se trouve être le troisième côté d’un triangle dont elle a parcouru les deux autres côtés. Tous seront construits de même.
- Les rayons sont régulièrement espacés, les angles formés par deux rayons consécutifs sont sen-siblement égaux.
- L’araignée, partant du centre, construit alors une spirale qui va s’étendrejusqu’au cadre, et, chose curieuse, elle est faite d’un fil sec, non gluant. À partir d’une certaine distance, elle dispose des fils transversaux qui vont d’un rayon à l’autre et dont l’ensemble forme un polygone à peu près régulier. Ces fils sont gluants et au fur et à mesure qu'elle |
- Philœus.
- les construit, elle détruit la portion de la spirale correspondante dont elle ne laissera subsister que les
- premières spires autour du centre. Il semble que la spirale n’ait servi que d’échafaudage.
- Quelques espèces laissent un intervalle vide entre deux rayons, d’autres fabriquent un ruban sinueux fixe, dans lequel certaines logent leurs œufs.
- Si l’on observe de près les fils, on s’assure que celui de la spirale diffère de ceux des polygones. Ils n’ont ni la même couleur ni la même forme. Les derniers
- Fig. L — Organes buccaux. — 1. Epcirc. — 2. Tégénaire. — 3. Clubione. Sont formés d une
- file de globules comparables à des perles enfilées et espacées. Pour les espèces sédentaires, le réseau est tout a
- Fig. 5. — Epeire diadème et sa toile. — Femelle vue de dos sur la toile. — La même représentée suspendue à son fil.
- la fois un piège et une demeure. L’animal ne va pas à la chasse ; il ne court pas après la fortune, il l’attend dans son nid, ce qui l’expose à jeûner. Mais
- les mouches sont nombreuses dans l’intérieur de nos maisons et au dehors. Malheur à l'insecte qui s’en vient à l’étourdie donner contre le fragile édifice.
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- L’araignée a senti sous ses pattes un frémissement et n’a fait qu’un bond hors de sa demeure, se précipitant sur l’imprudent qu’elle a percé de ses crocs tout en distillant dans la blessure une imperceptible goutte de venin. Elle s’abreuve alors du sang de sa victime, des parties molles du corps et laisse sur sa toile les restes de son repas.
- Si la mouche se débat, l’araignée l’entoure de quelques tours de fil, afin de gêner ses mouvements ; mais, si l’animal est assez fort pour compromettre la solidité de la toile par les secousses qu’il imprime, l’araignée sera la première à s’en débarrasser, en rompant quelques mailles.
- — A suivre. — FÉLIX HÉMENT.
- NÉCROLOGIE
- Silvestri. — Orazio Silvestri, l’éminent chimiste et le célèbre vulcanologue italien, vient de mourir à Gatane, le 17 août 1890, à l’âge de cinquante-cinq ans. Né à Florence en 1855, il entra à l’Université de Pise et devint l’élève favori de Piria, de Paccinotti et de Matteucci. C’est en 1863 qu’il remplit à l’Université de Catane, la chaire de chimie générale. L’éruption de l’Etna de 1865 attira l’attention du jeune professeur. Il séjourna plusieurs semaines sur le théâtre du cataclysme, en étudiant, avec une activité peu commune, les phénomènes éruptifs. A partir de cette époque, il se passionna pour l’Etna, qui devint pour lui une source inépuisable de recherches et de découvertes. — Le nom de Silvestri, le digne successeur de Gemmellaro et de Sartorius von Wal-tershausen, restera toujours attaché à celui de l’Etna. En 1874, il vint à Turin enseigner la chimie à l’Université et à l’Institut industriel. Mais l’amour qu’il portait à la Sicile et à l’Etna le ramena, après trois années, à Catane sur son champ d’étude de prédilection. Il occupa, dans l’Université de cette ville, la chaire de minéralogie et géologie et du nouvel enseignement, créé pour lui par le Consorzio Universilorio: la vulcanologie. Silvestri fonda, à Catane, une section du Club alpin italien, dont il fut président.
- Un doit à son initiative l’Observatoire astronomique et météorologique de i’Etna, construit à oüUU mètres d’altitude. Par suite de circonstances diverses,'cet établissement scientifique n’a pas été encore inauguré. Le savant géologue organisa et dirigea le service sismique circum-etnée ; il accrut avec une grande ardeur et une remarquable persévérance le riche musée minéralogique, géologique et vulcanologique, le plus complet, qui se rapporte aux régions volcaniques de la Sicile. 11 occupait diverses places honorifiques, était membre d’un grand nombre de sociétés savantes et fut nommé correspondant de l’Académie des sciences de Paris. Il coopéra récemment à la fondation de la Société italienne des microscopistes, dont il était président. — Orazio Silvestri consacra toute son activité intellectuelle, toute son énergie à l’étude de l’Etna en particulier, et de la science en général; il ne négligeait pas cependant les intérêts de sa nombreuse famille et ses amis. — L’œuvre du savant italien comprend un nombre considérable de Mémoires sur la géologie de la Sicile, spécialement sur l’Etna et ses éruptions de 1865, 1869, 1879, 1883 et 1886. A chaque éruption il publiait une monographie magistrale. Il n’avait pas encore achevé la publication de ses dernières et nombreuses recherches
- sur l’éruption de l’Etna de 1886 et sur les phénomènes volcaniques dont file de Vulcano (îles Eoliennes), a été le théâtre depuis le mois d’août 1888 jusqu’au mois de mai 1890. La mort est venue interrompre aussi le complément de"son ouvrage général sur les dernières éruptions de l’Etna. Il était infatigable. J’ai eu plus d’une fois l’occasion de le voir à l’œuvre, quand il étudiait, intrépide dans les dangers, les grandioses et terribles manifestations éruptives. Bon, affable, intègre, sa courtoisie, sa parole élégante, sa modestie, lui attirèrent l’estime universelle.
- J. P. P.
- CHRONIQUE
- Le téléphone entre Pari» et Londres. — La
- question des communications téléphoniques destinées à relier Paris à Londres est plutôt d’ordre financier que d’ordre technique. Il y a longtemps, en effet, que M. Preece, l’éminent ingénieur électricien en chef du Post-Office de Londres, a démontré que la communication téléphonique entre deux points donnés est toujours possible, quelle que soit leur distance géométrique, à la condition de ne pas faire usage de lignes en fil de fer, dont l’inertie magnétique éteint rapidement les ondes téléphoniques, et pourvu que le produit de la résistance électrique totale de la ligne par sa capacité totale, ne dépasse pas une certaine valeur. Si la résistance de la ligne est exprimée en ohms, en microfarads, le produit qui limite la transmission possible est 15 000 environ. La ligne reliant Londres à Paris se composera forcément de deux parties aériennes dont la capacité électrostatique kilométrique est relativement faible, et d’une partie souterraine dont la capacité kilométrique est relativement élevée, mais dont la valeur absolue est assez petite pour permettre à l’ensemble de rester au-dessous des limites pratiques indiquées par les expériences de M. Preece. Les Chambres françaises venant, d’autre part, de voter le crédit de 400 000 francs nécessaire pour solder les frais de la participation de la France à la ligne téléphonique qui doit relier les deux capitales, et levant ainsi les difficultés d’ordre financier, il est probable que nous n’aurons pas à attendre bien longtemps la réalisation pratique des premières communications téléphoniques entre Londres et Paris. Le succès de ces communications téléphoniques, si impatiemment attendues, ne saurait être douteux, si l’on veut bien se rappeler que la première ligne téléphonique établie entre Paris et Bruxelles est rapidement devenue insuffisante, qu’il a fallu la doubler, et qu’il est aujourd’hui question d’établir une troisième ligne téléphonique entre ces deux villes dont l’intensité des transactions est cependant bien moindre qu’entre’ Londres et Paris. On peut espérer que l’année 1890 ne se passsera pas sans que la téléphonie entre Londres et Paris ne soit un fait accompli. Il est bien évident que les deux lignes, aller et retour, nécessaires pour établir la communication téléphonique pourront desservir en même temps deux circuits télégraphiques distincts, en leur appliquant les dispositifs bien connus de transmissions télégraphiques et téléphoniques simultanées de M. Yan Ryssel-berghe, ce qui augmentera encore l’utilité de ces nouvelles communications.
- Le fisc et les phonogrammes. — Le département du Trésor américain a réglementé dans les termes suivants le transport postal des messages phonographiques : « Les cylindres phonographiques transportés par la poste et qui
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- portent à leur surface les empreintes du style phonographique sont considérés, au point de vue de la poste et du fisc, comme appartenant à la même catégorie que les correspondances sur papier écrites à la main ou à la machine. On doit les traiter comme les autres objets de correspondance postale, et ne pas les soumettre à un examen plus approfondi que celui qui est nécessaire pour sauvegarder les intérêts du Trésor public. » Cette décision, qui assure le secret des correspondances phonographiques, indique en même temps l’importance que prennent les messages phonographiques aux Etats-Unis. Nous enregistrons ces progrès avec plaisir, en attendant que l’uniformisation des systèmes ait été réalisée, et permette à ce mode de correspondance de prendre le caractère international qui lui fait encore défaut.
- L’indication des rues par la lumière électrique. — Un inspecteur des rues de Saint-Louis, aux États-Unis, a adopté une nouvelle méthode d’indication des noms des rues qui permet de les reconnaître même par les nuits les plus noires. Les noms des rues sont peints sur les globes transparents des lampes à arc, et ils projettent les noms sur le sol sous forme d’ombres. Les lettres sont assez grandes pour se lire à plus de 15 mètres de distance, car elles ont plus de lm,5 mètre de hauteur. C’est un bon exemple à suivre dans toutes les villes éclairées à l’arc voltaïque.
- Les abeilles dans le Holstein. —La Société d'agriculture du llolstein méridional vient de faire semer une certaine quantité de graines de Sorgho sucré (Holcus saccharatus) dans les prairies avoisinant Hambourg; les fleurs de cette graminée fournissent, paraît-il, aux abeilles un miel de saveur agréable et fort abondant. Les environs de Hambourg possèdent actuellement 3228 ruches valant 50 francs chacune en moyenne, et produisant annuellement pour 30 000 francs environ de miel et de cire, soit 9 francs par ruche. A ce premier produit on doit ajouter par année 3000 essaims valant 9 à 10 francs en moyenne.
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- . ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 août 1890. — Présidence de M. Duchartre
- L'heure universelle. — Le gouvernement italien vient de saisir le Ministre des affaires étrangères de France d’un projet de conférence à tenir à Rome au sujet de l’adoption d’un méridien unique. On se rappelle qu’une conférence internationale a déjà examiné cette question, dans un Congrès tenu à Washington en 1884, oùM. Janssen représentait la France. Le méridien de Greenwich fut alors choisi, mais la décision du Congrès est restée lettre morte. L’Académie de Bologne qui semble avoir pris à cœur cette question, croit pouvoir établir un accord désirable en proposant le méridien de Jérusalem. C’est à la suite des démarches de cette Académie que le gouvernement italien a pris l’initiative d’une nouvelle conférence. La France en accepte le principe et des délégués seront nommés ultérieurement.
- La prédiction du temps. — M. l’abbé Fortin est l’inventeur d’un appareil destiné à révéler les variations magnétiques de l’atmosphère. L’auteur ne donne que la description de son appareil sans pouvoir en fixer la théorie, mais les résultats d’observations qu’il annonce semblent en attester l’extrême sensibilité. C’est ainsi qu’il montre un entraînement de l’aiguille dont la période est de sept
- mois et une oscillation diurne due sans doute aux différentes phases de l’action solaire. Pour M. l’abbé Fortin toutes les brusques variations observées à l’aide de son appareil ont pour origine des variations dans l’activité du soleil, car toutes correspondent à la formation d’un groupe de facules, et l’atmosphère terrestre subit le contre-coup de ces changements. La constatation des symptômes précurseurs d’un orage magnétique lui permet de prédire l’apparition d’un orage atmosphérique et la direction de cet orage. Bien plus, dans la série d’orages observés cette année depuis le mois de janvier, il relève une période de vingt-sept jours qui lui a fourni un moyen de prédiction à long terme.
- Le phoque du terrain quaternaire. A propos d’un os gravé trouvé dernièrement dans le terrain quaternaire, os sur lequel étaient représentés deux phoques, il s’était élevé une difficulté, car jamais on n’avait rencontré le phoque dans ce terrain. M. Hardy vient de trouver, dans une grotte située près de Périgueux, un squelette humain entier ainsi qu’un grand nombre d’ossements parmi lesquels il a été possible de reconnaître la mâchoire d’un phoque de l’espèce dite Phoca groenlandica dont les représentants vivent aujourd’hui sur les glaçons polaires et ne descendent que rarement sur les côtes de Norvège. Les autres animaux dont les ossements ont subsisté sont le renard bleu, le renne. Ces indications suffisent pour montrer le climat dont jouissait la partie centrale de la France, pendant la période glaciaire.
- Le giroscope de M. Trouvé. — Sous ce nom, l’inventeur présente deux appareils, l’un destiné spécialement à la démonstration du mouvement de la terre autour de son axe, l’autre à la rectification des boussoles marines. Le premier de ces appareils date de 1865, et fut présenté à Foucault qui encouragea l’inventeur. Il put fonctionner pendant un temps illimité tandis que l’appareil imaginé par Foucault ne révèle le mouvement de rotation de la terre autour de son axe que pendant une durée de quelques minutes. Le deuxième appareil de M. Trouvé dont M. l’amiral Mouchez recommande l’application à la marine, est identique au premier quant au principe, mais les différentes parties ont reçu des dimensions qui permettent d’approprier l’appareil’à son nouveau but, qui est la rectification du compas. M. Trouvé part de cette remarque, qu’il est impossible d’éliminer, d’une façon absolue, les mille causes de perturbations extérieures qu’on rencontre à bord des navires et qu’il vaut mieux chercher à les rendre infinitésimales et négligeables par rapport à la force d’inertie directrice, en augmentant celle-ci dans des proportions considérables. Dans ces conditions, les forces perturbatrices peuvent être rendues sans influence sur le giroscope. Le système se compose d’un tore électromoteur, du poids de plusieurs kilogrammes, composé intérieurement d’un anneau induit genre Gramme, analogue à celui du moteur électrique de M. Trouvé. Cet induit est logé dans le renflement même du tore dont la partie médiane reste très évidée. Quant à l’inducteur, c’est un anneau en fer à pôles conséquents, dans lequel tourne concentriquement le tore électromoteur. Inducteur et induit sont montés en série. Tout le système est soutenu au milieu d’une suspension à la Cardan, par un axe vertical terminé en pointes qui pivotent dans des crapaudines d’agate, comme l’axe du tore lui-même. Cette suspension à la Cardan est munie d’un long pendule à tige rigide, qui, fixé sur le prolongement de l’axe du système, donne à celui-ci une verticalité parfaite, malgré les oscillations
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- continuelles du navire. Les faibles inclinaisons que pour-rait subir l’appareil sont en effet réduites dans le rapport de la longueur du pendule au rayon du tore ; ce pendule peut d’ailleurs être prolongé au besoin, au-dessous du plan d’appui de l’instrument. Le courant est amené à l’électroinoteur par deux petites tiges de platine, isolées de l’ensemble et plongeant dans deux cuvettes en ébonite, circulaires et concentriques, remplies de mercure, où aboutissent les pôles du générateur d’électricité. Ainsi disposé, le giroscope électrique de M. Trouvé n’a plus à redouter ni tangage ni roulis; il est propre à corriger le compas avec sûreté, car son axe de rotation reste invariable dans l’espace, pendant tout le temps de l’observation qui peut être prolongée indéfiniment. En de nombreuses circonstances l’aiguille aimantée des boussoles s’affole : manœuvre des canons, temps orageux, aurores boréales, et principalement la chute de la foudre sur le bâtiment. L’axe de rotation du gii'oscope, au contraire, restant absolument invariable dans l’espace, si l’on a soin de l’orienter une fois pour toutes, au départ dans une direction déterminée, celle-ci devient une ligne de repère parfaite. La pratique enseignera si l’on doit se servir des indications de cet instrument pendant toute la traversée ou seulement dans les passages dangereux. Dans le premier cas, le giroscope électrique de M. Trouvé ne servirait pas seulement à rectifier le compas, mais à le rempla-ceravantageusement, puisqu’il pourrait indiquer continuellement et directement Yangle de roule.
- La respiration des insectes. — M. Contejean a étudié sur la Sauterelle le FiS- 1 4- ~ Le cachcl crampon pour la sûreté des lettres,
- phénomène peu connu de
- la respiration des insectes, lia pu constater qu’à l’inverse de ce qui a lieu chez les vertébrés, le mouvement d’inspiration est passif, tandis que le mouvement d’expiration est actif. C’est par un effort contractile que l’air est chassé du corps de l’insecte ; il en résulte que si l’on fait une blessure à l’animal, on voit le sang couler à chaque expiration. La décapitation n’arrête pas les mouvements respiratoires, pas plus que l’absorption du curare qui produit chez l’homme une cessation immédiate.
- Varia. — M. Mathieu Plessy a observé une transformation du nitrate d’ammonium fondu par la chaleur. — M. Raphaël Dubois donne la conclusion de la série de recherches qu'il a entreprises sur la phosphorescence des animaux. —M. Chatel signale la coïncidence des troubles atmosphériques du mois d’août, avec la rencontre par la Terre du groupe d’astéroïdes connus sous le nom de Perséides. Stanislas Meunier.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- LA SÛRETÉ DES LETTRES
- Notre gravure représente un appareil destiné à remplacer pour les lettres les cachets à la cire. On sait que ceux-ci peuvent être violés par des mains habiles et de plus qu’ils sont absolument impraticables lorsque la missive est destinée aux pays chauds; pendant le trajet la cire fond et fait coller toutes les enveloppes entre elles, de sorte qu a l’arrivée on est obligé de les déchirer en partie pour les distribuer. Ce fait nous a été signalé souvent par des militaires faisant partie de l’expédition du Tonkin. La cachet crampon que nous allons faire connaître ne présente pas cet inconvénient et nous paraît, déplus, absolument inviolable. Il se compose d’un disque de tôle mince, sur lequel peuvent être frappées des initiales (fîg. 2 et 4). Perpendiculairement aux bords de ce disque et venus d’une seule pièce avec lui, se trouvent six petites lames pointues; il s’agit pour fermer l’enveloppe de traverser les deux parties du papier avec ces pointes et de les recourber ensuite dans l’intérieur de l’enveloppe. L’opération se fait très facilement au moyen de l’appareil représenté (nü 1). La poignée est montée sur une lige de fer qui glisse dans un tube de cuivre. En temps ordinaire un ressort à boudin la force à occuper la partie supérieure du tube. C’est à la partie inférieure restée libre qu’on introduit le cachet, les pointes vers le bas.
- 11 suffit ensuite de passer la contre-partie de l’appareil dans l’enveloppe comme l’indique la figure (n° 2) et d’appuyer la poignée à l’endroit choisi pour placer le cachet. La tige de fer descend et écrase le cachet. Les pointes rencontrent à l’extrémité de la partie introduite dans l’enveloppe une cavité taillée en forme de cuvette qui les force à glisser toutes vers le centre et à se plier toujours en dedans (n° 3). Avec ce système de fermeture nous ne voyons pas du tout comment on pourrait ouvrir l’enveloppe sans déchirer le papier. G. M.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- I
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- N» 901. — 0 SE1»TEMÜRIÎ 1890.
- LÀ NATURE.
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- LA PREMIÈRE EXÉCUTION D’UN CONDAMNÉ A MORT PAR L’ÉLECTRICITÉ
- Après les récits remplis d’exagération qui ont été I le G août 1890 dans la prison d’Auburn, aux publiés sur la première exécution électrique faite | États-Unis, nous avons le devoir de reproduire, sans
- Fig. 1. — Altitude du condamné à mort Keminler au moment de son exécution par l’électricité. A droite, disposition de la chaise du supplice. — À. Détail d’une des l’éleclrodes.
- rien cacher, ce que l’on croit être la vérité sur cette triste tentative. Nous ferons grâce à nos lecteurs du récit des tortures morales auxquelles la législation américaine a permis de sou-mettre le condamné pendant les quatorze mois qui ont séparé la condamnation à mort et l’exécution de la sentence; nous nous bornerons à reproduire le récit d’un journal électrique des plus sérieux, The Elec-trical World, dont un des rédacteurs a pu voir de près et dessiner avec précision l’appareil que nous reproduisons d’après les croquis pris par ce témoin oculaire (fig. 1).
- Le matériel, assez compliqué, se composait d’une •machine à courants alternatifs Westinghouse et de son excitatrice. Ces deux machines qui étaient com-
- t8e année. — 2' semestre.
- mandées par courroies, recevaient leur mouvement, à l’aide d’une transmission intermédiaire d’une machine à vapeur de 45 chevaux, puissance bien supérieure aux besoins de la funèbre application. Cette machine à vapeur était placée au deuxième étage de la prison, k 300 mètres de distance de la chaise fatale. Les fils de cette dynamo, à courants alternatifs, aboutissaient à un tableau de commande (fig.2) sur lequel étaient disposés deux voltmètres de Car-dew, avec leurs résistances additionnelles, et une vingtaine de lampes Edison de 100 volts montées en tension et en dérivation sur les bornes de la machine, indiquant ainsi, lorsqu’elles étaient amenées k leur éclat normal, qu’il y avait bien une différence
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- Fig. 2. — Tableau de commande pour l’exécution par l’électricité aux États-Unis.
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- efficace de 1000 volts entre les deux points où les lampes étaient établies. A la partie inférieure du tableau, était un ampèremètre Bergman intercalé dans le circuit général, et devant faire connaître ainsi l’intensité du courant qui traversait le corps du condamné, mais qui n’a pas été consulté au moment opportun. Le tableau de commande comportait encore deux commutateurs, l’un destiné à intercaler les lampes-témoins en dérivation sur la machine, l’autre appelé le commutateur fatal, destiné à fermer le circuit sur la chaise.
- La chaise, représentée figure 1, était munie de courroies destinées à lier le patient. Le courant de la machine arrivait par le sommet du crâne et par l’épine dorsale, à l’aide de deux électrodes en forme de coupelles renfermant une éponge humide dans laquelle venaient se perdre les extrémités dénudées du câble conducteur (fig. 1, A). C’est sur cet appareil que le malheureux condamné Ivemmler vint s’asseoir, manifestant plus de sang-froid que les vingt-trois témoins de son exécution.
- On connaît tous les détails de l’exécution elle-même : le courant interrompu après une application de dix-sept secondes, la mort apparente suivie de sons étranges sortant de la poitrine de l’homme qùe tous croyaient mort, la remise en marche de la machine, le trouble et l’effroi des assistants, etc. Là question de savoir à quel instant précis, à partir de la fermeture du circuit, Kemmler était effectivement ou suffisamment insensible pour être considéré comme tel, restera toujours un secret. Nous nous contenterons, sans vouloir prolonger ce lugubre récit, de reproduire les opinions de quelques témoins ou personnes bien placées pour se faire une opinion plus ou moins indépendante sur ce nouveau mode d’fexécution dont on ne saurait même affirmer le succès, ou l’insuccès.
- Le docteur A. P. Southwick, le père de la loi relative à l’exécution électrique, dit :
- On a fait beaucoup de sentiment, dénué de sens commun, à propos de cette exécution. Je ne considère pas qup celle-ci doive être la dernière exécution par l’électricité : elle sera suivie d’un grand nombre d’autres. Elle a prouvé que l’idée est juste, et je considère la loi comme une des meilleures. L’exécution a été un succès. Kèmmler est mort absolument sans douleur.
- Le député Coroner Jenkins, qui a fait l’autopsie, a fait connaître ainsi son opinion :
- Je considère l’exécution par l’électricité comme bien préférable à la pendaison. Elle est plus expéditive et moins dangereuse. J’ai assisté à cinq ou six pendaisons, ajoute-t-il, et, dans aucun cas, la victime n’a été considérée comme morte en moins de huit ou dix minutes.
- Voici l’opinion de M. Charles R. Barnes qui avait a charge de la dynamo ayant servi a l’exécution :
- L’exécution de Kemmler est un échec avéré, mais elle aurait pu être faite, avec succès si des précautions convenables avaient été prises. Tout d’abord, les dynamos étaient placées sur le sol, sans précautions spéciales pour
- les fixer solidement. A vitesse normale, la dynamo à courants alternatifs vibrait fortement et éprouvait des déplacements de 12 à 25 millimètres. L’arbre de transmission intermédiaire était monté sur un bâti en bois simplement posé sur le sol, sans aucun point d’attache pour permettre aux poulies de tourner bien rond. Les courroies étaient neuves, et n’étaient pas en service depuis un temps assez long pour avoir reçu tout leur allongement, de sorte qu’au moment où le courant a été envoyé pour la première fois, en introduisant ainsi dans le circuit la résistance du fauteuil d’exécution et celle du corps de Kemmler, la courroie fut sur le point de sauter de la poulie.
- Edison, interrogé, a répondu :
- En 1887, j’écrivis que je m’associais de tout cœur à un mouvement abolissant la peine capitale. Si cependant, ajoutais-je, cette peine ne devait pas être abolie, nous devrions adopter la méthode la plus expéditive eff la moins douloureuse, et je signalais alors une dynamo à courants alternatifs comme remplissant le mieux les conditions exigées. Je partage encore cet avis. Dans l’exécution de Kemmler, si l’on en croit les journaux, la faute retombe sur les médecins. Ils ont procédé d’après les indications de la théorie, et, sachant que la base du crâne est le centre nerveux du système humain, ils ont cherché à l’atteindre le plus directement possible. Ils avaient r-aison en théorie, mais l’expérience leur a donné tort. Dans aucun des trente cas de mort parfaitement instantanée produite par le courant électrique dans New-York et aux environs, le courant n’a été appliqué à la tète. Dans chacun d’eux, au contraire, le courant arrivait par les mains. Dans aucun cas suivi de mort, il n’est passé dans le corps de la victime un courant d’intensité égale à la moitié de celle qui, dit-on, a traversé le corps de Kemmler. L’électricité traverse les liquides, et plus spécialement les liquides salés du corps humain, avec plus de facilité qu’il ne traverse les os. Les mains bien propres et imprégnées de soude caustique forment un excellent conducteur électrique, à cause de la quantité de chair dont ils sont remplis, tandis que les os sont des conducteurs médiocres. En établissant les contacts sur la partie la plus épaisse de la boîte crânienne, et sur l’épine dorsale, les médecins ont couru volontairement à un échec. Ils ne pouvaient choisir des parties plus défavorables, car les cheveux sont aussi de mauvais conducteurs et offrent une résistance considérable au passage du- éourant. La peau de Kemmler a été brûlée, ce qui indique que son corps a reçu une partie relativement faible delà charge. S’il avait reçu les 1300 volts pendant le temps indiqué, il aurait été carbonisé ou momifié... En ce qui concerne les mouvements respiratoires qui se sont produits après l’arrêt du courant, j’estime que la mort était bien acquise à ce moment-là. On sait que des mouvements musculaires analogues se produisent après la pendaison. Kemmler a probablement été tué du coup, à moins que de graves erreurs n’aient été produites. Sans aucun doute, tous les témoins de cette scène étaient fortement surexcités, et je l’aurais été tout autant à leur place. J’estime que le premier homme qui prendra place dans l’avenir sur la chaise fatale, mourra instantanément.
- Dans l’opinion de M. Paul Cravath, conseil de la Westinghouse Company, l’insuccès de l’exécution pouvait être prévu par tous ceux qui ont pris la peine d’étudier soigneusement la question :
- Un bourreau était sûr de son travail (sic), parce que, les conditions dans lesquelles ce travail était exécuté
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- étaient apparentes et intelligibles, tant au point de vue scientifique qu’au point de vue mécanique. Avec l’électricité, au contraire, on devait recourir à une dynamo produisant une force que l’on ne savait comprendre ni contrôler. De cette dynamo partent deux fils qui sont supposés transmettre un courant mortel. Les moyens de mesurer ce courant ne sont pas toujours absolument sûrs, car ils constituent des appareils délicats facilement mis hors de service. 11 était donc impossible aux conducteurs d’une dynamo de connaître exactement quel efl'et exact un courant électrique ainsi transmis pouvait produire sur un objet venant en contact avec lui.
- Pour comprendre comment des avis si différents peuvent se produire, il ne faut pas perdre de vue que les intérêts d’Edison, partisan des courants de basse tension, ne sont pas les mêmes que ceux de Westinghouse et de ses représentants, qui emploient des courants alternatifs de haute tension. La défaveur que les exécutions électriques pourraient jeter sur les courants alternatifs de haute tension, profiterait tout naturellement aux courants alternatifs de basse tension. De là des opinions intéressées que nous avons cru devoir mettre sous les yeux de nos lecteurs, tout en les prévenant des situations respectives de ceux qui ont émis ces opinions, ce qui nous dispense d’avoir à formuler la notre.
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- LE VOLCAN DE LA RÉUNION
- Depuis quelques semaines le volcan de l’île de la Réunion est en action, et paraît procéder par intermittence, d’après une lettre que le Progrès de l'imerina a reçue de Saint-Benoît. On voit tout à coup une gerbe de vapeurs, grise le jour, rutilante la nuit, s’élancer du cratère. Le sommet s’élargit, devient un cumulus. Peu d’instants après, le jet s’arrête, la colonne se coupe à la base ; un nuage est formé, d’une jolie coloration gris perle, qui flotte librement dans l’atmosphère. Et tout s’éteint. Après un intervalle qui varie de quelques minutes à une heure, nouvelle éruption : un non moins beau panache de vapeurs est projeté, et tout se renouvelle dans le même ordre. Il en est ainsi nuit et jour.
- Ces intermittences sont dues au refroidissement et à la solidification de la couche superficielle de la lave au fond du cratère. Sous la poussée des gaz intérieurs, cette couche solide et assombrie se rompt de temps à autre; une colonne de vapeur s’échappe, suivie d’un flot de laves incandescentes qui l’éclaire de bas en haut, à la façon des fontaines lumineuses de l’Exposition. Ces phénomènes sont les signes manifestes de l’intensité décroissante (momentanée ou définitive) de l’action volcanique.
- Un autre phénomène intéressant s’est produit, c’est la projection de ces filaments dorés, ressemblant à des cheveux, qu’on appelle à la Réunion cheveux du Volcan, et aux îles Sandwich, cheveux de Pelé (du nom de la divinité qui préside aux phénomènes volcaniques).
- Les géologues les appellent Gallinace ou Obsidienne capillaire, ou mieux, d’après M. Yélain, Hyalomélane capillaire; ils sont produits par l’étirement d’une substance lavique très fluide. Il en est tombé beaucoup à Saint-Benoît et à la Rivière de l’Est. Ces singulières productions ressemblent à des cheveux blonds dont la longueur atteint jusqu’à 10 centimètres; sans être dépourvus
- de souplesse, ils sont un peu raides et très fragiles. Le volcan a plusieurs fois déjà lancé de ces filaments, mais pas si abondamment qu’en 18ü0 et surtout en 1812.
- APPLIQUÉS A LA CULTURE DES FLEURS
- L’introduction des engrais dits chimiques, dans la pratique de l’agriculture, est de date relativement récente. C’est surtout depuis les travaux de Liebig et surtout de M. Georges Ville, que les sels minéraux ont été employés dans le but de suppléer à l’insuffisance du fumier de ferme dans certains sols ; et aujourd’hui, leur emploi, tout au moins à titre d’engrais complémentaires, est-il pour ainsi dire indispensable pour obtenir de forts rendements.
- Or, ce qui est vrai pour les plantes de grande culture ne pouvait pas ne pas l’être pour les plantes horticoles. Aussi a-t-on essayé dans ces dernières années d’accroître la production des jardins par l’adjonction des sels chimiques. C’est surtout pour les fleurs et les plantes à feuillage ornemental que ces essais ont été multipliés, et ces engrais floraux ont aujourd’hui une grande importimce, car ils s’appliquent non seulement aux plantes de plein air, mais encore et surtout aux plantes d’appartements cultivées dans des pots et pour lesquelles la quantité de nourriture disponible est généralement très limitée, étant donnée l’exiguïté des vases qui les renferment. Un grand nombre de formules d’engrais ont été préconisées et répandues dans le commerce sous différents noms ; toutes ont nécessairement pour bases l’azote, l’acide phosphorique, la potasse et la chaux; les proportions et la forme de ces éléments sont seuls variables. Toutefois une substance, dont les propriétés fertilisantes ne peuvent être mises en doute, avait été généralement négligée dans ces formules, nous voulons parler de la matière organique. En effet, la matière organique, ou plutôt l’humus qui provient de sa décomposition, en se transformant lentement et suivant les besoins des plantes en nitrates solubles dans la terre, accroît sa fertilité, et de plus, par sa texture même, elle forme une sorte d’éponge absorbante, propre à retenir les sels solubles qui constituent les engrais chimiques et qui très souvent sont entraînés par les eaux d’arrosage, avant que les plantes aient eu le temps de les absorber.
- Ce double rôle de la matière organique n’a pas échappé à un professeur d’Arras, M. Poiret, qui sous les noms de fleurigène et de feuillogène, vient de mettre dans le commerce des engrais justement qualifiés d’organo-chimiques et qui certainement peuvent être classés parmi les meilleurs. Le premier de ces mélanges s’applique, comme son nom l’indique, plus spécialement aux Heurs ; le second a été composé pour les plantes à feuillage. L’un et l’autre sont formés de nitrates, de sels ammoniacaux, de phosphates divers, de sels potassiques, de corn-
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- posés calciques et d’une matière organique très rapidement décomposable, qui paraît être une forme spéciale de la cellulose. M. Poiret, à la suite de dix années d’expériences et d’observations multipliées, est arrivé à doser ces divers éléments dans les proportions convenables, et ses engrais que nous avons expérimentés avec succès donnent des résultats fort remarquables.
- Leur emploi est d’une extrême simplicité et n’entraîne qu’une dépense fort minime; de plus, par leur usage quelque peu suivi, les rempotages annuels, indispensables pour les plantes d’appartement, cultivés sans engrais, deviennent absolument inutiles, avantage précieux que les amateurs apprécieront sans aucun doute; enfin, quelle que soit la dose appliquée, jamais ces engrais ne sont nuisibles, et leur application rationelle permet de cultiver les plantes auxquelles ils s’appliquent, dans n’im-por te quelle terre, même dans le sable pur, qualité qu’ils doivent évidemment à la présence de la matière organique. Palmiers, araucarias, aspi-distras, etc., plantes vertes, camélias, azalées, géraniums, lis, orangers, cactées, gloxinias, bégonias, etc., en un mot toutes les plantes à fleurs ou à feuillage, sont extrêmement sensibles à l’action de ces engrais.
- Nous avons pu voir un fuchsia de deux ans traité par l’engrais de M. Poiret qui mesurait la taille énorme de lra,20 sur lm,40 de large; il a lleuri
- deux fois dans l’année, et portait chaque fois plus de deux cents fleurs.
- Un Aspidistras a donné cinquante feuilles en l’espace de deux ans.
- La figure 1 représente des Bégonias (boutures de
- six semaines), les numéros 1 et 2 ont clé traités par l’engrais, le numéro o est resté comme témoin ; on peut voir d’après ces dessins toute l’influence exercée par l’engrais organo-clii-mique en question, Mais ce que les photographies ne peuvent montrer, c’est le coloris intense des numéros 1 et 2, leur splendeur et leur vigueur.
- La figure 2 représente en 1 et 2, des Clivias, de même âge et de même taille initiale, dont le numéro 1 a été traité pendant quelques mois seulement.
- Mais c’est surtout sur les plantes souffreteuses, ayant été négligées, que l’action des engrais de M. Poiret est manifeste. Un Aralia nous en a fourni un exemple; cette plante, qui avait eu beaucoup à souffrir, était arrivée à un tel état que l’horticulteur qui la possédait était prêt à la jeter au fumier ; après quelques mois de traitement à l’engrais, elle a atteint la taille énorme de 2 mètres. Nous croyons que ces résultats méritent detre signalés, surtout aujourd’hui que l’amour des fleurs est devenu une sorte de culte et qu’il n’est guère de ménage, aussi modeste qu’il puisse être, qui n’ait quelques pots de fleurs sur la fenêtre.
- Albkht Larbalétiuer.
- Fig. 1. — Bégonias.
- 1 et 2. Plantes traitées par l’engrais. — 3. Plante non traitée.
- Fig. 2. — Clivias. — 1. Plaute traitée par l’engrais pendant quelques mois. — 2. Plante traitée pendant une durée beaucoup plus longue. (D’après les photographies de M. A. Collot.)
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- YIÀDUC DE LÀ SIÀGNE
- Fig. 1. — Construction du viaduc de la Siagne (Alpes-Maritimes et Varl.
- Fig. 2. — Le viaduc de la Siagne. — Vue de la voie. (D’après des photographies de M. J. Luco iils, à Grasse.)
- Parmi les grands travaux en cours d’exécution en France, il convient de citer la ligne de Draguignan à Grasse, qui fait partie du réseau concédé dans le
- Sud-Est à la Compagnie des chemins de fer du midi de la France. Celte ligne, qui traverse une région accidentée, comprend dans les travaux plusieurs ouvrages
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- d’art importants et notamment le viaduc métallique de la Siagne, établi à la limite des départements du Yar et des Alpes-Maritimes, dont nous donnons ci-contre une vue (tig. 1). Cet ouvrage qui a une hauteur de 72 mètres au-dessus de la rivière, se compose de deux travées extrêmes de 52 mètres de portée, et de deux travées centrales de 65 mètres. Le tablier, qui a une longueur de 220 mètres, est supporté entre les culées extrêmes par trois palées métalliques dont les deux plus élevées ont 52 mètres de hauteur au-dessus des socles en maçonnerie dans lesquels elles sont amarrées et qui ont une hauteur de 10 mètres.
- Cette grande hauteur des appuis place cet ouvrage au nombre des grands viaducs, car à notre connaissance elle n’a été dépassée qu’au viaduc de Garahit et à celui de Fribourg (Suisse) dans lesquels les palées atteignent 60 mètres. Le montage de la partie métallique, dont l’exécution a été confiée à la Société des ponts et travaux en fer, commencé en octobre 1889, vient d’être terminé. C’est donc en huit mois seulement que cet ouvrage a pu être édifié.
- Les palées ont été naturellement levées sur place au moyen d’un pylône en charpente établi au centre de chaque pile. Mais le montage de la poutre a nécessité l’ouverture d’une grande tranchée de 80 mètres de longueur en prolongement du viaduc. La poutre était montée sur galets et poussée en avant aussitôt que sa longueur permettait de franchir une travée.
- Le lançage a été opéré au moyen de treuils fixés sur la poutre elle-même, et dont les câbles étaient attachés à des points fixes en avant. Pour la première travée le point fixe choisi a été tout naturellement la première culée. Mais pour les travées suivantes, comme dans son mouvement en avant la poutre tend à entraîner la palée sur laquelle elle porte, ce qui pourrait fatiguer les fers dans une certaine mesure, on a été conduit à amarrer les câbles au sommet des piles afin d’annuler par un elfort contraire l'effort de renversement auquel le mouvement de la poutre donne naissance. Grâce à ces dispositions, le lançage a été effectué sans la moindre fatigue pour les palées qui n’ont subi que des flexions insignifiantes.
- Malgré les difficultés que ce travail présentait et la niasse énorme de fer (900 tonnes) mise en œuvre à une hauteur considérable, on n’a eu à déplorer aucun accident sérieux. Ces résultats font le plus grand honneur à la Société des ponts et travaux en fer et à ses agents qui se sont acquittés de leur mission avec une très grande habileté. B..
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- UTILISATION
- DE LA PUISSANCE MOTRICE DES MARÉES
- Bien des projets ont été établis dans le but d’utiliser la puissance motrice des marées, mais bien peu d’entre eux ont jusqu’ici reçu la sanction de l’expérience, et trouvé des capitalistes disposés à demandera cette utilisation, si
- précaire en apparence, une rémunération plus ou moins avantageuse de leurs capitaux. Un projet qui présente cependant un caractère assez sérieux vient d’être présenté récemment à l’Académie des sciences. Dans ce projet dont nous trouvons une analyse dans le Conslmcteur, on propose d’employer une disposition spéciale des bassins avec turbines. Celles-ci seraient installées dans un barrage transversal créant une chute entre deux bassins séparés de la mer par une digue insubmersible. A cet effet, l’eau pénétrerait dans le premier bassin, à mer haute, en traversant des ouvertures pratiquées dans la digue et fermées par des clapets s’ouvrant à l’intérieur.
- L’eau passerait donc continuellement d’un bassin à l'autre en traversant les turbines utilisant la puissance motrice due à la chute variable entre les deux bassins, et elle s’échapperait à mer basse par dés ouvertures fermées par des clapets s’ouvrant à l’intérieur du second bassin. La chute moyenne serait de 2 mètres pour une amplitude de marée de 5 mètres, et la puissance recueillie serait de trois chevaux par hectare de surface endiguée. L’amplitude moyenne des marées étant de 5 mètres à l’embouchure de la Seine, cette puissance serait de six chevaux par hectare et représenterait un revenu annuel de 1200 francs (en comptant 200 francs par an par cheval-vapeur consommant 10 tonnes de houille par an, à 20 francs la tonne).
- La turbine proposée par M. Decœur donnerait de grands débits avec un diamètre réduit. C’est une turbine centrifuge dont l’ouverture serait découpée normalement aux canaux d’injection, de façon à assurer l’arrivée de l’eau par le plus court chemin dans la direction favorable à l’utilisation de la force vive. L’eau s’échapperait dans un éjecteur circulaire que cet ingénieur a déjà appliqué avec succès aux pompes centrifuges, et qui augmente dans tous les cas le rendement de la turbine en évitant les retours d’eau quand les canaux d’injection ne sont que partiellement ouverts.
- Pour l’embouchure de la,Seine, on pourrait construire une digue de 25 kilomètres de longueur, entre Tancarville et le Ilavre, ce qui donnerait une surface de 7000 hectares à mer haute et produirait une puissance équivalente à celle développée par 4200' chevaux-vapeur et un revenu brut d’environ 8 400 000 francs.
- Sans discuter les chiffres de M. Dccœur, nous croyons qu’il y a là un projet digne d’attention.
- LES OURAGANS
- DES 18 ET 19 AOUT 189:
- Les phénomènes orageux qui se sont produits sur différents points de la France dans la soirée du lundi 18 et dans toute la journée du mardi 19, ont été accompagnés, d’une part, à l’ouest de Paris (environs de Dreux) et d’autre part dans le sud-est (environs de Saint-Claude) de coups de vent d’une grande violence, rappelant par leurs effets les tornados des États-Unis. Ce sont en réalité des ouragans localisés et très probablement de grandes tromhes1. Ces phénomènes se distinguent des cyclones dont l’action s’exerce sur des régions beaucoup plus étendues.
- Tous les journaux ont décrit les désastres causés par les ouragans de Dreux et de Saint-Claude. Ces phénomènes sont très rares en France ; ils méritent une étude
- 1 Les ouragans de Dreux et de Saint-Claude s’étant produits la nuit et le soir à la fin du jour, il n’a pas etc possible de distinguer l’apparence d’une trombe.
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- spéciale, aussi avons-nous cru devoir donner à leur description une place importante dans La Nature*. Nous parlerons successivement des deux ouragans qui ont eu lieu successivement dans des circonstances analogues, sans avoir eu entre eux de relation directe. Nous publions aujourd’hui sur l’ouragan de Dreux les documents que notre savant collaborateur M. Léon Teisserenc de Bort a recueillis sur place; nous donnerons dans notre prochaine livraison des détails non moins précis, que nous devons à un témoin du phénomène, M. Duparchy, sur l’ouragan du 19 août à Saint-Claude2. G. T.
- l’oüRAGAN nu 18 AOUT 1890 A DREUX
- En apprenant les dégâts causés dans la région de Dreux, qui indiquaient sûrement le passage d’un météore peu ordinaire, je me suis rendu dans cette ville avec un météorologiste américain bien connu, en ce moment en France, M. L. Rotch, directeur de l’Observatoire de Blue-IIill, près de Boston, pour chercher à déterminer, par renseignements et surtout par l’étude des dégâts matériels, la nature et les caractères de ce météore.
- Je résume ici les faits saillants de la soirée du 18 août. Vers 10 heures du soir, on voyait au sud-sud-ouest de Dreux un grand cumulo-nimbus ora-
- 1 II est intéressant de noter ici que le 19 août 1845 (le même mois et presque le même jour que l’ouragan de Dreux) une trombe exerça ses ravages dans le département de la Seine-Intérieure, non loin ae lî/men. Voici la Note qui a été publiée à ce sujet en 1845 par TJ Preisser, professeur à Rouen, dans l’Annuaire du Bureau des Icnqitudes :
- « Le 19 août 1845, dans la matinée, le temps était très beau à Rouen; à midi, le baromètre marquait 757 millimètres. A 1 heure, un orage éclata, par une baisse barométrique de 16 millimètres. Bientôt vinrent à Rouen les nouvelles du sinistre qui avait frappé la vallée industrielle de Monvillc. Après avoir endommagé, au Houlme, une fabrique d’indienne, renversé une séchcrie et déraciné 180 gros arbres, le météore s’est engagé dans la vallée sous la forme d’un énorme cône de nuages renversé et tournant sur lui-même avec une rapidité effrayante. Il se précipita d’abord sur une fdature à quatre étages, et, en une seconde, la souleva et l’écrasa avec tous les ouvriers, sans laisser une pierre en place. La maison d’habitation, située dans le voisinage, n’eut qu’une partie de sa toiture enlevée. Au même instant, la trombe écrasa une deuxième filatui’e également considérable. Les étages étaient aplatis les uns contre les autres et pour ainsi dire pulvérisés. Là encore la maison d’habitation fut à peine entamée. Après ce second désastre, la trombe, déviant légèrement à gauche, s’éleva un peu au-dessus d’une troisième usine dont elle détruisit le troisième étage et, de là, atteignit une des plus belles filatures de la contrée. Cet énorme édifice, bâti tout en briques et avec une solidité qui avait été blâmée comme exagérée, fut entièrement écrasé en un clin d’œil : deux cents ouvriers y furent ensevelis sous les décombres. Tous les métiers, brisés et tordus, formaient un pêle-mêle horrible à voir. Les arbres, dans les environs, étaient renversés, les uns dans un sens, les autres en sens opposé. Quelques-uns étaient tordus en forme d’hélice. Plusieurs maisons d’habitation, très voisines de la filature, furent entièrement épargnées. Tout ceci se passa dans l’espace de quelques secondes. Des personnes placées sur des hauteurs purent aisément observer la marche du météore, quoique sa vitesse fût effrayante. Elles s’accordent à dire que les filatures enveloppées par la trombe semblaient couvertes de flammes et de fumée. On accourut de tous côtés avec des pompes pour éteindre ce que l’on pensait être un incendie. »
- Cette catastrophe eût en 1845 un grand retentissement.
- 2 Voy. d’autre part la communication faite à l’Académie des sciences, p. 222.
- geux1; dans ce nuage, les éclairs étaient incessants.. Le tonnerre était peu intense mais continu; après quelques coups de tonnerre plus forts accompagnés de quelques gros grêlons, on entendit, vers 10 h. 25 m., un grondement très intense comparable à celui que produit un train pénétrant sous un tunnel, et, en moins d’une minute, dans les quartiers atteints, les tuiles volèrent de toutes parts, les arbres furent arrachés et plusieurs maisons détruites par un coup de vent terrible.
- Quelques minutes après, le temps était redevenu calme (un des témoins est sorti dans la rue, un instant après la tourmente, avec sa bougie allumée et a pu regarder à terre avant qu’elle ne fût éteinte par le vent) et le ciel ne tarda pas à s’éclaircir.
- L’orage ne s’annonçant pas comme devant être très fort, d’après le bruit de la foudre, l’attention n’a pas été appelée d’une façon particulière sur ce météore avant le passage de la tourmente ; à ce moment, le ciel était en feu et quelques personnes assurent avoir vu une nuée qui s’abaissait à la hauteur du toit des maisons. Il semblerait donc que cet orige était accompagné d’une grande trombe, l’examen des dégâts qu’il a causés amène à la même conclusion.
- Les premières traces de la violence du vent se voient au sud de la ligne du chemin de fer de Dreux à Argentan. 11 y a quelques pommiers abattus sur la hauteur, et, près du pont qui donne passage à la route qui mène à Garnay, les chaumes d’un champ en pente sont tous couchés dans la direction du nord; après le remblai du chemin de fer on voit aussi des arbres brisés, d’autres arrachés et les dégâts augmentent d’intensité. La première construction située à l’extrémité sud-ouest du faubourg Saint-Thibault a été détruite (fig. 2), les maisons basses occupées par des maraîchers et qui bordent les prairies dans la vallée de la Biaise ont peu souffert. Le vent dans cette région a brisé les arbres, sans les déraciner, à 2 et 3 mètres du sol. Mais toutes les maisons du faubourg faisant face au sud-est, et qui ont eu ainsi à supporter le premier choc de l’ouragan, sont très atteintes et la plupart sont démolies. Il est vrai de dire que ce sont des constructions avec châssis de bois et torchis, ou bâties en pisé. Il faut citer, en particulier, la manutention militaire et les constructions voisines.
- Les maisons situées derrière, en bordure de la rue, ont été protégées et leurs toits et vitres ont seuls souffert. Les maisons regardant le sud-est, qui forment l’autre côté de la rue et qui sont au pied de l’escarpement de 40 mètres environ qui porte le château de Dreux ont été endommagées à l’extrémité du faubourg Saint-Thibault.
- La maison de M. Parent a eu deux tourelles complètement découvertes et on n’a pu retrouver une des toitures. Un mur faisant face au nord-est a été enfoncé et les débris d’une cloison, également ren-
- 1 Le fait des deux nuages orageux que nous avons cités dans notre précédente livraison (p. 198) n’a pas été confirmé par les renseignements recueillis sur place.
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- versée, sont tombés sur le lit de M. Parent qui a été blessé. La figure 5 représente en À le côté de la maison Parent qui a été démoli par l’ouragan.
- L’ouragan, après avoir renversé toutes les cheminées du Palais de Justice qui, par leur chute, ont causé de grands dégâts dans l’édifice, a continué sa route en enlevant çà cl là quelque morceau de toiture et détruisant des constructions légères. 11 a suivi la vallée de la Biaise, orientée du sud-ouest au nord-est; dans cette vallée il a arraché un grand nombre de peupliers qui sont couchés généralement du sud-ouest au nord-est; aux environs des Fontaines, à 1 kilomètre et demi de Dreux, les arbres déracinés sont assez nombreux. Le météore a con-
- tinué sa marche jusqu’à la vallée de l’Eure; là, il paraît avoir été arreté dans sa progression rectiligne vers le nord-est par le plateau qui s’élève à 60 mètres environ au-dessus de la rivière et fait face à la vallée de la Biaise; il a obliqué un peu vers la gauche dans la vallée de l’Eure, puis, reprenant sa direction primitive, il est remonté le long d’une légère déclivité du terrain vers le village de Brissard. L’ouragan a fait une véritable trouée dans la partie ouest de ce village, situé sur le plateau, renversant plus de vingt maisons et tous les arbres des jardins de ces maisons.
- Il a ensuite atteint le parc du château d’Abondant. A son arrivée au contact des premiers arbres, il en a
- Fig. i. — L’ouragan de Dreux du 18 août 1890. — Arbre du jardin Vivien brisé par la tourmente. (D’après une photographie.)
- renversé et brisé un grand nombre, puis a déraciné çà et lit des chênes et des sapins de haute futaie et ces dégâts se sont étendus jusqu’au milieu du parc sur une longueur de 5 à 600 mètres, après quoi le météore n’a plus fait sentir son action près du sol.
- La plupart des arbres sont couchés du sud-ouest au nord-est, cependant au Brissard plusieurs arbres couchés sont tombés vers le sud-ouest ; il en est de même dans le parc d’Abondant, à 200 mètres environ de la partie la plus éprouvée.
- D’après les traces laissées par ce météore, on peut conclure que l’orage du 18 août était accompagné d’un tourbillon violent analogue à celui des tornados des Etats-Unis.
- La zone restreinte dans laquelle se sont produits les dégâts montre que ce coup de vent avait des li-
- mites assez nettes, comme on l’observe dans les phénomènes tourbillonnaires. Ainsi, pendant que le quartier Saint-Thibault était si éprouvé, à 1 kilomètre à l’est, sur le boulevard de la Gare, on ne ressentait qu’un vent fort ne causant pas de dégâts De même au Brissard, à 300 mètres des maisons rasées par l’ouragan, les toitures sont intactes. La marche générale du tourbillon a été presque exactement dirigée du sud-ouest au nord-est en suivant la vallée de la Biaise, laissant çà et là des traces de son passage sur une largeur de 400 à 600 mètres et une longueur de 9 kilomètres.
- Les chutes de foudre ont dû être très rares, car on n’en trouve pas de traces sur les arbres et les maisons, et aucun incendie n’a été allumé dans les charpentes légères des toitures.
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- Fig. 2. — Habitation détruite à Dreux par l’ouragan du 18 août 1890.
- Maison du charpentier Dazun, à l'extrémité du faubourg Saint-Thibault, vue du côté nord-ouest vers lequel elle s’est effondrée.
- (D’après une photographie.)
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- Fig. 3. — Maison démolie à Dreux par l’ouragan du 18 août. — A. Chambre où M. Parent, blessé, a été relevé. (D’après une photographie).
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- Il faut pourtant signaler dans la maison Vivien, construite solidement en briques, des traces manifestes de décharges électriques. Celte maison, extérieurement, a peu souffert de l’ouragan ; le toit seul et les vitrages ont été endommagés, mais certaines vitres ont été perforées de trous circulaires et le verre de la vitre, resté à angle vif à l’extérieur, a subi à l’intérieur un commencement de fusion qui a arrondi les cassures.
- Dans cette maison toutes les cloisons faisant face au sud-ouest, c’est-à-dire perpendiculaires à la trajectoire du météore, ont été renversées et cela à tous les étages. Ces cloisons étaient formées de briques de champ solidement reliées par du plâtre et recouvertes de deux enduits.
- Le jardin de cette maison a été complètement ravagé et les arbres qu’il renferme ont été brisés comme on peut en juger par la figure 1. Dans le parc du château de Dreux, il y a aussi de très beaux arbres brisés ou arrachés, mais la chapelle royale n’a pas souffert.
- L’orage du 18 a coïncidé avec le passage sur l’ouest de la France d’une dépression barométrique secondaire qui, autant qu’on peut en juger par les documents reçus actuellement au Bureau central météorologique, a suivi une trajectoire dirigée de la Vendée aux Ardennes.
- Le même météore s’est fait sentir à Epone, dans la vallée de la Maudre où il a brisé un très grand nombre d’arbres. Léon Teisserenc de Bort.
- — A suivre. —
- LES PROJECTIONS STÉRÉOSCOPIQUES
- L’idée de montrer les images en relief par des projections stéréoscopiques est déjà fort ancienne. Elle a été décrite pour la première fois dès 1853 par un physicien allemand, Rollmann, dans les Annales de Poygendorff. Nous ignorons pour quelles raisons ce procédé ne s’est pas répandu : l’une d’elles est sans doute le prix élevé et la difficulté relative que Bon éprouvait à obtenir à cette époque des vues stéréoscopiques bien faites et à bon marché. Aujourd’hui que la photographie s’est considérablement vulgarisée, et a simplifié ses procédés dans des proportions inespérées, il pourrait être utile de les reprendre et d’en faire l’application soit à titre de curiosité scientifique, soit, ce qui présente un plus grand intérêt pratique, à titre de procédé d’enseignement pour montrer dans les cours publics et privés les photographies en relief d’appareils trop coûteux ou trop volumineux pour être présentés en nature aux auditeurs.
- Nous emprunterons les éléments de la description du procédé de projections stéréoscopiques à une récente communication faite par M. le docteur Schobbens, d’Anvers, devant la section de l'Association belge de photographie qui siège dans cette ville.
- Le procédé proposé par Rollmann, puis par d’autres, et réalisé expérimentalement par M. le docteur Schobbens, est fondé sur deux principes d’optique bien connus : le principe de la stéréoscopie, et le principe de l’absorption des couleurs par les verres colorés. Ces deux principes sont si connus de nos lecteurs qu’il nous paraît superflu
- de les décrire, nous contentant d’indiquer comment il est possible d’en faire l’application aux projections stéréoscopiques.
- On commence par faire, comme à l’ordinaire, les vues stéréoscopiques des objets que l’on veut montrer en projection stéréoscopique, et on projette ces deux vues sur l’écran de façon à superposer les images, mais l’on a soin d’interposer un verre vert devant l’objectif d’une lanterne, et un verre rouge devant l’autre objectif de l’autre lanterne. La projection résultant de cette superposition des deux images ainsi rendues monochromatiques est dénuée de coloration spéciale, bien qu’en interposant un écran sur le trajet de chacune des images, l’une d’elle apparaisse en vert et l’autre en rouge. Munissons maintenant chaque observateur de lunettes dont l’un des verres est vert et l’autre rouge : un œil ne verra que l’image verte, l’autre œil n’y verra que l’image rouge, et la superposition de ces deux images distinctes arrivant distinctement sur chacun des yeux qu’elles doivent impressionner, produiront une seule image sans coloration, mais présentant très nettement le relief stéréoscopique. Comme la lumière diminue beaucoup d’intensité par suite des absorptions produites par les verrres colorés placés devant les objectifs et devant les yeux, il faut employer une source lumineuse puissante, telle que la lumière oxhydrique ou la lumière électrique; par suite de la superposition des deux images en un même point de l’écran, la mise au point de l’œil et la convergence •écessaire se font naturellement, sans aucun effort, et toutes les conditions de la stéréoscopie se trouvent naturellement satisfaites.
- Mais les verres colorés ne sont pas purs ; le verre vert laisse passer un peu de rouge et le verre rouge un peu de vert, à moins de prendre des verres très épais, ce qui nuirait à la netteté et à l’éclat des images.
- M. Schobbens signale que cette imperfection a pour résultat de ne permettre l’emploi que de photographies stéréoscopiques obtenues à l’aide d'appareils pas trop écartés : sans cette précaution, les images seraient fautives dans certaines parties, trop fautives pour que les différences ne sautent pas aux yeux et puissent être cachées par les verres imparfaits des lunettes.
- Néanmoins, M. Schobbens a pu présenter à ses collègues quelques clichés dont les résultats sont satisfaisants et qui offrent quelques particularités curieuses, telles, par exemple, que le déplacement apparent de la projection stéréoscopique lorsque l’observateur se déplace.
- Nous serions heureux de voir reprendre et perfectionner ces intéressantes expériences de projections stéréoscopiques, si habilement renouvelées par M. Schobbens ; nous sommes convaincu qu’elles pourraient rendre les plus grands services à l’enseignement, du jour où elles se seraient assez simplifiées pour entrer dans la pratique courante de l’art des projections.
- 11 serait même possible, en utilisant le principe du praxinoscope1 conjointement à celui des projections stéréoscopiques, de donner à ces projections ainsi observées à travers des lunettes à verres colorés, l’illusion complète d’un appareil en mouvement dans l’espace, et de montrer ainsi en activité les fonctions de certains organes de machines dont l’explication, même avec de nombreuses figures à l’appui, n’est pas toujours des plus simples et la compréhension des plus faciles.
- * Yov. Table des matières des dix premières années.
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- BALANCE PHOTOMÉTRIQUE
- A RASE n’iODURE d’aZOTE
- Cet appareil, imaginé par M. Lion, permet la comparaison, soit des pouvoirs éclairants de deux lumières, soit de deux éclairemcnts diffus dans des directions opposées, soit enfin d’un éclairement diffus à une lumière-étalon, par un procédé en quelque sorte mécanique, et par conséquent exempt des erreurs provenant de la plus ou moins grande faculté d’appréciation de l’oeil de l’observateur. Le degré d’exactitude de ses indications n’est limité que par le temps que l’on veut consacrer à une mesure.
- Il est basé sur une des réactions les plus remarquables de la chimie, la décomposition de l’iodure d’azote par la lumière. Ce corps préparé par l’action de l’ammoniaque aqueuse sur la poudre d’iode et conservé au sein de sa liqueur mère, reste inaltéré dans l’obscurité absolue, mais aussitôt qu’on l’éclaire, il subit une décomposition instantanée et de rapidité variable avec l’intensité de l’éclairement, en fournissant un dégagement d’azote pur.
- Deux surfaces rigoureusement égales d’iodure d’azote préparé dans les mêmes conditions, donnent au bout d’un même temps des volumes égaux d’azote si elles sont soumises, sous la même incidence, à des éclairements égaux. Tel est le principe utilisé dans ce photomètre.
- L’appareil se compose essentiellement de deux capacités métalliques closes égales et juxtaposées, dont le fond est constitué par des glaces g et g' (fig. 1). On y verse successivement des quantités égales de poudre d’iode et d’ammoniaque en laissant subsister au-dessus des liquides deux chambres à gaz c et c' de même volume (quelques centimètres cubes seulement).
- La réaction donnant l’iodure d’azote se fait en trois ou quatre minutes. On ferme alors les deux tubulures avec des bouchons de caoutchouc dans lesquels s’engagent les deux branches d’un tube manométrique différentiel contenant de l’ammoniaque et représenté par la figure 2.
- . Les niveaux du liquide sont les mêmes dans les deux branches verticales capillaires et juxtaposées, quand la pression est la même dans les deux récipients; mais, aussitôt qu’il se produit une variation, si petite qu’elle soit, dans le rapport des masses gazeuses contenues dans les deux chambres, cette variation s’accuse par une dénivellation.
- L’iodure d’azote, réparti en couche horizontale mince sur les glaces du fond, est éclairé à l’aide de deux miroirs M et M' (fig. 1), inclinés à 45°, et dirigés en sens contraire l’un de l’autre, de façon que le réactif d’une capacité ne reçoive d’éclairement que d’une seule des deux lumières.
- Ces lumières doivent d’ailleurs être disposées dans le plan de la cloison de séparation des deux récipients, l’une en avant, l’autre en arrière.
- Laissant l’une d’elles à une distance invariable,
- il suffira donc, pour comparer leurs pouvoirs éclairants, d’éloigner ou de rapprocher l’autre, en se guidant sur les indications du manomètre, jusqu’à ce que les niveaux deviennent invariables.
- En appelant alors p et p' ces pouvoirs éclairants, d et df les distances comptées jusqu’à l’arête d’in-; tersection des miroirs avec le fond des vases, on pourra écrire :
- E. — PL
- Il est facile de comprendre la raison du dispositif adopté et en partitulier de la juxtaposition des réci-
- pients et de la disposition symétrique des deux lumières par rapport aux deux moitiés de l’appareil.
- En même temps que de la lumière, les sources à comparer émettent en effet de la chaleur, et les pou-
- c -—
- voirs calorifiques ne sont point en général dans le même rapport que les pouvoirs éclairants. Il faut donc, sous peine d’indications absolument erronées, que les deux capacités reçoivent dans le même temps, des quantités égales de chaleur de chacune des sources; il faut en un mot que l’appareil soit rigoureusement compensé pour le rayonnement calorifique.
- On a même dû aller plus loin dans cette voie, car outre la chaleur directement reçue par les parois verticales de l’appareil, il y a aussi celle qui pénètre par les glaces après réflexion sur les miroirs.
- Or chaque capacité ne reçoit ainsi que la cha-
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- LA NATURE.
- leur provenant de la source qui lui correspond.
- Pour obvier à cet inconvénient, on a subdivisé chaque glace en deux parties égales à l’aide d’une cloison verticale partielle. L’appareil renferme ainsi quatre compartiments, 1 et 5 appartenant à l’un des récipients, 2 et 4 à l’autre.
- L’iodure d’azote n’étant déposé que dans deux compartiments diagonalement opposés, 1 et 4 par exemple, on dispose l’arête des miroirs, formant dos d’àne, suivant la direction cd des cloisons partielles (fig. 5).
- De la sorte, chaque lumière agit chimiquement sur des surfaces égales du réactif dans les deux capacités, tout en renvoyant verticalement au travers de leurs glaces la même quantité de chaleur.
- L’appareil se trouve ainsi si parfaitement compensé, qu’en l’exposant dans l’obscurité à une source calorifique capable d’élever rapidement sa température de plusieurs degrés, on n’observe jamais de dépression appréciable dans les niveaux du manomètre indicateur.
- La balance est complétée par deux pistons de verre passant à frottement dans les bouclions en caoutchouc de deux tubulures spéciales et dont le but est de rétablir à volonté l’égalité des niveaux dans les branches du manomètre. Il est bon d’opérer de la sorte chaque fois que l’équilibre a été rompu, car alors la plus petite dé-flexion s’observe avec la plus grande facilité. En réalité, quelque soin qu’on apporte dans la construction d’un semblable appareil, on ne peut espérer rendre ses deux moitiés rigoureusement identiques.
- Ainsi il existera toujours quelque différence dans la valeur et la nature des surfaces impressionnables, dans la constitution chimique des liquides, dans les volumes des chambres à gaz, dans le calibre des deux branches capillaires du manomètre, etc. On ne devra donc pas compter plus sur le résultat d’une mesure que sur celui d’une pesée simple effectuée à l’aide d’une balance quelconque.
- Mais on connaît un moyen de peser juste avec une balance inexacte. Ce moyen, qui consiste à employer la méthode des doubles pesées de Borda, peut également servir avec la balance photométrique et fournira des résultats absolument rigoureux,
- quelle que soit la dissymétrie de l’appareil.
- Il suffit pour cela de placer d’un côté, et à une distance invariable, une lumière bien constante destinée à servir de lumière-tare ; puis on dispose successivement, de l’autre côté, la lumière-étalon et la lumière à mesurer en équilibrant avec chacune d’elles la radiation de la lumière-tare.
- Si p et p' sont les pouvoirs éclairants des deux sources à comparer et d et d' leurs distances au photomètre qui ont permis d’équilibrer la tare, on pourra écrire :
- p p' , , , d'2
- = et comme p=l, p—-~-d- d1 d%
- Si l’on veut comparer les éelaircments diffus provenant de deux régions opposées, il suffit d’orienter convenablement le photomètre et de réduire successivement, à l’aide d’un diaphragme, la surface active la plus éclairée jusqu’à ce que le manomètre ne bouge plus.
- Les éclairements sont en raison inverse des surfaces actives restantes.
- Pinfm pour comparer un éclairement à une source quelconque, on expose l’un des côtés de l’appareil à la lumière diffuse, et l’autre côté, enfermé dans une chambre obscure, au rayonnement de la source dont on fait varier la distance jusqu’à ce que l’équilibre soit réalisé.
- Dans ces deux cas, la méthode de double pesée ne pouvant plus servir, on devra faire une seconde mesure après avoir retourné l’appareil, et combiner de façon convenable les deux résultats.
- En particulier, dans la comparaison de deux éclairements diffus, si la première mesure a fourni les surfaces s et s' et la seconde, les nouvelles sur-facs et s\, les éclairements sont en raison inverse
- des moyennes arithmétiques —et —^
- Chaque appareil est d’ailleurs accompagné d’une instruction renfermant, outre les notions théoriques propres à rendre compte de son fonctionnement, un manuel opératoire scrupuleusement étudié.
- Gaston Tissandier.
- Fig. 4. — Vue d’ensemble de la balance photométrique de M. Lion.
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- LABORATOIRE AMBULANT
- pour l’essai des cables électriques
- On sait quelle est l’importance de l’isolement des cables dans les installations d’éclairage électrique, non seulement au point de vue de l’économie d’exploitation, mais encore à celui de la suppression des accidents de tout genre que peuvent susciter les pertes à la terre. 11 y a donc lieu de vérifier l’isolement des cables posés dans les rues, aussi bien que de ceux de branchement; mais alors on se trouve en présence d’une difficulté sérieuse, celle d'effectuer sur la voie publique une opération déjà relativement délicate dans un laboratoire ordinaire, mais d’une réalisation impraticable au milieu des trépidations, des encombrements de la rue, etc.
- Pour parer à ces inconvénients, la Société d'éclairage et de force par l'électricité, à Paris, emploie un laboratoire ambulant, qui, mis en expérience depuis plusieurs mois déjà, paraît avoir répondu aux desiderata exprimés plus haut, et sera probablement imité par d’autres entreprises d’éclairage électrique.
- Ce laboratoire est établi dans une sorte de cabine de dimensions très réduites pour diminuer l’encombrement, et portée à cet effet sur deux roues seulement. Elle peut contenir deux personnes; à l’arrêt, elle est maintenue horizontalement en équilibre par des chambrières à vis, et les ressorts sont serrés, de manière à supprimer toute trépidation. A l’intérieur, que représente la figure ci-dessus, se trouve une table sur laquelle sont disposés les instruments de mesures et d’essais (galvanomètre à miroir, lampe, échelle, boîtes de résistance, pile de 100 éléments, etc.).
- Ce laboratoire permet d’essayer l’isolement d’un câble ou d’un branchement, ainsi que l’installation faite intérieurement chez un abonné, par la méthode de substitution, qui fonctionne dans ce cas à la même tension que celle à laquelle est soumis le réseau. L’essai se fait dont dans les conditions exactes de
- fonctionnement des câbles, et la facilité de déplacement de la voiture permet de renouveler les expériences à volonté.
- Voici comment on procède, par exemple, pour la réception d’une installation d’abonné : Sur le devant et à l’extérieur du véhicule se trouve un rouleau qui porte un fil à très fort isolement. La prise de terre est assurée à l’aide de piquets de terre que l’on enfonce entre les pavés sous la cabine. Ces piquets sont constamment mouillés par un filet d’eau provenant d’un réservoir supérieur. La cabine étant amenée devant le branchement à essayer, et immobilisée, comme il a été dit, on déroule le fil qui est relié à un des pôles de la canalisation près du compteur placé chez l’abonné. Un autre
- fil relie la voiture aux piquets de terre. Un téléphone met en communication l’opérateur placé dans la cabine avec l’agent de la compagnie chargé de vérifier l’installation.
- Ce système, qui a été mis en œuvre depuis le mois d’avril dernier, a donné d’excellents résultats, au point de vue du contrôle des câbles et des installations, et a permis d’obtenir une résistance d’isolement totale largement suffisante à la bonne exploitation du réseau.
- Comme nous l’avons dit plus haut, il est très utile et même indispensable, pour une station électrique, de connaître constamment l’état de la canalisation non seulement principale, mais encore l’état des canalisations se trouvant chez les abonnés. Un défaut sur les câbles d’alimentation, non signalé au début, peut s’agrandir et compromettre la bonne marche du service. De même chez les abonnés les défauts d’isolement peuvent offrir des inconvénients.
- 11 est facile de remédier à tous ces vices de fonctionnement en surveillant avec soin, et souvent, l’état de l’isolement de l’installation; c’est cette surveillance constante que permet très aisément le laboratoire ambulant. G. Riciiou,
- Ingénieur des arts et manufactures.
- Nouveau laboratoire ambulant pour l’essai des câbles électriques.
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- LA NATURE.
- NÉCROLOGIE
- tain «arrêt. — Nous avons, au commencement (le celte semaine, appris la mort de M. Gavarret, professeur à la Faculté de médecine de Paris, inspecteur général honoraire des Facultés de médecine. L’honorable professeur s’est éteint au château de Yalmont chez le docteur Lanne-longue. Le docteur Gavarret était né en 1809; il entra d’ahord à l’Ecole polytechnique, d’où il sortit lieutenant d’artillerie ; il ne tarda pas à donner sa démission pour se consacrer aux études médicales. Il commença sa carrière scientifique en prenant j>art aux recherches du docteur Andral, dont il fut le collaborateur assidu. En 1843, il était docteur et obtenait la chaire de physique médicale à la Faculté de Paris ; en 1858, le docteur Gavarret était élu membre de l’Académie de médecine, et en 1879, nommé inspecteur général. Chevalier de la Légion d’honneur en 1847, il a été promu officier le 15 août 1862. Outre cinq brochures de Recherches (1840 à 1843), M. Gavarret a publié un grand nombre de volumes : Principes généraux de statistique médicale; Recherches sur la température du corps humain dans la fièvre intermittente ; Traité d'électricité; Des images par réflexion et par réfraction; etc.
- • CHRONIQUE
- Expérience de marche. — M. Uenri Mamy, ingénieur des arts et manufactures, nous envoie la Note suivante qui complétera les documents que nous avons publiés précédemment : « Dans son n° 897, du 9 août 1890, p. 159, La Nature rend compte d’une marche de longue haleine exécutée par deux sous-officiers du 5“ bataillon de chasseurs à pied. Un exercice presque absolument identique à celui-là a été exécuté, dans les premiers jours du mois d’août, par deux jeunes gens : mon frère, Alfred Mamy, sous-lieutenant de réserve au 118° de ligne, et un de ses amis, M. Émile Yandevyner. Le but, qu’ils s’étaient fixé d’avance, était de parcourir en une journée les 120 kilomètres qui séparent Paris d’Orléans. Partis de Paris le samedi 2 août, à 9 heures du soir, ils sont arrivés à Orléans le lendemain soir à 7 heures 30m., soit 22 h. 50 m. de voyage, dont il faut défalquer 4 h. 30 m. de repos. Il reste 18 heures de marche, ce qui donne une vitesse moyenne de 6666 mètres à l’heure, presque égale à celle des deux sous-officiers de chasseurs à pied, dont La Nature a fait mention.
- Les acrobates-aéronaiites. — Nous avons toujours blâmé l’usage que l’on fait parfois des ballons, quand on y attache des trapèzes où des gymnastes exécutent leurs voltiges. De tels exercices sont inutiles et dangereux. On n’a pas oublié la catastrophe d’un gymnaste nommé Navarre, qui est tombé du trapèze auquel il se suspendait, dans une ascension exécutée il y a quelques années à la fête de Courbevoie. Le trapèze était relié à une montgolfière perdue. Ce malheureux ayant lâché prise, a été précipité d’une hauteur à peu près égale à celle de la Tour Eiffel : son cadavre a été ramassé dans un état épouvantable de mutilation. — Un accident du même genre est arrivé à un aéronaute-acrobate italien nommé Barlolti, qui, dans des conditions analogues, exécutait une ascension à Ibraïla, ville importante de Roumanie, sur une des branches du Danube. On n’avait pas fait attention aux étincelles que produit en brûlant la paille à l’aide de laquelle on gonflait la montgolfière perdue. Le mouvement rapide
- de l’ascension développa la combustion, et quand l’aéro-naute, que rien ne pouvait plus arrêter, parvint à une hauteur de quelques centaines de mètres, le ballon s’enflamma soudainement. Abandonné à lui-mème, avec son trapèze auquel il se cramponnait inutilement, Barlotti fut précipité contre le sol d’une des îles du Danube, et son corps fut écrasé par la violence du choc.
- La photographie des couleurs. — On a parlé, dans ces derniers temps, de nouvelles expériences faites à ce sujet par un opérateur hongrois, 31. Yeresz, mais le problème de la photographie des couleurs est encore loin d’ètre résolu. Il n’est pas inutile de rappeler que les premières observations sur la reproduction des couleurs du spectre sur le chlorure d’argent, furent celles du Dr See-beck en 1810; plus tard, en 1839, sir John Herschel fit aussi mention de la production de couleurs sur le chlorure d’argent. Les expériences de Becquerel, commencées en 1838, furent publiées pour la première fois en 1848; puis vinrent celles de Niepce de Saint-Victor en 1851 ; Poitevin en 1866, et Saint-Florent en 1882. Depuis cette époque, un grand nombre d’expérimentateurs ont abordé le problème, mais jusqu’ici sans succès.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 1er septembre 1890. — Présidence de 31. Duchartre
- L’ouragan de Saint-Claude. — 31. Bouchard donne une relation très circonstanciée des désastres causés par l’ouragan de Saint-Claude. De la discussion des effets, l’auteur tire les conclusions suivantes : 1° que la trajectoire de la trombe, après avoir été est-ouest, s’est infléchie et a pris la direction sud-est nord-ouest; 2° que le fond des vallées a beaucoup plus souffert ; 5° que les objets ont été transportés dans le sens de translation de l’ouragan, attestant l’existence d’un mouvement giratoire en sens inverse de celui des aiguilles d’une montre; 4° que la vitesse de translation s’est maintenue constante et égale à 60 kilomètres à l’heure ; 5° que la zone ravagée occupe une largeur variant entre 500 et 1000 mètres. — 31.Faye fait observer que les journaux ont unanimement baptisé l’ouragan de Saint-Claude du nom de cyclone, tandis qu’en réalité le phénomène n’a eu aucun rapport avec les cyclones : c’est une trombe ou tornado. Les cyclones sont de grands mouvements giratoires atmosphériques qui prennent naissance dans la région équatoriale et se propagent, après une légère inflexion vers le pôle, avec la vitesse d’un train de chemin de fer. Ils affectent la forme d’un tronc de cône qui va s’élargissant à mesure que le phénomène s’éloigne de son point de départ. Il en résulte que la base du cyclone est un cercle dont le diamètre peut atteindre 300 et 400 kilomètres. Si l’on définit, par les mots droite et gauche, les points de l’horizon correspondant à la droite et à la gauche d’un observatoire se déplaçant dans le sens de la trajectoire, on sait que le bord droit est le siège des vents terribles, tandis que le bord gauche est parcouru par des vents d’intensité beaucoup moindres. Pour ces raisons, le bord gauche s’appelle encore bord maniable. Au centre du cercle, se trouve une région de calme. Sur le bord droit ou bord dangereux, se développent des épi-cyclones, que le cyclone entraîne avec lui dans sa marche. Ces épicyclones sont des mouvements giratoires dont le mécanisme est le même que pour les cyclones. Mais le phénomène affecte la forme d’un cône ou, si l’on veut, d’un tronc de cône à base très étroite. Il en résulte que la zone ravagée se réduit toujours à une bande étroite et
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- LA NATURE.
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- que la région de calme n’existe pas. Ces épicyclones sont les trombes ou tornados dont le phénomène de Saint-Claude offre un exemple très frappant.
- Physiologie des feuilles des plantes. — M. G. Bonnier ayant recherché l’influence de l’altitude sur les développements des plantes de même espèce, a constaté que les feuilles subissaient un épaississement..Il en a conclu, et a vérifié par expérience, que la décomposition de l’acide carbonique est d’autant plus intense que l’altitude est considérable. La transpiration est ainsi modifiée, l’évaporation par la chlorophylle est augmentée, tandis que l’évaporation par l’ensemble des tissus est amoindrie ou presque supprimée. M. Jumelle a imaginé de rechercher la différence de fonctions physiologiques qui peut exister au sujet des feuilles du type vert et du type rouge d’un même arbre. Le hêtre, le sycomore, etc., présentent ces deux variétés. 11 a pu établir que l’aptitude à la décomposition de l’acide carbonique est complètement différente : dans le type rouge elle ne paraît point dépasser le sixième de l’intensité qu’elle possède dans le type vert pour le même arbre.
- Un nouveau photomètre. — MM. Seguy et Verschaffel ont imaginé d’appliquer le principe du radiomètre de Crooks à la mesure des intensités lumineuses. On sait que la théorie de cet appareil repose sur l’absorption des rayons lumineux par le noir de fumée et leur transformation en travail mécanique. MM. Seguy et Verschaffel ont donc construit un radiomètre, c’est-à-dire un système de quatre lamelles métalliques très minces disposées aux extrémités de deux diamètres rectangulaires. Chacune des lamelles a été enduite de noir de fumée sur l’une de ses faces, de manière que chaque diamètre présente continuellement une lamelle noire et une lamelle brillante. Le système est suspendu par son centre à un fil de cocon très mince et est enfermé dans une boule de verre soudée à l’extrémité d’un long tube dressé verticalement et auquel est accroché le fil de cocon. On a fait le vide dans l’appareil, et, sous l'action des effets lumineux différents reçus par les plaques, le système tend à tourner. Enfin une aiguille très légère suspendue à l’extrémité du fil se déplace au-dessus d’un cercle gradué qui permet d’apprécier les déviations. La boule du verre est placée à l’intérieur d’un cube dont les parois sont formées de glaces réfléchissantes. Une des parois présente une ouverture située en regard des palettes. Cette ouverture est elle-même fermée par une cuve à faces parallèles et diaphanes. On verse une solution d’alun dans la cuve et de cette manière les rayons calorifiques sont arrêtés ; seules les radiations lumineuses passent et tombent sur les palettes. Il est facile de constater que les déviations de l’aiguille sont proportionnelles aux intensités lumineuses : il suffit pour cela de placer la même lumière à des distances 2,3, 4 fois plus petites. On constate que les déviations sont 4, 9, 16 fois plus grandes, ce qui devait être, puisque d’après la loi du carré des distances, les intensités sont devenues 2, 5, 4 fois plus grandes. Cet appareil est d’une sensibilité extrême qui permet d’apprécier le centième de bougie. 11 fournit en outre le moyen d’évaluer l’intensité lumineuse des phénomènes instantanés, de l’éclair, par exemple. Il se prête enfin à des applications médicales en indiquant les quantités de lumière nécessaires à l’œil sain ou malade, pour la perception nette d’un objet déterminé. MM. Seguy et Verschaffel signalent encore des applications calorimétriques ; dans ce cas, on fait les lectures correspondant aux rayons étudiés, avec la cuve, et sans l’interposition de
- la cuve : la différence des deux lectures correspond aux radiations calorifiques. Employé comme photomètre, cet appareil semble donner des résultats excellents ; les inventeurs produisent à ce sujet un certificat émanant du Laboratoire central d’électricité où ont été réalisées des expériences embrassant plusieurs mois. Enfin la sensibilité variant en raison directe de la longueur du fil, de son diamètre, du vide fait à l’intérieur, delà surface des palettes, du poids du système, on conçoit qu’en associant convenablement ces quatre éléments, on puisse construire des appareils sur lesquels la même source produit la même déviation, c’est-à-dire des appareils comparables entre eux. C’est une question de réglage complètement résolue.
- Varia. — M. Bouquet de la Grve présente diverses cartes hydrographiques publiées par le Dépôt de la marine. — M. Faye signale la publication de la Connaissance des temps pour 1892. — M. Danjar a étudié la reproduction sexuée des végétaux d’ordre inférieur. — M. l’abbé Fortin envoie de nouvelles observations hélio-magnétiques.
- Stanislas Meunier.
- JOUETS SCIENTIFIQUES
- LA SAUTEUSE DE CORDE ----- l’ÉLÉPHANT MÉCANIQUE
- Voici encore deux jouets mécaniques que nous croyons devoir présenter à nos lecteurs à cause de l’habileté toute particulière déployée par les inventeurs pour vaincre les difficultés que présentaient les problèmes qu’ils s’étaient posés.
- Le premier jouet est une sauteuse de corde dont la figure 1 suffit presque à faire comprendre le mécanisme. Comme dans la plupart des jouets de cette espèce, la quantité de travail nécessaire pour faire fonctionner le jouet est empruntée à la puissance vive d’un volant dissimulé dans le corps de la jeune personne, volant auquel on imprime une vitesse angulaire élevée en roulant deux tours de ficelle sur le bouton représenté au bas de la jupe sur la figure de gauche, et en tirant fortement sur cette ficelle dont on laisse glisser l’autre extrémité entre un doigt et le corps du jouet, afin d’assurer une tension initiale nécessaire à l’entraînement du volant. Le volant ainsi lancé commande par friction deux paires de roues qui viennent s’appuyer sur son axe. La première paire de roues, la paire de roues inférieure, entraîne le jouet, dont l’équilibre en avant et en arrière est assuré par une paire de petits galets. On peut apercevoir un de ces galets, celui d’avant, sur la figure de droite. La seconde paire de roues, placée à la partie supérieure, a pour effet d’imprimer un mouvement de rotation autour d’un axe horizontal à un petit arbre aux extrémités duquel sont fixés les bouts de la corde. Cette corde, très flexible et très mince, s’aplatit chaque fois qu’elle passe en regard des roues motrices qui roulent au-dessus d’elle sans que leur mouvement en soit le moins du monde entravé. C’était là la grosse difficulté pratique habilement résolue par M. Martin, l’inventeur et le constructeur de cet intéressant et ingénieux petit appareil.
- L’éléphant mécanique (fig. 2), comme la sauteuse
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- de corde, emprunte sa force motrice à la puissance vive d’un volant animé d’une grande vitesse angulaire, mais comme il serait difficile de dissimuler à la fois le mécanisme des jambes et le volant moteur dans le corps de l’animal, M. Davis a, comme dans un certain nombre d’autres jouets analogues, utilisé le parasol qui abrite le cavalier , s’il est permis de donner ce nom à un homme monté sur un éléphant, pour constituer le magasin d’énergie. Ce parasol, lancé à la ficelle, entraîne un axe sensiblement vertical qui communique son mouvement a une roue à axe horizontal dissimulée dans le ventre de l’éléphant. Pour obtenir ce mouvement, la roue à axe horizontal, légèremen t conique, est commandée par le frottement du bout de l’arbre sur sa jante. A l’aide de deux petites manivelles et de quatre bielles reliant les deux bielles aux quatre pattes de l’éléphant, celles-ci sont animées d’un mouvement alternatit sensiblement pendulaire autour de leurs points d’attache supérieurs dissimulés dans la massive enveloppe du pachyderme, admirablement conformé par la nature pour l’imitation mécanique de sa marche. Les deux bielles sont croisées de telle manière que les deux pattes du même côté oscillent en sens inverse et en opposition avec les deux autres pattes de l’autre côté, mouvement un peu différent de la marche des quadrupèdes connue sous le nom d'amble, allure naturelle de l’ours, de la girafe, du chameau, et de l’éléphant. 11 ne suffit pas d’avoir communiqué un mouvement alternatif aux quatre pattes
- de l’animal pour lui donner en même temps la faculté de marcher. Il faut, pour que la progression s’effectue, que chaque patte reste immobile sur le sol dans son mouvement d’arrière en avant, et glisse au contraire à sa surface dans le mouvement
- d’avant en arrière, car sans cela l’animal marquerait le pas, sans avancer. Pour obtenir ce résultat, chaque patte se termine par un petit galet muni d’un frein a bille, comme cela est représenté en C (tig. 2). Lorsque la patte se déplace de gauche a droite, sens de l’avance ment dans le cas considéré, le petit galet roule sur le sol et laisse avancer la patte. Dans le mouvement de gauche à droite, au contraire, la petite bille placée au-dessus du galet vient coincer entre la patte et le galet, et empêche celui-ci de
- tourner. Le corps de l’animal avance donc régulièrement et d’un mouvement presque uniforme, lentement ralenti, les pattes de gauche alternant avec les pattes de droite dans leurs mouvements d’oscillation et de propulsion.
- Sauteuse de corde et éléphant mécanique sont deux jouets charmants; ils mettent bien en relief les innombrables ressources dont dispose la mécanique pour résoudre des problèmes de plus en plus difficiles. L’exigence, sans cesse croissante de nos enfants, impose des nouveautés et demande toujours des jouets qui marchent. Dr Z...
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier
- Paris. — Imprimerie Laliure, rue de Fleurus, 9.
- Fig. 2. — L’éléphant mécanique.
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- N° 902
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- . — 15 SEPTEMBRE 1890
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- LES STATIONS DE MONTAGNE
- I. UN REFUGE AU MONT-BLANC (iIAUTE-SAVOIe)
- Une entreprise aussi intéressante qu’audacieuse vient d’ètre menée à bonne fin par M. J. Yallot,
- l’intrépide et savant alpininistc du Club alpin français.
- L’ascension du Mont-Blanc était toujours restée une des plus fatigantes des Alpes, par suite de l’absence de cabane dans les régions élevées. La construction d’un refuge à grande hauteur présentait de
- Fig. 1. — La plus haute station scientifique (lu momie. — Le refuge de M. J. Yallot au Mont-Blanc, à 4100 mètres d'altitude,
- pendant sa construction (D’après une photographie.)
- telles difficultés que personne n’avait osé jusqu’ici l’entreprendre, et qu’un tel abri, malgré son utilité reconnue de longue date, était toujours resté à l’état de projet. Ce projet a reçu aujourd’hui pleine exécution, et les touristes peuvent maintenant séjourner jour et nuit à 4400 mètres d’altitude, tout près de la cime du Mont-Blanc.
- Les difficultés étaient nombreuses et il a fallu autant de patience que de hardiesse pour les surmonter. Il y avait d’abord à vaincre les préjugés d’après lesquels il était impossible de travailler et même de vivre à une si grande altitude. M. Vallot a commencé par aller passer trois jours et trois nuits au sommet duMont-18® année. — 2e semestre.
- Blanc, couchant sous la tente, et s’occupant, le jour, à des expériences scientifiques. Ce séjour, malgré
- les souffrances endurées, démontrait la possibilité de la vie dans les grandes altitudes. Nous avons donné à cette époque le récit de cette remarquable expédition1. On pouvait dès lors penser à l’exécution d’une cabane.
- L’emplacement choisi est le rocher des Bosses, lieu où s’arrêtent les caravanes avant l’ascension des arêtes finales. Le plan d’un chalet d’une solidité exceptionnelle, conçu par M. J. Yallot, avait été dressé avec le plus grand
- 1 Yoy. n° 745, au 10 septembre 1887, p 250.
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- soin par M. II. Vallot, ingénieur distingué, et l'exécution de la construction avait été confiée à trois menuisiers de Chamonix. Toutes les pièces étaient assemblées et numérotées, la cabane avait été démontée et toutes les parties divisées en charges de quinze kilogrammes.
- Une des grandes difficultés consistait dans le transport. Les guides de Chamonix devant profiter de cette cabane, M. J. Vallot s’est adressé à eux, et une centaine de ces hommes énergiques ont consenti à porter chacun gratuitement une charge de matériaux sur l’emplacement choisi.
- Les transports, commencés le 15 juin 1890, n’ont été terminés que le 31 juillet. Le nombre des charges de poutres et de planches était de cent douze ; celui des charges de mobilier, matériel, outils, nourriture et instruments scientifiques était de quatre-vingt-dix. Ces dernières ont été portées aux frais de M. J. Vallot. Le transport de chaque charge durait trois jours, le premier jusqu’à Pierre-Pointue, le second jusqu’aux Grands-Mulets, le troisième jusqu’aux Bosses. La plupart des matériaux ayant été transportés sur place, M. J. Vallot s’est mis en route le 25 juillet avec cinq ouvriers choisis parmi les guides les plus robustes, et deux guides pour préparer les repas.
- Une grande tente pour les ouvriers et une petite pour le chef de l’expédition furent dressées sur la neige à 4400 mètres d’altitude, et les travaux commencèrent. Les ouvriers avaient chacun un petit lit de camp et deux couvertures. Deux petits fourneaux à pétrole servaient à la préparation des repas, qui consistaient principalement en soupes, faites avec des conserves délayées dans la neige fondue. Le froid est très intense à ces altitudes, et la nuit, la température descendait souvent à 9 degrés au-dessous de zéro dans les tentes. Le jour, le thermomètre ne s’élevait guère au-dessus de zéro. Malgré cela, les ouvriers travaillaient avec une ardeur et une activité dignes d’éloges, de sept heures du matin à sept heures du soir, car il fallait avoir fini avant le mauvais temps pour ne pas voir l’œuvre commencée emportée par un ouragan. Les mains enfoncées dans de gros gants de laine, la tète couverte d’un passe-montagne, les vêtements bourrés de gilets de tricot, ils ressemblaient à des Esquimaux campan t au milieu des neiges. En deux jours, le rocher était aplani. Le jour suivant, la charpente était montée, malgré les efforts du vent (fig. 1). Le lendemain, les planchers de la toiture et des parois étaient cloués et les travailleurs pouvaient enfin quitter leurs tentes glaciales pour coucher dans le refuge, dont l’exécution était désormais assurée. 11 fallait encore clouer sur les planches de larges plaques de feutre goudronné pour rendre la cabane imperméable.
- Malheureusement le travail épuise vite l’homme à de telles altitudes. Au bout de deux jours, l’un des ouvriers, pris de mal de montagne, s’était trouvé incapable de faire aucun mouvement. Après avoir respiré de l’oxygène dont M. J. Vallot avait eu la
- précaution de faire provision dans un grand sac de caoutchouc, il avait pu descendre à grand’peine à Chamonix. Le lendemain, un second descendait à son tour, puis un troisième. Le temps devenant mauvais et les travailleurs diminuant, tout le monde descendit le 29.
- Le 31, toute l'expédition remontait, augmentée cette fois de Mme J. Vallot, qui tenait à surveiller les aménagements intérieurs, etde M. Lawrence-Rotch, directeur de l’observatoire de Blue-IIill, aux États-Unis, qui avait traversé l’Atlantique pour examiner l’organisation delà station scientifique des Rosses.
- Les feutres bitumés, cloués, les paratonnerres furent fixés et des murs en pierres sèches furent construits tout autour de la cabane. Les pierres étaient portées en traîneau d’un rocher voisin. Le 2 août, les ascensionnistes allaient au Mont-Blanc, malgré le brouillard et la grêle, planter le drapeau de la réussite, et, les travaux étant terminés, les ouvriers descendaient.
- Les chefs de l’expédition passaient seuls la dernière nuit au refuge et, au milieu d’un ouragan épouvantable, qui brisait la grande tente, se livraient à des observations scientifiques et constataient la solidité de la cabane, à laquelle les plus fortes bourrasques n’arrivaient pas à faire éprouver la moindre trépidation.
- Enfin, le 3 août, les ascensionnistes descendaient à Chamonix, où ils étaient reçus par la municipalité et la musique, au milieu des ovations enthousiastes des guides, de la population et des étrangers.
- La cabane des Bosses que nous représentons ci-devant (fig. 2) est construite en bois de sapin; elle est située à environ 4400 mètres d’altitude; elle se compose de deux petites chambres. L’une, le refuge public, contient neufs lits de camp, avec couvertures et oreillers ; un poêle sert à la chauffer et deux fourneaux à faire la cuisine ; un petit service de table et d’ustensiles de cuisine, ainsi que des provisions de pétrole, thé, café, bouillon, conserves, etc., complètent l’installation.
- L’autre chambre, fermée au public, constitue Y observatoire. Elle est également munie de tout ce qui est nécessaire pour le séjour de quatre personnes. Élle contient en outre une série d’instruments enregistreurs qui seront remontés tous les quinze jours par les soins de M. J. Vallot. Ce sont des thermomètres, baromètres, hygromètres, actinomètres, sta-toscopes, anénomètres, girouettes, etc.1.
- L’inauguration définitive du refuge du Mont-Blanc a eu lieu le 17 août dernier. M. Janssen, de l’Institut, M. Durier, président du Club alpin français, ont fait l’ascension jusqu’à l’abri où ils ont séjourné. M. Vallot a bien voulu nous envoyer le récit de cette intéressante expédition. Nous le reproduisons :
- Le 17 août, je repartais pour les Bosses, avec MM. Janssen et Durier, que j’ai reçus et soignés de mon mieux, dans l’observatoire, du 18 au 21. Je me suis donc trouvé
- 1 D’après le Journal de Genève.
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- aux Bosses pendant les cyclones, et j’ai pu les étudier jour et nuit à l’aide d’un baromètre et d’un statoscope enregistreurs. Le statoscope est un baromètre à air grandissant 12 fois les variations barométriques; le cylindre fait un tour en 50 minutes. Cet instrument est très intéressant pour l’étude des tempêtes des hautes régions; il est construit par Richard.
- Pendant trois jours nous avons été bloqués au refuge par une tempête effroyable. Ma petite construction a supporté ce nouvel assaut avec une sérénité étonnante. Pas un craquement, pas une trépidation. D’après mes calculs, les coups de vent ont dû atteindre 100 mètres à la seconde. L’anémomètre a été bloqué par le verglas dès le commencement. Tous les objets que l’encombrement avait obligé à mettre dehors, ont été emportés. Deux lits de camp ont été portés au Dôme. Un bidon à pétrole plein, pesant 15 kilogrammes et à demi enterré dans la neige, contre le mur du refuge, a été enlevé on ne sait où. Trois tables, posées à terre les pieds en l’air et chargées de pierres, ont été enlevées ensemble et emportées en un instant au delà du Dôme du Goûter. Six hommes étaient dans la tente que j’avais habitée pendant la construction. Se cramponnant aux bâtons de la tente, ils étaient soulevés avec la toile ; vers 11 heures du soir, ils ont quitté la tente pour venir au refuge, obligés, pour ne pas être emportés par le vent, de se cramponner les uns aux autres pour franchir les 20 mètres qui les séparaient de la cabane. La tente a été renversée dans la nuit, puis les piquets ont été brisés et elle a été emportée au Grand Plateau, 500 mètres plus bas.
- La tempête étant intéressante, je l’ai observée jour et nuit. Le baromètre et le statoscope présentaient continuellement de brusques variations à moins d’une demi-minute d’intervalle ; l’amplitude de ces variations était quelquefois de plusieurs millimètres en une seconde. Elle a atteint jusqu’à 8 millimètres en deux minutes. Ces brusques variations, que mes baromètres enregistreurs m’avaient déjà indiquées, sont causées par des tourbillons supérieurs qui ne descendent pas dans la vallée, et qui ne sont pas sensibles à Chamonix. Je n’ai pas été fâché de les voir de près et d'étudier leur production avec le statoscope. Nous n’étions pas dans l’orage électrique, sauf un coup de grêle, mais à Chamonix le tonnerre a grondé longtemps ; le vent nous empêchait de l’entendre.
- En somme, mon petit observatoire a reçu le baptême de la tempête, et il a admirablement résisté. Encouragé par ce résultat, je vais l’agrandir l’année prochaine, car il est un peu petit. J’en doublerai au moins la surface : peut-être même y ferai-je quatre chambres, pour qu’il soit possible d’y travailler à l’aise.
- Ainsi a été inaugurée au milieu des tempêtes, la station scientifique la plus élevée du monde. M. J. Yallot autorisera volontiers les observateurs à séjourner dans son refuge qui est certainement appelé à rendre de grands services non seulement aux touristes, mais aux savants qu’intéressent les études de la physique du globe.
- II. UN REFUGE AU MONT-PERDU (HAUTES-PYRÉNÉES)
- M. Lourde-Rocheblave, président de la section du sud-ouest du Club alpin français, a récemment terminé l’installation d’un nouvel abri au Mont-Perdu dans les Pyrénées. R s’agit d’un refuge installé sur la brèche de Turquerouye, a 2075 mè- ,
- 1res d’altitude1. L’inauguration de ce refuge a eu lieu le 3 août 1890. Un des excursionnistes nous a adressé à ce sujet un récit tout pittoresque que nous reproduisons :
- Le dimanche 3 août, les alpinistes ont été reçus par la municipalité de Luz-Saint-Sauveur et les représentants de la vallée de Barèges ayant à leur tète le maire de Luz et le président du Syndicat de la vallée de Barèges.
- En notre honneur, une somme de 1500 francs avait été votée et des distractions variées nous attendaient : discours de bienvenue, courses de chevaux, de chiens, d'ànes, course au drapeau, à pied, en montagne, course aux œufs, course en sac, jeux du baquet, de la chandelle, mât de cocagne, etc., etc. Musique, chant, retraite aux flambeaux, feux d’artifice, rien ne manquait.
- Le lundi 4 août, départ des alpinistes, de Luz pour Gèdre, par la gorge de Sia. Visite de la maison et des collections de feu le botaniste Bordère, à Gèdre. A H heures, déjeuner-banquet, hôtel de la Grotte, chez La-coste-Palasset, à Gèdre. Les tables avaient été dressées sur un promontoire, derrière l’hôtel, au bord du gouffre au fond duquel surgit le gave de Iléas, dans une salle de verdure naturelle de l’effet le plus charmant. Un immense vélum protégeait les convives des rayons du soleil. Un menu des plus succulents était offert aux excursionnistes. M. Durier, président du Club alpin français, qui assistait à cette fête des alpinistes, a affirmé dans une charmante improvisation, qu’il n’avait jamais vu plus ravissante salle à manger.
- A Gavarnie, tout enguirlandé et orné de drapeaux, d’oriflammes et de lanternes vénitiennes, la fête se renouvela.
- A Turquerouye, les difficultés d’organisation étaient plus grandes. Déjà, par le beau temps, ce n’était pas une mince affaire que de s’installer à 2075 mètres, au sommet d’une brèche frontière, abrupte, au nord comme au midi. Depuis plusieurs nuits, M. Lourde-Rocheblave couchait à Turquerouye avec des ouvriers pour aménager la brèche. Devant le refuge, il a fait élever, presque sur le vide, un mur et une terrasse de 7 mètres de longueur sur 5 de largeur ; une vaste tente en toile imperméable posée sur une charpente légère en tiges de pins maritimes (venus de Bordeaux) couvrait toute la terrasse, s’appuyant au nord sur l’arête du refuge, transformé lui-meme en cuisine. Deux tables de vingt couverts chacune étaient dressées, le couvert mis, sur du linge aussi blanc que les neiges du Mont-Perdu, verres, assiettes (que l’on changeait à chaque service), couverts, etc., etc. Un menu des plus complets, servi à souhait, comme dans un des meilleurs restaurants de Paris...
- Grâce à ces nouveaux refuges de montagnes, les sommets et les hautes cimes, d’où l’on contemple les panoramas grandioses et les vastes horizons, deviennent plus facilement accessibles. Il faut en savoir gré à ceux qui les installent au prix des plus rudes efforts. G. T.
- PENDULE ASTRONOMIQUE UNIVERSELLE
- Sans entrer ici dans des discussions relatives au choix d’un méridien initial international, et k l’adoption d’une heure universelle unique, il nous sera
- 1 Yoy. n° 871, du 8 février 1890, p. 158.
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- permis d’affirmer qu’il peut être intéressant et souvent très utile de pouvoir connaître, à un moment donné, l’heure d’un point quelconque du globe. Un négociant ou un industriel a souvent besoin de se rendre compte de l’heure d’une ville étrangère pour savoir, par exemple, si une dépêche y arriverait de jour ou de nuit, la veille, le jour ou le lendemain de son expédition. Tout le monde sait que ces différents cas d’arrivée d'une dépêche électrique peuvent se présenter et qu’ils sont la conséquence du mouvement de rotation de la terre en vingt-quatre heures.
- Bien que la recherche de l’heure d'un pays quelconque ne soit pas un problème difficile, nombre de personnes ne sont pas à même de le résoudre, soit qu’elles n’aient pas sous la main les renseignements nécessaires pour l’effectuer, soit qu’elles n’aient pas l’habitude de ces calculs qui demandent une certaine pratique et que l’on n’enseigne pas toujours suffisamment.
- Pensant qu’un système donnant instantanément et sans aucun calcul l’heure de tous les pays du monde pourrait être appelé à rendre service, M.À.-G. Jourdan a construit l’appareil que représente la figure ci-contre. Il se compose d'une sphère terrestre sur laquelle les points figurant les villes sont très apparents, de façon à ce que l’on puisse les trouver facilement à première vue. Ce globe repose sur une sorte de dôme ou coupole dont la base est divisée parallèlement à l’équateur de la sphère, en deux fois douze heures consécutives, et graduées dans le sens du mouvement de rotation de la terre, c’est-à-dire de l’ouest à l’est. La moitié de ce cadran universel est blanche, ce sont les heures du jour; l’autre est noire, ce sont les heures de la nuit. Le globe, mû par un mouvement d’horlogerie renfermé dans le dôme, accomplit, comme la Terre et dans le même sens, une rotation complète autour de son axe en vingt-quatre heures. L’appareil se remonte tous les huit jours comme une pendule.
- Il résulte de cette disposition que, lorsqu’un point quelconque du globe se trouve exactement situé au-dessus de son heure locale, tous les autres se trouvent forcément en regard de celle qui leur correspond ; et il continue d’en être ainsi aussi longtemps
- que le globe accomplit régulièrement, autour de son axe, une révolution de vingt-quatre heures.
- L’aiguille dorée, L, indique l’heure locale et correspond à un méridien doré, I, qui passe par le lieu que l’on habite. Lorsque l’on désire connaître l’heure d’une ville quelconque, on amène cette ville devant soi en faisant tourner lentement tout l’appareil qui pivote sur son socle, sans que cela altère en rien sa marche. On place alors le bord droit du méridien argenté, M, lequel est mobile et indépendant, sur le centre de la ville, et l’aiguille argentée, m, dont il est muni, en indique exactement l’heure moyenne. Les mots : jour, nuit, matin, soir, midi, minuit, indiquent le moment de la journée dont il s’agit, déjà désigné, d’ailleurs, par la couleur du cadran ; tous les pays au-dessus de la partie blanche étant forcément dans le jour, tandis que ceux au-dessus de la partie noire sont dans la nuit.
- Cette pendule universelle peut être utilisée sur tous les points du gioble; car il suffit que l’aiguille de l’heure locale et son méridien, qui peuvent être déplacés à volonté, correspondent exactement au lieu que l’on habite. Un cercle doré divisé en 360° représente l’équateur dont le 0 est fixé sur le méridien local; en sorte que les longi-tudespeuvent, àvolonté, être comptées à partir d’un point quelconque pour méridien initial. Le méridien mobile et indépendant, M, indique les latitudes et les zones dont les séparations marquent les tropiques et les cercles polaires. Les longitudes, dont les heures sont indiquées par l’aiguille m du méridien mobile, se lisent sur l’équateur au croisement du bord gradué de ce méridien.
- Le même appareil, sans mouvement d’horlogerie, peut fournir les mêmes renseignements, sauf l’heure locale, en le mettant, au préalable, à la main, à l’heure du lieu que l’on habite. En dehors des services qu’il est appelé à rendre, son utilité est incontestable pour l’enseignement.
- Le système ingénieux imaginé par M. Jourdan, permet de remplacer avantageusement une pendule ; c’est un objet des plus séduisants et qui trouve de lui-même sa place partout. X..., ingénieur.
- Pendule astronomique universelle de M. A. Jourdan. Cette pendule indique l'heure de tous les pays du monde.
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- UN BATEAU INSUBMERSIBLE
- (( LE NE VER SI.N K ))
- La Nature a raconté à son heure1 hardie du Homeward-Bound, petite norwégienne de 6 mètres de longueur et de 4 tonneaux qui s’était rendue de Port-Natal à Douvres en dixmois. Avant cet exploit, nous avions également fait connaître deux autres traversées, plus extraordinaires encore : celle du Bed-White-and-Blue, en 1867, et celle du Nau-tilus 2, ce dernier, construit et monté par les frères Andrews, qui, de Boston
- la traversée embarcation
- Fig. 1. — Bateau insubmersible le Neversink clans sa traversée de l'Atlantique.
- avait atteint le Havre après quarante-cinq jours de voyage, puis était venu s’échouer dans une boutique de 1 avenue La Bourdonnais, lors de l’Exposition de 1878. Les tentatives provoquées par les Exposi-ont ^
- épuisé au fond de son canot. C’est dans cet état que, quatre jours après, un schooncr le rencontra, le recueillit, lui et son bateau, et les conduisit à New-York. Déposé à l’hôpital, le capitaine Rogers y demeura quarante-cinq jours entre la vie et la mort, en proie au délire. Enfin, il recouvra la santé. Mais a-t-il
- retrouvédemème sa raison? 11 est permis d’en douter, car les journaux américains qui nous font ce récit ajoutent qu’au mois de septembre l’obstiné capitaine s’apprêtait à recommencer. Un l’en aura dissuadé, puisque nous n’en avons plus entendu reparler Au môme moment, une aventure analogue arrivait à un ca-pitaine danois nommé Alsen, qui, de Copenhague s’est rendu à llull, également en canot. Épuisé, mourant de faim, il eut, lui aussi,
- la chance d’être rencontré commandant lui donna des
- tions nouvelées 1889, cette encore par
- rc-
- en
- fois
- des
- Bostoniens. L’une était le résultat d’une gageure : le capitaine Rogers avait parié de se rendre de Boston au pont des Invalides sans sortir de son petit canot. Il faisait beau quand il partit, et pendant une semaine il put se bercer de l’espoir d’effacer l’exploit de
- ses deux concitoyens. Malheureusement la tempête survint qui le poussa vers les îles Saint-Georges dans les eaux desquelles il rama au hasard pendant trente-huit jours. Il dut alors s’avouer vaincu. Aveuglé par le soleil, dévoré par la fièvre, incapable de faire un mouvement, il se laissa tomber
- 1 Voy, n» 737 du 16 juillet 1887, p. 110.
- * Voy. n» 278 du 28 septembre 1878, p. 288.
- iliiiiü!
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- Fig. 2. — Le Neversink au mouillage, sa mâture couchée.
- par un navire dont le vivres et le conseil de s’en tenir à cette première expérience. Alsen prit les vivres, refusa le conseil et ne s’en trouva pas mal, puisqu'il put atteindre le but de son voyage. Il avait l’intention de retourner à Copenhague par le même chemin ; nous ignorons s’il a donné suite à ce projet.
- A l’heure où le capitaine Rogers était rencontré dans les
- environs des îles Saint-Georges, d’autres Bostoniens, le capitaine Josiah W. Lawlor, un marin norvégien, Hans Hansen, et M. Ed. Mac-Kinney, entreprenaient à leur tour la traversée de l’Atlantique avec des moyens qui, pour être moins déraisonnables que ceux de leurs prédécesseurs, dénotent la même volonté et une pareille audace. Leur bateau n’était plus un simple canot; c’était un yawl de
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- 8 tonneaux, d’une longueur totale de 10m,98 et de 9m,15 à la flottaison, avec 5m,66 de bau au milieu et 2m,45 à l'arrière (fig. 1 et 2). A l’avant, il tire 0m,91 d’eau et lm,57 à l'arrière. Il est à quille fixe; son gréement est celui d’un yawl ; son nuit a 12 mètres de hauteur et sa voilure une surface d’environ 65 mètres carrés. Indépendamment de sa voile goélette, il possède deux focs et un tapecul. Enfin le petit yacht a cette supériorité sur beaucoup de ses pareils, de sortir des chantiers d’un constructeur de premier ordre, M. Lawlor, père du capitaine du navire.
- En vue de la traversée qu’il devait accomplir, M. Lawlor a construit son yacht sur les plans adoptés par M. Norton pour les bateaux de sauvetage de son système, qui, d’après cet ingénieur, sont insubmersibles. I)e là le nom de Neversink (qui ne coule jamais) donné à l’embarcation.
- Pour atteindre son but, M. Norton supprime le lest; il y substitue des réservoirs d’eau se remplissant automatiquement en quelques secondes, aussitôt la mise à la mer du bateau. Us forment un
- Fifl. o. — Coupe transversale du bateau insubmersible. DD. U ater-ballast. —A,A, A,A, B,11. Caissons à air comprimé.
- water-ballast qui s’étend sur toute la longueur de l’embarcation ainsi que le montre la partie ombrée de notre croquis I),D (fig. 5). La partie supérieure, blanche sur ce croquis A,A, A, A, B,B reste vide, ou plus exactement est remplie d’air comprimé, ce qui assure la stabilité du bateau.
- Dans son long voyage le Neversink s’est fort bien tiré d’affaires. Parti de Boston le 25 mai, il est arrivé au Havre le 28 juin, et, dès le 4 juillet, on pouvait le voir amarré dans le petit bassin de l’Exposition, où il faisait l’admiration des yachtmen par son élégance et sa bonne tenue.
- Si confortable que soit la petite maison flottante, et si heureuse qu’ait été la traversée, le passager, M. Mac-Kinney, fils du trésorier de la compagnie Norton, a trouvé « le temps un peu long », et le séjour du bateau assez fatigant. Quant aux vivres, ils se composaient de conserves, et n’ont pas plus manqué que l’eau, dont la provision s’élevait à 675 litres. Toutefois il était très difficile de faire la cuisine. Ne pouvant embarquer de charbon, l’équipage n’avait pu que se munir de briques à trous en argile et terre incombustible, trempées dans l’huile, fjui leur donnaient, paraît-il, beaucoup de chaleur
- et peu de fumée. Mais faire du feu dans une coquille de noix aussi secouée que l’a été le Neversink par les grandes lames de l’Atlantique, n’était pas toujours facile ni prudent, et les trois navigateurs ont du se contenter, la plupart du temps, de conserves.
- Au reste, leurs peines et leurs efforts n’ont pas été méconnus, leur expérience n’est pas restée sans résultat, car la Commission de l'Exposition a accordé une médaille de bronze à l’audacieux petit navire. De plus, le Ministre de la marine a autorisé son capitaine à entrer dans l’arsenal de Cherbourg, où le Neversink a été l'objet d’études suivies.
- Ce n’est pas la première fois, d’ailleurs, que l’attention de notre marine est appelée sur les embarcations du système Norton. En 1885, une Commission composée d’un représentant du Ministère, du secrétaire de la Société de sauvetage et de MM. Normand et Claparède, constructeurs, a assisté à des expériences qui ont eu lieu, d’abord au Havre, puis à l’embouchure de la Gironde. Douze hommes n’ont pu chavirer le bateau en le halant à bras ; il leur a fallu employer un cabestan pour le renverser. Le bateau s’est relevé instantanément.
- Dans les essais de 1889 sur le Neversink, on a répété la même expérience que ci-dessus. On a fixé sur l’extrémité du mât un câble qu’on a tendu, puis coupé brusquement : le bateau s’est redressé presque sans oscillations. Quant à sa navigabilité, elle a été trouvée parfaite, ainsi que la stabilité.
- La Norton Naval Construction and Ship Building Company, qui a acquis ces résultats depuis longtemps, est persuadée que, dans l’avenir, on ne construira plus de bateaux que d’après le système qui est sien. Au numéro 18 de Broadway (New-York), où elle a établi ses bureaux et son exposition, on trouve des piles de plans de navires de toutes dimensions, car M. Norton assure que son système peut s’appliquer aussi bien au modeste canot de sauvetage qu’au cuirassé de 10 000 tonneaux. La Compagnie a même mis sur chantiers un paquebot qu’elle prétend pouvoir faire la traversée de New-York à Liverpool en six jours au plus, et que l’on construit, naturellement, d’après le système Norton, c’est-à-dire qui ne coulera jamais. Si l’inventeur ne se trompe pas, et jusqu’à présent il ne semble pas qu’il soit dans une voie erronée, sa découverte mérite de fixer très sérieusement l’attention des gens de mer. L. Renard.
- LES CAKAY.WES SAHARIENNES
- Lorsque, constamment, on entend parler des transports commerciaux par caravanes dans l’Afrique, il prend envie de savoir le détail et la valeur des marchandises que ces caravanes peuvent bien porter, l’importance des transactions auxquelles elles donnent lieu, le total du mouvement commercial que l’une d’elles représente. Ce qui vient ajouter à l’intérêt de ce renseignement, ce sont précisément les projets actuels de construction de chemins de fer à travers le continent africain, chemins de fer qui sont appelés à
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- suppléer aux transports par caravanes. Nous trouvons dans le Mobacher, journal officiel de l’Algérie, des renseignements sur les caravanes qui ont fait le voyage du Gourara en 1889-1890.
- Un trafic régulier existe effectivement entre nos tribus nomades du sud du département d’Oran et les populations sahariennes. Six caravanes se sont rendues au Gourara pendant la dernière campagne. Prenons comme type celle des Augad et Oulad-en-Nehar Cheraga, peu importante, mais pour laquelle les renseignements sont précis.
- L’effectif de cette caravane comprend 24 hommes et 106 chameaux; partie le 18 novembre 1889, elle était de retour le 29 janvier 1890, après une absence d’environ deux mois et demi. Le point de départ véritable est Aïn-el-Hadjad, dans le cercle d’Ain-Sefra; pour atteindre le point d’arrivée, elle a dù accomplir quatorze étapes, en quatorze jours; la plus forte étape étant de 45 kilomètres, la plus courte de 14.
- Voici la nature des opérations commerciales effectuées. La caravane a emporté des toisons de laine, du beurre, de la viande sèche, du blé et des fèves, dont la valeur, au cours du marché d’El Aricha, est estimée à 796tr,75; il faut ajouter à cela une assez grande valeur en argent monnayé, 2477 francs. C’est donc 3273tr,75 pour le chargement total. Le chargement de retour était exclusivement composé de dattes : 60 charges de dattes hamita à 95 francs et 32 de dattes tinacem à 75 francs; ce qui, au cours d’El Aricha, représente une valeur de 8100 francs. Le bénéfice est donc de 4825fr,25 ou 144 pour 100.
- Prenons une autre caravane, celle des Ilamyan ; elle compte 1272 personnes et 5091 chameaux; elle avait passé deux mois en cours de route, du le: décembre au 1er janvier, faisant comme la première environ 400 kilomètres. Les Ilamyan apportent au Gourara des moutons, du blé, de l’orge, de la laine, de la graisse, du fromage, de la viande sèche, de l’huile, du beurre, des bougies, paraît-il, du savon, des pois chiches; ils rapportent, en échange, des peaux de cerf, des épices, du henné, des dattes. Le résultat de ces opérations commerciales est à peu près aussi fructueux que celui des opérations de la caravane des Augad. Les Ilamyan ont emporté au Gourara des marchandises représentant une valeur de 65 820fr,65, et, en outre, 23150 francs d’argent monnayé ; ils ont rapporté en marchandises pour 200 991 francs ; mais il faut déduire certains frais, certaines pertes, notamment 56 chameaux morts pendant le trajet, représentant une valeur de 14 000 francs; le bénéfice net a encore été de 98 020fr,55, ce qui représente 110 pour 100 du capital engagé. D. B.
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- LES OURAGANS
- DES 18 ET 19 AOUT 18901 L’OURAGAN DU 19 AOUT A SAINT-CLAUDE (jURA)
- Comme nous l'avons indiqué dans notre précédente livraison, il est très probable que les météores du 18 et du 19 août, qui ont dévasté Dreux et Saint-Claude, sont des trombes analogues à celle qui a détruit l’usine de Mon ville près de Rouen en 1845.
- Le phénomène s’est produit à Saint-Claude le mardi 19 août, à 7 h. 40 m. environ du soir1. Un
- 1 (Suite). Voyez n° 901, du 6 septembre 1890, p. 214.
- de nos lecteurs, M. Ruparchy, qui habile les environs et qui se trouvait dans la ville au moment de la catastrophe, a bien voulu recueillir pour La Nature les documents les plus complets, et les accompagner de photographies exécutées par lui le lendemain du désastre. Nous offrons ci-contre à nos lecteurs une reproduction de ces scènes lamentables qui donnent une juste idée de la violence de la trombe et de l’intensité de la catastrophe.
- La figure 1 représente une maison presque entièrement démolie d’où l’on a retiré un mort et cinq blessés. La figure 2 donne l’aspect de la cathédrale après la catastrophe ; on voit qu’un des clochers est détruit, l’autre renversé, et que les dégâts sont importants. La gare des marchandises a été complètement rasée. Nous en reproduisons l’aspect (fig. 3). On remarquera à la droite de la gravure un wagon qui, renversé par le vent, a été jeté hors de la voie. La promenade publique de Saint-Claude est bordée d’arbres magnifiques, qui ont été déracinés ou brisés. La photographie que nous reproduisons (fig. 4) donne l’état d’une partie de cette promenade. Les tilleuls et platanes séculaires sont hachés ou renversés. Deux personnages dans le bas de la gravure, à gauche, indiquent la dimension de ces arbres.
- L’électricité à Saint-Claude a paru jouer un rôle beaucoup plus important que dans l’ouragan de Dreux. « Le météore, nous écrit M. Duparchy, marchait avec une vitesse vertigineuse, précédé d’une nappe de lumière éblouissante, d’où la foudre s’échappait incessamment en gerbes et sous toutes les formes, mais surtout sous l’aspect de grenades ou boules de feu, à tel point qu’un paysan voulant m’exprimer l’impression qu’il avait ressentie, me disait que cela faisait filer les étoiles. Quand la trombe a passé sur Saint-Claude, les habitants ont cru que la ville entière était embrasée, puis tout s’est éteint instantanément et les quelques incendies que l’on a eu à éteindre provenaient des feux allumés dans les maisons. La trombe marchait en ligne droite sans être influencée par les crêtes ou les vallées. Elle se précipitait au fond de celles-ci ou gravissait celles-là, mais rien ne modifiait sa marche rectiligne. Les bois de sapins, sur son parcours et sur une largeur de 500 mètres environ, ont été couchés comme les épis d’un champ de blé traversé par un troupeau. Tout est brisé, déraciné. »
- Le météore a été accompagné d’un bruit formidable comparable à celui d’un train de chemin de fer roulant sur un pont métallique. Il a traversé la ville si rapidement, et a été d’une si courte durée, que personne n’a eu le temps de se rendre bien compte de ce qui se passait. Les phénomènes électriques seuls ont été visibles, et ont fait croire à un embrasement général. « Puis, tout est subitement
- L’horloge de la cathédrale de Saint-Claude s’est arrêtée à 7 h. 40 m. du soir. Le cadran du Palais de Justice qui a été arraché avec ses aiguilles marquait, le lendemain par terre. 7 h. 55 m.; mais les aiguilles avaient pu être dérangées pendant la chute.
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- rentré dans le calme. C'est alors seulement, continue I celés dans les rues, les habitants ont compris qu’ils notre correspondant, qu’à la vue des débris amon- j venaient de subir l’action d’un phénomène extraor-
- Lig. 1. — L’ouragan do Saint-Claude (Jura). Maison démolie d’où l’on a retiré uu mort et cinq blessés. (D’après une photographie.
- dinaircment redoutable. Dans les rues on aperçut bientôt, au milieu de l’obscurité produite par l’extinction complète des becs de gaz, des corps gisants, chevaux ou êtres humains. Ceux-ci firent entendre des cris lamentables auxquels se mêlèrent bientôt les plaintes des malheureuses victimes ensevelies sous les décombres des maisons écroulées. »
- Les effets du vent ou de la foudre ont été parfois extraordinaires.
- En face du restaurant Bozzio, à la promenade du Pré, on a pu apercevoir, au sommet de plusieurs tilleuls, des feuilles de zinc roulées en cornet comme on pourrait le faire d’une carte de visite. En beau-coup d’endroits, grosses barres de fer, qui servaient à tenir les grillages de jardin, ont été tordues ou brisées. A la Gare, au buffet delà gare, au restaurant Millet, et dans différents endroits, même très éloignés les uns des autres, la foudre a laissé des traces de son
- passage en découpant dans les vitres des trous parfaitement ronds, sans aucune bavure, ni fêlure, mieux que ne l’aurait fait le meilleur diamant. Il est impossible d’admettre que ce soit un corps dur qui ait fait ces entailles.
- Le nombre des victimes a été de six morts et d’une soixantaine de blessés, plus ou moins grièvement. Si la tourmente se lut produite une demi-heure plus tôt à la sortie des ateliers, le nombre des victimes eût été beaucoup plus considérable. Nous ne parlons ici seulement que de Saint-Claude. Dans la banlieue et les villages voisins, il y a eu aussi de grands dégâts, de nombreux blessés; une quantité considérable de bétail a péri. Des forêts entières ont été renversées par l’ouragan, plusieurs villages ou hameaux, entre autres Larrivoire, Saniset et Vers-l’Eau sont presque totalement détruits. D’après les évaluations les moins pessimistes, les per-
- 5ig._2. — La cathédrale de Saint-Claude après l’ouragan. (D’après une photographie.)
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- Fig. 3. — L’ouragan du 19 août 1890 à Saint-Claude (Jura). Aspect de la gare démolie et d'un wagon renversé.
- (D’après une photographie.)
- Fig. 1. — Grands arbres brisés par l’ouragan de Saint-Claude, dans une partie de la promenade publique.
- (D’après une photographie.)
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- tes, pour la ville de Saint-Claude, se montent à 2 500 000 francs, dont plus de la moi lié h la charge d’ouvriers et de personnes peu aisées qui n’ont d’espoir que dans la charité publique.
- L’ouragan de Saint-Claude parait avoir pris son origine dans la forêt qui se trouve au nord-est d’Oyonnax (Ain) ; il a suivi la direction du sud-ouest au nord-est en marchant jusqu’à la vallée de Joux, en Suisse, près de Lausanne. Passant d’abord par Viry, Larrivoire, Saint-Claude, il a dévasté les forêts du Fresnois, Premanou, les Rousses, Rois-d'Amonts, du Rixouse, etc. Si l’on réunit ensemble ces localités sur une carte, on voit que les points ravagés donnent une direction rectiligne. De Pa le phénomène a continué sa marche sur le territoire suisse pendant 50 à 40 kilomètres environ. Dans le département du Jura, le parcours a été d’environ 45 kilomètres.
- — A suivre. — GASTON TlSSANDIER.
- LE LAC DE MÀRJELEN
- A la dernière réunion de la Société helvétique des sciences naturelles qui a eu lieu cette année à Davos, du 17 au 20 août, le prince Roland Bonaparte a donné à la section dé géologie quelques renseignements nouveaux sur le lac de Màrjelen en Suisse. Ces données complètent l’article publié par cet auteur dans La Nature *.
- On sait que le petit lac de Màrjelen présente la particularité de se vider de temps en temps à travers les crevasses du glacier d’Aletsch, qui le borne à l’ouest. Cette année il s’est vidé de nouveau, et l’auteur, qui l’a visité quelques jours après, a pu se promener au fond du lac en se faufilant entre d’immenses blocs de glaces échoués.
- Du 18 au 19 juillet 1890, le lac avait augmenté de 0m,50. Le 19, au soir, il commence à se vider. Le 20 (matin) la surface de l’eau avait baissé de 0m,30; le 20 (soir) de 0“\60; le 21 (matin) de lm,30; le 21 (soir) de 2m,20; le 22 (matin) le bassin du lac était vide.
- Lorsque les eaux du lac se frayèrent un chemin sous la partie gauche du glacier, de puissantes colonnes d’eau jaillirent des crevasses, elles ont pu être très nettement observées de l’hôtel Bellalph. Un autre phénomène à signaler, c’est qu’un autre petit lac, dit BlauseeR, situé sur le flanc gauche du glacier, près de l’Aletschwald, s’est vidé en même temps que le lac de Màrjelen.
- D’après le professeur Forel de Morges, il n’y aurait aucune relation entre les évacuations du lac de Màrjelen et les crues ou les décrues du glacier.
- Pour éviter les désastres causés dans la vallée du Rhône par les évacuations du lac, on est en train de creuser un tunnel qui, conduisant une partie des eaux du lac dans la vallée de Fiesch, l’empêchera de se remplir de nouveau complètement. Ce tunnel aura 547 mètres de longueur, lm,80 de hauteur sur lm,20 de largeur et une pente de 2 mètres. Grâce à ce travail, les plus hautes eaux du lac seront toujours à 7 mètres au-dessous de l’ancien niveau.
- --o<^--
- CONCOURS DE VITESSE DE LOCOMOTIVES
- MACHINE LOCOMOTIVE CRAMPTON A CHAUDIÈRE FLAMAN
- Les intéressantes expériences de vitesses relatées dans La Nature du 13 juillet 1889 ont été renou-
- 1 Voyez n° 862, du 7 décembre 1889, p. 1.
- velées cette année sur la même ligne de Paris à Sens. M. Henry, l’éminent ingénieur en chef du matériel et de la traction de la Compagnie P.-L.-M., avait adressé à tous ses collègues des Compagnies françaises l'invitation de participer à de nouveaux essais où seraient mis en lumière les progrès réalisés dans les constructions de nouvelles locomotives ayant figuré à l’Exposition du Centenaire. Toutes les Compagnies et l’Administration de l’État ont répondu à cet appel; c’est ainsi qu’en dehors des puissantes machines du P.-L.-M., on a vu concourir une locomotive ancienne et une nouvelle de chacune des Compagnies de l’Orléans, de l'Ouest et du Nord, une locomotive de l’État, une locomotive du Midi, deux locomotives de l’Est, dont une locomotive à roues libres, type Crampton, à chaudière Flaman.
- Un double but était poursuivi : constater l’allure des locomotives lorsqu’on les fait courir sans charge à la plus grande vitesse compatible avec la sécurité; puis remorquer un train de 240 à 500 tonnes 1 en se maintenant dans l’horaire d’un train rapide tracé à : 50 kilomètres à l’heure, de Paris à Conllans; 55, de Conllans à Villeneuve-Saint-Georges; 67, de Villeneuve-Saint-Georges à Melun; 70, de Melun à Montereau; 75, de Montereau à Laroche. Et au retour : 75 kilomètres à l’heure, de Laroche à Montereau; 70, de Montereau à Yilleneuve-Saint-Georges ; 60, de Villeneuve-Saint-Georges à Conflans; 50, de Confions à Paris.
- Ces vitesses étaient déterminées par des conditions soit d’inclinaison du profil, soit de ralentissement aux abords de Paris. Le tableau graphique ci-après (lig. 1) donne les résultats obtenus dans la première série d’expériences, c’est-à-dire les locomotives lancées sans charge. On peut voir que les différentes locomotives ont atteint des vitesses considérables comprises entre 120 et 144 kilomètres à l’heure; ce dernier chiffre, en particulier, a été atteint facilement par la locomotive Crampton 604 de la Compagnie de l’Est, à chaudière Flaman, dont nous parlons plus loin et qui a été remarquée par sa parfaite stabilité et sa grande facilité de production de vapeur. Rien de nouveau n’a d’ailleurs été révélé dans l’allure des locomotives déjà examinées l’année précédente et dans les nouvelles, on cite la locomotive à grande vitesse de l’Ouest, du nouveau type, à boggie à l’avant, pour sa douceur remarquable à l’entrée et à la sortie des courhes, même aux très grandes vitesses.
- Pour ce qui est des essais à charge, pour lesquels un wagon dynamomètre mesurait l’effort de la locomotive sur le train, voici quelques résultats intéressants d’observation : la locomotive du Nord n° 2 a gagné onze minutes à l’aller et neuf au retour, en remorquant un train de 240 tonnes ; marche facile atteignant 95 kilomètres à l’heure, avec efforts
- 1 Pour la locomotive Crampton de l’Est, la charge a été réduite à 160 tonnes, réduction nécessitée par sa moindre adhérence et en général son infériorité de puissance dans les organes moteurs.
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- de 1900 à 2500 kilogrammes sur la barre d’attelage. Cette locomotive justifie la devise inscrite sur ses lianes :
- Mobilitate viget, viresque cicquirit eundo.
- La locomotive de l’Ouest n° 2 a gagné neuf minutes à l’aller et onze minutes trente secondes au retour avec le môme train, dans des conditions très voisines de la précédente, mais peut-être avec moins d’aisance.
- La locomotive de l’Orléans n° 2 a remorqué un train de 294 tonnes par un vent violent, dans des conditions qui montrent une puissance remarquable : à 82 kilomètres à l’heure, l’effort sur le train était de 2500 kilogrammes, ce qui correspond à un travail de 750 chevaux par seconde. C’était là un effort rarement atteint d’ailleurs.
- La locomotive du P.-L.-M., n° 2, à cylindres com-pound, a remorqué un train de 294 tonnes dans de très bonnes conditions, en produisant un effort de 1900 kilogrammes à une vitesse soutenue de 84 kilomètres à l’heure, soit près de 600 chevaux.
- La locomotive du P.-L.-M., n° 1, a remarquablement bien remorqué son train de 267 tonnes, la chaudière fournissant bien pour une admission de vapeur variant de 45 à 50 pour 100 de la course des pistons dans les cylindres.
- Les autres locomotives, en général de types notablement plus faibles, ont plus ou moins réussi à maintenir l’horaire avec la charge de 240 tonnes, qui est manifestement la limite qu’elles peuvent remorquer.
- La locomotive Crampton 604, à chaudière Fla-man, a remorqué une charge de 160 tonnes dans d’excellentes conditions, malgré une lenteur de démarrage due à la faiblesse du poids adhérent. Elle a abordé la rampe de Brunoy, à 40 kilomètres à l’heure; 5 kilomètres plus loin, la vitesse était de 71 kilomètres, vitesse qu’elle a gardée régulièrement avec un effort de 1700 kilogrammes, soit en développant un travail de 450 chevaux environ. Plus loin encore, cette locomotive a maintenu pendant plusieurs kilomètres une vitesse régulière de 98 kilomètres avec effort régulier de 1500 kilogrammes, ce qui correspond à un travail de près de 550 chevaux. Pendant ce temps la chaudière produisait avec la plus grande abondance la vapeur, sans baisse sensible du niveau de l’eau.
- En résumé, ces essais très intéressants ont comme résultat commun, en dehors de divers détails techniques qu’ils ont permis de comparer, confirmé l’étendue des limites dans lesquelles les trains de vitesse de nos Compagnies françaises peuvent se mouvoir avec une sécurité entière, et ont constaté, pour quelques locomotives nouvelles, les progrès accomplis au point de vue de la puissance comparée à leurs devancières, aussi bien dans l’ensemble de leurs organes qu’au point de vue spécial de la production de la force de propulsion à mesure qu’elle se dépense.
- Il sera peut-être intéressant pour le lecteur de connaître plus en détail la locomotive qui présentait, parmi toutes les autres, un caractère de nouveauté tout spécial, je veux dire la locomotive Crampton de l’Est à foyer Flaman (fig. 2).
- La locomotive Crampton, créée en 1845 1 par un célèbre ingénieur anglais et adoptée, dès 1846, dans notre pays par les Compagnies du Nord, de l’Est, et de P.-L.-M., a fait, pendant de longues années, les express à la satisfaction complète des ingénieurs, jusqu’au moment où la charge des trains croissant toujours et dépassant 80 tonnes, leur limite de puissance fut elle-même dépassée.
- Les qualités de merveilleuse stabilité aux très grandes vitesses de ce type de locomotive — caractérisé par la disposition de la roue motrice à l’arrière des deux autres paires de roues dites porteuses et le centre de gravité très bas de la chaudière — jointes à une dépense très modérée de combustibles et une grande facilité d’entretien, ont toujours été regrettées des ingénieurs de traction, et c’est à leur corps défendant qu’ils ont été obligés de les retirer du service sur la plupart des lignes et de les remplacer par les locomotives puissantes à deux essieux couplés d’aujourd’hui. Celles-ci, elles-mêmes, sont bien souvent insuffisantes, sinon comme stabilité, — les expériences précitées ont montré que ce but est largement atteint, surtout avec les types à boggie à l’avant — du moins comme capacité de vaporisation ou plutôt comme capacité du réservoir d’énergie.
- La Compagnie de l’Est possède deux natures de trains rapides : les uns, de transit international, dépassent rarement 120 tonnes, comme les rapides Calais-Bàle, le Suisse-Express et l’Orient-Express; les autres, surtout lors de la saison de Suisse, atteignent 500 tonnes.
- Les premiers, dont les étapes sans arrêt sont considérables, seraient parfaitement remorqués par des locomotives Crampton dont le poids adhérent serait porté de 15 tonnes2 à 18 ou 20 tonnes sur l’unique paire de roues motrices et dont la chaudière serait augmentée en proportion; les seconds nécessitent des locomotives beaucoup plus puissantes, non pas comme adhérence, car elle atteint et dépasse actuellement 50 tonnes sur les roues accouplées, ce qui est fort suffisant, mais comme production et réserve de vapeur ; plus puissantes même que celles qui ont concouru dans ces derniers temps.
- Dans les deux cas, le facteur commun désirable est l’augmentation de la chaudière.
- Jusqu’à présent, le problème a été abordé bien souvent, mais résolu presque toujours dans le même sens, parce qu’il est impossible de sortir des données suivantes : 1° la section de la chaudière per-
- 1 La première locomotive de Thomas Russel Crampton fonctionna en 184(5 sur le chemin de fer de Liège à N a mur. Aux essais, elle remorqua un train de 80 tonnes à 82 kilomètres à l’heure et un train de 50 tonnes à 99km,7 à l’heure, sur une ligne à très faibles déclivités.
- 8 Le poids adhérent originel était seulement de 10.',250.
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- pendiculairement à la voie doit être circulaire, seule forme d’équilibre dans la résistance des parois; 2U le diamètre extérieur des parois ne peut dépasser la limite imposée par l’intervalle des deux roues d’un même essieu.
- En etfet, pour que la chaudière puisse déborder sur les roues, il faut qu’elle soit élevée au-dessus de la partie supérieure de leurs jantes; mais comme dans les locomotives de grande vitesse, le diamètre des roues doit nécessairement être très grand pour des motifs qu’il serait trop long de développer ici, il n’y aurait plus de place pour contenir la chaudière dans la limite supérieure assignée par le gabarit des ouvrages d’art; d’ailleurs le centre de gravité de la chaudière serait très élevé et dans des conditions telles qu’un doute sérieux peut être émis sur
- Fig. 1. — Tracé graphique des •vitesses, en kilomètres à l’heure,
- la stabilité d’une locomotive construite de cette manière.
- Tous les ingénieurs ont été amenés, en vue d’augmenter la production de vapeur, à adopter l’allongement de la chaudière et du foyer comme seul moyen d’agrandissement de la chaudière, ce qui a forcément augmenté le poids total de la locomotive et nécessité l’appui sur un plus grand nombre de paires de roues. La Compagnie d’Orléans a en outre augmenté le nombre des réservoirs de vapeur, sous forme de dômes reliés entre eux par un gros tube. Mais en somme, la capacité en eau de la chaudière, qui est le vrai réservoir d’énergie, ne s’est que très peu accrue en comparaison du travail à produire.
- Le problème paraît actuellement avoir reçu sa solution définitive par l’invention de M. Flaman,
- des locomotives ayant concouru aux essais en marche à vide.
- ALLER
- RETOUR
- Est N°l. 560
- P.O. N°1. 336
- Nord N°1. 2875...
- ___ Ouest N91. 635..
- P.L.M.N°2 C1.______
- P.L.M. N91. 189 »___
- ____ Est N93. 453....
- Ouest N? 2.952________
- Est N? 2. 604
- P.O. N92. 102
- Midi. 1615 ..
- Etat. 260
- ingénieur des études du matériel et de la traction de la Compagnie de l’Est.
- Cette solution très originale (fig. 3) consiste en deux corps cylindriques placés l’un au-dessus de l’autre, reliés entre eux par trois communications de grand diamètre et assemblés tous deux par leur extrémité d’arrière à la face avant de l’enveloppe extérieure du foyer, allongée dans ce but suivant la hauteur. Le corps cylindrique inférieur, du plus grand diamètre possible, est complètement rempli de tubes et le corps cylindrique supérieur, de plus petit diamètre, peut être rempli d’eau jusqu’à son axe, le reste constituant en partie le réservoir de vapeur.
- C’est ce type de chaudière qui a été mis à l’essai par ordre de M. Salomon, ingénieur en chef du matériel et de latraction, sur la locomotive Cramptonn°604, dont la chaudière était arrivée à la limite d'usure.
- Bien qu’en raison de la nécessité de ne pas dépasser
- un certain poids, on ait été obligé de réduire la longueur. de la chaudière primitive d’environ 10 pour 100, la comparaison de la nouvelle chaudière avec l’ancienne donne les résultats suivants :
- Surface de chauffe du foyer, de 6m2,49 à 9n’2,72 Surface de chauffedes tubes, de 84m2,64 àlllm2,44 Surface totale, de91nl2,15 à l2lm3,16
- Capacité totale de la chaudière, de 4,,‘3,178à 0nir,,050
- Volume d’eau en ordre de marche, de S'"3,031 à 4m3,488
- Volume d’eau utilisable jusqu’à ce que le niveau d’eau soit descendu à 0m,06 au-dessus du ciel du foyer de l’ancienne chaudière et à 0m,10 au-dessus de celui de la
- chaudière Flaman, de 0m3,565à lm3,588
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- Ainsi, ]>ar la nouvelle conception de M. Flaman, cette locomotive Crampton voit sa puissance de chaudière augmentée de 45 pour 100, et surtout sa capacité de fonctionnement, sans avoir besoin d’ali-
- menter la chaudière, accrue de 128 pour 100.
- Cette locomotive Crampton ainsi modifiée a un poids adhérent de 1(>‘,400 au lieu de 15*, 700 ; il aurait facilement pu être porté à 18 tonnes et même au
- Fig. 2. — Nouvelle locomotive Crampton à chaudière Flaman.
- delà, sans l’opposition des ingénieurs qui craignent pour la solidité de la résistance de certaines parties de la voie sous un poids insolite dans les chemins de fer français.
- Aussitôt construite, malheureusement trop tard pour avoir pu figurera l’Exposition du Centenaire, cette locomotive eut à subir des essais à outrance qui ont permis de confirmer la justesse de vues de l’inventeur et de consacrer un type de chaudière susceptible d’accroître dans des proportions considérables la puissance des locomotives de vitesse. Tout d’abord, l’allumage de cette locomotive ne nécessite pas plus de temps que pour d’autres ; ainsi avec deux fagots et 200 kilogrammes de briquettes, elle met deux heures vingt-trois minu-
- tes à atteindre la pression de 11 kilogrammes, si l’on emploie le souffleur lorsque la pression atteint
- 2 kilogrammes ; si on se sert, pour activer le tirage, de la vapeur prise sur une autre machine, le temps d’allumage est réduit à cinquante-quatre minutes.
- Parmi les expériences faites en décembre 1889, pour essayer cette locomotive, nous nous bornerons à citer un train composé de vingt véhicules vides pesant 194 tonnes, entre Châlons-sur-Marne et Château-Thierry, lancé à une vitesse moyenne de 75 kilomètres à l’heure, qui a été remorqué avec facilité et une dépense d’eau remarquablement faible : 87‘,82 par kilomètre, alors que l’admission de la vapeur dans les cylindres atteignait 40 pour 100 par moments, et la vitesse réelle de
- -jOcn/jneur tolale do la tfuzucUcre J, 802.
- Fig. 3. — Coupe de la locomotive représentée ci-dessus,
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- marche 82 kilomètres à l'heure. La pression de la vapeur dans la chaudière est restée constamment voisine du maximum et le niveau de l’eau presque invariable. La dépense de combustibles a été en moyenne, dans cet essai, de 12ks,571 par kilomètre.
- Mise a l’essai concurremment avec les locomotives à grande vitesse à deux essieux couplés qui font le service de Paris à Cliàlons-sur-Marne, cette locomotive Crampton modifiée a montré une supériorité notable dans l’allure de sa chaudière qui, pour un travail analogue à celui des autres locomotives du meme groupe, dépense 9 pour 100 de moins de combustibles.
- Après les intéressants essais réalisés au chemin de fer P.-L.-M. et rapportés plus haut, celte machine fait actuellement le service des trains de luxe Suisse-Express, en remorquant, d’une seule étape, ces trains entre Reims et Relie, soit 592 kilomètres, en changeant de personnel au milieu du parcours, à Chaumont, sans que, vers la fin du trajet, le mécanicien s’aperçoive d’une baisse dans les remarquables qualités de production de vapeur de sa chaudière.
- En présence de pareils résultats, qui se présentent rarement dans les inventions nouvelles, M. l’ingénieur en* chef Salomon n’a pas hésité à adopter ce type de chaudière pour l’appliquer a douze locomotives à 'quatre roues accouplées, destinées à remorquer des trains de 500 tonnes à de très grandes vitesses et qui, actuellement sur le chantier, seront vraisemblablement les plus puissantes de foutes celles qui existent. C. G., ingénieur.
- UN CONCOURS D’ARCHITECTURE MODERNE
- Les palais élevés au Champ de Mars avec leurs formes nouvelles et leur emploi de matériaux inattendus ont prouvé qu’on déniait à tort un style à l’architecture du dix-neuvième siècle. L’absence d’originalité reprochée à nos artistes tient seulement à ce que les moyens de lui donner essor leur font presque complètement défaut, par suite des conditions si différentes dans lesquelles l’artiste opérait autrefois, et celles qui lui sont imposées aujourd’hui.
- Avant qu’une instruction polytechnique eût donné à ceux qu’elle façonne des connaissances superficielles, mais générales, chacun s’en rapportait aux spécialistes pour tout ce qui n’était pas l’occupation ordinaire de sa vie. Le bourgeois comme le grand seigneur laissait toute liberté à l’architecte. Bien différente est sa situation depuis que chacun se croit capable de tout diriger : on lui impose un type à amplifier ou à réduire, surtout à suivre. En agissant ainsi, les clients ne peuvent que choisir dans les types existants ; ils n’ont pas l’expérience et les connaissances techniques indispensables à la création de nouvelles formes. Comment le dix-neuvième siècle aurait-il un style particulier quand tout contribue à stériliser l'imagination de ses artistes ? Si nos architectes avaient eu la liberté d’action laissée à leurs prédécesseurs, nos besoins complètement transformés les auraient certainement amenés à trouver des formes appropriées à l’état de la civilisation actuelle.
- En présence de cette situation, Y Encyclopédie d'ar-
- chitecture vient d’adresser un appel à tous les architectes français en vue d’un concours qu’elle organise avec l’espoir de prouver que l’imagination n’est pas morte en France, qu’elle a conservé son ingéniosité et sa vivacité. La caractéristique de ce concours est que liberté absolue sera laissée aux concurrents ; aucun programme ne leur sera imposé : maisons de rapport, hôtels particuliers, édifices publics, édicules, tous les projets non encore publiés seront admis au concours. Les conditions d’exécution des dessins, leurs dimensions, échelles, dates d’envoi, etc., seront indiquées aux intéressés par VEncyclopédie d'architecture. Tous les dessins intéressants seront reproduits dans Y Encyclopédie, et des prix pouvant atteindre 500 francs, jusqu’à concurrence d’une somme totale de 2000 francs, seront distribués par un jury composé de MM. Bailly, de Baudot, Charles Garnier, de Joly, Lheureux, Lisch, Moyaux, Narjoux, Raulin, Sauvageot, Selmersheim et Yaudremer.
- Nous applaudissons de tout cœur à l’heureuse initiative prise par YEncyclopédie d'architecture, car elle ne peut que resserrer les liens déjà si étroits qui unissent l’art et la science. La haute compétence et l’absolue impartialité du jury appelé à juger ce concours, nous paraissent une garantie du succès qui l’attend.
- CHRONIQUE
- Les éléphants dans les scieries de l'Inde. —
- Le Burmah, la partie de l’Inde anglaise voisine de l’Indo-Chine, qui est traversée par l’Iraouady et le Saluen, est réputé pour l’excellente qualité du bois de Teck croissant dans ses forêts. Le Teck, bois analogue au Noyer par le grain et la couleur, possède une résistance supérieure à celle du Chêne ; aussi l’architecture navale en fait-elle une consommation sans cesse croissante. Il est surtout doué de l’excellente propriété de ne pas se rouiller au contact du fer, ce qui le fait employer dans tous les arsenaux maritimes comme matière première des matelas sur lesquels on boulonne les massives plaques d’acier des cuirasses des vaisseaux. Sa dureté le rend encore précieux pour l’exécution des ponts des navires. Afin de réduire autant que possible les frais du transport vers l’Europe ou l’Amérique, en n’embarquant que des bois débités et non des troncs bruts, de puissantes sociétés composées de capitalistes anglais ou chinois ont établi d’immenses scieries à vapeur sur les bords des fleuves, principalement aux environs de Rangoun et de Moulmein. Sortir ces énormes masses de l’eau, le flottage étant l’unique mode de transport employé de la coupe à l’usine, puis les faire glisser jusqu’aux machines à débiter, exigerait un grand nombre d’animaux de trait ordinaires, bœufs, buffles ou chevaux, travaillant par cela même sans beaucoup d’ensemble. Le faible espace de terrain laissé entre les piles de bois gênerait considérablement, du reste, pour leurs évolutions. On a eu l’idée de s’adresser à l’éléphant, et, d’après la Revue des sciences naturelles appliquées, l’essai s’est trouvé si satisfaisant que toutes les scieries de la région, font exécuter par le robuste pachyderme le débardage et le transport des fûts, des troncs. Chaque animal, conduit par deux cornacs, dont un est assis sur son cou, haie les énormes pièces de bois au moyen d’un lourd collier de cuir et de chaînes de traction'; deux ou trois d’entre eux travaillent constamment à sortir les troncs du fleuve, d’autres les traînent à l'usine, d’autres enfin emportent les bois débités vers les magasins ou les places d’empilage.
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- Distribution directe et indirecte par une seule dynamo. — Nous ne pouvons passer en revue les innombrables systèmes de distribution d’énergie électrique, et les non moins innombrables variétés dont ils sont susceptibles.Nous signalerons cependant une disposition appliquée dans une petite ville d’Angleterre, disposition qui présente une certaine originalité. Il s’agissait, dans l'espèce, de pourvoir à la fois aux besoins de l’éclairage municipal qui constitue un tout ou rien bien défini, et à ceux de l’éclairage privé, dont le nombre de lampes est à chaque instant variable. L’importance de l’installation ne justifiait pas l’emploi de deux machines distinctes, une pour chaque service. Le problème a été résolu par l’emploi d’une seule machine à courants alternatifs de la façon suivante : Une dynamo à courants alternatifs produit une différence de potentiel efficace de 1000 volts, et l’on monte en dérivation sur les bornes de cette dynamo : 1° des séries de lampes à incandescence en tension pour l’éclairage municipal; 2° des transformateurs en dérivation qui font le service des particuliers. Cette installation économise l’emploi de transformateurs, emploi inutile pour l’éclairage municipal dont l’allumage et l’extinction se font de l’usine même, suivant un horaire dressé à l’avance.
- Les prophéties scientifiques. — Nous avons récemment rappelé dans une Notice publiée sous ce titre (p. 38), que Cyrano de Bergerac avait prévu le phonographe quand il parle, dans ses romans, d’un livre merveilleux qui enregistre et reproduit la voix humaine. Notre savant collaborateur M. le lieutenant-colonel A. de Rochas, a retrouvé un document plus ancien, qu’il vient de faire connaître dans ïIntermédiaire des chercheurs et curieux. Yoici ce qu’on lit dans le numéro d’avril 1632 du Courrier véritable, petit journal mensuel où l’on s’amusait souvent à enregistrer des nouvelles fantaisistes : « Le capitaine Yosterloch est de retour de son voyage des terres australes qu’il avait entrepris par le commandement des Etats (de Hollande), il y a deux ans et deiny. 11 nous rapporte, entre autres ehosès, qu’ayant passé par un détroit au-dessous de celui de Magellan, il a pris terre en un pays où la nature a fourni aux hommes de certaines éponges qui retiennent le son et la voix articulée, comme les nôtres font des liqueurs. De sorte que quand ils se veulent mander quelque chose ou conférer de loin, ils parlent seulement de près à quelqu'une de ces éponges, puis les envoyent à leurs amis, qui, les ayant reçues et les pressant tout doucement, en font sortir ce qu’il y avait dedans de paroles, et sçavent par cet admirable moyen tout ce que leurs amis désirent. »
- Les effets de la chaleur sur les métaux. — Le
- Scientific American attirait dernièrement l’attention sur le fait que les plaques de recouvrement ou de dilatation, — qui occupent le centre des travées du pont de Brooklyn, et qui sont placées pour permettre la contraction ou la dilatation résultant des effets de la température, — que ces plaques montrent des traces d’une distance de plusieurs pieds entre les contractions et expansions extrêmes ; le fait, qui paraît surprenant au premier abord, s’explique si l’on considère que le pont a une longueur de 5450 pieds et que les températures extrêmes varient de — 9° G. en hiver à -f- 46° C. en été. Un déplacement semblable, mais évidemment moins accusé, se constate en travers du pont. Le même phénomène a été observé sur des constructions en pierre, mais surtout en fer. Le monument de Washington, par exemple, s’incline à droite le matin et à gauche dans l’après-midi. Un fil à plomb suspendu au centre du dôme du capitole de Washington s’écartait
- de la verticale de 4 à 5 pouces, ce qui donne une oscillation complète de 9 pouces, suivant la position du soleil.
- 11 y a quelques années, un moine érudit, à Rome, suspendit de cette façon un fil à plomb au sommet du dôme de Saint-Pierre et fut étonné de découvrir ce mouvement mystérieux. Il l’attribua à un déplacement non déterminé de la terre, mais le fait fut expliqué dans la suite par la dilatation produite par le soleil dans le métal du dôme.
- Les ballons captifs à Paris. — On se souvient que l’an dernier, pendant la durée de l’Exposition universelle, deux aérostats captifs fonctionnaient à Paris pour l’agrément du public. Cette année, l’un de nos aéronautes constructeurs les plus habiles, M. 11. Lachambre, a installé un nouveau ballon captif de 2800 mètres cubes, avenue Kléber, près le Trocadéro. Cet aérostat gonflé à l’hydrogène pur enlève dix voyageurs à 400 mètres d’altitude. Il fonctionne sous l’action d’une machine à vapeur de 16 chevaux de puissance. Il y a plus de trois mois que ce matériel est installé en permanence, et au moment où nous écrivons ces lignes nous le voyons planer au-dessus des toits de Paris. Le ballon captif de M. Lachambre fonctionnera jusqu’au 15 octobre.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 8 sept. 1890.— Présidence de M. Düchartre
- Une éruption du Vésuve. — M. Yiette gérant du consulat de France à Naples adresse une description très circonstanciée de l’éruption du Yésuve actuellement en cours de production. Le volcan est en ce moment, en petite activité. L’éruption a lieu par une bouche qui s’est ouverte l’an dernier et qui présente une surface d’environ 50 mètres carrés. Cette bouche n’est pas accessible à cause de la chaleur qu’elle dégage, mais la coulée de lave peut être approchée jusqu’à une distance de 50 mètres. Cette coulée est visible pendant la nuit ; elle laisse échapper des gaz qui paraissent dus à la combustion des matières organiques qu’elle rencontre sur ses bords. Enfin il y a lieu de signaler la disposition de fumerolles placées sur le flanc du volcan.
- L'ouragan de Saint-Claude. — Aux indications qui ont été déjà données sur les ravages de ce tornado, M. Bour-geat ajoute les renseignements suivants sur sa propagation en Suisse. Ce sont les parties basses du canton de Yaud qui ont le plus souffert. Le tornado s’est ensuite engagé dans la région comprise entre le lac de Neufchâtel et le Jura. Il y a lieu de remarquer que la vitesse de progression de l’ouragan est restée égale à sa vitesse initiale qui a été évaluée à 60 kilomètres à l’heure, mais en Suisse la largeur de la zone ravagée est plus large : elle atteint 6 kilomètres tandis qu’en France, elle ne dépassait point 1 kilomètre. Enfin d’énormes quantités de gros grêlons sont tombées en Suisse, circonstance qui ne s’était point produite chez nous.
- Nouvelle notation musicale. — Un nouveau système de notation musicale est renvoyé à l’examen de l’Académie des beaux-arts. 11 remplacerait par 27 caractères les 205 symboles usités pour représenter les 7 notes de la gamme dans les 7 clefs.
- Scaphandre à l'usage des pompiers. — Il convient de donner ce nom, faute du mot plus approprié, à l’appareil proposé pour permettre aux pompiers de pénétrer impunément dans un foyer d’incendie. L’appareil fournit l’air
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- nécessaire à la respiration, en même temps qu’il protège l’opérateur contre l’action directe du feu. M. Milne-Ed-wards rappelle à ce propos que l’idée n’est point tout à fait neuve et qu’en 1844, on expérimenta, dans le corps des sapeurs-pompiers de la ville de Paris, un casque qui enfermait la tète de l’homme dans un vase clos où l’air nécessaire à la respiration était ensuite amené au moyen d’un tuyau, par l'action d’une pompe foulante. Il ajoute que son père et M. Blanchard expérimentèrent ce casque pour des recherches sous-marines qu’ils entreprirent ensemble à cette époque sur les côtes du golfe de Naples. Ils purent ainsi descendre et séjourner à des profondeurs de 15 mètres. Les résultats de ces courageuses tentatives furent néanmoins très minces, par suite de l’extrême difficulté qu’éprouvaient les opérateurs à se mouvoir dans l’eau.
- Pouvoir absorbant de la mousse de platine. — M.Schuztenberger a découvert un nouveau corps dont la formule serait P-’CS4 qui résulterait delà combinaison d u sulfure de carbone avec le platine. Ce corps s’obtient en faisant passer un courant de vapeur de sulfure de carbone sur de la mousse de platine chauffée à la température du rouge sombre. La vapeur de sulfure de carbone est absorbée et l’on recueille sur la mousse de platine une matière noire pulvérulente qui est bien une véritable combinaison et non un mélange de sulfure de platine et de charbon, car elle est insoluble dans l’eau régale et combustible dans l’oxygène à la température de 400°, caractères que ne présente point le sulfure de platine.
- Varia. — M. l’abbé Fortin envoie de nouvelles prédictions météorologiques basées sur ses observations héliomagnétiques. — M. Colladon adresse un Mémoire sur une trombe ascendante observée à Genève. — M. Lecoq de Boisbaudran a effectué de nouvelles expériences de spec-troscopie sur le gadolinium. — M. Miquel a obtenu un ferment soluble qui transforme l’urée en carbonate d’ammoniaque. Stanislas Meunier.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- THÉIÈRE A VERSAGE AUTOMATIQUE
- Toutes les maîtresses de maison connaissent, pour les avoir éprouvées, les difficultés et les fatigues occasionnées par le versage des breuvages chauds, surtout lorsque les invités sont nombreux, la théière ou la cafetière grande, et que l’on ne veut pas se
- décharger de ce soin en confiant la manœuvre à un domestique. C’est d’Angleterre, naturellement, le pays consommateur de thé par excellence, que devait nous venir le remède à cette petite misère de la vie domestique que nous venons de signaler. Ce remède se présente sous la forme d’une théière automatique imaginée par M. lloyle, et dont les dessins ci-contre rendent toute description presque superflue. L’aspect de l’appareil est à peine différent de celui d’une théière ordinaire, sauf la forme du bec qui puise à la partie inférieure du récipient, et se recourbe à la partie supérieure pour que le jet qui en sortira soit presque vertical, de haut en bas. Le couvercle de la théière est constitué par un cylindre creux formant piston et portant à sa partie supérieure un bouton en bois ou en ivoire percé d’un petit trou de 5 à 6 millimètres de diamètre.
- Pour verser le breuvage, il suffit de placer préala-blementune tasse au-dessous du bec de la théière, de soulever verticalement le couvercle en le saisissant par le bouton entre le pouce et le médius, et d’enfoncer le couvercle en bouchant le trou avec l’index. L’air, préalablement introduit par le trou dans le mouvement d’ascension du couvercle, ne pouvant plus s’échapper pendant la descente, exerce une pression sur le liquide, et le fait couler par le bec. I/écoulemcnt s’arrête instantanément en soulevant l’index qui bouche le trou du couvercle, ce qui supprime la pression exercée par l’air sur le liquide. On voit, par cette courte description, que la disposition est aussi simple qu’ingénieuse. Le liquide est puisé au fond, et peut, par pistonnées successives, être versé jusqu’à la dernière goutte sans aucune fatigue et sans bouger la théière de place.
- Nous recommanderons seulement aux personnes qui expérimentent l’appareil pour la première fois de ne pas oublier de mettre une tasse au-dessous du bec, afin de ne pas verser le thé sur la nappe, mésaventure arrivée en notre présence à une maîtresse de maison qui avait convié quelques amis à l’inauguration de la théière pneumatique. D1' Z...
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Théière pneumatique à versage automatique. — A. Détail du piston mobile.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- N* 903. — 20 SEPTEMBRE 1890. LA NATURE
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- Là STATUE DE GàY-LUSSàC
- A LIMOGES
- Il faut être sobre de statues et c’est à juste titre que l’on en blâme parfois l’abus, quand il s’agit de personnages politiques dont le rôle est différemment apprécié ; mais il est des hommes qui n’ont jamais brillé que par l’éclat de leurs découvertes, par les services qu’ils ont rendus a la science et à l’humanité : leur nom, bien loin de s’effacer avec le temps, grandit à travers les années, parce que leur œuvre a été féconde, qu’elle a été l’origine de progrès réalisés, et que l’on ne saurait méconnaître l'impulsion qui leur est due. Leur mémoire est saluée par tous ; on est unanime à célébrer leur mérite et leurs efforts.
- Tel est Gay-Lussac, l’une des gloires de la science française.
- On ne saurait' trop féliciter ceux qui ont pris l’initiative d’élever à Limoges, son pays natal, une statue au grand physicien et au grand chimiste.
- Le monument, dont nous représentons l’aspect, a été inauguré le de l’Association sciences *.
- remercié tous ceux qui ont prêté leur concours à l’édification du monument. Il a rappelé que le pays de Limoges était riche en hommes illustres.
- Cette cérémonie, a dit M. Labussière, se renouvellera. Limoges, en effet, est loin d’avoir payé sa dette envers ceux de ses concitoyens qui ont bien mérité de la patrie.
- Jourdan et Gay-Lussac ont leur bronze; mais quand montrerons-nous que nous n’avons pas oublié les bienfaits
- de Turgot? Quand rendrons-nous les honneurs suprêmes à d’Aguesseau, Léonard Limosin, Vergnaud, Dus-soubs enfin, ce martyr, dont la mort fut l’affirmation sublime des immortels principes, base de notre droit public?
- Honorons donc nos aïeux, célébrons leur gloire..., la nôtre! Qu’en jouant dans nos squares, sur nos places publiques, nos enfants aient continuellement sous leurs yeux ces monuments qui leur rappelleront les grandes pages de notre histoire nationale!
- Et ils apprendront à chérir notre Limousin, ce coin de terre, berceau de tant d’hommes dont le génie a contribué et contribue encore à placer la patrie française au premier rang des nations civilisées.
- Au nom de l’Académie des sciences, M. P.-P. Dehérain a prononcé un remar-
- La statue de Gay-Lussac à Limoges. (D'après une photographie.)
- 11 août 1890, lors du Congrès française pour l’avancement des
- M. Jules Roche, Ministre du commerce et de l’industrie, a découvert la statue qui orne dorénavant la belle place d’Aine à Limoges. Après un discours prononcé par M. Raymondaud, directeur de l’École de médecine, M. Labussière, maire de Limoges, a
- Voy. n° 898, du Iti août 1890, p.
- t8* annfo. — J' iem*»tro.
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- quable discours qui résume d’une façon complète la vie et les œuvres du grand savant. Nous donnons ici quelques extraits de cette allocution :
- Gay-Lussac est né à quelques kilomètres de Limoges, à Saint-Léonard, le 6 décembre 1778. Son père était magistrat ; compromis pendant la Terreur, il se trouva fort dépourvu pendant les années suivantes et ne réussit qu’à grand’peine à envoyer son fils à Paris, pour le préparer à l’École polytechnique qui venait d’être fondée.
- Des difficultés d’approvisionnement, dont nous n’avons
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- LA NATURE.
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- plus -heureusement que le souvenir, renflaient i'ort précaire la position des maîtres de pension. Menacés à chaque instant de ne plus pouvoir nourrir leurs élèves, ils fermaient leurs établissements les uns après les autres : Gay-Lussac changea plusieurs fois d’institution, mais il n’était pas homme à se laisser retarder par ces premiers obstacles qui n’arrêtent que les irrésolus et les faibles. En 1798, il entra à l’Ecole polytechnique, s’y distingua, fut classé dans les ponts et chaussées et était encore élève à l’École des ingénieurs quand une circonstance heureuse décida de sa carrière. A son retour d’Égypte, llerthollet avait repris ses travaux : il réorganisa rapidement son laboratoire et demanda à l’Ecole des ponts et chaussées des élèves pour l’aider dans ses recherches. Gay-Lussac fut désigné; dès son installation, Berthollet lui communique ses idées sur un sujet qui le préoccupe, lui indique les expériences à exécuter pour obtenir les résultats qu’il prévoit; l’élève se met à l’œuvre, se réjouissant sans douté de confirmer les vues du maître, mais... l’expérience est rebelle à son désir, elle se prononce contre l’hypothèse entrevue. Ce premier travail qui contredit le professeur va-t-il tourner contre l’élève? 11 n’en est rien. Berthollet, frappé de la netteté des conclusions de son jeune collaborateur, de son respect de la vérité, lui écrit : « Jeune homme, votre destinée est de faire la science. »
- La prévision ne tarda pas à se réaliser. Le 11 pluviôse anXyà vingt-quatre ans, Gay-Lussac, encore élève ingénieur à l’École des ponts et chaussées, lit, devant la première classe de l’Institut, son Mémoire sur la dilatation des gaz et des vapeurs ; il s’astreint à ne mesurer les changements de volume des gaz que lorsqu’ils sont dépouillés de vapeur d’eau, et éliminant les perturbations qui avaient obscurci les observations de ses prédécesseurs, il reconnaît que tous les gaz soumis à la même élévation de température se dilatent de la même fraction de leur volunië. Du premier coup, Gay-Lussac découvre non un fait isolé, filais une loi générale que la postérité désigne sous le nord de loi de Gay-Lussac, comme elle avait donné le nom de Mariotte à l’énoncé des changements que subit le voluhië des gaz soumis à diverses pressions.
- Pérsonne ne s’y trompa, un maître s’était révélé : Berthollet, fier de son élève, l’introduit dans sa Société d’Ar-cueil. C’est là que Gay-Lussac rencontre Alexandre de Humboldt, qui, oubliant la verdeur avec laquelle le jeune savant avait critiqué quelques-unes de ses expériences, va vers'lui et contracte bientôt, avec son adversaire d’un jour, une amitié qui ne devait s’éteindre qu’avec la vie.
- Tels furent les brillants débuts de Gay-Lussac. 11 continua ses travaux par ses études sur la composition de l’air, et fut conduit, pour reconnaître si l’atînosphère a la même constitution dans les régions élevées, à exécuter ses mémorables ascensions en ballon. 11 s’éleva une première fois avec Biot, et dans un second voyage aérien, il monta seul jusqu’à 7000 mètres. Le jeune physicien recueille l’air des hautes régions, et, à son retour, il lui trouve une composition identique à celle de la surface.
- La puissante impulsion que Lavoisier avait donnée à la chiîhie, un instant ralentie par sa mort tragique, s’était fait Sentir de nouveau au commencement du siècle; les découvertes se succédaient rapidement; en 1807, à l’aide de la pile, 11. Davy décompose la potasse et la soude, mais n’obtient par cette méthode que de petites quantités des métaux alcalins. Les chimistes cependant avaient grand
- intérêt à posséder ces agents énergiques et singuliers qui prennent feu au contact de l'eau. Gay-Lussac s’unit à Thénard, et bientôt les deux chimistes français réussissent à préparer des quantités notables de potassium et de sodium en chauffant à très haute température les alcalis en présence du fer, décomposition curieuse dont l’interprétation n’a pu être donnée par 11. Sainte-Claire Deville, qu’après ses travaux sur les phénomènes de dissociation.
- Entre des mains habiles, ces puissants agents ne restent pas inutiles, et la découverte du bore, séparé de l’acide borique par le potassium, montre combien sont puissantes les affinités des nouveaux métaux dont la science vient de s’enrichir.
- C’est encore avec Thénard que Gay-Lussac dé-montr.e la constitution élémentaire du chlore que l’on considérait comme un corps composé désigné à tort sous le nom d’acide muriatique oxygéné.
- En 1809, il lut à la Société d’Àrcueilson Mémoire sur les combinaisons des gaz et montra qu’ils s’unissent toujours suivant des rapports simples en volumes, et que les produits formés, considérés à l’état de gai?, sont encore dans un rapport simple avec les volumes des constituants.
- Ces lois, qui conservent le nom de Gay-Lussac, rapprochées de celle qu’il avait trouvée déjà sur la dilatation des gaz, de celle de Mariotte, de la loi des proportions multiples de Dallon, permirent à Avogrado et à Ampère d’introduire les fécondes hypothèses sur lesquelles se sont greffées toutes nos connaissances actuelles sur les gaz.
- Ces lois occupent une place à part dans l’œuvre immortelle de Gay-Lussac et ne sauraient être mises en parallèle qu’avec son mémorable travail sur l’acide prussique, dans lequel il dévoile la constitution et les propriétés du cyanogène, de cet azoture de carbone qui, se comportant comme un corps simple, a donné le premier exemple de ces radicaux composés dont la chimie organique a fait un si fréquent usage pour représenter la constitution des matières complexes qu’elle étudie.
- Les lois sur les combinaisons gazeuses, le cyanogène, fixeront à jamais dans la mémoire des hommes le nom de Gay-Lussac. La valeur d’une découverte se mesure à sa fécondité. Or, les lois sur l’union des gaz ont servi de base à la théorie atomique, à celle de l’atomicité des éléments ou des combinaisons, qui guident aujourd’hui les chimistes et leur permettent de faire sortir du laboratoire ces légions de corps nouveaux, qui justifient chaque jour davantage l’admirable expression de M. Berthelot : « La chimie crée l’objet de ses études. »
- A ces travaux de chimie s’ajoutent des Mémoires de physique, notamment les études sur la force élastique du mélange des gaz et des vapeurs, puis des applications industrielles de premier ordre.
- Si l’œuvre écrite de Gay-Lussac est considérable, son enseignement est aussi des plus féconds. Enfin le caractère de l’homme n’est pas moins admirable que le mérite du savant.
- Gay-Lussac avait cette froide résolution qui fait braver les plus grands dangers, toutes les fois que l’exige un sérieux intérêt scientifique : ses travaux sur le potassium, sur l’acide cyanhydrique, le plus violent de tous les poisons, ses ascensions à une époque où l’emploi des aérostats était peu répandu, en font foi.
- 11 avait horreur de la lâcheté et de la perfidie, et cet homme froid et réservé se jetait résolument en avant
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- pour les combattre; en 1815, quelques jours après la seconde Restauration, dans un des conseils tenus à l’École polytechnique, un royaliste fougueux demanda si un professeur bien connu pour ses opinions libérales avait signé l’acte additionnel des Cent-Jours ; Gay-Lussac sent la perfidie de cette question : « Je ne sais, dit-il, si M. Arago a signé l’acte additionnel, mais je déclare que, moi, je l’ai signé, estimant que, devant l’ennemi, tous les Français doivent être unis. » Le questionneur se tut; on vit que l’épuration irait trop loin, et l’affaire fut abandonnée.
- Quand une ville a vu naître un homme comme Gay-Lussac, elle s’honore en lui élevant un bronze qui éveille les jeunes courages. Suivant l’expression de M. Dehérain, « il est bon qu’aux jours où le poignant souvenir de la défaite nous courbe la tête, nous puissions, en levant les yeux, retrouver dans les gloires du passé l’espérance en l’avenir ! »
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- TÉLÉPHONIE ENTRE LONDRES ET PARIS
- Au meeting tenu par VAssociation anglaise pour l'avancement des sciences, à Newcastle en 1889, M. Preece a fait connaîlre les raisons et décrit les expériences qui l’avaient amené à conclure qu’il était possible et pratique d’effectuer des communications téléphoniques entre Londres et Paris1. Des lignes aériennes en fil de cuivre sont en cours de construction entre les deux capitales et leurs côtes respectives : uu double cable fabriqué à frais communs par les deux gouvernements, sera posé entre la côte de Kent et Sangate pour relier les lignes aériennes, ce qui établira un circuit métallique complet entre les deux capitales. On peut prévoir que la communication téléphonique sera excellente, car le produit de la résistance totale de la ligne (en ohms) par la capacité totale (en microfarads) n’excédera pas 5900, tandis que pour la ligne téléphonique établie entre Buenos-Ayres et Montevideo, ce produit est égal à 10400. Le câble jeté à travers le canal aura 4 fils et les spécifications relatives à sa construction ont été établies par des considérations techniques du plus grand intérêt, mais beaucoup trop spéciales pour prendre place ici. Ce câble est actuellement en construction, et tout fait espérer qu’avant la fin de l’année, la communication téléphonique entre Londres et Paris sera un fait accompli.
- LES OURAGANS
- DES 18 ET 19 AOUT 1890 2 LOURAGAN DU 19 AOUT A SAINT-CLAUDE (JURA)
- Pour compléter les documents que nous avons publiés sur l’ouragan de Saint-Claude, nous reproduirons ici quelques-unes des intéressantes observations que M. l’abbé Bourgeat a recueillies sur place, et qu’il a communiquées à l’Académie des sciences dans les séances du 1er et du 8 septembre 1890.
- Lorsque la trombe a commencé à se former dans la région d’Oyonnax, le ciel s’est illuminé d’éclairs incessants, ces éclairs marchaient avec le météore et l’accompagnaient. À droite et à gauche de l’ouragan, on pouvait lire comme en plein jour. Il
- 1 Voy. n° 865, du ‘28 décembre 1889, p. 54.
- 2 Suite. Voy. n° 902, du 15 septembre 1890, p. 251.
- n’est tombé que quelques gouttes de pluie sur le parcours de la trombe et pas de grêle sur le territoire de la France. L’ouragan une fois passé, le ciel est devenu serein; on pouvait apercevoir les étoiles.
- L’espace dévasté a une largeur variant de 4 kilomètres à 500 mètres. Les arbres sont renversés suivant des directions qui démontrent à n’en pas douter que le météore avait un mouvement giratoire s’effectuant en sens inverse de celui des aiguilles d’une montre. Les bas fonds ont plus souffert que les parties en saillie du sol.
- M. l’abbé Bourgeat confirme les observations que nous avons publiées de M. Duparcby, en indiquant que le phénomène, après avoir traversé les montagnes du Jura français, a continué sa marche, toujours en ligne droite, à travers les cantons de Yaud, de Neuchâtel et de Berne.
- Tandis qu’il n’était accompagné d’aucune chute de grêle en gravissant par ressauts les chaînes du Jura, il a projeté de gros grêlons, soit en descendant vers le lac de Neuchâtel, soit en longeant la rive. Plusieurs villages ont eu des toitures endommagées, et des récoltes hachées par la grêle.
- M. J. Perret, de Lausanne, a eu l’occasion d’observer cette chute de grêle, qui d’après les renseignements qu’il nous communique, a été particulièrement désastreuse depuis le nord de la vallée de Joux jusque dans le canton de Neuchâtel (Gortaillod). On a ramassé dans plusieurs localités des grêlons de grosseur peu commune. Quelques-uns de ces grêlons, tombés dans la commune de Montagny-sur-Yverdon, n’avaient pas moins de 8 centimètres de diamètre ; on en a ramassé qui pesaient 200 grammes et même 585 grammes.
- La vitesse de translation de l’ouragan a été de 17 à 19 mètres à la seconde. Nous ferons observer que cette vitesse de 61 à 68 kilomètres à l’heure, est relativement peu considérable et n’expliquerait pas l’action destructive. L’air déplacé dans le mouvement giratoire de la trombe devait avoir une vitesse beaucoup plus grande, pour qu’il ait pu renverser les maisons et briser les arbres.
- C’est ce qu’a très bien fait remarquer M. F.-A. Forel dans une excellente étude qu’il a publiée sur l’ouragan du 19 août dans la Gazette de Lausanne :
- Pour obtenir, dit M. Forel, avec une translation aussi lente une vitesse suffisante qui explique les dégâts constatés, il est nécessaire de faire intervenir un mouvement tournant. Grâce à la rotation de l’air autour d’un axe vertical mobile, la vitesse du courant d’air, redoublée du côté dangereux, légèrement diminuée du côté maniable, était telle, que ses effets mécaniques ont pu atteindre la puissance révélée par les désastres déjà souvent décrits. La vitesse du mouvement tournant était si grande que des arbres ont été déracinés même en sens inverse de la marche de l'ouragan ; de telle sorte que, même en soustrayant la valeur de la translation, 18m,8 par seconde, la vitesse du vent y était assez forte pour abattre des sapins. Donc l'ouragan du 19 août était un ouragan-cyclone, un tornado, un blizzard, pour employer les termes utilisés dans le sud et le nord de l’Amérique. C’était une trombe
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- de 500 à 500 mètres de diamètre. En admettant ce dernier chiffre de 500 mètres, qui, du reste, est un maximum, pour la largeur sur terre du tourbillon aérien, et une translation de 18m,8 par seconde, l’ouragan n’a pas duré plus de 27 secondes sur chaque point de son parcours, et encore seulement pour les localités situées sur l’axe du cyclone. Ces secondes ont semblé des minutes aux spectateurs terrifiés. Le sens de la rotation est très nettement indiqué en quelques places, Romainmôtier, sur les Bioux, etc., où l’on voit sur la droite du chemin de l’ouragan les arbres renversés dans le sens du cyclone, sur la gauche en sens inverse. La rotation avait lieu de droite à gauche pour un spectateur placé au centre du tourbillon, ou en sens inverse des aiguilles de la montre. C’est dans la même direction que tournaient les ouragans-
- cyclones du 20 février 1879 (plaine suisse), et du 3 juillet 1889 (forêt de Jougne).
- En même temps que la translation et la rotation, l’air à la surface du sol présentait une aspiration centripète; cela est montré par nombre d’arbres renversés en dehors de la route du cyclone, dans la direction du centre du tourbillon, ainsi que me l’a fait voir M. L. Gauthier, professeur au Sentier, qui prépare une étude complète du phénomène. Cette aspiration latérale se transformait en mouvement ascendant dans l’axe vertical de la trombe ; cela est prouvé par le transport à distance des tavillons, tuiles de bois, effets et menus objets, qui ont été soulevés en l’air et dispersés au loin sur les monts de Neuchâtel et du Jura bernois.
- À ces documents, nous ajouterons ceux qui con-
- Aspccl du pont suspendu de Saint-Claude, endommagé par l'ouragan du 19 août 1890. (D’après une photographie.)
- cernent les dégâts matériels. Un de nos lecteurs de Lons-le-Saunier, M. Marcel Biaise, a récemment visité Saint-Claude et confirme, par le récit qu’il nous adresse, l’étendue des désastres. « Tout ce que l’on peut dire et écrire est au-dessous de la vérité ; Saint-Claude offre tout à fait l’aspect d’une ville qui a subi un long siège. »
- M. Duparchy nous a adressé en outre une nouvelle photographie d’un grand intérêt. Nous la reproduisons ci-dessus. Elle représente la déformation du célèbre pont suspendu qui faisait l’orgueil de Saint-Claude. Dans le courant de l’année dernière, ce pont avait été consolidé, et on avait dépensé pour ce travail la somme de 80 000 francs. Pareille somme devait encore cette année être consacrée au même travail. Les câbles avaient été doublés, des poutres de fer
- raidies par des câbles, assuraient longitudinalement la rigidité du pont. Enfin on s’occupait de remplacer les poutres transversales en bois du tablier par des poutres en fer. Tout cela est perdu en grande partie. Notre gravure donne une idée exacte de la dislocation éprouvée par ce bel ouvrage.
- Comme conclusion de l’étude que nous venons de résumer, nous dirons que le phénomène a présenté tous les caractères d’une trombe, trombe gigantesque, terrible dans ses effets : sa translation a été lente, mais sa vitesse de rotation était extrêmement rapide. Cette trombe a manifesté, outre son action mécanique, des phénomènes électriques très intenses, qui méritent d’attirer l’attention des physiciens. Gaston Tissandieu.
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- LE SIMILIGRAPHE-NIVEAU
- Un ouvrage récent, Le Dessin de paysage d'après I à l’École des beaux-arts et à l’École polytechnique, nature, par MM. Guiot, peintre, et G. Pillet, professeur | a fait germer dans l’esprit du capitaine Rillioque, du
- Fig. 1. —Emploi du similigraphe-niveau du capitaine Billioque. Fig. 2. — Prendre la direction d’une ligne
- Trouver l’horizon. vue en raccourci.
- 6e hussards, l’idée de construire un instrument simple et portatif, permettant de faire rapidement et très exactement toutes les opérations de la mise en place et du tracé perspectif d’un dessin, et cela sans grandes connaissances des lois de la perspective. Dans le paysage d’après nature, il aide à placer très sûrement quelques points de repère, quelques directions principales, et le dessinateur peut ensuite, dans ce canevas, mettre du sien et donner à son œuvre le cachet d’originalité qui lui est propre ; son tableau aura toujours un grand air de vraisemblance.
- Nous sommes heureux de donner à nos lecteurs la primeur de cet ingénieux petit appareil.
- Le similigraphe-niveau, c’est le nom de l’instrument, se compose de deux règles graduées :
- l’une A (lig. o) est percée d’une rainure formant coulisse ; suspendue à sa partie supérieure par un système particulier que l’on tient entre le pouce et l’index de la main gauche, et lestée à sa partie inférieure, elle donne la verticale ; l’autre réglette B est mobile autour d’un boulon fixé sur un curseur C, qui peut glisser dans la coulisse de la règle A, par rapport à laquelle elle peut prendre toutes les inclinaisons; elle peut être immobilisée dans ces diverses positions par le serrage de l’écrou E. Cet écrou E est plein et poli pour faire office de miroir. Deux butoirs P permettent de placer la règle B dans une position perpendiculaire à la règle A. Cette réglette B est elle-même percée de deux fenêtres dans lesquelles sont tendus des crins correspondant au centre du miroir.
- J.BLAMADFT
- Fig. 5. — Siijiiligraphe-niveau.
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- Voyons maintenant les usages de cet instrument.
- Pour le dessin graphique, il sert à la fois de té, d’équerre, de fausse-équerre, de double-décimètre, permet de mener des parallèles, de faire des angles symétriques et de reporter directement les angles et les lignes droites dans leur position relative ; il aide donc à copier, amplifier ou réduire les dessins.
- Sur le terrain, il donne l’horizon sur un champ très étendu, sert de chercheur, de fil à plomb et de niveau; il permet de reporter directement sur le dessin les lignes de front et les verticales en grandeur proportionnelle et en vraie direction, et les lignes de fuite en direction et en grandeur proportionnelle de raccourci pour le point de vue où l’on se trouve.
- En topographie, il sert à évaluer les pentes, il permet de tracer, pour ainsi dire, sur le terrain les courbes de niveau devant l’œil de l’observateur, il donne enfin le moyen de niveler, d’une seule station, un grand nombre de points éloignés.
- Il serait trop long de donner le détail de toutes ces opérations ; nous nous bornerons à indiquer sommairement les principales.
- Trouver l'horizon (fig. 1). Suspendre l’instrument devant l’œil droit, après avoir fixé la règle mobile C contre le butoir supérieur P, élever ou baisser la main jusqu’à ce que l’on voie sa prunelle rélléchie au centre de l’écrou miroir, jeter alors un coup d’œil sur le crin qui couvre l’horizon. C’est aussi là le moyen de niveler plusieurs points.
- Reporter sur le dessin une ligne du terrain vue en raccourci (Ligne de fuite) (tig. 2). Tenir l’instrument suspendu de la main gauche, desserrer un peu l’écrou, regarder de l’œil droit la ligne dont on veut prendre la direction, élever ou baisser la main gauche et faire pivoter de la main droite la règle mobile, jusqu’à ce qu’une de ses arêtes couvre la ligne visée; serrer alors l’écrou. Il ne reste plus qu’à faire coïncider la règle A avec une verticale du papier et à mener un trait le long de la règle B.
- Les deux règles se repliant l’une sur l’autre, l’instrument peut se mettre dans la poche.
- Le similigraphe-niveau est appelé à rendre de grands services au maître comme à l’élève : à l’un, il facilite grandement les démonstrations; à l’autre, il forme rapidement le coup d’œil, il lui met, c’est le cas de le dire, le compas dans l'œil.
- X..., ingénieur.
- LES BILLES DE BILLARD
- Le billard, soit qu’on l’envisage en lui-mème, soit que l’on considère le façonnage de ses accessoires occupé dans la liste des jeux d’adresse une place prépondérante qui justifie les détails que nous allons donner sur les billes qu’on y emploie.
- Les amateurs de tour savent combien il est difficile de faire une bille d'ivoire absolument sphérique. La fabrication des billes de billard sur laquelle nous trouvons de curieux renseignements dans les Tablettes de la vie en plein air, nécessite de la part des ouvriers qui l’exécutent une habileté peu commune.
- Tout d’abord, il est bon de faire observer que la bille parfaite n existe pas. Les plus réussies ne sont que des à peu près. Il y a toujours, même dans un objet tout à fait soigné, des défauts que l’ouvrier le plus adroit ne saurait ni éviter, ni prévoir.
- L’idéal d’une bille de billard serait la sphère homogène, ayant exactement à son centre le cœur de l’ivoire. Ces circonstances ne se réalisent jamais. Premièrement, il est impossible, avec la main la plus sûre, de tourner une sphère géométriquement parfaite. En second lieu, on ne peut répondre que la bille sera centrée selon les règles. Cela ne provient pas, comme on pourrait le croire, d’une trop grande hâte dans la fabrication. Des billes spéciales façonnées sur commande, et payées très cher par l’amateur, présentent un centrage imparfait. Là, évidemment, la distance est minime entre le centre géométrique de la bille et le cœur de l'ivoire, mais il y a toujours une différence.
- Cette différence se manifeste par une inégalité dans le roulement. Une bille répondant à toutes les exigences, roulerait également sur tous les points de sa sphère, au lieu que la bille ordinaire ne porte jamais que sur certains points, toujours les mêmes. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder une bille rouge; on s’apercevra facilement d’une décoloration dans les parties qui ont touché le drap du billard. Cette décoloration se produit suivant un petit cercle, c’est-à-dire un cercle d’un rayon inférieur à celui de la sphère. Ce cercle sera situé du côté opposé à celui où se trouve le cœur de l’ivoire, et tel, que la distance entre son centre et le centre de la bille sera la même qu’entre le centre de la bille et le cœur.
- Il s’ensuit donc que plus la bille sera réussie, plus le cercle de décoloration tendra à se confondre avec le grand cercle de la sphère, mais ce ne sera jamais qu’une approximation.
- Puisque nous parlons de conditions irréalisées, disons que les grands joueurs ont encore un désideratum, c’est que les trois billes du jeu soient taillées dans la même défense. Pour y parvenir, il faudrait avoir recours directement au marchand d’ivoire et non au tourneur de billes. Celui-ci, en effet, reçoit l’ivoire, non en défenses, mais en bloc, et en voici la raison : il y a dans l’ivoire des parties de qualités différentes, lor, 2e et 3e choix. Le marchand d’ivoire fait la séparation des trois parties, réunit à part chacune d’elles et livre ainsi au tourneur, non pas l’ivoire brut, mais un bloc de tel ou tel choix, suivant la commande. Au reste, dans une défense moyenne, le déchet est trop considérable pour que l’on puisse y tailler un jeu, ayant en outre à tenir compte des accidents du façonnage.
- Pour la question des couches de l’ivoire, on la tranche d’une façon très simple : on n’en tient pas compte. Évidemment la bille homogène serait excellente, mais l’homogénéité s’efface aussi devant le centrage. Il serait possible de concilier ces deux éléments de perfection si ces couches étaient des cercles concentriques, tous à égale distance du cœur. Mais, dans l’ivoire comme dans le bois, elles forment seulement des courbes fermées, du dessin le plus irrégulier. Souvent, à droite du cœur, elles couvrent un espace de 2 à 5 centimètres, et, à gauche, de 10 à 15.
- Dès lors, on en est réduit à passer outre et à s’occuper, sans autres soins, de centrer convenablement sa bille.
- En résumé, il faut être un très thabile tourneur pour réussir d’une façon satisfaisante la confection d’une bille de billard.
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- LES SOMÀLIS1
- AU JARDIN DACCLIMATATION DE PARIS
- Depuis quelques semaines les Parisiens peuvent voir au Jardin d’Acclimàlation une exhibition ethnographique des plus curieuses : c’est une caravane composée de vingt-six Somalis, hommes, femmes et enfants. Grâce à l’amabilité bien connue de M. Geoffroy Saint-Hilaire, nous avons pu examiner de près et en détails ces échantillons d’une race humaine qu’on n’a pas souvent l'occasion de voir à Paris. La description, que nous en donnons ici, est rédigée d’après le plan invariable que nous nous sommes fixé pour nos descriptions ethnographiques.
- Le pays. — Tous les Somalis du Jardin d’Acclima-tation proviennent de cette partie de la côte africaine qui se trouve exactement au-dessus d’Aden, ils appartiennent aux tribus Habr-Auel, Ilabr-Junis, Habr-Gerhadjis, llabr-Toldjaleh, Dolbohanta, etc. Mais les Somalis, en général, occupent un territoire beaucoup plus vaste, car ils sont répandus sur toute la surface de cette pointe nord-est du continent africain, qui touche, d’un côté au golfe d’Aden, et de l’autre à l’océan Indien.
- Au nord, iis vont jusqu’à l’Abyssinie; au sud, ils s’étendent jusqu’au territoire du sultan le. Zanzibar; vers l’ouest, le pays étant mal connu, les limites sont indécises. De plus, les Somalis sont continuellement en guerre avec les Gallas, leurs voisins de ce côté.
- La région habitée par nos Somalis peut se diviser en trois parties : 1° le littoral, où on trouve quelques gros villages auxquels on donne le nom de villes ; 2° une longue chaîne de montagnes calcaires qui longent cette première zone ; 5° le plateau intérieur, couronné de hautes montagnes, où vivent les nomades. On peut dire, en général, que le pays est peu arrosé.
- Actuellement, les pays Somalis sont sous le protectorat de l’Angleterre, qui a quelques postes dans les bourgades principales de la côte.
- L'homme. —Les habitants de la région Somal se donnent à eux-mêmes le nom de Somalis, que quelques auteurs, pour des raisons philologiques assez discutables, veulent écrire Çomalis. Les Somalis racontent qu’ils sont originaires d’Arabie. On trouve
- 1 D’après les observations de l’auteur et les ouvrages suivants : lu Georges Révoil. La vallée du Darro. Paris, Challa-rael, 1882. 1 vol. in-S”. — 2U Georges Révoil. Voyages chez les Béita ârs, les Çomalis et les Bayouns. Le Tour du monde, 1er et 2e semestres 4885. — 3° Hamy. Quelques observations sur T anthropologie des Çomalis. Bull. Soc. anthrop. de Paris. Séance du 16 nov. 1882. — 4° Fulbert-Dumonteil. Les Somalis. Paris, 1890. Rrocli. in-12. — 5°Cust. A sketch of the modem languagcs of Afrika. London, 1883. Vol. I, p. 121. — 6° VVaitz. Anthropologie der üuturvolker. Leipzig, 1860. Vol. II, p. 505 et suivantes. — 7° Ratzel. Vo'ke> kunde. Leipzig, 1885, vol. I, p. 422 et suivantes. — 8° Caries ethnographiques dans les ouvrages de Cust et de Waitz, ainsi que dans l’atlas de Berghaus, pl. 71. Carte d'Afrique de Habenicht, livraison supplémentaire.
- chez eux deux types bien distincts, qui avaient .déjà été observés par les anciens Egyptiens. Le premier se rapprocherait de celui des populations dites Kous-chites, tandis que l’autre, sans être véritablement nègre, appartient à un type plus ou moins négroïde. C’est cetie double origine des populations Somalis qui explique les variations de couleur de la peau, que l’on observe sur les individus du Jardin d’Accli-matation. La couleur de la peau varie, en effet, depuis le ton chocolat clair jusqu’à un ton noir assez foncé.
- Le second de ces types est caractérisé par un front lisse, arrondi et oblique, des narines massives et dilatées, des lèvres épaisses, un menton fuyant.,Ces quelques caractères tendent à rapprocher ce type des nègres, mais il s’en éloigne cependant par l’ensemble de la physionomie. Quant au premier type, il a, au contraire, le front haut et droit, une mâchoire supérieure très peu prognathe, le nez un peu busqué et fin. Les pommettes sont peu visibles, les lèvres sont d’épaisseur moyenne. Le profil d$ ce type a beaucoup de ressemblance avec celui | des Bedjahs de la Nubie. y
- Les femmes sont souvent atteintes de stéatopvgie.
- Alimentation. — La nourriture des gens delà côte se compose principalement de riz, de dattes, de moutama. Les nomades vivent généralement de laitage et de bétail. Pour les grands voyages, ils emportent des calebasses, renfermant des morceaux de mouton grillé, noyés dans du beurre fondu. Ils mangent les gazelles, mais jamais les oiseaux. Au Jardin d’Àcclimatation, ils veulent tuer eux-mêmes les moutons devant servir à leur nourriture. Ils sont, en général, très gloutons. Ils boivent du lait et de l’eau, jamais de liqueurs spiritueuses; Les nomades se procurent du feu, en frottant deux morceaux de bois l’un contre l’autre. Les ustensiles de cuisine sont assez grossiers, ce sont des vases en terre noire sans ornements, les cuillères et les.plats sont en bois.
- Habitations. — Les demeures somalis consistent en des « gourguis », faits de nattes et de peaux; elles sont transportables. Sur la côte, il existe des cabanes plus spacieuses ; elles sont carrées et renferment plusieurs pièces. L’ameublement de ces cabanes consiste en un tabouret en bois ou en un lit formé de montants supportant un châssis en cordes..
- Habillement. — Le costume des deux sexes est assez peu compliqué, on se drape dans une pièce d’étolFe. Les femmes l’agrafent sur l’épaule gauche, laissant parfois un sein à découvert. Elles se forment une espèce de jupe en se ceignant d’une ceinture. '
- La chaussure consiste en une espèce de sandale. Les nomades ont le même costume, seulement*il est en peau. Au cou ils portent un petit sachet de' cuir renfermant une prière du Coran. Comme ornements, les femmes portent des boucles d’oreilles, des colliers, des bracelets aux coudes et aux poignets. Leurs cheveux sont enfermés dans une coilfe. Les enfants ont la tête en partie rasée, à l’exception de
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- deux bandes de cheveux qui se coupent à angle droit beaucoup de sa chevelure. Plus elle est longue et sur le sommet de la tète. Le Somalis s’occupe rougeâtre, plus le propriétaire en est fier. La cou-
- Fig. i. —Les Somalis au Jardin d’Acclimatation de Paris. (D’après une photographie instantanée de M. Maurice Bucquet.)
- leur rouge s’obtient à l’aide de l’eau de chaux.
- Les armes sont : le petit bouclier rond fait en peau d’antilope, la massue et les deux lances qu’ils projettent au loin avec une grande vigueur.
- Les nomades ont de plus un arc avec lequel ils lancent des flèches empoisonnées et une fronde. Sur la côte ils ont quelques fusils.
- Agriculture.
- — Les cultures n’existent pas, cela tient, dit M. Révoil, aussi bien à la paresse incarnée des indigènes, qu’à la nature du sol qui manque de terre végétale.
- Caractères moraux. — L’hospitalité entre indigènes se donne, surtout sur la côte, assez généreusement.
- Le vol et le brigandage, exercés avec audace, ont quelque chose de méritoire pour le Somalis.
- En signe d’amitié, ils se serrent la main. Le serment s’emploie souvent, mais ils n’y attachent pas grande importance, si ce n’est lorsqu’il s’agit de « vendetta » : celui-là, on le tient.
- Les Somalis ne possèdent pas d’instruments de musique : en dansant, ils s’accompagnent delà voix et des mains.
- L’islamisme est la seule religion des Somalis Ils sont fort peu superstitieux. Il y a cependant de nombreuses légendes qui ont cours chez eux; il est question des serpents qui, parfois, dit-on, poursuivent les voleurs
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- jusqu’à ce qu’ils aient abandonné les objets volés. Institutions sociales. — Les jeunes Somalis ne
- peuvent se marier avant l’àge de 15 ans; les riches seuls ont plusieurs femmes, mais ils ne peuvent en
- Fig. 5. — Omar Joussouf, jeune Somalis, 20 ans. Fig. 6. — Samawota Douali, jeune femme somalis, 20 ans.
- (D'après les photographies exécutées par le prince Roland Bonaparte, au Jardin d’Acclimatation de Pans.)
- avoir qu’une sous le même toit. Les cérémonies I que assez souvent, la femme redevient alors eom des mariages sont très simples. Le divorce se prati- | plètement libre de ses actes.
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- Les femmes ne portent pas de voile comme les Arabes. Les morts sont enterrés suivant le rite musulman : le corps est cousu dans un linceul de peau ou de toile, on le porte à la mosquée, où l’on dit les prières d’usage ; il est ensuite conduit en terre.
- Au point de vue social, les Somalis se divisent en trois classes : la première est celle des riches propriétaires, la seconde celle des Bédouins, et enfin la dernière celle des midgans. Les esclaves sont peu nombreux.
- Telle est, à grands traits, la description de ce peuple Somalis qui habite un pays si affreux et si désolé, que M. Révoil le caractérise en disant que le « seul champ que l’on y cultive, est le champ des morts1». Prince Roland Bonaparte.
- UNE MINE EXPLOITÉE PAR LES MINEURS
- LA CONCESSION DE RIANCÉ
- Il existe en France, à l’extrémité la plus méridionale du département de l’Ariège, sur les flancs d’un puissant contrefort des Pyrénées et dans la très pittoresque vallée de Yicdessos, des mines de fer qui présentent ce caractère particulier d’être une des applications très rares chez nous de la théorie célèbre : « La mine au mineur. » A ce titre elle nous paraît curieuse à étudier. Depuis longtemps, les mines de Riancé fournissent journellement à l’industrie plus de 25 000 kilogrammes d’un minerai de fer, riche à 45 pour 100 environ, comparable au meilleur de Suède ou d’Afrique, et très recherché pour la fabrication de l’acier. Les ouvriers qui y sont occupés sont au nombre de quatre cents.
- Ces ouvriers sont propriétaires de la mine de temps immémorial. Le plus ancien document qui leur reconnaît cette possession est une charte de 1293 d’après laquelle Roger Bernard, comte de Foix, la leur confirme; les plus récents sont le règlement général du 51 mai 1855 et l’ordonnance royale du 15 mai 1843 qui délivre la concession au prolit des huit communes qui constituaient alors la vallée de Yicdessos. Bien entendu, cette concession faite au profit de ces communes n’est qu’une fiction légale et n’a pour but que de fixer l'état civil des mines; car, en fait, les habitants seuls ont le droit, à l’exclusion de tous autres, d’extraire du minerai et de le vendre à leur compte individuel.
- Le premier soin de la réglementation qui forme le fond du régime des mines de Riancé a été d'empêcher les ouvriers de se faire concurrence entre eux. On a donc été obligé de limiter la quantité de minerai que chacun peut extraire par jour et d’en fixer le prix de vente. C’est le préfet du département qui, au commencement de chaque année, fixe ce prix. L’exploitation est, du reste, dirigée exclusivement par les ingénieurs de l’État.
- De ce que les ouvriers n’ont à attendre leur salaire que d’eux-mèmes et de leur travail et n’ont d’autre ré-
- 1 Nous accompagnons cette notice des reproductions de deux photographies que M. Maurice Buequet a bien voulu exécuter spécialement pour La Nature (fig. 1 et 2) et de quatre autres (fig. 3, 4, 5 et 6) que M. le prince Roland Bonaparte a faites pour sa belle collection anthropologique, et qu’il nous a autorisé à reproduire. — Nous ajouterons que les Somalis ont apporté avec eux au Jardin d’Acclimatation, des Méharis ou chameaux coureurs, et de petits chevaux de course de leur pays, qu’il est très intéressant de voir manœuvrer. G. T.
- munération que la vente de leur minerai, il en résulte nécessairement qu’ils font sans rétribution les réparations qui leur sont commandées dans les galeries et chemins d’accès. Comme il faut payer les travaux d’art et de recherche, ils prélèvent, sous forme d’octroi, cinq centimes par volte (60 kilogrammes) de minerai vendu et en forment, dans ce but, un fonds spécial. Comme il faut aussi payer leurs contremaîtres, qu’on appelle dans le pays des juruts, ils prélèvent à cet effet un centime et quart par volte extraite. Enfin, pour le bon fonctionnement de la Société de secours, ils font deux voltes supplémentaires par mois ; et, pour payer les ouvriers de corvée, les indemnités dues aux blessés, aux vétérans et à divers auxiliaires, tels que sergents de village, monteurs d'horloge et autres, ils extraient gratuitement toutes les voltes qui leur sont commandées à cette intention. Il va sans dire que les heures d’ouverture et de fermeture des chantiers sont rigoureusement fixées, et que les infractions aux règlements ou aux ordres de l’administration sont réprimées par des pénalités sévères, amendes, exclusions temporaires ou même définitives, s’il y a lieu.
- Le voyageur qui se rend à Riancé assiste à un spectacle original. Sur la place où débouche la grande galerie d’ex-ploitation, il rencontre une multitude de mulets chargés de clochettes au cou, portant deux larges paniers et conduits par des femmes, des enfants ou des vieillards. Ces animaux se croisent de tous côtés, remontant de la vallée par des chemins escarpés : arrivés sur la place, ils s’arrêtent d’eux-mèmes devant l’une des baraques où le minerai est déposé ; celles-ci sont au nombre de 400 à 500, sur deux ou trois rangs et simulent assez bien des huttes de sauvages. Le chargement du minerai est vite fait par ceux qui conduisent les mulets, ils en ont tellement l’habitude qu’ils ne dépassent jamais dans leurs charges un poids uniforme et ne se trompent que rarement : puis ils vont vendre le produit pour le compte de chaque mineur à des entrepositaires qui transportent ensuite ces divers chargements aux différents établissements métallurgiques de la contrée. Sur la route, les mulets passent devant le pavillon de l’octroi chargé de percevoir le sou par kilogramme destiné à former le fonds pour travaux de recherches; mais les employés de l’octroi ne recueillent pas ce sou immédiatement, ils se bornent à faire le décompte du nombre de mulets qui passent devant eux, multiplient le nombre de passage par le nombre de voltes dont est chargé chaque animal et font la perception à la fin de la semaine. Il y a ainsi quatre voyages par jour, qui sont terminés à peu près vers 1 heure de l’après-midi.
