La Nature
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- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
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- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- HONORÉ PAR N. LE MINISTRE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE D’UNE SOUSCRIPTION POUR LES BIBLIOTHÈQUES POPULAIRES ET SCOLAIRES
- REDACTEUR EN CHEF
- GASTON TISSANDIER
- DIX-NEUVIEME ANNEE
- i 891
- PREMIER SEMESTRE
- PARIS
- G. MASSON, ÉDITEUR
- LIBRAIRE DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 120
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- 19* ANNÉE. — N° 914.
- 6 DÉCEMBRE 1890.
- LÀ NATURE
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- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- EMPLOI AGRICOLE DES SUPERPHOSPHATES
- Il y a trente-cinq ans, quand Élie de Beaumont imprimait son Mémoire sur les Gisements géologiques du phosphore, il calculait avec inquiétude la quan-
- tité de phosphate de chaux qu’ont retirée de la circulation tous les ossements qui s’accumulent dans les cimetières et les catacombes, et il terminait en écrivant : « Colbert avait dit que la France périrait faute de forêts et tout le monde conçoit que, sans
- la houille, sa prédiction serait en voie de s’accomplir. De son temps, on aurait moins facilement compris comment un grand pays pourrait périr faute de phosphore ; c’est cependant ce qui finirait par arriver, si on ne parvenait pas à trouver dans la nature minérale des substances qui seraient en quelque sorte pour l’agriculture ce que la houille est pour l’industrie... » Ces inquiétudes sont aujourd’hui dissipées : la recherche des gisements géologiques du phosphore 19* année. — 1" Bernestre.
- a été suivie d’un succès inespéré. Non seulement on a trouvé en Espagne, dans la vallée de la Guadiana, beaucoup plus d’apatite qu’on ne le prévoyait au moment des premières explorations, non seulement ce minéral s’est également rencontré au Canada, en Norvège, en Allemagne, non seulement des poches de phosphorite ont été trouvées dans la France méridionale, mais de plus, les nodules de phosphate de chaux sont exploités dans le nord-est de notre
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- pays a la limite du terrain jurassique et du terrain crétacé dans le Pas-de-Calais, les Ardennes, la Marne, etc.; ils sont en outre extrêmement communs en Russie; il y a peu d'années, on a rnis en exploitation dans la Somme et le Pas-de-Calais des sables phosphatés; entin la nécessité d’enlever à la fonte le phosphore qu’elle renferme quand elle provient des minerais phosphoreux, la nécessité de la (léj)hosphorer pour la transformer en acier, a jeté sur le marché un produit très apprécié dans les pays où le calcaire fait défaut : les scories de déphosphoration.
- La matière première est donc très abondante. De nombreuses usines transforment le phosphate de chaux en poudre impalpable, ou même l’attaquent par l’acide sulfurique pour en faire un engrais, bien connu aujourd’hui sous le nom de superphosphate, qui présente une importante fraction de son acide phosphorique à l’état soluble dans l’eau ou les réactifs faibles; le marché est donc amplement garni, les offres abondent. Quand le cultivateur doit-il les accepter? c’est ce que je veux indiquer dans cet article en m’appuyant sur l’exemple frappant que représente la gravure (page 1) reproduite d’après une photographie.
- La photographie a été prise au champ d’expériences de Grignon sur une parcelle cultivée sans engrais depuis 1875. En 1887, elle n’avait donné qu’une récolte misérable de betteraves, 10 000 kilogrammes environ de racines à l’hectare contre 40 000 que donnent les parcelles régulièrement fumées; en 1888, l’avoine, qui succéda aux betteraves, avait été très passable, mais au contraire le trèfle, en 1889, y resta très chétif.
- J’ai essayé si souvent les superphosphates à Grignon, sans le moindre succès, que j’étais persuadé quô le sol renfermait une quantité d’acide phospho-nqùe assimilable suffisante pour subvenir aux besoins des récoltes; en effet, pour moi, c’est la composition du sol qui règle l’emploi de l’engrais et je l’ai défini : la matière utile à la plante, qui manqué au sol. Cependant, en voyant ce trèfle si faible sué lés parcelles restées depuis longtemps sans engrais, je me demandai si, outre l’humus que je savais faire défaut, l’acide phosphorique et la potasse n’avaient pas aussi diminué en proportions telles qu’il fût utile d’en ajouter. La parcelle représentée par la photographie fut divisée en deux parties égales : à droite on répandit la valeur de 200 kilogrammes de superphosphate et de 200 kilogrammes de chlorure de potassium à l’hectare; la partie gauche resta sans addition. Sur une parcelle voisine restée également sans engrais depuis 1875, on répandit sur une moitié du superphosphate de chaux, et sur une autre du chlorure de sodium. Cette addition peut sembler étrange, car on sait qu’un très grand nombre de nos plantes de grande culture se refuse absolument à assimiler la soude; mais il se produit constamment dans le sol des doubles échanges, et en ajoutant à la terre du chlorure de-sodium
- j’étais certain qu’il réagirait sur le carbonate de potasse que la terre renferme, qu’il se ferait du chlorure de potassium dont la plante pourrait bénéficier.
- Soit que l’application de ces divers engrais qui eut lieu au mois d’avril 1889 eût été trop tardive, soit que le manque d’humus les rendît inutiles, on n’observa aucune différence entre les diverses parties de ces parcelles ; au mois de septembre, le trèfle fut défriché, enfoui, et on sema du blé. Dès le mois de mars 1890, on fut très frappé des différences de vigueur qu’il présentait : la partie qui avait reçu le mélange de superphosphate et de chlorure de potassium était plus haute, plus verte que sa voisine restée sans, addition ; on remarquait également que la terre qui avait reçu le phosphate de chaux seul portait une récolte beaucoup plus forte que celle qui avait reçu le chlorure de sodium.
- Ces différences s’accusèrent de plus en plus à mesure des progrès de la végétation et, au mois de juin, le champ offrait l’aspect que montre la photographie. Pour mieux saisir ces différences, j’ai fait couper entre les deux moitiés de la parcelle un sentier d’un mètre : on voit à droite le blé phosphaté dressant ses épis qui se détachent sur les toiles qui ont été tendues derrière, tandis que c’est à peine si le blé de gauche, resté sans addition, commence à épier.
- À la moisson, on a obtenu pour ces quatre parcelles, les rendements de grains suivants, rapportés a la surface d’un hectare : sans aucun engrais, 8im,8;' avec chlorure de sodium, i7tl£n,7 ; avec superphosphate de chaux, 24^m,4; avec superphosphate de chaux et chlorure de potassium, 26<*m,2.
- Si on se bornait à constater les faits précédents, il n’y aurait pas grand parti à en tirer, mais il n’en est plus ainsi, quand on compare les résultats constatés sur le terrain aux analyses de ce même terrain.’
- La terre précédente renferme, d’après plusieurs dosages concordants, l«r,0G d’acide phosphorique par kilogramme ; si on suppose que la terre d’un hectare pèse 4000 tonnés, ce qui pour le champ d’expériences de Grignon est au-dessous de la vérité, car elle présente une épaisseur considérable, on trouve que le sol d’un hectare contient 4240 kilogrammes d’acide phosphorique. Or, une bonne récolte de blé en prélève une centaine de kilogrammes, c’est-h-dire que notre terre en renferme quarante fois plus qu’il n’est nécessaire, et on pourrait croire que c’est là un stock suffisant pour ôter toute utilité à une addition de superphosphate; et il en serait probablement ainsi, si tout l’acide phosphorique que le sol renferme était assimilable, susceptible d’être absorbé par les racines. Il est manifeste que dans notre terre ce n’est pas à cet état que se rencontre l’acide phosphorique, puisqu’une faible addition de 200 kilogrammes de superphosphate de chaux renfermant 52 kilogrammes d’acide phosphorique soluble a suffi pour augmenter considérablement la récolte, et il nous reste à chercher dans quelles combinaisons est engagé cet acide phosphorique inerte, sans, action sur la végétation. — -. >
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- Si le dosage de l’acide pliosphorique total s’exécute aujourd'hui avec une grande précision, on est plus indécis sur la méthode à employer pour déterminer l’acide pliosphorique assimilable. J’emploie, pour la rechercher, l’acide acétique agissant à l’ébullition. Cet acide, sans action sur les phosphates de sesquioxyde de fer et d’alumine, ne dissout que le phosphate de chaux et le phosphate de magnésie, comme le fait l’acide carbonique, mais avec beaucoup plus d’énergie ; je suppose que les sucs acides qui imprègnent la racine, capables de corroder le marbre1, dissolvent ces phosphates. Or, quand on attaqué la terre de la parcelle en expériences, par l’acide acétique, on n’y trouve plus, par kilogramme, que 0sr,097 d’acide soluble, c’est-à-dire 588 kilogrammes par Hectare. Il est manifeste que ce mode de dosage donne encore'un chiffre exagéré, car les 32 kilogrammes ajoutés qui ont montré une si grande efficacité, ne sont pas le dixième delà quantité dissoute par l’acide acétique. En attendant, cependant, qu’on ait trouvé une méthode meilleure pour déterminer, la, proportion d’acide pliosphorique assimilable contenue dans le sol, le procédé à l’acide acétique peut rendre des services. En effet, la terre de Grignon, en bon état de fumure, ne bénéficie en aucune façon, dë l’emploi des phosphates, on y trouve 'if,5 d’acide total par kilogramme et 0sr,3 d’acfde sqluble dans l’acide acétique. Dans la terre de Wardrecquqs .(Pas-de-Calais) que j’ai cultivée plusieurs années avec M. Porion, on trouve le%35 d’acide pliosphorique total et 0sr,2 d’acide phospho-rique soluble dans l’acide acétique. Or cette terre est à la limite de l’emploi des superphosphates, ils n’exercent pas d’action sur le blé, mais élèvent la récolte des, betteraves. Enfin, dans une autre terre de M,_ Porion, située jà Blaringhem.(Nord), on a trouvé .0^,75 d’acide pliosphorique total et .0?%1 d’acide spluble dans l’acide acétique. Or, sur ce sol, les superphosphates sont indispensables, ils augmentent les récoltes, d’une façon remarquable : en i 1885, en a obtenu '36‘im,9. de blé à l’hectare sans • engrais complémentaire, et 48<im,5 quand on a donné; du sulfate d’ammoniaque et des superphosphates, .
- IL, piç paraît donc que les cultivateurs, qui font analyser leurs terres et y font doser j’acide plios-., phobique .doivent demander au chimiste, qu’ils chargent de ces dosages, non seulement l’acide phospho-rique total, mais en outre l’acide pliosphorique so-:> lubie dans l’acide acétique s’ils trouvent moins de 1 gramme d’acide pliosphorique total, moins de0sr,l d’acide .pliosphorique au kilogramme de terre fine, ils ne doivent pas hésiter à employer les superphosphates; ! il, faut les essayer, sans être certain de les voir . réussir, si le dosage de l'acide soluble dans l’acide, acétique est de 0sr,2 au kilogramme; mais ils seront souvent inutiles, si le dosage accuse 0»r,3 d’acide: pliosphorique soluble dans l’acide acétique.
- T. * I, P.-P. Dehérain,
- Memljre de l’Académie des sciences.
- 1 Yoy. n° -430, du 20 octobre 1881. p. 537
- NIVEAU D’EAU DE PRÉCISION
- DU CAP1TA1XE LE X EVE U
- Rien dë plus fréquent dans la construction, l’industrie, etc., que d’avoir à établir différents objets dans le même plan horizontal ou à des niveaux différant entre eux de quantités déterminées.
- L’imperfection du montage, en particulier, des machines et des transmissions d’une usine est une des causes les plus certaines et les plus fréquentes d’une dépense exagérée de force motrice et par conséquent de tout ce qui contribue à produire cette force : consommation d’eau, de charbon, d’huile, usure des coussinets et des articulations, échauffe-ment ou grippage des arbres et arrêts ruineux qu’ils occasionnent; tout est fonction du montage. On ne saurait donc apporter trop de soin dans cette opération.
- Le réglage dans les plans verticaux s’obtient encore assez aisément, au moyen de fils tendus entre des repères. Il est loin, par contre, d’en être de même pour les réglages par rapport aux plans horizontaux, ét ce sont présîsément ceux-là qui ont le plus de chances de subir des variations, tant à cause du poids des organes qu’à cause des tassements qui se produisent dans le sol.
- Aussi voit-on les monteurs consciencieux s’ingénier à chercher tous les moyens possibles de s’assurer de l’exactitude de leurs opérations par rapport au plan horizontal. Les règles en bois ou en métal parfaitement dressées, les niveaux à bulle d’air, les lunettes, etc:, sont mis à contribution, sans que l’on obtienne jamais satisfaction complète.
- C’est en s’inspirant des diverses considérations qui précèdent, que le capitaine d’artillerie Leneveu __a _ë?ëë le niveau d’eau de précision qui permet de résoudre tout à fait pratiquement, et avec toute la précision désirable, le problème qui consiste à déterminer,, exactement la différence de niveau entre , deux points on. à, mettre deux points rigoureuse-, ment sur ,1e raêm,e plan horizontal.
- | Rien de plus simple que l’instrument en question. Deux fioles son t réunies par un tube, et deux pointes, en venant; toucher le liquide, indiquent par la course plus ou moins grande de leur tige, pour lès amener au contact, la distance rigoureusement exacte du plan supérieur du liquide à un repère Connu et par conséquent la distance de ce repère i au plan horizontal déterminé par le niveau du liquide dans les deux fioles, i Pour manier l’instrument, il suffit, une fois les niveaux placés sur les points à vérifier, d’amener s lès pointes' au contact du liquide et de lire sur les tiges la quantité dont on a dû les enfoncer pour oblenir ce résultat, opération qui ne présente aucune difficulté. Quant à la précision de l’appareil, on s_’en fera une idée, quand on saura qu’elle est suffisante-pour permettre d’obtenir très facilement, soit l’horizontale, soit la différence de niveau entre
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- deux points, à moins d’un vingtième de millimètre, et cela sans que l’on soit le moins du monde astreint à aucune opération minutieuse.
- C’est, comme on le voit, le vulgaire niveau d’eau, auquel on a simplement ajouté deux pointes qui permettent de toucher le niveau du liquide que, pour différentes causes bien connues, l’opérateur ne peut voir bien exactement, et de remplacer, par une mesure matérielle parfaitement fixe, la mesure visuelle et essentiellement fugitive seule possible avec l’ancien système.
- Dans le but de rendre l’instrument aussi parfait que possible, M. Leneveu lui a donné des formes et des dispositions qui le rendent d’un emploi très iacile et augmentent beaucoup le champ de ses applications. L’instrument, que l’on voit figuré ci-contre, se compose essentiellement : de deux appareils semblables et symétriques réunis par un tube flexible qui a pour objet de permettre au liquide contenu dans l’instrument de communiquer d’un récipient à l’autre et de s’établir en 'équilibre suivant le principe des vases communicants.
- Deux robinets permettent d’interrompre la communication entre les deux récipients pour immobiliser le liquide pendant les transports de l’instrument ou les préparatifs de mise en station. Chacun des deux appareils se compose essentiellement: d’un récipient gradué percé de deux fenêtres, d’un tube transparent, d’une tige indicatrice graduée et à pointe, d’un fourreau guidant la tige, d’un curseur, d’un niveau sphérique à bulle d’air, d’un appui articulé réglable.
- La tige indicatrice graduée et à pointe est la partie originale de l’appareil ; elle en est aussi la plus importante. Elle est composée d’une tige cylindrique en métal inoxydable, terminée à sa partie supérieure par un bouton de manœuvre et à sa partie inférieure par une pointe en matière qui ne mouille pas. Elle porte une graduation en millimètres dont l’origine est tracée de telle sorte qu’elle coïncide exactement avec le niveau du vernier porté par le fourreau-guide quand l’extrémité de la pointe se trouve rigoureusement sur le plan horizontal passant par le zéro des graduations tracées sur les longs côtés des fenêtres. Comme d’autre part, les zéros
- de ces graduations sont rigoureusement à la même distance de la base dans les deux appareils qui composent un instrument, il s’ensuit : que ces deux appareils étant placés sur un même plan horizontal, les quatre zéros sont deux à deux absolument à la même distance de ce plan.
- La lige indicatrice coulisse à frottement doux dans le fourreau-guide vissé à la partie supérieure du récipient, elle peut être très facilement relevée ou abaissée à la main. Elle porte, du côté opposé à la graduation, une nervure qui, en l’empêchant de prendre aucun mouvement de rotation pendant la manœuvre, assure les positions relatives de sa graduation et du vernier et par suite la possibilité des lectures. Cette nervure s’engage dans une rainure ad hoc pratiquée dans le fourreau-guide.
- Le curseur peut coulisser le long des récipients
- et porte deux index permettant, à l’aide de la graduation tracéesur le récipient, d’évaluer rapidement et d’une façon suffisamment approchée pour la plupart des opérations préliminaires d’un nivellement précis, la hauteur de l’eau dans les récipients. Le niveau sphérique à bulle d’air fixé sur le pied du récipient est disposé de telle façon que la bulle d’air soit au centre du niveau lorsque le dessous de la base du récipient est parfaitement horizontal. Les appuis articulés sur la base des récipients ont par rapport à l'axe de ces récipients une position réglable au moyen de vis. Ces appendices servent concurremment, avec les niveaux à bulle d’air, à déterminer et à assurer l’horizontalité de la base du récipient quand il doit être appliqué contre un objet vertical ou à peu près, tel qu’un mur avec ou sans fruit. La face des appuis, tournée du côté des récipients, forme réllecteur et facilite considérablement le maniement de l’instrument en réfléchissant la lumière dont se servent les opérateurs, dans les souterrains ou pendant la nuit.
- Les résultats obtenus par un grand nombre d’opérations de toute nature et en particulier les réglages de transmissions de grande longueur, permettent d’affirmer que l’appareil ne laisse rien à désirer, ni comme précision, ni comme facilité d’emploi.
- L. Knab.
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- LÀ SYNTHÈSE DU RUBIS
- EXPÉRIENCES DE MM, E. FREMY ET A. YERN'EUIL
- Il y a trois ans, nous avons fait connaître à nos lecteurs le premier travail de MM. Fremyet Verneuil sur la production artificielle du rubis, et nous avons donné dans La Nature la reproduction des cristaux de rubis que les savants chimistes avaient obtenus à cette époque1. L’éminent directeur du Muséum a continué ses recherches avec son collaborateur, et ii est arrivé à produire par synthèse des rubis cristallisés beaucoup plus volumineux que lors de ses premiers essais. Ces nouveaux rubis peuvent être taillés, et déjà on est assuré de l’emploi qu’on en peut faire dans l’horlogerie. Nous reproduisons in extenso la
- Note que M. E. Fremy a présentée «à l’Académie des sciences, pendant la séance du 10 novembre 1890 :
- Le Mémoire que je présente aujourd’hui, avec la collaboration de M. Verneuil, a pour but de faire connaître les modifications que nous avons introduites dans la production synthétique des rubis rhomboédriques. Les cristaux que nous avons obtenus indiquent l’état d’avancement de nos recherches. Notre but était de grossir nos cristaux de rubis et de nourrir des rubis par voie sèche, comme on nourrit d’autres cristaux par voie humide. C’est ce problème que nous croyons avoir résolu.
- Depuis notre dernière publication, nous avons introduit de grands changements dans nos expériences : au lieu d’employer de l’alumine absolument pure, nous faisons usage actuellement d’alumine alcalinisée par du carbonate de potasse ; celte addition d’alcali n’altère en rien la pureté
- des cristaux, comme nous l’avons constaté par de nombreuses analyses ; la potasse facilite la cristallisation régulière des cristaux, leur donne une belle couleur et ne reste pas dans les rubis.
- Nous attachions, dans nos premiers essais, une grande importance à mêler intimement les substances qui doivent former les rubis; aujourd’hui nous trouvons de l’avantage à séparer l’alumine chromée et potassée du fluorure alcalino-terreux; les réactions qui engendrent les rubis se passent de cette façon entre les vapeurs et les gaz, ce qui est la condition de formation des rubis durs et rhomboédriques.
- Dans nos expériences précédentes, le temps de nos calcinations dépassait rarement vingt-quatre heures ; il dure actuellement une semaine entière ; nous voudrions même qu’il pût se prolonger pendant plusieurs mois : la longueur de la calcination exerce une grande influence sur la grosseur des cristaux de rubis.
- ‘ Voy. n° 771, du 10 mars 1888, p. 225.
- Des changements importants ont été opérés dans notre combustible et dans la nature de nos fours : le four à coke, que nous avons employé dans nos premières recherches, a été complètement abandonné et remplacé par le four à gaz, qui produit une température constante et très élevée : les creusets ne sont plus attaqués par les cendres du combustible; ceux que nous montrons à l’Académie ont été chauffés pendant une semaine à une chaleur dépassant 1300° et ne sont pas déformés.
- De toutes les améliorations introduites dans nos opérations, la plus utile est l’agrandissement de nos creusets. Nos expériences se faisaient autrefois dans de petits creusets de laboratoire, qui ne produisaient que quelques grammes de rubis : nous les avons remplacés par de grands creusets de plusieurs litres de capacité, qui donnent souvent plus de 3 kilogrammes de rubis par chaque opération.
- Étant arrivés à ce point de la production des rubis, nos expériences ne pouvaient plus se réaliser dans notre laboratoire et exigeaient l’intervention de l’industrie. C’est
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- alors que nous nous sommes adressés aux célèbres verriers MM. Appert, qui ont bien voulu, avec une complaisance parfaite, mettre à notre disposition leurs fours et leurs creusets. Ayant trouvé chez eux celte alliance précieuse de la science et de la pratique, nous sommes heureux d’exprimer à ces grands industriels tous nos sentiments de vive reconnaissance.
- C’est dans la belle usine de MM. Appert que nous avons produit nos plus gros cristaux de rubis ; c’est là aussi que nous avons étudié les rapports qui existent entre le saphir et le rubis.
- On trouve, dans la nature, des rubis qui tournent au saphir et qui présentent, par places, des colorations bleues : nous avons reproduit ce phénomène dans nos expériences synthétiques. Nous trouvons souvent au milieu de nos cristaux roses de rubis, des cristaux violets ou bleuâtres. Nous présentons même à l’Académie de belles plaques de cristaux qui sont roses d’un côté et bleues de l’autre côté. Ce fait semble résoudre les difficultés qui se sont élevées sur les causes de la coloration du saphir et de celle du rubis. En voyant un même creuset produire à la fois des cristaux roses et bleus, il est difficile de ne pas croire que c’est le même métal, peut-être le chrome différemment oxydé, qui a formé les colorations du rubis et du saphir.
- 11 nous restait encore une question intéressante à résoudre pour compléter la synthèse des rubis. Les cristaux de rubis que nous avons produits, qui présentent les caractères des rubis naturels, peuvent-ils, dans les applications industrielles, convenir aux mêmes usages ? ont-ils la dureté des pierres fines ? peut-on les employer dans la bijouterie et l’horlogerie ? La pratique seule pouvait répondre à ces questions. Un grand industriel très compétent, M. Taub, a bien voulu, à notre demande, faire tailler en roses nos petits rubis, et soumettre à des lapidaires nos rubis non taillés, tels qu’ils sortent de nos creusets et qui peuvent être employés comme pivots dans la fabrication des montres : leur dureté a été trouvée comparable à celle des rubis naturels.
- M. Fremy, qui a exposé au Muséum dTiistoire naturelle le résultat de ses remarquables expériences, a bien voulu nous autoriser à reproduire par des photographies que nous avons fait graver (p. 5) quelques-uns de scs produits. La figure 1 montre un grand creuset qui a environ 25 centimètres de diamètre, et qui est tapissé de cristaux de rubis ; au-dessous on a figuré un fragment de creuset rempli de cristaux séparés de leur gangue. La figure 2 fait voir trois bijoux en rubis artificiels entremêlés de diamants; dans le bijou en croissant, on a laissé aux rubis montés leur forme cristalline; dans les deux autre? bijoux, les pierres artificielles ont été taillées par le lapidaire. Ces bijoux reproduits en grandeur réelle donnent l’aspect et la dimension exacte des pierres artificielles. - •
- Les rubis de MM. Fremy et Yerneuil ne sont pas encore très volumineux, mais les savants expérimentateurs ne s’arrêteront pas dans la voie ou ils se sont si brillamment engagés; nous espérons{avoir prochainement de nouveaux progrès à signaler en ce qui concerne ces belles expériences de synthèse chimique- GaSTOX TlSSANDIER,
- APPLICATION DU PHONOGRAPHE
- Une nouvelle application du phonographe inaugurant son introduction dans le domaine de la médecine pratique, vient d’être suggérée par M. Ernest Hart; elle a pour but, d’après le British Medical Journal, d’enregistrer les changements qui se produisent dans l’organe de la voix dans un grand nombre de maladies. Des essais ont été faits.au Saint-Thomas Hospital dans le service du docteur Félix Semon en choisissant un certain nombre d’individus dont les voix étaient particulièrement altérées par la maladie. Les enregistrements obtenus fcnt été phonographique-ment répétés dans une réunion d’hommes de science, et les effets produits ont été, pour certaines maladies, surprenants de réalisme et de fidèle reproduction. La toux de la coqueluche, entremêlée des plaintes du patient, a été reproduite avec une exactitude telle que l’on croyait voir l’enfant dans la salle même. Il en a été de même de la voix modifiée par la maladie dans un cas de sténosis du larynx. L’opinion généralement émise est que cette méthode pouvait être considérée comme un sérieux progrès réalisé dans l’enseignement de la médecine, tant au point de vue du diagnostic que de l’instruction clinique. Il sera possible de reproduire une série de cylindres que l’on emploiera dans les4, cours et les cliniques, cylindres qui, pour un prix modéré et sans aucune difficulté, fourniront aux savants et aux praticiens une reproduction quasi vivante de sons caractéristiques qu’aueune description* si bien faite qu’elle soit, ne saurait complètement dépeindre.
- EL GOLÉA (ALGÉRIE) j
- IL y avait neuf jours que ma petite caravane, composée de six Arabes et de huit chameaux, avait quitté Ouargla, se dirigeant vers El Goléâ, et depuis neuf jours aussi nous n’avions rencontré ni un être humain ni, ce qui était plus grave, un seul point où nou? aurions pu refaire notre provision d’eau qui, outre qu’elle manquait de fraîcheur, enfermée dans des peaux de bouc goudronnées, commençait à diminuer d’une façon inquiétante. Soudain Mohamed Bahoud, mon guide, qui marchait en avant, revint me rejoindre au trot de son méhari. « Sidi, vois-tu là-bas, me dit-il, me montrant l’horizon du doigt, c’est une grande caravane qui vient vers nous. » Et, mes hommes avaient, aussitôt dégagé leurs fusils de la bandelette de toile qui entoure les batteries pour les préserver du sable.
- Campé sur la selle de mon chameau de course, 'j’explorais le terrain du bout de ma lorgnette. C’était .bien une caravane, cette tache noire. Mohamed ne s’était pas trompé, et à un mouvement qui s’y produisit, je compris que, malgré la distance, elle .nous avait devinés aussi. Nous nous arrêtâmes et j’envoyai Mohamed s’informer de ce que c’était que cette caravane, d’où elle venait et où elle allait.
- Sa présence pouvait sembler quelque peu singulière en ce lieu. Nous étions, en effet, à environ une journée de marche d’El Goléa. Toute caravane’sait que l’eau de cette oasis est la meilleure du Sahaéa, c’est un cru renommé. Or, elle avait du déjà supporter plusieurs journées de marche et il lui en
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- faudrait faire encore bien d’autres avant de trouver un puits. Quelle pouvait être la raison qui lui faisait renoncer aux avantages d’un repos à l’oasis d’El Goléa? c’est ce que je ne tardai pas à apprendre.
- Mohamed s’était éloigné au grand trot. Bientôt je vis un homme de la caravane se détacher et venir au-devant de mon guide. Us parlementèrent puis mon homme revint. Je vis de suite à ses paroles évasives qu’il n’avait guère envie de me dire tout ce qu’il savait. C’était cependant un homme sur lequel je pouvais compter, mais la solidarité est grande entre Arabes. Enfin jfc finis par lui faire dire ce qu’il avait appris et dont une partie ne m’était plus inconnue, ma lorgnette me l’ayant indiqué.
- La caravane venait d’in Salah, se dirigeant vers le M’zab, et évitait El Goléa pour la raison qu’elle transportait quarante-quatre nègres esclaves qu’elle comptait vendre sur notre territoire. Des faits semblables ne sont pas rares dans l’extrême Sud algérien. Tant qu'ln Salah ne sera pas en notre pouvoir, il nous sera impossible d’empêcher l’importation des esclaves venant de ce grand entrepôt.
- L’année dernière, une caravane entrait à Ghardaïa et les chameaux qui la composaient étaient chargés de grands sacs qui semblaient démesurément pleins. Un officier, en passant, donna un coup de canne sur un de ces sacs ; un cri aigu en sortit, on fit ouvrir le sac et l’on y trouva un jeune négrillon. On inspecta toute la caravane et trente et un petits nègres, mâles et femelles, furent extraits des sacs. Ce sont eux qui ont été photographiés, et que nous reproduisons (fig. 1).
- C’est un trajet singulier que celui que l’on fait entre Ouargla et El Goléa. L’horizon se déroule sans cesse infini devant les yeux et l’on pourrait être fort embarrassé sur la direction exacte à suivre si l’on ne trouvait une indication précieuse, car ce parcours est rarement suivi par les caravanes et le pas des chameaux n’y a point laissé de sillage. Mais de loin en loin on aperçoit comme une sorte de petite pyramide qui, vue à distance, grâce aux effets de mirage, paraît élevée et qui diminue à mesure que l’on approche. On constate enfin que ce sont simplement quelques pierres mises les unes sur les autres et dont l’ensemble atteint rarement un mètre. Chaque'jour l’on rencontre plusieurs de ces points de repère. Leur édification est due à une sorte d’ermite qui vivait seul avec son chameau dans cette région désolée. Les Arabes entourent sa mémoire d’une grande vénération et ils ne passent jamais devant son mausolée, qui se trouve près de la route qu’il a tracée sans y faire une prière et y accrocher quelque loque en façon d'ex-voto.
- D’ailleurs, cette route est abominablement pierreuse, dure et âpre, la végétation est presque nulle, aussi nos chameaux commençaient-ils à souffrir. Ils n’avaient pas bu depuis Ouargla et, à cette privation, venait s’ajouter celle de la nourriture insuffisante que leur fournissaient les plantes rabougries que nous rencontrions ; leurs pieds faits pour marcher
- dans le sable saignaient au contact des pierres.
- Il était temps de donner à la caravane un peu de repos et ce n’est pas sans inquiétude que le dixième jour mon regard interrogeait vainement l’horizon cherchant à découvrir l’oasis d’El Goléa où nous devions faire halte. Tout à coup le spectacle qui s’offrait à ma vue me fit pousser un cri de surprise et de joie. Là, sous mes pieds, à quelques mètres à peine, le sol s’ouvrait en un gouffre qui semblait indéfiniment profond. C’était comme le lit d’un fleuve gigantesque dont le bord était fait d’escarpements chaotiques, et là-bas, tout au fond de celle vallée, s’étalait la masse verte des palmiers de l’oasis au milieu desquels s’élève une sorte de monticule couronné par une forteresse. Qui a vu une fois ce spectacle si singulier, si grandiose et si imposant, ne le pourra jamais oublier. 11 n’est pas, dans toute celte région, un seul point de vue aussi saisissant que celui de cette vallée d’El Goléa aperçue en haut de la falaise qui la domine à l’est.
- Puis, le premier moment de joie passé, une inquiétude vous prend. Jamais, pense-t-on, les chameaux ne pourront descendre ces escarpements. Eôfin, à force d’exhortation, la descente commence. Les animaux, tirés par les.cavaliers qui ont mis pied à terre, glissent sur leur train de derrière faisant dans le sable d’immenses gouttières; les colis dont ils sont chargés s’entre-choquent et parfois roulent sur la pente. Enfin nous voila en bas et, remontant sur nos montures, nous partons, deux hommes et moi, au grand trot de nos méhara afin de faire une entrée digne dans le village où les nègres, accourus de toute part, regardent avec surprise cet Européen qui les vient visiter.
- L’importance d’El Goléa, qui est incontestable, réside bien plus dans sa situation d’avant-poste de nos possessions dans le Sud que dans la prospérité de l’oasis. Pour ce rapport l’intérêt est nul ou à peu près tel. Mais El Goléa est le dernier point qui nous appartienne encore, et le jour où l’on reconnaîtra enfin cette nécessité, qui s’impose, de nous emparer du Touat et d’In Salah, ce sera d’El Goléa que partira la colonne chargée d’opérer cette soumission que l’on obtiendra d’ailleurs à bon compte.
- Dans l’état actuel des choses, El Goléa est une oasis où, dès le prime abord, tout indique l’extrême misère, le dénument profond dans lequel vit la population qui l’habite. Contrairement à ce qui a lieu dans toutes les autres oasis de l’extrême Sud algérien, les habitations sont entourées de jardins. Très misérables d’ailleurs, ces maisonnettes faites en briques de terre séchées au soleil. Ayant 2 à 3 mètres sur chaque face, les murs légèrement inclinés de dehors en dedans, elles se terminent par une terrasse qu’entourent des briques de terre triangulaires formant des dents hautes de 2 décimètres (fig. 2). On pénètre dans la pièce unique par une baie, la seule que comporte l’habitation, tellement basse qu’il faut se ployer en deux pour la franchir. A l’intérieur, une natte de feuilles de palmier sur
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- laquelle grouillent des enfants et s’étendent les parents et, au milieu, un feu de branches vertes qui emplit tout l’intérieur d’une fumée intense et rend plus difficile encore la perception des ôtres qui vivent là dedans.
- Tous les jardins d’El Goléa appartiennent à des Arabes nomades qui ne viennent qu’au moment de la récolte de l’orge et des dattes. Ils campent alors à proximité des jardins, puis dès que la récolte est faite, ils s’éloignent de l’oasis et s’en vont dans l’erg où leurs chameaux trouvent un abondant pâturage de drin. La culture des jardins est confiée à des nègres esclaves venus des régions du Niger par le Touat et que leurs maîtres laissent dans l’oasis
- après avoir emporté la presque totalité de la récolte et sans se préoccuper nullement de ce que seront leurs moyens d’existence. Aussi leur misère est-elle grande, car la faible provision de dattes et d’orge qu’ils ont pu soustraire à la rapacité de leurs maîtres est bientôt épuisée.
- Affaiblis par une nourriture dont parfois l’orge verte, broutée sur place, constitue le principal appoint, ces malheureux nègres ne peuvent fournir qu’une somme de travail tout à fait insuffisante pour tirer du sol tout ce qu’il rendrait aisément, car cette vallée est exceptionnellement fertile et tout montre qu’il fut un temps où sa prospérité fut grande. Une des marques les plus récentes de cette prospérité
- Fig. 1. — Nègres capturés pour la traite. (D’après une photographie.)
- disparue est le ksar de Taourirt, l’ancienne El Goléa berbère. Il semble non douteux, en effet, que cette forteresse ait une origine berbère, ainsi que le disent toutes les légendes.
- Au milieu de la vallée, au sud-est de l’oasis actuelle, s’élève un piton haut d’environ 70 mètres et couronné par l’ancien ksar. Après avoir franchi une pente très raide encombrée de grosses pierres roulées d’en haut en blocs souvent énormes, on entre par une des nombreuses brèches du mur dans l’intérieur de la forteresse. C’est d’abord une sorte de cour dans laquelle on rangeait les troupeaux pour la nuit, puis partent de là des ruelles en galeries couvertes et percées de baies donnant accès à des sortes de tanières creusées dans l’argile. Celle-ci s’interpose entre des bancs de calcaire dont
- les assises successives et alternantes constituent le terrain dont ce piton est formé. Ces sortes de grottes étaient les habitations. Les parois en sont taillées en lignes droites et ont généralement 2 mètres de côté et une hauteur dépassant rarement lm,80. Ces réduits servent aux habitants actuels d’El Goléa comme magasins à dattes et à orge. Les portes n’ont qu’environ 0m,80 de hauteur sur O1",40 de largeur.
- En suivant ces rues, on arrive à une sorte de cour qui sépare les habitations de la forteresse dont les murs très réguliers, construits à pierre sèche, s’élèvent, en certains points, à plus de 10 mètres de hauteur. Par des ruelles tortueuses on accède enfin à la demeure du sultan : une salle de corps de garde, puis la mosquée dont les voûtes sont soutenues par
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- Fig. 2. — Vue du ksnr d’El Goléa. (D’après une photographie.)
- Fig. 3.— Objets ethnographiques du Sahara, trouvés au sud d’El Goléa. — 1. Hache polie (1/2 grandeur naturelle). — 2,3,4,5. Pointes de flèches. — 6. Pendant d’oreille en bronze d’origine romaine. — 7. Anneaux en coquille d’œuf d’autruche. — 8,9. Couteau vu de profil et de face.
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- des colonnes et des arceaux; enfin traversant une série de petites chambres, on débouche sur une large plate-forme qui couronne le ksar et d’où la vue s’étend à l’infini dans la vallée immense.
- Lorsque, partant d’El Goléa, on suit la vallée qui se dirige vers le sud-sud-ouest, on trouve de nombreux vestiges d’habitations d’une époque bien plus reculée. Ce sont des sortes de petites surélévations formant un petit mamelon de 2 ou 5 mètres de ( rayon, et où, sans grand’peine, on retrouve une foule de documents intéressants. Ce sont des silex taillés, souvent très finement travaillés et formant des haches, des pointes de flèches ou des sortes de couteaux. Mélangés à ces divers instruments se trouvent de nombreux fragments de coquilles d’autruche dont le contenu servait d’aliment aux populations qui ont habité ces contrées à une époque dont il n’est pas possible de déterminer l’ancienneté. Certains de ces fragments sont découpés en rondelles et percés au centre; il est présumable qu’ils servaient d’ornement sous forme de collier.
- Fréquemment, sur cet emplacement, se trouvent des scories de combustion, et j’ai eu la bonne chance de découvrir quelques fragments de poterie ornée de lignes de points.
- L’anneau représenté dans la figure 3 (n° 6) a été découvert dans une de ces stations. Je l’ai trouvé reposant sur la surface du sol. C’est, à n’en pas douter, un pendant d’oreille d’origine romaine. Mais que vient faire, dans cette région éloignée, ce document en bronze? C’est ce qu’il est fort difficile d’expliquer. Aucun objet métallique n’a encore été ( rapporté de cette région du Sahara ; on ne peut donc tirer aucune conclusion de cette découverte d’un objet unique.
- Tous ces vestiges des habitations humaines d’un temps préhistorique montrent quel devait être l’état prospère dans lequel se trouvait alors cette vallée. Actuellement encore, les jardins abandonnés aux soins de malheureux esclaves, malgré le manque de sqins, malgré les arrosages insuffisants, accusent la fertilité naturelle du sol par le développement et la vigueur des palmiers.
- Il y aurait un très grand intérêt, pour nous autres Français, à redonner à El Goléa son ancienne prospérité perdue. Le sol y est exceptionnellement fertile, comme le montrent les analyses ; l’eau y est abondante et de qualité excellente ; quelques forages artésiens fourniraient la quantité nécessaire pour arroser de nombreuses cultures. Enfin tous les éléments de construction se trouvent sous la main. L’argile, le calcaire, le sulfate de chaux, tout est à proximité.
- Il conviendrait d’e'tablir en ce point une colonie que l’on peuplerait de tous les nègres esclaves rendus à la liberté et dont, actuellement, on ne sait que faire dans le Sud algérien ; car les mettre en liberté sans pourvoir à leurs moyens d’existence constitue un véritable danger en face duquel on hésite à les retirer des mains indignes des Arabes. La création
- d’une colonie nègre serait une solution doublement favorable à apporter à cette importante question : d’abord, parce qu’en appliquant rigoureusement les règlements existants relatifs à l’esclavage, on empêcherait l’introduction de nouvelles caravanes négrières; ensuite, parce qu’en créant un poste avancé, solide et résistant, dans le Sud, nous affirmerions, en montrant notre puissance, ce qui est le seul argument qui ait cours auprès des Arabes, nos droits incontestables sur les régions qui s’étendent au delà de nos postes actuels. J. Dybowski.
- LA VAPEUR
- EMPLOYÉE COMME FORCE MOTRICE A CONSTANTINOPLE AU SIXIÈME SIÈCLE
- L’emploi de la vapeur comme force motrice a trop bien servi nos contemporains pour qu’ils n’en aient pas recherché les origines. Dans l’histoire des grandes inventions, Salomon de Caus ouvre généralement ^ la marche avec la date de 1615. Plus rarement, on rappelle la récréation physique de Héron d’Alexandrie qui faisait danser une boule au bout du tube d’où s’échappait un jet de vapeur. Héron nous fait remonter à l’année 120 avant Jésus-Christ. Six siècles après Héron (ce qui est encore onze siècles avant Salomon de Caus), j’ai trouvé un emploi mieux raisonné, plus évident et cependant généralement ignoré, de la vapeur considérée comme force motrice. Je devrais dire commotrice, car son auteur ne lui demandait plus le saut d’une boule, mais bien l’ébranlement d’un édifice tout entier.
- Voici l’histoire, qui a le mérite assez rare de n’être pas ennuyeuse et d’ajouter une page curieuse à l’histoire éternelle des Mystificateurs. Je n’y pensais guère, le jour où je lisais patiemment un livre assez diffus sur les tremblements de terre, vendu à Bordeaux en 1616 par le libraire Gilbert Vernoy, et composé par « le docteur ès loix Louys du Thaoun », un nom connu à Nice (il en était originaire) sous la forme modernisée Thaon. Nice possède encore un docteur Thaon, mais celui-ci a délaissé la jurisprudence pour la médecine. A la page 121 du livre en question, me voilà donc fort étonné de voir rappeler le fait historique suivant :
- « ....Arthémius, haïssant à mort le rhétoricien Zénon, logé au-dessus de luy en mesme maison dans Constantinople, désireux- de l’espouvanter et desloger de là, fit un sac de cuir, la bouche duquel presque remplie d’eau, il attacha au planchier qui estoit presque au dessoubs de la chambre de son ennemy, en sorte qu’elle n’eut nulle sortie. Après, il mit l’autre bout dans une chaudière d’eau, laquelle venant à bouillir, par le feu qü’on alluma dessoubs, faisoit par mesme moyen bouillir celle qui estoit dans le dit sac, qui, s’eslevant et ne pouvant s’esvaporer, à faute d’issue, battoit si furieusement le plancher qu’il le faisoit trembler, avec un tel bruict que son ennemy Zénon, craignant d’eslre perdu par un vray tremblement (qu’il attribuoit néantinoins aux diaboliques inventions du
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- dit Àrthémius), s’enfuit vistement dehors et s’en alla plaindre au magistrat. Et fut cause, par ce moyen, que le dit magistrat, s’estant acheminé et transporté sus le lieu, en descouvrit la malice et l’invention, comme on lit chez Agatias, en sa Guerre Goltique (sic). »
- Pour en avoir le cœur net, je cherchai aussitôt un texte d’Agathias, et je trouvai effectivement le passage indiqué dans le livre Y de son Histoire île l'empereur Justinien. (Traduction Cousin, Paris, 1671, in-4°.) C’est au chapitre ni. On y gagne une relation plus étendue, plus précise, Avec des détails plus véridiques et des noms rectifiés. Elle est à reproduire ici en son entier. Rien n’éclaire et n’édifie comme les extraits.
- RÉCIT IkAGATHI.VS
- « Anthème èfoit originaire de la ville de Tralles. Il sui-vtut la profession des ingénieurs. 11 n’excella pas moins dans les mathématiques que son frère Métrodore dans la grammaire. Leur mère eut encore pour fils Olympe, personnage très savant dans la jurisprudence, DiOscore et' » Alexandre, tous deux fort habiles dans la médecine.... La-. réputation d’Anthème et de Métrodore se répandit par tout l'Empire (grec) et vint jusqu’aux oreilles de l’Empereur (Justinien) qui les attira à Constantinople, où ils donnèrent d’amples preuves de leur capacité. * "
- « Il y avoit a Constantinople un homme nommé Zénon, célèbre dans la profession de l’éloquence, et connu de l’Empereur1. 11 étoit si proche voisin d’Anthème que leurs maisons étoient jointes par un mur commun. 11 survint entre eux un procès ou pour des vues faites (jours pratiqués) de nouveau dans un mur, ou pour l’élévation dé quelque bâtiment qui ôtoit le jour, ou pour un autre sujet semblable tel qu’il peut arriver entre voisins. Anthème ayant été vaincu par l’éloquence de sa partie (adverse) qui étoit demandeur et accusateur, reconnoissant qu’il n’avoit pas comme lui l’avantage de la parole, chèrcha dans l’art où il excelloit un moyen de se venger de la pério de sa cause.
- « Zénon avoit une maison spacieuse et fort ornée où il Tecevoit souvent ses amis. Il y avoit une salle basse joignant à la maison d’Anthème. Ce fut de ce côté que celui-ci s’avisa de mettre, au dedans de son logis, plusieurs grands vaisseaux (chaudières) pleins d’eau, ausquels il attacha des tuyaux de cuir assez larges par le bas pour couvrir tout à fait les vaisseaux, et fort étroits par le haut, qu’il attacha aux solives du plancher de son voisin, avec tant de justeSsé que l’air qui y étoit renfermé montoit sans se dissiper d’aucune sorte.
- « Il alluma ensuite un grand feu sous les vaisseaux. Quand l’eau commença à bouillir, elle jeta une vapeur épaisse qui s’éleva avec beaucoup de violence parce que les canaux où elle étoit enfermée étoient plus étroits par le haut que par le bas. Quand elle fut arrivée aux solives, elle les ébranla de telle sorte que tout le plancher en trembla....
- « Ceux qui étoient dans la maison en sortirent promte-ment, et s’enfuirent dans lès rues, tout saisis de crainte. Zénon, étant allé à la Cour, demanda à ceux de ses amis qu’il y trouva ce qu’il leur seinbloit de ce tremblement de terre, et s’ils n’en a voient point été incommodez. Quand ils se fàchoient (s’étonnoient) de ce qu’il leur disoit, ils le mettoient encore dans une plus grande perplexité, car il ne pouvoit douter de la vérité de ce qu’il . avoit éprouvé dans sa propre maison.... »
- .Si Anthémius .en fut.resté là,Zénon eùtpoutrètre
- été toujours dupe, mais son ennemi voujbrtr trop longtemps savourer le plaisir de, la vengeance. Pour achever l’épouvante de Zénon, Il projeta sur sa maison la lueur de faux éclairs, il y fit , entendre les grondements du tonnerre... Cetait trop.
- « Zénon, dit Agathias, ayant enfin reconnu l'artifice par lequel tous ces effets surprenants étoient produits, s’alla jeter aux piés de l’Empereur pour se plaindre des mau-vois offices que luy rendoit son voisin. Qn dit que la colère luy fit dire de fort bons mots en cette occasion. Car, faisant allusion à quelques vers anciens, il dit dans; le Sénat que, n’étant qu’homme, il n’étoit pas assez fort pour résister à un ennemi qui lançoit le,tonnerre comme Jupiter et qui ébranloit la terre comme Neptune. »
- Certes, comme je l’ai dit* ce deuxième-extrait d'A-gathias est plus détaillé, plus concluant. Toutefois, il se trouve, encore obscur en“un point essentiel-. Gomment la salle basse- d’Ànthémius pouvait-elle joindre la maison de son ennemi de telle sorte qu’il postât sous le plancher l’orifice de ses tuyaux?; Il n’y avait qu’un moyen . d’éclairer mon incertitude, c’était de remonter aux sources, c’est-à-dire au tejete grec. Je m’aperçus alors quç si Cousin avait été [dus détaillé que Thaon, il était encore loin d’avoir tout donné. Dans l’original, les choses sont exposées nettement et clairement. On y voit que les maisons des voisins ennemis s’ehclavaient de telle sorte qu’elles semblaient n’en former qu’une.... Le rez-de-chaussée de Zénon s’allongeait comme un premier étage sur une partie dë là maison d’Anthémius, placée sans doute en contrebas. Ainsi maître du sous-sol, An-thémius avait utilisé cette disposition en installant sur tous les points utiles les grandes chaudières coiffées de cônes de cuir dont l’extrémité allait se fixer solidement entre les poutres qui soutenaient le plancher de Zénon.... La vapeur accumulée par un feu constant avait ainsi tout fait craquer, avec un tremblement général. -*
- 11 n’est pas étonnant qu’au début, Anthémius ait eu beau jeu, car les tremblements étaient fréquents à Constantinople et, comme cela se remarque encore de nos jours, les esprits en .demeuraient tellement frappés que, la terre étant redevenue ferme,-on s’imaginait qu’elle était agitée de nouveau. Pour en revenir à l’ingénieuse mystification de notre vindicatif mathématicien, on ne saurait y méconnaître un emploi raisonné de la vapeur considéré comme force motrice. En a-t-on parlé déjà? Il me semble que non. Je ne connais rien qui le donne à penser, et cependant il me paraît impossible qu’on nuit point signalé avant moi un précédent si curieux . pour l’histoire de la vapeur. Je signe donc sous toute réserve *. Lorédan Larchey.';
- 1 Au moment de revoir l’épreuve de cet article, M. Meuet, correcteur de La Nature, se rappelle parfaitement avoir lu quelque chose sur cette utilisation de la vapeur par Anthémius ; elle aurait été rappelée dans un livre d’éducation il y a Une cinquantaine d’années. Ceci prouve une fois de plus combien on oublie vite, et combien j’avais raison de me défier. >.
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- LA NATURE.
- LA MÉTÉORITE D’OSCHANSK
- Les collections du Muséum d’histoire naturelle se sont enrichies récemment d’un curieux échantillon de météorite ou pierre tombée du ciel. Les phénomènes qui ont accompagné sa chute, comme les caractères intimes de sa composition, en font un objet des plus intéressants.
- C’est en Russie, sur une très large surface de pays, que le 18/30 août 1887, on a vu le bolide d’où la pierre est tombée : nous avons des témoignages émanant de divers points de la partie sud-ouest du gouvernement dePerm, et dans le gou-nement de Viat-ka, principalement des districts de Perm, d’Os-chansk, de Kungur, d’Osoo et de Sarapul. Entre Perm et Oschansk, au dire d’un habitant, il se produisit vers midi et demi, au milieu d’un ciel très clair, une tramée de feu presque horizontale semant des éclairs sur sa route, et en même temps on entendit des détonations plus analogues à celles d’une fusillade qu’à l’explosion du tonnerre. Un peu après il tomba sur le sol une pluie de pierres incandescentes qui devinrent noires en se refroidissant et qui s’enfoncèrent plus ou moins profondément dans le sol ; elles étaient nombreuses et pesaient de 1 à 330 kilogrammes.
- On conçoit la terreur et les fables qu’un événement aussi insolite engendra parmi le peuple. Un professeur au séminaire de Perm, M. Selivanov, a donné du merveilleux spectacle un dessin que nous reproduisons ici (fig. 3). 11 a écrit une relation d’où noirs extrayons, sans grand changement, le passage suivant :
- « Le 18 août, un peu avant 1 heure après-midi, je rentrais au séminaire. Le temps était calme et le ciel couvert de petits nuages floconneux. Au moment où j’allais franchir le seuil de l’établissement, mes regards, dirigés par hasard vers le sud, me firent
- voir un corps brillant ressemblant à une étoile filante ou plutôt à un lopin de fer rougi à la forge qui glissait de l’est à l’ouest dans une direction presque horizontale ou légèrement inclinée vers le sol. Le météore ne faisait guère plus d’effet qu’une fusée volante et je crus d’abord que c’en était réellement une. Toutefois, la course était assez rapide et je
- suivis le bolide pendant deux ou trois secondes sur un espace d’un petit nombre de degrés ; il laissait à sa suite une traînée lumineuse qui s’éteignit d’ailleurs très rapidement. Peut-être résultait-elle simplement de la persistance de l’impression lumineuse sur la rétine. Il en fut autrement pourtant d’une bande nébuleuse de couleur blanchâtre qui persista environ cinq minutes. » La plupart des météorites apportées par ce beau météore se sont certainement perdues : on n’en a ramassé que six, dont cinq à Oschansk et une à Tabor. Dans ces deux régions, des témoins les virent nettement arriver au contact du sol.
- M. Nagibine se trouvait dans une rue d’Oschansk au moment de la chute et il entendit le crépitement qui l’annonça. Environ une demi-minute après la cessation de ce bruit, il vit tomber une pierre noirâtre qui sifflait a travers l’air comme eût fait un boulet de canon. Plusieurs ouvriers accoururent et trouvèrent la météorite au fond d’un trou de 50 centimètres environ de profondeur qu’elle avait creusé dans le sol. Elle était grosse comme la tête d’un enfant et elle était encore chaude; elle pesait lke,790.
- Pour Tabor, la relation de la chute nous est fournie par deux paysans qui travaillaient dans un champ. Surpris par les détonations et le roulement, ils levèrent les yeux et virent le bolide de couleur rouge sombre et suivi d’une fumée blanche agitée parle vent et répandant une odeur de soufre (fig. 4). La masse passa à 200 mètres environ au-dessus de leur tête et souleva par son choc une colonne de
- Fig. 1.— Fragment de la météorite d’Oschansk, d’après l’échantillon exposé dans la galerie de minéralogie du Muséum d’histoire naturelle de Paris.
- Fig. 2. — Météorite de Tabor enfoncée eu terre après sa chute. — a. Son plus gros fragment de 98 kilogrammes. — b. Partie enlevée par le public. — v. Partie grise. — g..morceau de 2 kilogrammes. — d. Petits fragments.
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- poussière : l'un des paysans qui était monté sur une Au point de chute, on trouva un trou de 4m,20 de meule de blé lut jeté à terre par le remous de l’air. profondeur et de 2m, 10 de côté (fig. 2); la pierre
- Fig. 3. — Passage de la météorite d'Osehansk, au-dessus de Perm. —a. Lieu de l’observation.
- était trop chaude pour qu’on put la retirer de suite. On attendit au lendemain et on la sortit par morceaux pesant : l’un, 98 kilo-grammes et les autres de 100 H
- grammes à 11 kilogrammes; il y eut environ 82 kilogrammes de débris et l’on peut évaluer le poids total de cette seule pierre à 528 kilogrammes.
- Il résulte des renseignements fournis par les témoins que le bolide se mouvait de 10 à 15 degrés de l’est vers le sud et que, du point d’observation dans le champ, l’angle de chute paraissait être d’environ 55 degrés sur l’horizon.
- Il est tombé encore une autre pierre que l’on n’a
- Fig. 4. — Passage de la météorite à Tabor.
- pas retrouvée dans la rivière Kama qui coule à Tabor; un garde forestier a assisté à la chute du Port
- de Ust-Nitvinsk, où il se trouvait. Selon son récit, la terre trembla aux abords et l’eau de la rivière, après avoir été soulevée en une haute colonne, a continué de bouillonner longtemps après la chute. Une troupe de 50 à 60 chevaux qui buvaient à la rivière au même moment, furent jetés par terre par l’ébranlement de l’air. En rapprochant les uns des autres les fragments de la pierre tombée à Tabor, on a pu reconnaître qu’elle présentait une forme de polyèdre , à angles très émoussés et à
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- faces sensiblement planes. De toutes parts elle était enveloppée de l’écorce noire ordinaire, mais celle-ci offrait, ce qui est exceptionnel, des soufflures de la grosseur d’un pois et même plus : son épaisseur permettait de la décoller en écailles de G à 12 millimètres de côté.
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- Notre figure 1 représente l’aspect d’un échantillon du Muséum et l’on peut voir que la roche est loin d’être semblable à elle-même dans toutes ses parties. J’en ai fait une étude chimique et microscopique très détaillée et la conclusion principale de mon travail, la seule à reproduire ici, c’est que la météorite d’Oschansk appartient à un type lithologique bréchiforme que j’ai décrit depuis vingt ans sofis le nom de Canellite et auquel appartiennent, enitre autres, les météorites de La Baffe (Vosges), 13 septembre 1842; d’Assam (Indes), 1846; de Ca-neilas (Espagne), 14 mai 1861 ; de Feid-Chair (Algérie), 16 août 1876. Elle consiste en fragments juxtaposés de deux roches très oolithiques, l’une de couleur violacée assez foncée appelée Limerickite, l'autre de. couleur tout à fait blanche et que j’ai nommée Montréjîte.
- Par sa- structure complexe, la météorite ;d’Oschansk vient contribuer, d’une manière très efficace, à éclairer l’histoire générale des pierres tombées du ciél. Sans rentrer Ici dans un sujet dont les grandes lignes ont été depuis bien longtemps exposées h nos leeteui^, je me bornerai à faire remarquer que l’existence, si souvent constatée maintenant parmi les météorites, de brèches, c’est-à-dire de masses résultant de la juxtaposition de roches différentes les unes, des autres,Ma; permis de retrouver dans le milieu pu les pierres dtu ciel, se sont formées, des condition géologiques générales analogues à celles qui existent sur la terre, L’ensemble, maintenant aequis, des notions de,c,e genre constitue une science grandiose qui, soqs le nom de Géologie comparée, rattache intimement entre elles, mais sans les confondre,,1a géologie, et l’astronomie physique, la science de la terre et la science du ciel.
- Stanislas Meunier.
- CHRONIQUE
- Ée réseitft téléphonique militaire d’Anvers.
- — 11 'existe à Anvers un réseau téléphonique militaire qui* méfite d’étre signalé., Tous les forts et établissements militaires,’-tous les' dépôts militaires, quel que soit leur éloignement de la ville, tqutés les casernes et bâtiments militaires sont reliés téléphoniquement à un bureau central^ à-Ja, caserne de la Compagnie desi télégraphistes et artificiers du génie. Ce réseau a commencé à être établi en 4881, mais . depuis cette époque il a- subi un grand nombre de modifications. Depuis le 1er août 4890, le service1'fonctionne très régulièrement avec dè nouveaux appareils choisis par le lieutenant du génie André. Sans entrer datts de ldngs détails sur cette intéressante installation,indus rappellerons que dans le cas actuel, il fallait remplir’non-seulement les conditions d’une communication téléphonique ordinaire, mais garantir encore d’une
- façon absolue le secret des communications, de façon qu’il fût impossible de brancher un récepteur sur le circuit de deux correspondants. Signalons également une disposition nouvelle qui permet d’avertir automatiquement les deux postes du moment précis de leur mise et de leur rupture de communication, à l’aide d’un coup de sonnette spécial. Toutes ces dispositions ont été réalisées dans une grande table téléphonique, pour GO numçros, imaginée par le lieutenant André, et construite dans les ateliers Mourlon, à Bruxelles. L’appareil choisi est le microphone Dejongh, qui est déjà très employé en Belgique et en France. Chaque poste renferme un microphone Dejongh, une sonnerie magnétique, deux téléphones-montres du système Goffart, et un para foudre Van Rvs-selberghe. On comprend toute l’importance d’un tel réseau au point de vue des opérations militaires pour la trans-mission des ordres; quelques minutes suffisent pour prévenir tous les postes et les dépôts, môme à des distances considérables.
- Les eaux d’alimentation & Paris. — La Revue d'hygiène a publié récemment une étude de M. Livache, sur laquelle il est utile d’appeler l’attention. L’auteur a fait usage, dans ses recherches, de la méthode hydroti-métrique. Les échantillons examinés furent pris à des robinets alimentés par des concessions déclarées par la Compagnie des eaux comme recevant de l’eau de source.
- 11 s’aperçut tout d’abord que l’eau prise'à un des robinets de la maison qu’il habite rue de Grenelle, avait, au cours d’une même journée, des titres très variables. Il rapprocha alors les prises d’essai pour voir si ces variations étaient soumises à une règle définie; il constata ainsi qu’elles j n’étaient pas graduelles, mais brusques; or ce phénomène ; ne pouvait s’expliquer, que par la substitution d’une eau à une autre dans la canalisation ; d’ailleurs, d’après les titres observés, l’eau substituée à l’eau de source ne pouvait provenir que de la Seine ou de la Marne; il se procura donc chaque jour, pendant tout le temps que durèrent ses ,J expériences, de l’eau de Vanne, de l’eau de Seine ét de l’eau de Marne, et il détermina chaque jour lés titres de ces trois eaux dans les mêmes conditions de température. ! Il reconnut de la sorte qu’à certaines heures de la journée il recevait, au lieu d’eau de Vanne, soit de l’eau de Seine, soit de l’eau de Marne; par exemple, pendant une certaine période, il recevait de l’eau de Seine de midi à cinq heures et de neuf heures du soir à sept heures du matin. Il reconnut aussi que, pendant des périodes parfois fort longues, dont l’une s’étend du 25 décembre 4889 au 24 janvier 4890, on lui envoyait exclusivement de l’eau de Marne, et cela sans l’en avoir averti ; d’àilleurs un échantillon qu’il remit vers cette époque au laboratoire municipal, en demandant s’il convenait pour l’alimentation, fut déclaré mauvais. En d’autres points de la canalisation, l’auteur obtint des résultats analogues. En résumé, dans certains quartiers, les abonnés de la Compagnie des eaux peuvent recevoir, sans en être avertis, des eaux de Seine et de Marne au lieu d’eau de source ; cette substitution dure souvent quelques jours, ou même quelques semaines; d’autres fois on la pratique, une ou deux fois par jour, pendant quelques heures. E. Pniurri.
- La circulation sur les eiexated railroads de New-York. — La Nature adonné, il y a déjà quelques années *, une description et des vues des elevated railroads de New-York. Cès chemins de fer,1 dont le nom ’ spécial ne peut pas présenter de traduction française •
- 1 Voy. n° 653, du 5 décembre 1885, p. 7.
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- LA NATURE.
- T
- intelligible, sont ces voies installées sur piliers au dessus des rues et qui forment le métropolitain de New-York. Ils donnent passage à une circulation dont nous n’avons pas idée, et c’est à ce titre que quelques chiffres y relatifs pourront présenter de l’intérêt. Les recettes de la Manhattan elevated railroad Company ont été, pour le dernier exercice, de 46 millions environ ; l'année antérieure, le total en avait été de 41 millions, et de 36 pour l’exercice qui avait précédé. Du reste, il faut bien noter que les dépenses d’exploitation ont quelque peu augmenté, par suite même de l’augmentation du trafic ; pour l’exercice dernier, elles ont été de 26 millions à peù près. Le principe général est la distribution de billets au prix unique de 5 cents (sensiblement 0fr,25), sans tenir compte de la distance. Le nombre des voyageurs transportés en 1888-1889 a été de 179 497 433; on peut voir quelle marche ascendante a suivi ce trafic spécial, puisque, en 1883-1884, ce chiffre n’était que de 96 702 620; enfin, en 1878-1879, on ne comptait que 46 043181 voyageurs; en dix années le chiffre a quadruplé ; d’ailleurs le chiffre des transports, comme celui des recettes, a progressé d’une façon régulière et constante. La Compagnie dont il s’agit dessert la seconde avenue, la troisième, la sixième et la neuvième; la part de la seconde a été de 33 millions, de 69 pour la troisième, enfin de 58 pour la sixième. La construction de la ligne et tout le matériel représentent une dépense de 70 milllions de francs. D. B.
- L’épitaphe de Franklin. — Le rapport officiel publié par la Société philosophique américaine à l’occasion du centenaire de Benjamin Franklin vient de paraître, rempli de faits intéressants et inédits. Nous relevons cette bien curieuse épitaphe, écrite par Franklin lui-même, et placée sur sa tombe.
- (( THE BODY OF
- BENJAMIN FRANKLIN
- PRINTER
- (LIRE THE COVEU OF AN OLD BOOK,
- 1TS CONTENTS TOBN OUT,_
- AND STRICT OF ITS LETTERIXG AND GILDING),
- LIES HERE FOOD FOR WORMS.
- YET THE WORK ITSELF SIIALL NOT BE LOST ;
- FOR IT WILL, AS HE BEL1ËVED, APPEAR ONCE MORE IN A NEW
- AND MORE BEAUT1FUL EDITION CORRECTED AND AMENDED BY
- The Author. »
- En voici une traduction que, malheureusement, notre langue décolore légèrement. « Le corps de Benjamin Franklin, imprimeur (comme la couverture d’un vieux livre, dont le contenu est arraché et qui est privé de ses lettres et de. sa dorure), repose ici, pâture pour les vers. Cependant l’œuvre elle-même ne doit pas être perdue; car, comme il le croyait, elle reparaîtra une fois dans une nouvelle et plus belle édition, corrigée et améliorée par l’auteur. »
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance dul** décembre 1890.—Présidence de M. Düciiakthe
- Origine des cheminées volcaniques. — C’est comme suite à sa communication de lundi dernier que M. Dau-brée lit un Mémoire dont la conclusion est que certaines
- cheminées volcaniques ont dû être ouvertes, comme les canaux diamantifères de l'Afrique du Sud, par des explosions gazeuses émanant des profondeurs. L’auteur réunit, à l’appui de sa thèse, des exemples nombreux tels que les cratères dits d’explosion de l’Auvergne et des bords du Rhin, la forme cylindroïde des dykes de peperinas duYelay, la situation et l’allure de maints pointemenls de roches éruptives. '
- ,4 propos d’une trombe. — M. Doumet-Adanson ayant la dernière fois, et comme nous l’avons dit, décrit une trombe qui, le 1" octobre dernier, a sévi avec intensité dans l’enceinte des usines de Fourchambault (Nièvre),
- M. Faye exprime le désir d’avoir un complément d’information. La description est conforme à celle des trombes ordinaires qui ne touchent le sol et, par conséquent, ne travaillent qu'en certains points de leurs trajectoires : on a dù apercevoir le météore, soit avant, soit après la traversée de l’usine, et il y aurait grand intérêt à réunir les ' témoignages. En second lieu, M. Faye fait remarquer que cette trombe ayant tourbillonné dans le sens même de la ’• rotation des aiguilles d’une montre a ainsi offert une pàr-; tieularité presque exceptionnelle pour l’hémisphère Nord : c’est l’allure inverse qui est normale et habituelle. • -• •
- : Compressibilité des mélanges gazeux. — Si, comme l'a fait M. Lala, préparateur à la Faculté des sciences de Toulouse, on soumet à une pression croissante un mélange formé de 30 volumes d’acide carbonique et de 70 volumes d’ail', on reconnaît que la compressibilité est d’abord plus grande que celle de l’acide carbonique lui-même. Après -un certain maximum, la courbe se rapproche de celle de ce dernier gaz. M. Cailletet insiste beaucoup sur l’importance de cette observation tout à fait imprévue.
- f. . s
- Les qualités respiratoires de l'acide acétique. — La fermentation des matières cellulosiques développant dans l’intestin des herbivores une quantité notable d’acide acé-‘., tique, et celui-ci passant dans le sang, il y avait lieu de se demander s’il modifie l’alcalinité de ce liquide et s’il prend part, d'une manière, efficace, aux combustions organiques, C'est ce qu’a fait M, Malèvre dans un travail analysé par M. Chauveau. Le mode opératoire est appliqué à un lapin curarisé et que, suivant la pratique imaginée à !V Berlin, on soumet à la respiration artificielle après l’avoir plongé dans un bain d’eau à la température normale du1* corps. Dans ces conditions les dépenses d’énergie sont* •
- , . . . CO3 "•*' «*
- constantes et le quotient respiratoire — ne varie pas.*.
- On pratique alors avec une'grande lenteur une injection d’acétate de soude. Théoriquement, et si l'acide acétique • intervient dans les combustions, l’équation suivante doit être réalisée :
- ' C2H3NaOî + .20* CO*+ ILQ -f C02HNa àcélatedesoùdie : f * .A! >carbonate de soude
- Qr, c’est bien ce qui a lieu,,car immédiatement, le sang, çt les urines se chargent de carbonate alcalin et le quotient respiratoire qui était» sensiblement égal à 0,77 itombe'à
- 0,69 et même à 0,60. . » • ; 'r , amr-
- L'alcalinité du sang. — Far un procédé qui d’ailleurs' ' ne nous a pas été décrit, M.1 Drouin arrivé à doser Falca- :n linité du sang dans 1 centimètre et demi de sérum; Ce résultat aura de très nombreuses applications que Mi Gautier énumère pour s’arrêter spécialement sur les compa- '. raisons qu’il permet de faire entre les diverses vertèbres., . Lès.poissons jouissent d,Vlne alcalinité sanguine sensible-ment égale à zéro; mais les lézards et, en général, les
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- LA NATURE.
- reptiles, sauf la tortue grecque sur laquelle on va revenir, possèdent en moyenne 5 milligrammes d’alcali dans 1 gramme de sérum desséché; chez les batraciens c’est 7 milligrammes qu’on trouve, 8 chez le chien, 9 chez l’homme et le cochon d’Inde qui est notre égal à cet égard, 10 chez le cheval et chez le veau, 15 chez le bœuf, 15 chez le canard et chez les poules, enfin 16 chez la tortue grecque qui, jusqu’à présent, tient la tète de la série. En faisant abstraction de ce dernier animal, on peut voir que le degré croissant d’alcalinité du sang range les autres précisément dans le même ordre que ferait la considération de l’énergie croissante aussi des oxydations.
- Varia. — D’après M. Léger, les fumariacés contiennent un latex qui avait jusqu’ici échappé aux botanistes. — M. Viallat, qui vient de disséquer le système nerveux de la limule résume ses observations dans une Note déposée en son nom par M. Milne-Edwards. — M. Mascart donne les mesures de M. Angot sur la vitesse du vent en haut de la Tour Eiffel pendant la dernière tempête et constate qu’en trente secondes la vitesse du vent a varié de 34 à 17 mètres par seconde, ce qui a fait subir au monument, pendant ce temps si court, des poussées quadruples les unes des autres. — De la part de M. Ad.
- Carnot, M. Haton de la Goupillère offre un Recueil de 1798 analyses de minerais de fer français, algériens et tunisiens examinés depuis cinquante ans au bureau d’essais de l’École des mines. — M. Trépied a observé la comète Zona à Alger. — M. Friedel présente, avec de très grands éloges, la traduction par MM. Georges Darzeus et Léon Lefèvre du volume écrit en russe par M. P. Alexeyeff sur les Méthodes de transformation des combinaisons organiques : on y lira, avec un vif intérêt, une Préface de M. Grimaux.
- Stanislas Meunier.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- l’aBAT-JOUR a FOYERS CONJUGUÉS DE M. DE PARVILLE
- Un de nos savants et sympathiques confrères et amis, M. Henri de Parville, a récemment fait une invention très ingénieuse, très utile, très économique, que nous nous empressons de faire connaître à nos lecteurs. 11 s’agit d’un abat-jour..., oui, d’un simple abat-jour, mais cet abat-jour, double l’éclairage d’une lampe, il concentre la lumière, également, sur une surface donnée. Avec ce. système, on peut employer une lampe de .petit calibre chauffant très
- peu et cependant éclairant la table de travail comme un calibre fort: aussi peut-on dire qu’il a des propriétés merveilleuses, et son constructeur l’a-t-il baptisé du nom d'abat-jour magique. M. de Parville est arrivé à ce résultat au moyen de foyers conjugués obtenus à l’aide d’une surface argentée ondulée que représente notre figure.
- Tous les abat-jour ordinaires présentent l’inconvénient d’absorber par leur grande surface une quantité notable de lumière entièrement perdue pour l’éclairage. En outre, la surface réfléchissante est disposée loin du foyer lumineux, et comme l’intensité de la lumière décroît comme le carré des distances, il se produit de ce chef une nouvelle perte. Ils disséminent aussi la lumière sur un espace souvent inutile. 11 serait préférable, plutôt que de la diffuser ainsi, de la concentrer sur une surface
- moins étendue, à portée du livre qu’on lit, du papier sur lequel on écrit, de l’ouvrage que l’on fait. Enfin, ils laissent le foyer trop à découvert, ce qui fatigue les yeux.
- L'abat-jour magique évite tous ces défauts. Sa surface en argent poli, métal qui possède le plus grand pouvoir émissif, ondulé suivant une certaine loi pour régler la distribution des rayons réfléchis, renvoie sur un espace donné la plus grande quantité de lumière possible. Sa forme et sa position sur le foyer, tout en amenant une lumière très vive sur la surface à éclairer, empêchent l’œil d’être frappé directement par la flamme. Enfin, il réfléchit une lumière blanche, celle qui se rapproche le plus de la lumière du jour. L'abat-jour magique peut d’ailleurs s’employer couramment avec les abat-jour de luxe : il suffit de les placer sous les abat-jour en dentelles, en fleurs, etc. Il s’applique à toutes les lampes à pétrole ou à huile.
- Le constructeur de l’abat-jour de M. de Parville a adapté l’appareil à une charmante petite lampe à pétrole très portative et très économique; elle ne brûle guère que 2 centimes d’huile par heure, et fournit une lumière de 10 bougies. C’est un petit objet de ménage des plus recommandables. G. T.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
- L’abat-jour à loyers conjugués de JI. Henri de Parville.
- 1. Vue d’une petite lampe à pétrole avec l'abat-jour.—2. Detail de l’abat-jour.
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- K° U15.
- 15 DECEMBRE 18'JU.
- LA NAT U HE.
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- LANCEMENT D’UN TORPILLEUR
- A PARIS
- Le 26 novembre dernier a eu lieu, au quai de Grenelle, à Paris, devant les ateliers de la Société des anciens Établissements Cail, le lancement d’un torpilleur transformé pour le service de la marine française. En ce moment, notre importante usine parisienne procède à l’élaboration de sept de ces petits bâtiments du type de 35 mètres portant les nos 87 à 92 et 111, et leur mise à l’eau ne manque pas d’exciter toujours dans le public un intérêt au-
- quel se mêle une certaine impression patriotique.
- Le lancement se fait par le travers au moyen de la grande et belle grue de 40 tonnes de puissance, de la Société des Établissements Cail. Soulevé sur son chantier, le torpilleur, qui pèse environ 18 tonnes, est déposé dans la Seine parallèlement au quai: c’est ce que représente notre gravure. Le 26 novembre, le torpilleur quel’on a lancé, était monté, pendant l’opération, par un véritable équipage technique. M. le comte de Montebello, ambassadeur de France à Constantinople, assistait à la cérémonie, et, sur le pont du navire, se trouvaient MM. Bourdais et Bonnardel, président et vice-président de la Société
- Lancement ou mise à l’eau d’un torpilleur au quai de Grenelle à Paris, le 26 novembre 1890. (D’après une photographie de M. Jacques Ducom.)
- des anciens Établissements Cail; Bougault, directeur; Gaston Tissandier, de Campeau, Nouguès et plusieurs membres de la Presse.
- L’opération était conduite avec tant de précision et de sûreté que la seule véritable émotion pour les spectateurs a été de voir se déployer le drapeau tricolore à l’arrière du bâtiment, sous les rayons du soleil qui, malgré quelques menaces de neige, avait finalement prêté son concours à la cérémonie.
- Pour répartir uniformément la charge et assurer l’enlèvement et la descente du bateau d’une manière parfaitement uniforme et en gardant une horizontalité absolue, le bâtiment avait été suspendu, en deux points, par de fortes élingues à une poutre métallique armée, attachée elle-même, en son milieu, aux crochets de la grue.
- 49“ année. — lor semestre.
- Voici quelques données, nécessairement sommaires, sur l’établissement des torpilleurs de ce modèle, qui, convenablement remaniés comme ils le sont par les études actuelles, rendront d’utiles services à la défense nationale. Longueur entre perpendiculaires, 55 mètres ; largeur extérieure hors tôles, 5ra,35; creux du dessus de quille au-dessus du pont, 2™,50 ; vitesse prévue, 20 nœuds.
- La coque est entièrement construite en tôle et cornières d’acier zingué et comporte huit compartiments formés par des cloisons étanches. La machine a vapeur, devant développer 500 chevaux, est à pilon et à action directe, du système compound avec condenseur à surface. La chaudière tubulaire du type dit locomotive est timbrée à 9 kilogrammes.
- Afin de diminuer les effets du roulis et d'éviter
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- LA NATURE.
- tout accident, en cas de gros temps, la coque a été élargie et deux gouvernails ont été installés de façon à obtenir une grande facilité de virage.
- L’armement se compose de deux tubes lance-torpilles, l’une à l’avant, l’autre à l’arrière, et de deux canons à tir rapide Ilotcbkiss.
- En attendant que le grand projet de Paris-port-de-mer, dont les études se terminent en ce moment, soit réalisé, ce n’est pas sans une réelle satisfaction que l’on a pu voir s’effectuer, sur le quai de la Seine, ce lancement qui montre toutes les ressources que notre marine peut tirer, à Paris même, de l’industrie et de l’initiative de nos constructeurs. Les souvenirs mémorables des grands efforts faits pendant le siège de Paris pour improviser la défense de la capitale, étaient dans tous les cœurs pendant que le petit navire de guerre, intelligemment réparé et transformé, se remettait à flot ; et c’est avec un grand plaisir que les assistants ont félicité les ingénieurs des résultats qu’ils ont su réaliser tant en artillerie qu’en matière de constructions navales pour le service et l’honneur de notre pays.
- Max de Nansouty.
- L’IMPRIMERIE À AVIGNON EN 1444
- Il y a quelques mois, nous avons trouvé, dans des archives à Avignon, plusieurs pièces authentiques relatant rétablissement d’une imprimerie dans cette ville en 1444. Cette découverte met une ville française au second rang parmi les cités où le nouvel art d'écrire artificiellement fut introduit. Rappelons ici en quelques mots les origines de l’imprimerie. 11 est admis que Laurent Coster, de Harlem, a inventé l’imprimerie xylographique; il se serait même servi quelquefois de caractères mobiles. Mais Gutenberg, établi d’abord à Strasbourg vers 1436, ensuite à Mayence en 1445, aurait fait faire à cette découverte les plus grands pas.
- ‘Les actes de vente et d’association, que nous allons analyser, vont modifier la tradition reçue et placer Avignon au second rang parmi les villes où l’imprimerie fut établie dès l’origine. En effet, Procope Waldfoghel, originaire de Prague, paraît dans un acte par-devant notaire daté du 4 juillet 1444; il reconnaît avoir chez lui « deux a b c en acier, deux formes en fer, une vis en acier, quarante-huit formes en étain et diverses autres formes propres à Y art d'écrire artificiellement ». 11 promet de rendre ces objets à la première réquisition à son associé Ma-naud Yitalis, pour le compte duquel il les avait fabriqués. Arrivé à Avignon (on ne saurait préciser à quelle date) sans grandes ressources, il chercha des apprentis et des bailleurs de fonds ; le premier semble avoir été Girard Fer-rose, originaire de Trêves et exerçant à Avignon la profession de serrurier. Procope Waldfoghel demeurait dans la maison de Ferrose quand une brouille survint, on ne sait pour quel motif. A ce moment, les deux associés réglèrent leurs comptes (26 août 1444) et se donnèrent quittance mutuellement; mais le mai Ire imprimeur, craignant que son élève ne lui fasse concurrence, lui fait jurer non seulement de n’apprendre le nouvel art à personne, mais encore de ne l’exercer à moins d’une distance de 12 lieues d’Avignon. Le même jour, Ferrose fut remplacé par un nouvel apprenti, Georges de Sardine. Dès son arrivée dans
- le comtat, Waldfoghel s’était trouvé en relation avec un juif nommé Dawis de Caderousse, qui lui prêta de petites sommes pour lui faciliter ses travaux et se fit enseigner l’imprimerie. Dès le commencement de l’année 1446, l’apprenti juif songea peut-être à faire servir la science qu’il avait acquise à la vulgarisation des livres hébraïques, car le 10 mars il fit à Waldfoghel la commande d’un alphabet hébreu et de diverses machines en bois et en métal.
- Deux étudiants à l’Université d’Avignon, Manaud Yitalis, dont il a été parlé plus haut, et Arnaud de Coselhac, du diocèse d’Aix, avaient formé, avec Procope Waldfoghel, une véritable association industrielle, où le matériel d’imprimeur, « omnia instrumenta sive artificia scribendi tam di ferro de callibe de cupro de lithono, ’de plombo, de stagno et de fusto », appartenait aussi bien aux apprentis qu’à leur maître. Le 5 avril 1446, Manaud Yitalis fut obligé de quitter Avignon et vendit sa part du matériel moyennant une somme de 12 florins; dans l’acte passé à ce sujet on remarque un détail singulier : Waldfoghel fait jurer à Manaud, sur les saints Evangiles, que F « art d’écrire artificiellement est un art vrai, très vrai, possible et utile à celui qui veut y travailler et qui l’aime. »
- Waldfoghel semble avoir partagé le sort de beaucoup d’inventeurs, car il ne fit pas fortune et fut obligé de quitter Avignon après deux ans d’efforts inutiles. Girard Ferrose, son premier associé, réconcilié avec lui, est nommé en même temps que Waldfoghel dans une quittance du 4 août 1446. C’est la dernière fois que les registres des notaires P. Agulhaci et J. de Brieude parlent des premiers typographes d’Avignon, et jusqu’ici il a été impossible de retrouver leurs noms dans d’autres villes, ou de rencontrer des ouvrages imprimés par eux. Mais l’on sait qu’au début de l’imprimerie on essaya de faire passer les livres écrits artificiellement pour des manuscrits qui se payaient fort cher et les imprimeurs avaient garde de signer et de dater leurs travaux. On pourrait demander aussi s’il est vraiment question d’imprimerie dans les textes cités ici. La chose était nouvelle, le mot propre n’était pas encore trouvé, mais la périphrase ars scribendi artificialiter indique si bien l’art d’écrire par un procédé mécanique qu’il est impossible de douter de nos conclusions.
- Ce qui ressort avec certitude des détails relatés ici, c’est qu’Avignon a vu des essais de typographie, d’imprimerie à caractères mobiles dès le commencement de l’année 1444. Ce qui est non moins certain, c’est que cette ville possède, dans les études de MM. Giraudy et Tracol, les plus anciens documents sur l’histoire des origines de l’imprimerie, puisque les pièces des procès de Gutenberg à Strasbourg, en 1459, ont été brûlées en 1870 par les bombes prussiennes1. L’abbé Requin.
- —
- L’UiMFICATION ET LE
- CONTROLE DES ARÉOMÈTRES
- On sait que l'aréomètre de Baumé a été défini par Baumé en 1797 comme an pèse-liqueur pour connaître la quantité de sel contenu dans chaque quintal d'eau, mais le sel marin dont il se servait pour former ses mélanges n’était pas défini autrement que sel pur et sec.
- Or, la densité du sel marin varie assez avec sa pro-
- 1 Les documents analysés très brièvement dans notre article sont reproduits in extenso dans une brochure intitulée : Origine de l’imprimerie.
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- LA NATURE.
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- venance pour déterminer des écarts de 1° à 2° entre les appareils. Le fait a été signalé depuis longtemps pour la première fois par I’ouillet. Aussi, n’est-il pas étonnant que la table de Nicholson, celle du Dr Ure, celle de Vau-quelin et celle de Francœur présentent des discordances.
- On admettait généralement jusqu’à ces dernières années que l’acide sulfurique au maximum de concentration et à la température de 15° C., de densité 1,842, correspondait au degré 66 de l’aréomètre Baumé, le degré 0 étant défini par l’eau pure.
- La question fut reprise en 1873, à propos de fournitures de glycérine et des contestations qui s’élevèrent entre acheteurs et vendeurs au sujet du degré aréométrique, le produit ayant perdu 1° à 2° entre Marseille et Lucerne.
- La question soumise à M. Berthelot et reprise par lui en se reportant à la description donnée par Baumé et en la suivant point par point, se compliqua alors d’un type d’aréomètre de plus; car, d’après M. Delahaye, à qui nous empruntons ces intéressants détails publiés dans la Revue industrielle, l’acide sulfurique de densité 1,842 qui devait marquer 66° à l’aréomètre Baumé, devait, d’après Francœur, marquer 68°,66, et d’après MM. Berthelot, Cou-lier et d’Almeida, marquer 68°,02.
- On est aujourd’hui embarrassé sur le point de savoir auquel de ces chiffres il convient de donner la préférence, et une Commission impériale a été nommée, il y a quelques mois, en Allemagne, pour étudier la question de l’unification et de contrôle des aréomètres. Le projet de la Commission impériale allemande soumis à différentes sociétés scientifiques et industrielles rencontre de la part d’un certain nombre d’entre elles une résistance bien légitime, et son travail nous paraît bien inutile.
- Nous partageons avec M. Delahaye l’avis que l’aréomètre de Baumé est un appareil peu digne de confiance, et qu’il convient non pas de le réformer, mais d’en proscrire tout simplement l’usage dans les transactions commerciales, comme on proscrit déjà l’emploi des jauges et du numérotage des fils dans les industries électriques.
- Cette proscription devrait même, à notre avis, affecter le caractère légal, dans un pays auquel appartient l’honneur d’avoir créé le système métrique dont l’emploi obligatoire, en France et dans un grand nombre de pays étrangers, a considérablement simplifié les transactions commerciales et contribué à leur développement.
- En effet, un aréomètre Baumé n’est pas autre chose, en principe, qu’un densimètre à graduation empirique. Puisque, lorqu’on se sert de cet appareil, il faut avoir recours à une table spéciale donnant la composition correspondante de la solution ou du liquide examiné, pourquoi ne pas faire usage exclusif de densimètres dont la définition ne laisse prise à aucune incertitude, et qu’il est si facile de rendre comparables? Marchands et acheteurs se mettraient d’accord en spécifiant que tel produit doit avoir telle densité à telle température. Comme ce procédé est essentiellement simple, logique, et ne prête pas à chicane, nous avons quelque chance d’attendre longtemps son adoption générale. E. H.
- ——
- LE MÉDIMARËMÈTRE
- DE M. CH. LALLEMAND
- Dans un précédent article *, nous avons montré l’intérêt qui s’attache pour la géodésie, la navigation
- 1 Voy. n° 871, du 8 février 1890.
- et la géologie, à la connaissance du niveau moyen de la mer le long des côtes, dans le plus grand nombre possible de points. Nous avons signalé la créa-
- APPAREIL DEMONSTRATIF
- PRINCIPE FONDAMENTAL
- MEDIMARE.ME.TRE
- tion récente, à Marseille, d’un observatoire spécial pour l’étude des mouvements de la mer et donné
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- Fig. 2. Fig. 3.
- Fig. 2 et 3. — Fig. 2. Élévation et coupe d’un médimarémètre. — P P' P". Colliers à griffes servant à fixer le tube S. — C. Couvercle du tube. — Q. Plongeur, contenant le vase poreux V. — B. Tuyau de communication du plongeur avec le tube S. — Fig. 3. — Sonde pour le médimarémètre. — B, B'. Bagues ser^ vant à fixer la bande de papier sensible au moyen des languettes? ressorts II'. — dd’. Ailerons servant à guider la sonde pendant sa descente dans le tube.
- la description d’un ingénieux appareil appelé mare'-graphe totalisateur, qui fait automatiquement le calcul du niveau moyen. Mais cet instrument, par
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- LA NATURE.
- lui-même et par l’installation qu’il exige, est très coûteux et par suite ne saurait être multiplié autant qu’il est nécessaire.
- M. Ch. Lallemand, ingénieur des mines, a imaginé un nouvel appareil appelé médimarémètre (mesure de la mer moyenne), qui échappe à cet inconvénient et permet d’obtenir, sans le secours d’aucun mécanisme et avec une dépense insignifiante1, le niveau moyen de la mer en un point donné.
- L’instrument est basé sur ce fait qu’une onde liquide se transmettant par un canal capillaire, ou mieux'à travers une paroi poreuse, diminue d’amplitude et se trouve retardée dans ses phases, sans que le niveau moyen éprouve de changement.
- Ce fait, que la théorie explique, se trouvait expérimentalement mis en évidence dans un appareil qui a figuré à l’Exposition de 1889, parmi les objets du Service du Nivellement général de la France, dans le pavillon du Ministère des travaux publics.
- Cet appareil se composait de deux tubes, A et B (fig. 1), communiquant ensemble par un canal capillaire.
- Par un mécanisme spécial, le niveau du liquide, dans le tube de gauche, était animé d’une oscillation régulière de 50 centimètres environ d’amplitude(e’est la dénivellation moyenne de la marée à Marseille) ; dans l’autre tube, on voyait l’eau se déplacer de 10 à 15 millimètres seulement de part et d'autre du niveau moyen*, avec un retard de près d’un quart de période dans les phases.
- Le médimarémètre se compose d’un tube étanche S (fig. 2) que l’on fixe verticalement, au moyen de colliers à grilles P, P', P", dans un puits communiquant avec la mer, ou contre un mur de quai (fig. 4). Ce tube est en relation, par un tuyau P>, avec un plongeur Q immergé au-dessous du niveau des plus basses mers. Ce plongeur est divisé en deux
- 1 L’installation de l’Observatoire marégraphique de Marseille n’a pas coûté moins d’une quarantaine de mille francs, tandis qu’un médimarémètre mis en place revient rarement à plus de 200 à 500 francs avec les accessoires.
- 4 Une réduction plus forte de l’amplitude eût été obtenue facilement, mais elle aurait eu l’inconvénient de masquer la relation existant entre les mouvements de l’eau dans les deux tubes.
- parties par une cloison poreuse V en porcelaine dégourdie. Le compartiment inférieur est rempli de sable et son enveloppe percée latéralement de trous pour l’accès de l’eau. La surface poreuse est réglée de manière que, dans le tube, la marée journalière soit réduite à une oscillation insignifiante. Une observation par jour suffit, dès lors, pour déterminer la variation lente du niveau intérieur avec le temps l.
- La mesure de la hauteur de l’eau s’effectue au moyen d’une sonde divisée (fig. 5), sur laquelle on fixe latéralement, au moyen de bagues mobiles B, B', une bande de papier sensibilisé au sulfate de fer et à la noix de galle. On descend à fond cette sonde dans le tube jusqu’à ce qu’elle vienne buter contre la base 1) (fig. 2) ; une ou deux secondes après, on la remonte; la partie mouillée du papier
- est devenue noire, ce qui permet de lire facilement la cote de l’eau. En rapprochant les bandes et en alignant, comme le montre la figure 5, les points de repère marqués dans le papier par le poinçon c (fig. 3) de la sonde, on con-stitue un diagramme qu’il suffit de réduire au dixième, par exemple, et de planimétrer ensuite, pour en déduire la hauteur du rectangle équivalent, de même base, c’est-à-dire la cote cherchée du niveau moyen.
- Dès 1885, un médimarémètre a été installé à Marseille, dans le puits même du marégraphe totalisateur.
- Le diagramme ci-après (fig. 6), relatif à une période de quatre années et demie d’observations, montre que le niveau moyen depuis l’origine (moyenne de toutes les hauteurs relevées depuis la mise en fonction de l’appareil), calculé à la fin de chaque mois d’après les indications du médimarémètre, concorde parfaitement avec le niveau moyen donné par le marégraphe totalisateur. Ce résultat, obtenu sans que l’appareil ait encore subi aucun nettoyage, prouve que l’engorgement du filtre par les végétaux et les animalcules marins, n’est ni aussi rapide ni
- 1 Pour la théorie complète du médimarémètre, voy. le Traité de nivellement de hante précision, de M. Ch. Lallemand. (Baudry, éditeur.)
- Fig. 4. —Vue d’un médimarémèirc établi à l’extrémité il’une jetée. —P P’ P”. Colliers servant à fixer le tube T contre la maçonnerie. — Q. Plongeur. — E. Tuyau de communication du plongeur avec le tube T.
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- LA NATURE.
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- aussi dangereux que certaines personnes ont paru le croire.
- Quatorze médimarémètres, établis parle service du Nivellement général de la France, fonctionnent aujourd’hui h Nice, Marseille, Cette, Port-Vendres, et Oran, dans la Méditerranée; Saint-Jean-de-Luz, les Sables-d’Olonne, Quiberon et le Camaret (goulet de Brest) dans l’Océan ; Cherbourg et Boulogne dans la Manche. Un quinzième sera prochainement établi dans le nouveau port de La Pallice, près La Rochelle. —
- Deux autres de ces appareils ont été installés par le service géographique de l’armée, à la Gou-lette (Tunisie) et à Bône (Algérie); la Belgique en a également établi un à Os-tende. Enfin le Danemark et l’Italie en ont demandé plusieurs, destinés à être mis à l’essai sur les côtes de la mer du Nord, de l’Adriatique et de la Méditerranée. Tous ces postes se trouvent reliés au réseau général des nivellements de précision dans
- les différents pays, de telle sorte que les hauteurs obtenues du niveau moyen dans les divers ports peuvent être rapportées à une même origine et facilement comparées entre elles. A ce point de vue, d’intéressants résultats ont déjà été obtenus. Ainsi on a constaté que les niveaux moyens de la Méditerranée à Nice, Marseille, Cette et Port-Vendres, calculés d’après les données fournies par les médi-
- marémètres installés dans ces ports, présentent les relations de hauteur ci-après, par rapport au niveau moyen de Marseille coté zéro :
- Nice
- — 0m,04
- Marseille
- 0
- Cette
- + 0m,06 Port-Vendres. . -f- 0m,08
- Les médima-rémètres établis d’autre part sur le littoral de l’Océan et de la Manche, permettront prochainement de connaître les variations du niveau moyen de l’Atlantique le long de nos côtes et de déterminer avec précision la hauteur relative de l’Océan
- Zéro du
- Fig. 5. — Spécimen des diagrammes obtenus par la juxtaposition des bandes impressionnées du médimarémètre de Marseille (Echelle de 1/10).
- Medim&rémètre Ma.régra.phe totaJ/siLteur
- 1.2 ( Zéro du (nivellement 0 { générât
- 1 delà 2 v France
- Zéro du nivellement général de la. France
- ^ ^ K? W
- Fig. 6. — Variations du niveau moyen mensuel (teinte grise en échelons) et du niveau moyen depuis l’origine (lignes brisées),
- pour le médimarémètre de Marseille.
- et de la Méditerranée. D’après les premiers résultats, M. Ch. Lallemand estime que les deux mers doivent être de niveau, à quelques centimètres près. Cette constatation va détruire une croyance qui jusqu’alors paraissait solidement établie. D’après l’ancien nivellement de Bourdalouë, en effet, il existait entre les deux bassins une dénivellation de 0m,80 à 1 mètre, qu’avaient confirmée plus tard les nivellements espagnols, puis la comparaison des densités de l’eau de mer de part
- et d’autre du détroit de Gibraltar. Ces résultats illusoires étaient dus les uns à des erreurs systématiques des nivellements, les autres au caractère superficiel des observations faites sur la salure de la mer.
- Ainsi, là, comme au canal de Suez, va se trouver de nouveau vérifiée l’ancienne hypothèse de l’uniformité du niveau des mers, un instant abandonnée sur la foi de mesures inexactes. A. Lallemand,' Ancien élève de l’École polytechnique
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- LA NATURE.
- LES LIQUEURS DE TABLE
- MANIÈRE ÉCONOMIQUE DE LES PRÉPARER SOI-MÊME
- La fabrication des liqueurs de table a, dans notre pays, une importance de premier ordre et beaucoup d’entre elles ont une renommée universelle : le Cassis de Dijon, l’Anisette de Bordeaux, la Chartreuse (liqueur des Alpes), la Bénédictine (liqueur de Normandie), etc., en sont des exemples. Mais la consommation de ces liqueurs dites hygiéniques a pris un tel développement que leur fabrication est devenue, pour la plupart d’entre elles, une'véritable industrie, mettant en œuvre des milliers‘d’hectolitres d’alcool et de matières premières diverses. Profitant de cette extension, bon nombre d’industriels n’ont pas hésité à faire entrer dans la préparation de ces liqueurs des alcools d’industrie insuffisamment rectifiés, dont le mauvais goût se trouve en grande partie caché par les plantes aromatiques formant la base de la liqueur, mais cette dernière ne constitue plus alors qu’une mixture trompeuse contenant des toxiques dangereux tels que : alcool méthylique, alcool butylique, amylique, aldéhydes divers, etc. C’est ainsi que la fabrication des liqueurs soi-disant hygiéniques est devenue, dans bien des cas, une industrie dangereuse au premier chef, et cela, parce que les alcools, les fruits et les plantes dont elle fait usage sont de mauvaise qualité. Est-ce à dire que nous devons pour cela renoncer aux liqueurs de table dont les propriétés stomachiques et digestives sont si bien démontrées? Non certes, il existe des industriels consciencieux qui fabriquent encore de ces liquides avec des produits de choix; mais, en présence de la concurrence déloyale dont ils sont l’objet, ils sont obligés de vendre leurs produits à des prix très élevés, 6 à 10 francs la bouteille, par exemple, et, par ce fait, les liqueurs hygiéniques qui devraient, par leur nature même, être à la portée de tous, deviennent l’apanage exclusif des tables privilégiées.
- Heureusement qu’il existe des procédés économiques, faciles à mettre en pratique, qui permettent de fabriquer soi-même toutes les liqueurs au moyen de produits dont on connaît la qualité. Grâce à l’emploi de ces procédés qui, à notre sens, ne sont pas assez connus, outre la satisfaction personnelle qu’on éprouve à préparer soi-même telle ou telle liqueur, on a encore celle non moins précieuse de savoir ce qu’elle renferme et d’être persuadé qu’on a un produit véritablement sain et hygiénique. C’est cette fabrication ménagère des liqueurs de table que nous voulons faire connaître aujourd’hui.
- Youlez-vous, par exemple, préparer du Cassis? Plusieurs procédés peuvent être employés, en voici deux choisis parmi les meilleurs ;
- 1° On remplit à demi une grande bouteille avec des fruits et le reste avec de l’eau-de-vie blanche après y avoir ajouté un peu de sucre; on laisse infuser au soleil pendant deux mois en agitant la bouteille de temps à autre, puis on presse et on passe.
- 2° On prend :
- s Feuilles de cassis .... 75 grammes.
- Fruits de cassis...........lkr,500 —
- Cannelle......................... 1 —
- Sucre.......................... 500 —
- Alcool à 50° ...... 1 litre 1/2
- Par l’une ou l’autre de ces méthodes, on obtient une liqueur d’un goût fin et délicat, stomachique, digestive et carminative qu’on boit pure ou étendue d’eau.
- La liqueur d’Orange, délicieuse au goût, est d’une pré-
- paration encore plus simple : on prend une belle orange qu’on transperce de part en part avec un bâton de cannelle, on la plonge ensuite dans un mélange à parties égales d’alcool et de sirop de sucre; la liqueur ainsi obtenue ne sera consommée qu’au bout d’un mois.
- La liqueur de Brou de noix, outre ses propriétés digestives, est éminemment tonique; on la prépare ainsi :
- Noix bien fraîches et jeunes Alcool à 56°
- Sucre blanc Cannelle. .
- Girofle . .
- Eau . . .
- On écrase les noix, on fait macérer
- 30
- 1/2 litre.
- 1 kilogramme. 40 centigr.
- 40 —
- 1/2 litre, le tout pendant
- deux ou trois mois, puis on filtre.
- Le Curaçao, liqueur digestive par excellence, très prôné par les D” Dechambre et Fonssagrives, dans les affections fébriles, se prépare très simplement avec :
- 125 grammes de zestes secs d’oranges amères;
- 2 — de girofles;
- 2 — de cannelle ;
- 2 litres 1/2 d’alcool à 54°.
- On fait macérer pendant huit jours et on ajoute 625 grammes de sucre dissous dans 300 grammes d’eau.
- D’autres liqueurs, telles que l’Anisette, la Menthe, le Kümmel, le Raspail, le Yespétro,’etc., demandent l’emploi des essences ou huiles essentielles, qu’il faut choisir de toute première qualité. La fabrication de ces liqueurs est un peu moins simple, en raison de la multiplicité des produits qui la composent ; en voici deux exemples :
- Marasquin : Essence de noyau ... 3 grammes.
- Essence de néroli. . . . 0,50 centigr.
- Extrait dé jasmin. ... 1 gramme.
- Extrait de vanille. ... 1 —
- Alcool à 90°................3 litres.
- Sucre.......................5 kilogr.
- Eau.........................4 litres.
- On fait dissoudre les essences dans l’alcool, on ajoute l’eau dans laquelle on a fait fondre le sucre et on filtre :
- Kümmel : Essence de cumin.................8 grammes.
- — de coriandre. ... 5 —
- — d’orange .... 5
- — de fenouil...........7 — '
- — de cannelle .... 5 —
- — de violette..........1 —
- — de citron............5 —
- Alcool à 90°..................5 litres.
- Sucre.........................2kB,500
- Eau...................... 2 litres 1/2
- On opère comme précédemment.
- Comme on le voit, dans la préparation de ces liqueurs, on ne fait pas intervenir la distillation, ce qui simplifie énormément le mode opératoire. Toutefois, il faut reconnaître que pour le Marasquin, le Kümmel, l’Anisette, la Chartreuse, l’Eau-de-vie de Dantzig, etc., qui se préparent par les mêmes procédés, la multiplicité des essences et extraits mis en œuvre constitue souvent un écueil devant lequel recule plus d’une ménagère; c’est ce qu’un habile chimiste, M. Ch. Bureau, a parfaitement compris. A la suite de longues ot patientes recherches, cet inventeur est arrivé à simplifier d’une façon extraordinaire le mode de préparation de toutes les liqueurs de table.
- Tout d’abord, il supprime l’emploi direct des plantes aromatiques, souvent difficiles à se procurer à l’état de maturité et de siccité désirables, et il emploie les essences végétales qu’il prépare lui-même d’une manière très ingè-
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- LA NATURE.
- nieuse : il fait macérer les plantes, qu’il reçoit directement des pays de production, dans un mélange d’alcool et de glycérine chimiquement pure, après quoi, il distille à plusieurs reprises. Cette adjonction de la glycérine en très minime quantité, dans la préparation des essences, a pour but d’obtenir le fondant des liqueurs en même temps qu’une homogénéité parfaite, de sorte que, dans le mélange de plusieurs essences constituant un extrait concentré de liqueurs, le palais le plus exercé ne peut plus distinguer le goût particulier de chacune des essences. Nous avons pu voir le laboratoire de M. Ch. Bureau à Arras et ces procédés tout nouveaux ont vivement frappé notre attention; tous les appareils distillatoires employés sont en verre et les essences obtenues avec des plantes de choix ont une suavité et une finesse de goût que nous n’avions pas encore observées jusqu’ici.
- En résumé, M. Ch. Bureau, en mélangeant ces diverses essences dans des proportions déterminées et en nombre variable suivant les produits qu’il veut réaliser, obtient des extraits concentrés de toutes les liqueurs. C’est cet extrait qui sert à la préparation d’une boisson éminemment hygiénique et d’une finessse de goût incomparable.
- Grâce à cette invention, la fabrication ménagère des liqueurs de table se trouve simplifiée au dernier point. Elle se réduit à ceci : vous prenez 16 grammes d’extrait concentré, de Kümmel, par exemple, que vous mélangez à un litre d’alcool à 90° ; vous ajoutez 600 grammes de sucre dissous dans 600 grammes d’eau, vous obtenez ainsi un sirop de sucre préparé par vous-même, certain ainsi de ne pas introduire de glucose1. Vous obtenez ainsi 2 litres de liqueur d’une finesse exquise pouvant rivaliser avec les meilleures marques et dont le prix de revient oscille entre 2fr,50 et 3 francs le litre.
- Comme on le voit, le procédé est à la portée de tous.
- Enfin, toutes les liqueurs sans exception peuvent se préparer do cette manière; néanmoins M. Bureau prépare tout spécialement les extraits concentrés de Kümmel, Ani-sette, Raspail, Vespétro, Marasquin, Menthe, Noyau, liqueur des Alpes jaune ou verte, liqueur de Normandie, Élixir de Garas, Ananas, Eau-de-vie de Dantzig avec paillettes d’or, etc., etc.
- C’est là, à notre sens, un résultat remarquable. A n’en pas douter, les lecteurs de La Nature nous sauront gré de l’avoir fait sortir de l’ombre où il était resté caché jusqu’ici. Albert Larbalétrier.
- L’INDUSTRIE MINIÈRE AU CANADA
- L’industrie minière est encore assez peu développée au Canada, bien que ce pays recèle des gisements importants des minéraux les plus variés et les plus intéressants. Ainsi les magnifiques mines de houille qu’on rencontre au pied des montagnes Rocheuses ne sont pas exploitées autrement que par les habitants du voisinage qui s’y approvisionnent facilement du charbon nécessaire a leur chauffage. Les mines d’or de la Beauce sont à peine étudiées. On commence seulement à exploiter une belle mine d’or trouvée depuis quelque temps déjà sur les bords du Lac des Bois (province d’Ontario).
- 1 Les proportions de sucre et d’alcool peuvent d’ailleurs varier suivant la douceur ou la force qu’on veut donner à la liqueur.
- Quant aux minerais de fer, abondants dans certaines parties du Canada, ils ne sont pas exploités jusqu’ici parce que l’industrie sidérurgique n’existe pas dans ce pays et que les États-Unis ont élevé à l’entrée de ces minerais chez eux, des barrières douanières infranchissables. Cela cesserait certainement du jour au lendemain, si le Canada sejetait dans les bras de ses puissants voisins et se décidait à s’associer politiquement aux destinées des États-Unis, ce qui aura peut-être lieu avant peu.
- Les autres métaux, le plomb, le zinc, le mercure, l’argent, qui existent tous dans ce pays, n’y sont encore l’objet d’aucune exploitation sérieuse. Le cuivre seul, parmi les métaux, a été l’objet d’une recherche intéressante. La province de Québec seule en a extrait l’an dernier 71 000 tonnes.
- Mais d’autres minéraux utiles sont l’objet d’exploitations importantes; ce sont: le feldspath employé à la fabrication de la plus belle porcelaine anglaise, le talc, le mica, les ardoises, le granit, la chaux et le calcaire à bâtir, et enfin l’amiante et le phosphate que j’ai plus spécialement étudiés et sur lesquels je vais donner quelques détails.
- L’amiante se trouve dans deux parties du Canada assez éloignées l’une de l’autre : la Gaspésie d’une part, où il n’a été rencontré jusqu’ici qu’en faibles veines de dimensions trop exiguës pour en permettre l’utilisation ; et d’autre part dans la Beâuce et le Mégantic (province de Québec). C’est dans les districts de Thetford, Coleraine, Banville et Lac Noir que se trouvent les 15 mines en travail qui ont produit l’année dernière, avec 560 ouvriers, 5920 tonnes d’amiante. L’amiante du Canada appartient à la variété chrisotyle. Il est très beau, fin, soyeux, blanc et très recherché par suite de ces diverses qualités, sur les marchés anglais et américains. Son prix a doublé depuis l’année dernière. Il ne valait à cette époque que 500 francs la tonne. Il vaut aujourd’hui de 1000 à 1200 francs et la faible production du Canada est loin de suffire aux demandes chaque jour plus nombreuses de ce précieux minéral. Les directeurs de mines que j’ai visités affirment que leur production actuelle, même triplée, serait encore insuffisante à couvrir les besoins de la consommation.
- L’amiante s’exploite à ciel ouvert dans de grandes excavations. Ce minéral est presque toujours enchâssé dans une roche très dure, la serpentine, dont on le sépare en faisant sauter à la mine des quartiers de roche et en dégageant ensuite à coups de maillet les veines d’amiante. Par suite de la quantité considérable de roche inutile qu’il faut faire sauter pour arriver à isoler l’amiante, le coût d’extraction de cette substance est assez élevé. On compte en moyenne de 200 à 250 francs de frais de toute nature par tonne d’amiante. On voit, par ce qui précède, que ce travail laisse encore cependant à ceux qui s’y livrent une assez jolie marge de bénéfices. Aussi cette exploitation, qui n’a commencé que depuis peu d’années, est-elle aujourd’hui en pleine
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- LA NATURE.
- prospérité : les terrains à amiante sont très recherchés et ont une grande valeur. Cette valeur s’augmente chaque jour par suite des nombreuses demandes, et dans un avenir prochain, il sera devenu impossible d’y acquérir la moindre mine : les Anglais et les Américains auront tout accaparé, ce qu’ils l'ont déjà.
- Il est donc urgent d’y aller, pour ceux de nos compatriotes qui veulent s’occuper de celte intéressante et lucrative industrie. Les mines d’amiante sont en plein pays français. On n’y entend parler que notre langue, et on est vraiment attristé de voir toutes ces richesses aux mains d’Anglais qui gagnent des millions à les exploiter, tandis que nos compatriotes, qui ont trouvé cependant des milliards pour les jeter dans le gouffre du Panama, se désintéressent complètement de
- ce beau pays que . ’ " _ ’ - ; T ~
- leurs ancêtres ont conquis, colonisé, et où ils retrouveraient à chaque pas les souvenirs de la patrie.
- Ce que nous disons pour l’amiante peut être dit également pour le phosphate. C’est aussi dans une partie du Canada complètement française que se trouvent les gisements de ce précieux minerai.
- On ne le rencontre jusqu’ici que dans deux parties du Canada peu éloignées l’une de l’autre : d’abord dans la province de Québec, comté d’Ottawa, districts de Hull, Portland, Buckingham, Templeton, Wake-field, Denholm, etc., au nord de la ville d’Ottawa, charmante ville de 70000 âmes, qui est la capitale politique du Canada. Les phosphates qu’on y extrait
- sont conduits par voie d’eau sur les rivières de la Lièvre et l’Ottava à Montréal, où on les charge comme lest à fond de cale pour l’Europe, sur les grands steamers anglais qui font la navette entre le Canada et l’Angleterre. On en trouve en outre dans la province d’Ontario, comtés de Kingston et de Perth ; on dirige ceux-ci par chemin de fer, ou par le Saint-Laurent sur Montréal.
- Ces phosphates appartiennent à la variété fluor-apa-tite. Leur teneur en phosphate de chaux est très élevée. Elle oscille entre 85 et 95 pour 100. C’est donc un des minerais phosphatés les plus riches que l’on connaisse. Leur seule impureté est le fluorure de calcium. auquel ils doivent leur magnifique apparence cristalline. Une dizaine de mines sont ouvertes et produisent actuellement 28 à 50000 tonnes de minerai par an, avec un bénéfice moyen de 50 francs par tonnç.
- Les apatitesdu Canada sont très recherchées pour la fabrication des superphosphates par l’industrie des produits chimiques, par suite de leur teneur élevée en phosphate et de l’absence presque complète de fer et d’alumine qu’on y constate. Cette industrie est également en pleine prospérité. Elle est appelée à un grand et prompt développement. Tel est l’état actuel des industries minières dans le beau pays qu’on appelait jadis la Nouvelle-France et qu’on pourra probablement nommer bientôt la Nouvel le-Angleterre. A. Laduueaü,
- Directeur du Laboratoire central agricole.
- Fig. 1. — Exploitation de l’amiante à ciel ouvert au Canada. Mine de Thetford. (D’après une photographie.)
- Fig. 2. — Collines de phosphates au Canada, près d’Ottawa. (D’après une photographie.)
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- LA NATURF.
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- LES CADRANS SOLAIRES
- A PROPOS DE DEUX INSTRUMENTS ANCIENS
- Fig. 1.—Ancien cadran solaire portatif fermé.
- Les cadrans solaires nous paraissent aujourd’hui des débris d’un autre âge; ils sont relégués, dans les annales de l’humanité, avec les coches et les fusils à pierre, et lorsque, dans un hameau reculé, le voyageur aperçoit, peint au mur d’une vieille église, un cadran indiquant les heures par l’ombre d’une tringle de fer, il l’examine comme une antiquité. Les cadrans solaires portatifs sont conservés dans les familles ou les musées comme des objets appartenant à une époque qui n’est déjà plus la nôtre.
- Le temps a marché vite dans notre siècle ; certainement, la montre à un prix abordable a porté un coup mortel au cadran solaire ; mais le télégraphe seul a tué définitivement le cadran solaire de précision. Il n’est pas aujourd’hui de village où l’on ne puisse recevoir journellement un signal d’heure ; mais, il y a cinquante ans seulement, d’habiles horlogers contrôlaient la marche de leurs montres à l’aide de cadrans solaires d’une construction très précise; la table d'équation, bien encadrée et mise sous verre
- Fig. 2. — Le même instrument disposé pour l’observation.
- dans l’atelier, indiquait, pour chaque jour de l’année, l’heure du passage du soleil au méridien. Sans doute, le cadran solaire a perdu à tout jamais son importance; mais l’oubli dans lequel il est tombé est un peu excessif ; il est maint château, mainte ferme isolée où il fournirait un utile contrôle pour les montres qui, de moins en moins chères, marchent de plus en plus mal, et nous ne connaissons pas d’exercice cosmographique plus utile que la construction de divers cadrans solaires; ce petit travail, suivi de quelques observations, grave mieux dans l’esprit les mouvements relatifs de la Terre et du Soleil que de longues descriptions.
- Avant de décrire les deux cadrans solaires portatifs que nous avons pu examiner en détail, et qui proviennent de la collection d’instruments de M. Radiguet qui a bien voulu nous les communiquer pour nos lecteurs (fig. 1, 2 et 3), nous devons rappeler quelques principes de la cosmographie, ce qui nous permettra ensuite d’abréger.
- Fig. 3. — Autre cadran solaire portatif.
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- LA NATURE.
- Soit T (fig. 4) la Terre, AA' son axe de rotation, MM' le méridien d’un lieu, dont la verticale est Y, HH' son horizon, S le Soleil, E l’équateur. Nous sommes volontiers disposés à nous figurer que notre verticale est immuable; conservons donc cette fiction, et supposons que les rayons du Soleil tombant sur la Terre décrivent un cône dont la base est le cercle SS'. Le Soleil, parti de l’est, s’élèvera peu à peu sur l’horjzon, passera au méridien, et redescendra en marchant vers l’ouest. Abstraction faite de l’équation du temps, due, comme on sait, à l’ellipticité de l’orbite terrestre, le Soleil décrira, autour de l’axe AA' des angles égaux en temps égaux, et, si nous menons toutes les heures des plans par l’axe de la Terre et le centre du Soleil, ils découperont, dans l’équateur, des arcs égaux.
- Cela posé, supposons que nous construisions un
- V\ Sud
- Fig. 4.
- instrument portatif, composé d’un cercle méridien, d’un cercle équatorial, d’un axe AA', parallèle à l’axe de la Terre, tournant sur deux points diamétralement opposés du méridien, et portant un grand cercle ; enfin d’une alidade fixée à ce cercle et susceptible de suivre le soleil dans sa course, nous aurons matérialisé le diagramme que nous venons d’expliquer ; tel est le cadran solaire très ingénieux que nous allons décrire, et qui a été fort joliment construit par A. Langlois, à Paris, auxGalleries du Louvre. Nous ferons grâce à nos lecteurs des pièces placées à rebours ou grippées au moment où cet instrument fut mis entre nos mains, ainsi que de certains accessoires cassés probablement par une personne qui n’en connaissait pas l’usage; nous décrivons, sans rien spécifier, l’instrument restauré.
- Le cadran fermé et ouvert est représenté dans les figures 1 et 2. Le cercle M, portant une division en degrés de 0 à 90, entre les axes du cercle E et du cercle, S est suspendu à un anneau par l’intermé-
- diaire d’un pivot tournant dans une pièce munie d’un repère, et serrée sur le cercle par des vis; en desserrant celles-ci, on peut amener le repère sur le point de la division marquant la latitude du lieu. Le cercle M étant dans le méridien, et l’instrument suspendu librement, l’axe AA' est parallèle à l’axe de la Terre, et le cercle E, maintenu perpendiculaire à M (par deux pièces s’engageant dans des trous de E), nous représente l’équateur; il porte les heures, le XII au cercle méridien. Le cercle S porte une alidade mobile autour de son centre, et munie, aux extrémités, de plans en saillie percés de six petits trous correspondants. Deux repères marqués aux extrémités de cette alidade servent à la placer dans la position se rapportant à la hauteur du Soleil au jour de l’observation. Dans ce but, les noms des mois, avec divisions pour tous les cinq jours, sont inscrits sur la face du cercle S. Maintenant, rien n’est plus facile que de déterminer l’heure. Nous plaçons l’alidade à la date du jour, et suspendons l’instrument ; supposons d’abord que le cercle M ait été placé dans le méridien ; faisant tourner le cercle S autour de son axe, nous trouverons une position pour laquelle l’image des petits trous de la plaque supérieure tombera sur ceux de la plaque inférieure, et l’heure nous sera donnée par le point du cercle E vis-à-vis duquel se trouve un trait marqué au milieu de l’épaisseur du cercle S. Mais qu’arrive-t-il si le cercle M n’est pas dans le méridien? 11 est aisé de voir que, en un jour quelconque, une hauteur donnée du Soleil ne peut être trouvée qu’à une distance déterminée du méridien; or il en est de même de notre alidade, qui se déplace en même temps en élévation et en angle horaire. Par conséquent, si nous la plaçons de telle sorte que son plan passe par le Soleil sans qu’elle ait son élévation, l’image de la plaque supérieure ne se fera plus où elle doit être, et, pour l’obtenir, nous serons obligés de déplacer le cercle M jusqu’à ce qu’il soit dans le méridien; l’instrument doit donc, dans tous les cas, être la reproduction fidèle de la figure 4.
- Voilà la théorie géométrique de l’instrument; si, maintenant, nous l’envisageons au point de vue du procédé d’observation, nous reconnaissons qu’il est basé sur la mesure de l’élévation du Soleil au-dessus de l’horizon, transformée automatiquement en angle horaire. Il participe donc aux défauts des instruments de ce genre, c’est-à-dire exactitude très minime dans les moments où l’élévation du Soleil varie peu ; donc n’importe où dans le voisinage de midi, et à toute heure dans les régions polaires.
- Les six ouvertures de l’alidade sont motivées par le fait que, dans certains cas, plusieurs d’entre elles sont cachées par les cercles M et E. Dans la disposition adoptée, il s’en trouve toujours au moins une, le plus souvent trois ou quatre, ou même tous les six à découvert. Avec une seule ouverture, on serait souvent empêché d’observer. L’observation, à une certaine distance de midi, se fait sans peine à moins de cinq minutes près.
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- Nous n’avons pas cherché à déterminer l’àgc de cet ingénieux instrument; nous constatons seulement que, parmi les nombreuses villes inscrites sur les cercles avec leurs latitudes, Rouen (écrit Roi'ien), Saint-Malo et Québec (écrit Kebec) s’y trouvent, tandis que le Havre et New-York en sont absentes; donc, en tous cas, l’instrument date d’une époque antérieure à l’épanouissement de ces deux villes; d’autre part, la sobriété des ornements montre qu’il n’est pas très vieux. Son aspect général correspond aux objets similaires du dernier quart du siècle passé. Il ne serait pas très difficile de trouver des indications plus précises par le nom du constructeur; peut-être un de nos lecteurs, mieux placé que nous pour cela, nous fournira-t-il ce supplément d’informations.
- L’autre instrument dont il s’agit est, astronomiquement du moins, beaucoup moins intéressant. C’est un cube (fig. .3) sur cinq des faces duquel se trouvent incrustées des plaques en saillie, dont l’arête indique l’heure par son ombre. Les faces,
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- antérieure (sud), supérieure et postérieure, portent une division angulaire, les faces latérales sont marquées de traits parallèles aux arêtes des pièces de métal et qui sont peu à peu atteints par l’ombre fuyant ou se retirant le long de ces faces. Une ouverture pratiquée dans le socle de l’instrument contient une boussole; le cube est porté sur une articulation d’avant en arrière; enfin, un fil à plomb est suspendu contre l’une des faces latérales, qui porte, dans une vignette, une division en degrés; ce fil à plomb a été omis dans la figure afin de dégager la vignette. L’instrument étant placé dans le méridien, à l’aide de la boussole, et les arêtes indicatrices parallèles à l’axe de la Terre, ce que l’on obtient en donnant au cube une inclinaison telle que le fil à plomb marque la latitude du lieu, le Soleil décrira, en toute saison, des angles horaires égaux autour de ces arêtes. Or, menons un plan équatorial perpendiculaire à la droite P qui nous représente l’aiguille d’un cadran solaire horizontal A (fig. 5). En joignant le point O, où l’aiguille est fixée dans le plan A du cadran, aux points X, XI, XII, I, distants deux à deux de 15 degrés, nous aurons marqué les angles horaires sur le plan A. Changeons maintenant de latitude, et donnons au système une nouvelle inclinaison, de telle sorte que la droite OP reste parallèle à l’axe du monde; les angles IO'XII, XIIO'XI ne sont pas
- modifiés, et les angles correspondants du plan A restent de même invariables; donc l’instrument gradué pour une latitude reste exact en tout point du globe.
- La graduation sur trois faces rend l’appareil propre à servir à toute heure ; la face antérieure donne les indications de 6 heures du matin, à 6 heures du soir, la face postérieure avant et après. La face supérieure donne, en été, des ombres nettes au moment où le Soleil rase les faces verticales; au moment des équinoxes, où les trois faces principales sont en même temps frôlées par les rayons solaires, l’une ou l’autre des faces latérales donne des indications nettes.
- Voici quelques autres données que nous avons tirées de l’inspection minutieuse de l’instrument. D’abord nous constatons qu’il est d’un aspect rustique, et que, à l’encontre du premier décrit, il ne pouvait être un objet de lointaine exportation. Il devait donc être établi surtout pour le pays de sa fabrication. Or, indépendamment de toute question d’élégance, nous voyons, sur le cadran de la boussole, les mots Ost et West; donc objet de fabrication allemande. Dans le pays de fabrication, le cube avait sans doute ses arêtes respectivement verticales et horizontales ; dans cette position, le fil à plomb indique 48° au maximum, latitùde de l’extrême sud de l’Allemagne.
- Enfin, la déclinaison indiquée sur le cercle de la boussole est 21° W. Or, en consultant une carte de déclinaison établie par Barlow en 1850, nous trouvons que, pour les pays qui peuvent être pris ici en considération, la déclinaison était, à cette époque, de 19 à 20°, tandis qu’à Paris on venait de dépasser le maximum de 22 à 23°, qui avait persisté depuis le commencement du siècle, avec quelques va-et-vient, jusque vers 1825 ; à partir de ce moment, les isogones supérieures se sont déplacées vers l’ouest. La déclinaison de 21° au sud de l’Allemagne n’a jamais été atteinte, mais on s’en est beaucoup rapproché. Nous concluons volontiers que le fabricant avait construit l’instrument quelques années avant le maximum, en prévision d’une faible augmentation de la déclinaison ; ce cadran solaire daterait donc de 1800 à 1820. Lorsque je constatai, d’une manière aussi évidente, l’époque relativement récente de la fabrication de ce cadran solaire, j’en fus très surpris, car, au premier coup d’œil, son air de vétusté m’avait fait croire à un objet plus ancien; cependant, un examen plus détaillé des figurines et des costumes, et l’état de conservation de certaines parties de l’objet très essentielles et qui n’ont pu être remplacées, viennent à l’appui de cette estimation. Elle n’a pas grande importance, du reste, mais il m’a paru curieux de montrer combien, dans un objet de cette sorte, les moindres détails peuvent devenir des indices pour aider à établir son histoire.
- Ch.-Ed. Guillaume.
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- LA SCIENCE AU THEATRE
- IMITATION DE PHÉNOMÈNES d’hYPNOTISME A LA SALLE ROBERT HOUBIN A PARIS
- Tous les soirs on donne, à la mignonne salle du boulevard des Italiens, à Paris, une grande scène de magnétisme simulé. Ce divertissement, qui obtient un grand succès, a été composé par M. Mé-liès, directeur de l’établissement fondé il y a bien des années par le célèbre prestidigitateur dont il porte le nom encore populaire. Ce spectacle n’est pas sans porter son enseignement, car il montre combien facilement peuvent être simulés les phénomènes les plus surprenants de l’état pathologique.
- Plusieurs scènes sont figurées chaque soir dans ce but.
- M. Harmington, disciple convaincu de Mesmer, demande un sujet, et il en trouve dans la salle. Un jeune artiste, nommé Marius, se présente. M. Harmington lui fait exécuter toute espèce d’extravagances, accompagnées d’un feu roulant de lazzis, rendus plus piquants par l’état de sommeil supposé. Au moment où Marius termine ses exercices les plus extraordinaires, un gendarme fait irruption sur la scène pour faire exécuter les ordonnances récentes relatives à l’hypnotisme. Mais il est lui-même subjugué par M. Harmington et terrassé par les vibrations dont l’encéphale de ce terrible magnétiseur est le centre. Quand le rideau tombe, le représentant de l’autorité se débat contre la catalepsie qui l’envahit.
- Tous les phénomènes de sommeil provoqué sont successivement simulés avec beaucoup de naturel par M. Jules David qui joue le rôle de Marius, dans cette charmante petite pièce.
- A un certain moment, après des passes habilement simulées par le magnétiseur, M. Jules David devient tout d’un coup aussi raide qu’un morceau de bois. Il tombe en pivotant sur ses talons (fig. 1). Si M. Harmington ne se hâtait d’accourir a son aide, il se briserait infailliblement le crâne sur le plancher, mais le magnétiseur se trouve juste derrière lui pour recevoir son sujet dans ses bras. Alors il le soulève et le pose sur deux chaises convenablement espacées comme il le ferait d’une simple planche : sur le siège de l’une, il place l’occiput de son sujet, et sur le siège de l’autre, il fait reposer ses talons. M. Jules David reste alors dans une parfaite immobilité. On ne voit pas un seul de ses muscles broncher, aucun
- mouvement ne trahit chez lui la persistance de la vie. La simulation est complète.
- Afin de mettre le comble à l’étonnement du public, M. Harmington se place triomphalement sur le ventre de M. Jules David. Il soulève lentement ses pieds qu’il tient suspendus en l’air, de manière à bien montrer que c’est uniquement le patient qui le soutient, sans qu’il ait besoin d’autre point d’appui que les deux chaises (fig. 2.)
- Il ne manque pas d’ordinaire de personnes assez naïves pour croire que M. Jules David est réellement endormi d’un sommeil cataleptique dont un des caractères est la rigidité cadavérique.
- Le cou de M. Jules David, étant complètement dégagé de vêtements, il n’est pas possible de supposer que le simulateur de la catalepsie porte un corset
- Fig. 1. — Raideur cataleptique.
- Fig. 2. — Expérience sur le même'sujet.
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- de fer caché sous ses vêtements. Il a accompli un tour de force et d’adresse rendu facile par l’exercice qu’il a donné aux muscles occupant les gouttières de sa colonne vertébrale. Chez les personnes les plus frêles et les moins vigoureuses, cette partie du système musculaire est très développée. En effet, pour que l’homme puisse conserver la station verticale et exécuter une multitude infinie de mouvements dans lesquels la stabilité est compromise, la nature a dû lui donner un nombre considérable d’organes différents.
- Les muscles du dos sont disposés sur plusieurs couches superposées, la colonne vertébrale a été doublement recourbée afin de posséder plus de solidité, enfin des nerfs rachidiens sortent de chaque vertèbre pour régler, suivant les besoins de l'équilibre, la contraction de chaque faisceau musculaire. Ce tour est si aisé que nous avons vu des jeunes gens appartenant à la Ligue d’éducation physique imiter immédiatement M. Jules David, après l’avoir vu opérer une seule fois.
- En faveur de ceux qui voudront l’exécuter, nous ajouterons que M. Jules David prend soin de courber son corps en forme d’arche de pont, de manière que la convexité soit dirigée vers le plafond. M. Har-mington ne manquant pas de se placer au milieu delà ligne qui joint les talons et l’occiput de M. Ju-les David, son poids se trouve partagé en deux, c’est-à-dire en 40 kilogrammes sur chaque point d’appui. Il en résulte que l’effort nécessaire est bien moindre que celui d’un fort de la Halle soulevant sur ses épaules un sac de blé, ou d’un athlète supportant une pyramide humaine. La force de contraction de la fibre musculaire, mise en jeu dans cette expérience, est beaucoup plus grande qu’on ne le croit communément. M. Milne-Edwards cite dans son
- cours de physiologie des faits qui prouvent qu’elle peut dépasser 40 kilogrammes par centimètre carré de section.
- L’expérience de la rigidité cadavérique est suivie par celle de l’insensibilité. M. Jules David se laisse sans sourciller enfoncer un poignard dans le bras, que M. Ilarmington a préalablement cataleptisé
- (fig. 5). Le tour de prestidigitation est exécuté à l’aide d’une lame divisée en deux parties réunies-par un arc de cercle ; ce procédé est bien connu des prestidigitateurs. Mais on pourrait l’exécuter d’une façon réelle.
- En effet, en remplaçant le poignard par une des aiguilles en or employées par les médecins pratiquant l’acupuncture, il serait possible de se passer de la prestidigitation. Dans ces conditions, on peut transpercer le bras d’un individu ; la douleur est supportable, elle consiste dans la sensation d’une piqûre produite au passage de la peau. Quant à la chair musculaire, elle est par elle-même parfaitement insensible. L’aiguille, en prenant les précautions antiseptiques nécessaires, peut impunément traverser les veines et les artères pourvu qu’on ne la laisse pas séjourner assez de temps pour que sa présence détermine la formation d’un caillot de sang coagulé (fig. 4) Nous croyons utile d’ajouter qu’il est nécessaire de faire exécuter l'expérience par un praticien si l’on veut constater sur soi-même un fait physiologique très curieux, et connu depuis la plus haute antiquité. Il est employé depuis plusieurs milliers d’années dans la médecine chinoise, afin de frayer une route aux mauvais esprits qui produisent les maladies. On en fait, depuis quelques années, un usage beaucoup plus sérieux dans la médecine européenne, pour apporter dans l’intérieur de l’organisme des
- Fig. 3. — Le bras perforé.
- Fig. 4. — Un bras traversé par une aiguille métallique. Expérience des Aïssaouas.
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- courants électriques. Dans ce cas, le périmètre de l’aiguille est isolé par une gaine de caoutchouc, et c’est par la poinle que l’électricité se répand dans l’organisme. J’ai fait exécuter, à différentes reprises, ces petites opérations sur moi-même, ce qui me permet d’affirmer d’une façon absolue la vérité des faits que j’articule. Us sont utilisés en xVfrique par les Aïssaouas, qui se percent non seulement le bras, mais les cuisses, les joues, le nez et la langue, afin d’exploiter la erédufité des Arabes au profit du Mahdi. W. de Fonvielle.
- NÉCROLOGIE
- Mougel-Bey. — En 1845, Mehemet-Ali a inauguré la construction d’un grand barrage, destiné à relever de six mètres le plan d’eau du Nil, pendant la saison sèche, et de permettre en tout temps les irrigations du Delta1. Cet immense travail fut conçu et dirigé jusqu’à l’avènement d’Abbas-Pacha, par M. Mougel, ingénieur des ponts et chaussées, né en 1808, et faisant partie d’une promotion de l'École polytechnique. M. Mougel vient de mourir à Paris, à l’àge de quatre-vingt-deux ans, après avoir eu la satisfaction de voir ses plans exécutés d’un façon complète par les Anglais. En effet, immédiatement après la prise de possession de l’Égypte, le gouvernement britannique ordonna la reprise des travaux, abandonnés pendant trente ans, et les ingénieurs de S. M. la reine Victoria prirent les conseils de l’auteur depuis longtemps retiré du service égyptien. C’est aussi à Mougel qu’est dù le tracé du Canal de Suez. Cet éminent ingénieur vivait très retiré à Paris, et presque personne ne se doutait que nous possédions dans nos murs un homme à qui est dù l’un des plus grands travaux hydrauliques du monde, un chef-d’œuvre d’architecture et de génie civil, qui s’il n’efface les monuments laissés par les Pharaons, est digne de figurer à côté d’eux par la grandeur, et aura sur eux l’avantage de transformer d’une façon radicale l’agriculture de l’Égypte. Mougel avait pris une part active à la Révolution de 1850. Il avait servi d’aide de camp au général Lafayetle, ce qui lui a valu la croix de Juillet, il a de plus été décoré de la Légion d’honneur.
- CHRONIQUE
- Les variations de la valeur de l’argent. —
- L’argent, bien qu’il serve de monnaie et d’instrument d’échange concurremment avec l’or, a subi et subit tous les jours des variations de valeur considérable. Ce n’est que par suite d’une convention, résultat de la civilisation même, que nous le considérons comme ayant toujours la même valeur en tant que monnaie; celte valeur de un, de deux, de cinq francs, que nous attribuons dans l’usage journalier à nos pièces françaises, par exemple, n’est absolument que conventionnelle, et a été établie et reconnue pour permettre la création de la monnaie. Tout le système monétaire français repose sur le principe du rapport fictif immuable de l’or à l’argent, rapport qui est toujours con-
- sidéré comme immuablement fixé à
- 15,50
- 1
- • Mais, pour
- nous rendre compte de la variabilité de la valeur absolue
- 1 Voy. n° 702, du 13 novembre 1880, p. 371.
- de l’argent et par conséquent du rapport en question, nous n’avons qu’à jeter un coup d’œil sur un tableau fort intéressant que contient un nouveau livre de notre confrère M. Coste. Pendant la première période qui précède la découverte des gisements argentifères si considérables du Pérou, la valeur d’un kilogramme d’argent fin est de 320fr,99 ; de 1521 à 1540, elle tombe à 506fr,17. Mais c’est à partir de 1545 qu’elle commence à diminuer d’une façon constante ; c’est en effet en cette année qu’un pauvre Indien, simple conducteur de lamas, qui avait déjà travaillé dans les mines, découvrit celles qui devaient devenir si célèbres et qui étaient contenues dans les flancs du pic connu aujourd’hui souE le nom de Potosi, et dont le nom véritable était le Hatun Potocchi; comme pour donner encore plus d’activité à la production argentifère et à la mise en œuvre du minerai qui se présentait en gisements si riches, un mineur de Pachuca, nommé Médina, inventait le procédé de l’amalgamation à froid. Aussi, de 1581 à 1600, la valeur du kilogramme d’argent fin tombait-elle à 291fr,55. De 1621 à 1640, elle n’est plus que de 245fr,68. De 1661 à 1760, elle reste peu variable, autour de 230 francs. A cette époque elle remonte un peu, mais c’est pour redescendre presque aussitôt ; si bien que, de 1841 à 1850, elle est de 217fr,28. Après être restée à 223 francs jusqu’en 1865, en 1875, elle descend à 216 francs, puis à 192 en 1880 et enfin à 185 francs en 1885. Pour compléter et fixer nos idées à ce sujet, nous pourrons faire remarquer que le rapport de la valeur de l’argent à celle de l’or était de 1 à 10,75 en 1501; en 1601, ce rapport devient 1 à 12,25; dès 1661, il est de 1 à 15. Jusqu’en 1875, il ne dépasse point 15,94; mais dès 1880, il atteint 17,88; et enfin, aujourd’hui, il est de 1 à 18,60. On voit que nous sommes loin du rapport fictif sur lequel repose notre système monétaire. D. Bellet.
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- Le papier vert. — On sait que les oculistes sont unanimes à considérer le reflet du papier blanc, surtout lorsque celui-ci est fortement éclairé, comme fatigant pour la vue et ils préconisent l’emploi d’un papier de couleur appropriée. Les reflets verts étant facilement supportés par les yeux, on conseille aux hommes d’étude de les préférer à tout autre (tentures, rideaux, abat-jour verts); par suite emploi du papier vert pour écrire, comme a l’habitude de le faire l’un de nos écrivains les plus féconds, M. Claretie, de l’Académie française. Ce papier a cependant un inconvénient, c’est de faire paraître l’écriture rougeâtre et peu distincte quand on a à se relire. Les papiers jaunes font admirablement ressortir l’écriture et ont des reflets plus doux que ceux du papier blanc. Plusieurs mathématiciens, notamment l’amiral Jonquière, font usage de papier jaune, lorsqu’ils ont à effectuer des calculs longs et compliqués. Les autres couleurs, bleu, rouge, violet, ne donnent pas de bons résultats. Entre toutes les teintes il en est une que préconise M. P. Guyot dans sa Revue de la Presse, et qui, tout en étant favorable à la vue, laisse bien ressortir l’écriture et a l’avantage de ne pas occasionner une augmentation dans le prix du papier : c’est la teinte bulle et principalement celle désignée dans les étoffes sous le nom de teinte mastic. Le papier de cette nuance doit être préféré au papier vert. •>
- L'origine des noms propres. — On est souvent surpris de rencontrer des noms géographiques très bizarres dont l’origine reste obscure. Mais on va voir comment ces noms se trouvent parfois défigurés dans des documents qui ne sont généralement pas suspects. Notre savant colla-
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- LA NATUKE.
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- boraleur M. le colonel de Rochas a signalé récemment, dans un intéressant opuscule sur V Utilité d'un dictionnaire topographique, les étranges traductions de certains noms de lieu dauphinois sur notre carte de l’état-major. C’est ainsi que les ingénieurs ont transformé, aux Baux, le Beaubeissa (rocher penché) en Bobèche; que du village des Milaures (mille vents), dans la vallée de Bardo-nesche, ils ont fait les Mylors; que Y A rénié (carrière de sable), près le fort Barrault, est devenu Y Araignée; que le Champ de la Liéura (du lièvre), commune du Sappev, a été écrit le Chandelor. Le même auteur, dans ses Premiers essais d'un glossaire topographique pour les Alpes (dans la Bevue de géographie) mentionne bien d’autres défigurations de noms propres, comme : le col de la Bufe (de la tempête) qui devient le col du Buffle; YAbéurou (l’abreuvoir) dont on fait YAbbé heureux; les Toumbles (les fondrières), qui s’écrivent les Temples; la Laye (le lac) qui est dénommé Y Allée; enfin — pour la bonne bouche — le Jas de Guigou qu’on a métamorphosé en le Jus de Gigot ! ! ! M. de Rochas ne se borne pas à signaler l’ignorance des traducteurs officiels. Il demande que partout on s’attache à rectifier ces erreurs étymologiques ; il invite chaque félibre à relever, sur le cadastre de sa commune, tous les lieux dits et à signaler à l’administration de la guerre toutes les incorrections de la carte de l’état-major. Voilà en effet une besogne utile à recommander et à encourager dans toutes nos régions.
- Le Chien comestible chinois. — Le Chien comestible chinois commence à se répandre en Angleterre où on le voit souvent figurer dans les expositions, mais les premiers individus introduits étaient généralement de couleur roussàtre, tandis que le noir domine actuellement. Les principaux caractères de ces animaux, qui se rapprochent beaucoup des métis poménariens, sont : un front large, un museau assez pointu, moins cependant que celui du poméranien, des oreilles courtes et arrondies, bien dressées vers l’avant, des yeux petits et noirs, un corps court et massif, des jarrets droits, le poil rude, dense et serré, la queue bien recourbée. Comme pelage on distingue deux variétés : une à poils longs, c’est la variété la plus estimée et celle qui se rencontre le plus fréquemment ; l’autre, plus rare mais moins appréciée, a un pelage court, analogue à une véritable fourrure. La caractéristique principale de cette race est la couleur de la langue. Cet organe doit être, en effet, d-un noir bleuâtre, qui n’a été constaté jusqu’ici chez aucune autre race canine. Rouge chez les tout jeunes animaux, elle se fonce progressivement au bout d’une semaine environ, la teinte noire gagnant peu à peu toute sa surface. On trouve souvent dans une meme portée des Chiens chinois ayant la langue entièrement noire, d’autres chez lesquels elle ne l’est que partiellement, d’autres enfin qui l’ont absolument rouge. Le prince de Galles possédait, paraît-il, un de ces animaux à langue rouge qui, malgré ce défaut de performance, remporta de nombreux prix dans les expositions.
- La constitution de la terre. — Voici quelle est la curieuse expérience réalisée par le grand physicien anglais, sir William Thomson, sur la constitution de notre planète, et les conséquences qu’il croit pouvoir en déduire. — Sir William Thomson suspend par des fils d’acier deux œufs, dont l’un est cru et l’autre cuit, et, les prenant entre ses doigts, il leur imprime un léger mouvement de rotation autour de leur grand axe. L’œuf cuit se comporte comme un corps solide quelconque : sa
- rotation se continue pendant un temps assez long ; au contraire le mouvement de l’œuf cru cesse bientôt; cette différence tient à ce que, pour l’œuf cru, la coquille seule a été mise en mouvement, et que, dans sa rotation, elle est soumise au frottement de la matière même de l’œuf, frottement qui tend à la ramener au repos. Il conclut de cette expérience que la terre ne peut pas être formée d’une mince croûte solide entourant un noyau liquide ou pâteux ; cette constitution serait incompatible, en particulier, avec le mouvement de l’axe terrestre qui correspond au phénomène de la précession des équinoxes. E. Piiilippi.
- Comment le monde apparait aux animaux inférieurs. — Outre les organes de l’ouïe, du toucher et de l’odorat, sir John Lubbock remarque sur les antennes des insectes des organes qui semblent affectés à des sens que nous ne connaissons pas. Des expériences faites sur certains crustacés d’eau douce montrent qu’ils sont sensibles à des sons correspondant à plus de 40 000 vibrations par seconde, sons que nous ne pouvons entendre, et aux rayons ultra-violets, que nous ne pouvons percevoir. Or, tous les rayons que nous pouvons percevoir nous apparaissent avec des couleurs déterminées ; il doit en être de même pour ces animaux ; de sorte qu’il est probable qu’ils voient des couleurs qui nous sont inconnues et qui diffèrent autant de celles auxquelles nous sommes habitués que le rouge diffère du jaune, ou le vert du violet. Il en résulterait que la lumière naturelle, qui nous semble blanche, leur paraîtrait colorée, et que l’aspect de la nature serait pour eux tout différent de ce qu’il est pour nous. Il est donc possible que pour certains animaux la nature soit pleine de sons, de couleurs et de sensations dont nous n’avons aucune notion. E. Pmnrpi.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 8 décembre 1890. —Présidence de M. Docharire
- La quadrature du cercle. — La séance ouverte à 3 heures un quart a été levée à 3 heures trois quarts, l’Académie se formant en un comité secret qui, d’après ce qu’a bien voulu en dire M. le président, doit être très chargé et conséquemment très long. La correspondance a été dépouillée en un instant par M. le secrétaire perpétuel, et les membres inscrits pour des présentations ont été* invités à se borner à en faire un simple dépôt sans commentaire. C’est dire que notre mission sera cette fois vite remplie. — La pièce de résistance a été une exposition, par M. Sylvester, illustre correspondant anglais de l’Académie, d’un ensemble de recherches dont la conclusion est de fournir, pour la première fois, la démonstration que la quadrature du cercle est impossible. On sera peut-être étonné d’apprendre que cette démonstration était encore à faire et, pour notre part, nous la croyions acquise depuis bien longtemps. Mais il paraît qu’elle n’était pas suffisante et M. Sylvester vient de lui apporter ses derniers perfectionnements. Nos lecteurs n’attendent pas que nous suivions l’auteur dans le détail de ses raisonnements et nous ne cacherons pas que nous avons jugé inutile d’essayer de le comprendre. Bornons-nous à constater que ce géomètre a fait mentir à la fois la réputation d’aridité faite au mathématicien et celle de flegme impassible faite aux Anglais. C’est, en effet, dans un langage des plus colorés, avec les gestes les plus expressifs et la chaleur la plus sincère qu’il a poursuivi la chaîne de sa démonstration,
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- LA NATURE.
- dont les gens compétents sont ensuite venus le féliciter.
- Molybdénite artificielle. — En soumettant à la température du rouge, dans un creuset de terre, un mélange de 2 parties de molybdate d’ammoniaque et 1 partie de fleurs de soufre, j’ai obtenu le sulfure de molybdène avec toutes les propriétés que ce minéral présente dans ses gisements naturels. Il est même incomparablement mieux cristallisé et laisse voir à la loupe des prismes à six pans, pvramidés et présentant parfois des troncatures sur les arêtes latérales. La couleur, l’onctuosité, la densité et la composition sont celles de la molybdénite.
- Varia. — M. Ranvier dépose une Note sur un sujet qui nous échappe. — Un auteur propose un mode écono-
- mique de construction d’un pont sur la Manche, mais ne dit pas en quoi consiste son système. — On annonce une souscription pour élever dans le Gard une statue au général Perrier. — M. Yezinsky, professeur à Saint-Pétersbourg, étudie l’inhibition produite par l’acide carbonique. — Une méthode propre à l’étude de la compressibilité est décrite par M. Amagat. — Un travail de thermochimie sur les alcalis végétaux est déposé par M. Berthelot. — D’après M. Balan, les extraits de viande attaquent parfois les boîtes dans lesquelles on les conserve et en acquièrent des propriétés fâcheuses. — M. Deperret étudie l’âge des sables et des argiles du sud-est de la France.
- Stanislas Meunier.
- Le profil de Sésostris, sur la plage de Viiitimille, Italie. (Fac-similé d’une photographie de M J. Jackson.)
- ROCHES A FORMES ANIMÉES
- Depuis le dernier article que nous avons publié sous ce titre1, l’obligeance de nos lecteurs nous a valu un assez grand nombre de nouveaux documents sur les pierres figurées, et nous aurons à faire passer sous les yeux de nos lecteurs quelques autres curiosités de ce genre qui compléteront la série de celles que nous avons antérieurement décrites. Il nous est impossible d’insérer toutes les communications qui nous ont été adressées; nous ferons un choix parmi les plus curieuses. Nous commencerons aujourd’hui à reproduire une belle photographie qui nous a été envoyée d’Italie par notre
- collaborateur et ami M. James Jackson, bibliothécaire archiviste de la Société de géographie. Elle représente une pierre célèbre dans les environs de Vintimille (Italie) : elle est désignée sous le nom de profil de Sésostris, à cause de l’analogie qu’elle présente avec le profil d’une sculpture égyptienne. Le profil est assez bien figuré, mais la tète est absolument hors de proportion. Ce rocher de poudingue a environ 18 mètres de hauteur; il a été découpé par les eaux de la mer, et produit un spectacle très caractéristique sur la belle et chaude plage de Vintimille.
- — A suivre. — G. T.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Yoy. n° 898, du 10 août 1899, p. 108.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N” 91 G. — 20 DÉCEMBRE 1890.
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- LA NATURE.
- LES DANGERS DE L’ÉLECTRICITÉ
- l’accident DE NANCY
- La ville de Nancy possède depuis déjà plusieurs années une distribution d’énergie électrique par courants alternatifs système Ferranti. On sait que ce système, qui permet d’effectuer la distribution 'a des distances assez considérables, peut offrir de graves dangers, si toutes les précautions relatives à l’isolement des appareils, et surtout de la canalisation, n’ont pas été prises. Nous en avons déjà eu la preuve, il y a deux ans, à Nancy même; un ouvrier
- attaché aux travaux des installations intérieures était tué net par le courant, à l’hôtel Dombasle. Un nouvel accident est survenu récemment : le dimanche 25 novembre 1890, à deux heures de l’après-midi, M. Gomien, maréchal des logis de dragons, en garnison à Nancy, revenait de faire une promenade à cheval. Il était accompagné par un soldat, ordonnance de son père, également monté sur un cheval et en conduisant un second par la bride.
- M. Gomien descendait la rue du faubourg Saint-Jean, lorsque arrivé près de la porte Stanislas, le cheval conduit en main par l’ordonnance, passant sur la plaque de la canalisation, fit un brusque
- Fig. 1. — Un cheval tué par l’électricité devant la porte Stanislas, à Nancy, le 23 uovembre 1890.
- mouvement et tomba raide mort sur le sol. Celui de l’ordonnance qui n’avait mis qu’un pied sur la plaque avait simplement fait un écart, renversant son cavalier. Nous reproduisons cette scène par la gravure ci-dessus (fig. 1) exécutée d’après une photographie de M. A. Bergeret, notre correspondant de Nancy, sur laquelle notre dessinateur, M. C. Gilbert a groupé les personnages au moment du drame.
- L accident, comme on le voit, a une grande gravité, et il convient d’examiner les causes qui ont pu le déterminer, d’autant plus que nous sommes exposés dans peu de temps à voir s’étendre les applications du même système de distribution électrique.
- La distribution d’énergie électrique par courants alternatifs, comme il a été bien souvent expliqué dans La Nature, comporte l’emploi de grandes différences de potentiel, de hautes tensionsqui sont des plus
- 19e année. — 1er semestre.
- dangereuses. La canalisation, dans ce système, est difficile. 11 faut en effet non seulement des câbles d’un isolement très parfait, mais il faut encore des prises de branchement et des dérivations soignées. Dans certains cas également, pour éviter des inductions nuisibles sur les lignes téléphoniques et télégraphiques, on impose l’emploi de câbles concentriques, c’est-à-dire à deux conducteurs, l’un central et l’autre périphérique, séparés par des isolants. Le câble de Nancy appartient justement à ce dernier système; il a été fabriqué il y a quelques années en partie, et renferme du jute pour séparer les deux circuits; Get isolant, bien qu’ayant certaines qualités, laisse néanmoins beaucoup à désirer ; aussi a-t-on dû dans la suite reprendre des câbles isolés au caoutchouc. Mais il n’en est pas moins vrai qu’une partie du câble précédent est restée, et constituait uné
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- LA NATURE.
- très mauvaise canalisation. Nous avons donc une ligne en mauvais élat d’isolement d’une part, et le fait n’est ; pas seulement supposé; il a été constaté expérimentalement par plusieurs électriciens appelés à exécuter des travaux sur le réseau, électriciens que nous avons consultés.
- Il faut de plus remarquer que le câble est établi directement en terre, sous les rues, et qu'alors il ne saurait exister, semble-t-il, de meilleure communication entre la terre et l’armature extérieure du cable.
- Considérons maintenant les prises de branchement et de dérivations sur les câbles principaux. Il s’agit de venir joindre sur ces derniers deux autres câbles destinés à desservir des abonnés; le cas se présente fréquemment au détour des rues. On dénude d’abord les câbles, c’est-'a-dire qu’on enlève tous leurs isolants, puis on relie les autres câbles sur ceux-là, soit au moyen d’épissures, soit au moyen de pinces particulières.
- Le tout est ensuite plongé dans une boîte en fonte, appelée boite de jonction (fig. 2), dans laquelle on
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- Regard
- en fonte
- Fig. 2. — Regard en foute pour la distribution de l’électricité à Nancy. — 1. Coupe. — 2. Plan de la boîte de jonction; liaison des câbles.
- coule du brai. La boîte de jonction communique avec la chaussée à l’aide d’une trappe que l’on peut facilement ouvrir à volonté. On peut dès lors comprendre l’accident signalé plus haut. Pour une raison ou pour une autre, un des câbles a été en contact avec'Ia fonte de la boite de jonction. Et, bien que cette dernière semblât en communication directe avec la terre, elle a été portée à un haut potentiel. De la sorte, le cheval en passant sur la plaque a reçu les 2400 volts, et est tombé foudroyé. On peut encore admettre que le bâti en fonte du regard, en mauvaise communication avec la terre, a été en contact avec l’armature extérieure du câble, et que la trappe a été chargée comme un condensateur. Le cheval aurait alors reçu une décharge électrostatique. Cette dernière explication est également fort plausible ; on sait, du reste, que l’on peut obtenir de fortes étincelles entre la terre et une armature métallique entourant un câble traversé par de hauts potentiels: nous avons souvent vérifié le fait expérimentalement. Pour éviter tout accident de ce genre, il suffit d’établir une bonne terre sur l’armature extérieure.
- L’accident, dont il est question, mérite de fixer sérieusement l’attention des électriciens et même des autorités. Nous apprenons d’ailleurs que la
- Compagnie nancéienne d'électricité tenant à s’entourer de toutes les garanties possibles, va consulter l’un de nos savants les plus compétents, M. Mascart, de l’Institut, professeur au Collège de France.
- Les courants alternatifs à haute tension, pour posséder de grandes qualités au point de vue de la distribution d’énergie électrique, n’en offrent pas moins de graves inconvénients et de sérieux dangers. Leur emploi tend à se généraliser de plus en plus; nous avons plusieurs stations centrales dans les villes de France, à Tours, Troyes, Nancy, etc. ; à Paris, nous avons également deux usines, au Palais-Royal et aux Halles centrales. Il importe donc dès à présent de prendre des mesures sérieuses pour éviter le retour de pareils faits. Il y va non seulement de la sécurité de tous, mais encore de l’avenir des applications électriques.
- J. Laffargüe.
- LA LONGÉVITÉ DES ANIMAUX
- Quel est le maximum de longévité des animaux? Il a été constaté que les herbivores, ceux surtout qui sont astreints au travail, vivent généralement plus longtemps que les carnivores. C’est ainsi qu’un âne âgé de 106 ans est mort il y a quelques années à Cromarty (Amérique) ; il appartenait à la même famille depuis 1779. On cite plusieurs chevaux qui sont arrivés à 40 ou 50 ans et même plus; un cheval de halage mourut à Warrington âgé de 62 ans; un autre cheval, mort à New-York âgé de 38 ans, travailla presque jusqu’à son dernier moment. Une mule atteignit, à Philadelphie, l’âge déjà respectable de 42 ans ; une autre mule nommée Puss, âgée de 40 à 45 ans, travaille encore à Meacon, près de San-Francisco; Des vaches sont mortes de 20 à 25 ans. ,Une brebis née en 1829, à Kalinowitz, resta féconde pendant 20 ans et mourut en 1850. Quant aux carnivores, une chienne épagneule vient de mourir en Amérique, âgée de 28 ans, et on cite un chat qui atteignit l’âge de 22 ans et 2 mois.
- LE RÉSEAU MÉTROPOLITAIN
- DE PARIS
- On sait que la Compagnie du chemin de fer du Nord a présenté, il y a quelques mois, au Ministre des travaux publics, un projet de prolongement de sa ligne de pénétration dans Paris jusqu’aux Halles d’un côté, et de l’autre jusqu’à la rue Halévy, aussi bien que celui d’une ligne de jonction entre sa eare terminus et le chemin de fer de Ceinture. En
- O
- même temps, la Société des anciens établissements Eiffel soumettait à l’examen de l’Administration supérieure le projet d’une artère centrale tantôt en souterrain, tantôt en viaduc, qui reliait entre elles les gares terminus des grandes Compagnies. Ces deux projets ont été renvoyés à des Commissions d’enquête qui, après avoir pris l’avis de la Direction des travaux de Paris, se sont efforcées de les coordonner et d’arriver ainsi à la constitution d’un premier réseau métropolitain. L’éminent directeur des travaux de Paris, M. Alphand, a adressé à ce sujet
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- LA NATURE.
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- au Conseil municipal une Note recommandant l’adoption des projets ainsi modifiés de manière à répondre aux besoins les plus urgents de la circulation parisienne. Le moment nous paraît donc venu d’exposer brièvement à nos lecteurs les conditions générales du tracé et de l’exploitation du réseau proposé aux Pouvoirs publics.
- Le caractère distinctif des projets soumis aux enquêtes, par rapport à tous ceux qui ont été élaborés jusqu’à ce jour aussi bien par l’Administration supérieure (Projets Demôle et Baïhaut) que par d’autres ingénieurs, est que l’un et l’autre ne demandent ni subvention, ni garantie d’intérêts. Par contre, ils se bornent à desservir seulement les lignes de communication les plus chargées, et celles qui commandent l’approvisionnement de la capitale, c’est-à-dire celles dont l’exploitation paraît devoir être rémunératrice pour les capitaux engagés. Ce choix s’imposait tout naturellement aux promoteurs, mais il est aisé de voir par l’examen du tracé ci-joint (p. 56), que l’amorce ainsi réalisée dans l’attente d’un réseau complet suffit amplement pour les besoins actuels.
- Un réseau métropolitain doit remplir à Paris certaines conditions primordiales : 1° transporter les voyageurs suivant les directions générales de la circulation, qui sont orientées, l’une de l’ouest à l’est, c’est-à-dire parallèlement à la Seine, l’autre du nord au sud, soit perpendiculairement à la première; 2° relier la périphérie au centre; 3° relier entre elles les gares terminus des grandes Compagnies; 4° desservir les Halles centrales.
- M. Alpliand, faisant ressortir tout le parti qu’on tire déjà du chemin de fer de Ceinture, l’a comparé, d’une manière aussi juste que saisissante, à la jante d’une roue dont les lignes de pénétration des Compagnies seraient les rayons; mais comme leurs gares d’arrivée sont, à la fois, éloignées du centre et distantes les unes des autres, il a conclu qu’elles devaient être réunies par une voie intérieure.
- Il convient d’examiner maintenant l'ensemble des tracés modifiés par les Commissions d’enquête sur l’avis des ingénieurs de la ville de Paris, et acceptés par les demandeurs, pour se rendre compte s’ils satisfont dans une mesure convenable, sinon complète, aux conditions énoncées plus haut.