- A Riancé, deux postes de mineurs travaillent chacun cinq heures par jour : le premier de 7 heures du matin à midi, le second de midi à 5 heures du soir. A peine le dernier mulet est-il parti vers 1 heure de la place, qu’on voit aussitôt la porte de la galerie percée dans la montagne s’ébranler et les ouvriers, formant le poste du matin, ramener au jour dans des wagonnets le produit de cinq heures de travail. Bientôt les wagonnets, détachés les uns des autres, sont disposés à proximité d’un groupe de cabanes, un de leurs côtés s’abat, et des enfants de mineurs, qui avec les mains, qui avec des pelles et des crochets, chargent le minerai dans des paniers : aussitôt que l’un de ceux-ci est plein, un homme de peine ou « gourbaltier » le charge sur son dos et va le transporter au petit trot vers l’une des cabanes de la place où il e décharge rapidement. Les premiers wagonnets sont portés à celles des cabanes qui représentent les divers services
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- due nous avons indiqués tout à l’heure (caisse de secours, vétérans, etc.); les autres sont pour le compte des divers mineurs d’après une organisation spéciale qu’il serait trop long d’indiquer ici. C’est un spectacle fort pittoresque que celui de la place en ce moment : un quart d’heure durant, il y a là un fourmillement, un va-et-vient indescriptible, sur une place de 600 mètres de superficie, au milieu des wagons et des cabanes, d’hommes et d’enfants qui s’entre-croisent et travaillent avec la plus grande hâte.
- Si l’on pénètre avec eux dans l’intérieur du souterrain, l’effet du tableau est plein de charme. L’obscurité est en effet complète, on aperçoit à peine les mineurs qui portent un vêtement couleur de roche: chacun des travailleurs est muni d’une lampe qu’il porte à la bouche lorsqu’il charge le minerai ou qu’il plante dans le mur lorsqu’il travaille; les petits points lumineux dispersés au hasard que produisent ces petites lampes, donnent tout à fait la sensation d’une retraite mystérieuse.
- L’organisation intérieure du travail est curieuse à plus d’un titre. Lorsqu’on reste plusieurs heures sous ces voûtes, on rencontre, par exemple, à quelque 300 mètres du jour, la première section de travailleurs au repos, les lampes éteintes, dans l’attitude de gens que l’attente fatigue; plus loin, la seconde section, au contraire, travaille avec activité, on n’entend que le bruit des pics qui travaillent la roche et les lourdes charges jetées dans les wagons ; plus loin enfin il y a un emmêlement de grandes ombres et de lampes, un véritable coup de feu. La cause en est qu’en raison de la dureté très variable de la roche et des différences de force et d’activité des mineurs, les uns ont terminé leur travail plus vite que d'autres; mais, pour qu’il y ait égalité, on change chaque fois les sections de place : de cette façon, aucune réclamation n’est à craindre.
- À la sortie, a lieu la pesée des wagons. Nous avons dit tout à l’heure que la quantité de minerai que chaque ouvrier pouvait extraire, était nécessairement limitée: le poids de chaque Avagonnet est donc déterminé, et tout ce qui dépasse est rigoureusement enlevé par les surveillants pour être vendu au profit du fonds spécial. Bien que depuis longtemps les mineurs soient habitués à celte manière de procéder, ils supportent avec peine de se voir ravir une parlie de leur travail lorsque, par mégarde ou distraction, ils ont extrait plus de minerai que la part qui leur est attribuée.
- A ce régime, les mineurs ne font pas fortune. Le prix réglementaire de la volte est, depuis plusieurs années, de 60 centimes, et comme ils ne font que 4 voltes par our pour leur compte personnel, cela leur fait 2 fr. 40 : en déduisant le sou quotidien pour les jurais et les frais d’huile et d’outil, il ne leur reste plus que 2 fr. 20. Il paraît que c’est le salaire qu’ils avaient en 1811.
- Quant à l’administration, c’est celle de l’Etat. Le préfet de l'Ariège est chargé, sous les ordres du directeur général des ponts et chaussées et des mines, de l’administration et de la police de l’exploitation de Riancé : il prend donc les mesures pour que l’exploitation de ces mines réponde aux besoins de la consommation, taxe le prix du minerai et le nombre des voltes journalières, arrête chaque année la liste des mineurs et nomme les jurats, il est l’ordonnateur du fonds spécial; les décisions sur ces divers objets sont prises sur l’avis de l’ingénieur des mines et soumises à l’approbation du directeur général. L’ingénieur en chef des mines du département de l’A-riège, ayant sous ses ordres un ingénieur ordinaire en station à Yicdessos, est chargé de la proposition des tra-
- vaux à exécuter dans les mines et de leur direction : il adresse les projets annuels au préfet qui les transmet, avec ses observations, au directeur général des ponts et chaussées et des mines, lequel prononce, après avoir pris, s’il y a lieu, l’avis du conseil général des mines. Au-dessous de l’ingénieur et sous ses ordres, un conducteur principal des travaux, nommé par le directeur général, dirige tout ce qui concerne l’exploitation : il guide les jurats dans la surveillance qu’ils doivent exercer sur la conduite et la tenue des chantiers et assiste avec voix délibérative à leurs réunions; il dresse les procès-verbaux des contraventions, dans le cas où les jurats négligeraient de le faire. Cette organisation règle, d’une part, la situation des mineurs; de l’autre, le rôle de l’administration.
- Alfred Renouard, ingénieur civil.
- LE FUSIL LEBEL
- ET LE NOUVEAU FUSIL ALLEMAND
- La question du fusil est l’une de celles qui ont préoccupé au plus haut point, au cours de ces dernières années, le monde militaire. 11 y a trente ans, nous en étions encore, en Europe du moins, au fusil a baguette; il y a moins de dix ans, on croyait encore à la supériorité définitive du premier fusil à aiguille, le vainqueur de Sadowa. Fusil à baguette et fusil à aiguille, quelques pages glorieuses qu’ils aient a enregistrer dans leurs annales, s’en sont ailés rejoindre dans l’oubli les armes qui les avaient précédés, depuis le mousquet des reî-tres du roi de Navarre jusqu’au légendaire fusil à pierre d’Austerlitz et d’Iéna. Quel chemin parcouru depuis moins d’un demi-siècle, et de quelle stupeur se sentiraient envahis les troupiers d’Afrique, les vainqueurs de Solférino môme, si, revenus pour un moment parmi nous, on leur mettait en mains nos merveilleuses armes modernes, notre fusil Lebel ou le Mannlicher de nos voisins, avec leur élégant canon de 8 millimètres, mince et fluet comme un porte-plume bronzé, et leur provision de cartouches, allongées sous le bois de l’arme, ou couchées côte à côte dans le « chargeur » !
- Nous n’avons point à refaire ici l’histoire des fusils à répétition ; La Nature en a longuement et savamment parlé à diverses reprises. Le dernier article qu’elle ait publié sur les récents progrès des armes portatives a conduit ses lecteurs jusqu’à l’adoption, en 1884, par l’armée allemande, du fusil à répétition système Mauser, contemporain de notre fusil également a répétition1. A cette date, si rapprochée de notre année 1890, l’armement européen se répartissait entre une dizaine de modèles, très intéressants à la vérité, et dont quelques-uns même pouvaient sembler définitifs. La France avait le Gras et le Kropatschek; l’Allemagne, le Mauser; l’Autriche, le Mannlicher; la Suisse, le Wetterli; la Russie, le Rcrdan; l’Angleterre, le Martini. Successivement, étaient en outre apparus le Spencer, le
- 1 Voy. n° 665. «lu 27 lévrier 1886.
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- Winchester, le Hotchkiss, le Iarman, le Lee, l’Evans et tant d’autres, présentant tous quelque disposition d’une indéniable originalité.
- Tous ces systèmes, si ingénieux que fût leur mécanisme, n’étaient cependant que transitoires. Les hommes de guerre ne s’y trompaient point. Ils proclamaient ouvertement que les progrès que semblaient réaliser ces armes nouvelles n’étaient dans tous les cas que d’ordre absolument secondaire. Ce qu’il fallait obtenir, le but vers lequel devaient tendre tous les efforts, était l’obtention d’une arme « de petit calibre », permettant d’augmenter le nombre des cartouches mises à la disposition du soldat, et accentuant en même temps la tension de la trajectoire et la force de pénétration du projectile. Cette arme de petit calibre est aujourd’hui trouvée. Les premiers — après la Suisse toutefois, qui avait, dès 1881, utilisé les recherches du major Rubin et du professeur Hebler — les premiers parmi les grandes nations militaires, nous avons construit le fusil Lebel de 8 millimètres, aujourd’hui l’arme de guerre de la France et celle de la Russie.
- L’Allemagne et l’Autriche ont, de leur côté, adopté le Mannlicher de calibre réduit.
- Lebel et Mannlicher se partagent doncles honneurs du grand armement européen. Avant d’aborder la description des deux nouveaux fusils, quelques développements sur la réduction du calibre de l’arme et sur la transformation correspondante de la cartouche nous semblent nécessaires. La cartouche était, en effet, l’objectif principal des études nouvelles. Pour augmenter le nombre des coups disponibles, il fallait arriver à l’allègement de la cartouche ou h celui de ses composants, principalement de la balle et de la charge de poudre. Si ce double but n’était point atteint, il était parfaitement inutile de songer à la transformation de l’armement. La cartouche de guerre, modèle 1871-1884, pesant 45 grammes et mesurant une longueur de 78 millimètres, devait forcément, si l’on voulait arriver à un résultat pratique, être réduite au moins de poids. Il fallait, en un mot, — et c’est là que la question du fusil se confond avec celle de l’explosif, que nous avons récemment traitée1, —il fallait arri-
- 1 Voy. nos articles sur la Poudre sans fumée, n°* 885, 889 et 894, des 17 mai, 14 juin et 19 juillet 1890
- ver à la découverte d’une poudre nouvelle, dont la puissance permît de réduire le volume de la charge et en même temps celui du projectile, tout en augmentant la puissance balistique de l’arme.
- La poudre dite sans fumée, à base de nitrocellu-lose, «levait seule résoudre cet intéressant et multiple problème. Nous en avons parlé assez longuement ici même'pour ne plus revenir sur la composition du nouvel explosif de guerre, adopté aujourd’hui par la plupart des futurs belligérants. Rappelons seulement qu’à ses précieuses propriétés balistiques, la poudre sans fumée joint encore celle de ne point encrasser les armes, qualité indispensable pour l’emploi d’un fusil de petit calibre. Les poudres anciennes étaient si inférieures à ce point de vue, qu’au bout de 20 à 25 coups, une arme de calibre réduit n’offrait plus aucune régularité dans le tir. Aujourd’hui, l’arme reste parfaitement nette. De 45 grammes qu’elle pesait avec le modèle 1884, la cartouche a été réduite à 29 grammes. De 25 grammes, la balle, antérieurement en plomb filé, s’écrasant facilement contre le but, a été réduite à 14 grammes; la chemise de nickel, de mail-iechort ou d’acier, qui recouvre le noyau cen -tral, lui permet, en outre, de traverser les obstacles les plus résistants, sans déformation aucune.
- La meilleure façon de se rendre un compte exact de l’ingénieuse, et quelque peu compliquée disposition du fusil Lebel, serait, à coup sûr, de faire jouer pendant une demi-heure son mécanisme. Le tir coup par coup, aussi bien que le tir à répétition, s’expliqueraient ainsi d’eux-mêmes, expérimentalement, et très rapidement. Rien ne serait plus facile, au besoin, que de prendre pour guide très détaillé, décrivant le fusil nouveau pièce par pièce, vis par vis, Y Instruction sur l'armement et les munitions, récemment publiée sous les auspices du Ministère de la guerre. Le fusil Lebel présente, du reste, assez d’analogies avec ses prédécesseurs, le fusil Gras et le fusil Mauser, pour qu’il soit seulement utile d’examiner ses dispositions principales, que nous nous sommes spécialement attachés à reproduire dans les figures que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs.
- En premier lieu, le réservoir ou magasin à cartouches, placé sous le canon même de l’arme, ren-
- Fig. 1 et 2. — Le mécanisme du fusil Lebel. — Fig. 1. L’auget A est abaissé. Fig. 2. — L’auget A est relevé et la cartouche amenée en face du tonnerre.
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- fermant huit cartouches placées bout à bout, qu’un ressort à boudin R, dont on voit l’extrémité à droite des figures 1 et 2, pousse, vers l’arrière, dans un auget. Cet auget À, en s’élevant, présente la cartouche à l’entrée du tonnerre de l’arme. Au moment môme où l’auget se relève, une griffe d’arrêt G, en faisant saillie sur le plan inférieur du tube, arrête la cartouche suivante qui est ainsi maintenue à la porte du magasin. Le mouvement de poussée en avant de la culasse mobile C conduit, de l’auget dans le tonnerre, la cartouche prête à être « tirée ». Le fonctionnement du tir à répétition repose tout entier sur ce simple mouvement. Yeut-on tirer coup par coup, supprimer le tir rapide, une pression sur un levier de manœuvre L, dont on voit la tête quadrillée à droite du pontet, paralyse immédiatement ce mécanisme, et l’arme peut alors être employée comme toute arme de guerre ordinaire. Dans
- la figure 1, la cartouche vient d’être placée sur l’auget; dans la figure 2, la cartouche est déjà relevée, et va être repoussée dans le tonnerre par le mouvement de fermeture de la culasse mobile.
- Le canon du fusil Lebel, en acier trempé, est, comme on peut s’en assurer en inspectant le premier régiment qui passe, bronzé extérieurement. L’âme cylindrique, du calibre de 8 millimètres, porte quatre rayures en hélice, tournant de droite à gauche, et faisant un tour sur 24 centimètres, avec une profondeur uniforme de 0ram,15. La longueur de l’arme, avec la baïonnette, est de lm,825; sans baïonnette, de lm,307. Le canon est long de 0m,80, l’âme cylindrique rayée de 0m,7275. Le minimum du calibre est de 7mm,98 ; à 8mm,20, le canon est mis au rebut. La longueur totale du magasin placé sous le canon est de 667mm,50; son diamètre est de I 7 millimètres. Sans baïonnette, et magasin vide,
- Fig. 3.— Le fusil Lebel et sa cartouche. — N"’ 1 et 2. Vue générale du fusil.— X° 3. Cartouche, vue extérieure, grandeur d’exécution. N* 4. Coupe de la cartouche. — a. l'oudre sans fumée. — b. Balle. — c. Amorce.
- le fusil Lebel pèse 4kM80; avec le magasin chargé à 8 cartouches, 4ks,415. L’épée-baïonnette elle-même pèse 400 grammes sans fourreau, ce qui porte le poids du fusil, chargé et armé, à 4k»,815.
- Reste à décrire la cartouche, dont nous avons déjà signalé les effets meurtriers, absolument « irréprochables » ; nous n’y reviendrons donc pas1. Panneaux épais de 30 centimètres et plus, perforés à des distances relativement considérables, comme le seraient des obstacles ordinaires; rangées d’hommes transpercés, avec une délicatesse inconnue jusqu’ici : les merveilles de la balle Lebel, de cette balle minuscule qui semble un bijou et dont on ferait volontiers une élégante breloque, ne sont plus un secret pour nous. Voyez-la du reste (fig. 3), avec son étui en laiton, en forme de carafe allongée, munie à sa partie inférieure d’un renflement pour être facilement saisie par l’extracteur, chargée d’une capsule au fulminate de mercure et
- 1 Voy. n° 851, du 28 septembre 188Ü.
- d’une provision de poudre sans fumée, que l’on dis tingue facilement dans la coupe de la cartouche. Les cartouches chargées à la poudre noire ancienne exigeaient 4«r,200 d’explosif; la cartouche Lebel se contente de 2sr,700 de poudre sans fumée. Quant à la balle elle-même, en plomb revêtu d’une chemise de maillechort, son poids, nous l’avons déjà dit, est de 14 grammes.
- Il a été question à maintes reprises, récemment, des vitesses initiales et des pressions intérieures résultant de l’adoption du fusil et de la cartouche nouvelle. La vitesse initiale du projectile fixe seule la tension de la trajectoire et le maximum de visée de l’arme ; de la pression intérieure des gaz développés dépendent la solidité du fusil et, par suite, la sécurité du tireur. La vitesse initiale qu’imprime au projectile le fusil Lebel, peut être évalué à 600 mètres par seconde, pour une balle de 14 grammes; les pressions intérieures développées par l’explosion de la charge, à 2500 kilogrammes par centimètre carré, chiffre qui peut être supporté en toute sécu-
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- rite par le canon. Si nous nous en rapportons — et nous n’avons aucune raison d’agir contrairement — aux résultats qui nous ont été communiqués, le tir à répétition, dangereux, au point de vue des pressions et de la chaleur qui en résulte, dans les armes de nos voisins, serait sans inlluencc sur le fusil Lebel. Nous n’avons donc qu’à nous féliciter hautement de son adoption dans notre armée. C’est, sans nul doute, à ces propriétés précieuses, que l’arme française doit d’avoir été choisie entre toutes par l’état-major russe, qui vient, comme l’on sait, d’en commander cinq cent mille à notre manufacture nationale de Saint-Étienne. Maxime IIéi.èxe.
- — A suivre. —
- NÉCROLOGIE
- Ferdinand Mathias. — Ferdinnnd Mathias, né le 6 juin 1814, reçut à Paris, au lycée Henri IV, celte forte instruction littéraire qui était alors le complément indispensable de toute éducation libérale; toujours il en garda la trace, et on la retrouve dans ses paroles comme dans ses écrits, dont il soignait la forme avec tant de succès.
- En 1851, il entre à l’Ecole centrale, que venaient de fonder Dumas, Ollivier, Péclet et Lavallée. 11 fut de la seconde promotion, promotion bien modeste, puisqu’elle ne comptait que vingt élèves en 1853, dont sept vivaient encore en 1889. Mais ces ouvriers de la première heure étaient des initiateurs et, paruii eux, Ferdinand Mathias brille au premier rang. —11 n’embrasse pas tout d’abord la carrière où il devait s'illustrer; les chemins de fer n’existaient pour ainsi dire pas encore en France ; mais, dès sa sortie de l'École, à dix-neuf ans, il entre dans la pratique des choses. Nous le trouvons en Autriche, donnant, comme ingénieur, des consultations industrielles, dirigeant une sucrerie, puis à la tète d’une importante papeterie. Pendant cette période de sa vie, il fut victime d’un accident qui pouvait lui coûter la vue : un ballon d’acide sulfurique, en éclatant, lui brûla complètement l’œil droit. Cet accident eut, sur sa carrière une influence considérable; sans ce malheur, il se serait peut-être fixé en Autriche, d’une manière définitive.
- En 1844, nous retrouvons en France Ferdinand Mathias; il s’occupe bientôt de navigation à vapeur et, dans un ouvrage publié en collaboration avec son camarade de promotion Callon, il préconise déjà la condensation par surface, la détente et la haute pression. 11 y avait à ce moment quelque mérite à le faire, car le public était sous la fâcheuse impression produite par des explosions de chaudière, et l’on ne voulait plus entendre parler que des moteurs à basse pression. Nous voyons aussi l’ingénieur à la tète d’une fabrique d’instruments agricoles ; ce fut lui qui étudia les premières faucheuses.
- En 1846, il trouve la voie qu’il devait suivre avec tant de succès. Petiet, qui venait, l’année précédente, d’être nommé chef d’exploitation de la Compagnie du Nord, et qui se connaissait en hommes, avait pris pour second, pour bras droit, Félix Mathias, le frère de celui à la mémoire de qui sont consacrées ces lignes; il voulut aussi s’attacher Ferdinand dont il appréciait les capacités, et le nomma ingénieur de la traction à Amiens d’abord, puis à Lille.
- Les fonctions de ce grade, ne ressemblaient en aucune façon alors à ce qu’elles sont aujourd’hui. C’est à peine si l’on avait des machines; mais les dépôts, les ateliers
- de réparation manquaient complètement; on n’avait point d'exemple, point de précédent : il fallait tout inventer. La tache que Petiet avait remplie en organisant de toutes pièces le service des gares et des trains, Ferdinand Mathias à Lille, Chobrzynski à Paris, l’accomplirent en créant le service de la traction. Il y eut des tâtonnements.
- « Nous ne savions trop, ni les uns, ni les autres, disait plus tard Ferdinand Mathias, ce qu’était un service de traction. » Mais il était un organisateur et un administrateur de premier ordre; il triomphe de toutes les ditfi-cultés : il crée successivement les dépôts de machines de Fives, Uazehrouck, Soinain et Lens qui, pendant de bien longues années, ont suffi aux besoins de plus en plus considérables de l’exploitation. — L'importance toujours croissante de la section que dirigeait Ferdinand Mathias (son effectif était passé de 20 à 500 machines) rendait complètement insuffisants les ateliers de réparation de Fives. 11 propose alors à Édouard Delebecque, ingénieur en chef du matériel et de la traction depuis 1871, de construire à Uellemmes, sur de vastes terrains inoccupés, de grands alel.ers qui deviendraient, pour la région du Nord tout entière, ce qu’éiaient ceux de La Chapelle pour le reste du réseau. Sa proposition ayant été acceptée, il entreprit en F rance, en A ngleterre et en Autriche, un grand voyage d’études, et conçut ensuite le plan de ces beaux ateliers qui sont appréciés par les ingénieurs de l’Europe entière.
- En 1885, Ferdinand Mathias est nommé inspecteur principal de la traction à Paris, à la mort de Chobrzynski; il continue à suivre la voie où était entré cet ingénieur, qui avait substitué le charbon au coke pour l’alimentation des machines. Au mois de septembre 1888, à la mort d’Édouard Delebecque, si prématurément enlevé à la Compagnie, il est nommé ingénieur en chef du matériel et de la traction. — Ferdinand Mathias, qui pendant trente-huit ans avait habité Lille, y avait de nombreux amis; il s’élait fait dans la ville une situation prépondérante, et, comme ingénieur, il était pris pour arbitre en mainte circonstance; on n’en appelait jamais de ses décisions. H était de la Société des sciences de Lille, et Y faisait de fréquentes communications; de la Société de géographie; enfin de la Société industrielle dont il fut vice-président des l’origine, et dont il devint president à la mort de M. Kuhlmann. Il avait reçu, en témoignage des services rendus à celte Société, la grande médaille d’or de la fondation Kuhlmann. Déjà, en 1887, tous ses services, et ceux qu’il rendit à cette époque à l’Administration de la guerre, lui avaient valu la croix d’officier de la Légion d'honneur. Une courte maladie vient inopinément d’enlever cet homme de bien à l’affection de tous ceux qui l’ont connu l.
- CHRONIQUE
- Les rails en fer et en acier aux Etats-Unis. —
- D’après une statistique dressée en 1880, la longueur totale des rails d’acier employés en Amérique n’était que de 29 pour 100 de la longueur totale des rails de ce pays. Ce chiffre s’est élevé à 74,8 pour 100 en 1890. Si la progression se continuait dans le même rapport que pendant les dix dernières années, il n’y aurait plus un seul rail en fer avant la fin du siècle. Mais si l’on remarque que l’accroissement s’est produit moins vite pendant la fin que pendant le commencement de la décade à laquelle
- 1 D’après une notice originale communiquée par M. Du Bousquet, ingénieur principal de la Traction à la Compagnie du chemin de fer du Nord.
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- se rapporte la statistique, et si l’on considère, d’autre part, qu’un certain nombre de vieux rails en fer existent plutôt sur le papier que dans l’exploitation courante des lignes de chemins de 1er, on arrive à cette conclusion qu’il nous faudra encore bien des années avant que la mention des rails en fer disparaisse complètement des tableaux de statistique.
- l’n morceau de granit monstrueux. — La
- Bodwell Granité Company, de Yinalbaven (Maine) vient d’extraire de ses carrières un bloc de granit qui, si l’on en croit notre confrère Iran, est le plus gros morceau de pierre qui ait jamais été extrait d'une carrière. Si l’on procède à son érection, il constituera le plus haut, le plus large et le plus lourd morceau de pierre solide que l’on ait jamais vu, ou dont le souvenir se soit transmis jusqu’à nous. Sa hauteur dépasse celle des plus grands obélisques égyptiens : le plus élevé de ceux-ci, en effet, qui fut transporté par l’empereur Constantin d’iléliopolis à Alexandrie, et de là à Rome, où il existe encore, a 105 pieds (52 mètres) de hauteur tandis que le monolithe moderne a 115 pieds (55 mètres) de longueur, 10 pieds (5 m. 1) de côté à la base et pèse 850 tonnes. La Bodwell Company a extrait ce monolithe sur sa propre initiative et sans en avoir reçu la commande ; on suggère aujourd’hui
- I idée, pour utiliser cette rare trouvaille, d’en faire la contribution particulière de l’État du Maine au monument que l’on élève en Amérique pour rendre hommage à la mémoire du général Grant.
- Sensibilité des appareils sismiques. —M. Tac-cliini, directeur de l'observatoire du College romain, a fait dans ces derniers temps d'intéressantes observations sur l’inlluence du mouvement des passants, des véhicules, etc., et du vent, sur les appareils sismiques installés dans la vieille tour du Collège, à 40 mètres au-dessus du niveau de la ville. Le résultat a été que les oscillations produites par un régiment de soldats qui passait à 150 métrés de la tour, furent enregistrées par les appareils, ce qui démontre leur sensibilité et leur aptitude à ce genre d’enregistrement. M. Tacchini en prend texte pour insister sur la nécessité, qui devient chaque jour plus pressante, de placer les observatoires géodynamiques dans les lieux parfaitement tranquilles, autant que possible éloignés de toute action perturbatrice.
- ltarque préhistorique. — Une découverte intéressante vient d’etre faite dans la rivière du Cher, à Valette, commune de Saint-Julien-sur-Cher (Loir-et-Cher).
- II s’agit d’une barque faite d’un seul morceau, ayant 0 métrés de longueur sur 70 centimètres de largeur. Celte barque, absolument semblable, comme forme et comme construction, à celles que l’on voit exposées au Musée de Bourges, et dont l’origine préhistorique n’est pas douteuse, a été creusée dans un chêne avec un outil tranchant dont on aperçoit encore les traces. Les deux extrémités, taillées en biseau, sont relevées ; le fond, consolidé par deux contreforts réservés dans la masse, est perforé de trois trous hermétiquement bouchés au moyen de chevilles en bois.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 septembre 1890. — Présidence de M. Duchautre
- L’arbre a gulta-percha. — M. Sérullas, chargé par le gouvernement français d’une mission dans le but de rechercher les conditions, du développement de l’arbre à gutta-percha, résume les résultats d’une longue explora-
- tion à travers l’archipel malais. On sait que le procédé rudiinenlaire employé par les indigènes pour recueillir la précieuse gomme, consiste à abattre l’arbre par le pied pour en extraire ensuite la sève contenue dans le tronc. Les applications de la gulta-percha ayant sans cesse tendu à se multiplier, sans que les sources de production aient été accrues, il en est résulté que cette substance, après avoir subi une hausse de prix progressive, a fini par se montrer rare. Les adultérations sont alors devenues très nombreuses et aujourd’hui il est presque impossible de se procurer celte matière à l’état de pureté, malgré son prix élevé. C’est d’ailleurs vainement qu’on a essayé de la remplacer, comme matière isolante, dans la fabrication des câbles électriques. L’arbre à gutta-percha, nommé Isonan-dra percha, fut découvert vers le milieu de ce siècle, avait été décrit très incomplètement, ce qui s’explique facilement, car il ne fleurit que tous les deux ans et croît de préférence dans les îles de l’archipel malais et dans le sud de Bornéo. M. Sérullas l’a observé à l’époque de la floraison et de la fructdication. Sa Notice très détaillée contient en outre l’historique de la découverte de l’arbre.
- Bouturage de la vigne. — M. Ravas examine les procédés de bouturage de la vigne ; ses recherches ont porté particulièrement sur le développement des racines. A ce propos il préconise l’emploi de Y écorçage qui, mettant à nu le pied du sarment, facilite l’absorption de l’eau. Telle est, suivant l’auteur, la cause de la supériorité de celte méthode. Il cite, à l’appui de son opinion, l’expérience suivante : 1750 boutures écorcées ont été mises en terre, en même temps que 1750 boutures non écorcées provenant du même plant. Le rendement a été de 90 pour 100 dans le premier essai et seulement de 21 dans le second.
- Varia. — M. Lecoq de Boisbaudran a déterminé l’équivalent chimique de la gadoline. — M. Leroy donne les résultats de l’analyse volumétrique du chlorure de soufre. — M. Gauthier envoie des observations recueillies sur le tornado du 19 août dernier. — M. Colladon décrit une trombe dont le corps était dirigé horizontalement. — M. Tacchini communique le résultat de ses investigations relatives à l’activité solaire, pendant le deuxième trimestre de cette année. — M. Pigeon présente un Mémoire sur la propagation de la syphilis, de la tuberculose par la vaccination. — MM. Rayet et Bigourdan envoient les ascensions et déclinaisons de planètes et comètes nouvellement découvertes. Stanislas Meunier.
- LA SCIENCE AU THEATRE
- I,A MARCHE AU PLAFOND
- Certaines villes de l’Amérique jouissent en ce moment d’un spectacle qui a jadis été offert aux Parisiens et que nous croyons intéressant de présenter a nos lecteurs. 11 s’agit, comme le montre la figure ci-après que nous reproduisons d’après le identifie American, d’une marche au plafond réalisée par une heureuse application des lois de la pression atmosphérique. Le plancher, ou plutôt, le plafond sous lequel marche la jeune acrobate est constitué par une planche de 8 mètres de longueur parfaitement adoucie et polie.
- L’adhérence contre ce plafond est obtenue à l’aide de deux disques en caoutchouc, analogues en principe au classique tire-pavé (ou aux patères pneu-
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- matiques) et solidement fixés aux bottines de la marcheuse. Ces disques en caoutchouc ont environ 11 centimètres de diamètre et 15 millimètres d’épaisseur; ilsprésententune forme concave, commeonpeut le voir sur la figure 2 qui reproduit la coupe du patin atmosphérique.
- Le centre du disque porte un bouton percé transversal em en t à son extrémité antérieure. Ce bouton est emboîté par une douille également percée d’un trou transversal, et cette douille est solidement attachée à la semelle de la bottine. Une tige formant pivot [>asse dans les trous de l’aiguille du pivot et de la douille, formant ainsi un joint articulé entre le disque et la bottine.
- Cette douille est a la hauteur du cou-de-pied et se trouve solidement fixée à l’empeigne. Tout cet ensemble constitue la suspension. Un fil de fer, replié en forme d’U, s’étend en avant jusque sous l’orteil et pivote sur deux tourillons ménagés sur la garniture métallique du disque en caoutchouc.
- Dans sa position normale, ce lil de fer est maintenu éloigné du disque par un ressort et presse contre la semelle. Une partie du fil de fer se projette en arrière et vient agir, par l’intermédiaire d’un levier, sur une petite soupape d’échappement ménagée à la partie arrière du disque en caoutchouc. Lorsque le disque est pressé contre une surface plane, il vient s’y appliquer et y adhère solidement, par suite du vide créé à son intérieur par la pression exercée, comme dans le tire-pavé. Si, l’adhérence étant obtenue, on vient exercer une pression sur la partie antérieure du fil de fer en U, celui-ci bascule autour de ses pivots, ouvre la petite soupape, laisse entrer l’air dans le vide préalablement formé, et l’adhérence cesse. Tout le talent de
- la marcheuse au plafond consiste donc à appliquer méthodiquement ses pieds contre la surface lisse, et à permettre les introductions d’air sous les patins, de telle façon qu’il y en ait toujours un en prise, tandis que l’autre se détache et vient se
- placer en avant pour produire la progression.
- Il est facile de calculer la force portante d’une semblable disposition. Chaque disque a 4,5 pouces de diamètre (11 centimètres) la surface correspondante est de 16 pouces carrés (105 millimètres carrés). La pression atmosphérique totale correspondant à cette surface, en supposant un vide parfait, serait de 240 livres (108 kilogrammes). La disposition du système permet de réaliser presque complètement ce vide parfait, mais comme la personne qui se livre à cet exercice ne pèse que 125 livres (57 kilogrammes), on voit qu’il y a une marge suffisante pour parer aux imperfections de l’appareil. Malgré cela, la sécurité du système n’est cependant pas encore parfaite, et la présence d’un filet est absolument indispensable, car les chutes sont fréquentes. Le tout est de tomber avec grâce, pour ne pas effrayer le public, et avec habileté pour ne pas se briser la colonne dorsale. Ces chutes font d’ailleurs la moitié du succès par l’émotion qu’elles causent, et il serait peut-être peu politique d’avoir recours à un appareil plus perfectionné, plus sûr, mais aussi moins émouvant. Tout est donc pour le mieux dans ce système peu ordinaire de locomotion dont il serait bien difficile de trouver la place dans une classification méthodique. I)r Z...
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Fig. 1. — La marche au plafond exécutée dans un cirque par une acrobate américaine au moyen de patins pneumatiques.
- Fig. 2. — Détail du patin pneumatique.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 904. — 27 SEPTEMBRE 1890.
- LA NATURE.
- ASCENSION DU MONT-BLANC
- PAR M. J A N SSE N
- La séance de l’Académie des sciences de lundi dernier, 22 septembre, a été presque entièrement remplie par la communication de M. Janssen sur ses éludes spectrales au sommet du Mont-Blanc. L’intrépide savant, qui a porté
- dans presque tous les pays du monde le drapeau de la science française avec autant de dignité que d’énergie, a tenu ses auditeurs sous l’émotion de son récit. — Nous lui adressons ici l’expression de notre reconnaissance pour avoir bien voulu nous autoriser à reproduire dans La Nature les pages suivantes extraites de son Mémoire. On ne saurait les lire sans un sentiment de respect pour leur auteur et d'admiration pour son courage. G. T.
- Expédition de M. Janssen au Mont-Blanc; du 17 au 22 août 1890.
- Montée du Grand-Plateau le 18 août. (D’après une photographie instantanée de M. E. Saladin, ingénieur civil des mines.)
- Je viens rendre compte à l’Académie d’une récente excursion au Mont-Blanc, qui avait pour but de résoudre la question très controversée de la présence de l’oxygène dans l’atmosphère solaire, et aussi de démontrer la possibilité, pour les savants qui ne sont pas alpinistes, de se faire transporter dans les hautes stations où il y a aujourd'hui tant d’études importantes a faire, au point de vue de la météorologie, de la physique et même de l’astronomie.
- L’Académie se rappelle qu’il y a deux années, à
- 18e année. — 2e semestre.
- la fin d’octobre 1888, j’avais entrepris l’ascension du Mont-Blanc jusqu’à la cabane dite des Grands-Mulets qui est sise à une altitude d’environ 3000 mètres, sur des rochers portant ce nom.
- Les observations faites alors permirent de constater, dans les groupes de raies dus à l’action de l’oxygène atmosphérique, une diminution en rapport avec la hauteur de la station, et qui indiquait déjà nettement qu’aux limites de notre atmosphère, ces groupes devaient disparaître entièrement, ce qui
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- conduirait, par conséquent, à conclure que l’atmosphère solaire n’intervenait pas dans la production de ces groupes dans le spectre solaire.
- Mais la station des Grands-Mulets n'est placée qu’aux trois cinquièmes de la hauteur du Mont-B anc. Aussi, m’étais-je toujours promis de compléter cette première observation par une observation corroborative faite au sommet de la montagne.
- Il est vrai que cette ascension présentait, surtout pour moi, des difficultés qui paraissaient insurmontables. Déjà, l’expédition des Grands-Mulets m’avait coûté une fatigue extrême, et il semblait qu’une telle course exigeait des efforts considérables beaucoup plus grands: j’adoptai donc un mode nouveau d’ascension, celui du traîneau.
- L’expédition qui comprenait vingt-deux guides ou porteurs, destinés soit à remorquer le traîneau, soit à porter les instruments et les provisions, partit de Chamonix le dimanche 17 août vers 7 heures du matin; elle arrivait au chalet de Pierre-Pointue vers 10 heures. Du chalet aux Grands-Mulets on employa la chaise-échelle, formée de deux longs brancards de 4 mètres reliés vers le centre par deux traverses, qui forment un espace carré au milieu duquel le voyageur est placé sur un siège suspendu par deux courroies; une autre traverse également suspendue soutient les pieds. Les porteurs, tant à l’avant qu a l’arrière, placent les brancards sur leurs épaules et le tout constitue une file étroite d’hommes qui peut passer par les chemins les plus étroits et même les plus rapides.
- Nous eûmes quelquefois à franchir des parois tellement inclinées que la chaise était dans une position presque verticale. Le siège, en raison de son mode de suspension, restait toujours dans sa position normale. Du reste je me plais à dire ici que les porteurs enlevèrent toutes ces difficultés, dont on ne peut se former une idée que quand on est au milieu de ces chaos de glaces, avec un entrain superbe ; nous arrivions à la cabane des Grands-Mulets à 5 heures et demie, c’est-à-dire moins de six heures après notre départ du chalet de Pierre-Pointue.
- Nous couchâmes aux Grands-Mulets, et, le lendemain lundi, nous repartions à 5 heures du matin, mais alors en prenant le traîneau qui ne devait plus nous quitter jusqu’au retour aux Grands-Mulets et à la sortie des glaciers.
- En quittant la cabane des Grands-Mulets, nous traversons le rocher sur lequel elle est construite, et nous passons devant l’ancienne cabane, puis nous entrons sur le glacier.
- Nous cheminons d’abord au pied de l’aiguille Pischner qui n’est qu’une prolongation de celle des Grands-Mulets, et bientôt nous arrivons à la grande crevasse du Dôme. La présence de cette crevasse, large et profonde, qui barre le chemin, nous oblige à des détours, et nous force à longer des pentes au pied desquelles se trouve la crevasse. Le traîneau ne porte que d’un côté, le côté qui est au-dessus du vide doit être soutenu par les épaules des porteurs,
- et il leur faut une bien grande habitude du glacier pour assurer le pied sur ces pentes si rapides et si glissantes. Là, j’ai commencé à juger mes guides et à les classer dans mon esprit afin de préparer et composer l’élite que je destinais à l’ascension, bien autrement difficile, du sommet. Le glacier qui descend des tlancs du nord du Mont-Blanc, n’a pas une pente régulière et uniforme; il présente au contraire, comme la plupart des glaciers, des ressauts à pentes rapides, et quelquefois des murs presque verticaux. C’est un escalier gigantesque dont les marches, à partir des Grands-Mulets, sont : le petit plateau, le grand plateau *, la plate-forme du pied des Bosses, et la série des grands accidents qui défendent le sommet. C’était là la succession des obstacles que nous avions à franchir. Le mur qui conduit au petit plateau a sans doute une forte inclinaison ; mais il peut être attaqué de front.
- J’avais fait préparer à Chamonix, avant le départ, de longues échelles de cordes à traverses de bois. Une de ces échelles, attachée au traîneau, facilita beaucoup l’escalade de ces grandes pentes. Les hommes, rangés sur deux files et à bonne distance les uns des autres, en saisissaient les échelons sans se gêner mutuellement....
- Quant à moi, affranchi de tout effort physique, j’étais tout entier à l’admirable spectacle qu’offrent ces grandes solitudes glacées. Au pied du dôme du Goûter, le mouvement descendant du glacier a accumulé d’énormes blocs de glace qui figurent une architecture fantastique, rappelant les assises puissantes des palais des Pharaons. Mais combien celles-ci étaient plus impressionnantes dans ces hautes solitudes, où elles figuraient comme l’entrée grandiose de palais mystérieux cachés dans les flancs du colossede granité.
- Vers une heure de l’après-midi, nous arrivions à la cabane des Bosses, dont l’érection est due à M. Vallot, et qui n’est située qu’à 400 mètres du sommet.
- Les guides désarçonnèrent le traîneau et rentrèrent les objets les plus précieux, car l’exiguïté de la cabane ne permettait pas de mettre le matériel à l’abri. Us prirent ensuite leurs dispositions pour prendre leur repas et passer la nuit. Quant à moi, jè fis immédiatement quelques observations spectroscopiques, le soleil étant encore très élevé.
- Nous pensions reprendre l’ascension le lendemain, et parvenir au sommet de bonne heure. Mais dans la soirée (18 août) le temps se gâta tout à coup, et la nuit, la tourmente fut terrible. Nous ressentions, dans ces hautes régions, les effets de la trombe-cyclone du 19 août qui a commencé d’Oyonnax (département de l’Ain) à Saint-Claude, les Rousses, le Brassus, et a terminé ses ravages à Croy (station du chemin de fer de Lausanne à Pontarlier).
- J’avais toujours pensé, en raison du caractère
- 1 Notre gravure (page 257) représente le traîneau de M. Janssen au moment de la montée du grand plateau. Cette gravure est faite d’après une photographie de M. Saladin, ingénieur des mines, qui a rencontré par hasard l’expédition, alors (ju’il descendait lui-même de la cabane des Bosses.
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- eyclonique du phénomène, que cette tourmente ne durerait pas au delà de quelques jours, et je persévérai. M. Yallot, n étant pas de cet avis, profita de l’amélioration de la matinée du jeudi 21 et redescendit à Chamonix.
- Le temps continua en efièt à s’améliorer, et je pus faire, vers midi, dans la cabane avec le spec-troscope Dubosq, des observations soignées. Mon ami, M. Durier, qui n’avait pas voulu me quitter et comptait monter aussi au sommet, m’assistait dans ces observations, pour certaines constatations d’intensités relatives, sur lesquelles j étais bien aise d’avoir un avis absolument impartial et dégagé de toute idée préconçue. Enfin le temps devenant de plus en plus beau, on se prépara pour le lendemain.
- 11 ne me restait que douze hommes et Frédéric Payot que son âge et son expérience du Mont-Blanc désignaient comme leur chef. Les autres m’avaient demandé à redescendre. Mes prévisions se réalisaient. Le vendredi 22 août, l’aurore présagea une journée d’une beauté exceptionnelle. « Tous les signes dans le ciel et sur la montagne annoncent un bien beau jour, me dit Payot, et puis les corneilles sont revenues. » — « L’est la paix avec le ciel qu’elles nous annoncent, lui répondis-je. D’ailleurs un instinct secret me dit que la journée sera belle, et que nous réussirons. »
- Dès l’aurore, on avait envoyé tailler des pas sur l'arête de la grande Bosse, mais le froid était si vif, que le guide avait au pied un commencement de congélation. Nous le laissâmes à la cabane.
- Les préparatifs terminés, je me plaçai dans le traîneau et nous nous mimes en marche à 8 heures trois quarts.
- De l’endroit où se trouve la cabane des Bosses, les points les plus difficiles à franchir sont : l’arète de la grande Bosse, celle de la petite et l’arête dite des Bosses près des rochers de la Tournette.
- Ces arêtes sont en général si étroites, qu’on doit y tailler des pas pour les monter; leur inclinaison s’y élève quelquefois à 50°, et le danger de leur ascension pour notre appareil résidait surtout dans les pentes de leurs lianes et la profondeur des précipices qui les bordent des deux côtés.
- Mes guides firent tous leurs elforts pour me faire parvenir jusqu’à l’endroit le plus rapide de l’arête de la grande Bosse. Là je mis pied à terre ou plutôt dans la neige, et je cherchai à m’élever, mais malgré des elforts presque surhumains, je tombai la face dans la neige. Après une ascension d’une vingtaine de mètres, je repris haleine et voulus continuer la montée, mais ce fut impossible, et sur ce nouveau calvaire, je retombais après chaque nouvelle tentative. Mes guides virent qu’il fallait absolument bisser le traîneau. C’est alors que je pus constater toute l’énergie de ces hommes, réellement admirables quand un grand objet excite leur enthousiasme. Ils avaient compris le but scientifique de mon expédition et ils m’avaient vu faire tous les efforts possibles pour y atteindre ; aussi dès ce moment, ils
- se chargèrent de tout, sans se préoccuper des dangers qu’ils couraient eux-mêmes, sans penser aux précipices qui nous entouraient. Us s'emparèrent du traîneau et le hissèrent sur ces arêtes si rapides, plus étroites que la largeur même de l’appareil. Admirant leurs efforts, je les encourageais de mes paroles, et surtout par la confiance absolue que je leur témoignais. Aussi, quand nous eûmes franchi le dernier de ces obstacles, et que le sommet tout voisin nous appartenait désormais, il y eut une explosion générale de joie, tous se serraient les mains, et venaient me les serrer.
- J’embrassai l’un d’eux, Frédéric Farini, qui, constamment à mes côtés, m’avait donné des preuves d’un dévouement admirable. Frédéric Payot vint aussi me serrer la main, et me témoigna son enthousiasme dans des termes que je ne rapporterai pas ici. Nous reprîmes la marche et arrivâmes enfin au sommet. M. Durier, dont j’admirais l’énergie calme et tranquille, y arrivait aussi. Nos guides agitaient le drapeau, et Chamonix leur répondait par le canon d’usage1. J. Janssen, de l’Institut.
- LES ORAGES DE L’ÉTÉ 1890
- L’été de l’année 1890 aura été caractérisé par ses orages et ses perturbations atmosphériques, ouragans et trombes. Les orages ont souvent été accompagnés de chutes de grêles remarquables. Un de nos lecteurs, M. René Lucion, docteur ès sciences, nous a adressé à ce sujet une curieuse photographie que nous reproduisons ci-après. Elle représente des grêlons tombés pendant un orage à Esneux (Belgique). Ces grêlons, dont quelques-uns avaient une structure nettement cristalline, avec des prismes hexagonaux surmontés de pyramides, ont été photographiés après leur chute, à côté du jeune observateur qui les avait ramassés.
- Le mois d’août a été également très riche en phénomènes orageux.
- Dans la nuit du 18 au 19 août, une grêle désastreuse a sévi dans le Tournaisis en Belgique. Voici les détails qui ont été recueillis à ce sujet par le journal Ciel et Terre :
- Le nuage à grêle est entré en Belgique par les communes d’Urcq et d’Espleihin, et a continué sa marche vers l’est-nord-est, en ravageant toute une zone ayant 3 à 4 kilomètres de largeur et quelques lieues de longueur. Les plus grands dégâts ont été constatés à l’est de Tournai, sur le territoire des communes de Warchin, Havin-nes, Rumillies, etc.
- Les gréions avaient, en général, la grosseur d’un œuf de pigeon ou d’une grosse noix. Leur poids moyen était de 30 à 50 grammes, mais on en a ramassé qui pesaient 120, 130 et même 140 grammes.
- A la campagne, tout le gibier a été tué; on relevait le lendemain, dans les champs hachés, les cadavres des lièvres et des perdreaux. Sous les arbres, on trouvait des
- 1 Voy. d’autre part, les résultats des observations-, séance de l'Académie des sciences, p. 270.
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- oiseaux morts au milieu des débris de branches coupées et de feuillages déchiquetés.
- A Tournai même, l'averse de grêle a commencé à minuit 15 m. et a duré de douze à quinze minutes. Les grêlons ricochaient des toitures dans les rues comme de véritables projectiles, et rebondissaient sur le pavé à plus d’un mètre de hauteur.
- D’autres localités du pays ont eu aussi à souffrir de la grêle dans la nuit du 18 au 19 août. Nous citerons entre autres Eecloo, Renaix, Malines, etc. Dans cette dernière ville, vers 2 heures et demie du matin, il est tombé en abondance des grêlons de la grosseur d’une noisette. Dans la soirée du 19, on pouvait encore voir des tas de gréions dans certains fossés ombragés.
- En France, le 18 août, un orage a éclaté dans l’Ailier. Il a été observé et décrit auParcdeBaleine par M. G. de Roc-quigny-Adanson.
- Un orage de courte durée, mais d’une violence inouïe, s’est abattu, le 18 août, sur Baleine, de 7h. 30 m. à 8 heures du soir.
- Ce jour-là, bien avant le lever du Soleil, les éclairs avaient déjà brillé, et, entre 5 cto heures du matin, le tonnerre grondait sur l’arc d’horizon s’étendant du sud à l’ouest. Mais, en somme, la journée avait été fort belle, le ciel à peu près pur, la température extrêmement chaude.
- La colonne ther-mométrique atteignit un maximum de 35°,2 vers 5 et 4 heures de l’après-midi l. À cette dernière heure, le ciel était encore presque entièrement serein. Il se couvrit rapidement, à 5 heures, du sud-ouest au sud-est, et les nuages s’avancèrent denses et menaçants. A l’éclat radieux du jour succéda une morne clarté. Pas un souffle d’air. Une sorte de stagnation atmosphérique, irrespirable, imprégnée d’une chaleur d’étuve, étouffante, accablante, dans un calme absolu.
- Les premiers roulements de tonnerre, sourds, lointains, se firent entendre à 5 h. 55 m. A 6 heures, le ciel acheva de s’obscurcir. La girouette pointait au nord-ouest et les nuages inférieurs chassaient du sud-sud-est. On voyait alors, vers les régions zénithales, un spectacle curieux, rare dans nos contrées, les fameux Pocky Clouds, si redoutés des marins des îles Orcades. Leur aspect était étrange, sinistre. L’apparition de ces nuages singuliers
- 1 Dans le Puy-de-Dùmc, l’Observatoire de Clermont a noté un maximum presque identique, soit 35°,0.
- présage d’ordinaire l’arrivée des tempêtes ou l’approche des mouvements orageux accompagnés de forts coups de vent.
- Tout paraissait cependant se recueillir dans l’attente. On ne savait ce qui allait se passer. Vers 7 heures, les éclairs prirent de l’ampleur, s’allumèrent plus fréquents, apparurent merveilleux. La grande voix du tonnerre était nette, dure, vibrante. La situation demeura telle jusqu’à 7 h. 50 m. Puis, tout à coup, ce fut comme un épanouissement prodigieux, formidable, de toutes les puissances électriques de l’atmosphère. Les décharges se suivaient, se précipitaient, se répondaient, devenaient incessantes. Les dénombrer était impossible. Le ciel tout entier se transformait en une effrayante mêlée d’éclairs étincelants, fulgurants, aveuglants, permettant à peine à
- l’œil ébloui de distinguer je ne sais quelle confusion de phénomènes dans l’obscurité troublée. C’était un embrasement général, un flamboiement grandiose. La pluie, la grêle tombaient avec furie. Les rafales de vent passaient, rapides comme des projectiles, se heurtant aux obstacles, les brisant, les renversant. Le grondement i n i n t e r-rompu du tonnerre n’était coupé que par les éclats rudes et déchirants des coups plus rapprochés .
- Cela fit rage pendant une demi-heure et, soudain, la pluie vint à cesser, le vent s’apaisa, les éclairs s’espacèrent de plus en plus. On put les compter de nouveau. Les roulements du tonnerre redevinrent sourds et Se perdirent peu à peu dans le lointain. Seule, la lueur amoindrie des éclairs illumina vaguement et pendant longtemps encore l’horizon du nord au nord-est.
- Au passage de la tourmente, les appareils enregistreurs présentèrent des variations extraordinaires. En moins de trente minutes, l’aiguille barolnétrique s’éleva de 5mm,l, pendant que la colonne thermométrique faisait une chute brusque de 10°,2; 21mm,5 d’eau avaient été reçus au pluviomètre.
- Les trombes des 18 et 19 août, de Dreux et de Saint-Claude, ont été accompagnées dans presque toute la France et la Suisse dorages plus ou moins intenses. Enfin des phénomènes orageux désastreux viennent d’avoir lieu à Marseille, à Nîmes et dans le Midi.
- Spécimens de grêlons dont quelques-uns pesaient 120 grammes tombés pendant un orage, le 13 juillet 1890, à 6 h. 43 m. du soir, à Esneux, Belgique. (D’après une photographie de M. René Lucion, docteur ès sciences.)
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- IA FORME IA PLUS ECONOMIQUE DE IA LUMIERE
- M. S.-P. Langley, le célèbre physicien américain, vient de publier dans un récent numéro du Philoso-phical Magazine, en collaboration avec M. Yery, un Mémoire dont on appréciera toute l’importance par le simple énoncé de son but et de ses conclusions. Le but du Mémoire est d’établir, par une étude expérimentale des radiations émises par l'insecte Pyrophorus qu’il est possible d’obtenir de la lumière sans autre production de chaleur que celle propre à la lumière elle-même, que ce mode de production est déjà réalisé par la nature, et qu’il présente une valeur économique infiniment supérieure à celle que nos procédés industriels ont permis d’atteindre jusqu’à ce jour. Par le mot économique, il faut entendre économique au point de vue de la dépense d’énergie, synonyme ici de dépense de chaleur; mais comme une quantité donnée de chaleur est produite par une dépense donnée de combustible d’un prix donné, l’expression Je plus économique peut aussi s’entendre comme le meilleur marché, sens ordinaire du mot économique.
- La question est si importante, elle est si grosse de conséquences industrielles, que nous croyons utile de présenter ici un résumé des recherches si intéressantes de M. Langley ; elles constituent peut-être le point de départ d’une révolution dans la production de la lumière, révolution qu’il suffira d’un rien pour provoquer.
- Tous les procédés industriels de production de la lumière entraînent avec eux un gaspillage énorme d’énergie, gaspillage d’autant plus grand que la température des corps lumineux est plus basse. Il a déjà été établi, par des études antérieures, qu’on pourrait obtenir, d’une quantité donnée d’énergie,
- une quantité de lumière plus de 100 fois plus grande que celle qui nous est fournie par les foyers lumineux actuels les plus perfectionnés. 11 est possible de réaliser cet accroissement de rendement, d’ailleurs réalisé par la Nature dans certains cas spéciaux, et il n’y a aucune raison physique qui nous empêche d’imiter ses procédés avec un égal succès.
- On admet généralement que partout où il y a de la lumière, il y a aussi dépense de chaleur dans la production des radiations existant dans cette lumière, et constituant cette lumière elle-même, puisque lumière et chaleur ne sont que deux formes différentes de la même énergie ; mais la production de cette chaleur radiante inévitable ne saurait être considérée comme un gaspillage. Le gaspillage provient de l’obligation dans laquelle on se trouve jusqu’ici de dépenser une grande quantité d’énergie sous forme de chaleur invisible, avant d’atteindre le plus petit résultat visible : chaque accroissement de luminosité correspond à une nouvelle dépense d’énergie sous forme thermique, et ne donne naissance qu’à un très faible accroissement de l’énergie lumineuse. Nos yeux ne sont sensibles à la chaleur que si celle-ci se manifeste sous la forme de vibrations excessivement rapides, associées à de hautes températures, et nous n’avons pas de moyen d’atteindre ces hautes températures sans passer par les températures basses intermédiaires. Si les vibrations de l’air étaient soumises à des conditions analogues, il serait impossible d’entendre une note élevée sans passer aussi par toutes les notes intermédiaires, depuis la plus basse, jusqu’à ce que cette note élevée soit atteinte.
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- 2.500 22
- 0,4 0,8 1,2
- 1,6 2,0 2,4 2,8
- 0A 0,8 1.2
- 1,6 2,0 2,‘
- 0> 0,8
- 1,6 2,0 2A 2,8
- Courbes d'égale surface montrant la répartition d’une unité d’énergie dans les différentes radiations ; pour la flamme d’un bec de gaz (1), de l’arc (2), du soleil (5) et du Taupin lumimeux ou Pyrophorus noctilècus (4).
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- LA NATURE.
- Certains phénomènes étudiés depuis longtemps, mais peu connus encore, groupés sous le nom général de phosphorescence, font une exception apparente à celte règle, spécialement lorsqu’ils sont produits par des organismes vivants, car il semble bien difficile de croire que la lumière produite par un Pyrophore, par exemple, soit accompagnée d’une température dépassant 1000° centigrades, température que nous devrions atteindre pour produire de la lumière par nos procédés usuels. La lumière produite par le Pyrophore n’est pas accompagnée de plus de chaleur que celle qui accompagne l’illumination d’un tube de Geissler, mais la chaleur sensible pourrait, dans les deux cas, n’v exister qu’en quantité assez faible pour défier toute investigation. On suppose généralement, avec quelque apparence de raison, que la lumière des insectes lumineux est produite sans la chaleur invisible qui accompagne nos procédés ordinaires, et cette manière de voir est renforcée par l’étude du spectre du Taupin lumineux qui, comme on l’a fréquemment observé, diminue d’intensité plus rapidement du côté du rouge que celui des flammes ordinaires.
- Cependant, bien que cette hypothèse soit plausible, raisonnable, et présente une grande probabilité, elle reste à l’état d’hypothèse tant que nous n’aurons pas pu mesurer avec un appareil délicat la chaleur qui accompagne la lumière, et appris à déterminer non seulement cette quantité de chaleur, mais encore, ce qui est plus important, sa qualité.
- En dehors de l’intérêt scientifique que présente la question (ce que nous venons de dire en fait ressortir toute l'importance économique et industrielle), il était donc nécessaire de faire de nouvelles recherches sur la lumière émise parles insectes lumineux et de compléter par des études bolométriques les arguments insuffisants apportés à l’hypothèse par l’examen de la partie visible du spectre.
- Les traités de physique élémentaires nous apprennent que les phénomènes de phosphorescence sont communs aux insectes, aux poissons, aux mollusques, aux végétaux, ainsi qu’aux matières minérales et organiques. Parmi les insectes lumineux, le Taupin lumineux nous est le plus familier, bien que certaines espèces atteignen t de plus grandes dimensions, et plus d’éclat, et en particulier le Pyropho-rus noctilucus, de Linné, que l’on trouve à Cuba, et en quelques autres lieux. 11 a environ 37 millimètres de longueur, 11 millimètres de largeur, et porte, comme les autres pyrophores, trois réservoirs de lumière, deux sur le thorax, un sur l’abdomen. C’est grâce au concours de la Smithsonian Institution que M. Langley a pu faire les études sur des insectes vivants qui lui étaient envoyés de la Havane par M. le professeur Felipe Poey et par M. Albert Bonzon, de Santiago. Ces recherches ont été faites à l’Observatoire d’Alleghany à l’aide d’un appareil spécial dù à la libéralité de feu William Thnw, de Pittsburgh, appareil qui avait servi à des
- recherches sur le spectre thermique de la lune.
- Après un exposé historique très complet des recherches faites antérieurement sur la question, M\l. Langley et Very décrivent leurs propres recherches, les unes photométriques, les autres thermiques. Au point de vue photométrique, on sait que la lumière émise par le Pyrophorus, examinée au spectroscope, se compose d’une simple bande dans le vert et le rouge, qui, observée avec soin, semble s’étendre un peu dans le bleu et l’orangé, que l’on considère comme ses limites extrêmes. Les radiations ne s’étendraient-elles pas plus loin que ces limites, si l’on pouvait accroître l’intensité des radiations? On n’avait pas encore nettement répondu à cette première question, et il n’était pas prouvé que la question fut toute de qualité de la lumière, et non d’intensité. S’il n’est pas possible d’augmenter l’intensité de la lumière produite par le Py-ropbore on peut tout au moins diminuer la lumière du soleil assez pour qu’elle ne soit pas plus intense que celle de l’insecte, et c’est ainsi que l’on a pu obtenir une preuve certaine que l’étroitesse du spectre de l’insecte n’est pas due à sa faible intensité. La seule méthode concluante consiste à équilibrer la lumière produite par le Pyrophore par celle d’une portion définie du soleil, en faisant usage d’un procédé photométrique ordinaire, et, après avoir obtenu cette égalité, à faire des éludes comparatives dans toutes les parties du spectre, en superposant ces spectres et en les comparant au même instant. Cette expérience a présenté des difficultés toutes spéciales, eu égard au caractère particulièrement irrégulier et intermittent de la lumière produite par le Taupin lumineux.
- Les observations thermiques présentent également de grandes difficultés, à cause de la petitesse des quantités à mesurer. Ceux que la question intéresse plus particulièrement au point de vue de la sensibilité et de la délicatesse des procédés d’investigation de la physique moderne liront avec le plus grand intérêt le Mémoire publié par les auteurs dans le Philosophical Magaûne : nous avons hâte, pour ne pas allonger indéfiniment cet article, de présenter les résultats auxquels ces importantes expériences ont conduit les expérimentateurs.
- Ces résultats sont résumés dans le diagramme ci-devant qui reproduit une série de courbes établies par MM. Langley et Very. Ces courbes, construites à la même échelle, ont pour but de montrer comment se répartit une unité d’énergie dépensée par différentes sources données dans les différentes radiations. En abscisses, sont portées les différentes longueurs d’onde en microns1, et en ordonnées des hauteurs proportionnelles à la partie d’énergie produite sous forme de radiations de longueur d’onde correspondante. Les longueurs d’onde correspondant au spectre visible sont comprises entre 0,4 micron et 0,7 micron (du violet au rouge). La courbe nu-
- 1 1 micron = 1 millionième de mèlre = \ millième de millimètre.
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- méro 1 se rapporte à la flamme d’un bec de gaz, la courbe numéro 2 à l’arc électrique, la courbe numéro 3 à la lumière du soleil, et la courbe numéro 4 au Pyrophorus noctilocus.
- Tandis que le bec de gaz ne produit que peu de radiations lumineuses, toutes les radiations du pyrophorus sont, au contraire, comprises dans la partie lumineuse du spectre.
- On voit aussi sur ces courbes que la nature produit sa lumière la plus économique en ne dépensant que la quatre-centième partie de l’énergie dépensée dans un bec de gaz, et qu’une fraction très faible de l’énergie dépensée pour l’éclairage à arc, le procédé le plus économique dont nous disposions actuellement pour produire la lumière.
- MM. Langley et Very concluent leur mémoire en déclarant qu’il n’y a aucune raison qui défende d’espérer que nous puissions découvrir une méthode (et il en existe déjà une en réalité en usage sur une petite échelle), qui permette d’obtenir des résultats incomparablement plus avantageux que ceux que nous donnent les procédés actuels.
- En résumé, l’état actuel de la question est le suivant. Nous savons ce qu’il faut faire : produire des radiations de longueur d’onde comprises entre 0,4 et 0,7 micron. Nous savons, de plus, qu’il faut ne produire que celles-là, et cela est possible, puisque le pyrophorus noctilocus le fait. Reste à savoir comment nous devons le faire, et c’est là une découverte qui couvrira de gloire et de richesses le physicien qui résoudra ce beau problème. Sa solution augmenterait dans des proportions inespérées la durée des gisements houillers dont nous faisons actuellement un si grand gaspillage pour notre éclairage artificiel, tant par le gaz que par les procédés électriques les plus perfectionnés. E. H.
- LE CATHA EDULIS
- Il n’y a que quelques mois que l’on a introduit dans la thérapeutique des succédanés du café, le maté, la kola, et voici un nouveau produit qui vient réclamer sa place à côté des premiers. Le Calha edulis est en effet employé depuis des siècles en Arabie, en Abyssinie, comme stimulant destiné à surexciter les forces, à tromper la faim, en remplaçant par l’énergie passagère que donne son ingestion le défaut plus ou moins complet d’aliments.
- C’est un botaniste suédois, Forskal, qui lit connaîlre au siècle dernier le Kat ou Qàt, nom sous lequel les Arabes désignent cet arbuste et lui donna la dénomination scientifique de Calha edulis. Cette plante croît dans toute la région de l’Afrique comprise entre le 15e degré de latitude Nord et le 30e degré au sud de l’équateur; mais c’est plus particulièrement en Arabie et en Abyssinie qu’on la rencontre en abondance jusque dans les régions élevées de l’Yémen. C’est un arbrisseau court, à feuilles d’un vert d’olive, lancéolées, d’une consistance dure et d'une saveur âpre et astringente. Quelques échantillons ont été acclimatés dans des jardins de la côte méditerranéenne et dans le jardin d’essai d’Alger.
- Depuis plusieurs années, le commerce de cette plante a pris une grande extension, et dans l’Arabie et l’Yémen
- elle est cultivée avec soin. Les indigènes font la récolte par tiges, sans dépouiller les feuilles et forment, après la dessiccation, de petites bottes de quarante à cinquante liges qui sont expédiées en ballots par les caravanes qui viennent jusqu’à la mer Rouge. A Aden, le commerce du Catha a décuplé depuis vingt ans et le gouvernement anglais prélève sur cette marchandise un droit d’impôt assez lourd. L’exportation se fait dans l’Arabie, le nord-est de l’Afrique et la côte des Somalis.
- Le Catha s’emploie d’une façon populaire comme le thé, le café, la kola; les feuilles se mâchent ou servent à préparer une infusion assez agréable. Les courriers en font pour leur part une grande consommation, ce qui leur permet d’accomplir des courses vertigineuses et soutenues de plusieurs jours.
- M. Leloup, qui a publié sur ce nouveau produit une étude intéressante1 à laquelle j’ai emprunté la plupart de ces documents, en a expérimenté les effets. Il a pris et administré, à quelques personnes qui se sont prêtées à ses recherches, l’infusion en feuilles à la dose de 15 à 20 grammes, puis la teinture alcoolique et un extrait. Disons tout d’abord qu’on a vainement tenté jusqu’ici de retirer un alcaloïde défini du Catha; il y a là évidemment une étude à poursuivre, mais qui n’infirme en rien les résultats physiologiques constatés.
- Les indigènes reconnaissent. à cette plante des propriétés surexcitantes, et les voyageurs qui ont parcouru ces régions sont d’accord pour admettre que le Catha en feuilles ou en infusion donne des effets analogues au café, au thé. Voici les résultats obtenus par le Dr Leloup :
- Une couturière prend trois grammes d’extrait et peut veiller à trois reprises avec la plus grande facilité.
- Un étudiant en médecine mâche une poignée de feuilles fraîches et reste éveillé toule la nuit. Une jeune candidate au brevet supérieur, succombant au surmenage, voit ses forces restaurées rapidement, grâce à l’usage du Catha pendant quatre jours de suite, au bout desquels le moral et les forces physiques étaient relevés.
- Je ne parlp pas des effets thérapeutiques ; il me suffira d’avoir fait connaître ce nouveau produit dont la vogue ne manquera pas de grandir, à côté de ses congénères.
- Dr A. Cartaz,
- • ARCHÉOLOGIE MEXICAINE
- LE MONUMENT DE « LA DÉESSE DE I.’eAU ))
- La statue colossale dont nous allons entretenir nos lecteurs et qui est connue des archéologues, prend son origine dans la nuit des temps, fendant de nombreuses années, la Déesse de l’eau resta cachée dans un des monticules qui s’élèvent au nord-ouest de la grande place située au pied sud • de la pyramide de la Lune, à 500 mètres de la limite sud de la base de cette même pyramide ; sa face était tournée vers la terre.
- M. Mayer, dans un opuscule qu’il écrivit sur le Mexique, parle des antiquités de Téotihuacan; il représente cette statue la face retournée contre terre; c’était ce qui se voyait à l’époque où Mayer fit son dessin. En 1865, lorsque Maximilien visita les pyramides et les ruines de San-Juan Téotihuacan,
- 1 Bulletin général de thérapeutique, 15 septembre.
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- il s’intéressa vivement à la Deesse de l'eau. Non satisfait de la désignation appliquée par les indigènes à ce monument, qu’ils appelaient mesa (table), .'Empereur nomma une Commission scientifique d’ingénieurs, chargés de redresser la pierre et leur adjoignit un peloton de zouaves de l’armée française pour les seconder dans leur œuvre. De la position horizontale qu’elle occupait, la pierre fut dressée dans la position verticale. Ce changement montra que la face interne, jusque-là restée cachée, était sculptée et représentait une figure de femme. La Commission fit son rapport à Maximilien, puis reçut l’ordre de transporter l’énorme monolithe à Mexico ; les frais de cette entreprise devaient s’élever
- au chiffre de 40 000 francs, et le transport nécessitait le concours de quelques pelotons de troupe; les hommes devaient pratiquer les excavations nécessaires et ouvrir le chemin que le monument suivrait. Ce projet ne put se réaliser, eu égard à la phase que traversait alors l’empire.
- Depuis cette époque, la pierre a été abandonnée, oubliée presque. Les naturels du lieu, soit par le respect superstitieux qu’ils portent encore à leurs antiques idoles, soit par la volonté de ne pas se dessaisir de la pierre qui représentait à leurs yeux une tradition, eurent l’idée de la renverser de nouveau et de la replacer dans sa position primitive. Ne pouvant y réussir, ils songèrent à l’ensevelir sous la terre,
- Le monument de la Déesse de l’eau, à Téotihuacan, au Mexique, actuellement transporté au musée de Mexico.
- Fig. 1. -
- les pierres et la fange. Ils échouèrent encore dans cette tentative, et ne réussirent qu’à recouvrir la statue de terre et de eailloutis dans sa longueur, laissant toutefois la tête à découvert.
- Les choses restèrent en cet état pendant plusieurs années, jusqu’à ce qu’au mois d’août dernier (1889), sur mon initiative et celle du colonel Rafael Echer-rique, et avec l’autorisation du général Porfirio Diaz, président de la République, qui a toujours témoigné d’une grande et bonne volonté à assurer le succès de l’œuvre, grâce aussi à l’appui du Ministre de l’instruction publique, M. le Lie. Joa-quin Barranda, je pris les mesures nécessaires pour effectuer le transport du monument.
- Ce monument est, à mon avis, la représentation authentique de la sculpture la plus archaïque des
- Toltèques sur le continent américain ; il représente l’image de Chalchiuitlieue ou Déesse de l'eau; la Déesse porte le collier et l’emplacement de la médaille d’or, dont nous parle Sagahun dans sa description de celte divinité ; on voit aussi le saya (jupon) et l’huipil dont elle est habillée; à ses pieds sont les roseaux que Baturini signale dans la description qu’il fait de la même divinité; elle paraît avoir à la même place Yapantle, qui est la caractéristique toute spéciale du signe hiéroglyphique Atl.
- Le monument forme un parallélépipède rectangle; sa hauteur est de 3m, 17, sa plus grande largeur est de lm,69, et sa plus petite est de lm,52. La roche, qui la compose, est de porphyre basaltique. Le poids total est de 22000 kilogrammes.
- On construit actuellement un piédestal pour placer
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- ce monument dans la salle des monolithes au musée national de Mexico.
- La 4° compagnie du 1er bataillon d’artillerie,
- commandée par le capitaine en premier, Florencio Aguilar, fut mise à ma disposition pour l’exécution des travaux nécessaires au transport du monument.
- Fig. 2. — Le monument de la Déesse de l’eau, fixé au chariot de transport.
- Les artilleurs commencèrent par enlever les pierres et des scories qui la recouvraient; cette opération, et les cailloux, par débarrasser la statue de la terre malgré les difficultés d’exécution, fut faite en quatre
- Fig. ô. — Transport du monument. (D’après des photographies communiquées par M. Léopoldo Batres.)
- jours. Lorsque la Déesse fut ainsi disposée (fig. 1), je m’occupai, avec l’aide des officiers d’artillerie, de tracer et d’ouvrir le chemin par lequel le monument devait être transporté. La longueur de cette route fut de 7600 mètres; elle était terminée vers le mi-
- lieu de novembre, ainsi que le pont qu’il me fallut construire sur le ravin, qui est à l’entrée du village de San-Juan Téotihuacan.
- Le 16 novembre, le chemin était donc ouvert; je lis coucher la statue horizontalement. La manœuvre
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- fut difficile, attendu que la pierre était sillonnée de grandes fissures; l’opération dura 5 heures.
- La statue, une fois placée en sens horizontal, fut hissée au-dessous d’un chariot et suspendue à l’aide de 6 grosses chaînes, et assujettie dans sa partie inférieure comme le montre la figure 2.
- Le 2 décembre, le chargement était terminé et le chariot, portant la Déesse, pouvait se mettre en marche. L’attelage se composait de 46 mules qui tiraient le lourd chariot; parfois on devait poser des rails sur le sol.
- A l’arrivée du monolithe en face de la rivière de San-Juan Téotihuacan, je demandai au Ministère des travaux publics si le pont pourrait supporter le poids du monolithe. La réponse du Ministère fut négative; la section des ponts et chaussées nous informa que les arches ne résisteraient pas à une charge de plus de 8 tonnes et que, par conséquent, il y avait tout lieu de craindre qu’il ne s’effondrât.
- Je surmontai cet obstacle par la construction de plans inclinés sur chacune des deux rives de la rivière, en donnant à la descente une pente de 12 pour 100 et une pente de 3 pour 100 à la direction par laquelle le monument devait regagner l’autre bord sur un radeau; ce radeau était fait de traverses, sur lesquelles on installa des rails graissés, et le monolithe put ainsi glisser et traversa la rivière sans aucun accident. Cette opération dura un jour et demi. Cet obstacle vaincu, la Déesse poursuivit sa marche et arriva à la station d’embarquement le 28 février.
- Le 1er mars, on entreprit de la hisser sur une plate-forme ad hoc, ce qui se fit au moyen d’un plan incliné ; et, dans la nuit du même jour, le monument était installé sur son nouveau chariot. Le 2 mars, à onze heures du matin, le train se mit en marche pour la capitale; il arriva à une heure à Mexico, avec le monument, la troupe et les appareils. Pour effeetuer le débarquement, on eut recours à la même méthode qui avait été employée pour la hisser sur une plate-forme à Téotihuacan ; et, finalement, le 17 mars, on put se mettre en marche pour le musée national de Mexico, où la Déesse arriva le 9 avril.
- Leopoi.do Batres,
- Conservateur des monuments archéologiques de la République mexicaine.
- LE SOUS-SOL DE PARIS
- Le sous-sol de Paris a été l’objet d’investigations nombreuses en tous sens et à toutes profondeurs et sa description a été bien des fois donnée. Je demande la permission de revenir néanmoins sur cette étude et d’y apporter quelques observations personnelles que mes recherches à propos du Métropolitain m’ont conduit à faire, principalement au sujet de la nappe d’infiltration.
- Un mot d’abord de la constitution géologique.
- C’est dans la cavité formée par le terrain jurassique
- autour du bassin de Paris, — qu’Elie de Beaumont appelait le pôle géologique d’attraction de la France, par opposition au pôle en relief du massif central d’Auvergne, — que s’est déposé le terrain tertiaire ; la craie qui en forme le fond plonge fortement vers le nord, car entre les anciennes barrières d’Enfer et de Saint-Denis la différence de niveau est de 90 mètres. Les divers terrains qui lui sont superposés ^subissent la même inclinaison nord-sud, mais dans des proportions de plus en plus faibles au fur et à mesure que l’on s’élève. La coupe ci-après (fig. 1), entre l’Observatoire et la butte Montmartre, fait très bien voir cette disposition.
- Toutes les variétés de terrains observées à Paris s’étagent sous la colline Montmartre depuis la craie jusqu’aux sables de Fontainebleau. A droite et à gauche de cette colline, entre la plaine Monceau et Charonne, le terrain d’affleurement est formé par le gypse, tandis que c’est le calcaire qui constitue la principale masse des hauteurs de Montrouge, du Trocadéro et de Bel-Air. La plaine centrale de Paris est recouverte enfin d’un vaste dépôt de sables et graviers d’origine diluvienne qui repose alternativement sur le calcaire, entre Charenton et la Bastille ; sur la marne blanche, entre la Bastille et les Champs-Elysées; sur l’argile, entre le Champ de Mars et le Point-du-Jour.
- La nappe d’infiltration traverse indistinctement toutes les couches perméables; observée en été, au moment des basses eaux, elle s’élève à raison d’un peu plus d’un millimètre par mètre à mesure qu’on s’éloigne des bords de la Seine, qui joue à son égard, suivant une très juste remarque de Delesse, le rôle d'un véritable canal de dessèchement.
- Pour compléter ces indications générales et les rendre plus saisissantes, nous figurons sur le plan ci-après (fig. 2) le dépôt des sables et graviers laissés par la Seine à l’époque diluvienne, et les anciennes carrières creusées par la main de l’homme dans les deux bancs de gypse et de calcaire au nord et au sud de Paris.
- La Seine à l’époque diluvienne, contenue seulement par les premières assises des collines de Montparnasse au sud et de Montmartre au nord, recouvrait tout l’espace qui les sépare;et l’énorme masse de ses eaux, entraînée vers l’ouest et le nord-ouest par le mouvement de rotation de la terre, traçait la ligne de ses plus profonds affouillements vers la Bastille, le Chàteau-d’eau, Notre-Dame-de-Lorette et la Ville-l’Evêque, où l’on peut encore la relever sous l’amas des graviers.
- Avec l’abaissement des eaux, on dut voir émerger une grande île de forme elliptique allant de la butte des Moulins à celle des Filles-du-Calvaire. Ainsi divisé en deux larges bras que le temps devait progressivement ramener aux proportions que nous avons figurées sur notre plan (fig. 2), et qui entourèrent durant bien des siècles sans doute la plaine sur laquelle s’est bâti Paris, le fleuve géant qui, au dire de Belgrand, avait dépassé deux fois en volume le
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- Mississipi moderne, fut de plus en plus gagné par l’ensablement : son bras septentrional, quoique le plus profond, fut comblé et disparut; et la Seine se trouva renfermée dans son lit actuel.
- La direction de l’ancien bras du fleuve n’est pas seulement révélée par les sondages de fond du dépôt des graviers; elle est parfaitement reconnaissable à la ligne des dépressions superficielles que l’on peut observer a la base des coteaux, ainsi que le montre le tableau comparatif suivant dont les cotes sont rapportées au niveau de la mer :
- QUAI DE LA RÂPÉE........................52m,03
- QUAIS DE LA SEINE
- Quai Henri IV........................34m, »
- Place de FHôtel-de-Ville......... . 54m,70
- Place du Châtelet....................36m,17
- Quai et rue du Louvre................35™, 10
- Place de la Concorde.................33m, »
- ANCIEN IIIIAS SEPTENTRIONAL
- Rue de Bercy.............................32m,80
- Rue Sainl-Sabin.........................32ra,85
- Rue de Lancry...........................53m,7ft
- Rue du Faubourg-Montmartre...............53m,90
- Rue de la Chaussée-d’Anlin...............32"\65
- Rue du Havre.............................52m,32
- Rue du Faubourg-Saint-Honoré (rue du Colisée)................................3Im,50
- AVENUE MONTAIGNE
- Vers la place de l’Alma...............31ra,40
- Cette ligne de dépression qui longe le pied des collines de Ménilmontant, Belleville et Montmartre avait été remarquée dès longtemps ; et plusieurs fois, alors que la région où elle se développe était encore occupée par les cultures, sous Louis XIV et sous Louis XV notamment, on agita le projet d’y creuser un second lit de la Seine destiné à suppléer pour l’assainissement de la Ville l’ancien égout à ciel ouvert depuis longtemps envasé de Hugues Aubriot, qui allait de l’emplacement actuel du Cirque d’Hiver à la place de l’Alma.
- On ne peut vraiment que regretter l’inexécution de ce projet, alors facile, qui nous eût valu l’agrément et l’animation d’un second fleuve au milieu des riches quartiers de la Chaussée d’Antin et du faubourg Saint-Honoré.
- L’alluvion de graviers, qui recouvre le fond de la vallée de la Seine sur une largeur moyenne d’environ 2 kilomètres et demi, présente des profondeurs normales de dix à douze mètres, allant jusqu’à seize et dix-sept vers la rue Saint-Sabin et la place de la République, et offre à l’écoulement des eaux souterraines un filtre d’une remarquable perméabilité attestée par tous ceux qui ont eu à conduire des travaux dans cette partie du sous-sol parisien.
- Belgrand, en exécutant la canalisation des égouts, s’est heurté souvent à la nappe d’infiltration et a été plus que personne à même de l’étudier. Il paraît avoir systématiquement évité d’en parler, si ce n’est pour en constater une fois ou deux les énormes variations de régime à quelques mètres de distance et dans des conditions en apparence identiques.
- Tout le monde a entendu parler des difficultés et de la dépense des fondations de l’Opéra. Ecoutons M. Nuitter : « L’épuisement eut lieu, dit-il, au moyen de huit machines à vapeur d’une force de 48 chevaux ; les puits avaient été forés à sept mètres et demi au-dessous du niveau moyen de la nappe d’eau. Ce travail fut continué jour et nuit sans interruption du 2 mars au 15 octobre. Pour se faire une idée du volume d’eau expulsé, il faut se représenter en surface la cour du Louvre et en hauteur une fois et demie les tours de Notre-Dame.... A la suite de ces travaux tous les puits du quartier furent taris dans un rayon de un kilomètre. »
- La nappe qui a fourni de pareils volumes d’eau sur un seul point offre d’ailleurs tous les caractères d’une véritable rivière souterraine ayant son courant de l’est à l’ouest bien accusé, ses hautes et ses basses eaux.
- Si l’on demande l’origine de cette rivière souterraine, les historiens modernes de Paris, Dulaure et M. Maxime Ducamp en particulier, donnent une explication inadmissible lorsqu’ils prétendent y voir la transformation d’un ancien « ruisseau de Ménilmontant » qui n’a jamais existé que dans l’imagination des chroniqueurs.
- 11 n’est personne ayant parcouru des yeux un des vieux plans de Paris exposés au musée Carnavalet qui n’ait été frappé à l’aspect de cette ligne progressivement grossissante qui contourne Paris du nord-est au nord-ouest, entre le Cirque d’Hiver et la place de l’Alma, et semble figurer un important cours d’eau, ancien affluent disparu de la Seine.
- Avec un peu d’attention on constate que ce cours d’eau est dénommé suivant les éditions : Esgoust, Grand Esgoust, Nouvel Esgoust. C’est, en effet, le grand égout à ciel ouvert construit par Hugues Aubriot sous le règne de Charles V, vers 1370, qui, au moyen de branchements venus par les rues Vieille-du-Temple, du Temple, Saint-Martin, Montmartre et Chaussée d’Antin, pourvut pendant quatre siècles à l’assainissement de Paris, jusqu’au commencement du règne de Louis XVI, où il fut remplacé par l’égout couvert « de Ceinture » qui subsiste encore en partie.
- Dulaure n’y a pas regardé de si près et dès les premières pages de son Histoire de Paris il affirme que « il existait un ruisseau né à Ménilmontant qui allait se jeter dans la Seine au bas de Chaillot. » 11 n’hésite même pas à dessiner ce cours d’eau qu’il baptise « rivière de Ménilmontant » sur de prétendus plans figurant Paris sous la domination romaine, sous Philippe Auguste, François Ier et Louis XIII.
- Il suffit, pour montrer la supercherie, de rapprocher ces plans dans les deux premières éditions de Dulaure de ceux de Nicolas de Fer, géographes de Louis XIV, qui sont reproduits dans l’ouvrage de Delamare, de 1722, sur la police de Paris.
- On voit, dans la première édition, de Dulaure, la fameuse « rivière de Ménilmontant » se substituer au Grand Égout et s’enrichir, dans la seconde édition,
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- de ruisselets affluents qu’il fait descendre de Ménil-montant, Belleville, La Chapelle et Montmartre exactement à l’opposé des branchements du Grand Egout. La falsification est éclatante.
- Avant Dulaure, Paris eellents historiens : aucun n’a fait mention d’une rivière de Ménil-montant. Rira-t-on que c’est parce que Hugues Aubriot, en 1570, en a emprunté le lit pour son égout? Rien n’est moins fondé, ainsi que le prouve le témoignage de l’historien contemporain, continuateur de la Chronique de Saint-Denis, qui, parlant précisément de l’égout d’Au-hriot, comme de l’un des travaux les plus mémorables dont il eût été témoin, nous apprend qu’il fut creusé « au milieu des prés qui entouraient la ville, suivant la ligne de dépression ou de vallonnement du sol » (circa convalles ad circumadjacentia prata). Ces particularités [que relève l’historien pour donner plus de relief à l’entreprise dont il parle, seraient dépourvues de sens si un ruisseau, qu’il n’eût pas manqué de mention-ner, avait alors existé.
- Yeut-on admettre quand même l’existence antéhistorique de la rivière de Mé-nilmontant et sa transformation en cours d’eau souterrain?
- L’extension de Paris, la construction ininterrompue des maisons et le pavage des rues sur tout l’espace formant le bassin de la prétendue rivière, ont eu pour effet de faire glisser sur le sol et d’enlever par conséquent aux fontaines — en grande partie taries aujourd’hui, en effet, — et à la nappe souterraine la presque totalité des eaux pluviales.
- Or, il ne semble pas que cette nappe souterraine ait jamais témoigné d’une puissance plus grande que depuis qu’on lui a fait perdre ainsi l’alimentation
- naturelle que pouvait lui apporter autrefois l’infiltration normale des pluies à travers le sol cultivé. Que conclure de l'a?sinon que cette nappe a une autre origine. Si l’on consulte la statistique des inondations, on remarque invariablement que, avec l’élévation du fleuve, coïncide l’invasion des caves dans toute la région parcourue par l’ancien bras septentrional de la Seine que j’ai décrit plus haut1. Malgré l’ensablement qui l’a comblé, cet ancien bras du fleuve continue donc de recevoir, par-dessus le banc calcaire de Bel-Air, au moment des crues de la saison hivernale, et de charrier, en sous-sol depuis Bercy le long des collines de Ménilmontant, Belle-ville et Montmartre, un volume d’eau encore considérable qui, par une singularité digne de remarque, doit passer au-dessous du canal Saint-Martin à la hauteur de la rue du Chemin-Vert. Pour vérifier cette hypothèse, qui donne l’explication la plus naturelle de faits jusqu’ici fort controversés, et qui parait s’accorder avec toutes les observations recueillies, il serait désirable qu’il fût fait, durant les moyennes et surtout au moment des hautes eaux, des relèvements de la nappe souterraine qu’on s’est plutôt attaché à prendre àl’époquede l’étiage. Le fait en vaut d’ailleurs la peine, car suivant que l’on sera ou non renseigné sur l’origine et le caractère des eaux souterraines, on pourra économiser ou dépenser en pure perte de grosses sommes d’argent dans les travaux à venir, notamment dans ceux du Métropolitain.
- P. Villain.
- 1 En raison de sa position et de sa plus grande profondeur, le bras septentrional aurait dû, semble-t-il, subsister de préférence à l’autre ; mais il se heurtait à son origine (vers la place de la Bastille) au prolongement du banc calcaire de Charenton, Bel-Air, qu’il n’a pu déraser jusqu’au niveau des eaux estivales. Il est à présent intermittent et souterrain
- eu de nombreux et d’ex-
- Fig. 1. — Coupe géologique de Paris, entre l’Observatoire et Montmartre.
- LEVILLC
- ï Gâre d<
- BELfÀÏR;
- Echelle
- Depot des Graviers de la Seine. Illllllllllll Anciennes carrières de Pierre àbâtir.
- Cours actuel et cours ancien HH ...........id.—.......id——de G,ypse.
- présumé delà Seine.
- Fig. 2. — Carte du sous-sol de Paris.
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- LA NATURE.
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- LE YÉSUYE EN AGTIYITË
- M. de Wiet, gérant du consulat général à Naples, a communiqué les renseignements suivants à l’Académie des sciences :
- « Le Vésuve est actuellement en petite activité. Par une bouche qui s’est ouverte l’année dernière, à la suite d’une violente secousse de tremblement de terre qui avait bouleversé le bord du cône central, sur la partie qui regarde Pompéi, sort depuis une quinzaine de jours une coulée de lave. Cette bouche peut mesurer 50 mètres carrés ; elle est entourée de trois ouvertures sans importance.
- « La lave, chassée par de nouvelles masses qui sortent continuellement du sommet, descend lentement, tout en précipitant sa course quand elle rencontre sur son passage quelque gros bloc, ou bien lorsque le volcan lance quelque masse importante en ignition. Elle est arrivée jusqu’à atteindre les riches vignobles qui forment une ceinture à Bosco-reale. La nuit, la réverbération du torrent de lave éclaire à grande distance l’atmosphère ainsi que la montagne. On peut s’approcher jusqu’à 50 mètres de la coulée; mais, passé cette distance, l’air n’est plus respirable et la chaleur est intense. A la seconde base du cône central, en un point situé à environ 200 mètres du centre de l’action volcanique, on peut
- Fig. 1. — Le Vésuve en activité.
- (D'après des photographies exé
- dominer le spectacle dans toute son étendue. Le professeur Maiorano a observé que l’activité volcanique des neuf ouvertures (fumaroles) a complètement cessé les jours passés, et que, vues avec la lunette de l’observatoire pompéien, elles ne laissent découvrir qu’une petite colonne de fumée. On a aussi constaté que la fumée qui se dégage des différentes coulées n’a rien d’analogue avec la vapeur d’eau mêlée à des gaz, qui sort habituellement du Vésuve ; elle est produite et alimentée par la combustion des arbustes qui ont pu croître au milieu des vieilles laves. Une grande masse de pierres en fusion roule sur la pente du cône et se brise en s’éparpillant de chaque côté de la partie orientale du Vésuve, et en obligeant ainsi le courant à changer souvent de direction. Arrivée, au pied du cône, toujours du côté de l’orient, la lave se préei-
- Fig. 2. — Cratère du Vésuve eu activité, par M. le Dr Lermoycz.)
- pite en un torrent de feu continu, mais avec plus ou moins d’intensité dans son incandescence.
- « La bouche est inaccessible pour le moment. Elle est entourée de précipices profonds et de rochers fort élevés, taillés à pic, et qui, de temps en temps, se détachent. On sent, par intervalles, le sol trembler sous ses pieds, et l’on entend un grondement souterrain qui amène aussitôt une coulée plus forte délavé.... ».
- Sommes-nous à la veille d’une éruption? M. le professeur Maiorano ne le pense pas; mais il croit que le phénomène pourra être de longue durée.
- On sait que le Vésuve est souvent en activité; et nous croyons intéressant de reproduire des photographies qui ont été exécutées en juin 1887 lors de l’éruption qui eut lieu à cette époque. Ces photographies sont dues à M. le Dr Lermoyez qui nous les
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- a communiquées après une expédilion qu’il avait faite au Vésuve. Nous les avions conservées dans la pensée qu’une occasion s’offrirait à nous de les présenter à nos lecteurs. La figure 1 donne l’aspect du Vésuve au pied du volcan : au premier plan se voit une coulée de lave noire depuis longtemps éteinte; auprès du cratère, on entendait des explosions qui se succédaient de 50 en 50 secondes. La figure 2 montre la fumée se dégageant au moment d’une explosion': on voit au milieu de la fumée des fragments de lave projetée. Il serait très curieux de savoir si les phénomènes actuels ressemblent à ceux de 1887 ; la photographie peut jouer un rôle important pour enregistrer l’aspect de ces grands phénomènes *. G. T.
- CHRONIQUE
- Course» transatlantiques. — Si l’on en croit une autorité spécialement compétente, car il ne s’agit de rien moins que d’un directeur d'une compagnie européenne de bateaux à vapeur, la lutte et les rivalités entre les différentes compagnies qui font la traversée de l’océan Atlantique n’est pas exclusivement platonique, sentimentale et d’amour-propre. Il ne s’agit de lien moins, au contraire, que de s’assurer et de conserver l’avantage pécuniaire du transport de la malle des États-Unis, qui, comme on le sait, est toujours réservé au navire le plus rapide lorsque plusieurs lignes rivales atterrissent au meme port. Les vitesses sont calculées en prenant la moyenne des trois dernières traversées. Les renseignements sont adressés au Post-Office, et les calculs sont effectués avec le plus grand soin. La rivalité est si étroite, les différences si petites, qu’un bateau appartenant à la H hile Star Co peut être chargé de la malle pendant une traversée, et sa rivale, Ylnman Line, pour la traversée suivante. Ce mouvement de bascule d’un nouveau genre s’est produit plusieurs fois l’été dernier. Comme les résultats sont calculés à nouveau après chaque traversée, il suffit de quelques minutes de plus ou de moins pour changer la moyenne, donner l'avantage à une ligne ou à une autre, et lui assurer ainsi un surcroît de recettes important. Heureusement que des soupapes de sûreté empêchent de pousser la pression de la vapeur au delà des limites fixées par les inspecteurs du gouvernement, car sans cela, cette lutte, avantageuse au point de vue de la rapidité des communications, occasionnerait par contre de fréquents sinistres.
- Fabrication du phosphore. — Les os calcinés qui, jusqu’ici, étaient exclusivement employés à la fabrication du phosphore, tendent à être remplacés par les phosphates naturels; ceux-ci doivent être choisis riches en phosphore et aussi pauvres que possible en chaux et en fer. Les plus importants sont les agatites du Canada, de l'Espagne, de Norvège, du département de la Somme et le phosphate de Redonda. Ce dernier renferme 35 pour 10U d’acide phosphorique. La première opération est la préparation de l’acide phosphorique; pour cela on traite le ph »sphate finement pulvérisé par l’acide sulfurique des chambres de plomb. Le mélange s’effectue dans de gros tonneaux goudronnés, munis d’un malaxeur en bois ; pen-
- * Nous avons antérieurement publié des photographies du cratère du Vésuve, dans le numéro du 16 novembre 1889.
- dant l’opération, on injecte de la vapeur. Après quelques heures, on sépare par la filtration le sulfale de chaux de la solution d’acide phosphorique dont le poids spécifique est d'environ 1,97. Le sulfate de chaux est lavé jusqu’à ce que les eaux de lavage marquent 0,01. La solution d’acide phosphorique, à laquelle on a ajouté les eaux de lavage, est alors envoyée dans des bassins sphériques garnis de plomb et munis d’agitateurs où elle est chauffée par la vapeur d'eau à haute pression. Pendant la concentration, il se dépose du sulfale de chaux, ce qui rend une décantation nécessaire. La liqueur claire est additionnée d’environ 25 pour 100 de poudre de charbon de bois ou de coke. Le mélange est chauffé dans des pots ou des moufles de fer de façon à chasser l’humidité et l’acide sulfurique; on l’introduit ensuite dans des cornues en terre réfractaire, reliées par des tubes de fer et de cuivre à des appareils de condensation renfermant de l’eau chaude, afin que le phosphore qui distille fonde et s’écoule au fond du récipient. La distillation dure quinze heures. Les cornues sont placées dans des fours semblables à ceux qu’on emploie en Belgique pour le zinc.
- L’éclairage électrique de Coûtas (Gard). —
- Avant dix ans, il n’y aura pas de commune en France, si petite qu’elle soit, qui ne soit éclairée à l’électricité, pourvu qu’elle dispose d’une chute d’eau suffisante dans son voisinage. La commune de Col.ias (Gard), qui ne compte que 645 habitants vient d'utiliser à son éclairage une chute d’eau qui débite 1000 litres d’eau par seconde, sous une hauteur de 1®,2. Cette force motrice qui, pendant le jour, élève les eaux pour le service de la commune, sert le soir à son éclairage en actionnant une dynamo capable d’alimenter 100 lampes de 10 et de 16 bougies. L’éclairage municipal comprend 25 lampes de 16 bou-
- g‘eS' „ q D
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 22 sept. 1890.— Présidence de M. Duchartre
- L'ascension de M. Janssen au Mont-Blanc. — Dire que la communication de M. Janssen a été la pièce de résistance de la séance, ce ne serait pas assez : elle a été en quelque sorte la séance tout entière. C’était un vrai plaisir de délicat que d’entendre l’illustre académicien raconter, dans le style si limpide qui lui est familier et avec une modestie dont on n’a que de trop rares exemples, le véritable acte d’héroïsme qui vient d’ajouter une nouvelle gloire à toutes les gloires qu’il a déjà. Ce serait aussi un vrai plaisir d’analyser ce beau travail pour nos lecteurs, mais la présente livraison de La ISalure donne le récit complet de l’expédition (p. 257). Nous nous bornerons à parler plus spécialement ici des observations spectroscopiques.
- M. Janssen s’est servi, lors de ses expériences du Mont-Blanc, de son spectroscope de Duboscq à deux prismes; cet appareil avait, pour le savant astronome, l’avantage d’une connaissance parfaite résultant d’un long usage. Voici les résultats auxquels l’expédition a pu conduire : « En résumé, dit M. Janssen, les observations spectroscopiques faites pendant cette ascension à la cime du Mont-Blanc complètent et confirment celles que j’avais commencées il y a deux ans à Ja station des Grands-Mulets à 3050 mètres d’altitude, et l’ensemble de ces observations, c’est-à-dire celles qui ont été faites entre la Tour Eiffel et Meu-don, celles de M. de la Baume à Candie, celles de Laboratoire et enfin les observations de cette année au Mont-
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- Blanc se réunissent pour conduire à faire admettre l’absence de l’oxygène dans les enveloppes gazeuses solaires qui surmontent la photosphère, tout au moins de l’oxygène avec la constitution qui lui permet d’exercer sur la lumière les phénomènes d’absorption qu’il produit dans notre atmosphère et qui se traduisent dans le spectre solaire par les systèmes de raies et de bandes que nous connaissons. Je considère que c’est là une vérité qui est définitivement acquise. On peut déjà tirer de cette vérité certaines conclusions touchant la constitution de l’atmosphère solaire. 11 est certain que si l’oxygène existait simultanément avec l’hydrogène dans les enveloppes extérieures du soleil et accompagnait ce dernier jusqu’aux limites si reculées où on l’observe, c’est-à-dire jusque dans l’atmosphère coronale, le refroidissement ultérieur dans une période de temps que nous ne pouvons encore assigner, mais qui paraît devoir se produire fatalement quand notre grand foyer central commencera à épuiser les immenses réserves de forces dont il dispose encore, ce refroidissement, dis-je, aurait pour effet, si l’oxygène et l’hydrogène étaient en présence, de provoquer leur combinaison. De la vapeur d'eau se formerait alors dans ces enveloppes gazeuses et la présence de cette vapeur, d'après ce que nous connaissons de ses propriétés, aurait pour effet d’opposer au rayonnement solaire, principalement à ses radiations calorifiques, un obstacle considérable. Ainsi l’affaiblissement de la radiation solaire serait encore accéléré par la formation de celte vapeur. N’y a-t-il pas là encore une harmonie nouvelle reconnue dans cet ensemble déjà si admirable de dispositions, qui tendent à assurer à notre grand dispensateur de forces, la plus longue durée possible à des fonctions d’où dépend la vie du système planétaire tout entier? »
- Les feuilles et les anesthésiques. — Il y a longtemps déjà que Claude Bernard a fait voir que la nutrition chlorophyllienne, c’est-à-dire la réduction de l’acide carbonique par la matière verte des feuilles en présence de la lumière est paralysée par les anesthésiques et tout spécialement par l’éther. On en avait conclu que ces corps devaient arrêter de même toutes les fonctions des feuilles et en particulier l’exhalaison de vapeur aqueuse. Or, comme le montre M. Jumelle, dans un travail analysé par M. I)u-chartre, il est très loin d’en être ainsi. On s’assure en effet qu’au soleil l’exhalaison d’eau par les feuilles est rendue beaucoup plus active par l’addition dans l’atmosphère d’une proportion convenable d’éther : 4 centimètres cubes dans deux litres et demi d’air.
- L'Encyclopédie chimique. — M. Frémy publie aujourd’hui, à la librairie Dunod, quatre nouveaux volumes de la grande œuvre qui porte son nom : ils sont dus à la plume de M. Paul Charpentier, ingénieur chimiste expert, et concernent, tous les quatre, des chapitres relatifs aux applications de la chimie organique : le papier, le bois, les textiles et les colles et gélatines. Chacun de ces volumes est enrichi de très nombreuses figures qui élucident les points difficiles du texte ; on y trouve les progrès les plus récents; ils sont dignes en un mot des volumes à la suite desquels ils vont aller se placer dans la bibliothèque de tous les amis des sciences.
- Géologie américaine. — Je reçois en même temps que l’Académie, le huitième rapport annuel du Geological Survey des États-Unis. Il est, comme les précédents volumes de cette incomparable collection, adressé au secrétaire de l’Intérieur, par M. Powell, directeur. Cette fois il comprend 1100 pages de texte, et il est relié en deux vo-
- lumes distincts, remplis de gravures et de cartes géologiques coloriées. Relatif aux années 1886 et 1887, il touche plusieurs sujets d’un très haut intérêt, parmi lesquels il suffira de mentionner ici : l’histoire quaternaire de la vallée de Mono en Californie; la géologie du district du pic Lassen ; les papillons fossiles de Florissant ; le pétrole et les gaz inflammables de l’Ohio et de l’Indiana ; la distribution géographique des plantes fossiles ; la description des dépôts de mercure du versant Pacifique; enfin, la géologie de l’ile déserte de Mount dans le Maine.
- Varia. — M. Alphonse Milne-Edwards dépose une nouvelle livraison des Mémoires de la mission de Tunisie que dirigeait feu M. Cosson. Elle est de M. Thomas et concerne la description des mollusques fossiles du terrain crétacé. — M. Marchai adresse de Roscoff la description anatomique de l’appareil excréteur de quelques crustacés décapodes. — Un illustre savant suisse, M. Colladon, signale de singuliers tourbillons qu’on observe dans le lac de Genève et auxquels La Nature consacrera une Notice spéciale.
- Stanislas Meunier.
- LES ARBRES REMARQUABLES
- LE CÈDRE DE MONTISN'Y-LENCOÜP.
- Montigny-Lencoup, village du département de Seine-et-Marne, situé à quelques kilomètres de la gare de Nangis, possède sans aucun doute le plus beau cèdre qui existe en France.
- Dans un voyage que le célèbre botaniste Bernard de Jussieu fit en Angleterre, il acheta au médecin anglais, Collinson, deux jeunes plants de cèdres qu’il avait rapportés du Liban. L’un d’eux fut planté au Jardin des Plantes de Paris, en 1754, et Bernard de Jussieu offrit l’autre à M. de Trudaine, alors directeur des ponts et chaussées, du commerce et des plantations royales. Ce dernier chargea Aubé, son jardinier en chef, de planter le cèdre dans la partie la plus pittoresque du parc dépendant de son château, aujourd’hui disparu.
- Le cèdre de Montigny et celui de Paris sont donc exactement du même âge; mais, se trouvant sans doute dans un terrain plus favorable et entouré de hautes futaies qui l’abritaient contre les vents et les intempéries de l’hiver, le cèdre de Monligny, qui n’avait que quelques centimètres de hauteur, atteignit bientôt des proportions énormes, dépassant de beaucoup celles de son frère jumeau de Paris.
- Aujourd’hui, le cèdre du Jardin des Plantes, dans sa plus grande dimension, n’atteint même pas celle de la plus petite des principales branches du cèdre de Montigny. La forme de ce dernier est à la fois pittoresque et élégante; la flèche principale est intacte et s’élève vers le ciel avec une majesté imposante, dominant les rameaux immenses et touffus étagés par gradins horizontaux; cetle flèche atteint aujourd’hui une hauteur de 32 mètres au-dessus du sol.
- .En 1822, le château de Montigny avec ses dépendances fut vendu au comte de Stacpoole; à la mort de son fils, le domaine fut partagé entre les héritiers, moins le château et les futaies de ses parcs
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- qui furent adjugés, en 1851, a une société de spéculateurs de Valenciennes; les arbres des futaies furent alors arrachés ainsi que les bois.
- Le cèdre était sur le point de subir le même sort ; c’est alors que quelques notabilités du département prirent l’initiative d’ouvrir une souscription dans le but de racheter le cèdre, ainsi qu’une portion du terrain qui l’entourait.
- La somme réunie ne fut pas suffisante; le conseil municipal autorisa le maire de Montigny à emprunter la somme nécessaire pour combler la différence; c’est ainsi que le cèdre fut heureusement sauvé de la cognée du bûcheron et devint la propriété de Montigny-Lencoup.
- Malheureusement, depuis cette époque, isolé de toute part, le cèdre s’est trouvé exposé à tous les vents; n’étant plus abrité, il eut maintes fois à souffrir et porte les traces des violents assauts des éléments déchaînés contre lui. Lors de l’ouragan qui eut lieu le 27 février 1860, une de ses plus belles branches se rompit; elle avait alors 2m,50 de circonférence. Sur la demande du préfet de Seine-et-Marne, elle fut envoyée à Melun et fournit la matière première de meubles ornant la préfecture du département. Pendant l’hiver si rigoureux de 1878-1879, le cèdre a de nouveau beaucoup souffert, les extrémités de pluiseurs branches s’étant rompues sous le poids du verglas dont elles étaient chargées.
- L’arbre fut alors consolidé; mais l’on s’aperçut bientôt que le remède entraînerait vite sa mort; les
- cordages en 1er galvanisé, servant à maintenir les branches, gênaient considérablement la circulation de la sève.
- En 1888, un généreux habitant de la commune, M. Buisson, obtint de la municipalité l’autorisation de faire exécuter les travaux les plus urgents. Aujourd’hui, grâce à des liens intelligemment établis, le géant peut lutter pendant de longues années et atfron ter sans souffrir les plus terribles tempêtes; de plus, pour éviter toute dégradation de la part des visiteurs, le cèdre est entouré d’une grille a la partie supérieure de laquelle est placée une
- plaque en fonte portant une inscription h
- l’if DE LA HAYE-DE-ROITOT (eure)
- Le cimetière de la Ilaye-de-Routot possède deux ifs dont l’un, le plus remarquable, mesure 12 mètres de circonférence. En 1886, on a construit dans l’intérieur de son tronc une petite chapelle. D’après M. Dubreuil, le savant arboriculteur, cet arbre aurait de 1300 à 1400 ans d’existence.
- L’il dont nous parlons est plein de vigueur ; ses branches, qu’on n’aperçoit malheureusement qu’en partie sur la photographie, ne sont pas très longues, leur forme générale est pyramidale. Le deuxième if est abîmé ; son troncet ses principales branches sont creux2.
- 1 Note communiquée par’31. F. Jlonpillard.
- 2 Note communiquée par 31. L. Ottcnheim.
- Le Proprietaire-Gérant : G. Tissandier. taris. — Imprimerie Lahure, rue de Hcurus, y.
- Fig. 1. — Le cèdre de Montigny-Leucoup (Sciue-ct-Mariic). (D'après un dessin de Al. F. Aloupillard.)
- Fig. 2. — Lit' de la Haye-de-lioutot (Eure). (D’après une photographie de AI. Ottenheim.)
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- 1)05. — 4 OCTOBRE 1890.
- LA NATURE.
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- SUR UNE TROMBE D’EAU ASCENDANTE
- PHÉNOMÈNES TRÈS REMARQUABLES Qu’ELLE PRÉSENTE
- Mon très honorable collègue, M. Faye, a publié, dans Y Annuaire du bureau des longitudes pour 1877, un long article dans lequel il veut prouver entre autres choses, que les tourbillons d’eau ont toujours leur bouche en haut, que leur axe de rotation est vertical et que c’est la partie inférieure qui creuse le fond à la façon d’une vrille. 11 assimile les tourbillons des cours d’eau à ceux qui ont lieu en plein air et qui, selon lui, sont toujours descendants.
- En 1879, j’ai publié dans les Archives genevoises un Mémoire intitulé : Contributions à l'étude de la grêle et des trombes aspirantes. Dans ce Mémoire je rappelais un fait dont j ’a-vaisété témoin en 1879, au mois de juillet, à midi moins quelques minutes, à la sortie des fortifications du côté de la Coulouvrenière. Il y avait ce jour-là une lessive abondante qui séchait sur le sol étendue au soleil; je vis tout à coup, à 25 mètres de distance, tous les menus objets de celte lessive se soulever par un tourbillon qui avait au plus 2 mètres de diamètre. Ces menus linges s’élevèrent presque verticalement avec une vitesse vertigineuse, ils passèrent au-dessus de la ville à une grande hauteur, que j’estimai à 600 mètres, et ils allèrent tomber de l’autre côté de la ville, à mi-chemin environ de Cologny. Je rédigeai le jour meme un récit de cette trombe 18e année. — 2° semestre.
- aspirante, et ce récit fait partie d’un Mémoire que j’ai lu à la Société de physique de Genève et que j’ai publié à cette époque.
- Huit ans après, le 7 février 1887, M. Mas-cart a présenté à l’Académie des sciences une Notice intitulée : Trombes marines en plein air, où il parlait des expériences faites par M. Weyher, sur les tourbillons d’air, et où il croit pouvoir prouver qu’elles sont ascendantes. M. Weyher a publié depuis (en 4889) un volume fort intéressant sur les nombreuses expériences qu’il a faites dans l’air l.
- En 1887, M. Faye a publié un livre intitulé : Sur les tempêtes, les théories, les discussions nouvelles. Dans ce Mémoire, page 24, il dit:
- « Le principe général que M. Colladon admet et qui lui paraît nouveau et important pour la minéralogie, peut se résumer comme il suit : « Etant donnée, dit M. Colla-
- « don, une gran-« de étendue d’un « fluide, soit li-« quide, soitaéri-« formeront une « portion est ani-« mée d’un mou-« vement de ro-« tation autour « d’un axe, et «forme une « espèce de fu-« seau rotatif, la « force centrifu-« ge qui se déve-« loppe tendrait « à écarter dans « les parties cen-« traies les mo-« lécules, et il « naît le long de « cet axe, à par-« tir de ses extré-« mités, deux courants en sens contraire, et si cet 1 Voy. La Nature, n* 747, du 26 février 1887, p. 195.
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- Fig. 1. — Mouvement de l'eau du Rhône au passage d’une écluse. Vue horizontale, prise du quai. (D’après une photographie.)
- Fig 2. — Vue perpendiculaire à l’eau du Rhône. — A, A. Veine d’eau horizontale qui aboutirait aux deux rideaux relevés. (D’après une photographie.)
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- LA nature:
- « axe était vertical, le mouvement produit serait « ascendant dans la partie inférieure et descendant « dans la partie supérieure. »
- J’ai fait faire, pour rendre ce principe évident, un appareil où une petite roue à palettes, tournant horizontalement, aspire du fond d’un vase une trombe ascendante de sciure. Cette expérience a été faite à Paris, devant l’Académie des sciences, par M. Mas-cart, avec un de mes appareils.
- M. Faye a répondu à cet article que les palettes élèvent du fond du vase l’eau et les poussières qui y sont accumulées, parce que c’est un vase fermé, mais que, dans le courant d’un fleuve, les tourbillons ont toujours la forme d'un entonnoir dont la bouche est en haut.
- Dans un fragment spécial de l’Annuaire de 1877 et qui est intitulé : Les tourbillons des cours d'eau sont descendants (p. 550 à 555), il dit : « Maintenant que l'observation nous a révélé les caractères principaux des tourbillons descendants à axe vertical, ceux qui naissent dans nos cours d'eau sont toujours descendants. Nous tâcherons d’esquisser une observation mécanique de ces phénomènes trop peu connus..., etc. »
- Or il vient de se produire à Genève, le long du barrage à rideaux que l’on a construit en amont et le long du petit pont de la machine hydraulique, un fait excessivement curieux. On peut reproduire à volonté ce fait : il suffit pour cela d’abaisser un certain nombre de ces rideaux pour former un barrage, tandis qu’aux extrémités ils sont relevés et que l’eau s’y écoule librement. Il se produit alors à chaque extrémité ouverte une trombe, ou tourbillon, qui a sa bouche en bas. Un peu plus haut elle prend la forme cylindrique horizontale et ces deux parties horizontales tendent à se réunir, en formant comme on l’a baptisé à Genève, une espèce de serpent d’eau. Cette partie cylindrique et horizontale qui aboutit aux rideaux ouverts, ondule dans un espace d’environ un mètre; elle a partout le même diamètre et sa grosseur peut varier dans toute sa longueur, depuis moins d’un centimètre jusqu’à dix centimètres, ou plus, de diamètre.
- M. Turrettini est venu de suite m’avertir, nous avons voulu le visiter ensemble, mais ce jour-là nous avons regardé le courant pendant plus d’une heure et le phénomène ne s’est pas produit. Deux jours après, par un temps calme et pluvieux, j’ai vu ce phénomène se reproduire énergiquement et j’ai passé près de deux heures à l’examiner. J'envoyai chercher M. Boissonnas, le photographe, qui a reproduit plusieurs exemplaires du phénomène, les uns vus horizontalement depuis le quai (fîg. 1) et les autres vus perp idiculairernent au fleuve (fig. 2).
- Le phénomène commence presque toujours par avoir dans toute sa longueur une grosseur de moins d’un centimètre, il grossit instantanément ensuite dans toute sa longueur horizontale, lorsqu’il vient toucher les chaînes qui soutiennent les rideaux, mais il ne cesse pas d’etre horizontal.
- J’examinai d’abord comment le phénomène se produit, et je pensai à quelques expériences que je voulais faire sur ses circonstances principales, puis trois jours après, également par un temps calme et pluvieux, j’ai fait ces expériences.
- La première question à résoudre, c’est: « Gomment ce phénomène se produit-il et que voit-on lorsqu’il se forme? » Supposons que sept rideaux continus soient abaissés, de manière à former un barrage partiel de l’eau du Rhône, et que les rideaux des extrémités soient relevés pour laisser passer l’eau par des ouvertures ayant près de 2 mètres de hauteur et 1 mètre de largeur. Les sept rideaux baissés, par exemple, font un barrage d’à peu près 8m,12.
- Tout à coup il part des deux extrémités ouvertes de ce barrage, parfois même d’une seule de ses extrémités, une colonne cylindrique d’air qui devient horizontale et qui a toujours le même diamètre des deux côtés.
- Ces colonnes cylindriques se rejoignent en moins d’une seconde, en formant un très long fuseau horizontal continu qui aboutit aux deux extrémités ouvertes; là il descend en s’élargissant dans l’eau qui s’écoule.
- La partie horizontale n'est pas immobile, elle a un mouvement dans le sens horizontal, tantôt elle se rapproche du barrage, et tantôt elle s’en éloigne d’environ un mètre.
- Voici le résultat des expériences que j’ai faites sur les circonstances principales de ce phénomène : — 1° Quelle est la profondeur moyenne de la veine horizontale? J’ai fait plusieurs expériences pour obtenir cette profondeur moyenne et j’ai trouvé environ 50 centimètres de profondeur. — 2° Si on inter-rompt la partie cylindrique par une surface plane plus ou moins large, le phénomène peut-il se produire également? Pour résoudre cette seconde question, j’avais fait forger une pelle parfaitement plane et triangulaire ; cette pelle avait 55 centimètres de largeur dans la partie supérieure, les deux côtés étaient inclinés et se terminaient en pointe à l’extrémité inférieure. La surface de cette pelle a été placée dans le sens du courant, de manière à interrompre la veine : si celle-ci ne frappait qu’une partie large de trois ou quatre centimètres, la partie cylindrique de cette veine se déviait un peu et continuait à subsister; mais, si l’on abaissait la pelle davantage, la veine cessait d’être continue et chaque partie s’écoulait lentement du côté des deux, ouvertures qui terminaient le barrage. — 3° Expériences faites avec des tubes à gaz portant dans leur partie supérieure un manomètre dont les branches avaient environ cinquante centimètres de longueur et étaient remplies d’eau à moitié. Lorsque l’extrémité inférieure du tube pénétrait dans la partie centrale de la veine, le manomètre montait brusquement d’environ quarante centimètres d’eau.— 4° Quelle est la longueur maxima que peut atteindre le baixage? Le barrage avait, dans les premières expériences, une longueur de 8m,12.— Dans mes expériences j’ai pu la porter
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- à 15m,08 ; le phénomène s’est produit comme précédemment et les deux veines extrêmes se sont immédiatement rejointes.
- Voilà un l’ait bien extraordinaire; ce tube d’air parfaitement cylindrique, ayant d’abord moins d’un centimètre de diamètre sur une longueur horizontale de quinze cents centimètres, est, je crois, un fait nouveau.
- Ce fait est évidemment contraire aux nombreuses assertions de M. Fayc, qui dit et répète, soit dans le Mémoire de 1877 de l’Annuaire, soit dans la loi des tempêtes qui a paru en 1887, que les tourbillons d’eau, lorsqu’ils ne sont pas gênés par une enveloppe, ont toujours la bouche en haut et un axe sensiblement vertical. Tout récemment (Revue scientifique du 50 août 1890, p. 499), il dit : « Ayant reconnu l’analogie profonde qui existe entre les mouvements tourbillonnaires à axe vertical des cours d’eau, des courants de la photosphère du soleil et de notre propre atmosphère, il restait à chercher dans quel sens les fluides se meuvent dans leur intérieur. Or, pour deux de ces trois ordres de phénomènes, la chose est évidente. S’il s’agit des cours d'eau, tout le monde sait que les tourbillons sont descendants. S’il s’agit du soleil, le noyau relativement noir des taches et toutes les observations d’analyse spectrale conduisent à la même conclusion. »
- J’ajouterai que Ton peut teindre cette veine horizontale avec une matière colorante; en attachant la petite boîte qui la contient, par une ficelle, on voit cette boîte lorsqu’elle est prise par le courant rotatif de la veine, tourner avec rapidité en colorant fortement la veine1. Daniel, Coixadon,
- Correspondant de l'Institut.
- DERMOGMPHIE OU AUTOGMPHISME
- La Nature a parlé précédemment2 des cas si curieux d’autographisme présentés à l’Académie de médecine par M. le I)1' Mesnet. J'ai pensé que Thistorique d’un cas semblable obervé à l’hôpital Lariboisière dans le service de M. le Dr Duguet, et au sujet duquel l’éminent praticien me communique toutes ses notes, intéresserait les lecteurs.
- Le malade traité par le Dr Duguet pour cet état particulier auquel il donne le nom de Dermographie, plus strictement exact que celui à'Autographisme, est un garçon de trente et un ans, un névrosé, entretenant soigneusement sa névrose, dont il tire grand profit, en sa qualité de parasite des hôpitaux, race curieuse dont l’histoire naturelle reste à écrire et ferait le sujet d’une intéressante thèse. — C’est un simulateur de premier ordre
- 1 Nous renverrons nos lecteurs à l’étude que nous avons précédemment donnée sur les trombes terrestres, étude qui a été commencée par une observation faite à Yinecnnes (n° 783, du 2 juin 1888, p. 1). Celte observation a donné lieu à d’autres communications que nous avons successivement insérées (n° 787,du 30 juin 1888,p. 6o;n° 793, du 11 août 1888,p. 102; n° 800, du 29 septembre 1888, p. 274). On verra en relisant ces notices qu’il ne paraît pas douteux que les trombes terrestres comme les trombes d’eau, sont parfois ascendantes.
- 2 Yoy. n0 887, du 51 mai 1890, p. 401.
- dont le procédé nous explique celui de certains drôle* de la Cour des miracles, mendiants de profession qui naguère couraient Paris, étalant leurs plaies.
- A l'âge de vingt et un ans, étant sous les drapeaux, en Tunisie, il contracte la scarlatine; le médecin trace sur son corps, suivant la pratique usuelle, des lignes au crayon qui, dans la Scarlatine vraie, doivent laisser des traces blanches sur la rougeur de la peau. Au bout d’un instant, le malade s’aperçoit qu’une élevure se produit sur le trajet des raies, que la peau affecte un gonflement extraordinaire. Et comme il est intelligent et malin, il songe tout de suite au parti qu’il peut tirer de ce phénomène.
- Aussi, dès ce temps, devient-il un pilier d’hôpital. De retour en France, il compte une vingtaine d’accès de fièvre toujours accompagnés d’éruptions. On le traite dans divers hôpitaux pour la rougeole, pour la variole, pour la scarlatine. Quatre fois il est expédié, avec les précautions d’usage, à l'hôpital varioleux d’Aubervilliers. Enfin, en février 1890, il arrive à Lariboisière, avec une forte fièvre, des accès de tremblement; il présente des troubles de sensibilité générale, anesthésie complète, analgésie, le goût et l’odorat sont abolis; cela, c’est l’état pathologique réel ; mais, deux jours après, le malade présente sur la poitrine une éruption particulière. « C’est, dit-il, l’éruption qui accompagne mes accès de fièvre. »
- Le chef de service entrevoit la supercherie. Au grand étonnement du malade, il continue l'éruption, en touchant la peau de son homme de la pointe d’un crayon ; puis il lui écrit sur le dos ces mots : Possédé du Diable. Immédiatement la peau s’élève, se tuméfie et l'inscription apparaît si nettement qu’on peut la photographier.
- Le malade alors avoue sa fraude, que l’on découvre, dit-il, pour la première fois et explique tout au long ce qu’il appelle lui meme « son système ».
- Depuis que sa première scarlatine, la seule vraie, lui a appris à connaître les propriétés dermographiques, il a recours, toutes les fois que ses moyens d’existence lui manquent, à une simulation qui lui ouvre facilement les portes de l'hôpital. Tantôt, il simule la rougeole : il se pique alors avec les dents d’une fourchette et arrive à produire une éruption rubéoliforme qui, maintes fois, a donné le change. Celte éruption persiste environ deux heures. Il sait d’ailleurs* que la rougeole comporte un larmoiement: il obtient ce larmoiement en se frottant les yeux avec un morceau de savon. Avec une brosse, il simule une scarlatine ; il prétend pouvoir « se fabriquer » de toutes pièces une angine, mais il refuse de faire connaître son procédé. Avec un crayon ou une allumette, et en appuyant fortement, il produit une éruption de papules varioliques. La dépression, l’état fébrile voulus sont obtenus à l’aide de quelques verres d’absinthe et de cognac absorbés la veille.
- 11 prend jusqu’à vingt-cinq petits verres d’absinthe pure par jour. Outre qu’elle sert l’application de son système, l’ivresse de l’absinthe lui est agréable. Et comme chez lui le sens du goût n’existe plus, il emmène un camarade chargé de lui dire que c’est bien vraiment de l’absinthe qu’il boit et non un liquide vert quelconque !
- Enfin, s’étant ainsi confessé, le malade sort, et en digne descendant des gueux qui ajoutaient volontiers la gouaillerie à la malice, il s’en va en disant au Dr Duguet :
- « N’en parlez à personne, j’en ferai voir des trucs de paralysie! Car je veux maintenant rouler la chirurgie, comme j’ai roulé la médecine! » Louis Gailet.
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- IA PYROGRÀTURE
- La pyrogravure est un nouveau procédé de gravure, essentiellement français dans son origine et dans son développement, et qui, sans prétendre se substituer a aucun des procédés employés en décoration, vient heureusement mettre à la disposition des arts décoratifs et industriek des ressources nouvelles et variées dont il est encore impossible d’entrevoir les multiples applications. Ce procédé, dù à M. Manuel-Perier, consiste à tracer, à l’aide d’une pointe incandescente, sur le bois, le cuir, l’os, l’ivoire, les tissus, etc., des dessins qui, variés de ton, d’épaisseur, d’estompage, par une carbonisation plus ou moins profonde, plus ou moins accentuée, produisent, sous la main de l’artiste, des effets extrêmement variés et remarquables.
- Ce procédé permet à l’artiste, sans apprentissage et sans tâtonnements inutiles, d’exécuter un travail décoratif ineffaçable, bien personnel, et créé directement sur l’objet à décorer.
- Les premiers essais de M. Manuel-Perier datent de 1869. L’idée lui en vint en voyant embarquer des caisses de vin marquées d'estampes âfeu. 11 essaya de reproduire, à l’aide de tisonniers rougis, les tons de sépia produits par la brûlure des fers à estamper. Il n’obtint d’abord que des tracés informes. Les pointes à feu à olive employées depuis Ambroise Paré ne donnèrent pas non plus des résultats bien satisfaisants, car elles se refroidissaient très vite, et ne permettaient pas de faire un trait égal, soit en profondeur, soit en couleur.
- 11 obtint de meilleurs résultats avec les petits fers à souder à gaz, et surtout avec un fil de platine maintenu incandescent par le passage d’un courant électrique ; mais, à l’époque de ces expériences (187 4), les accumulateurs étaient encore peu répandus, et M. Perier ne donna pas suite aux essais dans celte voie, essais qui pourraient être repris aujourd’hui avec plus de chances de succès.
- C'est le thermo-cautère inventé en 1875 par M. le Dr Paquelin qui est venu apporter â M. Perier la véritable solution du problème consistant à main-
- tenir, pendant un temps indéfini et toujours à la même température, le traceur incandescent destiné à produire la carbonisation de l’objet à décorer. Le principe du thermo-cautère Paquelin, d’un emploi si fréquent en chirurgie, consiste à injecter dans un tube en platine de l’air chargé de vapeurs d’hydrocarbure. Si le tube a été préalablement porté à une certaine température, l’air et l’hydrocarbure se combineront dans le tube, et la combustion du mélange entretiendra indéfiniment la température, tant que l’injection d’air continuera. Pour les opérations chirurgicales, le fonctionnement de l’appareil ne dure que quelques minutes, et l’injection d’air se fait à l’aide d’une poire de Richardson. M. Perier a modifié le thermo-cautère et son mode d’emploi, pour permettre de travailler d’üne façon continue pendant plusieurs heures. L’outillage du pyro-graveur créé par M. Ma-nuel-Pcrier se compose actuellement de trois parties principales : le réservoir d’air, le carburateur et le thermotraceur.
- Le réservoir d’air est constitué par une cloche en tôle G (fig. 1) dont la partie inférieure plonge dans un récipient annulaire AB, en vue d'alléger l’appareil. Celte cloche que l’on soulève pour la remplir d’air, en renferme suffisamment pour le travail d’une heure. Il suffit donc de la soulever une fois par heure, ce qui se fait sans grand effort. Pendant le soulèvement, l’air s'introduit dans la cloche par la soupape E. Celte cloche descend par son propre poids, et exerce sur l’air une pression que l’on peut faire varier entre certaines limites en la chargeant de poids plus ou moins lourds, suivant que l’on veut donner au thermo traceur une température plus ou moins élevée.
- L’air comprimé par la cloche s’échappe par le tuyau J (figure 1, numéro 2), et se divise en deux parties : l’une vient dans le carburateur D composé d’un récipient renfermant une éponge imbibée de l’hydrocarbure (alcool, esprit de bois, benzine, essence minérale, etc.) et sort, en K pour arriver au thermo-traceur par un tube en caoutchouc très flexible ; une seconde partie de l’air va directement au traceur pour en refroidir le manche. A cet effet, le thermo-traceur est muni d’un manche creux en bois autour
- Fig, 1. — Appareils de pyrogravure. — 1. Réservoir d’air. 2. Carburateur. — 5. Thermo-traceur.
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- duquel circule l’air refoulé directement par le réservoir, et dont on règle le débit par un robinet ménagé au-dessus du carburateur, de façon à éviter le gaspillage, tout en assurant cependant un refroidissement suffisant. Le thermo-traceur est un simple tube métallique sur lequel vient se visser le tube en platine II porté a l’incandescence. La partie élargie est percée d’un trou par lequel s’échappent les produits de la combustion qui s’est effectuée à l’extrémité de la pointe du tube <n platine. Suivant la nature du travail de pyrogravure à e!fec- r' tuer, on peut visser des traceurs plus ou moins larges, plus ou moins contournés, et varier ainsi les effets produits.
- La figure 2 représente un artiste en train d'effectuer un travail de pyrogravure. On voit avec quelle facilité se manœuvre le traceur, à peine plus gros qu’un crayon. Les deux tubes de caoutchouc qui aboutissent à ses extrémités sont si légers qu’ils ne gênent en rien le maniement. Les résultats sont variés à l’infini avec le goût et l’habileté du pyrograveur, la nature de la substance et des enduits qui la recouvrent, la température du traceur, etc. Après avoir décrit le mode opératoire, examinons rapidement les applications auxquelles se prête le procédé.
- La pyrogravure
- peut être utilisée comme art d’agrément, ou simple passe-temps par les jeunes gens, les jeunes filles et les amateurs, qu’ils sachent ou non dessiner. Il suffit, en effet, d’avoir reporté un dessin ou un ornement par un procédé quelconque sur un panneau, pour le pyrograver avec la plus grande facilité et obtenir très rapidement des résultats encourageants.
- L’art, la grande décoration et l’ornementation industrielle ont dans la pyrogravure un moyen nouveau et pratique d’utiliser le talent de l’artiste et l’habileté de l’ouvrier. On pourra s’en convaincre
- en jetant un coup d’œil sur les échantillons actuellement exposés par M. Manuel-Pericr ou en cours d’exécution, à l'Exposition des Sciences et des Arts industriels, au Palais de l’Industrie. Nous signalerons tout d’abord le grand panneau en peuplier qui forme l’enseigne du petit atelier ou,- chaque jour, l’inventeur démontre son procédé aux visiteurs, panneau dont la décoration sur place a été le premier travail de décoration de ce genre fait dans l’exposition même. Parmi les mille et un objets déjà pyro-
- gravés, nous avons remarqué des boîtes à gants et à mouchoirs, des petits meubles, des couteaux à papier, des manches d’ombrelle, des menus, des moulures, des toiles et des cuirs, etc. La pyrogravure combinée à l’art des projections, permet de reproduire un dessin donné sur un panneau d’une grandeur quelconque, et l’Exposition de M. Manuel-Pcrier nous en offre un exemple par la reproduction d’un dessin de Détaillé sur deux panneaux de grandeurs très différentes. Ce que nous venons de dire suffit, à montrer quel’ébé-nisterie, la menuiserie, la reliure d’art, le cuir pour sièges et tentures d’appartements, trouveront dans la pyrogravure de curieuses et intéressantes ressources décoratives.
- Enfin, il n’est pas jusqu'à l’industrie qui ne puisse trouver, dans la pyrogravure rendue si simple et si pratique par les recherches persévérantes de M. Manuel-Perier, un concours utile et efficace pour la confection des étiquettes indélébiles sur caisses, objets d’arsenaux, de chemins de fer, magasins d’équipement, fiches d’horticulture, tonneaux, la gravure sur bois pour impression, et mille autres applications que l’on peut concevoir, mais qu’il serait fastidieux d’énu mérer.
- La pyrogravure constitue donc un procédé à la fois amusant, artistique, industriel qui a su con-
- Fig. 2. — Mode d’emploi des appareils de pyrogravure.
- Maniement du thermo-traceur dont on se sert comme d'un crayon. — A gauche, réservoir d’air. — Des spécimens de pyrogravure sont représentés autour de l’opérateur.
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- LA NATURE.
- quérir déjà de fervents adeptes en France et à l’étranger, et que nous sommes heureux de présenter aux lecteurs de La Nature. E. II.
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE DE MORITZ
- DANS l’eNGADIN'E (SUISSE)
- L’Engadine est une des vallées d’Europe situées le plus haut, entourée d’immenses glaciers. La température du climat, la pureté de l’air et l’admirable vue dont on jouit, attirent chaque année, en cet endroit, de nombreux voyageurs. Aussi la contrée regorge-t-elle d’habitations particulières, d'hôtels, de villas possédant tout le confortable. Malheureusement l’éclairage est tout à fait insuffisant; le gaz manque. 11 était naturel, dans ce pays de montagnes, de penser à utiliser une chute d’eau. C’est ce qui a été réalisé en effet et qui a permis au village de Moritz d’avoir la lumière électrique. Voici les renseignements qui ont été publiés à ce sujet par notre confrère Zeitschrift fur Eleklrotechnik.
- On a choisi un endroit, près de Silvaplana, où la chute d’eau de Julier se jette dans la mer de Silvaplana. La station centrale à élever à cette place pourra alimenter 3000 lampes à incandescence. A cet effet, on procède à l’installation de trois turbines, chacune d’une puissance de 125 chevaux. Chaque turbine est attelée directement à une machine à courants alternatifs Ganz A6, donnant 3000 volts et 27 ampères à la vitesse angulaire de 250 tours par minute. La machine excitatrice est une machine Ganz à courants continus, type A2. Le réglage des machines est obtenu partie à la main, partie à l’aide d’un régulateur automatique.
- Trois grands hôtels de Moritz-Bad vont prochainement être éclairés : l’hôtel Curhaus, avec 700 lampes à incandescence et5 lampesàarc; l'hôtel Victoria, avec 700lampes à incandescence et 3 lampes à arc; et l’hôtel du Lac, avec 938 lampes à incandescence et 7 lampes à arc. Dans ces divers hôtels seront installés 18 transformateurs de 8 kilowatts chacun, qui ramèneront la tension de 3000 à 110 volts.
- Le point de distribution le plus rapproché de l’usine est à 4800 mètres, tandis que le point Je plus éloigné est à 5400 mètres. L’installation des circuits primaires a été faite sur des isolateurs Johnson et Philips. J. L.
- ORAGE A MARSEILLE
- Le 21 septembre, un orage de grêle d’une grande violence a éclaté sur Marseille, où de telles perturbations atmosphériques sont particulièrement rares. Les grêlons étaient en moyenne gros comme des noisettes; mais il en est tombé un grand nombre de la dimension d’une noix et même d’un œuf de poule. Us étaient de forme irrégulière; beaucoup avaient leur surface très bosselée et d’autres étaient aplatis. La foudre est tombée en plusieurs endroits; elle a mis le feu dans une usine et a fait des dégâts dans l’église des Réformés. Une femme et un enfant ont été noyés dans une masure envahie par les eaux. Les caves et beaucoup de magasins ont été inondés dans les bas quartiers de la ville où les rues, notamment la Can-nebière, étaient transformées en torrents impétueux. Il y a eu des dégâts considérables en beaucoup d’endroits. Nombre d’animaux, parmi lesquels un cheval, un âne et cinquante porcs, ont été noyés. Pendant cette heure d’orage, il n’est pas tombé *noinsde77 millimètres de pluie. Cet ouragan électrique n’a pas influencé le baromètre qui
- marquait 765 millimètres. Deux grêlons, de forme irrégulière, se rapprochant du carré, qui ont été recueillis sur deux points différents, pesaient chacun un demi-kilogramme. Dans un village de la banlieue, des blocs de marbre, dont le poids atteignait de 2000 à 5000 kilogrammes, ont été roulés par les eaux sur un parcours de 50 mètres. Enfin, de curieux effets de foudre ont été observés, notamment une barre de fer qui a été tordue en tire-bouchon. L’orage a été circonscrit à Marseille et à ses environs immédiats; sa direction était du sud-est au nord-ouest. D’autres orages violents et de grandes pluies ont eu lieu, à la même époque et pendant les jours qui ont suivi, dans le bassin du Rhône, où les inondations ont fait des victimes et d’immenses dégâts. Jacques Léotard.
- LE PUITS DU FORT BARRAULT
- Le fort Barrault, près de l’ancienne frontière du Dauphiné et de la Savoie, a une légende dans notre histoire militaire. Un duc de Savoie le construisit sur la terre de France. Lesdiguières, alors gouverneur du Dauphiné, laissa faire et, lorsque la construction fut presque terminée, il dirigea contre elle une expédition conduite avant tant de secret et d’adresse, que, dans une seule journée il s’en rendit maître de vive force. Mais ce n’est pas un récit d’histoire militaire que je veux faire ; mon intention est, tout simplement, de signaler une particularité géologique assez rare: du moins, je n’en connaispas d’autre exemple.
- Le fort Barrault est alimenté d’eau par un puits, creusé sans doute lors de la construction de l’ouvrage, et qui se trouve dans des conditions tout autres que les puits artésiens ordinaires. Tous ceux dont j’ai connaissance ont été forés dans un terrain en fond de cuve, et l’on est allé chercher à une certaine profondeur des couches perméables, emprisonnées entre deux couches imperméables; ces couches se relèvent plus ou moins loin pour reparaître à un niveau plus, élevé, où elles recueillent les eaux pluviales. C’est ainsi que les grès verts emmagasinent au delà de la Champagne pouilleuse l’eau qu’ils amènent sous le sol de Paris, où l’on va les atteindre à plus de 500 mètres de profondeur. '
- A Barrault, il n’en est point ainsi. La vallée du Graisi-vaudan, qu’arrose l’Isère, a une largeur de 5 à 5 kilomètres; elle est dirigée du nord-nord-est au sud-sud-ouest et bordée des deux côtés par des pentes raides, que surmontent des escarpements. Au droit du fort Barrault, l’Isère est à la cote 240 au-dessus du niveau de la mer. Le fort est établi sur un petit mamelon isolé, dépourvu d’eau, dont il occupe la presque totalité. La cour intérieure est à la cote 371 en moyenne. Le village de Barrault se trouve dans une assez large dépression cotée 328 et de nombreuses sources l’arrosent. Les constructeurs du fort, étrangers à des connaissances géologiques que personne du reste ne possédait alors, purent donc espérer qu’en creusant à une cinquantaine de mètres ils pourraient recueillir des infiltrations provenant du village, distant seulement de 800 à 900 mètres. Ils firent largement les choses, car leur puits a deux toises d’ouverture, mais ils n’ont pas eu besoin de s’approfondir autant qu’ils l’avaient résolu. Après s’être enfoncés de 40 mètres seulement, ils rencontrèrent l’eau et eurent l’agréable surprise de la voir remonter jusqu’à 2 mètres au-dessous du sol, niveau qu’elle a conservé jusqu’à nos jours, et elle est en quantité assez abondante pour suffire aux besoins de la garnison. Depuis lors, il est vrai., on a eu recours à une source éloignée, que l’on a amenée à grands frais, mais
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- la négügenc.' apportée au curage d’un puits large et profond a nui à la qualité de l’eau, dont la quantité et la proximité du sol n’ont jamais été critiquées.
- D’où celte eau peut-elle provenir? Ce n’est certes pas du mamelon lui-mèine, qui est beaucoup trop exigu. Ce n’est pas non plus de la rivière, ni du vallon de Burrault, qui sont l’un et l’autre à une cotemoindre que celle de 308,50 où' se maintient assez exactement le niveau de l’eau dans le puits. On est donc en présence d’un véritable puits artésien, en communication avec le plateau supérieur, dont l’étendue fournit une réserve plus que suffisante et qui domine la plaine et le mamelon de plusieurs centaines de mètres. Ici se présente la singularité que je signale.
- Pourquoi l’eau ne remonte-t-elle qu’à une cote aussi inférieure au point de départ? Ensuite la direction des couches n’est nullement favorable. Le Graisivaudan est une vallée de fracture; il présente une faille très prononcée. Les hauteurs de la rive gauche prolongent le soulèvement du Mont-Blanc et leurs roches sont beaucoup plus anciennes que celles de la rive droite. Celles-ci ont été relevées en masse, de manière à présenter leur tranche du côté de la vallée, et les couches plongent toutes très régulièrement
- Crête de l'Alpette
- Montagnes de la / Chartreuse
- Plateau de _ S1 Pancrace
- -—718^0
- W\carp 33 A
- Echelle des longi
- Echelle deshauteurj'.
- nationale
- Coupe de la vallée dirigée de E. N. E. à 0. S. O.
- sous le massif de la Chartreuse, avec une inclinaison variant du tiers à la moitié. Il s’ensuit que les eaux pluviales de la contrée suivent la direction de ces couches, soit à la surface du sol, soit en s’enfonçant pour reparaître dans les anfractuosités qui s’y trouvent. Ainsi prennent naissance de nombreux ruisseaux, qui traversent le massif montagneux et se dirigent vers le nord, pour se jeter dans le Rhône, au-dessus de Lyon.
- Comment se fait-il donc qu’une dérivation quelconque puisse avoir lieu en sens contraire et jaillir contre toute espérance dans le puits de Barrault? Il n’y a qu’une seule réponse admissible. L’eau doit s’abîmer dans une faille secondaire jusqu’à une profondeur inconnue et remonter après cela, en suivant le plan d’une couche, au-dessous du village et du fort jusqu’au point où le forage du puits l’a rencontrée. C’est exactement le contraire de ce qui se voit ordinairement et le fait m’a paru valoir la peine d’étre signalé comme un exemple fort rare et dont, peut-être, on ne connait pas plus que moi, d’autre exemple. De tout temps les cours d’eau superficiels ont attiré l’attention et les lois qui règlent leur marche sont bien connues. Il n’en est pas de même de ce qui concerne les eaux souterraines, qui échappent plus facilement aux investigations; et cependant elles sont bien nombreuses dans notre pays. Le fait que je signale pourra être une contribution à leur histoire.
- Général Cosseron de Villenoisv.
- L’ASCENSION DU MONT-BLANC
- PAR UN TOURISTE
- Les lecteurs connaissent les belles expériences que M. Jansscn a récemment instituées au sommet du Mont-Blanc et la façon dont l’éminent astronome est parvenu à exécuter cette difficile ascension ‘. Ayant eu la bonne fortune d’en être témoin, j’accède bien volontiers au désir du directeur de La Nature qui me demande de raconter ici quelques impresr sions de touriste.
- Lorsque le temps est favorable, deux jours sont nécessaires pour gravir le Mont-Blanc. On part le malin de Chamonix afin de coucher le soir à la cabane des Grands-Mulets. Jusqu’à 2400 mètres on suit dans la montagne un lacet très praticable ; mais à partir de cette altitude, on est séparé des Grands-Mulets par deux glaciers, les Bossons et le Taconnaz, dont la traversée dure cinq heures. À moins d’être très habitué à ce genre de sport, on ne s’engage qu’avec timidité à travers leurs blocs en désordre. Très incliné sur les Bancs de la montagne, le premier de ces glaciers se fend perpendiculairement à la direction de sa plus grande pente. Il en résulte des failles à parois verticales, dont la profondeur atteint souvent soixante à cent mètres. Si nombreuses sont ces crevasses que, par places* elles divisent la glace en feuillets verticaux, larges seulement d’un à deux mètres. C’est sur ces crêtes diversement découpées que l’on marche. Il faut passer de l’une à l’autre en franchissant les abîmes qui les séparent. On cherche l’endroit où les deux bords du précipice se rapprochent le plus; quand l’écart ne dépasse guère un mètre, on pratique,, il coups de piolet, des degrés dans le mur opposé, et,1 s’aidant d’un bâton ferré, on enjambe d’un rocher de glace au rocher voisin. Si la distance à franchir est plus considérable, le recours à O’échelle est nécessaire. De toute façon les touristes d’une même caravane doivent être attachés l’un à l’autre ai* moyen d’une forte corde. Si l’un d’eux tombe dant? un précipice, les camarades l’en retirent. 5
- Çà et là le glacier, parfaitement uni, permet une ascension plus rapide. On se croirait alors à l’abri de tout péril, si, par intervalles, on n’entendait le bruïi formidable et terrifiant des avalanches. Elles sè produisent surtout à l’entrée des Bossons au-dessous de l’immense couloir de glace que domine l’aiguille du Midi. Sous l’influence du soleil, des fragments de roche se détachent des régions supérieures, roulent ou rebondissent sur le glacier, animées d’une vitesse vertigineuse, menaçant tout sur leur passage. Dès qu’on les entend, il faut observer leur trajectoire-pour essayer de s’en-garer. Çejs chutes de pierre constituent certainement l’un des dangers de l’ascension aux Grands-Mulets.
- Moins fréquent est 1 eboulement des séraci. On
- 1 Vov. n° 004, du 27 septembre 1890, p. 257.
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- LA NATURE
- désigne ainsi des pyramides de glace, 1res grêles, hautes de trente à cinquante mètres, qui se dressent, à la manière d’immenses aiguilles, au milieu des
- neiges (fig. 2). L’écho de la voix humaine suffit quelquefois pour en provoquer • l’effondrement : aussi doit-on s’abstenir de parler au voisinage.
- Fig. 1. — Ascension aux Grands-Mulets. Passage de la Jonction. (D’après une photographie de MM. Neurdein.)
- Fig. 2. — Pyramides de glace, au glacier des Bossons. (D’après une photographie de MM. Neurdein.)
- Malgré l’inquiétude qu’ils inspirent, ces phénomènes exercent sur le touriste une irrésistible attraction. La plume est rebelle à décrire les magnificences
- de ces solitudes, le chaos de leurs glaces amoncelées, le jeu éblouissant de la lumière dans leurs cristaux, l’enthousiaste admiration de l’homme des
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- villes transporté pour la première fois dans cette immense féerie de la Nature.
- La difficulté de la marche sur les pentes glacées
- ajoute encore à l’intérêt de l’ascension. Après avoir traversé les Bossons, on arrive au Taconnaz. Ces deux glaciers offrent, en un point qu’on appelle la
- Fig. 3. — La rabane des Grands-Mulets au Mont-Blanc. (D’après une photographie de MM. Neurdein )
- Jonction (fig. 1), assez peu d’écart pour qu’on puisse passer directement de l’un à l’autre. On franchit l'abîme béant entre leurs bords. Après quoi, la
- marche devient plus facile, le Taconnaz étant beaucoup moins disloqué que les Bossons. 11 faut cependant, pour en sortir, gravir une rampe de neige si
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- abrupte qu’on est obligé d’y pratiquer un escalier au piolet.
- Cette dernière difficulté vaincue, on arrive aux Grands-Mulets. Ces rochers doivent leur nom a leur disposition en troupeau : des montagnes voisines on les aperçoit, quand le ciel est clair, faisant saillie comme autant de taches sombres ou de dos de mulets à travers l’océan glacé qui les entoure. Ils sont situés à l’altitude de 5050 mètres. La commune de Chamonix y a construit une cabane de bois, pourvue de lits, de chaudes couvertures et d’un fourneau à pétrole. En été, des guides y apportent des vivres une ou deux fois par semaine, et une femme y fait la cuisine. C’est un refuge précieux pour les touristes. On lui donne le nom pompeux d’hôtel. S’il n’est pas de première classe, il offre néanmoins, sur tous les hôtels Belle- Vue ou Beau-Site de ma connaissance, l’avantage inappréciable d’un panorama grandiose (fig. 5) : au-dessus de lui, à perte de vue, l’immensité des monts recouverts de leur éternel linceul ; au-dessous le chaos des glaces entassées et leurs abîmes insondables.
- Ce spectacle semble avoir vivement impressionné les touristes, si j’en juge par les réflexions, sentences et maximes dont ils ont illustré le Livre des Etrangers aux Grands-Mulets. C’est un sentiment de terreur que beaucoup y ont ingénument exprimé. D’aucuns y ont consigné de facétieux propos. « Il convient, dirons-nous avec un spirituel alpiniste, d’être indulgent pour ces productions dont la faiblesse est plus involontaire qu’on ne pense. Il n’y a pas de moment plus mal choisi pour donner l’essor à son génie que celui où l’on plane dans les nuages. L’air raréfié agit sur les facultés comme sur le mercure du baromètre et, quand l’homme monte, l’esprit baisse1. »
- On passe la nuit à l’hôtel des Grands-Mulets; on en part le lendemain de grand matin entre 2 et 5 heures. A la lueur des lanternes, on escalade les rochers voisins de la cabane ; on contourne une énorme crevasse et, pendant quelque temps, on chemine à pas lents sur ses bords escarpés ; après quoi on arrive au Grand-Plateau. (Test un glacier qu’on ne peut gravir qu’en le prenant en écharpe. Loin d’être tourmentée comme celle des Bossons, sa surface paraît tout unie. Mais elle est extrêmement glissante, et toujours recouverte d’une neige récente qui cache ç'a et l'a des gouffres inattendus. La marche y est très pénible, surtout à partir de 4000 mètres. Là se fait nettement sentir le mal des montagnes. On le supporte à la condition de marcher avec une extrême lenteur, « comme si l’on ne voulait pas arriver», disent les guides. A chaque instant on est forcé de s’arrêter ; on boit un peu de vin et l’on continue l’ascension. Après huit heures de marche depuis les Grands-Mulets, on atteint le Chalet des Bosses, construit à l’altitude de 4400 mètres par un intrépide alpiniste, M. J. Yallot. La Nature a récemment dé-
- 1 Ch. Durier, Le Mont-Blanc, p. 285.
- crit cet observatoire météorologique, qui est actuellement la plus haute station scientifique du monde1.
- Après s’y être réconforté, il reste encore 400 mètres à gravir pour atteindre le sommet du Mont-Blanc. On y accède par les Bosses, sortes de toits de neige entourés de précipices. Telle est la pente de ces toits qu’on ne peut s’v tenir debout : c’est seulement sur leurs arêtes qu’il est possible de marcher ; encore sont-elles si inclinées qu’on y glisse à chaque instant. Si les touristes d’une même caravane n’étaient point reliés les uns aux autres par une corde, et retenus par d’excellents guides, la plupart y trouveraient certainement la mort. Cette partie de l’ascension est d’ailleurs de beaucoup la plus pénible. La raréfaction de l’air, jointe au grand froid et à la fatigue de la marche, cause un tel essoufllement, une telle faiblesse, qu’en ce qui me concerne, j’étais incapable de me relever moi-même chaque fois que je tombais : je me faisais relever par mes guides2.
- J’indique ces détails, en dépit du conseil de Pascal, parce qu’ils me paraissent donner la note exacte des difficultés de l’ascension. M. Janssen les supporta beaucoup mieux que moi, n’ayant pas, .puisqu’il était en traîneau, le poids de son corps à élever. Parti des Bosses à 10 heures, il arriva au sommet du Mont-Blanc vers midi. C’est là que j’ai eu le plaisir de le rencontrer. La pureté du ciel était admirable et permettait au regard d’embrasser l’ossature des Alpes et de leurs dépendances, la chaîne du Jura, le Massif du Dauphiné, la Savoie, la Suisse, les Apennins. Immédiatement autour du sommet, le vide avec, çà et là, des pics émergés. Cette proximité des abîmes est surtout rendue sensible par la forme du sommet. C’est une calotte glacée dont la partie culminante n’offre qu’un mètre de largeur (fig. 4). Elle est recouverte d’un épais manteau de neige où l’on enfonce à mi-jambes. En plein mois d’août il n’est pas rare que la température y descende à — 20° C. Elle y est le plus souvent de —12° C. Le vent, d’une violence extrême, y soulève en permanence un nuage de neige, quelquefois visible de la vallée : cette neige cingle le visage du touriste de la façon la plus désagréable. Mais ce qui déprime le plus le voyageur, c’est la faible tension de l’oxygène à une altitude aussi élevée. La pression barométrique y oscille entre 42 et 45 centimètres de mercure ! On ne peut y séjourner que fort peu de temps.
- A la descente on souffre moins qu’à la montée, parce qu’on n’a plus la charge de son propre poids ; mais, dans la région du sommet, cet allégement de soi-même est compensé par un véritable sentiment de frayeur. J’en parle peut-être avec la naïveté tar-tarinesque d’un citadin insuffisamment entraîné. Mais je manquerais de sincérité, si je n’avouais
- 1 Yoy. n° 902, du 13 septembre 1890, p. 225.
- * J’ai fait l’ascension avec les guides Edouard Cupelin et Clément Terraz, et me fais un plaisir de les remercier ici de leurs bons services.
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- l’cmotion que j'ai ressentie à la descente quand, sur la crête des immenses toits de glace qui entourent le sommet du Mont-Blanc, j’ai vu glisser, retenu par douze guides, le petit traîneau de M. Janssen. Le vent menaçait de tout emporter dans les précipices. Les hommes enfonçaient leurs piolets dans la glace pour s’y retenir, se sentant à chaque instant enlevés par le poids du traîneau. Au devant du véhicule étaient attachés trois guides dont les jambes faisaient office de frein. Grâce à cette précaution, M. Janssen a pu descendre sans encombre au chalet Vallot et le soir môme aux Grands-Mulets. Le lendemain il arrivait à Chamonix. Vingt et une salves de canon annoncèrent son retour. La population du village, les guides, les étrangers se rendirent au-devant de lui, acclamant tous, savants et ignorants, l’homme qui venait de témoigner un si noble dévouement à la science. Louis Olivier,
- Docteur es sciences.
- LE FUNICULAIRE DE BELLE AILLE
- A PARIS
- Le tramway funiculaire de Belleville, dont La Nature a déjà annoncé en son temps l'installation *, va être incessamment livré au public. La pose de la voie, celle des machines motrices et du tendeur sont complètement achevées. Les élégantes voitures qui rouleront de la place delà République à l’église de Belleville, sont déjà à leur place sous le hangar qui leur sert de dépôt. Nous représentons l’une d’elles avec ses voyageurs (fig. 1). Le câble seul est encore en route; on n’attend plus que lui et il ne sera ni long ni difficile à enrouler sur les poulies qui dirigeront sa course à travers les courbes plus ou moins accentuées de la nouvelle ligne. Encore un mois, et Paris sera doté du premier de ses funiculaires. C’est un peu tard, à la vérité. Voici de longues années que nos voisins d’outre-Atlantique usent, et très largement, de lignes à traction par câble. Melbourne, Saint-Louis, New-York possèdent chacune une quarantaine de kilomètres de chemins semblables. Philadelphie en possède 25, Chicago 18. San-Francisco a inauguré récemment un funilaire qui n’a pas moins de 52 kilomètres de parcours!
- Le nouveau tramway de Belleville est donc loin d’arriver bon premier. Il offre toutefois une originalité qui nous semble nouvelle, ou tout ou moins peu usitée jusqu’à ce jour : la voie qui monte de la place de la République à l’église est unique, tandis que les tramways américains que nous venons de citer ont tous une double voie, une pour la montée, l’autre pour la descente des trains. Comme il est facile de le vérifier sur place, le funiculaire que nous allons voir en service un de ces jours prochains ne possède deux voies qu’aux garages, au nombre de cinq : deux dans le faubourg du Temple, au canal et à l'angle de la rue Saint-Maur; et trois sur
- 1 Voy. n° 850, An 27 avril 1889, p. 545.
- le parcours de la rue de Belleville, aux angles du boulevard de Belleville et des rues Julien-Lacroix et Bolivar.
- Des trois organes dont la réunion forme l’ensemble du funiculaire de Belleville, — la voie, les machines et les voitures, — le premier, la voie, est celui qui attire tout d’abord l’attention. Elle est, bien entendu, tout entière souterraine, puisqu’elle doit renfermer le système des poulies à gorge sur lesquelles roule le câble conducteur des véhicules. Mieux que toutes les descriptions, l’examen de notre figure 2 nous en fera facilement saisir la disposition. Les rails, noyés dans le pavé qui recouvre la chaussée, reposent très visiblement sur un système métallique spécial, en forme de V évasé, qui a reçu le nom de joug. Ces « jougs », distancés de mètre en mètre sur toute la longueur de la voie, forment comme l’ossature d’un petit tunnel souterrain qui renferme le câble mobile.
- Le système des deux rails, écartés de 1 mètre l’un de l’autre, ne compose point toute l’installation de la voie du funiculaire. Entre eux court, en effet, un autre rail à rainure centrale qui servira de guide au grip. Le « grip »,que nous retrouverons tout à l’heure dans la description du véhicule, n’est autre que la pièce métallique, la mâchoire, si l’on veut, qui étreint, qui « agrippe » le câble, auquel il lie la voiture pendant toute la durée de son parcours. Notre figure 2 reproduit très clairement ce système. Les jougs, en forme de V, les rails extérieurs qu’ils supportent, le rail central à rainure, supporté également par le joug, le grip mordant le câble, et les poulies mobiles sur lesquelles s’appuie et se guide ce dernier, sont distinctement représentés, et nous nous rendons certainement déjà un compte exact du fonctionnement de l’élégante et utile voie ferrée bel-levilloise. Nous aurons suffisamment complété notre description en indiquant le poids des lails, en acier, qui est de 45 kilogrammes par mètre courant pour les rails de roulement, et de 29 kilogrammes pour le rail central de rainure.
- Maintenant que nous connaissons, au moins d’une manière succincte, le système adopté pour le transport par câble du véhicule, montons le faubourg du Temple et la rue de Belleville. Au n° 101, à peu de distance de la place de l’Église, qui est le point terminus de la ligne, nous trouvons le bâtiment spécialement affecté à l’administration du tramway, aux machines motrices du câble et au remisage des voitures.
- Deux machines motrices et un appareil dit « tendeur », que l’on retrouve dans tous les funiculaires, composent l’agencement mécanique de l’installation générale. Chacune des deux machines Corliss, dont le mouvement actionne la poulie porteuse du câble, est d'une force de 50 chevaux. La poulie motrice elle-même mesure 2m,50 de diamètre. Après avoir tourné autour de cette poulie, le câble repasse, en avant sur une autre de même diamètre, mais dont l’axe est incliné de telle façon que le câble, dévié de
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- sa position, aille s’enrouler sur une autre poulie de 5m,50 de diamètre, située en arrière de la poulie motrice. Cette grande poulie de 5"',50, dite «poulie-tendeur », est celle que représente notre figure 5.
- 11 nous est très facile maintemant de développer le câble de notre funiculaire, depuis sa mise en mouvement par la machine Cor-liss jusqu’aux deux extrémités de la voie extérieure, à travers les 2020 mètres du petit tunnel souterrain, garni de poulies que nous avons déjà visité. Aidons-nous pour cela, à la fois, de nos trois figures 2, 3 et 4.Yoici(fig.3) notre câble enroulé sur le tendeur. Ce tendeur, ainsi que les machines Corliss, est placé dans les bâtiments représentés dans la partie supérieure de notre figure 4 ; nous voyons, du reste, à la partie inférieure de la même figure, le câble sortir à droite de la galerie ménagée sous la chaussée. Il vient s’appuyer alors sur la poulie-guide horizontale disposée à cette même place, remonte la rue de Belleville, s’en va tourner autour d’une grande poulie placée au sommet de la voie, redescend la rue jusqu’à la place de la République, où une nouvelle grande poulie horizontale l’oblige à rebrousser chemin, remonte enfin pour venir s’appuyer de nouveau sur la poulie gauche delà figure4, qui la reconduit au système de tendeur du bâtiment des machines motrices.
- La fonction réservée au tendeur est assez importante pour que nous nous y arrêtions un instant. Le |
- câble, par suite des arrêts et des remises en mouvements des voitures, donne des secousses qu’il est indispensable d’annuler, non seulement pour qu’elles ne fassent point supporter de soubresauts désagréables aux véhicules en service sur tout le parcours de
- la voie, mais encore pour qu’elles ne nuisent pas à la solidité du câble ni au bon fonction ne ment des poulies sur lesquelles il repose, principalement les grandes poulies d’entrée et de sortie du dépôt et celles des extrémités inférieures et supérieures de la ligne.
- C’est pour remédier à ces inconvénients et les annihiler complètement même, que l’on rend mobile la poulie du tendeur. L’axe de cette poulie repose, à cet effet, sur les deux branches d’un levier
- d’une longueur de 4 mètres, portant à son extrémité un poids déterminé (500 kilogrammes). Chacune des branches du levier porte un tou-rillon servant d’axe à un galet denté pouvant rouler sur une crémaillère faisant l’office de rails. Quand un choc se produit sur la voie, le câble sortant exerce sur la poulie un effort qui tend à faire lever le levier ; si cet effort est trop brusque, il fait rouler le galet denté. Le tout reprend sa position ordinaire lorsque l'action est annulée par ces effets. Dans ces combinaisons, .a poulie tendeur produit l’effet-d’un ressort énergique. Chaque fois, du reste, que, pour un motif ou pour un autre, la tension du câble diminuera, et par suite ne fera plus opposition au contrepoids, ce dernier,
- Fig. 1. — Lue voilure du tramway funiculaire de Délit ville, à Paris,
- Fig. 2. — La voie, le câble et le grip du funiculaire.
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- en s’abaissant, fera tourner les galets dentés, et par suite avancer tout le système sur la crémaillère, jusqu’à ce que l’équilibre s’établisse de nouveau entre la tension du câble et celle du contrepoids.
- 11 ne nous reste plus guère maintenant, pour clore cette description élémentaire du funiculaire belle-villois, qu’à examiner les voitures et le câble.
- Les voitures, dont notre figure 1 représente un spécimen, seront du même modèle que celles des compagnies des tramways Nord et Sud, mais sans impériale; un compartiment intérieur et deux plates-formes donnent place à vingt-deux voyageurs. Sur cl lacune des deux plates-formes sera lixé l'appareil nécessaire à la manœuvre du grip et à l’arrêt du véhicule. L’arrêt s’obtiendra par la manœuvre de sabots en bois qui viendront se serrer sur les jantes des roues ou sur les rails eux-mêmes, ces deux systèmes de freins se manœuvrant séparément. Quant à la manœuvre du grip lui-même, à la prise ou au lâchage du câble, nous ne saurions mieux le comparer qu’au mouvement d’ouverture ou de fermeture d’une mâchoire métallique, embrassant ou abandonnant le câble conducteur de la voiture.
- Le câble lui-même est tout en acier. Il se compose d’un noyau central en chanvre autour duquel sont enroulés six torons formés chacun de douze gros fils et de quatorze petits. Les épreuves qui ont été exécutées permettent d’affirmer qu’il peut sup-
- porter sans aucune crainte le maximum des efforts qui pourraient lui être imposés; il a résisté, sans se rompre, à un effort de 46 000 kilogrammes. Sa longueur totale est de 4200 mètres et son poids de 15 000 kilogrammes. Il est « sans fin », c’esl-à-dirc
- que ses deux extrémités doivent être « épissu-rées ». Le depot de la rue de Bel-leville possédera toujours un second câble prêt à remplacer le premier en cas d’usure, constatée facilement sur les poulies du bâtiment des machines, où le câble passe au clair. On calcule que le remplacement du câble doit être fait normalement toutes les années.
- L'exploitation du nouveau tramway se fera au moyen de quinze voitures. Le service de dix-huit heures par jour sera assuré par des
- trains de deux voitures, marchant à une vitesse effective de 9 kilomètres, en comptant les arrêts aux garages. Tendant les douze heures de jour, les trains partiront de cinq en cinq minutes; pendant les six heures restantes, les départs n'auront lieu que de sept en sept minutes. On a calculé qu’avec un train de deux voitures, on pouvait mettre à la disposition du public, dans les deux sens, un maximum de 15 360 places par jour, qui donneront, espérons-le, pleinement satisfaction aux 35 000 personnes faisant quotidiennement, pour leurs travaux, la descente et l’ascension des hauteurs de Belleville. Le prix des places sera de dix centimes ; matin et soir, il sera de cinq centimes, afin de faciliter ce moyen de transport aux
- Fig. 5. — Disposition de la poulie motrice et du tendeur. (La marche du câble est indiquée par les flèches.)
- Fig 4. — Sortie des voilures qui rejoignent la voie, et vue des deux poulies de sortie et de rentrée du câble.
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- LA NAT LUE.
- nombreux travailleurs qui doivent chaque jour se rendre dans l’intérieur de Paris.
- Le funiculaire de Belleville a été construit sous les ordres et d’après les études de M. Bienvenue, ingénieur de la ville, aidé dans sa lâche par M. Lefebvre, qui en a surveillé l’exéculion pratique. Nous n’avons plus, en terminant cette description, qu’à émettre un souhait qui est certainement celui de bon nombre de nos concitoyens, la réalisation rapide de projets similaires pour les quartiers de Paris éloignés du centre, et dont certains sont entièrement privés d’un moyen quelconque de locomalion économique. Au funiculaire de Belleville, espérons donc de voir bientôt s’adjoindre des lignes identiques, le funiculaire de Montmartre, par exemple. Ce sera avec la plus grande satisfaction que nous le signalerons aux fidèles lecteurs de La Nature.
- Maxime Hélène.
- CHRONIQUE
- Les raisins secs serbes. — En 1888, la Serbie a produit une grande quantité de raisins qui ont rendu après dessiccation 25 000 tonnes de raisins secs, dont 16 942 tonnes se sont vendues à l’étranger. 7220 tonnes de ces raisins ont été expédiées de Schabatz, 4161 d’Obre-nowalz, 5561 de Belgrade. Sur cette niasse de produits, 6500 tonnes destinées à l'Allemagne ont été chargées sur wagons à l'adresse de marchands intermédiaires habitant Pesth ; le reste, dont les Etats-Unis ont pris la majeure partie, a été embarqué sur navires. Les Etats-Unis consomment en effet une grande quantité de raisins serbes, qu’on préfère à cause d’un meilleur mode d’emballage, aux produits similaires de la Bosnie. Ils en ont reçu, en 1888, 25 000 caisses environ. Il y aurait cependant quelques perfectionnements à apporter dans la préparation de ces fruits, les paysans serbes les faisant sécher pêle-mêle au soleil, sans songer que les raisins les plus gros exigent une plus longue insolation que les petits. L’emballage, qui joue un grand rôle pour ces articles commerciaux, est assez négligé, et les marchands de Pesth, intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs, ont grand soin de les enfermer dans d’élégantes boîtes ; aussi leur chiffre d’affairçs va-t-il sans cesse croissant. Les producteurs, eux, désirant simplifier les manipulations, préfèrent vendre leurs produits en sacs.
- Les couleurs de 1‘acier trempé. — On attribue généralement les couleurs prises par l’acier trempé à une oxydation superficielle ; cette hypothèse vient de recevoir une confirmation expérimentale par les recherches de M. Stein. Cet observateur a mis des morceaux d'acier et de fer soigneusement nettoyés dans un tube de verre où il a fait le vide; il a ensuite introduit de l’azote dans le tube, puis fait le vide à nouveau, de façon à éviter complètement la présence de l’oxygène. En chauffant le tube, un précipité blanc d’une nature encore inconnue s’est formé à la surface du tube, mais il a été impossible de reproduire les couleurs caractéristiques, qui sont apparues de nouveau dès que l’on a donné accès à l’oxygène. D’autres chimistes allemands ont proüvé que les mêmes couleurs ne se produisent pas toujours aux mêmes températures, ce qui enlèverait toute signification aux prescriptions de trempe basées sur la couleur. Plus l’acier est dur et, plus il faut
- une température élevée pour produire une couleur donnée à sa surface. Les différences de, composition des aciers produisent des différences plus marquées encore sur la coloration. La durée du chauffage a elle-même une influence sensible. Une pièce d’acier doux chauffée à 520° Fahrenheit (160° C.) devient pourpre après 68 heures, violette après 95, bleu noir après 120, tandis qu’une pièce d’acier dur amenée au jaune paille après 20 heures, au jaune noir après 72, à l’orange après 50, devient pourpre après 103 heures de chauffage à la môme température. A des températures plus élevées, les couleurs apparaissent dans des temps beaucoup plus courts.
- La fabrication du celluloïd. — Diverses applications du celluloïd ont été faites en électricité ; on a mis à profit son grand pouvoir isolant, et la facilité avec laquelle il se moule. 11 est donc intéressant de connaître les points principaux de cette fabrication, dont les produits ont fait l’objet de nombreuses industries en dehors de l’appareillage électrique. Du papier, de vieux chiffons, et en général toute cellulose à bon marché est d’abord épurée grossièrement, puis transformée en pvroxyline par immersion dans un mélange convenable d’acide sulfurique et d’acide nitrique. La masse est ensuite débarrassée de l’excès d’acides par un lavage prolongé, puis comprimée à la presse hydraulique jusqu’à complète dessiccation. A partir de cet instant, le produit est très inflammable, et il peut provoquer des explosions terribles par inflammation spontanée. Les blocs qui sortent de la presse sont réduits en menus fragments, mélangés de camphre et d’huiles essentielles, comprimés à nouveau et passés entre des cylindres chauds. La fabrication est terminée, et c’est ce produit, que l’on a coloré diversement suivant sa destination, qui sera moulé à chaud et fournira les objets de formes si variées que l’on connaît. C’est un isolant parfait, mais il a l’inconvénient de jouer à la chaleur et d’être très inflammable.
- Le tunnel de Saint-Clair. —Le tunnel construit en travers de la rivière Saint-Clair, entre Port Uudson et Sarnia, est le plus long tunnel du monde établi sous rivière, et l’une des œuvres d’ingénieur les plus remarquables de l’Amérique. Il a 6 kilomètres de longueur, il est construit exclusivement en fer, sans qu’une seule pierre ou une seule brique entre dans sa construction. Il est constitué par un simple tube en tôle de 6 mètres de diamètre, ventilé par des moteurs à vapeur, chauffé à la vapeur, éclairé à l’électricité. 600 hommes ont été occupés pendant treize mois pour creuser le passage de ce long tunnel dont la construction a coûté 2 000 000 de dollars (10 000 000 de francs). Les plaques de tôle formant le tube sont découpées de telle sorte que treize feuilles et une pièce métallique formant la clef occupent la circonférence du tube. Chaque anneau complet pèse 14150 livres (7000 kilogrammes) et il en a fallu 3800 dont le poids total est de 25000 tonnes environ. L’obstacle le plus grand rencontré dans la construction de ce travail gigantesque a été l’absurdité des tarifs américains. C’est ainsi que la partie du tunnel aboutissant sur le territoire de l’État de Michigan a dû être construite à Détroit, tandis que l’autre partie a été construite au Canada. L’achèvement de ce tunnel est un succès dont la plus grande part revient à sir llobson.
- La mine la plus profonde du monde. — La
- réponse à cette simple question : Quelle est la mine du monde la plus profonde? n’est pas aussi facile qu’on serait porté à le croire à première vue.
- 11 est probable cependant que celte mine se trouve en
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- France, à Saint-André du Poirier. Cette mine de houille, qui produit 500 000 tonnes par an, est exploitée par deux puits, dont l’un a 900 mètres de profondeur et l’autre 940 mètres. Ce dernier puits doit être prochainement descendu à 1200 mètres. Le point particulièrement remarquable de celte exploitation houillère à grande profondeur, c’est la température relativement basse de la mine qui ne dépasse jamais 24° centigrades. Dans les mines d'or et d’argent de la côte du Pacifique, à une profondeur qui atteint à peine la moitié de celle des mines françaises, on éprouve les plus grandes difficultés à maintenir la température à une valeur assez basse pour rendre le travail d’exploitation possible. A certains niveaux des mines de Coinslock, la température atteint 48° centigrades.
- La plus grande horloge du monde. — On va
- installer dans la tour de l’IIôtel de Ville de Philadelphie, en ce moment en voie d’achèvement, une horloge comme il n’en existe nulle part. Le cadran, qui aura dix mètres de diamètre et se trouvera éclairé électriquement pendant la nuit, sera à une hauteur telle qu’on pourra le voir de tous les points de la ville. L’aiguille des minutes a 4 mètres de longueur et celle des heures 2m,50. La cloche servant à la sonnerie pèsera 25 000 kilogrammes; elle s’entendra des points les plus éloignés de la ville, et un carillon sonnera le quart, la demie et les trois quarts. Le remontage de cette horloge gigantesque sera elfectué tous les jours au moyen d’une machine à vapeur placée dans la tour.
- L’éclairage électrique à Berlin. — Il est intéressant de suivre pas à pas tous les développements de l’éclairage électrique ; nous pourrons aujourd’hui donner quelques chiffres sur le nombre de lampes à arc et à incandescence installées dans Berlin, d’après le rapport du Curateur de celte ville. Au 51 mars 1888, Berlin possédait 2249 lampes à arc et 45 552 lampes à incandescence ; au 51 mars 1889, on comptait 5622 lampes à arc et 62 816 lampes à incandescence, soit une augmentation de 1575 dans le premier cas, et de 17 264 dans le deuxième. L’éclairage public à Berlin comprend 104 lampes à arc allumées jusqu’à minuit dans Leipzigerstrasse, et, sous la promenade des Tilleuls, 104 autres lampes dont 56 brûlent toute la nuit et 48 jusqu’à minuit.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 29 septembre 1890. — Présidence de M. Ducrartre
- L'asphyxie par les obus. — Les obus chargés de mé-linite font dans le sol des trous beaucoup plus profonds que les obus ordinaires et les artilleurs se sont aperçus qu’on ne doit pénétrer dans les cavités ainsi creusées qu’avec les plus grandes précautions. 11 arrive, en effet, que même après une heure, l’atmosphère qu’on y respire est absolument délétère et plus d’un cas de mort par asphyxie le prouve surabondamment. Frappés de la difficulté avec laquelle les gaz non respirables se dissipent, les artilleurs se demandaient si la terre au contact de laquelle a eu lieu l’explosion n’exercerait pas une sorte de faculté d’occlusion dont le résultat serait une vraie combinaison chimique d’où le gaz se dégagerait petit à petit. Pour mieux dire, ils ont posé la question à M. Ber-thelot et l’illustre chimiste informe aujourd’hui l’Académie du résultat de ses études. Tout d’abord il a reconnu que la substance toxique consiste en oxyde de carbone qui tue, comme on sait, à dose extrêmement faible. En second lieu, M. Berthelol constate que ce gaz n’a
- pas plus d’affinité pour la terre que l’air n’en a lui-mèine : on l’extrait par les mêmes moyens, avec la même facilité et d’une manière tout aussi parfaite. La ventilation suffit pour le balayer, mais elle doit être très prolongée. Cette conclusion est d’autant plus importante qu’elle s’applique aux galeries de mines où Bon emploie fréquemment aujourd’hui les cartouches de mélinite et de coton-poudre, celui-ci se comportant exactement comme le précédent explosif. On s’était demandé aussi si on ne pourrait trouver un absorbant qui fixerait l’oxyde de carbone et restituerait à l’atmosphère viciée ses qualités hygiéniques. Or, au moins jusqu’ici, on ne connaît aucun réactif propre à remplir ce but. Il existe bien des absorbants, comme le chlorure de cuivre ammoniacal, mais ils seraient fort chers et plus nuisibles encore que le gaz à absorber.
- La Société d'histoire naturelle d'Aatun. — La Société d’histoire naturelle d’Autun, fondée et présidée par M. Bernard Benault, publie le troisième volume de son Bulletin. C’est un beau volume in-8° de près de 400 pages accompagné de 11 planches dont plusieurs sont doubles et d’autres coloriées. On y lira, avec un intérêt spécial, plusieurs Mémoires de M. Renault et surtout une Notice sur une lycopodiacée arborescente du terrain houiller du Brésil, le Lycopodiopsis Derbyi, B. B.; la description de quatre stations néolithiques de la vallée de l’Arroux, par M. Carion ; un catalogue raisonné des champignons supérieurs (Hyménomycètes) des environs d’Autun et du département de Saône-et-Loire, par MM. le Dr Gillot et le capitaine Lucand, etc. La Société est d’ailleurs des plus prospères, comme en témoigne la liste de ses membres beaucoup plus nombreuse chaque année.
- Travaux du bureau central méléoroloqique. — M. Mas-cart dépose un#nouveau volume des Mémoires du Bureau central dont il est, comme on sait, directeur. Il y signale la statistique des orages en France et appelle tout spécialement l’attention sur les belles découvertes de M. Th. Moureaux au sujet de la distribution des éléments magnétiques en France. Cette grande question, dont on ne soupçonnait pas l’existence, vient de prendre une extension nouvelle par un travail de M. Thorpe qui retrouve en Angleterre la suite des particularités si curieuses que M. Moureaux a signalées de part et d’autre d’un axe qui passe entre Orléans et Cosne et que nous avons précédemment indiquées à nos lecteurs.
- "k Nouvel étalon électrique. — Il résulte des expériences de MM. Chassagnel et Abraham que le couple fer et cuivre développe un courant thermoélectrique dont la force électromotrice est presque rigoureusement constante de 0° à 100°. La variation, en effet, n’atteint pas 1/10 000 de la force. Il en résulte que ce couple fournit enfin l’étalon si ardemment recherché pour les forces électromotrices.
- Sur la forme des éclairs. — Lors d’un récent orage, M. Trouvelot a vu deux nuages qui marchaient horizontalement l’un vers l’autre, échanger des éclairs reproduisant dans leurs formes les caractères les plus nets des décharges fournies par les batteries électriques. L’un d’eux avait les ramifications propres eux étincelles positives et l’autre l’allure spéciale des étincelles négatives. On se rappelle que l’auteur a obtenu des reproductions photographiques de ces deux catégories de fulgurations.
- Dermatose parasitaire. — Selon M. Raphaël Blanchard une dermatolycose, qu’il a récemment observée sur le lézard vert,- résultait de la multiplication d’un champignon parasite dissociant les cellules du corps muqueux. Ce cryptogame appartient au genre Fusarium.
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- LA NATURE.
- Varia. — M. Bouchard dépose la conférence qu’il a faite au récent Congrès de Berlin sur la théorie des maladies bactériennes et sur celle de l’immunité. — D’après M. Lecoq de Boisbaudran, l’emploi de la bobine Demar-çay permet d’obtenir un très beau spectre du gadolinium. — Le même savant continue ses études sur l’équivalent de l’ytterbine. — Une élude de M. Perroche concerne l’excentricité terrestre au point de vue climatologique. — M. Raph. Dubois trouve de la carotine dans certaines matières colorantes animales. Stanislas Meunier.
- pas toujours la facilité de se procurer'en temps opportun ces bouchons de caoutchouc; il peut lui être utile encore aujourd’hui de savoir monter un appareil de chimie avec des bouchons de liège. Nous indiquerons ici la manière dont il faut s’y prendre pour travailler un bouchon destiné à recevoir un tube de verre de dégagement, pour un appareil de chimie.
- 11 faut commencer par ramollir le bouchon en le frappant sur une table de bois avec le manche d’une lime (fig. 1). On le tourne en le frappant jusqu’à ce qu’il soit un peu mou sous la pression du doigt. Cela fait, on le râpe peu à peu à la surface extérieure jusqu’à ce qu’il puisse entrer dans le col du flacon qu’il doit boucher (fig. 2). Après l’action de la râpe on le polit avec une lime douce, et on a soin d’user le bouchon progressivement de manière à ce qu’il ne puisse entrer qu’un peu difficilement dans le goulot afin que la fermeture soit étanche. Pour pratiquer le trou central destiné à recevoir le tube de verre, on prend une tige de fer montée sur un manche de bois (on nomme cet outil, qui se trouve chez les fournisseurs de labora-
- LA CHIMIE. DE L’AMATEUR1
- MANIÈRE DE PERCER UN BOUCHON
- Aujourd’hui, dans les laboratoires de chimie bien outillés, on se sert habituellement, pour monter les appareils, de bouchons de caoutchouc que les marchands de produits chimiques livrent tout percés. L’amateur, à la campagne, ou même à la ville, n’a
- toire, une queue de rat), et, après l’avoir fait rougir au feu, on la fait passer dans l’axe du bouchon qu’elle traverse facilement en le brûlant (fig, 5). 11 faut avoir soin que la tige de fer passe bien
- droit dans l’axe du cylindre de liège. Quand le premier trou est ainsi pratiqué, on l’augmente peu à peu au moyen d’une lime ronde que l’on fait agir en tournant le bouchon (comme le montre la figure 4. On agrandit ainsi le trou jusqu’à ce que le tube de verre qu’il s’agit d’y introduire puisse y entrer tout juste. L’introduction du tube de verre est facilitée en l’enduisant légèrement de suif. Pour qu’un appareil de laboratoire soit bien monté, il faut que le tube de verre entre dans le trou du bouchon avec quelque difficulté afin que sa surface soit bien adhérente à celle du bouchon. G. T.
- — A suivre. —
- 1 (Suite) voy. n° 758, du 18 décembre 1887, p. 29.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- ...................
- Fig. 1. — Manière de percer un bouchon.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- N* 906. — 1 1 OCTOBRE 1890.
- LA NATllŒ,
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- LES EXERCICES PHYSIQUES
- LA VITESSE D’UN COUP d’ÉPÉE
- 11 est un axiome indiscuté, c’est que l’éducation physique doit être menée de Iront avec l’éducation intellectuelle. Le bon sens a eu raison du préjugé qui consistait à croire qu’en exerçant à outrance et exclusivement les facultés cérébrales on augmenterait indéfiniment le rendement de l'homme. On semblait ignorer que tout se tient, que les rapports du physique et du moral sont intimes et que souvent la statue tombe parce que le piédestal est pourri.
- Les sociétés de gymnastique organisées depuis plus de vingt années, les écoles spéciales, les gens de sport, avaient déjà montré la supériorité de l’homme éduqué physiquement et la somme considérable de
- travail utile qu’on pouvait attendre de lui sans fatigue. Plus récemment, d’actifs initiateurs s’attachent à faire revivre le goût des jeux nationaux et des sports athlétiques qui, pendant plusieurs siècles, ont, avec l’escrime, fait le fond de toute notre éducation physique.
- De tous ces efforts doit sortir d’intéressants résultats et, pour en estimer la valeur comparative, il laut rester en dehors des opinions et des théories. 11 faut observer les faits, pousser le plus loin possible scs observations et se servir pour cela de moyens précis, car les différences entre des sujets élevés à diverses écoles et soumis à divers entraînements, sont extrêmement délicates. Ces différences échappent à l’œil le plus exercé, mais elles n’en constituent pas moins la supériorité dans un sport. On serait donc porté à les négliger ou à les nier si elles
- Mesure de la vitesse d’un coup d’épée au moyen de la pliotochronographie. Images successives d’un tireur pendant le coup droit. (50 images à la seconde). Reproduction directe du cliché photographique par l’héliogravure.
- ne devenaient accessibles heureusement aux procédés nouveaux de la physiologie. L’étude des mouvements au moyen des appareils enregistreurs et de la photographie nous permet, en ces matières, d’acquérir des notions nouvelles auxquelles nous serions restés totalement étrangers. Nous pouvons donc aujourd’hui, grâce aux méthodes précises, étudier les sujets d’élite qui, instinctivement, sont arrivés à exceller, sans dicter à leur organisme d’autres lois que celles de la nature. Nous pouvons comparer ces sujets à ceux des écoles, voir en quoi ils diffèrent, et reconnaître les qualités qu’ils tiennent de leur structure ou de leur éducation.
- On conçoit très bien que le résultat de ces études peut indiquer ensuite le secret de bien faire â ceux qui veulent apprendre ou enseigner les différents exercices du corps. On voit aussi que par simple imitation on pourra perfectionner plus vite les élèves et mettre d’accord le but et les méthodes d’édu-
- cation physique. Il est bien entendu que notre dessein n’est pas de donner ici une doctrine d’éducation, ce n’est pas non plus de décrire les progrès de la technique en méthode graphique. Nous renvoyons le lecteur aux publications spéciales où ces développements ont été donnés. Nous croyons seulement assez intéressant de mettre sous les yeux du lecteur les moyens que nous employons depuis longtemps à la Station physiologique sous la direction de M. le professeur Marey, notre maître, pour nous rendre compte de la façon dont les sujets d’élite procèdent dans leurs mouvements.
- Prenons un exemple : En escrime le coup droit est le plus important de tous ; l’art consiste à le donner le plus rapidement possible dès que l’on a trouvé un passage à la pointe de l’épée.
- Une pointe d’épée va toujours trop vite pour que celui qui la reçoit ou celui qui la regarde puisse en définir la trajectoire et en estimer la vitesse.
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- 18e année. — 2e semestre.
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- LA NATURE.
- Mais, plaçons le tireur devant l’écran noir et l’appareil photochronographique de la Station physiologique, blanchissons le fer avec de la craie et inouchetons la pointe avec de la cire et un petit point brillant. L’appareil avec son disque rotatif est en mouvement, le tireur se fend et, sur la plaque sensible vient se peindre avec toute la netteté désirable la trajectoire ponctuée de la pointe de l’épée. Comme deux images successives de cette pointe sont séparées par un espace de temps d’un cinquantième de seconde, autant de points, autant de cinquantièmes de seconde. Dans le cliché reproduit page 289, on en compte 19 depuis le départ de la pointe jusqu’à son arrivée, le coup d’épée a donc durée 19/50 de seconde, c’est-à-dire un peu moins de quatre dixièmes de seconde.
- La figure précédente indique avec la vitesse la sinuosité de la trajectoire décrite par la pointe, elle montre aussi comment cette trajectoire résulte des mouvements simultanés de l’extension du bras droit et de l’extension de la-jambe gauche.
- On peut ainsi comparer deux tireurs sous le rapport de leur vitesse et donner, sans discussion possible, la palme au plus habile.
- Nous passerons ainsi en revue, sans nous astreindre à un ordre méthodique, quelques cas curieux que nous avons rencontrés dans nos études expérimentales sur les mouvements gymnastiques.
- Georges Demeny,
- Préparateur de la Station physiologique.
- — A suivre. —
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- L’ARTILLERIE DE MARINE
- DE 1855 A 1889
- Il est peu de sciences dont les progrès aient été plus rapides que ceux de l’artillerie depuis 1855, c’est-à-dire depuis l’apparition des premiers canons rayés. Jusqu’à l’artillerie, modèle 1858-1860, les canons étaient lisses, se chargeaient par la bouche et tiraient des boulets ronds.
- Avec l’artillerie rayée, modèle 1858-1860, apparaissent le projectile ogival, guidé dans l’âme au moyen de tenons, et pesant environ deux fois le poids du boulet rond de même calibre, et l’emploi des frettes en acier, destinées à renforcer le corps du canon et à empêcher la dispersion des morceaux en cas d’éclatement.
- A l’artillerie modèle 1858-1860 succède, peu après, l’artillerie modèle 1864, dans laquelle le principe du frettage est appliqué d’une manière plus rationnelle; la fermeture de culasse est à vis et à coulisse, puis, à partir de 1866, à charnière. L’obturation est obtenue, comme dans les canons modèle 1858-1860 culasse, au moyen d’une coupelle en acier. Le poids du projectile est encore augmenté et porté à trois fois le poids du boulet rond massif du calibre. Malgré celte augmentation du poids, la vitesse initiale s’élève à 365 mètres. La poudre en usage est celle du Ripault, tirée à la charge du sixième.
- Enfin, l’artillerie modèle 1870 fait son apparition. G est elle qui marque le pas le plus décisif fait par l'artillerie. Elle introduit des modifications, non seulement dans le canon, mais encore dans le projectile et dans la poudre. Le canon, toujours frotté en acier, est fortifié à l’intérieur par un tube de même métal ; l’obturation de la fermeture de culasse est obtenue au moyen d’un obturateur fixe en cuivre rouge; les rayures sont multiples et peu profondes; le projectile est à forcement complet et à obturation, au moyen d’une ceinture circulaire en cuivre qui remplace les tenons; la poudre, de l'espèce dite lente, est à forte densité, à gros grains, la grosseur des grains variant avec les calibres; la mise en feu se fait par le centre arrière de la culasse, et les étoupilles à friction en plume sont remplacées par les étoupilles obturatrices à percussion, en laiton.
- Le poids des projectiles reste stationnaire, mais la vitesse s’élève tout de suite à 440 mètres, en même temps qu’augmentent considérablement les qualités de justesse et de portée du tir.
- Après l’artillerie modèle 1870 il y a substitution de l’acier à la fonte comme métal à canon dans toutes les pièces destinées à l’armement des navires. Dans cette voie, les étapes successives ont été — : 1° l’artillerie modèle 1875 comprenant des canons de 10 centimètres, 27 centimètres n" 1 et n° 2, 54 centimètres et 42 centimètres; les canons de 10 centimètres et 27 centimètres n° 2, désignés primitivement sous le nom de modèle 1870-1875, ne diffèrent des canons modèle 1870 que par la substitution du corps en acier au corps en fonte; ceux de 27 centimètres n° 1, 34 et 42 centimètres inaugurent les tubes longs introduits par l’avant; vitesse initiale maxima, 550 mètres; — 2° l’artillerie modèle 1875-1879 (représentée par le calibre de 57 centimètres) qui inaugure les grandes longueurs d’àme, 28,5 calibres;
- — 5° l’artillerie modèle 1881, de construction plus simple que les précédentes, puisqu’elle supprime les tubes, et qui est actuellement en service jusqu’au calibre de 54 centimètres; — 4° l'artillerie modèle 1884, dont le tube est fretté jusqu’à la bouche et dont le système de construction a été établi en tenant compte du mode d’action des nouvelles poudres brunes prismatiques, dont nous parlons plus loin ;
- — 5° enfin, l’artillerie modèle 1887 que l’on construit en ce moment et qui se composera de canons de 14, 16, 19, 24 et 34 centimètres.
- A ces chiffres il serait intéressant de joindre ceux qui concernent le prix de ces pièces et de leurs projectiles, mais comme c’est le département de la marine qui les fabrique, ils ne sont pas connus ; on ne possède de données que sur un petit nombre de ces engins. On comprend toutefois qu’en remplaçant la fonte par l’acier dans la fabrication des canons leur prix se soit singulièrement élevé. C’est ainsi qu’an-térieurement à 1864, la pièce de 16 centimètres modèle 1858-1864, qui paraissait si monstrueuse alors, était aussi la plus chère : elle coûtait environ 3645 francs, c’est-à-dire 1565 francs de moins
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- <|u’iui coup de canon tire par la pièce de 42 centimètres du modèle 1875 actuellement en service.
- En 1870, le prix de la pièce de 24 atteint 20 125 francs; celle de 27 centimètres 27 728 fr. Leurs projectiles coûtent respectivement 187 et 283 francs.
- En 1875, lcr prix du 27 centimètres nu 1 dépasse 107 000 francs et celui du 54 centimètres est de
- 108 000 francs. Ces prix s’abaissent en 1881, pour ce môme canon du moins (type long) qui ne coûte plus que 147 000 francs. Mais, trois ans plus tard ces chiffres se relèvent : le 24 centimètres coûte 05 000 francs; le 27 centimètres, 115 000 francs et le 54 centimètres 210 000 francs. À quelle somme s’élèveront les 14, 16, 10, 24 et 54 centimètres 1887
- 12000,
- 1C400
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- co oo«5 00
- 75.800
- 20.570
- Fig. 1. — Diagrammes relatifs aux canons de la mai'ine.— 1. Vitesses initiales des projectiles des canons de 1855 à 1890, exprimées eu mètres. — 2. Portées maxima exprimées eu mètres. — ô. Projectiles, Poids exprimés eu kilogrammes. — 4. Force vive des projectiles. (La Force vive est déterminée à la sortie de la Louche de la pièce; elle est représenté en louue-mèlres). — 5. Pénétration à la bouche de la
- pièce. (Epaisseur de fer en millimètres traversée à la bouche de la pièce.) — 6. Poids des canons, exprimés eu kilogrammes. — 7. Calibres exprimé en centimètres/(lleprésente le diamètre de l’âme entre les cloisons. —8. Charge de poudre. H, Poudre de Uipault. W, de Watterer.
- actuellement en fabrication? 11 est impossible de le dire aujourd’hui ; mais il y a lieu de penser qu’en dépit des efforts de nos savants officiers de Ruelle, cette nouvelle artillerie sera plus coûteuse encore que ses aînées.
- La progression que nous venons de constater dans la valeur des canons se remarque également dans celle de leurs projectiles. Les grosses pièces, c’cst,-a-dire de 19, 24, 27, 52, 54, 57 et 42 centimètres, utilisent trois sortes d’obus : l’obus de rupture en acier ou en fonte dure et l’obus en fonte ordinaire.
- En principe, le prix des projectiles en acier varie de 5lr,20 à 2fr,50 le kilogramme ; on obtient approximativement celui des obus en fonte dure en prenant le prix de 80 francs les 100 kilogrammes. Pour les obus en acier des pièces de 24 et 42 centimètres, les manuels de la marine donnent les prix de 405, 650, 985, 1050, 1700 et 2650 francs.
- Si, maintenant, nous ajoutons celui de la charge, un coup tiré par le canon de 24 centimètres (modèle 1881) représente une dépense de 960 francs,
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- par le 27 centimètres 1881, 1550 francs; par le 54 centimètres de 21 calibres 1881, 2550 francs; par le 54 centimètres de 28 calibres 1881, 2500 fr. Les coups les plus chers sont ceux de 57 centimètres de 22 calibres modèle 1875 modifié en 1875-1879, qui coûtent 4270 francs l’un, et enfin ceux du 42 centimètres de 22 calibres 1875, qui s’élèvent chacun à 5010 francs.
- Quant aux poudres, elles ont, depuis trente ans, elles aussi, fait des progrès considérables. Les grains de l’ancienne poudre à canon étaient pleins, petits et de forme plus ou moins arrondie. Or l'inflammation d’un grain n’a lieu que par l’extérieur et le
- diamètre de la partie comburée va toujours en diminuant ; il en résulte que la surface 'en ignition diminue aussi avec rapidité; par suite, les pressions se développent très brusquement au début, atteignent une valeur considérable et décroissent ensuite très rapidement. Cette poudre est dite vive. Mais si elle convient aux canons lisses, elle ne répond pas aux besoins des canons rayés, dont la vitesse initiale doit atteindre le plus grand maximum. De là les poudres à gros grains, dites lentes.
- Les poudres des artilleries de terre et de mer portent le nom de poudres à grains plats ou poudres progressives. (C1 pour canons de campagne, C2 pour
- Fig. 2. — Canons rayés de la marine française.
- 1. Modèle de canon rayé de 1855 se chargeant par la bouche. — 2. Modèle actuel se chargeant par la culasse.
- canons de 90 millimètres de la marine; SP1, SP2 et SP5 pour canons de siège et de place; A 15/20, A 26/54, A 50/40 pour canons de côte et de marine jusqu’au canon de 27 centimètres inclus). L’épaisseur du grain va en croissant de 6 à 24 millimètres jusqu’à la poudre SP3 inclusivement et de 15 à 50 millimètres pour les poudres de la marine désignées par la lettre A et dans lesquelles les deux termes de la fraction qui suit la lettre A indiquent les dimensions minima et maxima du grain.
- Par suite de ce principe qu’en enflammant le grain par l’intérieur, la surface en ignition va en augmentant au lieu d’aller en diminuant, on a adopté pour les canons de la marine des poudres prismatiques à canal central. Leur grain est un prisme hexagonal régulier de 25 millimètres de hauteur
- percé d’un canal cylindrique suivant son axe. Ces poudres dites très lentes sont surtout employées dans les pièces de grande longueur. Les quatre types qu’on a pu voir à l’Exposition étaient la poudre prismatique noire PA1 et les poudres prismatiques brunes (ou chocolat) PB1, PB2, PB3, qui doivent être employées par les calibres de 14 à 42 centimètres.
- Pour résumer cet historique rapide de l’artillerie de marine depuis l’invention des canons rayés jusqu’aux canons monstres actuellement en usage, nous ne saurions mieux faire que d’emprunter au Mémorial de l'artillerie de marine les graphiques ci-joints (fig. 1); ils donnent d’une façon aussi précise qu’ingénieuse les progrès accomplis par cette arme de 1855 à 1889. L. Hexard
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- LÀ NATURE.
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- LE JEU DES COULEURS
- Les jeux en plein air sont la passion favorite des Anglais, et les nombreuses garden-party qui s’organisent pendant la belle saison doivent une bonne partie de leur succès au croquet et au lawn-tennis qui offrent à la jeunesse des exercices utiles en même temps qu’un agre'able passe-temps.
- Mais le jeu de croquet est déjà bien ancien, un peu suranné même pour quelques-uns, et le lawn-tennis constitue un exercice violent qui ne convient pas à tous les âges ni à tous les tempéraments. Il fallait
- donc innover dans la matière, en combinant un jeu de jdein air plus moderne que le croquet, moins violent que le lawn-tennis, suffisamment intéressant cependant pour occuper tous les âges et les distraire. Ce nouveau jeu, qui vient combler la lacune que nous signalions, est le jeu (les couleurs, nouvellement introduit en Angleterre par Mme A. Harlshorne, et qui semble appelé au même succès que ses aînés dans tous les pays où les garden-party sont en faveur.
- Ce jeu des couleurs présente le grand avantage de pouvoir être joué sans étude préalable et sans costume spécial, sur un terrain quelconque, terre
- Fig. 1. — I.c nouveau jeu des couleurs.
- ou gazon, uni ou raboteux, plat ou en pente.
- Les dimensions qui conviennent le mieux sont un rectangle de 20 mètres de longueur sur 10 à 12 mètres de largeur, mais on peut également jouer la partie sur un espace plus restreint. Le matériel nécessaire au jeu des couleurs, auquel quatre ou huit personnes peuvent prendre part, se compose de quatre séries de cinq piquets de un mètre de hauteur environ; chacun de ces piquets porte une espèce de plate-forme circulaire à 20 centimètres environ au-dessous de son extrémité. Ces piquets sont peints en rouge, en blanc, en bleu et en vert. Chaque série de cinq piquets commence et se termine par un piquet de même couleur et porte un petit trou à son extrémité pour y placer un drapeau. Sur la partie supérieure du piquet, à mi-hauteur entre la plate-forme et l’extrémité du piquet, est un
- œilleton en laiton destiné à recevoir un drapeau noir, dit drapeau de demi-mat. Le matériel est complété par quatre supports pour douze anneaux et deux drapeaux ; un poteau de départ de lm,5 de hauteur avec un disque vertical portant les quatre couleurs peintes comme guide; huit drapeaux en fer-blanc, peints aux quatre couleurs rouge, blanc, bleu et vert; une série de drapeaux portant en noir la lettre R, 7'ight (droite; l’autre série la lettre L, left (gauche); douze drapeaux (signald’erreur) peints en noir; quatre boîtes pour mettre ces drapeaux; enfin, de douze à quarante-huit anneaux peints en rouge, blanc, bleu et vert. N’oublions pas la boîte qui renferme l’ensemble du jeu.
- Lorsque les joueurs sont au nombre, de huit, il faut quatre supports à anneaux additionnels avec leurs anneaux et leurs drapeaux.
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- LA NATURE.
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- Le jeu est monté comme le montre la gravure ci-avant (fig. 1).
- Les quatre séries de poteaux sont disposées en quatre groupes constituant respectivement la série de départ, la série de gauche, la série de droite et la série du bout. Une boîte contenant trois drapeaux noirs est placée auprès de chaque série de poteaux pour éviter tout dérangement des joueurs pondant
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- Fig. 2. — Diagramme du jeu des couleurs.
- la partie. L’ordre des poteaux dans chaque série est, en allant de gauche à droite, le suivant :
- Série du poteau à disque : rouge, blanc, bleu, vert, rouge.
- Série de gauche : blanc, bleu, vert, rouge, blanc.
- Série de droite : bleu, vert, rouge, blanc, bleu.
- Série du bout : vert, rouge, blanc, bleu, vert.
- Les règles du jeu sont des plus simples : Les joueurs commencent par tirer au sort leur côté, droit ou gauche, et les deux partenaires tirent au ort leur départ à l’extrôme droite ou à l’extrême gauche; le joueur placé à l’intérieur ayant le jeu le plus varié, l’autre partenaire constitue le joueur extérieur. L’extrême droite et l’extrême gauche de la série du départ deviennent les opposants intérieurs à la série de gauche et à la série du bout, comme le montre le diagramme de marche (fig. 2). Les couleurs doivent toujours être jouées dans l’ordre suivant : rouge, blanc, bleu, vert. Par exemple, le piquet bleu recevra le premier anneau vert, puis l’anneau rouge, puis l’anneau blanc. Il sera alors complet. Il ne doit jamais y avoir de mélange de couleurs sur les piquets.
- Chaque série comprenant cinq poteaux, chaque joueur a un poteau pour y placer un anneau. Le poteau du milieu s’appelle le poteau de chance, et est gagné par le joueur qui s’aperçoit le premier qu’il peut y placer l’anneau portant la bonne couleur.
- Les partenaires sont disposés placés par groupes de deux aux côtés opposés du poteau de départ, ebaevn d’eux ayant 12 anneaux et deux drapeaux sur un support maintenu avec la main gauche. Les joueurs marchent vers les séries de poteaux, les adversaires intérieurs ayant de plus l’avantage du piquet de chance, et cherchent à y placer leurs anneaux en respectant l’ordre des couleurs.
- Un joueur peut placer un anneau sur un piquet, le doubler immédiatement, et doubler l’anneau de son partenaire. Il utilise ainsi trois anneaux. Le joueur intérieur est, dans certains cas, plus favorisé, car il peut prendre possession du piquet de chance par un premier anneau, le doubler instantanément par un deuxième, mettre un anneau sur un poteau, le doubler instantanément et enfin doubler l’anneau mis par son partenaire, ce qui utilise un maximum de cinq anneaux sur une seule série de piquets. Mais lorsque les quatre couleurs sont complètes sur un poteau, les joueurs ne peuvent plus y placer d’anneaux. Les quatres séries de piquets s’appellent respectivement série du poteau, série de gauche, série de droite et série du bout.
- Le jeu commence à la série du poteau, et va à la série de gauche, puis à la série de droite, et à la série du bout. Les joueurs reviennent alors au point de départ et recommencent. Ils partent ensemble au commandement : Jouez. Dans le cas de huit joueurs divisés en deux groupes, le second groupe de chaque camp commence à jouer lorsque le premier groupe quitte le côté gauche.
- Le piquet du milieu de chaque rangée s'appelle piquet de chance et reste à la disposition du camp qui l’a gagné pendant tout le reste de la partie.
- Pour indiquer a qui appartient le poteau de chance, on y plante un drapeau portant la lettre L ou R dans le trou ménagé à son extrémité. Les douze anneaux (trois de chacune des quatre couleurs) doivent être disposés au préalable sur le support tout ;t fait au hasard, dans un ordre quelconque. Si un joueur peut placer un anneau et ne peut pas le doubler, il peut doubler celui du piquet de son partenaire. Si un joueur ne peut pas placer d'anneau, il peut néanmoins doubler celui de son partenaire. L’extrême droite et l’extrême gauche ne peuvent pas croiser et doubler le poteau de chance de leur partenaire. Si un joueur place un anneau en se trompant de couleur, c’est une faute qui tue le poteau : celui-ci ne peut plus être employé pendant le reste de la partie, il se trouve alors bloqué par un drapeau noir planté dans le trou dit de demi-mat. Si un joueur place par erreur un anneau sur un piquet de chance appartenant au camp adverse, l’anneau doit être enlevé par le joueur qui perd son tour de jeu sur cette série de poteaux.
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- Si, lorsque l'un des piquets est complet, on y place un anneau par erreur, le joueur doit le retirer et perd son tour sur la série. Le jeu est terminé après trois tours complets à moins que l’un des joueurs n’annonce qu’il est dehors, c’est-à-dire qu’il n’a plus d’anneaux. Les trois autres joueurs ayant terminé leur tour jusqu’à la série de piquets où le premier joueur a mis son dernier anneau, la partie est terminée. 11 arrive quelquefois que l’un des camps est arrêté parce qu’il ne peut plus placer d’anneaux sur aucune série. Dans ce cas, les deux camps comptent les anneaux restants, et le camp vainqueur est celui auquel il en reste le moins.
- Pour gagner la partie, il faut le plus grand nombre de piquets complets possible, avec un maximum de 5. Lorsque les joueurs sont au nombre de 8, le jeu est identique, sauf le nombre des piquets complets qui peut alors atteindre 10.
- Une partie complète se compose de trois parties distinctes, comprenant ainsi la revanche et la belle.
- On voit, d’après ces règles, que le jeu des couleurs n’est, en réalité, qu’une simple promenade,1"suivant un cycle donné, toujours le même, jusqu’à épuisement de la provision des anneaux. C’est un jeu de hasard dans lequel la présence d’esprit et la méthode jouent cependant un certain rôle. 11 sert de prétexte à un entretien presque continu entre les partenaires. Comme le fait malicieusement observer le Daily Graphie, le jeu des couleurs deviendra le favori de tous ceux qui ont intérêt à avoir l’air de se dire quelque chose, tout en disant en réalité une chose absolument différente.
- COUPLES THERMO-ÉLECTRIQUES
- COMME ÉTALONS DE FORCE ÉLECTRO-MOTRICE
- On sait que les applications des couples thermo-électriques sont à peu près restreintes actuellement à certains dépôts galvanoplastiques et à la mesure des températures. Dans une récente étude de MM. Chassagny et Abraham, présentée par M. Mascart à l’Académie des sciences, les auteurs ont établi que l’élément thermo-électrique fer-cuivre est très comparable à lui-même, et qu’on peut utiliser ces éléments comme étalons de force électromotrice, leur concordance paraissant supérieure à celle des éléments électrochimiques les plus parfaits, actuellement employés dans les mesures de précision.
- Un couple thermo-électrique fer-cuivre, dont l’une des soudures est maintenue à 100 degrés et l’autre soudure à 0 degré, dans de la glace râpée, a une force électromotrice de 109,52 à 109,53 microvolts. Ces deux valeurs qui ne diffèrent, comme on le voit, que de un centième de microvolt, représentent les valeurs extrêmes des forces électromotrices développées par un des éléments dont l'un était construit depuis deux mois, le deuxième depuis huit jours, et le troisième depuis deux jours seulement. Cette étude des piles thermo-électriques a conduitMM. Chassagny et Abraham à employer les piles thermo-électriques fer -cuivre comme thermomètres de précision. Nous reviendrons sur ces intéressantes expériences effectuées au laboratoire de physique à l’École normale supérieure.
- LES ARAIGNÉES1
- Il semble que l’araignée doive être assez connue de tout le monde pour qu’il ne soit pas nécessaire de la décrire. Mais quoique très répandu, ce petit animal est rarement examiné de près : les uns sont retenus par une crainte qui n’est pas justifiée, les autres, par une répugnance invincible. 11 y a d’ailleurs des détails qu’on ne peut voir qu’à l’aide de la loupe et avec une sérieuse attention. Nous allons donc rappeler en quelques mots les principales particularités de sa structure et de son organisation.
- Le corps de l’araignée se conqiose de deux parties bien distinctes : l’une comprenant la tète et la poitrine [ensemble (céphalothorax), l’autre, le ventre (abdomen), nettement séparées par un étranglement. Sur le devant de la tête se trouvent deux appendices pourvus de crochets venimeux et sur le dessus sont répandus les yeux au nombre de six ou lui il-, plus souvent huit. L’araignée domestique (tégénaire) en possède huit, disposés en deux rangs parallèles, à raison de quatre par rang, formant deux lignes presque droites.
- Tout est étrange dans les yeux de cet animal: le nombre, la disposition, la diversité de grandeur et de forme. Cela n’annonce pas nécessairement une vue ni très étendue, ni très délicate, ni très perçante. Et d’abord, ils sont fixes; ils ne roulent pas comme les nôtres, dans leurs orbites, de manière (pie l’animal puisse les diriger vers les divers points (le l’espace. Ne serait-ce pas à ce défaut de mobilité (pie serait destiné à suppléer le grand nombre? Au lieu d’un œil unique qui se déplace dans son orbite et s’accommode aux diverses distances, ce sont peut-être des yeux fixes qui ont chacun une direction particulière et qui permettent, à l’animal de voir à des distances variées? Qui sait encore si les uns ne lui servent pas dans l’obscurité, les autres, à la lumière du jour? fly a là des études à entreprendre, en plaçant, l’animal dans des conditions ne lui permettant l’usage (pie de certains de ses yeux à tour de rôle.
- Les araignées sont diurnes ou nocturnes, il y en a qui vivent sous terre, ce qui exige des yeux en harmonie avec ces diverses conditions d’existence. Le groupement des yeux caractérise si nettement les espèces qu’on a pu s’en servir comme moyen de classification. Les mœurs ont permis ensuite de rendre compte des particularités qu’on remarque dans lesveux.
- Le toucher paraît être leur sens par excellence le plus développé et le plus affiné, car pour ce qui est de l’ouïe, on ne saurait admettre, jusqu’à présent au moins, qu’elles en soient douées puisqu’on ne leur connaît pas d’oreilles, et il est permis de ranger parmi les fables le prétendu sens musical que Pélisson seul, assez pauvre observateur d’ailleurs, leur a attribué. Lorsqu’une araignée sort de sa retraite au son d’un instrument, c’est sans doute à cause des trépidations occasionnées dans sa toile par
- 1 Suite et fin. Voy. n® 900, du 30 août 1890, p. 203.
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- les vibrations sonores et qui l’inquiètent loin de la charmer. Chez quelques espèces de la famille des Théridiidœ, le mâle possède un organe stoidulatoire, ce qui laisse supposer que l’ouie existe chez la femelle.
- Les araignées, on le sait, possèdenthuit pattes; mais ce qu’on ignorait, avant les ingénieuses expériences de M. Carlet, c’est la manière dont elles marchent. Le savant professeur de Grenoble a étudié comparativement la marche des animaux à quatre, six et huit pieds. Parmi les quadrupèdes, par exemple, la girafe marche* à l'amble, c’est-à-dire en avançant alternativement les deux jambes d’un même côté, tandis que le cheval a deux allures, car il peut marcher à l'amble ou en avançant alternativement une des jambes de devant avec celle de derrière du côté opposé. La marche des lézards, des grenouilles, des tortues, ne ressemble nullement à celle des mammifères quadrupèdes malgré l’égalité du nombre de leurs membres.
- Les insectes avancent simultanément et alternativement les pattes impaires d’un môme côté (premier et troisième) avec la patte paire (deuxième) du côté opposé, tandis qu’ils reposent sur les trois autres. Les trois points d’appui sont les sommets d’un triangle. Ils marchent comme deux quadrupèdes qui auraient en commun les deux pattes moyennes, l’un possédant les quatre premières, l’autre les cpiatre dernières.
- Enfin, les araignées marchent comme deux quadrupèdes qui se suivent, c’est-à-dire en avançant les pattes de rang impair d’un côté (un et trois) en môme temps que celle du rang pair du côté opposé (deux et quatre). Si l’on supprime deux pattes de même rang, deux impaires ou deux paires, mais l’une d’un côté, l’autre de l’autre, de manière à réduire à six le nombre de leurs membres comme chez les insectes, elles se mettent aussitôt à marcher comme ces derniers. Enfin, si on leur retranche deux autres
- Fig. 1. — Disposition des yeux chez les diverses espèces d’Arai-gnées. — 1. Argyronète. — 2. Cténize. — 3. Théridion. — i. Agéléne. — 5. Thomise. — 6. Lycose. — 7. Espèce voisine des araignées. — 8. Saltique. — 9. Epeire. — 10. Tétragnalhe. — 11. Segestrie.
- Fig. 2. — Segestrie et son nid en tube.
- pattes, elles marchent comme les quadrupèdes. 11 y a donc, on le voit, une loi générale de la marche chez les êtres vivants qui assure la stabilité pendant le mouvement.
- C’est moins encore sa laideur physique que ses mœurs singulières qui doivent nous inspirer de l’éloignement pour l’araignée. Au rebours de la règle générale, l’araignée vit le plus souvent seule. Tandis qu’on cite souvent comme digne de remarque l’in—
- Fig. 3. — Lycose à la porte de son terrier.
- stinct maternel chez les animaux, on entend rarement parler de la famille de l’araignée et de sa tendresse pour ses petits. L’observateur est quelquefois témoin d’un fait surprenant, étrange, d’une véritable anomalie, au moment de l’union de ces êtres. Il voit apparaître, sur la toile de dame araignée, un mâle généralement plus petit que la femelle, et parfois d’une taille tout à fait disproportionnée. Ce petit être mesure ses pas, s’avance avec précaution
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- sur la pointe de ses pattes, paraissant éprouver un espoir qui n’est pas sans mélange. Craindrait-il de déplaire? Nullement. La confidence dure peu, mais il importe qu’aussitôt terminée, le mari déguerpisse au plus vite s’il ne veut être croqué par sa femme comme une vulgaire mouche. Le fait n’est, pas général, et nous nous plaisons à croire que le mâle est ainsi dévoré lorsque la femme est depuis longtemps à jeun, ce qui serait une circonstance atténuante.
- Mais si l’araignée observe si peu les devoirs conjugaux, par contre, elle a un très grand soin de ses œufs. Ils sont ronds et lisses. Elle les enferme tantôt
- Fi". 4. — Mygale pionnière et son habitation.
- (fig. 2) ne montre que l’entrée. Les divers fils viennent aboutir en un point du tube sur lequel sont posées ses deux premières pattes lorsqu’elle est à l’intérieur. Les araignées aériennes nous sont assez familières, mais nous avons moins d’occasions d’observer celles qui vivent sous terre ou dans l’eau. La Lycose a un véritable terrier (fig. 3). La Tarentule fait partie du genre Lycose.
- Parmi les autres araignées terrestres, nous citerons la Mygale pionnière, dont les pattes sont conformées de manière les unes à fouir et les autres à filer. Elles creusent un puits dont la profondeur varie de quelques centimètres à 2 ou 3 décimètres, d’un diamètre proportionné à la grosseur de l’animal. Les parois sont d’abord consolidées et unies, puis revêtues d’une
- dans une coque, tantôt dans un sachet soyeux, selon l’espèce. Il en est qui les réunissent en un tas sous leur corps. Au bout de quinze jours environ, les petites araignées sortent de l'œuf ; elles diffèrent peu de leurs parents et n’ont, pas à subir de métamorphoses. La mère les défend avec beaucoup de tendresse et de dévouement jusqu’à ce qu’elles soient en état de se suffire à elles-mêmes. Alors, elle les chasse et rentre seule chez elle. Quant au père, il ne connaîtra jamais ni les charges ni les douceurs de la paternité. Nous donnons comme exemple le Segestrie et son nid en tube dont notre gravure
- Fig. 5. — Argyronètes aquatiques et leurs cloches.
- tenture de soie blanche et brillante, plus ou moins épaisse, adhérant fortement. L’ouverture est fermée à l’aide d’un couvercle de terre, tapissé de soie sur la face inférieure ; elle est légèrement évasée en entonnoir et le couvercle est taillé en biseau de manière à s’y adapter exactement. Une charnière en soie élastique et résistante permet à l’animal de soulever le couvercle, comme une porte qui tourne sur ses gonds (fig. 4). Le dessus du couvercle estparsemé de petites pierres qui ne permettent pas de le distinguer aisément du sol environnant lorsqu’il est abaissé. Il est tronqué à l’endroit où se trouve la charnière. Enfin, on remarque sur la partie du bord opposée à la charnière de nombreux petits trous, dans lesquels l’animal engage ses griffes, s’«accroche ainsi et s’arc-
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- honte h la paroi pour maintenir le couvercle fermé hermétiquement, lorsqu’il est chez lui et qu’un ennemi cherche à pénétrer dans sa demeure.
- Certaines font des puits courbes à deux ouvertures ; d’autres les font bifurquer à l’intérieur et varient les formes et les dimensions des diverses parties; elles établissent des couvercles aux points de bifurcation et ont ainsi un appartement composé de plusieurs pièces indépendantes; d’autres enfin construisent des souterrains plus ou moins contournés et irréguliers. Il en est une en Afrique qui garnit son terrier d’un tube de soie blanche, lequel se prolonge de 10 à lu centimètres au-dessus du sol, s’évase légèrement et se trouve maintenu verticalement par des herbes. D’autres, du même pays, prolongent leur terrier hors du sol, à une hauteur variable selon les espèces et qui peut atteindre 10 centimètres, avec ou sans couvercle. Ce tuyau extérieur, formé d’un tissu solide et résistant, est recouvert de débris de feuilles et de terre1.
- Un mot pour terminer sur l'araignée aquatique (argyronète). Grise ou brune, velue, on la voit plonger, nager dans l’eau, gagner la surface, puis replonger, lorsqu'elle construit son nid. Ob-servez-la : la voici près de la surface, la tête en bas, ne laissant affleurer que l’extrémité postérieure de son abdomen. Elle croise alors rapidement les pattes voisines au-dessus de son corps. Tout autour de la partie qui affleure se forme une légère dépression et l’air qui s’y trouve est emprisonné par les poils. Elle en est enveloppée [tour ainsi dire, ce qui lui donne des reflets brillants et argentés quand elle est plongée dans l’eau. Elle plonge alors et, avec ses pattes, elle rassemble l’air qui la recouvre en une bulle unique qu’elle dépose sous quelques légers fils ou qu’elle fixe à des brins d’herbe. Cela fait, elle remonte à la surface, recommence le même manège, et, à chaque nouveau plongeon, augmente sa provision, d’air. La bulle est bientôt visible. Lorsqu’elle est de la grandeur d’une petite bille, elle jette au-dessus des fils dont l’éclat argentin a fait donner à l’araignée le nom d'argyronète, c’est-à-dire qui file de l'argent. Elle passe et repasse, entre-croisant ses fils, et les fixant, par leurs extrémités, aux plantes voisines. La cloche, de forme ovoïde, se trouve ainsi maintenue en suspension dans l’eau,-£llo est environ dix fois plus grande que l’animal. On la figure ordinairement transparente, mais c’est qu’alors elle n’est pas terminée. Quand elle est achevée, elle est opaque comme un cocon de ver à soie. C’est dans cet abri aérien, sorte de cloche à plongeur, que notre araignée s’enferme, épiant au passage les petits êtres aquatiques dont elle fait sa nourriture et qu’elle vient ensuite y dévorer. Notre figure 5 donne l’aspect des argyronètes aquatiques. La première, à la surface, est dans l’attitude de la marche; la deuxième est en train de nager; la troisième est au repos sous sa
- 1 Observations de M. Simon dans les Actes de ta Société linéenne de bordeaux.
- bulle d’air. La dernière à droite est en partie engagée dans sa cloche par l’ouverture qui se trouve à la partie inférieure; près de la surface est une cloche dans une touffe de plantes.
- S’il arrive que l’air s’échappe par accident, l’araignée recommence, sans impatience et sans lassitude; elle fait de même lorsque l’air est vicié par sa propre respiration et qu’elle doit le renouveler. Elle pond dans sa cloche et enferme ses œufs dans une coque soyeuse qu’elle fixe aux fils enveloppants.
- Ce fut un oratorien, le père de Lignac, qui décrivit pour la première fois les mœurs de l’argvro-nète, en 17-4-4. 11 l’observa dans la petite rivière de l’Huisne, près du Mans. Elle a depuis été vue dans d’autres cours d’eau ordinairement peu rapides et surtout dans des 'eaux dormantes. On la trouve à Versailles et à Gcntilly. M. Plateau, de Gand, l’a signalée dans les fossés de cette ville, et en a envoyé quelques-unes à M. Blanchard, de l’Institut, qui, à son tour, les a observées dans son laboratoire et a contrôlé l’exactitude des observations du père de Lignac. Depuis, M. Pou jade a fait de nouvelles et intéressantes observations qui ont confirmé les anciennes. Félix Hément.
- LÀ TRACTION ÉLECTRIQUE
- UES RATEAUX SUR LES CANAUX
- Aujourd’hui que la traction électrique se substitue un peu partout à la traction animale sur les tramways, on se préoccupe d’employer le même procédé pour faciliter la navigation sur les canaux nombreux qui sillonnent la plupart des pays civilisés de l’ancien et du nouveau monde. Pendant ces dernières années, en effet, les canaux ont considérablement perdu de leur popularité comme moyen de transport des marchandises, et cet état de choses peut être attribué dans une grande mesure à la lenteur de ce moyen de communication, dans nn siècle où le temps arrive à valoir plus que l’argent. Pour les marchandises sujettes à une dépréciation rapide, le canal a dù céder complètement la place au chemin de fer. Plusieurs projets tendant à introduire la force motrice à vapeur sur les canaux, ont échoué, car ils ont été considérés comme impraticables ou comme trop coûteux pour leur adoption. C’est alors que le moteur électrique et la canalisation aérienne avec contact glissant (trolley) est venue à la rescousse. Le projet, assez simple en lui-même, consiste à placer un moteur sur chaque bateau, une dynamo génératrice à chaque écluse, les dynamos envoyant leur courant sur lé fd aérien longeant le canal. Le système de traction dont nous venons d’indiquer les grandes lignes ne dépensera pas 1 gramme de vapeur, car les chutes ménagées aux écluses produiront une force motrice suffisante pour la locomotion des bateaux traversant le canal. Ce procédé de traction simplifiant le transport et permettant de l’accélérer dans une grande mesure, fera disparaître les chemins de halage ainsi que les animaux qui exercent la traction sur ces chemins, en même temps que le courant pris sur le fil permettra de réaliser également et à peu de frais l’éclairage du bateau. Si l’on remarque que la force motrice est tout naturellement disponible pour cette application, qu’elle ne coûtera presque rien, et que l’accrois-
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- sement de vitesse obtenu par l'électricité, permettra d’accroître le trafic dans une grande mesure, on peut considérer que le canal ainsi équipé, pourra redevenir, dans bien des circonstances, un rival redouté du chemin de fer et retrouver son succès d’antan, c’est-à-dire d’il y a moins d’un demi-siècle.
- LE TRAMWAY FUNICULAIRE
- DE 1ÏEIXEVIM.E 1
- La pose du câble du nouveau tramway de Delleville, que nous avons décrit dans notre dernier numéro, est aujourd’hui complètement terminée. L’opération a pleinement réussi. Le câble, que l’on avait eu soin de goudronner, et qui était enroulé autour d’une bobine, assez semblable à celle des câbles électriques, mais de dimension quadruple, — il pèse 15 000 kilogrammes, — avait été placé sur un fort support, à l’entrée de la remise des machines. Saisi par un cordage en acier de 50 mètres de longueur; il a été tiré d’abord à mains d’hommes pour l’enroulement autour de la poulie-tendeur. Il a été mis ensuite en communication avec les poulies de la voie, puis descendu jusqu’à la place de la lîépublique au moyen d’un petit chariot attelé de chevaux. Pour le remonter jusqu’au point terminus de l’église de Delleville, on a dù augmenter jusqu’à treize le nombre des chevaux qui traînaient le chariot. Après avoir encoreune fois contourné la grande poulie supérieure, le câble a été enfin ramené au dépôt. Le développement n’avait pas duré moins de trois jours. On n’a plus maintenant qu’à procéder à l'épissure, ou réunion des deux bouts. On ouvrira à cet effet le câble sur une longueur de quatre mètres, et on reliera tous ses fils ensemble après avoir enlevé le chanvre tressé qui se trouve à l’intérieur. C’est, du reste, un procédé à peu près semblable que l’on emploiera en cas d’avaries du câble; comme ces avaries ne pourront provenir que de l’usure de quelques fils, on les remplacera par des fils neufs tordus avec les extrémités de la partie avariée. Dans quelques jours les essais de parcours avec les voilures commenceront, à vide d’abord, puis avec des surcharges graduées. Le funiculaire fonctionn ua très probablement vers la fin du mois. — Rectifions en terminant une erreur de la gravure représentant la poulie-tendeur dans notre dernier article (p.285, fig. 5). Le contrepoids, qui a été tourné à droite, doit être au contraire dirigé en sens inverse, à gauche, toutes autres dispositions restant les mêmes. Notons encore que la [tins grande partie des appareils que nous avons décrits sont dus à M. Seyrig, ingénieur civil, dont la compétence est bien connue. M. 11.
- LA TAILLE DES SILEX
- Il est curieux de voir subsister, au milieu de la France, une industrie qu’on pouvait croire disparue, qui ne semble plus correspondre à aucun besoin dans les pays civilisés, une industrie primitive, et qu’on peut, au sens rigoureux du terme, appeler préhistorique. Nous voulons parler de la taille des silex, des pierres à feu.
- C’est dans un petit hameau nommé Porcherioux, situé dans le département de Loir-et-Cher, sur les
- 1 Voy. n° 905, du 4 octobre 1890, p. 285.
- confins de l’Indre et à peu de distance de Sclles-sur-Cher, que nous avons rencontré cette singulière industrie. File ne s’annonce pas de loin, celle-là, par de hautes cheminées d’usine, ni par des ronflements de machines à vapeur. Le matériel en est, comme nous allons le voir, des plus simples et des plus modestes; elle s’exerce à domicile, en grande partie par les mains des femmes. Tout au plus le promeneur prévenu peut-il reconnaître les abords de ce centre industriel original aux tas souvent énormes de débris de silex qui bordent les routes, et aux beaux spécimens de silice et de jaspe qu’il rencontre sur son chemin. La terre est si prodigue de ce minéral dans cette localité que les fermiers des environs y viennent de loin s’approvisionner de cailloux pour l’entretien de leurs chemins.
- L’extraction des rognons de silice, partie préliminaire de cette industrie, est naturellement l'affaire des hommes, qui s’y livrent principalement à l’époque où les travaux des champs leur laissent quelque liberté. Elle a lieu dans des puits qui atteignent quelquefois une profondeur assez considérable.
- Puis vient la taille. Les hommes en accomplissent les premières opérations. A l’aide d’un gros marteau obtus analogue à celui des tailleurs de pierre et qu’ils appellent assommeur, ils commencent par dégager le silex de sa gangue. Ensuite avec le marteau proprement dit, plat d’un côté et terminé de l’autre en pointe aiguë, ils l’éclatent en lames longues et étroites auxquelles on donne, autant que possible, la coupe d’un trapèze extrêmement aplati.
- Ces lames de silex, qui rappellent invinciblement les armes grossières de nos ancêtres de l’âge de pierre, sont portées à domicile et c’est aux femmes qu’incombe presque complètement le reste de l’opération. L’installation de l’atelier est simple. Un long établi, lourd billot allongé devant lequel deux ou trois personnes peuvent prendre place, est percé d’autant de trous verticaux légèrement inclinés en avant, et dans lesquels, à l’aide de coins de bois, on fixe le ciseau d’acier qui présente ainsi sa partie tranchante à l’ouvrière; le plat de ce ciseau est en partie quadrillé à la façon d’une lime très grossière destinée à amortir les arêtes du silex. L'ouvrière pose la lame siliceuse sur le tranchant du ciseau, suivant la ligne où elle veut le couper et le fait éclater par petits fragments à l’aide de la roulette. C’est une petite mailloche semblable à un champignon, et composée d’un disque d’acier d’une dizaine de centimètres de diamètre (quand il est neuf, mais on l’use pour ainsi dire jusqu’au manche) emmanché en son centre. On est étonné de voir avec quelle précision et quelle rapidité une femme exercée découpe le silex au moyen de .petits coups secs.
- 11 se fait dix à quinze modèles de pierres à feu, les unes rectangulaires comme celles des briquets, les autres arrondies d’un côté et en biseau de l’autre, comme celles des vieilles armes à feu. Autrefois, le nombre des modèles était encore plus considérable, j Une ouvrière peut faire 5000 à 6000 pierres dans sa
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- semaine, et le mille, actuellement payé 2fr,45, l’a été jusque entre 3 et 4 francs. Cette industrie peut, comme on le voit, étant donnée la médiocrité de la mise de fonds, donner une aisance relative aux campagnards qui l’exercent dans leurs moments perdus. Il est difficile d;apprécier la production totale du pays, mais elle est plus considérable qu’on ne pourrait s’imaginer, et nous avons pu voir, dans un seul atelier, une dizaine de grands sacs remplis de cailloux taillés, représentant le travail de quelques mois; il y en avait bien 600 à 700 kilogrammes.
- On se demande quel peut être l’emploi de cette singulière marchandise, produite en quantité relativement aussi grande. Il s’en consomme évidemment une petite partie pour les briquets ; mais le briquet est bien abandonné aujourd’hui des fumeurs eux-mêmes. Il peut s’en exporter également dans les pays sauvages qui emploient encore les fusils à pierre. Mais ce débouché doit encore être bien faible, étant donné que ces armes ne se fabriquent plus depuis longtemps et que les pays les plus reculés sont aujourd’hui facilement approvisionnés par l’Europe en fusils relativement perfectionnés, mais détrônés par des modèles plus perfectionnés encore ; nous importons notre barbarie chez les barbares, quand elle commence à être démodée et ne nous paraît plus assez savamment meurtrière.
- La vérité est qu’on ignore les débouchés principaux du produit en question. Des entrepreneurs, qui y ont d’ailleurs fait une fortune considérable, ont monopolisé entre leurs mains toute la production du pays, et cachent soigneusement la destination de leur exportation. Les producteurs l’ignorent absolument, et les personnes du pays ne peuvent fournir aucune explication à cet égard; il règne sur ce point un véritable mystère que nous n’avons pu éclaircir. Quelques personnes supposent, il est vrai, qu'en raison de l'extrême pureté de ce silex, il est employé par quelques cristalleries qui veulent en conserver le monopole; la taille
- qu’il subit n’aurait alors d’autres raisons d’être que de tromper le public. Il est pourtant difficile de croire que l’on paye ainsi un travail absolument inutile. Il est si vrai que les débouchés des pierres à feu de Porcherioux constituent un véritable secret, qu’une concurrence ayant essayé de disputer à Punique famille d’entrepreneurs qui le détient, le monopole dont elle jouit, elle échoua complètement faute de consommateurs et que cet échec fut précisément la cause de la baisse dé prix dont nous parlions plus haut. —Remarquons en terminant
- que, si primitive qu’elle soit, cette industrie n’en est pas moins aussi meurtrière que bien d’autres plus savantes; elle n’échappe pas à la triste loi économique qui veut que l’homme se tue pour vivre. En effet, la 'taille du silex développe une fine poussière , qui, pénétrant dans les poumons, y détermine rapidement la phtisie. Cette phtisie, qu’on peut dire véritablement générale dans les hameaux où ce travail est centralisé, est même, paraît-il, particulièrement douloureuse, d’après le Dr A., de Selles-sur-Chcr, à l’obligeance duquel nous devons notre visite à Porcherioux. En effet, cette poussière insoluble et tranchante déchire les fins tissus où elle s’accumule. U y a pire : quoique accidentelle et, si l’on peut ainsi s’exprimer, traumatique, cette phtisie devient souvent héréditaire ; elle n’est plus douloureuse évidemment dans ce cas, mais elle n’en est pas moins meurtrière, et l’on ne vit pas vieux dans le pays. Les habitants le savent et acceptent philosophiquement cette perspective. Leur insouciance les empêche de prendre certaines précautions élémentaires qui pourraient atténuer le mal. Ici, comme dans bien d’autres cas, c’est malgré eux qu’il faudrait sauver les hommes. Mais quelle administration, quelle autorité irait découvrir une industrie aussi invraisemblable dans un centre aussi perdu pour lui imposer un règlement hygiénique? G. Rei.ot.
- La taille des silex à Porcherioux. — 1. Assoinmeur. — 2. Marteau. — 3. Ciseau. — 4.’ Roulette; A, neuve; B, la même usée; les doigts ont fini par marquer leur empreinte sur le manche. — 5. Etabli. — 6. Fixation du ciseau a sur l’établi à l’aide d’une sorte de bouchon de bois b. Position respective du ciseau, de la roulette c, et du silex d, lors du découpage. Forme trapézoïdale des lames de silex primitives.
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- UN NOUVEAU DYNAMOMÈTRE
- La puissance mécanique d’une machine comporte plusieurs procédés de mesures. On peut mesurer la puissance produite directement par les pistons à l’aide d’un indicateur de Watt, l’appareil classique bien connu, qui donne la puissance indiquée ou puissance aux pistons. Ces indications, bien que fournissant des renseignements, n’offrent aucune donnée bien précise.
- On peut mesurer directement la puissance produite sur l’arbre du moteur, ou à la poulie à l’aide d’appareils à frottement et d’absorption, appelés dynamomètres d'absorption ou freins dynamométriques. Parmi ces derniers appareils, nous citerons le
- frein de Prony, le frein de M. J. Carpentier et la balance dynamométrique Ralfard1. Avec d’autres appareils, appelés dynamomètres de transmission et que l’on intercale entre le moteur et la machine actionnée, on mesure la puissance dépensée par cette machine.
- Le nouvel appareil de M. Trouvé constitue à la fois un frein dynamomélrique ou d’absorption, et un dynamomètre de transmission. Il présente de plus cet avantage qu’avec fort peu de modifications, il peut s’appliquer a la mesure des grandes et des faibles puissances.
- La puissance mécanique a pour expression le produit de la force exercée par la vitesse de déplacement du point d’application de cette force, ou encore le produit du moment d’un couple par la vitesse
- Fig. 1, 2 et 3. — Le dynamomètre de M. G. Trouvé.
- angulaire du système. Si donc on peut mesurer séparément ces deux facteurs, on aura de suite la puissance produite. Le dynamomètre de M. Trouvé comporte un dispositif pour la mesure des moments des couples, et un dispositif pour la mesure des vitesses angulaires.
- Mesure des moments des couples.— Dans l’appareil deM. Trouvé la mesure du couple est obtenue par un ressort à lame élastique plate, que l’on peut voir en A dans la figure ci-contre (fig. 3). Cette lame est logée dans l’axe même formé par deux tubes se recouvrant; elle est fixée par ses deux extrémités à ces deux tubes qui peuvent suivre les mouvements de rotation et de glissement longitudinal que leur imprime la torsion de la lame. Un des tubes se termine par un manchon fixe B (fig. 1) découpé en plan incliné; l’autre tube porte également un manchon semblable B' en plan incliné qui se trouve constamment ramené contre l’autre manchon fixe à
- l’aide d’un ressort antagoniste à boudin C. Le manchon mobile B' est muni d’une petite coulisse D qui ne lui laisse prendre qu’un mouvement longitudinal sous l’action des couples de torsion exercés. Le mouvement longitudinal est utilisé pour faire déplacer une aiguille indicatrice sur un cadran. Pour cela, le tube B' porte une gorge profonde E dans laquelle se trouve l’extrémité d’un petit arbre coudé commandant l’aiguille F. Nous aurons donc sur le cadran des indications proportionnelles à la torsion du ressort et par suite aux moments des couples exercés. Une opération est maintenant indispensable : c’est la graduation empirique du cadran. Yoici comment elle se fait. L’axe du ressort est fixé solidement par une de ses extrémités à l’arbre du moteur, et à l’autre extrémité on fixe un double levier équilibré d’un rayon de 0m,1592. Ce rayon est choisi de façon à
- 1 Voy. n° 456, du 25 février 1882, p. 194.
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- correspondre exactement à une circonférence de 1 mètre de développement. Dans ces conditions, chaque kilogramme appliqué à l'extrémité du bras de levier représente un travail de 1 kilogrammètre par tour du système. On charge alors une des extrémités de ce levier de poids successifs jusqu’à atteindre le maximum de torsion du ressort, maximum limité par deux buttoirs. On lait en même temps opérer au moteur un mouvement lent de façon à maintenir le levier dans la position horizontale. L’aiguille se déplace alors sur le cadran; on note sa position, et on indique le même chiffre que le nombre de poids dont est chargé le plateau ; nous avons les expressions des moments des couples en kilogrammètres. On retire ensuite successivement quelques kilogrammes jusqu’à ce que l’on arrive au zéro ; dans chacune de ces opérations, on a soin de maintenir le fléau dans la position horizontale. Chaque nouvelle position de l’aiguille est également notée. La graduation du cadran se trouve ainsi faite du maximum au minimum ; elle est plus juste et plus exacte que faite en sens inverse.
- Mesure des vitesses angulaires. — En principe, tout compteur de tours ordinaire, tout tachymètre, aurait pu donner la mesure de la vitesse angulaire. M. Trouvé a imaginé deux appareils spéciaux plus simples encore.
- Le premier de ces appareils consiste en un tube G (fig. 2) formant tourniquet, monté en son milieu sur un axe creux avec lequel il est en communication. Cet axe creux est relié par un tube en caoutchouc avec un manomètre II à liquide ou autre. Le moteur, en tournant, va entraîner le tourniquet; il y aura aspiration de l’air pur l’axe creux, et expiration par les extrémités du tourniquet. Cette aspiration déterminera une dépression dans la colonne barométrique; nous aurons donc une variation de niveau entre les deux colonnes : à mesure que la vitesse du moteur augmentera, les dépressions augmenteront également. Pour augmenter la sensibilité de l’appareil, M. Trouvé recommande d’incliner la colonne liquide, ou de faire déplacer le tourniquet dans un milieu plus dense que l’air; l’eau ou le mercure, par exemple. Quoi qu’il en soit, une fois le manomètre ainsi disposé, il n’y a plus qu’à le graduer empiriquement. Pour cela, on fait tourner le moteur à des vitesses variables. On détermine ces vitesses très exactement à l’aide de compteurs de tours et mieux de tachymètres, puis les résultats trouvés sont inscrits en regard des différentes positions occupées par la colonne du liquide.
- Le deuxième appareil que l’on peut voir, figurel, est semblable à celui qui sert pour la mesure des couples. Il est relié à l’arbre à l’aide d’une petite roue de transmission ; sa graduation a été faite seulement de façon à indiquer les vitesses angulaires.
- On voit que ces appareils nous permettent de déterminer en même temps les couples et les vitesses angulaires ; nous aurons facilement l’expression de la puissance d’une machine.
- Nous avons dit en commençant (pie le dynamomètre
- trouvé pouvait servir à la fois de frein d’absorption et de dynamomètre.de transmission; voyons les dispositions adoptées dans chacun des cas.
- Pour le dynamomètre d’absorption, l’absorption se fait par un volant K (fig. 2) à ailettes plates indéformables mis en rotation dans l’air. Suivant la puissance à mesurer, les dimensions des ailettes varient. On peut d’abord être surpris que l’on fasse absorber un certain travail par une ailette se déplaçant ainsi dans l’air. Par expérience, M. Trouvé a reconnu que pour absorber une puissance de 78 kilo-grammètres par seconde, soit un cheval ou 0,78 Poncelet, à une vitesse angulaire de 2520 tours par minute, il suffisait d’équilibrer, par un poids de 1800 grammes, l’entraînement sur un levier de 0m,1592. La figure 1 montre la disposition d’une palette montée sur l’arbre d’un petit moteur; cette palette est de forme carrée, mais il est bien évident qu’elle peut avoir toutes les formes, et notamment la forme circulaire qui est plus facile à faire à l’emporte-pièce. On dispose ainsi d’une série d’ailettes, et dans chaque cas on choisit celle qui convient le mieux à la vitesse de régime du moteur. Nous n’insistons pas non plus sur les formes particulières à donner au tourniquet suivant les divers cas; qu’il nous suffise d’en avoir indiqué le principe.
- La disposition du même appareil comme dynamomètre de transmission, même pour les puissantes machines, est également des plus faciles; la figure 1 en donne un exemple. D’un côté, la machine motrice est reliée à l’arbre sur lequel est placé luppareil; de l’autre, se trouve une dynamo ou machine réceptrice quelconque. Le dynamomètre de transmission mesure alors exactement la puissance mécanique transmise à l'arbre de la dynamo. C’est cette puissance mécanique (pii est seule très intéressante pour connaître le rendement propre de la transformation de l’énergie mécanique en énergie électrique.
- Telles sont, en quelques mots, les principales dispositions adoptées par M. Trouvé. Nous nous plaisons à signaler toute la simplicité et tout le côté pratique de ces appareils appelés à rendre les plus grands services, même aux amateurs. 11 est en effet très facile d’utiliser et même de construire soi-même des dynamomètres de ce genre. J. Laffakgue.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 0 octobre 1890. — Présidence de M. Duciiartiie
- Sur la foudre globulaire. — Parmi les caractères remarquables dont s’est entouré le tornado de Saint-Claude, le 19 août dernier, M. Paye signale comme tout spécialement intéressant et caractéristique l’abondance des globes lumineux appartenant évidemment à la catégorie de phénomènes qu’Arago a décrite avec soin en 1840 dans sa célèbre Notice sur le tonnerre. Dans un très grand nombres de points à Saint-Claude et dans les autres localités visités par la tempête, on a vu des sphères électriques apparaître, dans les lues, dans les cours des maisons,
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- dans Jes champs ; se mouvoir lentement, allant de ci de là, changeant brusquement de direction et tantôt faisant violemment explosion, tantôt disparaissant sans bruit. Ce dernier cas est de beaucoup le plus fréquent. Les globes ont percé des trous dans des murs, dans des vitres et dans des portes, démonté des serrures et parfois mis le feu à des greniers à foin. M. Faye, qui compare ces accidents à un phénomène du même genre survenu naguère dans sa propre maison à la grande et légitime terreur de ses propres parents, rattache les éclairs globulaires au régime général des trombes et rappelle les reproductions artificielles qui en ont été exécutées par Caston Planté. 11 pense que le phénomène a des analogies intimes de contexture avec les anneaux-tourbillons de William Thomson dont nos lecteurs connaissent depuis longtemps les singulières propriétés. Pour lui, ces manifestations électriques d’un genre si spécial font partie essentielle des tornados et des cyclones et il explique le silence presque toujours conservé à leur égard dans le récit des tempêtes américaines par cette circonstance qu’aux États-Unis les tempêtes tournantes se déclarent d’ordinaire vers U ou 5 heures de l’après-midi, c’est-à-dire quand la lumière du jour doit effacer la lueur des éclairs et les rendre invisibles. Dans le Jura, les boules de feu, accompagnées de vives étincelles, n’ont produit aucune victime; mais, outre qu’elles ont réalisé les phénomènes mécaniques mentionnés tout à l’heure, on doit leur attribuer la désorganisation des tissus tels que des rideaux qui tout en ayant conservé leur aspect normal se réduisent maintenant en charpie au moindre contact. — Malgré le grand nombre des témoignages et malgré l’autorité d’Arago, M. Mascart émet l’opinion que sans nier l’existence des éclairs en boule il ne faudrait peut-être pas les regarder comme réels tant que des gens de science n’auront pas eu la bonne fortune de les observer eux-mèmes, avec tout le soin désirable. Le savant directeur du Bureau central météorologique rappelle que Verdet, dans son cours de l’École normale, proposait d’expliquer le phénomène par de simples illusions d’optique : l’éblouissement causé par un éclair arrivant directement vers l’observateur aurait imprimé sur sa rétine une image circulaire persistante qu’on aurait cru suivre alors qu’on la déplaçait inconsciemment en déplaçant successivement le regard. Dans le cas fameux du cordonnier cité par Arago, le bruit de 1 explosion, en modifiant la cause delà tension nerveuse, aurait déterminé la disparition apparente du météore qui semblait s’èlre éteint à ce moment précis.
- Rôle du fluor dans les synthèses minéralogiques. — C’est en mon nom que M. le secrétaire perpétuel dépose sur le bureau de l’Académie le résumé d’expériences réalisées au laboratoire de géologie du Muséum et qui montrent que l’intervention des fluorures rend la synthèse de divers minéraux remarquablement facile et rapide. C’est ainsi qu’au lieu d’exiger une fusion à très haute température et un recuit prolongé de vingt-quatre heures à huit jours entiers, la reproduction du labrador, de la néphé-line et de la leucite ou amphigène, a pu être réalisée en quelques heures dans un simple fourneau de terre chargé de coke. J’ai adopté, suivant les cas, deux procédés différents : l’un consiste à introduire, dans les mélanges à fondre, l’aluminium, non pas sous la forme ordinaire d’oxyde (alumine), mais à l’état de fluorure; l’autre à faire fondre le mélange des éléments à comburer dans un creuset qui a reçu une brasque de cryolilhe finement pulvérisée. Le premier mode opératoire tenté en vue d’obtenir du feldspath n’a pas permis d’atteindre le but, mais il a procuré en abondance non seulement de la silli-
- manite bien cristallisée» mais la tridymite ou quartz rhom-bique sous la forme d’innombrables lamelles hexagonales souvent empilées les unes sur les autres d’une façon tout à fait caractéristique. Cette synthèse est d’autant plus remarquable qu’il faut sans doute la rattacher directement à l’intervention des matières alcalines ou alcalino-terreuses, potasse ou chaux, puisque, comme Henri Deville l’a fait voir et comme je l’ai vérifié, la réaction de la silice sur le fluorure d’aluminium détermine la production exclusive de la sillimanite ou d’uu composé analogue. Toutefois, si au lieu de mettre séparément soit de la potasse en vue de faire de l’orthose ou du microcline, soit de la chaux pour obtenir de l’anorthite, on met en proportion convenable ces deux oxydes à la fois, la tridymite ne se fait plus, et à la sillimanite, devenue cette fois très rare, s’ajoutent des prismes très nombreux et relativement très gros de feldspath labrador. Les produits que j’ai obtenus font de cette expérience un très remarquable exemple de synthèse minéralogique. — Par la deuxième disposition, c est-à-dire à l’aide d'un creuset brasqué de cryolithe, j ai réalisé la reproduction de deux minéraux très importants, la néphéline et l’amphigène ou leucite qu’on n’a jamais obtenue précédemment aussi facilement par fusion. Sans fluorure, en effet, la synthèse de la néphéline exige « un recuit de quelques jours », et la reproduction de la leucite comporte un recuit prolongé après une fusion réalisée à la température « où le fer et l’acier fondent aisément. » Le procédé que j’ai adopté est susceptible de beaucoup d’autres applications et j’aurai l’occasion d’v revenir.
- Les essences contre la tuberculose. — C’est avec une considération toute particulière que M. Verneuil signale un Mémoire de M. le Dr Onimus sur la destruction du virus tuberculeux par les essences évaporées sur de la mousse de platine. Parmi les expériences de l’auteur, une des plus frappantes consiste dans l’innocuité des inoculations faites sur des cobayes de crachats de tuberculeux préalablement soumis à l’action des vapeurs fournies par l’essence de thym ou par l’essence d’eucalyptol. Sans prétendre guérir la phtisie par ce procédé, on peut espérer de réaliser ainsi un véritable pansement du parenchyme pulmonaire.
- Les viandes américaines. — Par l’intermédiaire de M. Larrey, M. le Dr Prosper de Pietra-Santa dépose une très importante brochure dont la triple conclusion est : « 1° que la terreur inspirée par la trichine, était certainement exagérée; 2° que les viandes américaines constituaient une ressource précieuse pour l’alimentation des classes pauvres, de l’armée et de la marine (nourriture saine, à bon marché et très appréciée) ; 5° que dans ses habitudes culinaires, le Français a le goût assez parfait, pour ne pas vouloir manger de la viande de porc crue, et pour ne s’en servir que lorsqu’elle a été fortement cuite, c’est-à-dire parfaitement inoffensive. » D’ailleurs, le Gouvernement des États-Unis s’est empressé de donner pleine et entière satisfaction aux reserves et appréhensions des hygiénistes, en organisant dans les stock-yards (magasins de production) un examen micrographique sérieux, et en créant aux ports d’embarquement un service d’inspection sous la surveillance et le contrôle des bureaux d’hygiène.
- Varia. — Le Directeur de la station agronomique d’Arras, M. Pagnoul, montre dans une Note déposée par M. De-liérain que l’addition des superphosphates dans les engrais est nécessaire pour obtenir le blé dans les meilleures conditions de rendement et de qualité ; c’est la confirmation
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- d’un fait déjà mis en évidence par divers expérimentateurs et spécialement par M. Georges Ville dans son magnifique champ d’expériences de Vincennes. — Un volume deM. Bé-rcnger-Féraud relatif à la fièvre jaune est offert à l’Académie au nom de l’auteur par M. Larrey. — M. Bouquet signale de nombreuses améliorations dans le volume de 1891 de l'Annuaire des marées qui paraît aujourd’hui. — De nouvelles recherches sur YHydalina cincla sont transmises par M. de Lacaze-Duthiers. — Le chlorure d’arsenic fournit à M. Rey le moyen d’obtenir l’acide chlorhydrique parfaitement pur. Stanislas Meunier.
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- M SCIENCE PRATIQUE
- VÉRIFICATEUR DE MONNAIE
- Los Anglais, gens pratiques et ennemis des contestations, ont pour les usages courants de la vie, et notamment pour les payements de la main à la main, totalisateurs de recette, contrôleurs de poids, nombre, etc.,une grande variété d’appareils ingénieux dont nous nous proposons de décrire les plus intéressants à cette place.
- Nous signalerons aujourd’hui un contrôleur (le caisse d’un usage très répandu à Londres et dont nous avons retrouvé quelques types en service à Paris, notamment au bureau de tabac La Civette, situé place du Théâtre-Français.
- Cet appareil est très léger, entièrement en cuivre poli et divisé en casiers recouverts d’une plaque en verre trempé. On peut l’adapter sur un comptoir, une table quelconque, il prend très peu de place; le dessin ci-contre le montre à un quart de grandeur, à peu près. On dispose en dessous un tiroir pour recevoir l’argent encaissé.
- Son fonctionnement est des plus simples. La somme perçue, représentant une valeur égale ou supérieure à celle à payer, est introduite par une rainure B, ménagée dans la glace en verre et permettant le passage d’une pièce de 5 francs argent, c’est-à-dire la plus grande pièce de monnaie courante du commerce. Sitôt l’argent tombé dans le casier, on ne peut plus le reprendre du dehors; très facile à contrôler, il reste témoin et juge muet des réclamations qui pourraient se produire, tant de la part du payeur que de celle de l’encaisseur.
- Une simple pression de l’index sur le ressort C, ensuite une poussée circulaire dans le sens de la flèche, sur un parcours du sixième de la circonférence et le système tournant est fixé à nouveau, prêt à recevoir le versement suivant.
- L’opération se continue, les pièces reçues venant se déverser en E dans le tiroir du dessous, le couvercle venant toujours présenter en regard de la rainure du verre un compartiment vide. Ch:.que versement est toujours isolé.
- On comprend que dans les magasins de détail, comme il en existe tant à Paris, où la clientèle est nombreuse et pressée, cet appareil soit appelé à rendre de réels services. En effet, les pièces reçues en payement sont toujours en évidence, corrigeant ainsi les écarts de mémoire des uns et les contestations des autres qui seraient tentés de réclamer
- l’appoint sur une somme supérieure à celle versée. Il supprime aussi toute velléité du vol dit au ren-dez-moi.
- 11 existe des appareils de plusieurs dimensions et d’un nombre variable de casiers, celui-ci est le plus couramment employé, il permet de se rendre compte des six derniers versements perçus, ce qui est suffisant, même dans les cas de grande bousculade.
- La vis centrale de l’appareil, en métal dur trempé, est fendue pour permettre une vérification rapide des pièces en plomb qu’un simple abattage suffit à écorner.
- À Londres, on trouve le vérificateur de monnaie partout, dans les magasins de nouveautés, dans les bazars, au contrôle des théâtres; tous les caissiers l’utilisent, mais c’est surtout dans les bars où se débitent le brandy et le pale ale qu’il trône. Là il s’étale sur un socle, reluisant et poli dès la première heure du jour; il voit venir à lui les penny, scheliing, aussi bien que la livre sterling en or frappée à l’effigie de la Reine.
- Si les scènes du roman de l’Assommoir s’étaient aussi bien passées à Londres, nul doute que Zola ne lui eut fait les honneurs d’une longue description. Yves Guédon.
- Le Propriétaire-Gérant ; G. Tissandier
- Vérilicateur de monnaie pour les recettes à encaisser.
- Paris. — Imprimerie Laliure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 007. - 18 OCTOBRE 1890. LA NATURE. 505
- CATASTROPHES DANS LES ALPES
- DEUX DD AM ES AU JIO.NT-CERVIN
- De toutes les montagnes du massif alpestre, la plus escarpée et la plus dangereuse est le Mont-Cervin, qui, jusqu’à l’ascension de lord Douglas, avait défié les efforts des touristes. On n’a pas oublié qu’en 1865 ce riche Anglais paya son succès de sa vie, et qu’en descendant du pic qu’il avait vaincu, il trouva la mort au fond d’un précipice, avec trois de ses compagnons qu’il entraîna avec lui.
- L’Europe frémissait encore au récit de cette ca-
- tastrophe, lorsque l’on apprit qu’un guide de Zer-matt, nommé Carrel, avait trouvé une route plus praticable. C’était un chemin large de quelques pieds, et dans certains endroits de quelques pouces, qui longeait un précipice profond de plus d’un millier de mètres. Le guide qui avait fait celte découverte eut l’honneyr d’accompagner M. Tyndall dans ses excursions.il devint si célèbre, que M.YVhymper l’emmena en Amérique lorsque l’intrépide voyageur explora la chaîne des Andes en 1879-1880, et réussit à faire l’ascension de pics où les indigènes n’étaient point encore parvenus à s’élever.
- Ce guide, sans rival dans toute la vallée de Zer-
- Le Mont-Cervin (1482 mètres d’altitude) vu de l’hôtel du Riffel.
- matt, vient de trouver la mort dans un des glaciers de la montagne dont il avait fait quarante-cinq fois l’ascension sans éprouver aucun accident. M. Siniga-glia, un des membres les plus célèbres du Club alpin italien, qui a été témoin de ses derniers moments, décrit ce drame dans une lettre que la Ri forma a publiée. Nous donnons une traduction de ce récit :
- « Le ciel avait perdu sa limpidité, et des nuages orageux, partis du Mont-Blanc, s’arrêtaient dans le voisinage de la dent d’Hérens. Ces circonstances annoncent souvent le mauvais temps. Cependant, comme le vent du nord soufflait avec persistance, nous ne nous inquiétions pas. Yers 5 heures, Daniel Maquignaz, Antonio de Pietro, Antonio de Joseph et Édouard Bich1, que nous avions trouvés à la
- 1 Ces guides venaient de réparer la grande corde de Tyndall qui aide à monter sur le pic que des roches bizarres ont fait nommer la Crête-du-Coq.
- 18e arnié*. — 2e semestre.
- cabane, repartirent pour Breuil ; nous les saluâmes et nous leur souhaitâmes un bon voyage, espérant une excellente journée pour le lendemain. Mais à peine nous avaient-ils quittés que le temps se gâta avec une grande rapidité; vers le soir, éclatait une violente tempête de grêle et de neige, accompagnée de fréquentes secousses de foudre. Je me rappelle que l’air était comme saturé d’humidité et que, pendant deux heures de suite, la nuit fut extraordinairement lumineuse ; l’on y voyait aussi bien dans la cabane que si l’on eût été en plein jour1. La tempête conti-
- 1 Cette cabane fut construite à Breuil et apportée pièce par pièce par Joseph Maquignaz qui vient d’être englouti avec le comte Yillanova dans un des gouffres du glacier du Bionas-say, en tentant l’ascension du Mont-Blanc par une route nouvelle partant de Courmayeur. Elle est placée à la base de la Grande Tour à environ 3900 mètres dans une situation indiquée par Giordano. Elle se compose de deux chambres, un dortoir et une cuisine.
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- LA N ATI! HL.
- nua pendant toute la nuit, toute la journée et la nuit suivante, toujours avec une violence et une ténacité incroyables et, dans ta cabane, la température descendait à 50 degrés au-dessous de zéro. La situation devenait inquiétante ; les provisions commençaient à manquer et nous avions déjà démonté les bancs de la cuisine pour nous procurer du bois à brûler. La fureur continuelle de l'ouragan nous avait mis dans un état d’agitation qui devenait intolérable ; nous avions continuellement de la grêle et de la neige. Les roches étaient déjà dans un état déplorable, et nous craignions d’arriver à nous faire allumer, en restant bloqués pendant plusieurs jours dans ce lieu maudit. Il fut décidé entre les guides que si le vent se calmait le matin suivant, nous tenterions la descente. Le matin du 25, le vent étant un peu tombé, quoique le temps fût encore très mauvais, nous risquâmes l’aventure d’un commun accord. Des difficultés et des périls que nous ne pouvions prévoir, nous attendaient. Au col du Lion, où nous espérions une trêve du vent et de la neige, la tempête commença au contraire à souffler avec une violence infernale; nous étions littéralement suffoqués par le vent et par la neige dans les couloirs qui devaient être abrités par la crête de la montagne. Gorret, qui avait eu le malheur d’égarer un de ses gants dans la cabane, avait une main gelée. Nous ne pouvions perdre des yeux le glacier pendant un seul instant, et nous avions la plus grande peine, soit à parler, soit à entendre ce que l’on nous disait. Cependant Carrel continuait à guider cette terrible descente d’une façon admirable, avec un sang-froid, une énergie inépuisable et une habileté surhumaine. J’étais tout à fait désorienté et je savais à peine ce que je faisais. Gorret se comportait vaillamment et me prodiguait des encouragements. Nous finîmes cependant par perdre la bonne direction; mais Carrel, avec un instinct étonnant, l’eut bientôt retrouvée. En traversant le névé, nous vîmes Carrel ralentir sa marche, puis trébuçher et tomber deux ou trois fois à lerre. Gorret lui demanda ce qu’il avait et Carrel répondit : rien. Il continua à marcher péniblement. Gorret atlribuantces hésitations à l’excessive fatigue de Carrel, se mit en tête de la colonne. Ou enfonçait beaucoup dans la neige, et Carrel, depuis le changement, semblait aller avec plus de facilité; cependant il avançait avec une circonspection inusitée. Un rapide couloir herbeux conduisait de ce névé au pâturage de Iliondé, etlà nous étions sauvés. Gorret montait le premier et je le suivais. Il était déjà arrivé au haut du pas quand j’entendis crier derrière moi. Nous nous arrêtâmes, et comme nous étions dans une position difficile, nous dîmes plusieurs fois à Carrel de descendre sur le névé. Pas de réponse. Inquiets, nous fîmes quelques pas en arrière; nous entendîmes une voix faible qui disait péniblement : «Venez me prendre, je n’ai plus de force. » Immédiatement nous allâmes à Carrel. 11 était immobile, cramponné à une roche, incapable de faire un pas. Avec la plus grande peine, nous le transportâmes quelques pas plus haut, en lieu sûr, et nous lui demandâmes ce qu’il avait. Il ne nous répondait que : « Je ne sais plus où je suis. » Ses mains devenaient toujours plus froides, sa parole plus entrecoupée et plus faible. Nous fîmes pour lui tout ce qui était en notre pouvoir. Nous lui introduisîmes dans la bouche du vin blanc et du cognac; nous lui criâmes dans l’oreille; nous parvînmes à le ranimer, mais ce fut un éclair. Nous nous mîmes à le frictionner avec de la neige, aie secouer énergiquement, à le frapper, nous continuions à l’appeler, il ne nous répondait que par des gémissements. Nous essayâmes de le soulever, impossible d’y parvenir; son corps avait déjà la raideur cadavérique, »
- En partant le cœur brisé de Giomcn, M. Sini-gaglia'a pris les dispositions nécessaires pour célébrer les funérailles de Carrel, d’une façon digne d’un guide aussi célèbre. Une expédition composée de huit de ses collègues partit le lendemain à 5 heures du malin pour aller relever le cadavre abandonné sur le névé. Deux membres du Club alpin italien, M\l. Melano et Sciorelli, ainsi que l’ingénieur Capello de Turin, qui se trouvaient à l’hôtel de Gio-men, accompagnèrent le corps à la chapelle de Breuil. On l’exposa jusqu’au29 du mois d’août, eton l’inhuma au cimetière de Valtournanche, sa patrie.
- Depuis la catastrophe de Carrel, le Mont-Ccrvin a encore été fatal à M. Grers, jeune homme de Strasbourg, et à ses deux guides.
- Ce jeune homme avait passé la nuit du 11 au 12 septembre dans la cabane où M. Sinigaglia a été cerné par la tempête, comme nous l’avons rapporté. 11 en est parti à 5 heures du matin, laissant dans cet abri M. Dames, de Francfort, qui l’a suivi une heure plus tard.
- Les voyageurs qui marchaient en avant étaient arrivés au plateau Moscley, ainsi nommé d’un Américain qui perdit l’équilibre et fut précipité dans le glacier du Rhône, et la caravane de M. Dames venait de dépasser la vieille cabane abandonnée, lorsqu’il s’éleva une violente tempête.
- M. Dames et ses guides s’arrêtèrent dans un endroit abrité afin de laisser finir la bourrasque, lorsqu’ils virent une hache qui tombait en passant au-dessus de leur tête. C’était comme un sinistre avertissement. Bientôt après ils aperçurent, avec un sentiment d’horreur que l’on comprend trop facilement, le jeune Strasbourgeois et ses guides suivant à peu près le même chemin que la hache. Ils tombaient les uns sur les autres et disparaissaient avec une vitesse effroyable dans un gouffre ayant, pins de 10U0 mètres de profondeur.
- Avec des luncltes, on pouvait voir les cadavres mutilés, étendus sur le glacier. Aussi, quelques jours plus tard, une caravane partait de Zermalt, où l’on ramenait les corps. On les a inhumés dans l’église à côté des restes de M. Hudson et M. Iladams, les deux compagnons de lord Douglas.
- Quoique l’ascension du Cervin soit réellement dangereuse, elle a été grandement facilitée par les cordages et les chaînes qu’on a placés dans différents endroits particulièrement à redouter. Elle a été exécutée à plusieurs reprises par des dames, miss Wal-ker et les demoiselles Pigeon. Il ne faudrait pas laisser croire que les accidents sont fort nombreux. Outre ceux que nous avons cités, on n’en connaît que deux, celui du touriste Borkhard et du guide Brantschcn ; mais, dans ces deux cas, les victimes ont plutôt péri par la faute de leurs compagnons que par celle d’une inexorable fatalité.
- En effet, M. Borkhard ainsi que le guide Brant-schen s’étant trouvés l’un et l’autre incapables de continuer la route, ont été abandonnés; au lieu de les aider à regagner l’auberge la plus proche, les cama-
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- rades qui étaient avec eux se contentèrent d’aller chercher du renfort. Bien entendu, lorsque les renforts sont arrivés, l’un et l’autre étaient morts.
- W. de Fonvieixe.
- PANSEMENT EXTEMPORANÉ
- [‘OCR CHIRURGIE RE GUERRE
- L’impulsion donnée à tous les ressorts de la défense nationale a été, depuis quelques années, marquée par des modifications, des perfectionnements de tous genres. La direction du service de santé n’est pas restée inactive et, s’il y a encore beaucoup à faire, on peut constater, par un retour en arrière, les efforts réalisés pour améliorer, en temps de paix, l’état sanitaire, pour assurer, en temps de guerre, les soins donnés aux blessés et malades, les évacuations, etc. La médecine militaire a pris à tâche de faire bénéficier les malheureux frappés sur les champs de bataille des progrès de la chirurgie moderne, des pansements antiseptiques, grâce auxquels on est aujourd’hui redevable de si beaux succès.
- On peut dire, depuis les travaux de Pasteur et de Lister, que, dans bien des cas, ce n’est pas la plaie qui constitue le principal danger, mais l’infection de cette plaie par les germes de toute nature. Aussi voyez de quels soins s’entourent les chirurgiens actuels, propreté minutieuse, flambage des instruments, lavages des plaies, des tissus avec des solutions antiseptiques, pansements méthodiques de façon à éviter toute contagion. Le succès a justifié et justifie tous les jours ces données théoriques, et la chirurgie a pu entreprendre des opérations qualifiées de pure folie au temps jadis.
- La direction du service de santé a bouleversé de fond en comble le vieil arsenal des ambulances ; elle a pourvu les sacs, les voitures de tous les pansements modernes, gaze phéniquée, solutions antiseptiques. On a même donné au soldat une cartouche dite de pansement, destinée à recouvrir immédiatement la plaie pour éviter, autant que possible, toute souillure. Mais ces pansements, préparés d’avance, réunis par quantités dans les magasins, pour avoir, au moment voulu, les réserves nécessaires, finissent par s’altérer, et l’idéal serait la possibilité de préparer extemporanément de toutes pièces un pansement parfaitement aseptique.
- Le pansement préconisé par M. Duquaire, élève des hôpitaux de Lyon, répond, dans un certain sens, à ce dé-sidéralum. Il est peu encombrant, peu coûteux et donne, en un clin d’œil, l’assurance d’une asepsie absolue. 11 se compose de papier d’amiante; ce papier est doux au toucher, absorbe bien les liquides organiques qui peuvent s’échapper d’une plaie, et il est incombustible. C’est cette dernière propriété qui permet d’en faire un objet de pansement aseptique. On enduit ce papier d’une légère couche de cire dissoute dans du pétrole et on le dessèche. Voilà le pansement prêt à être empaqueté et mis en réserve pour le moment voulu.
- Au moment de s’en servir pour une opération, on tend les feuilles sur un fil de fer, on allume l’angle d’une feuille; la couche de cire brûle et flambe le tissu qui est débarrassé ainsi de tout germe, s'il en contenait. On l’étend sur la plaie en double, triple couche, avec ou sans addition de poudre ou solution antiseptique, puis on recouvre le tout d’une enveloppe protectrice, qui remplace le inackintosh de Lister (toile de caoutchouc phéniquée) ; celte enveloppe est une feuille d’étain assez mince pour
- dire souple, assez épaisse pour permettre le flambage.
- Le système est, comme on le voit, assez simple ; il a été expérimenté déjà nombre de fois dans le service du professeur Ollier et a donné les meilleurs résultats.
- Pour s’assurer de l’asepsie parfaite, M. Duquaire a fait, dans le laboratoire de M. Arloing, un certain nombre d’expériences. Des feuilles de ce papier trempées dans des liquides contenant les microbes de la suppuration ont été, les unes flambées, les autres desséchées telles quelles. Des fragments de chacune ont été introduits dans des ballons de culture. Au bout de quelques jours, on constata que tous les ballons qui avaient reçu le papier flambé contenaient un bouillon absolument limpide, tandis que les autres étaient troublés par des colonies de microbes. 11 y a, du reste, un petit détail qui permet de servir de réactif du degré d’asepsie. Ce papier contient environ a pour 100 de cellulose; cette cellulose, carbonisée à partir de 200°, prouve par le changement de couleur, légèrement roussi, que le papier est bien et convenablement flambé.
- Il y a là un progrès réel et qui m’a paru digne d’étre signalé. Le prix du pansement ne peut être un obstacle : le papier revient au détail à 3 francs le kilogramme, représentant en surface il mètres carrés. Ce n’est pas plus cher que toutes les gazes antiseptiques qu’on emploie journellement pour le pansement des plaies.
- Dr A. Cartaz. -
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- CALCULATEUR MÉCANIQUE INSTANTANÉ
- DE JI. TRONCET
- Nous avons déjà décrit ici plusieurs machines à calculer et notamment l’appareil du colonel Kozloff1. Mais ce sont là des instruments coûteux et compliqués qui ne sont pas à la portée de tout le monde. Il y avait place pour une machine à très bon marché permettant de faire les opérations élémentaires et surtou! l’addition d’une façon simple et sûre; cette machine, imaginée par M. Troneet, est aujourd’hui dans le commerce et nous nous en servons depuis assez longtemps déjà pour pouvoir la présenter à nos lecteurs comme réellement pratique.
- Elle a la forme d’un petit carnet de poche ayant 10 centimètres de largeur sur 14 de hauteur. Lorsqu’on l’ouvre, on trouve sur le côté droit la partie mécanique, sur le côté gauche une feuille noire ardoisée ; cette feuille sert de couverture à une tahle de multiplication de 1 à 999. ün petit crayon en ardoise terminé par une pointe métallique accompagne l’appareil. L’instruction indique qu’on peut faire les quatre opérations élémentaires ; addition, soustraction, multiplication et division; ce qui est parfaitement vrai. Mais la soustraction est une opération assez simple pour qu’on la fasse rapidement sans le secours d’aucun appareil. Quant à la division, qui est une suite de multiplications et de soustractions, nous ne croyons pas qu’on puisse gagner du temps, ni opérer plus sûrement en employant l’arithmo-graphe, nom donné à l’appareil par son inventeur.
- 1 Voy. n® 896, du 2 août 1890, p. 151.
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- LA NATURE.
- Pour faire une multiplication on a recours à la table où sont disposés, dans un ordre très simple et facilitant les recherches, les produits par la série des nombres 1 à 999. Une multiplication par un seul chiffre se trouve donc tout de suite faite en ouvrant la table à l’endroit voulu; quand la multiplication a plusieurs chiffres, il suffit de chercher les produits partiels et de les additionner au moyen de la machine. C’est donc surtout un totalisateur et c’est à ce point de vue seulement que nous allons l’examiner.
- Elle est formée d’une plaque de métal fixe portant une série de sept rainures terminées en forme de crosse à la partie supérieure. Sur le côté de chacune de ces rainures se trouve inscrite la série des nombres de 0 à 9. Sous cette partie fixe se trouve une partie mobile, que laisse voir un arrachement fait sur le dessin ci-contre ; ce sont des bandes de métal portant deux fois en sens inverse la série des dix premiers nombres; elles sont munies de crans de chaque côté, ceux qui correspondent à la série supérieure sont peints en noir, les autres en blanc. Ce sont ces crans qui apparaissent seuls sous les rainures de la partie fixe. Quant aux chiffres, ils ne sont visibles que lorsqu’ils passent devant une petite fenêtre ronde ménagée au-dessus de chaque bande mobile. A l’état normal, ainsi qu’on peut s’en rendre compte sur notre gravure, c’est le 9 qui apparaît à la fenêtre du haut et le 0 à la fenêtre du bas. C’est celle-ci qui est destinée à l’addition. A l’état de repos, nous avons 0 partout. Si nous introduisons une pointe, celle qui termine notre crayon d’ardoise, dans la colonne extrême droite, par exemple, vis-à-vis le chiffre 1 inscrit contre la rainure, et que nous la fassions coulisser vers le bas jusqu’à ce qu’elle vienne buter contre la partie fixe, elle entraînera la partie mobile de manière à amener le chiffre correspondant 1 en regard de la fenêtre, à la place où était le 0; mais cette opération aura eu pour résultat de déplacer d'un cran toute la partie mobile de cette colonne ; les. chiffres inscrits sur la partie fixe n’ayant pas bougé, ceux qui se trouvent en regard sur la partie mobile leur deviennent, par suite, supérieurs d’une unité. Us l’eussent été de
- 2, 3, 4.... unités si, au lieu d’abaisser le chiffre 1, nous avions abaissé les chiffres 2, 3, 4.... On comprend que si nous opérons de la même façon pour ajouter ensuite, par exemple, une autre unité, lorsque nous placerons notre pointe en face du 1 de la partie fixe, c’est en réalité vis-à-vis 1 H- l’unité précédemment ajoutée qu’elle sera placée. Continuons ainsi jusqu’à 9, nous voyons à ce moment-là, que si nous voulons continuer, les crans entre lesquels tombe notre pointe sont peints en noir au lieu de l’être en blanc. L’instruction placée en tête de l’appareil nous dit que dans ce cas il faut faire coulisser la pointe vers le haut et aller jusqu’au bout de la rainure, c’est-à-dire dans le retour en forme de crosse. On voit, en effet, que cela a pour but d’aller agir avec la pointe sur la colonne précédente et de faire le report, ce qui devait avoir lieu puisqu’à 9 nous ajoutions d, et en même temps de ramener à 0 la colonne des unités. Cette disposition est des plus ingénieuses et en même temps des plus simples. Ce que nous venons de dire pour une colonne s’applique évidemment à toutes les autres et l’appareil permet d’additionner jusqu’à dix millions.
- Malgré l'explication un peu longue dans laquelle nous avons cru devoir entrer ici, l’instrument est d’une grande simplicité, et quand on l’a entre les mains on se rend compte immédiatement de son fonctionnement. Il n'y a pour opérer à coup sûr que deux choses à faire : placer exactement la pointe vis-à-vis du chiffre à ajouter; la faire coulisser vers le bas ou vers le haut suivant la couleur des crans entre lesquels elle tombe. Avec ces deux conditions remplies, on est sûr de son total, si réfractaire qu’on soit à l’addition. En dehors des services que rendra l’arithmographe de M. Troncet à tous ceux qui ont peu l’habitude des grandes colonnes d’addition, nous pensons qu’il pourra aussi être très utile au commerçant à litre de vérificateur. 11 pourra, en effet, inscrire chaque recette sur l’appareil en même temps qu’il l’inscrit sur son livre-journal; à la fin de la journée le total se trouvera fait et il n’aura qu’à compter si l’argent est dans la caisse.
- G. Mareschal.
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- LA NATURE
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- LA SCIENCE DES FRAUDEURS
- On sait avec quelle habileté les falsificateurs utilisent parfois les ressources de la chimie ou de la physique pour imiter les substances naturelles ou sophistiquer les produits fabriqués. Le génie des contrebandiers ne connaît pas non plus de limite. 11 nous a été donné d’être renseigné récemment sur un fait qui nous a paru atteindre le dernier degré du genre.—Nous le regrettons pour nos voisins d’outre-Rhin, mais il s’agit d’une fraude allemande.
- Voici le fait tel qu’il nous a été communiqué par M. E. Demenge, ingénieur à Longwy, avec photogra-
- phie exécutée sur place, comme pièce justificative:
- Le 27 septembre dernier, la douane de Longwy a saisi un vagon allemand parti de la gare du Luxembourg et portant de soi-disant pierres de taille. De l’un des blocs, suintait un liquide qui fut reconnu par le visiteur pour de l’alcool à 96 degrés. On fit mettre la voiture à quai et on procéda au déchargement de la pierre qui fut brisée à coups de masse. On vit alors que l’intérieur, qui était creux, renfermait une boîte en zinc de Iui,00x0:,,,70x0'u,40, contenant 297 litres d'alcool. Les autres blocs se trouvaient dans les mêmes conditions. La fermeture vissée était soigneusement cachée sous une couche
- Vue d’une pierre de taille saisie et brisée par la douane de Longwy,
- dans l’intérieur de laquelle se trouvait uu bidon de 297 litres d’alcool à 95°. (D’après une photographie de M. E. Demenge, ingénieur.)
- de ciment, marquée uniformément de la lettre D. Les numéros se suivaient et, sur chaque pierre, se trouvait une autre marque indiquant la contenance en litres. La quantité d’alcool transportée par ce seul vagon était de 2465 litres. Si l’on songe que 100 litres d’alcool payent 70 francs de droits de douane et 156 fr. 25 de régie, c’est une somme d'environ 4600 francs de droits fraudés pour un seul envoi. D’ailleurs, ces blocs n’en étaient pas à leur premier voyage et avaient du déjà servir bien des fois.
- La photographie que nous reproduisons ci-dessus représente l’une de ces pierres. On voit la boîte en zinc avec son ouverture vissée, vers le haut, à droite, les débris de la pierre qui entourait cette caisse et qui était admirablement travaillée; le contrôleur des
- douanes, s’appuie sur la caisse, tandis que le douanier, qui a fait la prise, semble tout fier, et à juste titre, de la victoire remportée.
- Les efforts pour frauder la douane ou l’octroi, sont incessants. Le haut prix de droit d’entrée des alcools exerce surtout la sagacité des contrebandiers. D’après M. Maxime Ducamp qui a étudié ces questions dans son beau livre de Paris : « On fraude à l’aide de cabriolets en fer-blanc peint, et qui ne sont qu’une vaste cuve ; on fraude, en expédiant à Paris des piles d’assiettes qui sont entassées les unes sur les autres, par quatre douzaines : les deux douzaines du milieu cachent un bidon rempli d’alcool; on fraude avec tout et pour tout. »
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- LA IN AT LUE.
- r> i o
- LE CHEMIN DE FER DE RUÉNOS-ÀYRES
- V VALPARAISO
- Un annonce dès aujourd’hui, pour le printemps de l'année 1892, l’achèvement du premier chemin de fer qui dans l’Amérique du Sud reliera les cotes de l’Atlantique et du Pacifique.
- 11 aura fallu environ vingt ans pour mener à terme celle grande entreprise, pour relier Buenos-Ayres et Val-paraiso, les deux villes séparées l’une de l'autre par une distance de 1400 kilomètres. La ligne est déjà terminée sur une longueur de 1000 kilomètres, en partant de Buénos-Avres, et de 150 kilomètres en partant de Valpa-raisovDes 250 kilomètres restants, un tiers est exploitable, car les rails sont posés. La traversée des Andes est accomplie à la Cumbre Pass, dont l’altitude est de 4000 mètres au-dessus du niveau de la mer. La voie ferrée ne monte pas tout à fait aussi haut, mais coupe la montagne par un tunnel de 4800 mètres de longueur à l’altitude de 51Ç5 mètres.
- C’est l’un des points les plus élevés que les chemins de fer aient encore atteints dans le monde entier. Le Saint-Gothard se tient modestement à la cote de 1150 mètres environ et le llighi ne dépasse pas 1740 mètres.
- Le tracé du chemin de fer transandin est naturellement des plus accidentés. Sur une longueur considérable, la pente est supérieure à 8 pour 100 et on y a employé le système à crémaillère des chemins de montagne européens.
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- NOUVELLE FORME DE MILDEW1
- Depuis"son apparition en Europe, le Mildew s’est répandu chaque année davantage. Il se montre de plus en plus tôt et sa période d’incubation s’abrège d’année en année. Son adaptation à notre climat et à nos cépages européens est donc bien évidente.
- Aujourd'hui, il n’attaque pas seulement les feuilles, mais les rameaux et les grappes de raisin. Les dégâts qu'il occasionne sur les fruits sont déjà considérables en Italie. Et voici qu’il affecte une forme toute nouvelle, observée, il y a quelques jours à peine, en Italie, dans deji docahtés assez éloignées. M. Cuboni, directeur de la stajtion de pathologie végétale de Rome, et M. Pichi, professeur à l’école de viticulture de Conegliano, l’ont trouvé dans le pédoncule des jeunes grappes : M. Cuboni, sur des grappes provenant de Foligno; M. Pichi, sur des grappes de Caneva. Persuadé qu’elles intéresseront les lecteurs de La Rature, nous allons citer quelques-unes des observations de ces savants.
- Des grappes qui ont été soumises à l’examen de M. Pichi au commencement de juin 1890, les unes présentaient des taches livides dans la partie inférieure de leur pédoncule et de quelques ramifications principales du rachis ; les autres montraient ces mêmes parties colorées en brun plus ou moins foncé. Presque toutes étaient flétries. Les conidiophores n’apparaissaient pas à l’extérieur, mais les pédicelles floraux se désarticulai nt à la moindre secousse.
- Le mycélium unicellulaire du Peronospora était très développé dans les parties basilaires du pédoncule, flétries, livides ou brunes. Ses suçoirs pénétraient parfois en très grand nombre dans les cellules avec lesquelles il était en contact ; les uns étaient complètement dévelop-
- 1 Voy. n0 752, du 29 octobre 1887, p. 558
- pés, les autres en voie de formation. Les cellules dans lesquelles ils pénétraient se désorganisaient rapidement et prenaient une coloration jaune intense.
- Dans les régions déjà désorganisées, ce mycélium était légèrement coloré en jaune; il était incolore dans celles qui commençaient à se désorganiser. Son contenu, très granuleux et dépourvu de vacuoles, laissait voir çà et là des corpuscules plus compacts, à contour un peu irrégulier, dénaturé protéique; quelques-uns de ces corpuscules avaient l’aspect des noyaux cellulaires (fig. 1 à 4).
- Ce mycélium s’étendait à travers les méats inlercellu-laircs: les suçoirs seuls pénétraient dans les cellules. Il se ramifiait beaucoup dans les tissus parenchymateux,
- Fig, 1, 2, 3 et 4. — Formes diverses du mycélium du mildew, du pédoncule des grappes, observées sur des coupes longitudinales. — a. Suçoirs. — Fig. 5. — Filament mycélien presque cylindrique. — a. Oogone. — d. Pollinode. — Fig. 6. — Filament mycélien très lobé. —a. Oogone. — d. Pollinode.
- surtout dans le parenchyme cortical, dont il provoquait la désorganisation. Il envahissait aussi les rayons et le tissu médullaires.
- Sa forme rappelait singulièrement celle des processus flabelliformes, qui s’observent dans la pulpe des grains. 11 était ou cylindrique (15 u. de diamètre environ) (fig. 5), ou renflé en certains points (25 p. environ) (fig. 1), ou très élargi, déprimé et plus ou moins lobé (fig. 6) ; ces lobes, beaucoup plus larges que les processus flabellifor-mes, étaient à peine séparés les uns des autres. Dans certains cas, sa largeur moyenne variait de 30 à 50 u.
- Le parenchyme cortical était surtout le siège de ces formes bizarres du mycélium. Les suçoirs, identiques aux suçoirs du Aildew des feuilles, moins nombreux, étaient situés sur les côtés et même sur les deux faces, mais plus spécialement à la base des lobes. De distance en distance, le mycélium émettait des diverticules qui portaient les oogones et les pollinodes en contact les uns avec les autres (fig. 5 et 6). M. Pichi n’a pas vu d’oospores com-j plètement formées.
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- . Enfin, dans les parties de la grappe où les taches livides n’existaient pas, M. Pichi a retrouvé le mycélium du l'e-ronospora avec sa forme ordinaire.
- Quelques-unes des grappes malades de Caneva ont été soumises à l’humidité et à la température de 24 à 25°. Au bout de seize heures, des conidiophores ordinaires sont apparus à la partie supérieure des pédicelles et sur les ovaires de beaucoup de fleurs; un peu plus tard, il y en avait également sur le pédoncule.
- Peut-on dire que cette forme de Peronospora est une forme nouvelle? 11 faut attendre les résultats de nouvelles recherches. Elle n’est peut-être qu’une forme déjà existante, mais confondue avec d’autres maladies.
- Quoi qu’il en soit, souhaitons qu’elle ne prenne pas une grande extension. Ses conséquences pourraient être très fâcheuses : les pédoncules désorganisés, ce serait l’anéantissement de la récolte. A. Picaud,
- Maître-répétiteur au lycée de Grenoble.
- UN COMPTEUR A GAZ MONÉTAIRE
- Certains esprits passant pour avancés s’étonnent des difficultés que le progrès rencontre, pour se frayer, non pas une route, mais un simple sentier. Notre confrère Iron nous cite un exemple nouveau de ces difficultés, exemple qui, pour n’ètre pas consolant, mordre quelle part la routine, les préjugés et les habitudes invétérées prennent encore dans les faits les plus simples et les plus courants de la vie journalière. Ces préliminaires étaient nécessaires pour faire comprendre l’article de Ylron que nous reproduisons in extenso.
- « C’est un fait bien connu des compagnies de gaz que cet agent d’éclairage et de chauffage serait beaucoup plus employé, surtout par les petits consommateurs, s’ils pouvaient seulement avoir confiance dans les indications des compteurs à gaz. Il semble que le peuple se méfie des compteurs à gaz, parce qu’il ne parvient pas à les comprendre; il met en doute l’exactitude des quittances mensuelles parce qu’il est incapable de les vérifier. C’est pour venir à bout de ces difficultés qu'un inventeur anglais, M. Cloudsley, a combiné un compteur indiquant la consommation en argent. Ce résultat est obtenu par l’addition d’un cadran sur lequel sont inscrits des nombres et des consommations correspondant chacune à 100 pieds cubes, depuis zéro jusqu’à 1000.
- « Au-dessous de chacun de ces nombres est inscrite la valeur en argent correspondante. La consommation est marquée à chaque inslant par une aiguille, et lorsqu’elle a atteint 1000 pieds cubes, l’indication est reportée sur un autre cadran, dont les indications sont données toujours en argent. L’aiguille continue son chemin donnant les prix correspondant au second millier de pieds cubes.
- « Ce cadran, en carton, est adapté aux différentes formes de compteur, et si le prix du gaz vient à changer, le cadran est enlevé par l’inspecteur et remplacé par un autre. Les cercles gaziers sont d’avis que ce système d'enregistrement contribuera dans une grande mesure à l’accroissement de la consommation. »
- Nous ne nous permettrons pas de mettre en doute l’affirmation de notre estimable confrère, mais n’est-il pas regrettable que l’on soit obligé d’avoir recours à des moyens aussi puérils pour mettre un procédé d’exploitation déjà si simple en lui-même, à la hauteur de l’intelligence de ceux qui ont à bénéficier de ses services?
- LES AÉROSTATS CAPTIFS
- I)E LA MARINE FRANÇAISE
- Tous nos corps d’armée sont aujourd’hui pourvus d’un matériel complet d’aérostation militaire, destiné à servir de poste aérien d’observation pendant la guerre *. L’utilité des ballons captifs pour l’armée n’est plus contestée, et la plupart des nations européennes ont suivi l'exemple donné par notre pays. Pourquoi les aérostats captifs ne rendraient-ils pas à la marine les mômes services qu’a l'armée de terre? Le commandant en chef d’une escadre n’a-t-il pas intérêt à suivre au loin les mouvements des vaisseaux ennemis, tout comme un général en chef doit être renseigné sur la marche des régiments ' contre lesquels il doit combattre? N’appartient-i pas aussi à la marine d’opérer des débarquements, , d’attaquer des places .fortes maritimes? Dans ce**-cas les observations aériennes peuvent lui fournir les plus utiles renseignements.
- Ce sont ces diverses questions qu’un de nos officiers de marine les plus distingués, M. le lieutenant Serpette, s’est posées depuis plusieurs années, et grâce ? à la persévérance de ses études, il est arrivé aujour- ‘ d’hui à munir notre escadre de la Méditerranée d’un ; matériel de ballon captif, qui peut être transporté sur mer, arrimé sur un navire cuirassé, et y opérer ses ascensions dans les conditions les plus favorables. On a beaucoup parlé, dans ces derniers temps, de ces intéressantes expériences ; nous sommes à même de donner aujourd’hui les renseignements les plus exacts sur ces nouvelles et remarquables tentatives d’utilisation des ballons.
- L’aérostat captif de l’escadre de la Méditerranée a été construit à l’usine aéronautique militaire de Cha-lais-Meudon, sous la direction de M. le commandant Renard. 11 est de très petite dimension; son volume est de 320 mètres cubes, et il ne peut enlever à l’extrémité de son câble de 400 mètres qu’un seul voyageur. Ce petit aérostat est gonllé d'hydrogène pur, préparé à l’avance et emprisonné dans des tubes de compression, où il est refoulé à 100 atmosphères de pression. Nous avons précédemment parlé de ces réservoirs d’hydrogène comprimé qui sont aujourd’hui adoptés pour le gonflement de nos ballons militaires. Le ballon captif est tout gonflé dans un grand hangar de l’arsenal du port de Toulon. Quand il s’agit de le faire fonctionner, une équipe de marins le transporte à bras d’homme au moyen des cordes équatoriales, comme le représente notre première gravure (fig. 1).
- Après d’intéressantes expériences d’aéroslation captives qui ont été faites à terre à Lagoubran et à Tamaris dans la seconde moitié du mois d’août, on a procédé aux expériences d’ascensions captives en mer. Le ballon a pu être remorqué, les 21 et 23 août, par un canot de 10 mètres, une chaloupe ou un torpilleur. Le 29 août, l’aérostat a été expérimenté par
- | 1 Voy. u° 794, du 18 août 1888, p. 180.
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- LA NATURE
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- M. l’amiral Duperré qui a longtemps séjourné à l'ai- j de septembre, les expériences à terre étant linies, titude de 250 mètres. Dans la première quinzaine j on procéda aux essais a bord des bâtiments, soit
- 1. — Transport de l'aérostat captif de la marine, à l’arsenal de Toulon.
- en marche, soi t au mouillage. Un grand nombre d’ascensions captives eu-ren t lieu à bo rd du Sa int-Louis, et plus de trente officiers de tous grades prirent place succes-sivement dans la nacelle. M. Serpette a pu exécuter une ascension libre en se séparant du Saint-Louis.
- Après s’ètre élevé à 1200 mètres, il est revenu vers la surface de la mer, et a jeté son cône-ancre à la surface de l’eau. U a été recueilli par le navire VAudacieux qui l’a reconduit au Saint-Louis.
- D’autres expériences avaient été exécutées précédemment, et avec lé plus grand succès, à bord du vaisseau amiral le Formidable. C’est à l’extrémité de la tourelle arrière du cuirassé que M. le lieutenant Serpette a installé le poste des ascen-
- sions captives. Le ballon étant place à l’arrière du cuirassé, on le fait passer, à l’aide d’un ingénieux système de cordages et de poulies, à la partie supérieure de la hune militaire (fig. 2) ; l'a il est manœuvré par une corde qui, passant dans une poulie à l’extrémité de la hune, est facilement manœuvrée sur le pont du navire. Notre grande gravure (tîg. 3) représente cette belle expérience.
- Tous les officiers qui sont montés dans la nacelle ont été unanimes à déclarer que c’est un poste d’observation commode. Par temps clair, on a pu distinguer, de Lagoubran, tous les détails de la côte depuis l’entrée de Marseille, jusqu’à l’extrémité est des îles d’Hyères. Aucun bâtiment n’aurait échappé aux investigations de l’aéronaute
- Fig. 2. — Manœuvre de l’aéroslat captif à bord d’un navire cuirassé. — A. Première position du ballon. — B. Sa position pendant l’ascension.]
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- Expérience d'aéroslation
- c»Ptiva oxàculéo à Ijoid du
- navire-cuirassé
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- LA NA TU UE.
- dans un rayon de 50 à 40 kilomètres. Avec un cable de soie, le ballon pourra s’élever par temps calme jusqu’à 400 mètres d’altitude.
- M. le lieutenant de vaisseau Serpette, et les officiers qui ont exécuté comme lui les ascensions captives, ont remarqué un fait bien connu des aéro-nautes, à savoir que l’eau considérée suivant la verticale est d’une transparence remarquable. On distinguait, pendant les ascensions captives, les détails du fond môme par de très grandes profondeurs. Cette visibilité dépend naturellement de la nature du fond de l’eau ; mais partout où il se compose de roches mêlées de sable, il apparaît avec une telle netteté qu’on pourrait le dessiner, même par des profondeurs de 25 mètres. Cette propriété a été utilisée pour suivre les évolutions du Gymnote que l’on n’a pas perdu de vue un seul instant, quelle qu’ait été son immersion.
- Les petits aérostats construits en soie de Chine, à l’établissement de Chalais-Meudon, sont d’une grande solidité, et ils peuvent résister à l’action d’un vent intense, ou, ce qui revient au même, être transportés avec une grande vitesse par les batiments qui les remorquent. On nous affirme que, le 6 septembre, le torpilleur Audacieux n’a pas mis plus de deux heures à franchir les 21 milles qui séparent la rade de Toulon du mouillage du Saint-Louis dans la rade d’Hyères. C’est donc une vitesse moyenne de 10",5. Le ballon était en ascension sur un câble de 50 mètres. Avec un bâtiment de grandes dimensions, comme un cuirassé, il vaudra mieux faire les transports en amarrant le ballon près du pont par ses cordes équatoriales. Il est ainsi solidement maintenu et peut résister à des brises beaucoup plus fortes. On pourra même lui constituer un abri au moyen de toiles convenablement disposées, comme le faisait déjà le vaillant capitaine aérostier Coutclle à l’armée de Sambre-et-Meuse en 1794. Car nous ne saurions manquer de rappeler à ce sujet que si la découverte des ballons est le patrimoine du génie scientifique de la France, les aérostats ont rendu à la Patrie des services qu’on ne saurait oublier pendant les guerres glorieuses de la première République et pendant le siège de Paris.
- Puissent les aérostats captifs fournir d’utiles ressources à notre marine comme à notre armée !
- Les essais dont nous venons de parler ont été commencés dès l’année 1888 par M. le lieutenant de vaisseau Serpette. Le meilleur éloge que l’on puisse faire de leur efficacité, c’est que les nations étrangères s’emparent déjà des procédés que notre marine aura eu le mérite d’expérimenter la première. A la fin de septembre, un aérostat captif a fonctionné à Wilhelmshaven, à bord du navire de guerre allemand le Mars. Les ascensions étaient exécutées directement sur le pont à l’arrière du vaisseau, et le ballon, par temps calme, a pu s’élever à 400 mètres au-dessus du niveau de la mer.
- GaSTOX TiSSAXIUEri.
- IA DISSÉMINATION DES PIANTES
- La population d’un pays ne se compose pas uniquement des indigènes ou des descendants des familles qui l’habitent depuis plusieurs siècles; les événements les plus divers y amènent des étrangers qui s’y établissent, s’y naturalisent et se confondent après un petit nombre de générations avec les habitants primitifs. Il en est de même des populations végétales. Une flore se compose d’espèces indigènes connues de temps immémorial dans le pays et d’autres qui y ont été introduites par des causes variées.
- La nature, en fixant les plantes au sol par leurs racines, semble leur avoir interdit les moyens de se propager au loin. Elle a heureusement modifié cette loi sévère en munissant les graines d’organes qui leur permettent d’ètre emportées loin de leur pays natal par les puissants agents naturels. Le vent, les cours d’eau, les animaux, l’homme lui-même, par son action volontaire ou inconsciente, déjouent les règles établies par le naturaliste.
- Le vent est, de tous les agents naturels, celui qui a la plus grande part dans l’œuvre de la dissémination à cause de la fréquence et de la violence de son action. L’ouragan des régions tropicales dont la vitesse atteint jusqu’à 145 et même 170 kilomètres à l’heure, qui déracine les arbres et fait des ravages considérables dans les villes, peut, en très peu de temps, transporter des graines et même des plantes entières au delà des mers et des détroits.
- Sans parler de ces terribles météores, très rares dans nos contrées, les petites trombes dont La Nature a donné, à maintes reprises, des descriptions entraînaient certainement, en même temps que la poussière des chemins, des graines qu’elles ont pu déposer assez loin des lieux où elles avaient mûri.
- Certaines graines sont munies d’appendices qui ont pour but d’aider à la dissémination par le vent. Ce sont des graines que M. Mattéi, suppléant au Jardin botanique de Bologne, propose d’appeler ané-mophiles1 (fig. 1 ). Il les divise en trois classes : la première comprend les graines munies de larges appendices membraneux et qui tombent en tournoyant dans l’air comme une plume d’oiseau. Tels sont les fruits d’Érable, de Frêne, d’Ailanthe, d’Orme, etc. Les fruits du Tilleul se comportent de la même façon grâce à la large bractée qui accompagne leur pédoncule. La deuxième renferme les graines ou fruits, légers, aplatis, entourés d’une expansion membraneuse plus ou moins large, comme les Alysson, Lunaire, Pastel. La troisième classe est peut-être celle qui se prête le mieux à la dissémination par le vent. Elle se- compose de fruits surmontés d’une aigrette plumeuse ou entièrement recouverts de poils ou de soies. Appartiennent à ce genre presque toutes les Composées, plusieurs Graminées et Valérianées; les espèces du genre Asclé-
- 1 Bollettinu 'del naltirulista, mars-avril 1888
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- pi;is; l’Anémone puisaiiIle, les Clématites. Les fruits soyeux du Coton, des Peupliers, des Saules, de la Linaigrette, occupent une plaee dans celte catégorie.
- Dans son action inconsciente, le vent emporte souvent les graines dans des endroits où elles ne peuvent germer. Aussi les plantes anémophiles ont-elles généralement un grand nombre de graines et, de cette façon, la conservation de l’espèce est assurée en même temps que sa dispersion.
- Celte faculté de dissémination jointe à la multiplicité des graines des Composées constitue un inconvénient sérieux pour l’agriculteur dont les champs sont trop souvent infestés de Chardons. Les pampas des environs de Buénos-Ayres ont été envahies par des Chardons importés d Europe, qui se sont développés sur les bords de la mer et que les vents du large ont propagés dans l’intérieur des terres. Certains végétaux ont des graines qui se présentent sous la forme de poudre semblable à de la line sciure de bois. Telles sont les Orchidées, les Oro-banchées. Une Orchidée épiphyte appartenant au genre Stanhopæa laisse échapper un véritable petit nuage de graines lorsqu’elle est effleurée par la plus douce brise. Les cryptogames ont des germes très nombreux, d’une grande ténuité et dont la dispersion est très facile. On les trouve partout : on rencontre des lichens jusqu’à la limite des neiges éternelles et, suivant Linnée : « Les blancs lichens végètent seuls dans la froide Laponie, la plus reculée des terres habitables. La dernière des plantes couvre la dernière des terres. »
- Les fleuves et les rivières emportent dans les vallées les graines qui sont tombées dans leur courant ou qu’ils ont entraînées par leurs débordements. Les Noyers, Chênes, Marronniers, etc., sont souvent disséminés de cette manière. Le Lotus ou Nelambo du Nil (fîg. 2), le Lis rose d’Hérodote ou Lotus des anciens dont la racine comestible faisait oublier la patrie à ceux qui s’en nourrissaient, a des fruits très légers qui accomplissent de véritables voyages sur le Nil avant d’atterrir sur une rive où ils peuvent germer. D’après Dioscoride, les Égyptiens, pour reproduire le Nelumbo, étaient obligés d’envelopper les fruits de limon pour les maintenir au fond du fleuve.
- « Le transport des plantes par les glaces flottantes n’est pas une hypothèse gratuite. Les navigateurs des mers polaires ont souvent rencontré des glaçons chargés d’une masse énorme de débris mêlés de terre ou de graviers. Des plantes végètent sur ces débris comme sur les moraines superficielles des glaciers des Alpes, et le glaçon venant échouer sur une terre éloignée y dépose, pour ainsi dire, les plantes qui se répandent ensuite dans la contrée 1 ». Les courants marins sont un agent de dissémination plus efficace. Les noix de cocos des îles Seychelles traversent l’océan Indien et arrivent jusqu’à Sumatra. Les cocotiers, spontanés dans les îles de la Polynésie, se sont ainsi répandus sur les côtes du
- 1 Ch. Marlins. Du Spitzbery au Sahara.
- Brésil, de la Guyane et du Congo. Le Gulf-Stream amène sur les rivages de l’Islande et de la Norvège des graines originaires des Antilles et de la Jamaïque; mais elles ne peuvent germer, faute d’une température convenable.
- Darwin a fait des expériences pour constater pen* dant combien de temps les graines et les fruits pouvaient résister à 1’aclion nuisible de l’eau de mer. 64 espèces sur 87 ont germé après vingt-huit jours d’immersion dans l’eau salée; plusieurs ont même supporté une immersion de trente-sept jours. En se fondant sur la vitesse moyenne des courants océaniens, il en a conclu qu’un grand nombre de graines pouvaient être transportées, sans perdre leur qualité germinative, à travers 1600 kilomètres de mers.
- En 1887, on a remarqué à Port-Elisabeth (Afrique du Sud), des quantités considérables de pierre ponce apportées par la mer. On y trouva divers animaux inconnus au pays et une sorte de noix de coco ; on la planta et elle donna naissance à un palmier étranger à la côte africaine. Ces animaux et la noix ont été chassés de leur habitat, lors de l’éruption du Krakatau en août 1885 et emportés jusqu’à la terre ferme. Ce mode de dispersion des, plantes mérite d'être signalé.
- Le Dr Marino Borbiconi appelle fruits ériophiles ceux qui, munis d’épines ou de crochets, s’attachent aux poils des animaux qui les transportent au loin, soit dans leurs excursions journalières, soit dans leurs migrations annuelles (fig. 5). Tels sont : les Sainfoins, plusieurs espèces de Luzerne, les Benoîtes, Aigremoines, Carottes, Gratterons, etc.
- « Au port Juvénal, près Montpellier, on sèche sur des cailloux exposés à l’ardeur du soleil et qui recouvrent un sol humide les laines provenant des échelles du Levant, de la mer Noire ou de Buénos-Ayres. Des graines, attachées aux toisons, tombent et germent entre les pierres. Elles ont ainsi formé, au port Juvénal, une flore spéciale dont MM. Godron et Cosson ont décrit 475 espèces américaines, asiatiques ou africaines. » (Charles Martins.)
- Les fruits des Graminées restent souvent recouverts par les bâles dont les arêtes aiguës ou les *fms crochets sont un puissant organe d’adhérence; les glumelles en sont quelquefois assez acérées pour percer la peau des moutons et suivre ces animaux dans leurs migrations. Par une admirable adaptation, les herbivores qui semblaient destinés à détruire les herbes fourragères, les propagent inconsciemment en colportant les fruits accrochés à leur laine ou à leurs poils.
- « Beaucoup de personnes, dit Linnée, ne considérant pas que la fécondité des graines n’est pas altérée par leur passage à travers l’estomac des animaux, trouvent étrange qu’un champ bien labouré et ensemencé du meilleur froment produise souvent de l’ivraie ou de la folle-avoine, surtout lorsqu’il est fumé avec du fumier nouveau. » Le séjour de certaines graines dans l’estomac des animaux les rend même souvent plus propres à germer.
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- Certains agriculteurs voulant planter des haies ont fait manger des baies d’aubépine à leurs dindons. Ils ont planté les graines trouvées dans les déjections et assurent avoir gagné une année pour la croissance de leur haie. Les fruits vivement colorés à graines dures et coriaces sont généralement disséminés par les oiseaux. Tels sont : l’Epine-vinette, les Ronces, Aubépine, Sorbier, Lierre, Groseillier, If, etc.
- Au dix-septième siècle, les Hollandais voulant
- conserver le monopole du commerce des Noix muscades détruisaient les Muscadiers qu’ils rencontraient hors de leurs possessions. Mais les pigeons ramiers des Moluques, en transportant des Noix muscades dans les îles voisines, contrariaient cette œuvre de destruction. S’il est un exemple classique entre tous lorsqu’il s’agit de dissémination par les oiseaux, c’est bien celui du Gui (Viscum album). Tous les auteurs, en effet, disent que les grives, friandes des
- Fig. 1. — Fruits anémophiles. — N” 1. Urospermum picroïdes. — .X" 2. Tilleul avec sa bractée. — N° 3. Linaigrctte (Eriophorum angusli-folium).—X° -i. Frêne (Fraxinus excelsior).— .V a. Dompte-venin (Asclcjnas vmce-toxicum). — I\° 6. Allante.— N" 7. Hierncium (jlaucum (composées). — !N° 8. Combretum secundum (coupé transversalement). — N” 9. Helminthia echioïdes (composées). — N“ 10. Epilobe.
- fruits de ce parasite, en déposent les graines, avec leurs excréments, sur les branches des arbres, où elles adhèrent à cause de leur viscosité et où elles germent.
- M. G. Mattéi s’inscrit en faux contre cette assertion. Voici les objections qu’il fait à la théorie classique. Il ne faut pas faire entrer en ligne de compte la viscosité du fruit, puisque toute la masse pulpeuse est détruite par l’action du suc gastrique et qu’on ne retrouve dans les déjections que des graines nues. Outre qu’il est assez rare, étant donnée la position que les oiseaux occupent sur les brandies,
- que leurs excréments ne tombent pas à terre, c’est un véritable hasard si les graines qui s’y trouvent sont déposées sur un point de l’arbre où l’écorce sera arrachée. Car c’est en ce point, en ce point seulement, que le parasite pourra se développer, sa jeune plantule n’ayant pas la force de percer l’écorce pour se frayer un chemin jusqu’au bois.
- Voici au contraire, suivant le botaniste italien, comment les choses se passent. Les grives, attirées par la couleur blanche du fruit et séduites par sa saveur douceâtre, essayent de s’en emparer, mais le fruit reste adhérent à leur liée. Pour s’en débar-
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- rasser, elles le frottent contre les branches, de ce mouvement caractéristique des oiseaux qui veulent se polir le bec, et, rencontrant quelque fente dans
- l’écorce, elles y laissent le fruit qui les gênait. Les graines se trouvent alors dans de très bonnes conditions pour germer et se développer. L’explication
- Fig. 2. — Lotus du Nil (Nelumbo nucifera) ; à droite Lotus du Nil, d’après 1 ’Erbario di Caslore Dnranlr, 1584.
- nous paraît ingénieuse et nous la signalons à l’atten- i moeurs des grives. Les oiseaux dans leurs migrations tion des naturalistes qui ont l’occasion d’observer les J annuelles transportent des graines provenant de cli-
- Fig. 3. — Fruits ériophilcs. — N° 1. Bidens pilosn (composées). — N“ 2. Fruit de Carotte (grossi). — N” 3. Sainfoin. — Fruits à dissémination autodynamique. — N° 4. Fruit de balsamine. — N* 3. La même s’ouvrant à maturité. — N* 6. Momordique. — i\° 7. Fruit du Sablier élastique.
- mats différents. La terre qui s’attache à leurs pattes, la boue des marais où ils ont barboté et qui souille leurs plumes, contiennent souvent des semences capables de germer. Darwin rapporte que trois cuillerées de boue prises dans un étang et cultivées
- pendant six mois produisirent le chiffre surprenant de 537 plantes. Voici qu’elle a pu être l’odyssée de bien des graines. Tombée dans la mer, la frêle semence après avoir parcouru une étendue de mer assez considérable est laissée à sec par la marée sur
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- une plage lointaine. Elle est avalée par un oiseau qui s’envole dans l’intérieur des terres où il est la proie de quelque rapace ou tombe sous le plomb d’un chasseur. La mort subite a laquelle se trouvent exposés un grand nombre d’oiseaux frugivores ou granivores favorise le transport de graines dans des endroits où les agents naturels seuls ne pourraient les amener.
- Les animaux supérieurs, les gros herbivores transportent dans leur estomac de volumineuses graines osseuses qui peuvent y séjourner sans perdre leur qualité germinative. Tels sont les dattes, les goyaves, les casses qui sont propagées par les bisons, les rhinocéros, les éléphants.
- À Java, une espece de civette est, si on peut dire, chargée de la dissémination des graines de café. L'écureuil fait des provisions de fruits qu’il enfouit dans le sol ou dans les troncs d’arbres creux. Si les graines viennent à être déterrées, elles germent. Le fait est bien connu des Indiens chez lesquels la tradition rapporte que ce sont les écureuils qui ont planté tous les bois du pays1.
- L’homme est l’agent le plus actif de la dissémination; nous ne considérerons que son action inconsciente et involontaire. Certaines plantes sont attachées a l'homme d’une manière intime et l’accompagnent partout. Les plantes rudérales, c’est-à-dire celles qui poussent sur les murs, dans les cours, sont de ce nombre. Leurs semences très ténues s’attachent à ses vêtements, sont dans ses aliments et se propagent avec lui, décelant sa présence permanente ou momentanée. On les retrouve partout jusque sur les montagnes où un pâtre a établi sa hutte, nefùt-ce que quelques jours : ce sont les Orties qu’on ne trouve que près des habitations, le Séneçon, la Renouée, les Mauves, le Mouron, etc.
- Les guerres qui occasionnent un grand déplacement d’hommes et de bagages sont un facteur important dans l’œuvre de la dissémination. Les conquêtes d’Alexandre, les expéditions lointaines des Romains ou de Napoléon, les croisades, ont transporté des plantes d’une extrémité du monde à l’autre. En 1814, le Bunias d’Orient a suivi l’armée russe à travers l’Allemagne jusqu’aux portes de Paris, et des plantes des bords du Don et du Dniéper naquirent dans la vallée du Rhône. En 1872, on trouva dans le Loir-et-Cher 163 espèces apportées avec les fourrages allemands. Dans le voisinage de Strasbourg se montrèrent 84 espèces algériennes qui étaient venues avec les troupes françaises rappelées d’Algérie.
- L’introduction de céréales et de produits agricoles étrangers amène des plantes nouvelles. Quand les Anglais introduisirent des bestiaux dans la Nouvelle-Angleterre, la première plante étrangère qu’on remarqua fut l’Ortie commune. Le Plantain s’y développa ensuite si rapidement que les Indiens lui donnèrent le nom de Pied d'Anglais, comme s’il croissait sôus les pas de ceux-ci.
- ' 1 Bull. Soc, linnéenne du nord de la France, mars 1884.
- Par contre deux plantes du Canada se sont propagées avec rapidité en France : l’Erigeron du Canada, une vigoureuse composée venue avec des Céréales, est maintenant commune sur tous les murs ; et l’Elodea du Canada, une petite plante aquatique qui a envahi nos rivières et s’est développée de façon à être en quelques endroits un obstacle sérieux pour la navigation. Aussi les Allemands l’ont-ils surnommée la Peste des eaux (AVasser-Pest).
- La sortie des graines et leur dispersion à faible distance sont souvent favorisées par l’élasticité propre à certaines parties du fruit. C’est ce qu’on peut appeler dissémination autodynamique (fîg. 5, n° 4 à 7). Ainsi les valves des Balsaminées (en particulier de Y Impatiens noli me tangere) des Géraniées, des Oxalidées, s’ouvrent avec élasticité et lancent leurs graines assez loin. Une Euphorbiacée, le Sablier élastique (Hura crépitons), a un gros fruit composé de douze à dix-huit coques qui, en se desséchant, s’ouvrent et se séparent de l’axe avec explosion (fig. 3, n° 7). La force du ressort est si grande que les valves se séparent encore alors même qu’on les a entourées d’un fil de fer.
- Une Cucurbitacée, la Momordique (Ecbalium ela-terium), à la maturité se détache brusquement de son pédieelle; les graines accompagnées d’un certain liquide sont lancées par l’ouverture ainsi produite.
- Le cas le plus curieux de dissémination nous est offert par la rose de Jéricho (Anastica hierachun-lina). a Cette petite plante croît dans les déserts les plus arides. Par la sécheresse ses branches se recourbent de façon à former une sorte de boule et la plante ne tient au sol que par une mince racine. Un vent violent entraîne cette boule et la fait rouler sur la plaine de sable. Qu’au milieu de ce voyage forcé, mais nécessaire, la boule rencontre une flaque d’eau, l’humidité, promptement absorbée par le tissu desséché, fait épanouir les branches et ouvrir le péricarpe. Les graines tombant sur ce sol humide peuvent alors se développer1. »
- Tels sont quelques-uns des moyens qui assurent la dispersion des plantes par toute la terre. Le souffle des vents, l’agitation des eaux, les migrations des animaux, sont des agents destinés à compenser l’immobilité des plantes et à servir de véhicules aux graines qui vont fondgr des colonies végétales loin de leur pays d’origine.
- Y. Brandicourt,
- Dp la Société linnéenne du nord de la France.
- CHRONIQUE
- La mine la pins profonde du monde. — Nous avons cité comme étant le puits de mine le plus profond celui du Poirier 940 mètres (p. 287}. Il paraît qu’un puits de sondage a été creusé dans ce charbonnage jusqu’à
- 1 Dccandolle, Physiologie végétale. — Voy. n° 507. du 10 février 1883. Les plantes roulantes du Kansas.
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- LA N AT U R K.
- 1065 mètres. Cette mine se trouve dans le bassin de Char-leroi en Belgique, et non en France, comme nous l’avons dit par erreur, d’après un journal anglais. Un rédacteur de la Chronique de Bruxelles nous adresse la Note suivante qui a été récemment publiée dans ce journal. Un puits a été creusé, à la fosse de Sainte-Élisabeth, aux charbonnages des Produits, dépendance de Jemappes, jusqu’à une profondeur de 1150 mètres. Des veines d’une grande richesse ont été découvertes. Le charbonnage des Produits se propose d’exploiter la bouille à celte profondeur. A cet effet, il monterait deux machines d’extraction très puissanles, à deux cylindres découplés. Quoi qu’il en soit, la tentative des Produits est destinée à faire époque dans l’art des mines. Jamais en Belgique, en France, en Allemagne, on n’est parvenu à une pareille profondeur par un puits vertical. — D’après une autre communication que nous recevons de M. G. Becquet ingénieur, le puits Saint-André au charbonnage du Poirier atteindrait à son étage inférieur une profondeur de 970 mètres, un peu plus grande que celle que nous avons indiquée. Au puits n° 5 des charbonnages de l’Agrappe (Mons), l’extraction se fait à 865 mètres. Le puits d’aérage du charbonnage du Yiernoy est à la profondeur de 1007 mètres. Le puits, inactif pour le moment, l’un des plus profonds après ceux que nous avons cités, est le puits Saint-Joseph du charbonnage de Marimelle (Nord), à 845 mètres.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 13 octobre 1890. — Présidence de M. IIermite
- La nébuleuse de la Lyre. — M. l’amiral Mouchez fait circuler une très belle photographie qu'il vient de recevoir de l’Observatoire d’Alger. Elle représente, avec un agrandissement de 64 fois, la nébuleuse annulaire de la constellation de la Lyre. Cette image est de beaucoup la plus grande qu’on ait obtenue de ce magnifique amas stellaire et elle permet d’y étudier avec une précision inconnue jusqu’ici la distribution de la lumière : celle-ci présente deux maxima très nets et qui sont loin d’étre égaux entre eux. On remarque aussi que l’espace entouré par l’anneau et qui est absolument obscur à la vue n’est pas absolument dépourvu de pouvoir photographique : des radiations chimiques en émanent dont l’existence naturellement n’était pas soupçonnée. C’est un exemple des immenses services que la photographie est appelée à rendre à l’astronomie.
- Le pyroméride de Jersey. — Toutes les personnes qui ont visité l’île de Jersey savent que la région nord-est de l’ile, sur un bon quart de sa surface totale, est constituée par un porphyre globulaire pétrosiliceux brun chocolat, à texture tluidale souvent bien marquée et parfois à séparations prismatiques comme celles des porphyres des Vosges. On peut en lire une très bonne description dans l’intéressant volume publié en 1886 par M. Noury sous le titre de Géoloyie de Jersey. M. de Lapparent qui en a fait une étude complète arrivait, dès 1885 (page 1302 de sa Géoloyie) à cette conclusion que « l’âge permien de la nappe porphyrique dont il s’agit ne peut guère faire de doute. » Aujourd’hui le même géologue est d’un avis différent. Il résulte, en effet, d'une Note déposée en son nom, que c’est à l’époque cambrienne qu’il faut reporter l’époque de sortie de la roche : elle est nettement interstratifiée dans des grès et des conglomérats que l’auteur considère comme permiens. A cet égard, je me permettrai
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- de faire remarquer que la conclusion de M. de Lapparent est comme un retour vers la manière de voir exprimée par Elie de Beaumont sur leur carte géologique de la France et par Chevremont dans son beau volume sur les Mouvements du sol. M. Noury, aux pages 4 et 5 de son livre, avait été bien sévère pour eux et pour les géologues qui avaient adopté leur opinion!
- Guide du yéoloyue dans le tertiaire parisien. — C’est le titre d’un opuscule que M. A. Laville-, attaché à l’École des mines, publie au comptoir géologique du I)r Dagin-court. Ce travail, qui rendra de grands services aux étudiants, comprend une coupe générale détaillée, la liste des fossiles principaux de chaque terrain, dix cartes topographiques au 1/80 000 indiquant les itinéraires à suivre, et dix planches en phototypie représentant les espèces les plus importantes. Ces planches sont d’une exécution tout à fait remarquable.
- Les mines d'aryent de Sanlaiyne. —L’Vfficio ycolo-yico du royaume d’Italie nous donne une nouvelle livraison des Mémoires descriptifs de la carte géologique d’Italie. Elle est due à M. C. de Castro et concerne la zone argentifère du Sarrabus, en Sardaigne. Le Mémoire, très détaillé, comprenant (38 pages de texte, est accompagné de 6 planches de coupes et d’une grande et belle carte géologique coloriée à l’échelle du 1/50 000.
- Fonction des fleurs. — On sait que, dans un de ses plus ingénieux Mémoires, Danvin défend cette opinion que les brillantes couleurs des enveloppes florales ont surtout pour but d’attirer les insectes dont la collaboration est souvent si utile au transport du pollen sur le pistil. Or, d’après un travail analysé par M. Duchartre, de la part d’un botaniste dont le nom nous échappe, le rôle des fleurs serait tout autre. Ce seraient avant t.ut des agents d’évaporation et de respiration, et leur activité contribuerait à préparer la production des composés oxydés qui abondent dans la substance des fruits. Des expériences exécutées spécialement sur la fleur de la Cobée grimpante assignent à la corolle une puissance d’évaporation au moins double de celle des feuilles à surface égale.
- Les sucres des champiynons. — L’analyse des champignons y décèle toujours du sucre ; seulement, tantôt on n’y trouve que de la tréhalose, et tantôt on y trouve un mélange de tréhalose et de mannite. M. Bourquelot, dans une Note déposée par M. Duclaux, donne la raison de celte singularité. Le champignon frais cueilli ne renferme jamais que la première matière sucrée ; mais si on le conserve quelque temps avant l’analyse, on voit la mannite apparaître et sa proportion augmenter peu à peu. La transformation, due sans doute à l’intervention d’une diastase spéciale non encore isolée, estcomplètement entravée par les vapeurs du chloroforme.
- Varia. — L’Académie désigne MM. Cornu et Sarrau pour faire partie du Conseil de per fectionnement de l’École polytechnique. — En réponse à une étude de Dana, M. Green, géologue bien connu, étudie le régime des volcans des îles Sandwich. — M. Tisserant dépose sur le bureau son Traité de mécanique céleste. — Un essai d’une théorie rationnelle des Sociétés de secours mutuels est adressé parM. Prosper de Laffitte. — Sous le nom d’f/u-motéléphonomètre, un auteur annonce avoir construit un appareil qu’il ne décrit pas, et qui permettrait de discerner à de grandes distances le bruit fait par des piétons, par des cavaliers ou par des voitures circulant sur le sol.
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- LA NATURE.
- La Note est renvoyée au Ministre de la guerre. — Les vibrations déterminées par des intermittences du courant dans un fil de platine, porté à l’incandescence par l’électricité, sont étudiées par M. Argvropoulos. — M. Dumang étudie le projet d’un canal maritime de Paris à Dieppe.
- Stanislas Meunier.
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- UNE CHÂSSE A COURRE
- REPRODUITE PAR LA PHOTOGRAPHIE
- Un des membres les plus habiles de la Société d'excursions des amateurs de photographie,
- M. Henri Desmarest, et qui est en même temps un chasseur émérite, s’est donné la spécialité de représenter, par la photographie, des scènes de chasse. Il y réussit d’une façon remarquable, et les épreuves qu’il a exposées à la section de Photographie de l’Exposition universelle en 1889, ont été très appréciées. Nous publions ci-dessous le fac-similé d’une photographie instantanée de M. Desmarest; elle figure le Bat-l'Eau qui termine la chasse à courre. C’est un délicieux tableau, que l’on dirait composé par un maître. Voici quelques renseignements sur l’épisode représenté :
- L’équipage de Rallye-Bersay, appartenant à M. le
- Le Bat-l’Eau, cerf pris par les chiens dans la mare de Bois-le-Roi. (Fac-similé d’une photographie instantanée de M. Henri Desmarest.)
- duc de Gramont, a fait, le 11 février 1890, dans la forêt de Fontainebleau, une des plus belles chasses de l’année. Deux cerfs dix cors attaqués près de la Croix de Toulouse sont bientôt séparés par les chiens qui se rallient sur le plus beau cerf; l’animal, après s’être fait poursuivre dans le rocher Cassepot, les Ecouettes, les ventes Bouchard, le rocher Saint-Germain, traverse la route de Melun, se fait voir du côté de la Butte Saint-Louis, et revient à son enceinte d’attaque pour gagner la mare de Bois-le-Roi complètement gelée et dont la glace cède sous son poids. Dans cette mare a lieu, à 3 heures, un magnifique bat-l’eau, après deux heures d’une chasse très animée. Scène émouvante; l’animal aux abois, entouré d’une quarantaine de chiens, s’efforce en vain de s’échapper dans la partie de la mare de-
- venue libre par la fracture de la glace. Un des chasseurs met fin à son agonie en le servant à la carabine. L’hallali avait duré au moins une demi-heure en présence d’une nombreuse assistance1.
- La photographie que nous reproduisons ci-dessus a été faite à 3 heures de l’après-midi, par petit soleil ; objectif rectilinéaire rapide de Dallmeyer, longueur focale de 38 centimètres; diaphragme de 14 millimètres. L’obturateur employé était celui de MM. Londe et Dessoudeix, 2e vitesse. Le développement a été fait à l’hydroquinone. G. T.
- 1 Laisser-courre, par Hourvari, premier piqueur du due de Gramont.
- Le Propriétaire-Gérant: G. Tissandier.
- Pari». — Imprimerie Lalmre, rue de Fleuru». 9.
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- N° 908
- 25 OCTOBRE 1890,
- LA NATURE
- UN PONT SUSPENDU MILITAIRE
- De tout temps, à la guerre, s’est dressée impérieusement la nécessité d’assurer de bonnes commu-
- nications aux armées en marche, et, parmi les problèmes accessoires qui en découlent, il n’en est point de plus difficile à résoudre que celui du passage des cours d’eau.
- Soit qu’il s’agisse de réparer un pont rompu, soit
- Fig. 1. — Nouveau pout suspendu militaire de M. le commaudaut Gisclard.
- qu’il s’agisse de créer de toutes pièces un débouché nouveau, on peut dire que l’activité et la science des ingénieurs militaires à toutes les époques se sont exercées sur ce problème et lui ont donné des solutions innombrables, mais qui empruntent un caractère en quelque sorte précaire à l’art ingénieux lui-même qu’elles exigent pour l’utilisation des ressources locales dans chaque cas particulier.
- 11 n’y a pas de recettes universelles qui permettent d’agir à coup sûr et sans tâtonnements. Les Américains, il est vrai, pendant la guerre de Sécession,’ ont pu adopter un système assez uniforme et qui peut passer à la rigueur pour constituer une méthode ; mais ce système n’est pas susceptible d’être transplanté partout. Il suppose, en effet, la proximité de réserves de bois assez considérables pour constituer les énormes échafaudages des trestles élevés rapidement, presque sans assemblages, par simple 18° année. — 2e semestre.
- empilage. Or celte manière de faire est parfaitement justiliée au milieu des grandes forêts de l’Amérique : elle serait impossible à appliquer dans nos pays, aussitôt qu’il s’agirait de franchir une brèche un peu large et un peu profonde. Pour les ponts de chemin de fer, où les conditions de solidité sont très rigoureuses, on a cru devoir, depuis quelques années, préparer, dès le temps de paix, un matériel de poutres d’acier, par fractions démontables, qui permettront de rétablir rapidement les ouvrages d’art détruits par l’ennemi. Tandis que, pendant la guerre de 1870-71, la réparation d’un pont pour voie ferrée exigeait toujours une trentaine de jours, on peut assurer que le matériel que nous possédons permettra de mener à bien le même travail en moins de trente heures.
- On ne saurait toutefois espérer que ce matériel coûteux, en aussi grande quantité qu’on le suppose,
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- Fig'* 2. — Prolil du pout.
- Fig. 5. — Palée.
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- puisse suffire à réparer les innombrables ruptures qu’une armée rencontrera sur sa route, dans sa zone de manœuvres.
- Les chemins, en pays montagneux notamment, offrent une succession à peu près ininterrompue de ponts et de ponceaux que l’ennemi ne manquera pas de faire sauter. Il faudra les rétablir et l’on ne saurait songer à satisfaire à de pareilles exigences avec des équipages préparés à l’avance en nombre suffisant dont le transport, en tout cas, alourdirait singulièrement une armée. Il faudra toujours compter, pour une large part, sur l’utilisation des matériaux trouvés sur place; mais ce que l’on peut faire, c’est de préparer cette utilisation en emportant avec soi les accessoires qui sont indispensables, peu encombrants, et qui peuvent abréger beaucoup la période de mise en œuvre.
- La poutre en treillis du système américain Hovve se prêtait à l’application de cette méthode ; le bois, qui constitue la partie lourde et encombrante de la construction, se trouvait sur place en Amérique, et l’on se contentait d’emporter les ferrements (bracons et tirants), dont la confection eût exigé un outillage spécial et un temps assez long. Mais aussi réduit qu’on le suppose, le travail de charpente des poutres américaines est encore considérable et dépasse souvent les limites d’une improvisation. L’idée se présente alors naturellement de tendre des cables au-dessus de la brèche à franchir et d’y suspendre un tablier : on obtient ainsi un pont suspendu.
- L’invention des ponts suspendus, dans leurs applications militaires, ne datent pas d’hier: si l’on en croit les relations anciennes, le pont que Xerxès jeta sur l’Hellespont était construit dans ce système qui présente deux avantages incontestables : l’économie de matières et la légèreté qui lui permet de s’appliquer mieux que tout autre aux franchissements des grandes portées.
- Dans les ponts funiculaires, les pièces travaillent toutes par traction ; or on sait que les pièces tendues peuvent être d’un équarrissage beaucoup plus réduit que lorsqu’elles doivent travailler par flexion ou même par compression. Un simple rapprochement rendra plus saisissante cette considération: il suffit de citer l’exemple d’un funambule se promenant sur un fil de fer presque invisible, de sept à huit mètres de longueur. Ce fil de fer emprunte sa résistance a la solidité de ses points d’attache ; mais on peut se demander quelles dimensions il faudrait donner au contraire à une barre de fer de même longueur et reposant librement sur ses deux points d’appui, pour qu’elle put supporter le poids d’un homme.
- Il n’est pas douteux, en outre, qu’au point de vue militaire les ponts suspendus présentent de précieux avantages, en dehors même de la légèreté relative des matériaux qui les composent et qui en rendent le transport facile. Grâce aux grandes portées qu’ils permettent de franchir sans le secours de points d’appui intermédiaires, ils rendent possible
- notamment le passage des ravins profonds et des cours d’eau rapides.
- Malheureusement leurs avantages ont pour contre-partie d’assez nombreux défauts qu’on ne peut qu’atténuer dans une certaine mesure ; la mobilité extrême du pont par suite des déformations et des oscillations qui se produisent sous une charge roulante, et, en outre, la difficulté de créer, sur les deux rives, des points d’attache assez solides pour résister à la traction des cables supportant le poids du tablier.
- On peut ranger les ponts suspendus en deux catégories, suivant qu’on laisse les câbles flotter sans tension et prendre une courbure parabolique prononcée, en leur suspendant le tablier horizontal au moyen d’un nombre suffisant de liens verticaux, ou suivant qu’on tend les câbles le plus possible pour pouvoir leur faire supporter directement le tablier.
- Les ponts à câbles paraboliques se prêtent peut-être plus facilement au franchissement des grandes portées ; dans certaines applications militaires on a improvisé des ponts suspendus de quarante mètres de long. Mais les tensions initiales étant faibles, le passage de la moindre charge suffit à donner des déformations importantes qui se traduisent par des oscillations en tout sens. Dans les constructions permanentes on parvient à porter remède a cette extrême mobilité par divers artifices qu’il serait impossible d’employer dans des ouvrages de circonstances. La légèreté et le peu de rigidité du tablier accentuent encore ces défauts au point de rendre le passage incommode et dangereux. Aussi n’y a-t-il point d’exemple de l’emploi à la guerre de ponts de cette sorte ; ceux dont la description est donnée par certains ouvrages spéciaux ont été construits seulement à titre d’essai par les régiments de pontonniers ou les troupes du génie.
- Les seules applications militaires des ponts suspendus que l’on puisse citer sont des ponts du second genre, ou ponts sur chaînette; mais alors ces applications sont relativement nombreuses.
- Nous avons déj'a mentionné le passage de lTIelles-pont par Xerxès, fait qui nous lance dans une respectable antiquité.
- ' Ajoutons-y : le pont jeté par les Suisses sur le Pô près de Casai, en 1515; le pont de câbles jeté sur le Clain au siège de Poitiers, en 1569, par l’amiral Coligny ; les ponts de cordages dont Henri, prince d’Orange, se servit dans ses entreprises contre Gand et Bruges en 1651 ; ceux dont les Français firent usage en Italie dans la guerre de 1742. Et sous l’Empire : la réparation du pont d’Alcan tara en Espagne, faite par le colonel Sturgeon, pendant la campagne de 1810; le pont de cordages qui fut fait à cette occasion était tendu sur une brèche de 50 mètres et put livrer passage à toute l’artillerie; la réparation du pont de Romans, sur l’Isère, exécutée en 1814 par l’armée française; enfin le pont de cordages et de bateaux construit par les Anglais sur l’Adour, pendant la même année.
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- Dans les Cordillères, on fait un grand usage de semblables passerelles : le célèbre pont de cordes de Chambo avait 4U mètres de long et une largeur de 2m,05.
- Un pont du même système, plus considérable encore, reliait Quito et Lima. Enfin, dans les Grandes Indes, la longueur du pont sur chaînes de Chouka atteignait 46 mètres.
- Si les applications de ce type sont si nombreuses, tandis qu’il n’en existe pas — au point de vue militaire du moins— du type à câbles paraboliques, il en faut conclure qu’il est en réalité plus aisé d improviser le premier que le second. Ses déformations sont infiniment plus limitées, et il est, en somme, facile de réaliser les attaches solides qu’il exige en multipliant le nombre des pieux d’amarrage sur les rives.
- Son plus grave inconvénient est la courbure qu’affecte le tablier posé sur les câbles. Les voitures vont trop vite à la descente et, pour peu qu’elles soient lourdement chargées, remontent avec la plus grande peine.
- Frappé des inconvénients des deux systèmes habituellement appliqués aux ponts suspendus, le commandant du génie Gisclard a cherché à combiner les avantages des uns et des autres, en écartant avec soin leurs inconvénients.
- Pour définir le premier type créé par cet officier, et expérimenté en 1888 au polygone du génie de Grenoble, on peut dire que le tablier horizontal repose sur une série de palées en bois espacées de 4 mètres (fig. 1 et 2). Ces palées (fig. 5) sont elles-mêmes soutenues, par leur extrémité inférieure, sur des cordages métalliques dessinant une courbe parabolique.
- Cette disposition ferait rentrer le système dans le premier type que nous avons examiné ; mais l’inventeur est parvenu à combiner la sustentation parabolique avec une énergique traction horizontale à hauteur même du tablier. Les extrémités des montants de palées servent en effet de sommets à des liens diagonaux en cordages métalliques qui se réunissent, quatre par quatre, à hauteur du tablier, sur des anneaux en fer forgé. On constitue ainsi un véritable réseau de mailles triangulaires dont l’ensemble est indéformable.
- Sur les anneaux extrêmes agissent des mouiles de tension qui vont s’amarrer sur chaque rive, aux mêmes points d’appui que les câbles principaux. La rigidité du système est donc assurée par la double traction qui part de chacun des quatre points d’appui.
- Le lançage d’un pont semblable est très facile ; il n’exige aucun matériel spécial et peut être exécuté sans danger par des hommes non exercés.
- Il consiste à placer d’abord en travers de la brèche les deux câbles principaux, tandis que l’on assemble sur l’une des berges tout le système supérieur, composé des palées et des cordons métalliques. Les pieds des montants de palées portent des patins à gorge susceptibles de s’engager sur les
- câbles principaux, de telle sorte qu’on puisse faire glisser tout l’appareil supérieur et l’amener en place en tirant de part et d’autre sur les amarres.
- On termine en tendant tout le système au moyen de palans frappés sur les derniers pieux près des rives, et en posant la tablier d’après les méthodes habituelles.
- Des essais de ce système ont été faits pour un pont de 24 mètres de long, en 1886 sur le polygone de Satory à Versailles, en 1887 et 1888 sur les fossés des fortifications de Grenoble, et ont donné les plus heureux résultats,
- Les épreuves successives que l’on a fait subir à ce pont ont été poussées jusqu’à 625 kilogrammes par mètre courant ou l’équivalent en charge roulante: On a pu faire passer notamment, sans observer d’oscillations sensibles, la charge d’une pièce de 90 avec son caisson et ses attelages, deux voitures attachées l’une derrière l’autre et pesant ensemble 5000 kilogrammes et enfin des colonnes d’infanterie par quatre, défilant au pas, au pas de course et même au pas gymnastique cadencé.
- On voit que des ponts de ce système peuvent rendre les plus grands services à la guerre et leur construction est assez simple pour qu’il ne soit pas impossible de les improviser. G. Béthuys.
- U MINE ET LES MINEURS
- Depuis quelque temps l’attention du public a été attirée vivement sur la mine et les mineurs. Les récentes catastrophes qui ont désolé le bassin de Saint-Etienne et l’étude des questions sociales à l’ordre du jour en font un sujet plein d’actualité ; aussi les lecteurs de La Nature trouveront peut-être quelque intérêt à connaître un peu la vie de cet'ouvrier.' Aussi bien, parmi tous les travailleurs, le mineur est celui dont on parle le plus, et que l’on connaît le' moins. Le travail des houillères est resté pour le plus grand nombre un travail mystérieux et beaucoup de gens ne peuvent penser aux mines sans frissonner. On va voir, par ces quelques notes, que cette opinion est erronée, et que le mineur du Pas-de-Calais (c’est celui dont on va parler) peut se tirer d’affaire aussi bien, et même mieux, que n’importe quel autre ouvrier des champs ou de la ville. Nous choisirons comme exemple ce qui se passe à la Société des mines de Lens que nous avons eu l’occasion d’examiner de près.
- Pour ce qui est de l’organisation du travail, les ouvriers sont divisés en deux groupes. Les premiers descendent au fond de la mine à 5 heures du matin, ils ont pour mission d’abattre et de rouler le charbon; ils remontent à 1 h. et demie de l’après-midi; ils composent ce qu’on appelle la coupe au charbon . Les seconds descendent à 5 heures de relevée et remontent vers minuit, ils sont chargés de remblayer les vides produits dans la matinée par l’enlèvement du charbon, de faire les galeries et les
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- réparations générales. C’est ce que l’on appelle la coupe à terres. En moyenne les ouvriers, tant du premier que du second groupe, passent donc 8 h. et demie à 9 heures au fond. Sur cette durée on doit compter le temps de la descente et de la remonte, le temps nécessaire a se rendre dans les tailles et à enrevenir, enfin, une demi-heure pour faire briquet; les mineurs appellent ainsi une double tartine de pain et de beurre qu’ils mangent au fond, en l’asaissonnant d’ail ou de poireaux crus suivant les saisons. On doit donc compter que le mineur travaille le pic en mains, pendant 7 heures et demie (fîg. 1). Le travail par lui-même est évidemment plus pénible que celui du terrassier; le mineur doit en général être couché ou à genoux pour abattre le
- Fi£. 1. — Mineur le pie en mains. Bassin du Pas-de-Calais.
- 18 degrés a une profondeur de 400 mètres environ, et balayent le grisou de manière à le rendre inolfen-sif en le diluant dans une énorme quantité d’air.
- Les galeries des mines que nous examinons sont muraillées jusqu’à la naissance de la voûte; la voûte elle-même est faite avec des fers en double T cintrés placés tous les mètres, et réunis entre eux par des petits fers carrés, terminés chacun par un œillet qui sert à les retenir (fig. 2). Notre troisième gravure (fig. 3) représente deux mineurs battant une mine. Ces gravures sont la reproduction exacte de photographies qui ont été faites dans les mines de Lens, à la poudre-éclair au magnésium. Les mineurs portent une lampe sur leurs chapeaux, et la traînée lumineuse qui en est résultée a formé une tache sur chaque cliché.
- Au sortir de la fosse, la première chose que fait le
- charbon ; l’épaisseur de nos veines dans le Pas-de-Calais dépassant rarement 1 mètre, apporter beaucoup de soins au boisage, etc. etc. ; mais on s’habitue bien vite à travailler sans avoir toutes ses aises. L’ouvrier du fond en est extrêmement fier, et il professe un certain dédain pour ses collègues du jour. D’ailleurs, au fond, l’ouvrier est bien aéré et n’a pas à souffrir de la trop grande chaleur. De puissants ventilateurs placés à l’orifice des fosses de retour d’air aspirent une véritable trombe, et enlèvent de 35 à 40 mètres cubes d’air à la seconde. On peut compter en moyenne que chaque ouvrier reçoit 50 à 60 litres d’air par seconde. Ces courants d’air dirigés systématiquement pour aérer tous les fronts de taille, maintiennent la température entre 16 et
- Fig. 2. — Soutènement cintré. Bassin du Pas-de-Calais.
- mineur, c’est de se laver des pieds à la tète. La propreté est en effet sa plus grande vertu. Aussi il faut voir, le jour de nettoyage des maisons, le samedi principalement, les torrents d’eau que la ménagère verse à tous les étages de la maison et le soin avec lequel elle répand du sable ensuite pour faire sécher planchers et carrelages. La propreté est poussée à tel point que l’homme n’a pas le droit de monter dans les chambres avec ses souliers : il doit se déchausser avant de monter l’escalier ; quant à la femme, elle marche toujours sur ses bas.
- Les maisons dans lesquelles habite le mineur sont la plupart du temps la propriété de la Compagnie minière qui les loue à ses ouvriers, moyennant une modique somme. La Société des mines de Lens a, par exemple, fait construire un très grand nombre de maisons qu’elic loue à raison de 3 à 5 francs par mois
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- (hg.4), moyennant quoi, le mineur possède trois pièces au rez-de-chaussée sur caves, deux pièces au premier, un grenier, une cour avec water-closets distincts pour chaque maison, un toit à porc et un jardin d’environ 3 ares, où le mineur cultive ses légumes en manière de distraction.
- A ces avantages le mineur joint celui d’être chauffé avec cinq ou sept hectolitres de charbon de qualité inférieure par mois suivant les saisons. Il fait en ou (repartie d’une caisse de secours, qui, moyennant un versement de 3 francs par mois, lui donne un subside pendant tout le temps qu’il est malade (ce subside est plus élevé en cas de blessure, 2 fr. 40 par jour), et qui lui fournit les soins du médecin et les médicaments.
- Dans cette situation, le mineur, s’il le voulait, pourrait vivre à l’aise. L’ouvrier à la veine est payé à la quantité de charbon qu’il extrait et gagne de 5 à 7 francs; la moyenne est actuellement, au bas mot, de 5 fr. 75 à 6 fr. ; les salaires augmentent toujours et cela pour un travail de 7 h. 1/2.
- Les enfants et les aides, ainsi que dans tous les autres corps d’état, gagnent moins que l’ouvrier; à 13 ans, un enfant débute et gagne 1 fr. 60 ; les filles travaillent au triage et sont chargées de ramasser les pierres du charbon qu’on vient de remonter. Si l’on compare le prix de journée des différentes catégories d’ouvriers dans les mines avec les mêmes catégories d’ouvriers dans les campagnes ou dans les villes, on trouve que le mineur gagne plus que l’ouvrierdes champs, d’une façon absolue;
- dans la plupart des cas, sauf à Paris, il gagne autant que l’ouvrier des villes et il a sur celui-ci les avantages suivants : journées plus courtes, logement et chauffage à très bon compte. Aussi bien, à Lens, les loyers que les mineurs payent 5 francs
- valent 15et20fr. et le charbon se vend 1 fr. 80 l’hectolitre.
- Quant aux femmes de mineurs, elles ne font rien en général ; elles se contentent de laver leur maison de fond en comble et de nettoyer leur marmaille.Elles sont, en effet, par ce temps où tout, le monde se plaint que la France se dépeuple, d’une fécondité merveilleuse et il n’est pas rare de voir des familles de dix enfants- En résumé, le mineur n’est pas si malheureux qu’on veut bien le croire en général. Il est au contraire assez gai et
- s’amuse d’autant plusau jour,qu’il travaille plus dur au fond. Il saisit toutes les occasions de se distraire, et a un goût prononcé pour les exercices d’agilité et d’adresse. C’est ainsi qu’il se rend à tous les concours d’archers, d’arbalétriers et de joueurs de balle, pour y disputer les prix qui sont pour la plupart offerts par les sociétés houillères. Au demeurant, c’est un homme doux, mais qui se laisse trop facilement monter la tête parles meneurs. Ce qui le tue, ce sont les estaminets. Il n’est pas rare de voir certains villages où il y a presque un estaminet sur deux maisons. Ce n’est certes pas pour lui faire prendre goût à l’épargne que d’avoir tant d’occasions de dépenser son argent. D’ailleurs, il n’a nulle idée d’économiser, sans souci
- Fig. 3. — Mineurs battant une mine.
- Fig. 4. — Habitations des mineurs à la Société des mines de Lens (Pas-de-Calais). Les gravures sont la reproduction de photographies.
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- du lendemain; il vit au jour le jour. C’est ainsi que je demandais à un vieux mineur qui avouait avoir gagné beaucoup d’argent : « Pourquoi donc, quand vous en aviez le moyen, n’avez-vous pas économisé votre argent? » 11 me répondit : « Cb’est q'tint plus que j’gaignos, tint plus que j’dépinsos. »
- X..., ingénieur.
- CHUTE DE NEIGE SUR LA PLANÈTE MARS
- M. Piekering signale dans le SidcrealMessenger quatorze photographies de Mars prises au mont Wilson (Californie). Sept de ces photographies ont été obtenues le 9 avril, entre 22 h. 30 m. et 23 h. 41 m., temps moyen de Greenwich; sept autres le lendemain, de 23 h. 20 m. à 23 h. 52 m. C’est donc la même face de la planète qui a été photographiée dans les deux cas. On reconnaît sur toutes les épreuves des configurations géographiques parfaitement distinctes ; mais dans celles du second jour, la tache polaire blanche qui marque le pôle sud est beaucoup plus vaste que dans celles du premier jour. Nous savons depuis longtemps que l’étendue de ces taches polaires varie avec les saisons de Mars : diminuant avec leur été et s’accroissant pendant leur hiver. Mais c’est la première fois que la date précise d’une extension considérable de ces neiges se trouve enregistrée. Le bord austral de la planète était à la latitude — 85°. La neige s’étendait d’une part jusqu’au terminateur, qui était à la longitude de 70°, et le long du parallèle de — 50° jusqu’à la longitude 110°, puis, de la longitude 145° et de la latitude — 45° jusqu’au bord de la planète. Elle devait s’étendre également sur l’hémisphère opposé à la Terre et alors invisible pour nous. « L’étendue visible de ces neiges, écrit M. Piekering, est véritablement immense, puisqu’elle s’élevait à 2500 milles carrés ». Dans la matinée du 9 avril, ces neiges polaires étaient faiblement marquées, comme si elles avaient été voilées par une brume ou par de petits corps séparés, trop faibles pour être reproduits individuellement; mais le 10 avril, la région entière était brillante, égalant en éclat la neige du pôle nord. La dalede cet événement correspond à la fin de la saison d’hiver de l’hémisphère sud de Mars, ce qui correspondrait pour nous au milieu dui mois de février. L’explication de ces observations est donnée tout naturellement par des analogies terrestres. Nous avons assisté d’ici à une immense chute de neige dans l’hémisphère sud de Mars.
- LES RÉCENTS PROGRÈS
- DE LA NAVIGATION TRANSATLANTIQUE
- « Il est difficile d’écrire l’histoire au milieu d’une révolution, et c’est pour cela qu’il a été si difficile jusqu’ici de suivre l’évolution progressive des moyens de transport a travers l’Océan. » Ainsi débute un leading article de notre excllent confrère Engineering dans lequel se trouvent résumés les traits principaux de cette transformation industrielle et économique dont l’importance est au moins égale à celle produite par les chemins de fer.
- Il y a moins d’un demi-siècle, un voyage à travers l’Atlantique était considéré comme une entreprise dangereuse et coûteuse ; aujourd’hui, 300 000 h 40(1000 émigrants gagnent chaque année les États-
- Unis. Les statistiques ont établi que, dans son ensemble, là navigation transatlantique est aussi sûre que les voyages sur terre, et plus sure que certains voyages de navigation intérieure.
- Les premiers navires à vapeur qui ont franchi l’Océan présentaient un bien faible confortable ; ce sont aujourd’hui de véritables palais flottants qui transportent de 500 à 1000 passagers, sans parler d’une grande quantité de marchandises ; sur lesquels on a prodigué les distractions, et dont les mets et les vins donneraient satisfaction à l’épicurien le plus difficile. En ce qui concerne les prix de transport, les livres se sont transformées en shillings. Il y a moins de 30 ans, le fret était de 7 à 8 livres anglaises par tonne ; aujourd’hui le prix varie entre 7,6 et 10 shillings. Sans rechercher ici à quel inventeur ni à quel pays revient l’honneur de la découverte de la navigation à vapeur, honneur revendiqué par la France, l’Angleterre et l’Amérique, on peut admettre que la navigation à vapeur est entrée dans le domaine de la pratique expérimentale au commencement du siècle actuel.
- La plus grande difficulté entrevue pour l’application de la navigation à vapeur pour l’accomplissement d’un long voyage résidait dans la quantité énorme de combustible qu’il fallait emporter. Jusqu’en 1837, il était rare qu’un navire a vapeur consommât moins de 8 livres de charbon par cheval-heure indiqué. Les meilleurs bateaux de la marine anglaise avant cette date indiquaient 8,3 livres par cheval-heure pour la Méduse et 12 livres par cheval-heure pour le Dauphin.
- La consommation des navires de la marine marchande était encore plus élevée. La vitesse des steamers ne dépassait pas non plus 6 milles par heure (9,6 kilomètres par heure). Un rapport officiel publié en 1837 montre que cette vitesse a varié, entre 6 milles par heure pour Y Africain cl 7,8 milles par heure pour la Méduse, tandis qu’un steamer privé consommant 12,5 livres de charbon par cheval-heure indiqué obtenait une vitesse de 7,7 milles par heure. Aussi s’explique-t-on que bien des esprits éminents aient considéré la traversée de l’Atlantique comme improbable à cette époque, à moins de choisir les deux points les plus rapprochés entre l’Angleterre et rÂmérique, de faire escale pour prendre du charbon en route, ou de consentir à n’emporter qu’une quantité de marchandises insignifiante. L’Edinburgh Review allait encore plus loin, et après une consciencieuse étude de tous les éléments du problème concluait ainsi :
- « Dans l’état actuel de la navigation à vapeur, si un tel voyage pouvait s’accomplir en une seule course non interrompue, le bateau qui l’accomplirait, quelle que soit sa puissance et son tonnage, devrait pouvoir retirer du charbon une quantité de travail plus grande, dans le rapport de 3 à 2, que ne pourrait en retirer l’habileté des constructeurs de la Méduse. »
- On admettait généralement alors que si la navi-
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- gation transatlantique à vapeur devait réussir, il serait nécessaire de partir des côtes ouest de l’Irlande à Halifax, à une distance de 2200milles, de s’y arrêter un jour pour faire du charbon en quantité suffisante pour parcourir les 590 à 660 milles qui séparent Halifax de New-York. On estimait qu’un voyage entre Londres et New-York devrait durer vingt et un jours. Le seul navire qui eut encore traversé l’Atlantique était le Savannah, navire de 500 tonneaux qui, en partie à la vapeur, en partie à la voile, avait fait le voyage entre Savannah, Georgia et Liverpool en trente et un jours. La question en était là lorsque les journaux annoncèrent que le navire à vapeur Sirius quitterait Londres pour New-York le 28 mars 1858. C’était un bateau de 700 tonneaux muni d’une machine de 520 chevaux. Il quitta l’Angleterre le 4 avril 1858 avec 94 passagers et arriva à New-York dix-sept jours après. Presque en même temps, le Gréai- Western quittait New-York pour son premier voyage et arrivait en Angleterre après quinze jours. Son voyage de retour s'effectua en douze jours et quatorze heures, démontrant ainsi victorieusement que tous les calculs faits un an auparavant pour mettre en évidence les difficultés et établir la presque impossibilité de la navigation transatlantique étaient sans fondement.
- La lutte entre steamers anglais et américains. — L’Engineering constate avec une satisfaction bien caractéristique que la suprématie anglaise fut reconnue des Américains eux-mêmes dès l’année 1858. En effet, dans un article du New-Yoïk Herald de 1858, on reconnaît que l’Angleterre est parvenue à faire disparaître de l’Océan presque tous les steamers américains. Les constructions navales de New-York sont aujourd’hui transportées sur la Clvde et sur la Mersey.
- Cela est littéralement vrai, ajoute Engineering ; les États-Unis ont perdu presque tout leur prestige sur l’Océan, et toutes leurs affaires de transport sont faites, dans la proportion de 90 pour 100, par des navires étrangers, de la Grande-Bretagne en particulier.
- En 1858, 40 steamers firent 281 traversées de l’Atlantique et transportèrent 50 000 voyageurs dont 500 périrent dans le naufrage de YAustria, dans celui du New-York, et d’autres désastres moins importants. Sur les neuf compagnies faisant le service d’Europe en Amérique, sept étaient anglaises et les deux autres continentales, l’une partant de Hambourg et l’autre de Brême.
- La France ne s’est occupée de la navigation transatlantique que beaucoup plus tard, car c’est vers 1848 ou 1850 que M. Thiers signala l’importance de la création d’une ligne de paquebots transatlantiques français. Mais, à cette époque, les ports français, très jaloux les uns des autres, se disputèrent l’avantage de cette affaire, et il n’y eut rien de fait jusqu’en 1852, lorsque Cherbourg fut choisi, et que les Messageries nationales entreprirent la construction de la flotte. Le projet comportait la
- construction de 21 navires représentant une puis* sance totale de 14 500 chevaux. Le Gouvernement accordait une subvention de 1000 francs par cheval pour les bateaux faisant le service de New-York, et 1200 francs par cheval pour ceux faisant le service des Indes et du Mexique. Cinq navires de moyenne puissance furent commandés pour faire deux fois par mois le service de New-York. Mais les contrats furent souvent modifiés et aboutirent, en fin de compte, à la création de la flotte splendide qui appartient aujourd’hui aux Messageries maritimes.
- Le nombre de steamers actuellement engagés dans un service régulier entre le vieux monde et le nouveau est très variable d’une année à l’autre, et même d’un jour à l’autre, mais il est fort peu de personnes qui soupçonnent l’importance de ce trafic. Il y a actuellement plus de trente lignes distinctes, disposant chacune d’une flottille plus ou moins importante, régulièrement employée aux transports Iransatlantiques. Six lignes font le service de Liverpool, deux de Glasgow, deux de Londres. Quatre lignes relient les ports allemands à New-York. Les ports français ont trois lignes : La Compagnie générale transatlantique, la Compagnie de navigation a vapeur de Bordeaux et la Compagnie commerciale française de bateaux à vapeur.
- Deux compagnies ont leur point de départ en Hollande, deux à Anvers, une à Copenhague et une à Palerme. Mais toutes ces compagnies sont loin de transporter le même nombre de passagers et de s’occuper de transports de même nature. Les navires du Lloyd allemand transportent le plus grand nombre de passagers de pont, et, après la ligne Cunard, le plus grand nombre de passagers en cabine. Les compagnies continentales font une sérieuse concurrence aux compagnies anglaises, et la statistique établit que leur trafic est en progrès, tandis que les lignes anglaises se trouvent dans une situation moins prospère. La cause de cet état de choses est l’émigration qui se fait d’Europe en Amérique et spécialement des ports de Brême, de Hambourg et d’Anvers. Certaines lignes ont des bateaux presque exclusivement disposés pour l’émigration, d’autres sont presque exclusivement consacrés au transport de passagers de cabines. Il arrive rarement que le nombre de passagers de pont revenant d’Amérique soit comparable à celui des passagers de pont qui vont dans ce pays, tandis que le nombre des passagers de cabines est sensiblement le même dans les deux sens. Cela tient à ce que les passagers de pont sont des émigrants, tandis que les passagers de cabines voyagent pour leur agrément ou pour leurs affaires. Ces derniers sont en majeure partie des Américains venant faire un tour d’Europe et s’en retournant après avoir visité le vieux continent. Le plus grand nombre de ces voyageurs préfère débarquer sur le sol anglais; mais, comme les Américains sont, en même temps, essentiellement cosmopolites, il leur est absolument indifférent de débarquer à Liverpool, à Anvers, au Havre, à Hambourg, si une ligne leur
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- convient mieux qu’une autre. On pourrait maintenant se demander comment l’Angleterre a pu conserver sa suprématie sur les Etats-Unis et si ces derniers, peu satisfaits de leur situation effacée, ne réussiront pas, tôt où tard, à reconquérir leur prestige perdu. Nous ne suivrons pas notre confrère dans les considérations qu’il fait valoir à ce sujet et qui nous paraissent du domaine des rivalités de nations, questions que nous n’avons pas à aborder.
- D’autres sujets plus importants sont d’ailleurs traités dans l’intéressant article de notre confrère, et c’est par elles que nous terminerons. Les navires actuellement construits représentent-ils la limite de
- dimensions qu’atteindront les transatlantiques, ou se trouvera-t-on conduit a leur donner un jour ou l’autre les dimensions du Great-Eastern ? La moyenne de la durée des voyages sera-t-elle de six jours, ou peut-on espérer un jour franchir l’océan Atlantique en quatre jours seulement? En considérant l’avenir de la navigation transatlantique, il faut se rappeler que les plus grandes autorités ont prédit qu’avec des types de machines perfectionnés, il n’v a pas de limite finale à la durée minima d’un voyage transatlantique. La question est un peu hasardée et les documents font encore un peu défaut pour permettre d’affirmer qu’un voyage transatlantique puisse
- Un navire transatlantique sortant du port du Havre.
- s’effectuer en beaucoup moins de six jours, mais la chose n’est pas regardée comme impossible, ni même comme présentant de très grandes difficultés.
- Nos trains express voyagent aujourd’hui régulièrement à une vitesse de 80 kilomètres par heure, et certains ingénieurs avancés considèrent qu’une vitesse de 100 kilomètres par heure sera avant peu une moyenne normalement atteinte. En supposant que l’on ne puisse atteindre en mer que la moitié de cette vitesse, on trouve que le voyage de Liver-pool à Sandy Hook ne prendrait plus que quatre jours. C’est vers ce résultat final que doivent tendre aujourd’hui les efforts des ingénieurs et des constructeurs de navires. Pour tous ceux qui sont engagés dans les affaires, c’est un point important de ne pas rester plus de six îi sept jours sans pouvoir
- recevoir ou transmettre un télégramme. Plus vite on diminuera la durée de la traversée de l’Atlantique, plus vite on augmentera le nombre de ceux qui entreprendront fréquemment ce voyage. Les compagnies de navigation transatlantiques sont toutes pénétrées de cette vérité, et toutes font converger leurs efforts vers l’accroissement de rapidité du voyage. Il ne faudrait donc pas s’étonner si, dans quelques années, il suffisait de quatre jours pour franchir la distance qui sépare Queenstown de Sandy Hook.
- Nous plaçons sous les yeux de nos lecteurs l’aspect de l’un de nos beaux transatlantiques français au moment où il quitte le port du Havre pour gagner la pleine mer.
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- Fig. 1. — I,'ouragan de Saint-Claude du 19 août 1890.— Zone de sapins abattus en Suisse. (D’après une photographie.)
- Nous terminerons aujourd’hui les notices que de Saint-Claude, en signalant les phénomènes élec-
- nous avons publiées sur les ouragans de Dreux et triques qui ont accompagné ces météores et qui leur
- Fig. 2. — Un ouragan figuré au seizième siècle. Fig. 3. —• Manifestations célestes. Bruits d’armes dans le ciel.
- (Fac-similés de gravures sur bois du Livre des prodiges, de Lycosthènes, ouvrage publié en 1537.)
- ont donné une physionomie toute particulière. Lors de l’ouragan du 18 août à Dreux, l’atmosphère était
- 1 Suite et fin. — Voy. n° 903, du 20 septembre 1890, p. 243.
- absolument en feu, et un grand nombre d’observateurs, même à de grandes distances, ont vu le ciel absolument embrasé. « Nous avons vu passer la tempête électrique d’Illiers-l’Évêque à 12 kilomètres
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- au nord-est de Dreux, dit le général de Cathelineau. C était un feu continu. Mon petit-fils s’écria naïvement : « Tout brûle! » Il y a eu là un déploiement formidable d’électricité comme je n’en ai jamais vu. » — « Le firmament n’était que de feu du côté de l’ouest et du nord-ouest, dit le maire de Château-neuf. » — « C’était partout des éclairs sans discontinuer » du un «véritable éblouissement d’éclairs,» disent d’autres témoins de l’imposant phénomène.
- Les manifestations électriques ont été non moins intenses lors de l’ouragan du 19 août à Saint-Claude.
- M. Tardy, de Bourg, a eu l’occasion d’étudier les effets de la foudre à Saint-Claude, et il nous adresse un intéressant résumé que nous reproduisons :
- 1" Il est parfaitement vrai, comme vous l’avez dit précédemment, qu’un grand nombre de carreaux de fenêtres ont été perforés par la foudre de trous ronds et réguliers. Dans trois trous percés dans des vitres, j’ai constaté que l’un des bords était fondu, au buffet de la gare ; c’est le bord du côté de l’intérieur du bâtiment.
- 2° Dans le coffre-fort, recouvert d’une tôle vernie noire, du buffet de la gare, plusieurs pièces de monnaie ont été pliées; elles ont des rayures comme si elles avaient été faites par un burin; et le coffre-fort, sa serrure, son vernis, une sébile formée d’une écaille de nacre dans laquelle étaient les pièces d’or, n’ont eu aucun mal.
- 5° La grande grue, ou plutôt le grand pont roulant qui est représenté renversé dans une de vos figures, devant la gare des voyageurs, a été soulevé de terre avant d’atteindre le bout de ses rails, comme le témoignent les touffes d’herbe qui poussent sur ses rails ; elle a été soulevée à plus d’un mètre et portée 4 à 5 mètres plus au nord avant de tomber; car de ses rails, à l’endroit où elle est tombée, il n’y a aucune trace de son passage, ni sur le terrain de la cour devant son pied ouest, ni sur la butte de terre qui empêchait de pousser trop loin les wagons sur la voie. Cette grue est tombée sans grande secousse et assez doucement puisque le plancher en bois qui régnait à sa partie supérieure est peu endommagé; mais certaines pièces de fer qui n’ont rien pu heurter dans leur route sont arrachées d’une façon bien singulière, des tire-fonds en fer galvanisés sont à moitié arrachés et ont été rouillés.
- 4° Vous parlez du transport de divers objets, je vous citerai un drap de M. Vébert, qui tient le buffet de la gare : ce drap a été retrouvé à Vaucluse, une lieue environ au nord-nord-est de Saint-Claude.
- 5° La statue de Voltaire, placée sur un piédestal élevé en pierre dure, et par conséquent assez bien isolée au point de vue électrique, n’a pas d’autre mal que d’avoir perdu sa plume.
- 6° Si je compare les descriptions du phénomène connu des anciens sous le nom de Castor et Pollux, et que nous nommons aujourd’hui feu Saint-Elme, à tout ce oue m’ont dit bien des Saint-Claudiens, je trouve partou les plus grandes ressemblances.
- Ainsi le garde du Frénois me disait: « Je tenais la fenêtre du côté du midi, de peur que le vent ne la fit ouvrir; je vis une flamme dans le trou de la cheminée où l’on met le tuyau du poêle en hiver ; je me précipite sous la cheminée pour voir ce que c’est, je ne vois plus rien ; je me retire et aussitôt je vois tomber dans la cheminée des matériaux qui formaient sa partie supérieure.
- — Mais vous avez entendu le tonnerre? lui dis-je.
- — Point du tout, un broooo continuel, comme si des voitures avaient passé devant la porte. »
- A quelques mètres de sa maison se trouvent déjà des sapins déracinés; mais à 500 ou 600mètres à l’ouest on peut voir la grande trace de 600 mètres environ de largeur et de plusieurs kilomètres de longueur où gisent environ 80 000 sapins arrachés ou cassés.
- 7° En traversant cette trouée, j’ai vu un lot de sapins versés les uns sur les autres, comme le ferait un faisceau de fusils qui s’affaisserait; leur position prouve que le vent qui les a abattus formait un tourbillon tournant en sens inverse du mouvement des aiguilles de la montre.
- 8° La minuterie du cadran du quai de la gare de Saint-Claude a été faussée et l’horloge s’est arrêtée à 7 h. 54 m., soit 7 h. 20 m. à Paris. On estime à la gare que la durée du passage de l’ouragan a été d’un peu plus d’une demi-minute.
- Sur tout le parcours delà trombe de Saint-Claude les arbres ont été renversés sur une zone très nettement limitée. La photographie que nous reproduisons (fig. 1) rend compte de ce mode de destruction. Elle représente une forêt de sapins dans la vallée de Joux en Suisse. On dirait qu’un coup de faux gigantesque a tracé son sillon à travers les arbres.
- M. L. Gauthier, qui a étudié les phénomènes électriques de l’ouragan de Saint-Claude, a reconnu que le début du phénomène n’était pas ceux d’un orage ordinaire; les nuages s’illuminaient presque sans interruption par de brillants éclairs. Après un obscurcissement momentané, les éclairs redoublent, des nappes de feu partent du sol et produisent ’ une lueur blafarde qui devient presque persistante; des éclairs ramifiés apparaissent de toutes parts. Peu, très peu de roulements de tonnerre ; seuls des éclats secs instantanés. À 8 heures, le ciel n’est qu’un embrasement; l’air est calme. Quelques gouttes de pluie; quelques rares grêlons, très gros, formés de grains agglomérés, produisent le désastre.
- « La foudre, dit M. Gauthier1, enflamme une maison au Bois-d’Amont (Jura). Dans les habitations de la frontière suisse, les gens voient du feu partout ; d’autres, la foudre globulaire ; d’autres sont foudroyés, mais personne mortellement; partout on sent l’ozone.
- « De nombreuses traces de foudre sont reconnues : murs perforés, vitres trouées, poêles renversés, clefs, barres de fer tordues, etc. Partout la foudre s’est manifestée par des effets mécaniques très évidents.
- « L’intensité électrique allait en décroissant. Trois groupes de maisons se trouvèrent sur le parcours, dans la vallée du lac de Joux. Le premier a été rasé; le deuxième a subi de très sérieux dégâts; le troisième a été moins éprouvé. Entre ces trois groupes d’habitations, le sol est jonché de pièces de bois, d’énormes poutres (de 6 mètres et 10 mètres de longueur) et de fragments de bardeaux, plantés dans le sol humide des bords de l’Orbe.
- « Comment expliquer que ces fragments minuscules, dont beaucoup pèsent 1, 2 et 3 grammes seulement, n’ont pas été transportés au loin avec des milliers d’autres qu’on a retrouvés à 50 et 60 kilomètres plus au nord? Seule une action directrice puissante de l’électricité, aidée par le tourbillon aérien, a pu diriger ces fléchettes contre terre et les y planter. »
- 1 Comptes rendus de VAcadémie, séance du 15 sept. 1800.
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- M. Faye a présenté d’autre part à l’Académie des sciences (séance du 6 octobre) une très intéressante Note deM. Cadenat, professeur de physique de Saint-Claude sur les boules de feu ou globes électriques qui ont été observés de toutes parts. Voici quelques extraits de cette intéressante communication :
- « Parmi les phénomènes électriques qui ont accompagné la trombe, les plus fréquents et les plus sérieusement constatés sont les boules de feu. Tous les renseignements recueillis, aussi bien à Saint-Claude que dans les villages traversés par la trombe, sont absolument les mêmes et ne présentent aucune divergence. On peut citer quelques faits précis. Un paysan de Viry, rentrant chez lui avec son bétail et surpris par l'ouragan, voit une boule de feu qui descend rapidement. Saisi de frayeur, il Se jette aussitôt par terre. Le globe lumineux frappe le sol, éclate avec fracas et le couvre de poussière. C’est le seul cas d’explosion constaté. Des habitants de Vers l'Eau et de Samisel ont vu des boules « grosses comme la tète », d’un rouge vif, s’avancer lentement vers des greniers, mettre le feu au foin et disparaître. A Saint-Claude, beaucoup de personnes, qui, au moment de l’ouragan, luttaient de pression avec le vent pour tenir leurs fenêtres fermées, ont vu des boules de feu de la grosseur « d’une boule de billard » emportées avec rapidité dans le sens de la trombe. D’autres, en très grand nombre, ont vu des globes de feu pénétrer dans leur appartement par les cheminées ou par les portes de fourneaux, et se mouvoir lentement dans les chambres en laissant derrière eux un sillage lumineux, légèrement courbé en spirale. M. Mermct, rue du Pré, a vu trois boules de feu descendre, derrière sa maison, dans une cour intérieure. Deux ont gardé un mouvement lent à quelque distance du sol. La troisième s’est abattue sur une barre de fer que le vent venait de projeter sur le mur, un peu au-dessus d’une fenêtre. Puis elle a rebondi sur le sol et a marché à la surface de la terre l’espace de quelques mè-Ires. Elle s’est engagée, en changeant brusquement de direction, dans un corridor où se trouvait un escalier descendant dans la rue. Arrivée à l'extrémité de l’escalier, la boule passa entre le mur et la porte qui se trouvait ouverte, détruisit en grande partie la serrure, enleva les ferrures de la porte et passa dans la rue en faisant un grand trou dans cette porte et en la fendant littéralement du haut en bas. »
- Nous avons longuement entretenu nos lecteurs des ouragans des 18 et 19 août, parce qu’ils présentent un caractère d’intérêt tout à fait rare pour le météorologiste. Il ne faudrait pas croire cependant que ces phénomènes soient exceptionnels : de tout temps on a vu des cyclones, des trombes et des ouragans, qui détruisaient les forêts et les villes, on a entendu dans le ciel les fureurs de la foudre. Dans le vieux Livre des prodiges, imprimé en 1557, et que nous avons la bonne fortune d’avoir dans notre bibliothèque, l’auteur, Lycosthènes, signale les effets de semblables météores, il en donne la figuration au moyen de gravures sur bois, charmantes de naïveté : pendant la tempête Eole abat les maisons (fig. 2) ; pendant l’orage, le cliquetis des armes se fait entendre dans le ciel (fig. 5). Gaston Tissandier.
- LE FUSIL LEBEL
- ET LE FUSIL ALLEMAND1
- La pièce principale du fusil allemand, celle qui distingue l’arme choisie par le grand état-major de Berlin de notre fusil Lebel, est ce que l’on appelle le chargeur. Au lieu d’emmagasiner sous le canon de l’arme, comme cela s’effectue dans le Lebel, huit cartouches allongées l’une derrière l’autre, et venant, au moyen d’un mécanisme spécial, se placer tour à tour et à volonté en face du tonnerre, le fusil allemand, dit fusil Mannlicher, du nom de son inventeur, adopté également pour l’armée autrichienne, s’approvisionne de munitions au moyen d’un chargeur mobile, renfermant cinq cartouches, que l’on place à la main dans le vide pratiqué à cet effet, et que l’on renouvelle dès que les cinq cartouches qu’il contient ont été épuisées.
- La disposition spéciale de ce chargeur, son emplacement dans l’arme même, son mode d’approvisionnement, sont facilement expliquées au moyen de nos figures 1 et 2.
- La figure 2 représente le chargeur lui-même, sorte de boite en tôle d’acier très légère, allégée encore par des évidements circulaires, et dont les bords supérieurs et inférieurs sont recourbés afin de maintenir en place les cartouches. L’enveloppe en tôle présente une nervure qui s’engage dans la gorge des cartouches et qui sert de guide à celles-ci. La cartouche allemande est en effet étranglée à son extrémité inférieure.
- Veut-on charger le fusil allemand : le soldat prend dans sa gibecière un chargeur muni de ses cinq cartouches, et l’introduit dans la boîte-magasin de l’arme. Le chargeur est maintenu en place par un élévateur, portant à l’avant un piston avec son ressort à boudin. Le rôle de cet élévateur est d’appuyer, par l’intermédiaire d’un auget, sur la face inférieure du chargeur, et d’amener ainsi les cartouches, l'une après l’autre, en regard du godet de la tête mobile. En arrière, on voit l’arrêteur du chargeur actionne par son ressort, dont la fonction est de maintenir le chargeur en place dans le magasin, et de l’empêcher de remonter.
- Le rôle du chargeur est, après l’explication sommaire que nous venons d’en donner, facilement compréhensible. Il n’est, du reste, point la seule innovation intéressante de l’arme allemande. La disposition spéciale qu’affecte le canon du fusil Mannlicher est, en effet, des plus originales et des plus curieuses. Contrairement à notre fusil Lebel, qui possède un seul canon, ou plutôt, pour parler plus exactement, un canon simple, complètement à nu, toujours en contact avec l’atmosphère, le fusil allemand comporte deux canons, ou plutôt un double canon, composé du canon lui-même et d’une enveloppe métallique concentrique, sorte de man-
- ' Suite et fin. Vov. n° 003. du 20 septembre 1890, p. 231.
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- chou protecteur du canon proprement dit. La figure 1 nous montre cette disposition, employée, croyons-nous, pour la première fois, dans les armes à feu. Dans l’idée de son inventeur, la chemise métallique extérieure a pour but de protéger le canon contre les chocs extérieurs, contre les déformations du fut et contre les flexions produites par les parades du sabre-baïonnette. En outre, elle doit garantir la main du tireur du contact du canon qui, pendant l’exécution des tirs rapides, est portée à une température très élevée.
- Vissée par son extrémité postérieure sur la tête de la boîte de culasse, la chemise extérieure du canon laisse un vide entre elle et le canon sur toute sa longueur, et se termine, à la bouche, par un étranglement ou collet, dans lequel le canon passe à frotte-
- ment doux, de manière à pouvoir se dilater librement dans le sens de sa longueur.
- Chemise métallique formant double canon, et chargeur, constituent, on le voit, les deux innovations intéressantes du fusil Mannlicher. Le canon, de 7mm,9 de diamètre intérieur, présente quatre rayures tournant de gauche à droite, dont le pas est de 24 centimètres ; la partie rayée a une longueur de 72 centimètres. La longueur totale du fusil est de lm,2o, 5 centimètres de moins que le Lebel. Son poids, magasin non chargé, est de 5ks,800; il est donc un peu plus léger que le fusil français. La vitesse de la balle, a 25 mètres de la bouche, est de 620 mètres, et sa portée maximum est voisine de 5800 mètres sous un angle de 52°.
- D’après les enseignements que nous fournissent,
- Fig. t. — Le nouveau fusil allemand â chargeur et à double canon. — 1. Vue générale du fusil. — 2. Disposition du double canon
- de l’arme. — 5. Détail du mécanisme du tir.
- les documents allemands, et en particulier une très intéressante brochure publiée à Hanovre, les effets de pénétration du fusil Mannlicher à magasin seraient les suivants. A une distance de 100 mètres, la balle perfore une planche en sapin de 80 centimètres d’épaisseur; à 400 mètres, une planche de 0iU,45; à 800 mètres, de 0m,25; à 1800 mètres, le projectile traverse encore une planche de 0ra,05 d’épaisseur. A ces mêmes distances, la halle s’enfonce de 0m,90, 0m,50, 0m,35 et 0m,10 dans le sable tassé. Jusqu’à une distance de 300 mètres, la balle traverse une plaque en fer de 0m,007. Une plaque de 0m,008, en acier d’excellente qualité, reçoit jusqu’à 50 mètres des empreintes insignifiantes ; au delà de cette distance, les balles ne laissent plus de trace. De ces diverses expériences, nos voisins d’outre-Rhin ont déduit que les murs minces en briques ne protègent qu’incomplètement contre le tir du Mannli-
- cher; plusieurs coups venant frapper au même endroit finissent par les traverser. Les parapets en terre doivent eux-mêmes avoir une épaisseur d’au moins 0ra,75 pour garantir contrele feu de la mousqueterie.
- 11 nous reste à décrire la cartouche elle-même, dont le poids est de 27 grammes, et la longueur de 82 millimètres, au lieu de 29 grammes et 75 millimètres, poids et longueur de la cartouche Lebel. La balle est formée d’une enveloppe en acier recouvert d’un dépôt de maillechort, ou entièrement en maillechort, dans laquelle est comprimée un noyau en plomb durci; elle pèse 14^r,5 et a une longueur de quatre calibres. L’étui de la cartouche n’a pas de bourrelet ; c’est le collet de l’étui qui limite l’introduction de la cartouche dans la chambre. Sur le pourtour du culot est creusée une gorge pour la griffe de l’extracteur (fig. 2). La charge est de 2*r,5 de poudre nouvelle.
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- L’empaquetage des cartouches de guerre se fait à raison de cinq cartouches par chargeur; trois chargeurs sont introduits dans un paquet en carton mince, divisé en trois compartiments avec tasseaux pour maintenir les balles. Le soldat reçoit ses munitions par paquets complets qu’il introduit dans les cartouchières : il place deux paquets dans chacune des cartouchières de devant et six dans celle de derrière, au total 150 cartouches pesant 5k»,500. Ce n’est qu'en arrivant sur la ligne des tirailleurs que l’homme retire les chargeurs des paquets1.
- La description, si détaillée qu’elle soit, du fusil allemand, ne serait point complète, si nous ne la faisions suivre du résumé des jugements qui ont été portés sur son fonctionnement, et principalement sur le mérite des innovations qu’il a inaugurées dans la construction des armes portatives de guerre, et tout d’abord sur celle qui est la mieux faite pour nous surprendre : l’établissement du double canon tel que nous l’avons décrit plus haut, et dont la principale fonction serait de remédier à réchauffement progressif de l’arme dans le tir rapide.
- Cet échauffement ne fait doute au-jourd’hui pour personne. Dans de très récentes expériences de tir à répétition, on a formellement constaté que, après vingt ou vingt-cinq cartouches, la température du canon était telle que les soldats eussent dù cesser le feu, si l’on n’avait eu la précaution de mettre à leur disposition des fusils de rechange.
- L’établissement du tube-enveloppe, du double canon à matelas d’air interposé, remédie-t-il véritablement à réchauffement progressif de l’arme allemande? telle est la question que s’est posée récemment un spécialiste militaire des plus distingués, connu déjà par ses nombreuses études sur les armes portatives, M. le D1' Hebler. La Revue militaire suisse a publié le résultat des expériences du D1' Hebler, et ses conclusions sont tout au désavantage de la nouvelle disposition. Loin de parer à réchauffement rapide du canon, l’adjonction du tube-enveloppe ne servirait, au contraire, qu’à accroître dans des proportions considérables l’éléva-
- 1 lie vue d’artillerie, mars 181)0.
- tion de température. Pour un tir rapide de 80 à 100 coups, la température du canon s’élèverait ainsi jusqu’à 480° et même jusqu’à 600°. Conséquence plus inquiétante encore que celle de ne pouvoir momentanément tenir son arme, les rayures de l’arme seraient alors complètement mises hors de service, et cela, quels que soient la nature du métal de la chemise du projectile, et le profil desdites rayures.
- Une conclusion si cruelle pour l’arme qui a fait l’objet de la sollicitude d’hommes de guerre dont il serait injuste de ne point méconnaître la valeur, demande quelques explications, au moins sommaires. Ces explications sont basées tout entières sur ce fait que le canon, lorsqu’il est doublé d’un tube enveloppe, et environné par cela même d’un manchon d’air surchauffé, s’échauffe beaucoup plus rapidement qu’un canon simple, et d'autant plus rapidement qu’il est forcément plus léger que dans le cas d’une arme à canon unique, le poids de l’arme ne devant, en aucun cas, être augmenté. Le Dr Hebler a constaté que, par chaque coup de fusil tiré, le canon d’une arme à tube-enveloppe s’échauffait de 5°,5 à 6°. Dans le cas d’un feu rapide de 80 coups, la température du canon du fusil allemand serait donc bien, comme nous l’avons signalé plus haut, de 480°; pour un tir de 100 coups, elle atteindrait 600°!
- Les résultats auxquels a été conduit M. le l)r Hebler sont donc, si nous y ajoutons foi, et nous n’avons nulle raison d’agir autrement, la condamnation du fusil à double canon allemand, condamnation d’autant plus motivée, qu’à ces températures extrêmes, les poudres nouvelles, dites sans fumée, que nous avons longuement étudiées récemment, donnent, à l’intérieur, des pressions qui peuvent conduire rapidement à la rupture de l’arme entre les mains du tireur.
- Toujours d’après les travaux allemands, il est certain en outre que les deux poudres destinées au chargement des cartouches du fusil Mannli-cher, la poudre de Rottweil ou celle de Spandau, dite poudre folliculaire (Blàttchen-Pulver), sont absolument inférieures à notre poudre Vieille.
- Fig. 2. — Le nouveau iusil allemand à chargeur. — 1. Vue générale du chargeur avec scs cinq cartouches. — 2. Le chargeur vu de côté. — 3. La cartouche grandeur d’exécution. — a, b, balle ; c, gorge pour l’extracteur ; d, poudre.
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- LA N ATI) UE.
- Elles dégagent, à la vérité, fort peu de fumée, sont peut-être irréprochables au point de vue de la justesse du tir et de la portée, mais elles ont le désavantage délaisser beaucoup de résidus solides après le tir, et par conséquent d’encrasser vite l’arme elle-même.
- Reste le magasin, ou plutôt le chargeur, qui augmente, dit-on, la vitesse du tir. 11 nous est difficile, en toute sincérité, de porter un jugement sur ce côté de la question, tant que nous n’aurons point en mains, comme nous l’avons pour le tube-enveloppe et pour la poudre, des données d’expériences précises et auxquelles nous puissions ajouter foi. Ce que nous pouvons toutefois déduire de ce que nous avons exposé précédemment, c’est que notre fusil Lebel ne le cède en rien, comme facilité de maniement, précision de tir et sécurité de fonctionnement, au fusil Mannlichcr que nous venons de décrire- Tous deux, on a pu s’en convaincre, présentent, au point de vue du mécanisme, de visibles progrès sur les armes auxquels ils ont succédé. Quant aux résultats « pratiques » que l’on attend d’eux, l’avenir seul pourra nous éclairer à ce sujet, nous dire d’une façon certaine auquel des deux restera la victoire.
- Maxime Hélèxe.
- CHRONIQUE
- Durcissement des objets en papier. — On a
- employé sans grand succès, dit la Papeterie, l’imprégnation dans l’huile de lin contenant de la colophane, pour obtenir le durcissement des objets divers en papier ou pâte à papier; dès que l’épaisseur était un peu forte, la pénétration était incomplète. Ce procédé vient d’être perfectionné en ce qu’on emploie aujourd’hui une solution de poids égaux d’huile de lin et de colophane dans un égal volume de naphte (ou autre dissolvant). Les objets y sont laissés jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de bulles d’air, c’est-à-dire cinq minutes environ, la solution dans le naphte étant très fluide. Pour les objets de quelque épaisseur, on les baigne sous pression ou on les purge d’air par le vide, afin d’accélérer l’imprégnation. Les objets sont alors mis à sécher à l’air ou en vase clos pour récupérer le naphte. On produit alors l’oxydation de l’huile de lin en soumettant les objets à un courant d’air dans une étuve chauffée à environ 135 degrés, jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de gaz; cette opération dure environ trois heures. La matière est alors élastique, flexible, légère, d’un grain serré et imperméable, mais cependant poreuse. Pour rendre les objets vraiment imperméables dans le sens ordinaire du mot, on les plonge dans l'huile de lin chaude ou dans un mélange d’huile de lin et de colophane, et on les repasse à l’étuve. Les pores alors sont complètement bouchés. Par ce moyen on fabrique de la vaisselle, des cuvettes, etc., qui font un aussi bon service que les similaires en faïence et en porcelaine, et ont sur elles l’avantage de la solidité.
- Les images mouvantes. — Les camelots ou marchands ambulants vendent depuis quelque temps sur les boulevards de Paris des images mouvantes : tète d’un personnage évidée dans un carton, et derrière laquelle se succèdent d’autres têtes, yeux mobiles,etc. Ces petits jouets sont fort anciens. Vers la fin du quinzième siècle, on confectionnait un grand nombre de ces images mouvantes; ces enfantillages, précurseurs de nos jouets mécaniques actuels,
- étaient, dit-on, fort bien exécutés. L’inventaire de la reine Anne de Bretagne, fait en 1490, relate « ung tableau de Hercules paint, les sourcilz et yeulx branlans ». Dans les registres de Saint-Maclou, aux archives de la Seine-Inférieure, on trouve inscrite, à la date de 1541, cette dépense : A Nicolas Quesncl, ymaginier, pour faire deux ymages des anges mouvants, pour mettre sur Vadmortissement des orgues.
- Le mélèze. — M. Gréa, de la Société nationale d'agriculture, a fait l’an dernier à scs collègues une communication où il disait que nous possédions en France une essence qui pourrait être avantageusement substituée au Pitch-Pin: c’est le mélèze. Il existe à ce sujet quelques préjugés: beaucoup de personnes pensent qu’il ne réussit qu’à une altitude très élevée et dans des terrains spéciaux dont seraient exclus les terrains calcaires. M. Gréa a tout récemment complété sa communication en présentant à la Société un échantillon de mélèze venu chez lui dans les conditions suivantes. Ces arbres sont mêlés au taillis, dans un terrain calcaire oolilhique, à une altitude de 550 mètres environ, altitude qui, dans le Jura, appartient à la région du maïs. Leur âge est de soixante ans; un certain nombre mesurent lm,(30 de tour à lm,50 du sol, avec une hauteur de 25 à 30 mètres. Des épicéas, plantés dans les mêmes conditions, ont eu une croissance bien inférieure. Les résultats ont été très satisfaisants.
- Le Cuirassé russe (( Dwianatzat Apostolov )).
- — Ce grand cuirassé, de 8200 tonnes de déplacement et de 8500 chevaux de force, a été lancé à Nicolaïef au commencement du mois de septembre. Son nom signifie « les douze apôtres ». 11 mesure 97m,55 de longueur sur 18m,29 de largeur et sa vitesse sera de 15 nœuds avec le tirage naturel. Il est partiellement cuirassé avec des plaques com-pound d’une épaisseur minimum de 505 millimètres; ses tourelles barbettes sont protégées par des plaques de 406 millimètres et il a un pont protecteur en acier un peu au-dessous de la flotlaison. Son armement doit comporter 4 canons de 504 millimètres et pesant chacun 52 tonnes, 4 canons de 228 millimètres pesant 15 tonnes et demie, 8 canons à tir rapide, un certain nombre de canons-revolvers et 6 tubes lance-torpilles. Cependant, il est possible que les canons de 52 tonnes soient remplacés par des piècès moins lourdes.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 octobre 1890. — Présidence de M. Duchautue
- Corps qui tombent en semblant monter. — Tout le monde a vu les joueurs de billard faire monter une bille le long de deux queues convenablement disposées. 11 existe au Conservatoire des arts et métiers un petit appareil qui donne un résultat semblable et que l’abbé Nollet signale comme amusant. C’est un double cône posé sur deux barres qui vont en s’écartant à mesure que le plan qui les contient et sur lesquelles on le voit s’avancer du côté le plus élevé. Ce phénomène tient à ce que les deux cônes s’appuient par des points de plus en plus éloignés de leur base commune, c’est-à-dire de plus en plus rapprochés de leur axe. Ce dernier, qui contient le centre de gravité, s’abaisse réellement. Cela posé, M. le secrétaire perpétuel signale un très important Mémoire de M. Résal où ce savant mécanicien donne toute la théorie du phénomène.
- L’équivalent du fluor. — M. Troost présente une Note de M. Moissan sur la détermination de l’équivalent du fluor. A la suite de ses recherches sur un certain nombre
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- LA NAT U UE.
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- de composés gnzeux produits par le lluor, M. Moissan a été amené à reprendre la détermination de l’équivalent de ce corps simple. L’habile expérimentateur s’est astreint d’abord à préparer du fluorure de calcium et du fluorure de baryum bien cristallisés et très purs. 11 a obtenu aussi le fluorure de sodium absolument exempt de potassium; il a décomposé ensuite un poids déterminé de chacun de ces sels par l’acide sulfurique, dans un appareil spécial. Les trois séries d’analyse très concordantes obtenues dans ces conditions, ont conduit M. Moissan à fixer pour équivalent du fluor le chiffre 19,05. Ce nombre se rapproche beaucoup de celui qui avait été donné par Dumas et s’éloigne un peu de celui trouvé par Berzélius.
- La variation des longitudes. — Parmi les faits dont le récent Congrès de Fribourg a fait bénéficier la science, M. Tisserand signale comme tout particulièrement intéressant le résultat fourni par la mesure des longitudes aux observatoires de Berlin, de Potsdam et de Prague. Il consiste en ce que la valeur de la longitude de chaque lieu, loin d’être fixe, varie très notablement dans le cours de l’année et d’une manière régulièrement périodique. La différence entre l’hiver et le mois d’août atteint 0",6 ce qui est très notable. Ce fait, qui est trop bien observé pour qu’on puisse en révoquer la réalité en doute, avait déjà été avancé par Yvon Villarceau. De plus, dans un discours prononcé en 1876, M. William Thompson avait aussi affirmé que la longitude varie d’une demi-seconde par an, mais sans justifier l’assertion. De son côté, M. l’amiral Mouchez ajoute qu’on vient, à l’Observatoire de Paris, de confirmer pleinement ce très singulier résultat, et la confirmation est d’autant plus intéressante qu’on opère ici par une méthode essentiellement différente de celle qui est mise en œuvre en Allemagne. Reste à trouver l’explication de l’anomalie, et jusqu’ici on ne peut faire que des hypothèses. Celle qui paraît la plus plausible est de rattacher les variations étudiées aux vicissitudes de la température. Les masses d’air froid de l’hiver se manifestent en faisant dresser la verticale ; toutefois, d’après les calculs de M. Radau, l’effet ainsi produit ne saurait être suffisant pour rendre compte de tout le phénomène, et, selon l’expression de M. Tisserand, une importante discussion va évidemment prendre son point de départ sur la découverte annoncée au Congrès.
- Varia. — MM. Dumas et Rose décrivent, par l’intermédiaire de M. Gautier, un procédé qui permet de reconnaître si un vin plâtré a reçu du sulfate de chaux ou seulement de l’acide sulfurique libre. — Poursuivant ses études sur les champignons, M. Bourquelot trouve que la transformation du tréhalose en mannite est chez eux un effet très constant des progrès de l’âge ; il cite pourtant une espèce qui ne présenle que de la mannite dès le début et qui plus tard ne contient plus de sucre du tout. — M. Montyon, le célèbre bienfaiteur de l’Institut, aura enfin la statue à laquelle ses libéralités lui donnent tant de droits : c’est M. Cavelier, membre de l’Académie des beaux-arts, qui est chargé de la tailler dans le marbre; elle sera placée dans le vestibule de la salle des séances publiques. — Un peson nouveau est imaginé par M. Ar-naudeau. —M. Paul Pelseneer étudie la conformation primitive du rein chez les mollusques lamellibranches. — De Roscoff, M. Marchai adresse, par l’intermédiaire de M. de Lacaze-Duthiers, la description des appareils excréteurs de la langouste et du crangon.
- Stanislas Meunier.
- —*<><—
- LA. SCIENCE MJ THÉÂTRE
- L’ÉVENTAIL DU BALLET (( LE RÊVE )) A L’OPÉRA DE PARIS
- Le théâtre national de l’Opéra, à Paris, a monté cette année un nouveau ballet, le Rêve, dont le scénario peut se résumer de la manière suivante, au point de vue de la manœuvre du décor principal :
- L’action est censée se passer dans une ville du Japon. On organise le jeu du tir à l’arc sur une place publique. D’un berceau de ramures descend, sur le milieu de la scène, une longue banderole qui va servir de cible. Une flèche ayant touché le centre, la banderole remonte dans le feuillage, et l’on voit se déployer en même temps un immense éventail qui vient cacher tout le fond de la scène.
- L’héroïne du ballet va rêver au pied de l’éventail, dont les branches du milieu s’écartent légèrement pour laisser apparaître une fée qui attire à elle la danseuse endormie.
- Au tableau suivant, lorsque le rideau se lève, l’éventail n’est plus visible pour le spectateur : il s’est ouvert par le milieu et s’est replié à droite et à gauche sur le plancher du théâtre, laissant voir un superbe décorde féerie. A la lin de ce tableau, l’éventail se déploie en cachant le fond de la scène, juste le temps nécessaire pour changer le décor qui est derrière. Lorsqu’il se rouvre de. nouveau, en se rabattant par moitié de chaque côté, l’héroïne, dont le rêve est fini, se retrouve dans le paysage primitif.
- Disons tout de suite que ce rôle de l’héroïne est rempli par Mlle Mauri, l’étoile de la danse de notre Opéra, dont la grâce et le talent suffiraient à faire le succès d’un ballet.
- Quant à l’éventail, qui joue un rôle si important dans la décoration du Rêve, c’est M. Gailhard, directeur de l’Opéra, qui en a eu l’idée première. Cet écran produit un grand effet, tout en facilitant les changements de tableau; un éventail semblait, du reste, tout indiqué dans un ballet japonais.
- Nous allons voir maintenant comment M. Vallenot, chef machiniste de l’Opéra, en a habilement réalisé la construction et la manœuvre.
- Ce décor (fig. 1) ne diffère guère, comme principe, d’un éventail ordinaire. Seulement ses branches mesurent 7 mètres de longueur, c’est-à-dire la hauteur de deux étages! 11 y a en tout dix branches en charpente qui tournent autour d’un même axe K (fig. 2), en se recouvrant légèrement les unes les autres; elles sont reliées entre elles par des bandes de toile de même largeur.
- L’emploi de cette toile a permis de réduire à son minimum l’épaisseur de l’éventail replié. L’intervalle dont on disposait entre deux sablières pour le passage de ce décor, n’a en tout que 25 centimètres de largeur, dimension qui limitait forcément l’épaisseur totale des branches et qui a constitué la principale difficulté de leur construction.
- Les deux branches extrêmes, A et B, et les deux
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- LA NATURE.
- Fig. 1. — Vue de 1 eveutail faisant partie de la décoration du ballet le Rêve, à l’Opéra de Paris.
- du milieu, G et D, se prolongent au-dessous de l’axe de rotation K. C’est sur ces quatre branches seulement qu’on agit pour ouvrir et fermer l’éventail; les autres participent à leur mouvement au moyen d’arcs en fer qui les relient toutes entre elles. L’appareil de manœuvre (fîg. 2) se compose d’un cadre en bois et fer, placé sous le plancher PP de la scène; ce cadre porte deux treuils, E et F, et quatre poulies de renvoi, G, H, I et J.
- A la branche A est lixé un câble a qui passe sous la poulie I pour aller s’accrocher sur le tambourdu treuil F ; de meme, à la branche R est lixé un câble b qui passe sous la poulie II pour aller s’accrocher sur le tambour du même treuil. D’autre part, les câbles c et d fixés aux branches du milieu C et D, passent respectivement sous les poulies G et J pour aller s’accrocher sur le tambour du treuil E.
- Voyons maintenant comment va s’effectuer la manœuvre du décor.
- L’éventail était équipé à l’avance dans les dessous.
- Au milieu du premier acte, on l’a monté verticalement tout fermé sur la scène, derrière la banderole qui dissimule
- complètement cette manœuvre, ménageant ainsi aux spectateurs la surprise de voir tout à coup les grandes branches de l’éventail se déployer pour venir cacher le fond du théâtre.
- Supposons l’éventail ouvert. Pour le refermer, on agira sur le treuil F. Les deux branches A et B se redresseront d’un mouvement uniforme, entraînant
- à leur suite successivement les autres branches, jusqu’à ce que l’éventail se trouve debout, entièrement replié. Pour le déployer, il suffira d’effectuer la manœuvre inverse.
- Supposons encore l’éventail déployé. Si on lâche
- un peu le treuil E, les deux câbles c et d se dérouleront, et les deux branches du milieu C et I) s’écarteront progressivement l’une de l’autre, jusqu’à ce que chaque moitié de l’éventail repose repliée sur le plancher de la scène. Pour le déployer ensuite de nouveau, il suffira de redresser les branches G et D en agissant sur le treuil E.
- Toutes ces manœuvres sont
- d’une grande simplicité et s’effectuent sans effort, avec un homme seulement à chaque treuil. Elles
- sont d’ailleurs
- Fig. 2. — Appareil de manœuvre de l’éventail.
- facilitées par l’emploi de câbles munis de contrepoids, qui s’accrochent en haut des quatre branches principales et vont passer sur des poulies de renvoi placées dans les cintres. Ces câbles sont dissimulés derrière une décoration en feuillage qui cache les bords de l’éventail.
- Ajoutons, en terminant, que tous les décors du nouveau ballet
- ont été peints par M. Lavastre, l’éminent artiste dont le pinceau a depuis longtemps déjà doté notre Opéra de nombreux chefs-d’œuvre.
- Ch. Talansier.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Flcurus, 9.
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- LA NATURE.
- N° 909. — 1" NOVEMBRE 1890.
- POUPEE
- TOMBEAU
- Les découvertes archéologiques se succèdent à Rome plus qu’en aucun lieu du monde, et l’une des plus récentes nous est signalée par M. A. Castellani, l’un des rédacteurs du Bulletin de la Commission archéologique communale de Rome.
- Les travaux exécutés pour les fondations du Palais de Justice dans les prés du château, les anciens jardins de Domitien, ont mis au jour deux sarcophages juxtaposés dont la présence en ce point qui faisait partie du domaine public est assez étrange; l’un d’eux n’olfre qu’un intérêt restreint, mais l’autre est celui d’une jeune fille,
- CREPEREIA TRY-
- phaena. Un bas-relief sculpté la représente endormie sur son lit funèbre, la tête inclinée sur l’épaule gauche. Au pied du lit est assise une matrone habillée, -les yeux fixés sur la morte; près de la tête, un homme à la figure empreinte d’une profonde douleur.
- Le couvercle enlevé, on s’aperçut que l’eau avait rempli le cercueil, une eau limpide et fraîche au travers de laquelle on vit le cadavre, la tête toute couverte encore de longs et beaux cheveux. Il n’en fallait pas davantage pour jeter l’émoi dans tout le quartier, et c’est devant une grande foule, solennellement, peut-on dire, que se fit l’exhumation de Crepereia Trifena.
- Près de sa tête on recueillit une petite poupée en bois de chêne, et çà et là les parures et les vestiges de ses vêtements : une couronne de feuilles de myrte très bien conservées grâce à l’eau et qui avaient acquis la solidité et la transparence du parchemin. Le fermoir d’argent, très oxydé, avait quelques traces d’une ornementation empruntée à la verveine. Le myrte étant consacré à Vénus, cette couronne devait être la parure nuptiale.
- 18' année. — 2' semestre.
- La jeune épousée avait plusieurs anneaux d’or : Pun, avec un chaton de verre lisse et de couleur sombre; l’autre, avec un onyx portant en relief un mot, fîletus, peut-être le nom de l’époux; le troisième retient une intaille de jaspe rouge où l’on voit gravées deux mains qui se pressent et retiennent dans leurs doigts la tige de quelques épis de
- blé, anneau nuptial dont les épis font allusion au vieux rite du mariage par con-farreatio.
- A un anneau d’or, placé à la main gauche de la poupée, est soudée une mignonne et élégante clef soudée avec une grande délicatesse. Enfin une dernière bague placée à la main droite retient deux fins grands anneaux pareils.
- Un fermoir est orné d’une améthyste gravée où l’on voit un griffon ailé poursuivant une biche, symboles d’Apollon et de Diane, nouvelle allusion au mariage. A ce bijou sont suspendues deux fines chaînettes qui ont pour pendant une petite feuille de lierre.
- Citons encore une épingle à cheveux en ambre, deux petits peignes, des pendants d’oreilles, un collier, deux miroirs.
- Quant à la poupée, haute de 30 centimètres, elle est très bien articulée, comme d’autres déjà connues des archéologues, mais elle a ceci de remarquable que son corps est sculpté avec un souci parfait de l’exactitude ; c’est une œuvre d’art unique. La coiffure nous rappelle l’époque des Antonins et les têtes bien connues de l’impératrice Faustine, première du. nom.
- . Cet objet singulier .avait été mis près de la morte comme un touchant souvenir de son enfance, probablement par les soins pieux d’un époux désespéré.
- Cette tombe, avec le corps et tout le mobilier fu-
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- Poupée articulée et objets de parure trouvés dans le tombeau d’une Romaine. ‘ (D’après une photographie.)
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- LÀ NATURE.
- néraire, a été reconstituée par ordre du syndic de Rome et par les soins du professeur Ceccarelli dans le musée Capitolin. Emile Cartailhac.
- TENSION SUPERFICIELLE
- Je rappelle d’abord une modification apportée par mon bienveillant professeur, M. Van der Mensbrugghe, à des appareils qu’il a décrits antérieurement dans La Nature1.
- M. Van der Mensbruggbe tend, à travers un cadre carré en fil de fer de 10 centimètres de côté, des fils plus fins, de manière à partager approximativement la surface en centimètres carrés. On pourrait appeler cet appareil la gaufre capillaire (fig. 1, plan et élévation).
- Cette gaufre est reliée par quatre fils partant des sommets à un bouchon de 65 millimètres de diamètre et de
- Élévation Plan
- Fig. 1. — Appareil de M. Vau der Mensbrugghe.
- 25 millimètres d’épaisseur. Le bouchon est traversé au milieu par une tige rigide qui supporte une petite corbeille destinée à recevoir du lest.
- On met ce petit appareil dans un vase contenant de
- Fig. 2. — Appareil de M. F. Leconte.
- l’eau, et on le leste de manière que le bouchon émerge de quelques millimètres ; on l’enfonce alors dans le vase, pour amener la gaufre au niveau du liquide. Malgré l’excès de la poussée, l’appareil est retenu dans ce plan par la tension superficielle : il se forme des ménisques concaves sur toute la longueur des fils de fer.
- Après quelques tâtonnements, on parvient à lester l’appareil de manière que le poids du système J , augmenté de la résultante verticale j. des actions dues à la tension superficielle, surpasse très peu la poussée f du liquide. Si alors on diminue la tension superficielle en laissant tomber sur la gaufre de la poudre de savon ou des.gouttelettes d’éther, l’appareil abandonne la surface liquide et se relève brusquement. Si le système est bien réglé, c’est-à-dire si la résultante J de toutes les forces en jeu
- * Voy. n° du 28 juillet 1888, p. 157, fig. i
- est très faible, il suffit de déboucher au-dessus de la gaufre un flacon contenant de l’éther pour provoquer le mouvement; cette élégante expérience est d’un effet magique.
- Dans l’appareil analogue que j’ai construit, le mouvement de translation verticale est remplacé par un mouvement de rotation. C’est une gaufre carrée en fil de fer, de mêmes dimensions que la précédente; l’un des côtés du carré porte des prolongements sur lesquels on enfile deux demi-bouchons, de 40 millimètres de diamètre et 50 millimètres de hauteur, puis deux bouchons entiers de 50 millimètres de diamètre et 22 de hauteur (fig. 2). Les deux bouchons entiers, qui restent fixes, portent des tiges verticales recourbées ensuite horizontalement. Une tige transversale, placée à cheval sur ces deux premières, supporte une petite corbeille.
- On commence par déposer la gaufre sur l’eau avec précaution. Il s’agit ensuite de régler l’appareil. En effet, les poids mis dans la corbeille enfoncent graduellement le côté prolongé du carré gaufré, et, à un certain moment, il peut y avoir submersion. On évitera cet accident en tournant les demi-bouchons de manière à augmenter le volume plongeant dans l’eau. Ainsi compris, les demi-bouchons sont de véritables régulateurs. Pour le poids maximum que l’on met dans la corbeille, il faut que l’arête longue ne s’enfonce pas sensiblement au-dessous du niveau de l’eau.
- Le fonctionnement de l’appareil se comprend facilement : on met de la grenaille de plomb et du sable dans le panier, et le côté opposé du carré se soulève, tend à abandonner le liquide. Il arrive un moment où la tension superficielle seule du liquide retient la gaufre ; si alors on diminue cette tension par un des moyens indiqués plus haut, on voit immédiatement le système culbuter.
- On peut attacher dans l’un des bouchons une longue tige de graminée portant un petit index de papier ; l’index décrit un grand arc de cercle dans l’espace, quand la culbute se produit; cet artifice rend le mouvement visible de loin. Enfin on peut rendre le mouvement moins précipité en fixant des palettes sur les bouchons, à l’intérieur de l’eau.
- L’appareil que je viens de décrire n’a pas les qualités esthétiques des flotteurs de M. le professeur Yan der Mensbrugghe; mais il est plus facile à construire, et peut-être plus facile à employer, car il n’exige pas un vase profond ; il se règle plus commodément ; enfin il est aussi sensible, car il fonctionne également sous l’influence des vapeurs d’éther. F. Leconte.
- CONGRÈS DES AMÉRICÀNISTES
- 8e SESSION A PARIS
- Fondé en France, à Nancy, en 1875, le Congrès des Américanistes a pour objet l’étude des deux Amériques aux points de vue historique, archéologique, ethnographique et linguislique. Il s’est tenu ensuite à Luxembourg, Copenhague, Madrid, Turin, Bruxelles et Berlin; dans cette dernière capitale, Paris avait été désigné comme lieu de la 8e session, et un Comité d’organisation, présidé par MM. de Quatrefages, de Nadaillac et Hamy, avec M. D. Pector pour secrétaire général, avait préparé la réunion qui a commencé le 14 octobre 1890 et s’est tenue dans la salle de la Société de géographie. La veille au soir, une sorte de séance préparatoire, destinée à mettre en rapport direct et amical les personnalités diverses venues pour prendre part au Congrès, avait eu lieu dans les salons de ï’hôtel des Sociétés savantes. Un peut dire, dès à présent,
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- LA NATURE.
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- que le Congrès des Américanistes, à Paris, a obtenu tout le succès désirable : de nombreux assistants sont arrivés de tous les pays de l’Europe et de l’Amérique; d’intéressantes communications ont fourni les éléments d’un volume de Comptes rendus qui ne déparera pas la collection, et l’accueil distingué fait aux membres du Congrès, par M. le Président de la République qui a bien voulu les recevoir le jeudi 16 et par le bureau du Conseil municipal qui leur a souhaité la bienvenue à l’üôtel de Ville le jour de l’ouverture, témoigne de l’intérêt qu’on porte en France aux recherches désintéressées de la science.
- Les visites au Musée d’ethnographie du Troeadéro et au Muséum d'histoire naturelle ont montré à nos hôtes que dans la sphère de leurs études nous avions depuis longtemps accumulé les éléments d’investigation les plus ri-cnes et les plus sérieux. Enfin, ils ont pu constater, à la réception offerte par le prince Roland Bonaparte et au banquet qui a en quelque sorte clôturé la session le samedi 18, que nous nous efforcions de mériter notre ancien renom de cordialité et d’urbanité.
- La séance d’ouverture a été employée à la transmission des pouvoirs du précédent Congrès à celui-ci par M. le DrIlellmann, secrétaire général de la session de Berlin, et à l’élection du bureau définitif qui a été composé du bureau du Comité d’organisation de Paris auquel ont été adjoints des vice-présidents et délégués des nations représentées à cette réunion. Suivant l'usage, le président, M. de Quatrefages, prononça une remarquable allocution où il expose avec sa science et son élégance de parole accoutumées, ses vues sur le peuplement du continent américain : selon lui, l’homme, pas plus que les autres espèces végétales et animales, n’est cosmopolite d’origine ;• bien que partisan de l’hypothèse de l’homme tertiaire, il croit que ce n’est qu’à i’époque quaternaire, au moins jusqu’à plus ample informé, que l’Amérique a eu des habitants humains, venus d’Asie à l’aide des vastes banquises qui ont uni ce continent à l’Asie septentrionale, lors de la période glaciaire ; malgré la difficulté de la tâche, c’est, à ses yeux, dans cette voie qu’il faut rechercher les itinéraires des migrations qui ont peuplé l’Amérique.
- Le lendemain, 15 octobre, après la présentation par M. de Penafiel, d’un splendide ouvrage publié par lui, sur l’archéologie des Nahuatl, sous les auspices du gouvernement mexicain, une intéressante discussion s’est engagée sur le mot Amérique. Plusieurs personnes, entre autres M. Marcou et M. Lambert de Saint-Brys, ont soutenu, dans ces derniers temps, que c’était par erreur qu'on attribuait au prénom d’Amerigo Vespucci l’origine de ce mot, qui aurait été employé avant 1507, époque de la publication du voyage de ce navigateur, et qui viendrait soit de la sierra Amerriqui au Vénézuela, soit du lac Maracaibo, soit du pays d’Amaracapan dans le Centre-Amérique; malgré les efforts de M. de Saint-Brys, MM. Ji-menes de la Espada et Ilamy ont démontré que c’était bien à Amerigo Vespucci qu’il faut faire remonter le mot Amérique, et le Congrès vote, à une grande majorité, en faveur de cette conclusion.
- M. Gabriel Marcel étudie ensuite trois globes terrestres du commencement du seizième siècle qui se trouvent à la Bibliothèque nationale de Paris, et où sont marquées les connaissances géographiques du temps relatives à l’Amérique; le premier, en bois, dit globe vert, est de 1513; le deuxième, également en bois, remonte à 1528 ou 1530, d’après les localités qui y sont inscrites; le troisième, d’origine allemande et de 1530 à 1535, dit globe doré, est une magnifique pièce en cuivre gravé au burin et qui
- offre un très haut intérêt historique. Dans cette même séance, M. Gaffarel a communiqué une intéressante étude sur les voyages de navigateurs portugais, les Corte-Real, qui, de 1500 à 1502, visitèrent les côtes septentrionales de l’Amérique, où l’un d’eux périt ; la découverte du Brésil, par Alvarès Cabrai, fit alors abandonner aux Portugais ces explorations vers le nord.
- Dans les séances tenues le. 16, nous signalerons la très importante communication de M. Seler (de Berlin) sur l’architecture Maya et sur les industries de l’ancien Mexique. M. Charnay a développé sa théorie favorite des rapports entre les civilisations de l’extrême Orient asiatique et celles de l’Amérique centrale, et M. Beauvois est revenu sur les voyages qu’il croit avoir été exécutés en Amérique par les Irlandais du moyen âge; des missions catholiques s’y seraient notamment rendues au huitième et au quatorzième siècle. En fait d’archéologie, M. de la Rada, à l’aide de spécimens du Musée de Madrid, a montré que les instruments de l’âge du cuivre américain reproduisent les formes de ceux de l’âge de la pierre, et M. de Nadaillac, parlant de l’homme préhistorique américain, constate que l’on ignore s’il fut autochtone ou immigré, mais que les restes de l’homme quaternaire et de son industrie sont semblables à ceux du sauvage contemporain et même postérieur à la découverte. M. l’abbé Petitot, qui ne croit pas â l’existence de l’homme à l’époque quaternaire en Amérique, développe ses vues sur l’origine des Esquimaux qu’il faudrait chercher dans Pile Bobrovie (du Castor, en russe) du détroit de Behring, et, à l’appui de celte hypothèse, il rapporte une légende des Esquimaux d’après laquelle leurs ancêtres auraient été deux castors gigantesques qui auraient donné naissance à deux frères d’où seraient issus les Esquimaux d’Asie et ceux d’Amérique.