- Prenons d’abord l’artère centrale : elle commence à la place de la Concorde, suit la ligne des boulevards jusqu’à la place de la République, prend le boulevard Yoltaire, le boulevard Richard-Lenoir jusqu’à la place de la Bastille où elle se raccorde à la ligne de Yincennes, suit la rue de Lyon, pour se relier à la gare de Lyon. Elle se divise ensuite en deux branches; l’une, qui reste sur la rive droite et après avoir longé les quais, emprunte la rue de Rivoli pour revenir au point de départ, la place de la Concorde, de manière à constituer un circuit fermé ; l’autre, qui traverse la Seine en amont du pont d’Austerlitz, touche à la gare d’Orléans et se raccorde, rail à rail, à ses voies, puis continue par le
- boulevard Saint Germain jusqu’au square Cluny où elle se soude au prolongement de la ligne de Sceaux, que la Compagnie d’Orléans s’est engagée à exécuter.
- L’artère centrale détache, à la hauteur du square de la tour Saint-Jacques, un branchement qui la relie sous les Halles centrales à l’une des lignes de pénétration de la Compagnie du chemin de fer du Nord ; et à la Madeleine, une ligne de raccordement avec la gare Saint-Lazare par la rue Pasquier ou la rue de l’Arcade.
- La Compagnie du Nord relie d’abord sa gare terminus avec la ligne de Ceinture, entre le pont Mar-. cadet et celui du boulevard de la Chapelle, puis atteint la croisée du boulevard Magenta et de la rue Lafayctte. Là, le tronc commun se divise en deux branches : l’une, rejoignant l’artère centrale devant l’Opéra, en passant par les rues Lafayetteet Ilalévy; l’autre, aboutissant à la pointe Saint-Eustache (Halles) par les boulevards de Magenta, de Strasbourg, de Sébastopol et la rue Turbigo.
- Cette dernière serait raccordée par une boucle à la gare de Strasbourg.
- L’artère centrale serait souterraine sur les 2/3 de son parcours qui est d’environ 16 kilomètres : sur la portion restante du tracé, c’est-à-dire de la station de la rue Oberkampf à celle du pont Sully d’un côté, et de la gare de Lyon à la station de la Halle aux vins, de l’autre, elle serait portée par un viaduc métallique.
- Les prolongements de la ligne du Nord seraient entièrement souterrains. Leurs longueurs respectives sont de 2590 mètres pour celui des Halles, et de 2110 mètres pour celui de l’Opéra. La dépense est évaluée à 100 millions pour l’artère centrale et ses prolongements, et à 25 millions pour les lignes de la Compagnie du Nord.
- L’ensemble du tracé nous paraît répondre suffisamment aux quatre conditions générales indiquées ci-dessus. L’artère centrale dessert en effet deux des lignes principales de circulation Ouest-Est, les grands boulevards et la rue de Rivoli, et l'une des lignes Nord-Sud, qui est de beaucoup la plus importante, celle des boulevards Sébastopol et Saint-Michel. Toutes les grandes gares de pénétration sont reliées entre elles sauf celle de Montparnasse et du Champ de Mars. Au sujet de cette dernière, la Société des établissements Eiffel a demandé à titre éventuel la concession, avec garantie d’intérêts, d’une voie qui la relierait au square Cluny par le boulevard Saint-Germain, quand la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest aura obtenu le prolongement de la ligne des Moulineaux jusqu’à l’Esplanade des Invalides. Cette voie traverserait ensuite la Seine près de l’ile des Cygnes, passerait au Troeadéro, à l’Étoile et irait rejoindre, par les boulevards extérieurs, la gare Saint-Lazare et la gare du Nord.
- Pour le moment, les boulevards extérieurs, sur les deux rives, trouvent à peu près, dans les moyens de locomotion existants (tramways sud et trains-
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- LA NATURE.
- tramways de la Compagnie des omnibus), les services nécessaires à leurs besoins. L’exécution de la ligne demandée à titre éventuel n’est donc pas indispensable à bref délai.
- L’approvisionnement des Halles centrales est assuré par la ligne de pénétration de la Compagnie du Nord, et son raccordement à l’artère centrale.
- Il reste à examiner si, avec le tracé proposé, la périphérie est suffisamment reliée au centre de l’agglomération parisienne. Le plan ci-joint montre qu’il réalise déjà quatre des « rayons » principaux, celui
- de Saint-Lazare, les deux de la gare du Nord, et celui de la ligne de Sceaux. Mais de plus, quelques-uns des autres rayons sont dès maintenant suffisamment desservis, ou ne tarderont pas à l'être. Tels sont ceux de Belleville et de Montmartre qui seront l’un et l’autre mis en communication avec l’artère centrale à bref délai par des tramways à traction funiculaire.
- On peut donc estimer que si l’ensemble des projets soumis actuellement aux Pouvoirs publics ne satisfait pas à tous les désidérata de la circulation
- Plan du réseau métropolitain de Paris.
- parisienne, ils répondent au moins aux besoins qui présentent un caractère d’urgence indéniable.
- Nous croyons d’ailleurs inutile, au point de vue de l’appréciation de ce tracé, de renouveler la discussion épuisée des mérites et des défauts comparatifs du xiaduc et du tunnel. La configuration du sol parisien oblige en effet à employer alternativement les deux solutions, de manière à réaliser un profil aussi économique que possible au point de vue de la construction et de l’exploitation. Mais, en outre, l’impossibilité manifeste de déshonorer les voies et les places les plus élégantes ou de détruire les perspectives les plus pittoresques de Paris par des ouvrages métalliques, dont l’aspect ne peut être que
- malencontreux, conduit à réserver la solution aérienne pour les seuls emplacements où le point de vue esthétique n’entre pas en jeu.
- Dans un prochain article, nous examinerons les projets au point de vue de l’exploitation, c’est-à-dire la manière dont sont résolues les questions de traction et de ventilation, et nous indiquerons sommairement les procédés de construction et les plans de campagne prévus par les promoteurs pour réduire au minimum possible les sujétions et les entraves pendant la période de construction.
- — A ni vie. — G. RlCHOÜ,
- Ingénieur des arts et manufactures.
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- LES BAGUETTES DE NAPIER
- Fig. 1. — Les baguettes des multiplications et des divisions de M. Joseph Blater.
- L’écriture, disaient les Égyptiens, a supprincé la mémoire, et celui qui l’inventa fut un malfaiteur ; modifiant un peu cette proposition, on peut affirmer que, depuis l’apparition des machines à calculer, le nombre relatif des excellents calculateurs a diminué, car on n’acquiert plus un exercice dont on n’a que faire ; c’est la critique générale que l’on peut adresser à toute invention qui facilite un travail, et nous l’avons rappelée pour mettre d’avance en bonne compagnie le petit instrument dont nous allons parler. Les baguettes de Napier'
- (Napier rods ou Napier bones)
- sont dues à l’illustre mathématicien qui découvrit les logarithmes et dont, à son époque, une invention fit tomber l’autre dans l’oubli; sous leur forme originale, ainsi que nous l’apprend M. A.
- Steinhauser, elles ressemblaient beaucoup au filet attribué à l’Arabe Bell a Eddin (xvie siècle), et, après une modification, elles revenaient, en principe, au filet à calcul des Persans. M. Joseph Blater, de Vienne, les a perfectionnées sensiblement et vient de les publier sous le titre : Table simplificalive des multiplications et divisions (fig. 1) ; c’est seulement sous cette forme que nous les décrivons.
- Le principe en est le suivant : une petite baguette rectangulaire porte, du haut en bas, un chiffre et ses multiples de 2 à 9, disposés de telle sorte que les deux chiffres du multiple se trouvent de part et d’autre d’une diagonale, comme le montre l’exemple ci-contre (fig. 2), pour les baguettes 9, 5,
- 3, 4, 2. A droite et au-dessus, le second chiffre, à gauche et au-dessous, le premier, qui est en même temps la retenue. Les diagonales guident le regard et font paraître la retenue en face du chiffre auquel elle doit être additionnée. De cette manière, en assemblant côte à côte les baguettes mentionnées ci-dessus, nous aurons immédiatement les produits de 95342 par les
- Fig. ?. — Schéma explicatif.
- nombres de 1 à 9, car nous additionnerons d’un coup d’œil les deux lignes placées en regard de chaque chiffre de l’index. Un peu de pratique du calcul permet, dans ce cas, d’écrire le produit de gauche
- à droite, car, tout en faisant une somme de deux chiffres entre leurs diagonales, on voit si la suivante donne une retenue (qui ne peut dépasser 1) ou si elle n’en donne pas.
- Les baguettes peuvent aussi faciliter la division ; on les classe alors de telle sorte qu’elles donnent les multiples du diviseur, c’est-à-dire les produits partiels par les chiffres successifs du quotient.
- Enfin, dans bien des cas, on peut multiplier d’un seul coup par deux chiffres du multiplicateur, et on le fera toujours pour des nombres contenant deux chiffres dont le second est d’une unité plus petit que le premier.
- Les baguettes de Napier étaient plates et ne portaient que les produits d’un chiffre. M. Blater les a utilement modifiées en prenant des baguettes rectangulaires divisées en trois séries; les premières portent les multiples de 0 et 1 ; les suivantes, ceux de 2, 4,6,8; enfin, les dernières, ceux de 3, 5, 7, 9. Rien n’est plus facile qûe de confectionner ces baguettes ; cependant, si l’on veut qu’elles rendent de bons services, il est nécessaire de les faire toutes exactement de même grandeur sur toutes leurs faces; nous croyons donner une utile indication aux personnes qui feraient, pour leur usage, un jeu de baguettes, en leur conseillant de donner des teintes différentes aux trois séries; par exemple, blanc, rosé et bleuté.
- Mais, dira-t-on, quelque ingénieux que soit ce petit appareil, est-il d’une réelle utilité? Nous avouerons que nous en avons douté, et c’est après l’avoir essayé pour notre propre usage, que nous avons cru ne pas abuser du temps de nos lecteurs en leur en disant quelques mots. Nos expériences
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- LA NATURE.
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- ont été très concluantes; avec très peu d’exercice, nous sommes arrivé à faire, dans le même temps qu’à la plume ou par les logarithmes, des multiplications de cinq chiffres par cinq chilfres. Avec six chiffres, nous avons gagné environ un cinquième du- temps. Il faut remarquer, du reste, que c’est l’arrangement des baguettes qui est le plus fastidieux; mais il entre d’autant moins en ligne de compte que l’opération est plus longue; enfin, pour les opérations qui se répètent, l’arrangement des baguettes ne compte plus. De toutes façons, on évite _ beaucoup de fatigue, puisque toutes les additions se font, pour ainsi dire, avec les yeüx seulement.
- Ch.-Ed. Guillaume.
- LES RICHESSES DU MONDE SOUTERRAIN
- Toutes les questions relatives au monde souterrain des mines, où nous cherchons le combustible minéral et les métaux, prennent chaque jour plus d’importance. Si l’on veut s’en convaincre, on n’a qu’à réfléchir à la production croissante des mines; M. Couriot, dans une conférence des plus intéressantes qu’il a faite pendant l’Exposition universelle et qu’il a depuis fait imprimer, évalue à plus de 9 milliards la valeur des produits qui sortent actuellement des mines, dans le monde entier, pendant l’espace d’une année. L’or et l’argent ne tiennent pas la plus grande place dans ce chiffre total ; ces métaux précieux ne représentent que le septième environ de ce que l’homme arrache tous les ans à la terre ; la plus grosse part appartient à la houille, qui figure pour trois milliards et demi environ ; puis vient le fer, qui entre dans le total pour un peu plus d’un milliard et demi. Le charbon donne à l’humanité un revenu trois fois plus grand que celui qu’elle tire de toutes les mines d’argent et d’or réunies. Et, dans ce colossal revenu donné par le charbon, la Grande-Bretagne a la part du lion; elle tire actuellement de ses mines de houille pour plus d’un milliard de francs, et elle en vend au monde entier pour 250 millions de francs.
- En présence de ces chiffres, on peut se demander comment l’avenir verra se modifier les conditions de la puissance financière et commerciale, si intimement liées à l’existence des richesses souterraines. Ici, ces richesses s’épuiseront, là elles se multiplieront et s'étendront; la superficie des bassins houillers anglais est estimée à 33 000 kilomètres carrés; les États-Unis ont une superficie houillère de 490 700 kilomètres carrés; à eux seuls ils ont une richesse virtuelle supérieure à celle de tous les autres pays réunis. Après l’Angleterre, vient l’Allemagne comme étendue de terrain houiller (51 000 kilomètres carrés), la Russie (28 300 kilomètres carrés); la France suit la Russie avec ses 5581 kilomètres carrés et est suivie elle-même par l’Autriche-llongrie.
- Ces chiffres, bien entendu, ont quelque chose d’approximatif; il ne faut pas oublier, non plus, qu’à la richesse houillère d’un pays il faut ajouter celle de ses colonies; et,r sous ce rapport, la France trouvera peut-être un jour 'dans l’Indo-Chinede quoi se rémunérer de grand s sacrifices.
- M; Couriot évalue la production d’or du globe, en 1888, à 549 500 000 francs. D’après des renseignements anglais, la production de l’or en 1889 a été de 20 à 21 millions de livres sterling. La plus grande production est toujours celle des mines de la Californie, de la Colombie, des États-Unis du Nord et du Mexique; dans l’Amérique du Sud, celle du Brésil, du Vénézueln et de la Répu-
- blique argentine. Viennent ensuite le Canada, l’Australie et les Indes, qui figurent en 1889 pour 150 000 livres sterling.
- Le Transvaal prend une importance chaque jour croissante ; en 1880, l’exportation d'or était, dans l’Afrique australe, de 69 545-livres sterling; en 1887, elle monte à 153 554 livres; en 1888, à 255 970 livres; on estime qu’en 1889 elle a été de 750 000 livres. Il y a, en ce moment, un ralentissement, mais le relèvement ne tardera sans doute pas à se produire.
- Partout on fait de grands efforts pour donner la sécurité à l’exploitation des mines; ces efforts n’ont pas été stériles. Si l’on rapporte, avec M. Couriot, le total des ouvriers tués par accident à la production annuelle, on constate qu’en France, en 1804, il y a vingt-cinq ans, il y avait un ouvrier tué pour 00 444 tonnes de charbon extraites, et qu’en 1888 la mort d’un ouvrier correspond à une production de 122 000 tonnes, c’est-à-dire à une extraction double. On a donc, en réalité, économisé une vie humaine par 122 000 tonnes tirées des houillères.
- LE GAZ DE L’ÉCLAIRAGE A PARIS
- On sait qu’aux termes du traité intervenu le 7 février 1870 entre la Ville de Paris et la Compagnie parisienne d’éclairage et de chauffage par le gaz, une Commission est désignée tous les cinq ans par M. le Ministre de l’intérieur dans le but d’examiner les procédés de fabrication des gaz, étrangers au système employé par la Compagnie, qui seraient jugés de nature à constituer un progrès et à indiquer ceux des perfectionnements ou celles des inventions qui lui paraîtraient pouvoir recevoir une application industrielle et manufacturière. A titre consultatif, et jusqu’à décision du Conseil d’État, les investigations de la Commission doivent s’étendre aux procédés non étrangers au système de fabrication de la Compagnie, c’est-à-dire aux procédés employés par la Compagnie pén-dant la dernière période quinquennale, qui seraient jugés de nature à constituer un progrès, et, par conséquent, indiquer les perfectionnements susceptibles d’amener un abaissement notable du prix de revient, appliqués par la Compagnie du gaz pendant la dernière période quinquennale (1885-1890).
- Cette Commission, nommée le 51 janvier 1890, et composée de M. Bochet, président, M. Potier, vice-président, MM. Lippmartn, de Luynes et Vieille, membres, M. Cornuault, secrétaire, vient de déposer son rapport.
- Ce rapport, de 100 pages in-4% est un exposé très complet de tous les travaux et de toutes les recherches faites depuis cinq années en France et à l’étranger pour améliorer la fabrication du gaz au point de vue de ses qualités et de son prix de revient, et il sera lu avec fruit par tous ceux qui s’intéressent à cette question au point de vue technique ou économique.
- La Ville de Paris, pas plus que la Compagnie parisienne d’éclairage et de chauffage par le gaz, n’a signalé de procédés nouveaux ou de perfectionnements étrangers ou non au système de fabrication de la Compagnie. La Commission a décidé qu’elle ferait appel aux représentants les plus autorisés de l’industrie du gaz ainsi qu’aux inventeurs, pour les prier de leur faire connaître leur opinion sur la matière. Elle a également visité les principales usines de la Compagnie, ainsi que les usines de Reims, de Vienne et de Berlin.
- La Commission conclut de l’étude à laquelle elle s’est livrée:
- « Que, parmi les procédés visés par l'article 48, qu’elle
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- a dû examiner, elle ne voit à indiquer comme lui paraissant susceptible d’application industrielle et manufacturière, que le procédé A. Coze pour four à cornues inclinées, procédé qui a subi, depuis 1885, des modifications intéressantes, bien qu’il n’ait encore reçu la sanction de l’expérience que dans des proportions restreintes.
- « Ce procédé, qui n’a été de la part de la Compagnie parisienne que l’objet d’essais préliminaires, est signalé au point de vue de l’allégement qu’il semble pouvoir apporter au travail de l’ouvrier dans les opérations du chargement et du déchargement, toutes réserves étant faites sur l’économie qui pourrait résulter de son emploi, et la Commission n’estimant pas, d’ailleurs, qu’il puisse être imposé à la Compagnie du gaz.
- « La Commission ajoutera, se référant à la première partie de son rapport, que l’analyse attentive des éléments du prix de revient du gaz démontre nettement l'influence prépondérante de la question commerciale sur celle du « procédé de fabrication », et que, étant donné l’état auquel est arrivée l’industrie du gaz, un abaissement notable du prix de revient ne saurait être rationnellement attendu que de faits indépendants du « procédé de fabri-« cation » proprement dit. »
- Ces conclusions, qui paraîtraient un peu pessimistes et laisseraient croire volontiers que les gaziers s’endorment sur leurs lauriers, malgré l’électricité qui les talonne, sont cependant parfaitement justifiées par les prix de revient correspondant à la dernière période quinquennale. Ce prix, qui est de 11,46 centimes par mètre cube, se
- décompose ainsi :
- Charbon distillé...................... 7,07 centimes.
- Combustible pour le chauffage des fours. 1,55 —
- Personnel des usines, main-d’œuvre de
- distillation. . . r................... 1,41 —
- Entretien des usines, fours, elc. , . 0,75 —
- Frais accessoires de distillation et divers. 0,54 —
- Épuration (matières et main-d’œuvre). 0,14 —
- Total..........................11,46 —
- Ces chiffres ne se rapportent, bien entendu, qu’à la fabrication proprement dite, abstraction faite des charges qui s’ajoutent à ces éléments pour constituer le prix de reyient, du gaz aussi bien que des sous-produits qui le diminuent. La houille et le coke représentent les trois quarts du total dans le prix de fabrication, soit 8,62 centimes contre 11,46 centimes.
- Il résulte de ces chiffres que, dans l’industrie du gaz, la question commerciale prime toutes les autres, et que, par conséquent, c’est du rapport avantageux établi entre le prix du charbon et celui des sous-produits que dépend presque exclusivement le résultat final. Les seuls procédés de fabrication ne constituent qu’un petit côté de la question et il nous a paru intéressant de signaler, ce qui est encore peu connu dans le public, les conditions qui règlent les prix de revient de cette importante industrie : la fabrication du gaz d’éclairage.
- LA PHOTOGRAPHIE DE L’ÀMATEUR
- LAMPES A LA POUDRE-ÉCLAIR --- APPAREIL INSTANTANÉ
- Le nombre considérable de lettres que nous recevons chaque semaine au sujet de questions photographiques nous donne le témoignage de l’ardeur avec laquelle les amateurs cultivent cet art merveilleux, si bien fait d’ailleurs pour captiver ceux qui le pratiquent. Ce nous est toujours un plaisir de
- faciliter les expériences des travailleurs; aussi leur ferons-nous connaître aujourd’hui quelques instruments qui pourront leur être utiles.
- Nous parlerons d’abord de nouveaux appareils destinés à produire l’éclair magnésique. Nous en avons déjà signalé un grand nombre *, mais tous ceux que nous avons décrits jusqu’ici ne produisaient qu’un éclair de petit volume incapable d’éclairer une salle de grande dimension. La lampe-soleil que représente notre figure 1, produit, au contraire, un foyer lumineux très puissant, en raison du nombre et de l’intensité de ses brûleurs. Elle est formée d’un godet annulaire que l’on remplit d’alcool; on pose, au-dessus de ce réservoir, une rondelle annulaire portant huit mèches, qui plongent dans le liquide et que l’on allume. Au centre du système, est un orifice conique dans lequel on verse la poudre de magnésium ; cet orifice est muni, à sa partie inférieure, d’un tube servant à donner issue à un tube de caoutchouc à travers lequel, au moment voulu, on fait passer, soit avec la bouche, soit avec une poire de caoutchouc, un courant d’air énergique qui chasse la poussière métallique au milieu de la flamme. L’éclair obtenu est d’une intensité considérable. Il faut, à chaque opération, verser dans le godet une nouvelle quantité d’alcool. Il y a dans cette manipulation un inconvénient que l’on pourrait éviter en transformant ce petit appareil en une véritable lampe à combustion continue.
- Pour les usages ordinaires, voici une autre petite lampe à éclair magnésique, dè très petit format (fig. 2) et qui est d’un emploi très pratique. Cette petite lampe, qui ne dépasse guère le diamètre d’une bougie, n’a que 0m, 10 de hauteur. Elle est tout à fait portative. La figure de gauche nous en montre le dispositif intérieur. Le cylindre est divisé en deux compartiments, D, M. Le compartiment supérieur forme une lampe à essence ou à alcool, et la mèche E entoure un tube central. Le compartiment inférieur est le réservoir de magnésium en poudre. En tournant la manette A, on met en fonction un tube mesureur B qui introduit à la partie inférieure de la canalisation centrale la charge voulue de magnésium. Une poire de caoutchouc produit l’insufflation de la poussière combustible au centre de la flamme annulaire. La sortie de la poudre de magnésium peut être réglée au moyen d’un bouchon conique placé au-dessus de la mèche et qu’on visse plus ou moins sur une tige filetée.
- Par ces temps sombres d’hiver que nous traversons actuellement, on ne saurait trop recommander la pratique de la photographie à la lumière artificielle : 1 éclair magnésique remplace le soleil qui nous fait défaut.
- Ceux de nos lecteurs qui désirent s’adonner à la photographie nous demandent souvent de leur indiquer un appareil qui puisse favoriser leurs débuts. 11 est beaucoup plus difficile qu’on pourrait le croire
- 1 Voy. 888, du 7 juin 1890, p. 7.
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- LA NATÜUK.
- de répondre à une telle question. Tout dépend d’abord du prix que l’on veut mettre à l’instrument; il y a des appareils de photographie depuis 20 francs
- jusqu’à 500 francs et au delà. Les différents systèmes offrent enfin des avantages et des inconvénients, selon les usages qu’on en veut faire. A notre avis, le pra-
- Fig. 1. — Lampe-soleil pour l'éclair maguésique.
- Fig. 2. — Pelite lampe pour la poudre-éclair.
- ticien qui désire opérer sérieusement doit avoir deux appareils photographiques : l’un qui, muni d’un pied, lui servira à faire des vues posées; l’autre, très petit et très portatif, qu’il pourra emporter dans toute promenade pour faire des photographies instantanées. Nous avons précédemment fait connaître plusieurs appareils de ce genre *, nous publierons aujourd’hui la description d’un autre système très bien construit, et dont nous nous servons depuis quelques mois à notre satisfaction complète : c’est l’appareil photosphère qui récemment modifié par le constructeur permet d’obtenir des clichés du format 9X12.
- L’appareil photosphérique (fig. 5) est constitué par une petite chambre rectangulaire, terminée à l’avant par une partie hémisphérique, portant un tube dans lequel se place l’objectif. L’obturateur à vitesse variable est constitué également par une portion de sphère percée d’une ouverture. Cet obturateur pivote sur un axe et
- 1 Yoy. n° 788, du 7 juillet 1888, p. 91.
- il est rappelé automatiquement par un ressort à boudin. Le n° 2 (fig. 5) montre la disposition de cet
- obturateur hémisphérique que l’on fait fonctionner au moyen d’un petit levier comme le montre le n° l. L’opérateur peut mettre dans sa poche les châssis porteurs des plaques sensibles, et l’appareil, contenu dans une petite trousse, est très peu embarrassant. Le système est muni d’un viseur que l’on voit de côté dans le n° 3 de notre figure. Pour bien se servir de cet appareil, il est bon de l’ap-puyer contre la poitrine de manière à le tenir fixe ; on ouvre le châssis, et, quand l’objet à photographier apparaît dans le viseur, on fait agir avec le doigt le déclenchement de l’obturateur. Ce petit appareil n’a pas de pied, mais en le plaçant sur une table, on peut s’en servir pour faire des clichés posés ; dans ce cas, l’obturateur reste ouvert et l’objectif est masqué par un petit bouchon. Gaston Tissandier,
- Président de la Société d’excursions des amateurs de photographié.
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- LA NATURE.
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- LE MUFR4GE DU « SERPENT »
- ET LES CROISEURS-TORPILLEURS DE LA MARINE ANGLAISE
- Fig. I. — Croiseur-torpilleur de la marine anglaise du type Serpent, récemment naufragé dans la baie de Camariuas.
- Un terrible naufrage vient de jeter la consternation en Angleterre et surtout d’éveiller de sérieuses inquiétudes sur l’état de la Hotte militaire anglaise, ou du moins d’une catégorie de navires d’un certain type. Ce naufrage est celui du Serpent, dont la presse quotidienne s’est faite l’écho, en contant l’épouvantable catastrophe, et donnant des détails circonstanciés sur le nombre des victimes et l’état dans lequel se trouvent les survivants. En effet, des 176 hommes d’équipage, il n’en est échappé que trois qui, blessés assez grièvement sur les brisants, épuisés par les efforts qu’ils ont du faire pour gagner la terre ferme à la nage, ne peuvent donner aucune explication sur les motifs de la catastrophe.
- Il faut bien dire d’ailleurs tout de suite que le littoral où s’est produit l’événement est sur une mer
- très connue et très fréquentée : c’est en lace de la plage de Camarinas sur le rocher Buev. et c’est sur
- cette plage qu’on recueille actuellement épaves et cadavres.La plage de Camarinas, comme la petite ville de ce nom et le Rio del Puerto de Camarinas, se trouve sur la côte ouest d’Espagne; si l’on regarde cette côte entre la Corogne et le cap Finistère, qu’on descende au sud de la première ville, on trouve la Baie et la Rivière du Rort de Camarinas entre le cap Tosto au nord, et le cap Torinana au sud. Comment la mise à la côte a-t-elle pu se produire ? Les trois marins échappés au naufrage, interrogés par un négociant de Camarinas, lorsque leur état l’a permis, ont raconté que le Serpent marchaità toute vapeur quand il s’échoua tout à coup sur le récif Buey. Le navire sombra presque immédiatement. Les trois matelots sauvés se trou-
- Fig. 2.
- Carte de la baie de Camarinas, où a eu lieu le naufrage du croiseur-torpilleur anglais le Serpent.
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- LA NATURE.
- valent de garde sur le pont, quand une secousse épouvantable les jeta à la mer, où luttant avec énergie contre les vagues, ils parvinrent à gagner la rive. Un d’eux, qui s’était réfugié sur un rocher, dut de nouveau se mettre à la nage, la marée montant. En l’état ce naufragé paraît inexpliqué : il est vrai que, peu de jours après, un bâtiment de commerce anglais, le Derwewnster, a fait naufrage, lui aussi, à quelques milles de l’endroit où a coulé le Serpent, mais la conduite des bâtiments de commerce est souvent confiée à des gens peu expérimentés. Il faisait gros temps lors de la perte du Serpent, mais cela ne suffit point comme explication.
- On sait que depuis quelques années les marines militaires se sont éprises du rôle puissant que peut jouer la torpille et ont construit un grand nombre de petits torpilleurs, lorpedo-boats, comme on dit en Angleterre ; mais, presque en même temps, craignant le mauvais temps pour de petits navires, on a construit un autre type, d’un échantillon beaucoup plus fort, pouvant aisément supporter la haute mer, muni comme les autres d’appareils à lancer les torpilles, et pouvant du reste fournir des vitesses très accélérées. En France, nous pourrons citer, comme type de croiseur-torpilleur, le Condor, datant de 1885, filant 17,78 nœuds, et d’un tonnage de 1280 tonnes, comme ses pareils YEpervier, le Faucon, \e Vautour, datant respectivement de 1886, 1887 et 1888 ; le Condor porte 5 canons de 10 centimètres, à tir rapide et 6 revolvers. Ajoutons à ces variétés de grand torpilleur, nos contre-torpilleurs et avisos-torpilleurs; tels les 8 du type Bombe, de 320 tonneaux, datant de 1885 ; la Bombe file 18,4 nœuds et possède 4 petits canons à tir rapide de 47 millimètres et 3 canons-revolvers ; sa pareille la Couleuvrine marche à 18,8 nœuds, les autres à 18. Nous pouvons ajouter le type Lévrier en construction, et Câlinât, en projet, de 450 tonnes. L’Angleterre a mis en chantier un peu plus tard des croiseurs-torpilleurs, contre-torpilleurs, avisos-torpilleurs qu’on espérait voir très supérieurs aux nôtres.
- Dans ces constructions nouvelles, nous citerons d’abord le.type Archer, qui nous intéresse particulièrement, étant semblable en tout au Serpent: c’est le type d’une série d’un fort tonnage, dont 8, Y Archer, le Brisk, le Cossak, le Mohawk, le Por-poise, le Tartar, le Serpent et le Racoon, jaugent 1 700 tonneaux, et deux autres, le Scout et le Fearlen, 1580 tonneaux; ils datent de 1885, 1886 et 1887 et leur vitesse varie de 18,2 à 17 nœuds. Notons en second lieu 27 unités jaugeant 735 tonneaux, du type Sharpshooter, dont 9 seulement sont lancées : ce type a 2 canons de 12 centimètres, à tir rapide, et 6 à tir rapide de 57 millimètres. Enfin n’oublions point les 4 unités du type Raltles-nake, Blant 19,5 nœuds environ, datant de 1887 et portant 1 canon de 12 centimètres et 2 canons à tir rapide. Dans les dernières manœuvres anglaises le type Sharpshooter, type amplifié du Raallesnake, avait beaucoup moins bien navigué que celui-ci.
- Nous avons vu les caractéristiques du genre Serpent ou Archer. Pour plus de détails, nous ajoulc-rons que le Serpent, désigné dans la flotte comme unarmoured croiser (croiseur non cuirassé) de 3e classe, était tout en acier ; ses machines étaient de 4500 chevaux-vapeur indiqués, son tirant d’eau de 14 pieds 6 pouces. Sa longueur était de 225 pieds, et sa largeur, de 46 pieds au maître bau ; il avait été construit à Devonport, et en 1887 comme nous l’avons dit. Le prix de construction en avait été de 1 515000 francs pour la coque seule, et environ de 775 000 francs pour les machines; mais il faut ajouter la valeur de l’armement. Cet armement comprend 6 canons rayés de 5 tonnes et de 6 pouces de calibre se chargeant par la culasse, 8 canons de 3 à tir rapide, 2 canons-revolvers et un canon léger, un tube lance-torpille fixe à l’avant et deux chariots lance-torpilles.
- La disparition si subite et si complète du Serpent est le sujet de toutes les conversations dans les cercles maritimes anglais. En général, on s’entend à reconnaître que les croiseurs de cette espèce ne présentaient que de mauvaises conditions à la mer, mais en même temps on ajoute que ces conditions défectueuses ne suffisent point à expliquer la catastrophe, et qu’il a certainement été commis des fautes dans la direction du navire. On a prétendu que les compas du navire avaient été influencés directement par la nature minérale de la côte : à coup sûr cela expliquerait bien des choses, mais est-ce probable ?
- Ce naufrage a jeté le trouble dans l’esprit des autorités maritimes anglaises: elles se préoccupent d’introduire des améliorations dans les bâtiments du même type que possède la marine britannique. Notre confrère, 1 e Daily Telegraph, rappelle qu’un rapport des amiraux Dowell, Nesey, Ilamilton et Richards, rédigé après les manœuvres navales de 1888, exprimait un jugement assez peu favorable sur les navires de ce type. Les amiraux trouvaient notamment que ces bâtiments portaient mal la voile et qu’ils n’offraient pas assez de stabilité pendant le mauvais temps. Le rapport concluait à la diminution de leur armement, diminution qu’on n’aurait pas opérée.
- Le croiseur Mohawk, qui est de la même construction, a été soumis à Sheerness à l’inspection d’ingénieurs et de mécaniciens. La délégation a signalé à l’amirauté plusieurs changements, particulièrement la réduction de poids du gaillard d’avant par l’installation de canons plus légers. Le Serpent avait une tendance à plonger en avant avec un lent rétablissement1. L’inquiétude est grande en An-
- 1 Nous pouvons noter une bizarrerie : l’inquiétude s’étend jusqu’aux Etats-Unis; des officiers de la marine fédérale ont appelé en effet l’attention de leur gouvernement sur trois croiseurs bâtis d’après des plans identiques à ceux du Serpent ; ce sont le Yorhlown, le Comord et le Bermington. Le Yorktown a les tendances exagérées du Serpent avec plus de roulis. Le Bermington, [non encore terminé, est complètement semblable.
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- LA NATURE.
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- gleterre, car on sc demande si tous les croiseurs-torpilleurs type Archer présentent autant de dangers et si l’on se trouve en présence d’un cruel mécompte pour l’armement national. Daniel Bellet.
- LÀ NAVIGATION
- SUR LES GRANDS LACS AMÉRICAINS
- On pourra se faire une idée de l’accroissement rapide de la navigation sur les grands lacs américains, par ce fait que, pendant le mois de juillet dernier, le Lloyd intérieur a enregistré 9 nouveaux steamers et 2 navires à voile dont le tonnage total atteint 14000 tonnes et qui sont estimés à 1400000 dollars (7 000000 de francs). Sur ces 11 bateaux, .plus de la moitié ont un tonnage supérieur à 1000 tonnes, et trois d’entre eux dépassent un tonnage de 1500 tonnes. Le trafic sur les lacs s’étend aussi rapidement : un accident étant survenu à une écluse à Sault Sainte-Marie, pendant les 88 heures d’interruption du trafic, il n’y a pas eu moins de 205 bateaux d’un tonnage total de 248 489 tonnes mis en retard par cet accident, sans parler de 1562 voyageurs, pour la plupart, des touristes en excursion. La perte subie par les propriétaires de ces bateaux est estimée à 80000 dollars (400 000 francs) par jour, et la perte correspondante pour le pavs à 500000 dollars (2500 000 francs) par jour.
- LA PÊCHE BATHYPËLAGIQUE
- Le lecteur voudra bien me pardonner ce néologisme en considération de la longueur de la périphrase qu’il remplace; il servira, en effet, à désigner « la pêche au filet fin en pleine mer à toutes les profondeurs, mais toujours à distance du fond et de la surface » .”
- L’idée de rechercher quelles sont les formes animales minuscules ou délicates qui vivent dans ces situations est d’origine très récente et l’outillage est encore dans la période d’enfance. Il faut citer dans ce genre : les coiffes dont Asper et ensuite Imliof ont fait usage dans les lacs de la Suisse et qui leur ont révélé la migration diurne verticale des copépodes ; puis la coiffe de Petersen et Chun, construite sur un principe déjà mis en usage auparavant par Negretti et Zambra et dont l’idée première est due, sauf erreur, au lieutenant Sigsbee ; enfin la coiffe à rideau du prince de Monaco et ma coiffe à deux portes dont je donne la description ci-dessous. A cette liste déjà longue j’ajouterai encore ma dernière invention, celle des coiffes à bascule que j’envoie, plusieurs à la fois, disposées en chapelet sur un même câble.
- Tous ces appareils ne font appel qu’aux principes mécaniques les plus élémentaires; c’est à dessein que les inventeurs ont évité tous les mécanismes à pression d’air ou électriques qui, ajoutant leurs irrégularités aux difficultés des opérations en mer, n’ont jamais donné que des mécomptes. Ces objections n’ont pas effrayé M. le DrViguier. L’instrument dont il nous a donné un projet1, brave plusieurs difficultés physiques et mécaniques. C’est ainsi que
- 1 Voy. n° 890, du 21 juin 1890, p. 42.
- nous voyons reparaître ce ballon compensateur du I)r Regnard, un appareil qui ne saurait, à notre avis, rendre tous les services qu’on lui demande.
- De grâce, calculons un peu. Mettons que les espaces à air dans les appajçgils électriques ne jaugent qu'un litre en tout. M.^Viguier nous assure que sa coiffe fonctionnerait aussi bien à 8000 mètres qu’à 10 mètres. Eli bien! la provision d’air nécessaire pour faire un litre à 800 atmosphères est très approximativement de 800 litres. Il faut donc un ballon de caoutchouc de 800 litres de contenance, et, pour l’immerger, il faudra le lester de 800 kilogrammes au moins. L’effort, au moment de l’immersion, ne porte que sur une petite partie du fond du sac ; il faudrait donc une étoffe de caoutchouc plus résistante que les tôles d’acier d’une chaudière à haute pression ! Sans cela le ballon crèvera forcément1. L’invention n’est applicable qu’aux faibles profondeurs.
- La coiffe à rideau du prince de Monaco est mise à glisser le long d’un câble dont l’extrémité, munie d’un lourd butoir, a été préalablement envoyée à la profondeur voulue. La pêche terminée, on envoie le long du même câble un postillon qui fait refermer le rideau. C’est le même artifice que j’employais en même temps, sans avoir connaissance des essais de Son Altesse; seulement au lieu de faire enrouler et dérouler un rideau, les deux chocs me servent à faire ouvrir une porte et fermer l’autre. La priorité appartient à qui publie le premier; mais je tenais à faire remarquer l’indépendance de mes essais.
- Le printemps dernier, à bord de 1 'Amphiaster, l’appareil du prince et le mien ont servi tous deux à diverses profondeurs, jusqu’à 900 mètres, et tous deux ont bien fonctionné. Ils n’en étaient ni l’un ni l’autre à leur coup d’essai, et l’on remarquera que leur mécanisme est de nature à marcher également bien à une profondeur quelconque.
- La coiffe à rideau est plus élégante et moins, encombrante ; mais, pour bien marcher, il faut qu elle soit construite chez un fabricant d’instruments de précision et manœuvrée par une personne accoutumée à manier ces instruments. Le prix est aussi celui d’un instrument de précision 2.
- 1 C’est sans doute par inadvertance que quelques personnes ont attribué au ballon compensateur la propriété surnaturelle d’abolir la pression! Son rôle, comme le nom l’indique, est au contraire d’éviter les inégalités de pression, tout en permettant d’envoyer au fond de l’eau des vases partiellement remplis d’air. Naturellement, un globe vide comme une lampe à incandescence, aura toute la pression à supporter et sera infailliblement écrasé. Naturellement aussi, l’on pourra éviter tout ce mécanisme encombrant du ballon compensateur, en renonçant aux espaces pleins d’air et en fermant la pile à l’aide d’étotïcs de caoutchouc reposant directement sur le liquide de la pilé.
- 2 Dans les opérations du printemps dernier, le rideau était retenu sur les côtés par des çordons glissant dans des. rainures. Ces cordons gênaient l’enroulement et empêchaient le rideau de se fermer complètement. En supprimant le cordon, le mécanisme marche bien, mais la fermeture est incomplète sürlés bords du rideau. Ce défaut a sans doute été corrigé depuis, car Son Altesse m’a écrit que le dernier appareil; à rideau construit à Paris est d’un fonctionnement parfait.
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- LA NATURE.
- la coiffe bathypélagique basculante de l’auteur.
- La coiffe à deux portes est plus robuste. Un serrurier habile, un atelier de grosse mécanique peuvent l’exécuter très bien ; d’où il résulte que le prix en est modéré et qu’on peut la laisser aux mains des hommes de l’équipage. Mais elle est lourde et prend beaucoup de place. Je la crois très recommandable pour les expéditions faites par un gouvernement à l’aide d’un navire de guerre et de son équipage.
- Voici, du reste, la description de ma coiffe à volets (fig. 1 et 3) : un cadre rectangulaire en fer, de 80 centimètres sur 50, sert de support à une coiffe C en gaze de Zurich. L’ouverture du cadre peut être fermée par l’une’ou l’autre des deux portes (p et p') qui sont fixées par des gonds aux longs côtés du cadre et qui mesurent, comme ce dernier, 80 centimètres sur 50. Le cadre est relié par des triangles de fer aux boucles (B) par lesquelles passe le câble en fil d’acier. Ces triangles sont disposés de manière à ne pas gêner le jeu des portes et servent de supports aux leviers des verrous qui retiennent les portes dans la position du départ.
- De vigoureux ressorts tendent à ouvrir la porte p (figA, a, R) et à fermer la porte p'
- (ibid. IV). La porte p est maintenue fermée par le verrou v (fig. 1, a) et p' est maintenue ouverte par le verrou v'.
- Les boucles (fig. 1,
- B) dans lesquelles on introduit le câble sont formées chacune de deux crochets tournés en sens inverses; ils glissent à frottement dur l’un sur l’autre et sont arrêtés dans la position de fermeture par un petit cran. Ces boucles remplacent avantageusement tous les systèmes inutile-
- ment compliqués qu’on a employés dans le même but.
- L’appareil est lâché et descend le long du câble jusqu’à ce qu’il rencontre le butoir. Le choc porte
- sur le levier L (fig. 1 et 3) et fait décrocher le verrou V. La porte p s’ouvre et, le bateau étant mis en marche à raison d’un demi-nœud, l’appareil pêche sans que le câble s’éloigne sensiblement de la verticale, pourvu que le butoir soit assez lourd. Lorsqu’on juge la capture suffisante, on envoie le long du câble un postillon de 2 kilogrammes environ (muni d’un système de fermeture tout aussi simple que les boucles). Ce curseur vient heurter le levier L' (fig. 3) qui fait décrocher le verrou v'. La porte p' n’étant plus retenue se ferme et la coiffe peut être remontée avec le câble.
- Les deux portes ouvertes pendant la pêche (fig. 1, b) forment une sorte d’entonnoir qui agrandit l’en
- trée; fermées, elles entrent dans une battue du cadre qui rend la fermeture rigoureuse. L’appareil ne peut pas fonctionner mal sans qu’on en soit averti par la position des portes au moment du retour. Enfin la longueur des triangles en fer place la coiffe en gaze de soie à une distance suffisante du câble métallique pour empêcher l’étoffe de frotter à la descente contre ce câble et de se trouer paF l’usure.
- L’appareil fonctionne avec une grande régularité pourvu que les fers et les rivures soient assez forts pour empêcher les flexions et les torsions. A cet égard, j’ai eu des ennuis au début et j’ai dû renforcer tous les coins par des’ équerres en cornière.
- Fig. 3 et 4. — Appareil de pêcbe bathypélagique. — Fig. 3. La coiffe à deux pointes au moment de la descente, vue de profil. — Fig. 4. La coiffe basculante vue de profil, démontée.
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- LA NATURE
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- a fallu aussi donner aux ressorts qui ferment les portes une force suffisante pour vaincre facilement la résistance de l’eau. Enfin le déclenchement des verrous n’est parfaitement assuré que si l’appareil est vertical et, pour assurer cette verticalité, il a fallu ajouter un bras de levier portant un plomb (cp) qui fait contrepoids au cadre en ter.
- Que l’on prenne l’une ou l’autre de cescoilfes,
- — toutes deux sont recommandables à des titres divers, — l’on aura toujours l’inconvénient de ne pouvoir pêcher qu’à une seule profondeur déterminée à chaque opération. Or les couches profondes sont pauvres, les animaux peuvent se trouver seulement à certains niveaux et il y a grand intérêt à pouvoir explorer d’abord, à l’aide de petites coiffes, une série de niveaux différents pour savoir à quelle profondeur on pourra envoyer la grande coiffe avec la meilleure chance de succès.
- Après beaucoup de tâtonnements, je suis arrivé au dispositif ci-contre (fig. 4) qui paraîtra bizarre au premier abord. Je prie le lecteur de ne pas le condamner avant de l’avoir essayé, car il remplit son but; c’est là son grand mérite et c’est en quoi il diffère des plus beaux projets. Il se compose de quatre cadres en bois dur. Deux sont des carrés de 50 centimètres de côté ; les deux autres sont des carrés longs mesurant 50 centimètres sur 59. Tous sont reliés par des charnières comme le montre la figure 4. Les petits cadres restent ouverts; les grands sont tendus de toile et munis de cadres carrés supplémentaires (v et v'). Ces derniers sont fixés aux châssis longs dans une position immuable sous un angle de 14° ; ils sont aussi tendus de toile et jouent le rôle de volets pour fermer la coiffe. L'un des petits
- cadres carrés se fixe au câble et porte à cet effet des pinces (pp) inventées ad hoc. L’autre porte un cône tronqué en gaze dit « empêche » (E) et des boucles qui servent à retenir un troisième cadre de même grandeur qui porte la coiffe (c). L’on envoie
- un poids de 50 à 50 kilogrammes au bout d’un petit câble en fil d’acier; puis, pendant que celui-ci file, et pour ainsi dire sans l’arrêter, on y fixe les coiffes successivement de distance en distance. La résistance de l’eau agissant sur la toile tendue dans les châssis longs force les appareils à prendre, à la descente, la disposition indiquée figure 5 a, dans laquelle l’entrée de la coiffe se trouve fermée par l’un des volets (v). Quand la quantité voulue du câble a été filée, on fait machine en avant très doucement, à raison d’un demi-nœud. Les appareils prennent la position indiquée sur la figure 5 (b) et cela, non pas en vertu de mécanismes compliqués et sujet à des dérangements, mais spontanément. par le seul fait du déplacement horizontal.
- La pêche terminée, l’on rentre le câble. 11 importe que la montée se fasse régulièrement et sans arrêt. C’est pourquoi tout est disposé pour détacher les appareils du câble en un instant. Par surcroît de précaution, l’on aura soin de maintenir le bateau immobile et d’aplomb sur le câble, ce qui est souvent difficile à réaliser. 11 va sans dire q'ue la pêche pélagique doit se faire par le beau temps ; mais un peu de houle ne nuit pas et j’ai même été surpris de voir les appareils descendre et remonter parfaitement fermés, malgré une houle de 2 mètres d’amplitude verticale.
- Au moment de l’immersion, il faut avoir soin de tenir l’appareil, par le fond de la coiffe, dans la
- Fig. 5. — Emploi de l’appareil de pèche batliypélagique de M. Hermann Fol.
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- LA NATURE.
- première position (fig. 5 a), car sans cela, un peu d’eau de la surface pourrait pénétrer directement dans la coiffe avant que celle-ci ait fait bascule vers le haut. De même à la sortie, l’appareil peut s’en-tr’ouvrir un instant si l’on n’a pas eu la précaution de relever la toile au bord postérieur des longs châssis (fig. 4 et 5) de manière à procurer un écoulement rapide à l’eau comprise entre cette toile et celle du volet. Voilà pourquoi la toile des grands châssis a été soulevée à une extrémité par des coins en bois (fig. 4, /).
- Aux personnes qui seraient tentées de construire des coiffes à bascule plus grandes que les miennes, je recommanderai de trouver, non seulement par le calcul, mais surtout par l’expérience directe, quel est le poids nécessaire pour que, le bateau filant un demi-nœud, la ligne ne s’écarte pas de la verticale de plus de 15°. C’est dans ces conditions qu’une gaze fine tamise le mieux l’eau, et le cosinus de cet angle est si faible qu’il ne donne pas d’erreur appréciable quant à la mesure de la profondeur de l’appareil. Rien n’est, du reste, plus facile que de mesurer l’angle, car un cable d’acier suffisamment lesté reste sensiblement droit lorsque le bateau marche très lentement. Mais les personnes qui ont l’expérience de la pêche avec les câbles d’acier m’accorderont que cette source d’erreurs est tout à fait insignifiante. Hermann Fol.
- CHRONIQUE
- Un atelier de silex taillé. — Une intéressante découverte archéologique a été faite récemment dans le voisinage de la ville d’Apt, en Vaucluse. M. Rousset, inspecteur des forêts en retraite, en creusant un fossé de dérivation d’eau, au quartier de Saint-Anlonin, commune d’Oppède, a trouvé à une profondeur de 2”,50 dans le sol, une véritable station ou atelier de silex taillés, qui a fourni des échantillons très remarquables. Ces silex se trouvaient sur un lit de cailloux roulés; leur état de conservation et la finesse des arêtes de tous les éclats prouvent qu’ils n’ont jamais été roulés ni déplacés par les eaux, depuis que la main de l’homme préhistorique lès a travaillés. Les couches sédimentaires du terrain ont, sur ce point, exhaussé de près de 2ra,50 le niveau du sol de la vallée du Caulon. Le fossé en question n'avait qu’un métré de largeur environ, néanmoins on a pu recueillir sur ce petit espace, en négligeant les fragments qui au début ont échappé à l’attention, savoir : 3 nuclei, 1 percuteur; 3 pointes de flèches, 1 couteau, un racloir, 1 poinçon, plus une trentaine de> morceaux ou éclats de silex de diverses dimensions. Une étude patiente et minutieuse a permis de classer les différents fragments provenant de chaque nucléus, dont quelques-uns s’ajoutent sur les cassures. On a ainsi reconnu que treize éclats ou fragments provenaient du même nucléus, parmi lesquels dix morceaux ont pu être rajustés sur eux-mêmes et sur le nucléus d’où ils ont été détachés. Parmi les fragments se rajustant sur le nucléus se trouvent un racloir et un couteau, mais ce qui est le plus remarquable, c’est que la superposition des éclats, se rajustant les uns sur les autres, permet de suivre le travail de l’homme préhistorique et de reconnaître le point de choc qui a déterminé le détachement des
- éclats. La station de silex d’Oppède présente un intérêt considérable au point de vue des études ethnographiques et géologiques.
- Les oiseaux de basse-cour. — En faisant la joie du riche comme du pauvre, la basse-cour est, en France, une branche très importante du commerce et de l’industrie. D’après le dénombrement fait en 1870, on comptait environ en France : 42 85G 700 poules; 5 616 841 canards; 1 760 500 dindons; 5 881 577 oies. Aujourd’hui la France nourrit environ 45 000 000 de poules qui au prix moyen de 2fr,50 donnent 112 500 000 francs. Ces 45 millions de poules sont annuellement réformées par cinquième et livrées à la consommation. D’où un premier produit en viande de 22 500 000 francs. Deux millions de coqs sont également réformés chaque année et vendus dans les mêmes conditions que leurs femelles, ce qui fournit un deuxième produit de viande de 5 millions. De nos 54 millions de poules pondeuses naissent actuellement au moins 100 millions de poulets sur lesquels il convient de prendre 10 millions de reproducteurs destinés à remplacer les ascendants qui ont été sacrifiés. Il faut encore réduire la quantité de 10 millions à cause des accidents et des maladies. Nous restons alors en face d’un nombre de 80 millions de poulets qui, vendus à lfr,50 la pièce, donnent un troisième produit de 120 millions. A ces chiffres ci-desus indiqués il importe, afin de rendre un compte fidèle de la situation présente, d’ajouter, comme plus-value des chapons et des poulardes, une somme de 6 000 000 ; total 153 500 000 francs. Nos 34 millions de poules pondent en moyenne chacune 90 œufs par an, ce qui donne le total de 3 milliards 60 millions, valant 6 centimes, soit 183 millions, ce qui, en résumé, donne comme produit annuel des poules : en viande 155 500 000 francs; en œufs 183 600 000 francs. Donc, les poules en France rapportent 537 100 000 francs. Voilà un chiffre qui a bien son éloquence. Eh bien, d’après M. Ernest Menault auquel nous empruntons ces documents, ce ne serait pas là le dernier mot de la production de nos basses-cours. Il est certain que nous pourrions nourrir 150 millions de poules qui rapporteraient en viande et en œufs plus d’un milliard.
- Papyrus égyptiens. — On a fait, il y a quelques semaines, une curieuse trouvaille en Egypte ; il s’agit d’un stock de papyrus où figurent : une tragédie perdue d’Euripide, FAntiopc, et un fragment du Phédon de Platon. Un manuscrit de Platon, le Codex clarkianus, apporté de l’ile de Patmos, en 1801, par Daniel Clarke, et conservé à la bibliothèque bodléienne d’Oxford, est daté de 896.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- 5. P *
- Séance du 15 décembre 1890. — Présidence de M. Hermite.
- Fixation de l'azote de Pair par les légumineuses. — Au moment où le rôle si important des légumineuses comme agents de fixation dans le sol de l’azote atmosphérique préoccupe de si nombreux chercheurs, il y a un réel intérêt à fixer le point sur lequel M. Duchartre appelle l’attention de l’Académie. On a en effet, dans ces derniers temps, présenté comme tout à fait nouvelles des découvertes faites déjà en 1879, par M. Ed. Prillieux, le savant professeur à l’Institut agronomique dont nous avons eu si souvent à entretenir nos lecteurs. Il ne faut pas oublier en effet que, dès 1879, M. Prillieux a signalé dans les tubérosités radiculaires des légumineuses de petits bâtonnets qui ont été qualifiés depuis de bactéries et qu’il a fait voir
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- que ceux-ci peuvent, comme à la suite d’une espèce particulière d’infection, développer des tubérosités sur les racines de pois antérieurement normales. Les expériences ont été refaites et publiées comme nouvelles par plusieurs botanistes qui ont négligé de citer leur prédécesseur. Celui-ci cependant avait, non seulement écrit une description complète, mais exécuté des dessins très exacts des curieux corpuscules en T et en Y ainsi que les modifications qu’ils déterminent dans les tissus où se fait leur multiplication.
- La Thallose. — C’est le nom que M. Mangin donne à un principe immédiat qui s'associe à la cellulose dans la substance de beaucoup de champignons et en particulier des peronosporées. Certains réactifs permettant de déceler l’existence de cette matière, l’auteur décrit un procédé qui permet de diagnostiquer très sûrement l’envahissement des tiges de vignes et d’autres végétaux par le mycélium de ces redoutables parasites.
- Modificatioti du sang par l’altitude. — M. de Lacaze-Duthiers présente, au nom de M. le D1 Viault, de Bordeaux, une Note sur l’augmentation considérable du nombre des globules du sang chez les habitants des hauts plateaux de l’Amérique du Sud. Au cours d’une récente mission scientifique dans les Cordillères pour y étudier l’influence de l’air raréfié sur l’organisme des êtres vivants, M. Yiault a découvert un fait important qui jette le plus grand jour sur le mécanisme, jusque-là inexpliqué, de l’adaptation de l’homme à la vie dans les hauts lieux. Les observations de M. Yiault ont été prises à la mine de Morococha (Pérou), située à 4392 mètres au-dessus du niveau de la mer, où il a fait un séjour de près de trois semaines avec son aide, le Dr J. Mayorga (de Lima). Ces observations montrent que la part la plus importante dans le phénomène de l’acclimatation de l’homme aux grandes altitudes revient, non à une augmentation de fréquence des mouvements respiratoires, ni à une plus grande activité de la circulation pulmonaire, comme on l’avait cru, mais à une augmentation dans le nombre des globules rouges du sang. Yoici quelques-uns des chiffres obtenus au moyen du nouveau compte-globules de M. Malassez : à Lima, le 4 octobre, veille du départ pour la Sierra, le sang du Dr Yiault contient, par millimètre cube, 5 000 000 de globules; —à Morococha, le 19 octobre, depuis quinze jours dans la montagne, 7 100 000; le Dr JUayorga, 7 300 000; — le 27 octobre, le Dr Mayorga, 7 440 000; le Dr Yiault, 8 000 000; Sr Dittmann, administrateur de la mine, 7 920 000 ; Atchachay, Indien, 7960 000; Margarita, Indienne, 7 080 000; Arriero, métis, 7 840 000. Ainsi un des premiers effets de l’air raréfié sur l’organisme, c’est une exagération remarquable de la fonction hématopoïétique. Dans une prochaine communication, M. Yiault établira les conséquences qui découlent de ce fait et de ceux qui lui restent à publier, au point de vue physiologique comme au point de vue de l’action curative des climats d’altitude sur la phtisie pulmonaire, inconnue, comme on sait, sur les hauts plateaux des Andes.
- Election. — C’est aujourd’hui que l’Académie pourvoit au remplacement de M. Ed. Hébert, dont le décès avait laissé une place vacante dans la section de minéralogie. Les votants étant au nombre de 59, M. Mallard, professeur de minéralogie à l’École des mines, est élu par 35 suffrages contre 23 donnés à M. Hautefeuille et 1 à M, Marcel Bertrand. Tout le monde applaudira au choix de la compagnie et nous sommes heureux, pour notre part, de féliciter sincèrement le nouvel académicien.
- Varia. — L'Observatoire du Vatican adresse un relevé relatif à la période météorique du mois de novembre dernier. — Des recherches mathématiques sur la propagation anormale du son ont occupé M. Gouy, professeur à la Faculté des sciences de Lyon. — Un zoologiste, dont le nom ne nous parvient pas, décrit le développement des copépodes ascidicoles. — Lecture est donnée par M. Levasseur d'une Note sur la relation générale de l’état et du mouvement de la population. — La localisation des principes actifs des crucifères occupe M. Guignard. — De la part des auteurs, M. Milne-Edwards dépose un volume de M. Bleicher sur les Vosges et, de la part de M. Ed. Per-rier, la fin de ses belles recherches sur la comatule de la Méditerranée. — M. de Schoulten a réalisé la synthèse des espèces minérales associées dans le singulier gisement des sels solubles de Stassfurth. — Dans une Note de M. Venu-1' koff sur laquelle La Nature reviendra, on trouve un grand nombre de sondages de la mer Noire, des notions sur la distribution de la température et de la salure aux diverses profondeurs et la constatation de la présence, en quantité notable, de l’hydrogène sulfuré impropre à l’épanouissement de la vie animale. — M. Teissier (de Lyon), a fait un long travail sur l’épidémie d’influenza observée l’année dernière en Russie. — Des procédés très délicats mettent M. Ad. Carnot à même de doser des traces d’aluminium dans les fers et dans les aciers. Stanislas Meunier.
- UN PROJET EXTRAORDINAIRE
- APPAREIL POUR LES CHUTES RE 300 MÈTRES
- Voici une idée au sujet de laquelle il n’est peut-être pas sans intérêt de connaître le sentiment public, et que nous recommandons aux ingénieurs américains, au moment où vont commencer les travaux de l’Exposition de Chicago. Elle touche à un ordre de choses dans lequel les lecteurs habituels de La Nature sont tout particulièrement compétents pour fixer l’opinion. Il s’agit d’un truc que les grandes tours, actuellement à la mode, permettraient de réaliser.
- Tout le monde connaît la sensation particulière qu’on ressent en tombant verticalement d’une certaine hauteur, en descendant en traîneau une pente très raide, et surtout en descendant dans un ascenseur qui se met rapidement en vitesse. Une chute verticale rapide est une source d’émotions physiologiques qui, chez beaucoup de personnes, sont très vivement ressenties.
- Si une telle chute prend un caractère exceptionnel de grandeur, elle fera naître un mélange de désir et de crainte de s’y exposer, qui constituera une nouvelle source d’émotions. Ces émotions sont du même genre que celles que trouve le public dans les balançoires champêtres, les montagnes russes, les manèges, la vue des abîmes, etc.
- Tel est le champ à exploiter.
- Une haute tour de plusieurs centaines de mètres, et une cage fermée constituent l’outil. La manœuvre est simple : on met les amateurs dans la cage qu’on laisse ensuite tomber librement du haut de la tour. Au bout de 100 mètres de chute, la vitesse acquise
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- est de 45 mètres par seconde, au bout de 200 mètres elle est de 65 mètres ; au bout de 500 mètres elle est de 77 mètres; or, les trains les plus rapides font à peine 30 mètres par seconde et les descentes dans les puits de mine ne dépassent jamais 15 mètres par seconde.
- Pour rendre pratique cette manœuvre, il suffit de recueillir sains et saufs les voyageurs à l’arrivée et de pouvoir remonter rapidement la cage.
- En ce qui concerne la première condition, on peut la réaliser sans aléa en donnant à la cage la forme
- Fig. 1. —Le wagon pour les hautes chutes dans l’espace, au-dessus du bassin d’eau de réception. Détail des cônes emboîtés.
- Les croquis ci-dessus donnent l’aspect général d’un tel obus pouvant contenir quinze voyageurs tombant de 300 mètres. Les dimensions principales de l’installation seraient : chambre, diamètre intérieur 5 mètres, hauteur 4 mètres; matelas, hauteur 0m,50; cône d’introduction muni d’une série de cônes intérieurs emboîtés les uns dans les autres afin d’empêcher l’air de se comprimer dans la chambre au moment de l’immersion, hauteur 10 mètres; poids total 11 tonnes; déplacement de l’obus entièrement immergé, 31 tonnes. Puits, en forme de coupe à champagne à pied creux (forme dont le profil a été déterminé de manière à empêcher la vague produite par l’immersion de l’obus de sortir des limites du puits), profondeur 55 mètres; dia-
- d’un obus à pointe très longue et très effilée et en la recevant dans un puits plein d’eau suffisamment profond.
- M. Ch. Carron, ingénieur à Grenoble, a étudié analytiquement les conditions dans lesquelles s’effectuerait la pénétration d’un tel obus dans l’eau et les réactions qu’auraient à supporter les voyageurs; les conclusions de cette étude montrent que rien ne s’oppose, ni théoriquement, ni pratiquement, à sa construction et à son fonctionnement pour les chutes pouvant aller jusqu'à 500 mètres.
- Fig. 2. — Vue intérieure du wagon-obus pour les chutes de 300 mètres, avec ses quinze voyageurs.
- mètre à la partie supérieure 50 mètres ; diamètre, depuis la profondeur de 28 mètres jusqu’au fond, 5 mètres. Les voyageurs seraient solidement enfermés dans des fauteuils épousant exactement la forme de leur corps.
- Ce mode de transport à grande vitesse, pour revenir d’une ascension à 300 mètres de hauteur, ne manquerait pas de plaire par son originalité à une foule d’amateurs d’émotions nouvelles.
- Il paraît donc y avoir là de quoi tenter un entrepreneur audacieux. Aristide Berges,
- Ingénieur civil, ancien élève de l'Ecole polytechnique.
- Le Propfiétaii e-Geranl : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 917. — 27 DÉCEMBRE 1890.
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- LÀ NATURE.
- PROJECTIONS STÉRÉOSCOPIQUES
- Le célèbre philosophe Bacon, fondateur de la méthode expérimentale, prétendait qu’on voit mieux avec un œil qu’avec deux, parce que l’attention se concentre davantage et devient plus forte : « Nous pouvons observer en regardant dans une glace, disait-il, que si nous fermons un œil, la pupille de l’autre se dilate. » A cette question : « Mais pourquoi alors avons-nous deux yeux ? » il répondait : « Pour qu’il en reste un si l’autre est blessé ». En dépit du raisonnement du savant philosophe, nous nous
- permettrons de croire que si nous avons deux yeux, c’est pour mieux y voir et surtout pour percevoir les effets de perspective et le relief des objets. Nous n’avons pas l’intention d’exposer ici la théorie de la vision binoculaire ; une simple expérience seulement permettra a chacun de voir, qu’avec un œil on apprécie mal la place réelle d’un objet. Assis devant votre bureau et la plume à la main, fermez brusquement un œil, allongez en même temps le bras pour plonger la plume dans votre encrier, vous le manquerez neuf fois sur dix. Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’on a constaté les effets de la vision binoculaire ; les anciens avaient fait bien des remar-
- ques à son sujet; c’est seulement en 1593 que le célèbre physicien italien G.-B. Porta donna le premier un dessin exact de deux images vues par chaque œil séparément, mais il n’imagina aucun appareil qui permît de reconstituer le relief en les regardant. Les savants qui, après lui, s’occupèrent de la question, ne la traitèrent non plus qu’au point de vue théorique ; ce n’est qu’en 1838 que le physicien anglais Wheat-stone construisit le premier appareil stéréoscopique, permettant de voir le relief en examinant simultanément avec chacun des deux yeux deux images différentes d’un objet, l’une ayant la perspective que perçoit l’œil droit, l’autre, celle que perçoit l’œil gauche. ‘
- Cet appareil est décrit dans presque tous les traités de physique ; on le trouve représenté dans La Na-
- 19e année. — l'r semestre.
- ture *; rappelons seulement qu’il était à réflexion, c’est-à-dire que les deux images étaient vues par l’intermédiaire de deux miroirs faisant un angle de 45 degrés. L’instrument était très encombrant et peu pratique. Un autre physicien anglais, David Brewster, imagina en 1844 le stéréoscope que nous connaissons tous; mais, chose curieuse, il ne put arriver à le faire construire en Angleterre, où il ne fut pas d’abord apprécié. C’est seulement en 1850 qu’il apporta l’appareil à Paris, où il fut construit par M. Soleil et son gendre M. Duboscq. L’abbé Moigno et les deux célèbres opticiens arrivèrent, non sans quelques difficultés, à le faire examiner par les savants officiels; mais à la grande Exposition de 1851, il fut remarqué par la
- 1 Voy. n° 679, du 5 juin 1886. Le stéréoscope représenté p. 16, n’est autre que celui de Wheatstone.
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- LA NATURE.
- Reine d’Angleterre, et à partir de ce moment-là, MM. Soleil et Duboscq n’arrivèrent que difficilement à satisfaire aux nombreuses commandes qui venaient de toutes parts. La photographie permetlant de faire facilement des images identiques, mais à perspective différente, contribua beaucoup à répandre l’appareil.
- Le stéréoscope, tel que nous le connaissons, présente l’inconvénient de ne pouvoir être manié que par une seule personne à la fois. Plusieurs inventeurs ont cherché à rendre les images stéréoscopiques visibles à plusieurs spectateurs en même temps. M. Claudet, en 1858, avait imaginé de projeter sur un verre dépoli, les deux images stéréoscopiques, en les superposant; on voyait, paraît-il, le relief, nous ne nous expliquons pas très bien pourquoi ; l’idée du reste n’eut pas de suite parce que l’image étant assez petite, ne pouvait être considérée que par trois ou quatre personnes ensemble. Ce fut M. d’Àl-meida, physicien français, qui résolut, vers la même époque, le problème de la façon la plus élégante, et nous ne nous expliquons pas pourquoi son procédé (car il n’est pas nécessaire d’avoir un appareil spécial), est tombé dans l’oubli. M. Molteni vient de l’en faire sortir et il a obtenu beaucoup de succès.
- Voici en quoi il consiste : L’impression du relief apparaît lorsque chaque œil voit celle des deux images qui présente la perspective qu’il percevrait s'il voyait l’objet réel. Si l’on prend deux images stéréoscopiques transparentes et qu’on les place chacune dans une lanterne à projection, de manière à pouvoir les superposer sur l’écran, on obtient de cette façon une image unique. Elle sera toujours un peu flou, la superposition ne pouvant se faire exactement puisque la perspective n’est pas la même pour chacune d’elles. Il s’agit maintenant de faire voir par chaque œil celle des deux images qui lui convient. A cet etfet, M. d'Almeida eut l’idée fort ingénieuse de placer dans la lanterne devant l’image ayant Ja perspective de l’œil droit, un verre coloré en vert, et devant l’autre image, un autre verre coloré en rouge. Le vert et le rouge étant dek couleurs complémentaires, le résultat sur l’écran ne fut pas changé; il y eut un peu moins de lumière et ce fut tout. Mais si, à ce moment, le spectateur place devant son œil droit un verre coloré en vert et devant son œil gauche un verre rouge, il se trouve dans les conditions voulues pour réaliser l'effet cherché; chaque œil ne voit alors que l’image répondant à la coloration choisie, et comme c’est précisément celle qui a la perspective qui lui convient, le relief apparaît immédiatement. L’etfet est saisissant. A l’œil nu, on perçoit sur l’écran une image ditl'use ; aussitôt qu’on met son lorgnon spécial, le relief apparaît avec autant de netteté que dans le meilleur stéréoscope. 11 ne faut pas, par exemple, mettre son lorgnon à l’envers, car si, les choses étant disposées comme nous l’avons dit, on regarde avec un verre rouge devant l’œil droit, et le vert devant l’œil gauche, c’est l’image portant la perspective destinée à l’œil droit qui sera vue par l’œil gauche et réciproquement ; il se produit alors, sur-
- tout avec certaines images, un très curieux etfet de perspective renversée; ce sont les derniers plans qui viennent en avant.
- Au jourd'hui que la photographie est à la portée de tout le monde et que beaucoup d’amateurs font des vues stéréoscopiques et possèdent des lanternes à projection, nous sommes persuadé que l’expérience aura beaucoup plus de succès qu’elle n’en a eu autrefois. — L’assemblée des spectateurs, tous munis de lorgnons à verres colorés, est assez curieuse à contempler. Notre gravure représente une séance de projection stéréoscopique et le dessinateur a bien rendu l’effet des deux faisceaux lumineux et colorés différemment, se superposant sur l’écran.
- Dans une précédente Notice sur le même objet1, notre confrère M. Hospitalier faisait remarquer qu’en combinant ces effets de perspective avec ceux du praxinoscope qui donnent la sensation du mouvement, on obtiendrait des effets tout à fait nouveaux. Ce serait peut-être un peu compliqué comme installation et surtout comme confection d’images, mais dans certains cas spéciaux, pour rendre l’etfet d’une machine à mouvement, par exemple? cela pourrait rendre de réels services. G. Makeschal.
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- LE CUIVRE ÉTAMÉ
- La couche d’étain qui recouvre le cuivre le mieux étainé est si mince que l’on voit encore des ouvriers éla-meurs qui croient que l’étain appliqué au cuivre pendant l’étamage n’en augmente pas le poids. C’est d’ailleurs un vieux préjugé que l'on retrouve dans Pline ; Stannum illilum æneis vasis, saporem graliorem facit et compescit ærugmis virus, mirumque pondus non auget.
- Dans ses Recherches sur l’étain publiées en 1781, Bayen a cherché à déterminer la quantité d’étain ainsi déposée sur le cuivre. Voici comment il rend compte de l’opération :
- « Nous avons fait étamer une casserole de neuf pouces de diamètre et de trois pouces trois lignes de profondeur : pesée au moment où elle était disposée à recevoir l’étain et repesée après l’opération sur les mêmes balances qui étaient très exactes, elle ne se trouva augmentée, en pesanteur, que de vingt-un grains.
- « Pour nous assurer de ce fait, nous avons eu recours à une contre-expérience que nous croyons devoir rapporter ici. On connaît ces feuilles d'elain qui nous sont apportées d’Allemagne en petits livrets et que l’on vend sous le nom d'argent faux. Ces feuilles ont à peu près trois pouces neuf lignes de longueur sur trois pouces quatre lignes de largeur, elles pèsent chacune deux grains. Nous en avons employé onze pour recouvrir parfaitement, à l’aide d’un mordant, la casserole de ^expérience précédente: tout ce qui ne s’était point attaché au mordant ayant été ramassé avec une barbe de plume, pesait un peu plus d’un grain et demi, en sorte que vingt grains et demi de cet étain en feuilles avaient suffi pour couvrir exactement toute la surface intérieure du vaisseau, ce qui prouve que la couche d’étain, appliquée sur celte même casserole, dans l'opération de l’étamage faite par le chaudronnier, était d’une épaisseur égale à celle qu’ont les feudles de faux-argent dont nous parlons. »
- 1 Voy. n° 901, du 6 septembre 1890, p. 218.
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- v'A
- LA NATURE. V
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- D’après ces données, la couche d’étain déposée sur le cuivre serait donc de 21 grains ou 1er,115 pour une surface de lld,,43“<1, soit approximativement 1 miligratnme par centimètre carré *. Proust (Annales de chimie, 1804) admet qu’un bon étamage consomme 1 grain d’étain par pouce carré, soit 7 milligrammes par centimètre carré. Le chiffre de Bayen nous semble plus conforme à la réalité; on sait, en effet, que le fer prend plus d’étain que le cuivre et qu’il y a des fers-blancs qui ne renferment que 4 à 5 milligrammes d’étain par centimètre carré, par conséquent 2 milligrammes pour une seule face.
- Ne serait-il pas possible et n’y aurait-il pas intérêt pour l’hygiène de rendre cette couche plus épaisse?
- Ecoutons la réponse de Bayen :
- « 11 est des ustensiles de cuisine sur lesquels on pourrait tenter d’augmenter la couche d’étain autant qu’il serait possible ; tels sont ceux qui seraient uniquement destinés à faire bouillir l’eau dans laquelle on cuit les légumes et dont le degré de chaleur n’est pas capable de foudre l’étain; mais ce serait inutilement qu’on chercherait le moyen d’en appliquer une plus grande quantité sur des casseroles, qui, souvent exposées à un degré de chaleur de beaucoup supérieur à l’eau bouillante, perdraient bientôt leur étain que l’on verrait couler et s’amasser dans le fond, sous la forme de larmes, en sorte qu’il eu resterait à peine, sur les endroits dont il se serait détaché, la quantité précise que l’ouvrier aurait dù y appliquer.
- « Le peu d’épaisseur de la couche d’étain qui recouvre le cuivre ne doit pas nous effrayer, une expérience journalière prouve à tous ceux qui ont des batleries de cuisine faites avec le cuivre élamé qu’on peut s’en servir sans aucun risque ; mais il doit, en revanche, nous rendre attentifs à faire souvent renouveler l’étamage, qui ne peut résister longtemps à l’agitation des viandes et surtout au mouvement que l’on donne fréquemment avec la cuiller de bois au beurre ou à tout autre corps gras dans lesquels on fait roussir les divers assaisonnements.
- (( Les graisses, de quelque nature qu’elles soient, n’ont aucune action sur l’étain et, si celui de l’étamage disparaît bientôt, c’est aux frottements réitérés que l’on doit en rapporter la cause. » Balland.
- LES LOUPS EN FRANCE
- Le Bulletin du Ministère de V agriculture contient l’état des loups tués et des primes payées en France depuis 1882. L’extrait suivant montre que depuis 1882 le nombre de ces dangereux animaux tend à décroître d’année en année.
- Nombre de loups tues. Primes payées.
- Années 1882 (4 mois). 423 38 260
- — 1883 .... 1316 104 450
- — 1884 .... 1035 81 180
- — 1885 .... 900 65510
- — 188(1 .... 760 57 120
- — 1887 .... 701 48 800
- — 1888 .... 505 34810
- — 1889 .... 515 35 720
- L’État accorde une prime de 150 francs pour une louve pleine ; 100 francs pour un loup ou une louve non pleine ; 40 francs pour un louveteau. Le département où on détruit le plus de loups, c’est celui de la Dordogne : 100 loups en 1888 et 82 en 1889. A. B.
- 1 Plus exactement 0er,000975, l’ancien pouce de 12 lignes valant 0m,02706 et le grain 0«r,0531.
- LES ORIGINES DE LA MACHINE À TAPEUR
- ET DE L’üTILISATION MÉCANIQUE DE LA CHALEUR SOLAIRE
- M. Lorédan Larchey1 a récemment publié ici même l’histoire d'Anthémius qui fit jadis une application de la force expansive de la vapeur d’eau; comme le suppose l’auteur, le récit qu’il rappelle était con n udc ceux qui se sont occupés spécialement de l’histoire de la vapeur2. —Héron d’Alexandrie avait imaginé, outre l’éolipyle, plusieurs appareils fondés sur la vaporisation de l’eau; on les trouvera décrits dans les Origines de la science qui font partie de la Bibliothèque de La Nature. ,
- A l’époque de la Renaissance, un savant Italien, le célèbre Porta, avait eu aussi, à l’imitation de l’ingénieur grec,, l’idée d’utiliser la force de la vapeur. Voici comment Jean Escrivano raconte qu’était conçu l’appareil de Porta, dans une édition italienne (I tre libri spiritali, Naples, 1608) qu’il donna en 1608, du livre des Pneumatiques (Pneumaticorum libri très, Naples, 1601), du physicien napolitain, édition dans laquelle il ajouta plusieurs passages qu’il tenait de la bouche de l’auteur lui-même.
- « Faitçs une boîte en verre ou en étain, dont le fond soit percé d’un trou par lequel passera le col d’une bouteille à distiller, renti rmant une ou deux onces d’eau. Le col sera soudé au fond de la boîte de manière que rien ne puisse s’échapper par là. De ce même fond parlira un canal dont l’ouverture le touchera presque, l’intervalle étant tout juste ce qui est nécessaire pour que l’eau puisse y couler. Ce canal passera par uue ouverture du couve>cle de la boîte et s’étendra au dehors, à une petite distance de la surface. La boîte sera remplie d’eau par un entonnoir qu’on bouchera bien ensuite, afin qu’il ne laisse pas échapper d’air; enfin la bouteille sera placée sur le feu et on l’ecnauffera peu à peu, alors l’eau transformée en vapeur pressera l’eau dans la botte, lui fira violence et la fera sortir par le canal et couler à l’extérieur.
- « On continuera toujours ainsi à échauffer l’eau jusqu’à ce qu’il n’en reste plus; et tant que l’eau fumera, l’air pressera l’eau dans la boîte, et l’eau sortira à l’extérieur. L’évaporation étant finie, on mesurera combien il est sorti d’eau de la boîte, et il y sera resté autant d’eau qu’il en sera sorti de la bouteille, et vous concluez de la quantité d’eau écoulée en combien d’air elle s’était transformée. »
- Salomon de Caus (Les raisons des forces mouvantes, Paris, 1624, liv. I, probl. xm) donne une application analogue au mouvement de l’eau par la chaleur du soleil; il appelle sa machine, Fontaine continuelle (fig. 1), et la décrit ainsi :
- « Ceste dite machine aura un grand effect aux lieux chauds, comme l’Espagne et l’Italie, d’autant que le soleil se montre en ces endroits presque tous les jours avec
- 1 Yoy. n° 914, du 6 décembre 1896, p. 10.
- 2 II est question de l’histoire d’Anthémius dans l’ouvrage de M. Fournier ( Vieux neuf, Dentu, 1859), dans les Merveilles de la science de Louis Figuier (Furne, Jouvet et C’°, 1887), et dans VHistoire des machines à vapeur de Robert Stuart.
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- LA NATURE.
- grande chaleur, et spécialement en esté. La fabrique en sera telle : Faut avoir quatre vaisseaux de cuivre bien soudés tout à l'entour, lesquels seront chacun environ un pied en carré, et huict ou neuf poulces de haut. Les-dits vaisseaux seront marqués A B C D, et y aura un tuyau marqué E posé sur lesdits vaisseaux, auquel tuyau seront soudées quatre branches, marquées chacune branche par la lettre F. Lesditesbran-ches seront soudées au haut des vaisseaux passans jus-ques près du fond de chacun vaisseau.
- Faut après au milieu du tuyau souder une soupape marquée G, faite et posée en sorte que quand l’eau sortira des vaisseaux, elle puisse ouvrir, et estant sortie, qu’elle se puisse resserrer. Faut aussi avoir un autre tuyau au-dessous desdits vaisseaux marqué P auquel il y aura aussi quatre branches, lesquelles seront toutes soudées contre les fonds desdits vaisseaux, et aussi une soupape marquée II à laquelle il y aura un tuyau au bout qui descendra au fond de l’eau, laquelle sera dans une • citerne ou vaisseau marqué 1. Il y aura aussi à l’un des vaisseaux un trou ou esvent marqué M.
- Ainsi faudra exposer la machine en un lieu où le soleil puisse donner dessus, puis verser de l’eau dans les vaisseaux par le trou esvent M, laquelle eau se communiquera à tous les vaisseaux par le moyen des tuyaux, et il faut que lesdits vaisseaux ayent environ le tiers de leur contenu d’eau, et l’air qui estait en la place de ladite eau sortira par les soupiraux 3, 4, 5, 6. Après faudra bien boucher tous lesdits soupiraux, en sorte que l’air ne puisse sortir desdits vaisseaux, et alors que le soleil donnera sur ladite machine, il se fera une expression à cause de la chaleur (comme il a été montré au précédent
- problème) ce qui causera l’eau de monter de tous les vaisseaux au tuyau E et sortir parla soupape G et tuyau N, puis tombera dans le bassin 0, et de là dans la citerne I, et comme il sera sorti une quantité d’eau par la violence de
- la chaleur du soleil, alors la soupape G se resserrera, et après que la chaleur du jour sera passée et que la nuit viendra, les vaisseaux, pour éviter vacuité, attireront l’eau de la citerne par le moyen de la soupape H I, pour remplir les vaisseaux comme ils estaient auparavant : tellement que ce mouvement continuera autant comme il y aura de l’eau dans la citerne, et que le soleil donnera dessus les vaisseaux, et faut noter que les soupapes G et II seront faites fort légères, et aussi qu’elles seront
- fort justes, sans que l’eau puisse descendre quand elle sera montée. »
- Salomon de Caus décrit, dans son remarquable ouvrage, un autre appareil du même genre que nous représentons ci-contre (fig. 2). Le châssis A B doit être fait de manière a pouvoir « y enchâsser plusieurs verres ar-dans, lesquels seront posés en sorte que les pointes des cônes ar-dans, que produisent lesdits verres, puissent donner sur les vaisseaux, lesquels estans eschauffez par la violente chaleur desdits verres, fera monterl’eau en grande quantité. » Salomon de Caus recommande de faire passer un tuyau C D, à travers une muraille, afin de conduire l’eau à une petite fontaine intérieure.
- — A suivre. — ALBERT DE RûCHAS.
- Fig. 2. — Autre appareil de Salomon de Caus pour élever l’eau sous l’action de la chaleur solaire.
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- LE CANAL DE KIOTO-FU AU JAPON
- Le Japon est déjà sillonné par des chemins de fer et sa population entre de plus en plus dans les voies de la civilisation européenne. Ce mouvement, conséquence de la révolution de 1868, s’étend aux travaux publics de toute nature, car en même temps qu’on continuait les premières lignes ferrées, on creusait entre autres un canal de navigation destiné à relier le lac Biwa et la baie d’Osaka sur laquelle est située Kioto, ancienne capitale du Japon. Les travaux, commencés en 1885, ont pris fin dans l’année courante, et l’un de nos lecteurs a bien voulu nous adresser, avec les photographies, dont nous avons extrait les dessins ci-joints, une description rédigée parM.S. Tanabe, ingénieur en chef des travaux.
- Le canal de Kioto-Fu n’a pas seulement pour objet de créer une voie navigable qui mette l’intérieur du pays en communication avec la mer; il fournit également des chutes d’eau pour alimenter les usines de la ville de Kioto, les eaux nécessaires aux irrigations des rizières,
- Fig. 1. — Extrémité du lac Biwa au Japon et origine du canal.
- Fig. 2.
- et celles employées pour la distribution de la ville. 11 part de l’extrémité sud-ouest
- du lac Biwa, le plus considérable du Japon, et dont la superficie est de 800 kilomètres carrés. Ce lac,
- situé à 84 mètres au-dessus du niveau de la mer. est à 56 kilomètres de la baie d’Osaka. Celle-ci étant déjà en communication avec Kioto par un canal, celui de Kioto-Fu vient se souder à ce dernier après un parcours de H kilomètres et une différence de niveau de 43 mètres entre ses extrémités.
- Le lac se termine par une plaine marécageuse (fig. 1) dans laquelle on a creusé la tranchée d’origine; elle est protégée par des digues longitudinales qui y ramènent les eaux en cas de crues. A la suite de cette tranchée qui a environ 100 mè-ti'es de longueur, commence le canal proprement dit avec une largeur de 5m,70 au plafond et lm50 de profondeur, sur une longueur de 540 mètres. 11 atteint alors le premier tunnel pour franchir la chaîne de Nagara-yama. Ce tunnel a 2500 mètres de longueur et 4m,80 de largeur sur 4m,20 de hauteur. L’eau atteint lm,80 sur des terrains très
- Tête du tunnel principal.
- Fig. 3. — Pont-canal sur la vallée des Tombeaux des Empereurs.
- le radier. Il a été percé dans variés tels que l’argile, les schistes, le grès et le por-
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- LA N AT IJ HE.
- phyre, et est entièrement revêtu de maçonneries de briques. La construction a été effectuée au moyen d’un puits de travail de 45 mètres de profondeur, foncé dans l’axe de l’ouvrage au tiers de sa longueur du côté ouest. A l’extrémité amont sont établis des vannages permettant d’assurer au canal un débit constant de 8mc,5 par seconde. La figure 2 représente la tête de cet ouvrage.
- Au sortir du tunnel, le canal s’étend a ciel ouvert sur une longueur de 4500 mètres, soit en tranchée, soit en rembhii, ou à flanc de coteau. Pour arriver au bassin de Kioto, il traverse la chaîne des collines de Hino-oka-yama h l’aide de deux tunnels de mêmes section et construction que le premier, et dont les longueurs respectives sont de 125 mètres et de 841 mètres. La traction dans les tunnels doit s’effectuer à l’aide d’une chaîne noyée.
- En quittant le tunnel n° 5, à 8400 mètres environ de son origine, le canal se divise en deux branches. La première, devinée à servir de voie navigable, a une pente de 0,066 par mètre sur une longueur de 540 mètres ; c’est un véritable plan incliné que les bateaux franchissent à l’aide d’un bers porté sur des trucs et tiré par un câble. Ce dernier est actionné par la.chute fournie par l’autre branche. Au pied du plan incliné, le canal s’élargit à 18 mètres au plafond avec une profondeur de lm,50,et se raccorde, à l’aide d’une écluse, au canal de la baie d’Osaka, après un parcours de 2 kilomètres.
- La seconde branche traverse un petit tunnel, franchit la vallée des Tombeaux des Empereurs sur un pont-canal de 14 arches (fig.5), et atteint Kogawa, faubourg nord de lvioto, après un parcours de 8 kilomètres. Sa pente est plus considérable que celle du canal principal dont elle ne dérive que lmc,4tf0.
- Les 7 mètres cubes restants peuvent être employés à la production de force motrice sous une chute de 36 mètres. On se propose d’en utiliser une partie au point de bifurcation et au sommet du plan incline par une installation hydraulique qui commandera des machines électriques.
- Le coût total des ouvrages est de 5 millions de francs dont un tiers a été fourni par le Trésor impérial, un quart par le gouvernement central, et le reste par divers impôts1. ,,,
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- LA CULTURE SOUS VERRE
- DES ARBRES FRUITIERS
- Nous avons récemment étudié2 la façon dont les Anglais pratiquaient la culture artificielle du raisin et nous avons indiqué les résultats hors de pair auxquels étaient arrivés nos voisins, ainsi que les industriels de Roubaix et de Bailleul, en France, qui les avaient imités. Mais il n’y a pas seulement que la vigne qui soit cultivée sous verre : un certain
- D’après les documents adressés à La Nature par le P. Drouart de Lezev, à Tokio, au Japon.
- 8 Voy. n° 881, du 19 avril 1890, p. 506.
- nombre d’arbustes et même d’arbres fruitiers proprement dits sont, dans certains pays, exceptionnellement forcés de cette façon, par ceux qui veulent obtenir des fruits bien en dehors de l’époque habituelle de leur maturité.
- Toutes les époques, cependant, ne sont pas bonnes pour amener cette modification artificielle delà saison végétative des arbres fruitiers.
- Comme principe, il faut d’abord accorder aux plantes un certain repos pour les mieux forcer : on est alors certain de les faire fleurir et d’en obtenir une fructueuse récolte. Dans la nature, cette période de repos est celle que nos hivers leur procurent, et quand elle n’existe pas pour certains végétaux, par exemple pour la vigne dans les pays tropicaux, on n’arrive alors qu’à une production abondante de jets stériles et sans aucune utilité.
- L’air, la lumière et l’humidité, y compris la chaleur nécessaire pour déterminer l’activité végétative, sont encore des éléments essentiels pour provoquer chez les fruits, la pêche et l’abricot entre autres, le bouquet et la saveur qui les distinguent particulièrement. Si, au lieu de les obtenir mûrs dans les serres en avril, grâce à des soins intelligents, qui cependant ne réussissent pas toujours à les obtenir aussi savoureux et aussi colorés qu’en été, on parvenait à les amener à maturité en plein hiver, alors que le soleil est voilé et les jours extrêmement courts, on n’aurait que des fruits fades, sans qualité.
- Il y a lieu de distinguer dans la production sous verre : la culture forcée en serre chaude, la culture en serres froides ou sous abris vitrés, et la culture retardée. La plus importante est la première.
- Les arbres cultivés en serre chaude le sont, soit en pleine terre, soit en espalier, parallèlement au vitrage et à 50 ou 40 centimètres de celui-ci, très rarement en pot. La forme des serres est celle des serres chaudes ordinaires, mais il faut évidemment que les sujets ne soient pas trop éloignés de la lumière : elles sont ordinairement adossées et leur toiture ne présente qu’une pente ou un seul versant; on les oriente de l’est à l'ouest, de manière qu’elles soient exposées en plein midi; l’inclinaison de leurs panneaux est en outre graduée de telle sorte que le soleil vienne les frapper perpendiculairement à l’époque de la floraison. Les murs doivent être crépis pour empêcher les insectes de se nicher dans les cavités et subséquemment d’attaquer les fruits, et chaulés une fois l’an ; le verre employé doit être fort épais, enfin — détail qui a son importance — les serres à forcer doivent toujours être munies de gouttières pour l’évacuation des eaux de pluie et des eaux de neige, ces dernières pouvant faire manquer la récolte en refroidissant le sol au pied des arbres.
- Voici, par exemple (fig. I, n° 1), le modèle d’une serre anglaise pour la culture forcée du Figuier. Cette installation est l’une de celles qu’on rencontre le plus fréquemment dans la Grande-Bretagne : *e modèle que nous donnons ici appartient à la maison Weeks and C°, de Chelsea. On y maintient pendant le jour
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- une température de 17 à 18° et pendant la nuit de 12 à 14°; on n’ombrage jamais, même quand le soleil l'ait monter le thermomètre à 22 ou 25°, mais on donne de l’air chaque fois que les rayons solaires frappent directement le vitrage.
- On ne commence généralement le forçage qu’en janvier; on pratique alors d’abondants arrosages avec de l’engrais liquide attiédi par l’eau chaude; puis, lorsque les fruits sont près d’atteindre leur volume normal, on n’emploie plus que l’eau pure et d’une façon plus restreinte.
- En Hollande, on a une manière toute particulière de forcer un autre arbuste, l’Abricotier, à l’aide d’une bâche et de couches à fumier. Nous donnons (fig. 1, n° 2) la coupe d’une de ces bâches. C’est une construction en bois de 2m,50 de largeur environ. Les abricotiers, lorsqu’ils sont plantés de bonne heure, fin octobre, se laissent forcer la même année, pourvu que l’on ait eu soin de ménager leurs racines; plus tard, en novembre, alors que les fibrilles sont déjà formées, on risquerait d’arriver à une lïoraison tardive et d’avoir un grand nombre de fleurs qui ne noueraient pas, les arbres transplantés étant alors obligés de former une deuxième fois leurs fibrilles et de faire une double consommation de sève élaborée. Ces arbres ont toujours de six à sept ans; à chaque déplantation, on supprime les racines trop grosses et on donne aux arbres une bonne fumure de terreau ; l’empotement se fait en mars jusqu’à l’hiver suivant, dans une terre assez légère recouverte de court fumier qu’on arrose copieusement tous les quinze jours à l’engrais liquide.
- Voici (fig. I, n° 5) un autre modèle de serre destinée à la culture du Framboisier; c’est celle du potager royal de Munich. On y récolte en hiver des framboises excellentes; à la partie antérieure on y cultive des champignons et sur le devant sont des fraisiers en pots. Les touffes sont espacées d’environ 80 centimètres ; on les plante au printemps dans une terre légère, on prend soin de ne les arroser que fort peu en été pour qu’elles ne prennent pas un développement trop rapide et on les empèc .e de fructifier. On voit alors en automne les bourgeons radicaux fleurir, les fruits se nouent fort vite, on chauffe la serre jusqu’à environ 18° et, le mois suivant, on commence à avoir des framboises jusqu’au delà du mois de janvier. Il faut choisir pour cela les variétés remontantes. Si l’on voulait avoir des fruits pour le milieu de mars, il serait nécessaire de forcer vers la mi-décembre certaines sortes spéciales comme le framboisier de Hollande à gros fruits rouges, Falstafl', du Chili, etc. ; on aurait alors des fruits environ trois mois après.
- Parmi les arbres à fruits en baie, nous signalerons encore au nombre de ceux qu’on cultive en serre chaude les deux sortes bien connues de Groseillers : celui à grappes et celui dit à maquereaux ou gro-seiller épineux. Les plants doivent avoir au moins cinq ans pour être mis en pots et on les conduit alors en pyramide, en tête ou en espalier. Si le forçage
- se fait de bonne heure, la transplantation a lieu une année d’avance; s’il n’a lieu qu’en février, Tempo- * tage peut se faire fin ocloore. Pour faire cet empotage, il faut choisir le moment où les groseillers forment leurs fibrilles avant l’hiver : on les met alors dans une terre légère et substantielle et on les arrose de lemps en temps à l’engrais liquide. Durant la saison d’été, il suffit de ne pas les laisser fructifier et de ne leur donner qu’un ombrage restreint; on raccourcit environ d’un tiers les rameaux à bois au mois d’aoùt, et on introduit les premières plantes dans la serre fin décembre. Au printemps, la température étant de 5à 6°, les groseillers viennent en feuilles; lorsque la fécondation est opérée, on élève la température au fur et à mesure que la maturation s’avance jusqu'à 18°, et quatre mois après le commencement du forçage, on arrive à avoir des fruits en pleine maturité. Une fois les feuilles développées, les arrosements doivent être toujours fort abondants, excepté pendant la période durant laquelle les fleurs sont épanouies. On doit toujours donner beaucoup d’air, tout en maintenant dans la serre une atmosphère suffisamment humide.
- Parmi les arbres à noyau, celui qu’on cultive le plus est le Pêcher, dont on considère le fruit, après la vigne,, comme le plus propre à pouvoir être exploité artificiellement au point de vue commercial. On conseille généralement de ne forcer que des arbres cultivés en pleine terre. On peut distinguer pour la culture de cet arbre trois saisons, ou autrement dit trois époques pendant lesquelles la plante peut fournir ses produits à la consommation ; la pêche de première saison est alors celle obtenue dans une serre dont le forçage a été commencé aussitôt que cela a été possible, fin novembre le plus souvent, et qui est arrivée à maturité à la fin d’avril ou au commencement de mai ; les fruits des récoltes moins hâtives, dont les serres ne sont mises en activité que vers la fin de janvier ou de février, sont ceux que l’on désigne comme étant de deuxième ou de troisième saison. Voici, par exemple (fig. \, n°4),la coupe d’une serre à pêchers pour première saison, chauffée au thermosiphon ; ce genre de serres n’a généralement qu’un seul versant, parce que les arbres doivent y être, comme on le voit sur notre dessin, plantés de manière à se trouver rapprochés autant que possible du vitrage. Dans ce modèle, le mur de devant n’a guère que 50 à 55 centimètres de hauteur et il est construit sur voûtes afin de permettre aux racines de se développer plus librement ; cette serre convient plus spécialement pour les situations élevées, en terreau léger plutôt sec qu’humide. Nous donnons plus loin (fig. 1, n°5) la coupe d’une autre serre à pêchers pour troisième saison, chauffée celle-ci au moyen d’un conduit à fumée : une couche de fumier qui recouvre le sol au pied des arbres à l’intérieur et à l’extérieur aide aussi à y maintenir une température convenable.
- Comme modèle de ce qui se fait en Angleterre, voici la coupe de la grande serre à pêchers du jardin
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- royal de Frogmore (fig. 1, n° 6), près de Windsor. Cette serre est immense. Elle a environ 5 mètres de large et divisée en 6 compartiments ayant chacun 18 mètres de long. Dans chacun de ceux-ci, séparés par des cloisons, il n’y a que quatre arbres
- conduits en éventail parallèlement au vitrage.
- Les pêchers que l’on emploie pour le forçage sont généralemeut des écussons d’un an ou deux, bien pourvus de racines. La plantation a lieu fin octobre, car le chevelu commence à se renouveler
- Fig. 1. — Serres pour la culture des fruits. — N* 1. Serre anglaise pour la cultux’e du liguier. — N" 2. Bâche hollandaise à forcer l’abricotier. — N” 3. Serre à framboisiers du potager royal de Munich. — N' 4. Serre à pêchers pour première saison chauffée au thermosiphon. — N* 5. Serre à pêchers pour troisième saison chauffée au moyen d’un calorifère avec conduit de fumée. — N" 6. Grande serre à pêchers du jardin royal de Frogmore, près Windsor. — M 7. Serre froide belge pour espalier. — N* 8. Serre froide allemande pour fruits à noyaux. — N* 9. Serre à fraisiers des jardins de l’empereur d’Allemagne à Fotsdam.
- dès l’automne. On déterre les arbres sans motte dans les terrains sablonneux et avec motte lorsque le sol est un peu plus consistant, en ayant soin dans l’un et l’autre cas de conserver intactes toutes les racines. On emploie dans la serre une terre composée, ou à peu près, de deux parties de terre de |
- jardin, une partie de terreau de feuilles, une partie de terreau de fumier de vache bien consommé et un quart de gros sable.
- Signalons encore, parmi les arbustes qui se cultivent en serre chaude, le Mûrier noir.
- A côté des serres chaudes nous avons aussj signalé
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- Fig. 2. — Spécimens de fruits cultivés en serre. — iN° 1. Brugnonnier cultivé eu pot et portant quatre fruits mûrs. — N* 2. Autre l^rugnonnier cultivé en pots et portant douze fruits. — N* 3. Pommier, Calville blanc cultivé en pot. — N'-f. Poirier Louise-Bonne. cultivé en pots et portant seize fruits.
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- LA NATURE.
- les serres froides. Le but de celles-ci n’est plus tant de devancer la récolte, que d’obtenir celte récolte à époque certaine et régulière en soustrayant les arbres au moment de leur lloraison aux intluences pernicieuses du froid, de la pluie et des mauvais vents, et en concentrant en même temps la chaleur solaire nécessaire à la maturation des fruits, Pour les pêchers et les abricotiers notamment, la lloraison habituellement luxuriante de ces arbres prouve de toute évidence 1 influence des intempéries, car le plus souvent les espérances que donne cette fertilité apparente ne se réalisent pas. Les serres froides se rencontrent aujourd’hui dans les jardins d’un grand nombre d’amateurs. Nous en donnons un exemple (fig. l,n°7). Le vitrage est ici formé de deux rangées de châssis entourant un espalier, dont l’une est placée verticalement à 2m,50 en avant de cet espalier, et dont l’autre, qui relie le mur avec les châssis droits, repose sur une charpente qui sert également de soutien à la partie supérieure de ces derniers. Ce genre de serres est surtout usité en Belgique. En Allemagne, on use pour certains fruits à noyau, notamment pour les prunes et les cerises, d’un autre système que nous représentons (fig. 1, nu 8). On enveloppe alors les arbres de constructions vitrées quelque temps avant que les fleurs ne commencent à s’épanouir et le plus souvent on obtient aussi une moisson fort abondante. C’est justement en Allemagne que nous avons rencontré l’une des serres froides les plus curieuses que nous connaissions, construite pour fraisiers, et que nous avons représentée (fig. 1, n° 9). Le modèle que nous donnons ici a été relevé dans les jardins de l’empereur à Potsdam. On voit dans cette serre un gradin, muni de tablettes sur lesquelles doivent être étalées les pots de fraisiers, glissant à roulettes sur des rails ; des conduits de chaleur permettent de donner à l'intérieur la température qui convient, et la ventilation se fait par des ouvertures facilement réglables à l’aide d’une manivelle. La position indiquée sur la figure est celle du gradin en temps ordinaire, mais on recule celui-ci près du mur lorsqu’on procède aux soins de culture et aux arrosements qui doivent se faire par devant.
- A côté de la culture des fruits forcés ou de primeur, et de la culture en serre froide, on peut placer l’art de prolonger la saison de certains fruits, ce que nous avons appelé en d’autres termes la culture retardée. Celle-ci a une importance presque aussi grande que les deux autres, car c’est elle qui produit ces fruits d’apparat moins savoureux, du moins d’un aspect llalteur incontestable, que l’on' offre à l’arrière-saison aux. époques de la chasse et des fêtes que se donnent les familles opulentes.
- La pèche, par exemple, peut difficilement être cultivée d’une façon lardi\e à l’air libre.
- Mais le moyeu le plus certain de réussir est la culture en pot dans une serre chaude ordinaire suffisamment éclairée et aérée. Nous allons dire quelques mots de ce procédé qui convient du reste
- pour la culture avancée. On arrive alors à des résultats splendides.
- On choisit pour l’empotage des écussons d’un an que l’on trouve chez tous les pépiniéristes, de préférence des sujets pineés à 0u,4ü de hauteur l’année de leur déveh ppement, et on les place dans des pots de 0ni,50 de diamètre; plus tard on peut, à la suite de plusieurs rempotages, faire usage de pots plus grands et on arrive à avoir des arbres conduits en pyramides qui peuvent donner annuellement jusqu’à 60 fruits. Ces pêchers sont greffés sur prunier de Saint-Julien. Lesn0S 1 et 2 (fig. 2) représentent deux types : le premier, pris d’après la photographie d’un arbre cultivé dans l’établissement de Ri vers, est un brugnonnier en buisson âgé de trois ans et portant 12 fruits; le second, photographié d’après une pyramide de quatre ans de culture dans le jardin modèle de M. Fuis, à Gand, est un brugnonnier couvert de 45 fruits. Les variétés propres à la culture en pots sont fort nombreuses.
- L abricotier, qui supporte difficilement l’air confiné des serres, est assez rarement cultivé en pots.
- Le Cerisier, que l’on considère comme le plus dilficile des arbres à fruits pour la culture forcée, donne en pots de bons résultats pourvu que 1 aération soit sulfisante : certains amateurs trouvent même que les cerises mûrissent mieux en serre qu’à l’air libre et qu’elles ont plus de sucre et de parfum. Le traitement est le même que pour l’abricotier et la forme la plus avantageuse à donner aux arbustes est le buisson et la pyramide.
- Le framboisier se prête aussi à la culture en pots. Ce sont surtout les variétés Perpétuelle à gros fruits jaunes et Perpétuelle à gros fruits rouges qui y semblent le mieux appropriées. Rien de plus facile à 1 arrière-saison que de prolonger la récolte jusqu’à décembre en transportant en serre tempérée quelques framboisiers remontants en pleine production : il faut pour obtenir de bons résultats donner beaucoup de lumière aux sujets et les rapprocher par conséquent autant que possible du vitrage.
- Mais l’une des cultures en pots les plus agréables est celle du Poirier, car on peut faire produire du fruit, l’année même où ils ont été empotés, à de jeunes arbres de deux ans* greffés sur cognassier et portant des boutons. Pour y arriver, il est nécessaire que la plantation ait été faite ’à l’arrière-saison et que les arbustes aient pu séjourner dans la serre au moins pendant la première partie de leur végétation ; on obtient alors des résultats tels qu’on se voit presque toujours obligé d’éclaircir Içs fruits pour ne pas épuiser la plante; on n’en laisse que 6 à 8 la première année pour arriver à 20 ou 24 deux ou trois ans après si lés arbres sont suffisamment vigoureux. Pour le premier empotage, les pots ne doivent pas avoir plus de 0m,50 et on peut, avec l’engrais liquide, les conserver plusieurs années dans ces récipients. Nous donnons (fig. 2, n° 4) la photographie d’un poirier Louise-Bonne cultivé en pots et portant 16 fruits. La forme à donner aux arbres est
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- indifférente : les plus employées sont le fuseau, le cordon en spirale, la pyramide, etc.
- Le Pommier est aussi l’un des arbres que l’on cultive le plus volontiers en pot, soit pour culture avancée, soit pour culture retardée. Au printemps, la floraison de ces essences, lorsqu’elles sont abritées sous un toit de verre, est magnifique et produit un très grand elfet au moment de l’épanouissement des corolles. Si la fécondation a pu avoir lieu sans encombre, les llcurs nouent en masse et il faut de toute nécessité procéder à un éclaircissement. On arrive à obtenir des fruits dont les dimensions sont fort souvent supérieures à celles que l’on obtient d’ordinaire en plein air. Nous donnons (fig. 2, nu 5) la photographie d'un pommier Calville blanc à la deuxième année de l’empotage. Les arbres que l’on choisit pour l’empotage doivent être bien constitués et grelfés sur paradis ou sur doucin. Comme pour le poirier, il faut beaucoup d’engrais, et on obtiendra les résultats les plus satisfaisants d’un pincement court et répété. Nous arrêtons ici ce coup d'œil rapide sur la culture artificielle des arbres fruitiers. Nous avons voulu donner une idée des résultats qu’on pouvait obtenir, et qu’on obtient notamment hors de France, grâce à des méthodes assez peu connues et qui, nous l’espérons, ne resteront pas éternellement l’apanage des Belges, des Anglais et des Allemands.
- Alfred Renouard, ingénieur civil.
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- LA. MÉMOIRE
- L’aventure récente de Louis Gaillepaud, cet enfant qui, à la porte des cafés, récitait sans se tromper des faits de l’Histoire de France, avec leur date exacte, nous donne l’idée île citer quelques faits curieux relatifs à la mémoire.
- L’histoire nous fournit un grand nombre d’exemples de mémoires prodigieuses.
- L’Italien Scaliger apprit en vingt et un jours Y Iliade qui comprend 15210 vers et l'Odyssée qui en renferme aussi un nombre considérable; Lipse, professeur à l’Université de Leyde, oifrait de réciter toute l’histoire de Tacite en face d’une personne armée d’un poignard qui le transpercerait à la première faute; Louis XIII pouvait, après un an, dessiner de mémoire le plan d’une contrée avec tous les détails; l’acteur Lassaussiclère lisait les petites affiches pendant une heure et les répétait ensuite textuellement, ce qui, par parenthèse, devait être passablement fastidieux. On rapporte aussi qu’un Anglais ayant une mémoire extraordinaire fut présenté à Frédéric à Potsdam. Le même jour, Voltaire ayant apporté au roi une pièce de vers, .ce dernier fit cacher l’Anglais et commanda à Voltaire de lire son œuvre. — « Mais ces vers ne sont pas de vous, on me les a déjà récités ce matin. )) Il fit alors venir l’Anglais qui, au grand étonnement de Voltaire, les récita sans erreur.
- C’est surtout dans les faits légendaires de l’antiquité qu’on trouve de nombreux exemples de mémoires extrR-ordmaires. Rappelons qu’on a attribué à Adrien, le successeur de Trajan, à Mithridate, à Thémistocle, à Sci-pion, à Cyrus et à bien d’autres, le don de retenir les noms de tous leurs soldats ; qu’on a prétendu qu’flortensius,
- l’orateur, assista à une vente publique d’une durée d’une journée et rappela dans l’ordre tous les objets vendus avec les noms des acquéreurs; que l’ambassadeur Cinéas. reçu au Sénat, salua le lendemain par leur nom tous les sénateurs qu’il n’avait vus qu’une fois. Tous ces nombreux exemples s’expliquent facilement surtout dans l’antiquité. Eu effet, avant la vulgarisation de l’écriture, le développement de la mémoire était indispensable. De nos jours, cette faculté est moins cultivée, tout au moins pour les besoins usuels, car grâce aux notes, on peut presque se passer d’elle; cependant il y a une mémoire que tout le monde a et que beaucoup de personnes ignorent, c’est la mémoire de l’œil, la mémoire des choses vues, c’est celle de l’artiste, du dessinateur; cette faculté lui permet de reproduire un ornement, par exemple, qu’il aura vu une fois. Et cette mémoire, tout le monde l'a, plus ou moins développée, car tout le monde voit et classe plus ou moins dans son cerveau les choses vues et cela sans s’en rendre compte : c’est cette mémoire de l’œil qui forme un excellent moyen mnémotechnique. En voici quelques exemples. Pour se rappeler la théorie, bien des soldats cherchent à se figurer la page recto verso, puis l’emplacement dans cette page où se trouve l’article qu’ils vaillent se rappeler. C’est là une véritable mémoire des yeux.
- Certains prestidigitateursemploient le même moyen pour indiquer dans un livre la page et la ligne renfermant une citation qui leur est faite. D’autres se font nommer à la suite les uns des autres quarante noms communs quelconques, puis aussitôt les répètent par ordre, en commençant par le commencement ou par la fin, ou au hasard en assignant à chacun d’eux le numéro d'ordre sous lequel il a été énoncé. Un auteur du seizième siècle, nommé Muret, raconte qu’il vit un jour un Corse auquel il dicta deux mille mots latins, grecs et barbares n’ayant aucun rapport entre eux et que ce Corse les lui répéta dans l’ordre. Cela nous paraît douteux, car faire ce petit uxercice avec quarante mots est déjà assez difficile et demande une mémoire très exercée. Cependant avec la mémoire de l’œil on peut arriver assez vite au même résultat, non pas pour quarante, mais pour une vingtaine de noms, car. la difficulté croît proportionnellement au nombre de mots ajoutés. Voici comment il faut procéder : Supposons que le premier nom donné soit souris; n’essayez pas de vous rappeler le mot, mais prenez votre mémoire pour une plaque photographique impressionnable, faites en un mot le cliché de l’objet, voyez devant vos yeux l’animal lui-même , trottant menu, muni d’une pancarte avec un chiffre 1. Prenons pour le deuxième nom, chapeau ; représentez-vous un chapeau avec le n° 2 fixé dessus comme sur un chapeau de conscrit. Pour le n° 5, supposons « chaise »; figurez-vous une chaise portant son numéro comme un prix marqué par le marchand, etc. Vous vous rappellerez alors facilement la succession des objets et lei rs numéro d’ordre et vous pourrez les nommer de toutes les façons possibles. Faites cela jusqu’à dix, puis le lendemain jusqu’à douze et ainsi de suite eu augmentant peu à peu.
- Après quelques essais de cet exercice, vous serez étonné de la facilité avec laquelle vous arriverez à retenir vingt noms et plus, absolument classés dans votre esprit comme dans un carton à dessin, avec leur numéro d’ordre, si bien que quand on vous demandera le numéro, le nom vous viendra à l’esprit et réciproquement.
- C’est là un agréable divertissement pour les réunions de famille dans les longues soirées d’hiver.
- Le prestidigitateur Alber.
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- LA NATURE.
- LA STATISTIQUE DE
- L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Tous les ans, le Ministère des travaux publics publie sous la direction deM. Cheysson, inspecteur général des Ponts et chaussées, un Album de statistique graphique, sur l’intérêt duquel nous avons eu souvent l’occasion d’appeler l’attention de nos lecteurs1.
- La publication de statistique pour 1889 vient d'être terminée, elle comprend les notices habituelles sur les chemins de fer, la navigation intérieure, le tonnage des marchandises, etc.
- L’Exposition universelle de 1889 a été un fait trop considérable pour que l’Album du Ministère des
- travaux publics n’en retînt pas la trace ; il nous donne aussi à ce sujet de très précieux documents auxquels nous allons faire quelques emprunts.
- Pendant les six mois de l’Exposition, Paris a reçu les visiteurs accourus du monde entier pour admirer ses merveilles. De là un grand mouvement de voyageurs à travers nos frontières, sur nos rails, dans les rues de la capitale, aux tourniquets du Champ de Mars et de l’Esplanade des Invalides, une grande affluence de spectateurs dans nos théâtres, de grandes consommations de denrées et de fortes perceptions à l’octroi de Paris : autant de faits à dénombrer, qui se prêtent à une comparaison avec les années précédentes et à une traduction graphique.
- Tels sont les éléments qui ont servi à établir six
- MAI
- 1 5 Mai -2 Juin)
- J U J N
- ( 2 Juin-30 Juin)
- JUILLET
- (l*.r Juillet-28 Juillet)
- AOUT
- (28Juillet-25Août)
- SEPTEMBRE (25 A oût-22 Septembre)
- OCTOBRE | NOVEMBRE
- :) (22 Sept^^OOclobre^OOctobre-IO Novembre
- Nota : Les jours de. la semaine ainsvqu&lesLûtes nujbilerje’soritreproduits aies mêmes dates an 1007,1878et J8l D, qiusont levtnème Icltra-dominicale’ {'
- (1.195-156) (1.279.359) (1.151*25) . (1.167.376) (1.215.962) (1.017 *6*) (1.262.32!
- (1.662.875)
- (2*19.220)
- (2.129.836)
- (2.106.588)
- (2.852.356)
- (2.63688*)
- (2.189.133)
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- Fig. 1. — Comparaison du nombre des entrées aux Expositiois universelles de Paris, de 1867, 1878 et 1889.
- planches consacrées par le nouvel album à l’Exposition universelle de 1889, avec un rapprochement rétrospectif par rapport aux Expositions antérieures.
- Nous reproduisons en en réduisant considérablement l’échelle, les deux planches qui nous ont paru offrir le plus grand intérêt : nos réductions sont fort lisibles à la loupe. La première donne le nombre des entrées journalières aux trois dernières Expositions universelles de 1867, 1878 et 1889 (fig. 1).
- A cet effet, la planche a été partagée : dans sa hauteur, en trois zones respectivement affectées à ces trois années; et, dans sa largeur, en sept bandes se rapportant aux mois, ou plus exactement aux périodes de quatre semaines qui se sont écoulées depuis l’ouverture jusqu a la clôture de chaque Exposition. On a ainsi divisé la feuille en vingt et une cases dis-
- 1 Yov. n° 807, du 11 janvier 1890, p. 91.
- tinctes, dont chacune contient le diagramme figuratif des entrées pendant les vingt-huit jours de la période correspondante. Le nombre total des entrées pendant les vingt-huit jours est inscrit au-dessus de chaque diagramme.
- Ce diagramme est formé d’un centre ou pôle, autour duquel sont distribués avec des angles au centre égaux les vingt-huit jours ou Iss quatre semaines dont chacune occupe un quart de la figure, de telle sorte que les dimanches correspondent toujours aux diamètres horizontaux et verticaux.
- Les années d 867, 1878 et 1889, ayant eu la même lettre dominicale f, il en résulte que les mêmes jours de la semaine et les mêmes fêtes mobiles portent la même date dans les trois Expositions, ce qui a singulièrement facilité le rapprochement graphique, en assignant sur tous les diagrammes la même place aux dimanches et fêtes.
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- Sur chacun des rayons quotidiens on a porté des longueurs proportionnelles aux entrées payantes (teinte claire) et aux entrées gratuites (teinte foncée). Pour l’année 1867, faute de renseignements suffi-fisants, on n’a pu distinguer ces deux catégories d’entrées et l’on s’est borné à figurer en bloc le total des entrées gratuites et payantes par de simples lignes grisées.
- Un cercle en traits pointillés est tracé pour chaque période avec un rayon proportionnel au nombre moyen des entrées pendant toute la période.
- Tous les diagrammes, pour être comparables, ont même échelle, et cette échelle est figurée sur chacun d’eux par de petits cercles noirs concentriques.
- En suivant horizontalement les sept cases d’une même zone de gauche à droite, on voit comment les entrées d’une même Exposition ont varié avec la période de la saison ; en suivant verticalement les trois cases d’une même zone de haut en bas, on constate la progression des entrées d’une année à l’autre pour la même période.
- La comparaison de ces étoiles mensuelles est pleine d’enseignements et montre avec quelle ampleur s’est développée la fréquentation des Expositions, qui a atteint, pour celle de 1889, jusqu’à 300 000 et 400 000 visiteurs dans un seul jour.
- Cet afflux exceptionnel tient au concours de plusieurs causes, parmi lesquelles — en dehors de l’attrait même de l’Exposition qui en a déterminé
- Port-Soi
- ES PAGNE
- Fig. 2. —Mouvement de3 voyageurs dans les ports maritimes et gares frontières de la France pendant les années 1888 et 188^.
- le succès — il faut citer la mobilité de plus en plus grande des populations, la pénétration croissante de la publicité dans les lieux les plus reculés du globe, les facilités concédées par les compagnies de transport, sous forme de trains de plaisir, de billets d’aller et retour, enfin la combinaison imaginée pour l’émission de 25 millions de billets à lots, qui, tout en assurant de fortes recettes à l’entreprise, a mis à la disposition du public des billets à prix réduits, accessibles aux bourses les plus humbles, c’est-à-dire à la foule.
- La deuxième planche que nous empruntons à l’album de statistique comprend deux cartes en regard (fig. 2) qui représentent, à l’aide de bandes juxtaposées, le mouvement des voyageurs dans les ports maritimes et dans les gares frontières de la France pendant les années 1888 et 1889. La lar-
- geur des bandes est proportionnelle au mouvement dont il s’agit.
- L’année 1888 sur notre reproduction est d’une teinte plus foncée que l’année 1889. Chacune de ces deux années a été divisée par un pointillé noir en deux parties respectivement égales au nombre des voyageurs entrés et sortis de France. Des flèches noires indiquent le sens du mouvement.
- La gravure de gauche comprend tous les ports maritimes et les gares frontières à l’exception de celles de la région du nord, dont les gares sont trop rapprochées pour que leurs bandes figuratives puissent se loger sur la carte (cette région est délimitée par une ellipse pointillée). La partie droite est consacrée à la région ainsi réservée sur la planche de gauche, de manière à disposer d’une échelle géogra-phique beaucoup plus grande pour la carte, tout en
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- LA NATURE.
- respectant l’échelle schématique pour la largeur des bandes, condition essentielle à remplir en vue de rendre comparables les deux planches en regard.
- Les chiffres noirs inscrits h l'intérieur ou sur la rive des bandes indiquent le total des voyageurs aller et retour.
- A l'angle droit supérieur de la planche de droite on a figuré à l’aide de deux demi-cercles superposés, le mouvement total des voyageurs : 1° dans les ports maritimes; 2° dans les gares frontières.
- Le demi-cercle inférieur en teinte foncée se rapporte à l’année 1888 et le demi-cercle supérieur en teinte plus claire, à l’année 1889. Cette dernière année a été divisée en deux secteurs distingués par des hachures plus ou moins serrées. Le secteur de gauche, le plus grand des deux s’applique aux mois de l’Exposition et le second aux six autres mois de l’année. Comme sur les bandes et pour chaque période, les entrées et les sorties ont été indiquées au moyen de ilèches noires. Enfin le mouvement est exprimé en chiffres noirs inscrits en regard ou dans chacun des secteurs.
- On reconnaît ainsi que l’intluence de l’Exposition se traduit par une plus-value de plusde 1 million de voyageurs (536 500 dans chaque sens) entrés et sortis en France en 1889 eu égard à 1888, savoir 287 000 pour les ports maritimes, et 786 000 pour les gares frontières.
- Sans pouvoir hasarder un chiffre on pressent les sommes considérables qu’a dû laisser dans notre pays ce demi-million de voyageurs généralement riches venus en France pour visiter l’Exposition. .
- Gaston Tissandier.
- CHRONIQUE
- Les dangers du patinage. — On ne saurait trop recommander aux amateurs de patinage de ne se livrer à leurs exercices que sur une glace épaisse et bien formée. Une triste catastrophe a eu lieu, le 17 décembre 1890, au Lac-Mort à Laflrey (I-ère). Voici le récit qu’en a publié l’un des témoins, M. Eugène Mallet :
- « Nous nous trouvions trois patineurs au Lac-Mort, vers 4 heures de l’après-midi : M. le curé de Laflrey, un jeune homme nommé Pommier et moi. M. le curé s'approcha très près d’un endroit non encoie gelé. Il y patinait depuis quelques instants lorsque tout à coup la glace se rompit sous ses pieds. Je courus à son secours, mais je fus moi-meme entraîné dans le gouffre. Notre compagnon, pendant ce temps, allait à la maison la plus voisine chercher du secours. Par deux lois je parvins à remonter sur la glace et chaque fois je tendis la main à M. le curé, qui, ne sachant pas nager et embarrassé par sa soutane, se débattait inutilement ; chaque fuis je fus entraîné. La iroi-sieme lois je fus saisi par le froid et malgré tous mes efforts je ne pus remonter. J’essayai de soutenir M. le curé par-dessous le bras, mais je ne pus le faire longtemps. Me sentant couler moi-meme, je me vois contraint de l’abandonner à ses propres forces et j’ai la douleur de le voir se noyer sous mes yeux sans pouvoir rien faire pour le sauver ! Je ne me soutiens plus qu’avec peine, le froid me
- gagne de plus en plus, lorsque enfin je vois arriver deux personnes qui me crient d’espérer. C’était mon compagnon Pommier et un autre jeune homme. Un instant apiès une corde était lancée et j’étais sauvé, seul, hélas ! On organisa immédiatement le sauvetage, mais la nuit vint très obscure, et l’on se vit dans l’obligation de renvoyer au lendemain, ne retrouvant pas même le lieu de la catastrophe... Le endemain à sept heures, le corps était retiré et transporté au presbytère. »
- Le papier jaune. — Dans noire numéro du 15 décembre (p. 30), nous signalions les avantages que le papier jaune offre pour la vue. La généralisation de son emploi remonte à la publication d’un article de notre éminent spécialiste, M. le Dr Javal, paru en 1879 dans la Hevue d'hygiène. Le papier jaune adoucit la lumière parfois trop dure, du jour, sans pour cela paraître plus foncé à la lumière artificielle. D’après M. Javal, cela lient à ce que le papier jaune présente la particularité de ne pas émettre de rayons bleus. De plus, d’après le même auteur, le chromatisme de l’œil est atténué pour des objets noirs sur fond jaune, ce qui augmente notablement la netteté des caractères.
- Les trois premières centaines de petites planètes. — La petite planète n° 300 a été découverte par M. l’alisa, de l’observatoire de Vienne le 11 octobre 1890, mais sous le n° 299, par suite d’un quiproquo singulier, montrant combien ces corps célestes sont nombreux. Le 3 octobre, M. Charlois, le rival de M. Palisa, découvrit à l’observatoire de Nice, la petite planète 298. Huit jours apres, M. Palisa vit un corps céleste dans le voisinage de la position indiquée par son jeune émule. Modestement, il s’imagina qu’il n’avait fait que confirmer la découverte française. C’est par le calcul de l oi bile du n° 298, que M. Palisa apprit qu'il avait découvert réellement une planète de plus. 11 fut donc obligé de restituer au n° 30U le nombre qui lui convient.
- Le» Français à l’étranger. — Le nombre des Français résidant à l’étranger serait, d’après un dénombrement récent, d’environ 408 0U0. En Europe, c’est la Belgique qui compte le plus de Français, 55 000; ensuite vient la Suisse, où ils sont 50 000 ; puis l’Angleterre où il y a 20 000 Français, l’Espagne avec 17 000, l’Italie avec 10 000. — 120 000 Français sont fixés dans l’Amérique du Nord, et, d’ajrès un dénombrement officiel fait par le gouvernement de la République Argentine, ils seraient dans ce pays au nombre d’environ 6d000. Enfin, il y en aurait 10 0U0 en Égypte.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 22 décembre 1890. — Présidence Àe M. IIebmite
- L'histoire de la balance hydrostatique. — Eurêka! s’est écrié Archimède en concevant le procédé qui procurerait une réponse à la célèbre demande du r >i Héron. Mais si l’histoire a été racontée à satiété et reproduite par les beaux-arts sous toutes les formes, il faut convenir qu’on ne sait pas bien quel procédé employa le Syracu-sain pour titrer l’alliage d’or et d’argent qu’il avait à estimer. Vitruve raconte bien qu’il plongea la couronne suspectée dans un vase plein d’eau et mesura la quantité de liquide ainsi déplacée pour la comparer aux quantités d’eau déplacées par un lingot d’argent et par un lingot d’or pesant autant que l’alliage. Mais tout le monde a été frappe de la grossièreté de la méthode et du peu de précision dont elle est susceptible, et Galilée n’hésite pas à y substituer l’emploi de la balance hydrostatique. C’est à
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- LA NATURE.
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- l'occasion de cette substitution que M. Bcrthelot, dans une communication écoutée aujourd'hui avec le | lus vif intérêt, fait remarquer que Galilée ne présente pas la chose comme étant une invention à lui, tuais plutôt comme étant déjà connue, et il y a évidemment grand intérêt à rechercher l’origine d’une pratique si importante. Or, M. Berlheld vient de retrouver un texte du dixième siècle constituant un traité d’orfèvrerie éctit à Scblesladt et où la balance hydrostatique est donnée comme d’un usage tout à fait courant dans l’analyse des alliages. Comme, suivant la remarque de l’auteur, les gens du dixième siècle n’inventaient pas grand’chose, on peut croire que le procédé est beaucoup plus ancien et, jusqu’à preuve du contraire, il est légitime de supposer que c’est justement celui d’Archimède. Dans ce meme traité d’orfevrerie, M. Berthelot a trouvé la description d’un curieux moyen de déterminer la densité des métaux; c’est la méthode de la cire perdue : étant donné un moulage qui contient un poids donné de cire, on détermine le poids qu’il peut recevoir des différents métaux ou alliages fondus. Les résultats sont très voisins des chiffres exacts. M. Berthelot a fait beaucoup d’autres trouvailles au cours de ses recherches : il s’est aperçu, par exemple, que les cercles concentriques attribués à Cardan par les auteurs du seizième siècle sont décrits comme étant d’origine magique, et pour montrer comment les notions des anciens se sont transmises à travers les Grecs, à travers les Romains, à travers le moyen âge, l’illustre chimiste constate que certains pa.'sages du manuscrit du dixième siècle sont la traduction littérale du papyrus égyptien de Leyde, lequel, découvert récemment, avait été enseveli au troisième siècle avec une momie.
- Encore le cyclone du 19 août. — A la suite des documents, passablement contradictoires et d. ji si nombreux, que nous avons sur la tempele des 19 et 20 août et spé-cialenu nt sur les ravages qu’elle a produits à Dreux et à Saint-Claude, M. Wolf dépose une Notice des plus intéressantes au nom de M. Jaunel qui a mené une vraie enquete dans les environs de lionnes. C’est à 7 heures ou 7 heures un quart du soir que Je phénomène s’est manifesté dans l’ille et-Vilaine et l’on sait qu’il a été noté à 10 heures à Dreux et seulement le lendemain à Saint-Claude : malgré cetie succession, il ne faut pas croire que la tempele se propageait de l’ouest à l’est; on sait, au contraire, qu’elle allait sensiblement du nord au sud, à peu près perpendiculairement, ce qui est d'ailleurs un cas li és fréquent. La vitesse de propagation a été évaluée à Sût) ou lUOO mètres par minute (soit 10 à 15 mètres par seconde), ce qui est bien lom d’étre en tappoi t avec les désastre» observes. Quelques personnes ont cru pouvoir nier le mouvement louroiUounaire du vent à Dreux, tandis que d'aubes, comme AJ. Teisserenc deBort, ont aftinné I avoir observé. Pour Rennes, il n’y a pas de doute possible : des dessins montrent des arbres jetés les uns sur les autres en ceicle, et d’autres arbres situés dans l’axe du phénomène, dont les longues blanches ont été cassées et les plus courtes toi dues autour du tronc, et toruues sur biles mêmes comme des liens de fagots. Des effets singul.ers ont été obseives relativement aux loitures des maisons. Constamment Le versant qui fai-ail face au vent a été préservé tt ne uinnire toutsiu plus que quelques tuiles soulevée.-, iandis que le ver.-ant opposé est complètement ruiné, es tuiles, les ihevron», le» poutres éuml je.és à terre, sans d’ailleui s avoir été transportés au loin. Pour l’auteur, la cause de ces singu arilés est tout entière du domaine électrique, et de fait l’élec-
- tricité a joué un rôle aussi considérable que singulier dans l’orage des < mirons de Rennes. Ici, il n’y a eu ni les éclairs, ni les coups de tonnerre, ni les boules de feu constatées à Dreux et à Saint-Claude, mais un bruissement formidable et ininterrompu, et un dégagement continuel d’éle Iridié. Une femme qui ramenait ses vaches s’est vue entourée de flammes bleues qui sortaient du sol, et qui, presque aussi hautes qu’elles, menaçaient de lui brûler les yeux. Des paysans virent les mêmes choses. Un charretier, avant le coup de vent, fut transporté à 50 mètres, et après, un médecin se sentit soulevé de terre, et tellement entouré d’elfluves électriques, qu’il pensa en être asphyxié. « Ça puait la foudre, » selon l’expres>ion des habitants qui, paraît-il, sont fort exp* rts en électricité atmo.-phérique, recevant à chaque instant des coups de tonnerre : le médecin susdésigi.é a, pour sa part, à des époques antérieures, été deux fois foudroyé. M. Wolf se demande pourquoi Rennes, Dreux etSainte-Claude, onteléain-i rava.és par un phénomène avant tout électrique, pendant que les local.lés voisines ou intermédiaires n’ont rien eu, et il pense que la chose lient à la nature du sol. Il rappelle à cette occasion une remarque de Charles Martins, relative à l’inégalité devant la foudre de deux quartiers de AJont-pelher. Tandis que le Peyrou n’est jama s foudroyé, le Jardin des Plantes, situé 1res près et à niveau notablement inférieur, reçoit des décharges très fréquentes. Une nappe d’eau souterraine, abondante et voisine de la surface, paraît êtie la cause de ce privilège.
- Histoire géologique de l'Afrique du Nord. — D’après AI. G. Rolland, les formations dominantes de l’Afrique du Nord sont d’âge paléozoïque et spécialement dévoniennes. Les roches cristallines ont en maints endroits pointé au travers de leurs niasses. Vers la fin de l’âge carbonifère, la région a émergé, puis pendant le crétacé, la mer s’y est étendue de nouveau. Un soulèvement a succède et pendant l’éocène il n’y avait plus que la portion orientale ou égyptienne qui fût sous-marine. Plus tard, aux temps pliocène et quaternaire, le Sahara fut le siégé de vastes pièces d’eau et de phénomènes actifs dVrosion et de dépôt : les hommes ont vécu durant cette pciiode aqueuse si differente des conditions actuelles et ils ont pu assister à l’éruption de nombreux volcans dont M. Rolland indique les places sur une carte jointe à son Mémoire.
- Varia. — Deux auteurs, dont le nom nous échappe, annoncent l’existence dans les Landes de dunes quaternaires couvertes de forets et dont la direction suppose un régime atmosphérique tout autre que celui qui règne aujourd’hui. — M. Aimé Girard met sous les yeux de l’Académie des tableaux qui témoignent de l’énonne rendement que peut procurer la culture de la pomme de terre industrielle. — L’étude des fragments de roches cristallines empâtés dans les laves volcaniques, occupe M. Lacroix. — AI. Joly décrit les combinaisons ammoniacales de ruthénium dérivées du chlorure nitrosé. — D’après Al. Besson, le gaz ammoniac donne avec le perchiorure de phosphore un composé remarquable. —Al. Laulh poursuit l’élude de la réaction colorée des amides aromatiques. — Une carte du fond du lac d’Ànuecy due à Al VI. Delebecque et Legav, montre à l une des extrémités de cette belle, nappe d eau, l’existence d’un gouffre absorbant de 29Ü métrés de profondeur. — il. Rotnieu tire des conclusions tout à lait inattendues de la comparaison des déformations du globe tenestie avec la masse des mers et celle des continents. — L’examen très attentif des photographies du spectre solaire, obtenues par M. Simon, au som-
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- LA NATURE.
- met du pic de Ténériffe, c’est-à-dire à 3700 mètres d’altitude, fournit à M. Cornu l’occasion de compléter ses études sur la région ultra-violette. — D’après M. Chatin, les botanistes doivent maintenant distinguer quatre espèces distinctes de truffes. Stanislas Meunier.
- LA MÉCANIQUE DES JOUETS
- LE MARCHEUR INFATIGAELE
- Parmi les jouets nouveaux que le jour de l’an voit éclore, celui que je signalerai ici me semble mériter une attention toute spéciale, non de la part des enfants, qui le traiteront comme leurs joujoux ordinaires et s’en amuseront aujourd’hui pour le délaisser demain, mais bien de la part des amateurs de combinaisons ingénieuses, donnant, 'a l’aide de moyens très simples, des résultats vraiment curieux.
- Il s’agit du pantin en métal que vous voyez sur notre dessin, et qui tient entre ses mains, en guise de balancier, une tige métallique recourbée en forme de Y renversé. Par suite de l’abaissement du centre de gravité dû au poids du balancier, ce pantin se tient debout sur un support quelconque, comme tous les équili-bristes de ce genre. Mais si vous le posez au haut de la planchette, légèrement inclinée, qui est vendue avec le jouet, vous le voyez s’avancer 'en portant alternativement en avant chacune de ses jambes, et imitér lés mouvements d’une personne ^qui marcherait sans plier les genoux.
- Celui qui voit pour la première fois le petit personnage s’empresse de le prendre dans ses mains pour savoir comment est disposé le mécanisme, et constate avec stupéfaction qu'il n'y en a aucun : pas le moindre ressort, pas même un caoutchouc tordu ; il n’y a rien, absolument rien qui fasse mouvoir les jambes; celles-ci sont articulées autour d’une tige horizontale fixe, et une seconde tige également fixe, placée au-dessous, traverse deux ouvertures carrées pratiquées dans les jambes, et limite l’amplitude de leurs mouvements.
- Quelle est donc la clef de cette énigme? Comment lej pantin arrive-t-il à reproduire si exactement le mouvement de la marche? Tout simplement en faisant comme chacun de nous : le marcheur infati-
- gable porte le poids de son corps sur une seule jambe au moment où il va lancer l’autre en avant. L’axe de spn corps ne reste pas, en effet, dans un plan vertical, pendant la marche, et, pour le faire avancer sur sa planchette, il faut lui imprimer, au début, une secousse imperceptible dans le sens latéral. Cette secousse, amplifiée par l’oscillation du balancier, fait pencher le marcheur alternativement à droite et à gauche.
- Supposons qu’il penche à droite, à un moment donné. Tout le poids du corps, c’est-à-dire du buste et du balancier, portera sur la jambe droite, et, le pied gauche n’appuyant plus sur la planchette, la jambe gauche sera projetée en avant par l’effet de la pesanteur ; elle tendra à prendre la position verticale. A ce moment, l’oscillation contraire se produit, fait pencher le corps à gauche, appuyer le pied gauche sur la planchette, et, le pied droit étant
- libre à son tour, c’est la jambe droite qui fait un pas en avant. Ce mouvement des jambes se produit ainsi indéfiniment et sa durée n’aura d’autre limite que la longueur de la planchette. On peut, avec des . règles à dessin mises bout à bout, lui faire une piste b eau cou p plus longue, et rien ne l’empêcherait, comme on le voit, de faire le tour du monde sur un chemin en pente convenablement aménagé.-Déjà très amusante quand elle se fait en droite ligne, la marche de notre bonhomme devient du plus haut comique si nous le posons sur la planchette de façon à l’y faire marcher obliquement, et non plus dans l’axe de la planchette. Au bout de quelques pas, il se trouve sur le bord de cette dernière, semble deviner le danger qui le menace, et pivote rapidement sur l’un de ses pieds pour reprendre sa marche oblique. Cette volte-face est produite par le balancier, dont l’écartement des branches a été calculé de façon à prévenir les chutes; au moment où le marcheur semble devoir être précipité dans le vide, une des branches du balancier vient choquer le bord opposé de la tablette et ramener l’imprudent vers le droit chemin.
- Arthur Good.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Le marcheur infatigable.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- 3 JANVIER 1891
- M. SERPOLLET
- VOITURE A VAPEUR
- Nous avons fait connaître, au moment où il a été [ inexplosible de M. Serpollet. L’appareil est formé, présenté aux ingénieurs et au public, le générateur | comme on le sait, d’une sorte de tube métallique
- Fig. 1. — Pliaétou à vapeur de M. Serpollet. (D'après une photographie de M. Eruest Arehdeacon, exécutée avenue Wagram, à Paris.)
- capillaire à travers lequel l’eau injectée se transforme instantanément en vapeur C Celte merveilleuse chaudière, qui ne contient que quelques centimètres cubes d’eau et aucune réserve de vapeur, nous a semblé, a l’origine, devoir admirablement satisfaire a certaines exigences et notamment à celles de la création d’une voiture à vapeur économique et pratique.
- Après avoir fait fonctionner un premier tricycle à vapeur, M. Serpollet a successivement construit depuis deux ans des voitures d’essai qui ont maintes fois fonctionné à Paris, et qui lui ont permis
- 1 Yoy. n° 794, du 18 août 4888, p. 177 et n° 845, du 10 août 1889, p. 175.
- 19* kw, — 1er semestre.
- d’exécuter en janvier 1889, en compagnie de M. Ernest Arehdeacon, un long voyage jusqu a Lyon.
- Ces études préliminaires ont conduit l’inventeur à créer un type absolument pratique que nous allons présenter à nos lecteurs. Comme le montre la gravure ci-dessus (fig. 1), la nouvelle voiture est élégante et luxueuse. La carrpsserie a du reste, été faite par un de nos meilleurs spécialistes. Elle a la forme d’un grand phaéton et peut contenir sept, voyageurs, trois sur chaque siège et un septième sur un strapontin en vis-à-vis. Rien du confort usité dans les voitures ordinaires ne manque à celle-ci : la suspension est douce et les sièges sont souples;
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- LA NATURE.
- en cas de pluie, on peut, comme dans les autres plmétons, rabattre la capote en avant.
- Le générateur est dissimulé autant que possible; placé à l’arrière, il est emprisonné entre les deux coffres à charbon avec lesquels il est relié par deux couloirs par où s’effectue automatiquement le chargement de combustible (fig. 2). La cheminée est renversée; une cheminée d’allumage qu’on emporte dans un coffre n’est employée que pour la mise en feu. La caisse à eau est placée sous le siège à gauche, le moteur sous le même siège à droite. La provision d’eau permet d’effectuer un parcours de 30 kilomètres; celle de combustible assure un trajet de 60 kilomètres. Dans les villes, le combustible préférable est le coke à cause de l’absence de fumée. Le poids total de la voiture chargée de combustible et d’eau, est de 1250 kilogrammes. Elle contient alors 70 kilogrammes de combustible et 00 kilogrammes d’eau, La vaporisation moyenne de la chaudière est de 80 kilogrammes à l'heure. La
- Fig. 3. — Plan du phaéton à vapeur. — A. Générateur. — B. Machine. — CC. Réservoirs de charbon. — D. Réservoir d’eau. — E. Trémies du chargement continu de charbon.
- dépense par cheval et par heure ne dépasse pas 14 kilogrammes.
- La machine est à deux cylindres, les manivelles sont calées à angle droit, l’admission de vapeur se fait à 65 pour 100. Sa puissance qui est de 4 chevaux peut atteindre et dépasser momentanément 6 chevaux. La commande a lieu par un intermédiaire permettant d’employer deux vitesses : l’une pour les rampes et l’autre pour la marche en palier. Avec celle-ci on atteint et l’on maintient pratiquement, sur une bonne route, une vitesse de 25 kilomètres à l’heure, vitesse qu’il serait imprudent de dépasser et même parfois de conserver. Avec l’autre vitesse, la voiture chargée de ses sept voyageurs a gravi des rampes de 8 centimètres par mètre par des chemins détrempés et chargés de cailloux.
- L’allumage se fait comme celui de tous les poêles. En vingt minutes on peut mettre en état de marche. La mise en route se fait au moyen d’une pompe à main. L’eau introduite dans le générateur se vaporise instantanément et la voiture se met en marche; l’alimentation continue automatiquement. La poignée de direction sert aussi à régler l’allure, elle peut opérer un mouvement de rotation sur son axe et commander l’ouverture ou la ferme-
- ture d’un oritice de retour d’eau à la bâche alimentaire. Une seule main suffit pour conduire. Comme pour les générateurs fixes, l’arrêt s’opère par la suppression de l’alimentation; l’arrêt plus brusque se complète au moyen du frein à pédale placé à la portée du pied du conducteur. Aucun appareil de surveillance n’est nécessaire; on peut donc, et l’expérience l’a démontré, voyager par la nuit la plus noire avec un simple falot pour l’éclairage de la route.
- La voiture est munie d’un manomètre qui, sans être nécessaire, donne des indications fort intéressantes ; ce manomètre met en évidence un des grands mérites du générateur Serpollet, c’est-à-dire la faculté qu’il possède de pouvoir atteindre sans danger et instantanément de grandes pressions.
- Si, au démarrage de la voiture, on est dans un endroit difficile et que 10 atmosphères de pression ne suffisent pas pour mettre en marche, on continue l'injection jusqu’à 15, 18, 20 atmosphères s’il le faut, et cette ascension de la pression se fait spontanément au moment même où elle est nécessaire et cela sans aucun danger. Les générateurs Serpollet sont éprouvés à 100 atmosphères et timbrés à 94; ils sont esgayés à l’usine à 300 avant l’épreuve de l’administration des mines.
- Autre point intéressant à signaler : suivant que l’on marche en palier, en descente, ou en rampe, la pression, sans qu’on ait à s'occuper de l’appareil, reste fixe, baisse ou monte d’elle-même, suivant que le moteur rencontre une résistance plus ou moins grande. Ces particularités du générateur Serpollet expliquent la facilité avec laquelle on peut faire donner au moteur de la voiture le coup de collier, dans les passages difficiles, soit pour éviter un encombrement, soit pour traverser un mauvais chemin. Une simple injection supplémentaire avec la pompe à main, suffit pour obtenir l’effet voulu ; la pression s’élève, la quantité de vapeur produite augmente, et le coup de collier est donné comme par un cheval. A l’arrêt, aucune surveillance n’est nécessaire; aucune obstruction ne se produit dans le générateur, quelle que soit la qualité de l’eau qu’on lui fournisse.
- Les voitures à vapeur de M. Serpollet ont obtenu de la Préfecture de police l’autorisation de circuler librement dans Paris, avec une seule restriction : elles ne doivent pas dépasser l’allure de 16 kilomètres à l’heure.
- M. Serpollet a bien voulu nous offrir récemment une place dans son premier phaéton à vapeur ; après nous avoir conduit au Bois, il nous a ramené dans Paris, par les Champs-Élysées et les grands boulevards, faisant évoluer son véhicule au milieu des voitures et des rassemblements, avec une remarquable précision.
- Il nous semble qu’il y a là un grand progrès réalisé et un important problème résolu.
- Gaston Tissandier.
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- LES CHEVAUX PERCHERONS
- En discutant le budget de l’Agriculture, le Parlement dans sa séance du 25 novembre 1890, s’est occupé de la production chevaline en France. Il résulte des diverses explications échangées entre le Ministre et quelques-uns de nos honorables, que notre industrie chevaline est en pleine prospérité, car grâce à la loi de 1874, l’élevage du cheval en France s’est développé d’une façon remarquable. Ainsi, d’importateurs que nous étions il y a à peine dix ans, nous sommes devenus exportateurs de près de 20000 chevaux par an.
- « Non seulement, disait à ce propos M. Develle, Ministre de l’agriculture, notre richesse agricole s’est accrue, et c’est déjà un résultat dont nous pourrions nous féliciter, mais ce qui n’a pas une moindre importance à nos yeux, l’armée trouve chaque jour des facilités nouvelles pour la remonte de la cavalerie. »
- Oui, les exportations se sont multipliées, les prix se sont élevés, car les races se sont améliorées. D’ailleurs voici quelques chiffres, qui résument le mouvement des importations et exportations :
- En 1882, nous importions annuellement 20400 tètes de chevaux et nous en exportions 15180. En 1885, l’importation descendait à 18580 et l’exportation s’élevait à 16510. En 1884, nous n’importions plus quel4700 chevaux, tandis que 18000 étaient exportés. En 1885, l’importation tombait à 12020 têtes, tandis que 25500 chevaux français passaient chez les Allemands, les Belges et les Américains qui les payaient un bon prix à nos éleveurs.
- Aujourd’hui l’exportation est d’environ 22 000 tètes et l’importation de 10000.
- Cette exportation, toujours croissante, porte sur nos races d’élite, car la France possède quelques types exquis que le monde entier nous envie, et dont nous pouvons être fiers à bon droit : telles sont notamment les races Boulonnaise et surtout Percheronne.
- Les chevaux percherons sont bien connus de nos lecteurs, car ce sont eux qui forment la plus grande partie de la cavalerie de la Compagnie des omnibus de Paris. Actuellement par les temps de neige et de gelée, ces bêtes sont véritablement remarquables par leur force et leur courage ; aussi croyons-nous être agréable à nos lecteurs en leur présentant cette race véritablement unique au monde.
- Quelques auteurs ont prétendu que le cheval percheron était le résultat de croisements fortuits entre les chevaux bretons et boulonnais suivant les uns, entre les chevaux arabes 1 et normands suivant les autres.
- Ces assertions n’ont rien de fondé et nous verrons plus loin ce qui a pu donner naissance à la méprise des auteurs. Pour le moment, qu’il nous suffise
- 1 Quelques chevaux arabes ont été introduits dans le Perche à la suite des Croisades.
- de constater qu’il existe dans le Perche, notamment dans la plaine de Chartres, les arrondissements de Nogent-le-Rotrou, deSaint-Calais, etc., une véritable race typique ayant des caractères bien définis : c’est la race que l’éminent zootechnicien M. André Sanson a désignée sous le nom de Séquanaise (Equus caballus sequanim), et à laquelle il assigne les caractères spécifiques suivants : « crâne moyennement allongé, (dolichocéphale), front faiblement convexe dans le sens transversal, sans dépression médiane, apophyses orbitaires sans saillie, chanfrein de longueur moyenne, à sillon longitudinal médian et présentant, vers la moitié de sa longueur, une petite courbe rentrante. »
- A ces caractères spécifiques tirés de l’ostéologie de la tête, il faut ajouter les caractères généraux du véritable percheron, caractères tirés de l’ensemble du corps et qui dénotent par excellence le cheval de trait propre aux allures rapides.
- Corps cylindrique, bien proportionné, formes harmoniques et élégantes dans leur ensemble. Tête longue, bien expressive; côte ronde, encolure bien musclée et suffisamment longue, poitrine ample et profonde, garrot épais et bien sorti, dos court, croupe arrondie, charnue et peu inclinée, hanches saillantes et bien sorties. Les membres sont bien plantés, bien musclés; épaule longue et oblique, euisse bien descendue ; l’avant-bras est long, les articulations des membres fortes, et le sabot bien fait. La robe est grise uniforme ou pommelée. Tous ces caractères font du percheron un cheval véritablement beau, agréable à voir. C’ést là un fait bien établi et universellement reconnu, Ce qui contribue en outre à donner à ce type son cachet de distinction propre, c’est, comme le fait observer M. Sanson, l'absence presque complète de fanon aux boulets, avec des crins longs et fins à l’encolure et à la queue. On pourrait lui reprocher toutefois d’avoir généralement les paturons un peu courts, mais il n’est pas certain que ce soit là nécessairement un défaut véritable, du moment qu’ils sont suffisamment inclinés.
- La taille du percheron varie entre lm,55 et lm,65 au garrot. Le cheval qui nous occupe est d’un tempérament vigoureux et robuste, très dur à la fatigue ; il prend volontiers l’allure rapide, et les trotteurs remarquables, même hors ligne, ne sont pas rares.
- On distingue généralement les petits et les gros percherons. Le petit percheron que les éleveurs s’accordent à considérer comme le véritable type de la race, ne dépasse guère lm,60 et reste le plus souvent au-dessous, avec un poids variant entre 500 et 550 kilogrammes.
- C’est le cheval de trait léger par excellence, le postier; on le produit surtout du côté de Mortagne et de Laigle. Le petit percheron est le cheval type de la Compagnie parisienne des omnibus, c’est lui qu’elle apprécie et recherche le plus. Le gros percheron dépasse la taille de lm,60 et pèse au bas mot 600 kilogrammes. C’est une amplification du
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- LA NATURE.
- précédent avec moins de légèreté et de vivacité toutefois. Le gros percheron est le type le plus recherché par les Américains, qui viennent le chercher dans le Perche et le payent à des prix très élevés, fabuleux même.
- Tels sont les chevaux percherons. Cependant, si vous observez attentivement la cavalerie des omnibus, vous pourrez constater sans peine, qu’un certain nombre d’individus, tout en ayant, à peu de choses près, les caractères généraux qui viennent d’être indiqués, n’en ont pas les caractères cràniolo-giques. Ces derniers sont meme très variables, toutefois ces chevaux n’en sont pas moins d’excellentes bêtes et voici leur origine :
- l'n cheval percheron. (D’après une photo;
- L’activité de la demande étant devenue telle, que les poulains du Perche n’ont pas suffi pour la satisfaire, les éleveurs d’Eure-et-Loir sont allés acheter des poulains dans la Vendée, le Poitou, la Normandie, la Bretagne, la Picardie et même la Bourgogne ; ils leur ont appliqué le mode d'élevage et surtout les fortes rations d’avoine que les cultivateurs de la Beauce donnent aux vrais percherons, et ils ont produit ainsi d’excellents chevaux pour la plupart, qu’on appelle communément des percluses. Cela prouve encore une fois, qu’indépcndamment de la race, ce sont surtout les soins et l’alimentation qui font les bons chevaux.
- Cependant, nous devons faire observer, pour être
- graphie communiquée par M. P. Mégnin.)
- juste, que ces chevaux, aussi remarquables qu’on les produise, n’atteignent jamais le prix des vrais percherons.
- Pour en revenir a ces derniers, les seuls d’ailleurs que les étrangers nous achètent et que les Américains notamment se disputent avec une fureur qui tient de l’emportement, nous dirons que la Société hippique percheronne a mis tout en œuvre pour encourager la conservation des types purs. C’est pour cela qu’elle a inscrit dans son règlement un article stipulant que, dans le cas où les chevaux et juments primés dans ses concours seraient vendus en dehors du Perche, dans l’année qui suivra le concours, les propriétaires de ces animaux seront tenus de rapporter a la Société le montant des primes obtenues.
- Cette décision nous paraît fort juste, car l’engoue-
- ment des Américains pour la race percheronne ne saurait être éternel, et il ne faut pas que, pour satisfaire le goût momentané ou même le caprice des acheteurs des États-Unis, le Perche se dépeuple au grand détriment de la France.
- Que les producteurs vendent aux étrangers, à bon prix, des reproducteurs de leur belle race, rien de mieux ; mais que le type pur se conserve dans notre pays. C’est pourquoi s’est constitué le Stud-Book ou Livre généalogique percheron, lequel, à l’heure actuelle, ne compte pas moins de 5500 inscriptions absolument authentiques et minutieusement vérifiées.
- Albert Larbalétrier,
- Professeur à l’Ecole d’agriculture du Pas-de-Calais.
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- LE RÉSEAU MÉTROPOLITAIN DE PARIS*
- Dans notre premier article, nous avons indiqué le tracé d’ensemble présenté à l'approbation des Pou-
- voirs publics par la Compagnie des chemins de fer du Nord et la Société des anciens établissements Eiffel, avec les modifications acceptées par les promoteurs sur la demande des Commissions d’enquête. 11 nous reste actuellement a faire connaître les dis—
- Fig. 1 à 4. — Un îles procédés prévus pour l’exécution du souterrain du Métropolitain de Paris. — Fig. 1. Construction en fouille blindée de l’un des piédroits. — Fig. 2. Construction du deuxième piédroit. — Fig. 3. Construction de la voûte. — Fig. 4. Enlèvement des déblais et construction du radier.
- positions préconisées pour l’exploitation, c’est-à-dire la traction sur le réseau et la ventilation des parties souterraines, ainsi que les procédés de construction et les plans de campagne prévus pour l’exécution de ce grand ouvrage.
- Le service de la traction serait confié à la Com-1 Suite et fin. — Yoy. n° 910, du 20 décembre 1890, p. 54.
- pagnie des chemins de fer du Nord, qui emploierait à cet effet des trains légers analogues à ces trains-tramways qui ont eu un si grand succès sur la ligne de Paris à Saint-Denis. Ils ne comprendront probablement que deux classes et seront traînés par des machines très fortes pouvues d’une réserve d’eau considérable et de condenseurs afin d’éviter la production de vapeur et de fumée dans le souterrain.
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- Les trains seront très nombreux, de manière a se succéder à des intervalles de cinq a dix minutes, par exemple, et même exceptionnellement de deux minutes et demie, comme à Londres, les jours de fête et d’affluence. La gare Saint-Lazare sera notamment desservie par des trains partant de cette gare toutes les six minutes et parcourant tout le réseau.
- La vitesse sera de quatorze à quinze kilomètres à l'heure, arrêts compris, ce qui permettra de parcourir en une heure l’artère centrale.
- Les gares souterraines recevront en général accès par des boutiques louées sur le parcours. Leurs quais sont prévus à la hauteur du plancher des wagons, pour faciliter la montée et la descente des voyageurs, et réduire la durée des arrêts.
- La ventilation des parties souterraines est un problème auquel on ne saurait attacher trop d’importance, car c’est pour l’avoir négligé au début, qu’on en est arrivé à l’exploitation si défectueuse du Métropolitain de Londres. Il est vrai qu’au tunnel sous la Mersey à Liverpool, on a résolu pratiquement la difficulté d’aérer un souterrain de plus de 4 kilomètres de longueur et où circulent des locomotives brûlant du coke, au moyen d’une galerie supplémentaire placée au-dessus de l’ouvrage. Elle communique avec lui de distance en distance, et c’est dans cette galerie que puisent d’énormes veh= tilateurs établis deux par deux à chaque extrémité du tunnel. Mais l’exécution d’une galerie analogue à Paris conduirait à abaisser dans de trop grandes proportions le niveau du rail. Aussi M. Porehet, ingénieur en chef des ponts et chaussées, a-t-il proposé de couper la voûte du tunnel par un plancher percé d’une série d’ouvertures longitudinales dans l’axe de chaque voie. Ces ouvertures seraient fermées par des soupapes équilibrées, que le jet de gaz et de vapeur soufflé par le tuyau des locomotives convenablement modifié, soulèverait à leur passage et qui se refermeraient ensuite. Ce procédé fort ingénieux réduirait le volume à évacuer à celui du gaz, tandis qu’au tunnel de la Mersey on est obligé d’expulser tout l’air contenu dans le souterrain; et le profil type en maçonnerie du tunnel présentant une voûte en arc de cercle, l’application du système ne nécessiterait aucun abaissement du radier.
- Toutefois, la Compagnie du Nord chargée, comme nous l’avons déjà dit, de l’exploitation, paraît décidée à n'employer la ventilation mécanique qu’à titre d'appoint, et à se servir dans ce but, de locomotives d’un type spécial qu’elle fait étudier en ce moment. Ces machines auraient une puissance de traction double de celle du Métropolitain de Londres et une chaudière de 6 mètres cubes de capacité. Elles fonctionneraient donc à l’air libre comme des machines ordinaires, et dans les souterrains, comme des machines à eau chaude, c’est-à-dire sans tirage. Elles seraient de plus munies de condenseurs. Le problème ne semble pas très difficile à résoudre, et si la solution ne donnait pas de résultats satisfaisants, on pourrait recourir aux machines à eau chaude pour
- la traction dans le souterrain, en réservant la machine à foyer pour les trains de pénétration.
- Pour prévenir les vibrations qui résulteraient du passage des trains se succédant à des intervalles très rapprochés, et se transmettraient par le sol aux immeubles riverains, on emploiera une voie à coussinets avec rail très lourd, et une épaisseur assez forte de ballast. Sur les viaducs, on arrivera à obtenir l’insonorité comme à New-York, par l’interposition entre les rails d’un pavage en bois, reposant sur une couche d’asphalte comprimée, soutenue elle-même par des tôles embouties, et on placera des plaques de feutre goudronné entre les contacts des pièces métalliques.
- Les procédés de construction prévus pour les parties en souterrain se rapportent à trois types principaux.
- Dans le premier on exécuterait tous les travaux de déblais et de maçonnerie à l’abri d’un pont roulant d’environ 30 mètres de longueur recouvrant entièrement la chaussée, de manière à n’apporter aucune interruption à la circulation pendant la construction de l’ouvrage. Ce pont se déplacerait pendant la nuit après achèvement du travail sur la section qu’il aurait protégée.
- Le second procédé, représenté dans les figures 1,2, 3 et 4 qui en indiquent les différentes phases, consiste à exécuter successivement les piédroits en fouille blindée, puis la voûte sur toute sa largeur. On décintrera ensuite (fig. 5) et l’on pourra exécuter le reste des déblais par une reprise en sous-œuvre (fig. 4) ; le procédé permet, dans les trois premières périodes, de conserver toujours à la circulation les deux tiers de la chaussée. La partie ou les parties qui né seront pas occupées par les travaux seront recouvertes d’un plancher métallique formant voie provisoire et raccordé aü sol des voies par des tabliers à ses extrémités. C’est sur ces planchers que s'elîècluera la circulation pendant qu’on travaillera au reste de l’ouvrage.
- En outre, ces deux modes d’exécution créent des soutènements capables d’empêcher toute la poussée latérale des terres.
- Enfin,ilsn’obligentàmettre au jour quelesdéblais provenant de la fouille des piédroits, condition très importante au point de vue hygiénique quand il s’agit d’un sol aussi remué et contaminé que celui de Paris. Les autres déblais seront évacués par des galeries latérales poussées jusqu’à la Seine et qui serviront en retour à l’approvisionnement des matériaux, ou par les viaducs qui pourront être construits dès le début des travaux.
- Le troisième procédé est celui dit du bouclier, et repose sur l’emploi d’un appareil métallique en avant duquel on pratique les excavations, et dont la protection permet, à l’arrière, de construire le revêtement en maçonneries. Ce système imaginé, il y a longtemps, par Brunei pour les travaux du tunnel sous la Tamise, a reçu depuis de très nombreuses applications, notamment au tunnel percé sous la rivière Saint-Clair (États-Unis), et qui a une Ion-
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- gueur de 1859 mètres dont 700 sous la rivière1. 11 nécessite, toutefois, des dépenses plus élevées, et ne sera, sans doute, employé à Paris qu’au cas où les précédents se montreraient insuffisants.
- Les travaux exigeront de très importantes rnodi-iications aux égouts et aux diverses canalisations qui encombrent le sous-sol de Paris. Ces réfections seraient exécutées par les soins des ingénieurs de la Ville, mais comme elles devraient précéder les travaux du Métropolitain proprement dit, on a été conduit à adopter les plans de campagne suivants :
- 1° Pour l’artère centrale :
- Pendant une première campagne, on opérerait toutes les modifications nécessaires au tracé des égouts, les déplacements des diverses canalisations et de certaines lignes de tramways. En même temps, on établirait les galeries souterraines allant à la Seine pour l’évacuation des déblais et l’approvisionnement des matériaux de ce côté.
- Pendant la même période, mais dans une autre section, on exécuterait toute la partie aérienne, y compris les raccordements avec les grandes lignes.
- Cela fait, on attaquerait la partie souterraine par l’un des procédés que nous avons indiqués. Cette période exigerait trois campagnes.
- C’est donc sur une durée totale de quatre années qu’il convient de tabler pour l’exécution de l’artère centrale et sa mise en service.
- L’évacuation des déblais se faisant par les galeries menant à la Seine, par les viaducs reliés aux grandes gares et par les lignes du Nord et de l’Est, si la Compagnie du Nord a terminé ses prolongements avant l’achèvement de l’artère centrale, on voit qu’on pourra attaquer les chantiers sans difficultés sur un certain nombre de points à la fois.
- 2° Pour les lignes de la Compagnie du Nord :
- On peut compter sur une première campagne consacrée, comme dans le cas précédent, aux travaux préliminaires, et au travail entièrement en souterrain de quelques sections. Deux campagnes suffiront probablement pour l’achèvement des lignes. La construction de cette partie du réseau ne demanderait donc que trois années, et les lignes établies se prêteraient à l’évacuation des déblais de l’artère centrale, comme il a été dit plus haut.
- En terminant, nous croyons pouvoir dire que le projet actuellement soumis aux Pouvoirs publics, c’est-à-dire tel qu’il a été modifié sur les conseils des Commissions d’enquête, est conçu de manière à satisfaire aux desiderata les plus pressants, tout en réservant l’avenir et permettant les extensions qui s’imposeront dans un délai plus ou moins rapproché. L’absence de demande de subvention et de garantie d’intérêts, à l’État ou à la Ville, est en même temps un précieux avantage qui se produit pour la première fois dans l’histoire déjà longue des projets du Métropolitain de Paris. Il faut donc espérer que ces conditions favorables décideront les Pouvoirs publics
- 1 Voy. n° 913, du 29 novembre 1890, p. 401.
- à donner aux promoteurs les concessions qu’ils demandent et à assurer enfin à la Capitale un moyen de transport capable de décharger les voies trop encombrées, et d’améliorer les conditions de la vie pour la classe la plus nombreuse. G. Ricnou,
- Ingénieur des arts et manufactures.
- APPLICATIONS ÉLECTRIQUES DU SÉLÉNIUM
- On sait, depuis les expériences faites en 1872 par M. Willoughby Smith, que la résistance électrique du sélénium varie avec le degré d’éclairement de celui-ci, et ce fait a été le point de départ d’une découverte qui fit beaucoup de bruit il v a une dizaine d’années : le photophone de MM. Graham Bell et Sumner Tainter.
- En dehors de cette expérience des plus curieuses et des plus importantes au point de vue scientifique, les phénomènes spéciaux auxquels le sélénium donne naissance, étaient restés sans application pratique.
- En poursuivant ses recherches sur ce corps singulier, M. Shelford Bidwell est parvenu à réaliser un relais qui laisse entrevoir quelques applications prochaines d’un phénomène physique auquel on n’avait prêté jusqu’à ce jour qu’une médiocre attention.
- L’appareil de M. Shelford Bidwell récemment présenté à la Physical Society, de Londres, consiste essentiellement en un élément au sélénium intercalé dans le circuit d’une pile et d’un relais très sensible. Lorsqu’un rayon de lumière tombe sur l’élément au sélénium, la résistance de celui-ci diminue dans de grandes proportions, et le relais devenant actif, attire son armature qui ferme un circuit électrique, et l’ouvre lorsque le sélénium est soustrait à nouveau à l'action de la lumière. En changeant les communications des contacts du relais, il est d’ailleurs possible de produire l’effet inverse, et de fermer un circuit électrique lorsque le sélénium est dans l’obscurité, et de produire, au contraire, l’interruption de ce circuit dès que la lumière reparaît.
- On peut imaginer un grand nombre de cas dans lesquels ce simple fait pourrait rendre déjà des services appréciables et appréciés. Parmi les applications possibles, sans compter celles que le lecteur perspicace se suggérera à lui-même, signalons, avec M. Shelford Bidwell, la possibilité d’appliquer l’appareil à l’indication de l’extinction des fanaux-signaux établis sur les navires, les côtes, les lignes de chemin de fer, etc. Une sonnerie d’alarme convenablement intercalée dans le circuit préviendra aussitôt de l’interruption. On peut encore combiner le relais pour qu’il allume une lampe, électrique ou autre, lorsque la lumière devient insuffisante, ou qu’il l’éteigne lorsque la clarté reparaît à nouveau. En sensibilisant encore l’élément au sélénium, M. Shelford Bidwell espère le rendre assez sensible pour qu’il soit impressionné à coup sûr par la simple lueur d’une bougie allumée dans la pièce où se trouve l’appareil.
- Messieurs les voleurs n’ont qu’à bien se tenir.
- LE TAMANOIR OU GRAND FOURMILIER
- Il existe, parmi les Mammifères de la faune actuelle, certains types contrastant, par leur aspect étrange ou leurs proportions insolites, avec les formes généralement modestes qui nous entourent, et comparables à ces populations vigoureuses que le tou-
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- riste découvre au fond d’une province reculée et qui, à travers les révolutions et les guerres, ont pieusement conservé le costume, les mœurs et les traditions de leurs aïeux. Au nombre de ces Mammifères qui subsistent comme des témoins du passé, on peut citer les Ornithorhynques, les Echidnés, les Kangourous, les Eléphants, les Rhinocéros, les Hippopotames, les Oryctéropes dont nous avons déjà parlé il y a une dizaine d’années *, et enfin les Fourmiliers qui feront l’objet de cet article. De même que les Oryctéropes, les Fourmiliers appartiennent à l’ordre bizarre des Edentés qui a fourni aux faunes anciennes le gigantesque Mégathérium, l’énorme Glyplodon, et qui compte encore, parmi ées représentants, les Paresseux, les Tatous et les Pangolins; mais ils se distinguent facilement de tous les animaux que nous venons de citer, aussi bien par les formes extérieures que par diverses particularités ostcologiques. Chez les Fourmiliers, en effet, la peau n’est ni dénudée comme chez les Oryctéropes, ni revêtue d’écailles imbriquées comme chez les Pangolins ; elle n’est pas encroûtée de concrétions osseuses comme chez les Tatous, mais disparaît sous une. épaisse toison comme chez les Paresseux; le pelage toutefois est moins rude et moins hirsute que chez ces derniers; la tête, au lieu d’être globuleuse, se prolonge en avant en un museau pointu et le corps se termine en arrière par une queue touffue. D’autre part, les os maxillaires sont grêles et complètement privés de dents, de telle sorte que les Fourmiliers méritent le nom d'Édentés à beaucoup plus juste titre que les Oryctéropes dont les mâchoires sont pourvues d’organes de mastication, au moins dans leur moitié postérieure.
- Les Fourmiliers ne se rencontrent que dans l’Amérique méridionale. On en connaît trois espèces qui diffèrent assez l’une de l’autre par les proportions, par la nature de pelage et par le nombre des doigts, pour que les naturalistes modernes aient cru devoir les répartir entre deux ou trois genres au lieu de les laisser confondues dans un seul groupe (,Mynnecophaga) comme le faisait Linné. De ces trois espèces que l’on désigne vulgairement sous les noms de Grand Fourmilier ou Tamanoir, de Taman-dua et de Fourmilier didactyle, la première seule, le Tamanoir (Mynnecophaga jubata) doit nous occuper ici. Elle a déjà été figurée, il y a deux cent cinquante ans, d’une façon plus ou moins grossière (fig. 1), dans les Descriptions de l'Inde
- 1 Voy. n° 286, du 25 novembre 1878, p. 401, 1 ’Oryclérope d’Ethiopie.
- occidentale, de J. de Laet1 et dans Y Histoire naturelle du Brésil, de G. Margraff de Liebstadt2 ; mais c’est surtout dans la Relation du voyage du chevalier des Marchais3 publiée en 1731 qu’on trouve du Tamanoir ou Mange-fourmis une description singulièrement exacte pour l’époque où elle a été publiée.
- « On appelle à Cayenne Mange-fourmis, dit le chevalier des Marchais, un animal qu’on pourrait nommer renard amériquain, s’il ne se trouvait qu’en Amérique ; mais comme il y en a en Afrique l, je crois qu’il faut s’en tenir au premier nom, à moins qu’on ne veuille se servir de celui que lui donnent les Indiens, qui est bien long : ils l’appellent Tamadu Guacu; il signifie la même chose que Mange-fourmis : c’est sa nourriture ordinaire qui lui a fait donner ce nom.
- « Cet animal est long et gros comme un chien de bonne taille. Ses jambes de derrière sont tout d’une venüe comme celles d’un ours : celles de devant sont un peu moins grosses ; il a le pied plat, divisé en quatre doigts armez d’ongles longs et forts; ceux de derrière ont cinq doigts et bien armez; sa tête est
- • longue et son museau encore plus long et pointu ; il a des yeux petits, ronds et noirs, les oreilles fort courtes. Ceux qui ont pris la peine de mesurer sa langue disent qu’elle a deux pieds et quelquefois davantage de longueur. Il est obligé de la plier pour la cacher dans sa gueule qui, toute longue qu’elle est, seroit beaucoup trop courte pour cacher ce membre. S’il parlait, il par-leroit sans doute beaucoup, et on ne lui repro-cheroit pas sans raison qu’il aurait la langue bien longue.
- « Il vit de fourmis. Lorsqu’il en a découvert quelque retraite, il fouille avec ses ongles pour élargir l'entrée et arriver au centre de la fourmilière, et aussitôt il y fourre sa longue langue qui pénètre dans tous les recoins de l’antre, et comme elle est onctueuse, les fourmis effarouchées et en désordre s’y attachent aussitôt, et dès qu’il la sent chargée de ces insectes, il la retire dans sa gueule et les avalle. Il recommence ce manège tant qu’il sent des insectes dans un endroit : après quoi s’il a encore faim il va en chercher un autre. Cette nourriture est
- 1 Noms orbis seu desrriptiones Indiæ occidentalis, L. XVIII, aut. Jo. de Laet., in-fol., Lcydc, 1852.
- 2 Georgii Marcgravii de Liebstadt Historiæ revum natu-raliurn Brasilia;, lib. VIII, in-fol. Leyde, 1648.
- 3 Voyage du chevalier des Marchais en Guinée, isles voisines et à Cayenne, fait en 1725, 1726 et 1727. Amsterdam, 1751 (t. III, p. 251).
- 4 L’auteur fait ici allusion aux Oryctéropes.
- Fig. 1. — Le Tamanoir d’après une gravure du dix-septième siècle.
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- Fig. 2. —
- Tamanoir se défendant contre un Jaguar
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- légère, comme on voit ; elle ne laisse pas cependant de bien nourrir l’animal qui s’en sert, mais elle donne à sa chair une odeur de fourmis qui n’est pas agréable. Les Indiens et les Nègres en mangent; mais les Français ont de meilleures viandes. S’ils savoient un peu mieux leurs intérêts, ils conservc-roient précieusement ces animaux qui les délivrc-roient en tout ou en partie des fourmis qui leur causent de très grands dommages. Mes mémoires ne marquent point s’il aime autant les fourmis blanches que noires. On connoît les lourmis blanches soüs le nom de Poux de bois : elles en ont assez la figure... Elles sont également malfaisantes partout. Ce seroit un bonheur extrême pour les habitants s’ils étoient délivrez de ces mauvais insectes qui sont encore plus pernicieux que les noirs. Dans ce cas il devrait être sévèrement défendu aux chasseurs de faire aüeün mal au Mange-fourmis.
- « J’ai dit qu’on les pourroit appeler renards : c’est a leur quetie qu’ils seraient redevables de cette dénomination. En efiêt il n’y a point un renard au monde qui ait, une queüe aussi souple que la leur. Elle a souvent près de deux pieds de longueur : elle est presque plate et couverte de tous cotez de grands poils de quinze à vingt pouces de longueur, un peu durs à la vérité i ce qui lui donne assez l’air d’une queüe de cheval. Gomme elle est forte et qu’il lui imprime tel mouvemeht qu’il lui plait, il balaye les endroits oh il passe, et quand il la replie sur son dos, il s’en couvre entièrement; Elle le défend de la pluye qü’il craint beaucoupJ c’est pour lui un surtout qui a son agrément et sa commodité. »
- 11 y a, en Vérité, fort peu de chose *a ajouter 'a cette description» Le chevalier des Marchais ne paraît cependant pas avoir assez insisté sur la conformation des pattes chez le Tamanoir» Celles de derrière, qui ont cinq doigts munis d’ongles pointus, sont en effet notablement plus faibles que celtes de devant qui se terminent par quatre doigts armés de griffes énormes, recourbées et tranchantes comme des faucilles. G’est à l’aide de ses griffes que le Tamanoir éverttre les fourmilières, et c’est aussi avec ces armes qu’il se défend contre ses ennemis et qu’il les frappe latéralement en ramenant les bras par un geste horizontal » Les membres antérieurs sont en effet un peu tordus, disposition fort convenable pour le but principal qu’ils ont è remplir, mais très défavorable pour la locomotion. Aussi le Tamanoir a-t-il des allures gauches et est-il obligé, en marchant, de s’appuyer stir la face externe des pieds de devant, ou plutôt, du moins, en tenant ses doigts et ses griffes repliés contre une pelote calleuse de la face palmaire»
- La forme de la tête du Tamanoir dénote un anî= mal de faible intelligence : le front est en effet fbrte^ ment fuyant ; la région cérébrale déprimée et peü développée en proportion de la région faciale qui se prolonge en un long museau, légèrement recourbé en avant et percé d’ouvertures nasales semi-cir-
- culaires. Les oreilles externes sont réduites h deux feuilles arrondies, de 3 centimètres de haut; les yeux ne sont guère plus gros que des baies de genièvre, et la bouche est tellement étroite quelle semble pouvoir à peine laisser passer la langue dont le diamètre moyen ne dépasse pourtant pas 18 millimètres au milieu, et 2 millimètres h l’extrémité.
- Ainsi que le chevalier des Marchais l’a parfaitement reconnu, la langue du Tamanoir, de même d’ailleurs que la langue du Tamandua, de l’Orycté-rope et des autres Édentés, constitue bien moins un organe de gustation qu’un organe de préhension. Elle est mise en mouvement par des muscles puissants, et si, à l’état de repos, elle n’est pas repliée dans la bouche, mais simplement refoulée entre les mâchoires, du côté du pharynx, elle peut, comme la langue des Pics, être brusquement projetée au dehors et faire saillie hors de la bouche sur une longueur que Roulin évalue a 42 centimètres. Sa surface est enduite d’une salive gluante que sécrètent des glandes sous-maxillaires de dimensions extraordinaires, descendant jusque dans la poitrine, glandes dont la structure a été étudiée par sir Richard Owen et M. G. Pouchet, et qui ont été retrouvées par M. J» Chatin chez le Tamandua. En revanche, les glandes parotides, qui fournissent une salive aqueuse, se trouvent considérablement réduites chez les Fourmiliers.
- L’absence de dents chez Ces animaux ne présente pas d’inconvénients au point de vue de la nutrition, les insectes dont ils font leur proie ayant des téguments peu résistants et pouvant d’ailleurs être triturés dans l’estomac » Celubei, en effet, comprend deuxpar-ties distinctes i une partie cardiaque ou membraneuse, et une partie pylorique ou musculeuse qui, pour la force de ses parois, peut être comparée au gésier des oiseaux, quoiqu’elle soit dépourvue de callosités épithéliales.
- M» Owen a reconnu d’autre part que chez les Tamanoirs l’intestin était supporté, comme chez les Reptiles, par un large repli du péritoine, et M» Crisp a été frappé des dimensions exceptionnelles qu’atteignent les globules du sang dans là même espèce. Le diamètre moyen de ces globules qui ne dépasse pas i/i 24 dé millimètre chez l’Homme, chez le Chien et chez le Lapin, qui descend même à 1/250 de millimètre chez la Chèvre, s’élève au contraire chez le Tamanoir à 1/110 de millimètre.
- Les Fourmiliers se font remarquer encore par la grosseur de leur Vésicule biliaire, par l’épaisseur de leurs téguments, par le développement de leurs muscles peauciers, par la largeur dé leurs côtes qui sè recouvrent mutuellemeut, et surtout par la conformation de leur cerveau qui présente un type assez dégradé» Les hémisphères, réunis par un large corps calleux, laissent en effet le cervelet a découvert et n’offrent à leur surface qu’un petit nombre de circonvolutions symétriques. En revanche, les lobes olfactifs sont très grands, comme chez tous les ani-
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- maux doués d’un flair délicat. Le sens de l’odorat est en effet le seul sens qui soit bien développé chez le Tamanoir.
- Le pelage du Grand Fourmilier est extrêmement toufl'u : le bout du museau, les lèvres, les paupières et la plante des pieds sont les seules parties dénudées, et la tête, le corps et les membres portent des poils dont la longueur, la consistance et la couleur varient d’une région à l’autre. Sur la tête ce sont des poils courts et dressés, de couleur grise avec des anneaux noirs; sur le dos, ce sont des soies de même couleur, mais allongées, qui, sur la nuque et l’échine, se soulèvent en formant une crinière de 20 à 25 centimètres ; sur les flancs et Carrière-train, des poils plus souples et retombants; sur la qtteue, de véritables crins plus ou moins aplatis. Les pattes de derrière et le ventre sont d’un brun foncé ; le dos et la queue, d’un gris cendré, tiqueté de noir; la tête est grise avec une raie blanche de chaque côté du front ; les pattes antérieures sont ornées d’une manchette noire, incomplète en arrière, et la gorge est couverte d’un plastron noirâtre, se prolongeant latéralement par une bande de même couleur, bordée d’un liséré blanchâtre, qui recoupe obliquement les épaules et finit en pointe du côté de l’échine. Sur les parties dénuées de poils, la peau affecte une teinte noire assez foncée. Le même système de coloration existe déjà chez les jeunes individus, mais ceux-ci offrent en général des nuances plus pâles que les adultes.
- Les Grands Fourmiliers habitent, à l’est des Andes, la région comprise entre le Rio de la Plata et la mer des Caraïbes, mais ils sont particulièrement répandus dans les contrées désertes ou à peine peuplées du nord du Paraguay. Ils vivent généralement isolés, et quand on rencontre deux individus ensemble, c’est presque toujours une femelle accompagnée d’un petit. Le jeune est en effet allaité pendant très longtemps et demeure en compagnie de sa mère jusqu’à ce que celle-ci soit sur le point de mettre bas une seconde fois. Les Tamanoirs ne creusent point de terriers et n’ont point de domicile fixe. Après avoir erré toute la journée à travers les steppes en quête des Fourmis et des Termites, ils se contentent, la nuit venue, de l’abri d’un buisson ou s’endorment tout simplement où ils se trouvent, au milieu des hautes herbes. Au repos, ils ressemblent, dit-on, à une botte de foin jetée sur le sol. Leur allure ordinaire est fort lente, et c’est seulement lorsqu’ils sont poursuivis qu’ils se mettent à galoper lourdement ; encore ne vont-ils pas assez vite pour qu’un homme, en marchant d’un bon pas, ne puisse les atteindre facilement. D’ordinaire ce sont des animaux parfaitement inoffensifs ; mais quand ils se sentent serrés de trop près et surtout quand ils sont blessés, ils n’hésitent pas à faire face à l’ennemi, se dressent sur leurs pattes de derrière à la manière des Ours, en grondant de colère, étendent les bras et cherchent à étouffer leur adversaire ou à le déchirer à coups de griffes. Et l’on peut imaginer quelles terribles blessures font des ongles tranchants comme des ra-
- soirs et mesurant de 4 à 7 centimètres de long, surtout quand ces ongles arment une main robuste, au bout d’un bras vigoureux ! C’est ainsi que le voyageur Roulin faillit être écharpé par un Tamanoir qu’il avait imprudemment saisi par la queue pour l’arrêter alors que l’animal fuyait, chassé à coups de fouet par un jeune pâtre qui l’avait surpris auprès d’une fourmilière. Le Tamanoir, se retournant, faucha l’air d’un brusque mouvement, et Roulin vit passer, à deux pouces de sa ceinture, un ongle qui lui parut avoir bien un demi-pied de long et qui lui eût ouvert le ventre d’un flanc à l’autre s’il eut fait un pas de plus. Plus tard même, alors que la bête épuisée eut été saisie avec des lassos, elle essaya encore de résister en se mettant sur le dos et en agitant les bras.
- On a vu des Tamanoirs, blessés par des cavaliers, se cramponner à la croupe des chevaux et ne lâcher prise qu’après avoir reçu plusieurs coups de lance, et les habitants de la Colombie et du Paraguay affirment que ces Edentés soutiennent contre les Jaguars des luttes acharnées qui se terminent généralement par la mort des deux combattants. On trouve même parfois* disent-ils, les cadavres des adversaires étroitement enlacés. Quoiqu’il n’ait jamais été témoin de pareils faits, Roulin ne considère pas ces récits comme dénués de vérité. Il fait observer en effet que si le Jaguar ne laisse en général pas à la proie qu’il convoite le temps de se reconnaître, s’il l’atteint d’ordinaire en deux ou trois bonds et la jugule instantanément, il peut aussi manquer son coup et se trouver dans une situation assez critique. En semblable occurrence, le Tamanoir aura le temps de se redresser. Comme le représente notre gravure (fig. 2), il menacera son ennemi accroupi à ses pieds, et dès que celui-ci s’élancera, il l’étreindra entre ses bras puissants et le déchirera de ses griffes tandis qu’il aura lui-même les os broyés entre les terribles mâchoires du Carnassier;
- Un Tamanoir vient facilement à bout d’un Chien de forte taille, mais il ne saurait résister à un homme armé d’un fusil. La chasse de cet animal ne présente donc pas grand danger et devrait offrir d’autant moins d’attraits que, comme le dit des Marchais, la Tamanoir est un être éminemment utile, et que sa chair a un goût de Fourmis fort désagréable. Les habitants du Paraguay détruisent cependant, chaque année, un assez grand nombre de Grands Fourmiliers qu’ils désignent sous le nom de Gnüüroiimys ou Youtoumys et dont ils emploient les dépouilles comme couvertures, excellentes, disent-ils, pour prévenir les maux de reins. Des individus de cette espèce sont aussi envoyés vivants en Europe pour être gardés dans les jardins zoologiques. Toutefois, ce n’est guère que par la bizarrerie de leurs formes qu’ils méritent une place dans les ménageries, car ce sont, comme les Oryctéropes, des êtres indifférents et stupides.
- E. OUSTÀLET.
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- LA NATURE.
- LES TROMBES
- EXPÉRIENCES ET OBSERVATIONS
- Le 6 mai 1884, dans l’Àlameda de la ville de Monterey au Mexique, il me fut donné d’observer une trombe terrestre remarquable dont je reproduis l’aspect (fi". 3).
- Trois choses fixèrent mon attention : 1° l’axe vertical de rotation du tourbillon ; 2° les spirales ascendantes ; 5°les poussières, les feuilles sèches et les corps plus lourds que l’air, élevés dans l’atmosphère. Ces facteurs de l’observation, je les ai reproduits dans l’appareil représenté figure 1. On trouve dans cet appareil une vis centrale, dont l’axe est vertical et les spirales ascendantes. La boîte cylindrique A munie d’un écrou imite les corps plus lourds que l’air, qui doivent monter par les spirales.
- La trombe terrestre étant formée subitement, j’imprime subitement aussi, au moyen d’une manivelle placée à la partie supérieure de l’appareil, un mouvement
- de giration de droite à gauche à la vis verticale et à la pièce métallique A qui reste d’abord sur son support inférieur. Si l’on arrête la manivelle au moment de sa plus grande vitesse, la boîte métallique A monte rapidement suivant les spirales et s’élève avec force jusqu’à la partie supérieure de
- l’appareil, en A' (n° 2 de la figure 1). Or, si dans le moment que commence l’ascension de la boîte après l’arrêt de la manivelle, nous mouvons très vite celle-ci et de gauche à droite, alors la vitesse de l’ascension de la boîte et la force du choc augmentent. Supprimez la forme spirale des trajectoires, la boîte cylindrique ne montera jamais, si grand que soit le mouvement de rotation. Supprimez aussi les trajectoires spirales d’un tourbillon, et celui-ci n’aura pas la puissance d’élever des corps plus lourds que l’air.
- Comme dans cet appareil éminemment simple les faits de l’expérience s’accordent avec l’observation des phénomènes naturels, il me paraît intéressant de montrer quelle a été l’idée théorique qui m’a guidé dans sa construction.
- Fig. 2. — Appareil pour l’étude des trombes marines.
- Si on pouvait déterminer comment des corps plus lourds que l’air s’élèvent dans l’atmosphère dans le rayon d’action d’un tourbillon, on connaîtrait le secret mécanique de ce dernier, surtout si ce secret consiste, comme je le crois, dans la forme en spi-
- rale de ses mouvements. J’ai cru pouvoir désigner l’appareil représenté figure 1 sous le nom de trombe mécanique.
- Après avoir étudié le mécanisme des trombes terrestres, voulant essayer d’appliquer les mêmes
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- principes à Peau, je fus conduit à aborder l’examen des trombes marines.
- L’appareil représenté figure 2 me servit à mes expériences. Avant d’en expliquer le fonctionnement, il est nécessaire de rappeler les caractères d’une trombe marine ascendante. Elle est généralement caractérisée par une colonne conique qui s’élève de la surface de la mer et par la forme parabolique de l’averse qu’elle produit. Nous reproduisons ci-contre l’aspect de ce grand phénomène naturel (fig. 4). On trouve l’équivalent de ces phénomènes dans le second appareil que j’ai construit (fig. 2). Son dispositif est
- Fig. 3. — Trombe terrestre observée à l’Alameda de Monterey (Mexique).
- formant une averse parabolique (fig. 2, n° 1). Il nous semble qu’il y a là une véritable trombe d’eau en miniature avec ses caractères distinctifs.
- Voici, selon nous, comment le phénomène doit se passer dans la nature. Le soleil chaulfe l’air en un point quelconque de l’atmosphère, il le raréfie et le fait monter; l’air des alentours se précipite centri-pètement ; là les courants aériens se choquent et le mouvement tourbillonnaire est produit précisément à l’endroit où l’aspiration est vérifiée par l’observation : alors le tourbillon est formé ; invisible, s’il est d’air seulement, visible si les poussières terrestres ou les vapeurs ou poussières d’eau de la mer apparaissent dans sa masse.
- très simple : à gauche, sur la boîte que supporte l’appareil, un mouvement d’horlogerie actionne le cône allongé ouvert qui plonge dans l’eau dont la boîte est pleine : la transmission est obtenue par une courroie sans fin actionnant une poulie en relation avec un mécanisme simple qui produit la rotation du cône vertical autour de son axe.
- Pour faire l’expérience, on met le cône en place (voy. n° 2 de la fig. 2). En faisant fonctionner le mécanisme, le cône acquiert une grande vitesse de rotation et l’eau monte en se glissant sur la paroi inférieure : elle s’échappe à la partie supérieure en
- Fig. 4. — Trombes marines observées dans l’océan Atlantique.
- La force centrifuge génératrice des spirales ascendantes, en rencontrant à plus grande hauteur une moindre résistance dans les couches de l’atmosphère, va en s’évasant à la partie supérieure du tourbillon et lui donne sa forme conique.
- Le tuyau conique de l’appareil que j’appelle trombe hydraulique a en réalité sa partie inférieure formée par l’eau dans laquelle il est immergé ; il est en quelque sorte un tuyau fermé. La colonne d’air par le mouvement de giration du tuyau monte et fait la raréfaction, facteur essentiel de tout tourbillon et de toute trombe marine.
- Mexico, octobre 1890. Dr J- MARTINEZ AnCIRA
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- CHRONIQUE
- L’impression mécanique au rouleau des papiers peints. — Vers 1854, l’impression mécanique des papiers peints se faisait sur des rouleaux en bois de poirier, gravés à la main et garnis de petites lames de cuivre. Comme ils jouaient après avoir été trempés dans le bain, ils ne pouvaient comporter un repérage assez précis pour un tirage en plusieurs couleurs. Aussi pensait-on devoir renfermer alors le nouveau système dans la fabrication du papier à bon marché, avec deux ou trois couleurs au plus, le papier de luxe restant réservé à l’impression à l’aide de la planche plate à la main. Il existe encore dans les ateliers de M. Isidore Leroy une de ces anciennes machines qui présentent un intérêt historique, et dont la place serait, à ce titre, au Conservatoire national des arts et métiers. Depuis cette époque, M. Leroy a surmonté les difficultés qui semblaient limiter l’application du procédé mécanique d’impression sur rouleaux. Les cylindres imprimeurs ne sont plus en bois, mais en plâtre coulé autour d’un noyau ou paillasson qui les rend plus légers. La gravure en relief est clouée sur le plâtre à l’aide d’une petite semelle débordante; les caractères sont en plomb et bismuth ; les parties les plus larges de la gravure sont feutrées afin de faciliter l’impression. Les machines à imprimer sont de trois types, donnant toutes la même production de 300 rouleaux de 8 mètres à l’heure. Les deux premiers types ont une largeur de 0m,65 ; le troisième de 0m,85. Le diamètre du presseur est : pour le premier type, de 0m,47 ; pour le deuxième type, de Im,38; pour le troisième type, de 3m,56. On a bien dépassé le nombre des couleurs assigné en 1854 à ce procédé, puisque le premier type peut imprimer à quatre couleurs, le deuxième à douze, et le troisième à vingt-six. La machine du dernier type est un admirable appareil, aussi puissant que précis, haut de 5m,32, muni de 26 cylindres imprimeurs et capable d’imprimer des dessins qui ont jusqu’à 1“,25 de hauteur. Des spécimens de produits ainsi obtenus ont figuré avec succès à l’Exposition universelle de 1889 et ont montré l’étendue des ressources que peuvent donner à l’art du décorateur en papiers peints une telle hauteur de dessin et une telle richesse de couleurs. Ce n’est plus seulement le papier à bon marché qui relève de ce procédé ; c’est également le papier de luxe, dont le prix devient abordable grâce à la substitution de la machine au travail manuel, Le bas prix et la qualité des produits ont donné à cette fabrication les proportions de la grande industrie, car la production journalière varie entre 30 000 et 35 000 rouleaux de papier. La fabrication occupe 400 ouvriers, exclusivement du sexe masculin, dont 160 de douze à seize ans.
- Moyens d’éviter le bris des glaces. — La rupture des vitres et des carreaux de verre pendant leur transport est plus souvent l'effet de secousses par suite de mouvements vibratoires exagérés que celui de chocs directs qui, d’ailleurs, seraient complètement amortis par l’emballage. Nous avons raconté, à ce sujet, qu’un chanteur à la voix très puissante, en prenant l’unisson de son verre à boire, le brisait en criant devant l’ouverture ; il détermine ainsi dans le cristal des vibrations d’une telle amplitude qu’elles causent la disjonction des particules du corps sonore. On sait aussi que c’est à la même cause qu’il faut rapporter la rupture, sur une vaste échelle, des vitres placées dans le rayon d’action d’une explosion, d’une décharge d’artillerie, d’un tremblement de terre. Pendant la
- dernière guerre, une explosion de magasin de poudre s’étant produite à Grenelle, toutes les vitres des fenêtres, dans un très grand rayon, furent brisées et pour ainsi dire émiettées. Il en fut de même, il y a une vingtaine d’années, à la gare de Saint-Denis, lors de l’explosion d'une chaudière à essence. Dans cette même ville, pendant son bombardement en janvier 1871, les explosions déterminées par l’explosion des obus, plutôt que le choc direct par l’éclat de ces projectiles, détruisirent les vitrages des usines et les vitraux des églises. On évitera donc beaucoup de fractures dans les envois d’objets de verrerie, et surtout des cadres vitrés, en collant sur ces objets un certain nombre de bandes de papier croisées dans des centres différents et qui s’opposeront à la propagation des ondes vibratoires. C’est du reste ce qui avait été recommandé en 1870 dans les quartiers de Paris voisins des remparts. On collait sur les glaces des appartements, sur celles des fenêtres et sur les vitres, des bandes de papier qui amortissaient le choc vibratoire. Dans une maison réquisitionnée, les grandes glaces minces qui garnissaient les croisées restèrent toujours intactes, grâce à la précaution des bandes de papier et bien qu’elles fussent dans le voisinage d’une pièce de 16 centimètres qui tirait nuit et jour sur Saint-Cloud. Un de nos lecteurs nous écrit qu’il utilise journellement cette application peu connue des lois de la physique pour tailler des lamelles de microscope dans du verre mince; il colle celui-ci çur du papier gommé (des bordures de timbres, par exemple), et il le découpe, avec des ciseaux, selon ses besoins, sans déterminer dans les fragiles lamelles de fréquentes ruptures.
- Les fibres de Buazé. — Certaines populations du Zambèze, la tribu des Makoubas, qui habite les bords du lac Nngami dans le Bechuanaland, et les riverains de la Botletle river sont renommés dans le sud de l’Afrique pour la beauté et la qualité des filets de pêche qu’ils fabriquent, Ces filets sont faits avec des fibres, dites fibres de buazé, extraites des pédoncules des feuilles d’un végétal de l'ordre des Polygalées, le Securidaca longipedun-culata, qui croît en masses impénétrables sur une aire de 300 mètres, autour des rivières et des lacs de la Haute et de la Basse-Guinée, de la région du Haut-Nil et de la côte du Mozambique. Ce végétal et l’usage que l’on tire de ses fibres furent signalés pour la première fois, en 1857, par Livingstone qui le trouva croissant en grande abondance au nord du Zambèze, et c’est un compagnon de l’illustre explorateur, M, John Kirk, qui lui donna son nom générique de Securidaca. Haut de 3 mètres à 3“,50, le Securidaca émet un grand nombre de pédoncules fort souples, de 3 à 4 centimètres de diamètre, terminés par une pointe aiguë et contenant une masse de fibres luisantes, plus grasses que les fibres du Lin, assez semblables à du crin, et susceptibles d’être tressées en lignes à pêcher. Les pédoncules fourniraient deux sortes de fibres : la véritable fibre de buazé, qui sert à faire les filets et s’extrait de l’écorce, et une autre de qualité inférieure qui se trouve dans l’intérieur de la tige et du pédoncule, disposée par couches concentriques alternant avec des assises ligneuses.
- La protection des Alligators. — Un grand nombre d’objets tels que : chaussures de luxe, porte-monnaie, nécessaires et sacs de voyage, sont fabriqués en cuir d’Alligator; pour fournir la matière première au commerce, on a fait de la chasse de ces animaux une véritable industrie dans la Louisiane et la Floride ; aussi ces animaux ont-ils été exterminés, comme il en a été pour les malheureux Bisons dont nous parlions récemment. Cette des-
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- truction a même été si loin que la Commission de police de Plaguemines Parihs a été obligée de défendre qu’on les tue à l’avenir. 11 paraît que les Alligators se nourrissent d’une grande quantité de Rats musqués, et depuis la diminution du nombre de ces premiers, les Rats ont augmenté énormément et ont sérieusement endommagé les récoltes. La Commission défend de tuer les Alligators dans les marais, canaux ou autre portion de territoire» et cours d’eau, sous peine d’une amende de 500 francs et d’un emprisonnement d’au moins un mois pour chaque contravention.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance publique annuelle du 29 décembre 1890
- Présidence de M. IIermite.
- Discours de M. le Président. — Le discours de M. Her-mite est presque entièrement consacré & rendre hommage à la mémoire de MM. Peligot et Hébert, décédés dans l’année. Puis une mention est faite de deux savants étrangers : MM. Schiaparelli et le général Jbanez de Ibero, marquis de Mulhacen, dont les noms figurent cette année parmi les lauréats de l’Académie.
- Prix décernés pour 1890. — M. le Secrétaire perpétuel Berthelot proclame les noms des lauréats. — Géométrie : Le grand prix des sciences mathématiques est décerné à M. Paul Painlevé; le prix Francœur, à M, Maximilien Marie; le prix Poncelet, à M. le général Ibafiez, marquis de Mulhacen. — Mécanique : Le prix extraordinaire de six mille francs est partagé par portions égales entre MM. Madamet, Ledieu, Cadiat et Louis Favé; le prix Mon-tyon est attribué à M. Locher; le prix Plumey, à M. Boulogne. — Astronomie : Le prix Lalande, à M. Schiaparelli; le prix Valz, à M. de Glasenapp; le prix Janssen, à M. C.-A. Young. — Statistique : Le prix Moniyon, à M. le Dr Topinard. — Chimie : Le prix Jecker, à feu Isambert et à M. Hanriot. — Géologie : Le prix Vaillant, à M. Marcel Bertrand; le prix Fontannes, à M. De-péret. — Géographie physique : Prix Gay, à M. Franz Schrader. — Botanique ; Le prix Desmazières, à M. Go-mont; deux prix Montagne, à M. Hariot et à M. le Dr Albert Billet. — Anatomie et zoologie : Le prix Savi-gny, à M. le Dr Jousséaume et au R. P. Camboué ; le prix Serres, à M. Dareste. — Médecine et chirurgie : Le prix Montyoti, à MM. les Drs Guyon, Ollivier et P. Richer; le prix Bréant, à MM. G. Colin et A. Layet; le prix Godard, à M. le Dr Pozzi ; le prix Barbier, à M. Claude Martin ; le prix Lallemand, à Mme Déjerine-Klumpke et à M. Georges Guinon ; le prix Mège, à M. Nicaise. — Physiologie : Le'prix Montyon (physiologie expérimentale), à MM. Wer-theimer et Gley. — Prix généraux : Le prix Montyon (arts insalubres), à M. C. Tollet; le prix Jérôme -Ponti, au R. P. Colin; le prix Trémont, à M. Beau de Rochas; le prix Gegner, à M. Serret ; le prix Delalande-Guén-neau, à M. le Dr Yerneau; le prix de la fondation Le-conte, à M. P. de Lafitte ; le prix Laplace, à M. Bailly.
- Eloge historique de Louis Poinsot. — Cet éloge est lu par M. J. Bertrand. Le début est fort original. « J’ai beaucoup connu, beaucoup admiré et beaucoup aimé Poinsot. On l’accusait de négligence et de paresse. C’était un faux jugement. Par respect pour lui-même, il respectait tous les devoirs : c’est pour cela qu’il en acceptait le moins possible.... » Et, plus loin, une phrase analogue ; « Poinsot devint pair de France, comme l’étaient presque tous ses
- collègues du Conseil. L’Empire, plus tard, le nomma sénateur, Il acceptait les honneurs, saisissait volontiers l’occasion de prouver à tous ce qu’il aurait pu faire et se plaisait ensuite à ne rien faire. » Ce discours de M. le Secrétaire perpétuel rappelle un caractère de La Bruyère. Encore une citation, quelques traits au portrait de Poinsot : « Poinsot avait l’amour, non la curiosité de la science ; il savait qu’un savant ignore beaucoup de choses ; l’indifférence pour lui en accroissait le nombre. Lui seul, peut-être, a pu dire aux savants les plus illustres de son époque :
- « Je vous ignore, » et marcher auprès d’eux en restant leur égal, Les plus grandes-découvertes le laissaient indifférent. Ni l'œuvre de Fresnel, ni la pile de Volta, ni les actions électrodynamiques, ni la théorie mathématique de la chaleur n’ont même, pour un jour, occupé son esprit. Dans Jes mathématiques pures, les fonctions doublement périodiques et les intégrales complexes lui sont restées inconnues. La théorie mathématique de l’élasticité n’était pas, pour lui, assez pure. Ni Navier, ni Cauchy, ni Lamé, pour lequel il avait une si haute estime, n’ont réussi à lui faire discuter leurs principes. « Ils parlent de pressions obliques, — disait-il avec répugnance. — Une pression est toujours normale; cela n’est pas pur. » « L’œuvre capitale de Poinsot, dans son âge mûr, a été ses travaux sur la dynamique des corps solides.... Toujours attentif aux phénomènes, non aux formules, il aborda la théorie de la précession des équinoxes un des problèmes les plus difficiles de la mécanique céleste, en conduisant son étude jusqu’aux calculs numériques, sans s’écarter jamais de la simplicité qu’il aimait et de la rigueur sans laquelle on n’est pas géomètre. »
- Notice sur la vie et les ouvrages d'Ernest Cosson, par M. J, Bertrand. — M. Cosson fut enlevé, on se le rappelle, pendant l’épidémie d’infïuenza, le 31 décembre 1889. « L’Académie des sciences, par déférence pour la prudente sollicitude de sa famille, ne put lui adresser les paroles de souvenir et de regret qu’une pieuse coutume réserve à tous nos morts. » M. le Secrétaire perpétuel fait disparaître aujourd’hui cette lacune dans la collection des notices nécrologiques de l’Académie. M. Cosson était docteur en médecine; on le vit en 1870 à la tête d’une ambulance importante fondée à ses frais. Ses premières publications en botanique lui furent fournies par les excursions aux environs de Paris. Puis ce fut la liste des plantes observées aux environs de Thurelles sur les déblais récents du chemin de fer de Moret à Montargis, et l’étude des plantes étrangères recueillies au Port Juvénal, près de Montpellier. La flore des États bar-baresques a été l’objet de recherches persévérantes d’Ernest Cosson. 11 fut appelé par le Ministre de la guerre à prendre part à la rédaction de la Flore d'Algérie. De 1852 à 1861, il exécuta dix voyages à ses frais, mais sous le patronage du Ministre de la guerre. « Résigné aux soins pénibles qu’exige le transport des instruments dans les pays de montagnes, il a déterminé les altitudes de toutes les stations et celle par conséquent des végétaux caractéristiques de chaque région.... Ernest Cosson avait su lier des relations avec les tribus nomades, qui, par nécessité, portent leur attention sur les productions du sol, et donnent à chaque plante un nom qui ne varie pas plus que les notions sur les propriétés réelles ou supposées qu’on lui attribue. Il est parvenu ainsi, sans sortir de l’Algérie, à connaître l’existence de certaines espèces jusqu’au centre de l’Afrique, sur les bords du lac Tchad, par exemple. )) Stanislas Meunier.
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- LÀ NATURE.
- NOUVEAU BAROMÈTRE ENREGISTREUR
- Nous avons souvent eu l’occasion de signaler à nos lecteurs les appareils enregistreurs de M. Redier, et nous avons décrit jadis le grand baromètre enregistreur crée' par ce savant constructeur pour les observatoires et les stations météorologiques1.
- L’instrument que nous allons l'aire connaître aujourd’hui est d’un format très réduit, d’un prix très modeste, d’un fonctionnement régulier, et il nous paraît digne d’être recommandé aux savants et aux amateurs.
- Ce nouvel appareil vient d’être mis en construction par M. Redier et par son successeur M. Meyer : comme le montre la gravure ci-contre (fig. 1), cet enregistreur, d’un modèle simple, est formé d’une boîte anéroïde, dont la membrane élastique est en relation avec un style inscripteur. L’appareil est à l’abri des résistances provenant du frottement de l’index inscripteur sur le papier récepteur du tracé.
- La plume est en conlact avec le papier de la manière suivante : son extrémité conlient, dans un réservoir conique et percé à la pointe, une certaine quantité d’encre. Trois fois par heure, ce réservoir s’abaisse par une sorte de coup de fouet et vient déposer un point d’encre sur le papier ; ces points séparés d’un cinquième de millimètre les uns des autres, donnent une courbe quasi continue, d’une correction parfaite. Dès que le point est tracé, l’aiguille reprend sa liberté. Une seule boîte barométrique suffit pour la conduire. L’instrument marche huit jours sans avoir besoin d’être remonté et on change la feuille en même temps. L’heure y est représentée par 1 millimètre et demi, et le millimètre de mercure par 1 millimètre.
- Ces baromètres destinés aux gens du monde comme aux savants, sont disposés de façon qu’on n’ait pas à changer la feuille si on ne tient pas à conserver les courbes. Ce point a beaucoup plus d’importance qu’on ne pourrait le croire
- a priori. Il nous est arrivé souvent de voir des instruments enregistreurs arrêtés parce que l’on avait négligé de changer le papier au moment voulu. Il y a donc dans le nouvel instrument une innovation qui sera surtout appréciée par les amateurs ne tenant pas à se former des archives météorologiques, mais auxquels il suffit de comparer la courbe barométrique du jour, avec celle des journées précédentes.
- Dans le nouvel appareil de M. Redier, le cylindre récepteur du point est en matière blanche, susceptible d’être nettoyée, comme l’émail, la porcelaine ou le celluloïd. A mesure que ce cylindre tourne, on en elïace le pointage ancien pour faire la place à ceux qui vont venir. Cette disposition, nous le répétons, est très ingénieuse, car le changement de papier sur les cylindres est un ennui que se plairont à éviter bien des observateurs.
- L’adoption d’un cylindre récepteur permanent en matière blanche n’exclut pas l’usage des bandes de papier pour les météorologistes qui voudront conserver leurs documents; on peut à volonté remplacer cette matière blanche par le papier et inversement.
- Nous reproduisons (fig. 2) le fac-similé d’un fragment de courbe obtenue par le nouvel enregistreur; on voit nettement que la courbe est formée de petits points équidistants; ces petits points ont été tracés sur le papier de vingt minutes en vingt minutes; ils sont bien formés, et suffisamment rapprochés pour qu’ils donnent l’impression d’une ligne continue. G. T.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandiek.
- Fig. 1. — .Nouveau baromètre enregistreur de M. Redier.
- Fig. 2. —Fac-similé d’une courbe en pointillé tracée par le baromètre enregistreur de M. Redier.
- 4 Voy. n° 95, du 27 mars 1875, p. 267.
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- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 919
- 10 JANVIER 1890
- LA NATURE
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- L’ARBRE COTONNIER DE NASSAU
- Fig. 2. —Détail des racines et du tronc de l’arbre cotonnier de Nassau. (D’après une photographie.)
- Les gravures que nous plaçons sous les yeux de nos lecteurs représentent l’un des plus beaux et des plus curieux spécimens d’un arbre cotonnier, ori-19e année. — tor semestre.
- ginaire des Indes occidentales (Eriodendron anfrcic-tuosam),et qui fait l’admiration des rares voyageurs passant à Nassau, la capitale des îles Lucayes, à l’île
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- LA NATURE.
- de la Nouvelle-Providence. Cet arbre magnifique a été récemment étudié par un botaniste, M. J.-F. Coon-ley, auquel nous allons emprunter les renseignements qu’il publie dans le Scientific American.
- L’Eriodendron de Nassau, que nous représentons, couvre de ses branches une surface qui atteint 60 mètres de longueur; l’arbre serait beaucoup plus grand encore, s’il n’était fréquemment coupé.
- Les immenses racines que représente notre figure 2 s’élèvent environ à 12 mètres au-dessus du sol. « Quand on pense, dit Mi Goonley, que voilà un arbre dont les branches s’écartent du tronc à près de 50 mètres nord et sud ; il pousse sur un rocher qui ne permet pas aux racines de pénétrer profondément dans la terre; on ne saurait trop admirer la prévoyance de la nature qui a créé ses immenses supports en forme de racines qui permettent a cette masse énorme de se maintenir à la surface de la terre.
- « Les feuilles tombent aux approches du printemps, et reprennent quelques jours après. J’ai vu cet arbre, les branches nues un samedi soir, et le lundi matin suivant, il était touffu. La vitesse avec laquelle les feuilles se développent, paraît magique.
- « Les immenses racines et l’extrême étendue des branches de cet arbre particulier, peuvent être attribuées à l’emplacement privilégié où il se trouve. Il s’élève à l’arrière de vastes constructions qui le mettent à l’abri des grands vents de la mer et des ouragans. »
- A une saison de l’année, à l'époque du printemps, il laisse tomber, des fruits entr'ouverts, une fibre légère comme du coton, mais beaucoup plus fine, qui couvre le sol à une grande distance, partout où le vent porte ces filaments.
- C’est à cette fibre qu’il doit son nom de cotonnier soyeux (Silk cotton Iree), sous lequel il est familièrement connu en Amérique.
- Les Eriodendrons, d’après M. Bâillon, sont des arbres inermes ou dépourvus d’aiguillons, à feuilles digitées, à fleurs pédonculées. On en compte plusieurs espèces tropicales. Le duvet qui entoure les graines se tisse et se file difficilement, mais peut servir à garnir des coussins, des matelas, et est parfois employé en chapellerie et en chirurgie.
- PLUIE DE MANNE
- EX ÏURQU1E D’ASÏE
- Un de hos lecteurs, le directeur de la pharmacie centrale à Bagdad, a eu l’obligeance de nous adresser un échantillon d’une substance comestible tombée avec une abondante pluie dans les environs de Merdin et de Diar-békir (Turquie d’Asie) au mois d’août 1890. La pluie, accompagnée de la substance en question, a couvert une surface circulaire ayant environ 10 kilomètres de circonférence. Les habitants ramassèrent la matière nutritive tombée avec la pluie ; ils en ont fait du pain, en quantité considérable. Ce pain, formé d’une matière farineuse blanche, avait un très bon goût et se digérait facilement.
- L'échantillon qui nous a été adressé est formé de petites sphérules, grosses comme des grains de millet agglu-
- tinés; la masse, jaunâtre extérieurement, est d’un blanc farineux à l’intérieur. D’après l’examen qui en a été fait par des botanistes, il s’agit d’un végétal de la famille des Lichens, connu sous le nom de Lccanora esculenta.
- D’après Decaisne, ce lichen, qui a été observé en Algérie, se rencontre fréquemment dans les montagnes les plus arides du désert de la Tarlarie, dont le sol est calcaire et gypseux, et gît sur le sol parmi les cailloux dont on ne le distingue qu’avec des yeux exercés. On en trouve aussi d’abondantes quantités dans le désert des Kirghises, au sud de la rivière Jaik et à la base des collines gypseuses qui ceignent les lacs salés. Le voyageur Parrot a rapporté des échantillons de ce lichen qui, au commencement de 1828, tomba comme de la pluie en plusieurs contrées de la Perse ; on lui assura que le sol en avait été couvert à une hauteur de 2 décimètres ; que les bestiaux en avaient mangé avec avidité; que les indigènes l’avaient recueilli.
- 11 est probable que le lichen en question, abondant dans le pays, aura été soulevé de terre par quelque trombe, et que, charrié par le veht dans le haut de l’atmosphère, il sera retombé sur le sol avec la pluie. Les phénomènes de pluies de manne de ce genre ont souvent été mentionnés dans le cours des siècles. G. T.
- 3600 KILOMÈTRES EN VÉLOCIPÈDE
- Un capitaine d’artillerie de forteresse de Kowno, le baron Kelleskraus, vient de parcourir sur son bicycle l’énorme distance de 3400 verstes (3607 kilomètres), de Kowno, sur la frontière russe de l’ouest, à Tobolsk, au cœur de la Sibérie. Il quittait sa garnison le 25 juillet 1890; le 3 août, il était à Saint-Pétersbourg. Une indisposition sérieuse l’obligeait à séjourner en route entre la capitale et Moscou, à Vichnii-Yolotchok. En trois jours, il franchissait la distance qui sépare Moscou de Nijnii-Nov-gorod qu’il atteignait dans la nuit du 26 août, après avoir eu à repousser à quelque distance avant d’arriver à cette ville une attaque de huit malfaiteurs qu’il mit en fuite avec son revolver. Après deux jours de repos à Nijmi-Novgorod, le capitaine continuait son voyage et arrivait à Perm le 17 septembre, Le trajet de Perm à Kazan fut particulièrement pénible, le terrain étant sablonneux et le pays traversé très boisé. Ici se place un incident digne d’être signalé. Les paysans d’un village parièrent avec le capitaine qu’il ne pourrait dépasser de vitesse leur troïka (voiture à 3 chevaux). L’officier battit la troïka et l’étonnement des braves paysans fut tel qu’ils voulurent encore accompagner le capitaine, tête nue, pendant une notable partie de la route. 11 est inutile d’ajouter qu’à Jékatérin-bourg, Tiumen et Tobolsk, les officiers de la garnison et les membres des véloce-clubs de chacune de ces villes vinrent à sa rencontre pour le saluer et lui firent une escorte d’honneur à son entrée en ville. Entre Tiumen et Tobolsk la route fut aussi très pénible. 11 arriva dans la capitale de la Sibérie le 5 octobre, c'est-à-dire soixante et onze jours et demi après son départ de Kowno, étant resté 47 jours en rouie, le total des séjours étant de 24 jours et demi. La distance de Kowno à Tobolsk est de 3400 verstes (3607 kilomètres) dont 1500 seulement sur une grande route. De tels faits suffisent pour mettre en lumière cette ténacité, cette endurance à la fatigue, cette énergie qui forment un des principaux traits caractéristiques de la race slave et de la nation russe.
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- LES COLLECTIONNEURS DE TIMBRES-POSTE
- LA « PHILATÉLIE ))
- Le mot « Philatélie » a été inventé, croyons-nous, par M. Herpin pour remplacer le mot désagréable de timhromanie. Il est composé de ?tXoç, un ami, et àxêXriç, libre ou libéré de charges ou taxes, substantif àzklBia., de sorte que Philatélie peut, avec un peu de bonne volonté, se traduire par « l’art de collectionner des timbres. »
- Cette définition demande des éclaircissements, car, qu’est-ce que c’est qu’un timbre ? Une vignette qu’on achète dans un bureau de poste ou dans un débit de tabac et qui sert à affranchir un objet postal. — Cela est un timbre, en effet, ou plutôt un timbre-poste, mais la vignette qu’on doit apposer et annuler sur toute facture au-dessus de dix francs lors-
- qu’on l’acquitte en France, c’est aussi un. timbre, un timbre-quittance, entrant dans la catégorie des timbres fiscaux, tout comme un timbre d’effet.
- Ce n’est pas tout. Il y a le timbre-télégraphe employé dans certains pays, plutôt comme contrôle, mais aussi pour acquitter le montant d’une dépêche télégraphique. L’Italie et la Belgique ont des timbres spéciaux pour colis postaux. Il y a le timbre à percevoir ou timbre-taxe, dont l’usage sera expliqué plus loin. Quelquefois le timbre n’est pas mobile, il est imprimé sur la missive elle-même : telles sont les cartes postales, les enveloppes timbrées, les cartes-lettres, etc. D’autres fois le timbre est imprimé ou repoussé en relief sur des feuilles de papier ; tels le papier timbré, les reçus, les chèques, etc. La définition a donc besoin d’être complétée.
- Un timbre est une vignette quelconque servant à indiquer qu’une certaine somme a été perçue ou
- Fig. 1. — Timbre pour lettres chargées (Colombie).
- devra être perçue sur un objet ou un document pour en assurer l’expédition, la recommandation, le chargement, la livraison, la transmission ou la légalité. Pour éviter un remploi, tout timbre doit être, soit annulé, oblitéré, coupé ou perforé, sauf ceux de certains documents légaux lorsqu’ils sont imprimés ou repoussés en creux ou en relief sur le document même.
- Un timbre doit correspondre à une valeur déterminée ou à une franchise, que celles-ci soient indiquées ou non sur celui-là.
- Nous espérons que cette définition générale paraîtra suffisamment claire et complète ; cependant nous serions heureux de recevoir de nos lecteurs toute définition qui leur paraîtrait meilléure.
- Mais, comme notre titre l’indique, revenons au timbre-poste qui, lui, est une vignette que l’on fixe sur tout objet passant par un service postal et dans certaines conditions.
- Les premières plaques de timbres-poste mobiles
- gravés furent achevées en Angleterre, le 15 avril 1840, et les timbres de ces plaques furent émis le 6 mai suivant. La Philatélie est donc une manie relativement moderne puisque les timbres-poste ne sont en usage que depuis une cinquantaine d’années. Voyons comment elle s’est développée.
- , Les premiers collectionneurs furent les collégiens. Pendant la récréation, voire même pendant les heures destinées à l’étude, les échanges se poursuivaient sans relâche, surtout après les jours de sortie. On troquait timbre contre timbre, la valeur n’entrait point en ligne, car elle n’existait pas encore. — Les timbres étaient donnés aux enfants. Ceux-ci, presque toujours, avaient soin de couper consciencieusement les marges et les dentelures, s’ils ne les découpaient pas comme une image, sans laisser de papier blanc. Alors, avec force gomme, le timbre était entièrement collé sans ordre sur un cahier ou sur un album rudimentaire, comme s’il ne devait jamais en être détaché.
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- Ces inexpériences, ces mutilations, ont certainement contribué à la rareté des vieux timbres, car, actuellement, tout timbre non entier, c’est-à-dire sans une marge suffisante, sans sa dentelure ou même s’il est légèrement déchiré, perd les trois quarts, sinon toute sa valeur marchande. Mais, en somme, les vieux timbres seraient peut-être encore plus rares s’ils n’avaient pas été collectionnés du tout, et c’est
- dans de vieux cahiers d’écoliers, oubliés dans quelque coin, que l’on découvre de temps en temps des trésors.
- Aujourd’hui nos collégiens collectionnent toujours, mais la valeur des timbres entre en ligne de compte; on échange, mais on vend aussi, les timbres-poste: la Philatélie est devenue une science, un commerce d’une importance à peine soupçonnée par les profanes.
- Fig. 2. — Specunens de quelques timbres-poste. — 1" Timbres-taxe ou timbres à percevoir: 1, France; 2, Pays-Bas; 3, Timbre pour lettre recommandée (Canada) ; -1, Timbre pour lettres en retard (Colombie) ; S, Timbre avec erreur de nom, Repulica, pour Repu-blica (Colombie). —2° Timbres avec surcharges : (6, Colonies françaises, valeur changée ; 7, Levant, valeur française changée en valeur turque; 8, Pays changé, Bermudes servant pour Gibraltar; 9, Porto-Ilico, paraphe de contrôle; 10, Philippines, fiscal rendu télégraphe; 11, Chamba, service. —3° Timbres-poste divers : 12, Maurice, pas de valeur indiquée ; 13, Brésil, pas de pays indiqué; 14, Bosnie, pas de pays indiqué ;lo, Autriche, pas de pays et pas de valeur indiqués; 16, Espagne, impôt de guerre; 17, Etats-Unis, timbre de facteurs; 18, Etats-Unis, pour lettres-express; 19, Timbre d’Afghanistan ; 20, Mexique; 21, Timbre de Bolivar (Colombie) ; 22, Timbre
- d’IIaïderabad (Ilindoustan).
- Une science, certainement, nous le verrons par la suite. Les enfants, les jeunes gens ne peuvent plus faire de collection dans la pleine acception du mot. Ils réunissent des timbres et voilà tout. Comment confier à des enfants des timbres qui valent depuis un franc jusqu’à des sommes relativement importantes ?
- Le collectionneur, vraiment digne de ce nom, est un homme fait. Il en existe des milliers dans tous les pays du monde, qui recherchent avec passion, timbres-poste, cartes postales, cartes-lettres, enve-
- loppes et bandes timbrées, timbres-télégraphes et pneumatiques et jusqu’à des timbres fiscaux !
- Parmi cette orgie de timbres, n’oublions pas que nous ne parlerons ici que du timbre-poste mobile, mot qui s’applique par extension au « timbre à percevoir », ou timbre-taxe, c’est-à-dire à une vignette mobile apposée par certains pays sur toute matière postale insuffisamment ou non affranchie et qui indique la somme à percevoir par la poste ou à verser par le destinataire. Nous pensons que cette seule catégorie de timbres offre un champ assez
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- vaste à l’activité d’un collectionneur; nous dirons même plus, — et c’est un véritable conseil que nous donnons, — spécialisez, dès le début, la catégorie que vous voulez collectionner et tenez-vous-en là ; vous ne la compléterez jamais, soyez-en certain. Du reste, jugez par les chiffres suivants. Il existait en 1802 environ 1600 timbres-poste. A la fin de 1889 il en existait 11 000 environ, répartis entre 270 pays ou villes, sans compter une quantité respectable de timbres locaux.
- En 1889, il fut (mis 410 à 420 timbres différents, par 100 à 105 pays. Le Peru ou Pérou tient la corde avec 370 à 380 timbres, la jdupart surchargés. Puis vient l'Espagne avec 340 timbres environ, la Turquie 300 timbres environ y compris les surcharges, dentelures différentes, timbres locaux, etc. Les États-Unis 250, la Colombie et le Mexique 250 chacun également, Victoria 220, la Pologne un seul. La France compte 140 variétés à 2 ou 3 timbres près, sans compter les variétés de nuances sauf les classiques. Le premier millier de timbres n’a presque aucune valeur; quant au dernier millier, nous n’osons pas en fixer la valeur, mais elle se chiffre par 100000 francs à la fois !
- Que cela ne vous empêche pas de recueillir par ci par là des exemplaires de toutes sortes, mais ne les faites pas entrer dans votre collection.
- Cela posé en principe, les réflexions qui vont suivre ne s’appliqueront qu’aux timbres-poste mobiles1.
- 1 II est aussi convenu d’appeler timbre-poste mobile les timbres fiscaux ayant été admis à servir pour l'affranchissement postal; mais pour entrer dans une collection il faut que ces
- Nous avons dit que la Philatélie était un commerce. En effet, aussitôt qu’il fut reconnu que les timbres pouvaient se vendre comme une marchandise, l’industrie s’en est emparée. Le collectionneur est doublé d’un acheteur et il s’est créé autour de lui des albums, des publications, des marchands, des
- trafiquants, des experts, des contrefacteurs et des sociétés. Notre tâche sera donc de décrire aussi rapidement et aussi clairement que possible le modus vivendi du limbrc-poste à l’usage du collectionneur débutant.
- Tout collectionneur doit classer méthodiquement ses timbres dans un album quelconque. Il existe en principe deux sortes d’albums : l’album « permanent » et l’album pour timbres-poste, relié. L’album « permanent » se compose essentiellement de feuilles volantes entièrement blanches ou quadrillées, avec ou sans encadrement et d’une couverture servant en même temps de reliure mobile. Il existe dans le commerce plusieurs systèmes permettant de fixer -,u de retenir les feuilles volantes à la couverture. On trouve aussi toutes sortes d’attributs destinés à garnir la première feuille de chaque pays, tels que : titres, portraits des chefs des gouvernements, armes héraldiques, étendards, cartes indiquant la position géographique de chaque pays, etc.
- Ce mode de classement est incontestablement le
- timbres soient oblitérés poste, ou qu ils portent une surcharge indiquant le changement de leur destination primitive. Les vignettes pour objets recommandés peuvent être acceptées comme timbres lorsqu’elles sont mobiles.
- Fig. 3. — Album non illustré pour collections de timbres-poste.
- Fig. t. — Album illustré pour collections de timbres-poste.
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- meilleur. C’est celui, (lu reste, adopté par les grands collectionneurs à quelques variantes près. Les avantages de ce système sont les suivants :
- De n’avoir seulement que des feuilles utilisées ' dans la reliure mobile ; de pouvoir ajouter, supprimer, intercaler, modifier les feuilles selon son goût ou au fur et h mesure des besoins ; de pouvoir subdiviser en tous temps la collection en autant de volumes que l’on désire.
- Finalement, toutes les variantes de couleurs de filigranes, de dentelures, les erreurs, les timbres exceptionnels, peuvent être classés dans leur ordre chronologique sans nuire à la symétrie, puisqu’il est loisible de refaire chaque feuille à tous moments.
- Ce système a, par contre, l’inconvénient d’exiger du savoir-faire, une connaissance des timbres et beaucoup de temps pour le classement. Il occasionne de nombreuses hésitations au débutant qui se trouve dans l’obligation de faire par lui-même entièrement son classement au moyen d’un catalogue parfait et de disposer avec élégance et symétrie les emplacements des timbres qu’il a et qu’il n’a pas, pour compléter chaque feuille.
- Ces lignes s’adressent surtout aux débutants ; nous avouons ne pas préconiser ce. système qui, du reste, est accessible, h toute époque, à ceux qui, ayant acquis une collection importante, ne peuvent plus la continuer faute de place dans un album relié.
- Le second système, l’album pour timbres-poste relié, nous convient davantage. Il en existe de nombreuses éditions et l’amateur n’a que l’embarras du choix et cependant l'album à peu près parfait se cache. Notre esprit d’indépendance ne nous permet pas d’indiquer celui que nous considérons comme le meilleur et, de plus, La Nature s’adressant h toutes les nationalités, le meilleur album en langue française ne conviendrait peut-être pas autant h un Anglais, par exemple, qu’une bonne édition de son pays. Mais nous pouvons décrire les qualités que doit posséder, selon nous, un bon album relié,
- . Cet album existe sous deux points de départs bien différents : l’album non illustré et l’album illustré. Dans l’album non illustré, l’auteur indique l’année et l’aspect général des émissions successives de chaque pays, Une case de grandeur proportionnée, portant la valeur nominale et l’indication de la couleur de chaque timbre, est réservée en blanc. Chaque timbre a donc sa place individuelle marquée d’avance. La figure 5 montre un album édité dans cet esprit.
- Dans l’album illustré (fig. 4), indépendamment des indications ci-dessus, l’auteur a fait intervenir une série de vignettes représentant assez fidèlement le dessin de chaque émission ou de tous les timbres d’une même émission si les dessins sont différents. Ces vignettes occupent la place des timbres dans les cases et seront ultérieurement complètement cachées par eeux-ci.
- Les deux genres ont leurs défenseurs et leurs détracteurs. Nous ne pouvons indiquer ici notre pré-
- férence; c’est surtout une affaire de goût. Le premier permet de ne voir que des timbres véritables puisque toutes les cases vides sont blanches; l’autre familiarise très vite le débutant avec l’aspect des timbres qu’il n’a pas et lorsqu’il les a, la vignette est hors de vue.
- Les albums reliés se font de tous formats, en un seul ou en plusieurs volumes, avec cases au recto et au verso de chaque feuillet ou au recto seulement.
- Selon nous, le débutant sérieux devra faire le choix d’un album en deux volumes au moins : un pour l’Europe et l’Asie, l’autre pour l’Afrique, l’Amérique et l’Océanie. L’usure sera moitié moindre qu’avec un seul volume. — L’album ne devra contenir aucune case pour cartes postales, cartes-lettres, enveloppes et bandes timbrées, etc., ainsi que nous l’avons indiqué plus haut1. L’album n’aura de cases qu’au recto seulement de chaque feuille. Une quantité de feuilles blanches, proportionnée au nombre des émissions précédentes, doit suivre chaque pays 2 pour pouvoir y caser les émissions futures. Il ne doit pas y avoir deux pays sur une même page. — Les cases doivent être disposées avec symétrie et laisser une certaine marge de chaque côté des feuilles, une disposition agréable à l’œil n’étant pas à dédaigner. — La reliure, montée sur nerfs avec onglets, doit être bien faite, faute de quoi l’album sera vite hors d’usage ; c’est en raison des fréquentes manipulations de la collection que nous conseillons deux volumes,
- Pour terminer, un avis. Ne vous pressez pas d’acquérir un album, assurez-vous qu’il soit d’une émission récente et consultez un philatéliste, si possible, avant de rien tenter. Si vous ne trouvez pas d’albums reliés dans les conditions que nous venons de décrire, achetez l’album en feuilles volantes avec 150 h 200 feuilles blanches en plus et faites-les relier après avoir intercalé les feuilles blanches après chaque pays suivant la’méthode indiquée.
- — A suivre. — Géo P. Grignard
- LES BUDGETS DE LÀ MARINE
- DES DIVERSES PUISSANCES EUROPÉENNES
- Les dépenses pour la marine, comme celles qui sont consacrées au matériel de guerre, dont elles ne sont du reste qu'une manifestation particulière, tiennent une grosse part dans les différents budgets des puissances européennes; et, pour compléter tous
- 1 Les cartes postales, cartes-lettres enveloppes, etc-, doivent du reste être conservées entières faute de quoi elles perdent toute valeur marchande. Leur présence, sous cette forme, dans un album de timbres est très disgracieuse. Elles prennent beaucoup de place, grossissent les volumes qui ne peuvent plus se fermer, malgré tous les onglets possibles. Si ces entiers sont coupés (dans les albums pour timbres, les cases ne sont jamais de la grandeur de l’entier) ils perdent toute valeur
- 2 Sauf pour les pays ou les villes qui n’émettent plus de timbres par suite d’annexion, etc-
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- les renseignements déjà donnés par La Nature sur les flottes de guerre de la France et des autres principaux pays d’Europe, il est fort intéressant de comparer les dépenses faites pour le matériel naval par ces pays depuis l’année 1871. Pour mieux apprécier les efforts ainsi accomplis, nous prendrons la part proportionnelle du budget de la marine dans le budget général de chaque contrée, et nous mettrons en regard ces proportions.
- Les chiffres que nous donnons ici ne s’appliquent qu’aux grandes puissances, France, Angleterre, Allemagne, Autriche, Italie, Russie. Nous ne pourrons point d’ailleurs citer les chiffres des dix-neuf années successives ; mais nous en donnerons assez pour bien montrer le mouvement d’accroissement des budgets. Nous citerons la France en dernier lieu, pour y insister plus spécialement.
- En 1871, le budget de la marine en Angleterre atteignait seulement 195 millions (nous négligeons les autres chiffres, quelques centaines de milliers de francs ayant peu d’importance dans un pareil total). Dès 1874, il passe à 208 millions, puis à 218 en 1875, à 229 en 1876; pendant quelques années il va décroissant jusqu’à retomber à 208 millions en 1880. Mais cette décroissance n’était que passagère, et, depuis lors, il n’a fait qu'augmenter sans cesse et d’une façon prodigieuse. Après avoir regagné le chiffre de 217 millions en 1883, \\ dépasse les chiffres précédents en 1884, s’élevant à 233 millions, avec le programme d’augmentation de la flotte de lord Northbrook ; puis c’est 258 millions en 1885, 264 en 1886, 261 en 1887, 278 en 1888, Enfin, pour 1889, l’accroissement régulier se produisant et, en outre, le budget comprenant une annuité dé 50 millions destinée à satisfaire au crédit de 252 mil* fions pour l’augmentation de la flotte, le budget de la marine atteint le chiffre énorme de 341 millions, En réalité, le budget de la marine en Angleterre s’est constamment accru; cependant le tant pour cent par rapport au budget général n’a pas suivi la même progression, Mais pela tient à ce que le bud-, get général avait augmenté considérablement pour-certaines années \ de 1812 millions en 1871, il était de 3220 en 1879, de 3126 en 1881 ; en 1889, il est de 2153. La part proportionnelle de la marine était de 10,7 en 1871, de 6,4 en 1879; elle a été de 12,7 en 1888 et enfin de 15,8 en 1889. La moyenne est donc de 9 pour 100.
- Passons à l’Allemagne. L’augmentation de son budget de la marine a été bien faible pendant longtemps, comme nous allons pouvoir le constater. En 1871, il n’est que de 47 millions; il reste identique pendant les deux années suivantes ; puis, après une diminution, il est de 50 millions en 1875; il atteint environ 60 millions en 1878 et 1879, puis redescend à 50 de 1880 à 1883. Il dépasse 74 en 1884, et enfin il se tient aux environs de 62 depuis 1886. En 1889, il atteint 64 millions. Il est à remarquer que, pendant le faible accroissement du budget de la marine, le budget général a quadruplé en ces dix-
- neuf années, passant de 311 millions en 1871 ; à 840 en 1879, 1532 en 1888 et 1210 en 1889, Aussi la part proportionnelle du budget de la marine a énormément diminué : elle était de 15,1 pour 100 au début de ce relevé, en 1871 ; elle tomba à 9,9 dès 1873, à 7,2 en 1878, à 6,4 en 1886 et à 5,2 en 1889. La moyenne est de 6,4.
- L’Autriche vient bien loin même derrière l’Allemagne au point de vue des dépenses du matériel naval. Et dès l’abord nous pouvons remarquer un détail typique : c’est que, de même que son budget général, son budget particulier maritime ne s’est
- France Russie Anglet. AflenuAutriche Italie Fig. 1. — Comparaison des différents budgets de la marine de $888.
- accru que très peu. Celui-ci était de 27 millions en 1871; il a subi des oscillations, tombant à 17 en 1873, remontant à 31 en 1874, étant de 24 environ jusqu’en 1878, de 22 en 1885, enfin s’élevant aujourd’hui à un peu plus de 28 millions..La part pro* portionnelle du budget particulier sur le budget
- Fig. %. — Progression des budgets de la marine des diverses puissances européennes,
- total était de 8,8 pour 100 en 1871 ; jusqu’en 1878 elle reste à peu près à ce chiffre, sauf en 1873 et 1874; elle redescend à 7 vers 1882 et 1883, monte à 9 en 1887 et 1888, puis se retrouve à 8,1 ep 1889; si bien que la moyenne générale est de 8,1 pour 100.
- Il en est autrement de l’Italie, dont le budget spécial maritime s’est développé beaucoup plus que le hudget général : le budget maritime a plus que triplé, tandis que l’autre est passé seulement de 1206 millions à 1857. De 1871 à 1874, le budget spécial italien reste à 36 millions, représentant une proportion de 2,7 à a pour 100 du budget général; pendant les trois années suivantes, il passe à 40 millions à peu près, mais la proportion reste sensible-:
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- ment la même. C’est encore le cas jusqu’en 1883, le budget spécial montant à 44, 46 millions, mais le budget d’ensemble augmentant d’une façon analogue. En 1884, le mouvement change : le budget de la marine s’élève à 57, puis 78, puis 85 millions (année 1886) et la proportionnalité est de 5 pour 100. II est enfin de 118 en 1887, et la dernière année (1889) il a été de 112 millions.
- Il nous reste à parler encore de la Russie, avant d’aborder la France, Le budget maritime y présente
- des oscillations très remarquables, comme le budget général, les deux séries d’oscillations se correspondant : si bien que nous pouvous dire immédiatement que la part proportionnelle moyenne du budget spécial, qui est de 4,1, exprime à peu près la proportion régulière annuelle. Le budget maritime était de 70 millions en 1871; en 1875 et 1876, il s’est accru jusqu’à 100 millions; après une courte diminution, il monte successivement à 114 en 1882, 122 en 1883, 135 en 1884; il tombe brusquement
- Fig. 3. —Lo .pont du croiseur protégé de la marine française,
- le Redoutable. (D’après une photographie de M. Neurdein.)
- à 90 en 1885 pour monter à 156 en 1886; il est de 80 en 1887; enfin, depuis deux années il a été de 102 millions.
- Mettons en regard, trop, brièvement peut-être, les chiffres relatifs à la France. En 1871, notre budget de la marine n’est que de 145 millions, inférieur de 50 millions à celui de l’Angleterre ; et cependant notre budget général est au chiffre énorme de 3548 millions. Jusqu’en 1875, la proportion change peu, oscillant entre 4,1 et 4,5 pour 100; le budget maritime diminue un peu, mais se retrouve enfin à 140 millions. Dès 1876, il augmente de beaucoup, passant immédiatement à 165 millions, puis à 190
- en 1878, à 185 en 1880, et à 193 en 1881 .Cette année même notre budget d’ensemble atteint le chiffre considérable de 4167 millions. Depuis lors, notre budget général a diminué, mais notre budget de la marine a continué d’augmenter, du moins pendant un cerlain nombre d’années. En 1883, il atteint 231 millions, 254 en 1884, 266 en 1885 (représentant 7 pour 100 du total de nos dépenses nationales). Depuis lors, il est descendu à 226 en 1886, 205 en 1887, 188 en 1888, enfin 197 en 1889. Pendant cette dernière année, il représente encore 6,2 pour 100 du budget général, qui ne s'est élevé qu’à 3203 millions. Les diagrammes pré-
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- Fig. 5. — Torpilleurs français à Viilefranche. (D’après une photographie de M. James Jackson.)
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- cédents (fîg. 1 et 2) résument les différents chiffres que nous venons de publier.
- Par ces dépenses, à quel résultat est-on arrivé en France? Autrement dit, quel est l’état présent de la marine française au point de vue des effectifs? Nous compterons dans nos chiffres tous les navires à flot, même en achèvement.
- On peut diviser en de nombreuses catégories les navires de la flotte française. La première comprendra tous les cuirassés : et d’abord les cuirassés d’escadre, au nombre de 25, dont 14 nouveaux; puis 9 cuirassés de croisières ; 11 cuirassés garde-côtes ; 2 canonnières de première classe, 4 de seconde. Parmi les gravures qui accompagnent cet article, l’une d’entre elles offre précisément deux types de cette catégorie, deux garde-côtes cuirassés du port de Cherbourg (fîg. 4) ; leurs dispositions extérieures donnent à ces navires un aspect singulier ainsi qu’une certaine analogie avec les torpilleurs : une superstructure en tôle en forme de coupole défend la tourelle contre les lames. Il n'existe pas encore de croiseurs cuirassés dans notre marine; toutefois il en est en construction dans nos arsenaux, comme nous allons le voir, notamment le Dupuy-de-Lôme à Brest; on peut ajouter le Charrier et le Pornic, le Lalouche-Tréville et le Chanzy, On a été conduit à cette création par l’accroissement de pénétration des projectiles.
- En l’état actuel, d'ailleurs, notre marine possède des croiseurs protégés. Jadis les croiseurs, se fiant à leur vitesse, ne possédaient aucuns moyens défensifs; aujourd’hui, sans parler des cuirassés croiseurs en construction, les croiseurs sont dotés de diverses dispositions protectrices : d’abord un pont blindé au-dessous de la flottaison, puis un entrepont divisé en compartiments étanches, une muraille protégée par du cofferdam, et enfin les soutes à charbon placées aux endroits exposés, et un double fond h compartiments.
- Une de nos gravures (fîg. 3) représente précisément un croiseur protégé, le Redoutable, datant d’il y a quelques années déjà, de 9200 tonneaux, et filant 14,67 nœuds. Nous trouvons un autre exemple de croiseur dans le Cécitle, décrit en son temps dans La Nature*, L’examende la gravure montre le pont en bois du Redoutable, son pont blindé n’étant qu’à l’intérieur, Tous les croiseurs forment la deuxième catégorie des navires de notre flotte : ils se divisent en croiseurs à batterie, au nombre de 9, croiseurs de première classe, au nombre de 11; puis 15 de deuxième, 16 de troisième; enfin il ne faut pas oublier les croiseurs-torpilleurs, armés et disposés comme les autres, mais munis de tubes lance-torpilles; nous en possédons 4 seulement,
- Nous abordons la troisième catégorie, celle des avisos, navires peu armés et donnant une assez
- frande vitesse ; on en compte 13 de première classe, 4 de deuxième, 5 de troisième; enfin ajoutons
- * Voy. n° 898, du 16 août 1890, p. 171.
- 15 avisos-transports, réunissant deux rôles, et 8 avisos-torpilleurs. Dans la première catégorie, celle des cuirassés, nous avons vu des canonnières de première et de deuxième classe; il en est aussi de moins récentes, telles que le Lion, qui ne sont nullement protégées et sont d’un faible tirant d’eau : elles constituent la quatrième catégorie avec les chaloupes-canonnières, grandes embarcations à vapeur ne portant qu’un canon de gros calibre, et munies d’hélices ou de roues. On compte 16 des premières et 32 des secondes, dont un grand nombre au Tonkin.
- Il ne nous reste plus qu’une dernière catégorie, celle des torpilleurs proprement dits. Nous avons déjà vu les croiseurs-torpilleurs et les avisos-torpilleurs. Quant aux torpilleurs, ils sont au nombre total de 138 ; il y en a 9 de haute mer, de 120 à 155 tonneaux; tel était Y Avant-garde, tels sont Y Ouragan, le Coureur, On en compte 14 de première classe (66 à 103 tonneaux); 68 de deuxième (44 à 55 tonneaux) ; enfin 41 de troisième (27 à 36 tonneaux) et 6 torpilleurs-vedettes, petites embarcations de 8 à 12 tonneaux, Une de nos gravures (fig. 5) représente deux torpilleurs d’un fort tonnage, la Flèche (au premier plan) et par derrière, le Vautour.
- En somme, en l’état présent, notre flotte se compose de 555 unités. Pour juger de la voie qu’on suit dans les constructions nouvelles, nous dirons que notre marine possède en chantiers, ou doit mettre en chantiers prochainement, 8 cuirassés d’escadre, 2 canonnières de première classe, 5 croiseurs cuirassés (innovation citée plus haut) ; en outre, 1 croiseur de première classe, 1 de deuxième, 1 croiseur-torpilleur, 2 avisos-transports, 5 avisos-torpilleurs; enfin 12 torpilleurs de haute mer, 23 de première classe et 15 de deuxième. Ces travaux, une fois achevés, porteront le nombre de nos unités- à 431. Le chiffre correspondant sera de 530 pour l’Angleterre, 271 pour l’Italie, 288 pour l’Allemagne, 126 pour l’Autriche et 265 pour la Russie, L’Angleterre spécialement a en chantiers ou va y faire mettre 10 cuirassés d'escadre, 10 croiseurs de première classe, 23 de deuxième, 7 avisos-torpilleurs; elle peut négliger de construire des torpilleurs, puisque, dès maintenant, elle en possède presque autant que la France en possédera une fois que seront achevés tous les travaux commencés,
- Certainement, il y a encore beaucoup à faire pour que notre marine tienne le rang qu’elle doit occuper ; la part proportionnelle du budget spécial de la marine n’a été en moyenne que de 5,4 pour 100 de notre budget général, et c’est à coup sfir beaucoup moins qu'en Angleterre, Mais il faut songer que nous avons heaucoup plus que le Royaume-Uni à consacrer à nos forces de terre; et l’on ne peut qu’être fier de la façon si aisée dont nous supportons l’ensemble énorme de toutes nos dépenses militaires. Daniel Bellet.
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- SOUDURE DU TERRE ET DE LA. PORCELAINE
- AVEC LES MÉTAUX
- M. Caillelet a récemment fait connaître à la Société de physique un procédé de soudure du verre et de la porcelaine avec les métaux. Les mécaniciens, les physiciens, les chimistes apprécieront l’importance pratique de ce procédé qui permet d’adapter aux appareils de recherches un ajutage métallique quelconque (robinet, tubes de communication, fil conducteur, etc.), de façon à éviter toute fuite, même sous des pressions élevées.
- Le procédé de soudure est des plus simples : on recouvre d’abord la portion du tube, qui doit être soudé, d’une très mince couche de platine. 11 suffit pour obtenir ce dépôt d’enduire au moyen d’un pinceau le verre légèrement chauffé, de chlorure de platine bien neutre, mélangé à de l’huile essentielle de camomille. On fait évaporer lentement l’essence et, lorsque les vapeurs blanches et odorantes ont cessé de se produire, on élève la température jusqu’au rouge sombre : le platine se réduit alors en recouvrant le tube de verre d’un enduit métallique et brillant. En fixant au pôle négatif d’une pile d’une énergie convenable le tube ainsi métallisé et placé dans un bain de sulfate de cuivre, on dépose sur le platine un anneau de cuivre, qui doit être malléable et bien adhérent si l’opération a été convenablement conduite,
- Dans cet état, le tube de verre, recouvert de cuivre, peut être traité comme un véritable tube métallique et soudé, au moyen de l’étain, au fer, au cuivre.au bronze, au platine et à tous les métaux qui s’allient à la soudure d’étain.
- La résistance et la solidité dé celte soudure sont très grandes ; M.Cailletet a constaté qir’unlube de son appareil à liquéfier les gaz, dont l’extrémité supérieure avait été fermée au moyen d’un ajutage ainsi soudé, résiste à des pressions intérieures de plus de 300 atmosphères.
- On peut remplacer le platinage du tube par l’argenture, qu’on obtient sans difficultés, en chauffant, dans le voisinage du rouge, le verre recouvert de nitrate d’argent. L’argent ainsi réduit adhère parfaitement au verre, mais des essais assez nombreux ont fait préférer le platinage à l’argenture dans le plus grand nombre de cas.
- HISTOIRE DE LA SCIENCE.
- SUR UN OUVRAGE RE BERZELIUS « CHIMIE DU FER ))
- Parmi les ouvrages de Berzelius qui sont souvent consultés, on cite : La chimie du fer d’après Berzelius, traduit par le chevalier Hervé, 1826. Dans une lettre adressée par Berzelius à un fonctionnaire de Paris et portant la date : Stockholm, le 11 mai 1844, on trouve le passage suivant : « Je n’ai jamais publié une Chimie du fer. Un officier d’artillerie à Strasbourg a publié cet ouvrage qui doit être compilé dans mes écrits. Il est injuste de parler dans une Note de deux pages d’un jugement défavorable porté sur cet ouvrage et de dire que j’ai publié quelque chose qui est au-dessous de moi, lorsque l’ouvrage n’est point de moi... » — J’ai pensé qu’il était utile de signaler l’opinion de Berzelius sur un ouvrage qui lui est attribué. A notre époque, on ne doit négliger aucun document qui intéresse la science au point de vue bibliographique.
- L. L’Hôte.
- ÉLECTRICITÉ PRATIQUE
- INDICATEUR DE l’ÉTAT DE CHARGE DES ACCUMULATEURS
- Les accumulateurs électriques sont de précieux réservoirs d’énergie dont le principal défaut, au point de vue pratique, réside dans l’impossibilité où l'on s’est trouvé jusqu’ici de connaître dans quelle mesure ils étaient chargés ou déchargés à un instant donné.
- Ce n'est pas que des moyens d'indication n’aient été souvent proposés et expérimentés, mais ils ont tous été rejetés l’un après l’autre en pratique.
- On a essayé d’obtenir le résultat désiré en tenant une sorte do comptabilité entre la quantité d’électricité mise dans les accumulateurs pendant la charge, et la quantité retirée pendant la décharge, à l’aide d’un compteur différentiel spécial; mais ce système, d’ailleurs complexe, ne peut donner que des résultats erronés, car les accumulateurs sont des réservoirs à fuite variable, et il est difficile, pour ne pas dire impossible, de faire intervenir ce facteur important dans le fonctionnement du compteur différentiel, On a eu recours, sans plus de succès industriel, aux variations de poids des plaques, ce qui obligeait ù suspendre les plaques à une balance enregistrante assez compliquée.
- On s’est ensuite adressé aux changements de composition du liquide.éloctrolytique pendant la charge et la décharge. Pendant la charge, l’acide sulfurique quitte les plaques et enrichit la solution qui augmente de densité ; inverse, l’effet se produit pendant la décharge. Cette simple observation, connue depuis longtemps des ouvriers, était souvent mise à profit par eux pour reconnaître l’état plus ou moins avancé de la charge d’une batterie donnée en goûtant le liquide. Malheureusement, les indications ainsi obtenues sont fort grossières et, pour le plus grand nombre, le procédé a quelque chose de contraire au bon goût. Il reste alors le moyen proposé dès 1885 par M. Sellon : l’emploi de densimètres. Mais le densimètre lui-même est sujet à de graves objections. Il faut d’abord lire le degré d’affleurement de la tige du densimètre, opération mal commode, surtout avec des récipients opaques. Il faut ensuite procéder à un calcul spécial pour déduire, de la densité du liquide, l’état de charge plus ou moins avancé. Enfin, dernière objection, le déplacement du densimètre dans la solution électrolytique généralement stratifiée en couches de densités plus ou moins régulièrement croissantes de haut en bas, fausse les indications du densimètre dans une large mesure.
- C’est pour obvier à ces inconvénients que M. G. Roux, chef des travaux pratiques d’électricité à l’École de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris, a imaginé l’indicateur de charge dont U nous reste à donner la description.
- Cet appareil repose sur ce principe que, entre certaines limites, la densité moyenne du liquide
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- électrolytique d’un accumulateur varie proportionnellement à la quantité d’électrieité emmagasinée, l’erreur due aux variations de température pendant les différentes phases de la charge et de la décharge étant pratiquement négligeable.
- Il s’agit donc de réaliser un appareil indiquant celte densité moyenne, malgré la non-homogénéité des couches stratifiées de liquide élcclrolytiquc dans ixn accumulateur au repos.
- Pour obtenir cette indication, M. lloux emploie un tube de verre aplati dont la longueur est sensiblement égale à la hauteur du liquide dans l’accumulateur dont il s’agit d’étudier l’état de charge. Dans ces conditions, la poussée hydrostatique éprouvée par ce corps est bien le produit du poids spécifique moyen de la totalité du liquide par le volume du tube. Ce volume restant constant, la mesure de 'a densité moyenne revient a celle de la poussée.
- La figure 1 montre l’ensemble de l’appareil tel qu’il est actuellement réalisé, appliqué à un accumulateur à vase de verre; la figure 2 est un diagramme en montrant le principe. Le tube cylindrique de verre est lesté de façon que son poids soit plus grand que la poussée rqu’il reçoit; il est suspendu par un fil de platine à l’extrémité d’un très petit bras de levier, qui est horizontal lorsque l’accumulateur est chargé à saturation.
- Sur le même axe que le petit bras de levier se trouve une tige filetée faisant un angle de 45 degrés avec ce bras de levier, sur laquelle on peut faire mouvoir une petite masse de laiton F2. Perpendiculairement au bras de levier se trouve une aiguille équilibrée par le poids F3 qui se déplace en regard d’une échelle à divisions équidistantes, et qui cache la partie supérieure de l’aiguille.
- Cette graduation horizontale comporte 100 divisions, et a pour longueur la demi-corde d’un arc de 90 degrés. Le contrepoids placé dans le prolongement du petit bras de levier sert à l’ajustement initial.
- Lorsque l’accumulateur est déchargé, l’aiguille doit être au zéro de la graduation et, par suite, faire un angle de 45 degrés avec la verticale; on
- l’amène à cette position en agissant sur le poids Ft. Puis, quand l’accumulateur est chargé à saturation, on amène l’aiguille à la division 100 en agissant sur le poids Fj. L’ajustement est alors terminé.
- La théorie de l’appareil — théorie que nous ne reproduirons pas ici — établit que, une fois les deux réglages opérés, les lectures sur l’échelle horizontale divisée en 100 parties indiquent directement, en pour cent, le rapport de la quantité restant dans l’accumulateur à la quantité maxima qu’il renferme lorsqu’il est chargé à saturation. La détermination de ce facteur important au point de vue de l’application se réduit donc à une simple lecture, et les indications de l’appareil, une fois réglé, restent indépendantes de la densité absolue du liquide, puisque le réglage a été effectué en ne tenant compte que des différences de densité. Suivant la hauteur du liquide, on a recours à des tubes plus ou moins longs, afin que le densimètre donne bien la densité moyenne, condition essentielle à l’exactitude des indications. Il va sans dire qu’un seul appareil suffit pour toute une batterie, mais il est préférable, pour une batterie de 50 à 60 éléments, d’en installer deux dans deux accumulateurs assez éloignés l’un de l'autre dans la série, afin de contrôler leurs indications. En ajoutant deux contacts électriques à l’appareil, il est facile de l’utiliser comme avertisseur de l’état de charge ou de décharge, en ayant soin d’établir le contact avertisseur de décharge lorsqu’il reste encore 25 pour 100 environ de charge résiduelle.
- Dans les expériences faites au laboratoire de l’École de physique et de chimie, les écarts entre les indications de l’appareil et celles déduites d’un ampèremètre intercalé dans le circuit ont toujours été inférieurs à 3 pour 100, ce qui est un résultat très satisfaisant pour un appareil dont les prétentions se réduisent à résoudre un problème industriel. Les résultats déjà obtenus nous autorisent à affirmer que le problème de l’indication de l’état de charge d’un accumulateur est aujourd’hui résolu. E. H.
- Fig. 1. — Indicateur de l’étal de charge des accumulateurs.
- Indicateur de I état déchargé enpiurcpnt
- o ao fa 6o'&o tix>
- pi i | .J
- Fig. 2. — Diagramme montrant le principe de l’indicateur.
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- LA NATURE
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- LE YI4DUC DU MÀLLECO
- Le Malleco (affluent du rio Bergara) est une ri- i cependant en tout temps un volume considérable vière torrenlielle provenant des Andes qui charrie | d’eau; il coule dans une profonde excavation, aux
- Fig. 1. — Vue d’ensemble du viaduc du Malleco, au Chili, inauguré le 26 octobre 1890.
- environs d’Angol, où il a formé son lit en corrodant 1 boucliure. La profonde vallée du Malleco avec ses les dépôts tertiaires argilo-aréuacés près de son em- 1 pentes rapides et peu accessibles rendait difficiles
- Fig. 2. — Le viaduc du Malleco au Chili, détail du tablier. (D’après des photographies.)
- les communications entre les deux rives opposées. Le viaduc que l’on vient d’inaugurer sur la ligne du chemin de fer de Victoria, en pleine Araucanie, détruit cet obstacle produit par la nature, et met ces
- contrées lointaines en communication avec les parties les plus éclairées du Chili.
- Le viaduc du Malleco a été inauguré le 26 octobre 1890 par le président de la République du
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- LA nature:
- Chili, M. José Manuel Balmaceda. — Les plans et projet de ce viaduc ont été exécutés par un ingénieur chilien très distingué, M. V. Aurelio Lastaria, fils du célèbre littérateur Y. Lastaria et frère de l’ex-ministre-député senor Demetrio Lastaria et ingénieur des mines, senor Washington Lastaria, en ce moment en Europe. Les travaux de construction ont été dirigés par seflor Eduardo Vigneaux ; enfin c’est le Creu-sot qui a fait la construction métallique.
- Le viaduc, tout en acier, d’une hauteur de 100 mètres au-dessus du niveau de la rivière, avec des travées de 69m,50, est d’une construction en apparence légère (fig. 1 et 2). Il se compose de cinq travées de 69m,50 chacune de longueur, d’axe à axe d’appuis ; il repose sur deux arcs et quatre piliers métalliques.
- La longueur totale du viaduc est de 425m,30; longueur de la partie métallique 5471",50; hauteur des poutres du tablier, 7m,00; largeur d’axe à axe des poutres, 4m,50; hauteur des rails au-dessus de la rivière, 98m,00; hauteur des rails au-dessus de l’excavation du troisième pilier, 99m,70. En résumé 425 mètres de longueur et 100 mètres de hauteur entre deux rives escarpées. Le tablier se compose de deux poutres métalliques assemblées de manière à former une seule pièce continue d’une rive à l’autre. Ces poutres sont formées d’un longeron supérieur et d’un inférieur soutenus par une série de montants verticaux et contreventés en treillage. Les grosses pièces, dont la section a la forme d’un T, ont une âme de 0m,60 de hauteur et sont unies par des cornières à une autre pièce horizontale de 0,n,50 de largeur. Les montants forment 20 rectangles de3m,40 de largeur, et deux de 0m,75 de largeur par chaque travée. Le treillage se compose de pièces à sections en forme de U. Les poutres sont contreventées : 1° par des pièces de section en forme de double T distantes de 3m,40 d’axe à axe ; 2° par deux entretoises horizontales; 3U par des croix de Saint-André en fer à T. La partie en maçonnerie des piliers se compose de pyramides tronquées; la partie métallique de chaque pilier compte cinq colonnes octogonales vides de 0m,50 de largeur intérieure. La hauteur des piliers 1 et 4 est de 43m,70 compris le couronnement et l’entablement, de 67m,70 pour le pilier 2, et de 75m,70 pour le pilier 3.
- Le pont en tablier s’appuie sur les piliers et arcs des deux rives au moyen de rouleaux de friction de lm, 10 de hauteur. Ceux des piliers 2 et 3 permettent seuls l’oscillation verticale du pont ; enfin ceux des piliers 1 et 4 et des arcs, au moyen d’une disposition particulière, en plus des oscillations verticales, permettent la dilatation du pont métallique. Finalement, le pont est si solidëment fixé sur ses piliers et ses arcs qu’il ne peut faire d’autres mouvements que les deux que nous venons d’indiquer.
- On voit que le viaduc du Malleco présente à la fois légèreté et solidité ; il est à classer parmi les constructions les plus hardies. A. F. Noguès,
- Ingénieur civil des mines, en mission temporaire au Chili. ——
- CHRONIQUE.
- L’hygiène chez le coiffeur. — Un assez grand nombre de maladies de peau peuvent être transmises par le rasoir ou le peigne. Sans être fréquents, les cas de pelade, d’herpès, voire même d’une maladie plus grave, propagés de cetle façon, ont été signalés à diverses reprises par les médecins. Un coiffeur de Lyon a eu l’ingénieuse idée de faire de l’asepsie des instruments de coiffure et de supprimer ainsi toute cause de contagion. 11 emploie l’étuve des chirurgiens, sous la forme d’une caisse dont le pourtour est enveloppé par une couche de glycérine, chauffée par une rampe à gaz. A l’intérieur se placent les instruments construits de façon à supporter la température de 120 degrés. Les rasoirs sont montés sur aluminium, les ciseaux nickelés, les brosses ont les poils vissés, sans interposition de colle ou de coutures, Au fur et à mesure du service, les peignes, brosses, rasoirs sont lavés et mis à l’étuve et les clients sont assurés d’avoir, à défaut d’un outillage personnel, des instruments d’une propreté absolue.
- Caisse indéclonable. — M. Boucheret, de Cognac, a imaginé, pour les expéditions de vins ou de liqueurs en bouteilles, une caisse d’un nouveau genre, qu’il est impossible d’ouvrir sans la briser. La caisse est une simple caisse ordinaire, à couvercle et fond un peu plus épais que d’usage. Ces deux parties se trouvent élégies autour, à moitié environ de leur épaisseur et sur une largeur à peine supérieure à l’épaisseur du tour de boîte. Elles peuvent donc ainsi s’emboîter, dessus et dessous, dans l’intérieur de l’encadrement formé par les côtés de la caisse, sans pour cela s’y enfoncer complètement, la partie non élégie s’y opposant et venant poser en couvercle, sur cet encadrement. 11 est facile de comprendre maintenant qu’il ne reste qu’à clouer le couvercle et le fond sur le tour de la caisse, comme d'habitude. Cela fait, et les choses étant bien fixées ainsi, on larde latéralement et tout autour de la caisse, bas et haut, des clous assez longs, qui viennent dans la partie élégie qui s’est emboîtée dans l’intérieur du tour de la caisse, ainsi que nous l’avons expliqué plus haut. Inutile de dire que les côtés sont assemblés de la même manière. On conçoit aisément qu’il soit totalement impossible d’ouvrir la caisse, soit par le haut, soit par le bas, sans complètement les mettre en pièces. La fraude se dénonçant ainsi d’elle-métne, cela seul suffit à sauvegarder les intérêts des destinâmes aussi bien que ceux des expéditeurs.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 janvier 1891. — Présidence de M. Hermite, puis de M. Duchartre.
- Nos lecteurs savent depuis longtemps que la première séance de l’année est consacrée en grande partie aux affaires intérieures de l’Académie. Le président sortant rend compte de l’état des publications et de la situation des membres et des correspondants. Ces formalités prennent beaucoup de temps et ne doivent pas nous arrêter. On procède ensuite à l’élection d’un vice-président qui sera président l’année prochaine et qui, cette fois, en vertu de l’alternance toujours respectée entre les deux grandes catégories’de sciences mathématiques ou physiques, devait être choisi parmi les membres de la première. Les votants étant au nombre de 55, M. d’Abbadie est nommé par 42 suffrages; M. Cornu réunit 7 voix et M. Loèwy 5.11 y a un billet blanc.
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- L'explosion du nitrate de méthyle. — En collaboration avec M. Vieille, M. Berthelot vient de soumettre le nitrate de méthyle à une importante série d’expériences. Ce composé, dont la formule chimique est CMUAzO6, peut donner par explosion :
- CO* + CO + Az + 3110 ou bien 2C0* + H + Az + 2110.
- Dans les deux cas le volume des gaz engendrés est sensiblement le même : 1 kilogramme de substance donne 1028 litres (1 -f at) ; la chaleur de décomposition est de 1451 calories. Ces nombres sont d’ailleurs voisins de ceux que fournissent soit la nitroglycérine, soit la nitroman-nile, soit le coton-poudre. La pression développée par 1 kilogramme détonant dans une capacité de 1 litre n’est pas moindre de 11 000 kilogrammes par centimètre carré. Les auteurs ont tenté de mesurer la vitesse de propagation de l’explosion et ils ont trouvé que les vases employés sont constamment brisés. Le calcula fait voir que la résistance des récipients ne croit avec l’épaisseur que jusqu’à une certaine limite de pression: au delà, la force développée peut être considérée comme infinie et rien ne lui résiste. On voit sur la table des tubes déchirés et l’on remarque que le mode de fracture est absolument le même, qu’il s’agisse de parois d’acier ou de parois de caoutchouc.
- Cartes du Léman. — Malgré le grand nombre de travaux dont le 'lac de Genève ou le Léman a été l’objet, principalement de la part de M. Pictet et d’autres savants suisses, on ne possédait pas encore de carte hydrographique de celte incomparable nappe d’eau. M. Delebecque vient de combler cette lacune pour la portion française et de relever des courbes isobathes espacées de 10 mètres seulement. On voit d’un coup d’œil que le grand lac est à fond plat avec une profondeur moyenne de 510 mètres. A la jonction du petit lac surgit le barrage transversal d’une ancienne moraine et le fond se relève à 70 mètres, subdivisé d’ailleurs en quatre cuvettes successives. Puisque l’occasion s’en présente, je rétablirai volontiers, suivant la demande qu’il veut bien m’en faire, un chiffre relatif à la dernière communication de M. Delebecque sur le lac d’Annecy : le gouffre qui s’ouvre au fond de celui-ci n’a pas 200 mètres, mais seulement 80 mètres de profondeur ; c’est sa largeur qui est de 200 mètres.
- Bibliographie géologique. — Deux nouvelles livraisons des Mémoires de paléontologie de la Société géologique de France sont publiées par la librairie polytechnique Bau-dry et Cio. Elles renferment : la fin des recherches de M. Depéret sur les animaux pliocènes du Roussillon, avec deux nouvelles planches ; des contributions à la paléontologie du sud-est de l’Espagne par M. René Nicklès qui a ajouté quatre planches à son texte ; la description par M. de Saporta de Nelumbium provinciale, magnifique nénuphar du célèbre gisement de lignites crétacés de Fuveau (Bouches-du-Rhône) ; enfin le commencement d’un très grand et très savant travail de M. Douvillé sur les rudistes; les deux planches déjà parues sont relatives à la révision des hippurites. Dès maintenant la belle publication qui nous occupe mérite l’attention de tous les amis des sciences géologiques. — M. E. Fournier adresse un volume de 102 pages suivies de 21 planches de coupes que l’auteur intitule modestement Esquisse géologique des environs de Marseille. On y trouvera un très grand nombre d’observations intéressantes et originales, qui feront de l’ouvrage un guide très sûr pour les excursions ultérieures ; beaucoup de gisements de fossiles sont signalés avec détails. ~ Un Aperçu général de l'histoire géologique de la Côte-« Or publié par M. Jules Martin se recommande par le soin avec lequel toutes les questions sont étudiées et les
- indications bibliographiques recueillies. L'auteur s’est d’ailleurs signalé depuis longtemps par des recherches importantes. — Enfin, M. Jean Seunes adresse des Recherches géologiques sur les-terrains secondaires et l’éocène inférieur de la région sous-pyrénéenne du sud-ouest de la France qui constituent un beau volume accompagné de neuf planches et d’une carte en couleur. La conclusion de ce beau travail est que la structure de la région étudiée résulte de la formation d’une série de plis anticlinaux et synclinaux et de fractures transversales, la direction des plissements et des accidents transversaux est liée à l’avance du massif ancien du Labourd. M. Seunes au cours de ses excursions a découvert un grand nombre d’espèces nouvelles qu'il décrit et figure.
- Varia. — C’est d’une manière très spéciale que le secrétaire perpétuel signale la vingt-sixième année du Journal du Citl de M. Joseph Vinot et rend hommage à la persévérance et au dévouement de l’auteur. — Les constantes magnétiques ont été mesurées à Saint-Maur pendant l’année 1890 par M. Moureaux. — Un chimiste adresse, par l’intermédiaire de M. Troost, la description d’un procédé qui permet de doser, dans les eaux-de-vie du commerce, les éthers, les aldéhydes, les alcools supérieurs et les produits azotés. — L’influence de la trempe sur la résistance électrique de l’acier, occupe M. Lecha-telier. — D’après M. Laur, les explosions de grisou qui ont été récemment signalées, doivent être rattachées à une baisse barométrique. — M. Joubin étudie le développement des chromatophores des céphalopodes.
- Stanislas Meunier.
- TRUCS DE THEATRE1
- UNE FEMME ESCAMOTÉE. ----- LES ÉTOFFES LUMINEUSES
- L’explication des trucs employés au théâtre est toujours agréable et les spectateurs prévenus prennent plus d’intérêt à voir s’opérer un mystère dont ils connaissent les fils cachés que ceux qui n’ont pas la clef du prodige.
- Nous allons décrire deux trucs déjà anciens qui ont eu beaucoup de succès. Le premier de ces trucs, appelé le Palanquin ou la Litière, a été employé dans une ancienne féerie dont le titre nous échappe. C’était presque de l’illusion comme on l’obtient en prestidigitation et la rapidité avec laquelle le prestige s’exécutait ne permettait pas d’en saisir le secret.
- Une des héroïnes de la pièce était présentée en scène dans une litière (fig. 1) portée par quatre esclaves; à un moment donné, on fermait les rideaux ; on les ouvrait aussitôt après ; l’actrice avait disparu, et cependant le véhicule était bien isolé sur les épaules des porteurs qui se remettaient en marche en emportant le palanquin.
- Voici comment s’accomplissait cet escamotage qui a précédé de beaucoup l’expérience de Bual-tier de Kolta escamotant aussi une femme, mais par un tout autre procédé. Les quatre colonnes disposées aux quatre coins de l’appareil sont creuses et chacune contient à son sommet une
- 1 Yoy. n° 897, du 9 août 1890, p. 155.
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- poulie sur laquelle passe une corde. Les quatre cordes sont attachées d’un bout aux quatre coins d’un double fond recouvrant le plancher de la litière et de l’autre bout 'a un contrepoids dissimulé dans la couverture en dôme.
- Au moment précis où les rideaux se ferment, les porteurs dégagent les contrepoids, qui, glissant en dedans, le long des colonnes, font rapidement monter le double fond avec l’actrice dans le dôme qui couronne l’appareil. Le personnage escamoté était assez mince et prenait une position convenue pour tenir le moins de place possible. En accentuant par la peinture les ombres des moulures des colonnes et du dôme, et en les exagérant, on était arrivé à donner à l’appareil un aspect de légèreté qui déroutait le spectateur le plus défiant.
- Ce truc paraissait extraordinaire et n’a guère été dépassé que par les disparitions réalisées par des prestidigitateurs.
- Le second truc que nous allons décrire est employé dans Peau d'Ane pour réaliser les robes féeriques du conte, couleur du soleil, couleur de la lune, couleurs du temps, demandées par Peau d'Ane.
- Au milieu d’un défilé brillamment éclairé, on voit arriver deux porteurs tenant par ses poignées un coffre assez grand; arrivés devant le trône royal, ils posent le coffre par terre, lèvent le couvercle et l’on aperçoit aussitôt l’étoffe couleur du soleil, c’est-à-dire d’un jaune d’or lumineux, fulgurant, atténuant l’éclat cependant éblouissant du cor-
- tège. Viennent ensuite deux autres porteurs avec une boîte semblable qui, ouverte, laisse voir une étoffe comme phosphorescente, d’un blanc légèrement bleuté. La troisième boîte renferme la robe couleur du temps, c’est-à-dire d’un bleu céleste lumineux comme les deux couleurs précédentes; ces
- étoffes merveilleuses sont remuées par les porteurs qui les font chatoyer et miroiter.
- Le fond de chacune de ces boîtes B, peut s’ouvrir au-dessus d’une trappe A, et, au moyen d’une boîte à lumière électrique C, on dirige un puissant rayon sur l’étoffe légère et transparente qui paraît en feu.
- La lumière jaune inonde l’étoffe de môme couleur, l’enveloppe, fait corps avec elle. Quand, sur la scène, on referme le couvercle, le fond est refermé par en dessous, la trappe repoussée, le foyer lumineux éteint et les porteurs s’en vont avec le coffre.
- On agit de môme avec l’étoffe blanche légèrement bleuâtre et une lumière blanche pour l’étoffe couleur de lune ; puis avec de la tarlatane bleu céleste et une lumière teintée en bleu pour l’étoflu couleur du temps. C’est un des effets sinon des plus étonnants, tout au moins des plus éblouissants parmi ceux qui ont été employés au théâtre.
- La reprise récente de Peau d'Ane fait de ce truc dévoilé une actualité intéressante.
- Le prestidigitateur Alber,
- Le Propriétaire-Gérant: G. Tissandier.
- Fig. 1. — Le Palanquin magique.
- Fig. 2. — La robe de Soleil dans la féerie de Peau d’Ane.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 920
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- UTILISATION DE LA FORCE DU YENT
- LE MOULIN ÉLECTRIQUE DE CLEVELAND (ÉTATS-UNIS)
- Les projets qui ont été proposés depuis plusieurs sont très nombreux. Iis ont été souvent mis àexécu-
- années pour utiliser la puissance motrice du vent tion, et on cite plusieurs installations qui ont fonc-
- Fig. 1 à 5. — Le moulin à vent de Clevelaud (États-Unis), actionnant une dynamo pour l’éclairage électrique.
- 1. Vue d’ensemble du moulin. —2. Coupe verticale. — 3. Machine dynamo-électrique. — 4. Accumulateurs. — 3. Appareils de réglage.
- tionné avec des moteurs à vent. Le procédé est assurément efficace quand il s’agit d’applications locales dans les pays où le vent souffle avec force et d’une 19” année. — 1er semestre.
- façon presque continue; il cesse d’être pratique quand il faut utiliser'a distance la puissance produite. Avec les moteurs à vent, en effet, la transformation
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- de l’énergie exige l’emploi d’accumulateurs électriques s’il s’agit d’une application différée. Les accumulateurs une fois chargés doivent être transportés à distance. Personne n’ignore toutes les difficultés que présente ce mode de transport, surtout dans les montagnes ou sur les bords de la mer.
- C’est d’une installation locale, très pratique, que nous voulons aujourd’hui entretenir nos lecteurs; elle fonctionne depuis déjà plus de deux ans, et sert à l’éclairage particulier de l’habitation de M. Ch.-F. Brush à Cleveland (Ohio) ; nous empruntons la description que l’on va lire au Scientific American.
- A l’extrémité du parc avoisinant la maison, se trouve une grande tour rectangulaire (fig. 1) d’une hauteur de 18 mètres, portant une roue mise en mouvement sous l’influence du vent. La figure 2 donne la coupe de ce moulin et montre son mode de construction. Un axe en fer, de 35em,42 de diamètre, s’enfonce à l’intérieur d’un bâti en maçonnerie situé en terre, d’une longueur de 2m,43, et se prolonge à l’intérieur de la tour de 3m,65. C’est sur cet axe que repose la charpente en fer de la tour d’un poids total de 36 287 kilogrammes. A la partie supérieure de la tour est fixé un axe horizontal qui commande la roue motrice. Cet axe a une longueur de 6 mètres, et un diamètre de 16cm,44. Il se meut dans des paliers à graisseurs automatiques, et porte à son centre une poulie de 2m,43 de diamètre, et d’une largeur de 80 centimètres. La roue motrice est formée de 144 lames ajustées, et a un diamètre de 17 mètres. La surface totale exposée au vent est de 167 mètres carrés; la longueur du gouvernail-girouette qui fait tourner la roue du côté du vent, est de 18 mètres, et sa largeur de 6 mètres. Le moulin se tourne automatiquement selon le sens du vent. Le gouvernail extérieur peut se replier et se rabattre parallèlement à la roue.
- Au-dessous du premier axe dont nous venons de parler, s’en trouve un second de 8cm,8 de diamètre, portant une poulie d’un diamètre de 40 centimètres. Cette poulie, d’une largeur de 80 centimètres, reçoit la courroie qui commande en même temps la poulie supérieure. Ce deuxième axe commande la machine dynamo par l’intermédiaire de courroies, comme le montrent les figures 2 et 3. La dynamo est une machine Brush d’une puissance de 12 kilowatts, à la vitesse angulaire de 500 tours par minute. Des appareils automatiques spéciaux ont été disposés pour ne pas dépasser une différence de potentiel de90 volts à la machine; le circuit d’utilisation est fermé automatiquement à 75 volts, et ouvert à 70 volts. Suivant la charge, les balais sont décalés automatiquement. De la dynamo, partent des câbles qui se. rendent à la maison d’habitation située à quelque distance. Dans les caves de la maison se trouvent 408 accumulateurs répartis en 12 batteries de 34 chacune. Ces 12 batteries sont chargées et déchargées en quantité; chacune d’elles a une capacité de 100 ampères-heure.
- • La figure 4 donne l’ensemble de l’installation des
- accumulateurs. La figure 5 montre les différents appareils de distribution intérieure. En A sont les voltmètres et amperèmètres employés pour la charge et la décharge; en B est la série des indicateurs d'intensité dont un pour chaque batterie; en C sont représentés les différents commutateurs servant à répartir le courant dans les diverses parties de la maison; en D un indicateur de courant et de pôle; l’installation comprend en outre un relais pour l’introduction automatique de résistances dans le circuit et des résistances pour maintenir la différence de potentiel constante aux bornes du circuit d’utilisation, quelle que soit la charge. Ce régulateur présente ceci de particulier qu’il est à poussière de charbon et que la résistance augmente ou diminue à l’aide d’une pression exercée.
- L’installation comprend 350 lampes à incandescence de puissances lumineuses variables entre 10 et 50 bougies. Les lampes le plus ordinairement employées, sont des lampes de 16 à 20 bougies. Le service ordinaire journalier se compose de 100 lampes à incandescence, auxquelles il faut ajouter 2 lampes à arc et 3 moteurs électriques. Comme on le voit, l’installation de M. Ch.-F. Brush est intéressante à plus d’un point de vue, et méritait à ce titre d’être signalée. Nous n’oserions affirmer que l’installation du moteur à vent n’a pas coûté beaucoup plus cher que l’installation d’un moteur à vapeur de même puissance. Il faudrait également comparer les prix de revient de l’exploitation avec les deux systèmes pour se faire une idée réelle de leur économie; mais dans le cas actuel, comme le dit notre confrère américain, on pouvait négliger la question du prix de revient, puisqu’on avait la grande satisfaction d’asservir un des agents les plus capricieux de la nature. J. Laffargue.
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- LES USAGES DE LA TOURBE1
- De temps immémorial, la tourbe a été employée comme moyen de chauffage dans les pays marécageux où on la rencontre et où on l’exploite, Allemagne du Nord, Picardie, Irlande, Canada, etc. De tous temps aussi, ou à peu près, on l’a utilisée pour neutraliser l’odeur du fumier, des vidanges. Mais depuis quelques années, if s’est créé une véritable industrie pour la préparation de la tourbe sous différentes formes dont les applications sont des plus variées. Dans l’Allemagne du Nord, on prépare en grand la poudre de tourbe, en utilisant la tourbe fibreuse qui était rejetée jusqu’ici comme inutile.
- Le dépôt des tourbières est en effet constitué par des couches un peu différentes qui tiennent au degré plus ou moins avancé de destruction organique des amas végétaux suivant le sol, le climat et la température. La couche supérieure, d’un brun foncé, s’émiette en général facilement. C’est cette partie qui sert à fabriquer cette poudre vendue pour jeter dans les fosses d’aisances, pour désinfecter les fosses, après la vidange, ou pour servir de litière dans les écuries et les étables.
- La couche moyenne, d’un brun clair ou d’un gris blan-
- 1 Voy. n° 688, du 7 août 1880, p. 150.
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- châtre, est plus fibreuse et cache une troisième couche, brun foncé. Cette application delà poudre de tourbe est due à ses propriétés absorbantes considérables, et jusqu’à un certain degré, à des propriétés antiseptiques. Les géologues reconnaissent aux eaux des tourbières la propriété de transformer en adipocire et de conserver entiers les cadavres des animaux qui y sont enfouis. C’est une tradition et une habitude chez les paysans de certaines de ces régions de panser ces plaies avec la tourbe. Le hasard voulut, il y a quelques années, qu’un ouvrier grièvement blessé au bras, se présenta à la clinique du I)r Neuber, avec un pansement improvisé de ce genre. Le chirurgien ne fut pas médiocrement surpris de trouver la plaie en parfait état et fit alors des essais de pansement. Les résultats qu’il communiqua furent des plus satisfaisants. 11 se contentait de prendre de la poussière de tourbe dont on remplissait des sachets de mousseline. Au moment du pansement, les sachets étaient trempés dans une solution antiseptique phéniquée ou sublimée et on les mettait à même sur la plaie. Les liquides sécrétés étaient absorbés en entier et les plaies guérissaient bien. Le pouvoir d’absorption de la tourbe est en effet très considérable. 10 parties absorbent 90 parties d’eau, alors que la même quantité de charpie de bois n’absorbe que 55, de son, 23, et de sable, 14.
- Le pansement de Neuber fut essayé dans divers hôpitaux, en Allemagne et en Russie. En France, il fut modifié fort heureusement par un mélecin militaire, M. Redon, qui est parvenu à fabriquer avec la tourbe une véritable ouate, souple, élastique, maniable comme-le coton le plus léger et conservant toutes les propriétés absorbantes de la matière première. Un rend cette ouate aseptique par une préparation préalable, ébullition dans l’eau de chaux, lavages à l’eau bouillante, et par l'imprégnation d’une substance antiseptique. Les D'8 Championniere, Rerger èt quelques autres l’ont employée et en ont obtenu de bons résultats. Son bon marché, lfr,50 à 2fr,25 le kilogramme, la rend précieuse pour le service des hôpitaux ou la chirurgie militaire.
- La tourbe n’a eu cependant qu’une vogue éphémère et a cédé le pas à d’autres variétés de pansement. On y reviendra peut-être. En tout cas, si elle est abandonnée, elle tend à se propager dans la médecine vétérinaire. M. Wald-teuffel, vétérinaire attaché au gouvernement de Paris, a publié sur l'emploi de la tourbe chez les animaux des observations qui méritent d’appeler l’attention. Les soins donnés aux blessures des chevaux, vaches, tous animaux de prix élevé, ont d'autant plus de chances d’ètre suivis de bons résultats qu’ils sont, comme pour l’homme, entourés des précautions de propreté, d’asepsie. Or, la tourbe fournit justement un pansement antiseptique des plus économiques et des plus pratiques; elle réunit, comme je le disais, trois avantages, d’étre désinfectante, absorbante et de ne pas coûter cher.
- L’industrie s’est emparée de l’idée du Dr Redon et puisque la tourbe pouvait donner de l’ouate, on s’est ingénié à en former des tissus ; on a confectionné des matelas., des étoffes, des couvertures, des tapis, très appréciés en raison de la faculté d’absorption. Le produit a pris le nom de Réraudine et l’on aurait en effet quelque peine à reconnaître, dans ces divers tissus, la tourbe ligneuse qui a servi à leur confection. Dr A. Cartaz.
- LES DEPOTS MORTUAIRES A PARIS
- L’installation des dépôts mortuaires à Paris est une importante question d’hygiène et d’hùmanité :
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- elle a, ces temps derniers, attiré l’attention publique au même titre que les questions connexes non moins intéressantes, de la crémation, des ambulances urbaines et des asiles de nuit.
- Un premier dépôt de ce genre a été établi au cimetière Montmartre à Paris, il y a quelques semaines, en décembre 1890 (fîg. 1) ; un autre est en construction au Père-LachaiSe (cimetière de l’Est). D’autres suivront certainement.
- Voici, à ce sujet, quelques mots de description et d’historique. Le dépôt mortuaire est destiné, en principe, à remplacer le domicile pour le défunt, dans tous les cas où ce domicile, insuffisant ou indisponible, occasionne pour les survivants une promiscuité pénible ou dangereuse. Le corps, enseveli, est décemment et discrètement transporté à l’aide d’une petite voiture à bras que montre notre dessin (fig. 2) dans un local spécialement aménagé en vue de permettre la veillée mortuaire qui précède l’inhumation, la crémation du corps ou son transport à distance.
- Notre deuxième dessin (fig. 3) représente l’aménagement intérieur du premier dépôt de ce genre qui, ainsi que nous venons de le dire, vient d’être inauguré, à Paris, au cimetière Montmartre.
- Le bâtiment (fig. 1), qui ne comprend qu’un rez-de-chaussée, forme un carré divisé en deux parties égales par un large couloir central : dechaquecôté sont trois pièces munies chacune d’une fenêtre avec vasistas. L’une des chambres est destinée à servir de salle d’exposition pour les corps au moment du départ du convoi. Les cinq autres contiennent chacune un lit et une chaise. Le lit en fer est garni d’uü matelas de crin recouvert d’une toile blanche caoutchoutée.
- Dans chaque chambre, une pente, avec ouverture inférieure, est ménagée pour l’écoulement des eaux : le parquet est en mosaïque ; les murs sont peints à l’huile et bordés de. soubassements en marbre noir. Dans le haut de chaque pièce est ménagée une ouverture correspondant à un ventilateur placé au centre de la toiture, au-dessus du couloir central : une couronne de gaz brûle perpétuellement dans ce ventilateur. Au milieu du couloir central, bien éclairé, est placé un poêle à gaz avec un fauteuil pour le veilleur de nuit.
- Le bâtiment est relié téléphoniquement au bureau de la conservation du cimetière qui, lui-même, est muni d’un appareil téléphonique le reliant aux divers services municipaux. Deux hangars voisins servent à remiser le matériel, lequel comprend ; la voiture spéciale servant au transport des corps, les draps de rechange, les substances antiseptiques et désinfectantes, etc.
- Le dépôt parisien ne reçoit pas les corps des personnes décédées par suite d’une maladie contagieuse : des dépôts spéciaux seront ultérieurement aménagés à cet effet. On voit que cette installation comporte toutes les garanties désirables au point de vue des convenances, de l’hygiène et de la salubrité des pre-a
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- sonnes qui, à Paris surtout, ont une sorte de culte tout spécial pour les morts.
- On ne s’étonnera pas des bons' résultats obtenus lorsque l’on saura que toutes les mesures d’hygiène ont été prises par M. Journet, l’excellent ingénieur de la 7 e section de la voie publique, à Paris, sur les indications de M. le Dr Brouardel, le savant doyen de la Faculté de médecine, et de M. le I)r du Mesnil, délégué du Conseil d’hygiène et de salubrité.
- Il va sans dire que cette création a été faite sur délibération du Conseil municipal de Paris. Les initiateurs ont été MM. le Dr Chassaing et le Dr du Mesnil : ils ont su apporter à cette œuvre la persistance et la conviction nécessaires pour mener à bien ces questions humanitaires qui se heurtent toujours à l’ignorance et aux préjugés. Ils ont été aidés dans leur tâche, entre autres, par MM. Lamouroux, Vaillant, Frère, et par notre confrère M. Charles Laurent, actuellement conseiller municipal de la Ville de Paris. Les études les plus minutieuses ont été faites et l’on n’a pas reculé devant les voyages nécessaires hors de nos frontières.
- Nos voisins nous ont, en effet, devancés dans celte œuvre utile. Il est bon de le relater et d’en prendre acte pour s’efforcer de rattraper le temps perdu en faisant aussi bien et mieux qu’ils n’ont fait. Bruxelles possède, depuis 1822, un dépôt mortuaire qu’il doit à l’initiative de M. le Dr Janssens. La civière roulante de Paris, dont nous donnons le dessin, et qui sert au transport des corps, a été inspirée par le modèle de l’appareil du même genre usité à Bruxelles. Cologne possède, dans son cimetière, un dépôt mortuaire bien connu des touristes et renfermé dans une chapelle gothique d’un élégant aspect. A Mayence, la création du dépôt mortuaire remonte à l’an XI de la République française. Un arrêté municipal du 16 floréal, approuvé par Jean-Bon Saint-André, préfet du département du Mont-Tonnerre, décida que « les morts seraient déposés dans une salle préparée à cet effet sur le lieu de sépulture et ne pourraient être enterrés avant qu’il se manifestât des signes de décomposition ».
- Nous ouvrirons ici une parenthèse qui ralliera aux dépôts mortuaires nombre de bonnes volontés. Quantité de personnes sont, en effet, hantées, riches ou pauvres, par la crainte, bien peu fondée, d’ailleurs, detre enterrées vives. Cette perspective n’a, en effet, rien de bien agréable en soi. Pour la réduire à néant, si l’on habite Paris, il est bien simple de prescrire que son corps soit, tout d’abord, transporté au dépôt mortuaire. Là, rien à craindre : la surveillance est administrative, scientifique et de tous les instants.
- Les plus scrupuleux n’ont qu’à passer de là au four crématoire : nous leur garantissons qu’ils ne se réveilleront pas, pour se ronger les poings, comme le veut la légende, à six pieds sous terre. Les dames, en particulier, nous seront certainement reconnaissantes du conseil lugubre, mais pratique,- que nous leur donnons ici.
- Revenons à l’historique de la question. A Berlin, les dépôts mortuaires sont placés dans les cimetières et reçoivent indistinctement les contagieux et les non contagieux. A Vienne, chaque district a son dépôt pour les non contagieux; les contagieux sont portés au cimetière. A Stockholm, il y a des caveaux mortuaires dans toutes les paroisses. A Londres, enfin, depuis l’année 1872, la Cité a un morluanj dans lequel les corps restent déposés de vingt-quatre heures à trois jours. Environ cent trente corps y sont déposés annuellement. Paris vient, comme nous l’-avons vu, de se mettre au niveau de ce progrès. Il convient d’encourager les efforts faits dans ce sens.
- N’oublions pas que le dépôt mortuaire existe toujours, en fait, qu’on le veuille ou non. On ne se demande pas assez, à Paris et dans les villes de bains de mer, dans les stations thermales, partout où il y a des agglomérations humaines joyeuses ou souffrantes, ce que deviennent les morts des maisons meublées et des somptueux hôtels. La nécessité et l’àprcté au gain des intéressés font là, journellement, ce que nous voudrions voir faire d’une façon générale ici, au point de vue de l’hygiène. Les défunts, pauvres ou riches, sont portés dans des espèces de morgues, peu attrayantes et outillées d’une façon archaïque. Puis vient, avec toutes sortes de cérémonies et de soins, le transport du corps, dès que le public ne peut plus savoir de quelle rue et de quel numéro il provient.
- Les caveaux des églises, dans bien des cas, jouent très insuffisamment le rôle de dépôts mortuaires. Tout cela demande à être approprié, unifié et régularisé.
- En résumé, l’essai qui se fait en ce moment à Paris, avec le concours des dernières données de la science, est éminemment intéressant. 11 faut souhaiter que l’on aille plus loin encore dans celte voie, d’une part en créant des dépôts spéciaux pour les corps des contagieux, d’autre part, en installant de nombreux dépôts pour les non contagieux, non pas dans les cimetières, ce qui est par trop lugubre pour la veillée, mais au centre même des quartiers et surtout des quartiers populeux. Ces petits édifices, propres, décents, utiles, ne sc feront même pas rc-
- Abr\ pourle Public
- I Uvhùuùi 2 CJuindircj- 3 d '/ir/Msdioiu
- Fig. 1. — Plan du dépôt mortuaire du cimetière Montmartre, à Tarif.
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- marquer à la condition, toujours facile, de leur choisir un emplacement discret. D’ailleurs, il faut observer que les personnes les plus peureuses et les
- plus timorées passent nuit et jour devant la Morgue sans sourciller. Or, est-il un dépôt mortuaire plus lamentable que ce douloureux et dernier asile des
- Fig. 2. — Voitures à bras servant au transport des corps jusqu’au dépôt mortuaire.
- épaves de la civilisation jetées l'a sur les dalles 1 Nous ne nous dissimulons pas qu’il faudra quelque glacées par la misère, le vice ou le désespoir? | temps à notre population pour apprendre à se servir
- Fig. 5. — Dépôt mortuaire du cimetière Montmartre, à Paris. La veillée mortuaire.
- des rouages nouveaux qu’une hygiène savante et tutélaire met à sa disposition. Mais, lorsque le progrès est bien enraciné, il va toujours en croissant d’une façon certaine; suivant le terme du poète, vires acquirit eundo. Contentons-nous, pour le mo-
- ment, de l’enregistrer et de souhaiter que l’on donne à ses éminents promoteurs des moyens de l’accélérer dignes de leurs vaillants etforts, de leur persévérance et de leur dévouement. Max de Nansouty.
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- IA PHOTOGRAPHIE PANORAMIQUE
- NOUVEL APPAREIL DE M. J. DAMOIZEAU
- Depuis longtemps la reproduction des vues panoramiques a mis à l’épreuve l’ingéniosité des inventeurs : car, outre l’intérêt artistique, la photographie peut donner dans l’espèce des documents très précieux au point de vue de certaines opérations de nivellement et de topographie.
- Le premier appareil construit dans ce but paraît avoir été présenté à l’Académie des sciences en 1845. Depuis, de nombreux instruments ont été imaginés, mais aucun, jusqu’à ces dernières années du moins, n’est entré dans la pratique.
- Le problème est en effet assez complexe et bien que, dès le début, on ait parfaitement indiqué des solutions théoriques à l’abri de toute critique, on a cependant rencontré dans l’usage des difficultés très sérieuses qui n’ont pu être surmontées que tout récemment.
- On avait d’abord combiné des objectifs embrassant un angle très considérable : mais dans ces objectifs, comme d’ailleurs dans tous les objectifs photographiques, on sait que la lumière décroît rapidement du centre aux bords ; c’est déjà un inconvénient, de plus, l’angle obtenu ne dépassait pas 125°. Ce résultat est, certes, très appréciable, mais l’on était encore loin de la vue panoramique qui doit embrasser l’horizon tout entier, c’est-à-dire 560°.
- On s’est engagé alors dans une autre voie. La théorie indique que, pour obtenir une image exacte d’un panorama pris d’une station quelconque, il faut que cette image affecte la forme cylindrique. Voilà le point de départ. Examinons maintenant les divers moyens qui ont été indiqués dans cet ordre d’idées. On a proposé tout d’abord l’emploi des plaques courbes ; nous laissons au lecteur le soin d’apprécier la valeur de cette proposition : si, à la rigueur, on peut obtenir, par la daguerréotypie, une plaque de ce genre, il n’en saurait être question avec le verre qui, depuis, est devenu le support universellement adopté.
- On se servit ensuite de préparations souples, telles que le papier ciré, par exemple. Voilà la vraie solution, car, avec un tel support, rien n’est plus facile que d’obtenir la courbe voulue. Mais, malheureusement, le peu de sensibilité du procédé fut un obstacle des plus sérieux à son emploi.
- A l’apparition des procédés secs, puis du collo-dion humide, procédés dont la sensibilité était beaucoup plus grande, on fit usage d’un subterfuge qui-permit de recevoir une image correcte d’une vue panoramique sur une glace plane. Si, par un mécanisme approprié, on fait avancer une plaque de manière à ce qu’elle reçoive successivement l’image des divers points de l’horizon, mais en ayant soin qu’elle reste toujours perpendiculaire à l’axe de l’objectif, le résultat obtenu sera absolument conforme aux règles théoriques indiquées plus haut.
- Cette solution ne laissait pas cependant que de présenter de réelles difficultés pratiques, puisqu’il s’agissait de faire passer au foyer de l’objectif, avec un mouvement uniforme, une plaque de grande longueur.
- De ce court exposé nous pouvons donc conclure que, bien que le problème de la photographie panoramique ait reçu plusieurs solutions parfaites en théorie, les difficultés pratiques en ont empêché la réalisation complète. Depuis, les procédés photographiques ont fait des progrès considérables et, en particulier, les méthodes pelliculaires : par suite, l’étude de la question a pu être reprise et, cette fois, avec plein succès.
- Le premier appareil vraiment pratique a été indiqué en 1889 par M. le commandant Moëssard. Les lecteurs de La Nature connaissent le cylindrographe dont la description détaillée a été donnée précédemment. Inutile d’y revenir. Qu’il nous suffise de rappeler que l’image est obtenue sur une pellicule affectant la forme cylindrique. Ce résultat est atteint en faisant pivoter l’objectif sur le point nodal d’émergence. Cette solution très élégante du problème au point de vue théorique est réalisée par un instrument dont tous les détails ont été étudiés avec grand talent. Il a, du reste, fait ses preuves et, entre les mains de l’auteur et de MM. Neurdein, il a donné des épreuves de toute beauté.
- Tout semblait donc dit dans cette question lorsqu’un autre inventeur, M. J. Damoizeau, est venu proposer une autre solution offrant dans la pratique plusieurs avantages très sérieux.
- Par le fait même de sa construction l’appareil de M. le commandant Moëssard ne peut donner qu’un demi-tour d’horizon : pour le panorama complet il faut donc deux opérations. Les difficultés que l'on peut rencontrer à faire deux clichés de la même intensité, à tirer deux épreuves semblables et à les raccorder rigoureusement, montrent bien au lecteur l’avantage qu’il y aurait à faire le panorama complet en un seul morceau. D’un autre côté, la pratique de la photographie montre qu’il est indispensable, pour faire face à toutes les hypothèses, d’opérer avec des objectifs de foyers différents. Grâce à l’emploi de ces divers objectifs on peut, comme l’a très judicieusement fait remarquer notre ami, le Dr G. Le Bon, rapprocher ou éloigner en quelque sorte les objets à photographier. Ce résultat sera d’autant plus important à réaliser dans la photographie panoramique que l’on n’a pas toujours le choix de la station de laquelle il faut opérer. Avec le cylindrographe, dont le foyer est fixe, il n’est pas possible de réaliser ce desideratum.
- L’appareil de M- Damoizeau permet, au contraire, de faire le panorama en une seule opération et il donne la possibilité d’employer, suivant les cas, des objectifs de foyers dillérents. Par ces qualités, il diffère donc essentiellement des appareils qui l’ont précédé et c’est là ce qui constitue son originalité et sa nouveauté.
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- L’appareil se compose d’une chambre noire pouvant pivoter sur un plateau circulaire porté par un pied photographique. Le corps d’avant porte l’objectif qui peut se déplacer dans la verticale : le corps d’arrière est constitué par un châssis à rouleaux de forme particulière sur lequel nous reviendrons tout à l’heure. Ces deux parties sont réunies par un soufflet de chambre ordinaire. Jusqu’ici rien de bien nouveau, nous sommes en présence d’une chambre photographique munie d’un châssis à rouleaux, dispositif qui est maintenant employé fréquemment. Mais où les différences vont éclater, c’est dans le mode de fonctionnement : tandis que dans une chambre ordinaire la stabilité, l’immobilité sont nécessaires, ici rien de tout cela. La chambre pivote sur l’axe central de façon à ce que l’objectif parcoure tous les points de l’horizon, mais en même temps la préparation sensible avance d’un mouvement régulier de façon à présenter toujours à l’action de la lumière une partie vierge de la surface. Malgré le déplacement de toutes les parties de l’appareil, l’image est absolument nette.
- Ce double mouvement de rotation de la chambre et de progression de la pellicule est obtenue au moyen d’un mécanisme d’horlogerie placé sous le châssis à rouleaux. Le bon fonctionnement de l’instrument qui correspond à la netteté parfaite résulte du synchronisme qui existe entre la rotation de l’appareil et le déroulement de la pellicule. A cet effet, le mouvement d’horlogerie repose d’une part sur le plateau où il progresse par simple adhérence, et de l’autre il commande au moyen de rouages calculés ad hoc le mouvement d’un cylindre conducteur qui imprime à la pellicule la vitesse de déroulement voulue.
- Il est évident que le point de l’axe dans lequel doit s’effectuer la rotation a dû être déterminé très exactement par le calcul. Il faut, en effet, qu’il existe un rapport constant d’une part entre le point nodal d’émergence et l’axe de rotation, et de l’autre entre cet axe et le plan focal. Or, le point nodal n’étant pas exactement à la même place dans les divers objectifs, il sera nécessaire de faire le réglage de l’appareil pour chaque objectif employé. Voici comment on opère. On remplace la.pellicule par une bande de papier transparent. Levant ensuite une petite porte qui se trouve à l’arrière du châssis, on effectue la mise au point sur ce papier transparent. On vise un objet éloigné, un paratonnerre, par exemple, et, amenant cette image sur le côté, on trace avec un crayon uile ligne qui le recouvre exactement. On fait tourner alors l’appareil avec grande lenteur, l’image de l’objet et le trait se déplacent dans le même sens. Si l’appareil est bien réglé, la superposition doit durer tout le temps du passage de l’objet visé dans le champ. Sinon on déplace dans un sens ou dans l’autre l’axe de rotation jusqu’à ce que le résultat cherché soit obtenu. Ce réglage se fait pour chacun des objectifs, et, au moyen de repères, on retrouve toujours la position voulue. A l’inverse des appareils ordinaires dans lesquels la
- mise au point se fait en agissant soit sur le corps d’arrière, soit sur celui d’avant, ici elle s'effectue de part et d’autre de l’axe de rotation et de telle manière que le rapport qui a été fixé entre les distances des corps d’avant et d’arrière à l’axe soit toujours le même. Ce résultat est obtenu d’une manière très simple et très ingénieuse au moyen d’une crémaillère différentielle. Grâce 'a ce dispositif on peut, avec un même objectif, régler la mise au point sur tel ou tel plan, ou môme employer des objectifs de foyers différents. La netteté la plus complète sera toujours assurée.
- En principe, on règle la mise au point sur l’infini, c’est-à-dire pour une distance équivalente à cent fois Je foyer de l’objectif. On sait, en effet, qu’à partir de cette distance, les allongements de la longueur focale pour des distances supérieures deviennent absolument insignifiants : par suite, l’image sera rigoureusement nette à partir de cette distance, sans qu’il soit nécessaire de mettre au point et en se reportant seulement au repère qui aura été placé sur le chariot de l’appareil. Le cylindrographe est, du reste, réglé de la même manière sur l’infini.
- Mais il peut y avoir avantage à opérer à des distances inférieures, et dans ce cas il faudra mettre au point. Comme il ne saurait être question à chaque opération de substituer à la pellicule sensible une bobine contenant du papier transparent, M. Damoi-zeau place sur le côté de l’appareil une petite chambre de la hauteur totale de l’appareil, mais de quelques centimètres seulement de largeur. Il déplace ensuite l’objectif et l’amène devant cette chambre latérale. L’image est reçue sur un verre dépoli placé exactement dans le même plan que la pellicule, et on l’examine dans toute sa hauteur au moyen d’une loupe montée sur un volet à rideau. Ce dispositif supprime l’emploi du voile noir. Pendant cette opération la partie de pellicule qui est au foyer de la grande chambre est soustraite à l’action de la lumière par un volet spécial. On remet ensuite l’objectif en place et on enlève la petite chambre devenue inutile. La portion d’image qui arrive sur la pellicule est limitée par deux volets verticaux qui en laissent passer une bande plus ou moins étroite. Ces deux volets se manoeuvrent de l’extérieur et ils permettent d’augmenter ou de diminuer la quantité de lumière qui doit agir.
- Le mécanisme du châssis à rouleaux est intéressant à examiner. L’inventeur se sert de bobines métalliques qui peuvent contenir 5 ou 10 mètres de pellicules. Celles qu’il emploie sortent d’une maison nouvellement créée, la maison du Cristallos. Elles sont à base de celluloïd et elles peuvent être préparées en très grande longueur. Les extrémités de chaque bande sont garnies avant d’être enrouléés de deux parties de papier opaque de 15 ou 20 centimètres de longueur. De cette manière avant de servir et après, elles se trouvent protégées de l’action de la lumière. On peut donc avoir un certain nombre de ces bobines toutes prêtes et les placer dans les
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- châssis sans crainte de voile. Ce dispositif qui, entre parenthèses, a été indiqué lors de l’invention du premier châssis h rouleaux, a été depuis utilisé par M. Carcquero et par M. Marey dans son appareil photochronographique. Il est très pratique et vient compléter le châssis à rouleaux, en permettant d'emporter de nombreuses bobines de réserve. Dans
- l’appareil Damoizeau, la pellicule venant de la première bobine sur laquelle elle est emmagasinée passe au plan focal, puis elle est prise entre deux cylindres dont l’un est le cylindre conducteur commandé par le mécanisme d’horlogerie. Elle s’enroule ensuite sur une deuxième bobine. Au-dessus du châssis se trouve un compteur très ingénieux qui
- Fig. 1 et 2. — Appareil de photographie panoramique de M. Damoizeau. — La ligure 1 représente l’appareil ouvert pour montrer le mécanisme du châssis à rouleaux (La pellicule sensible n’a pas été ligurée). La chambre latérale est en place pour la mise au point.
- — A. Corps d’avant. — II. Châssis à rouleaux. — C. Plateau circulaire. — F. Mouvement d’horlogerie. — \V. Petite chambre latérale.
- — T. Planchette de l'objectif décentrée. — I. Mécanisme de commande des volets intérieurs. — P. Première bobine portant la pellicule avant l’exposition. — R. Deuxième bobine recevant la pellicule après l’exposition. — 0. Cylindre d’entraînement libre. — S. Cylindre conducteur. — M. Levier de manœuvre. — M’. Perforateur. — X. Compteur. — La figure 2 représente l’appareil prêt à fonctionner. La cordelette qui commande l’ouverture de l’obturateur intérieur est reliée au levier de manœuvre. — A. Corps d’avant.
- — B. Corps d’arrière. — C. Plateau circulaire. — D. Objectif. — I. Mécanisme de commande des volets intérieurs. — E. Crémaillère différentielle. — M. Levier de manœuvre. — F. Mouvement d’horlogerie. —X. Compteur. — I1G. Arrière du châssis à rouleaux.
- permet après chaque opération de savoir la quantité de pellicule disponible.
- Le fonctionnement de l’appareil est des plus simples. Lorsque la mise au point est faite, il suffit d’agir sur le levier de commande qui est sur le côté
- du châssis à rouleaux, après avoir eu soin d’y fixer une petite cordelette qui commande l’ouverture de l’obturateur situé en avant de la préparation sensible. En portant le levier en arrière, on déclenche le mouvement d’horlogerie en même temps que l’on
- Fig. 5. — Vue d’ensemble d’une photographie panoramique
- démasque la préparation. La rotation s’effectue et la pellicule se déroule. Lorsque le tour entier est accompli, on ramène le levier dans la position première. L’appareil s’arrête, le volet se referme ; tout est donc automatique. En poussant alors le levier en avant, on fait agir un perforateur en forme de râteau qui vient percer la pellicule et indique nettement l’endroit où il faudra la couper. On peut de suite, sans autre opération, refaire une nouvelle épreuve.
- obtenue avec l’appareil ci-dessus, réduit dix fois environ.
- La longueur du panorama obtenu est fonction du foyer de l’objectif, s’il travaille à l’infini, ou de la longueur focale, si l’on opère à une distance plus rapprochée. Aussi avec un objectif de 15 centimètres de foyer, on obtient un cliché de 94 centimètres environ; avec un objectif de 30 centimètres, de lm,90; et avec un objectif de 50 centimètres, de 3m,14 exactement.
- Nous donnons, à titre de spécimen, la reproduc-
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- tion d’un des premiers clichés obtenus avec l’appareil Damoizeau. La figure 5 en montre le développement complet, la figure 4 en représente exac-emcnt les détails. Pour examiner une telle
- épreuve, il faut lui donner la forme cylindrique et placer l’œil au centre de la circonférence. Dans ces conditions, l’effet est remarquable et l’on a de la nature une reproduction absolument fidèle.
- Fig. 4. — Fac-similé de la photographie panoramique de la ligure 3, séparée en trois parties égales.
- Suivant les hypothèses, on modifie la vitesse de rotation de l’appareil au moyen d’un régulateur k ailettes variables ; on peut donc opérer très lentement si la lumière est insuffisante, ou, au contraire, avec grande rapidité s’il s’agit d’objets en mouvement. Rien n’est plus facile d’ailleurs, connaissant l’écar-
- tement des volets qui donnent passage à la lumière, et le temps total de la révolution, que de calculer avec grande exactitude le temps de pose. Si, par exemple, une image de 2 mètres a été obtenue en 10 secondes, les volets limitant une ouverture de 2 millimètres, on trouve que chaque point de l’image
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- qui n’est resté exposé à la lumière que pendant un parcours de 2 millimètres, a posé exactement un centième de seconde. L’appareil se prête donc parfaitement à l’étude des objets en mouvement avec l’avantage qu’il opère toujours avec le maximum de lumière possible, ce qui n’arrive pas, on le sait, dans les obturateurs ordinaires où la lumière est admise progressivement.
- En résumé, l’appareil de M. Damoizeau nous paraît appelé à un grand avenir : il sera très utile dans les divers cas où la photographie peut rendre des services, à la cartographie, au nivellement, à la topographie. Au point de vue pittoresque il n'a pas un champ moins vaste. Enfin il nous semble que même pour l’amateur de photographie il aura sa valeur, non pas que celui-ci cherche à faire des panoramas de 2 ou 5 mètres de longueur ; il faut en effet un outillage spécial pour développer ces clichés et en tirer parti. Blais s’il se contente d’un appareil de 15 centimètres de foyer, il pourra faire à la rigueur des vues de 90 centimètres et surtout il prendra des épreuves partielles embrassant un quart ou la moitié de l’horizon ou même moins. Dans ces conditions l’appareil devient très pratique pour le voyage et les voyageurs. C’est en effet un de ceux qui sous le plus petit volume peuvent emmagasiner la plus grande quantité de préparation sensible.
- Alüerc Lokde.
- LES CONDUCTEURS BIMÉTALLIQUES
- La question des conducteurs métalliques a une importance capitale dans les applications de l’électricité, et surtout en matière de télégraphie. Jusqu’à ces dernières années, on avait poursuivi les recherches dans cet ordre d’idées, en vue d’ohtenir des alliages présentant une conductibilité considérable, et en même temps une résistance mécanique suffisante pour supporter les efforts multiples auxquels seront soumis les fils une fois en service.
- Les deux termes du problème ainsi posé paraissent à peu près inconciliables, car on n’obtient une haute conductibilité qu’en se rapprochant du cuivre, dont la résistance à la traction est faible; et l’on n’atteint une grande résistance mécanique qu’en incorporant au cuivre des métaux étrangers qui font tomber de beaucoup sa conductibilité électrique. Toutefois, les bronzes phosphoreux ou siliceux, mis en service depuis quelques années, semblent avoir satisfait, dans une certaine mesure, à ces exigences multiples et contradictoires. Blais, outre leurs prix très élevés, ces bronzes, dans lesquels le phosphore ou la silice ne paraissent d’ailleurs jouer qu’un rôle transitoire, au moment de la fabrication, présentent des inconvénients dont quelques-uns ne se manifestent qu’au bout d'un certain temps d’usage; ils deviennent cassants et granuleux, supportent mal le pliage, le dévidage et la torsion, et exigent des précautions assez minutieuses dans leur mise en œuvre.
- Frappé de ces inconvénients, un industriel, M. Édouard Martin, a cherché et obtenu la solution du problème au moyen d’un conducteur nouveau, consistant en une âme d’acier, recouverte d’une enveloppe de cuivre pur. Ce fil
- bimétallique, qui se fabrique d’une façon courante, par les procédés de M. Blartin, dans son usine de Joinville-lc-l’onl, a déjà fait l'objet de commandes importantes de l’Administration des télégraphes et de plusieurs gouvernements étrangers, à la suite d’essais fort concluants, dont nous donnons ici les résultats les plus essentiels.
- La résistance à la traction du fil bimétallique, d’autant plus grande que les diamètres sont plus faibles, varie de 75 à 95 kilogrammes par millimètre carré, c’est-à-dire qu’elle est toujours supérieure à celle de l’acier. Ce fait, qui peut sembler surprenant, n’en est pas moins formellement constaté par l’expérience.
- Quant à la conductibilité électrique, elle est de 60 pour 100, rapportée à celle du cuivre pur pris pour étalon.
- Si l’on considère, pour fixer les idées, une ligne téléphonique en cuivre pur de 15 dixièmes de millimètre de diamètre, le fil aurait une conductibilité convenable, mais ne présenterait pas une résistance suffisante à la 1rac-tion.
- Pour obtenir la même conductibilité, un fil bimétallique devra présenter un diamètre de 19 dixièmes de millimètre, et il aura, dans ce cas, une résistance méca-
- Coupe transversale et coupe longitudinale d’un conducteur bimétallique à âme d’acier de de diamètre (Échelle : 5(1).
- nique tout à fait suffisante. Pour obtenir cette résistance à la traction, un fil de cuivre pur devrait avoir 25 dixièmes de millimètre de diamètre.
- Ce dernier conducteur pèserait 45kg,700 par kilomètre et coûterait 9 P\75.
- Le fil bimétallique de 19 dixièmes pèse 25ke,350 par kilomètre et coûte 48,r,15.
- Ce seul exemple suffit à montrer quels avantages présente le fil bimétallique, comme économie et comme légèreté, à résistance mécanique égale.
- Les coupes, transversale et longitudinale, que nous donnons dans la figure ci-dessus, représentent, à une échelle quintuple, le fil de 19 dixièmes de millimètre dont nous venons de parler, et indiquent suffisamment la façon dont les deux métaux, acier et cuivre, sont associés. On peut d’ailleurs fabriquer des fils des diamètres les plus variables, depuis moins d’un dixième de millimètre jusqu’à un centimètre et plus, et faire varier les proportions respectives des deux métaux, suivant le degré de conductibilité qu’on veut obtenir.
- Une objection qui se présente naturellement à l’esprit, mais qui est détruite par l’expérience, consiste dans la différence de dilatation du cuivre et de l’acier, sous l’action de la chaleur. Il semble que le conducteur bimétallique, soumis à des températures variables, devrait ainsi subir une sorle de dislocation, chacun des deux métaux se dilatant pour son compte, et un glissement se produisant à la surface de contact. II n’en est rien; le conducteur se comporte comme un métal unique et conserve sa solidité aux températures les plus différentes. Il y aurait lieu d’étudier de près ce côté delà question, de déterminer le coefficient de dilatation linéaire d’un fil ou d’un barreau bimétallique sous l’action de la chaleur, et de savoir ainsi, dans cet état moléculaire particulier des deux métaux, si le cuivre
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- a une tendance à entraîner l’acier, ou bien l’acier à retenir le cuivre. Ces expériences devraient cire faites avec une grande précision et présenteraient un réel intérêt scientifique; mais elles n’influeraient pas sur la valeur d’application industrielle du nouveau conducteur, qui est amplement établie par les constatations rappelées sommairement ci-dessus. A. Laisant,
- docteur ès sciences.
- SUR LA
- GRADUATION DES PÈSE-ACIDES BAUME
- EMPLOYÉS DANS LINDUSTRIE1
- y a plus de vingt ans, étant attaché comme chimiste à une grande soudière des environs de Rouen, j’ai eu l'occasion de m’occuper du degré Baumé marqué par les différents acides minéraux. Les documents rétrospectifs que j’apporte sur cette question présenteront peut-être quelque intérêt.
- J’avais remarqué le désaccord existant entre les aréomètres du commerce. En plongeant dans l’acide sulfurique concentré, des pèse-acides fournis par cinq fabricants, on avait trouvé, à la température de 15°, les degrés suivants : 64°,G, 65°,9, G5°,l, G4°,7, G6°,9. J’appris que ces instruments n’avaient pas été gradués en opérant d’après les indications données par Baumé pour la construction de son pèse-acides. On marquait 0 au point d’affleurement de l’aréomètre dans l’eau distillée, et 66 au point d'affleurement dans l’acide sulfurique. L’espace compris était divisé en GG parties égales. Le mauvais calibrage du tube aréomélrique et la graduation sur papier expliquent pourquoi les chiffres donnés par les instruments accusent de pareils écarts. l)e plus, il faut savoir que l’acide sulfurique concentré (huile de vitriol du commerce) n’est pas de l’acide sulfurique monohydraté pur, et ne renferme pas moins de l pour 100 d’eau en sus de la composition assignée parla théorie. On peut dire qu’il est rare de rencontrer deux échantillons d’acide sulfurique sortant de l’alambic en platine présentant exactement la même densité.
- Les réclamations concernant le degré des acides sulfurique, chlorhydrique et nitrique, étaient fréquentes. On parlait souvent de recourir à un aréomètre-étalon pour avoir le degré exact, mais les aréomètres-étalons présentaient aussi entre eux des différences notables.
- Pour éclairer cette question, j’eus l’idée de demander à M. Baudin, le constructeur bien connu des physiciens, d’établir un aréomètre qui donnerait les deux échelles : le degré Baumé et la densité correspondante. L’instiument gradué sur verre porte la date (1863-1). La graduation du pèse-acides a été obtenue en suivant exactement les indications données par Baumé, maître apothicaire de Paris, de l’Académie des sciences, etc. (Avant-Coureur, 176»).
- J’ai vérifié la pureté absolue du chlorure de sodium sec, qui a été dissous dans l’eau. La graduation a été effectuée à la température de 15°. Une des échelles, désignée pèse-acides de Baumé, va de 0° à 69°. L’autre, désignée den-simètre Baudin, part de 1000° et va jusqu’à 1850°. Le 0 et le 1000 sont naturellement sur la même ligne.
- Pour vérifier le densimètre, il a suffi de faire des mélanges quelconques d’acide sulfurique et d’eau distillée. Si dans le liquide refroidi à lo°, on plonge l’instrument,
- 1 Voy. n° 915, du 13 décembre 1890, p. 18
- on trouve exactement le même chiffre que celui donné par une balance sensible en pesant un litre de liquide. Avec un pareil instrument, dont les deux graduations ont été obtenues expérimentalement, on trouve que l’acide sulfurique monohydraté, dont la densité est de 1,842 (Marignac) marque 68°,o au pèse-acides de Baumé.
- C’est donc bien à tort que l’on dit depuis si longtemps que l’acide sulfurique marque 66° à l’aréomètre de Baumé.
- 11 y a lieu d’ajouter que celte erreur peut être signalée dans les ouvrages de chimie, même les plus récents. Dans beaucoup d’industries organiques, on a remplacé les aréomètres Baumé, par des densimètres dont la vérification est des plus simples. Il est à souhaiter que cette modification soit introduite dans les soudières où l’on a, à chaque instant, besoin de constater la densité des dissolutions salines et des acides. L. L’Hôte.