- Le lendemain 17, S. M. dom Pedro d’Alcantara assistant à la séance, M. de Baye a présenté des pointes de flèches en silex provenant d’un mound situé au confluent du Mississipi et du Missouri et dont la forme rappelle celle des flèches préhistoriques européennes; M. Ehrenreieh a ensuite fait une très importante communication sur les populations indigènes du Brésil central, notamment sur les Botocudos et sur un groupe de tribus caraïbes demeurées presque étrangères à l’influence européenne. M. Deniker a résumé ses études et celles du Dr Hyades sur les Fuégiens, et M. Gabriel Marcel a donné connaissance de curieux détails inédits fournis sur ces populations par des navigateurs français de la fin du dix-septième siècle. Enfin, M. Villanova a annoncé la découverte, dans le Lehm de la Plata, par M. Caries, d’un squelette d'homme quaternaire présentant des particularités ostéologiques remarquables, et dont les restes ont été trouvés dans le même gisement que ceux d’animaux disparus; cette collection paléontologique a été récemment apportée en Espagne.
- Des deux séances du 18, la première a surtout été occupée par d’intéressantes communications linguistiques, notamment celle deM. Lucien Adam sur les idiomes maï-pouris (du bassin de l’Amazone), et de M. de la Grasserie sur des langues congénères ; le soir, M. Pinart a résumé d’intéressants Mémoires sur la distribution des races et des nations du nord de l’Amérique méridionale, sur les migrations des Caraïbes qui ont poussé jusque dans l’Amérique centrale, ce qui a donné lieu à de savantes observations du marquis de Peralta. M. le Dr Delisle a parlé des déformations crâniennes des Chinooks et d’autres tribus de l’Orégon ; M. Girard de Rialle a montré les photographies de dessins de totems iroquois apposés en guise
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- de signatures au bas de traités du dix-septième sjècle ; M. Daly a présenté d’intéressantes considérations architectoniques sur les ruines de Copân (Honduras) et d’Utat-lan (Guatémala), et la séance s’est terminée par un échange d’observations entre S. M. dom Pedro et M. de la Rada, sur le lieu de la sépulture de Christophe Colomb. Dans cette même séance, le Congrès avait voté que la prochaine session aurait lieu en Espagqe, en 1892, pour y célébrer en même temps le quatrième centenaire de la découverte de l’Amérique par l’illustre navigateur génois envoyé par le roi et la reine d’Aragon et de Castille.
- Giraud de Rialle.
- PHOTOGRAPHIE DE LA
- NÉBULEUSE DE Lk LYRE
- J’ai reçu communication d’une belle photographie de la nébuleuse annulaire de la Lyre, faite dans le mois d’août à l’Observatoire d’Alger, par MM. Trépied et Rabour-din. Le cliché original a été obtenu par six heures de pose, en deux séances de trois heures chacune et en deux soirées différentes ; il montre la nébuleuse sous la forme d’un anneau elliptique dont les axes ont respectivement 8 dixièmes et 5 dixièmes de millimètre; il est assez intense et assez net pour avoir pu supporter un agrandissement de soixante-quatre fois, au moyen duquel on a tiré l’épreuve positive que j’ai eu l’honneur de placer sous les yeux de l’Académie des sciences et dont la gravure ci-jointe est une exacte reproduction.
- Cette image est certainement la plus grande qu’on ait encore obtenue de la nébuleuse. Elle montre d’une manière tout à fait saisissante la distribution de la lumière dans ce curieux objet céleste. On voit qu’une région d’éclat maximum existe de part et d’autre de chacune des extrémités du petit axe de l’anneau elliptique; ces deux maxima ne sont pas égaux, et dans chacune des deux moitiés de l’anneau l’intensité de la lumière diminue graduellement jusqu’aux extrémités du grand axe, où elle a sa plus petite valeur. Ce sont bien les caraetères connus de celte nébuleuse, tels que nous les montre l’examen optique dans les lunettes ordinaires. Mais l’observation photographique nous apprend autre chose. En effet, d’après les études faites k l’Observatoire d’Alger,’ lorsqu’on photographie cette nébuleuse avec des durées de vpose croissantes, on ne voit pas la nébulosité s’étendre sensiblement vers les parties
- extérieures.: on la voit gagner de plus en plus en étendue vers le centre. Au contraire, lorsqu’on observe l’astre dans une lunette, on trouve la partie centrale de l’anneau parfaitement séparée de l’anneau lui-même. L’intérieur de l’anneau est donc rempli d’une matière douée d’un pouvoir lumineux que l’œil ne perçoit que difficilement, mais dont l’existence nous est révélée d’une manière certaine par la photographie1.
- Enfin l’étoile nébuleuse centrale atteint, dans la présente épreuve, un éclat k peu près égal k celui du plus faible maximum de l’anneau.
- Dans la séance du 7 juillet dernier, en présentant k l’Académie une épreuve photographique de la même nébuleuse obtenue k l’Observatoire de Bordeaux par MM. Ray et et Courty en trois heures de pose, je signalais l’existence probable de trois et
- peut-être de quatre étoiles extrêmement faibles, qui n’avaient jamais été indiquées, formant un carré k peu près régulier autour de l’étoile centrale, dans la partie obscure de la nébuleuse. L’existence de trois au moins de ces très faibles étoiles est ici, grâce k la très longue durée de la pose, rendue absolument certaine; mais, dans l’image agrandie, elles se confondent un 'peu avec le bord intérieur de la nébuleuse. Ces très inléressants résultats font honneur k l’Observatoire d’Alger et k son habile directeur, M. Trépied. Us sont une nouvelle preuve de la puissance de pénétration des admirables objectifs de MM. Henry et des grands progrès qu’on en peut espérer pour la connaissance du Ciel.
- J’ai reçu au dernier moment une nouvelle photographie de la même nébuleuse avec neuf heures de pose en plusieurs soirées, obtenue k l’Observatoire de Toulouse. Il sera intéressant de comparer leurs deux agrandissements k la même échelle. Sur ce cliché, obtenu sur plaque de 0m,09x0m,12, représentant 3 degrés carrés de superficie, on compte environ 4800 étoiles; ce qui, pour une égale distribution, donnerait 64 millions d’étoiles pour toute la voûte céleste.
- Contre-Amiral Mouchez, de l’Institut.
- 1 Les dessins de cette nébuleuse, par Herschel (1833), par Lord Rosse (1844) et M. Trouvelot (1873), ne montrent pas l’étoile centrale. Ils indiquent à l’intérieur de l’anneau des traces de nébulosité dont le caractère-est très différent dans les trois dessins. - ' •
- Fac-similé de la photographie de la nébuleuse annulaire de la Lyre, exécutée à l’Observatoire d’Alger, par MM. Trépied et Rabourdin.
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- LES FORTS DE LÀ MEUSE
- ET LA MÉTALLURGIE FRANÇAISE
- Des expériences récentes, entreprises par la Compagnie de Saint-Chamond sur le polygone qu’elle possède, donnent une actualité nouvelle à la question des coupoles cuirassées. Il s’agissait d’éprouver les premières tourelles destinées à armer les tètes de ponts de Namur et de Liège et dont la commande a été donnée par le Gouvernement belge à 1 usine Cockcrill de Se-raing, en parti -cipation avec notre grand établissement métallurgique.
- Ces expériences ont eu lieu le ii et le 6 août dernier, en présence d’une com-mission d’officiers belges sous la présidence du général d’artillerieWauters. Elles avaient attiré un grand nombre d’officiers français, avec la gracieuse autorisation du Gouvernement belge. Le général Berge, l’éminent chef de notre 14e corps d’armée, est venu se rendre compte par lui-même des progrès réalisés et s’est tenu même dans les tourelles pendant que leurs canons effectuaient leur tir; il a pu s’assurer que la manœuvre s’exécute très simplement, très rapidement, et que l’on parvient à atténuer suffisamment la résonance assourdissante que produit si souvent le tir dans les engins de cette espèce.
- Il n’est pas sans un intérêt éminemment philosophique de constater que, pour le moment, ce sont les neutres qui donnent le curieux spectacle du plus grand déploiement d’activité en matière de fortification. C’est la Roumanie qui a ouvert la voie le jour où elle s’est découvert le besoin de fortifier sa capitale. Les expériences de Bucharest ont eu un retentissement mérité, car, en même temps quelles mettaient en présence deux maisons rivales, l’une
- allemande et l’autre française, elles ont permis de fixer un certain nombre de points controversés que soulevait la construction de ces engins peu connus.
- La Belgique vint ensuite. Son plus célèbre ingénieur militaire, le général Brialmont, a réussi à la convaincre que le seul moyen d’assurer sa neutralité était de se hérisser de places fortes; c’est pourquoi notre pacifique voisine a résolu de ponctuer les rives de la Meuse d’une longue série de forts construits sur des types absolument nouveaux.
- Les artilleurs brûlent de voir enfin comment les
- ingénieurs militaires auront relevé leur défi, et n’ont plus qu’un désir maintenant : c’est de tâter à bonne distance ces fameux forts de la Meuse, dans le seul but de constater si la fortification de l’avenir résistera mieux que celle du passé a leurs projectiles les plus récents.
- Le béton et le métal devaient forcément avoir le rôle prépondérant dans des ouvrages construits après les significatives expériences que ces dernières annéesont vu exécuter, tant à Bucharest qu’en Allemagne et en France. Le général Brialmont ne pouvait pas manquer, du reste, d’appliquer, à cet égard, les idées dont il s’est toujours fait le plus ardent promoteur, et son projet ne comporte pas moins de 147 coupoles métalliques, grandes et petites, campées sur des masses de béton considérables.
- En principe, tous les matériaux et le matériel devaient provenir de maisons belges; c’est ainsi que le syndicat des entrepreneurs des forts de la Meuse s’est assuré, pour trois ans, le monopole des ciments provenant des importantes fabriques de Niel et de Cronfestu. Tout le ciment nécessaire à la confection de plus d’un million de mètres cubes de béton, de 600 000 mètres carrés d’enduit, de 72 000 mètres carrés d’aire en béton revêtu de mortier de ciment
- Système des tourelles des forts de la Meuse. Type de M. le commandant Mougin.
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- Viendra converger sur Fléron où sont construits de vastes entrepôts desservant les divers chantiers.
- Quant au métal des coupoles, l’industrie locale, si bien outillée d’ailleurs pour les autres constructions métallurgiques, n’était pas susceptible d’exécuter ce genre de travail. Les maisons belges qui ont soumissionné la fourniture des cuirassements, ont donc été autorisées à s’associer aux usines étrangères les plus justement réputées pour leurs travaux militaires; ce sont : l’usine Grüson en Allemagne, et, en France, le Creusot, Châtillon et Commentry, Saint-Chamond enfin, qui, pour sa part, a eu à exécuter quatre grandes tourelles pour deux canons de 15 centimètres, et dix tourelles plus petites pour un canon de 12 centimètres, sans compter le métal des coupoles commandées à l’usine Grüson, que celle-ci se contentera d’usiner, après en avoir demandé la matière première à notre industrie, ce qui décerne, semble-t-il, à cette dernière, un brevet de supériorité sur ce point spécial.
- Si le type d’ensemble a été arrêté par le général Brialmont, une grande latitude a été laissée à chaque constructeur pour l’exécution et la conception des détails d’aménagement ou de mécanisme qui jouent un si grand rôle dans le bon fonctionnement des cuirassements mobiles. Les dispositions dont nous allons parler se rapportent plus spécialement aux tourelles construites par Saint-Chamond. Elles témoignent de la profonde compétence de l’ingénieur militaire de cette maison, le commandant Mougin.
- Ce qui distingue tout d’abord le système général adopté par les tourelles de la Meuse, c’est la préoccupation de réduire la partie mécanique à la plus extrême simplicité. Il y a là une véritable réaction contre la tendance qui s’était manifestée dans les expériences du camp de Châlons d’emprunter à l'outillage moderne tout ce qu’il possède de plus perfectionné pour mettre en branle la grosse masse des tourelles et des canons. Le général Brialmont a redouté que le fonctionnement d’appareils qui semblent délicats, par leur apparente complication tout au moins, ne fut pas suffisamment assuré. Nous ne croyons pas que les expériences en question aient justifié de pareilles craintes, car, jusqu’au bout et malgré le tir à outrance qu’elles avaient supporté, les coupoles du camp de Châlons n’ont pas cessé de manœuvrer avec aisance.
- Quoi qu’il en soit, les tourelles de la Meuse ne comporteront aucun moteur à vapeur; on a également supprimé les pivots centraux qui nécessitent habituellement des manœuvres de pompe hydraulique et encombrent les sous-sols. La couronne en tôlerie, qui supporte la carapace et constitue la muraille verticale, est munie à sa base de galets coniques roulant sur une cursive circulaire, à la manière des plaques tournantes. La rotation est obtenue au moyen d’un simple treuil à bras, placé dans le sous-sol et actionnant, par l’intermédiaire d’un pignon, une large couronne dentée fixée au plancher de la chambre à canon.
- La suppression du pivot central a pour conséquence heureuse de dégager le milieu de la construction, ce qui permet d’y placer les échelles d’accès, les puits où se meuvent les contrepoids des pièces, et les monte-charges destinés à amener, jusqu’à la culasse des canons, les munitions emmagasinées dans le sous-sol. Ces monte-charges sont très pratiquement construits : un simple rail pend verticalement du plancher supérieur et se déplace avec lui dans la rotation de la tourelle; à ses extrémités, se trouvent deux poulies sur lesquelles s’enroule la chaîne qui entraîne le panier où l’on dépose le projectile et la gargousse.
- Le fer laminé semble décidément le métal le plus favorable aux cuirassements terrestres, et l’on ne doit pas oublier que, la première, la Compagnie de Saint-Chamond en a préconisé l’emploi avec une prévoyance éclairée. C’est donc le fer laminé qui a été adopté pour les tourelles belges. La carapace a la forme d’une calotte sphérique très aplatie ; elle est constituée de trois plaques donnant deux joints parallèles bien ajustés à queue d’hironde. Le bord des plaques repose sur une sorte de corniche circulaire qui apporterait à tout l’ensemble une grande force de soutien, si les plaques venaient à être fendues par les projectiles de rupture.
- La plaque de milieu a une largeur uniforme et s’étend au-dessus des canons. Elle est percée, sur l'un de ces bords curvilignes, de deux embrasures aussi réduites qu’il est possible. Chacune de ces embrasures est creusée en forme de sphère et renferme une sorte de genou métallique la remplissant complètement et mobile autour de deux tourillons. La volée de la bouche à feu traverse cette sphère qui lui sert pour ainsi dire de manchon, de telle sorte qu’il n’existe, entre la pièce et les parois de l’embrasure, aucun jour par lequel puissent passer, non seulement un éclat de projectile si petit qu’il soit, mais encore les gaz qui s’échappent de la bouche à feu elle-même. Si l'on ajoute que la volée des pièces ne dépasse pas la surface extérieure du cuirassement, on comprendra qu’il sera très difficile de les atteindre et de les mettre hors de service.
- On a pris également les plus grandes précautions pour éviter que les gaz asphyxiants provenant des projectiles-torpilles qui pourraient éclater au-dessus du joint de la cuirasse mobile et de l’anneau d’avant-cuirasse, ne puissent pénétrer par là dans la tourelle; et, pour achever d’assurer dans la chambre à canon une atmosphère toujours respirable, on a installé à l’étage inférieur un ventilateur mû à bras d’hommes.
- La carapace métallique n’est percée que d’un seul trou, sur son sommet, pour permettre au chef de pièce d’y passer la tête. Le pointage se fait généralement par un étroit canal de visée percé sur le diamètre qui passe juste entre les deux canons, mais dans la direction opposée au tir.
- Nous aurons terminé cette courte description quand nous aurons mentionné les freins hydrauliques ima-
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- ginés par M. Darmancier, ingénieur technique de la Compagnie de Saint-Cliamond. Ces freins sont depuis longtemps en usage dans la marine où ils ont toujours donné les plus heureux résultats. Grâce à ces appareils, le recul des pièces de 15 est limité à 25 centimètres environ.
- Les expériences de réception consistaient en un tir énergique effectué par les pièces des tourelles, dans toutes les positions. Deux cents coups ont été tirés par les canons de 15 centimètres à la charge de 9 kilogrammes, la mise de feu étant faite soit par l’électricité, soit à la main au moyen d’étoupilles ordinaires. Une salve des deux pièces n’exige pas plus d’une minute et demie; d’autre part la rotation de la tourelle s’effectue généralement en deux minutes: on sera donc toujours prêt à tirer à chaque tour.
- Trente coups ont été tirés par le canon de 12 centimètres qui arme la petite tourelle, à la charge de •4ke,500. La durée de la rotation se réduit à une minute et demie; et le canon peut tirer un coup par minute. Il est presque inutile d’ajouter que 1 e-branlementproduit parle tir ne saurait endommager le mécanisme des tourelles ; l’expérience le confirme.
- En définitive, notre industrie métallurgique peut être fi ère de ce nouvel essai de sa vitalité. C’est avec un légitime orgueil que nous constatons la place qu’elle conquiert pour la fabrication des engins de guerre à côté des Krupp, desGrüson, des Armstrong et à leur détriment. Notre satisfaction est d’autant plus grande que ce n’est pas seulement à nos amis, les neutres, que nos usines auront à fournir leurs produits, mais aussi aux places fortes qui défendent nos frontières. Ces superbes ouvrages, bardés de fer, ne laissent pas d’inspirer confiance, à quelque système qu’ils appartiennent; or la Compagnie de Saint-Chamond notamment peut en offrir des types .assez variés pour qu’on ait le seul embarras du choix, depuis les cuirasses fixes destinées aux casemates au moyen desquelles la Suisse — encore un neutre — compte défendre le débouché du Saint-Gothard, jusqu’aux petites tourelles à éclipse, armées de canons 'a tir rapide, dont le Danemark a besoin pour défendre ses fortifications côtières.
- Nous avouons un certain faible, toutefois, pour la coupole oscillante si ingénieusement conçue par le commandant Mougin, lame du service des cuirassements de cette importante Société. C’est plus simple encore que toutes les tourelles à rotation et à éclipse; c’est plus rustique et plus massif; et lorsqu’on songe au tout petit déplacement qui suffit à faire disparaître les embrasures sous l’anneau d’avant-cuirasse, on ne peut s’empêcher d’être séduit.
- L’occasion se présentera bientôt d’en reparler, car une tourelle de ce genre est en construction à Saint-Chamond et pourrait bien servir de type à l’armement définitif des forts de Bucharest. On a fait quelque bruit, il est vrai, il y a quelques jours à peine, autour des expériences faites, en Allemagne, au polygone de Buckau-Magdebourg, sur une cou-
- pole Grüson absolument sans recul. La réclame s’en mêlant, la presse a retenti d’enthousiasme facile.
- Mais à la vérité, si nos usines n’ont pas cherché dans cette voie la solution du problème, c’est que nos ingénieurs ne croient pas à l’utilité de la suppression du recul. Le jour où cette utilité nous serait démontrée, les difficultés d’exécution ne sont pas pour nous arrêter. Il y a là en présence deux écoles distinctes : l’école française persiste à croire-qu’il vaut mieux laisser la pièce reculer doucement de 25 centimètres sur son affût que d’annihiler brusquement un effort de plusieurs millions de kilogrammètres qui ne peuvent être qu’une cause de vibrations perturbatrices. La tourelle sans recul pèse plus et coûte plus que l’autre: c’est payer trop cher un avantage illusoire. G. Béthuys.
- LA SCIENCE AU THEATRE1
- LE CARILLON DU BALLET (( LE RÊVE )) A L’OPERA DE PARIS
- Nous avons donné, dans notre dernier numéro, quelques renseignements sur la construction et la manœuvre du grand éventail qui figure dans la décoration du Rêve, le ballet de M. Gastinel que l’on joue en ce moment à l’Opéra de Paris. Nous nous proposons de décrire aujourd’hui un nouvel instrument destiné à imiter le son des cloches, le codo-nophone, dont il vient d’être fait usage, pour la première fois, dans ce même ballet.
- La Nature a déjà publié2 une étude sur les instruments destinés à remplacer les cloches au théâtre, et plus spécialement sur la cloche à renflement de M. Sax, employée à l’Opéra pour produire des sons de bourdon dans Patrie. Nous rappellerons que cette cloche est formée d’une feuille de laiton enroulée en forme de cornet et sur laquelle ont été produits au marteau une série de renflements. Le timbre, la hauteur, l’intensité du son varient d’après le nombre, la forme, la disposition des renflements. Avec cette cloche qui ne pèse que 7 kilogrammes, on peut obtenir la même note qu’avec une cloche ordinaire de plusieurs milliers de kilogrammes. Mais pour renforcer le son et prolonger les vibrations on est obligé d’user d’un artifice: en même temps qu’on frappe sur cet instrument, un saxhorn basse et un saxhorn contrebasse donnent la même note à l’unisson, pendant qu’une cloche ordinaire de 100 kilogrammes la donne aussi, mais à deux octaves au-dessus.
- On admet généralement que le nombre des vibrations d’une cloche varie en raison inverse de la racine cubique de son poids, c’est-à-dire que celui-ci croit très rapidement avec la gravité du son. Et comme les cloches sont toujours lourdes et coûteuses, eu égard à la note qu’elles donnent, on comprend l’intérêt qu’il peut y avoir à produire cette même note avec des instruments plus légers, surtout au théâtre où l’on n’a pas besoin de la même intensité
- 1 Voy. n° 908, du 25 octobre 1890, p. 555.
- 2 Voy. n° 733, du 18 juin 1887, p. 39.
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- de son qu’à l’air libre. Le codonophone se compose, d’une série de tubes en laiton, suspendus verticalement; lorsqu’on les frappe avec un marteau, ils entrent en vibration et rendent un son semblable à celui des cloches.
- Ces tubes ont tous un diamètre de 36 millimètres et une épaisseur de 3 millimètres. Leur longueur varie suivant la note à produire; elle se détermine au moyen d’une tige en fer traversant le tube 'a chacune de ses extrémités et rivée extérieurement de chaque côté.
- M. Lapissida, régisseur général de l’Opéra, ayant remarqué quelques-uns de ces tubes exposés 'a Bruxcllesenl887 par un fabricant de Birmingham, les signala à son directeur, M.
- Gailhard, qui eut l’idée de les utiliser dans le Rêve.
- Avec les tubes qu’il put se procurer en Angleterre, M. Gailhard parvint à constituer un véritable carillon. 11 les confia ensuite à M. Lacape, facteur de pianos à Paris, qui sut en tirer habilement parti pour fabriquer l’instrument représenté par notre gravure.
- Cet instrument comprend en tout vingt-cinq tubes donnant des sons d’une étendue de deux octaves, d’ut à ut clef de sol, et d’une pureté acoustique très satisfaisante. Au moyen des touches d’un clavier et par l’intermédiaire d’un mécanisme très simple, analogue à celui d’un piano, on met en action des marteaux à échappement qui viennent frapper sur les tubes.
- La note la plus basse est donnée par un tube de lm,85 de longueur, qui pèse environ 3 kilogrammes et demi et équivaut à une cloche de 80 kilogrammes. Les autres tubes vont en diminuant graduellement jusqu’au vingt-cinquième qui a 0m,90 de longueur
- et équivaut à une cloche de 53 kilogrammes. Les vingt-cinq tubes ensemble ne pèsent pas 100 kilogrammes et remplacent un carillon de cloches d’un poids de 1500 à 2000 kilogrammes.
- On voit qu’eu somme le codonophone du Rêve donne des sons analogues à ceux de .ce que l’on appelle le carillon aigu de village. Pour obtenir des notes plus graves, il faudrait employer des tubes plus longs et de plus grand diamètre. Cependant,
- pour des sonsanalogues à ceux des bourdons, il serait, croyons-nous, préférable de construire de grands ressorts en spirale, comme ceux qui existaient autrefois dans certaines cathédrales, ou dans le genre de ceux des montres à répétition.
- Dans le Rhein-gold de R. Wagner on emploie une énorme corde de contrebasse que l’on fait vibrer dans une caisse sonore. Dans le Parsifal du même auteur, à Bayreuth, on frappe avec des marteaux sur de grands tubes métalliques, eri même temps qu’on fait vibrer à l’unisson de grandes cordes de contrebasse et des tam-tams. Le codonophoneconstitue un nouvel instrument de musique imitant assez bien les cloches et susceptible d’être fréquemment utilisé au théâtre et même d’être introduit dans les orchestres. Il réalise assurément un progrès considérable sur les claviers formés de simples barres de métal que l’on emploie dans beaucoup de théâtres en Allemagne pour imiter de petits carillons. Son poids et son prix, relativement peu élevés, comparativement.aux cloches, pourront peut-être aussi lui faire trouver des applications dans les églises et les châteaux.
- Ch Talaksier.
- Le codonophone, nouvel instrument de musique destiné à imiter les cloches.
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- LES RACES DE CHIENS1
- Fig. 1. — Chiens courants gascons-ariégeois, de la meute de M. Raoul Aldebert, de Millau (Aveyron).
- La chasse aux chiens courants est le mode le plus ancien qu’ait pratiqué l’homme, et, au moyen âge, sous le nom de vénerie, cette chasse constituait un art auquel s’adonnaient avec passion les grands seigneurs et les têtes couronnées; elle était interdite aux gens du commun, bourgeois ou vilains.
- Dans l’antiquité, on rassemblait déjà les chiens de chasse en troupes, mais la composition de ces meutes était assez hétérogène, obligé qu’on était de réunir des animaux d’aptitudes très différentes : les uns, rapides à la course; les autres, à odorat très fin, habiles à découvrir les tra-
- 1 Suite.— Yoy. n° 897, du 9 août 1890, p. 147.
- ces du gibier ; d’autres enfin, remarquables par leur force et leur cruauté, destinés à avoir raison des
- bêtes fauves les plus féroces. Ovide, dans sa fable d’Actéon transformé en cerf et dévoré par ses chiens, nous donne de curieux renseignements sur la constitution des meutes dans l’antiquité et sur l’origine des chiens; voici comment était composée la meute d’Actéon :
- « ...Ses chiens l’aperçoivent.M#-lampe et Ichno-bate en donnent les premiers des signes par leurs aboiements; celui-ci vient de Sparte, celui-là de Crète. Les autres accourent aussitôt avec la légèreté des vents : Pamphagus, Dorcée, Oribase, tous trois d’Arcadie; le courageux Nébrophon, le cruel Thé-
- Fig. 2. — Chien courant grifïon-niveruais, de la race améliorée de M. Étienne Coste.
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- ron, suivis de Lelape, Ptérelas et Ayré, l’un si rapide à la course, l’autre si adroit à découvrir les traces du gibier; Hylé blessé depuis peu par un sanglier farouche; Napé qui naquit d’un loup; Pé-mène qui avait autrefois marché à la suite des troupeaux; Harpye accompagnée de ses deux petits; Ladon de Sicyone avec ses flancs resserrés ; Promus, Canas, Sticte, Tigre, Alcé, Leucon, dont la blancheur égale celle de la neige; le noir Arbo, le fort Lacon, Aëlo qui est si légère, Thoüs, Lyciscas et son frère Cyprius; Harpale dont le corps est noir avec une tache blanche au front; Melane, Lachné qui a tous ses poils hérissés, Labros, Ayriode, Hy-lactor à la voix aiguë, tous les trois d’un père de Crète et d’une mère de Sparte, et plusieurs autres enfin dont les noms seraient trop longs à rapporter. »
- Comme on voit, il y avait, dans la meute d’Ac-téon, des chiens légers à la course, rapides comme le vent, aux flancs resserrés, c’est-à-dire des lévriers; des chiens à poils hérissés; d’autres à poils laineux ; des chiens ayant suivi les troupeaux, c’est-à-dire des chiens de bergers; d’autres enfin qui étaient des métis de loup.
- Les Gaulois, au dire de Pline, aimaient beaucoup aussi avoir comme chiens de tête, à leurs meutes, des métis de loup.
- C’est de la promiscuité, du mélange de ces différentes races ou espèces, qu’est né le chien courant ; et la preuve, c’est que, encore aujourd’hui, si le chien courant a le nez fin du chien de berger, il a tout l’égoïsme du lévrier et souvent toute la férocité du loup : on sait, en effet, que les chiens courants chassent pour eux-mêmes et non pour leur maître, et que, si celui-ci n’arrive pas à temps pour sauver le gibier que ses chiens ont pris, il est immédiatement dévoré par eux. On peut voir à la vénerie de la Morlaye, en forêt de Chantilly, chez M. Servant, la tête empaillée d’un chien courant de son vautrait, qu’on fut obligé d’abattre tellement il était méchant : il aurait dévoré les piqueurs. Tous les journaux ont rapporté, il y a quelques semaines, la mort tragique de l’enfant d’un valet de chiens de l’empereur de Russie, qui a été dévoré par les chiens de la meute que soignait son père.
- Au moyen âge, les meutes, surtout celles pour la chasse à la grosse bête, étaient encore composées d’un mélange de grands et puissants lévriers et de très forts chiens qu’on nommait alans, et qui sont représentés actuellement par les dogues allemands. On se servait alors, pour dépister le gibier, de chiens spéciaux à nez très fin qu’on nommait limiers.
- A l’époque de la Renaissance et surtout sous Charles IX, les lévriers et les alans avaient disparu des meutes, et l’ancien limier, le vrai chien courant, les constituait presque entièrement.
- Un des principaux centres de production de l’ancien limier était l’abbaye de Saint-Hubert, dans les Ardennes, qui, par redevances annuelles, en entretenait les meutes de la cour de France. Ces chiens de
- Saint-Hubert étaient à poil ras et de deux couleurs : les uns étaient blancs, et étaient encore appelés grands chiens blancs du roi ; les autres étaient noirs avec du feu (roux vif) dans les régions inférieures. Ils existent encore en Angleterre sous le nom de Bloodhounds.
- Outre l’abbaye de Saint-Hubert il y avait encore, à la même époque, d’autres centres de production de chiens courants : la Bretagne produisait des chiens à pelage fauve et hirsute, et la Bresse des griffons gris sale.
- Tous nos chiens courants actuels dérivent des chiens blancs, noirs, fauves et gris, contemporains de Charles IX et de Jacques du Fouilloux, qui les décrivent longuement.
- Actuellement, presque chaque ancienne province a sa race de chiens courants résultant de la combinaison de deux ou trois des anciennes races précédentes, plus de l’influence du terroir, de l’éducation et des sélections commandées par les goûts particuliers des éleveurs de ces chiens.
- Nous allons passer en revue, ou plutôt signaler les plus marquantes de ces races, qui ne diffèrent guère que par la couleur et la texture de la robe, par la taille et encore par quelques caractères extérieurs ou moraux, car tous les chiens courants ont des caractères communs qui sont les suivants : un corps un peu plus élevé du derrière que du devant, conformation qu’on retrouve chez tous les animaux qui courent bien; des jambes sèches et nerveuses; le pied petit, sec, nerveux et allongé; le jarret droit; la cuisse bien gigotée (musclée) et bien détachée du corps; la queue forte près des reins, relevée en sabre et finissant en queue de rat. La tête est plus longue que grosse et le front paraît étroit ; les naseaux sont très ouverts; les babines pendantes; les oreilles minces, larges, plates, longues, dépassant le nez, et bien tombantes.
- Les races de chiens courants français se divisent en grandes races, ou chiens d’ordre, et en petites races et briquets. Presque chaque grande race a ses bâtards, résultant de son croisement avec le chien de renard anglais (foxhound) et quelques-unes même ont été presque entièrement absorbées par ces derniers. Il n’y a guère que les races de chiens courants du Midi qui se sont conservées pures.
- Les chiens de Gascogne sont de la plus haute taille (65 à 70 centimètres) à grandes taches noires sur le dos et sur la tête, les parties blanches fortement mouchetées de noir à reflet lie de vin (ces nombreuses mouchetures noires sur fond blanc caractérisent ce qu’on appelle bleu). Ils ont souvent du feu au-dessus des yeux et aux pattes. La tête est longue, à oreilles très longues et papillotées, à nez très large; à yeux à paupière inférieure tombante laissant voir la conjonctive rouge.
- Les chiens de Saintonge ressemblent aux chiens de Gascogne, mais ils ont un peu plus de blanc dans la robe et ce blanc n’est pas moucheté.
- Le croisement des chiens de Gascogne et des
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- chiens saintongeois a donné lieu à la race de Vire-lade créée par M. de Carayon-Latour. Et le sang de la race de Virelade infusé aux grands briquets de l’Ariège a donné la belle race de M. Aldebert, de Millau, dont la gravure (fig. 1) représente un échantillon.
- Les chiens vendéens, blancs, avec quelques taches fauves, de M. de Baudry d’Asson, sont les descendants directs des grands chiens blancs de Charles IX, avec une petite addition de sang des chiens de Bretagne accusée par leurs taches fauves et par le poil dur hérissé (griffon) de la plupart d’entre eux.
- Les chiens fauves de Bretagne existent toujours comme au temps de Jacques du Fouilloux et sont religieusement conservés purs par M. de Lamandé. Us sont un peu plus petits que les précédents, et tout le monde a pu les admirer à l’Exposition des Tuileries de l’année dernière.
- Les chiens du Haut-Poitou sont tricolores, c’est-à-dire qu’ils ont le manteau noir, la tète et les oreilles fauves et les régions inférieures blanches. Cette race a presque entièrement disparu, par suite de son croisement avec le Foxhound. Cependant l’éminent veneur, M.' Servant, est arrivé à reconstituer une meute de Poitevins purs, qui excite l’admiration des connaisseurs par ses hauts faits dans les chasses aux cerfs de la forêt de Chantilly.
- Les chiens normands ressemblent beaucoup aux précédents dont ils ont été certainement une des souches ; ils en diffèrent par leur nez busqué et par moins de noir dans la robe, cette couleur étant souvent remplacée par du gris louvet.
- Les chiens d'Artois, qui n’ont le plus souvent que 50 à 55 centimètres de taille, sont aussi tricolores et remarquables par leur tête courte, leur nez relevé et leurs longues oreilles. Ils commencent la série des briquets.
- Les chiens franc-comtois, ou chiens porcelaine, sont de charmants petits chiens courants, ne dépassant guère 50 centimètres à l’épaule, presque entièrement blancs avec des taches orange aux oreilles et quelques rares taches de même couleur sur le dos, ou à la naissance de la queue.
- Les griffons nivernais purs, qui sont, comme leur nom l’indique, à poils durs, hérissés, barbus et moustachus, sont de couleur gris foncé brunâtre; ils sont devenus assez rares et la petite meute de M. Veil-Picard, qui figurait à l’Exposition des Tuileries de l'année dernière, est peut-être la seule qui existe ; par contre, les griffons nivernais tricolores, améliorés par M. E. Coste par le mélange, aux nivernais, du sang vendéen et d’un peu de sang anglais, tend à remplacer l’ancienne race.
- Telles sont les principales races de chiens courants français. Mais nous avons encore en France, et figurant souvent dans nos Expositions canines, des meutes de chiens purs anglais et surtout des meutes de bâtards produits du croisement de ceux-ci avec nos chiens français poitevins, saintongeois et surtout normands.
- Les grands chiens courants anglais que nos veneurs, férus d’anglomanie, importent de la Grande-Bretagne, sont les Staghounds et les Foxhounds qui ne diffèrent guère entre eux que par la taille, les premiers mesurant de 65 à 75 centimètres, et les seconds de 60 à 65 ; les uns et les autres sont tricolores, c’est-à-dire à manteau noir, à tête fauve et à régions inférieures blanches ; leurs membres sont plus fortement charpentés que ceux des chiens français, dont cependant ils dérivent, car ils descendent directement des nombreux chiens normands importés en Angleterre sous Henri IV, Louis XIII, Louis XIV et Louis XV. Seulement nos voisins les ont appropriés à leur sport de prédilection, la chasse au renard, qui exige beaucoup de fonds et de vitesse; à ce jeu ces chiens ont perdu la voix que nos chiens français ont si remarquable et qui est si prisée des veneurs continentaux. Des meutes de purs Foxhounds existent à Pau, où l’on chasse le renard comme en Angleterre, et chez quelques veneurs du centre de la France. M. Servant possède, dans sa vénerie de Chantilly, une belle meute de Staghounds qui est son vautrait, car elle ne chasse que le sanglier. Enfin les meutes de bâtards anglo-français, comme nous le disons plus haut, sont très nombreux dans notre pays.
- Les Anglais ont d’autres chiens courants plus petits que les précédents, quoique de même couleur; ce sont les Harriers qui chassent spécialement le lièvre et qui ont la taille de nos chiens franc-comtois, avec lesquels, du reste, ils ont beaucoup d’analogie, et les Beagles, véritables miniatures de chiens courants : « C’est, dit M. Le Couteulx, un Foxhound vu par le gros bout d’une lorgnette. »
- Les Beagles ont été introduits en France et font l’objet d’un élevage suivi. On cite, entre autres, la meute de Beagles de MM. Roger et Henri de la Borde, qui constituait un des principaux ornements de l’Exposition canine des Tuileries de cette année.
- Pour en terminer avec les chiens courants, nous avons encore à dire un mot des Bassets, chiens essentiellement français et qui sont certainement dérivés de nos anciennes races et en particulier du chien normand et du chien d’Artois dont ils ont conservé la tête avec les longues oreilles et le corps, sur des pattes arrêtées dans leur développement et plus ou moins torses. On distingue dans les bassets du Nord deux variétés : la variété Lanne, qui représente plus spécialement le chien normand, et la variété Le Couteulx qui représente le chien d’Artois. Il y a aussi au Havre et dans l’Ouest des meutes de bassets griffons qui dérivent des chiens de Vendée et de Bretagne et qui sont généralement à pattes droites.
- Enfin nous avons aussi en France d’assez nombreux représentants d’un basset noir, avec le dessous du corps et les pattes rousses (feu) qui est d’origine allemande.
- — A suivre. — P. MÉGNIN.
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- HISTOIRE DES BA.LLONS
- PAR GASTON TISSANDIER
- Nos lecteurs savent assurément, par les nombreux articles qu’ils ont pu lire dans La Nature, que nous avons formé depuis vingt ans une collection de tous les documents qu’il nous a été donné de recueillir sur l’histoire des ballons. Cette collection, qui a été placée sous les yeux des visiteurs de l’Exposition universelle de 1889, nous a souvent valu des éloges qui nous ont fait compren-dreque nos efforts et nos recherches n’avaient pas été inutiles. Autographes et manuscrits, livres et brochures, tableaux et dessins originaux, gravures et estampes, objets d’art divers, nous ont fourni la base d’une Histoire des ballons qui a été publiée avec un très grand luxe par la librairie artistique Launette et Clel. Le premier volume de cette histoire des ballons a paru en 4 8871 2 * * * * * 8. Le second volume qui complète l’ouvrage, est aujourd’hui achevé. Comme le premier tome, il ne contient que des documents originaux, et continue l’histoire de l’aéronautique depuis le commencement de notre siècle jusqu’à nos jours. Nous avons reproduit ci-contre, par la gravure sur bois et en les réduisant plus ou moins, deux têtes de chapitre (fig. 1 et 2) et une planche hors texte (fig. 3).
- 1 Chaque volume de l'Histoire des ballons, du format grand
- in-8°, comprend 15 chapitres, illustrés de têtes ae chapitre, de
- lettres ornées et de cul-de-lampe, tirés en taille-douce. L’ou-
- vrage renferme, en outre, 20 planches hors texte en taille-
- douce, 24 gravures en couleur et un frontispice gravé en taille-
- douce, de Maurice Leloir. (Librairie artistique Launette et Cie,
- G. Boudet, successeur, 179, boulevard Saint-Germain, Paris.
- 8 Vov. n° 722, du 2 avril 1887, p. 287».
- Après le succès éclatant des premières expériences aéronautiques, l’histoire des ballons, au commencement du dix-neuvième siècle, paraît tendre à se confiner dans le domaine des spectacles populaires. 11 n’y avait pas de réjouissance publique pendant laquelle Garnerin ne se montrât à la foule avec son
- ballon. La gravure ci-contre (fig. 1) reproduit une peinture de 1801 où l’aéro-naute des fêtes officielless’ap-prête à exécuter une ascension, d’un bateau retenu au milieu de la Seine. Les voyages aériens scientifiques ne tardèrent pas d’ailleurs à être remis en vigueur par les ascensions de Robertson, et, un peu plus tard, de Gay-Lussac.
- Après le mémorable voyage de Gay-Lussac, les ballons ne servent plus guère qu’aux fêtes officielles. Garnerin avait, sous le premier Empire, le titre d'aérostier des fêtes publiques. Mme Blanchard lui succéda après le sacre de Napoléon Ier en 1804. C’était une femme énergique et intelligente. Elle avait épousé l’aéronaute Blanchard, et se familiarisa de bonne heure avec l’aéronautique. Quand son mari mourut, en 1808, elle continua seule, avec la plus grande activité, k exercer la profession d’aéronaute. Lors du mariage de l’Empereur avec l’archiduchesse d’Autriche Marie-Louise, le 24 juin 1810, une grande fête fut offerte par la garde impériale k Leurs Majestés. Cette fête eut lieu au Champ de Mars, où de vastes tribunes d’honneur avaient été dressées k l’Ecole militaire, entre les colonnades de la façade du monument. Mme Blanchard apparut aux yeux de la foule dans la nacelle d’un ballon magnifiquement orné, qui fut conduit vers l’École militaire où se trouvaient réunis l’Empereur, l’Impératrice et toute la cour. Au moment d’un signal convenu, l’aéro-
- Fig. 1. — Ascension de Garnerin exécutée sur la Seine à Paris, en 1801. (D’après une aquarelle originale.)
- Fig. 2. — Portrait de 11"' Blanchard. (D’après un dessin original de Jacob, en 1811.)
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- naute s’éleva lentement dans l'espace en saluant avec un drapeau qu’elle tenait à la main. — Lors de la rentrée du roi Louis XVIII, à Paris, le 3 mai 1814, le cortège des Bourbons défila sur le Pont-Neuf où des temples provisoires avaient été construits. Mme Blanchard s’éleva encore en ballon et de nombreux aérostats de baudruche furent lancés de l’ilc Saint-Louis en signe de réjouissance.
- Elle continua à exécuter ses expériences aéronautiques et ses descentes en parachute, au jardin de Tivoli à Paris. Elle lut victime d’un terrible accident qui causa sa mort ; ayant voulu tirer un feu d’artifice dans son ballon, elle y mit le feu, et fut précipitée sur un toit d’une maison de la rue de Provence; son corps retomba dans la rue et fut broyé par le choc.
- Mme Blanchard mourut ainsi, dans sa quarante-deuxième année.
- C’étaitunefemme de peu d’instruction, mais intelligente, ayant le goût des arts et beaucoup d’esprit naturel. Nous en reproduisons le portrait d’après un dessin original du temps (fig. 2).
- Après avoir retracé l’histoire des aéronautes étrangers Green,
- Sadler, etc., avoir passé en revue les travaux, les expériences ou les projets de Dupuis-Delcourt, Lennox, Petin, après avoir raconté les tentatives des aviateurs, décrit les ascensions célèbres des Godard et des Poitevin, résumé l’épopée du ballon le Géant de Nadar, retracé les travaux et les expériences des Giffard et des Dupuy de Lomé, nous consacrons un chapitre tout entier de l’ouvrage aux ballons du siège de Paris. Nous reproduisons ci-dessus le dramatique tableau (fig. 3) qu’un artiste de grand talent, M. Myrbach, a bien voulu nous offrir, et qui représente, d’après les indications que que nous lui avions données, le marin Prince, perdu en mer après avoir quitté en ballon, Paris investi.
- Le marin Prince et le soldat Lacaze, partis de Paris, le premier à 11 heures du soir, le 30 novembre, le second à 3 heures du matin, le 27 janvier 1871, se trouvèrent emportés sur l’Atlantique; quelques spectateurs effrayés les ont vus disparaître au loin vers l’horizon de la mer, hélas! pour ne plus revenir. Nul n’a jamais su en quel point de l’Océan les flots se sont refermés sur ces deux martyrs de la foi patriotique. Nul ne racontera quelles souffrances ils ont endurées, quelles angoisses ont déchiré leurs âmes, quelles larmes de désespoir, au
- souvenir de la famille et de la patrie lointaine, ont mouillé leurs yeux. Nul ne pourra soupçonner les longues tortures qui ont précédé la plus glorieuse, mais la plus cruelle des morts.
- Après l’histoire dramatique des ballons du siège de Paris, nous arrivons aux expériences toutes récentes de navigation aérienne, et aux aérostats militaires modernes. Ces chapitres sont illustrés par des artistes contemporains, MM. Adrien Marie, Albert Tissan-dier, Gilbert, Fraipont, Robi-da, qui ont bien voulu prêter le concours de leur talent à notre'œu-vre. M. Maurice Leloir, avec son incomparable pinceau, a représenté la nacelle moderne d’un aérostat, et M. Loustau-nau, le célèbre peintre militaire, a illustré avec beaucoup d’art la partie du livre qui traite des ballons militaires et qui signale leur application en France et à l’étranger.
- Un chapitre du livre est consacré aux ascensions scientifiques, un autre aux grandes catastrophes dont l’atmosphère a été le théâtre.
- Là, se termine, jusqu’à nos jours, l’histoire des ballons, histoire presque toute française qui commence avec les frères Montgolfier. Remplie d’événements émouvants et dramatiques, cette histoire çst
- Fig. 3. — Ballon du siège de Paris perdu en mer le 30 novembre 1870. Mort du marin Prince. (D’après une aquarelle de M. Myrbach.)
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- LA NATURE.
- particulièrement touchante, parce qu’elle est sanctionnée tout à la fois par le génie de l’inventeur, la hardiesse de l’explorateur, le courage du patriote et l’abnégation du martyr. Nul doute qu’elle ne s’arrêtera pas aux faits contemporains : nous avons la persuasion, pour notre part, que l’avenir lui réserve de grands horizons.
- Gaston Tissandier.
- —*<>-•—
- CHRONIQUE
- D'Europe en Amérique en trois jours et demi.
- — Dans la précédente livraison de La Nature *, un des collaborateurs de cette Revue étudie les développements de la marine marchande et arrive à cette conclusion que, en augmentant encore la vitesse de nos steamers, on arrivera bientôt à passer du vieux monde au nouveau, c’est-à-dire d’Europe en Amérique en moins de six jours. C’est absolument mon avis en ce qui concerne la traversée du Havre à New-York. Je ne doute nullement que l’on n’arrive, dans un avenir prochain, à faire régulièrement cette traversée en cinq jours et demi, peut-être même en cinq jours. Mais je pense que d’ici peu on aura une roule beaucoup plus courte et plus rapide que celle-là pour aller en Amérique, une route qui n’exigera que trois à quatre jours de traversée et qui pourra devenir promptement la route la plus suivie par tous les voyageurs des deux mondes qui redoutent le mal de mer et aiment mieux rester un ou deux jours de plus en chemin de fer que de passer le même temps sur les flots souvent agités de l’Atlantique. Quand j’ai quitté le Canada, il y a deux mois, j’ai eu l’occasion de causer, durant mes derniers jours de séjour dans ce pays, avec un ingénieur anglais, qui prenait à ce moment même la direction d’une expédition d’exploration sur les côtes du Labrador pour y étudier le tracé d’un chemin de fer partant de Québec et aboutissant au cap Charles sur la côte est du Labrador, juste au-dessus de Belle-Isle. Or, de ce point à un autre cap situé au nord-ouest de l’Ecosse, le cap Wrath, il n’y a que 1550 milles de distance, ce qui permettrait à un navire ayant la vitesse moyenne de 385 milles par jour de faire .la traversée en quatre jours. Avec des navires à marche rapide, tels que la Bretagne qui marche avec une vitesse moyenne de 425 milles par jour, on arrivera à faire cette traversée en trois jours à trois jours et demi. Du cap Charles (Labrador) on pourra aller en trains rapides par Québec à New-York en quarante-huit heures. On pourra de même se rendre facilement de Paris au cap Wrath (Ecosse) en un jour et demi ; de sorte que, par cette voie, on arrivera à se rendre de Paris à New-York en six jours et demi à sept jours de voyage, mais avec le minimum de séjour en mer, immense progrès dont bien des voyageurs apprécieront l’avantage. Un syndicat de banquiers de New-York et de Londres est à la tète de cette belle entreprise et a résolu d’y consacrer quelques millions. Il a nolisé le navire à vapeur l’Alerte pour suivre pas à pas l’expédition et la ravitailler de poste en poste. À. Ladureau.
- Application de l'électricité au contrôle optique de la marche des machines. — Une importante imprimerie américaine, celle de M. Cook, d’Elgin (Illinois), vient de réaliser une intéressante application
- 1 Voy. n° 908, du 25 octobre 1890, p. 520.
- de l’électricité au contrôle permanent des multiples machines à imprimer de l’atelier. Voici, d’après le Daily News, comment s’effectue ce contrôle. Dans le bureau du prote sont disposées un certain nombre de lampes à incandescence, et ces lampes sont placées dans des casiers méthodiquement classés, sur un tableau présentant l’aspect général d’un tableau annonciateur, analogue à ceux que l’on emploie dans les hôtels. Les lampes sont dissimulées à la vue, mais elles éclairent par transparence des verres diversement colorés placés devant chacun des compartiments qui les renferment, chacun des compartiments portant un verre d’une couleur spéciale. Chacune des lampes est reliée 'par un conducteur au compteur automatique à l’une des grandes presses placées à une certaine distance du bureau du surveillant. Lorsque les presses sont en fonction, le circuit électrique de chaque lampe est alternativement fermé et* ouvert sur la machine dynamo-électrique qui sert en même temps à l’éclairage de l’imprimerie, et chacune des fermetures de circuit sur une lampe, produit un éclat caractéristique. Chaque feuille imprimée se traduit donc au bureau du prote par un signal optique avec lequel il se familiarise très vite; la rapidité de succession de ces éclats lui indique la marche plus ou moins normale de chacune des presses, les accélérations, les ralentissements, les arrêts et tous les nombreux incidents de la fabrication. 11 n’est pas sans intérêt de signaler à ce propos que les grandes presses mécaniques actuelles, sont si perfectionnées et si rapides dans leur travail, qu’il a fallu ne produire un éclat que pour deux feuilles imprimées, au lieu de le produire pour chaque feuille, car, dans ce dernier cas, les éclats se succédaient si rapidement qu’ils donnaient à la lumière l’aspect d’un éclairage continu. Même en ne produisant une émission de courant que pour chaque deux feuilles, les variations d’éclat sont encore très faibles, et l’on a quelque peine à les suivre si on n’y est pas habitué. Cette ingénieuse application ne restera certainement pas limitée aux presses d’imprimerie, et le procédé rendra de sérieux services dans tous les ateliers où une surveillance continue du travail est une condition essentielle de bonne fabrication.
- Le stock des diamants du monde. — Le stock des diamants du monde s’est accru dans des proportions énormes pendant ces quinze dernières années, si l’on en croit notre confrère Iron. En 1876, la production des mines africaines était de 1 500 000 carats, l’année dernière elle s’élevait à 4 000 000 de carats. Malgré cette production, la demande de diamants augmente chaque année, et leur prix s’est élevé aujourd’hui en partie à cause d’une sorte d’accaparement de la production par certains spéculateurs, en partie par l’accroissement de la demande. A ce point de vue au moins, l’industrie du diamant diffère de toutes les autres industries, en ce sens que le produit n’est jamais consommé. Pour l’or et l’argent, il se produit une consommation ou perte beaucoup plus grande qu’on ne se l’imagine ordinairement, mais un diamant, une fois taillé, augmente le stock, et peut paraître et reparaître sur le marché à un moment quelconque. L’emploi croissant des diamants, malgré la hausse, est un indice de la somme de bénéfices employés chaque année pour cette forme particulière du luxe. Avec le développement de cette industrie se sont évanouies la légende et la poésie qui l’entouraient à ses débuts. Aujourd’hui toute la question se réduit à produire d’énormes excavations, à laver la terre à la machine, et à en retirer les pierres précieuses qui, après un classement grossier, sont
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- simplement vendues au poids. Les ouvriers qui se livrent à ce travail sont de simples manœuvres et leur salaire est relativement peu élevé.
- Amélioration de terrains crayeux. — Le
- Comice agricole de Reims a tenu, dans le courant de l’été dernier, un concours d’un intérêt exceptionnel. En effet, il s’agissait de constater comment le canton, jadis le plus pauvre, le plus stérile de la Champagne, dite pouilleuse, a pu réaliser, en une vingtaine d’années, des transformations telles qu’aujourd’hui les agriculteurs obtiennent des récoltes de blé de 25 à 30 hectolitres et des récoltes fourragères à l’avenant, dans ces terres crayeuses qui, il y a trente ans, ne trouvaient pas d’acheteurs, au prix de 160 francs l’hectare, et où aujourd’hui on trouve des fermes où la culture intensive rivalise avec celle des contrées à sols fertiles et plantureux. Les engrais chimiques ont eu une part notable dans ces améliorations; mais les cultivateurs s’en sont servis pour augmenter leurs ressources fourragères et enrichir leurs terres des fumiers qui en étaient le produit. L’emploi des instruments perfectionnés a joué un rôle important dans ces améliorations. Le Comice de Reims a constaté que nulle part on n’y fait un usage aussi général d’instruments, notamment de moissonneuses. Le principal lauréat du Comice a été M. Legros-Guimhert, propriétaire agriculteur à Morain-villiers. Sa propriété, formée d’achats successifs de terrés crayeuses payées en moyenne 200 francs l’hectare, a aujourd’hui une étendue de 980 hectares dont 400 en bois et 500 en culture. Les troupeaux de bêtes à laine et les engrais d’une usine ont fourni à M. Legros les principaux éléments améliorateurs de ses terres. Sur 500 hectares, 100 sont cultivés en blé rendant de 18 à 20 quintaux à l’hectare; il ajoute tous les ans pour 18000 francs d’engrais chimiques à ses engrais naturels. La betterave à sucre y réussit, comme qualité, mais non comme quantité. L’élevage de troupeaux de 1200 bêtes à laine a été la cheville ouvrière de* ces améliorations; ce qui semble poser le mouton comme un transformateur de sols crayeux en sols fertiles. Ce fait n’est pas sans intérêt, car il y a en France environ 7 millions d’hectares pour lesquels le mouton pourrait être utilement élevé.
- Le saumon frigorifié. — Le steamer Cevrique est récemment arrivé au Havre avec un chargement peu ordinaire. Ce chargement se composait de 300 000 kilogrammes de saumon frais, conservé au moyen d’une machine frigorifique produisant 30 000 litres d’air froid à l’heure. Le Cevrique est un ancien bateau de la Compagnie d’Hudson, construit en chêne vert pour offrir plus de résistance aux glaces qui sillonnent ces parages. Il appartient à la maison Boissière frères, du Havre, qui l’a expédié le 16 juin dernier, de Liverpool, pour se livrer à la pêche du saumon sur les côtes du Labrador. Le Cevrique est revenu directement de ces côtes après dix-neuf jours de traversée; il était sous le commandement du capitaine Charles. L’équipage se composait de quinze hommes, capitaine compris.
- Dimensions des fiequoïas de la Californie. —
- Les Séquoias qui existent en Californie, à Calaveras etMa-riposa, dans la Yosomite Walley, arbres de la famille des Conifères, sont célèbres dans l’univers entier et La Nature en a donné la description. Ces Séquoias ou bois rouge, en Californie, Washingtonia pour les Américains, sont en botanique dénommés Wellingtonia gigantea. Il ne sera peut-être pas sans intérêt pour nos lecteurs de connaître les
- dimensions des principaux de ces place au milieu de ces centenaires : géants, relevées sur
- Le Père de la fbrét 132“,50 33" ‘,50
- La Mère de la forêt 97 80 27 45
- Hercule 97 50 28 95
- Uermite » 96 90 28 28
- L’Orgueil de la forêt 84 10 18 28
- Les Trois-Grâces 89 90 28 05
- Mari et femme 76 80 18 28
- Arbre de Burnt 100 55 29 5b
- Pavage non glissant. — M. J. C. Merryweather, de Londres, emploie le plomb, sous différentes formes, pour empêcher les chevaux de glisser sur le pavé et spécialement sur les plaques de fermeture des égouts, ou autres plaques analogues. S’il s’agit d’une plaque, on emploie une série de chevilles de plomb, disposées en échiquier, par exemple, et noyées dans une couche d’asphalte ou de béton. Les chevilles peuvent être remplacées par des bandes. Dans le cas du pavage en bois, on enfonce une cheville de plomb aux quatre angles.
- La lumière électrique et les insectes. — M. le
- professeur Lintner, entomologiste du gouvernement des Etats-Unis, a fait l’examen au microscope des insectes attirés et brûlés en une nuit par une lampe à arc. Il en estime le nombre à 100 000 pour une seule lampe : moucherons, cousins, éphémères, etc. II ne se trouvait pas de moustiques parmi les victimes, mais un grand nombre de parasites de la végétation.
- --o-^-c-
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 octobre 1890. — Présidence de M. Dermite
- L’autotomie. — C’est la faculté que possèdent certains animaux de se séparer d’une portion de leur propre individu qui, étant saisie par un ennemi, entraînerait dans sa perte leur perte totale. Les crabes se coupent ainsi eux-mêmes les pinces, les sauterelles les grandes pattes, et les lézards le bout de la queue. Ce phénomène d’autotomie est si curieux que son étude a tenté plus d’un zoologiste. A la suite de M. Fredericq, M. Contejean vient aujourd’hui apporter sa contribution au sujet. Si, avec précaution, on prend une sauterelle par la patte, on pourra la tenir suspendue sans qu’aucune section se produise; cependant l’animal voudrait bien se dégager. L’autotomie n’est donc pas volontaire et l’auteur démontre qu’elle résulte d’une action réflexe. Un insecte privé du ganglion thoracique ne peut plus s’amputer. M. Contejean étudie le mécanisme et les points d’élection des solutions de continuité et M. Alphonse Milne-Edwards demande l’insertion de son Mémoire dans les Comptes rendus.
- La rotation de Vénus. — De passage à Paris, M. Per-rotin, directeur de l’Observatoire de Nice, entretient l’Académie des vérifications auxquelles il a soumis les assertions de M. Schiapparelli sur la rotation de la planète Vénus. Ses observations, qui ont duré quatre mois et demi, représentent un total de soixante-quatorze jours; elles sont représentées par soixante et un dessins dont les plus nets sont déposés sur le bureau. L’existence de taches bien caractérisées et que l’on peut suivre, démontrent que c’est toujours la même face qui est tournée vers le soleil et c’est ce que M. Schiapparelli avait déjà vu; mais ces taches, par leurs apparences variées suivant les points, paraissent indiquer que le disque n’est pas partout constitué par la même substance. En certaines places, M. Perrotin signale une blancheur et un éclat qui lui rap-
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- LA NATURE.
- pellent les calottes neigeuses de Mars. Ailleurs, on voit des lignes sombres qui divergent et qui tiennent certainement à des particularités de géographié physique jusqu’ici indéchiffrables.
- Maladie des betteraves. — Les bettevaves ont été, cette année, dévastées en certains pays par une maladie qui n’était pas bien connue. M. Prillieux, qui a eu personnellement à essuyer des pertes par le fait du fléau, a du moins saisi l’occasion d’enrichir d’une monographie nouvelle, la liste déjà si nombreuse des chapitres de la pathologie végétale. 11 s’agit encore cette fois d’une invasion de parasites, de champignons du genre Phylloslica qui s’attaquent d’abord aux pétioles des feuilles qu’ils recouvrent de taches blanchâtres bordées de noir, puis pénètrent peu à peu jusqu’au cœur de la plante. L’auteur pense qu’on préviendrait le mal en enlevant les feuilles lorsqu’elles commencent à s’étioler par suite de la faiblesse de leur pédoncule ; en tous cas il faut agir, déjà des récoltes entières ont été compromises.
- Les variations de couleur de la grenouille. — On sait,' depuis les recherches de M.
- Georges Pou ch et surtout, que la couleur des grenouilles tient à la présence, dans la peau de ces batraciens, de chromaloblastes colorés les uns en bleu et les autres en jaune, et aussi à l’existence d’une couche de cellules chromatophores noires et qui forment comme un réseau au-dessus des premières. M. Du-tartre, préparateur à la Faculté des sciences de Besançon, a constaté que la lumière a une action directe sur la contraction des chromatophores qui, en se rapetissant, laissent la peau prendre une nuance claire : les rayons blancs et les rayons jaunes sont spécialement actifs à cet égard, et la lumière bleue ou violette ne produit rien. Toutefois on ne constate d’effet rapide que sur les grenouilles en possession du sens de la vue-, les aveugles ne varient que très lentement, ce qui montre que le phénomène est en grande partie d’ordre réflexe et s’exerce par l’intermédiaire de la rétine. L’auteur rattache à son sujet des faits de mimétisme : les grenouilles placées sur des fonds clairs s’éclaircissent et restent foncées sur des fonds foncés : ici les voyantes seules changent de couleur et la chose pouvait être prévue. D’ailleurs on s’assure directement que les nerfs sympathiques interviennent seuls, car la section de la moelle ne modifie en rien les phénomènes, tandis qu’ils sont entravés par la section des nerfs ganglionnaires.
- Varia. — MM. Quenu et Lejars étudient avec beaucoup de soin les artères et les veines des nerfs. — M. Noguès, géologue bien connu, en ce moment au Chili où il doit
- rester quatre années, étudie le tremblement de terre éprouvé a Santiago le 23 mai dernier. 11 ajoute que du 10 juin 1889 au 9 août 1890 on a ressenti dans la ville dix-huit sismes assez forts. — Poursuivant ses recherches sur la préparation électrolytique de l’aluminium, M. Minet émet l'espoir d’obtenir prochainement ce métal à raison de huit ou neuf francs le kilogramme, c’est-à-dire au prix de l’étain. — M. le Président annonce la mort de M. Émile Mathieu, professeur à la Faculté des sciences de Nancy, très connu par de très importants travaux qui le désignaient certainement à l’Académie pour une très prochaine élection de correspondant. Stanislas Meunier.
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- PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE1
- m--
- Fac-similé d’une photographie instantanée d’un cheval au grand trot dont aucun pied ne touche terre.
- Nous avons à plusieurs reprises reproduit dans La Nature des épreuves de photographie instantanée, quand elles offraient un caractère d’intérêt particulier. Nous donnons ci-contre le fac-similé d’une photographie obtenue parM. Otten-heim, vice-président de la Société versail-laise de photographie. Elle re-présente une petite voiture a deux roues, à laquelle est attelé un cheval qui a l’allure du grand trot. On peut voir, par les ombres des jambes, que le cheval est en l’air, et qu’aucun de ses pieds ne touche le sol. Il passait environ à 6 mètres en plein travers de l’opérateur, au moment où la photographie a été faite. Il y a là une particularité assurément due à un hasard fortuit, mais qui est de nature à intéresser les praticiens.
- Nous avons souvent insisté sur la curiosité des remarques à faire, à propos de l’attitude de l’homme ou des animaux dans les photographies instantanées ; nous nous bornerons aujourd’hui à ajouter un document de plus à ceux que nous avons publiés précédemment.— Le cliché qui a servi à obtenir l’épreuve que nous reproduisons, a été obtenu avec une petite chambre à mains, de 0m,09x0m,12, munie d’un objectif Balbreck: diaphragme de 10 millimètres, obturateur Ottenhcim.
- 1 Yoy. n° 853, (lu 5 octobre 1889, p. 304,
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N” 910.
- 8 NOVEMBRE 1890.
- LÀ NATURE.
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- LE TRANSSÀHARIEN
- Comme toute conception nouvelle et hardie, le projet de chemin de fer transsaharien a eu à subir bien des attaques, des critiques, des ironies, avant de triompher. On s’aperçoit enfin que le plus sage eut été d’avoir l’audace de l’entreprendre quand M. Duponchel le proposait, il y a déjà plus de douze ans: nous serions aujourd’hui les maîtres incontestés de tout le Soudan central et occidental; nous aurions nos Indes noires. Mais cette idée grandiose et féconde avait été ensevelie dans le même linceul que Flatters et ses malheureux compagnons; elle semblait à jamais oubliée. Le général Philebert et moi pouvons dire que nous l’avons ressuscitée.
- Aujourd’hui l’opinion publique est saisie de la question et,
- 'avant peu, le Gouvernement doit présenter aux Chambres un projet de loi pour l’exécution du Transsaharien. Le moment est venu, en effet, pour la France de remplir dans l’Afrique occidentale la mission que lui assignent ses intérêts propres et les intérêts généraux de la civilisation. Le moment est venu,au lendemain de l’accord franco-anglais, de faire acte d’autorité sur les régions qui ont été reconnues comme rentrant dans notre sphère d’influence et de pénétrer dans l’intérieur africain par la seule voie rationelle qui s’offre à nous, par l’Algérie.
- On trouvera ci-jointe une carte de l’Afrique française. La teinte foncée comprend nos possessions et notre sphère d’influence actuelles (résultats acquis ou devant être considérés comme tels). La teinte claire indique, en outre, les territoires encore libres de toute attache sur lesquels la France doit tenir à étendre également son influence. Assurément notre lot, dans le premier partage qui vient d’intervenir entre l’Angleterre et nous, n’est pas ce qu’il aurait dit être, ce qu’il aurait été si nous avions, comme nos voisins, une politique, une tradition coloniale, et si, faute d’un programme d’ensemble en matière
- 18e JBBce. — 2' semestre.
- africaine, nous n’avions laissé gravement entamer, depuis dix ans, ce qui devait être pour nous la part intangible de l’avenir. Malheureusement, étant données la situation et les conséquences de notre déplorable abdication dans le bas Niger en 1884, il était devenu difficile de reconquérir tout le terrain perdu, et ceux qui avaient la lourde charge de défendre nos intérêts dans les dernières négociations ne méritent pas des critiques injustes. Puissent-ils maintenant compléter les résultats déjà obtenus en tirant des questions restées ouvertes les avantages qu’elles comportent !
- D’ailleurs, il ne faut pas s’exagérer la valeur de ces attributions platoniques de pays lointains, quand,
- ni les uns ni les autres, nous n’y sommes encore établis. La carte politique de l’Afrique subira sans doute bien des modifications, avant qu’on ait effectivement colonisé cet immense continent.Fuis, la suzeraineté politique, l’influence nominale importent moins que l'action économique et civilisatrice, moins que l’influence réelle. Ce que nous devons chercher surtout dans l’intérieur africain, ce ne sont pas, à proprement parler, de nouvelles possessions, des conquêtes de territoires, des annexions : ce sont de nouveaux débouchés pour nos produits, des clients futurs pour notre industrie et notre commerce, et, en échange, des matières premières abondantes et à bon marché, pouvant être fournies par des régions neuves, riches et peuplées.
- Le Soudan central, entre le lac Tchad et le Niger, échappe en grande partie à notre influence nominale : c’est une déconvenue. Mais on reconnaît la liberté de notre extension au sud de nos possessions méditerranéennes vers le Tchad et le Niger (droit qu’il était, du reste, impossible de nous contester). Nous pouvons nous relier au Soudan par un chemin de fer au travers du Sahara. N’hésitons pas : construisons le Transsaharien et nous aurons l’instrument qui nous donnera l’influence réelle. Pour s’en convaincre, il suffit de voir les progrès constants de
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- Carie de l’Alriquc française et des principaux tracés de chemins de fer transsahariens, par M. Georges Rolland.
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- LA NATURE.
- l'influence russe dans l’Afghanistan, grâce au chemin de 1er transcaspien.
- L’exemple du Transcaspien, qui est en train d’opérer une révolution économique dans l’Asie centrale, fournit également la meilleure réponse à faire à ceux qui veulent douter quand meme des chances de trafic du Transsaharien. Le Transsaharien est destiné, tpioi qu’on en dise, a devenir la voie principale des échanges entre l’Europe et l’intérieur africain. Mais en attendre la preuve, c’est se condamner à ne jamais l’entreprendre.
- Au reste, ce qui domine la question transsaharienne, c’est la raison politique. Ce que nous devons voir d’abord et avant tout dans le Transsaharien, c’est le moyen sine quâ non d’assurer dans l’avenir non seulement l’extension rationnelle, mais la sécurité même de nos possessions méditerranéennes. Nous défendre contre l’islamisme, en prenant les devants contre lui ; parer aux éventualités qui doivent faire craindre ses progrès, en brisant en deux le faisceau des hostilités musulmanes; maintenir le prestige du nom français auprès de nos propres indigènes et nous en servir pour nos projets de pénétration vers l’intérieur; arriver a faire la police de l’arrière-pays qui s’étend au sud de l’Algérie et de la Tunisie; affirmer pacifiquement notre force aux yeux des populations touareg du grand Sahara ; acquérir peu à peu influence et action sur elles et les prendre à notre solde pour nouer des relations avec le Soudan : tels sont pour moi les conseils d’une politique habile et prévoyante en Afrique. Or, l’axe de cette politique, ce sera le Transsaharien.
- Enfin il y a dans le Transsaharien une grande idée humanitaire. La France qui, la première, a planté le drapeau de la civilisation dans l’Afrique du Nord, qui, depuis soixante ans, y a dépensé largement son or et son sang, la France s’est créé des devoirs, en même temps que des droits, sur le continent noir : elle ne peut aujourd’hui refuser de concourir à la lutte commune contre l’esclavage et la barbarie. Aussi mes efforts ont-ils reçu les encouragements du grand Français qui a nom le cardinal Lavi-gerie.
- Le Transsaharien s’impose. Mais quel tracé adoptera-t-on? C’est, a ce sujet, une véritable confusion : chacune de nos provinces méditerranéennes, chaque explorateur a son tracé, sa variante. Il est grand temps que le Gouvernement, ne s’inspirant que de l’intérêt général, tranche la question.
- On verra sur la carte ci-jointe les quatre tracés principaux qui ont été proposés. A vrai dire, deux seulement méritent d’être pris en considération, savoir : d’une part, le tracé central par Biskra, Ouargla et Amguid ; et, d’autre part, le tracé occidental par Aïn-Sefra, Igli et le Touat. Pour ma part, j’ai pleine confiance dans l’adoption finale du tracé central (marqué en trait continu sur la carte), que nous n’avons cessé de préconiser, le général Philebert et moi, et suivant lequel j’ai dressé un projet de chemin de fer mûrement étudié.
- Raison déterminante : seul notre tracé central a été l’objet d’études faites sur le terrain par des missions techniques; seul il est susceptible d’une mise en train immédiate; seul il dispense de toute exploration préliminaire. Avec ce tracé, on n’aura, pour ainsi dire, pas de dunes de sable à traverser, et l’absence de toute difficulté technique a été constatée de visu jusqu’à 1000 kilomètres au delà de Ouargla. — Autre raison, non moins capitale : notre tracé central ne soulève aucun risque de difficulté internationale. Au contraire, le tracé occidental ou ora-nais (bien que traversant des régions que je suis le premier à revendiquer comme rentrant dans la sphère légitime d’inlluence de mon pays) offre le très grave danger de longer la frontière marocaine : il nous entraînerait dans des complications dont on ne peut mesurer l’étendue. — Notre tracé central n’est exclusif ni comme point de départ, ni comme point d’arrivée. 11 intéresse également les provinces de Constantine et d’Alger, et, dans une certaine mesure aussi, la Tunisie. A partir d’Amguid, il peut faire la fourche, et se diriger à volonté sur le coude du Niger ou sur le lac Tchad (voyez la carte). Avec le Niger comme objectif, il n’est pas plus long que le tracé occidental. Avec le Tchad comme objectif, il est le seul admissible; d’Amguid, il se dirigerait alors sur Àmadrhor, d’o'u il pourrait bifurquer, soit par Asiou vers Agadès et le Dammergou (ou vers Rarroua et la rive occidentale du Tchad), soit par Rilma vers la rive orientale du Tchad (de manière a réaliser, par le Ouaday et le Baghirmi, la jonction de l’Algérie avec le Congo français).—Enfin notre tracé central est le plus politique pour résoudre pacifiquement la question touareg. — En toute impartialité, c’est le vrai tracé français.
- Maintenant, quel sera le meilleur mode de construction du Transsaharien? Sera-t-il construit par l’État ou par l’industrie privée? 11 est probable que ce dernier système sera préféré par le Gouvernement et par les Chambres. Mais, étant donné que nous sommes en France, on ne trouvera pas de compagnie sérieuse et honnête qui s’offre à construire le Transsaharien sans une garantie de l’État. D’une manière comme de l’autre, les considérations dominantes devront être l’économie de premier établissement et la rapidité d’exécution.
- Dès l’origine, je m’étais préoccupé d’une solution franchement économique, rompant avec les errements passés en matière de chemins de fer algériens. C’est pourquoi je m’étais rallié d’abord à l’idée d’un petit chemin de fer à voie de 0m,75, qui, à la rigueur, eût pu suffire. Aujourd’hui, en présence du mouvement d’opinion qui s’est manifesté en faveur du Transsaharien, il y a lieu de préférer une solution plus complète, une voie plus lourde et un matériel plus robuste. On adoptera sans doute, sinon la voie normale, du moins la voie de 1 mètre avec rails de 20 kilogrammes par mètre courant.
- En deux ans, le rail peut atteindre Ouargla. Au delà, il faudrait obtenir un avancement moyen de
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- 400 kilomètres par an. La construction complète du Transsaharicn de Biskra au lac Tchad demanderait ainsi neuf années.
- Se contenter d’aller jusqu’à Ouargla serait tout à fait insuffisant pour obtenir un résultat politique et commercial. Le moins qu’on puisse faire est d’aller d’abord, d’un seul trait, jusqu’à Amguid.—M. Gérard Rohlfs, le grand explorateur allemand, m’a objecté qu’au delà de Ouargla, il faudrait l’aide d’une force militaire de 20 000 hommes pour traverser le pays touareg. Je lui ai répondu que mon plan comportait un chiffre élevé de manœuvres et d’ouvriers indigènes, convenablement encadrés, pour la construction même du Transsaharien et qu’avec l’organisation prévue, la sécurité des chantiers ne ferait pas question. J’ai ajouté que, pour ce qui est de la sauvegarde ultérieure et des garanties de bonne exploitation du chemin de fer, on les assurera au moyen de postes militaires à échelonner le long de la ligne. Ces postes, bien aménagés pour la défensive, ne comporteront, guère chacun que 200 à 500 hommes de troupes, indigènes en majeure partie, et y compris tous les services accessoires. Le programme a été étudié dans ses moindres détails par le général Philebert; rien n’est laissé à l’imprévu, et, tels quels, ces petits postes seront tout à fait inexpugnables.
- Reste la question de la dépense. Avec une voie de 1 mètre, les frais de premier établissement de Biskra à Amguid (1050 kilomètres) n’atteindront pas 100 millions. Les représentants du pays apprécieront. Mais l’œuvre à entreprendre est d’une telle portée que nos descendants ne sauront être trop sévères pour la génération actuelle, si celle-ci déserte quand l’heure de la résolution a sonné.
- Georges Rolland.
- LAMPE ÉLECTRIQUE DE MINES
- A ACCUMULATEURS
- C’est un fait aujourd’hui bien connu que les lampes à huile des mines ne présentent pas une garantie suffisante de sécurité, malgré les ingénieux systèmes de fermeture, et de protection dont elles sont munies, et que les plus grandes catastrophes sont dues à l’imprudence et à l’insouciance des mineurs.
- De nombreuses recherches sont donc faites de différents côtés pour trouver une lampe de mines plus sûre que la lampe à huile et qui protège l’ouvrier malgré lui-même. C’est encore l’électricité qui vient apporter une solution sinon parfaite, — la perfection n’est pas de ce monde,—moins imparfaite en tous cas que les systèmes auxquels elle prétend se substituer.
- Les conditions à remplir sont d’ailleurs assez complexes, car il faut réunir dans le même appareil une grande légèreté, une grande solidité, une grande
- simplicité de construction, un prix peu élevé, un maniement facile, et un entretien presque nul.
- De plus, au point de vue de la sécurité, il faut que la lampe ne présente aucun contact extérieur pouvant produire une étincelle et déterminer une explosion, par inadvertance, malveillance ou ignorance. La durée de l’éclairage doit être de 8 à 10 heures, et cet éclairage, point essentiel, doit se faire dans toutes les directions, afin que la présence d’un mineur en un pointquelconque de la mine soit révélée dans toutes les directions; enfin la forme de la lampe ne doit pas s’éloigner des formes reçues afin de ne pas choquer les habitudes des mineurs et rencontrer de leur part, pour ce fait seul, une opposition presque insurmontable. 11 faudrait enfin munir la lampe d’un dispositif simple avertissant le mineur de la présence du grisou, mais ce point paraît généralement négligé par les inventeurs de lampes électriques, et nous ne le signalons que pour bien faire ressortir toutes les difficultés à vaincre.
- Les lampes électriques actuellement réalisées ou proposées pour résoudre ce difficile problème peuvent se grouper en deux classes : lampes à piles, lampes à accumulateurs.
- Les lampes à piles ne répondent pas suffisamment aux conditions économiques, et leur entretien est également plus complexe, leur maniement plus compliqué, que celui des lampes à accumulateurs; nous ne croyons pas que les lampes à piles soient appelées à prendre une grande extension.
- La question se pose d’une façon toute différente avec les lampes à accumulateurs, car une mine possède toujours un moteur à vapeur, et le rechargement méthodique des lampes par une dynamo est alors un problème d’une extrême simplicité.
- Nous décrirons aujourd’hui, à titre d’exemple, une des lampes de mines à accumulateurs qui nous semble le mieux étudiée pour répondre aux conditions multiples que nous venons d’énumérer, celle de M. Charles Pollak.
- Les accumulateurs employés dans cette lampe sont, aux dimensions près, les mêmes que ceux employés dans l’industrie pour l’éclairage, et nous ne saurions mieux les présenter que ne le fait l’auteur lui-même.
- Voici comment M. Pollak décrit ses accumulateurs dans une note présentée à l’Académie des sciences par M. Lippmann, le 17 mars 1890 :
- « Dans mes recherches sur les accumulateurs genre Planté, je me suis préocupé de leur donner une grande capacité dans un espace de temps aussi court que possible. A cet effet, je recouvre les plaques avec du plomb spongieux obtenu par la méthode électrolytique. Pour assurer l’adhérence parfaite entre le plomb spongieux et la surface de la plaque, celle-ci a été travaillée de telle façon quelle présente l’aspect d’une brosse à poils ras, ce qu’on obtient au moyen d’un laminoir spécial. Les pointes ont 2 millimètres de hauteur et 1 millimètre de base ; les interstices entre les pointes sont de 1 millimètre.
- « La plaque, après avoir été lavée pour être débarrassée des matières grasses, est enduite d’une pâte composée de*
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- LA NATURE.
- sulfate de plomb délayé dans de l’eau salée, et plongée dans de l’eau salée entre deux laines de zinc.
- (< Les plaques réduites présentent un aspect uniformément gris ; l’adhérence est parfaite entre le plomb spongieux, la surface des plaques et des pointes.
- (( Après les avoir soudées convenablement, on procède à la formation en faisant passer le courant dans le même sens pendant cinquante heures. Les faces négatives ont un aspect grisâtre, les positives sont d’un brun foncé. Après la formation, l’adhérence de la matière active (plomb spongieux et peroxyde de plomb) est si grande qu’on ne peut pas distinguer l’endroit où commence la couche superposée. »
- Un accumulateur composé de neuf plaques, dont quatre positives et cinq négatives, d’un poids de llkg,2, a donné, après une formation de 45 heures par un courant de 16 ampères, un courant de décharge de 18 ampères pendant S'^IS™, ce courant étant maintenu constant en faisant varier la résistance extérieure. La force élec-tromotricc, qui était au début de 2,12 volts, est tombée à 1,8 volt.
- Le môme accumulateur, chargé pendant 7 heures avec un courant de 16 ampères, a donné une décharge de 102,35 ampères-heure, la force électromotrice étant tombée de 2,2 volts à 1,8 volt, et l’intensité de 17 à 16 ampères pendant les 6b 20m de la décharge. Ces chiffres correspondent a un rendement en quantité de 91, 4 pour 100, à une capacité de 9,15 ampères-heure par kilogramme de plomb, et à un débit de 5 watts environ par kilogramme de plaques, chiffres qui peuvent d’ailleurs être considérés comme les caractéristiques moyennes des accumulateurs actuellement employés d’une façon courante dans l’industrie.
- Voici comment ces plaques d’accumulateurs ont été disposées pour constituer une lampe de mine.
- Une boîte rectangulaire en ébonite renferme deux accumulateurs système Pollak; elle repose sur un plateau métallique. Un couvercle en ébonite sert de support à une lampe à incandescence enfermée dans un cylindre en verre épais. Le tout est recouvert d’un chapiteau métallique serré au moyen de boulons. Une feuille en caoutchouc doux, interposée entre le couvercle et la boîte, rend la fermeture hermétique. Dans le couvercle sont noyées des tiges
- en métal inoxydable, qui le percent de part en part ; elles portent, sur leurs bases, des contacts en platine G et D qui s’appliquent sur des contacts de platine des accumulateurs, et, sur leurs sommets, des ressorts dont l’un est relié métalliquement avec un des conducteurs de la lampe. L’autre conducteur de la lampe est isolé et peut être mis en contact avec l'un des pôles de l’accumulateur au moyen d’une aiguille B, que l’on introduit dans un canal horizontal pratiqué dans le couvercle.
- Les contacts se trouvant à l’intérieur de la boîte et du couvercle, ni l’ouverture ni la fermeture du courant ne peuvent déterminer d’explosion. La lampe peut donc être allumée ou éteinte dans une atmosphère inflammable. En démontant le système, ou en cassant le cylindre protecteur en verre, on amène l’extinction de la lampe, l’élasticité du caoutchouc rompant le contact intérieurement.
- On charge la lampe sans la démonter, au moyen d’une fourche A qu’on introduit dans les deux canaux pratiqués dans le couvercle.
- Le modèle représenté [lèse 1800 grammes environ et donne, en moyenne, douze heures d’une lumière sensiblement constante, dont l’intensité lumineuse varie, suivant le degré de poussage de la lampe et le degré d’avancement de la décharge de l’accumulateur, entre 0,5 et 0,8 bougie. Un modèle plus grand pesant 2kg,3 environ peut donner 15 à 16 heures de lumière.
- Chaque lampe renfermant deux accumulateurs en tension dont la force électromolrice est de 4 volts environ, les lampes épuisées se chargent par séries de 20 lampes en tension montées en dérivation sur une machine à potentiel constant de 100 volts. La charge s’effectue en 6 ou 8 heures avec un courant de 0,8 à 1 ampère.
- Telles sont les principales dispositions de la lampe de mines a accumulateurs de M. Pollak ; elles paraissent bien comprises et bien étudiées, l’expérience sur une grande échelle pourra seule indiquer les modifications de détail à y apporter, pour remédier à certains petits défauts qui échappent à l’examen le plus attentif. X..., ingénieur.
- Lampe de mines à accumulateurs de M. Pollak. — 1. Coupe longitudinale. — 2. Vue d:cnsemble de la ampe. — A, Fourche de charge. — D, Cheville d’allumage.
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- NANKIN OU NAMKING
- SES ORIGINES - SON 11IST01UE - SA DESTRUCTION-
- SA RENAISSANCE
- Il y a quelques années, Tune des villes les plus célèbres de la Chine, et qui, pendant de longs siècles, avait été la résidence des souverains, était pillée, saccagée, détruite de fond en comble par les rebelles et ne présentait plus qu’un amas de ruines au milieu desquelles le voyageur cherchait en vain la trace de beaucoup de monuments superbes qui faisaient de cette cité l’une des plus remarquables de ce vaste Empire. Voici quelques détails sur
- l’origine, les diverses et principales phases de son histoire et les circonstances qui ont entraîné un instant sa disparition.
- Au troisième siècle de notre ère, la Chine était divisée en trois royaumes : celui de Wei, celui de Han et celui de Hou. Le premier comprenait tous les pays situés au nord; le deuxième, les provinces du centre; le troisième se composait de toute la partie méridionale.
- Les Rois de llou avaient établi leur résidence à Namking qui, dès celte époque, avait acquis une importance commerciale supérieure à celle des autres villes de la contrée; cette importance était due à sa situation exceptionnelle sur le plus grand cours
- Les ruines de Nankin (Chine) eu 1867. (D'après un croquis de Fauteur.) Aujourd’hui les ruines sont en partie relevées.
- d’eau que possède la Chine, le Yan-tze-Kiang, dont le nom signifie fils de la mer : elle la devait aussi à ce qu’elle se trouve au centre de la province qui, de tout temps, a été considérée comme la plus fertile et la plus productive.
- Le P. Martini s’exprime ainsi : « C’est certainement la plus belle fleur de la couronne ; elle ne tient aucun registre des ouvrages précieux quelle produit, comme s’il lui était impossible d’en avoir d’autres; et, dans le but de rendre plus facile la vente de leurs marchandises, les trafiquants ne manquent jamais de dire quelles proviennent de Namking : par ce stratagème ils peuvent les vendre à des prix beaucoup plus élevés. »
- Un autre historien non moins autorisé, le P. du Halde, dit que « Namking est la plus belle ville du
- monde ou tout au moins la plus grande et la plus peuplée. Ses murailles ont plus de 60 ly de circonférence, ce qui fait environ ^5 kilomètres. Elle est irrégulière à cause des collines qui s’élèvent sur divers points et qui sont admirablement boisées. Ses monuments sont superbes : on peut y contempler les sépultures des souverains: elle possède un Observatoire où sont réunis tous les instruments d’astronomie les plus perfectionnés; ses rues sont toutes bien pavées ; la population est considérable et riche ; tout autour s’étendent des villages également peuplés et prospères ; elle possède une double enceinte dont l’intérieure est percée de douze portes monumentales ; la muraille extérieure n’est pas continue, mais n’existe que dans les points que nécessitent los besoins de la défense. »
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- LA NATURE.
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- Malgré cet important système de défense, l’histoire rapporte que la ville a eu à subir de fréquents assauts de la part des armées tartares qui, a plusieurs reprises, ont pu y pénétrer et la saccager; mais ces désastres ne tardaient pas à être réparés grâce aux inépuisables sources de richesses qu’elle possédait.
- Namking signifie capitale impériale du Sud, par opposition à Péking dont le nom veut dire capitale impériale du Nord. C’est en effet dans cette dernière ville que résidait l’empereur Ivoubilaï-Kan après qu’il eut vaincu l’armée chinoise. Mais ce triomphe ne fut pas de longue durée et bientôt une nouvelle dynastie chinoise parvint à reconquérir l’Empire. Ilong-Vou, devenu le souverain de cette dynastie, comprit que ce serait toujours sur Péking que se porteraient les efforts des ennemis de la Chine; aussi s’empressa-t-il d’en relever les fortifications; mais il voulut continuer à faire de Namking sa résidence parce qu’il savait que la cité du Nord était complètement dépourvue des charmes qui conviennent à un séjour impérial. Ayant découvert les intrigues politiques auxquelles s’était livré son frère Yon-Lo, il le fit condamner au bannissement dans un lieu triste, infertile et sous un climat rigoureux : Péking lui sembla réunir ces conditions; son choix tomba dès lors sur cette ville et il fut ordonné au coupable de s’y rendre. Hong-Vou ne tarda pas à mourir et sa succession échut à son petit-fils Ivien-Y\en-Ti. Ce dernier ne régna que quelque temps et le sceptre impérial passa à Yon-Lo. Mais le nouveau souverain avait pu expérimenter le peu d’attraits qu’offrait le séjour de Péking et il préférait revenir à Namking, ville magnifique, jouissant d’un climat excellent, située sur le plus beau fleuve de l’Empire; il hésita quelque temps; mais des considérations d’une autre nature l’emportèrent; en effet, il comprit que les Tartares étaient loin d’avoir renoncé à reconquérir la Chine et que sa présence à Péking était indispensable à la sécurité de sa dynastie. Dès lors il se décida à abandonner sa ville préférée. Ainsi, c’est à dater de l’an 1409 et du troisième souverain de l’illustre dynastie des Ming, que Namking a cessé d’ètre la capitale de l’Empire chinois et la résidence des Empereurs.
- Cependant, cet abandon forcé n’empêcha pas Yon-Lo de conserver à cette ville ses tribunaux et tous ses autres privilèges impériaux. Mais le départ d’une cour fastueuse, composée d’un personnel considérable, ne pouvait manquer de causer un grand préjudice à la célébrité de Namking; plus d’un tiers de la population suivit le souverain et la garnison descendit de 150 000 soldats au chiffre de 40 000; les édifices ne furent plus l’objet des mêmes soins ; les murailles furent délaissées; les canaux qui, dérivant du fleuve, sillonnaient la ville, couverts d’innombrables jonques, se desséchèrent.
- Les historiens chinois parlant de Namking sont unanimes à mentionner cet abandon succédant au départ de la cour; cependant sa prospérité com-
- merciale ne s'en ressentit guère, grâce à sa situation exceptionnelle qui en faisait le port intérieur le plus important de la contrée et le point de concentration de tous les arrivages des riches provinces qu’arrose le Yan-tze. Donc, à part la désuétude des édifices et des murailles, fait d’ailleurs assez commun à toutes les villes de la Chine actuelle, Namking comprenait encore, en 1850, sous la fin du règne de Tao-Kouan, une population considérable dont il nous est difficile de donner une évaluation précise, faute de documents statistiques.
- On pouvait encore, à cette époque, y admirer cette fameuse tour de porcelaine que tous les historiens décrivent avec éloge et qu’ils disent être la plus haute de toutes celles qu’on rencontre en Chine : sa hauteur atteignait 70 mètres : elle avait huit faces, chacune de 4 mètres de largeur et était divisée en huit étages. La destruction de cet édifice est telle que, dans notre visite en 1867, il nous a été difficile de préciser la place qu’elle occupait. Quelque temps après la mort de Tao-Kouan, de graves événements survinrent qui, un instant, menacèrent la dynastie actuelle et jetèrent une grande perturbation dans l’Empire.
- 11 existe depuis longtemps déjà en Chine plusieurs catégories de rebelles : les uns n’ont aucune couleur politique; ce sont les Nien-féï et' lesTsi-ma-tse, brigands féroces, qui n’ont qu’un seul but, celui de voler, piller et massacrer tout ce qu’ils rencontrent. Les autres sont tous les musulmans, et spécialement ceux de la province du Chensi, qui en veulent à la dynastie actuelle; il est certain qu’ils font de grands progrès en Chine et le gouvernement est loin de Fignorer. 11 y a enfin les Taï-ping ou Tchang-Mao qui poursuivent le même objectif politique que les musulmans; leur nom signifie hommes aux longs cheveux : cette caractéristique est une protestation contre la dynastie tartare.
- Disons quelques mots sur la Révolution des Taï-ping, qui, pour la Chine, peut être regardée comme l’un des événements les plus importants de ce siècle, autant par les heureux résultats qu’elle a eus pour la dynastie régnante que par le rôle considérable et décisif qu’y ont joué la diplomatie européenne et particulièrement la France et l’Angleterre.
- Hung-sin-tsuen, issu d’une ancienne famille, homme énergique et intelligent, reçut en songe la mission de rendre à sa nation son indépendance en chassant la dynastie tartare. Rétablir la paix à chaque instant troublée par les divisions intestines, abolir l’esclavage, l’opium et tous les abus qui depuis si longtemps paralysent l’activité de la nation, tels furent les principaux articles du programme annoncé par lui. En 1851, il lève l’étendard de l’insurrection, il se fait proclamer Empereur et reçoit le baptême chrétien, ce qui devait lui concilier les sympathies des missionnaires.
- Après une brillante série de succès et de défaites infligées aux forces impériales, son armée bloque Namking et y entre en 1855. La ville est saccagée,
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- pillée. Ici, l’histoire doit reconnaître que les atrocités commises sont autant le fait des rebelles que des soldats envoyés par la cour de Péking. La plupart des habitants périrent : ceux qui purent s’enfuir finirent par succomber de faim et de misère ; à part le temple du Ciel, le temple de Confucius et les sépultures des Ming, la majeure partie des édifices furent la proie des flammes.
- Un instant les succès des rebelles sont tels que sans l’intervention des forces anglaises et françaises combinées avec des contingents chinois, c’en était fait de la dynastie régnante : c’est dans ces circonstances que s’illustrèrent le major Gordon, mort si héroïquement à Ivartoum, l’amiral français Protêt, qui devait y trouver un glorieux trépas, et enfin notre courageux et regretté Giquel.
- Cette intervention étrangère fut-elle une habile inspiration? La chose a été contestée et certaines considérations la rendent au moins discutable. Quoi qu’il en soit, il faut reconnaître qu’après l’occupation de Ningpo, la conduite des Taï-ping fut de nature à légitimer l’aide que la diplomatie européenne venait de prêter à la cour de Péking qui, sans elle, très probablement n’existerait plus aujourd’hui. Aussitôt que le gouvernement insurrectionnel fut installé à Namking, il s’empressa d’effacer les traces de sa sanglante victoire. Les habitants échappés aux massacres regagnèrent leurs foyers ; de nouveaux édifices s’élevèrent, et dès 1860, c’est-à-dire moins de dix ans après la ruine de Namking, cette ville renaissait de ses cendres. Mais l’indiscipline et les désordres ne devaient pas tarder à éclater parmi les vainqueurs, et c’est alors, comme nous l’avons dit, que la diplomatie européenne intervint et ramena la victoire dans les rangs de l’armée tartare.
- Namking fut repris aux Taï-ping, dont la révolte fut étouffée dans le sang et dans les plus horribles représailles. Le vice-roi vint y résider : un ingénieur anglais, Mac-Cartney, fut placé à la tète d’une importante fonderie de canons ; de grandes manufactures de soieries furent installées.
- Actuellement Namking a reconquis sa prospérité et le voyageur qui la visiterait, notre croquis à la main (p. 357), pourrait douter de l’exactitude de ce dessin pris en 1867.
- N’est-ce pas un spectacle du plus haut intérêt que cet Empire dont les origines se perdent dans la nuit des temps et qui, lorsque tant d’autres ont disparu, demeure debout?
- Les annales du monde donnent-elles un autre exemple d’une vitalité comparable à celle d’une nation qui occupe à elle seule la presque totalité du plus vaste des continents et dont la population forme plus du tiers de l’humanité? Et de ce récit ne se dégage-t-il pas cette conséquence que les guerres civiles sont des fléaux plus affreux encore que les invasions étrangères? Dr Ern. Martin,
- Ex-médecin de la Légation de France à Péking.
- LE CIMETIÈRE MÉROVINGIEN D’ANDRÉSY
- Les travaux de la voie ferrée d’Argcntcuil à Mantes, qui m’ont déjà fourni l’occasion de recherches archéologiques sur la colline des Alluets, vers Cormeilles-en-Parisis, 1 ont encore donné lieu, près d’Andrésy, à la découverte intéressante de nombreuses tombes mérovingiennes dont je vais entretenir les lecteurs.
- Tendant l’occupation romaine, Andrésy possédait une situation prépondérante. Heureusement placée au confluent de la Seine et de l’Oise, celle ville avait été choisie dès le quatrième siècle pour servir de préfecture maritime à la flottille romaine qui faisait la police de ces deux grandes voies commerciales. Cette flotte, montée par des équipages d’hommes du Gévaudan, les Andéritains, était appelée « Classis Anderitianorum ». Elle donna son nom à la ville
- Fig. 1. — Carte du Canton des cimetières près d’Andrésy.
- d’Andrésy qui lui servait de port d’attache. Pendant toute la durée de la domination romaine, le cimetière gallo-romain eut tout le temps de se compléter. Plus tard lorsqu’il fut entièrement couvert de tombes, on continua d’enterrer en dehors, en allant vers le nord-est. Ces sépultures nouvelles formèrent le cimetière mérovingien. À son tour le cimetière mérovingien fut abandonné pour un autre qui le côtoya dans la même direction, et ainsi de suite jusqu’à nos jours. On appelle encore la longue bande de terre qui les recouvre : « le Canton des cimetières. »
- Ce fut avec une grande surprise que M. Cosserat, chef de la section du chemin de fer de Coullans à Tricl, aperçut, au cours de la première semaine de juin, de nombreuses tombes en pierre et en plâtre qui apparaissaient sous la pioche des terrassiers. La partie du cimetière actuellement dégagée nous a permis de relever près de trois cent cinquante tombes en plâtre et une quarantaine de tombes en pierre dont les squelettes et les objets du mobilier funéraire forment un ensemble très important.
- Les dispositions de ces tombes que nous repré-
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- Yoy. n° 875, <ln 28 février 1890, p. 190.
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- Fig. *2. — Tombes mérovingiennes découvertes à Andrésy. — Au premier plan, dalles avec dos dessins gravés dans la pierre.
- sentons en partie (fig. trouve en présence, sinon de deux cimetières successifs, au moins de deux categories de sépultures bien distinctes. Ce qui justifie cette hypothèse, c’est que le groupe isolé au sud-ouest de notre plan, et composé de vingt et une tombes orientées au sud, paraît appartenir à une époque bien plus riche que tout le reste du cimetière. Dix-neuf de ces tombes sont en plâtre pur de tout mélange. La surface extérieure de leurs parois présente des dessins moulés en relief, soit sur les côtés latéraux de la tombe, soit à ses extrémités seulement. Les deux autres tombes étaient en pierre. Suivant nous, il serait fort possible, il est même
- 1), montrent que l’on se
- Fig. 3. — Squelette d’une femme mérovingienne avec les débris du squelette d’un enfant.
- tion du cimetière romain et du cimetière mérovingien proprement dit.
- Les tombes en pierre de l’époque mérovingienne étaient parfois munies d’un oreiller, en pierre également, faisant corps avec la tombe et destiné à soutenir la tête du défunt ; une autre tombe à la place de cet oreiller avait une croix aux branches larges, légèrement creusée dans la pierre, toutes étaient, ou avaient du être, recouvertes de dalles quelquefois en un seul bloc et dont nous avons eu le bonheur de retrouver la plus grande partie. La surface supérieure de ces dalles, tantôt taillée suivant des plans inclinés en forme de toiture, était d’autres fois, au contraire, absolument plane. Elles portaient alors souvent des
- probable que ce soit là le commencement du cimetière romain. On aurait un point de la sépara-
- dessins exécutés en creux et représentant des cercles, des croix, des rosaces (fig. 2), des haches,
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- des poignards, des serpents, des oiseaux, isolés ou diversement entrelacés. Sur l'une d’elles, on distingue la silhouette vague d’un être humain et l’ébauche de quadrupèdes dont il serait bien difficile de déterminer l’espèce et la signification. Certaines de ces dalles, et non les moins curieuses, ne portaient aucun dessin, mais on voyait au centre de leur surface inférieure, une cavité affectant la forme d’un moule de hache en bronze et qu’on aurait pu
- regarder comme une niche à amulettes si la position qu’elles occupaient au-dessus des squelettes, tournées vers le fond des tombes, ne suffisait amplement a écarter une idée semblable.
- Les squelettes avaient des positions assez variées. Le plus souvent il n’y en avait qu’un dans une tombe; d’autres sépultures en contenaient deux, comme on le voit dans notre figure 3 qui représente le squelette d’une femme et par-dessus le squelette
- Fig. 4. — Poteries, verroteries et objets divers recueillis dans les sépultures du cimetière mérovingien d’Andrésy.
- (D’après une photographie de M. Yalkman.)
- plus petit d’un enfant. Quelquefois encore trois et même quatre squelettes étaient réunis dans une tombe unique.
- Presque toutes les sépultures avaient un mobilier funéraire. Parmi les armes, qui étaient toutes en fer, on remarque : deux haches forme francisque, plusieurs de ces épées appelées scramasaxes, et cinq ou six poignards. 11 y avait aussi quelques couteaux, mais point de lances. L’absence de ces armes offensives n’est pas, à notre avis, un indice pouvant permettre d’énoncer une date rigoureuse, comme le
- prétendent certains archéologues qui, d’ailleurs, n’ajoutent aucune preuve absolument certaine à l’appui de leur opinion.
- Ces armes étaient suspendues à l’aide de ceinturons et de baudriers dont il ne reste plus que les parties métalliques : agrafes en bronze et en fer, fibules de même composition, boucles, plaques, et aussi un médaillon en verroterie cloisonnée et colorée en rose par un réseau métallique excessivement ténu placé sous les morceaux de verre.
- La verroterie était représentée par la tête cloi-
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- sonnée d’une grosse épingle en bronze et par des perles à collier de différents émaux.
- Parmi les objets de verre, nous signalerons une pièce très intéressante qui a spécialement attiré l’attention : nous voulons parler d’un fort joli pied de coupe à boire. Plus classique, mais non moins élégant, est un grand verre à fond spbéroïdal. Ce vase, qui rappelle vaguement la forme des vases lacrymatoires, s’en distingue cependant, et par sa grandeur et par son long col évasé. Un autre verre en forme de tulipe possède encore le fond arrondi, mais il est d’apparence moins svelte, quoique tout aussi gracieuse. Sur son équateur, on distingue un certain nombre de tétons reliés entre eux par des émaux en arcade, et à une petite distance de son bord courent des cercles parallèles en émail blanc. Ce vase peut se tenir debout. Il n’en est pas de même de notre dernier verre qui a plutôt l’aspect d’une fiole que celui d’une coupe.
- La poterie est très nombreuse, mais elle ne sort pas des types déjà étudiés. Toutefois, nous avons cru devoir en présenter les plus beaux spécimens, en reproduisant une photographie exécutée par M. Yalkman (fig. 4).
- Cette photographie montre les spécimens de cette poterie placés sur les trois étagères supérieures. Quelques-uns de ces vases sont munis d’un bec et d’une anse, d’autres sont recouverts de nattes, de brisures, de zigzags, etc. Au-dessous des poteries on voit les agrafes et les plaques, en fer, des ceinturons et des baudriers, les épées, les poignards, les couteaux et les haches. L’épaisse couche de rouille qui couvre ces objets empêche de voir les dessins des plaques sur lesquelles on retrouve de petites parcelles d’or, restes probables d’une riche incrustation.
- Sur la dernière planchette inférieure sont encore posés quatre vases en terre ; puis le grand verre qui est renversé ne pouvant se tenir en équilibre autrement; ensuite le vase en forme de tulipe que l’on voit au milieu du dessin, et à côté, plus petit, le pied de coupe brisé; enfin, à gauche de la gravure, tenu debout par l’artifice de cales imperceptibles, le verre que l’on pourrait considérer comme une fiole. Divers autres menues curiosités achèvent de couvrir cette tablette.
- Outre les objets représentés, nous citerons encore, parmi les trouvailles qui ont été faites, des plaques en bronze damasquinées, des boucles de ceinturon, des agrafes, également en bronze, des boucles d’oreilles, des épingles, de petits colliers en perles, des médaillons, des morceaux de cuir, des fragments de tissu ; nous mentionnerons enfin une légère lame de bois, peut-être le vestige d’un fourreau d’épée ou de poignard, un long et très mince poinçon métallique qui, muni d’une petite spatule, a l’apparence d’un style, un peigne à double dentelure, et enfin de rares pièces de monnaie qui complètent ces mobiliers funéraires.
- Les débris humains qui forment la partie la plus
- intéressante des récentes fouilles d’Andresy, sont actuellement étudiés par M. F,mile Collin et le 1K Manouvrier, au laboratoire d’anthropologie des liantes études. Emii.e don Simonj.
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- L’ANALYSE DES AINS
- L’analyse complète d’un vin est une opération délicate et qui demande une grande habitude; aussi, ne voulons-nous pas faire ici une description approfondie de la méthode employée. Nous signalerons seulement à ceux de nos lecteurs, amateurs de chimie, quelques déterminations assez faciles et qui pourront cependant les renseigner sur la valeur et la qualité d’un vin.
- La densité peut déjà donner d’utiles indications. Elle varie, pour les vins naturels, de 0,991 à 0,999. La densité des vins se détermine au moyen d’un densimètre sensible pour liquides plus légers que l’eau (fig. l,n°l). L’échantillon à examiner est mis dans une éprouvette à pied de forme longue (fig. 1, n° 2) ; on y introduit doucement le densimètre préalablement bien essuyé et séché avec un peu de papier dit papier Joseph; et, quand l’instrument est en équilibre au milieu du liquide, on note la division marquée sur l’échelle en ayant soin de faire la lecture au niveau supérieur du ménisque formé par le vin au contact de la tige du densimètre, c’est-à-dire suivant la ligne ah (fig. 1, n° 5). Dans cette opération, il faut s’assurer que le densimètre ne touche pas aux parois de l’éprouvette, ce qui fausserait les résultats. Si la densité obtenue dépassait les limites indiquées plus haut, on en conclurait que le vin a été additionné d’eau. Les densimètres étant gradués pour la température de 15°, il faut, autant que possible, faire la détermination de la densité à cette même température.
- La quantité d'alcool contenue dans un vin est aussi un facteur important de son authenticité. Une des méthodes de ce dosage les plus faciles à exécuter est celle due à Gay-Lussac et appliquée avec l’appareil Salleron. Le principe de la méthode consiste à distiller la première moitié du vin, à étendre la partie distillée au volume primitif et à prendre le titre en alcool de cette liqueur avec une espèce de densimètre du à Gay-Lussac et portant le nom d’alcoomètre centésimal. On a ainsi directement la quantité d’alcool contenue dans 100 centimètres cubes de vin. L’appareil Salleron (fig. 2) se compose d’une petite chaudière en verre destinée à contenir le vin et chauffée par une lampe à alcool placée au-dessous. La chaudière est fermée par un bouchon traversé d’un tube relié par un caoutchouc à un serpentin logé dans un réfrigérant où circule constamment un courant d’eau froide. Le serpentin débouche au-dessus d’une éprouvette destinée à recevoir le liquide alcoolique condensé. Sur cette éprouvette sont marquées deux divisions ; le volume indiqué par la première correspond à la moitié du volume in-
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- diqué par l’autre; on mesure donc ce dernier volume du vin à essayer, on le met dans la chaudière; on chaulîe doucement et on reçoit dans l’éprouvette nettoyée le liquide distillé jusqu’à ce qu’il atteigne la hauteur de la première division; on interrompt alors l’opération; on complète dans l’éprouvette le volume primitif avec de l’eau distillée et on y plonge l’alcoomètre centésimal en prenant les mômes précautions que dans la détermination de la densité. On note la division marquée et on prend avec un thermomètre la température du liquide alcoolique. La graduation de l’alcoomètre ayant été faite à 15°, il faut, en effet, tenir compte de la température du liquide; le degré réel en alcool est indiqué par des tables à double entrée où sont inscrits sur la ligne horizontale supérieure les degrés alcoométriques et sur la première ligne verticale les degrés de température. On considère sur la ligne horizontale le degré aleoométrique trouvé et sur la colonne verticale la température constatée ; le chiffre indiqué au croisement des deux colonnes considérées marque le titre aleoométrique réel. Les tables à double entrée ainsi que l’alcoomètre centésimal et le thermomètre font partie de l’appareil Salleron et se vendent avec lui.
- L’alcool peut encore se déterminer dans les vins d’une façon plus rapide, mais moins exacte, au moyen du liquomètre, instrument basé sur les hauteurs diverses auxquelles s’élèvent, dans un tube capillaire, des liquides de densités différentes. Dans ce cas, on peut opérer sur le vin lui-même.
- L’appareil (fig. 5) se compose d’un tube de verre capillaire et taillé en biseau à une de ses extrémités ; ce tube glisse à frottement doux dans une ouverture faite dans une planchette destinée à soutenir l’instrument. La planchette est placée au-dessus du vase où se trouve le vin à analyser; le tube bien sec est introduit dans l’ouverture et amené doucement au contact du liquide; on aspire avec la bouche à l’autre extrémité et on abandonne l’expérience à elle-même. On lit alors la division du tube à laquelle s’arrête le liquide ; elle exprime la quantité d’alcool contenue dans 100 centimètres cubes de vin. Cette méthode exige aussi une correction relative à la température du liquide, correction qu’une table à double entrée analogue à celle de l’alcoomètre permet de faire aisément.
- Enfin, il existe encore un procédé de dosage de l’alcool qui tend aujourd’hui à se généraliser de plus en plus à cause de sa rapidité et de sa précision: nous voulons parler de l’emploi de l’ébullioscope, instrument fondé sur la détermination de la température où commence l’ébullition d’un vin. L’alcool pur bouillant à 78°,4 et l’eau à 100°, un mélange des deux entrera en ébullition à une température intermédiaire, d’autant plus élevée que la liqueur sera plus pauvre en alcool. Ce procédé a l’avantage de s’appliquer à des liquides renfermant autre chose que de l’eau et de l’alcool, comme les vins, car l’expérience a montré que la présence du sucre et
- des sels n'influe pas sensiblement sur la température d’ébullition.
- Jusqu’ici le plus répandu de ces instruments était l’ébullioscope Malligand; mais, depuis quelque temps, M. Bencvolo a construit un appareil analogue plus solide et moins coûteux, dont nous allons donner la description.
- L’ébullioscope à bouilleur mobile de M. Benevolo (lîg. 4) se compose : 1° d’un cylindre en cuivre creux dans lequel est fixé le bouilleur B qui s’ajuste à l’appareil par une emmanchure à baïonnette pourvue d’un manche en bois ; 2° d’un réfrigérant B fixé sur un pied P à anse; 5° d’un thermomètre T disposé le long du réfrigérant; sur ce thermomètre peut se mouvoir un curseur C à deux index et une flèche; 4° d’une réglette mobile divisée en cinquièmes de degré; 5° d’une tubulure U traversant l’intérieur du réfrigérant; 6U d’une lampe à alcool L.
- Avant de se servir de l’appareil, il faut procéder à son réglage; cette opération doit se faire chaque fois qu’on emploie l’ébullioscope, ou tout au moins, une fois par jour, si on en fait un usage continuel. Ce réglage a pour but d’éliminer l’influence variable de la pression sur la température d’ébullition. A cet effet, on verse de l’eau dans le bouilleur de façon qu’elle ne touche pas le réservoir du thermomètre et on ajuste solidement le bouilleur sur l’appareil au moyen de son emmanchure à baïonnette; on laisse le réfrigérant sans eau pendant le réglage et on place la lampe allumée sous l’appareil ; bientôt le mercure monte dans le thermomètre, puis devient stationnaire quand la vapeur d’eau s’échappe par la tubulure U ; à ce moment, on amène l’index b du curseur (fig. 4, n° 2) en regard du sommet de la colonne mercurielle, on fait coïncider le zéro de l’échelle mobile avec la flèche du curseur a et on fixe cette réglette au moyen de la vis dont elle est munie.
- L’ébullioscope étant ainsi réglé, pour en faire usage, on rince soigneusement la tubulure U et le bouilleur avec le liquide dont on veut déterminer la richesse alcoolique; puis on remplit complètement le bouilleur de ce même liquide, on le rajuste, on remplit d’eau le réfrigérant et on chauffe au moyen de la lampe. On suit avec le curseur l’ascension du mercure dans le thermomètre qui devient rapidement stationnaire; on attend une minute environ pour que l’équilibre s’établisse bien et on lit sur l’échelle de la réglette en regard de la flèche du curseur le degré alcoolique indiqué.
- Pour le vin, c’est l’index inférieur c qu’on amène en regard du sommet de la colonne de mercure, à cause des matières en dissolution qu’il contient; pour les mélanges d’eau et d’alcool, on fait usage de l’index supérieur h comme pour le réglage. Après chaque emploi de cet ébullioscope, on doit le rincer pour le maintenir en bon état.
- La quantité d’alcool contenue dans les vins est assez variable ; mais en la comparant à des dosages effectués sur un vin naturel de la même provenance
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- (dosages qui peuvent se trouver, soit dans des traités spéciaux, soit dans la table que nous publions à la fin de cet article), on peut voir si le vin considéré a été étendu ou remonté en alcool dans des proportions notables. — Le poids de Y extrait sec de l’échantillon, comparé à celui d’un vin semblable authentique, peut indiquer s’il y a eu addition d’eau, quand cet extrait sec est trop faible, ou si ce vin est fabriqué avec des raisins secs quand l’extrait est trop fort.
- L’extrait sec varie généralement entre i 6 et 25 grammes par litre. On le détermine en mettant dans une petite capsule de porcelaine, ou mieux de platine, préalablement tarée, 25 centimètres cubes du vin à analyser et en évaporant au bain-marie jusqu’à ce que la capsule ne change plus de poids. De l’extrait sec de 25 centimètres cubes, on déduit celui
- correspondant à 1 litre du vin. On voit cette évaporation indiquée sur la partie gauche de lafigure2. V est un vase de Mariotte contenant l’eau destinée à alimenter le bain-marie R par le tube t. Nous recommandons cette disposition très commode aux amateurs qui ne posséderaient pas de prise d’eau spéciale pour alimenter leur bain-marie. Ilspourront ainsi vaquer à d’autres opérations pendant les évaporations qu’ils auront à exécuter sans s’occuper constamment de renouveler l’eau de leur bain-marie.
- La détermination de l’extrait sec peut encore se faire au moyen de Tœnobaromètre IIou-dart. Cet instrument qui a la forme d’un densi-mètre, mais qui est gradué différemment, permet de lire directement l’extrait sec contenu dans 1 litre de vin, connaissant sa température et sa
- Fi". 1. — Détermination de la densité d’un vin.
- Fig. 2. — Appareils pour l’analyse des vins. — 1. Dosage de l’extrait sec. V. Vase de Mariotte. R. Bain-Marie,
- (Appareil Salleron). — 3. Dosage des cendres.
- 2. Dosage de l’alcoo
- richesse alcoolique. L’emploi de l’œnobaromètre implique également des corrections qui sont indiquées dans une table à double entrée qu’on livre avec l’appareil.
- Les cendres du vin, sans avoir autant d’importance que les éléments précédemment cités, sont
- cependant utiles à doser pour comparer leur quantité à celle d’un vin semblable naturel. On les détermine en calcinant l’extrait sec précédemment obtenu, dans la même capsule, jusqu’à ce que le produit obtenu soit blanc. On pèse après refroidissement et on ramène la quantité de cendres trouvées à
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- 1 litre de via. La calcination peut se faire soit dans un fourneau à moufle, soit sur un bec de gaz Bunsen en supportant la capsule par un triangle de platine, comme on le voit sur la partie droite de la figure 2. —Enfin, aujourd’hui, le plâtrage1 a pris une telle extension dans l’industrie du vin qu’il est à peu près indispensable d’y doser le sulfate de potasse pour constater que le plâtrage, s’il a etc exécute, n’a pas été exagéré. Dans ce dernier cas, on en a été déjà averti par le dosage des cendres qui en a indiqué une quantité plus forte.
- Les services des Ministères de la guerre et du commerce refusent les vins contenant plus de 2 grammes de sulfate de potasse par litre. Cependant il y a des vins naturels du midi de la France qui en renferment sou vent 4 a 5 grarn mes.
- Quoi qu’il en soit, pour déterminer le sulfate de potasse, on met dans une fiole à fond plat 100 centimètres cubes du vin additionné de quelques gouttes
- faite que par des chimistes expérimentés. Cependant il existe un moyen pratique de reconnaître si la cou-
- 1 Le plâtrage sc fait, comme son nom l’indique, en ajoutant au rin une certaine quantité de plâtre, ou sulfate de chaux, pour aider à sa conservation. Il sc produit alors une double décomposition : les sels organiques du vin sc décomposent en formant du sulfate de potasse, qui, s’il se trouve en trop grande quantité dans le vin, peut donner Heu à des troubles digestifs assez graves.
- d’acide chlorhydrique; on chauffe quelques minutes au bain-marie, on ajoute quelques centimètres cubes d’une solution concentrée de chlorure de baryum et on continue 'a chauffer au bain-marie pendant une heure environ. Au bout de ce temps, on jette le liquide sur un filtre sans plis, on lave à fond le précipité de sulfate de baryte avec de l’eau distillée pour enlever le chlorure de baryum en excès. Le filtre séché est mis dans une capsule de platine tarée et calciné au rouge sombre jusqu’à ce que les cendres soient devenues blanches. L’augmentation du poids de la capsule indique la quantité de sulfate de baryte. Ce chiffre, multiplié par le coefficient 0,7475, donne le poids de sulfate de potasse contenu dans les 100 centimètres cubes de la prise d’essai. On ramène cette quantité au litre en multipliant par 10. L’examen de la matière colorante du vin a aussi une grande importance ; mais cette recherche est difficile et ne peut être
- leur du vin est naturelle ou non; on dépose une goutte de vin sur un bâton de craie albuminée Tout vin donnant une tache verdâtre, violacée ou rose, sera suspect.
- En résumé, comme nous l’avons déjà dit, c’est
- 1 La craie albuminée se prépare en trempant dans l’albumine à 10 pour 100 un bâton de craie, laissant sécher à 100° et grattant la couche superficielle.
- Fig. 4. — Dosage de l’alcool. — Ebullioscope à bouilleur mobile de M. Beuevolo. — 1. Vue d’ensemble. 2. Détail du curseur à une plus grande échelle. — 3. Appareil démonté.
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- surtout pur comparaison que l’analyse des vins peut donner des indications utiles. Chaque fois qu’ils le pourront, les analystes feront bien de se procurer un échantillon de vin naturel du même cru et de la même année que celui qu’ils voudront analyser. Us feront sur les deux vins les mêmes déterminations et ils compareront les résultats obtenus. Malheureusement, dans la plupart des cas, il est impossible de se procurer un échantillon authentique. 11 faut alors se contenter des analyses signalées dans les traités spéciaux et comparer les chiffres qu’on a obtenus avec ceux d’un vin de même provenance. Nous donnons ci-dessous un tableau indiquant les quan-
- ALCOOL °l0 VOL. EXTRAIT ' PEC A 100° CENDRES SULFATE DE 1 DOTASSE |
- Aude, Corbière, 1885 10,3 21,6 1,35 0,67
- Charente, 1883 8,2 18,5 2,-10 0,31
- Cher blanc, 1883 7,2 16,0 1,68 0,25
- — rouge, 1883 6,6 20,6 2,60 0,51
- Côte-d’Or, Beaune • 0,5 21,7 2,10 0,40
- — Pommard, vieux 11,9 21,6 2,03 0,65
- Gard, Nîmes, 1885 0,1 22,7 5,81 1,82
- Gironde, Saiut-Estcphc, 1878 11,1 22,1 2,20 0,49
- — Saint-Emilion, vieux 10,0 22,1 2,60' 0,72
- — Chat. Larose, 18Gi 10,9 21,5 5,00 0,53
- Héraut , liamejan, 1881 — rouge. 1883 8,9 20,9 2,85 1,52
- 6,6 23,7 1,60 5,50
- Loir-et-Cher, Blois, 1881 7,6 18,3 2,15 0,55
- Lot, Cahors, 1881 10,0 21,8 1,97 0,16
- Pyrénées-Orientales, Roussillon, 1881. . . 12,5 21.7 5,87 5,02
- Saône-et-Loire, Mâcon, 1881 Yonne, Joigny, 1881 10,o 18,7 1,85 0,55
- 8,0 20,3 2,21 0,15
- Algérie, Boue, 1881 . 10,3 19,1 5,89 1,65
- — Staouéli, 1880 10,1 22,5 1,62 4,07
- tités d’alcool, d’extrait sec, de cendres et de sulfate de potasse contenues par litre dans les vins des principaux centres vinicoles français.
- A. Hébert.
- CHRONIQUE
- Une carte des chemins de fer de l’Europe, sur papiers peints. — M. Cheysson a récemment présenté à la Société d'encouragement pour l’industrie nationale, une carte fabriquée par MM. Isidore Leroy et ses fils; elle figurera prochainement dans le grand escalier de la Société. Avant 5™, 17 de longueur et 3m,3’de hauteur, elle est formée de 11 lés de papiers peints de 47 centimètres de largeur qui couvrent une surface totale de 17 mètres carrés. Elle a été imprimée par le procédé ordinaire à la planche, et n’a pas exigé .moins de 372 planches pour sa fabrication. Les couleurs très nombreuses sont fraîches et harmonieuses de ton. La carte est d’un aspect agréable, le repérage est remarquable, et, quand les lés sont adroitement juxtaposés, on a peine à se douter qu’on est en présence d’une carte en plusieurs morceaux formée de rouleaux de papiers peints. Le prix de la carte complète est de 40 francs, soit 3fr, 64 par lé. En se bornant aux quatre lés qui comprennent la France, on peut avoir pour 14fr,50 une carte des chemins de fer de notre pays et d’une portion des pays limitrophes mesurant environ 2m,3 de largeur sur 3m,3 de hauteur. Ce n’est pas dans nos appartements parisiens, avec leurs trumeaux réduits par les haies, que l’on peut songer à trouver une place pour cette grande
- carte d’Europe ; mais elle sera très convenablement installée dans des salles d’attente de chemins de fer, dans les salles d’escrime et de billard, dans les cercles, dans les préaux d’école et de collège, dans les couloirs d’hôtel et autres emplacements analogues, où elle recevra un emploi aussi utile que décoratif. L’exécution de cette carte inspire cependant au savant rapporteur quelques réserves ainsi formulées : « Après avoir rendu hommage aux qualités de celte œuvre, nous ne pouvons nous empêcher d’exprimer le regret que ses auteurs n’aient pas tenu à lui donner un caractère plus nettement géographique. Nous aurions voulu notamment qu’elle s’appuyât sur un réseau de méridiens et de parallèles, et qu’elle fût rédigée à une échelle précise, par exemple, au millionième, tandis que, pour y faire tenir les localités ou des indications que l’échelle ou le format auraient exclues, on a cru sans inconvénient de recourir à certaines déformations vers les extrémités de la carte qui cesse d’étre géographique pour devenir schématique. Nous aurions peut-être aussi quelques autres réserves à formuler touchant les écritures, la légende et les signes conventionnels ; mais nous nous bornons à y faire cette simple allusion, parce qu’elles n’auront plus d’objet dès l’édition prochaine. »
- L’actde azothydrique. — Le professeur Gurtius, de Kiel, vient de découvrir un nouveau composé fort curieux auquel il a donné le nom d’acide azothydrique. Ce corps est formé de trois atomes d’azote unis à un d’hydrogène. 11 est donc représenté par la formule Az5H (en notation atomique). L’acide azothydrique est un gaz possédant une odeur très pénétrante, provoquant de violents accès de toux. Il se dissout en grande quantité dans l’eau ; cette solution aqueuse possède l’odeur du gaz libre et est franchement acide au tournesol; elle offre une grande analogie avec les dissolutions d’acide chlorhydrique. La solution aqueuse d’acide azothydrique, même très diluée, est capable de dissoudre plusieurs métaux, tels que le zinc, le cuivre, le fer, avec dégagement d’hydrogène, et formation d’azotures dans lesquels les métaux remplacent l’hydrogène mis en liberté. Les sels d’argent et de mercure sont seuls insolubles dans l’eau, ce qui complète encore la ressemblance avec les chlorures. Cependant l’azoture d’argent Az5Ag ne noircit pas lorsqu’on l’expose à la lumière et il se distingue aussi du chlorure d’argent par ses propriétés explosives caractéristiques.
- Ees messages téléphonés. — Depuis le 5 novembre, un nouveau service, dit des messages téléphonés, fonctionne dans Paris. L’administration des postes et télégraphes a utilisé les lignes téléphoniques pour la remise à domicile de communications urgentes. Tout abonné dans Paris, et toute personne dans un bureau téléphonique, peuvent téléphoner un message quelconque à huit bureaux spécialement désignés dans Paris. Ces bureaux sont actuellement chargés de la distribution des télégrammes dans la partie de la ville comprise entre la Seine et les grands boulevards. Le bureau reçoit ce message téléphonique, le transcrit, et l’envoie de suite à l’adresse désignée par l’expéditeur. La taxe est de 50 centimes par cinq minutes; le nombre de mots ne doit pas excéder cent. Ces messages téléphoniques, qui ne s’étendent actuellement qu’à quelques bureaux dans Paris, pourront également être envoyés dans tout Paris, si les résultats obtenus sont satisfaisants.
- Ees volailles destructeurs d'insectes. —On sait que la betterave a un ennemi redoutable dans l’insecte
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- LÀ NATURE.
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- nommé le sylphe noir. Parmi les moyens les plus efficaces pour délivrer les betteraves de ce ravageur, on nous signale l’emploi du poulailler ambulant, dont on a constaté bien des fois depuis trente ans les succès pour la destruction des vers blancs. U Echo agricole raconte à ce sujet qu’un grand agriculteur de Saxe, M. Fischer, a réussi l’an dernier à délivrer ses betteraves envahies par le sylphe noir, en y promenant un poulailler roulant analogue à celui de M. Giot et de M. le marquis d’IIavrincourt.
- Il va de soi que pour la destruction du ver blanc on utilise le poulailler roulant à la suite des charrues, scarificateurs, etc., qui mettent le ver blanc en évidence, tandis que, pour la destruction des insectes, le poulailler est promené dans les plantations en cours de végétation. Au fait, cette application nouvelle du poulailler roulant procède d’une idée très naturelle et d’un fait connu de tous. Personne n’ignore, en effet, que les poules sont omnivores; elles font volontiers leur pâture d’insectes, de mollusques, comme de graines et de feuilles. On peut donc admettre comme probabilité qu’au moyen des poulaillers roulants, l’agriculture pourrait réussir à délivrer ses cultures de nombreuses espèces d’insectes ravageurs contre lesquels scs efforts ont échoué jusqu’à ce jour. Et telle est, au fait, l’idée qu’a suggérée à M. Fischer le succès de son poulailler contre le sylphe noir.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3 novembre 1890. — Présidence de M. IIkhmite
- Nouvel appareil chronophotographique. — Un très important perfectionnement est apporté par M. Marey a ses ingénieux procédés d’enregistrement photographique des diverses phases du mouvement de l’homrne et des animaux. Cette fois, tous les organes, jusqu’ici séparés, sont réunis dans une sorte de chambre noire dont l’âme est. un moteur actionné par l’électricité. Avec une précision jusqu’ici inconnue, un dispositif spécial assure la simultanéité absolue des arrêts de la surface sensible devant la lentille, et des éclairages. On peut même en plein champ introduire dans la boîte la longue bande pellicu-laire qui prendra les images et qui, enroulée sur une bobine, se termine à chaque bout par un prolongement complètement opaque. 11 est loisible d’obtenir jusqu’à 50 images successives du même mouvement dans l’espace d’une seconde. Comme un exemple des résultats obtenus, le savant auteur fait circuler une bande montrant deux hommes se livrant à l’exercice de l’escrime : l’un d’eux laisse choir son fleuret et dix images montrent celui-ci en des points divers de son trajet de la main qui l’a lâché au sol sur lequel il arrive. M. Marey s’est d’ailleurs assuré la collaboration d’un opérateur bien connu, M. Petit, qui se charge du tirage typographique des positifs.
- Rapports de la septicémie gangréneuse et du tétanos. — M. Yerneuil expose un ensemble de faits qui constituent un appoint considérable à l’étude des associations microbiennes virulentes. Il s’agit de la coexistence souvent constatée, mais non constante, de la gangrène et du tétanos. Des observations cliniques s’ajoutent à des résultats de laboratoire pour faire voir que, ces deux affections résultant chacune du développement d’un microorganisme particulier, le vibrion septicémique de M. Pasteur et le bacille tétanigène de M. Nicolaïev, évoluent séparément et produisent chacune de son côté les effets qui lui appartiennent en propre. L’un des exemples les plus nets
- est fourni par le cas d’un chasseur à cheval qui à Rouen en 1885, tomba de cheval et se brisa le bras sur le sol du manège. Au bout de 48 heures, la septicémie se déclara et l’amputation en guérit le malade jamais, le septième jour (terme fatal pour la seconde maladie), le tétanos se déclara et amena la mort très rapidement. On sait d’ailleurs que les deux microbes existent ensemble dans la terre et on ne peut douter qu’ils n’aient été fournis à la plaie contuse, par le sol du manège.
- Imitation artificielle des dendrites de manganèse. — Avec une bienveillance dont je suis heureux de pouvoir ici le remercier publiquement, M. le secrétaire perpétuel,
- J. Bertrand, signale les essais auxquels je me suis livré au laboratoire de géologie du Muséum dans le but de reproduire artificiellement les dendrites noires qu’on voit si fréquemment sur les parois des fissures qui traversent les roches calcaires. Tandis que l’immersion d’un fragment de marbre dans la solution aqueuse du sulfate de fer détermine très rapidement le dépôt de l’hydrate ferrique ou limonite, rien de comparable n’est la conséquence du contact avec le carbonate de chaux des solutions de sulfate de manganèse. Des analyses répétées sur un grand nombre d’échantillons de dendrites me donnèrent la clef de cette singularité, en montrant que toujours le manganèse est associé dans ces productions à une quantité notable de fer. Aussi je recommençai les expériences en remplaçant la solution du sulfate pur de manganèse par une liqueur où ce sel fut additionné d’un peu de couperose verte. A partir de ce moment, de l’acerdèse se précipita sur les échantillons pierreux. Cette matière noire, très adhérente à la roche, manifeste ordinairement l’allure observée pour les dendrites naturelles : son dépôt, commencé en certains points d’élection, irradie autour d’eux avec un développement inégal dans les différentes directions ; il s’étale sous la forme de taches très variables dans leurs contours et plus d’une fois disposées en arborisations rappelant de très près les modèles qu’on se proposait d’imiter. Volontiers ces dendrites artificielles se propagent dans les fissures des roches et la forme des taches noires est alors la même sur les deux parois qui se regardaient. J’ai obtenu, outre les dendrites, des dépôts noirs continus comparables au wad et je pense que dans les abîmes sous-marins, les réactions dont j’ai parlé, interviennent efficacement.
- Polissoirs néolithiques du Lunain. — En explorant les bords de la vallée du Lunain, en Seine-et-Marne, M. Armand Viré a découvert une douzaine de ces gros rochers couverts de rainures polies en diverses directions, et que les gens des campagnes attribuent ordinairement aux coups de la griffe du diable ; ces rochers ont servi durant l’époque quaternaire au finissage des haches de pierre. A cette trouvaille, déjà fort intéressante, l’auteur en joint une autre, non moins curieuse et qui est relative aux variations du régime des eaux dans la région. La plupart des ateliers de polissage étant situés sur les plateaux fort au-dessus de la rivière, et l’eau étant nécessaire au travail, on doit se demander comment les antiques artisans mouillaient leurs outils. Il n’y a pas de source notable au voisinage, mais leur absence est sans doute un contrecoup du déboisement, lequel a aussi transformé le régime du Lunain jadis bien réglé et maintenant presque aussi variable qu’un torrent d’une saison à l’autre. Or, cette supposition est complètement vérifiée par l’existence, en des localités maintenant arides, d’épais amas de tuf calcaire dont le peu d’ancienneté est attesté par les objets qu’ils empâtent : végétaux et mollusques quaternaires, frag-
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- LA NATURE.
- ments de briques, de poteries et de silex. M. Viré a recueilli une importante collection à l’appui de sa communication.
- Sur l'éclatement des canons. — L’inventeur de la poudre sans fumée, M. Vieille, s’est proposé de trouver pourquoi les canons éclatent parfois sous l’effet de charges fort inférieures à celles que le calcul de la résistance du métal, indique comme nécessaires. Grâce à un procédé d’enregistrement extrêmement délicat, il constate que les pressions sont, au moment de l’inflammation, bien éloignées de se répartir uniformément dans toutelalongueur de l’arme. Au point où était la charge, une vraie onde de pression prend naissance qui se transmet et peut se réfléchir : à son début, elle peut exercer une action dynamique triple de celle qui représente l’effort supposé également réparti.
- Varia. — Nos lecteurs savent déjà qu’un illustre correspondant de l’Académie, M. Tchihatcheff, est mort le 13 octobre à Florence : on annonce qu’il a affecté une somme de 100 000 francs à la fondation d’un prix qui récompensera le meilleur travail relatif à l’étude d’une région asiatique. — Une médaille frappée à l’effigie de M. llirn et due à M. Roty est adressée par le Comité qui s’était formé pour réunir les fonds nécessaires. — Le paradoxe de mécanique étudié l’autre jour par M. Resal provoque un complément cinématique de la part de M. Manheim. — M. Zenger essaye de rattacher la rotation de la Terre autour de son axe à une réaction électrodynamique émanant du Soleil. — D’après M. Le-mont, un cryptogame, dont on ne saurait trop favoriser la multiplication, s’attaque au ver blanc et le détruit. — Un volume de M. Nestor Grehant, intitulé Les poisons de l'air, est déposé avec beaucoup d’éloges par M. Larrey. Stanislas Meunier.
- LA PHOTOGRAPHIE AMUSANTE
- t-
- LE PORTRAIT MULTIPLE
- Nous recevons d’un de nos lecteurs, M. G. Pa-boudjian, de Constantinople, la curieuse photographie que nous reproduisons ci-contre et qui est obtenue par un procédé bien simple, mais dont on ne se rend pas compte tout d’abord. On voit le même sujet représenté un grand nombre de fois et l’en-
- semble donne l’aspect d’une file de personnages alignés. Pour obtenir cette photographie, M. Paboud-jian prend deux glaces A et B placées parallèlement et séparées d’environ 60 centimètres.
- Dans l’intervalle des deux glaces, en C, il place le sujet à photographier. Tout le monde connaît l’effet
- produit dans ces conditions pour l’avoir observé nombre de fois. Dans les cafés, chez les coiffeurs, dans son appartement même, on a souvent deux glaces se faisant face et où l’on peut constater journellement l’effet curieux de perspective en question. C’est cet effet qu’il s’agit de fixer sur la plaque photographique, mais sans s’y trouver soi-même avec son appareil. Pour cela, ainsi que le montre le petit, schéma ci-contre, il suffit que l’une des glaces soit plus grande que l’autre et que l’appareil, placé au-dessus de la plus courte, soit un peu incliné vers le plancher. Il faut aussi avoir des glaces sans encadrement, car cet encadrement, en se reflétant dans les glaces, serait d’un très mauvais effet. On peut compliquer l’expérience en répétant la disposition que nous avons publiée dernièrement, de trois grandes glaces disposées en forme de prisme, la face réfléchissante tournée à l’intérieur : deux ou trois personnes placées à l’intérieur donnent l’impression d’une foule innombrable. Il est clair que pour obtenir une photographie de ce genre il faut poser ; la lumière est toujours insuffisante pour faire de l’instantané, surtout si l’on veut avoir aussi loin que possible les derniers plans qui sont de moins en moins éclairés. Quant à employer le magnésium, cela nous semble difficile; à cause de la réflexion sur les glaces on risquerait fort d’avoir du voile. Il serait cependant curieux dans la disposi tion des trois glaces surtout, de pouvoir faire deux personnes en mouvement sautant ou dansant. C’est l'a un moyen assez simple d’avoir toujours à sa disposition un nombre considérable de modèles.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandieb.
- Fig. 1. — Fac-similé de la photographie d’un portrait multiple.
- Fig. 2. — Schéma explicatif pour la disposition de l’expérience.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 91 1.
- LA NATURE.
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- — 15 NOVEMBRE 1890.
- iBIBLICTKEÇUdSJ
- VÉLOCIPÈDE NAUTICO-TERRESTRE
- On vient de faire à Marseille des essais d’un vélocipède fonctionnant avec la même facilité sur terre et sur mer, sans qu’il soit nécessaire d’apporter le moindre changement à sa composition ni le moindre arrêt à sa marche. L’appareil est du modèle dit « tricycle », il est actionné par pédales, possède un frein, un appel, se commande à la main au moyen d’un levier transversal, tourne sur lui-même avec facilité et passe sans transition, du sol dans l’onde, de celle-ci sur le sol. Qu’on imagine deux assiettes réunies par leurs bordsou quel’on suppose les roues d’un tricycle flanquées sur leurs faces de deux demi-coquilles en tôle, profondes de 10 centimètres et d’un diamètre égal à celui des roues. On aura une sorte de lentilles bi-convexes, creuses, légères et résistantes dont la rigidité est assurée par des entretoises.
- Ces lentilles-roues sont munies sur leur tranche d’une gorge qui retient un fort cordon de caoutchouc adoucissant les cahots comme dans tous les vélocipèdes; elles portenten outre sur leur face externe une douzaine de petites ailettes en cuivre qui agissent comme les palettes d’une roue de bateau à aubes dès que l’appareil est entré dans l’eau. La figure ci-dessus montre suffisamment les dispositions des organes pour qu’il soit à peine utile d’insister sur quelques détails. Elle représente l’instrument revenant vers la terre après avoir fonctionné en mer. Le premier modèle avait pour roues des troncs de cône opposés par la base; les roues du second type, que nous représentons sont constituées par des calottes sphériques. Dans ce dernier, la petite roue est placée en avant comme dans les tricycles ordinaires. Une arcature fixée au centre du triangle forftié par les trois roues, soutient la selle, une double pédale et la barre-guide commandant la direction. Le mouve-
- 48' usée. — 2“ semestre.
- ment est transmis par une chaîne de Galle comme dans les bicyclettes. Le diamètre des roues est de 1“,40, leur écartement de lm,25 à la voie, leur^ épaisseur sur l’essieu, de 20 centimètres; la selle est élevée de 60 centimètres au-dessus de l’essieu principal. [Enfin, en charge et en pleine eau, l’enfoncement des roues n’est que de 40 centimètres. Quelques chiffres relevés scrupuleusement au cours d’une série d’essais que l’inventeur et le constructeur ont faits tout exprès pour nous permettre de renseigner nos lecteurs, seront d’ailleurs d’une éloquence très satisfaisante. Le vélo-nautique, parti de
- la place Castellane, a franchi en dix minutes la longue avenue du Prado (4 kilomètres) encombrée à cause des courses hippiques d’automne , a pénétré dans l’établissement des bains du Rou-cas-BIanc et s’est mis à l’eau où il a continué sa course sans arrêt ni effort. La mer était belle et maniable, mais il y avait de la vague. Les premiers essais ont donné une vitesse moyenne de 3km,900 à l’heure en employant 6 palettes de 5 centimètres de large, par roue d’arrière, au lieu des 12 ailettes de 8 centimètres que l’appareil portera. La marche en arrière est plus faible d’un quart comme vitesse ; l’instrument s’y prête à merveille * L’effort musculaire donnant cette vitesse est à peine égal à celui que nécessite un tricycle sur bonne route. L’évolution complète peut se faire dans un cercle de 3m,40 environ de diamètre. Pour le démontrer, le . constructeur a fait en 130 secondes les mouvements suivants : immersion rapide, parcours de 10 mètres, une volte, une marche en avant, deux voltes successives en avant, puis deux voltes en arrière, une volte, une marche, une nouvelle volte et une reprise de marche vers la pleine eau. L’appareil a franchi alors la barre assez houleuse de l’établissement et, suivi du modèle primitif, il a quitté le bassin et pris la mer. Après une demi-heure d’évolutions, les deux véloces sont revenus à 60 mètres du rivage pour les essais de
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- Nouveau vélocipède nauüco-teri'estrc, représenté au moment ou il sort de la mer. Expérience exécutée à Marseille. (D’après une photographie de l’auteur.)
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- LA NATURE.
- stabilité. Un nageur de haute taille a simulé alors un homme en péril s’acerochant en tous sens, dans les poses les moins rationnelles, à toutes les parties du vélo-nautique. Ces expériences ont été faites comme il suit • Un homme monte par l’arrière et se tient debout sur le grand essieu ; les pieds du véloceman restent hors de l’eau. Le nageur prend place sur la selle et son compagnon s’appuie sur la barre-frein ; même effet. Le nageur s’accroche 'a l’essieu, aux palettes, au bord supérieur des roues, sans pouvoir renverser l’appareil et le véloceman n’est pas désarçonné; il soulève le système par la petite roue, même résultat. La stabilité et la résistance au renversement sont surprenantes.
- Un dernier essai fut fait près du rivage. Le nageur ayant pris pied et possédant une assiette solide put enfin, avec le concours du vélocipédiste, mettre le tricycle sur le flanc, puis le renverser entièrement. Les deux hommes montèrent alors sur l’appareil devenu simple radeau, puis, se rejetant à l’eau et prenant pied, le relevèrent. Il est incontestable que deux hommes au moins pourraient, outre le véloceman, s’accrocher sans inconvénient en un point quelconque du système, et, après avoir échappé ainsi a un péril immédiat, se laisser porter par l’appareil, même renversé, pendant de longues heures. Le vélo-nautique n’est d’ailleurs que dans la période des essais et déjà l’inventeur, M. Romanès, mécanicien de la marine, et son constructeur, M. Rousseau, chef d’une importante fabrique d’appareils vélocipédiques à Marseille, vont apporter au nouvel engin, des perfectionnements tels que cloisons étanches, élargissement des palettes, allègement des roues transformées en de simples tores, de façon à atteindre sans peine une vitesse de 7 kilomètres dans l’eau. Il est clair que par une mer forte, l’appareil sera d’un maniement délicat ; mais un canot se trouverait dans la même situation et ce n’est pas un cas normal. Ce qui nous paraît ressortir des essais, c’est que la légèreté de l’appareil, son maniement aisé, la faible résistance éprouvée en pleine immersion et surtout la facilité avec laquelle il permet de passer d’une route dans un lac, un étang (dans la mer même agitée) et, inversement, d’une rivière sur une route, sans aucun apprêt, classent le vélo-nautique parmi les inventions utiles.
- Pour les touristes, c’est un bateau permanent doublé d’une monture rapide; pour le chasseur de marais, le riverain des étangs, le pêcheur même, c’est une barque allant partout, dans la vase comme en pleine eau. Pour les villages séparés par des lacs ou des rivières, loin de toute passerelle ou d’un pont, c’est un bac des plus simples qui tantôt marche, tantôt flotte, sans être arrêté par une crue ou par une sécheresse excessive. C’est, en un mot, un objet utile, commode et un moyen de sauvetage. Par ce temps de canons-revolvers, il est peut-être bon de s’arrêter de temps à autre sur des instruments plus humanitaires. P. Marcillac.
- RECREATIONS MATHÉMATIQUES
- SOMMES DES NOMBRES CONSÉCUTIFS ET DE LEURS CARRÉS
- Écrivez sur une feuille de papier, au-dessous les uns des autres, les nombres consécutifs à partir de 1, et en regard, à droite, leurs carrés, c’est-à-dire le produit de chacun de ces nombres par lui-même. Vous formez ainsi deux colonnes verticales de chiffres; arrêtez-les par un trait horizontal à la hauteur que bon vous semblera, mais la même pour les deux colonnes.
- Additionnez chacune de ces colonnes. Vous avez ainsi deux totaux. On n’a besoin que de connaître celui degau-che, pour en déduire celui de droite par un calcul simple.
- Soit n le dernier des nombres consécutifs à partir de 1.
- La somme S de ces n nombres est étoile à —- . La
- somme C de leurs carrés est égale à-
- Le rapport 2,1 + 1
- b O
- n(n 1)( n +
- Donc, connaissant S et n, il suffit de multiplier S par
- 2il + 1 ut • r
- —g— pour obtenir L.
- Dans le problème, tel qu’il est posé, on donne seulement S. Mais n s’en déduit sans peine. En effet,
- 2S = n(n + 1) =
- 1^
- A
- Il suffit donc d’extraire la racine carrée de 2S. La partie entière de cette racine est égale à n. Dès lors, on connaît n et S et par suite C.
- Prenons un exemple de l’opération :
- 1 1
- 2 4
- 3 9
- 4 16
- 5 25
- 6 36
- 7 49
- 28 Tio
- Pour ce cas particulier S est égal à 28. Le double de S est 56, dont la racine carrée est 7 plus une fraction. Donc 71= 7.
- Un en déduit :
- C 14 + 1 \
- - = _r_=5,
- et par suite,
- G = 28 x 5=140. E. G.
- LE TÉLÉGRAPHE IMPRIMEUR EN COLONNES
- DE M. HIGGINS
- Nous avons décrit en 1882 le télégraphe de bourse et de marchés dont l’emploi est aujourd’hui si répandu en Amérique et en Angleterre. Rappelons que cet appareil a pour but de distribuer à un grand nombre d’abonnés les nouvelles politiques, financières, sportiques, les cours de la bourse et des marchés, et généralement tous les renseignements
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- LA NATURE.
- r>7i
- d’un intérêt financier, industriel ou commercial arrivant de différents pays à un bureau central unique qui joue le rôle de distributeur unique et peut être assimilé, par comparaison, à une personne ayant 500 ou 1000 mains marchant ensemble, et fixées aux extrémités d’un nombre égal de bras aboutissant chacun chez un abonné.
- Les dépêches s’impriment chez tous les abonnes en même temps par une seule émission, en caractères typographiques ordinaires, sur une longne bande de papier qui se déroule au fur et à mesure de l’arrivée des dépêches, et qui tombe dans une corbeille où on vient la prendre pour en faire la lecture à volonté.
- Cette longue bande présentait plusieurs inconvénients, tant au point de vue de la lecture qu a celui du classement des nouvelles et de la recherche des renseignements sur un ruban qui offrait de 10 à 50 mètres de développement par jour, suivant l’abondance plus ou moins grande de nouvelles transmises aux abonnés par le bureau central.
- Dans le nouveau système imaginé par M. Iliggins et actuellement mis en service chez les abonnés à Londres, l’impression est faite, non plus sur une bande étroite,
- COMMONS
- THE LONDON BRIGHTON AND SOUTJH COAST RAILWAY BILL AND ThE SOUTH EASTERN RAILWAY B I LL WERE ORDERED FOR 3RD READ ING. THE MANCHESTER 'SH IP CANAL BILL WAS READ 4 2ND TIME.
- Fac-similé rie l’impression obtenue avec le télégraphe de M. Higgins (réduit de moitié.)
- mais sur une bande de 15 centimètres de largeur, en lignes parallèles transversales renfermant environ 40 lettres chacune, ce qui réduit considérablement la longueur des dépêches, facilite leur lecture et leur classement.
- Chaque boucle partant du poste central peut desservir 20 à 22 appareils montés en tension suivant la longueur de la boucle.
- Une seule et même ligne sert à faire marcher la roue des types, le mécanisme imprimant et la remise à la ligne suivante lorsque la ligne en impression est remplie. On peut, avec ce système, imprimer 1800 à 2000 mots par heure, et la provision de papier est suffisante, pour la réception de 30 000 mots, chiffre qui n’est jamais atteint pendant une semaine, temps qui sépare deux visites successives d’un employé chargé de visiter l’appareil, le nettoyer, le graisser, remonter le mouvement d’horlogerie qui l’actionne et renouveler la provision de papier. Tous ceux qui ont employé l’ancien appareil à bande apprécient les nombreux avantages que présente cet ingénieux perfectionnement.
- CURIEUSE EXPÉRIENCE TÉLÉPHONIQUE
- Notre confrère Electrical Review, de New-York, nous signale une curieuse expérience téléphonique dans laquelle un système téléphonique se parlant à lui-même, en quelque sorte, permet d’entretenir indéfiniment un son continu amorcé une fois pour toutes d’une façon quelconque. La figure ci-contre montre comment il faut disposer l’expérience, d’ailleurs très simple. Le transmetteur est monté
- en circuit avec une pile et le circuit primaire de la bobine d’induction, comme dans tous les systèmes téléphoniques, tandis que le circuit secondaire de la bobine d’induction ou transformateur est fermé par la ligne et un téléphone Bell ordinaire. Si l’on a soin de disposer l’embouchure du téléphone magnétique récepteur très près de celle du microphone, et que l’on produise une première vibration de ce dernier, le mouvement de vibra-1 tion du microphone transmis au récepteur après ses multiples transformations viendra à son tour faire vibrer le microphone en traversant l’air. 11 s’établira alors un son continu dont la hauteur et le timbre dépendront des conditions de construction du microphone, du téléphone récepteur, de la bobine d’induction, de la pile, elc., son qui, sous l’influence de causes accidentelles extérieures, pourra s’élever ou s’abaisser d’un octave, et reprendre ensuite sa hauteur normale, la vibration se continuant
- indéfiniment jusqu’à ce que le circuit soit interrompu, ou que le récepteur soit suffisamment éloigné du transmetteur.
- Il va sans dire qu’il n’y a rien là qui ressemble à un mouvement perpétuel, et que l’énergie nécessaire à l’entretien en quelque sorte indéfini du mouvement de vibration du système est empruntée à la pile électrique intercalée dans le circuit du transmetteur. 11 serait impossible de reproduire cette expérience en faisant usage d’un transmetteur simplement magnétique. .
- MOTEUR DOMESTIQUE k PÉTROLE
- Malgré toute la rapidité avec laquelle s’établissent maintenant a Paris les distributions d’énergie électrique, il se passera encore de longues années avant que la libre disposition du courant électrique soit assurée dans la plupart des immeubles habités. Il pourra souvent même arriver que l’on recule devant les frais d’une installation destinée à remplacer un éclairage a gaz, mais l’on voudra néanmoins allumer quelques lamp esélectriques. Il suffit, dans ce cas, d’une faible source d'énergie. Le problème avait été tenté jusqu’ici plusieurs fois, et toujours avec peu de succès. Les moteurs à gaz, qui rendent parfois des services, devenaient ici encombrants, d’un emploi difficile. On a alors essayé des moteurs au pétrole, et certains moteurs de ce genre ont fonctionné régulièremènt dans plusieurs circonstances. Nous eh avons déjà signalé ici même un très grand nombre1. Mais, dans tous ces moteurs,
- » Voy. les u" 098, 701, 753, 755, 701, 790. 857, 880.
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- la puissance atleinte était assez considérable ; dans quelques cas seulement on avait pu produire environ un cheval. Nous voulons présenter aujourd’hui à nos lecteurs un petit moteur à pétrole d’un emploi très facile, ne nécessitant aucune installation spéciale, et n’ayant qu’une puissance de 1 /5 de cheval environ.
- Ce moteur est dù à M. Gracchus Ralbi. La figure ci-contre représente l’appareil qui consiste essentiellement dans un cylindre, à l’intérieur duquel se meut un piston. La partie inférieure du cylindre est en communication par un tuyau de caoutchouc avec un petit carburateur particulier, ou vase rempli de pétrole avec un tuyau d’aspiration d’air extérieur. Quand le moteur est en mouvement, il présente quatre phases bien déiinies : première phase, l’air carburé est aspiré et remplit le cylindre ; deuxième phase, le gaz est comprimé; troisième phase, le gaz est enflammé à l’aide d'une disposition spéciale que nous allons décrire ; quatrième phase, après la conflagration les gaz sont expurgés, et les mômes [thases recommencent à nouveau.
- Avant de donner quelques chiffres sur les poids, les grandeurs et autres données, faisons quelques observations sur les principes memes du moteur. La compression des gaz avant leur inflammation a été un des plus grands perfectionnements apportés aux moteurs de grandes dimensions ; elle est également utilisée dans la circonstance présente, et sans aucune complication de mécanisme.
- Le fonctionnement des soupapes est assuré d’une façon très simple. La soupape d’admission fonctionne par la simple aspiration produite par le pislon moteur dans le cylindre. La soupape d’échappement est commandée par un petit excentrique qui la fait monter pendant un quart ds tour du volant.
- L’inflammation du mélange gazeux est obtenu ici, non à l’aide de piles qui peuvent souvent donner des ratés, mais a l’aide d’une petite machine statique genre Wimshurst modifiée. Le mouvement est transmis à celte petite machine à l’aide d’une petite courroie. L’étincelle est produite à chaque mouvement du piston entre les deux pôles de la machine à l’aide d’une disposition spéciale animée
- d’un mouvement de va-et-vient. Le circuit se trouve fermé par des fils de cuivre à l’intérieur du cylindre, où l’étincelle jaillit également.
- Le refroidissement du cylindre est assuré par une circulation d’eau puisée à l’aide d’une petite pompe dans le socle creux sur lequel repose le moteur. C’est la môme eau qui sert pendant plusieurs expériences. La petite pompe demande, pour fonctionner, une fraction très faible de puissance.
- Nous devons signaler encore, comme un dernier perfectionnement, l’adjonction d’un petit régulateur à force centrifuge, qui ferme l’arrivée du mélange gazeux, lorsque la vitesse dépasse une certaine limite. Donnons maintenant quelques renseignements pratiques sur un modèle qu’il nous a été donné de voir fonctionner et d’examiner de près.
- Le moteur, d’une puissance de 1/5 de cheval environ ou 0,15 de poneelet, pèse 70 kilogrammes, a une hauteur de 80 centimètres, une longueur de 60 centimètres et une largeur de 40 centimètres; il repose sur un socle en bois, sous lequel se trouve la cuve à eau, d’une hauteur de 45 cenlimètrcs. La hauteur totale de l’appareil est donc de lra,25 seulement. 11 use environ par heure 1/5 de litre d’essence ordinaire de pétrole à 70 centimes le litre. La vitesse angulaire est de 300 à 380 tours par minute. Dans une expérience que nous avons effectuée, le moteur mettait en route à l’aide d’une petite courroie une petite dynamo Gérard, qui alimentait deux lampes Gérard. Ces lampes, mesurées exactement, dépensaient chacune 38 watts (15,2 volts et 2,5 ampères); nous avions donc une puissance utile de 76 watts ou 0,103 cheval ou 0,07 poneelet. Le prix du moteur au pétrole est de 580 francs, et le prix du moteur à gaz de 500 francs. Dans ce dernier, la dépense en gaz atteint 150 à 200 litres par heure.
- Nous croyons que le petit moteur que nous venons de signaler est appelé à rendre les plus grands services à tous ceux qui désirent avoir à leur disposition une faible force motrice et qui ne peuvent avoir recours à des distributions d’énergie électrique. J. Laffaugue.
- Petit moteur à pétrole d’une puissance de la Isilograiniuètres pur seconde environ. — A. Cylindre. — B. Carburateur. — C. Machine statique pour l’inflammation du mélange gazeux.
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- L’ART DES PROJECTIONS
- SON' IIIS T O I R K
- Il y a deux mois, les’ lecteurs ont pu lire, dans La Nature (p. 195), un article de M. Albert Londe sur les appareils deM. H. Four-lier, destinés aux projections de phénomènes physiques et chimiques, décomposition de l’eau par la pile, réactions chimiques diverses, for-mationde cristaux au sein d’une solution saturée, etc. On aurait pu croire d’après cette Notice, qu’il n’existait pas antérieurement d’instruments construits spécialement dans cet ordre d’idées; c’est une erreur qui nous a valu plusieurs réclamations de professeurs qui se servent depuis longtemps, dans leurs cours, de systèmes semblables, construits à différentes époques, par M. Duboscqou parM.Mol-teni. Sans rien enlever au mérite et à l’intérêt pratique des appareils deM. H. Fourtier, que construit M. Laverne, il nous a paru intéressant de rechercher l’origine des projections lumineuses et de publier ici un petit résumé historique, sur un art éminemment utile a l’enseignement. Cette Notice complétera celle de notre excellent collaborateur M. Albert Londe, sur laquelle il n’y a d’ailleurs rien à changer en dehors de cette interprétation historique.
- Nous ne remonterons pas à la lanterne magique du Père Kircher; c’est assurément là l’origine réelle des projections lumineuses. Nous renverrons nos lecteurs aux Notices que nous
- avons publiées à ce su jet. —Le microscope solaire, que est destiné à montrer, avec un grossissement considérable, les images de petits objets, a été inventé à Berlin vers 1745. Les rayons du soleil sont concentrés, sur l’objet à projeter, au moyen de lentilles, puis, après avoir éclairé l’objet, ils traversent une autre lentille à court foyer qui forme, à une grande distance, une image renversée reçue sur un écran. La cristallisation des sels, les globules du sang ont été projetés au siècle dernier à l’aide de cet appareil.
- A la fin du dix-huitième siècle, un physicien, dont le nom n’est pas connu, inventa le mégascope qui donne, par projection dans une chambre noire, l’image d’objets telles que statues, bas-reliefs, etc. Cet appareil a été perfectionné par Charles qui passe souvent pour en être le créateur.
- La découverte de la photographie était destinée à transformer l’art des projections, mais l’application de la photographie à la confection des vues transparentes sur verre ne se produisit que longtemps après l’apparition des procédés de Niepce et de Da* guerre.
- Les premières photographies sur verre pour projections, semblent avoir été faites par MM. Langen-heim frères, à Philadelphie, aux États-Unis, en 1850. Ces constructeurs exposèrent les spécimens de leurs
- Fig. 1. — Lanterne de projection de Clarke eu 1818. (D’après une gravure de l’époque.) — a. Porte de la lanterne. — b. Socle porteur du chalumeau montrant les deux manettes des robinets pour le réglage de l'écoulement des gaz. — c. Planchette support, montée sur des roulettes. — Les sacs à hydrogène et à oxygène sont en caoutchouc, et la pression est obtenue au moyen de poids.
- Fig. 2. — Projection de la décomposition de l’eaji par la pile. (D’après une gravure) de 1848.)
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- productions à l’Exposition de Londres. Leurs photographies sur verre pour les projections, furent très remarquées et très appréciées par les visiteurs compétents.
- MM. Langenheim firent leurs premiers essais en 4848, au moyen du procédé de Niepce, à l’albu-mine. En 1855, ils confièrent leurs photographies sur verre pour projections, à la maison de Duboscq qui avait succédé au célèbre opticien Soleil. Du-boscq fit de nombreuses expériences avec la collection de vues de MM. Langenheim et ces projections, nouvelles parmi nous, obtinrent alors un très grand succès.
- Les projections des phénomènes chimiques ou physiques sont antérieures à celles des projections de photographies sur verre. Les projections de ce genre paraissent avoir été faites pour la première fois, en 1839, par François Soleil pour des conférences de l’abbé Moigno1. Duboscq était le gendre de Soleil et devint son successeur.
- i Avant 1848, le célèbre physicien anglais Clarke, l’inventeur avec Pixii de la machine magnéto-électrique devenue classique, construisit avec beaucoup de talent des appareils de projection à la lumière de Drummont, et tous les accessoires nécessaires à la projection des vues, alors peintes sur verre, ou des phénomènes physiques.
- . Nous avons entre les mains le catalogue du constructeur Clarke en 18482 ; il publie la description de ses appareils, remarquables pour l’époque, et qui étaient utilisés à Polytechnic Institution. Notre figure 1 en donne la représentation d’après la gravure du temps. L’oxygène et l’hydrogène étaient contenus dans des sacs de caoutchouc et comprimés à l’aide de poids ; le gaz combustible enflammé, et le gaz comburant qui le faisait briller, étaient projetés au foyer de la lanterne, sur le crayon de chaux qu’ils rendaient incandescent.
- Clarke construisait de petites cuvettes-laboratoire pour projeter les réactions. Notre figure 2, empruntée au même catalogue, représente la décomposition de l’eau par la pile, projetée par son système sur un écran ; cette expérience s’exécutait souvent a Londres en 1848. Les appareils pour redresser les images n’étaient pas encore connus pour cet objet. C’est seulement vers 1855 que le prisme redresseur a été employé pour les projections.
- L’appareil eonstruit par Clarke était désigné sous le nom de microscope à gaz ; il ressemble beaucoup, comme on le voit, aux appareils de projection contemporains. Des appareils de ce genre avaient été construits antérieurement par Galy-Cazalat ; plus tard, Bourbouze en a construit également et, de nos jours, M. Molteni y a introduit des perfection-
- 1 L'art des projections, par l’abbé Moigno, Paris, 1872.
- 2 Directions for using philosophical apparatus in pri-vate Research and Public Exhibitions by Edward M. Clarke, MSA., MES., H.M. G. S.E, London. Published by thc authorat his shop, 428, Strand.
- nements considérables qui en font un système absolument parfait.
- MM. Donné et Foucault paraissent être les premiers qui ont imaginé d’éckiirer l’objet avec la lumière de l’arc voltaïque. On a bientôt remplacé le régulateur de Foucault par celui de M. Duboscq dont le nom est célèbre dans l’histoire des projections.
- Lors du Congrès pédagogique qui eut heu à Paris, en 1880, M. Stanislas Meunier fut chargé par le Ministre de l’instruction publique de faire à la Sorbonne, dans le grand amphithéâtre, une conférence sur les Projections lumineuses et Venseignement primaire. Notre savant collaborateur a résumé d’une façon très complète l’état de cette intéressante question1 et il a signalé l’importance des projections de phénomènes physiques ou chimiques.
- « Dans beaucoup de cas, dit M. Stanislas Meunier, quand on expérimente devant les élèves, la plupart de ceux-ci ne voient pas ce que l’on fait; il faudrait des appareils énormes, ou mieux, il faudrait faire répéter l’expérience par chaque élève. Au contraire, si vous faites l’expérience dans l’appareil de projection, de telle laçon qu’elle se dessine à chaque instant sur l’écran, toute la salle voit aisément les modifications qui se produisent et suit le phénomène pas a pas. Ceci ne doit évidemment pas s’appliquer à toutes les expériences de physique et de chimie, mais surtout à celles qui sont les plus difficiles à comprendre. »
- Lors de cette conférence, M. Molteni, qui faisait les expériences, a projeté les phénomènes de capillarité, la cristallisation des sels, des précipités obtenus dans les réactions chimiques, la décomposition de l’eau par la pile, l’expérience du disque de Newton, les fantômes magnétiques, les anguillules du vinaigre, etc.
- Nous ne terminerons pas cette Notice historique sans signaler à nos lecteurs les nouvelles projections stéréoscopiques dont nous avons récemment parlé. M. Molteni a bien voulu, récemment, en faire l’expérience à notre intention ; le résultat obtenu est absolument merveilleux : on voit sur l’écran l’image projetée, avec tout le relief qu’elle possède dans un stéréoscope. Il y a là un perfectionnement très important qui nous paraît avoir beaucoup d’avenir.
- Gaston Tissandier.
- L’OKIENTATION DES GLOBES TERRESTRES
- M. E. Poupon, lieutenant-colonel en retraite, membre de l’Académie de Clermont, soumet à notre confrère Cosmos une idée fort simple, application d’un principe bien connu, d’une mise en pratique des plus faciles, et à laquelle nous nous associons pleinement. Il s’agit de faire disposer les sphères terrestres en usage dans les écoles pour l’enseignement de la géographie, de façon à
- 1. Voy. Les projections lumineuses et l’enseignement primaire, par Stanislas Meümer. 1 broch. in-18. A. Molteni.
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- les faire servir en même temps à l’enseignement de la cosmographie.
- Voici comment M. Poupon justifie cette heureuse idée pédagogique :
- « Généralement, on peut même dire absolument, ces sphères sont montées sur un axe vertical, ou sur un axe figurant l’inclinaison de la terre sur l’écliptique. Aucune n’est disposée comme l’est la terre elle-même dans l’espace, ce qui cependant est bien facile à réaliser, puisqu’il suffit, pour chaque lieu donné, d'orienter la sphère sur le pôle. A Clermont, par exemple, où je suis, si j’incline l’axe ou ligne des pôles de 45° 46' sur l’horizon, et si je place le méridien de la ville dans le plan de la méridienne, il est clair que j’aurai disposé la boule ou sphère tout à fait comme est placée la terre elle-même par rapport à Clermont. Le point Clermont sera sur le verticale de la sphère, comme la ville elle-même est sur la verli-cale du lieu. Il s’ensuit que tous les phénomènes de lumière et d'ombre produits par le mouvement apparent du soleil se passeront sur celte sphère comme il se passent sur la planète, et qu’ils seront, tels quels, visibles pour tous les lieux compris au-dessus de notre horizon. Le soleil tracera lui-même sur la sphère sa marche apparente, par le déplacement successif du cercle de démarcation d’ombre et de lumière, et il suffira h un enfant de jeter un coup d’œil sur cette sorte de jouet astronomique pour se rendre compte des alternatives du jour et de la nuit, des variations diurnes, de la succession des saisons, etc. Les jours de 24 heures aux cercles polaires, ceux de 6 mois aux pôles, s’expliqueront facilement. Ce n’est pas tout : cette sphère sera un véritable cadran solaire universel, donnant l'heure pour tous les lieux situés au-dessus de l’horizon astronomique. 11 suffira de planter des tiges, de simples épingles sur les différents méridiens, pour déterminer à la fois et l’heure du lieu où l’on se trouve, et celle d’un point quelconque. Il sera midi pour tout lieu où l’ombre de la tige couvrira le méridien. Cette ombre sera d’autant plus courte que la hauteur méridienne sera plus grande.
- « Le soleil sera au zénith pour le lieu où, à midi, la tige ne donnera pas d’ombre. Ce lieu se trouvera naturellement sur la parallèle répondant à la déclinaison de l’astre. L’emploi de la table des déclinaisons fera de suite déterminer ces points.
- « L’horison du lieu marquant les points du lever et du coucher du soleil, on les déterminera de visu, en recherchant sur cet horizon les points sans ombre, entre les deux tropiques.
- « En traçant sur cette sphère, outre l’horizon du lieu, ceux du pôle, du cercle polaire, du tropique, de l’équateur, on fera comprendre à un enfant les variations de longueur du jour pour ces différents horizons, car il constatera de ses yeux ces phénomènes sur la sphère... »
- Lit LOCOMOTION DANS L’EAU
- ÉTUDIÉE PAR LA PHOTOCHRONOGRAPHIE
- L’analyse des mouvements au moyen de photographies successives et instantanées est déjà connue des lecteurs de La Natureb Ils ont vu qu’en admettant la lumière d’une manière intermittente dans un appareil photographique on peut recueillir, sur
- 1 Voy. n° 539, du 29 septembre 1883. p. 273.
- une plaque immobible, une série d’images d’un animal ou d’un objet en mouvement. Mais il faut, pour cela, opérer devant un fond obscur, sur un objet très lumineux, de petites dimensions et se déplaçant assez vite pour que les images ne se recouvrent pas entre elles. Ces conditions ne sont pas toujours faciles à remplir, de sorte que, sous cette première forme, la photochronograpbie était restreinte dans ses applications. Aussi a-t-il fallu modifier cette méthode pour l’appliquer à certaines études, par exemple, à l’analyse des différents types de la locomotion aquatique.
- Les animaux en expérience nageaient dans un aquarium à deux parois de glaces encastrées dans l’ouverture d’une muraille (fig. 4). Directement éclairé par la lumière de l’horizon, l’aquarium formait un champ très clair sur lequel les divers animaux se profilaient en silhouettes. D’autres fois, on recouvrait la glace extérieure de l’aquarium en abattant un volet opaque; puis, en ouvrant un autre volet placé au-dessus de l’eau, on voyait les animaux vivement éclairés se détacher sur un champ noir.
- Dans la plupart des cas, il faut opérer devant le fond lumineux ; aussi n’est-il pas possible de recevoir sur une plaque immobile plusieurs images successives; mais il faut imprimer à la surface sensible des déplacements saccadés, de façon à amener au-devant de l’objectif des points toujours nouveaux pour chaque image nouvelle qui doit se former. Je me sers 'a cet effet de plaque souple de Balagny, au gélatino-bromure d’argent. Cette pellicule, à la fois solide et flexible, se taille en une bande longue et étroite qui défile dans la chambre noire, au foyer de l’objectif, en passant d’une bobine-magasin sur une bobine réceptrice autour de laquelle elle s’enroule. Le mécanisme qui produit ce déplacement de la bande est assez compliqué et a besoin d’une description spéciale.
- La figure 5 montre la disposition de l’appareil. L’objectif, tourné vers la droite, est coupé dans sa partie moyenne pour le passage de disques fenêtrés qui tournent en laissant passer la lumière d’une manière intermittente. Quand le petit disque fait un tour, le grand disque en fait cinq et c’est alors seulement que se fait la rencontre des ouvertures des disqu.es et le passage de la lumière. Derrière l’objectif, un soufflet laisse parvenir la lumière sur la pellicule sensible; celle-ci et les cylindres qui la conduisent sont enfermés dans un compartiment hermétiquement clos. Sur la figure 5, l’intérieur de ce compartiment est rendu visible par l’enlèvement du couvercle et par un arrachement des parois. Au-dessous, dans une caisse fermée, est le rouage moteur qui actionne toutes les pièces de l’appareil et qu’on remonte par une manivelle visible à l’extérieur.
- L’image se forme en arrière du soufflet dans une fenêtre munie d’un verre dépoli. La mise au point se fait au moyen d’une loupe dont l’oculaire
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- se voit au-dessus de la manivelle. Enfin, le tout est posé sur un trépied qui se transforme, quand on le retourne, en une sorte de crochet de commissionnaire et sert au transport de l’appareil.
- La partie la plus importante à décrire est relative à la pellicule, à son introduction dans l’appareil et à la façon dont elle se déplace.
- Chaque analyse d’un mouvement parla pholochro-nographie donne lieu à une longue série d’images et
- pellicule sensible de toute impression lumineuse. Ainsi préparée, la bobine-magasin peut être maniée en pleine lumière. Pour l’introduire dans l’appareil, on déroule plusieurs tours de la couverture noire dont on fixe l’extrémité sur une bobine vide que nous appellerons réceptrice et sur laquelle se fera un nouvel enrou-lement de la bande à mesure que celle-ci aura défilé au foyer de l’objectif photographique. Des rouleaux compresseurs assurent l’application régulière des tours de la bande sur les bobines. Quand une expérience est terminée, toute
- la bande a passé de la bobine-magasin M (fig. 5) sur la bobine réceptrice; celle-ci présente alors, à l’extérieur, la couleur rouge de la couver-tui*6 aui â.
- Fig. 2. — Hippocampe avec les phases successives de l'ondulation ascendante de sa nageoire dorsale. , * ’ ,
- son tour, préservera la pellicule de l’action de la lumière et permet de la retirer sans danger de l'appareil. Grâce
- à ces deux
- Fig. 1.
- consomme une bande dé pellicules; il faut donc, à chaque expérience nouvelle, retirer la bande impressionnée et la remplacer par une autre.
- Cette substitution peut se faire en pleine lumière au moyen des bobines à couvertures dont voici la description.
- Aux extrémités de cha-quebandepel-
- - Mouvements de l'ombrelle de la Méduse. La première image est à gauche de la ligne supérieure; la dernière à droite de la ligue inférieure.
- liculaire (fig. 6) on colle des bandes de papier de même largeur. L’un de ces prolongements est rouge, l’autre noir ; chacun d’eux a 0m,50 de longueur environ. Dans le laboratoire, à 1 a lumière rouge, on enroule la bande ainsi formée sur une bobine de métal dont elle remplit exactement la gorge. Après enroulement,
- la bobine présente à l’extérieur des couches superposées de papier noir dont l'opacité garantit la
- Fig. 3. — Mouvements de la Comatule ; la série commence en haut et à gauche, elle finit en bas et h droite. (Fac-similés de photographies.)
- couleurs différentes , on ne peut confondre une bobine impressionnée avec celle qui n’a pas servi.
- Pour que les images soient nettes, il faut que la surface sur laquelle elles se forment soit parfaitement immobile pendant la durée de la pose. Or, quand on prend une série de photographies à de
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- IPIiï
- Fig. i. — Disposition de l'aquarium marin pour l’étude de la locomotion aquatique.
- courts intervalles (30, 40 et même 50 fois par seconde), la pellicule et le rouage qui l’entraîne ont nécessairement une grande vitesse. Pour produire les phases d’immobilité de la bande sensible, il ne fallait pas songer à arrêter les pièces massives du rouage, cela eût entraîné des chocs destructeurs. D’autre part, arrêter entièrement la pellicule pendant que le rouage continuerait à l’entraîner, c’était en produire la rupture.
- Voici comment j’ai concilié ces deux exigences.
- À l’endroit où la pellicule va passer devant l’objectif, un organe compresseur l’applique un instant contre la paroi de la chambre noire et l’immobilise.
- Mais, au delà de ce point, la pellicule se réfléchit sur une lame flexible avant de s’engager dans le laminoir qui l’entraîne d’un mouvement continu. Il suit de là
- que pendant que la pellicule est immobilisée dans sa partie qui reçoit l’image, la partie située plus loin
- cède à l’action du laminoir en faisant courber le ressort sur lequel elle se réfléchit. Les choses se passent donc comme si la pellicule était extensible. Après le court arrêt qui correspond à une pose, le ressort fléchi se détend et la bande repart avec une grande brusquerie, puis continue à progresser avec la vitesse moyenne que lui imprime le laminoir, soit environ 0m,80 à la seconde.
- Au delà du laminoir qui est invisible dans la figure 5 et dont on n’aperçoit que le compresseur C, la pellicule s’enroule sur la bobine-magasin jusqu’à ce quelle ait défilé tout entière. Il reste encore une condition importante à remplir : il faut, avant que la pellicule se mette en marche, que le rouage moteur ait pris sa
- Fig. 5. — Appareil photoclironographique à bande pelliculaire.
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- vitesse uniforme. Pour obtenir ce résultat, la pellicule fixée aux deux bobines et engagée dans le laminoir n’y est pas comprimée tout d’abord et ne subit pas d’entraînement. Ce laminoir, en effet, est formé d’un cylindre moteur dont le périmètre est égal à la largeur de l’image qu’on veut obtenir, et d’un cylindre compresseur C qui tourne passivement. Ce dernier vient, au moment où l’on veut commencer l’expérience, presser la pellicule contre le cylindre moteur; à ce moment, l'entraînement de la pellicule commence.
- D’autre part, la bobine réceptrice, si elle tournait toujours, entraînerait également la pellicule ; on arrête cette bobine au moyen d’un cliquet; alors l’arbre moteur qui la traverse tourne à frottement dans son intérieur. C’est par la pression sur une même détente qu’on obtient ce double effet, de comprimer la bande dans le laminoir et de désem-brayer la bobine réceptrice. Aussitôt la bande com-
- Fig. 6. — Aspect de la bande pellieulaire et de ses deux couvertures opaques, au moment ou l’on fait l’enroulement sur la bobine-maftasin.
- mence sa marche saccadée, tirée par le laminoir et, à mesure qu’elle en sort, s’enroule sur la bobine réceptrice.
- Il est inutile de décrire le rouage moteur; j’en ai construit de plusieurs types, les uns à poids, les autres à ressorts, d’autres enfin mus par l’électricité. Dans tous, l’action des mobiles était réglée de telle sorte que le pincement qui arrête la pellicule se produisit exactement au moment où la pose avait lieu.
- L’appareil qui vient d’être décrit se prête à toute sortes d’études, car l’objet dont il prend les images peut être placé à toutes distances et dans toutes sortes de conditions d’éclairage. Il m’a semblé qu’un des champs les plus nouveaux à explorer était la locomotion aquatique. En effet, il n’y a pas bien longtemps que l’emploi de l’aquarium a permis de voir avec quelle variété de moyens de locomotion se propulsent les différents genres d’animaux aquatiques, poissons, mollusques, crustacés, rayonnés, etc. Il n’est pas besoin de dire que, pour la connaissance de tous ces mouvements, l’observation est insuffisante et qu’elle n’en donne qu’une idée très imparfaite. Dans bien des cas, l’œil est incapable de suivre les mouvements des organes propulseurs.
- Les figures 1, 2 et 5 montrent quelques types de locomotion aquatique.
- Mouvements de la Méduse. On sait que la propulsion de ce mollusque se fait par les alternatives
- de contraction et de dilatation de son ombrelle. Ces mouvements sont lents; l’œil peut en reconnaître sans peine les caractères généraux qui rappellent ceux du cœur et produisent, eux aussi, l’expulsion d’un liquide. 11 suffit de dix images par seconde pour avoir, comme dans la figure 1, une série assez complète des phases de ce mouvement. Ces épreuves ont été obtenues dans les conditions suivantes : le fond de l’aquarium était obscur et l’animal, vivement éclairé d’en haut, se détachait en clair. Ces images, comme toutes celles qui correspondent à des mouvements périodiques, gagnent beaucoup à être vues dans le zootrope où elles reproduisent avec une perfection absolue l’aspect de l’animal en mouvement.
- Mouvement de l’Hippocampe. Cet animal, vulgairement connu sous le nom de Cheval marin, a pour propulseur principal une nageoire dorsale qui vibre avec tant de rapidité qu’elle est presque invisible et prend une apparence analogue à celle des branches d’un diapason en mouvement. Avec vingt images par seconde on Aroit (fig. 2) que cette vibration est ondulatoire et l’on assiste aux déviations successives des rayons inférieurs, moyens, puis supérieurs de la nageoire. Dans le cas présent, l’ondulation se fait de bas en haut. Ces images sont trop petites et trop peu nombreuses pour permettre de saisir tout le détail des mouvements, mais il sera facile d’en augmenter le nombre, et de les faire plus grandes en les prenant de plus près.
- La Comatule(fig. 3) est habituellement fixée au fond de l’aquarium, comme un végétal tient au sol par l’implantation de ses racines; elle n’exécute alors que de vagues mouvements des bras qu’elle enrome et déroule en tenant ses cirres écartées. Mais si l’on excite l’animal au moyen d’une baguette, on le voit, au bout de quelques instants, s’agiter d’un mouvement étrange qui le transporte à une assez grande distance.
- Dans ce genre de locomotion, les dix bras se meuvent d’une façon alternative : cinq d’entre eux s’élèvent, en se tenant serrés contre le calice, tandis que les cinq autres s’abaissent en s’en éloignant; en outre, sur les bras qui s’élèvent, les cirres sont invisibles, car ils leur sont accolés, tandis que sur les bras qui s’abaissent, ils s’écartent en divergeant, de manière à trouver sur l’eau un point d’appui efficace. Ces mouvements des cirres semblent passifs comme ceux d’une soupape qui obéit à la poussée d’un liquide.
- J’ai obtenu les images d’un certain nombre d’autres espèces aquatiques : la natation de l’anguille et de la raie, la locomotion du poulpe, etc. Ces types de locomotion devront être étudiés méthodiquement, comparées entre eux et considérés dans leurs rapports avec la conformation des différentes espèces animales. Ce sera, j'espère, un élément nouveau pour l’interprétation des lois si obscures encore de la morphologie animale. E.-J. Marey, de l’Institut.
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- LA NATURE.
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- LES BUTORS D’ÉTHER
- A maintes reprises, les sociétés savantes ont appelé l’attention des pouvoirs publics sur l’extension de l’alcoolisme, l’accroissement des délits et des troubles mentaux dus à cette intoxication. Le nombre multiplié des débits de boissons, l’introduction, par suite de la pénurie de nos récoltes de vin, d’alcools impurs dans la consommation, sont les causes principales de la fréquence de cette maladie. Il faut tenir compte de la difficulté à vaincre ce vice, une fois le premier pas fait dans cette voie funeste. Le vieux proverbe « qui a bu boira » est plus que jamais d’actualité; l’alcoolique est, comme le morphinomane, enclin à retomber à la première occasion, et, s’il ne peut se laisser aller à sa passion dans les estaminets ou dans sa propre cave, il trouvera sans peine des produits qui lui suftiront, dussent-ils être désagréables, nauséabonds, repoussants. On a cité le cas de malheureux ingurgitant l’alcool camphré, des alcoolats pharmaceutiques ; on en a même vu, c’est dans les laboratoires et dans les hôpitaux que le fait a été signalé, soutirant l’alcool des bocaux à pièces anatomiques. Dans une sphère plus élevée, n’a-t-on pas constaté que des femmes trouvaient, dans les eaux de toilette, les parfums à base d’alcool, un délicieux moyen de se donner du ton, d’avoir une ivresse légère, en un mot de s’alcooliser dans le silence du boudoir.
- Jusqu’ici l’éther n’a pas été utilisé dans notre pays comme succédané de l’alcool; c’est à de rares exceptions que les médecins ont rapporté des cas d’éthéromanie et encoi’e presque tous ont-ils trait à l’emploi de l’éther en inhalations. Mais la passion de boire de l’éther existe ailleurs; elle sévit à l’état de véritable fléau dans quelques districts de l’Irlande, et le D‘ Hart, le directeur du British Medical Journal a pu, dans une enquête fort intéressante, révéler toute l’étendue du mal. C’est dans la partie nord de l’Irlande, dans le sud du comté de Londonderry, que les buveurs d’éther se rencontrent en plus grand nombre. Les centres principaux de la consommation sont Drapers-town, Maghera, Magherafelt, Tobermore, Deserlmartin, etc. Dans ces villes, tout épicier vend de l’éther, tout débitant donne à tout venant des verres de cette liqueur et dans certains villages, hommes, femmes, enfants, en font une consommation effrayante qui n’a, pour ainsi dire, de limites que le fond de la bourse.
- Signalée depuis une trentaine d’années, l’éthéromanie a eu des phases diverses ; les prédications enflammées des révérends, les exhortations, les menaces ont arrêté quelque temps l’extension de cette passion ; puis elle a repris de plus belle, quand les débitants ont pu avoir à la disposition de leurs clients un produit meilleur marché que l’éther sulfurique, l’éther méthylique. Ce produit est envoyé de Londres, de Dublin, des grands centres de fabrication, par chargements entiers de plusieurs tonnes, en bombon-nes ou en petites bouteilles prêtes à être vendues aux détaillants. Un manufacturier de Dublin expédie annuellement à Belfast 4000 gallons (le gallon représente 4 litres et demi) d’éther; une maison de Londres envoie à un seul droguiste de Belfast 500 gallons, et dans ces envois il s’agit toujours d’éther méthylique. De Belfast la vente se fait aux phïtrmaciens, épiciers des villes que je citais plus haut; un de ces petits centres a consommé en 1870 225 gallons, et tous les autres à l’avenant.
- Ce produit est vendu à très bas prix ; son pouvoir stimulant dépassant de beaucoup celui de l’alcool, on s’explique aisément la facilité avec laquelle les malheureux de ces pays se soient jetés sur cette liqueur. Les principaux
- fabricants anglais vendent l’éther méthylique à raison de 8 pences et quart, 85 centimes la livre, soit à peine un demi penny, un sou l’once. Aucune autre boisson spiri-tueuse et enivrante ne peut lui être comparée pour le bon marché. La vente au détail est en général de dix centimes la portion, parfois même d’un sou. On peut, on le voit, se griser d’éther sans trop de frais.
- Les buveurs d’élher commencent, comme les alcooliques, par de petites doses et il est besoin d’un certain apprentissage pour tolérer la saveur âcre et brûlante du liquide. Aussi d’habitude on commence par ingurgiter un peu d’eau, puis on avale l’éther et une seconde gorgée d’eau pour finir. Le buveur évite ainsi l’irritation buccale causée par ce breuvage. Mais les buveurs invétérés n’y mettent pas tant de précautions et l’avalent tel quel. Du reste la façon de procéder varie un peu suivant les districts; ici, on le prend mélangé d’eau, au tiers, à moitié; là, absolument pur ou après en avoir inhalé une partie. La dose ordinaire est de 8 à 15 grammes et il n’est pas rare de voir des consommateurs revenir à cinq ou six reprises dans la journée. Les jours de marché, les rues, les places des villages sont infectées par l’odeur d’éther. Les conducteurs du Derry central railway disent que certains jours, les compartiments de 3e classe, remplis par des femmes revenant des provisions, exhalent une odeur dégoûtante et abominable.
- L’ivresse, produite par l’éther, est beaucoup plus rapide qu’avec l’alcool et varie, on le comprend, suivant l’âge, la complexion du buveur, suivant son degré d’habitude éthérique. Elle se dissipe aussi beaucoup plus rapidement, d’où le retour fréquent au comptoir de l'épicier. Dans les premiers temps, ce sont les simples phénomènes de l’ivresse et d’une ivresse gaie que l’on observe ; excitation rapide, exubérance de paroles vives, puis rapidement aussi, l’inertie musculaire et le collapsus. Mais à la longue, l’éther amène, en dehors des troubles dyspeptiques, de véritables excitations maniaques; les buveurs rient comme des fous, sont pris de convulsions épileptiformes et tombent dans un état de prostration nerveuse qui est presque une caractéristique de cette intoxication et qui peut conduire assez vite, d’après certains médecins, à l’aliénation mentale.
- Il est difficile de préciser les causes originelles de cette dangereuse habitude, et l’enquête du Dr Hart n’apporte rien de bien probant à cet égard. Les uns ont voulu l’attribuer aux prédications du père Matthews sur les dangers de l’alcoolisme ; d’autres, à des ordonnances médicales ; d’autres enfin, et c’est vraisemblablement la cause la plus sûre, aux ordonnances fiscales sur la distillation et à la vente d’un produit bon marché comme l’éther méthylique.
- Le mal est grave et le Dr Hart croit qu’il existe, mais à un degré infiniment moindre, dans d’autres régions de l’Angleterre. Les buveurs d’éther se rencontreraient à Londres et dans d’autres districts, mais le mal n’a pas gagné de proche en proche et reste confiné. Dans les villes du Londonderry au contraire, c’est au grand jour que s’étale cette nouvelle cause de déchéance des populations. Comme remède, il n’y en a qu’un et il serait temps, au dire du médecin anglais, de l’appliquer, si on ne veut assister à une propagation de cette nouvelle forme d’empoisonnement. Ce remède, c’est une taxe élevée sur l’éther, une patente lourde sur les débitants, voire même une interdiction de vente, en dehors des pharmacies. Nous ne connaissons pas, fort heureusement, l’éthéromanie sous cette forme et j’aime à croire que nous ne la connaîtrons jamais. Dr À. Cartaz.
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- ÉVOLUTION BIOLOGIQUE
- DU TYPE MAMMIFÈRE EN EUROPE ET EN AMÉRIQUE
- Si l’on considère la séparation actuelle de l’Europe et de l'Amérique et l’obstacle à peu près infranchissable qui s’oppose au mélange spontané des faunes terrestres et d’eau douce de l’ancien et du nouveau monde, on se demande s’il en a été toujours ainsi, si à certains moments de l’histoire de notre globe, des espèces similaires ont pu vivre sur les deux continents moins profondément disjoints, si à d’autres époques, l’évolution vitale a dù suivre une marche isolée et plus ou moins dissemblable dans ces régions si lointaines.
- L’examen des animaux vertébrés les plus anciens de. l’époque tertiaire, dans la région parisienne, vient répondre dans une certaine mesure à ces diverses questions.
- J’ai étudié aux environs de Reims, dans la partie orientale de la vaste dépression qui a reçu le nom de Bassin de Paris, une ancienne faune correspondant comme âge à la partie supérieure des argiles h lignites. Cette faune peut être désignée sous le nom de faune des sables à Unio truncatosa par suite de l’abondance d’une grande coquille d’eau douce spéciale à ces couches. Or les mammifères contenus dans ce terrain offrent, au moins pour Certains types, la plus grande analogie avec les formes étudiées en Amérique, dans le Nouveau-Mexique, par M. le professeur Cope, dont le nom comme paléontologiste est connu du monde entier.
- 11 nous est même arrivé plusieurs fois la déception réciproque de reconnaître qu’un type découvert en France ou en Amérique, l’avait été un peu antérieurement dans l’une ou l’autre région. D’autre part j’ai recueilli, dans nos couches tertiaires d’Europe, des poissons dont les représentants actuels vivent encore dans les grands fleuves de l’Amérique. Ce sont des Amiadés et des Lépidostés qui se rattachent au groupe tout spécial des Ganoïdes. Ces poissons, excessivement abondants durant les premières époques géologiques, ont complètement disparu de nos contrées a l’époque actuelle.
- Comme exemple de dissemblance dans l'évolution
- biologique des vertébrés, je rappellerai le fait signalé par M. Stanislas Meunier relatif aux Mastodontes qui, tertiaires chez nous, seraient quaternaires de l’autre côté de l’Atlantique. #
- Voici maintenant qu’il vient de s’offrir une nouvelle occasion de comparer les mammifères les plus anciens d’Europe et d’Amérique.
- M. Marsh annonçait à la fin de l’année 1889 la découverte en Amérique, dans les couches de Laramie, de mammifères crétacés. Celte découverte a fait grand bruit, car elle venait combler une lacune des plus regrettables dans nos connaissances pàléontolo-giques. C’était inutilement en effet que les mammifères crétacés avaient été recherchés jusqu’ici dans l’ancien et le nouveau continent. Aussi ai-je été fort surpris de reconnaître, dans les figures données par M. Marsh, des formes sinon identiques, du moins fort analogues à plusieurs des types que j’ai découverts et dont je poursuis l’étude depuis près de vingt années aux environs de Reims.
- Il ne s’agit plus là de la faune des sables à Unio truncatosa, mais d’une série de vertébrés beaucoup plus anciens,dont l’étrangeté toute spéciale de formes m’avait paru exiger une dénomination nouvelle , celle de Faune cernay-sienne, de la localité de Cernay autour de laquelle j’ai recueilli le plus grand nombre des pièces osseuses. La faune cernaysienne en Europe est bien nettement tertiaire, car les couches qui la contiennent reposent sur la craie dont elles se distinguent par leur nature minéralogique et par les nombreuses coquilles qui s’y trouvent renfermées. Les couches de Laramie d’Amérique sont considérées comme bien réellement crétacées par MM. Marsh et Cope.
- La similitude des restes des mammifères ferait donc surgir une question d’une importance capitale pour la science géologique, celle des relations réelles entre les grandes subdivisions stratigraphiques dans l’ancien et le nouveau monde.
- Si la concordance chronologique entre les dépôts continue à être acceptée, il faudrait alors admettre une différence dans la marche de l’évolution biologique du type mammifère si important par le fait même de sa perfection organique.
- La question qui se pose a une si grande impor-
- Fig. 1. — Ossements de mammifères fossiles crétacés en Amérique, d’après M. Marsh.
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- tance que j’ai cru nécessaire de mettre sous les yeux des lecteurs de La Nature, les éléments memes du problème qu'il s’agit de résoudre, c’est-à-dire les dessins des pièces fossiles recueillies en Amérique et en Europe, afin qu’ils puissepUjuger à la fois des analogies et des différences.: ’
- Les dessins de la figure 1 sont empruntés au travail de M. Marsh sur les mammifères crétacés d’Amérique. Les dessins de la figure 2 proviennent des pièces que j’ai recueillies. Comme ces dernières pièces sont beaucoup moins fragmentées et qu’elles sont assez nombreuses pour m’avoir permis la reconstitution presque complète de chacun des types nouveaux, elles permettront de donner une précision spéciale aux recherches poursuivies dans lesdeux pays.
- Les nos 1, 2, o, 4, empruntés à •
- M. Marsh (fig. 1), se comparent naturellement aux ligures nos 5, 4, 5, 6 d’un type générique de la faune cernay-sienne désigné sous le nom de Plésiadapis 2).
- Ce nom indique des relations avec le genre Ada-pis recueilli dans des couches tertiaires d’un âge plus récent; l’A-dapis lui-mème a été rapproché à la fois des lémuriens et des pachydermes actuels.
- Parmi les diverses pièces du Plésiadapis, je n’insisterai que sur la singulière incisive (n° 2, fig. 2, etn° 1, fig. 1). Elle diffère par sa forme de tous les types de dents incisives actuellement connues, aucune d’elles ne présentant à la fois les deux pointes antérieures elle denticule postérieur.
- Par le fait même de sa complication, elle se rapprocherait davantage des dents molaires. Or on sait que la spécialisation de forme et de fonction paraît le résultat du travail évolutif qui a produit nos types actuels, compliquant les uns, simplifiant les autres.
- Au point de vue fonctionnel, la singulière incisive tricuspidée du Plésiadapis n’est pas moins intéressante, car elle semble avoir été destinée bien moins à sectionner les substances alimentaires qu’à retenir une proie.
- On a constaté que chez les types vertébrés inférieurs, les dents sont avant tout des organes de
- rétention. Nous trouverons également de l’analogie entre les dents, nu 7, fig. 2, etn° 5, fig. 1.
- Leur caractère remarquable consiste dans le peu de développement de la partie postérieure de la dent qui ordinairement a tant d’importance. Les nos 6 et 7 (fig. 1 de M. Marsh) se comparent aux nos 8 et 9 de la faune cernaysienne que j’ai attribuées au genre Adapisorex (fig. 2). Ce nom indique des rapprochements possibles à la fois avec I’Adapis tertiaire et avec certains insectivores actuels. C’est effectivement un des faits spécialement intéressants de la constitution de ces mammifères anciens, que leurs caractères mixtes qui obligent de les comparer à plusieurs de nos types actuels si spécialisés. Une autre remarque particulièrement intéressante concernant le genre Adapisorex consiste dans la rectitude presque absolue du bord supérieur de la mâchoire (n° 8, fig. 2) qui rappelle, à ce point de vue, beaucoup plus la conformation des reptiles que celle des mammifères , chez lesquels on trouve une vaste proéminence , l’apophyse dite coronoïde. Le développement d l’apophyse coronoïde est en effet en rapport avec le nombre et la complication des muscles moteurs de la mâchoire et du rôle fonctionnel si diversifié des différentes dents de ce type vertébré.
- On rapprochera naturellement les nos 8, 9, 10, 11, 12, 15, (fig. 1 deM. Marsh) des nos10, 11, 12, 15,14, 15,16,17, 18, 19,20,21, 22 de la figure 2 que j’ai rapportée au genre Néoplagiaulax. 11 s’agit ici du dernier représentant d’un groupe depuis longtemps éteint, celui des Plagiaulax, dont l’étude constitue une des formes les plus imprévues de la Paléontologie des vertébrés.
- La singularité de la configuration des dents ne le cède en rien à leur complication.
- Les prémolaires particulièrement (nos 18, 19, 20, fig. 2, et n° 12, fig. 1) avec leurs stries curvilignes, n’auraient jamais été rapportées à des mammifères, si elles n’avaient pas été trouvées en place. Au point de vue fonctionnel, ces prémolaires ne sont pas moins
- Fig. 2. — Ossements de mammifères fossiles tertiaires eu Europe ; faune cernaysienne (environs de Reims).
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- singulières, car elles semblent avoir annihilé le rôle des molaires (nos 18-21, fig. 2) si petites qui leur l’ont suite.
- C’est là un de ces types étranges, premiers résultats du travail évolutif, qui se sont éteints dans les périodes anciennes, et que certes jamais dès études théoriques ne nous auraient permis même de soupçonner. Dr. Lemoine.
- CHRONIQUE
- L’électricité en Amérique. — S’il faut en croire les journaux électriques de Londres, il y aurait aux États-Unis 5620 stations centrales, tant pour la distribution de lumière que pour la force motrice. Le nombre des arcs allumés chaque jour est de 215000, et celui des lampes à incandescence de 2600000; on a donc environ par station centrale 40 lampes à arc et 500 lampes à incandescence. Au mois de mars dernier, on comptait 50 chemins de fer électriques en exploitation et 89 en construction. On estime que l’accroissement du capital des affaires électriques est de 1 million par jour.
- Le pétrole en France. — La consommation de pétrole se développe très rapidement en France. On peut s’en rendre compte en consultant les chiffres de consommation des dernières années, et leurs progressions successives. En 1882, la consommation a été de 931000 quintaux métriques; elle a été de 1 131 000 quintaux en 1883, de 1242000 en 1884, de 1380000 en 1885, de 1410 000 en 1886, de 1556 000 en 1887, de 1 729 000 en 1888, et de 1844000 en 1889. La consommation a donc doublé dans l’espace de huit ans. Tous les pétroles consommés viennent de Russie et d’Amérique, mais surtout d’Amérique.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 novembre 1890. — Présidence de M. Hermite
- Le rubis artificiel. — Depuis plusieurs mois, éloigné de l’Académie, l’illustre directeur du Muséum, M. Fremy, célèbre sa rentrée par une communication d’un intérêt exceptionnel. Il expose les grands perfectionnements qu’avec l’active collaboration de M. A. Verneuil il vient d’apporter à la fabrication du rubis artificiel qui déjà lui avait procuré de si intéressants résultats. Sur le bureau sont de splendides échantillons : énormes creusets éven-trés de façon à éblouir le regard par la vue de grandes géodes roses qui rappellent les descriptions fameuses des trésors des Mille et une Nuits ou de Monte-Cristo; grande vitrine remplie de précieux bijoux où les rubis sont taillés en roses et montés en parure. C’est dire qu’il ne s’agit plus, comme précédemment, de cristaux visibles seulement au microscope : ils atteignent maintenant 0®r,075, c’est-à-dire plus d’un tiers de carat. Une des modifications les plus importantes introduites par MM. Fremy et Verneuil dans le mode opératoire qu’ils avaient adopté usque-là, consiste dans l’addition d’une certaine quantité de carbonate de potasse à l’alumine amorphe qui doit être transformée en rubis : sur ce mélange auquel sont ajoutés quelques millièmes de bichromate de potasse qui fonctionne comme colorant, on fait agir le fluorure de baryum à la température continuée toute une semaine sans inter-
- ruption, de 1350 degrés. Au lieu des petits creusets de laboratoire dont ils faisaient d’abord usage, les auteurs emploient maintenant des pots de verrerie pouvant contenir 5 kilogrammes de matière et, profitant de la belle installation de MM. Appert frères, ils ont substitué le chauffage au gaz à l’emploi primitif du coke. Plusieurs fois, au cours de ces magnifiques expériences, on a vu aux cristaux rouges de rubis proprement dits, s’associer des cristaux violacés ou même très bleus de véritable saphir, et la minéralogie va tirer parti du fait en même temps que la joaillerie, par la lumière qui en résulte sur la cause de la coloration des gemmes. Dès maintenant on peut dire que la production industrielle des cristaux de rubis identiques à ceux de la nature est chose résolue : de nouvelles opérations bien conduites sur une centaine de kilogrammes de produits à la fois amèneront sans aucun doute la séparation de cristaux pesant individuellement un ou plusieurs carats.
- Le fluor natif. — Oui ; vous avez bien lu : fluor natif. Ce fluor, que M. Moissan n’est parvenu à sortir de ses combinaisons qu’au prix de cette longue et infatigable patience qui est si proche parente du génie, il paraît qu’il se trouve tout formé en bulles microscopiques dans la chaux fluatée que Thiollière a jadis signalée en filon cristallin bariolé de violet, de vert et de blanc dans le granit syénitique de Guirrchay, aux environs de Lyon. C’est, en effet, ce qui ressort de l’importante communication dont le résultat a été exposé d’une manière si lumineuse par M. Henri Becquerel en son propre nom en même temps qu’au nom de M. Moissan. Ces deux habiles expérimentateurs constatent d’abord que le minéral exhale, au moment où on le broie, une odeur fort comparable à celle du chlore, mais qui est encore bien plus semblable à celle du fluor artificiellement préparé. Le gaz ainsi dégagé déplace l’iode de l’iodure de potassium, si bien que l’amidon bleuit à son contact; il conserve d’ailleurs cette propriété après que la pierre a subi la température de 200 degrés qui eût détruit l’ozone auquel la réaction pourrait être attribuée, et il ne précipite pas l’argent de son nitrate comme aurait fait le chlore. Au contact de l’eau il donne une liqueur qui grave le verre et il attaque le silicium à la température ordinaire. C’est donc bien du fluor, et sa présence à l'état d’occlusion dans la fluorine va éclairer bien vivement l’histoire de ce minéral lui-même.
- Sur l’embryon des néoméniens. — C’est avec l’admirable talent d’exposition dont il a le secret que M. de Lacaze-Duthiers appelle l’attention d’une manière toute spéciale sur une capitale découverte faite récemment au laboratoire de Banyuls par M. G. Pruvot. Depuis qu’a été jetée dans la science, cette idée féconde que le développement embryonnaire d’un animal représente l’histoire abrégée des formes qui se sont succédé dans le monde jusqu’à lui et fournit ainsi le meilleur critérium pour juger du degré de parenté des êtres entre eux, le développement des divers types animaux a été partout scruté avec une minutie extrême. Une classe saule dans le règne animal avait jusqu’ici échappé aux investigations, celle des Solénogastres, animaux rares et encore mal connus. Pourtant leur importance est grande, car ils semblent, à beaucoup de points de vue, former un lien entre les Vers et les Mollusques, si différents quand on ne considère que leurs représentants les plus élevés.
- M. G. Pruvot a eu la bonne fortune au laboratoire Arago, à Banyuls, de pouvoir obtenir et élever des em-
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- bryons d’une de ces précieuses espèces, la Dondcrsia banyulensis. Le trait le plus frappant de ce développement est un mélange singulier de caractères appartenant à des types très éloignés, mais tous exceptionnels à quelque titre et de position systématique controversée. Ainsi, la segmentation de l’œuf rappelle de près celle du Dentale, intermédiaire entre les Gastéropodes et les Acéphales. Puis, se forme une larve sans bouche et à trois segments superposés dont celui du milieu porte une forte couronne de cils vibratiles ; elle n’a d’analogue connu que chez les Brachiopodes, groupe réuni tantôt aux Mollusques et tantôt aux Yers. Le corps définitif bourgeonne au fond d’une cupule creusée à l'extrémité inférieure du dernier segment; puis, la larve rejette presque toute son enveloppe cutanée comme un vêtement inutile, phénomène que présente aussi une Annélide très inférieure, le Polygordius. Maïs le jeune animal sort de cette métamorphose avec un revêtement formé de sept plaques calcaires dorsales et de nombreux spiculés latéraux qui le rapprochent de ces Gastéropodes fort aberrants, les Chitons, avec lesquels les Solénogastres adultes présentent, du reste, de nombreuses ressemblances. Malgré la netteté de ces résultats, il est de la plus haute importance de poursuivre encore l’étude des curieux animaux qui les ont procurés. Malheureusement ils habitent en face de Banyuls des localités fort difficiles à atteindre avec les embarcations à voiles qui sont seules jusqu’ici au service du laboratoire. Un desidératum pressant est l’annexion, à cet incomparable établissement, d’une chaloupe à vapeur qui rendrait à chaque instant des services de premier ordre. M. de Lacaze-Duthiers appelle sur ce point la sollicitude des amis des sciences, et tout le monde espère vivement qu’il soit entendu.
- Les métamorphoses des Mylabres. — Chargé par le Ministre de l’instruction publique d’aller continuer en Algérie ses intéressantes tentatives de destruction de sauterelles, M. J. Kunckel d’Herculais expose, avant de partir, les très curieux résultats que lui a fournis l’étude de coléoptères parasites des désastreux acridiens. Il s’agit des Mylabres, insectes que leurs caractères font classer au voisinage immédiat des cantharides. Dés 1888, l’auteur avait découvert des larves de ces animaux dans les coques ovigères des acridiens et particulièrement dans celles du Stauronotus maroccanus, le dévastateur de la colonie. Malgré les soins dont il les entoura, elles se desséchèrent ou devinrent la proie des Fourmis. Mais cette année, se plaçant dans des conditions toutes spéciales, M. Kunckel fut plus heureux et put mener à bien ses éducations. A sa grande satisfaction, en juillet 1890, il vit ses nymphes se transformer en Mylabres. Les Mylabres ne vivent donc pas, comme on l’avait pensé, aux dépens des Hyménoptères, mais à ceux des Orthoptères. Leurs larves habitent les coques ovigères des Acridiens et se nourrissent des œufs qu’elles contiennent. Ces Insectes ont un rôle doublement utile : adultes, ils fournissent un des produits les plus précieux employés en médecine ; à l’état de larves, ils sont parasites de nos ennemis les plus redoutables, les Acridiens, connus sous l’appellation incorrecte, mais plus usitée, de sauterelles.
- Elections de candidats. — On sait qu’il vient d’être fondé, au Conservatoire des arts et métiers, deux nouvelles chaires, celle d’électricité industrielle et celle de métallurgie. L’Académie ayant à proposer au Ministre une liste de deux candidats pour chacune d’elles, elle a choisi, pour la première chaire : en première ligne, M. Marcel
- Deprez et en deuxième ligne, M. Monnier; et pour la seconde chaire : en première ligne, M. Le Verrier et en deuxième ligne, M. F. Gautier.
- Varia. — M. de Margerie étudie la structure géologique des Corbières. — D’après M. Physalix, les globules lymphatiques ne jouissent aucunement vis-à-vis du Bacillus anthracis des propriétés destructrices annoncées par M. Mentschikoft’. — Deux physiologistes lyonnais constatent que l’injection, chez des lapins, du bacille de Koch très atténué détermine la production des tumeurs blanches articulaires, sans manifestation des accidents ordinaires de la tuberculose expérimentale.
- Stanislas Meunier.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- LA LUNETTE MAGNÉTIQUE ET LA BOÈTE AUX NOMBRES
- S’il nous fallait une nouvelle preuve du Nihil novi sub sole, nous la trouverions dans la Lunette magnétique dont nous reproduisons ci-après deux formes bien distinctes dont la première date d’au moins un siècle, car nous en trouvons la description détaillée dans un ouvrage intitulé : Nouvelles récréations physiques et mathématiques, contenant ce qui a été imaginé de plus curieux dans ce genre et ce qui se découvre journellement; auxquelles on a joint les causes, leurs effets, la manière de les construire et l'amusement qu'on en peut tirer pour étonner et surprendre agréablement. Cet ouvrage en trois volumes, dont la troisième édition est sous nos yeux, a été éditée en 1786 chez Gueffier, Libraire-Imprimeur, rue de la Harpe, à la Liberté, avec approbation et privilège du Roi.
- La Lunette magnétique est la première des récréations magnétiques décrites par l’auteur, M. Guyot, de la Société littéraire et militaire de Besançon. Décrire l’appareil ancien, c’est aussi décrire l’appareil moderne, et nous ne saurions mieux faire que de passer la plume à l’écrivain du siècle dernier.
- « Faites tourner une Lunette d’ivovre aSsez mince pour laisser passer la lumière dans son intérieur ; donnez-lui environ 2 pouces et demi de hauteur et qu’elle soit à peu près de la forme indiquée par la figure 1 ; que le dessus A et le dessous^ B de cette Lunette entrent à vis dans le tuyau transparent C ; faites réserver au-dessus de ce tuyau, vers A, une portée, pour y placer une loupe ou oculaire D, dont le foyer soit de 2 pouces; que le cercle d’ivoyre B soit ouvert, afin de pouvoir y mettre un verre quelconque E, que vous couvrirez en dedans d’un papier noir et d’un petit cercle dè carton; mettez un pivot F au centre de ce cercle, et placez sur ce pivot une très petite aiguille aimantée G, c’est-'a-dire un peu moins grande que le diamètre de oî cercle; couvrez ce cercle d’un verre qui puisse retenir l’aiguille et l’empêcher de sortir de dessus son pivot; enfin que cette Lunette soit une espèce de Boussole placée au fond d’un tuyau d’ivoyre assez transparent pour apercevoir la direction de son aiguille, et dont l’oculaire serve à mieux distinguer les lettres ou chiffres qui doivent être tracés sur le cercle de carton placé au fond de cette Lunette ; que d’ailleurs elle
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- LÀ NATURE.
- en ait extérieurement la figure, afin de donner à cette boussole l’apparence d’une Lunette ordinaire, et faire imaginer qu’on aperçoit par son moyen les objets cachés et renfermés se-crettement dans différentes boëtes, comme il sera expliqué dans la suite de cet Ouvrage.
- « ....Cette Lunette se trouvant posée à une petite distance, au-dessus d’un barreau aimanté, ou d'une boëte quelconque dans laquelle la pièce qui le renferme se trouvera cachée, l’aiguille aimantée qui y est contenue se placera nécessairement dans la même direction que ce barreau, et indiquera par conséquent de quel côté est son nord ou son sud : le nord de l’aiguille indiquera le sud du barreau. ...Il faut observer seulement que le barreau ne soit pas trop éloigné de l’aiguille, particulièrement s’il est fort petit, et quelepivotdel’aiguilledoit se trouver placé [au-dessus du milieu du barreau, sans quoi son indication pour-roit être fausse, surtout lorsqu’il y a dans les pièces plusieurs barreaux qui peuvent agir ensemble sur l’aiguille. »
- Après avoir décrit ainsi la construction et l’eflet de la Lunette magnétique, M. Guyot passe en revue les différentes expériences qu’elle permet, en commençant par la Boète aux nombres, que représente notre première gravure reproduite en fac-similé (fig. 1).
- Cette boîte peut recevoir trois tablettes choisies parmi une collection de dix sur lesquelles sont inscrits les neuf premiers nombres et le zéro, ce qui permet d’écrire ainsi un très grand nombre de nombres de trois chiffres. A l'intérieur de chacune de ces tablettes en bois se trouve dissimulé un petit aimant dont la position diffère d’une tablette à l’au-
- tre, comme le montre la figure 1 (n° 4). Après avoir repéré les nombres correspondants sur le fond de la boussole une fois pour toutes, il suffît de placer
- la Lunette successivement au-dessus des milieux des trois carrés qui indiquent la place des trois numéros dissimulés dans la boite où ils ont été préalablement disposés en cachette, pour connaître chacun d’eux et lire rapidement le nombre formé à travers le couvercle.
- La figure 2 représente la forme moderne donnée à la Lunette magnétique et a la Boète aux nombres de M. Guyot. L’expérience se fait à l’aide de quatre tablettes rectangulaires dont
- la place des petits aimants qu’elles renferment est indiquée par les quatre lettres du mot ALLO imprimées sur le couvercle.
- On fait usage, en guise de lunette, de deux petits étuis en carton dont l’un, C, le seul que l’on présente, est un simple tube en carton fermé à l’une de ses extrémités, et auquel l’expérimentateur substitue habilement un autre tube G', d’apparence identique et renfermant l’aiguille aimantée indicatrice.
- M. Guyot ne décrit pas moins de quarante-six récréations scientifiques, réalisées pour la plupart à l’aide de la Lunette et des aimants ; nos lecteurs perspicaces n’auront pas de peine à en accroître le nombre, en mettant à profit les propriétés bien connues des aimants et les lois des actions magnétiques. DrZ...
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- Fig. 1. — Lunette magnétique de M. Guyot (1786). — 1 et 2. Lunette magnétique. — 3. Couvercle de la boète. — 4. Disposition des aimants à l’intérieur des tablettes.
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- N* 912. — 22 NOVEMBRE 1890.
- LES MARINES MILITAIRES
- NAVIRE CUIRASSÉ ITALIEN « SARDEGNA ))
- Fig. 1. — Lancement du nouveau cuirassé italien Sardegna à la Spezzia. (D’après une photographie.)
- Nous avons décrit, dans nos précédentes études lien Môrosini *, mais nous n’avons pas encore parlé sur les marines militaires, le navire cuirassé ita- des cuirassés italiens tels que Re Umberto et Sicilia;
- Fig 2. — Vue d’ensemble du navire'cuirassé italien Sardegna.
- c’est à ce dernier type qu'appartient le nouveau navire Sardegna qui a été récemment lancé à la Spezzia, et dont on termine l’armement de grosse artillerie. La Sardegna ne diffère de ses devanciers
- 1 (Suite.) Vov. n° 892, du 5 juillet 1890, p. 72.
- 18e innée. — t semestre.
- que par une plus grande puissance motrice et une longueur de trois mètres en plus. L’auteur des plans de ce nouveau navire est le Ministre de la marine, Brin, inspecteur général du génie maritime.
- 1 Voy. n° 877, du 22 mars 1890, p. 252.
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- Voici les dimensions principales du nouveau navire : longueur entre perpendiculaires, 1251U,125; longueur maxitna, 130m,875; largeur maxima hors cuirasse, 25,n,660 ; déplacement, 15 941) tonnes environ.
- Le navire a été construit entièrement en acier doux Martin Siemens. La charpente des œuvres vives se compose de pièces transversales et longitudinales formant une sorte de réseau destiné à empêcher la déformation dans tous les sens. Le pont inférieur est cuirassé et dit de « protection » ; en dessous se trouve la partie vitale du navire, c’est-à-dire l’appareil moteur, les soutes à munitions, l’appareil à gouverner, etc.
- Au-dessus du pont cuirassé, on trouve celui de la batterie, puis celui de la superstructure qui atteint 4m,15 au-dessus de la flottaison. L’espace compris entre le pont cuirassé et celui de la batterie est |Jdivisé en nombreux compartiments étanches; une ceinture de cofferdam est destinée à arrêter une * * invasion de l’eau extérieure dans les compartiments centraux. La zone s’étendant entre cette ceinture et la muraille, sera elle-même très cloisonnée et plusieurs des fractions situées à hauteur de la flottaison remplies de matières encombrantes et légères empêchant autant que possible une voie d’eau résultant d’une blessure aux environs de cette flottaison.
- Sur le pont de la superstructure, s’élèvent deux redoutes cuirassées, à l’intérieur desquelles on trouve une plate-forme tournante pour les canons barbette de 545 millimètres. L’espace compris entre ces deux redoutes est couvert, et constitue le fort central qui renferme la batterie des canons de 120 millimètres, au-dessus de laquelle est celle des canons de 152 millimètres.
- A une hauteur convenable au-dessus du fort central, se trouvent deux ponts de manœuvre, l’un devant, l’autre derrière, le blockhaus du commandant et divers abris pour le compas, etc., etc.
- Sur un seul mât, sont placées deux hunes mili-> taires armées : l’inférieure, de canons de 57 millimètres Nordenfeldt ; la supérieure, de canons llotchkiss de 57 millimètres et de mitrailleuses . Maxim. — Un mât de charge servira à embarquer et débarquer les embarcations les plus lourdes.
- Le réseau formé par les tôles longitudinales et transversales, qui constitue la membrure au-dessous ;àdu pont cuirassé, porte un bordé supplémentaire à :- sa partie interne de façon à former tin double fond -dont la hauteur moyenne est de lm,10. A la partie supérieure,sa largeur atteint lm,50, la partie interne est en plus fortement consolidée par l’application ' ‘de cornières coudées.
- C’est là que réside la vraie protection contre les explosions sous-marines; son efficacité a été suffisamment prouvée par une série d’expériences suivies.
- La cuirasse delà Sardegna atteint 10 centimètres sur les flancs et 7 seulement aux traverses. Cette cuirasse a pour but principal de parer les éclats
- résultant des obus explosifs puissants, en en provoquant l’explosion avant qu’ils n’aient pénétré à l’intérieur.
- Le pont de protection dont il a été parlé plus haut, construit fort solidement, est recouvert de iliaques de 5 à 1 1 centimètres. Ce pont sert à la protection de tout ce qui lui est inférieur; il empêche l’entrée des gros projectiles qui auraient réussi à percer la muraille du navire, forme un rempart contre leurs éclats et suffit enfin à empêcher l’introduction de l’eau dans les compartiments inférieurs à la suite d’une ouverture considérable aux environs de la flottaison.
- L’armement de la Sardegna en artillerie et en torpilles, est composé de la façon suivante : 1° quatre canons de 545 millimètres pesant 68 tonnes ; quoique d’un poids inférieur, leur puissance n’est pas moindre que celle des 100 tonnes employés sur les autres navires de ligne; cela résulte des progrès journaliers de l’artillerie; ils perforent 50 centimètres d’acier et sont élevés de 8m,20 au-dessus de l’eau; 2° huit canons de 152 millimètres sur le fort central, à tir rapide lançant, à raison de trois coups par minute, un projectile de 45 kilogrammes; 5° seize canons à tir rapide de 120 millimètres; douze d’entre eux dans le réduit central, les quatre autres à proximité des tourelles; rapidité du tir, cinq coups par minute; 4° deux canons Nordenfeldt de 75 millimètres pour débarquement; 5° dix canons de 57 à tir rapide (sept coups à la minute) ; 6° dix-sept canons Hotchkiss de 57 millimètres; 2° deux mitrailleuses Maxim; 8° cinq tubes de lancement pour torpilles; deux sous-marines, les trois autres au-dessus de la flottaison.
- Le navire, en plus, sera pourvu de torpilles de blocus et de projecteurs électriques installés en feux chercheurs.
- Contrairement à ses semblables, qui ont des machines composites, la Sardegna a une machine à triple expansion. Avec ce système, on obtient un rendement notablement supérieur au précédent ; son addition donne une utilisation meilleure de la machine et des chaudières, et permet, avec plus de sécurité, l’emploi de la vapeur à haute pression.
- L’appareil générateur comprend dix-huit chaudières cylindriques tubulaires, réparties en groupes de six chaudières ; chacun de ces groupes occupe un compartiment séparé, a son tuyautage spécial, de même que ses appareils d’alimentation et de ventilation; il est, en un mot, complètement indépendant des cinq autres. La combustion peut se faire au tirage naturel et au' tirage forcé, au "moyen de ventilateurs placés près des soupapes d’arrêt des chaudières;
- Les machines motrices sont au nombre de quatre accouplées deux par deux et commandant deux arbres de couche actionnant chacun une hélice. Les deux machines du même arbre peuvent agir simultanément ou être déconjuguées de façon à ce que celle de l’arrière tourne seule. La puissance,
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- d’après le contrat passé avec la maison llanethorn Guppy de Naples, devra atteindre 15 200 chevaux indiqués au tirage naturel et 22 800 au tirage forcé, la pression des chaufferies n’excédant pas celle d’une colonne d’eau de 8 centimètres.
- A la puissance maxima de 22 800 chevaux indiqués, on peut prévoir une vitesse de 20 nœuds à l’heure; vitesse notablement supérieure à celle de tous les navires de guerre de première classe actuellement à flot.
- La Sardegna, avec VUmberto et la Sicilia, forme la quatrième catégorie des dix navires qui sont le noyau de la marine italienne.
- LE TRAITEMENT DE LA PHTISIE
- Au dernier Congrès international de Berlin, M. Koch avait annoncé qu’il venait de trouver un moyen efficace de combattre la tuberculose, sous les diverses formes qu’elle revêt et qu’il remettait à une date prochaine le détail de ses expériences. Les journaux furent, à partir de ce moment, à l’affût des moindres indiscrétions et, de tous côtés, lettres, télégrammes, d’assiéger le laboratoire du professeur allemand. En présence de tous les racontars et pour empêcher, comme il le dit, les fausses idées de se répandre, M. Koch a fait à la Société de médecine de Berlin un long exposé de ses premières recherches. Il est difficile, d’après ce document préliminaire, d’émettre un avis. La composition du liquide vaccinal, antituberculeux, est tenue encore secrète et ne sera dévoilée que plus lard. Je me borne donc à résumer la communication de il. Koch.
- Le remède est une liqueur claire, brunâtre, qui doit être employée aussi fraîche que possible, mais diluée dans un liquide stérilisé ou additionnée d’une petite quantité d’acide phénique. L’ingestion par l’estomac ne donne aucun résultat. 11 faut l’administrer en injections hypodermiques dans la région dorsale ou la région lombaire. Contrairement aux données les plus communes sur la virulence atténuée des vaccins en général, l’homme est infiniment plus sensible à ces injections que l’animal j ordinairement choisi pour les expériences, le cobaye. On peut faire au cobaye une injection de 2 centièmes de centimètre cube et même plus sans que l'animal en soit visiblement incommodé. Au contraire, chez l’homme, une dose de 0,25 de centimètre cube produit une réaction très vive.
- Cette réaction, observée par M. Koch sur lui-même d’abord et sur divers malades, se manifeste par des tiraillements dans les membres, de la lassitude, de la toux, de la gêne de la respiration. A la cinquième heure, on observe de violents frissons, des vomissements et une hyperthermie allant jusqu’à près de 40°. Au bout de douze heures, la température s’abaisse, mais la faiblesse dure plusieurs jours. Le point où a été faite l’injection reste assez longtemps enflammé.
- Si l’injection a été faite sur un malade, sur un tuberculeux, les phénomènes de réaction sont encore plus intenses, la température montant jusqu’à 41°. Dès que l’accès fébrile est passé, après douze à quinze heures, il se fait une détente et le malade éprouve un mieux sensible,.
- Les résultats les plus frappants ont été notés pour la
- forme de tuberculose locale, les lupus, ces affections ulcéreuses de la face ou du tégument qui amènent de si graves désordres locaux, quand ils ne sont pas suivis d’une généralisation de la maladie. Quelques heures après l’injection, faite loin des régions malades, les parties atteintes de lupus rougissent, se tuméfient; la zone malade s’entoure d’une sorte d’aréole inflammatoire ; puis il se forme une croûte de sérum exsudé, une eschare laissant, à sa chute, au quatrième ou cinquième jour, une cicatrice unie et rosée. Après quelques injections, le lupus est guéri ou, du moins, il se produit une métamorphose, une destruction complète du tissu malade. C’est là un processus commun aux méthodes ordinaires de traitement. Mais, ce qui est remarquable, c’est que ces phénomènes de réaction et de destruction sont exactement limités aux régions lupiques. Les plus petits tubercules lupeux, ceux par exemple qui sont cachés dans une cicatrice, enfoncés dans un repli du tégument, décèlent leur présence sous l’influence de l’injection; par contre, les cicatrices qui ne contiennent plus de tubercules lupiques ne donnent lieu à aucune réaction.Ces modifications sont tellement nettes, et la délimitàtion, au point de vue de la réaction, est si bien tranchée, que l’auteur conseille de commencer, pour les essais de son procédé, sur des malades atteints de lupus.
- Ces phénomènes réactionnels sont moins nets pour les tuberculoses ganglionnaires, osseuses ou articulaires.
- D’après M. Koch, avec ce liquide, il ne s’agit pas de la destruction des bacilles de la tuberculose qui se trouvent dans le tissu, mais d’une atteinte du tissu lui-même. Cette action ne s’exerce que sur les tissus encore vivants et elle est nulle sur les dépôts caséeux, sur les tissus déjà mortifiés.
- Les doses d’injection doivent être multipliées et augmentées graduellement. Ainsi on commence par injecter à des phtisiques un milligramme, puis deux, jusqu’à un centigramme et plus en suivant les degrés d’intensité de la réaction. Dans la phtisie pulmonaire, la toux et l’expectoration augmentent un peu après les premières injections, mais graduellement elles diminuent ; les crachats purulents disparaissent, deviennent mucilagineux. Les bacilles, indice de la nature tuberculeuse, diminuent de nombre au fur et à mesure de la métamorphose des crachats et disparaissent parfois complètement. Tous les autres phénomènes de cette fièvre hectique des tuberculeux, sueurs, chaleurs, accès fébriles, s’atténuent et s’effacent. Toutes les personnes, dit Koch, soignées pendant la première phase de la phtisie, ont été délivrées de tout symptôme morbide dans un délai de quatre à six semaines, et ont pu être considérées comme guéries. Le résultat est plus douteux quand les lésions sont avancées, qu’il existe des cavernes pulmonaires et des désordres graves de l’appareil respiratoire.
- La condition première de cette méthode de traitement réside donc dans l’application précoce du traitement. Bans les premières phases de la maladie, le succès sera certain ; plus tard, il sera moins sûr.
- La communication de M. Koch ne vise aucun fait particulier ; il réserve aux médecins qui l’ont aidé, qui ont suivi les malades, le soin de publier les observations et de montrer les résultats thérapeutiques d’après les examens journaliers. Il sera bon d’attendre cet exposé pour avoir une idée nette de ce procédé thérapeutique et de voir quels résultats on obtiendra dans la pratique courante, une fois que le mode de préparation du liquide sera connu. Dr A. Cabtaz.
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- TRAIN DE CHEMIN DE FER
- RENVERSÉ PAR LE VENT
- Les phénomènes atmosphériques récents dont la ville de Dreux et la ville de Saint-Claude ont été successivement le théâtre1, ont appelé l’attention des météorologistes sur les ouragans, trombes ou tor-nados qui acquièrent une puissance de destruction extraordinaire. Ces phénomènes, fort heureusement très rares dans nos régions*, sont très fréquents dans les pays de l’ouest des États-Unis. Un récent tor-nado qui a eu lieu à Fargo, dans le nord du Dakota, s’est manifesté avec une telle violence qu’il a ren-
- versé et chassé hors de la voie tout un train de chemin de fer. Une photographie du train renversé a été prise par M. S.-II. Logan, qui l’a adressée au directeur du Scientific American de New-York; notre gravure est reproduite d’après ce document. Le train de chemin de fer renversé par l’ouragan était formé de neuf wagons-lits d’un très grand poids et de trois fourgons à bagages, remplis de malles et de colis divers. La locomotive et le tender sont seuls restés sur la voie.
- Le train de passagers ainsi malmené arrivait a Fargo en même temps que le tornado faisait sentir son action. Les toitures de la gare et de la salle des machines commençaient a être enlevées par le vent ;
- Train de chemin de lcr renversé par un tornado aux États-Unis, près de Fargo (Dakota.)
- le mécanicien pensa qu’il était prudent de sortir de la station, mais il fut obligé de s’arrêter au croisement d’un autre train ; il se remit en marche très lentement alors que le vent continuait à souffler avec fureur, et tout à coup le train fut enlevé du sol et renversé.
- Les wagons étaient remplis de voyageurs, et contenaient un grand nombre de dames et d’enfants. Il y eut beaucoup d’émotion et de terreur, mais aucune blessure grave. Cet accident eut lieu à 3 heures du matin. Les wagons ne furent pas très endommagés.
- 1 Voy. n» 908, du 25 octobre 1890, p. 329.
- 4 Nous rappellerons que nous avons eu l’occasion d’observer
- Paris un ouragan extraordinaire le 2 lévrier 1885 (n* 507, du 17 février 1883, p. 177.) Des voitures ont été renversées par le vent, et des becs de gaz arrachés de leur scellement.
- La force du vent était telle que le train tout entier, avant d’être retourné, fut soulevé hors des rails et déplacé latéralement comme on le voit sur notre gravure. La petite vue, qui est représentée en haut du dessin, montre la manière dont la chapelle Ply-mouth à Fargo a été décoiffée de sa toiture que le vent a rejetée à une certaine distance des fondations.
- Nous avons rappelé déjà que Fresnel dans son Mémoire sur la construction des phares, évaluait à 275 kilogrammes par mètre carré, la plus forte pression du vent. On a estimé depuis celte époque, que cette pression dans les tornados pouvait atteindre 400 kilogrammes. Voilà de quoi réserver parfois des surprises aux ingénieurs et aux architectes.
- Gaston Tissandier.
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- LA STATION DE ZOOLOGIE MARINE D’ENDOUME, A MARSEILLE
- L’importance chaque jour croissante de l’étude des animaux marins et des questions relatives à la pèche décida, en 1878, la ville de 1'
- Marseille à agrandir le laboratoire zoologique de la Faculté des sciences, en le transférant à Endoume, sur le bord même de la mer; mais c’est seulement dix ans après que la construction de cette station maritime fut poussée avec l’activité nécessaire.
- Édifié sur l’emplacement assez élevé de l’ancienne batterie des Lions, entre l’anse des Lions et l’anse des Cuivres, l’immeuble destiné à l’installation du laboratoire a été ter-
- Fig. 1.
- PLAN OU REZ-DE-CHAUSSEE
- miné il y a seulement un an. Sa façade principale, qui regarde la mer, est orientée au sud-ouest. Comme on le voit par la photographie spéciale- > ment prise pour La Nature et reproduite ci-contre (fig. 1), il se compose d’un étage sur rez-de-chaussée dans l’aile de devant, surmonté d’un second étage dans l’aile arrière de l’édifice.
- Le plan joint à cet article (fig. 2) montre bien quelles sont les installations intérieures.
- Dans la grande salle du rez-de-chaussée, sur deux bâtis parallèles, sont placés douze aquariums, mesurant chacun
- lm,50 de longueur sur 80 centimètres de largeur et de hauteur. À côté de cette vaste pièce, sur le derrière, est un laboratoire spécialement réservé aux études de biologie expérimentale.
- Au premier étage, quatre salles spacieuses, pourvues de tables de dissection et munies des instru-
- Entree
- Fig. 2.
- ments utiles, sont ouvertes aux zoologistes qui s'occupent de recherches sur la faune marine. Une
- bibliothèque, une galerie de collections et une chambre obscure pour les besoins de la photographie, forment le complément de cette heureuse disposition.
- Le second étage, situé dans le corps arrière de l’immeuble,comprend l’appartement du directeur; il est de plain-pied avec une grande terrasse, qui domine le premier étage. Le sommet de la tour latérale où se trouve l’escalier principal contient six réservoirs d’eau de mer, chacun d’un mètre cube de capacité. Le sous-sol de l'édifice est disposé pour recevoir un aquarium de 5 mètres de
- profondeur sur 2 mètres de largeur, qui doit être affecté à la conservation, à l’abri de la lumière, des espèces abyssales que le personnel de la station pourra recueillir dans ses excursions maritimes au large de Marseille. Enfin, un vivier assez vaste s’étend le long du rivage, au pied du laboratoire, et complète les excellentes installations que nous venons de signaler.
- Cependant, tout l’aménagement n’est par encore achevé, car il reste à établir des pompes et une canalisation pour alimenter d’eau de mer, d’une façon continue, les aquariums du rez-de-chaussée et du sous-sol. Le crédit nécessaire a été accordé par le Ministère de l’instruction publique et les travaux sont en bonne voie. Une machine à gaz, qui va être disposée sur le
- Le laboratoire de zoologie maritime à Eudoume près Marseille. (D’après une photographie de M. Ludovic Duplessis.)
- PLAN OU IS* ETAGE
- Plan du laboratoire d’Endoume.
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- promontoire situé devant la station, actionnera la pompe aspirante et foulante destinée à élever l’eau jusqu’aux réservoirs du second étage.
- Le personnel fixe du laboratoire d’Endoume se compose d’un directeur, M. le professeur A.-F. Ma-’ rion, l’éminent titulaire de la chaire de zoologie à la Faculté des sciences, membre correspondant de l’Institut ; d’un sous-directeur, M. le Dr Paul Gour-ret, professeur suppléant à l’Ecole de médecine; d’un préparateur et d’un patron-pêcheur.
- Grâce à l’activité déployée par MM. Marion et Gourret, qui ont une véritable passion pour la zoologie marine, d’importants travaux scientifiques ont été déjà réalisés à la station d’Endoume. Deux yachts à vapeur, le Feu-Follet, à MM. Gavotty et Fabre, et le Port-Miou, à MM. Boude et Lieutaud, sont mis gratuitement à la disposition du laboratoire par leurs propriétaires; ces petits navires facilitent beaucoup les recherches, en rendant possibles des explorations quelque peu lointaines.
- Le programme général tracé par M. le professeur Marion porte sur trois points différents. Il s’agit d’abord de continuer la tradition par laquelle on a toujours favorisé, à la Faculté des sciences, les progrès de l'enseignement. Dès la prochaine rentrée des classes, il sera en effet possible de fournir aux étudiants pour la licence les matériaux indispensables à leur instruction, de faire des conférences élémentaires d’histoire naturelle aux instituteurs de Marseille, et enfin d’admettre le public dans la grande salle des aquariums.
- Comme deuxième point du programme, il convient de travailler activement à doter la science française et la ville de Marseille d’un important laboratoire maritime, où tous les matériaux de recherche et tous les moyens d’étude soient réunis, pour la solution des nombreuses questions de science pure qui se posent encore en problème aux expérimentateurs. Cette partie du programme a été déjà sérieusement abordée par les naturalistes d’Endoume, car une foule de mémoires originaux de zoologie marine ont été publiés dans les magnifiques Annales du Muséum d’histoire naturelle de Marseille, d’intéressantes observations sur les différentes classes de la faune méditerranéenne ont paru dans diverses Revues spéciales, et les remarquables communications faites à l’Académie des sciences, notamment sur la reproduction et les migrations de la sardine, ont été fort appréciées dans le monde savant.
- Le troisième point sur lequel le Directeur du laboratoire porte son activité scientifique et celle de ses collaborateurs, consiste à mettre à profit les recherches de science pure pour entreprendre des travaux de zoologie appliquée, qui sont de plusieurs sortes.
- Les pêcheurs marseillais se plaignent de l’appauvrissement de la faune ichtyologique et ne cessent de réclamer l’abolition des filets traînants, qui détruisent, disent-ils, non seulement les poissons de petite taille, mais encore le Irai de tout genre.
- Les zoologistes d’Endoume ont recherché les causes exactes de ce dépeuplement des eaux du golfe de Marseille. En premier lieu, ils ont reconnu que la quantité de frai détruite par les engins traînants est loin d’être aussi considérable que le croient les pêcheurs, puisque les œufs de la presque totalité des poissons flottent à la surface de la mer.
- Les causes du dépeuplement sont complexes et de divers ordres. La multiplication des différentes espèces est gravement atteinte par les modifications introduites dans la nature des fonds sous-marins. En effet, les eaux impures versées par les égouts, l’épaisse fange recueillie dans le port par les dragues, la plupart des'détritus de la ville et les résidus de nombreuses industries, sont disséminés sans cesse au sein de la rade de Marseille, tombant sur des fonds qu’ils stérilisent promptement. Il est indiscutable que le régime résultant ainsi des exigences d’une grande cité est tout à fait favorable au dépeuplement d’une portion de mer, qui demeure en outre trop largement exploitée par les pêcheurs.
- Les statistiques sur le produit annuel de la pêche ne confirment pas cet appauvrissement, car depuis 1881 elles ne montrent aucune différence très sensible ; mais si la quantité de poisson vendue n’a pas diminué, cela provient de l’accroissement considérable du nombre des pêcheurs, surtout de ceux qui sont de nationalité italienne.
- Pour le homard et la langouste, les résultats de l’enquête sont plus concluants. Le premier de ces crustacés a complètement disparu; la vente annuelle du second, qui était de 25 000 kilogrammes avant 1870, a baissé de moitié et ne suffit plus à l’alimentation marseillaise, ce qui provoque une grande importation des langoustes de la Corse et de la Sardaigne.
- Comme ces deux crustacés, les espèces de poissons sédentaires ont particulièrement souffert de l’infection de la rade et de l’intensité de la pêche. Outre la diminution du nombre, celle de la taille des individus est significative ; elle démontre que ces malheureux animaux sont traqués à tel point qu’ils peuvent rarement atteindre leur accroissement total. On conçoit bien que les espèces sédentaires n’ont pas, comme celles qui sont migratrices, la faculté de s’augmenter par l’arrivée de nouveaux individus venant de contrées éloignées. De tout cela résulte la ruine de l’industrie des pêches à Marseille, où le poisson d’Algérie, par exemple, est apporté maintenant en assez notable quantité.
- Une mesure efficace s’impose donc aux pouvoirs publics : c’est de régler sans retard l’exploitation des divers fonds et d’y réserver quelques régions convenablement choisies pour le repeuplement.
- L’utilité d’une réglementation rationnelle des pêches, établie sur des bases scientifiques, paraît très évidente. C’est là un des buts ardemment poursuivis par la station zoologique d’Endoume ; l’importance de cette seule considération suffit à lui assurer non seulement une vitalité déjà certaine,
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- mais aussi une prospérité incessante et une légitime renommée, que les autres travaux de toutes sortes des savants naturalistes qui la dirigent ne feront qu’accroître et justifier.
- Désormais, ce nouvel établissement scientifique contribue pour une large part, avec le laboratoire maritime Arago, fondé à BanyulsparUillustreM.de Lacaze-Dutbiers, et les stations plus modestes de Cette, de La Seyne et de Nice, à l’étude méthodique de la zoologie marine sur les côtes françaises de la Méditerranée. Jacques Léotard.
- L’EXTERMINATION OIES BISONS
- EN AMÉRIQUE
- Le Bison est le plus grand des bovidés; il est commun à l’Europe et à l’Amérique du Nord. En Europe, durant les temps quaternaires, à l’âge de la pierre, il était fort répandu; il n’existe plus que dans la forêt marécageuse de Bijalowicsa en Pologne et dans quelques coins du Caucase. Sans la puissante protection des empereurs de Russie, ce magnifique animal aurait entièrement disparu.
- En Amérique, au moment de la découverte, il parcourait le continent septentrional. Il y était plus commun qu’aucun autre quadrupède sur la terre. Maintenant il ne reste qu’un millier de Bisons, la plupart captifs dans des parcs publics ou privés.
- Le directeur du Parc zoologique national des États-Unis, M. William T. Ilornaday, vient de publier dans le Annual Report of the Smithsonian Institution tous les faits concernant cette extermination d’un des plus grands et des plus superbes animaux du monde. C’est une histoire extrêmement intéressante que nous allons'résumer.
- Les Européens virent pour la première fois le Bison américain lors de l’invasion du Mexique par Cortez. Montezuma avait formé dans sa capitale, pour l’instruction de son peuple, une ménagerie où l’on gardait parmi d’autres bêtes sauvages un taureau venu du nord et de la plus grande rareté, dit l’historien Antonio de Solis, dont la description enthousiaste n’était que l’écho des récits aujourd’hui perdus.
- Neuf années plus tard, soit en 1530, un autre explorateur espagnol, Alvar Nunez Cabeza,. naufragé près du delta du Mississipi, se trouva le premier en face des Bisons libres.
- Dans la suite, tous les explorateurs les rencontrèrent en pénétrant de tous côtés dans l’intérieur des terres. Il est probable que, anciennement, ils occupaient une surface plus étendue notamment à l’ouest dans le fertile versant du Pacifique. Les Indiens avaient déjà restreint son domaine.
- Le Bison avait subi l’influence des divers climats de cet énorme territoire et ses variétés étaient fort reconnaissables. M. J.-À. Allen, qui a publié une admirable monographie du Bison, ouvrage malheureusement rarissime, a recherché tous les textes,
- toutes les indications concernant l’existence et la destruction de cet animal dans les divers Etats. M. W.
- T. Ilornaday a pu ainsi établir la carte que nous reproduisons ici (fig. 1) et qui montre les limites dans lesquelles on le rencontrait d’abord et qui se resserrèrent de plus en plus, de l'ISO à aujourd'hui.
- Les premiers pionniers s’accordent à dire que la quantité de Bisons répandus partout était prodigieuse. Ils couvraient littéralement le pays, leurs beuglements remplissaient la montagne et la plaine.
- La faible intelligence du Bison devait être une des -, causes de sa perte. Il ne se rendait aucun compte des dangers qui le menaçaient. Le troupeau étant
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- Fig. 1. — Carie des zones habitées par tes Bisons aux ÉlatarUnis depuis 1750 jusqu’à nos jours. • 1 -v
- extrêmement nombreux, la mort de quelques indi-vidus passait inaperçue de leurs voisins et n’entraînait pas de panique.
- Lorsque la destruction fut avancée, et les vides sensibles dans toutes les bandes, le caractère du Bison se modifia complètement. Alors seulement il se méfia du bruit de la carabine,' de la présence de l’homme et apprit à fuir. Eu 1886, il était devenu le plus sauvage et le moins abordable de tous les animaux sauvages, mais il était trop tard.
- Un des principaux traits de son caractère est la curiosité. Elle était tellement vive que les chasseurs comptaient sur elle à coup sur, attendant, par exemple pour faire feu, le moment où la bête s’arrêtant dans sa fuite se retournait tranquillement pour examiner son ennemi. Elle n’y manquait jamais.
- On cite de nombreux traits découragé de ce noble
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- animal. Les mères se dévouaient jusqu’à la mort pour protéger leur petit.
- Mais la lutte contre la civilisation envahissante
- n’était pas possible. Le Bison reculait fatalement devant elle et sa destruction fut hâtée par une série de causes secondaires : l’esprit meurtrier des hommes
- Fig. 2. —La chasse aux Bisons parles Peaux-Rouges à cheval. (D’après une peinture de George Catlin, au Musée national des États-Unis.)
- qui n’eurent aucun souci de ménager les ressources I et inexcusable de toute mesure protectrice de la immenses que lui livrait la nature; l’absence totale J part du gouvernement national; la préférence de
- Fig. 5. — Massacre des Bisons par les Indiens. (D'après une peinture de George Catlin au Musée national des États-Unis.)
- tous les chasseurs pour la fourrure et la chair des femelles ; la phénoménale stupidité de la bête et son indifférence pour l’homme; la perfection des armes à feu. Les méthodes mises en œuvre pour cette chasse étaient en petit nombre et bien différentes.
- La chasse à l’affût (still hunt) fut la plus meurtrière et la plus indigne de 'homme. Il n’y avait aucun danger à courir, pas la moindre excitation ; le chasseur n’était qu’un boucher. La capture des bestiaux domestiques du Texas est certes plus péril-
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- leuse et plus honorable. L’homme dissimulé par un rocher, par une touffe d’herbe haute, tirait à volonté et jusqu’à lassitude sur les centaines d’animaux
- qui passaient en troupeaux nombreux, à sa portée.
- La chasse à cheval et à courre était très en faveur auprès des Indiens sauvages encore; elle ne le fut
- Fig. i. — Bisons cernés par les Indiens aux États-Unis. (D’après le professeur H.-Y. Ifiuds.)
- pas moins après l’introduction des armes à feu. I sommé, un grand courage et, dans les temps primi-Elle exigeait un excellent cheval, un cavalier con- j tifs, une parfaite expérience des traits à lancer.
- W. F. Cody, que toute l’Europe a connu l’an dernier sous le surnom de Buffalo Bill, était des plus habiles et des plus hardis amateurs de cette chasse. En 1867, il entra au service du Raihvay Kansas Pacific, alors en construction, au prix de 500 dol-
- lars par mois pour procurer aux ouvriers toute la viande nécessaire à leur subsistance. En dix-huit mois, il tua 4280 Bisons.
- Une autre méthode consistait à préparer une enceinte vers laquelle on rabattait la bande qu’on par-
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- venait à cerner et à lancer entre un double rang d’hommes à pied ou à cheval; un Indien à cheval, revêtu d’une peau de bison, prenait la tête du troupeau, l’entraînait à sa suite et, au seuil de l’enceinte se précipitait dans un abri préparé à cet effet tandis • que les bêtes passaient comme un torrent et se trouvaient captives, bientôt tuées. Cette scène de carnage était épouvantable. Les vociférations des Indiens dominaient les mugissements des victimes dont l’agonie en masse (il y avait souvent plusieurs centaines d’individus) était indescriptible. Que dire aussi du spectacle qu’offrait, plus tard ce terrain jonché d’os et de lambeaux des cadavres répandant une odeur accablante tandis que des millions de mouches bleues voltigeaient sur ces amas putréfiés !
- Les chasseurs à cheval affectionnaient un autre procédé. Divisés en deux bandes parties de points opposés, ils se disséminaient autour d’un troupeau à grande distance d’abord, resserrant graduellement le cercle, et tournoyant en sens contraire, comme font dans une figure bien connue les cavaliers d’un carrousel. Bientôt ils se trouvaient au contact des Bisons qui s’entassaient, formant une masse où tous les traits portaient. On voyait quelquefois les nobles bêtes essayer de rompre le cercle de leurs assaillants et avec le plus grand courage elles prenaient une dangereuse offensive et chargeaient. Tout cela durait à peine quelques instants, un troupeau pouvait être cerné et mis à mort en un quart d’heure.
- D’autres fois les chasseurs profitaient des escarpements qui terminaient brusquement un plateau. Ils chassaient les bêtes vers l’abîme. Les premières arrivées au bord voulaient en vain s’arrêter, elles étaient poussées par la masse des autres, et toutes sè précipitaient, se brisant au bas des falaises.
- Enfin lorsque la neige couvrait abondamment les prairies et que le Bison enfoncé à mi-corps marchait à grand’peine, le chasseur, muni de patins spéciaux, courait aisément sur la neige, s’approchait des malheureux animaux et les frappait impunément. La fourrure des Bisons tués à cette époque de l’année ayant plus de valeur, la chasse était plus active qu’en toute autre saison.
- Les premiers colons de l’Amérique n’auraient pu faire face aux impérieuses nécessités de leur rude métier s’ils n’avaient pas eu le Bison ; la toison, la peau, la chair, les os même, leur fournissaient leurs ressources variées. Le Bison avait été de même pour les Indiens si nombreux aussi, un véritable don de la Providence.
- La période comprise entre 1730 et 1850 ne vit pas une destruction exagérée de cette espèce. Mais, à partir de 1830, on se mit à l’exterminer systématiquement, au moyen d’expéditions nombreuses armées de tous les avantages que la civilisation mettait aux mains des Compagnies dirigeantes. C'est une lamentable histoire qui provoque les plus amers reproches de la part de M. W. T. Hornaday.
- En 1870, des millions de Buffalo existaient encore
- et l’on aurait pu en tuer chaque année 500 000 sans diminuer sensiblement leur masse. En prélevant une taxe de 5 dollars par tête, l'Etat aurait eu un revenu annuel de 1 2 millions de francs. C’est ainsi qu’on a procédé pour les phoques du nord-ouest, et la richesse nationale est sauvegardée. Un droit minime sur chaque peau eût payé les frais nécessaires pour la surveillance et la réglementation de la chasse. En même temps le commerce et l’industrie, alimentés par cetle livraison annuelle de 500000 Bisons, auraient gagné 20 millions. Mais ni l’Etat, ni les gouvernements des territoires, n’oni songé à cela. Une loi votée trop tard par les Chambres (1874) n’a même pas été promulguée.
- La construction du premier chemin de fer transcontinental eut pour résultat de détruire tous les Bisons qui vivaient aux environs de la ligne, d’éloigner les autres et de couper en deux leur surface d’habitation.
- Les bandes du sud comprenaient plus de 5 millions de têtes. Elles furent littéralement hachées par la multiplication des voies ferrées. La fièvre du Bison, dans ces parages, n’est comparable qu’à la fièvre de l’or après la découverte des gisements de la Californie. De partout, arrivaient des chasseurs suivis de marchands de munitions, d’acheteurs de peaux; des fabriques pour la salaison des viandes, d'autres pour la mégisserie s’élevaient partout. Les Compagnies, dont on a pu connaître les chiffres d’affaires, obtinrent 3 158 730 peaux de 1872 à 1874. Il faut noter qu’une peau dans le commerce correspond à plusieurs bêtes tuées. Ajoutons que 400 000 furent en même temps détruites par les Indiens pour eux-mêmes. En 1875, les grands troupeaux du sud avaient disparu.
- Ceux du nord ne pouvaient échapper à la même destinée; la saison de chasse de 1883 voyait leur fin. C’est vraiment une chose curieuse que les chasseurs ne se soient pas rendu compte à ce moment que la poursuite serait désormais sans objet. A l’automne suivant ils firent à grands frais, comme toujours, leurs préparatifs de campagne et entrèrent en ligné; leur insuccès fut naturellement complet. Longtemps la plupart s’imaginèrent que le grand troupeau avait émigré au nord dans les territoires britanniques d’où il reviendrait prospère. Les rumeurs qui ç'a et là couraient dans l’air et annonçaient le retour étaient accueillies avec une foi ardente. Enfin il fallut bien se rendre à l’évidence, il n’y avait plus de Bisons nulle part. Les gens durent songer à suspendre au râtelier leur carabine inutile, ou à la vendre, et à trouver d’autres moyens d’existence. Quelques-uns furent réduits à rechercher les os abandonnés sur les principaux points de tuerie et à en faire le commerce.
- En réalité, on vient d’établir qu’il reste en tout en Amérique 1091 Bisons; 550 dans un coin perdu des possessions anglaises; 200 qui vivent sous la protection du gouvernement des États-Unis dans le Yellowstone Park ; 256 conservés par de richissimes
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- propriétaires ou par des jardins zoologiques *. 11 n’y a, dans ces conditions, aucune chance de faire durer l’espèce au delà de quelques années. Les survivants abâtardis prendront l’allure et l’aspect des bêtes réduites en domesticité. L’espèce, le Bison ameri-canns, a vécu. Émile Cartailiiac.
- FABRICATION DU SUCRE EN TABUETTES
- Le raffinage du sucre brut est appelé depuis quelques mois à subir une certaine transformation dont le but est d’approprier le produit final au goût du consommateur. La forme conique du pain de sucre se prête mal, comme on le sait, au débitage en morceaux réguliers; le sciage et le cassage entraînent des déchets dont la valeur est loin d’être négligeable ; de plus, la croûte ou robe est d’une fusion lente et difficile.
- On a cherché à obtenir du sucre raffiné sous une forme qui en permette le sciage et le cassage, sans donner lieu à des déchets importants. C’est notamment sur le cloisonnement des turbines employées au turbinage des masses cuites que les recherches ont porté. Dans cet ordre d’idées, on a déjà obtenu, en'Allemagne surtout, certains résultats pour la préparation directe du sucre en tablettes qu’on peut ensuite débiter en petits morceaux. Mais ce procédé offre une imperfection en ce sens que, pour trancher la difficulté du démoulage, on a donné aux tablettes une forme trapézoïdale, sous laquelle le sciage et le cassage produisent des morceaux qui ne sont pas exactement semblables les uns aux autres et d’un empaquetage difficile.
- M. IL Vivien est arrivé à obtenir des produits d’une grande pureté et d’une forme très régulière. Son procédé consiste à couler la masse cuite, obtenue par la concentration dans le vide et la cuisson en grains des sirops, dans des formes spéciales qui permettent d’obtenir des tablettes ayant la figure d’un parallélépipède parfait. Toutes les faces étant par conséquent parallèles entre elles, deux à deux, il ne peut y avoir de perte au sciage, comme cela a lieu avec les pains. L’épaisseur de la tablette correspond à la longueur du morceau scié et peut avoir telles dimensions que l’on désire.
- La forme imaginée et récemment perfectionnée par M. IL Vivien se compose de deux plaques parallèles en tôle d’acier galvanisée (fig. 2). Ces plaques
- 1 2 en Angleterre, 2 à Dresde, 1 à Calcutta après 1873. Les Bisons libres furent recherchés arec des dépenses énormes, soit par les chasseurs émérites américains ou anglais désireux d’inscrire sur leur carnet : « le dernier des Bisons ». La découverte d’un de ces survivants et sa mort faisaient le tour de la presse du monde entier. Les fournisseurs de peaux pour les Muséums se mirent aussi en campagne. Enlîn, en 1886, une expédition considérable fut entreprise par la Smilhso-nian Institution au profit des collections du Muséum national. Il lui fallut plusieurs années d’ell'orts pour obtenir un choix tie vingt-cinq individus de tous âges et des deux sexes qui sont aujourd’hui admirablement présentés dans les collections.
- sont recourbées à angle droit à une de leurs extrémités de façon à être rivées au fond formé par un fer plat. A leur partie supérieure, les parois sont munies d’un ressort ouvert formé de deux lamelles flexibles et cintrées. L’une de ces lamelles porte un fermoir articulé qui sert à réunir les deux parties du ressort et par conséquent à maintenir pendant le travail les parois à l’écartement convenable pour obtenir des plaquettes de sucre parallélépipédiques. En ouvrant ce fermoir, les parois de la forme tendent, par leur élasticité, à s’éloigner l’une de l’autre et permettent un démoulage facile des tablettes.
- Les parois portent aux parties supérieure et médiane des nervures intérieures horizontales destinées à supporter des réglettes à double évidement séparées par une bande de métal à leur centre et rainées sur leurs deux grands côtés. De cette façon, les réglettes entrent ou sortent en coulissant dans la forme. Sur leurs faces sont pratiquées des gorges dans lesquelles se glissent des plaques séparatives en tôle d’acier placées verticalement. La forme se trouve ainsi divisée en quatre compartiments qui permettent d’obtenir quatre tablettes de sucre parfaitement régulières.
- Les manipulations relatives au remplissage de la matière sucrée dans les formes se font dans des chariots spéciaux en tôle (fig. 1), dont trois des côtés sont assemblés par des cornières de façon à les rendre hermétiques. La quatrième' paroi est mobile et est pourvue d’une poignée de manœuvre. Cette porte se trouve à l’avant du wagonnet; dans la position de fermeture, elle est serrée contre une garniture en caoutchouc logée dans une rainure qui règne sur le pourtour de la caisse du véhicule; des vis de serrage, dont les écrous sont articulés à des chapes, maintiennent l’étanchéité de cette jonction.
- Les formes sont disposées côte à côte par rangées séparées entre elles par des plaques mobiles en tôle galvanisée munies de poignées, puis serrées les unes contre les autres par des coins en bois qui descendent jusqu’au fond du wagonnet afin qu’il n’y ait aucun vide de forme.
- Le wagonnet ainsi chargé est transporté sous l’appareil à cuire ou l’appareil à réchauffer, pour recevoir la masse cuite qui remplit toutes les formes en passant par les évidements des barrettes transversales. Le tout est abandonné au repos, et au refroidissement pendant quelques heures ; la cristallisation et la prise en masse se produisent. On débâtit alors le wagonnet et on procède au plamotage à l’aide d’une réglette pleine que l’on glisse entre les lamelles du ressort et la réglette évidée supérieure ; on lisse ainsi la partie de dessus des formes tout en enlevant l’excès de masse cuite sans consistance. Les formes sont alors prêtes à être placées dans un appareil centrifuge où s’achève l’opération du raffinage.
- Cet appareil (fig. 3) se compose d’un tambour en tôle pleine A, muni d’une couronne interne B,
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- qui forme avec lui un espace annulaire divisé en 6 ou 8 cases qui reçoivent les formes. Des coins et appareils de serrage E maintiennent solidement et verticalement ces formes. Un chapeau mobile G
- recouvre l’appareil et est fermé par un écrou.
- Au centre du tambour se trouve un régulateur d'équilibre G dont les rondelles mobiles et évidées au centre se déplacent autour de l'arbre II qui re-
- Fig. 1 et 2. — Fabrication du sucre en tablettes. — Fig. 1. Chariot porte-formes. — Fig. 2. Formes à tablettes. — A. Forme à deux tablettes, garnie. — B. Forme à quatre tablettes démoulée. — C. Forme à deux tablettes, vide. — D. Plaquette de sucre entière. — E. Plaquette divisée en morceaux réguliers.
- çoit son mouvement en dessous a l’aide d’une transmission intermédiaire et d’une poulie I calée sur l’arbre dont l’extrémité inférieure porte un pivot en acier monté dans une crapaudine a rotule qui oscille dans un boîtard. Sous l’action de la rotation les rondelles se déplacent de façon à ramener le centre de gravité dans l’axe de la turbine et évitent le ballottement résultant d’une inégalité dans le chargement des tablettes.
- En donnant au tambour un mouvement de rotation suffisamment rapide, sous l’action de la force centrifuge développée, le sirop qui entoure les cristaux de sucre est chassé, traverse des plaques perforées en bronze D, placées symétriquement dans le tambour et remonte par-dessus le bord du tambour pour se
- déverser dans la cuve F et se rendre dans des réservoirs en attendant d’être repris dans des opérations ultérieures. Cette première opération faite, on arrête le mouvement de l’appareil pour effectuer un premier clairçage dans le tambour même, en introduisant, à l’aide d’une tuyauterie disposée à cet effet, de la clairce jaune dans la partie annulaire où sont les formes remplies de masse cuite qui s’imprègnent de ce sirop. Après un laps de temps de huit à dix minutes, on ouvre une soupape de vidange ménagée sur le fond du tambour pour laisser écouler le peu de clairce non absorbée, dans une nochère qui la conduit au réservoir à sirops. On met de nouveau la turbine en marche pour chasser le sirop, puis on enlève les formes pour les placer
- Fig. 3. — Turbine à force centrifuge.
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- dans un petit bac installé près de chaque turbine et dans lequel on opère un second clairçage avec de la clairce blanche. Les formes sont ensuite remises dans l’appareil où s’achève l’opération du raffinage.
- La disposition adoptée permet de laisser séjourner les produits .dans la clairce blanche pendant près d’une heure si l’on veut, sans pour cela enrayer le travail en aucune façon. La masse cuite est ainsi forcément et régulièrement imprégnée de la solution saturée de sucre et son épuration a l’aide de la force centrifuge est rapidement obtenue. Ce point est important, surtout lorsque l’on travaille
- des sucres de cannes ou de bas titrage, qui donnent des masses cuites plus ou moins pures et colorées.
- La forme perfectionnée de M. Vivien est particulièrement avantageuse en ce sens qu’elle permet d’obtenir des tablettes de sucre de faible épaisseur qui peuvent ainsi être débitées, non seulement en morceaux réguliers de forme connue par le consommateur français, mais encore en petits cubes très demandés actuellement pour l’exportation, notamment en Angleterre.
- Nos raffineurs sauront certainement apprécier les avantages qu’offre ce procédé de raffinage essentiellement français qui permet d’obtenir rapidement
- Fig, 4. — Installation des appareils de raffinage du sucre, système H. Vivien, à la raffinerie de Barbery (Oise).
- des plaquettes qu’il suffit de porter à l’étuve et de laisser séjourner pendant quelques heures pour achever la dessiccation.
- La production journalière d’une turbine peut atteindre 8000 kilogrammes; le rendement en sucre par 100 kilogrammes de masse cuite turbinée est de 70 a 72 pour 100, et le rendement en morceaux réguliers, provenant de tablettes sciées et cassées est d’environ 80 pour 100, tandis qu’avec les pains de sucre ordinaire on ne dépasse guère 60 pour 100.
- A la rigueur, on peut vendre le sucre en plaquettes entières D (fig. 2) ; mais il est préférable de le débiter a la scie circulaire en lingots E, puis de les réduire avec une machine à casser en morceaux réguliers qui sont livrés au commerce ran-
- gés dans des caisses en bois ou dans des boîtes en carton.
- Il est intéressant de résumer les avantages qu’offre la fabrication du sucre telle que nous venons de la décrire. Outre la forme si commode des plaquettes carrées et la rapidité de la fabrication, on constate une économie notable de main-d’œuvre et de clairce avec un accroissement de rendement. Par suite de la suppression des grainiers, des lits de pains, des miettes, etc., l’emplacement nécessaire à l’emmagasinage est très réduit. Enfin le raffinage étant plus rapide, il y a moins de produits en cours de fabrication, ce qui conduit à une réduction du capital engagé et des primes d’assurance.
- L. Knab.
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- NÉCROLOGIE
- Le général du Temple. — Nous avons la douleur d’avoir à enregistrer ici la mort d’un de nos officiers les plus distingués, qui était en même temps un mécanicien de grand mérite, le général du Temple, décédé le 5 novembre à l’àge de soixante-sept ans. Du Temple, officier de marine très apprécié, était entré à l’École navale en 1838; il s’était particulièrement distingué dans la guerre franco-russe, à la prise de Kinburn, dans la campagne d’Italie, au Mexique et pendant la guerre de 1870 où il fut appelé aux fonctions de général; il les remplit avec une si noble fermeté que le titre lui fut conservé par ses admirateurs, quoiqu’il ne fût que capitaine de frégate. Les services rendus dans cette position lui avaient créé une telle notoriété qu’il parut désigné, après la guerre, pour en rendre de nouveaux; il fut élu député. Quelques années après, rentré dans la vie privée, il reprit le cours de ses études favorites et chercha à réaliser quelques-unes des nombreuses inventions enfantées par sa rare intelligence. Pendant quelque temps, il poursuivit la solution du problème de l’aviation; mais, convaincu qu’il fallait d’abord trouver un moteur léger, ses efforts se portèrent bientôt de ce côté; ils furent si heureux qu’il les concentra tous sur cet objet ; telle est la genèse du générateur du Temple, connu de tous aujourd’hui, grâce aux services qu’il rend dans notre marine militaire. Celte invention eut un grand retentissement et elle fut l’objet d’un grand nombre d’imitations ; on prétendit même que l’invention avait été vendue à l’Angleterre; le fait fut démenti; du Temple voulait assurer à son pays, à la marine à laquelle il avait appartenu, le fruit de ses travaux. Le général du Temple, pendant la campagne du Mexique, avait entrepris quelques explorations audacieuses, et il avait notamment exécuté l’ascension d’une des plus hautes montagnes de ces régions, dont l’altitude dépasse celle de notre Mont-Blanc. A une grande énergie physique et à un remarquable courage militaire, il joignait un noble caractère; cet homme de travail et de bien fut estimé et aimé par tous ceux qui l’ont connu.
- ♦
- Eugène CJocIard. — Le nom de l’aéronaute français qui vient de mourir à Bruxelles, le 9 novembre 1890, est populaire dans les deux mondes, et nous nous faisons un devoir de résumer ici la longue carrière de ce praticien qui a hautement contribué à vulgariser en France l’art aéronautique et à en conserver les traditions. Eugène Godard est né aux Batignolles près Paris, le 26 août 1827 ; il était le fils d’un ouvrier, un maître maçon, et son enfance fut des plus rudes. A douze ans, le jeune Eugène Godard, qui avait des dispositions pour le dessin, travailla chez un architecte. A l’àge de seize ans, en voyant passer un ballon dans le ciel, il fut pris de la vocation aérienne, et construisit seul son premier ballon. Depuis cette époque, il ne cessa de construire des aérostats et d’exécuter des ascensions dans toutes les villes de France, à l’Hippodrome de Paris, et dans presque tous les pays du monde. En 1853, il construisit un ballon qui était célèbre à celte époque, l'Europe. Il franchit en une nuit, avec cet aérostat, les 152 lieues qui séparent Paris de Spa. En 1854, Godard fit une ascension à Vienne lors du mariage de l’empereur François-Joseph, puis il alla en Amérique, et s’éleva dans les airs à New-York, à la Nouvelle-Orléans, à Saint-Louis, à Cincinnati et à Louisville. Plus tard il fit des voyages aériens à la Havane. Il construisit la montgolfière l'Aigle qui est un des plus grands globes aériens qui aient jamais été fabriqués. Son père et ses deux frères
- Louis et Jules faisaient comme lui de nombreuses ascensions, de sorte que le nom de Godard prit une très grande vogue. Eugène Godard, qui a fait plus de 1500 voyages en ballon, n’était pas homme de science, mais il était un praticien de très grand mérite, et un constructeur très habile. Henri Giffard l’appréciait hautement, et il le choisit toujours comme l’un des aéronautes de ses grands ballons captifs à vapeur. Le célèbre aéronaute français proposa à l’empereur Napoléon lit de se servir des montgolfières libres pour faire des observations militaires : il exécuta quelques expériences au camp de Châlons et en Italie au milieu des armées françaises. Pendant le siège de Paris, Eugène Godard fut l’un des constructeurs des ballons de la Poste aérienne, et il fabriqua plus de trente ballons de 2000 mètres cubes pendant la durée de la guerre franco-prussienne. Le nom des Godard ne sera pas perdu dans l’aéronautique française; le célèbre praticien, dont les deux frères, Louis et Jules, sont morts depuis quelques années, laisse un fils et un neveu qui ont déjà fait leur preuve en aéronautique.
- CHRONIQUE
- Le gibier à Paris. — Voici quelques chiffres qui donnent une idée de la quantité énorme de bêtes à poil et à plume que l’on consomme à Paris. C’est le dernier relevé officiel du nombre annuel de pièces arrivées sur le marché parisien qui nous donne ces indications : 270 000 lièvres, 472 000 perdreaux, 85 000 faisans, 1975000 alouettes, 12600 chevreuils, 224000 cailles, 165000 grives et merles, 11000 bécassines, 38 000 bécasses, 5600 râles et 312 000 autres pièces non classées. En résumé, la consommation annuelle du gibier à Paris atteint près de 5000 000 de pièces. Dans ces chiffres ne figurent pas les lapins, dont la vente a dépassé dans un seul mois le chiffre de 45000.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du il novembre 1890.—Présidence de M. Dermite
- Fixation de l'azote gazeux par les plantes. — Bien des fois déjà, nos lecteurs ont été entretenus des recherches faites par divers expérimentateurs pour décider la question de savoir si certains végétaux jouissent ou non de la faculté de puiser directement dans l’atmosphère l’azote qui entre dans la constitution de leurs tissus. Ils n’ont pas oublié que MM. Hellriegel et Wilfarth ont reconnu que, tandis que des graines semées dans un sable calciné donnent seulement des plantes chétives dont la quantité d’azote n’excède pas celle que renfermaient les semences, des plantes pareilles deviennent très prospères à la suite de l’arrosage pratiqué avec quelques gouttes seulement d’une eau ayant servi au lavage d’une terre végétale. Alors l’analyse de ces végétaux procure un gain d’azote énorme par rapport à la composition de la graine et on ne voit pas d’où ce corps peut venir sinon de l’atmosphère ambiante. Toutefois la question est trop grave et son importance pratique ajoute trop d’importance à sa valeur théorique pour qu’on ne soit pas extrêmement désireux de lui fournir une preuve expérimentale à l’abri de toute critique, et, depuis le jour où les savants allemands, qui viennent d’être nommés, ont fait connaître le résultat qu’ils ont obtenu, tout le monde s’est préoccupé de montrer, par des dosages directs, que l’air a directement fourni l’azote dont la récolte s’est enrichie. Mais la chose est infiniment plus facile à concevoir qu’à
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- LA NATURE.
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- réaliser : il faudrait opérer sur une atmosphère exactement confinée et par conséquent volumineuse, et, dès lors, les quantités totales à déterminer étant très faibles, les erreurs peuvent aisément masquer le phénomène à observer. Aussi c’est avec un sentiment de satisfaction partagé par tout le monde que M. Duclaux vient aujourd’hui annoncer le succès complet de l’entreprise. 11 est dû à MM. Schlœ-sing fils et Laurent qui ont su écarter toutes les causes perturbatrices et apporter dans les mesures une précision inespérée. Ces très habiles chimistes ont constaté dans l’atmosphère confinée où les graines ont poussé une perte d’azote représentant une trentaine de centimètres cubes et l’analyse des plantes produites leur a rendu, à quelques milligrammes près, la même dose d’azote organique. Après avoir dit ainsi le dernier mol dans une question capitale depuis longtemps controversée et démontré la réalité d’un fait que M. Georges Ville a été le premier à proclamer, M. Laurent, travaillant seul cette lois, est parvenu à cultiver le microbe fixateur d’azote, auteur aussi, comme on sait, dès nodosités caractéristiques des légumineuses, et 'a préciser les conditions de son existence. Le fait capital et bien imprévu est que ce protoorganisme prospère surtout dans les milieux dépourvus d’azote combiné : les nitrates, en particulier, paraissent entraver son développement.
- M. Phillips. — Conformément à un usage établi depuis peu, M. Léauté, le dernier académicien élu, vient lire une Notice sur les travaux de son prédécesseur immédiat, M. Phillips. C’est un travail extrêmement remarquable à la fois pour la science profonde du fonds et par l’élégance de la forme et qui provoque les applaudissements unanimes de l’assistance. Né à Paris le 21 mai 1821, Phillips débuta par des travaux de chimie minérale publiés en collaboration avec Rivot, son camarade de promotion à l'École polytechnique. Après la métallurgie du cuivre, c’est la conductibilité électrique des roches à haute température qui l’occupa ainsi. Chargé, en 1849, de la surveillance du matériel aux chemins de fer de l’Est, Phillips trouva enfin sa véritable voie qui fut la mécanique appliquée : celte science qui, comme l’a si bien définie M. Léauté, est intermédiaire entre la mécanique rationnelle et la mécanique pratique. Dans cette direction, qu’il ne devait plus quitter, il se signala d’abord par un travail capital sur les ressorts applicables aux wagons de marchandises et aux tenders. La coulisse de Stephenson et la théorie des ponts métalliques lui fournirent aussi le sujet de travaux d’où sont sortis des progrès de première importance. Enfin, à partir de 1858, Phillips concentra tous ses efforts sur la chronométrie et rendit possible l’essor qu’a pris l’horlogerie de précision. Sa théorie du spiral réglant fut universellement mise à profit : rarement on vit succès plus rapide et plus éclatant.
- La paléontologie fr ançaise. — M. Cotteau dépose trois nouvelles livraisons du grand ouvrage commencé par Alcide d’Orbigny : l’une est de M. de Saporta et traite des algues jurassiques; les deux autres sont de M. Cotteau lui-même, et concernent les oursins tertiaires. On y remarquera surtout la monographie du genre Echinolampas, apparu dès le début des temps éocènes, où il est représenté par plus de cent espèces, déjà décroissant lors du miocène et qui ne compte plus que quelques représentants très rares dans nos mers les plus chaudes.
- . Les rideaux de la craie. — A M. de Lapparent qui prétendait récemment expliquer par les pratiques de la culture agricole, la formation des gradins connus dans les
- pays crayeux sous le nom de rideaux, M. il. Lasne oppose une série de faits qui tendent à faire de ces accidents, le résultat des glissements du sol le long des lignes de fractures. La dimension de certains de ces traits superficiels paraissent concluants : on ne sait pas comment la charrue même, après des siècles, édifierait des ^escaliers dont les marches peuvent avoir de 10 à 20 mètres de hauteur verticale. D’ailleurs celles-ci ne sont pas toujours, à beaucoup près, orientées comme les vallées et c’est encore un fait en opposition avec la doctrine défendue par M. de Lapparent. M. Lasne adresse en même temps de très intéressantes brochures relatives à l’identité de composition des phosphates stratifiées avec l’apatite, à la description des terrains phosphatés des environs de Doullens, et à la théorie des mouvements giratoires de l'atmosphère.
- Varia. — M. Casalonga fait parvenir des recherches relatives à la thermodynamique. — D’après M. Dom Lamé la variation récemment annoncée dans les latitudes serait purement apparente et dériverait des inégalités des réfractions atmosphériques. — Le dimorphisme sexuel chez les copépodes occupe M. Eugène Camus, élève du laboratoire de M. Giard à NVitnereux. — Une nouvelle lampe pour les mineurs est décrite par M. Libon. — La direction des aérostats occupe M. Aubert. M. Joseph Bertrand dépose sur le bureau un volume qu’il vient de publier sur Biaise Pascal. — M. Berthelot apporte de nouveaux arguments à l’appui de son opinion que le nom de bronze dérive de celui de Brindisi. — Une lecture que nous entendons fort mal concerne la découverte, par M. Oppert, d’une inscription remontant à l’an 521, où sont décrits des phénomènes astronomiques et spécialement une éclipse de lune. — M. Léon Yaillant étudie les métamorphoses de quelques poissons squammifères du détroit de Torrès. — Des échantillons provenant du terrain houiller ont procuré à M. Brongniart la découverte d’une série d’insectes possédant des appendices aliformes sur le protothorax ; c’est une disposition tout à fait exceptionnelle aujourd’hui.
- — MM. Chastagny et Abraham étudient la force électromotrice des couples thermo-électriques. — D’après M. Cha-brier, le fluorure de méthylène jouit de propriétés antiseptiques utilisables à l’endroit de la bactérie pyogène.
- — Le même auteur décrit le fluorure d’éthylène qu’il vient de préparer. — MM. Grehaut et Quinquaud étudient la respiration de la levure et fournissent un procédé de dosage du glucose dans les liquides.
- Stanislas Meunier.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- SONNERIE a UN COUP. ---- BOUTON LUMINEUX
- L’emploi des sonneries électriques est devenu presque général aujourd’hui et il n’y a presque pas de bourgade un peu importante où le serrurier ne soit capable d’en installer une. Les modèles de sonnerie ont peu varié et la trembleuse est toujours employée presque exclusivement. Lorsque les appels sont fréquents, elle ne laisse pas que d’être assez fatigante à entendre; un seul coup frappé sur le timbre serait suffisant dans la plupart des cas; ce coup, du reste, pouvant être répété à des intervalles rapprochés peut servir à former des signaux de convention : un coup pour telle chose, deux pour
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- LA NATURE.
- telle autre, etc. Bien des inventeurs se sont déjà préoccupés de réaliser un appareil répondant à ce besoin, et, malgré cela, ce genre de sonnerie s’est peu répandu. Nous avons vu dernièrement, chez un des fabricants parisiens, M. G. Bénard, un modèle fort simple et d’un excellent fonctionnement qui nous a paru mériter l’attention. Il faut, dans une sonnerie de ce genre, que le marteau frappe énergiquement sur le timbre ; car, si l’on ne donne qu’un seul coup, il faut au moins qu’il s’entende bien. Il est nécessaire d’arriver à ce résultat sans être obligé d’employer un grand nombre de piles, ou des piles au bichromate ; il faut pouvoir utiliser les modèles généralement employés. Dans l’appareil de M. G. Bénard, que représente notre figure 1, le marteau B est complètement indépendant ; il est monté sur un petit levier dont la plus courte branche vient buter contre l’armature. Lorsque celle-ci est attirée et vient buter contre l’élcc-tro, elle lance le marteau qui continue sa course en vertu de la vitesse acquise et va frapper le timbre, puis retombe ensuite. Afin d’obtenir une course un peu longue du marteau, l’espace entre l’armature et l’électro doit être assez considérable. Malgré cela, l’attraction a lieu en n’employant qu’un petit nombre d’éléments Le-clanché. Cela tient au montage de l’armature A. On remarque, en effet, que celle-ci fait partie de la culasse D et du montant C qui sont comme elle en fer doux.
- On se trouve donc en présence d’un système magnétique dont les pôles de noms contraires sont voisins; ils sont constitués par l’extrémité supérieure de la bobine et par l’armature. On comprend que, dans ces conditions, l’attraction puisse être plus considérable que si l’armature n’était pas reliée magnétiquement h l’électro-aimant. On peut donc l’éloigner davantage et obtenir une longue course.
- Avec 5 ou 6 éléments au bioxyde de manganèse, on fait fonctionner une sonnerie dont le timbre a plus de 0m,50 de diamètre et qui s’entend à une très grande distance. Ce modèle est destiné à être employé dans les usines, les hôtels ou les châteaux. La sonnerie à un coup présente aussi un avantage, c’est de pouvoir, par une disposition très simple de contact, être employée à la répétition de l’heure à distance; et cette considération seule pouvait suffire pour justifier les recherches de M. Bénard sur les moyens d’arriver à un système d'un bon fonctionnement.
- Le bouton d’appel pour sonnerie, que représente notre seconde gravure, a été imaginé par le même constructeur. 11 a pour but de rendre lumineuse une inscription quelconque au moment où l’on va sonner. Cette inscription est faite sur papier transparent et placée sous le couvercle du boulon en face de deux ouvertures ménagées à cet effet. Lorsqu’on appuie sur le bouton, on voit que celui-ci rencontre d’abord une paillette qui fermelecircuit d’une petite lampe à incandescence contenue dans l’appareil et qui peut être montée sur les mêmes piles que la sonnerie si on se sert d’éléments à grande surface. Un commutateur placé sur le circuit permet de n’utiliser cette disposition que lorsqu’on le désire, pour ne pas fatiguer la lampe et la pile inutilement. En continuant à presser le bouton, on met en contact les paillettes suivantes qui actionnent la sonnerie. Le mécanisme est très simple et peut être utile lorsque le bouton est placé dans un endroit trop sombre pour qu’on puisse lire l’inscription qui l’accompagne. G. Mareschal.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissaxdier.
- Fig. 1. — Sonnerie électrique à un coup.
- Fig. 2. — Bouton électrique lumineux.
- Paris. — Imprimerie Laliure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 915.
- ‘29 NOVEMBRE 1890.
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- PERCEMENT D’EN TUNNEL SOUS U RIVIÈRE SAINT-CLAIR
- (états-unis)
- Fig. 1. — Bouclier du tunnel passant au-dessous de la rivière Saint-Clair (États-Unis.)
- On vient d’entreprendre aux États-Unis un travail qui mérite de fixer l’attention. Il s’agit de l’exécution d’un tunnel à grande section qui a une longueur totale de 1859 mètres, dont 700 situés directement sous la rivière Saint-Clair.
- Cet ouvrage est destiné à relier les lignes américaines et canadiennes, qui, jusqu’alors, ne pouvaient communiquer qq’à l’aide de ferry-boa ts fréquemment arrêtés pendant l’hiver; il a été terminé en août dernier. La construction du tunnel que La Nature a déjà mentionné1, présente un intérêt spécial, en raison de l’emploi de deux boucliers métalliques marchant à la rencontre l’un de l’autre, et à l’abri desquels on a pu effectuer le revêtement en fonte des parois. Nous 1 Vov. n° 905, du 4 octobre 1890, p. 280.
- nous proposons de donner une description succincte de ces appareils qui peuvent rendre de grands
- services pour l’exécution de semblables travaux.
- Le tunnel de la rivière Saint-Clair est à deux voies, et a 6 mètres de diamètre intérieur. Les boucliers mis en œuvre et représentés dans les figures 1 et 2, sont constitués par des cylindres en tôle d’acier rivée de 6m,475 de diamètre et de 4m,80 de longueur. Les parois ont 0m,0255 d’épaisseur. Chacun d’eux est divisé en douze compartiments par deux cloisons horizontales et trois verticales, dont l’épaisseur est de 0m,051. Les cloisons, ainsi que la périphérie, portent des tranchants formant trousse coupante à l’avant de l’appareil, et régnent sur une longueur de 3 mètres dont lm,80
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- Fig. 2. — Vue de l’avant du bouclier.
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- du côté intérieur du tunnel. Sur les douze compartiments, dix sont clos d’une manière permanente. Les deux autres, situés au bas de l’appareil, sont pourvus de fortes portes en fer, qui servent à l’évacuation des déblais. Ceux-ci, comme l’indique la figure 1, sont détachés par les ouvriers placés à l’avant, dans les compartiments extérieurs, puis enlevés sur des wagonnets.
- A mesure que s’opère l’excavation des déblais, il est nécessaire de faire avancer le bouclier. A cet effet, la cloison centrale porte sur son pourtour 24 pistons hydrauliques ou vérins, disposés à intervalles égaux, qu’on voit en fonctionnement dans la figure. 1. Ces vérins viennent s’appliquer contre la partie du revêtement déjà posée, et prennent appui sur elle pour déterminer l’avancement de tout l’appareil.
- Leurs tiges sont protégées par un anneau plus mince que le reste du bouclier et d’un diamètre légèrement supérieur à celui du revêtement. Au tunnel de Saint-Clair on a employé un revêtement métallique composé de segments à brides en fonte dont la réunion forme un anneau. Ces segments sont boulonnés entre eux dans le sens latéral, et sur l’anneau précédent, dans le sens longitudinal. Une pièce spéciale, également en fonte, forme une clef de voûte et relie plusieurs anneaux. Pour obtenir des joints parfaitement étanches, on interpose entre les segments des lattes de sapin.
- Chaque bouclier pèse 80 tonnes ; on les a amenés pièce par pièce dans les tranchées qui précèdent, sur les deux rives, les puits destinés à l’aérage et à l’extraction des déblais. Après les avoir assemblés, on les fit rouler dans les tranchées jusqu’à la base de ces puits, sur une voie composée de quatre madriers. Lorsqu’ils furent arrivés à cet emplacement qui contenait déjà une plate-forme fondée sur pilotis, on boulonna les premiers anneaux.
- Le montage des autres, en cours de travail, s’est effectué à l’aide d’une grue spéciale portée par le bouclier lui-même et représentée dans la figure 1. Elle consiste en un grand bras susceptible de rotation autour d’un tourillon : ce bras est pourvu, à l’une de ses extrémités, d’une sorte de mâchoire qui saisit les segments en fonte, et à l’autre, d’un contrepoids. Quand un segment a été pris par la mâchoire, on raccourcit, en faisant glisser le bras sur lui-même dans son support, la partie qui porte la mâchoire, ce qui correspond à un'allongement de celle qui reçoit le contrepoids. Le segment en cours de montage peut ainsi faire le tour du tunnel sans rencontrer les brides des segments déjà boulonnés, et on le met en place en relevant le bras de la quantité nécessaire.
- Le travail s’est poursuivi sans accident, les boucliers marchant l’un vers l’autre, avec une vitesse d’avancement de 4m,20 chacun par jour. Le terrain 1 traversé consistait en une couche d’argile peu homogène reposant sur un rocher fissuré et donnant lieu, lors des déblais, à la production de gaz inflammables.
- Une explosion eut même lieu à l’avant du bouclier, mais heureusement sans mort d’homme. On a aussi rencontré des sables fluides dont la traversée a été fort difficile; néanmoins l’emploi de l’air comprimé n’a pas été nécessaire.
- Les obstacles rencontrés dans ce travail et heureusement surmontés, comme nous venons de le dire, sont analogues à ceux qui pourront s’opposer à l’établissement du souterrain projeté pour l’établissement du Métropolitain de Paris. Le système du bouclier se prêterait donc à l’exécution de ce grand travail dans les parties les plus mauvaises du sous-sol parisien, si les moyens ordinaires adoptés pour la construction de nos égouts ne suffisaient pas. Il va sans dire qu’il permet aussi bien d’établir un revêtement en maçonnerie que des anneaux métalliques.
- Imaginé par Brunei qui l’appliqua au percement du grand tunnel sous la Tamise, le bouclier a reçu depuis de nombreuses applications. Il vient notamment d’être employé à Londres par M. Greathead pour l’établissement, sous le même fleuve, d’un tunnel métallique qui doit donner passage à un tramway électrique. G. Ilicnou,
- Ingénieur des arts et manufactures.
- LES DANGERS DE L’ÉLECTRICITÉ
- Les courants de haute tension présentent, pour ceux qui les manipulent directement, certains dangers contre lesquels il est assez facile de se mettre en garde, en observant certaines règles très heureusement et très pratiquement formulées par M. le professeur Henry Morton, au dernier meeting de VAmerican Electric Light. Association. Comme ces règles présentent une certaine importance pratique, eu égard au développement sans cesse croissant des applications des courants de haute tension, nous croyons utile de les reproduire.
- 1. Ne saisissez aucun fil et ne touchez à aucun appareil électrique lorsque vos pieds posent directement sur le sol, ou que votre corps est en contact direct, par un point quelconque, avec des objets en fer, des tuyaux d’eau ou de gaz, des constructions en briques ou en maçonnerie, etc., à moins que vos mains ne soient garanties par des gants en caoutchouc, ou que vous ne fassiez usage d’outils isolés reconnus bons et en bon état d’isolement par l’électricien ou tout autre employé compétent de votre Compagnie. S’il est impossible de ne pas reposer sur le sol pendant le travail, il faut employer des souliers à semelles de caoutchouc et des outils protégés par un manche isolant.
- 2. 11 ne faut jamais toucher un fil électrique ou un appareil avec les deux mains à la fois, chaque fois que cela est possible, et s’il est indispensable d’employer les deux mains, il faut s’assurer au préalable qu’il n’y a pas de courant sur la ligne et que les deux mains, ou tout au moins l’une d’elles, sont protégées par des gants en caoutchouc.
- 5. En [touchant aux fils, traitez chacun d’eux comme s’il conduisait un courant dangereux, et, dans aucun cas, n’établissez de contact immédiat entre deux ou plusieurs fils à la fois.
- 4. Ne coupez jamais un fil en service sans en avoir
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- préalablement averti le directeur de l’usine ou toute autre personne chargée de la surveillance de la canalisation : demandez que la rupture du circuit soit faite d’abord à la station centrale, et que ce circuit ne soit pas refermé à nouveau avant que vous n’ayez donné avis que votre travail sur la ligne est complètement terminé.
- 5. Ne touchez à aucune poulie, dynamo, ni à aucun appareil disposé dans la salle des machines sans être parfaitement au courant de la fonction et du mode d’emploi de l’appareil.
- 6. Les outils employés par les ouvriers travaillant sur les lignes doivent être munis de manches isolants en ébonite ou toute autre substance parfaitement isolante. C’est le devoir de tout ouvrier de s’assurer que ses outils sont en bon état et remplissent les conditions d’isolement nécessaires à leur sécurité. Dans les lignes aériennes, il doit y avoir un intervalle d’au moins 20 pouces (50 centimètres) entre les supports des fils disposés sur les bras horizontaux montés sur les poteaux, afin qu’un ouvrier puisse facilement atteindre le faîte de ce poteau et y travailler sans danger*
- 7. Les ouvriers chargés de l’entretien des lampes à arc doivent s’assurer que le commutateur mettant la lampe dans le circuit est ouvert avant de toucher à la lampe.
- Bien qu’un peu spéciales au mode d’exploitation américain, procédé qui consiste principalement, comme on le sait, dans l’emploi de lignes aériennes, et qui ne recevrait chez nous, surtout dans les grandes villes, qu’un accueil médiocrement favorable, ces règles pourront servir d’indication utile dans toutes les installations qui font usage de courants alternatifs avec transformateurs, ou de lampes à arc en série.
- IA CONSERVATION DES (AOWHES
- PAR LES PROCÉDÉS GALVANOPLASTIQUES
- L’art des embaumements n’a jamais été poussé à un plus haut degré de perfection que dans les temps anciens. En Egypte notamment, cette pratique, inspirée par la croyance à la persistance de l’individualité, a survécu aux périodes les plus bouleversées de cette époque, à la domination étrangère. On a pu juger, par l’exhumation des momies, dans les fouilles pratiquées dans les tombeaux des Pharaons, du degré de conservation de ces dépouilles mortelles. La Nature a publié une Note sur la momie de. Sésostris; j’y renvoie le lecteur *.
- De nos jours, cet art de l’embaumement est un peu tombé en désuétude. Réservée pour la dépouille des monarques, des grands hommes, pour des cadavres destinés à être transportés au delà des mers ou que les familles tiennent à conserver, d’une façon toute relative, par un sentiment de piété religieuse, cette opération a été notablement simplifiée. Aussi l’on aurait quelque peine à pouvoir exhumer des corps embaumés par les procédés modernes et à les trouver dans un état de conservation analogue aux momies d’Égypte.
- On se borne en effet, actuellement, à des injections de liquides antiseptiques, légèrement corrosifs, qui retardent plus ou moins longtemps la putréfaction. 11 est rare qu’on procède à des manipulations aussi compliquées que dans l’ancien temps où les cadavres étaient immergés pendant des semaines dans des bains antiputrescibles, où les viscères étaient soigneusement lavés, purifiés, puis ver-
- nissés, enveloppés d’aromes et de milliers de bandelettes protectrices. L’embaumement moderne est plus simple, mais il ne conserve que peu de temps le corps.
- La science aurait cependant le moyen d’obtenir, comme jadis, des momies plus ou moins indestructibles; mais on ne se préoccupe plus, avec juste raison, à mon avis, de garder pour des siècles ce qui doit fatalement être détruit. Un médecin des hôpitaux, le Dr Yariot, a pensé que la conservation des corps pouvait être obtenue en employant les méthodes de galvanoplastie; c’est ce qu’il propose d’appeler Y anthropoplastie galvanique.
- J’avoue que je ne me rends pas bien compte de la portée pratique de cette métallisation des cadavres. L’opération est délicate, difficile, peut-être même assez coûteuse. En dehors des cabinets anatomiques qui pourraient, de ce fait, garder dans les vitrines des pièces rares et curieuses, je ne saisis pas l’avantage de posséder dans un caveau ses aïeux plus ou moins bardés de bronze par les procédés d’électrochimie. M. Yariot n’est du reste pas le premier à tenter cette métallisation funéraire. Soyer, en 1854, avait essayé de métalliser un corps d’enfant, et le professeur Oré de Bordeaux avait exposé, en 1878, toute une vitrine de cerveaux durcis et recouverts d’une couche métallique, cuivre ou argent.
- Quoi qu’il en soit du but pratique, le procédé de M. Yariot mérite d’être connu, n’eùt-il, comme je le dis, que des applications scientifiques. Four faciliter l’adhérence du dépôt métallique, on commence par badigeonner toute l’enveloppe cutanée avec une solution concentrée de nitrate d’argent, qui pénètre par les pores de la peau, usque dans l’épaisseur du derme. Pour réduire cette couche d’argent, M. Variot s’est servi des vapeurs de phosphore blanc dissous dans le sulfure de carbone ; sous l’influence de ces vapeurs phosphorées, la peau d’un noir opaque prend des reflets argentés brillants. Elle est alors dans de bonnes conditions pour être soumise au bain galvanoplastique. Cette première opération est l'analogue du passage à la plombagine des pièces de plâtre, de terre, que l’on veut métalliser; il est facile de comprendre quels soins elle demande quand il s’agit, comme dans l’expérience de l’auteur, du corps d’un jeune enfant. Je n’insiste pas sur le dispositif, fort délicat, pour que les membres conservent dans le bain une attitude voulue et pour que toutes les parties soient bien immergées. Le bain électrique était alimenté par des piles thermo-électriques Haudran, mais on pourrait faire mieux, si ce procédé de conservation passait dans la pratique courante, en employant comme dans les grandes usines des sources d’électricité puissantes.
- La couche de cuivre se dépose avec régularité, mais il faut bien veiller à régler le débit électrique, sous peine d’avoir un dépôt grenu et qui adhère mal. Avec une couche de un demi à trois quarts de millimètre, l’enveloppe est assez solide pour résister au ploiement et aux chocs extérieurs. Mais cette enveloppe résisterait-elle à la pression des gaz? car il ne semble pas que même avec cette clôture hermétique du cadavre, la putréfaction doive s’arrêter et se suspendre. M. Yariot propose dans ce cas d’incinérer la momie métallique, en ménageant des ouvertures pour l’échappement des produits de combustion. Avec cette crémation, tout le cadavre disparaîtrait et l’on aurait l’image fidèle, la statue du corps à conserver.
- L’idée est originale et curieuse, ses avantages pratiques ne m’apparaissent pas démontrés ; mais cette tentative n’en méritait pas moins d’être signalée. Dr Cartaz.
- 1 Voy. n" 680, du 14 août 1886, p. 161.
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- LA NATURE.
- LE PORTÉ LE G T RIQU E
- NOUVEAU SYSTÈME I)E TRANSPORT TOUR LES CORRESPONDANCES ET LES PETITS PAQUETS
- Nous empruntons au Scientific American la description et les dessins d’un système de transport électrique pour la correspondance et les petits paquets. Ce. système, dit Portélectrique, a été exposé l’année dernière à Boston, et on l’expérimente en ce moment dans la même ville sur une ligne de près d’un kilomètre de longueur.
- Les inventeurs, MM. A. E. Dolbear et J. T. Wil-
- liams, ont eu l’idée de déterminer le mouvement du transporteur à l’aide d’un courant produit et rompu à des intervalles de temps très court, dans des bobines annulaires analogues à des solénoïdes, et que doit successivement traverser le transporteur.
- On a disposé la ligne d’expériences en circuit fermé, de forme ovale, et on y a accumulé sur certains points les difficultés ; par exemple, aux deux extrémités de l’ovale, on a combiné des courbes et des rampes dont l’une atteint 8 pour 100 et l'autre 11 pour 100. Pour faciliter les essais, la voie est établie sur des longrines en bois portées par des poteaux de lm,25 de hauteur, lesquels sont espacés de lm,80.
- Le portélectrique de Boston aux États-Unis.
- Sur chaque poteau est placée une bobine ou solénoïde, dont le diamètre intérieur est de 0m,275 : ces bobines portent 9 kilogrammes de fil n° 14. Chaque section de la ligne comprend ainsi deux demi-intervalles entre les bobines, et a par suite lm,80 de longueur. Les armatures sur lesquelles s’enroulent les fils sont traversées par deux rails plats posés de champ, sur lesquels roulent des galets de guidage fixés au transporteur. Le rail inférieur est en connexion avec l’une des bornes de la dynamo; l’autre est reliée à un fil de plomb parallèle au même rail. Des fils auxiliaires posés au droit de chaque bobine rattachent ce fil au rail supérieur. Le passage du transporteur, qui a 5™,60 de longueur et est par suite toujours engagé dans deux sections à la fois, ferme le circuit entre les rails, à travers la
- bobine placée en avant de lui. Mais lorsqu’il est parvenu au milieu de sa course, le courant est rompu et passe dans la bobine suivante. On obtient ainsi un mouvement continu.
- Le transporteur, comme l’indiquent les figures, a la forme d’un cylindre terminé par des parties coniques : il présente un certain nombre de portes latérales pour elfectuer le chargement.
- La station centrale qu’on voit sur notre gravure et qui est traversée par la ligne d’expériences, contient une machine de 20 chevaux actionnant une dynamo.
- Le transporteur met environ une minute et demie pour parcourir les 900 mètres qui constituent le circuit total, ce qui correspond à une vitesse de 10 mètres par seconde. X..., ingénieur.
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- LA NATURE
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- COMMENT ON CUIT UN ŒUF Â LÀ COQUE
- L’école de Salerne recommande de manger l’œuf à la coque frais et mollet. Le premier précepte sera
- toujours suivi par les amateurs. L’œut doit être fraîchement pondu, cela va sans dire, et, sauf dans
- Fig. 1. — Appareils à cuire les œufs à la coque. — .V* 1 et 2. Cuisson à la vapeur. — IN" 5. Cuisson à l’air chaud.
- quelques coins reculés de notre globe, où l’œuf pourri cherchons, pour les manger à la coque, les œufs le est considéré comme un mets succulent, nous re- plus frais possible, et nous les trouvons... quelquefois.
- Fig. 2.— Appareils à cuire les œufs à la coque. — N"l. Récipient'd’eau bouillante (cuisson sans feu). — N" 2. Sablier-timbre avertisseur IN" 3. Panier métallique. — N" 4. La Favorite, appareil retirant automatiquement les œufs de l’eau lorsqu’ils sont cuits.
- Quant à la seconde prescription de la célèbre école italienne qui nous recommande de les manger mollets., on doit reconnaître que sur ce point, les avis
- et les goûts se partagent. Depuis le chanteur, qui gobe tousles matins son œuf cru, jusqu’à l’amateur qui veut le sien presque dur, nous passons par tous les degrés
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- LA NATURE.
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- de cuisson, qui se traduisent par la coagulation plus ou moins parfaite de l’albumine. Là encore, nous trouvons cependant une durée moyenne de cuisson sur laquelle la majorité se trouve d’accord : après deux minutes de séjour dans l’eau bouillante, l’albumine d’un œuf de poule commence à se coaguler suffisamment pour ne plus être liquide ; au delà de quatre minutes, le blanc de l’œuf devient solide et sa digestibilité est en raison inverse de son degré de cuisson. La moyenne de trois minutes semble donc généralement admise, et une demi-minute de plus ou de moins suffit pour nous donner un œuf trop cuit ou pas assez. Aussi la cuisson des œufs à la coque, qui semble bien la chose la plus simple du monde, a-t-elle été de tout temps l’elfroi des cuisinières. 11 faut fixer les yeux sur la pendule pendant trois minutes, et l’on sait si trois minutes sont longues dans ce cas. Sans aller aussi loin qu’Ampère, qui mettait sa montre dans l’eau bouillante et gardait l'œuf soigneusement dans sa main, la personne chargée de surveiller les œufs à la coque ne doit pas avoir la moindre distraction, pendant ces trois minutes sacramentelles, car bien des gastronomes accepteront une côtelette ou un bifteck un peu trop cuits, mais seront sans indulgence quand il s’agira d’un œuf à la coque. Aussi l’imagination des inventeurs a-t-elle travaillé à l’envi pour venir en aide aux ménagères, et, s’il me fallait passer ici en revue la série des appareils qu’ils ont créés dans ce but, le présent numéro de La Nature serait insuffisant. Je me bornerai donc à faire passer sous les yeux de nos aimables lectrices les appareils qui ont donné des résultats pratiques, en laissant de côté ceux dont la vogue a été éphémère et qui sont piteusement relégués dans un coin de la cuisine.
- Les amateurs désireux de cuire eux-mêmes leurs œufs à table auront le choix entre les trois appareils de notre premier dessin (fig. 1). Len° 1, représenté à droite, comprend deux récipients ovoïdes, munis de couvercles; dans chacun d’eux, un vase en terre réfractaire contient une petite quantité d’eau ; la flamme d’une lampe à esprit-de-vin, pénétrant, par l’ouverture inférieure, vient provoquer l'ébullition de cette eau, de sorte que l’œuf est entouré de vapeur; lorsque l’esprit-de-vin, que l’on a mesuré avec une petite jauge, vient à s’éteindre, ôtez les couvercles, vos œufs sont cuits.
- Après cet ustensile, réservé aux célibataires, voici l’appareil de famille (n° 2, fig. 1). C’est un vaste récipient pouvant cuire une douzaine d’œufs à la fois. On verse au fond une mesure d’eau, grande comme un dé à coudre ; la même mesure sert à régler la quantité d’esprit-de-vin à mettre dans la lampe, et les œufs cuisent dans un espace clos, rempli de vapeur. Cet appareil, d’aspect fort élégant avec la petite poule qui le surmonte, semble un peu délaissé aujourd’hui; peut-être n’était-il pas d’une sécurité absolue.
- Le n° 5, à gauche de notre premier dessin (fig. 1) représente un appareil dans lequel les œufs sont
- cuits, non plus dans l’eau bouillante, mais dans l’air chaud. Après les avoir disposés tout autour d’un plateau perforé de trous, et au-dessus d’une lampe dont on a mesuré exactement l’alcool, on les recouvre d’une cloche en cuivre ; par l'effet de la chaleur rayonnante, une haute température s’établit aussitôt à l’intérieur de la cloche, que l’on enlève dès que la lampe s’éteint.
- Comme goût, les œufs cuits de cette façon m’ont semblé meilleurs que les œufs cuits à l’eau bouillante ; mais je dois à la vérité de dire que l’extrémité supérieure est peu cuite, tandis que, par compensation, l’extrémité inférieure, voisine de la flamme, l’est souvent un peu trop. Aussi cet appareil ingénieux ne s’est-il pas beaucoup répandu dans les ménages.
- Le n° 1 de notre second dessin (fig. 2) nous montre un très ancien appareil, fort utile pour les maisons où l’on se met à table les uns après les autres. La bonne remplit le récipient d’eau bouillante, y place le support métallique qui maintient les œufs, referme les deux couvercles, et pose le tout sur la table. Chaque convive trouve ainsi son œuf plus ou moins chaud, plus ou moins cuit, mais jamais dur.
- Le n° 2 représente le sablier basculeur bien connu, muni d’un contrepoids et d’un petit marteau. On règle l’appareil pour deux, trois ou quatre minutes, et, lorsque cette période de temps est écoulée, le sablier se retourne bout pour bout; dans cette culbute, le marteau vient frapper un timbre qui se trouve monté sur le support de l’instrument. Ce petit appareil est fort ingénieux, mais sa précision n’a rien de scientifique, et je ne le signale qu’à titre de curiosité. Afin de pouvoir mettre facilement les œufs dans la casserole et les enlever tous d’un seul coup sans risquer de fêler la coquille, oïl peut les mettre dans une poche en filet, ou dans un petit panier en fil de fer, analogue à celui de notre n° 3. Encore faut-il que la ménagère, avertie par la pendule ou par un timbre avertisseur, prenne la peine de retirer le panier métallique de l’eau bouillante.
- Mais que diriez-vous, mesdames, si l’on vous proposait un appareil permettant aux œufs de sortir seuls de la casserole dès qu’ils ont atteint le degré de cuisson que vous leur aurez assigné? Vous croyez que je plaisante? Pas le moins du monde. Cet appareil existe; il vient d’être inventé par un officier de notre armée, et vous le voyez figuré au n° 4 de notre dessin ; son aspect extérieur est celui d’un tourne-broche, muni d’un cadran divisé en dix parties égales, et sur lequel se meut une grosse aiguille. Un levier métallique, sorte de bras articulé, sort d’un des côtés de l’instrument; à l’une de ses extrémités est suspendu le panier contenant les œufs. Vous remontez le mouvement d’horlogerie très simple qu’il renferme, en faisant tourner l’aiguille six fois autour du cadran, puis vous placez cette aiguille sur la division 2, 3, 4, etc., selon le nombre de minutes que vous voulez pour la cuisson. A ce moment, l’extrémité du levier est abaissée, le panier et les œufs
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- trempent dans l’eau de la casserole posée sur le fourneau, et vous n’avez plus à vous occuper de rien. L’aiguille parcourt le cadran, et lorsqu’elle arrive au chilïre X de l’appareil, position indiquée sur notre figure, un déclenchement fait tourner rapidement un tambour placé à l’intérieur, et autour duquel s’enroule une chaînette attachée à l’autre extrémité du levier. Cette traction de la chaînette fera osciller le levier et sortir immédiatement le panier et les œufs de la casserole.
- Des œufs sortant spontanément de l’eau, quand ils sont cuits, voilà qui est déjà fort ingénieux ; mais, pour être tout à fait fin de siècle, « la Favorite », c’est le nom de cet appareil, devra être munie du perfectionnement suivant : au moment du soulèvement du levier, le tambour mettra en mouvement le cylindre d’un petit phonographe, et l’on entendra les œufs crier d’une voix perçante : Justine, nous sommes cuits! Arthur Goon.
- CHEZ LES ANIMAUX
- I,E MERLE BLANC ET LA PANTHÈRE NOIRE
- Dans ces derniers mois, il a été fréquemment question d’Ilirondelles blanches prises dans des nids et élevées en captivité, de Perdrix et d’Alouettes blanches qui ont été tuées par des chasseurs et dont les dépouilles sont conservées dans telle ou telle collection particulière, et à ce propos les correspondants de divers journaux ont insisté sur la rareté et sur la valeur exceptionnelle de semblables spécimens. En réalité, les Oiseaux à plumage décoloré sont beaucoup plus répandus dans la nature qu’on ne le croit généralement, et le Merle blanc lui-même n’est pas introuvable. Pour s’en convaincre, il suffit de parcourir les galeries du Muséum d’histoire naturelle ou d’autres grands musées; on y rencontre çà et là, dans la longue série de Mammifères et d’Oi-seaux empaillés et exposés dans les vitrines, de nombreux albinos appartenant aux types les plus divers; Chauves-souris, Taupes, Lapins, Rats, Renards, Daims, Aigles, Faucons, Chouettes, Corbeaux, Pies, Merles(fig. 1),Moineaux, Pinsons, Alouettes, Hirondelles, Perdrix, Cailles, Tourterelles, Récasses, etc. On peut y voir aussi des individus maculés de noir et de blanc, des individus à livrée isa-belle, et d’autres au contraire chez lesquels le costume de l’espèce, primitivement de nuances claires, s’est fortement rembruni ou est devenu complètement noir. Il y a longtemps du reste que ces variations de couleur ont été signalées : Bulfon leur a consacré plusieurs pages de ses immortels ouvrages et, après lui, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, M. Godron, Ch. Darwin, M. de Frauenfeld, le comte Marschall, M. Cornalia, M. Cantoni, M. II. Gadeau de Kerville et beaucoup d’autres naturalistes que nous pourrions citer, ont fait une étude particulière de l’albinisme et du mélanisme chez les Vertébrés.
- Quelques exemples de modifications analogues ont même été observés chez des Invertébrés et notamment chez des Lépidoptères. En même temps, on a remarqué que, dans certains cas, le blanc ou le noir était remplacé par une teinte rouge ou jaune plus ou moins étendue; en d’autres termes, que l’érythrisme ou le flavisme se substituait à l’albinisme ou au mélanisme. C’est ainsi que chez certaines Perruches américaines, le plumage vert est parfois tapiré de rouge ou de jaune, quand il ne passe pas au jaune uniforme.
- La cause de ces’ divers phénomènes reste encore obscure. 11 est évident toutefois que souvent l’albinisme résulte d’une dégénérescence de la race, et cela nous explique pourquoi il est bien plus fréquent chez les animaux domestiques que chez les animaux sauvages, et pourquoi il peut être accompagné, non seulement d’une absence de pigment dans l’iris, donnant aux yeux une coloration rose, mais encore d’autres altérations dans les organes des sens ou dans la dentition. Cependant, il n’en est pas toujours ainsi et l’on voit des Mammifères et des Oiseaux blancs qui n’ont pas les yeux rouges, qui paraissent aussi vigoureux que les individus à livrée normale et qui transmettent à leurs descendants leurs qualités physiques en même temps que leur robe particulière. Le mélanisme, de son côté, peut, dit-on, être provoqué quelquefois par le régime ou les conditions extérieures auxquels l’animal a été soumis; ainsi, on prétend que des Bouvreuils, des Moineaux et des Alouettes, gardés en cage et nourris avec du chènevis, prennent, au bout d’un certain temps, des teintes enfumées ou même passent entièrement au noir ; on assure aussi que les Loups noirs, les Écureuils noirs et les Renards charbonniers sont particulièrement communs dans les régions montagneuses et humides de l’est de la France ; mais personne n’ignore, qu’en dehors de ces conditions, chez les animaux domestiques et même chez les animaux sauvages, des petits à livrée noire comme des petits à livrée blanche paraissent subitement, dans une portée, à côté de petits à livrée normale. C’est même, pour le dire en passant, en choisissant les jeunes de telle ou telle catégorie, en les élevant à part, en les appariant à des sujets semblables, que l’homme est parvenu à créer des races blanches, noires, rouges ou tachetées de Bœufs, de Chevaux, de Lapins, de Chats, etc.
- La plupart des altérations de couleur dont nous venons de parler se montrent dès la naissance et persistent durant toute l’existence. Mais il en est d’autres qui ne se manifestent qu’au déclin de la vie ou qui reviennent périodiquement chaque année à l’entrée d’une saison pour disparaître à la saison suivante. Chacun sait, en effet, que certains Mammifères à poil gris, des Chevaux par exemple, blanchissent en vieillissant, et que dans les contrées boréales ou sur le sommet des hautes montagnes, les Belettes, les Hermines, les Lemmings, les Lièvres, les Lagopèdes, revêtent en hiver un costume
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- blanc totalement différent de leur livrée d’été, qui est brune, fauve ou tachetée.
- Dans ce dernier cas, les modifications dépendent évidemment du climat. C’est à la même cause qu’il convient d’attribuer la coloration fauve pâle ou isabelle que prennent les animaux vivant, soit dans le Sahara algérien, soit dans les steppes de l’Asie centrale. Ici, comme pour les animaux des contrées boréales, le changement de couleur constitue une adaptation au milieu ambiant ; c’est par conséquent déjà un de ces phénomènes que les Anglais désignent sous le nom de mimicry, "et qui, en donnant à l’animal des teintes du terrain ou des végétaux sur lesquels il se pose, contribuent puissamment à assurer la conservation de l’espèce. En outre, comme ce ne sont plus quelques sujets isolés, mais de nombreuses séries d’individus qui revêtent cette livrée des déserts ou cette livrée des neiges et qui se distinguent par ce caractère de leurs congénères vivant sous d’autres latitudes, la transition se trouve ainsi ménagée, jusqu’à un certain point, entre les accidents de couleur individuels et les variations de couleur spécifiques. De même, en effet, qu’on rencontre, dans une même espèce, à côté de sujets verts, gris, bruns,fauves ou diversement tachetés, des sujets atteints d’érythrisme, de flavisme, de mélanisme ou d’albinisme, de même on observe dans un même genre, dans une même famille, à côté d’espèces à livrée de couleurs plus ou moins vives, plus ou moins variées, des espèces à livrée rouge, jaune, fauve, blanche, noire ou pie. On voit, par exemple, dans un groupe de Perruches sur le costume desquelles le vert est la couleur dominante, une ou deux espèces entièrement jaunes ou fortement nuancées de jaune; il y a des Pétrels blancs, des Pétrels bruns et des Pétrels noirs, des Cygnes blancs, des Cygnes noirs et des Cygnes blancs à col noir, des Ours bruns, gris, noirs ou entièrement blancs.
- En général, nous devons le constater, les espèces d’un groupe ne se distinguent pas seulement l’une de l’autre par les teintes des téguments, mais aussi par des différences de proportions ou des particularités de mœurs; cependant, d’après ce que nous
- avons dit plus haut de la fréquence relative des aberrations de couleurs, de l’influence du régime et des conditions extérieures sur la production de ces aberrations, sur la facilité avec laquelle elles se transmettent d’une génération à l’autre, on est en droit de se demander si, à l’origine, certaines formes de Mammifères, d’Oiseaux ou d’Inscctes n’étaient pas beaucoup moins dissemblables extérieurement qu’elles ne le sont aujourd’hui. Peut-être portaient-elles d’abord les mêmes livrées et leurs différences de costume proviennent-elles, les unes d’anomalies isolées transmises héréditairement, les autres, de modifications causées par le climat, lorsqu’un groupe, d’abord cantonné dans un espace restreint, s’est répandu sur une vaste portion de la surface du globe. A l’appui de cette hypothèse, on peut citer ce fait que la livrée blanche, fort rare chez les animaux de nos contrées, devient très fréquente chez les Mammifères et les Oiseaux des contrées boréales, tandis que, comme M. AJph. Milne Edwards l’a fait observer, les teintes brunes ou rabattues de noir dominent chez les animaux des régions australes. Mais, hâtons-nous de le dire, il y a des exceptions à la règle, puisque l’Australie nourrit des Cacatoès blancs et la Norvège des Corbeaux noirs ; et, d’autre part, on connaît plusieurs espèces qui, comme le Moineau et le Rat, sont devenues presque cosmopolites sans subir de modifications appréciables.
- Quoi qu’il en soit, on comprend que l’existence, dans une espèce, d’individus anormaux et, dans un genre, d’espèces anormales, est propre à troubler le naturaliste. Lorsque celui-ci se trouve en présence d’un spécimen isolé qui neditfère que parla couleur des représentants d’une espèce précédemment connue, il ne sait pas toujours, en effet, s’il doit considérer cet exemplaire comme une simple aberration individuelle ou comme le type d’une espèce nouvelle. C’est précisément ce qui est arrivé pour la Panthère noire. Signalée d’abord par Schreber, en 1775, comme une variété de la Panthère ordinaire et figurée bientôt après, au même titre, par Jean-Claude de Lamétherie dans le Journal de physique, la Panthère noire fut décrite plus tard comme une
- Fig. 1. — Merte blanc, d’après un individu empaillé; collections du Muséum d’histoire naturelle de Paris.
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- espèce distincte, sous le nom de Felis fusca, par Meyer, et sous le nom de Felis mêlas par Péron et Lesueur qui avaient rapporté en Europe un grand Félin à pelage noir, capturé, disait-on, dans l’ile de Java. La validité de cette espèce fut acceptée par G. Cuvier, par son frère, F. Cuvier, par Desmarest,
- et de nos jours encore, par Brehm, qui soutint que la Panthère noire ou Arimaou (Felis mêlas) méritait d’occuper, dans les catalogues zoologiques, une place à part, à côté de la Panthère de l’Inde. Mais cette opinion, déjà combattue par feu Paul Gervais, doit être définitivement abandonnée, maintenant
- Fig. 2. — La Panthère noire, d’après l’individu vivant actuellement au Muséum d’histoire naturelle de Paris.
- que l’on a reconnu que le Léopard de la Guinée, du Sénégal et de la Cafrerie, la Panthère du Sennaar, de la Nubie, de l’Arabie et de la Perse, la Panthère d’Algérie, celle de l’Inde, celle de la Chine et celle des îles de la Sonde ne constituent en réalité qu’une seule et même espèce (Felis pardus), occupant dans l’ancien monde une aire extrêmement étendue, conservant partout les mêmes caractères essentiels,
- mais offrant, d’une région à l’autre, d’assez notables différences dans la taille et dans les teintes du pelage.
- Cette espèce atteint des dimensions considérables, puisque certains sujets ne mesurent pas moins de lm,20 ou même de lm,50 du bout du museau à l’extrémité de la queue; toutefois, elle n’acquiert jamais la vigueur du Tigre dont elle se distingue
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- facilement d’ailleurs par le dessin de sa fourrure. Chez le Tigre, en elfet, le dos et les lianes sont zébrés de raies noires transversales; ici, au contraire, comme chez le Jaguar d’Amérique, le fond jaune du pelage est parsemé de nombreuses taches noires de forme arrondie. Très petites sur la tête, ces taches deviennent plus grosses sur le corps, et, en se groupant au nombre de cinq ou six, dessinent des anneaux interrompus dont on compte généralement six ou sept rangées, ou plus rarement, neuf ou dix rangées de chaque côté. Ces anneaux n’olfrent jamais au centre une tache foncée comme chez le Jaguar et ne méritent point, par conséquent, le nom de rosettes qu’on leur a donné souvent ; ils se répètent tout le long de la queue et se fondent sur la poitrine en une plaque noirâtre; sur la face externe des membres, ils sont remplacés par de larges mouchetures qui tendent a disparaître sur la face interne et sur l’abdomen. Les dimensions des taches et des anneaux, ainsi que la nuance du fond, varient du reste dans des limites assez étendues. Ainsi chez les Panthères des régions septentrionales de l’ancien monde, chez celles qu’on rencontre depuis l’Asie Mineure jusqu’au Japon, à travers la Perse, le Turkestan et la Mongolie, le poil est plus long, plus fourni et moins vivement coloré que chez les Panthères de l’Inde ; par sa nature et par ses teintes générales la fourrure rappelle beaucoup celle de l’Once, autre espèce de Félin qui habite la Perse, la Tartarie et la région de l’Altaï, et qui a été maintes et maintes fois confondue avec la Panthère. L’Once (Felis uncia ou Felis irbis) est cependant généralement un peu plus petit que la Panthère; il a la queue relativement plus allongée et la tête un peu moins forte ; et son pelage, d’un gris blanchâtre à peine nuancé de fauve sur les parties supérieures du corps et passant au blanc sur l’abdomen, est orné de larges anneaux d’un noir terne, un peu nébuleux.
- Comme la plupart des animaux de la Malaisie, les Panthères des îles de la Sonde portent d’ordinaire une livrée aux couleurs brillantes. Les parties inférieures de leur corps et la face interne des membres sont d’un blanc pur ; le dos et les lianes d’un jaune rougeâtre ou d’une teinte cannelle sur laquelle se détachent vigoureusement de grands anneaux d’un noir bleuâtre ; la tête est nettement mouchetée de noir, et la queue avec ses cercles noirs, régulièrement espacés, ressemble à un long Serpent.
- En Syrie et dans les régions sablonneuses du nord de l’Afrique les nuances des Panthères pâlissent sensiblement, tandis qu’elles s’avivent dans les vallées humides de la Nubie méridionale; le pelage conserve cependant ici encore un ton d’un jaune clair et, avec les petites taches foncées dont il est parsemé, rappelle la fourrure mouchetée du Guépard. Comme M. Ph.-L. Martin l’a fait observer dans son Histoire naturelle illustrée, à mesure qu’on s’avance du côté de l’équateur et qu’on s’approche de la région des grandes forêts de l’Afrique
- centrale, on rencontre des Panthères dont la livrée offre un dessin de plus en plus accentué. « Les peaux de Léopards du Sénégal que j’ai sous les yeux présentent, dit-il, des anneaux fermés depuis l’omoplate jusqu’au milieu de la hanche, mais elles n’ont pas la teinte blanche du cou et de la poitrine élégamment recoupée par des stries transversales comme dans la variété indienne.... La race du cap de Bonne-Espérance rappelle beaucoup la race indienne. Son pelage est assez vivement coloré et la couleur blanche des parties inférieures du corps tranche vigoureusement avec la teinte des parties supérieures, qui varie du reste sensiblement suivant les localités. »
- On voit par là que les Panthères d’Afrique, qui sont plus spécialement désignées sous le nom de Léopards, sont sujettes à des modifications analogues à celles que subissent les Panthères d’Asie et qu’elles se rattachent à ces dernières par des formes de transition. Temminck a prétendu, il est/vrai, pour justifier la distinction spécifique du Léopard et de la Panthère, que celle-ci était constamment de taille plus faible, qu’elle avait le crâne plus large et plus comprimé, le front plus aplati, la queue relativement plus développée et formée de vingt-six vertèbres caudales au lieu de vingt-deux ; mais Bombonnel, le tueur de Panthères, a reconnu que ce dernier caractère ne présente aucune fixité et les autres particularités anatomiques n’ont pas été relevées sur un assez grand nombre d’individus pour qu’on puisse leur attribuer une réelle importance.
- Dans ces conditions on ne saurait hésiter à considérer avec Gray, Saint-George Mivart et D.-G. Elliot, les Panthères des diverses contrées- de l’ancien monde comme une seule espèce, et à y rattacher, à titre de variété ou même de simple accident, la fameuse Panthère noire de Java, la Mêlas de Péron et Lesueur. Cette Panthère noire, dont le Muséum d’histoire naturelle possède actuellement un magnifique spécimen (fig. 2), semble au premier abord revêtue d’une livrée parfaitement uniforme, mais en considérant son pelage sous un certain jour, on aperçoit distinctement des taches, encore plus sombres que le fond, qui ne sont pas disposées au hasard, mais qui dessinent des séries d’anneaux absolument comme chez la Panthère ordinaire. Lors même qu’on n’aurait point les renseignements recueillis par Kuhl et par Reinhardt et desquels il résulte qu’a Java on trouve dans la même portée des petits à pelage noir et des petits à pelage normal, on ne saurait se refuser à voir dans ces anneaux régulièrement disposés des vestiges de la livrée de l’espèce subsistant en dépit des influences qui sont venues noircir accidentellement la teinte du fond de la fourrure. Chez l’individu rapporté par Péron et Lesueur et étudié par Cuvier, Lacépède et Geoffroy Saint-Hilaire, on distinguait en outre sur le dos deux ou trois petites taches blanches, et l’on remarquait une modification dans la couleur de l’iris qui était blanc-verdâtre et non pas brun-jaunâtre ou
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- jaunc-verdàtre comme chez les Panthères ordinaires. Cette nuance claire des yeux s’observe également chez la Panthère noire actuellement vivante au Jardin des Plantes et donne à l’animal une physionomie satanique.
- On a constaté depuis longtemps que les Panthères n’ont point partout exactement les mêmes mœurs ni le même régime; mais les différences à cet égard s’expliquent par des influences locales, plus facilement encore que les différences dans les dimensions ou le mode de coloration. Ainsi les Panthères d’Afrique qui chassent dans de vastes plaines ont des habitudes plus terrestres que les Panthères des îles de la Sonde qui vivent dans un pays accidenté au milieu d’une végétation luxuriante. Dans les grandes forêts de l’Asie, ces terribles Carnassiers, en grimpant sans bruit sur les arbres, et en se dissimulant au milieu du feuillage, parviennent à s’emparer des Gibbons, des Semnopithèques et d’autres Singes renommés cependant pour leuragilité. Sur les montagnes rocheuses de l’Abyssinie, les Panthères font la guerre aux Cynocéphales; au bord des grands fleuves de la Sénégambie et du Congo, elles surprennent les petites espèces d’Antilopes, tandis que dans les régions cultivées du Bengale comme dans les plaines fertiles de l’Afrique australe ou de l’Algérie, ce sont les animaux domestiques, Poules, Moutons, Chèvres (ces dernières surtout) qui sont l’objet de leur convoitise. Mais partout les Panthères sont animées de la même soif de carnage et, comme les Tigres ou les Jaguars, elles égorgent un grand nombre de victimes, non pour les dévorer, mais pour s’abreuver de leur sang.
- Depuis l’époque déjà lointaine où Scaurus envoya d’Afrique à Rome cent cinquante Panthères destinées au combat du cirque, de nombreux animaux de cette espèce furent amenés en Europe et conservés en captivité. Aujourd’hui encore ces magnifiques Félins ne sont pas rares dans les ménageries où ils ne se comportent pas toujours de la même façon. Les uns, et ce sont exclusivement des individus qui ont été pris jeunes, se montrent doux et même familiers avec leurs gardiens ; les autres, et c’est le plus grand nombre, restent indomptables et soufflent avec colère à l’approche de visiteurs qui agiront prudemment en se tenant hors de la portée de leurs griffes.
- Parmi ces bêtes farouches, les Panthères noires tiennent le premier rang. Celle qui vit actuellement au Jardin des Plantes se tient tapie dans un coin obscur de sa cage et ne paraît pas pouvoir supporter la vue du public. Deux autres individus de la même variété, qui furent exhibés à Paris en 1 842 et en 1860, montraient exactement les mêmes dispositions ; il fallait recourir aux menaces et aux coups pour leur faire quitter leurs retraites et alors elles s’avançaient en rampant, la gueule entrouverte, manifestant leur colère par un sourd bruissement.
- Un quatrième spécimen que l’on avait fait venir à
- grands frais à Paris, en 1850, pour la montrer avec des Lions, des Tigres, des Panthères ordinaires et d’autres animaux plus ou moins dressés, avait un peu perdu de sa férocité naturelle, mais était demeurée tellement farouche qu’on fut bientôt obligé à la fin de la renvoyer dans une ménagerie ambulante.
- Quant à la Panthère noire de Péron, voici ce qu’en disaient Cuvier, Lacépède et Geoffroy Saint-Hilaire : « Le naturel de cet animal a toujours été très féroce ; aucun des soins, qui réussissent presque toujours auprès des autres espèces de Chats, n’a eu de succès sur celle-ci. Il n’a pris aucun attachement pour les hommes qui le nourrissent; il cherche même à se jeter sur ceux qui l’approchent ; c’est pourquoi on a été obligé de garnir les intervalles de ses grilles par un treillage en fer. » Cette Panthère, qui avait été achetée par le général Decaen, gouverneur général de File de France, pour être offerte à Mme Bonaparte (Joséphine), fut donnée par la femme du premier consul au Muséum d’histoire naturelle avec d’autres animaux rares. E. Oi stalkt.
- LE STAT0SC0PE
- On sait quelle est la sensibilité du baromètre à air; nous avons jadis consacré une notice spéciale à cet instrument qui n’était jusqu’ici qu’un organe de cabinet de physique *, et nous avons fait remarquer à quel degré de délicatesse on pouvait arriver à l’aide de ce système. MM. Richard frères, qui ont rendu tant de services aux météorologistes par la construction de leurs enregistreurs, ont donné une forme pratique, sous le nom de statoscope, à cet appareil des plus intéressants qui n’était guère connu que des spécialistes.
- Le statoscope est un baromètre à air, métallique, extrêmement sensible, destiné à enregistrer les variations infinitésimales de la pression barométrique. 11 y a une grande utilité à connaître ces petites variations, car elles peuvent, à un moment donné, fournir des documents très importants sur les orages. On sait que pendant les phénomènes orageux, le baromètre accuse une agitation continuelle : il monte brusquement, redescend de même, et on ne connaît pas encore la cause de ces sauts rapides. On admettait autrefois que le baromètre baissait simplement avant le mauvais temps; mais, dès 1784, Rosen-thal remarquait que « lorsqu’un orage approche de l’endroit où le baromètre est placé, le mercure commence à monter jusqu’au moment où le nuage orageux se trouve au zénith de l’observateur; dès que le nuage est passé, le mercure redescend. »
- Depuis cette observation, la question a fait peu de progrès, l’observation directe étant trop fatigante et donnant peu de résultats; mais l’apparition des appareils enregistreurs et le nombre croissant des
- 1 Yoy. n° 114, du 7 août 1875, p. 145.
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- LA NATURE.
- baromètres de ce genre a permis de se rendre compte de quel intérêt ces variations pouvaient être pour la météorologie.
- Pour étudier facilement ce phénomène, il faut évidemment des instruments l’amplifiant considérablement, tant au point de vue de l’oscillation barométrique qu’à celui du développement du papier qui en reçoit la trace. On en est d’abord venu à construire a grands frais d’énormes appareils écrivant sur des bandes de papier sans fin, mais pour quelques observations utiles faites à d’assez longs intervalles, on arrivait à obtenir des diagrammes d’une longueur exagérée et le plus souvent sans intérêt pratique. U y a quelques années, des aéronautes demandèrent à MM. Richard frères un appareil très sensible permettant, une fois en ballon, de vérifier à tout instant si l’aérostat montait ou descendait, l’observation du papier léger qu’on jette au dehors de la nacelle ne suffisant pas le plus souvent.
- La seule chose à mesurer en pareil cas étant la pression atmosphérique, la solution à donner à cette demande était de créer un baromètre léger, d’un petit volume et très sensible; il fallait le 100e de millimètre de mercure environ. C’est alors que MM. Richard frères construisirent un instrument répondant à tous les desiderata de la question, instrument qu’ils baptisèrent du nom de statoscope, étant donnée sa destination. Depuis, ils rendirent enregistreur cet appareil et l’appliquèrent au relèvement des crochets des courbes d’orage de la colonne barométrique.
- Il se compose (Yoy. la figure) d’un réservoir d’air étanche en métal d’une capacité de 4 'a 5 litres, qui est mis en communication avec un manomètre à diaphragme enregistreur dont la plume se déplace de 0,1 à 0,2 pour une différence de pression équivalente à 1/100 de millimètre de mercure. Si l’on suppose que la température de l’air du réservoir soit constante, le diaphragme du manomètre, étant soumis d’un côté à la pression atmosphérique et de
- l’autre à la pression de l’air du réservoir (constante), accuse toutes les variations de l’atmosphère extérieure avec amplification de dix à vingt fois par rapport à la colonne mercurielle.
- Pour maintenir le réservoir à une température constante, on le place dans le soubassement de la boîte en l’enveloppant de feutre et de laine. La limite de la marche de l’aiguille étant de 5 millimètres de mercure (5 centimètres de déplacement) en plus ou en moins de la pression du réservoir, il faut pouvoir ramener facilement l’aiguille à zéro. Cette opération se fait très simplement en ouvrant un robinet qui ferme le réservoir d’air.
- Le statoscope est donc un baromètre à pression relative; il ne doit être mis en fonction qu’aux moments
- qu’on suppose être intéressants; il suffit pour cela de fermer le robinet et de noter la pression absolue a cet instant. Il constitue ainsi, à peu de frais, un instrument précis et donnant tous les résultats demandés par la météorologie.
- Plusieurs applications importantes ont déjà été faites de cet appareil. l|. Val-lot en a emporté deux au sommet du Mont-Blanc et a obtenu des diagrammes extrêmement curieux au moment des tempêtes de neige auxquelles il a pu assister depuis la construction de son observatoire.
- M. Symons, le célèbre météorologiste anglais, a fait établir un appareil complet, composé d’un statoscope, d’un anémographe et de touches diverses, manœuvrables à la main, de manière à enregistrer sur une même bande de papier, la vitesse du vent en mètres par seconde, les crochets rapides du baromètre, l’instant précis où l’on voit l’éclair et celui où on perçoit le bruit du tonnerre, enfin une estimation de la pluie ou de la grêle qui tombe.
- Cet instrument auquel il a donné le nom de Brontomèire permettra d’étudier à fond et d’éclaircir enfin cette fameuse question dite des crochets d’orage. Gaston Tissandier.
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- I.c statoscope.
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- LA NATURE.
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- LA SCIENCE AU THEATRE
- i/lLLUSlON PAH LUS TOILES MÉTALLIQUES
- L’emploi des décors peints sur des toiles métalliques qui sont tour a tour transparentes ou opaques selon qu’elles sont éclairées par devant ou par derrière, par rapport au spectateur, a donné lieu, à l’Hippodrome de Paris, à une remarquable application dont il a été question précédemment l.
- Ce procédé ingénieux a été déjà employé avec grand succès dans plusieurs théâtres pour certaines scènes d’apparition, dont on pourrait citer de nombreux exemples. Sans oublier l’apparition classique du commandeur dans Don Juan et la vision de Faust, rappelons seulement au hasard l’apparition de saint Corentin dans le Iïoi d'Ys, celle de sainte Alice dans Zam-pa, et enfin le rêve de Mathis dans le Juif Polonais de MM.
- Erckmann - Cha-trian, pièce jouée au théâtre Cluny en 1869, puis en 1879, sans compter une reprise à la Gaîté.
- Ce rêve était obtenu au moyen d’une toile métallique peinte produisant l’effet suivant, par simple changement d’éclairage soit devant, soit derrière cette toile. Au lever du rideau, le théâtre représentait une chambre quelconque (fig. 1) dans laquelle se passait la première partie de la scène ;
- 1 Voy. n° 895, du 26 juillet 1891), p. 125.
- l’aubergiste Mathis, le héros de la pièce que nous n’avons pas à détailler ici, monologuait un instant, se disposait à se coucher et passait dans l’alcôve que l’on entrevoit h gauche du dessin ; il murmurait quelques paroles, s’endormait, et le fond de la scène, où tous les objets représentés étaient peints
- sur latoilemétal-lique, s’effaçait alors graduellement, insensiblement, semblant se fondre, pour laisser apparaître peu à peu le rêve du personnage, c’est-à-dire le tribunal représenté figure 2.
- L’effet de cette décoration-, peinte par Robecchi, était saisissant; les spectateurs ne savaient que penser de ce rêve réalisé. La scène apparaissait comme à travers une brume légère à l’endroit où un instant auparavant se trouvaient des meubles et un décor qui avaient disparu sans déplacement apparent. Le songe qui devenait tangible émotionnait fortement le public ; Tallien, qui remplissait le rôle de Mathis, aidait à l’illusion en devenant, lui aussi, un personnage de rêve et en jouant la scène d’une façon merveilleuse. Cet épisode du tribunal se terminait comme dans un cauchemar par le réveil brusque du dormeur. Le président du tribunal le condamnait à «êtrependu jusqu’à ce que mort s’ensuive » et, sur ce dernier mot, le tribunal disparaissait d’un seul coup laissant revoir la chambre du début. Ce dernier effet était produit en supprimant brusquement la lumière du fond derrière la toile métallique et en éclairant simultanément la rampe devant cette toile.
- Fig. 2. — Le même décor éclairé par derrière devient transparent et laisse voir la scène représentée ci-dessus.
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- Ce système est susceptible de recevoir de nombreuses applications; nous l’avons employé nous-même dans un truc d’illusion que nous avons présenté pendant l’hiver 1889-1890 dans les salons parisiens et que nous allons dévoiler pour les lecteurs de La Nature. L’opérateur se présentait porteur d’un tableau avec son cadre sur lequel était peint une cage volière dorée sur fond noir et des oiseaux. Il accrochait ce cadre sur un paravent el aussitôt la cage semblait se creuser, devenir naturelle tandis que les oiseaux se mettaient à voler et à chanter; ils étaient devenus vivants. Voici comment j’obtenais ce prestige. Le paravent A (fig. o) auquel se suspendait le tableau peint (B,B') avait une ouverture invisible, à glissement, de la grandeur de la cage peinte, et immédiatement derrière cette ouverture se trouvait une cage E semblable à celle de la peinture, avec des oiseaux vivants et placée sur un fond noir. Le cadre étant accroché cachait l’ouverture qui fonctionnait aussitôt, et,
- Fig. 5. — La cage magique.
- grâce à un système d’éclairage que nous n’avons pas à décrire ici, car il peut être conçu de dillê-rentes façons, la lumière F qui frappait le tableau peint sur toile métallique s’éteignait insensiblement tandis qu’un autre foyer lumineux G éclairait peu à peu la vraie cage que l’on voyait alors au travers de la toile métallique devenue invisible. Les oiseaux, surpris par cette lumière dont la source invisible pour le public, était éblouissante pour eux, voletaient, chantaient, et accentuaient ainsi l’illusion.
- La question de mise au point de cette expérience est très importante et le réglage de la lumière, qui doit être opéré minutieusement, est essentiel, car tout le succès de l’illusion réside dans la façon dont l’éclairage passe presque insensiblement de la face au revers de la toile métallique en présentant à l’œil du spectateur un espace ni plus ni moins éclairé.
- Il ne faut pas confondre, malgré leur grande analogie, les effets dus à la transparence et à l’éclairage d’une toile métallique avec les projections fondantes ou avec les effets dioramiques de Daguerre qui sont des peintures sur étoffe se modifiant et non des objets mouvants et réels apparaissant tout à coup. Le prestidigitateur Alber.
- CHRONIQUE
- Toyage en Sibérie. — M. Charles Rabot vient d’accomplir, l’été dernier, une nouvelle mission scientifique dans les régions septentrionales. Cette fois, c’est vers le nord-est de la Russie, l’Oural septentrional et la Sibérie que notre collaborateur s’est dirigé. M. Rabot a tout d’abord étudié les Tchérémisses et les Tchouvaches, populations finnoises établies dans la région moyenne du Volga et qui sont restées païennes. Ces indigènes ont des bois sacrés dans lesquels, à certaines époques de l’année, ils sacrifient des animaux domestiques. Aux arbres de ces bois sont suspendus des ossements de moutons, de veaux, etc., offrandes faites aux divinités. Après cette excursion ethnographique, notre voyageur a atteint la Petchora qu’il a descendu sur une distance de 500 kilomètres. Ce fleuve, un des plus importants de l’Europe, — le Volga, le Danube, le Don, le Dnieper seuls le dépassent en étendue, — est resté jusqu’aujourd’hui presque inconnu. De la Petchora, M. Rabot s’est dirigé à travers une région complètement déserte vers l’Oural qu’il a réussi à traverser vers le 6la degré de latitude Nord. D’immenses marais couvrent tout ce pays et en rendent l’exploration particulièrement pénible. Même les sommets des plateaux de l’Oural sont occupés par des tourbières. De l’Oural, M. Rabot a suivi la Sygva, puis la Sosva et ensuite remonté l’Obi pour terminer ses recherches à Tobolsk. M. Rabot rapporte de ce voyage d’importantes collections d’histoire naturelle et d’ethnographie qui seront prochainement exposées à Paris.
- Traitement fie la goutte par 1’électrleité. — Ce
- traitement vient d’être imaginé par Edison, qui a adressé un travail sur cette question au Congrès international de Berlin. On sait que la goutte détermine souvent la formation, au niveau des jointures, de nodosités faites d’une matière semblable à de la craie, et qu’on appelle l’urate de soude. D’autre part, la lithine et les sels de lithium ont la propriété de dissoudre celte matière crayeuse et de faciliter son élimination par les urines. On les administre habituellement par l’estomac. Edison a eu l’idée de se servir de l’endosmose électrique pour faire pénétrer la lithine au contact direct des concrétions à dissoudre. Un courant électrique passant à travers une membrane poreuse placée entre deux solutions salines a la propriété d’activer la diffusion des substances en solution à travers la membrane interposée. Le courant agit toujours dans le même sens, la substance qui diffuse étant portée du pôle positif au pôle négatif. Dans l’expérience d'Edison, la membrane poreuse est représentée par le corps du malade, une main plongeant dans un vase qui contient une solution de sel de lithine, l’autre dans un second vase, contenant une solution de sel marin ; le pôle positif correspond au premier vase, le pôle négatif au second. Théoriquement, la lithine est transportée par le courant électrique du premier au second vase à travers les tissus du sujet qui doit en retenir une certaine partie. Edison a traité par ce procédé un goutteux de soixante-treize ans, dont les jointures des mains étaient presque complètement ankylosées par des concrétions d’urates. Pour juger de l’effet du traitement, on mesura avec précision la circonférence du petit doigt gauche qui était de 8,0 centimètres. Les choses étant disposées comme nous l’avons dit, la main gauche plongeant dans la solution de lithine, on fît passer un courant de 20 milliampères, — et cela pendant quatre heures chaque jour. Au bout de six
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- jours, la circonférence du petit doigt était réduite à 8,2 centimètres. Edison estime que cette diminution correspond à une réduction de trois grammes de matière crayeuse pour ce seul doigt.
- Vibrations <l’un fil de platine incandescent. —
- M. T. Argyropoulos, dans une Note adressée à l’Académie des sciences, rend compte de ses expériences sur les vibrations d’un fd de platine maintenu incandescent par un courant électrique, sous l’influence des interruptions successives de ce courant. « J’ai tendu horizontalement, dit M. Argyropoulos, un fd de platine d’une longueur de0m,70 et d’un diamètre égal à une fraction de millimètre, et j’ai fait passer un fort courant électrique pour le chauffer jusqu’au rouge blanc. En remarquant la grande dilatation du fd pendant le passage du courant, j’ai pensé qu’il devait y avoir quelque mouvement vibratoire produit par des interruptions successives du courant. J'ai donc interposé dans le circuit un grand interrupteur à trembleur, ou mieux l’interrupteur imaginé par Foucault pour les grandes bobines de Ruhmkorff; aussitôt le fd de platine s’est mis à vibrer, en se subdivisant par ondes stationnaires. On peut observer très nettement un, deux, trois et jusqu’à huit ventres, séparés par des nœuds qui semblent immobiles. En diminuant très lentement la tension du fd de platine, on augmente le nombre de ces ventres ; au contraire, si l’on tend lentement le fil, le nombre de ces ventres diminue et le fd incandescent vibre transversalement en formant un seul ventre au milieu. Le support sur lequel j’avais tendu le fil avait deux mouvements, l’un pour tendre plus ou moins le fd, et l’autre pour l’allonger et le raccourcir. On fait l’expérience de la manière suivante. On prend d’abord une grande longueur de fd ; on fait passer le courant d’une pile de 40 à 50 éléments Bunsen, en tenant l’interrupteur calé. Puis on raccourcit le fd, jusqu’à ce qu’il devienne blanc de chaleur. Ensuite, on lâche l’interrupteur et le fil commence à vibrer. Alors on tend lentement le fd, jusqu’à ce qu’il puisse vibrer tout entier, en formant un seul ventre au milieu. En diminuant la tension du fil, on peut produire jusqu’à huit ventres et même plus. Cette expérience permet de faire, devant un nombreux auditoire, l’étude des mouvements vibratoires des cordes. »
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 24 novembre 1890. — Présidence de M. IIeumite
- Application des explosions gazeuses à la géologie expérimentale. — La description des cheminées souterraines dans lesquelles le diamant est si singulièrement cantonné aux environs du cap de Bonne-Espérance donne naturellement l’idée de cavités perforées au travers de l’écorce terrestre comme par un gigantesque emporte-pièce. M. Daubrée s’est demandé si la violente action mécanique, traduite par cette perforation, n’a pas été réalisée par des gaz subitement engendrés dans la profondeur, et adoptant ici la méthode expérimentale dont il s’est servi si souvent, il a voulu voir ce que des explosions gazeuses produiraient en présence de roches convenablement disposées. Le laboratoire de la Direction des poudres, dirigé par M. Sarrau, a fourni le matériel nécessaire, c’est-à-dire un petit appareil très résistant qui, sous le nom d'éprouvette dynamométrique, sert couramment à essayer les explosifs. Si on place dans l’appareil, en avant d’une petite issue ménagée au gaz, un cylindre de roche fêlé diamétralement, on constate que la
- fêlure s’élargit considérablement, s’afl’ouille par place et ne subsiste guère plus que comme un alignement de conduits cylindroïdes analogues aux cheminées à diamants, lesquelles, il ne faut pas l’oublier, sont elles-mêmes soumises à un alignement rectiligne, déterminé très vraisemblablement par des failles. En opérant sur un cylindre de granit, muni, suivant son axe, d’une perforation capillaire, on constate l’élargissement énorme de cette ouverture dont les parois sont longitudinalement situées et qui, circonstance également présentée par les cavités africaines, n’est plus cylindrique, mais nettement conique avec son évasement vers la sortie. L’auteur reviendra sur le sujet dans une communication ultérieure plus spécia lement consacrée à l’histoire expérimentale des conduits volcaniques; en attendant, il propose de désigner les cheminées dont il vient d’être question sous le nom expressif de diatrèmes.
- Nouvelle variété de carbone. — A la suite des différents carbones que M. Berthelot a naguère étudiés d’une manière si magistrale, M. Schutzenberger signale la substance qu’on obtient en décomposant le cyanogène dans un tube de porcelaine chauffé au rouge vif. C’est un corps noir en filaments élastiques et enchevêtrés, ayant la consistance de la ouate et présentant, malgré son état amorphe, certaines propriétés qui, d’ordinaire, paraissent être le monopole des variétés cristallines ou graphitiques. Le mélange d’acide azotique et de chlorate de potasse le transforme intégralement à chaud en un composé jaune soluble dans l’eau et capable de déflagrer après lavage complet. L’auteur a préparé deux variétés de ce dérivé hydraté répondant l’une à la formule C,1H50s et l’autre à la formule C11!!6!)6.
- La tempête des 25-24 novembre. — D’après M. Mascart, la tempête que nous éprouvons depuis hier matin est d’une violence tout à fait exceptionnelle. L’anémomètre, installé au sommet de la Tour Eiffel, accuse 52 mètres à la seconde pour la vitesse du vent : aucun train express, même le plus rapide, n’atteint ce chiffre, et si le vent dont il soufflait descendait au niveau des maisons, peu de cheminées lui résisteraient et le phénomène tournerait à la catastrophe. Le savant directeur du Bureau central météorologique note, en passant, que des mesures précises accusent l’existence d’une composante verticale et ascensionnelle du vent douée d’une vitesse de 1000 à 1200 mètres à l’heure. Cette constatation aura une grande importance au point de vue des théories météorologiques.
- La pomme de terre industrielle. — Il restait à M. Aimé Girard, après ses travaux antérieurs sur la pomme de terre dite Richter imperator, à montrer que la distillation de ce tubercule donne de l’alcool dans des conditions tout à fait industrielles. C’est ce qu’il fait aujourd'hui dans une Note présentée en son nom par M. Schlœsing qui déclare le problème poursuivi, tout à fait résolu. Une opération faite sur 78000 kilogrammes a donné 11 litres d’alcool absolument pur par 100 kilogrammes de pommes de terre, et une autre opération faite sur 100 000 kilogrammes a même fourni 14 kilogrammes d’alcool. En outre, des expériences faites sur une grande échelle prouvent que le bétail consomme très volontiers les vinasses provenant du traitement.
- Bleu de chrome. — A propos de la récente communication de MM. Fremy et Verneuil, où se trouve signalée la rencontre fortuite de saphirs bleus parmi les rubis rouges, M. Garnier demande l’ouverture d’un paquet cacheté, déposé depuis 1887 et contenant une recette pour obtenir
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- par fusion un verre coloré en bleu par le chrome. Le fait n’a rien de commun avec les cristallisations artificielles, mais il peut avoir de l’intérêt en faisant découvrir sous quel état se trouve le chrome pour provoquer la coloration en bleu.
- Varia. — M. Adanson décrit un cyclone .qui a présenté cette singularité de se maintenir dans l’enceinte de l’usine de Fourchambault où il a enlevé des toitures et cassé des branches pendant une demi-heure. — C’est avec beaucoup d’éloges que M. Grandidier présente de la part de M. de Carvalho un ouvrage en trois volumes sur le Motayambo, qui sera, dit-il, des plus utiles au triple point de vue géographique, ethnographique et linguistique. —
- Une vue de Nice prise dans le ballon captif de Louis Godard.
- ballon a fait de grands progrès, et les résultats obtenus ne laissent plus rien à désirer au point de vue de la netteté des épreuves et de la finesse des détails. Nous reproduisons ci-dessus un excellent cliché qui a été exécuté à 500 mètres d’altitude par M. A. Weddel dans le ballon captif de M. Louis Godard, au commencement de l’année présente, en mars 1890. On voit que le résultat obtenu est tout à fait satisfaisant. M. Weddel s’est servi d’un obturateur Tury et Amet avec antiplanat de Steinlier. L’appareil était tenu à la main avec un viseur. Cette disposition est, en effet, ce qu’il y a de plus commode dans la nacelle d’un ballon, sujet à tourner sur son axe. On peut maintenir l’appareil autour
- Le rapport de la circonférence au diamètre fournit le sujet d’un Mémoire àM. Sylvester.— C’est d’une manière tout à fait spéciale que M. le secrétaire perpétuel signale l’envoi, par l’auteur, de la troisième édition du magnifique ouvrage où M. le professeur Georges Ville a réuni ses conférences agronomiques de Vincennes; nous y reviendrons. Stanislas Meunier.
- LA PHOTOGRAPHIE EN BALLON
- Depuis les expériences dont nous avons jadis entretenu nos lecteurs1, l’art de la photographie en
- directe d'une photographie instantanée de M. A. Weddell.
- de son cou avec une courroie convenablement disposée, de manière à avoir au besoin les mains libres, Il suffit alors de faire fonctionner l’obturateur au moment voulu. —Après les vues de terre prises en ballon, il faudrait à présent réussir les vues de nuages que l’on admire en ballon libre; la difficulté est grande, mais elle n’est pas insurmontable, c’est dire qu’elle sera vaincue. G. T.
- 1 Voy. n° 631, du 4 juillet 1885, p. 65; voy. aussi n” 686, du 24 juillet 1886, p. 120 ; et n° 705, du 4 décembre 1886, p. 9.
- Le Propriétaire-Gérant: G. Tissandier. Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- LA NATURE
- DIX-HUITIÈME ANNÉE — 1890
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abatage des arbres par lelectricité, 120.
- Abeilles dans le Ilolstein (Les), 207.
- Académie des sciences (Séances hebdomadaires de 1’), 14, 31, 47, 62, 79, 94, 111, 126, 142, 159, 175, 191, 207, 222, 239, 255, 270, 287, 302, 319, 354, 351, 367, 382, 398, 415.
- Acier trempé (Les couleurs de 1’), 286.
- Acrobates-aéronautes (Les), 222.
- Aérostats captifs de la marine française (Les), 311.
- Afrique et l’ile d’iïelgoland (Le partage de É), 123.
- Aluminium (Production électrolytique de 1’), 31.
- Aluminium à la construction des appareils de précision (Application de 1’), 62.
- Alun de bauxite. 15.
- Amaryllidée (Mouvements propres chez une), 3.
- Amiante en Californie (I/), 167.
- Amitié réciproque chez deux oiseaux, 192.
- Ammoniaque au moyen de la houille (Fabrication de F), 158.
- Analyse des sols au moyen des plantes, 126.
- Angles et distances, 59.
- Anthophagie (L’), 202.
- Aphteuse (Les moutons allemands et la fièvre), 161.
- Appareils sismiques (Sensibilité des), 255.
- Aqueduc de Serino et la distribution des eaux de Naples (L’), 99, 179.
- Araignées (Les), 203, 295.
- Arbres fruitiers et le sulfate de cuivre (Les), 26.
- Arbres remarquables (Les), 271.
- Archéologie mexicaine, 265.
- Architecture moderne (Un concours d’), 238.
- Artillerie de marine de 1855 à 1889 (L’), 290.
- Ascension nocturne du ballon le Figaro, 78.
- Asphyxie par les obus (L’), 287.
- Association française pour l’avancement des sciences. Congrès de Limoges, 171.
- Astronomie, 143.
- Autographes de La Nature (Les). M. Carnot. M. Jules Simon, 46, 94.
- Autographisme, 275.
- Autographisme chez les animaux (I/), 50.
- Autotomie (L’), 351.
- Avoine dans l’alimentation de l’homme (L’), 86.
- Azote gazeux par les plantes (Fixation de 1’), 598.
- Azothydrique (Acide), 366.
- B
- Balance photométrique à base d’iodure d’azote, 219.
- Ballons (Histoire des), 348.
- Ballons captifs à Paris (Les), 239.
- Banquet sous l’eau (Un), 175.
- Barque préhistorique, 255.
- Bateau insubmersible le Neversink, 229. Bateaux à vapeur de naphte, 33.
- Bateaux électriques de plaisance (Les), 193.
- Betteraves (Maladie des), 352.
- Beurre par l’acide carbonique sous pression (Conservation du), 175.
- Billes de billard, 246.
- Bischoffsheim (M.-R.), 47.
- Bisons en Amérique (Extermination des), 391.
- Black-root (Traitement du), 159.
- Bleu de chrome, 415.
- Bordère, 142.
- •Bouchon (Manière de percer un), 288. Bouton lumineux, 399.
- Brachiopodes des mers profondes, 142. Brine (F.), 62.
- Brouette (Histoire de la), 23.
- Bureau central météorologique (Travaux du), 287.
- c
- Cacahuamilpa au Mexique (La caverne de), 87.
- Cadavres par la galvanoplastie (Conservation des), 403.
- Calculateur mécanique instantané de M. Troncet, 307.
- Cameilia géant (Un), 31.
- Canon (Ce que coûte un coup de), 46. Canons (Sur l’éclatement des), 368. Caravanes sahariennes (Les), 230.
- 27
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- 418 ^
- Carbone (Nouvelle variété de), 415.
- Carnivores (Alimentation des plantes!, 175.
- Carte des chemins de fer de l’Europe sur papiers peints (Une), 306.
- Catastrophes dans les Alpes, 505.
- Calha edulix (Le), 26’>.
- Cèdre de Moniiguv-Lencoup (Le), 271.
- Celluloïd (La fabrication du), 286.
- Chaleur sur les métaux (Effets de la), 25!».
- Chambre noire de campagne, 05.
- Champignons (Les sucres des), 310.
- Chargement automatique des minerais sur navires, 1 ï.
- Chasse à courre reproduite par la photographie (Une), ..‘20.
- Cheminées (Plus de hautes), 87.
- Chemin de fer de Buenos-Ayres à Valpa-raiso (Le), 310.
- Chemins de fer de l'Europe sur papiers peints (Une carte des), 366.
- Chicago à propos de l’Exposition de 1803 (La ville de). Le canal des deux mers en Amérique, 151.
- Chiens (l.es races de), 147, 315.
- Chimie de l’amateur (La), 288.
- Chlore (L’industrie dut, 90.
- Chronophotographicjue (Nouvel appareil), 367.
- Chutes du Niagara (L'utilisation des), 186.
- Cimetière mérovingien d’Andrésy (Loi. 359.
- Collographie rapide aux encres gra=ses (La). Procédé de M. G. Balagny, l‘>4.
- Colombiers militaires maritimes (Les), 105.
- Compteur à gaz monétaire (Un\ 511.
- Congrès des amérieanisles. Huitième session à Paris, 3 '>8.
- Conservation des cadavres par la galvanoplastie, 403.
- Constructions navales de la marine de guerre britannique (Les), 186.
- Contrôle optique de la marche des machines (Application de l’électricité au), 550.
- Corps qui tombent en semblant monter, 334.
- Couleur chez les animaux (Les modifications de), 407.
- Couleur de là grenouille (Les variations de), 552.
- Couleurs (La photographie des), 222.
- Couleurs (Le jeu des), 293.
- Couleurs complémentaires (Expériences sur les), 31.
- Coup d’épée (Vitesse d’un), 289.
- Coups de feu des chaudières à vapeur (Les), 138.
- Couples thermo-électriques comme étalons de force électro-motrice, 295.
- Courant électrique pour augmenter l’adhérence des locomotives (Emploi d’un), 174.
- Courants alternatifs à l’usine municipale des Halles, à Paris (Les), 131.
- Courses transatlantiques, 270.
- Craie (ltideaux de la), 399.
- Coursier du désert iLe), 129.
- Cravate photographique (La), 161.
- Cuirassé russe Dwianalzat Aposto.'oi>, 534.
- Cuivre électiolytique (Le), 158.
- Cuivre et les pommes de terre (Le), 15.
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Cyclones (Température des), 15.
- Cyclones de Dreux et de Saint-Claude (Les), 198.
- Ü
- Décapité parlant (Un nouveau), 52.
- Déesse de l’eau (Le monument de la). 263.
- Dondrites de manganèse (Imitation artificielle des), 567.
- Dermatose parasitaire, 287.
- Dermographie, 275.
- Désinfectant (Nouveau), 79.
- Diagcummomètre du colonel Kozloff (Le), 131.
- Diamants du monde (Le stock des), 350.
- Distribution de l’énergie électrique par courants alternatifs transformés (Nouvelles applications de la), 159.
- Distribution directe et indirecte par une seule dynamo, 239.
- Divisibilité des nombres, 42.
- Drames au Mont-Cervin (Deux), 505.
- D'vopitbèquc (Le), 65.
- Dynamomètre (Un nouveau), 301.
- Dynamos actuelles 'La puissance des). 191.
- Éclairage à Paris (I/), 30.
- K'-lairage électrique, 191.
- Écla rage électrique à Berlin. 287.
- Éclairage électrique de Col lias (Gard), 270.
- Éclairage électrique de Moritz dans l’En-gadine, 278.
- Éclai-age électrique des navires, 45.
- Éclairage par moteurs à gaz et accumulateurs (Le prix de revient de 1’), 155.
- Éclairement de divers locaux 'Valeur de
- , n, no.
- Eclairs (Forme des), 287.
- Eclipse de soleil du 17 juin 1890 (!,’), 21, 79.
- Écriture microscopique (L’), 159.
- Élections de candidats, 382.
- Électricité en Amérique (L’), 382.
- Électricité (Les dangers de 1'), 402.
- Électrophonoscope (L’), 142.
- Éléphant mécanique (L’), 225.
- Éléphants dans les scieries de l’Inde, 238.
- Embryon des néoméniens (Sur F), 382.
- Enchaînements du monde animal (Les), 62.
- Encyclopédie chimique (I/), 271.
- Enfance (L’exposition de l’élevage del'), 26.
- Engrais chimiques appliqués à la culture des Heurs (Les), 211.
- Es«ais des machines agricoles installées par le Ministère de l’agriculture (Station d'), 165.
- Essences contre la tuberculose, 305.
- Étalon électrique (Nouvel), 287.
- Éther (Les buveurs d’), 579.
- Etoiles de mer et bancs d’huîtres, 46.
- Europe en Amérique en trois jours et demi (D ), 350.
- Exécution d’un condamné à mort par l’électricité (La première), 209.
- Exécution électrique à New-York (La première), 174.
- Exercices physiques, 289.
- Expériences d’électricité, 112.
- Explosifs d’hier et ceux de demain (Les), 17.
- Exposition militaire du Ministère de la guerre en 1889 (L’), 119.
- F
- Fêtes publiques (Les), 55.
- Feuilles des plantes (Physiologie des). 223.
- Feuilles et les anesthésiques (Les), 271. Figuier de Boscoff (Le), 184.
- Filet pélagique à fonctionnement automatique (Nouveau), 42.
- Filtre économique, 160.
- Fisc et les phonogrammes (Le), 206. Fleurs (Fonction des), 319.
- Fluor dans les synthèses minéralogiques ((tôle du), 503.
- Fluor (L’équivalent du), 334.
- Fluor natif (Le), 582.
- Fontaines Wallace (A propos des), 169. Forces iLa mesure des petites), 177. Forêts d’Europe (L’étendue des), 190. Forêts en Tunisie (Les), 106.
- Forficule auriculaire ou perce-oreille (L’amour maternel chez la), 74.
- Forts de la Meuse et la métallurgie française Les), 341.
- Foudre globulaire (Sur la), 302.
- Fraises au point de vue thérapeutique (Les), 111, 183.
- Fraisier aux environs de Paris (La culture du), 53.
- Fraudeurs (La science des), 509. Funiculaire de Belleville, à Paris, 283. Fusil à gaz liquéfié, 110.
- Fusil Lebel et le nouveau fusil allemand (Le). 251,331.
- (i
- Galissier, 190.
- Gavarret, 222.
- Gay-Lussac à Limoges (La statue de), 241. Gaz (Un nouvel indicateur de fuites de), 159.
- Géant fossile de Castelnau (Le), 11. Géologie américaine, 271.
- Géologie expérimentale (Application des explosions gazeuses à la), 415. Géométrie de la règle et du compas, 103. Gibier à Paris (Le), 398.
- Giroscope de M. Trouvé (Le), 207. Globes terrestres (L’orientation des), 374. Godard (Eugène), 598.
- Goutte par l’clectricité (Traitement de la), 414.
- Grad (Charles), 91.
- Graminées pour la fixation des dunes, 31. Granit monstrueux (Un morceau de), 255. Grisou (Le), 166.
- Grotte préhistorique (Nouvelle), 65. Gutta-pcrcha (L’arbre à), 255.
- H
- Hébert (M.), 127.
- Heure universelle (L’), 207.
- Horloge du monde (La plus grande), 287.
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-
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- 419
- Images mouvantes (Les), 534.
- Inosite* (Le*), 47.
- Insi’ctes (l a respiration des), 208. Instruments de musique aux Nouvelles-llébrUes, 52.
- Intoxieation saturnine, 160.
- J
- Jardin d’Acclimalation de Paris (Le), 30. Jeu des couleurs (Le), 293.
- Jouets scientifiques. Pistolet inoffensif à flèche pneumatique. la sauteuse de corde, l'éléphant mécanique, 128. 223.
- K
- Kangourou (Destruction du). 47. Kérosène et les araignées (Le). 175.
- L
- Laboratoire ambulant pour l'essai des câbles électriques, 221.
- Laboratoire Arago (Le), 62.
- Laboratoire de chimie au dix-septième siècle (Un), 16.
- Lac de Marjelen (Le), 234.
- Ladrerie bovine (Diagnostic de la), 95, 127.
- Lampe électrique de mines à accumulateurs. 355.
- Lapins (Extermination des), 175.
- La Rochelle et son nouveau port de La Pallice, 187.
- Launches de MM. Escher Wyss, 53.
- Lavoisier (Étude sur), 47.
- Lettres (La sûreté des), 208.
- Lézards (Morsure des), 119.
- Locomotion aquatique (La), 143.
- Locomotion dans l’eau étudiée par la photochronographie, 575.
- Locomotive Crampton à chaudière Fla-man, 234.
- Locomotives (Concours de vitesse de),
- 234.
- Lo:omotives de forteresse à quatre cylindres type Péchot, 5.
- Longitudes (La variation des), 335.
- Lumière (La forme la plus économique de la), 261.
- Lumière électrique et les in-ectes (La), 351.
- M
- Machine l’Hercule (La), 38.
- Machine thermique (La meilleure), 158. Machines à vapeur puissantes (Une réforme dans la construction des), 182. Mal de cœur en ascenseur (Le), 190. Mammifère en Europe et en Amérique (Évolution biologique du type), 380. Manège électrique (Un), 115.
- Marche (Une expérience de), 159, 222.
- Marche au plafond (La), 255.
- Marées (Utilisation de la puissance motrice des), 214.
- Marine française. Le Cécille, 171.
- Marines militaires. Cuirassés et croiseurs anglais. Navire cuirassé italien Sarde-gna, 72, 385.
- Mathias (Ferdinand), 254.
- Mélèze (Le), 534.
- Merle blanc (Le), 407.
- Messages téléphonés (Les), 366.
- Mesure îles petites forces (La), 177.
- Météorites diamantifères, 175.
- Météorologiques à travers les siècles (Les phénomènes), 122.
- Mélhylsaecharine (La), 198.
- Microcéphalie (Traitement de la), 79.
- Microscope (Le tricentenaire de la découverte du), 50.
- Mildevv (Nouvelle forme de), 310.
- Minerai d’étain de formation actuelle, 15.
- Mine et les mineurs (La), 323.
- Mine exploitée par les mineurs (Une), 250.
- Mine la plus profonde du monde iLai, 286. 318.
- Mines (Éclairage des), 175.
- Minéraux artiliciels, 51.
- Mines d’argent de Sardaigne (Les), 519.
- Mirage en Algérie, 111.
- Mollusques au Muséum (La collection des), 15.
- Mollusques avec les annélides (Sur la parenté des), 94.
- Monnaie (Vérificateur de), 304.
- Monstres animaux et végétaux, 15.
- Mont-Blanc (Ascension par M. Janssen), 257.
- Mont-Blanc (Ascension par un touriste), 279.
- Mont-Blanc (Un refuge au), 225.
- Mont-Perdu (Un refuge au), 227.
- Montagnes (Les stations de), 225.
- Moteur domestique à pétrole, 571.
- Mousse de platine (Pouvoir absorbant de la), 240.
- Moutons allemands et la fièvre aphteuse (Les), 161.
- Musée de Boulaq et le musée de Gizéh (Le), 199.
- Mylabres (Les métamorphoses des), 382.
- N
- Nankin ou Namking, 557.
- Naphte à Bakou (Les sources de), 106. Napoli (David), 14.
- Narval et la licorne des anciens (Le), 134.
- Navigation transatlantique (Les récents progrès de la), 526.
- Navire cuirassé italien Sardegna, 585. Navires cuirassés français (Nouveaux), 119.
- Nébuleuse de la Lyre (La), 319, 340. Nécrologie, 14, 62, 94, 142, 190, 206, 222, 254, 398.
- Neige sur la planète Mars (Chute de). 326.
- Niveau d’eau à longue portée de M. Ch. Lallemand, 83.
- Notation musicale (Nouvelle), 239.
- O
- Objets en papier (Durcissement des), 534. Œuf à la coque (Comment on cuit un), 405.
- Omnibus électrique. 68.
- Orage à Marseille, 278.
- Orages de l’été 1890 (Les), 259. Ostréiculture à Roscoff (L’), 79.
- Ouragan du 19 août à Saint-Claude (Jura) (L’), 251, 239.
- Ouragans des 18 et 19 août 1890 (Les), 214, 231, 243, 329.
- Oursins (Les pédicellaires des), 95.
- P
- Paléontologie française (La), 399.
- Palmiers en Portugal. Jubæaspectabilis, 40.
- Pansement extemporané pour chirurgie de guerre, 307.
- Panthère noire (La), 407.]
- Papier (Nouveau), 62.
- Pavage non glissant, 351.
- Pendule astronomique universelle, 227.
- Penny-box (Nouveaux), 150.
- Peters (Henri-Frédéric), 174.
- Pélroglyphes (Les), 1.
- Pétrole en France (Le), 382.
- Phénomène physiologique (Un curieux), 191.
- Phénomènes magnétiques aux environs de Paris, 127.
- Phillips (M.), 399.
- Phonographe et sténographie, 58.
- Phoque du terrain quaternaire (Le), 207.
- Phosphore (Fabrication du), 270.
- Photographie à la poudre-éclair de magnésium (La), 7.
- Photographie astronomique, 63.
- Photographie en ballon, 416.
- Photographie pratique. Construction d’un appareil d’agrandissement, 107.
- Photographies instantanées. 80, 352, 568.
- Photographies lunaires, 104.
- Photomètre (Un nouveau), 225.
- Phtisie (Évolution de la), 48.1
- Phtisie (Traitement de la), 387.
- Physique sans appareils. Le jet d eau. Filtre économique, 143, 160.
- Pigeons voyageurs en Afrique, 142.
- Piles du pont de Forth (Les fondations des grandes), 145.
- Plantes (La dissémination des), 314.
- Plantes fossiles (Nouveau gisement de), 14.
- Platine incandescent (Vibrations d un fil de), 415.
- Poissons (La multiplication des), 79.
- Polissoirs néolithiques du Lunain, 367.
- Polyphone Zigang (Le), 75.
- Pomme de terre industrielle, 415.
- Pommes de terre (La maladie et les moyens de la combattre), 69.
- Pont suspendu militaire (Un), 321.
- Porcelaine (Composition minéralogique de la), 80.
- Portclectrique (Le), 404.
- Poudre sans fumée (La). Les explosits d’hier et ceux de demain. 17, 97.
- Poulie à diamètres variables système Albaret, 183.
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- 420
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Poupée dans le tombeau d'une Romaine (Une), 337.
- Presses mécaniques (Les), 159.
- Pression (L’unité de), 51.
- Prix de revient du cheval-heure et la consommation du gaz avec les moteurs à gaz, 139.
- Problèmes de l’avenir (Les),‘22. Projections (L’art des). Son histoire, 373. Projections et l’enseignement (Les), 195. Projections stéréoscopiques (Les), 218. Prophéties scientifiques (Les), 38, 239. Puits du fort Barrault (Le), 278. Pygmées de l’Afrique centrale (Les), 67. Pyrèthre en Californie (Le), 74. Pyrogravure (La), 276.
- Pyroméride de Jersey (La), 319.
- R
- Rails en fer et en acier aux États-Unis (Les), 254.
- Raisins secs californiens (Les), 47.
- Raisins secs serbes, 286.
- Récréations mathématiques, 42, 570.
- Récréations scientifiques. La toupie magnéto-électrique, 176. La lunette magnétique et la boëte aux nombres, 583.
- Réforme postale anglaise (Le cinquantenaire de la), 10.
- Ressemblance entre époux, 47.
- Riancé (La concession de). Une mine exploitée par les mineurs, 250.
- Roches à formes animées, 168.
- Rubis artificiel (Le), 582.
- Rues (Le nettoyage des), 38.
- Rues par la lumière électrique (L’indication des), 207.
- S
- Saumon frigorifié (Le), 351.
- Sauteuse de corde (La), 223.
- Scaphandriers, 160, 239.
- Science au théâtre. Jeanne dArc à l’Hippodrome de Paris. La marche au plafond. L’éventail du ballet le Rêve à l’Opéra de Paris. Le carillon du ballet le Rêve à l’Opéra de Paris. L’illusion par les toiles métalliques, 125, 255, 335, 343, 413.
- Science pratique. Canif et crayon mécaniques. Théière à versage automatique. Vérificateur de monnaie. Sonnerie à un coup. Bouton lumineux, 63, 240, 504, 599.
- Septicémie gangréneuse et du tétanos (Rapports de la), 367.
- Sépulture gallo-romaine découvert» à Beauvais, 175.
- Sequoïas de la Californie (Dimensions des), 351.
- Serpent bicéphale (Un), 175.
- Sibérie (Voyage en), 414.
- Silex (La taille des), 299.
- Silvestri, 206.
- Siipiligraphe-niveau (Le), 245.
- Société d’histoire naturelle d’Autun (La), 287.
- Sol (Consolidation du), 142.
- Soleil (La rotation du), 111.
- Somalis au Jardin d’Acclimatation de Paris (Les), 247.
- Sonnerie à un coup, 599.
- Source au fond de la mer, 158.
- Sous-sol de Paris (Le), 266.
- Spectre normal du soleil (Le), 14.
- Station de zoologie marine d’Endoume, à Marseille, 589.
- Statoscope (Le), 411.
- Sténographie et phonographe, 58.
- Sténotélégraphie, système Cassagnes (La), 49.
- Sucre en tablettes (Fabrication du), 395.
- Sulfate de potasse (Sur la réduction du),
- 15.
- T
- Tannage électrique, 158.
- Télégraphe imprimeur en colonnes de M. Higgins (Le), 370.
- Téléphone entre Paris et Londres (Le), 206, 243.
- Téléphonique (Curieuse expérience), 571.
- Températures élevées (Les), 190.
- Tempête des 25-24 novembre (La), 415.
- Temple (Général du), 598.
- Temps (La prédiction du), 207.
- Tension superficielle, 538.
- Terrains crayeux (Amélioration de), 351.
- Terres restées sans engrais (Épuisement des), 159.
- Tertiaire parisien (Guide du géologue dans le), 319.
- Théière à versage automatique, 240.
- Thermomètre (Un nouveau), 159.
- Tour de Londres (La grande), 6, 77.
- Traction électrique des bateaux sur les canaux (La), 298.
- Train de chemin de fer renversé par le vent, 588.
- Tramway funiculaire de Belleville (Le), 299. *
- Transport pour les correspondances et les petits paquets (Nouveau svstèmc de), 404.
- Transsaharien (Le), 353.
- Trombe dans les Alpes-Maritimes (Une), 174.
- Trombe d’eau ascendante (Sur une), 275.
- Trucs de théâtre. La féerie les Pilules du Diable, 48, 95, 155.
- Truffière dans la Haute-Marne (La culture), 50.
- Tuberculose expérimentale (Traitement de la), 191.
- Tunnel de Saint-Clair (Le), 286, 401.
- 0
- Urique (Propriétés lhermiquesde l’acide), 48.
- Y
- Vallée du Lunain (La), 115.
- Vélocipédie (La), 81.
- Vélocipédie nautico-terrestre, 369.
- Vent (Train de chemin de fer renversé par le), 388.
- Vénus (La rotation de), 351.
- Vésuve (Une éruption du), 239, 269.
- Viaduc de la Siagne, 215.
- Viande (Congélation de la), 111.
- Viandes américaines, 303.
- Vibrations d’un fil de platine incandescent, 415.
- Vigne (Nouvel ennemi de la), 31.
- Vigne (Bouturage de la), 255.
- Vins (L’analyse des), 362.
- Volailles destructeurs d’insectes (Les), 566.
- Volant du monde au point de vue de l’emmagasinement de l’énergie (Le plus grand), 23.
- Volcan de la Réunion (Le), 211.
- Voyages autour du monde (Les), 55, 60, 82.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE AL PHARÉTIQUE
- Alber (Le prestidigitateur). — La science au théâtre. L’illusion par les toiles métalliques, 413.
- Bâclé (L.). — Locomotives de forteresse à quatre cylindres type Péchot, 5.
- Batres (Leopoldo). — Archéologie mexicaine. Le monument de la Déesse de l’eau, 203.
- Bellet (Daniel). — Le nettoyage des rues. La machine l'Hercule, 38. — La Rochelle et son nouveau port de La Pallice, 187. — Les caravanes sahariennes, 230.
- Belot (G.). — La taille des silex, 299.
- Bergeret (A.). — Les fêtes publiques, 55.
- Bergman (Ernest). —Palmiers en Portugal. Jubæa spectabi-lis, 40.
- Béthuys (G.). — Un pont suspendu militaire, 321. — Les forts de la Meuse et la métallurgie française, 341.
- Bonaparte (Prince Roland). — Les Somalis au Jardin d’Acclimatation de Paris, 247.
- Brandicourt (Y.). — La dissémination des plantes, 314.
- Cartailiiac (Emile). Une poupée dans le tombeau d’une Romaine, 337. —L’extermination des bisons en Amérique, 591.
- Cartaz (Dr A.). — Le Catha edulis, 263. — Pansement extemporané pour chirurgie de guerre, 307. — Les buveurs d’éther, 379. — Le traitement de la phtisie, 387. — La conservation des cadavres par les procédés galvanoplastiques, 405.
- Colladon (Daniel). Sur une trombe d’eau ascendante, 273.
- Cosseron de Yillenoisy (Général). — Le puits du fort Bar-rault, 278.
- Eünisset-Carnot. — Observations de mouvements propres chez une amaryllidée, 3.
- Decamps (Louis). — Les voyages autour du monde, 66, 82.
- Demeny (Georges). Les exercices physiques. La vitesse d’un coup d’épée, 289.
- Dumuys (Léon). — Le jet d’eau, 143.
- Dybowski (J.). — Le coursier du désert, 129.
- Fonvielle (W. de). — La ville de Chicago à propos de l’Exposition de 1893. Le canal des deux mers en Amérique, 151. — Catastrophe dans les Alpes. Deux drames au Mont-Cer-vm, 305.
- Foürtier (H.). La photographie pratique. Construction d'un appareil d’agrandissement, 107.
- Fraissinet (A.). Photographies lunaires, 104.
- Gahéry (Paul). — Le grisou, à propos de la catastrophe de Saint-Étienne du 29 juillet 1890, 166.
- Gallet (Loris). Dermographieou autographisme, 275.
- Gacdry (Albert) . — Le dryopithèque, 65.
- Girard (Aimé). La maladie des pommes de terre et le moyen de la combattre, 69.
- Girard de Riali.e. — Congres des américanistes. Huitième session à Paris, 338.
- Good (Arthur). — Pistolet inoffensif à flèche pneumatique, 128. — Comment on cuit un œuf à la coque, 405.
- Gcédon (Yves). Vérificateur de monnaie, 304.
- Guillaume (Ch.-Ed.). — L’unité de pression, 54.
- Hébert (A). — L’industrie du chlore, 90. — L’analyse des vins, 562.
- Hélène (Maxime). — La poudre sans fumée. Les explosifs d’hier et ceux de demain, 17, 97. — Le fusil Lehel et le nouveau fusil allemand, 251, 331. — Le funiculaire de Belleville, à Paris, 285.
- IIément (Félix). — Les araignées, 205, 295.
- Hospitalier (E.). — Le cinquantenaire de la réforme postale anglaise, 10. — Le polyphone Zigang, 75. — Le cuivre électrolytique, 138. — Nouvelles applications de la distribution de l’énergie électrique par courants alternatifs transformés, 139. — La mesure des petites forças, 177. — Une réforme dans la construction des machines à vapeur puissantes, 182. — Les bateaux électriques de plaisance, 193. — La forme la plus économique de la lumière, 261. — La pyrogravure, 276.
- Janssen (J.) Ascension du Mont-Blanc, 257.
- Kervi'lle (11. Gadeaude). Amitié réciproque de deux oiseaux, 192.
- Ivnab (L.).— Bateaux à vapeur de naphte. Launches de MM. Escher YVyss, 33. — Fabrication du sucre en tablettes, 395.
- Laffargue (J.). — L’éclairage électrique des navires, 45. — Expériences d’électricité, 112. —Le prix de l’éclairage par les moteurs à gaz et les accumulateurs, 155. — La toupie magnéto-électrique, 176. — L’utilisation des chutes du Niagara, 186. — Éclairage électrique de Moritz dans l’Engadine (Suisse), 278. — Un nouveau dynamomètre, 501. Moteur domestique à pétrole, 372.
- Lallemand (A.). — Le niveau d’eau à longue portée de M. Ch. Lallemand, 83.
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- 422
- LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE.
- Landrin (F.). — L'exposition de l’élevage de l'enfance, 25.
- Lapoüge (G. de). — Le géant fossile de Castelnau, H.
- Larbalétrier (Albert). — La culture du fraisier aux environs de Paris, 53. — L’amour maternel chez la forficule auriculaire ou perce-oreille, 74. — L’avoine dans l’alimentation de l’homme, 86. — Les moutons allemands et la fièvre aphteuse, 161.—Les engrais chimiques appliqués à la culture des fleurs, 211.
- Leconte (F.). Tension superficielle, 338.
- Lemoine (Dr). Évolution biologique du type mammitère en Europe et en Amérique, 380.
- Léotard (Jacques). — Les voyages autour du monde, 35. — La station de zoologie marine d’Endoumc, à Marseille, 389.
- Le Rot d’Étiolles (Dr). — Les fraises au point de vue thérapeutique, 183.
- Londe (Albert). — La science au théâtre. Jeanne d'Arc à l’Hippodrome de Paris, 125. — Les projections et l’enseignement, 195.
- Ldcas (Edouard). — Le diagrammomètre du colonel Kozloff,
- 131.
- Marcel (Gabriel). — Le partage de l’Afrique et l’ile d’Helgo-land, 123.
- Maiicillac (P.). — Vélocipédie nautico-terrestre, 369.
- Mareschal (G.). — Trucs de théâtre. La féerie les Pilules du Diable, 48, 93, 155. — La collographie rapide aux encres grasses Procédé de M. G. Balagny, 154. — Station d’essais des machines agricoles installée par le Ministère de l’agri -culture, 165. — Poulie à diamètres variables système Alba-rct, 183. — La sûreté des lettres, 208. — Calculateur mé-canique instantané de M. Troncet, 507. — Sonnerie à un j coup. Boulon lumineux, 399.
- Marev (E-J.). — La locomotion dans l’eau étudiée par la photoehronographie, 575.
- Martin (Dr Ern.). — Nankin ou Namking, 357.
- Maspéro (G.). — Le musée de Boulaq et le musée de Guéh, 199.
- Mégnin (P.). — Les races de chiens, 147 , 345.
- Mehard (A.). — Le figuier de Roscoff, 184.
- Mermet (A.). — Les fraises au point de vue thérapeutique, 111.
- Meunier (Stanislas). — Académie des sciences (Séances hebdomadaires de 1’), 14, 51, 47, 62, 79, 94, lit, 126, 142, 159, 175, 191, 207, 222, 239, 255, 270, 287, 302, 319, 334, 351, 367, 382, 598, 415.
- Mouchez (Contre-amiral). — Photographie de la nébuleuse de la Lyre, 340.
- Nadaillac (Marquis de). — Les pétroglyphes, 1.
- Olivier (Louis). — L’ascension du Mont-Blanc par un touriste, 279.
- Oustalet (E.). — Le Narval et la Licorne des anciens, 134. — Les modifications de couleur chez les animaux. Le merle blanc et la panthère noire, 407.
- Pellet (A.). — Géométrie de la règle et du compas, 103.
- Ticaud (A.). — Nouvelle forme de mildew, 310.
- Renard (L.). — Un bateau insubmersible. Le Neversink, 229. — L’artillerie de marine de 1855 à 1889, 290.
- Renouard (Alfred). — Une mine exploitée par les mineurs. La concession de Riancé, 250.
- Richou (G.). — Chargement automatique des minerais sur navire, 13. — L’aqueduc de Serino et la distribution des eaux de Naples, 99, 179. — Les fondations des grandes piles du pont de Forth, 145. — Laboratoire ambulant pour l’essai des câbles électriques, 221. — Percement d’un tunnel sous la rivière Saint-Clair aux États-Unis, 401.
- Rolland (Georges). —Le Transsaharien, 333.
- Saporta (Antoine de). — Angles et distances, 59.
- Simont (Émile don) . — Le cimetière mérovingien d’An-drésy, 359.
- Stanley (II.-M.). — Les pygmées de l’Afrique centrale, 67.
- Tàlansilr (Ch.). — L’éventail du ballet le Rêve, à l’Opéra de Paris, 335. — Le carillon du billet le Rêve, à l’Opéra de Paris, 343.
- Teisserenc de Bort (Léon). — Les ouragans des 18 et 19 août 1890, 214.
- Tissandier (Gaston). — La photographie à la poudre-éclair de magnésium, 7. — David Napoli, 14. — Histoire de la brouette, 25. — Les prophéties scientifiques, 58. — La vélocipédie, 81. — Chambre noire de campagne, 93. — Charles Grad, 94. — L’exposition militaire du Ministère de la guerre en 1889, 119. — Les phénomènes météorologiques à travers les siècles, 122- — La cravate photographique, 164.
- — Roches à formes animées, 168. — Balance photométrique à base d iodure d azote, 219. — Les stations de montagne. Un refuge au Mont-Blanc ; un refuge au Mont-Perdu, 225. — Les ouragans des 18 et 19 août 1n90 L’ouragan du 19 août à Saint-Claude (Jura), 231, 24>, 329. — Le Vésuve en activité. 269. — la chimie de 1 amateur. Manière de percer un bouchon, 288. — Les aéros ats captifs de la marine française, 311. — Une chasse à courre reproduite par la photographie, 320. — Histoire des ballons, par Gaston Tissandier, 348. — L’art des projections, son histoire, 573.
- — Train de chemin de fer renversé par le vent, 588. — Le statoscope, 411. — Photographie en ballon, 416.
- Figuier (Dr C.). — Nouveau filet pélagique à fonctionnement automatique, 42.
- Villain (P.). — Le sous-sol de I'aiis, 266.
- Viré (Armand). — La vallée du Lunain, gouffres et fontaines, 115.
- Vitoux (G.). — L’anthopliagie, 202.
- X..., ingénieur. — Un manège électrique, 113. — Marine française. Le Cécille, croiseur à grande vite-se et à batterie couverte, 171 — Pendule astronomique universelle. 227.
- — Le similigraplie-nivcau, 245 — La mine et les mineurs, 323. — I ampe électrique de mines à accumulateurs, 355.
- — Le portéleclriquc. Nouveau système de transport pour les correspondances et les petits paquets, 404.
- Z.... (Dr). — La sauteuse de corde. L’élépliant mécanique, 223.
- — La lunette magnétique et la boetc aux nombres, 383.
- — La science piatique: Théière à versage automatique, 240. — La science au théâtre : La marche au plafond, 255.
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- TABLE DES MATIÈRES
- N. B, Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractèresf sont Indiqués
- dans notre table en lettres italiques.
- Astronomie.
- Électricité théorique et appliquée.
- L’éclipse de soleil du 17 juin 1890............ 21, 79
- Photographies lunaires (A. Frai-sinet)...................104
- Pendule astronomique universelle (X..., ingénieur' . . . 227
- Chute de neiire sur la planète Mars............- . 520
- La rotation du soleil....................................111
- Astronomie...............................................145
- Le giroscope de il/. Trouvé..............................207
- La nébu'euse de la Lyre..................................519
- La variation des longitudes..............................555
- La rotation de Vénus...........*....................551
- Physique générale.
- L’unité de pression (Ch.-Ed. Guillaume)..............
- Le polyphone Zigaug (E. Hospitalier).................
- La mesure des petites forces (E. Hospitalier)........
- Les projertions et l’enseignement (Albert Londe) . . .
- Les projections sléréoscopiques......................
- Balance photométrique à base d’iodurc d’azote (Gaston
- Tissandier).......................................
- Le similigraphe-nivcau (X..., ingénieur).............
- Les billes de billard................................
- La forme la plus economique de la lumière (E. H.) . .
- La pyrogravure (E. H.)...............................
- Un compteur à gaz monétaire......................
- Tension superficielle (F. Leconte)...................
- L’art des projections. Son histoire (Gaston Tissandier). .
- Le statoscopc (Gaston Tissandier)....................
- Le spectre normal du soleil..........................
- L’éclairage à Paris..................................
- Expériences sur les couleurs complémentaires . . .
- Valeur de l’éclairement de divers locaux.............
- Mirage en Algérie....................................
- La meilleure machine thermique.......................
- Un nouveau thermomètre ..............................
- Les températures élevées.............................
- Un nouveau photomètre................................
- Les effets de la chaleur sur les métaux..............
- Corps qui tombent en semblant monter.................
- Les variations de couleur de la grenouille...........
- Vibrations d’un fil de platine incandescent..........
- 75
- 177
- 195
- 218
- 219
- 215
- 240
- 261
- 270
- 511
- 558
- 573
- 411
- 14
- 30
- 31 110 111
- 158
- 159 190 223 239 354 552 415
- Les problèmes de l’avenir................................ 22
- L’éclairage électrique des navires (I. Laffargue). ... 45
- La sténotelé^raphie, système A. Cassagncs (L. Chenut) . 49
- Phonographe et sténographie.............................. 58
- Omnibus électrique....................................... 66
- Expériences d’électricité (J. Laffargde)...................112
- Un manège électrique (X..., ingénieur).....................115
- Les courants alternatifs à l’usine municipale des Halles,
- à Paris.................................................431
- Le cuivre clectrolylique (E. IL)...........................138
- Nouvelles applications de la distribulion de l’énergie électrique, par courants alternatifs transformés (E.
- Hospitalier.).......................................... 139
- Le prix de l’éclairage par les moteurs à gaz et les accumulateurs (J. L.).........................................155
- Les bateaux électriques de plaisance (E. Hospitalier). . 193
- La première exécution d’uu condamné à mort par l'électricité...................................................221
- Laboratoire ambulant pour l’essai des câbles électriques
- (G. Richou)............................................ 221
- Téléphonie entre Londres et Paris.........................243
- Éclairage électrique de Moritz dans l’Engadine (Suisse)
- (J. L.).................................................278
- Couples thermo-clectriques comme étalons de force électromotrice ...............................................295
- La traction électrique des bateaux sur les canaux . . . 298
- Lampe électrique de mines à accumulateurs (X..., ingénieur) ...................................................355
- Le télégraphe imprimeur en colonnes de M. Higgins. . 370
- Curieuse expérience téléphonique...........................371
- Les dangers de l’électricité..............................402
- Le portélectrique. Nouveau système de Iransport pour les correspondances et les petits paquets (X..., ingénieur). 404
- Production électrolytique de T aluminium.................. 31
- Abatage des arbres par T électricité.......................120
- L’Éleclrophonoscope........................................142
- Tannage électrique ........................................158
- La puissance des dynamos actuelles.........................191
- Éclairage électrique, .................................... 191
- Le téléphone entre Paris et Londres........................206
- Véclairage électrique de Collias {Gard)....................270
- Véclairage électrique à Berlin.............................287
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- TABLE DES MATIÈRES.
- Nouvel étalon électrique...............................
- Application de l’électricité au contrôle optique de la
- marche des machines.................................
- la lumière électrique et les insectes............
- Les messages téléphonés................................
- L'électricité en Amérique..............................
- Photographie.
- La photographie à la poudre-éclair de magnésium (Gaston Tissandier).....................................
- Photographies instantanées..................... 80,
- Chambre noire de campagne (G. T.)...................
- Photographies lunaires (A. Fraissixet)..............
- La photographie pratique. Construction d’un appareil d’agrandissement (H. Foürtier).........................
- La collographic rapide aux encres grasses. Procédé de
- M. Balagny (G. Maresciial).......................
- Exercices physiques. La vitesse d’un coup d'épée (G. De-
- HENv). ..........................................
- Une chasse à courre reproduite par la photographie (G. T.) Photographie de la nébuleuse de la Lyre (Contre-amiral
- Mouchez).........................................
- La photographie amusante. Le portrait multiple. . . . La locomotion dans l’eau étudiée par la photochronogra-
- phie (E.-J. Marey, de l’Institut)................. .
- Photographie en ballon..............................
- Photographie astronomique...........................
- La photographie des couleurs........................
- Nouvel appareil chronophotographique........... .
- Chimie générale.
- Un laboratoire de chimie au dix-septième siècle .... La poudre sans fumée. Les explosifs d’hier et ceux de
- demain (Maxims Hélène)..................... 17,
- L’industrie du chlore (A. IIéuert).................
- La méthylsaecharine (A. H.)........................
- Les engrais chimiques appliqués à la culture des fleurs
- (Albert Larbalétrier)...........................
- La chimie de l’amateur. Manière de percer un bouchon
- (G- T.).........................................
- L’analyse des vins (A. Hébert).....................’
- Fabrication du sucre en tablettes (L. Knab)........
- Minerai d'étain de formation actuelle..............
- Le cuivre et les pommes de terre...................
- Sur la réduction du sulfate de potasse.............
- Alun de bauxite....................................
- Les inosites.......................................
- Etude sur Lavoisier................................
- Propriétés thermiques de l’acide urique............
- Nouveau papier.....................................
- Nouveau désinfectant...............................
- Composition des phosphates sédimentaires...........
- Congélation delà viande............................
- Fabrication de l'ammoniaque au moyen de la houille.
- Un nouvel indicateur de fuites de gaz..............
- Pouvoir absorbant de la mousse de platine..........
- L’arbre à gutta-percha.............................
- Fabrication du phosphore...........................
- L’encyclopédie chimique............................
- Les couleurs de l’acier trempé.....................
- La fabrication du celluloïd........................
- Les sucres des champignons.........................
- Durcissement des objets en papier..................
- L’équivalent du fluor..............................
- L’acide azothydrique...............................
- Le rubis artificiel................................
- Le fluor natif.....................................
- Nouvelle variété de carbone........................
- Bleu de chrome.....................................
- Météorologie, — Physique du globe. Géologie. — Minéralogie.
- La vallée du Lunain. Gouffres et fontaines (Armand Viré) 11b Les phénomènes météorologiques à travers les siècles
- (G. T.)..............................................122
- Les cyclones de Dreux et de Saint-Claude...............198
- Le volcan de la Réunion................................211
- Les ouragans des 18 et 19 août 1890 (Léon Teisserenc
- de Dort). . .........................................214
- Les stations de montagne. I. Un refuge au Mont-Blasc (Haute-Savoie). IL Un refuge au Mont-Perdu (Hautes-
- Pyrénées). (G. T.)...................................225
- L’ouragan du 19 août à Saint-Claude (Jura) (Gaston
- -Tissandier)........................... 231, 243, 329
- Le lac de Mârjclen.................................234
- Les orages de l’été 1890.......................... 259
- Le Vésuve en activité (G.-T.)......................269
- Sur une trombe d’eau ascendante. Phénomènes très remarquables qu’elle présente (Daniel Colladon) . . . 275
- Orage à Marseille (Jacques Léotard)................278
- Le puits du fort Barrault (Général Cosseron de Ville-
- noisy)..........................................279
- Train de chemin de fer renversé par le vent (Gaston
- Tissandier).....................................588
- Le statoscope (Gaston Tissandier)................. 411
- Température des cyclones........................... 15
- Minéraux artificiels............................... 31
- Composition minéralogique de la porcelaine. ... 80
- Phénomènes magnétiques aux environs de Paris. . 127
- La prédiction dû temps........................ . 207
- Une éruption du Vésuve.............................259
- Géologie américaine................................271
- La mine la plus profonde du monde..................286
- Travaux du bureau central météorologique .... 287
- Sur la forme des éclairs...........................287
- Sur la foudre globulaire...........................302
- llôle du fluor dans les synthèses minéralogiques. . 303
- La pyroméride de Jersey............................319
- Guide du géologue dans le tertiaire parisien. . . . 319
- Mmes d'argent de Sardaigne.........................319
- Amélioration des terrains crayeux..................351
- Imitation artificielle des dendrites de manganèse. . 367
- Polissoirs néolithiques du Lunain..................367
- Les rideaux de la craie............................399
- Application des explosions gazeuses à la géologie
- expérimentale...................................415
- La tempête des 25-24 novembre......................415
- Seienees naturelle». — Zoologie. — Botanique.
- Paléontologie.
- Observations de mouvements propres chez une amarvlli-
- dée (Cunisset-Carnot)................................. . 5
- Le géant fossile de Castelnau (G. de Lapoüge)............. 11
- Palmiers en Portugal. Jubæa spectabilis (Ernest Bergman)....................................................... 40
- La culture du fraisier aux environs de Paris (Albert
- Larbalétrier)........................................... 55
- Le dryopithèque (Albert Gaudry)............................ 65
- Le pyrèthre en Californie.................................. 74
- L’amour maternel chez la forficule auriculaire ou perce-
- oreille (Albert Larbalétrier)........................... 74
- Les forêts en Tunisie.......................................106
- Le coursier du désert (J. Dvbowski)........................129
- Le narval et la licorne des anciens (E. Oustalet) . . . 134
- Les races de chiens (P. Mégnin)...................147, 545
- Le figuier de Roscoff (A. Mehaiid).........................484
- Amitié réciproque chez deux oiseaux (Perruche et stur-
- nidé) (II. Gadeau de Kerville)...........................492
- Les araignées (Félix Hésient)..................... 203, 295
- Les arbres remarquables. Le cèdre de Monligny-Len-coup..........................................
- 287
- 550
- 351
- 566
- 382
- 7
- 552
- 93
- 104
- 107
- 154
- 290
- 310
- 368
- 320
- 375
- 416
- 63
- 222
- 567
- 16
- 97
- 90
- 198
- 211
- 288
- 362
- 395
- 15
- 15
- 15
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- 47
- 47
- 48
- 62
- 79
- 80
- 111
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- 240
- 255
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- TABLE DES MATIÈRES.
- 425
- Nouvelle forme de miliiew(A. Picaud).................310
- La dissémination des plantes (V. Brandicouiit).........314
- Évolution biologique du type mammifère en Europe et
- en Amérique (L)r Lemoine)...........................380
- La station de zoologie marine d’Endoume à Marseille
- (Jacques Léotard)...................................389
- L’extermination des bisons en Amérique (Emile Car-
- taiuiac)............................................591
- Les modiiications de couleur chez les animaux. Le merle .
- blanc et la panthère noire (E. Ocstalet)............407
- Nouveau gisement de plantes fossiles................... 14
- La collection des mollusques au Muséum. .... 15
- Monstres animaux et végétaux........................... 15
- Le Jardin d'Acclimatation à Paris...................... 30
- Graminées pour la fixation des dunes................... 31
- Un camellia géant.............*...................... 31
- Etoiles de mer et bancs d.'huîtres..................... 47
- Destruction du kangourou............................... 47
- Les enchaînements du monde animal...................... 62
- Le laboratoire Ara go.................................. 62
- Sur la parenté des mollusques avec les annélides. . 94
- Les pédicellaires des oursins.......................... 95
- Diagnostic de la ladrerie bovine...............95, 127
- Nouvelle maladie de la pomme de terre..................128
- Pigeons voyageurs en Afrique...........................142
- Les brachiopodcs des mers profondes....................142
- La locomotion aquatique................................143
- L'étendue des forêts d’Europe..........................190
- Les abeilles dans le Holstein..........................207
- La respiration des insectes............................208
- Physiologie des familles des plantes...................223
- L’arbre à gutta-percha.................................255
- Les feuilles et les anesthésiques......................271
- La Société d’histoire naturelle d'Autun................287
- Dermatose parasitaire..................................287
- Fonction des fleurs . .................................319
- Le mélèze..............................................334
- Dimensions des séquoias de la Californie ..... 551
- L’autotomie............................................551
- Maladie des betteraves.................................352
- Les volailles destructeurs d'insectes..................566
- Sur l'embryon des néoméniens...........................382
- Les métamorphoses des mylabres.........................382
- Fixation de l’azote gazeux par les plantes.............398
- La paléontologie française.............................399
- Géographie. — Voyages d’exploration.
- Les voyages autour du monde (Jacques Léotard). . . 55 Les voyages autour du monde (Loris Decasips) . . 66, 82 Les pygmées de l’Afrique centrale (ll.-M. Stanley) . . . 67
- La caverne de Cacahunmilpa au Mexique................... 87
- La vallée du Lunain. Gouffres et fontaines (Armand Viré) 115 Le partage de l’Afrique et l’ile d’IIelgolaud (Gaiiriel
- Marcel)............................................ 125
- La ville de Chicago à propos de l’Exposition de 1895. Le canal des deux mers en Amérique (W. de Fonvielle). 151
- Les caravanes sahariennes (D. 15.)......................230
- Le lac de Miirjelen.....................................234
- Ascension du Mont-Blanc par M. Janssen..................257
- L’ascçnsion du Mont-Blanc par un touriste (Louis Olivier) 279 Catastrophes dans les Alpes. Deux drames au Mont-Cer-
- vin (W. de Fonvielle)................................305
- Le Transsaharien (Georges Rolland)......................353
- L’orientation des globes terrestres.....................374
- D’Europe en Amérique en trois jours et demi . . . 350
- Voyage en Sibérie.......................................414
- Anthropologie. — Ethnographie. — Sciences préhistoriques.
- Les pétroglyphes (Marquis de Nadaillac).................. 1
- Les instruments demusiqueaux Nouvelles-Hébrides. . . 52
- Les pygmées de l’Afrique centrale (H.-M. Stanley). . . 67
- Le musée de Boulaq et le musée de Giséh (G. Maspero). 199 Les Somalis au Jardin d’Acclimatation de Paris (Prince
- Roland Bonaparte)................................247
- Archéologie mexicaine. Le monument de la déesse de
- l’eau (Leopoldo Batres)..........................263
- Une poupée dans le tombeau d’une Romaine (E. Car-
- TATLHAC).........................................338
- Nankin ou Namking. Ses origines. Son histoire. Sa destruction. Sa renaissance (Dr Ern. Martin)................357
- Le cimetière mérovingien d’Andrésy (Émile don Simoni) 559
- Nouvelle grotte préhistorique....................... 63
- Le phoque du terrain quaternaire....................207
- Parque préhistorique. 255
- Mécanique. — Art de l’ingénieur. — Travaux publics. — Arts industriels.
- Locomotives de forteresse à quatre cylindres, type Pé-
- chot (L.-B.)........................................... 5
- La grande tour de Londres.........................6, 77
- Chargement automatique des minerais sur navires (G. Ri-
- chou) ................................................ 13
- Le plus grand volant du monde au point de vue de l’cm-
- magasinement de l’énergie............................. 23
- Histoire de la brouette (Gaston Tissandier).............. 23
- Le nettoyage des rues. La machine l’Hercule (Daniel
- Bellet)............................................... 38
- L’unité de pression (Cu.-Ed. Guillaume)................. 54
- Angles et distances (Antoine de Saporta)................. 59
- Le niveau d’eau à longue portée de M. Ch. Lallemand
- (A. Lallemand)........................................ 85
- Plus de hautes cheminée-’................................ 87
- L’aqueduc de Serino et la distribution des eaux de
- Géométrie de la règle et du compas (A. Pellet). . . . 103
- Fusil à gaz liquéfié......................................110
- Le diagrammomèlre du colonel Kozlolf (Edouard Lucas). 131
- Les coups de feu des chaudières à vapeur..............138
- Le prix de revient du cheval-heure et la consonne n ion
- du gaz avec les moteurs à gaz..........................139
- Les fondations des grandes piles du pont de tort h
- (G. R [chou)...........................................145
- Une réforme dans la construction des machines à vapeur
- puissantes (E. H.).....................................182
- Poulie à diamètres variables système Albaret (G. M «res-
- ciial).................................*...........185
- L’utilisation des chutes du Niagara (.1. L.)..............186
- La Rochelle et son nouveau port de La Pallice (Daniel
- Bellet)................................................187
- Viaduc de la Siagne(B.)...................................213
- Utilisation de la puissance motrice des marées............214
- Concours de vitesse de locomotives. Machine locomotive
- Crampton à chaudière Flaman (C. G.)....................234
- I e sous-sol de Paris (P. Yillain)........................266
- Le funiculaire de Belleville à Paris (Maxime Hélène). 285, 299
- Un nouveau dynamomètre (J. Laffargue).....................301
- Calculateur mécanique instantané de M. Troncet [G. Ma-
- reschal) ..............................................307
- Le chemin de fer de Buenos-Ayres à Yalparaiso .... 310
- La mine et les mineurs (X..., ingénieur)..................325
- Les forts de la Meuse et la métallurgie française (G. Bê-
- thuys).................................................341
- Yélocipédie nautieo-terrestre (P. Marcillac)..............369
- Moteur domestique à pétrole (J. Laffargue)................371
- Percement d’un tunnel sous la rivière Saint-Clair aux
- Etats-Unis (G. Riciiou)................................401
- Applications de l’aluminium à la construction des
- appareils de précision................................. 62
- Consolidation du sol......................................143
- Les presses mécaniques................................... 159
- Un morceau de granit monstrueux...........................255
- Le tunnel de Saint-Clair..................................286
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-
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- 426
- TABLE DES Al ATI È K ES.
- Une carte des chemins de fer de l'Europe sur papiers
- peint*...............................................560
- Sur l'éclatement des canons.............................3l8
- Physiologie. — Médecine. — Hygiène.
- L’exposition de l'élevage de l’enfance (F. Landrin). . . 26
- La mémoire des noms...................,........... 58
- La vélneipédie (Gaston Tissandier)...................... 81
- Morsure des lézards.....................................110
- Les fi aises au point de vue thérapeutique :Dr Le Rot
- d’Ètiolles)..........................................185
- L’anthophagie (G. Vitoüx). ............................20‘2
- Le Calha e/tulis (IF A. Cartaz).........................265
- Dermographie ou aulographi>me (Louis Gallet) .... 275
- Les exercices physiques. La vitesse d’un coup d’épée
- (Georges Demenv).....................................290
- Pansement extemporané pour chirurgie de guerre
- (Dr A. Cartaz)................................... . 307
- Les buveurs d’éther (Dr A. Cartaz)......................579
- Le traitement de la phtisie (Dr A. Cartaz)..............587
- La conservation des cadavres par les procédés galvanoplas-
- tiques (Dr Cartaz)...................................405
- L’autographisme chez les animaux........................ 50
- La ressemblance entre époux............................. 47
- Evolution de la phtisie................................. 48
- Traitement de la microcéphalie.......................... 79
- Les fraises au point de vue thérapeutique...............111
- Injection trachéale des médicaments chez l'homme. 128
- Une expérience de marche....................... 159, 222
- Traitement du black-root................................159
- Intoxication saturnine.................................1C.0
- Traitement de la tuberculose expérimentale. ... 191
- L'asphyxie par les obus.................................2*7
- Les essences contre la tuberculose......................503
- Les viandes américaines.................................595
- Rapports de la septicémie gangréneuse et du tétanos. 567 Traitement de lu goutte par l’électricité...............414
- Agriculture. — Acclimatation.—Pisciculture.
- Les arbres fruitiers et le sulfate de fer (D. P.) . . . . 26
- Nouveau filet pélagique à fonctionnement automatique
- (LF Yiguier)......................................... 42
- La culture du fraisier aux environs de Paris (Albert Lar-
- balétrier)........................................... 55
- La maladie des pommes de terre et le moyen de la combattre (Aimé Girard).................................. 69
- L’avoine dans l’alimentation de l’homme (Albert Larba-
- létbier)............................................. 86
- Nouvelle forme de mildcw (A. Picauii)...................510
- La culture truffière dans la Haute-Marne................ 50
- Nouvel ennemi de la vigne............................... 51
- Les raisins secs californiens........................... 47
- La multiplication des poissons.......................... 79
- L'ostréiculture à Roscoff............................... 79
- Analyse des sols au moyen des piaules...................126
- Epuisement des terres restées sans engrais .... 159
- Bouturage de la vigne...................................255
- La pomme de terre industrielle..........................415
- Art militaire. — Marine.
- La poudre sans fumée. Les explosifs d’hier et ceux de
- demain (Maxime Hélène)..........................17, 97
- Bateaux à vapeur de naplitc. Lnunches de MM. E cher
- Wyss (L. Knab)...................................... 55
- Les marines militaires. Cuirassés et cioiseurs anglais . 72
- Les colombiers militaires maritimes....................103
- Nouveaux navires cuirassés français....................119
- L’exposition militaire du Ministère de la guerre en 1889
- (G. Tissandier).....................................119
- Les constructions navales de la marine de guerre britannique .....................................................186
- Un bateau insubmersible. Le Nevcrsinh (L. Renard). . 229
- Le fusil Lebel et le nouveau fusil allemand (Maxime
- Hélène)..................................... 251, 531
- L’artillerie de marine de 1855 à 1889 (L. Renard) . . 290
- Un pont suspendu militaire (G. Hétiiiïs)..............321
- Les récents progrès de la navigation transatlantique. . 326
- Les marines militaires. Navire cuirassé italien Sardegna. 585
- t'e que coûte un coup de canon........................ 46
- Courses trnnsallentigues..............................270
- Le cuirassé russe « Divianatzat apostolov n. . . . 734
- Aéronautique.
- f.es aérostats captifs de la marine française (G. Tissan-
- meb)..................................................311
- Histoire des ballons par Gaston Tissandier (Gaston Tis-
- sandikr)..............................................348
- Ascension nocturne du ballon « Le Figaro ». . . . 78
- Les acrobat s-aéronaules.................................222
- Le s talions captifs à Paris.............................239
- Notices nécrologiques. — Histoire de la science.
- David N'apoli (G. T.).................................... 14
- Les prophéties scientifiques (Gaston Tissandier). . 38, 239
- F. Rrine................................................. 62
- Charles Grad (G. T.)..................................... 94
- Bordère................................................ 142
- Galissier................................................190
- Silvestri................................................206
- Gavairet.................................................222
- La statue de Gay-Lussac à Limoges........................241
- Ferdinand Mathias........................................234
- Le général du Temple.....................................398
- Godard (Eugène)..........................................398
- Le tricentenaire de la découverte du microscope . . 50
- Sociétés savantes. — Congrès et associations scientifiques. — Expositions.
- Académie des sciences (Séances hebdomadaires de F) par M. S. Meunier, 14, 31, 47. 62. 79, 94, 111, 126,
- 142, 159, 175, 191, 267, 222. 239, 255, 270, 287,
- 502, 319, 55i, 351, 367, 582................ 398, 415
- L’cxpnsilion militaire du Ministère de la guerre en 1889
- (G. Tissandier)......................................119
- Congrès des américanistes. Huitième session à Paris (Girard de IIialle)..................................... 338
- Science pratique et récréative.
- Un nouveau décapité parlant............................. 32
- Jouets scientifiques. Pistolet inoffensif à flèche pneumatique. La sauteuse de corde. L’éléphant mécanique.......................................... 128, 223
- Nouveaux penny-box .................................... 150
- Récréations mathématiques. Exercices sur la divisibilité des nombres. Sommes des nombres consécutifs et de
- leurs carrés (C.)........................... 42, 570
- Trucs de théâtre. La féerie des Pilules du Diable
- (G. Mareschal).............................. 48, 95, 155
- La science pratique. Trayon et canif mécaniques. La sûreté des lettres. Théière à versage automatique. Le vérificateur de monnaie. Sonnerie à un coup. Routon lumineux. Comment on cuit un œuf à la coque, G3,
- .................................208, 210, 304, 405
- La science au théâtre. Jeanne d’Arch lllippolrome de Pari«. la marche au plafond. L'éventail du ballet le Rêve à l’Opéra de Paris. Le caribou du ballet le Rêve à l’Opéra de Paris. L’illusion par les toiles métalliques.
- ...................... 125, 255, 535, 343, 399, 413
- Physique sans appareils. Le jet d’eau. Filtre économique ......................................... 143, 169
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- TABLE DES MATIÈRES.
- 427
- Récréations scientifiques. La toupie magnéto-électrique.
- La lunette magnétique et la boële aux nombres. 176, 383
- Le jeu «les couleurs....................................293
- Les images mouvantes.................................35i
- Variétés. —- Généralités. — Statistique.
- Le cinquantenaire de la réforme posta'c anglui-e(E. 11.) 10
- Les autographi s de La Nature. M. Carnot. 31. Jules
- Simon..........................................16, 94
- Les fêtes publiques (A. Bergehet)....................... 55
- Les sources de napbte à Bakou........................106
- Un concours d’architecture moderne. . ...............258
- Une mine exploitée par les mineuss. La concession de
- Riancé (Alfiuju Re.nouard)...........................‘50
- La taille des silex (G. Bei.ot).........................299
- La mine et les mineurs (X..., ingénieur)...........323
- L'écriture microscopique...........................159
- Une source au fond de la mer.......................158
- Le mal de cœur en ascenseur..........................190
- Le fisc et les phonogrammes......................... 206
- L'indication des rues par la lumière électrique . . 207
- l'heure universelle..................................207
- Les éléphants dans les scieries de l'Inde.......239
- Nouvelle notation musicale...........................239
- Scaphandre à l’mage des pompiers.....................239
- Les rails en fer et en acier aux États-Unis..........254
- Les raisins secs serbes..............................286
- Le stock des diamants du monde ...... ... 350
- Le saumon frigorifié.................................351
- Pavage non glissant..................................351
- Le pétrole en France.................................382
- Le gibier à Paris....................................395
- FIN DES TABLES
- «
- <v
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-
- ERRATA
- Page 18, col. 2, ligne 54
- ligne 55
- Page 60, col. 2, ligne 5 et
- Page 151, col. 1, ligne 59
- Au lieu de : Dinitrocelluloses C°II9(Az0a^0s
- Il faut : Dinitrocelluloses, C°ll8(Az02)203.