- MACHINES A ÉCRIRE1
- Nous avons déjà décrit plusieurs de ees appareils qui sont appelés à rendre service quel que soit leur genre de construction et même lorsqu’ils ne permettent pas d’écrire plus vite qu’avec la plume. Il y a bien des personnes, en effet, qui ne tiennent à avoir une machine à écrire que pour mettre à l’occasion un titre sous une gravure, ou écrire des étiquettes, des adresses, etc., et quelquefois aussi une lettre peu longue. Il y a en effet, comme déjà nos lecteurs ont pu s’en rendre compte, deux sortes de machines à écrire. Les unes où l’alphabet, inscrit sur un clavier, répond à des lettres typographiques qui toutes vont frapper en un point unique dès que la touche qui leur correspond est pressée; celles-là permettent d’écrire plus vile qu’avec la plume. Les autres, plus simples, beaucoup moins coûteuses, mais aussi moins rapides, nécessitent deux opérations : la première, qui consiste à amener la lettre en face de l’endroit où elle doit marquer, la seconde qui consiste à appuyer de façon à l’imprimer sur le papier. C’est précisément la combinaison de ces deux mouvements qui différencie entre elles les machines du second genre et lui permet plus ou moins de se rapprocher de celles du premier genre.
- Parmi les machines du premier système, nous en ferons connaître une déjà ancienne, mais dont le mécanisme nous a paru ingénieux; il s’agit du vélo-graphe (fîg. 1), imaginé par M. Eggis. Ce système consiste principalement en un disque sous lequel sont placés les caractères d’imprimerie : majuscules, minuscules, ponctuation, rien n’y manque. Au moyen de deux boutons placés sur le disque, on amène successivement la lettre désirée au-dessus du papier. L’un des boutons correspond aux lettres majuscules et aux chiffres, montés sur la moitié de la circonférence; l’autre bouton, aux minuscules et signes de ponctuation montés sur l’autre moitié. L’indication de tous les caractères fixés sur le disque mobile est inscrite sur la partie fixe en face du papier; il suffit donc d’amener le bouton en face de
- 1 Voy. Tables des matières des dix premières années.
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- Tune de ces indications, puis d'appuyer légèrement pour obtenir l’impression. Le papier se trouve enroulé sur un petit cylindre qui, à chaque impression, avance automatiquement d’un cran dans le sens longitudinal; après chaque mot on donne l’espace nécessaire en appuyant sur le bouton spécial M, le cylindre entre ainsi peu à peu sous le disque.
- Lorsque la ligne est terminée, on le retire et on tourne le bouton qui le termine pour enrouler un peu le papier, de l’espace d’une ligne. L’encrage est obtenu au moyen de deux petits rouleaux sur lesquels passent les lettres au moment où on les amène en face de l’indication qui leur correspond. On peut, si on le désire, changer le genre des caractères, car le constructeur les a fondus sur des segments d’anneaux qui se fixent très facilement sous le disque.
- On peut donc avoir un assortiment de ces segments comprenant chacun un alphabet d’un type différent.
- La machine Meritt, que nous allons présenter à nos lecteurs (fig. 2), appartient aux appareils du second système de notre classification.
- Elle est de création récente ; chez elle le mouvement, au lieu d’être circulaire, est rectiligne. Tous les caractères sont amenés successivement au même point en faisant coulisser de droite à gauche ou de gauche à droite, au moyen d’une poignée, une petite rigole en métal dans laquelle ils sont rangés l’un à côté de l’autre. On fait entrer cette poignée dans l’entaille placée au-dessus de l’indication de la lettre qu’on veut imprimer. Dans son état normal, la machine
- imprime les lettres minuscules. Pour imprimer les majuscules il suffit d’appuyer sur une touche spéciale placée à gauche de l’appareil et marquée « ma-jus ». On obtient ainsi un déplacement de la rigole parallèlement h elle-même qui amène une majuscule ; il en est de même pour la ponctuation qu’on obtient en appuyant sur une autre touche placée à côté de la première.
- Le papier est placé sur un petit cylindre en caoutchouc qui est monté sur un chariot et avance de droite à gauche automatiquement à chaque lettre qu’on imprime. L’espace entre les mots s’obtient au moyen d’une touche spéciale et l'espace entre les lignes, en tournant le cylindre autour duquel est enroulé le papier. Un petit timbre, placé sous le chariot, sonne lorsqu’il va être au bout de sa course et qu’il ne reste plus que neuf lettres à imprimer, ce qui permet de terminer un mot ou le diviser convenablement. L’encrage est obtenu, comme toujours, au moyen de petits rouleaux sur lesquels frottent les lettres en se déplaçant pour venir prendre la place où elles doivent s’imprimer. On remarquera que dans cette machine tous les caractères sont mobiles dans la rigole qui les contient et que rien n’est plus facile que d’enlever l’un d’eux pour le nettoyer, le réparer ou le remplacer. On peut même, en intervertissant l’ordre de rangement d’une façon convenue, obtenir une écriture secrète avec la plus grande facilité. DrZ....
- Fig. 2. J—^Nouvelle machine à écrire de M. Meritt.
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- LE REPEUPLEMENT DES MERS
- PAR LA REPRODUCTION ARTIFICIELLE DES POISSONS
- Le nombre des pêcheurs et des consommateurs augmente, la quantité des poissons diminue : telles sont les conclusions que nous impose la statistique. Si les mers tendent a se dépeupler, cela tient, en majeure partie, au perfectionnement des engins et des procédés de pêche, à la consommation toujours croissante et à une foule de causes de destruction nouvelles, parmi lesquelles je citerai le bouleversement des fonds de la mer dans la pêche par les bateaux à vapeur. La production n’est plus à la hau-
- teur des besoins, et l’on ne songe guère a la développer.
- Certes, il est agréable de s'abandonner aux anciens errements, de récolter sans s’occuper de semer et de se contenter des aubaines que peut livrer le hasard. Tout l’art du pêcheur porte sur la perfection des procédés de capture, sans qu’il s’intéresse le moins du monde aux sources du revenu tout gratuit que lui lait la nature. Cette manière d’agir rappelle l’enfance de l’humanité; dans la société moderne, elle constitue un véritable anachronisme.
- Malheureusement, tout a une fin. Les pêcheurs ont beau affronter les intempéries des saisons, s’exposer à des dangers divers pour arracher à la mer
- L’établissement de pisciculture de Flüdevig, en Norvège. (D’après une photographie.)
- les derniers restes de sa faune, ce n'est plus qu’au prix d’efforts de plus en plus considérables qu'ils arrivent à subvenir à leurs besoins. Cependant le cours commercial des marchés suit une progression ascendante, tant à cause de la dépréciation monétaire que par suite de la prépondérance de la demande sur l’offre. La pêche n’est plus assez rémunératrice, à cause de la pénurie graduelle des poissons. Le pays se trouve ainsi privé d’une ressource alimentaire, gagne-pain d’une classe nombreuse de la société, d’autant plus précieuse qu’elle est spontanée.
- La nécessité a forcé l’agriculture a sortir de sa routine séculaire; au lieu de persévérer dans ses procédés primitifs, elle s’est élevée au niveau des besoins modernes. Ce n’est d’ailleurs qu’aux épo-
- ques les plus barbares qu’on s’est contenté des produits naturels du sol. Mais aujourd'hui quel agriculteur s’aviserait de récolter dans des champs incultes? Tels sont, cependant, les procédés auxquels on s’attarde pour les poissons.
- La concurrence vitale des peuples acquiert de nos jours une acuité qui nous fait un devoir de développer les ressources nationales. S’il est vrai que la grandeur d’un peuple dépend autant de la richesse de ses ressources que de sa force armée, les défaites — et non les moins importantes — ne sont pas subies exclusivement sur le champ de bataille. Créer, développer, cultiver une source de richesse nationale, n’est-ce pas faire œuvre patriotique?
- Le remède au mal signalé dans cet article se trouve dans la reproduction artificielle des poissons
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- de mer, dans l’organisation d’une culture soigneuse, peut-être un peu pénible, mais sûrement productive. Pour aboutir à ce résultat, quelques sacrifices pécuniaires — minimes devant l’importance du but à atteindre — seraient nécessaires. Une installation appropriée amènerait, sans aucun doute, le succès définitif. L’union des intéressés, des communes et des départements maritimes, avec l’appui gouvernemental, suffirait à combler ce desideratum, et cela, grâce à des sacrifices réellement insignifiants pour chacun.
- La création d’un établissement de pisciculture marine répondrait à la nécessité actuelle. Divers points de la côte seraient favorables à cette installation; citons Arcachon, La Rochelle ou Biarritz.
- Grâce à cette fondation, les propriétaires des réservoirs d’engraissement pourraient espérer une plus-value considérable de leur revenu; il leur serait possible alors de se livrer à une culture méthodique et certaine, à l’exploitation réellement intensive de leurs produits. Pour les pêcheurs, en général, ce serait la perspective de la repopulation du littoral, de l’abondance relative et même de la mise en valeur des terrains incultes, par la création de réservoirs nouveaux.
- En nous engageant dans cette voie pratique, nous ne pourrions pas nous flatter d’être les premiers et nous imiterions simplement certains pays du Nord, la Norvège et l’Angleterre, qui, depuis plusieurs années, nous y ont précédés. La Norvège, que nous nous représentons peut-être quelquefois comme une sorte de pays assez fruste, tant soit peu arriéré, marche rapidement dans la voie du progrès. Ses villes montrent tout ce que la science et l’industrie moderne nous fournissent de plus perfectionné. Elle possède un grand établissement de pisciculture marine disséminant annuellement des centaines de millions d’alevins de morue. Honoré d’une mission de M. le Ministre de l’instruction publique pour aller étudier les engins et les procédés mis en œuvre dans cette région, nous avons trouvé à Flodevig une installation qui fait honneur au pays qui n’a pas craint de faire des frais sans avoir la certitude de la récolte.
- Placé sur le penchant d’un riant coteau, au fond d’un fjord pittoresque, cet établissement se compose de quelques bâtiments situés à l’embouchure d’un ruisseau où l’on pêche de beaux spécimens de truite marine. L’ensemble des frais d’installation s’est élevé à 50 000 couronnes. Mais il serait facile aujourd’hui de reconstituer le tout moyennant 25 000 couronnes, en évitant les tâtonnements primitifs.
- En été, on y conserve les morues à l’aide de réservoirs flottant dans les eaux du fjord. Nous y avons vu environ 500 poissons, bien vifs quoique un peu maigres, qu’on nourrit avec des débris de crabes, de poissons, etc. Le nombre de captifs est insuffisant, du reste, pour fournir l’immense quantité d’œufs que l’on fait éclore, et, pendant l’hiver, il est porté au double. On place alors les morues
- dans un grand bassin artificiel de 19 mètres de longueur, 6 de largeur et 5 de profondeur, abrité par une toiture et dont l’eau est constamment renouvelée par une pompe à vapeur. Celle-ci, de la force de 5 chevaux, travaille nuit et jour pendant cette période et donne 4000 barriques d’eau de mer en vingt-quatre heures.
- Une des innovations les plus remarquables de la station piscicole est la suppression de la ponte artificielle, c’est-à-dire de l’expulsion des œufs par la pression des parois abdominales. L’ancienne manière de faire constituait une cause permanente de maladie pour les individus reproducteurs, et aboutissait beaucoup trop souvent à l’évacuation de produits non encore mûrs.
- Grâce à l’ingénieuse organisation créée par M. Dan-nevig, le distingué directeur de l’établissement, les morues pondent naturellement dans les eaux du bassin d’hiver. Les œufs flottants fécondés sont recueillis et placés dans les appareils où se passe la période .d’incubation. La même eau alimente ces derniers et permet de faire éclore presque sans peine l’immense quantité d’alevins que ce beau laboratoire rend tous les ans à la mer.
- La création de ce vaste et bel établissement, les projets divers que l’on étudie et la passion que l’on met en Norvège à discuter les idées qui se rattachent à cette question de pisciculture marine, dont on ne saurait contester le grand avenir, met sans contredit ce pays, si ami de la France, au premier rang pour cette industrie scientifique. Notre vif désir est que la France participe aussi à cette initiative hardie et qu’à son tour elle s’engage dans cette même voie qui pourra contribuer pour une part importante au relèvement de la richesse nationale.
- J. Kujnstler,
- Professeur adjoint à la Faculté des sciences de Bordeaux.
- ‘ CHRONIQUE
- Un voyage autour du monde. — M. Albert Tis-sandier, dont nos lecteurs connaissent les beaux voyages en Asie et en Amérique, vient de revenir à Paris, après une absence d’une année, ayant accompli une nouvelle expédition, autour du monde, cette fois. Chargé en janvier 1890 par le Ministère de l’instruction publique et des beaux-arts d’une mission archéologique dans l’Inde, la Chine et le Japon, M. Albert Tissandier a visité la partie méridionale de l’Inde où sont situés les merveilleux temples de Mahavellipore, de Madura, Conjeveram, etc.; l’ile de Ceylan et ses deux curieuses villes mortes Anaradha-pura et Pollonarua dont les ruines superbes montrent l’antique civilisation de la population cynghalaise qui existait il y a deux mille années. Un séjour de près de quatre mois en Chine lui a permis de pénétrer dans l’intérieur du pays jusqu’à Ichang et Nanto situés sur les bords du Yang-tse, l’uu des plus grands fleuves du monde. Il a pu faire des explorations dans les montagnes de cette région pour y étudier les nombreuses pagodes pittoresques et admirer des paysages grandioses ; il a visité* Pékin et les Grandes Murailles. Les principales villes du Japon et
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- LÀ NATURE.
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- l’intérieur de ce magnifique pays ont été parcourus.également par lui. Après avoir traversé l’océan Pacifique, M. Albert Tissandier est revenu en France par Vancouver, le Canada et New-York. 11 rapporte une importante moisson de documents inédits et de croquis de voyage dont La Nature aura la primeur et dont nos lecteurs apprécieront assurément tout l’intérét.
- Statues de neige. — Pierre de Médicis employa, pendant un hiver, Michel-Ange à faire des statues de neige. Une statue de ce genre avait été élevée dans un carrefour de Paris, pendant un rude hiver, sous le règne de Louis XIII avec ce quatrain :
- Passants, qui par ici passez Souvenez-vous des trépassés Et priez Dieu qu’il gèle fort,
- Car s’il dégèle, je suis mort.
- Pendant le rude hiver de 1789, les monuments de neige se multiplièrent à Paris. — Une statue de jeune fille portait cette inscription :
- Fille à marier avant le dégel.
- Dans le rigoureux hiver de 4784, Louis XVI ayant écrit au contrôleur général de donner tous les secours nécessaires pour alléger la misère du peuple, les Parisiens lui érigèrent, comme cadeau d’étrennes, une statue de neige au coin de la rue du Coq. Le piédestal portait entre autres inscriptions :
- Louis, les indigents que ta bonté protège Ne peuvent t’élever qu’un monument de neige;
- Mais il plaît davantage à ton cœur généreux Que le marbre payé du pain des malheureux.
- Le télégraphe en Chine. — Le Céleste-Einpire possède actuellement un réseau de fils télégraphiques qui ne mesure pas moins de 26 550 kilomètres et va sans cesse s’agrandissant. Le gouvernement chinois fait construire en ce moment une ligne de 4600 kilomètres à l’ouest de Kansouh, allant vers la frontière nord-ouest de la Russie. Et comme, d’autre part, un arrangement récent, passé entre la Russie et la Chine, stipule la jonction des lignes télégraphiques chinoises et sibériennes dans la vallée du fleuve Amour, il existera bientôt une communication électrique directe entre Paris et Pékin.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 janvier 1891. —Présidence de M. Duchartre.
- Elections. — La séance a été très abrégée à cause d'un comité secret dans lequel doit être présentée la liste des candidats à la place vacante dans la section d’économie rurale : les membres qui avaient des présentations à faire ont été invités à se borner à l’énoncé du titre de ces travaux. On a élu un correspondant dans la section de chimie. La liste de présentation portait : en première ligne, M. Haller à Nancy ; en deuxième ligne ex œquo et par ordre alphabétique ; M. Cazeneuve à Lyon, M. de Forcrand à Monlpellier, et M. Wilm à Lille. Les votants étant au nombre de 47, M. Haller a été nommé par 45 voix contre 1 donnée à M. Cazeneuve et 1 billet blanc.
- La constitution de l'écorce terrestre. — C’est aussi à la hâte de se former en comité secret qu’il faut attribuer le peu de détails avec lequel M. Faye a déposé un Mémoire de lui sur la constitution de l’écorce terrestre.
- Revenant sur des sujets qui l’ont déjà occupé, l’illustre astronome rappelle que les mesures les plus, récentes et les plus précises confirment l’opinion émise par Laplace que la terre est un ellipsoïde de révolution. Il se demande comment les dislocations géologiques dont les monts du globe portent de si éloquents et si nombreux témoignages n’ont pas pu altérer cette forme : il se demande aussi comment il se fait qu’une compensation au relief des continents est si exactement distribuée dans les profondeurs souterraines que nulle part la pesanteur n’est modifiée notablement ni dans sa direction ni dans son intensité. Malheureusement l’auteur se borne à dire qu’il a résolu le problème, mais sans nous faire profiter dès aujourd’hui des détails de sa démonstration.
- La vis tellurique. — En présence du grand succès que rencontrent les vues générales de M. Mendeleef sur les relations mutuelles des éléments chimiques, M. Lecoq de Boisbaudran a cru nécessaire de rappeler que l’origine première de ces considérations est due à notre compatriote feu M. Beguyer de Chancourtois. Cet ingénieur a, en effet, présenté le 7 avril 1862 à l’Académie des sciences un Mémoire intitulé : Vis tellurique; classement naturel des corps simples ou radicaux obtenu au moyen d'un système de classificatioti hélicoïdal et numérique. Tout en applaudissant au sentiment qui a inspiré M. de Boisbaudran, M. Berthelot fait remarquer que le travail de Chancourtois est bien loin d’ètre tombé dans l’oubli. Les Allemands ne le mentionnent pas, il est vrai; mais les Allemands ne citent que les Allemands et considèrent les autres savants comme non avenus. Les Notes de Chancourtois sont insérées dans les Comptes rendus où tout le monde peut les voir.
- Varia. —M. le Dr George fera, dimanche 18 janvier, à 2 heures et demie, au Conservatoire des arts et métiers, une conférence sur Vhygiène de la vue avec projections par M. Molteni. — De la part de M. Collot, M. Friedel signale un appareil dont l’emploi rend bien plus rapides les pesées de précision. — Un chimiste étudie l’action du phénol sodé sur le camphre cyané. — D’après M. Loubin, l’argent jouit de propriétés magnétiques non soupçonnées jusqu’ici. — Une contribution à l’étude physiologique de la racine est adressée par M. Lesage. — D’après M. Letel-lier, la lumière a une action très sensible sur la formation des épines chez les végétaux. — Une méthode de correction des thermomètres est décrite par M. Guillaume.
- , Stanislas Meunier.
- IA SCIENCE PRATIQUE
- APPAREILS MOUILLEURS POUR ENVELOPPES ET TIMBRES
- L’invention des enveloppes gommées et des timbres enduits de colle, a réalisé, sans aucun doute, un grand progrès; rien n’est plus vite fait aujourd’hui que de coller un timbre, après l’avoir promené sur la langue pour enduire de salive la gomme arabique dont sa face postérieure est recouverte ; de même, rien de plus simple que la fermeture d’une enveloppe, après que nous avons passé sur son rebord gommé le bout de notre langue; le pot de colle et la cire à cacheter d’autrefois sont désormais devenus inutiles. Mais, si cette opération du lechage est rapide, elle est toujours désagréable et peut même devenir dangereuse pour les personnes astreintes quo-
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- LA NATURE.
- tidiennement à l’expédition d'un volumineux courrier.
- Acheté au bureau de poste, le timbre a déjà passé par un grand nombre de mains ; au débit de tabac, il vous est délivré par une personne dont les doigts sont continuellement en contact avec cette plante d’une odeur si pénétrante; que dire enfin du « timbre pour réponse », fixé par un de ses coins sur une lettre qui vous est adressée, et, par conséquent, déjà partiellement léché par une autre personne? Outre cette question de propreté, il y a aussi la question d’hygiène. Le léchage d’un grand nombre de timbres laisse dans la bouche un goût désagréable et a, de plus, l’inconvénient d’augmenter la sécrétion des glandes salivaires. Encore ne s’agit-il ici que de la mise en contact avec notre langue d’une substance complètement inoffensive, la gomme arabique, imposée par l’État pour la fabrication des timbres-poste, timbres de quittances, etc.
- Fig. 1. — Mouilleur épislolairc.
- d’abord l’éponge qui baigne dans un récipient plein d’eau, ce qui entretient sa surface toujours humide. Mais l’évaporation du liquide se fait très vite; il faut donc le renouveler fréquemment. — Voici deux petits appareils (fîg. 1 et 2) qui me semblent, chacun dans son genre, fournir la solution pratique du problème.
- Le premier, baptisé par son inventeur du nom de Mouilleur épistolaire, n’est autre chose qu’un récipient cylindrique plein d’eau, fermé, en guise de couvercle, par une tête de chien qui se visse à la partie supérieure. La gueule de l’animal est ouverte et contient un petit tube dans lequel glisse, à Iroltement, une mèche de coton qui trempe à l’intérieur dans le liquide, et fait saillie, à l’extérieur, d’environ un centimètre. L’eau monte, par capillarité, dans la mèche, de sorte que la partie extérieure se trouve toujours humide. Notre dessin montre comment on se sert de ce petit appareil ; il suffit de promener l'extrémité de la mèche, figurant la langue de l’animal, sur la partie gommée de l’enveloppe ou
- Si nous passons aux enveloppes, dont la fabrication n’est soumise à aucun contrôle, nous nous trouvons en face de dextrines, de gommelines, de gélatines, etc., de qualités souvent inférieures, et dont la décomposition rapide peut donner naissance à une multitude de germes dangereux qui n’attendent qu’une occasion (par exemple, une écorchure ou une coupure produite sur la langue ou les lèvres par le rebord gommé de l’enveloppe), pour pénétrer dans notre organisme. 11 nous faut donc chercher un moyen rapide et commode de mouiller timbres et enveloppes sans avoir recours à notre langue. — Un amusant fantaisiste a décrit, dans une scène humoristique, l’entrée au bureau de tabac, d’une dame, suivie de sa domestique, et faisant tirer la langue à cette dernière pour y humecter le timbre-poste qu’elle vient d’acheter. Je n’indique ce procédé qu’en passant, pour arriver à des systèmes plus sérieux. Nous avons
- Fig. 2. — Mouilleur à cylindre.
- sur le dos du timbre. L’appareil étant en métal possède un certain poids qui en fait un excellent presse-papiers à poser sur le bureau.
- Le second appareil (fig. 2) consiste en un petit godet allongé, en cristal, portant à ses deux extrémités deux encoches et contenant un cylindre en verre dépoli, muni de deux tourillons qui reposent dans ces encoches. La partie inférieure du cylindre baigne dans l’eau que contient le godet, et en faisant tourner le cylindre dans le liquide on humecte ainsi constamment la partie supérieure, sur laquelle on frotte le timbre ou l’enveloppe qu’il s’agit d’hu-mecter. Le mouilleur à cylindre sert également à humecter les doigts des caissiers chargés de compter les billets de banque, et qui, maniant journellement des monnaies de cuivre, ne pourraient, sans danger, porter leurs doigts à leur bouche. Arthur Good.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- F
- S» 921. — 24 JANVIER 1891.
- LA NATURE.
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- L’HIVER 1890-1891
- LES GRANDS FROIDS SONT-ILS PÉRIODIQUES? -- ÉTUDES
- A ENTREPRENDRE. --- LES CRISTAUX DE NEIGE. -- LE
- VERGLAS. --- LA FORMATION DES GLACES FLOTTANTES.
- --- LE PATINAGE. -- RÉCOLTE DE LA GLACE.
- L’hiver que nous traversons comptera parmi les plus remarquables de notre siècle, par la durée et la persistance exceptionnelle des périodes de froid qui ont eu lieu presque sans interruption depuis le 26 novembre 1890.
- Dix ans auparavant, l’hiver 1879-1880 aura été plus rigoureux encore ; le mardi 9 décembre 1879, à 8 heures du matin, le thermomètre est descendu à 25°, 9 au-dessous de zéro1.
- L’abondance des neiges a été alors absolument exceptionnelle.
- En remontant encore à dix années en arrière, nous arrivons à l’hiver 1870-1871,pendant lequel les froids persistants ont causé tant de souffrances parmi nos armées.
- Le5janvierl871, le thermomètre est descendu, au
- Parc de Saint- tFig. 1. — Un des dragons de
- Maur, à 11°,9 au- et ses stalactites de glace, en janvier 1891 dessous de zéro.
- H semblerait qu’il y a là, dans ces trois dates, l’indication d’une périodicité décennale dans les grands froids; mais en continuant à passer en revue dans le passé, les hivers rigoureux, on va voir que rien n’indique plus qu’ils sont séparés entre eux par un espace de temps d’une durée régulière.
- Parmi les hivers qui sont restés célèbres par l’intensité du froid dans notre siècle, nous aurons à citer 1798 (date voisine de 1800), 1820,1829-1830,1840-1841,1855, 1858. La période décennale est nette-
- 1 Yoy. n° 545, du 27 décembre 1879, p. 5(3.
- 19e un#». — 1er semestre
- ment désignée parles dates 1820,1830, 1840,1870> 1880,1890 ; majs elle cesse de l’être pour les années 1800, 1810, 1850, 1860, pendant lesquelles les hivers n’ont pas été exceptionnels. Aucune périodicité de ce genre ne se remarque au dix-huitième siècle ; il faut donc attendre de l’avenir la solution de ce problème aujourd’hui très incertain,1.
- Quoi qu’il en soit de cette intéressante question de la périodicité en météorologie, les grands hivers,
- comme celui dont nous subissons l’action, offrent toujours un intérêt particulier pour l’observar teur. Il semblerait que les phénomènes produits par l’abaissement de température et qui se nomment neige, verglas, glace, congélation des rivières, doivent être connus et expliqués, depuis tant de siècles que l’homme a eu l’occasion de les étudier : il n’en est rien, et il n’en est pas un d’entre eux qui ne prête à des observations nouvelles èt qui ne puisse ouvrir au savant et au philosophe des voies encore inex-
- plorées.
- Je me rappelle avoir entendu dire, il y a près de vingt ans, à mon vénérable ami, M. James Glaisher, l’ancien l’Observatoire météoro-
- la fontaine Saint-Michel à Paris,
- . (D’après une photographie de M. Berthaud.)
- et savant directeur de logique de Greenwich, qui avait repris, après Sco-resby, l’étude des cristaux de la neige, que la vie d’un homme ne suffirait pas à recueillir toutes les variétés de formes de ces merveilleuses .étoiles. Je me souvenais de ces paroles dans la matinée du jeudi 8 janvier 1891, au moment où il tombait des flocons de neige qui offraient de ces cristaux dans des conditions tout a fait remarquables de netteté. Les cristaux, aux branches hexagonales, n’avaient pas
- 1 Nous avons passe en revue les dates de tous les grands hivers dans noire numéro 543, du 27 décembre 1879, p. 50. '
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- LA NATURE.
- moins de 5 millimètres de diamètre, les formes qu’ils affectaient étaient multiples, variées et d’une régularité parfaite. J’en ai observé plus de vingt cristallisations différentes en moins d’un quart d’heure. Scoresby, jadis, en a dessiné plus de quatre-vingt-seize formes distinctes, M. Glaisher plusieurs centaines. Nos traités de physique et de météorologie en donnent assurément des spécimens. Mais les formes représentées sont peu nombreuses et presque toujours les mêmes. Ces cristallisations mériteraient d’être mieux connues ; nous en recommandons l’étude aux observateurs. Elles ne sont assurément pas indignes d’attirer leur attention; jadis ces fleurs de la neige ont excité l’admiration de Kepler ; notre illustre Descartes en parle dans son incomparable Discours de la méthode. 11 consacre même de longues pages à l'étude d’un verglas particulier qu’il observa à Amsterdam pendant l’hiver 1635. La pluie se congelait en arrivant à terre, les grains de glace, de la grosseur H (fig. 2), étaient parfois entourés de six dents
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- Fig.2.— Grains de givre observés par Descartes en 1655. (Fac-similé d’un dessin publié dans la première édition du Discouru de la méthode.)
- t< semblables, dit Descartes,à celles des roues des horloges, ainsi que vous voyez vers I. » Le grand philosophe donne, dans les autres figures Q,R,Z, etc., les formes étranges de ce verglas, dont quelques grains représentés en M étaient « hérissés de poils sans nombre, composés d’une neige pâle et subtile ».
- Le phénomène du verglas peut offrir ainsi l’occasion d’un très grand nombre d’observations intéressantes. Il y a eu, à Paris, dans ces derniers temps, plusieurs faits de ce genre, semblables, du reste, à ceux des hivers précédents ; un dégel momentané fait fondre la neige qui, se reprenant en glace, forme les surfaces glissantes qui recouvrent le sol. C’est par une action du même genre que prennent naissance les stalactites de glace que l’on voit formées parfois sous les réverbères à gaz ou sous les ponts. L’eau fondue de la neige est transformée en glace transparente sous l’action d’une nouvelle reprise du froid.
- Les stalactites de glace que l’on observe dans les fontaines sont au contraire formées directement par la congélation de l’eau : c’est ainsi que se produisent autour des jets d’eau ces carapaces glacées qui forment un ornement si singulier autour des statues de nos fontaines artistiques. Chaque fois qu’il gèle
- à Paris, les dragons de bronze de la fontaine Saint-Michel sont ainsi recouverts d’une architecture de glace, bien connue des promeneurs, et dont nous reproduisons le curieux aspect1 (fig. 1).
- Il est une autre question relative aux grands hivers et qui, encore aujourd’hui très controversée parmi les physiciens, nécessiterait de nouvelles observations. Il s’agit de celle de la formation des glaces flottantes. Plusieurs de nos lecteurs nous ont écrit à ce sujet, et nous ont demandé de leur dire si la glace se formait à la surface, ou au fond de l’eau. Celte question n’est pas un problème nouveau, car déjà en 1749, dans sa Dissertation sur la glace, Dortous de Mairan écrit un chapitre spécial intitulé : Si les grandes rivières commencent à geler par leur superficie, oü par le fond de leur lit2. Dans les eaux tranquilles il est incontestable que la glace’se forme à la surface, cela est la conséquence du maximum de densité de l’eau à 4 degrés centésimaux. Quand l’eau se refroidit après l’été, elle atteint peu à peu de basses températures ; lorsque les couches superficielles sont à 4 degrés, elles tombent au fond du récipient, vase, lac ou étang qui les contient, et les couches supérieures en se refroidissant encore, restent à la surface, parce qu’elles sont moins denses : les premiers cristaux de glace se forment et grandissentà la surface du liquide.
- En est-il de même pour l’eau courante en mouvement des fleuves et des rivières? Il semble, comme nous allons le voir, par de nombreuses observations, peu connues, et que nous allons résumer, que la réponse doit être négative, au moins dans un grand nombre de cas. Le sujet a donné lieu à des discussions qui sont bien loin d’être épuisées. Voici ce qu’Arago disait à ce sujet :
- « On cherche où et comment se forme cette immense quantité de glaçons flottants que les
- 1 Le verglas n’est pas toujours formé par l’eau de pluie. Il peut provenir de la congélation du brouillard et de la vapeur d’eau atmosphérique. Il constitue alors le givre. Un de nos lecteurs, M. le I)r Henri Taillefer, à Chàteauneuf (Eure-et-Loir), nous communiqué, à ce sujet quelques observations que nous reproduisons :
- Il est reconnu que le vrai verglas, le verglas de pluie, ne dure jamais que quelques heures et se trouve toujours suivi de dégel. Je lis dans l’ouvrage de Fernet, entre autres, qu’on a vu des verglas augmenter progressivement pendant plusieurs jours et amener les accidents que l’on a remarqués dans la forêt de Fontainebleau.
- Dans les premiers jours de janvier, nous avons pu observer le même phénomène : les arbres ployaient sous le poids de la glace, mais celte glace ne provenait pas de la chute d’une pluie fine, mais bien d’un brouillard épais qui se congelait, autrement dit, 1 qgivre. Dans le givre, la vapeur d’eau répandue dans l’air se dépose sous forme de glace sans passer par l’état liquide. Le givre forme une couche de glace spongieuse opaque, tandis que dans le verglas de pluie, la glace est transparente. C'est là la différence que je ne vois pas notée dans les articles qui ont été publiés à ce sujet. Dans ce dernier cas, on aurait un verglas de brouillard et non un verglas de pluie.
- De même avons-nous vu aussi ces jours passés un verglas très intense résultant de la recongélation de la neige apres un dégel passager, ce que j appellerais un verglas de regel.
- 2 Mairan cherche à réagir contre l’opinion populaire et erronée d’après lui, des glaces de fond.
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- rivières charrient vers la mer, et qui, en s’amoncelant sous les arches de pont, donnent lieu quelquefois à de si funestes accidents. J’avoue que sous le rapport théorique, la question ne me paraît pas encore épuisée. »
- La plupart des physiciens croient encore aujourd’hui que la congélation des eaux courantes s’accomplit à la surface, comme celle des eaux stagnantes ; mais les pêcheurs, les bateliers et les riverains soutiennent que les glaçons dont les fleuves sont encombrés en hiver, proviennent du fond, qu’ils ont vu des glaçons jaillir du fond d’un cours d’eau et venir nager à sa surface. Ils prétendent souvent les avoir arrachés du fond avec leurs crocs, et assurent que ces glaçons sont parfois imprégnés de gravier. Un grand nombre d’observations sérieuses confirment ces affirmations.
- En 1730, Haies vit à Teddington, près du rivage, la Tamise couverte à sa surface, d’un lit de glace de 8 millimètres d’épaisseur, mais il existait, au-dessous, un second lit de glace plus épais qui suivait la profondeur de la rivière et qui adhérait au fond.
- À la fin de décembre 1780, Desmarest, de l’Académie des sciences, qui se trouvait alors à Annonay,vit le lit de la Déôme se couvrir d’une glace spongieuse. Elle naquit d’abord sur les bords de cette rivière, elle se montra bientôt dans les parties profondes.
- Braun, bailli de Wilhcmsbourg sur l’Elbe, publia, en 1788, plusieurs Mémoires dans lesquels l’existence des glaces de fond se trouve établie, soit par ses propres observations, soit par les déclarations des pêcheurs. A la suite d’une sérieuse enquête, tous les pêcheurs interrogés par lui, assurèrent que dans les journéees froides d’automne, longtemps avant l’apparition de la glace à la surface du fleuve, leurs fdets placés au fond de l’eau, se couvraient d’une si grande quantité de Grundeis (glace de fond), qu’ils avaient toutes les peines du monde à les retirer.
- Arago cite un assez grand nombre de faits de ce genre. Nous allons reproduire quelques-unes des observations recueillies par lui. Le 11 février 1816, les ingénieurs des ponts et chaussées, en résidence à Strasbourg, virent au-dessus du pont de Kehl que sur beaucoup de points, le lit du Rhin était couvert de glace. Vers les dix heures du malin, cette glace se détacha, monta à la surface, et devint flottante. Le thermomètre, à l’air libre, marquait —12°. L’eau du fleuve était à zéro à toutes les profondeurs. La glace du fond ne se formait cependant que dans les endroits où il existait des pierres et des débris anguleux.
- M. Hugi, président de la Société d’histoire naturelle de Soleure, a publié jadis de nombreux travaux sur les glaces de fond. Les premières observations datent de 1827. Il vit, le 15 février, s’élever continuellement du fond de la rivière l’Aar, à Soleure, une quantité considérable de grandes tables de glace. Une nouvelle série de faits analogues a été mentionnée, en 1829, par le même savant.
- Dans une Note présentée à l’Académie des sciences en 1829, un professeur de physique de Strasbourg,
- M.Fargeau, rapporte qu’il a vu plusieurs fois de ses yeux, sur le grand Rhin, la glace du fond se détacher et venir flotter à la surface.
- Au commencement de février 1830, M. Duhamel ayant cassé la glace dont la Seine était recouverte à sa surface, un peu au-dessous du pont de Grenelle, trouva sur le fond, à trois ou quatre mètres du bord, une couche de glace continue.
- Charles Lyell citait, à peu près à la même époque, plusieurs autres exemples d’observations de formation de la glace au fond des cours d’eau. « Le I)r Plott, dit le célèbre géologue anglais, raconte que, dans la Tamise même, on voit des fragments de glace, ayant à leur surface inférieure du gravier gelé, venir du fond et flotter à la surface. Werlz décrit aussi de grosses pierres qui, dans les rivières de la Sibérie, ont-été vues incorporées dans un bloc de glace, s’élevant du lit de ces rivières, et flottant ensuite à leur surface. »
- En 1886, M. Joseph Fournel, professeur à Lyon, publiait un Mémoire* sur les glaces de fond, dans lequel il écrit que M.Engelhardt, directeur des forges de Niederbronn (Bas-Rhin), a complètement élucidé la question en disant que par l’agitation des eaux courantes, le même liquide peut arriver à avoir tout entier la température de 0°, et que les cailloux et les aspérités du lit du fleuve peuvent favoriser la congélation vers le fond.
- Desmarest avait antérieurement donné une explication du phénomène. D’après lui, lorsqu’un fleuve a atteint dans toute sa masse, et cela par suite du mouvement des eaux et des remous, la température de 0°, le liquide emprisonné entre les graviers et les débris des diverses sortes du fond, se trouve dans un repos qui lui permet de se congeler. Les glaçons sont d’abord retenus au fond, soit parce qu’ils sont soudés à des corps fixes, soit parce qu’ils contiennent dans leur masse du sable ou des graviers ; ils montent a la surface quand leur volume est assez considérable pour que la poussée du liquide puisse les soulever.
- L’explication est absolument correcte; cependant l’observation quotidienne démontre que les glaçons flottants se forment pour la plupart à la surface des cours d’eau : des pellicules glacées prennent naissance à la surface; elles grandissent peu à peu, forment de petits blocs d’aspect neigeux et arrivent 'a se souder les uns aux autres (fig. 2). La formation des glaces de fond, toute réelle qu’elle peut être, ne se produirait que dans des circonstances spéciales. Jadis Gay-Lussac ne partageait pas l’avis d’Arago sur les glaces de fond, et les deux grands savants ont eu plusieurs discussions à ce sujet. Les faits que nous venons de présenter sont trop nombreux pour qu’il nous paraisse possible de les rejeter, et sans admettre, nous le répétons, que le phénomène de la formation des glaces de fond soit général, il parait difficile de le nier d’une façon complète.
- 1 Communiqué à La Nature par M. Dugelay à Lyon.
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- • Nous devons ajouter ici que certains physiciens, -qui ne croient pas à l’existence des glaces de fond, ont expliqué de la façon suivante l’apparition de
- blocs de glace venant du lit des rivières et conte-r nant des pierres enchâssées dans leur masse. Supposez, disent-ils, que la glace formée au bord d’une
- Fig. 5. —L’hiver 1890-1891 à Paris. La Seine charriant des glaçons, 5 janvier 1891. (D’après une photographie de M. Berthaud.
- Fig. t. — Le patinage au bois de Boulogne. (D’après des photographies instantanées de MM. Maurice Bucquel et Mathieu.)
- rivière, et à la surface de l’eau, suivant la théorie, contienne de grosses pierres; admettez que cette glace se détache du bord, les pierres dont elle est
- chargée l’entraîneront au fond du fleuve; là * roulant dans le1 lit, elle pourra, par de.s:choes successifs, se débarrasser des pierres qui la mainte-
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- naient au fond, et vous la verrez sortir tout à coup du fond de l’eau quoiqu’elle ait été, à l’origine, formée à la surface. On le voit, le phénomène de la formation
- des glaces flottantes prête encore aux objections, il n’est pas suffisamment étudié, et nécessite des observations nouvelles. Il pourrait être intéressant de
- Fig. 5. — Récolte de la glace à la surface d’un des lacs du bois de Boulogne à Paris.
- Fig. 6. — Charrettes pour le transport de la glace dans les glacières du bois de Boulogne. (D’après des photographies de MM. Maurice Bucquet et Mathieu.)
- recourir même à l’expérience pour bien élucider la question. Nous avons essayé, pour notre part, d’en exécuter une bien facile à répéter : nous avons exposé
- à l’air froid du dehors, le thermomètre marquant —. 5°, deux vases de verre remplis d’eau. Le premier était immobile, l’eau du second était sans cesse
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- remuée au moyen d’un agitateur. La glace s’est formée à la surface du premier vase; elle a pris naissance sur-les bords du second vase, dont l’eau était en mouvement.
- Si la glace présente de nombreux sujets d’études îu météorologiste, elle offre aussi bien de l’attrait pour les amateurs de patinage qui en attendent impatiemment l’apparition; nous avons voulu garder ici le souvenir de notre rigoureux hiver en offrant à nos lecteurs quelques scènes recueillies au bois de Boulogne par la photographie instantanée (fig. 4). On voit, sur notre gravure, plusieurs amateurs qui se livrent à leurs ébats, un jeune élève qui prend ses premières leçons et un traîneau qui va glisser sur la surface gelée.
- Nous joignons à notre petit dessin de patinage deux tableaux non moins curieux, également recueillis au bois de Boulogne. L’un d’eux montre l’extraction, de la surface d’un lac, des blocs de glace destinés à remplir les glacières de la Ville de Paris (fig. 5), l’autre représente les charrettes qui servent à opérer le transport (fig. 6). La provision de glace pendant cet hiver n’aura pas laissé que d’être abondante.
- ! Quand la période des gelées sera terminée, nous compléterons l’énumération des faits relatifs à l’hi-ÿer 1890-1891 ; il est important de bien enregistrer des phénomènes aussi peu fréquents que ceux dont nous sommes actuellement les témoins. La Seine est encore tout à fait prise à Paris au moment où nous écrivons ces lignes, et, depuis le commencement de notre siècle, c’est-'a-dire depuis quatre-vingt-dix ans, le fait ne s’est présenté que seize fois aux dates suivantes: janvier 1803, décembre 1812, janvier 1820, 1821, 1823, 1829, 1850, 1858, décembre 1840, janvierl854, décembre 1859, décembre-janvier 1864-1865, janvier 1868, décembre 1871, 1879, décembre-janvier 1890-1891.
- L’hiver que nous traversons mérite de fixer toute l’attention des physiciens. Gaston Tissandier.
- PR0GRÈS ÉCONOMIQUES AUX ÉTATS-UNIS
- Au moment où viennent d’être promulgués ce qu’on nomme les Bill» Mac-Kinley, qui mettent pour ainsi dire en interdit tout le commerce, toute l’industrie, toute la production du vieux monde; au moment où l’Union Américaine se renferme, se concentre en elle-même, pour encourager encore sa production nationale en la préservant de toute concurrence extérieure, il est fort intéressant de chercher à constater quels sont les progrès économiques des États-Unis depuis une trentaine, d’années seulement, pour essayer ainsi de juger si l’Union est appelée à bref délai à se suffire à elle-même, ou si dès maintenant elle est en état de le faire.
- En 1860, les États n’avaient qu’une population de 30 millions d’àmes; aujourd’hui, sans attendre le recensement, on peut l’estimer à 60 millions. La population des villes était d’environ 5 000 000; on comptait 141 villes de plus de 8000 habitants. On compte aujourd’hui 286 de ces villes, et la population urbaine dépasse 12 millions.
- En 1860, la production annuelle des mines de houille
- était de 14 millions de tonnes; elle a au moins sextuplé depuis lors, atteignant environ par an 90 millions de tonnes. L’extraction du minerai de fer n’était que de 900 000 livres; elle dépasse aujourd’hui 8 millions de tonnes. Pendant l’année que nous envisageons (1860) les établissements métallurgiques employaient 53 000 ouvriers; aujourd’hui le personnel est de plus de 300 000 ouvriers ; ces établissements consommaient pour 500 millions de francs de matière première, dont ils liraient des produits pour 850 millions par an; la valeur de la matière première a passé à 1900 millions, et les produits sont estimés à 2300 millions de francs.
- Dans l’industrie du bois, nous trouvons presque même progrès : 130 000 personnes peut-être y étaient employées; le chiffre est passé aujourd’hui à 350 000; la valeur des produits manufacturés a plus que triplé.
- La marche des industries des tissus a été aussi rapide. L’industrie de la laine émployait en tout 60 000 personnes; elle en fait vivre 180 000 ; elle livrait sur le marché pour 400 millions de francs de lainages ; elle en expédie maintenant pour 1400 millions. En 1860, les États-Unis importaient 227 millions de yards de cotonnades; dès -1881 cette importation se trouvait réduite à 25 millions de yards; bien plus, les filatures et fabriques de cotonnades, qui emploient plus de 100000 ouvriers, peuvent exporter annuellement plus de 150 millions de yards de leurs produits ; les rapports sont renversés.
- L’exemple de l’industrie de la soie, une industrie toute de luxe, est encore plus typique : le personnel qu’elle employait n’était que de 5000 personnes, il est maintenant de 35 000 au moins. Les fabriques, qui ne produisaient- que pour 30 millions de francs, en fournissent aujourd’hui pour plus de 200 millions.
- La poterie et la faïencerie américaines employaient à peine 12 000 ouvriers; aujourd’hui elles en emploient plus de 30 000.
- Les progrès ont été aussi énormes dans l’élevage : en 1860, l’Union possédait 22 millions de têtes de brebis; il y en a maintenant plus de 40 millions ; la laine produite a monté de 60 millions de livres à 240 millions. Enfin la culture des céréales a donné des résultats plus que doubles, le nombre des fermes a doublé. Et nous n’avons pas besoin de dire qu’en même temps les voies de communication se sont constamment multipliées, si bien même que le réseau des chemins de fera quadruplé.
- Tous ces chiffres sont éloquents : tandis que la population n’a fait que doubler pendant ces 30 années (ce qui est d’ailleurs énorme), les industries ont vu leur importance quadrupler, sextupler souvent, fournissant au delà des besoins. Enfin les exportations elles-mêmes, qui atteignaient déjà, en 1860, 2 milliards de francs, dépassent maintenant 4 1/2 milliards, et la puissance productive de la grande république est prête à augmenter encore.
- D. Bellkt.
- LA PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- REPRODUCTION DES GRAVURES ET DES PHOTOGRAPHIES
- Tous ceux qui s’occupent de photographie savent que l’on peut reproduire une gravure et obtenir directement un négatif par application en utilisant la gravure comme cliché. On a même conseillé de rendre le papier de la gravure transparent en l’immergeant dans un bain de paraffine. Cette opération, dont la conséquence est la perte de la gravure, est tout à fait inutile. On peut, en prenant
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- certaines précautions que je vais indiquer, obtenir des clichés bien plus beaux que ceux qui sont faits à l’appareil, et cela sans détériorer en rien la gravure, sans la détacher du livre. La reproduction est encore possible lorsque le verso est imprimé.
- 1° Reproduction par transparence. — En principe, on fait un négatif par application en mettant la face sensible de la plaque au gélatino en contact avec la gravure et en exposant, sous un châssis, à la lumière artificielle. Non seulement il est inutile de rendre la gravure transparente, mais il est nécessaire, si le papier est mince, d’atténuer l’action de la lumière transmise en interposant, suivant les cas, soit une feuille de papier blanc sec coloré en jaune, vert, rouge, soit un verre dépoli ou teinté en jaune ou rouge. Moins l’impression produite par la lumière est vive, plus le cliché sera beau ; la durée de la pose, en prenant comme source lumineuse un bec de gaz ou une lampe à pétrole, varie de quarante secondes à une minute pour une distance de 0m,50 environ. J’ai pu obtenir d'excellents clichés avec des photographies collées sur un carton de 1 millimètre d’épaisseur, c’est-à-dire d’une opacité telle qu’il ne paraissait pas devoir laisser passer la lumière. Dans ces conditions l’exposition à la lumière peut durer jusqu’à une heure. Il faut que celle-ci tombe bien normalement à la surface du châssis afin que la plaque sensible ne se voile pas.
- Si la gravure à reproduire ne peut être placée dans un châssis, qu’elle soit reliée dans un livre,-voici comment il faut opérer. On dispose la plaque au gélatino-bromure, la face sensibilisée en contact avec la gravure : on la couvre avec plusieurs feuilles de papier noir ou rouge qui doivent dépasser largement de tous côtés. On retourne alors le feuillet, en veillant bien à ne pas déplacer la plaque de gélatino ; on applique alors sur le verso de la gravure une glace polie ou dépolie suivant l’épaisseur du papier, et on expose à la lumière artificielle. On a construit, je crois, des pinces spéciales pour maintenir les glaces bien appliquées contie la gravure; mais on peut facilement s’en passer.
- Cette reproduction des gravures ou des photographies par transparence donne des résultats bien supérieurs à ceux que l’on obtient en faisant un cliché à la chambre noire. La reproduction des photographies anciennes et presque entièrement effacées se fait très bien. La netteté est toujours parfaite; il n’y a à craindre aucune déformation tenant soit à l’orientation de la gravure, soit à l’ob-ectif; de plus, le grain du papier est reproduit sur le cliché et donne un très bel aspect. On peut obtenir un fond artificiel lorsque la gravure n’en a pas. Il suffit pour cela de placer, entre le verso de la gravure et la glace qui sert à bien l’appliquer contre la plaque sensible, une feuille de papier quadrillé, ou portant des arabesques. Ces dessins sont reproduits sur le cliché, mais dans les blancs seulement, si l’intensité du fond artificiel est convenablement choisi par rapport à la teinte de la gravure.
- On peut aussi adoucir les traits d’une gravure et donner au cliché un aspect nuageux d’un très bel effet en interposant entre cette gravure et la plaque sensible soit une feuille de papier, soit une mince plaque de verre; le contact n’est plus parfait, la gravure se trouve plus ou moins éloignée de la plaque sensible, et il en résulte une sorte de flou dont l’intensité varie avec l’épaisseur de la feuille interposée. On peut donner à une gravure l’apparence d’une tapisserie en appliquant sur le verso de la mousseline plus ou moins fine, blanche ou colorée en jaune, bleu, rose, suivant l’intensité de la gravure ou
- l’épaisseur du carton sur laquelle elle est collée. Il y a là toute une série d’effets artistiques ou grotesques qub l’on peut imaginer et obtenir facilement.
- Ce mode de reproduction des gravures, dessins, est surtout précieux pour obtenir rapidement des clichés pouf projections. On peut, en quelques instants, extraire d’uh livre une série de dessins ou de gravures, et en sécharit les négatifs à l’alcool obtenir très rapidement les positifs pour projection. ’ ':i‘-
- Pour éviter de voiler les clichés, j’ai dit qu’il fallait laisser largement dépasser les feuilles de papier noir sur lesquelles reposait la plaque sensible. Il est absolument indispensable de protéger la tranche de cette plaque sür1-tout si l’on reproduit une gravure dans un livre. En effet:, tout rayon lumineux qui vient frapper la tranche de*là plaque pénètre dans l’intérieur du verre, et, grâce à là réflexion totale, détermine un voile très marqué. ‘ "
- 2° Reproduction par réflexion. — L’obtention des clichés par application, telle que nous venons de la décrire, suppose nécessairement que le verso de la gravure né porte ni écriture, ni impression; autrement les deux fàcés se trouveraient reproduites sur le cliché. Au premier abord, il paraît impossible de surmonter celte difficulté et de n’obtenir que la reproduction de la gravure seule?. Rien n’est cependant plus facile. On place encore la couche sensible de la glace au gélatino en contact avec la gravure à reproduire; seulement, au lieu de faire comme précédemment pénétrer la lumière à travers la gravure, on la fait tomber directement sur le dos de la plaque au gélatino, et l’on obtient un cliché par différence de voile. L’opération est plus délicate que la précédente; voici comment il faut opérer. On applique d’abord' la couche sensible sur le côté du dessin à reproduire: puis sur l’autre côté, sur le verso que l’on veut éliminer, on appliqué plusieurs feuilles de papier noir ou rouge; on recouvre ensuite la plaque sensible avec un verre jaune foncé ou même rouge qui doit dépasser de 5 à 6 centimètres dans tous les sens. Cette disposition a pour but d’évîfèr le voile dont nous avons parlé et qui. se produirait si la lumière venait à frapper obliquement la tranche dé la glace1; on expose alors à la lumière du gaz qui doit traverser le verre jaune ou rouge, la plaque au gélatino et qui va s’éteindre sur la gravure. La couche sensible est impressionnée partout, mais c’est d’une manière beaucoup plus marquée partout où se trouvent les blancs : il faut prolonger l’action de la lumière pendant cinq à dix minutes, selon l’intensité de ls^Êoloration du verre jaune ou rouge. En développant, on obtient un cliché voilé, mais très fin, dont l’image est très visible et qui peut servir à faire un positif suffisamment intense pour les projections. On peut, du reste, faire un second négatif par application.
- Ce mode d’obtention d'un cliché est surtout intéressant parce qu’il nous montre combien sont grandes les précautions qu’il faut prendre pour éviter de voiler les glaces soit pendant qu’on les dispose dans des châssis, soit pendant qu’on les développe; il ne faut jamais approcher les glaces de la lanterne à verre rouge, puisque celui-ci laisse passer une partie de lumière suffisante pour impressionner la couche sensible. P. Yvon.
- 1 Elle est du reste indispensable, car en atténuant l’actioh de la lumière, elle permet une longue exposition, et la différence d’intensité du voile, qui constituera l’image, sera très, marquée. Si l’on n’interpose pas ce verre jaune ou, rouge, toute la plaque se voile uniformément et on n'obtient pas d’image.
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- IA LAMPE ÉLECTRIQUE DU PHOTOGRAPHE
- Les amateurs de photographie connaissent l’importance offerte par l’cclairage de leur laboratoire pendant le développement des clichés. Les petits appareils à verre rouge, alimentés par une lampe à pétrole laissent souvent à désirer, la lampe fume ou fde, et c’est tout un embarras quand cela arrive au moment où l’on a un cliché immergé dans le bain de développement. M. Radiguet, l’habile constructeur électricien, a imaginé un petit appareil, très bien étudié ; c’est une petite lampe électrique à incandescence qui brille au-dessous d’un verre rouge, et qui fournit au photographe la lumière convenable à ses opérations. La figure ci-contre en donne le dispositif. L’appareil est formé d’un bocal contenant trois éléments au bichromate, réunis en tension : ils entretiennent le foyer d’une lampe à, incandescence de cinq volts. Les trois éléments sont figurés vides dans notre gravure, à côté de l’ensemble du système ; ils peuvent être facilement nettoyés et remplis de liquide. Lés zincs qui servent à la pile sont montés de telle sorte qu’il est très facile de les changer quand ils sont usés. Un support central permet de les immerger promptement dans le liquide pour faire fonctionner la pile, et de les en retirer quand l’opération est terminée.
- Le réflecteur, contenant la lampe électrique à incandescence, est mobile autour de l’appareil; il tourne en outre sur un axe qui permet de le diriger vers le sol et d’éclairer ainsi la cuvette à développement. Le réflecteur est muni pour les opérations photographiques d’une lunette mobile à verre rouge ; on peut munir cette lunette d’un verre de toute autre couleur, ou la supprimer complètement quand on veut employer la lampe pour l’éclairage ordinaire.
- Pour se servir de l’appareil, il suffit de baisser le triangle métallique placé à sa partie supérieure, les zincs baignent dans le liquide, l’éclairage se produit instantanément; en le remontant, la lampe s’éteint aussitôt.On règle l’intensité de l’éclairage en baissant ce triangle graduellement ; il est prudent de ne pas trop exagérer l’incandescence de Ja lampe, car le filament pourrait se rompre; c’est surtout quand le liquide est neuf que cette précaution est nécessaire.
- La lanterne du photographe peut être employée en dehors de l’usage spécial que nous venons d’indiquer. Pour éclairer la lampe en dehors de la pile, le système est muni d'une borne double pour la prise du courant.
- M. Radiguet a désigné ce nouvel appareil sous le nom à’&lectropholophore; il est ingénieux et bien combiné.
- Dr Z...
- LA. CULTURE DE LA VIGNE
- A BAILLEUL ET A ROUBAIX
- Nous avons, à plusieurs reprises, parlé de la culture sous verre des arbres fruitiers1. Comme complément de nos études antérieures sur les principales dispositions de serres à vignes usitées à l’étranger, nous croyons intéresser nos lecteurs en leur donnant, d’après des photographies, une vue des serres de Bailleul et de Roubaix, les seules qui existent en France dans les dimensions où on les rencontre chez nos voisins Anglais ou Belges, et qui toutes deux ont été construites par M. Anatole Cordonnier pour la Société Pbatzer et Cie.
- La figure 1 représente l’une des sections des serres deBailleul (Nord)^ La photographie a été prise au moment de la visite, le 15 novembre 1890, qu’ont faite à cet établissement M. Develle, Ministre de l’agriculture, et M. Tisserand, directeur de l’agriculture. L’ensemble de ces serres couvre environ 2 hectares et a nécessité l’emploi de 19 000 mètres carrés de vitrage. Elles sont composées de douze sections semblables, ayant chacune 170 mètres de longueur, 8m,50 de largeur et 4 mètres de hauteur.
- Ces serres ont été construites au cours de l’été 1889, elles ont été l’hiver suivant plantées de vignes, et celles-ci, comme on peut le voir par notre figure, présentent une superbe végétation. L’an prochain, elles donneront une première récolte et le maximum dans cinq ans. Le chauffage employé est le thermosiphon : il faut 18kilomètres de tuyaux pour donnera cette vaste usine à raisins la température convenable.
- Les serres de Roubaix, dont nous avons représenté un coin, figure 2, ont été construites il y a cinq ans, celles-là ne couvrent qu’un hectare. Elles sont en pleine production. La photographie qui les représente a été prise au moment où elles sont visitées par M. Thomson, de Clovenford’s (Écosse)* considéré comme le premier viticulteur du monde. Le raisin y est travaillé pour mûrir en janvier, février et mars. Comme le montre la figure, ces serres
- 1 Yoy. n° 917, du 27 décembre 1890, p. 54.
- Lampe électrique pour le développement des clichés photographiques.
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- Fig. 1
- Serre à raisins de Ëailleul (Nord) au moment de la visite de M. Develle, Ministre de l’agriculture, et de M. Tisserand, directeur de l’agriculture. (D’après une photographie.)
- Fig. 2. — Un coin de la serre à raisins de Rouhaix (Nord) lors de la visite de M. Thomson, célèbre viticulteur anglais.
- (D’après une photographie.)
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- sont littéralement bondées de raisins superbes qui donnent, pendant les mois d’hiver que nous traversons, plus de 20 000 grappes. Comme à Bailleul, le chauffage s’y fait au thermosiphon, ce qui nécessite à peu près 6 kilomètres de tuyaux de chauffage. L’établissement se compose d’une dizaine de sections de 60 mètres environ sur 7,n,50 de largeur sur 5 mètres de hauteur donnant accès dans une vaste serre centrale.
- Nous sommes heureux de voir naître en France une nouvelle industrie qui nous permettra de nous suffire a nous-mêmes, et dont la création a été suscitée par la proposition de nouveaux tarifs sur les fruits frais étrangers. Lorsqu’on songe que la Belgique, par exemple, a augmenté, en quinze ans, son exportation fruitière de 400 pour 100 (de 1 500 000 francs en 1875 à 10 500 000 francs en 1889); que, d’autre part, notre propre exportation est restée stationnaire durant cette période, on ne peut que se montrer satisfait de voir des hommes d’initiative essayer de faire concurrence a ces producteurs renommés et nous affranchir du tribut que nous leur payons annuellement.
- Alfred Rexouard, ingénieur civil.
- REPRODUCTION DE L’ÉCLAIR EN ROULE
- On sait que Gaston Planté avait employé ses batteries secondaires pour reproduire en petit le phénomène de la foudre globulaire ; nous avons publié jadis la description des remarquables expériences exécutées par le savant électricien1.
- M. von Level vient de démontrer qu’on peut obtenir aussi ces globules électriques au moyen de l’électricité statique donnée par une machine à influence. Deux fils de cuivre mince, partant des pôles d’une puissante machine, étant maintenus à une certaine distance des faces opposées d’une plaque de mica, d’ébonite ou de verre, on voit apparaître de petites boules lumineuses rouges, qui se meuvent çà et là, tantôt lentement, tantôt rapidement, restant immobiles quelquefois. Les effets les plus remarquables sont obtenus avec une plaque de verre ou un disque de papier frottés de paraffine. M. von Level croit que ce sont de petites particules liquides ou des poussières qui sont les véhicules du phénomène lumineux. Un'léger courant d’air suffit à faire disparaître les sphé-rules qui s’évanouissent!en laissant entendre un léger sifflement. L’expérimentateur fait, en outre, remarquer que ce sont là des phénomènes de faible tension; quand on augmente celle-ci, on n’obtient plus de boules lumineuses, mais la décharge habituelle en étincelle.
- LES COLLECTIONNEURS DE TIMBRES-POSTE
- LA (t PHILATÉLIE * ))
- . Les.publications, indépendamment des albums que nous avons décrits, se composent d’abord de bulletins, journaux, revues périodiques, traitant
- 1 Voy. Tables des matières des années précédentes.
- 4 (Suite.) Voy. n° 919, du 10 janvier 1891, p. 83.
- spécialement de tout ce qui touche au timbre-poste, et particulièrement des émissions nouvelles, de leur description, de leur importance et valeur nominale, et donnant même la gravure des nouveautés. Ces publications sont souvent l’organe officiel d’une Société philatélique ; dans d’autres cas, c’est l’organe de publicité d’un marchand. L’abonnement à une de ces Revues périodiques est indispensable à tout collectionneur sérieux. 11 existe des centaines de ces publications en Europe et en Amérique.
- Viennent ensuite les catalogues également à profusion. Les meilleurs se publient en Angleterre, aux Etats-Unis ou en Belgique. L’Allemagne en a de bons. Les catalogues français, tout en étant assez bons, ne valent assurément pas certaines publications étrangères. Les prix cotés sont généralement de 20 à 50 pour 100 trop élevés, surtout en ce qui concerne les timbres ordinaires et de moyenne valeur. Mais le catalogue ne sert pas seulement au point de vue du prix des timbres, il sert surtout à indiquer avec précision la date des émissions, et à en donner la description avec la quantité des valeurs, les couleurs, dentelures, papier, filigrane, ainsi que les variétés des couleurs d’une même valeur, les surcharges, les timbres fiscaux officiellement admis à l’affranchissement postal, etc:
- Les catalogues sont édités avec ou sans vignettes, ou bien encore en deux parties, l’une pour les descriptions, l’autre pour les vignettes.
- Un bon catologue est indispensable au philatéliste, c’est un guide qui rectifie les erreurs de tout album et qui complète celui-ci. On doit biffer sur son catalogue l'indication de tous les timbres que l’on 'possède; de cette manière, on n’achète, catalogue en mains, que les timbres que l’on n’a pas, sans erreur possible.
- Nous venons de parler pour la deuxième fois de filigrane. Quoique notre but ne soit pas de donner la description des timbres en particulier, nous croyons utile de prévenir le débutant, auquel ces lignes s’adressent, que les filigranes, c’est-à-dire les ’ empreintes diverses, dans la pâte du papier servant à la confection des timbres, jouent un rôle considérable dans la valeur de ces timbres. Bans beaucoup de cas, principalement en ce qui concerne la Grande-Bretagne ef ses colonies, deux ou plusieurs émissions ne se distinguent entre elles que par le fili-‘grane (quelquefois aussi par le papier). Tels deux timbres apparemment identiques dont l’un vaut le double, le triple et plus que l’autre, à cause de la différence de filigrane. Les émissions ne varient aussi, souvent que par la dentelure, la couleur du papier, sa qualité, etc., mais nous ne pouvons pas entrer ici dans des détails qui nous entraîneraient trop loin. Au lieu de filigrane, quelques États ont fait usage d’une impression de contrôle au verso de chaque timbre. Telles certaines émissions de la Suède, du Mexique, de la Grèce, etc. D’autres fois, c’est un ou deux fils de soie qu’on introduisait dans
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- le papier, pour rendre les contrefaçons plus difficiles.
- Enfin, des connaisseurs éminents ont publié des articles, des brochures, des volumes, sur l’histoire du timbre-poste, dont la collection formerait une importante bibliothèque.
- Les marchands de timbres-poste sont très nombreux. Comme dans tout commerce, il y a le petit détaillant et le grand négociant en gros. Ceux-ci ont des bureaux, des magasins, des boutiques sur rue; ceux-là travaillent en chambre, d’autres, à la Petite Bourse des timbres. 11 y a aussi le marchand qui fait des paquets ou des tableaux de timbres avec dépôts dans les bureaux de tabac et de papeterie de Paris et de la province.
- Les grands marchands font des frais d'annonces dans les publications dont nous venons de parler. Contre un dépôt d’argent ou avec de bonnes références, on peut se faire adresser des cahiers de timbres à choisir. On obtient généralement une remise de 10 à 40 pour 100 sur les prix marqués. Certains marchands, à Paris, ont pour principe de vendre net. Les paquets confectionnés par un marchand honnête sont avantageux, mais souvent ces paquets n’ont pas d’indication de leur origine; ils sont alors plus ou moins sujets à caution.
- C’est un véritable plaisir pour la plupart des collectionneurs d’acquérir leurs timbres petit à petit en cherchant, furetant à droite et à gauche, des occasions au-dessous du cours. Pour le Parisien, c’est, ici le cas de parler de la Petite Bourse des timbres qui se tient tous les jeudis et dimanches, de 2 heures à 7 heures, aux Champs-Elysées, sous les marronniers qui bordent le coin de l’avenue Mari-gny et de l’avenue Gabriel, derrière les guignols. Vers 3 heures, la bourse bat son plein. Une de nos gravures (fig. 5)-prise sur le vif, donne une idée très exacte de cette réunion en plein air, où tous les âges et toutes les conditions ont leurs représentants. On ne fait plus guère d’échange à la Petite Bourse, on achète ou on vend. Voulez-vous quelques physionomies? Voici un petit garçon qui offre des timbres pêle-mêle dans son chapeau. Arftateurs et marchands y puisent à pleines mains à la recherche d’une rareté.
- Les grands marchands se tiennent un peu en dehors du groupe. Ceux-là ne viennent pas pour vendre à la Petite Bourse, ils y viennent pour acheter et deviser entre eux. Us détiennent les timbres rares, c’est la haute banque du timbre. Dans certains grands centres, à Londres et à New-York notamment, on vend des timbres rares aux enchères. Ces encans ne manquent pas d’amateurs, à en juger par les prix obtenus.
- Par trafics, .nous voulons parler des opérations légales qui dénaturent assez souvent le commerce des timbres. Il y a d’abord la réimpression de timbres vieux ou hors cours faite par le pays détenteur des matrices, plaques ou gravures originales. Les timbres ainsi réimprimés ont naturellement moins de valeur que ceux de l’émission officielle oblitérés. Us sont vendus comme réimpressions par tous les mar-
- chands scrupuleux. Ensuite viennent les émissions hors cours dont le stock a été vendu au rabais aux marchands. On vend, en général, ces timbres au-dessous de leur valeur nominale.
- Dans un autre cas, les plaques, matrices ou gravures de timbres hors cours sont vendues à un marchand qui émet les timbres suivant les besoins. A l’heure où nous écrivons, une Compagnie américaine se charge de la gravure et du tirage gratis des timbres-poste de certains Etats de l’Amérique centrale, pendant un an, moyennant le droit de vendre directement les timbres aux marchands après ce délai écoulé, l’ancienne émission étant remplacée par une nouvelle dans les mêmes conditions. U y a encore de petits États qui font des émissions hors de propos dans le but de se créer des ressources par la vente des timbres ainsi émis. Que dire aussi des émissions provisoires de certains pays vendues à guichets ouverts pour être accaparées par des marchands ou leurs agents. Dans bien des cas ces timbres n’auront jamais été utilisés par la poste. Tous ces trafics dégénèrent en de véritables abus contre lesquels s’élèvent les Sociétés philatéliques ainsi que les marchands honorables qui les subissent sans les approuver. Ainsi, pour ne parler que des surcharges, il est avéré qu’elles ne sont faites, les trois quarts du temps, par certains pays, que pour les collectionneurs. 11 s’est formé récemment, à New-York, une Antisurcharge Association dont le but est de mettre en interdit, à l’index, tous les timbres surchargés émis après le 1er janvier 1890. C’est aller un peu loin, mais le but est louable et mérite d’être suivi par nos grandes Sociétés d’Europe.
- L’amateur débutant devra se mettre en garde contre les timbres contrefaits. Cette industrie s’exerce sur une grande échelle. Nous allons citer les principales variétés de timbres falsifiés- ou contrefaits.
- Commençons par la fausse oblitération sur une réimpression (ou, dans certains cas, sur un timbre hors cours) dans le but, facile à comprendre, d’en faire un timbre origninal valant plus cher. La fausse surcharge1 sur un timbre authentique est particulièrement dangereuse, car elle n’est pas difficile à exécuter; elle est assez fréquente, car un timbre surchargé, souvent provisoire est, règle générale, plus recherché que le timbre semblable sans surcharge. Les fac-similés sont des contrefaçons... honnêtes dans ce sens que les mots fac-similés sont imprimés*en surcharge sur des imitations qui sont forcément vendues comme telles. Les imitations sont des timbres vendus comme tels, mais qui ne portent aucune indication sur leur provenance louche. Enfin il y a le timbre faux, fabriqué dans le but de tromper l’acheteur. Ces timbres sont ordi-
- 1 On appelle surcharge toute indication imprimée ou écrite sur le timbre (sauf l’oblitération) qui a pour but de changer sa valeur ^îominale, de modifier son usage, de le rendre valable pour un pays autre que celui pour lequel il a été émis, d’en faire un timbre officiel ou de service. C’est aussi une marque de contrôle quelconque.
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- naircment oblitérés pour leur donner un cachet d’authenticité. Un raffinement consiste à coller ces timbres faux sur de vieilles lettres de l’époque. Les faussaires vont même plus loin. Ils fabriquent des émissions de toutes pièces, c’est-à-dire qui n’ont jamais existé ou bien ils ajoutent des valeurs de fantaisie à une émission officielle.
- Il va sans dire que les fausses surcharges, fac-similés, imitations et falsifications de toutes sortes, ne sont pas des timbres ; ce sont des images sans valeur aucune, au point de vue philatélique, qui doivent être impitoyablement bannies d’une collection de timbres-poste un peu sérieuse. Il n’y a malheureusement pas de règles bien définies pour reconnaître un timbre faux. Les faux timbres sont, toutefois, moins bien gravés que les originaux, mais il va sans dire qu’il faut bien connaître ceux-ci, car une gravure défectueuse ou une impression peu soignée n’est pas un indice que le timbre doive être faux; certains timbres de France, de Serbie, de Grèce, du Mexique, de Colombie, d’Égypte, etc., sont mal faits et peuvent être pris pour des contrefaçons. Dans ces derniers temps, la gravure, l’impression et l’oblitération de certains timbres faux ont atteint un tel degré de perfection, qu’il est nécessaire, pour les experts eux-mêmes, de se servir d’une loupe pour distinguer ou découvrir une ditférence de gravure avec un exemplaire authentique qu’ils ont sous les yeux.
- Voici un échantillon typique : c’est une lettre d’un fabricant de Zurich reproduite tout dernièrement par le Philatelist et que nous trouvons dans le Timbre, d’Amsterdam. ...« Si vous ne désirez pas
- avoir les timbres sur vieux papier à lettres, je pourrais vous faire une autre proposition, car il ne faut pas oublier que les anciennes lettres me coûtent plus cher que les timbres. Vous dites que l’oblitération n’est pas bonne, je vous répète que c’est l’oblitérant original que j’ai employé et que j’ai eu pas mal de peines à me procurer. ...Je vends tous ces timbres sur la place de Londres comme authentiques et je n’ai encore reçu au-cune plainte de ce côté.
- « Il y a quelques jours un Anglais me fit voir son Zurich authentique. L’excellent homme ignorait que son timbre authentique avait été fourni par moi à X...., chez qui il l’avaitachelé. ...Et si vous êtes acheteur d’une forte partie, je vous offre gratis une série complète sur vieilles i lettres, et, si quelqu’un s’y reconnaît..., je ne dis plus mot. » 11 s’agissait de timbres suisses, de 4 et 6 rappen de Zurich 1843 et du 5 cent. Neuenbourg 1851,
- valant environ 70, 8et-20 francs respectivement. On offrait 10 lots de 4 et 10 pièces de 10 rappen avec 5 Neuenbourgpour 25 francs.
- Il nous reste à dire quelques mots des Sociétés philatéliques. Nous plaçons en première ligne celles fondées dans le but de rechercher les documents propres à éclairer les philatélistes sur l’histoire des timbres de tous les pays. A chaque séance, les membres se communiquent le résultat de leurs rocher^ ches et les comptes rendus sont publiés. D’autres Sociétés ont principalement pour membres des marchands de timbres. Là sont discutées toutes les questions d’intérêt général à l’industrie. Enfin d’autres Sociétés sont fondées par des amateurs désirant
- Fig. 2. — Charnières gommées pour le collage des timbres-poste et pince à charnières.
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- échanger leurs doubles entre eux. Ces Sociétés font circuler parmi leurs membres des cahiers de feuilles chargées de timbres. Chaque membre, après avoir
- fait un choix facultatif, envoie les cahiers à un autre membre suivant un itinéraire fixé d’avance par la Société. Chaque timbre enlevé est remplacé par un
- numéro d’ordre qui servira à contrôler les achats de chaque membre. Toutes les Sociétés d’une certaine importance ont un organe attitré, une bibliothèque plus ou moins complète et reçoivent des Revues philatéliques de toutes sortes.
- Il ne sera peut-être pas indifférent de donner ici quelques conseils sur la manière de préparer et de coller les timbres dans un album.
- D’abord il s’agit de débarrasser le timbre du papier qui adhère au verso. Il faut le laisser tomber délicatement à plat, sur de l’eau pure, le timbre flottera et le verso seul sera mouillé.
- Après l’avoir laissé tremper de dix à quinze minutes, enlevez-le avec une petite pince (fig. 1), posez-le à l’envers sur une feuille de papier buvard blanc, séparez avec soin le papier inutile et séchez avec une autre feuille de buvard blanc. Les buvards
- colorés déteignent quelquefois. Pour fixer les timbres dans l’album, servez-vous de petites charnières gommées (fig. 2) en papier très mince (on trouve ce papier en feuilles chez les papetiers). Collez une des faces de la charnière, le pli en haut, vers la partie supérieure de la case à occuper, ainsi que le montre la figure 2 et collez le timbre sur l’autre face après l’avoir humectée, puis pressez pour aplatir le pli. De cette manière, vous aurez la facilité d’enlever les timbres à tous moments sans les détériorer et vous pourrez les faire pivoter sur la charnière pour vérifier les filigranes, à un moment donné, en plaçant l’album au jour ou devant une lumière.
- La figure h montre un petit carnet pour timbres en doubles, à échanger. Les exemplaires sont main-
- Fig. 4. — Al b u in pour les timbres-poste en double.
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- tenus par des cadres et des rainures sans emploi de gomme. On peut néanmoins confectionner des livrets de doubles en collant les timbres sur charnières1.
- Géo. P. Grignard.
- CHRONIQUE
- La consommation annuelle (le lumière dans les villes. — La station centrale électrique de Milan a fourni à MM. Colombo et Ferrini, professeurs à l’Institut royal technique supérieur de cette ville, des chiffres fort intéressants sur les conditions de fonctionnement de l’éclairage électrique d’une grande ville et la durée moyenne d’emploi de la lumière installée, suivant les consommateurs. Nous reproduisons quelques-uns de ces chiffres qui nous paraissent pouvoir rendre service à nos lecteurs, à titre d’indications générales et de première approximation pour un avant-projet. La moyenne générale de la consommation de lumière à Milan est de 750 heures par an. Les plus gros consommateurs sont les cafés et les théâtres qui éclairent 1800 heures par an. Les cercles allument 1500 heures, les hôtels, 950 heures, les magasins, très variables comme service, représentent une moyenne correspondant à la moyenne générale, 750 heures par an. Les bureaux, banques, comptoirs, etc., allument 400 heures par an. Les particuliers terminent la liste avec une consommation annuelle de 520 heures par an seulement. Pour le gaz, la moyenne générale correspond à 650 heures par an. Dans les grandes villes, Home, par exemple, la consommation de gaz pour l’éclairage public est de 12 mètres cubes par habitant et par an, la consommation privée est de 53 mètres cubes par habitant et par an. A Milan, les chiffres correspondants, par habitant et par an, sont de 14 mètres cubes pour l’éclairage public, et 48 mètres cubes pour l’éclairage privé. Dans les villes de moindre importance, la consommation totale est inférieure, elle varie entre 52 et 12 mètres cubes par habitant et par an. La consommation maxiina de lumière électrique se produit en'janvier et correspond, pour ce mois seul, au huitième de la consommation annuelle totale. La consommation minima se produit en juin, et représente environ le vingtième de la consommation annuelle. Dans les installations à gaz, la consommation journalière le jour le plus long de l’année correspond à la dépense de toutes les lampes installées pendant trois heures et demie.
- L’origine du nom de bronze. —D’après l’examen de textes dus à des alchimistes grecs, extraits d’un monument du onzième siècle, M. Berthelot avait conclu, surtout après les avoir rapprochés de certains passages de Pline l’Ancien, que le nom de bronze élait tiré de la ville de Brundusium, siège de certaines fabrications où cet alliage était mis en œuvre. Or, M. Berthelot a trouvé un texte plus ancien de trois siècles — car il remonte au temps de Charlemagne — et dont les indications sont plus décisives encore. Il s’agit d’un manuscrit trouvé dans la bibliothèque du chapitre des chanoines de Luynes et reproduit par Muratori dans ses Antiquilates Italiæ. Dans le texte latin, il est bien spécifié « composition de Bnndisi » : cuivre deux parties, plomb, une partie, étain, une partie, formule traditionnelle qui est arrivée jusqu’à nous. Il semblerait
- 1 Nous devons faire observer ici que la recette indiquée, figure 1, ne doit pas être employée pour certains timbres de Russie, de la Chine, du Brésil (tare) et quelques autres qui déteignent dans l’eau.
- donc bien que le mot bronze dérive de la ville de Bnndisi> où le bronze était fabriqué sur une grande échelle.
- Un bâtiment à 26 étages. — On vient d’inaugurer, le 10 décembre dernier, un bâtiment colossal destiné aux services de l’imprimerie et de la publication d’un des principaux journaux américains, le « New-York World ». Cet édifice, qui est probablement le plus important et le plus élevé de ceux que possède une société privée, ne comprend pas moins de 26 étages. Il est surmonté d’un dôme avec une lanterne dont la plate-forme se trouve à 95 mètres au-dessus du sol. Ce dôme contient lui-même six étages : au-dessous, dix planchers régnant sur toute la surface constituent autant d’étages ordinaires, puis viennent trois entre-sols et enfin le rez-de-chaussée. L’impression se fait dans le sous-sol qui est entièrement consacré aux machines. La composition s’exécute au douzième étage, ainsi que la fabrication des matières d’impression, de manière que les caractères ne quittent jamais le lieu d’emploi. La surface totale des planchers est d’environ 13 000 mètres carrés (plus d’un hectare!); les colonnes en fer forgé représentent une longueur de 3 kilomètres, et les fers à plancher, de 26 kilomètres. Enfin le poids du fer et de l’acier employés s’élève à 2300 tonnes. Le bâtiment est entièrement construit en briques, et l’on estime que le cube de ces matériaux correspond à celui de 250 maisons ordinaires.
- Le fer à cheval en papier. — On s’occupe beaucoup, dans le monde militaire allemand, de la substitution, au classique fer à cheval, d’un fer en papier comprimé qui joint à une élasticité très favorable à la marche la propriété très appréciable d’être insensible à l’action de l’eau et des liquides d’écurie. Yoici, d’après le Bulletin des fabricants de papier, quelques détails sur ce système de « ferrure ». La nouvelle ferrure se compose de feuilles de papier parcheminé rendu imperméable au moyen de l’huile de térébenthine, fortement collées ensemble par une colle spéciale (mélange de térébenthine de Venise, de blanc d’Espagne, de laque et d’huile de lin lilhargée). On réunit les diverses feuilles de papier préalablement découpées, ou bien on les colle d’abord et on les façonne à l’aide d’une étampe. L’objet est ensuite soumis à une forte pression hydraulique, et, quand il est sec, terminé à la lime. On peut encore se servir d’une pâte de papier, mélangée de sable, de térébenthine, de laque, d’huile de lin et de litharge, que l’on comprime dans des moules de manière à obtenir, après dessiccation, une masse parfaitement homogène et imperméable. Mais l’expérience a prouvé que le fer à cheval ainsi préparé est moins tenace et moins élastique que celui qui est fait avec des feuilles de papier superposées. L’un et l’autre peuvent, du reste, s’appliquer soit avec des clous, soit au moyen d’une colle composée de goudron minéral et de caoutchouc.
- Hausse du prix du platine. — Dans les deux dernières années le prix du platine a passé de 1210 francs environ le kilogramme à 3218 francs, .ce qui est à peu près le prix de l’or. Le platine provient surtout des mines de l’Oural. Jusqu'à présent, ces mines étaient exploitées principalement en vue de la production de l’or, et l’on oblenait le platine comme produit accessoire sans grande dépense additionnelle. Mais la richesse en or des deux principales mines, Nisknée Taglisk et Gord-Blagodat, a beaucoup diminué et, par conséquent, les frais de production du platine ont augmenté. Cette augmentation,
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- coïncidant avec l’accroissement de consommation occasionné par les développements de l'électricité, a amené une hausse rapide. 11 est probable que cette hausse ne sera pas de longue durée, le gouvernement russe ayant donné l’ordre de développer l’exploitation des gîtes métallifères de l’Oural. Les chemins de fer que l’on va construire permettront d’ailleurs d’exploiter des régions jusqu’ici inabordables. D’ailleurs le platine a été découvert, en Californie, au Mexique, au Canada et, dans un avenir plus ou moins prochain, les ressources de ces pays s’ajouteront à celles de l’Oural.
- Berlin port de nier. — Par suite d’un sentiment curieux d’émulation nationale, et aussi par le besoin évident de l’accroissement des facilités de transport, ce ne sont dans tous les pays que propositions tendant à l’établissement de canaux de grande navigation maritime et de transformation de villes de l’intérieur et notamment de capitales d’Etats en ports de mer. Tantôt c’est Manchester où l’on construit un canal maritime dont nous avons parlé dans La Nature \ tantôt c’est le tour de Paris, pour lequel on dresse des projets fort détaillés en faveur desquels on excite l'opinion publique ; tantôt on lance pareille idée pour Bruxelles ; tantôt enfin pour Berlin. Le titre de Berlin port de mer est peut-être un peu ambitieux ; mais enfin il s’agit bien de réunir Berlin à la mer par une voie aussi directe que possible. Un premier projet, imaginé par le Dr Strousberg, paraît-il, devait réunir la capitale de l’empire d’Allemagne à la mer du Nord par l’Elbe ; mais ce projet, longtemps discuté, a été abandonné à peu près ; et un nouveau vient d’être présenté par l’amiral Batsch. Pour lui, la voie véritable, c’est celle que l’on établira par un canal joignant laSprée à l’Oder, canal qui existe déjà partiellement ; Berlin serait ainsi en communication directe avec Stettin. Le choix de Stettin est, du reste, fort compréhensible, car lorsque le canal de la Baltique va être achevé, la distance entre l’embouchure de l’Oder et l’Angleterre ou les autres pays sera considérablement diminuée, et cette navigation sera des plus faciles. — D’ailleurs le monde des ingénieurs allemands semble accueillir très favorablement le projet de l’amiral Batsch. D. B.
- La région du coke en Pensylvanie. —Le district de Connellsville, à 50 milles de Pittsburgh, est le centre de production du coke le plus important des États-Unis. Le bassin houiller de Connellsville s’étend sur 50 milles de long et 5 milles de large. Il fournit une houille particulièrement propre à la fabrication du coke, en couches régulières présentant une épaisseur exploitable de 2m,40 à 3m,60. Le bassin contenait, à l'origine, environ 72 000 acres (28 800 hectares) de houille exploitable et il en reste 60 000 (24 000 hectares) qui n’ont pas encore été exploités. Le pays contient 16 000 fours à coke, de différents types, qui fournissent 72 pour 100 delà production totale des États-Unis.
- Le dressage des mulets en Espagne. — Voici comment, en Espagne, on dresse le mulet à marcher à la parole. On l’attache à un poteau, et, à tour de bras, avec un grand fouet, on le frappe tout endui criant dans les oreilles le nom qu’il doit porter à l’avenir. Après un quart d’heure de cet exercice, on l’emmène et on lui donne à manger. Quotidiennement répétée, la chose donne, en huit jours, une bête qui, attelée, dès qu’on l’appelle, part comme le vent. Ce fait peu connu explique une anecdote racontée par Arago en ses souvenirs de jeunesse. Par une nuit propice aux mauvaises rencontres, il courait
- en carriole attelée d’une mule, sur une route d’Espagne. Une rencontre a lieu : un brigand arrête la bête par la bride. Capitana ! crte d’une voie de stentor le muletier. La mule aussitôt se cabre et s’arrache à la main qui la tenait, puis part à fond de train. Un cahot fit comprendre aux voyageurs qu’ils passaient sur le corps de l’ennemi.
- Comment le rat musqué respire sous la glace.
- — Les animaux à respiration pulmonaire ne peuvent prolonger quelque peu leur station sous l’eau que grâce à des dispositions anatomiques spéciales, ou bien en recourant à de véritables stratagèmes. M. W. Spoon de la Société Elisha Mitchell, qui a chassé le rat musqué pendant l’hiver, assure que l’animal, lorsqu’il est forcé de traverser, sous la glace, un étang trop large pour qu’il puisse retenir sa respiration, s’arrête de temps en temps, et exhale l’air de ses poumons, qui se- trouve retenu par la glace. L’échange gazeux se fait alors entre cet air et l’eau, et le rat musqué, inspirant à nouveau l’air qui a repris de l’oxygène, plonge pour recommencer un peu plus loin. D’autres observateurs^ ont, paraît-il, constaté que si, en frappant la glace, on fait éparpiller cet air en petites bulles, le rat musqué périt asphyxié.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 19 janvier 1891. — Présidence de M. Düchartre.
- Histoire géologique du Sahara. — De nouveaux documents intéressants, parce qu’ils sont très précis, ont été fournis à M. le D1 P. Fischer par l’étude qu’il vient de faire de mollusques provenant du Sahara et dont les résultats sont exposés dans une Note que présente aujourd’hui M. le professeur Gaudry. Il s’agit de coquilles terrestres et de coquilles fluviatiles rapportées par M. J. Dybowski de la mission dont il a été chargé récemment aux environs d’El Goleah dans l’extrême Sud du désert. Ces animaux qui sont subfossiles témoignent de l’existence, relativement récente, d’étangs et de cours d’eau dans une région qui peut être citée comme type de pays desséché : ils confirment ainsi une tradition resiée dans le souvenir des habitants, et d’après laquelle, il y a bien longtemps, El Goleah était au milieu d’une région fertile et abondamment arrosée. Cette opinion est conforme comme on voit, à celles que M. G. Rolland développait tout récemment pour le Sahara tout entier.
- Action érosive du gaz. — M. Daubrée continue les recherches dont nous avons déjà parlé sur les effets éprouvés par des roches au contact de gaz subitement développés par l’inflammation de certains explosifs comme la poudre-coton et la dynamite-gomme. La température de 2560 degrés et les pressions de 1100 atmosphères ont déterminé des fusions, des corrosions et des pulvérisations représentées par des spécimens disposés sur la labié de lecture. A la suite de l’explication qu’il a donnée de l’ouverture des cheminées diamantifères de l’Afrique australe et des canaux volcaniques, l’auteur montre aujourd’hui l’origine de beaucoup de poussières abondantes dans les sédiments aériens et océaniques, et il fait comprendre comment les roches contournées des massifs montagneux acquièrent sous l’influence de la pression une apparente plasticité comparable à celle de la glace dans la célèbre expérience de Tyndall.
- Nickel natif. — En examinant le sable aurifère du torrent Elmo en Piémont, M. Sella y a constaté l'existence
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- de petits grains métalliques consistant en nickel natif associé à 25 pour 100 de fer. Ce minéral, analogue à certains fers météoriques, a certainement une origine terrestre ; on le citera à côté des fontes natives d’Ovifak, au Groenland, comme resserrant les liens de parenté entre les roches souterraines et les roches cosmiques.
- Élection. — La mort de M. Peligot avait laissé vacante une place de membre titulaire dans la section d’économie rurale. La section avait, dans le comité secret qui a suivi la dernière séance, présenté une liste de candidats portant, en première ligne M. Aimé Girard et en deuxième ligne ex æquo et par ordre alphabétique : MM. Cham-brelent et Munlz. Les votants étant au nombre de 00, M. Chambrelent est élu par 34 suffrages, contre 24 donnés à M. Girard et 1 billet blanc.
- Eucalyptus. — 11 résulte d’un Mémoire de M. Naudin, que l’on cultive actuellement à la villa Thuret, à Antibes, pour le compte du Muséum, environ quatre-vingts espèces à' Eucalyptus.
- L’auteur en décrit cinquante-six et il rend ainsi à la botanique appliquée comme à la science pure un très grand service : ces beaux arbres étant d’une utilité incontestable dans les pays où la température leur est favorable et leurs caractères changeant d’une manière considérable de leur premier âge à leur état adulte.
- Découverte d'une étoile de première grandeur. — Annoncer dans le ciel de Paris la découverte d’une étoile de première grandeur serait s’exposer à bien des quolibets si l’on n’avait par devers soi la réputation bien établie d’un observateur hors ligne. M. le Dr Lescarbault, dont tout le monde sait le nom à cause de sa trouvaille dé la planète intra-mercurielle, qu’on n’a jamais revue, et que Le Verrier a baptisée du nom de Vulcain, affirme qu’il existe dans la constellation du Lion un astre aussi brillant que Regulus et dont il donne soigneusement la position par rapport à ce dernier. Les astronomes vont attendre avec anxiété que le ciel permette de vérifier une assertion aussi imprévue. ' ,
- 1 Varia. — M. (dry étudie le bassin houiller du Pas-de-Calais dans ses rapports avec les dépôts houillers du Nord.
- •— Les observations du soleil faites pendant le deuxième semestre de 1800 à l’observatoire du Collège romain sont adressées par M. Tacchini : elles comprennent 149 jours d’observations, dont 30 en juillet, 31 en août, 28 en septembre, 24 en octobre, 20 en novembre et 16 en décembre. — Le pouvoir rotatoire du camphol et des isocamphols est déterminé par M. Haller. — MM. Georges Ponchet et Beauregard signalent les variations s du bassin des cachalots. — Des recherches analogiies à celles de
- M. Edison sur le traitement de la goutte par l’électricité sont faites par M. Favreau de Courtel. — M. Bcrthelot détermine le rôle du soufre dans les végétaux. — Une étude des truffes de l’Algérie a occupé M. Chatin. — Le développement des larves d’ascidies composées a fourni des faits nouveaux à M. Pison. Stanislas Meunier.
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- DOSAGE DE L’ALCOOL DANS LES VINS
- La détermination de la quantité d’alcool contenue dans un vin dont on étudie la nature, et dont on recherche la qualité, est une des opérations les plus importantes de l’analyse quantitative. Nous avons publié précédemment une notice complète sur l’analyse des vins1 et nous avons décrit les principaux appareils usités pour le dosage de l’alcool. Les appareils que nous avons fait connaître ne permettent d’opérer que sur un échantillon de vin à la fois. Quand on doit analyser un grand nombre d’échantillons, il faut avoir un outillage qui permette d’opérer plus rapidement. La figure ci-con-tre représente un des appareils employés chaque jour au Laboratoire municipal de la ville de Paris.
- Le vin à analyser est placé dans de petits ballons de verre fermés au moyen d’un bouchon de caoutchouc à travers lequel passe un tube, communiquant avec un serpentin plongé dans un bain réfrigérant. Le serpentin traverse le fond du bain métallique et laisse tomber le liquide qui s’est condensé, dans une éprouvette placée à la partie inférieure du système. Les opérations peuvent être faites par batteries de quatre appareils qui forment un ensemble dont notre gravure donne le dispositif. Un seul opérateur peut surveiller ainsi quatre distillations.
- L’ébullition du vin à analyser est obtenue au moyen de la chaleur produite par un bec de gaz.
- Une petite toile métallique est interposée entre la flamme et le ballon de verre pour mieux répartir la chaleur et éviter la casse.
- 1 Voy. n° 910, du 8 novembre 1890, p. 362.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fteurus, 9.
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- N° 922. — 51 JANVIER 1891.
- LA NATURE.
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- LA MARINE CHILIENNE
- LAXCEMEXT DU (( CAPITAN PUAT ))
- Entre toutes les républiques de l’Amérique du Sud, le Chili, qui semble pourtant livré actuelle-
- ment à une révolution, a su prendre un développement tout particulier, tant au point de vue politique qu’au point de vue commercial. On se souvient sans doute encore de la lutte sanglante que soutinrent, l’un contre l’autre, en 1879, le Chili et le Pérou, et dont l’issue, heureuse pour le Chili, vint assurer à
- cet État la suprématie de la côte occidentale de l’Amérique du Sud. C’est pour soutenir son rang que la République chilienne a voulu se créer une hotte de guerre puissante.
- On sait quels succès constants notre industrie remporte sur les divers marchés du monde, et notamment dans cette partie de l’Amérique, dans la République argentine. C’est aussi à nos industriels, à nos métallurgistes et à nos constructeurs que le Chili a eu recours. Sa marine militaire s’est augmentée déjà de deux croiseurs, 1 ’Errazuris et le Pinto, actuellement terminés par la Société des Forges et Chantiers de la Méditerranée, et en cours d’essai sous le commandement des capitaines Senoret et Wilson. Tout récemment, dans le courant de décembre dernier, les chantiers 19e année. — t,r lemestre.
- de la Seyne, de la même Société, ont lancé à la mer un cuirassé fort remarquable par sa disposition, et
- qui vient accroître très effectivement les forces. navales du Chili.
- Le nouveau cuirassé a pour nom C api tan Prat. C’est celui du héros national chilien, tué au combat naval d’Iquique, le 21 mai 1879, dans cette guerre quasi fratricide dont nous parlions plus haut. Arture Prat commandait la corvette, Esmeralda. Bien qu’armé seulement de toutes petites pièces, il ne craignit pas de se mesurer avec le monitor péruvien le Huascar. Atteint par l’éperon du monitor, il ordonnait l’abordage, et, le premier, sautait sur le-pont ennemi. Mais le Huascar s’étant dégagé, Prat, accompagné par un seul sergent d’infanterie de" marine, avait été tué immédiatement. Une statue a
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- Fig. 2. — Capilan Prat, cuirassé chilien armé de 4 canons de 24 et 8 canons de 12.
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- LA NA'TUR'e!
- . s
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- été élevée a Valparaiso pour perpétuer le souvenir de ce trait de bravoure dont l’effet moral fut immense'. La dénomination attribuée au nouveau navire Vient encore illustrer le nom de Prat.
- ,r C’est le 20 décembre que la mise k l’eau a été Opérée a la Seyne ; une des gravures qui accompagnent cet article (fig. 1) représente d’après une photographie le cuirassé avant le lancement alors qu’il est encore retenu sur son berceau. L’opération était présidée par l’amiral chilien Latorre, le glorieux vainqueur du Huascar, et par M. Jonet Pastré, vice-président du Conseil d’administration des Forges et Chantiers; elle était dirigée par M. Lagane, ingénieur en chef, auteur des plans du Capitan Prat, assisté de M. Kauffer, ingénieur, qui a dirigé la construction depuis la mise en chantiers*. La marraine du navire, Mme de Ilarazarte, a coupé le minuscule câble tricolore qui correspondait aux saisines maintenant le navire sur sa cale; quatre charpentiers ont tranché les derniers câbles, et l’énorme masse a pris possession de son nouvel élément avec un plein succès.
- Cette construction a été menée avec une rapidité remarquable : c’est en septembre 1889 que le cuirassé avait été mis sur chantiers. Le Capitan Prat peut du reste se signaler par la hardiesse de sa conception, ses qualités supérieures de marche et la puissance de son armement. Ses caractéristiques sont 100 mètres de longueur sur 18m,50 de largeur, avec Un déplacement de 6900 tonneaux. La coque, entièrement en acier, est recouverte d’un double bordé en bois avec doublage en cuivre. Les formes en'sont un peu pleines et massives dans le corps du navire, mais pour se relever et s’affiner élégamment aux extrémités. Le Capitan Prat est à deux hélices et à deux machines indépendantes ; la vitesse doit être de 17 nœuds au tirage naturel, et de 18 à 19 nœuds, ce qui est beau pour un cuirassé de cétte masse, avec toute la puissance à tirage forcé dès 12000 chevaux.
- { Après avoir parlé de sa coque, disons un mot de sa puissance défensive, et surtout de ses dispositions offensives et de* son armement, qui constituent sa véritable originalité. Sa puissance défensive est constituée par un cuirassement en ceinture à la flottaison, en plaques d’acier du Creusot de 30 centimètres d’épaisseur, et reposant sur un matelas en bois. Le navire n’est pas seulement défendu sur les flancs ; un pont cuirassé correspondant au can supérieur de la cuirasse latérale, couvre de sa protection les appareils et les œuvres vives du bâtiment; en outre, toutes les ouvertures sont garnies de glacis également cuirassés. Ajoutons que, sur un peu plus du tiers de la longueur, s’élève un fort central qu’une muraille d’acier de 10 centimètres d’épaisseur rend impénétrable aux projectiles des pièces à (tir rapide de petit calibre. Elle protégerait même suffisamment contre les obus chargés de matières
- . 1 C’est à l’obligeance de M. Kauffer que nous devons les •dessins qui accompagnent celte notice.
- facilement explosibles. L’entrepont est donc ainsi transformé en un véritable blockhaus, où se concentrera la vie durant le combat, et où se. trouvent les descentes aux compartiments inférieurs, les prises d’air, la base des cheminées, etc.
- Étudions maintenant l’armement; nos explications seront grandement élucidées parla vue latérale et le plan horizontal du cuirassé (fig. 2), où les canons en tourelle et même les bouches de petit calibre sont très suffisamment indiqués. La puissance offensive comporte d’abord 4 canons de 24 centimètres à 36 calibres, lançant un projectile de 170 kilogrammes, capable de perforer, à la distance de 1 kilomètre, une cuirasse de fer de 50 centimètres d’épaisseur. Citons maintenant 8 canons de 12 centimètres, traversant à une même distance 20 centimètres de métal. Les canons et les affûts de ces deux séries de canons sont du système français Canet, modèle de 1888. Enfin, complétons cette énumération : 8 canons à tir rapide, 4 de 57 millimètres et 4 de 47 millimètres ; 4 mitrailleuses Gatling et des canons revolvers un peu partout, dans les hunes, dans les passerelles et même sur le balcon du commandant. Ce cuirassé peut même être considéré comme un croiseur-torpilleur, puisque, disposant d’une vitesse considérable, il possède 4 tubes lance-torpilles, système Canet, a lancement k la poudre. Ce qui est original dans l’armement, c’est la disposition, le groupement des grosses bouches k feu. Les canons de 24 sont disposés en losange; ceux de 12, en rectangle. Les premiers sont répartis dans 4 tourelles cuirassées, une à l’avant sur la teugue, une autre à l’arrière sur le pont de la dunette, et les deux autres en encorbellement sur les ailes du pont supérieur. Les manœuvres de pointage et de chargement sont faites k l’aide de moteurs électriques ou à bras, k volonté. Dans les espaces intermédiaires, en abord, et en échelons, avec les grosses pièces, sont quatre autres tourelles plus petites, contenant chacune, comme le montre le plan (fig. 2), 2 canons de 42 centimètres accouplés. Ces dernières pièces sont k 6ra,50 au-dessus de la flottaison, les autres, k 9 mètres.
- Grâce k cet arrangement, le navire peut disposer dans toutes les directions, en chasse, en retraite comme par le travers, d’au moins 7 pièces tirant simultanément. On peut imaginer quels effets pourront produire ces feux concentrés, quand on saura que les canons de 24 peuvent tirer 50 coups par heure, et ceux de 12 k peu près 60; ils peuvent battre isolément un secteur de 180 a 270 degrés d’amplitude.
- Il ne nous reste plus qu’a dire quelques mots encore. L’équipage comporte de 500 k 350 hommes. Des précautions spéciales ont été prises pour assurer la flottabilité du navire. La cale est divisée en 15 compartiments étanches: de plus, au-dessus du pont cuirassé, un entrepont k hauteur réduite, subdivisé en un grand nombre de cellules, vient encore former comme un flotteur de réserve. 500 tonnes
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- de charbon sont emmagasinées dans cet entrepont, au-dessus des machines et chaudières, pour former un matelas d’abri. L’approvisionnement de charbon est-de 700 tonnes, ce qui permettra au bâtiment de parcourir une distance de 5000 lieues marines, à 15 nœuds, sans renouveler son approvisionnement.
- En somme, le Capitan Prat est un des types des meilleures constructions nouvelles; il met aux mains du Chili un puissant instrument de succès, et fait honneur à ceux qui ont été' chargés de celte construction. Daniel Bellet.
- LES RACES DE PIGEONS VOYAGEURS
- Le pigeon messager moderne est, comme le cheval de course, un produit artificiel dû à l’homme qui par une suite de croisements intelligents (et aussi souvent fortuits, il faut bien l’avouer) est arrivé à créer des races possédant les qualités physiques et morales nécessaires pour les usages auxquels elles sont destinées.
- Les qualités principales qu’on recherche chez un pigeon destiné au transport des dépêches, sont : 1° l’instinct d’orientation ; 2° la fidélité au colombier; 5° la rapidité du vol; 4° la résistance à la fatigue. Les deux premières sopt les plus importantes pour les pigeons militaires à cause du peu d’éloignement des points qu’ils sont destinés à mettre en communication et du grand intérêt qui s’attache à la régularité des transmissions ; les deux dernières sont surtout recherchées pour les pigeons civils élevés en vue des concours de vitesse et de distance.
- 11 faut en outre une constitution qui varie suivant le pays où le pigeon est destiné à voyager ; il est évident que l’oiseau qui convient parfaitement aux plaines de la Belgique pourra être très médiocre dans les hautes montagnes, et que le pigeon habitué aux froids de la Sibérie végétera ou mourra en Afrique.
- Aussi doit-on chercher à créer des races spéciales dans chaque climat. C’est ce que l’on a fait de tout temps et ce que l’on fait maintenant avec plus de soin que jamais, dans les pays où l’on veut établir des réseaux de pigeonniers militaires.
- Pour cela on prend la race la plus vigoureuse du pays et on cherche à la doter des qualités qui lui manquent, à la fois par le dressage et par l'infusion d’un sang étranger. Quand on est arrivé à produire quelques individus répondant aux conditions du programme, on les allie entre eux de manière à rendre le type héréditaire.
- La race créée, il faut l’empêcher de dégénérer en supprimant comme reproducteurs les individus trop défectueux et en ayant soin, au contraire, d’accoupler ceux en qui une qualité est en défaut avec ceux chez qui elle est en excès; il est absolument nécessaire, en effet, que toutes les qualités soient entre elles dans des proportions exactement déterminées par les circonstances topiques pour ne point
- Wi
- entraîner l’usure prématurée de l’individu: C’est ainsi, par exemple, qu’un cheval qui aurait un arrière-train beaucoup plus vigoureux que l’avant-main est exposé à se couronner plus vite que si l’arrière-train était moins bon.
- Je vais maintenant indiquer comment; d’après là tradition, se sont formées les races les plus connues!
- On sait que, au moins depuis le déluge, le pigeon servait, en Orient, de messager.
- Les historiens arabes rapportent que jusqu’à l’année 687 de l’hégire (1270 ap. J.-C.), les califes de Bagdad communiquaient avec le Caire au moyen d’une série de colombiers dont ils indiquent l’emplacement1. L’invasion des Mogols porta le trouble dans cetle organisation ; mais au dix-septième siècle les Turcs se servaient encore très habituellement de pigeons voyageurs ainsi que le témoigne le passage suivant emprunté à un vieux voyageur français, Michel Le Febvre, qui écrivait les lignes suivantes en 1681, dans son Théâtre de la Turquie:
- « Les Turcs estiment une chose honteuse d’avoir chez soi une volière de pigeons pour passer le temps à les faire voler, et à en attirer d’autres, C’ést. pourquoi on oblige ceux qui en veulent avoir de payer ,une certaine somme par mois au Soubachi, afin de retrancher ce prétendu abus. Cependant il y a une infinité de gens qui se meslent de ce mestier, et qui leur font faire en l’air cent tours et caracolles, suivant le mouvement qu’on leur fait avec un baston : en sorte que ces pigeons s'élèvent ou s’abaissent, s’éloignent ou s’approchent, selon les différents signes que le maislre leur fait, ce qui est assez curieux à voir,.!
- « Entre tous les pigeons que l’on nourrit ert Turquie, il n’y en a point de plus estimés que ceux qui naissent à Bagdat : dautant qu’on se se; t d’eux comme de mes-* sagers, pour porter des letlres d’Alexandrie à Alep...
- « J’ai veu une chose prodigieuse à Alep de ces sortes de pigeons que j’aurais de la peine à croire, si je n’en avois été témoin oculaire. Un marchand lionnois, nommé M, Forest, en ayant fait venir deux paires de Bagdat par un Arabe qui en fut le porteur, les retînt dans sa Volière les ailes roignées plus de six mois, pendant lesquels ils firent trois paires de pigeonneaux. Il crût que cet espace de temps leur auroit fait oublier leur ancien domicile, et que l’amour de leurs petits les retiendrait en Alep, Outre qu’il n’y avoit pas d’apparence qu’ils retournassent en Bagdat qui en est distant de treize grandes journées de cheval, à cheminer nuit et jour par le désert, qui est la voyela plus courte. Celte considération fit qu’il s’hazàrda d’en laisser sortir hors du colombier une paire, auxquels les ailes étaient crües. Le masle se voyant délivré de sa prison, n’y voulut plus rentrer, quoy qu’il eust actuellement des petits nouvellement éclos. 11 resta trois jours dehors proche la trappe à appeler la femelle qui les-Cou-i vait encore pour les réchauffer. Après avoir bien attendu en vain, il prit son vol, et s’en retourna seul droit à Bagdat à son premier giste. Celuy qui les avoit vendu fut bien estonné de le revoir après six mois d’absence, et ne pourvoit s’imaginer que ce fust son pigeon. La femelle restée seule, voyant que son masle ne retournoit plus, tua ses petits de rage, et apres leur avoir percé l’estomac à coups de bec, s’envola, et se rendit à Bagdat trois ou quatre
- 1 Je reviendrai sur ce sujet dans un prochain article, ^ 1
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- jours apres le masle : ce qui réjouit extrêmement le raaistre de ces pigeons, duquel on les a voulu racheter depuis, sans que jamais il les ait voulu vendre. »
- Le race des pigeons des califes paraît s’être conservée en Perse à l’état de pureté, et l’on prétend que ce sont des individus de cette race importés en Europe par des navigateurs hollandais sous le nom de Pigeons de Bagdad ou Bagdadais qui, greffés pour ainsi dire sur les races du pays, ont donné naissance au Carrier1 dans les Iles-Britanniques, ainsi qu’au Tümmler ct\ au Mow-chen dans les Pays-Bas.
- Le Pigeon persan ou Bagdadais se distingue de prime abord par des caroncules nasales (morilles) extrêmement développées et un large ruban de chair qui entoure ses yeux dont l’iris est couleur de feu.
- Le bec est long et fort ; la tête légèrement déprimée se dégage d’un cou long et mince aux reflets chatoyants vert et rouge ; le reste du plumage est presque noir avec des pattes rouges. L’épaule est fortement prononcée comme dans le vautour (fig. 3).
- Ses qualités dominantes sont l’instinct d’orientation et l’amour du toit natal.
- Le Pigeon bi-zet (Columba livia) que nous représentons ci-dessus (fig. 1) est le pigeon sauvage d’Europe d’où sont très probablement descendues toutes nos autres races. C’est lui qu’Homère appelait UUXsia; (Iliad., XXII, 140; Odyss., XII, 62; XXII, 368) ; Aristote (Ilist. anim.) le décrit comme noir ou gris avec des pieds rouges et ru-
- 1 Carrier signifie messager en anglais. . v
- gueux et comme ne s’apprivoisant pas. Tel il est encore (vov. fig. 1 et 2). 11 se tient constamment accroupi et a le torse très court ; son bec est, au conlraire, remarquablement long et dépourvu
- des caroncules nasales que l’on trouve si développées dans le Bagdadais; la tête est déprimée et l’iris de l’œil d’un brun foncé.
- Ses qualités dominantes, conséquence de son naturel farouche, sont la facilité avec laquelle il trouve sa nourriture aux champs et sa résistance à toutes les intempéries.
- Nos pigeons domestiques présentent souvent des cas d’atavisme : certains d'entre eux, dits fuyards, désertent le domicile où ils sont nés, où ils ont été élevés, et vont s’établir, soit dans les bois où ils perchent sur des arbres, soit dans quelque bâtiment en ruine et ils s’obstinent à y vivre en solitaires malgré les privations de toutes sortes. Le Carrier (Columba tuberculosa), produit du
- Bagdadais et du Bizet, a, comme ce dernier, les ailes et la poitrine très musculeuses ; par suite, il peut fournir de longs vols; il a la tête caractéristique du Bagdadais, surtout dans la race irlandaise (fig. 2, n° 2) qui est la plus ancienne ; mais si l’œil conserve son ruban de chair, les caroncules diminuent de plus en plus dans les sous-races deLondres et de Birmingham.— hePigeon cravaté (Columba turbita) dont la tête est donnée ci-dessus (fig. 2, n° 4), très commun dans le pays de Liège, a le bec extrêmement court avec des caroncules peu développées; les yeux sont saillants et entourés seulement d’un mince filet charnu
- Fig. 1. — Pigeon bizet.
- Fig. 2. — Tètes de pigeons voyageurs. — 1. Pigeon bizet. — 2. Pigeon carrier irlandais 3. Pigeon anversois. — 4. Pigeon cravaté. — 5. Pigeon liégeois
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- avec l’iris rouge (voy. aussi fig. 5). Son cou est garni, par devant, de plumes frisées qui se relèvent gracieusement avec l’apparence d’un jabot ou d’un nœud de cravate.
- Son vol est direct et soutenu ; aussi son croisement avec le Bagdadais a-t-il donné une race très prisée pour la rapidité de ses allures, celle de Tümmler.
- Le Mowchen dérive de l’union du Bagdadais avec le Pigeon-hirondelle (Colomba tubelaria) dont l’œil, entouré d’un cercle rouge, a l’iris d’un blanc d’émail. Le Pigeon-hirondelle doit son nom à la rapidité de son vol et aux circuits rapides qu'il exécute pendant plusieurs heures à une grande
- hauteur dans les airs. Également comme l’hiron-delle, il a l’instinct d’orientation très développé; aussi le Mowchen était-il surtout remarquable par cette qualité. Cette race et celle des Tümmler ont aujourd’hui à peu près disparu et sont remplacées dans la plupart des colombiers de la Belgique et des pays voisins par deux nouvelles races qui en dérivent, celles des Anversois et des Liégeois.
- VA?iversois, produit du Carrier et du Tümmler, tient la première place pour la vitesse et la résistance à la fatigue dans les voyages aux longs cours ; c’est lui qui a été adopté pour les colombiers militaires allemands.
- II est de grande taille, avec le bec long et fort
- Fig. 5. — Types de pigeons. — A gauche, pigeon persan ; au-dessous, pigeon cravaté ; à droite, pigeon anversois ; au-dessous, pigeon liégeois.
- (fig. ‘2,* n° 5 et lig. 5); sa poitrine est développée et ses ailes repliées s’étendent presque jusqu’à l’extrémité de la queue. Le cou, vigoureux et amplement garni de plumes longues et étroites à reilets métalliques comme chez le Tümmler, porte une tête arrondie par-dessus et dont le large front donne à l’oiseau un aspect particulièrement martial ; l’œil est garni d’une membrane charnue et les morilles sont développées comme chez le Carrier.
- Le Liégeois (fig. 2, n° 5 et fig. 3), produit du Tümmler et du Mowchen, est le plus affiné de tous les pigeons voyageurs : il brille par son courage, son énergie, sa ténacité ; c’est celui chez lequel l’instinct d’orientation est le plus développé. On le préfère en France à tous les autres.
- Comme l’Anversois, il tient du Tümmler la tète
- très convexe et le reflet métallique des plumes du cou, qui sont quelquefois retroussées comme dans le pigeon cravaté; mais il se distingue de l’Anver-sois par les formes sveltes et mignonnes du corps en général et en particulier par la petitesse extrême du hec et des caroncules. Les yeux, vifs et saillants, sont encadrés d’un mince filet charnu blanc et brillent comme des rubis. Les ailes, fort longues, reposent par leur extrémité sur une queue étroite et resserrée composée de douze plumes superposées de telle façon qu’elle n’a que la largeur d’une plume.
- Ce n’est point le lieu d’indiquer ici les caractères distinctifs des autres races secondaires formées par la combinaison entre elles de celles dont nous venons de parler, soit par leur mélange avec d’autres races
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- .comme on le fait en Espagne avec la race de Majorque1; je me bornerai à résumer d’après un colombophile expérimenté les qualités physiques et morales qu’il désire voir réunies chez un pigeon de guerre.
- « Le sternum doit s’allonger en carène très prononcée sur toute la longueur du corps trapu et bien tassé sous un plumage serré; les épaules en saillie offrent une épaisseur indicatrice du biceps, grâce auquel l’aile déployée par l’amateur se replie vivement en faisant ressort.
- « Chaque rémige de l’aileron à la forme d’un couteau légèrement effilé dans le bout; les bribes des pennes sont rigoureusement adhérentes les unes aux autres ; les ailes, sans se croiser, se rejoignent toutes raides au-dessus de la queue dont les palettes se superposent exactement en un faisceau étroit.
- ; « Le cou s’attache solidement en courbe régulière sur un poitrail gracieusement bombé et bien développé ; le dos plat se confond avec les ailes à leur point d’attache; les pattes, roses ou brunes, sont courtes et luisantes; pourtant les bons pigeons sont bottés; mais les plumes aux pattes, ramassant le crottin et l’humidité, sont un inconvénient pour la propreté et la réussite des couvées.
- « D’une façon générale, le pigeon bon pour les voyages n’a jamais les mandibules grêles comme celles de la tour-tèrelle; ses narines sont surmontées de caroncules blanches en forme de cœur, et de proportions telles qu’elles ne laissent aucune cavité, de sorte que de la nuque ‘jusqu’au bout du bec, la ligne de profil est sans solution de continuité2.
- « Enfin un filet très mince autour de l’œil est un excellent indice ; ce filet est lisse quand il est mat, et régulièrement granulé quand il tire sur le noir produisant Vœil de rat.
- « L'œil de coq est aussi très apprécié, mais en somme la couleur de l’iris, comme celle du plumage, n’entrera pas en ligne de compte pour juger, en prévision, des résultats à obtenir par le dressage. »
- Le prix ordinaire d’un couple de pigeons voyageurs adultes est de 75 francs à Liège; au sortir du nid les pigeonneaux valent de 5 h 12 francs.
- ! Un pigeon vainqueur dans plusieurs concours, ou reconnu doué de qualités exceptionnelles pour l’orientation, n’a plus de prix marchand; un couple de choix atteint facilement la valeur de 200 francs.
- Chez les Romains, qui employaient également des
- 1 Le petit tableau suivant résume les croisements dont il vient d’être question.
- ' CROISEMENT. PRODUIT DU CROISEMENT.
- Bagdadais el Bizet Carrier.
- Bagdadais et Pigeon cravaté. ..... Tümmler.
- Bagdadais et Pigeon-hirondelle Movvehen.
- Carrier et Tümmler Anversois.
- Tümmler et Mowchcn Liégeois.
- 2 L’intelligence chez les pigeons, semble décroître, comme chez les hommes, avec l’angle facial. Comparez dans la figure 2 la tête déprimée et l’air bestial du pigeon bizet avec le profil presque, humain du pigeon liégeois.
- pigeons messagers et avaient créé des races spéciales, les prix de vente paraissent avoir été sensiblement les mêmes.
- Pline, après avoir raconté que Décintus Brutus assiégé dans Modène correspondait à l’extérieur au moyen de lettres attachées aux pattes de pigeons, ajoute : « Bien des gens se passionnent même pour ces oiseaux, ils leur bâtissent des tours au-dessus de leurs maisons ; ils racontent la généalogie et les origines de chacun d'eux : ce qui prouve que ce goût date de loin.
- « L. Axius, chevalier romain avant la guerre civile de Pompée, vendit ses pigeons quatre cents deniers (environ 500 francs) le couple, à ce que rapporte M. Yarron.
- « La Campanie s’honore même du renom qu’elle a de produire des pigeons de la plus grande espèce. » L'-Colonel de Rochas.
- — A suivre. —
- LÀ PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- MICROPHOTOGRAPHIES DE PROJECTION
- Le moyen suivant vient d’être indiqué par MM. Lumière, les fabricants bien connus de plaques photographiques, pour obtenir des projections micrographiques qui fassent ressortir, par une coloration différente de celle du fond, les parties intéressantes de l’image sans cependant employer de colorations à la main qui enlèvent tout caractère d’authenticité. Nous analysons leur communication :
- On tire un positif par contact sur un papier au charbon pauvre en matière colorante. On procède pour le tirage et le développement comme cela est recommandé pour tous les papiers au charbon, mais de manière à avoir une épreuve très faible, à peine visible.
- Pour obtenir la coloration, on emploie des solutions aqueuses de couleurs employées en micrographie, violet et bleu de mcthvle, rouge Magenta, etc. Suivant la solubilité et le pouvoir colorant on varie la concentration entre 1/100 et 1/500. On verse la solution sur l’image et la gélatine est pénétrée en quelques secondes, le fond restant plus clair que l’image, qui prend une teinte vive identique à celle de la préparation microscopique si l’on a bien choisi la teinture. Lorsque la coloration est trop intense, on lave abondamment à l’eau, et on suit la décoloration qui s’effectue lentement et régulièrement. On peut, dans certains cas, laver à l’alcool. *
- Il est facile d’obtenir des colorations doubles, comme dans les préparations microscopiques. Dans une préparation de microbe, par exemple, le microbe est souvent coloré en rouge et le fond en bleu. Pour obtenir ce résultat sur la projection photographique, on la traite d’abord par une teinture rouge intense, mais qui ne s’oppose pas à la décoloration ultérieure de l’épreuve. La solution au 1/100 de rouge Magenta se trouve dans ce cas.
- On obtient une épreuve colorée en rouge dans toutes ses parties, mais le microbe est en rouge foncé et le fond en rouge clair.. On procède alors à la décoloration par le lavage jusqu’à ce que le fond perde sa teinte. On traite alors par la coloration qu’on veut lui donner; il faut une solution faible, la solution aqueuse de bleu coton au 1/500 convient parfaitement.
- MM. Lumière, à l’appui de leur communication, nous ont envoyé une série de projections de microbes qui,
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- LÀ .NATURE,
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- projetés sur l’écran, montrent bien combien les positives obtenues par ce procédé produisent un effet supérieur à celui des épreuves en noir obtenues par le procédé ordinaire.
- EXPÉRIENCE DE MARCHE'
- Un jeune officier russe, M. Alexandre Ivanovitch Win-
- r, lieutenant au i 09e régiment d’infanterie, est arrivé à Paris, le 18 janvier, après trente-neuf jours de marche.
- Parti le 11 décembre de Schopenitz, petit village de la frontière russo-allemande, il a parcouru une distance d’environ 2000 kilomètres, dont 1700 à travers l’Allemagne et l’Alsace-Lorraine. Le plus long trajet qu’il ait fait d’une seule traite a été de 70 kilomètres; la moyenne de ses étapes, a été de 50 kilomètres par jour, aune allure de fi kilomètres et demi à l’heure.
- M. Winter a pris les routes les plus directes et, pour se guider, il s’est généralement servi des cartes des états-majors allemand et français.
- C’est un jeune homme de 24 ans, de taille moyenne, maigre, d’aspect très nerveux ; il a le type tartare très caractérisé. Il ne parle que le russe *et l’allemand; il sait cependant quelques mots de français, mais celte langue lui est peu familière.
- 11 portait, pendant son voyage, une capote en drap gris fer, serrée à la taille, un pantalon et une tunique de couleur bleu foncé, un ceinturon à plaqué d’acier bruni, un chapeau de feutre mou, des bottes ou, de préférence, des bottines et une sacoche des plus primitives. Celte sacoche est simplement une « musette » en cuir verni, qu’une longue courroie permet de porter en sautoir et qui renferme un peu de linge, quelques objets de toilette ou de première nécessité. Tel est le mince bagage avec lequel l’énergique officier a fait pédestrement le voyage de Russie à Paris.
- Pendant son voyage, M. Winter a particulièrement souffert de la neige et du verglas, qui rendaient la marche fort pénible. Habitué à une température plus rigoureuse que la nôtre, il s'est peu ressenti du froid.
- A son passage à Meaux, il a été reçu de la façon la plus cordiale par les officiers français du 8e dragons qui l’attendaient au passage et dont l’accueil l’a, du reste, fort touché. Excellent déjeuner au mess, toasts enthousiastes, envoi d’un télégramme aux officiers de son régiment, etc., M. Winter n’oubliera jamais cette journée-là.
- L’officier russe est descendu à Paris au Cercle militaire ; il assistait le dimanche soir 18 janvier à la réception du Ministère de l’intérieur et se proposait de rester à Paris une dizaine de jours au moins. Il doit être rentré à son poste le 1er mai.
- ÉTUDE EXPÉRIMENTALE
- DES EXERCICES PHYSIQUES*
- IA VITESSE DU COUP DE POING
- Nous avons vu précédemment comment l’on pouvait mesurer avec précision la vitesse de la pointe d’une épée. Le sujet qui s’est prêté à l’expérience est un ancien moniteur de l'École de gymnastique militaire. Il est probable que ce moniteur peut être dépassé en vitesse, car si la vitesse de la pointe dé-
- 1 Vov.sur le même sujet,n° 901,du 6 septembre 1890, p. 222.
- â (Suite.) Voy. n° 906, du 11 octobre 1890, p. 289.
- pend de la manière de se fendre, elle dépend surtout aussi de la rapidité de la fente, rapidité qui constitue une qualité toute personnelle. Les physio-, logistes ont appris que la volonté, comme tout acte, psychique, met un certain temps à se produire; il faut surtout un temps appréciable pour que cette volonté se transmette par les conducteurs nerveux jusqu’aux muscles et se manifeste à l’extérieur par le mouvement des membres.
- On a mesuré la durée de la transmission des excitations nerveuses centrales par les nerfs, on a mesuré aussi la durée du temps perdu des muscles, c’est-à--dire du temps qu’il faut à ceux-ci pour réagir sous l’excitation nerveuse; la somme de ces durées, bien, petites chacune, est néanmoins très appréciable ; c’est Te retard du mouvement sur l’excitation qui le produit. Ce retard est à peu près constant chez un même sujet, mais il diffère d’un sujet à un autre. On l’appelle erreur pei'sonnelle et n’est pas moindre d’un dixième de seconde. L’évaluation de l’erreur personnelle peut, dans le cas présent, nous donner idée de la difficulté d’une riposte en escrime. . ]
- Si, comme nous l’avons vu, un tireur met pour se fendre à fond et toucher par un coup droit un tiers de seconde environ, son adversaire qui vient de s’apercevoir du coup porté ne pourra commencer la parade qu’au bout d’un dixième de seconde, durée de l’erreur personnelle; il ne lui restera plus dans ce cas que deux dixièmes de seconde environ pour parer et riposter ensuite. On voit combien les moinr dres différences entre la vivacité des tireurs créent pour les natures vives des conditions avantageuses, et l’on comprend que la mesure de cette vivacité relative soit, pour les praticiens, bien plus intéressante que celle de la vitesse absolue. , j
- Les procédés de mesure au moyen de la photo-chronographie s’appliquent aussi bien à la vitesse du coup de poing et du coup de canne qu’à la vitesse du coup d’épée.
- Pour mesurer la vitesse du coup de poing, nous mettons dans la main d’un boxeur une lige de bois terminée par un point blanc, soit un morceau de carte ou une petite boule de verre brillante.
- Nous avons fait l’expérience sur le moniteur de l’École de gymnastique militaire qui avait posé pour le coup d’épée. Le coup de poing d’école s’enseigné en retirant d’abord le poing en arrière, puis en le lançant en avant avec toute la vitesse possible et en restant fendu comme l’indique la figure 1. Le dessin en trait plein donne la position de la garde ; le dessin en trait ponctué donne la position du sujet après avoir donné le coup de poing. La trajectoire du poing est figurée en points noirs dans la phase de retrait et en points blancs dans la phase de lancer; les intervalles de temps qui séparent les images du petit disque blanc que lient le boxeur sont chacun d’un cinquantième de seconde. On peut voir sur la figure qu’il y a 8/50 de seconde pour retirer le poing à 45 centimètres en arrière et 11/50 de seconde pour la projection de 75 centimètres en avant.
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- LA NA TURF.
- Durée totale du coup de poing, 19/50 de seconde; espace total parcouru, 4m,20 y compris le retrait; vitesse maximum du poing, 43 centimètres en 4/50 de seconde un peu après avoir dépassé la ceinture ; le boxeur reste fendu et ne quille pas les pieds de terre.
- Voilà pour la boxe française classique; dans la boxe anglaise au contraire, le tireur est peu fendu dans la position de la garde; il ne retire pas le poing en arrière avant de donner le coup, il supprime ce temps perdu. Pour avoir toute la vitesse possible, il se fend en avant au moment de la détente du bras, et il fait coïncider cette détente avec une projection du corps tout entier (fig. 2).
- On voit le pied qui est en arrière se substituer à celui qui était en avant pendant la garde. Sur le cliché original on peut voir le corps se déplacer de quelques centimètres et glisser sur le sol par la violence du coup, tant est grande la vitesse communiquée à la masse entière du corps.
- ' Un boxeur ’ .
- amateur bien connu et renommé pour sa vitesse, M.O.Quil-ler, a eu l’obligeance de së prêter à nos expériences de mesure. , La vitesse de son coup de poing a été j de 8/50 de seconde, l’espace parcouru par le p'oing 90 centimètres, et la projection du poing ën ligne horizontale de 75 centimètres ; quant à la vitesse • -, .
- du poing, elle a eu pour maximum 17 centimètres en 1/50 de seconde. ; >
- . Si l'on compare, cette durée à celle du coup précédent déjà boxe française, on voit qu’elle est égale au temps mis par le premier sujet (11g. 1) pour retirer seulement le poing en arrière. i
- Si l’on mettait donc ces deux boxeurs en présence sans qu’ils modifient leur méthode, il est probable que le boxeur suivant la méthode classique aurait
- été touché deux fois par M. Quiller avant que son poing ait eu le temps de porter. Cette infériorité tient évidemment à la méthode, car M. Sandoz qui a donné le coup de poing suivant l’Ecole militaire est connu pour être très vif dans ses mouvements.
- Du reste la photographie nous montre que sur les 19/50 de seconde que dure son coup de poing, il en
- perd 11/50 rien que pour retirer le poing en arrière et le ramener jusqu'à la position initiale. La projection du poing à ce moment, ne dure que 7/50 de seconde. Il serait intéressant de comparer ainsi les meilleurs tireurs des différentes écoles ; peut-être trouverait-on aussi un sujet pratiquant avec autant de talent la boxe anglaise et la boxe fran-
- Fig. 1. —Analyse du coup de poing droit de l’Fcole de gymnastique militaire. (Dessin fait d’après un cliché photochronographique.)
- on éliminerait l’erreur person-
- Fig. 2. — Coup de poing droit de la boxe anglaise. Position du tireur avant et après-] le coup. (Dessin fait d’après un cliché photochronographique.)
- çaisc alors nelle
- Ces études de détail étant faites, il est curieux d’étudier l’assaut lui-même et de voir les mouvements relatifs d’un sujet par rapport à l’autre.
- Le nouvel appareil de M. le professeur Marey1
- permet de faire la dissociation des images successives prises pendant un assaut et à des intervalles de 4/18 à 4/20 de seconde. Ces séries que nous avons pu faire reproduire par les nouveaux procédés de la similigravure sont des plus curieuses. La phrase d'assaut représentée figure 3 nous .montre plutôt une série de coups esquissés, qu’un
- assaut vraiment sérieux, mais les attitudes sont très variées et très harmonieuses; le sujet qui attaque suscite chez l’adversaire des mouvements réllexes que l’imagination d’un artiste aurait peine à se figurer.
- La série se lit en partant de la figure numérotée I située au coin et en bas à gauche delà page.
- De I à III le boxeur de droite exécute un sursaut;
- 1 Yoy. du 15 novembre 1890, p. 375.
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- Fig, 3, _ Séries d'images photographiques successives de boxeurs prises à des intervalles de temps égaux pendant l’assaut,
- (Reproduction dirccle par l’héliogravure.)
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- LA NATURE.
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- de IV à VII il simule un coup de pied de figure paré paj son adversaire ; de VIII à XVI ce dernier riposte par un coup de pied de flanc paré et suivi d’une riposte de coup de pied bas (XVII à XX) ; l’adversaire deigauche se prépare alors à donner un coup de pied tournant qui a été supprimé dans la reproduction.
- Nous ne donnons pas, bien entendu, celte série comme un modèle d’assaut, nous montrons seulement un exemple des moyens dont nous disposons à la Station physiologique pour avoir des documents exacts sur les mouvements les plus compliqués et pour les étudier ensuite tout à notre aise.
- — A suivre. — GEORGES DeMENY.
- LE TRAITEMENT DE LA PHTISIE1
- Ml y a trois mois que Koch publiait, avec le retentissement que l'on sait, un procédé de traitement de la phtisie destiné à révolutionner la science et la thérapeutique. A la Suite de cette publication, qui, cependant, n’indiquait rien de précis, rien de définitif, le public, trop confiant, s’abandonna sans réserves à l’idée que cette maladie terrible, qui compte pour un cinquième dans la mortalité de nous les pays, allait être vaincue et qu’il ne resterait de la tuberculose que le triste souvenir des victimes qu’elle avilit frappées. De toutes parts, les malheureux malades, prenant au pied de la lettre les assertions des bulletins allemands, se précipitèrent à Berlin pour demander à la lyniphe et à ses prophètes la guérison vainement espérée.
- On connaît trop cette triste épopée pour qu’il soit nécessaire de nous y appesantir ici, et les réserves que je formulais dans mon premier article, n’ont été que trop justifiées. Un Gouvernement voyant dans la vente du produit une source de revenus sans limites; un savant, faisant bon marché de sa gloire passée, de ses travaux scientifiques et refusant de donner le secret de cette préparation; puis, un beau jour, quand la fameuse liqueur eut été expérimentée dans les cliniques du monde entier, quand, de toutes parts, il fallut constater que l’on avait promis beaucoup plus qu’on ne pouvait tenir, alors, le Gouvernement renonce à son idée de négoce et l’inventeur se décide à parler.
- Si l’on jette les yeux sur les rapports des médecins qui ont' essayé ce produit, rapports dont les journaux ont donné au moins un résumé, que constate-t-on? Que la réaction annoncée comme révélatrice de l’infiltration des tissus par le tubercule se produit aussi pour d'autres lésions, le cancer notamment; que cette réaction peut dépasser de beaucoup, même aux doses les plus minimes, bien inférieures à celles indiquées, ce qui avait été constaté dans les premières recherches ; que d’autres fois, au contraire, elle ne se produit pas du tout chez des tuberculeux avérés. On n’en était pas à la première période d’essais que des accidents graves étaient signalés de divers cotés, état comateux, endocardite, complications du côté du rein, du poumon, puis des morts, quelques heures après une injection chez des sujets qui n’étaient atteints que de tuberculose locale.
- Le dernier coup a été porté à la méthode nouvelle par un professeur de Berlin, un collègue de Koch, l’anatomopathologiste Virchow, qui est venu donner à la Société de médecine de Berlin le résultat de ses recherches sur une vingtaine de cas de mort (et tous les décès ne figurent
- 1 (Suite.) Vov. n° 912, du 22 novembre 1891), p. 587.
- pas dans ce document). Par l’examen des lésions ppst mortem, le célébré pathologiste allemand a démontré que la lymphe peut favoriser l’extension et la généralisation du processus tuberculeux, et qu’elle n’a pas la valeur curative qui lui a été attribuée. Des malades qui ne présentaient que des lésions localisées, peu importantes, ont été emportés par des poussées congestives formidables, par l’éclosion de tuberculose miliaire à forme galopante et rapidement mortelle. Des Lits analogues ont été constatés ailleurs qu’à Berlin. Aussi la lymphe ne semble-t-elle avoir d’applications qu’à des formes tout à fait locales de tuberculose et encore, en présence des dangers formidables que peut créer l’injection, est-on en droit de se demander si le remède n’est pas pire que le mal.
- Devant ces révélations un peu inattendues, le Gouvernement prussien a compris qu’il avait fait fausse route et Koch s’est exécuté à demi en faisant connaître la composition de sa fameuse lymphe. Soyez tranquille, il n’a point trop parlé, mais ce qu’il a dit suffit pour établir que celte méthode nouvelle n’est tout simplement que l’application des méthodes proposées par Pasteur pour le choléra des poules, par Houx et Yersin pour la diphtérie. La lymphe est un extrait glycériné des cultures pures du bacille de la tuberculose. Par des procédés dont il garde les détails secrets, il a obtenu des cultures les parties solubles, les produits sécrétés par le bacille, qui semblent être un dérivé des matières albuminoïdes. Mais sont-ce des cultures fraîches, anciennes? sont-ce des cultures stérilisées par la chaleur, le froid, par des agents chimiques? Encore autant d’inconnues. La question n avance pas beaucoup, sinon que le bactériologiste allemand a cherché, comme d’autres, à isoler les substances solubles d’origine microbienne, à obtenir un virus atténué. Quelques détails de laboratoire auraient permis à un autre chercheur de modifier les incorrections du procédé, d’arriver à une solution plus complète. Koch s’est réservé ce soin. Souhaitons que scs prochaines découvertes soient annoncées moins bruyamment, et que les résultats soient plus en accord avec des promesses aussi solennelles. Dr A. Cartaz,
- LES PROFONDEURS DE LA MER NOIRE
- Pendant l’été de 1890, un navire de guerre russe, le Tchernumorelz, était chargé de l’exploration des profondeurs de la mer Noire. MM. Wranguel, hydrographe, Spindler, physicien-géographe, et Androussoff, naturaliste, formaient le personnel scientifique de l'expédition, et le capitaine Smirnofï commandait le navire. En parlant d’Odessa, le Tchernomoretz traversa la mer Noire dans plusieurs directions entre cette ville et Sébastopol, Théo-dosie, Batoum et l’entrée du Bosphore. Les sondages furent faits à l’aide de la sonde de Thomson et du batho-mè.re de Meyer, etJes dragages à l’aide d’une drague dans le genre de celles dont se servaient les naturalistes du ialisman. En outre, de nombreuses observations de la température de l’eau aux diverses profondeurs furent faites à l’aide des thermomètres Miller-Cazella et Negrelti-Zauibra. Pour mesurer la densité de l’eau, on se servit de l’aréomètre à poids fixe.
- La plus grande profondeur fut trouvée presque au centre géométrique de la mer, sur la ligne qui réunit Théodosie et Siuope : elle atteint 2250 mètres. A partir de ce point central, le fond resle longtemps presque horizontal dans toutes les directions, de sorte que la plus grande partie de la mer Noire présente une espèce de vase long et plat. L’exhaussement du fond entre la Cri-
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- LA NATURE
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- raée et l'Anatolie, qu’on supposait trouver au milieu de la mer, en réalité n’existe pas, de même que les énormes profondeurs qu’on s’attendait à rencontrer aux pieds des monts Caucase. Il est vrai que la pente rapide du sol caucasien continue sous l’eau de la mer ; mais ce sol s’aplatit bientôt. La moins profonde partie du bassin, dont la superficie est de 381500 kilomètres carrés, se trouve dans le nord-ouest, entre les embouchures du Danube et du Dniepr, d’un côté, et la ligne qui réunit Bourgas et Eupatoria, de l’autre : là on ne trouve que des profondeurs de 180 mètres au plus, et le fond est plat, à peine incliné vers le sud-est.
- La température de l’eau de la mer Noire varie avec la profondeur. À la surface, au mois de juillet 1890, elle a été de 23 degrés centigrades, mais déjà à la profondeur de 9 mètres on ne trouvait que 21°,2.
- La plus basse température a été de 7 degrés à la profondeur de 54 mètres ; plus haut et plus bas que ce niveau, elle augmente rapidement vers la surface de la mer ; lentement, mais sans arrêt, vers le fond. Dans les plus grandes profondeurs, on trouve 9°,5 C., c’est-à-dire la température moyenne annuelle des régions terrestres voisines, sous le 43e parallèle.
- La salure des eaux de la mer Noire augmente régulièrement avec la profondeur, comme le prouvent les chiffres suivants. A la surface, la salure est de 17,29 sur 1000 unités de poids. Elle est de 22,33 à 1650 mètres.
- Les couches superficielles sont les moins salées, parce qu’elles reçoivent l’eau douce des pluies et des affluents de la mer, parmi lesquels se trouvent le Danube, le Dniepr, le Don, le Kouban, le Bion, etc. Quant aux grandes profondeurs, la salure y approche, peu à peu, de celle de la Méditerranée, sans l’atteindre d’ailleurs.
- L’eau de la mer Noire, dans les profondeurs dépassant 360 mètres, présente une singularité qu’on ne trouve dans aucun autre bassin maritime : elle contient de l’hydrogène sulfuré qui se dégage, sous forme de gaz nauséabond, lorsqu’on amène cette eau, dans un vase clos, à la surface de la mer. Dans les couches superficielles, à partir de la profondeur de 130 mètres, ce gaz ne se trouve plus, certainement parce que l’eau y est souvent agitée par les vents. M. Androussoff attribue la formation de l’hydiogène sulfuré à la décomposition des corps organiques, noyés à une époque lointaine de la nôtre ; car, de nos jours, on ne Irouve plus au fond de la mer Noire ni animaux, ni végétaux vivants, mais seulement leurs restes. La faune et la flore vivantes ne se rencontrent que dans les régions pélagiques au-dessus de 360 mètres de profondeur1.
- LE CHEMIN DE FER DE LA. JUNGFRAU
- EN SUISSE
- La Suisse compte aujourd’hui, parmi les merveilles de ses montagnes, un grand nombre de chemins de fer funiculaires, dont quelques-uns, comme le chemin de fer du Pilate, constituent des œuvres d’art d’une hardiesse et d’une importance de premier ordre. M. A. Rieffel nous communique quelques renseignements concernant un projet de chemin de fer à la Jungfrau, dont les glaciers dominent la vallée d’interlaken, et dont le sommet atteint 4166 mètres.
- M. Locher, qui a déjà construit le chemin à crémaillère du Pilate, propose ceci : construire, de Laulerbrunnen au
- 1 D’apres une note de M. Venukof présentée à l’Académie des sciences par M. Mascart,.
- sommet de la Jungfrau, deux tunnels parallèles dans lesquels circuleront des wagons (à cinquante places) dont la section sera, à un centimètre près, égale à celle des tunnels. Quatre cents chicanes garniront le pourtour de chaque véhicule : l’air ne pourra donc que bien difficilement passer de la face postérieure à la face antérieure du Avagon et ces chicanes mainliendront l'étanchéité. Une machine comprimant l’air à 1/10° d’atmosphère seulement poussera le wagon comme dans un tube pneumatique; la montée de ce wagon sera d’ailleurs presque entièrement effectuée par la descente du wagon contenu dans le tunnel parallèle ; en effet, des vannes seront ouvertes, en bas, entre les deux tunnels, et l’air comprimé par la descente d’un wagon passera dans le tunnel voisin, de façon à pousser le véhicule ascendant. La puissance que devra fournir là machine sera donc égale seulement à la perte déterminée par les frottements et à la différence éventuelle du poids des voyageurs dans les deux voitures. L’air, passant d’un tunnel à l’autre, jouera le rôle du câble dans un funiculaire. L’ascension durera quinze minutes. On nous affirme, qu’une demande de concession est déjà déposée.
- DISTRIBUTION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE.
- PAR LES COUR4NTS ALTERNATIFS A PARIS ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE DE « LA BELLE-JARDINIÈRE »
- Les magasins de la Belle-Jardinière à Paris viennent d’être éclairés à la lumière électrique. L’énergie leur est fournie par la station municipale d’électricité des Halles centrales qui se trouve dans le voisinage. Nous avons déjà donné la description de cette usine en ce qui concerne la distribution par les courants continus1; nous parlerons aujourd'hui des courants alternatifs. C’est, en effet, à l’aide des machines à courants alternatifs et par transformateurs que la Belle-Jardinière se trouve alimentée. L’usine des Halles comprend deux systèmes particuliers de distribution : la distribution par les courants continus et la distribution par les courants alternatifs. Le premier service est déjà en fonctionnement régulier depuis le 1er décembre 1889, le second n’a fonctionné que depuis le 12 juillet, mais l'éclairage que nous signalons est la plus grande application faite jusqu’à ce jour, et date seulement du 15 décembre 1890.
- La force motrice est fournie par trois machines horizontales Lecouteux et Garnier, à condenseurs montés en tandem, d’une puissance de 170 chevaux à la vitesse angulaire de 180 tours par minute. La vapeur est produite par des chaudières Belleville, travaillant à la pression de 12 kilogrammes par centimètre carré ; mais sur les machines, un détendeur spécial ramène la pression à 6 kilogrammes par centimètre carré. Chaque machine à vapeur actionne, à l’aide d’une transmission par câbles, une machine Ferranti à courants alternatifs, dont le système a déjà été décrit ici même*, donnant 2400 volts et 45 ampères à la vitesse angulaire de 520 tours par minute. L’excitatrice de ces machines est formée
- 1 Voy. n° 858, du 9 novembre 1889, p. 369.
- 2 Voy. n° 840, du 6 juillet 1889, p. 94. ......
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- LA NATURE.
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- par une petite dynamo Thury montée sur le même arbre que l’armature et fournissant 80 volts et 56 ampères. Ces trois machines sont réunies à l’aide de câbles à un tableau central de distribution (fig. 1). Sur ce tableau se trouvent deux commutateurs généraux A et B, formés par un axe central portant un volant. Sur cet axe sont fixés deux disques en fibre munis chacun d'un bras de contact placé suivant un rayon. Les disques se déplacent entre d’autres contacts établis sur la périphérie d’un disque extérieur. Ces derniers contacts communiquent chacun avec un pôle des 3 dynamos, les trois autres contacts de l’autre disque avec chacun des autres pôles.
- Les bras dont nous avons parlé plus haut sont eux-
- mêmes en relation avec les circuits extérieurs de distribution, de sorte qu’il est très facile, par une simple manœuvre, de faire passer un circuit sur une machine ou sur l’autre. La figure 1 donne une vue d'ensemble du tableau de distribution. On peut voir les commutateurs dont nous parlons, placés sous verre, et, en deçà, les coupc-circuits C et T), les ampèremètres K,les voltmètres des transformateurs témoins F. A la sortie du tableau de distribution, nous trouvons trois câbles, deux desservant la Belle-Jardinière et Je troisième desservant les rues Coquillière, des Petits-Champs, de l’avenue de l’Opéra. Une partie d’un des câbles qui se rendent à la Belle-Jardinière est concentrique (fig. 3) ; il se compose d’un toron de
- Fig. 1. — Éclairage électrique désétablissements delà Belle-Jardinière, à Paris. Tableau de distribution à la station centrale des Halles.
- cuivre de 60 millimètres carrés de section, d’une épaisseur de caoutchouc pur de 1 millimètre, de 8 millimètres de caoutchouc vulcanisé, de deux rubans caoutchoutés, d’un deuxième circuit de fils de cuivre formant le deuxième circuit, de deux couches de caoutchouc pur, de 3 millimètres de caoutchouc vulcanisé, de deux rubans caoutchoutés, d’une épaisseur de 3 millimètres de chanvre imprégné de composition résineuse, et de deux rubans de tissu de coton enduit. Le câble ainsi formé est ensuite recouvert d’un fort guipage de filin enduit d’une composition bitumineuse. Il n’y a guère qu’une longueur de 150 mètres de câble concentrique; le reste est formé par des câbles simples d’un très fort isolement, mais bien inférieur à celui que nous venons de citer. Les câbles sont placés dans
- des moulures en bois injecté et ces dernières sont établies dans des caniveaux en ciment placés sous les trottoirs. La canalisation traverse les Halles, la rue Berger, la rue du Roule et aboutit enfin à la Belle-Jardinière. Les câbles arrivent alors dans une salle spéciale, où les transformateurs sont installés sur des consoles en bois avec feutre pour l’isolement. La figure 2 donne une vue d’ensemble de l’installation des transformateurs. Ces derniers sont au nombre de 11, dont 6 de 15 kilowatts et 5 de 7,5 kilowatts. Le câble de 20 millimètres carrés dessert un transformateur de 15 et un de 7,5 kilowatts; les autres sont desservis par le câble de 60 millimètres carrés. Tous les circuits primaires sont pris en dérivation. Les circuits secondaires sont montés en quantité de façon à former trois circuits bien distincts,
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- un donnant 100 volts et "220 ampères, l’autre I et 800 ampères. Les deux premiers circuits sont 100 volts et 480 ampères, et le troisième 60 volts | destinés à l’incandescence et le troisième à l’arc.
- F’o- 2. — Chambre des Iransfoimateurs dans les magasins de la Itelle-Jardiitière.
- De la salle du sous-sol, les câbles se rendent au second étage, à un petit local spécialement affecté au service électrique. Là se trouve le tableau général de distribution intérieure, avec tous les commutateurs et interrupteurs commandant les divers circuits d’incandescence.
- Chacun des huit étages des magasins est, en effet, desservi par un circuit spécial en boucle, faisant le tour total des diverses salles sur un même plan.
- Tous ces circuits sont commandés par un interrupteur au tableau. L’installation comprend, au total, 1265 lampes à incandescence de 16 bougies, réparties dans tout l’établissement, et 100 lampes à arc
- Pieper à courants alternatifs, fonctionnant avec 60 volts et 7 ampères. Chaque lampe à arc est réunie
- par un circuit à une résistance placée au tableau de distribution. Au-dessous de la première salle que nous venons de mentionner s’en trouve, en effet, une seconde qui renferme toutes les résistances. — Tous les circuits établis dans les magasins de la Belle-Jardinière sont placés sous moulures en bois. L’installation a été faite avec beaucoup de soins parM.Bres-son pour le compte de la maison Mildé. Les conduites de gaz et d’eau ont été évitées avec précaution ; et les appareils à gaz eux-mêmes ont été laissés de côté.
- Fig. 3. — Modèles des câbles électriques.
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- Telles sont, en peu de mots, les principales dispositions d’une importante installation électrique Jaile à l’aide de courants alternatifs et par une sta-‘tion centrale. Nous tenions à la signaler à nos lecteurs, parce qu’elle est à Paris le premier exemple (de distribution à des abonnés par des courants alter-'natifs. J. Laffargue.
- i NÉCROLOGIE
- \ Émile Reynier. — La science électrique vient de perdre un de ses représentants les plus estimés dans la [personne de M. Émile Reynier, .enlevé jeune encore, le ;20 janvier, en quelques jours, par une pneumonie foudroyante. M. E. Reynier, âgé de trente-neuf ans seulement, était un électricien de la première heure, et un chercheur infatigable. La Natures publié un certain nombre de ses découvertes, notamment sur les piles et les accumulateurs. 'On lui doit une des premières lampes à incandescence à air libre. Mais c’est surtout sur les accumulateurs que E. Reynier avait porté les efforts de ses recherches. Il avait créé plusieurs modèles spéciaux, et dernièrement encore il travaillait à un nouveau modèle d’accumulateurs élastiques. A côté du chercheur, se trouvait en Emile Reynier l'homme de science; il avait adressé plusieurs communications à l’Académie des sciences, à la Société française de physique, et avait publié quelques traités l'estimés. ’ Son nom a une place bien marquée dans l’histoire de Ja Science électrique.
- CHRONIQUE
- De nouveaux oiseaux de proie. — Pendant les hivers rigoureux, les Corneilles mantelées, trouvant la vie difficile à la campagne, viennent volontiers camper au jardin des Plantes à Caris, où elles sont assurées de rencontrer de grands arbres et une nourriture abondante. Cette année, une colonie composée de plus de trente de ces oiseaux est arrivée au commencement du mois de décembre et s’est établie au milieu de la ménagerie comme en pays éonquis. Hardies et pillardes, ces grandes Corneilles ne se contentent pas d’enlever le pain, le grain et la viande dont on garnit les mangeoires des pensionnaires ordinaires, elles poursuivent les pigeons domestiques, les tuent à coups de bec et les dévorent comme le feraient de véritables oiseaux de proie. Elles attaquent de préférence les pigeons à queue de paon qui occupent le grenier d’un petit bâtiment situé près de la fosse aux Ours et qui, gênés par leur énorme queue en éventail, ne peuvent leur échapper. Quand elles voient un pigeon posé à terre ôu sur le toit du colombier, elles arrivent à tire-d’aile, fondent sur l’oiseau sans défense, lui brisent le crâne, déchirent le corps et en avalent les lambeaux palpitants, ne laissant que le bec et les pattes. En une.seule matinée, elles ont tué cinq de ces pigeons, sans qu’il ait été possible de s’y opposer tant elles se gardaient avec soin de Rapproche des surveillants, et pour sauver les derniers survivants, il a fallu les enfermer dans leur pigeonnier dont les Corneilles continuent à observer curieusement les abords.
- , La neige en Tunisie, -tt Le Journal Tunis nous apprend qu’il est tombé plusieurs fois de la neige dans la Régence, ce qui n’était pas arrivé depuis trente-cinq ans. Un thermomètre placé à l’avenue de la Marine, à
- Tunis, a donné à plusieurs reprises notamment le 15, le 16 et le 17, une température de —2° à l’observation de 7 heures du matin. Le 18, il est tombé une violente averse de neige, accompagnée de coups de foudre. Les Arabes ont été tout à fait stupéfiés d’un spectacle auquel ils sont si peu habitués. Ils ont été si peu accoutumés à se garantir contre une pareille température, qu’on signale plusieurs cas de mort par le froid dans la campagne. Du reste, dans la plupart des chambres à Tunis, il n’v a pas de cheminées et les seuls feux que l’on puisse allumer sont ceux des cuisines.
- Saucissons de charogne. — M. Thomas, directeur et inspecteur sanitaire de l’abattoir de Mons (Belgique), chargé à plusieurs reprises par le parquet de Mons de faire une enquête dans plusieurs clos d’équarrissage, a constaté que ces établissements étaient doublés d’une fabrique de saucissons de « Boulogne ».ll s’est assuré que tous les animaux morts de n'importe quelle maladie servaient à la préparation de ce dangereux aliment. La Revue d'hygiène remarque à ce propos que depuis longtemps cette fabrication clandestine de charcuterie malsaine a été signalée et poursuivie en France; de grandes quantités de saucissons faits avec des viandes d’animaux morts de maladies sont saisies chaque jour, pour ainsi dire, aux Halles de Paris. Le danger est d’autant plus grand que les chairs de ces animaux dépecés dans les chantiers d’equarrissage sont souvent crues ou à peine cuites. La jurisprudence sanitaire rend difficile dans tous les pays la surveillance à ce point de vue des ateliers d’équarrissage; il est à craindre que beaucoup de maisons, qui ont la prétention d’étre qualifiées de bonnes, se laissent entraîner par le bon marché à acheter pour les revendre de ces produits au titre alléchant; saucisson de Bologne ou de Boulogne, on n’y regarde pas de si près. De tout temps, beaucoup de personnes se sont méfiées de la charcuterie. Plus que jamais cetle méfiance est justifiée, et si l’on n’y prend garde, voilà bientôt une industrie française qui va être compromise par la mauvaise foi et l’impudence d’industriels de bas étage. 11 faut dire aussi que c’est surtout dans les quartiers populaires des extrémités de Paris et des grandes villes, dans les officines charcutières de la banlieue, surtout dans ces villages ou bourgs des départements de la Seine, de Seine-et-Oise, du Rhône, des Bouches-du-Hhône, du Nord, delà Seine-Inférieure, que l’autorité a le devoir de veiller et de surveiller, car ce sont ces petits centres' qui constituent les meilleurs et les plus sûrs débouchés des produits frelatés et malsains, fabriqués dans les chantiers d’équarrissage.
- L’origine des noms propres. — Nous avons indiqué récemment (p. 30) quelques curieux exemples d’erreurs commises dans la confection des cartes géographiques sur les noms de certaines localités dont l’origine provient de patois du pays. Voici quelques autres exemples que nous communique un de nos lecteurs. Au nord de Bellegarde (Ain), on trouve sur la carte d’Etat-Major une localité désignée sous le nom de Grand Credo : le rédacteur du Relief de la France publié dans l’Annuaire du bureau des longitudes, en 1887, a écrit Grand Creteau. Le vrai nom est Crèt d'Eau comme l’indique la carte du Dépôt des Fortifications. Dans les environs du Grand Crèt d’Eau, se trouve d’ailleurs le Crèt du Miroir, le Crèt delà Goutte, le Crèt de la Neige, etc. Sur la plupart des cartes’ du Jura Français, on lit Buis de Banc ou Bois de Bans qui devrait s’écrire Bois de Ban (Bois réservé). Près de Morey (Jura) on lit sur les cartes : sous les Gyps, là où il n’v a pas l’ombre de sulfate de chaux. Il faudrait écrire sous
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- LA NATURE.
- f4S
- les Cys, gy signifiant un couloir par lequel on fait glisser le bois.
- Les fleurs des Alpes-Maritimes. — On sait que le département des Alpes-Maritimes, grâce à la douceur de son climat, s’est fait une spécialité de la production des fleurs, surtout pendant la saison rigoureuse, alors qu’el es sont tiès rares ailleurs. Ce commerce spécial a pris une importance vraiment extraordinaire, si bien que l’on est surpris en lisant quelques chiffres relatifs à cette production, fournis par les Annales de la Société d'horticulture de l’Hérault. La production des fleurs dans le département des Alpes-Maritimes représente une valeur de 15 millions de francs environ. La principale production est celle des fleurs d’oranger, dont on a recueilli 1 860 000 kilogrammes; en second viennent les roses, 1 000 000 de kilogrammes ; nous relevons ensuite 157 000 kilogrammes de violettes, 147 000 de jasmin, 74 000 de tubéreuse, 50 000 de jonquilles et ‘20 000 de réséda. Ce qui donne au total un mouvement de 5 308 000 kilogrammes de fleurs. O. B.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 janvier 1891. —Présidence de M. Duchartre.
- La synthèse des prplones. — Tout le monde connaît les beaux travaux analytiques par lesquels M. Schutzen-berger a su pénétrer si avant dans la constitution des corps protéiques. Ce chimiste a lait voir que ceux-ci, en s’hydratant sous l'influence des alcalis à la température de 150 à 180 degres, donnent naissance, non seulement à de l’ammoniaque, à de l’acide carbonique et à de l’acide oxalique, mais encore à des produits solides amides, dont l'ensemble fournit à l’analyse une composition exprimée d’une maniéré générale par la formule :
- (ni^A^O4.
- G’est un mélange de substances appartenant à deux catégories bien distinctes dont l’une répond à la formule :
- C‘li*“+«AzO
- et l’autre à celle-ci :
- eiD'-'AzO’.