- Au lieu de : Trinitrocelluloses, C6H,J(Az02)303,
- Il faut : Trinitrocelluloses C6H7(Az02)303.
- 6 en remontant.
- Au lieu de : Si aucun segment de la ligne A ne fait avec la direction de la ligne B.
- Il faut : Si aucun segment de la ligne B ne fait avec la direction de la ligne A.
- suivantes en descendant.
- Au lieu de : 11 n’y a que de petits navires qui, dans des circonstances favorables,puissent remonter jusqu’à Montreal, la capitale du Haut-Canada.
- Il faut : Le fleuve Saint Laurent est aisément navigable en amont de Québec jusqu’à la
- Page 206, col. 2, ligne 25
- Page 222, col. 2, ligne 26 Page 251, col. 1, ligne 35 Page 275, col. 1, ligne 15
- Page 569. Légende de la fi
- Paris — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- ville des Trois-Rivières, où le fleuve s’étend en un grand lac peu profond. Mais les grands steamers peuvent remonter jusqu’à Montréal, après avoir laissé à Québec les voyageurs et une partie de la cargaison.
- Au lieu de : en microfarads.
- Il faut : et sa capacité en microfarads.
- Au lieu de : M. Bouchard.
- Il faut : M. Bourgeat.
- Au lieu de : 1er janvier.
- Il faut : 1er février.
- Au Heu de : Revue scientifique.
- Il faut : Revue générale des sciences. pire.
- Au lieu de : (D’après une photographie de l’auteur).
- Il faut : (D’après une photographie de M. Ludovic Duplessis).
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- Supplément an numéro 888 de LA NATURE, du 7 juin 1890
- (U,1».™*) 580e BOITE AUX LETTRES ( )
- 1,^». lettres et communications relatives à la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à H. Gaston TISSANDŒR
- SO, rue de Ch&teaudun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- a LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour ce qui concerne les moteurs à essence de pétrole décrits dans le n° 886, du 24 mai 1890, et au sujet desquels plusieurs de nos lecteurs nous demandent des renseignements, s’adresser à M. Forest, constructeur, 76, quai de la Râpée, à Paris.
- M. A. M., à X.; M. de la V., au château de la Frette (Isère). — Les fabricants-constructeurs de l’écremeuse Jônsson sont MM. Bur-meister et Wain, à Copenhague.
- M. l’abbé Lemonnier, professeur au petit séminaire, à Rouen, nous informe que, d’après un de ses élèves originaire des environs de Beyrouth, les caractères orientaux que nous avons publiés dans notre "précédente Boîte aux lettres, seraient de l’arabe éci'it par un Libanais peu lettré, et rendu quelque peu méconnaissable par des fautes d’orthographe et de syntaxe. Notre correspondant nous donne la traduction au passage que nous avons publié. — M. le DT Nasser, à Saint-Uze (Brome) a donné la lettre à un de ses amis qui sait l’arabe, et dont la traduction est*absolument d’accord avec celle de M. l’abbé Lemonnier. M. le Dr Nasser nous donnera la traduction complète de la lettre que nous lui adressons sur son aimable demande. — Nous analysons les réponses diverses que nous avons reçues d’autre part, et cela à titre d’accusés de réception. — Un lecteur, à Paris, a cru reconnaître un patois égyptien. — M. M. P. B., à Lille; M. G., à Saint-Estèphe ; M. A. M., à Paris; Un vieux lecteur, ont pensé qu’il y avait là des caractères de fantaisie ou de sténographie. — M. P. Ræderer, à Paris, nous adresse, d’autre part, une curieuse brochure des spécimens en 296 langues d’un passage de la Bible. Quelques-uns des caractères de cette brochure, éditée par la Société biblique, ressemblent à ceux de notre lettre, les caractères malais notamment. —- M. E. H., à Bruxelles, a cru reconnaître des caractères d’une écriture persane.
- M. V. Carlier, à Cambrai. — La Compagnie centrale Edison, 8, rue Caumartin, à Paris, vous renseignera au sujet des poupées phonographiques.
- M. *4. Steenberg, à Copenhague. —-Nous n’avons pas reçu votre lettre avec dessins et description annoncés.
- M. Guyard Souet, à Levroux. — Vous faites erreur : l’intensité du courant est la même dans tous les points du circuit. Dans le premier cas, la résistance étant plus grande, l’intensité est plus faible, et les électros ne peuvent s’aimanter.
- M. Ch. Fouquet, à Paris. — 1° Pour la reproduction photographique des tableaux, il faut une longue pose de deux ou trois minutes avec un petit diaphragme. — 2° L’obturateur Londe-Des-soudeix donne de bons résultats.
- M. G. G. Lones, à Bucharest. — Il ne serait pas impossible de réaliser un appareil de ce genre.
- M. Seignobos, à Andrezieux. — Nous ne pouvons répondre qu’aux demandes relatives à des renseignements scientifiques.
- M. Bernardo Camarale, à Lisbonne. — Nous ne nous rappelons pas avoir traité ce sujet.
- M. E. Lundberg, à Stockholm. — Nous publierons prochainement une recette qui vous donnera satisfaction.
- Un abonné, à Gènes. — Il n’existe pas à Paris de journal analogue à celui que vous mentionnez.
- M. A. Nicoldidis, à Paris. — 1° On essaye actuellement, à Londres, d’établir des machines de 10 000 chevaux par courants alternatifs. — 2° et 3° Nous ne comprenons pas vos questions.
- M. Petilberghien, à Meung-sur-Loire. — Vous pouvez nous adresser les photographies dont vous parlez; nous verrons s’il y a lieu de signaler le sujet dans La Nature.
- M. H. Th eunis, à Bonnières. — Nous ne connaissons pas ces plaques; nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. Estienne, à Valence. — Adressez-vous à M. Deyrolle, naturaliste, 46, rue du Bac, à Paris.
- Cercle de l’Union, à Luçon. — 1° Cette voiture est réellement pratique; elle gravit les rampes. — 2° 11 y a des dégagements de vapeur. — 5° Beaucoup de vrai dans l’article.
- M. L. Blanchard, à Grenoble. — 1° Il faut calculer la longueur du pendule, en connaissant la valeur de l’accélération due à la pesanteur
- en ce lieu. La formule est t = tz < /-. — 2° Le centre de gravité
- V g
- du corps. — 5° Consultez Y Annuaire du bureau des longitudes.
- M. José Avelino, à Povoa-Varzim. — La description de cette pile nous est inconnue.
- M. V. Dagnan, à Paris. — Nous allons essayer la disposition de pile que vous nous signalez, et nous la décrirons s’il y a lieu.
- M. J. Pciuthe, à Salon. — Demander ces renseignements à M. Cl. Saunier, rédacteur en chef de la Revue chronométrique, 154, rue Saint-Honoré, à Paris.
- M. A. de Mortemer, à Paris; M. H. Berbinau, à Duras. — Nous vous donnons satisfaction dans le présent numéro, en tête de la Boîte aux lettres.
- Un lecteur, à Soissons; L’abonné 1098, à Albenga; M. E. Vogel-sang, à Mulhouse; M. F. Darcy, à Paris. — Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. B. C., à Paris. — 1° Faire l’essai. — 2° Chez les marchands de produits chimiques. — 3° Pas de moyen plus simple que l’éclair magnésique. ^
- M. Bernard, à Evreux. — Il y a un livre sur les jeux publié à la librairie Hachette ; vous y trouverez la règle du Lawn-Tennis.
- M. Olier, à Montpellier. — 1° Vous pouvez utiliser cette machine à L'éclairage, en employant des lampes à incandescence de faible voltage (lampes Gérard) appropriées au voltage de la machine; dans le cas contraire, il faut changer l’induit, et modifier l’inducteur. — 2° Nous ne savons pas.
- M. E. Trossino, à Châteauroux. — L’appareil ainsi disposé ne saurait fonctionner; en vertu du principe de la conservation de l’énergie, l’eau ne pourra être remontée dans le deuxième récipient.
- M. C. H. A., à Elvas. — 1° Chlorure double de platine. — 2° Tremper le tissu dans une solution d’azotate d’argent.
- M. M. 47, à Saint-Malo. — 1° Pour enduire le parquet, employer de l’encaustique, formée de cire jaune délayée à chaud (bain-marie) dans l’essence de térébenthine. — 2° M. Gillet, ingénieur, 32, boulevard Henri IV, à Paris.
- M. P. B., à Angers. — Nous regrettons de ne pouvoir vous fournir ces renseignements.
- M. H. Gascon, à Alger, — L’adresse est donnée en tète de la 578’ Boîte aux lettres.
- M. E. Mégnin, à Beaucourt. — Nous décrirons prochainement un système analogue, mais plus complet. Remerciements.
- M. F. Têtard, à Saint-Christophe-Gonesse. — Consultez le For-midaire pratique de l’électricien. (G. Masson, éditeur.)
- M. A. L. D., à Paris. — 1° Société anonyme d'électricité, 39, avenue Marceau, à Courbevoie. — 2° Moteurs Bénier, rue des Pyramides.
- M. F. V., à Mèze. — Pour charger 10 accumulateurs en tension avec une dynamo compound donnant 55 volts, il suffit d’enlever l'enroulement série sur les inducteurs, c’est-à-dire d’attacher votre circuit extérieur directement aux balais. La machine sera alors shunt, et vous pourrez sans crainte charger des accumulateurs, ce que l’on ne peut faire avec une machine compound sans mettre dans le circuit un appareil disjoncteur. H est bien entendu que la machine ainsi disposée donnera une force électromotrice moindre que dans le premier cas ; c’est, du reste, ce que vous demandez. Vous pourriez aussi vous contenter de mettre en circuit une résistance suffisante; mais il vous faut alors un disjoncteur ou un conjoncteur-disjoncteur.
- M. E. C., à Paris. Vous pouvez, en effet, employer du fil de fer, mais il faut avoir soin de le sectionner en plusieurs circuits >arallèles, et d’isoler les spires les unes des autres par de la gomme aque.
- Mm’ J. S. de P., à Paris. — Il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, de faire disparaître l’odeur des vêtements de caoutchouc.
- M. C. Serin, à Paris. — Nous avons donné plusieurs formules d’encres à copier dans les petits livres des Recettes et procédés utiles et de la Science pratique. (G. Masson, éditeur.)
- L’abonné 1087, à Arles. — 1° et 2° Vous trouverez ces ouvrages aux librairies Delagrave ou Delalain, à Paris. — 5“ Employer le jus de tabac.
- M. E. Brunei, à Rouen. — Il est bien préférable que vous vous procuriez le tableau ; nous n’avons pas, du reste, les renseignements que vous nous demandez.
- M. L. Remy, à Brest. — Remerciements pour votre communication.
- M. A. Langerat, à Bordeaux. —- M. H. Lachambre, aéronaute, 24, passage des Favorites, à Paris-Vaugirard.
- M. M. C., à Issoire. — Adressez-vous, pour renseignements, à M. E. Pinedo, statuaire réducteur, 40, boulevard du Temple, à Paris.
- M. A. Lantz, à Mulhouse. — L’auteur de la méthode de dessin est mort ; mais vous pouvez vous adresser à sa sœur, M"e Jacquot, à Remiremont (Vosges).
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- COMMUNICATIONS DIVERSES
- BIBLIOGRAPHIE
- Un jeu de patience. — Le jeu que nous allons faire connaître et qui paraît très simple, fait quelquefois chercher assez longtemps la personne à laquelle on le propose; il consiste à placer quinze
- A
- 1 i
- C
- allumettes sur une table dans l’ordre indiqué par la figure ci-dessus. Cela fait, prier quelqu’un d’enlever trois allumettes tout en laissant trois carrés intacts. Pour résoudre le problème, il suffit d’enlever les allumettes A,B,C (voyez la figure). G. Soubiroc, à Romans.
- Une croix dans un rectangle. — Dans la 572e Boîte aux lettres (n° 880, du 12 avril 1890), vous avez indiqué le moyen de faire une ' croix avec six morceaux de carton ou de métal. En donnant à la croix une forme un peu plus allongée, on peut arriver à faire avec les six
- morceaux élémentaires soit une croix (fig. 1), soit un rectangle (fig. 2). Les numéros de nos figures correspondent. Il est à remarquer que le morceau n° 6 dans la figure 2 est plus large que chacun des morceaux 1 et 2, qui sont placés en diagonale dans la figure 1. C’est, je crois, cette différence qui est cause de la difficulté que l’on éprouve à reconstruire la croix. Enfin, pour avoir le rectangle parfait, il faut que l’on ait : ab=cd. Ces remarques m’ont paru mtéres-’ santés et j’ai cru bon de vous les transmettre.
- Gaston Audistère, étudiant, à Paris.
- Cerceaux métalliques. — M. Doublier, fabricant à Paris, 21, avenue du Maine, nous adresse un spécimen des cerceaux d’enfants qu’il construit et qui nous a paru bien conçu. Ce cerceau est en métal très léger, garni d’une bande de caoutchouc à la façon des roues de vélocipède. Il y a là une nouvelle application du caoutchouc, assurément fort ingénieuse.
- Pensées. — M. Bugnot, opticien à Saint-Brieuc, nous adresse de magnifiques pensées, spécimen des échantillons qu’il cultive. Ces pensées sont remarquables non seulement par leur coloris et leurs macules veloutées, mais encore par leur grandeur. Nous en avons relevé quelques-unes qui n’ont pas moins de 7 centimètres de diamètre. Dans un concours qui a eu lieu à Boston en 1888, les pensées Bugnot ont été classées premières sur quinze concurrents Français, Anglais, Belges et Allemands. — Nous remercions notre correspondant de son charmant bouquet.
- Traité de physique industrielle. Production et utilisation de la chaleur, par L. Ser, avec la collaboration de MM. L. Carette et E. Herscher. Tome II, Impartie. Chaudières à vapeur. Distillation. Evaporation. Séchage. Désinfection. 1 vol. in-4°. G. Masson, éditeur. — Paris, 1890.
- Cet ouvrage est la continuation du grand traité de chaleur que M. L. Ser avait entrepris. L’auteur est mort avant d’avoir pu achever son œuvre; mais elle a été reprise par quelques-uns de ses amis et de ses anciens élèves qui ont utilisé les notes laissées par M. Ser, et qui y ont fait les additions nécessitées pr l’Exposition de 1889. Le présent volume contient la description méthodique de presque toutes les chaudières actuellement connues : chaudières à grand volume, chaudières tubulaires, chaudières à vaporisation rapide. Il nous donne également de précieux renseignements sur les réchauffeurs, sur la construction des chaudières, sur les appareils accessoires de sûreté, d’alimentation et de prise de vapeur. Des chapitres spéciaux sont consacrés à l’eau entraînée par la vapeur, aux incrustations, aux défauts et altérations des chaudières, aux accidents et explosions, aux règlements. Comme on le voit par cette simple énumération, les grandes question®, industrielles, touchant la production de la vapeur, sont largement traitées. L’ouvrage sera donc consulté avec fruit, non seulement par les ingénieurs compétents, mais encore par tous ceux qui désirent se tenir au courant des progrès de la science appliquée. Signalons, en terminant, les études spéciales que contient le livre, sur la distillation, l’évaporation, le séchage et la désinfection.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Restauration des vieux tableaux.
- Les altérations des tableaux à l’huile proviennent de plusieurs causes : 1° le tableau est enfumé, 2° les toiles sont encroûtées ou bosselées en certaines parties. Nous allons indiquer, d’après le Dictionnaire de la vie pratique à la ville et à la campagne, de Belèze, les principaux remèdes à apporter dans chacun de ces cas. Quand un tableau est devenu sombre et enfumé, il faut le dévernir. Il s’agit alors de distinguer si le vernis employé a été un vernis à l’essence, ou si le tableau a été verni au blanc d’œuf pur. Si le vernis est un vernis à l’essence, on peut dévernir à sec, ou à l’eau-de-vie. Pour, dévernir à sec, on pose le tableau à plat sur une table, puis on met de la colophane en poudre sur un des coins du tableau, et l’on frotte, avec les doigts d’abord une des parties les moins importantes, en gagnant peu à peu et de proche en proche, jusqu’à ce que le vernis soit enlevé. On retire alors la poussière très doucement à l’aide d’un plumeau, en ayant soin de la promener lentement sur le tableau. Si on dévernit à l’eau-de-vie, d suffit de prendre un linge propre imbibé d’eau-de-vie, et d’humecter légèrement une partie de la toile sans frotter. Quelques instants après, on lave avec une éponge et de l’eau fraîche et pure. On continue la même opération sur toute la surface du tableau; on essuie avec un linge fin et sec, et on laisse sécher avant de passer le nouveau vernis. On peut également employer une solution de sel de tartre, d’abord faible, puis déplus en plus concentrée, une solution de borax, une eau de chaux pure. La potasse, le savon peuvent être utilisés, mais avec réserve. Un obtient aussi une bonne eau à nettoyer en mélangeant du sel ordinaire à une eau, de savon, ou en mélangeant 2 parties d’alcool rectifié avec I partie de térébenthine ou d’huile d’aspic. Les tableaux non vernis se nettoient avec de l’eau-de-vie, du vinaigre, ou de la farine délayée dans une eau de chaux. Pour les tableaux vernis au blanc d’œuf, il> faut avoir recours à l’huile de lin. On frotte la toile avec cette huile, et on la laisse imbiber pendant 2 heures environ. On passe alors une couche d’esprit-de-vin qui enlève l’huile et le blanc d’œuf. Pour les tableaux recouverts d’un enduit gras, on opère de la même façon, mais de préférence en été, et on laisse la couche d’huile pendant une quinzaine de jours, en ayant soin de la renouveler de temps à autre. Dans le cas où les tableaux offrent des bosses creuses et rentrantes, il faut en repasser à l’envers avec un fer modérément chaud les parties endommagées. On pratique ensuite une légère incision dans la toile, puis on colle sur le revers un peu de charpie appuyée sur un fragment de vieille toile, et par-dessus on retouche le tableau avec un ton semblable à celui qui existait. Si les toiles sont crevassées et trouées en de nombreux endroits, elles doivent être rentoilées.
- La Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères au service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser à l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rue de Fleurus.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 732e BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA
- d’après LES OBSERVATIONS DE M. RENOU (parc DE SAINT-MAÜRj altitude : 49 M. 30)
- NATURE
- Mai-Juin 1890. — Semaine du lundi 26 Mai au dimanche 1er Juin 1890.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de M. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE ! P. Q. LE 20 A 10 H. 44 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 26 mai 12*,7 N. 2 Couvert. 0,0 Couv., pluie à plus, reprises.
- Mardi 27 , 9”,9 N. 2 Couvert. 1,5 Pluie; gouttes à 16-17 h.
- Mercredi 28 10»,6 N. 4 Quelq. nuages 0,0 Peu nuag., beau après 20 h.
- Jeudi 29 10»,3 N. N. W. 2 Quelq. nuages 0,0 Quelq. nuages jusq. 7 h., nuag. ensuite.
- Vendredi 30 11»,9 W. S. W. 3 Presque couvert. 0,0 Quelq. éclairs jusq. 8 li., couv. ens.; qqf. des gouttes.
- Samedi 31 10», 5 N. N. W. 2 Nuageux., 0,1 Nuag. le m., peu nuag. le s.
- Dimanche l"juin.. . . . 9»,2 N. 2 Beau, 0,0 Nuag. de 14 à 18 li., beau av. et ap.'Gelée blanche. Minimum au ras du sol, — 3°,3.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Un éboulement de montagne dans l’Aveyron. — On nous ; informe de Rodez, à la date du 30 mai, qu’un curieux phénomène vient de s se produire non loin des villages de Saint-Jean-des-Fonts et d£ Saint-Jean-et-Saint-Paul, canton de Cornus (Aveyron). Les habitants de cette région ont entendu soudain, en plein jour, un bruit insolite. Le sol a tremblé sur une (étendue de plusieurs kilomètres et un grondement effroyable s’est fait entendre. Quand ce phénomène eut pris fin, plusieurs personnes, revenues de leur stupeur, se hasardèrent timidement à parcourir la campagne pour se rendre compte de ce qui s’était passé. Ils trouvèrent, dans une vallée profonde, un amoncellement gigantesque de rochers et de terres éboulées. Une montagne entière s’était effondrée et ses débris avaient roulé d’une hauteur de 150 mètres, recouvrant un bois et une prairie de plusieurs hectares. Le cube des terrains détachés est considérable. On , put alors comprendre les gronde-
- ments terribles entendus, et les fortes trépidations du sol ressenties. Ce que l’on n’explique pas encore sûrement, c’est la cause du cataclysme.
- La foudre <1 NniiitSiihin, près d’Elbeuf. — M. le D1 Grosclaude, à Elbeuf, nous écrit que le 25 mai, vers 4 heures de l’après-midi, un violent orage a éclaté à Saint-Aubin, près d’Elbeuf. La foudre est tombée sur une maison particulière possédant un paratonnerre qui avait été réparé dans ces derniers temps. Mais on avait oublié d’isoler la tige du paratonnerre de son support. La foudre, en tombant, a suivi le zinc de la toiture, est entrée dans une cheminée, et dans une chambre où elle a mis le feu à un placard à linge. Elle a ensuite suivi le fil d’une sonnerie, en volatilisant le cuivre en certains endroits, et laissant l’isolant presque intact, puis est passée au sous-sol, dans la cuisine, où elle a été se perdre dans un mur. On n’a eu aucun accident de personne à déplorer. A 40 mètres de la maison, un lapin est devenu aussitôt aveugle, et a été pris de tremblements convulsifs; un autre a été tué raide à environ 400 mètres de la maison.
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- Supplément au numéro 889 de LA NATURE, du 14 juin 1890
- 581e BOITE AÜX LETTRES ( mÏT» )
- Les lettres et communications relatives à la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à M. Gaston T1SSANDIER
- SO, rue de Chftteaudun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu gu aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- M. Paul Pinchon, à Sétif (Algérie), a eu l’obligeance de montrer au Cadi de sa localité l’autographe que nous avons publié dans notre avant-dernière Boîte aux lettres. Le Cadi a déclaré que c’était de l'arabe « peu lisible » a-t-il ajouté. — M. Dinkha, missionnaire lazariste professeur de turc, àZeitinlik près Salonique; M. Arsène Arsé-nian, à Constantinople; M. Angelo Sayegh, à Livourne; M. P. €. Wotruba, de la part du Rév.. P. Schmidt, professeur au Colle-gium Marianum à Theux (Belgique), nous donnent d’autre part la traduction de ce document. Il est écrit en langue arabe ; les linguistes que nous avons consultés à Paris n’auront pas réussi à le déchiffrer, car cette écriture à la main est un peu difficile à lire; M. le Dr Nasser, à Saint-Uze (Drôme), nous donne enfin la traduction complète de la lettre que nous lui avons envoyée sur sa demande, et qui, chose singulière n’est pas destinée à La Nature. C’est un jeune Libanais qui écrit à son oncle, au Caire.L’adresse, écrite de l’écriture dont nous avons donné le spécimen, a été traduite à la joste par ces mots : Journal La Nature, à Paris. Nous renvoyons la ettre à destination au Caire. — MM. P. P., à Paris ; Philippe Breton, à Grenoble; Daoud, à Auch; Jeaugon, à Tournus, Khalec, petit-fils d’Alb-el-Kader, à Paris, Trebor à Bucharest, etc., nous donnent diverses explications au sujet de cette lettre. Nous remercions nos correspondants de l’empressement avec lequel ils nous ont renseigné.
- M. P. Piequet, à Reims, nous adresse de petites piles voltaïques pour usage dentaire ; elles sont composées de rondelles de zinc et de cuivre reliées entre elles. Les deux surfaces s’appliquent contre les dents malades; la douleurestbientôtcalmée,paraît-il. — Notre correspondant nous envoie d’autre part un certain nombre de pièces d’argent fausses de Cochinchine; nous avons déjà signalé cette fraude dans la Boîte aux lettres. La pièce d’argent est évidée au centre, et le métal précieux est remplacé par un alliage de peu de valeur.
- M. Quercy, à Gamat. — Vous trouverez la description complète des fontaines lumineuses de l’Exposition universelle de 1889 dans le n° 854, du 25 mai 1889, p. 496. La notice est signée de notre regretté collaborateur David Napoli.
- M. Caputo, à Naples. —1° Scientific American : MM. Munn et C°, publishers, 361, Broadway, New-York. — 2° L’adresse est exacte. — 5° Veuillez nous indiquer la manière de préparer le papier.
- M. Maydelle Legras, à Saint-Denis (île de la Réunion). — Nous publierons votre petit jeu. Remerciements.
- M. J. Plassard, à Paris. — Il est préférable de garder les deux solutions séparées.
- M. X., à Z. — Il faut faire l’analyse hydrotimétrique de l’eau; voyez le chapitre des Eaux dans les traités de chimie, et notamment le Dictionnaire de Wurtz.
- M. J. Bisson, à Bourges. — Nous avons entendu dire en effet qu’en Angleterre on se servait de l’ozone pour décolorer les vernis ; mais nous n’avons pas de renseignements sur l’opération industrielle.
- M. G. Rathelot, à Marseille. — S’adresser à M. Tramond, 9, rue de l’Ecole-de-Médecine, à Paris.
- M. E. Fromentault, à Casteljaloux. — 1° Il serait nécessaire d’effectuer des essais de laboratoire pour vous répondre; nous ne le pouvons pas. — 2° Ouvrages très nombreux, voyez chez les divers éditeurs. — 3° A la librairie Masson.
- M. Raynaud, à Paris. — L’adresse à laquelle on peut se procurer le presto-colleur a été indiquée dans la 575e Boîte aux lettres (n° 885, du 3 mai 1890).
- M. Th. Foucault, à Paris. — L’appareil est trop spécial pour être décrit; agréez nos remerciements.
- M. E. Duval, à Suresnes. — Vous trouverez ces adresses dans le Dictionnaire de Bottin. Il y en aurait trop à vous donner ici.
- M. E. C., à Paris. — 1° Un appareil de ce genre peut avoir de l’intérêt; mais il y aura toujours une limite de compression. — 2° Il y a déjà eu des applications de l’air comprimé aux tramways. — 5° Calculs trop longs pour qu’il nous soit possible de les entreprendre.
- M. Boymotid, à Paris. — Tous nos remerciements pour votre intéressante communication.
- M. Pictor, à Lyon. — Nous avons donné une recette pour nettoyer les vieux tableaux dans notre dernière Boîte aux lettres.
- M. F. Ch. Kœchlin, à La Haye; M. A. B., à La Rochelle; M. J. Z., à Laon. — Nous publions un article sur l’éclipse dans le présent numéro.
- M. B., h Pau. — 1° Non. — 2° On devrait prendre un nombre considérable d’éléments. — 3° Il serait préférable d’avoir des accumulateurs, en nombre variable suivant la résistance du métal.
- M. A. Leroy, à Paris. — L’organisation d’un laboratoire de pho-
- tographie a été décrite dans le n° 745, du 10 septembre 1887, p. 227.
- M. A. Drunez, à Paris; M. H. A., h Morlaix. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. Â. Bucquet, à Bléré. — Le fabricant du monocorde est indiqué dans les Annonces du n° 888 de La Nature.
- M. M. Lovens, à Liège. — Adressez-vous au Journal d'hygiène qui a parlé de l’appareil.
- M. de V., à Verdun. — A été décrit dans La NaUu-e; voyez le n° 814, du 5 janvier 1889, p. 95.
- M. E. B. M., à Cherbourg. — Nous vous conseillons de faire des essais de cette pile, avant d’en faire l’acquisition.
- M. Colens, à Bruxelles. — Il faut ajouter le caoutchouc peu à peu en ayant soin de bien agiter.
- M. S. Novikoff, à Naples. — 1° Prenez du cuivre rouge ou du maillechort. — 2° Nous ne pouvons vous indiquer de prix, même approximatif.
- M. E. N., à Poitiers. — Il s’agit d’une graisse spéciale vendue à cet effet ; les compositions sont assez variables.
- Un lecteur, à Orléans. — Il faudrait faire l’analyse de la substance pour vous indiquer sa nature. ,
- M. E. Alinot, à Paris. — Vous pourrez vous procurez ces substances chez les marchands de produits chimiques.
- M. G. L., à Paris. — Chauffer légèrement le verre, et frotter avec un chiffon imbibé d’essence de térébenthine.
- M. le Dr Tournié, à Escales. — 1° La fabrication n’est pas encore organisée. — 2° Consultez le chapitre de Courbes usuelles dans les traités de géométrie. — 3° Non. — 4° Voyez aux Amionces.
- Un abonné parisien. — Nous regrettons de ne pas connaître la comjiosition de ce produit.
- M. J. Monclus, à Barcelone. — 1° Non. — 2° Consultez les petits livres des Recettes et procédés utiles et de la Science pratique. (G. Masson, éditeur); prix, 2 fr. 25. — 3° Adressez-vous, 70, rue de Rivoli, à Paris.
- M. J. Leroy, à Nantes. — La description d’une machine dynamo élémentaire que l’on peut construire soi-même se trouve dans le petit livre de la Science pratique indiqué ci-dessus (nouvelle édition).
- M. L. Vialet, à La Ciotat. — C’est bien du phosphure de calcium, qui, au contact de l’eau, donne de l’hydrogène phosphoré spontanément inflammable.
- Un lecteur, à Toulouse; M. A. T., à Nîmes; M. le Dr Bourroul, à Ipanema; M. E. P., à Anvers; M. G. Henry, à Mézières. — Adressez-vous aux grands libraires de Paris. Il existe une quantité de traités sur ces questions ; il nous est impossible d’en désigner un en particulier.
- M. G. L., élève au lycée Saint-Louis. — Remerciements pour votre communication qui sera publiée prochainement.
- M. Mingaud, à Nîmes. — Votre observation est juste; on confond souvent la cigale avec la sauterelle, certains illustrateurs de La Fontaine notamment. Nous transmettons votre lettre au constructeur,
- M. P. Leturque, à Orléans. — La disposition de siphons pour vider des touries fonctionne bien ordinairement. Vous pouvez encore adapter à l’extrémité du bouchon un tube légèrement recourbé, et mettre la tourie sur un appareil spécial construit par M. Serrin; cet appareil appelé vide-tourie, permet d’incliner facilement la tourie et de la vider à volonté; il se trouve chez tous les marchands de produits chimiques ; il faut avoir soin de l’élever un peu au-dessus du sol.
- M. P. Gros, à Cluny. — Remerciements pour votre envoi que nous utiliserons prochainement.
- M. de Castelet, à Paris. — Nous n’avons pas vu l’expérience dont vous parlez ; nous ne pouvons pas encore vous renseigner.
- M. A. P., à Arcachon. — 1° Ballons en baudruche : M. La-chambre, 24, passage des Favorites, Paris. — 2° Petits moteurs électriques : MM. Trouvé, Radiguet, etc., à Paris.
- Un lecteur, à Lyon. — Adressez-vous à un marchand de jouets ; il vous procurera l’appareil en question.
- Un abonné, à Paris. — Avec les piles, vous aurez l’ennui de la manipulation des liquides pendant votre voyage; de plus, à mesure qu’elles débiteront, il faudra de temps à autre intercaler quelques éléments de plus.
- M. E. Klein, à Junglinster. — Il §’agit d’un ouvrage estimé des spécialistes.
- M. P. Teycheney, à Baurech. — Consultez un médecin; ce sujet n’est pas de notre compétence.
- M. A. M., à Paris. —Nous ne connaissons pas la nouvelle adresse
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- (lu fabricant; mais vous pourriez vous informer auprès du directeur de Y Exposition des inventions nouvelles, rue Laffitte.
- M. G. C., à Dax. — 1° La valeur d’une pincée de sel, 0‘r,2 environ de poudre de magnésium. — 2° Non. — 3° Acide pyrogallique.
- Un aoonné, à Quintin. — Nous avons signalé plusieurs ouvrages de ce genre dans nos bibliographies.
- M. J. Chevet, à Saint-Mandé. — Vous trouverez des explications sur la fabrication du fulmi-coton dans tous les traités de chimie.
- M. J. D., à Tours. — Nous ne croyons pas qu’il existe des machines de ce genre.
- M. E. G., à Paris. — 1° Non. — 2° Lisez la description de l’armature Edison dans les traités d’électricité, notamment dans Eclairage à l’électricité, par H. Fontaine, à la librairie Baudry.
- M. L. Tarenne. — 1° Non. — 2° Adressez-vous au directeur de l’Ecole, il vous indiquera le fabricant de cette machine à écrire; nous ne la connaissons pas.
- M. V.P., à Haine-Saint-Pierre. — Le développement à l’acide pyrogallique réussit parfaitement avec les plaques que vous citez.
- M. Boileau M., à Mailley. — Office général de publicité, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- M. L. G., à Calais. — Les questions que vous nous posez relativement à l’action d’un courant mobile sur un courant fixe, et au mouvement des boules d’un régulateur de Watt, peuvent être résolues par des calculs assez complexes ; nous vous conseillons de recourir à l’expérience et de faire les essais vous-même.
- M. G. Blech, au Havre. Voyez notre dernière Boîte aux lettres; nous y avons donné l’indication que vous demandez.
- M. E. Caigniet, à Chauny. — Informez-vous auprès de MM. Flee-ming-Jenkin, Ayrton et Perry, inventeurs du procédé, à Londres.
- M. C. Z., à Trubia. — Il n’y a pas de constructeur spécial pour le schiséophone ; s’adresser à l’inventeur, à l’école de Saumur.
- M. Bernard, à Paris. — Votre lettre a été transmise à l’auteur de la question.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- La pile cartouche. M. V. Dagnan, à Paris, nous adresse un petit modèle de pile fait avec une cartouche. Dans l’intérieur d’une douille de cartouche, on mélange de la sciure de bois avec de petits cristaux de sulfate de cuivre. On mouille légèrement la sciure, et on introduit une tige de zinc traversant un bouchon. La tige de zinc ne touche pas le fond. Le bouchon porte une ouverture pour permettre de faire couler de temps à autre quelques gouttes d’eau. On peut ainsi dans un espace très restreint faire une pile d’un certain nombre d’éléments. 11 faut avoir soin de nettoyer souvent les petits zincs, à cause dés dépôts de cuivre qui pourraient avoir lieu. Nous avons mesuré la force électro-motrice d’un petit élément de ce genre et nous l’avons trouvée égale à 0,76 volt.
- BIBLIOGRAPHIE
- Le piégeage des animaux nuisibles à l'agriculture, à l’élevage et a, la chasse, par un vieux piégeur. 1 vol. in-8° orné de 45 figures d’animaux nuisibles et de pièges. Aux bureaux de l’Eleveur, à Vincennes. — Paris, 1890.
- Dans cet ouvrage, les mœurs et les habitudes des animaux malfaisants sont décrites exactement, et les pièges les plus simples et les meilleurs, ainsi que les moyens les plus efficaces de les mettre en usage, sont parfaitement indiqués. Il sera donc de la plus haute utilité pour tous ceux qui se proposent d’exterminer les animaux nuisibles.
- Thèses présentées à la Faculté des sciences de Paris, par M. Paul Janet. Première thèse. Etude théorique et expérimentale sur l’aimantation transversale des conducteurs magnétiques. Deuxième thèse. Propositions données par la Faculté. 1 brochure in-4°. Gau-thier-Villars et fils, éditeurs. — Paris, 1890.
- Dictionnaire de botanique, par M. II. Bâillon. 26e fascicule. I brochure grand in-4°. Librairie Hachette et Cie. — Paris, 1890.
- Nouveau manuel complet de Vamidonnier et du fabricant de pâtes alimentaires, par MM. Morin et F. Malepeyre. Nouvelle édition revue par M. A. L arbalétrier. 1 vol. in-18 de la collection des manuels Roret. Librairie encyclopédique de Roret. — Paris, 1890.
- Guide du traceur-mécanicien, à l’usage des ouvriers, contremaîtres, chefs d’ateliers, dessinateurs, par Philippe Fay, ancien élève de l’Ecole nationale d’arts et métiers de Ghâlons, contrôleur du matériel à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest. 1 vol. in-8°. Librairie de l’Ecole centrale des arts et manufactures. — Paris, 1890.
- Cours pratique de chaudronnerie, par A. Montupet, ingénieur-constructeur de chaudronnerie. Première partie : chaudronnerie en fer. 1 vol. in-8°, 2e édition. Librairie de l’Ecole centrale des arts et manufactures. — Paris, 1890.
- Hygiène de l’oreille, par le professeur Vincenzo Cozzolino, directeur de la clinique agrégée des maladies de l’oreille, du nez et de la gorge à l’hôpital clinique de Naples. 2' édition traduite de l’italien, par le Dr Antonin Joly, de Lyon. 1 petite brochure in-18. G. Masson, éditeur. — Paris, 1890.
- Pratique journalière de l’ophtalmologie, par Charles Higgens. Traduit sur la troisième édition anglaise par le Dr Gendron. 1 petite brochure in-18. G. Masson, éditeur. — Paris, 1890.
- Las aguas minérales de Chile, por el Dr L. Darapsky. 1 brochure in-4°. Imprenta del universo de Guillermo Helfmann. — Valpa-raiso, 1890.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Nettoyage et désinfection des futailles.
- Plusieurs de nos lecteurs nous ont souvent demandé des moyens de nettoyer et de désinfecter les futailles. Nous allons indiquer ici quelques remarques intéressantes sur l’emploi de l’acide sulfureux et des sulfites, d’après le journal le Brasseur: « Pour enlever ce qu’on appelle généralement les odeurs putrides et les goûts de fût, beaucoup de brasseurs emploient l’acide sulfureux ou les sulfites, qu’ils utilisent également comme antiseptiques pour opérer la stérilisation et la désinfection des tonneaux ayant contenu des bières malades. Les uns se servent de mèches soufrées qu’ils brûlent dans le tonneau après en avoir au préalable humecté les parois au moyen d’un peu d’eau. L’acide sulfureux, produit par la combustion du soufre, se dissout dans cette eau et attaque les végétations parasites avec lesquelles il se trouve en contact. D’autres se contentent de verser une certaine quantité de solution de bisulfite de chaux dans les fûts, qui sont ensuite roulés dans tous les sens, afin de permettre au liquide d’en mouiller toutes les parties. L’acide sulfureux et les sulfites possèdent un pouvoir antiseptique très énergique, mais l’effet de ces agents ne s’exerce guère qu’à la surface des dépôts suspects, et si les premières couches d’organismes sont sûrement tuées par son contact, on ne possède pas la même certitude pour les parties sous-jacentes plus ou moins protégées contre son action. Comme ni l’acide sulfureux ni les sulfites ne peuvent dissoudre les substances qui composent les crasses des tonneaux, il reste toujours un certain doute sur leur efficacité au point de vue de la stérilisation de ces dépôts, qui ont souvent une épaisseur sensible. En fait, on constate souvent que la désinfection est loin d’être pratiquement suffisante ; la récidive du filage et de la putridité, dans beaucoup de tonneaux ainsi traités, le prouve surabondamment. Au point de vue de la destruction des substances sapides et odorantes, leur efficacité n’est guère plus sûre. L’odeur forte de l’acide sulfureux masque bien les défauts que l’on cherche à détruire, et par son application on arrive rapidement à un résultat très bon en apparence. L’odeur forte de l’acide sulfureux couvre et domine l’odeur primitive, mais celle-ci n’est nullement détruite, et lorsque, au bout de quelque temps, le composé sulfureux s’est oxydé par l’action de l’air et est devenu de l’acide sulfurique, le parfum primitif, moisi ou putride, reparaît. A ce point de vue, l’emploi des mèches soufrées et des sulfites est dangereux, parce qu’il endort les brasseurs dans une fausse sécurité. Combien de fûts défectueux, paraissant irréprochables après un traitement au bisulfite, n’en ont pas moins fourni des bières infectes au bout de quelques semaines de conservation? L’action prolongée de la vapeur finit le plus souvent par faire disparaître les odeurs putrides et de moisi. Lorsque l’infection est très profonde et que ce moyen ne réussit pas, il faut user d’un autre procédé, l’emploi du chlore à l’état gazeux, qui possède l’avantage de pénétrer profondément dans les pores du bois, et d’y opérer en même temps la destruction des produits odorants et des organismes parasites.
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- 733e BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA NATURE
- d’après les observations de m. renoü (parc de saint-maur, altitude : 49 M. 30)
- Juin 1890. — Semaine du lundi 2 Juin au dimanche 8 Juin 1890.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de M. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE ; P. L. LE 3 A 6 H. 44 M. DU MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL du BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS • THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 juin 10e,5 S. W. 2 Beau. 0,0 Quelq. nuages jusq 7 h. et après 22 h., couvert le reste du temps. Ilalo, gouttes de 15 h 30 à 40 m.
- Mardi 3 14",1 E. 1 Très nuageux. 0,0 Presq. couv. de 7 à 16 h.; peu nuag. av. etap., belle colonne après coucher du soleil.
- Mercredi 4 16°,5 S. S. W. 3 Beau. 0,0 Peu nuageux de 5 à 16 h , se couvre ensuite; halo, averses après 20 h.
- Jeudi 5 15e,5 S. W. 2 Couvert. 1,1 Couv.jusq. 10 h.; nuag. ensuite; averses matinée.
- Vendredi 6 15e,6 S. 2 Couvert. 1,8 Nuag. de 15 à 20 h. ; presque couv. le reste du temps ; pluie de 10 à 14 h.
- Samedi 7 13e,5 N. W. 2 Couvert. 1,8 Plus ou moins nuageux.
- Dimanche 8 9e,9 S. E. 1. Couvert. 0,0 Couvert à partir de 15 h., halo. Gouttes à partir de 19 h., brouillard sur la Marne.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Résumé des observations météorologiques faites nu parc de Saint-Maur en mai ISO»
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 755""",65.,Minimum, le 12, à 5 heures du soir, 7 ta-",20. Maximum, le 22, à 2 heures du matin, 764““,17.
- Moyennes thermomélriques : des minima, 8®,69; des maxima, 20°,24 ; du mois, 14°,47 ; moyenne vraie des vingt-quatre heures, 14°,04. Minimum, le 15, au matin, 2°,6: maximum, le 25, avant 2 heures, 29°,0.
- Tension de la vapeur, 8““,65; la moindre, le 14, à 6 heures du soir, 4““,5; la plus grande, le 25, à midi, 15“”,0. Humidité relative, 73; la plus faible, le Ie', à 6 heures du soir, 32; la plus grande, 100, en deux jours.
- Pluie, 40"”,2, en trente-six heures, réparties en quinze jours. Nébulosité, 56. Deux jours de brouillard dont un seul notable.
- Température moyenne de la Marne, 16°,21 ; elle a varié de 12°,38 le 1", a 20°,27 le 25; elle a eu une petite crue le 21 et est devenue assez trouble
- Douze jours d'orage, les 2, 3, 4, 5, 6, 8, 9, 18, 19, 23, 24 et 25. Ee dernier,
- très fort dans la partie N.W. de Paris où il a donné beaucoup de pluie et de la grêle grosse comme des noix, n’a donné ni pluie ni grêle au Parc.
- Jlelativement aux moyennes normales, le mois de mai 1890 présente les résultats suivants : Baromètre plus bas de 2"“,89; thermomètre plus haut de 0““,73; tension de la vapeur plus grande de humidité relative plus
- grande de 4; pluie moindre de 10'"“,8. Nébulosité moindre de 1.
- Nous avons noté ainsi le commencement de,la floraison de diverses plantes : 5, fraisier dans les bois, xylostéou, renoncule âcre; 10, bugle; 15, brome mou; 14, thym; 15, julienne simple; 17, églantier capucine ; 18, flouve odorante; 19, seringat, œillet mignardise, hémérocaile jaune; 20, paturin des prés, sureau commun, sauge officinale; 21, ortie dioïque; 22, polygala; 23, geum urbanum, dactyle pelotonné, urrénothère bulbeuse, acacia; 24, julienne double; 25, rose du Bengale, œillet du poète, seringat inodore; 26, rose de tous les mois, muflier, iris jaune des marais; 28, ray-grass, baguenaudier, genêt d’Espagne? 51, cornouiller.,
- Les martinets sont arrivés le 4 en troupes nombreuses. Les autres hirondelles rares tout le mois. Le 16 mai, chant de la tourterelle; 11, loriot.
- Le mois de mai 1890 est remarquable par sa faible'pression atmosphérique; on rencontre en 1856 une pression égale et seulement en 1817 une pression moyenne inférieure d’environ 0'”“,2. Il l’est aussi par son grand nombre de jours d’orage. C’est un mois peu pluvieux, assez humide néanmoins, sans jours clairs et très favorable à la végétation surtout aux foins qui sont très hauts.
- TEMPÉRATURE
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- Supplément an numéro 890 de LA NATURE, du 21 juin 1890
- (uT»:™») 582' BOITE AUX LETTRES ( »“* )
- lie* lettres et communications relatives & la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées a. M. Gaston TISSAND1ER * 50, rue de Ghâteaudun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- 1 A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
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- M. le professeur L. D. lconomopoulos, conservateur à la Bibliothèque khédiviale au Caire, nous envoie la traduction du fac-similé de la lettre arabesque que nous avons publiée précédemment. « Cette lettre, dit notre honorable correspondant, est écrite en dialecte arabe vulgaire syrien, en caractères arabes dits rêkââ, usités en Turquie. — M. Naghib Surur, à Port-Saïd; if. Silas, à Vienne; M. Cham-paver, directeur de l’Ecole arabe française à Djerba (Tunisie) ; M. J. G. Y., au Caire; M. P. X., à Rome; M. F. Custot, à Alexandrie; M. Huart, second drogman de l’ambassade de France à Constantinople; M. Georges Pertus, à Tizi-Ouzou (Algérie); M. Is-maël ben Ahmed, interprète militaire de 2e classe au bureau arabe, à Aïn-Sefra (Sud oranais), nous adressent également la même traduction. Ce dernier correspondant nous écrit au sujet de notre lettre : « Elle est rédigée par un Levantin, peut-êtte originaire de Syrie. Elle est difficile à déchiffrer, pour nous surtout, les Levantins ayant une manière particulière de tracer les caractères arabes, manière qui est presque inconnue en Algérie. » Ainsi se trouvent quelque peu excusés les traducteurs auxquels nous nous étions adressés à Paris. Encore une fois, nous adressons l’expression de notre sincère gratitude à nos aimables correspondants-linguistes qui nous ont si bien et si obligeamment renseigné.
- MM. Theobakis et Jean Ceffalas à Corfou. — Le prêtre turc que vous avez consulté ne vous a donné en aucune façon la traduction exacte du document. Cela ne se rapporte pas avec toutes les traductions concordantes que nous avons reçues.
- M. T. G., à Blois. —L’échelle typographique que vous citez n’est pas connue dans les imprimeries.
- M. Ch. Jacquiot, à Arras, nous écrit qu’à titre d’expérience amusante il emploie déjà, depuis quelques années, un artifice sem-
- blable à celui que nous avons signalé pour l’expérience du décapité parlant dans le n° 889, du 14 juin. 11 noue seulement un foulard rouge autour du cou du patient; quand ce dernier baisse la tête, les cornes du foulard restent dressées et forment une section plus nette du col.
- M. J. Dubois, à Lyon. — Pour boucher les fentes et rendre étanche un canot de promenade, si le canot est à cleins, il faut resserrer les cleins; s’il est en acajou ou en pitchpin à membrures, employer de la céruse ou bien de l’étoupe cérusée on goudronnée.
- M. J. Hammer, à Lyon. — Remerciements pour votre communication qui sera utilisée.
- M. D. Ferreira C. B., à Aveiro; M. Duteil, à Bordeaux. — L’adresse a été donnée dans la Boite aux lettres.
- M. !S. Z., à Bialystok. — L' 'encre d’imprimerie dont on se sert a pour base du charbon qui est insoluble dans tous les réactifs ; on ne peut la faire disparaître.
- M. L. Couvreur, à Beaurepaire. — Le petit appareil que vous mentionnez est un simple cornet acoustique, qui ne réussit que quand l’ouverture de l’oreille est obstruée.
- M. A. G., à Marseille. — 1° Voyez au commencement de la Boîte aux lettres du numéro que vous citez. — 2° Pas d’autre adresse que celle indiquée au bas de la page.
- M. R., à Saint-Pons. — Ces calculs sont exposés dans les traités de physique industrielle.
- M. Y. B., à Lisbonne; M. A. Gælhals, à Eecloo. —Nous ne saurions vous renseigner.
- Un abonné, à Arras. — Il s’agit de dispositions analogues à celles
- 3ue nous avons signalées pour l’expérience de la femme à trois têtes ans le n° 484, du 9 septembre 1882, p. 237.
- L'abonné L. B., à C. — Tours de main de fabrication qui nous sont inconnus.
- M. L. Mougel, à Bagdad. — Remerciements pour la construction .que vous indiquez d’un graphique pour la trisection de l’angle ; nous ne saurions revenir encore sur ce sujet.
- M. C. B., à Oullins. — Nous ne croyons pas que le polypanto-.graphe dont.il a été question permette (les réductions fractionnaires des objets; cependant, pour renseignements plus exacts, adressez-vous à l’auteur de la communication.
- M. 47, à Saint-Malo. — 1“ Vous trouverez la description de la turbine atmosphérique dans le n° 533, du 18 août 1883, p. 179. — 2° Toutes les grandes verreries fabriquent ces vases aujourd'hui.
- M. le Dr A. Battandier, à Rome; M. Martin, à Paris. — Nous publions, dans la présente Boîte aux lettres, des recettes qui vous donneront toute satisfaction.
- M. L. Chaugne, à Paris. — Consultez la 579e Boîte aux lettres, du 31 mai 1890; vous aurez des renseignements sur la noix de kola.
- M. L. Saint-Amand, à Paris. — Cette question est de la compétence d’un médecin spécialiste. Nous n’avons pas de remède à vous indiquer.
- M. J. Rousseau, à Constantinople; M. E. Galloo, à Bergues. — Nous avons reçu vos communications ; agréez nos remerciements.
- M. Belloc, à Paris; M. A. Cools, à Ryckevorsel; M. L. G., à Paris. — Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- Un lecteur lyonnais. — Nous ne pouvons publier deux fois la même recette ; voyez le petit livre indiqué ci-dessus.
- M. A. Havier, à Porto. — Pas d’ouvrée de ce genre.
- M. 0. Labadie de L., a Bordeaux. —: Nous utiliserons la recette que vous voulez bien nous faire connaître.
- M. L. Guette, à Bordeaux. — 1° Ouvrages sur l’héliographie à la librairie Gauthier-Villars. — 2e Pas de fabricant spécial à vous indiquer.
- M. Conde de R., à Madrid. — Vous trouverez des livres à ce sujet , à la même librairie.
- M. Monpillard, à Paris. — Voyez les guides ou traités pratiques de micrographie. Rien de spécial sur le sujet.
- M. G. L., à A. P. — Vous lirez avec fruit le Livre des métiers manuels. (G. Samson, éditeur, 84, boulevard Magenta, à Paris.)
- M. H. Burin, à Paris. — La notice du commandant Renard sur les ballons dirigeables a été publiée dans la Revue de l'aéronautique, de M. Hervé, à la librairie Masson.
- M. A. Coemans, à Gand. — Nous signalons dans la bibliographie un ouvrage qui peut vous convenir.
- M. Coignet, à La Terrasse. — Adressez-vous aux grands libraires de Paris.
- M. Ch. F. Lerob, à Genève. —Nous ne saurions vous répondre sans avoir vu fonctionner un appareil de ce genre.
- M. Dupont, à Dunkerque. — Il faut vous adresser à YOffice général de publicité, 9, rue de Fleuras, à Paris.
- M. C. P. Y., à Courtomer. — N’est pas de notre compétence; nous ne traitons ici que des sujets se rattachant à la science.
- M. Goichot, à Paris. — 1° Vous trouverez les formules de Thomas Simpson dans les traités de trigonométrie. — 2° Remplacez les courbes par des droites aussi approchées que possible, et mesurez la longueur de ces droites. •
- M. Lunay, à Grenoble. —L’art d'aider la mémoire, par M. Guyot-Daubès, à la Bibliothèque d’éducation attrayante, 166, boulevard Montparnasse, à Paris.
- M. P. X. Yella, à Rome. — Les compositions de ces substances ne sont pas connues ; elles sont tenues secrètes par les fabricants.
- M. L. Gau, à Toulouse. — 1° Votre lampe a été brûlée, la différence de potentiel aux bornes était trop élevée, il fallait mettre une résistance en circuit. — 2° Prendre des lames de fer doux. —3° Il faudrait établir un devis complet pour vous répondre.
- M. Vasset, à Donchéry. — Ie Traités de photominiature à la librairie Gauthier-Villars, à Paris. — 2° Chez tous les marchands de produits photographiques.
- M. P. Robinet, a Epernay. — Nons ne connaissons pas d’autre adresse que celle indiquée précédemment.
- M. F. Perruquet, à Chambéry. — Demandez des renseignements complémentaires au journal auquel nous avons emprunté la recette en question et qui est désigné dans le numéro que vous mentionnez.
- M. L. Yialet, a La Ciotat. — 1° Adresse inconnue. — 2° Vous pouvez vous procurer de la naphtaline brute et hexagonale chez tous les marchands de produits chimiques.
- M. G. G., au château de Beauvoir. — Machines Carré, 29, rue de l’Estrapade, à Paris.
- M. H. T., a Arcachon. — 1° Prix très variables, nous ne pouvons fixer de limites. — 2° Dans un circuit formé d’une p»lle et d’une résistance extérieure R, l’intensité du courant I en ampères est proportionnelle à la force électromotrice de la pile E en volts, et en raison inverse de la résistance intérieure de la pile r et de la résis-
- tance R; ce que l’on énonce I = * (Ldi de Ohm).
- M. L. R., à Bordeaux. — Ie Voyez aux Annonces; il s’y trouve plusieurs adresses. — 2° Nous croyons que ces développements peuvent réussir; le mieux serait d’essayer.
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- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Les mouvements des plantes. — A "propos de l’intéressant article de M. Cunisset-Carnot para dans le‘dernier numéro de La Nature, je crois devoir vous signaler un autre fait qui, quoique inverse, est tout à fait analogue et de nature à jeter peut-être quelque jour, en vertu de l’adage a les contraires se touchent », sur le mécanisme de ces singuliers mouvements d’ensemble de certaines plantes. J’avais dernièrement transplanté quelques pieds près de fleurir d’une composée commune dans ces pays-ci, VAsteriscus aqua-ticus, Mœnch (Buphlhalmum, L.) qui, malgré son nom, se rencontre surtout au milieu des tas de pierres très peu aquatiques qui bordent les sentiers caillouteux de nos Alpes brûlées. J’en voulais orner une plate-bande au pied d’un mur en plein midi — le midi du Midi, c’est tout dire ! — estimant que rien ne vaut les plantes sauvages pour la décoration du jardin d’un sincère ami de la nature. L’arrachage ayant été fait sans grande précaution, à la main, sans bêche, vers les 5 heures de l’apres-midi, les plantes arrivèrent, après deux heures de v promenade, un peu fatiguées, leurs jeunes calathides à la collerette erdoyante languissamment inclinées sur leurs tiges aux feuilles de velours toutes chiffonnées, pendantes. Mais, grâre à un vigoureux arrosage, lorsque je revis, un peu après minuit, ma plantation rustique, elle avait repris un air tout à fait martial et je la crus si bien sauvée que je n’y songeai plus jusqu’au lendemain, heure du déjeuner. Quel ne fut pps mon chagrin de voir alors mes plantes toutes sans exception, courbées en terre, mordant la poussière, en des paraboles non moins géométriques, non moins bien orientées, mais assurément plus attristantes et moins gracieuses que celle du joli Leucoïum deM. Cunisset-Carnot! Cela leur valut, à l’heure du souper, double ration d’eau, et quand j’allai, vers le milieu de la nuit, visiter mes malades, j’eus la satisfaction de les trouver toutes ressuscitées, au port d’arme pour me recevoir. Bref, cette même gymnastique, ces mêmes alternatives se reproduisirent pendant près d’une huitaine, diminuant chaque jour d’amplitude pour quelques-unes, qui, aujourd’hui, bravant le soleil toutes droites, s’apprêtent à fleurir, tandis que quelques autres, à demi terrassées par une série de maxima qui faisaient monter à 25° le thermomètre à l’abri, se sont partiellement figées dans leurs inflexions diurnes et ont gardé une attitude de double courbure, en S couché, la jeune pousse remontant vers le ciel au bout de la vieille tige d’abord pliée vers la terre. En somme l’action combinée du soleu et de la transplantation a produit ici, sur des composées, un effet analogue à celui du froid et de la précocité sur la tendre amaryllidis bourguignonne. Dans l’un et l’autre cas je crois qu’il faut attribuer le phénomène à une modification, à une diminution des échanges osmotiques sous l’action physique du chaud ou du froid. Dans mon cas, il est évident que l’évaporation cutanée l’emportant sur l’apport de' fluides par les radicules blessées, il devait y avoir incurvation du côté où la tige subissait la double action de l’air chaud et de la réverbération du mur. Chez la Nivéole, trop jeune et par conséquent très susceptible, c’est sans doute l’excès de froid qui a produit un arrêt circulatoire, et par suite une diminution de turgescence et de rigidité du côté de la tige le plus exposé. J’ai comme un vague souvenir d’avoir remarqué autrefois, chez des plantes de même famille, Narcisses ou Muguet, une susceptibilité particulière au froid, produisant le flétrissement, l'affaissement de la hampe. Je ne vous en donne pas moins mon explication et ma similitude sous toutes réserves, laissant à d’autres plus autorisés le. soin d’en tirer les conséquences si elles en valent la peine.
- A. G., à Saint-Yallier-de-Thiey.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les Courses de chevaux en France, par A. de Saint-Albin (Robert Milton). Ouvrage contenant 19 gravures sur bois, 36 photogravures et 66 vignettes, par Crafty. 1 vol. in-8° de la Bibliothèque du sport. — Paris, librairie Hachette et Cie, 1890.
- On sait quel développement ont pris en France et surtout à Paris les courses de chevaux : tout le monde s’y intéresse, mais peu de personnes ont des notions précises sur l’élevage du cheval, sur les établissements qui y sont destinés, sur les hommes qui s’y consacrent. M. de Saint-Albin, dont la compétence est connue de tous, vient de publier, à la librairie Hachette, un livre très complet sur cet intéressant sujet. L’auteur décrit les principaux établissements d’élevage, il passe en revue les écuries d’entraînement et leur personnel, il parle des sportsmen célèbres, des entraîneurs des jockeys, et ouvre enfin au lecteur le spectacle des
- champs de courses à Paris et en province. Le livre de Robert Milton est édité avec grand luxe ; ses illustrations, qui abondent, sont remarquables et reproduisent, par la photogravure, les étaa blissements d’élevage les plus importants, les chevaux les plus célèbres, etc. Ce qui n’a pu être reproduit par la photographie, l’excellent dessinateur Crafty l’a retracé de son crayon fin, délicat et spirituel. Le livre est charmant à feuilleter et fort intéressant à lire.
- Carnet de l'officier de marine pour 1890 (12® année), par Léon Renard, ancien bibliothécaire du Ministère de la marine, etc. 1 vol, petit in-18. —Paris, Berger-Levrault et C‘®, 1890.
- Cet excellent ouvrage, publié par un de nos savants collaborateurs, n’a plus besoin d’être recommandé : il compte douze années d’existence et de succès. S’il s’adresse spécialement aux officiers de la marine militaire et de la marine du commerce, il est également destiné, grâce à ses renseignements utiles, à ses tables de conversion des mesures, etc., à rendre des services à tous ceux qui cultivent les sciences.
- L'amateur d'insectes, par L. Mantillot. Organisation. Chasse. Récolte. Description des espèces. Rangement et conservation des collections. Préface par le professeur Laboulbène. 1 vol. in-16 de la Bibliothèque aes connaissances utiles, avec 197 figures dans le texte. Librairie J.-B. Baillière et fils. — Paris, 1890.
- Les Huîtres et les mollusques comestibles, moules, praires, clovisses, escargots, etc., par Arnould Locard. 1 vol. in-16 de la Bibliothèque scientifique contemporaine, avec 97 figures dans le texte. Librairie J.-B. Baillière et fils. — Paris, 1890.
- Nouveau Dictionnaire de géographie universelle, par M. Vivien de Saint-Martin, avec la participation de M. Louis Rousselet. 1 brochure grand in-4“. 52° fascicule. Librairie Hachette et Cie. — Paris, 1890.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Manière de recuire l'acier fondu.
- Deux moyens peuvent être employés pour recuire l’acier fondu. On peut d’abord faire chauffer doucement l’acier au charbon de bois jusqu’à ce qu’il soit rouge cerise ; on le retire, et on le met vivement dans les cendres ou le poussier de charbon sec pour le laisser refroidir. On peut également faire chauffer doucement l’acier à la forge jusqu’au rouge cerise, le marteler jusqu’à ce qu’il soit bleu, et le plonger dans l’eau.
- Moyens de reconnaître la chicorée dans le café.
- Le procédé suivant, très facile à mettre en pratique, permet de reconnaître la falsification du café par la chicorée torréfiée et moulue. On ajoute, à la poudre soupçonnée, environ dix fois son poids d’eau aiguisée d’acide chlorhydrique; on agite le mélange, puis on laisse reposer. La poudre de café surnage, et le liquide prend une teinte d’un jaune paiüe. La poudre de chicorée, au contraire, se dépose presque entièrement au fond du vase et le liquide prend alors une teinte brune. Au point de vue de la nocuité de la chicorée, on peut dire qu’elle est lourde, difficile à digérer et surtout dépourvue du délicieux arôme du café.
- Restauration des vieux tableaux.
- M. E. Galloo, à Bergues (Nord), à propos de la recette que nous avons publiée dans notre dernière Boîte aux lettres, nous écrit qu’il existe encore un procédé plus simple pour la restauration des vieux tableaux. Il nous en donne la description d’après le supplément du dictionnaire de Belèze. Ce procédé consiste à étendre sur l’ancien vernis une couche de baume de copahu, puis à suspendre le tableau à 1 mètre environ au-dessus d’un bassin aussi large (que l’exigent les proportions du tableau, et rempli d’alcool froid. Le tableau reste ainsi un temps variable, mais qui ne dépasse pas vingt-quatre heures. Les émanations;de l’alcool ont fait fondre la substance étalée sur le tableau, et le baume s’unit à l’ancien vernis qu’il dissout. A Ja fin de cette opération, le tableau semble être recouvert d’un nouveau vernis.
- Li Réduction et l'Administration de LA NATURE sont étrangères au service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser à l’Office de Publicité de l’Imprinlerie, 9, rue de Flenrus0
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 734e BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA NATURE
- d’après LES OBSERVATIONS DE M. RENO0 (PARC DE SAINT-MADR, ALTITUDE : 49 M. 30)
- Juin 1890. — Semaine du lundi 9 Juin au dimanche 15 Juin 1890.
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- Baromètre.
- Thermomètre sec A
- T h er m om et r e humide
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de M. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouiUée. Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. LE 9 A 9 H. 59 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLOIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 juin 13*,5 S. S. W. 0 Couvert. 0,4 Couv. jusq. 18h.,beau ensuite ; plus, averses jusq. 5h.
- MardillO 17",9 S. S. E. 1 Beau. 0,1 Couv. de 12 à 18 h., beau av., peu nuag. apr., tonn. au S. W. à 16 h. 12. e r »
- Mercredi 11 13*,5 S. W. 2 Couvert. 0,7 Presq. couv. pluie presq. conlin. de 16 h. à 21 h.
- Jeudi 12 11*,5 S. S. W. 3 Couvert. 6,9 Presq. couvert, pluie le m. à div. repr., tonn. au N. de 18 h. 1/2 à 19 h.
- Vendredi 13 11*,9 - N. W. 2 Couvert. 7,8 Presq. couv. pluie à diverses reprises, grêle à J3 h. 1/4. tonn. de 9 h. 40 à 13 h. 40.
- Samedi 14 10*, 6 N. N. W. 3 Couvert. 1,5 Couv., pluie de 4 h. à 4 h. 20.
- Dimanche 15 11V S. W. 1 Couvert. 0,0 Couv. le m., nuag. jusq. 16 h., beau ensuite, brum.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Curieux effet de la foudre. — M. Basile, maire de Bocquencé (Orne), possède près de sa maison d’habitation un vieux poirier dans la fourche duquel a poussé, depuis environ quinze ans, un merisier dont les branches n’atteignent pas la hauteur de celles du poirier. Cependant, le 5 mai dernier, la foudre tombant sur le merisier l’a à peu près complètement dépouillé de son écorce surtout à sa partie supérieure et du côté nord. Le poirier est resté indemne si ce n’est à la partie inférieure (côté sud) qui est pourrie et par laquelle le fluide a pénétré dans le sol. 11 est curieux de voir au milieu des branches verdoyantes de l’arbre principal les débris du merisier parasite frappé à mort. Ce bizarre efTet de la foudre nous a paru digne d’être noté.
- D’ Bouteillier, à La Ferté-Fresnel (Orne).
- Orages A ChâtilIon-sur-Seine. — Un orage épouvantable a éclaté le 12 juin sur Châtillon-sur-Seine. La foudre est tombée deux fois sur une cheminée de 40 mètres de hauteur, de la distillerie Buzin, projetant les débris au loin. Deux ouvriers de la distillerie ont été blessés. Elle a suivi les rails de l’embranchement particulier reliant la distillerie à la gare de l’Est et s’est . perdue dans la gare des marchandises. On suit ses traces sur un parcours de 500 mètres. Les pertes s’élèvent à 35 000 francs. A Alise-Sainte-Reine, le même orage a pris un caractère effrayant ; le lavoir s’est effondré, engloutissant deux femmes sous les décombres. L’une d’elles a été tuée sur le coup, l’autre a été grièvement blessée. Dans toute la région, les orages ont causé des accidents.
- Tremblements de terre. — A la date du 25 mai, on a signalé des secousses de tremblement de terre à Utica, New-York, Montgomery, Little Falls et au Fort Hunter en Amérique. Le village de Kayi en Arménie a été détruit le 26 mai par un tremblement de terre. Le sol s’est d’abord entr’ouvert en plusieurs endroits, et les sources d’eau ont inondé la plaine.
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- Supplément an numéro 891 de LA NATURE, du 28 juin 1890
- 583“ BOITE AUX LETTRES ( )
- Les lettres et communications relatives à la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à SI. Gaston TISSANDIER
- 60, rue de Châteaudun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERYICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les curvimètres se trouvent chez les principaux opticiens ; on peut se procurer le sta-diomètre de M. le commandant de Bellomayre, à la librairie Dela-grave, 15, rue Soufflot, à Paris.
- M. G. Guignot, à Avignon. — Nous apprenons avec plaisir que vous avez pu réussir à acclimater les crosnes du Japon, que nous avions recommandés jadis. Pour Yigname de Chine, voici les renseignements que nous pouvons vous fournir : l’arrachage des rhizomes de Yigname a lieu vers le mois de novembre, ou plus tard si l’on veut, car ils supportent dans la terre jusqu’à 15 degrés de froid. Cet arrachage est assez difficile ; à cause de leur longueur, il faut défoncer le terrain de 0”,80 à 1 mètre pour les avoir entiers. La chair est blanche, légère, farineuse et sans goût particulier, elle cuit facilement. On peut s’en servir absolument comme des pommes de terre, soit cuits à l’eau, frits, autour d’un ragoût, etc.
- M. J. Fleury, à Marseille, nous adresse une excellente photographie de l’éclipse du 17 juin, prise à 9 heures au bord de la mer; le disque solaire a sur l’épreuve 2 millimètres de diamètre, et le cône d’ombre est d’une grande netteté.
- M. A. Gaudel, à Lyon, nous envoie le petit modèle d’obturateur à guillotine qu’il emploie; nous décrirons prochainement plusieurs appareils pratiques de ce genre.
- M. J. Rubandonadeu, à Barcelone, nous décrit les procédés d’écriture et l’alphabet des aveugles usités à l’Institut Mascaro, à Lisbonne; nous le remercions de sa communication, mais nous avons déjà fait connaître à nos lecteurs ces modes de lecture et d’écriture.
- M. l’abbé L.,à Paris ; M. A.Lemaire, à Bordeaux; M. E.Poupon, à Clermont-Ferrand. — Vos intéressantes communications seront utilisées. Remerciements.
- Une abonnée, à Lyon. — Voici en quoi consiste le repassage a neuf. Pour le linge de table, les blanchisseurs l’empèsent et le passent aussitôt au cylindre. Pour le linge de corps, il faut se servir d’empois cuit dans lequel on a mis du borax (environ 1/8 du poids de l’amidon employé).
- M. A. T., à Chinon. — Pas de représentant en Europe; l’appareil est fabriqué en Amérique, à New-York, croyons-nous.
- M. Z. A., à Nantes. — Impossible de vous répondre sans expérimenter l’appareil lui-même. Les difficultés ne résident bien souvent que dans l’exécution et le fonctionnement pratique.
- M. R. R., à Paris. — Adressez-vous à des marchands de vitraux avec supports de plomb; il en existe un grand nombre à Paris.
- M. F. Dumas, à Montreux. — Il s’agit d’une illusion d’optique, qui donne la sensation du relief dans les vues stéréoscopiques.
- M. E. H., à Boulogne-sur-Mer. —L’obturateur Londe-Dcssoudeix, dont nous nous servons, donne de très bons résultats.
- M. R. Homo, à Damville. — 1° Essayez les plaques Attout-Tailfer, 18, rue des Cordeliers, à Paris. — 2° Nous avons parlé de ce produit. — 5° Vernis au noir de fumée.
- M. A. D., à Grenoble. — Il y a déjà eu, à distance, des expériences de téléphonographie; nous avons publié une notice à ce sujet (n° 825, au 25 mars 1889, p. 261).
- M. L. Faucillon, à Paris. — 11 faut vous entendre avec les principales maisons d’optique; nous ne pouvons rien vous conseiller.
- M. Hervieu, à Paris. — 1° Demander les autorisations dans les mairies des villes que vous traverserez. — 2° La photographie moderne, par Albert Londe. (G. Masson, éditeur.)
- M. Corne P., à Beauvais. — Votre observation est fort juste; nous ferons un erratum.
- M. E. M., à X. 1° En versant une petite quantité d’ammoniaque, vous obtenez du nitrate d’argent ammoniacal; cette quantité peut être variable, à condition de ne pas être en excès ; sinon, il y a précipitation. — 2° Une simple analyse permettrait de définir exactement la constitution du précipité.
- M. E. Dupré, à Paris. — Nous vous conseillons, pour un voyage lointain, de vous servir de clichés pelliculaires. Le papier sensible de M. Balagny (11, rue Salneuve, à Paris) vous conviendra.
- M. A. P., à Arcachon. — On ne peut faire que des conjectures sur les conditions d’habitabilité des planètes.
- M. Frebar, à Bucharest. — Le procédé aurait besoin d’être soumis à une vérification sérieuse.
- M. Attou, à Fougères. — 1° Ces taches ne peuvent disparaître. — — 2° Voyez un article sur la nickelure des métaux dans le n° 459, du 29 octobre 1881, p. 542.
- M. A. Labrosse, à Miramas. — L'adresse de l’écrémeuse Jônsson est donnée dans la 580e Boîte aux lettres {n° 888, du 7 juin 1890).
- M. E. C., à Rouen; M. H. Mouzet, à Mainville. — 1° Nous ne pourrions vous renseigner. — 2° Non.
- M. P. T., à B. — Vos clichés ne sont probablement pas de bonne qualité; il est difficile de vous répondre sans examiner vos produits.
- M. L. G., h Paris. — Ce goût persiste toujours; on ne saurait l’enlever.
- Un abonné, à Mexico. — Nous vous avons déjà répondu précédemment que nous utiliserons vos expériences.
- M. E. P. C., à Paris. — Le traitement doit être renouvelé plu^ sieurs jours de suite.
- M. J. Plassard, à Paris. — La vaseline est d’un très bon emploi pour préserver le fer et l’acier de la rouille.
- M. A. Cools, à Kyckevorsel. — L’adresse est indiquée dans la bibliographie.
- M. R. Lacoste-Delpérier, au Mans. — Nous avons reçu l’échantillon de votre révélateur. Remerciements.
- M. L. Herbin, à Troyes; M. R., à M. — Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, (G. Masson, éditeur.)
- M. Marcel Toussaint, au Havre. — Voyez le petit livre de la Science pratique. (Même éditeur.)
- M. R., à Nassandres. — Informez-vous à la Librairie agricole de Va maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. A. Sureya Ernin, à Constantinople; M. C. de JF., à Saint-Pétersbourg; M. Hervieu, à Paris; M. E. Coze, à Beyrouth. — Remerciements pour vos communications.
- U?i abonné, à Paris; M. L. V., à Lodève; M. A. Rassct, à Paris; M. A. R., à Tourcoing. — Consultez les catalogues des grands libraires de Paris.
- M. A. Zebbeddin, à Bayonne. — Adressez-vous aux libraires des' livres anciens.
- M. J. Jouy, à Nira. — Il n’existe pas d’appareil de ce genre.
- M. A. P., à Dublin. — Les machines dynamo-électriques, par M. R. V. Picou, à la librairie Baudry, rue des Saints-Pères, à Paris,
- L’abonné L. R., à C. — Le sujet est trop spécial : nous n’insérons pas toutes les questions qui nous sont adressées. Nous nous réservons de faire un choix comme pour la rédaction du journal.
- M. A. Legendre, au Mans. — Agréez nos remerciements pour votre offre obligeante ; nous avons eu déjà la traduction d’autre part,
- M. M. P., à Paris. — Remerciements pour votre envoi : il était difficile de réussir dans des conditions atmosphériques défavorables.
- M. A. C., à Luxeuil. — Nous ne pouvons encore désigner le promoteur de cette nouvelle fabrication.
- M. A. L., à Paris. — 11 suffit d’appliquer la formule de la puissance vive ^ mv~, m étant’ la masse du volant, et v la vitesse en mètres par seconde.
- Un abonné, à Paris. — L’intermédiaire des chercheurs et des curieux : M. Lucien Faucou, directeur, 15, rue Cujas.
- M. Alber, à Paris; M. J. Grégoire, à Nantes. — Nous avons reçu vos communications que nous utiliserons prochainement.
- M. L. Lamourcux, à Moulins. — Pas de remède efficace.
- M. Pozzi-Meunier, à Ervy. — Nous ne connaissons pas la composition de ce produit.
- M. Patry, à Paris. — Vous aurez toute chance de trouver des autographes de M. Chevreul chez M. Etienne Charavay, 4, rue dè Furstenberg, ou chez M. Eugène Charavay, 8, quai du Louvre.
- M. Lévy, à Angora. — Nous réussissons parfaitement avec la méthode décrite; mais il faut laver complètement.
- M. C. F., à Saint-Dizier. — 1° On a souvent eu cette idée-; il existe de nombreux produits de ce genre. — 2“ Le développement à l’hydroquinone est décrit dans le n° 796, du 1er septembre 1888.
- AI. J. G., à Paris. — Le verre gravé à ballon dont vous nous envoyez l’empreinte servait pour orner des médaillons. Le ballon devait être peint, et posé sur une plaque ivoire; il donnait l’apparence du* relief. 11 y a des objets semblables dans les collections aeronautiques. * ‘
- üf. A. Mermet, à Joinville-le-Pont, nous écrit au sujet d’un article publié sur le plomb fondu et l’état sphéroïdal, qu’il a plusieurs fois plongé sa main impunément dans une marmite de fonte pleine de plomb fondu. L’expérience, nous le savons, réussit, mais nous ne conseillons pas de la tenter. Elle peut être dangereuse.
- M. A\ G. D., a Paris. — 1° Voyez à la Librairie agricole de la maison rustique, déjà indiquée. — 2° Il est indifférent de faire eatrer le courant par l’une ou l’autre plaque. .
- - » (La suite au prochain numéro.)
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- T BDLLETIN TRIMESTRIEL ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris d’aprds les publications du Bureau des Longitudes POSITION DES PLANÈTES PRINCIPALES: JUILLET-AO UT-SEPTEMBRE 1890
- PRINCIPAUX PHENOMENES ASTRONOMIQUES
- Occultations des Etoiles par la Lune,
- 1890. Nom <<e l'astre. visibles à Paris. Grandeur. Immersions Emersions.
- Juillet 2 ii Sagittaire. 5-6 9 h. 23 m, 5 10 h. 51 m, 0
- 4 37 Capricorne. 6 14 h. 5 m, 8 14 h, 54 m, 8
- —» 4 t Capricorne. 4-5 15 h. 34 m, 5 16 h. 50 m, 8
- , 12 1 Taureau. 3-4 13 h. 14 m, 0 13 h. 45 m, 0
- 31 y Capricorne. oO Poissons. 5-6 15 h. 16 m, 3 16 h. 16 m, 8
- Août 3 4-5 13 h. 59 m, 1 14 h. 46 m, 3
- — 3 33 Poissons. 5 15 h. 41 m, 1 16 h. 51 m, 9
- 10 1 Gémeaux. 5 14 h. 54 m, 7 15 h. 42 m, 5
- — 26 | Sagittaire. 37 Capricorne. 5-6 6 h. 10 m, 9 7 h. 15 m, 6
- — 28 6 11 h. 50 m, 2 12 h. 46 m, 3 Ippolse à t',7da tard.
- — 28 c Capricorne. 4-5 13 h. 50 m, 6
- Sept. 2 64 Baleine. 5-6 10 h. 42 m, 4 Il h. 21 m, 3
- 2 V Baleine. 4-5 11 h. 44 m, 1 12 h. 14 m, 8
- 4 1206 B. A. C. 6 9 h. 38 m, 0 10 h. 23 m, 5
- 4 1240 B. A. C. 6 13 h. 20 m, 0 14 h. 29 m, 1
- 20 24 Ophiuchus. 6 8 h. 9 m, 7 9 h. 17 m, 1
- 24 r Capricorne. 30 Poissons. 5-6 11 h. 34 m, 9 11 h. 58 m, 6
- 27 4r5 10 h. 45 m, 2 11 h. 56 m, 2
- 27 33 Poissons. 5 12 h. 46 m, 2 13 h. 35 m, 2
- 28 26 Baleine. 6 15 h. 56 m, 7 16 h. 38 m, 4
- 29 v Poissons. 4-5 7 h. 25 m, 3 Appnlse à 0’,4 ta tord.
- — 30 38 Bélier. 5 13 h. 4 m, 5 13 h. 53 m, 7
- Eclipses des Satellites de Jupiter.
- PREMIER SATELLITE
- 1890. Immersions. Emersions,
- Juillet 2. 12 h. 4 m. 30 s. »
- 1890.
- Juillet 16. — 18.
- — 25. Août 3.
- — 10.
- — 19.
- — 26. Sept. 4.
- — 11. — 18.
- — 27.
- 1890.
- Juillet 3.
- —__10. — 28. Août 4. — 22. ___ gq
- Sept. 23’.
- 1890.
- Juillet 25. Août 1. — 8. Sept. 6.
- — 13-
- 1890.
- Juillet 19. Août 5.
- —
- Immersions.
- 15 h. 53 m. 28 s. 10 h. 22 m. 3 s. 12 h. 16 m. 43 s.
- Emersions.
- 10 h. 56 m. 9 12 h. 51 m. 2 9 h. 14 m. 44 h. 9 m. 49 h. 33 m. 50 h. 29 m. 4 h. 24 ni. 21 h. 48 m. 29
- 11
- 7
- 9
- 11
- 7
- DEUXIÈME SATELLITE. Immersions.
- Il h. 48 m. 49 s. 14 h. 23 m. 8 s. 8 h. 49 m. 46 s.
- TROISIÈME SATELLITE. Immersions.
- »
- 9 h. 24 m. 46 s. 13 h. 25 ni. 10 s. »
- 9 h. 28 m. 8 s.
- QUATRIÈME SATELLITE. Immersions.
- 15 h. 15 m. 27 s. 9 h. 21 tn. 41 s.
- *
- Emersions.
- 14 h. 15 m. 15 s. 8 h. 42 m. 43 s.
- 11 h. 18 m. 56 s. 8 h. 27 m. 26 s.
- Emersions.
- 8 h. 54 m. 13 s.
- 12 h. 55 m. 18 s.
- »
- 8 h. 59 m. 14 s.
- Emersions.
- »
- 13 h. 56 m. 2 s. 8 h. 5 m. 51 s.
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- jr ______, r
- 735e BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- d’après les observations de m. renod (parc de saint-maur, altitude ; 49 M. 30)
- Juin 1890. — Semaine du lundi 16 Juin au dimanche 22 Juin 1890.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; tes flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de M. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à bonté sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- *
- PHASES DE LA LUNE : N. L. LE 17 A 10 H. 7 M. DU MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après le bulletin international du bureau CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE de FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- A Lundi 16 juin 12*,1 N. N. E. 2 Beau. 0,0 Beau, qq. nuages, colonne lumineuse sur le soleil à 4 b. m.
- Mardi 17 13*,9 S. 0 Presque couvert. 0,0 Très nuageux jusq. 7 h., couv. ensuite; halo, horix. tr. brumeux.
- Mercredi 18 12*,8 S. S. W. 1 Pluie fine. 0,9 Couv., sauf tr. nuag. de 15 à 20 h.; pl. jusq. 8 h., puis gouttes jusq. 11 h. 20.
- Jeudi 19 17*,0 W. 3 Couvert. 0,2 Couv, jusq. 8 h., tr. nuag. jusq. 17 11., beau ensuite; pluie fine à 8 h.; halo.
- Vendredi 20 14*,5 Calme. Beau. 0,0 Nuag., brouill. épais sur Marne à 4 h.
- Samedi 21 . • 14*,9 N. W. 2 Nuageux. 0,0 Tr. nuag.; beau jusq. 7 h.; halo; horiz. tr. brum.
- Dimanche 22 15*,5 N. W. 1 Peu nuageux. 0,0 Peu nuag. jusq. 9 h.; couv. ensuite.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Conditions physiques de la mer Rouge. — M. W. Weber a dressé récemment une carte des profondeurs de la mer Rouge. D’après le pilote de ces parages, par l’amirauté anglaise, la mer Rouge présenterait trois sillons longitudinaux, l’un au milieu de la dépression, les deux autres le long des côtes d’Asie et d’Afrique, en dedans des archipels qui les bordent. D’après M. W. Weber, qui combat cette théorie, le lit de la mer Rouge ressemble, en réalité, à un fossé creusé entre les deux continents, dont la ligne la plus profonde cét toujours à peu près également distante de la côte d’Arabie et de la côte d’Afrique; le maximum absolu de profondeur s’y trouve toujours, à peu près aussi, à égale distance des extrémités nord-ouest et sud-est de la mer Rouge. Longue de 17°,20', la mer Rouge n’est pas soumise à un régime météorologique uniforme ; la théorie l’indiquait, le général Strachey le prouve au moyen de eartes préparées à la Marine Branch of the Meteoroiogical Office d’Angleterre, par MM. le capitaine Toynbee et le lieutenant Baillie. Au
- mois de janvier les vents de la direction nord prévalent entre 30® et 23® de latitude nord, tandis qu’entre 23° et 15° les vents de la direction nord alternent avec ceux de la direction sud-est. Au mois de juillet cette distinction disparait; les vents du nord et du nord-ouest soufflent alors uniformément sur toute l’étendue de la mer Rouge.
- Coup de vent subit. — M. L. Poulat, membre de la Société météorologique de France, à la Tronche, près de Grenoble, a récemment fait d’intéressantes observations, accompagnées d’un diagramme fourni par l’anémo-graphe électrique des frères Richard, au sujet d’un coup de vent subit survenu le 17 avril." Rien ne faisait prévoir ce coup de vent extraordinaire. Le baromètre, toujours très bas depuis cinq à six jours, était descendu encore vers 3 heures du soir, lorsque tout à coup le ciel devint d’un noir d’encre et on entendit comme un roulement de locomotive vers le sud-sud-ouest. Bientôt après, à 3 h. 5 m., le vent se déchaîna avec une violence inouïe ; il atteignit à 3 h. 15 m., la vitesse énorme de 31 mètres à la seconde. Il faiblit ensuite, pour reprendre vers 4 heures et atteindre encore 26“,5 à 5 heures, La direction a été constamment sud-ouest ou sud-sud-ouest.
- TEMPÉRATURE
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- Librairie O. MASSON, ISO, boulevard Saint-Germain, Paris
- VIENNENT DE PARAITRE:
- LA PHILOSOPHIE PÉNALE
- Par G. Tarde. 1 fort vol. in-8°, de la Bibliothèque de criminologie. 7 fr. 50 Ce livre est un examen des idées mises en circulation et en faveur, dans ces dernières années, par l’école dite d’anthropologie criminelle. Mais il est encore plus une exposition d’idées personnelles. Les théories qu’il développe ont trait à trois préoccupations différentes. Il y a d’abord une tentative de conciliation entre la responsabilité morale et le déterminisme, entre la conscience et la science que la notion du libre arbitre avait paru séparer par un gouffre infranchissable. Il y a aussi, et surtout, une explication du côté criminel des sociétés conformément à un point de vue général que je me suis efforcé d’appliquer dans un antre ouvrage, récemment paru, aux divers aspects de la vie sociale. Il y a enfin l’indication de quelques réformes législatives ou pénitentiaires qui sont la conclusion pratique de ces prémisses théoriques.
- RECHERCHES SUR LES MALADIES MENTALES
- Par M. le Dr Baillarger, membre de l’Académie de médecine, médecin honoraire de la Salpêtrière, 2 vol. iu-8°, ensemble 1486 pages, avec 15 planches hors texte............................. 25 fr.
- L’éminent aliéniste a réuni dans ce volume les principaux travaux qu’il a publiés sur les maladies mentales. Ils forment une série de mémoires sur la folie, la paralysie générale et le crétinisme.
- Le premier volume est consacré aux vésanies, le second à la paralysie générale et au crétinisme.
- LES RÉGICIDES DANS L’HISTOIRE ET DANS LE PRÉSENT
- Par le Dr Emmanuel Régis, ancien chef de clinique des maladies mentales à la Faculté de Paris, médecin de la maison de santé Castel-d’Andortc. 1 vol. in-8°, avec 20 portraits de régicides. ....... 3 fr. 50
- Contrairement à ce qui avait été fait jusqu’à ce jour, l’auteur a poursuivi son étude des régicides sur le terrain médico-psychologique. De la vie d’un certain nombre de fanatiques célèbres, il a classé les faits d’ordre exclusivement médical et en a déduit quelques considérations d’ensemble sur l’état mental des régicides pouvant intéresser à la fois là médecine légale et la nosologie.
- L’ACTIVITÉ DES ANIMAUX
- Par W. Tenicheff, traduit du russe par M. Gouroviteh. 1 vol. grand in-8°, avec 51 figures....................................6 fr.
- Etude psychologique intéressante qui a été fort appréciée en Russie et qui a été inspirée par cette pensée : <r Les recherches sur l’activité des animaux jettent un certain jour sur l’activité de l’homme et montrent au moins le chemin qu’il faut suivre pour comparer cette dernière. »
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- CHEMIN DE FER D’ORLÉANS
- Billets d’.Vllei* et IleI«>uî* de Famille
- POUR LES STATIONS THERMALES DE
- Chamblet-Néris (NÉRIS), Moulins (BOURBON-L’ARCHAMBAULT),LaqueuiHe (la B0URB0ULE et le MONT-DORE), ROYAT
- Réduction de 50 pour \ OO pour chaque membre de la famille en plus du troisième
- Il est délivré, du M*' Juin au 4S Septembre, dans toutes les gares du réseau d’Orléans, sous condition d’effectuer un parcours minimum de 300 kilomètres (aller et retour compris), aux familles d’au moins quatre personnes payant place entière et voyageant ensemble, des llilictM il’Aller et Retour collectifs de 1”, 2* et 3” classe pour les stations ci-dessus indiquées.
- Les billets sont établis par l’itinéraire à la convenance du Public; l’itinéraire peut n’être pas le même à l’Aller et' au Retour.
- Le prix s’obtient en ajoutant au prix de six Billets simples ordinaires le prix d’un de ces Billets pour chaque membre de la famille eu plus de trois.
- Deux enfants de trois à sept ans sont comptés pour un voyageur à place entière. Pour un seul enfant, ou un enfant en excédent sur un nombre pair, le prix est la moitié de celui que payerait un voyageur à place entière.
- Lès Billets sont collectifs et nominatifs; ils ne peuvent servir qu'aux personnes d une même famille, savoir : père, mère, enfant. grand-père, grand’-mère, beau-père, belle-mère, gendre et belle-fille, frère, sœur, beau-frère, belle-sœur, oncle, tante, neveu et nièce, ainsi que les serviteurs attachés à la famille.’Ces derniers peuvent, lorsque la demande en est faite en même temps que celle du Billet, prendre place dans une autre classe de voiture (2* et 3' classe) ou même dans un autre train que la famille. Dans ce cas, il est délivré deux Billets distincts, l’un pour la famille, l’autre pour les serviteurs; mais les prix de l’un et de l'aulre de ces Billets sont fixés d’après le taux de réduction afférent au nombre de personnes de la famille proprement dite.
- Ces Billets sont signés avant usage, par les personnes qui y sont dénommées (les enfants de trois à sept ans exceptés) et doivent être présentés à toute réquisition des Agents de ia Compagnie, auxquels les voyageurs sont tenus de donner leur signature chaque fois qu’elle leur est demandée.
- Les titulaires d’un même billet collectif sont tenus de voyager ensemble. En conséquence, si, pour un motif quelconque, une ou plusieurs personnes dénommées sur le Billet collectif ne pouvaient faire le voyage par le même train que les porteurs de ce Billet, elles auraient à prendre, pour leur voyage, un Billet ordinaire sur le prix duquel il ne serait rien déduit.
- VOYAGES DAMS
- La Compagnie d’Orléans délivre toute l’année des billets d’excursion comprenant quatre itinéraires différents, permettant de visiter le Centre de la France, les Stations hivernales et balnéaires des Pyrénées et des bords du Golfe de Gascogne.
- Les prix de ces billets sont les suivants : 1" itinéraire, 1" classe, 223 francs. —;2* classe, 170 francs. — Durée de validité : 45 jours.
- 2% 5” et 4" itinéraires : 1" classe, 180 francs. — 2* classe, 135 francs. — Durée de validité : 30 jours.
- La durée de la validité des Billets, à compter du jour du départ, ce Jour non comprit*, est de 30 jour*. ,
- Les Billets ne sont émis que du 1" Juin au 15 Septembre. Toutefois, les voyageurs ont la faculté de commencer leur voyage après cette dernière date, étant entendu que, dans ce cas, la durée de leur validité commencera à courir le 10 Septembre, quel que soit, d’ailleurs, le jour de départ, et qu’elle expirera, par conséquent, le 15 Octobre, à minuit.
- La durée de validité des Billets peut être prolongée une ou plusieurs fois d’une période de quinze jours. Chaque période de prolongation part de l’expiration de la période précédente et donne lieu à la perception d’un supplément de ÎO pour ÎOO du prix total du Billet.
- La prolongation ne peut être demandée que pour les billets non périmés.
- ARRETS. — Les voyageurs ont la faculté de s’arrêter à toutes les gares desservies par les trains et situées sur l’itinéraire, mais ils doivent faire apposer, à l’arrivée, dans l’un des cadres réservés à cet effet, le timbre de la gare où ils s’arrêtent.'
- TRAlMïS. — Tout train comportant des voitures de la classe du Billet d’Aller et Retour est à la disposition du porteur de ce Billet, à la condition, toutefois, que, pour le parcours à effectuer, l’affiche de la marche des trains dispose que les voyageurs de même classe à plein Tarif ont accès dans le train.
- HAGAGES. — Les voyageurs payant place entière ont droit à la franchise de 30 kilogrammes de bagages.
- Les demandes de Billets doivent être faites, quatre jours au moins avant celui de départ, â la gare où le voyage doit être commencé.
- LES PYRÉNÉES
- La durée de ces différents billets peut être augmentée, moyennant supplé" ment, d’une, deux ou trois périodes successives de 10 jours.
- Enfin, il est délivré de toute gare des Compagnies d’Orléans et du Midi, des billets aller et retour réduits de 25 pour 100, pour aller rejoindre les itinéraires ci-dessus, ainsi que de tout point de ces itinéraires pour se rendre à des points en dehors desdits itinéraires.
- Paris. — Imprimerie Labure, rue de Fleurus, 9.
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- Supplément au numéro 892 de LA NATURE, du 5 juillet 1890
- Lrz:j 584'BOITE AUX LETTRES urîm)
- ------------------- <,
- Lm lettres et communications relatives à la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à H. Gaston TISSANDIER
- 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le polyphone de M. Zigang ne se trouve pas encore dans le commerce; s’adresser pour renseignements à M. le capitaine Zigang, du 130° d’infanterie, à Domfront (Orne).
- M. F. Thienpont, à Etichove, nous envoie, dans un petit bocal, un poussin monstrueux qui présente deux tètes soudées avec un œil frontal. Ce monstre aurait, dit-on, vécu quelques instants.
- M. Mejdoub ben Kalafax, à Constantine, nous adresse la traduction de la lettre arabe que nous avons publiée précédemment. Cette nouvelle traduction confirme celles que nous avons déjà reçues.
- M. J. R. E., à Paris. — Nous sommes surpris qu’on ne connaisse pas les poupées phonographiques à la Société Edison, à Paris; il est étonnant que les employés de cette société soient aussi peu renseignés sur les œuvres de leur maître. Ces poupées ne se trouvent pas encore dans le commerce de ce côté de l’Atlantique.
- M. A. Renard, à Clamecy. —• L’adresse est donnée en tète de la Boîte aux lettres du même numéro qui contient la description.
- M. L. Pauquet, à Paris. — Il est préférable de prendre un disque avec pas de vis et de visser un autre disque avec contre-écrou.
- M. Eiram, à Bucharest. — Le fait que vous citez ne nous est pas connu; nous l’étudierons à l’occasion, et nous vous répondrons à ce sujet.
- M. L. Houdry, à Bondy. — 1° Il faut vous adresser à M. Morfaux, pharmacien, à Constantine (Algérie). — 2° Bien laver et gratter la surface à dorer, passer un vernis et appliquer légèrement la dorure à l’aide d’un tampon de chiffon.
- M. le Dr Lagarde, à La Membrolle. — Essayez le papier au ferro-cyanure; après le passage de l’étincelle, il faut le tremper dans une solution très faible de bichromate de soude ou de potasse.
- Un étudiant, à Bruxelles. — 1° Non. — 2° Tout dépend des conditions dans lesquelles vous vous placerez.
- M. E. Mengin, à Sommedieue. — Il s’agit d’un bois blanc de sapin du nord de l’Europe.
- M. A. B., à Amiens. — 1° Le fait n’a pas été constaté jusqu’ici. — 2° Oui. — 3° Non; l’acide chlorhydrique convient très bien. — 4° Pas de représentant en Europe.
- M. Luti, à Reims. — Dissoudre le caoutchouc dans le sulfure de carbone, ajouter ensuite peu à peu la gutta-percba et la colle de poisson.
- M. Ch. Fouquet, à Paris. — Oui ; ce traitement doit être salutaire pour tous les arbres fruitier» en général.
- Un abonné, à Aix. — Nous avons décrit l’expérience d’Amphitrite dans le n° 814, du 5 janvier 1889, p. 95.
- M. Ueurtault, à Montargis. — M. Forest, 76, quai de la Râpée, à Paris-Bercy.
- Un lecteur, à Yerona. — Objectifs Darlot, 125, boulevard Voltaire, à Paris.
- M. X., à Fontainebleau. — 1° Non. — 2“ Il faut 50 volts aux bornes et 10 ampères, environ 50 éléments au bichromate en tension et pouvant débiter 10 ampères. — 3° Oui; mais le collecteur laissera à désirer.
- M. A. Danhier, à Kétégan; M. L. Lacour, à Yayres. — Glacières et machines à glace : M. Carré, 29, rue de l’Estrapade, et MM. Wil-', liams et C1", 1, rue Caumartin, à Paris.
- M. G. S., à Paris. — 1° Même réponse que ci-dessus. — 2° Prenez, des piles à écoulement et des accumulateurs. — 3° Tous les marchands de piles peuvent se charger de cette installation ; voyez aux Annonces.
- A/m“ veuve B., à Paris. — 1° Employer de la lavande. — 2° Saupoudrer les fourrures avec un mélange de poudre de pyrèthre (10 parties) et de camphre pulvérisé (1 partie).
- M. J. Gaune, à Mayres. — Le phénomène a déjà été signalé ; les étincelles sont renforcés du fait de l’aimantation du noyau de fer.
- M. P. C., à Reuilly. — 1° Oui, évidemment. — 2° Non; le fil est relié simplement à la douille.
- M. F. F., à Nantes. — La distillation a été poussée trop vivement; impossible de faire disparaître ce goût.
- M. P. Dorny, à Poitiers. — Les considérations que vous émettez sont justes; mais nous ne pensons pas que vous réussissiez, à cause du travail moléculaire interne qui est absolument indispensable.
- M. V. Angerer, à Vienne. — L’adresse demandée est : 5, rue des Chasses, à Clichy (Seine).
- M. L. Borel, à Paris; M. Troubat, au château de Plombières. — Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.1)
- M. Caputo, à Naples*— Remerciements pour vos communications.
- M. E. H., à Paris. — La formule d’argenture est donnée dans le traité de chimie de Girardin. (Même éditeur.)
- M. L. Michelot, à Epernay. — Cet ouvrage se trouve à la librairie Hetzel et Cie, 18, rue Jacob, à Paris.
- M. Cailleix, à Paris ; M. le Dr Hacher, à Nice; M. L. Guichard, à Arcueil. — Pas de traité de ce genre.
- M. le comte Crotti de Costigliole, au château de Bousserin (Tou-lon-sur-Arroux). — Nous n’avons pas connaissance de ce nouvel appareil; mais nous allons prendre des informations à ce sujet.
- M. X., à Nantes. — On peut faire de la peinture très économique à la colle, avec la colle de pâte.
- M. H. Tard, à Blois. — L’adresse du fabricant nous est inconnue ; mais ce canif se trouve chez plusieurs papetiers de Paris.
- M. A. La Janvrie, à Laval. — 11 n’y a guère d’autre moyen plus pratique que le sondage.
- M. L. D., à Rochefort. — Il faut vous adresser directement au Ministère de la marine.
- M. E. H., à Boulogne-sur-Mer. — Nous avons donné une formule de développement à l’iconogène dans le n° 852, du 28 septembre 1889, p. 283.
- M. L. R., à Bordeaux. — 1° Pas d’autre adresse que celle de Zurich. — 2° C’est la dépense en watts qui intervient; on compte environ de 4 à 5 watts par bougie. — 3° Voyez les numéros précédents.
- Un lecteur, à Laon. — Nous avons signalé ces antériorités au sujet du télégraphe électrique. Remerciements.
- M. J. Plassard, à Paris. — Ce dressage est difficile, mais peut réussir.
- M. F. Michaelis, à Moscou. — S’adresser directement à M. Poi-trineau, architecte, 58, rue de Clichy, à Paris.
- M. G. Mercier, à Paris. — La densité de l’acajou varie de 0,56 à 0,85 suivant les différentes variétés, et celle du noyer de 0,68 à 0,92.
- M. A. B., à Athènes. — La description des moteurs à acide carbonique et à poudre n’a été donnée que dans des journaux, il y a déjà quelques années; ces moteurs n’ont fourni aucun résultat pratique.
- M. Giraud, à Grenoble. — Bougeoir au gaz de pétrole Chandor : MM. Desmarais, 29, rue de Londres, à Paris.
- M. E. Neveu, à Rouen. — Adressez-vous à M. Dujardin, constructeur d’accumulateurs électriques, 28, rue Vavin, à Paris.
- M. G. L., h Genève. — L’appareil Michela est employé en Italie. Pour renseignements, s’adresser à M. Cassagnes, ingénieur civil, 18, rue Lafayette, à Paris.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Physique amusante. — La décapitation. —La décapitation des clowns américains expliquée dans un des derniers numéros de La Nature est une modification de la décapitation classique que nous allons expliquer, et qui a l’avantage de ne demander pour son exécution que deux personnes, l’opérateur et le sujet. Ce procédé ne prête pas, il est vrai, aux charges et clowneries, mais il a l’avantage d’étre plus scénique et plus impressionnant pour les spectateurs qui veulent toujours être trompés et se figurer que c’est arrivé. Chaque prestidigitateur a sa décapitation présentée d’une façon différente et dont, avec raison, il cache autant que possible la machination. Ce ne sera donc pas violer le (( secret professionnel », si soigneusement gardé en prestidigitation que d’indiquer le moyen en question. L’opérateur présente le patient, qui est généralement une femme portant un costume voyant, et le fait coucher sur une table de 2 mètres de longueur, et drapée complètement, qui se trouve là ; puis prenant un énorme sabre ou une hache, il se met en demeure de trancher la tête d’un seul coup. Le patient remue; craignant alors de manquer son coup, il lui bande les yeux et demande au public si on veut qu’il couvre le corps d’un drap pour éviter la vue de l’opération aux personnes sensibles ; en faisant cette question il fait le geste de couvrir le sujet qui, à ce moment précis, se trouve caché aux yeux du public pendant deux secondes. Tirant alors, soit avec un fil, soit avec le pied, un verrou invisible, le dessus de la table bascule dans le sens de la longueur; le patient tombe dans le dessous de la table ui est garni de lanières comme un lit de sangles. La seconde face u dessus de table qui supporte un mannequin de taille et de costume semblable à l’opéré prend la place de la première face. Rien de plus simple alors de couper la tete retenue en place par un coin
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- à ressort et de la montrer au public d’une main, en découvrant le corps de l’autre. Le prestidigitateur pose ensuite cette tête aux pieds du corps et au moment où il se trouve devant pour la poser et qu’il la cache forcément au public, il l’enfonce dans une trappe pratiquée à cet effet, pendant que le patient véritable, tombé dans la table et qui s’est retourné, passe sa tête vivante par une trappe à côté. Tel est, en peu de mots, parmi les systèmes de décapitation, celui qui, se rapprochant le plus du truc américain, en diffère par quelques points essentiels. Naturellement, l’éloignement scénique, la parole de l’opérateur, etc., ajoutent à l’illusion et contribuent à frapper vivement l’imagination du spectateur le plus prévenu.
- Alber, prestidigitateur, à Paris.
- Le partage difficile. — Voyant que La Nature publie assez souvent des jeux de patience, je crois être agréable à ses lecteqrs, en vous en indiquant un très simple et qui vous est peut-être inconnu. Je l’appellerai « le partage difficile ». — M.X... laisse à sa mort un pré de
- A B
- forme carrée, dont un quart est donné aux pauvres. Le défunt désire que la partie restante soit partagée à ses quatre enfants en quatre parties égales, en surface et en forme. Le problème est simple par lui-même, mais fait chercher souvent assez longtemps. Les figures ci-desus A et B, donnent la solution. Le terrain A a fourni un quart de sa surface aux pauvres. Les portions 1, 2, 3, A, de la figure B répondent à la donnée du problème. J. Hammer, à Lyon.
- Incendie d’nne fabrique de goudron A l'Iawinne. ——
- M. leDr Bribosia, à Namur, nous écrit que le jeudi 29 mai, à trois heure et demie de l’après-midi, un incendie épouvantable s’est déclaré dans la fabrique de goudron de Flawinne près de Namur (Belgique). Le feu a pris naissance dans une partie de l’établissement où travaillaient des ouvriers plombiers. On présume qu’un dégagement de gaz aura pris feu au contact de la flamme du chalumeau. En quelques instants l’usine flambait. Devant l’impossibilité d’étouffer l’incendie, on s’est contenté de le circonscrire, en isolant certains réservoirs pleins de goudron. Le chiffre des pertes est considérable ; le feu a duré deux jours en couvrant le ciel d’une épaisse fumée, il n’y a eu que des dégâts matériels, et pas un seul accident de personne.
- quables, par J. Moyen, avec une introduction par Jules de Seynes.
- 20 chromotypographies et 334 vignettes. 1 fort vol. in-8*.—paris*
- J. Rothschild, éditeur. *
- On peut estimer à 25 000 les espèces de champignons connus * actuellement. C’est le nombre qu’on attribuait au règne animal tout i entier dans les premières années de ce siècle, mais combien de j contrées n’ont encore fourni que des données insignifiantes sur } leur flore fongique. La mycologie est aujourd’hui très cultivée par | les botanistes et par les amateurs. Le volume que nous leur signa- f Ions et qui est écrit par un maître, sera d’un précieux secours à tout observateur désireux d’être rapidement renseigné. L’ouvrage est méthodiquement divisé et les planches en couleurs qui le terminent sont la fidèle représentation des espèces.
- Annuaire de la jeunesse pour l'année 1890, par H. Yuibert. 1 vol. in-18. — Librairie Nony et Cu, 17, rue des Ecoles.
- Nous nous plaisons à recommander ce nouvel Annuaire publié par M. Vuibert : il nous paraît appeléà rendre les plus grands services aux jeunes gens; il leur donne toutes les indications pratiques sur les lycées et leurs plans d’étude, sur les bourses, les trousseaux, sur les collèges communaux, les séminaires, sur les examens à passer, baccalauréats, brevet de capacité, sur l’enseignement supérieur, les établissements scientifiques, les écoles professionnelles, les lycées, les écoles, les conditions d’examen et d’entrée, les devoirs militaires, etc. C’est un vade-mecum pour tous ceux qui veulent travailler et suivre dignement une carrière libérale. i
- Voltaire. Bibliographie de ses œuvres, par Georges Bengesco. 3 vol. <. in-8°. — Paris, Emile Perrin, libraire-éditeur, 1882-1889.
- L’ouvrage que vient de terminer, sous ce titre, M. Georges Bengesco, a nécessité de bien grandes recherches et des travaux de longue haleine qui n’ont pu être inspirés que par une admiration profonde du grand écrivain français. Ce livre est un véritable monument élevé à la gloire de Voltaire. Aussi est-ce en toute justice que l’Académie en a couronné le premier volume dès son apparition. La bibliographie des œuvres de Voltaire rendra de rands services aux bibliophiles et aux amis du philosophe de erney.
- Les races de chiens. Histoire. Origine. Description par Pierrb Mégnin. Deuxième partie. Les lévriers, les chiens courants, les bassets. Ornée de 46 figures, la plupart hors texte. 1 vol. in-8°,
- — Vincennes; aux bureaux de l'Eleveur, 2 ter, avenue Aubert, 1890.
- Dans les ténèbres de l'Afrique. Becherche, délivrance et retraite d'Emin-Pacha, par H.-M. Stanley. Ouvrage traduit de l’anglais.
- 2 vol. in-4° avec 150 gravures chacun. Librairie Hachette et C‘vj
- — Paris, 1890. I
- Revue technique de VExposition universelle de 1889, par un comité d’ingénieurs, de professeurs, d’architectes et de construc-1 teurs, Cu. Vigreüx, secrétaire de la rédaction. N" 12, 13, 14 et 15.
- 4 brochures in-4° et 3 atlas de planches. E. Bernard et Cie, imprimeurs-éditeurs. — Paris, 1890.
- Amour maternel chez les oiseaux. — Il y a quelques jours nous nous aperçûmes qu’une chatte qui a l’habitude de rôder dans le jardin était poursuivie d’une singulière manière par un oiseau vulgairement appelé queue rousse. La chatte traversait un petit taillis et l’oiseau volait au-dessus d’elle, de branche en branche, en faisant entendre des petits cris de colère ; puis de temps en temps, abandonnant son abri, il plongeait en arrière de son ennemi, lui donnait en passant un furieux coup de bec sur le dos et recommençait ce manège quelques instants après. La chatte, qui peut-être ne pensait pas à mal, semblait ne pas comprendre d’où lui venaient ces assauts répétés, et elle s’éloigna lentement. Nous ne fûmes pas longtemps à découvrir que la queue rousse avait son nid dans le bosquet.
- Pierre Pagnon, à Lyon.
- Un bolide à Nice. — Le 11 juin, à 8 h. 20 m. du soir, un bolide est apparu à Nice. Comme une fusée, on a vu glisser rapidement dans le ciel une boule verdâtre laissant une traînée de poussière d’or. Elle disparut silencieusement, sans explosion. Course apparente, du sud au nord, presque horizontale, un peu descendante. Direction, au-dessus du mont Vinaigrier. Longueur de la course entrevue, environ 5 degrés. G. Mayraigue, à Nice.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les champigiions. Traité élémentaire et pratique de mycologie, suivi de la description des espèces utiles, dangereuses, remar-
- L’agriculture et les industries au Brésil, par le Dr Pires de Almeida, 1 vol. in-16. Imprimerie nationale. — Rio-de-Janeiro, 1890.
- Bulletin of the Vnited-States fish Commission for 1887, vol. Vil. 1 vol. in-8°. Government printing office. — Washington, 1889.
- Contribution à l'étude de l'âge de la pierre dans l'isthme k Panama, par le Dr E. Ménard de Saint-Maurice. 1 brochure grand in-4° avec 4 planches. — Paris, 1889.
- Le Sahara et la cause des variations que subit son climat depvk les temps historiques (gulf-streams, courants polaires, courants équatoriaux), par A. Guy, ingénieur des arts et manufactures, 1 brochure in-8°. Imprimerie D. Heintz. — Oran, 1890.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Le lavage des fraises. J
- Il arrive fréquemment que les Fraises sont couvertes de sable,! surtout les espèces à gros fruits, que l’on ne paille généralement pas, à l’instar des Fraises des Quatre-Saisons. Or, personne n’ignore que les Fraises perdent une grande partie de leur parfum lorsqu’oi les lave. Voici cependant un excellent moyen d’éviter cet inconvé-j nient. 11 consiste tout simplement à mettre, dans une mousseline mouillée, les Fraises ensablées et à les faire sauter à plusieurs reprises} le sable ou la terre restent attachés à la môussehne, et les Frais» ne perdent rien de leur qualité.
- Li Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser à l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rue de Fleuri
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite* La reproduction des illustratif *—-------nmwn,nm_ n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 736e BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA NATURE
- d’après les observations de m. renoü (parc de saint-maur, ALTITüDE : -49 M. 30)
- Juin 1890. — Semaine du lundi 23 Juin au dimanche 29 Juin 1890.
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- Baromètre.
- Thermomètre sec
- Thermomètre humide
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de M. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
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- PHASES DE LA LUNE : P. Q. LE 25 A 2 H. 3 AI. ^DU SOIR.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après le bulletin international du bureau central MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 juin 15”,5 W. 2 Couvert. 0,0 ! Couv., pluie ou gouttes de 7 b. 40 à 13 h., et à 16 et 18 h.
- Mardi 24 15”,8 W. N. W. 2 Couvert. 1,2 Couv. le m., nuag. le s., beau ap. 20 h., tr. brum. le m.
- Mercredi 25 , 18”,1 N. 0 Beau. 0,0 Tr. peu nuag. de 9 b. à 17 h., beau av. et ap.
- Jeudi 26 19”,8 S. 1 Beau. 0,0 Tr. peu nuag. jusq. 13 h., tr. nuag. ap.
- Vendredi 27 15”,0 W. S. W. 2 Couvert. 2,8 Couv. le m., peu nuag. le s., éclairs à l’horizon S.E. à 1 li., pluie de 1 h. à 5 b. et à 5 h.
- Samedi 28 14”, 1 S. W. 1 Couvert. 0,0 Presq. couv., pluie de 20 h. 50 à 21 h.
- Dimanche 29. ..... . 13”,4 W. S. W. 2 Beau. 2,4 Beau jusq. 7 h., tr. nuag. ensuite.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Trombe ascendante. —Le lundi, 23 juin, à 9 h. 15 m. du matin, j’ai été témoin d’un phénomène météorologique bizarre, à Annecy (Haute-Savoie). Le temps était lourd, sans la moindre brise, la chaleur très intense, bien que le soleil fût caché par des nuages qui couvraient presque tout le ciel. Brusquement, dans la cour de la gare, de gros morceaux de papier d’emballage, d’une dimension et d’un poids relativement considérables, qui avaient été abandonnés par des camionneurs, se mirent à s’agiter et à s’élever verticalement en tourbillonnant. En quelques instants, ils furent à une hauteur approximative de 80 à 100 mètres et ils continuaient leur ascension quand l’heure du train m’obligea de monter en wagon sans observer la fin de cette trombe qui avait attiré l’attention de toutes les personnes présentes, employés, douaniers, voyageurs. Des hirondelles, prises par le courant, paraissaient affolées et avaient de la peine à sortir de la zone d’attraction du phénomène. A quelques mètres de là, l’air était si calme qu’aucun atome de poussière ne quittait le sol. Durée de l’observation : environ trois minutes. A- M., à Grenoble.
- Colonne lumineuse. — Une colonne lumineuse a été observée, par M. A. Cheux, à l’Observatoire de la Baumette (près Angers). « Le 17 juin 1890,
- vers 7 h. 55 m. du soir, dit JL Cheux, j’aperçus à l'horizon, à l’endroit où le soleil avait disparu, une lueur verticale d’un rouge très vif, s’élevant dans l’atmosphère à une hauteur de 16° environ et d’une largeur de 2° à 3°. Vers 8 h. 30 m., cette colonne était plus vive, et le sommet plus rouge avait la forme d’un éventail; l’intensité lumineuse allant en décroissant de la base au sommet A 8 h. 37 m. le sommet était d’un rouge très vif et parfaitement limité ; enfin, à 8 h. 50 m., la colonne lumineuse disparaissait au-dessous de l’horizon. Le temps était très calme, le vent venant de l'ouest, et le ciel était très chargé de cirrus épais venant lentement de l’ouest. »
- IJn bolide. — Un magnifique bolide a été vu, lundi 23 juin, à Sacconex, près Lausanne ; son éclat était blanc-bleu, rappelant la lumière électrique, éclat qui augmentait à mesure que le bolide s’approchait de l’horizon, mais ce qui était plus frappant, c’est que le bolide a été vu par un beau soleil.
- A. de Paléziedx.
- Vitesse du vent. — M. L. Poulat, à la Tronche, près Grenoble, dont nous avons mentionné une communication sur un coup de vent subit dans notre 735” Bulletin météorologique, nous écrit que la vitesse signalée dans cette première note a été dépassée le 7 et le 13 juin. L'appareil des frères Richard a enregistré, ces jours-là, des vitesses de 33 mètres par seconde, et par intervalles, de 5 h. 50 m. à 10 heures du soir.
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- ADRESSES UTILES
- Pour les annonces, s’adresser à l’Office de publicité de l’imprimerie Lahure, 9, rue de Fleuras, Paris
- LA RÉDACTION ET L’ADMINISTRATION DE « LA NATURE » SONT ÉTRANGÈRES A CE SERVICE
- ACCESSOIRES ET SUPPORTS POUR LAMPES A INCANDESCENCE ET A ARC C. Grhrolas fils, manufacture, 16, rue Montgolfier, Paris.
- ' ACCUMULATEURS
- Aboilard, 7, rue Bleue, Paris.
- E. Blanc et C“, constructeurs à Mariy, près Friboug (Suisse).
- Ch. Danel, 29, rue Richelieu, Paris. Jacquet frères, à Veruon (Eure). Radignet, 15, b. des Filles-du-Calvaire. B. Reynier, iag. 3, r. Benouville, Paris. A. Sln>men,55,r.Oow/*a.v/rt /*.- Vaugir.).
- AGRICULTURE ET HORTICULTURE
- Vilmorin-Andrieux et C1*, 4, q. de la
- Mégisserie. Graines et oismons a fleurs.
- ’ ~ ARMES
- ROUXEL, fajmc.,165, rue Montmartre, Paris. Armes fines, demi-fines, garanties 5 ans, 40,pour 100 plus bas prix qu’ail-leurs. Demander catalogue, 0 fr. 25.
- * BALANCES
- Braver frères, ,43, r. Saint-André-des-Arts, seuls agents pour la vente en France et Colonies des balances et poids de précision de Becker’s Sons, de Rotterdam. Catalogue spécial, franco par la poète.
- BIÈRE
- La Lorraine, 208, r. Lafayetle. Livraison, fûts et bouteilles. Med. or Exp. 1889.
- BREVETS D’INVENTION Armengaud atné ^ IN'.CJ 45, r. Saint-Sébastien, à Paris. Maison fondée en 1836. Brevets en France et à l’étranger 4 médailles d’or Expos, universelle 1889. Armengaud j“, 23, Bd de Strasbourg. B. Parmentier, 10, r. de Lancry, Paris.
- CHAUFFAGE DES GÉNÉRATEURS
- Georges ALEXIS GODILLOT,50, rue
- d'Anjou. Utilisation des mauvais combustibles pour le chauffage des générateurs. Appareil réalisant la combustion méthodique. Chargement mécanique du combustible. Fumivorité complète.
- CHIMIE ET APPLICATIONS
- Alvergnlat frères, 10, r.de la Sorbonne, Parts. Fournit, compl. p. laboratoires. MARSEILLE : André et Lieutier.Chimie.
- physiq., photogr. Tarif illustré, 1 franc. Billault, 22, r. de la Sorbonne, Paris.
- Produits chimiques etpharmaceutiques. Brewer frères, 43, r. Saint-An dré- dei-Arts. Fournitures complètes de laboratoires scientifiques et industriels. CHAPUIS (H.), O Auv. 36, r. Grenéta.
- Fab. d’app. eu platine pour laboratoires Ghauffier, manui. de porcelaine pour chimie, photog. élect. Esternay (Marne). Comptoir central. Ch. Legrand, 10, rue
- des F illes-du-Calvaire. Prod.cliim. pour doreurs, argenteurs, nickeleurs, etc.
- Comptoir Lyon- Alemand, lZ,r. Montmorency. Opérations dé banque. — Matières d’or, d’argent et platine, nitrate d’argent garanti pur, chlorures d’or et chlorure de platine.
- Delval et Pascalis (ancienne maison Roseleur), 5, rue Chapon. Prod.chimiq. et app. spéc. pour élect. ; piles, vases poreux, sel ammoniac, sulfate de cuivre, etc.; app. de galvanoplastie.
- Fontaine, 18, r. Monsieur-le-Prince.
- Organisation de laboratoires p. industrie et enseign., chauffage.
- Wiesnegg ES, 64, rue Gay-Lussac. Constructeur d’appareils de chauffage par le gaz, à l’usage des sciences.
- ÉLECTRICITÉ ET APPLICATIONS
- Aboilard, 7, r. Bleue, Paris.
- EM. Biron, 237, rue Saint-Martin. Fondeur de cloches, sonnettes, timbres et grelots pour appareils électriques.
- Ch. Danel, 29, rue Richelieu, Paris.
- Ducretet (E.) ^ ES et 75, r. Claude-Bernard. Instr. pour les sciences. — Electr. statique et dynamique. — Catalogue illustré.
- Fontaine, 18, r. Monsieur-le-Prince. Piles, instr. et applications.
- C. Grivolas fils. — Accessoires et supports pour lampes à incandescence et a arc. — Manufacture, 16, rue Montgolfier, Paris.
- Meyer Eug., 121, r. de la Pompe, Paris.
- Mors, 8, avenue de l’Opéra. Signaux électriq , téléphones.
- E. Née, rue du Montparnasse, 47. Fournitures générales d’électricité. — Robinets électriques, brevetés s. g. d. g.
- Prix courant illustré de 151 fig., description des appareils électriques les plus usités. — Envoi contre 0 fr. 50 en timbres-poste de tous pays, Radi-guet, 15, b. des Filles-au-Calvaire.
- Maison Roseleur. Delval et Pascalis, 5, r. Chapon. Prod.chimiq.et ust.spéc. pour doreurs, argenteurs, nickeleurs-gahanoplastes, etc. — Piles et app. p. électricité. _________________
- JOUETS SCIENTIFIQUES
- Ch. Danel, 29, r. Richelieu. Ane” M"" L. Desruelles. Jouets élect. Mach. à vapeur.
- OPTIQUE
- Maison de i’ing. Chevallier, 15, pl.
- du Pont-Neuf. Longues-vues, microscopes, jumelles, etc.
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- Supplément au numéro 893 de LA NATURE, du 12 juillet 1890
- 585e BOITE AUX LETTRES UT!.»)
- I<m lettres et communications relatives k la Boite aux lettres et à la'rédaction doivent être adressées à H. Gaston T1SSANDIER
- 50, rue de Chflteaudun, k Paris.
- Toutes les communications «üi concernent le SERYICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE .MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives atix appareils décrits. — La chambre noire de campagne de M. le commandant H. Blain se trouve chez M. E. Pi-cart, 14, rue du Bac, à Paris.
- Un abonné, à Bellevue. — Les poupées phonographiques ne sont pas encore dans le commerce, à Paris; nous l’avons déjà dit à plusieurs reprises dans nos précédentes Boîtes aux lettres.
- M. J. Hergenreder, à Paris. — Le tube que vous employez n’est peut-être pas bien étanche, par suite de i la température à laquelle vous le soumettez. Essayez d’adapter un second tube, à l’intérieur duquel vous placerez le tube rempli d’eau, et chauffez le tube extérieur.
- M. A. B., à Arcueil. — 1* L’acide acétique cristallisable est l’acide concentré, anhydre. — 2° Chez tous les marchands de produits chimiques.
- M. Ch. Belot, à Bruxelles. — Vous ne pourrez obtenir qu’une couleur foncée mais pas noire ; il faut étendre un vernis noir.
- M. D., à Paris. —Le bain à l’acétate donne de bons résultats.
- M. L. Picot, à Paris. — Vous réussirez difficilement; les pellicules se détachent cependant dans l’eau chaude.
- M. G. Delambre, à Paris. — Nous n’avons pas eu l’occasion d’expérimenter cet obturateur; nous regrettons de ne pouvoir vous fixer à son sujet.
- M. H. Poiré, à Paris. — Ces deux produits sont excellents; nous nous servons habituellement d’acide pyrogallique.
- M. le comte de Forestier de C., à Château-Renault. — Prenez de la fuchsine ou autres matières colorantes du même genre.
- M. A. Ducloux, à fcevroux. —- 1* Dans une pile, la différence de
- Fotehtiel en volts dépend du nombre d’éléments couplés en tension ;
- intensité du courant dépend des dimensions des éléments ou du nombre de ces derniers couplés en quantité. — 2* Oui.
- M. E. Julien, à Nantes. — Nous avons déjà parlé d’un grand nombre de petits moteurs à gaz ou à pétrole ; il faut vous renseigner s auprès des fabricants.
- M.^D. Moreau, à Valenciennes. —Vos accumulateurs ne doivent pas etre suffisamment chargés; nous vous conseillerons de les charger successivement l’un après l’autre, et non en quantité.
- M. P. S., à Evreux. — 1° Pas de représentant à Paris. — 2° Moteur Daimler, à Stuttgart.
- M. A., à Saint-Sauveur. — Nous avons publié, dans ces dernières années, de nombreux articles sur les diverses variétés de bois, mais non sur les bois artificiels.
- L'abonné 1256, en Alsace. — Notre 584* Boîte aux lettres, du 5 juillet 1890, contient quelques indications relatives à des machines à glace.
- M. M. Pérct, a Lille. —- Tous les petits appareils photographiques à main vous conviendront.
- M. A. S., à Caudebec. — Le sel contenu dans les bouillottes des chemins de fer est de l’acétate de soude. Lisez, à ce sujet, un article de l’inventeur du procédé dans le n° 502, du 13 janvier 1883, p. 101.
- M. L. Barraud, à Angoulême. — Adressez-vous à M. Molteni, 44, rue du Château-d’Eau, à Paris.
- M. E. Farer, à Eauplet. — 1* Toutes les solutions que vous indiquez peuvent convenir; il faut choisir la plus économique. — 2“ Voyez le dictionnaire de Bottin; vous y trouverez de nombreuses adresses.
- M. D. Maugié, à Paris. — Il n'y a pas eu de mesures précises faites à ce sujet.
- M. A. P., à Metz. — Pas de moyen pratique pour éviter ces erreurs.
- M. P. Deltour, à Paris. — Le bon papier sensibilisé du commerce vous donnera d’excellents résultats. Il ne faut pas qu’il soit préparé depuis "longtemps.
- M. J. Fleury, à Marseille. — Pour vous répondre, il faudrait faire des études sur place et établir un projet; adressez-vous à des ingénieurs spécialistes.
- M. G., à Cherbourg; M. Fritz Perret, à La Chaux-de-Fonds. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. J. Tourainne, à Paris. — 1° Pas d’ouvrage sur cette question. — 2° Adressez-vous à des fondeurs ou à des marchands de-produits chimiques.
- M. H. X., à Rochefort. — Consultez des traités de mécanique appliquée.
- M. F. Dubois, à Pau. — Adressez-vous à des libraires de livres anciens ; le sujet n’est pas de notre compétence.
- M. E. Caignet, à Chauny. — Il existe plusieurs traités sur l’élec-trolyse et le nickelage, à la librairie Bauary, rue des Saints-Pères ;
- nous avons également publié quelques articles sur la nickelure des métaux, notamment dans le n° 439, du 29 octobre 1881, p. 342.
- M. V. de C., à Paris. — Vous trouverez les ouvrages de photographie qui vous conviennent à la librairie Gauthier-Villars.
- M. X., à Alger. — Nous avons reçu votre observation au sujet de la frontière du Maroc; mais notre carte n’est, en cette partie, qu’une véritable esquisse.
- Un abonné, à Paris. — Nous tiendrons compte de vos réflexions sur les suites des articles ; mais il faut de la variété dans le journal et tout le monde ne partage pas votre avis.
- Un employé des chemins de fer, à Orléans. — Il nous est difficile de revenir sur le même sujet; nous verrons toutefois à résumer peut-être les expériences dont il est question.
- M. E. B., à Saint-Léger-du-Bourg-Denis. — 1° Chez tous les grands marchands de verrerie pour laboratoires. — 2* Non; les laver simplement. — 3° Mettre les accumulateurs en tension, avec une grande résistance intercalée dans le circuit.
- M. E. C., à X. — Vous trouverez des procédés pour métalliser les insectes, fleurs, etc., dans le n° 831, du 4 mai 1889 (523* Boîte aux lettres), et dans le n° 820, du 16 février 1889 (512* Boîte aux lettres.)
- M. J. Plassard, à Paris. — 1° M. Andriveau-Goujon, 4, rue du Bac. — 2° Voyez les Dictionnaires de médecine.
- M. M., à Caluire. — Pour les cahiers de dessin en question, adressez-vous à M"* Jacquot, à Remiremont (Vosges).
- M. le Dt Taillefer, à Châteauneuf. — Il faudrait examiner sur place votre installation pour vous renseigner complètement; cependant nous croyons qu’il doit y avoir quelque fuite, les coups de bélier ne peuvent produire cet effet.
- M, Mouillet, à Marly-le-Roi. — Nous ne comprenons pas bien votre observation.
- M. E. Dion, à Paris. — Oui ; vous pouvez écrire, et ces substances vous seront livrées à domicile.
- M. J. Delaroche, à Paris. — Les châssis 13 X 18 ont extérieurement environ 16 sur 21 centimètres.
- M. A. Van Bever, à Bruxelles. — 1° Pile de Lalande et Chaperon. — 2° Variable suivant le modèle. — 3° Proportions peu définies.
- M. U. Jamey, à Paris. — Nous ne connaissons pas ces nouveaux vitraux.
- M. R. C., à C. —Remerciements pour votre communication.
- M. C. Diss, à Guebwiller. — Informez-vous aux bureaux du journal l'Eleveur, 2 ter, avenue Aubert, à Vincennes.
- M. Bourdy, à Nîmes. — Votre lettre a été envoyée au Ministère de l’intérieur.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- La durée des voyages autour du monde. — Relativement à l’article publié dans votre dernier numéro sur la durée des voyages autour du monde, je vais vous signaler, certain d’intéresser bon nombre des lecteurs, le moyen d’en faire l’expérience d’une façon fort économique. Pour cela il suffit d’adresser, à soi, ou à un ami. une lettre, via Le Havre, New-York, San-Francisco, Hon^-Kong et Suez, ou inversement, Suez, Hong-Kong, Yokohama, San-Francisco, New-York, etc., avec un affranchissement de 0 fr. 50 seulement. En effet vous pouvez envoyer à Yokohama, soit via Hong-Kong ou San-Francisco une lettre avec un affranchissement de 0 fr. 25 (convention internationale); il suffit donc d'un double affranchissement pour que la lettre continue sa route pour revenir à son point de départ et cela sans léser les différents services des postes. Avec les horaires des différentes Compagnies de navigation et de chemin de fer, l’on peut donc choisir et combiner routes et dates de départ et d’arrivée pour voir le temps minimum qu’il faut à une lettre pour faire le tour de notre planète. Un fait à noter : quoique l’on gagne un jour en allant de l’ouest à l’est, il est plus avantageux d’aller de l’est à l’ouest, et en voici la raison. Les paquebots-poste français ou anglais mettent en moyenne quarante-huit heures de moins sur leurs traversées du Japon en Europe, et cela se comprend, c’est que chacun a hâte de rentrer au sol natal. Il arrive que certains paquebots gagnent quelquefois soixante heures. Quoique l’on perde un jour en allant cle l’est à l’ouest, l’on gagnerait encore trente-six heures en allant‘de l’ouest à l’est. Voilà donc un moyen plus économique que celui de miss Bly, pour se rendre compte du temps nécessaire pour faire le tour du monde et qui est à la portée de toutes les bourses. (Communiqué, par M. J. G., à Nantes.)
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- lia population en France. — Nous emprunterons à l’ouvrage de M. Levasseur sur la population française quelques chiffres intéressants à consulter : Pour les 528 400 kilomètres carrés constituant le territoire actuel de la France, M. Levasseur croit pouvoir évaluer notre population à 6 700 000 habitants à l’époque de César, à 5 500 000 à l’époque carlovingienne, à 20 ou 22 000 000 au quatorzième siècle, à 20 000 000 au seizième siècle, à 21 136 000 en 1700, à 24500000 vers 1770 et à 26 000 000 en 1789. Aux huitième et neuvième siècles, on ne comptait qu’un, deux ou trois enfants vivants par ménage. Contrairement, vers la fin du dix-huitième siècle avant la Révolution, on comptait en France plus de quatre enfants par mariage (4,2 ou 4,5); mais à Paris, il n’v en avait guère que trois par mariage (3,3), Dans la démographie française comparée, de recensement en recensement, on voit notre population s’élever de 27 347 800 habitants en 1801, à 38192 064 en.* 1.866-, puis s’abaisser durant nos désastres, pour reprendre, ensuite sa lente marche ascensionnelle, de 36102 921 en 1872, à 38 218 903 en 1886. D’intéressantes recherches sont faites sur la densité de la population. Si, après le département de la Seine, qui compte 6185 habitants par kilomètre carré, le département du Nord, avec ses 294 habitants, présente la population la plus dense, par contre, les départements des Basses et Hautes-Alpes, delà Lozère, avec leurs 19, 22 et 27 habitants par kilomètre carré, sont les moins peuplés. Comparée aux différents Etats de l’Europe, la France, avec sa population.de 72 habitants par kilomètre carré (72,3), n’arrive qu’au huitième rang, la Belgique en ayant 201, T Angleterre 180, les Pays-Bas 132, l’Italie 105, l’Empire allemand 85, la Prusse 82, l’Autriche 78. En Europe, les pays septentrionaux, Norvège, Suède, Russie, sont très peu peuplés, et dans le monde, les populations les plus denses occupent l’Europe centrale et occidentale, les Indes et la Chine.
- Kfesure des distances au pas. —- Au sujet de l’intéressant article « Angles et distances » de M. A. de Saporta, paru dans le n° 891, de La Nature, je crois devoir vous signaler un procédé bien commode de mesurer une distance au pas et qui m’a rendu de nombreux services : je me munis d’une canne que je prends à la main droite ; je marche en laissant à mon bras droit et à la canne qui le prolonge leur mouvement d’oscillation naturelle, et l’extrémité de ma canne vient reposer sur le sol une fois tous les quatre pas simples et en même temps que le pied gauche. Par conséquent, au heu de compter précipitamment des pas simples, ou des doubles pas, je compte des coups de canne à raison d’un tous'les quatre pas. Une simple multiplication par quatre me donnerait le nombre de pas; "mais, comme j’ai acquis sans difficulté le pas normal de 0“,75, ce ui fait 3 mètres tous les quatre pas, je multiplie par trois le nombre e coups de canne, et j’ai immédiatement en mètres la distance cherchée. Ce procédé, à sa simplicité, joint les avantages suivants : il permet de compter avec une certaine lenteur, et évite, par conséquent, les erreurs inévitables d’un numérotage trop précipité. Cette lenteur est telle, qu’avec l’habitude acquise après quelques heures d’opérations, on arrive à pouvoir penser à autre chose tout en comptant, et, par conséquent, à faire le pas plus régulier que si on y portait toute son attention. 11 est même possible, et j’en ai souvent fait l’expérience, de tenir une conversation tout en laissant à la canne le soin de frapper sur le sol le numéro du pas que l’on compte machinalement. Enfin, si on a l’avantage de faire le pas de 0m,75, et c’est le cas général, par la plus simple des opérations on a immédiatement en mètres la distance mesurée. Il est même préférable d’établir, une fois pour toutes, sur un bout de carton, un petit barême pour les cent premiers nombres. (Communiqué par M. Thoré, capitaine du génie, à Arras.)
- Effets de la foudre sur les arbres. — Le chêne, on le sait, est très souvent frappé par la foudre, et le hêtre rouge ne l’est que très rarement. Le danger plus ou moins grand que peut présenter l’abri d’un arbre pendant l’orage, au point de vue de l’électricité atmosphérique, dépend de sa hauteur, de la conductibilité plus ou moins grande que lui donne une sève plus ou moins abondante, enfin de la charge électrique que l’on peut lui communiquer. M. Werckert, de Bischofsheim (Alsace), a fait quelques expériences fort simples qui paraissent prouver que la nature des feuilles est très importante au point de vue des actions électriques. Tandis que le chêne a des feuilles absolument lisses, celles du hêtre rouge sont très velues ; placées sur une machine électrique à plateau de verre, les branches du hêtre, grâce aux innombrables pointes qu’elles possèdent, dissipent la charge électrique si bien que l’on ne peut obtenir que la moitié de la tension à laquelle on arrive lorsque les branches de hêtre sont remplacées par des branches de chêne. On a remarqué également qu’une feuille de hêtre placée sur un conducteur chargé
- dissipe la charge bien plus rapidement que ne le fait une feuille ,de 'chêne. Ces expériences prouvent que la nature des feuilles a une giande influence sur le danger que présentent comme abris différents arbres; que des feuilles velues comme celles du hêtre rouge paraissent empêcher l’accumulation de la charge électrique.
- le décapité parlant. — L’expérience du décapité parlant signalée par le n* 889 de La Nature, comme une innovation de provenance américaine, a été présentée dans des conditions presque identiques, en France, il y a une vingtaine d’années, par le Dr Eps-tein, prestidigitateur d’un certain talent, qui dut surtout sa réputation à un accident dont il fut victime pendant une représentation. (Il eut le corps traversé par une baguette de fusil qu’avait négligé de retirer de l’arme un spectateur invité à la charger.) Afin de rendre l’illusion plus complète, le Dr Epstein se servait, pour la décapitation, d’un sabre à lame creuse remplie de liquide rouge qui, par une ression, se répandait sur les linges dont était enveloppé le patient a tète de carton, elle-même, se terminait, à la section du cou, par des vaisseaux en caoutchouc anatomiquement fort bien imités et par lesquels un liquide semblable s’écoulait en abondance. Le Dr Epstein donnait ensuite l’explication de ce truc qui n’était pas sans produire une certaine émotion. A. M., à Grenoble.
- Congrès de limoges. — L’Association française pour l’avancement des sciences tiendra son 19” Congrès à Limoges» du 7 au 14 août prochain, sous la présidence de M. A. Cornu, membre de l’Institut, professeur à l’Ecole polytechnique. Pendant la session aura lieu l’inauguration de la statue de Gay-Lussac, due au ciseau du sculpteur Millet et érigée par souscription publique. En dehors des travaux habituels du Congrès, des conférences publiques, le Comité local a organisé des visites industrielles (fabriques de porcelaine), des excursions dans le Limousin et les régions avoisinantes (Aubusson, Guéret, Brive, Périgueux, Angoulème). S’adresser, pour tous renseignements, au Secrétariat de i Association, 28, rue Serpente, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Le laboratoire du brasseur, traité analytique des eaux, des orges, des malts, des houblons, etc., par Louis Marx. Ouvrage couronné par la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, 3* édition. 1 vol. grand in-8°. G. Masson, éditeur. — Paris, 1890.
- Histoire de la téléphonie et exploitation des téléphones en France et à l'étranger. Le phonographe. Le graphophone, par Julien Brault, chargé du service des téléphones du Sénat. Nouvelle'édi* tion avec 140 gravures. 1 vol. petit in-8°. G. Masson, éditeur. — Paris, 1890.
- Le magnétisme atmosphérique ou prévision du temps cinq ou six jours à l'avance par les agitations de l'aiguille du magnéto-mètre, par A. Fortin. 1 vol. in-16. Georges Carré, libraire-éditeur. — Paris, 1890.
- Leçons élémentaires de chimie photographique. Etude sur les produits et les opérations usitées en photographié, par L. Mathet( chimiste, pharmacien. 1 vol. in-18 de la Collection de l'amateur photographe. Société générale d’éditions. — Paris, 1890.
- Cinq traités d'alchimie des plus grands philosophes, Paracelse, Albert le Grand, Roger Bacon, R. Lulle,Arn. de Villeneuve. Traduits du latin en français, par Alb. Poisson. 1 vol. in-16 de la Collection d'ouvrages relatifs aux sciences hermétiques. Bibliothèque Cha-cornac, 11, quai Saint-Michel. — Paris, 1890.
- Leçons élémentaires de chimie agricole, par Paul Sabatier, professeur de chimie à la Faculté des sciences de Toulouse. 1 voL in-8°. G. Masson, éditeur. —Paris, 1890.
- L'hygiène dans la famille, par le Dr Paul Sapiens. 1 vol. in-18. Ernest Kolb, éditeur. — Paris, 1890.
- Les alcaloïdes de Vhinle de foie de morue, par Armand Gautier, membre de l’Institut, et L. Mourgues. 1 brochure in-8°. G. Masson, éditeur. — Paris, 1890. ,
- Les grands travaux publics modernes. Discours de réception à l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, par M. Gobin, ingénieur en chef des ponts et chaussées. 1 brochure in-4®. Association typographique. — Lyon, 1890.
- La Rédaction et-1’Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces ponr lesquelles on doit s’adresser i l'Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rue de Fleuras,;
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations,' même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- LUNDI I ..MARDI ' MERCREDI I JEUDI I VENDREDI I SAMEDI I DIMANCHE 6 MIDI 6 MiN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MiOI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 M|N 6 MIDI 6
- BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA-NATURE
- d’après LES OBSERVATIONS DE M. RENOU (PARC DE SAINT-MAUR, ALTITUDE : 49 X| 30)
- Juin-Juillet 1890. — Semaine du lundi 30 Juin au dimanche 6 Juillet 1890.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent
- Cri
- Baromètre enregistreur de El. Rédier.— Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée. >i‘j
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer. ! . ... yi:
- . _____________ ! . '.‘:J
- i. PHASES DE LA LUNE t P. L. LE 2 A 2 H. 32 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUKEAÜ"CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 1 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES 7 ; i : r . •
- Lundi 30 juin I 13°,2 S. S. W. 2 Gouttes, couvert. 0,0 Couv., pluie la moitié du temps, grêle à 17 h 43.
- Mardi 1" juillet 12*,9 S. W. 4 Couvert. 20,0 Presq. couv. jusq. 19 h , peu uuag. ap., tonnerre.de 14 h. à 14 h. 1/4, et à 16 h., 40, pluie à div. repr.
- Mercredi 2. 11%9* S. S. E. 1 Couvert. 9,9 Couvert ; pluie à diverses reprises. • ;
- Jeudi 3 13°,2 S. S. W. 2 Couvert. 1,4 — — — —
- Vendredi 4 12*,3 S. W. 1 Couvert. ' 8,7 — — — —
- Samedi 5 14*,9 S. S. W. 3 Couvert. 7,6 — — — —
- Dimanche 6 . . 11*,6 S. W. 2 Très nuageux. 2,0 * Très nuag., plus, orages de 11 h. à 14 h., pluie à div. reprises avec grêle. • a
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Résumé des observations météorologiques faites au parc de Staint-iMaur en juin tSOO
- par. M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 759““,97; minimum, le 50, à 5 heures un qoart du soir, 741““,83; maximum, le 14, à 11 heures du soir, 768““,62.
- Moyennes thermométriques : des minima, 10e,02; des maxima, 21°,56; du mois, 15°,79. Moyenne vraie des vingt-quatre heures, 15°,50. Minimum, le 1", vers le lever du soleil, 2°,7. Maximum, le 26, entre 2 heures et 5 heures, 31°,1. Gelée blanche, le 1" au matin.
- Tension moyenne de la vapeur, 9““,41 ; la moindre, le ltr, à midi, 4*“,2; la plus grande, le 26, à 7 heures du soir, 14““,2. Humidité relative moyenne, 73; la moindre, 31, le 1*’ et le 4, à midi; la plus grande, 100, en deux jours.
- Pluie, 44““,5, en quarante-six heures, réparties en quinze jours; il n’y a eu qu’une journée de grande pluie, le 30, qui a donné 16““,1 d'eau en onze heures et demie. N"
- Nébulosité moyenne, 62. Pas de brouillard à l’Observatoire; deux brouillards bas, locaux, sur la Marne, le 8 et le 20, à 4 heures du matin.
- Orages : le 10, à 4 heures du soir, tonnerre lointain au 8.W. Le 12, ton-
- nerre lointain au N., de 6 heures et demie à 7 heures du soir. Le 13, orage
- zénithal de 9 heures à 11 heures du matin, puis à 1 heure du soir. Eclairs-le ’
- 27, à 1 heure du matin, très loin à l’horizon S.E. Il a tombé un peu de grêle les 15 et 50. Vent W.S.W. très dominant; pas un seul veut de N.E. à E.
- Température moyenne de la Marne, *8°,66 ; la plus basse, 17°,Ô0 le 15 au matin ; la plus haute, 21°,77, le 27, à 3 heures et demie du soir.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de juin' 1890 présente les résultats suivants :
- Baromètre plus haut de2““,10; thermomètre plus bas de 0““,8i; tension de ; la vapeur moindre de 0”“,79; humidité relative moindre de 2; pluie plus faible de 9““,0; nébulosité plus grande de 3. , . ....
- Commencement de la floraison : 1“, Campanula medium; 3, Fétuque ovine;
- 4, Briza media, Brome des prés; 5, Jasmin commun, achiliée d’Egypte, Iberi's umbellata; 6, Troène commun; 7, Crélelle'; 11, Pavot somnifère; 12, Jacéa4cs*,.,.,j, prés, Chèvrefeuille du Japon; 13, Tilleul à grandes feuillet; 14, HémérocaHe<iU 8 fauve, 25, Hypericum calyeinum; 26, Lys blanc; 27, Treène de Népal,CéntMA v . vulus des champs; 28, Monarde, Agrostide stolonifère; 30, Sumac de Virginie.’ »
- Erratum du mois de mai 1890. Au lieu de : le 16 mai, chant de la tourte-relie, lisez : le 6 mai.
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- Supplément au numéro 894 de LA NATURE, du 19 juillet 1890
- L::^> 586'boite AUX LETTRES (.»iï
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- hem lettres et communications relatives à la Botte aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à U. Gaston TISSANDIER
- 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- Tootes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
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- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- M. X., à Fontainebleau. — 1° Dans les accumulateurs au plomb, il faut compter sur un débit de deux ampères, et sur une capacité de 5 à 6 ampères-heure par kilogramme de plomb en moyenne. — 2° La puissance électrique sera un peu faible.
- M. M. W., il Bruxelles. — 1° Non. — 2° Il existe une quantité de fabricants d’appareils de ce genre ; nous ne pouvons vous en désigner un en particulier.
- M. H. de V., à Arcachon. — l°Pas d'adresse spéciale. — 2° Nous . ne comprenons pas bien votre question.
- Un abonné, à Villejuif. — Nous publierons prochainement une recette à ce sujet.
- M. C. de //., à Paris. — Une longue pose serait nécessaire; quelques minutes environ.
- M. J. Brun, à Lyon. — 1° Non; pas de spires inductrices. — 2“ Les conducteurs ne sont pas aimantés.
- M. Carcanagues, à Paris. — Nous allons nous renseigner sur ces verres jaunes à faces parallèles et nous en parlerons s’il y a lieu.
- Un chasseur, à Lyon. — 1° Non. — 2° On ne le sait pas encore.
- M. E. Amstoutz, à Valentigney. — Voyez notre article sur les piles légères publié dans le n° 879, du 5 avril 1890, p. 277.
- M. H. Myard, à Paris. — Adressez-vous à l’auteur de l’article : 13, rue du Landy, à Glichy.
- M. C. Marchait, à Paris. — Pour tout ce qui concerne les produits et les procédés Eastman, adressez-vous à la maison Nadar, rue d’Anjou.
- Un très vieux abonné, à Paris. — Le papier chinois dont vous nous envoyez un spécimen est fait avec de la paille de riz. Vous le trouverez chez les marchands d’articles chinois ou japonais.
- M. Lepage, à Joinville. — Cet accident dans le développement des clichés n’arrive pas avec des produits purs.
- M. V. Sépin, à Asnières. — Nous donnerons bientôt un petit "article sur cet appareil.
- M. J. Hékimian, à Samsonn. — Presses à vin : M. Morane, 23, rue Jenner, a Paris; MM. Mabille frères, à Amboise (Indre-et-Loire).
- M. Terville, à X. — 1“ Nous ne connaissons pas d’autre moyen pratique. — 2° Adressez-vous à M. Bablon, 42, rue Boulard, à Paris.
- M. Paul Férand-Giraud, à Paris. — La statue dont vous parlez à été décrite dans le n" 860, du 23 novembre 1889, p. 416 ; l’aaresSe du fabricant, de miroirs qui exposait la statue est indiquée dans l’article. .
- M. A. B. C., à Buenos-Ayres. —Pour combattre la transpiration, on recommande des lavages à l’acide chromique très étendu.
- M. Cavin-^Perretier, à Tournus. — Demandez l’adresse de l’inventeur à la Société d'encouragement, 44, rue de Rennes, à Paris.
- M. C. Fouquet, à Paris. — On peut obtenir les briquettes en mélangeant le charbon avec du goudron, mais la confection nécessite ' des appareils spéciaux.
- ’ M. Brugnaud, à Dole. — On peut préparer soi-même ce papier; nous ne croyons pas qu’il existe de fabricant spécial.
- M. C. Orsat, à Lyon. —Six mois aux États-Unis, par M. A. Tissandier (G. Masson,éditeur.) Prix : 8 francs.
- • M. Gêraert, à Paris; M. A. K. P., a Thiais. — Pas de traité de ce genre.
- Un lecteur, à Anvers; M. Saussey, à Rouen. — Adressez-vous aux grands libraires de Paris ; nous ne saurions vous renseigner.
- M. P. Saint-Sauveur, à Montauban. — Vous trouverez les indications nécessaires dans le petit livre Instructions météorologiques, publié par le Bureau central météorologique. (Gauthier-Villars, éditeur.) • ’
- M. Alis, 'a Tours. — Nous avons parlé de la photographie sans objectif à de nombreuses reprises; consultez le n° 863, du 44 décembre 1889, p. 27, et le n° 870, du 1er février 1890, p. 138.
- M. C. Petit, à Cambrai. — Traité de chimie atomique de Wurtz, à la librairie G. Masson. '
- 19 911. On obtient ainsi un nombre et c’est ce dernier nombre seul que la personne interrogée doit indiquer au questionneur. Ce dernier sépare ce nombre en tranches de deux chiffres en commençant par la droite, ce nombre est formé de cinq ou six chiffres; la der-, nière tranche à gauche peut avoir par conséquent un ou deux chiffres. La première tranche à gauche donne le quantième du mois de la naissance de la personne questionnée, la deuxième donne le mois, et la troisième les deux derniers chiffres de l’année. Fixons maintenant les idées par un exemple : supposons une personne, née le 29 août 1844. Prenons le quantième du mois de la naissance 29, doublons-le : 58, ajoutons 4, nous avons 62. Multiplions par 50 = 3100, ajoutons le numéro du mois de la naissance 8, il e vient 3108. Multiplions encore par 100, puis retranchons l’âge de l’année dernière, nous avons le nombre 310 800 — 45 = 510 755. Retranchons enfin de ce nombre 19 911, nous obtenons 29 08 44; ce qui signifie bien que la personne est née le 29 du 8e mois en l’année 1844. Il est bien évident que dans tous les calculs qui précèdent la personne interrogée doit se contenter de faire les calculs à l’insu de la personne qui les indique et de ne donner que le résultat final. C’est à l’aide de ce résultat que l’interrogateur résout le problème. Le nombre 19 911 doit varier d’une année à l’autre : tous les ans il doit être diminué d’une unité. —Enl891,ce chiffre deviendra 19910 et ainsi de suite. (Communiqué par M. L. Marchetti, k Paris.)
- Problème des allumettes.— Je vois dans un des derniers numéros de La Nature (580e Boîte aux lettres, 7 juin 1890) les allumettes qui m’a rappelé un problème analogue; je vous le signale pensant qu’il pourrait intéresser les lecteurs de La Nature. — Problème.
- Avec six allumettes construire quatre triangles équilatéraux, chaque côté étant formé par une allumette. — Si l’on cherche à résoudre le problème par des figures planes, on ne peut y arriver; mais il suffit de songer au té-traède régulier pour que le problème soit résolu, comme le montre la figuré. G. L..., .élève au Ivcée Saint-Louis.
- Jen de patience. — Nous avons, publié précédemment dans nos Boîtes aux lettres des jeux de patience qui consistent à reconstituer une croix de métal ou de carton avec des morceaux de cette croix qui ont été découpées au préalable. MM. Legras, à l’ile de la Réunion, et M. Ph. Gros, à Clunv, nous adressent le même jeu de patience que nous représentons ci-contre. Une croix de carton, ou de métal, est découpé en cinq morceaux conformément au tracé que nous figurons. Ces cinq morceaux étant séparés et mêlés, on les présente à une personne non prévenue, en lui demandant d’en faire une croix. Le problème est difficile à résoudre quand on ne connaît pas le dessin explicatif.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- s ’ Récréation mathématique. — On peut aisément déterminer la date, le mois et l’année de la naissance d’une personne, si l’on veut lui faire effectuer les opérations suivantes : on demande à une personne d’inscrire le quantième du mois de sa naissance, de le doubler, d’ajouter 4 au nombre ainsi formé, de multiplier par 50, puis d’ajouter ' ; le numéro du mois. On prie la personne de multiplier par 100; de • retrancher du nombre obtenu l’âge qu’elle avait l’année précédente. Puis de ce dernier nombre retrancher encore le nombre fatidique*
- BIBLIOGRAPHIE
- La vieille France. Texte, dessins et lithographies, par A. Robida. Normandie. 1 vol. in-4* avec de nombreuses gravures et des lithographies hors texte. — Paris, à la Librairie illustrée.
- M. Robida n’est pas seulement un dessinateur fantaisiste d’incomparable talent ; c’est un artiste dans la pure acception du mot, et c’est, en outre, un travailleur infatigable. M. Robida vient d’entreprendre une œuvre considérable, ÏÏ a résolu de faire connaître la vieille France visitée par lui, la plume et le crayon à. la
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- main pour décrire et dessiner les vieux châteaux et les vieux donjons, les cathédrales et les beffrois, les castels et les ruines, les curiosités historiques et archéologiques des siècles antérieurs, tous les anciens monuments et les antiques masures où battit le cœur de nos aïeux. Tous ces vestiges du vieux temps tendent à disparaître, il est temps d’en fixer le souvenir. M. Robida commence par nous offrir un volume magnifiquement édité, qui nous représente La Normandie. C’est un livre d’un grand intérêt et c’est en même temps un album délicieux à feuilleter. Des croquis à chaque page et de nombreuses lithographies œuvres d’art excellentes, sont le régal des yeux. L’ouvrage fait le plus grand honneur à l’auteur et à l’éditeur. G. T.
- Dressage méthodique du cheval de selle, d’après les derniers enseignements de F. Baucher, recueillis par un de ses élèves. Avec portrait et vignettes. 1 vol. in-8°. — Paris, J. Rothschild, 1891.
- Quand se présente une occasion de parler de Baucher, on est inévitablement tenté de rappeler la brillante carrière de d’Aure. Un livre, qui vient de paraître, semble engager à établir un nouveau parallèle entre les deux écoles, à rappeler les luttes d’autrefois, luttes pour ainsi dire homériques, entre les d'Auriens et les Bauchéristes. Il est plus sage, à notre avis, de ne pas raviver ces querelles, de laisser à chacun de ces deux grands maîtres de l’art équestre tout le prestige de leur gloire. Aucun maître n’a donc été plus attaqué par ses ennemis que Baucher ; aucun n’a été plus exalté par ses partisans. Aujourd’hui, le temps a calmé ces colères et ce fanatisme et l’on peut analyser, avec calme, les derniers enseignements de celui qui a été « une grande intelligence. » L’auteur du livre que nous annonçons a caché sa haute personnalité sous le voile de l'anonymat; il est certainement un des hommes de cheval les plus remarquables de notre époque; nul mieux que lui ne pouvait donner « le testament équestre » du maître. Les leçons détaillées de Baucher, incomprises, ignorées ou travesties la plupart du temps, menaçaient de disparaître sans laisser de traces. Après avoir suivi les cours du savant écuyer, l’auteur a été admis plus tard dans son intimité, l’a vu travailler, a monté lui-même les derniers chevaux dressés par ce cavalier incomparable. Enfin, il a souvent entendu raisonner les procédés de dressage auxquels l’esprit fertile de Baucher s’était fixé vers la fin de sa vie comme représentant, à ses yeux, la vérité équestre. Disciple fervent, il avait consigné par écrit, jour par jour, non seulement les détails des cours suivis, mais aussi les enseignements divers de ses entretiens particuliers avec son éminent professeur. Ce sont ces cahiers qui ont servi de base à la rédaction du Dressage méthodique du cheval de selle que tout homme de cheval, cavalier d’extérieur ou de manège, lira avec le plus grand intérêt et le plus grand profit. Nous terminerons en disant, avec les bons cavaliers : « Il faut dresser comme Baucher et monter comme d’Aure. » Il ne nous reste qu’à féliciter l’auteur de cette publication de n’avoir parlé que des derniers enseignements de Baucher, sans faire aucune allusion à la méthode de l’illustre « adversaire » qui a ennobli l’art équestre : nous avons homme le vicomte d’Aure. X...
- Les chevaux de course. Historique des étalons pur sang anglais et français et des juments françaises les plus célèbres ayant paru sur le turf de 1764 à 1887. Ouvrage précédé d’une lettre-préface de M. le duc de Beaufort. — Paris, J. Rothschild, éditeur, 1889.
- L’auteur a tenu à présenter au public un livre qui soit non seulement utile aux éleveurs français, mais qui intéresse les sports-men du monde entier. L’ouvrage contient 60 portraits de chevaux célèbres en chromolithographie qui sont exécutés d’après les aquarelles de Gotlison, Le N ail et Pénicaut; Thurwanger les a mises sur pierre et la maison Lemercier a imprimé les planches. Le texte est divisé en quatre parties qui sont précédées d’une lettre du duc de Beaufort, un des plus célèbres et des plus estimés sportsmen en Angleterre. Il faut mentionner encore 180 illustrations, tant lettres ornées par Crafty, que vignettes, en-tête et culs-de-lampe, dessinés par Gotlison, Le Nail, Arsenius, Pénicaut, Cous-turier, etc. On comprendra, d’après cette énumération, quel est l’intérêt de ce livre, et quelle est sa valeur artistique. X...
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- La trempe des petits outils.
- S’il est une question qui intéresse particulièrement l’amateur, c’est certainement la trempe des petits outils, tarauds ou autres. Un indus-
- triel américain vient d’indiquer un nouveau procédé très facile à suivre et qui donne, paraît-il, d’excellents résultats. On prend un morceau de tuyau ou autre cylindre en fer, ayant environ 38 à 45 centimètres de longueur, et d’un diamètre assez grand pour qu’on puisse y insérer les pinces qui servent à tenir 1 outil. On bouche l’une des extrémités de ce tuyau avec une substance non combustible puis on le met au feu, avec l’extrémité ouverte en dehors et un peu plus haut que l’extrémité bouchée. On prend l’outil par une extrémité, et, quand il s’agit d’un taraud, par l’extrémité carrée qui correspond à la clef (jamais par l’extrémité filetée), et au fur et à mesure que le tuyau est chauffé au rouge, on enfonce le taraud, puis on retourne les pincettes, et on fait tourner le taraud doucement dans le tuyau. Aussitôt qu’il a l’air d’être devenu rouge, on le retire et on le met dans une boîte ou n’importe quel autre endroit sombre pour voir s’il est chauffé uniformément sur toute sa surface. C’est là le point le plus important. On répète l’opération jusqu’au moment ou on arrive à une trempe haute, par exemple, rouge sombre. Après cela, on plonge le taraud, avec la pointe en bas, dans un seau d’eau douce et propre. Puis on nettoie les rainures du taraud, on remet celui-ci dans le tuyau chaud, et on adoucit la trempe jusqu’au degré voulu. Cette opération doit avoir lieu d’une façon douce et uniforme.
- Durcissement des objets en papier.
- On a employé, sans grand succès, l’imprégnation dans l’huile de Un contenant de la colophane, pour obtenir le durcissement des objets divers en papier ou pâte à papier; dès que l’épaisseur était un peu forte, la pénétration était incomplète. Ce procédé vient d’être perfectionné et on emploie aujourd’hui une solution de poids égaux d’huile de lin et de colophane dans un égal volume de naphte (ou autre dissolvant). Les objets y sont laissés jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de bulles d’air, c’est-à-dire cinq minutes environ, la solution dans le naphte étant très fluide. Pour les objets de quelque épaisseur, on les baigne sous pression ou on les purge d’air par le vide, afin d’accélérer l’imprégnation. Les objets sont ensuite mis à sécher à l’air ou en vase clos pour récupérer le naphte. On produit alors l’oxydation de l’huile de fin en soumettant les objets à un courant d’air dans une étuve chauffée à environ 133°? jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de gaz ; cette opération dure environ trois heures. La matière est élastique, .flexible, légère, d’un grain serré et imperméable, mais cependant poreuse. Pour rendre les objets vraiment imperméables, dans le sens ordinaire du mot, on les plonge dans l’huile de lin chaude, ou dans un mélange d’huile de lin ou de colo-hane, et on les repassé à l’étuve; les pores sont alors complètement ouchés. Par ce moyen, on fabrique de la vaisselle, des cuvettes, etc., qui font un aussi bon service que les similaires en faïence et en porcelaine, et ont sur elles l’avantage de la solidité.
- (Le Mémorandum du chef d'usine.)
- Manière de tuer les rats électriquement.
- Un de nos abonnés à Mexico nous communique le moyen suivant de tuer les rats électriquement. Des deux fils partant des pôles d’une bobine de Ruhmkorlf, l’un aboutit à une plaque de métal placée horizontalement, l’autre arrive dans un tube de verre à une petite distance de la plaque de métal. Ce dernier fil porte un crochet métallique destiné à suspendre de petits morceaux de pain ou autres substances. Le rongeur en passant sur la plaque veut aller atteindre le pain, il reçoit aussitôt la décharge de la bobine et tombe foudroyé. Pour perfectionner l’appareil, il faudrait adapter sur la plaque un dispositif qui, au moment où le rat passerait, fermerait le circuit de la pile et actionnerait la bobine de Ruhmkorff, pour éviter que cette dernière ne reste continuellement en fonction.
- Enlèvement des taches d'encre sur les dessins.
- Pour enlever les taches d’encre sur les dessins, il suffit de faire un mélange à parties égales d’acide citrique et d’acide oxalique en poudre. On saupoudre sur la tache un peu de poudre; puis, avec un petit morceau de bois, manche de plume ou allumette, on mouille légèrement la poudre. Aussitôt que la tache d’encre a disparu, on sèche la place avec un papier buvard. Si la tache est sur de la toile, on met dessus une pincée de la poudre, puis juste assez d’eau pour l’humecter sans la dissoudre entièrement; on peut recommencer l’opération si besoin est. Cette méthode ne s’applique qu’à l’encre au tannate de fer.
- La Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser 1 l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, me de Fleuras.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec .l’éditeur.
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- 738e BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA NATURE
- d’après les observations de m. renoo (parc de saint-maur, altitude : 49 M. 30)
- Juillet 1890. — Semaine du lundi 7 au dimanche 13 Juillet 1890.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de RI. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE '. D. Q. LE 9 A 4 H. 53 M. DU MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après le bulletin international du bureau central météorologique DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. pluie en MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES i
- Lundi 7 juillet. . . . : . Il*,9 S. S. W. 0 Presque couvert. 8,6 Très nuageux.
- Mardi 8 12*,5 S. 2 f Couvert. 1,0 Couv., pluie jusqu’à 10 h. 15 et de 13 h. à 13 h. 30.
- Mercredi 9 15*,0 S. W. 3 Couvert. 7^3 Presque couv., averses l’après-midi.
- Jeudi 10 15*,4 W. N. W. 2 Couvert. 4,9 — — pluie de 2 h. environ à 6 h. 50.
- Vendredi 11 11*,9 N. 1. Couvert. 4,4 — — pluie à plusieurs reprises.
- Samedi 12 11*,2 N. W. 2 Couvert. 2,4 Très nuageux; pluie de 4 h. à 4 h. 40.
- Dimanche 13 13*, 4 S. S. W. 2 Couvert. 0,0 Éclaircies av. 4 h., couv. après ; horizon très brumeux le matin, très clair le soir.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- lies orages. — Depuis le commencement du mois de juillet, les orages ont été très fréquents et très nombreux, et notamment du 7 au 13. De toutes parts il nous est arrivé des nouvelles nous signalant des pluies torrentielles. Les tempêtes ont été fort violentes sur les bords de la mer.
- Le 5 juillet, à 6 heures, un violent orage a éclaté sur Àuxonne; la foudre est tombée sur la caserne, occupée par le 10* régiment d'infanterie, culbutant les cheminées. Elle a pénétré dans plusieurs chambres, où elle a occasionné des dégâts importants. Cinq militaires ont été grièvement brûlés ou blessés.
- A la date du 8 juillet, un violent orage a éclaté au-dessus de la commune de Buley, près de la Charité. La foudre est tombée à plusieurs reprises, notamment sur une maison où elle est entrée par la cheminée et sortie par la fenêtre.
- La maîtresse du logis a le côté gauche entièrement paralysé. Quelques instants après, la foudre est tombée sur une maison voisine et a brûlé les jambes d’une dame, imprudemment restée sur le seuil de sa porte.
- Trombe d'eau dans le* Inde*. — Les nouvelles de Mascate annon- , cent qu’une trombe s’est abattue récemment sur cette ville. Par suite des inondations qu’elle a produites, 700-personnes ont péri et les dégâts dans la ville, où les maisons continuent à s’écrouler, sont considérables. Dans Tinté» rieur du pays, les dattiers sont sérieusement endommagés.
- Un cyclone d Fargo (Amérique). — Un cyclone a ravagé, le 7 juillet, la ville de Fargo (Dakota septentrional). Un grand nombre de personnes ont été tuées ou blessées. Les dégâts sont considérables ; un train de la ligne du Nord-Pacific a déraillé par suite de la violence du vent.
- TEMPÉRATURE
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- Supplément au numéro 895’de LA NATURE, du 26 juillet 1890
- U.:™*) 587" BOITE AUX LETTRES (#“»*)
- Le* lettres et communications relatives à la Botte aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à U. Gaston TISSANDLER
- 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- Toutes les communications oui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- . Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits : Pour tout ce qui concerne le manège électrique, s’adresser à M. Sallé, 239 bis, rue Lafayette, à Paris. — Pistolet inoffensif à flèche pneumatique : Office des inventions nouvelles, 70, rue de Rivoli, à Paris.
- M. le Dr Lorin, à Versailles, nous envoie un modèle d’affiche, sur laquelle presque tout le papier blanc a été enlevé par des abeilles, et où il n’est plus resté que les caractères d’imprimerie. Notre correspondant a suivi pendant quelque temps le travail.de ces insectes; il les a vus se promener sur l’affiche, former de petites boulettes de papier, les agglutiner, et les emporter à la ruche. Le travail était effectué par plusieurs ouvrières et a duré quelques jours. Nous avons déjà signalé antérieurement des faits analogues pour d’autres insectes.
- M. V. Serrin, à Paris, à propos de la note que avons insérée au sujet de l’ascension nocturne du ballon le Figaro et dans laquelle nous avons fait remarquer que la lumière électrique de la Tour Eiffel a été aperçue par les aéronautes à plus de 120 kilomètres, nous écrit qu’à la séance de l’Académie des sciences du 24 novembre 1879, -M. le colonel Perrier a fait une communication sur la jonction géodésique de l’Algérie avec l’Espagne, où les régulateurs automatiques Serrin ont pu être employés avec succès malgré la distance enorme de 280 kilomètres qui séparait les foyers.
- M. 0. Burgère, au château d’Aurioles (Villeneuve-sur-Lot). — Vous détruirez certainement les insectes dont votre biilard est envahi en soumettant la salle de billard aux fumigations de soufre (acide sulfureux). Faire brûler du soufre, et fermer les portes en se retirant; ne pénétrer ensuite dans la pièce close qu’avec précaution, pour ne pas être asphyxié.
- M. L. Belot, à Paris. — Vous trouverez le récit complet de la catastrophe du Zénith dans l'Histoire de mes ascension«, par M. G. Tis-sandier, à la librairie Maurice Ureyfous, 20, rue de Tournon.
- M. J. Fric, à Prague. — Adressez-vous au Bureau international des poids et mesures, à Sèvres, près Paris.
- M. E. A., à Paris. -—Nous ne croyons pas que cet article ait été publié.
- M. P. Piequet, à Reims. — 1° Remerciments pour votre communication que nous utiliserons en partie. — 2° Pas de procédé. — 5° Consultez des fabricants d’huile.
- M. C. E. Kidd, à Nevers. — On a déjà décrit des procédés analogues; agréez nos remerciements.
- M. S. E , a Arcachon. — 1° L'eau précipite les résines de l’alcool qui les dissout. — 2° Pas d’adresse spéciale.
- M. Van lloerke,à Gand. — LephonographeEdison ne se trouve pas encore à Paris; il faut écrire à la Compagnie Edison, à Orange, près New-York.
- M. H. Gravez,. à La Louvière. — Librairie agricole de la maison Bustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. Ricard,à Sainte-Foy-lès-Lyon. —Nous croyons qu’il s’agitd’un coup de lumière dans votre objectif; le bouchon fermait peut-être mal.
- M. A. Appulin, à Reiniremont.—L’exercice du vélocipède n’offre pas l’inconvénient que vous signalez.
- M. A. P., à Dublin. —11 est difficile de vous donner des indications précises pour des machines d’aussi faible puissance ; le calcul ne saurait être employé.
- M. L. Philippe, a Paris.—Nous avons donné celte récréation mathématique d ms notre précédente Boîte aux lettres. Reiner-iements.
- M. M. C., à Vienne. — Il faut faire chauffer doucement le bouchon dans la paraffine, de façon que cette dernière pénètre'à l’intérieur; on gratte ensuite la surface extérieure pour faire disparaître toute trace de paraffine.
- M. E. B., à Lunéville. — 1° Consultez les Annonces des derniers numéros. — 2" Oui. — 3° Les deux systèmes existent.
- M. C. il/., à Montrichard. — 1° Dissoudre la colle de pâte dans de l’eau tiède, y délayer du blanc d’Espagne avec un peu de noir de fumée pour donner une teinte grise. — 2° Chlorure de chaux ou acide phénique.
- M. E. L., à Dijon. — Nous essayerons de vous donner satisfaction, dans la mesure du possible.
- M. C. Bdrnaure, à Maurs. — Adressez-vous à M. J. Nation, pharmacien, 55, rue Coquillière, à Paris.
- M. il/ej/er.àRochefort-sur-Mer. —Voici la liste de quelques ouvrages de sténographie qui pourront vous être utiles : Revue internationale de sténographie chez A. Chérie, éditeur, 19,boulevard Montmartre, à Paris; Le journal des sténographes, chez M. E. Duployé, à Montreuil
- Srès Paris; Méthode de sténographie par M. Prévost-Delaunay, chez . Picard, 57, boulevard Saint-Michel, à Paris.
- L'abonné 1009, à Barbezieux. — La poudre rouge dont se servent
- les bijoutiers pour donner du poli à l’or est du colcolhar ou sesquioxyde de fer hydraté.
- Un amateur électricien, à Paris. — Pour faire de bonnes caisses en bois pour accumulateurs, il est préférable de tremper le bois dans de la paraffine fondue, mais il faut itvoir soin de ne pas laisser carboniser ce dernier.
- M. E. C., à Chiroubles. — Remerciements pour votre intéressante communication ; nous regrettons de ne pouvoir l’insérer à cause de son caractère trop spécial et trop technique.
- M. J. B. Mayer, à Laigle. — Nous publierons prochainement une recette qui vous donnera toute satisfaction.
- M. E. Uendrii kx, à Paris. — Pour la fondation élastique des machines, il faut vous adresser à M. Anthoni, ingénieur, à Levallois-Perret.
- M. H. P., à Lille. — Le prisme-télémètre à réflexion totale, du capitaine Souchier, se trouve chez M. Balbreck, constructeur, 81, boulevard Montparnasse, à Paris.
- M. E. Roger, à Paris. — Nous n’avons pas connaissance que ce microphone soit employé sur.les grandes lignes téléphoniques.
- M. M. Bordeaux, à Neuilly-sur-Seine. — Vous trouverez du magnésium en poudre chez tous les marchands de produits chimiques, et notamment chezM. Cadot, 550, rue Saint-Jacques, à Paris.
- M. P. B., à Paris. — Nous avons accueilli la communication d’un de nos lecteurs ; nous ne croyons pas cependant que la poste fasse le transport ainsi indiqué.
- MM. F. et G. F., à Paris. — 11 n’existe pas de fabrique spéciale d’acide tartrique ; il faut vous adresser aux fabricants ordinaires de produits chimiques.
- M. E. D , a Paris. — L’expérience de polarisation de lumière que vous nous signalez à l’aide de la réflexion sur un carreau de vitre et de l’analyse par un gypse et un autre carreau est souvent utilisée dans les démonstrations des cours.
- Un lecteur, à X. — Nous ne pensons pas que la collection existe; on a publié seulement quelques photographies isolées.
- M. J. N., à Grasse. — 1° Tableaux de manipulation par M. Maurice de Thierry, à la maison Paul Rousseau, 17, rue Soufflot. — 2“ Même adresse. — 5° Ouvrages très nombreux.
- M. A. de F. C., a Trieste. — On ne connaît pas les détails de fabrication de ces produits; on ne possède que des renseignements généraux.
- M. B., à Saint-Dié. — Le prix de l’appareil complet est de 100 francs.
- L'abonné 263, à Paris. — Mélanger les essences par parties égales, y délayer le noir de fumée.
- M. E. Gérard, à Paris. — l°Oui; on peut faire de la photographie sur la voie publique. — 2° 0m,50 de côté au plus.
- M. J. CL, a R. — 11 faudrait vous adresser au constructeur de votre objectif; ces indications peuvent être variables.
- M. A. R., a Chatou. — Des essais de laboratoire peuvent seuls vous fixer à cet égard.
- M. Greter, à Paris. — 1° Non; cette pile n’est pas pratique. — 2“ Peu de constance.
- Un lecteur, à S. R. — Pas de fabrique spéciale à vous indiquer..
- M. J. de D., à Paris. — Les bobines doivent toutes être enroulées dans le même sens.
- M. A. Cools, à Ryckworsel. — Nous ne pouvons vous conseiller un enduit particulier ; essayez quelques uns de ceux que nous avons indiqués dans les petits livres des Recettes et procédés utiles, et de la Science pratique.
- M. F. Carvilte, au Mans. — Vous serez renseigné en consultant le petit livre la Photographie en ballon, par G. Tissaudier. (Gauthier-Villars, éditeur.)
- 31. A. Van Lerberghe, à Courtrai. — Des odeu'S et des parfums, par S. Piesse, à la librairie J.-B. Bailliere et fils, à Paris.
- M. A. Murat, à Rodez. — Adressez-vous aux g-rands libraires de Paris.
- M. H. jl/.,àMons. — Nous regrettonsde ne pouvoirvous renseigner.
- M. E. Dcbaussaux, à Amiens; M. L. Collet, à Paris; M. F. Solari, à Liverpool; M. Q. Hosé, à Paris ; M. R. Dcnys, à Epinal. —Remerciements pour vos communications.
- M. de Selve, à la Ferté-Alais. — Vous trouverez l’adresse en tête de la Boîte aux, lettres du numéro qui contient la description; nous l'indiquons toujours à cette place quand nous la connaissons.
- M. P. de Saint-Geniès, à la Fontaine. — Consultez les précédents numéros; nous avons parlé de quelques machines à glace. ;
- M. E. Lefebvre, à Paris. — Remerciements; nous avons déjà
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- raité la question de l’heure universelle (voyez le n° 798, du 15 septembre 1888, p. 242, et le n° 856, du 8 juin 1889, p. 27).
- M. P. Ârmingeat, à Paris. — Veuillez vous reporter à notre précédent article sur les expériences de locomotives (n° 841, du 15 juillet 1889, p. 106). Il n’y a rien de très nouveuu.
- Un groupe d'abonnés, à Paris. — Plusieurs de nos lecteurs qui collectionnent les Boîtes aux lettres en font eux-mêmes une table des matières.
- M. J. B. U., à Louvain. — 1° M. Tramond, anatomiste, 9, rue de l’École-de-Médecine, à Paris. —2° Ouvrages de médecine, à la librairie Masson.
- M. H. Douepaal, à Java. — 1° Pas de traité spécial. — 2° Il faut établir le prix de vente en connaissant le prix de revient industriel. — 5° Il serait nécessaire de faire un devis complet pour vous répondre.
- M. F. C. Kæchlin, à La Haye. —Jlemerciements pour votre envoi; mais les chrysalides étaient complètement écrasées, nous n’avons rien pu examiner.
- M. le comte de Forestier de Coubert, à Château-Renault. — Il y a des tours de mains de fabrication, qui sont tenus secrets, pour obtenir cette coloration ; faites vous-même quelques essais de laboratoire.
- M. Wilier, à Lisbonne. — Pas d’ouvrage spécial, consultez les traités de chimie industrielle.
- Un abonné, à Rouen. — 1° Oui; cette machine est réversible. — 2° Environ 50 à 40 kilogrammètres par seconde.
- M. 0. B., à Rouen. — Il s’agissait là d’un article général; les fabriques de ce genre sont très nombreuses.
- M. E. de Traz, à Paris. — Employez la poudre de pyrèthre.
- M. C. Weis, à Paris . — Il n’existe aucun appareil réellement pratique pour combattre cette infirmité.
- M. G. Colombet, à Saint-Quentin; M. J. R., à Lyon. — Nous avons signalé plusieurs ouvrages qui vous conviendraient dans nos dernières bibliographies.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Récréation mathématique. — L’un des derniers numéros de La Nature donne le partage d’un carré en cinq parties déterminées, ce qui m’engage à vous envoyer une autre ainusette. Elle consiste dans la construction d’un carré avec dix morceaux de carton provenant de cinq carrés égaux entre eux et également divisés en deux paries suivant la ligne AB. À est le milieu du côté (fig. 1). En pla-
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- Fig. 1 à 3. — Figures explicatives.
- çant ces cinq carrés exactement comme l’indique la figure 2, et faisant pirouetter les quatre triangles ombrés autour des points A, ils viennent occuper les parties pointillées et former ainsi le carré cherché. Géométriquement on arrive, plus facilement, à la solution en cherchant comment l’on peut former le côté du carré demandé, qui doit avoir la valeur de y/5. La figure 5 explique clairement comment l’on obtient mn = y^Ô. (Communiqué par M. A. J. de P., h Perpignan.)
- Plantes baromètres. — Le Petit traité de météorologie agricole, par M. Canu, contient une liste de pronostics, à propos de l’aspect que présentent certaines plantes, suivant l’état de l’atmosphère; nous allons en citer quelques exemples : Si la tète de la Nigelle des champs se penche : Chaleur. Si la tète de la Nigelle des champs se dresse : Fraîcheur. Si les tiges du Trèfle et d’autres légumineuses se dressent : Pluie. Si la feuille de l’AHeluia se relève : Orage. Si la feuille de la Drave printanière se replie doucement : Tempête. Si la fleur de la Belle-de-Jour se ferme : Pluie. Si la fleur de Mouron se ferme : Pluie. Si la fleur de l’Hibiscus se ferme : Pluie. Si la fleur de l'Oxalis s’ouvre : Beau. Si la fleur de l’Oxalis se ferme : Pluie, Orage. Si la fleur de la Carline se ferme : Tempête. Si la fleur de la Laitue s’épanouit : Pluie.. Si la fleur du Petit Liseron se ferme : Pluie.
- Si la fleur de Népenthès se renverse : Pluie. Si la fleur dè Népenthès se relève : Beau. Si la fleur de la Quintefeuille s’étale : Pluie. Si la fleur de la Quintefeuille se replie ; Beau. Si la fleur du Souci d’Afrique se referme : Pluie. Si la fleur du Souci pluvial se replie : Pluie. Si les écailles du Chardon à foulon se rapprochent, se tiennent serrées : Pluie.
- Jardin zoologique d’Acdimatation de Paris. — Signalons quelques arrivages intéressants : un Serpentaire du cap (Serpen-tarius reptilivorus) femelle. Il est accouplé au mâle delà meme espèce qui vit (bans l’établissement depuis plusieurs années déjà ; un métis femelle né au jardin zoologique de Marseille d’un Ane blanc de Sardaigne et d’une femelle de Zèbre de Burchell ou Dauw (Zébra Burchelli); deux Mules nées à la succursale de Hyères (Var) d’un Ane blanc d’Arabie. Ces derniers produits sont remarquables par la beauté de leurs formes et la puissance de leurs membres à la fois fins et robustes. Parmi les naissances obtenues à la faisanderie du Jardin d’Acclnnatation, mentionnons : 12 Lophophores resplendissants de l’Himalaya (Lophophorus refulgens); 8 Tragopans au nord de la Chine (Ceriornis Temminckii); 15 Faisans d’Elliott (Phasianus El-liotti) du nord de la Chine; 4 Cailles de Madagascar (Margaroperdix striata). Pour la première fois l’établissement du bois de Boulogne élève cette jolie espèce qui pourra prospérer à l’état sauvage dans les régions méridionales de la France. Introduite de Madagascar à l’île de la Réunion, la Margaroperdix s’est multipliée et cantonnée surtout sur les montagnes, c’est-à-dire dans les lieux où la température est peu élevée. Il est donc probable que dans la région de l’olivier la caille de Madagascar pourrait être introduite avec des chances favora m blés de succès.
- mesure de» distances en vélocipède. — La Nature a donné plusieurs moyens de mesurer les distances au pas. En voici un autre. Si le terrain que vous avez à mesurer n’est pas raboteux et si vous êtes vélocipédiste, vous enfourchez votre machine et vous comptez vos doubles-pas (tours de pédale). Ensuite vous les convertissez en mètres. Bien entendu vous avez soin, au préalable, de compter les tours de pédale que fait votre vélocipède sur une distance donnée. Par ce procédé, avec une bicyclette qui fait 22 tours par 100 mètres, j’ai mesuré des distances de 1 à 2 kilomètres, à 4 mètres près, en faisant le kilomètre en 4 minutes. 0. B.,à Cugand.
- BIBLIOGRAPHIE
- L'art de classer les notes. Comment on organise son bureau et sa bibliothèque, par M. Guyot-Daubès. 1 vol. in-18, figures. Prix: 2 fr. 25. (Bibliothèque des gens de lettres, 166, boulevard Montparnasse, Paris.)
- D’après l’auteur il existe un art de classer les notes, et cet art est important, car sa pratique permet à chacun de conserver le profit qu’il a pu retirer de ses lectures, de ses études, de ses travaux. Tous les grands écrivains, tous les grands savants, dit-il, ont été collectionneurs de notes. 11 examine les divers systèmes employés par quelques-uns de ces hommes d’étude et les discute avec compétence. H montre que le commerçant ou l’homme du monde a également un grand intérêt à avoir ses lettres, ses factures, ses papiers de famille et d’affaires sous un classement permettant de les retrouver avec facilité. Ce livre a non seulement un but pratique, mais de plus, il renferme un grand nombre de faits inédits et d’anecdotes littéraires et il sera lu par chacun avec intérêt et utilité.
- La navigation maritime, marines de guerre et de commerce, navi-gationde plaisance, par E. Lisbonne. 1 vol. in-8° delà Bibliothèque des sciences et de T industrie. Ancienne maison Quanün, librairies-imprimeries réunies. — Paris, 1890.
- Les facultés mentales des animaux, par M. le Dr Foveau de Cour-melj.es. 1 vol. in-16avec 51 figures intercalées dans le texte, delà Bibliothèque scientifique contemporaine. Librairie J.-B. Baillière et fils. — Paris, 1890.
- Excursions d'un touriste dans le dépai'tement du Nord, par Alfred Renouard. 1 vol. in-8°. Imprimerie L. Danel, à Lille. 1890.
- Mémoire sur l'industrie du cuivre dans la région d'Huelva (Rio-Tinto, San-Domingos, etc.), par M. L. de Launay, ingénieur des mines. 1 brochure m-8°. Veuve Ch.Dunod, éditeur. — Paris, 1889.
- Le lac d'Oà (Haute-Garonne, Pyrénées Centrales). Sondages et dragages, par Emile Belloc. 1 brochure, in-8°. E. Leroux, éditeur. — Paris, 1890.
- La Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser à l’Office de Publicité de l'Imprimerie, 9, rue de Fleurus.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 739e BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA
- d’après les observations de m. renoo (parc de saint-maur, altitude : 49 m. 30)
- NATURE
- Juillet 1890. — Semaine du lundi 14 au dimanche 20 Juillet 1890.
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de M. Rédier. — Thermomètre à l'abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
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- PHASES DE LA LDNE : N. L. LE 17 A 0 H. 59 M. DU MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après le BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS
- Lundi 14 juillet.
- Mardi 15........
- Mercredi 16. . Jeudi 17.. . . . Vendredi 18.. . Samedi 19.. . . Dimanche 20. .
- 2 heures de l’après-midi, rue Popincourt, n” 9, sur le groupe scolaire des garçons. Il n’y a pas eu d’accident de personne.
- A la même date, un orage épouvantable s’est abattu sur la région de Lille. Une pluie diluvienne est tombée. Le temps était devenu complètement obscur. ! La bourrasque a causé, dans les environs, de très grands dégâts. Les commu- ! nications télégraphiques et téléphoniques ont été interrompues.
- On signale aussi de violents orages de toutes parts, notamment à Provins, Clamecy, la Roche-sur-Yon, Beaufort, Beaucaire, Dunkerque, Auxerre, Le Mans, Bar-le-Duc, Alençon. Dans cette dernière ville, une trombe d’eau énorme s’est abattue sur le sol. La circulation a été rendue impossible sur plusieurs routes ; les pertes de l’agriculture sont considérables.
- Un orage terrible'a éclaté également le 17 juillet, vers 5 heures du soir, sur Bruxelles et sur les environs. Le vent soufflait avec une violence inouïe; la pluie tombait par paquets; la foudre grondait avec un formidable fracas, et elle a causé de nombreux accidents et d’importants dégâts matériels. Le télégraphe et le téléphone ont été interrompus et il en est résulté une grande perturbation dans les affaires.
- Inondations à. Botzen (Tyrol). — A la suite d’une forte pluie qui a duré deux jours, l’Adige, ainsi que deux de ses alfluents, a subi une crue considérable le 13 juillet. Une digue s’est rompue à Branzoll, près Botzen (Tyrol) ; les eaux se sont répandues dans la direction d’Auer. Toute communication par la voie ferrée a été interrompue dans les deux directions, Un pont près d’Atzwang a été emporté.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages. — On écrit de Sedan, à la date du 16 juillet, qu’un orage épouvantable a éclaté sur la ville. La grêle est tombée, accompagnée d’une pluie diluvienne. La foudre a incendié la maison de M. Nicolay, demeurant à Villers-Cernay. A Noyers, les toitures ont été criblées par des grêlons énormes, des arbres séculaires ont été déracinés par l’ouragan. Les dégâts sont considérables dans les communes rurales.
- Le département de la Sarthe a également été très éprouvé par le mauvais temps. Dans la commune de Nogent-le-Bernard, les tempêtes ont été particulièrement désastreuses. Des arbres de plus de 1 mètre de circonférence ont été littéralement broyés. Plusieurs chênes ont été déracinés dans les bois. Les mêmes cyclones ont ravagé la commune de Bellon-le-Trichard (Orne), où l’on signale des dégâts considérables. 9
- A Paris, le 17 juillet, après une belle matinée, durant laquelle il a fait une insupportable chaleur, le ciel s’est subitement couvert, à 1 heure après-midi, d’épais et menaçants nuages. L’atmosphère est devenue bientôt si obscure qu’il a fallu, dans la plupart des rues et sur les grands boulevards, avoir recours au gaz et â l’électricité pour voir clair. A 2 heures, l’orage a éclaté. Il est tombé une pluie diluvienne, accompagnée d’incessants éclairs et de coups de tonnerre. Puis, graduellement, le ciel s’est éclairci. Une nouvelle averse est tombée à 3 heures et demie et le temps s’est remis au beau. La foudre est tombée, à
- THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 17-,1 S. S. W. 2 Couvert. 0 Couvert le matin, puis nuageux.
- 20*,6 S. 2 Beau. 0 Nuag. jusq. 15 h., orages avec pluie et grêle de 14 h. à 19 h. -
- 16%3 N. W. 1 Beau. 11,2 Peu nuageux, éclairs à 1 li. au S. S. E.
- 21%2 N. W. 0 Beau. 0 Nuageux, fort orage et grêle à 14-15 h., autre orage et grêle à 15-16 h.
- 17*,0 S. W. 5 Couvert. 26,0 Très nuageux; halo; plusieurs averses.
- 15\t S. W. 3 Couvert. 6,0 Couvert jusqu’à 17 h.; pluie à plusieurs reprises.
- 12",3 N. 3. j Nuageux. 2,0 Couvert de 9 h. à 19 h. ; beau avant et après.
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- Supplément an numéro 896 do LA NATURE, du 2 août 1890
- (JZÜ 588* BOITE AUX LETTRES ( > A )
- Lm lettres et communications relatives à la Boite aux lettres et A la rédaction doivent être adressées à M. Gaston TXSSANDEER . 50, rne de Châteandun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- * Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- • M. A. Joly, à Auneuil, nous écrit que l’on vient de découvrir, dans le cimetière des Capucins de Beauvais, un ancien sarcophage en
- -pierre. Dans ce dernier se trouvait un coffret de plomb contenant des cendres et des os. Entre le plomb et la pierre étaient alignés sept vases en verre, dont quatre parfaitement conservés; deux de ces vases contiennent une liqueur brune, d’odeur fade, constituant sans doute quelque antique parfum. Cette découverte excite une vive curiosité dans la contrée.
- M. G. Trouvé, à Paris, à propos de la manière de tuer les rats électriquement que nous avons indiquée dans notre 586* Boîte aux lettres, nous écrit qu’il a eu l’occasion de tuer des rats dans des conditions à peu près identiques pendant l’année 1870. Les deux fils , conducteurs du circuit secondaire de la bobine d’induction étaient -l’un, le pèle négatif, en communication avec des petites feuilles de apier d’étain placées de distance en distance ; l’autre, le pôle positif, xé parallèlement à 10 centimètres du sol portant au-dessus de eha--cune des feuilles d’étain un petit crochet métallique destiné à recevoir l’appât. On avait eu soin de laisser la bobine d’induction en .dehors de la chambre pour éviter le bruit. Dans Ces conditions, il est nécessaire d’employer une bobine très puissante; sinon les rats ne sont qu’étourdis et peuvent se relever quelques instants après.
- M. V. Levesque, à Malakoff, nous écrit qu’il a eu l’occasion d’essayer le traitement au sulfate de fer, dont nous avons parlé précédemment, pour combattre la chlorose des feuilles. Quelques pulvérisations répétées tous les deux jours sur le feuillage malade, avec ’ürie solution neutre de sulfate de fer dans l’eau pure à raison de 10 *à 12 grammes par litre d’eau suffisent pour amener là guérison de ? l’arbuste.
- Un abonné, à Intra. — 11 sera bien difficile d’enlever cette tache;
- * essayez l’acide acétique dilué.
- M. H. Theunis, à Bonnières. — Nous ne croyons pas que ces ^papiers existent.
- « M. P. Pauly, à Paris. ;— Renseignez-vous auprès de l’inventeur; il nous est impossible de donner ici toutes ces explications.
- M. F. GuiÜemin, à Avesnes. —Nous n’avons pas connaissance du fait que vous nous signalez.
- Mj 0. de Survilliers. — 1° Agréez nos remerciements. — 2° Oui; on peut accoupler ces deux piles sans inconvénient.
- " M. Ci Gros, à Saint-Imier. — Pas de moyen pratique à vous •indiquer.
- Un lecteur, à Firminy. — Il fallait passer un vernis sur le minium avant de déposer la dorure ; il y a eu action chimique entre le zinc et le minium.
- M. Léonce, à Paris. — 1° Chemin de fer hydraulique Girard, n° 844, du 5 août 1889, et n° 852, du 28 septembre 1889. — 2” Générateur à vapeur Serpollet, n° 845, du 10 août 1889.
- M. H. T., à Montélimar. — Adressez-vous aux bureaux du journal f Eleveur, 2 ter, avenue Aubert, à Vineennes.
- M. X., à Saint-Malo. — Le mastic de carreaux ordinaire convient parfaitement.
- M. Sans, à La Roche-sur-Yon. — Pas d’autre moyen que de ventiler.
- M. L. Couppey, à Amiens. — Bougeoir Chandor : MM. Desmarais, 29, rue de Londres, à Paris.
- M. E. Crousil, à Paris. — Nous ne pouvons vous renseigner à ce sujet.
- M. Evrard, à Marcinelle. — Nous vous conseillons de faire des essais.
- M. N. Dias, à Figueira; Un lecteur, à Orléans. — Nous n’avons pas d’autre adresse pour le collier de sauvetage.
- Un abonné, à Evreux. — 1° On lui attribue cette propriété. — 2° Non. —3° En mélange avec de l’eau.
- M. Caron, à Marie. — 1° Nous ne croyons pas; on pourrait .essayer les fixatifs ordinaires. — 2° Oui.
- - M. B. Siroen, à Toulouse. — Nous allons prendre des informa-.tions, et nous décrirons le système s’il y a lieu.
- Mi L. P., à Paris. — Il existe des machines de ce genre, permettant de découper le bois à volonté.
- M. E. Peraux, à Nancy. — Nous ne saurions encore revenir sur le même sujet. Remerciements.
- M, F. Verdier, à Pantin. — Adressez-vous à M. Nizet, conservateur de la Bibliothèque royale, à Bruxelles.
- M. G. C., à Reims. — Nous ne saurions insérer cet avis; agréez tous nos regrets.
- M. H. B., a Paris. — Nous allons prendre des renseignements,
- M. P. B. Noël, a Paris; M. P. Dominique, à Saint-Gaudens;
- Un abonné, à Milan. — Consultez les petits livres des Recettes et procédés utiles et delà Science pratique. (G. Masson, éditeur.)
- M. Joux, à la Ferté-Gaucher. — 1° On peut aller jusqu’à une demi-livre de sel par livre de beurre. — 2° Oui.
- M. L. Coudray, à Paris. — Nous ne connaissons pas la poudre blanche que vous mentionnez.
- M. X., a Chiroubles. — Le problème peut se traiter d’une infinité de manières ; nous n’avons indiqué que quelques solutions.
- M. Jeannoltat, à Cannes. — Nous n’avons pas donné la description de cette machine rotative.
- Un abonné, en Lorraine. — Vous trouverez de ces anneaux chez tous les quincailliers.
- M. L. Heim, à Montauban. — 1° Pas d’accumulateurs de ce genre à vous indiquer. — 2° Eviter de laisser couler l’eau au-dessous.
- M. Mérel, à Ligny. — Il faut soumettre cette médaille à un connaisseur; il vous renseignera.
- M. G. Pillard, à Paris. — Adressez-vous au Ministère de la guerre.
- M. J. Angelvin, à Marseille. — Aucun vernis ne pourra vous donner ce résultat.
- Un abonné, à Dijon. — Tous les appareils instantanés vous conviendront.
- M. E. Moreau, à Paris. — Essayez le sulfate de fer, ou le jus de tabac. ....
- , M. A, Michéa, à Paris, — Il est bien difficile de rechercher un constructeur sans autres indications; vous trouverez des aUumoirs • en grand nombre chez d’autres fabricants.
- M. G. L., à Paris. — Adressez-vous aux grands papetiers de Paris.
- M. Fergeau, à Paris. — 1° Pas d’adresse spéciale. — 2° Ces caractères ne seraient pas assez solides.
- M. Lehmann, à Paris; M. le comte de la Laurencie, à Nersac; M. L. D., à Bordeaux; M. L. Baudril, à Paris; M. R. Corcevay, à Dijon; M. F. Darmiani, à Trieste. — Remerciements pour vos communications.
- M. A. Allard, à Bourbon-1’Archambault. —- Vous trouverez la Sophistication des vins, par -A. Gauthier, à la librairie J.-B. Baillière; pour les autres ouvrages, nous ne saurions vous indiquer.
- ‘ M. L. R., a Strasbourg. — Prenez des ouvrages d’astronomie,
- M, H. Aubry, curé à Sennevières, nous adresse le récit ancien d’un phénomène analogue à ceux que nous avons décrits dans un de nos derniers numéros, Les phénomènes météorologiques à travers les siècles. Nous remercions bien vivement notre correspondant de sa communication.
- ’M. D. Philibert, à Barjols. — Il existe un grand nombre de régulateurs analogues ; nous ne saurions vous indiquer le plus avantageux.
- M. G. D. E., à Bordeaux. — 1° A l’Exposition des arts industriels, l’électricité tiendra une certaine place. — 2° Nous ne saurions l’affirmer.
- M. G. Denolly, à Blangy-sur-Bresle. — Nous ne connaissons pas cette composition et ne savons pas si vous pourrez trouver ces renseignements dans quelque ouvrage.
- Mme C. G. T., à Magneux. — 1° Dissoudre l’huile dans la benzine. — 2° Répandre du tan.
- M. F. Senaud, à Bruxelles. — Remerciements pour vos photographies qui sont fort bien réussies.
- M. le Dr G. Michaud, à Costa-Rica, — Nous n’avons pas compris votre question.
- Un lecteur, à La Roche-sur-Yon. — 1° Oui ; à la condition d’être présenté par deux membres et de payer la cotisation annuelle. — 2“ Oui. — 3° Oui.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Jardin xoologique d’Acclimatatlon. -r- Une naissance à signaler, celle d’un gnou (Catoblepas gnu) du Cap de Bonne-Espérance. L’an dernier déjà l’établissement du Bois de Boulogne avait eu un jeune de cette grande antilope. Au Muséum de Paris, on compte quatré gnous nés à la ménagerie. En Hollande, à Saint-Graveland, M. Biaauw a fait une intéressante expérience sur cette espèce.. Ses gnous vivent depuis plusieurs années déjà dans un grand pre de 7 hectares environ, clos de barrières de fer, et supportent, sans paraître en souffrir, les plus rigoureux hivers. Dans ces conditions, leur duvet (bourre fine qui se développe sous les poils pour protéger l’animal contre le froid) devient très abondant. Les femelles reprb-duisent régulièrement et les jeunes deviennent notablement plus
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- grands que leurs parents importés de l’Afrique australe. On peut observer des faits de même nature sur les animaux nés au Jardin d’Acclimatation.
- Sulfate de fer contre le-charbon. — Je viens de parcourir le numéro 878 du 29 mars, de la Revue La Nature. Dans ce numéro il y a un article intitulé : Un guérisseur au secret, dans lequel M. Gustave Tardieu dit que M. de Freytag a ublié un Mémoire où il assure avoir trouvé que le bacille char-onneux en bâtonnets ne résiste pas plus de vingt-quatre heures à l'action d'un excès de sel marin. 11 y a déjà deux ans qu’un médecin distingué de la province de Buenos-Ayres, M. le docteur For-nos, directeur de l’Hôpital de Chivilcoy, publia un article dans un des principaux journaux de Buenos-Ayres, la Nacion, du 14 août 1888, ayant pour titre : La Puslula maligtia. — Grano malo (on désigne ici le charbon sous le nom de Grano malo), Nuevo Tratamiento, qui traite le même sujet. Seulement au lieu d’employer le sel marin, M. le D' Fornos fait usage du sulfate de fer à une dose de 15 grammes en dissolution dans 1000 grammes d’eau, pour combattre le bacille charbonneux, Bacillus anlhracis. Déjà à cette époque, août 1888, le Dr Fornos citait neuf sujets sur lesquels il avait fait l’application de son nouveau traitement avec une complète réussite.
- J. Gciard, à Gualeguay (République Argentine).
- BIBLIOGRAPHIE
- Le paysage d’après nature, par Ch. de Meixmoron. I vol. in-8\ Librairie Sidot frères. — Nancy, 1890.
- La photocopie ou procédés de reproductions industrielles par la lumière, par A.Fisch. 1 petit vol. in-ldde l’Encyclopédie photographique. Librairie‘centrale des sciences J. Michelet. — Paris, 1890.
- Catalogue of minerais for sale, by Geo L. English et C°. 1 vol. in-8°. — Philadelphie, 1890.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Manière de confectionner soi-même un vêtement imperméable et léger.
- Se faire confectionner un vêtement de telle forme qu'on voudra en calicot serré et fin. 11 le faut fin, car les opérations qu’il subira l’épaissiront suffisamment. Le calicot pour chemises convient parfaitement, à la condition qu’il soit serre. On le place sur une planche supportée par deux tréteaux. Avec une petite éponge on l’enduit à l’endroit d nuile de lin très siccative et additionnée d’un peu de terre de Sienne ou d’ombre brûlée pour lui donner une couleur brune. Il importe de déposer très peu d’huile à la fois, de frictionner fortement et par petites parties. L’huile doit juste mouiller l’étoffe; on laisse sécher à l’ombre pendant quelques jours. Puis on donne une deuxième couche à l’envers. On laisse encore sécher à l’ombre pendant quelques jours et on termine par une troisième couche à l’endroit. Si, par hasard, l’étoffe n’était pas assez imperméable, on pourrait donner une quatrième couche à l’endroit. Si on le désirait, on pourrait faire teindre le calicot avant d’opérer. De cette façon on obtiendra un vêtement léger, imperméable et ne poissant pas comme ceux achetés chez les marchands.
- 0. Labadie de Lalande, à Bordeaux.
- Blanchiment des éponges.
- Le chlore et ses composés, si utiles pour le blanchiment des matières végétales, ne peuvent être employés pour les éponges, car non seulement ils leur donnent une coloration jaune, mais encore ils leur font perdre leur finesse. Le procédé suivant, employé dans ces derniers temps en Allemagne avec beaucoup de succès, consiste à traiter les éponges par une solution aqueuse de brome. Le brome étant très peu soluble dans l’eau, il suffira d’ajouter quelques gouttes de brome à un litre d’eau distillée, d’agiter fortement pour obtenir une solution concentrée de brome. Les éponges sont plongées dans cette solution, et après quelques heures, leur coloration brune disparaît et est remplacée par une coloration beaucoup plus claire. Si l’on traite les éponges une seconde fois de la même manière, elles
- acquièrent la coloration voulue. Pour obtenir un blanchiment parfait, il suffît de les passer alors dans de l’acide dilué, puis de les laver à grande eau. Par le traitement à l’eau de brome, on obtient des résultats aussi beaux qu’avec l’acide sulfureux, tout en gagnant beaucoup de temps et en évitant une manipulation considérable.
- (Revue de la teinture.)
- Préparation des aliments pour les chevaux.
- On a soutenu, avec raison selon nous, que l’avoine écrasée et le foin haché sont plus nutritifs pour les chevaux, en général, que les mêmes matières non divisées. La Compagnie des omnibus de Londres, qui a 6000 chevaux, a fait sur ce sujet une expérience très instructive. Elle a divisé ses chevaux en deux catégories : ceux de la première recevaient, comme ration journalière, 8 kilogrammes d’avoine broyée et 3 kilogrammes trois quarts de foin haché, plus 1 kilogramme un huitième de paille. Ceux de la seconde recevaient 9 kilogrammes et demi d’avoine intacte et 6 kilogrammes et demi de foin non haché. Soit 13 kilogrammes de nourriture pour les premiers et 16 pour les seconds. Or, les chevaux de la première catégorie ont fait un aussi bon service que ceux de la seconde et ne le cèdent en rien sous le rapport de l’embonpoint et de la vigueur. La nourriture, au moyen de Favoine broyée et du foin haché, a produit une économie de 1500 francs par jour et de 581 000 francs par an. Nous n’avions pas besoin de connaître cette expérience pour affirmer que les aliments divisés de toute nature sont plus nutritifs que les aliments intacts. Le fait s’explique de lui-même quand il s’agit d’animaux âgés, dont l’appareil dentaire est plus ou moins usé ou ébréché. Ceux-là ont besoin que le concasseur et le hache-paille fassent la besogne que leur bouche n’est plus capable d’opérer entièrement.