- Les premiers sont des dérivés amidés des acides gras, les autres sont des anhydrides d’oxacides amidés. En présence de semblables résultats, il était naturel de se demander si on ne pourrait pas réaliser la synthèse des corps protéiques en parlant de ces produits de décomposition qu’on déshydraterait pour les combiner ensemble. Apres de nombreuses tentatives non couronnées de succès, l’auteur annonce aujourd’hui qu’il a fait faire un pas important à la question. 11 prend les composes amidés dont nous venons de parler et apres avoir additionné leur mélangé d’anhydride phosphorique, il porte le tout à la température de 125 degres. La matière, pulvérulente jusque-la, se prend en masse compacte et l’eau en extrait apres refroidissement une forte proportion d’un compose précipitable par l’alcool. Cette matière, étudiée de très près, a montré toutes les propriétés des peptones. C’est la première fois qu’on obtient artificiellement un corps se rapprochant des matières protéiques et par conséquent la découverte de M. Schutzenberger mérite-une attention toute particulière.
- Le froid et la inénagerie du Muséum. — La période si rigoureuse que nous venons de traverser a fait subir a la ménagerie du Muséum, des pertes dont les traces seront longues à s’elfacer. M. le professeur Alphonse Milne-Edwards, en constatant que l’installation des ani-
- maux est très insuffisante dans notre grand Établissement national, fait remarquer que la dure épreuve de ces deux derniers mois a procuré la notion de la résistance au fi'oid dont sont capables plusieurs espèces qu’on aurait pu croire beaucoup plus délicates. Telles sont enti e autres des antilopes comme le Gnou d’Afrique, le Bubale, le Blées-boek, le Nilgault, le Cervicapra et des Cerfs comme le Sika du Japon, le Cerf-Cochon, le Munljac qui se manifestent comine tout à fait aptes à l’acelimatalion chez nous. L’auteur ajoute que M. le Président de la République a autorisé des essais dans les forets de Rambouillet et dé Saint-Germain, où de petits troupeaux on tété placés dans des enclos, dans l’espoir de les voir se multiplier rapidement.
- Nature de la lumière polarisée. — A diverses reprisés, l’Académie a proposé, comme question de concours, la détermination du séns des vibrations dans un rayon de lumière polarisée : jusqu’ici aucun travail n’a semblé mériter le prix. Or, M. Cornu annonce qu’un savant allemand, M. Winner, a récemment trouvé un moyen de résoudre complètement et directement la question. Le mode opératoire est vraiment calqué sur celte expérience classique d’acoustique où une petite membrane, promenée dans toute la longueur d’un tuyau sonore qui parle, permet de reconnaître, par les variations de son allure, les alternances des ventres et des nœuds. On fait tomber, à 45°, un large faisceau polarisé sur une surface réfléchis-5-saute : comme le faisceau est large, il y a une zone où les rayons réfléchis se croisent à angle droit avec les rayons incidents; dans celte zone, si ‘des interférences se produisent, on en conclut que l’allure est la même que dant le phénomène sonore, c’est-à-dire que les vibrations de la lumière sont perpendiculaires à la direction de la propagation. Or, l’auteur a imaginé, pour rechercher les ventres et les nœuds alternatifs de vibration lumineuse, une pellicule photographique si prodigieusement mince que sa transparence peut être considérée comme sensiblement parfaite. Il ÿ constate, après l’expérience, la production de lignes noires alternant avec des zones non impressionnées, c’est-à-dire qu’il fournit à la théorie des ondulations les plus éclatantes confirmations qu’elle eut jamais, en précisant, par un fait palpable, le caractère dynamique de la vibration lumineuse.
- Eleclrométallurgie de Valuminium. — M. le secrétaire perpétuel met sous les yeux de l’Académie un gros lingot d’aluminium obtenu par M. Adolphe Minet par lVlectro-lyse du fluorure d’aluminium préalablement fondu. Avec une force élcclromotrice de 4 volts seulement, c’est-à-dite celle de deux accumulateurs en tension, il obtient de 50 à 55 grammes de métal pour une énergie électrique dans l’électrolyse équivalant à un cheval-heure. L’auteur ajoute que le métal obtenu est au titre de 980/1000 et se tra* vaille au marteau et à froid avec la plus grande facilité,
- Varia. — La bombe calorimétrique procure à M. Scheu-rer-Keslner un moyen de mesurer la chaleur de combustion des diverses qualités de houille. — En collaboration avec M. André, M. Berthelot étudie les composés azotés renfermés dans la terre végétale. — Une disposition propre à rendre les oscillations du pendule parfaitement isochrones est décrite par M. Wolf au nom de feu M. Phillips. — M. Defforges étudie l'influence de la résistance de l'àir sur le mouvement du pendule employé aux opérations géo-désiques. — D’après M. Moureaux, on a observé à Saint-Maur une pertui bation magnétique Coïncidant exactement avec le récent tremblement de terre de Cherchell en Algérie. '.........Stanislas Meunier.,, ...^
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- LA NATURE.
- LA MÉCANIQUE DES JOUETS
- « l’ÉCUYÈRK ))
- Une minuscule poupée, vêtue d'une robe de gaze, se tient debout sur un cheval galopant autour d’une piste circulaire. A chaque tour, elle se trouve en présence (Tune barrière horizontale, placée à hauteur de sa tête; nous la voyons alors fléchir sur ses jambes en se penchant en avant, comme une personne prête à s’élancer, puis franchir l’obstacle et retomber debout sur son cheval, sans jamais manquer son coup, quelle que soit la vitesse de sa monture. Tel est le jouet nouveau de l'Ecuyère, dont nous donnons aujourd’hui le dessin ; il présente une combinaison de mouvements d’autant plus intéressante que les organes, en très petit nombre, sont tous visibles et extrêmement simples.
- D’abord, le moteur ; c’est un volant horizontal, mù par une ficelle qu’on enroule autour de son axe. La pointe inférieure de ce t axe frotte sur le bord incliné du socle circulaire de l’appareil, qui est un bloc de fonte assez lourd.
- La toupie se trouve entraînée par friction tout autour de ce socle, et, comme son axe est relié par deux traverses à une douille ou cylindre creux qui peut tourner autour d’une tige fixe verticale placée au centre du socle, il s’ensuit que la toupie, entraînant les deux traverses, fait tourner la douille autour de celte tige centrale.
- Le cheval est relié à la douille par une tige horizontale autour de laquelle il peut osciller. Une petite traverse horizontale fixée entre ses pieds de derrière, sert d’axe de rotation à une roue excentrée qui roule sur la table en lui imprimant une série de soubresauts destinés h imiter le mouvement d’un cheval qui galope. L’écuyère est reliée à la douille par une autre tige, articulée autour d’un petit axe horizontal. Un contrepoids, situe de l’autre côté de cet axe, équilibre presque complètement le poids de l’écuvère et de sa tige. Enfin, au-dessous du contrepoids, un petit fil de fer que j’appellerai le butoir, solidaire de la tige de l’écuyère et perpendiculaire à celle-ci, s’appuie constamment sur le contour d’une came horizontale, fixée au centre du socle. Cette
- came est l’organe le plus curieux de l’appareil; notre^ dessin la représente vue en plan, afin d’en bien faire comprendre le tracé. Sur les trois quarts de son pourtour, le rayon de la came ne varie pas ; c’est donc une circonférence dont le centre est situé sur l’axe fixe placé au milieu du socle. Pendant les trois quarts du tour de piste, le butoir restera donc toujours vertical, et la tige portant l’écuyère gardera, par rapport à la tige du cheval, la même position; l’écuyère se tiendra ferme sur ses jambes, qui sont articulées à la ceinture.
- En face de l’obstacle se trouve la grande saillie de la came ; lorsque le butoir viendra rencontrer sa surface courbe, il sera forcé de prendre brusquement une position oblique ; la tige de l’écuyère tournera autour de son articulation, et la petite personne, continuant à être entraînée par le mouvement de la douille, franchira légèrement l’ohstacle. La
- largeur de la saillie étant très faible, le butoir reviendra rapidement s’appliquer de nouveau contre la partie circulaire de la came, aussitôt la saillie passée, et l’écuyère, entraînée par son propre poids, retombera debout sur son cheval, prête à recommencer un nouveau tour de piste, jusqu’à ce <pie le mouvement de la toupie soit arrêté. Un quart de tour avant l’obstacle, la came porte un petit ergot, visible à droite du tracé en plan ; ce petit ergot donne à la poupée un très léger mouvement de redressement, puis, le rayon de la came étant plus faible à partir de l’ergot jusqu’à la saillie, on voit l’écuyère se pencher en avant, en fléchissant légèrement sur ses jambes, comme une personne qui prend son élan, et rester ainsi jusqu’à ce que l’obstacle soit franchi.
- Le jouet que je viens de décrire d’une façon forcément aride est un des plus curieux parmi ceux qui ont fait leur apparition au moment des étrennes, et que je décrirai prochainement. D’où vient-il? Je l’ignore, mais, quelle que soit son origine, on peut lui prédire le plus vif succès. La gracieuse écuyère ne fera pas seulement le tour de son cirque ; elle fera le tour du monde. Arthur Good.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- L’Ecuyère, nouveau jouet de 1891.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 925
- LA NATURE
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- . — 7 FÉVRIER 1891.
- LÀ JETEE-PROMENADE DE NICE
- Fig. 1. — Ossature métallique de la jetée-promenade de Nice.
- La jetée-promenade de Nice, construite à l’une des extrémités de la célèbre Promenade des Anglais, a été inaugurée le 10 janvier. Nous résumerons ici en quelques mots, l’historique de ce superbe monument qui par sa hardiesse et son étrangeté, excite une vive curiosité.
- Vers 1880, une compagnie anglaise forma le projet d’édifier une jetée sur le modèle de celle élevée àBrighton.
- Les travaux se poursuivirent sans relâche jusqu’en 1883 et le
- monument était à la veille d’être inauguré lorsqu’un violent incendie détruisit en quelques heures toutes les constructions. Il ne restait que la plate-forme qui avait résisté tant bien que mal aux ravages du feu.
- 19e année. — t'r semestre.
- Fig. 2. — La jetée-promenade de Nice. (D’après des photographies de l’auteur.
- Une Société franco-belge reprit plus tard le projet, et vers la fin de 1888, les travaux reprirent avec
- une grande activité. Il fallut surélever la plateforme de lm,75, l’ancien niveau (6m,25) ayant été reconnu trop bas pour éviter les plus hautes lames.
- L’ensemble de l’édifice repose sur des pilotis en fonte au nombre de 250 environ. Ces pilotis portent à leur base un pas de vis dont les ailettes ne mesurent pas moins de 0m,90 de diamètre, et ils ont été vissés jusqu’à refus dans le sol, atteignant ainsi une profondeur moyenne de 5 mètres. Le sol est composé de galets alternant avec une espèce de tuf. La profondeur des eaux, qui est à peine de 2 mètres
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- LA NA ï LU K.
- près du bord, atteint, à l’extrémité de la jetée, 10m,40, exactement.
- Les pilotis sont en fonte creuse. Ils ont une section moyenne de 4000 centimètres carrés et reçoivent une charge de G kilogrammes par centimètre carré. Ils ont tous été essayés à 85 000 kilogrammes et n’ont présenté, après cet essai, aucune déviation. Ils sont réunis par des croix de Saint-André et à leur extrémité supérieure par des poutres en treillis. L’est sur ces poutres d’une si grande solidité rpie le plancher a été établi.
- Il importe de remarquer la hardiesse des voûtes qui le forment. Elles ont été construites en ciment de Grenoble, jetées d’une poutrelle à l’autre (distantes de lm,80) et présentant une épaisseur de 0m,07 à la clef. Elles ont été essayées à 4000 kilogrammes par mètre carré.
- C’est sur ce plancher mesurant plus de 100 mètres de largeur et 130 mètres de longueur, qu’a été montée la carcasse entièrement métallique de l'édifice due à la maison Moisant de Paris. Notre figure 1 représente d’après une photographie l’aspect de cette remarquable construction.
- Le montage a été terminé en février 1890, et la carcasse a été aussitôt encastrée dans une maçonnerie formée de briques creuses très légères. Toutes les saillies et ornementations du monument ont été obtenues par le moulage. Le revêtement en ciment a été peint provisoirement à la fresque jusqu’à dessèchement complet.
- L’ensemble du monument occupe une superficie d’environ 6500 mètres. Il se compose principalement d’un vaste dôme de 25 mètres de hauteur recouvert en zinc estampé et surmonté d’une sirène dorée, qui n’a pas moins de 9 mètres de hauteur; il est flanqué de deux ailes recouvertes de vastes terrasses, aux extrémités desquelles s’élèvent deux tourelles. Ces tourelles constituent un merveilleux observatoire d’où l’œil pourra embrasser la magnifique baie des Anges, Nice tout entière, et à l’horizon l’Esterel et les sommets neigeux des Alpes.
- Le style, tout en ayant un cachet nettement oriental, a quelque chose qui l’en distingue : c’est un véritable mélange de divers styles, et l’architecte, qui fait partie sans doute de cette jeune école recherchant pour le dix-neuvième siècle un style à lui, a créé une œuvre très originale et fort remarquée. La gravure ci-devant (fig. 2) donne l’aspect de l’ensemble du monument. ! ne *•!> \
- On accède à la plate-forme » par un pont de 60 mètres de longueur et de 13 mètres de largeur, ce qui permettra aux voitures d’arriver au pied même du grand escalier. L’intérieur de l’édifice, décoré fort richement, appartient aux styles japonais, chinois et hindous. Rien n’y manque, salle de spectacle, de jeux, salons de danses, fumoirs, cafés et restaurants : il est permis de prédire un grand succès au casino qui vient d’ouvrir ses portes en pleine saison. G. Mayrargue.
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- LES GLACES DE FOND
- Comme nous le supposions, la Notice que nous avons publiée sur l’hiver 1890-1891 ', dans laquelle nous avons traité la question de la formation de la glace au fond des cours d’eau, nous a valu quelques communications intéressantes que nous reproduisons.
- Voici ce que nous écrit M. IL Caron, de Roche, par Arc et Senans (Doubs) :
- J’ai vu depuis bien des années des glaces de fond et les ai particulièrement étudiées depuis trois ans, me refusant d’abord à accepter les affirmations des pécheurs. J’ai dù me rendre à l’évidence.
- Ces glaces se forment pendant la nuit sur des bancs de graviers, dans des courants peu profonds; elles se détachent le matin en nombre assez grand pour couvrir presque toute la surface de la rivière qui a l’air de charrier, mais ces plaques de glace n’ont aucune consistance et, par suite, ne peuvent pas s’arrêter contre un obstacle pour former un banc; pendant cet hiver je les ai vues descendre et venir s’émietter contre des bancs de glace existants sans augmenter la surface congelée. J'attribue leur formation à ce fait. La masse de l’eau étant à 0°, les graviers se refroidissent par rayonnement et font congeler l’eau à leur surface. Lorsque la glace a une certaine épaisseur, elle se détache et monte à la surface. Quant à la question de la formation par suite de l’immobilité de l’eau, je ne puis guère l’admettre; car j’ai toujours remarqué les glaces de fond dans les parties les moins profondes des rivières et, par conséquent, dans les endroits où le courant était le plus rapide et je ne les ai jamais vues dans les parties voisines plus profondes où l’eau restait dormante. Dans notre région, on voit tous les hivers ces bancs de glaçons fixés sur les graviers et s’élevant dans la matinée pour partir au fil de l’eau. Je n’en ai jamais vu emportant des pierres ou du gravier.
- M. IL Anot nous adresse d’autre part, de Chalon-sur-Saône, les documents suivants :
- Habitant depuis longues années les bords de la Saône, je puis vous dire moi-même, en dehors de toute idée théorique préconçue, ce que j’ai souvent observé. Tout d’abord, il est facile de constater presque chaque hiver (dès que la température descend à — 6° environ) que le charriage des glaces commence bien avant qu’aucune glace se forme le long des bords de la rivière.
- J’ai vu, à maintes reprises, des glaces de fond très apparentes sous le pont Saint-Laurent de Chalon, où l’eau, à la surface du moins, est très courante ; au fond existent des enrochements qui favorisent peut-être la formation de ces glaces. Celles-ci sont très faciles à distinguer à leur structure spongieuse, parfois mamelonnée, et à leur peu de cohésion qui pourrait les faire comparer à de la neige fonduei Mais, je de répète, quand ces glaces viennent à la surlace, il se produit un regel de l’eau qu’elles contiennent et toute la masse devient dure et consistante, sans toutefois être transparente et lisse comme la glace formée à la surface des eaux tranquilles ou aux bords des rivières par les grands froids.
- M. M. G. à Maisons-Laffitte nous rapporte que des glaces de fond ont été observées cet hiver par les mariniers, dans des conditions toutes particulières.
- 1 Voy. n° 921, du 24 janvier 1891, p. 115.
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- LA NATURE.
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- Sous des bateaux amarrés dans le petit bras de la Seine, on voyait très distinctement des glaçons partant du lit de la rivière, se relier par des sortes de stalactites d’eau solidifiée au fond de l’embarcation.
- Cli. Kohler, directeur de la glacière algérienne à Bab-el-Oued (Alger), nous écrit :
- En ma qualité de fabricant de glace, j’ai été à même d'observer quelques phénomènes dans la formation de la glace, que je me permets de vous communiquer.
- À la page 115, vous citez les observations d’Arago et de M. Engelhardt de Niederbronn. Ces observations sont tous les jours contrôlables avec les appareils frigorifiques, au point de vue de la plus grande facilité de formation de la glace sur les surfaces rugueuses, que sur les surfaces lisses. Dans un bain réfrigérant, mettez des moules à glace en tôle galvanisée, par exemple (surface granuleuse), et des carafes (surface lisse), la congélation de l’eau contenue . dans les moules, sera bien plus rapide que celle des carafes, les deux récipients sont cependant exposés à la môme température. Mettez par contre un corps étranger dans la carafe, gravier, ferraille, par exemple, la congélation sera beaucoup plus rapide, l’eau, au moment de sa transformation en glace, ayant des points où elle peut pour ainsi dire s’accrocher et déposer le premier cristal qui fait immédiatement tache d’huile et couvre en quelques secondes toutes les parois en contact. Un simple défaut dans le verre suffit en général pour hâter la congélation ou plutôt la déterminer. — J’ai constaté plusieurs fois de l’eau absolument liquide à une température de — 8 degrés, dans des carafes parfaitement unies. Je crois cependant que la congélation au fond des cours d'eau ne se produira que dans le cas d’hivers longs et rigoureux, lorsque le froid aura eu le temps de traverser les couches d’eau successives et que le lit de la rivière aura lui-même atteint la température d’au moins 0°.
- Les intéressantes observations que l’on vient de lire confirment les faits dont nous avons présenté le résumé. Nous espérons que la question sera complètement élucidée lors d’un nouvel hiver rigoureux.
- LES RACES DE CHIENS'
- LES CHIENS D’ARRÊT
- Nous avons vu que, pendant des siècles, l’homme a chassé avec des chiens qu’il réunissait en troupe, ou en meute, mais ces meutes étaient de composition très hétérogène, puisqu’il y avait des chiens de force, des chiens légers d’allures très rapides, des chiens de berger, d’autres réputés pour la finesse de leur nez, et il y avait même des métis de loup. C’est de la promiscuité de toutes ces races qu’est sorti notre chien courant moderne.
- Le chien d’arrêt est de création relativement récente, et est dû aux fauconniers.
- La fauconnerie date, dans nos pays occidentaux, des quatrième et cinquième siècles, comme le prouvent les capitulaires de Dagobert. Cet art ne nous a donc pas été apporté d’Orient par les croisés, aux
- 1 (Suite). Voy. n° ÜÜD, du lLr novembre 1800, p. 545.
- douzième et treizième siècles, comme le dit Le Maout, dans son Histoire naturelle des oiseaux.
- Les fauconniers reconnurent vite la nécessité, pour eux, d’avoir un chien à fin nez ayant pour rôle de trouver ou de faire partir le gibier, sans le poursuivre, afin de permettre aux faucons d’enlrer à leur tour en chasse. Ce chien fut appelé Chien d'oisel, et on le faisait venir de divers pays, surtout d’Espagne, d’où le nom d'Epagneul qu’une race de chiens d’arrêt a conservé. Il est assez curieux de constater que depuis trois ou quatre siècles, il n’y a plus d’Épagneuls en Espagne. 11 en vint aussi d’Italie et des pays méridionaux, qu’on appelait Bracco, d'où dérive sans doute notre braque actuel. Enfin VAgasse des Bretons a certainement été aussi une des souches de nos chiens d’arrêt actuels. C’était, dit Oppien, une race de chiens fort vaillants, petits, a longs poils, armés de fortes griffes et de solides mâchoires, suivant les lièvres en sourdine, à l’abri des ceps et des roseaux, et les rapportant joyeux à leurs maîtres, quand ils les avaient pris. C’est là certainement la source de nos barbets et de nos grillons.
- Enfin, les chasseurs au filet du moyen âge ont contribué beaucoup aussi à la création du chien d’arrêt, car c’est à eux qu’on doit le Chien couchant; c’est à tort, en effet, que certains auteurs ont attribué la création de ce chien aux chasseurs à l’arquebuse, puisque cette arme n’a commencé à être utilisée à la chasse qu’au seizième siècle. Gaston Phœbus, qui est mort en 1591, montre, dans son remarquable ouvrage, que les chasseurs au filet se servaient d’épagneuls couchants, et que ce sont eux qui ont créé le véritable chien d’arrêt, celui qui fascine le gibier par son regard : du même coup de leur tirasse, ils enveloppaient dans ses mailles le chien couchant et la proie qu’il tenait en arrêt.
- En somme, nous voyons qu’à la fin du moyen âge existaient trois types de chien d’arrêt : des épagneuls, des braques et des chiens très poilus, que Charles Estienne, dans sa Maison rustique, du seizième siècle, appelle déjà barbets. C’est encore à ces trois types que se rattachent tous les chiens d’arrêt actuels, que nous allons passer rapidement en revue.
- Les Braques. — Aujourd’hui on réserve le nom de Braques à tous les chiens d’arrêt à poils ras. Le type de l’ancien braque existe encore en Italie, en Espagne, dans le midi de la France, et en Allemagne; il est caractérisé par sa grande taille, ses formes robustes, sa grosse tête, ses oreilles plates assez longues, son museau carré séparé du front par une profonde dépression (cassure du nez), son gros nez souvent double, c’est-à-dire à narines séparées par un profond sillon vertical, ses lèvres pendantes, son cou épais, ses pattes longues et fortes munies d’ergots aussi bien aux pieds de derrière qu’à ceux de devant, son pelage ras, ordinairement blanc et moucheté, avec de grandes taches brunes ou jaune-orangé.
- Le braque ancien type a été modifié par les éleveurs des différents pays, soit par l’hygiène, soit par
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- des eroiscmenls même avec des chiens courants, suivant la manière de chasser, suivant les goûts, et même suivant la mode. C’est ainsi qu’en Angleterre où le lime is money règne en toutes choses et où l’on aime à chasser vite et pas longtemps, on a allégé le braque, on lui a donné des allures rapides, et il est devenu le Pointer.
- En France, tout en perdant un peu de sa taille et de sa lourdeur, il a conservé ses allures modérées et continué à chasser près de son maître, sous le fusil, comme on dit; il en est de meme en Espagne, en Italie et meme en Allemagne. Nous avons en France plusieurs variétés ou sous-races de braques ; le Vieux Braque français, qui
- n’est autre (pic l’ancien type conservé surtout dans le Midi, où il porLe le nom de braque Charles X, a une taille de 55 à 60 centimètres, et un pelage blanc et marron un peu grossier et fortement mou-
- _______________________ clieté sur blanc;
- . | il a souvent le
- ’ ‘ nez fendu et des
- ergots à tous les pieds. Le Braque du Midi ne diffère guère du précédent que par la couleur : son pelage est à fond blanc avec des taches orangé pâle et des mouchetures dememe couleur clairsemées sur le fond blanc. Le Braque Saint-Germain est plus affiné et paraît être un pointer transporté en France peau très fine et le poil très fin de couleur blanc et orangé. Le
- Fig. — Setter anglais, dits de Laveraek.
- Braque du Bourbonnais a les caractères du vieux braque français avec un pelage blanc à grandes taches rares brun lie de vin et le fond blanc fortement moucheté de même couleur; mais ce qui caractérise particulièrement le braque du Bourbonnais, c’est qu’il naît avec la queue écourtée, comme si elle avait été rognée aux trois quarts. Le Braque
- Dupuy est élancé et a le museau rétréci, comme s’il avait du sang de lévrier dans les veines; il est blanc avec de grandes taches marron foncé. Le Braque d'Auvergne ressemble au braque du Midi, mais avec un pelage blanc et noir moucheté de noir sur blanc.
- Le Pointer, ou Braque anglais (fig. 1) descend de
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- l’ancien braque espagnol, mais il a été affiné, allégé et rendu beaucoup plus rapide dans ses allures par l’introduction de sang de Foxhound dans ses veines, au dire des auteurs cynégétiques anglais eux-mèmcs. L’ancien pointer était de couleur blanc et orangé et ne se distinguait en rien de notre Saint - Germain.
- Le pointer à la mode actuellement est blanc et marron et est plus fortement charpenté que le pointer d'il va vingt ans. Les Braques d'1t ali e sont lourds avec des variétés plus légères, généralement blanc et orangé, plus rarement rouan et portant des ergots, ce qui est un signe de pu-rcré de race pour les amateurs italiens. Les Braques allemands sont du type de l’ancien braque, avec un pelage dur blanc et marron, fortement moucheté sur blanc, ce qui fait que leur robe est très foncée.
- Les Epagneuls.
- — L’ancien type épagneul a presque disparu, cependant on en trouve encore quelques familles en France, particulièrement en Picardie et peut-être dans quelques coins reculés d’Allemagne.
- L’ancien épagneul était construit comme le braque, il en différait en ce que la tète, tout en restant rase, avait des oreilles ornées d’un poil long et ondulé; ce poil existait aussi sur tout le corps, à la queue où il constituait un beau panache, en arrière des membres où il formait des culottes aux cuisses et des festons en arrière des membres antérieurs. L'Épagneul picard est un peu plus léger que l’ancien épagneul; il a de grandes taches marron sur fond blanc fortement moucheté de marron, avec un
- peu de feu aux joues, au-dessus des yeux et aux membres. L'Épagneul de Pont-Audemer est une variété normande à poils très bouclés, presque entièrement marron, les parties blanches fortement mouchetées, un peu de feu comme le picard, et
- un toupet caractéristique au sommet de la tête.
- En Angleterre, l’épagneul a donné lieu à de nombreuses variétés. U y a d’abord plusieurs sous-races de Setters (mot an-glaisqui veut dire couchant) : le Setter anglais, dit encore Lave-rack, ayant de grandes taches noires ou orangées à la tête - seulement, le reste du corps étant entièrement blanc avec de nombreuses mouchetures {)ellon) de même couleur que les taches de la tète (fig. 2) ; le Setter irlandais, entièrement de couleur orangée aca -
- jou brillant; et le Setter Gordon, entièrement noir, avec du feu aux joues, sous la gorge, en dedans et à l’extrémité des membres (fig. 5). Viennent ensuite les Field Spaniels, groupe d’épagneuls bassets, qui comprend 1 eClumber Spaniel blanc et orangé, \cSussex-Spaniel blanc et marron ; le Black-Spaniel entièrementnoir, et le Cocker, le plus petit de tous, qui est entièrement noir, ou blanc et marron, blanc et orangé, ou tricolore.
- Les Barbets et Griffons. — A cette dernière catégorie appartiennent les chiens par excellence pour la chasse au marais. Les Barbets sont entièrement couverts d’un poil long et frisé comme les caniches qui en dérivent directement; ils sont blancs ou gris avec de grandes taches noires ou
- Fig. 5. — Setter Gordon.
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- brunes. ],es Griffons diffèrent des canielies [»ar leur poil dur et raide qui ne frise jamais; ils sont à grandes faciles brunes sur fond blanc fortement moucheté ou mélangé, comme dans la couleur des chevaux dite rouanne. Il y en a une excellente variété blanche et orangée. Les griffons, abandonnés pendant longtemps par suite de l’engouement qu’on a eu et qu’on a encore pour les chiens d’arrêt anglais, reprennent en France une faveur dont ils n’ont jamais cessé d’être l’objet en Allemagne et même en Italie (dans ce dernier pays, ils portent le nom de Spinone). Des éleveurs de mérite, tels que M. Korthals en Allemagne et M. Emmanuel Boulet en France, s’attachent à les faire sortir enfin de l’obscurité (fig. 4). Enfin, on compte encore parmi les chiens d’arrêt de très heureux croisements entre les épagneuls et les barbets qui sont connus en Angleterre sous le nom de Relrivers et d’JÉpagneuls d'eau.
- — A suivre. — P. Mégnin.
- LÀ PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- REPRODUCTION DES GRAVURES PAR INSOLATION
- Après l’élégant procédé de reproduction de gravures par réflexion qui a été décrit précédemment1, il nous paraît intéressant d’en signaler un autre ayant, comme particularité, de demander à la gravure elle-même d’emmagasiner la quantité de lumière nécessaire à l’impression de la plaque sensible.
- Ce procédé original, dù à Niepce de Saint-Victor, se trouve ainsi décrit dans ses Mémoires :
- lr9 expérience. — (( On expose aux rayons directs du soleil, pendant un quart d’heure au moins, une gravure qui a été tenue plusieurs jours dans l’obscurité, et dont une moitié a été recouverte d’un écran opaque ; on applique ensuite cette gravure sur un papier photographique très sensible, et après vingt-quatre heures de contact dans l’obscurité, on obtient en noir une reproduction des blancs de la partie de la gravure qui, dans l’acte de l’insolation, n’a pas été abritée par l’écran.
- « Lorsque la gravure est restée pendant plusieurs jours dans l’obscurité la plus profonde, et qu’on l’applique sur le papier sensible sans l’exposer à la lumière, elle ne se produit pas. »
- 2° expérience. — « En laissant très longtemps une gravure exposée aux rayons solaires, elle se saturera de lumière, si je puis m’exprimer ainsi. Dans ce cas ellepro-duira le maximum d'effet, pourvu, qu’en outre, on la laisse deux ou trois jours en contact avec le papier sensible. J’ai obtenu ainsi des intensités d’impression qui me font espérer que peut-être on arrivera, en opérant sur des papiers très sensibles, comme le papier préparé à l’iodure d’argent, par exemple, ou sur une couche de collodion sec ou d’albumine, et en développant l’image avec l’acide gallique ou pyrogallique, à obtenir des épreuves assez vigoureuses pour pouvoir en former un cliché ; ce serait un nouveau moyen de reproduction de gravures. »
- Cette méthode ne donna presque rien à Niepce, condamnée qu’elle était par la lenteur des préparations dont il disposait. Aujourd’hui, grâce à la sensibilité merveilleuse du gélatino-bromure, l’opération est des plus faciles ; il suffit d’exposer une gravure au soleil pendanft
- 1 Voy. n° 921, du 24 janvier 1891, p. 118.
- un quart d’heure, puis de la mettre en contact, dans un lieu obscur, pendant un temps plus ou moins long, avec une plaque au gélatine-bromure d’argent, pour obtenir après développement un cliché très fin et détaillé.
- Nous devons cependant faire observer que certaines gravures se reproduisent mieux que d’autres ; cela tient à la nature du papier; il faut donc se guider sur les résultats, pour faire varier la durée de l’insolation et le temps de contact de la gravure avec la surface sensible.
- On peut également reproduire l’écriture et les couleurs, mais alors gare aux insuccès !
- Les couleurs donnent des intensités variables, non seulement en raison du pouvoir photogénique de la couleur elle-même, mais de sa composition chimique. Ainsi, avec certaines encres noires à écrire, on n’obtient rien ou presque rien, tandis qu’avec d’autres on a des clichés très détaillés1. Ray de la Morinerie.
- LE PÈSE-ACIDE RAUMÉ
- M. L’Hôte a publié, dans La Nature -, une Note sur l’aréomètre Baumé qui appelle quelques réflexions, rendues nécessaires par l’emploi continuel de cet instrument dans une foule d’industries en France et à l’étranger.
- M. L’Hôte nous apprend qu’il a fait construire un pèse-acides, d’après les indications de Baumé, en se servant de chlorure de sodium sec, dont il a lui-même vérifié la pureté absolue. Plongé dans l’acide sulfurique monohydralé pur, son instrument indique 68 degrés et demi au lieu de marquer 66, conformément à l’indication classique consignée dans tous les traités de chimie et couramment admise dans l'industrie depuis plus d’un siècle.
- Qui se trompe ici ? Sont-ce les auteurs des traités de chimie? Est-ce l’instrument qui est en défaut? M. L’Hôte n’hésite pas à condamner les livres.
- 11 n’est pas hors de propos de rappeler que Baumé a omis de faire connaître la composition et la densité du sel marin qu’il employait pour graduer son instrument. Or, chacun sait que ce corps est loin d’étre identique à lui-même, et que son poids spécifique varie assez notablement suivant la nature et la proportion des éléments étrangers accidentellement associés au chlorure de sodium. Ainsi, tandis que Biot donnait pour la densité de ce corps le chiffre de 1,918, Francœur et Dulong trouvaient 2,109 et ïAnnuaire du bureau des longitudes pour 1891 (p. 525) donne le chiffre de 2,26.
- Il y a longtemps que l’industrie des instruments de précision a abandonné la graduation absolument incertaine de la solution de sel marin qui s’est perpétuée, à titre de légende, dans les traités de physique. Dès 1821 et à l’époque même où il remplaçait le pèse-esprit de Baumé par l’alcoomètre, Gay-Lussac s’occupa de donner au pèse-acide, universellement employé dans l’industrie, une base scientifique qui, sans en altérer la graduation, en fît un instrument scientifique, susceptible d’un contrôle rigoureux.
- Il partit de cette donnée, admise par Guyton-Moryeau et Vauquelin, que le pèse-acides Baumé marque 66 dans l’acide sulfurique concentré, et pour qu’il ne put subsister aucun doute sur la nature de cet acide, il en prit lui-
- 1 Nombre d’amateurs de photographie ont expérimenté à leurs dépens le mode d’impression dont il a été question dans cette Notice. Il arrive que des morceaux de papier imprimés, interposés entre des clichés, ont impressionné de tours carac-ères les plaques sensibles par suite d’une insolation antérieure.
- 2 Voy. n° 920, du 17 janvier 1891, p. 107.
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- même la densité qu’il fixa à 1842,7. « L’acide sulfurique le plus concentré que nous ayons pu obtenir, écrit Gay-Lussac dans l'Instruction sur l'essai des potasses (p. 3), a une densité de 1842,7 à la température de 15° centigrades ; 100 grammes de cet acide occupent, par conséquent, un volume de 54M,2G8. »
- L’acide sulfurique ainsi défini fournit le premier point fixe dans la graduation de l’aréomètre Baumé ; pour déterminer le second point fixe, on plonge l’instrument dans l’eau distillée à 15°; on partage en 66 parties égales l’intervalle des deux affleurements. Comine l’observe avec raison M. L’Ilote, le calibrage défectueux des tiges de verre et la confection encore plus défectueuse des échelles faites à la main sont la cause de bien des discordances dans les indications de ces instruments. Mais on ne peut nier que la base de graduation admise par Gay-Lussac est scientifiquement irréprochable, et elle a, en outre, l’avantage de se rattacher au système métrique par la densité de l’acide sulfurique monohydraté.
- J’ajoute que Gay-Lussac avait construit la table des densités correspondantes aux divisions de l’aréomètre, de cinq en cinq degrés. J’ai publié cette table dans la Sucrerie indigène de 1872, en interpolant1 les densités des degrés intermédiaires qui ne figuraient pas dans le manuscrit de Gay-Lussac.
- J’ajouterai enfin que la base aréométrique établie par Gay-Lussac, a reçu, depuis la publication que j'ai faite de la table, une consécration officielle : elle est inscrite dans la loi sur les sucres du 51 décembre 1875, à l’article 4, qui fixe la densité correspondante du 40° degré Baumé à 1585, chiffre qui figure dans le tableau de Gay-Lussac. Le lecteur ne pensera-t-il pas qu’en dehors d’un usage presque séculaire dans une foule d'industries, il y a là de quoi justifier l’emploi de l’aréomètre de Baumé?
- Collardeau-Vaciier.
- VOYAGE DANS L’ASIE CENTRALE
- DE M. G. BONVALOT ET DU PRINCE HENRI DORLÉANS
- La Société de géographie a donné samedi dernier, 51 janvier, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, une séance extraordinaire pour la réception de M. Gabriel Bonvalot et du prince Henri d'Orléans. On sait que les vaillants explorateurs ont exécuté, au cœur de l’Asie centrale, des frontières russes du Turkestan aux frontières françaises du Tonkin, un voyage hérissé de difficultés, et pendant lequel les découvertes géographiques ont été nombreuses.
- Partis de Paris le 6 juillet 1889, les voyageurs franchissaient la frontière russo-chinoise le 1er septembre, arrivaient au Tonkin le 26 septembre 1890 et rentraient à Paris le 25 novembre.
- La séance de la Sorbonne était présidée par M. de Quatrefages qui a chaleureusement félicité les explorateurs, et leur a annoncé que la Commission des récompenses avait décerné à la mission Ronvalot, la grande médaille d’or de la Société de géographie, la plus haute récompense dont elle dispose et qu’elle ne donne qu’à ceux qui ont illus—
- 1 A l’aide de la formule D — —-—, dans laquelle D ex-a — n
- prime la densité d’un liquide, n son degré aréométrique, a le module ou volume de l’instrument à 0°, égal à 144,3.
- tré leur nom par de grandes découvertes ; les assistants réunis en grand nombre n’ont pas ménagé leurs applaudissements à M. bonvalot, au prince d’Orléans et au Père Dedékens qui étaient assis à côté du Président.
- M. G. Bonvalot, chef de l’expédition, a fait en termes excellents et avec une bonne grâce charmante l’émouvant récit de son voyage, dont nous résumerons succinctement l’histoire.
- La caravane qui devait permettre d’exécuter une si longue traversée, fut organisée à Teharkent en Sibérie, à deux jours de la frontière de Chine; et à six jours de Kouldja. Elle comprenait des chameaux, des chevaux et un abondant approvisionnement. C’est à Kouldja que les voyageurs firent connaissance avec le Père Dedékens, missionnaire belge, connaissant à fond le chinois, qui consentit à les accompagner et leur rendit de grands services.
- Après la traversée des monts de Tien-Chan, les explorateurs arrivent à Kourla dans le Turkestan chinois, où M. Bonvalot engage de nouveaux chameaux. Au lac Lob Nor, ils réorganisent leur caravane et font des vivres pour six mois. Après avoir traversé les chaînes de l’Àltyn Tagh, du Tchimen Tagli, des monts Columbo, passant à de grandes altitudes au delà de 4000 mètres, le mal des montagnes se fait sentir, le froid est intense. La région est déserte et absolument inexplorée. La colonne suivant les traces d’une caravane dans la direction de Lhassa, se limite à 14 hommes, 40 chameaux, 18 chevaux; tout le reste est renvoyé.
- Bonvalot avait pris la résolution de refaire la route tracée par la caravane, et il a raconté à la Sorbonne, avec beaucoup d’esprit, les péripéties de la recherche d’une route si incertaine. « Ne pas perdre les traces, s’écrie-t-il, c’est là tout notre souci. On les reconnaît aux empreintes des yacks, des chameaux, aux souvenirs que les bêtes de charge laissent sur la route. On les perd, on les recherche, on les retrouve.... Ce n’est pas un rallye-paper ! Comment dirai-je, c’est un rallye-crotte. Pardonnez-moi l’expression, mais si vous saviez avec quelle religion, quelle joie, l’un des guides nous apportait deux ou trois.... de chameau, aussi bien accueillies par nous que l’ont été autrefois les pommes du jardin des Hespérides ! »
- Au 31 décembre, a plus de 5000 mètres d’altitude, un épouvantable ouragan leur fait perdre les traces de la caravane et pendant plusieurs jours l’inquiétude est grande au milieu de la tempête.
- Ils s’efforcent alors de suivre le 90e degré de longitude. Ils trouvent de grandes chaînes de montagnes, de grands lacs, des volcans éteints, des geysers et une passe à 6000 mètres d’altitude. Au-dessous de 5000 mètres, ils rencontrent de grands troupeaux de yacks sauvages, d’antilopes, d’orongos, de koulanes, sorte d’hémiones ; les oiseaux ont disparu; aucune végétation, nul combustible que la bouse des yacks sauvages, de l’été précédent. Pas d’eau, ils font fondre la glace; la viande ni le riz
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- ne peuvent être cuits à cause de l’altitude. Deux I Les bêtes de somme meurent successivement. Enfin, hommes meurent du mal de montagnes et de froid. ! les explorateurs retrouvent les traces du passage de
- Fig. 1 cl 2. — Les explorateurs, G. Bonvalot ffig. 1) et le prince Henri d'Orléans (lig. 2) sur les hauts plateaux du Tliibet, à 4960 mètres d’altitude. (D’après des photographies.)
- troupeaux et arrivent au delà du lac Ten’gri-Nor, où ils rencontrent les autorités thibétaines avec de nombreux cavaliers. Ils ont éprouvé une grande difficulté pour établir leur qualité de Français. Mais après quarante-cinq jours de pourparlers, à Dam, à une journée de Lhassa, des Thi-bétains fournissent les moyens de continuer la route aux voyageurs qui ont perdu tous leurs moyens de transport.
- M. Bonvalot et son compagnon suivent ce qu’on appelle la « petite route » du Thibet à la Chine, encore absolument inexplorée. Ils traversent le territoire des tribus indépendantes qui, sur l’invitation du Lama, souve-
- rain du Tliibet, fournissent des yacks et des chevaux. Enfin voici des vallées, des fonds boisés, très giboyeux, de gros animaux ; on ren-contre vingt-deux ours en trois jours. Certaines vallées sont cultivées et parsemées de villages. Sur cette route les explorateurs ont traversé le haut cours de la Sa-louen, celui du Mékong, pour atteindre Batang le 7 juin, celui du Yang - tsé- Kiang ( il e u v e Bleu), dont ils supposent avoir reconnu la source sur le versant sud d’une chaîne colossale de montagnes qu’ils ont baptisée « monts Dupleix ».
- A Batang, ils trouvent les Chinois. Ils continuent
- Fig. 3. — Yoyage de la Sibérie au Tonkin à travers le Gobi et le Thibet par MM. G. Bonvalot et le prince Henri d'Orléans, 1889-1890.
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- ar Lytang jusqu’à Ta-Tsien-Lou, frontière de Chine, I et restaurent leurs compatriotes à bout de forces, ù les missionnaires français font un cordial accueil ' Les voyageurs, obligés de se reposer un mois, par-
- Fig. i. — Le pie de Iluysbruck découvert par MM. Bonvalot et le prince Henri d'Orléans,
- Fig. 5. — Plaine de lave au-dessus d’un lac gelé, à l’altitude de 5050 mètres.
- Fig. 6. — Lac gelé situé à A8iü mètres d'altitude. (Fac-similé de photographies de M. le prince Henri d’Orléans.)
- tent le 29 juillet pour le Tonkin et voyagent à pied, les bagages étant portés à dos d’homme. C’est la
- saison des pluies, la chaleur est torride dans les rizières ; partout on est en butte à la malveillance des
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- Chinois qui, pour la première fois, voient des voyageurs vêtus d’un costume européen.
- Us arrivent le 5 septembre au Yunnan, où ils trouvent la première lettre d’Europe, datée du 5 septembre 1889, juste un an auparavant. Ils continuent leur route jusqu’à Mong-Tsé, où un consulat de France a été récemment établi. Ils arrivent au lleuve Uouge, à Manghao, ils prennent des jonques chinoises et entrent au Tonkin à Lao-Kaï. Peu après ils sont à Hanoï; l’exploration est terminée. En somme, l’expédition a fait 2500 kilomètres en route inconnue et relevé tout son parcours.
- Nous ajouterons à ce résumé sommaire, quelques documents inédits sur le remarquable voyage de
- Chaîne des volcans.! p^cratêres)-Cônes au milieu . Coupe horizontale.
- Fig. 7. — Plan des chaînes de volcans de l'Asie cenlrale rai>|>clant les monts d’Auvergne.
- MM. Bonvalot et du prince d’Orléans. Les portraits que nous donnons des deux explorateurs montrent la situation peu confortable où ils se trouvaient sur les hauts plateaux du centre de l’Asie (fig. 1 et 2). Les photographies que rious reproduisons, ont été faites le 9 janvier 1890, à 4960 mètres
- 1 _ Pic de Paris , isol é ( 19 Janvier)
- Cou/éeir aoae-un/ peus
- 2 _ Pic de R eclus , volcan . ( 23 Décembre).
- Fig. S. — Pic de Paris (environ 7000 mètres d’altitude) et Pic de Reclus. (Croquis du prince Henri d’Orléans.)
- d’altitude auprès du lac Salé appelé lac Montcalm; la température minima, alors que les voyageurs campaient au milieu de ces régions désertes, avait été de — 32°, et quand les photographies ont été exécutées, le thermomètre marquait—16°.
- Parmi les découvertes les plus importantes qui ont été faites par MM. Bonvalot et le prince Henri d’Orléans, nous signalerons des pays volcaniques complètement inconnus avant eux. C’est le 22 décembre que les voyageurs ont remarqué avec étonnement que le plateau où ils passaient était traversé par une coulée de laves noires, et c’est alors que, regardant à l’horizon, ils ont aperçu à l’ouest, isolé, le volcan qu’ils ont baptisé mont Beclus, en l’honneur de notre éminenl géographe (fig. 8).
- « Plus loin, a bien voulu nous écrire le prince Henri d’Orléans, nous voyons d’autres volcans jusque vers le 20 janvier. Les laves sont nombreuses. Certains blocs peuvent atteindre près de 2 mètres cubes. De loin, on les prenait pour des yacks. Je signalerai spécialement une petite chaîne de volcans rappelant les monts d’Auvergne, et formés d’entonnoirs avec un petit cône au centre. Au pied de cette chaîne sur le plateau, des cuvettes naturelles sont creusées avec le tour supérieur seul couvert de laves.... Vers le 18 janvier, dans la grande chaîne Dupleix, je trouve des fossiles (des bivalves) difficiles à déterminer et appartenant à des terrains tort anciens (tertiaires) à 5800 mètres d’altitude. Dans cette contrée, les sources chaudes souvent sulfureuses, les geysers gelés, sont assez nombreux. On trouve également des minerais surtout de fer et de plomb. Parmi les animaux que nous avons rencontrés, je mentionnerai, comme particulièrement remarquables, des singes gris à poils assez longs, à queue courte, que nous
- 1 _ PicdeRuysbruk , volcan .(27 Décembre).
- 2_ Vu devant la passe
- Fig. 9. — Pic de Iiuysbruck. (Environ 6000 mètres.) (Croquis du prince Henri d’Orléans.)
- avons trouvés habitant dans des rochers au pied du mont Dupleix. Ils semblent isolés là, puisque nous n’en avons vu sur ces plateaux, ni avant, ni après. Le mal des montagnes nous a fait souffrir les premiers jours à une altitude d’environ 3500 mètres : nausées, bourdonnements dans les oreilles, maux de tête et oppression, insomnie. Quelques-uns de nos hommes ont saigné du nez et ont été soulagés. Les gens du pays s’ouvrent une petite veine au front pour pratiquer une saignée. Nos chevaux ont dû être saignés. En quelques jours, à part un de nos hommes qui est mort de ce mal, nous nous y sommes habitués; mais la marche était très pénible. »
- Nous publions ci-contre (fig. 3) le tracé du long voyage de M. 0. Bonvalot et du prince d’Orléans, et nous y ajoutons la reproduction de quelques photographies que les courageux explorateurs ont bien voulu nous communiquer. La figure 4 représente le pic de Ruysbrück, dont le croquis détaillé est reproduit ci-dessus (fig. 9). La figure 5 donne l’aspect désolé de régions traversées par les voyageurs, dans les premiers jours de janvier 1890.
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- C'est une plaine de lave, située à 5050 mètres d’altitude. Le plateau était recouvert d'herbes rases avec de petites cuvettes naturelles. La température, dans ces régions, a atteint 40 degrés au-dessous de zéro. La photographie que nous reproduisons a été laite à —^5 degrés. La figure 6 montre un petit lac découvert, le 13 février, un jour avant le Ten’gri Nor dont il est séparé par une chaîne de collines. C’est sur le bord de ce lac que les voyageurs ont perdu un de leurs hommes. Ce lac, d’environ 2 kilomètres de long, est gelé, et il est probable qu’une contraction des glaces a produit la crête que l’on voit sur la gravure et qui a environ 2 mètres de hauteur. Nos gravures au trait (fig. 7, 8 et 9), figurent les grands pics découverts par les explorateurs ; elles sont laites d’après des croquis originaux.
- MM. G. Bonvalot et le prince d’Orléans ont, au prix de grandes fatigues, et d'une rare énergie, enrichi le domaine de la géographie : leur expédition est désormais inscrite parmi celles qui font le plus d’honneur aux explorateurs du globe terrestre, dont la surface, malgré tant d’elîorts, est loin d’être encore entièrement ouverte à la science.
- Gaston Tissandier.
- PAR LES EXPLOSIFS
- L’hiver exceptionnellement rigoureux que nous venons de traverser a provoqué sur nos grands fleuves des phénomènes auxquels il ne nous avait pas été donné d’assister depuis une dizaine d’années : nous voulons parler de la formation des embâcles.
- Un embâcle est un amoncellement de glaçons qui se produit en arrière des ouvrages (ponts, barrages, etc.) formant obstacle à leur libre écoulement. Les glaçons, poussés par le courant, se redressent les uns contre les autres, et, en se soudant dans cette position, forment une masse hérissée de pointes qui présente souvent une épaisseur suffisante pour atteindre le fond du lit et barrer complètement le chenal sur une certaine largeur.
- Les travaux des ingénieurs ont pour but d’empêcher la formation des embâcles ou d’éviter les désastres qu’ils peuvent produire quand ils sont formés. Nous choisirons deux exemples des intéressantes expériences qui ont été faites sur la Seine au moment des gelées récentes.
- En amont et en aval de la machine de Marly, la glace fort abondante pouvait, par la débâcle, offrir de grands dangers pour la batellerie. Le bras gauche de la Seine est barré par la machine et la chute de Marly, et un peu en amont par une passerelle servant au service de l’écluse de Bougival. En 1879-1880, les glaçons s’étaient accumulés contre ces obstacles, en un formidable embâcle, qui au moment du dégel, a coulé à fond plusieurs des nombreux chalands retenus à Bougival. On a voulu cette fois éviter ces désastres et faciliter la débâcle en
- rompant çà et là la glace au moyen de cartouches explosives demélinite ou d’explosif Favier. Les explosions ont été faites sur une longueur de près de quatre kilomètres en aval et en amont de la machine de Marly; cette importante opération a été faite sous la direction de M. Jozan, ingénieur des ponts et chaussées, par un détachement du lrr régiment du génie de Versailles commandé par le capitaine de Félix. Une de nos lectrices de Rueil, MUe 0. Yillain, fort habile amateur de photographie, a bien voulu nous envoyer pour La Nature deux intéressantes épreuves de photographie instantanée, qui représentent la gerbe d’eau soulevée par l’explosion, lors de deux expériences successives. Nous les reproduisons ci-après (fig. 1 et 2), non sans adresser nos remerciements à notre aimable correspondant.
- A chaque explosion de mélinite, des gerbes semblables étaient projetées verticalement dans l’espace faisant sauter en l’air de nombreux glaçons.
- Grâce à ces travaux préventifs la débâcle du bras Marly, qui était gelé depuis plus d’un mois et dont la glace franche atteignait jusqu’à 0m,50 d’épaisseur, s’est opérée sans accidents, mais non sans difficultés, le 26 janvier.
- Nous parlerons à présent, avec plus de détails, d’une opération d’un genre différent qui s’est faite à Conflans.
- Un embâcle avait pris naissance vers le 10 janvier 1891, en amont du pont-route de Gon-flans, et son existence constituait un danger sérieux, tant pour ce pont que pour celui du chemin de fer (ligne de Dieppe par Gisors), et pour le barrage d’Andrésy, situés un peu en aval.
- On conçoit, en effet, qu’au moment de la débâcle, une telle barrière s’opposant au passage des banquises détachées des parties supérieures, puisse retenir un certain temps les masses d’eau et de glace venant de l’amont, pour les lâcher ensuite brusquement, par suite d’une rupture qui se produit lorsque la pression atteint une certaine intensité. La masse énorme qui se précipite dans ces conditions, est susceptible de renverser les ouvrages les plus solides, et de briser les bateaux amarrés à la rive.
- Le devoir s’imposait donc à l’Administration des ponts et chaussées de prendre les mesures propres à prévenir une catastrophe au pont de Conflans.
- Dès le 15 janvier, M. l’ingénieur d’Ocagne à qui revenait l’initiative de ces mesures, comme étant chargé de l’entretien de ce pont, requérait le concours du génie militaire, et, dans la matinée du 16, il recevait un détachement du 1er régiment du génie de Versailles, sous le commandement de M. le lieutenant Tardi.
- Les opérations étaient aussitôt entamées sous la direction de M. l’ingénieur d’Ocagne, secondé par M. le lieutenant Tardi qui s’occupait spécialement de la préparation et de la disposition des charges ainsi que de la mise du feu.
- Avant de s’attaquer à l’embâcle du pont-route, il était nécessaire de dégager tout le bief compris
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- entre celui-ci et le pont du chemin de fer, où la glace, prise en clair, se serait opposée à la descente des glaçons détachés de l’embàcle. Cette première partie de l’opération ne comportait pas de difficulté spéciale. La nappe de glace, d’une dizaine de centimètres d’épaisseur, disloquée d’abord au moyen de files de pétards de méli-nite (155 grammes) espacés de mètre en mètre et reliés au moyen de cordeau détonant, fut ensuite débitée à la hache par une équipe de mariniers requis à cet effet.
- Une fois ce passage ouvert, commença le travail
- Fig. 1. — Explosion produite au milieu d’un banc de glace sur la Seine près la machine de Marlv. (D’après une photographie de Mu“ 0. Yillain.)
- rage; ces cartouches étaient reliées au moyen de cordeau détonant, et le feu était mis au moyen de cordeau Bickford. La rupture obtenue par ce procédé
- a été parfaite; le bloc, réduit en fragments par l’explosion, était aussitôt entraîné par le courant.
- Mais la plus sérieuse difficulté fut celle qui se rencontra à la coupure de l’em-bàcle proprement dit. L'a, la glace atteignait une
- épaisseur moyenne de 1 mètre, et les chapelets de cartouches devenaient insuili-sants pour déterminer sa complète dislocation. Il fallut dès lors
- de rupture proprement dit. Les [ recourir à de véritables fourneaux de mine. Ces opérations furent d’abord dirigées dans l’axe de la J fourneaux creusés dans la glace, à une profondeur
- première travée de la rive droite où la glace, quoique ayant une forte épaisseur (plus de 50 centimètres) ne se présentait pas sous forme d’cmbàcle (comme sur les trois autres quarts de la largeur du fleuve) jusqu’à environ 100 mètres du pont.
- Voici comment on procéda à cette partie du travail, en commençant, bien entendu, par l’aval.
- Une coupure était pratiquée à la hache dans la glace, de façon à isoler un bloc rectangulaire d’environ 10 mètres- de longueur (dans le sens du courant) sur 15 mètres de largeur (fig. 5). Des rainures en forme de croix (pour amorcer les lignes de fragmentation) étaient creusées au nombre de cinq sur la surface du
- bloc; chacune d’elles recevait en son centre une cartouche de 200 grammes d’explosif Favier, posée à plat et recouverte d’un tas de sable formant bar-
- Fig. 2.— Détail d’unegerbe d’eau’soulevée par une cartouche de mélinite. (D’après une photographie de M11* O. Yillain.)
- d’environ 1 mètre, recevaient en moyenne une charge de 2500 grammes d’explosif Favier, constituée par des cartouches fixées à une tringle, et qu’on recouvrait d’un bourrage de sable. Le feu était mis au moyen d’un coup de poing électrique fonctionnant sur la rive. L’explosion (fig .T) accompagnée d’une gerbe dont la hauteur atteignait une trentaine de mètres (certains éclats de glace étaient meme projetés à une plus grande hauteur) produisait dans l’embàcle un entonnoir de 5 mètres environ de rayon, recomblé immédiatement parles débris de l’explosion, et fractionnait encore la glace au delà de ce rayon, de telle sorte que des équipes de sapeurs et de mariniers pouvaient ensuite détacher à la gaffe des fragments d’assez fortes dimensions qu’ils dirigeaient dans le fil du courant, et de dessous lesquels
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- se détachaient d’énormes quantités de bousin.
- Lorsque ces glaçons présentaient un volume trop considérable, ils étaient immédiatement brisés au
- moyen de la projection à leur surface d’un seul pétard de mélinite dont le cordeau était préalablement allumé sur la berge.
- Fig. 5. — lîloc de glace rectangulaire isolé dans IVinbàelo du pont de Confinas. (D’après une photographie de M. Jacques Duooni.)
- Les travaux ainsi conduits permirent d'ouvrir en pont correspondait à la portée des deux travées de
- une semaine un chenal dont la largeur au pied du rive droite (70 mètres environ) pour se réduire a
- une cinquantaine de mètres à l’extrémité opposée (à 500 mètres environ du pont).
- Afin, de protéger la pile qui se trouvait dans l’axe de ce chenal contre le choc des glaçons, M. l’ingénieur d’Ocagnc avait fait construire devant elle un
- éperon en bois formé de trois pieux fichés dans le fond du lleuve et fortement reliés entre eux par une véritable armature de madriers.
- On peut évaluer, en nombre rond, à 10 000 mètres cubes la quantité de glace déblayée, et à
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- 150 kilogrammes le poids d'explosil' employé. La débâcle prévue a eu lieu dans la nuit du 24 au 25 janvier, et grâce aux mesures qui avaient été prises, a pu franchir le pont de Contlans sans lui causer le moindre dommage, non plus d’ailleurs qu’aux nombreux bateaux amarrés à la rive et qui, sans l’ouverture du chenal auraient pu être brisés par la pression des glaces, ainsi que cela avait eu lieu sur plusieurs points pendant la débâcle de l’hiver 1879-1880. X..., ingénieur.
- NÉCROLOGIE
- J.-B.-J. Liagre. — Nous avons reçu de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, la nouvelle de la mort de son secrétaire perpétuel M. le lieutenant général en retraite, Jean-Baptiste-Joseph Liagre, ancien Ministre de la guerre de Belgique, ancien commandant et directeur des études de l’École militaire, président de la commission centrale de statistique du Royaume et homme de science d’un grand mérite. Le général Liagre, né à Tournai le 17 février 1815, est décédé à Ixelles, le 13 janvier 1891, à l’àge de 76 ans. Mathématicien hors ligne, il brillait en outre par son talent d’écrivain. Homme d’une rare droiture, il avait inspiré l’estime générale, et sa mort est un véritable deuil pour la Belgique.
- CHRONIQUE
- La vase du lac de Cienéve. — On sait que MM. Lortet et Despeigne, en étudiant les vases déposées dans les galeries iiltrantes des eaux du Rhône qui alimentent la ville de Lyon, y ont trouvé une quantité incroyable de microbes pathogènes, ce qui a causé, à l’époque de cette découverte, une certaine émotion. Recherchant l’origine de cette infection, ils ont demandé à M. Forel de leur envoyer, comme terme de comparaison, de la vase du lac Léman. Divers échantillons, dragués en plein lac, à 2 kilomètres de la rive, par 40-50 mètres de fond, se sont trouvés contenir des microbes pathogènes ; de l’eau salie par cette vase, injectée à dose massive (1 cm5 par 400 grammes d’animal) à des cobayes, a amené un oedème rapidement mortel. Le sang de l’animal ainsi inoculé s’est montré lui-même infectieux; injecté à d’autres cobayes, il a amené la mort avec des symptômes suffisamment identiques. Plusieurs séries d’inoculations ont donné des résultats uniformes, avec très peu d'échecs. Il résulterait de ces expériences, que la vase relativement pure du plein lac, vase qui n’a en rien les caractères de la fange, contiendrait des microbes pathogènes capables de causer une maladie mortelle au cobaye. En regard de ces faits, qui semblent fort graves au point de vue hygiénique, M. Forel constate dans une communication à la société vaudoise : 4° que l’usage de l’eau du lac, comme eau alimentaire et potable, pratiqué par la population de Genève, a rarement, chez l’homme et les animaux domestiques, causé de maladies septiques qui aient pu faire douter de la salubrité de ces eaux ; 2° que rarement les riverains du Léman ont constaté des maladies septiques provoquées par le lavage ou le bain dans l’eau du lac de plaies ou de blessures permettant l’introduction de germes pathogènes dans les tissus. Bateliers, pêcheurs, lavandières, qui sont constamment en contact avec l’eau
- du lac, ne sont pas victimes de maladies infectieuses spéciales. La vase du Léman serait donc infestée, mais, par un privilège inexpliqué, ses eaux échapperaient à la contamination. Ce phénomène est possible, mais on comprend les dangers que présente une pareille eau si elle contient en suspension quelques parcelles de cette vase qui possède d’une manière certaine des microbes dangereux. Seuls les filtres parfaits sont capables d’arrêter cette vase, et de rendre par conséquent l’eau sans danger de la manière la plus sûre.
- Illusion d'optique. — Nous avons à plusieurs reprises donné des exemples curieux d’illusions produites par l'ellet de lignes obliques, s’inclinant dans des direc-
- tions différentes. En voici un nouvel et curieux exemple. Des deux lignes horizontales ci-dessus, quelle est la plus grande ? La réponse nous sera donnée en mesurant. Toutes deux sont d’égale longueur.
- Distributeurs automatiques d’eau chaude à Paris. — On vient d’installer sur divers points de Paris des distributeurs automatiques d’eau chaude. En introduisant dans l’appareil une pièce de 5 centimes, il laisse écouler un certain volume d’eau chaude. Le chauffage de l’eau est obtenu par un système analogue à celui employé par M. Robin pour sa distribution d’eau chaude dans les maisons. C’est un faisceau de tubes en cuivre de petit diamètre enroules au-dessus d’une couronne de brûleurs à gaz. Le temps que met l’eau à parcourir ces tubes suffit pour la porter à 60° environ. Le faisceau de tubes est directement en communication avec la conduite en charge de la Ville. Aussitôt que de l’eau est prise à ce faisceau, un dispositif placé à l’arrivée de l’eau dans ce faisceau détermine l’ouverture de l’arrivée du gaz au foyer; dès que le puisement de l’eau cesse, par le même dispositif le fover est ramené à l’état de veilleuse. Les distributeurs automatiques fournissant l’eau contre une pièce de monnaie portent en outre un auget mesureur mis en mouvement par l’introduction de la pièce de monnaie. Des appareils de ce genre peuvent être fort utiles dans les halles, marchés, gares de chemins de fer, etc., et les usines à gaz, en les montant elles-mêmes, pourraient, tout en rendant aux populations de nouveaux services, trouver dans cette voie un débouché rémunérateur.
- La plus grande chaudière du monde. — La
- plus grande chaudière du monde existe à la station d’éclairage électrique de la rue West à New-York. Sa puissance est de 4000 chevaux; elle a une surface de chauffe de 560 mètres carrés et une surface de grille de 9ra,,25. Les tubes sont au nombre de 600 et ont un diamètre de 75 millimètres.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 février 1894. — Présidence de M. Düchartre.
- Nouveau mollusque français. — C’est d’une manière tout à fait particulière que M. Ranvier dépose sur le bureau une Note des plus intéressantes de M. Henri Fischer,
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- le fils du savant et sympathique Dr 1*. Fischer, aide-naturaliste au Muséum et auteur du Manuel de conchyliologie que tout le monde connaît. Il s’agit d’une nouvelle espèce de mollusque nudibranche extrêmement commun dms le bassin d’Arcachon où il avait cependant échappé à toutes les recherches. Sa taille, qui n’est que de 3 millimètres, n’a pas empêché M. Henri Fischer d’en faire, grâce aux admirables ressources de la technique moderne, l'a-nalomie et l’histologie complète. Parmi les importants résullats de cette délicate étude, M. Ranvier appelle tout spécialement l’attention sur la découverte de muscles striés : ils sont situés à la bouche et au cœur, c’est-à-dire aux deux organes qui, seuls dans tout l’animal, se meuvent avec quelque vitesse. Ainsi est confirmée une fois de plus cette loi que la striation des muscles est en rapport intime avec le mécanisme même de leur contraction.
- Influence des grandes altitudes sur la constitution du sang. — C’est à des conclusions tout à fait compatibles avec celles auxquelles M. Yiault parvenait récemment, que M. Miintz est conduit, par l’étude des modifications du sang chez des animaux transportés à de grandes altitudes. Des lapins amenés de la plaine au sommet du Pic du Midi et conservés dans cette station pendant sept années, ont présenté à l’analyse un sang dont la capacité respiratoire est représentée par 17 centimètres cubes au lieu de 9 qu’elle atteignait d’abord. On peut croire que l’augmentation en hémoglobine a été parallèle, car la proportion du fer métallique s’est accrue dans le rapport de 70 à 40. L’auteur n’a pas tardé à s’apercevoir qu’un très long séjour n’est pas nécessaire pour amener un pareil enrichissement. Les moutons que, dans les Pyrénées, on monte chaque année aux pacages d’été, accusent, après quelques semaines seulement d’habitat dans la montagne, les phénomènes dont il s’agit. Enfin M. Müntz s’est assuré que l’altitude n’est pas nécessaire et que les mêmes résultats se produisent si, au lieu de diminuer le comburant, c’est-à-dire l’oxygène dont l'animal peut disposer, on augmente la quantité de combustible, c’est-à-dire d’aliments qu’il doit assimiler. C’est ce qui explique comment les animaux gras, tels que ceux qu'on prime en ce moment aux Champs-Elysées, présentent à l’analyse sanguine les mêmes faits généraux que les animaux cantonnés sur les hauts plateaux des Pyrénées et des Andes.
- La photographie des couleurs. — On entoure beaucoup M. Lippmann qui présente des photographies en couleur qu’il vient d’obtenir et qui reproduisent toutes les nuances des objets, sans nécessiter l’emploi de réactifs nouveaux et avec une solidité indéfinie. Pour les obtenir, l’auteur fait tomber le foyer de l’objectif sur une glace sensibilisée avec du collodion sec ou quelque autre préparation n'ayant pas un grenu sensible, même au microscope, en ayant soin de placer au contact de la couche sensible une lame de mercure métallique destinée à faire miroir. A part cette condition, rien, absolument rien, n’est changé dans les manipulations ordinaires et le résultat est conforme à tout ce qu’on pouvait désirer. D’après M. Lippmann, la théorie du phénomène se rattache à celle des interférences par réflexion exposée la dernière fois par M. Cornu. Chaque couleur, d’après sa longueur d’onde, donne dans l'épaisseur de la couche sensible des précipités d’argent à des distances de la surface qui sont réglées justement par sa longueur d’onde, et ce sont les lames minces de précipités métalliques qui développent les couleurs. Ce qui le prouve, c’est que les épreuves positives par réflexion sont négatives par transmission, c’est-à-dire
- teintes de nuances compléinenlaires des objets. M. Becquerel a très justement rappelé ses importantes recherches sur la photographie des couleurs obtenue dès 1849 par les modifications du sous-chlorure d’argent violet, en faisant remarquer que le principe en est absolument différent de celui qui fait la base des recherches actuelles.
- L'argile à silex. — Nous croyons que c’est bien à tort que M. de Lapparent propose d’expliquer l’origine de l’argile à silex, par l’intervention d’eaux profondes analogues à celles qui ont donné lieu aux précipitations calami-naires, et il nous paraît toujours évident que la dénudation lente de la craie suffit à expliquer la formation et le dépôt. Un examen attentif des gisements montre que toute idée de charriage horizontal doit être absolument écartée.
- Varia. — M. Faye, au nom du Bureau des longitudes, dépose l'Annuaire et la Connaissances des temps. — Une nouvelle classe de matières colorantes a été obtenue par M. Grimaux, par l’oxydation de la dimélhylamurine. — M. le secrétaire perpétuel annonce la mort de M. le général Ibanez, président de la Commission internationale du mètre et correspondant de l’Académie.
- Stanislas Meunier.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- LES FILS INVISIBLES
- La Nature a déjà cité plusieurs exemples de remploi d’un fil mince de soie noire et invisible à distance, soit en prestidigitation, soit dans les distractions en cercle intime. Rappelons la canne en équilibre décrite il y a quelques années1. Nous allons dévoiler le secret d’autres expériences très intéressantes où un fil mince et invisible joue le principal rôle.
- On voit souvent des camelots vendre le soir une petite souris qu'ils placent sur le dos de leur main et qui court toujours comme si, étant apprivoisée, elle voulait se réfugier sur eux. Pour l’empêcher d’atteindre le but, ils interposent l’autre main, puis la première qui se trouve alors délivrée et ainsi de suite; la petite souris court toujours jusqu’à ce que le camelot ait trouvé acheteur de la gentille petite bête au prix modique de 1 0 centimes, y compris la manière de s’en servir, car, comme tout le monde l’a compris, il ne s’agit pas d’une souris vivante, mais d’un jouet. Ce petit jeu est basé sur deux effets : d’abord un effet d’optique, et ensuite l’effet dû au fil invisible.
- La souris, plate en dessous, est munie, vers la tête, d’un petit crochet, et l’opérateur porte à la boutonnière un fil de 25 centimètres de longueur terminé par une boucle. 11 fixe la boucle du fil dans le petit crochet de la souris et pose celle-ci, le fil étant tendu, sur le dos de la main gauche; par exemple, vers le petit doigt. En éloignant la main du corps, la souris, qui ne bouge pas de place, semble glisser sur le dos de la main, et, au moment où elle va tomber en arrivant sur le pouce, la main droite passée en dessous, arrive juste pour la recevoir éga-
- 1 Voy h0 584, du 9 août 1884, p. 15‘2.
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- leinent vers le petit doigt, d’où elle semble, par le même mouvement que précédemment, aller vers le pouce (fig. 1). Pour réaliser immédiatement l’expérience, il suffit de prendre un bouchon, de le tailler en forme de souris, d’abattre le dessous de la bête ainsi dégrossie, afin qu’elle pose bien à plat, de piquer deux oreilles en carton et une queue confectionnée avec un petit morceau de ficelle, puis de noircir le tout à la flamme d’une bougie. Ensuite, le fil noir que vous terminerez par une boulette de
- Fig 1. — La souris animée.
- cire molle ou par une épingle à crochet, étant fixé à votre boutonnière, vous faites examiner la soiiris et, au moment où elle vous est rendue., vous fixez le fil, soit par son crochet, soit par la boulette de cire sur le devant de la partie plate du rongeur que vous faites alors courir comme il est dit ci-dessus.
- Un autre effet dû à un fil invisible est le suivant : il y a quelques mois, dans un établissement public parisien, un clown prenait un chapeau et son mouchoir, puis après avoir montré, en l’étendant, que le mouchoir était vide, tirait du milieu des plis du mouchoir chiffonné, un oeuf qu’il laissait tomber dans le chapeau. Il enlevait le mouchoir, le secouait de nouveau, le chiffonnait, retrouvait un œuf et le faisait tomber dans
- le chapeau, et ainsi de suite. Lorsqu’on pouvait croire que le chapeau renfermait un certain nombre d’œufs, il le retournait: le chapeau était vide. Tous les œufs du mouchoir se réduisaient à un seul attaché par un fil d’un côté du mouchoir et que l’amu-
- Fig. 2. — La multiplication des œufs.
- sant opérateur montrait malicieusement après avoir eu l’air de chercher les œufs disparus.
- Quant le mouchoir était étendu, l’œuf se trouvait
- derrière et, bien qu’il fût secoué, restait pendu à son fil. En chiffonnant le mouchoir, il était facile de sembler y trouver l’œuf et de le mettre dans le chapeau, où il ne restait pas, car soulevé parle fil, il reprenait sa place derrière le mouchoir. Notre figure 2 montre le mouchoir au moment où l'œut a été enlevé par le fil, du côté opposé à celui ; des spectateurs. L’œuf employé doit être en bois. — En attachant un fil noir de 40 à 50 centimètres de longueur à un œuf vide et en choisissant, comme par hasard, cet œuf ainsi préparé parmi d’autres œufs ordinaires, on a en main un moyen d’a- * muser et d’intriguer longtemps son public.
- On accroche l’extrémité libre du fil à une boutonnière du gilet, absolument comme pour la souris dont nous parlions tout à l’heure et on pose l’œuf sur une table. En ayant l’air de lui commander de s’approcher, il suffit de reculer le corps pour que l’œuf docile obéisse au commandement. Par le même moyen, il peut sortir seul d’un chapeau, ou bien encore en appuyant sur le fil invisible, danser sur une^ canne ou sur la main, en/ un mot, faire toutes les opérations que les œufs n’ont pas l’habitude de faire.
- — A suivre. — Le prestidigitateur Alber.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue do Fleuras, 9.
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- N» 924. — 14 FÉVRIER 1891.
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- LÀ PHOTOGRAPHIE DES COULEURS
- EXPÉRIENCES DE M. MPPMANN
- Un de nos physiciens les plus distingués, M. Gabriel Lippmann, membre de l’Institut et professeur à la Faculté des sciences, est parvenu à réaliser une expérience désormais mémorable, celle de la photographie des couleurs du spectre solaire. Dans la séance du 2 février de l’Académie des sciences,
- M. Lippmann a présenté à ses collègues divers clichés photographiques du spectre solaire, où toutes les couleurs sont fixées sur la plaque sensible avec leurs nuances exactes, et leur éclat. Le savant physicien, pour obtenir un si remarquable résultat, n’emploie aucune substance chimique particulière susceptible de conserver ou de reproduire la teinte des objets : il a simplement recours à des procédés physiques, basés sur des considérations théoriques les plus ingénieuses et de l’ordre le plus élevé.
- M. Lippmann a bien voulu nous montrer lui-même, dans son laboratoire de la Sorbonne, le résultat de ses expériences et le dispositif des appareils qu’il a combinés; grâce à son obligeance et à la netteté de ses explications, nous espérons qu’il nous sera possible de bien faire comprendre à nos lecteurs la nature de sa découverte.
- Notre figure 1 montre l’appareil employé par M. Lippmann pour obtenir la photographie des couleurs. La plaque sensibilisée G (fig. 1, n° 1) est préparée d’une façon toute particulière. 11 faut que sa couche sensible, dont la nature chimique peut être quelconque, gélatino-bromure d’argent1, par exemple, soit très mince et transparente; il est nécessaire qu’il n’y ait aucune discontinuité dans cette couche de substance impressionnable, et qu’elle ne se présente pas sous forme de grains comme dans
- 1 L’iodure et le bromure d’argent donnent de bons résultats.
- 19* innée. — 1er Mmttlr».
- les émulsions ordinaires1. La couche sensible doit être simplement opalescente et non crémeuse. La glace, ainsi préparée, est placée contre une couche de mercure, sa face sensibilisée étant en contact contre le métal liquide destiné à former une surface réfléchissante. Dans notre gravure (fig. 1, n° 1.), la plaque sensible est représentée en G, elle s’appuie contre une pièce de caoutchouc C en forme d’U;
- une glace, F, ferme le système et permet d’emprisonner le mercure comme dans un vase ; les deux glaces, cliché photographique et verre de fer-meture, sont maintenus par des pinces, afin que le mercure ne s’écoule pas.
- Le système étant ainsi préparé, on projette sur la surface extérieure de la plaque sensibilisée, une image du spectre solaire. Après une longue pose variant de 30 minutes à 2 heures, du moins si l’on veut que le rouge lui-même ait agi, l’impression est terminée; le développement et le fixage s’opèrent par les procédés ordinaires, le cliché développé et séché donne le spectre solaire avec ses sept couleurs: violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge (fig. 1, n° 2). Vu par transparence, le cliché est négatif, c’est-à-dire que chaque couleur est remplacée par sa complémentaire, le vert par du rouge, le rouge par du vert, etc.
- On voit que l’opération est d’une simplicité étonnante. Que s’est-il passé dans cette expérience, et comment en expliquer le résultat? M. Lippmann trouve la théorie de sa méthode dans le principe des interférences, et dans le fait de la coloration des lames minces.
- Le mercure, formant miroir devant la pellicule sensible, a pour objet de renvoyer les rayons lumineux sur eux-mêmes ; il y a conflit, ou, comme disent les physiciens, interférence entre le rayon
- 1 Les émulsions du commerce contiennent le bromure d’argent en grains visibles au microscope, et de plusieurs millièmes de millimètre de diamètre.
- Fig. 1. — Appareil de M. Lippinauu pour la photographie des couleurs. — N° 1. Plaque sensibilisée posée sur une eoueho de mercure. — N” 2. Spécimen d’un cliché reproduisant les couleurs du spectre (grandeur d'exécution).
- Pellicule sensible
- h : *. i _ . n
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- Fig. 2. — Schéma explicatif.
- 11
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- incident et le rayon réfléchi. Il s’ensuit dans l’intérieur de la couche sensible une série de franges d’interférences, c’est-à-dire de maxima lumineux et de minima obscurs. Les maxima seuls impressionnent la couche et leur place reste marquée par un dépôt d’argent. Il en résulte que la couche sensible, après les opérations photographiques, est subdivisée par le dépôt d’argent en une série de lames minces ; ces lames ont précisément l’épaisseur nécessaire pour produire par réflexion la couleur incidente, qui leur a donné naissance. Les couleurs ainsi produites sont donc de même nature que celles des lames minces des bulles de savon, par exemple. Le nombre de ces lames minces est variable suivant la nature du rayon lumineux; en admettant que la pellicule sensible ait une épaisseur de 1 /20 de millimètre, la lumière jaune y formera 200 lames minces; s’il s’agit du violet, le nombre en sera de 250; s’il s’agit du rouge, de 156 seulement, avec des valeurs intermédiaires pour les couleurs intermédiaires1.
- Le schéma ci-devant (fig. 2) dans lequel nous amplifions considérablement la pellicule sensible, nous permettra de bien indiquer le phénomène. Tout près du mercure, sur la première couche de la pellicule sensible, il y a destruction de mouvement ou obscurité, en o;plus loin, au contraire, en /, les deux mouvements s’ajoutent, il y a maximum de lumière; plus loin, il y a de nouveau destruction de lumière, obscurité en o' ; plus loin, en nouveau maximum et ainsi de suite.
- En définitive, la vibration lumineuse a marqué photographiquement sa trace dans la pellicule; elle se trouve inscrite, puis reproduite après coup, ainsi que cela se passe pour la vibration sonore dans le phonographe.
- On voit que dans ces premières expériences de M. Lippmann, il n’est question que de la reproduction du spectre solaire. Le résultat obtenu est considérable, mais on n’en est pas encore, comme on l’a cru d’abord, à reproduire les portraits. Cela tient à ce que les substances impressionnables dont nous disposons sont très imparfaites, elles ne sont vraiment sensibles qu’aux rayons lumineux violets ; peu impressionnables au vert, elles sont presque absolument insensibles à l’action des rayons jaunes et surtout des rayons rouges. De là la nécessité d’une très longue pose dans la photographie du spectre avec ses couleurs. Cet inconvénient est moins grave lorsqu’il s’agit des objets immobiles, paysages ou tableaux. M. Lippmann n’a pas encore dirigé ses recherches dans cette voie. Quoi qu’il en soit, on peut dire qu’il s’agit, pour hâter la solution complète du problème, de trouver des substances aussi impressionnables que le gélatinobromure d’argent, mais qui le soient aussi bien sous l’influence de tous les rayons lumineux depuis le violet jusqu’au rouge.
- La voie, si brillamment ouverte aux chercheurs
- 1 L’épaisseur de ces couches est de 0m“,00020 pour le violet ; 0mm,00025 pour le jaune ; O””,00030 pour le rouge
- par M. Lippmann, sera féconde, et la nouvelle découverte dont nous sommes heureux d’enregistrer ici les premiers résultats, assure un brillant avenir à l’art désormais créé de la photographie des couleursi.
- Gaston Tissandier.
- LE SYSTÈME MÉTRIQUE2
- L’œuvre principale du Bureau international des poids et mesures eût été stérile, et l’immense travail de comparaison des prototypes nationaux avec le mètre et le kilogramme internationaux, eût été à recommencer, si les copies n’avaient été transportées dans les pays destinataires avec des précautions et des soins empêchant toute détérioration de ces précieux morceaux de métal ; pour chaque pays, il était de la plus haute importance que toutes les garanties d’authenticité fussent données. C’est pourquoi les mètres et les kilogrammes, enfermés dans des étuis dont la forme avait été soigneusement étudiée, ne furent pas expédiés par la voie ordinaire, mais emportés directement du Pavillon de Breteuil par des délégués accrédités par leur gouvernement. Des précautions spéciales avaient été prises pour que les caisses ne fussent pas maltraitées aux douanes. C’est avec une véritable solfennité que dans la plupart des pays, les étalons furent déballés.
- Aux États-Unis, le chef de l’État établit lui-même le procès-verbal de réception, montrant ainsi la grande importance qu’il attachait à la prise de possession des premiers étalons authentiques du système métrique qui passaient l’Atlantique. Un grand nombre d’hommes de science avaient été conviés à la cérémonie, et contresignèrent le procès-verbal. Nous croyons devoir donner ici à titre de curiosité historique la traduction (abrégée) de ce curieux document :
- « Il est fait connaître : Qu’en ce second jour de janvier, A. D. mil huit cent quatre-vingt-dix, en la ville de Washington, il a été exposé devant moi, Benjamin Harri-son, président des États-Unis, par T. C. Mendenhall, directeur du service géodésique et des côtes, deux boîtes d’emballage décrites ci-après (suit la description des caisses et des cachets).
- « Que l’empreinte des sceaux de cire rouge mentionnée ci-dessus a été reconnue pour être le cachet privé du Dr Benjamin Apthorp Gould, délégué des États-Unis à la Conférence internationale des poids et mesures réunie à
- 1 Nous résumerons ici l’historique des expériences relatives à l’obtention directe des couleurs en photographie. Les premières observations remontent au commencement du siècle. Seebeck, avant 1810, a observé que le chlorure d’argent prend approximativement la couleur des rayons incidents. Herschell en 1841 a repris l’expérience de Seebeck et constaté que les couleurs ne sont rendues que d’une façon très peu fidèle. — En 1848, M. Ed. Becquerel a remplacé le chlorure d’argent par du sous-chlorure d’argent violet étendu sur une lame de plaqué d’argent, analogue à celle qu’employait Daguerre. Il a obtenu une image colorée du spectre, mais cette image ne se conserve que dans l’obscurité. Aucun fixage n’est possible (vov. séance de l’Académie des sciences, du 9 février 1891, p 174). Poitevin et Niepce de Saint-Victor ont obtenu des résultats analogues. Aucun fixage n’était encore possible. Les remarquables procédés de MM. Ducos de Ilauron et d’autres chercheurs étaient basés sur des méthodes toutes différentes.
- 2 Voy. Système métrique et Etalons métriques, Tables des matières des dix premières années.
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- LA NATURE.
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- Paris le 24 septembre 1889 ; qu’il a été exposé de même un Rapport dudit B.-A. Gould au secrétaire d’État relatant qu’il a reçu et accepté, pour les États-Unis, un mètre prototype...., et qu’il a enfermé ledit mètre prototype n° 27, et ledit kilogramme prototype n° 20 avec leurs accessoires dans leurs étuis intérieurs, et ceux-ci, à leur tour, dans des boîtes marquées puis scellées par lui ainsi qu’il a été dit ci-dessus; que lesdites boîtes ont été remises par lui à M. Whitelaw Reid, Ministre des États-Unis à Paris, et qu’il a été déposé un Rapport par George Davidson, assistant du service géodésique et des côtes, affirmant que ces boîtes ont été reçues par lui des mains du Ministre des Etats-Unis à Paris le 27 octobre 1889, comme étant les boîtes supposées contenir le mètre prototype national n° 27, et le kilogramme prototype national n° 20 avec leurs accessoires.
- « Que le Directeur du service géodésique et des côtes a affirmé que ces boîtes ont été reçues par lui dudit Georges Davidson le vingt-septième jour de novembre 1889, et qu’elles sont restées en sa possession, scellées, et leur contenu non dérangé en rien depuis la date de leur livraison jusqu’à celle de leur présentation.
- « Que lesdites boîtes, ayant été ouvertes en ma présence, ont été trouvées contenir les étuis décrits dans le Rapport du Dr B.-A. Gould, mentionné ci-dessus, et que ces étuis étant ouverts, ont été trouvés contenir une règle d’un mètre portant le n° 27, et un poids d’un kilogramme n° 20, en bonne conservation, et, en apparence, exactement dans le même état que lorsqu’ils ont été enfermés, et que je crois, en confiance, être les étalons mentionnés dans les Rapports indiqués ci-dessus. »
- Une autre nouvelle importante nous parvient, c’est que le Mexique vient d’adhérer à la Convention du Mètre, à laquelle participeront désormais les puissances suivantes : Allemagne, Autriche, Hongrie, Belgique, Confédération argentine, Danemark, Espagne, États-Unis, France, Grande-Bretagne et Irlande, Italie, Japon, Mexique, Pérou, Portugal, Roumanie, Russie, Serbie, Suède, Norvège, Suisse, Turquie, Vénézuela.
- LE CHAUFFAGE
- DES TOITURES DE CHEMIN DE FER
- PAU THERMOSIPHON
- Le chauffage des voitures est une question à laquelle la rigueur de l’hiver 1890-1891 a donné une actualité très pressante, et sous la pression des réclamations générales, les Compagnies qui conservaient encore certains trains à faible parcours sans les chauffer, ont dû appliquer le chauffage à toutes les voitures et à tous les trains. Pour les voitures de première et de deuxième classe, on conserve en général les chaufferettes ordinaires à eau chaude malgré les nombreuses manutentions qu’elles ont l’inconvénient d’exiger.
- Pour le réchauffage de ces chaufferettes, il faut, en outre, avoir de nombreuses installations de chaudières fixes sur le réseau, et c’est la principale difficulté qui s’est opposée jusqu’à présent au chauffage des trains à faible parcours, car il arrive souvent que les gares extrêmes, étant de faible importance, n’ont pas d’installation de réchauffage.
- Il est regrettable, à ce point de vue, que l’appli-
- cation des chaufferettes à acétate de soude ne se'soi pas développée davantage, car l’emploi de ce sel permet de maintenir les bouillottes chaudes pendant un temps beaucoup plus long (cinq à six heures au lieu de deux, comme les bouillottes ordinaires), et on diminue ainsi les manutentions, en même temps qu’on peut réduire le nombre des chaudières de réchauffage installées sur le réseau.
- Quoi qu’il en soit, pour diminuer un peu les manutentions des bouillottes ordinaires, les Compagnies de chemins de fer en réservent généralement l’application, comme nous le disions plus haut, aux voitures de première et de seconde classes, et appliquent sur les voitures de troisième des procédés différents, comme l’emploi des poêles, le chauffage à air chaud par briquettes, etc.
- Les chemins de fer de l’État, en particulier, ont fait l’application, aux voitures de toutes classes de grandes dimensions montées sur boggies, d’un procédé de chauffage par thermosiphon qui présente, pour les voyageurs, l’avantage de conserver les bouillottes ordinaires, tout en en supprimant la manutention; cet appareil, étudié par M. Gallet, constructeur à Tours, d’après les données de M. Parent, ingénieur en chef du matériel et de la traction, était appliqué sur les voitures à boggies que cette administration avait envoyées à l’Exposition de 1889; il présente des avantages importants qui le rendent particulièrement recommandable, et nous avons cru intéressant d’en donner la description, d’après la Notice publiée par la Revue générale des chemins de fer. Cet appareil se compose de chaudières fixées sous le châssis de chaque voiture, qui distribuent l’eau chaude dans des chaufferettes installées transversalement dans chaque compartiment sous les pieds des voyageurs.
- La figure 1 donne la vue et la coupe de ces chaudières, et la figure 2 montre l’ensemble de l’installation à l’extrémité du châssis de la voiture. Comme on le voit sur la figure 1, la chaudière est de forme tubulaire, composée de deux corps en forme de dos d’âne réunis par une série de tubes verticaux; elle constitue ainsi une sorte de tube à parois évidées, à l’intérieur duquel on introduit un panier plein de coke enflammé; tout l’ensemble est logé dans un tube horizontal à parois pleines portant à la partie inférieure des tubulures d’appel d’air. Celles-ci qu’on aperçoit dans la déchirure de la figure 1 sont munies de cônes d’obturation pour le réglage d’appel de l’air; ces cônes sont montés sur un arbre en fer creux manœuvré du dehors à l’aide d’une poignée garnie d’un ressort à pointeau, et celui-ci s’engage dans les trous du secteur qu’on voit au bas du tube-enveloppe de la chaudière, ce qui permet d’en fixer la position suivant l’appel d’air qu’on désire. Les gaz de la combustion s’échappent par l’orifice supérieur ménagé sur ce tube ; on a soin d’orienter cet orifice de manière à ce qu’aucune émanation ne puisse pénétrer par les glaces des portières des voitures placées derrière celle qui porte la chaudière.
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- Le tube-enveloppe est obturé par des portes ménagées aux deux extrémités pour l’introduction du panier de coke, ces portes sont fermées à clef pour empêcher que les charbons incandescents puissent s’échapper. La chaudière est munie d’un robinet de vidange. L’eau chaude sortant de la chaudière est dirigée dans une conduiteB(fig.2), régnant sur toute la longueur du train d’où elle est amenée dans les bouillottes par des tuyaux de raccord, comme l’indique la figure 1. Ces raccords sont à joints munis de bagues en caoutchouc pour permettre le glissement des tuyaux produit par la dilatation et la suspension de la caisse. Ces raccords aboutissent à des chambres situées h l’une des extrémités de chaufferettes contenant quinze tubes en acier. L’eau y circule en cédant sa chaleur aux parois des tubes, et elle est ramenée à la chaudière par un tuyau de retour A (fig. 2) qui vient déboucher à la partie inférieure de celle-ci,de sorte qu’il s’établit une circulation continue entre la chaudière et les bouillottes.
- Pour l’évacuation des gaz et des vapeurs à la sortie de la chaudière, on a ménagé en outre sur la conduite de départ un petit tube qui vient déboucher dans une caisse spéciale disposée au-dessus de B formant vase d’expansion. Une caisse analogue qu’on voit au-dessus de A dans la coupe du wagon communique avec la conduite de retour pour le remplissage et la réserve d’eau.
- Les tubes des bouillottes et des chaudières sont en acier, sertis et rives sur des fonds en acier pour
- faciliter les dilatations; ils ont 10 millimètres de diamètre intérieur et lram,5 d’épaisseur, ils sont essayés à froid sous une pression de 10 kilogrammes, et à chaud à la température de l’ébullition. On voit, d’après cette description, que le service
- de manutention se réduit au réglage et à l’entretien des feux, et il s’effectue du dehors sans qu’on ait a pénétrer dans les voitures. Les grilles sont chargées de charbon de tourbe qui brûle lentement, et l’approvisionnement suffit pour assurer le chauffage pendant dix-huit heures consécutives. Grâce aux cônes de réglage dont nous avons parlé plus haut, on peut varier l’appel d’air suivant les besoins, et obtenir ainsi une combustion de la tourbe, et, par suite, un chauffage très régulier. Les produits de la
- combustion s’échappent librement à une température qui ne dépasse pas 75° et ils sont dirigés de manière à ne pouvoir occasionner aucun accident dans les compartiments de voyageurs.
- Gette disposition de thermosi-phon assure, comme on voit, un chauffage régulier sans exiger de manutention à l’intérieur des voitures, et sans entraîner aucune cause d’incendie ou d’asphyxie. Au point de vue du matériel, elle a l’avantage de pouvoir s’installer facilement, sans exiger aucune modification des types en service, elle peut s’enlever à la rigueur en été pour diminuer le poids mort, et elle n’entraîne que très peu de frais d’entretien. L. B.
- Fig. 1. — Chaudière pour le chauffage des wagons de chemin de 1er.
- Fig. 2. — Ensemble de l’installation, montrant la chaudière vue extérieurement à l’extrémité du châssis de la voiture.
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- L’HIYER 1890-48911
- L’hiver de 1890-1891 a attiré l’attention publique comme tous ceux qui sortent des limites habituelles ; on s’imagine promptement qu’on n’a jamais rien vu de pareil. Sans être extraordinaire, l’hiver actuel présente quelques particularités remarquables. La principale est la chute de température presque subite de la fin de novembre : le 25 nous avions, à l’Observatoire du Parc de Saint-Maur, un maximum de 14°,7; un minimum de 10°,5 le lendemain avec une moyenne de la journée de 11°; dès le 28, le minimum atteignait —4 5° et la moyenne —10°.
- C’est ce passage d’une température très douce à une température bien rare à pareille époque qui a produit tout le dommage sur les végétaux; les deux mois de froids qui ont suivi n’y sont pour rien. Il en a été de même en 1870-1871 ; j’en parlerai en terminant.
- L’invasion du froid en novembre dernier est remarquable; il a commencé à Arkhangelsk où il a fait —53°,8 le 22 novembre et —54°,8 le 23. Dès le 26 on avait —51° à Moscou. Mais le froid qui commence dans le nord-est extrême de l’Europe n’est pas celui qui nous vient directement à Paris ; c’est un autre courant commençant à Tornéo et Hapa-randa au nord de la Baltique.
- Embâcle de la Marne au pont de Charnpigny le 26 janvier 1891. (D'après une photographie de M. Th. Moureaux.)
- Le 28 novembre, on avait —18°,4 à Hernoesand, —15° le même jour au Parc de Saint-Maur près Paris, —12°,2 à Madrid le 29, et —3°,0 à Maroc le 30. Ce dernier froid, en novembre surtout, doit être extrêmement rare dans cette contrée, renommée pour la douceur de son climat.
- La Marne a commencé h charrier des glaçons au Parc de Saint-Maur le 15 décembre; le 17 elle était prise en différents endroits ; le 25 on y patinait ; la débâcle a eu lieu le 26 janvier (voy. la gravure ci-dessus). La rivière, très claire pendant la gelée, s’est élevée de 2m,35 en deux jours et est devenue très trouble; il y a eu sans doute de fortes pluies dans les pays en amont, mais au Parc de Saint-
- 1 Voy. n° 921, du 24 janvier 1891, p. 115.
- Maur, il n’est tombé que des pluies insignifiantes.
- La Seine a été glacée pendant quatorze jours, du 11 au 24 janvier. Il y avait des endroits où elle n’était pas entièrement prise ; cette glace était formée de galettes arrondies et bordées, soudées ensemble. Il n’en est jamais autrement; sous le climat de Paris, le froid n’est jamais assez intense ni assez continu pour que les grandes rivières se gèlent en présentant une surface unie. La Marne au Parc, dans une portion de son cours où elle est moins rapide, présentait cet aspect et on y patinait, comme je l’ai dit tout à l’heure.
- Je rappellerai ici ce que j’ai dit bien des fois, pour combattre un préjugé très répandu, à savoir que c’est la fonte des neiges qui produit les inondations; c’est la chute de pluies abondantes sur un
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- LA NATURE.
- sol glacé et, par conséquent, absolument imperméable qui produit ces inondations ; la fonte de la neige et de la glace ne donne que des hautes eaux de peu de durée. Ainsi les neiges accumulées en quantité immenses dans les Alpes, retiennent l’eau pendant six mois, et le Rhône a sa plus grande hauteur au 15 août, quand les chaleurs commencent k diminuer, comme le pendule a sa plus grande vitesse quand il est au bas de sa course, au moment où la pesanteur cesse de l’actionner.
- La gelée de 1891 a été presque continue autour de Paris du 26 novembre au 22 janvier pendant cinquante-huit jours; elle l’a été tout à fait du 21 décembre au 5 janvier pendant quatorze jours, ce qui est bien peu si on compare l’hiver actuel à beaucoup d’autres qui l’ont précédé.
- Un des hivers les plus remarquables sous le rapport de la continuité du froid a été celui de 1765 qui a offert deux mois de gelée presque continue dont trente-sept jours sans la moindre interruption dans les températures matinales. Du reste, on retrouve ce nombre de trente et quelques jours de gelée consécutifs dans beaucoup d’hivers : en 1784, trente-cinq jours ; en 1789, trente jours; en 1827, trente-trois jours ; en 1850, trente-deux jours.
- Dans d’autres pays voisins ou dans d’autres parties de la France, la continuité de la gelée a été bien plus remarquable : ainsi au nouvel Observatoire d’Uccle, près Bruxelles, à une altitude de 100 mètres, la gelée a été continue soixante jours, du 26 novembre au 24 janvier. A Grenoble, les excellentes observations de notre confrère, M. Poulat, nous offrent, du 26 novembre au 31 janvier, une série qui n’est interrompue que par un minimum de 0°,1. En tous cas elles comprennent cinquante-six jours de gelée sans lacune du 7 décembre au 51 janvier.
- A Vendôme, d’après les observations de M. Le-mercier, la gelée a été continue du 26 novembre au 19 décembre et du 21 décembre au 21 janvier; ainsi une série complète de trente-deux jours consécutifs et une de cinquante-sept avec une interruption d’un seul jour, le 20 décembre.
- On a dit dans le public que les hivers reviennent tous les dix ans1; ce prétendu retour n’a rien de réel; ce qu’on peut dire, c’est qu’il ne se passe guère plus de dix ans sans qù’on éprouve un hiver un peu plus rigoureux que d’ordinaire. La distribution des hivers est variable suivant une loi que j’ai fait connaître il y a trente ans : les hivers rigoureux reviennent par groupes de cinq ou six tous les quarante-un ans; pendant vingt ou vingt-deux ans on a des hivers rigoureux où le froid atteint — 20° à — 26° et pendant un nombre d’années égal on n’a que des hivers plus esnacés, moins nombreux, pendant lesquels le thermomètre ne descend pas au-dessous de —12° ou —15°, ou un peu plus bas au milieu de froids de très peu de durée.
- Çette période de quarante-un ans n’est qu’appro-
- 1 Voy. n° 921, du 24 janvier 1891, p. 113.
- chée ou, pour mieux dire, elle comprend un nombre d’années plus une fraction, de manière qu’après quelques périodes leur retour éprouve une perturbation. J’ai reconnu qu’il ne paraît pas se passer plus de trois périodes sans perturbation; que les périodes de 1789, 1830, 1871 étant normales, la période suivante dont le milieu tombe en 1912 sera troublée.
- J’ai fait connaître cette loi en février 1861, il y a trente ans, et annoncé un grand hiver pour 1871 et un dernier en 1880 ou 1882; après quoi on aurait une perturbation qui amènerait des hivers irréguliers; nous sommes précisément actuellement dans cette série troublée.
- J’aborde maintenant un sujet d’un grand intérêt pratique : c’est celui des dégâts produits par la gelée sur les végétaux.
- Il y a eu peu de neige cet hiver; lorsqu’elle a disparu, on a vu la campagne toute brune, absolument comme en 1871; dans cet hiver de 1871 la congélation des blés a fait plus de tort que l’invasion allemande.
- En 1890-1891, tous les légumes ont été détruits, les violettes, si rustiques, paraissent mortes : elles repartiront du pied; l’oseille est absolument dans le même cas ; les navets et les autres légumes offrent le même aspect. Tout ce dégât a été produit par la gelée de la fin de novembre, les froids qui ont suivi n’y sont absolument pour rien.
- C’est, comme je l’ai dit, le passage subit d’une température douce à une température rigoureuse qui a produit tout le mal : un abaissement de 21° dans la moyenne diurne est plus grand que celui de l’été k l’hi ver qui n’est que de 15° sous le climat de Paris.
- En 1870-1871, il a fait à Vendôme une chaleur de 16° le 15 décembre et quelques jours après —12° environ; je dis environ ptrce que l’invasion m’a empêché de faire les observations que j’aurais voulu faire. A ces températures élevées, le blé entre en végétation et produit, au ras du sol, une nouvelle pousse tendre, d’un jaune pâle; c’est cette partie qui gèle et montre le blé coupé par le pied ; le blé n’aime pas le dégel, mais la partie verte, poussée depuis longtemps, peut être atteinte par la gelée sans que le blé en souffre, il repousse après, comme s’il avait été brouté par les moutons. Si le blé périssait par le fait même d’une gelée reprenant après un dégel, il périrait tous les ans, car il n’y a aucun hiver, sous notre climat, qui n’offre plusieurs fois de ces vicissitudes chaque année. E. Renou.
- LES CLIFF DWELLERS
- Depuis la mémorable expédition de MM. Jackson et Holmes en 1874-1875, tous ceux qui s’occupent du vieux passé de l’Amérique connaissent l’existence, dans les canons et les gorges profondes du Nouveau-Mexique et de l’Àrizona, de demeures humaines situées k dès altitudes de plusieurs milliers
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- de pieds. Des falaises absolument à pic sont couvertes d’habitations qu’on ne peut mieux comparer qu’aux alvéoles d’une ruche (fig. 2). Tout atteste une population nombreuse et très supérieure comme civilisation aux Indiens les plus sauvages et les plus redoutés de l’Amérique du Nord qui, seuls aujourd’hui, parcourent ces régions. Les habitations, abandonnées depuis un temps qu’il serait difficile de préciser, forment de véritables villages s’étendant sur des longueurs souvent considérables. Elles sont tantôt creusées dans le rocher même, tantôt construites en adobes1 ou en pierres dressées sans ciment. L’absence de portes, la petitesse des ouvertures dont elles sont munies en guise de fenêtres, les difficultés inouïes que présente leur accès, les tours, les enceintes fortifiées qui dominent l’entrée des vallées, témoignent clairement des dangers que les habitants avaient à redouter.
- On rencontre tout autour de ces demeures des amas considérables de poteries brisées. Cette poterie, formée d’argile et de quartz pulvérisé, est, en général, d’une qualité très supérieure à celle des Mound-Builders ou à celle des Aztèques. La forme des vases, les ornements qui les décorent, l’émail brillant qui les recouvre, attestent une population déjà avancée, et cependant, sauf deux ou trois petits anneaux en cuivre, aucun des objets recueillis ne peut faire présumer que ces hommes connussent l’usage des métaux. Quelques rares instruments en silex, en quartzite, en roches diverses, quelques blocs de basalte destinés probablement à concasser les grains, sont avec les poteries les seules épaves de cette race disparue, sans que nous puissions rien dire ni sur son origine, ni sur son histoire, ni sur l'époque où elle vivait, ni sur les causes de son émigration. Son nom même est ignoré et nous ne pouvons qu’accepter celui de Clilf Dwellers, habitants des rochers, donné par les explorateurs américains.
- D’autres expéditions sont venues confirmer ces premiers renseignements. Le major Powell, directeur du Geological Survey, a reconnu, dans les mêmes régions, des montagnes recouvertes de couches de lave d’une grande puissance. L’homme avait creusé ces couches, souvent à des profondeurs considérables, pour y installer sa demeure. Les parois étaient recouvertes d’un enduit dont la lave formait la base et, sur quelques points, on avait excavé des réduits utilisés sans doute pour conserver les vêtements ou les provisions de la famille. Ces demeures étaient nombreuses, carM. Powell a compté soixante groupes différents et, dans chaque groupe, une vingtaine de maisons. Il prétend les ranger parmi les plus anciennes habitations de l’homme en Amérique; mais c’est là une appréciation fort exagérée, car elles témoignent d’une civilisation assurément inconnue des premiers Américains dont nous retrouvons les traces sur les bords du Delaware ou du
- 1 Les adobes sont des briques simplement cuites au solfeil.
- Mississipi. Ainsi, au milieu de nombreux tessons de poterie, on a recueilli plusieurs fragments d’étoffe tissée avec la laine ou le poil des animaux et dans une niche une petite figurine (un homme probablement) vêtue d’une étoffe assez semblable à celle qui enveloppe les momies égyptiennes. Cette figurine tomba en poussière dès le premier contact de l’air, et ne put être examinée.
- De son côté, la Smithsonian Institution, bien connue par les travaux de ses membres, organisa une exploration de la vallée Verdi (Arizona). Là aussi, on reconnut des montagnes s’élevant jusqu’à 6500 pieds au-dessus de la mer, couvertes de Cliff Houses d’un accès non moins difficile .que celles du nouveau Mexique et présentant avec elles une complète analogie. Un sentier étroit, escarpé, très dangereux, descendait du haut de la montagne jusqu’à la vallée. Il était coupé par une maison, très probablement de construction plus récente, en pierres équarries avec soin et cimentées entre elles. N’oublions pas une particularité intéressante. Aucune de ces maisons ne possédait soit une cheminée, soit un foyer spécial. Le feu était allumé sur le sol et la fumée s’échappait comme elle pouvait. L’absence presque complète d’ossements humains paraît assez singulière; elle peut cependant s’expliquer par la difficulté qu’offrent des fouilles sérieuses, au milieu d’indiens hostiles que les explorateurs doivent être toujours prêts à combattre. Mais cette absence nous laissait dans une entière ignorance des caractères physiques des Cliff Dwellers. Les découvertes récentes du lieutenant Schwatka permettent de combler, tout au moins en partie, cette lacune. En parcourant l’année dernière les parties encore inexplorées du Nouveau-Mexique, Schwatka s’est trouvé, à plusieurs reprises et notamment à la Barranca del Cobre, en présence de sauvages assez nombreux vivant dans les conditions que nous venons de dire1. Us étaient d’une extrême timidité; dès qu’ils apercevaient les Américains, ils se hâtaient de prendre la fuite et on les voyait regagner leurs retraites en gravissant, avec une agilité de singes, des rochers presque à pic, d’abord au moyen d’échelles volantes longues de 15 à 20 pieds qu’ils avaient soin de retirer derrière eux, puis de bâtons plantés dans les anfractuosités qu’ils saisissaient successivement avec les mains et avec les pieds. Les explorateurs purent cependant, après beaucoup de tentatives inutiles, aborder quelques-uns d’entre eux. Us étaient grands, extrêmement maigres ; leurs membres étaient bien proportionnés ; leur peau, d’un rouge foncé tirant sur le noir, tenait plus de la couleur de la peau des nègres que de celle des Indiens. Us adorent le Soleil et, comme hommage à leur dieu, ils exposent à ses ardeurs les nouveau-nés pendant la première journée de leur existence.
- Ces hommes sont-ils les seuls représentants des
- 1 Nous venons d’apprendre qu’à la suite d’un accident, les jours du lieutenant Schwatka sont dans le plus grand danger ; e’esl un vif regret pour tous les amis de la seienee.
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- Cliff Dwellers? Il est permis d’en douter. On a prétendu que les Cliff Dwellers avaient abandonné leurs demeures dans l’impossibilité où ils étaient de résister aux attaques des Apaches et des Navajos, les plus redoutables des Indiens de l’Amérique du Nord. Mais cette explication paraît bien insuffisante, car on ne trouve, autour de leurs habitations, aucune trace des luttes violentes qui auraient marqué leur émigration. Il est plus probable qu’ils s’établirent dans des plaines fertiles par suite de la difficulté qu’ils éprouvaient sur leurs hauteurs 'a se procurer l’eau nécessaire à leurs besoins *, et que les habitants des pueblos qui opposèrent une si vaillante et si énergique résistance à l’invasion espagnole*
- doivent aussi compter parmi leurs descendants.
- Les pueblos sont des groupes de constructions en pierre, souvent à plusieurs étages, offrant de grandes ressemblances avec les Cliff Houses. Les fenêtres sont d’une extrême petitesse; il n’existe point de portes et on y pénètre par une trappe pratiquée dans la terrasse carrée qui sert de toit, au moyen de longues échelles. Les conquistadores eurent connaissance de plus de soixante de ces pueblos,. et il est certain que d’autres en grand nombre échappèrent à leurs recherches. Plusieurs furent détruits à cette époque et il n’en reste aujourd’hui que trente et un, dont deux situés sur le territoire mexicain. Leur organisation est très particulière ; chaque pue-
- Fig. 1. — La danse sacrée des Zuni. Nouveau-Mexique.
- blo est indépendant des autres, se gouverne comme il l’entend et chez chacun d’eux on ne fabrique que certains objets dont les habitants ont le monopole et que ceux des autres pueblos viennent se procurer chez eux. C’est ainsi que les Jemez cultivent la terre, les
- 1 Les pluies se répartissent d’une manière très inégale sur le territoire des Etats-Unis. Il tombe, en moyenne, 1 mètre d’eau par an sur les côtes de l’Atlantique, depuis le Maine jusqu’à la Floride. Sur le versant du Pacifique, au nord de San-Francisco, les vents d’ouest amènent des pluies très abondantes qui s’élèvent jusqu’à 2,n,24. Les pluies diminuent graduellement à mesure que l’on pénètre dans l’intérieur des terres. Dans certaines parties du Texas, du Kansas, delà Nébraska, la moyenne d’eau tombée durant l’année, s’abaisse à 0“,50; dans le Colorado, elle n’est même que de O^SO.
- 2 Le Nouveau-Mexique ne fut définitivement conquis qu’en 4597 et 4598, par Don Juan de Ouate. Les premières expéditions de Cabeea de Yaea remontent à 4540.
- Cochiti fabriquent et cuisent la poterie, d’autres lissent des étoffes de laine ou de coton et les Moquis composent des chants de guerre et d’amour qu’ils vendent à leurs voisins à des prix qui varient comme pour toute autre marchandise, selon l’offre et la demande. Tous sont honnêtes, industrieux, travailleurs et présentent le contraste le plus complet avec les Indiens nomades qui les entourent.
- Dans certains de ces pueblos, dans ceux notamment habités par les Zuni, il existe une danse sacrée, la cachina 1 2 (fig. 1), à laquelle un étranger obtient difficilement la permission d’assister. La cachina n’est dansée que dans de rares occasions, par exemple, dans une sécheresse prolongée, ce
- 1 L’étymologie de ce mot que l’on dit très ancien est inconnue. 1
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- fléau qui avait été, dit la tradition, si cruel pour les Cfiff Dwellers, et alors même, il faut un ordre du cacique, leur chef spirituel. Les femmes n’y peuvent prendre part; elles sont représentées par de très jeunes gens. Les costumes particuliers ne servent que pour cette seule occasion ; ils sont plus élégants que
- ceux des fêtes ordinaires. Le chef revêt une tunique bleue, des guêtres bleues, et il pose sur sa tête une touffe de plumes d’aigle teintes en jaune. Les hommes sont vêtus d’un simple pagne retenu autour de leur corps par une ceinture rouge et verte, à laquelle pend une longue queue de renard. Ceux qui repré-
- Fig. 2. — Ruines des anciennes constructions dites pueblos. Canon de Chelle, Nouveau-Mexique.
- sentent les femmes sont masqués et portent une longue perruque noire, une robe bleue et un grand manteau blanc surchargé d’ornements. La danse, noble et grave, est accompagnée d’un chant rythmique fort monotone. La musique consiste en tambours très primitifs formés d’une olla recouverte d’une peau de bouc et de gourdes remplies de petits cailloux que les danseurs agitent en cadence.
- Le chef s’arrête de temps a autre pour jeter alternativement des poignées de farine aux quatre points cardinaux. Nul ne doute parmi les assistants que cette cérémonie dont l’origine est très ancienne, ne rende propices les divinités qui président à la pluie.
- Chrétiens de nom, presque tous les habitants adorent en secret le Soleil et la Lune et pratiquent de nombreuses superstitions, parmi lesquelles celle
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- que nous venons de citer. Ils sont également convaincus que Montezuma reparaîtra et leur rendra leur supériorité passée. « Nos pères croient cela, disait un jeune homme à un des membres de l’expédition américaine ; mais nous ne le pensons plus. » C’est là, la marche ordinaire des croyances humaines !
- Tels sont les maigres renseignements que nous possédons sur les Cliff Dvvellers*. Une nouvelle expédition est actuellement en route pour les compléter sous les ordres de M. Liimholtz, un voyageur norvégien bien connu des anthropologistes. Nous ne pouvons mieux finir qu’en lui envoyant de loin nos vœux les plus vifs pour son succès.
- Mis de Nadaiijlac.
- ROLE DU SOUFRE DANS LES VÉGÉTAUX
- EXPÉRIENCES DE MM. BERTHELOT ET ANDRÉ
- M. Berthelot a récemment présenté à l’Académie des sciences, dans la séance du 19 janvier, le résultat de ses recherches entreprises avec M. André, sur le rôle du soufre dans les végétaux.
- Le soufre est un élément essentiel des végétaux. Non seulement il concourt à la formation de certaines essences caractéristiques, telles que les essences d’ail et de moutarde, mais il joue un rôle général dans la constitution des principes albuminoïdes et dans celle de divers composés très répandus dans tous les végétaux, comme l’atteste la présence universelle du soufre à dose notable parmi leurs éléments. Il fait également partie du terreau et de la terre végétale, substances dérivées de la décomposition des végétaux eux-mèmes. Malgré cette diffusion du soufre dans le règne organique, sa statique chimique est encore très obscure, et l’on ne sait pas bien comment il se répartit à partir du sulfate de chaux, sa principale origine dans le règne minéral, et des composés organiques sulfurés contenus dans la terre végétale, entre les principes résultant de ses transformations au sein des plantes vivantes. C’est cette étude que MM. Berthelot et André ont entreprise. On peut dire, d’après les dosages de MM. Berthelot et André, qu’on est conduit aux résultats suivants :
- « 1° La plante s’enrichit sans cesse en soufre jusqu’à la floraison, la proportion relative de cet élément étant d’ailleurs plus forte d’un tiers environ pendant la première période de la végétation.
- « 2° Le soufre à l’état de composés organiques atteint un maximum pendant la floraison, puis il décroît; les choses se passent comme si les sulfates empruntés au sol étaient réduits au début, puis régénérés après la floraison, par suite d’une oxydation interne. Toutefois, ceci suppose que le soufre est emprunté entièrement au sol sous forme de sulfates, tandis qu’une partie pourrait bien être empruntée directement aux composés organiques sulfurés que le sol contient en abondance.
- « 3° Ce qui vient à l’appui de cette dernière opinion, c’est que le soufre organique se trouve en grande quantité dans les racines, sauf au début de la floraison. Vers la fin
- 1 Nous croyons devoir renvoyer le lecteur à une précédente Notice publiée sur les Cliff Dwellers (n° 491, du 28 octobre 1882, p. 339).
- de la floraison, il abonde à la fois dans les racines et dans les tiges.
- « 4® Le soufre, dans les composés volatils, est toujours très faible et ne se manifeste que jusqu’à la floraison complète. Toutefois cette dose faible, constatée au moment de l’analyse, pourrait fort bien répondre à une élimination notable avec le cours du temps. »
- DENSIMÈTRE ET PÈSE-ACIDES
- A PROPOS DU PÈSE-ACIDES BAUMÉ
- Les notes publiées par M. L. L’Hôte et M. Collardeau-Vacher dans les précédents numéros de La Nature1 nous fournissent l’occasion de présenter au lecteur un argument, très puissant selon nous, en faveur de la suppression du pèse-acides empirique de Baumé, et son remplacement par le densimètre.
- En effet la division décimale du système métrique est la cause, et la cause unique de l’adoption de nos unités par tous les peuples civilisés que les traditions et un amour-propre exagéré ne retiennent pas indéfiniment dans les sentiers de la routine. Cela incontestablement admis, n’est-il pas regrettable de voir, à propos de densités, conserver une graduation n’ayant aucune raison d’être, dans laquelle le zéro correspond à la densité de l’eau pure à 15 degrés centigrades, et le point 66 (pourquoi 66?) à l’acide sulfurique le plus concentré que Gay-Lussac ait pu obtenir !
- Puisque, pour connaître la densité d’une solution une fois son degré Baumé connu, il faut avoir recours à une table, rendue légale en France, mais bien moins fixée dans d’autres pays, pourquoi ne pas employer simplement le densimètre dont les indications ne prêtent à aucune ambiguïté, ne peuvent donner lieu à aucune contestation, et rendent les calculs de masses et de volumes si faciles ?
- La graduation Réaumur du thermomètre a fait place à la graduation centigrade; le traditionnel cheval-vapeur est lui-même sapé à la base, puisque le Congrès de mécanique appliquée tenu à Pans en 1889, a admis que l’on pouvait exprimer à volonté la puissance des machines, en prenant pour unité, soit le cheval de 75 kilogrammètres par seconde, soit le poncelel de 100 kilogrammètres par seconde.
- Aucun progrès scientifique ne serait possible si l’on devait, comme le fait M. Collardeau-Vacher, considérer l’usage presque séculaire d’un système illogique et empirique comme un argument sérieux en faveur de sa conservation, et c’est pour cela que nous souhaitons au cheval-vapeur et au pèse-acides Baumé, le même sort qu’à la graduation Réaumur de l’échelle thermométrique. La France qui est le berceau du système métrique et décimal, ne peut pas se contredire en faisant exception pour le pèse-acides Baumé. E. H.
- LE MOTEUR THERMIQUE DE L'AVENIR?
- Jusqu’à ces dernières années, la question qui fait le titre de cet article n’avait aucune raison d’être posée, car il était admis par tous, que la transformation de l’énergie thermique, ou chaleur produite par la combustion du charbon, en énergie mécanique
- 1 Voy. n° 923, du 7 février 1891, p. 150.
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- ou en travail, ne pouvait se faire plus économiquement qu’en ayant recours à la vapeur. Dans le langage courant, et même pour les industriels, machine à vapeur était l’équivalent de moteur thermique, et il ne serait venu à l’idée de personne d’employer autre chose que la vapeur d’eau pour effectuer la transformation.
- Les progrès réalisés depuis une vingtaine d’années dans l’étude théorique et la construction des moteurs à gaz, — sans parler des moteurs à air chaud, — ont montré que l’emploi de la vapeur d’eau n’était pas absolument indispensable à la production du travail, et il a été démontré, qu’au point de vue du rendement, le moteur a gaz conservait l’avantage, bien que le prix relativement élevé du gaz d’éclairage employé à la production de la force motrice rendît généralement l’emploi de ce combustible de luxe plus coûteux que la machine à vapeur, surtout pour les grandes puissances.
- La vérité économique d’il y a vingt ans, alors que les moteurs à gaz dépensaient 1500 litres par che-val-heuie, et dépassaient difficilement une puissance utile de 8 à 10 chevaux, est devenue de moins en moins certaine, lorsque la consommation s’est abaissée successivement à 1200,1000, 800 et même jusqu’à 600 litres de gaz par cheval-heure, la puissance des moteurs s’élevant graduellement à 25,50 et jusqu’à 100 chevaux-vapeur, avec un moteur à un seul cylindre, d’un diamètre atteignant 57 centimètres.
- Mais ces résultats ne suffisaient pas, et l’on a voulu faire mieux encore en s’affranchissant du prix élevé du gaz d’éclairage : on a cherché à tourner la difficulté en fabriquant du gaz spécial pour force motrice, comme on fabrique de la vapeur pour le même objet, soit en distillant de la houille, soit en carburant de l’air, soit en produisant du gaz à l’eau, parle procédé Dowson, ou d’autres procédés équivalents.
- Les études faites dans celle voie ont été enfin couronnées de succès, et les résultats obtenus dans des expériences récentes dues à M. Aimé Witz, une autorité incontestable et incontestée en la matière, permettent d’affirmer que d’ores et déjà, dans bien des circonstances, un gazogène alimentant un moteur à gaz pourra détrôner avantageusement une chaudière à vapeur alimentant un moteur à vapeur de même puissance.
- Ces conclusions, qui ne tendent à rien moins qu’à limiter le règne de la machine à vapeur, sont confirmées, d’une part, par une expérience poursuivie depuis deux ans dans la minoterie Barataud de Marseille, où un moteur Simplex de 50 chevaux marche plusieurs mois, jour et nuit, sans aucun arrêt, en ne consommant environ que 500 grammes d’anthracite anglais par cheval-heure effectif, et, d’autre part, par des expériences personnelles de M. Witz, expériences sur lesquelles nous allons revenir dans un instant, et d’où il résulte une consommation sensiblement équivalente pour un moteur de 100
- chevaux indiqués, correspondant à une puissance de 75 chevaux effectifs.
- Avant d’établir, avec M. Witz, la comparaison entre les deux systèmes en présence, vapeur ou gaz, disons rapidement de quoi se compose le dernier, le moteur à vapeur et la chaudière qui l’alimente étant suffisamment connus pour se passer de toute description.
- Le gazogène Dowson ne diffère pas essentiellement des nombreux gazogènes imaginés pendant ces dernières années pour la fabrication des combustibles gazeux dont l’utilisation est souvent si commode.
- Le moteur à gaz qu’il alimente est le plus puissant moteur monocylindrique qui ait été construit jusqu’ici. Sa puissance indiquée est de 100 chevaux et sa vitesse angulaire normale de 100 tours par minute. Aux essais, il a donné 112 chevaux indiqués, et 76,8 chevaux effectifs, ce qui correspond à un rendement organique de 69 pour 100. Ce moteur, étudié par MM. Delamare-Bouteville et Malandin, de Rouen, fonctionne à compression et à quatre temps, d’après le cycle Beau de Rochas. Nous en donnons l’aspect un peu plus loin (fig. 5) Dans le premier temps, le mélange de gaz et d’air est aspiré; il est comprimé pendant le deuxième, enflammé dans le troisième, les produits de la combustion étant expulsés pendant le quatrième temps.
- L’allumage est obtenu électriquement par une série d’étincelles jaillissant entre deux pointes de platine, dans l’épaisseur même du tiroir, ce qui permet de régler l’instant d’inflammation par les arêtes mêmes des orifices. La vitesse angulaire est réglée par un régulateur-pendule qui assure l’isochronisme du mouvement, indépendamment de la charge.
- La mise en marche d’un moteur aussi puissant est obtenue très facilement à l’aide d’un dispositif qui permet d’introduire dans le cylindre, alors que le piston est au milieu de sa course, ' un mélange d’air et de gaz dont la pression est suffisante à l’arrivée pourchasser les produits inertes. Après quoi l’inflammation a lieu, et l’explosion est suffisante pour déterminer la mise en marche du moteur.
- Les essais faits par M. Aimé Witz sur le moteur représenté figure o, ont donné les résultats suivants, déduits d’une expérience de 68 heures. Les chiffres se rapportent à 1 cheval-heure effectif, mesuré au frein, sur l’arbre même du moteur :
- Consommation d’anthracite................516s,000
- Consommation de coke................... 96®,000
- Consommation d’eau pour l’injection de vapeur........................ .......... 0l,487
- Consommation d’eau au scrubber......... 101,2
- pour refroidir le cylindre ....................... ... 50‘,0
- Consommation totale d’eau.............. 601,587
- Consommation d’huile pour lubrifier le cylindre ................................ 3®, 74
- Consommation de graisse................ 0®,45
- Consommation de gaz réduit© à 0° C. et à 760 mm................................. 2370',00
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- Ce dernier chiffre paraîtra très élevé, mais il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit de gaz pauvres dont le prix de revient oscille entre 1 et 2 centimes par mètre cube, et dont le pouvoir calorifique n’est que de 1487 calories par mètre cube k volume constant, et en supposant la vapeur condensée.
- Cette consommation de 612 grammes de combustible par cheval-heure effectif est remarquable, et elle témoigne hautement de ce que l’on pourra attendre du moteur à gaz alimenté par un gazogène, en profitant de certains perfectionnements dès k présent possibles, tels, par exemple, que l’allégement des organes mobiles du moteur, l’amélioration de son rendement organique actuellement assez faible, l’emploi de meilleures huiles, la réduction de la consommation d’eau, le surchauffage de la vapeur injectée dans le gazogène,'etc.
- Une machine k vapeur bien construite, soigneusement entretenue et aussi perfectionnée qu’il est actuellem ent possible de le faire, consommerait certainement le double de charbon/pour produire la même quantité de travail effectif, soit au moins 1200 grammes par cheval-heure. Mais, comme on l’a objecté avec raison, il ne suffit pas de rapprocher les chiffres de consommation de combustible pour établir une comparaison sérieuse entre le moteur k vapeur et le moteur a gaz pauvres.
- Le gazogène exige l’emploi de l’anthracite anglais, tandis qu’une chaudière k vapeur fait feu de tout charbon ; les prix de l’unité de poids sont donc très différents. De plus, le moteur k gaz nécessite une quantité d’eau énorme pour le lavage du gaz et le refroidissement du cylindre, par circulation dans l’enveloppe ; il importe de tenir compte de cet élément. D’autre part, la lubréfaction des cylindres demande des flots d’huile, et cette huile doit avoir son point d’éclair a une très haute température,
- sinon elle brûlerait k chaque explosion et remplirait le cylindre de cambouis : cette huile coûte très cher.
- La dépense d’huile des gros moteurs ne compenserait-elle pas largement l’économie du charbon? Et puis, les moteurs k gaz se vendent k des prix élevés, les gazogènes aussi, et cette installation comporte nécessairement l’adjonction d’un grand gazomètre, de scrubbers, etc. ; l’usure de ces appareils sera rapide, et, si l’on fait entrer en ligne de compte l’intérêt et l’amortissement des capitaux
- engagés, on trouvera que l’emploi de la vapeur est encore plus économique. L’encombrement pro-duit'par de volumineux appareils est un dernier inconvénient, sur lequel il est inutile d’insister. En un mot, la question est fort complexe : on n’en envisage qu’un seul côté en ne s’occupant que du charbon consommé, et l’on exposerait certainement k de douloureux mécomptes ceux qui se laisseraient entraîner par la séduction des chiffres de consommation.
- Pour répondre à ces objections, M. Aimé Witz a établi un parallèle complet entre les deux systèmes en envisageant la question au point de vue théorique et pratique, scientifique et financier. Considéré comme appareil de transformation, un moteur k vapeur brûlant du bon charbon de Cardiff dans une chaudière Galloway k réchauffeurs, dépensera, avec un bon moteur k vapeur à condensation utilisant une détente au sixième, de 1140k 1250 grammes de charbon par cheval-heure effectif, ce qui correspond k un coefficient brut d’utilisation de 9,7 pour 100.
- Un gazogène alimentant un moteur k gaz brûlant de l’anthracite de Swansea et du coke de Noeux, qualités moyennes, consommera 516 grammes d’anthracite et 90 grammes de coke pour produire 2370 litres de gaz donnant 4487 calories par mètre cube. Sur les 3524 calories fournies au
- Elévation
- j A Cylindre* j 8 Conden-reur. iC Chaudière. j R K6cJuii(//iuj\
- "m ! O (Tu'/mnc'e .
- i Echelle 2ko
- Fig. 1.— Machine Corliss et chaudière .à vapeur de 100 chevaux indiqués. Élévation et plan. A. Cylindre. — B. Condenseur. — C. Chaudière. — R. Réchauffeur. — D. Cheminée.
- Fig. 2. — Moteur simplex et gazogène Dowson de 100 chevaux indiqués. Elévation et plan. A. Cylindre. — B. Conduite de gaz. — C. Poches de caoutchouc. — D. Gazomètre. — E. Epurateur à sciure de bois. — F. Scrubber. — G. Barillet. — H. Tuyau de refroidissement. — I. Injecteur de vapeur. — K. Chaudière à vapeur et surchauffeur. — L. Gazogène. — M. Chargeur. — N. Décharge du moteur.
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- moteur par les 2370 litres de gaz, le moteur en transformera 18 pour 100 en travail mécanique disponible.
- Avec la chaudière, le rendement brut de l’ensemble est de 7 pour 100; avec le gazogène, il atteint 12,7 pour 100. Au point de vue théorique, l’avantage est donc bien acquis au gazogène et au moteur à gaz. Pour comparer les prix de revient des unités de travail, au point de vue industriel, il faut établir les devis d’installation et les prix d’entretien, d’intérêt et d'amortissement.
- Les gravures ci-contre (fig. 1 et 2) représentent, à la même échelle, les installations nécessaires dans chacun des deux systèmes. Les légendes indiquent les noms des différents appareils dans chaque installation. Le tableau suivant montre qu’au point de vue de
- la surface occupée, l’avantage est encore pour le gazogène et le moteur a gaz. Machine Moteur
- a i vapeur. a gaz.
- Surface couverte en mètres carrés. 85 72
- — découverte — 33 43
- — totale — 118 115
- Les devis d’installation établis par M. Witz font
- ressortir la dépense relative au capital engagé exactement au même chiff re de 32 000 francs pour une force motrice de 75 chevaux effectifs. Les frais d’entretien, d’intérêt et d’amortissement résumes dans le tableau ci-dessous, font ressortir le prix de la journée de 10 heures à 47fr,92 pour le moteur a vapeur, et à 39fr,61 pour le moteur à gaz, soit une économie de 8fr,31 par jour, ou de 2500 francs environ pour une année de 300 jours de travail.
- Fig. 3. — Moteur à gaz île 100 chevaux indiqués.
- Machine à vapeur. — Entretien, intérêt et amortissement, sur un capital de 32 300 francs (15 pour 100).
- A l’année : 4845 francs; au jour (1/500°) . . . 16fr,15 Charbon de Cardiff : 1180 grammes par cheval-heure ; 1180x10x75=883 kilogrammes en
- 10 heures ; à 27fr,50 la tonne, soit..........24fr,54
- lluile : lk*,500 par jour; à 0tr,G5 le kg, soit. . . 0fr,98 Graisse : 0ke,500 par jour; à lfr,51ekg, soit.. . 0fr,45
- Chauffeur-mécanicien............................. 6fr,00
- Total............47fr,92
- Moteur à gaz. — Entretien, intérêt et amortissement,
- sur un capital de 32 300 francs (15pour 100).
- A l'année : 4845 francs; au jour (1/300') . . . 16fr,15 Anthracite : 516 grammes par cheval-heure;
- 0fr,516x10x75=387 kilogrammes en 10
- heures ; à 31fr,07 la tonne, soit.........12fl',27
- Coke : 96 grammes par cheval-heure ; 0kf,,096x 10x75 = 72 kilogrammes en 10 heures ; à
- 35 francs la tonne, soit.................. 2,r,52
- Huile : 3kg,74par cheval-heure; 0kg,0038xl0x
- 75=2ke,805en 10heures;à 0fr,651ekg, soit. l,r,82
- Graisse : 0kB,537 par jour; à lfr,05 le kg, soit. 0,r,50 Allumage électrique : usure des liquides et zincs
- de pile par jour............................. 0fr,35
- Chauffeur-mécanicien............................ G",00
- Total. .... 59'*,ot
- Le moteur à gaz réalise donc une économie considérable, tout en occupant moins de place, en consommant moins d’eau et en marchant aussi bien.
- Nous admettons bien volontiers avec M. Witz tous les avantages qu’il établit si clairement avec sa haute compétence en ces matières, mais il reste encore deux points sur lesquels nous voudrions être édifié. La mise en marche, le fonctionnement et l’entretien d’un gazogène ne sont-ils pas actuellement plus compliqués et plus délicats que les mêmes éléments de fonctionnement d’une machine à vapeur? Les gaz pauvres fabriqués au gazogène ne présentent-t-ils pas des dangers au point de vue hygiénique, dangers
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- assez grands pour proscrire l’emploi de ces appareils dans bien des circonstances ?
- Tels sont les points sur lesquels nous aimerions à être éclairé avant de partager sans réserve l’enthousiasme de M. Witz, enthousiasme d’ailleurs justifié, économiquement parlant, par les magnifiques résultats des expériences faites par le savant ingénieur.
- E. Hospitalier.
- —x>«—
- NÉCROLOGIE
- Jacques Armengand. — Nous avons la douleur d’enregistrer la mort d’un ingénieur distingué, dont le nom est devenu célèbre, Jacques Armengaud aîné, ancien professeur au Conservatoire des arts et métiers, fondateur du premier cabinet d’ingénieur-conseil, pour la garantie de la propriété industrielle. Né en 1810, il termina ses études à l’École des arts et métiers de Châlons, la seule école qui formât, à cette époque, des ingénieurs. 11 s’adonna au professorat, il publia en même temps plusieurs ouvrages de technologie, parmi lesquels on compte : la Publication industrielle, Encyclopédie de mécanique appliquée, des Traités de moteurs hydrauliques et à vapeur, etc. Ayant abandonné la vie active, il se consacra à l’étude de questions d’économie sociale et agricole. Il laisse sur ce sujet des travaux estimés, parmi lesquels il faut citer ceux sur la production et le commerce des céréales, la panification, les méthodes de culture intensive, etc.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 février 1891. — Présidence de M. Düchartbe.
- La photographie des couleurs. — C’est avec le plus vif intérêt qu’on se presse autour de M. Edm. Becquerel pour voir les épreuves photographiques en couleur qu’il a obtenues dès 1848 et que la récente communication de M. Lippmann a remises à l’ordre du jour. On sait comment opère le savant physicien : une lame de plaqué d’argent est suspendue dans une dissolution formée de 125 centimètres cubes d’acide chlorhydrique ordinaire dans un litre d’eau distillée ; on fait communiquer la plaque avec le pôle positif d’une pile de deux couples de Bunsen faiblement chargés et le liquide avec le pôle négatif au moyen d’une lame de platine parallèle à la plaque. Le chlore se porte sur la plaque et forme une couche de sous-chlorure dont la nuance varie avec l’épaisseur. On arrête l’opération quand la couleur, qu’on observe à l’aide d’une faible lumière, paraît pour la seconde fois d’un violet rose. La plaque ainsi préparée est recuite dans l’obscurité, à une température de 80 à 100 degrés, pendant quelques minutes et prend une couleur de bois. Si, après son refroidissement, on l’expose à l’action d’un spectre vif obtenu avec le secours d’une lentille, on voit les couleurs apparaître avec beaucoup de netteté. M. Edm. Becquerel ayant appliqué une estampe enluminée sur la couche sensible et ayant exposé le tout au soleil, le dessin s’imprima avec ses couleurs. L’exhibition faite aujourd’hui montre que les produits jouissent d’une certaine solidité : voici plus de quarante ans qu’ils existent et plusieurs d’entre eux ont subi, pendant trois mois, la lumière du jour.
- Le Cycadospadix Virei. — M. Armand Viré qui a déjà publié, dans La Nature, des observations intéressantes, a
- bien voulu donner à la collection géologique du Muséum, en me priant de le déterminer, un échantillon provenant du corallien supérieur de Verdun. C’est un fragment de calcaire à grains grossiers à la surface duquel se montre, avec une grande netteté, une empreinte très singulière. L’objet dont il s’agit, de 123 millimètres de longueur et de 51 millimètres de largeur maxima, se présente avec une apparence analogue à celle d’un poisson pleuronecte plus ou moins semblable aux soles ou aux limandes et présentant, sur tout son pourtour, des franges divei'gentes simulant une nageoire continue. Mais il suffit d’un coup d’œil pour reconnaître qu’il n’est pas question d’un poisson ni même d’un animal quelconque, et le vestige provient d’une plante qui, pour être nouvelle, n’est pas cependant pour cela privée de toute analogie avec des végétaux fossiles déjà décrits. C’est évidemment un organe foliacé dont la consistance devait être coriace et dont la forme générale est ovale-lancéolée. Vers sa base, qui manque d’ailleurs, on remarque quelques stries transversales résultant peut-être d’un craquellement ou d’une déchirure de tissus. Cette sorte de feuille se divise en trois parties dont une moyenne et deux marginales, ayant toute la longueur de l’organe : la portion médiane a 8 millimètres à sa base, 6 à son sommet et 19 vers le milieu de sa longueur. Les régions marginales consistent en lanières pressées les unes contre les autres un peu à la manière des barbes d’une plume, de part et d’autre du rachis. Beaucoup de ces lanières dépassent 20 millimètres de longueur ; leur largeur moyenne est de 2 millimètres et leur forme est bien caractéristique. La région moyenne en effet est déprimée et leur pourtour offre un petit bourrelet continu et nettement saillant. Celles qui sont terminées montrent le même bourrelet à leur extrémité qui est régulièrement arrondie. La conclusion de mes études et des comparaisons que j’ai pu faire au Muséum et d’après les planches de Schimper (Paléontologie végélale),àe M. le marquis de Saporta (Paléontologie française) et de M. B. Renault (Botanique fossile), me conduisent à considérer le fossile de Verdun comme appartenant au genre proposé par le premier de ces savants sous le nom de Cycadospadix. Une lettre que M. de Saporta a eu l’extrême bonté de m’écrire en réponse à l’envoi d’un dessin que j’avais exécuté d’après nature, m’engage à considérer de plus en plus cette opinion comme exacte. Bien que provenant des couches mêmes qui fournissent Cycadospadix Moreaua-nus, Schimp., notre échantillon ne peut être confondu avec lui et on ne saurait non plus le comparer au C. Hen-noquei, Schimp., de l’infralias d’Hettange. Je propose de cataloguer la nouvelle espèce sous le nom de Cycadospadix Virei.
- Géologie pyrénéenne. — D’après M. Jean Seunes, le terrain dévonien supérieur est représenté dans les Pyrénées où jusqu’ici il était resté inaperçu. Il est caractérisé par un fossile, Tornoceras amblylobus qui ne peut laisser aucun doute. Cette découverte permet de rectifier l’âge des calcaires sous-jacents qu’on avait rapporté au carbonifère et qui passent au dévonien moyen. Il résulte de là que dans la région de la vallée d’Ossun, le dévonien est complet.
- L’olfadomètre. — M. Charles Henry a présenté à l’Académie un instrument nouveau qu’il appelle olfactomètre, destiné à déterminer par centimètre cube d’air le poids de vapeur odorante correspondant au minimum perceptible. Cet appareil est fondé sur un cas de diffusion qui n’avait pas été considéré jusqu’ici : la diffusion à travers une
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- membrane flexible comme le papier. Cette diffusion présente ce caractère remarquable que la membrane diminue dans un rapport constant, le même pour tous les corps, l’évaporation des liquides. L’olfactomètre* construit par G. Berlemont, consiste essentiellement en un tube de verre gradué, glissant à l’intérieur d’un tube de papier qu’il découvre plus ou moins, laissant ainsi parvenir aux fosses nasales des quantités de vapeur qu’il est facile de calculer grâce à la théorie, si l’on connaît le temps et la hauteur de soulèvement, la surface et le volume du tube, enfin le poids de substance évaporée à l’air libre dans l’unité de temps par unité de surface. Pour pouvoir déterminer rapidement (ce qui est indispensable, vu l’altération facile des odeurs à l’air) cette dernière donnée, M. Charles Henry a dû recourir à un aréomètre très sensible, appelé pèse-vapeur, qu’on gradue empiriquement et qui pèse au 1/50 de milligramme près, si l’on maintient la température bien constante. C’est par ces méthodes que l’auteur a trouvé des minima perceptibles très différents suivant les sujets et suivant l’odeur, variant, par exemple, de 1 millième de milligramme pour un sujet avec le winter green à 2 milligrammes avec l’éther pour un autre sujet. En général, ces nombres croissent avec le caractère agréable de l’odeur pour chaque sujet ; à ce point de vue, l’olfacto-mètre est un explorateur remarquable des caractéristiques individuelles. Son importance pratique pour le parfumeur est évidente.
- Déterminations magnétiques. — Deux très importants Mémoires de M. Th. Moureaux sont consacrés à l’exposé des résultats fournis par les observations magnétiques que l’auteur a poursuivies dans un très grand nombre de localités de la France, en 1888 et en 1889. Ce n’est d’ailleurs que le commencement de l’établissement d’un réseau qui doit couvrir tout le territoire de la République et dont l’exécution demandera sept ou huit années. Déjà parmi les résultats, se signale la découverte de cette singulière anomalie magnétique, relative au plateau de Beauce et dont nous avons entretenu nos lecteurs : on peut croire que la géologie autant que la physique du globe aura à bénéficier des beaux travaux de M. Moureaux.
- Varia. — Une nouvelle étude du bassin houiller du Boulonnais est adressée par M. Gosselet. — M. Poincaré présente des objections à la théorie proposée par M. Cornu pour expliquer la récente expérience de M. Wienner sur les interférences. — Des faits concernant la métamorphose de certains insectes parasites des guêpes sont exposés par M. Blanchard. — D’après les mesures de conductibilité prises par M. Daniel Berthelot, l’acide citrique se comporte comme un acide bibasique. — La théorie du pendule est perfectionnée parM. Defforges.
- Stanislas Meunier.
- LES TREMBLEMENTS DE TERRE
- DE JANVIER 1891
- CATASTROPHE DE GOURAYA EN ALGÉRIE
- Une série de secousses de tremblement de terre ont été ressenties du 2 au 20 janvier, dans un grand nombre de localités fort éloignées les unes des autres. Le 2 janvier un mouvement brusque du sol a été observé en Californie; l’observatoire Lick, établi au sommet du mont Hamilton, a eu quelques murs lézardés. Le 15 janvier, des villages ont été
- détruits en Algérie, par de violentes oscillations ; le 17 janvier, cinq secousses ont eu lieu à Jacula, au Mexique; le 19 janvier, on a ressenti deux secousses à Sin-le-Noble, près de Douai. Le 20 janvier à 4 heures du matin, de fortes secousses ont été ressenties en Suisse dans les cantons de Genève, du Valais, de Vaud et de Fribourg, à la suite d’une tempête accompagnée de nombreux éclairs. A Berne, on a observé un nouveau mouvement vers 4 heures de l’après-midi. Le même jour, plusieurs secousses ont été constatées en France, à Belfort, à Tenay (Ain), et à Bourg-en-Bresse; en Italie, à Aoste, Pollone, Oropa, Varso, Vantesinaro. Dans la nuit du 20 au 21 janvier, deux oscillations du sol se sont produites à Saint-Malo : la première vers deux heures, et la seconde une heure après ; elles n’ont pas occasionné de dégâts notables. Les portes battaient et l’on percevait le bruit et la trépidation qu’occasionnerait le roulement de véhicules lourdement chargés.
- Le tremblement de terre du 15 janvier 1891, qui a exercé son action en Algérie, a pris les proportions d’un sinistre, puisque deux villages, ceux de Gouraya et de Villebourg, ont été détruits en partie ; c’est sur ce phénomène que nous appellerons surtout l’attention de nos lecteurs. Les documents que nous allons publier nous ont été communiqués par M. Faure, de Gouraya :
- Gouraya est à 100 mètres de la mer et à 15 mètres d’altitude. Villebourg, à 300 mètres de la mer et à 60 mètres environ d’altitude. Ces deux villages situés 'a 10 kilomètres de distance l’un de l’autre, sontà 140 kilomètres d’Alger. — Pendant la quinzaine qui a précédé l’événement, nous écrit M. Faure, et à intervalles inégaux, nous avons entendu des détonations venant d’ouest, comme un énorme canon qui tonnait au loin; détonations sourdes,mais bien distinctes du bruit des vagues. J’en ai entendu une cinq ou six jours avant le tremblement, par un temps très clair et une mer calme. La première secousse a eu lieu à 4 heures environ du matin, et a renversé presque toute la partie nord de Gouraya. Les personnes qui ont pu sortir de suite, quoique la lune et les étoiles ne fussent pas apparentes, ont vu distinctement les maisons et les dégâts, encore dix secondes après la secousse, mais après, nuit absolue. Pendant la deuxième forte secousse qui a eu lieu à 5 heures, la mer s’est retirée à plus de 30 mètres du rivage formant une vague énorme et a repris sa place. Chose anormale, il me semble, le mouvement a eu lieu d’ouest à est, les cheminées projetées à l’est. Les murs d’est des constructions ont le plus souffert, ils sont séparés des plafonds et de la charpente partout où ils ne sont pas tombés.
- Sur trois demi-madriers supportant une toiture légère au-dessus d’un four de 3 mètres de portée, deux ont cassé au milieu sans cause apparente. A la ferme Curdot, détruite aussi, située à Oued Mellah entre Villebourg et Gouraya, à 20 mètres de la mer et 8 mètres au-dessus du niveau, un égouttoir chargé de vaisselle dans une cuisine, au rez-de-chaussée, a passé par la fenêtre ouverte, projeté à 6 mètres dehors. Dans cette même ferme, un transport plein de vin rouge qui était à terre sur bonde a été mis sur son fond.
- Un peu plus tard, M. Faure nous donne quelques
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- renseignements complémentaires sur des secousses qui se sont succédé à plusieurs jours d’intervalle et sur l’état atmosphérique qui a accompagné ces phé-
- nomènes; à la date du 27 janvier, notre correspondant nous écrit :
- Nous avons {pus les jours de nouvelles secousses depuis
- Fig. -J. — Tremblement de terre du 15 janvier 1891 en Algérie.
- Tentes abritant les sinistrés; vue d’ensemble du campement organisé aux environs du village de Gouraya.
- (D’après une photographie de M. Faure.)
- le 15, elles allaient en diminuant de force, mais depuis deux jours elles sont plus fortes. Ce matin il y en a eu deux qui ont fait écrouler des gourbis dans la montagne; encore une pendant que j’écris.
- Je compléterai ces renseignements par quelques don-néessurl’étatatmo-sphérique. 11 a fait très froid du 15 au 20, nous avons eu de la neige toute la journée du 18 et une partie du 19, chose extraordinaire ici. Il est tellement tombé d’eau que, quoiqu’il fasse beau depuis huit jours, l’emplacement des tentes est encore mouillé. A chaque secousse on a toujours entendu ces détonations qu’on avait observées avant la catastrophe, mais ce bruit n’est pas en raison de la secousse. Il y a même des détonations très fortes sans secousse, comme avant.
- 50 janvier. — Les occupations que j’ai pour nous mettre à l’abri autrement que dans une tente, m’ont empêché
- d’expédier cette lettre pendant quatre jours. Les secousses maintenant sont presque insensibles. On entend toujours
- les détonations, mais bien plus rares. Des nouvelles d’Alger m’apprennent qu’on a presque toujours entendu ces bruits mais sans secousses.
- 1" février. — Encore une petite secousse celte nuit et une forte ce matin à 8 heures et demie,qui adoré quatre secondes.
- M. Faure joint a son intéressante communication deux photographies que nous reproduisons ci-dessus. L’une (fig. 1) nous montre le campement organisé à la hâte pour abriter les habitants de Gouraya; l’autre (fig. 2) donne l’aspect d’une maison détruite.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9,
- Fig. 2. — Maison détruite à Gouraya (Algérie) par le tremblement de terre du 15 janvier 1891 (D'après une photographie de M. Faure.)
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- N* 925. — 21 FÉVRIER 1891.
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- NAYIRE SÉPARABLE EN DEUX TRONÇONS
- Nous allons signaler à nos lecteurs un très curieux bâtiment qui a été lancé en octobre 1890 sur les
- chantiers de Saginaw (lac Michigan), pour répondre à la fois aux nécessités de la navigation
- Fig. 1. — Lancement du navire américain séparable en deux parties, sur les chantiers de Buffalo.
- naux qui relient les grands lacs intérieurs des États- celles de la navigation de haute mer. Le but des ar-Unis a leur émissaire, le fleuve Saint-Laurent, et à mateurs, MM. Whecler et C°, de West Bay City
- Fig. 2. — Traversée elïectuée après démontage, sur le lac Ontario.
- (Michigan), est d’éviter les transbordements qu’on est obligé d’effectuer pour les marchandises qui transitent sur les péniches fréquentant les canaux en question. Ces canaux destinés à racheter la difl'c-
- 19* «nuée. — l*r temeslie.
- rence de niveau de 180 mètres qui existe entre la région des lacs et Montréal, ne comprennent pas moins de 45 écluses, qui ne se prêtent qu’à la navigation de bâtiments de longueur peu consi-
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- dérable. On s’est proposé, en conséquence, de construire une série de navires de fort tonnage, susceptibles d’être séparés en deux tronçons pour traverser les écluses, puis raccordés à leur arrivée à Montréal.
- Le Mackinnaw, qui vient d’effectuer avec succès ce voyage, est un navire entièrement en acier, cubant 5578 tonnes brutes, avec une longueur de 87 mètres, une largeur de 12,n,25 et un creux de 8m,80. Ses machines, à triple expansion et ses chaudières, en tôle ondulée, sont timbrées à 11 kilogrammes.
- Après avoir été lancé sans démontage sur les cales de Saginaw, il a été amené aux chantiers de Buffalo pour compléter son armement. On l’avait disposé sur une cale inclinée parfaitement graissée : lorsque l’armement a été terminé, on a coupé l’une des lignes de rivets tout le long du maître-couple, en suivant la ligne brisée formée par les joints des plaques de carène (fîg. 1). On a ensuite fermé chacun des tronçons par une cloison verticale étanche, et on a lancé directement dans le dock la partie arrière qui porte les machines. Le tronçon d’avant a été pareillement lancé après le précédent.
- Pour la traversée du lac Ontario (fig. 2) et du canal Welland, le tronçon d’arrière a marché sous l’action de ses machines; l’autre qu’on avait dù préalablement lester a été remorqué, comme l’indique la figure, et tous deux sont arrivés sans accident à Montréal après une traversée de onze jours. Là on a exécuté l’opération inverse de celle qui avait été faite à Buffalo : les deux tronçons ont été emboîtés à nouveau, les plaques correspondantes rivées les unes sur les autres, puis le navire a été lancé comme à l’ordinaire et a descendu le Saint-Laurent pour se rendre à New-York.
- Quoique le résultat de cet essai paraisse favorable, on peut craindre que les opérations de démontage et de remontage ne s’exécutent pas toujours avec toute la précision nécessaire, surtout si les navires ont à subir des avaries dans la traversée des écluses et du Saint-Laurent, ou lorsqu’ils auront éprouvé quelques coups de mer. En tout cas, il faut que les frais de transbordement et les pertes de temps éprouvés par les petits bâtiments de transport soient bien considérables pour être supérieurs à ceux que nécessitent les opérations qui viennent d’être décrites. La tentative de MM. ÂYheeler et O est néanmoins très intéressante et digne d’être connuel.
- <M*-i ... v - •
- À..., ingénieur.
- LA PRODUCTION INDUSTRIELLE DE
- L’ENERGIE ÉLECTRIQUE PAR LA PILE
- À la suite d’une communication faite par M. A. de Mé-ritens devant la Société internationale des électriciens dans sa séance du 4 février, un certain nombre de journaux politiques ont publié des articles d’où il semblerait résulter que le procédé actuel de production de l’énergie
- 1 D’après le Scientific American.
- électrique par moteurs à vapeur et dynamos touche à sa tin,qu’il serait à la veille d'être remplacé par la pile, et, chose remarquable, par la pile de Voila à peine modifiée.
- Ilàtons-nous de dire que la communication de M. de Méritens ne nous a pas paru comporter de semblables conséquences.
- En attendant des renseignements plus complets, voici, en quelques mots, l’économie générale du système de production de l’énergie électrique qui a tant fait de bruit.
- On constitue une pile de Yolta à l’aide d’une lame de zinc pur amalgamé et de deux plaques de charbon perforées, contre lesquelles sont appliquées deux lames de plomb platiné également percées de nombreux trous en regard des trous percés sur le eharbon. D’après M. de Méritens, un élément semblable plongé dans une solution d’eau acidulée sulfurique jouit de la propriété de produire un courant intense et constant ; il suffit d’entretenir l’acidité de la solution, au fur et à mesure de la formation de sulfate'de zinc, pour maintenir ce courant constant. La combinaison revient donc en réalité à la réalisation d’une pile zinc-charbon à débit constant et assez élevé relativement aux dimensions de l’appareil. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’une semblable combinaison voltaïque n’a que 0,8 volt comme force électromotr ice normale, et que, pour obtenir un débit utile appréciable dans le circuit extérieur, il ne faut pas demander à l’élément une différence de potentiel utile bien supérieure à la moitié de sa force électromolrice normale. En supposant que la pile fonctionne en usant la quantité de zinc théoriquement nécessaire, en donnant 0,5 volt utile aux bornes par élément, la production de 1 kilowatt-heure utile exigera une quantité d’électricité égale à 2000 ampères-heure. La dépense théorique relative à cette production de 2000 ampères-heure s’établit ainsi : Zinc, 1er,25, par ampère-heure, 2460 grammes. Acide sulfurique, 1er,84, par ampère-heure, 3680 grammes.
- En pratique, par suite des déchets de zinc, des actions locales et de l’impossibilité d’épuiser complètement l’acide renfermé dans la solution acidulée sulfurique, il faudra compter sur une dépense de zinc de 2k?,5 et une dépense d’acide d’au moins 5 kilogrammes. En comptant le zinc à 70 francs et l’acide sulfurique à 10 francs les 100 kilogrammes, le prix du kilowatt-heure ainsi obtenu reviendra à lfr,90 au moins, alors que les stations centrales vendent la même quantité d’énergie électrique entre un minimum de 50 centimes et un grand maximum de lfr,50.
- 11 11 est vrai que le sous-produit obtenu dans la pile est du sulfate de zinc que M. de Méritens propose de reprendre ! et'de traiter... par TélectrolyséJ et,par suiie,avec des dynamos, en employant'des anodes en fér, afin de réduire la i force'électromotrice depolarisation. On obtiendrait ainsi,
- I dans cette seconde opération, du zinc pur pouvant servir à* nouveau dans la pile, et du sulfate de fer.
- Il ne parait pas impossible (sous réserve d’un examen plus approfondi), que la pile de M. de Méritens, si elle possède toutes les vertus de grand,débit qu’on lui attribue, puisse être utilisée^ par quelques amateurs pour la charge des accumulateurs et d’autres applications secondaires, chaque fois qü’on répugnera à monter une pile à deux liquides, Bunsen ou bichromate, mais là s’arrête, à notre avis, le champ des applications possibles.
- Ou bien, en effet, on usera directement le zinc et l’acide sulfurique pour former du sulfate acide de zinc, dont la valeur commerciale ne nous parait pas bien grande,
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- et, dans ce cas, le prix de l’énergie électrique sera incontestablement plus élevé que celui de la même énergie produite par des dynamos, ou bien l’on acceptera de traiter h nouveau éleclrolytiquement la solution acide de sulfate de zinc, auquel cas il faudra la transporter dans une usine de traitement, l’électrolyser en consommant du fer et en actionnant des dynamos commandées par des machines à vapeur qui dépenseront, pour effectuer la réduction, une quantité d’énergie électrique plus grande que celle produite par la pile dans la première opération.
- Dans un cas comme dans l’autre, l’économie du procédé est absolument négative, et nous avons la conviction que la pile de Volta perfectionnée par M. de Méritens, pas plus que les autres piles préconisées depuis quelques années, ne supprimeront les procédés universellement employés aujourd’hui. La production industrielle .et économique de l’énergie électrique par combustion du charbon, sans passer par le moteur thermique et la dynamo, est une découverte qui appartient encore à l’avenir.
- E. Hospitalier.
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- LES MICROBES
- L’étude des microbes, que par extension générique on nomme aussi communément bactéries, a pris dans ces dernières années une importance qui a dû frapper tous nos lecteurs. Pas une question d’hygiène, pas une étude de pathologie où les microbes n’interviennent plus ou moins directement, où leur présence ne soit révélée par les procédés sagaces d'expérimentation moderne. C’est que le rôle assigné à ces petits organismes est pour ainsi dire universel. Tous les phénomènes de la vie, et je parle icitau point de vue le plus général, se rattachent à l’évolution de ces êtres microscopiques : ce sont les facteurs essentiels dans la physiologie générale du globe. C’est en effet par leur action décomposante que les corps simples dont sont formés les organismes vivants sont restitués à la nature quand les phénomènes vitaux se ralentissent et s’arrêtent.
- Partout on les rencontre, dans l’air que nous respirons, dans l’eau que nous buvons ; beaucoup de nos aliments sont le résultat de fermentations pro-^ duites par les microbes. L’air en contient des quantités, variables suivant les lieux où on l’examine. Recueillez de l’air, comme l’a fait Tyndall, comme l’a fait après lui M. Miquel, sur le sommet des hautes montagnes alpestres, c’est à peine s’il contient par décimètre cube quelques rares microbes. Prenez-le dans les rues de nos centres populeux, dans une chambre habitée et mal ventilée, a fortiori dans une salle où séjournent des agglomérations d’individus, une salle d’hôpital, par exemple, les bactéries fourmillent et c’est par milliers qu’on les compte dans le même volume d’air. La plupart des microbes contenus dans l’air sont, il est vrai, des microbes inolfensifs. La meilleure preuve, c’est que nous sortons, d’un séjour prolongé dans une salle dont l’atmosphère en contient des milliards, indemnes de toute maladie, de toute indisposition, et cependant ces germes, inspirés dans les profondeurs de nos poumons, y sont retenus. Les recherches de
- Tyndall, celles plus récentes de Straus, ont prouvé que l’air rejeté par l’expiration est optiquement pur et qu’il est stérile.