- Trempe de l’acier.
- Le Dingler's Journal indique les alliages suivants de plomb et d’étain, dont on connaît le point de fusion précis, comme particulièrement propres à communiquer aux objets en acier qu’on y plonge le degré voulu de dureté, sans offrir le danger de dépasser la température correspondante. Pour la dureté d acier convenable pour instruments de chirurgie : 1,75 partie de plomb et 1 d’étain; pour la dureté spéciale requise pour couteaux, burins : 2 parties de plomb et 1 d’étain; pour fa dureté prononcée, convenable pour ciseaux, scalpels, etc. : 3,5 parties de plomb et 1 d’étain; pour la dureté ordinaire pour rabots, haches, etc. : 4,60 parties de plomb et 1 d’étain ; pour la dureté inférieure, pour couteaux de table, gouges : 8,50 parties de plomb et 1 d’étain; pour la dureté médiocre, pour petits ressorts, pour scies fines, sabres, etc. : 12 parties de plomb et 1 d’étain ; pour peu de dureté : 35 parties de plomb et 1 d’étain ; pour objets mi-doux, tels que scies grossières et gros ressorts :
- 1 partie de plomb et 1 d’étam.
- Moyen de rendre le papier transparent pour calquer les dessins.
- Le Bureau hydrographique autrichien donne le moyen suivant our rendre le papier transparent : la feuille étant appliquée sur le essin à calquer, on la frotte légèrement avec du coton imbibé de benzine parfaitement pure. La benzine est absorbée, et le papier rendu transparent peut recevoir le trait au crayon ou bien à la plume et même le lavis, sans que les lignes ou les teintes s’élargissent et sans que la feuille se rétrécisse ou se soulève. Lorsque les dessins sont grands, on peut appliquer la benzine à plusieurs reprises. Le calque achevé, la benzine s’évapore sans laisser de trace, le papier séché reprend son opacité primitive et ne conserve pas la moindre odeur. La grande pureté de la benzine est de toute nécessité.
- Moyen d'obtenir des fruits non véreux.
- Il paraît que pour obtenir des fruits non véreux, il existe un procédé qui se trouve à la portée de tous. Il suffit, assure-t-on, d’asperger les arbres avec de Beau vinaigrée (10 gr. par litre d’eau). On opère à deux reprises successives au moment de l’épanouissement des fleurs d’abord, puis quand les pétales commencent à tomber. L’odeur du vinaigre jouirait du privilège d’éloigner les mouches et les papillons qui viennent déposer leur œufs dans les jeunes fruits.
- La Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser à l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rue de Flenrni.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA
- d’après les observations de m. renou (parc de saint-maur, altitude : 49 M. 30)
- NATURE
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- Juillet 1890. — Semaine du lundi 21 au dimanche 27 Juillet 1890.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de Q à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de H. Rédier. — Thermomètre à l'abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE 1 P. Q. LE 25 A 2 H. 54 M. DU MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DD BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 juillet Il*,8 S. W. 0 Nuageux. 0,0 Tr. nuag., gouttes à 19 h.
- Mardi 22 14*,1 S. S. W. 0 Couvert. 0,0 Couv. de 7 h. à 20 h., nuag. av. et ap., pluie de 18 h. 30 à 19 h. 20.
- Mercredi 23 16*,6 W. N. W. 2 Peu nuageux. 0,2 • Très nuageux.
- Jeudi 24.. 15*,2 W. 3 Couvert. 0,0 Couv. jusq. 18 h., peu nuageux ensuite.
- Vendredi 23 • 16*,0 W. 1 Couvert. 0,0 Presq. couv. le m., nuag. le s.
- Samedi 26 12*,7 N. 0 Presq. couvert. 0,0 Tr. nuageux.
- Dimanche 27 16*,3 S. 1 Couvert. 0,0 Couv. jusq. 8 h., nuag. ensuite.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Les préférences de la foudre. — M. C. Buvé, curé à Linsmeau, écrit au journal Ciel et Terre pour lui signaler trois cas assez remarquables de fréquence de la foudre au même endroit :
- 1* Près de la station de Lincent (province de Liège), passe la chaussée de Tirlemont à üannut, bordée d’ormes. Elle suit à peu près la direction nord-ouest sud-est. De Linsmeau à Lincent, le terrain monte assez fortement, jusqu’à la rencontre de la chaussée, à son point culminant, avec une autre crête, allant à peu près du sud au nord. Plus loin, le terrain descend rapidement. Presque au point le plus élevé, on voit quatre ormes qui portent des cicatrices de blessures causées par la foudre. Un arbre a été frappé deux fois; tout à côté, un arbre plus petit a également été atteint. Non loin de là, un faucheur fut foudroyé en 1889.
- 2* A Bautersem, à mi-chemin entre Louvain et Tirlemont, se trouve une maison autour de laquelle la foudre tombe fréquemment.
- Voici les chutes les plus remarquables dans ces dernières années :
- Près de cette maison se trouvait un peuplier canada. 11 était devenu si gros
- qu’un enfant pouvait à peine passer entre l’arbre et le mur de l’habitation. Lors d’un orage, cet arbre fut entièrement détruit. Toutes ses branches furent emportées et le tronc fendu jusqu’au sol en trois ou quatre parties. La maison n’avait pas souffert.
- Quelque temps après, la foudre détruisit le garde-fou du puits attenant à la même maison. Ensuite, ce fut le tour d’un poirier du jardin. L’an passé, la loudre tomba encore dans un champ de froment voisin. Tout cela dans un rayon de quelques mètres.
- La configuration du terrain ne présente cependant rien de particulier.
- 3* Un bois de taillis et de grands arbres plantés en terrain marécageux est' situé à Lovenjoul, entre la voie du chemin de fer et la grande chaussée de Malines à Liège. Au milieu de ce bois, il y a une drève bordée de chênes et allant de l’ouest à l’est. J’ai compté sept chênes frappés de la foudre dans cette drève; ils sont tous situés l’un près de l’autre, du côté sud. Tout près, un gros frêne a également été atteint. Sur la lisière sud du bois, deux peupliers ont encore été détruits l’année dernière. Les cultivateurs des environs prétendent qu’aucun orage ne passe au-dessus de ce bois sans que la foudre n’y tombe.
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- Supplément au numéro 897 de LA NATURE, du 9 août 1890
- (uT.™J 589e BOITE AUX LETTRES ()
- Le« lettres et communications relatives & la Botte aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à M. Caston TISSANDXER
- 50, rue de Ch&teaudun, à Paris.
- Toutes lès communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- M. C. D., un des abonnés du cercle militaire d’Antibes. — Le 'procédé d’agrandissement photographique décrit dans un de nos précédents numéros réussit parfaitement : vous n’avez pas suffisam-‘ ment observé qu’un verre dépoli est interposé entre le cliché et la ' source lumineuse : par diffusion, l’éclairage est suffisant. Avec un bon négatif 9x12 bien transparent, on peut obtenir un agrandissement 30 X AO en cinq à dix minutes sur papier négatif Eastman, avec une bonne lampe à pétrole Hieckel. (Pouvoir éclairant deux carcels et demie environ.)
- M. G. Coindct, à Châlons, nous écrit qu’il a eu l’occasion d’observer une trombe le 26 juillet. Sur une route, il a aperçu un tourbillon de poussière et de feuilles d’une hauteur de 4 mètres, et
- • ayant la forme d’un cône incliné. Le diamètre de la pointe qui touchait le sol pouvait être de 25 à 30 centimètres; il était cinq fois plus grand au sommet. La vitesse de déplacement de la trombe était environ de 25 kilomètres à l’heure.
- 1 Un abonné, à Lyon. — Vous trouverez des ballons de baudruche chezM. II. Lachainbre, aéronaute, 24, passage des Favorites, à Paris-Vaugirard.
- M. Focké, à Paris. — Nous avons effectué des recherches, et nous n’avons pu nous procurer des renseignements sur cette machine.
- M. G. Bongiraud,al\ouen.—On ne saurait demander à l’adminis-
- • tration des postes de faire suivre exactement à une lettre tout le parcours indiqué sur l’enveloppe, du moment qu’elle arrive à destination.
- M. A. B., à Montreux. — Il est certain qu’il serait du plus haut intérêt de pouvoir rendre un scaphandrier indépendant ; bien des recherches ont été jusqu’ici effectuées dans cette voie sans jamais ; aboutir.
- M. L. P., à Paris. — 1° Appareils Deroy, 75, rue du Théâtre. — 2° Consultez des manuels de distillation qui existent en grand nombre.
- M. V. Angerer, à Vienne. — Il nous a été impossible de nous procurer l’adresse demandée ; renseignez-vous auprès du journal désigné dans l’article.
- M. Troussel-Dtimanoir, au Petit-Quévilly (Rouen). — Les essais de Brooklyn, intéressants à plus d’un point de vue, n’ont pas été repris ; nous ne savons pour quelles causes.
- M. le comie G. Gulinelli, à Ferrara. — Nous ne croyons pas qu’il existe de papier de ce genre.
- M. Dupertuis, à Genève, à propos de notre 587e Boîte aux lettres, dans laquelle nous avons dit qu’il n’existait pas de fabrique spéciale d’acide tartrique, nous indique l’usine de Gland (Vaud-Suisse), qui ne fabrique que ce produit.
- M. Demetriade, à Bucbarest. — Vous trouverez des appareils pour projections de dépêches micrographiques chez M. Molteni, 44, rue du Château-d’Eau, à Paris.
- M. Ch. Dufour, à Saint-Vallier. — Piles du commandant Renard : MM. Aron frères, 152, rue de Turenne, à Paris.
- M. A. Courtois, au Peyrat. — 1° Nous ne savons pas si cet appareil se trouve déjà dans le commerce. — 2° Pas de constructeur spécial. — 5° Nous avons déjà parlé précédemment d’expériences analogues.
- M. C. Alepée, à Château-Thierry. — Nous croyons que ces voitures à vapeur pourraient vous être utiles.
- M. F. L., h Paris. — 1° Une lotion par jour. — 2° Ce produit se vend tout préparé.
- M. A. Dubois, à Nogent. —Voitures à vapeur : MM. de Dion, Trépardoux, et MM. Serpollet.
- M. A. J. D., à Cascaes-Lisbonne. — L’adresse du constructeur du manège électrique est indiquée en tête de la Boîte aux lettres du numéro qui en contient la description.
- M. G. Kolb, à Moscou. — Les plaques opales annoncées pourront vous convenir.
- M. V. Pépin, à Asnières. — L’article paraîtra prochainement ; les dessins sont entre les mains du graveur.
- M. S... de C., à Saint-Benoît. — Remerciements; voyez ce que nous avons publié à ce sujet dans les Boîtes aux lettres précédentes.
- M. J. de M., à Rio-de-Janeiro. — Nous ne pouvons examiner les projets relatifs à la direction des ballons; adressez-vous à la Société de navigation aérienne, 91, rue d’Amsterdam, à Paris.
- M. J. D., à Chaumont. — Désinfecter à l’aide d’acide phénique dilué, et ventiler très énergiquement.
- M. A. B., à Pont-Rousseau. — R n’y a pas d’ouvrages spéciaux; seuls quelques articles de journaux ont été publiés sur cette culture.
- M. C. Zengelis, à Athènes; M. L. Laboureur, à Paris; M. Leal, à Mexico. — Remerciements pour vos communications.
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- M. N. Winsback, à Thionville. — Ouvrages élémentaires de ce genre à la librairie Rothschild, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. Lesouds, à Morte-Fontaine. — Adressez-vous à un libraire de Gisors; il vous renseignera certainement.
- M. Rochecourt, à Paris. — Voyez les renseignements que nous avons publiés sur ce nouveau fusil dans le n° 894, du 19 juillet,
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- M. G. Legs, à Cologne. — Il faut recouvrir les fils conducteurs et les bords du moule d’un vernis à la gomme laque.
- M. A. Boutonnet, à Nantes. — Il s’agit d’un préjugé populaire.
- M. Félix L. R., à Paris. — Si vous voulez faire des excursions dans les glaciers de la Suisse, il esi indispensable de recourir aux lunettes de verres bleus, et au besoin des masques que vous trouverez à Chamonix. Par un soleil ardent, vous pourriez sans cela attraper des insolations et des maux d'yeux quelquefois assez graves. Il faut aussi être bien couvert, chemise de flanelle, chaussettes de laine, souliers ferrés, car on a souvent les pieds et les jambes mouillés. Du reste, vous trouverez surplace des alpinistes qui vous renseigneront. Un piolet conviendra mieux que le bâton, pour les glaciers.
- QUESTIONS
- Question n° 1297. — Acidité des vins. — M. L. P., à Nanc^, demande le moyen d’enlever leur acidité aux vins de l’Est. On sait que dans ce pays le raisin arrive rarement à maturité et donne un vin qui n’est buvable qu’au bout de deux ou trois ans.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Problèmes & résoudre avec des allumettes.— Je trouve quelquefois dans La Nature des jeux de patience faits avec des
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- Problèmes à résoudre avec des allumettes. — 1. Oter 8 allumettes pour laisser 2 carrés. 1 bis. Solution. — 2. Oter 8 allumettes pour laisser 5 carrés. — 3. Oter 4 allumettes pour laisser 5 carrés. —4. Changer de place 3 allumettes pour faire 3 carrés. 4 bis. Solution.
- allumettes. J’espère être agréable à quelques-uns de ses lecteurs en leur en indiquant trois ou quatre qui n’ont pas encore été publiés. (Communiqué par M. P. Piequet, à Reims.)
- lies prophéties scientifiques.— A propos des prophéties scientifiques, dont il a été question dans le n° 890 de La Nature, du 21 juin 1890, p.;38, l’une des plus précises, mais que je n’ai vue citée nulle part, est celle-ci, de Fénelon : « Il n’y avait aucun peintre dans tout le pays; mais quand on voulait avoir le portrait d un ami, un beau paysage, ou un tableau qui représentât quelque autre objet, on mettait de l’eau dans de grands bassins d’or ou d’argent ; puis on
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- opposait cette eau à l’objet qu’on voulait peindre. Bientôt l’eau se congelant, devenait comme une glace de miroir où l’image de cet objet demeurait ineffaçable. On l’emportait où l’on voulait, et c’était un tableau aussi fidèle que les plus polies glaces de miroir. » Cette citation est tirée d’un « Voyage supposé en 1690 » raconté dans les Fables et Opuscules divers composés pour l’éducation du duc de Bourgogne, ouvrage devenu classique. Moins de deux siècles ont donc suffi pour réaliser l’idée alors fantastique d’un miroir fixant l’image qui s’y réfléchit. Mais ce qui me semble le plus instructif, c’est que, ici comme toujours, l’audace de la fiction qui s’efforce de franchir les limites de l’invraisemblable, reste piteusement au-dessous de la simple et vulgaire réalité scientifique.... Bientôt l’eau se congelant..., dit Fénelon en 1690. Evidemment, quand on prend du merveilleux, on n’en saurait trop prendre. Fénelon aurait-il osé dire: « En un centième de seconde » au lieu de ce « bientôt? »
- E. Blot, à Clermont (Oise).
- BIBLIOGRAPHIE
- Dépopulation et civilisation, étude démographique, par Arsène Dumont, membre de la Société d’anthropologie de Paris. 1 vol. in-8°. Lecrosnier et Babé, libraires-éditeurs. — Paris, 1890.
- Traité d’astronomie pratique pour tous. Méthodes d’observation avec exemples numériques à l'usage des amateurs d’astronomie, des explorateurs, des ingénieurs, des officiers de l’armée et des gens du monde, par Gélion Towne. 1 vol. in-18 avec 30 figures dans le texte et une carte céleste. Librairie astronomique et géographique de E. Bertaux. — Paris, 1890.
- La photographie judiciaire, avec un appendice sur la classification et l’identification anthropométriques, par A. Bertillon, chef du service d’identification à la préfecture de police. 1 vol. in-18 de la Bibliothèque photographique. Gauthier-ViUars et fils, imprimeurs-libraires. — Paris, 1890.
- Dorure. Argenture. Cuivrage. Nickelage. Galvanoplastie. Manuel pratique, par Donato Tommasi. 1 vol. in-18 delà Bibliothèque des actualités industrielles. B. Tignol, éditeur. — Paris, 1890.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- La conservation des tableaux à l’aquarelle.
- LeD'Liesegang indique la méthode suivante.On sait avec quelle rapidité les aquarelles pâlissent, exposées à la lumière du jour. Toutefois, si la lumière avant d’arriver au tableau, traverse une substance fluorescente, l’action chimique ne se fait plus, et les couleurs restent intactes. Le sulfate de quinine est une substance de ce genre; mais, comme une solution appliquée directement serait fatale aux couleurs, on l’applique en pratique aux vitres de l’appartement où se trouvent les tableaux. La solution est incolore à la lumière transmise, et, par conséquent, invisible de l’intérieur de la chambre. Cette solution de sulfate de quinine rendrait peut-être de bons services aux usines où l’on fabrique des papiers sensibles, tels que les papiers au gélatino-chlorure, les papiers à l’albumine sensibilisés, etc. Pour toute sécurité on pourrait, avec cette solution, donner une couche intérieure et une couche extérieure aux vitres des fenêtres des usines. Quoi qu’ilensoit, nous avons exposé à une forte lumière un morceau de papier à l’albumine sensibilisé sous un verre, portant d’un côté une couche de la solution de quinine, et le papier resta, pendant deux jours, presque incolore. Il serait certainement très avantageux de pouvoir travailler dans ces usines à la pleine lumière du jour. (Photographie Neivs.)
- Moyen de déterminer l’humidité de l’air.
- Dans le Rep. Annal, chem., M. Rueckert, rappelant les propriétés bien connues des sels de cobalt et de nickel, qui, pour des changements de couleur, indiquent le degré d’humidité de l’air, recommande les combinaisons suivantes, qui peuvent être étendues sur les carreaux de vitre d’une fenêtre, sur un papier recouvrant la muraille, ou sur tout autre corps convenable : 1° chlorure de cobalt, 1 partie; gélatine, 10; eau, 100; 2° chlorure de cuivre, 1 partie; gélatine, 10; eau, 100; 3° chlorure de cobalt, 1 partie; gélatine, 20; eau, 200;
- oxyde de nickel, 75; chlorure de cuivre, 25. Ces combinaisons sont incolores quand le temps est humide; quand il est clair, le n*. 1 donne une couleur bleue ; le n° 2, une couleur jaune, et len°3, une couleur verte. Nous avons déjà donné la description d'un appareil basé sur cette même propriété, le caméléon de M. Lenoir, dans le n° 194, du 17 février 1877, p. 189. *
- Puissance d’absorption des matériaux de construction et temps
- nécessaire à leur séchage naturel. i
- Voici quelques chiffres donnés par M. C. Tollet au Congrès d’hygiène, à l’Exposition universelle ae 1889; ils pourront être utiles aux constructeurs. Ils se rapportent aux quantités d’eau que peuvent absorber les matériaux de construction les plus usuels; ils ont été déduits d’expériences faites sur soixante échantillons.
- Le plâtre cuit pulvérisé et réduit en bloc absorbe, par décimètre cube, de 400 à 425 grammes d’eau; la mosaïque composée de mortier de chaux hydraulique et de petits cailloux concassés, 280 ; les ciments et dalles, de 80 à 200; les calcaires tendres ou grossiers, de 140 à 335; les calcaires durs, de 120 à 170; les meulières, de 80 à 200; les ardoises, de 10 à 90; les tuiles, de 26 à 290; les briques, de 60 à 325; les carreaux, 20; le grès, 15; le grès cérame, de 5 à 50; le bois de chêne, 45; le bois de sapin, 50. L’absorption maxima ou à saturation ne se produit pas dans les mêmes délais, ni avec la même progression; il y a dés différences très marquées jusque dans les matériaux similaires et de même catégorie. Ainsi, our la tuile et l’ardoise, la saturation se produit en moyenne au out de six heures d’immersion, tandis que pour les briques, il j suffit de deux heures. Le ciment, les pierres meulières, les calcaires j durs et les bois emploient un délai compris entre deux et six heures. )
- Les grès n’emploient que deux heures à absorber une petite quantité ; d’eau. Quant au temps nécessaire à la dessiccation, il est très variable; i la dessiccation naturelle est très lente pour la plupart des matériaux.
- Les calcaires tendres n’ont perdu que le 1/12 de leur eau d’absorption au bout de soixante-quatre heures ; les meulières, les 4/5 ; le sapin, le 1/10; les calcaires durs et le chêne, le 1/3; les briques et le ciment, au bout de ce temps, ont perdu la moitié de leur eau ; d’absorption. Certaines ardoises, tuiles et briques, les carreaux en grès, le grès cérame, le bois de sapin, sont les matériaux les plus hydrofuges : leur siccité est à peu près complète au bout de quelques heures et, comme ce sont aussi ces matériaux qui absorbent le moins d’eau, ils doivent, être préférés. Lorsque la brique est beaucoup plus chère que les moellons, ce qui arrive dans bien des localités, il faut l’employer au moins comme chemise interne pour éviter toute humidité.
- Moyen d’empêcher une porte de crier quand on n'a pas d'huile.
- Rien n’est insupportable, surtout quand on travaille, comme d’en- \ tendre crier une porte ; ce qui produit ce cri, c’est le frottement à i
- nu des deux parties du gond, sans qu’aucun lubrifiant vienne faci- i
- liter ce frottement. Quand on a de l’huile, rien de plus simple que d’en graisser les gonds ; mais il est rare que l’on ait de l’huile dans , un bureau de travail; l’on peut, en outre, se faire des taches. Tout le monde, au contraire, a sur sa table un crayon. Il suffit de frotter les gonds avec la pointe dudit crayon, surtout s’il est un peu tendre, j pour faire disparaître totalement le cri de la porte, le graphite étant i un des meilleurs lubrifiants connus.
- Destruction des rats.
- On sait combien il est difficile d’amorcer les pièges à rats; les pièges les mieux combinés restent souvent sans effet. Le capitaine Weedin, directeur du Jardin zoologique de Washington, avait, comme cela arrive dans la plupart des établissements où l’on tient des oiseaux, ses bâtiments infestés par les rats, et ne pouvait réussir à s’en débarrasser. Il crut remarquer un jour que les rongeurs étaient particulièrement friands de la graine de tournesol, et il en amorça ses pièges. Depuis ce temps, les rats se prennent par quinzaine.
- Encre pour écrire sur les photographies.
- La formule suivante donne une bonne encre pour marquer les épreuves : Iodure de potassium, 10 parties; eau, 30; iode 1 ;Jgomme arabique, 1 ; on écrit sur un coin noir de l’épreuve et l’écriture devient bientôt blanche par la conversion de l’argent en iodure.
- (Photographie News.)
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- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 741e BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- d’après les observations de m. renoo (parc de saint-maur, altitude ; 49 M. 30)
- Juillet-Août 1890. — Semaine du lundi 28 Juillet au dimanche 3 Août 1890.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de M. Rédier. — Thermomètre à l'abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- •a «A
- phases de la lune : P. L. le 31 a 9 h. 34 m. du soir.
- OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après le bulletin international du bureau central MÉTÉOROLOGIQUE de FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 28 juillet 17*,6 S. S. W. 1 Beau. 0 Nuageux de 11 h. à 20 h.; beau le reste; halo.
- Mardi 29 15*,1 Calme. Très nuageux. 0 Nuageux de 5 h. à 16 h.; beau le reste.
- Mercredi 30 14*,9 N. W. 0 Nuageux. 0 Beau ; horizon très brumeux à 5 h.; halo.
- Jeudi 31 17*,5 Calme. Beau. 0 Beau.
- Vendredi 1" août. . . . 19*,2 S. 1 Beau. 0 Beau jusqu’à 17 h. Tonnerre de 18 h. à 24 h., pluie.. à 18 h. et demie.
- Samedi 2 15*,5 N. 2 Couvert. 1,6 Couvert, tonnerre soirée, pl. à diverses reprises nuit et soirée.
- Dimanche 3 14*,5 W. 1 Couvert. 1,2 Couvert jusqu’à 12 h.; nuageux jusqu’à 20 h.; beau ensuite. Tonnerre de 12 h. 25 à lih.,. avec pluie.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Résume des observations météorologiques faites au parc de Saint-Maur en juillet 1N90
- par M. E. Renod.
- Moyenne barométrique à midi, 707'"", 17 ; minimum, le 1", à 3 heures du matin, 743“",03; maximum, le 20, à 9 heures du soir, 764““,33.
- Moyennes thermométriques : des minima, 11°,63: des maxima, 21 ,86; du mois, 16°,7a; moyenne vraie des vingt-quatre heures, 16°,28. Minimum, le 7 vers le lever du soleil, 7°,0; maximum, le 15, entre 1 heure et 2 heures, 30°,6. , „ , .
- Tension moyenne de la vapeur, 10““,77. La moindre, le 12, a 2 heures du soir, 6““,7; la plus grande, le la, à 6 heures du soir, 18““,3. Humidité relative, 79; la moindre, le 30, à 5 heures du soir, 33; la plus grande, 100, le 1". à 11 heures du soir. .
- Pluie, 107““,5, en soixante-une heures, réparties en dix-sept jours dont seize dans les dix-neuf premiers jours du mois. Pendant l’orage du 17, il est tombe 26““ d’eau en une heure un quart, vers 2 à 3 heures du soir; il est tombe un peu de grêle pendant les orages des 6, 15 et 17. ...
- Quatre jours d’orage : le 1", de 2 à 3 heures du soir, puis à 4 heures et demie, 4 heures trois quarts. Le 6, de 11 heures du matin à 2 heures et demie du soir. Le 15, fort orage, pluie et grêle de 2 heures à 7 heures du soir. Le
- 17, orage d’une grande violence avec pluie torrentielle et un peu de grêle de 1 heure «à 4 heures du soir et plusiers chutes de foudre.
- Les vents, constamment du sud au nord par l’ouest, ont acquis plusieurs fois une grande intensité; le 5, vent de sud-sud-ouest à sud-ouest, fort de 11 heures du matin à 2 heures du soir -avec cumulo-nimbus du sud-ouest. Le 17, vent variable, quelquefois ouest-sud-ouest fort. Ensuite, jusqu’à la lin du mois les vents ont été faibles ou modérés.
- Nébulosité moyenne, 65. Le ciel couvert ou très nuageux au commencement du mois s’est éclairci les derniers jours.
- Pas de brouillard proprement dit; brouillard bas sur la Marne le 1", à 9 heures du soir; la transparence atmosphérique était 2 kilomètres le 22* à 5 heures du matin.
- Température moyenne de la Marne, 18°,80; elle a varié de 16°,40 le 9 à 21°,95, le 31 ; elle n’a offert que neuf jours une température de plus de 20°.; sa transparence et sa hauteur n’ont rien présenté de remarquable.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de juillet 1890 présente les résultats suivants. :
- Baromètre plus bas de 0”“,89; thermomètre plus bas de 1°,82; tension de la vapeur moindre de 0“”,22; humidité relative plus grande de 5; pluie plus forte de 56““, 1 ; c’est-à-dire plus que double de la hauteur habituelle; nebu-, losité plus grande de 8. .
- Nous avons noté la floraison des différentes plantes: le 2, Œnothère odorante; 8,Pyrèthre de l’Inde; 15, Œillet commun, Godelia rubicunda, exfoliation des Platanes; 17, Echinops sphærocephalus; 18, Mélisse, Passerose, Marjolaine, Verveine officinale, Catalpa; 19, Saponaire.
- TEMPÉRATURE
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- ’ N° 898 de \
- LA NATURE/
- Supplément au numéro 898 de LA NATURE, du 16 août 1890
- 590e BOITE AUX LETTRES
- SAMEDI
- 16 août 1890
- )
- Lm lettres et communications relatives à la Botte aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à H. Gaston TISSANDŒR
- 50, rue de Ch&teaudun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, r >’
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La toupie magnéto-électrique de M. A. Truffert se trouve chez 31M. Paget et Fayet, constructeurs, 82, rue Chariot, à Paris. — Pour tout ce qui concerne la cravate photographique, s’adresser à M. E. Bloch, 2, rue de l’Entrepôt, Paris.
- M. R. Valé, à Avignon. — Vous nous demandez s’il est préférable, pour votre éclairage, d’utiliser directement l’énergie électrique fournie par votre dynamo ou d’avoir recours à des accumulateurs, la force motrice étant fournie par un moteur'à gaz. Si ce dernier est à deux cylindres, et si les changements dans la marche des machines de votre atelier ne donnent pas des variations trop brusques, vous n’aurez aucun inconvénient à utiliser directement l’énergie électrique. Dans le cas contraire, nous vous conseillons de prendre des accumulateurs d’une capacité convenable, de les charger toute la journée à faible régime, et de les utiliser le soir au moment de l’éclairage. Vous nous demandez encore s’il ne serait pas plus avantageux pour vous de vous adresser à une société d électricité qui viendrait à passer devant votre maison. Il n’y a aucun doute possible ; les frais d’exploitation seraient de beaucoup moins élevés, surtout avec les remises de prix accordées aux grandes installations, sans compter que vous supprimeriez chez vous tous les travaux d’entretien, de surveillance et de mise en marche.
- M. P. Lauriol, à Chartres; M. C. A. Pillippin, à Manchester.— Remerciements pour vos communications qui seront insérées.
- M. A. Brun, à Marseille — Nous n’avons pas d’autre adresse à vous indiquer.
- M. E. Ducarouge, au Creusot. — Cette disposition, qui est très logique, a déjà été employée plusieurs fois dans des appareils téléphoniques.
- M. Ch. Favier, à Lyon. — Le procédé ingénieux que vous citez a été décrit dans La Nature.
- M. Desmarest, à Montreuil-sur-Mer. — Nous croyons qu’il est préférable de cuivrer d’abord le zinc ; cependant nous avons vu des cas où on a pu nickeler directement sur zinc.
- if. H. Toulouse, à Paris. — Il peut y avoir, évidemment, grand intérêt à poursuivre l’utilisation des chutes d’eau, fleuves ou rivières; mais il est auparavant nécessaire de faire des études très suivies et très approfondies.
- M. J. Payrau, à Saint-Gaudens. — Pour la gravure sur verre par jets de sable, il n’est pas besoin de machines spéciales; voyez l’article que nous avons publié dans le n° 752, du 29 octobre 1887, p. 337.
- if. H. Wilbrant, à Bruxelles. — La méthode que vous mentionnez pour rechercher les défauts dans une ligne électrique est celle qui est ordinairement employée dans des cas analogues. Remerciements.
- M. M. Viani Provedo, à Valladolid. — Les adresses des constructeurs sont trop nombreuses; nous ne saurions les indiquer ici.
- M. G. Maresca, à Livorno. — Nous ne pouvons vous renseigner.
- M. L. de T., à Paris. — Les appareils de photographie sont innombrables; tout dépend du prix que vous voulez y mettre; voyez aux Annonces.
- M. A. Bouchard, à Montreux. — Nous vous avons répondu dans notre précédente Boîte aux lettres.
- M. Pemcet, à Auxerre; M. J. Philippe, à Houdan; M. F. Hurtel, au Tréport. — Voyez les petits livres des Recettes et procédés utiles et de la Science pratique. (G. Masson, éditeur.)
- M. R. Larrieu, à Bordeaux. — Il y a erreur de votre part : lès chiffres de la Connaissance des temps sont exacts.
- if. L. Courvoisier, à Bienne. — Pas d’adresse spéciale à vous indiquer pour ces machines.
- if. J. Luce, à Grasse. — Essayez un lavage à l’eau tiède.
- M. J. Blot, à Tours. — Vous trouverez des ouvrages de ce genre à la Librairie agricole de la maison Rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- if. L. Bonnard, à Santenay. — De la glace ainsi ingérée n’offre aucun inconvénient; vous faites erreur.
- L'abonné 845, à Paris. — S’adresser au Ministère des travaux publics, service des chemins de fer.
- if. P. Picy, à Paris. — Nous n’avons pu nous procurer l’adresse de ce constructeur.
- if. E. Fergeau, à Paris. — 1° Vous pouvez calculer le poids de cuivre à déposer, et l’énergie à dépenser pour ce dépôt ; voyez le Formulaire pratique de L'électricien. (G. Masson, éditeur.) — 2° Oui ; sans difficulté.
- if. P. Fermaud, à Paris. — Remerciements pour votre communication. La vitesse que vous indiquez nous paraît exagérée.
- M. G. D., à Arras. — Il faudrait écrire au fabricant; nous ne
- «JnriAnc irrtnc rannn^nû conc fn » no rl ’orn/ipmnonc
- if. A. Volauscky, à Jassy. — Nous regrettons de ne pas avoir d’autres renseignements que ceux mentionnés dans l’article.
- if. P. Lavaivre, à Luzy. — 1° Il est bien difficile d’éviter ce suintement de liquide. — 2° Les pinces amalgamées, et plutôt nickelées, s’oxydent moins rapidement. — 3° Aucune des piles signalées ne peut remplacer la simple pile au bichromate.
- M. G. de Klamentz, à Auteuil. — Vous trouverez la description de ce mouvement dans les traités complets de mécanique.
- M. C. Cabanel, à Bordeaux. — Il faut vous adresser à une agence de brevets ; nous ne traitons ici que les questions purement scientifiques.
- M. G. Paboudjian, à Constantinople.— Remerciements pour votre photographie; nous vous prions de vouloir bien indiquer plus complètement le mode opératoire.
- M. P. Stop, à Châlons-sur-Marne. — 1° Il faut effacer les mots de même calibre à la page 74. — 2° Pas de système spécial désigné dans les documents que nous avons consultés.
- RÉPONSES
- Réponse au n° 1297. — Acidité des vins. — Pour enlever l’acidité aux vins, il suffit de les traiter par une dissolution de tar-trate neutre de potasse. Deux cas peuvent se présenter : 1° si l’acidité provient d’un excès d’acide tartrique libre, celui-ci, s’unissant au tartrate neutre de potasse, forme du bitartrate qui, par suite de sa faible solubilité, se précipité entraînant ainsi l’excès d’acide tartrique ; 2’ si d’autres acides que l’acide tartrique contribuent à donner aux vins la saveur que l’on désire enlever, par suite de l’addition du tartrate neutre, les acides en question se combinent avec la moitié de la potasse du tartrate neutre, et mettent en liberté un équivalent d’acide tartrique. Ce dernier, se combinant avec la potasse restée à l’état de tartrate, forme comme précédemment de la crème de tartre qui se précipite. La quantité de tartrate neutre que l’on doit ajouter aux vins, varie suivant l’acidité de ces derniers. Il est donc nécessaire, pour déterminer la proportion de sel à employer, de doser les acides libres contenus dans le vin qui doit être traité. (Communiqué par M. Monpillard, à Paris.)
- Autre réponse au n° 1297. — Pour faire disparaître l’acidité des vins, on peut, sans inconvénient, ajouterjde la chaux en petite quantité, de façon à former un sel neutre ou difficilement soluble. (Communiqué par M. G. Torrilhon, chimiste, à Clermont-Ferrand.)
- Autre réponse au n° 1297. — Il y a trois moyens connus dans nos Charentes pour enlever l’acidité des vins. Le premier consiste à coller très fortement les vins à la gélatine. Le deuxième consiste (et c’est le plus employé) à ajouter 20 grammes de miel blanc ou 15 grammes de sucre de canne par barrique et de mettre les fûts dans un endroit dont la température sera plus élevée que celle des caves. Le vin subira une nouvelle fermentation qui ne pourra lui nuire. Enfin le troisième procédé est celui qui consiste à ajouter 200 grammes environ de tartrate neutre de potasse par barrique. (Communiqué par M. le Dr Bklonnard, chimiste, à Angoulême.)
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- L’intelligence des animaux. — Les exemples nombreux d’intelligence observés sur des animaux de différentes espèces, sont multiples à l’infini, mais c’est sur les chiens qu’on les recueille le plus généralement. En voici un que je puis garantir comme certain, et qui présente des circonstances particulièrement curieuses et intéressantes. Une chienne levrette, au nom de Zémyre, appartenait à une famille où elle était très bien traitée; elle eut un petit, auquel on donna le nom de Turc. Etant sortie par un temps de brouillard très intense, Zémyre devint complètement aveugle, et tous les soins qui lui furent prodigués furent inutiles pour lui faire recouvrer la vue, même faiblement. Ses maîtres s’en débarrassèrent alors, en la donnant à une famille habitant à plusieurs kilomètres de chez eux, mais en gardant son petit Turc, qui était alors devenu grand. Plusieurs mois se passèrent ainsi, sans qu’on eût de nouvelles de Zémyre, et fait à retenir, elle avait été conduite en voiture chez ses nouveaux maîtres. Quelle ne fut pas la stupéfaction des anciens maîtres de la chienne et de toute la maison, de la voir assise un soir sur leur paillasson, les pattes en sang, ne pouvant plus se porter, montrant, en un mot, toute la peine et la fatigue qu’avait dû coûter à la pauvre Lôtp nvpmrlp un vovaffe aussi lomr et dans de pareilles conditions.
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- Dire les marques de contentement que Zémyre manifesta, est impossible ; on sait ce qu’un chien est capable dans ces circonstances ; elle caressait tout le monde, et ne privait pas de sa tendresse son petit Turc, qu’elle reconnut sûrement, ce qui fut du reste réciproque. Comment peut-on s’expliquer l’odyssée de cet animal, auquel il manquait le plus important des sens, la vue, et qui, néanmoins, parvint, au bout de plusieurs mois, à s’échapper de chez ses maîtres, où il était du reste très bien soigné, et à retourner chez les anciens, par un chemin qu’il n’avait jamais parcouru qu’une seule fois, et en voiture encore? 11 y a certes là matière à réflexion. J’en laisse juges les nombreux lecteurs de La Nature. Paul Barré.
- Les orages des 15 et 17 juillet en Belgique. — Nous empruntons au journal Ciel et Terre de nouveaux renseignements sur les violents orages qui ont sévi les 15 et 17 juillet sur la Belgique, orages que nous avons déjà signalés dans notre 759“ Bulletin météorologique (587e Boîte aux Lettres, du 26 juillet 1890). Les orages du 15 ont particulièrement sévi dans la province de Liège, où ils ont versé des grêlons énormes, et même des glaçons en certains points. Les dégâts par la grêle ont surtout été grands le long de l’Ourthe, près d’Esneux et de Tilff. Dans la première de ces localités, on a mesuré un grêlon lenticulaire dont les axes avaient respectivement 10 centimètres et 11 centimètres, et qui pesait plus de 200 grammes. -A Tilff, il est tombé une averse de glaçons de la grosseur d’un œuf et affectant des formes diverses ; ils semblaient, en général, composés de morceaux de glace soudés les uns aux autres. Ces glaçons tombaient dans l’Ourthe avec fracas et y produisaient un véritable bouillonnement, d’où s’échappait comme une vapeur formée de très fines gouttelettes. A Houchenée, près de Nan-dnn, vers 6 h. 30 m., il y a eu un orage avec forte pluie accompagnée de grêle. Les grêlons, heureusement clairsemés, mesuraient jusque 28 millimètres de long sur 16 de large et pesaient 40 grammes. A Nandrin, il en est tombé quelques-uns ayant la grosseur d’un œuf de poule. A Sart-lès-Spa, la foudre est tombée sur un sapin de 15 mètres de haut, qu’elle a fendu de haut en bas; des éclats de bois ont été lancés à 40 mètres de distance. Les légumes ont été hachés et les fruits coupés par la grêle. Les orages du 17 ont été provoqués par une dépression secondaire qui, à 8 heures du matin, avait son centre sur la France occidentale. Ils ont suivi la direction S.-O. N.-E., avec une vitesse de 65 kilomètres à l’heure environ. Le bord antérieur du mouvement orageux a atteint la Belgique par le sud du Hainaut vers 3 h. 1/2 de l’après-midi, et l’extrémité N.-E. du pays à 5 h. 1/2. A Bruxelles, vers 4 h. 1/2, de violentes rafales de vent ont rempli l’air de poussière, puis une obscurité profonde a annoncé l’arrivée de l’orage au zénith. Au même moment, la colonne barométrique a fait un saut brusque de 2 millimètres et le thermomètre a éprouvé une chute extrêmement rapide (9° en moins de 15 minutes). L’orage a duré intense jusque vers 5 heures, donnant beaucoup de pluie et provoquant plusieurs chutes de foudre (6 au moins sur l’agglomération bruxelloise). Partout la pluie a été diluvienne. Voici les plus fortes quantités d’eau recueillies en de courts intervalles de temps : 13 millimètres en 15 minutes à Iseghem (Flandre occ.); 19 millimètres en 20 minutes à Menin (Flandre occ.); 13 millimètres en 20 minutes à Mouscron (Flandre occ.) ; 11 millimètres en 30 minutes à Maldeghem (Flandre or.) ; 14 millimètres en 10 minutes à Lombeek n/Dame (Brabant) ; 11 millimètres en 20 minutes à Bruxelles et à Uccle; 15 millimètres en 27 minutes à Turnhout; 12 millimètres en 6 minutes à Ciney (Na-mur). Partout aussi, le coup de vent précédant l’orage a été d’une grande violence, et l’obscurité, au début des manifestations électriques, très profonde.
- L’orage du 1er août û Amiens. — Le 1er août, à 4 heures du soir, un orage épouvantable a éclaté sur Amiens. Le ciel était entièrement couvert, et les nuages formaient un voile immense d’un gris sale, mélangé de jaune : au nord-est, le ciel présentait une coloration rougeâtre, comme on en observe au moment du coucher du soleil. A 5 heures, les premiers éclairs sillonnèrent la nue et au même moment s’éleva un vent très violent qui ne dura que quelques minutes. La pluie se mit a tomber par torrents. L’orale — sans vent — continua avec des violences diverses, jusqu’à 8 heures du soir, dévastant et ravageant tout. A la Hotoie, la belle promenade d’Amiens, de forts tilleuls sont casses nets à o mètres au-dessus du sol. D’autres sont renversés : leurs racines ont entraîné une énorme motte de terre; un entre autres, d’une vingtaine de mètres de hauteur et d’un mètre de diamètre est tombé en entraînant un bloc de terre d’au moins 4 mètres de diamètre sur lm,50 d’épaisseur. Le toit et le mur de cinq maisons de la cité Martel'ont été enlevés et renversés. Ces cinq maisons d’ouvriers, de construction récente, sont adossées à un mur de 15 mètres de long. L’oura-
- gan soufflait dans une direction perpendiculaire à la façade des cinq maisons ; les maisons ont été décoiffées de leurs toits qui ont été emportés à 100 mètres plus loin, et le mur de derrière s’est abattu d’ftne seule pièce sans que la façade ait souffert. Plusieurs arbres ont été renversés sur la ligne depuis la gare Saint-Roch jusqu’au pont à niveau de Renancourt, mais la circulation n’a pas été interrompue. Le nommé Fernand Coffinier, âgé de vingt-sept ans, demeurant cour Martel, travaillant à la nouvelle usine en construction au marais de Renancourt, a été enlevé par la tempête et jeté sur la ligne du chemin de fer; il est tombé dans un fossé longeant cette ligne d’où on parvint à le retirer. Au même moment, à l’usine de M. Cosserat, rue Maberly, un magasin mesurant 50 mètres de longueur sur 20 de largeur s’est écroulé. Il y avait pour 50 000 francs de marchandises qui sont détériorées. A la même heure, la foudre est tombée sur la maison n° 149, faubourg de Hem, occupée parM. Parmentier. Le fluide électrique a pénétré par une fenêtre et est sorti par le grenier, enlevant un morceau de la toiture. Le vent et la foudre ont enlevé une partie de la couverture de la caserne du train des équipages militaires et fait crouler une cheminée. Sur le chemin ae Renancourt longeant l’hippodrome, dix-sept arbres, plusieurs poteaux télégraphiques du chemin de fer, sont tombés et un certain nombre ont embarrassé la voie ferrée qui a été aussitôt débarrassée par des ouvriers. Des arbres ont été cassés et déracinés avenue Louis Blanc, boulevard du Port, à la Hotoie, boulevards de Pont-Noyelles, de la Citadelle, des Célestins, marais Saint-Maurice, boulevards Baraban, Saint-Jacques, Saint-Charles, Fontaine, Thiers. Les boulevards d’Amiens, de Châteaudun, de Strasbourg et l’avenue du Général-Foy ont beaucoup souffert. II n’y a pas qu’à Amiens que la foudre ait fait des ravages. La campagne a horriblement souffert, elle aussi. Saleux et Salouël ont particulièrement été atteints. Les arbres déracinés, brisés, jonchent le sol, les jardins sont dévastés et les récoltes sont perdues.
- Blanchiment des éponges. — Je vois dans votre journal La Nature, numéro du 2 août, un procédé pour blanchir les éponges, basé sur l’action décolorante du brome. J’avoue que je n’ai pas employé le procédé décrit, mais à priori il doit être peu recommandable à cause de l’odeur suffocante du brome. A l’époque où j’étais interne à l’hôpital Necker, au service du regretté professeur Trélat, je blanchissais les éponges qu’on employait dans le service par le procédé aseptique suivant : 1° commencer par dégraisser les éponges en les plongeant dans une solution d’ammoniaque à 5 pour 100 environ; puis rincer à grande eau; 2° les plonger dans une solution de permanganate de potasse à 2 pour 100 jusqu’à ce qu’elles soient complètement bfunes ; rincer à grande eau ; 3“ les plonger dans une solution d’hyposulfite de soude à 10 pour 100 environ qu’on aiguisera d’acide chlorhydrique ordinaire en quantité suffisante pour rendre l’eau bien laiteuse; 4° lorsque les éponges seront devenues parfaitement blanches, rincer à grande eau pour bien les débarrasser du soufre qu’elles peuvent retenir et qui les détruirait à la longue en se changeant en acide sulfurique au contact de l’air humide. Ce procédé est infaillible, donne des éponges absolument blanches, et détruit toute espèce de germe. Les éponges qui devaient servir aux ovariotomies étaient traitées de la sorte. (Communiqué par M. H. Reeb, pharmacien, à Neuilly-sur-Seine.)
- Longévité des arbres. — Il est intéressant de savoir l’âge auquel peuvent parvenir les différents arbres quand ils se trouvent dans des terrains qui leur conviennent et sous des climats favorables : le bouleau vit de 80 à 90 ans ; le charme, jusqu’à 150 ans ; le châtaignier, plusieurs siècles; le chêne rouge, plusieurs siècles; les érables sycomore et plane, de 150 à 200 ans ; l’érable champêtre, autant ; le hêtre, 500 ans ; le mélèze, plusieurs siècles; le tremble, 50 à 60 ans; le pin sylvestre, 200 ans ; l’acacia (robinier faux acacia), 100 ans ; le sapin, 300 ans; le saule marceau, 60 ans; le saule blanc, 50 à 60 ans; le sorbier-cormier, 200 ans; le tilleul, 500 ans. Ces renseignements sont donnés par YIndustrie laitière.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Manière d’empêcher un chat de manger des oiseaux.
- Nous avions à B... un chat qui mange les oiseaux. Nous ne voulions pas nous en défaire ; nous avons trouvé le moyen de l’empêcher ae dévaster nos bosquets en suivant la méthode qui nous a été communiquée par un amateur. Ce dernier s’étant trouvé dans le même cas avait résolu la question en attachant un grelot au cou de son chat. N’v aurait-il pas lieu d’indiquer ce moyen dans les Recettes et procédés utiles? Je crois qu’on rendrait service à bien des lecteurs. X...
- La Rédaction et l'Administration de LA NATURE sont étrangères au service des Annonces pour lesquelles on doit s'adresser à l'Office de Pnblicité de l’Imprimerie, 9, rue de Flearna.
- AYXS._____La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations,
- même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 742e BULLETIN MÉTËOROLOGIQDE DE
- LA NATUR]
- d’après LES OBSERVATIONS DE K. RENOÜ (PARC DE SAINT-MAUR, ALTITÜDE *. 49 M. 30)
- Août 1890. — Semaine du lundi 4 au dimanche 10 Août 1890.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de M. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE D. Q. LE 7 A 2 H. 28 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- D’APRÈS LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 août 13*,3 .) 0 Presq. couv. 1,1 Tr. nuag.; orage de 12 h. 3/4 à 15 h. et 17 h. 1/2-18 h., le premier avec pluie.
- Mardi 5 15*,2 N. N. W. 2 Beau. 1,1 Peu nuageux de 12 à 17 h., beau av. et après.
- Mercredi 6 16»,1 N. W. 2 Beau. 0,0 Quelques nuages çà et là.
- Jeudi 7 16*,4 N. N. W. 2 Peu nuageux. 0,0 Nuag. de 7 h. à 17 h., beau av. et ap.
- Vendredi 8 15* ,9 N. N. E. 3 Couvert. 0,0 Couv. jusq. 16 h., beau ensuite.
- Samedi 9 15*,9 N. N. E. 2 Beau. 0,0 Beau jusq. 9 li., nuageux ensuite.
- Dimanche 10 21”,6 S. S. E. 2 Nuageux. 0,0 Presq. couv. jusq. 14 h., nuag. ensuite.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Un cyclone en Amérique. — Un lornado s’est abattu au sud du fleuve Saint-Laurent, dans la direction de l'ouest à l’est, dans les premiers jours du mois, dévastant dans l’État de Massachusetts une étendue de 160 mètres de largeur. Quatre-vingt-dix maisons ont été détruites. Il y a eu six morts et trente-cinq blessés. Les pertes sont évaluées à 1 million de dollars.
- Foudre en boule. — Le D' E. Cabellero, professeur de physique et directeur de la fabrique d’appareils électriques de Pontevedra, a envoyé^ à l’Observatoire de Madrid la relation d’un phénomène électrique dont il a été témoin, le 2 janvier, à 9 h. 15 m. du soir. Par un ciel pur et un temps calme, une boule de feu de la grandeur d’une orange fit subitement sou entrée dans
- la fabrique. Celte boule de feu pénétra par une fenêtre ou une lucarne, après avoir suivi probablement un conducteur de lumière électrique jusqu’à l’établissement. De la fenêtre, elle se dirigea vers le tableau de distribution et de là à la machine dynamo. Deux fois, devant les ingénieurs et les ouvriers effrayés, elle s’élança de la dynamo au tableau et du tableau à la dynamo et finalement, tombant vers le sol, elle éclata en une masse de fragments sans laisser d’autres traces de son apparition que la fusion en quelques points des lames de cuivre épaisses servant de conducteurs sur le tableau de distribution. Un bruit semblable à la décharge d’une pièce d’artillerie accompagna sa disparition. Le seul trouble que ce phénomène amena fut de suspendre pendant quelques instants le courant delà dynamo; les lampes dans la ville s’éteignirent pendant quelques secondes, mais, grâce à la présence d’esprit des employés de l’usine, les légers dégâts qu’elle avait causés dans les appareils de distribution furent aussitôt réparés et le service ne fut pas interrompu un instant. (Ciel et Terve.)
- TEMPÉRATURE
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- Librairie O. MASSON, 130, boulevard. Saint-Geranain, Paris ,
- OUVRAGES NOUVEAUX
- La librairie G. Masson a publié pendant le mois de juillet :
- Atlas de statistique graphique de la Ville de Paris, année 1888. (Publication de la Ville de Paris), par le Dr Jacques Bertillon, chef des travaux. 1 album grand in-folio contenant 19 planches, car-
- Illustrationes florœ insularum Pacifici. Auctore : Drake del Castillo. Fascicule VI. 1 volume grand in-4°..........................12 fr.
- Les entreprises agricoles. Organisation, direction (capital, travail et crédit), par F. Convert, professeur d’économie rurale à l’École nationale d’agriculture de Montpellier. 1 volume in-18. 4 fr. 50
- Les vignes américaines. Catalogue et Manuel, par Mme veuve Ponsot, propriétaire du domaine des Annereaux, près Libourne, suivi d’une introduction sur les engrais, par M. Auguste Petit, ingénieur
- ‘ civil. 1 volume in-8°...................................2 fr. 50
- L'Inspiration profonde active inconnue en physiologie, par Sofia (Marquise A. Ciccolini). 1 broch. in-8% avec 1 planche. 2 fr. 50
- Questions de physique, à l’usage des candidats au baccalauréat (baccalauréat ès sciences et baccalauréat ès lettres) et à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, par R. Cazo, docteur ès sciences. Énoncés et solutions. 1 volume in-18, avec figures.....................2 fr.
- Ce travail est une deuxième édition, entièrement refondue et très augmentée, de l’opuscule publié sous le titre de Questions de physique données à la Sorbonne. Ce n’est cependant toujours qu’un résumé, qui permettra aux candidats de repasser au dernier moment les questions principales. Ils trouveront tous les renseignements qui pourraient leur être utiles dans les ouvrages complets tels que la Physique de kDriou et Fernet.
- Terminologia medica polyglotta ou Dictionnaire international de termes médicaux, par le Dr Théodore Maxwell. 1 volume grand in-8° de xiv-459 pages sur deux (colonnes. Cartonné. . , 20 fr.
- Cet ouvrage a pour but de faciliter aux médecins de diverses nations la lecture d’ouvrages médicaux d’autres pays.
- Les mots y sont traduits et classés à leur ordre alphabétique en latin, en anglais, en allemand, en italien, en espagnol et en russe.
- Grâce à une disposition ingénieuse, ce dictionnaire, qui contient environ 25000 mots, sera aussi utile au lecteur que s’il en renfermait trois ou quatre fois plus, disposés sur un autre plan.
- PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
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- SOMMAIRES t
- BniigHn de la Société chimique de Paris, paraissant le 5 et le 20 de chaque mois.
- Numéro du 5 juillet : Extrait des procès verbaux des séances. — De l'influence des différentes levures de fruits sur le bouquet des boissons fermentées et de la production d’un cidre d’orge, par G. Jacquemin. — Action de l’oxyda de plomb sur le toluène. Production de benzine, par C. Viucent. — Sur un nouveau phénol chloré, le tètrachlorophénol, par L. Hugouneng. — Recherches sur la dispersion dans les composés organiques (alcools de la série grasse), par Ph. Barbier et L. Roux. — Sur les oxydes de manganèse obtenus par ,1a voie humide, par A. Gorgeu. — Sur un nouveau carbure biéthylénique, le p-bibropylène, par F. Couturier. — Analyse des travaux de chimie.
- Numéro du 20 juillet : Applications de l’oléoréfractomètre E.-II. Amagat et F. Jean, à la recherche des falsifications, par F. Jean. — Appareils de contrôle du travail en sucrerie, par J. Horsiu-Déon. — Sur un nouvel appareil pour la fabrication de la levure pure, par A. Fernbach. — Sur le dosage et la séparation du zinc en présence du fer et du manganèse, par J. Riban. — Nouvelle méthode pour mesurer le sucre à employer dans les vins destinés à devenir mousseux, avec une force de n atmosphères et sans avoir à craindre aucune casse, par E.-J. Maumené.
- Annales de chimie et de physique, paraissant tous les mois (numéro d’août). — Str les dérivés métalliques du glycol, par M. R. de Forcrand. — Sur les combinaisons silicatées de la glucine, par MM. Hautefeuille et A. Perrey. — Sur l’analyse de la lumière diffusée du ciel, par A. Crova. — Dérivés chlorés de l’anisol et du phénol ordinaire, par L. Hugounenq. — Table des matières du tome XX.
- L’Électricien, paraissant tous les samedis.
- Numéro du 5 juillet : Détermination du coefficient de self-induction d’une bobine, par E. H. — La durée des charbons pour lampes à arc, par G. R. — Le paratonnerre dans los idées modernes, par S. Lodge. — Le prix des installations électriques par moteurs à gaz, par E. IL — Lampe électrique de sûreté, par J. Scherr. — Éclairage électrique de Bath, par G. R. — Les nouvelles taxes téléphoniques. — Faits divers.
- Numéro du 12 juillet : Nouveaux compteurs alternatifs, par E. II. — Sur les proportions à donner aux interrupteurs, par E. H. — Académie des sciences. — Faits divers.
- Numéro du 19 juillet : La théorie moléculaire du magnétisme induit, par E. II. — Le platinage électrolytique, par G. Roux. — Sur les rhéostats industriels, par E. II. — Lampe à arc, système Zweifel. — L’éclairage électrique en Amérique. — Les courants alternatifs à l’usine municipale d'électricité des Halles centrales, à Paris. — L’éclairage électrique de Moritz-Bad, par J. L. — Faits divers.
- Numéro du 26 juillet : Conditions d’exploitation des stations centrales’ rôle des accumulateurs, par J. Laffargue. — Le progrès de l’industrie électrique en Suisse en 1889, par J.-L. — Académie des sciences. — Faits divers
- L’Anthropologie, paraissant tous les deux mois (juillet-août 1890). — L’art des barbares à la chute de l’Empire romain, par le baron J. de Baye, avec 30 ligures dans le texte. — Oppidum de Castel-Meur (Finistère), par P. du Chatellier, avec 20 ligures dans le texte. —Les muscles de la face chez un nègre Aehanti, par le Dr J. Popovski, avec 2 ligures dans le texte. — Mouvement scientifique.
- Revue d’hygiène et de police sanitaire, paraissant le 20 de chaque mois (numéro du 20 juillet). — Bactéries et ptomaïnes des viandes de conserve, par M. le D’ Cassedebat. — Antisepsie médicale et scarlatine au pavillon d’isolement de l’hôpital des Enfants-Malades, du 1er janvier au 1er avril 1890, par MM. les D" Ilutinel et Eugène Deschamps. — Des dépôts ruraux ou agricoles d’immondices, par M. le Dr G. Drouineau.
- — Sur les nouvelles institutions municipales d’hygiène à Paris, par M. le Dr A. Josias. — Revue des journaux. — Variétés. — Bulletin épidémiologique.
- Journal de l’agriculture, paraissant deux fois par semaine. Le journal d’agriculture donne la chronique agricole de la semaine, le compte rendu de la séance de la Société d’agriculture, celui du Marché aux bestiaux de la Vil-lette et une Boite aux lettres.
- Numéro du 2 juillet : Recherches comparatives entre quelques cidres d’Amérique et des cidres français, par Truelle. — Concours régional de Sainl-Lô, par llenry Sagnier. — Houe pour la culture en lignes, par de Sardriac.
- — Société d’apiculture de l’Est, par Bronswick. — Sur le transport des raisins secs et des vins, par Lugol.
- Numéro du 5 juillet : Commission internationale d’agriculture, par H. S.
- — Voyage d’études dans les hauts pâturages des Pyrénées, par H. de Lap^ parent. — Modèles pour l’enseignement agricole, par Henry Sagnier. — Situation agricole dans la Nièvre, par Salomon. — Séchage des foins par le sicca-teur, par F. Chassant. — Escargots et limaces, par Legras.
- Numéro du 9 juillet : Concours régional delà Roche-sur-Yon, par Georges Marsais. — Les parties du corps d’un cheval, par Gaudot. — Apiculture, par de Ribeaucourt. — Séchage des fourrages en moyettes, par Fontaine.
- Numéro du 12 juillet : Situation agricole dans les Vosges, par Jacquot. — Jurisprudence agricole, par E. Pouillet. — Sur la colonisation du. Sahara, par Dybowski. — Traitement contre le mildew en Algérie, par Leroux.
- Numéro du 16 juillet : L’agriculture à l’étranger, par du Pré-Collot. — Sur la décomposition des bouillies bourguignonnes et autres liqueurs cupriques-par E. Masson. — Appareils de laiterie, par Henry ..Sagnier. — La.prime d’hou, neur et les prix culturaux dans la Sarthe en 1890, par Bourgue.
- Numéro du 19 juillet : Congrès international agricole de Vienne, par Henry Sagnier. — Sur la décomposition des roches et la formation de la terre arable, par Muntz. — Situation agricole dans la Dordogne, par de Lentilhac.
- Numéro du 23 juillet : Concours de la prime d’honneur dans la Somme, par Somon. — Les tourteaux de l’avenir, par Raynaud. — Pisciculture dans la Haute-Vienne, parDaumié.
- Numéro du 26 juillet : Gangrène de la tige de la pomme de terre, par Prillieux. Défauts et maladies du cheval, par Gaudot. — Courrier du nord-est, par Bronswick. — Nouvelles agricoles de l’étranger, par du Pré-Collot. — Situation agricole dans l’Ailier, par Nebout.
- Numéro du 30 juillet : Situation agricole dans la Nièvre, par Salomon. — Défauts des membres du cheval, par Gaudot. — Bibliographie agricole, par F. Bernard, du Pré-Collot, Henry Sagnier. — Récoltejdu blé dans les années pluvieuses, par Léon Martin.
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- Supplément an numéro 899 de LA'NATURE, du 23 août 1890
- C,"™*) 591e BOITE AUX LETTRES ( »Tm )
- Lu lettres et communications relatives à la Boite anx lettres et à la rédaction doivent être adressées à H. Gaston TISSANDIER
- 50, rue de Ch&teaudun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appai’eils décrits. —> Pour ce qui concerne la poulie à diamètres variables, s’adresser à M. Albaret, 63, boulevard de Strasbourg à Paris.
- M.Paul Caisselot, à Toulouse; M. P. Morin, à Saint-Servan. — Nous pensons que le moyen le plus pratique et le plus sûr d’éviter les explosions dans les mines est d’éloigner toute flamme pouvant amener la conflagration du grisou ; de petites lampes à incandescence portatives, malgré leur entretien coûteux, peuvent donner la solution du problème.
- M. R. de P., à Paris. — 1° Tremper dans l’eau chaude, et ajouter quelques gouttes d’huile dans le tube. —• 2° Passer le tissu dans le sulfure de carbone, laver ensuite à grande eau, et laisser sécher.
- M. L. Majourel, à Paris. — Essayer de paraffiner légèrement les pots à l’ouverture intérieure.
- M. F. Guidi, à Fribourg. — 1° Il faudrait examiner le produit our vous répondre. — 2° Mettre des subtances desséchantes dans la oîte (chlorure de calcium, ou autres).
- * M. R. Nicolas, à Paris. — Des essais de laboratoire peuvent seuls vous fixer à cet égard.
- M. Ile de S., h Besançon. — Ie Pas d’adresse spéciale. — 2° Employer le mastic servant pour recoller la porcelaine.
- M. J. P. S., à Barcelone. — 1° Vous pouvez utiliser des moteurs hydrauliques, des turbines atmosphériques, de petits générateurs à vapeur; il est difficile, sans devis exact, de vous fixer sur les prix d’installation et d’exploitation. — 2" Consultez la collection de La Nature; nous avons traité la question de l’éclairage par piles en de nombreux articles.
- M. A. Degommier, à Lardy. — 1° Ouvrages de photolithographie et phototypie, à la librairie Gauthier-Villars. — 2° Adresses nombreuses.
- M. P. Delaporte, à Senlis. — Nous allons étudier la question pour y répondre prochainement, s’il est possible.
- M. F. G. D., à Binic. — 1° La puissance de ces machines est très variable. — 2° La construction des voitures à vapeur est entreprise industriellement.
- M. H. X., h Toulon. — Nous avons déjà répondu précédemment qu’il nous était impossible de traiter ces sujets dans la Boîte aux lettres.
- M. Ch. Garrin, à Hyères. —• 1° Essayez une solution d’acide phé-nique d’abord très diluée, puis de plus en plus concentrée. — 2° Nous n’avons pu retrouver la photographie que vous mentionnez ; consultez la collection de La Nature.
- M. A. Benito, à Barcelone. — Nous ne comprenons pas l’objet de votre question.
- M.G. de Ch. d'Espinassoux, àOtrenas. — Nous avons reçu votre ouvrage; nous le signalons dans notre bulletin bibliographique.
- M. J. Ducôté, à Cluny. — Il nous est impossible de vous fournir toutes ces données sur le tannage électrique ; il faut avoir recours aux expériences et aux mesures de laboratoire, en même temps qu’aux essais industriels.
- M. H. Pérathon, à Aubusson. — Votre procédé peut être intéressant au point de vue chimique ; mais nous ne croyons pas qu’il puisse être d’un usage vraiment pratique.
- M. Ch. R., à Joinville-le-Pont. — Renseignez-vous à la mairie de la localité.
- M. F. L., à Bayonne. — 1° Nous avons déjà parlé précédemment de l’emploi du miel pour faire disparaître l’acidité des vins. Remerciements. — 2° Pas d’adresse particulière à vous indiquer.
- M. J. Bienvenu, à Tours. — MM. Serpollet frères, 27, rue des Cloys, à Paris.
- M. Berthelot, à Paris. — Adressez-vous à M. E. Deyrolle, naturaliste, 46, rue du Bac.
- MM. J. et K., à Pelotas. — MM. Richard frères, 9, impasse Fes-à P^ns
- M. G. Torrilhon, à Clermont-Ferrand; M. Y. S., à Andrinople; M.A. Rodriguez, à Bruxelles. — Nous regrettons de ne pouvoir vous fournir ces renseignements.
- M. E. Galloo, à Bergues; M. N. F. M., à Ryes; M. A. Lemoyne, au Crotoy ; M. X., à Toulouse. —Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson éditeur.)
- M. M. Toussaint, au Havre.— Remerciements pour votre communication.
- M. H. Péchinot, à Paris. — Adressez-vous aux grands libraires de Paris.
- Un abonné, à Honfleur. — 1° Nous utiliserons votre communication. — 1° Ce produit fournit de l’acide carbonique par décomposition.
- M. J. A. Lima, à Seixal. — Le lavage a été insuffisant; il est difficile d’enlever les taches.
- M. A. P., à Paris. — Ces procedés-se trouvent décrits dans les traités de photographie.
- M. E. Fergeau, à Paris. — Nous ne saurions vous renseigner à distance; il faudrait pouvoir examiner vos produits.
- M. E. G., à Paris. — Le principe de l’appareil paraît exact; mais on ne peut prévoir les résultats pratiques qu’il donnera dans l’application.
- M. L'abbé F., à La Rance. — 1° MM. Desmarais frères, 29, rue de Londres, à Paris. — 2“ Inconnu. — 3° Non. — 4° Pas d’adresse particulière.
- M. Mortelette, à Paris. — Nous vous conseillons de soumettre votre appareil au concours des compteurs d’énergie électrique, qui s’ouvre le 25 août prochain à l’usine municipale des Halles, rue Vau-villiers.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- La marche à pied. —A propos de la marche à pied de deux lieutenants que vous signalez dans un des derniers numéros de La Nature, permettez-moi de vous communiquer certains faits intéressants. Au mois de mars 1888, la société de gymnastique Pro Patria, de Milan (Italie), faisait un concours de marche de 102 kilomètres. Les sept premiers marcheurs arrivé sont mis dix-sept heures et demie pour le parcours. Les concurrents étaient au nombre de seize ; trois sont restes en route. Les derniers arrivés ont mis environ vingt-une heures. Quelques jours plus-tard, la Forza e Coraggio, autre société de gymnastique de Milan, faisait pour son compte un autre concours de 100 kilomètres. Les concurrents étaient environ trente ; deux sont restés en route, les autres ont fait le parcours en moins de dix-huit heures. Le premier arrivé, M. Astani, un jeune homme de dix-neuf ans, a mis treize heures quarante-trois minutes. Le 27 mai suivant, la Pro Patria, piquée d’avoir été battue de la sorte, refaisait un autre concours sur le même chemin : Milan, Como, Cernobbeo et retour. Comme de coutume, le contrôle était fait sur une trentaine d’endroits échelonnés le long de la route et par des vélocipédistes. Les concurrents étaient trente-six. Trois ou quatre sont restés en route. Les derniers arrivés ont employé dix-sept heures environ, le deuxième arrivé treize heures deux minutes, le premier arrivé onze heures cinquante-neuf minutes, c’est-à-dire douze heures en chiffre rond. C’est M. Luigi Vittoria Bertarelli, un jeune homme de trente ans environ, ingénieur industriel, bien portant et très résistant à la fatigue, mais qui n’a rien d’exceptionnel dans sa constitution. Tous ces jeunes gens ont fourni leur marche sans aucun accident et sans aucunes suites fâcheuses pour leur santé. (Communiqué par M. L.M., à Milan.)
- L’intelligence des animaux. -— Je lis souvent dans La Nature des exemples de l’intelligence des animaux. Ce sont le plus souvent les chiens qui en sont les héros, aussi j’ai pensé que le fait suivant intéresserait vos nombreux lecteurs : Dans le courant du mois de mai, il y avait dans notre jardin un nid de merles dans un grand saule pleureur. Un jour, un des petits, en essayant ses forces, tomba à terre et se mit'à courir çà et là; je l’attrappai et le plaçai dans une cage dont j’ouvris la porte, et que je posai sur une pelouse. Au bout de quelques instants la mère vola vers la cage et appela son petit, qui sortit et la suivit en sautillant (il ne pouvait encore voler) jusque dans les environs du saule. Mais là cela devenait difficile, car il fallait traverser une rivière large de 3 mètres environ avant de regagner le nid, qui, de son côté, se trouvait à 6 ou 7 mètres de hauteur. A mon grand étonnement, la mère s’aplatit contre le sol, les ailes étendues, et le petit grimpa sur son dos, se cramponnant des pattes au gros des ailes de sa mère qui s’enleva et parvint à son nid. (Communiqué par un abonné, à Honfleur.)
- Le « rayon xert ». — Mardi, 12 août, je me trouvais, au lever du soleil, sur la cime de la montagne de Lure, à 1827 mètres d’altitude, en compagnie de plusieurs excursionnistes parmi lesquels mon jeune ami M. Ernest Heckel, fils du savant professeur de la Faculté des sciences de Marseille. Au moment où le disque solaire, d’un rose intense, émergeait à l’horizon, nous avons tous admiré” deux grands faisceaux de rayons verts, d’un vert amande très pur, qui partait, en divergeant, du sommet du disque et se prolongeaient, largement épanouis, fort haut dans le ciel. Ce phénomène a duré bon nombre
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- de minutes jusqu’au moment où le soleil, parvenu tout à fait au-dessus de l’horison, a détruit par l’éclat de ses feux ces deux magnifiques faisceaux verts. Je dois ajouter, pour préciser autant que possible les conditions dans lesquelles s’est produit le phénomène, que ce jour-là, comme les jours précédents depuis près de deux mois, une brume assez épaisse couvrait au nord, à l’ouest et au midi, les cimes de l’immense panorama qu’on découvre de ce point. A l’est seulement, le soleil levant avait dissipé en partie cette buée, à l’exception de quelques bandes rosées assez légères. Le lendemain de ce jour se produisait la première pluie qui ait mouillé le sol de notre région depuis le 26 mai, pluie accompagnée d’orages violents et de grêle en certains endroits. (Comijiuniqué par M. G. Tardieuc, pharmacien de première classe.)
- Le nouveau bassin de Southampton. — Ce nouveau bassin, qui a été inauguré le 26 juillet en présence de la reine d’Angleterre, a reçu le nom d'Empress dock. Il a coûté près de 4 millions et sa construction a demandé trois années. La longueur des quais est de 1154 mètres et leur hauteur 15m,54. Ils sont construits en béton et en granit. On a employé 87 208 tonnes de craie pour les travaux de fondation et les dragues ont enlevé un million de mètres cubes de vase, de craie, etc., en creusant jusqu’à une profondeur de 26 pieds (7“,93). Un chenal de 2 milles a été dragué pour permettre aux navires d’arriver directement de la rade au nouveau bassin. La surface d’eau abritée est de 7 hectares 28. Sa profondeur de 7™,95 à basse mer permet aux grands navires d’entrer et de sortir à toute heure de marée.
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité pratique de la détermination du temps de pose, par G. de Chapel d’Espinassoux, 1 vol. in-8° de la Bibliothèque photographique. Gauthier-Yillars et fils, imprimeurs-libraires, — Paris, 1890.
- Tous les amateurs de photographie, tous les praticiens savent que le temps de pose est la pierre d’achoppement de la photpgraphie. On a proposé un grand nombre d’appareils destinés à guider à cet effet l’opérateur. M. d’Espinassoux, profitant des travaux de ses devan-
- . ciers, a étudié à nouveau cette importante question, il y a apporté des éléments d’observation nouveaux et fournit aux lecteurs un grand nombre de conseils pratiques et d’aperçus originaux. Nous recommandons à tous les praticiens ce petit livre qui pourra leur être éminemment utile. G, T,
- Cours d'analyse infinitésimale, à l’usage des personnes *qui étudient cette science en vue de ses applications mécaniques et physiques, par J. Boussinesq. Tome II. Calcul intégral. Fascicules I et H. 2 vol, m-4\ Gauthier-Yillars et fils, imprimeurs-libraires du Bureau des longitudes. — Paris, 1890.
- Le Canal de Panama. Etude rétrospective, historique et technique. Solution rationnelle pour l’achèvement graduel de l’œuvre sans augmenter la dette, par Félix Paponot, ingénieur. 1 vol. in-8°. Librairie polytechnique Baudry et Cie, éditeurs. — Paris, 1890.
- La administration püblica de Méjico. Breve estudio comparativo entre el sistema de administracion de hacienda en Francia y el establecido en Méjico, por Emihano Busto. 1 vol. grand in-4° avec la traduction française. Imprenta administrativa de Pablo Dupont. —- Paris, 1890. »
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Fluorographie.
- La fluorographie est un procédé de transport des images lithographiques et phototypiques sur verre au moyen d’encres fluorées qui, au contact de l’acide sulfurique, dégagent de l’acide fluorhydrique qui grave le verre. On encre une pholotypie avec une encre composée de : savon, 50 grammes; glycérine, 200; suif, 50 ; eau, 100; borax, 25; spath fluor, 50; noir de fumée, 15. On en tire des épreuves que l’on reporte sur verre. La glace est bordée avec de la cire et on la recouvre d’acide sulfurique concentré à 64 ou 65° Baumé. Après quinze à vingt minutes, on enlève l’acide, on lave la glace sous un jet d’eau, on la nettoie avec une solution de potasse, puis on la lave
- à l’eau et finalement on la sèche avec un linge. D’après la Revue de chimie industrielle et agricole, ce procédé donne les meilleurs résultats.
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- Procédés pour colorer le cuivre et les objets nickelés.
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- On obtient facilement sur le cuivre, bien décapé, dit le Monde de la science et de l'industrie, onze colorations diverses et huit sur le nickelage de tous les métaux par le bain au trempé suivant : acétate de plomb, 20 grammes; hyposulfite de soude, 60. On fait dissoudre ces deux produits dans un litre d’eau ; on chauffe jusqu’à l’ébullition et on y trempe ensuite les pièces de cuivre décapées ou en tous métaux nickelés. On obtient d’abord une couleur grise qui passe, en continuant l’immersion, au violet et successivement aux teintes marron, rouge, etc., pour arriver au bleu, qui est le dernier ton, 11 faut une certaine habitude pour obtenir, à point nommé, une teinte intermédiaire déterminée; une fois obtenue, on passe dessus une couche de vernis mixtion blanc qui a pour but de conserver la coloration. Les produits entrant dans la composition de ce bain ne coûtant que 5 centimes par litre, le prix de revient est tout entier dans la main-d’œuvre et les soins exigés. Ce procédé est surtout appliqué pour la fabrication des boutons.
- La recherche du chromate de plomb dans le papier.
- Un des colorants jaunes les plus employés pour la coloration des papiers est le chromate de plomb, qui est un sel toxique. Comme certains papiers ainsi colorés sont employés à envelopper des substances alimentaires, il est bon de pouvoir reconnaître la nature des colorants employés. Le Bulletin de la Société de chimie industrielle de Paris donne le procédé suivant, qui est simple et rapide. On découpe un carré d’environ 5 centimètres de côte dans le papier à essayer, et on le place sans le plier au fond d’une capsule plate en porcelaine. On y verse ensuite de l’alcool à 90°; lorsque le papier a été bien imprégné au moyen d’un agitateur en verre, on rejette l’alcool qui n’a pas été absorbé et on ajoute quelques gouttes d’acide nitrique que l’on promène à la surface du papier. Au bout de quelques instants, il se dégage une odeur d’aldéhyde, et le papier prend une coloration verte due au sesquioxyde de chrome formé par l’action de l’alcool sur l’acide chromique. On étend de 10 à 15 centimètres cubes d’eau le nitrate de plomb formé pendant cette réaction,, et l’on décante le liquide dans un tube à essai. Le plus souvent il suffit d’ajouter quelques gouttes d’une solution d’iodure de potassium pour obtenir immédiatement un précipité jaune d’iodure de plomb soluble dans l’eau bouillante et cristallisant en paillettes jaune nacré par le refroidissement. Si l’on a versé un trop grand excès d’acide nitrique, il faut évaporer à sec au bain-marie et reprendre par l’eau avant d’ajouter la solution d’iodure de potassium. Lorsqu’on est en présence d’un papier vert coloré par un mélange de chromate de plomb et de bleu de Prusse, ce procédé est également avantageux. Après avoir traité le papier comme il vient d’être dit plus haut, par l’alcool et*' l’acide azotique, on constate le dégagement d’aldéhyde, et l’on reconnaît le plomb comme précédemment. Après décantation, la, couleur bleue apparaît nettement. On caractérise ensuite le bleu de Prusse par les réactifs ordinaires.
- Contre le ver blanc.
- M. Croizette-Desnoyers, inspecteur adjoint des forêts, à Fontainebleau, a expérimenté en grand et avec succès, depuis plusieurs années, la recette suivante : Les énormes pépinières nécessaires pour le repeuplement de la forêt étaient dévastées par le ver blanc. Après beaucoup d’essais, ou trop coûteux, ou infructueux, ou nuisibles aux plantes, il a reconnu que la benzine des usines à gaz n’offrait aucun de ces inconvénients et détruisait complètement le ver. Ce ver s’établit par couches horizontales; suivant la température, ces couches s’enfoncent plus ou moins dans la terre. 11 faut donc, avant tout, reconnaître à quelle profondeur est la couche; puis, avec le pal employé contre le phylloxéra, on injecte la benzine un peu au-dessous de la couche : au bout de quelques heures, tout est mort. Si, dans quelques places, on s’aperçoit qu’il en reste, on y fait de nouvelles injections. La benzine n’attaque pas les racines, même les plus délicates des plantes.
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- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 743e bulletin météorologique de la naturi
- d’après les observations de m. renoo (parc de saint-maur, altitude ; 49 M. 30)
- Août 1890. — Semaine du lundi 11 an dimanche 17 Août 1890.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- LBaromètre enregistreur de RI. Rédier. — Thermomètre à l’abri, h boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. LE i 5 A 4 H. 29 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE • de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- ‘Lundi 11 août 17*,8 S. W. 3 Couvert. 0,0 Tr. nuag.; quelques averses.
- Mardi 12 17*,5 S. W. 2 Id. 2,8 Presq. couv., éclairs à l’E. à 20 h. 1/2, qq. averses ; pluie torrentielle à 13 h. 22-28.
- Mercredi 13 14*,5 N. E. 1 Id. 6,4 Presque couv.; pluie à diverses reprises.
- Jeudi 14 12*,0 S. W. 5 ld. 0,5 Très nuageux; gouttes à 12 h.;halo.
- Vendredi 15 14’,3 S. S. W. 3 Id. 0,0 Couv. sauf qq. éclaircies dans la soirée; qq. averses la matinée.
- Samedi 16. . ....... 17*,1 S. W. 3 Id. 0,3 Presque couv. jusq. 14 h., peu nuageux après.
- Dimanche 1? * 14*,0 N. E. 0 Tr. peu nuageux. 0,0 Peu nuag. le m., couv. le s., tonn. au S. S. W., puis à l'W, puis N. W. de 151/2 h. à 19 h.; éclairs le reste de la soirée du N. à l’E. ; pluie de 15 h. 50 à 17 h. 45.
- tombés, faisant des ravages énormes. Le sol a été jonché d’une épaisse couche de feuilles ; les arbres ont été littéralement dépouillés ; les récoltes de céréales non rentrées ont été absolument détruites.
- Le même jour, et à la même heure, un ouragan a éclaté aussi sur toute la région de l’arrondissement de Carcassonne. Depuis Preixan jusqu’à Lézignan, tout a été ravagé sur une largeur de 5 kilomètres. Des grêlons de la grosseur d’un oeuf ont saccagé les arbres et les vignes. La récolte est perdue pour deux ans; les maisons ont eu beaucoup à souffrir de la grêle, les tuiles et les vitres ont été brisées.
- Cyclone en Amérique. — On écrit de New-York, à la date du 11 août, que la ville de South-Lawrence (Massachusetts) a été partiellement détruite par un cyclone, et de nombreuses personnes ont été tuées et bless'ëes. A South-Lawrence même, le toit d’une église neuve a été emporté, et soixante-quinze maisons d’habitation ont été renversées. D’après les dépêches les-plus récentes, de quinze à vingt-cinq personnes auraient été tuées, et cent à cent cinquante autres plus ou moins grièvement blessées. On peut se faire une idée de la violence du cyclone par ce fait qu’un bouquet de dix à quinze gros arbres, qui s’élevaient près de la voie du chemin de fer, du côté de North-Andover, a été littéralement rasé.
- * chronique météorologique
- Les orages. — Nous avons encore à enregistrer de nombreux orages. Le 10 août, un orage épouvantable, accompagné de torrents de pluie, a éclaté sur Londres et dans les environs. Le clocher de l’église Saint-Sauveur a été sérieusement endommagé par la foudre. A la même date, une véritable trombe a ravagé les environs de Bruxelles et la ville même. Dans plusieurs parties de la ville et des faubourgs, l’eau a inondé tous les sous-sols des maisons en causant des pertes énormes. Partout les pompiers ont été réquisitionnés pour vider les caves des habitations. Aux environs de Bruxelles, surtout du côté Est, bon nombre de maisons ont été inondées. A Saint-Josse, à la grande Espinette, sur la route de Waterloo, le froment, qui était superbe, a versé sur une immense étendue. Toutes les prairies ont été inondées. La foudre est tombée en plusieurs endroits à Soignies, dans la forêt, renversant des arbres séculaires. A la petite Espinette, la foudre, sous forme de boules de feu énormes, est tombée avec un fracas épouvantable sur la chaussée.
- Le 13 août, vers 6 heures, uu orage d’une violence inouïe s’est abattu en France sur Belfort et la région. Des grêlons de la grosseur d’une noisette sont
- TEMPÉRATURE]
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- Loyers d’avance à rembourser : 8400 .francs. Consignation pour enchérir : 5000 francs, S’adresser pour les renseignements à MM“* GALIN, j notaire, DEVEILLE et PEIIARD, avoués, et sur les/ lieux.
- On demande une dynamo à courants alternatifs de 150 volts et quelques ampères. — Office de publicité, 9, rue de Fleurus.
- A vendre pour cause de maladie, 400 fr. au lieu de 700 fr-CANOË acajou, neuf, constr.' Tellier 1888,* Avirons, voile. — Office de publicité.
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- Le Régime des passeports en Alsace-Lorraine, pal Jean Heimweh. 1 vol. Prix : 1 fr. A. Lahure, impr.-éoit
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- Supplément au numéro 900 de LA* NATURE, du 30 août 1890
- 592“ BOITE AUX LETTRES (
- SAMEDI \
- 30 août 1890 )
- Lm lettres et communications relatives à la Boite ans lettres et à la rédaction doivent être adressées à SI. Gaston TISSANDIER
- 50, rue de Ch&teaudun, à Paris.
- - Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- , , . A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Cuve-laboratoire pour projections et accessoires : M. Laverne, constructeur, 10, rue de .Malte, à Paris..— Il y a eu erreur dans l’adresse que nous avons indiquée dans la 590e Boîte aux lettres pour la toupie magnéto-électrique. Les constructeurs demeurent, 62, rue Chariot, à Paris, et non 82. — Pour ce qui concerne la photo-diaphanie, décrite ci-après, s’adresser à Mlle Anna Maillot, place de Rennes, 2, rue de l’Arrivée, à Paris.
- , Un lecteur, à Nantes, à propos de la description de la cravate photographique que nous avons donnée dans notre avant-dernier numéro, nous écrit que l’année dernière, un Italien exposait à Nantes des vues de l’Exposition vaticane organisée à Rome, en 1888, à l'occasion du Jubilé sacerdotal du pape Léon XIII. Pour obtenir les clichés des séances de réception solennelle, il avait dissimulé dans sa cravate un appareil photographique dont la partie apparente conservait l’aspect d’un simple bouton de verre en forme ordinaire et de dimensions un peu au-dessus de la moyenne. — L’appareil dont il s’agit était caché sous une cravate, mais il ne ressemblait en rien au système ingénieux et élégant de M. E. Bloch, et dont nous avons parlé précédemment.
- M. J. W. Robert, à Jongny-sur-Yevey, complétant les notes précédemment publiées sur les roches à formes animées, nous adresse Ain calque pris sur un panorama fait à la chambre claire, des montagnes de Jongny-sur-Vevey. On y remarque les contours d’une femme couchée, La Dame du Lac. Suivant l’heure de la journée et le mode d’éclairage, elle se détache plus ou moins sur les autres chaînons qui descendent vers la plaine du Rhône.
- M. Robert Guérin, à Marseille, nous envoie là description d’une soupape aérostatique. Elle se compose de deux soupapes concentriques, une petite, servant pour les manœuvres en l’air, et l’autre servant pour le dégonflement après l’atterrissage. Cette disposition nous paraît avantageuse.
- . M. Arnold, à Paris. — 1° Vous aurez un travail de 180 chevaux-heure, qui représentent une énergie électrique de 130 kilowatts-heure. Les lampes de 10 bougies prenant 40 watts, chaque lampe, pendant cinq heures, dépensera 200 watts-heure. Vous pourriez donc en alimenter 650, en chargeant les accumulateurs pendant douze heures et les déchargeant pendant cinq heures. — 2° La dynamo de 10 kilowatts vaut 1800 francs; il vous faut des accumulateurs d’une capacité de 1300 ampères-heure, à décharge moyenne, dont le coût est de 230 francs l’un. — 3° Nous vous conseillons de vous adresser à un spécialiste pour de plus amples détails.
- M. L. Driou, à Angers. — Nous avons dit, dans notre 898, du 16 août, à propos d’un banquet sous l'eau,, donné dans un caisson de fondation à l’air comprimé, qu’un arrêt dans le fonctionnement des pompes à air pouvait suffire pour que les convives fussent instantanément noyés. Comme vous nous le faites observer, il y a là une interprétation vicieuse. Il est bien évident qu’avec des caissons étanches, la pression intérieure résisterait à la pression des eaux : l’appareil formerait cloche à plongeur. L’air intérieur serait vicié par la respiration si les machines ne fonctionnaient pas, mais on aurait le temps de revenir à la surface. Nous partageons votre avis sur l’importance du système des fondations à l’air comprimé.
- M. J. Plassard, à Paris. — L’essence et l’huile de pétrole proviennent du même produit naturel; les essences sont les premiers produits de la distillation.
- M. Lagarde Grille, à la Membrolle. — 1° Chez les marchands de produits chimiques. — 2° Moteurs Rechniewsky, à la Société de l'Eclairage électrique, 250, rue Lecourbe, à Pans.
- Un abonné, à Paris. — Il ne peut y avoir que des traces d’oxyde de carbone dans l’atmosphère. La combustion et la respiration produisent de l’acide carbonique; les causes de production d’oxyde de carbone sont trop peu importantes pour alimentèr l’atmosphère.
- M. Carouget, à Paris. — Ces livres se trouvent à la bibliothèque jdu Conservatoire des arts et métiers, et dans la plupart des biblio-.thèques publiques de Paris.
- Un abonné, à Epernay. — La chambre noire en question se compose d’un miroir incliné et d’un objectif pouvant monter ou descendre à volonté.
- M. E. Caputo, à Naples. — 1° L’appareil n’existe pas dans le •commerce. — 2° M. Trouvé, 14, rue Yivienne, à Paris.
- M. Ch. Desroziers,% à Alençon. — 1° Composteurs en caoutchouc : £° Anglo-American, 5, Faubourg-Montmartre; M. W. Gavillet, 349, /rue Saint-Martin; ou M. Y. Guédon, 125, boulevard Voltaire, à Paris. — 2° Chez les marchands* de produits chimiques.
- ifme J. S., à Strasbourg. — Nous signalons volontiers des appli-
- cations existantes ; mais il nous est impossible de donner des projets d’appareils de ce genre.
- M. Marcel, à Orléans. — Nous allons prendre des informations, et nous parlerons, s’il y a lieu, de cet appareil.
- M. L. Delevoy, à Bruxelles. — Nous doutons que la fabrication industrielle soit encore vraiment organisée; pourriez-vous nous donner de plus amples informations.
- M. M. T., à Garbella. — Nous n’avons pas eu connaissance de ces essais.
- M. F. Faiveley, à Dijon. — Vous pourrez vous procurer ces photographies chez tous les éditeurs de photographie, notamment chez M. Martinet, 12, boulevard des Capucines, ou chez M. J. Hautecœur, 172, rue de Rivoli, à Paris, etc., etc.
- M. A. de Kerraou, à Toulon. — Nous regrettons de ne pas avoir l’adresse du constructeur. Notre notice a été empruntée à une publication anglaise.
- M. A. Fresnaye, à Marenla. — Nous croyons qu’il sera difficile d’utiliser ces déchets.
- M. P. Delaporte, à Senlis. — Après étude de votre question, nous devons vous répondre que le calcul est indispensable dans ces sortes de problèmes d’optique relatifs aux objectifs; dans la pratique, le mieux est de regarder dans le verre dépoli.
- M. H. Carbonnelle, à Calais. — 1° Les moyens que vous indiquez pour reconnaître les pôles d’un courant sont bien connus. — 2° 11 a déjà été fait des expériences analogues. Remerciements.
- il/. E. Lullin, à Grenoble. — Nous avons examiné cette notice; l’appareil décrit n’est pas pratique.
- M. L. Troussier, à Noirmoutier. — Les signaux électriques de l’escadre ont pu être vus dans le ciel à la distance que vous citez.
- Un abonné, à Barbezieux. — Nous ne connaissons d’efficace que la poudre de pyrèthre.
- M. J. Philippe, à Houdan. — Il y a de bonnes gommes élastiques à effacer l’encre ; les procédés chimiques laissent toujours des traces sur le papier,
- M. J. Bader, à Goritz; Un abonné, à X. — Vous trouverez des traités de ce genre chez les grands libraires de Paris.
- M. Brixon, à Mouzon. — Livres sur les constructions navales à la librairie Eugène Lacroix, à Paris.
- M. A. K. P., à Bretigny. — Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- Un lecteur bordelais. — Il a été publié un ouvrage spécial sur les algues à la librairie Rothschild, rue des Saints-Pères, à Paris.
- Une lectrice, à Taverny. — On peut se débarrasser des mouches en employant un papier particulier, le papier tue-mouches, ou des vases spéciaux que l’on trouve chez tous les marchands de verrerie et qui servent de piège. Nous avons également indiqué d’autres procédés de destruction des mouches dans le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.) *
- M. Féret, à Souk-el-Kmis ; Une lectrice, à Genève, M. J.-B. Ma-niguet, à Paris. — Remerciements pour vos communications.
- M. A. de Pobog Rras-nodçbs, à Varsovie; M. E. Chiraux, à Boulogne-sur-Mer. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. P. C., à Versailles. — Pas d’ouvrage de ce genre; il n’y a que des recettes diverses publiées dans différents journaux.
- M. X. F. Z., à Culoz. — 1° L'hygiène du vélocipédiste se trouve chez M. 0. Roin, éditeur, 8, place de l’Odéon, à Paris. — 2° 14, rue Vivienne, à Paris.
- M. L. Sckutowicz, à Fécamp. — 1° Ce moteur ne se fabrique plus industriellement. — 2° Voyez les calculs des machines dynamos dans le Formulaire pratique de l'électricien. (G. Masson, éditeur.)
- M. A. Mounier, à Brest. — Consultez le petit ouvrage indiqué ci-dessus.
- M. V. G. S., à Paris. — 1° La nature du conducteur influe peu. — 2° Il faut 1,5 watt-heure pour libérer 0rr,03758 d’hydrogène; avec 300 watts-heure, vous obtiendrez 7er,5 de ce gaz. .
- M. E. Fergeau, à Paris. — Pas de formule spéciale; on lave à l’eau chaude, ou dans une solution très étendué de bichromate de potasse,
- M. L. D., à Alger. —Vous pourrez vous procurer les lames de métal avec vis de pression, dont il est question, chez tous les* marchands d’appareils photographiques ou chez les quincailliers.
- M. P., F., à Strasbourg. — 11 s’agit ici d’une inscription plaisante que l’auteur a mise à dessein dans un petit cadre.
- M. [E. Malion, à Paris. — Pas d’ouvrage spécial sur ce sujet.
- M. -C., à Paris, — L’adresse ‘nous est inconnue; tous nos ‘ regrets.
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- QUESTIONS
- Question na 1298. — M. P. Parize, à Morlaix, demande quel est le procédé suivi pour tracer des inscriptions sur les tuyaux de plumes des pinceaux et des cure-dents.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- La photo-diaphanie. — MUa Anna Maillot nous a communiqué récemment de charmants presse-papiers en cristal dans les-uels on a reproduit par transparence des portraits photographiques, ela est d’un aspect charmant. Voici comment l’opérateur obtient cette transparence qui fait tout le mérite de ce procédé dont l’inaltérabilité est complète. Premièrement il dirige l’image photographique sur le bloc même, et par le contact du cliché négatif, obtient le positif. Deuxièmement, il la fixe dans différents bains comme pour toutes les opérations photographiques ordinaires, et suivant la durée de ces derniers obtient toutes les teintes ascendantes de la gamme, depuis les grisailles bleutées jusqu’aux teintes noires. Il s’agit maintenant de conserver la limpidité et l’inaltérabilité : pour cela une glace est appliquée sur le bloc avec lequel elle se confond au moyen d’une préparation adhésive transparente et la cuisson va commencer. Vous chauffez graduellement le bloc, et par une forte chaleur, vous chassez les molécules d’air enmagasinées de la cuisson ; la durée varie suivant l’épaisseur du bloc. L’opération suivante est le refroidissement ; la cuisson et le refroidissement sont des plus délicats : dans la première, si les conditions ne sont pas strictement suivies, vous risquez de faire éclater le cristal; dans la seconde, de voir la glace se séparer du bloc et l’image disparaître. Après ces différentes manipulations vous passez le bloc à l’alcool pour chasser les impuretés du verre, et vous le confiez au tailleur de cristal qui exécute les biseaux désirés : vous obtenez le presse-papier diaphane. On peut également donner un grand développement à ce procédé en faisant des tableaux destinés à être accrochés aux fenêtres, avec sujets variés, genres vitraux, enfin toute espèce de reproductions.
- L’incendie de Fort-de-France. — M. 0. de Survilliers, à La Trinité (Martinique), nous envoie deux photographies représentant la malheureuse ville de Fort-de-France qui a été incendiée le 22 juin dernier. 11 y joint un plan photographié sur le plan original dressé par M. le chef d’escadron Dudraille de la ville incendiée. Ce plan, très intéressant, indique la naissance du feu et les différents points où il a été nécessaire de faire sauter les maisons à l’aide de barils de poudre. Cette mesure a pu préserver le Palais de justice, la Direction de l’intérieur et le Trésor, et par suite le reste de la ville. La partie brûlée et complètement détruite était la partie commerçante et riche de la ville. Le reste était presque entièrement occupé par des bâtiments publics, casernes, terrains. L’incendie a marché contre le vent qui soufflait très violemment du nord-est. Ayant pris naissance dans la rue Blenac, vers 7 heures et demie du matin, le feu atteignait et détruisait l’église une heure après. Les cadrans des horloges des deux édifices voisins, restés accrochés aux murs calcinés de l’église et aux montants en fer du marché, marquent encore 8 heures un quart, l’heure fatale. La ville ressemble plutôt à une ville bombardée qu’à une ville incendiée. La chaleur était telle que la combustion a été complète. Pas trace de fumée sur les murs, peu de cendres et très blanches. Dans l’emplacement où étaient les dortoirs de l’hospice, on voit une rangée de lits en fer tordus et enlacés l’un dans l’autre comme des corps qui auraient cherché à s’étreindre dans les convulsions d’une horrible agonie. L’usine de la Pointe-Simon ne présente plus qu’un amas de machines entassées gisant à terre dans un inextricable pêle-mêle : des lingots métalliques fondus, des bacs à sucs réduits en une masse de charbon floconneux, des pierres à chaux cuites et ayant produit de la chaux vive, etc. Au milieu de ce désordre, un tuyau placé dans les combles et dont le robinet a été dessoudé par le feu, laisse ironiquement couler sur ce chaos, avec un bruit monotone, un mince et inutile filet d’eau ! Le spectacle est navrant !
- Amitié chez les animaux. — En recevant le numéro de La Nature du 23 août, j’ai lu avec un vif intérêt le dernier article qui raconte l’amitié née entre deux oiseaux d’espèces dissemblables, et cela me rappelle un lointain souvenir d’enfance Tout jeune et passionné pour l’histoire naturelle, je m’étais lié avec un vieux naturaliste, conservateur du modeste Muséum de Castres dont il était le créateur. Dans une petite cour profonde comme un puits et qui lui servait de champ d’expériences, il avait suspendu une cage où il élevait un jeune
- oiseau appelé* vulgairement pierrot. Dans une de ses nombreuses courses à travers la campagne, il avait pris une couleuvre qu’il avait lâchée dans la cour et à laquelle chaque soir il rapportait des insectes. Quel ne fut pas son étonnement lorsqu’un jour il aperçut le serpent monter le long d’une treille jusqu’à la cage et passer de longues heures à côté de l’oiseau. Il surveilla ses pensionnaires et constata que les deux animaux vivaient presque continuellement côte à côte. Après quelques mois de cette intimité, la couleuvre disparut, tuée sans doute par quelque locataire de la maison, médiocrement charmé de vivre dans le voisinage de cet animal inoffensif mais peu séduisant. L’oiseau ne tarda pas à dépérir et mourut quelques jours après. Voilà certes un exemple d’affection née entre des animaux bien dissemblables et que la nature semblait avoir plutôt créés pour être ennemis. (Communiqué par M. Arthur Batut, à Enlaure (Tarn).)
- Chien et téléphone. — On m’a raconté l’autre jour une histoire assez curieuse, parfaitement authentique d’ailleurs et qui pourra peut-être intéresser les nombreux lecteurs de La Nature. Je m’empresse de vous la communiquer et vous en ferez ce qu’il vous plaira. Au surplus voici le fait : M. A. D., notaire à Dijon, a relié, par une ligne téléphonique, son étude à sa maison de campagne. Il y a quelques jours il avait oublié dans son cabinet son jeune chien. Arrnvéà Bagatelle (c’est le nom de sa propriété), il se met au téléphone et donne l’ordre à l’un de ses clercs de mettre les cornets de l’appareil aux oreilles du chien. Celui-ci se laisse faire et son maître l’appelle : Fox! Fox! L’animal hésite, regarde de tous les côtés et revient au téléphone. On l’appelle encore; alors il jappe deux ou trois fois, puis il quitte l’étude et quelques minutes après il arrivait à Bagatelle. On demandera peut-être ce que prouve cette historiette. Elle montre d’abord que le téléphone reproduit assez bien la voix de celui qui parle, puisqu’un chien ne s’y trompe pas, et cela prouve aussi que cette bête n’était vraiment pas trop bête et qu’elle était à la hauteur des inventions et de la civilisation « fin de siècle » de notre temps. (Communiqué par Un lecteur aux Petites-Dalles.)
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Traitement de la coqueluche par l'acide sulfureux.
- Le traitement de la coqueluche à l’aide de l’acide sulfureux, que M. Mohn (de Christiania) a découvert par hasard et appliqué d’une façon empirique, a donné entre les mains de M. P. Boury des résultats très favorables. Le mode d’application de ce traitement est des plus simples : on prend du soufre en canon, autant de fois 25 grammes que la chambre du malade compte de mètres cubes; on fait brûler ce soufre dans un plat en terre ou en fer qu’on dépose au milieu de la chambre après avoir étalé le linge et les objets de literie ; on ferme le local à désinfecter et on laisse les vapeurs sulfureuses pendant cinq à six heures en contact avec tous les objets étendus. On ouvre ensuite et on aère pendant cinq à dix minutes seulement,
- Îmis on introduit le petit malade dans cette atmosphère et on l’y aisse toute la nuit. Les premières inspirations produisent une ou deux quintes, puis l’enfant s’endort et les quintes ne reviennent plus, cette même nuit, qu’une ou deux fois. Le mieux se maintient la journée suivante, et si l’on a soin de renouveler ce traitement plusieurs jours de suite, en dix, quinze et rarement vingt jours, la coqueluche a entièrement disparu. Des malades témoins, traités par l’antipyrine, la belladone, les bromures, le chloral et la cocaïne, ont vu leurs quintes persister et durer deux, trois, quatre mois et plus.
- Moyen d’avoir une lumière blanche inactinique.
- Les Archives photographiques renferment un article de M. E. Lie-segang indiquant le moyen d’obtenir une lumière blanche inactinique. Une solution de trois parties de chlorure de nickel (vert) et de une partie de chlorure de cobalt (rouge) est incolore par transparence et devient, à une certaine dilution, claire comme de l’eau. Comme la lumière qui traverse chaque liquide séparément est inactinique, elle doit l’être également après avoir traversé le mélange des deux solutions, et, comme telle, ne pas agir sur les sels d’argent. Pour absorber les rayons ultra-violets, on recouvre, en outre, la cuvette renfermant cette solution de collodion mélangé à du sulfate de quinine, faiblement acidulé avec de l’acide sulfurique. Un papier sensible, exposé pendant une semaine à cette lumière, n’a subi aucune altération.
- La Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an sem'ee des Annonces ponr lesquelles on doit t’adresser à l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, me de Fleura*.
- AYIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 744e BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA NATURE
- d’après LES OBSERVATIONS DE K. RENOO (PARC DE SAINT-MAUR, ALTITUDE : 49 M. 30)
- Août 1890. — Semaine du lundi 18 au dimanche 24 Août 1890.
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- Baromeîre.
- Thermomètre sec
- Thermomètre humide
- La courbe supérieure indique La nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent«
- Baromètre enregistreur de M. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée. Le baromètre est ramené h O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. LE 25 A 1 H. 29 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS^MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après le bulletin international du bureau CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h, m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 août 15*, 9 XV. N. W. 2 Éclaircies. 1,5 . Nuageux, tonnerre de 6 h. 1/2 à 7 h. 1/4; éclairs à partir de 21 h.; averses le m.
- Mardi 19 16*,9 S. S. XV. 3 Tr. nuageux. 0,1 Nuag., beau après 19 h. Eclairs au S. E. à 20 h. 1/2.
- Mercredi 20.. ...... 14*,7 S. W. 2 Quelques nuages. 0,0 Nuag., pluie de 18 h. 10 à 19 h. 10.
- Jeudi 21 13%1 Calme. Quelques nuages. 0,1 Quelq. nuages jusq. 9 h., presq. couv. ensuite.
- Vendredi 22 15*,9 W. S. W. 2 Presque coüvert. 0,0 Couv. jusq. 10 h., nuag. jusq. 17 h., beau après.
- Samedi 23 12*,8 S. S. W. 3 Quelques nuages. 0,0 Quelques nuages jusq. 8 h., presq., couvert ensuite.
- Dimanche 24 13*.5 S. S. W. 1 Couvert. 2,2 Presq. couv., pluie de 1 h. à. 6 h. j ^
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre dans le canton du Valais (Suisse). —
- Une secousse de tremblement de terre a eu lieu, dans la nuit du 17 au 18 août, à 11 h. 10 m. du soir, dans le canton du Valais (Suisse) et principalement dans la partie comprise entre Sion et Martigny. La secousse a été 1res courte, mais assez violente pour déplacer un lit de 15 centimètres d’un seul coup. La direction du mouvement était du nord-est au sud-ouest.
- J. Gondoi», à Saxon-les-Bains.
- Le* orage* en France. — Une série d’orages et de cyclones ont fait au 18 août de très grands ravages en France. Les accidents de personnes dus à la foudre ont été très nombreux. A la date du 13 août, dans le Rhône, un sieur Thimonnier a été tué à Saiut-Clément-sous-Valsonne. A Bourg, la foudre est tombée sur la gare des marchandises et sur l’école normale des garçons, sur la Banque de France et sur l’église Notre-Dame, sans causer de dégâts. A Lent, elle a frappé une ferme et en a détruit les bâtiments. A Ars, elle est tombée ur une écurie et a tué une vache. En Saône-et-Loire, à Donzy-le-Peftuis, une
- famille de trois personnes a été atteinte et renversée. Des secours leur ont été donnés ; la mère et l’enfant ont été immédiatement ramenés à la vie, le père a été transporté sans connaissance à l’hôpital de Gluny. A Montceau-les-Mines, les rues étaient transformées en torrents et la grêle ravageait les récoltes sur pied et les jardins. Des arbres ont été ou brisés ou arrachés par le vent et la foudre est tombée en plusieurs endroits.
- Dans la Savoie, au village de Villard-Peron. près de la Motte-Servolex, et dans la commune de la Ravoire, il a été impossible d’organiser, des secours suffisants aux maisons atteintes par la foudre. Malgré la pluie torrentielle qui tombait au moment de l’incendie, le feu, à la faveur d’un vent impétueux qui soufflait avec violence, a fait de rapides progrès. Dans le village de Villard-Peron, trois corps de bâtiments ont été brûlés.
- Le 18 août, a éclaté un orage très intense accompagné de grêle et de tonnerre et qui a fait partout les plus grands dégâts. Cet orage a été signalé à Périgueux, où les grêlons étaient gros comme des noix, à Châteauroux, à Belfort, à Nevers, à Cbalon-sur-Sâone, à Lons-le-Saunier, à Vitré. Raisins, vignes, arbres, meules de foin et de paille, tout a été enlevé et dispersé.
- le lendemain JD, un cyclone des plus terribles sévissait à Dreux. On trouvera det documents à ce sujet dans le corps du journal.
- TEMPÉRATURE
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- .... Supplément an nnméro 901 de LA NATURE, du 6 septembre 1890
- L'ÜJ 593' BOITE AUX LETTRES (.•,='.»)
- Lu lettres èt commun (cations relatives h la Boite aux lettres et h la rédaction doivent être adressées a M. Gaston T1SSANDŒR
- 50, rue de Châteàudnn, à Paris.
- Toutes les communications oui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui .concerne les engrais pour plantes d’appartement, s’adresser à Jtf. Poiret, à Arras. — Balance photométrique de M. Lion, constructeur : M. Alvergniat, 10, rue de la Sorbonne, à Paris.
- - M. Renard, à Saint-Germain, nous adresse une curiosité végétale que nous signalons à nos lecteurs : il s’agit d’une double carotte enroulée en spirale; les deux carottes peuvent être séparées et juxtaposées à nouveau, elles sont enroulées l’une dans l’autre, comme les parties distinctes d’une corde. On dirait qu’elles ont été tordues régulièrement.
- M. C. D., à Bruxelles, nous envoie la description d’une nouvelle pile due à M. Buffet. Elle se compose d’une lame de charbon qui est plongée dans une solution aqueuse de nitrate de soude légèrement additionnée d’acide sulfurique, et d’une lame de zinc placée dans un vase poreux contenant de l’eau pure. Cette pile aurait, dit-on, de sérieux avantages au point de vue de la régularité du fonctionnement et au point de vue économique. Nous ajouterons que nous connaissons déjà des essais antérieurs effectués dans cette voie et avec les mêmes produits.
- M. E. Perrin, à Ponts-Martel (Suisse), nous informe qu’il vient de construire une montre à sonnerie qui sonne les heures, les dizaines de minutes et les minutes, au lieu des heures, quarts d’heure et minutes. Le système nous semble ingénieux.
- M. A. Gilletta, à Nice. — Nous vous conseillons de lire la Notice que nous avons publiée sur le tableau synoptique pour la prévision au temps dans le n° 850, du 27 avril 1889, p, 349 ; pour de plus amples renseignements, adressez-vous à l’inventeur, à Clermont-Ferrand.
- M. F. M., à Charlieu. — Il faut employer un vernis spécial, dit pour appareils, que vous trouverez chez les marchands de produits chimiques.
- r M. V. Ci de Hélinden, à Pont-de-Beauvoisin. — Il est nécessaire que le crochet en U ne touche pas les fils électriques; on passe alors ces derniers dans un petit tuyau de bois, et le crochet ne fait que maintenir ce tuyau.
- M. Hubert Vitalis, à Lodève. — Nous 'avons parlé des principaux phonographes connus jusqu’ici; s’il y a quelque nouveauté extraordinaire, les journaux américains la mentionneront certainement.
- M. C. L., à Lille. — 11 suffit d’étendre une légère couche de baume du Canada sur une lentille et d’appliquer ensuite la deuxième lentille.
- Un abonné, à Mexico. — Nous avons déjà signalé précédemment plusieurs expériences du même genre. Remerciements.
- M. R. Caron, à Asnières. — Faire bien sécher, et passer plusieurs couches de vernis à la gomme laque de façon à imbiber complètement le bois.
- M. A. Brancher, à Paris. — Nous citerons votre appareil à l’occasion. Remerciements.
- Un lecteur, à Pantin. — M. Tellier, 52, quai de la Râpée, à Paris.
- M. Bérard, à Anneyron. — Chez tous les grands marchands de jouets ; pas d’adresse spéciale à vous indiquer.
- M. P. Flamary, à Cherbourg. — Pour ce qui concerne le monocorde, il faut vous adresser à M. J. Poussot, à la Pierre, par Toul (Meurthe-et-Moselle).
- M. G. Cantarelli, à Mantoue. — 1° Les appareils sont trop nombreux pour que nous vous désignions un fabricant en particulier. — 2° Ouvrages divers à la librairie Gauthier-Villars, à Paris.
- M. G. Jullien, à Volo. — On peut tracer des lignes blanches sur papier bleu au ferrocyanure en employant une solution de potasse.
- Un abonné, au Raincy. — Filtrer sur du noir animal, et soumettre à une nouvelle distillation'.
- M. J. Perret, à Lausanne. — Eclairage à l’électricité, jpar II. Fontaine, à la librairie Baudry, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. J. Plassard, à Paris. — Consultez le Traité des feux d’artifice, par A. Denisse, chez l’auteur, à Bry-sur-Marne (Seine).
- M. Barail, à Bordeaux. — 1° Ouvrages sur la fabrication du papier, à la librairie E. Lacroix, 112, boulevard de Vaugirard, à Paris.
- — 2° L’analyse chimique seule permet de reconnaître la présence de cette substance.
- M. A. B., h Nantes. — Nous ne croyons pas qu’il existe d’ouvrage spécial de ce genre.
- M. E. Blanc, à Yokohama ; M, L. Troussier, à Noirmoutiers. — Remerciements pour vos communications que nous utiliserons.
- M. Ad. JF., à Epinal. — L’ouvrage le plus complet pour les recherches bibliographiques est le Manuel du libraire, par Brunet (épuisé en librairie; se trouve d’occasion). Il ne comprend pas moins
- de six tomes in-8°. Voici le titre d’une autre publication beaucoup plus restreinte : la Bibliographie universelle, à la librairie Roret,12,rue Hautefeuille, à Paris. (1 vol. in-8°).
- M. J. A. Jolivet, à Grenoble. — Le livre les Champignons, de M. J. Moyen, à la librairie i. Rothschild, vous renseignera.
- M. G., à Paris; M. A. Levasseur, à Amiens; M. X., à Paris. — Voyezle petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson,'éditeur.)
- M. E. Wenzt, à Reims. — 1° Vos essais sont intéressants; mais il faudrait en connaître les résultats. — 2° Prenez des poudres phosphorescentes dont vous trouverez les formules dans le petit livre indiqué ci-dessus.
- M. F. Bernard, a La Chiffa (Alger). — 1° Machines à glace Carré, 29, rue de l’Estrapade, à Paris. — 2° Il est difficile de vous renseigner.
- M. M. N., à Bruxelles. — Le cachet crampon, que nous avons décrit dans le dernier numéro, se trouve chez la plupart des papetiers.
- M. R. D., à Evreux. — Le cuivre plombé serait très résistant; vous pourriez essayer aussi le métal Delta, 56, rue de la Victoire, à Paris.
- M. F. S., à Nay. — Semoir à blé portatif de 30 francs, chez M. S. Duncan, 34, avenue Daumesnil, à Paris.
- M. R. A. Day, à Buenos-Ayres. — Plusieurs métaux et alliages divers ont été essayés ; mais le bronze est préférable.
- M. S. A. Oundjian, à Paris. — Il n’est pas encore possible de se procurer ces jouets à Paris ; dès qu’ils seront en vente, nous l’annoncerons à nos lecteurs.
- M. J. G., à Lyon. — L’opération dont vous parlez n’est pas facile à exécuter; le mieux serait de vous servir dorénavant de papier pel-liculaire. Vous pouvez cependant détacher facilement les pellicules en mettant les glaces dans de l’eau tiède légèrement aiguisée d’acide acétique.
- M. G. L., à P. — 1° La description du moteur Otto a été donnée dans le n° 542, du 20 décembre 1879, p. 37. — 2° Voyez la Table des matières des dix premières années.
- M, A. Billet, au Mans; M. E. Fergeau, à Paris. — Nous avons reçu vos communications. Remerciements.
- M. V. D., à Anvers. — Nous n’avons pas de renseignements sur ces travaux. Tous nos regrets.
- M. L. Blanchard, à Grenoble. — 1° M. G. Dreyfus, 52, rue de Paradis, à Paris. — 2° Prendre un foret très fin, et user doucement le grès, en ayant soin de l’humecter légèrement.
- Un abonné, à Paris. — Nous allons étudier la question de l’oxyde de carbone que vous signalez, et nous vous répondrons prochainement.
- M. C. C., à Tçulon. — 1° Les serpents de Pharaon (jouet chimique) sont formés de sulfocyanure de mercure. Nous avons jadis publié un article à ce sujet. — 2° Inconnu par nous. — 3° Chez Rothschild, éditeur, à Paris, livre sur les algues.
- QUESTIONS
- Question n° 1299. — M. L. J., à Ormeignies, demande le procédé à employer pour coller sur toile les cartes militaires ou autres, les revêtir d un vernis qui les rende imperméables et. les replier dans un étui.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- te grisou. — Au sujet de l’article sur le grisou paru récemment dans La Nature, je me permettrai de vous soumettre les réflexions suivantes : le grisou en petite quantité est peu dangereux parce qu’il est entraîné rapidement par la ventilation de la mine. Seul, le gaz, lorsqu’il est sous pression, offre un danger considérable. Or, l’abattage par le pic ou la pioche sans autres précautions et tel qu’il est pratiqué, affaiblit les parois qui contiennent ce gaz et il arrive un moment où la pression intérieure étant supérieure à la résistance de la couche, la force d’expansion du gaz détermine l’explosion. N’est-il pas possible de prévoir ce danger? Ne pourrait-on, par exemple, sonder les couches avant de faire abattre? Il suffirait de faire percer la couche de charbon au moyen d’une mèche étroitè (10 à 15 millimètres) et à longue tige (2 à 3 mètres). Si le gaz se trouve sous pression dans cette partie de la veine, il s’échappera avec
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- force, quoique en petite quantité, par cette ouverture et il sera facile de constater sa presence et même de mesurer sa pression ; la ventilation sera suffisante pour empêcher une accumulation dangereuse, ou, dans tous les cas, le danger étant signalé, on pourra prendre les précautions nécessaires. La détente s’opérera ainsi graduellement, comme celle d’une chaudière dont on ouvrirait la soupape, et, suivant l’utilité, on percera un plus grand nombre de trous de sonde pour effectuer plus rapidement cette détente sans danger, après quoi seulement on pourra commencer la taille. Ce sondage étant rendu obligatoire dans toutes les mines, il ne pourrait y avoir de ces surprises et de ces explosions terribles comme nous en avons trop fréquemment à déplorer. 11 serait évidemment indispensable de sonder continuellement et les ouvriers ne devraient jamais faire leur abattage lorsqu’ils arriveraient au bout d’un sondage, sans qu’un nouveau sondage soit fait. L’extraction serait plus coûteuse, mais la vie des hommes serait à l’abri des dangers. (Communiquépar M. Ducastel, à Lille.)
- M. Gallier, à Yascœuil, nous écrit également au sujet du grisou, ue, dès le mois de mars 1887, il avait proposé d’établir une con-uite de tuyaux dans chaque galerie, de la prolonger au fur et à mesure du creusement, et de réunir le tuyau de chaque galerie à un gros tuyau collecteur qui se serait élevé jusqu’à la surface du sol. Il aurait été mis en communication avec une puissante machine aspirante pour enlever les gaz et l’air vicié des galeries. Il en serait résulté une ventilation continuelle qui aurait établi des courants d’air descendant par l’orifice des puits.
- Blanchiment des éponges. — Dans le numéro de La Nature du 16 août, je lis aux Communications diverses un article sur le blanchiment des éponges. Permettez-moi de faire quelques observations sur ce sujet si intéressant pour la chirurgie. Je suis également un ancien interne des hôpitaux (service du savant chirurgien Péan, hôpital Saint-Louis) où, dès le début, j’employais le même procédé; mais j’ai dû y renoncer à cause de la grande quantité de soufre provenant de la réaction de l’acide chlorhydrique sur l’hypo-sulfite. Il faut un lavage très prolongé pour débarrasser complètement les éponges de ce soufre qui les pénètre et qui, à la longue, se changeant en acide sulfurique au contact de l’air humide, finirait par les ronger. Ce lavage, qui doit être méthodique, est très ennuyeux et exige un opérateur consciencieux. Pour obvier à cet inconvénient, je remplace depuis longtemps I’hyposulfite par le bisulfite de soude qui n’offre pas ce dépôt abondant de soufre et qui exige un lavage moins long et plus facile. J’avais eu soin tout d’abord de bien battre mes éponges avec un maillet pour écraser les petits cailloux qu’elles renferment toujours et dont la présence serait souvent funeste pendant les opérations chirurgicales. Pour conserver ces éponges aseptiques, je les plonge dans de l’eau phéniquée très faible, au l/100,fpar exemple, car une eau trop fortement phéniquée les fait noircir, de même que le bichlorure de mercure. (Communiqué par M. Edouard Balzer, pharmacien, à Blois.)
- consommation de vapeur dans les machines h vapeur. — Comme suite à l’article paru dans La Nature sur les machines à vapeur, je me permets de vous donner ci-dessous les consommations de vapeur par cheval-heure indiqué, relevées par les Sociétés pour la surveillance des chaudières à vapeur d’Alsace et de Belgique : machine de 10 à 20 chevaux (ancienne construction), 50 à 60 kilogrammes; à détente et enveloppe de vapeur, 16 à 20; à détente avec condensation, seulement 11 à 14. Entre 20 et 40 chevaux, la consommation est de 15 à 16 kilogrammes; avec condensation, 10 à 12. Au delà, avec un seul cylindre et toujours à enveloppe, 15 kilogrammes sans condensation et 8 avec condensation. Les machines compound descendent même à 5ke,800. Le tout pour des pressions comprises entre 4 et demie et 6 atmosphères et pour des chevaux indiqués. La machine Armington arrive à 50 kilogrammes. (Communiqué par M. H. Bollinckx, à Bruxelles.)
- Inintelligence des animaux. — Voici encore un fait qui montre l’intelligence des animaux ; il mérite d’être mentionné à côté de ceux dont il a été question dernièrement dans La Nature. Mon fils avait déniché un jeune moineau ; nous l’avions placé dans une cage près d’une fenêtre, quand nous entendîmes, le lendemain matin de bonne heure, des coups redoublés frappés contre les vitres de la fenêtre. C’étaient deux moineaux, probablement le père et la mère. Nous ouvrîmes, et ils se précipitèrent pour donner la becquée au jeune moineau. Pendant plusieurs jours le père et la mère revinrent ainsi frapper régulièrement trois fois par jour à la fenêtre. A la fin nous avons rendu la liberté au moineau. (Communiqué par M. H. Chapid, à Cournon.)
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Fabrication électrolytique du vermillon..
- On vient d’essayer industriellement la fabrication électrolytique du vermillon, et les premiers résultats ont paru satisfaisants. Voici la manière d’opérer : dans une cuve en bois de 1 mètre de diamètre et de 2 mètres de hauteur, on place, contre la paroi interne, des plateaux circulaires de 15 centimètres de largeur, sur lesquels on étale le mercure sur une épaisseur de 1 centimètre. Ces plateaux sont en relation avec le pôle positif d’une dynamo. Au fond de la cuve se trouve une plaque de cuivre aciérée par la galvanoplastie et en communication avec le pôle négatif. La cuve est remplie d’une dissolution de 8 pour 100 d'azotate de soude. Un serpentin percé de trous envoie un courant constant et règle l’acide sulfhydrique ; l’excès de ce gaz s’échappe par un tuyau aboutissant sur le couvercle. Un agitateur à hélices entretient un mélange parfait entre toutes les parties du liquide. Lorsque le courant passe, il se forme immédiatement un précipité rouge de sulfure de mercure. On a essayé de supprimer le courant d’acide sulfhydrique en composant le bain avec : eau, 100litres; azotate d’ammoniaque, 8 kilogrammes; azotate de soude, 8 kilogrammes ; sulfure de sodium, 8 kilogrammes ; soufre, 8 kilogrammes. Dans ces conditions, on n’a besoin que d’ajouter du soufre et du mercure pour retirer à la fin de l’opération du vermillon qui peut rivaliser avec celui obtenu par le sulfhvdrate d’ammoniaque.
- Moyen pour peindre son portrait soi-même.
- Pour peindre ou dessiner son portrait en profil, il faut deux miroirs inclinés de façon que le miroir qui donne le profil soit vertical par
- f3ort au parquet sur lequel repose la personne, mais faisant sur la mgation du plan des épaules un angle de 45 degrés, ce qui donne image du profil de tête parallèle à la partie gauche ou droite (comme on le désire) de la tête. Cette image ne peut être vue par l’opérateur que par les réflexions dans un autre miroir placé par conséquent en face de lui. C’est un troisième miroir. Les miroirs inclinés sous des angles favorables fournissent au peintre des moyens simples et commodes pour étudier certains raccourcis du corps humain qu’il serait impossible à un modèle de donner, quand il s’agit, par exemple, de représenter des figures volantes ou des poses à mouvements instantanés, comme dans la course ou la chute. Les peintures des plafonds offrent des exemples de ces sortes de raccourcis.
- Conservation'des vins par Vélectricité
- D’après les essais qui ont été faits à l’usine de Bercy, la conser vation des vins par l’électricité donnerait de bons résultats. Les courants employés sont des courants alternatifs. Les vins altérables ou déjà en voie d’altération sont débarrassés des ferments de maladies ; ceux-ci sont détruits par le courant. La conservation du vin est ainsi assurée. Le courant n exerce qu’une action purement physiologique sans électrolyse capable d’altérer la composition chimique. L’emploi d’un agent physique susceptible d’empêcher les fermentations des produits organiques comme le vin, la bière, les matières alimentaires, est d’une grande importance, il supprimerait l’usage des agents chimiques de conservation qui introduisent souvent des substances nuisibles à l’économie dans Ips produits alimentaires.
- Moyen d'arrêter le bruit d'une fontaine.
- Il est facile d’arrêter presque complètement le bruit que fait l’eau d’une fontaine en tombant dans le bassin, en attachant au goulot un linge qui l’entoure et descend jusque dans le bassin. L’eau coule alors comme dans un tuyau et fait très peu dè bruit. Cela peut être utile à la campagne pour les fontaines situées à peu de distance des maisons. Nous avons été plusieurs années avant de trouver ce moyen dont la simplicité est à la portée de tout le monde. (Communiqué par Utie lectrice, à Genève.)
- Pour rendre le bois imperméable à Veau.
- Prenez parties égales de cire, de paraffine et de résine, fondez ensemble, mélangez et appliquez sur la surface intérieure avec un pinceau. Coupez ensuite des bandes de mousseline de 20 centimètres de large, posez-les sur l’enduit et avec un fer à repasser chaud, appli-quez-les fortement. Cette mousseline empêche les frottements et protège l’enduit de telle sorte qu’une caisse a pu servir un an ou deux sans aucune réparation.
- La Rédaction et l'Administration de LA NATURE sont étrangères an semce des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser à l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rne de Pleuras.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 745e BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA NATUR]
- d’après les observations de m. renoo (parc de saint-maur, altitude ; 49 M. 30) - '
- Août 1890. — Semaine du lundi 25 au dimanche 31 Août 1890.
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent*
- Baromètre enregistreur de M. Rédier. — Thermomètre à l'abri, à boule sèche et à boule mouiUée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE *. P. L. LE 30 A 4 H. 44 M. DU MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS i THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLCIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 25 août 10”,7 S. W. 2 Beau. 0,0 • Peu nuageux, forte pluie de 15 h. 6 m. à 20 m.
- Mardi 26 15”,1 S. W. 2 Couvert. 5,2 Couvert, pluie de 2 h. à 5 h. et à midi.
- Mercredi 27 14»,6 S. W. 5 Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 14 h.; pluie de 8 h. à 15 h. et de 14 à 15 h.; coup de vent N. W. violent à 14 h. 50.
- Jeudi 28 11”,7 S. W. 2 Peu nuageux. 18,5 Très nuageux jusq. 17 h.; halo, tonnerre avec averses de 15 h. à 19 h.
- Vendredi 29 9”,8 Calme. Beau. 1,5 » Peu nuageux, gouttes à 19 h.
- Samedi 50 8”,6 Calme. Beau. 0,0 Nuageux de 10 h. à 20 h.; beau le reste.
- Dimanche 51 9”,5 N. N. VV. 2 Couvert. 0,0 Tr. nuageux matin; peu nuag. soir; halo.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Les orages. — On écrit de Perpignan, à la date du 25 août, qu’un orage is’est abattu le 24 sur l’arrondissement de Prades. La grêle est tombée en grande quantité entre le col de la Perche et le village de Sainte-Léocadie-en-iCerdagne. La couche de grêle a atteint en certains endroits 25 centimètres • d’épaisseur. La plaine de Saillagouse a été ravagée. La neige est tombée en : abondance sur une partie des Pyrénées, notamment sur le massif du Canigou.
- A la même date, un orage a également éclaté à Marseille, et la foudre, tom-' bant dans un bois, y a allumé un incendie qui a pris de grandes proportions.
- A Troyes, le 27 août, pendant un orage, le vent a soufflé avec une telle violence qu’une maison en construction, rue des Terrasses, a été complètement j enlevée et projetée sur la maison d’en face.
- i Le 27 août, à Lyon, pendant une grande partie de la journée, le vent a soufflé >en tempête sur la ville et les environs et a pris fin le soir, après une pluie
- diluvienne. Sur la ligne de Lyon-Ambérieu, plusieurs poteaux télégraphiques ont été renversés sur la voie et ont causé quelques retards aux trains.
- lin ouragan. — Un ouragan a éclaté le 25 août entre Eggenberg et Lim-bourg, sur le chemin de fer François-Joseph, et la foudre est tombée et a enlevé la couverture de plusieurs wagons de marchandises ; 20 caissons vides ont été renversés. La locomotive et les wagons chargés sont restés sur les rails.
- Du 25 au 27 août, des ouragans ont été signalés à Clusone, San-Marino, Turin, Côme, Bergame, Ivrée, Cagliari, Naples, Rimini. Partout on a éprouvé des dégâts effroyables. Toute la récolte est ravagée. Dans les provinces de Côme et de Son-drio, il ne reste rien dans les vergers ; les vignes sont détruites.
- Arc-en-ciel lunaire. — Jf. L. Proust, chimiste, à Chevrières (Oise), nous écrit que le 28 août au soir, de 9 h. 30 m. à 10 h. 5 m., un arc-en-ciel lunaire est apparu dans cette localité. Le phénomène s’est présenté avec une grande netteté.
- TEMPÉRATURE
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- Supplément au numéro 902 de LA NATURE, du 13 septembre 1390
- (l.7.™™) 594* BOITE AUX LETTRES
- Les lettres et communications relatives à la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à M. Gaston T1SSAMDIER
- 50, rue de ChAteandun, à Paris. ,
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- ' A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour ce qui concerne la théière pneumatique, s’adresser à M. John Royle, 14, Holborn Via-duct, à Londres. — Pendule astronomique : M. A.-G. Jourdan, 2, avenue de Vaugirard, à Paris.
- Un abonné, à Paris. — Vous nous demandez ce que peut devenir l’oxyde de carbone émis dans l’atmosphère par la combustion. Vous nous dites que l’on peut estimer à 160 milliards de mètres cubes le volume d’acide carbonique jeté annuellement dans l’air, pour l’Europe seulement, et vous ajoutez : « Si l’on admet que la terre entière en produise quatre fois plus, ce qui est une évaluation modérée, nous arrivons au chiffre de 640 milliards de mètres cubes d’acide carbonique. D’un autre côté, si l’on admet que la combustion produise un volume d’oxyde de carbone contre mille volumes d’acide carbonique (on sait que la proportion est bien plus forte) nous obtenons 640 millions de mètres cubes d’oxyde de carbone versés annuellement dans l’atmosphère, il n’y a dans l’air que des traces à peine saisissables d’oxyde de carbone. Que devient ce gaz produit si abondamment? » Nous vous répondrons à ce sujet : « Votre raisonnement est très serré et très juste et les calculs sont exacts si la base de 160 milliards de mètres cubes d’acide carbonique dont vous parlez, est exacte. En la tenant pour telle, voici les moyens que la nature peut employer pour transformer l’énorme quantité d’oxyde de carbone produite : l’oxyde de carbone est un corps éminemment réducteur, avide d’oxygène; de sorte que, se trouvant constamment en contact avec l’oxygène de l’air, une foule de causes peuvent l’oxyder en le transformant en acide carbonique. Ces causes peuvent être l’action de corps poreux (action analogue à celle de la mousse de platine), les décharges électriques de l’atmosphère, etc. » La question mériterait d’être mieux étudiée.
- M. F. G., a Langrune, nous écrit que le 18 août, le jour même où éclatait le cyclone de Dreux, on a pu observer à Langrune, vers 9 heures et demie du soir, sur le fond de la mer, un très grand nombre d’éclairs qui illuminaient vivement l’espace. Ils se succédaient avec une telle rapidité que le ciel semblait enflammé, et que, sans rien exagérer, on y voyait parfaitement dehors. La pluie est tombée ensuite en assez grande abondance jusqu’à 10 heures et quart. Le premier phénomène a alors repris tous ses caractères. Pour un demi-horizon, dans l’espace de cinq minutes, on a compté cent trente éclairs environ.
- M. F. Kœchlin, à La Haye, à propos de notre dernier article sur l’utilisation de la puissance des marées, nous rappelle un projet semblable qui avait pour but d’éclairer électriquement toute la ville de La Haye. On devait remplir les bassins d’eau de mer à marée haute, afin de faire fonctionner une turbine par le déversement. Cette turbine, à l’aide d’une pompe refoulante, aurait rempli d’air de grands cylindres en fer, et Pair comprimé aurait actionné les dvnamos.
- M. V. Meyer, à Salins, nous signale un moineau qu’il a tué et qui est de couleur blanche. On sait que ce phénomène d’albinisme n’est pas très rare.
- M. Pelitberghien, à Meung-sur-Loire, nous adresse des photographies exécutées par M. Thibault, montrant un phénomène bizarre de végétation. De l’involucre de chacun de six fruits portés par un bour-
- §eon de poirier se dégage une tige nouvelle avec des feuilles et des eurs. A la fin du mois d’août, il ne restait plus que trois fruits, dont l’un en contenait un second qui semblait greffé sur le premier. A l’époque actuelle, deux fruits seulement subsistent encore, surmontés de feuilles très vertes et très vivaces.
- M. H. Lefebon, à Hartwell. — Des renseignements incomplets ont fait commettre une erreur de description au sujet de la navigabilité du Saint-Laurent dans notre article sur la ville.de Chicago. Conformément à ce que vous nous dites, le fleuve est aisément navigable en amont de Québec jusqu’à la ville des Trois-Rivières, où il s’étend en un lac peu profond nommé le lac Saint-Pierre. Il a fallu draguer en chenal dans ce lac, mais les grands steamers peuvent remonter jusqu’à Montréal après avoir laissé à Québec les voyageurs et une partie de leur cargaison. Nous ferons un erratum.
- M. E. Cohen, à Bucharest. — Nous ne saurions vous fournir toutes ces adresses; .voyez les Annonces.
- M. L. E., à Saint-Benoît-du-Sault. — Le tirage au platine est indiqué dans les traités de photographie.
- M. D. M., à Valenciennes. —Dynamos Rechniewski : à la Société l'Eclairage électrique, 250, rue Lecourbe, à Paris.
- M. 0. C.,a Clermont-Ferrand. —Il faudrait, croyons-nous, gratter le marbre et le repolir.
- M. G. Maresca, à Livorno. — Voyez les Annuaires dont vous parlez.
- M. E. Coustau, à Paris. — 1* Voyez l’adresse en tête de la
- 595e Boîte aux lettres. — 2° Le dépôt des compteurs électriques à la ville a en effet eu lieu le 51 août; mais le concours durera plusieurs mois pour juger de la marche des appareils.
- M. A. G., à Epinal. — Même réponse que précédemment pour la première question.
- M. A. B., a Nîmes. — 1“ Vous pourriez essayer la benzine; si les taches sont bien marquées, il est difficile de les enlever. — 2° Non; aucun danger.
- M. F. Jungers, à Athus. — Bougeoir à pétrole Chandor, chez M. Desmarais, 29, rue de Londres; éolipyle Paquelin, chez M. Gillet, ingénieur, 32, boulevard Henri IV, à Paris.
- M. Scholberg, a Liège. — Les poupées phonographiques ne sont pas encore en construction en Europe ; nous le savons de source certaine, la fabrication s’organise.
- M. A. Tollet, à Marcoussis. — Essayez d’une fumigation à l’acide sulfureux.
- M. L. Lévy, à Strasbourg. — Plume électrique Edison : 78, rue de Richelieu, à Paris.
- M. C. D., à Bruxelles. — L’adresse à laquelle on peut se procurer l’outil pneumatique Mac-Coy est donnée en tête de la 550° Boîte aux lettres (n° 858, du 9 novembre 1889).
- MM. Amelin et Renaud, à Paris. —Ecrémeuse Jôhnsson : MM. Bur-meister et Wain, à Copenhague.
- M. P. Barbaroux, à Toulon. — Pas de maison spéciale : l’appareil se trouve chez tous les papetiers.
- M. A. G., à Marseille. — Il n’v a pas de système de chauffage domestique tout à fait satisfaisant. Nous ne saurions vous conseiller.
- M. P. Godbert, à Neuilly-sur-Seine; Mme Moiroud, à Paris. — Vous pouvez vous adresser à l’auteur de l’article, 113, rue Saint-Aubert, à Arras.
- M. J. Bonnet-Grulois, à Lille. — Ces graisses et huiles nous sont inconnues; adressez-vous à MM. 1 lamelle,* quai Valmy, ou Plisson, 6 bis, rue du Quatre-Septembre, à Paris.
- M. Maduar, à Reims. — Nous allons prendre des informations et nous vous renseignerons ici même, si possible.
- M. J. Ducôté, à Cluny. 1° Oui; la disposition peut être avantageuse. — 2° Les trois fils vont jusqu’aux fils de dérivation. — 3“ Environ 10 pour 100. — 4° Vous trouverez de nombreux articles sur les systèmes de distribution dans le journal VElectricien. (Année 1889, G. Masson, éditeur.)
- M. V. Fouassier, à Chàteau-Gontier. — Nous n’avons pas d’autres détails que ceux publiés.
- M. J. Tramois, à Lyon. — Nous avons donné dans La Nature des articles sur la fabrication des câbles électriques; voyez le n° 195, du 24 février 1877, p. 195, et les n0’ 517 et 521, du 28 avril et du 26 mai 1885, p. 537 et 407.
- M. G. de Capol, à Saumur. — L’adresse est donnée en tête de la Boîte aux lettres du même numéro : 5, rue Ternaux, à Paris.
- M. G. Nys, à Courtrai. — Compagnie française du celluloïd, 11, rue Bailly, à Paris.
- M. A. Gervais, à Deville. — 1° Consultez le dictionnaire deBottin. — 2Ô Adressez-vous à l’éditeur qui est indiqué.
- M. Chambert, à Chàteauroux. — Vous trouverez probablement des recettes à ce sujet dans le Naturaliste préparateur, par Boitard, à la librairie encyclopédique de Roret, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. J. F. Morieu, à Saint-Mards-en-Othe. — Vous pourrez vous procurer des traités sur les microbes chez les principaux éditeurs scientifiques. (La librairie Masson a édité un livre à ce sujet.)
- M. R. Moreno, à Puente. — Le prix de l’ouvrage demandé est de 1 fr. 25.
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- M'x° J. Quillot, à Frangey. — Voyez le livre de M. Martel, Les Cévenncs et îa région des Causses, indiqué dans notre 557“ Boîte aux lettres (n° 865, du 28 décembre 1889).
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- QUESTIONS '
- Question n° 1500. — M. M. L., à Auxerre, demande quelle serait la manière de conserver les escargots pendant l’hiver, comment on pourrait les empêcher de se grouper sur les bords du parc où on les élève et de s'étouffer ainsi, quelle serait enfin la nourriture la plus favorable. II s’agit de l’élevage en grand de ces animaux renfermés dans un parc au nombre d’environ 180 000.
- RÉPONSES
- Réponse au n° 1299. — Cartes militaires collées sur toile. — Pour coller sur toile des cartes militaires ou autres, il faut tendre le calicot le plus possible, le mouiller à la colle de pâte et mouiller également les plans ; appliquer ensuite ces derniers avec un tampon. Cette opération exige beaucoup de soin afin de ne pas faire de plis. Lorsque le tout est bien tendu, donnez deux couches de colle de gélatine en ayant la précaution de bien les croiser, car s’il était resté des parties non enduites, les plans seraient perdus. Lorsque cette colle est ,sèche, on passe sur la surface des dessins un vernis spécial dit vernis cristal. (Communiqué par M. J. Fugairon, à Corbeil.)
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- 1 Les mesures de sécurité dans les installations électriques en Amérique. —Pendant longtemps les Américains se sont fort peu préoccupés d’assurer la sécurité des ouvriers dans les installations électriques. Nous avons parlé à plusieurs reprises, dans La Nature, des accidents répétés dus au contact sur des lignes mal isolées, dus également à la chute de câbles transmettant un courant d’une haute différence de potentiel. Mais aujourd’hui les électriciens de l’autre coté de l’Atlantique deviennent plus prudents, à mesure que se développent les stations centrales par courants de hautes tensions. Nous citerons en particulier la mesure prise par la Morgan Engineering C° d’alliance (Ohio). Elle a pour but de préserver les ouvriers occupés aux réparations de câbles pendant la journée sur telle ou telle partie du réseau contre la mise en marche éventuelle des dynamos. l)ans la salle des machines se trouve un tableau contenant autant de fiches numérotées qu’il y a de circuits distincts desservis par la station. Quand un ouvrier doit manier les câbles de l’un des réseaux, il emporte avec lui la fiche correspondante^ qu’il remettra à sa place à son retour à l’usine. II suffit donc de jeter un coup d’œil sur ce tableau pour connaître les circuits dans lesquels on peut sans danger lancer le courant.
- Un nid d’hirondelles singulier. — M. A. Roujou, à Cha-malières, nous signale un fait très curieux, relatif à l’établissement d’un nid d’hirondelles. Ce nid a été construit par les hirondelles dans la brasserie de M. W. Kuhn, à Chamalières, près Clermont-Ferrand. Il se trouve dans une pièce à deux fenêtres dont l’une reste toujours
- ouverte ; il est confectionné en terre gâchée, comme tous les nids de ’ la mèmè espèce. Le point singulier, c’est qu’il repose à 2m,90 du sol, sur le robinet du tuyau d’un appareil à pastorisation inventé .par M. Kuhn et qui est traversé, à certains moments, par un liquide réfrigérant à — 4° ou — 5°. Il est séparé du plafond par une dis-„ tance d’environ 8 centimètres ; il a l’aspect d’une sorte de tronc de cône surbaissé. Il était curieux de savoir ce que deviendrait la couvée dans ces conditions. On aurait pu craindre qu’elle'ne succombât au froid; tout autre a été sa destinée. Un jour, on a fait passer de l’eau presque bouillante dans le tuyau pour le nettoyage ; et les œufs ont été trouvés cuits, le nid était fracturé en morceaux qui se détachaient et tombaient à terre. Peut-être les œufs avaient-ils été tués par le froid avant l’accident dont il est question. . ,
- Les bénéfices de l'Exposition de 1889. — M. A. Ney-jnarck a communiqué dernièrement à la Chambre syndicale des industries diverses un travail très curieux sur ce que la France a gagné à l’Exposition universelle de 1889. Le premier résultat a été une augmentation considérable de l’encaisse or de la Banque de France ; du 25 octobre 1888 au 23 octobre 1889, l’encaisse a augmenté de 272 040 240 francs. Les Américains ont calculé qu’eux seuls avaient dépensé, chez nous, plus de 350 millions en or. La République Argentine, pour sapait, compte 70 à 80 millions d’exportés en France, ce qui a contribué à aggraver la crise monétaire qu’elle a subie. Les disponibilités de l’épargne se sont accrues, dans les banques de Paris, de 86 millions. Les recettes des Compagnies ont augmenté de 66 millions; celles des Omnibus et des Petites-Voitures, de 4 nul-, lions chacune. Les bateaux-mouches et les tapissières ont fait des recettes inouïes. L’octroi de Paris a fait dix millions de plus en dix mois que pendant la période correspondante de 1888. On calcule, en outre, que les étrangers ont laissé à Paris 750 millions, les proyip-ciaux 400 à 500 millions. En additionnant toutes ces sommes, M. Neymarck arrive au chiffre colossal de 1 milliard 750 millions. Mais, fait remarquer avec raison le Journal du Crédit de Paris, M. Neymarck commet une grosse erreur. En additionnant les encaisses de la Banque de France et des autres banques avec les dépenses des étrangers, il fait double, emploi, puisque ces encaisses proviennent précisément des dépenses des étrangers. D’un autre côté, les 500 millions laissés par les provinciaux ne doivent pas non plus être compris dans l’addjtion, puisque c’est de l’argent français qui n’a fait que changer de mains.
- BIBLIOGRAPHIE
- • i, -
- Leçons sur l’électricité professées à l’Institut électro-technique Mon-tefiore annexé à l'Université de Liège, par Eric Gérard, directeur de l’Institut, tome II, 1 vol. grand in-8° avec 142 figures, Gauthier-Villars et fils, éditeurs.—Paris, 1890.
- L’ouvrage que nous annonçons à nos lecteurs forme le complér ment du tome Ier publié précédemment. Le premier volume exposait les théories électriques, les modes de production ; le second renferme la description des principales applications industrielles. C’était là une division necessaire et qui est adoptée déjà dans plusieurs ouvrages en cours de publication. Des chapitres spéciaux sont consacres à la distribution de l’énergie, électrique, aux canar lisations électriques. On y trouve des renseignements nombreux et fort bien exposés. Cependant nous aurions désiré, sur plusieurs points, des études plus complètes, notamment sur les divers sys? i tèmes de distribution, sur leurs avantages et leurs inconvénients ] respectifs. Il est vrai que le cadre de l’ouvrage était trop vaste < pour s’arrêter ainsi aux questions de détail. A part ces quelques j
- remarques, l’ouvrage de M. Eric Gérard constitue un des meilleurs !
- et un des rares traités bien au courant des derniers progrès de la |
- science électrique. Qu’il nous suffise de mentionner encore les I
- chapitres relatifs aux moteurs, à la transmission électrique. de i
- l’énergie, à la traction électrique, à l’éclairage électrique et ,à \
- Télectro-métallurgie. En résumé, ce traité constitue pour les élec- j
- triciens un des documents les plus précieux à consulter. Ils y trou? ]
- veront les premiers renseignements pour effectuer les calculs ]
- d’une distribution et d’une installation électrique. j
- L'unification des heures et les fuseaux horaires, par A. Poelain, de i la Compagnie de Jésus. 1 brochure grand in-8“. Chez l’auteur, 2., j rue Volney, à Angers. ’
- L'auréole photographique, par le Dr A. Guébhard. 1 brochure in-8“-Société anonyme de publications périodiques. — Paris, 4890,
- La Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser i l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rne de Fleurus.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature,est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 746e BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATUR]
- D APRÈS LES OBSE i 1AIIONS*D 8 M. RENOO (PARC DE SAINT-MAUR, ALTITUDE ; 49 II. 30)
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- Septembre 1890. — Semaine du lundi 1er au dimanche 7 Septembre 1880.
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- La courbe *u>>er>eure indique la nébulosité de Q à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Baromètre enregistreur de M. Rédier. — Thermomètre à l'abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- HASES DE 1.A I UNE : D. Q. LE 6 A 5 H. 59 M. DH MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- / JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLOIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES :
- Lundi 1" septembre . . 8* ,9 N. N. W. 2 Beau. 0,0 lr Nuag. de 9 h. à 17 h.; beau le reste. .
- Mardi 2 7°,2 N. 0. Beau. 0,0 Beau matin, p. nuageux soir; brouillard partiel à 6 h.
- Mercredi 3 8»,t Calme Peu nuageux. 0,0 Peu nuageux matin ; couvert soir ; halo ; gouttes à 25h., 2ô m. —30 in. ,
- Jeudi 4 13”,5 S. W. Pluie. 0,7 Couv , bruine souvent; brouillard de 1000 m., à 10h.
- Vendredi 5 15".5 N 2. Couvert. 1,5 Presq. couv. jusq. 15 h.; peu nuag. ens.; bruine à 1 h.
- Samedi 6 15",8 N 1 Couvert. 0,0 Couv. de 4 h. à 9 h.; nuag. av. et apr., beau depuis. 16 h.; brouillard matin.
- Dimanche 7 14»,2 N. N. E. 2 Brouillard. 0,0 Beau jusq. 4 h. couv. jusq. 11 h.; nuageux et heau ensuite; brouillard de 400 m. matin.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Résumé des observations météorologiques faites au pare de Saint-Maur en août 1890
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 756"“,69. Minimum, le 27, à 2 h. 20 m. du soir, 742"",75. Maximum, le 4, à 9 heures.du matin, 764““,43 (le ,31 à minuit 764““, 36),
- Moyennes thermomélriques : des minima, 11°,87; des maxima, 22°,69; du mois, 17°,28. Moyenne vraie des vingt-quatre heures, 16°,76. Minimum, le 30 vers le lever du soleil, 6°,5. Maximum, le 1", vers 2 heures et demie, 52°,6.
- Tension de la vapeur moyenne, 10"“,81 ; la moindre, le 31, à 4 heures du soir, 5",7 ; la plus grande, le 18, à 7 heures du soir, 17"“,6.
- Humidité relative moyenne, 77 ; la moindre, le 1", à 2 heures du soir, 31 ; la. plus grande, 100, en cinq jours. Petit brouillard le 18.
- Pluie, 43““,2, en vingt-sept heures trois quarts réparties en seize jours. Il y a eu une forte pluie le 27 qui a donné 17““,8 ,en six heures et demie.
- Nébulosité moyenne, 5a.
- Sept jours d’orage : le 1", dé 5 h. 54 iril à 9 heures du soir avec chute de foudre, léclairs le reste de là soirée ; le .2, de .5 heures et demie à 6 heures du
- soir; le 3, de midi 43 m. à 2 heures du soir; le 4, de midi 46 m. à 3 heures du soir, et quelques coups de tonnerre à 5 heures et demie du soir; le' 17, de 5 heures et demie à 7 heures du soir, puis éclairs le reste de la soirée ; le 18', quelques coups de tonnerre de 6 heures et demie à 7 heures du matin; à partir de 8 heures du soir, les éclairs sont incessants et de tous côtés; le 28, tonnerre de temps en temps de 5 heures à 7 heures du soir. Eclairs seuls, les 10,12 et 19. '
- Température moyenne de la Marne, 20®, 16; elle a varié de 17°,02 le 30* à 22°,47, le 10. La rivière est restée claire tout le mois, son niveau a peu varié.
- Relativement aux moyennes normales, le mois d’août 1890 présente lés résultats suivants : Raromètre plus bas de 1“",34; thermomètre plus bas de 1°,06; tension de la vapeur moindre de 0““,51 ; humidité relative moindre de 1 ; nébulosité plus forte de 1 ; pluie moindre de 8"",5.
- Vent de sud-ouest dominant souffle jusqu’au nord-est par l’ouest. Aucun vent depuis l’est-nord-est jusqu’au sud.
- Ecarts de l’été sur la normale : baromèlre plus bas de 0““,05; thermomètre plus bas de 1°,24 ; pluie plus forte de 41““; nébulosité plus grande de 5. 1 :
- Nous avons noté la floraison des plantes suivantes : le 3, Persicaire; le 11, Myrte à fleurs doubles ; Plumhago larpente; le 13, Tritoma uvaria. Le 14, Abricots bien mûrs dans le jardin. ,
- Les Martinets ont disparu Je 31 juillet. . ;
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- 1 Librairie Cr. MASSON, ISO, Tboixlevard. Saint-Germain, à Paris
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- ! ,HISTOIRE DE LA CIVILISATION CONTEMPORAINE
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- I ' Ch. SEIGNOBOS
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- I * DOCTEUR ÈS-I.ETTRK8
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- I 1 volume in-18.................................3 francs.
- I L’ouvrage dont nous signalons le titre aux lecteurs de La Nature n’est pas un ouvrage scientifique. Mais il contient en
- si peu de pages une telle quantité de faits et d’appréciations sur l’histoire contemporaine, il est écrit d’une façon si claire et | il est d’une lecture si instructive et si agréable, que nous croyons qu’ils nous sauront gré de le leur signaler. Quelques extraits de récents articles de journaux diront mieux qu’une longue analyse ce qu’est ce livre et dans quel esprit il est conçu.
- Livre des plus suggestifs, comme ou dit aujourd’hui, rempli de faits et d’idées, nourri jusqu’à la pléthore, sans confusion pourtant et sans longueurs, car M. Seignobos a résolule problème de condenser en 400 pages toute l’histoire du dix-huitième et du dix-neuvième siècle. Cet extrait de moelle historique est-il fait pour l’estomac peu robuste des élèves en général et les élèves de l’enseignement spécial en particulier? Je crains que ces allusions rapides à des faits supposés connus, mais que la majorité des lecteurs n’a jamais su ou à eu le temps d’oublier, ne leur laissent que des impressions très fugitives. Les considérations générales et les grandes vues sont, à coup sûr, chose commode pour ceux qui aiment mieux contempler l’histoire de très loin et de très haut que de se donner la peine de l’étudier d'un peu plus prés. Je comprends la philosophie de l’histoire à l’usage des gens du mon le; je ne l’admets guère à l’usage des classes. Voilà pourquoi le livre de M. Seignobos, précisément parce que c'est dans son genre un petit chef-d’œuvre et qu’il répond de la façon la plus exacte à la lettre et à l’esprit du programme de sixième année de l'enseignement spécial, me paraît, contre ces programmes, une objection des plus graves.
- [UEnseignement secondaire, 10-25 août 1890.)
- Pénétré de cette idée que la civilisation est une œuvre internationale, que le travail d’une nation s’y mêle au travail des autres, l’auteur cherche à reconnaître ce que chaque pays a fait pour le progrès du monde.
- A la France on doit l’établissement d’une Société fondée sur l’égalité des droits; à l’Angleterre "les progrès économiques. Après avoir étudié les grands événements qui ont aidé ou entravé sa marche, il analyse les caractères de la civilisation contemporaine ; elle est universelle, industrielle, internationale. Au lieu d’être réglées par la force et la coutume, lès sociétés sont fondées sur des principes; elles ont établi l’égalité publique et reposent sur la liberté privée; la sécurité est complète, la civilisation est devenue pacifique.
- Tout a pu changer, la vie matérielle, la vie intellectuelle, la vie sociale; mais constatant que l’humanité a traversé sans périr des transformations qu’on n’aurait même pas imaginées, l’auteur en conclut que l’histoire de la civilisation doit nous apprendre à avoir confiance dans l’avenir.
- (Revue du Cercle militaire, 8 juin 1890.)
- Comme le titre le fait deviner, M. Seignobos n’a pas voulu faire une oeuvre d’érudition; il n’a pas non plus eu la prétention de composer une philosophie de l’histoire contemporaine et de dégager les lois de l’énorme masse des faits. Dans sa pensée, son livre n’est qu’un livre de classe. Quand les élèves possèdent dans leur mémoire les principaux événements de l’histoire, leur tâche n’est pas terminée : ils doivent discerner quelle est l’importance relative de chacun de ces événements, s’il a été un bien ou un mal, s’il a contribué au progrès ou pour mieux dire, s’il a amené une transformation dans la société. M. Seignobos a voulu les aider dans cette étude générale : et, pour eux, il a écrit successivement trois ouvrages : la Civilisation ancienne, la Civilisation au moyen âge et dans les temps modernes, enfin, la Civilisation contemporaine.
- Pour réussir dans ce dessein, il était nécessaire de réunir deux qualités en apparence contradictoires. M. Seignobos les possède l’une et l’autre ; et c’est ce qui donne à ces volumes une très haute valeur.
- La première est une grande curiosité, qui s’applique à tous les faits, à toutes les idées, à toutes les manifestations de l’esprit humain. Tel historien n’attache d’importance qu’aux événements militaires ; tel autre croit avoir rempli sa tâche quand il a suivi les intrigues d’une négociation diplomatique, et quand il a raconté, pendant une certaine période, les relations de la France avec les pays voisins; un troisième étudie seulement les institutions. M. Seignobos lui, né fait püs de semblable choix; dans la Civilisation contemporaine, qu’il lait dater avec raison non de 1789, mais du milieu du dix-huitième siècle, 'vous trouverez un résumé remarquable des campagnes de la Révpjutipn -et de l’Empire; vous y lirez des pages fort bien faites sur les négociations et les traités de paix, notamment sur le Congrès de Vienne et sur la politique des congrès ;
- enfin, vous y verrez quelle était la situation de la France en 1789 et quelles constitutions multiples notre pays s’est données de 1791 jusqu’en 1875.*Mais là ne se borne pas la curiosité de l’auteur. Comment faire une histoire de la civilisation sans jeter un coup d’œil sur les lettres et les arts ? M. Seignobos leur a consacré d’excellents chapitres ; je le félicite d’avoir osé; dans un livre de classes, nous dire ce qu’était l’école réaliste, et de citer,"avec Alphonse Daudet, Emile Zola ; je le félicite surtout d’avoir donné une place aux littérateurs et aux artistes étrangers, qu'il semble bien connaître ; des écrivains comme Thaekeray, Tolstoï, Frcytag, des sculpteurs comme Thorwaldsen et Schwanthaler, des musiciens comme Richard Wagner doivent être appréciés dans une histoire du dix-neuvième siècle. Ce n'est pas encore tout. On sait de quelle importance sont de nos jours les questions économiques et sociales ; M. Seignobos n'a eu garde de les négliger; il'a fait connaître avec clarté les doctrines de Lassalle et de Karl Marx; il a expliqué ce qu’était un collectiviste et un anarchiste ; il a même dit quels efforts on a tentés pour amener l’éman cipation civile et politique de la femme.
- Mais comment faire tenir tant de choses dans un livre assez petit ? Comment, sans être confus, et en restant toujours clair, exposer tant de faits, tant de systèmes ? M. Seignobos y a réussi, d’abord parce qu’il a lui-même une vue très nette de l’histoire, des idées personnelles très arrêtées, parfois un peu tranchantes ; parce qu’ensuite il sait enfermer ses opinions en des formules simples et précises ; enfin, parce qu’il prend soin de très bien diviser ses chapitres, d’annoncer d’avance son plan, de ne jamais le perdre de vue et de le reprendre à l’occasion. Voir, p. 85, ce qu’il dit de l’ancien régime : le même plan se retrouve p. 108, et servira à résumer l’œuvre de la Constituante.
- Pour tous ces motifs, malgré quelques petites erreurs de détail, ce livre intéressera non seulement les élèves pour lesquels il a été écrit, mais encore les historiens de profession. 11 apprendra à ceux-là à réfléchir; il leur montrera qu’en histoire les faits ne sont qu’une matière première, que l’essentiel est d’en saisir l’enchaînement et la portée. Ceux-ci feront leur profit d’une série d’observations de details fort justes: ils retiendront quelques-unes des formules énoncées, celle-ci, par exemple, qui nous dépeint fort bien l’état actuel du monde : « Le monde civilisé se trouve pris entre deux courants opposés. La civilisation commune crée un courant international qui pousse les peuples à se srnlir solidaires et à se rapprocher; les réalités et les haines créent un courant national qui pousse les peuples à s’isoler et à se traiter en ennemis. De la force de ces courants dépendra l’avenir du monde ; ils entreront en communion d'idées avec un vif esprit, tout à fait dégagé de préjugés.
- (Revue critique d'histoire et de littérature, 14 juillet 1890.)
- Remontant au commencement du dix-huitième siècle, M. Seignobos, expose les débuts de certains États encore peu civilisés, tels que U Prusse, la Russie, etc., les efforts de l'Espagne et de l’Angleterre pour coloniser, l’état de la Russie et de la monarchie française à la veille de la Révolution. Après ce coup d'œil sommaire, il entre dans l’histoire de la Révolution française, en démontre l’influence et les conséquences, consacre quelques pages à l’état de la nouvelle société, à la constitution de l’An II, à l’Empire, à la Restauration. Après quelques considérations sur la Belgique, l’Angleterre, le suffrage universel, l’unité italienne, l’Orient, il termine par une étude sur le socialisme et sur l'état présent du monde entier. L’universalité des matières qu’embrasse cet ouvrage ne l'empêche pas d’être aussi complet que possible dans le cadre exigu où il est renfermé. [Matin.)
- 11 avait déjà publié, dans les mêmes conditions de résumé systématique, une histoire de la Civilisation ancienne et une histoire de la Civilisation au moyen âge et dans les temps modernes, sans compter différentes moutures du même sac destinées aux appétits plus délicats ou moins robustes des jeunes filles lycéennes et des enfants des classes primaires. Ce sont des livres bien faits, bourrés de choses fort utiles, mais mélaucoliques à lire et ne tenant à la littérature proprement dite que d’assez loin.
- [Le Litre moderne, 10 juillet 1890.)
- Parie
- Inmriinerie X. I.almre. rue de Fleurus. 9.
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- N*. 905,de \
- LA NATURE/
- Supplément au numéro 903 de LA NATURE,.du 20 septembre 1890
- 595" BOITE AUX LETTRES (
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- SAMEDI
- 20 septembre 1890
- !* lettres et communications relatives à la Boite ans lettres et à la rédaction doivent être adressées à M. Gaston TISSAND1EB
- 50, rue de ChAteandnn, à Paris. t
- Toutes les communications oui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d adresse, etc.) doivent être adressées
- » A LÀ LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- ; . : H ne peut être répondu qu aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le similigraphe-niveau de M. le capitaine Billioque est construit par la Société des lunetiers, 6, rue Pastourelle, à Paris. — La sauteuse de corde, que nous avons décrite dans notre n° 901, du 0 septembre, se trouve chez M.vF.’ Martin, 90, boulevard Ménilmontaut, à Paris. L'elé-
- Shanl mécanique, décrit dans le même article, se trouve chez '. A. Davis, 32, Lord Street, à Liverpool.
- M. Rouillé, b. Rànes (Orne), nous adresse au sujet de notre dernier article sur les araignées, la photographie d’une toile d’araignée couverte de la rosée du malin. La toile était suspendue verticalement entre deux arbres, derrière lesquels était disposé un écran. Les outtelettes de rosée, comme autant de petites perles régulièrement isposées, accusent la fine structure du gracieux et fragile réseau.
- Un lecteur, à Mulhouse, à propos de l’article que nous avons consacré dernièrement aux cachets crampons, nous fait remarquer qu’ils ne rendent pas les enveloppes absolument inviolables; car, d’après une personne au courant ae ces choses, il paraît que certaines enveloppes peuvent être ouvertes sur le côté par un canif très fin, puis la lettre lue, on recolle l’ouverture avec une pâte de papier spéciale. Il faudrait que le crampon traversât une des feuilles de la lettre pour la rendre solidaire de l’enveloppe. Il est bon aussi de noter un chiffre particulier pour le cachet crampon, qui peut être facilement remplacé.
- Un lecteur bruxellois. — Vous nous dites que l’administration des Postes s’est refusée à faire effectuer à une lettre le tour du monde conformément aux indications formulées dans le n° 893 de La Nature, et vous nous demandez comment il faut s’y prendre pour qu’une lettre fasse le parcours indiqué. On peut essayer de mettre la lettre dans une série d’enveloppes toutes enfermées les unes dans les autres et portant par ordre l’adresse du directeur des Postes des principales villes par lesquelles la lettre doit successivement passer. Mettre une inscription avec prière d’ôuvrir et de jeter à la poste la lettre renfermée. Vous recevrez peut-être au bout d’un certain temps, une lettre qui aura effectué le tour du monde, mais qui n’aura conservé aucune suscription de son voyage. 11 est compréhensible que l’Administration des postes ne se prête pas à ces sortes d’expériences.
- M. E. R., à Froyères. — La vitesse de circulation de l’eau sera, aux frottements près, la vitesse de la roue à aubes, c’est-à-dire lm,36 par tour ou 400 mètres par minute. Mais il est à craindre que le frottement dans les tubes ne retarde beaucoup et ne réduise la vitesse, en forçant à augmenter la dépense de force motrice. Il s’agit là d 'essais à effectuer sur place.
- . M. P. D., b A. — Nous allons prendre des informations.
- M. D. Berg, à Tours. — Cette matière amylacée n’a reçu jusqu’ici aucune application industrielle.
- M. R. F., à Sedan. — L’obturateur Londe-Dessoudeix pourra tous convenir. C’est celui dont nous nous servons. Il faudrait demander au constructeur la plus grande vitesse possible.
- , M. R. S., b Gravelines. — 1° Système Melsens. — 2° M. Mildé, 26, rue Laugier. — 3° Avec de la colle de pâte.
- U. E. C., b Rouen. — 1° Pas encore de fabricants spéciaux. — 2“ Adressez- vous à un constructeur d’appareils électriques, la Compagnie Edison, 8, rue Caumartin, à Paris. — 3° Il faut des accumulateurs légers et puissants.
- " M. A. B ., au Uavre. — Il est bien difficile de faire soi-même un appareil plus compliqué; Nous allons étudier la question.
- M. G. d'Eschat, à Paris. — Les articles relatifs à la construction théorique d’un cerf-volant se trouvent dans le n° 849, du 7 septembre 1889, p. 234, et dans le n# 851, du 21 septembre 1889, p. 262. * .
- . Une abonnée, à Havbes-sur-Meuse. — Il faut vous adresser à la Société de géographie, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. H. Odet, à Montélimar. — On a essayé bien des fois d’élec-trolyscr des sels d’aluminium et particulièrement les fluorures doubles. On prend généralement aujourd’hui le fluorure double d’aluminium et de sodium et l’électrolyse a lieu en fusion aqueuse eu ignée.
- ' M. J. P. A., à Clermont-Ferrand. — Al’Ëcole municipale de physique et de’chimie, à Paris, 42, rue'Lhomond, il existe un cours spécial d’électricité théorique et pratique; après trois années d’études, cette école accorde le diplome.de physicien.
- M. L. Michetot, b Epernay. — Adressez-vous à la Compagnie de l’air comprimé, 54, rue Etienne-Marcel, à Paris.
- ‘M. Gérardin, à Richecourt. — M. l’abbé Fortin, curé de Ghâlette (Loiret).
- M. L. L. M., à Bruxelles. — Le mot compound (composé), appliqué aux machines à vapeur ou aux moteurs à gaz, désigne des machines à deux cylindres à effets décalés, c’est-à-dire n’agissant pas au même moment. Dans les machines électriques, le mot compound s’applique à un enroulement des inducteurs composé (partie circuit, partie shunt) qui a pour effet de maintenir la différence de potentiel constante, quelle que soit la résistance extérieure, la vitesse restant, elle-même constante.
- Mm° lu comtesse Le Marois, à Anneville-en-Saire. — La bouillie de chaux vive, appliquée sur les arbres, doit les protéger contre les atteintes des lapins. Nous vous conseillerons également d’y faire ajouter de l’acide arsénieux eu petite quantité.
- M. Saint-Clair, à Paris. — 1° Il est question de la lampe Stella dans les n°‘ 898 et 899. — 2° Le fusil Gilfard a été décrit n° 894.
- M. Dufay, à Pointe-à-Pitre. — 1° Pas d’ouvrages ni de journaux spéciaux. — 2° Traité forestier pratique, par Gurnaud, ou Géodésie pratique des forêtst par Hennon, et autres ouvrages du même genre, à la Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- Un lecteur, à Pans. — 1° Remerciements pour votre renseignement. — 2’ Le photomètre qui a été employé dans les essais photométriques dont il est question est le photomètre de M. Mascart.
- M. F. de Novagas, à Valls (Espagne). — Nous avons déjà indiqué dans La Nature de nombreuses formules de révélateurs.
- il/. Paid Ducray, à Lyon. — Les renseignements donnés sont exacts; il est difficile de vous renseigner à distance-; il faudrait examiner vos produits et votre manière d’opérer.
- M. Ch. Rippert, à Saint-Germain.- — 1° Bonde automatique : M. W. Hubert, à Genève. — 2° Collier de sauvetage : M. Thuillier, 28, rue du Parlement-Saint-Pierre, à Bordeaux.
- M. P. M. C., à Saint-Georges. —• Les détails des opérations sont tenus secrets ; nous pouvons cependant vous dire qu’à l’action de la vapeur pour le cintrage des bois de carrosserie on joint également’ l’action d’une dissolution d’eau salée, en laissant tremper les bois pendant quelque temps..
- il/. J., à Paris. — Nous renouvelons les renseignements que nous avons déjà donnés plusieurs fois au sujet des poupées phonographiques, que la fabrication s’organise en France, mais n’existe pàs encore. À l’adresse que vous nous indiquez, l’objet est inconnu.
- M. Joaquim de Azevedo, à Lisbonne. — Nous ne nous rappelons pas avoir publié cette recette dans La Nature; peut-être faites-vous erreur.
- M. P. Penneteau, à Paris. — Disposez le prisme de façon à recevoir les rayons lumineux après leur réflexion sur la face antérieure, et placez ensuite l’objectif sur le passage de ces rayons. s
- Un lecteur bruxellois. — Consultez les petits livres des Recettes et procédés utiles et de la Science pratique. (G. Masson, éditeur.)
- M. A. S., à Montpellier. —Ces miroirs ont besoin d’être réargentés ; voyez les recettes dans le premier des petits livres indiqués" ci-dessus.
- M. P. Mathieu, b Carquefou. — Appliquer les recettes ordinaires de dorure, indiquées dans les mêmes ouvrages. <
- M. Cavaillé, à Montignac de Seyches. — 1° Livres élémentaires d’électricité, chez les libraires scientifiques. — 2° Plaques Lumière, à Lyon. — 3° L’appareil n’est pas encore dans le commerce.
- M. R. Talbot, à Berlin; M. G. Gouville, à Carentan. — Nous vous donnons plus haut les adresses demandées.
- M. R. M., à Paris. Les piles dont vous parlez ne vous donneraient qu’une lumière intermittente; prenez de préférence des piles au bichromate avec petits accumulateurs, ou des piles du commandant Renard, chez MM. Aron, 152, rue de Turenne, à Paris.
- M. Marcel C., à Lyon. — 1* Chez les marchands de produits chimiques. — 2° Pas d’ouvrage de ce genre. *•
- M. Benoît, à Dijon. — Nous avons publié une série d’articles très complets sur le photophone et ses applications; voyez la Table des matières des dix premières années.
- M. Rieffel, à Montreux. — Nous regrettons de ne pas connaître l’adresse de cet opérateur.
- M. Malavant, b Paris. — Pour détruire les rats dans les vergers, vous pouvez mettre à proximité deux assiettes, l’iine remplie d’eau; et l’autre de ‘plâtre très fin recouvert de farine. Vous pouvez également employer la pâte phosphorée. . . . r
- Un élève de Saint-Elme. — 1° Ces taches détériorent les tissus, etsne sauraient être bien enlevées. — 2° L’expérience dont vous parlez est classique. L’eau versée sur une capsule de platine chauffée au rouge blanc prend l’état sphéroîïdal. Il suffit de versér déSsus
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- une petite quantité d’acide sulfureux liquide qui, par son évaporation, détermine la congélation de l’eau..
- M. Maurocordatos, lieutenant d’infanterie, à Athènes. — Nous avons reçu votre intéressante communication que nous publierons prochainement.
- M. L. Parsy, à Billancourt. — Youlez-vous nous donner quelques renseignements sur votre'méthode?
- M. Duveau, à Beaufort. — Votre projet relatif au grisou est ingénieux en principe, mais nécessiterait un matériel bien important; il nous semble qu’il y aurait des difficultés pratiques.
- il. L. P., à Vire, et M. Guérin , à Lunéville. — Vous nous demandez de vous indiquer un bon appareil photographique, et beaucoup de lecteurs nous adressent la même question. — Les appareils sont très nombreux ; nous ne saurions vous recommander tel ou tel système. Vous pouvez faire un choix en consultant les annonces de La Nature ou en demandant un catalogue aux constructeurs.
- ‘ M. A. Schnéegans, à Paris; M. Eschaffert, à Tours; Mme Platet, à Paris; M. Leirillard, à Paris; M. Bossé, à Longjumeau; M. de la Haye, à Boulogne-sur-Mer; M. A. Lantz, à Mulhouse; M. de Grand-val, à La Groirie; M. P. B., à Nyon; M. A. Rousseau, à Carpen-tras; Un lecteur, à Versailles; M. E. V., à Belfort.—L’adresse relative à l’engrais pour les plantes d’appartement a été indiquée dans la Boîte aux lettres du numéro qui signale ce produit.
- M. G. de G., à Nancy. — Il faut des appareils spéciaux pour faire la photographie des étoiles et des nébuleuses.
- M. A. Tallet, à X. — Prenez de la benzine non rectifiée, chez les marchands ordinaires de produits chimiques. La benzine ordinaire pourrait convenir.
- Un abonné, au Vasselin. — Pas de représentant à Paris; l’adresse du marchand à Londres est indiquée en tète de la Boîte aux lettres de notre dernier numéro.
- M. H. T., au Yigan. — Traité pratique de la peinture des épreuves photographiques, suivi de Différents procédés de peinture appliqués aux photographies, par M. Klary, à la librairie Gauthier-Yillars et fils.
- M. E. Caballero, à Pontevedra. — Machines à glace : appareil Carré, 29, rue de l’Estrapade ; apppareil Rouart frères, boulevard Richard-Lenoir, à Paris.
- M. Alexandre, à Bruxelles. — Remerciements pour vos photographies que nous utiliserons.
- M. Delaurier, à Paris. — Consultez Y Annuaire de l’Observatoire de Montsouris. (Librairie Gauthier-Villars.)
- M. G. S., à Paris. — La lithographie ou les procédés autographiques pourraient vous convenir.
- M. J. A. Nussbaum, à Tiflis. — Nous n’avons pas l’adresse de l’inventeur; il nous a été impossible de lui envoyer votre lettre. Tous nos regrets.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- La photographie en yacht. — Je prends la liberté de vous envoyer la description d’un support de chambre noire extrêmement simple, que j’ai combiné et expérimenté et qui m’a donné d’excellents résultats. Son but principal est de permettre de prendre des vues instantanées en mer avec des appareils de toute dimension, et d’obtenir des épreuves autrement intéressantes que celles que l’on fait avec les appareils tenus à la main et qui ne permettent guère de dépasser les dimensions 9x12. Mon support, que l’on peut appeler aérien, n’est autre chose qu’une sorte de chaise de gréement ou d’escarpolette, portant tout le poids de l’appareil que l’on maintient horizontalement et qui permet de contre-balancer sans effort et sans secousses tous les mouvements du navire. 11 se compose d’une planchette de 4 à b centimètres de largeur (A) placée en travers sous la chambre noire qu’elle dépasse de quelques centimètres et sur laquelle celle-ci est fixée par une vis de serrage (V) semblable à celles des pieds ordinaires. Celte planchette peut être recouverte de drap pour augmenter l’adhérence, Pour monter celte sorte d’escarpolette, on fait passer de haut en bas dans les trous pratiqués à ses deuk extrémités les deux bouts d’une corde (B) que l’on termine par un nœud. Cette corde, dont l’écartement est maintenu par pne traverse légère (T), placée un peu au-dessus de l’appareil photographique pour le protéger, passe librement dans un anneau (S), afin de permettre les mouvements de bascule à droite et à gauche par glissement avec léger frottement.
- Cet anneau est lui-même amarré à un filin passant dans une poulie frappée sur un cartahu ou sur une partie quelconque du gréement du bateau, pour mettre l’appareil à la hauteur convenable. Le mouve-
- ment de bascule en avant et en arrière, s’obtient par la mobilités naturelle de l’escarpolette sur ses deux points d’attache; quant à e.lui de rotation, on l’a par la torsion de la corde. On a donc à sa déposition tous les mouvements désirables, extrêmement doux, et l’orientation se fait avec une facilité et une rapidité surprenantes. U! suffit de maintenir l’équilibre de l’appareil, tout en mettant au point, et de presser la poire de l’obturateur au moment opportun, soit avec la main, soit avec le pied. Si l’on veut abandonner momentanément l’appareil à lui-même, le hisser ou l’amener, on se se rtd’une petite balancine (11) partant de l'anneau, passant de chaque côté du côue et
- Appareil de M. Piver pour la photographie instantanée à bord des yachts. — A. Planchette sur laquelle est placée la chambre noire. — V. É:rou de serrage. — B. Cordes soutenant la planchette A. — T. Traverse en bois. — S. Anneau de suspension. — II, H. Balancines de retenue de l’appareil au repos.
- fixée à la queue de la chambre, qu’on laisse alors pencher un peu en arrière. Cette façon d’opérer pour les instantanés est si commode que je ne saurais trop préconiser l’emploi, même à terre, de ce support essentiellement mobile, chaque fois que l’on pourra disposer d’un point d’appui en haut, sous une véranda, une branche d’arbre, une fenêtre, etc. Si l’on voulait constituer ce point d’appui qui pourrait alors être mobile lui-même pour une série d’opérations, on n’aurait qu’à prendre modèle sur un bossoir d’embarcation, et y suspendre tout le système. Un des grands avantages de ce système de support mobile, sur le pied rigide classique, èst aussi d’atténuer considérablement les trépidations d’un bateau à vapeur, d’un wagon de chemin de fer, d’une voiture, etc. L. Piver.
- BIBLIOGRAPHIE
- L’iconogène. Le développement à l’iconogène. Formules de développement. Fixage. Tirage des positifs à l’iconogène. Renforçage et descente des clichés, par A. Beuthier. 1 bfochure in-18 de îÆn-cyclopédie photographique. Librairie centrale des sciences. J. Michelet. — Paris, 1890.
- Météorologie de Vannée 1889 au parc de Baleine {Allier), par M. G. de Rocqcigny-Adanson. 1 brochure in-8°. Imprimerie E. Au-claire.— Moulins, 1890.
- Le retour des hirondelles, par M. G. de Rocquigny-Adanson. 1 brochure in-8\ Imprimerie E. Auclaire. — Moulins, 1890.
- Li Rédaction et l’AdministratioH de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces pour lesquelles on doit s'adresser i l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, me de Fleurut.'
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- 747e B UL L B TI N”M E T E 01 i 0 L 0 G10 U E DE LA NATDR]
- d’après les observations de m. renoo (parc de saint-maur, altitude : 49 M. 50)
- Septembre 1890. — Semaine du lundi 8 au dimanche 14 Septembre 1890.
- liililliiiiilEi
- ThermcmelfV humide
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vents
- . Baromètre enregistreur de ME Rédier. — Thermomètre à l'abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. LE 14 A 8 H. 2 M. DU MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE ‘ de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 septembre.. . . 10*,8 N. E. 2 Beau. 0 Beau, sauf couv. de 11 h. à 18 h.
- Mardi 9 10*,3 N. E. 2 Beau. 0 Beau.
- Mercredi 10 11 %6 N. E. t Beau. 0 Beau, halo. - ,
- Jeudi 11 10*, 9 N. E. 1 Beau. 0 Peu nuageux, halo. «
- Vendredi 12 13*, 1 N. W. 1 Couvert, 0 Tr. nuag. jusq. 15 h., beau ensuite; petit brouillard à 5 h.
- Samedi 13. 10%7 N. 1 Peu nuageux. 0 Nuag. de 5 h. à 17 h., beau le reste ; halo.
- Dimanche 14, . 8°,6 N. E. 2 Beau. 0 ‘Tr. beau, sans trace de nuages.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Les inondations dans l'Europe' centrale. — Quelques inondations, qui heureusement ne se sont pas prolongées, viennent d’avoir lieu à l’étranger. Toutes ces inondations, en général, ont été causées par les dernières pluies persistantes. En Suisse, dans la Haute-Thurgovie, les eaux ont causé beaucoup de dégâts; la place d'armes de Frauenfeld a été complètement sous l’eau. La Thur a débordé en plusieurs endroits, à Bürglen, à Weinfelden, et a inondé ces contrées. A Constance, le Rhin a débordé de tous côtés dans les plaines du canton de Thurgovie et du grand-duché de Bade. Les campagnes riveraines sont restées sous l’eau. Le service de la navigation entre Constance et ïchaffhouse a été suspendu pendant quelques jours.
- Les pluies ont aussi fait monter les eaux du lac de Zurich d’une manière tout à fait anormale. De nombreux ponts ont été emportés dan3 le canton des Grisons et des routes ont été submergées. Les communications avec l’Autriche sont restées quelque temps interrompues; les digues ont résiste. Les routes de Peliers et de Reichenau ont été coupées en maints endroits et les services postaux interrompus.
- En Bavière, l’inondation a interrompu le service des bateaux à vapeur sur l’Ammersee. Par suite de l’affaissement d’une digue, un train a déraillé sur le chemin de fer de la Foiêt de Bavière; cinq voyageurs ont été blessés. Dans les plaines de Passau, d’Augsbourg et de Ratisbonne, les récoltes ont été complètement détruites.
- En Autriche, de toutes parts sont arrivées des nouvelles désastreuses des inondations causées en Bohème, dans la haute et basse Autriche et dans le Tyrol par les pluies diluviennes des derniers jours. Une partie de la ville de Prague a été sous l’eau. On a dû suspendre les représentations du théâtre tchèque situé à proximité de la Moldau. *
- A Vienne, l’arche du milieu du vieux pont de pierre « Karlsbrucke » a été emportée. Les trais de reconstruction des trois arches détruites sont estimés à 2o0 000 florins, et les travaux dureront dix-huit mois. Pilsen, Budweis et quantité d’autres villes sont inondées, et les pertes dans les campagnes sont immenses.
- Les communications par chemin de fer entre le Vorarlberg et la Suisse sont interrompues par suite des inondations. Il y a eu aussi de nombreuses interruptions de service sur les lignes de Bohème et sur les chemins de fer de l’État.
- TEMPÉRATURE
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- (N* 904 de
- LA NATUft
- Supplément au numéro 904 de LÀ NÀTURE, du 27 septembre 1890
- e) 596e BOITE AUX LETTRES (»^»)
- I|m lettres et communications relatives k [la Boite ans lettres et à la rédaction doivent être adressées à U. Gaston TISSANDŒR
- 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE Dû JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- ' -1! ; A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- '! Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- - X., à Mexico, à propos de la note insérée dans les comptes
- i rendus de l’Académie des sciences du n° 898, du 16 août, nous écrit
- 2ùvaux environs de cette ville il existe une plante nommée Perejel, ont les lapins sont très friands et qui, paraît-il, a la propriété de les détruire.
- : if. B. L., à Gerbère. — Vous pourrez peut-être vous procurer les objets que vous nous demandez chez M. H. Lustrât, quincaillier de i fin, 55, rue Richelieu, à Paris.
- • M. P. Barbier, à Paris. — Votre lettre a été envoyée à destination. .... M. J. Herqenreder, à Paris. — 1° Pour tout ce qui concerne l’or-iganisation d’une ligne téléphonique, il faut faire la demande à la .direction des Postes et télégraphes du département. — 2° Vous aurez tous ces renseignements à l’ilôtel des postes, 103, rue de Grenelle.
- Mmt T., à Paris. — S’adresser directement à M. Georges Ville, au champ d’expériences de Vincennes.
- M. R. Tapié, à Nancelle. — Le graphique dont vous parlez a été fait d’après l’original de la Compagnie de l’Est. Nous ne l’avons plus à notre disposition. Tous nos regrets.
- M. Ch. de Mesmaeker, à Mons. — Cette question purement littéraire n'entre pas dans le cadre de notre publication ; nous ne saurions l’insérer.
- M. A. Mattéi, à Vichy. — Il n’existe pas d’école téléphonique Spéciale ; il vous faudrait effectuer un stage dans un bureau téléphonique quelconque.
- M. E. Chabalet, à Lyon. — Les appareils, que vous nous décrivez, sont assurément intéressants ; mais ils sont trop spéciaux pour notre journal. Nous vous conseillons de les adresser à un bulletin de chimie pure ou à une société savante.
- M. J. Béguin, à Paris; M. Â. P. G., à Neuilly; M. P. de Fontenay, à Cette; M. Fournier Le Ray à Lorient; M. J. Parquez, à Besançon. — Nous avons indiqué l’adresse à laquelle on peut se procurer l’engrais pour plantes d’appartement dont il a précédemment été question (593” Boite aux lettres).
- M. Ch. Danel, à Paris. — On ne peut encore se procurer en France la poupée phonographique; il faut s’adresser à la Compagnie Edison, à New-York.
- M*‘Maduar, à Reims. — Nous nous sommes renseignés auprès de plusieurs chimistes; la graine en question n’est pas connue.
- M. P. D., à A. — Le principe seul de la méthode a été publié; on n’a donné aucun chiffre sur la formule en poids ou en volume de la liqueur titrée. Il est toujours facile d’établir un titre par l’expérience,
- M. E. Meher, à Calacuccia. —Vous trouverez dans le dictionnaire de Bottin une série d’adresses de brunisseurs et polisseurs, auxquels vous pourrez vous adresser.
- M. E. Sillig, à Bellerive. — Nous ne pensons pas qu’il existe de machine spéciale pour effiler les haricots verts; nous avons recherché dans les catalogues de plusieurs fabricants et n’avons trouvé aucune indication de ce genre.
- M. R. Ph. Massé, à Strasbourg; M. A. Ursprung, à Barmen. — Nous vous avons répondu directement.
- M. H. C. Bosdet, à Paris. — L’adresse demandée est : 72, rue Saint-André, à Lille.
- M. Le Bon, à Ostende; M. E. M., à Lyon; M. H. Villard, à Lunéville. — Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles. •(G. Masson,éditeur.)
- M. F. Guidi, à Fribourg. — Voyez des traités d’analyses aux librairies Gauthier-Villars, Masson, Michelet.
- Un abonné, à Buenos-Ayres. — Consultez les traités d’anatomie; vous serez renseigné.
- M. P. Cergel, à X.; M. Godfroy, à Paris. —Remerciements pour Vos communications.
- M. A. T., h Villers. —• Voyez les manuels de photographie; tous ces détails y sont consignés.
- M. F. L. R., à Bercy. —Nous regrettons de ne pas connaître de recette spéciale à ce sujet.
- M. V. S., à Paris. — Il existe une petite brochure sur les expériences que l’on peut réaliser à l’aide d’une bobine Ruhmkorff; elle est éditée par M. Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire.
- M. Perrier, à Paris. — Nous croyons que vous pouvez vous servir du sublimé corrosif qui est usité dans les méthodes d’embaumement.
- M. Magnin, à Lyon. — 1° Non; il faut un courant d’hydrogène pur. — 2° Il y a un fort échautfement. — 3° La température atteinte est voisine de 100Q degrés.
- M. W\ M. Lellan, à Malaga. — 1° Le verre, par Péligot. (G. Masson, éditeur.), — 2° Confiseur r par MM. Cardelh et Lionnet-Cléinan-
- dot, à la librairie encyclopédique Roret, rue Hautefeuille, à Paris
- M. F. A. J., à Passy. — 1° L’acide acétique est le meilleur dissolvant. — 2* Consultez le Dictionnaire de chimie de Wurtz, à l’article Celluloïd.
- M. E. Bonhomme, à Thiviers. — 1° Il existe, en plusieurs endroits, des installations d’éclairage électrique à l’aide de moteurs à vent; mais il faut avoir soin de disposer des accumulateurs en dérivation aux bornes de la dynamo pour remédier à l’inconstance du vent. — 2* Essayez un vernis à la gomme laque très clair.
- M. Benoît, à Dijon. — Procurez-vous la Table des matières des dix premières années; vous y trouverez toutes les indications sur le photophone.
- M. J. Bizet, à Mouy. — 1° Maison Weyher et Richemond, à Pantin (Seine). — 2° Lampes Gabriel : M. Felsenberg, 13, boulevard Voltaire, à Paris; lampes de Khotinsky : M. D. Augé, 14, rue de Hambourg. — 3° Les deux systèmes ont leurs avantages et leurs inconvénients.
- M. Paul Moulin, à Gournay-en-Bray, nous signale un œuf double constitué par un œuf tout formé avec sa coquille à l’intérieur d’une autre coquille. Nous avons déjà signalé plusieurs fois des phénomènes de ce genre : ils ne sont pas rares.
- M. Maurice Gautier, à Alençon, à propos de la description du support de chambre noire de M. Piver, que nous avons donnée dans notre dernière Boîte aux lettres, nous écrit qu’il se sert en bateau d’un appareil à main 11 x 24 ou 21 x 27 d’une très grande simplicité, et ni pesant ni gênant à porter. Une lentille plan-convexe disposée sur la chambre noire permet de suivre tous les mouvements de l’objet à reproduire.
- M. É. Bourgeaud, à Bilbao. — Le Dictionnaire du mobilier, de Viollet-le-Duc, est édité par M. Bance, éditeur, 13, rue Bonaparte, à Paris.
- M. L. C., à Bordeaux, au sujet de notre récent article sur les billes de billard, nous informe qu’il a eu l’occasion de voir, il y a quelques années, des billes en celluloïd qui avaient l’avantage d’étre parfaitement homogènes ; il est probable que ces objets offraient des inconvénients, puisqu’on n’a pas continué à les fabriquer.
- M. P. Mené, à Thionville. — Nous regrettons de ne pouvoir vous donner d’autres renseignements.
- M. J. Turrian, à Prihuki. — Le meilleur moyen pour noircir le laiton est de passer une légère couche de vernis noir spécial, et de laisser oxyder à l’air.
- M. Tardy, à Bourg. — Tous nos remerciements pour votre intéressante communication que nous utiliserons prochainement.
- Un suscritor à La Nature, à Coahuila (Mexico), nous adresse la photographie d’un coq qui a une double crête, formant en quelque sorte deux cornes au-dessus de sa tète, et une brochure sur un traité de tachigraphie de M. Ortega.
- M. Paul Fermaud, à Paris. — Ces monstruosités végétales ou animales ne sont pas très rares. Remerciements.
- M. Morin, à Neuilly-sur-Seine. — Best difficile d’exiger l’emploi d’un tel système; on n’en tiendrait pas toujours compte.
- Un clerc, à Paris, nous adresse la photographie d’une sépulture récente à Saint-Aubin-sur-Mer (Calvados) qui offre l’aspect de la sépulture romaine de Beauvais, dont nous avons récemment parlé.
- M. Enrique Fernandez, à Bdbao. — Ce n’est pas dans la Boîte aux lettres que vous avez lu ce procédé : nous ne croyons pas qu’il y ait de moyen pratique à vous signaler.
- M. Dupont, à Genève. — Nous avons envoyé votre lettre à l’auteur de l’article, et nous publierons ici sa réponse.
- RÉPONSES
- Réponse au n° 1299. — Caries militaires collées sur
- toile. — Pour coller les cartes d’état-major, on peut employer le procédé suivant. On coupe la carte en vingt et un morceaux bien égaux; sept dans la longueur et trois en largeur. On tend ensuite bien régulièrement sur une planche une toile d’un tissu serré. On trace, à 1 centimètre du bord, une verticale et une horizontale, puis on colle les morceaux en suivant ces lignes, en laissant entre chacuir des morceaux un espace de 2 millimètres. Retourner les bords en les collant avec de la gomme, tandis que le reste doit être collé avec de la colle de pâte. Laisser sécher entre deux planches fortement pressées. Puis plier et mettre en presse. Désormais il sera facile de la mettre en étui. (Communiqué par M. A. T., à Villers).
- (La suite au prochain numéro.)
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- 8e bulletin trimestriel astronomique
- Dressé à l’Observatoire de Paris d’après les publications du Bureau des Longitudes
- POSITION DES PLANÈTES PRINCIPALES » Octobre •Novembre-Décembre fl 800
- 21 il lltov. 21
- PerséeTn^r* ^en nniiuitl
- lôct.
- assage au
- Mouche
- NEPTUh
- SATURNE
- Petit Chien
- Baleine
- Lièvre
- Graiid/Chién
- •xvm
- E^oréafe
- Hercule
- Dauphin
- Ophiucu:
- Poissons
- Verse;
- 10ct
- 5 erpent
- Gorfceai
- ’lOct.
- corpio i
- Psisson Austral
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- Éclipse partielle de Lune, invisible à Paris, le 26 novembre
- Entrée dans la pénombre à....................... 11 h. 26 m. 8 matin
- Entrée dans l’ombre à............................. . 1 h. 58 m. 9 soir
- Milieu de l’éclipse à............................... 1 h. 43 m. 2 soir
- Sortie de l'omlvre à................................ 1 h. 47 m. 1 soir
- Sortie de la pénombre à............................. 3 h. 59 m. 2 soir
- Grandeur de l'éclipse = 0,0014, le diamètre de la Lune élaut un.
- Coucher de la Lune à Paris à 7 h. 5 m. du matin.
- Éclipse annulaire et totale de Soleil invisible à Paris, le 12 décembre.
- Commencement de l’éclipse générale à 0 h. 37 m. 5 malin, dans le lieu, longitude = 74° 45’ E., laiitude = 7° 55'A.
- Commencement de l’éclipse loiale à 1 h. 41 m. 8 malin, dans le lieu, longitude = 53° 59' E., latitude = 18° 13' A.
- Commencement de l’éclipse centrale à 1 h. 42 m. 1 matin, dans le lieu, longitude = 54° 7' E., latitude = 18° 24' A.
- Eclipse centrale à midi vrai, à 3 h. 24 m. 3 matin, dans le lieu, longitude = 127°22 E., latitude — 53° 59' A.
- Fin de l’éclipse centrale à 4 h. 47 m. 5 matin, dans le lieu, longitude .= 144° 29’ 0.. latitude = 36° 10’ A.
- Fin de l’éclipse totaleà 4 h. 47 m. 8 matin, dans le lieu, longitude = 144° 18'0., latitude = 35#59'A.
- Fin de l’éclipse générale à 5 h. 52 m. 1 matin, dans le lieu, longitude = 166° 33'0., latitude = 26° 0' A.
- L’éclipse est visible à Madagascar, dans la Nouvelle-Calédonie, la partie méridionale, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
- Occultations des Planètes et des Etoiles par la Lune, visibles à Paris.
- 1890. Nom de l’astre. Grandeur. Immersions. Emersions.
- Octobre 2 Neptune — 9 h. 49 m, 6 10 h. 47 m, 9
- — 5 48 Gémeaux. 6 11 h. 33 m, 6 12 h. 50 m, 3
- ne » ir_______ /* ü i. ma _ t aa L n__ *
- 1890. Nom de l'astre. Grandeur. Immersions. Emersions.
- Octobre 29 1240 B. A. C. 6 8 h. 14 m, 2 ippolse 1 »',!ii bord,
- Novem. 14 o Ophiuchus. 33 Capricorne. 5-6 4 h. 46 m, 7 5 h. 48 m, 9
- — 18 5-6 4 h. 50 m, 7 5 h. 50 m, 2
- 21 17 B. A. C. 6 6 h. 6 m, 2 7 h. 15 m, 7
- — 22 26 Baleine. 6 8 h. 35 m, 6 ippolse à # 0 ta bord
- 22 33 Baleine. 6 12 h. 53 m, 5 12 h. 55 m, 7
- 24 38 Bélier. 5 7 h. 38 m, 1 ippolse b t’8 la bord
- Décem. 2 v) Lion. 3-4 16 h. 42 m, 5 ippolse b ('1 il bord
- 18 30 Poissons. -4-5 8 h. 46 m, 8 9 h. 51 m, 7
- 18 33 Poissons. 5 10 h. 42 m, 5 11 h. 21 m, 5
- 20 v Poissons. 4-5 7 h. 45 m, 4 8 h. 58 m, 6
- 23 Neptune, t Lion. — 9 h. 32 m, 0 ippolse i i't il bord.
- — 30 6 12 h. 45 m, 7 13 h. 41 m, 9
- Eclipses des Satellites de Jupiter.
- 1890 PREMIER SATELLITE Immersions. ’n. Emersions.
- Octobre ’ 4. » 1 9 h. 43 m. 50 s.
- 13. » 6 h. 8 m. 4 s.
- 20. » 8 h. 3 m. 26 s.
- Novembre 5. » 6 h. 22 m. 56 s.
- —— 12. » 8 h. 18 m. 13 s.
- 21. » 4 h. 24 m. 18 s.
- __ 28. » 6 h. 37 m. 29 s.
- Décembre 14. » 4 h. 56 m. 24 s.
- 1890. DEUXIÈME SATELLITE. Immersions. Emersions.
- Octobre 18. » 5 h. 38 m. 57 s.
- 25. ' » 8 h. 16 m. 51 s.
- Novembre 19. » 5 h. 29 m. 59 s.
- Décembre 21. » 5 h. 23 m. 15 s.
- 1890. TROISIÈME SATELLITE. Immersions. Emersions.
- Octobre 19. 5 h. 34 m. 4 s. 9 h. 6 m. 59 s.
- Novembre 24. » 5 h. 14 m. 17 8.
- Décembre lltr 5 h. 41 m. 52 s. a
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- 748' BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA NATURI
- d'après LES OBSERVATIONS DE X. RENOD (PARC DE SAINT-MA DR, ALTITODB : 49 M. 30)
- Septembre 1890. — Semaine du lundi 15 au dimanche 21 Septembre 1890.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures., la direction du vent*
- Baromèlr» •nNgbtrenr de M. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. LE 21 A 10 H. 15 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES OU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 septembre.. . . 10% 4 N. E. 1 Très beau. 0 Pas de trace de nuages.
- Mardi 16 10*,5 N. W. 1 Très beau. 0 Très beau jusqu’à 14 h.; quelques nuages ensuite.
- Mercredi 17 12*,6 S. 1 Beau. 0 Beaujusq. 10h.;nuag. ensuite; brouillard sur Marne; halo, tonnerre à 4 h. 50 m. éclairs la soirée.
- Jeudi 18 15*,1 S. S. E. 2 Couvert. 0 Couvert; pluie 3 h. 45 m. à 4 h. 40 et après 22 h.; halo.
- Vendredi 19 14*,2 * S. 2 Couvert. 1,5 Nuag. de 8 h. à 18 h.; couvert le reste; pl. nuit et soirée; orage à 20 h. 50; halo.
- Samedi 20 16*,5 S. S. E. 3 Couvert. 0,7 Très nuag.; éclairs et pluie soirée; halo.
- Dimanche 21 » 13*, 9 S. S. E. 2. Très nuageux. 1,1 Couvert: orages à partir de 17 h.; halo.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Bolide. — Le 9 septembre, à Virton, en Belgique, un bolide a été aperçu marchant à peu près du nord au sud. Il paraissait trois fois aussi gros qu’une étoile de première, grandeur, mais il était moins brillant. Il s'est divisé en deux morceaux, abandonnant une traînée fugitive de couleur jaunâtre.
- Trombe en Belgique. — Des orages qui ont éclaté en Belgique le 10 août ont été accompagnés d’une trombe qui a ravagé notamment la région comprise entre Beauraing, Vonêche et Gedinne, à l’ouest, Haut-Fays et Honnay, à l’est. Parallèlement à la grande route, de Falmigoul à Bouillon, et à un demi-kilomètre de celle-ci, coule dans un ravin un petit ruisseau, la Goulette, affluent de la Wimbe et sous-affluent de la Lesse. C’est à 3 kilomètres au sud dè la source de ce ruisselet que la trombe s’est formée, déracinant, tordant, brisant et emportant plusieurs milliers de beaux chênes et d’énormes hêtres, dans les bois de Gerhenne et de Haut-Fays. Le vent soufflait avec violence depuis le matin, le tonnerre fgrondait et la pluie tombait à torrents; vers 3 heures et
- demie de l’après-midi, disent les habitants, on entendit un bruit formidable semblable à celui de décharges d’artillerie et l’on vit tourbillonner dans les airs des branches d’arbres et des feuilles qui allèrent s’abattre dans les environs jusqu’à Honnay, à 10 kilomètres au nord-nord-est de Gribelle. La trombe a commencé par soulever le toit d’une maison de Gribelle, à 1 kilomètre de la gare de Gedinne; ce toit est retombé à peu près en place; un petit étang voisin a été vidé. Puis le météore s’est abattu sur le ravin de la Goulette, ravageant le bois de Gerhenne et celui de Haut-Fays. Sur une largeur de 230 à 300 mètres et une longueur de près de 2 kilomètres, les grands chênes du bois de Gerhenne sont renversés par milliers. Au milieu des colosses déracinés, se dressent encore des troncs dépouillés de leur couronne, d’autres dont les branches sont complètement effeuillées ; beaucoup sont brisés net, à quelques mètres du sol, ou tordus et divisés en une masse de lattes longues et minces. Dans le bois de Haut-Fays, un hêtre énorme, complètement déraciné, a été emporté debout, avec plusieurs milliers de kilogrammes de terre dans ses racines, et est allé s’enchevêtrer au milieu d'autres troncs amoncelés. (Ciel et Terre.)
- TEMPÉRATURE
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- ’ N* 905 de \
- LA NATURE/
- Supplément an numéro 90$ de LA RATURE, dn 4 OOtoDre Uwü '
- 597e BOITE AUX LETTRES ( )
- Im lettres et communication» relatives à la Botte ans lettres et à la rédaction doivent être adressées à M. Gaston TISSANDEER
- O, rue de Chftteaudun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERYICE DILJQDRHàL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour ce qui concerne les appareils de pyrogravure, s’adresser à M. Manuel-Perier. rue Pleyel, n° 1, à Paris.
- M. E, de Loisy, à Cuisery, au sujet des causes de disparition de l’Oxyde de carbone de l’atmosphère, que nous avons indiquées récemment, nous rapporte que M. Berthelot, en 1864, dans son cours au Collège de France, exposant la synthèse de l’acide formique par l’action lente de l’oxvde de carbone sur la potasse, disait que pareille action pouvait bien s’accomplir entre l’oxyde de. carbone et le bicarbonate de chaux répandu dans les cours d’eau. Or, on sait qu’en partant de l’acide formique, on peut produire un grand nom-bre de produits organiques existant dans les végétaux. Il y aurait donc là encore une cause importante de disparition de l’oxyde de carbone.
- M. E. Huet, à Saint-Sébastien, à propos des procédés que nous avons précédemment fait connaître pour rendre les lettres inviolables, nous écrit qu’il existe un moyen bien simple, consistant à faire traverser la lettre et l’enveloppe par deux petits fils croisés que l’on passe à travers la lettre avec une aiguille, et venant se rattacher par derrière, où ils sont maintenus par un cachet de cire.
- M. le Dr L. Schols, à Maëstricht, nous signale un arc-en-ciel qu’il a pu observer dans celte ville le 20 septembre 1800 à 6 h. 12 m. du soir. Cet arc-en-ciel était produit non par la réfraction directe des rayons solaires, mais par leur réfraction après réflexion sur des nuages.
- M. Vermare, à Lyon. — 1° Nous croyons que cette puissance a été atteinte avec des moteurs de ce genre. —• 2° Il serait facile d’imaginer un appareil pour utiliser la chaleur fournie par l’énergie électrique; l’appareil n’a pas encore été fait.
- M. E. Thomas, à Cosne. — Il s’agit d’une tache comparable à ce qui a lieu pour les individus et qui dans ce cas est connue sous le nom de taches de vin.
- M. A. Decker, à Bruxelles. — Vous nous demandez le moyen de conserver les citrons. Voici une recette que nous pouvons vous indiquer : on fait sécher près du feu ou dans un four avec du sable fin. Une fois sec, on laisse refroidir ce sable, puis on en met une couche au fond d’une caisse; on enveloppe d’un papier chaque citron et on le dépose sur la couche de sable, la queue tournée en bas et de manière que les fruits ne se touchent pas. On les recouvre ensuite d’une autre couche de sable, et on continue ainsi de suite, en terminant par une couche de sable.
- Un abonné, à X. — Renseignez-vous au secrétariat de l’Ecole, 42, rue Lhoinond, à Paris; on vous enverra un programme.
- Un abonné, à Reims. — La différence de potentiel aux bornes du circuit était trop faible dans le second cas.
- M. J. Doyen, à Colmar; M. L. V., à Paris. —L’adresse à laquelle on peut se procurer le similigraphe-niveau est indiquée en tête de la Boîte aux lettres du numéro qui contient la description. Nous avons toujours soin de donner à cette place les diverses adresses des fabricants, quand nous les connaissons.