- De même pour l’eau ; nos rivières en contiennent des quantités. Recueillie près de la source, avant toute contamination par les déchets d’usines, les résidus des grands centres, les égouts des villes, l’eau ne contient que quelques microbes. En aval d’une ville, l’eau en est chargée. Prenez, comme simple terme de comparaison, l’eau de la Vanne, l’eau de Seine au-dessus ou au-dessous de Paris, et vous pourrez juger de la différence. La richesse moyenne en bactéries est pour la Vanne de 800 bactéries par centimètre cube; pour la Dhuis, de 1890; pour la Seine, à Ivry, de 52 500; pour la Marne, à Saint-Maur, de 56 500 (Miquel). Au-dessous du collecteur d’Asnières, la Seine devient une véritable eau d’égout et c’est par centaines de mille que se comptent les bactéries. C’est par cette voie, par l’ingestion d’eau contaminée par des microbes pathogènes, que surviennent les épidémies de fièvre typhoïde. La démonstration en a été faite maintes fois à Paris dès que les sécheresses de l’été obligent l’Administration à substituer l’eau de Seine à l’eau de source.
- Notre organisme renferme, a l’état de santé le plus parfait, un certain nombre de microbes les uns inoffensifs, comme le bacillus subtilis, le leplothrix qu’on trouve dans la bouche la mieux soignée, les autres pathogènes, mais inertes pendant de longues périodes, ne demandant qu'une cause occasionnelle, pour se multiplier, pénétrer dans les tissus et»porter le désordre et la mort,
- La prophétie de Rayle qui, au dix-septième siècle, disait que celui qui connaîtrait la nature des fermentations connaîtrait bien la cause des maladies, cette prophétie^est devenue une réalité. Je n’ai pas besoin de rappeler le nom du savant illustre qui a été le promoteur de toute la série de travaux bactériologiques quj ont modifié de fond en comble les théories medicales et permis d’aborder, avec une précision, inconnue jusqu’à nos jours, la, thérapeutique et la prophylaxie des maladies contagieuses.
- Les questions générales qui se rapportent à la microbiologie ont été souvent étudiées dans ce journal, les découvertes retentissantes sur la genèse de telle ou telle maladie, charbon, fièvre typhoïde, choléra, rage, tuberculose, etc., ont été signalées au fur et à mesure de leur apparition. Mais la variété des microbes est nombreuse, depuis ceux qui sont nécessaires, utiles, qu’on pourrait appeler bienfaisants (agents des fermentations, panaire, alcoolique, etc.) jusqu’aux microbes les plus dangereux, nuisibles, pathogènes. Si le caractère de petitesse, qui ne les rend visibles qu’à de forts grossissements microscopiques, leur est commun à tous, ils diffèrent les uns des autres par la forme, par les conditions de vie, les procédés de culture, de réaction, ils sont en un mot aussi dissemblables que les plantes entre elles. Aussi m’a-t-il semblé intéressant de présenter aux
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- LA NATURE.
- lecteurs de La Nature un résumé succinct sur l’ensemble de cette question1.
- Les microbes ont, disais-je, des formes variées ; ce n’est là qu’une distinction d’importance relative, car l’aspect extérieur n’est pas toujours suffisant pour bien déceler une espèce d’une autre. Cependant c’est cette variété de forme qui a donné l’idée d’établir une classification, à la vérité bien illusoire, mais qui permet de se reconnaître dans ce monde infini. On peut distinguer trois groupes de microbes : 1° à forme arrondie; 2° à forme droite; 5° à forme en spirale. De Bary dit plaisamment que les formes des microbes sont représentées
- par une boule de billard, un crayon et un tire-bouebon.
- Les microbes à forme arrondie ont été désignés sous le nom de coccus ; les uns, en raison de leur extrême petitesse, ont constitué les micrococcus, les autres plus volumineux, les macrococcus. Suivant le mode de groupement de ces éléments primordiaux, nous aurons des variétés ; micrococcus, quand les microbes sont isolés ou rangés sans ordre marqué. Sont-ils réunis deux par deux, nous aurons les diplococcus; par quatre, le micrococcus tetrage-nus. Forment-ils au contraire une petite masse irrégulière, ce sont des zooglées. Le groupement, en
- certain nombre, peut offrir une disposition régulière, telle la disposition en chapelet (streptococcus ou torula), en grappe de raisin (staphylococcm) et dans chacune de ces variétés, on établit encore des classements, suivant non plus la forme qui est commune, mais suivant les résultats des cultures. On aura, par exemple, le staphylococcus aureus (doré) ; le staphylococcus albus (blanc), etc.
- Les microbes à forme allongée sont désignés sous le nom de bacilles quand le bâtonnet, qu’ils représentent, est droit ; de leptolhrix, quand ce bâtonnet est ondulé, sinueux. Cette forme droite ou ondulée
- 1 Le lecteur désireux d’approfondir cette étude trouvera des renseignements détaillés dans les deux ouvrages suivants :
- Corxii. et Baüës : Les Bactéries, Alcan. Paris; Tnoi or et Massklin : Précis de microbie, (i. Masson, Paris.
- est encore modifiée pour certains d’entre eux par un renllemenl à l’extrémité (rendement en massue) ou au centre (forme de fuseau) ; d’autres sont cylindriques à bouts arrondis ou étranglés au milieu en forme de 8 (bactériens).
- La troisième variété comprend les microbes à forme en spirale, légèrement incurvés, ce sont les spirilles, les bacilles virgules.
- Celte classification, un peu artificielle et qui recevra chaque jour des modifications en raison des découvertes de variétés nouvelles, suffît pour l’interprétation générale : c’est en tout cas un moyen de les distinguer et de s’entendre pour les descriptions et leur étude détaillée. 11 ne s’agit là que de microbes adultes, c’est-à-dire à leur plein état de développement, car au moment de leur formation, de leur rc-
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- production, les formes ne sont guère identiques, les uns naissant par sporulation, les autres par scissiparité.
- 11 existe une autre classification, mais d’ordre purement physiologique, suivant leurs conditions de vie. Les uns ne peuvent vivre qu’à la faveur de l’oxygène libre et sont dits aérobies; les autres vivent à l’abri de l’air, prenant leur nutrition dans les gaz dégagés des milieux organiques, ce sont les anaérobies. 11 en est enfin qui s’accommodent des deux situations et vivent en présence de l’air ou sans air, on les désigne sous le nom à'aéro-anaérobies.
- Comment sont constitués les microbes? D’une
- façon générale, ils sont formés d’unecellule contenant une sorte de liquide gélatineux, transparent, nommé protoplasma, incolore, protégé par une membrane d'enveloppe. On ne trouve pas de noyau à l’intérieur et c’est là un des signes différentiels qui permet de les distinguer des cellules organiques, (juelques-uns sont immobiles, les autres ont un mouvement propre très net, tantôt d’oscillation (bacilles), tantôt de véritables ondulations serpentines (vibrions, spirilles). Ces particularités réclament, pour être bien observées, des conditions particulières, telles la chaleur constante, voisine de 57°.
- Les microbes se reproduisent par scissiparité, la
- Fig. 10. — Microbes de la fièvre typhoïde. Fig. 11. — Microbes de la morve. Fig. 12. — Microbes de la diphtérie.
- cellule primitive s’allongeant, se scindant et donnant naissance à des cellules filles rangées en position rectiligne, ou en croix ou sans ordre, en amas diffus. Ils se reproduisent aussi par formation de spores ou corpuscules germes, dont la résistance aux agents toxiques, à la chaleur, est la source de contaminations tardives faciles à comprendre; ces spores sont à l’état de vie latente, ne demandant qu’une occasion propice pour se développer, alors que le microbe producteur est absolument détruit.
- Ces processus de segmentation se font avec une rapidité qui dépasse toute idée. On a calculé qu’il fallait deux heures aux deux êtres provenant de la segmentation d'une certaine bactérie pour atteindre la dimension de leur mère et proliférer à leur tour. Par suite, en trois jours, les descendants d’un seul
- individu seraient, si rien ne venait les gêner, au nombre de 1772 billions. Cette bactérie ayant à peu près en largeur 1 millième de millimètre, 2 en longueur et sa densité étant à peu près celle de l’eau, il en faudrait 656 millions pour faire un poids de 1 milligramme. On peut alors calculer aisément que la progéniture d’une même bactérie ne pèserait, au bout de 24 heures, que 1/50 de milligramme, mais qu’au bout de 5 jours, elle pèserait 7500 tonnes.
- Ces chiffres déconcertent l’imagination, ajoute M.Duclaux1 au travail duquel j’emprunte ces calculs. Fort heureusement, l’action des forces naturelles vient arrêter cette multiplication et cette invasion formidable.
- 1 Le Microbe et la maladie, Paris, G. Masson.
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- LA NATURE.
- Four étudier les microbes, pour les reconnaître entre eux, le microscope est insuffisant. On s’est alors adressé aux colorants ; ces petits organismes ont une affinité puissante pour les couleurs dérivées de la houille et certaines couleurs végétales, et l’on a épuisé, pour les recherches, toute la série des colorants, bleu de méthyle, vert de méthyle, brun de Bismarck, violet de gentiane, violet, rose de fuchsine, etc. Suivant le colorant employé, suivant aussi la variété du microbe, on pourra lui donner une coloration distincte des autres éléments; c’est sur cette différence d’absorption des couleurs qu’est basé en particulier le procédé d’Ehrlich pour la recherche du bacille de la tuberculose.
- Mais les méthodes de coloration ne suffisent pas, et pour'ëtudier la biologie, la nature, les modifications des microbes, il faut avoir recours aux cul-tiires artificielles, et enfin diïx inoculations aux Animaux, quand il s’agit de microbes pathogènes et qu’on veut vérifier la nature et la filiation des symptômes d’une maladie. Les'milieux de culture ikrnt liquides ou solides; les uns et les autres doivent, pour être aptes à permettre l’évolution du fiiiêrobe, contenir les éléments nutritifs appropriés à 'ces organismes et être absolument stérilisés, privés (de tout germe avant l’apport du microbe à cultiver.
- Parmi les milieux liquides, on emploie souvent les liquides naturels de l’économie, lait, sérum, sang, urine, humeur aqueuse. Mais le milieu de culture le plus propice, le plus facile à obtenir et à stériliser est le bouillon,Aou plutôt les boitillons, car on peut les faire avec toutes sortes de viandes. Il s’agit d’une véritable opération dùlinaire, dont voici la recette : on prend une livre de viande de bœuf ou de veau, bien désossée, dégraissée, qu’on hache finement ; on verse dessus un litre d’eau distillée et on fait macérer à froid, à cliaüd si l’on est pressé. On ajoute un demi pour cent'de sel marin et une trace de phosphate de potasse ; 'ôn filtre et le bouillon est «préparé. 11 s’agit de le rendre stérile, ce qui s’obtient par des passages successifs à l’étuve chauffée h une température de 100 et 115 degrés. Le bouillon est décanté une ou plusieurs fois pour le débarrasser de la graisse, de toute particule étrangère, et quand la série d’opérations, dont je n’énumère pas tous les détails, est terminée, le liquide est cueilli au moyen de pipettes pour être porté dans des ballons stérilisés qu’il sulfit alors d’ensemencer avec une goutte du liquide suspect, dont on veut connaître les microbes. On peut préparer un bouillon de culture, extrêmement sensible à l’égard des bactéries, en faisant dissoudre 20 grammes de peptone dans un litre d’eau, et y ajoutant 5 grammes de sel marin et 10 centigrammes de cendres de bois. La préparation est rapide, le dosage précis. C’est celle formule qu’emploie M. Miquel pour l’analyse des eaux.
- Pour certaines bactéries il vaut mieux se servir de milieux de culture solides, la gélatine ou la
- gélose, produit gélatineux extrait de l’algue connue sous le nom d’agar-agar. La préparation de ces milieux, qui doivent être aussi incolores et aussi transparents que possible, absolument stériles, est plus délicate encore que celle des bouillons. Je n’insiste pas sur les détails de la préparation qui consiste à ajouter une certaine quantité de ces produits, gélatine ou gélose à une proportion donnée d’un bouillon de viande un peu concentré.
- Enfin, comme autre milieu de culture fréquemment employé, il convient de citer la pomme de terre ou la betterave coupée en tranche, stérilisée et placée dans des tubes ou des cristallisoirs. Le procédé est des plus simples et l’ensemencement se fait dans des conditions aussi parfaites qu’avec les autres milieux.
- Toutes ces opérations n’ont, on le voit, rien de bien compliqué ; il suffit cependant d’un détail oublié, d’un abaissement de température dans l’étuve à pression, d’un rien pour annihiler toute la valeur des expériences. Qu’un germe préexistant ne soit pas détruit, que le milieu ne soit pas absolument stérile et ces germes se développeront concurremment avec les microbes que l’on voulait cultiver ou en empêcheront le développement, et tout sera à recommencer.
- Pour les microbes pathogènes, l’expérience ne s’arrête pas à ces cultures ; une fois le microbe développé dans le bouillon, sur la pomme de terre, on le recueille et on l'inocule, par piqûres sous-cutanées,A des cobayes, rats ou lapins, pour constater si la série d’accidents morbides qu’on impute à la présence de ce microbe se développera d’une façon similaire chez ces animaux.
- Les études bactériologiques demandent, on le comprend, un assez long apprentissage, beaucoup de temps, beaucoup de patience, et lorsqu’on se reporte aux résultats obtenus en quelques années, depuis les premiers travaux de M. Pasteur sur les fermentations, origine de toutes les recherches modernes, on peut à bon 'droit escompter en toute assurance l’avenir réservé à cette nouvelle science. J’ai, dans plusieurs articles, a propos de la rage, du choléra des poules et d’autres maladies, appelé l’attention sur les merveilleuses expériences relatives à l’atténuation des virus ; je n’y reviendrai pas. Mais c’est là le résultat pratique le plus frappant de ces études de microbiologie pathologique.
- Il est difficile d'étudier le mode d’action des microbes pathogènes : ce serait faire l’exposé des doctrines actuelles de l’infection, de l’immunité. Pareilles questions ne sont guère du cadre de cette revue.
- Qu’il me suffise de dire que les microbes agissent vraisemblablement par la sécrétion de matières toxiques, véritables ptomaïnes, dont l’abondance est en rapport avec la prodigieuse facilité de pullulation de ces agents. Qu’ils pénètrent dans un organisme épuisé par les fatigues physiques ou morales, les veilles, la misère, ils auront d’autant
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- plus de facilité, ne trouvant pas dans la vitalité des | cellules, dans leur réaction normale, une défense contre l’action de ces sécrétions, à amener la série d’accidents pathogènes qui forment la caractéristique de telle ou telle maladie.
- Parler des résultats obtenus, en dehors de la pathologie, serait refaire l’histoire si connue des fermentations de la bière, du vin, etc. Niera-t-on les progrès réalisés dans la fabrication de la bière, la conservation des vins ? Les procédés de pasteurisation sont employés couramment dans les grandes brasseries, dans les vignobles importants et ces procédés ne sont que l’application des découvertes microbiologiques : arrêter à temps le développement de tel ou tel agent, empêcher la production et la pullulation d’autres microbes. En pathologie humaine et animale, les résultats pratiques sont déjà assez nombreux : vaccinations anticharbonneuses, antirabiques, etc.; reconnaissance précise du bacille typhique dans les eaux potables, etc. A coup sûr, pour bien des maladies, on connaît le microbe pathogène sans avoir pu élucider encore par quelle méthode de culture ou autre l’agent morbigène pourra être modifié et fournir un virus atténué, un vaccin prophylactique. Mais le chemin parcouru, et en un temps relativement court, est assez considérable pour qu’on puisse faire crédit aux savants et conserver l’espoir du succès pour des maladies qui sont plus terribles par leur fréquence et leur gravité que bien des épidémies qui frappent de terreur, à la seule annonce de leur invasion.
- Les dessins (fig. 1 à 12), exécutés par M. Nicollet, sous un fort grossissement, représentent, a‘vec une très grande exactitude, les microbes des * principales maladies virulentes, ou contagieuses. M. Nocard, l’éminent professeur de l'École d’Alfort, a bien voulu, avec une extrême obligeance dont je tiens à le remercier, mettre à nia disposition ces préparations faites dans son laboratoire. A côté de deux clichés représentant des infusoires (fîg. 1) et le microbe de la fermentation alcoolique, myco-derme du vin (fig. 2) (microbes non pathogènes), on trouvera les microbes de la tuberculose (bacille droit) (fig. 3), de la lèpre (fig. 4) qui se rapproche beaucoup du précédent. Deux beaux spécimens du charbon montrent le microbe dans le sang (fig. 5) dont on voit les globules, et dans l’intérieur des vaisseaux (fig. 6). Le bacille de Nicolaïer (tétanos) (fig. 7) présente un type de renflement en massue; celui du choléra (fig. 8) découvert par Koch, est incurvé (bacille virgule) ; enfin un microbe de la suppuration, le vibrion septique (fig. 9), un des microbes pathogènes les plus importants. On voit çà et là sur la figure quelques cellules épithéliales. Nous donnons à la suite les microbes de la fièvre typhoïde (fig. 10), de la morve (fig. 11) et de la diphtérie (fig. 12).
- M. Lumière a imaginé un ingénieux procédé1 pho-
- 1 Voy. n° 922, du 31 janvier 1891, p. 134.
- tographique à l’aide duquel on peut donner aux microbes les mêmes couleurs que par les procédés microscopiques. D1' A. Cartaz.
- LE SECTEUR ÉLECTRIQUE
- DE LA PLACE CLICHY, A PARIS
- La distribution de l’énergie électrique dans un rayon un peu étendu impose l’obligation de multiplier indéfiniment le nombre des usines ou d’avoir recours à des tensions élevées, afin de ne pas employer des canalisations d’un prix prohibitif. Le succès des distributions par courants alternatifs et transformateurs ne tient qu’a la facilité avec laquelle on peut produire ces hautes tensions et les transformer en basse tension pour les utiliser. Malheureusement, les courants alternatifs présentent de sérieux dangers, et, par leur forme même, ne se prêtent encore qu’imparfaitement aux applications à la force motrice, et pas du tout aux opérations électrochimiques. Si l’on ajoute à cette cause d’infériorité l’impossibilité d’emmagasiner l’énergie canalisée sous forme de courants alternatifs, on s’explique Tes hésitations que, dans la plupart des cas, les électriciens éprouvent à se servir de ces courants, et les ,nombreuses tentatives faites dans le but de distribuer du courant continu, sinon à tension élevée, du moins à tension moyenne, afin de conserver les avantages économiques de* tensions élevées et les facilités d’ejmploi et d’emmagasjnement du courant continu.
- Parmi les nombreux systèmes de distribution 'proposés ou réalisés dans cet esprit général depuis quelques années, celui adopté par la Société anonyme du Secteur de la place CHchy mérite d’être décrit avec quelques détails, car il montre une fois de plus les ressources variées, et en quelque sorte inépuisables. dont dispose l’électricien pour résoudre les problèmes les plus compliqués en apparence.
- Le problème résolu ici est le suivant: Étant donnée une canalisation générale alimentée par des dynamos maintenant entre les deux conducteurs de la canalisation une différence de potentiel de 440 volts, sectionner cette différence de potentiel en quatre parties égales de 110 volts chacune, sur lesquelles il sera possible de brancher des appareils d’utilisation variables à volonté, en nombre et en puissance, sans troubler le régime de fonctionnement de tous les autres appareils d’utilisation.
- 11 est d’ailleurs possible de brancher des appareils fonctionnant sur des différences de potentiel plus élevées que 110 volts, et d’obtenir ainsi une distribution à plusieurs potentiels, bien que l’usine n’en fournisse qu’un seul.
- Cette ressource sera très appréciée du jour où l’on aura à établir des moteurs d’une puissance mécanique dépassant 10 kilowatts. On pourra alors les atteler sur une différence de potentiel de 220 volts, les tramways électriques à conducteurs aériens nu souterrains se trouvant, au contraire, alimentés di-
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- rectement par la différence de potentiel totale de 440 volts, toujours en vue d’économiser sur la canalisation, en faisant usage, dans chaque cas, des potentiels les plus élevés compatibles avec le*bon fonctionnement des récepteurs ou appareils d’utilisation. Pour bien comprendre l’économie de cette disposition, nous examinerons successivement l’usine de production, la canalisation, la distribution et les appareils de réglage.
- Usine centrale. — L’usine centrale établie rue des Dames, à Batignolles, dans un superbe bâtiment construit spécialement pour cet usage, comprend une batterie de chaudières tubulaires produisant de la vapeur à la pression de 6 à 7 kilogrammes par centimètre carré. Cette vapeur alimente trois moteurs à vapeur horizontaux, système Corliss, de 600 chevaux, commandant chacun une grande dynamo, et trois moteurs Armington et Sims de plus faible puissance actionnant chacun deux dynamos plus petites.
- La seule particularité 'à signaler au point de vue mécanique est l’absence voulue et préméditée de la condensation, malgré la puissance à produire, qui dépassera 2000 che-vaux-vapeur lorsque toutes les machines seront en fonction. L’économie de combustible réalisé par la condensation dans une installation de cette importance est peu de chose auprès de la simplicité du service et de l’accroissement de sécurité de fonctionnement apportés par cette suppression. Chacun de ces moteurs à vapeur de 600 chevaux tourne à une vitesse angulaire de 65 tours par minute et commande directement une dynamo multipolaire à courant continu produisant 700 ampères et 450 à 500 volts, soit 550 kilowatts. Ce sont les plus puissantes dynamos à courant continu et à 500 volts actuellement construites.
- L’induit est un anneau Gramme de 5m,5 de diamètre et de 58 centimètres de largeur, à 8 pôles fixes intérieurs. Cet anneau est monté en porte-à-faux sur une étoile à 30 branches. Il est constitué par un grand nombre de feuilles de tôle emmanchées sur des broches en bronze fixées sur l’étoile, en fonte. La figure 1 montre la construction de cet induit véritablement monumental, la figure 2 le représente muni de son enroulement constitué par plus de
- 2000 spires formées de barres de cuivre rectangulaires. Cet induit n’a pas de collecteur : c’est la partie extérieure des barres formant l’enroulement qui sert à recueillir le courant à l’aide de huit séries de balais calées à 45 degrés l’une de l’autre. Comme la vitesse des barres extérieures atteint 12 mètres par seconde, il faut que les balais n’appuient que très légèrement sur le collecteur afin d’éviter l’usure et la perte de travail par frottement. Ce résultat est obtenu en montant les balais sur des ressorts plats en laiton qui leur donnent une très grande souplesse. Tous les balais sont d’ailleurs montés sur un porte-balais commun qui permet de les amener tous en contact à la fois contre le collecteur, et de les caler ou de les décaler tous en même temps dans la position qui correspond à la suppression des étincelles, position variable avec la charge de la machine.
- Les balais peuvent se déplacer longitudinalement sur les tiges qui les supportent, de façon à répartir les frottements et à égaliser l’usure, d’ailleurs très faible, du collecteur. La figure 3 qui représente une dynamo de plus faible puissance, mais du même type, montre bien les dispositions d’induit, de collecteur et de balais dont nous venons de parler. C’est un type produisant 160 kilowatts, utilisé dans les stations de moindre importance, et dont on a pu voir un modèle à l’Exposition universelle de 1889.
- Les trois grandes dynamos de l’usine du Secteur de la place Clicliy ne diffèrent de ce type que par leurs dimensions et leur puissance. L’induit seul pèse 8 tonnes et il a fallu des précautions toutes spéciales pour sa construction et son transport depuis les ateliers de la Société Alsacienne de constructions mécaniques de Belfort, où il a été construit, jusqu’à Paris.
- Les trois dynamos sont reliées directement, au tableau général de l’usine, à deux grosses barres de cuivre entre lesquelles on maintient une différence de potentiel de 45.0 à 500 volts. L’excitation de chaque dynamo est également établie entre ces deux barres, et peut sc régler à l’aide d’un rhéostat intercalé dans ce circuit d’excitation. Chaque rhéostat peut se manœuvrer individuellement pour permettre l’introduction ou la suppression de chaque machine en dérivation sur les barres, mais on peut solidariser
- Fig. 1. — Secteur électrique (le la place Clicliy, à Paris. Construction de l'induit à anneau Gramme, de 3",3 de diamètre.
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- Fig. 5. — Dynamo à anneau et_â pôles intérieurs. Vue du côté des balais. Type de 160 kilowatts.
- (Le type de 350 kilowatts établi pour desservir le secteur de£la place Jilichy. n’en diflère que par les dimensions.)
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- tous les rhéostats et les manœuvrer simultanément en vue du réglage général.
- Nous examinerons, dans un prochain article, comment le courant ainsi produit est subdivisé, canalisé et distribué. E. Hospitalier.
- — A suivre. —
- ; LA NOTATION DES COULEURS
- Il y a quelques années, je parlais clans un article de La Nature', d’un peintre distingué de Paris quia l’habitude, dans ses croquis, d’indiquer simplement les teintes par des voyelles ou des diphtongues qui, pour lui, les représentaient très exactement.
- La publication d’un livre récent1 2 m’a remis en mémoire ce cas singulier, et il m’a paru que quelques détails à ce propos seraient une introduction toute naturelle à une étude sur la notation des couleurs.
- Voici donc un extrait de la lettre de M. C..., le sujet :
- c< Je ne puis vous dire qu’une chose, c’est que, de tout temps, étant jeune comme plus tard, j’ai eu l’intuition, quand je voulais prendre des notes pour ma peinture, de traduire par :
- « a le noir, e le jaune, i le blanc, o le rouge et u le bleu.
- « Je sais bien que le noir a n’est pas une couleur puisque c’en est l’absence; mais, pour les notes d’un peintre, c’en est une, de même que le blanc i, qui en est la réunion, en est une autre. Pour exprimer les couleurs composées, je les forme par le mélange de deux ou plusieurs : un gris-rose, je l’écris i a o; un vert, e u; I’oraxgé, e o; le violet, o u, etc.
- « C’est ainsi qu’on procède avec l’étoile solaire.
- « Vous me demandez si je traduis habituellement en couleur une voyelle. Oui, et réciproquement une couleur en voyelle ; bien entendu, quand j’y pense. Mais je ne puis pas penser à l’a sans le traduire en noir, à l’o sans penser au rouge, etc., etc.
- « J’avoue que je n’ai jamais connu d’autre peintre ayant cette impression et cette manière de faire; quand on voyait mes carnets de croquis avec ces indications de couleurs que j’expliquais, on avait l’air de trouver que c’était un arrangement avec moi-même pour abréger les annotations ; que c'était bien imaginé, voilà tout. Je suis évidemment une exception et il n’y a rien à tirer de mes observations.» till.
- M. C... se trompe, il est loin d’être seul, et la Revue ! philosophique (N° du 1er février 1887), enregistrait deux ‘cas*'de sensibilité encore ^plus grande, très curieux en ce l'qu ils montraient que cette'sensibilité était héréditaire.
- Voici quelles étaient les correspondances perçues par M. B... et sa fille.
- M. B. M^B;.
- a, rouge brique..................rouge'franc.
- à, rouge nuancé de jaune. . . —
- û, rouge saumoné........................ —
- c, blanc clair.......................... —
- è, blanc pur............................ —
- ê, blanc citronné....................... —
- ée, couleur chair................* —
- i, noir. ............................... —
- 1 Le Timbre et la couleur (a0 658, du 9 janvier 1886, p. 91).
- 2 Répertoire chromatique, par fai. Lacoftcre. — Paris,
- Gauthier-Villars, 1890.
- M. B. M11* B.
- o, blanc vif........................... noir.
- ô, nuance d’ocre................. —
- w, gris ardoisé....................... jaune.
- Pour le père comme pour la fille, la gamme des couleurs et des tons se complétait par des correspondances avec les consonne? et les chiffres ; mais je n’entrerai pas davantage dans les détails de ce phénomène dont l’étude a été demandée 1 par le Congrès international de psychologie physiologique en 1889.
- 11 est certain que si tout le monde était sensible et sensible de la même manière, nous aurions là un procédé extrêmement commode pour désigner les couleurs. Malheureusement il n’en est pas ainsi et cependant, « savants ou artistes, fabricants ou commerçants,' sont à tout instant en demeure, ici de définir les couleurs qu’ils constatent, produisent ou utilisent; là de les associer harmonieusement ou de les reproduire à coup sur; tous, plus ou moins arrêtés, s’en tiennent à des à peu près et à des tâtonnements2. » -
- « Tant que les savants et artistes,'dît un autre auteur3, réunis en Conférence internationale',rie se seront pas mis d’accord sur les noms d’une couple de centaines de nuarices et que ces nuances reproduites sur émail ne seront ( pas considérées comme des types auxquels on puisse toujours en référer, ainsi qu’on l’a fait pour les étalons des poids et mesures, nous devrons être reconnaissants pour tout essai tenté dans la direction d’une nomenclature rationnelle et complète des couleurs. »
- Ces tentatives, il y a déjà bien longtemps qu’elles ont commencé; nous citerons celles de Le Blond en 1735, de Du Fay en 1737, de Lambert en 1772. l’uis vint Che-vreul qui, plus à même que personne par ses aptitudes naturelles, ses études scientifiques, sa situation de Directeur des teintures à la manufacture des Gobelins, a fait faire à la question un pas décisif. 11 a donné des définitions, posé les bases d’une nomenclature méthodique, établi des principes et des lois, représenté un grand nombre de types...
- Malheureusement M. Chëvreul, qui avait la coquetterie des bibliophiles, n’a fait tirer qu’à un très petit nombre d’exemplaires son livre sm\e Contraste simultané des couleurs^ qu’il était devenu presque impossible de se procurer; de plus les nombreuses communications postérieures qu’il a faites à l’Académie pendant une vie exceptionnellement longue étaient disséminées dans une grande quantité de volumes difficiles à consulter. Aussi les résultats pratiques de ses recherches ne furent-ils point aussi considérables qu’il aurait pu l’espérer.
- , Néanmoins il eut des disciples qui entrèrent résolument dans la voie qu*il avait tracée. La Société industrielle de Mulhouse publia en 1884, avec de belles planches, un Mémoire de M. Rosensthiel sur les Premiers éléments de la science de la couleur; la Société slénochromique a donné une échelle de couleurs contenant quarante-deux gammes de vingt et un tons, puis la Grammaire de la couleur reproduisit, en sept cent soixante-cinq planches, les prin-
- 1 Je prie les lecteurs de La Nature de vouloir bien ^m'adresser à TEcçle polytechnique les documents qu’ils pourraient avoir à ce sujet, afin de compléter l’enquête dont j’ai publié ici même (Lq Nature, 18 a\ril 1885, 30 mai 1885, 3 oclobrc 1885, 9 janvier et 20 mars 1886) les premiers résultats.
- 2 Lacoutfre, Répertoire chromatique; introduction.
- 3 Ciiukcii, Colour. — Londres, 1887.
- A Ce volume vient d’être magnifiquement réédité par M. Gauthier-Villars.
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- cipales nuances obtenues par le mélange des couleurs franches entre elles.
- Enfin parut l’ouvrage de M. Lacouture qui fond, en un tout homogène, ces travaux divers et qui comprend :
- 1° La nomenclature par un système de notations chromatiques très simples, analogues aux formules de la chimie et révélant au premier coup d’œil qualitativement et quantitativement les teintes qu’elles représentent en se reportant à une série de tableaux-types admirablement exécutés où toutes les teintes sont échelonnées selon leur ton et leur nuance. C’est ainsi, pour prendre un exemple très simple, que la formule 1!2J4N2 représentera un orangé d’une certaine nuance rabattue par une certaine proportion de noir; il suffira de chercher, dans les tableaux-
- types, les divers tons de rouge, R,R3....R6, dans leurs
- combinaisons avec les différents tons du jaune et les différents tons du noir.
- 2° La théorie, en déduisant toutes les lois chromatiques de quelques principes et faits fondamentaux et en mettant en pleine évidence l’enchaînement qui rattache ces lois les unes aux autres.
- 5° Les applications en offrant la solution raisonnée et pratique les plus usuels dans l’étude et l’emploi des couleurs.
- En signalant ce livre aux lecteurs de La Nature, je suis convaincu que je rendrai service à beaucoup d’entre eux, car il est peu de personnes qui par goût ou par devoir d’état n’aient à s’occuper1 de tapisserie, de peinture, de modes ou d’arts décoratifs, et par suite à apprécier leur consonance ou dissonance, à déterminer les gammes dont fait partie une teinte dbnqée, ou encore à harmoniser deux teintes plus ou moîhs éloignées.
- Est-ce à dire queM. Lacouture ait ’didnhé une solution précise à toutes ces questions ét(qu’il h’y ait plus qu’à consulter son livre pour produire^,des chefs-d'œuvre de couleur! Certes non; pas plus que ^application des règles de l’harmonie n’engendre des chefs-d’œuvre 'inusicaux. J’irai même plus loin et je coiRéslérai, sans'avèir d’autres fondements que ma propre impression d’artiste, certaines des conséquences auxquelles ph arrive en suivant les principes posés par M. Chevréül; mais 1e résultat qui est d’une utilité incontestable, c’est la ' notation des couleurs, c’est la création d’une langue, plus universelle que tous les volapüks, à l’aide de laquelle les coloristes pourront s’entendre et c’est pour cela que j’ai adopté le titre de cet article. L‘-Colonel A. de Rochas.
- L’HOMME BÊTE DE SOMME
- Dans le siècle de la vapeur et de l’électricité, habitués que nous sommes aux progrès réalisés par la science moderne, nous ne songeons guère que l’homme, et trop souvent la femme, ont été les premières bêtes de somme.
- Pendant longtemps les transactions des peuples, les transports nécessités par les constructions, par les mille besoins ordinaires de la vie, furent effectués sur la tête, sur les épaules, sur le dos, avec les mains et les bras de l’homme et de la femme.
- Pour donner une idée de la somme immense de travail accompli par la seule force musculaire de l’homme, il faudrait pouvoir calculer le poids de tous les terrassements nécessités par rétablissement des routes, canaux, fortifications, et celui de tous
- les matériaux, bois, pierre ou métal employés dans les constructions. Les grues, les élévateurs, les dragues à vapeur font maintenant avec facilité des travaux qui demandaient autrefois des milliers de bras.
- Malgré tous ces perfectionnements, il y a encore des circonstances nombreuses dans lesquelles l’homme est obligé de transporter directement des fardeaux. M. Otis T. Mason a publié dans leSmith-sonian Report, sur ce sujet, un intéressant travail1 que nous résumons brièvement.
- Les mains ne servent que pour soutenir les fardeaux d’un poids peu considérable et qu’on ne doit pas transporter à une grande distance.
- Le touriste suspend sa jumelle, sa sacoche à une courroie qu’il passe en bandoulière sur l’épaule.
- — Les joueurs de musique, les marchands de fruits, de pâtisserie, passent la courroie derrière le cou, et le fardeau trouve un point d’appui sur l’abdomen du porteur.
- On ne suspend k la ceinture que des objets légers : c’est ainsi que les militaires portent l’épée ou le sabre. — Les ouvriers et les voyageurs placent dans la ceinture leur argent et leurs papiers précieux.
- Les fardeaux d’un poids ‘moyen sont souvent mis dans des paniers dont l’anse ésUpassée dans le bras.
- — Rien n’est pluï commun 'que (de rencontrer des gens, appuyant sur leur hanche un panier fortement chargé, en rejetant le corps ‘du côté opposé pour conserver l’équilibre. ,
- Suivant M. Mason, ce mbde de transport est un produit de la civilisation etlil ne l’a jamais vu pratiqué chez les sâqvages.
- Les meuniers, lés déchargeurs de grains, portent leur sac de farine ou de céréales sur l’épaule, en appuyant la patihie de la main sur la hanche. — Depuis des siècles, ies manœuvres de maçon montent ainsi k l’échélle le mortier et Tes briques employés dans toutes lès bâtisses.
- En Chine, plus d!un million d’habitants exercent la profession de portefaix. Ils vont vendre le riz ou le thé dans des sacs suspendus aux deux bouts d’un bâton reposant sur leur épaule. La charge ordinaire d’un coolie est d’environ 50 kilogrammes. A Shangaï, elle atteint même 70 kilogrammes. Courbés sous un tel faix, ces pauvres Chinois parcourent 45 à 50 kilomètres par jour.
- Les Hawaïens transportent, de la même manière que les Chinois, d’énormes quantités de coton, de café, de bois, etc. Cet exercice développe si bien leurs forces, que souvent ils accroissent le poids de leur fardeau en y ajoutant une pierre pour rétablir l’équilibre (fig. 1).
- Le dos est l’endroit le plus naturellement indiqué pour recevoir les charges. Les sauvages les plus arriérés eux-mêmes s’ingénient à trouver des appareils destinés à maintenir plus commodément les objets qui doivent s’appuyer sur cette partie de leur corps. Le fardeau est retenu par une courroie qui
- 1 The human beast of burden.
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- s’appuie tantôt sur le front, tantôt sur la tête ou encore sur les épaules.
- En Afrique, aux Andes, au Mexique, l’humble portefaix transporte sur le dos tout ce qui fait l'objet du commerce de ses concitoyens. Au Mexique, les bouchers font distribuer leurs viandes dans les villages environnants par des hommes, véritables bêtes de somme, et harnachés en conséquence (fig. 2).
- Un voyageur raconte avoir vu dans les montagnes d’Arménie des femmes kurdes courbées sous le poids de paquets pesant de 40 à 50 kilogrammes. Ce même voyageur vit arriver chez lui une pauvre femme qui avait porté à dos, pendant quatre jours, son mari, une , sorte de géant ; cet homme était malade et elle jj l’amenait à une consultation.
- Fig. 1. — Portefaix hawaïen.
- de la même manière des vases qui contiennent jusqu’à 10 gallons (45 litres), et pèsent par conséquent 45 kilogrammes. Leur tête est protégée par un coussin de paille tressée, en forme de couronne. Les Zuni, habitants du Bio-Grande, sont célèbres pour leur poterie et pour la facilité et l’élégance avec laquelle ils tiennent des fardeaux sur la tête (fig. 6).
- Dans celle nomenclature nous ne devons pas oublier les courriers, rapides messagers, qui furent successivement remplacés par les chevaux, les voilures, les steamers, les trains-poste et le télégraphe. Leur seul survivant est l’humble facteur de la poste et du télégraphe. Une gravure ancienne représente un kafir nu, courant à toutes jambes et tenant d’une main une sagaie et de l’autre un bâton fendu à une extrémité pour recevoir la lettre et la protéger ainsi du contact de son corps qui aurait pu la souiller.
- Les femmes apaches ne connaissent pns la poterie ; elles fabriquent, en vannerie, des vases qu’elles enduisent de goudron pour les rendre étanches. Un de ces vases contient ordinairement de 6 à 8 gallons (25 à 50 litres). Elles l’appuient sur le dos et l’y retiennent par une courroie qui passe sur le sommet de la tête ; elles ont alors les deux mains libres. C’est ainsi qu’elles portent leurs enfants dans une sorte de berceau (fig. 5 et 4).
- En Europe, beaucoup de laitières vont vendre leur lait avec leurs pots sur la tête. La Perrctte du bon La Fontaine est présente à toutes les mémoires. Dans le Béarn, les femmes portent ainsi de lourds pots d’eau sur leur tête (fig. 5).
- Aux Etats-Unis, certaines filles de ferme portent
- Fig. 2. — Gai von houclirr mexicain.
- Dans l’ancien royaume du Mexique, des communications étaient établies avec les parties les plus éloignées au moyen de courriers qui se relayaient de distance en distance, généralement toutes les deux lieues. Ces courriers, entraînés depuis leur jeunesse, voyageaient avec une grande rapidité. Us ne faisaient pas 4 ou 5 lieues à l’heure, comme voudrait nous le faire croire un vieux chroniqueur ; mais, en réalité, ils transportaient les dépêches à raison de 150 à 200 kilomètres par jour, ce qui est encore une bonne vitesse pour des piétons. Les Indiens marchent avec une célérité et une résistance à la fatigue, inconnues en Europe. Le Dr Dwight raconte que deux Indiens Choctaws ont suivi son père pendant 500 milles (800 kilomètres)... pour lui voler deux chevaux.
- Il y aurait encore bien des détails intéressants à
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- LA NATURE
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- relever dans le curieux et intéressant travail de M. Mason ; mais les limites de cette courte Note ne
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- Fig. o. — Une porteuse d'eau à Salies-de-Béarn (Basses-Pyrénées).
- portefaix et les forts de la Halle ont formé autrefois des associations puissantes. Les colporteurs et les porteballes jouirent, au moyen âge, de certains
- nous permettent pas de nous étendre davantage. Rappelons, seulement, en terminant, que les
- Fig. L — Femme apache portant un vase.
- Fig. 6. — Un porteur d’eau Zuui dauS le Iticr-Graude.
- privilèges ; ils bénéficièrent de lois spéciales et d’im> munités qüi étaient refusées aux bourgeois et aux guerriers. V. Brandicourt.
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- LA NATURE.
- DENSIMÈTRE, PÈSE-ACIDES
- ET VOLUMÈTRE
- M. E. II... a çent fois raison de demander la suppression du pèse-acides empirique de Baume1 ; il donne des arguments de toute évidence pour qu’il soit remplacé par un instrument rattaché au système métrique, décimal et légal. Mais, est-ce bien le dgnstmèlre qu’il faut recommander ? et pourquoi si peu d’empressement a l’adopter, aussi bien de la part des constructeurs que des acheteurs? Tout simplement, je crois, parce que c’est un instrument à divisions inégales, c^est-à-dire, en apparence, de lecture et de construction plus difficiles.
- • Il n’en est plus de même avec le voltmètre de Gnv-Lussac. Dans tout aréomètre à lige cylindrique, des différences de densité égaïes ne* correspondent pas à dos différences de tige égales. Tandis que, si la graduation est
- . 1
- faite en fonction du volume spécifique, -jj-, ou inverse
- du poids spécifique, les degrés deviennent égaux et l’on suit de tous points le système métrique.
- Veut-on, par exemplè^sa voir quel volume représentent 200 kilogrammes d’alcool, de sirop, d’huile ou d’acide sulfurique à un degré volumétrique n ? On multiplie n par 200. Avec le densimètre,, on ferait la division de 200 par la densité D; voilà toute’la différence. Ainsi l’avantage
- 7 ‘ j * [ !, D
- reste au volumètre, tant pour la simplicité des opérations que pour la facilité de graduation.
- Du reste, les enfants eux-mêmes s’habituent à la notion de volume spécifique, volume de l’unité de poids, tout aussi facilement qu’à celle de poids spécifique, poids de l’unité de volume. A. Bernard,
- Professeur de dliirne à l’Ecole de Cluny, Directeur du laboratoire départemental de Saône-et-Loire.
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- CHRONIQUE
- La vase du lac de Genève. — Dans une de nos précédentes livraisons (n° 923, du 7 février 1891, p. 158) nous avons analysé une discussion soulevée par M. le professeur Forel, au sein de la Société vaudoise des sciences naturelles à propos des recherches de MM. Lortet et Despeignes sur les microbes pathogènes des vases des eaux du Rhône et de celles du lac Léman. Nous avons dit que l’usage de l’eau de ce lac comme eau alimentaire a rarement causé des maladies septiques et que les riverains ont rarement constaté de ces maladies provoquées par le lavage ou le bain. C’est jamais qu’il eût fallu dire dans les deux cas, pour rester conforme au texte de M. Forel. « Cette innocuité absolue des eaux du lac Léman, nous écrit le savant professeur de Genève, démontrée par une expérience séculaire, doit dissiper toutes les inquiétudes qu’auraient pu faire naître, au point de vue hygiénique, dans nos populations, les très intéressantes et très importantes découvertes des microbiologistes lyonnais. »
- mines profondes de Bohème. — Nous a*'Cns publié dans le n° 9U7, du 18 octobre 1890 (p. 319), une Notice relative aux plus grandes profondeurs des mines de houille; nous recevons aujourd'hui quelques communications fort intéressantes à ce sujet sur les mines de Bohème. Dans les vieilles et célèbres mines d’argent de Pribram en Bohême, qui ont été fondées au quatorzième
- 1 Voy. n° 924, du 14 février 1891, p. 170.
- siècle, il y a plusieurs puits verticaux dont la profondeur dépasse 900 mètres. Ainsi le puits nommé Saint-Prokop mesure aujourd’hui 909 mètres, Sainte-Anne 942 mètres, François-Joseph 992 mètres, Saint-Adalbert 1099 mètres, Sainte-Vierge 1116 mètres. Tous ces puits étant parfaitement verticaux, l’extraction se fait partout par un seul câble métallique. Il y a au trente-deuxième étage des deux plus profonds puits un observatoire souterrain, où l’on note les variations de la température et les déviations magnétiques. Les rochers du centre de Bohème appartiennent au système silurien étudié autrefois par J. Babrande, et les deux puits de 1099 mètres et 1116 mètres sont certainement les plus profonds puits verticaux dans des rochers durs, qui existent actuellement. On y trouve, outre l’argent et d’autres métaux précieux, plus de quatre-vingts espèces de minéraux divers, souvent tfès rares, ce qui place Pribram parmi les localités les plus remarquables au point de vue minéralogique.
- Les huîtres d’Ostenclc. —Voici une révélation qui va troubler les amateurs d’huîtres. Les huîtres d’Ostende, si recherchées, n’existent pas; nous pouvons en croire M. Bouchon-Brandely, inspecteur des pêches maritimes de France : v En fait de parcs, dit notre compatriote, on ne voitàüstende que des bassins de dépôt,assez mal alimentés en eau de mer et dans lesquels on'se borne à conserver les huîtres quelques jours ou quelques semaines. Passé ce temps, celles-ci se mettent à périr ; il importe de s’en défaire au plus vite. Elles n’acquièrent donc dans ces dépôts aucune des qualités auxquelles elles doivent leur réputation européenne. D’ailleurs, les huîtres immergées dans les bassins d’Ostende proviennent non des eaux belges, mais bien d’Angleterre ou de France. Bélon, les Sables-d'Olonne fournissent aux parqueurs de la Belgique des huîtres que ces industriels parent du titre d’huîtres d’Ostende et qu’ils revendent ensuite jusque sur les marchés français aux prix que l’on sait et sous ce nom d’emprunt. » Encore une illusion qui disparaît!
- Les cigares en papier. — Nous signalerons à nos lecteurs une nouvelle et curieuse falsification. Il s’agit de la fabrication de feuilles de tabac faites en papier. D’après la Circulaire des fabricants de papier, journal des États-Unis, cette industrie prend une extension considérable, et une importante usine de l’État de New-York fabrique de grandes quantités de papier dont la destination avouée est d’ètre transformée en tabac. Il paraît que les industriels qui opèrent cette transformation trempent à plusieurs reprises le papier dans une forte décoction de tabac; ensuite ils le découpent et le pressent dans des moules qui donnent à chaque feuille de papier des nervures semblables à celles que possèdent les véritables feuilles de tabac. L’imitation est si parfaite que des connaisseurs en tabac et des fumeurs s’y sont trompés. On a plusieurs fois distribué à des amateurs des cigares fabriqués avec ce pseudo-tabac, et d’après ce que dit le fabricant de cigares en papier, ils les onttdéclarës excellents; beaucoup de personnes ont affirmé qu’ils étaient de marques peu communes, et l’imitation était si parfaite qu’un fumeur assura qu’il ne pouvait y avoir aucun doute sur leur origine.
- Les pigeons messagers sur mer. — Pendant les dernières manœuvres de l’escadre italienne dans la Méditerranée, des expériences ont été faites avec succès pour communiquer avec la terre au moyen de pigeons messagers. Quoique ces pigeons provinssent de la station de Piacenza, et eussent à parcourir une grande distance à
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- l’intérieur, après avoir atteint la côte pour regagner leur colombier, très peu d’entre eux restèrent en route. Les dépêches arrivées à Piacenza furent déchiffrées, et leur contenu fut télégraphié aux diverses stations sémaphori-ques de la côte. Quelques pigeons du dépôt d’Ancône furen* aussi envoyés au quartier général de l'année, à Monteehiaro, pour être employés pendant les manœuvres militaires. Ces oiseaux, après leur retour à Ancône (190 milles), furent envoyés à Rome, passant au-dessus des Apennins, — une distance plus grande de 125 milles, — et firent en moyenne le voyage en dix heures, malgré des conditions défavorables de temps.
- Réeifa disparus dans l’océan Pacifique. — Le
- dernier rapport des explorations nautiques accomplies par ordre de l’Amirauté anglaise fournit plusieurs exemples de la disparition d’anciens récifs dans l’océan Pacifique. L'Egeria, commandée par le commander C.-F. Oldham, avait reçu la mission de rechercher plusieurs de ces écueils et d’en bien relever la situation; or, si elle a pu accomplir ce travail pour plusieurs, il en est d’autres qu’elle n’a pas pu retrouver. Deux jours ont été employés en vaines recherches pour relever le récif Olozenga, signalé en 1876. Vingt milles à l'est et à l’ouest, quinze au nord et au sud du point où il avait été signalé, ont été parcourus inutilement. On a même trouvé sur ce point une profondeur de 2400 brasses. On n’a pas retrouvé trace du récif Alfred, au sud des Fidji, non plus que des* récifs Disney et Calnion. L’île Falcon a été visitée et' relevée. La première fois que cette île avait été vue par lé Falcon, en 1865, ce n’était qu’un brisant; douze ans plus tard, la Sappho avait vu de la fumée en sortir; en 1885, elle apparut pour la première fois comme une île, après une grande éruption. L’année dernière, lorsque le commander Oldham l’a visitée, elle était de plus de 46 mètres au-dessus du niveau de la mer. Mais les matériaux dont elle est formée, des cendres et des résidus volcaniques, sont continuellement emportés pas la mer. On a calculé que les deux tiers de l’île avaient disparu depuis 1885.
- La perte «le la frégate turque (( Urtogrnl ». —
- A l'occasion de la perte lamentable de ce bâtiment, qui a péri corps et biens dans les eaux du Japon, Y United Service Gazette donne les renseignements suivants : Osman, le commandant du bâtiment, était un jeune olfi-cier, gendre du Ministre de la marine, Ilassan Pacha. Le bâtiment, au moment du départ, était en si mauvais état que le mécanicien en chef, qui était Anglais, refusa de faire le voyage et se fit congédier. Le Sultan n’en avait pas moins reçu trois rapports affirmant les parfaites conditions dans lesquelles YErlogrul se trouvait. Le Ministre de la marine, qui avait un si proche parent à bord, doit avoir été trompé également, ou bien est un fataliste détermine. 11 est curieux, en outre, de voir dans le rapport officiel relatif au désastre, cette mention que le bâtiment souffrait des effets du mauvais œil, quoiqu’il eût été admiré partout. Or l’on sait/par les documents publiés sur toutes les flottes du monde, que c’était une frégate en bois, à hélice, lancée eri 1803, et qui était réputée avoir été restaurée en 1888.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 février 1891. — Présidence de M. Duchartre
- Ume Kowalewsky. — Les sciences mathématiques viennent de faire une perte extrêmement sensible dans la personne de Mœ* Sophie Kowalewsky qui vient de mourir à
- Stockholm après une très courte maladie. Suivant l’expression même de M. Bertrand, elle a surpassé de beaucoup toutes les autres femmes mathématiciennes, y compris Sophie Germain qui, en 1825, a reçu un prix de l’Académie. Mme Sophie Kowalewsky a reçu, il y a quelques années, le grand prix des sciences mathématiques pour son Mémoire sur la rotation des corps solides. Elle venait de passer l’hiver à Nice et avait traversé Paris il y a une quinzaine de jours en parfaite santé apparente. Elle se préoccupait de son prochain cours à l’ITniversité de Stockholm et se proposait de le consacrer à la théorie des nombres.
- Éléphants quaternaires. — M. Sirodot, doyen de la Faculté des sciences de Rennes, signale un gisement quaternaire qu’il vient de découvrir et qui est d’une richesse extraordinaire en débris d’éléphants. Ces débris proviennent de toutes les parties du squelette, mais, sauf les dents et les extrémités des membres, ils sont fort endommagés. Les fragments d’os plus ou moins gros portent tous des traces des violents coups de silex que leur ont portés les hommes préhistoriques pour les briser. Si l’on ajoute que beaucoup d’entre eux étaient encore dans des cendres et à demi carbonisés, on conviendra que toutes les probabilités sont pour que les proboscidiens aient reçu une destination culinaire. M. Siro lot a recueilli environ 800 molaires d’éléphants sur un espace de 1400 mètres de large, llles a réparties en groupes d’après la place que ces dents occupaient dans les râteliers dont elles faisaient partie, et il a ainsi mis en évidence des caractères de variations extrêmement intéressants et qui rattachent par des degrés insensibles le Mammouth à 1 ’Elephas meridio-nalis.
- Résistance des bêles au froid. — Par l’intermédiaire de M. Milne-Edwards, M. Colin (d’Alfort) adresse le résumé des expériences auxquelles il a soumis diverses espèces d’animaux domestiques pour apprécier leur résistance relative à l’action des gran ls froids. Le lapin se comporte vaillamment; après trente-cinq jours d’habitation dans des cabanes à — 15 degrés, il n’a perdu qu’un degré de sa température propre; son déficit a été le même au bout de vingt-quatre heures passées au milieu de blocs de glace. Le mouton et le porc sont aussi fort solides, protégés l’un par sa laine et l’autre par sa graisse; le chien est beaucoup plus frileux et le froid le tue assez vite; il en est de même pour le cheval.
- Varia. — Sans se laisser émouvoir par l’assertion de quelques personnes qui prétendent qu’il s’agit simplement de Saturne, M. Lescarbault donne de nouveaux détails sur l’étoile de première grandeur qu’il prétencFavoir découverte dans la constellation du Lion et qu’il appelle Stella. Aussi prie-t-on M. Tisserant de vouloir bien sans retard tirer la chose au clair. — Une statistique des taches solaires en 1890 est adressée de Zurich par M. Wolff. —Le bourgeonnement de quelques ascidies composées occupe M. Tison. — M. Cornu oppose une réponse aux objections formulées par M. Poincaré contré l’expérience de M. Wien-ner. ' Stanislas Meunier.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- LES FILS INVISIBLES1
- L’expérience amusante que nous allons faire connaître, comme celle de la souris animée dont
- 1 Suite. Voy. n° 925, du 7 février 1891, p. 159.
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- LA NATURE.
- nous avons parlé dans notre précédente Notice est exécutée à Paris, le soir, par des marchands des rues. Il lui faut la demi-clarté d’un coin mal éclairé : tous les Parisiens ont vu dans les rues, le camelot qui, assis sur la boite renfermant ses marchandises, fait danser devant lui des pantins articulés en chantonnant un air de danse et en battant la mesure avec la main (fîg. l).Les pantins, en simple carton découpé, ont l’air de se tenir debout d’eux-mêmes et de suivre en dansant l’ordre du marchand ; cette animation, toute factice, est due à un simple fil noir trè.s fin et à une certaine dextérité nécessaire pour cacher la manipulation.
- 11 y a plusieurs manières de combiner le fil ; mais la plus simple est celle-ci : l’opérateur se sert d’un fil de 1 mètre de Ion, fixé par une de ses hauteur du genou, et va aboutir à la main droite en passant sur l’autre genou. Les bonshommes découpés et dont les membres articulés s’agitent d’eux-mêmes au hasard lorsqu’on les remue, portent derrière la tête un petit crochet fait avec une languette de carton collée. L’opérateur, prenant de la main gauche un pantin, le pose devant lui, mais en réalité l’accroche au fil. 11 étend alors la main droite pour battre la mesure, jusqu’à ce que le fil soit tendu, et en battant cette mesure, le fil remuant, les pantins dansent. Le procédé est très simple, et l’effet obtenu est remarquable. Lorsque la danse
- est terminée, notre marchand reprend ses artistes avec la main gauche et les décroche. Il les fait
- alors visiter, et naturellement on ne voit rien.
- Le même fil et les mêmes pantins ont été employés d’une manière plus scénique, par certains opérateurs, de la façon suivante : Le fil était tendu sur la table du praticien, entre deux candélabres, par exemple, ce qui donnait à peu près la hauteur nécessaire aux petits bonshommes; il était attaché à un de ces candélabres, puis passant dans un anneau fixé sur le second, s’en allait aboutir dans la coulisse aux mains d’une personne cachée. Les pantins semblaient n’avoir subi aucune préparation et cependant il suffisait en ayant l’air de les mettre sur la table, d’engager le fil dans leur petit crochet en carton pour les faire tenir droits, puis suivre tous les mouvements donnés dans la coulisse.
- C’est encore au moyen d’un fil invisible très mince, voire même d’un cheveu noir d’une grande finesse, que le prestidigitateur Hermann faisait tenir une baguette entre ses deux mains (fig. 2). Une des extrémités de la baguette était attachée par un cheveu à une bague de la main droite. L’autre extrémité de la baguette portait également un cheveu que l’opérateur pouvait saisir entre deux doigts de la main, et la baguette se tenait suspendue entre scs deux mains ouvertes. Le prestidigitateur Alder.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
- Fig. 1. — La danse des pantins.
- environ, qui est [ extrémités au pantalon, à |
- Fig. 2. — La baguette dans l’espace.
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- N° 926. — 28 FÉVRIER 1891.
- L’HIVER 1890-1891*
- LES PALAIS DE GLACE. -- LES GLACES DE FOA'D
- Les hivers rigoureux et prolongés, comme celui climats les spectacles qu’on ne voit habituellement que nous venons de traverser, amènent dans nos que dans les pays froids : embâcles et déliâcles des
- Fig. 1. — Colonnade de glace construite à Reims en janvier 1891. (D'après une photographie de M. A. Henriol.)
- lleuves, scènes de patinage, et construction de pa- j carrés. Sur la berge de la partie payante, on a construit lais de glace analogues à ceux que l’on édifie en au moyen de blocs de glace extraits du canal qui passe Russie et au Canada. Notre figure 1 représente une colonnade de glace, entourant la statue du bonhomme Hiver; elle a été construite non pas à Saint-Pétersbourg ou à Montréal, mais bien à Reims en pleine Champagne. Voici lesrenseignements que nous communique à ce sujet M. Alexandre Henriot :
- Notre Société du Grand Bailla, société des fêtes de bienfaisance (notre
- Fig. 2. — Glace sur les eaux de la Vezouze près Lunéville. (D’après une photographie de M. Jægcr.)
- correspondant en est le Président), possède une installation de patinage importante puisque, en deux bassins, l’un dont l’entrée est gratuite, l’autre dont l’entrée se paye un franc, elle couvre une surface de plus de 13 000 mètres
- 1 Suite et fin. — Voy. n° 924, du 14 février 1891, p. 165.
- 19* innée. — 4“r semestre.
- à vingt mètres de là, une colonnade qui n’a pas moins de 4m,25 de hauteur, et 15 mètres de développement. Le diamètre en est de 9 mètres, les colonnes ont0m,60 de largeur. Le bonhomme River construit au centre avait 5m,75 de hauteur (fig. 1). —Sur le milieu de la surface glacée, la Société du Grand Bailla a fait ériger d’autre part une pseudo-fontaine de style arabe. Ce monument pesait certainement plus de 6000 kilogrammes. 11 n’a point fait flé-
- chir la glace sur laquelle il reposait, et qui n’avait pas moins de 0“,45 d’épaisseur. Ces fantaisies polaires ont duré du lor au 17 janvier 1891.
- La construction de monuments de glace du genre de ceux que nous venons de décrire, eût été facile
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- LA NATURE.
- dans la plupart des localités de nos régions, car la glace a partout atteint une épaisseur peu commune. La deuxième photographie que nous reproduisons ensuite (lîg. 2) en donne le témoignage : elle représente des glaçons qui ont été déposés sur les prés après la crue des eaux de la Vezouse, le 25 janvier 1891, dans les environs de Lunéville. Notre correspondant, M. Jauger, qui nous a adressé cette communication, nous écrit que ces glaçons avaient parfois 70 à 80 centimètres d’épaisseur.
- Les documents que nous avons publiés antérieurement sur les glaces de fond nous ont valu quelques nouvelles communications que nous devons analyser. M. G. Trouvé a eu l’occasion d’observer cette année la formation des glaçons à la surface de la Seine, et, sans nier l’existence des glaces de fond, il la considère comme peu fréquente et nécessitant des circonstances particulières. M. Ed. Franger, ingénieur civil à Guebwiller (Haute-Alsace), nous dit qu’il a observé le phénomène des glaces de fond, et il affirme que le fait est indéniable :
- Quant à sa cause, dit M. Franger, elle réside dans le refroidissement par rayonnement du lit du cours d’eau ; ce rayonnement, favorisé par les saillies des cailloux, n’est, en effet, aucunement entravé par l’eau; lorsqu’elle est claire, elle laisse passer les rayons calorifiques, exactement comme l’air, et sans que sa température en soit affectée sensiblement; les cailloux du fond se refroidissent donc tout comme le sol extérieur environnant, et ils ne tardent pas à congeler l’eau avec laquelle ils sont en contact lorsque la température de cette eau est voisine de0°. On trouve la confirmation pratique de cette explication dans les conditions mêmes qui, dans la nature, sont indispensables à la production des glaces de fond; en effet, toutes les circonstances qui sont défavorables au rayonnement, l’entravent et l’empêchent même, tandis que celles qui sont favorables au rayonnement, la favorisent d’une manière indiscutable. C’est ainsi que l’on ne rencontre que très peu ou pas de glaces de fond dans une eau trouble ou trop profonde, qui ne laisse pas passer les rayons calorifiques, ou dans une eau dont le courant trop faible ne peut pas s’opposer à la formation des glaces superficielles; tandis qu’on les voit se produire sûrement et énergiquement, dans le cours moyen des fleuves, là où l’eau est claire, pas trop profonde, et où le courant est assez rapide pour maintenir la surface nette de glace, et empêcher les graviers du fond de se couvrir de vase.
- M. A. Caron, à Châteauneuf, par Fraisans (Jura), nous donne le résultat de quelques observations qu’il a faites d’une glace de fond toute particulière dans les rivières de sa région, coulant en plaine au moment des grands froids ;
- Pendant les nuits claires et froides, il se forme dans la profondeur de nos rivières des espèces de cristallisations qui montent à la surface en groupes plus ou moins étendus, et descendent au fil de l’eau : c’est ce que les riverains appellent le givre, probablement par analogie. Ce phénomène se continue pendant la matinée, et cesse lorsque la température très basse de la nuit s’est relevée. Le givre est composé de petites aiguilles et lamelles de glace juxtaposées, retenues par une sorte d'attraction mutuelle, mais non adhérentes les unes aux autres. Il n’oppose aucune résistance au passage d’une barque, ni au mouvement des
- rames. C’est comme un petit nuage glacé, très peu épais, flottant à la surface de l’eau. Cependant cette agglomération sans consistance, est susceptible, dans certaines circonstances données, de produire des effets extrêmement puissants. Il arrive que le givre, par une nuit très froide, se produis# en grande quantité, et forme à l’ouverture de la vanne d’une roue hydraulique en marche un tampon la fermant complètement. On l’a vu également quelquefois former sur un barrage une véritable digue qui s’élevait très rapidement, produisant en amont une crue artificielle de la rivière, jusqu’au moment où le poids de l’eau ainsi surélevée devenait suffisant pour rompre le barrage. Aussi le givre est-il bien connu et redouté des usiniers de nos cours d’eau, qui exercent une surveillance active à son sujet dans les moments où l’expérience a fait connaître qu’il peut être dangereux.
- M. Caron attribue la formation de cette cristallisation au fond des rivières, au rayonnement nocturne qui se produit à travers la couche d’eau, et détermine la formation d’une sorte de gelée blanche qui monte à la surface.
- M. le professeur M. Musy, conservateur du Musée d’histoire naturelle à Fribourg, nous adresse un remarquable travail de M. II. Cuony sur la glace de fond : il s’agit d’une Note présentée à la Société fribourgeoise des sciences naturelles. L’auteur cite d’abord les faits et il rapporte qu’il se forme fréquemment des amas de glace de fond devant les vannes du barrage de la Sarrine près de Maigrange :
- Les vannes, dit l’auteur, ont de formidables armatures en fer, et c’est à la conductibilité de ce métal, ainsi qu’à celle dé la maçonnerie du barrage, qu’on doit la formation de ces glaces, dont on se débarrasse en chauffant la partie supérieure de la vanne à l’aide de feux de bois. De tous les faits que nous avons recueillis, il nous semble ressortir clairement que la formation de la glace de fond est due à la conductibilité du sol. Mais, comme preuve encore plus évidente de notre explication, nous avons essayé de reproduire artificiellement la glace de fond. L’expérience nous a parfaitement réussi. Si l’on fait refroidir une forte barre de fer jusqu’à 10 ou 15 degrés au-dessous de zéro et qu’on la plonge ensuite dans de l’eau froide, on verra, au bout de quelques instants, la partie submergée de la barre se couvrir d’une couche de glace. Il est évident que la barre de fer joue ici le même rôle que les piles des ponts.
- M. Cuony, après avoir cité de nombreux exemples à l’appui de sa théorie, termine ainsi son Mémoire :
- Nous croyons avoir suffisamment démontré que la formation de la glace de fond est due à la conductibilité du sol, qui lui permet de se refroidir plus rapidement que les eaux courantes. Si, dans certaines circonstances, d’autres causes paraissent contribuer à cette formation, ce ne sont que des causes accessoires, s’ajoutant pour produire, peut-être, des conditions plus favorables, mais la conductibilité du sol n’en reste pas moins la cause principale, la cause déterminante.
- Nous terminerons ici notre enquête sur les glaces de fond, nous félicitant d’avoir pu réunir, sur un sujet peu connu et controversé, des documents inédits qui permettront au lecteur de se faire une opinion. Gasto.x Tissandier.
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- SUR L’ORIGINE DES ROCHES CALCAIRES
- OPINION DE BERGMAN
- Dans une lettre adressée par Bergman, célèbre chimiste et naturaliste suédois, à Macquer, de l’Aca-démia des sciences, et portant la date : Upsal, 20 octobre 1774, on lit le passage suivant :
- Je viens de lire les ouvrages de M. Sage L’existence d acide marin dans divers minéraux m’a beaucoup surpris et cette prétention intéresse tellement la minéralogie, que j’ai déjà répété plusieurs de ses expériences. 11 a trouvé de l’acide marin dans l’alcali fixe et volatil, dans le marbre et toutes sortes de pierres calcaires. Il met de ces matières, comme vous savez, dans une retorte, ajoute un peu d’acide vitriolique et fait entrer la vapeur élastique dans un récipient, qui soutient une petite portion d’huile de tartre par défaillance 1 2 3 : enfin il trouve du sel digestif5 dans le récipient. En répétant avec soin ces expériences, en me servant d’un alcali fixe ordinaire comme la potasse, j ai aussi quelquefois trouvé un peu d’acide marin, mais en employant un alcali de tartre pur, je n’en ai jamais pu attraper la moindre trace. Quant à l’alcali volatil, il contient souvent un peu de sel ammoniac, et en ce cas on peut bien avoir de l’acide marin 4, mais en choisissant celui qui en est délivré on n’aura non plus d’acide marin. Entre les pierres calcaires, celles dont les parcelles sont impalpables, comme la craie et les marbres, elles donnent un peu d'acide marin, étant formées au fond de la mer (car on les trouve remplies des animalcules marins pétrifiés), mais toutes les autres en sont dépourvues. Yoilà à quoi m’ont conduit les expériences. L’alcali dans le récipient précipite toujours la solution d’argent, mais le précipité n’est pas pour cela une lune cornée.
- Il nous a paru intéressant de citer l’opinion du chimiste du dix-huitième siècle, sur l’origine de la craie. Bergman appliquait déjà les méthodes délicates de 1 analyse a des recherches de chimie géologique.
- On sait que l’honneur d’avoir vu l’intervention de la mer dans la formation des terrains stratifiés revient aux géologues italiens et entre autres à Léonard de Vinci, le peintre fameux qui était aussi ingénieur, architecte et poète. L. L’Hôte.
- LA PHOTOGRAPHIE PRATIQUE’
- LES OBTURATEURS INSTANTANÉS
- En abordant la question des ohturateqrs, notre intention n’est nullement d’étudier les conditions que doivent remplir ces appareils, ni de rechercher leur meilleur emplacement ou les limites de leurs vitesses utiles. Toutes ces questions ont été complètement traitées dans des livres spéciaux, entre autres par M. Londe, dans son ouvrage si complet sur la photographie instantanée.
- 1 Membre de l’Académie des sciences, directeur de la Manufacture de Sèvres; mort en 1784.
- 2 Carbonate de potasse tombé en déliquium.
- 3 Chlorure de potassium.
- 4 Acide chlorhydrique.
- 3 (Suite.) — Vov. n° 877, p. 250, et n° 804, p. 107.
- Notre but, plus modeste, est d’indiquer à l’amateur comment il pourra arriver à construire lui-même un appareil répondant à la plupart des cas de la pratique. Il nous semble qu’il ne sera pas inutile de commencer par une revue générale des mécanismes employés jusqu a ce jour, le chercheur y trouvera peut-être une indication dont il saura tirer parti. Nulle question n’a autant exercé la sagacité des inventeurs : les formes et les dispositions les plus diverses ont tour à tour été employées et les modèles qu’on trouve dans le commerce sont légion ; cependant lorsqu’on les examine de près, on remarque qu’au point de vue mécanique, ils peuvent se classer en cinq grandes catégories : 1° la guillotine; 2° la vanne ; 5° le disque tournant ; 4° le volet; 5° l’obturateur central.
- 1° La guillotine. — La guillotine consiste essentiellement en une lamelle glissant perpendiculairement à 1 axe de l’objectif : cette lame comporte une ouverture au moins égale au diamètre de l’objectif, comprise entre deux parties pleines de mêmes dimensions. On remonte la lame de manière que la partie pleine inférieure obture, un déclic la maintient dans cette position : c’est ce qu’on nomme Y armé. En débrayant le déclic, la lame tombe, l’ouverture démasque en passant l’objectif qui est enfin obturé par la partie pleine supérieure. Sur ce principe ont été construits de nombreux appareils et la simplicité du mécanisme a permis à beaucoup d’amateurs d’en tenter la construction.
- Le numéro 1 de la figure 1 donne une disposition de guillotine actionnée par un ressort de caoutchouc : trois petits clous placés à des hauteurs différentes permettent de donner une tension initiale plus ou moins grande au ressort suivant qu’on l’accroche sur l’un d’eux, afin de faire varier les vitesses.
- La guillotine peut fonctionner dans tous les sens, si on emploie un ressort moteur ; dans ce cas, on peut modérer sa vitesse à l’aide d’un frein ; lorsqu’elle tombe en chute libre, on la ralentit en la faisant glisser suivant une direction plus ou moins oblique.
- Une variété de guillotine est la forme dite à rideau qui fonctionne à la manière des stores de voiture (fig. l,n°16). Nous citerons, comme modèles de ce genre, les obturateurs de H. de Molard, Edwards, Simonof, Thornton-Pickard, etc. La forme de l’ouverture a donné lieu à de nombreuses études : la forme ronde d’un diamètre égal à celui de l’objectif a le moins bon rendement ; la forme rectangulaire 1 (d étant le diamètre de l’objectif)
- semble la meilleure; mais si on a soin de donner aux côtés supérieurs et inférieurs du rectangle, une forme convexe, soit triangulaire, soit ronde, et de telle sorte que la distance entre les deux sommets soit égale à 1 d, les bords de la lentille qui sont moins lumineux, ont une pose plus longue que le centre, et l’image est par suite plus égale.
- On peut faire varier la durée de la pose en rétrécissant l’ouverture de la guillotine, ainsi que l’a
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- proposé Scowill en Amérique, disposition que nous avons représentée dans la figure 2, n° 1. La guillotine est à ouverture convexe et la partie pleine supérieure est mobile entre les prolongements des côtés de la fenêtre, réunis dans le haut par une petite traverse; sur celle-ci, on fixe une lame de ressort percée de trous qu’on engage sur une cheville vissée sur la partie mobile; on la maintient ainsi à l’écartement voulu ; les différentes positions du côté convexe sont figurées en pointillé ; deux taquets en haut de cette pièce et un fil de fer tendu sur la monture, arrêtent la guillotine en temps utile.
- La guillotine peut se placer en avant, en arrière, ou entre les deux lentilles : en avant, la guillotine tombante a l’inconvénient de donner plus de pose aux ciels qu’aux terrains, la lame se déplaçant d’un mouvement accéléré. On dispose très facilement la guillotine entre les lentilles en donnant deux traits de scie sur le corps de l’objectif en arrière du diaphragme de façon à laisser passer une mince lame de métal ; un déclic à ressort et deux encoches sur le bord de la lame, l’une pour l’armé, l’autre pour la pose, complètent ce dispositif à la fois le plus simple et le moins encombrant.
- Fig. 1. — Divers modèles d’obturateurs.— 1. Guillotine simple. — 2. Volet (Gucrry). — 5. Double seeleur (Français). — F. Vanne et volet combinés (Mendoza). — 5. Vanne (Ilarisson). — 6. Double guillotine (Thury et Amey). — 7. Double guillotine (Zion). — 8. Double secteur (Otteuheim). — 9. Double guillotine (Irunberry). — 10. Trois lames (Mattiolli). — 11. Disque tournant. — 12. Double secteur (Guilbert). — 15. Vanne (Cadot). —14. Vanne à frein (Laverue). — 15. Double vanne (David). —16. Rideau (II. F.). — 17. Secteur tournant (Londe et Dessoudeix). — Nota : Cette planche, reproduction d’une photographie, donne les grandeurs relatives des divers obturateurs.
- 2° La vanne. — Les obturateurs à vanne comprennent une lamette qui peut, sous l’action d’un ressort tendu à l’avance, prendre un mouvement de va-et-vient au cours duquel l’objectif se trouve démasqué. Le plus simple est le modèle Harisson (fig. 1, n° 5) : entre les deux glissières d’une monture, fixée sur la bonnette d’objectif, une planchette tend à être remontée sous l'effort d’un ressort de caoutchouc tendu transversalement et simplement passé sur la tête d’un clou planté au centre de la vanne ; celle-ci est maintenue abaissée par un crochet. Si on vient à déclencher ce dernier, la planchette est soulevée, le caoutchouc se dégage et la vanne retombe aussitôt. M. Lavcrne a construit un
- obturateur à vanne actionné par un ressort-spiral (fig. 1, n°. 14) qui agit sur une bielle reliée à la tige de la vanne ; l’extrémité supérieure de cette tige est munie d’un piston très léger, glissant dans un corps de pompe dont le fond porte une ouverture qui peut être plus ou moins oblitérée par un bouchon tournant; cette disposition forme une sorte de frein à air, permettant de faire varier la durée de l’exposition ; cet obturateur se place derrière les diaphragmes. L’obturateur Cadot (fig. 1, n° 13) qui se fixe sur le parasoleil, fonctionne de même, il emploie un frein à friction; il en est de même de l’obturateur Faller.
- L’obturateur David (fig. 1, n° 15) emploie deux
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- lames bandées par un même ressort et manœuvrées par des leviers extérieurs : le déclenchement s’opère en appuyant sur le levier inférieur; la première lame se relève et aussitôt la seconde tombe vivement; cet obturateur se monte sur la fente des diaphragmes, à l’aide d’un collier.
- Une variété nous est fournie par la vanne oscillante, celle-ci tourne sur un pivot ; une disposition mécanique très simple, après l’avoir soulevée, la laisse retomber; plusieurs obturateurs américains sont basés sur ce principe. Boca emploie deux vannes de ce genre; dès que l’une s’est abaissée pour démasquer l’objectif, l’autre se relève.
- 3" Le disque tournant. — Il se compose d’un disque ou d’une portion de disque se mouvant autour d’un pivot, suivant un plan perpendiculaire à l’axe du pinceau lumineux, de telle sorte que la fenêtre dont il est muni vienne, à un moment donné, passer devant l’objectif. Le plus simple est constitué par un disque monté à la façon des diaphragmes tournants (fig. 1, n° 11). Une lame de ressort est fixée d’une part sur une goupille vissée au bord du disque, et de l’autre sur l’objectif.
- On bande le ressort en tournant
- le disque en arrière ; en pressant sur le déclic, qui le maintient dans cette position, le ressort fait tourner vivement l’obturateur.
- Le secteur tournant, en décrivant une portion d’arc de cercle, ce qui, au fond, revient 'a une guillotine tournante, a été employé dans l’obturateur Londe-Dessoudeix (fig. 1, n° 17); cet appareil est si répandu que nous ne nous attarderons pas à le décrire; on sait que, grâce à une disposition spéciale, il peut prendre une série de vitesses qui répondent à tous les cas de la pratique.
- M. Londe, en étudiant les diverses formes que l’on peut donner à l’ouverture de ce genre d’obturateurs, a été amené à conclure que la meilleure était celle d’un trapèze constitué par deux arcs de circonférence tangentes à l’ouverture de l’objectif, l’une extérieurement, l’autre intérieurement, et ayant le
- pivot du disque pour centre; les deux autres côtés du trapèze sont donnés par les rayons tangents à cette ouverture.
- Les obturateurs de MM. Antony, Mendoza, appartiennent à cette catégorie.
- 4° Le volet. — Les obturateurs à volet tirent leur nom de leur mode de fonctionnement, ils agissent en effet à la manière de nos volets de fenêtres. Le type nous en est fourni par l’obturateur Guerry (fig. 1, n° 2) ; le volet, très léger, est constitué par un petit sac de velours tendu sur un cadre de fil de fer, un soufflet gonflé par une poire de caoutchouc presse sur une pédale qui entraîne un cordonnet entourant l’extrémité de l’axe du volet et, par suite,
- en détermine la rotation ; un ressort à boudin antagoniste force le volet à se refermer dès que la pression cesse. Ce modèle présente cet avantage qu’il est toujours prêt à fonctionner, la durée de la pression détermine le temps de la pose, mais sa vitesse maxima n’a que peu de valeur. Afin d’augmenter cette vitesse, M. Guerry a été amené à prendre une solution proposée par M. Audra, qui consiste à adjoindre un second volet se relevant dès que le premier a accompli
- son mouvement. La durée de la pose est ainsi diminuée, mais on a perdu l’énorme qualité que possédait le premier modèle d’être toujours armé. ' L’accouplement de la vanne et du volet a donné l’obturateur Mendoza (fig. 1, n° 4) : on arme l’appareil en soulevant un volet muni d’un côté d’un taquet qui s’engage sous une tige verticale et, de l’autre côté, tiré par un ressort de caoutchouc qui tend à le fermer. En pressant sur une poire, la vanne se lève et agit sur un bouton pris dans une fourchette qui termine la tige verticale; celle-ci se déplace et le volet libéré retombe aussitôt.
- 5° Obturateur central. — On donne ce nom aux appareils qui découvrent l’objectif du centre à la périphérie et se referment inversement : deux guillotines ou deux disques fonctionnant en sens inverse donnent la solution cherchée.
- Fig. 2. —Détails d'obturateurs faciles à construire. — 1. Guillotine à ouverture variable de Scowill. — 2. Plan et coupe d’un déclenchement pneumatique. — 3. Obturateur H. Fourtier à rideau. — 4. Obturateur Moussette à guillotine.
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- L’accouplement de deux guillotines a été employé par Thury et Amey (fig. 1, n° 6), Irunberry (fig. 9), Zion (fig. 7), Français, Steinheil, etc., le double secteur par Ottenheim (constructeur Balbreck (fig. 8), Français (le Cyelope, fig. 3), Guilbert (fig. 12), etc.
- Si on emploie plusieurs lames, on peut obtenir une ouverture s’épanouissant dans le genre de l’Iris ; tels sont l’obturateur de Mattioli (fig. 10) (3 lames), Dallemeyer, Martinet (4 lames), Benster (14 lames), etc.
- A côté de ces cinq grandes classes, il y aurait à signaler quelques appareils construits sur des principes tout particuliers, tels que l’obturateur La-baume-Pluvinel dans lequel un disque placé dans l’intérieur du corps de l’objectif tourne autour d’un pivot passant dans un plan perpendiculaire à l’axe des rayons lumineux : celui du docteur Can-dèze agissant à la façon d’un robinet et décrit déjà dans La Naturei; ou encore l’obturateur sphérique (Le Docte) qui fonctionne comme les rideaux de certaines lampes de wagon : deux quarts de sphère en étoffe tendus sur des demi-méridiens en fils de fer et s’ouvrant de chaque côté de l’objectif.
- Nous avons indiqué, en passant, les principales dispositions d’obturateurs, nous compléterons par quelques données sur les moyens employés pour mouvoir ces pièces d’obturation. Le plus souvent on use d’un ressort en caoutchouc qui a l’inconvénient d’être rapidement détérioré par les changements de température; par contre, il a l’avantage d’être facilement remplacé. Les ressorts à boudin en fil d’acier sont de beaucoup préférables, ils sont à la fois plus souples et plus énergiques : c’est par l’enroulement d’un tel ressort fixé d’une part 'a la poulie motrice, de l’autre à une pièce de réglage que Londe et Des-soudeix obtiennent, dans leur obturateur, des vitesses uniformes pour une même tension initiale, que l’on fait varier, en agissant sur la pièce de réglage.
- Un ressort plat en spirale ou un fil d’acier de même enroulement, sont employés par MM. Thury et Amey, Laverne, Faller, etc. Ce mouvement de rotation est transformé en un mouvement rectiligne par le premier constructeur en agissant sur un pignon engrenant de part et d’autre sur des crémaillères placées sur les bords des deux guillotines disposées symétriquement ; MM. Laverne et Faller actionnent leur vanne par un mouvement de bielle. M. Irun-berry a muni ses deux guillotines de crémaillères et placé entre elles un pignon fou sur un axe fixe, la poire agit sur un piston qui pousse une des crémaillères et le pignon entraîne l’autre en sens inverse; un ingénieux dispositif de ressorts fait que le piston moteur est toujours amené à être en contact avec la crémaillère la plus basse, il en résulte que l’obturateur est toujours armé; M. Zion actionne une de ses lames par un ressort à boudin que l’on tend pour armer et qui se détend quand on presse sur la poire, entraînant la lame à laquelle il est fixé
- 1 Yoy. n° 475. du 24 juin 1882, p. 49.
- par une de ses extrémités ; la seconde lame est rendue solidaire de la première par un fil passant sur une poulie de renvoi; nous nous contenterons de citer ces quelques dispositions qui montrent quelle ingéniosité a été déployée par les constructeurs.
- Les déclenchements pneumatiques sont fort nombreux; poches de caoutchouc se gonflant et pressant sur une pédale, pistons moteurs ou agissant par choc, etc. Nous décrirons ici un dispositif facile à construire par les amateurs. Un ressort plat d’acier ou de laiton écroui, un peu long, pour avoir plus de souplesse, est fixé par une de ses extrémités, tandis que l’autre porte un retour d’équerre destiné à s’engager dans l’encoche ou sous le taquet de la pièce obturatrice mobile (fig. 2, n° 2).
- Le ressort est percé d’un trou dans lequel s’engage, sans frottement, une vis à tête ronde qui sert à régler la quantité dont doit se relever le ressort. On glisse au-dessous de celui-ci un bout de biberon en caoutchouc non percé, qu’on trouve facilement dans le commerce. Dans le col on fait pénétrer à frottement un bout de tube de laiton ou de verre qu’on relie à une poire par un tube de caoutchouc ; une pression sur la poire fait gontler l’ampoule qui soulève le ressort et la lame obturatrice est libérée.
- Ces indications générales données, laissant de côté les appareils spéciaux de MM. Marey, Janssen, Se-bert, décrits déjà dans La Nature et dans lesquels on s’est efforcé de réaliser des vitesses considérables, ayant pour objet des recherches scientifiques, nous décrirons deux obturateurs faciles à construire.
- Yoici d’abord l’ingénieuse guillotine de M. Moussette (fig. 2, n° 4) : sur une petite planchette carrée, percée en son centre d’une ouverture un peu plus faible de quelques millimètres que l’ouverture de la bonnette de l’objectif, on fixe latéralement deux glissières pour le passage de la guillotine. Au dos de la planchette on colle une plaque de liège de 10 à 15 millimètres d’épaisseur percée au centre d’un trou ayant juste les dimensions extérieures de la bonnette : cette monture forme un bouchon qui se fixera avec facilité sur l’avant de l’objectif. La guillotine sera formée par une lame de bois mince percée au centre d’une ouverture carrée ou mieux agencée à la façon de la guillotine Scowill. Une petite boîte en laiton montée à ressort sur un des côtés de la monture quelle embrasse en partie, porte un index qui vient frôler la guillotine : sous la boîte est engagée une petite ampoule de caoutchouc munie d’une tubulure de cuivre destinée à attacher le tube d’une poire. En pressant sur celle-ci l’ampoule se gontle, soulève la boite et, par suite, recule l’index. La lamelle obturatrice porte deux petites vis dont les têtes cylindriques font saillie : l’une placée au-dessous de la fenêtre correspond à la position de l’armé, l’autre située au-dessus, correspond à la pose, c’est-à-dire que lorsqu’elle s’appuie sur l’index, la fenêtre démasque complètement l’ouverture de l’objectif; enfin une dernière vis faisant saillie de part et d’autre de la guillotine sert à
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- la manœuvrer ou à l’arrêter à la fin de l’opération. On conçoit que, d’après ces dispositions par une pression un peu prolongée sur la poire, on permet à la guillotine de parcourir toute sa course, donnant ainsi son maximum d’etïet; un coup bref, au contraire, sert à obtenir la pose, car l’index vivement ramené en arrière laisse passer la première vis, puis, revenant en avant, arrête la guillotine par la seconde vis; un second coup sur la poire, en temps voulu, détermine la dernière phase de mouvement de la lame, c’est-à-dire la fermeture. Ajoutons qu’un ressort en caoutchouc passé sur la vis supérieure et fixé à la monture, permettrait d’accélérer la vitesse.
- Nous décrirons maintenant un autre modèle un peu plus compliqué de construction, mais apte à fournir de plus grandes vitesses.il s’agit de l’obturateur à rideau (fig. 2, n° 3).
- Entre deux planchettes carrées maintenues écartées par deux minces languettes de bois, glisse un rideau de soie percé d’une ouverture ronde ou carrée, du plus grand diamètre de l’objectif. La monture de bois est, bien entendu, perforée de part en part d’une ouverture égale. Le bord supérieur du rideau est collé sur un rouleau de bois tourné, d’un diamètre un peu fort et prolongé de chaque côté par un petit rouleau de diamètre plus faible; sur ces derniers se fixent les extrémités de fils terminés par un anneau de caoutchouc; ceux-ci sont passés sur une vis faisant saillie vers le bas de la monture. Deux petites lames de cuivre, vissées sur la partie supérieure des flancs de cette monture, supportent les pivots du rouleau, et l’un d’eux est garni d’une petite roue dentée sur laquelle un levier coudé, actionné par un anneau de caoutchouc, fait l’office de rochet. Le bas du rideau est fermé par un ourlet dans lequel on glisse une tringlette de bois qui limitera la course; enfin un cordonnet terminé par une grosse perle sert à manœuvrer le rideau. Celui-ci ayant été enroulé jusqu’à ce que la tringlette vienne porter sur le bas de la monture, on tourne les fils sur leurs petits rouleaux en sens inverse du rideau jusqu’à ce qu’on soit obligé de donner une légère tension aux anneaux de caoutchouc pour les accrocher sur leur vis. L’appareil est dès lors prêt à fonctionner. Si on tire sur le cordonnet du rideau de manière à complètement dérouler celui-ci, les fils s’enrouleront sur leurs axes en tendant les ressorts, et le rochet maintiendra l’obturateur dans cette position d’armé. Une légère pression sur le bras de levier permettra aux ressorts d’agir et le rideau se roulera avec rapidité. A cette brève description, mais suffisamment complétée par le n° 5 de la figure 2, il conviendra d’ajouter quelques détails pratiques de construction. Plus le rapport des diamètres des rouleaux du fil et du rideau est grand, plus la vitesse s’accroît : c’est la théorie du treuil différentiel ; on augmente encore la vitesse par une plus grande tension initiale du ressort, ou en renforçant ce dernier, et pour cela il suffit d’employer plusieurs anneaux à la fois.
- Comme au début de l’action, par suite des inerties à vaincre, le rideau ne prend pas de suite son maximum de vitesse, il est bon de lui donner comme longueur au moins quatre fois le diamètre de l’objectif, et l’ouverture est disposée vers le bas, de telle sorte que le rideau étant enroulé à refus, le bas de l’ouverture dépasse d’environ 1 centimètre le dessus de la fenêtre de la monture : de cette façon l’objectif n’est démasqué que lorsque l’obturateur a acquis toute sa vitesse.
- Pour confectionner le rideau on tend sur une planchette un morceau de soie à l’aide de punaises ou de petits clous, on colle par-dessus une feuille de papier noir à aiguille, puis un second morceau de soie; pour ces opérations on se servira de colle faite avec de la farine de riz, colle extrêmement tenace ; on laisse sécher, puis on découpe le rideau au canif. Si on doit réserver une ouverture rectangulaire, on aura soin de coller sur le papier de minces baguettes de bambou à l’emplacement futur des côtés supérieur et inférieur; au besoin on renforcera les côtés latéraux avec un ruban plat ; par-dessus le tout on collera la seconde feuille de soie.
- Dans le modèle que nous avons figuré, le déclenchement s’opère au doigt; on peut y substituer un déclenchement pneumatique d’après les indications données plus haut. Cet obturateur sera fixé sur la planchette d’objectif et le devant de la monture organisé de manière à recevoir les petites planchettes porte-objectif.
- Le modèle que nous avons construit pour notre usage personnel avec un rapport d’axes de i /3 donne une vitesse mécanique de 1/60® de seconde bien suffisante pour la pratique ordinaire; on peut lui donner plus de vitesse en doublant les ressorts et la tension initiale.
- Qu’il nous soit permis, en terminant cet article, de nous élever contre ce que nous appellerons le « snobbism de l’instantané. »
- Nous n’entendons point proscrire l’instantané, car il a l’avantage de donner aux paysages une animation, un vécu des plus intéressants, mais nous croyons que son rôle doit se borner là, et nous n’aurons point alors à rechercher des vitesses exagérées qui nous fixent la silhouette du mouvement et font perdre les détails. H. Fourtier.
- DÀHOMIENS ET EGBAS
- Après avoir suivi de loin les événements récents qui se sont déroulés entre la France et le Dahomey, il nous est donné de voir aujourd’hui, à Paris, quelques spécimens des races indigènes qui viennent d’arriver au Jardin d’Acclimatation. Il y a bien des années que le Dahomey excite notre curiosité : ces sacrifices humains, ces amazones, ces légendes fabuleuses auxquelles avaient donné naissance les récits des premiers explorateurs portugais, qui, sur des données vagues, avaient lâché les rênes à
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- leur imagination ardente de méridionaux, tous ces détails dépouillent aujourd’hui leur exagération surannée. L’auteur de cet article a étudié ce pays étrange pendant plusieurs années, le parcourant en tous sens, s’immisçant à l’existence des indigènes, 'a ses mœurs, à son histoire. Malgré la perte de ses illusions dans ce qu’elles avaient de plus chevaleresque, les amazones, les sacrifices humains, les mœurs indigènes l’ont vivement intéressé : les premières, par leur bravoure sans égale, leur fanatisme farouche; les seconds, par le motif qui leur donne lieu et qui n’est pas, comme on a tort de le croire, le seul besoin de verser inutilement le sang humain.
- Pauvre et affaibli aujourd’hui par son gouvernement despotique, le Dahomey était autrefois le peuple guerrier par excellence ; non que sa tactique fût des plus honnêtes, mais parce que l’homme n’y vivait que pour la guerre, ne pensant qu’au combat et s’y préparant sans cesse.
- Tout le monde est soldat au Dahomey ; les hom -mes, tant qu’ils peuvent porter un fusil, les femmes, un fardeau.
- Quelques-unes de ces dernières, de 5000 à 4000, sont destinées au corps des amazones, qui existe depuis le commencement du siècle actuel.
- Si le guerrier avait trouvé, à son retour au foyer, un gouvernement paternel, une liberté relative, à l’abri des persécutions habituelles, une famille en sécurité, le Dahomey serait aujourd’hui riche, florissant, peuplé et deux fois plus étendu. Mais, au contraire, le citoyen n’y est considéré que comme un esclave bon pour la guerre, au besoin, travaillant pour le Roi, lui donnant tout ce qu’il a au monde, femme, enfants, récolte, case et la moitié du produit de son travail ; il ne doit rien posséder : tout est au Roi dont il est perpétuellement l’obligé et reconnaissant serviteur, et qui dispose de lui, de sa famille et de tout son bien comme d’objets passifs et sans valeur aucune. Aussi, à quoi bon amasser, à qui ne doit pas posséder ? Le Dahomien ne cultive strictement que ce qui lui est indispensable pour ses besoins. 11 ne travaille que pour manger, boire et se
- vêtir, et pas davantage. De l'a, ce pays exubérant de végétation, qui n’est cultivé qu’en raison d’un dixième à peine de son étendue, et ces habitants pauvres, souffrant toujours de leur vie dure et des persécutions du Roi, qui le quittent dès qu’ils peuvent, pour aller vivre ailleurs en hommes libres, à la côte d’Or, aux Popos, au Yorouba, condamnés à mort, par contumace, pour avoir quitté le sol natal et qui n’y rentreront qu’avec la civilisation européenne. Et ils sont innombrables, ces émigrants; on les trouve presque partout exerçant leur vive intelligence, maintenant qu’elle n’est plus étouffée par la tyrannie, mettant tous leurs moyens à conquérir une aisance qui leur appartiendra de droit, mais conservant malgré tout, chose étrange, une
- vive attraction vers leur patrie. Dès qu’une puissance européenne mettra un frein aux abus du monarque dahomien, ils reviendront en foule faire profiter leur pays de leur travail et de leur industrie.
- Les indigènes du Jardin d’Accli-matation appartiennent à deux nations voisines, Dahomiens et Egbas : les premiers sont de la classe persécutée dont nous parlions tout à l’heure; plusieurs d’entre eux viennent de l’intérieur du pays; autres, au contraire, habitaient la côte.
- Les Egbas appartiennent à un peuple puissant et qui a aussi son histoire. On désigne sous ce nom les habitants du territoire d’Abéokouta, grande ville du Yorouba, sa capitale et la concurrente d’Abomey. Le royaume de Porto-Novo ne s’étendait pas, autrefois, très loin au nord et le Yorouba était seulement séparé du Dahomey par le lleuve Whémé à l’est. Aujourd’hui, d’après les récentes délimitations basées sur des lignes méridiennes allant du nord au sud, le Yorouba se trouverait séparé du Dahomey par la largeur du royaume de Porto-Novo. Ces limites sont d’ailleurs sur nos cartes d’aujourd’hui, mais inconnues des indigènes.
- Autrefois (1855-1865) les Dahomiens voulaient conquérir et annexer à leur territoire celui du Yorouba. Pendant les dix-septième, dix-huitième et
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- dix-neuvième siècles, les Djedjis ou Fons, fondateurs de la race dahomienne, avaient fait d’un très petit État grand comme une de nos villes, en y ajoutant
- leurs innombrables conquêtes successives, le territoire actuel qui a environ 90000 kilomètres carrés. Mais ils n’avaient jamais fait la guerre qu’à de petits
- Fig. 4. — Dahomieu dans l’attitude du combat. Fig. 5. — Dahomienne au port d’armes.
- (D’après des photographies exécutées au Jardin d’Acclimatation de Paris, par M. Maurice Bucquet.)
- États et en opérant toujours par la ruse; surpris avant le point du jour, les habitants étaient réveillés en sursaut par des cris de douleur, et cette impres-
- sion produisait à la faveur des ténèbres une telle épouvante, une telle panique, que presque, sans coup férir, ils étaient fails prisonniers, leur vil-
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- lage pillé et incendié, par une poignée de ces pillards.
- Or, en 1850, le Dahomey avait fait, avec perte, une tentative du côté des Aschantis, ses voisins de l’ouest. En 1855 et 1863, deux expéditions du même genre avaient été dirigées sur Abéokouta. Ce fut le plus beau champ de bataille des amazones, nombreuses à cette époque : elles firent inutilement des prodiges de valeur pour faire pencher la victoira en leur faveur, mais elles étaient accablées par le nombre.
- A ce propos, voici ce que les indigènes nous racontèrent dans une visite que nous fîmes à Abéo-kouta en 1887 : « On n’avait jamais vu les amazones à Abéokouta avant ce jour-là (1855), on ignorait même l’existence, dans les rangs dahomiens, de cette redoutable phalange. » En effet, étant vêtues comme les hommes et très sales lorsqu’elles ont deux ou trois jours d’étape, couchant et s’asseyant sur la terre, il est difficile de les distinguer dans la mêlée. Les Dahomiens, malgré la résistance désespérée des Egbas, grimpent à l’assaut d'Abéokouta L Ils pénètrent sur plusieurs points, on entend déjà des cris de victoire lorsqu’un Egba, en tuant un Dahomien, aperçoit le sein d’une femme ; il court à un autre cadavre et fait la même découverte. « Egbas ! crie-t-il, ce sont des femmes qui nous font la guerre ! Egbas ! nous laisserons-nous vaincre par des femmes? » Ce cri court sur les rangs des assiégés; leur courage est ranimé, la résistance devient désespérée et les Dahomiens mis en déroute.
- Voici donc côte à côte, aujourd’hui, au Jardin d’Acclimatation, les gens, dont certainement les parents se battaient l’un contre l’autre sous les murs d’Abéokouta : les Dahomiens et les Egbas. Les deux races diffèrent entre elles, sous beaucoup de rapports. La beauté physique va, dans le golfe de Guinée, en augmentant toujours de l’est à l’ouest, c’est-à-dire du Niger à la rivière Roquelle ; là, elle s’arrête de nouveau ; les gens y sont laids.
- Les Yoroubas, auxquels appartiennent les Egbas, occupent le deuxième ou troisième échelon en quittant le Niger : ils sont généralement bien découplés et n’ont dans la figure autre chose d’agréable que les yeux qui ont beaucoup d’expression ; le profil est si-miesque, la peau rougeâtre ou noir mal teint, leur intelligence extrême, leurs mœurs douces et conciliantes; ils ont une forte disposition à l’honnêteté et sont beaucoup moins faux que les Dahomiens ; s’ils ne sont pas d’une franchise absolue, c’est que le caractère même du nègre est de dissimuler ses impressions dans son langage. Généralement, au-dessous de la taille moyenne, peu musclés, ils n’ont pour eux à peu près que leur caractère.
- Le Dahomien, lui, est plus agréable de physionomie; il suit la règle à peu près invariable que je donnais tout à l’heure sur la beauté ; mais son regard est faux; pas de franchise, même modérée, chez
- 1 De Agbué (sur les) Okouta (pierres) parce que la ville est assise sur des roches énormes qui lui forment une enceinte naturelle presque inexpugnable.
- lui : sa règle est d’égarer celui auquel il s’adresse par des mensonges; il ment en tout et pour tout; il connaît admirablement son intérêt et sait faire tourner à son profit les résultats de son astuce; il est voleur dans lame : le vol, pour lui, a un charme, une attraction particulière et de beaucoup préférable à ce qu’on lui donne, qui ne le satisfait jamais. Au point de vue de l’intelligence, il n’a rien à nous envier. Sa taille est moyenne, il est mieux musclé que l’Egba, plus résistant à la fatigue et insensible aux privations, par habitude.
- Les vraies amazones, celles qui constituent aujourd’hui la garde du roi, sont au nombre d’environ 4000: loin d’être vouées au célibat comme on le croit généralement, elles sont en partie femmes du monarque ou de ses grands chefs; elles ne peuvent se marier qu’avec son autorisation.
- Exercées sans cesse, toujours en haleine, elles forment un corps d’élite qui se comporte brillamment en guerre : leur physique se ressent de leurs habitudes : elles ont l’allure masculine. D’un fanatisme outré, d’un orgueil proportionné à celui du chef qu elles servent, il eut été impossible d’en décider une à quitter son pays.
- On a donc enseigné à leurs compatriotes que nous voyons ici (fig. 1 et 3),la plupart de leurs exercices, et, pour ne pas être authentiques, elles n’en ont pas moins les qualités principales : l’origine et le savoir militaire. Qui sait si la sœur de quelqu’une d’entre elles n’est pas au service du Roi?
- Leur costume, bien que composé d’éléments essentiellement indigènes, n’est pas non plus celui des vraies amazone^, lequel se compose d’un pantalon arrivant au gen&u, d’une jupe atteignant le milieu de la cuisse, d’une espèce de corsage couvrant les seins et se tenant aux épaules par deux bandes croisées en sautoir, le tout en étoffe légère, indienne ou autre, généralement blanche ou claire. Leur armement se compose d’une cartouchière couvrant le devant de la ceinture, d’un ou deux couteaux, d’un sac à balles et d’un fusil à pierre (la cartouchière se compose de huit ou seize godets en bois, contenant chacun une charge de poudre), le tout agrémenté de petites amulettes ou fétiches divers. Elles portent au cou généralement un grelot au milieu d’un collier en perles et verroterie indigènes. Sur la tête, un petit bonnet blanc à l’origine, sur lequel est cousu un caïman ou une tortue découpée en drap foncé.
- Les hommes ont, sauf la jupe, à peu près le même costume que les femmes : le tout, très sale, ressemble après quelques jours de campage, à un amas d’oripeaux fanés et pleins de boue.
- Us ont tous la tête soigneusement rasée.
- Néanmoins pourquoi s’arrêter à l’exactitude du costume? L’ethnographe ne songe que peu à ce détail, il peut aujourd’hui étudier de près deux peuples curieux par leur histoire, leur langue et leurs mœurs presque inconnus il y a un an.
- — A suivre. — ÉDOUARD Foa .
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- APPLICATION DES
- LOCALISATIONS CÉRÉBRALES
- AU DIAGNOSTIC
- M. Le Dentu a eu occasion de faire une intéressante application de la connaissance des localisations cérébrales à un diagnostic. On lui amène, il y a quelques jours, un homme qui s’était tiré un coup de revolver sur la tempe droite. En le questionnant, on s’aperçut que l’individu ne pouvait pas parler, bien que sa langue ne fût pas paralysée : il était aphasique. Or, on sait que le siège du langage articulé se trouve dans la partie postérieure de la troisième circonvolution cérébrale du lobe gauche du cerveau. M. Le Dentu en conclut donc que la balle avait dû atteindre cette région, et, comme elle était entrée par la tempe droite, elle avait traversé le cerveau. Outre l’aphasie, on constata la paralysie du nerf facial inférieur et la parésie du bras droit. — La parésie, on le sait, est une paralysie incomplète. — La balle avait donc frappé le centre des mouvements de la face, se dirigeant vers la région moyenne comprise entre la deuxième et la troisième circonvolution, un peu vers le haut et en avant. Le deuxième jour, l’individu fut pris de convulsions de forme épileptique siégeant à droite et même à un certain moment dans la jambe gauche. L’apparition tardive de ce phénomène prouvait l’existence d’une action à distance des centres moteurs intéressés. Le quatrième jour, l’individu mourait d’une pneumonie; il était d’ailleurs très faible et sans éléments de résistance. L’autopsie a permis de vérifier la parfaite exactitude du diagnostic. M. Le Dentu a reconnu que la balle avait effectivement passé en avant et au-dessus du corps calleux pour aller se loger dans le lobe frontal gauche. Une légère saillie des méninges indiquait la place de la balle. Ainsi, d’une part, ce qu’on sait des localisations se trouve confirmé une fois de plus, et, d’autre part, on voit le parti qu’on en peut tirer pour le diagnostic. F. H.
- LA MESURE DIJ DEGRÉ DE L’ÉQUATEUR
- AU DIX-HUITIÈME SIÈCLE
- En 1718, Cassini II publia les résultats d’une mesure de la méridienne de Paris, qui avait coûté trente-quatre ans de travaux. Il annonçait que le degré de la partie méridionale de la France avait 157 toises, du Châtelet, de plus que celui de la partie boréale. Il fallait en conclure que le grand Newton s’était trompé; au lieu d’être un ellipsoïde allongé, la terre était un ellipsoïde aplati vers les pôles.
- Après dix-huit années de querelles fort vives, le Gouvernement du Roi prit la résolution de faire mesurer à la fois un degré du cercle polaire et un degré de l’équateur. Cette grande opération étant sur le point d’être recommencée pour des raisons analogues, nous croyons qu’il n’est pas hors de propos de raconter ce qui arriva aux délégués de l’Académie, depuis leur départ, en 1755, jusqu’à leur retour en 1745.
- La mission se composait de trois membres de l’Académie, de plusieurs aides, d’ouvriers, de domestiques, etc., etc., en tout de vingt-quatre per-
- sonnes emportant un nombre infini de coffres, de caisses, de ballots, d’outils, de provisions et d’instruments d’optique.
- Le doyen de l’expédition était Bouguer, physicien célèbre, chargé de la direction de la partie mathématique ; mais le plus connu et le plus populaire de toute la savante compagnie était M. de la Con-damine, ancien officier d’artillerie, qui s’était distingué au siège de Rosas en 1719. Depuis, il s’était retiré du service pour s’attacher à l’Académie en qualité d’adjoint, et avait exécuté, dans les diverses parties de l’Empire ottoman, des voyages qui témoignaient hautement de sa vaillance. Son caractère était tout différent de celui de Bouguer, homme calme, méthodique, minutieux, n’entendant point la plaisanterie, et n’oubliant jamais les railleries dont il avait pu être l’objet. Le troisième académicien, nommé Godin, ne revint plus en France, et finit par mourir à Cadix au service de Sa Majesté espagnole.
- L’expédition partit de la Rochelle, sur un vaisseau du Roi le 16 mai 1725, mais elle n’arriva à Quito, que le 10 juin de l’année suivante. On mit plus d’un an à faire un voyage qui aujourd’hui durerait à peine un mois. Il est vrai qu’il fallut lutter, non seulement contre les vents, mais surtout contre la douane, la superstition, la routine et la fièvre jaune.
- Célèbre déjà du temps des Incas, la ville de Quito est une des cités civilisées dont l’altitude est la plus élevée. Elle est bâtie dans une vallée d’une fertilité admirée par tous les voyageurs. Mais elle est située aux pieds du Pichincha, un des volcans les plus terribles. A plusieurs reprises ce cratère dangereux l’a couverte de ses cendres, ou il l’a cernée avec ses laves brûlantes; en 1859, il l’a détruite d’une façon à peu près complète. Cependant les habitants ne peuvent se décider à abandonner le lieu qui les a vus naître, et Quito est encore aujourd’hui une des cités les plus importantes, non seulement de la République de l’Équateur, mais encore de toute l’Amérique du Sud.
- Nous donnons une carte complète de la chaîne des triangles qui ont été tracés, il y a plus de 150 ans, avec des méthodes analogues à celles que les délégués de notre Académie emploieront encore (fig. 1).
- Ainsi qu’il est facile de s’en rendre compte, la méridienne mesurée au siècle dernier a une longueur d’un peu plus de 5 degrés, situés presque tout entiers dans l’hémisphère austral. Sa direction générale suit à peu près celle de la vallée qui lui a servi de guide naturel, et qui est légèrement inclinée sur la ligne nord-sud. Un premier calcul de projection a été exécuté pour ramener la ligne à ce qu’elle aurait dû être, si les opérations avaient été faites dans la direction nord-sud, que la configuration géographique du pays n’a point permis de suivre.
- Lorsque la mission est partie de Paris, elle emportait des instructions lui enjoignant de mesurer directement un degré de l’équateur, c’est-à-dire
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- une ligne à peu près perpendiculaire à ce sillon naturel ; mais la mission n’a pas cherché à placer ses jalons de l’est à l’ouest, car, à droite et à gauche de la vallée de Quito s’étendent des chaînes de montagnes inaccessibles et couvertes de neiges éternelles qui auraient offert un obstacle insurmontable.
- Le cas de force majeure était si solidement établi, que La Condamine obtint un ordre du Roi supprimant cette partie du programme. Mais le terrible Bouguer ne se tint pas pour battu par l’intervention de l’autorité. Aussitôt qu’il fut de retour en France, il attaqua son confrère avec une aigreur dont les Annales de l’Académie offrent peu d’exemples.
- Celui-ci riposta non seulement dans les séances de la compagnie, mais par des quatrains fort méchants et assez bien tournés qu’il inséra dans le Mercure de France.
- Ces polémiques virulentes ne furent pas les seules qui sortirent de cette expédition.
- Lorsqu’il avait été question de vérifier les mesures prises par Cassini II, lesquelles furent reconnues fautives, on fut embarrassé parce que cet astronome n’avait pas pris la précaution de déterminer d’une façon absolue les extrémités de la base mesurée directement sur le terrain à l’aide d’une règle en fer et d’échafaudages. Aussi avait-on recommandé aux commissaires du Pérou de ne point négliger une précaution aussi essentielle pour que les opérations pussent être reprises dans les siècles futurs.
- La Condamine n’eut garde de désobéir à une prescription aussi sage. Il fit donc construire à grands frais, avec des matériaux choisis avec soin, deux pyramides aussi semblables que possible. Celle que nous représentons (fig. 2) fut élevée à Carabourou, on en fit construire une à peu près identique à
- Oyamboyo. Si on ne les retrouve ni l’une ni l’autre, on n’en peut rendre responsables les académiciens français. Il faut rejeter exclusivement la faute sur les Espagnols qui avaient mis en avant des prétentions inadmissibles. Les pyramides surmontaient un massif quadrangulairc en pierre, sur lequel on avait gravé une inscription destinée à apprendre aux générations futures, que l’Académie des sciences de Paris avait envoyé dans ces lieux trois de ses membres pour prendre le diamètre du globe terrestre. On avait fait mention de l’assistance que les savants français avaient reçue des officiers des vaisseaux de S. M. Philippe Y ; mais cet honneur ne suffisait point pour donner satisfaction aux deux irascibles astronomes de Castille. Ils élevaient la prétention de figurer dans l’inscription au même titre que les membres de l’Académie des sciences.
- « En elïct, notre maître vautbien le vôtre, et nous aussi nous sommes des académiciens, car nous appartenons à l’Académie navale de Cadix. »
- Les savants français se refusèrent a reconnaître ces confrères. « Non, dirent-ils, vous ne pouvez être des académiciens^car-il n’y a sur la terre d’autres académiciens que les membres de l’Académie des sciences de Paris et des autres académies établies au Louvre ; les membres des autres académies de marine, de coiffure, de danse, d’escrime, etc., que l’on rencontre partout, ne sont que des aca-démistes. »
- Littré ne fait pas mention de la distinction dans son grand dictionnaire en quatre volumes, mais elle a été soigneusement établie dans l’édition en cours du Dictionnaire historique de l'Académie française, et l'on y donne gain de cause à Bouguer et à La Condamine, dans le seul point où ils soient constamment demeurés d’accord.
- au !, i
- (23 Ul
- Échelle en kilomètres.
- Fig. 1. — Carte des triangles mesurés au Pérou par la mission française pour la Mesure du degré de l’équateur au dix-huitième siècle.
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- Don George et don Antonio ont agi avec tant | cendit dans l’arène pour répondre à ceux qui le
- provoquaient (fig. 3). Bientôt il fut enveloppé et tomba percé de mortelles blessures. 11 s’ensuivit une émeute générale dirigée contre tous les Français, dont le domicile fut assiégé, et qui auraient péri jusqu’au dernier sans l’intervention du prieur des Jésuites et du curé de la cathédrale.
- La Condamine intenta immédiatement une action criminelle contre les auteurs d’un aussi audacieux attentat. Les coupables étaient connus, car, avant le crime, ils avaient rempliCuença du bruit de leurs griefs imaginaires contre Se-niergue. Cependant, il fut impossible d’obtenir d’autre satisfaction que la condamnation des principaux coupables à
- d’énergie auprès d]e l’audience royale de Quito, que les deux pyramides ont été rasées l’une et l’autre.
- Ces querelles avaient été précédées par une tragédie qui fit beaucoup de bruit, il y a cent cinquante ans, mais dont les auteurs restèrent impunis malgré toute l’énergie de La Condamine.
- Sur la tin du mois d’août 1737, il se donna à Cuença, ville située à l’extrémité méridionale de l’arc, une course de taureaux qui dura quatre jours. La dernière représentation allait commencer, lorsqu’une partie de la populace, excitée par l’alcade, se dirigea vers la loge où était assis M. Seniergue, chirurgien de la mission française, en proférant des menaces de mort. Celui-ci, dédaignant de fuir, des-
- 2. — Pyramide de Caraliourou au Pérou, élevée par La Condamine en 1736.
- un an d’exil dont personne ne s’inquiéta, et à une amende qu’on se garda bien de leur faire payer.
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- A peine les Français avaient-ils quitté le Pérou, que l’audience royale rendait un jugement pour effacer jusqu’au souvenir de la sentence rendue sous la pression de leurs réclamations incessantes.
- W. de Fonvielle.
- CHRONIQUE
- La forme «le la lune. — Le journal Iron reproduit une curieuse lettre de M. J.-C. Hodges, de Morristown (Tennessee), lettre que nous traduisons à notre tour en en laissant toute la responsabilité à notre confrère. « Les photographies entières de la lune, écrit M. Hodges, montrent très nettement, à mon avis, que la lune n’a pas la forme d’un globe ou d’une sphère, mais bien plutôt celle d’un œuf dont le petit bout serait dirigé vers la terre. Lorsque l’on examine avec soin une série de faits astronomiques bien connus relatifs à notre système solaire, on arrive à cette conséquence que cette forme en œuf est précisément celle que la terre doit affecter. La matière placée à la surface de la lune est soumise à deux forces importantes : en ne considérant que l’attraction seule de la matière constituant la lune sur elle-même, celle-ci devrait affecter la forme rigoureusement sphérique, mais la terre exerçant son attraction sur la lune toujours dans la même direction, par rapport au centre de la lune, a pour effet d’attirer les fluides et les substances plastiques de son côté, et sur la face restant toujours en regard de la terre. D’autre part, le soleil ne brille pas moins de trois cent vingt-cinq heures consécutives sur un point donné de la surface lunaire. Il est peu probable que l’eau reste toujours à l’état solide sous l’action de cette radiation de longue durée, et que dans ces conditions, les liquides répandus à la surface de la lune, obéissant à une force équivalente à celle qui produit les marées à la surface de notre planète, se soient depuis longtemps rassemblés dans la partie de la lune qui nous fait face. Le fait est d’accord avec les observations des ombres projetées par la lune pendant les éclipses, et n’est en contradiction avec aucun autre fait observé. » Un examen plus approfondi des formes de la lune dans ses différentes phases, montrera, d’après M. Hodges, que les parties sombres et les parties éclairées ont des formes incompatibles avec l’hypothèse de la sphéricité parfaite de notre satellite.
- lTn nouveau coton. — Le magnifique coton de Tahiti présente, malgré sa fibre si soyeuse, trois graves inconvénients : l’arbre qui le porte n’est pas rustique; la capsule est caduque; enfin, et surtout, la productivité est trop faible pour être suffisamment rémunératrice. Un agronome colonial s’ingéniait depuis plusieurs années à trouver un cotonnier qui, tout en fournissant un produit d’aussi belle qualité, fût dépourvu d’inconvénients. Après bien des essais et des tâtonnements, il présente aujourd’hui un nouveau cotonnier qui semble avoir des qualités remarquables : les journaux de Tahiti sont remplis de détails sur la qualité soyeuse des gousses, sur la rusticité de la plante, qui donne sa récolte au bout de cinq mois seulement, et sur la productivité de l’arbuste dont les branches se brisent sous le poids des capsules. L’arbuste découvert par M. E. Raoul proviendrait, par sélection, d’une hybridation obtenue au moyen de la fécondation du cotonnier sauvage de la Guadeloupe avec la fameuse race Sea Island Fidji. Le nouvel arbuste pourra être précieux pour la colonie française du Pacifique le jour où elle possédera les bras qui lui font actuellement défaut.
- Les taches solaires en 18110. — M. P. Tachini, à Rome, fait remarquer que les taches solaires, après avoir eu une recrudescence notable, pendant le troisième trimestre de 1890, ont diminué de nombre et d’importance dans le quatrième trimestre, tout en restant bien supérieures à celles du trimestre correspondant de 1889. Les facules n’ont pas présenté la même marche, et, comme grandeurs relatives des facules, le quatrième trimestre de 1890 l’emporte sur le troisième. De son côté, M. E. Marchand, à Lyon, trouve pour la proportion des jours sans taches 0,456 en 1890 contre 0,555 en 1889. En 1890, on a observé 45 groupes de taches ayant occupé à elles toutes les 5760 millionièmes de l’hémisphère visible, tandis que 1889 n’en avait présenté que 29 groupes ayant occupé seulement les 1890 millionièmes du même hémisphère ; 1890 a donc présenté une recrudescence notable d’activité, et M. Marchand regarde novembre 1889 comme l’époque du minimum. Il fait aussi remarquer que la prédominance de l’hémisphère sud comme richesse en taches se remarque encore, mais fort peu. Enfin, le fait de la haute latitude des taches se remarque, comme en 1889, pendant toute l’année 1890, sauf dans les trois derniers mois, où on en voit quelques-unes à moins de 20 degrés de l’équateur.
- Réparation des lampes à incandescence. —-
- M. Pauthonier vient d’inventer une nouvelle méthode pour la réparation des lampes à incandescence dont le filament est brûlé. Voici en quoi consiste ce procédé. La lampe à réparer est mise entre les mains d’un ouvrier verrier qui commence par percer dans l’ampoule de verre un trou de dimensions suffisantes pour en retirer le filament brisé et en mettre un neuf. Un second ouvrier coupe le charbon détérioré et l’enlève, en ayant soin d’en laisser environ 1 millimètre sur chaque fil de platine, afin de pouvoir y souder le nouveau filament. Cette soudure s’opère en remplissant le globe avec un hydrocarbure liquide. On applique alors une des extrémités du charbon neuf contre ce qui reste de l’ancien, et on fait passer un courant. Cette opération a pour résultat de décomposer l’hydrocarbure et de faire un dépôt de charbon au joint. L’autre extrémité est ensuite traitée de la même manière. Le verre est ensuite soigneusement nettoyé, l’orifice fermé à la lampe, et, une fois le vide fait, la lampe est prête à resservir, aussi bonne que neuve.
- Conduites téléphoniques en fibres de ligneux.
- — Les conducteurs souterrains du réseau téléphonique de Philadelphie sont enfermés depuis dix-huit mois dans des conduites en fibres de ligneux, agglomérées et durcies. D’après YElectrical Engineer, de New-York, cette canalisation d’un nouveau genre aurait donné toute satisfaction. La matière première, qui est du bois fibreux, est décortiquée; réduite en fibres aussi longues que possible, puis débarrassée des gommes et sucs divers qu’elle renferme toujours et enfin moulée à la presse hydraulique. On lui communique la dureté et la résistance aux agents destructeurs, gaz, humidité, etc., par un traitement chimique tenu secret. Le produit ainsi obtenu, présente à la traction une résistance de 100 kilogrammes par centimètre carré, résiste à une température de 200° et il a une densité égale au quart de celle du fer, c’est-à-dire un peu inférieure à 2. Les conduites ont toutes les dimensions possibles ; on réunit les extrémités au moyen de bagues facilement démontables. Les réseaux souterrains de Détroit et de Philadelphie comportent environ 70 kilomètres de ces conduites.
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- Tombeaux antiques. — Au lieu dit le Puy-Cheno-tay, près de Gannat (Allier), il vient d’être découvert une quantité de tombeaux d’une conservation parfaite, et remontant aune haute antiquité. Les squelettes sont entourés d*e grandes dalles brutes, communément appelées, baumes dans le pays ; ils reposent sur une de ces baumes qui sont toutes brutes. Ces pierres, du reste, sont parfois très grandes,elles sont d’une épaisseur peu variable, dix centimètres environ; leur dureté est si considérable qu’elles sont même difficiles à entamer. Les squelettes sont dans la position horizontale et très bien conservés. Est-ce une nécropole gauloise ? Cela est présumable, car le pays a été habité dès les temps préhistoriques, et l’époque romaine y a laissé de nombreux vestiges. 11 est regrettable que ces tombes n’aient pas été reconnues par un archéologue, car le moindre objet du mobilier funéraire aurait donné la date de ces tombeaux.
- Canalisation du lait. — Une compagnie américaine se forme, paraît-il, au capital de 4 millions de francs, pour pourvoir New-York de lait au moyen de tuyaux comme on fait pour l’eau. Le lait serait rassemblé en quantité immense dans différents centres suburbains, puis de là expédié par les tuyaux dans chaque quartier de la ville où des agents de la compagnie le pomperaient dans des compteurs-enregistreurs, et le vendraient aux consommateurs.
- Emploi des eucalyptus. — M. Naudin a communiqué à l’Académie des sciences une Note sur la descrip tion et l’emploi des eucalyptus; M. Naudin a réuni dans sa villa Thuret, près d’Antibes, une collection d’eucalyptus qui est la plus vaste d’Europe ; il a pu suivre tous les développements des diverses espèces de cet arbre précieux. Comme il pousse très vite, M. Naudin en recommande l’emploi pour le reboisement en Algérie et la création de forêts dont les bois seraient particulièrement utiles pour les traverses des chemins de fer et les poteaux télégraphiques.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 23 février 1891. — Présidence de M. Dbchartue.
- La synthèse du rubis. — M. Fremy offre à l’Académie un magnifique volume in-4° imprimé avec le plus grand luxe, augmenté de remarquables planches en phototypie et qui traite de ses grands travaux sur la reproduction artificielle du rubis. On se rappelle que les premiers essais de l’auteur ont été faits en collaboration avec M. Feil et les plus récents avec M. Yerneuil; leur dernier résultat est l’obtention de cristaux rhomboédriques identiques à ceux de la nature et ayant des dimensions assez fortes pour que le lapidaire puisse les tailler et les monter en bijoux. La publication de M. Fremy est un événement pour la science pure en même temps que pour la minéralogie appliquée.
- Histoire des météorites. — Par l’intermédiaire de M. Daubrée, M. Gregorio Stefanescu, professeur à l’Université de Bucharest, communique la traduction d’un manuscrit conservé à la Bibliothèque de l’Académie roumaine et qui contient le récit, par un témoin oculaire, d’une pluie de météorites qui a eu lieu en Valachie en 1774. Un nuage noir, apparu par un temps clair un peu avant le lever du soleil, fut le siège de détonations et le point de départ d’un grêle de pierrailles de toutes grosseurs, jusqu’à celle du poing. Leur substance était noire, comparable à de la boue desséchée et répandait une odeur sulfureuse. 11 est bien vraisemblable que c’étaient des représentants
- d’un de ces types charbonneux relativement si rares et si intéressants. On regrettera que rien n’en ait été conservé, comme a été conservée, par exemple, la météorite d’En-sisheim, bien plus ancienne encore cependant, puisqu’elle date de 1492.
- Compressibilité des gaz. — Ni l’air ni l’hydrogène ne suivent rigoureusement la loi de Mariotte : le premier se comprime trop vite et l’autre Trop lentement. On pouvait croire que le mélange des deux gaz suivrait une marche intermédiaire à celle de ses composants et pouvait, au moins dans certains cas, rentrer dans la loi générale. C’est ce qu’a voulu voir M. Lala, de la Faculté des sciences de Toulouse. Or son résultat, sur lequel M. Cailletet appelle l’attention d’une façon toute particulière, est bien différent : le mélange d’air et d’hydrogène est moins compressible que l’hydrogène lui-même. Les vérifications ont été répétées et le fait est dès maintenant parfaitement acquis.
- Répartition du sel dans l'atmosphère. — D’après les dosages de M. Muntz, l’air pris au sommet du pic du Midi contient moins de sel que l’air pris à mi-hauteur de la montagne, qui est lui-même moins salé que l’air de la plaine. Le fait, facile à comprendre, puisque le chlorure de sodium formé tout d’abord par les embruns doit rester dans les régions basses à cause de sa densité, a des conséquences intéressantes. Les eaux de pluies et, dès lors, les plantes et jusqu’au sang des animaux sont moins salés aux grandes altitudes qu’aux petites : c’est ce que vérifient des analyses directes.
- Varia. — M, Deslandes lit une Note #de spectroscopie stellaire. — La différenciation du liber dans les racines des plantes occupe M. Lesage. — Deux nouvelles petites planètes sont signalées de Nice par M. Charlois. — MM. Gayon et Dubourg étudient l’état de l’acide sulfurique dans les vins plâtrés. — D’après un travail analysé par M. Ranvier, le pancréas des poissons téléostéens est diffus, soit dans le mésentère, soit dans le foie. — M. Des Cloizeaux s’est assuré que des calcaires récemment rapportés du Congo par M. Collot, contiennent de l’argent natif. — Le travail musculaire et l’énergie qu’il représente fournissent à M. Chauveau le sujet d’un volume qu’il dépose sur le bureau. — Les savants belges préparent une fête pour célébrer le cinquantenaire académique de M. Stass et invitent les étrangers à s’y associer.
- Stanislas Meunier.
- TIRELIRES-DISTRIBUTEURS AUTOMATIQUES
- On a varié de bien des manières les distributeurs automatiques ; un grand nombre d’entre eux ont été décrits dans La Naturei; tous les jours nous en voyons surgir une application nouvelle, et les deux petits appareils que nous mettons aujourd’hui sous les yeux de nos lecteurs ne nous semblent pas les moins intéressants. Une petite serrure permettant de les fermer à clef, nos distributeurs-jouets constituent par cela même d’excellentes tirelires ; le plaisir de recevoir une friandise à chaque sou introduit, encourage les enfants à en mettre souvent dans la tirelire; on leur enseigne ainsi l’économie d’une façon fort agréable pour eux.
- 1 Voy. Tables des matières des années précédentes.
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- LA NATURE.
- Le premier modèle (fig. 1) distribue des bonbons ayant la forme de petites boules, et dont on remplit la trémie indiquée sur notre dessin. Je n’insisterai pas sur les détails de construction, et me bornerai à dire que les bonbons sont amenés l’un après l’autre a l’orifice du tube de sortie au moyen d’un tiroir mobile. Ce tiroir mobile est composé de deux pièces glissant l’une sur l’autre, et portant chacune une fente; le sou, dont le bord pénètre dans ces deux fentes, rend les deux pièces solidaires, et, si l’on tire le tiroir du dehors après avoir mis le sou, la pièce du tiroir contenant la boule, amènera celle-ci au tube, qui la conduira dans la petite coupe placée au dehors. Si le sou n’a pas été introduit, le tiroir sera inutilement tiré du dehors et n’amènera pas le bonbon dem an-dé. Toutes les pièces de l’appareil sont agrafées et non soudées ; sa serrure fonctionne parfaitement, et, malgré la complication de son mécanisme, on arrive à le fabriquer en gros au prix incroyable de 9 fr. la douzaine, soit 75 centimes la pièce.
- Le second distributeur, appelé la tirelire des petits gourmands, distribue les petites tablettes de chocolat connues dans le commerce sous le nom de Napolitains; les détails de notre figure 2 en font clairement comprendre le mécanisme. Le sou (figure de gauche) est introduit
- dans la fente H ; c’est l’ouverture d’un conduit plat par lequel il descend jusqu’au bas de la pile des tablettes de chocolat B ; le sou est figuré à ce moment en A. Au lieu de tomber par la fente C, qui ne livre passage qu’aux pièces plus petites, il reste suspendu dans une coulisse, sa partie supérieure appuyée sur le rebord latéral de la tablette de chocolat. En tirant sur l’anneau qui est sur le devant de l’appareil, on fait avancer la coulisse ; le sou pousse la tablette qui bascule, et tombe a l’extérieur, tandis que les autres tablettes descendent par leur poids jusqu’au niveau de la coulisse. Aussitôt la tablette expulsée, le sou tombe par la fente D dans le fond de l’appareil formant tirelire. En lâchant l’anneau, on laisse la coulisse revenir en arrière, chassée par deux petits ressorts à boudin, et l’appareil est prêt a distribuer une nouvelle tablette, à la grande joie des enfants. Je terminerai par cette vérité imprimée sur le dos de la tirelire et qui ne saurait être trop répétée aussi bien pour les grands que pour les petits : Un sou économisé est un sou gagné, et les petits ruisseaux font les grandes rivières. ' Arthur Good.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Fig. 1. — Tirelire-distributeur automatique de bonbons.
- Fig. 2. — Tirelire-distributeur automatique du ehocolat.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N* 92 7. — 7 MARS 1891.
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- L'ÉPURATION DES EAUX
- pour l’alimentation des villes
- LE FILTRAGE
- Nécessité de l'épuration artificielle des eaux. — Les habitants des villes deviennent de plus en plus exigeants sous le rapport des eaux potables, tant au point de vue de la qualité qu’à celui de la quantité. Les habitudes de propreté se répandent de plus en plus et augmentent la consommation tant du service public que du service privé.
- D’autre part les travaux des hygiénistes ont montré l’importance de la pureté des eaux, et les dangers que peuvent présenter certaines eaux, profondément contaminées quoique pures en apparence,
- limpides, inodores et sans aucun mauvais goût.
- Pour satisfaire aux besoins, on a tout d’abord recours aux ressources naturelles, sources, nappes souterraines. Elles sont en général suffisantes pour des villes de moyenne importance, mais ne le sont pas pour les grandes villes telles que Paris, Londres, Berlin et pour des villes de moindre importance, mais placées dans une situation plus défavorable, telle que Anvers et la plupart des villes de la Flandre belge et de la Hollande, situées en plaine, loin des sources, dans des pays traversés par des rivières au cours lent, et ne donnant qu’une eau assez impure.
- Les habitudes de la population peuvent grandement faciliter la solution du problème. Nous voyons, par exemple, Amsterdam convenablement desservi avec un cube de 47 litres par jour et par habitant,
- Système des filtres de Varsovie, établis par M. Lindley.
- Fig. 1. -
- tandis que Lyon et Marseille qui ont une importance comparable reçoivent, la première, 140 litres, la seconde, 450 litres et que le premier de ces deux chiffres est jugé très insuffisant. A Paris, le volume total distribué est de 220 litres y compris l’eau de source et l’eau de rivière. Pour des villes de 50 000 à 150 000 habitants, on estime qu’il est utile d’avoir un volume de 100 à 200 litres par jour et par habitant, ce chiffre pouvant naturellement varier avec les circonstances locales. Pour des villes plus importantes, on trouve bon d’aller jusqu’à 500 litres par jour et par habitant.
- Certaines villes ont eu recours à la double canalisation. Un réseau de conduites dessert les habitations et est alimenté en eau aussi pure que possible. Un second réseau alimenté généralement en eau de rivière, plus ou moins impure, sert à l’arrosage des rues, au nettoyage des égouts, et à divers besoins industriels. Le cube d’eau pure nécessaire est ainsi
- 19* innée. — t" lemeitre.
- diminué dans une grande proportion. Au premier rang des villes ayant adopté ce système, nous citerons Paris qui complète à grands frais son alimentation en eau de source limitée au service privé, et emploie l’eau de rivière pour tous les besoins du service public et industriel. Francfort-sur-le-Mein a également adopté la double canalisation.
- Quelques personnes ont proposé de pousser plus loin le principe et de faire pénétrer la double canalisation dans toutes les maisons, lorsque l’approvisionnement en eau potable présente des difficultés. Cette eau serait ainsi réservée à l’alimentation, tandis que l’eau de rivière serait employée pour les lavages, nettoyages des maisons, cabinets d’aisances, etc., etc. Divers inconvénients pratiques se sont opposés jusqu’ici à l’adoption de ce système.
- Quels que soient les moyens employés pour restreindre la consommation en eau potable, il y aura toujours des cas où les eaux naturellement pures
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- feront défaut. Même après avoir restreint scs besoins grâce a la double canalisation, on sait à quelles distances Paris a dù chercher des eaux de sources, et au prix de quelles luttes il a obtenu, des pouvoirs publics, l’autorisation de les capter. Les travaux en cours assureront l’alimentation de Paris proprement dit; mais il reste encore la nombreuse population des villes immédiatement environnantes, de Boulogne à Saint-Denis. Ou et à quel prix aller chercher l’eau de source pour les alimenter ? Le Parlement accorderait-t-il l’autorisation nécessaire au cas où elle serait demandée ? Dans un autre pays, Anvers ne peut trouver aucune source à une distance raisonnable; la nappe souterraine des puits y est le plus souvent contaminée. Sans citer d’autres exemples, on voit que l’épuration des eaux de rivière s’impose à un grand nombre de municipalités.
- Nous rappellerons d’abord les procédés employés en nous bornant à ceux qui ont donné lieu à des applications importantes faites en grand, laissant de côté les procédés qui ne sont susceptibles que d’une application a domicile sur une petite échelle. Nous examinerons plus spécialement le procédé inventé il y a quelques années par M. Anderson, em-
- __in= ployé depuis 1885 à Anvers et
- expérimenté dernièrement à Boulogne-sur-Seine.
- V * * ‘ Décantation. — Ladécanta-
- tion permet d’éliminer les ma-tières minérales ou organiques en SUSpension_ EUe est em_ Fig. 2. — Filtration par ployée pour l’alimentation de
- le sable. Marseille. Au moyen du barrage
- de Saint-Christophe, situé près de la prise d’eau dans la Durance, on a transformé un petit vallon en bassin de décantation où vont se clarifier les eaux de la rivière, toujours très chargées de limon. La décantation seule n’élimine aucune des matières dissoutes qui sont les plus dangereuses. De plus les matières très ténues ne se déposent que fort lentement et bien souvent la clarification complète exigerait du temps et des bassins de dimension telle, que la dépense serait inabordable. Aussi la décantation est-elle en général insuffisante lorsqu’elle est employée seule. Nous verrons au contraire quelle peut efficacement venir en aide aux autres procédés en dégrossissant, pour ainsi dire, le travail.
- Filtration naturelle. — La filtration naturelle a été employée parfois avec un certain succès. Lorsqu’une rivière coule en terrain sablonneux, on creuse des galeries parallèlement et à quelque distance de la rive. Les eaux filtrées par la couche de sable, arrivent parfois assez pures dans la galerie. Ce système, qui n’est praticable que lorsque les circonstances locales s’y prêtent, n’offre pas toute la sécurité désirable. Par l’elïet même du filtrage, le filtre s’engorge, son débit diminue, le nettoyage est le plus souvent impossible et l’on est amené à allonger sans cesse les galeries pour avoir un débit suf-
- fisant. Ce n’est que dans quelques cas tout particuliers et assez rares que le courant de la rivière renouvelle naturellement les couches superficielles du filtre. Sauf exception, ce procédé n’est donc pas à recommander.
- Filtrage artificiel. — Le filtrage artificiel peut être ou ne pas être précédé de la décantation. Mais sauf pour des eaux exceptionnellement peu chargées d’impuretés, il est préférable de décanter au préalable. Les dépenses supplémentaires que cause la décantation sont le plus souvent compensées par l’obstruction moins rapide des filtres et les économies que l’on peut faire sur le nettoyage. L’eau séjourne dans des bassins en maçonnerie, arrive à un bout, et sort par l’autre. Des orifices convenablement disposés amènent l’eau à circuler régulièrement et avec une grande lenteur dans toute l’étendue du bassin. La profondeur des bassins varie de 2 mètres à 5 mètres, et leur volume est calculé suivant les cas pour que l’eau y séjourne de douze heures à cinq jours.
- Pour le filtrage proprement dit, on construit des
- Fig. —lirgiilaleui' automatique de Varsovie.
- bassins maçonnés sur lesquels on étale une couche de galets, par-dessus des galets plus petits, enfin des graviers de plus en plus fins et du gros sable, le tout ayant une épaisseur totale de 0m,70 à 1 mètre. Par-dessus on dispose une couche de sable fin qui a de 0m,G0 à lm,20 d’épaisseur (fig. 2) ; l’eau est amenée à la surface et traverse la couche filtrante en abandonnant ses impuretés. Lorsque le filtre est engorgé, on racle sa couche supérieure sur une épaisseur de 5 a 5 centimètres et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’épaisseur de la couche de sable fin soit réduite à 30 centimètres. On rend alors à la couche son épaisseur primitive, soit par l’apport de sable nouveau, soit par le lavage et la remise en place du sable qui a été enlevé. Suivant les circonstances locales, l’un ou l’autre de ces deux procédés est plus économique.
- L’épaisseur de la couche contaminée parle filtrage ne dépasse guère 5 centimètres, et une épaisseur totale de 30 centimètres pour la couche supérieure de sable fin serait suffisante. Une épaisseur plus grande n’a d’autre utilité que de permettre plusieurs raclages successifs sans qu’on soit obligé de remettre du sable. Les couches inférieures servent
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- simplement de support, facilitent et rendent plus régulier l’écoulement de l’eau filtrée.
- Les bassins de filtrage et de décantation peuvent être voûtés. Comme exemple d’installations non voûtées, nous citerons celles de Londres. Berlin et Varsovie, au contraire, sont pourvus de filtres voûtés.
- Nous donnons (fig. 1) la disposition des filtres de Varsovie établis par M. Lindley, ingénieur en chef des travaux municipaux de Francfort-sur-le-Mein. En échange d’une grosse augmentation de dépense, les voûtes garantissent les eaux contre la gelée et les interruptions de service en hiver, en été contre une trop grande élévation de température, contre le développement d’organismes animaux ou végétaux qui, s’ils sont retenus par la couche filtrante, ne peuvent qu’en hâter l’engorgement et exiger des nettoyages plus fréquents.
- L’expérience a montré que pour donner des résultats satisfaisants, les filtres ne doivent pas débiter plus de lmc,8 à 3 mètres cubes, soit en moyenne 2“c,5 par mètre carré et par vingt-quatre heures. On peut arriver à ce résultat en réglant convenablement, au moyen de vannes, le passage de l’eau â l’arrivée sur les filtres et à la sortie. La pression qui produit le passage de l’eau à travers le filtre doit être d’autant plus grande que le filtre a été nettoyé depuis plus longtemps. On peut encore obtenir ce résultat au moyen d’un régulateur automatique établi par M. Lindley à Varsovie (fig. 5). a est la conduite communiquant avec la partie inférieure des filtres; b une conduite allant au réservoir d’eau filtrée; c une autre conduite pouvant glisser le long de la précédente tout en formant joint étanche ; cette conduite est portée par un flotteur dd, et est percée d’orifices ee. En calculant les dimensions de ces orifices et leur position par rapport au flotteur, on leur fera débiter un volume donné, quel que soit le niveau de l’eau dans la chambre du régulateur. Si le débit du filtre devient moins fort que celui du régulateur, le niveau de l’eau baissera dans la chambre du régulateur, augmentant ainsi la pression isous laquelle travaille le filtre et, par suite, son débit. L’effet inverse se produirait si le débit du filtre venait à augmenter.
- Il est bon, en outre, au moment des nettoyages, de laisser le filtre s’égoutter de façon que l’air pénètre dans la couche filtrante. L’oxygène paraît exercer une heureuse influence sur la purification, par la destruction des matières organiques et organisées. L’effet de l’aérage a été mis en évidence par l’expérience faite par le service municipal de Paris et rapportée par M. l’ingénieur en chef Bech-mann au Congrès d’utilisation des eaux fluviales tenu à Paris en 1889. Une boîte de 2 mètres de hauteur et dont la section est un carré de 0m,20 de côté renferme du sable de la plaine de Gennevil-licrs. Tous les jours on y verse 1 litre d’eau d’égout. Depuis dix ans l’expérience continue et la filtration s opère toujours sans qu’il ait été procédé à aucun
- nettoyage. Le débit correspond à un volume de 0mu,025 par mètre carré et par jour au lieu de 2mc,500 qui est le chiffre adopté en moyenne dans les installations anglaises et allemandes. Mais il faut songer que dans ces dernières, le nettoyage s’impose à des intervalles variant de cinq à trente jours ; soit de sept cent vingt fois à cent vingt fois en dix ans pour un débit cent fois plus fort que dans l’expérience citée plus haut el avec des eaux incomparablement moins impures. 11 est donc passé sur le filtre en expérience et à égalité de surface de lfuis,2 â 7fois,2 le volume que peuvent débiter les autres filtres entre deux nettoyages, et cela malgré la différence dans le degré d’impureté des eaux. On voit par l'a combien l’aérage facilite l’épuration des eaux. 11 n’est pratiqué qu’imparfaitement dans les installations de Londres; aussi l’épuration laisse-t-elle parfois à désirer.
- 11 est recommandé, de plus, lorsqu’un filtre a été mis à sec, de le remplir par le bas avec de l’eau déjà filtrée ; une fois le sable entièrement recouvert d’eau on amène au-dessus l’eau non filtrée, et on laisse un premier dépôt se faire à la surface du sable avant de mettre le filtre en marche; sans cela la première eau qui passe est légèrement trouble, et les dépôts pénètrent dans le sable à une plus grande profondeur.
- Moyennant les précautions que nous venons d’indiquer on peut, dans la plupart des cas, arriver à débarrasser l’eau de rivière des matières en suspension ainsi que des matières organiques et des microorganismes dans une proportion telle qu’elle devient comparable aux bonnes eaux de sources ou de nappes souterraines. Les impuretés qui résistent le plus au filtrage sont les impuretés d’origine végétale, par exemple les matières qui colorent en jaunâtre l’eau ayant passé sur la tourbe. Ces matières sont généralement peu nuisibles, mais la coloration qu’elles donnent à l’eau fait une mauvaise impression sur le consommateur.
- En résumé, le filtrage au sable convenablement pratiqué est une précieuse ressource là où les eaux naturellement pures font défaut. Lorsque ces dernières sont disponibles mais au prix de dépenses très élevées, le filtrage des eaux de rivière pourra être préférable. P. Lauriol,
- — A suivre. — Ingénieur des ponts et chaussées.
- IA RÉCENTE ÉRUPTION YÜLCYNIQUE
- A L’iLE VDLCANO, I888-18CO
- Nous avons déjà traité dans cette revue 1 de l’éruption volcanique de l’ilc Vulcano (îles Éoliennes), qui commença le 3 août 1888. Le cratère est resté en éruption jusqu’à l’année dernière.
- A l’occasion de cette longue et intéressante période éruptive, qui a duré près de deux ans, l’ile
- 1 Voy. n° 795, du 25 août 1888, p. 198; et n“ 805, du 5 novembre 1888, p. 559.
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- Vulcano a été fréquemment visitée par des savants. Dans les premiers jours de 1889, un Comité scientifique, sous la présidence du regretté professeur Orazio Sivestri, fut chargé par le Gouvernement italien d’aller étudier les phénomènes dans l’île. La relation détaillée de cette Commission n’est pas encore publiée. En septembre et octobre de la même année 1889, a eu lieu un voyage scientifique aux régions volcaniques d’Italie, organisé par la Geolo-gist’s Association de Londres, sous la direction de M. II. J. Johnston-Lavis. Plusieurs géologues de diverses nations ont pris part à ce voyage, dont il sera publié une intéressante relation. Ayant eu la bonne fortune de faire partie de cette excursion, en compagnie de mon frère Gaetano, je vais donner un
- court exposé des observations que nous avons faites dans l’île Vulcano.
- Le 18 septembre 1889, nous partîmes de Messine avec un bateau h vapeur à notre disposition et nous arrivâmes le soir à Lipari, la plus grande des îles Eoliennes. En choisissant une localité favorable, d'où on voyait très bien le cratère de Vulcano, le soir même nous avons eu l’occasion d’observer des éruptions, qui pendant la nuit présentaient un magnifique spectacle. Pendant une des plus fortes de ces éruptions, nous vîmes la colonne sombre de vapeurs s’élever du cratère en se teignant des reflets rougeâtres dans la proximité de la bouche éruptive ; les pierres incandescentes, lancées par la violence des vapeurs, apparaissaient comme des sillons lumi-
- Fig. 1. — Vapeur s’échappant du cratère de l’île Vulcano. l’ig. 2. — Autre aspect d’un torrent de vapeur.
- (D’après des photographies exécutées par M. J. Johnslou-Lavis, le 21 septembre 1889).
- neux, et retombaient sur les flancs de la montagne, continuant à y briller pendant quelques minutes. On entendait le grondement et les bruits de l’explosion. Quelques masses incandescentes, jetées plus loin, mirent le feu aux genêts, et la flamme claire, qui s’élevait de cet incendie, faisait un étrange contraste avec les reflets rouges de la colonne de vapeurs et avec les blocs embrasés sur la pente de la montagne.
- Les deux jours suivants furent employés à visiter d’autres îles de l’archipel Éolien : Stromboli, Pana-ria, etc. Le 21 septembre, nous abordâmes Vulcano. Au pied de la montagne, par toute la périphérie, on observait des milliers de grosses bombes provenant des dernières explosions du volcan. Nous nous sommes arrêtés à observer une des plus grosses de ces bombes caractéristiques. Sa partie extérieure
- était formée d’obsidienne et l’intérieure de ponce; c’était une des plus belles que j’ai observées; dans les tissures elle était brûlante : à cause de ses grandes dimensions (2 mètres cubes) elle conservait encore sa chaleur, deux jours après qu’elle avait été lancée, selon le récit d'un témoin oculaire1.
- En faisant l’ascension de la montagne, du côté ouest-nord-ouest nous vîmes des colonnes de vapeurs s’élever du cratère. La grande quantité de cendres vomies par le cratère pendant cette longue éruption avait enseveli l’ancien amas d’obsidienne du côté nord et le sentier qui rendait facile Eascension de la montagne.
- Le sommet atteint, je suis étonné de voir que le cratère, alors débarrassé de vapeurs, présente un
- 1 Le fermier de M. Narlian, qui demeure dans une localité plus sûre, au nord de l’ilc.
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- aspect bien différent de celui qu’il offrait lors de ma visite, du 20 août 1888, quelques jours après le commencement de cette période éruptive.
- Nous avons observé plusieurs éruptions au sommet du cratère, pendant le temps que nous y avons séjourné (deux heures) ; on voyait le magnifique spectacle des premiers jets de vapeurs, qui quelquefois lançaient des fragments de pierres, de lapilli et de sable ; ceux-ci retombaient en rideau, pendant que la colonne, nourrie par des émissions continuelles, grandissait en immenses flocons de vapeurs (fig. 1 et 2) ; ces nuées roulaient sur elles-mêmes en tourbillonnant, et la cendre plus ténue, transportée avec ces vapeurs, allait tomber à de grandes distances '.
- Fig. 5. — Cratère du Vuleano pendant une éruption. Vue du sud de l’ile, 23 septembre 1889.
- Deux jours après, le 23 septembre, nous avons encore entrepris une excursion pour visiter la partie sud de 1 île. Ce jour, le cratère était aussi dans un état d’activité modérée ; néanmoins la colonne de vapeurs qui s’élevait au moment de quelques éruptions plus fortes, était grandiose. En arrivant, vers le soir, près du cratère, j’observe que la grande bombe, dont j’ai parlé antérieurement, était encore chaude. Le thermomètre introduit dans ses fissures marquait 45° C.
- Dans le mois de février 1890, les ingénieurs E. Cortese et Y. Sabatini visitèrent l’île Vuleano. Us m’ont dit avoir trouvé le cratère plus profond qu’à l'époque de ma dernière visite, ils observèrent une
- Fig. 4. — Autre aspect du cratère du Vuleano, montrant les deux pics de l’île Salina, 23 septembre 1889.
- (D’après des photographies exécutées par SI. J. Johnston-Lavis.)
- périodicité dans les éruptions, qui étaient faibles mais fréquentes. Le volcan a été visité, pendant le mois de mars 1890, par MM. J. P. Iddings, de Washington, et L. W. Sambon, de Naples.
- Le 25 du même mois de mars, MM. Sambon et Iddings parcoururent l’île Vuleano. D’après les observations faites, il semble que la période éruptive de Vuleano, après une durée de vingt mois, est terminée. Les éruptions violentes ont été plus fréquentes, dès le commencement jusqu’aux premiers mois de 1885, ensuite elles ont été moins régulières dans leur intermittence et les éruptions plus faibles ont eu ensuite la prépondérance, à côté d’éruptions de grande énergie.
- 1 La cendre de Vuleano est tombée plusieurs fois à Messine et dans la Calabre; j’en ai recueilli même à Aciréale, un jour qu’il souillait vent du nord.
- Le regretté professeur 0. Silvestri, qui a étudié celte éruption, a cru devoir distinguer cette phase éruptive de Vuleano, qui présente le caractère dont je viens de parler, sous le nom déphasé vulcanienne1, pour la différencier des autres phases éruptives (solfa-taricnne,strombolienne, plinienne, etc.) décrites dans les traités de volcanologie.
- Les matéria-ux rejetés par le cratère pendant celle éruption, méritent d’être étudiés tout particulièrement.
- Les produits éjectés dans les premières explosions étaient, en grande partie, des masses et des débris de diverses laves anciennes, dolérites et trachytes, arrachées à l’intérieur de la cheminée volcanique. Ensuite les bombes et les fragments de lave récente
- 1 Voy. Comptes rendus : séance du 5 avril (ou août) 1889
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- eurent la prépondérance. Ces produits récents, constitués de lave trachytique, sont parsemés de diverses laves anciennes, acides ou basiques, et de nombre de cristaux. A cause de ces inclusions, l’analyse chimique de ces produits est inutile ; elle ne montrerait pas la composition chimique de la lave récente, mais celle de son mélange avec les autres laves anciennes.
- M. H. J. Johnston-Lavis, qui a bien voulu nous communiquer les photographies que nous reproduisons ci-contre, a publié d’importants travaux sur le mode de formation de ces bombes. Elles sont constituées d’une pâte vitreuse, corn pacte à l’extérieur, de manière qu’elles forment souvent une vraie obsidienne, qui passe graduellement, dans l’intérieur des bombes, à un verre spongieux, jusqu’à constituer une vraie ponce. Leur surface est sillonnée de fissures plus ou moins profondes.
- Il est à noter que pendant cette période éruptive, des phénomènes volcaniques sous-marins1 ont eu lieu à une petite distance de file Yul-cano. Comme ces manifestations volcaniques sous-màrines, accompagnant l’éruption, sont très importantes, je crois devoir donner ici quelques détails sur ce qu’on a observé. La première manifestation, qui fit supposer l’existence de tels phénomènes, fut la rupture, qui eut lieu le 21 novembre 1888, du câble télégraphique qui relie l’ile de Lipari avec Milazzo en Sicile, et passe à environ 7 kilomètres à l’est de Vulcano. D’autre part, M. Ambrogio Picone, de Lipari, faisait savoir que le 29 novembre de la même année, des marins qui se trouvaient sûr une barque, à un kilomètre environ à l’est de Vulcano, pendant que la mer était calme, ont vu que la surface de l’eau, tout à l’entour, s’agitait en bouillonnant, et des ponces vinrent bientôt flotter. La mer s’agitait dans un espace de 300 mètres et la barque était en péril de chavirer. Le cratère de Vulcano à ce moment lançait des pierres et de la cendre en abondance. Aucun autre observateur que ces matelots ri’a été témoin de cet événement qu’ils racontèrent à leur arrivée à Lipari.
- Le câble télégraphique fut rompu deux autres fois, d’après les renseignements que m’ont donnés M. Robert Greey, capitaine du bateau à vapeur 1’ « Amber » et M. Emanuele Astor, inspecteur en chef des télégraphes à Messine.
- Il est certain que le fond de la mer près de Vulcano, a été le siège, soit de fortes émissions de vapeurs, soit d’un épanchement de lave, ou même d’une injection de lave dans les couches du fond ; ces faits ont causé un fort bouleversement du fond de la mer, assez important pour couvrir le câble sur une longue étendue sous les pierres et la boue. On a d’ailleurs constaté une variation dans la profondeur, à 7 kilomètres de'Vulcano.
- IF y a là comme dans le groupe même des îles Éoliennes, l’existence de fumerolles sous-marines :
- 1 J’ai publié tous les détails de ces phénomènes dans une brochure : I fenomeni vulcanici sottomarini durante l'eruiione di Vulcano (Folie), 1888-1889. Aciréale, 1890.
- on appelle lo sconqvcisso une de ces fumerolles à 700 mètres de l’ile Salina, dans un endroit où la profondeur de la mer est de 60 mètres. Il est à remarquer qne le 17 juillet 1889 on observa une forte émission de vapeurs de cette fumerolle sous-marine. Près de l’ile Panaria, à 8 mètres de profondeur, on connaît une autre fumerolle de ce genre qui a été étudiée par Spallanzani en 1788 et parJudd en 1874.
- Pendant notre excursion, nous avons aussi visité cette fumerolle, qui était dans son état d’activité ordinaire.
- En définitive, l’éruption de longue durée de Vulcano a donné lieu à plusieurs phénomènes importants, qui méritent l’attention et l’étude des savants.
- Jean Peataisia.
- SOUVENIRS D’UN VOYAGE AUTOUR DUM0NDE
- RÉSERVOIRS ET PIÈCES Ti’eAU DANS l’iNDE
- En 1887, j’ai visité une grande partie des provinces de l’Inde du Nord, ainsi que quelques points principaux des monts Himalaya; l’année dernière, désireux de connaître d’une façon générale les beautés architecturales de ce pays et pour compléter mes observations, c’est dans la partie méridionale que je devais porter mes pas. — J’ai précédemment décrit dans La Nature les particularités et les beautés de Bénarès, Kashmir, les superbes temples souterrains, qui sont voisins de Bombayl. Je parlerai aujourd’hui de monuments d’un autre ordre qui appartiennent à l’architecture civile de ce pays et dont les exemples ne laissent pas que d’offrir également un grand intérêt. Ce sont les pièces d’eau considérables, les réservoirs luxueux et les bassins construits dans presque toutes les localités. Ils y ont souvent une grande importance et ce genre de construction est typique dans l’Inde tout entière.
- En cet immense pays, la plupart des rivières sont à sec une grande partie de l’année, aussi les Indiens de toutes les religions, les Mahométans comme les Hindous, à toutes les époques de leur ancienne splendeur, ont-ils toujours fait les plus grands sacrifices pour amener les eaux de sources lointaines ou les conserver le plus possible dans leurs villes ou leurs forteresses. Elles leur procurent plus que le bien-être : pour eux, c’est la vie.
- C’est ainsi que non loin de Bombay, dans la forteresse construite par les Musulmans sur la montagne de Logar, on est frappé a la vue des vastes citernes maçonnées ou taillées dans la roche amygdaloïde qui forme la montagne elle-même. L’une d’elles surtout est remarquable. De forme polygonale et creusée à grande profondeur (10 mètres environ), ses parois sont encore maçonnées et un large escalier de pierre conduit jusqu’au fond. La montagne de Logar, de forme particulière, isolée de toute part et s’élevant à plus de 400 mètres au-dessus de la vallée, devait
- 1 Voy. les Temples souterrains de l’Inde, n° 772, du 17 mars 1888, p 247.
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- être choisie pour l’emplacement d’une forteresse. L’immense plate-forme qui forme son sommet était entourée de hautes murailles dont on voit partout les vestiges, et son unique entrée défendue par trois enceintes placées à des niveaux différents et reliées entre elles par d’étroits passages et des marches creusées dans le roc, la rendait inexpugnable.
- Plus loin de Bombay, à 240 milles dans les terres, au centre d’un immense plateau, grâce au chemin de fer, on arrive aisément à la ville célèbre de Bija-pur de fondation musulmane. Bijapur, à peine connue à une certaine époque de l’histoire indienne, s’accrut rapidement sous le règne du shah Yusaf Adil (1489-1510). Elle devint la capitale de la province du Itekkan et fut prospère pendant plus de deux cents ans. A la suite de révolutions intestines et de guerres fréquentes, elle tomba sous la dépendance des rois de Delhi ; sa ruine s’acheva avec la suite des années. Aujourd’hui cependant, Bijapur est encore extraordinaire à visiter. Cette ville, toute musulmane comme autrefois, possède d’admirables monuments. Les palais des rois, leurs tombeaux merveilleux construits dans la ville et en dehors des murailles, les mosquées splendides, les rues bordées de palais et de somptueuses demeures qui abritaient les grands personnages de l’époque, indiquent le luxe et la richesse extrême de leurs anciens habitants. Actuellement, c’est la décadence complète. Nombre de rues anciennes sont cachées sous les décombres et les hautes herbes, et de grands vautours au plumage blanc et noir planent majestueusement sur la vieille ville. Un Bijapur moderne, pauvre d’aspect, habité par une population musulmane s’occupant d’agriculture et quelques résidents anglais, remplace la ville ancienne aux glorieux souvenirs. Parmi toutes les merveilles qu’on peut visiter dans ces lieux intéressants, deux constructions importantes sont absolument remarquables. Ce sont les magnifiques réservoirs.