- M. L. Bruché, à Chaumont. — La pipe hygiénique, que nous avons décrite au mois de janvier dernier, a été confectionnée par un amateur; c’est un objet qu’il faut faire soi-mème d’après la description.
- M. L. Lacoirs, à Saint-Cyr-du-Gault. — Voyez les renseignements qui ont été publiés sur cet appareil.
- M. H. B., à Romilly. — Pour nettoyer l’ivoire, il faut passer dessus un chiffon légèrement imbibé d’eau oxygénée très étendue.
- Uîi abonné, à Sarrance. — Nous ne saurions vous fournir des recettes bien efficaces pour ce qui concerne les pièges à tendre aux écureuils et aux blaireaux; mais vous trouverez des renseignements fort utiles dans l’ouvrage Le piégeage des animaux nuisibles, aux bureaux du journal l'Eleveur, 2 ter, avenue Aubert, à Vincennes-Paris.
- M. B. Parat, à Trouville. — L’oiseau mécanique en papier a été décrit dans La Nature. (Voyez n° 621, du 25 avril 1885, p. 336.)
- M. G. Milani, à Pise. — Il vous sera donné prochainement satisfaction.
- Un abonné, à Cabourg. — Nous croyons que le fait vous a été exagéré; il y a des variations pendant les orages et les pluies.
- M. L. Astrié, à Toulouse. — Nous essayerons de répondre à votre demande; mais il est certains appareils qu’on ne saurait facilement faire soi-même.
- M. P. D. Lavagna, à Cordoba. — L’adresse du fabricant est donnée en tête de la Boîte aux lettres du même numéro.
- H. J. Jacotot, à Vonges. — Nous ne pouvons vous renseigner
- complètement en quelques lignes; lisez quelques-uns des ouvrages vélocipédiques que nous avons indiqués dans notre 525“ Boîte aux lettres, du 18 mai 1889.
- M. J. Campbell, à San-Juan. — Les particularités que vous nous signalez pour la formation des nombres ne sont pas rares; nous en avons déjà mentionné un grand nombre.
- Un lecteur, à Villeneuve-sur-Yonne. — L’indicateur céleste Mau-périn se trouve chez MM. Ducretet et O, 75, rue Claude-Bernard, à Paris.
- M. P. Martinez, à La Guardia. — Avec la disposition que vous mentionnez, il n’est pas possible d’obtenir la rotation des aimants; il faudrait, à un moment donné, supprimer l’aimantation d’un des aimants et la rétablir ensuite.
- M. G. L., à A. P. — Cet appareil n’a pas été décrit.
- Un abonné, à Constantinople. — Il nous semble avoir entendu parler d’une machine à repasser les chemises ; mais nous ne saurions vous donner aucun renseignement précis.
- M. E. Fergeau, à Paris. — La méthode que vous énoncez peut être ingénieuse; mais elle nous paraît trop manquer de précision pour être recommandée.
- M. E. Caputo, à Naples. — Il faudrait nous donner d’autres indications; nous ne pouvons vous renseigner sur la provenance de cette lampe.
- M. L., à Saint-Pierre; M. A. Sokolski, à X. — Nous ne connaissons pas les appareils dont vous nous parlez ; mais nous avons déjà fait connaître plusieurs fois des moteurs à pétrole ; voyez nos précédentes Boîtes aux lettres.
- M. L. de Nery, à Smyrne. — Des recherches de laboratoire seraient nécessaires pour vous répondre.
- M. Ch. Gauthier, à Paris. — 1° Le chlorure de sodium a la propriété de former, avec la neige, un mélange liquide qui'ne se cbn-gè*le qu’à — 15°. (Voyez l’article publié à ce sujet dans La Natutè, n” 721, du 26 mars 1887, p. 257). — 2° Il l’este encore quelques traces de produits sulfureux. - - 7
- M. P. Tenustedt, à Louvain. — 1° Librairie Baudry* rué' des Saints-Pères, ou librairie Bernard, quai des Grands-Augustinsr à Paris. — 2° Pour des ballons en caoutchouc, s’adresser à M. Bris-sonnet, 115, boulevard Sébastopol, à Paris.
- M. X. A. M., à Liège. — Nous pensons que vous voulez nous demander l’adresse du Bulletin international de Vélectricité, dont les bureaux se trouvent au siège même de la Société internationale des téléphones, 15, place Vendôme, à Paris.
- Un lecteur, à Wassy. — 1° Enlever la tache en grattant légèrement et nettoyer ensuite. — 2° MM. Serpollet frères, 27, rue des Cloys, à Paris.
- M. O. G. M., à Cugano. — La première disposition est préférable ; vous aurez moins d’énergie à dépenser pour mettre la roue en mouvement.
- M. Bardot, à Chaumont. — Pour ce qui concerne les Interprétations pour dessiner simplement, il faut vous adresser à M,u Jacquot, à Remiremont (Vosges).
- M. J. R., à Leuze. — 1* II est plus avantageux de faire porter sur le devant la charge d’une voiture ; voilà l’origine des petites roues sur le devant des voitures.
- M. C. B., à Bruxelles. — Pour tout ce qui concerne les abat jour dont vous parlez et qui ont été imaginés par M. de Parville, adressez-vous au constructeur, M. Legrand, 38, rue de la Folie-Méri-court, à Paris.
- Un lecteur, à Paris, à propos du bloc de granit américain dont il a été question dans le n" 9D3, et qui pèse 850 tonnes, nous fait observer qu’il est loin d’être le plus gros connu. Le bloc qui sert de base à la statue de Pierre-le-Grand, à Saint-Pétersbourg, est estimé peser 1500 tonnes.
- M. P. B., a Reims. — Voici les adresses de plusieurs constructeurs de moulins à vent qui pourraient vous fournir des appareils pour l’éclairage électrique ; nous avons relevé ces adresses à 1 Exposition universelle de 1889 : M. A. Bollée, au Mans; M. Rossin, à Orange (Vaucluse); M. J. Aubry, 10, rue Château-Landon, à Paris; M. 0. Leneutre, à Allaines-Péronne (Somme) ; M. U. David, à Orléans; M. Barbier, 100, rue de la Folie-Méricourt, à Paris.
- M. L. Thiriat, à Vassy. — 1° Oui; le petit modèle de cette pile peut convenir. — 2’ Le constructeur des piles de Lalande et Chaperon est M. de Branville, 25, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, à Paris.
- M. E. Rieussec, à Castres. — Nous ne saurions donner £ les procédés d’extraction en grand de la lactose, les deux pages*e la
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- Boîte aux lettres n’y suffiraient pas ; consultez les traités de chimie industrielle.
- Un abonné génevois. — 1° Les faits signalés dans cet article sont exagérés; il ne faut y ajouter aucune confiance. — 2* Voyez les Notices publiées dans La Nature sur la Tour Eiffel ; d’après la surface des différentes plates-formes vous pourrez calculer le nombre de personnes qui peuvent y tenir.
- M. F. Adieu, à Alexandre. — Nous n’avons pas encore entendu parler de ce nouvel appareil.
- M. P. Robert, h Fontainebleau. — Pas de traité de ce genre.
- M. Stetian So'inresio, à Bucharest. — Nous n’avons pu trouver l’adresse que vous nous demandez; tous nos regrets.
- M. Lebourgeois, à Brest. — Pas de fabrique spéciale à vous indiquer.
- M. P. de B., à Paris. — Verres bombés pour photominiatures ; M. L. Jobelot, Grandmaître, successeur, 6, rue Fontaine-du-Temple.
- M. J. R. 0., à Paris. — Essayez les différentes formules de colles indiquées dans le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. Gotendorf,h Chatou. — Les diverses compositions des liquides
- {jour baroscopes ou sturm-glass sont données dans le petit livre de a Science pratique. (G. Masson, éditeur.)
- M. G. de la Bouglise, à Paris; M. A. Guillot, à Toulon. — Remerciements pour vos intéressantes communications.
- M. Ch. Rippert, à Saint-Germain-en-Laye. — Nous regrettons de ne pas avoir d’autres adresses à vous indiquer.
- M. F. Gaula, à Ferrol. — Poteaux télégraphiques : M. Postel-Vinay, 38, rue Vaneau, à Paris.
- M. A. D., à Dijon. .— Nous pensons qu’il s’agit là d’une véritable mystification.
- M. A. Chemin, à Nemours. —Nous n’avons pas d’autre adresse que celle indiquée précédemment.
- Pharmacie centrale, à Bagdad. — Tous nos remerciements pour votre intéressant envoi que nous allons étudier; nous consacrerons une Notice au phénomène que vous signalez.
- QUESTIONS
- Question n* 1301. — M. A. Mermet, à Joinville-le-Pont, demande quelle peinture conviendrait pour l’intérieur d’une serre ou de murs humides.
- 1Y° 1302. — M. J. R., à Leuze, demande l’origine des nombres 21 et 101 coups de canon tirés dans les saluts militaires.
- RÉPONSES
- Réponse au n° 1300. — Elevage des escargots. — Le meilleur moyen de conserver les escargots pendant l’hiver, consiste à mettre, dans le parc où on les élève, une certaine quantité de fagots. Les escargots se fixent le long des tiges et ne se réunissent plus en masses compactes. (Communiqué par M. Bonhomme Lacombe, à Thiviers.)
- Autre réponse au n° 1300. — J’ai eu souvent l’occasion d’étudier la question relative à l’élevage des escargots posée dans un de vos derniers numéros. Les escargots peuvent l’hiver être conservés de la manière suivante : il s’agit de disposer, dans de grands réservoirs, des morceaux de châtaignier percés de larges ouvertures, néanmoins peu profondes, juste de quoi couvrir à moitié l’escargot; comme cela ils ne se rassembleront pas sur les bords des parcs et ne s’étoufferont pas. Quant à leur nourriture, on peut se dispenser de leur en donner l’hiver, car un escargot peut vivre sans manger pendant deux ou trois ans. Au printemps, époque à laquelle ils se réveillent pour la ponte, on peut les nourrir de son ; mais, à l’avis de sir Howard, le plus grand éleveur de limaçons, la meilleure nourriture pour eux est constituée par des herbes aromatiques. Il faut toutefois les prendre inoffensives, telles que sauge, thym, romarin, menthe. (Communiqué par le Dr Bidonnard, à Angouléme.)
- Autre réponse au n° 1300. — On construit l’escargotière de la façon suivante : elle doit avoir 2 mètres de haut; le mur en pente, surplombant, doit être glacé jusqu’à la hauteur d’un mètre, au-dessus le garnir de goudron ou de sciure, à moitié du mur mettre une planche inclinée formant toit. Au pied du mur étendre sur le sol une bande de mousse assez épaisse. Laisser une petite allée avec un carré de mousse au milieu, recouvert d’une planche un peu surélevée. Il est impossible de faire boucher les escargots artificiellement, pour éviter de leur donner mauvais goût. Le froid les fait
- fermer naturellement. On ne peut pas les empêcher de se grouper. Les escargots doivent être très nourris, la nourriture la plus favorable consiste en des feuilles de chou en grande abondance. Quand ils sont bouchés et qu’il fait froid, on doit les rentrer jusqu’au printemps dans une cave où on les range un à un comme des fruits. (Communiqué par M. L. Michel, au Vasselin.)
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- BIBLIOGRAPHIE
- Traité d'électricité et de magnétisme. Théorie et applications. Instruments et méthodes de mesure électrique. Cours professé à l’Ecole supérieure de télégraphie, par A. Vaschy, ingénieur des télégraphes, répétiteur à l’Ecole polytechnique. 2 vol. grand in-8% avec figures dans le texte. — Librairie polytechnique Baudry et C‘\ — Paris, 1890. •
- En ce moment où les applications industrielles de l’électricité prennent un développement considérable, et où paraissent chaque jour des ouvrages industriels destinés à fixer les idées sur les résultats pratiques obtenus, il convenait cependant de ne pas oublier les principes théoriques, dont l’étude offre un intérêt spécial. L’ouvrage de M. A. Vaschy est bien propre à nous remémorer tous ces principes et à nous rappeler toutes les méthodes de mesure électrique. Dans le premier volume, l’auteur passe en revue les systèmes d’unités, les principes d’homogénéité des formules, les phénomènes d’électrostatique, condensateurs, diélectriques, etc. La deuxième partie se rapporte à,l’élude des lois du courant électrique, des conducteurs à deux et à trois dimensions, à l’électro-lyse, aux forces électromotrices de contact. La troisième partie comprend l’exposé du magnétisme et des mesures magnétiques. L’électromagnétisme, traite dans la partie suivante, est divisé en plusieurs chapitres relatifs aux actions réciproques des courants et des aimants, à l’électrodynamique, à l’induction électromagnétique, aux propriétés du champ électromagnétique. Dans le deuxième volume, nous trouvons des parties traitant des applications de l’électromagnétisme, des instruments de mesure électrique, des méthodes générales de mesure électrique, et des méthodes de mesure spéciales aux lignes électriques. Nous mentionnerons en particulier les chapitres relatifs à la propagation du courant sur une ligne électrique, à l’étude des courants périodiques, à la galvanométrie, aux lignes aériennes et à l’essai des câbles neufs. L’ouvrage de M. A. Vaschy, qui constitue un des cours les plus complets d’électricité théorique en France, présente donc le plus grand intérêt pour tous les électriciens qui sont désireux de ne pas oublier les principes électriques et de s’initier à la mesure électrique des câbles.
- Les Raisins secs. Leur rôle et leur importance dans l’alimentation. Etude économique et sociale, par Paul de Sorgues et Raymond Berthault. 1 vol. in-8°. Librairie centrale des sciences J. Michelet. — Paris, 1890.
- Aide-mémoire du chimiste. Chimie inorganique et chimie organique. Documents chimiques. Documents physiques. Documents minéralogiques. Documents mathématiques, par Raoul Jagnaux, directeur du laboratoire Hautefeuille. 1 vol. in-16 relié en maroquin. Librairie polytechnique Baudry et €'*. — Paris, 1890.
- Rente technique de l'Exposition universelle de 1889, par un comité d’ingénieurs, de professeurs, d’architectes et de constructeurs. Ch. Vigreux, secrétaire de la Rédaction. Fascicules n0’ 16, 17, 18 et 19. 4 brochures in-4° avec 2 atlas. E. Bernard et C‘% imprimeurs-éditeurs. — Paris, 1890.
- Liste générale des observatoires et des astronomes, des Sociétés et des revues astronomiques, préparée par A. Lancaster, bibliothécaire de l’Observatoire royal de Bruxelles. 1 vol. in-16. F. Hayez, imprimeur. — Bruxelles, 1890.
- United States Geological Survey, by J.-W. Powell, director. Eight annual report, monographs. 5 vol. grand in-4a. — Washington, Government printing office, 1889.
- Bulletin of the United States Geological Survey. Department of the interior. N0' 54, 55, 56 et 57. 4 brochures in-8°. — Washington, Government printing office, 1889.
- Lt Rédaction et l'Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser 1 l'Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rne de Fleurai.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- d’après les observations de m. renod (parc de saint-maur. altitude : 49 M. 30)
- Septembre 1890. — Semaine du lundi* 22 an dimanche 28 Septembre 1890.
- LUNDI 1 MARDI 1 MERCREDI 1 JEUDI L VENDREDI^ SAMEDI 1 DIMANCHE
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de H. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. LE 28 A 1 H. 9 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 septembre.. . . 15*,6 W. S. W. 1 Couvert. 8,9 Couvert; pluie à 1 h. et après 14 h.; tonnerre de 17 h. à 19 h.
- Mardi 25 12*,2 S. 1 Couvert. 21,7 Couvert jusqu’à midi; puis nuag.; pluie de 9 h. à 12 h.
- Mercredi 24 9*,1 W S. W. 1 Beau. 2,9 Nuageux ; couvert après 18 h.; halo ; transp. atmosph. 2 km. à 7 h.
- Jeudi 25 10*,9 » 0 Peu nuageux. 0 Couvert de 10 h. à 19 h.; beau ou peu nuageux le reste, halo; brouillard sur Marne à 6 h. gouttes à i3h.
- Vendredi 26.. .... 8*,4 S. W. 0 Beau. ( 0 Beau jusqu’à 11 h.; couvert ensuite; brouillard de 500 mètres à 6 h.: halo.
- Samedi 27 14*,6 W. 0 Couvert. 0,6 Couvert, bruine jusqu’à 9 h. et de 13 h. à 16 h.; très brumeux le matin.
- Dimanche 28 11*,9 E. 0 Couvert. 0 Nuageux: très brumeux; brouillard de 400 m. à 6 h. et de 200 à 21 h.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages et inondations en France. — Un orage avec pluie torrentielle et grêle s’est abattu sur Marseille le 21 septembre, vers 6 heures, et a duré jusqu'à 8 heures et demie. Les rues, transformées en torrents, ont charrié tout ce qui était à la devanture des magasins. Le port a été rempli de débris de toutes sortes. Les rues ont été ravinées et couvertes de monceaux de sable, que des équipes nombreuses ont dû déblayer pour rétablir la circulation des tramways. (Voir les détails, p. 278 de la livraison.)
- A la même date, un orage d’une grande violence s’est abattu sur la ville de Nîmes et les environs et notamment à Nozières, Remoulins, Bessèges.
- La conséquence de toutes ces pluies a été de fortes inondations qui ont eu lieu dans le Gard, dans l’Ardèche et dans l’Hérault. A Nîmes, le Rhône a eu une crue de 6“,50 le 24 septembre. La région environnante, les villages de Collias, Comps, Gournier, Montfrin, Boucoiran, ont également été envahis par les eaux. On signale en même temps d’autres inondations à Privas, à Aubenas, à Annonay, à Pont-Saint-Esprit, à Anduze et à Avignon. Le Lot a aussi débordé à Mende.
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- Ces inondations ont emporté la plupart des récoltes; les pertes sont considérables.
- Orages en Algérie. — A la date du 20 septembre, on signale de violents orages qui ont éclaté sur divers points du département d’Oran. A Monta-gnac, le village a été inondé; la route de TIemcen à Rachgoun a été dégradée sur plusieurs points; à Hennava, la récolte des légumes a été presque entièrement perdue ; à Lamoricière, la grêle est tombée avec une telle violence qu’elle a détruit toutes les sauterelles qui s’étaient jetées sur cette commune, mais les maïs, les légumes et la vigne ont beaucoup souffert ; à Aïn-Fezza, huit indigènes, dont sept femmes, ont disparu; on les suppose emportés par les eaux.
- Le 25 septembre, un violent ouragan qui a duré trois quarts d’heure a traversé la ville de Philippeville. Plusieurs toitures ont été enlevées; une maison, rue Sphinx, s’est écroulée. Une pluie désastreuse a bouleversé la ville, causant de graves dommages; les rues ont été très profondément ravinées, les maisons et les cours ont été inondées et les ponts enlevés.
- A Boghari, à la suite d’une pluie qui a tombé pendant trois jours, le Chelif a subi une crue considérable. Les fabriques de chaux et de tuiles appartenant aux frères Dononech ont été détruites en partie.
- TEMPÉRATURE
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- Supplément an numéro 906 de LA NATURE, du 11 octobre 1890
- (JZD 598e BOITE AUX LETTRES (Æ„)
- lettre* et communication* relatives k la Boite aux lettre* et à la rédaction doivent être adressées à H. Gaston TISSANDŒIt
- 50, rue de Ch&teaudun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne le vérificateur de monnaie, s’adresser à M. Kapferer, 19, rue Jean-Jacques Rousseau, à Paris.
- M. Laloy, à Rahon (Jura), nous signale un halo lunaire qui a eu lieu dans cette localité le 23 septembre à 9 heures et demie du soir. La lune se trouvait alors à environ 50° au-dessus de l’horizon, et était entourée d’un cercle de couleur opaline dont la partie supérieure était très visible; la partie inférieure se perdait dans les nuages.
- M. A. Rieffel, à Montreux. — 1" Les espèces d’hirondelles que nous possédons passent régulièrement tous les ans dans les îles de l’Archipel et vont alteriuitivement d’Europe'en Afrique et d’Afrique en Europe. Les hirondelles rustiques s’avancent jusqu’au Sénégal, ün admet généralement que ces oiseaux se rendent pour passer l’hiver dans les contrées situées entre les tropiques. — 2“ Les procédés sont tenus secrets. — 3° M. Léon Vidal, directeur du Moniteur de la photographie, 7, rue Schetfer, à Paris, pourra vous renseigner..
- M. P. R., à Fronsac. — 1° Il faudrait faire des essais. — 2° Pas d’ouvrages spéciaux.
- M. X., à Nantes. — Toutes les fabriques de caoutchouc peuvent vous fournir ce produit; il faut le fabriquer spécialement.
- M. J. Lancelle, à Chauny. — En présence des nombreux appareils de photographie, il nous est impossible d’en désigner un en particulier; chacun a ses avantages et ses inconvénients.
- M. E. Lassaque, à Villeneuve-sur-Lot. — 1° Pour enlever la ran-cidité à l’huile, il faut la mettre en contact avec du charbon de bois grossièrement pulvérisé, à la dose de 120 grammes de charbon par litre d’huile environ, agiter, puis filtrer. On peut aussi diluer 15 grammes d’acide sulfurique dans 150 grammes d’eau, et agiter vivement ce mélange avec 1 litre d’huile, on laisse ensuite reposer pendant huit jours environ et on décante. — 2° Soumettre le caoutchouc à des vapeurs ammoniacales. — 3" 11 faut une épuration spéciale ; consultez les traités de chimie industrielle.
- M, Ch. Léon, à Asnières. — 1° II n’a pas été répondu à cette question. — 2° Essayez de dissoudre ces produits dans de l’eau distillée légèrement aiguisée d’acide chlorhydrique.
- M. Ch. Jacquiot, à Arras. — 1° 27, rue des Cloys, à Paris. — 2° M. Daimler, à Stuttgart. — 3° et 4° Consultez des traités de mécanique industrielle.
- M. J. Quijano, à Mexico. — 1° Prenez des moteurs à pétrole. — 2° Nous ne pouvons vous renseigner.
- M. G. R., à Neuilly-sur-Seine. — 1° M. P. Villain, 57, rue des Martyrs, à Paris. — 2° Le charbonnage du Poirier se trouve en Belgique et non en France ; nous rectifierons prochainement. — 3* Adresser une demande au directeur de l’usine.
- MM. Lesiffre et Bonduelle, à Renescure. — Vous pouvez employer un petit moteur à pétrole ; nous avons indiqué plusieurs constructeurs dans nos Boîtes aux lettres antérieures.
- Un lecteur, à Mariemont. — Adressez-vous à la Société désignée dans l’article.
- M. A. Pailhès, à Daumazan. — 1° Nous ne vous conseillons pas l’emploi de ces poêles. — 2° Le seul moyen pour empêcher ces cheminées de fumer est de maintenir la combustion à peu près égale dans les deux cas, et de n’en activer aucune aux dépens de l’autre.
- M. A. Charrat, à Périgueux. — Supposez une valeur au diamètre de la première roue, calculez le nombre de dents à admettre, et voyez la disposition à adopter pour que la deuxième roue ait terminé sa révolution dix secondes avant la première. Nous ne pouvons expliquer ici tous les détails de ces calculs.
- M. L. Rivière, à Pépieux. — 1® Cette pile a une énergie spécifique plus grande. — 2° Entretien plus coûteux et manipulation assez compliquée.— 5° Oui; on peut alimenter des arcs électriques. — 4° Des expériences photométriques n’ont pas été faites à ce sujet.
- Un lecteur, à Toulouse; M. B. N., à Barcelone. — Tous nos regrets de ne pouvoir vous renseigner; les documents nous font absolument défaut.
- M. J. d'Almeida Lima, à Seixal. — Quand un cliché est voilé* il ’ n’y a pas de remède vraiment efficace.
- M. R. C., à C. — 11 faudrait examiner votre appareil pour vous répondre.
- M. D. Seulin, à Valenciennes. — 1° Pour tout ce qui concerne l’installation des conducteurs électriques, il faut adresser une demande au directeur des postes et télégraphes du département. — 2° Nous croyons que le voisin peut empêcher la pose de ces fils.
- M. T. G., à Paris. — Des recherchés de laboratoire seraient nécessaires pour vous répondre.
- M. F. P., à Barcelone. — 1° Lunettes astronomiques et téles-
- copes : M. Secrétan, 13, place du Pont-Neuf; ou M. H. Morin, 3, rue Boursault, à Paris. — 2° Nous avons communiqué vos observations à l’administration du journal.
- M. R. Brunei, à Caen. — La tension de 10 à 15 volts sera insuffisante; il est possible cependant qu’avec un bon vide et des conducteurs très rapprochés on obtienne une petite étincelle.
- M. A. Schwab, à Paris. — 1° Le potypantographe a été décrit dans la 575* Boîte aux lettres (n° 883, du 3 mai 1890). — 2® C’est un appareil que l’on peut construire soi-même.
- M. P. Lauriol, à Chartres. — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux publiés dans le n° 778, du 28 avril 1888, p. 346.
- M. Siméon, à Sedan. — Il faut employer l’eau athénienne ou autres eaux de ce genre; voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- Un lecteur, à Mazatlan. — Vous trouveVez plusieurs procédés de préparation de papier calque et autographique dans le petit livre indiqué ci-dessus.
- Un abonné bruxellois. — Même réponse au sujet du mastic pour aquarium.
- Mma veuve Bertrand, à Rouen. — 1° Voici l’adresse demandée : M. II. Reeb, 158, avenue de Neuilly-sur-Seine. — 2“ Prix : 1 fr. 75.
- M. A. Osophos, à Rouen. — Ce produit doit se trouver chez les principaux herboristes.
- M. C. Poncabaré, à Oloron. — Nous avons indiqué le tan pour détruire les mauvaises herbes dans les allées; nous croyons cependant qu’on a parlé également de l’emploi du sel.
- M. F. Richter, à Paris. — Il y a eu en effet une errreur du dessinateur ; nous rectifions dans la présente livraison.
- Un abonné, en Portugal. — L’adresse que vous demandez a été donnée (Boîte aux lettres) dans le numéro contenant l’article.
- M. Maurice Blondel, à Paris, nous écrit à propos des notes que nous avons publiées sur le tour du monde exécuté par une lettre :
- « Je lis dans un journal anglais : Une personne a mis à la poste à Londres une carie postale en destination d’Yokohama (via États-Unis) en demandant qu’elle revienne à Londres (via Brindisi) ce qui fut fait. La carte fut retournée à son envoyeur après un voyage autour du monde en soixante-huit jours seulement, soit huit jours de moins que pour celui de la jeune Américaine ». Il semblerait d’après ce fait que la Poste anglaise se prête mieux aux expériences de ce genre que les Postes des autres pays.
- M. L. J., à Paris. — Broyez votre iouure de potassium dans un mortier de porcelaine, et goutte à goutte ajoutez l’huile d’amandes douces dans la poudre que vous continuerez de triturer.
- M. le Dr Rousseau, à Bruxelles. — La lampe que vous désignez passe pour être une des meilleures.
- M. Frervieu, conducteur des ponts et chaussées, à Paris, nous écrit au sujet de la Notice que nous avons publiée sur l’horloge destinée à la Tour de l’Hôtel de Ville à Philadelphie et que nous aurions à tort qualifiée de plus grande horloge du monde ; « Je crois devoir vous faire remarquer à ce sujet que la tour de la cathédrale de Malines (Belgique) offre sur chacun de ses quatre côtés un cadran d’horloge de 13 mètres de diamètre, soit 5 mètres de plus que le cadran de Philadelphie. Sur le pavé de la Grand’Place, est reproduite, autour de la statue de Marguerite, l’image, grandeur nature, de l’un de ces cadrans ; on construirait dessus une petite maison. »
- M. R. Maurice, à Paris. — Vous trouverez les renseignements que vous désirez dans le livre suivifnt : L'Empire de l'air. Essai d’ornithologie appliqué à l’aviation, par Mouillard. (G. Masson, Paris).
- M. le Dr J. S., à Paris. — Nous croyons que la vaseline frottée sur les semelles empêche les bottines de crier, mais cela ne saurait être employé que dehors. Un de nos lecteurs pourra peut-être nous mieux renseigner.
- M. Marcel Toussaint, au Havre. — Vous trouverez des recettes contre le suintement des lampes à pétrole dans le petit livre la Science pratique (G. Masson, éditeur), nouvelle édition, p. 158.
- Un membre de la Section du Forez du Club alpin. — Le caoutchouc naturel (il ne faut pas qu’il soit vulcanisé) se dissout très bien dans la benzine; il suffit de l’y laisser immergé.
- M. E. Breuer, à Liège. — Il n’existe pas de procédé de nickelage de ce genre. H faut employer des bains.
- M. Emmanuel Robin Grésy, à Salles-Curan, nous adresse la photographie d’un houx remarquable formant un massif compact qui n’a pas moins de 44 mètres de circonférence. Le tronc a 6m,15 de circonférence. Cet arbre se trouve sur la route de Rodez a Salles-Curan (Aveyron). On a pratiqué à l’intérieur de ce gigantesque buisson une chambre de verdure qui a neuf mètres de profondeur ;
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- cet arbre était désigné sur l’ancien cadastre antérieur à la Révolution. Le Houx est très commun dans les environs de Rodez, c’est le Houx à aiguillons, llex aquifolium de Linné.
- M. Monbarlet, à Saint-Seurin-de-Prats. — Remerciements pour votre intéressante communication que nous signalerons prochainement dans une Notice complémentaire sur les Pierres figurées.
- M. A. La Sautellerie, à Luçon. — 1° Manuel d'ornithologie domestique dans la collection Roret. — 2° M. A. Leroy, oisellerie Notre-Dame, 2, quai de Gesvres, à Paris.
- Un vieil abonné. — 1° Tous pourrez avoir tout appareil à évaporer dans le vide chez M. Egrot, 23, rue Mathis, à Paris. — 2° MM. Serpollet, 27, rue des Cloys, à Paris.
- Un abonné, à Reims. — Manipulations de chimie, par A. Mermet. 1 vol. in-18. Paul Dupont, éditeur, à Paris.
- M. W. Kiister, à Paris. — Vous aurez les renseignements et les appareils que vous demandez relativement aux téléphones, chez M. Mildé, 26, rue Laugier, à Paris.
- M. P. Caron, à Saint-Nazaire. — Vos observations sont justes : le sujet vaut la peine d’être traité en détail; nous publierons prochainement un article à ce sujet.
- M. C. L. M., à Paris. — Vous pourrez vous procurer une bonne pile de ce genre chez M. Trouvé, 14, rue Vivienne.
- M. L. J., à Paris. — La pâte brune des allumettes suédoises est formée de phosphore rouge ou phosphore amorphe ; sa composition exacte n’est pas connue.
- , Un abonné nous fait remarquer que dans son article publié dans le n° 905, du 4 octobre, de La Nature, M. D. Colladon a cité par erreur La Revue scientifique (p. 275). Il s’agit de la Revue générale des sciences pures et appliquées de M. L. Olivier.
- RÉPONSES
- Réponse au n° 1301. — Peinture des mars d'une serre. — Nous avons eu l’occasion de faire exécuter à Corbeil, par M. Georges Lefebvre, une peinture sur les murs d’une serre, lesquels étaient recouverts de nombreux champignons, comme il s’en forme fréquemment sur ces constructions. Ces murs ont été préalablement grattés à vif et ont reçu deux couches de chaux et d’alun dans les parties hautes. Dans les parties basses, et quoique ces dernières fussent recouvertes d’un enduit en plâtre, nous avons fait passer deux couches d’acide sulfurique dans le but d’arrêter la marche ascendante de l’humiditgj les fers ont été bien lessivés à la potasse et recouverts de minium pur; les verres ont été déposés, plongés ensuite dans un bain composé de 95 parties d’eau et de 5 parties d’acide chlorhydrique, puis reposés après séchage. Les résultats ont été très satisfaisants, mais, à notre avis, ils auraient encore été plus parfaits si le propriétaire avait consenti à repiquer en ciment le soubassement intérieur et à étendre après coup, sur l’enduit, un vernis ordinairement employé en pareil cas. (Communiqué par M. Jean Fugairon, architecte, à Corbeil.)
- Réponse au n° 1502. —Salves de SCI et iOt coups de canon. — Un de vos lecteurs demande d’où vient l’usage de tirer, comme salve d’honneur, non pas 20 ou 100, mais 21 ou 101 coups de canon. Je me souviens d’avoir lu à ce sujet — où? je serais fort embarrassé de le dire — l’explication suivante : ce serait à Augs-bourg que ces 101 coups de canon auraient été tirés pour la première fois. La ville ayant décidé qu’il y aurait cent coups de tirés pour la réception d’un empereur d’Allemagne, et l’officier chargé de faire exécuter cette salve n’étant pas bien sur du nombre des décharges qui avaient eu lieu, il en ajouta une, pour que, dans tous les cas, la centaine fut complète. Une ville voisine, tenant à ne pas paraître moins enthousiaste, ordonna de tirer le même nombre de coups, et ce fut ainsi que, de ville en ville, la tradition s’établit. (Communiqué par Un lecteur, à Saint-Germain-en-Laye.) —M. Hervé, à Passy, nous adresse une réponse analogue.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Un orage tV Aneh. — Le samedi 20 septembre, entre 7 et 9 heures du soir, les habitants de la ville d’Auch ont pu assister à un magnifique spectacle offert par un orage dont personne ne se souvient d’avoir vu le pareil sous le rapport du nombre et de l’intèn-sité des éclairs. C’est vers 7 h. un quart que j’ai constaté la présence d’un orage s’étendant déjà sur la ville et le voyant, pour ainsi dire, d’une lumière intense et presque continue. Peu à peu les nuages se sont portés vers le nord-est, laissant le ciel se peupler d’étoiles. J’ai pu constater alors que les éclairs sortaient tous de deux cen-
- tres pas trop éloignés l’un de l'autre, mais très differents en importance puisque l’un deux donnait 8'ou 9 éclairs sur 10. Celui-ci était formé d’un amas de nimbus qui semblaient entassés dans un espace relativement restreint, assez nettement délimité, figurant en quelque sorte le noyau de l’orage et, à coup sûr, le centre des manifestations électriques dont je viens vous parler. Les éclairs étaient extrêmement nombreux. Autant que j’ai pu en juger, il s’en produi* sait 1, 2, 3, 4 et même plus par seconde et souvent plusieurs simultanément. En adoptant le nombre 2 comme moyenne, cela ferait un total de 10800 éclairs pour 1 heure et demie, durée de mon observation. Ce chiffre, si élevé qu’il puisse paraître, est certainement au-dessous de la vérité. Les éclairs n’étaient seulement pas remarquables par leur nombre, mais encore par leur forme et leur intensité. Quelle variété infinie d’effets vraiment magiques on pouvait constater dans le sein des nuages ! Les étincelles elles-mêmes n’étaient pas toujours visibles, car elles se produisaient souvent vers le centre orageux. En général, on distinguait nettement, du moins en partie, leurs traits de feu bizarres et irréguliers : c’étaient des zigzags de toute espèce, des arcs de cercle paraissant parfois sortir des nuages pour y rentrer, de grands angles, des lignes brisées ou tortueuses affectant quelquefois la forme de chiffres ou de lettres de l’alphabet. On voyait de temps à autre des aigrettes dont les pointes effilées semblaient dépasser les nues. Chose à noter, le plus grand nombre d’éclairs étaient multiples, c’est-à-dire composés chacun de plusieurs étincelles distinctes (jusqu’à 7 ou 8) suivant toutes exactement le même chemin dans l’espace en simulant un éclair unique. Ces éclairs ne paraissaient plus instantanés, et leur durée, souvent très appréciable, piouvait atteindre une demie et même trois quarts de seconde. Leur intensité était alors relativement faible tandis que les yeujt étaient éblouis par d’autres éclairs dont la durée était extrêmement courte. Il est surprenant que dans une manifestation électrifie d'une telle puissance les coups de tonnerre fussent si rares. C’est à peine si, toutes ter3 ou 4 minutes, on entendait quelque grondements sourds. A 9 heures, l’orage était à l'horizon mais ni le nombre ni l’intensité des éclairs ne paraissaient avoir faibli. (Communiqué par Un abonné, à Auch.)
- Reproductions photographiques. — Tout amateur'photographe parisien, qui ne peut disposer d’une terrasse ni d’une cour assez grande, sait combien les reproductions de dessins ou de photographies sont difficiles à bien réussir lorsque l’on est obligé d’opérer dans un appartement ou la lumière est le plus souvent1 insuffisante pour obtenir de bons clichés. Mon comptable ayant eu l’obligeance de me procurer une lithographie représentant M. Che-vreul, j’eus l’idée, pour en obtenir une reproduction, d’éclairer l’original au moyen de l’éclair magnésique. A cet effet, j’ai employé le photospire si simple et si commode décrit dans La Nature. Voici ies conditions de l’expérience : magnésium en poudre, charge 0‘r,8 ; objectif double à portraits de Bertiot; lentilles 60 millimètres de diamètre; diaphragme, 15 millimètres; plaques à reproductions, marque à l’as de trèfle ; développement, hydroquinone, un tiers de bain neuf, deux tiers de vieux bain. Encouragé par ce premier succès, j ai fait alors la reproduction de deux gravures représentant deux tableaux de maîtres flamands. La réduction étant aux deux tiérs de 1 original, les clichés obtenus furent plus faibles quoique absolüment détaillés; un renforçage au bichlorure produisit un bon effet et me donna alors des clichés d une bonne intensité. Je crois avoir reconnu que deux poses successives ne donnaient pas une épreuve bien supérieure à celle obtenue avec un seul éclair, j’estime qu’il est préférable de renforcer tous les détails venant du premier coup. Cette nécessité du renforçage ne s’impose que lorsque la reproduction n’est qu’une faible réduction de l’original. Lorsqu’elle atteint un tiers, elle est inutile. Enfin jl est, à mon avis et d après les essais comparatifs que j’ai pu faire, préférable d’employer, malgré l’instantanéité de 1 éclairage, des plaques dites lentes utilisées habituellement pour le paysage, les oppositions sont plus grandes dans le cliché. J’ai la conviction que l’emploi de l'éclair magnésique ou celui des poudres éclairantes nouvelles, bien étudié et appliqué comme il convient, faciliterait beaucoup aux amateurs photographes la reproduction des plans, gravures, etc.; il serait, je crois, intéressant de faire cette étude pour la reproduction des tableaux et aquarelles. Le temps me manque pour faire ces essais, et je serais heureux de voir les résultats qui pourraient être obtenus. Ne pourrait-on pas, par exemple, pour la reproduction d une aquarelle, faire trois poses successives,
- I une avec un éclair bleu, 1 autre avec un éclair rouge, le troisième avec un éclair jaune, colorations qui me paraissent faciles à obtenir en incorporant aux poudres éclairantes des nitrates ou des chlorates à bases de métaux pouvant colorer la flamme. Il serait intéressant de poursuivre ces essais. (Communiqué par M. Monpillard, à Paris.)
- Li Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser i l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rue de Fleurai*
- AVI8. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par Je journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations mène avec indication de provenance, n’est autorisée quen cas dune entente spéciale avec l’éditeur. ’
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- 750e bulletin météorologique de la naturi
- d’après les observations de h. rênoo (parc de saint-maür, altitddk ; 49 N. 30)
- Septembre-Octobre 1890. — Semaine du "lundi 29 Septembre an dimanche 5 Octobre 1890.
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à iO; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de. SK. dédier, -p Thermomètre à l'abri, à boule sèche et à boule mouillée:
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. LE 5 A 8 H. 33 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES OU MATIN
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- d’après le bulletin international du bureau central météorologique DE FRANCE
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- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 septembre.. . . 9»,9 W. 0 Couvert. 0,0 Nuageux le m , beau le s.
- Hardi 30 10,3 » 0 Couvert. 0,0 Nuag. irrégulièrement; brouil. le m., éclairs à 22 h. au S.-E.
- Mercredi 1" octobre , . 12",6 S. W. 2 î Couvçrt, 0,0 Beau jusq. 6 h., couvert ensuite ; éclairs au S. S. W. à 19 h.
- Jeudi 2 8",1 S. S. W. 0 Peu nuageux. 0,6 Très peu riuageu\ le matin, beau le soir.
- Vendredi 5 2*,9 S. W. 0 Peu nuageux. 0,0 Peu nuag. de 6 à 8 h.; beau ensuite, gelée blanche.
- Samedi 4 2",8 S S. W. 0 Beau. 0,0 Beau.; gelée blanche.
- Dimanche 5. ...... . 7",8 •s. W. 0 Couvert. 0,0 Couv. jusq. 15 h., beau ensuite.
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- JM
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- chronique météorologique
- Résumé des observations météorologiques faites au parc de Saint-Maur en septembre 1N93
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 765““,02; minimum, le 21, à 8 heures du soir, 750"",16; maximum, le 26, à 9 heures du matin, 772"“,25.
- Moyennes thermométriques : des minima, 9°,94; des maxima, 21°,05; du mois, 15°,50; moyenne vraie des vingt-quatre heures, 14°,96. Minimum, le 2, vers 5 heures du matin, 3°,5. Il y a eu ce jour-là de la glace dans beaucoup de points du centre de la France. Maximum, le 17, entre 1 heure et 2 heures du soir, 26°,0.
- Tension moyenne de la vapeur, 10““,12'; la moindre, le 2, à midi, 5“",7; la plus grande, le 30, à 4 heures du soir, 14““,6. Humidité moyenne, 81; la plus faible, le la, à, 3 heures du soir, 35 ; la plus forte, 1U0, en douze jours.
- Pluie, 39”,6, en trente-cinq heures, réparties en huit jours; presque toute cette pluie est tombée en trois jours, du 21 au 23; la journée du 22 a fourni, à elle seule, 21““,6 d'eau en 9 heures de chute.
- I
- Nébulosité, 44. Pas trace de nuage les 14 et 15. Huit jours de brouillard, c’est-à-dire où la trausparence a été au plus de 1500 mètres, et quatre jours où cette transparence a été de 1500 à 3000 mètres. Il y a eu, de plus, trois jours de brouillard bas partiel.
- Quatre jours d’orage ; le 17, tonnerre au sud-ouest, à 4 h. 50 m. du soir; , il éclaire toute la soirée; le 19, tonnerre de peu dé durée non loin à l’ouest;, 21, fort orage, de 5 heures à 9 heures du soir; 22, quelques coups de tonnerre, de 5 heures à 7 heures du soir au sud-est, au milieu d’une grande pluie. Eclairs sans tonnerre le 20 au soir, d’abord au sud, puis au nord-nord-est; 30, reflet d’éclairs très éloignés au sud-est à 10 heures du soir. •
- Température moyenne de la Marne, 17°,24; elle a varié de 16°,35 le 2 à 18°,31, le 10. Elle a été tout le mois basse et claire; à la suite de la grande pluie du 22, elle a présenté le 23 seulement une transparence de 0“,72.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de septembre 1890 présente les résultats suivants : Baromètre plus haut de 5“",24. Thermomètre plus haut ’ de 0°,03. Tension de la vapeur moindre de 0"“,06. Humidité relative moindre: de 3. Pluie moindre de 13"“,0. Nébulosité moindre de 9.
- Erra tu au moi» d’août . — Moyenne température des 24 heures, au lieu de 16°',76, lisez 16°,70. Relativement aux moyennes normales, thermomètre, au lieu de plus bas de 1°,06, lisez de 1°,12.
- TEMPÉRATURE
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- Supplément au numéro 907 de LA NATURE, du 18 octobre 1890
- (l.",;™*) 599' BOITE AUX LETTRES («. ™„»)
- Le* lettre* et communications relatives A la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à H. Gaston T1SSANOŒB
- 50, rue de Ch&teaudun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le « jeu des couleurs » que nous avons décrit dans notre précédente livraison a été imaginé par Mme Hartshorne, Bradbourne Ilall, à Ashbourne (Angleterre). Le fabricant de ce jeu est M. Th. Presser, 200, Pentouville Road, à Londres. — Le calculateur mécanique de M. Troncet est en dépôt à la librairie Larousse, 19, rue Montparnasse, à Paris.
- M. Ed. Vergnes de C..., au château de Castelpers ; M. Sassos, à Bayeux. —MM. Serpollet, 27, rue des Gloys, à Paris, construisent actuellement une voiture à vapeur qui pourra très bien répondre à ce que vous désirez. .
- M. Gustave Becquet, ingénieur des mines, à Couillet; M. Henrtj Gravez, à la Louvière; et M. A. Petre, Belgique. — Nous.publions, dans la présente livraison, une Notice complémentaire sur la profondeur des puits de mine. — Remerciements pour vos communications que nous utilisons.
- M. J. B. S., à Commentry. — Vous aurez des renseignements au sujet des machines agricoles en vous adressant à M. Sagnier, directeur du Journal de l’agriculture, 2, carrefour de la Croix-Rouge, à Paris.
- M. Arthur Balut, à Enlaure (Tarn), nous écrit au sujet de l’article récemment publié, de M. Golladon, sur les trombes ascendantes, qu’il a souvent observé des trombes de ce genre : « Au moment de la récolte des foins, il n’est pas rare, par un temps chaud et calme, de voir se produire à la surface des prairies un léger mouvement rotatif de l’air, rendu visible par les brins de foin qui sont entraînés. Rapidement ces brins de foin sont soulevés, décrivent une spirale ascendante atteignant parfois 10 à 12 mètres de hauteur, puis comme subitement abandonnés par la force qui les a saisis, ils retombent lentement et verticalement sur le sol, souvent assez loin du point où ils ont été pris. Je dois ajouter que l’un de mes voisins eut un jour environ 1000 kilogrammes de foin enlevés par un phénomène pareil, mais beaucoup plus intense, et fut dans l’impossibilité complète d’en rien retrouver. »
- M. H. Béliard, ingénieur, à Anvers, nous envoie la description d’un arc-en-ciel lunaire qu’il a observé le 30 août 1890 par temps orageux, à la gare d’Eckeren, à l’est d’Anvers, à 8 h. 30 m. du soir.
- M. J. Deglos, à Paris. — L’adresse où l’on peut se procurer les engrais de M. Poiret a été donnée en tète de la Boîte aux lettres, dans le numéro même où il a été question de ces produits.
- M. F. B., à Marseille. — Pas de librairie spéciale pour ce genre d’ouvrages que vous trouverez un peu partout chez les bouquinistes.
- M. Balla, à Paris. — Des projets analogues ont déjà été proposés.
- M. B., directeur du Journal des blanchisseurs, 47, rue Yivienne, à Paris, offre de faire connaître à notre abonné de Constantinople (597e Boîte aux lettres) une machine à repasser les chemises; si l’abonné de Gonstantinople s’était fait connaître, il aurait reçu le renseignement directement par l’intermédiaire de M. B. qui nous demande son adresse.
- M. Veiga da Curnbra, Portugal. — Charbons pour piles électriques : M. L’Hôte, 7, rue Marqfoy, à Paris; charbons artificiels: M. Carré, 19, rue de l’Estrapade, à Paris.
- Un lecteur hollandais. — Nous croyons que le fait est inexact, tel qu’il est présenté.
- M. X. X., à Mulhouse. — Vous pouvez adresser la lettre au secrétariat de la Société de géographie, à Paris.
- M. G. P., à Bordeaux. — Nous avons donné le dessin des principaux types de locomotives dans notre n° 841, du 15 juillet 1889, p. 108; c’est ce qui fait que nous n’avons pas cru devoir publier plus récemment des dessins analogues.
- M. José Rodrigues Huedas, àMalaga. — M. Vinot (Journal du Ciel), cour de Rohan, à Paris.
- Un chercheur, à Nancy. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage de mécanique contenant la description de cette machine. t M. José Leopoldo 'Mera, Portugal. — Tous nos regrets de ne pouvoir vous donner satisfaction.
- U. J. Poslh, à Genève, et M. Lavaivre, à Rigny. — Voyez aux Atmonces les constructeurs d’appareils de photographie instantanée. Nous ne saurions recommander tel ou tel appareil. Le système que vous désignez est bon.
- M. B., à Rouen. — Vous trouverez l’outillage qui vous convient aux magasins de la Ménagère, boulevard Bonne-Nouvelle, à Paris.
- • M. A. Jehl, à Mazamet. — Nous ne croyons pas que vous puissiez avoir un métal de ce genre ; il faudrait faire des recherches et des «essais pour vous bien répondre.
- M. E. Berard, à Royan. — Les détails sur le sturm-glass, avec composition du liquide, se trouvent bien dans le petit livre Science
- pratique, mais dans le supplément de la nouvelle édition, page 325.
- M. Lanoste, à Pierre-Benite. — Votre question n’est pas de notre compétence ; nous ne saurions vous renseigner.
- M. le DT Paul Portaz, à Paris. — Des idées analogues ont été émises depuis que Graham Bell a créé son photophone; mais il faudrait réaliser ces idées par des expériences.
- M. Camille Magué, à la Flotte. — Nous transmettons votre lettre aux auteurs de notre Bulletin astronomique; mais il ne nous est pas facile de modifier ce que nous faisons actuellement.
- M. P. Verdet, à Paris. — Oui; mais la poudre-éclair est plus commode dans son emploi. .
- M. Lacombe, à Paris. — Remerciements pour votre communication que nous utiliserons prochainement.
- M. Léon Jarry fils, à la Ghapelle-Basse-Mer, nous écrit que le bloc de granit décrit dans la Chroniqtie de notre n° 903, serait bien le bloc le plus gros qui est connu. Contrairement à ce que nous affirme un lecteur dans notre 597e Boîte aux lettres, le bloc qui sert de base à la statue de Pierre le Grand à Saint-Pétersbourg, pèserait seulement 800 tonnes et non 1500.
- M. J. Simon, à Vouziers. — On ne construit encore nulle part des voitures électriques ; le problème n’est pas résolu pratiquement.
- Un abonné, à Gênes. — Les taches rouges faites sur le drap par un acide s’enlèvent facilement avec de l’ammoniaque étendu d’eau.
- M. J. D., à Q. de V. (Ain). — 1° Le baromètre donne l’altitude par une lecture directe : il faut, pour obtenir de la précision, faire les corrections de température. — 2° Ge deuxième volume est en préparation.
- M. G. L. Champagne. — Nous avons décrit jadis le mors électrique qui arrêtait les chevaux fougueux; cet appareil n’a pas eu le succès qu’on en attendait. Nous ne connaissons pas d’autre système efficace.
- M. le Dr A. de Labrousse. — Remerciements pour votre intéressante photographie : il y a eu évidemment erreur dans cette Notice.
- M.A.Dumanq, ingénieur en chef des ponts et chaussées en retraite, 3, place d’iéna, à Paris, nous adresse un intéressant projet d’un canal maritime de Paris à Dieppe ; mais un projet de Paris port de mer est étudié par le gouvernement, et l’on ne saurait poursuivre plusieurs tracés.
- M. C. de B. — Adressez-vous aux marchands de produits chimiques pour laboratoires.
- Un abonné, à Versailles. — Vos accumulateurs ne sont probablement pas assez formés.
- M. A. B., h Vesoul. — On peut préserver une pièce de son humidité en y laissant séjourner des récipients remplis de chlorure de calcium très avide d’humidité.
- M. Melnikoff, ingénieur, à Odessa. — Nous signalerons votre livre dans notre Bulletin bibliographique. Remerciements.
- M. L. J., ingénieur civil, à Cognac. — 1° Vous trouverez un bon traité d'aquarelle à la papeterie Berville, rue de la Chaussée-d’Antin. — 2° Oui; nous avons publié des articles sur les alcools et les eaux-de-vie. Voyez notre Table des dix premières années.
- M. Louis Parisot, à Paris. — En parlant de l’extérieur, nous avons voulu dire du dehors, par opposition avec le chez soi,l’intérieur.
- M. E. M., aux Sables-d’Olonne. — Nous ne croyons pas que le sel de cuivre puisse avoir les inconvénients que vous redoutez.
- M. P. Bauhain, à Bordeaux. — 1° Il n’existe pas de livre spécial de ce genre. — 2° Même réponse. — 3° Il faudrait un ouvrier du métier, cela est difficile à confectionner; nous ne connaissons pas le procédé.
- Al. R. V. H, à Gand. — Même réponse que pour le n° 1 ci-dessus.
- M. Trounier, à Noirmoutier. — 1° Nous avons reçu votre communication que nous utiliserons prochainement. — 2° Le pouce français équivaut à 27 millimètres.
- M. P. D., Guatemala. — Nous ne croyons pas qu’il existe de livres spéciaux sur ces procédés industriels. Nous n’en connaissons point.
- M, Teissonnières. — Remerciements pour votre communication.
- QUESTIONS
- NT° 1303. — M. T. E., à Bruxelles, demande Je moyen d’éviter l’odeur du purin quand on le répand dans les jardins.
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- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Graphique pour les mélanges et alliages. — Il arrive souvent que dans la pratique des industries chimiques, céramique, métallurgie, etc,, l’on soit obligé de se livrer à des calculs longs et fastidieux, soit par l’algèbre, soit par l’arithmétique, pour déterminer en quelles proportions il convient de mélanger deux ou plusieurs matières dont on connaît la composition, pour obtenir un alliage ou un mélange de composition chimique déterminée. Appelé par la pratique des arts céramiques à faire fréquemment dés recherches de ce genre, j’ai été conduit à me servir du graphique suivant (fig. 1) : Sur les deux petits côtés d’un rectangle ayant 200mra et 100mm, on porte en ordonnées la composition centésimale de chacune des matières à mélanger. Soit, par exemple, à effectuer un mélange de feldspath et d’argile plastique. On porte à droite, sur le côté de droite du rec-
- tangle : silice =66mm, à la suite, toujours en partant d’en bas, alu-mine=30mm, enfin oxyde de fer=4’”m pour l’argile. — De même, pour le feldspath à gauche, on porte, à partir du bas, silice = 76“m, à .la suite alumine = 10mm; enfin alcalis = 14mm. On joint par des droites les extrémités des ordonnées homologues a[J pour la silice, Y§ pour l’alumine, etc. Dès lors, si l’on veut savoir si avec une telle argile et un tel feldspath que ceux figurés, on peut faire une pâte dont la composition soit la suivante : silice =70 pour 100, alumine =25 pour 100, alcalis =5 pour 100 — analyse de la porcelaine de Chine, publiée récemment par M. Lauth, ancien directeur
- de la manufacture de Sèvres — on portera sur une bande de papier 70mmpourla silice, puis à la suite 25mm pour l’alumine et enfin fimul pour les alcalis et le fer. On promènera cette bande de papier sur le rectangle en la maintenant parallèle aux petits côtés (ordonnées), jusqu’au moment où les intersections des transversales du graphique avec la bande de papier coïncideront à peu près avec les divisions tracées d’avance sur la bande. On voit ainsi que si l’on a porté sur le grand côté du rectangle xles divisions centésimales en marquant 100 au pied du petit côté de droite et 0 au pied du côté de gauche, la bande de papier, dans sa position la plus favorable, s’arrête à la division 59. Si on a procédé inversement pour le feldspath, on trouve qu’avec 59 pour 100 d’argile et 41 pour 100 de‘feldspath, on aura une pâte ayant pour composition : silice=70 pour 100, alumine = 21 pour 100, fer oxydé = 2,5 pour 100, alcalis = G,5 pour 100, qui se rapproche beaucoup de la pâte qu’on veut obtenir et qui donnera vraisemblablement un grès un peu plus fusible que la porcelaine de Chine et coloré par Fe-OL Si l’on avait 5 ou un plus grand nombre de matières à mélanger, on ferait d’abord un graphique pour deux d’entre elles, puis un second graphique pour le mélange correspondant à l’ordonnée choisie dans le premier graphique, portée comme l’un des côtés du second graphique, la troisième matière étant portée sur le côté opposé du rectangle du graphique, et ainsi de suite suivant le nombre de matières à mélanger entre elles. — Le théorème de géométrie sur lequel repose la construction de ce graphique est le suivant : Lorsque plusieurs triangles ont une base commune et même
- hauteur, les segments interceptés par les deux côtés des triangles sur une droite parallèle à la base commune, sont égaux entre eux. Soient ABC, DBC, EBC, etc. (fig. 2), des triangles, et KP parallèle à BCqui coupe, les côtés des triangles aux points KLMN’OP. Menons LQ parallèle à AB, on a : BQ=KL. Menons par le^point Q une parallèle à BP qui coupe
- le côté DC au point N, on a : gp — (1 ) • Mais, dans le trian-
- DN,J
- i nrvr • MN
- gle BDC, on a aussi ^ :
- UL
- DC
- (2) et comme MN'=BQ, le point
- N où la parallèle à BD coupe le côté DC du triangle BDC, se confond avec le point N' où la parallèle KP à BC coupe DC. Car dans les rapports (1) et (2) comme BQ = MN, les troisièmes termes DN et DN' sont aussi égaux. On voit dès lors qu’on a la suite d’égalités KL=MN=OP = etc. C.Q.F.D. — On se trouve donc autorisé, par ce théorème, à changer de place les sommets des triangles dans les graphiques, c’est-à-dire à amener deux triangles qui auront leurs bases situées sur les côtés opposés d’un rectangle, dans des positions telles que deux de leurs côtés coïncident; dès lors nous pourrons lire, sur une ordonnée parallèle aux bases des triangles, la somme des segments interceptés sur cette ordonnée par les deux autres côtés des triangles. Ce graphique consiste en somme à construire deux triangles de proportion (des dessinateurs), de façon que les bases de ces triangles soient parallèles, le sommet de l’un étant situé sur l’extrémité, de la base de l'autre et réciproquement. Au lieu de lire, sur une parallèle à la base de l’un d’eux, seulement les divisions proportionnelles aux divisions de cette base, nous lisons, grâce à la disposition adoptée et expliquée plus haut, et grâce au théorème ci-dessus, la somme des divisions proportionnelles aux divisions correspondantes des bases des deux triangles. Les deux triangles ayant bases égales et même hauteur, ces graphiques permettent d’opérer rapidement, donnent une approximation suffisante dans la pratique et surtout permettent de voir dans quel sens diriger les recherches pour les mélanges à essayer. (Communiqué par M. Bour-> gerel, à Bollène.)
- Les crapauds et les voies ferrées. — Permettez-moi de vous communiquer une observation qui pourra peut-être intéresser quelques amateurs. Il s’agit de la disparition du crapaud. On sait combien cet animal prête un concours utile à l’asriculture en détruisant une multitude d’insectes nuisibles. Mais ce pauvre animal a un ennemi et un ennemi terrible : le chemin de fer. Le chemin de fer? direz-vous. Oui, le chemin de fer, et je vais vous expliquer comment une voie ferrée peut être nuisible à la race batracienne. Dès que le crapaud a ses membres, c’est-à-dire quand il peut sauter, sa principale occupation est de se promener dans les endroits frais et humides. Or il arrive qu’en sautillant après une averse il parvient à une voie de chemin de fer. Il monte sur la banquette, arrive sur le bord du rail, descend dans la voie, traverse, et s’apprête à sortir de l’autre côté, mais comme il est trop jeune et qu’il ne saute pas assez haut, il retombe dans la voie et ne peut plus en sortir. Il se contente de marcher dans le sens de la ligne où il périt infailliblement, privé de nourriture et exténué par les vains efforts qu’il fait pour s’évader. J’ai constaté ce fait bien souvent et les crapauds étaient si nombreux que retourrant sur la voie cinq jours après, je pus ramasser sur une longueur de 5 mètres et sur une seule voie 123 cadavres desséchés de ces animaux. Le fait que je vous signale n’a pas été constaté que par moi. Il l’a été de nombreuses fois par les hommes chargés du service de voie qui m’ont affirmé que cela se renouvelait tous les ans à une certaine époque et qu’il arrivait bien souvent que les animaux étaient encore plus nombreux. (Communiqué par M. L, G., à Poitiers.)
- Inondation d’une ville. — La ville de Kayes, chef-lieu de nos possessions du Soudan français, siège des principaux services administratifs et judiciaires de l’intérieur, vient d’être complètement détruite par une inondation. Kayes est la tète de ligne du petit chemin de fer de pénétration de Bafoulabé. C’est une ville toute nouvelle. Autrefois, le centre principal de nos possessions dans cette région était Médine, poste fondé par le général Faidherbe en septembre 1855 pour contenir les tribus du haut Sénégal. Quand il fut question de continuer le chemin de fer destiné à relier le Sénégal au Niger, la ligne devait partir de Médine. Mais, comme à une petite distance de Médine il existe sur le fleuve le. passage dangereux des Kippes, on résolut de placer à Kayes, à onze kilomètres au-dessouS de Médine, le point de départ du petit chemin de fer. Depuis 1880, La ville n’a cessé de grandir. De deux cents habitants, elle est passée à près de quatre mille. Les établissements de l’Etat sont situés sur le bord du fleuve, et ils étaient protégés par une enceinte crénelée, flanquée d’un blockhaus.
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- même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA
- , d’après les observations de m. renoo (parc de saint-maur, altitude ; 49 M. 30)
- Octobre 1890. — Semaine du lundi 6 au dimanche 12 Octobre 1890
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- ^Baromètre enregistreur de H. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après le bulletin international do büreao central MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS # THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL i 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 octobre .... 6",8 S. S. W. 0 Beau. 0,0 Beau, quelq. nuag. de 13 à 18 h., brouill. de 1000 m. à 7 h.; halo.
- Mardi 7 9,7 N. W. 0 Couvert. 0,0 Presq. couv.; brouillard de 200 mètres à 6-7 h.; halo.
- Mercredi 8 14*,8 ‘ N. N. E. 5 Couvert. 0,7 Couv. jusq. 10 h.; nuag. jusq. 18 h.: beau ensuite, pluie de o h. à 9 h., trausp. alm. 2 km. à 6 h.
- Jeudi 9 4%2 N. 1 Peu nuageux. 0,6 Beau, quelq. nuages de 9 à 12 h.; gel. blanche par endroits, halo.
- Vendredi 10 2*,3 N. N. E. 2 Beau. 0,0 Beau, gelée blanche forte.
- Samedi 11 0°,9 N. N. E. 1 Beau. 0,0 Beau ; brouill. de 400 m. à 6 h.; première gel. à glace,
- Dimanche 12 2°,0 N. N. E. 1 Beau. 0,0 Pas trace de nuages ; brouill. de 200 m. à 6 h.; gel. blanche.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- K,e tremblement de terre du fl fl juillet A Banjœwangle. —
- Le 11 juillet, les trois câbles qui réunissent l’Australie au centre du monde ont été brisés au moment même d’un tremblement de terre qui s’est fait sentir à leur point de départ, sur la côte de Java à Banjœvangie. Une immense dépression, cause ou conséquence du tremblement de terre signalé, s’est produite au Ifond'de l’Océan, et c’est à cet accident géologique formidable qu’il faut attri-, buer la rupture des câbles que l’on a trouvés coupés nettement en'plusieurs points.
- Trombe. — Les violents orages du 10 août ont été accompagnés, dans le sud-est de la Belgique, d’une trombe qui a ravagé notamment la région comprise entre Beauraiug, Vônèche et Gedinne, à l’ouest, Haut-Favs et Honnay, à l’est.
- Les plateaux que traverse la grande route de Falnaignoul à Bouillon, entre la
- 19* borne (Vonêche) et la 27” borne (Gribelle sur Haut-Fays) ont une altitude de 550 à 420 mètres; ils séparent la vallée de la Houille, qui descend de Gedinne et se jette dans la Meuse, à Givet, de celle de la Lesse. Ils sont couverts de superbes bois de haute futaie.
- Parallèlement à la grande route, et à un demi- kilomètre de celle-ci, coule ? dans un ravin un petit ruisseau, la Goulette, affluent de la Wimbe et sous-affluent de la Lesse. C’est à 3 kilomètres au sud de la source de ce ruisselet que la trombe s’est formée, déracinant, tordant, brisant et emportant plusieurs milliers de beaux chênes et d’énormes hêtres, dans les bois de Gerhenne et de Haut-Fays. Le" vent soufflait avec violence depuis le matin, le tonnerre grondait et la pluie tombait à torrents; vers 3 heures et demie de l’après-midi, disent les habitants, on entendit un bruit formidable semblable à celui de décharges s d’artillerie et l’on vit tourbillonner dans les airs des branches d’arbres et des feuilles qui allèrent s’abattre dans les environs jusqu’à Honnay, à 10 kilomètres au nord-nord-est de Gribelle. >
- TEMPÉRATURE
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- Supplément au numéro 908 de LA NATURE, du 25 octobre 1890
- *) 600e BOITE AUX LETTRES («Æ»)
- ‘te» lettres et communications relatives à 'la Botte au lettres et à la rédaction doivent être adressées à U. Gaston TIS S AMD IER
- 50, rue de Ch&te'audun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- * Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui "concerne le compteur à gaz de M. Cloudsley, décrit dans le précédent numéro, s’adresser directement au directeur de Ylron, 161, Fleet Street, London, E. C.
- ' M. G. Bonfait, au Havre. — 1° Voyez l’adresse ci-dessus mentionnée. — 2° Nous publierons prochainement un article sur les mines d’amiante du Canada.
- M. X. Y. Z., à Culoz. — 1° La composition des bronzes est donnée "dans les traités de chimie, notamment dans le Traité de chimie de Pelouze et Fremy. — 2° Le chapitre de la chimie sans appareils fait partie du livre des Récréations scientifiques de M. G. Tissan-dier. (G. Masson, éditeur.)
- Un abonné étranger. — Des accumulateurs pourront vous convenir : il faudra environ six éléments montés en tension.
- M. René Raie, à Bar-sur-Aube. — 1° Plonger le laiton bien décapé dans du sulfhydrate d’ammoniaque étendu d’eau ; le métal deviendra noir. Donner le poli au brunissoir. — 2° Nous croyons que vous
- § outrez adopter la disposition que vous indiquez pour l’enroulement u fil.
- M. Albert Largeron, à Firminy. — L’adresse du constructeur du similigraphe niveau a été donnée dans le numéro même où l’appareil a été décrit (en tête de la Boîte aux lettres) ; veuillez vous adresser à lui.
- f M. Henri Denigis. — Vous trouverez un grand nombre d’adresses de fabricants de ce genre dans le Dictionnaire de Bottin.
- * M. L. M., h Pagny. — Ces produits doivent être maniés avec beaucoup de précautions. Nous ne saurions vous donner d’avis à distance. Il faut, en effet, prendre garde aux décompositions.
- M. A. Rieffel, à Clarens, nous écrit que l’on travaille à la ligne à crémaillère qui s’élèvera au-dessus de Montreux jusqu’aux rochers de Naye (2050 mètres). Ce sera, d’après notre correspondant, le plus haut point qu’un chemin de fer ait atteint en Europe. Cette voie sera la continuation du funiculaire de Territet-Montreux à Glyon.
- * M. Jean Mribel, à Mulhouse. — Il faudrait soumettre cette pile à des mesures pour vous donner une réponse précise.
- ~ Un abonné, à Paris. — Vous trouverez le moyen de graduer les appareils de mesure électriques dans le Formidaire pratique de l'électricien. (G. Masson, éditeur.)
- Un vélocipédiste vauclusien. — Le vernis noir du Japon (chez les marchands de couleurs) vous conviendra.
- M. A. T., à Belfort. — Pas de remède à vous indiquer.
- M. A. K. P., à Thiais. — Nous décrirons prochainement un petit appareil pratique qui vous conviendra.
- M. Fernando F. D., à Bruxelles. — Nous publierons, dans une de nos livraisons suivantes, les formules que vous demandez.
- M. L. M., à Montélimar. — Il y a un grand nombre de traités d’échecs. Vous trouverez un ouvrage de ce genre à l’Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris. Les libraires de votre ville vous renseigneront aussi.
- ’ M. A. A. de B., à Paris. — Berger-Levrault, éditeur.
- M. M. T., à Bordeaux. — Tour de main tenu secret par les fabricants : ne se trouve pas dans les traités; regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- M. Paul Piequet, à Reims. — Remerciements pour votre communication que nous utiliserons.
- mM. le Dr J. Roulliés, à Agen. — Il n’y a pas encore de voiture électrique pratique.
- M. A. D., à Marseille. — Adressez-vous aux fournisseurs de produits chimiques pour laboratoires. (Voyez aux Annonces.)
- L'abonné 743. — Cette construction est du domaine de la quincaillerie : un bon ouvrier pourra l’exécuter.
- M. A. M., à Argenteuil. — Le celluloïd est la seule substance que nous puissions vous indiquer.
- M. Ch. Leclère, à Paris. — 1° Aucun plan de ce genre n’a été publié à notre connaissance. — 2° Nous parlerons prochainement de cette expérience intéressante. — 3° Machines fonctionnant par la vapeur surchauffée.
- M. E. P. Sêe, à Lille. — Le papier frotté avec de l’essence de térébenthine prend de la transparence. Faites un essai préliminaire
- en petit. • . , . ’ .
- Un artilleur du 12e. — Pour tout ce qui concerne le projet du chemin de fer transsaharien, vous pouvez vous adresser à M. Rolland, ingénieur des mines, 60, rue Pierre-Charron, à Paris.
- M, E. Pernot, à Autun. — Ces cas de tératologie dans les fleurs ne sont pas rares. On en observe un grand nombre du même genre. M. H. Guionnet, à Tarbes. — Un livre sur la gravure a été publié
- par la maison Quantin, à Paris ; vous en trouverez un autre dans la collection des manuels Roret.
- Un abonné, au Vésinet. — L’adresse de l’engrais pour jplantes d’appartement, a été donnée dans le numéro même où il a été question de ce produit (en tête de la Boîte aux lettres).
- M. Ed. Marck, à Lausanne. — Votre appareil pour la production des gaz est ingénieux ; mais on en construit du même genre dans les laboratoires.
- M. A. Pottier, près Allonnes. — Nous croyons que le grattage du meuble est le seul procédé que l’on puisse employer. Mais il faut que l’opération soit faite par un ébéniste habile et habitué aux meubles anciens.
- M. Henry Lebègue, à Marseille. — La machine à écrire ne pourrait-elle pas vous convenir? On en construit aujourd’hui de très pratiques qui fonctionnent très rapidement.
- M. 0. Bouvier, à Bordeaux. — Vous trouverez les renseignements que vous demandez sur la valeur des bougies électriques, sur les lampes à incandescence, etc., dans le Formulaire de l'électricien indiqué plus haut.
- M. Monciny, professeur de dessin à la mairie du XIIe arrondissement, à Paris, nous adresse un ingénieux Tableau graphique de la chronologie des Rois de France. Le tableau est divisé en 100 parties égales, représentant chacune une année ; les règnes y sont représentés par des traits de différentes longueurs, qui, en s’échelonnant, jusqu’à la fin du tableau, comme dans un livre de lecture, donnent par années et par siècles les dates des Rois qui ont régné. A droite, figurent les faits principaux qui se sont passés pendant chaque siècle. Les races y sont représentées en trois couleurs de façon à pouvoir donner à l’élève tous les éléments des dynasties Mérovingienne, Carlovingienne et Capétienne.
- M. J. F., a la Roche-sur-Yon. — Pas de livre spécial sur la fabrication des timbres en caoutchouc; le mode de confection a été publié dans le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. F. J., à Amiens. — Nous ne connaissons aucun appareil de ce genre.
- M. Henry Courtois, à Muges, par Damazan (Lot-et-Garonne), nous adresse : 1° le récit d’un voyage qu’il a entrepris en Irlande à la Chaussée des géants ; 2° la Note suivante que nous reproduisons in extenso : « Mon excellent ami, M. Gautier, fait à l’école des garçons d’Aiguillon (Lot-et-Garonne) un travail aussi remarquable qu’utile ; il travaille à peindre à l’huile, sur le plafond de la salle d’école, une carte du ciel à grande échelle consistant en deux vastes cercles bleus ; les deux hémisphères sont projetés sur le plan de l’équateur céleste, il se sert pour cela de l’excellent Atlas céleste de Charles Dieu et Flammarion, il y ajoutera un tableau du système solaire et de belles vues des planètes copiées dans le magnifique ouvrage le Ciel de Guillemin ; c’est moi qui ai fourni Y Allas céleste de Dieu et le Ciel de Guillemin. 11 serait à désirer que de pareilles cartes existent sur le plafond du plus grand nombre possible d’écoles ; les connaissances cosmographiques peuvent compter parmi les plus utiles, elles sont, en effet, la base fondamentale de la géographie. »
- M. P. T., à B. — Il suffit de dissoudre les sels dans de l’eau distillée.
- M. A. P., a Paris. — Frotter la gomme à effacer sur du papier blanc avant de s’en servir.
- M. L. Troussier, à Noirmoutier. — Le pouce français équivaut exactement à 0”,02707.
- M. Fernùo Martins, à Lisbonne. — L’adresse que vous demandez a été donnée en tête de notre précédente Boîte aux lettres.
- Un Landais, à Sabres. — Rue Laborde, n° 7, à Paris.
- Une lectrice. — Vous obtiendrez une bonne encre sympathique en faisant dissoudre du chlorure de cobalt dans de l’eau. Le jus d’oignon forme encore un très bon produit de ce genre.
- M. Gotendorf, à Chatou. — Vous pourrez vous procurer ces lampes électriques chez M. Trouvé, 14, rue Vivienne, à Paris.
- M. le Dt X., à Montpellier. — L'appareil que vous mentionnez n’a pas été livré au commerce ; il peut donc passer pour à peu près inconnu.'
- M. Francisco Andren, à Mahon. — Le phonographe Edison n’est pas encore en vente en France.
- M. Rocher de Caylus, à Ganges. — Boîtes de fer-blanc, MM. Pel-tier et Paillard, 74, rue Montmartre, à Paris.
- M. Drouineau, à Paris. — C’est bien à M, Poiret, professeur à Arras, qu’il faut s’adresser : M. Poiret a reçu de nombreuses lettres des lecteurs de La Nature.
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- Jf. Léon Fy, à Versailles. — Nous avons publié jadis un article à ce sujet ; il n’y a pas de livre spécial.
- M. B. P., à Albi. — Essayez l’action des dissolvants des corps gras, l’éther ou la benzine, par exemple.
- M. J. D., à Q. de V. — Nous avons dit qu’il fallait faire les corrections de température ; il va sans dire qu’il faut connaître la pression à un niveau superficiel d’altitude connue.
- M. E. Rousseau, à Nantes. — M. Georges Ville a exposé ses théories et ses résultats expérimentaux dans un livre publié à la librairie ; G, Masson.
- RÉPONSES
- Réponse au n° 1301. — Voyez aux Recettes utiles : Gomme liquide pour enduire les fondations.
- Réponse au n° 1303. — Enlever l’odeur du purin. — Nous croyons qu’une dissolution faible de sulfate de fer pourrait être employée pour cette désinfection. On obtiendrait le résultat demandé avec une faible dépense. (Communiqué par M. A. P., à Paris.)
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- / Exposition française à Moscou en 1891. — Un ukase < impérial de S. M. Alexandre III, du 20 avril-2 mai 1890, a autorisé y l’installation d’une Exposition française à Moscou. M. le Ministre du commerce a bien voulu porter à la connaissance du public la bonsti-I tution de la Commission supérieure de l’Exposition de Moscou et son •k\ organisation générale. L’Exposition sera dirigée par une Commission M supérieure qui seule sera chargée de l’organisation des services
- * administratifs. Il ne sera pas institué un Jury de récompenses. Une
- “ médaille commémorative sera attribuée à chaque participant comme
- souvenir du choix fait par les Comités d’admission. Des Comités seront constitués pour l’admission et l’installation des exposants dans chaque classe suivant nos usages de 1878 et de 1889. La Commission supérieure est ainsi composée : MM. Teisserenc de Bort, sénateur,
- Êrésident, ancien Ministre de l’agriculture et du commerce en 1878 ; ietz-Monnin, sénateur, vice-président, ancien directeur général des L sections françaises à l’Exposition de 1878; David Dautresme, ancien
- f chef du commissariat général de l’Exposition de 1889, secrétaire
- I général ; Poirrier, sénateur, ancien président de la Chambre de com-
- merce de Paris; Flourens, député, ancien Ministre des affaires étrangères; Ch. Prevet, député, ancien commissaire général de la France à l’Exposition de Barcelone ; Alphand, directeur des travaux de la ville de Paris ; Cousté, président de la Chambre de commerce de Paris ; Guillotin, président du tribunal de commerce de la Seine; Aimé "r: Girard, professeur au Conservatoire des arts et métiers; Watbled,
- | consul de France honoraire; Jouanno, banquier. Le siège de la direction et de l’administration se trouve, 32, rue Tronchet, à Paris.
- Course de vélocipédistes italiens. — Des courses de résistance vélocipédiques ont eu lieu) récemment à Trévise au milieu d’un grand nombre de spectateurs. Il s’agissait de parcourir en moins de six heures, 120 kilomètres. A 6 h. 5 m. du matin, le 10 octobre, dix vélocipédistes inscrits partirent au signal donné, en présence des juges et du président de l’Union des vélocipédistes italiens, M. le comte de Viarigi. Le gagnant fut M. Charles Braida qui, avec une rapidité remarquable, parcourut les 120 kilomètres en quatre heures trente-une minutes. Peu de jours auparavant, M. Braida avait gagné une course de vitesse. Deux autres vélocipédistes suivirent de près. (Communiqué par M. le professeur Jean Santalena, à Tré-
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Gomme liquide pour enduire les fondations.
- II existe un enduit liquide destiné à préserver les murs des habitations, parois et fonds de canaux, cales pour réparations de bateaux, casemates, dépôts de poudres et sels, etc., qui est expérimenté depuis une dizaine d’années en Allemagne et dont nous avons vu des applications en France. Cet enduit est à base de caoutchouc liquide mélangé de goudron à dose variable (de 10 à 30 pour 100) et de pétrole. On fait fondre le tout à petit feu et comme la matière ainsi obtenue n’a jamais une grande fluidité, on l’étend comme le mortier avec une truelle ; une épaisseur de 5 millimètres est suffisante pour garantir les parois des infiltrations et de l’humidité qui se dégage du sol. L’emploi de l’enduit varie suivant qu’on opère sur des murs en construction ou ayant déjà un certain temps d’existence. Quand on veut garantir absolument de l’humidité un bâtiment encore en con-
- struction, placé au bord de l’eau, par exemple, ou devant contenir certaines matières demandant une sécheresse continuelle, comme, par exemple, des explosifs, poudres de chasse ou de guerre, etc., on attend que le bâtiment soit sorti des fondations et à fleur de terre, on recouvre horizontalement la pierre avec une légère couche de ciment qu’on laisse sécher. Ensuite on revêt à chaud cette surface avec une épaisseur de matière de 3 à 4 millimètres bien étendue régulièrement. L’enduit durcit en refroidissant, mais sans devenir rigide ; on peut donc continuer la construction sa'ns crainte d’avoir crée une solution de continuité dans les murailles, à fleur du sol. Cette opération garantit les murs de l’humidité venant du sol et arrête le salpêtre qui a toujours tendance à remonter au faîte des plus hautes constructions et qu’on trouve partout dans la terre. On peut aussi préserver les bâtiments de l’humidité du dehors en les badigeon-neant verticalement ; l’enduit garantit aussi les parties boisées. Seulement le dosage de gomme liquide doit être très réduit en ce cas si l’on veut obtenir le séchage complet des surfaces badigeonnées. La plus importante application de ce produit, du moins à notre connaissance, a été pratiquée par le service des ponts et chaussées du département de la Haute-Marne, au canal qui passe à Saint-Ciergues. Le lit du canal vidé et bien séché, on a gratté le fond empierré pour enlever les dépôts qui s’y étaient formés, les trous ont ensuite été bouchés avec du ciment, tout en respectant les rigoles tracées entre les pierres du fond. Après quoi l’enduit a été répandu à la truelle, mais avec l’aide d’un chalumeau spécial alimenté par une forge portative, ce chalumeau étant terminé par une lance projetant une flamme qu’on promenait sur l’enduit, le forçant ainsi à pénétrer dans tous les interstices laissés par les inégalités du fond. Cet enduit dure depuis près d’une année et n’a pas bougé, mais il faut une plus longue expérience pour conclure à son absolue efficacité. Une autre partie du canal a été goudronnée à trois couches, mais a donné des résultats peu durables. Ces deux essais méritaient d’être signalés. Ce qui paraît devoir le mieux réussir, c’est le goudronnage d’abord, additionné ensuite par une seconde opération de gomme liquide dissoute à la benzine et mélangée de pétrole jouant ici le rôle de siccatif. La gomme liquide est obtenue généralement par des déchets de caoutchouc durci et pulvérisés au broyeur, ou mieux au cyclone pulvérisateur récemment décrit dans La Nature; mais il est préférable d’employer de bons caoutchoucs préparés spécialement dans ce but et exempts de matières réfractaires à la pulvérisation. Alors le badigeonnage revient cher ; il a été employé par le génie allemand dans différents travaux de défense, forteresses et casemates, dépôts de matières explosibles où il a donné, paraît-il, les meilleurs résultats. (Communiqué par M. y. G., d’après les renseignements fournis par MM. Martiny et Cu. Manufacture de caoutchouc et gutta-percha, à Saint-Denis, Seine.) •
- Retouche des clichés photographiques.
- Les amateurs qui retouchent eux-mêmes leurs clichés à la mine de plomb apprendront avec plaisir que l’essence grasse étendue au moyen d’un petit tampon de flanelle sur le négatif (côté de la gélatine) n’altère en rien la transparence de l’image et permet de crayonner aussi bien que sur le papier. La quantité d’essence grasse doit être aussi minime que possible; enlever l’excès avec un tampon de flanelle propre. S’il y a des traits au crayon à faire disparaître, les enlever avec cette même essence. L’essence grasse se vend chez tous les marchands de couleurs, environ 40 centimes le flacon dont la contenance suffit pour une centaine de clichés 13x18. (Amateur photographe.) ,
- Engrais pour plantes d’appartement.
- Les engrais pour plantes d’appartement paraissent intéresser les lecteurs. Je crois utile de vous signaler les expériences faites par M. Grandeau à ce sujet. En voici le résumé. L’engrais qui convient le mieux aux plantes de serre et d’appartement se compose de ; 100 grammes de nitrate de chaux, 25 grammes de nitrate de potasse, 25 grammes de phosphate de potasse, 25 grammes de sulfate de magnésie. Faire dissoudre à raison de 5 grammes par litre d’eau (on peut mettre 10 grammes pour arroser la terre avant l’empotage). — Arroser les plantes une fois par mois avec cette solution, avoir soin de ne pas mouiller les feuilles (cependant intentionnellement j’ai arrosé les feuilles et elles n’ont pas paru en souffrir). — Si les feuilles paraissent s’étioler, on peut ajouter à la solution un peu de chlorure ou de phosphate de fer. Chacun peut ainsi préparer cet engrais à très peu de frais. Depuis trois mois, je me sers de cet engrais. La différence entre les plantes qui ont reçu cette solution et celles qui ne l’ont pas reçu, est extraordinaire. (Communiqué par M. A. Tatalot, à Armentières).
- Li Rédaction et l'Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser i l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rne de Flenrni.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations» même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 75,2e BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA NATUR]
- a,Vv d’après les observations de h. renou (parc de SAINT-MAUR, altitdde ; 49 K. 30)
- Octobre 1890. — Semaine du lundi 13 au dimanche 19 Octobre 1890.
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- [Baromètre enregistreur de H. Rédier. — Thermomètre à l'abri, à bonle sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. LE 13 A 11 H. 14 M. DD SOIR.
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- OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- D’APRÈS LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE i 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 octobre .... 4-,3 N. N. E. 1 Beau. 0,0 Beau; gel. bl. petit brouill. le m.
- Mardi 14 3*,9 Calme. Brouill. couv. 0,0 Irrégulièrement nuag., brouill. le m.
- Mercredi 13 . 9*,6 S. S. W. 1 Brouill. couv. 0,0 Presq. couv., pluie dans soirée, brouill. le m.
- Jeudi 16 6*,9 W. S. W. 2 Beau. 2,7 Nuag., éclair à 17 h. 55 à N., et à 18 h. 30 à N.-N.-E.; averses.
- Vendredi 17 6-,l W. 2 Beau. 0,0 Beau jusq. 8 h., couv. après; pluie à 9 h. 1/4.
- Samedi 18 5%9 W. 2 Quelq. nuages. 0,0 Tr. nuag. dans jour, peu m. et s. averses dans soirée.
- Dimanche 19. 7*,7 N. W. 3 Tr. nuageux. 0,1 Presq. couv., gouttes à 2 h. 23 et de 22 h. à 22 h. 20.
- ; CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
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- i le rayon vert. — Le 5 octobre, immédiatement après l’instant où le soleil se couchant venait de disparaître, à l’extrémité ouest du lac Léman, derrière le Jura, des rayons verts jaillirent vers le ciel. Ils semblaient émaner d’un arc de 130° environ, ayant pour centre le soleil et pour axe une ligne perpendiculaire à l'axe de la Terre. Leur ton était clair, mais leur nuance semblait être le vert absolu, le vert du spectre. A. Rieffel, à Clarens. -
- Un bolide. — Permettez-moi de vous signaler un bolide d’un éclat inusité que j’ai obs'ervé le 14 octobre, vers 6 heures et demie du soir, au nord de Pompey (Meurthe-et-Moselle). Il allait de l’ouest à l’est, a commencé à'apparaître à peu près dans le plan méridien nord-sud et a décrit un angle d’environ 30 à 60°; la vitesse initiale était celle de tous ces météores et l’éclat très * ordinaire. Après avoir parcouru environ 30°, il est devenu absolument éblouissant et sitôt après avoir atteint son maximum d’éclat, éclat que je n’ai jamais " vu, il est devenu rouge et s’est éteint petit à petit. Sa vitesse, qui n’avait cessé de décroître, était à ce moment très faible. J. M., à Pompey.
- : TEMPÉRATURE
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- Supplément an numéro 909 de LA NATURE, du 1er novembre 1890
- (u'SJ 60 r BOITE AUX LETTRES (.-»=..«)
- Km lettres et communications relatives à la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à M. Gaston TISSASfDlEkk
- 80, rue de Ch&teandun, à Varie.
- Toutes lki communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements s’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut tire répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- M. A. Mermel, à Joinville-le-Pont, nous adresse une photographie de la pleine mer éclairée par les lueurs d’un orage. La vue a été prise de la grève d’Azette, dans la grande baie de Saint-Clément, à Jersey, le 18 août dernier, de 8 à 9 heures du soir. On aperçoit dans le fond de l’épreuve une série d’éclairs lumineux verticaux, semblant partir des nuages et venant se perdre dans les flots.
- M. F. Witz, à Bischwiller, nous envoie une longue communication sur les cyclones et leur formation ; l’auteur étudie leur théorie en s’appuyant notamment sur les observations qu’il a pu faire sur le cyclone de Bischwiller.
- M. C. G., à Paris. — M. Vidal, directeur du Moniteur de la photographie, 7, rue Scheffer, pourra vous renseigner.
- M. H. L. V., à Verneuil-sur-Avre. — 1° Nous n’avons plus les documents auxquels nous avons emprunté notre communication, et nous ne pouvons vous répondre ; agréez nos regrets. — 2° Pas de traité de ce genre. — 3° Ne peut donner que des indications approchées. — 44 Remerciements.
- M. F. Riboud, à Greenville. — M. Forest, 76, quai de la Râpée, à Paris.
- M. E. Witz, à Rothau. — Le capuchon-cuisine, que nous avons décrit dans le n° 576, du 14 juin 1884, se trouvait alors, 12, rue des Filles-du-Calvaire, à Paris; ou chez M. Lecornu, 3, rue du Havre, à Caen.
- . M. Giraud, à Digne. — Il a été publié un très grand nombre de traités sur les divers jeux, notamment dans la collection des manuels Roret. Vous y trouverez les renseignements demandés.
- M. M. Junca, à Marseille. — Consultez les ouvrages spéciaux de tissage ; nous vous recommandons en particulier l’article sur le tissage, du Dictionnaire des arts et manufactures et de l'agriculture, de Ch. Laboulaye.
- M. Téminck, à Bois-Bernard. — Ces pièces ne se trouvent pas toutes faites; il faut les commander spécialement.
- M. J. Breton, à Courrières. — Veuillez vous adresser directement à M. Rolland, secrétaire de la Société, 2, rue de Sfax, à Paris.
- M. A. X. Z., à Paris. — R s’agit là d’un problème très simple de géométrie élémentaire.
- M. L. Kina, à Marseille. — Le Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts, de Bouillet, donne un tableau de correspondance des calendriers grégorien et républicain, qui vous permettra de résoudre la question que vous nous posez.
- M. A. Sallier, à Foulain. — Nous n’avons pas eu jusqu’ici connaissance des perfectionnements apportés à ce bélier hydraulique; nous vous serions obligés de nous les faire connaître.
- M. Ribet, à Caen. — Le blanchiment des peaux exige une série d’opérations que nous ne saurions indiquer ici ; consultez les traités spéciaux.
- On lecteur, à Saint-Étienne. — Cet appareil est bon, mais vous trouverez des appareils français aussi satisfaisants; voyez aux Annonces.
- M. Berger, à Saint-Étienne. — Le procédé indiqué donne de bons résultats, à la condition d'opérer avec soins et précautions.
- M. P. C. R., h Libourne. — Nous ne croyons pas qu’il existe de livre spécial sur l’élevage des tortues ; nous n’avons pas de renseignements précis à ce sujet.
- M. F. Guder, à Berne. — 1° II existe plusieurs traités relatifs à la gravure héliographique, à la librairie Gauthier-Villars, à Paris.—* 2° Nous ne le croyons pas ; adressez une demande au Directeur de l'Ecole.
- M. E. Demenge, à Longwy. — 1° Poêles au pétrole : M. Peigniet-Changeur, 3, boulevard Magenta, à Paris. — 2° Nous avons publié précédemment plusieurs procédés pour le nettoyage des éponges ; voyez les Boîtes aux lettres précédentes. — 3° Tous nos remerciements pour vos intéressantes communications que nous avons utilisées.
- M. J. L. à Paris. — Pour rendre les tissus incombustibles, on emploie ordinairement une solution aqueuse de phosphate d’ammoniaque; vous trouverez aussi la composition de plusieurs autres liquides dans les petits livres des Recettes et procédés utiles et de la Science pratique. (G. Masson, éditeur.)
- Un lecteur lyonnais. — Les enveloppes de ballons sont rendues imperméables à l’aide de vernis à l’huile de lin cuite, dont vous trouverez la formule dans le petit livre dont il est question ci-dessus.
- M. P. de V., à Saint-Etienne; M. E. R. de C., à Paris ; M. A. Collart, à Paris. — Consultez le premier des petits livres indiqués ci-dessus.
- M. A. Woltz, à Unieux. — Vous trouverez dans le même ou-
- vrage des recettes pour coller le caoutchouc sur les roues des vélocipèdes.
- M. F. Millet, à Persan. — Nous transmettons votre lettre à l’auteur, et nous vous répondrons la semaine prochaine.
- M. P. Bauhain, à Bordeaux. — Pas de traités de ce genre.
- M. E. D., à X.; M. L. S., à Oignies. — Même réponse.
- M. F. D., h l’Isle-sur-le-Doubs. — Il existe à la librairie Roret un manuel qui vous conviendra parfaitement : Jardinier ou Art de cultiver les jardins.
- M. G. C., à Saint-Jean-en-Royans. — Vous trouverez un grand nombre d’ouvrages sur ces sujets à la librairie Masson.
- M. F. Coulaud, à Bergerac. — Les tubes à hydrogène comprimé ne se trouvent pas dans le commerce en France ; les tubes employés à Chalais-Meudon sont préparés spécialement pour le service militaire.
- M. H. Chantereau, à Longueil-Sainte-Marie. — Il nous serait difficile d’expliquer en quelques lignes tous les procédés de fabrication de la dinitrocellulose ; voyez les traités de chimie industrielle.
- jtf“e E. L., à Paris. — Si vous voulez conserver la liqueur, il est préféralfle d’employer le chlorure de cobalt en cristaux; vous le ferez dissoudre dans de l’eau, 15 grammes environ pour un verre à bordeaux. L’écriture, une fois sèche, apparaît en chauffant le papier devant le feu.
- M. le Dt Staes-Brame,. à Lille. — 1° La plupart des sociétés industrielles organisent des concours et récompensent les travaux qui leur sont soumis. — 2° Pas de limite de temps bien déterminée ; nous avons eu des accumulateurs qui ont conservé plus de 60 pour 100 de leur charge après trois mois. — 3° Ecrivez aux fabricants ; vous trouverez des adresses aux Annonces.
- M. E. Jacquin, à Paris. — On va prochainement ouvrir au Conservatoire des arts et métiers un nouveau cours d’électricité.
- M. H. T., à Arcachon. — 1“ La pression, à laquelle fonctionne une machine, s’exprime en atmosphères, et la puissance de la machine en chevaux-vapeur ou mieux en poncelets. Le cheval-vapeur vaut 75 kilogrammètres par seconde, et le poncelet 100 kilogram-mètres par seconde. — 2° 2 fr. 25.
- M. A. M., à Paris. — 1° Le dépolissage des verres de lampes à incandescence se fait à l’aide de l’acide fluorhydrique gazeux. — 2° Les accumulateurs, qui doivent servir de volant, se placent en dérivation aux bornes de la dynamo.
- M. R. Tellier, à Sillé-le-Guillaume, nous écrit que dernièrement il a réussi à faire des positifs sur verre en se servant de papier à calquer mat dit végétal, qu’il a collé par les bords à l’envers du cliché. Comme ornement, on ajoute une bordure dentelée ou un papier de couleur. On a ainsi à peu de frais un très joli positif.
- M. J. Zryd, à Paris. — Remerciements pour votre communication; nous publierons prochainement un petit article à ce sujet.
- M. R. M., à Reims. — 1“ La machine à calculer a été inventée en 1642 par Bl. Pascal. — 2° Des vœux seuls ont été émis en 1881 ; il y a quelques différences dans les usages établis dans les différents pays.
- M. A. H., à Calais. — 1° Nous allons prendre des informations. — 2° Les traités de photographie sont trop nombreux pour que nous puissions vous en désigner un en particulier.
- M"e M. Frappier, à Mothe-Saint-Neraye. — Vous trouverez, en tête de la Boîte aux lettres du numéro qui contient la description, l’adresse à laquelle vous pourrez vous procurer ces engrais.
- M. G. S., à S. — Nous vous conseillons de vous renseigner auprès d’une importante maison d'électricité, qui se chargera volontiers de toute l’installation; vous aurez plusieurs adresses aux Annonces.
- M. E. Arif, à Uzès. — Une solution de 10 grammes de gomme laque et 10 grammes de résine copal dans un litre d’alcool constitue un excellent fixatif pour dessins au fusain.
- M. L. Chédcville, à Vernon. — 11 existe une grande quantité de compteurs électriques; mais avant d’en désigner un en particulier, il faut attendre les résultats du concours ouvert à. l’usine municipale d’électricité des Halles centrales, à Paris.
- M. E. Chastel, à Paris. — On a parlé de cette fabrication; mais nous croyons qu’il s’agit d’un canard américain.
- M. G. Wolfrom, à Paris. — 11 faut soupoudrer ces tissus de poudre de pyrèthre ou de poudre de camphre.
- M. H., à Paris. — Il suffit, pour obtenir de l’encaustique de faire fondre de la cire dans l’essence de térébenthine.
- M. A. Ruffin, à Calais. — L’ouvrage est signalé dans la bibliographie du présent numéro.
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- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Autour du monde. — Notre collaborateur M. Jacques Léotard vient de faire accomplir à une lettre un voyage autour du monde, sujet qui a été traité dans notre n° 893 [585° Boîte aux lettres) et dont nous avons reparlé depuis. Le 27 juillet dernier, il faisait partir de Marseille, sur le paquebot-poste « Saghalien » allant au Japon, une lettre à son adresse, avec 50 centimes d’affranchissement, portant « Via Suez, Singapore, Yokohama, San-Francisco, New-York. » Cette lettre, ayant seulement le timbre de Yokohama (5 septembre), est revenue à M. Léotard le 18 octobre, évidemment par la voie indiquée, aucun courrier n’étant arrivé d’extrême Orient à cette époque. Le voyage a donc été de 83 jours, durée qui est supérieure au minimum réalisable.
- Les crapauds et les voies ferrées, — M. Ray. de la Mori~ nerie, à Reims, nous signale un fait analogue à celui dont nous avons déjà parlé dans notre 599* Boîte aux lettres, relativement à l’invasion des voies ferrées par les crapauds. On aurait constaté une nuée de crapauds encombrant la voie ferrée sur une longueur de plusieurs kilomètres entre les gares de Givry-en-Argonne et de Som-meilles-Nettancourt. Le nombre en était si considérable que le train a dû s’arrêter.
- BIBLIOGRAPHIE
- Répertoire chromatique. Solution raisonnée et pratique des problèmes les plus usuels dans l’étude et l’emploi des couleurs, par Charles Lacouture. 1 vol. grand in-4° avec 29 tableaux en chromo représentant 952 teintes différentes et définies, groupées en plus de 600 gammes typiques. Gauthier-Villars et fils, imprimeurs-libraires. — Paris, 1890. — Prix : broché, 25 francs; cartonné avec luxe, 30 francs.
- Parmi les différentes branches des connaissances humaines, une des moins avancées et dont cependant le besoin se fait sentir le plus souvent, c’est la chromatique ou science pratique des couleurs. Savants ou artistes, fabricants ou commerçants, sont à tout instant en demeure, ici de définir les couleurs qu’il contaient,
- {iroduisent ou utilisent, là de les associer harmonieusement, ou de es reproduire à coup sûr ; tous, plus ou moins arrêtés, s’en tiennent à des à peu près et à des tâtonnements. M. Charles Lacouture, en publiant son Répertoire chromatique, a voulu rendre pratique et complète l’œuvre qu’avait entreprise le regretté Chevreul. L’auteur a pleinement réussi et son livre, qui est en même temps un album, rendra les plus grands services aux savants, aux artistes, aux fabricants et aux commerçants, aux teinturiers, aux tapissiers et aux modistes, à tous ceux qui s’occupent de décoration, à tous ceux qui utilisent l’effet des couleurs.
- Exposition universelle de 1889, par l’Ingénieur russe N. Mel-nikoff. 1 vol. in-16, ouvrage écrit en russe. Odessa, 2e édition. Prix : 6 francs.
- Nous avons reçu un livre très intéressant d’un ingénieur russe ; l’ouvrage imprimé en Russie, traite de l’Exposition de Paris. Ce livre contient 500 pages avec plusieurs dessins et 70 chromolithographies, qui prouvent qu’en Russie l’art de l’imprimerie est très avancé. Ingénieur, M. Melnikoff est connu en Russie par ses ouvrages techniques et par ses livres, qui ont tous obtenu plusieurs éditions. Dans le livre que nous annonçons, l’auteur aidé de nombreuses gravures décrit toutes les nouveautés de l’Exposition: soie artificielle, ramie, maisons portatives, fours militaires, chaudières à vapeur système Serpolet, transport de l’énergie à distance, nouvelles plantes cultivées (Callemantia, Pliysalis peruviana, Sola-num guatemalense, Àristotelia marzin...,) Les articles sur les chaudières et les machines à vapeur, à gaz et à pétrole, sont très complets.
- Le cheval. Choix, éducation, hygiène, maladies, par P. Mégnin, vétérinaire. Médecine. Premier fascicule. 1 vol. in-8° avec 59 figures dans le texte. En vente aux bureaux du journal l'Eleveur, 2 ter, avenue Aubert, à Vincennes, 1890. Prix : 6 fr. 60.
- Traité des machines à vapeur, d’après les études théoriques et pratiques les plus récentes, ouvrage destiné aux constructeurs et à l’enseignement technique, par Francesco Slnigaglia. Traduit de l’italien, par E. de Billy, avec une préface de M. H. Léauté, membre de l’Institut. 1 vol. in-8° avec 64 figures dans le texte. Octave Doin, éditeur. —Paris, 1890.
- Dictionnaire ({'agriculture. Encyclopédie agricole complète/*! part J.-A. Barrxl, continué sous la direction de Henry Sagnier. Yingt- ' troisième fascicule.’1 vol. in-4*. LiBràirie Hachette et C‘V -*-1 Paris, 1890. *
- Voyages aux pays du 'sucre, par Fernand Delavierre. Première excursion. 1 vol. in-4°. Librairie centrale des sciences J. Michelet,
- — Paris, 1890.
- Guide pratique du chimiste de distillerie et de sucraterie, par E. Güillemin. 1 vol. in-16. Librairie centrale des sciences J. Michelet. — Paris, 1890.
- Manuel pratique de l'installation de la lumière électrique, par J.-P. Anney, ingénieur électricien. 1 vol. in-18. B. Tignol, éditeur^.
- — Paris, 1890. Prix : 5 francs.
- L'acier. Historique, fabrication, emploi, par L. Cahpredon, chimiste-métallurgiste. 1 vol. in-16 avec 50 figures et 3 planches en couleurs. B. Tignol, éditeur. — Paris, 1890. Prix : 6 francs.
- Guide de l'amateur d'insectes, comprenant les généralités, sur leur, division en ordres, l’indication des ustensiles et les meilleurs procédés pour leur faire la chasse, la manière de les préparer et de les conserver en collections, etc., par A. Granger.. 4 vol. in-16. 8° édition revue, corrigée, et considérablement augmentée. Emile Deyrolle, naturaliste. — Paris, 1890.
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- Nous recevons, sous le titre général Musée scolaire Deyrolle, une série d’ouvrages publiés par M. Emile Deyrolle, et comprenant notamment Les Mammifères, par le Dr E.-L. Trouessart ; Les Reptiles, Batraciens, par A. Granger; Les Mollusques, par A. Granger; Les Coléoptères, par L. Fairmaire; Les Hémiptères, parL. Fairmaire ; Les Lépidoptères, par E. Berce; Les Acariens,. Crustacés, Myriapodes, par Paul Groolt.
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- Almanach de l'agriculture pour 1891, par Henry Sagnier. 1 vol. in-18. G. Masson, éditeur. —Paris, 1890.
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- Eléments de grammaire latine pour les classes de sixième et de, cinquième, par H. Brelet. 1 vol. in-18. G. Masson, éditeur. — Paris, 1890.
- Le Roman au dix-septième siècle, par André le Breton. 1 vol. in-16 de la Bibliothèque variée Hachette. Librairie Hachette et Cle. —-Paris, 1890.
- Annuaire statistique de la ville de Paris. Neuvième année, 1888.
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- Cartogrammes et diagrammes relatifs à la population parisienne ' et à la fréquence des principales maladies à Paris, 1865-1887, envoyés à l’Exposition universelle de 1889. Service dë la statistique municipale de la ville de Paris. 1 atlas grand in-4°. G. Masson, libraire-éditeur.—Paris, 1890.
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- Hand-hook of cyclonic storms in the bay of Bengal, for the use of sailors, by John Eliot, meteorological reporter to the government of India. 1 vol. in-4°, printed by the superintendant of government printing, India. — Calcutta, 1890.
- Cyclone memoirs. Bay of Bengal, cyclone of august 21’* — 28lh, 1888, by J. Eliot. 1 vol. in-4°. Printed by the superintendant of government printing, India. — Calcutta, 1890.
- Report on the meteorology of Itidia in 1888, by John Eliot. Four-teenlh year. 1 vol. grand in-4°. Printed by the superintendant of government printing, India. — Calcutta, 1890.
- Lt Rédaction et l'Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser 1 l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rue de Fleurns.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur. '
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- •LA*. ’ bs *
- 7S3E BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATUR]
- - * D'APRÈS LSS OBSERVATIONS DU. RBNOO (PARC DK SAJNT-MAUR, ALTITUDE 49 M. 30) (4i i
- Octobre 1890. — Semaine du lundi 20 an dimanche 26 Octobre 1890.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0,à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de H. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- ' , > , f
- U baromètre est ramené à O au niveau de la mer. 1
- -
- PHASES DE LA LUNE : P. ‘ Q. LE 21 A 5 H. 46 M. DO MATIN.
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- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après le bulletin international du bureau CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT > DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 'état- du ciel à 7 h. m. PLOIE EN- MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- - V Lundi 20 octobre . . . '. 8#»0 • • Ni W. 2' ‘ •- ‘ Tr. nuageux. ' 0,0 Presque^convert; «petite-pluiq, à Ah. 20 m.-30.
- Mardi 21 6*,6 Calme. Couvert. 0,4 Couv. jusq. 14 li.; qq. uuages ensuite; pluie de 5 h. à 12 h.
- Mercredi 22,. u . . j ;. . — ‘LM N. E» 1. . Très beau. ' 0,1 Beau ; lumière .zodiacale. • î , '
- 2*.9 N. N. E. 1 Beau. 0,0 Beau jusq. 12 h.; couv. après, brouill. de 1500 m. de 9 h. à 11 h.: petite pluie de 15 1/2 à 23 h. 1/2.
- Vendredi 21...... . 7*,7 W. N. W, 0 Couvert. 1,2 Couv.; brouillard jusq. 10 h.; gouttes, puis pluie de 15 h. à 20 h. y .
- Samedi 23 9-,4 S. W. 2 Couvert. 0,8 Coqv.; pluie de 10,h. à 10 b- 50, de 11 h. 1/2 à 18 h., et à 23 h. ’ 11 ‘ :v
- Dimanche 26. . 6”,2 S. w. *> Peu nuageux. . 5,6 Beau jusqu’à 7 h.; couv. jusqu’à 5 h.; nuag. après; petites averses de 9 h. à 21 h.
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Un tremblement de terre, qui a duré deux.. Secondes, a eu lieu'à Klagenfurth (Cariuthie, Autriche), le 21 octobre à 7 heures et demie du matin. Un tremblement' de "terre de même durée s*est produit le 22 après-midi à Plevlié (Bosnie). A Domanovitch (Bosnie), trois forte's secousses, qui ont duré A secondes, ont été ressenties le 23 octobre à ÏO heures et demie du matin; elles ont été suivies dç deux secousses plus faibles, d’.unn “durée de d'eux secondes.
- | Le 6 octobre à 2 heures et demie du matin, une secousse de tremblement
- de terre intense et de longue durée à réveillé les habitants de Saint-Pierre (Martinique) en ébranlant la surface du sol.
- Comète de d’Arrest. — Le 6 octobre, M. Bu muni, de l’Observatoiro Liek (mont llamilton), a, découvert une comète d’un éclat très faible. Sa position, ce jour, à 9 h. 23 m. t. m. de Greenwich, était : AR = 19 h. 22 m, S = — 26° T et son mouveçaent ; en ascension droite -t- 3 m. 28 s. et en déclinaison — 26’. L’orbite de’la nouvelle comète paraît coïncider avec celle de la comète périodique de d’Arrest, dont le retour au périhélie était attendu au mois d’avril de cette année. (Ciel et Terre.)
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- Supplément au numéro 910 de LA NATURE, du 8 novembre 1890
- 602' BOITE AUX LETTRES m)
- fiel lettres et communications relatives A la Botte aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à H. Gaston T1SSANDIER
- 50, rue de Châteandun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
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- M. G. Belot, à Tours. — 1° Aucun nom n’est cité dans l’article;
- 11 n’y a pas de rectification à faire. — 2° La question a été posée dans l’article même.
- M. F. Millet, à Persan. — Si vous voulez bien relire notre article sur le fusil allemand, vous verrez que nous n’avons jamais dit que le tube-enveloppe ait été ajouté pour refroidir le canon. Bien au contraire. Nous nous sommes efforcés, en effet, de démontrer que le tube-enveloppe portait ce canon, en même temps que son manchon, à des températures excessives, et cela d’après les expériences du Dr Uebler, consignées dans la Revue militaire suisse, et reproduites par notre Revue du cercle militaire, deux documents sur lesquels nous nous sommes appuyés. Les organes spéciaux ont enregistré, et nous les avons reproduites après eux, les causes de pratique courante qui ont pu conseiller au grand état-major allemand. l’adoption du tube-enveloppe, soit la protection contre les chocs extérieurs et la garantie contre réchauffement au point de vue du contact avec la main du tireur. Vous nous dites que le véritable motif qui a conduit à cette ingénieuse disposition du fusil allemand, est d’atteindre le maximum de justesse du tir. Cela est probable, et cela devait être au moins dans les désirs des promoteurs de l’arme. Mais nous avons longuement démontré, toujours en nous appuyant sur les expériences du Dr Hebler, que ce maximum de justesse était loin d’être atteint, précisément à cause de réchauffement exagéré du canon, et des énormes pressions des poudres sans fumée qui en résultent. Les nouvelles qui nous sont parvenues à la suite des dernières manœuvres allemandes nous ont appris, du reste, que, précisément à cause de l’adjonction du tube-enveloppe, nombre d’armes avaient éclaté entre les mains des tireurs. Cela n’indiquerait pas, autant que ces nouvelles soient exactes, « une réelle supériorité » du fusil allemand sur le fusil Lebel. Vous constatez avec regrets cette supériorité. Nous aimons à croire qu’elle est tout au moins douteuse. M. U.
- M. Hervieu, à Paris, nous écrit qu’il vient de faire effectuer le tour du monde à une lettre. Partie de Paris, le 31 juillet, à destination d’un personnage fictif, supposé résidant à Yokohama, cette lettre est revenue le 25 octobre. Le voyage a donc duré quatre-vingt-six jours. L’affranchissement avait été fait au moyen d’un timbre de 50 centimes. La lettre est partie de Paris le 31 juillet, arrivée à New-York (marque illisible), à San-Francisco le 16 août, à Yoko-kama le 10 septembre. Elle est partie de Yrokohama le 14 septembre, arrivée à Marseille le 24 octobre, et à Paris le 25 octobre.
- M. R. de Villette, au château des Ailiers (Angers), nous informe qu’il vient de faire effectuer le tour du monde à deux lettres. La première est partie le 27 juillet sur le Saghalien, en même temps que celle de notre collaborateur Jacques Léotard; elle a donc mis quatre-vingt-trois jours pour effectuer son voyage. La seconde est partie le 26 juillet du Havre sur la Bretagne et revenue à Paris le
- 12 octobre; elle n’a donc' mis que soixante-dix-huit jours.
- M. E. Pépin, à Paris, nous communique un petit œuf de poule trouvé dans un œuf plus grand. Le fait des œufs doubles n’est pas très rare.
- M. A. Saglier, à Fourchambault, nous mentionne le fait suivant, [ bien propre à démontrer la fécondité du froment. Dans la propriété | d’Arnonval, près de Saint-Amand (Cher), il a déraciné, il y a quelque ; temps, une touffe de blé (blé de Noé) poussé par hasard dans une i vigne et provenant d’un seul grain de blé. Ce grain a donné 34 épis ! contenant 1530 grains. L’épi le plus fécond renfermait 94 grains, le plus faible 18, en moyenne 45.
- M. J. R., h Roubaix. — L’invention signalée dans quelques journaux de deux boules métalliques concentriques tournant en sens inverse et devant produire de l’électricité avec un jet de vapeur est absolument dénuée de toute valeur et de tout intérêt; il s’agit d’une mystification de premier ordre.
- L’abonné 743, à Paris. — S’adresser au siège du Club alpin français, 30, rue du Bac.
- M. G. Néret, à Charenton. — Il faut charger ces accumulateurs ! par 3 ou 4 en tension seulement, et un groupe après l’autre.
- M. F aria, à Povoa de Varzim. — Pas d’adresse spéciale; ce papier se trouve chez tous les fabricants.
- M. G. L., à B. — Nul ne saurait vous répondre d’une façon affir-K mative.
- I M. H. S., à Paris. — Il existe des tissus d’amiante, que vous
- pourrez vous procurer chez les marchands de produits chimiques.
- M. L'. Le Touzé, à Paris. — L’adresse à laquelle vous trouverez le calculateur Troncet a été donnée dans le numéro même où l’appareil a été décrit (en tête de la Boîte aux lettres).
- M. L. Kapferer, à Paris; M. Mêryncn, à Bruxelles. — Nous regrettons de ne pas avoir de procédé à vous indiquer.
- M. E. Fergeau, à Paris. — Le siège de la Société météorologique de France est, 7, rue des Grands-Augustins.
- M. G. M., à Paris. — Consultez le Dictionnaire de Bottin; il renferme plusieurs adresses de laboratoires industriels.
- Un Normand. — On a déjà proposé des systèmes analogues ; le procédé paraît peu pratique.
- M. Louis Mathey, à Moscou. — On peut fournir le n® 727; le n° 548 est épuisé.
- M. Vapdeville, à Pau. — 1° Traité des feux d’artifice, par Amé-dée Denisse, chez l’auteur, à Bry-sur-Marne (Seine). — 2° Ces inventions offrent peu d’intérêt.
- M. J. Foucard, à Grasse. — S’adresser à la librairie Masson pour ces ouvrages.
- M. Laigneau, à Roncherolles-en-Bray. — Nous allons expérimenter quelques modèles d’allumoirs électriques, et nous vous indiquerons les plus pratiques.
- M. P. Beugler, à Bart. — Nous avons déjà donné plusieurs fois les adresses de constructeurs de moteurs à pétrole; voyez les Boîtes aux lettres antérieures.
- M. A. P., à Nancy. — Nous vous confirmons les appréciations de l’article publié dans La Nature sur les générateurs Serpollet.
- M. B. 0. Q., à X. — 1° Dissoudre le chlorhydrate d’ammoniaque dans l’eau jusqu’à saturation. — 2“ 10 à 12 éléments. — 5° Inutile de sortir le zinc. — 4° Uumecler les deux plaques de caoutchouc de sulfure de carbone et les appliquer l’une contre l’autre.
- M. P. Lehuen, à Bernay. — 1“ Il est préférable d’acheter l’huile pour vélocipèdes; on ne saurait la fabriquer soi-même. — 2° Adressez-vous aux fabricants de tricycles.
- Mme X., à Yerson. — Il est impossible de fixer la valeur de ces objets anciens ; leur prix, dans les ventes publiques, est très variable.
- M. A. Rieffel, à Clarens. — 1° Les aurores boréales, 1 vol. in-8% chez Gauthier-Villars. — 2° Voyez René Caillé dans la Biographie universelle de Firmin-Didot. — 3° Nous accueillerons volontiers des renseignements sur les travaux de la Jungfrau. — 4° Ne pas ajouter foi à ces prévisions.
- M. C. B., à Paris. — 1° Pour charger un accumulateur d’une capacité de 14 ampères-heure, il faut employer une différence de potentiel d’environ 2,5V volts, avec une intensité de 3 ampères, le temps de charge sera de quatre heures environ. — 2° Une lampe Edison de 16 bougies demande 100 volts et 0,6 ampère.
- M. G. Blanche, à Paris. — Société anonyme des mines et fonderies de zinc de la Vieille-Montagne, 19, rue Richer.
- M. T. E., à Bruxelles. — 1° M. Tellier, constructeur d’embarcations de plaisance, 52, quai de la Râpée, à Paris. — 2° Une lampe électrique, pour fonctionner, demande un certain nombre de volts et une certaine intensité en ampères.
- Un abonné, à Saumur. — Pour vous procurer un phonographe, il faut vous adresser directement à la Compagnie Edison, à New-York.
- M. A. Luce, à Gand. — 1° M. Bourgogne, préparateur d’anatomie, 34, rue du Cardinal-Lemoine, à Paris. — 2° Il faudrait faire des essais de laboratoire pour vous répondre.
- M. C. Dufour, à Saint-Vallier. — L’adresse demandée est : M. Balbreck, fabricant d’instruments de précision, 81, boulevard Montparnasse, à Paris.
- Un jeune lecteur, à Paris. — 1° Comptoir géologique de Paris, 15, rue de Tournon. — 2° Tablemix de manipulations de chimie, par Maurice de Thierry, chez M. P. Rousseau, 17, rue Soufflot.
- M. R. C., à Paris. — Consultez l’article que nous avons publié sur le danger des poêles mobiles dans le n° 817, du 26 janvier 1889, p. 135.
- M. L. E. Gaberel, à Chaux-de-Fonds; M. M. T., à La Bouteille; M. Leseurre, à Valenciennes. — Pas de traités de ce genre.
- M. l’abbé G. Fougère, à Bordeaux; Un lecteur, à Rambouillet. — Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. C. L., à Paris. — Il s’agit probablement de peintures au blanc de zinc; voyez le petit livre indiqué ci-dessus.
- M. H. Fahuet, à Orléans. — Nous ne connaissons pas cette adresse ; tous nos regrets.
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- M. Th. Van Aerschodt, à Anvers; M. A. Sollier, à Foulain. — Remerciements pour vos communications.
- M. le Ï)T J. Btneau, à Caluire. — La toile que vous nous envoyez est formée par un tissu caoutchouté ; les procédés de fabrication de cette toile sont tenus secrets. Essayez de tremper du calicot dans une solution assez épaisse de caoutchouc dans le sulfure de carbone.
- M. Clément, à Paris. — Nous regrettons de ne pas avoir à vous indiquer d’autre composition de pâte pour réparer la porcelaine; mais vous trouverez des petits flacons tout préparés chez les marchands de colles et ciments.
- M. A. L., à Cherbourg. — Essayez de tremper le filin dans une dissolution de chlorate de potasse ; nous croyons que la combustion sera très rapide.
- M. le prince A. Gagarine, à Saint-Pétersbourg, nous écrit qu’il a été construit en Russie, il y a vingt ou trente ans, par M. Kuinmer, un calculateur qui présentait des dispositions analogues à celui de M. Troncet, signalé dans le n° 907 de La Nature.
- QUESTIONS
- Na 1304. — Un lecteur, à Avignon, demande le procédé pour empêcher les vins de mettre de la fleur, c’est-à-dire une légère couche de moisissure blanche, lorsqu’ils sont en vidange.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- La teinture au brou rte noix. — Plusieurs de nos lecteurs nous ont souvent demandé des renseignements sur la teinture au brou de noix; nous croyons leur être agréable en donnant ici quelques détails publiés par le Moniteur industriel. Le brou de noix fournit une matière tinctoriale dont les nuances fauves et brunes sont agréables et solides; ces teintes prennent un vif reflet par l’action de l’alun et virent au noir par le sulfate de fer. Ce produit est encore d’un bon emploi parce que, teignant sans mordant, il conserve à la laine sa douceur, et qu’il n’exige qu’un travail simple et peu dispendieux. Les Gobelins en ont fait longtemps usage pour les teintes d’animaux, qu’aucun autre moyen ne leur donnait aussi exactes. Le brou est, comme on le sait, l’enveloppe extérieure des noix ; on le ramasse lorsque celles-ci sont entièrement mures et qu’il s’en détache facilement; on en emplit des cuves ou tonneaux; et on y met assez d’eau pour qu’il en soit recouvert. On le conserve en cet état pendant une année et plus ; plus il vieillit, plus il fournit de couleur; il dégage alors une forte odeur de putréfaction. Si on l’a pris très mûr, il peut commencer à servir après cinq à six semaines de fermentation. Pour teindre, on fait bouillir pendant un quart d’heure une quantité de brou de noix proportionnée à la quantité d’étoffes et à la nuance plus ou moins foncée que l’on veut leur donner. Pour les draps, on commence ordinairement par les tons les plus foncés, en finissant par les plus clairs; mais, pour les laines filées, c’est par les nuances les plus claires que l’on commence, et l’on finit par les plus foncées, en ajoutant du brou à chaque mise. Le drap et la laine filée doivent être simplement humectés d’eau (ébroués) avant d’ètre plongés dans la chaudière, où on les retourne et travaille à la façon des autres teintures. Si l’on emploie de l’alun pour aviver, ou du sulfate de fer pour brunir, ces produits sont ajoutés au bain à la fin de l’opération; on peut aussi mordancer à part avant la teinture, mais c’est compliquer inutilement l’opération.
- Les chiens, la télëphonle et la peinture. — Longtemps déjà, avant les expériences relatées sur les chiens et le téléphone dans votre 592“ boîte aux lettres, j’ai constaté les curieux effets que l’on pouvait obtenir. J’ai une jeune chienne caniche noire, qui, à l’âge de six mois, fut téléphonée par moi. Elle manifesta immédiatement qu’elle avait compris, et elle me chercha partout. Comme elle ne me trouvait pas, le récepteur lui fut de nouveau placé à l’oreille; alors, elle exprima la plus vive terreur, s’approcha en rampant et en tremblant du pupitre fixé au mur. En un mot, l’impression fut si vive que je restai quelque temps sans répéter l’expérience. Depuis, elle a plus d’un an et s’est aguerrie. Un téléphone est établi entre un cabinet de travail situé en haut d’une maison d’habitation et mon laboratoire bâti au loin dans le jardin. Je sonne, on place le récepteur à l’oreille du chien, je l’appelle, il se fait immédiatement ouvrir toutes les portes et arrive rapidement vers moi. — La même petite bête a, de la façon la plus inopinée, démontré clairement qu’elle savait reconnaître un tableau. La scène se passe à Jersey dans un endroit certainement connu des touristes. Nous déjeunions au premier étage de rhôtel d’Angleterre, dans une petite salle à manger, dont le balcon prend vue sur le port de Gorev. Le chien, assis à côté
- de moi, se met à grogner sans motif apparent, puis à aboyer avec colère. Nous cherchons la cause de cette agitation sans la trouver de suite. Enfin, remarquant qu’il regardait le mur, dans une même direction, nos yeux suivent et rencontrent enfin une horrible chromo qui a du égayer bien des excursionnistes. Elle représente, avec une naïveté incroyable et un coloris à faire crier, un gros baby appuyé sur un énorme chien et le retenant par une ceinture bleue. Aussi» mon caniche, craignant la concurrence à l’heure du déjeuner, avait reconnu cét inoffensif terre-neuve. Pour me convaincre, je me levai, et allai caresser l’image du chien ; ce fut alors de la fureur jalouse, et la chienne se précipitant contre le mur voulait atteindre l’image détestée. La démonstration était bien faite. (Communiqué par M. A. Mermet, à Joinville-le-Pont.)
- Écoulement des gaz. — M. Lauriol, ingénieur des ponts et chaussées, à Chartres, nous signale un fait cju’il a observé et qui a de l’analogie avec un phénomène récemment signalé dans La Nature. Voici ce que décrit notre correspondant : Un entonnoir en métal communique, parle bout étroit, avec un réservoir contenant de l’hydrogène comprimé à 300 (trois cents) atmosphères. La communica-
- 1
- tion peut être établie ou interrompue à l'aide d’un robinet. Au bout large, est adapté un tube en étoffe de soie vernie débouchant dans l’atmosjphère et dans une capacité où la pression est peu différente. Lorsqu’on établit la communication, le tuyau d’étoffe, au lieu de se gonfler sur toute sa longueur, est aspiré vers l’intérieur de l’entonnoir, tout le long du bord, comme il est représenté en coupe sur la figure 2, et ne se gonfle qu’à 1 mètre environ de l’entonnoir. Il y a là un phénomène de succion analogue à celui qui se produit dans les trompes, injecteurs Giffard, etc.
- Moyen d'obtenir rapidement le carré d’un nombre terminé par 5. — Il existe un procédé rapide et sur permettant d’obtenir presque instantanément le carré d’un nombre terminé par 5. Cette méthode, appelée à rendre quelquefois des services, pourra eut-être intéresser quelques lecteurs de La Nature. Soit un nom-re quelconque terminé par 5, 115, par exemple. Je forme le carré de son dernier chiffre, soit 25 ; puis, immédiatement avant, je pose le produit du nombre qui précède par ce nombre lui-même augmenté d’une unité, j’obtiens ici : 11 x (11 + 1) =152. Le nombre 13225 est précisément le carré demandé. La méthode, du reste, est absolument générale, comme l’on peut facilement s’en convaincre par des exemples. Cette propriété assez curieuse s’explique facilement en analysant algébriquement le problème. • Reprenons en effet notre exemple et soit a = 11 et b = 5; soit, déplus, (3=10, c’est-à-dire la base du système de numération employé, le nombre 115 s’écrira avec nos hypothèses : («(3 + b), et son carré sera représenté par aa|3a-f 2abp -j- b* (I). Si maintenant nous appliquons le procédé de tout à l’heure, nous aurons : (a|3 -f- b)2 = a(a + 1)(32 + b2 (2). Or, les expressions (1 ) et (2) sont identiques ; en eff et, si nous posons :
- -f- 2ab(3 -f- b2 = a(a -j- 1)J3* + b2, nous sommes ramenés à l’équation finale: 2b = (3, qui est vérifiée puisque nos hypothèses étaient 3 = 10, b = 5. (Communiqué par M. H. J.)
- Les vers et les toitures en zinc. — Je savais que les rats et les souris rongeaient les tuyaux de plomb des conduites d’eau et de gaz; mais j’ignorais complètement qu’il y avait des vers qui perçaient le zinc. Je vous envoie, en même temps que cette lettre, un échantillon de zinc de l’épaisseur de 8/10“ de millimètre, ainsi qu’un des vers qui percent ce zinc. Ces échantillons proviennent de la toiture de la mairie de la ville de Lunéville. Lorsque j’ai été appelé à vérifier le fait (fait auquel je ne croyais pas), j’ai pu voir un ver blanc et assez long dans un trou fait par lui dans une planche de sapin que couvrait la feuille de zinc, et celte feuille rongée vis-à-vis le trou occupé par le ver. (Communiqué par M. C. Dieudonné, à Lunéville.)
- Lt Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an serti ce des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser il l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rie de Fleuris.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur. 5
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- 754e BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA NATUR]
- O’AfRÈS LES OBSERVATIONS DE X. RjENOÜ (PARC DE SAINT-MA» R, ALTITUDE ; 49 M. 30)
- Octobre-Novembre 1890. — Semaine du lundi 27 Octobre au dimanche 2 Novembre 1890.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de M. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. LE 27 A 11 H. 51 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS thermomètre à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES ' OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 octobre .... 0°,4 S. W. 1 Très peu nuageux. 2,2 Couv. jusq. 3 h., très nuageux de R à 15 h., beau le reste; pluie de 1 h. 1/2 à 2 b. 3/4, trelée blanche.
- Mardi 28 — 3*,4 S. E. 0 Presq. couv. 0,0 Très peu nuageux.
- Mercredi 29 — 3*, 7 S. 1 Beau. 0,0 Peu nuag. jusq. 9 h.: couv. ens. gouttes dans la soir.
- Jeudi 30 7*,0 S. W. 2 Couvert; pluie. 2,1 Couvert; pluie jusq. 9 b.; gouttes à partir de 16 h.
- Vendredi 31 8%9 S. 1 Couvert. 0,9 Couvert, brouill. le m.; pluie de 15 à 21 h.
- Samedi 1" novembre. . 9*,1 W. 0. Couvert. 5,5 Tr; nuag., gouttes à 13 h.
- Dimanche 2 6%0 S. S. W. 2 Presq. couvert. 0,0 Presq. couvert, pluie de 7 h. 1/2 à 19 h. 1/2.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Résumé des observations météorologiques faites uu. parc de gaint-Maur en octobre 4890
- par M. E. Remou.
- Moyenne barométrique à midi, 762““,02; minimum, le 26, à 2 heures du soir, 7-43““,67; maximum, le 22, à 9 heures du soir, 772““,12.
- Moyennes lhermométriques : des minima, 4°,27 ; des maxima, 14°,57; du mois, 9°,39; moyenne vraie des vingt-quatre heures, 8°,81. Minimum, le 29, entre 4 heures et 5 heures du matin, —4°,2; maximum, le 13, entre 2 heures et 3 heures du soir, 22°,1. Il y a eu cinq jours de gelée et sept jours de gelée
- blanche. ,
- Tension moyenne de Ja vapeur, .7“*,12 J la moindre, le 22, a midi, 2“'“,6; la plus grande, le 7, à 3 heures du soir, 12““,9. Humidité relative moyenne,
- 83; la moindre, le 3, à 2 heures du soir, 35; la plus grande, ICO, en dix-sepl jours.
- Pluie, 23“",4, en cinquante-six heures, réparties en quinze jours.
- Nébulosité, 48. Onze jours de brouillard; de plus un jour de brouillard partiel sur la Marne.
- Le 1", faibles éclairs au sud-sud-ouest, à 7 heures du soir; faibles éclairs au nord, le 16, à 6-7 heures du soir.
- Température moyenne de la Marne, 12°,57; elle a varié de 16°,93 le l'r à 8°,11 le 30; basse et claire tout le mois.
- Relativement aux moyennes normales, le mois d’octobre 1890 présente les résultats suivants :
- Baromètre plus haut de 5““,02; c’est la plus grande moyennè d’octobre depuis 1836. Thermomètre plus bas de 1°,67. Tension de la vapeur moindre de 0““,88. Humidité relative plus faible de 4. Pluie moindre de 28““,6. Nébulosité moindre de 13.
- On a vu les dernières Hirondelles le 7 octobre.
- TEMPÉRATURE
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- G. MASSON, ÉDITEUR, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- OUVRAGES NOUVEAUX
- La librairie G. Masson a mis en vente pendant le mois d’octobre :
- Les appareils de distillation et de rectification, par E. Barbet, Ingénieur des arts et manufactures. 1 volume in-8“. . 5 fr.
- Cet ouvrage est particulièrement intéressant par l’étude scientifique complète des colonnes à distiller de tous systèmes et de la rectification, au point de vue de la dépense de combustible et des résultats obtenus comme pureté de l’alcool. On y trouve l’expositibn des nouvelles théories et expériences qui ont conduit l’auteur à la réalisation industrielle de la rectification continue et aux procédés spéciaux de sélection et de « pasteurisation » des alcools. Un des chapitres les plus importants est celui où l’auteur traite d’une façon approfondie la question de la purification des eaux-de-vie de vin et de cidre, et prouve que par l’élimination, aujourd’hui très facile, des produits toxiques dont les hygiénistes ont signalé la présence, le distillateur-bouilleur sert ses propres intérêts, car il obtient des produits bien plus fins et beaucoup plus parfumés que par les procédés actuels.
- Théorie mathématique des placements et emprunts à long terme, par A. Brasilier, ancien élève de l’École polytechnique, professeur à l’École supérieure du commerce et à l’École des hautes études commerciales.
- Première partie. Annuités de placement et d’amortissement. Emprunts publics. Service des titres. Etablissements de crédit. 1 volume grand in-8°, avec figures......................10 fr.
- Introduction à l’étude de la psychologie, par M. Hannequin, chargé d’un cours complémentaire de philosophie à la Faculté des lettres de Lyon. 1 volume in-18.................................1 fr. 50
- Traité des poisons (hygiène industrielle, chimie légale), par Louis Hugounenq, agrégé à la Faculté de médecine de Lyon, docteur ès sciences. 1 volume in-8% avec figures...................8 fr.
- Nos jeunes détenus. Etude sur l’enfance coupable, avant, pendant et après son séjour au quartier correctionnel, par M. Raux, directeur de la 20e circonscription pénitentiaire. 1 vol. in-8“. ., 5 fr.
- La cure radicale des hernies, particulièrement chez les enfants, par le Dr J. Félizet, chirurgien des enfants de l’hôpital Tenon. 1 brochure in-8°, avec planches.......................... . , 2 fr. 50
- Douze conférences d’hygiène, rédigées conformément au plan d’études du 12 août 1890, par A. Proust, professeur d’hygiène à la Faculté de médecine de Paris, inspecteur général des services sanitaires, membre de l’Académie de médecine et du comité consultatif d’hygiène publique, médecin de l’Hôtel-Dieu. 1 volume in-8°, avec 50 figures dans le texte................................2 fr. 50
- L'unité des maladies et l'unité des remèdes. Etude physiologique, étiologique, thérapeutique et prophylactique, parle Dr A. Poggi. 1 volume «1-8“. . .........................................5 fr.
- PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- SOMMAIRES
- Bulletin de la Société chimique de Paris, paraissant le 5 et le 20 de chaque mois.
- Numéro du 5 octobre : Action des acides minéraux sur le ferment lactique et le ferment butyrique, par le D' J. Eliront. — Action de l’iodure d’isopro-pyle sur l’ammoniaque aqueuse, en proportion équimoléculaire, à la température ambiante, par II. Malbol.— Noie sur la filtrai ion des moûls de malt vert et de maïs à travers le filtre Chamberland, par A. Boidin. — De la composition des porcelaines kaoliniques, par G. Yogt. — Analyse des travaux de chimie.
- Numéro du 20 octobre : Blanchiment de la cire d’abeilles et composition de la cire blanche, par A. et J. Buisine. — Sur une réaction caractéristique de la cocaïne, par A. J. Ferreira da Silva. — Equilibre et déplacements réciproques des alcalis volatils, par Berthelot. — Sur le dosage de l’azote sous forme d’ammoniaque au moyen de la chaux sodée, par Berthelot. — Sur l’acétylène condensé par l’effluve, par Berthelot.
- Annales de chimie et de physique, paraissant tous les mois (numéro d’octobre). — Recherches sur l’acide iodique et ses sels, par M. Alfred
- Ditte. — Observations faites au sommet du mont Ventoux sur l’intensité calorifique de la radiation solaire, par MM. A. Crova et Houdaille. — A propos du volume de l’équation des fluides, par Philippe A. Guye. — Le coefficient critique et le poids moléculaire des corps au point critique, par Philippe A. Guye. — Sur un nouveau transport électrique des sels dissous, par A. Cliassy. — Recherches thermiques sur les états allotropiques de l’arsenic,"par Berthelot et Engcl.
- L’Électricien, paraissant tous les samedis.
- Numéro du 4 octobre : Les essais des fils de fer des transformateurs, par G. R. — Ampèremètre enregistreur de M. W. Waiker. — Problèmes pratiques, par E. H. — Académie des sciences. — Bibliographie. — Correspondance. — Faits divers.
- Numéro du 11 octobre : Les locomoteurs à piles électriques de M. Sherrin, par E. H. — Compteurs d'énergie électrique de M. E. Marés. — Traction par accumulateurs d’un tramway électrique à voie étroite, par P. Delorme. — Académie des sciences. — Faits divers.
- Numéro du 18 octobre : Nouvelles dynamos-disques, par E. H. — Problèmes sur l’éclairement d’un plan horizontal, par F. Loppé. — Eclairage électrique de Batb, par G. Roux. —Problèmes pratiques. — Académie des sciences. — Faits divers.
- Numéro du 23 octobre : L’électricité à l’Exposition des sciences et des arts industriels au Palais de l’Industrie, par E.U. — Pile au sulfate de cuivre de M. P. Carré. La décharge des accumulateurs à circuit ouvert, par G. Roux.
- — Blanchiment de la pâte à papier par l’ozone, procédé Villon.— Petite dynamo à manivelle de M. Austin. — Académie des sciences. — Faits divers.
- Revue d'hygiène et de police sanitaire, paraissant le 20 de chaque mois (numéro du 20 octobre). — L’assainissement de Marseille, par M. le Dr A.-J. Martin. — L’eau de rivière envisagée comme eau de boisson, par M. Emile Trélat. — Des signes cliniques de l’absinthisme, par M. le Dr üfagnan. — Lès animaux parasites introduits par I*eau dans l’organisme (suite et fin), par M. le Dr R. Blanchard. — Sur l’action thérapeutique du séjour à la mer dans les tuberculoses, par M. le Dr Van Merris. — Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle. — Variétés.
- Journal de l’agriculture, paraissant deux fois par semaine. Le journal d’agriculture donne la chronique agricole de la semaine, le compte rendu de la séance de la Société d’agriculture, celui du Marché aux bestiaux de la Vil-letle et la Boite aux lettres.
- Numéro du 1" octobre : Sur l’approvisionnement des grandes villes en légumes, par Maurice de Vilmorin. — Sur la culture du blé, par Gatellier.
- — Bibliographie agricole, par François Bernard. — Tracé des lignes de pente sur le terrain, par de Sardriac.— Situation agricole en Lorraine, par Prével.
- — Arrachage des betteraves, par de Sardriac. — Culture des betteraves à sucre à la station expérimentale de Cappelle, par Desprez. — Courrier du nord-est, par Bronswick.
- Numéro du 4 octobre : Sur la situation viticole dans le Médoc, par Ska-winski. — Emploi des engrais à l’Ecole de Saint-Rcmy, par Cordier. — Le seigle de Schlanstedt, par Gaudot. — Amélioration de la culture du blé, par Michel Perret. — La maladie tuberculeuse du bétail en Danemark, par Uother liage.
- Numéro du 8 octobre : Installation d’une écrémeuse centrifuge à bras, par Chassant. — Excursion à Beaucaire en septembre, par Faasse. — Revue commerciale et prix courant des denrées agricoles, par Hother Rage.
- Numéro du 11 octobre : Discours au Comice de Lons-le-Saunier, par Gréa.
- — Excursion en Moravie, par Rayer. — Concours agricole à Annonay, par X...
- •— Emploi des pompes centrifuges pour l’irrigation, par de Sardriac. — Situation agricole dans la Nièvre, par Salomon. — Emploi du sulfate de fer dans les vignes, par Marguerite Delacharlonny.
- Numéro du 15 octobre : Pisciculture. L’élevage en captivité des salmonidés, par Desprès. — Bottelage des pailles battues, par de Sardriac. — La récolte de 1890 dans le Cher, par E. Casanova. — Culture des pommes de terre, par Cordier.
- Numéro du 18 octobre : La prévision du temps, par X ... — Le mildew. Incinération des feuilles, par Meulien. — Culture des pommes de terre, II, par Cordier.
- Numéro du 22 octobre : Recherche de la margarine dans les beurres, par Lechartier. — Le mérinos précoce à La Plala, par de Coellogon. — Nouvelles variétés de Dahlias, par Gaudot. — Essais de variétés de blés. Semis mélangés, par Hoc. — La vigne dans le sud-ouest, par de Dubor. — Situation agricole dans le Périgord, par de Lentiihac.
- Numéro du 23 octobre : Pisciculture. L’élevage en captivité des salmonidés, II, par Desprès. — Sur la production du mulet en France, par Lavalard. — Revue commerciale et prix courant des denrées agricoles, par Remy.
- Numéi'O du 29 octobre : Pourquoi deux tarifs de douane? par L. Martin.
- — Culture de la vigne d’après le système Mesrouze, par Henry Sagnier. — La culture des pommes de terre, par Bourgne.
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- Supplément au numéro 9X1 de LA NATURE, du 15 novembre 1890
- (uTC^J 603e BOITE AUX LETTRES
- Lm lettres et communications relatives à [la Botte aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à H. Gaston TISSAHDIEB
- 50, rne de Chêteaudun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL {abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- AVIS DE I/ADDUNISTRATION. — L’échéance du 30 novembre étant une des [plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 29 novembre (n® 913) de nous faire parvenir soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 30 novembre renouvelé ou donné ordre contraire.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le petit moteur à pétrole domestique se trouve chez M. Gracchus Balbi, constructeur, 21, rue Eugène-Sue, à Paris. — La lunette magnétique est en vente chez M. Grillet, éditeur de Jeux, 11, rue du Delta, Paris.
- M. Pizzetla, à Boulogne. — Selon votre désir, M. Stanislas Meunier a bien voulu nous donner son opinion au sujet de la théorie géologique d’Adhémar. Voici ce que nous écrit, à votre intention, notre savant collaborateur : « Je considère la théorie d’Adhémar comme aussi ingénieuse que dépourvue de fondement réel. Elle se réfute toute seule par l’absence totale dans l’épaisseur de la croûte terrestre de la trace qu’auraient laissée nécessairement de grands déluges périodiques. Plus on l’étudie, plus la géologie apparaît dans son ensemble comme une très lente et très longue évolution, progressive et parfaitement continue. Personne aujourd’hui ne saurait soutenir l’opinion Cuvierienne des révolutions du globe et, en dehors de cette doctrine, le système d’Adhémar n’a aucune raison d’être. »
- M. le baron Nathaniel de Rothschild, à Schillersdorf. — L’essence grasse pour la retouche des clichés, se trouve chez les marchands de couleurs; nous avons acheté de ce produit chez M. Gouache, 1, rue des Martyrs, à Paris.
- M. If. Pittet, à Paris, nous adresse la photographie d’un érable remarquable qu’il a prise aux Plans de Frenières en Suisse, à environ 1200 mètres d’altitude. Cet érable est formé de plusieurs branches, au milieu desquelles se trouve un pavillon où l’on accède par un petit escalier.
- M. Y. Y., à Belle-Isle. — 1° Nous ne pouvons vous renseigner. — 2* Nous avons signalé un ouvrage de ce genre dans notre bibliographie, il y a déjà quelque temps.
- M. L. Michelot, à Epernay. — Veuillez consulter la réponse que nous avons faite à un de nos lecteurs dans la dernière Boîte aux lettres, à propos de l’invention de M. Mandeuft, à Genève.
- M. L. Henrion, à Magenta. — Cette communication nous paraît trop spéciale pour être insérée; agréez nos remerciements.
- M. Dubois, à Neuilly-sur-Seine. — On a employé, en Amérique, les tricycles sur les voies ferrées, pour inspecter les voies; nous avons publié à ce sujet un article dans La Nature.
- M. M. Berthier, à la Ferté-Saint-Aubin. — De petits moteurs à
- Sétrole ou électriques vous conviendront; le choix dépend des con-itions spéciales dans lesquelles vous pouvez vous trouver.
- M. J. W., à Paris. — Le train le plus rapide en France est le train de Paris à Bordeaux, qui atteint une vitesse moyenne de 75 kilomètres à l’heure; vous aurez ces renseignements dans un article de M. A. Laplaiche (n° 858, du 9 novembre 1889, p. 371).
- M. J. F. Castanheira das Neves, à Lisbonne. — Vous trouverez cet objet à l'Office de publicité Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- M. Tpny Guéritte, à Blois. — Il y a en Angleterre un excellent journal scientifique, publié sous le titre Nature; mais il n’est pas illustré comme La Nature française.
- M. L. G., à Niort. — Le nombre des marchands de composteurs est innombrable ; nous ne pouvons vous donner une adresse en particulier.
- Un lecteur, à Arbois. — Nous indiquons le prix des ouvrages dans notre bibliographie quand il est mentionné sur les livres ; dans le cas contraire, il faut vous adresser aux éditeurs.
- M. Patry, à Paris. — Nous avons publié un article sur la construction d’un soufflet de chambre noire dans le n® 877, du 22 mars 1890, n. 250.
- M. G. Demay, à Auxerre. — On n’a encore indiqué que quel-
- 3ues résultats obtenus avec le tannage électrique, mais on n’a pas onné de description complète.
- M. E. Van Meerbeeck, à Anvers. — L’adresse demandée est, 9, rue du Louvre, à Paris.
- Un lecteur, à Metz. — Journal Ciel et Terre : M. P. Weissenbruch, éditeur, 45, rue du Poinçon, à Bruxelles.
- M. F. Ch. Kœchlin, à La Haye. — L’appareil, que vous nous signalez nous paraît ingénieux; mais il nous semble trop spécial pour nos lecteurs.
- M. J. L., à Paris. — 1* La température que le corps humain peut
- supporter en étuve sèche est très variable suivant les individus, l’habitude, l’entraînement, etc.; elle peut être très élevée, 60° environ. — 2° Bien amalgamer le zinc; dissoudre l’oxyde dans de l’eau additionnée d’acide chlorhydrique.
- M. G. S., à S. G. — Nous croyons que le procédé de teinture au brou de noix vous donnera satisfaction.
- M. X., à Paris. — 1° M. Robert-Houdin, horloger, au Palais-Royal. — 2® Le prix du phonographe Edison n’est pas connu.
- M. G. .4., à Paris; M. L. Florimond, à Paris. — La composition de ce produit est tenue secrète par le fabricant. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Un abonné, à Saint-Cloud. — Il n’existe pas de constructeur spécial ; adressez-vous aux fournisseurs d’outillage pour usines.
- M. C. Casenave, à Tardets. — Vous trouverez des lanternes portatives chez M. H. Lustrât, 55, rue de Richelieu, à Paris.
- Un abonné, à Nantes. — 4° Oui. — 2° Les chaufferettes à l’acétate de soude se trouvent chez MM. Ancelin et Gillet, 32, boulevard Henri IV, à Paris. — 3° Nous ne pouvons vous renseigner.
- M. C. Carcaletzeamo, à Bucharest. — Tous les marchands de couleurs pourront vous fournir de l’or et de l’argent liquides pour dorer et argenter.
- M. A. D., à Paris, nous communique la démonstration arithmétique du procédé que nous avons indiqué dans notre 602® Boîte aux lettres pour obtenir le carré d’un nombre terminé par 5.
- M. Th. Jurdant, à Liège. — Ecole d’agriculture du Pas-de-Calais, à Arras.
- M. Ch. Belmaure, à Maurs. — Les propriétés de ces métaux sont décrites dans les traités de chimie.
- M. Ch. Petit, à Paris. — Indicateurs de niveau d’eau à distance : MM. Richard frères, constructeurs, 9, impasse Fessart, à Paris.
- M. G. B., h Rouen. — 1° Remerciements. — 2° La question nous paraît trop spéciale et trop technique pour être soumise à nos lecteurs. — 3® Pas de traité; vous aurez des renseignements dans les ouvrages d’électricité, notamment dans le Traité élémentaire de l'énergie électrique, par E. Hospitalier, à la librairie Masson.
- M. A. Brun, à Genève. — L’adresse à laquelle on peut se procurer l’écrémeuse Jonsson est donnée en tête de la 580® Boîte aux lettres (n° 888, du 7 juin 1890).
- M. L. Bonbon, à Troves. — Nous ne pouvons indiquer les offres et demandes de livres. Tous nos regrets. Adressez-vous au service des Annonces (9, rue de Fleurus, à Paris).
- M. L. de Mossier, à Paris. — L'Atmosphère, par Flammarion (Hachette et C'®) ; Les Phénomènes aériens, par H. de Parville (Rothschild, éditeur), etc...
- Mme A. B., à Paris. — Il faut polir les coquilles; il s’agit là d’un travail long et assez délicat.
- A/00® L. T., à Paris. — Voyez la marmite antiseptique décrite dans La Nature (n® 785, du 16 juin 1888, p. 48).
- M. L. Kina, à Marseille. — 11 est plus que probable que les tableaux dont vous parlez ont été établis sur des bases sérieuses. Nous allons prendre des informations sûres.
- M. A. Delaporte, à Paris; M. F. Péret, à Lille. — Nous avons donné la description des générateurs à vaporisation instantanée de M. Serpollet avec leur application aux voitures dans le n® 845, du 10 août 1889, p. 173.
- Un lecteur, à Bucharest. — Il vous faut consulter un médecin compétent ; nous ne saurions vous renseigner.
- M. R. T., h Arcachon. — 1® Le poids en plomb dans un accumulateur n’intervient que pour la capacité en ampères-heure, et non pour le voltage. — 2° Employer des vernis noirs qui se trouvent chez les marchands de produits photographiques.
- M. L., à Saint-Vivien; M. Robin-Grésy, à Salles-Curan. — Adressez-vous aux grands libraires de Paris.
- M. J. Bourgnier, à Saint-Martin-en-Bresse. — 1® La propriété de cet appareil est garantie par des brevets. — 2® Même réponse que-ci-dessus.
- Une lectrice, à Paris. — Société protectrice des animaux : M. De-croix, président, 84, rue de Grenelle.
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- M. H. Jopy, à Beaucour; M. Higg, à X. — Agréez nos remerciements ; nous utiliserons vos intéressantes communications.
- M. H. de Coninck, à Boudeville. — Nous ne connaissons pas d’autre procédé. ...
- M. A. T., à Orléans. — Ces questions n’offrent rien de scientifique; nous ne saurions y répondre.
- M. G. A. 0., à Dijon. — 1° Aucune expérience sérieuse n’a encore été faite pour la vision à distance par l’électricité. — 2° Vous trouverez la description de la dynamo facile à construire soi-même dans le petit livre de la Science pratique (dernière édition). (G. Masson, éditeur.)
- M. Saint-Benoît, à Constantinople; M. L. Unarte, à Buenos-Ayres; M. K., à Saint-Germain. — Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. A. Rieffel, à Clarens; M. A. Thiéry, à Etréaupont. — Remerciements pour vos communications.
- M. G. Robert, à Amiens. — Vous trouverez des produits et élixirs à base de kola chez M. Natton, pharmacien, 35, rue Coquillière, à Paris.
- M. E. C., au camp de Châlons. — 1° Nous ne connaissons pas d’ouvrage de ce genre ; agréez nos regrets. — 2° Remerciements pour votre envoi.
- M. Ch. J. C., h Arras. — 1° Adressez-vous à une agence de brevets. — 2° 50, rue de Chàteaudun.
- M. Breuillet, à Paris. — Il faudrait examiner votre appareil pour vous répondre ; il y a peut-être un défaut dans l’enroulement du circuit induit.
- M. M. 47, à Saint-Malo. — Il faut prendre de l’eau acidulée au 1/10 en volume.
- M. G. Néret, à Charenton. — Commencez par tremper vos plaques dans une solution très étendue d’acide azotique, pour diminuer le temps de charge ; puis mettez deux piles en tension sur un accumulateur avec une résistance intercalée. Ayez soin de changer souvent le sens du courant.
- M. A. Thibault, à Paris. — Un amateur peut obtenir d’aussi beaux résultats, mais il faut s’exercer ; il y a souvent des retouches.
- M. C. M., à Paris. — On trouve dans le commerce des poudres métalliques qui peuvent servir à métalliser les plâtres.
- M. J. P., à Paris. — Vous pouvez lire dans Y Annuaire du Bureau des longitudes pour 1890 une Notice très intéressante sur le calcul de l’heure de la pleine mer à l'article Marées.
- RÉPONSES
- Réponse au n° 1304. — Moyen d’empêcher la fleur du vin. — Voici comment on peut empêcher la fleur du vin de se former. Si le vin est en bouteille, il suffit de tenir celle-ci couchée en élevant le fond, soit avec un bouchon ou tout autre objet, au fur et à mesure que se produit la vidange, de façon à ce que le liquide cache toujours le bouchon. Si le vin est en fût, il faut verser de la bonne huile d’olive par la bonde, de façon à ce qu’elle couvre le vin, et cela, avant que la fleur ne paraisse. (Communiqué par M. L. Flo-rimond, à Paris.)
- Autre réponse au n° 1304. — J’ai acheté l’année dernière, chez M. Viget, à Saint-Quentin (Aisne), un robinet dit robinet aérifère qui remplit parfaitement le but demandé. Je ne mets plus mon vin ni mon cidre en bouteilles et ces liquides se conservent complètement sans aucune altération. (Communiqué par M. G. Robert, à Amiens.)
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Cours du Conservatoire national des arts et métiers.
- PARIS. - ANNÉE 1890-1891.
- Géométrie appliquée aux arts. — Les lundis et jeudis, à neuf heures du soir. — M. A. Laussedat, professeur. Le cours ouvrira le jeudi 6 novembre.
- Géométrie descriptive. — Les lundis et jeudis, à sept heures trois quarts du soir. — M. E. Rouché, professeur. Le cours ouvrira le jeudi 6 novembre.
- Mécanique appliquée aux arts. — Les lundis et jeudis, à sept heures trois quarts du soir. — M. J. Hirsch, professeur. Le cours ouvrira le jeudi 6 novembre.
- Constructions civiles. — Les mercredis et samedis, à sept heures trois quarts du soir. — M. Emile Trélat, professeur. Le cours ouvrira le mercredi 5 novembre. — En cas d'empêchement, M. Trélat sera remplacé par M. J. Pillet.
- Physique appliquée aux arts. — Les mercredis et samedis, à neuf heures du soir. — M. E. Becquerel, professeur; M. H. Becquerel, professeur suppléant. Le cours ouvrira le mercredi 5 novembre.
- Électricité industrielle. — Les lundis et jeudis, à neuf heures du soir. — M. N..., professeur. — Une affiche spéciale annoncera l’ouverture du cours.
- . Chimie générale dans ses rapports avec l'industrie. — Les mardis et vendredis, à neuf heures du soir. — M. E. Jüngfleisch, professeur. Le cours ouvrira le mardi 4 novembre.
- Chimie industrielle. — Les lundis et jeudis, à neuf heures du soir. — M. Aimé Girard, professeur. Le cours ouvrira le jeudi 6 novembre.
- Métallurgie et travail des métaux. — Les mardis et vendredis, à sept heures trois quarts du soir. — M. N..., professseur. — Une affiche spéciale annoncera l’ouverture du cours.
- Chimie appliquée aux industries de la teinture, de la céramique et de la verrerie. — Les lundis et jeudis, à sept heures trois quarts du soir. — M. Y. de Luynes, professeur. Le cours ouvrira le jeudi 6 novembre.
- Chimie agricole et analyse chimique. — Les mercredis et samedis, à neuf heures du soir. — M. Th. Schlœsing, professeur. Le cours ouvrira le mercredi 5 novembre.
- Agriculture. — Les mardis et vendredis, à neuf heures du soir. — M. E. Lecouteux, professeur; M. L. Grande au, professeur suppléant. Le cours ouvrira le mardi 4 novembre.
- Travaux agricoles et génie rural. — Les mercredis et samedis, à sept heures trois quarts du soir. — M. Ch. de Comberousse, professeur. Le cours ouvrira le mercredi 5 novembre.
- Filature et tissage. — Les mardis et vendredis, à sept heures trois quarts du soir. — M. J. Imbs, professeur. Le cours ouvrira le mardi 4 novembre.
- Economie politique et législation industrielle. — Les mardis et vendredis, à sept heures trois quarts du soir. — M. E. Levasseur, professeur. Le cours ouvrira le mardi 4 novembre.
- Economie industrielle et statistique. — Les mardis et vendredis, à neuf heures du soir. — M. A. de Foville, professeur. Le cours ouvrira le mardi 4 novembre.
- Droit commercial. — Les mercredis et samedis, à sept heures trois quarts du soir. — M. F. Malapert, professeur. Le cours ouvrira le mercredi 5 novembre.
- Le Directeur du Conservatoire national des arts et métiers,
- A. LAUSSEDAT.
- Approuvé :
- Le Ministre du commerce, de l'industrie et des colonies,
- Jules Roche.
- BIBLIOGRAPHIE
- Atlas de géographie moderne, par M. F. Schrader, directeur des travaux cartographiques de la librairie Hachette et C*', M. F. Prudent, chef de bataillon du génie au service géographique de l’armée, M. E. Anthoine, ingénieur, chef du service de la carte de France et de la statistique graphique au Ministère de l’intérieur. 1 grand atlas. Librairie Hachette et Ci0. — Paris, 1890.
- Le magnifique atlas, que nous signalons à nos lecteurs, est un ouvrage de grande valeur. Il ne contient pas moins de 64 cartes imprimées en couleurs et accompagnées d un texte géographique, statistique et ethnographique. On trouve sur chaque pays de nombreux renseignements sur la situation, la superficie, l’hydrographie, le climat, le commerce, l’industrie, les communications, etc. Ajoutons à cela un grand nombre de cartes de détail, figures et diagrammes qui en facilitent la lecture et la compréhension. Cet atlas est assurément le plus exact et le plus complet que l’on puisse mentionner. Les cartes en couleur sont remarquablement exactes; pour donner une idée des documents réunis dans cet atlas, il nous suffira de dire que la France seule y figure pour 10 planches séparées, relief du sol, France physique, France hyp-sométrique, France géologique et détails des régions. Tout le reste est à l’avenant dans ce remarquable ouvrage.
- Traité des poisons. Hygiène industrielle. Chimie légale, par Louis Hugounenq, agrégé à la Faculté de médecine de Lyon, docteur ès sciences. 1 vol. m-8°. G. Masson, éditeur. —Paris, 1891.
- Des traitements des déviations de la taille. Leçons d’orthopédie, par le docteur J.-B. Reynier, professeur libre à l’Ecole pratique de la Faculté de médecine de Paris. 1 vol. in-16. G. Masson, éditeur. — Paris, 1890.
- La Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an semce des Annonces ponr lesquelles on doit s’adresser à l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rue de Fleurai.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 7S5E BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATUR]
- d’après les observations de m. renod (parc de saint-maur, altitude : 49 M. 30)
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- Novembre 1890. — Semaine du lundi 3 au dimanche 9 Novembre 1890.
- LUNDI I MARDI I MERCREDI ' JEUDI I VENDREDI ° I s .SAMEDI I DIMANCHE 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 min 6 midi 6 Min 6 MIDI 6 min G midi 6 min 6 miû! 6
- Baromètre.
- Thermomètre sec
- Thermomètre humide
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les. flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de H. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et h boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. LE 4 A 4 H. 23 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 novembre. . . . 6\8 W. S. W. 2 Presq. couv. 12,5 Tr. nuag. matin; couv. soir; pluie de 18 h. 30 m. à 23 h. 50 m.
- Mardi 4 . 8*,5 S. W. 3 t Peu nuageux. 2,4 Tr. nuag.; averses de 11 h. à 14 h.
- Mercredi 5 7*,8 S. W. 2 Couvert. 2,9 Couv. jusq. 17 h.; pluies.
- Jeudi 6 2*,8 S. 1 Couvert. 2,0 Très nuag.; pluie après 23 h. 30 m. gel. blanche.
- Vendredi 7 7-,I S. W. 2 Couvert. 7,3 Tr. nuag. de 11 b. à 18 h.; couv. le reste; pluies, parhélie vertical.
- Samedi 8. 7*,9 W. N. W. 2 Couvert. 3,4 Couv., sauf de 12 à 15 h., et à 22 h.-23 h.; pluie de minuit à 6 h. et de 16 h. à 21 h. av. interruptions.
- Dimanche 9 8*,7 \Y. N. W. 2 Couvert. 3,7 Couv. jusq. 9 h.; nuageux apr., pluie de 3 à 6 h.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — On a observé une secousse de tremblement de terre, le 8 octobre, à Christiansand, à 5 h. 15 m. du matin; le mouvement qui était nord-sud a duré de trois à quatre secondes.
- Le 17 octobre, une légère secousse a été ressentie à Lisbonne.
- Préjugé an sujet de la foudre. — Un préjugé très répandu dans le peuple consiste à croire qu’il est fort dangereux de courir en temps d’orage.
- Voici un exemple qui vient absolument à l’encontre de cette opinion, qui est * d’ailleurs sans fondement, car, à ce compte, les voitures, les trains de chemin de fer, etc., seraient très fréquemment frappés, ce qui n’est nullement le cas.
- Le 29 août dernier, pendant un fort orage, cinq personnes qui s’occupaient du sarclage des navets sur le territoire de Melle (Flandre orientale), à l’endroit connu sous le nom de Pont d’Heusden, se virent forcées de chercher un abri. Trois prirent les devants en courant. Les deux dernières, un homme et une femme, marchèrent à leur aise. A peine en route, un coup de foudre atteignit celles-ci ; l’homme était mort, et la femme légèrement brûlée à la tête.
- (Ciel et Terre.)
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- Supplément au numéro 912 de LA NATURE, du 22 novembre 1890
- 604" BOITE AUX LETTRES («..=,.»)
- Lm lettres et commnnloatlone relatives à la Botte aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à BX. Gaston TIS SANDLER
- 50, rue de Châteaudun, h Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- AVIS UE L’A DM IM I STR AT IO V. — L’échéance du 30 novembre étant une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 29 novembre (n° 913) de nous faire parvenir soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 30 novembre renouvelé ou donné ordre contraire.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Plusieurs de nos lecteurs nous ont souvent demandé où l’on pouvait se procurer la photo-cravate de M. Bloch, que nous avons décrite dans le n° 898, du 16 août 1890, p. 164. L’appareil est aujourd’hui construit et se trouve chez M. Bloch, 2, rue de l’Entrepôt, à Paris. — Appareils de raffinage du sucre en tablettes : M. II. Vivien, 26, rue de Saint-Quentin, à Paris. — Sonnerie électrique à un coup et bouton lumineux : M. Bernard, 12,, rue Bridaine, Paris.
- M. le comte G. de R., à Lainorieière. — Ne pas ajouter foi à ces articles avant d’avoir des renseignements plus complets.
- M. C. Orsat, à Lyon. — 1° Prenez de l’huile de pied de mouton. — 2° On passe une légère couche de vaseline blanche.
- M. G. G., à Epernay. — Nous avons publié jusqu’ici un grand nombre d’articles sur les machines à écrire ; consultez la collection de La Nature.
- M. J. R. Y., à Roubaix;1 Un abonné, à La Chaux-de-Fonds. — Nous n’avons rien à changer aux appréciations que nous avons portées précédemment, dans notre 602e Boîte aux lettres, sur les articles de journaux relatifs au système Mandeuft, de Genève.
- Un abonné, à Lille. — Il n’existe pas d’école spéciale d’électricité; mais cette science est enseignée très complètement à l'Ecole de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris : le cours est fait par notre collaborateur M. Ed. Hospitalier.
- M. L. B., à Paris. — Employer des couleurs transparentes délayées dans l’essence de térébenthine.
- M. E. M., à Paris. — Ces tables n’ont pas été dressées; il faut avoir recours à l’expérience.
- M. P. L., à Joinville. — Aucune «date n’est encore fixée pour l’inauguration de la ligne téléphonique de Paris à Vienne.
- M. A. B., h Melun. — Les architectes sont généralement élèves de l'Ecole des beaux-arts ou de l'Ecole d’architecture, mais le titre d’architecte peut être pris indépendamment de toute école.
- M. A. Coussy, à Paris. — N’est pas de notre compétence; adressez-vous au Ministère de la guerre.
- M. E. P., à Charenton. — Quand on considère l’eau verticalement de haut en bas en ballon, il n’y a pas de réfraction qui trouble la vision, comme cela a lieu sur le bord de l’eau.
- M. J. Imbert, à Saint-Chamond. — - L’outil pneumatique de M. Mac-Coy a été décrit dans le n° 858, du 9 novembre 1889.
- M. H. Violette, à Coutances. — Adressez-vous au directeur du Jardin d’Acclimatation ; nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. Saïd, à Constantinople. — 1° Oui; il faut tenir compte de la température. — 2° 11 existe également des tables de correction.
- M. G. Haure, à Pau. — La soie de Chine, dite ponghée, dont se servent aujourd’hui les aéronautes, se trouve dans les grands magasins du Louvre ou du Bon-Marché, à Paris.
- M. l'abbé Congis, à Meaux. — Remerciements pour votre excellente photographie du cèdre de Montigny-Lencoup.
- M. J. de i\eck, à Bruxelles. — 1° Oui. — 2° Les incrustations ne gênent nullement le bon fonctionnement de la chaudière. — 5° Nous ne crovons pas.
- M. K. C , à Tournai. — Le condensateur doit être mis en dérivation aux bornes du circuit inducteur.
- M. F. Descamp, à Nantes. — Nous vous prions de vouloir bien nous indiquer où l’on peut se procurer de VAya Pana.
- M. l'abbé Laigneaii* à Roncherolles-en-Bray., — Il existe des allumoirs électriques pratiques; nous vous mentionnerons en particulier les appareils H. Serrin, 13, boulevard du Temple; et Monteillet, 423, boulevard VoUaire, à Paris.
- M. L. Couratier, à Paris. — Traité élémentaire de l'énergie électrique, par E. Hospitalier, à la librairie Masson.
- M. L. Baudrit, à Paris. — Il existe de nombreux traités sur la vigne à la Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob.
- M. V. C., à Peer; M. Boccard, à Reusseni; M. G. L., à A. P. — Adressez-vous aux grands libraires de Paris.
- r u n n a jl l.o mritpiir ptAutrimie est nréférable.
- M. C. Piepers, à Batavia ; M. R. Bosquain, à Paris ; M. Blanchet, à Grenoble. — Remerciements pour vos communications.
- M. C. M., à Paris; M. A. de Mendonça, à Angra do Heroismo; M. C. Dolmus, à Charleroi; Un abonné, à Epinac. — Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles. ((î. Masson, éditeur.)
- M. C. Lepère, à Marseille. — Essayez quelques-unes* des colles fortes indiquées dans le même petit livre.
- M. L. Toulouze, à Paris. — Pour donner au cuir l’odeur du cuir de Russie, il faut le tanner avec du bois de santal et ensuite le corroyer avec une huile particulière qui provient de l’écorce du bouleau et qui est appelée bétîiline.
- Un lecteur, à Paris. — Le projet peut être vraisemblable en théorie; mais en pratique il présenterait d’innombrables inconvénients.
- M. X., à Paris. — 4° Le système peut fonctionner; mais l’établissement de tous ces appareils se montera à un prix plus élevé. — 2° 11 y aura lieu de prendre des dispositions spéciales pour la charge égale des accumulateurs. — 5° Piles au bichromate. — 4° 2 kilogrammes environ. — 5° Pas d’ouvrage spécial.
- M. R. A. ./. P., à Paris. — Prendre de petites tiges de fer ou d’acier, les faire rougir au feu, et percer le bois en les enfonçant bien verticalement.
- M. X., à Versailles. — Nous avons déjà indiqué un grand nombre de vernis photographiques; voyez aussi les traités spéciaux.
- M. F. B., à Marseille. — 1° Nous ne croyons pas qu'il existe un ouvrage donnant ces découpures; mais vous trouverez des jeux amusants dans les Récréations scientifiques, par G. Tissandier, à la librairie Masson. — 2° Nous ne vous conseillons pas l’emploi de piles directement. 1
- Un lecteur, à Roubaix. — 1° Il suffit d’écrire à la direction des postes et télégraphes, 405, rue de Grenelle, à Paris. — 2° II faut attendre les pièces justificatives.
- M. Martiny, à Saint-Denis. — Voyez dans les Annonces de La Nature.
- M. E. S., b Illfurth, nous adresse la photographie d’un corbeau qu’il a tué récemment et qui offre un prolongement particulier du bec supérieur. Les difformités de ce genre ne sont pas très rares.
- M. L. Leroy, à Paris, à propos de l’expérience téléphonique que nous avons mentionnée dans le n° 911 de La Nature, nous écrit qu’il a déjà signalé le même fait au mois d’août 4888.
- M. H. de la Fresnay, à Falaise. — Voyez le Baromoteur de M. Gaston Bozérian (n° 223, du 8 septembre 1877, p. 229).
- M. A. H. T., à La Teste. — 1° Dépend de l’attaque du métal par l’eau acidulée. — 2° En télégraphie on utilise les piles Callaud.
- M. J. P., h Nantes. — Nous publierons prochainement une Notice spéciale qui vous renseignera.
- M. Ferdinand Coste, à Lacauche, nous adresse une intéressante photographie instantanée d’un cheval au trot, conduit par la bride par un homme qui court. Par un singulier hasard, aucun pied du cheval ne touche terre, et il en est de même des deux pieds de l’homme; le groupe est ainsi suspendu dans l’espace.
- M. C. Soulairol, à Cazouls-les-Béziers. — Il vous sera donne satisfaction : nous publierons un deuxième article sur l’analyse des vins. .
- M. Gruzelle, à Paris. — On ne saurait construire soi-même ur appareil photographique complet ; l’objectif doit être acheté chez ui constructeur.
- M. L. R., à Bordeaux. — 1° Le nombre d’accumulateurs dépene du voltage adopté; il y a des lampes de 40 bougies qui prenneu 400 volts et 0,3 ampère, et d’autres qui prennent 10 volts et 3 ampères. — 2° On peut couper le charbon de cornue avec une petit* scie assez fine.
- M. B. S. Preud'homme, à Huy. — Il faudrait ventiler la cave.
- Un abonné, à Berlin. — Nous n’avons pas connaissance que cetl fabrication soit établie en France.
- M. G. Kolb, à Moscou. — Ce produit nous est inconnu. Tous no regrets.
- M. L. Jadot, à La Hestre. — Pas d’ouvrage de ce genre.
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- M. G. Bonfait, au Uavre. — Nous vous renseignerions avec grand plaisir si cela nous était possible, mais nous ne connaissons pas les adresses des fabriques en question.
- M. Prudhomme, à Barcelone. — Remerciements pour votre communication que nous publierons après avoir fait les expériences indiquées.
- M. le comte A., à Châtellerault. — Nous ne connaissons pas bien ce procédé ; nous allons prendre des informations et nous vous renseignerons ici.
- Jfl. B., à Saint-Mandé (Seine). — Le procédé Gillard, pour la fabrication de l’hydrogène, consistait à décomposer l’eau par le charbon chauffé au rouge. Il se faisait de l’hydrogène, de l’acide carbonique et de l’oxyde de carbone; l’acide carbonique était retenu par un lait de chaux, l’oxyde de carbone restait mêlé à l’hydrogène.
- M. E. Billet, à Paris. — Votre lettre du 14; novembre nous est parvenue le même jour à 9 heures du soir.
- M. R. Mêlés, à Londres. — Il faudrait vous adresser directement à des fabricants de produits chimiques.
- M. A. J. A., à Paris. — Nous publierons prochainement une recette qui vous donnera satisfaction.
- M. J. J., à Bruxelles. — Le sujet sur lequel vous voulez être renseigné est intéressant ; nous publierons une Notice spéciale à ce sujet. •
- M. N., à P. — Vous pourrez consulter ces ouvrages dans les bibliothèques scientifiques (au Conservatoire des arts et métiers, bibliothèque Sainte-Geneviève, etc.), mais non les emporter.
- M. M. S auernheimer, à Paris. — Il existe une quantité de traités à ce sujet, mais aucun ne donne les renseignements pratiques que vous demandez.
- M. Noverraz, à Paris. — Nous croyons qu’il s’agit d’autocopie.
- M. L. Brünner, à Paris. — Nous évitons de parler des projets, surtout quand ils ne sont pas plus réalisables que ceux au sujet desquels vous voudriez être renseigné; nous parlons des trois premiers faits mentionnés.
- M. P. Leturque, à Orléans. — 1° Non. — 2° Les éléments au bichromate de soude sont préférables à tous égards.
- M. B. D., à Lille. — Il n’existe pas, pour calculer des machines dynamos, d’autres formules que celles qui sont indiquées dans les ouvrages que vous citez.
- M. A. L., à Paris. — 1“ Ce traité contient beaucoup de renseignements. — 2° Tremper le zinc dans une solution acidulée d’acide sulfurique et passer du mercure à la surface avec un chiffon.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Fouilles à. FI-Kan tara (Algérie). — En lisant votre numéro du 1er courant, j’ai remarqué votre premier article : « Poupée trouvée dans le tombeau d’une Romaine », et j’ai pensé qu’il pourrait vous être agréable, ainsi qu’à vos lecteurs, de connaître les faits suivants : Au mois de février dernier, j’ai fait -commencer des fouilles dans ma propriété à El-Kantara, banlieue de Cherchell, à l’endroit où était la Nécropole de Julia-Césaréa, et j’ai trouvé entre autres choses, dans l’un des tombeaux que j’ai dû faire ouvrir : deux statuettes en terre cuite, dont l’une représentant un Centurion est très bien conservée, une pince à épiler qui a encore toute sa flexibilité, une paire de jambes articulées, en terre cuite, provenant très certainement d'une poupée, une entrée de petite serrure paraissant avoir appartenu à un petit coffret d’enfant, plusieurs pièces de monnaie, une lampe funéraire et deux urnes. Dans d’autres tombeaux, i’ai trouvé des lampes avec sujets ou signatures d’auteur, des urnes einéraires de formes très variées, des fioles lacrymatoires, des vases à parfums, en verre ou en terre rouge très fine, de petits plats en verre ou en terre rouge ou grise, ces derniers probablement de provenance carthaginoise, enfin plusieurs objets phéniciens ou égyptiens. J’ai trouvé également plusieurs inscriptions latines et deux inscriptions grecques. Je recommencerai bientôt mes travaux, et j’espère être au moins aussi heureux que l’année dernière. (Communiqué par M. A., à Cherchell.)
- Photographie «l’éclairs. — M. Louis Delore, à Oullins, nous adresse une photographie d’éclairs prise le 18 août dernier, jour de l’ouragan de Saint-Claude. L’épreuve n’a été tirée que tout récemment ; le cliché s’est parfaitement conservé depuis cette époque (non développé.) Le cliché a été pris à Ilauteville (Ain) le 18 août, à 11 heures du soir. La pluie, qui tombait en abondance à ce moment, empêche qu’on distingue bien un platane situé au premier plan. L’objectif employé est un Dérogy numéro 5. L’ouverture du diaphragme est de 5 millimètres, la plaque est une plaque Lumière,
- extra-rapide. Le développement a été effectué a l’hydroquinone ; l’appareil, mis au point approximativement, est resté ouvert environ dix secondes. La distance approximative entre l’endroit frappé par la foudre et le lieu où se trouvait l’appareil, est d’environ 1500 mètres. La photographie représente deux éclairs distincts en zigzags. On aperçoit nettement le tracé complet des éclairs avec toutes leurs sinuosités.
- BIBLIOGRAPHIE
- Nouvelle géographie moderne des cinq parties du monde, par C. de Varigny. Asie. 1 vol. grand in-4®. Librairie illustrée. Paris.
- Nous venons de recevoir le premier et superbe volume d’une importante publication géographique, entreprise par M. C. de Varigny. Ce premier volume traite de l'Asie; il renferme de nombreuses et belles gravures avec des cartes et des planches en couleur. Ce grand ouvrage ne manquera pas d’être apprécié, à notre époque où l’étude de la géographie est à l’ordre du jour.
- Le petit amiral. 100 compositions par MM. Tattegrain, Mouchot, Bach, H. Meyer, Cain, Méaulle, etc. Texte et gravures de F. Méaulle. 1 vol. in-8°. Librairie Ducrocq. — Paris.
- L’an dernier, à pareille époque, nous avons signalé le Robinson des airs de M. Méaulle. Aujourd’hui le même auteur fait paraître, avec le même talent et le même goût, Le petit amiral. II s’agit, cette fois, non plus des aventures d’un jeune aéronaute, mais de l’histoire d’un petit marin. Le texte est vif, animé, attrayant et les illustrations sont charmantes.
- Les graveurs du dix-neuvième siècle. Guide de l’amateur d’estampes modernes, par Henri Beraldi, tome X. Meissonier-Piguet. 1 vol. in-8°. Librairie L. Conquet. — Paris, 1890.
- Les herborisations parisiennes, par H. Bâillon, préparateur d’histoire naturelle à la Faculté de médecine de Paris. Recherche, étude pratique et détermination facile des plantes qui croissent dans les environs de Paris. 1 vol. in-16, avec 445 figures. Octave Doin, éditeur. — Paris, 1890.
- Mémoire sur une machine aérienne à ailes artificielles articulées, par J.-C. Pompeïen Piraud. 1 brochure grand in-8° avec 12 planches hors texte. — Bâle, Lyon, Genève. Henry Georg, libraire-éditeur, 1890.
- Misères nerveuses, par le Dr E. Monin. Ouvrage donnant la description des maladies du système nerveux et de la mentalité humaine. 1 vol. in-18. Paul Ollendorff, éditeur. — Paris, 1890.
- Teinturier. Supplément. Emploi dans la teinture des couleurs d’aniline et de leurs dérivés. 1 vol. in-18 de Y Encyclopédie Roret. Librairie encyclopédique de Roret. — Paris, 1890.
- Les races humaines, par le Dr R. Verneau. Introduction par M. A. de Quatrefages. Publication périodique. ira livraison. Librairie J.-B. Baillière et fils. — Paris, 1890.
- Nouveau dictionnaire de géographie universelle, par M. Vivien de Saint-Martin, avec la participation de M. Louis Rousselet. 54e fascicule. Roug-Sabi. Librairie Hachette et G1*. — Paris, 1890.
- Traité enctjclopédique de photographie, par Charles Fabre. Tome quatrième. Agrandissements. Applications de la photographie. 1 vol. grand in-8°. Gauthier-Villars et fils, imprimeurs-éditeurs. — Paris, 1890.
- Bulletin of the United States National Muséum, by John B. Smith, n° 38. 1 vol. in-8°. Government printing office. — Washington, 1890.
- Proceedings of the United States National Muséum. Volume XII. 1 vol. in-8°. Government printing office. — Washington, 1890.
- Anleitung zur Darstelhing chemischer Praparate, par le Dr H. Erd-mann. 1 vol. in-8°. H. Bechhold, éditeur. — Francfort, 1891.
- Lt Rédaction et l'Administration de LA NATURE sont étrangères an serriee des Annonees pour lesquelles on doit s’adresser 1 l’Offlee de Publicité de l’Imprimerie, 9, me de Fleuris.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 756e BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATUR]
- d’après LES OBSERVATIONS DB X. RENOO (PARC DE SAINT-MAUR, ALTITUDE *. 49 X. 30)
- Novembre 1890. — Semaine du lundi 10 au dimanche 16 Novembre 1890.
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- Lz c ourbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de M. dédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE ’. N. L. LE 12 A 1 H. 47 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES A 7 HEURES OU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL XÉTEOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ‘ÉTAT du ciel à 7 h. m. pluie en MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 novembre. . . . 0%5 S. S. W. 1 Couv. brouill. 0,0 Couv.; brouill. jusq. midi ; gel. bl.
- Mardi 11 3%5 S. E. 3 Couvert. 0,0 Couv.; quelq. averses.
- Mercredi 12 0’,7 S. VV. 1 Beau. 1,1 Beau le matin, peu nuag. le soir, gel. bl.
- Jeudi 13 5*,2 S. 2 Couvert. 0,0 Couv., pluie de 6 h. à 22 h. 1/2.
- Vendredi 14 11*,1 S. W. 1 Couvert. 13,3 Couv., pluie de 1 h. à 7 h., gouttes dans la soirée, brouill. le m.
- Samedi 15. 12%0 S. W. 1 Couvert. 0,3 Couv., gouttes çà et là.
- Dimanche 16 10*, 8 N. 0 Couvert. 0,4 Couv. jusq. 16 h., beau ensuite; brouill. dans la s.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I
- Coupa de foudre en Belgique pendant l’année 18S8. —
- MM. Evrard et Lambotte, ingénieurs à l'administration des télégraphes, ont publié une intéressante Note sur les observations des coups de foudre en Belgique. Nous emprunterons quelques renseignements à notre confrère Ciel et Terre. En 1888, la foudre est tombée trois fois sur des paratonnerres, sur 83 habitations, églises, moulins, en produisant des effets mécaniques, et en produisant 19 incendies. Elle a atteint 13 personnes ou animaux, trois fois le sol, 42 arbres, et soixante-six fois des lignes télégraphiques et téléphoniques, soit, au total, 229 coups de foudre. Des 102 bâtiments non munis de paratonnerres qui ont été foudroyés, 17 sont des églises et 6 des moulins à vent. Sur
- 34 coups de foudre qui ont frappé des arbres dont on a fait connaître l’essence, 16 ont atteint des peupliers. Le nombre de bâtiments incendiés est relativement très faible. Il est de 19 sur les 102 coups de foudre qui ont frappé des habitations. En 1887, il était de 17 sur 38; en 1886, de 54 sur 108; en 1885, de 29 sur 61; en 1884, de 28 sur 51.
- De 1884 à 1888, 56 personnes ont été tuées par la foudre. En 1888, 15 morts ont été constatées. Voici également, par provinces, la répartition des coups de foudre de 1881 à 1888 : Flandre occidentale, 142; Brabant, 140; Liège, 129; Hainaut, 120; Namur, 118; Flandre orientale, 103; Anvers, 99; Limbourg, 61; Luxembourg, 37. On remarquera que la Flandre occidentale, qui occupe ici le premier rang, a été fort épargnée en 1888. Fait qui ne s’était pas encore présenté depuis 1884, un coup de foudre a été observé en janvier 1888, à Mo-mignies (Hainaut), le 29, à 9 h. 10 m. du soir.
- Des cas de foudre globulaire ont été constatés les 21 et 23 juin et le 2 août.
- TEMPÉRATURE
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- (l,’,™*) 605e BOITE AUX LETTRES (.Æm)
- Lm lettre* et communication* relative* à la Boite aux lettre* et à la rédaction doivent être adressée* à H. Gaston TIS8AMDIEH
- SO, rue de Cliftteandun, à Paris.
- Todtks les communications qui concebnent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le statoscope se trouve chez MM. Richard frères, 8, impasse Fessard (Paris-B< lleville). — Appareils pour cuire les œufs à la coque : Le célibataire et ['appareil de famille (n"* 1 et 2 de la figure 1) se trouvent à la Ménagère, boulevard Bonne-Nouvelle, à Paris. L’appareil à air chaud (n° 3, fig. 1) n’est pas dans le commerce. Les ustensiles de la figure 2, n0’ 1, 2 et 5, se trouvent chez tous les marchands d’articles de ménage. L’inventeur de la Favorite, appareil automatique, est M. Lacroix, capitaine-major, 8, rue Neuve-des-Prés, à Dreux.
- M. Ch. Janet, à Paris, à propos de la Note publiée dans le n° 900 de La Nature, p. 351, au sujet de la rotation de Vénus, nous écrit pour nous demander comment il se fait que les observations de MM. Perrotin et Schiapparelli ne concordent pas avec celles de Cas-sini en 1666, de Bianchini en 1726, de Schœter en 1793 et du Père Yico en 1841. Ces astronomes avaient tous trouvé, pour la durée de la rotation de Vénus, une moyenne de vingt-trois heures et quelques minutes. D’après les dernières observations, sa rotation durerait autant que sa révolution autour du Soleil, c"èst-à-dire deux cent trente jours environ. Notre correspondant nous demande si la planète ne s’est pas arrêtée subitement. — Réponse. La rotation de Vénus n’a certainement pis varié : elle est déduite du déplacement de taches très difficiles à apercevoir. 11 faut donc aceorderrla préférence aux observations modernes faites à l’aide d’instruments plus puissants et plus perfectionnés. Les astronomes observateurs n’ont d’ailleurs jamais admis comme certaines les anciennes déterminations.
- M. H. Jacot Deslanbes, à Bienne. — Appareils télégraphiques optiques : maison Bréguet, 19, rue Didot, et M. Pellin, successeur de M. Duboscq, rue de l’üdéon, à Paris.
- M. G. Garbe, à Lille. — 1° Prenez les formules relatives au calcul des dynamos, que vous trouverez dans le Formulaire pratique de l'électricien. (G. Masson, éditeur.) —2° Chaque accumulateur a une force électro-motrice de 2 volts. — 3° Le prix moyen est de 2 francs le kilogramme, et la cipacité moyenne de 10 ampères-heure par kilogramme de plaque.
- Un lecteur, à Lyon. — Même réponse pour les deux dernières questions.
- M. G. Nys, à Courtrai. — Vous trouverez les cours des divers métaux dans les annonces de plusieurs journaux, notamment Le Moniteur industriel, 14. rue de Saint-Pétersbourg, à Paris.
- M. C. D., à Lille. — Il suffit de frotter les vases poreux avec une brosse et de l’eau légèrement acidulée.
- Un lecteur, à Marseille. — Les piles employées pour ces appareils appartiennent à tous systèmes; mais ce sont généralement des piles au bichromate.
- M. Ruiz, à Paris. — L’animal a évidemment l’instinct de revenir à terre.
- M. Laporte, au Mans. — Il n'y a pas d’autre moyen, pour amortir le bruit des machines à coudre sur le parquet, que de disposer au-dessous des tapis de caoutchouc ou de feutre assez épais.
- M. Carlos de Landos, à Lisbonne. — 11 s’agit d’un phénomène de couleurs complémentaires : vous deviez voir vert après le rouge.
- Un abonné, à X. — 1° La machine décrite est une machine série; il faut essayer par l’expérience le diamètre du fil pour le çompoundage. — 2° Vojez le Formulaire pratique de l'électricien indiqué plus haut.
- M. J. Abdallah, à Serfitché. — Nous vous conseillons de faire de nombreuses observations et de les comparer entre elles ; vous pourrez alors seulement tirer des conclusions sérieuses.
- M. H. Leyuicheux, à Selhurst. — Maison L. de Combettes, Bas-sée-Crosse, successeur, $2, rue de Bondy, à Paris.
- Un abonné, à Colmar.— Vous pouvez employer la vaseline blonde.
- Un artilleur, à Vincmnes. — Pour ce qui concerne la montre Cigale, décrite dans le n° 878, du 29 mars 1890, il faut vous adresser à M. E. Langlob, 23, rue Etienne-Marcel, à Paris.
- Un abonné, à Clermont-Ferrand. — S’adresser au directeur; vous procurer, d’autre part, les Instructions météorologiques publiées par le Bureau central. (Giuthier-Villars, éditeur.)
- M. G. de Bdcourt, à Reims. — Votre lettre est le résultat d’une erreur de renseignement ; nous n’avons jamais donné de prime.
- M. H. P., à Clermont-Ferrand. — 1“ Adressez-vous à la librairie Baudry, rue des Saints-Pà'es, à Paris, — 2° 45, quai des Grands-Augustins. — 3“ Ce rapport est expliqué dans tous les traités d’électricité.
- M. A. Simmen, à Paris. — Cette figure a bien été publiée; mais nous ne nous rappelons pas non plus dans quelle année.
- M. Diego Monjo, à Mahon. — 1° Si vous voulez bien nous envoyer
- les photographies dont vous nous parlez, nous les examinerons avec intérêt. — 2° Votre demande d’abonnement a été transmise à la direction du journal.
- M. D. M., à Valenciennes. — 1° Société anonyme d’électricité, 59, avenue Marceau, à Courbevoie (Seine). — 2° Maison Gramme, 165, rue de Crimée, à Paris. — 5° Conjoncteur-disjoncteur automatique : M. A. Simmen,.55, rue Dombasle, à Paris.
- M. P. Mieg, à Epinal. — Turbine atmosphérique Dumont : M. Barbier, constructeur, 100, rue de la Folie-Méricourt, à Paris.
- M. G. de B., à Bruxelles. — La maison Lesperut n’existe plus; ces instruments ont cessé d’être fabriqués.
- Un abonné, à La Chaux-de-Fonds. — Il n’y a encore eu que quelques expériences effectuées sur la séparation des métaux précieux par l’électricité ; on n’a pas indiqué de méthode générale.
- M. J. F., h Valence. — Nous ne pouvons aujourd’hui vous donner d’adresse spéciale; nous allons prendre des renseignements à ce sujet.
- M. A. R., à B. — Il n’existe pas de substances permettant d’atteindre ce résultat.
- M. X., à Marseille. — Nous n’avons pas publié de Notice à ce sujet. Pas de livre spécial à vous indiquer.
- Un abonné, à Paris. — Pour alimenter une lampe à arc, il faut au moins une différence de potentiel de 50 volts.
- M. J. P., à Paris. — L’installation n’est pas encore terminée.
- M. X., h Paris. — Pour enlever sur le papier des traits et écriture, à l’encre bleue, essayez d’employer l’eau de Javel diluée.
- M. Corcho, à Santander. — Prenez des piles au bichromate avec accumulateurs ; on dit, en ce moment, beaucoup de bien de la pile Schanschieff, de Londres, mais nous ne l’avons pas essayée.
- M. F. D., à G. F. — Pour obtenir de l’eau de Javel, il suffit de faire passer à froid un courant de chlore dans une dissolution de potasse ; on peut avoir tel degré de concentration que l’on désire.
- M. Lavaivre, à Luzy. — 1° Nous vous conseillons de disposér des piles ordinaires au bichromate à écoulement avec des accumulateurs. — 2° Pour éviter l’oxydation des contacts, nickelez les pinces.
- M. A. Lory, à Nantes. — Nous regrettons de ne pas connaître ce procédé; nous ne croyons pas qu’il soit décrit.
- M. V. Coignet, à La Terrasse. — Livres sur la fabrication de l’acide sulfurique, à la librairie Eugène Lacroix, 112, boulevard de Vaugirard, à Paris.
- M. H. N.,-a Cognac; M. A. Potvin, à Jeumont. — Pas de revue spéciale de ce genre à vous indiquer. Tous nos regrets.
- Un abonné, à Epernay; M. S., h Paris. — Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. H. Simon, à Mont-de-Marsan. — Remerciements pour votre communication.
- M. B. A., au Puy. >— Vous trouverez la description complète du
- Îirocédé dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences, à la ibrairie Gauthier-Villars.
- M. Bonnefis, à Valence-d’Agen. — Il serait nécessaire de faire des essais avant de vous répondre.
- L'abonné 876, à Paris. — Absolument en dehors de notre compétence.
- M. E. R., à Froyères. — Traités de géologie, à la librairie Masson.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Le fusil Lebei et le fusil allemand. — La réponse de votre savant collaborateur, M. M. Hélène, aux craintes exprimées par M. F. Millet, me décide à contribuer également un peu au relèvement de notre*fusil Lebel. Les principaux griefs qu’on est tenté de reprocher au fusil Lebel sont : poids supérieur de la cartouche, vitesse initiale moindre, absence de double enveloppe, celle-ci étant simple ment considérée au point de vue de la précision du tir. Pour ce qui concerne le poids de la cartouche, la cartouche Lebel pesant 29 grammes et la cartouche Mannlicher 27 grammes seulement, il est assez naturel qu’au premier abord on s’imagine que notre cartouche est plus lourde. Mais il est absolument nécessaire de remarquer que le fusil Mannlicher n’est un fusil à répétition qu’à condition d’avoir un chargeur, c’est-à-dire un poids supplémentaire de 20 grammes par 5 cartouches, soit 4 grammes par cartouche. Chaque munition pour un coup de fusil Mannlicher pèse donc 31 grammes. A cela on peut objecter que le chargeur allemand forme empaquetage et que la charge d’un homme sera diminuée dans une certaine mesure, par la suppression, ou du moins la simplification de l’empaquetage. Le
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- soldat prussien porte 150 cartouches, pesant, chargeurs et boîtes comprises 5**,050. La cartouche empaquetée pèse donc i~p=33gr,55. Le soldat français porte 112 cartouches réparties en 14 paquets de 8 cartouches pesant chacun 235 grammes. La cartouche empaquetée pèse ****/- — 29*r,57. La cartouche portée par le soldat français èse donc moins que la cartouche portée par le soldat allemand, e jour où l’on voudra donner au soldat français 150 cartouches au lieu de 112, ce ne sera pas le poids qui fera rejeter l’adoption de cette mesure. La vitesse initiale de la balle Lebel est, d’après l’aide-mémoire de l’officier d’Etat-Major en campagne (Imprimerie nationale) de 632 mètres par seconde, et la vitesse, à 25 mètres de la bouche, 601 mètres par seconde. Les descriptions du fusil allemand donnent 620 mètres par seconde comme vitesse à 25 mètres de la bouche. La vitesse à 25 mètres du fusil Lebel est donc inférieure de 19 mètres à celle du Mannlicher. Mais cette infériorité, en vertu du principe des forces vives, est compensée en partie par le poids supérieur de la balle française. Celle-ci pèse 15 grammes en effet, et celle du fusil allemand, 14*r,5. Mais cette infériorité de vitesse initiale est insignifiante pour le tir. En effet les tables de tir du fusil Lebel donnent, pour flèche de la trajectoire de 500 mètres, une hauteur de lm,459. La flèche du fusil allemand à la même distance est, d’après les éléments donnés par la Revue d’artillerie, lm,5 en chiffre rond. Evidemment ce chiffre est trop fort, la flèche doit être un peu inférieure à celle du fusil Lebel, mais d’une quantité si petite qu’on n’y a pas fait attention. Nous pouvons donc dire qu’aux distances habituelles du tir le fusil Lebel est aussi rasant que le fusil Mannlicher. Reste la question de la double enveloppe. Faisons d’abord abstraction de Réchauffement dont l’influence a été étudiée par le Dr Hebler. Le tube-enveloppe du fusil allemand porte la hausse et le guidon, et il est serré dans des garnitures qui le fixent à la monture en bois. Comme ce tube est assez mince, il sera éprouvé par les chocs extérieurs dont on a voulu garantir le vrai canon, il subira l'influence de la déformation du fût et des flexions dues aux parades. La hausse et le guidon pourront, bien plus que dans le fusil Lebel, changer très légèrement de position relative et de position par rapport à l’axe du canon. Dès lors on aura le singulier avantage d’avoir un canon portant très juste, mais de ne pouvoir le diriger convenablement. Le fusil portera très exactement de travers dès que la chemise aura subi un choc. Enfin, l’entretien du fusil allemand sera rendu plus compliqué à cause de cette chemise que le soldat ne pourra enlever et dans l’espace annulaire de laquelle l’eau, les poussières auront toute facilité pour se loger. (Communiqué parM. Higg, à X...)
- M. H. Japy, à Paris, nous communique également, sur le même sujet, les réflexions suivantes : Je puis vous assurer que la véritable infériorité du fusil allemand ne réside pas dans les dangers d’éclatement du canon, mais bien dans le fonctionnement de l’arme. En effet, on met toujours facilement en place l’étui ; mais si l’on vient à présenter, par un mouvement brusque, une des cinq cartouches dans le canon, on n’arrive plus à refermer l’arme, et si on force, la cartouche éclate. Que donnera cette arme entre les mains de soldats impressionnés et peu exercés, au moment d’une action vive ? C’est ce que l’expérience seule pourra apprendre.
- Le train le plus rapide de France. — A propos d’une réponse publiée dans une de nos précédentes Boîtes aux lettres, nous recevons la communication suivante : « Si je consulte le dernier Indicateur Chaix, je trouve que la vitesse du rapide Paris-Bordeaux, train n° 7, n’est que de 7Dkm,440 seulement, 578 kilomètres en 492minutes; le rapide ne vient donc qu’en troisième ligne, car :
- 1° les express Paris-Calais et Calais-Paris, trains n0’ 0 et 15 atteignent une vitesse moyenne de 75 kilomètres à l’heure, 295 kilomètres en 256 minutes; 2° l’express Belfort-Paris n° 30 qui atteint la vitesse de 73km,580 à l’heure, 443 kilomètres en 362 minutes. (Communiqué par M. de Stroyonoff, à Paris.)
- Appareil pour vider les tourtes. — On sait combien il est difficile et souvent même dangereux, quand il s’agit d’acides corrosifs, de verser le liquide contenu dans une tourie. Nous avons fait connaître le vide-tourie de M. Serrin ; nous publions aujourd’hui la description d’un autre appareil des plus simples et des plus pratiques : c’est l’aspirateur de Kunwald. La figure ci-contre 1 donne la coupe du système dont voici la description : a. Bouchon en caoutchouc de forme conique, s’adaptant aux goulots de toutes les touries. b. Pièce en caoutchouc durci, munie à sa partie supérieure d’un petit capuchon en caoutchouc, g, établissant l'étanchéité entre la pièce en caoutchouc durci et le tube k qui plonge dans la tourie.
- Ce tube k a la faculté de pouvoir glisser dans la pièce en caoutchouc durci, de façon à pouvoir lui donner la longueur voulue, selon la grandeur de la tourie. h. Tuyau d’écoulement, i. Robinet. Pour les acides corrosifs, le tuyau d’écoulement et le robinet sont en verre
- très fort et trois fois recuit. Pour tous autres liquides, le tuyau d’écoulement est en caoutchouc et le robinet en cuivre nickelé, m., Poire en caoutchouc produisant, en la pressant, l’air nécessaire au refoulement du liquide contenu dans la tourie. Cette poire s’adapte, au moyen du tube d, à une tubulure de la pièce en caoutchouc durci, e. Tubulure munie d’un petit bouchon obturateur f, permet-
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- tant, après l’opération, de décharger l’air contenu dans la tourie. Fonctionnement de l’aspirateur. Introduire le bouchon a dans le goulot de la tourie, régler la hauteur du tube k selon la hauteur de la tourie, ouvrir le robinet d’écoulement i, et presser la poire m\ pour obtenir immédiatement l’écoulement du liquide. Par ce procédé, on parvient à vider une tourie, contenant 80 litres d’acide corrosif en trois minutes, sans s’exposer au moindre danger. — La figure 2 montre l’ensemble de l’appareil avec un dispositif c, b, e,a,f, d qui permet de presser la poire avec le pied.
- BIBLIOGRAPHIE
- Nouvelles recettes utiles et appareils pratiques, suite des Recettes et procédés utiles, et de la Science pratique, par Gaston Tissan-dier. I vol. in-I6, avec 91 figures dans le texte. G. Masson, éditeur. — Paris, 1890. Prix, 2 fr. 50.
- Nous reproduisons quelques extraits de la préface de cet ouvrage ; elle en indiquera le but. « Il y a quelques années, dit l’auteur, nous avons publié sous le titre : Recettes et procédés utiles, un petit livre dont plusieurs éditions successives ont été rapidement’ épuisées. Encouragé par cet accueil empressé de la part du public, nous avons fait suivre cet ouvrage d’une autre publication analogue, intitulée : La Science pratique. Une édition revue et augmentée de ce second volume a été publiée au commencement de l’année 1890. Le succès de ces deux ouvrages nous a démontré que les amateurs, les savants, les ingénieurs et les praticiens qui travaillent dans la maison domestique ou à la campagne, dans l’atelier ou dans le laboratoire, étaient avides d’avoir des recettes, des formules, des tours de mains que l'on ne rencontre pas dans les livres et qui peuvent rendre des services. Nous publions aujourd’hui un troisième ouvrage du même genre que les précédents; nous y avons réuni la description de nombreux appareils pratiques, d’une grande quantité de recettes que nous fournissent, dans le journal La Nature, nos collaborateurs et nos lecteurs. Nous n’avons eu, pour notre part, d’autre mérite que de recueillir et de classer la moisson qui nous a été offerte. Puisse-t-elle encore être utile !»
- Les appareils de distillation et de rectification. Etude comparative de leur consommation de vapeur et des résultats obtenus comme purification de l’alcool. Théorie de la recification, épuration des eaux-dè-vie, tafias, genièvres, etc., par Exile Barbet. 1 vol. in-84 avec figures. G. Masson, éditeur. — Paris, 1890. Prix : 5 franco:
- Colonies agricoles de l’Entre-Rios (RêpiMique argentine), par l’ingénieur Gustave André, ancien directeur de l’Ecole supérieure d’agriculture de Buenos-Ayres. 1 vol. in-8’, avec 2 cartes coloriées. G. Masson, éditeur. — Paris, 1890. Prix; 2 francs. »
- Lt Rédiction et l'Administration de LA NATURE sont étrangères in serTiee des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser i l’Office- de Publicité de l’Imprimerie, 9, rue de Flenrns.
- XVIS. La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations,
- même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 757* BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATUR]
- d’après les observations de m. renoo (parc de saint-maür, altitode : 49 M. 30)
- Novembre 1890. — Semaine du lundi 17 au dimanche 23 Novembre 1890.
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre «nregiatrenr de H. Rédier. — Thermomètre à l'abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer. .
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. LE 19 A 0 H. 54 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après le bulletin international du bureau central MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 17 novembre. . . . 7%1 S. S. W. 0 Couvert. 0,0 Couv., brouill. jusq. 9 h., 200 ou 300 m. à 7 h.
- Hardi 18 8*,5 Calme, Couvert. 0,0 Couv. petite pluie à 23 h.-24 h.; transp. atm. 2 km. à 7 h.
- Mercredi 19 10*,i W. 0 Couvert. 1,4 Couv., éclaircies l’apr.-midi; bruine jusq. à 4h.brouill.
- Jeudi 20 9*,9 7 * S. w. 0 Couvert. 0,0 Couv.; bruine à plus, reprises ; brouill. de 500 m. à 7 h.
- Vendredi 21 9” 0 W. S. W. 1 Couvert. 0,3 Couv., bruine à plus, reprises; averses ap. 22 h.
- Samedi 22 7%1 W. N. VV. 3 Très nuageux. 1,6 Nuag. jusqu’à 15’h.; couv. ap.; pluie à 10 h. 30 m. et de 16 à 17 h.
- Dimanche 23 10%2 W. S. VV. 4 Couvert. 3,5 Couv.: pl.jusq. 2 h.; coups de vent.
- x’iques. Il s’est servi des observations laites, en 1870, aux quatre stations de Greenwich, Lisbonne, Saint-Pétersbourg et Bombay. Voici les résultats principaux obtenus : 1° la variation diurne provient, en majeure partie, de causes extérieures à la surface de la Terre et probablement de courants électriques qui parcourent notre atmosphère ; 2° des cqurants sont induits dans la Terre par la variation diurne, laquelle produit un effet considérable, parce qu’elle diminue l’amplitude de la composante verticale et augmente l’amplitude de la composante horizontale; 5° pour ce qui concerne les courants fnduits par la variation diurne, la Terre n’agit pas comme une sphère uniformément co'îdu.c-. trice; ses couches supérieures ont moins de conductibilité que les couches intérieures; 4* les mouvements horizontaux qui doivent accompagner dans l’atmosphère une action de marée du Soleil ou de la Lune, ou une variation périodique du baromètre telle qu’on en remarque actuellement, produiraient, dans l’atmosphère des courants électriques ayant des effets magnétiques de caractère semblable à ceux de la variation journalière observée; 5* si la variation résulte de la cause indiquée, l’atmosphère doit se trouver dans cet état de sensibilité où, suivant les expériences de l’auteur, on ne peut fixer de limites inférieures à la force électromotrice capable de produire un courant.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- \ Etoile ttlante à Besançon. — M. E. Mélage, à Besancon, nous écrit I que le 17 novembre, à 8 h. 15 m. du soir, il a aperçu dans le ciel un petit f globe de feu se détachant à 40° au-dessus de l’horizon et sc dirigeant de 1 est 1 à l’ouest, en s’inclinant légèrement vers ce dernier point et en laissant derrière-U lui une traînée lumineuse très intense. Le phénomène a duré quatre minutes ' L’étoile filante a disparu au bout de deux minutes; mais la traînée lumineuse ' a duré trois minutes sans interruption; elle était dans son plein au milieu de j sa durée. Enlin, au bout de quatre minutes, le météore n’était plus représenté que par un court rayon de lumière fugitive, à l’endroit même où le phénomène f avait été le plus intense.
- Variation diurne du magnétisme terrestre. — Dans un mémoire présenté à la Société royale de Londres, le professeur Schuster a traité la variation diurne du magnétisme terrestre par la méthode des. Tondions splié-
- TEMPÉRATURE
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