- Le réservoir que représente un de nos dessins (fig. J), est le plus ancien de Bijapur, c’est leCband Bauri; il a été construit par le shah Ali Ieren 1579 suivant le désir delà noble reine Chand Bibi. Le plan forme un carré de 50 mètres environ de côté. Un large perron de pierre aux marches monumentales, magnifiquement décoré par une arcade triomphale, vous conduit au niveau très variable des eaux qui sont encaissées sur tous les autres côtés par un mur de quai sur lequel est un chemin de ronde assez étroit. Deux entrées placées à droite et à gauche de la grande arcade y donnent accès. Les faces latérales qui enferment le réservoir sont décorées par une série d’arcades murées; dans l'axe de chacune de ces façades se trouve un motif en saillie continuant le même genre d’architecture. Le motif qui fait face à l’entrée principale renferme la source du réservoir. Des escaliers de pierre mènent à ses eaux limpides et les habitants de Bijapur peuvent y descendre directement par une entrée spéciale pratiquée dans la muraille.
- Dans une autre partie de la ville, un réservoir plus considérable que le Chand Bauri a été élevé en 1620 parles soins de la sultane Taj, femme d’ibrahim II.
- Le plan général offre beaucoup d’analogie avec le * précédent, il a plus d’importance encore et contient de nombreuses salles voûtées et un sanctuaire voué au culte du Dieu Baladey.
- Pour compléter ces grands travaux, les rois de Bijapur avaient su aussi amener des eaux de sources assez éloignées de la ville en construisant à grands ^ frais des aqueducs souterrains pour alimenter, non ' seulement ces réservoirs somptueux, mais d’autres de moindre importance, ainsi que les bains et les bassins placés dans leurs nombreux jardins. Ces conduits souterrains pouvaient malheureusement être détruits par les ennemis en temps de guerre, mais les habitants de Bijapur, grâce à l’immensité * des réservoirs enfermés dans leurs murs, pouvaient résister longtemps à un siège sans trop souffrir de la privation d’une eau nouvelle.
- Dans la ville hindoue d’Ajmere, située dans une autre province de l’Inde, le Rajpoutana, ce ne sont plus des constructions aussi grandioses, mais des -citernes plus modestes et fort élégantes d’ailleurs. Le réservoir (flg. 2) est enfermé par des murs élevés. Une seule entrée monumentale donne accès dans Tinté- rieur, vaste enceinte ornée de portiques surmontés d’une large terrasse et flanquée aux quatre angles de gracieux pavillons. Les colonnes de marbre et les balustrades finement découpées, d’une richesse extrême d’ornementation, charment les yeux. Les habitants de la ville peuvent trouver, sous les portiques, un abri contre les chauds rayons du jour et y _ dormir à l’aise, étendus sur des nattes ou des coussins. Un grand nombre de femmes viennent(conti- * nuellement renouveler leur provision d’eau quotidienne. Les hommes qui font le métier de porteur "v d’eau descendent à tous instants les hautes marches ^ des perrons de marbre. L’eau changeant de niveau d’une façon considérable, leur travail est plus ou moins pénible suivant les saisons. Mais l’animation qui existe au réservoir durant tout le jour offre un spectacle agréable, d’un aspect pittoresque et des < plus curieux pour le touriste.
- Pour visiter Tune des plus belles pièces d’eau de , l’Inde, nous devons nous transporter dans une autre province du pays, la présidence de Madras, à Corn-baconum près de Trichinopoly. Cette‘ville est consi- 7 dérée comme sacrée par les Hindous, mais sa rivière, la Cauvery, reste à sec pendant de longs mois; aussi, dans cette ville méridionale, les habi-tants ne peuvent y faire leurs ablutions et leurs prières j, comme au Nord, ceux de Bénarès, dans le Gange. s Ils ont construit une pièce d’eau qui forme un rectangle d’environ 60 mètres sur 100. Elle est bordée sur deux côtés par un mur de quai, avec chemin de q ronde ; de larges escaliers de pierres conduisent au :f.z niveau de l’eau aux deux extrémités. Seize élégantçs .,,, pagodes contenant un sanctuaire voué à Siva et à.j;7 d’autres dieux, ornent le quai, et servent aux pèlerins
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- qui viennent y prier. Un aqueduc souterrain amène, lorsque la saison le permet, les eaux de la Cau-very dans la pièce d’eau qui est assez profonde pour que les habitants soient certains de ne jamais la voir à sec.
- Dans Ja ville, de nombreux temples remarquables, sont à voir, et on vient y faire annuellement des pèlerinages considérables.Ils’y passe tous les douze ans une fête religieuse extraordinaire qui attire une foule immense. Pendant quelques journées la ville est transformée ; plus de 30 000 personnes venant des environs y accourent. Une partie des cérémonies consiste à se baigner dans la pièce d’eau sacrée : une foule compacte en remplit le bassin, comme le repre- (Dessiu d-après uature de
- sente la photographie
- que nous reproduisons ci-après (fig. 3). Les rues de la ville, les jardins et cours des temples sont bientôt
- remplis par les visiteurs, et les bazars sont véritablement assiégés par eux, car il n’est pas un pèlerin qui ne veuille rapporter à son foyer quelque objet de piété qui lui rappellera le grand jour sacré entre tous.
- La foule, dans ce pays du soleil et du ciel éblouissant, a des aspects incomparables. Les processions féeriques se font autour du lac avec les éléphants sacrés couverts d’étoffes éclatantes. Les Indiens à la belle figure bronzée, vêtus de mousseline aux couleurs claires, portent respectueusement les reliques d’or et les objets sacrés ; ils semblent être pour le voyageur des personnages des contes fantastiques. Sous les grands arbres qui bor-M. Albert Tissandier.) dent quelques parties de
- la pièce d’eau, les femmes voilées vont invoquer pendant ce temps leur déesse préférée Tulsi, en plantant sur ses autels le
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- Fig. 3
- La grande fête de Gombaconum dans les Indes. Le bain sacré des Pèlerins dans la pièce
- d’eau Mahamaka. (D’après une photographie.)
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- Basilic, fleur sacrée (Ocimum gratissimum) qu’elles cultivent souvent aussi auprès de la porte d’entrée de leur demeure. D’un autre côté de la procession, les prêtres font des largesses à la foule, en jetant à profusion des bananes ou d’autres fruits ramassés avec des cris d’enthousiasme par les enfants. Les fêtes, dans ces pays lointains, rendent vraisemblables les descriptions des Mille et une Nuits *.
- — A suivre. — ALBERT TlSSANDIER.
- , LE TANNAGE A L’ÉLECTRICITÉ*
- Le tannage à l’électricité a fait beaucoup parler de lui depuis une année. Il a mis en émoi les tanneurs du monde entier, et ce n’est pas une hyperbole, puisque les journaux de tannage du nouveau monde sont tout autant remplis de polémiques à ce sujet, que ceux de l’ancien continent. Les tanneurs français ent été impressionnés tout
- Appareil pour le tannage par l’électricité. — Grand tambour oumant contenant les peaux soumises 5 l’action de l’électrolyse.
- particulièrement : c’est en France que le procédé de tannage à l’électricité, qui semble le plus sérieux, a été mis d’abord en pratique, et l’on se rend compte de l’émotion qui a dû saisir les industriels en cuirs, lorsqu’on est venu leur proposer de faire en un ou quatre jours ce qu’ils font habituellement en trois ou douze mois.
- En France, les industries du cuir occupent le troisième rang; c’est dire toute leur importance. Les lecteurs ne s’en étonneront pas, s’ils veulent bien songer qu’il n’est pas d’industrie qui dans une circonstrance ou dans une autre n’ait à se servir de cuir. Pas une ville, pour ainsi dire, qui ne possède sa tannerie ou ses tanneries.
- 1 Nous commençons aujourd’hui à publier la série des Notices que M. Albert Tissandier va publier dans La Nature sur les curiosités qu’il a pu étudier pendant son intéressant voyage autour du monde (voy. n° 910, du 17 janvier 1891, p. 110). Les articles traiteront de sujets relatifs aux Indes, à l’île de Ceylan, à la Cochinchine, à la Chine, au Japon, à l’Amérique et au Canada.
- a Voy. n° 897, du 9 août 1890, p. 158.
- Mais la tannerie n’a participé qu’incomplètement au mouvement si merveilleux qui entraîne toutes les industries dans le mouvement du progrès ; et la fabrication d’un bon cuir s’effectue encore aujourd’hui avec une grande lenteur, bien que cette fabrication semble tout ce qu’il y a de plus simple, puisqu’elle consiste essentiellement à prendre des peaux d’animaux, à les nettoyer, à enlever les poils, et à tremper les peaux ainsi épilées dans des dissolutions de matières tannantes, jusqu’à ce que l’action du tanin ait converti la peau en un produit imputrescible qui est le cuir.
- Cependant, depuis une trentaine d’années, on est arrivé à réduire la durée du tannage de moitié; elle est encore bien longue, puisqu’elle réclame aujourd’hui de trois à douze mois selon la sorte de cuir. En dix jours, on peut transformer la toison du mouton en une robe prête à être portée, malgré la multiplicité des traitements intermédiaires, tonte, lavage, teinture, apprêt, coupe, ajustage, et il faut des mois pour fabriquer un morceau de cuir. Et pendant ce temps le capital dort, l’intérêt se perd, la main-d’œuvre se multiplie, la matière tannante s’altère, la production reste impuissante à se régler sur les desiderata de la consommation.
- Une méthode plus rapide de tannage était la grande question depuis longtemps à l’ordre du jour des tanneurs français. La vitesse de production, c’est, comme M. Figuier l’a dit en parlant de cette question, la pierre philosophale des tanneurs, et si les tanneries françaises n’ont rien à désirer sous le rapport de l’excellence de leurs produits, la concurrence du nouveau monde, chaque jour plus menaçante, leur impose l’obligation de chercher à produire plus vile, en produisant aussi bien. Voilà la raison de l’émoi que les procédés de tannage à l’électricité ont excité un peu partout.
- 11 y a plus de trente ans que le premier procédé a été breveté en France. C’est seulement dans ces dernières années que la nouvelle méthode a fait son entrée dans la véritable pratique industrielle. Les procédés Goulard, Groth, ont été suivis pendant quelque temps dans des tanneries anglaises; celui de MM. Landinet Abom dans une tannerie norvégienne, sans grand succès. Celui de MM. Worms et Balé (1887), après une période d’essais à Saint-Remy-lès-Chevreuse, est actuellement exploité dans des tanneries de Paris, de Londres et de Lisbonne, et se trouve à l’essai en plusieurs pays de l’Amérique.
- Ce procédé consiste à tanner les peaux après l’enlèvement du poil, au moyen d’un appareil spécial, et en faisant passer un courant électrique. L’appareil figuré ci-contre est un grand tambour rotatif en bois; il présente une ouverture étanche pour introduire les peaux ; il tourne autour d’un axe horizontal. Des tuyaux peuvent amener par les tourillons les jus tannants. Deux grandes plaques de cuivre forment intérieurement les bases du tambour et constituent les électrodes : on les met en communication avec les pôles d’une dynamo.
- On introduit 500 à 1000 kilogrammes de peaux dans ce tambour ; on ferme la porte, on met en rotation, on fait passer le courant à une intensité de 10 ampères sous une tension de 70 volts, et un ou quatre jours après, selon qu’on a affaire à des peaux légères ou à des peaux lourdes, on arrête, on vide, on enlève les peaux : elles sont tannées.
- Le rôle intime de l’électricité est obscur. Les inventeurs et les exploitants disent qu’il est considérable pour faciliter la fixation rapide du tanin et que sans courant électrique, ils n’obtiennent rien de bon. L’influence du
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- mouvement est connue depuis longtemps, mais le mouvement continuel n’avait été réalisé jusqu’à ce jour qu’aux dépens de la valeur du cuir. Une addition facultative de 1 pour 100 d’essence de térébenthine sert à éliminer les traces de graisse.
- Voilà le procédé qui met en émoi actuellement tout le monde des tanneurs, et d’autant plus que ce inonde s’est partagé en deux camps, malgré l’avis favorable de M. Muntz^ directeur des laboratoires à l’Institut agronomique, malgré celui de M. Fortier-Beaulieu, président du Syndicat de la Tannerie française. M. Muntz a examiné des échantillons de cuir qui lui avaient été remis, et il conclut de ses constatations que les cuirs tannés par l’électricité sont aussi bons que les cuirs ordinaires.
- Ce procédé méritait donc d’étre exposé aux lecteurs de La Nature. Jules Garçon.
- JONCTION DE CORDES
- Les figures ci-contre que nous reproduisons d’après le Scientific American montrent comment on peut faire un joint perdu entre deux cordes, ou les deux extrémités d’une même corde, pour en faire une corde sans fin, en opérant d’une manière un peu différente des méthodes ordinaires. Ce procédé rendra des services dans les installations mécaniques où l’on fait usage de transmissions par cordes, car le joint obtenu se trouve tout à fait perdu et sans aucune épaisseur lorsqu’il est terminé.
- Les bouts des cordes à joindre sont d’abord déroulés sur une longueur renfermant au moins autant de tours qu’il va de torons dans la corde entière. Les extrémités déroulées sont ensuite entre-croisées comme le montre la figure 1. C’est alors que commence la jonction. Le brin a est déroulé et le brin a' vient prendre sa place. Dans la pratique ordinaire, cette opération se continuerait sans aucune réduction de section, et la figure 2 montre bien ce mode d’opérer. Puis, lorsque a et a' se rencontreraient à une distance suffisante, on couperait la moitié de a et a', et l’autre moitié serait enfoncée entre les brins. Dans la méthode que nous allons décrire, on a recours à un procédé méthodique d’appointissement progressif des brins qui fournit un joint sans surépaisseur. L’endroit où la jonction doit se faire ayant été préalablement bien déterminé, on déroule, sur chacune des deux parties, autant de demi-tours de corde qu’il y a de brins dans le toron, en comptant en arrière à partir du joint à établir. La corde représentée sur la figure à titre d’exemple a six brins dans chaque toron et trois torons, soit dix-huit brins en tout. Chacun des trois torons correspondants, est déroulé sur une longueur de trois tours, comptés en arrière à partir du point de jonction : à ce point on enlève entièrement l’un des brins. On enroule alors un tour complet et 1 on enlève un brin de plus, puis un nouveau tour complet et l’on coupe un nouveau brin,‘laissant au toron la moitié seulement de sa section initiale. En ce point les deux torons sont alors noués ou tordus, comme le représente la figure 4, en ayant soin de faire un nœud à droite. Le nouage et le doublage des brins réduits de section qui en est la conséquence maintiennent la grosseur originale de l’enroulement, chaque toron ayant en ce point la grosseur de trois brins seulement. Les extrémités des deux bouts libres des torons correspondants, sont alors enroulés sur la partie diminuée, jusqu’à ce que l’on ait fait un tour ; on enlève alors un brin au bout libre qui se réduit ainsi à deux brins, la partie de section réduite est enroulée sur la corde principale qui. dans celte partie, n’a que quatre
- brins. Au tour suivant, on enlève encore un brin : il n’en reste plus qu’un venant se placer à côté du toron qui ne renferme que cinq brins, et après un tour complet, l’excédent de longueur du dernier brin est coupé. On remarquera que, par ce procédé, les torons conservent rigoureusement la même épaisseur sur toute la longueur du joint. Lorsque le nombre des brins constituant le toron est impair, un toron est déroulé un tour de plus, et réduit de section d’un tour de plus que l’autre au premier nœud, le reste de l’opération s’effectuant identiquement de même qu’avec des torons à brins pairs. La figure 3 montre la réduction méthodique du nombre des brins sur chaque toron. Il est préférable de ne pas enlever tous les brins à la fois, mais bien au fur et à mesure de l’enroulement. Le toron c est déroulé en sens inverse, c’est-à-dire à droite dans l’exemple choisi, et c' est mis à sa place, comme pour a et a'. Les torons c et c' sont chacun déroulés pour un nombre de tours égal à la moitié du nombre de brins qu’ils renferment; trois tours dans le cas particulier, réduits d’un brin, roulés d’un tour, réduits
- 1, 2, 3 et ï. — Jonctions de cordes.
- d’un brin, enroulés d’un second tour, réduits d’un troisième brin, noués et tordus comme précédemment, les bouts libres étant ensuite réduits progressivement dans l’enroulement comme pour les torons précédents.
- Ce mode de jonction a été appliqué avec succès par M. W.-A. Wood, de New-York, sur des cordes en fibres de nature très différente. Le joint étant partout de section bien uniforme, les cordes de transmission fonctionnent bien mieux, et les parties ainsi jointées ont une durée égale à celle des autres parties.
- Nous espérons que ce procédé ingénieux que nous avons cru devoir faire connaître, pourra rendre serviee à quelques-uns de nos lecteurs.
- LA BOUCLE DE YÀPEUR
- PROCÉDÉ SIMPLE ET ÉCONOMIQUE DE RETOUR DES EAUX DE CONDENSATION A LA CHAUDIÈRE
- Les mécaniciens savent que dans les appareils de chauffage par la vapeur, quels qu’ils soient, on a le plus grand inte'rêt à recueillir les eâüx
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- de condensation et h les retourner à la chaudière. On y trouve le double avantage d’utiliser de la chaleur qui, sans ce retour, serait perdue, et d’employer à l’alimentation une eau qui ne produit pas d’incrustations.
- Le retour de l’eau condensée à la chaudière peut se faire de deux manières : 1° par retour direct; l’eau revenant directement à la chaudière sous l’action de la pesanteur; 2° par retour indirect; l’eau s’écoulant d’abord dans un récipient où on la puise avec un appareil d’alimentation pour la refouler dans la chaudière.
- La première disposition impose l’obligation de placer les appareils à chauffer à un niveau plus élevé que la chaudière, afin que le retour de l’eau condensée puisse s’effectuer sous l’action de la pesanteur; le second procédé exige une puissance mécanique dont on ne dispose pas toujours dans toutes les indus-tries qui font usage de chauffage à la vapeur.
- Ne serait-il pas possible d’obtenir le retour automatique de l’eau de condensation à la chaudière sans avoir recours à un organe mécanique, et sans être obligé de mettre les appareils d’utilisation à un niveau plus élevé?La réponse affirmativeà cette question nous est fournie par une ingénieuse disposition récemment appliquée en Amérique, et connue sous le nom de steam loop (boucle de vapeur), appareil dont le dessin ci-dessus, qui représente un petit modèle de démonstration, permet de comprendre facilement le principe.
- Considérons, par exemple, une chaudière A dont le tuyau B alimente un appareil placé en C, et supposons que nous nous proposions de faire retourner à Ja chaudière l’eau de condensation produite dans le tuyau B. Il suffira, pour obtenir ce résultat, de disposer à la partie du récipient D dans lequel viendrait s’accumuler l’eau de condensation, un tuyau EFG formant la boucle de vapeur, et qui produira automatiquement, sans entretien et sans surveillance d’aucune sorte, le résultat demandé. L’eau de condensation accumulée en D, à un niveau inférieur à celui du niveau de la chaudière, sera néanmoins remontée dans cette chaudière par le jeu et le fonctionnement même de la boucle de vapeur.
- Pour comprendre comment ce résultat, paradoxal
- en apparence, peut être obtenu, il suffit d’étudier la répartition des pressions dans tout le système. La pression maxima est évidemment dans la chaudière. Au point C la pression se trouve diminuée de toute la perte de charge éprouvée par la circulation de la vapeur dans le tuyau B. Cette pression va encore en diminuant dans les parties E et F de la boucle, de telle sorte que, pour obtenir un équilibre dans la branche verticale G, il faut que l’eau de la chaudière s’élève d’une certaine quantité dans cette branche. La pression la plus faible est donc au point où le niveau de l’eau de la chaudière s’élève dans le tube vertical G, et cette pression est plus petite qu’en D. Il en résulte nécessairement une circulation incessante de vapeur dans le sens indiqué par les flèches, de I) en G, et, lorsqu’elle est en quantité suffisante, cette vapeur entraîne l’eau de condensation sous forme d’une couche mince longeant les parois du
- tube, puis sous forme de véritables pistons d’eau qu’il est facile d’apercevoir dans le modèle représenté, les tuyaux étant en verre. L’eau qui arrive dans le tube G tend a y élever le niveau, mais celui-ci se maintient constant par suite de l’écoulement naturel dans la chaudière.
- On obtient ainsi un véritable retour à gravité, l’eau retournant à la chaudière à une température voisine de celle à laquelle la vapeur en est sortie, sans qu’elle puisse s’accumuler h l’extrémité du tuyau ni arriver dans le moteur où sa présence serait souvent nuisible. Cette disposition trouvera donc son application dans tous les cas où l’on a besoin d’effectuer des purges automatiques, et surtout dans toutes les installations industrielles de chauffage à la vapeur. C’est pour cela, qu’en dehors de son intérêt scientifique très réel, nous avons cru utile de présenter cette disposition ingénieuse à nos lecteurs, en empruntant au journal américain Power le dessin représentant l’appareil de démonstration qui en fait comprendre si élégamment et si simplement le fonctionnement. En exagérant l’application du principe de la boucle de vapeur, il serait même possible de l’appliquer au retour à la chaudière de l’eau condensée provenant de l’échappement. L’application pourrait en être tentée avec succès. E. II.
- Modèle de démonstration de la boucle de vapeur.
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- LA SCIENCE PRATIQUE
- LE CAISSIER AUTOMATIQUE
- Nous avons commencé la description d’une série d’appareils contrôleurs et enregistreurs1. Nous continuons aujourd’hui par un totalisateur qui, de même que le contrôleur de caisse précédemment décrit, est d’origine américaine.
- Cet appareil est aussi compliqué de mécanisme qu’il est facile de manœuvre : une personne inexpérimentée peut s’en servir dès la première opération (fig. 1).
- C’est un vrai chef-d’ œuvre d’ingéniosité comme on va le voir. Supposons l’appareil mis à zéro partout,nous avons à percevoir la somme de 28fr, 40 représentant le mon-tant d’une vente.
- 11 suffit de met-Irc dans l’ordre les quatre poignées mobiles en face des quatre cintres 2, 8, 4 et 0, et d’imprimer une rotation complète de gauche à droite à la manivelle A pour recueillir immédiatement en B un ticket de la grandeur ci-contre (fig. 2) marquant verticalement le chiffre 1, indiquant le numéro d’ordre d’enregistrement et horizontalement les 28fr,40 à percevoir, les chiffres qui représentent les francs étant plus grands que ceux affectés aux centimes.
- Les 28fr,40 du premier versement paraissent très visibles en C et également dans l’évidement qui existe entre le cylindre enregistreur D et le tambour E.
- Une seconde perception de 22fr,35 suit ; les quatre poignées sont ramenées a zéro et placées ensuite en regard des quatre chiffres représentant cette somme. Un tour de la manivelle A et un second ticket sort, portant le numéro d’ordre 2 et le nombre 22fr,35, tandis que la rainure ménagée en G que le dessin ne montre pas porte le total des deux versements, 28,40 h- 22,35, soit 50fr,75.
- 1 Voy. n°90G, du 11 octobre 1890, p. 304.
- Il nous est impossible de décrire ici les détails d’un mécanisme qui ne comporte pas moins de 600 pièces toutes plus délicates les unes que les autres, il faudrait faire appela tous les mouvements connus en cinématique. On y trouve une profusion de roues d’engrenages, cames, secteurs dentés, rochets, excentriques, leviers, manivelles, le tout s’enchevêtrant de façon à rendre illisible une vue schématique. Disons pourtant qu’une pompe à air règle la vitesse de l’impression du ticket et que celui-ci est décapité au moyen d’une cisaille munie d’un excentrique fonctionnant au gré de la personne qui se sert de l’appareil.
- Notre dessin montre un appareil ne donnant que des dizaines de francs ; si donc on a une somme supérieure à 09fr,99 à enregistrer, il faut avoir recours à deux ou plusieurs opérations. Néanmoins l’appareil fonctionne jusqu’à concurrence de cent mille francs et dix mille versements, après quoi il revient automatiquement à zéro; il n’y a donc pas à s’occuper du fonctionnement de son mécanisme. On comprend tout l’avantage qu’il yak tirer d’un compteur aussi fidèle : il permet à un chef de maison de quitter ses affaires pendant des jours, des mois, et à son retour il voit d’un simple coup d’œil le nombre et le montant des ventes effectuées pendant son absence.
- Ce total ne peut être vérifié que par lui, car seul il possède la clef de la fermeture dissimulée dans l’intérieur du compteur.
- Ajoutons que pour plus de précautions, chaque tour de la manivelle A, qui amène le ticket, est annoncé par une sonnerie; impossible donc de rêver une sécurité plus absolue et plus... américaine. Ce système prévient les erreurs et oblige les employés à une attention scrupuleuse.
- Il suffit de prendre note à l’ouverture et à la fermeture de sa maison, des chiffres cachés sous clef,
- Fig. 1. — Le caissier automatique.
- Vue extérieure et aspect du mécanisme intérieur.
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- Fig. 2. — Fac-similé d’un ticket d’inscription.
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- pour avoir le montant de la vente journalière.
- L’appareil est tout en bois des îles et en acier nickelé; c’est un joujou, un enfant terrible qui ne pardonne aucun écart; s’il ne coûtait pas aussi cher, on le verrait dans toutes les maisons de vente au détail. Yves Guédon.
- UN DINER ÉLECTRIQUE
- Il s’est fondé, depuis environ un an, à New-York, Un club qui porte le nom de Franklin Experimental Club, Ce club a fêté, le 51 janvier dernier, le premier anniversaire de sa fondation par un dîner original qui mérite une mention toute spéciale, car, pour amuser les membres du club et les invités, l’organisateur, M. Ilaminer, dont nous avons su apprécier l’habileté lors de l’Exposition universelle de 1889, où il était le general manager de l’exposition d’Edison, a préparé une série de surprises électriques des plus curieuses. C’est la salle principale du laboratoire appartenant au club qui servait de salle de banquet. Cette salle était naturellement éclairée à l’électricité, le service des plats était fait par un chemin de fer électrique semblable à celui de M. Gaston Menier ', et les plats eux-mêmes étaient cuits à l’électricité.
- À l’un des bouts de la table se tenait un automate figurant Benjamin Franklin qui a souhaité phonographique-ment la bienvenue à ses invités, et qui a pris également la parole après le premier service.
- Pendant le dîner, un grand cornet acoustique placé au plafond, au milieu de la salle, a fait entendre la voix de Mm8 Adini, la Marseillaise, un discours de M. Eiffel, et des applaudissements entremêlés de cris de : « Vive la France! vive Carnot' vive la République! » Tout cela était la reproduction d’inscriptions phonographiques enregistrées près de deux ans auparavant à Paris, à l’Exposition universelle de 1889, et précieusement gardées sans aucune altération sur les cylindres de cire ou phonogrammes.
- A chaque plat, une surprise nouvelle, généralement électrique, attendait les invités. C’est l’électricité qui avait ouvert les huîtres, fait bouillir les [œufs, chauffé le punch, torréfié le café, etc. A la fin du dîner, une véritable pluie de fleurs couvrit la labié. Ces fleurs, montées sur des tiges en fer, avaient été maintenues en suspens pendant tout le dîner par des électro-aimants, et il avait suffi de rompre le circuit pour provoquer leur chute. On quitta la table au son d’une marche jouée au piano dans une salle voisine et transmise téléphoniquement avec une grande pureté et une grande intensité.
- Ail heures, la fête prit fin sur ces paroles de Franklin : « Couché tôt, levé tôt, rend l’homme sain, opulent et sage. »
- CHRONIQUE
- Les huîtres d’Ostende. — Nous recevons d’un de nos confrères bruxellois, M. Franz L..., quelques observations au sujet des huîtres d’Ostende, dont il a été question précédemment (p. 190). Notre impartialité nous fait un devoir de les publier :
- « Personne n’a jamais prétendu que l’huître cultivée dans les parcs d’Ostende est originaire d’Ostende ; elle est pêchée sur les côtes d’Angleterre, de Bretagne et de Sain-
- 1 Yoy. n° 752 du 29 octobre 1887, p. 344.
- tonge, et amenée à Ostende par des bateaux spéciaux. Aussi II. Bouchon-Brandely m’a fort étonné par cette phrase de son rapport : « D’ailleurs, les huîtres immergées ,( dans les bassins d’Ostende proviennent non des eaux « belges, mais bien d’Angleterre ou de France, etc... « Ce qui signifierait donc que nos parqueurs d’huîtres, au lieu d’aller chercher les mollusques sur leurs rochers natifs, comme on l’a cru jusqu’ici, iraient les prendre tout élevés dans les parcs des côtes de Saintonge, et se contenteraient de les déposer dans les bassins de transit en attendant leur écoulement. Mais alors, d’où viendraient la saveur et l’aspect particuliers des huîtres d’Ostende, et pourquoi les mêmes mollusques ne sont-ils pas fournis directement à la consommation par les parcs français ? Je ne veux pas entrer dans des détails, cependant fort curieux, sur la façon dont se fait, à Ostende, la culture des huîtres, les moyens qu’on emploie pour leur faire dégorger la vase qu’elles contiennent, leur donner la blancheur qui les distingue; en un mot, sur le système employé pour rendre l’huître propre à la consommation et à l’exportation. Qu’il me suffise de dire que M. Bouchon-Brandely oublie qu’il est venu, en 1874, voir et étudier ces installations remarquables qu’il a louées et admirées, disant que c’étaient des modèles. Il oublie aussi qu’à la suite de sa visite à Ostende, il s’est rendu en Hollande et en Angleterre et, qu’à son retour en France, il a, dans un rapport présenté au Ministre de l’instruction publique, fait le plus grand éloge des parcs ostendais. Depuis, si ces derniers ont changé, c’est comme amélioration et perfectionnement des systèmes employés. Du reste, M. Bouchon-Brandely perd de vue les succès remportés par l'ostréiculture ostendaise aux expositions de Boulogne-sur-Mer, d’Arcachon, de Paris, de La Haye et d’encore tant d’autres villes. »
- Conférence « Scientia ». — Le seizième dîner de la Conférence Scientia a eu lieu le jeudi 26 février 1891, dans les salons de l’IIôtel Continental ; le banquet était offert à M. Quatrefages de l’Institut. M. Gaston Tissandier, qui présidait la réunion, a souhaité la bienvenue à l’illustre savant, et a rappelé sa longue et féconde carrière. M. de Quatrefages, après avoir exprimé ses remerciements aux membres de Scientia, a exposé en termes excellents les idées générales qui se dégagent de ses beaux travaux, et il a tenu les assistants sous le charme de sa parole, qui brille tout à la fois par la clarté, la correction et l’élégance. Voici par ordre alphabétique la liste des membres présents à cette intéressante réunion : MM. le Dr Raphaël Blanchard, prince Roland Bonaparte, E. Cailletet, de l’Institut, A. Certes, Chambrelent, de l’Institut, Dr Chambrelenf, Chauveau, de l’Institut, Clémandot, Henri Cordier, Dr P. Delisle, Deslandres, Ferdinand Dreyfus, Evrard, Dr U. Fil-hol, Ed. Foa, Henry Gauthier-Yillars, Paul Garnier, A. Germain, de Guerne, Guye, E.-T. Hamy, de l’Institut, Dr llénocque, Ileim, Ed. Hospitalier, J. Janssen, de l’Institut, Dr Laboulbène, Laffargue, Ch. Lauth, Dr Lebon, H. Léauté, de l’Institut, L. L’Hôte, Georges Masson, Mau-noir, Du Mesnil, Metchnikoff, Stanislas Meunier, marquis de Nadaillac, Max de Nansouty, Dr Nicolas, L. Olivier, Dr Ollier, E. Oustalet, L. Poyet, Dr S. Pozzi, de Quatrefages, de l’Institut, Léonce de Quatrefages, Charles Richet, D1 Ranque, E. Rivière, commandant de Rochas, Setsche-noff, Alfred, Albert et Gaston Tissandier, Dr P. Topinard, J. Yallot, Michel Venukoff, Dr Verneau, L. Vidal, E. West.
- L'huile des copeaux de nmcilincs-outils. —
- L’industriel soucieux de ses intérêts ne doit négliger aucun moyen de diminuer le prix de revient de fabrication.
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- LA NATURE.
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- L’utilisation rationnelle des déchets ou résidus de tous genres est notamment une source d’économies qui, en se renouvelant quotidiennement, forment à la fin d’un exercice des sommes relativement élevées. MM. Bariquand viennent de construire un ingénieux appareil destiné à recueillir la presque totalité de l’huile contenue dans les copeaux ou tournures produits par le travail des machines-outils. Cet appareil constitue une application fort intéressante de l’essoreuse. On place les copeaux imprégnés d’huile dans un récipient logé lui-même dans la turbine ; puis on visse solidement le couvercle sur l’extrémité de l’arbre vertical qui est commandé au moyen d’une poulie dont la courroie passe sur deux galets de renvoi. Pendant le mouvement de rotation, l’huile remonte le long des parois coniques de la turbine et s’échappe par le joint du couvercle. Le panier de cette essoreuse tourne librement et se centre de lui-même autour de l’enveloppe en fonte, qui peut prendre diverses positions autour de son axe afin de permettre à l’huile récupérée de s’écouler dans un récipient. Le rendement de l’huile, ainsi extraite de la limaille ou des copeaux, est très grand. Si nous en croyons les constructeurs, la valeur de cet appareil peut être amortie en un mois de service.
- L’étude et la construction des dynamos. —
- Bans une récente communication faite à Manchester par M. A.-B. Blackburn, ingénieur électricien de MM. Mather et Platt, sur les dynamos et les considérations qui régissent leur établissement, l’auteur rappelle les améliorations que l’on a apportées dans le rendement de ces appareils. Dans les machines modernes, il est rare que le rendement soit inférieur à 80 pour 100, et, pour les types les plus perfectionnés, le coefficient s’élève fréquemment à 90 et même à 9> pour 100. Dans ses proportions générales et dans l’ensemble de sa construction, dit M. Blackburn, la dynamo moderne est arrivée aujourd’hui à un degré où il est difficile de s’attendre à des modifications radicales. Le rendement est déjà si élevé que l’on ne peut guère espérer d'augmentation de ce côté, et on constate avec plaisir que ces résultats ont été obtenus avec réduction d’échauffement, suppression d’étincelles et conditions mécaniques des plus satisfaisantes, diminuant à son minimum toute surveillance. Les perfectionnements que l’avenir nous réserve porteront probablement sur les détails de construction, l’économie du prix de revient, et, peut-être sur l’emploi de nouvelles substances isolantes plus durables.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 mars 1891. — Présidence de M. Duchautre
- Les huîtres de Roscoff. — Nos lecteurs se rappellent certainement la très intéressante communication faite l’an dernier par M. de Lacaze-Duthiers sur les tentatives d’ostréiculture au laboratoire de zoologie expérimentale de Roscoff. Dès le mois de juin, le naissain semé en avril avait « poussé sa-barbe » et atteint 3 centimètres de diamètre. En septembre, bien que les coquilles eussent acquis une taille presque marchande, M. de Lacaze n’a rien, dit voulant voir comment ses élèves passeraient l’hiver; et c’est seulement aujourd’hui qu’il apporte la suite de son intéressant travail. À Roscoff, comme partout, l’hiver qui n’est pas encore fini a été d’une rigueur exceptionnelle; les Mésambrienthèmes, les Fuchsias, les Véroniques à épis qui y prospèrent en pleine terre ont été gelés; les cultures maraîchères, qui ont mis longtemps Roscoff sur un rang exceptionnel, ont été fort compro-
- mises; cependant les huîtres n’ont pas souffert, car la perte de 50 individus sur les 8500 qui sont en élevage est absolument négligeable. La raison de ce succès est tout entière dans la sollicitude constante avec laquelle on a préservé les caisses du contact de l’air froid durant la marée basse en les enlraînant vers la mer au moyen de chaînes. Maintenant les coquilles ont plus de 8 centimètres de large; elles sont absolument saines et la saveur des mollusques est, paraît-il, fine et délicate. 11 ne reste plus qu’à s’assurer que les huîtres s’engraisseront et alors l’expérience sera complète. Comme le fait remarquer le savant auteur, le laboratoire de Boscolf est un établissement de science pure et son rôle n’est pas de fabriquer des huîtres; mais il peut être d’une incalculable valeur pratique en prêchant d’exemples des populations de pêcheurs fort peu ouvertes au progrès, mais que la netteté des résultats acquis a dès maintenant convaincues. Déjà le propriétaire du fameux vivier de Roscoff vient d’acheter du naissain à Auray et l’on peut croire qu’il réussira l’expérience qu’il va tenter. M. de Lacaze signale le côté sud de l’île de Batz comme présentant de larges surfaces actuellement sans valeur et où l’ostréiculture trouvera l’espace qui lui est nécessaire.
- Sur la composition des eaux de drainage. — La formation des nitrates dans la terre arable, aux dépens de la matière organique du sol est avantageuse au printemps, car elle fournit aux récoltes un aliment précieux ; mais elle est au contraire funeste à l’automne quand les terres sont dépouillées de végétation. L’azote nitrique entraîné par les eaux de drainage est perdu. Pour éviter ces perles, M. P.-P. Dehérain, dont nous avons eu déjà tant de fois à analyser les beaux travaux, sème immédiatement après la moisson une plante à évolution rapide destinée à retenir les nitrates, puis à être enfouie pour servir de fumure verte. Les pertes sont ainsi complètement évitées. En 1890, l’automne a été sec et les nitrates ne se sont formés qu’en faibles quantités ; cependant un hectare sans culture dérobée aurait perdu en moyenne 10kg,8 d’azote nitrique, tandis que lorsqu’il a été couvert de colza ou de navette, il a perdu seulement 0k(f,44. Dans les années à automne humide comme 1889, où les terres nues avaient perdu 72 kilogrammes d’azote nitrique, l’azote retenu par les cultures dérobées suffit largement à payer les dépenses qu’elles occasionnent ; pour que dans les années sèches, la fumure verte un peu pauvre à cause de la pénurie des nitrates formés soit plus efficace et couvre les dépenses, M. Dehérain propose d’employer aux semis deux plantes différentes : du colza pour retenir les nitrates, de la vesce pour enrichir le sol de l’azote qu’elle prélève sur l’atmosphère ; l’azote retenu et fixé suffira largement à payer les dépenses qu’occasionne l’établissement des cultures dérobées pour engrais.
- Géologie russe. — Par l’intermédiaire de M. Gaudry, M. S. Nikitîn, géologue en chef du Comité géologique de Saint-Pétersbourg, présente un nouveau volume de l’explication de la carte de Russie. Il s’agit de la feuille de Moscou, où le terrain carbonifère, dit moscovien, est associé au tartarien, qui correspond aux marnes irisées, au jurassique supérieur, à des couches où se confondent le jurassique et le crétacé, enfin, aux blocs erratiques et aux marnes fluviatiles actuelles. L’étude de la région de Moscou est spécialement difficile à cause de l’absence de tout accident sur un sol rigoureusement plat, et l’on doit applaudir d’autant plus au succès des géologues russes.
- Les phosphates de Gourbesville. —M. Merle, à qui on
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- LA NATURE.
- doit les premières découvertes de phosphates dans la Somme, se propose d’exploiter l’énorme accumulation d’ossements fossiles et de nodules phosphatés des environs de Gourbesville en Cotentin. Les travaux qu’on vient d’entreprendre dans ce but ont conduit M. de Lapparent à recueillir des échantillons bien conservés dont l’àge a été déterminé au laboratoire de paléontologie du Muséum. On remarque des débris à'Halitherium fossile et des dents de Dinothérium Curieri qui sont l’un et l’autre de l'époque des faluns de l’Anjou. Toutefois, l’accumulation des débris a eu lieu bien plus tard et les Terehratula grandis non roulées qui y sont mélangées, montrent que c’est la mer pliocène qui a réalisé le lavage et la concentration des gîtes.
- Varia. — Des fossiles permettent à M. Donvillé de reconnaître le miocène et l’éocène parmi les terrains que doit traverser le canal de Panama. — D’après M. Linossier, les fructifications de YAspergillus niger renferment une matière colorante ayant les caractères de l’hématine du sang des animaux. —
- Une étude de M. de Mon-tessus concerne la répartition saisonnière des séismes et conclut à l’inexactitude de la prétendue loi de Per-rey. — M. Jobannès Cbatin appelle l’attention sur l’histologie de l’épithélium hépatique de la testacelle. —
- Un observateur russe, M.
- Sjinbelief, confirme le minimum actinoinétrique que M. Crova a observé à Montpellier pour l’heure de midi. — D’aprèsM. Bigour-dan, la nébuleuse 1186 voisine d’Algolest variable, c’est-à-dire comparable à celle queüind a découverte le 11 octobre 1852 dans la constellation du Taureau.— M. Geikie de Londres est nommé correspondant dans la section de minéralogie, par 45 suffrages contre 6 accordés à M. Vézian de Besançon, 2 à M. de Richthofen de Berlin, et 1 à M. Tchermak de Vienne.
- Stanislas Meunier.
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- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- LÀ CASTROGRAPHIE
- Ne cherchez pas le mot de Caslrographie dans le dictionnaire ; c’est un néologisme créé pour désigner, tant bien que mal, un art nouveau. La castro-graphie (du grec : écrire en coupant) consiste à écrire et à-dessiner en relief, dans l’épaisseur d’une feuille de carton mince, au moyen d’une lame de canif; elle a été imaginée par un Américain, M. Mills, cjui l’exhibait à Paris dans un établissement public. Cet artiste trace le dessin ou l’écriture au moyen
- d’incisions faites dans l’épaisseur du carton ; la lame du canif faisant avec le carton un angle très aigu, ces incisions peuvent être très profondes; h mesure qu’elles sont faites, l’opérateur relève avec le dos de la lame la partie supérieure qu’il vient de trancher, de façon que son tracé se transforme instantanément en une sorte de bas-relief. En éclairant de côté le carton ainsi préparé, il présente en effet les lumières vives, les teintes et demi-teintes, les ombres propres et les ombres portées de la sculpture. Quant à la rapidité d’exécution, il nous suffira de dire que les spécimens tracés spécialement sous nos yeux par l’artiste, pour les lecteurs de La Nature, ont été faits en moins d’une minute, montre en main ( voy. la gravure ci-contre). M. Mills varie à l'infini le genre de ses
- délicates compositions : ici, ce sont des fleurs, églantines ou mysotis; là, des motifs de décoration, ailleurs des oiseaux, des plantes ornementales, etc., que nous voyons surgir tout à coup sous la lame du canif rapide ; dans le temps qui serait nécessaire à un dessinateur pour jeter sur le papier un croquis, M. Mills nous donne non seulement le contour, mais encore les ombres, obtenues par les jeux de lumière sur le bas-relief.
- Ce procédé ne peut guère fournir que des travaux de fantaisie, cartes de visite, menus sortant de la décoration ordinaire, etc. ; bon nombre de nos lecteurs, amis des distractions manuelles, pourront s’y exercer à leur tour; ils constateront la difficulté qu’il y a à entailler ainsi la feuille de bristol sans que la pointe du canif la traverse de part en part ; avec un peu d’exercice, et sans chercher à aller trop vite, nous croyons qu’ils pourront obtenir des résultats satisfaisants.
- Les cartes de M. Mills nous ont remis en mémoire un article précédent de La Nature consacré à une sorte de compas à lame tranchante fort original, et qui permettait d’entailler en biais les cartes de visite pour y fabriquer de petites poulies1. Ce travail offrait quelque analogie avec celui que nous venons d’indiquer. Arthur Good.
- 1 Voy. n° 718, du 5 mars 1887, p. 223.
- Le Dropriclaire-Géranl: G. Tissandii n
- Das~reliel's exécutés avec une lame de canif dans des cartes de visite.
- Paris. — Imprimerie Laliure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 928.
- 14 MARS 1891.
- LA NATURE.
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- L’IMPORTATION DES BESTIAUX VIVANTS
- DE l’aUGEjNTINE
- Tandis que les pays européens, par sûite de leur population si dense, sont loin de pouvoir produire assez de bestiaux pour leur alimentation et que du reste, en raison même de cette rareté du bétail, la viande est encore une consommation de luxe, bien loin d’être à la portée de toutes les bouches et de tous les estomacs, comme elle le devrait; au contraire, dans les pays nouveaux, à peine encore peuplés, comme la République argentine, comme l’Australie
- ou la Nouvelle-Zélande, les vastes espaces inoccupés offrent un champ immense à l’élevage des bestiaux, et la production dépasse de beaucoup la consommation. Aussi songe-t-on depuis longtemps à ouvrir en Europe un large marché aux éleveurs de ces pays.
- Mais sous quelle forme envoyer les viandes ou les bestiaux qui ont à faire une si longue traversée? Nous n’avons pas besoin de rappeler le procédé Appert, ni le corned beef, toutes viandes conservées qui n’arrivant point à l’état frais, sont loin de convenir à tout le monde, et ne contiennent point d’ailleurs tous les principes nutritifs de la viande fraîche. Sans citer Y extraction carniz, qui n’a qu’un emploi
- Arrivée à Dunkerque, Le 18 janvier 1891, du steamer anglais Bellenden ayant à bord 90 bœufs, provenant de la République argentine.
- spécial, nous n’oublierons point que La Nature a donné, a maintes reprises, des indications sur le système qui consiste a importer des viandes dépecées, que l’on conserve par le froid à bord de navires spécialement installés pour ces transports.
- Cette industrie spéciale est certainement prospère aujourd’hui. Sans parler de la Grande-Bretagne, la Société argentine qui exposait ses produits en 1889 dans le pavillon de la Plata, possède à Paris un important établissement; le port de Dunkerque, qui s’est fait une spécialité de toutes les relations avec l’Argentine, aussi bien pour les laines, pour les blés, que pour les bestiaux, a vu entrer, en 1888, 36014 kilogrammes de moutons congelés, 120 130 en 1889 et 332500 en 1890; pour cette dernière année, cela représentait 14500 unités. Mais les
- t9* année. — t*r aemestre. t
- viandes conservées par le froid sont loin de plaire à tous les consommateurs : beaucoup de gens éprouvent de la répugnance à en manger, quoiqu’elles soient absolument saines, et il fallait trouver autre chose. C’est ce qu’a fait M. Mine, consul de l’Argentine a Dunkerque, qui est pour une grande part dans le développement des relations de ce port avec la République sud-américaine, et à qui nous sommes redevables de ces renseignements.
- On sait que le marché de Paris voit arriver annuellement plus de 700000 moutons étrangers, qui généralement arrivent morts; mais, depuis quelque temps, depuis le mois de décembre 1870 surtout, il arrive à Marseille une grande quantité de moutons venant des ports russes de la mer Noire; ces animaux sont du reste envoyés en examen au sanatorium de
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- LA N’A T U UK.
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- la Villettc. Mais, si la traversée de la Méditerranée est parfois agitée, du moins la durée du parcours est assez courte pour les animaux entassés sur le pont, et il n’en est pas de même pour venir de La Plata. Cependant, dès l’année 1889, M. Àntonia Voltoz y Clément avait pratiqué un essai sous les auspices de la Société rurale argentine. Dix bouvillons avaient été embarqués à Buenos-Ayres pour Barcelone ; nourris de pâte de farine et d’un peu de fourrage, additionnés d’une préparation contre le mal de mer, huit étaient arrivés à bon port ; cinq même présentaient une augmentation de poids.
- C’était un succès relatif; d’ailleurs l’Angleterre commençait à utiliser ce mode de transport, et il existe aujourd’hui un marché spécial de ce genre à Birkenhead (près Liverpool). M. Mine réussit à faire suivre cet exemple, et la Société exportative argentine (Sociedad exportadora de Gahados) s’est lancée dans cette voie. Depuis septembre 1890 jusqu’en janvier 1891, il est entré dans le port de Dunkerque 397 bœufs vivants et 3118 moutons, ce qui est considérable pour un commencement ; ces animaux sont presque tous immédiatement dirigés sur le marché de la Villette.
- L’installation des bestiaux à bord est clairement indiquée par le dessin qui accompagne cette notice *, du moins en ce qui concerne l’installation sur le pont : de chaque bord on a disposé une série de stalles munies d’un toit en planches et s’ouvrant sur une mangeoire continue. Du reste, nous devons dire tout de suite que le chargement sur le pont est encore une exception, le seul steamer anglais Bellen-den a osé faire cette expérience; mais quoiqu’il soit arrivé en France par la température sibérienne dont nous pâtissions au commencement de janvier, les pertes ont été très minimes. Pour les moutons cependant, on en a déjà expédié sur le pont, mais, pendant les froids, l’eau de pluie ou de mer gèle sur leur dos et maintient une humidité froide qui les empêche de se coucher, et leur retire même parfois l’appétit. Dans l’entrepont, l’installation des stalles est encore plus simple que sur le pont, ne nécessitant pas de toiture. Les moutons souffrent particulièrement de la chaleur de l’entrepont et leur mortalité est plus grande que sur le pont.
- Tous les quais du port de Dunkerque étant garnis de voies ferrées, le transbordement se fait directement du navire dans le wagon, qui est réuni au premier par une passerelle mobile. Cette opération se présente quelquefois sous une forme très originale. Quand les bestiaux sont sur le pont et que la lisse du steamer a des sabords, rien de plus simple : on ouvre un des sabords en face de la passerelle, et la bête, tirée par un péon argentin (ou conducteur de bétail), passe de plain-pied, pour ainsi dire, du pont sur la passerelle et dans le wagon. C’était plus compliqué, comme le représente la gravure, quand les bœufs étaient dans l’entrepont. On attachait l’animal par
- 1 Le dessin joint à cette notice a été fait d’après des photographies de M. Chaveron.
- les cornes, et, à l’aide du treuil à vapeur du bord, on l’amenait, ou plutôt on l’élevait jusqu a la hauteur du pont, puis la grue à vapeur de la Compagnie du chemin de fer le saisissait de la même façon, pour le déposer Sur la passerelle, d’où il se rendait en général paisiblement jusqu’au wagon.
- Le succès est manifeste : dans les trois derniers vapeurs arrivés à Dunkerque, sur un effectif de 197 bœufs importés on n’a eu à constater que 17 décès, c’est-à-dire moins de 9 pour 100. Les Anglais font déjà ce commerce sur une grande échelle, amenant des bœufs de New-York. L’Argentine va trouver enfin l’utilisation de ses immenses troupeaux, et la classe pauvre européenne pourra se procurer de la viande à peu de-frais. Daniel Bellet.
- LES MOTEURS A. GAZ
- L’Association polytechnique pour le développement de l’instruction populaire, fondée en 1850 par les anciens élèves de l’Ecole polytechnique, a organisé une série de conférences qui ont lieu tous les dimanches matin à dix heures jusqu’au G avril dans le grand amphitéâtre de l’École de médecine. La première de ces conférences a été faite le 1er mars, par M. Ilirsch, ingénieur en chef des ponts et chaussées, professeur à l’École des ponts et chaussées, et au Conservatoire national des arts et métiers. Le savant conférencier avait pris pour sujet les machines à gaz ; il a su présenter son sujet avec beaucoup de charme, de clarté et de simplicité, et en a fait oublier l’aridité à un public attentif et avide de s’instruire. Nous résumerons les points principaux de cette intéressante séance.
- La question des moteurs à gaz est toute d'actualité, et l’industrie qu’elle a fait naître a un développement connexe de celui de l’électricité, car dans bien des cas c’est au moteur à gaz que l’on a recours pour produire la force motrice nécessaire au fonctionnement des dynamos.
- Comparé à la machine à vapeur, le moteur à gaz est un appareil très perfectionné et M. Ilirsch l’établit par deux chiffres typiques : une machine à vapeur de grande puissance, munie de tous les perfectionnements les plus récents, consomme pratiquement 1 kilogramme de charbon par cheval-heure, tandis qu’un moteur à gaz de faible puissance très ordinaire, dépense moins de 1 mètre cube de gaz pour produire la même quantité de travail. Mais 1 kilogramme de houille produit 8500 calories, tandis que 1 mètre cube de gaz d’éclairage n’en représente que 5500. Le moteur à gaz transforme donc mieux la chaleur en travail que la machine à vapeur, et il n’a cependant que trente années d’existence, tandis que la machine à vapeur date de deux cents ans. Le moteur à gaz n’est pas, d’autre part, au bout de ses progrès, tandis que la machine à vapeur touche à la perfection.
- Pour faire comprendre les principes essentiels de fonctionnement des moteurs à gaz, M. Hirsch montre deux expériences caractéristiques de combustion lente et de combustion vive d’un mélange de gaz et d’air, et fait remarquer avec raison à ce propos combien l’orthographe est capricieuse, puisque l’on écrit tonnant avec deux n et détonant avec une seule n.
- Le principe fondamental des moteurs à gaz a été proposé dès 1078 par l’abbé de Hautefeuille qui imagina et proposa un moteur à poudre à canon. Tous les canons
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- ne sont pas autre chose que des machines thermiques plus ou moins parfaites, au point de vue du rendement ; les canons sont supérieurs à la machine à vapeur, en ce sens qu’ils communiquent au boulet, sous forme de puissance vive, une quantité de chaleur produite par la combustion de la poudre plus grande que la même quantité de chaleur utilisée sous la chaudière d’une machine à vapeur.
- La première véritable machine à gaz est due à Philippe Lebon, l’inventeur du gaz d’éclairage, malheureusement assassiné en 1804; mais c’est seulement en 1830 que le moteur à gaz fit son apparition dans l'industrie, sous la forme très simple du moteur Lenoir, construit par Mari-noni, mais ce moteur consommait alors 2mc,5 de gaz par cheval-heure. Malgré le prix élevé de la force motrice ainsi produite, le moteur à gaz présentait des avantages, par suite de sa mise en marche et de son arrêt facile, et de la non-existence, pour lui, des règlements d’administration qui sont imposés aux chaudières des moteurs à vapeur. Ces règlements sont d’ailleurs nécessaires au point de vue de la sécurité, car l’eau chaude sous pression est un corps explosif fort dangereux, et d’autant plus dangereux que son volume est plus grand. Le moteur à gaz ne présente pas les mêmes inconvénients.
- M. Hirsch passe ensuite en revue les différents perfectionnements dont nos lecteurs ont pu suivre toutes les phases dans les nombreux articles consacrés à la question dans nos colonnes, et signale que la consommation actuelle s’est considérablement abaissée depuis trente années, car un moteur Lenoir nouveau système, expérimenté par M. Hirsch l’année dernièrp, a accusé une dépense de 600 litres seulement par heure et par cheval effectif, disponible sur l’arbre moteur.
- Mais le gaz d’éclairage est un combustible de luxe et d’un prix spécifique beaucoup trop élevé. On cherche aujourd’hui à tourner la difficulté économique en employant des gazogènes, appareils de fabrication de gaz pauvres dont le principe consiste à brûler du combustible chargé sur grande épaisseur, l’air atmosphérique traversant ce combustible avec une très faible vitesse. Dans ces conditions, on produit de l’acide carbonique qui se transforme ultérieurement en oxyde de carbone par dissociation. C’est cet oxyde de carbone qui, mélangé à l’azote de l’air qui a servi à le produire, constitue les gaz pauvres que l’on utilise dans un moteur à gaz approprié.
- Des essais de M. Aimé Witz ont montré que la consommation de combustible se trouvait abaissée à 612 grammes par heure et par cheval pour un moteur donnant 75 chevaux effectifs.
- Dans l’état actuel, la machine à vapeur présente sur cette combinaison les deux avantages primordiaux d’une plus grande légèreté et d’une plus grande souplesse.
- Une voie de progrès semble ouverte du côté des combustibles liquides dont l’emploi est encore relativement récent. Dans les villes qui ne disposent pas d’une canalisation de gaz d’éclairage, les moteurs à gaz et à combustibles liquides offrent les plus brillantes promesses.
- LES CHASSEURS ALPINS
- Nos bataillons alpins sont devenus des montagnards intrépides : on en jugera par le récit suivant qui vient d’être publié par M. C. Paris, dans le Dauphiné :
- Un tour de force, tel qu’on n’en a pas encore fait, vient
- d’être accompli par une compagnie du 12e bataillon de chasseurs alpins, en garnison à Grenoble. Soixante-cinq hommes, sous le commandement de trois officiers, ont fait en tenue de campagne, avec armes et bagages, l’ascension de Belledonne (2913 mètres).
- Partis de Grenoble, le jeudi 26 février, à 4 heures du matin, ils sont montés le même jour à la Pra, où ils ont couché; puis, le lendemain, ils ont fait l’ascension du pic de la croix de Belledonne, et sont revenus à Grenoble, où ils sont arrivés un peu avant 6 heures du soir. Il est remarquable d’observer qu’aucun accident ne s’est produit pendant cette course vraiment extraordinaire, et qu'il n'y a pas eu un seul traînard.
- Les braves petits alpins, que leur commandant, leur capitaine et la fanfare étaient allés attendre aux portes de la ville, ont traversé à une allure des plus vives les rues de Grenoble, sac au dos, l’arme à l’épaule, et les raquettes en bandoulière.
- Ce résultat, le plus remarquable qui ait encore été obtenu en alpinisme, fait grand honneur aux officiers qui ont dirigé l’expédition, et aux hommes qui y ont pris part. Les uns et les autres ont affirmé hautement les qualités de courage et de vigueur de notre armée, et ont accru le glorieux patrimoine de bravoure et d’entrain de leurs aînés. Et nous sommes heureux, nous Grenoblois, de compter dans nos murs ces braves petits troupiers, dont l’allure si martiale et si vive fait battre nos cœurs d’espérance et de légitime fierté.
- La montagne est bien vaincue cette fois. L’hiver, ni la neige, ni le froid n’arrêtent nos vaillants alpins. Où donc est le temps, relativement peu éloigné, cependant, où Adolphe Joanne, dans le Tour du Monde, racontait son ascension à Belledonne en plein été comme s’il se fût agi d’une expédition au pôle Nord? Il serait peut-être à propos, pour établir un frappant contraste, de rapprocher des ascensions extraordinaires qui .yjjenpent d’etre faites cet hiver, cette première as^h&of ^b'tfoanne, pendant laquelle, son guide aidant,, il crut courir de vrais périls ! Ce pic, que l’on ne foulait que très rarement autrefois, est devenu un lieu de simple promenade, pour les intrépides (et le nombre en grossit chaque jour), qui, rompant avec les traditions anciennes, osent affronter ces sommets audacieux, drapés dans leur manteau de neige immaculée.
- La neige, autrefois obstacle invincible, devient un moyen, et souvent une aide, pour l’alpiniste de nos jours. Les raquettes en triomphent aisément, et notre rigoureux hiver leur a vu remporter de belles victoires.
- Nous rappellerons à nos lecteurs que nous avons précédemment parlé des raquettes de neige, du chalet de la Pra, et de l’intéressante ascension du pic de Belledonne1 ; ils pourront se reporter k ce que nous avons dit k ce sujet.
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- "VÉLOCIPÈDES
- A CAOUTCHOUCS PNEUMATIQUES
- En ces dernières années, le goût du vélocipède a pris en France un développement considérable, grâce aux diverses améliorations que les constructeurs ont apportées k la fabrication des machines.
- 1 Voy. L’Alpinisme d’hiver et les raquettes de neige, par M. de Rochas, n° 884, du 10 mai 1890, p. 553.
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- Sans remonter aux célérifères qui furent aux vélocipèdes actuels ce que le chariot de Cugnot est aux locomotives modernes, il est incontestable que le vélocipède « fin de siècle » dont nous nous servons aujourd’hui est incomparablement supérieur aux horribles machines sur lesquelles j’ai fait mes premières armes, il y a une vingtaine d’années. Le vélocipède de cette époque était un instrument de supplice sur lequel on exécutait un travail à peu près semblable à celui de l’écureuil dans son tambour et tout au moins aussi fatigant que le labeur des anciens condamnés qui faisaient tourner, en s'accrochant à leurs flancs, les grands treuils dans les mines.
- La substitution des roues en fil de fer aux roues en bois, la transmission par chaînes et le mouvement différentiel appliqués aux tricycles, les frottements à billes, l'invention de la bicyclette, remplaçant si avantageusement l’ancien bicycle, en un mot, tous les perfectionnements apportés depuis vingt ans à la fabrication des vélocipèdes, ont rendu ces machines tout à fait pratiques. La preuve en est dans leur récente adoption dans l’armée. Mais le dernier mot de tous ces progrès n’est pas encore dit, car voici les caoutchoucs pneumatiques qui viennent de faire leur apparition, et me semblent mériter d’attirer l’attention des amateurs de la pédale.—Voilà sommairement en quoi consistent ces nouveaux caoutchoucs : un tube en caoutchouc creux destiné à recevoir de l’air comprimé, occupe le centre du système. Ce tube est entouré d’une première enveloppe formée de deux bandes de forte toile collées ensemble avec une dissolution de caoutchouc et dont les bords recouvrent la jante de la roue. Cette première enveloppe, en même temps qu’elle retient le tube à air solidement fixé sur la jante, empêche celui-ci de se distendre sous la pression de l’air comprimé. Le tout est recouvert d’une seconde enveloppe de caoutchouc C (fig. 1). Celle-ci augmente d’épaisseur dans la
- Fig. 1. —Coupe du caoutchouc pneumatique.
- Fig. â. — Pompe à air du vélocipède à caoutchouc pneumatique.
- partie qui doit adhérer au sol et recouvre complètement la jante à laquelle elle est fixée avec du caoutchouc liquide. Le gonflement du tube à air se fait très facilement au moyen d’une petite pompe à main que l’on introduit dans un ajutage qui se trouve sous la jante et qui renferme un clapet de retenue d’un système spécial (fig. 2).
- Je me sers depuis quelque temps d’une bicyclette et d’un tricycle à caoutchoucs pneumatiques, et j’avoue que j’ai été étonné des résultats obtenus avec ces machines. Suppression des trépidations si désagréables sur les mauvaises routes, augmentation de vitesse, et en même temps diminution de fatigue, telles sont les réelles qualités de ce nouveau système de caoutchoucs.
- Un exemple permettra d’apprécier leur supériorité au point de vue du roulement. J’ai pu avec ces nouvelles machines circuler très aisément sur des routes couvertes de neige et ensuite défoncées par le dégel, lorsque dans les mêmes conditions il m’était presque impossible d'avancer avec une bicyclette très légère à caoutchoucs ordinaires.
- Il y a donc de ce côté un véritable progrès. Heste à savoir si les caoutchoucs pneumatiques offrent une résistance suffisante à l’usure et surtout aux coupures des cailloux. Ce n’est que par un usage plus prolongé que je pourrai me faire une opinion à cet égard, bien que jusqu’ici aucune avarie ne soit survenue à ceux que j’expérimente depuis deux mois. En résumé, je pense que les nombreux avantages du pneumatique, qui vient seulement de faire ses débuts, le feront adopter universellement, lorsqu’il aura reçu les perfectionnements que l’expérience indiquera, et quand les constructeurs de machines pourront le mettre à la portée de tout le monde en réduisant les prix actuels.
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- CAISSON FLOTTANT
- POUR LA RÉPARATION DES NAVIRES
- Il arrive quelquefois que les navires, soit en raison d’un abordage, soit à la suite de la rupture
- d’une des branches de leur bélice, n’aient, pour ainsi dire, que leur proue ou leur poupe endommagées. En pareil cas, au lieu de les faire passer aux formes de radoub, opération toujours onéreuse et longue, on préfère exécuter les réparations locales à l’aide de caissons flottants qu’on vient appli-
- Fig. 1. — Caisson flottant pour la réparation dos extrémités des navires.
- quer sur la coque aux endroits atteints. Toutefois, l’étanchéité du joint à former entre les parois du caisson et l’extérieur de la coque est toujours plus ou moins délicate à obtenir. Le Scient,ifîc American vient de publier la description et les dessins d’un caisson de réparation, qui paraît obvier pleinement à cette difficulté. La figure 1 représente l'application qui en a été faite pour la réfection de l’étrave
- du paquebot la Champagne, de la Compagnie Transatlantique, après sa rencontre avec le Lislonense, steamer anglais. La collision s’est produite dans la baie de New-York, au moment du départ pour l’Europe, et comme les deux navires n’avaient d’avaries sérieuses qu’au-dessus de la flottaison, ils ont pu aisément rentrer au port pour se réparer. Le caisson employé à cet effet est formé d’une sorte de ponton
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- dont le fond et trois côtés sont h doubles parois qu’on peut remplir d’eau et épuiser à volonté. Le quatrième côté est occupé par une porte composée de madriers articulés, comme l’indique la figure 2.
- Ces madriers, disposés exactement comme les branches d’un éventail, sont traversés par une tige da» fer autour de laquelle ils peuvent tourner. Leur longueur diminue à mesure qu’ils se rapprochent du fond du ponton, de manière à laisser entre leurs extrémités un espace libre présentant, dans le sens transversal, un profil analogue à la section du navire. Au bout de chaque madrier est fixé un câble qu'on tend à l’aide d’un treuil pour l’appliquer contre la coque. Afin d’obtenir un joint étanche, ces bouts sont recouverts d’une sorte de matelas en étoupes et toile à voiles qui se serre sur les flancs du bâtiment.
- On commence par amener, au moyen d’un remorqueur, le caisson immergé sous la partie à réparer, en laissant largement ouverte la porte du quatrième côté, puis on l’arrime à l’aide de câbles manœuvres sur le pont. On rabat ensuite les ma-
- Fig. 2. — Plan et élévation du caisson flottant.
- driers et le matelas d’étoupes contre les flancs, et il ne reste plus qu’à épuiser l’eau du double fond et des doubles parois pour obtenir un redressement du "caisson qui se place horizontalement sous le navire. Enfin, pour permettre aux ouvriers de travailler à sec, on pompe l’eau qui se trouve dans l’intérieur du ponton.
- Le caisson employé pour la réparation de la Champagne avait 12m,60 de longueur sur 9m,60 de largeur et 6m,60 de creux.
- La nouvelle étrave rapportée sur le bâtiment est constituée par une pièce de fer de 13m,80 de longueur, 0m,325 de largeur et 0m, 100 d’épaisseur. On a commencé par la couder à ses deux extrémités, puis on a raboté obliquement la base pour former l’écharpe. Ensuite on a percé deux lignes de 400 trous de rivets chacune pour la réunir aux plaques de carène. La longueur totale de ces trous de rivets est de 39 mètres. Le travail poursuivi jour et nuit a été exécuté en soixante-douze heures. G. Richou,
- Ingénieur des arts et manufactures.
- APPLICATION DE LA FORCE CENTRIFUGE
- AUX ANALYSES CHIMIQUES INDUSTRIELLES
- Le dosage par liqueurs titrées constitue, en général, le procédé idéal des analyses industrielles au point de vue de la simplicité, de la facilité et de la rapidité d’emploi,
- sinon de la précision. Malheureusement, dans un certain nombre de cas, les procédés de dosage volumétrique présentent une certaine incertitude, résultant de ce que les précipités se séparent lentement, étant donné que leur densité est peu différente, en général, de celle de la solution dans laquelle ils se produisent.
- La force centrifuge fournit un moyen d’accélérer la séparation de la liqueur et du précipité, et le mode d’application, dans les analyses chimiques, de ce moyen aussi simple qu’ingénieux est exposé dans une récente Note publiée par M. R. Lezé, professeur à l’Ecole de Grignon, Note publiée dans le Génie civil.
- Comme, dans une analyse donnée, on connaît approximativement le quantum de la matière cherchée, le procédé consiste à préparer un certain nombre de tubes contenant une même quau'ité déterminée de la matière en expérience, et à verser dans chacun de ces tubes des quantités de précipitant croissantes, suivant une loi connue déterminée, dans chaque cas particulier, par la précision à obtenir et la nature de l’analyse.
- Les tubes sont ensuite agités à plusieurs reprises et soumis à la force centrifuge.
- La séparation s’effectue, les matières les plus lourdes se portent aux extrémités les plus éloignées de l’axe de rotation, et l’on obtient, après une rotation suffisamment rapide et prolongée, des liqueurs aussi claires que si elles avaient été filtrées.
- On reprend ensuite tous les tubes, et l’on ajoute dans chacun d’eux une gouttelette de précipitant : ceux qui donnent encore un trouble, dénotent une insuffisance de réactif, tandis que dans ceux qui ne précipitent plus, le réactif est en excès. La quantité de réactif nécessaire est comprise entre celle qui précipitait un tube et celle qui ne précipitait pas le suivant.
- Ce procédé si simple a été appliqué au laboratoire de . Grignon en utilisant un appareil connu dans le commerce sous le nom de lactocrite, et destiné à séparer, par la force centrifuge, la matière grasse du lait. L’appareil se compose essentiellement d’un bloc d’acier tourné dans lequel sont percés, suivant des rayons, des trous cylindriques légèrement inclinés sur l’horizontale, ce qui assure la stabilité des tubes introduits dans ces trous.
- Le bloc d’acier reçoit, à l’aide d’une manivelle et d’un système d’engrenages et de vis sans fin une vitesse angulaire de 2400 tours par minute environ, soit 40 tours par seconde. Le rayon moyen du bloc d’acier étant de 15 centimètres, la force exercée sur l’unité de masse est environ 700 fois plus grande que celle exercée par la pesanteur, et la vitesse de dépôt est ainsi plus de 25 fois plus rapide que dans le cas de la précipitation spontanée sous la simple action de la pesanteur.
- Pour appliquer le lactocrite à l’analyse, il suffit de faire confectionner des tubes en verre d'un diamètre un peu plus petit que celui des trous du lactocrite, et de les graduer en centimètres cubes. On les ferme avec des bouchons pleins en liège ou en caoutchouc. Il est bon de mettre un peu de mercure au fond des blocs d’acier, le tube de verre repose ainsi sur un fond moelleux qui le préserve du contact avec le fer, et empêche les ruptures qui en étaient souvent la conséquence. On peut aussi entourer le tube de verre d’une feuille de clinquant d’un mince tube de laiton ou d’une feuille de caoutchouc.
- Lorsque les réactions doivent se produire à une douce chaleur, il est possible d’obtenir la température voulue en plongeant le bloc d’acier dans de l’eau chaude avant de le monter sur sa crapaudine, ou, mieux encore, en le
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- laissant en place, de le recouvrir d’une plaque ou d’un couvercle en fonte préalablement chauffé.
- Le luclocrite dont l’emploi était réservé jusqu’ici à l’élude de la composition du lait, est donc appelé à jouer un rôle utile dans les laboratoires d’analyses industrielles, et c’est ce qui nous a engagé à le présenter à nos lecteurs, car il remplacera avec avantage, dans bien des circonstances, les ennuyeuses filtrations et les lavages longs et délicats des procédés chimiques.
- LES PLANTES DANS LES APPARTEMENTS
- LES AZALÉES
- Tout le monde connaît ces beaux sous-arbrisseaux buissonnants de la famille des Ericinées, ressemblant assez aux rhododendrons et qui font, par leurs belles fleurs rouges, roses ou blanches, l’ornement des serres et des salons. Rien n’est plus beau, en effet, qu’une azalée en fleurs, mais combien peu de personnes savent soigner ces magnifiques plantes. Cependant rien n’est plus simple, et nous allons essayer de donner une idée de leur culture, en négligeant quelque peu les données théoriques pour nous appesantir surtout sur les détails pratiques qui peuvent intéresser les amateurs.
- L’horticulture moderne a créé une innombrable variété d’Azalées, nous ne mentionnerons ici que les plus recommandables, les plus florifères, et celles qu’il est le plus facile de se procurer : Azalea Van-dercruyssen à fleurs rose vif ; Princesse Charlotte à fleurs rose foncé ; Van Houttei, à fleurs rouge saumon; Bernhard André, à fleurs rouges; Roi de Hollande, à fleurs orangées ; Ponctulata, à fleurs blanc crème; Raphaël, à fleur blanc pur; Prince Albert, Liliflora (fig. l),etc. Toutes ces variétés réclament, d’ailleurs, le même mode de culture.
- La terre de bruyère, légère, sableuse, riche en débris organiques, est celle qui leur convient le mieux. Si l’on a à sa disposition un peu de chevelu de terre de bruyère, il sera très utile d’en garnir le fond des pots, ce qui facilite d’une manière remarquable le développement des racines. Certains amateurs préparent une terre spéciale pour azalées, en mélangeant, par parties égales, du terreau de feuilles bien consommé et de la terre de bruyère. En tous cas, il faut éviter de leur donner une terre ayant déjà servi, à moins toutefois que l’on ne fertilise celle-ci par des arrosages fréquents à l’engrais fleurigène.
- Pour obtenir de belles plantes et surtout une belle floraison, ce qui est le but généralement visé, il faut employer des pots plutôt petits que grands, et cela, parce que l’exiguïté du vase présente un obstacle naturel à la stagnation des eaux, si funeste aux azalées, et ensuite parce que, dans un pot petit, les racines sont plus facilement en contact avec les parois internes ; de ce fait, la motte terreuse s’échauffe plus rapidement et la formation des boutons se fait bien plus tôt et plus abondamment. Donc les pots de grandes dimensions dont on pourra disposer,
- seront plutôt réservés aux plantes à feuillage ornemental, qui s’en accommoderont très bien.
- Le fond du vase sera garni d’un lit de tessons pour assurer un drainage convenable.
- Vers le mois de juin, c’est-à-dire après la floraison et la pousse totale du printemps, on sort les azalées en les abritant, mais en leur procurant de préférence une exposition au soleil levant ; toutefois il faut éviter avec soin de les placer contre un mur, car la réverbération du soleil leur serait très défavorable. Néanmoins l’emplacement choisi devra être aussi chaud et aussi éclairé que possible, sans cependant avoir les rayons du soleil de midi. Trop ombragées, les azalées poussent en feuilles et donnent peu de boutons ; c’est à l’amateur de choisir un juste milieu entre le soleil trop ardent et l’ombre.
- Une fois en place, les azalées sont copieusement arrosées au pied et à la tête, ces arrosages se feront vers le soir en été ; l’eau destinée à cet usage devra toujours avoir été exposée au soleil, ou tirée depuis longtemps afin d’éviter à la plante échauffée une sensation de froid trop vif toujours préjudiciable à la floraison.
- Dès que la végétation commence à se ralentir, on diminue les arrosages que l’on cesse même quelque temps-avant de rentrer la plante, ce qui a lieu ordinairement en septembre.
- Ajoutons enfin que l’eau qui seule doit servir aux arrosages des azalées est l’eau de pluie ou de rivière ; les eaux de puits et de sources, souvent calcaires, sont plutôt nuisibles; un excès de sels de chaux étant préjudiciable aux Azalées.
- Aussitôt après le rempotage et la sortie à l’air, les azalées subissent la taille, opération qui joue un rôle prépondérant dans la mise à fleur de cet arbuste. Voici comment on y procède : la floraison terminée, on prend des ciseaux ou un petit sécateur, et sans regret, on coupe, on taille, en ne s’occupant que de la forme à donner, sans s’inquiéter en aucune façon des belles pousses qui peuvent tomber. Ce sont surtout les rameaux à fleurs que l’on retranche en les amputant jusque sur le vieux bois si c’est nécessaire. Ce traitement, qui paraît un peu radical, amène néanmoins une profusion de boutons ; l’application de terre nouvelle, un rafraîchissement partiel et raisonné des racines, tout cela dispose la plante à pousser vigoureusement en se couvrant de nombreux et gros boutons.
- La forme à donner aux azalées est le dôme ou la pyramide (fig. 2). Pendant cette végétation, on pince au fur et à mesure avec l’ongle, les bourgeons qui auraient une tendance à dépasser les autres. Notons en passant, qu’en France et en Belgique, on taille et on pince très court; en Angleterre, au contraire, on taille un peu plus long, de manière à former des arbustes en boule; ceci n’a d’ailleurs qu’une très minime importance.
- Voyons maintenant les soins qu’il faut donner aux azalées en hiver, c’est là un point délicat. Pour les personnes qui disposent d’une serre, rien n’est plus
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- facile : ne pas laisser tomber la température au-dessous de 5° ni la laisser monter au delà de 8°. Tout se borne là.
- Mais, pour les amateurs qui n’ont que leurs fenêtres ou une plate-forme pour jardin et un appartement pour serre, à part les soins de rempotage et de taille qui restent les mômes, voici la manière de procéder : d’abord, tenir pendant une quinzaine de jours à l’ombre pour aider à la reprise de la plante, puis placer celle-ci sur la fenêtre au soleil levant ou au soleil couchant ; lui donner des arrosages copieux de manière que la terre soit toujourshumide; mais il faut avoir soin que l’eau ne séjourne pas dans l’assiette qu’on place d’habitude sous le vase.
- Cette exigence de l’arrosage sera observée scrupu-leusement; le moindre oubli serait fatal à la floraison, quoique l’azalée fanée sous le soleil, faute d’eau, revienne assez vite à elle au premier arrosage.
- Vers la fin de septembre, on rentre la plante dans l’appartement destiné à servir de serre, on y observera les conditions de température indiquées plus haut.
- Néanmoins, les azalées sont toujours plus belles dans un appartement bien éclairé, mais non chauffé, pourvu qu’il n’v gèle pas. Quel que soit l’emplacement choisi, l’azalée sera placée le plus près de la fenêtre, en pleine lumière; enfin on maintiendra la terre fraîche, mais non humide. Cette question de l’arrosage, sur laquelle nous revenons si souvent, a une grande importance, car elle amène parfois des mécomptes : donnée en excès, l’eau produit la maladie appelée carie ou plus communément 'pourriture des racines, ainsi que la chlorose ou jaunisse; alors la floraison est gravement compromise et le plus souvent la plante
- meurt. Néanmoins, quand le mal n’est pas invétéré, on y remédie facilement en cessant d’abord les arrosages, en rempotant la plante malade et en la plaçant à l’ombre. Quant au manque d’eau, il amène cet état caractéristique de langueur qui précède la mort : les feuilles se fanent, les branches se dessèchent et la plante meurt peu à peu. Dans ce cas, il faut bien éviter d’arroser l’azalée pour essayer de la guérir, on ne réussirait qu’à l’achever plus sûrement et
- plus rapidement; mais on rempotera dans une terre fraîche, on rafraîchira légèrement la plante et pendant quelque temps on la soustraira aux in-fluences atmosphériques extérieures.
- Une fois en fleur, l’azalée est transportée dans le salon où elle demande encore quelques soins ; d’abord la pièce sera bien aérée ; rien n’est plus pernicieux aux hommes comme aux plantes que l’air confiné ; la plante sera placée près d’une fenêtre, mais non au soleil; les arrosages seront modérés de manière à maintenir fraîches non seulement la terre, mais encore les feuilles et les fleurs qui y gagneront sûrement en vigueur. Pour prolonger la floraison de huit ou dix jours, il suffira d’enlever, de chaque côté des fleurs, les yeux qui se sont développés au-dessous, et surtout, de couper avec des ciseaux, aussitôt la fleur ouverte, les anthères des étamines et la tête du pistil ; c’est là une véritable castration fort peu connue des amateurs, mais très profitable à la beauté et à la durée du périanthe de la fleur.
- Si enfin il se trouvait des vers de terre ou lombrics dans les pots, il serait bien simple de les faire disparaître en ajoutant à l’eau d’arrosage quelques gouttes seulement d’alcool camphré. Les vers
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- Fig. 2. — Azalées, en pyramide et en dôme.
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- disparaîtront presque aussitôt et la plante ne souffrira nullement de l’addition de cette substance, qui stimulera plutôt la végétation, à condition toutefois qu’elle sera employée à petites doses.
- A. Laiuulétrier et E. Poiret.
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- LE CERVEAU DES FOUS
- Il n’est pas toujours facile de constater les rapports qui existent entre les lésions du cerveau et les troubles de la raison qui en sont la conséquence. Mais il n’est pas douteux, comme l’affirme M. Luys, que ces rapports existent, et que nous ne pouvons nous en prendre qu’à notre ignorance si nous ne parvenons pas à les trouver. Une première chose est nécessaire, c’est de connaître le cerveau sain. Il faut avoir fait de cet organe une observation minutieuse sur tous ses points, au dedans et au dehors, et en conserver dans sa mémoire une image fidèle.
- M. Luys a examiné avec un grand soin les cerveaux d’hallucinés dont les uns étaient silencieux, les autres obsédés de leur vivant. Il en est qui se croyaient empoisonnés, poursuivis, c’est-à-dire ayant le délire de la persécution.
- Chez ceux qui sont arrivés à la démence complète, avec excitation, il a constaté l’hypertrophie ou l’excès de nutrition de certaines régions du lobe paracentral, et sur les deux lobes du cerveau simultanément. Or, c’est là que se concentrent les éléments qui président aux mouvements. Il y a donc là un foyer d’excitation continue qui consomme à lui seul ce qui est destiné au cerveau tout entier. De là le développement anormal de ces régions au détriment des autres qui se trouvent amoindries.
- Ces individus vivaient en eux-mêmes d’une manière absolue, avec leurs idées fixes, sans aucun rapport avec le monde extérieur.
- Chez d’autres hallucinés qui ne l’étaient pas tout à fait, c’est-à-dire présentaient un mélange de démence et de raison, l’hypertrophie était incomplète. Ainsi chez une malade qui était persuadée qu’elle avait le ver solitaire, dont elle parlait sans cesse et dont elle décrivait les allées et venues dans son estomac et ses intestins et qui, à part cette idée fixe, raisonnait comme une personne normale et beaucoup mieux que bien des gens, car elle avait reçu une certaine culture intellectuelle, M. Luys a constaté, à sa mort, qu’un des lobes du cerveau seulement présentait l’anomalie qu’on rencontre chez les hallucinés, l’autre moitié était saine et normale. C’était comme un cerveau bossu. On voit bien là l’indépendance des lobes, car tandis que la malade délirait avec le lobe déformé, elle raisonnait juste avec le lobe normal. Inutile d’ajouter qu’elle n’avait aucun ver solitaire.
- D’autres modifications cérébrales ont été remarquées chez des individus qui avaient présenté, de leur vivant, des anomalies dans la sensibilité.
- De pareilles études doivent nécessairement conduire à des traitements plus efficaces des aliénés.
- Félix IIément.
- VITRAUX CÉRAMIQUES
- M. Léon Fargue, ingénieur des arts et manufactures, a fait, le 23 janvier, à la Société d’encouragement, une communication sur la fabrication de nouveaux vitraux céramiques. Ces vitraux s’obtiennent par l’application au verre de procédés céramiques spéciaux.
- Ces procédés consistent à déposer, sur le verre blanc convenablement choisi, quant à sa nature, une cloison saillante réfractaire figurant les contours du dessin à obtenir, et à remplir les alvéoles ainsi formées d’émaux transparents à une forte épaisseur. Ce travail étant soumis dans un moufle à une température élevée, les émaux deviennent complètement liquides; ils sont retenus à leur place par les cloisons, et adhèrent complètement au verre qui, à cette température, se ramollit fortement. Cette palette d’émaux a dù être convenablement choisie pour s’accorder parfaitement avec le verre, ne donner ni craquelé ni écaille, et offrir une résistance suffisante aux actions atmosphériques. Ce verre émaillé se coupe facilement et peut se graver à l’acide.
- L’application sous la plaque de verre d’un enduit réfractaire empêche son adhérence au support et sa dévitrification. Les avantages de ce procédé nouveau sont nombreux :
- 1° Il permet à l’artiste de faire lui-même ses tons et de les composer à l’infini, sans avoir recours à l’assortiment très limité du marchand.
- 2° Il lui permet de nuancer un même ton, ce qui est impossible dans la fabrication actuelle, puisque le peintre-verrier n’a d’autres ressource que de nuancer avec une grisaille un verre de teinte unie, ce qui altère son Ion et sa transparence.
- 3° On peut supprimer l’emploi de ces grisailles qui ne sont pas solides et dénaturent le verre au point de le faire ressembler à une peinture sur papier translucide.
- 4° Il rend possible la réunion, en un même endroit, d’un nombre indéterminé de couleurs sans avoir recours au plomb, et par conséquent permet d’obtenir des finesses et des détails auxquels on doit renoncer dans la fabrication actuelle.
- 5° Les moyens d’exécution presque mécaniques, une fois le dessin obtenu, conduisent à un prix de revient très inférieur à celui de l’autre fabrication.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- CURIEUX EFFET DE LA LUMIÈRE JAUNE
- Tous les vieux recueils de Tours ou d’Amusements contiennent souvent le récit d’expériences impossibles à exécuter. Cependant nous avons trouvé dans un de ces livres anciens la recette suivante, qui est sérieuse, malgré sa présentation extraordinaire : « Flambeau infernal, ou le moyen d’escamoter la tète à tout le monde. — Faites fondre du sel dans de l’esprit-de-vin. Imbibez-en un morceau d’étoupes, et mettez-y le feu en ayant soin d’éteindre les autres lumières, et vous verrez l’effet. »
- Ce procédé, dans lequel on emploie une lumière spéciale, n’escamote pas la tête à tout le monde, comme le dit malicieusement la vieille recette, mais annule complètement les couleurs pendant qu’on l’emploie, ne laissant subsister que différentes valeurs de noir et de blanc, ce qui donne à tous les assistants des figures cadavériques ou, mieux encore, des tètes de bronze pâle et des vêtements d’un noir douteux ou d’un blanc sale. La lumière spéciale qu’il s’agit de produire est tout simplement la lumière monochromatique (jaune), qui annule les couleurs.
- Nous nous étonnons que dans une féerie on n’ait pas encore utilisé ce moyen de transformation, qui serait véritablement extraordinaire, et nous sommes sûr qu’il y aurait là un puissant effet décoratif.
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- LA NATURE.
- Supposons tout un cortège féerique avec ses couleurs éclatantes, ses métaux variés et étincelants, avec des fleurs, des accessoires, etc., se déroulant dans une grotte ou dans un palais aux nuances vives, et devenant tout à coup, sans préparation, sans substitution, un groupede personnages noirs, gris, sans couleurs, dans un milieu terreux.
- L’expérience a été faite en grand de cette façon en Amérique, à Philadelphie, il y quelque vingt ans, par le professeur Morton, et elle a produit, paraît-il, un grand effet. On avait eu soin d’éclairer d’abord à la lumière blanche Druinmond (lumière oxhydrique) qui avive les couleurs, et toutes les dispositions étaient prises pour faire succéder à cet éclairage la lumière jaune de l’alcool et du sel, distribuée à profusion par six grandes torchères qui répandaient leur éclat jusque dans la salle et faisaient participer les spectateurs à la métamorphose.
- Pour réaliser l’expérience pratiquement et en petit comité, voici le moyen qui est le plus simple et que nous avons employé. Délaissant la lampe à alcool que nous avions d’abord essayée, mais qui ne donne pas un éclairage suffisant, nous nous sommes servi de l’appareil primitif suivant.
- Dans un récipient plat en métal, nous avons mis de l’alcool saturé de sel de cuisine, puis, au milieu, un peu d’ouate bien imbibée d’alcool et renfermant une pincée du même sel. Il est bon de se procurer trois ou quatre ustensiles ainsi préparés; alors, dans une chambre tendue ou tapissée de nuances claires, il faut choisir autant que possible le moment où les personnes présentes sont vêtues également d’étoffes de couleurs vives, afin que le contraste soit plus frappant. Pendant qu’une ou deux personnes éteignent brusquement les lampes, une ou deux autres allument les flambeaux. Si les deux opérations sont bien faites simultanément, l’effet produit est extraordinaire et dépasse ce que l’on peut se figurer lorsqu’on ne l’a pas vu, car on passe brusquement dans un monde sans couleurs inconnu à nos yeux.
- Nous ferons aussi remarquer que les lumières doivent être bien réparties et placées à différentes hauteurs, afin que l’éclairage soit égal partout et frappe vivement tous les objets environnants.
- Le prestidigitateur Albeh.
- IA MESURE ÉLECTRIQUE INDUSTRIELLE
- INDICATEURS DE COURANT
- En dehors de la télégraphie, et, en particulier, de la télégraphie sous-marine, qui n’existerait pas sans la mesure et le calcul, il n’y a guère plus d’une douzaine d’années que la mesure électrique s’est introduite dans l’industrie électrique, et qu’elle a pu contribuer pour une large part à son dévelop-. pement. Aux appareils délicats, compliqués et coûteux des débuts, ont succédé aujourd’hui des instruments simples, robustes, à lecture directe, et d’un bon marché tel que leur emploi s’impose même dans les plus petites installations. Il n’est donc pas sans intérêt de dire quelques mots de l'évolution accomplie dans cette branche importante des applications industrielles de l’électricité.
- Si l’on se reporte aux ouvrages d’électricité publiés il y a une quinzaine d’années seulement, on y trouve, presque invariablement, les intensités de courant mesurées en degrés de déviation du galva-
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- nomètre dont l’expérimentateur faisait usage, sans autre indication qui permette d’avoir une idée même approchée de ce que pouvait être cette intensité, rapportée à des unités dont la connaissance était alors réservée à un bien petit nombre de privilégiés. Ces galvanomètres, d’ailleurs rudimentaires, se composaient d’une simple aiguille aimantée disposée au centre d’un cadre galvanométrique, le magnétisme terrestre servant de champ directeur. Comme le champ magnétique varie de plus de 30 pour 100 entre deux points donnés, peu éloignés l’un de l’autre, suivant la nature de la construction du bâtiment (bois, fer), le voisinage d’aimants, de dynamos, etc., on voit quelle confiance on pouvait ' accorder aux indications fournies par un appareil de cette nature, et combien il était peu comparable à lui-même.
- Un premier progrès, dû à sir William Thomson, a été de remplacer le champ magnétique variable par celui incomparablement plus constant et plus intense produit par un aimant permanent. Malheureusement, jusqu’à ce jour, les aimants permanents s’affaiblissent plus ou moins avec le temps, et les appareils qui en font usage exigent des réétalonnages périodiques pour compenser leur tendance à avancer, tendance résultant de l’affaiblissement de l’aimant.
- On a donc cherché à s’affranchir de cet inconvénient et on y a réussi en équilibrant l’action électromagnétique variable avec l’intensité du courant par une force constante : la pesanteur.
- Dans le plus grand nombre des galvanomètres industriels, ou, plus exactement, dans la plupart des indicateurs de courant actuellement employés, nous voyons disparaître l’aimant permanent, remplacé par la pesanteur comme action antagoniste.
- Sans avoir la prétention de décrire tous les instruments basés sur ce principe réalisés pendant ces dernières années, nous en décrirons deux qui se font remarquer par leur simplicité et qui pourront nous servir de types.
- Le premier est l’indicateur de courant de M. Eliliu Thomson (fig. 4), employé principalement en Amérique dans les installations d’éclairage électrique et de traction de tramways par usines centrales et conducteurs aériens. Le principe en est des plus simples : on sait qu’un morceau de fer doux placé dans un champ magnétique non homogène tend à se placer de lui-même dans la partie où le champ est le plus intense, s’il n’est soumis à aucune force antagoniste s’opposant à ce déplacement. On sait, d’autre part, que le champ magnétique produit par une bobine annulaire traversée par un courant constant est plus intense sur les bords que vers le milieu de la bobine, où il a sa valeur la plus petite.
- Cela admis, concevons deux bobines à axe horizontal traversées par le courant à mesurer et montées comme le représente la figure 1.
- Le bord de chacune de ces bobines est embrassé intérieurement par une bande de fer doux en forme d’U ; ces deux bandes de fer, diamétralement oppo-
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- LA NATURE.
- sées, sont montées sur un axe commun, excentré par rapport à l’axe des doux bobines. Dans la position de repos, lorsqu’il ne passe aucun courant, les deux pièces en fer doux en U sont assez éloignées du bord des bobines, et se maintiennent en équilibre dans cette position par l’action d’un contrepoids. Si l’on envoie un courant dans les bobines, les deux pièces en fer doux sont attirées vers la périphérie intérieure des bobines qu’elles embrassent ef tendent à tourner autour de leur axe commun : elles prennent une position d’équilibre donnée pour un courant donné, lorsque le couple électromagnétique exercé par les bobines sur les armatures en fer doux, équilibre le couple exercé par la pesanteur sur le contrepoids fixé sur l’axe des bobines.
- On conçoit qu’un appareil ainsi construit, gradué expérimentalement une fois pour toutes, prendra toujours la même position d’équilibre, et donnera, par suite, toujours la même indication sur un cadran, lorsqu’il sera traversé par un courant de même intensité.
- On voit sur le cercle divisé que les déplacements pour une variation de courant donnée sont très variables avec la grandeur du courant à mesurer. C’est là une précieuse propriété, car elle permet de donner à l’appareil le maximum de sensibilité aux environs des intensités que l’on a intérêt à conna'tre avec le plus d’exactitude.
- Dans le cas particulier, avec l’appareil représenté, c’est enlre 60 et 80 ampères que l’instrument comporte le plus de précision. Il va sans dire qu’avec un voltmètre construit sur ce principe, et devant servir, par exemple, à mesurer les variations d'une distribution électrique à 100 volts, il serait
- facile de combiner l’enroulement pour que la région de sensibilité maxima se trouve entre 90 et 110 volts. La figure 2 représente un appareil analogue, sinon
- comme disposition, du moins comme principe : c’est l’indicateur Berg-mann, employé dans les distributions du système Edison en Amérique. Ici l’armature est remplacée par une tige mince en fer doux en forme d’arc de cercle ayant pour centre un point d’un axe horizontal autour duquel elle peut tourner. Le courant à mesurer traverse un solénoïde dont la directrice est également un arc de cercle ayant même centre que la tige de fer doux. Dans sa position normale, la tige de fer doux est complètement en dehors du solénoïde, et l’aiguille en indicatrice marque zéro. Lorsqu’un courant traverse l’appareil,
- le noyau est attiré, et tend à pénétrer dans le solénoïde, région où le champ magnétique est le plus intense, chaque position d’équilibre correspondant à une intensité donnée qu’indique l’aiguille sur une division graduée placée à la partie inférieure.
- L’inconvénient le plus grave de ces appareils est leur manque d’apériodicité et d’amortissement, c’est-à-dire qu’ils ne suivent pas les variations du courant, au moment même où les variations se produisent, et qu’ils oscillent un certain temps autour de leur position d’équilibre avant de s’y arrêter, mais cet inconvénient réel est plus que compensé en pratique par la permanence de leurs indications, et il est probable que des indicateurs de ce genre se substitueront graduellement aux indicateurs à aimant dont on fait encore un fréquent emploi dans les installations, en France particulièrement. E. IL
- Fig. 1. — Indicateur de courant de M. Elihu Thomson.
- Fig. 2. — Indicateur de courant de M. Berginann.
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- IA PIERRE MOUVANTE DE TÂNDIL (RÉPUBLIQUE ARGENTINE)
- Fig. 1. — La pierre mouvante de Tandil, province de Buenos-Ayres. (D’après une photographie.)
- Nous avons eu l'occasion de mentionner, il y a deux ans1, les rochers branlants de Ploumanac’h en Bretagne; ces roches, formées de granité rose por-phyroïde, s'effritent sous l’action des intempéries et il arrive que quelques-unes d’entre elles,ainsi arrondies, sont en contact par deux faces opposées ayant une forte courbure convexe. La pierre supérieure se trouve en équilibre sur celle qui lui sert d’appui, et peut osciller à la façon du lléau d’une balance. La main d’un homme suffit pour la mettre en mouvement.
- Il y a en Bretagne plusieurs exemples de ces pier-
- 1 Voy. Les Hoches de Ploumanac h en Bretagne, par M. 1!. Fourticr, n° 825, du 23 mars 1881), p. 262.
- res branlantes, et il en existe assurément d’autres dans d'autres localités. Nous ne croyons pas qu’on
- puisse en citer un plus curieux spécimen que celui dont nous allons parler a présent.
- La gravure ci-dessus (fig. 1) donne l’aspect exact d’unepierre mouvante qui se trouve à Tandil, province de Bue-nos-Ayres dans la République argentine. Cette gravure est la reproduction très fidèle d’une photographie qui nous a été adressée par un de nos lecteurs les plus distingués, M. le Dr J.-M. Cabezon, médecin de l’hôpital militaire de Buenos-Ayres. La pierre mouvante de Tandil est un rocher de grande dimension, connu dans le pays depuis un temps immémorial ; il est posé sur un massif arrondi, et semble être en
- Fig. 2. — La pierre ronde (El globo) dans la province de Buenos-Ayres. (D’après une photographie.)
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- équilibre si instable qu’on croirait qu’il va glisser et rouler sur l’arête où il se trouve. Mais il n’en est rien; cette pierre est fixée là d’une façon très solide. Malgré son poids considérable, elle oscille sous le moindre effort ; on peut, avec un seul doigt, lui imprimer un mouvement de balancement.
- Dans les Pampas des mêmes régions, il existe encore quelques curieux amas de rochers ; l’une des pierres que l’on visite, a une forme sphérique remarquable et ressemble à un immense galet ; on la désigne dans le pays sous le nom de El globo. Nous en reproduisons l’aspect dans notre deuxième gravure (fig. 2). Les deux hommes et le chien qui se trouvent au premier plan de la photographie, donnent une idée de la dimension exacte de ce curieux globe de pierre.
- CHRONIQUE
- Cristaux de givre. — M. Albert Brun a présenté a la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève des dessins de cristaux de givre observés au col d’An-terne, à 1900 mètres d’altitude, le 28 octobre. Ces cristaux, dont les trois dimensions étaient également développées, étaient formés par de grandes pyramides hexagonales absolument régulières, un peu creuses en dedans, et suspendues légèrement par leur sommet à un brin d’herbe, de façon à simuler une clochette. De plus, à chaque angle solide de l’hexagone de la base, était suspendue, de la même façon, une même pyramide, mais un peu plus petite. La hauteur du cristal atteignait 7 millimètres, le diamètre de la base à peu près autant. Ce sont peut-être les plus gros cristaux de glace aux trois dimensions complètes qui aient été observés.
- Fruits bigarrés. — M. le Dr Wartmann, de Genève, a récemment signalé une grappe de raisin muscat rouge portant, près de sa base, un groupe de grains blancs de même forme et de même goût que les autres. A ce sujet M. C. de Candolle a émis l’avis que cette singulière bigarrure pourrait avoir été le résultat d’une fécondation partielle de la grappe en question par le pollen d’une souche voisine à raisin blanc. Divers observateurs ont déjà cité des faits de ce genre tendant à faire croire, qu’indépen-damment de son effet fécondant, l’action d’un pollen étranger peut modifier la couleur et jusqu’à la forme du fruit. On a vu, par exemple, une vigne à raisin blanc produire quelques grains rouges après avoir été artificiellement fécondée par le pollen d’une vigne à raisin rouge. Des pieds de maïs jaune ont produit des grains de couleur plus foncée ou même noirs à la suite d’une fécondation artificielle par du pollen de maïs noir. On dit même qu’un çhamserops humilis, aurait, sous l’action du pollen d’un dattier, prôduit des baies allongées en forme de dattes, ce qui serait, il est vrai, bien étrange puisque ces deux espèces appartiennent à des genres différents
- Flèches empoisonnées par les microbes. —
- M, le Dr Le Dantec vient de publier, dans les Atmales de l'Institut Pasteur, une très curieuse Notice sur l’origine tellurique du poison des flèches des naturels des Nouvelles-Hébrides. L’auteur conclut ainsi : Les naturels des Nouvelles-Hébrides, et probablement ceux des îles Santa-Cruz et des îles Salomon, empoisonnent leurs flèches avec de la terre des marais. Cette terre doit contenir le vibrion
- septique et le bacille du tétanos. La dessiccation au soleil tue rapidement le vibrion septique. Il ne reste donc que le microbe de Nicolaïer qui, grâce à ses spores, peut résister des mois et peut-être même des années. Le poison s’atténuant de plus en plus, les vieilles flèches finissent par devenir inoffensives. Cette diminution progressive de virulence caractérise les flèches de cette partie de l’Océanie. En Amérique et en Afrique, où les peuplades sauvages se servent de poison végétal ou du venin des serpents, on ne constate rien de semblable. Les indications thérapeutiques qui découlent de ces diverses notions, et principalement l’antisepsie par le bichlorure acidulé par l’acide chlorhydrique, peuvent être précieuses pour les médecins des deux marines anglaise et française en station ou en résidence aux Nouvelles-Hébrides.
- La substance la plus infecte du monde. —
- Voici l'histoire de la singulière découverte d’un corps doué d’une odeur si épouvantable que les inventeurs ont dû renoncer à la préparer. Le récit suivant est emprunté au Monde de la science. MM. E. Baumann et Fromm, en faisant, à Fribourg en Brisgau, des recherches sur les dérivés sulfurés organiques, firent agir l’hydrogène sulfuré sur l’acétone, et obtinrent, outre la trithioacétone, de petites quantités d’un composé défini, non volatil, cristallisé, ClSH28S4. En même temps, il s’est formé un corps très volatil, doué d’une si horrible odeur, que l’éthylmer-captan,l’éthylène-mercaptanet les autres sulfures volatils, sont des parfums en comparaison de celui-là. Les auteurs n’ont pu obtenir pur ce composé, mais ils ne doutent pas que ce ne soit l’acétone monosulfurée CMI6S. Comme ils distillaient un jour le produit de la réaction de 100 grammes d’acétone avec de l’acide chlorhydrique et de l’hydrogène sulfuré, avec une disposition très parfaite pour la condensation, de façon à ce qu’il n’y eût pas de perte sensible des produits de la réaction, l’atmosphère de tout le district environnant de la ville fut infectée dans un rayon de plus de 700 mètres. Chaque essai pour obtenir la substance pure amena une telle tempête de protestations et de plaintes contre le laboratoire, que les auteurs durent renoncer aux recherches.
- Baraquements en plaques de tôle. — Le gouvernement allemand a fait construire en Alsace-Lorraine un certain nombrcyle baraquements militaires en plaques de tôle; ces baraquements ont été fort peu appréciés des soldats qui se plaignaient pendant l’été d'y cuire comme dans une étuve. S’il faut en croire une correspondance de Môrchingen, l’inconvénient de ces logements a été encore pire en hiver; quoique l’Administration ait généreusement distribué le combustible et que les soldats aient été pourvus de quatre couvertures, le froid sévissait avec une intensité telle que les hommes étaient obligés de passer la nuit autour des poêles.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 mars 1891. — Présidence de M. Duchaktre.
- Nouvelle petite planète. — Au nom de M. Charlois, directeur de l’Observatoire de Nice, M. Faye annonce la découverte de la 308e petite planète de l’essaim compris entre l’orbite de Mars et celle de Jupiter. Dans ces derniers temps, les accroissements de cette famille de corps célestes ont été extraordinairement rapides : depuis un an seulement quatorze astéroïdes ont été découverts. A cette occasion M. Faye se demande si en présence de cette série de trouvailles qui menace de durer indéfiniment, on ne pour-
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- LA NAT LUE.
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- rait pas en finir une bonne fois avec ce « placer planétaire ». Peut-être suffirait-il de photographier deux fois chaque carré du ciel, dans la région possible, à quelques heures de distance pour reconnaître, parmi les astres représentés, ceux qui manifesteraient une allure indépendante de la rotation apparente générale du ciel. Ce serait, comme on voit, une sorte de souricière à planètes dont on pourrait faire usage sans attendre la constitution qui sera longue de la carte photographique du ciel entier.
- Mécanisme de la multiplication cellulaire. — On sait que M. Van Beneden a depuis longtemps désigné sous le nom de sphères attractives de petits corps qui jouent un rôle de première importance dans la segmentation des cellules animales. Chaque cellule possède deux de ces corps; à certains moments, on les voit se placer en deux points diamétralement opposés par rapport au centre du nucléus; par leur seule présence ils déterminent une circulation du protoplasma, en conséquence de laquelle la division de la cellule se produit peu à peu. Cela étant posé, M. Guignard, professeur à l’École de pharmacie, annonce aujourd’hui par l’intermédiaire de M. Duchartre que les tissus végétaux présentent des sphères attractives comme les tissus animaux et qu’il est parvenu à rendre visibles grâce à une technique nouvelle et à de nouveaux réactifs colorants. L’auteur ajoute que les corps singuliers qu’il a étudiés mériteraient le nom de sphères directrices puisque c’est d’après la position qu’ils prennent que les cloisons sont orientées dans les cellules qui se divisent.
- Election. — Le décès de M. Dausse ayant laissé vacante une place de correspondant dans la section de mécanique, M. Sire (de Besançon) est nommé par 40 suffrages, contre 3 accordés à M. Considère; il y a, en outre, un billet blanc et un billet nul.
- L'Année scientifique. — M. Bouquet de la Grye offre à l’Académie, de la part de l’auteur, le 34e volume de l’Année scientifique et industrielle, de M. Louis Figuier. Comme ses aînés, ce volume présente au lecteur un tableau complet et agréablement écrit des acquisitions des sciences pures et appliquées en France et à l’étranger. La constitution physique des planètes, l’origine des trombes, la fabrication des rubis artificiels, la poudre sans fumée, l’histoire déplorable de lajymphe de Koch, sont quelques-uns des sujets que M. Bouquet cite parmi les plus remarquablement traités. Une nécrologie scientifique très complète termine l’ouvrage.
- Revue des sciences naturelles de l'Ouest. — On signale la première livraison d’une importante publication trimestrielle qui se propose d’exposer les progrès des sciences naturelles dans les anciennes provinces de l’Ouest, tant au point de vue des connaissances acquises qu’à celui du développement de leurs applications. Le premier fascicule débute par une savante étude de M. Jousset de Bellesme sur la culture du saumon en Bretagne; on trouve ensuite l’écho de tout ce qui a concerné le domaine de la revue dans les travaux des principales sociétés savantes; une revue des journaux, des variétés et des nouvelles scientifiques. La liste des collaborateurs est une garantie de l’intérêt que saura offrir au public la nouvelle publication.
- Varia. —M. Carvalho compare les diverses théories de la lumière actuellement proposées. — D’après M. Nelfs-tiôm (d’ilelsingfors), l’électricité augmente considérablement le rendement des récoltes agricoles. — M. Rousseau étudie des phénomènes de polymérisation qui prennent naissance quand on soumet l’hydrate de soude à la chaleur. — Un volumineux ouvrage en deux volumes sur le
- 52“ parallèle en Europe est déposé par M. Janssen au nom de M. Yenukoff. — L’histologie des curieuses Guttifères connues sous le nom de Clusia occupe M. Julien Yesque.
- Stanislas Meunier.
- GLACES PLATINÉES
- MÉTALLISATION DU VERRE PAR LE PLATINE
- Il existe depuis longtemps, dans les galeries du Conservatoire des arts et métiers, à Paris, des échantillons de glaces très curieux ; ce sont des morceaux de glaces platinées qui forment des miroirs quand on les regarde de telle sorte que la lumière s’y réfléchisse, et qui sont transparentes quand la lumière les traverse, quand on les regarde par transparence.
- La métallisation du verre par le platine a été obtenue il y a plus de trente ans par deux chimistes habiles, MM. E. et H. Dodé; cette invention remarquable qui se prête, comme nous allons le voir, à plusieurs applications intéressantes, avait été délaissée; les inventeurs viennent de la reprendre et d’en obtenir, à différents points de vue, des résultats très dignes d’être signalés.
- MM. Dodé fabriquent des pièces en verre moulé, recouvertes d’une couche de platine leur donnant l’aspect d’objets en métal poli. Le platine employé dans ces conditions peut recevoir la dorure par galvanoplastie.
- Une application très curieuse et très artistique, c’est le verre remplaçant le verre mousseline ; nous avons vu chez MM. Dodé des verres avec des réserves en platine, c’est-à-dire des dessins qui peuvent être variés à l’infini ; ces verres sont d’abord métallisés en plein, puis, suivant le décor ou les inscriptions qu’on veut obtenir, on dessine ou on peint avec du bitume de Judée comme on fait pour le gravure du verre, puis on ronge le platine à l’aide de l’acide ; la verre reparaît et le dessin peint en bitume reste en platine ; les effets obtenus sont très heureux. Ces verres ainsi préparés peuvent être très utilement employés à la décoration des appartements.
- Ce qui attire spécialement la curiosité parmi les usages de la métallisation du verre par le platine, ce*£ont les miroirs platinés, que l’on peut appeler des miroirs opaques et transparents selon qu’ils sont éclairés, comme nous venons de le dire, par devant ou par derrière.
- La transparence est utilisée par MM. E. et H. Dodé à la fabrication d’une sorte de jeu-surprise fort amusant; les glaces sont mises dans des cadres; derrière les cadres, il est réservé, dans le panneau qui ferme, une ouverture formant comme un petit volet et, comme la glace est transparente, en ouvrant ce petit volet, on voit, à travers la glace, tout ce qui se trouve de l’autre côté. Les inventeurs ont imaginé d’utiliser cette transparence en plaçant, entre le panneau et la glace, une image ou une photographie; en exposant le miroir au jour pour se regarder, si on lève le petit volet, le visage de la personne qui se mire, disparaît, et est remplacé par
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- le portrait photographique ou l’image qu’on a exposée derrière la glace; ces images ne sont pas apparentes et laissent au miroir son aspect ordinaire quand le panneau est fermé.
- MM. Dodé ont installé dans leur fabrique des miroirs magiques de plus grand format; nous représentons l’un d’eux ci-dessous: quand on éclaire le miroir par devant (fig. 1), le visiteur se voit par réflexion ; quand on l’éclaire par derrière, il aperçoit par transparence l’objet placé de l’autre côté et qui, dans le cas présent, est une tête de diable, dont le corps est dissimulé par deux miroirs inclinés à 45°, comme dans le décapité parlant (fig. 2). Le
- changement d’éclairage est facilement obtenu à l’aide de la lumière électrique.
- Ces miroirs platinés peuvent être utilisés de toutes façons. Placés sur des panneaux de portes ajourées, ils pourront donner de la lumière dans un corridor ou une salle sombre, et de l’autre côté ils formeront des glaces réfléchissantes, des miroirs. Derrière ce miroir, on pourra voir sans être vu. Les verres platinés peuvent servir à faire des lorgnons magiques; celui qui les porte voit au travers, ils ont l’aspect, vus à l’extérieur, de miroirs opaques.
- Il y a là, pour l’amateur de physique amusante, de très nombreux sujets de récréations. On peut
- Fig. 1. Fig. 2.
- Application des glaces platinées transparentes à la physique amusante. —La glace éclairée par devant (iig. 1) forme miroir ; éclairée par derrière (iig. 2), elle devient transparente et laisse voir la scène installée de l’autre côté.
- facilement installer devant une armoire un miroir magique. Il suffira de découper la porte, d’y placer une glace platinée qui formera miroir et qui laissera voir un objet placé dans, l’armoire dès que l’éclairage sera produit dans cette armoire, etc.
- Il ne nous parait pas inutile de terminer cette notice en disant comment MM. Dodé fabriquent leur curieux produit.
- Les miroirs platinés sont obtenus par une dissolution concentrée de platine, amené à l’état de chlorure cristallisable sur lequel on verse de l’essence de lavande. 11 se forme une liqueur dans laquelle le platine est tenu en suspension. On emploie cette liqueur en couches très minces à l’aide d’un pinceau ; on doit surtout éviter la poussière qui est très nuisible à ce genre d’opération. Les miroirs
- ainsi enduits, on les passe dans un séchoir, puis on les place dans un moufle en terre réfractaire ou en fonte, on bouche hermétiquement le moufle et on chauffe jusqu’au rouge naissant. On laisse refroidir, on défourne; ces miroirs une fois frottés avec un linge et du blanc d’Espagne sont très purs et réfléchissants ; le ton en est un peu moins blanc que les miroirs faits par l’argent ou le mercure, mais les miroirs sont plus nets et donnent des images plus vraies.
- MM. Dodé ont monté leur fabrication avec beaucoup d’art, et ils obtiennent des produits très bien préparés. Gaston Tissandier.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N0 929. — 21 MARS 1891.
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- LÀ NATURE.
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- CONCERTS TÉLÉPHONIQUES À GRANDE DISTANCE
- On se rappelle le succès obtenu en 1881 par les ! internationale d’électricité. Si ces auditions ne se auditions théâtrales téléphoniques de l’Exposition | sont pas répandues eD pratique à Paris et ne peu-
- Fig. 1. — Concert téléphonique à New-York.
- vent pas encore être citées comme une application importante du téléphone, il n’en est pas de même en Amérique, où, si l’on en croit notre confrère The Electrical Engi-neer, la transmission de concerts téléphoniques à grande distance constitue une industrie spéciale exploitée par une compagnie de télégraphie et de téléphonie connue sous le nom de Long distance Company.
- Deux difficultés spéciales se rencontrent dans le problème de la transmission à distance des morceaux de musique d’ensemble : l’une d’elles est relative à la transmission, l’autre à la réception. En ce qui concerne la transmission, il est indispensable, pour obtenir à distance un effet satisfaisant, de faire usage d’un transmetteur spécial pour chaque instrument ou chaque voix, sous peine d’obtenir à l’arrivée des sons résultants, dont les proportions d’intensité, avec les sons émis au départ, seront mal respectées ou ne seront même pas respectées du tout.
- t9* !I)Ué«. — [” MIBMtr*.
- La seconde difficulté est plus grande encore, et c’est elle qui, à notre avis, constituera le plus grand obstacle au développement du théâtrophone : il s’agit de la nécessité presque absolue dans laquelle on s’est trouvé jusqu’ici, dans toutes les transmissions téléphoniques, d’obliger l'auditeur à appliquer les récepteurs à ses oreilles. Sans parler des maladies contagieuses auxquelles ce procédé expose l’auditeur, chaque fois qu’il s’agit de faire usagé d’un appareil banal, à la disposition du premier venu moyennant une faible redevance, il est bien certain que l’obligation dont nous parlons s’accepte de moins en moins, surtout lorsqu’il s’agit d’un plaisir, et les auditions téléphoniques musicales à grande distance ne peuvent avoir d’autre prétention. Pour que ces auditions téléphoniques produisent quelque effet, il est donc indispensable de supprimer cette sujétion pénible.
- Les gravures qui accompagnent cet article mon-.
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- Fig. 2. — Audition du concert à Newton.
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- LA NATURE.
- trent sous quelle forme s’effectuent actuellement les auditions musicales à longue distance. La figure 1 représente le poste de transmission d’un quintette exécuté à New-York ; quatre transmetteurs distincts reçoivent le son des cinq instruments, le piston et la contre-basse utilisant un transmetteur commun.
- Ces transmetteurs microphoniques sont munis de grands pavillons proportionnés à l’intensité des sons émis par chaque instrument. Ils sont tous les quatre disposés en dérivation sur une batterrie d’accumulateurs, chacun des circuits constitués par le transmetteur renfermant le circuit primaire d’une bobine d’induction spéciale. Les circuits secondaires de ces bobines d’induction sont couplés en tension entre eux et avec la ligne.
- Dans ces conditions, les forces électromotrices d’induction, développées dans chaque bobine d’induction, s’ajoutent algébriquement à chaque instant ; elles donnent dans le circuit général un courant résultant, d’intensité variable, et qui représente fidèlement l’onde composite résultant des actions individuelles de chacun des instruments sur le transmetteur correspondant, chacun des instruments conservant ainsi, dans la formation de l’onde résultante, sa véritable valeur relative.
- Notre figure 2 représente l’audition à Newton dans le Massachusetts à plus de 200 kilomètres de distance. L'a, à l’arrivée, on fait usage, non plus de téléphones magnéti pies, mais de loud-speaking téléphonés, appareils dont nous avons donné autrefois la description. Rappelons que le principe du loud-speaking téléphoné d’Edison, fondé sur les variations de frottement produites entre deux corps par le passage d’un courant électrique, emprunte à une source motrice étrangère le travail mécanique nécessaire à la vibration de la membrane, le courant émis par le poste de départ ne servant que de régulateur ou de robinet pour cette action mécanique.
- On fait varier le nombre de récepteurs avec la grandeur de la salle d’audition. On a pu arriver ainsi, en employant six loud-speaking en tension, fixés sur les lustres et les appliques d’une grande salle, et munis de porte-voix bien proportionnés, à faire entendre le concert transmis à plus de mille personnes à la fois, la distance séparant la transmission de la réception étant de 250 milles. Dans d’autres expériences, la distance a pu être portée à 460 milles (736 kilomètres). Il y a là des résultats intéressants, et qui, sans être bien nouveaux en apparence, constituent néanmoins un progrès sérieux sur ce qui avait été réalisé jusqu’ici dans le domaine des transmissions téléphoniques à grande distance et à grande intensité. E. H.
- LES JEUX k L’ÉCOLE
- UTILITÉ DES JEUX
- Le dernier volume publié dans la collection des Mémoires et documents scolaires contient, avec le manuel de gymnastique, celui des jeux scolaires. Les exercices gym-
- nastiques sont connus et il existe, d’ailleurs, des professeurs spéciaux ; nous n’avons pas à nous en occuper, mais les jeux scolaires, qui ne sont pas moins utiles, sont beaucoup moins connus, souvent même ignorés pour la plupart, des chefs d’établissements d’enseignement. Nos proviseurs, directeurs, chefs d’institution, se préoccupent avec raison de l’enseignement, des matières et des programmes; ils désirent que les élèves fassent des progrès et obtiennent des succès dans les concours. Chaque année, les journaux font connaître la liste des lauréats et le nombre des lauréats par établissement, — comme si c’était la mesure de la valeur d’un établissement, — et ils oublient et négligent les jeux qui devraient figurer dans les programmes au même titre que les matières d’enseignement et, j’ajoute, dans l’intérêt même de l’enseignement. Le jeu donne l’appétit du travail; il est tout à la fois un exercice et un plaisir, deux choses nécessaires aux enfants comme aux grandes personnes et qui maintiennent la santé physique et morale. Les jeux doivent faire partie du programme d’hygiène : ils sont la diversion indispensable aux travaux de l’esprit et donnent satisfaction au besoin de mouvement plus particulièrement nécessaire à l’enfant puisque chez lui la vie est plus intense. Tandis que la gymnastique, par un exercice judicieux et méthodique des divers muscles, assure le développement harmonique des formes, donne de l’adresse, de la souplesse, de l’agilité, de la force, des habitudes d’ordre et de discipline, les jeux contribuent à développer une certaine adresse, une certaine agilité et certains muscles seulement. Mais ils sont accompagnés de plaisir, ce qui leur assure une supériorité sur la gymnastique qui, par la manière dont elfe est enseignée, est une cause d’ennui. Or, l’ennui fatigue l’esprit loin de le récréer. Ainsi, les jeux, tout en étant aussi nécessaires que la gymnastique, ne sauraient la remplacer.
- Le jeu et la gymnastique ont encore ce précieux avantage d’apaiser un système nerveux trop irritable, et, par là, d’éviter des conséquences graves, telles qu’une imagination maladive.
- Nous désirons, non qu’on enseigne les jeux comme on fait de la gymnastique, mais qu’on leur accorde l’importance qu’ils méritent; que les directeurs s’y intéressent, les encouragent, les modèrent ou les provoquent, selon le cas, les fassent connaître, en inventent au besoin, indiquent ceux qui conviennent plus spécialement à l’âge, au sexe, à la saison, à l’heure de la journée. Ils pourront s’y mêler quelquefois, pas assez cependant pour gêner la spontanéité et la liberté des enfants. D’ailleurs, la grande différence de taille, de force, d’agilité, entre l’homme et l’enfant, ne leur permet pas de prendre part au même jeu, et parfois, la dignité et l’autorité du maître pourraient en souffrir.
- Les jeux dont nous voulons parler doivent comporter un exercice du corps, ils doivent être tout à la fois un amusement, une récréation et un délassement, une détente de l’esprit au moyen du corps ou un exercice de l’esprit différent de l’étude, et qui nécessite l’intervention de certaines qualités telles que la finesse, la prévoyance, l’à-propos, etc. Quand les circonstances ou le temps ne permettront pas de jouer hors de la maison, on tolérera les jeux purement récréatifs qui assujettissent l’enfant à une immobilité plus ou moins complète : les dames, le solitaire, les jeux de patience, les jonchets, etc., pour peu de temps.
- Les dames, le solitaire, donnent lieu à des combinaisons plus ou moins ingénieuses, les jeux de patience
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- éveillent le sens des rapports, le jonchet donne delà légèreté de la délicatesse et de la précision dans les mouvements de la main. Autant de qualités qu’il est bon de développer, non toutefois au détriment de la santé générale. A ces jeux, l’enfant ne donnant pas carrière à son activité physique, il faut, autant que possible, que la gaîté, l’animation, les accompagnent. Les cris, les rires, les surprises, tout cela est bon et sain, contenu dans certaines limites. Les enfants qu’on nomme sages, qui sont raisonnables à un âge où la raison n’existe pas, sont, en réalité, de petits malades qu’il faut soigner. C’est surtout dans le jeune âge que gaîté et santé sont synonymes. Il est dans la nature des enfants d'être bruyants, légers, mobiles comme les oiseaux. Aussi, voudrions-nous qu’ils fussent élevés à la campagne au moins jusqu’à sept ou huit ans. Là, ils ont de l’air, de la lumière et de l’espace; là, ils voient le ciel, les arbres, les prairies; là, enfin, ils [peuvent se livrer à leurs jeux sans agacer des parents moroses ou affairés ou maladifs qui ne se souviennent plus qu’ils ont été enfants et manquent de bienveillance et d’indulgence envers les leurs.
- — A suivre. — FÉLIX IlÉMENT.
- LE PHOSPHATE DE CHAUX EN TUNISIE
- M. Philippe Thomas a récemment envoyé à la Société géologique de France une intéressante Note sur les riches gisements de phosphate de chaux qu’il a découverts dans les hauts plateaux de la Tunisie.
- Le phosphate de chaux existe abondamment dans toute la région sud et nord des hauts plateaux de la Tunisie, depuis les Chotts jusqu’à la Medjerdah. La remarque qu’avait jadis faite l’ingénieur des mines J. Tissot, en Algérie, de la relation constante du terrain suessonien avec les régions riches en céréales, se vérifie ici par la richesse même en acide phosphorique et le grand développement de cette formation géologique. Nous savons donc, aujourd’hui, quel fut l’élément actif de cette fécondité si remarquable qui valut à la province romaine d’Afrique le qualificatif de (( grenier de Rome ».
- De l’ensemble des faits exposés par M. Thomas se dégagent les conclusions pratiques ci-après :
- a. — Les plus importants et les plus riches gisements de phosphate de chaux des hauts plateaux de la Tunisie, sont ceux du sud-ouest. D’une manière générale, la richesse de ces gisements appartenant à l’étage suessonien inférieur diminue à mesure que cette formation perd son caractère littoral et revêt le faciès nummulitique.
- h. — Les gisements suessoniens du sud-ouest peuvent donner lieu à une exploitation importante et très rémunératrice, à la seule condition qu’une voie ferrée les reliera à la mer. Ils se distinguent par l’étendue et la régularité de leurs affleurements, tous exploitables à ciel ouvert et se poursuivant, sur certains points, sans interruption sur des longueurs de vingt à soixante kilomètres ; par la constance de leur teneur en acide phosphorique et la qualité exceptionnelle de leur phosphate, d’un broyage facile et ne contenant que des traces de fer et d’alumine; enfin, par la proximité de cours d’eau permanents, permettant un enrichissement sur place de 7 à 8 pour cent, ce qui portera leur teneur moyenne en phosphate à 50 pour 100 au minimum, celle-ci pouvant atteindre dans certaines couches 70 pour 100; on peut compter sur un minimum de dix millions de tonnes de ce phosphate à extraire à ciel ouvert, rien que dans le massif occidental de Gafsa.
- c. —Les gîtes suessoniens du nord-est et du nord-ouest, encore incomplètement reconnus, seront ' probablement
- susceptibles aussi d’une exploitation industrielle, bien que leur richesse moyenne en phosphate ne semble qu’exceptionnellement atteindre 50 pour 100 avant lavage.
- d. — Les quelques gisements crétacés reconnus jusqu’à ce jour ne paraissent pas susceptibles d’une exploitation rémunératrice.
- LA FLOTTE DE GUERRE CHINOISE
- Nous pouvons compléter les études données ici même sur les flottes de guerre des diverses puissances, par quelques renseignements sur la marine militaire de l’Empire du Milieu. Les navires de cette flotte sont répartis en quatre escadres : l’escadre de la côte septentrionale, l’escadre de Fou-Tchou, l’escadre de Shangaï, et enfin celle de Canton. La première, celle du Nord, qui a son quartier général à Port-Arthur, est la plus forte, elle comprend les navires les plus importants. Nous y relevons un croiseur barbette de près de 10 000 tonneaux, deux de plus de 7000, et un de 2300; puis un navire à tourelle de 2320 tonneaux, deux croiseurs à pont protégé de 2300 tonneaux chacun, quatre croiseurs torpilleurs, enfin vingt-trois torpilleurs de première classe, quatre petits torpilleurs ; ajoutons à cela onze petites canonnières de 500 à 400 tonneaux. L’escadre de Fou-Tchou ne compte, elle, que neuf croiseurs, de 1300 à 2400 tonneaux, trois canonnières, neuf mouches et trois petits croiseurs de surveillance. L’escadre de Shangaï a une importance encore moindre, ne comprenant qu’une frégate cuirassée de 2600 tonneaux, une canonnière, six batteries flottantes, et trois transports. Enfin, pour l’escadre de Canton, elle ne se compose que de treize canonnières, exclusivement affectées au service de la navigation intérieure. En réalité, ce n’est que la seule escadre du Nord qui ait de l’importance; elle constitue la partie vraiment effective de l’ensemble de la flotte chinoise; c’est à cette escadre que s’intéressent tout particulièrement le prince Chun et Li Hung Chang. C’est aussi à cette escadre qu’appartiennent le Tin g Yucn, et le Chen Yuen, deux navires de plus de 7000 tonneaux, qui sont considérés comme les deux vaisseaux de guerre les plus importants que possède l’empire chinois. Le gouvernement a dépensé de très grosses sommes pour acquérir cet armement tout moderne. D. B.
- L’ACCUMULATEUR ATLAS
- L’accumulateur Atlas, qui a été récemment présenté à la Société internationale des Électriciens par M. R.-Y. Picou, appartient à la classe des couples secondaires plomb - plomb ; mais il diffère de ses congénères par certaines dispositions de construction et surtout par sa grande capacité spécifique.
- La matière active de l’accumulateur Atlas est constituée par des briquettes rectangulaires à pans coupés de peroxyde de plomb et de plomb réduit, présentant une solidité analogue à celle de la terre cuite, et une densité assez faible, voisine de quatre ; ce qui est un indice de leur grande porosité. Toutes ces briquettes sont perforées de nombreux trous perpendiculaires à leurs grandes faces, ce qui leur donne tout l’aspect, surtout pour les positives, des briquettes de charbon aggloméré dont on fait un
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- si grand usage dans le chauffage domestique.
- Ces briquettes sont superposées deux par deux, en intercalant entre deux briquettes de même nature une lame de plomb mince qui servira de conducteur et de prise de contact ; les briquettes de nature différente sont séparées par des feuilles de celluloïd qui les isolent entre elles. Les lames de plomb et les feuilles de celluloïd sont également percées de nombreux trous au droit des trous ménagés sur les briquettes, de telle sorte qu’après l’empilage, ces trous forment autant de longues cheminées verticales facilitant la circulation du liquide et des gaz. Deux plaques épaisses en verre ou en ébonite terminent l’empilement, fortement serré et maintenu en place par quatre boulons. Deux de ces boulons ne servent qu’à consolider le système et sont en ébonite. Les deux autres sont en plomb dur et filetés sur toute leur longueur. Us servent à établir les communications avec les feuilles de plomb sandwichées entre les briquettes, par l’intermédiaire d’oreilles ménagées sur les lames de plomb, et d’un seul côté. Ces lames de plomb sont maintenues solidement serrées par des écrous, comme le montre la figure ci-contre. L’ensemble des plaques positives et négatives forme un bloc très maniable, facile à visiter et dans lequel les plaques constituant la matière active peuvent obéir au foisonnement, suivant l’heureuse expression du regretté Émile Reynier, sans être entravées dans leur mouvement par la présence de parois incompressibles. La composition homogène des plaques assure un foisonnement régulier, compensé dans le sens vertical par une pression élastique obtenue par l’interposition de rondelles en caoutchouc souple; les nombreuses perforations assurent, d’autre part, l’accès facile de l’acide sur les plaques.
- La fabrication des briquettes actives, sur laquelle, à notre grand regret, M. Picou ne s’est pas cru autorisé à donner des détails, est, ainsi que le mode de montage, de l’invention de M. Cari Hering. L’emploi de la pression élastique, qui assure la régularité du foisonnement, est dû à MM. Abdank-Abakanowicz et d’Arsonval.
- La capacité spécifique des accumulateurs Atlas est relativement très élevée, elle atteint, avec un régime
- de décharge modéré, 20 ampères-heure par kilogramme, et cela s’explique facilement en remarquant que le conducteur occupe un volume très faible relativement au volume occupé par la matière active. Le régime de décharge varie, suivant l’application en vue et l’épaisseur donnée aux briquettes, entre 1, 2 et 3 ampères par kilogramme.
- En ce qui concerne le régime de charge, M. Picou préconise avec raison la charge à potentiel constant, et propose de la substituer à la charge à intensité constante généralement indiquée par les fabricants et non moins généralement employée par les consommateurs.
- A l’appui de cette opinion, M. Hospitalier a fait connaître les résultats d’expériences faites à l’Ecole de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris sur ce mode de charge. Il résulte de ces expériences que si l’on ne gagne rien au point de vue du rendement en quantité ou en énergie, on gagne beaucoup sur la rapidité de la charge, et l’on évite la surcharge et le développement exagéré des gaz, si nuisible à la conservation de l’accumulateur. En adoptant le potentiel de 2,3 volts par accumulateur, l’expérience établit que, dans la première heure de charge, on met dans l’accumulateur 50 pour 100 de la charge totale, 85 pour 100 au bout de trois heures. De plus, au point de vue pratique, la charge à potentiel constant exige une différence de potentiel totale moins grande que la chargea intensité constante. Ainsi, pour charger une batterie de 52 accumulateurs en tension, nombre d’éléments généralement employé pour alimenter des lampes à incandescence de 100 volts, il suffira d’une dynamo produisant 120 volts, tandis que, pour maintenir l’intensité de charge constante, la machine devrait produire jusqu’à 135 volts à la fin de la charge. La charge à potentiel constant est complète en quatre à cinq heures, tandis qu’il en faudrait de huit à douze avec le régime de charge à intensité constante.
- Il y a là d’utiles indications pratiques dont les nombreuses personnes qui emploient des accumulateurs pourront faire leur profit.
- X..., ingénieur.
- Aecumulatcur électrique Atlas.
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- LE PHRYNOSOME
- On pouvait tout récemment voir, à la ménagerie des Reptiles du Muséum, un spécimen du Lacertien, à physionomie si bizarre, qui porte le nom de Phry-nosome. L’histoire en a déjà paru dans La Nature, et, en ce qui concerne ses caractères zoologiques, nous n’avons rien à y ajouter ; nous y renvoyons donc le lecteur1, nous bornant ici à signaler quelques particularités relatives aux mœurs de cet animal.
- Le nombre des espèces actuellement connues de Phrynosomes s’élève à seize. Celle que représente la figure ci-jointe est le Phrynosome à tête plate (Phry-nosoma planiceps, Hallowell), confondue pendant longtemps avec le Phrynosome cornu.
- Avec ses longues écailles pointues dressées obliquement et symétriquement en arrière de la tête, sa coloration gris de sable nuancée de taches noires, et sa ligne brillante médio-dorsale, c’est l’une des plus élégantes ; mais c’est en même temps l’une des plus rares, et la collection du Muséum n’en possède qu’un petit nombre d’exemplaires, qui proviennent des États-Unis d’Amérique. Peut-être cette rareté n’est-elle qu’apparente, car ce Phrynosome recherche les endroits arides et sablonneux, et, par un effet de mimétisme, il a pris la coloration du sable sur lequel il vit, de sorte qu’il doit facilement échapper à l’œil le plus attentif.
- En captivité, au moins dans nos ménageries où il n’arrive qu’affaibli par le long jeûne qu’il a eu à supporter pendant la traversée, ce Phrynosome semble avoir perdu jusqu’à l’instinct de sa conservation. Immobile et aplati sur le fond de sa cage, et comme hébété, il reste indifférent à tout ce qui l’entoure, ne se déplace que si on l’y contraint, refuse la nourriture et ne tarde pas à périr. Parfois, cependant, certains individus se décident à prendre les vers de farine qu’on leur présente, et, particularité qui ne semble pas avoir été observée chez aucun autre Lacertien, ils les déglutissent sans les mâcher, à la manière des Crapauds.
- 1 Voy. n° 132, du 11 décembre 1875, p. 29.
- Le naturaliste Sumichrast, qui a étudié les Phrynosomes sur place, au Mexique, assure qu’ils sont ovovivipares et que chaque portée compte dix à douze petits.
- Chez l’espèce de Phrynosome dite orbiculaire, Tapaye ou Tapavaxin, très commune au Mexique, se manifeste parfois un singulier phénomène attesté par plusieurs observateurs. Suivant Hernandez, naturaliste espagnol, médecin en chef du Mexique sous le roi Philippe II et auteur d’un remarquable ouvrage (Plantarum, animalium et mineralium mexicanorum Historia, Rome, 1648-1651, 2 vol. in-fol.), où le Phrynosome orbiculaire se trouve décrit et figuré, « ce Lézard présente ceci de merveilleux et qu’on n’observe chez aucun autre animal :
- que si on lui comprime les yeux ou si on les lui manie un peu rudement, il s’en échappe des gouttes de sang qui, parfois, sont projetées avec force jusqu’à trois pas de distance. » Les étonnantes propriétés médicinales que Hernandez attribue au Phrynosome orbiculaire auraient pu faire naître des doutes sur l’exactitude du fait que nous venons de rapporter ; mais il est confirmé par plusieurs autres observateurs. C’est ainsi que Wallace dit en avoir été témoin trois fois, et il émet l’opinion que c’est comme moyen de défense que le Phrynosome fait jaillir de ses yeux un liquide d’un rouge éclatant, qui, d’après lui, ressemble à s’y méprendre à du sang.
- Enfin, je dois à l’obligeance de M. Bocourt la communication d’une lettre de M. Alfred Dugès, naturaliste compétent, qui habite le Mexique depuis nombre d’années, et dans laquelle le même phénomène se trouve relaté. « Le Phrynosome orbiculaire, dit M. Àlf. Dugès, pleure quelquefois du sang, cela est positif, sans qu’aucune violence extérieure l’y détermine. J’ai été deux fois témoin de ce phénomène, et même une fois le sang a jailli en touchant légèrement l’œil gauche; en un instant, il en est sorti une demi-cuillerée à café ; en même temps le reptile se renversait en arrière et retroussait les 1< -vres. Le sang paraît provenir du cul-de-sac inférieur de la conjonctive et être fourni par l’angulaire, mais
- Le Phrynosome à tête plate, mort récemment à la Ménagerie des Reptiles du Muséum, à Paris,
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- je n’ai pu en avoir la preuve par la dissection. Cela est fort curieux, mais très rare : j’ai manié des centaines de Tapayes, même assez brutalement et sans obtenir à volonté les pleurs de sang : il y a là quelque circonstance qui m’échappe. »
- Le fait que dans certaines circonstances, encore mal déterminées, le Phrynosome orbiculaire laisse écouler de ses yeux un liquide ayant l’aspect du sang ne peut donc être révoqué en doute. Mais la nature de ce liquide reste encore à déterminer, et elle ne sera connue que lorsqu’il aura été. examiné au microscope, ce qui ne parait pas avoir eu lieu jusqu’ici. Est-ce du sang, comme le pense M. Alf. Dugès, ou le produit de sécrétion d’une glande lacrymale spéciale? C’est à de nouvelles observations à nous fixer sur ce point. F. Mocquard,
- Aide-naturaliste au Muséum.
- CULTURE FRUITIÈRE EN CALIFORNIE
- Le journal anglais The Garden a récemment publié une curieuse lettre d’un colon de Californie qui donne des détails sur la culture fruitière en ce pays.
- Cette lettre a été écrite par M. Burnett, qui était autrefois jardinier au Deepdene, Dorking. M. Burnett' écrit de Rosedale, Bakersfield, Kern County, Californie:
- « Je me suis fixé ici où j’ai pris 40 acres de terre; j’ai fait bâtir une maison et planté 27 acres de vignes muscat pour faire du raisin sec. J’ai aussi planté quelques acres de pêchers et de poiriers. La contrée ici est une vaste plaine qui s’étend à 400 milles au nord-ouest sur une largeur de 50 à 100 milles et qui est presque entourée de hautes montagnes. Le sol est une espèce de granit décomposé, d’une grande profondeur et est très productif quand il reçoit beaucoup d’eau. La vigne pousse d’une manière splendide et par suite de l’absence de pluie, le raisin sec est de toute première qualité. Mes vignes ont poussé remarquablement bien et j’espère avoir l’année prochaine une récolte suffisante pour payer mes frais. Dans deux ans la terre rapportera bien et elle augmentera annuellement en valeur pendant cinq ans, alors elle doit donner 55 livres sterling (875 francs) par acre et par an de bénéfice net. Les vignes sont plantées de 8 à 10 pieds de distance et sont maintenues par la taille près du sol. En effet les grappes reposent sur terre, mais à cause de la sécheresse elles ne se gâtent jamais. Cette contrée, avant la construction de canaux d’irrigation, était un désert stérile, mais l’eau y produit un effet magique. La compagnie à laquelle j’ai acheté la terre possède entre 6 à 700 000 acres et elle vient seulement de commencer à revendre. Moi et deux autres nous étions les premiers à nous établir ici, maintenant les Setllers arrivent nombreux. Les terres sont divisées en lots de 20 acres et l’on peut en prendre autant que l’on veut. Pour venir s’établir ici et acheter 20 acres de terre, il faut avoir un capital de 600 à 700 livres sterling = 15 000 à 17 500 francs. Les salaires des ouvriers sont assez élevés, et si le travail était régulier, on ramasserait vite de l’argent, mais les travailleurs sont si nombreux que beaucoup d’entre eux restent souvent les bras croisés. La culture du pêcher y réussit aussi d’une façon remarquable et laisse de beaux bénéfices. J’ai vu des fruits d’une variété appelée Orange Cling qui pesaient de 1 livre à 23 onces. Certains cultivateurs du
- pêcher ont réalisé jusqu’à 60 livres = 1500 francs par acre. Le figuier et l’abricotier prospèrent aussi fort bien. Il fait trop chaud pour le pommier, mais les poires que l’on récolte ici sont splendides. Le climat convient aussi aux orangers, mais on ne les cultive pas pour en exporter le fruit. Dans les Etats de l’Est il paraît qu’il y a un débouché pour tout le fruit que l’on pourra produire ici, et les prix jusqu’à présent sont plus élevés que chez nous. Le climat est très chaud en été, mais les nuits sont toujours fraîches. Les mois d’automne sont fort agréables; à présent le temps est humide et glacial. Nous n’avons guère vu de soleil ce mois-ci, mais pendant tout le mois de novembre le temps était clair et chaud, sauf les nuits qui étaient froides avec un peu de gelée. Je ne crois pas que je regretterai d’être venu ici, car suivant les apparences il y a moyen d’y faire fortune. »
- SOUVENIRS D’UN VOYAGE AUTOUR DU MONDE1
- TEMPLES DE L’iNDE MÉRIDIONALE MAHAVELLIPORE, TADPUTRI, MADURA
- Le charme du voyage des Indes consiste dans la variété des monuments qu’on y rencontre à toutes les étapes, ils changent d’aspect selon les provinces. Le voyageur n’a plus qu’à admirer, à des points de vues divers et suivant ses goûts; mais sa curiosité, toujours excitée, ne saurait jamais se lasser. Cette variété dans les monuments s’explique par la différence des races des habitants. Dans le nord, venus des provinces de l’Asie centrale, les Aryens ont pénétré dans l’Inde par le haut Indus. Dans la partie méridionale, ce sont les Dravidiens qui occupaient, dans les âges inconnus, les provinces situées au sud de.Babylone et qu’on suppose avoir pénétré en ce pays par mer en suivant les côtes.
- La révolution extraordinaire qui s’est faite dans les Indes, lors de la grande apparition du bouddhisme sous le règne d’Asoka (300 av. J.-C.) a créé chez les Aryens le sentiment artistique qu’ils ont possédé pendant des siècles. Les Dravidiens sont restés presque tous rebelles à cette religion, et, continuant à être fidèles au culte de Vishnou et Siva, ils ont su conserver à leur art ses beautés et son extrême originalité et même leur langage spécial, le tamil.
- Dans les temps plus modernes, les Musulmans sont venus par leur conquête bien souvent briser et détruire les monuments des Hindous, mais ils en ont élevé d’aussi admirables que ces derniers dans la période de leur puissance en ce pays. Ces monuments sont d’un genre tout différent et souvent ils dépassent par leur magnificence ceux qu’ils avaient remplacés.
- Les environs de Madras et la partie méridionale de la province sont remplis de monuments intéressants. C’est à Mahavellipore, localité située au bord de la mer et connue depuis longtemps par les marins et les pêcheurs sous le nom des Sept Pagodes, que le touriste peut visiter les plus anciens d’entre eux.
- 1 Suite. —Voy. n" 927, du 7 mars 1891, p. 214.
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- Mahavellipore aurait été habitée avant le septième siècle de notre ère par une population à peine civilisée, les Kurumbas, dont la secte religieuse appartenait aux Jainas ; le culte se rapproche du bouddhisme. Un peu plus tard, c’est la religion deBrahma qui prévalut et resta puissante pendant de longues années. D’après le récit de M. \V. Chambers qui a pu visiter ces lieux en 1772 et 1776, un village existait alors tout auprès des temples, et beaucoup de leurs habitants, adorateurs de Brahma, semblaient encore en connaître la mystérieuse histoire. Mahavellipore, ou cité du grand Bali, l’un des principaux héros de la mythologie hindoue, possède des temples souterrains taillés dans le roc, des pagodes monolithiques et des sculptures taillées en haut relief dans le granit presque uniques dans leur genre.
- La gravure ci-après (fig. 1 ) représente l’un des plus curieux spécimens des pagodes ou rathas de Mahavellipore. Ce ratha est accompagné de quatre autres monolithes analogues placés non loin de la mer. Depuis de longues années les sables poussés par le vent ont formé une sorte de dune entre eux et l’océan, et commencent même à envahir le ratha qui fait le pendant de celui que nous représentons, et entre lesquels on remarque, taillées dans le roc, les figures d’un éléphant de grandeur naturelle et d’un lion, qui semblent veiller sur ces lieux sacrés. Rien n’est plus étrange que la composition des sculptures du monument qui nous occupe.
- La forme gracieuse des nombreux petits dômes qui marquent ses étages, le détail des piliers qui supportent la corniche principale et les nombreux ornements qui l’enrichissent, produisent un effet original et inattendu.
- A deux milles de Mahavellipore, non loin des huttes de pêcheurs connues sous le nom de Salawan-Kuppam, il existe d’autres monuments plus curieux encore. Ce sont aussi des blocs énormes de granit qu’on nomme Idaiyan Pudal; ils sont placés sur une petite hauteur ensablée dont le niveau est assez élevé au-dessus de la mer. Notre figure 2 représente le bloc de granit dans lequel on a creusé une sorte;, de niche accompagnée de deux animaux fantastiques qui semblent supporter un entablement a la manière de nos cariatides.
- Il y avait sans doute autrefois quelque statue divine dans cette niche, des marches élevées sont taillées pour y donner accès et pour aider les fidèles à se prosterner ; ce motif central est entouré d’ornements d’une composition remarquable. Les sculptures forment une sorte d’auréole toute garnie de têtes de lions fabuleux, des simhas qui appartiennent, suivant les idées poétiques des Hindous, au paradis de Vishnou. Tout à côté de ce sanctuaire primitif, sur le même rocher qui devient moins important comme hauteur, on découvre les sculptures grossières à peine indiquées d’éléphants portant sur leur dos de petites statuettes des Dieux placées dans des niches carrées assez profondément creusées dans la roche granitique, puis un cheval à peine dégrossi.
- D’après les inscriptions en langue tamil ou malabar qu’on a découvertes sous le portique d’un petit temple voisin de Idaiyan Pudal et voué à Brahma, ces sanctuaires ont dù être taillés sous le règne d’un des principaux rois de la dynastie des Chola, au commencement du douzième siècle de notre ère1.
- Ces monuments sont primitifs d’aspect, ils ont quelque chose de sauvage dans leur exécution, mais dans les provinces voisines de Mahavellipore nous verrons combien la civilisation était plus avancée presque à la même époque.
- Le plan général des temples de l’Inde méridionale est toujours exécuté avec les mêmes principes ; il est fort simple d’arrangement. Ce sont dés sanctuaires plus ou moins importants comme grandeur, précédés de belles salles ou mantapas dont le plafond dallé est supporté par de nombreux piliers. Ces salles sont elles-mêmes entourées, et reliées souvent entre elles, par des portiques. Une pièce d’eau accompagnée de perrons de pierre, forme, avec les temples, le principal attrait de ce genre de construction. Le tout est fermé par un grand mur d’enceinte dans lequel sont pratiquées, aux quatre points cardinaux, des entrées monumentales ou gopuras. Les murs, nus extérieurement, sont à l’intérieur ornés de portiques élégants de même que la pièce d’eau sacrée qui sert aux ablutions des fidèles. D’autres salles souvent magnifiques, que l’on nomme des choultries, analogues en quelque sorte à nos salles de pas perdus, se trouvent devant les principales entrées, accompagnant ainsi les gopuras.
- La dynastie des Nayak a gouverné, pendant plus de deux siècles, une partie des provinces du sud de l’Inde2; ils ont élevé pendant cette longue période des monuments qui font aujourd’hui l’admiration des voyageurs. De Madras, le chemin de fer nous conduira à Tadputri où se trouvent deux temples presque en ruine, mais qui peuvent être cités comme les chefs-d’œuvre du genre, quoiqu’ils soient cependant d’une importance relativement médiocre. Ils ont été élevés au commencement du seizième siècle pendant le règne d’un des premiers rois de la dynastie Nayak.
- Le plus ancien temple, qui appartient encore aujourd’hui au] culte de Vishnou, est rempli de sculptures exécutées avec beaucoup d’art et de finesse.
- Le mantapa ou porche d’entrée du sanctuaire que représente notre dessin (fig. 3) peut donner un aperçu de la richesse d’ornementation de l’œuvre tout entière. Le temple est isolé au milieu d’une vaste cour entourée par les portiques qui ornent le mur d’enceinte. Les portes triomphales ou gopuras sont surmontées de pyramides s’élevant par gradins dans le ciel et couvertes de sculptures en terre cuite autrefois peintes et dorées. Le soubassement seul de
- 1 Description and historical papers relating to the Seven Pagodas on the Coromandel coast, cdited by captain M. \Y. Carr. Madras, 1869.
- 2 Journal of the Itoyal asiatic Society. Vol. III.
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- ces entrées est en granit, il est fort riche en ornementations diverses. Ceux des gopuras du deuxième temple existent actuellement sans leur couronnement, mais les sculptures qui les couvrent sont parfaites d’exécution. Elles représentent, au milieu de rinceaux et d'autres ornements, des sujets mythologiques.
- Un peu plus tard, sous le règne prospère de Tirumulla Nayak (1621 -1657) le dixième roi de la dynastie, l’art de la construction arrivait à son apogée. Dans la ville de Madura, devenue la capitale, les temples sont absolument extraordinaires.
- Une de nos gravures (fig. 4) représente une des façades du choul-trie ou grande salle des piliers. On pense que ce monument célèbre, d’une grande magnificence, fut bâti par les soins de Tirumulla. Ce roi croyait que le Dieu qui habitait dans le sanctuaire ne pourrait dédaigner un pareil lieu et viendrait le sanctifier une fois l’an par sa présence, pendant les quelques jours que duraient les fêtes, au moment où lui-même, entouré de sa cour et de ses sujets, y ferait aussi une visite.
- La salle principale, formée de portiques de granit, n’a pas moins de 101 mètres de longueur sur 32 mètres de largeur. Chacun des piliers est orné de sculptures superbes et de différentes compositions. Le portique central surtout, plus large que les deux autres, tout rempli de figures des dieux et des statues représentant des membres de la famille de Tirumulla, est resplendissant. Aujourd’hui, cette
- immense salle est livrée entièrement au commerce ; elle est devenue un grand bazar. Des marchands de toutes sortes y étalent les objets qu’ils désirent vendre, sur les dalles de granit ou accrochent aux saillies des belles sculptures, les étoffes bariolées et
- autres objets. Les statues des dieux sont défigurées ainsi et souvent mutilées par le manque de soin desllindous.Cette salle est pour ainsi dire le premier vestibule des temples eux-mêmes. On passe sous le gopura qui lui fait face pour pénétrer dans la première enceinte des temples. Les yeux sont alors éblouis par le spectacle des portiques ornés de peintures à fresque qui ornent la pièce d’eau sacrée, et des salles grandioses composées de mille piliers monolithiques chargés de
- sculptures merveilleuses ou de statues des divinités. Puis c’est la visite du trésor où se trouvent entassés des objets qui servent les grands jours de fête pendant les processions. Ce sont des idoles de bois toutes plaquées de feuilles d’or et d’argent avec ornements repoussés. Elles sont superbes sous leur aspect naïf mais voulu. On nous montre encore les bœufs sacrés, éléphants, lions et chevaux demi-grandeur naturelle, le lit de Yishnou, le cygne et le paon tous plaqués également d’or et d’argent et qui sont portés triomphalement par les fidèles. Puis les colliers, les coiffures d’or ornés de pierres précieuses, perles, émeraudes, etc., qui sont d’une richesse inestimable.
- Fig. 1. — Pagode de Mahavellipore, avec un éléphant et un lion en roches monolithiques. (Dessin d’après nature de M. Albert Tissandier.)
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- Fig, 3. — Mantapa ou porche d’entrée du temple de Tadpulri, près de Madras. Dessin d’après nature de M. Albert Tissandier.)
- Fig. 4. — Façade du Choultrie ou grande salle des piliers du temple de Madura dans l’Inde méridionale.
- (D’après une photographie.)
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- On approche enfin bientôt du sanctuaire principal dont l’entrée est inaccessible au commun des mortels. Le jour pénètre à peine sous la forêt de piliers qui l’entourent, mais l’aspect n’en est que plus étrange, plus mystérieux. L’ensemble de tout ce qu’on contemple ainsi est tellement exceptionnel que l’imagination reste confondue.
- — A suivre. — ALBERT TlSSANDIER.
- L’ÉPURATION DES EAUX
- pour l’alimentation des villes1
- LE PURIFICATEUR ANDERSON
- Épuration par le fer. — La ville d’Anvers se trouve, au point de vue de l’alimentation en eau, dans des conditions particulièrement défavorables, située au milieu d’un pays plat, loin de toute source, ne disposant d’aucune nappe souterraine de bonne qualité. La ville était d’abord alimentée par des puits dont l'eau est souvent impure. A la suite d’une étude faite pour l’établissement d’une distribution d’eau, on reconnut que la meilleure, ou plutôt la moins mauvaise solution, consistait à prendre l’eau à Waelhem sur la Nèthe, à 18 kilomètres d’Anvers (fig. 1). L’eau est contaminée par son passage à travers des tourbières; de plus, la marée montante renverse le sens naturel du courant et fait refluer les eaux de la Senne chargée de toutes les impuretés de Bruxelles. Toutes les rivières dont le jeu des marées amène les eaux au droit de la prise n’ont qu’une faible vitesse moyenne et traversent des villes importantes. On voit donc que les causes de contamination ne manquent pas. L’eau à purifier est jaunâtre, d’une odeur nauséabonde, chargée de toutes sortes d’impuretés à l’état floconneux. Sous une épaisseur de 60 centimètres, elle intercepte à peu près complètement la lumière.
- Des essais de décantation et filtrage au sable ne donnèrent pas un résultat satisfaisant. On essaya alors le filtrage à l’éponge de fer. On appelle ainsi un produit résultant de la réduction imparfaite du minerai de fer nommé hématite, offrant l’état spongieux, et formé d’un mélange variable de fer et d’oxydes de fer, contenant en moyenne 80 pour 100 de fer et 20 pour 100 d’oxygène. Ce produit était mêlé avec trois fois son volume de sable, et l’ensemble étalé en couche de 0m,90 d’épaisseur remplaçait la couche filtrante supérieure des filtres à sable décrits plus haut. L’opération donna au début des résultats satisfaisants, mais à mesure que la consommation augmentait, le débit devenait insuffisant, les filtres s’engorgeaient sur presque toute la profondeur de la couche supérieure, et le nettoyage revenait à des prix pratiquement inadmissibles. C’est à la suite de cet insuccès que fut imaginé le procédé Anderson qui fonctionne actuellement.
- 1 Suite et fin. — Voy. n* 927, du 7 mars 1891, p. 209.
- L’eau est envoyée dans les purificateurs dits revolvers où elle est mise en contact avec le fer. Elle est ensuite vigoureusement aérée, débarrassée par décantation de la plus grande partie de ses impuretés et enfin filtrée.
- Le revolver (fig. 2) se compose d’un cylindre horizontal en tôle de 4IU,50 de longueur sur lm,50 de diamètre pouvant tourner sur deux tourillons creux placés aux extrémités de son axe. Les tourillons sont munis de presse-étoupes formant joint étanche entre le cylindre tournant et les conduites fixes ; ils servent l’un à l’entrée, l’autre à la sortie de l’eau. Une plaque circulaire G située en face de l’orifice d’entrée ne laisse entre elle et la paroi du cylindre qu’un espace annulaire de 1 centimètre environ. Elle empêche le courant de s’établir directement d’un tourillon à l’autre et le répartit dans toute la section du cylindre.
- Par l’intermédiaire d’une couronne dentée I engrenant avec un pignon, un moteur fait tourner le cylindre à la vitesse de 2 mètres par minute mesurée à la circonférence. Le cylindre contient 1/10 de son volume de fragments de fer ou de fonte de 0cm,5 à 1 centimètre de grosseur, sous une forme quelconque, pépins de perçage, tournure, etc. Des ailettes D (fig. 2), rivées au cylindre, soulèvent les fragments de fer pendant la rotation et les laissent retomber à travers la masse d’eau. Avec la grosseur adoptée pour les fragments on a sous un faible volume une grande surface de contact ; en même temps les morceaux sont assez lourds et s’entrechoquent avec assez de force pour que les surfaces soient constamment tenues bien nettoyées. D’autres ailettes H, dont on peut régler l’obliquité par rapport aux génératrices du cylindre, ramènent en arrière le fer qui a été entraîné en avant par le courant. La cloche K, fixée à la conduite de sortie et ne tournant pas avec le cylindre, s’oppose à l’entraînement des menues particules de fer détachées par les chocs et les frottements. Un trou d’homme J sert à la visite de l’appareil et un robinet M permet l’expulsion de l’air au moment du remplissage du cylindre. Le niveau de l’eau en aval du cylindre est maintenu plus élevé que la partie supérieure de ce dernier qui reste ainsi entièrement plein d’eau.
- L’eau doit séjourner trois à cinq minutes dans le cylindre suivant son degré d’impureté. Un cylindre de 4ra,50 de longueur et lm,50 de diamètre comme ceux d’Anvers peut donc traiter environ 3000 mètres cubes d’eau par vingt-quatre heures. La consommation de fer est seulement de 3 à 9 kilogrammes par 1000 mètres cubes d’eau traitée. Il suffit, de temps à autre, de rajouter dans le cylindre la quantité de fer correspondant à la quantité d’eau qui y a passé.
- Au sortir du cylindre, l’eau est fortement chargée de sels et oxydes de fer ; elle est très trouble et présente une couleur de rouille très accentuée. Elle exhale encore une odeur de vase, ce qui indique que l’épuration n’est pas terminée. On l’aère en y
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- injectant de l’air dans des tuyaux percés de trous et plongeant dans un bac qïii reçoit l’eau à sa sortie des cylindres. On injecte également de l’air sous une plaque de zinc perforée formant comme un double fond de la conduite d’évacuation des eaux a la sortie du bac. L’aérage est enfin complété en faisant cas-cader l’eau sur des gradins garnis de coke.
- La figure 5 montre l’installation des cinq revolvers de Waelhem. La figure 4 donne les détails de l’injection d’air.
- Après l’aéragè l’eau est décantée, puis filtrée. Il se produit ici deux actions, l’une chimique, l’autre mécanique. Sous l’influence du fer et de l’oxygène de l’air, par suite de réactions qu’il est difficile de préciser, les matières organiques sont en grande partie détruites. D’autre part, soit dans ces bassins de décantation, soit dans les bassins de filtrage, les composés ferrugineux se déposent sous forme colloïdale, englobant les matières en suspension et les microorganismes. Il se produit un effet analogue au collage des vins. La décantation est hâtée; d’autre part, la couche colloïdale ainsi déposée à la surface du sable des bassins de filtrage forme la véritable couche filtrante et permet d’employer du sable assez grossier, servant simplement de support. Le filtrage est ainsi plus parfait tout en étant beaucoup plus rapide. A Waelhem, on est arrivé sans inconvénient à un débit de 4 mètres cubes par mètre carré et par vingt-quatre heures, au lieu de 2mc,500 que donnent les filtres simples fonctionnant convenablement. En même temps le nettoyage est rendu à la fois moins fréquent et plus facile. Les impuretés, au lieu de pénétrer dans le sable/" restent dans la couche colloïdale qui s’est formée à la surface. Il suffit d’un raclage sur 1 centimètre d’épaisseur. Peut-être un simple balayage suffirait-il.
- On arrive ainsi par ce procédé à avoir une eau complètement limpide et incolore, sans aucun mauvais goût, inodore, manquant seulement de fraîcheur en été, parce que la décantation et le filtrage se font à l’air libre. Les microorganismes qui pullulaient dans l’eau non épurée ne se trouvent pas dans l’eau épurée en plus grand nombre que dans les bonnes eaux potables. Nous ne pouvons entrer ici dans les discussions des chiffres fournis par les analyse^ chimiques; qu’il nous suffise de dire que l’eau est réellement de bonne qualité et n’en a pas seulement les apparences. Le résultat obtenu est d’autant plus frappant si on considère le point de départ, une eau auprès de laquelle l’eau de Seine, si ’ redoutée des Parisiens, paraîtraitd’une pureté absolue.
- Le procédé permet donc de purifier des eaux dont on ne peut avoir raison avec le simple filtrage ; dans les cas où ce dernier procédé serait applicable, le procédé Anderson, en augmentant le débit des filtres et en hâtant le dépôt des matières en suspension, permet de diminuer grandement, pour une distribution donnée, l’étendue et le coût des installations ainsi que la dépense pour nettoyage. L’aérage est nécessaire, mais pour des eaux moyenne-
- ment impures, comme la Seine en amont du débouché des égouts de Paris, il peut se faire sans injection d’air, par le simple séjour dans les bassins de décantation.
- L’ensemble des installations de Waelhem, bassins de filtrage et de décantation, pompes, fait antérieurement à l’invention du procédé Anderson, a dû être adapté pour le mieux à une nouvelle destination ; il ne saurait donc être cité comme un modèle à suivre.
- Les revolvers se construisent de diverses grandeurs, depuis 0mC,068 litres jusqu a 14 mètres cubes de capacité, pouvant traiter par vingt-quatre heures de 20 mètres cubes à 6000 mètres cubes et exigeant de 1,6 à 66 kilogrammètres par seconde de force motrice.
- Le procédé Anderson a été appliqué dans diverses villes de Hollande, Dordrecht, Gouda, expérimenté dans diverses autres villes, notamment à Berlin, 'a Paris par la Société des anciens établissements Cail,
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- t’ig. 1. — Carte des environs d’Anvers.
- et en dernier lieu à Boulogne-sur-Seine par la Compagnie générale des eaux . Dans ce dernier essai on avait renoncé à l’aérage artificiel, se contentant de l’aérage naturel pendant la décantation. L’eau était prise en aval de Paris, mais en amont du débouché de l’égout collecteur de Clichy, Le débit des filtres a été maintenu sans peine à 4 mètres cubes par mètre carré et par vingt-quatre heures. Les analyses chimiques et microbiologiques ont donné des résultats très satisfaisants.
- Au cours de ces dernières expériences nous avons pu être témoins d’un fait qui montre bien le mode d’action du procédé. Les bassins de décantation étaient formés de minces cloisons, contrebutées par des barres de fer rondes, affleurant le niveau des eaux pendant le fonctionnement normal (fig. 5, \a). A un moment donné on a dû vider lentement les bassins, et on a pu voir se former une membrane analogue à une membrane de collodion, pendant de la barre de fer comme un rideau (fig. 5, b).
- Ajoutons que le procédé n’a pas dit son dernier mot et peut recevoir encore des perfectionnements. Les effets produits par l’injection d’air ou d’acide
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- carbonique dans le revolver, sont actuellement à l’étude. Tel qu’il est, il offre un moyen d’épurer des eaux qui ont résisté aux autres procédés. Là où le filtrage simple est applicable, il peut lui venir efficacement en aide en accélérant tant le filtrage proprement dit que la décantation préalable, et en facilitant le nettoyage. Il serait prématuré d’affirmer que ce procédé sera avantageux dans la plupart des cas ; mais au moins vaudrait-il la peine, en bien des circonstances, de l’expérimenter sur les eaux mêmes qu’on aurait à épurer, ainsi que vient de le
- Fig. 2. — Purificateur rotatif d’Anderson.
- faire la Compagnie générale des eaux. — Les eaux de rivière sont rendues impures le plus souvent par les matières minérales en suspension, par les
- matières organiques, en suspension ou en dissolution, et par les microorganismes. Il est rare que l’on ait intérêt à éliminer des matières minérales en dissolution ; aussi les expériences faites jusqu’à ce jour ne donnent-elles que peu de renseignements sur l’efficacité du procédé Anderson à cet égard. A Waelhem, dans les autres installations et dans les expériences de Boulogne-sur-Seine, la décanta-
- Fig. 3, 4 et 3. — Fig. 3. Travaux d’eau d’Anvers. Batterie de purificateurs rotatifs à Wallhem. 1 et 2, coupes, 3, plan. — Fig. 4. Appareil pour l’injection d’air. FF, tuyaux d’arrivée d’air. GG, faux fond perforé et canal ouvert. 4 et 2, Coupes, 3, plan. — Fig. 3. Membrane (b) formée par l’impureté des eaux.
- tion et le filtrage s’opèrent dans des bassins découverts. Les avantages des bassins voûtés seraient les mêmes que dans le cas du filtrage simple. Une étude détaillée de la question montrerait, dans cha-
- que cas particulier, si ces avantages sont en rapport avec le supplément de dépense. P. Laüriol,
- Ingénieur des ponts et chaussées
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- LA. PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- OBTURATEUR GILLON
- Si nous venons encore décrire ici un nouvel obturateur, c’est que l’appareil que nous allons faire connaître est remarquable par l’originalité de sa contruction et les nouvelles dispositions de son mécanisme.
- Le but du constructeur a été de fabriquer un appareil solide, des plus commodes, et possédant en vitesse juste ce qu’il faut pour obtenir tout ce que l’opérateur aura le plus souvent à reproduire.
- M. Gillon est t arrivé à un résultat que nous croyons ne pas avoir été obtenu jusqu’à ce jour ; il peut faire varier à chaque instant l’ouverture de son obturateur et, de cette façon, supprimer l’usage des diaphragmes que toutes les personnes qui font de la photographie oublient si facilement.
- Voici de quelle manière il est arrivé à cette solution :
- Un barillet (fig. 2), muni d’un doigt d’armement B, renferme un ressort en spirale qui, à l’inverse de ce qui se passe généralement dans les autres systèmes d’obturateurs, ne se trouve bandé que faiblement ; il est d’une longueur excessive ; de plus, la course qu’il a à parcourir n’est guère que d’un quart de tour, deux conditions qui lui donnent une grande régularité de marche.
- Le barillet est denté sur le quart de sa circonférence et engrène avec un pignon E, portant un excentrique, lequel transmet le mouvement au volet par l’intermédiaire d’une bielle C. Cette bielle est reliée au volet V (fig. 3) par une crémaillère OC, glissant sur celui-ci a frottement dur. La crémaillère a pour fonction d’éloigner ou de rapprocher à volonté le point d’attache de la bielle du pivot du volet.
- L’obturateur possédant trois volets V, celui qui se trouve attaché à la crémaillère peut être considéré comme celui qui règle les deux autres; les deux derniers sont actionnés par deux bielles qui les ren-pent solidaires du tout.
- On comprendra que l’on peut, par ce moyen, obtenir l’ouverture partielle ou complète des lames, c’est-à-dire diaphragmer l’objectif. En effet, si l’on porte le point d’attache de la bielle proche du volet moteur, l’angle de course de celui-ci deviendra le plus grand possible, l’instrument sera à toute ouverture; si au contraire nous l’éloignons, l’angle diminuera et nous aurons une ouverture minimum de 2 millimètres de diamètre. Un disque portant un pignon et une graduation, 5, 10, 15, etc...., permet la manœuvre de la crémaillère.
- Le déclenchement s’obtient à l’aide d'une ancre qui, au moyen de la manette M (fig. 2) peut s’élever ou s’abaisser de façon à rencontrer soit un ou deux crans d’arrêt fixés sur le barillet. Pour l’instantané, on
- porte la manette sur le point 1 (fig. 1), l'ancre est élevée, et son soulèvement par la poire déclenche l’instrument.
- En portant au contraire la manette sur le point I’, le deuxième cran d’arrêt vient sur le repos de l’ancre, et, par ce mouvement, le fait enclencher avec une sécurité absolue. L’instrument est ouvert jusqu’à ce qu’un second coup de poire vienne le refermer.
- Pour éviter toute secousse, un des bras de la manette vient s’appuyer sur le frein, de façon à engager celui-ci quand l’instrument est sur la pose.
- Le frein, qui se compose de deux mâchoires agissant sur le grand diamètre du barillet, est commandé par une vis graduée F (fig. 2).
- Les chocs sont tous supportés par le barillet moteur, qui a été construit d’une façon très robuste, de façon à pouvoir résister indéfiniment. On a compté aussi sur sa masse, qui est surtout destinée à annuler le moment d’inertie des volets dans leur mouvement de va-et-vient. Ceux-ci, du reste, sont d’une grande légèreté, n’ayant aucun choc à subir; leur épaisseur n’est que de 2/10 de millimètre.
- Les dimensions de cet instrument nous semblent aussi remarquables. Son diamètre extérieur, pour une ouverture de 25 millimètres qui est bien suffi-
- Fig. 1, 2 et 3. — L’obturateur Gillon.
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- santé pour des objectifs qui couvrent le 15x18, et même le 18x24 n’est que de 68 millimètres, et le constructeur est arrivé à en faire un autre modèle qui, avec un diamètre de 95 millimètres, permet d’avoir une ouverture de 45 millimètres.
- Les pièces de manœuvre étant toutes placées sur les côtés de l’instrument, il devient possible* d’y adapter n’importe quel diamètre de lentilles dont le centrage optique est facilité par la forme circulaire de l’obturateur.
- Lorsque l’obturateur se trouve à pleine ouverture, celle-ci est parfaitement circulaire ; mais lorsque l’on diaphragme, l’obturateur ne possédant que trois lames, elle tendra toujours à devenir de plus en plus triangulaire. Cet inconvénient ne devient excessif que pour les tout petits diaphragmes qui ne permettent pas l’instantané, et tout le monde sait que la formation de l’image dans les chambres noires est indépendante de la forme de l’ouverture ; nous ne croyons donc pas que ces dispositions puissent nuire au bon fonctionnement de l’instrument.
- J. Ducom.
- LE NORD SANS BOUSSOLE
- Lorsqu’on veut savoir exactement où se trouve le nord ou le sud,on est quelquefois assez embarrassé, car on n'a pas toujours une boussole sous la main. Il y a cependant un moyen très pratique d’être renseigné d’une façon précise, moyen que tout le monde peut employer. 11 suffit d’avoir une montre et.... du soleil. Ce moyen donné'dernièrement dans les journaux de New-York vient, paraît-il d’être découvert en Amérique. Nouveau ou ancien, nous n’essayerons pas de rechercher son origine, nous nous bornerons à l’indiquer et le décrire: il suffit de poser la montre à plat dans le creux de la main ou sur toute autre surface et de la placer sur cette surface de façon que la petite aiguille soit dirigée juste vers le soleil : on aura alors exactement le sud entre le chiffre midi et l’heure marquée par la petite aiguille. Supposons, par exemple, qu’il soit trois heures : Tournons vers le soleil la petite aiguille, le point entre une heure et deux heures au cadran regardera précisément la direction du sud. S’il était dix heures c’est au point Y du cadran que serait le sud.
- Le moyen est simple. Par conséquent il est pratique et à la portée de chacun. Le prestidigitateur Alber.
- CHRONIQUE
- Formation de.neige dans un salon. — La Nature a parlé en son temps du phénomène curieux de formation et de tombée de neige dans un chapeau haut de forme, que portait une personne ayant très chaud et qu’elle avait soulevé au milieu de la température extérieure très froide. Un phénomène analogue s’est produit cette année dans un salon de Stockholm. 11 faisait un froid rigoureux et une nuit claire ; une nombreuse société était réunie dans le salon. Il faisait si chaud que quelques dames se trouvèrent mal ; un domestique essaya, mais en vain, d’ouvrir une fenêtre : le cadre était gelé aux montants. Cependant, comme il fallait absolument de l’air, il brisa un carreau, et l’arrivée subite de l’air froid sur cette
- masse d’air sursaturé d’humidité produisit de la neige qu’on vit aussitôt tomber sur le plancher. D. B.
- Définitions scientifiques. — Lord Salisbury est un homme d’État doublé d’un savant distingué, et nous ne résistons pas au désir de reproduire trois définitions scientifiques curieuses dont il a la paternité, et qu’il a présentées dans un discours prononcé devant la Chemical Society, de Londres, à l’occasion du jubilé de sa fondation. « L’astronomie, a dit lord Salisbury, est, dans une grande mesure, la science des choses comme elles sont probablement; la géologie est la science des choses comme elles étaient probablement; la chimie est la science des choses comme elles sont actuellement. » Nous ajouterons, avec notre confrère The Electrical Engineer, à qui nous empruntons cette citation, que l’électçicité est la science des choses, comme elles seront probablement.
- Les stations centrales d’énergie électrique d New-York. — Il est intéressant de recueillir les statistiques fournies par les diverses stations centrales d’énergie électrique. Nous trouvons quelques chiffres qui méritent de fixer l’attention dans le rapport annuel de la Edison Illuminatmg Company, une des plus puissantes compagnies électriques de. New-York. Cette société possède plusieurs stations centrales, dont la plus importante est la station centrale de Pearl-Street. En 1888, le nombre des abonnés était de 710, en 1889 de 1215, en 1890 de 1698. Le nombre des lampes à incandescence de 16 bougies installées chez les abonnés était de 16 377 en 1888, de 39 815 en 1889, et de 64 174 en 1890. On comptait donc de 1888 à 1889 une augmentation de 23 458 lampes et de 1889 à 1890 une augmentation de 24 559 lampes. Les applications de force motrice ont été peu étendues pendant longtemps ; depuis quelques années elles coin-, mencent à se répandre. En 1889, la Edison llluminating Company fournissait pour ces applications 470 chevaux; et 697 en 1890. Les bénéfices nets de cette société ont suivi une progression croissante depuis 1884, mais ils se sont accrus d’une façon considérable dans ces dernières années. Ils étaient de 350 255 francs en 1886, de 445 349 francs en 1887, de 581 176 francs en 1888, de 620 159 francs en 1889, et de 1 145 394 en 1890.
- L’ancien bétel de Rohan. — On a découvert, il y a quelque temps, rue Yieille-du-Temple, à Paris, derrière une bibliothèque, des peintures qui ornaient une des pièces de la demeure du cardinal de Rohan. On sait que cet ancien palais est devenu aujourd’hui la propriété de l’Imprimerie nationale qui y a installé ses bureaux. En dépit des mutilations du temps et des aménagements, devenus nécessaires, on peut aisément se rendre compte de ce que devait être cet hôtel, qu’on appelait communément l’hôtel de Strasbourg. On y voit encore, au premier étage, deux dessus de porte de Pierre, deux paysages de Boucher et une superbe pendule de Boule. C’est dans l’ancien cabinet que se trouvent les merveilleux panneaux de Huet, spécimens adorables de l’art français au dix-huitième siècle. Ces peintures représentent des fêtes joyeuses, où tout un monde élégant folâtre sur l’herbe, joue à colin-maillard, à saute-mouton, gambade, lutine, devisé gaiement, rit et se divertit. Rien de mieux observé, de plus gai, de plus fin, de plus spirituellement enlevé ; le tout en très bon état.
- Les tremblements de. terre et la pression barométrique. — Les observations faites jusqu’à présent en Europe ont permis de constater qu’il n’existe pas de relation
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- LA NATURE:
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- outre les tremblements de terre et la pression atmosphérique. [ Au Japon, où les tremblements de terre sont si fréquents, le gouvernement a prêté son appui à M. le professeur John Milne, à Tokio, pour l’établissement de stations d’observation. À la station centrale de Tokio, qui dispose de sis-momèlres et de sismographes d’une extrême sensibilité, 551 tremblements de terre ont été observés de 1877 à 1886. La pression qui a été le plus souvent observée est de 762 millimètres, ce qui correspond à peu près à la moyenne de l’année. 11 y a eu sensiblement le même nombre de tremblements de terre au-dessus et au-dessous de cette moyenne, et la manière dont ils se répartissent entre les différents mois de l’année n’a fourni aucune indication sur l’existence d’une relation quelconque entre les mouvements sismiques et les oscillations barométriques.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 mars 1891. — Présidence de M. Duchartre.
- Sur les phénomènes de la phosphorescenee. — Tout le monde sait qu’on peut provoquer l’émission de la lumière par les corps phosphorescents de deux manières principales : ou bien en les plaçant dans le phosphoro-scope de M. Edmond Becquerel, ou bien en les soumettant à un échauffement convenable. M. Henri Becquerel a repris l’étude de ces phénomènes si intéressants et encore si mystérieux et il fait de ses principaux résultats un très intéressant exposé. L’examen spectral de la lumière émise par la chloropbane disposée dans le phosphoroscope a montré à l’auteur que les radiations varient avec la vitesse de rotation de l’appareil. De même dans les expériences par voie de chauffage, les radiations changent avec la température, et la comparaison des spectres obtenus montre que les deux séries de phénomènes, sans être identiques, sont tout à fait parallèles. L’interprétation la plus naturelle de ces faits, paraît être à l’auteur de supposer que la fluorine renferme un certain nombre de substances dont chacune jouit de la propriété de luire pour une durée d’insolation ou pour un échauffement déterminés. Ces matières ont immobilisé, depuis l’époque de la constitution même des cristaux, une certaine quantité d’énergie qui se manifeste sous l’influence de la lumière ou de la chaleur et qui s’est maintenue sans perte depuis cette époque très reculée. Ne pourrait-on pas supposer aussi que ces substances occluses jouissent de la propriété de transformer en phosphorescence les radiations lumineuses ou calorifiques qu’elles reçoivent?
- Sur une nouvelle méthode de détermination des températures et pressions critiques, et en particulier de celles de l'eau. — C’est le titre d’un très important Mémoire lu par M. Cailletet en son nom et en celui de M.Colardeau. La détermination de la température critique'1 de certains corps, et, en particulier, de l’eau, n’a pu être résolue jusqu’ici par les méthodes habituelles, car les tubes de verre, dans lesquels on opère, sont attaqués et font explosion sous la pression de la vapeur. MM. Cailletet et Colardeau ont abordé la question par une méthode qui leur permet d’opérer sans voir le liquide, et, par suite, d’enfermer ce liquide dans un tube de métal très résistant. La masse de matière est variable dans les diverses expériences, elle est suffisante pour fournir de la vapeur saturée, jusqu’au point critique, mais ne peut remplir totalement, par sa dilatation, l’espace qui la contient. La courbe des tensions de la vapeur saturée est toujours la même jusqu’à la température critique, quel que soit le
- poids de liquide employé. Mais, au-dessous de celte température, une courbe particulière correspond à chaque poids de matière en expérience. Celte méthode donne en même temps, non seulement la pression critique, mais la courbe des tensions de la vapeur saturée. Avant de publier les résultats numériques obtenus en appliquant cette méthode à la détermination des éléments critiques de l’eau, les savants auteurs ont cru devoir attendre qu’une vérification du manomètre à hydrogène qui leur a servi, ait pu être faite au moyen du manomètre à air libre que M. Cailletet fait installer actuellement à la Tour Eiffel ;ice manomètre, dont la construction est à peu près terminée, permettra de mesurer, avec une -grande précision, des pressions pouvant atteindre 400 atmosphères.
- Bilobites portlanditnnes. — M. Henri Boursault, dont nous avons eu déjà plus d’une fois à signaler les intéressantes découvertes, a observé dans deux nouvelles localités la présence à la surface des couches du terrain port-landien de ces empreintes problématiques qu’on peut réunir provisoirement sous le nom de bilobites. L’une de ces localités est Beaubec-la-Rosière (Seine-Inférieure); l’autre est la ferme de Courcelles, près d’Armentières (Oise), entre Herchies et La Chapelle-aux-Pots.
- Le conglomérat de Gourbesville. — Comme complément à ses récentes observations sur le conglomérat phosphaté de Gourbesville (Manche), M. Albert Gaudry y signale, en association avec des fossiles nettement miocènes; comme Mastodon anguslidens, Dinothérium Cuvieri, Car-charoion mcgalodon, celle d’une dent de Palæotherium magnum qui est essentiellement éocène. L’illustre paléontologiste explique d’ailleurs bien aisément cette découverte imprévue en la rattachant à l’existence dans le conglomérat de fragments d’un calcaire lacustre qu’on avait d’abord attribué à l’époque de la Beauce, mais queM. Vasseur, dont les vues sont par le fait entièrement confirmées, avait rattaché à l’âge du gypse parisien.
- Toxicité de la lymphe de Koch. — Bien que le procès de la lymphe de Koch soit jugé sans appel possible, il y avait grand intérêt à déterminer avec précision le degré de sa malfaisance. C’est ce que viennent de faire MM. Charles Richet et Uéricourt, et tout le monde regrettera qu’une semblable étude n’ait pas été réalisée avant le malencontreux essai de la terrible drogue sur d’infortunés malades. Les auteurs, dans une série d’expériences analysées par M. le Dr Verneuil, ont commencé par préparer avec tout le soin désirable un liquide de culture du bacille de la tuberculose. Ils ont constaté alors qu’un lapin bien portant peut recevoir impunément une injection de deux grammes, mais est tué si la dose est portée à trois grammes. Opère-t-on sur un lapin tuberculeux, à peine atteint d’ailleurs et offrant encore tous les dehors de la santé ; le huitième de la ration précédente suffit pour le tuer à coup sûr en quarante-huit heures ! Ce résultat peut se. passer de tout commentaire.
- Varia. — Une étude thermochimique sur la formation des laques colorées est adressée par M. Léo Vignon. — M. Blarez a imaginé une méthode pour déterminer l’influence des matières extractives sur le titre réel de spiritueux. — En son nom et en celui de M. Puiseux, M. Lœwy lit un très important Mémoire sur la détermination de la constante de la réfraction. — Lors de la carburation du fer par le diamant, M. Osmond constate que la diffusion du carbone dans le fer a pour corollaire la diffusion du fer dans le carbone. Stanislas Meunier.
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- LA NATURE.
- LA MÉCANIQUE DES JOUETS
- PISTOLET CRI-CUI. - PISTOLET TICKET
- Supprimez, par la pensée, la crosse et le canon du petit pistolet d’enfant représenté ci-dessous (fig. 1); vous aurez sous les yeux un jouet qui a fait un certain bruit dans le monde ; je veux parler du cri-cri, d’assourdissante mémoire, qui flo-rissaitilyaquinze ans et gagnait à son inventeur une fortune. Voilà le cri-cri revenu sous forme d’une arme de salon inoffensive. Les projectiles seront des boulettes en mie de pain que vous introduirez dans le canon, en ayant soin qu’elles touchent la lame d’acier embouti qui forme la détente ; agissez sur la pointe de cette lame avec l’index, en tenant la crosse du pistolet cricri dans la main ; à un certain moment, vous entendez le bruit bien connu du cri-cri, en même temps que la lame d’acier, subitement détendue, chasse la boulette de pain à quelques pas de vous.
- Notre seconde gravure (fig. 2) représente un autre pistolet inoffensif; c’est le pistolet ticket, destiné, comme son nom l’indique, à lancer de petits morceaux de carton, cartes de visite, cartes à jouer, etc.
- Le canon, en bois plein, porte à son extrémité un trou dans lequel sont fixés par une cheville en bois les deux bouts d’un fort cordon de caoutchouc. Ramenez en arrière la boucle formée par ce caout-
- chouc, et accrochez-la à une petite goupille A qui n’est autre chose qu’une partie de la gâchette faisant saillie à la partie supérieure. Le caoutchouc est ainsi tendu fortement. Posez le ticket sur le canon, en enfonçant légèrement une de ses pointes dans une petite fente verticale destinée a la maintenir. Si
- maintenant vous appuyez sur la gâchette, la goupille A rentre dans l’intérieur, et le caoutchouc, devenu libre, chasse brusquement le morceau de carton tout en lui imprimant un inouvementdc rotation très rapide; on sait que, dans ces conditions, le carton peut être projeté à une très grande distance, en glissant sur l’air horizontalement Cette propriété est utilisée par les prestidigitateurs lorsqu’ils veulent lancer à une grande distance des cartes à jouer à travers la salle;
- par un imperceptible mouvement du poignet, ils donnent à chaque carte un mouvement de rotation rapide, ce qui leur permet de la lancer très loin sans effort apparent.
- Comme on le voit, le maniement de ces deux jouets n’offre rien de dangereux, ni pour les enfants, ni pour les objets fragiles ; l’originalité de leur construction méritait d’être signalée, et peut se résumer dans la phrase bien connue ; Ce sont deux drôles de pistolets !
- Arthur Good.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandieii
- Fig. 2. — Pistolet ticket fonctionnant par la détente d’un fil de caoutchouc.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Flcurus, 9.
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- N" 950. — 28 MARS 1891.
- LA NATURE.
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- LE TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE
- Que mes lecteurs se rassurent; il ne s’agit pas du traitement par la lymphe de Koch. L’échec lamentable de cette affaire a été complet, et il n’y a pas à y revenir *. Mais pendant qu’on faisait tant de bruit autour du soi-disant procédé allemand, on oubliait trop des recherches élaborées modestement à la Faculté de Paris et qui, appliquées à la thérapeutique, ont chance de donner des succès, et cela sans compromettre la santé et la vie des malades qui ne présentent aucun phénomène de réaction fébrile.
- Au mois d’octobre 1888,vous voyez que la question ne date pas d’hier, M. Ch. Richet, le jeune et distingué professeur de physiologie de la Faculté, et M. Héricourt faisaient connaître une série d’expériences du plus haut intérêt. On sait que les microbes n’ont pas une action égale sur les diverses espèces d’animaux; bien plus, il y a des animaux absolument réfractaires à l’inoculation de tel microbe qui tue en quelques heures un animal d’espèce différente. Cet état d’immunité est vraisemblablement dû à la présence, dans le sang, de substances chimiques toxiques pour le microbe et s’opposant à son développement. MM. Richet et Héricourt se demandèrent si, en injectant à l’animal susceptible d’être influencé par un microbe, le sang de l’animal réfractaire à ce même microbe, on n’obtiendrait pas l’immunité pour le premier. L’expérience vint pleinement confirmer cette hypothèse.
- Un microbe qu’ils ont découvert, le staphylococ-cus pyosepticus, tue rapidement le lapin et n’agit absolument pas sur le chien, ou ne produit qu’une très légère lésion locale. On injecte dans le péritoine de lapin une certaine quantité de sang de chien ; les lapins sont ensuite inoculés avec ce stapbylococcus
- 1 Yoy. n° 922, du 31 janvier 1891, p. 138.
- 19* itin**. — l*r lemMtr*
- et résistent parfaitement. Cette expérience, répétée maintes fois, était concluante; il y a plus, c’est qu’elle est le point de départ d’une méthode générale qui peut avoir de nombreuses applications thérapeutiques.
- L’idée d’appliquer cette première donnée à la tuberculose, devait surgir immédiatement dans l’esprit des expérimentateurs. Ils se mirent aussitôt a l’œuvre et constatèrent en effet que des lapins transfusés avec le sang de chien, animal réfractaire à la tuberculose, résistaient aux inoculations, se conservaient gros et gras, tandis que les animaux témoins dépérissaient et succombaient lentement aux progrès de
- la cachexie. Le sang de chien assurait l’immunité aux lapins.
- Pouvait-on inférer de ces remarquables expériences, queje ne peux que résumer brièvement,à une application thérapeutique ? La question se pose là d’une façon différente. Il ne s’agitpasen effet, chez l’homme, de rendre réfractaire à la tuberculose. Le sujet est en pleine puissance de bacille. C’est un moyen curatif et non phoph y lactique qu’il faut. Le sang du chien a-t-il cette vertu ? Les essais, tentés jusqu’ici, ne permettent pas de parler de guérison, mais les améliorations ont été telles qu’il y a là évidemment des recherches à poursuivre et qui seront un jour couronnées de succès.
- L’injection de sang dans le péritoine offre certains dangers; il faut de plus en injecter une certaine quantité. La méthode devait être modifiée. MM. Richet et Héricourt constatèrent que la partie globulaire et fibrineuse du sang était sans valeur pour ces expériences et que le sérum était suffisant pour assurer l’immunité. Ils s’appliquèrent à isoler le sérum du sang dans les conditions les plus parfaites d’antisepsie et purent obtenir un produit pur, sans la moindre altération, d’une innocuité parfaite.
- C’est avec du sérum de sang de chien, la sérine, injectée sous la peau, comme on fait une injection
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- Etude du traitement de la tuberculose au Laboratoire de physiologie de la Faculté de médecine de Paris. — M. Ch. Richet injectant du sang de chien dans le péritoine d’un lapin. (D’après une photographie instantanée.)
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- de morphine, qu’ont été faites les premières applications thérapeutiques. Je l’ai dit, ces résultats ont été des plus encourageants. Quelques médecins n’ont pas craint de faire une injection directe dans les veines pour obtenir un résultat plus rapide.
- Ce qu’il yak noter, c’est que les améliorations ont été étonnantes, et cela, sans faire courir au malade le moindre danger. Il ne faudrait pas croire que l’agent curateur de la phtisie est définitivement trouvé. M. Richet ni ses collaborateurs n’ont la prétention d’avoir indiqué un remède infaillible qui supprimera, en quelques injections, une maladie chronique et rebelle comme la phtisie, souvent généralisée à plusieurs organes. Ces assertions ne sont lancées que de l’autre côté du Rhin. Ils disent simplement : Voici un procédé qui rend des animaux réfractaires, qui amène chez l’homme une transformation rapide ; étudiez-le, observez. Il peut être inefficace, l’avenir en décidera, mais il est inoffensif.
- Je disais que c’était là une méthode générale qui trouverait des applications diverses : la preuve, c’est que deux expérimentateurs nantais, MM. Ber tin et Picq, ont tenté, avec le sang d’un autre animal, aussi réfractaire, le traitement de la tuberculose. Avec le sang de chèvre, ils ont obtenu chez les malades traités une amélioration comme avec le sang de chien.
- Les recherches de nos savants français ont fait moins de bruit que celles du professeur berlinois. Est-ce pour ne point faire mentir le proverbe qui veut qu’on ne soit pas prophète dans son pays? N’est-ce pas simplement que ces recherches ont été conduites avec la rigueur et la probité scientifiques, sans dissimuler tous les secrets et les difficultés des préparations et qu’on n’a pas cherché à lancer une affaire et à établir une spéculation comme celle à laquelle le public et les médecins même, se sont prêtés avec trop d’ingénuité. Dr A. Cartaz.
- AGRAFE D’OR ET D’ARGENT
- FABRIQUÉE PAR SAINT ÉLOI
- Le dessin ci-contre représente une agrafe d’or et d’argent fabriquée par saint Éloi, au septième siècle de notre ère.
- Saint Éloi, le trésorier de Dagobert Ier, argentier monétaire de Clotaire II, qui fut évêque de Noyon, a vécu si loin de nous, en 650..., qu’on a peine à s’imaginer à quel point de perfection il a poussé l’art de l’orfèvrerie et de la bijouterie, si l’on n’a pas eu sous les yeux des objets travaillés par lui ou de son temps par ses disciples, qu’on est tenté de considérer quant au talent comme de vulgaires forgerons (chanson de Dagobert).
- Pendant un des séjours que j’ai faits en Belgique, j’ai eu l’occasion d’admirer avec étonnement, à la cathédrale de Tournay, un siège d’or en forme d’X enrichi de pierreries, une châsse d’or incrustée de pierres précieuses, d’un travail d’une remarquable finesse que les Falize, Bapst, Boucheron, ne mépriseraient pas, si l’on tient compte de l’époque. Il y avait aussi l’agrafe d’or et d’argent dont on voit l’aspect dans notre gravure.
- Cette agrafe a été retrouvée en 1655 dans le tombeau de Childéric près de l’église Saint-Bénin. Le fds d’un de mes
- Agrafe (l’or et d’argent fabriquée par saint Éloi.
- confrères de Tournay, voyant que je regrettais de n’avoir pas le temps d’en prendre le croquis, m’a envoyé une petite gouache qui en donne une idée très exacte.
- Dr Le Roy d’Etiolles.
- LE TÉLÉPHONE DE PARIS A LONDRES
- C’est le 15 mars 1891 que la voix humaine a franchi pour la première fois la Manche, entre Douvres et Paris, et le 18 mars que l’on a pu, pour la première fois, converser téléphoniquement entre Londres et notre capitale. Cet événement scientifique, d’une énorme importance industrielle, et qui fera, dans la masse du public, une impression aussi considérable que les plus belles découvertes modernes, n’est cependant pas de nature à causer une grande surprise parmi le public technique, car le succès obtenu était prévu, et même certain, du jour où les conditions nécessaires et suffisantes à la transmission téléphonique avec les appareils dont nous disposons, ont été bien connues et numériquement déterminées.
- Nous avons signalé ici même, à plusieurs reprises, la possibilité absolue de ces communications, et il ne nous reste plus qu a indiquer rapidement les conditions dans lesquelles elles s’effectuent.
- Les deux obstacles à la transmission téléphonique à une distance indéfinie, sont la résistance électrique de la ligne et sa capacité électrostatique. Des expériences nombreuses effectuées par M. W. H. Preece, ingénieur électricien en chef du Post-Office de Londres, ont établi que la limite de perceptibilité des
- Fig. 1. — Coupc du câble téléphonique sous-mariu (grandeur d’exécution).
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- transmissions ne dépend pas de la valeur absolue de l’un ou l’autre de.ces deux facteurs, mais de la valeur de leur produit. Lorsque le produit de la résistance électrique, en ohms, d’une ligne, par sa capacité électrostatique exprimée en microfarads, dépasse 15 000, la transmission devient très difficile, pour ne pas dire impossible; elle devient bonne lorsque ce produit ne dépasse pas 10 000 et s’améliore de plus en plus pour devenir parfaite à 5000 et au-dessous.
- Cela bien démontré, on peut dire que le problème était résolu, car il suffisait, pour assurer le succès d’une transmission sur une ligne téléphonique quelconque, de l’établir dans les conditions indiquées par l’expérience. On peut même dire, en laissant de côté pour un moment la question économique, qu’il est scientifiquement possible de téléphoner à une distance quelconque, avec une ligne sous-marine de longueur quelconque, pourvu que la ligne soit construite de façon à satisfaire à la condition indiquée ci-dessus.
- Lorsque l’on fait intervenir les considérations économiques, cette possibilité scientifique se transforme rapidement en une impossibilité pratique, à moins de nouvelles découvertes dans le domaine télépho-
- nique, auxquelles on peut s’attendre dans un avenir plus ou moins éloigné. Dans le cas particulier, la certitude était d’autant plus absolue que l’on avait comme précédent la ligne téléphonique établie entre Buenos-Ayres et Montevideo, ligne qui fonctionne depuis dix-huit mois, et pour laquelle le produit de la résistance par la capacité atteint 40 400, tandis que pour la ligne téléphonique devant relier Londres à Paris, on s’était imposé comme condition de ne pas dépasser le nombre 6000.
- La partie la plus délicate de l’étude, a été la détermination des dimensions à donner au câble, de façon à réduire la dépense à un minimum, tout en restant dans les limites imposées par les besoins de la transmission. 11 s’agissait, en résumé, de fixer les dimensions respectives du conducteur et du diélectrique conduisant au plus petit diamètre possible.
- Pour tout accroissement de diamètre du conducteur, on est conduit à un accroissement correspondant de la capacité plus rapide que la diminution de résistance ; et, inversement, toute diminution du diamètre du conducteur conduit à un accroissement de la résistance plus rapide que la diminution de capacité correspondante.
- Les calculs effectués par M. Kempe pour déter-
- Poste de Londres Douvres Calais Poste de Paris
- Fig. 2. — Montage des deux postes Paris et Londres. — TT. Téléphone. — MM. Microphones. — PP. Piles. — BB. Bobines d’induction.
- miner les meilleures dimensions à adopter l’ont conduit à établir les spécifications d’un câble à quatre conducteurs représenté figure 1 en grandeur naturelle, et construit par la maison Siemens frères de Londres. Chacun de ces conducteurs est formé d’un toron de sept fils de cuivre, le toron étant isolé par trois couches de gutta-percha soudées au chatterton. Les quatre conducteurs ainsi isolés sont réunis par du fil de jute sec tanné et couvert d’une armature composée de seize fils de fer de 7 millimètres de diamètre. L’ensemble est protégé par un enduit de Clark composé de résine minérale et de sable.
- Sur les quatre conducteurs qui composent le câble, deux seulement servent actuellement à la téléphonie ; les deux autres seront affectés à la télégraphie internationale jusqu’à ce qu’une seconde double ligne en bronze relie les extrémités du câble respectivement à Londres et à Paris. On disposera alors de deux lignes téléphoniques distinctes fonctionnant simultanément.
- Les lignes aériennes de Londres à Douvres, et de Paris à Calais, sont en fils de cuivre posés sur poteaux et isolateurs. La pose sur poteaux est faite en pas de vis, comme pour les lignes téléphoniques reliant Paris à Bruxelles et à Marseille, de façon à annuler toutes les influences perturbatrices des autres lignes
- télégraphiques fixées sur les mêmes poteaux. La traversée de Paris, depuis les fortifications jusqu’au laboratoire d’électricité de la Direction des postes et des télégraphes, se fait sur une ligne souterraine double de 7 kilomètres de longueur, en câble Fortin-IIermann.
- Le montage des appareils et les appareils eux-mêmes ne présentent rien de bien particulier.
- Le diagramme ci-dessus (fig. 2) représente le montage complet des deux postes pendant la conversation, l’appel des postes lors de la mise en communication constituant un problème télégraphique, pour lequel on n’a que l’embarras du choix des solutions. On voit sur ce diagramme que la communication est établie sur un circuit métallique entièrement fermé, comprenant, à chaque poste, les deux récepteurs téléphoniques, le fil fin de la bobine d’induction et, comme ligne, les deux fils doubles aériens et deux des quatre conducteurs du câble sous-marin. La transmission est effectuée à chaque poste à l’aide d’un transmetteur microphonique mis en circuit avec une pile de quelques éléments et le circuit primaire de la bobine d’induction.
- La plupart des appareils téléphoniques employés sur les réseaux téléphoniques donnent des résultats satisfaisants au point de vue de la transmission, les différences qu’ils présentent au point de vue de la net-
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- te té et de l’intensité, sont question de pure appréciation, à défaut d’appareil de mesure qui permette une comparaison exacte. A Londres, on fait usage du système Gower-Bell ; à Paris, on semble accorder la préférence aux appareils téléphoniques de M. Roulez, appareils nouveaux construits dans les ateliers de la Direction des postes et des télégraphes, et qui présenteraient, paraît-il, une très grande sensibilité.
- Nous n’insisterons pas sur les difficultés rencontrées par le Monarch dans son opération de la pose du câble, difficultés provenant du mauvais temps exceptionnel qui a régné sur la Manche du 9 au 14 mars, pas plus que sur les discours ofliciels prononcés à l’occasion de cet important événement économique, de nature à resserrer les liens commerciaux qui unissent la France et l’Angleterre.
- Aujourd’hui que les communications entre Londres et Paris sont établies, de bureau central à bureau central, et que la conversation se fait avec une netteté et une intensité que l’on ne rencontre pas toujours à Paris, d’abonné à abonné, on se préoccupe des moyens de communication entre les abonnés de deux villes. C’est là un problème secondaire en apparence, mais d’une grande importance pratique, et qu’il faudra résoudre.
- En attendant, les bureaux de Paris et de Londres vont être mis à la disposition du public, le prix de la conversation étant fixé provisoirement à dix francs pour trois minutes. Dans chaque poste, une horloge spéciale mise en mouvement à partir de l’instant où la communication est établie, indiquera à chacun des deux intéressés, le temps qu’il reste à courir, et coupera automatiquement la communication au bout des trois minutes. E. Hospitalier.
- MANOMÈTRE MÉTALLIQUE
- I)E M. MIGNOT
- Le nombre des manomètres métalliques actuellement connus et en service est déjà considérable. Une quantité de principes différents ont été appliqués dans la construction de ces divers appareils. Un peut quelquefois même reprocher à certains systèmes l’intervention d’organes délicats, qui se faussent facilement.
- Nous signalerons aujourd’hui à nos lecteurs un appareil à l’abri de ces reproches par sa simplicité et le
- petit nombre d’organe qui entrent dans sa composition.
- L’appareil, qui est du à M. Mignot, se compose essentiellement (fig. 1) d’un disque en acier trempé que l’on voit à l’intérieur du récipient A. Ce disque, de faible épaisseur, est protégé contre le contact direct de la vapeur, par une feuille F de très faible épaisseur, de cuivre rouge, formant joint hermétique. La pression s’exerce sur le disque et détermine une flexion à la partie centrale.
- M. Mignot limite la flexion maxima à 1/55 environ du diamètre du disque. Pour éviter au centre même du disque des efforts trop considérables afin d’obtenir une flexion appréciable, une ouverture égale au 1/10 environ du diamètre est ménagée au centre même. La vapeur vient agir en A sur le disque d’acier ; la tige B qui repose sur ce dernier est soulevée, et transmet le mouvement à un levier coudé C ; à son tour, ce levier C agit sur
- une bielle D, qui fait avancer l’aiguille indicatrice E. Un ressort G permet de ramener le levier G à une vis de butée H pour le réglage à O. Le levier G multiplie la course initiale environ dans le rapport de 1 à 9. Comme on le voit, ce manomètre nécessite très peu d’organes, et encore ces derniers sont-ils sujets à fort peu de dérangements et à des frottements négligeables. Les indications de cet appareil sont égales dans toute l’échelle de graduation ; cet avantage provient justement de ce que la flexion du disque est sensiblement proportionnelle à la pression à laquelle il se trouve soumis. Il est également sensible pour les hautes et les faibles pressions. Pour des manomètres destinés à indiquer des pressions de 6 à 20 kilogrammes par centimètre carré, les diamètres varient de 8 à 30 centimètres. M. Mignot construit également des appareils de ce genre pour des pressions élevées ; afin d’obtenir ce résultat, il superpose plusieurs disques les uns sur les autres. Chacun des disques fléchit pour son propre compte, et toutes les flexions s’ajoutent. Il existe des manomètres pour mesurer des pressions de 100, 200, 500, 1000 et même 2000 kilogrammes par centimètre carré. Nous terminerons en disant que les appareils de M. Mignot sont employés à la Compagnie parisienne du gaz, et au service des eaux de la Ville de Paris, où ils ont donné de bons résultats. Ce nouvel appareil apporte un perfectionnement qui a bien son utilité. J. L.
- Manomètre métallique de M. Mignot.
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- DESTRUCTION DE FILS ÉLECTRIQUES À NEW-YORK
- PAR UNE TEMPÊTE RE NEIGE
- Fig, 1. — Poteaux télégraphiques effondrés sous le poids du verglas à New-York, 8" avenue.
- 11 y a longtemps déjà que nous n’avons plus à Paris de fils électriques aériens (sauf quelques fils télégraphiques), et que tous les conducteurs de distribution de l’électricité et pour le service téléphonique sont placés dans les égouts ou dans des canalisations souterraines. 11 n’en est pas de même à New-York: les divers réseaux de distribution d’énergie électrique prenant chaque jour plus d’importance et prêtant par suite à des accidents à la fois plus nombreux, la municipalité a bien contraint les Compagnies d’é-d’éclairage et de transport d’énergie électrique à enterrer la plupart de leurs câbles, mais les fils téléphoniques et télégraphiques sont encore posés sur des poteaux dans les rues ou au-dessus des habitations. Ces fils, dans un climat où les tempêtes de neige ne sont pas rares, sont exposés a se charger outre mesure, et à déterminer ainsi la chute de leurs supports. C’est ce qui est arrivé le 25 janvier dernier à New-York, où les accidents
- Fig. 2. — Autres poteaux el fils télégraphiques brisés à New-York par la tempête de neige, 9* avenue.
- se sont produits en nombre tel qu’il a fallu arrêter momentanément toutes les distributions d’électricité. Nos dessins, empruntés ainsi que les détails qui suivent au Scienlific American, sont reproduits d’après des photographies et montrent l’étendue du désastre dans trois des principales voies, les avenues n°* 8, 9 et 59 dont la seconde contient un bureau télégraphique et téléphonique.
- 11 avait commencé à pleuvoir le 24 janvier dans la soirée, mais la pluie ne tarda pas à se transformer en givre, puis la neige commença à minuit et persista jusqu’au lendemain matin 9 heures. Bientôt elle s’accumula sur les fils, dont beaucoup devinrent aussi gros que le poignet. Les poteaux, dont quelques-uns soutenaient jusqu’à 200 fils commencèrent à fléchir, puis se rompirent successivement en entraînant avec eux tout le réseau qu’ils supportaient.
- La chute commença à 5 heures du matin, et certains
- Fig. 3. — Exemple des dégâts causés dans la 39' avenue à New-York.
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- LA NATURE.
- poteaux tombèrent en travers des voies des Elevated railroads, de manière à empêcher le mouvement des trains, et dans la journée du dimanche, tout le service téléphonique et télégraphique dut être interrompu. En même temps les Compagnies d’éclairage et de transport de force motrice arrêtaient leurs machines par crainte des accidents qu’auraient pu amener ceux de leurs fils aériens qui étaient tombés sur les voies. Enfin on faisait sonner les cloches des églises pour donner l’alarme sur tous les points.
- On se figure aisément le désordre qu’ont du jeter de tels accidents dans une ville aussi affairée que New-York. Heureusement qu’ils se sont produits un dimanche et qu’avec beaucoup d’énergie et de travail, on a pu rétablir les principaux conducteurs au bout de deux jours. D’après les journaux américains, la perte éprouvée par les diverses Compagnies d’électricité ne serait pas moindre de 20 millions de francs. Une seule a perdu 5200 fils et 1500 autres sont partiellement endommagés. Beaucoup de Compagnies songent à dissimuler leurs pertes afin de se soustraire à la demande pressante qui leur a été faite depuis longtemps de poser uniquement leurs fils dans des canalisations souterraines. G. Richoii,
- Ingénieur des arts et manufactures.
- ÉCLAIRAGE DES MINES
- On sait combien est importante la question de l’éclairage des mines. Trois modes d’éclairage peuvent être employés. Nous ne considérerons ici que les dépenses et les prix de revient, bien qu’il convienne de comparer également les avantages et les inconvénients des divers agents. D’après Iron and Local Trades Review, les frais d’installation, pour un éclairage de même puissance lumineuse dans une mine extrayant 1000 tonnes de houille par jour, peuvent se répartir de la façon suivante, suivant que l’éclairage est au gaz, à l’huile, ou à l’électricité : gaz, 5750francs; huile, 2000 francs; électricité, 5000 francs. L’exploitation de ce même éclairage donne au contraire les résultats ci-dessous: gaz, 5800 francs ; huile, 5500 francs; électricité, 1500 francs.
- DAH0MIENS ET EGBÂS1
- Nous avons dit précédemment quelques mots sur les véritables amazones du Dahomey, nous allons aujourd’hui en parler avec plus de détails. Remontons, dans la tradition indigène, à l’origine de ces courageuses guerrières et voyons quel fut l’inaugu-rateur de cette partie de l’armée dahomienne.
- Nous devons d’abord dire qu’au Dahomey, comme chez bien des peuples similaires, la tradition se transmet, faute de documents écrits, par la mémoire de génération en génération. L’histoire des temps passés arrive ainsi jusqu’à nos jours, peut-être un peu déformée, empreinte de préjugés ou de fausses impressions, mais ayant, malgré tout, un grand fond de véracité et une base authentique. Le Dahomien a l’esprit frappé de bonne heure par
- 1 Suite et fin. — Voy. n° 026, du 28 lévrier 1891, p. 199.
- l’histoire des victoires nombreuses des anciens chefs de la dynastie; il écoute avidement ces récits de combats, de pillages, d’expéditions donnant aux vainqueurs des territoires et des richesses. 11 est fier de son pays et en raconte volontiers les exploits. Nous avons remarqué à ce sujet une grande similitude dans les récits : ils concordent tous quant au fond et ne diffèrent que par la façon dont ils sont racontés. C’est de ces renseignements que nous tirons ce qui se rapporte aux amazones.
- Vers la fin du siècle dernier, nous dirons en 1770, régnait un des rois les plus cruels, les plus sanguinaires, qui aient jamais existé dans la monarchie dahomienne. Il s’appelait Adonozan. Il malmena tellement son peuple, poussa son despotisme et sa tyrannie jusqu’à un tel point, que les bornes en furent franchies. L’esclave leva la tête, la victime se retourna contre son bourreau et ce peuple si humble, si obéissant depuis son origine, ce peuple dont l’humilité élait une seconde nature, se révolta et le renversa de son trône, en massacrant tous ceux qui avaient essayé de le défendre. On se rend compte, après ce que nous avons dit de la tyrannie du roi de Dahomey, tyrannie que ses sujets supportent sans murmurer aujourd’hui, à quel paroxysme Adonozan avait dù pousser la méchanceté, pour en arriver là.
- Son frère Guézo lui succéda en 1818; il n’était, dit-on, pas étranger à la révolte et à son résultat; d’aucuns, même, assurent qu’il en fut l’instigateur. Guézo, une fois au pouvoir, fut, au contraire, un des rois les plus aimés ou plutôt les moins détestés de la dynastie. Mais, quoique ménageant son peuple et se sachant plus toléré que son prédécesseur, il avait vu la facilité avec laquelle on avait enlevé le pouvoir à Adonozan et constaté l’insuffisance des gardes pour la défense du palais. C’est alors que l’idée lui vint de se constituer une escorte sérieuse, une troupe de gardes du corps, suffisante pour le défendre si, un jour, il prenait fantaisie à ses sujets de le détrôner. Or, il fallait naturellement puiser les éléments de cette escorte ailleurs que dans son royaume et c’est ce qu’il fit. Ayant décidé de composer cette troupe exclusivement de femmes, il choisit parmi les nombreuses prisonnières de guerre qu’il faisait chaque année, et forma en peu de temps une petite armée de 8000 à 9000 femmes.
- Les amazones étaient créées. On leur donna une instruction militaire très sérieuse, étonnante même, chez des gens aussi barbares. Elles furent dressées à manier le coutelas, la hache, le casse-tête, l’arc, à cette époque, et plus tard le fusil à pierre. Les exercices du corps n’étaient pas négligés : la lutte corps à corps, la course, la façon de monter à l'assaut, faisaient l’objet d’exercices continuels.
- Pour augmenter le fanatisme des amazones et exciter l’émulation entre elles, le roi donnait à celles qui se conduisaient bien dans la mêlée, des amulettes qui devaient les rendre enchantées, c’est-à-dire invulnérables et augmentaient ainsi leur audace. Il les revêtit d’un caractère sacré et ses
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- sujets furent obligés de leur rendre les mêmes honneurs qu’aux chefs. Les amulettes données à l’occasion des actions d’éclat consistaient en anneaux, perles, morceaux de peau de chacal, sachets, etc., trempés dans le sang humain.
- Plus tard, les conquêtes ayant cessé, les prisonnières devenant plus rares, le corps des amazones se forma peu à peu d’éléments indigènes, et depuis vingt ans elles sont toutes dahomiennes. Dans les rues de la capitale il est défendu même de les frôler au passage; elles annoncent leur arrivée par une petite clochette généralement portée par une petite fille qui les précède de quelques pas. Le passant, quel qu’il soit, se met à l’écart pour leur laisser le chemin libre.
- Parmi les exercices que l’on fait faire aux amazones pendant les cérémonies annuelles qui ont lieu à la capitale et où se font les sacrifices humains dont on parle tant en Europe, il en est plusieurs qui demandent de la part de ces femmes une énergie et surtout une surexcitation extraordinaire. On construit, par exemple, quelques cases représentant un village. Autour de ces cases une muraille de 2 ou 3 mètres de hauteur, couverte de ronces, d’épines, de verre, destinée à être emportée d’assaut, devant une foule de spectateurs. A l’intérieur du prétendu village, sont d’autres amazones, représentant l’ennemi qui doit repousser les attaques des assiégeants.
- A un signal donné par le roi lui-même, la lutte commence : les amazones s’élancent électrisées par la foule et par quelques libations préalables, font semblant d’être repoussées une ou deux fois, mais a la troisième, elles grimpent sur le mur, insensibles aux épines, au verre cassé, aux meurtrissures de toutes sortes qui résultent de pareils exercices, et, le village pris, viennent recevoir les félicitations du roi. Sans compter le sang qui coule forcément à la suite de ces folies, il arrive souvent que dans leur excitation elles se blessent mutuellement, oubliant un instant la fiction et croyant se trouver en présence de véritables ennemis. D’ailleurs leur amour-propre est plus fort que la sensibilité; grièvement blessées, souffrant mille tortures, elles affectent une indifférence farouche et chantent ou dansent longtemps, après leurs dangereux exercices.
- Plusieurs erreurs ont été commises sur le compte des amazones; beaucoup de gens les croient montées; c’est chose impossible dans un pays où le cheval dépérit tellement qu’il ne peut y vivre et où les pauvres spécimens du noble animal que l'on rencontre deviennent, de par leur rareté, l’apanage exclusif des chefs de guerre.
- Dans l’antiquité, les femmes guerrières de Diodore et de Plutarque se coupaient le sein droit pour mieux tirer de l’arc; mais les amazones dahomiennes n’ont jamais subi cette mutilation, inutile aujourd’hui, puisqu’elles sont armées du fusil. On les croit également vouées au célibat; c’est une autre erreur. Elles se marient fort bien, avec l’autorisation du roi, bien entendu; le monarque lui-
- même prend, parmi elles, la plus grande partie de ses femmes. L’abbé Bouche est, sur ce chapitre, encore plus concluant1 : « Les amazones, dit-il, véritable corps de discipline dans lequel on enrégimente ce qu’il y a de pire parmi les femmes du royaume. Une femme se rend-elle insupportable par son humeur acariâtre, son caractère indocile et sa rudesse? on la donne au roi qui en fait une amazone. »
- Nous reproduisons ci-après (fig. 2) une photographie que nous avons pu faire d’un groupe d’amazones dahomiennes lors de notre séjour dans leur pays; on- voit leur costume et leurs armes; ces femmes excellent dans le combat corps à corps, mais elles laissent à désirer sur leur façon de faire usage du fusil. Comme toute l’armée dahomienne d’ailleurs, elles tirent sans viser, toujours trop haut. Dans leur corps les chefs sont du même sexe; on arrive à ces distinctions par des actes de courage répétés.
- Les amazones pourraient inscrire sur leur étendard bien des actions d’éclat. Depuis leur fondation, elles ont pris une part active à toutes les guerres et elles se sont toujours distinguées par leur férocité. Sept ou huit cents d’entre elles restèrent sous les murs d’Abéokouta en 1865. Dernièrement, à Koto-nou, le 4 mars 1890, on en trouva plusieurs sur le champ de bataille, au pied des fortifications passagères élevées à la hâte par nos troupes, pour se défendre contre l’attaque. Ce jour-l'a, néanmoins, le corps des amazones n’avait pas donné, étant resté avec le roi dans les environs à surveiller les mouvements; mais le 17 avril 1890, à 6 kilomètres de Porto-Novo, dans le dernier engagement qu’aient eu nos troupes avec les Dahomiens, les amazones firent des .prodiges de valeur. Le lieutenant-colonel Ter-rillon commandait nos troupes et avec ses 400 hommes, fut forcé de former le carré pour résister à leurs attaques réitérées. Toute l’armée dahomienne était là, combattant ou en réserve; on aperçut même l’étendard du roi dans le lointain. Les munitions tirant à leur fin, notre petite colonne battit lentement en retraite, toujours en carré parfait, harcelée par les amazones jusqu’en vue des murs de la ville, et n’ayant pas cessé une minute de faire des feux de peloton.
- Nous terminerons par quelques mots sur les sacrifices humains et les coutumes annuelles au Dahomey. L’auteur de ces notes n’a pu assister à ces cérémonies, mais tous ses renseignements sont recueillis de la bouche des indigènes avee lesquels il a souvent eu l’occasion de causer dans leurs habitations , dont on trouvera ci-après un spécimen (fig. 3). Il fut un temps où les Européens étaient tenus d’assister aux réjouissances qui avaient lieu dans la capitale; en 1878, ils profitèrent de la cession de Kotonou à la France pour faire ajouter au traité une clause les exemptant, à l’avenir, d’assis-
- 1 La Côte des Esclaves, par l’abbé P. Bouche.
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- ter aux sacrifices humains qui leur inspiraient une horreur profonde. En dehors de ces occasions, les Européens que la curiosité poussait à rendre visite au roi, ont toujours été gardés, contre leur gré, à la capitale, pendant plusieurs mois, manquant du nécessaire et ayant été reçus par Sa Majesté deux ou trois fois à peine, pendant leur séjour; aussi y réfléchissait-on sérieusement avant d’aller de plein gré se constituer son prisonnier.
- Les coutumes annuelles au Dahomey ont plusieurs buts : 1° de fêter la dernière victoire remportée; 2° de réunir les chefs et leur donner des ordres ; 3° de raviver dans la mémoire populaire l’histoire de la dynastie daho-mienne, en la faisant raconter par des crieurs, au peuple assemblé ; 4° de montrer l’armée faisant des manœuvres de parade; 5° enfin, de rendre les honneurs habituels à la mémoire du roi défunt, fût-il mort depuis vingt ans; on appelle cette dernière cérémonie les funérailles. C’est à cette occasion qu’ont lieu les sacrifices humains, dont on a beaucoup exagéré le nombre des victimes.
- Les usages du pays veulent que, chaque année, le roi envoie, dans l’autre monde, à son prédécesseur, des émissaires chargés d’une mission auprès de lui.
- On désigne donc, parmi les prisonniers de guerre ou les criminels indigènes déjà condamnés à mort, un nombre de récadaires1. Lorsqu’on veut faire honneur à un envoyé officiel, à un grand personnage qui vient de l’étranger, ou qu’il se produit quelque circonstance extraordinaire, on augmente beaucoup le nombre des victimes désignées pour les sacrifices; mais, en général, le roi n’en désigne que le strict nécessaire indiqué par les usages, aimant beaucoup mieux les vendre 300 ou 400 francs pièce, que de céder au plaisir, stérile de les faire décapiter.
- On peut estimer à une quinzaine d’individus, en
- 1 Do Hecado, mission, message en portugais.
- moyenne, les victimes des sacrifices annuels ordinaires.
- Trois ou quatre jours avant la cérémonie des funérailles, les condamnés sont promenés dans la ville, soit à pied, soit portés de la façon suivante : l’individu est accroupi sur une petite claie ou plateau en bambous, les genoux sous le menton, les mains liées autour des jambes. Il est ainsi posé sur la tête du porteur, qui soutient le plateau d’une main1. Le jour de l’exécution arrivé, ils sont rangés sur une estrade, toujours attachés de la même façon sur leur claie, ou quelquefois dans des
- paniers. Le roi s’adresse à chacun d’eux et lui fait la même allocution. « Tu vas voir mon honoré père, » dit-il ; « dislui que son fils le vénère, l’admire toujours; qu’il se souvient de ses brillantes victoires, de ses nombreux prisonniers et des conseils qu’il lui a donnés; fais-lui savoir que cette année son fils respectueux est allé faire la guerre à telle nation, qu’il a rem -porté la victoire ; qu'il a rapporté de nombreux prisonniers ainsi que des têtes d’ennemis. Va, voilà pour boire et pour faire le voyage, que Dieu et le fétiche t’accompagnent. »
- On remet alors au malheureux une poignée de cauris (coquillages qui servent de monnaie) et une bouteille de tafia; le tout destiné, Sans doute, à payer le passage au Caron de la mythologie dahomienne. Ces préliminaires terminés, le roi allonge le bras et touche légèrement la victime du bout du doigt; à ce signal, l’homme est précipité en bas de l’estrade qui a 2 ou 3 mètres d’élévation. Avant d’être revenu de sou étourdissement, il est saisi et décapité d’un seul coup, au-dessus d’un grand bassin de cuivre où l’on recueille son sang. Les autres émissaires ont le^„ même sort, chacun à son tour. On décapite dans ces occasions, en outre, une quantité d’animaux, le tout
- 1 Au Dahomey on ne porte que sur la tète. Nous avons vu des indigènes porter jusqu’à 75 kilogrammes sans gêne apparente.
- Fig. 1. — Carie du Dahomey et de Porto-Novo, d’après un croquis exécute par M. Edouard Foa pour La Nature.
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- Fig. 2. — Amazones authentiques du Dahomey. Costume et armement. (D’après une photographie exécutee à Abomey Calavy, par M. Edouard Foa.
- Fig. 3. — Une habitation Dahomienne.
- (D’après une photographie exécutée en 1888 par M. Edouard Foa.)
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- suivi de danses, de chants et d’une visite au tombeau du roi défunt, laquelle termine les coutumes annuelles.
- Les Egbas dont nous avons parlé dans notre précédente Notice sont moins sanguinaires que les Dahomiens, mais le Dahomey n’a pas le monopole des sacrifices humains; chez les Achantis, les Jébous (même aux Popos et à Porto-Novo il y a quelques années), les mêmes cérémonies sont en usage. Les Edjios et certains peuples du Niger et de la côte de Krou qui sont anthropophages, font les mêmes sacrifices avec leurs prisonniers de guerre, mais, comme ils les mangent ensuite, leurs cérémonies servent du moins à quelque chose. Peut-être est-ce aussi une consolation pour les victimes !
- Edouard Foa.
- LES PANORAMAS
- A la fin du siècle dernier, vers 1785, un jeune peintre d’Edimbourg, du nom de Robert Barker, poursuivi par des créanciers, fût arrêté et jeté en prison pour dettes. Le cachot, dans lequel il fut enfermé, était en sous-sol et s’éclairait par un soupirail percé verticalement dans le plafond à l’interstice du mur. La lumière tombant le long de ce mur s’y répandait jusqu’au sol, dans la partie située sous l’ouverture. Longtemps, le jeune Barker ne remarqua pas la façon dont le jour frappait la muraille ; lorsqu’un jour ayant voulu lire une lettre, et s’étant mis sous le soupirail, il appliqua la feuille de papier contre la partie éclairée du mur, et fut étonné de la façon dont elle lui apparaissait sous cette clarté. L’elfet lui sembla même si extraordinaire qu’il se promit, aussitôt sa liberté obtenue, d’éclairer, par en haut, des peintures de grandes dimensions. Le principe du panorama, à en croire nombre d’écrivains, aurait été ainsi découvert.
- Cette anecdote est-elle vraie ou fausse ? Peu importe. Quel qu’ait éfé le point de départ de sa découverte, et quoiqu’on la lui ait contestée, Barker est l’inventeur des panoramas. Nous le démontrerons en expliquant l’importance de l’application de ses observations sur les effets de la lumière ; puis ce fait établi, nous raconterons les perfectionnements successifs des panoramas, qui en France, grâce au talent de MM. de Neuville et Détaillé, sont devenus des œuvres d’art de l’ordre le plus élevé.
- La découverte de Robert Barker est constatée par le brevet d’invention qui lui fut accordé le 19 juin 1787 *. On trouve, dans ce brevet, la description du panorama en termes si précis, qu’il est impossible de mettre en doute qu’à cette date, où rien n’avait
- * Repertory of aria and manufacture». T. IV, p. 165. London, 1796. Spécification of the granted to Mr Robert Barker of the city of Edinburgh, portrait-painter, for his invention of an entire new contrivance or apparatus calied by him La nature à coup d’œil (this invention has been since calied the Panorama) for the purpose of displaying views of nature at large, by oil painting, fresco, water-colours, crayons, or any other mode of painting or drawing.
- encore été publié sur ce sujet, Barker n’ait déjà connu le panorama1.
- Aussitôt le brevet pris, Barker se met à l’œuvre et cinq ans après, en 1792, il expose, dans Leicester square à Londres, son premier panorama complet, représentant la flotte anglaise ancrée entre Ports-mouth et File de Wight2 ; Paris et Berlin, les premières villes du continent qui possédèrent des panoramas, n’en eurent que huit ans après, en 1800. Aussi, quoique plusieurs peintres, tels que Prévost en France3 et Breyzig, en Allemagne4, aient plus tard revendiqué la gloire d’avoir découvert ce genre de peinture, cet honneur revient seulement à Robert Barker.
- Mais avant d’aller plus loin, qu’est-ce qu’un panorama? En vertu de quelles lois scientifiques est-il conçu, et par quels procédés a-t-on appliqué ces lois pour l’exécuter ?
- Le panorama3 est une peinture circulaire exposée de façon que l’œil du spectateur, placé au centre et embrassant tout son horizon, ne rencontre que ce tableau qui l’enveloppe. La vue ne permet à l’homme de juger des grandeurs et des distances que par la comparaison ; sans point de repère, il porte un jugement faux sur ce que sa vue perçoit. Lorsqu’on voit un tableau, quelque grand qu’il soit, renfermé dans un cadre, le cadre et ce qui entoure le tableau sont des points de repère qui avertissent que l’on n’est pas en présence de la nature, mais de sa reproduction. Pour établir l’illusion, il faut que l’œil, sur quelque point qu’il se porte, rencontre partout des figurations faites en proportion avec des tons exacts et que, nulle part, il ne puisse saisir la vue d’objets réels qui lui serviraient de comparaison ; alors qu’il ne voit qu’une œuvre d’art, il croit être en présence de la nature. Telle est la loi sur laquelle sont basés les principes du panorama.
- Voyons maintenant comment on a procédé dans l’application :
- On construit une rotonde à toit conique6 ; (les pre-
- 1 Breysig publia, en 1798, chez Keil à Magdebourg, un ouvrage intitulé Skizzen, fiedanken, Umrisse, Entwiirfe die bildenden Künste Betreffend (Esquisses, pensées, projets, contours, relatifs aux arts plastiques), dans lequel, page 140 et suivantes, il décrivait les procédés du panorama. Ce n’est donc que neuf ans après la publication du brevet de Barker que Breysjg traita le même sujet; de plus, comme on le verra plus loin, en 1798, Breyzig avait déjà eu connaissance, par les gazettes anglaises, de la découverte de Barker.
- * Journal des Luxus und der Moden, publié à Weimar, juin 1800, p. 282 et suivantes.
- 3 Nagi.ei\. Dictionnaire des artistes et peintres. Biographie de Breyzig (Johann Adam), peintre, architecte, décorateur de théâtres et professeur des beaux-arts.
- * Dans la biographie du peintre Prévost par son frère, la découverte des panoramas lui est attribuée; voyez : Notice historique sur Montigny-le-Gannelon, par Jean Prévost, Châ-teaudun, 1852.
- 8 Rapport de M. Dufoerny, membre de la Commission des beaux-arts de l’Institut, en date du 26 fructidor, an VIII-Extrait des Mémoires de la classe des beaux-arts de l’Institut, tome V, page 55.
- 6 Daly. Revue générale de l’architecture, tome II, f°2227. Paris, 1841.
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- mières rotondes avaient 17 mètres de diamètre sur 7 mètres de hauteur; depuis, elles ont eu jusqu’à 50 mètres de diamètre sur 16 mètres de haut1). Dans l’intérieur, s’élève au centre une plate-forme isolée, de la hauteur de la moitié de l’édifice; c’est là que se place le spectateur qui est maintenu à une certaine distance du mur circulaire, entièrement recouvert par la toile du tableau. La toile est, en quelque sorte, sans fin, ses deux extrémités se raccordant et se confondant en un même point. Les objets y doivent être représentés d’après les règles de la perspective, en prenant comme point central la plate-forme où se tient le spectateur. Une zone vitrée, large d’un mètre, placée à la partie basse du toit conique, au-dessus et à l’intérieur de la toile, laisse passer le jour qui tombe directement sur elle, la partie centrale du toit restant pleine. Un parajour situé au-dessus du spectateur lui cache ce qui est au-dessus de sa tête, empêche de voir l’extrémité supérieure de la peinture et l’ouverture circulaire par où pénètre le jour; l’éclat de la lumière est ainsi amorti, et l’ombre du spectateur ne peut plus se dessiner sur la toile; enfin le ton gris de cet appareil sert de contraste avec les tons lumineux de la peinture et les fait paraître plus éclatants. Dans les premiers panoramas, une étoffe, de même couleur que le parajour, était tendue en pente depuis le bord de la plate-forme jusqu’au bas du tableau; elle en dérobait l’extrémité et tenait lieu de premier plan situé dans l’intervalle compris entre le spectateur et le tableau. Ce ne fut qu’en 1850 que l’on fit les raccords de la peinture avec des premiers plans simulés par des objets matériels. Le parajour et la tenture du bas, en coupant la peinture, l’un en haut, l’autre en bas, la faisaient paraître plus profonde et plus grande.
- Pour amener le spectateur du dehors jusqu’à la plate-forme, on le conduit par des corridors sombres ; dans le trajet, il perd la notion de la lumière et, lorsqu’il arrive à la place qu’il doit occuper, il passe sans transition de l’obscurité à la vue du tableau circulaire exposé sous la lumière la plus vive; alors tous les points du panorama se présentent à la fois, et il en résulte une sorte de confusion ; mais bientôt l’œil s’habituant au jour, le tableau produit insensiblement son effet, et plus on le considère, plus on se persuade que l’on est en présence de la réalité.
- Lorsque l’artiste s’occupe de lever les dessins de la vue qu’il veut représenter, il choisit, autant qu’il le peut, une éminence de la même hauteur que la plate-forme d’où il découvrira autour de lui l’horizon et apercevra les détails qui se trouvent à ses pieds. Les premiers plans devront être pittoresques et saisissants, parce que c’est sur eux que se portent les premiers regards du visiteur qu’il faut attacher du premier coup. D’abord on s’est servi d’une chambre noire tournant à volonté sur pivot, au moyen de
- 1 Le premier panorama de Barker avait 45 pieds de diamètre sur 16 pieds de hauteur. Les deux rotondes du boulevard Montmartre à Paris avaient 14 mètres de diamètre.
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- laquelle on dessinait successivement toutes les parties de l’horizon qu’elle embrassait jusqu’au point où le dernier dessin, se raccordant avec le premier, finissait le cercle1.
- Le croquis une fois fait se reportait sur la toile; on le mettait en place au moyen du fusain et on le peignait ensuite à la brosse. Aujourd’hui on ne se sert plus de chambre noire ; chaque artiste lève ses croquis suivant sa méthode propre. Prévost prenait un châssis sur lequel il faisait des carreaux avec du fil ; il divisait la circonférence de l’horizon en un certain nombre de parties formant autant de dessins ; un dessin terminé, il passait au suivant, après l’avoir fait anticiper sur le précédent, de manière que les derniers traits de l’un fussent les premiers du suivant; il obtenait ainsi un repérage qui empêchait toute confusion. En outre, il se servait du niveau d’eau pour déterminer la ligne d’horizon qu’il traçait ensuite sur les parties où elle était cachée par des montagnes, des édifices ou autres objets élevés ; il pouvait ainsi, sur cette ligne, constater mathématiquement la mise en place de chaque objet sur la toile.
- Ces procédés ont été aujourd’hui très simplifiés : certains artistes comme M. Poilpot, pour son panorama des Transatlantiques2, font exécuter la mise en place par des « perspecteurs ». Ces hommes de métier, par une méthode scientifique, projettent des courbes passant par des points déterminés, rabattent des plans, calculent l’éloignement, étudient les dimensions et au moyen de la géométrie descriptive, résolvent les problèmes qui leur ‘sont posés, en mettant au point l’objet et en lui donnant les dimensions et les formes qu’il doit avoir sur la toile, pour le faire paraître à nos yeux tel que la réalité.
- D’autres peintres, MM. de Neuville et Détaillé par exemple, procèdent plus simplement : ils se servent de la photographie.
- Le colonel Langlois a appliqué le premier cette découverte à la levée des plans panoramiques, en 1855, lorsqu’il se rendit en Crimée pour dessiner, d’après nature, les travaux de l’attaque et de la défense du siège de Sébastopol3. Mais en 1855, la photographie n’était pas aussi perfectionnée que de nos jours, et la manière de procéder de MM. de Neuville et Détaillé est beaucoup plus simple que celle du colonel Langlois.
- Voici comment procèdent ces deux artistes. Après avoir choisi le point d’où la vue sera prise, point qui doit correspondre à la plate-forme, ils lèvent par la photographie toutes les parties de l’horizon et les rajustent ensuite ; sur cette reproduction exacte, ils exécutent l’esquisse de la peinture au 10e, aussi poussée que possible, afin qu’il n’y ait plus qu’à la transporter sur la toile. Pour reporter le paysage tel que la photographie le donne, ils se servent de projections photographiques lumineu-
- 1 Miel. Essai sur le Salon de 1817; voyez l’article consacré aux panoramas de Prévost.
- « Voy. n° 837, du 15 juin 1889, p. 33. j 3 Notes communiquées par le baron Larheï, de l’Institut.
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- ses1 ; on divise la toile et la photographie en dix parties égales correspondantes ; on projette chacune des parties photographiées sur les parties de la toile où elle doit être reproduite; puis, au moyen du fusain, on trace les lignes que dessine la lanterne lumineuse et l'on a ainsi exactement le paysage.
- On s’occupe ensuite des figures : on divise l’esquisse et la toile, chacune en un même nombre de carrés se correspondant ; les carrés de la toile seront dix fois plus grands que ceux de l’esquisse, qui est au 10e de la peinture, et l’on place ainsi les personnages sans variations appréciables.
- MM. Détaillé et de Neuville ont fait eux-mêmes leurs perspectives à l’œil et sans procédés mathématiques : la ligne d’horizon, ils l’ont placée à la hauteur d’un spectateur de taille moyenne, debout sur la plate-forme. Par ces procédés simples, l’harmonie règne dans toutes les parties de l’œuvre, tandis qu’avec les per-specteurs et les épures, c’est la symétrie qui domine. Dans le premier cas, l’imagination et le talent de l’artiste créent tout et, par ce fait, l’inspiration l’emportant sur le procédé, le spectateur est empoigné par le sujet, d’une façon qu’il est impossible d’obtenir par les moyens mathématiques plus exacts, mais qui ne laissent rien au jugement de l’artiste et enlèvent tout imprévu et tout charme à la peinture.
- Barker n’avait pas réussi, du premier coup, à appliquer sa découverte; car en 1787 il avait fait à Edimbourg un premier essai : c’était une vue de cette ville peinte à la détrempe sur une grande toile tendue en demi-cercle. Ce ne fut qu’en 1792, cinq
- 1 Ce procédé a été appliqué, pour la première fois, aux panoramas par Manuel Périer. Voyez sur la découverte de M. Manuel Périer et ses applications multiples, le Rapport fait à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale par M. Rossigneux, le 23 novembre 1888. Ce procédé consiste surtout à fixer à la main des dessins rendus au moyen de projections optiques.
- ans après avoir publié sa découverte dans son brevet que Barker ouvrit, pour la première fois, son panorama k Londres. 11 avait donc mis cinq ans à exécuter la peinture circulaire qui fut le premier panorama.
- Les artistes de Londres accueillirent peu favorablement la découverte de Barker ; le gros public, au contraire, ne cessa d’affluer aux Panoramas qui se renouvelaient tous les six mois. La rotonde qui les contenait, située dans Leicester square, n’avait que 16 pieds de hauteur sur 45 de diamètre. Ce fut d’abord, comme nous l’avons déjà dit, la vue de la
- flotte anylaise a Portsmouth que Barker fit paraître. Le vaisseau-amiral était représenté pris d’incendie, au moment où les flammes dévorent les agrès, où les embarcations sont jetées à la 'J mer et où le sauve-qui-peut commence. Une rue de Londres prise du moulin d’Albion suivit bientôt ; puis parurent: la Bataille navale du 1er juin 1795 *, les Bains de Brighthelm-sione et les Environs de Windsor. En 1798, il donna deux panoramas, l’un au-dessus de l’autre : celui du 1er étage représentait la Bataille navale d'Aboukir au moment où le vaisseau-amiral « l'Orient » saute en l’air (Yoy. la gravure ci-dessus) ; en montant quelques marches au-dessus de la première plateforme, on trouvait, au lieu de la vue d’un combat sanglant, l’aspect paisible des bains de Margateî.
- — A suivre. — GERMAIN -BaPST.
- 1 Ersch und Grüber. Allgemeine Encyclopadïe. Il fui aidé dans ce travail par le capitaine Rarlow qui commandait alors la frégate le Regasus, et par le capitaine Seymour.
- 2 Journal des Luxus und der Moden, déjà cité, livraison de juin 1800, page 282. Journal London und Paris, 1798, tome IV, et 1799, tome IV et V. Voyez aussi Akchenholz dans les Britlische Annalen, tome XI, p. 430, et tome XVI, page 199. Millin. Dictionnaire des beaux-arts, tome III» page 38
- Le panorama de la bataille d’Aboukir, à Londres (1798), tel qu’il était représenté dans la Notice explicative. (Le texte anglais est ici traduit en français.)
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- LA LAMPE AÜËR
- ET LES PROJECTIONS PHOTOGRAPHIQUES
- Nous avons décrit ici la lampe à gaz du système Auër lors de son apparition en France1. Aujourd’hui cette lampe a fait ses preuves et elle est employée dans un grand nombre de maisons. Nous avons pensé qu’à cause de sa lumière d’un blanc légèrement bleuâtre rappelant beaucoup l’arc électrique, elle devait être très actinique et pourrait rendre des services en photographie. Nous avons fait quelques expériences qui ont été concluantes. Rappelons en quelques mots en quoi consiste le système. C’est un bec Bunsen qui est muni d’un pas de vis de manière à se monter sur les appareils à gaz qui existent déjà. Pardessus ce bec, qui comme on sait donne une flamme chaude et peu éclairante, on place le verre dans lequel est monté un petit manchon de coton imprégné de selsmétalliques ; l’oxyde de zirconium forme la base de la préparation.
- Aussitôt le bec allumé, le petit manchon est porté à l’incandescence et donne une lumière éblouissante. 11 est à remarquer que pour arriver à l’incandescence complète, la consommation de gaz est fort restreinte. A lumière égale on use moitié moins de gaz qu’avec les autres systèmes.
- Avec deux lampes nous avons pu obtenir un portrait en douze secondes de pose. Nous pensons qu’il est préférable d’avoir un plus grand nombre de lampes, trois ou quatre, afin de pouvoir éloigner un peu plus les foyers lumineux et mieux répartir la lumière. Nous nous proposons de continuer ces expériences au Photo-club de Paris qui va prochainement installer cet éclairage dans son atelier. L’installation se composera de cinq lampes à réflecteurs montées sur deux supports mobiles qu’on placera de chaque côté du modèle. Nous reviendrons plus tard sur cette question si les résultats répondent à notre attente.
- Mais l’application qui nous paraît devoir surtout intéresser l’amateur photographe est la substitution de ce bec de gaz à la lampe à pétrole dans les
- 1 Vov. n“ 707, du 18 décembre 1886, p. 36.
- lanternes à projection aujourd’hui si utilisées.
- Il est incontestable que dans les appareils de ce genre, la lumière oxhydrique est préférable si on veut obtenir de très grandes images destinées à être vues d’un nombreux auditoire. Mais pour l’amateur qui veut seulement faire voir ses œuvres à quelques amis, une lumière moins forte ne nécessitant pas de complications comme l’emploi du chalumeau oxhydrique est très suffisante et surtout plus pratique. Aussi la plupart d’entre eux se contentent de la lampe à pétrole à deux ou trois mèches.
- La lumière est certes suffisante, mais on doit supporter l’odeur désagréable du pétrole, et la grande chaleur qui se dégage bientôt de l’appareil est fort incommode pour l’opérateur. Nous avons constaté qu’avec le bec Auër on a tout autant de lumière qu’avec une lampe à deux mèches, pas la moindre odeur, et pas de chaleur. L’absence de chaleur est telle qu’on peut fort bien toucher non seulement la lanterne, mais même la cheminée sanssebrùler. Pour pouvoir substituer ce système d’éclairage à l’autre, la transformation à faire subir à la lanterne est bien simple. Il suffit de percer un trou dans le fond, et un autre trou correspondant à la boîte qui sert à la renfermer et dont on se sert comme support lorsqu’on fait des projections. On introduit alors par ces ouvertures une lampe de bureau ordinaire sur laquelle est monté le bec Auër. Pour amener la partie éclairante au foyer du condensateur, on passe des cales sous le pied de la lampe jusqu’à ce qu’on constate le maximum d’éclairage.
- Pour faire ce réglage, l’emploi de livres reliés ou non, est très commode, parce qu’en les ouvrant plus ou moins on arrive à obtenir toutes les hauteurs possibles. Il est clair qu’une fois la position de la lampe bien réglée, on peut disposer une planchette supportée par deux tasseaux.
- Tous les amateurs qui possèdent des lanternes peuvent faire assez facilement eux-mêmes ces petites transformations. Il serait à désirer que les constructeurs, prévoyant le cas où on voudrait se passer du pétrole, prissent des dispositions en conséquence. Ainsi il arrive souvent que le réflecteur fait partie intégrante de la lampe à pétrole vendue avec la
- Appareil de projection fonctionnant au mojen du bec de gaz Auër.
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- LA NATURE.
- lanterne, on est alors obligé de s’en passer (ce qui est notre cas), et on n’utilise par conséquent pas toute la lumière. G. Mareschxl.
- LA FLOTTE TÉLÉGRAPHIQUE DU MONDE
- Au moment où le navire le Monarch vient de se livrer aux opérations de pose du câble téléphonique sous-marin, entre la France et l’Angleterre, ces opérations étant, dans de plus faibles proportions, tout à fait analogues à celles de la pose des grands câbles télégraphiques, il peut être intéressant de donner quelques détails sur la flotte télégraphique du monde.
- Cette alliance de mots, cette dénomination peut paraître bizarre, mais l’explication en est simple et facile. Pour poser, pour remplacer, pour entretenir les différents câbles sous-marins qui sillonnent les océans, et notamment les doubles câbles qui unissent aujourd’hui l’Europe à l’Amérique, il faut recourir à des navires destinés à poser les nouveaux câbles, à relever du fond de la mer les câbles ou les bouts de câbles brisés et à les remplacer par des cables neufs. Comme il est juste, ces opérations présentent des conditions toutes spéciales, et c’est pourquoi les navires qui en sont chargés doivent présenter eux-mêmes des installations particulières : ce sont ces navires, ces vapeurs, ces cable-ships comme les nomment les Anglais, qui forment la flotte télégraphique.
- Le plus connu de tous les cable-ships est certainement le Gréat-Eastern, qui fut chargé, en 1860, de la pose du premier câble direct entre l’Angleterre et l’Amérique, partant de Valentia, sur la côte irlandaise, pour aboutir à Saint-Jean de Terre-Neuve. Aujourd’hui la flotte télégraphique se compose de trente-huit navires à vapeur, dont la jauge varie entre 500 et 5000 tonneaux.
- Le gouvernement français, pour son compte, possède deux steamers; l’un, F « Ampère », de 600 tonnes et 100 chevaux, a Brest pour port d’attache habituel; l’autre est beaucoup plus important, c’est la « Charente », de 1000 tonnes et 130 chevaux, sa station ordinaire est la Seyne. Les gouvernements brilannique, indo-britannique, italien et chinois possèdent chacun un vapeur pour le service des câbles. Mais la plus grande partie de cette flotte, les trente et un navires restant, appartiennent à des compagnies privées, dont la plupart sont anglaises. La Grande-Bretagne s’est fait une spécialité de la construction, de la fabrication et de l’établissement des câbles télégraphiques.
- D. Bellkt.
- NÉCROLOGIE
- A.-T. Cahours. — Nous avons appris, avec un vif regret, la mort d’un de nos chimistes les plus distingués, Auguste-Thomas Cahours, commandeur de la Légion d’honneur et membre de l’Académie des sciences. Cahours était né en 1815. Admis à l’École polytechnique et classé, à sa sortie, dans le corps d’état-major, il donna sa démission et entra dans l’instruction. Il fut tour à tour professeur à l’École centrale, répétiteur de chimie à l’École polytechnique, essayeur à la Monnaie. Il fut un des premiers savants qui établirent les nouvelles théories chimiques qui firent entrer cette science dans une voie nouvelle et presque mathématique. Grâce à ses belles recherches en chimie organique, M. Cahours a conquis une place éminente parmi nos savants. Il a laissé de nom-
- breux et remarquables travaux sur les densités de vapeurs, sur la détermination des indices de réfractions des liquides, sur les radicaux métalliques, sur les sulfures, etc. Il fut élu membre de l’Académie des sciences en 1868, en remplacement de J.-B. Dumas, nommé secrétaire perpétuel. Outre ses beaux travaux scientifiques, Cahours a publié, en 1855, des Leçons de chimie élémentaire qui formèrent toute une génération de chimistes. Cet ouvrage remarquable fut un des premiers livres où la chimie était exposée d’une façon claire et méthodique ; il est resté longtemps classique. Cahours joignait à tous ses mérites de savant les plus belles qualités d’un noble caractère : c’était un homme d’une modestie rare, d’une aménité parfaite, d’un grand désintéressement, et qui était aimé et respecté par tous ceux qui l’ont connu. Sa mort est une grande perte pour la science française.
- CHRONIQUE
- Tramways électriques. Nous apprenons que la Compagnie française des tramways vient de décider l’adoption du système de traction électrique, par fil aérien, sur la nouvelle ligne récemment concédée à son réseau de Marseille. Cette application, la première de ce genre réalisée en France pour le service intensif dans une grande ville, a été confiée à MM. Sautter, Harlé, et à la Société des ateliers d'Oerlikon. Les tramways électriques contribueront à développer, dans notre pays, les applications si intéressantes de la transmission de force par l’électricité qui paraissent à la veille de se généraliser dans l’industrie. A bord des navires de guerre, par exemple, l’électricité semble appelée à jouer un rôle réservé jusqu’ici à l’hydraulique ; MM. Sautter et Harlé ont combiné un système général de transmissions électriques comprenant la manœuvre de tous les engins secondaires d’un bâtiment. Il y a peu d’années encore, un projet de ce genre aurait dépassé les forces de l’industrie électrique; aujourd’hui sa réalisation ne présente de doute pour personne.
- Ressemblance protectrice chez les Araignées. — Nous avons souvent donné des exemples do ressemblance entre des plantes et des animaux, et nous avons montré comment ceux-ci peuvent échapper à la vue et trouver une protection dans cette analogie de forme nu de couleur. Dans le Journal de la Société Elisha Mitchell, M. Atkinson signale deux cas nouveaux de mimique protectrice chez des Araignées. Une Cyrtarachne s’abrite en été et en automne sous les feuilles, où elle a absolument l’aspect d’un petit mollusque univalve, qui est extrêmement abondant et se fixe souvent dans une position analogue. Le second exemple de mimique instinctive est celui d’une petite araignée, Thomisus aleatorius, remarquable pour la longueur de ses pattes de devant, les pattes postérieures étant, au contraire, très courtes. Cette araignée, qui vit sur les graminées, et grimpe le long de la tige, s’arrête tout à coup, et disparaît à la vue. 11 lui suffit de se cramponner à l’épi, par ses pattes postérieures et de rapprocher les pattes antérieures, étendues, et formant un angle avec la tige, de façon à se confondre avec les épillets.
- I.e nord sans boussole. — La Notice que nous avons publiée sous ce titre (p. 354) a intéressé nos lecteurs, mais c’est par erreur que l’auteur, d’après les journaux de New-York, a attribué à cette méthode une origine américaine. Un de nos abonnés, officier de dragons, nous
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- LA NATURE.
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- écrit que ce procédé lui a été enseigné à Saint-Cyr en 1883. Ce procédé est encore enseigné à Saumur, et s’il n’est pas très connu du public, il est pratiqué dans l’armée d’une façon assez générale.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 23 mars 1891. — Présidence de M. Düchartre.
- M. Cahours. — Nos lecteurs savent déjà la nouvelle perte qu’ont faite la Science et l’Académie dans la personne de M. Àug. Cahours, membre de la section de chimie. M. le Président exprime en quelques paroles très senties les profonds regrets de l’Académie (Yoy. p. 270).
- Le parfum de la terre. — M. Berthelot s’est préoccupé de rechercher la cause de cette odeur spéciale que répand la terre végétale au moment où on la mouille : odeur caractéristique et qui est loin d’être désagréable. Il résulte des expériences de l’illustre chimiste que la dose de ce produit dans le sol est extrêmement faible et représente à peine quelques millionièmes. C’est un corps camphré, dont l’analyse complète n’a d’ailleurs pas pu être faite vu le peu de substance dont on disposait. M. Berthelot n’a pas retrouvé dans la terre végétale l’alcool dont M. Muntz a annoncé la présence et qui parait n’être, en tout cas, qu’un produit exceptionnel de la fermentation spontanée des débris végétaux. Le nouveau corps odorant jouit d’ailleurs de la faculté de produire de l’iodoforme comme le ferait l’alcool lui-même : 1 trillionième de milligramme a déjà une odeur sensible.
- Biologie des plantes parasites. — Des botanistes ayant contesté aux plantes parasites la faculté d’élaboration, M. Chatin réunit des observations qui conduisent à la conclusion opposée. Ainsi le gui du Chêne contient du tanin, il est vrai, mais non le tanin )du Chêne qui est remplacé par du tanin vert; le Loranlhus qui croît sur le Slry-chnos nux vomica ne renferme pas plus de brucine que son congénère du quinquina ne renferme de quinine ou de cinchonine. Aux environs du Cap, on recherche comme alimentation le parasite d’une euphorbiacée vénéneuse. Enfin on peut noter chez les rhinanthacées, parasites des graminées, comme le Melampyrum arvense, de la substance colorante spéciale qui fait noircir ces plantes lors de leur dessiccation pour mettre hors de doute le fait dont il s’agit.
- L'œuvre météorologique d'Hervé Mangon. — Au nom de Mme veuve Mangon comme au sien, M. Th. Moureaux adresse un Résumé des observations météorologiques faites par le célèbre météorologiste à son observatoire de Brécourt (Manche) de 1888 à 1889. C’est une magnifique brochure grand in-4° de 44 pages, enrichie de nombreuses gravures sur bois et d’un charmant frontispice en chromolithographie dû au crayon si gracieux et si exact de notre collaborateur Albert Tissandier. Une Notice biographique avec un portrait des plus ressemblants fait l’introduction h l’exposé des ingénieuses méthodes qui ont permis à Hervé Mangon d’obtenir tant de données précises sur la température des lieux inaccessibles, sur la pluviométrie, sur la température de la pluie, sur l'évaporation, sur l’anémométrie, sur la pression barométrique, sur l’insolation et sur tant d’autres grandes questions. C’est un vrai monument qui fait autant d’honneur à celui qui l’a élevé qu’à celui auquel il est consacré.
- Zoologie expérimentale. — Nous avons à signaler deux intéressantes publications ayant trait avant tout à l’histoire
- zoologique de la mer. La première est le Rapport adressé par M. le professeur Georges Pouchet à M. le Ministre de l’instruction publique sur le fonctionnement du laboratoire de Concarneau. Un coup d’œil sur cette brochure bondée de faits donne la plus haute idée de l’activité scientifique déployée dans le bel établissement dirigé par le savant et sympathique professeur du Muséum. Le deuxième travail est une Notice très sommaire et très intéressante de M. Jules de Guerne sur le nouveau yacht avec lequel M. le prince de Monaco se propose de poursuivre les travaux déjà commencés sur U Hirondelle.
- Varia. — M. Besson arrive à remplacer par de l’iode une partie du chlore du chlorure de silicium et décrit les produits obtenus. — D’après M. Cazin, des doses extrêmement faibles d’acide phénique suffisent pour tuer les souris. — De nouvelles combinaisons de la pyridine sont décrites par M. Varey. — L’action de la chaleur sur l’oxyde de carbone occupe M. Berthelot qui démontre la réalité de condensations moléculaires là où l’on croyait voir des phénomènes de dissociation. Stanislas Meunier.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- UN NOUVEAU GYROSCOPE
- Depuis l’époque déjà lointaine à laquelle Léon Foucault inventa le gyroscope et s’en servit comme appareil de démonstration irréfutable de la rotation de la Terre, il s’est construit un grand nombre d’appareils qui, tantôt sous une forme scientifique, tantôt sous la forme moins prétentieuse d’un simple jouet, ont servi à la démonstration expérimentale de certains phénomènes de mécanique dont l’explication théorique, accessible seulement à un petit nombre, fait partie du domaine de la mécanique rationnelle la plus élevée.
- C’est dans la catégorie des gyroscopes-jouets qu’il convient de placer celui que nous présentons à nos lecteurs : il offre sur ses devanciers certains avantages qui nous permettent de revenir en quelques lignes sur un appareil dont notre collaborateur, M. Giraudière, a donné autrefois une excellente description à laquelle nous renvoyons le lecteur1.
- Sans parler du prix modique de l’appareil, nous signalerons le mode très simple de montage adopté par le contructeur, M. Pinguet : un simple anneau de fer dont un trou perforé dans le milieu sert à fixer l’un des pivots par un taraudage, le second pivot étant vissé dans un tube de cuivre légèrement courbé réunissant les deux extrémités du support annulaire formant le bâti du gyroscope. Ce montage assure une grande légèreté au support, ainsi qu’un réglage facile des pivots, sans que la pression exercée par ces pivots puisse devenir trop grande, par suite de l’élasticité du cercle de fer constituant le support. Le tore formant le gyroscope est lui-même en un métal très dur et très résistant, ce qui assure un centrage parfait et évite les déformations provenant des chocs et des chutes. Un second cercle équa-
- i 1 Yoy. n° 85. du 16 janvier 1875, p. 101 ; cl u° 102, du I 15 mai 1875, p. 578.
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- torial fixé sur le premier cercle servant de support aux pivots protège le tore et lui permet de continuer sa rotation, même posé sur une table, avantage que ne possédaient pas les anciens modèles. Cette disposition permet d’abandonner l’appareil à lui-même entre deux expériences, sans voir s’arrêter le mouvement.
- Il n’est pas jusqu a la ficelle, constituée par une tresse, au lieu d’un toron ordinaire, qui ne représente un petit progrès pratique dont tous les appareils analogues pourront profiter.
- La gravure ci-dessous montre les principales expériences que le nouveau gyroscope permet de réaliser,
- et que la légende définit suffisamment. Notre but était surtout, en présentant cette nouvelle disposition, de rappeler l’importance de cet appareil tant comme jouet, que comme instrument de démonstration de haute mécanique.
- Et puisque nous parlons du gyroscope, signalons une expérience curieuse, mais peu connue, que nous recommandons à nos jeunes lecteurs. On prend une petite boîte en bois blanc (les boîtes qui servent à l’envoi des petits paquets par la poste conviennent très bien pour cette expérience) et l’on y dispose un support destiné à recevoir les deux petites boules terminant les crapaudines dans lesquelles tourne
- .Nouveau modèle de gyroseope. — 1. Enroulement de la ficelle. — 2. Lancement du gyroscope. — 3. Gyroscope tournant horizontalement sur une ficelle. — 4. Gyroscope tournant sur la ficelle tendue. — 5. Rotation sur pointe. — 6. Rotation horizontale représentant le mouvement de la Terre autour du Soleil. — 7. Rotation sur le bout du doigt. — 8. Rotation sur le bord d’un verre. — 9. Rotation sur pied mobile tournant autour d’un axe central.
- l’axe du gyroscope. On lance le gyroscope à la plus grande vitesse possible, on l’installe rapidement dans la boîte que l’on ferme, et on l’apporte à une personne ignorant la présence du gyroscope, en la priant d’essayer de déplacer la boîte dans tous les sens. Cette personne, par suite des réactions bien connues du gyroscope lorsque l’on cherche à déplacer son plan de rotation, éprouvera des résistances singulières, et neuf fois sur dix, si elle n’est pas prévenue, elle restera impuissante à en trouver une explication plausible. Nous recommandons la disposition aux marchands de jouets comme boîte à surprise pour le nouvel an prochain.
- Terminons en signalant à tous les amateurs de vélocipèdes qu’ils ont dans leur appareil un gyro-
- scope particulièrement puissant, surtout avec les nouveaux appareils à billes. Il suffit de démonter la roue d’arrière d’une bicyclette, et de lui imprimer un rapide mouvement de rotation, soit en agissant sur la jante par impulsions successives, soit en la lançant rapidement en exerçant un effort tangentiel sur un des rayons. La roue ainsi lancée tend à maintenir la direction de son axe de rotation, et il faut exercer des efforts énergiques pour produire le déplacement angulaire de cet axe, alors qu’un déplacement parallèle à lui-même se produit avec la plus grande facilité. DrZ...
- Le Propriétaire-Gérant: G. TTssanpier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 931.
- 4 AVRIL 1891.
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- LES CADRANS SOLAIRES1
- L’article que nous avons publié dernièrement dans La Nature nous a valu la communication de deux cadrans solaires très intéressants, que nous allons décrire. Le premier, que nous devons à l’obligeance de M. le général de Jancigny, est du type de l’instrument circulaire dont nous avons montré l’usage dans notre précédente étude ; l’heure y est aussi déduite de la hauteur du soleil, transformée en angle horaire par l'instrument lui-même ; mais le mode dont s’opère cette transformation est un peu différent. La figure 1 représente l’instrument ouvert pour l’observation ; nous y retrouvons le cercle méridien M du schéma dessiné plus loin (fig. 5, n° 4) et l’équateur E; mais le cercle avec alidade y est remplacé par une pe-tite ouverture mobile dans une coulisse que l’on place dans une position parallèle à l’axe du monde.
- Sur la coulisse sont marquées, d’une part, les initiales des noms des mois, d’autre part les signes correspondants du zodiaque. Le soleil décrivant, en apparence, un cercle autour de l’axe PP', les rayons passant par un point de l’axe (petite ouverture de la coulisse), parcourront un cône circulaire autour de cet axe. Si donc, l’appareil est suspendu de telle sorte que le cercle M soit dans le méridien, la coulisse parallèle à l’axe de la terre, et le cercle E perpendiculaire à la coulisse, le faisceau de lumière solaire
- 1 Yoy. n° 915, du 13 décembre 1890, p. 25.
- 19’ année. — l‘r semestre.
- passant par la petite ouverture, décrira, en un jour, un cône ayant la coulisse pour axe, c’est-à-dire concentrique avec le cercle équateur. Si de plus, l’ouverture est convenablement placée, ce faisceau lumineux passera par le cercle équateur lui-même;
- pour cela, l’ouverture doit être en un endroit tel que l’angle a (fig.3, n° 4) soit égal à la déclinaison du soleil au jour de l’observation. C’est précisément dans ce but que le nom des mois est inscrit sur la coulisse; comme pour l’instrument précédent, le faisceau lumineux passe au-dessus ou au-dessous de l’équateur lorsque le cercle M n’est pas sur le méridien ; donc le méridien est forcément déterminé du même coup.
- Les accessoires de l’instrument sont les mêmes que ceux du précédent cadran solaire : un anneau à pivot pour suspendre le cercle méridien, anneau dont la position, donnée par une division en degrés marquée sur ce cercle, doit correspondre à la latitude du lieu; deux butoirs servant à fixer la position du cercle équateur; enfin, la latitude de diverses villes. Il a été construit par Butterfield à Paris, probablement dans le dernier quart du dix-huitième siècle.
- Le second instrument, de même espèce que le cadran solaire cubique, c’est-à-dire à angle horaire, est, à l’encontre de ce dernier, un véritable bijou, un admirable bibelot, aussi intéressant comme œuvre d’art que comme instrument d’astronomie ; c’est une petite mandoline en laiton doré, représentée en grandeur naturelle dans la figure 2. Le couvercle, retenu par un crochet, peut être placé dans la position verticale, dans laquelle un second crochet le main-
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- Fig. 1. — Cadrau solaire de voyage construit par Butterfield,à l’aris.
- Fig. 2. — Cadran solaire en forme de mandoline, construit en 1612. — 1. L’instrument fermé. — 2. L’instrument disposé pour l’observation. — 3. Détail de la boussole.
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- tient. Il porte a l’intérieur la date 1612 ; c’est la seule donnée historique explicite que ce petit chef-d’œuvre nous révèle ; son auteur, qui était certainement un artiste, doublé, comme nous le verrons, d’un homme de science, eut la modestie de ne pas le signer.
- Le n° 2 (fig. 2) représente l’instrument ouvert; il repose sur la crosse et les nervures de la mandoline; le couvercle est exactement vertical ; le fond de la mandoline est fermé par une plaque d’argent horizontale au-dessous de laquelle est soudée la cage d’une boussole destinée à mettre l’instrument dans le méridien et portant sur sa platine une flèche, et les indications S, OR,M, OC, c’est-à-dire : septentrion, orient, midi, occident. A l’un des bouts, l’aiguille de la
- Fig. 3. — 1. Épure du diagramme 2, d’après le cadran solaire en forme de mandoline de la figure 2. — 2. Ombre du point P sur le plan vertical ; cette ombre décrit, en un jour, un arc d’hyperbole. , — 3. Courbe représentant la déclinaison magnétique orientale, de *1550 à 1634. — 4. Diagramme explicatif du cadran solaire représenté figure 1.
- boussole est droite ; de l’autre côté, elle est fendue en forme de fourche ; on la place dans la position où elle complète la flèche, ce qui permet de faire l’observation très exactement (fig. 2yn° 3)f.* La plaque d’argent porte, autour de la boussole, les lignes d’heures ; elle est parfaitement ajustée, et maintenue en place par une vis qui traverse le fond de l’instrument ; en avant de la boussole, elle est percée d’un petit trou destiné à laisser passer le fil indicateur qui, d’autre part, est retenu dans un trou du couvercle ; la plaque d’argent n’est pas soudée, afin que le fil puisse être remplacé lorsqu’il vient à se casser. Sur la partie intérieure du couvercle, sont marquées d’abord des lignes horaires, traversées par des courbes symétriques par rapport à la verticale, et ayant tout l’aspect d’arcs d’hyperboles ; aux extrémités de
- 1 La boussole a été représentée telle qu’elle est aujourd’hui ; on remarque que la polarité de l’aiguille a été inversée
- ces lignes sont marqués les signes du zodiaque ; en haut, une jolie banderole, qui parait à première vue faire partie de l’ensemble des courbes, complète le dessin . Tel est ce merveilleux petit instrument, dans lequel tout est arrangé en lignes harmonieuses qui charment les yeux, et distraient volontiers de son examen scientifique. Abordons cette partie plus aride de notre sujet; nous aurons encore lieu d’admirer, et, d’abord reprenons la question de plus haut.
- Considérons un plan horizontal (fig. 3, n° 2), un plan vertical perpendiculaire au méridien, et une droite parallèle à l’axe du monde. Soit un point P sur cette droite. Comme nous l’avons vu, ce point est le sommet d’un cône très évasé décrit en un jour par les rayons solaires. A l’équinoxe, ce cône se transforme en un plan, qui coupe, dans le plan vertical, la droite AB ; entre l’équinoxe du printemps et celui de l’automne, le soleil se trouve au-dessus de ce plan, et par conséquent l’ombre de P décrit les courbes inférieures à AB ; pendant l’hiver, au contraire, ce sont les courbes supérieures qui sont décrites; il est aisé de voir que les deux nappes du cône sont nécessairement coupées par le plan vertical, c’est-à-dire que les courbes tracées par l’ombre du point P sont des hyperboles dont la convexité est tournée vers AB. Il nous paraît donc évident que le fil de notre cadran solaire portait un nœud ou une perle, dont on suivait l'ombre sur les courbes. Cette ombre indiquait, à toute heure de la journée, la date approximative du jour de Vobservation; le cadran solaire servait donc de calendrier. Mais comment retrouvait-on la position de la perle?
- Ici, nous sommes obligé d’entrer dans de nouveaux détails. Projetons la figure sur un plan vertical (fig. 5, n° 1) et marquons par II, E, les sommets des hyperboles correspondant aux solstices d’hiver et d’été. Si P est la position de la perle, les angles PHIP, PEE', donneront la hauteur du soleil au-dessus de l’horizon à midi, aux deux solstices; entre ces angles doit exister la différence de 47°, double de l’obliquité de l'écliptique, c’est-à-dire l’excursion du soleil en déclinaison; or PEE'—PHH'=EPII = 470
- Portons, en H et E les angles OHE=HEO = 43° = 90“—47°; l’angle en 0 sera égal à 180 — 86 = 94°; si nous traçons la circonférence ayant le point 0 pour centre, et passant par E et H, chaque point Q de cette circonférence jouira de la même propriété que l’angle HQE = 47°. L’intersection P de la circonférence avec la droite NS donne donc la position de la perle.
- Revenons à notre instrument. Nous avons reporté sur une épure la distance des deux points d’attache de la ficelle, à l’intersection des plans de projection : nous avons ainsi obtenu la position de la ligne NS. Puis, opérant comme il vient detre dit, nous avons marqué le point P ; or, mesurant exactement tous les angles, nous avons trouvé : NSR = 50°; PHH' = 18°; PEE'= 65°.
- Le premier indique que l’instrument a été construit pour un lieu sur le parallèle de 50°; les
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- autres montrent que, aux solstices, la hauteur du soleil était respectivement de 18° et 65°, se décomposant comme suit :
- 18° = hauteur polaire du lieu — 25°4/2 65° = hauteur polaire du lieu H- 23°l/2
- La hauteur polaire du lieu où l’objet devait être observé serait donc de 41° 1/2, c’est-à-dire sa latitude de 48° 1/2.
- De petites erreurs de construction et de mesure, les déformations que l’instrument a pu subir expliquent suffisamment la divergence de 1° 1/2 entre les deux résultats, qui comprennent entre elles la latitude de Paris.
- Après avoir fait tous les raisonnements que nous venons d’exposer longuement, nous avons enfin trouvé le moyen par lequel la perle hypothétique devait être remise en place. Un peu en dehors des courbes, se trouve gravé un point très petit, mais parfaitement net, intersection de deux lignes de construction, que l’on a sans doute voulu effacer, mais dont la trace à peine visible subsiste. En mesurant, au compas, la distance entre l’insertion du fil et ce point, nous trouvons exactement la distance NP de notre épure; donc, aucun doute que ce point ne servit à un repérage ; l’existence de la perle sur le fil, et son usage comme calendrier grossier paraît donc certaine.
- La boussole va nous fournir de nouvelles indications. Après l’avoir démontée, ce que le sertissage assez primitif de la platine rend très aisé, nous en avons pris un calque, que nous avons mesuré avec soin. La flèche forme avec la ligne OC-OR un angle de 90° H- 8° ; la boussole a donc été construite en vue d’une déclinaison orientale de 8°.
- Or voici ce que l’on sait de plus certain sur la déclinaison magnétique à Paris à l’époque dont il s’agit1 :
- Années Déclinaisons
- 4550 8°,0'Es
- 4580 4 4,30
- 4622 6,50
- 4654 4,46
- En faisant passer, par les quatre points ainsi déterminés la courbe (fig. 5, n° 3), nous trouvons, pour 1612, la déclinaison 8° 1/2; c’est, avec une approximation supérieure à celle des mesures que l’on peut prendre sur la petite boussole, la valeur que nous avions trouvée; nous tirons, de cet ensemble de données, les deux conclusions suivantes : 1° l’instrument a été construit à Paris ; 2° l’inventeur était très exactement renseigné sur la science de son temps.
- Certaines retouches faciles à apercevoir montrent, du reste, que ce cadran solaire n’est pas une copie, mais bien un original ; donc nous sommes en mesure de motiver ce que nous avancions au début : si le constructeur de ce gracieux objet était un artiste, il était aussi un homme de science.
- 1Annuaire de l’Observatoire de Montsouris pour 1885.
- Rapprochons quelques dates; en 1612, Galilée et Kepler vivaient encore; trente ans devaient encore s’écouler jusqu’à la naissance de Newton; l’astronomie moderne était dans sa plus tendre enfance; et restait le privilège de quelques initiés.
- Ch.-Ed. Guillaume.
- L’ADOPTION DE L’HEURE NATIONALE
- Le 29 mars 1890, le Gouvernement de la République française présentait à la Chambre des députés un projet de loi ayant pour objet l’adoption de l’heure temps moyen de Paris, comme heure légale en France et en Algérie. Nos lecteurs connaissent et apprécient futilité de cette excellente réforme, que nous avons ici même réclamée *, en expliquant à quel degré une telle unification est devenue nécessaire au bien-être général du publie et à tous les points de vue, notamment au point de vue scientifique. D’ailleurs, un grand nombre de villes en font déjà usage depuis longtemps; Lyon et Marseille entre autres l’emploient depuis le 1er janvier 1890.
- La Chambre des députés a voté sans discussion, le 2 décembre dernier, le projet de loi relatif à l’heure nationale, qui est venu le 17 février en première délibération devant le Sénat, auquel d’intéressantes explications ont été fournies par M. Faye, l’illustre président du Bureau des longitudes, commissaire du Gouvernement. Il a été définitivement adopté, en deuxième délibération, par la Chambre haute dans sa séance du 10 mars.
- L'article unique de cette loi est ainsi conçu :
- « L’heure légale en France et en Algérie est l'heure temps moyen de Paris. »
- Le 14 mars, M. le Président de la République a promulgué la loi, qui a été contresignée par tous lesMinistres et publiée le lendemain dans le Journal officiel. Cette utile mesure, désormais appliquée sur tout notre territoire, n’apportera évidemment aucun changement sensible dans les habitudes de la population française et algérienne; aussi, la généralisation si simple de l’heure nationale, qui offre de grands avantages, ne présente-t-elle pas d’inconvénients.
- Maintenant que voilà supprimé l’usage de l’heure locale, le remède à toute confusion serait complet si l’heure des chemins de fer, qui n’est autre que celle de Rouen, puisqu’elle retarde de cinq minutes sur l’heure de Paris, était également ramenée à l’unification générale.
- Quant à l’heure universelle, qui serait la conséquence naturelle du choix d’un premier méridien unique par tous les pays civilisés, c’est une création d’une utilité pratique beaucoup moindre, qui soulève des rivalités internationales, et dont la solution se fera attendre longtemps encore, car il est peu probable que le Congrès qui doit prochainement se réunir à Rome pour l’examen de cette question, arrive à un résultat définitif. Jacques Léotard.
- LES ROCHES A FIGURES ANIMÉES
- Nous avons signalé, à maintes reprises, la forme bizarre de certains rochers qui prennent l’aspect de figures animées, de profils humains, ou d’animaux divers2. Comme il arrive toujours en telle cir-
- 1 Voy. n° 836, du.8 juin 1889, p. 27.
- 3 Voy. n° 915, du 13 décembre 1890, p. 52.
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- constance, l’obligeance de nos lecteurs nous permet de compléter les documents que nous avons recueillis, en nous apportant une précieuse et intéressante collaboration. Nous allons avoir à faire connaître aujourd’hui une nouvelle série de roches de ce genre, en analysant les communications qui nous ont été adressées.
- M. A. Mavro-cordato, lieutenant d’infanterie de l’armée grecque, à Athènes, nous adresse la Notice suivante :
- Je me fais un plaisir de vous envoyer un croquis (fig. 1 ) fait à Bône (Algérie) en 1885.
- 11 représente un rocher connu sous le nom de Rccher du Lion. On croirait voir, en effet, un de ces animaux accrou pi, semblable à un gardien vigilant du port. — Dans notre beau pays de Grèce, je n’ai pas rencontré, dans mes excursions, de roches à formes animées proprement dites, quoique sans nul doute il doive en exister des exemples. Les fameuses montagnes de Cy-noscéphales (tètes de chien) — célèbres dans l’histoire pour avoir été témoins de la victoire de Quintus Flaminius sur Philippe 111 de Macédoine en 197 avant Jésus-Christ — ne justifient que très vaguement leur nom et il faut toute la puissance des souvenirs classiques pour se décider à trouver une ressemblance quelconque. Dans l’île de Kéos (Cyclades), il existe un magnifique exemple de roche, dans lequel la nature a été quelque peu corrigée par la main d’un artiste habile. Non loin de la ville de Kéos, au milieu d’un groupe de rochers d’un grès grisâtre, on voit s’élever un lion colossal sculpté dans un des rochers. Quoiqu’il ne soit pas conservé tout à fait aussi intact que je l’ai indiqué dans mon croquis (fig. 2), l’effet en est encore saisissant. La roche primitive a certainement dù se prêter par sa forme à celte
- représentation et a inspiré l’artiste inconnu de celte œuvre originale. Le lion de pierre mesure 9 mètres delà gueule à l’origine de la queue; il a 3 mètres de hauteur.
- M. Monbarlet, ancien magistrat, à Saint-Seurin-de-Prats, près Vélines (Dordogne), nous envoie une
- intéressante Notice sur les études qu’il a faites des Pierres figurées qui existent dans le voisinage de la localité qu’il habite, et qu’on nomme \e Désert.
- Une masse calcaire domine le petit vallon du Désert, qu’elle entoure en grande partie comme un rempart protecteur. Vers le milieu de la courbe qu’elle dessine, la fontaine sacrée épanche toujours son eau limpide. Ce vallon, à deux pas des bords de la Dordogne, est situé dans la commune de Juillac (arrondissement de Libourne) et près du bourg de Pessac-de-Gensac. Les surfaces des rochers, à part les
- dégradations inévitables et toujours trop nombreuses, ont résisté assez heureusement à toutes les causes de destruction. L’ensemble forme une paroi presque ininterrompue, où, si Ton sait t cp i r compte de la perspective, on dislin -gue des tètes humaines, des groupes divers, des figures de taureau, de lion, de chien, etc. Quelques cavernes peu profondes, percées çà et là, apparaissent commeune énigme nouvelle au pied de ces roches mystérieuses qui attirent l’attention du touriste.
- La figure o représente une de ces têtes grimaçantes qui existent dana un des rochers de Juillac. Notre gravure a été faite d’après une photographie de M. Monbarlet.
- Un de nos correspondants et collaborateurs, M. Léon Dumuys, a fait quelques recherches spéciales sur les
- Fig. 1. — Le rocher du Lion à Boue. (D’après un croquis de M. Mavrocordato).
- Fig. 2. — Le lion sculpté de Kéos. (D’après uu croquis de M. Mavrocordato).
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- Fi"'. 5. — Hocher figurant une tète humaine près de Juillac (Dordogne).
- curiosités analogues à celles que nous recueillons. Voici le résultat de ses recherches :
- Monlarjnes à formes humaines ou animales. Je puis vous signaler : 1° le Capucin, qui se dresse au-dessus de la station thermale du Mont-Dore (Auvergne) ; 2° la Jungfrau et le Moine, près d’Interlaken (Suis-se) ; 5° le Lion de Norvège, très connu de tous les voyageurs et des marins norvégiens; cet animal colossal se dresse dans un îlot qui fait peut-être partie du groupe de Lofoden, mais qui, en tout cas, est visible à bâbord d’un navire quittant Drontheim et se dirigeant vers le cap Nord ; 4° les rochers pittoresques de Norvège fourniraient un album de profils et de silhouettes à eux seuls. Citons, par exemple : dans
- l’île Lecko à 230 kilomètres au nord de Drontheim environ, une montagne affectant la forme d’une jeune fille géante, pétrifiée selon la légende par le premier rayon du soleil, puis le a Uestmand » ou cavalier qui la poursuivait, et son frère qui la défendit.
- Dans le Romsdid (vallée de la Rau-ma), on rencontre non loin de Horg-heim et à droite en remontant le cours de la rivière (sur la rive gauche de celle-ci par conséquent) les rochers des Trolltin-der ou pics des sorcières. Une partie des crêtes de ces rochers imposants (1793 mètres de hauteur) est tellement découpée qu’elle forme une série de silhouettes ou statues, auxquelles l’imagination populaire a donné le nom de « Brudfôlget » ou cortège de la mariée.
- M. Brandicourt, à Amiens, nous cite quelques belles roches à figures animées que l’on observe dans les Pyrénées : le Profil de Bonaparte sur le défilé qui mène de Pierrefitte à Luz; la Cabane de l'ermite, dans le Chaos, près de Gavarnie; c’est un
- Fig. 4. — Une forêt en forme de chauve-souris (D’après un croquis de M. Stanislas Meunier.)
- rocher où l’on distingue l’image d’un moine avec son capuchon sur la tête.
- M. F. Noguès, d’autre part, nous écrit de Santiago : Dans la haie de l’ile Saint-Vincent, entourée de montagnes volcaniques, se montre une éminence dont les.
- sommités représentent le profil d’un personnage couché; les Américains y voient la tète de Washington et les Européens celle de Napoléon; le profil de la figure se détache très nettement sur le sommet de la montagne.
- Nous terminerons enfin par une lettre que nous a écrite, de l’ermitage des Voirons près Bons (Haute-Savoie), notre collaborateur et ami M. Stanislas Meunier;
- La Nature a appelé plusieurs fois l’attention de scs lecteurs sur les formes imitatives des montagnes et quelquefois sur celle de groupes composés de quelques arbres.
- Je crois devoir vous signaler, comme chapilre nouveau dans la même direction, la forme singulière d’une grande forêt dont je puis embrasser l’ensemble par la fenêtre de la maison d’où cette lettre est datée. Le petit dessin ci-joint (fig.4),que j’ai fait avec la plus grande exactitude, reproduit une partie de l’incomparable panorama dont on jouit des Voirons par le beau temps: le mont Blanc se présente dans toute sa gloire avec ses gigantesques compagnons que la chaîne plus rapprochée de Tanninge est impuissante à masquer. C’est en avant de celte chaîne et derrière la petite ville de Boège, indiquée au premier plan du dessin, que s’étale la forêt que les touristes ne manquent pas de se signaler les uns aux autres. Vue d’un point situé à plus de 20 kilomètres de distance et qui la domine (étant à 1500 mètres) de plus de 600 mètres* elle s’étale comme une gigantesque chauve-souris qui se
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- serait abîmée sur le sol les ailes largement ouvertes. La symétrie de sa forme est extraordinaire; il semble qu’on distingue les doigts et la queue de l’animal. D’autres bois, dans la même région, sont désignés couramment sous le nom de tablier, de cerf-volant, à cause de leur forme.
- En considérant ces intéressantes curiosités que l’observateur se plaît toujours à étudier, on conçoit qu’elles aient pu donner lieu aux nombreuses légendes dont les récits s’entendent encore dans les pays de forêts et de rochers. Gaston Tissandier.
- L’ALIMENTATION AUTOMATIQUE
- DES FOYERS INDUSTRIELS
- M. John Spencer, membre de Y Institution of civil en-gineers, vient de faire devant cette société une communication des plus importantes sur ce sujet, en faisant ressortir les avantages que présente, à bien des points de vue, l’emploi des appareils de chargement automatique.
- L'expérience a démontré, en effet, que le chauffage à la main, comme on le pratique le plus ordinairement, laisse arriver dans les gaz de l’échappement une quantité d’oxygène suffisante pour produire la combustion complète du charbon, et cet excès d’air est indispensable, à cause des difficultés pratiques que l’on rencontre à effectuer un mélange parfait de l’oxygène et du charbon sur la grille.
- Les inégalités du chargement de foyer à la main, tiennent à l’admission inopportune et au mauvais endroit de l’air, qui, arrivant sur le charbon incandescent, le refroidit, l’imperfection du chauffeur produisant ainsi un grand gaspillage de combustible et la plus grande partie de la fumée produite. Les compagnies de navigation payent fort cher l’imperfection du chauffeur humain, sur un transatlantique dont la consommation atteint 10 à 15 tonnes de charbon à l’heure.
- M. Spencer passe ensuite en revue les différents systèmes d’alimentation automatique des foyers, ceux des chaudières en particulier, et signale ce fait historique intéressant que le premier appareil de ce genre fut inventé par Watt en 1785.
- Les avantages réclamés en faveur des appareils à chargement automatique, appareils dont la description sortirait de notre cadre sont :
- La suppression delà fumée, par une combustion régulière et méthodique et un nettoyage continu de la grille, ce qui évite l’emploi périodique de ringards qui obligent à ouvrir la porte et causent un gaspillage énorme de combustible par suite du refroidissement résultant de l’ouverture de cette porte.
- L’économie de combustible par l’emploi d’un charbon de qualité inférieure ou qui ne peut être convenablement brûlé sur les grilles ordinaires. L’économie résulte également d’une combustion plus complète provenant de la répartition méthodique, lin fait peu connu, et qui établit nettement la supériorité des foyers à chargement automatique, c’^st qu’un charbon de qualité inférieure produit plus de vapeur par kilogramme qu’un combustible de bien meilleure qualité brûlé à la manière ordinaire sur un foyer alimenté à la main.
- La régularité de la production de vapeur est augmentée et parfaitement assurée par le chargement automatique, et cet avantage est grandement apprécié dans bien des circonstances.
- Enfin, l’économie de main-d’œuvre est un facteur qu’il
- convient de ne pas négliger et 'qui peut aller de pair avec les autres avantages déjà signalés.
- M. Spencer a calculé que les foyers à chargement automatique sont actuellement appliqués à 8000 chaudières du Royaume-Uni. Comme on estime le nombre total de ces chaudières à environ 140 000, c’est donc moins de 6 pour 100 de ces chaudières qui sont actuellement munies de ces appareils, et il n’a pas fallu moins de soixante-dix ans pour obtenir ce succès encore assez limité. Le rapprochement de ces deux chiffres montre bien la désespérante lenteur du progrès, même lorsque des intérêts matériels considérables sont en jeu. M. Spencer a bien fait d’attacher le grelot, et de secouer ainsi l’apathie de ses collègues en appelant leur attention sur cette question importante. E. II.
- LE ROLE DES XERS DE TERRE
- On se rappelle le bruit soulevé, il y a quelques années, autour du livre de Darwin, relatif au rôle joué par les vers dans la formation de la terre végétale. De nouvelles et patientes recherches ont prouvé que les idées exprimées par l’illustre naturaliste, au lieu d’être exagérées, restaient plutôt au-dessous de la vérité. Le ver de terre est un merveilleux agent de fertilisation en ramenant à la surface du sol, par ses déjections, le sous-sol ; c’est un laboureur perpétuel et inconscient. Tous les vingt-sept ans environ, on peut estimer que chaque parcelle du sol, jusqu’à 60 centimètres de profondeur, est de nouveau soumise aux influences atmosphériques. D’une manière générale, on peut évaluer le nombre des vers de terre à 135 000 par hectare, et le volume de leurs déjections fertilisantes est considérable. La destruction d’un ver devient presque un crime !
- ——
- LES PEAUX-ROUGES
- La disparition des races inférieures devant les races supérieures est un fait que l’histoire enregistre à chaque page et que nous voyons trop souvent s’accomplir sous nos yeux. La civilisation, comme le char de Jaggernat, écrase ceux qui ne peuvent se l’assimiler. Les événements qui viennent de se passer aux États-Unis en seraient au besoin une preuve nouvelle. On a successivement enlevé aux Peaux-Rouges les terrains de chasse convoités par d’ardents pionniers; on les a parqués dans des réserves dont l’étendue si nécessaire à leurs chasses diminuait rapidement, et les vivres que le gouvernement leur accordait en échange de leurs terres confisquées étaient trop souvent soustraits par la vénalité de ceux qui avaient mission de les distribuer. De sombres prophéties ajoutaient aux haines implacables qui couvaient depuis longtemps ; un chef intrépide et populaire, mort dans un récent combat avec les Américains, Sitting Bull (fig. 3) était l’âme du mouvement ; il parcourait les tribus éparses, annonçant partout qu’un nouveau Messie allait paraître pour conduire les Peaux-Rouges à la victoire. Sitting Bull était né en 1855, il appartenait à la tribu des Sioux. Dès son enfance, il avait voué aux blancs une haine violente ; très compromis dans le massacre de Little Big Horn en 1876, il s’était réfugié sur le
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- territoire anglais, où il préparait de fréquentes razzias sur ses ennemis. Voyant le nombre de ses compagnons diminuer rapidement, il s’était volontairement rendu aux Américains, et ceux-ci, après un emprisonnement de deux ans, lui avaient permis de retourner auprès des siens. Sous son inspiration, les Indiens se livraient depuis quelque temps à des danses de guerre; c’était le signal de la lutte. Des fermes isolées furent pillées et brûlées, leurs propriétaires massacrés, les femmes violées. Des rencontres sanglantes se terminèrent naturellement par la victoire des Américains; Sitting Bull fut tué dans une de ces rencontres, les Indiens découragés durent céder ; l’œuvre de destruction reprend pour continuer rapidement; l’extinction de cette race intéressante au point de vue anthropologique et ethnographique n’est plus qu’une question de temps, et le vingtième siècle ne connaîtra plus les Peaux-Rouges1.
- Il faut cependant reconnaître que le gouvernement des États-Unis et les sociétés philanthropiques si nombreuses dans le pays, ont Lût de généreux efforts pour empêcher un inévitable résultat. Ont-ils toujours employé les meilleurs moyens ? Il est permis d’en douter. 11 y a quelques années, l’administration des affaires indiennes appelait à Washington les jeunes gens qui semblaient les plus capables de comprendre les grandeurs d’un pays dont ils pouvaient aspirer à devenir les citoyens. On les renvoyait ensuite dans leur wig-wams comblés de présents de toute sorte. Ces tentatives donnaient rarement les résultats espérés; la triste odyssée de Wi-jun-jon, guerrier célèbre de la tribu des Assinaboines, en est une preuve entre mille. Amené à Washington, il y résida plusieurs mois ; on lui fit successivement visiter lesfprincipales villes de l’Union, on chercha à frapper son imagination par toutes les merveilles de la civilisation, les steamers, les ballons, les voies ferrées, la puissance des canons et des armes modernes, le mouvement commercial et industriel ; tous ces progrès lui restaient étrangers et inexplicables.
- Nous le reproduisons (fig. 1) dans tout l’éclat de son costume national avec les chevelures scalpées sur ses ennemis, ses leggings et ses mocassins en peau de chevreau, sa tunique en peau de buffle surchargée par ses squaws d’ornements el de broderies, ses longs cheveux tombant jusqu’à ses pieds. Puis nous, le voyons avec le riche costume dont on i’a gratifié (fig. 2) le chapeau à plumet orné d’un large galon, le pantalon à bandes d’or, les chaussures à talon, les épaulettes de général. Il porte au cou une me-: 4 daille à l’effigie du Président, dans ses mains un éventail et un parapluie dont il est très fier. De ses poches sortent deux bouteilles de whiskey, ce fléau des Indiens. Par ce présent, un peintre avait obtenu de lui, malgré sa vive répugnance, la permission de faire son portrait.
- Wi-jun-jon raconta aux siens tout ce qu’il avait vu, tout ce qu’il avait appris chez les blancs ; mais
- 1 Animal Report Smilhsonian Institution, 1885* Part. II. Washington, 1886.
- des idées si compliquées ne pouvaient pénétrer des esprits aussi simples. Bientôt le brillant Wi-jun-jon fut réputé le plus grand menteur de la tribu. Sa popularité éphémère, l’admiration qu’il avait d’abord excitée, s’évanouirent, pour faire place à une crainte superstitieuse. On résolut de le tuer; mais une simple balle de plomb devait le trouver invulnérable. Le jeune guerrier chargé de la sinistre besogne se procura un morceau de fer, il le façonna à coups de marteau pour le faire entrer dans son fusil et un jour que le malheureux chef causait devant son wigwam, l’assassin s’avança par derrière et le tua à bout portant. Telle fut la triste fin d’un Indien qui n’avait certes compris aucun de nos progrès, mais qui avait eu le malheur d’en être le témoin.
- Cherchons maintenant à retracer la vie des Peaux-Rouges dans leurs villages ou plutôt la vie telle qu’elle était, il y a une trentaine d’années, car aujourd’hui leurs fêles, leurs danses, leurs chasses ne sont déjà plus que des souvenirs.
- Les Mandans formaient une petite tribu dont le territoire s’étendait sur les riches prairies des rives de l’Ohio et du Mississipi, comprises dans la fourche formée à Ja jonction du fleuve et de son puissant affluent. La légende de leur origine mérite d’être rapportée. Il est certain que bien avant Christophe Colomb, des navigateurs européens étaient arrivés en Amérique. Les Gallois veulent qu’au commencement du quatorzième siècle, Madoe ou Madawe, un des princes de leur pays, avait remonté, avec plusieurs bateaux, le Mississipi et l’Ohio. Ses compagnons s’établirent auprès de cette dernière rivière et ils y élevèrent des fortifications pour se défendre contre les Sioux, leurs redoutables voisins. Ce fut en vain, et presque tous périrent dans des combats sans trêve et sans merci. Les survivants, en petit nombre, épousèrent des Indiennes et c’est d’eux que les Mandans seraient descendus. Quelques caractères physiologiques assez particuliers, un canot ou pour mieux dire un tonneau, relique des ancêtres, entourée d’un respect superstitieux, sont les seuls fondements de cette légende chère aux cœurs gallois, mais, est-il besoin de le dire, assurément apocryphe.
- Les habitations des Mandans étaient des huttes coniques pouvant mesurer de quarante à cinquante pieds de diamètre ; une seule porte y donnait accès , et un trou était disposé pour laisser échapper la fumée. On n’y voyait ni fenêtre ni cheminée; nul moyen d’obtenir l’air ou la lumière qui nous paraissent si nécessaires à la vie. Devant chacune des demeures s’élevait un poteau, on y voyait suspendues, comme de glorieux trophées, les chevelures que le guerrier avait enlevées de sa main.
- C’est au centre d’une grande place entourée d’habitations que se voyait le canot dont je viens de parler. C’est là que se passaient les fêtes religieuses en l’honneur du Grand Esprit, que les Mandans invoquaient en toute occasion avec ferveur. La plus importante de ces fêtes, était célébrée'en l’honneur *• du retrait des eaux, après ümdéluge dont la tradi-
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- LÀ NATURE.
- Fig. 1. — Le chef I’eau-Rouge Wi-jun-jou arrivant en ambassade à Washington.
- tion conservait le souvenir. C’est alors qu’avait lieu l’initiation des jeunes hommes. Leur entrée dans la vie active de la tribu, le droit de se marier, devaient être achetés par d’atroces tortures toujours supportées avec un stoïcisme, un mépris des souffrances, que nos races européennes ne sauraient atteindre. Un témoin oculaire raconte une de ces fêtes, si l’on peut les nommer ainsi.
- Une cinquantaine de jeunes gens se présentèrent, nous dit-il, à l’entrée de la tente du « MedecineMan1 ». Tous étaient nus et leur corps était peint en rouge, en jaune ou en blanc. Ils s’étaient préparés aux cérémonies où ils allaient figurer par un jeune rigoureux de quatre jours, pendant lesquels ils ne pouvaient ni manger, ni dormir, ni même fumer leur pipe.
- Voici en quoi consistent les tortures. On passe dans les chairs de la poitrine, des bras, des jambes,
- 1 Littéralement l’homme de la médecine. Nous trouvons
- Fig. 2. — Le chef Peau-Rouge Wi-jun-jou revenant de Washington chez ses compatriotes.
- des cuisses, des pointes acérées auxquelles on attache des têtes de hison que le patient fait tourner. D’autre
- fois, on suspend la victime par ces pointes (fig. 4) ; puis des hommes robustes la font tourner avec une rapidité toujours croissante jusqu’à ce que la chair se détache et que le malheureux tombe inanimé sur le sol. Pendant tout le temps qu’a duré le supplice, le Man-dan ne fait entendre ni un cri ni un gémissement; son visage reste calme et souriant; il semble défier ses bourreaux. A peine revenu de son évanouissement, quelquefois après un temps fort long, le jeune homme se dirige vers un billot, il y place sa main et d’un coup de hache, un des anciens de la tribu lui fait sauter le petit doigt de la main gauche. Les plus ardents se font aussi enlever l’index, ou, sacrifice plus
- cet homme prêtre, médecin oa sorcier dans toutes les tribus indiennes et jouant partout un rêle considérable.
- Fig. 3. — Portrait de Sitting Bull récemment tué dans un combat contre les Américains.
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- considérable à leurs yeux, le petit doigt de la main droite. Aucun pansement, aucune ligature ne suivent ces mutilations ; c’est au Grand Esprit qu’ils se sont
- confiés, c’est le Grand Esprit seul qui doit les guérir.
- Leur supplice n’est pas encore terminé; des bras vigoureux les saisissent, les entraînent sur
- Fig. i. — Scènes de tortures chez les Mandans, Peaux-Rouges de l’Ohio et du Mississipi.
- la place et les font courir autour du canot, tant qu’il leur reste un souffle, tant qu’ils peuvent se tenir debout.
- Ils tombent enfin à demi morts. Là encore, nul ne doit les aider, et ceux qui ont montré la plus grande endurance, ceux qui sont revenus le plus promptement de leur évanouissement sont proclamés vainqueurs. Ce sont eux qui auront l’honneur, en\ié entre tous, de conduire les guerriers dans les expéditions les plus difficiles de guerre ou de chasse.
- Complétons cette rapide esquisse. Chez les Mandans, comme chez tous les Indiens, la femme n’est qu’un objet de plaisir, mieux encore une bête de somme. Les chefs en ont sept ou huit, quelquefois
- Fig. 5. — Manteau de Mah-to-toh-Pa, chef mandan
- de sauts et de exercice favori1.
- même douze ou quatorze. Ce sont les femmes qui font tout l’ouvrage ; mais par la force des choses, la
- polygamie est restreinte aux riches. Les hommes mangent seuls, toujours avec sobriété ; quand le repas est terminé, les restes sont abandonnés aux femmes, aux enfants et aux chiens qui se les disputent avec gloutonnerie. En dehors de la chasse et de la guerre, la danse, si l’on peut donner ce nom à une série contorsions grotesques, est leur Leurs chants de guerre se com-
- 1 Chaque danse a une signification particulière que son nom rappelle : la danse du scalp, la danse du combat, la danse de la victoire, la danse de la mort.
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- posent d’une suite de cris discordants difficiles à noter; leurs chants d’amour sont d’un rythme plus doux. Les Mandans déposaient leurs morts sur des échafauds élevés; quand les os étaient décharnés, ils les recueillaient et rangeaient les crânes en cercle. Leur costume, comme celui de tous les Indiens, était surchargé de broderies. Nous reproduisons le manteau de cérémonie de Mah-to-toh-pa (les quatre ours), un des chefs célèbres de la tribu (fig. 5). Chacun des dessins brodés sur la peau rappelle un triomphe du chef sur les Sioux ou les Shiennes, une victoire en combat singulier où il s’était emparé de la chevelure d’un ennemi.
- . Le dernier campement des Mandans fut dans le Dakota, sur la rive droite du Missouri, à 1800 milles environ de Saint-Louis1. Des marchands de pelleteries apportèrent les germes de la petite vérole. En peu de temps, les ravages furent affreux. Le manque de soins, des précautions les plus élémentaires, une saleté repoussante, y contribuaient puissamment. Ils mouraient avec le même stoïcisme qu’ils montraient dans les supplices ou plutôt avec un fatalisme insouciant plus prononcé peut-être que chez les Musulmans. Le Grand Esprit devait les guérir, si telle était sa volonté. La tribu était déjà fort réduite en nombre; presque tous les hommes succombèrent sous les coups du redoutable fléau. Les survivants se réunirent aux Minnatarees2 * 4 et probablement les derniers descendants des Mandans vivent encore parmi eux. La même destinée attend toutes les tribus indiennes et leur destruction n’est, je le disais en commençant, qu’une question de temps, et probablement d’un temps fort court.
- Mis de Nadaillac.
- LES ARAIGNÉES AÊRONAUTES
- L’homme n’est pas seul, entre les êtres qui peuplent le-globe, k se montrer mécontent des moyens de locomotion que la nature lui a départis : il est d’autres esprits chagrins qui, comme lui, rêvent d’avoir des ailes, et de se mouvoir loin de terre, au milieu des airs. De ce nombre sont les araignées, animaux sagaces et curieux. Bien avant l’homme, elles ont su se construire des ballons, et s’en servir pour voyager. Assurément leurs appareils sont rudimentaires, mais tels qu’ils sont, l’intérêt en est grand, et en somme l’utilité en est incontestable.
- Mais, demandera-t-on, quel besoin les araignées peuvent-elles avoir de quitter le sol? Elles ne font point de recherches scientifiques sur la couche atmosphérique qui nous baigne : cherchent-elles des émo-
- 1 Une ville nommée Mandan, en souvenir de l'ancienne tribu indienne, s’élève aujourd’hui sur cet emplacement. En
- face, sur l’autre rive du Missouri, est Bismark, une de ces villes nouvelles qui surgissent et se développent aux Etats-Unis
- avec une si étrange- rapidité.
- 4 Mieux connu sous le nom de Gros-Ventres.
- tions nouvelles, des jouissances artistiques? A cela je ne répondrai point, n’en sachant rien. Il est cependant un but qui est atteint par cette habitude, si ce n’est celui qui est poursuivi. En se fabriquant ainsi leurs ballons, les araignées dont il s’agit favorisent leur propre dispersion à la surface du sol : au lieu de demeurer agglomérées ensemble, et par là, de. risquer d’encourir la famine, elles ont avantage à occuper un territoire plus grand parce qu’il leur est plus aisé d’y trouver à se nourrir, et l’espèce qui possède cette aptitude à se répandre au loin présente évidemment plus de chances de survivre dans la lutte pour l’existence. Voilà, sinon le but, du moins l’utilité principale du phénomène dont il s’agit. Et maintenant venons-en à ce dernier.
- Les aérostats dont il s’agit sont bien connus de chacun : ce sont ces fils de la Vierge qui, vers l’automne, emplissent l’air; dans les villes mêmes on en peut voir des quantités qui flottent, tantôt tombant avec lenteur, tantôt montant dans les bouffées d'air échauffé, et, avec le vent, courant à des hauteurs souvent très considérables. Ces fils sont fabriqués par certaines espèces d’araignées, comme le savent sans doute nos lecteurs : nous dirons tout à l’heure comment. Quelques chiffres seront utiles pour indiquer à quel point ces aérostats sont efficaces, dans quelle mesure ils peuvent favoriser la dispersion et le transport des araignées. Darwin dit, dans son Voyage d’un Naturaliste, qu’à 96 kilomètres de terre, à l’embouchure de la Plata, le navire se trouva entouré d’une quantité de ces fils de la Vierge, et ces fils venaient de terre naturellement. Le vent était très léger en ce moment, et il est évident qu’avec une brise plus forte, les mêmes araignées auraient pu être transportées à une distance double. Cent ou deux cents kilomètres, c’est beaucoup pour une petite araignée, et quand elle peut franchir cette distance en quelques heures elle doit se dire qu’en somme elle réussit assez bien dans l’aéronautique. Il est vrai que parfois elle va à la mer, mais elle y a une supériorité sur l’homme ; elle marche sur les flots, à son aise, grâce à la structure de ses pattes, ce à quoi l’homme n’est pas apte. De nombreux observateurs, sur divers points du globe, en Europe et en Amérique par exemple, ont étudié le phénomène dont il s’agit, et ont vu l’air se remplir de cette sorte de pluie d’araignées et de fils de la Vierge. M. Blackwall, il y a près de 60 ans déjà, a fait sur ce sujet d’intéressantes observations. Se promenant un jour d’automne aux environs de Manchester, dans le milieu de la journée, il remarqua que les champs et les haies étaient remplis d’araignées et de fils brillants et nombreux : il ne pouvait marcher dans l’herbe sans que ses chaussures fussent en peu de temps recouvertes d’abondantes toiles entrecroisées. C’est durant la matinée de ce jour que toiles et araignées avaient fait leur apparition ; la veille, elles ne s’y trouvaient point, non plus qu’au matin. S’arrêtant à considérer ce phénomène, Blackwall s’aperçut-quelles
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- fils ne restaient point a terre : du sol s’élevaient des quantités de longs filaments blancs formant par leur enchevêtrement des sortes de lambeaux légers, ayant jusqu’à lm,50 de long, et plus encore, et larges à leur base de plusieurs centimètres ; ils diminuaient de largeur à mesure qu’ils s’allongeaient dans l’air. A mesure que le sol et l’air s’échauffaient sous l’action du soleil, ces lambeaux de toile de toute dimension — ceux dont il vient d’être parlé étaient les plus grands, de beaucoup — se détachaient du sol, et s’élevaient avec l’air chaud, perpendiculairement, de façon à monter à plusieurs centaines de pieds de hauteur.
- Plus tard, dans l’après-midi, à mesure que réchauffement de l’air diminuait, les toiles commençaient à redescendre vers terre. Après avoir regardé les toiles, Blackwall dirigea son attention sur les araignées. Celles-ci couraient à terre par milliers, par multitudes innombrables, et il ne fut point difficile de voir à quoi elles étaient occupées. Elles grimpaient sur tous les objets en saillie, tels que les brins d’herbe, les tiges des buissons, les portes, les murs, les palissades, et une fois arrivées aux points les plus élevés, elles se raidissaient sur leurs pattes étendues toutes droites, elles baissaient la tête en relevant l’abdomen qu’elles dirigeaient, dans une attitude bizarre, vers le ciel, etainsi posées, elles sécrétaient par leurs filières du fil en abondance. A peine formé, ce fil était dressé verticalement par l’action de la colonne d’air chaud ascendante. Quand ceci n’avait pas lieu, l’araignée, avec ses pattes de derrière, coupait le fil qui restait allongé à terre, reposant sur l’herbe, et y formant des sortes de toiles irrégulières, les fils qui adhéraient aux objets voisins étant inutiles et même nuisibles au but que se proposait l’animal. Quand celui-ci se trouvait avoir sécrété une quantité et un nombre suffisants de fils, et que ceux-ci demeuraient droits, sans s’accrocher aux brins d’herbe, — et c’est pour éviter ceci qu’il grimpe aux objets élevés, — il lâchait pied, et partait pour son voyage aérien, entraîné par les fils qui étaient emportés par l’air chaud ascendant. C’est donc dans un but bien déterminé, celui d’être transportée au loin par l’air, que l’araignée dont il s’agit sécrète ses fils, et elle fait tout ce qui est en son pouvoir pour assurer la réussite de l’opération. Il suffit de quelques secondes pour que le fil atteigne la longueur d’un mètre, et avec une telle rapidité de production, on conçoit qu’il faille peu de temps pour la sécrétion d’un fil assez long pour entraîner l’insecte. Blackwall a suivi toutes les phases du phénomène, depuis l’ascension sur les objets en saillie jusqu’au départ de l’insecte, jusqu’au « làchez-tout » qui donne le signal du départ, et nul doute ne peut être élevé sur l’exactitude de ses observations qui ont d’ailleurs été confirmées par différents auteurs cités par J.-H. Emer-ton à qui j’emprunte ces détails. —D’après M. Murray, qui à son tour, en 1829 (les observations de Blackwall sont de 1826), a étudié ce fait, l’électricité
- jouerait un rôle considérable dans le phénomène. La colonne ascendante d’air chaud ne serait pas nécessaire à la réussite de l’opération ; l'absence, la présence et le sens du vent ou de la brise seraient indifférents, car l’araignée aurait même le pouvoir de faire flotter son fil contre le vent : celui-ci posséderait une force inhérente particulière qui pourrait le diriger en sens inverse du vent, et ce serait de l’électricité. Murray a remarqué a cet égard certains faits curieux. Dans l’atmosphère la plus immobile, les fils sécrétés par l’animal s’élèvent verticalement ou à peu près verticalement, en divergeant, sans se mêler et enchevêtrer, ou bien encore ils se dirigent horizontalement, sans s’agiter, — ce qui prouve l’absence d’un mouvement aérien, — et cette divergence s’expliquerait par le fait qu’ils seraient chargés d’une même sorte d’électricjté. Quand on approche un morceau de cire à cacheter d’un fil, celui-ci est repoussé : il serait donc.chargé d’électricité négative, et si l’on pose une araignée sur de la cire à cacheter qui a été frottée pour développer de l’électricité, l’araignée rebondit avec énergie. Deux fils se repoussent mutuellement ; cela est aisé à voir par l’expérience d’après Murray :,un morceau de verre, frotté, les attire. Ces expériences de Murray mériteraient d’être reprises, assurément.
- Plus récemment, M. Lincecum, le naturaliste américain, mort maintenant, et qui a fait de si curieuses observations sur certaines fourmis du Texas, a recueilli quelques observations au sujet des araignées aéronautes. Dans leur ensemble, elles confirment celles de Blackwall et de Murray. Il a vu arriver à terre nombre de faisceaux de fils, et dans chacun d’eux il a trouvé une araignée avec une demi-douzaine de petits. C’est généralement à la fin de l’après-midi, quand l’air en contact avec le sol s’y échauffe moins que durant la journée, que l’on voit arriver les filaments : aussitôt qu’ils ont touché terre, ou heurté un buisson ou une branche, tout le petit équipage se hâte d’en sortir : il se jette dans l’espace, en filant un fil pour ne point tomber, et dès qu’il a touché terre, il coupe le fil. Lincecum dit avoir vu de ces filaments à une hauteur d’un à deux mille pieds, soit 300 et 600 mètres, et il estime qu’avec un bon vent, ils peuvent franchir 225 à 275 kilomètres de distance en un seul voyage. Pour lui, ce voyage n’a d’autre but que de favoriser la dispersion de l’espèce, et de permettre aux araignées de coloniser des régions où il leur sera plus aisé de trouver à se nourrir que si elles restaient toutes ensemble. Lui aussi, il a vu des araignées préparer leur départ, et a assisté à la scène qu’a décrite Blackwall : il a vu filer les fils par la mère qui portait sur son thorax ses petits nouveau-nés, et a été témoin de l’enlèvement. 11 décrit l’appareil de navigation aérienne comme une sorte de toile allongée et irrégulière ; un enchevêtrement de fils lâchement tissés ensemble. Il est un point que Darwin a noté et qui n’a pas été signalé par les autres observateurs; c’est
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- la soif ardente que semblent avoir les voyageuses à leur arrivée à terre ; Strack a cependant vu ce fait, et il a remarqué qu’elles boivent avidement les gouttes d’eau qu’elles rencontrent. Le voyage les a altérées, sans doute, l’air étant sec et chaud.
- Avant Lincecum, comme je l’apprends par M. L. Clément, le dessinateur de la figure ci-jointe, Des Etangs en 1839 (Mémoires de la Société agricole de TroyeÀ) et le père Baboiz avaient, eux aussi, étudié l’aérostation des araignées. Ce dernier observateur, en particulier, avait bien vu comment l’araignée dirige l’extrémité postérieure de son abdomen vers le ciel pour lancer son fil. Louis Walckenaer avait observé le Thomisus bufo, et l'avait vu projeter de la même manière un faisceau de fils, fait confirmé par Lister pour de jeunes lycoses. D’après ces observateurs, — je cite ici un passage d’une note de M. L. Clément à ce sujet, — « Au moment de s’envoler, l’araignée jette un fil qu’ellesuitd’abord, puis arrivée à une certaine hauteur, elle le pelotonne, le coupe et l’abandonne. .. L’araignée reste alors suspendue au premier fil qu’elle avait lancé dans l’espace et qui demeure presque invisible, le dos tourné vers la terre, les pattes repliées sur le corselet, immobiles. Pour redescendre elle monte le long du fil qu’elle enroule avec ses pattes et qui forme des flocons blanchâtres, et la descente est plus ou moins rapide au gré de l’animal. » Ce sont ces fils coupés et abandonnés qui forment les fils de la Vierge.
- Un correspondant de La Nature a récemment adressé à M. G. Tissandier qui a bien voulu me la communiquer, une Note curieuse relative au même phénomène. M. E. Garry, de Valence, dit avoir été témoin du phénomène que voici. L’araignée construirait autour du sommet de deux brins d’herbe adjacents deux petits hémisphères en fils entrecroisés. La rosée du matin se vaporisant sous l’influence des rayons solaires, ces deux montgolfières en miniature deviendraient très légères, et au moindre souffle de vent s’enlèveraient en l’air, reliées entre elles par un ou plusieurs fils, et l’araignée se suspendrait ou bien au fil unissant celles-ci, ou à un fil partant de ce dernier, ou enfin à un fil aboutissant directement
- à l’un ou l’autre des ballons. Du reste il semblerait que l’araignée circule beaucoup sur ses différents fils et passe souvent d’un ballon à l’autre, et M. Garry semble croire que l’araignée, par ses déplacements, règle quelque peu la marche et peut-être la direction de ses aérostats.
- Il serait intéressant de savoir si cette observation peut être confirmée par d’autres auteurs, et je serais très reconnaissant envers ceux de nos lecteurs qui ont observé les araignées aéronautes et qui voudront bien me communiquer les résultats de leurs études, ou me signaler des travaux relatifs à cette question, autres que ceux que je viens de résumer ici1. Il est quelques points à noter encore. Il est vraisemblable qu’une même araignée fait plus d’un voyage aérien, et que si le premier lui parait insuffisant, elle recommence pour aller plus loin encore. On ne peut naturellement connaître les motifs de cette détermination, maison pourrait, quand on voit arriver une armée d’araignées en voyage, chercher à établir la proportion (pour 10, 20, 50 ou 100 exemplaires que l’on aura vus arriver à terre) de celles qui ten-tentde repartir aussitôt.
- Autre point. Cette aptitude aéronautique n’appartient pas à toutes les araignées ; celles qui lapossèdent ont-elles une aire de distribution bien jalus étendue que d’autres espèces, et peut-on citer des exemples rendant vraisemblable le transport au-dessus de la mer, par exemple, d’un continent à une île voisine, mais qui n’a dû, à aucune époque, être reliée à celui-ci ? On le voit, un simple fil de la Vierge peut prêtera des recherches très intéressantes dont les résultats sont certainement fort curieux et d’après les excellents travaux de Wallace (Island Life et Geugraphical Distribution of animais), je ne vois pas que ces recherches aient été faites encore.
- Henry de Varigny.
- 1 Je connais les intéressants travaux publiés par Martin Lister et Ray en 1669 et 1670 déjà, dans les Phitosophica.1 Transactions de Londres. En somme, leurs successeurs n’ont pas vu autre chose que ce qu’ils ont observé. En 1671, Martin Lister dit qu’il a des raisons de croire que l’aérostation des araignées était connue d’Aristote et de Démocrite.
- Une araignée aéronaute. — A droite, l’araignée posée sur une feuille, lance son fil. A gauche, l’araignée traverse l’air, suspendue à un faisceau de fils. En haut, fils de la Vierge, abandonnés par des araignées.
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- FILTRE À GRAND DÉRIT
- A BOUGIE CHAMBERLAND AVEC NETTOYEUR MÉCANIQUE
- Les travaux de Pasteur et des bactériologistes de son école ont fixé l’attention non seulement des corps savants, mais encore du grand public, sur l’importance au point de vue hygiénique de la filtration parfaite des eaux destinées à l’alimentation, afin d’éviter toute chance de transmission d’un certain nombre de maladies parmi lesquelles on compte au premier rang le choléra et la fièvre typhoïde. Aussi, dès son apparition, la bougie filtrante imaginée par M. Cliamberland, a-t-elle été l’objet d’un succès justifié par son impénétrabilité à tout germe pathogène. On peut donc dire que le problème du filtrage pour la consommation privée est entièrement résolu. Mais, par cela même que ces bougies retiennent à leur surface tous les corps en suspension dans l’eau, elles arrivent assez promptement à s’encrasser : leur débit diminue, et un nettoyage devient indispensable.
- Cette nécessité d’un nettoyage même fréquent n’offre pas d’inconvénients sérieux dans le service domestique, où l’on n’emploie ordinairement qu’un très petit nombre de bougies ; mais dans les hôpitaux, les casernes, les grandes agglomérations, l’opération est longue et délicate ; elle expose les bougies à la casse ou à la fêlure, et exige, par suite, du personnel supérieur une surveillance active, sous peine de perdre tous les avantages de ces appareils.
- Pour obvier aux dangers du nettoyage à la main, il fallait recourir à un procédé mécanique. Mais ce procédé devait réunir tout ensemble : la perfection du nettoyage des surfaces filtrantes sans les user ni les exposer à être brisées ou fêlées ; la simplicité et la rapidité de la manœuvre; enfin le moyen de s’assurer à tout moment de l’état de chaque bougie sans interrompre l’opération du filtrage.
- Ces conditions sont parfaitement remplies par l’appareil nettoyeur inventé par M. 0. André, qui a été tout récemment l’objet d’une communication de son auteur à la Société de médecine publique
- et d'hygiène professionnelle. Les figures 1 et 2 représentent un de ces appareils appliqué sur un filtre à 25 bougies Cliamberland, établi pour les grands débits et fonctionnant sous pression.
- Les bougies B sont disposées en cercles concentriques et fixées par le bas à l’aide de tubes en caoutchouc, sur des tétons en hronze montés à bloc sur un plateau de fond (tig. 2), et par le haut, sur des anneaux métalliques percés de trous, où s’engage leur chape supérieure. Cette chape consiste en une calote en caoutchouc terminée par une pointe d’ébonite. Un cylindre en tôle d’acier galvanisé forme, avec le fond et le couvercle C, le récipient dans lequel arrive l’eau à filtrer, par l’orifice d’admission R. Une vanne permet la rentrée de l’air pendant la vidange, et l’introduction dans l’appareil des matières en poudre et des escarbilles dont nous parlerons plus loin. L’eau filtre à travers les bougies et tombe dans un collecteur E placé sous le plateau. Ce collecteur est mis au besoin en communication avec un réservoir, et en le dévissant momentanément, on peut s’assurer, à tout, moment, de la manière dont fonctionnent les bougies. Si l’une d’elles donne un débit notablement plus fort que les autres, c’est qu’elle est cassée ou fêlée, et il suffit, pour l’isoler, d’introduire dans le téton, inférieur un petit bouchon à vis, en attendant qu’on la remplace.
- Le nettoyeur est constitué par une sorte de peigne T£ dont les dents sont représentées par des tubes verticaux t percés de petits trous et interposés entre les bougies. La branche supérieure T est horizontale et montée sur une tige filetée f qui passe dans un écrou fixé sur le couvercle C, et reçoit une manivelle M. Le nettoyeur est mis en communication par un robinet R avec l’eau sous pression : celle-ci se répand dans le filtre quand le nettoyeur ne fonctionne pas, par une couronne de trous qui disparaissent dans le presse-étoupes quand le nettoyage commence. Au moyen de la manivelle M, on peut imprimer au nettoyeur un mouvement de rotation alterné à droite et à gauche en même temps qu’un mouvement de montée et de descente. Il en résulte que les jets cinglants qui partent des tubes verti-
- Fig. 1. — Filtre Chaniberlaud avec nettoyeur mécanique.
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- eaux sont animés d’un mouvement hélicoïdal et viennent successivement toucher tous les points des bougies.
- Toutefois l’action de ces jets ne suffirait pas pour débarrasser les surfaces filtrantes de la couche muci-lagineuse qu’elles portent au bout de quelque temps de service, même quand on opère avec des eaux assez pures comme celles de la Vanne et de la Dhuis. Des frottçurs en caoutchouc souple, ayant la forme d’un Y et fixés sur les tubes pendants, viennent concourir à ce résultat. M. André avait d’abord armé les branches de l’Y de petites brosses; mais comme
- Elévation
- Plan
- T/qeS supportant
- i -O fi
- "à la partie supcr> des bouy/es
- Boulons..____U
- de serrage
- Tube
- de Nettoyeur
- !,Nettoyeur (l/ue du Dessus)
- Fig. 2. — Élévation et plan du nettoyeur mécanique.
- on pouvait craindre de les voir s’encrasser, il a eu l’idée de confier le rôle de « racleur » à des particules d’une substance quelconque (pourvu qu’elle fût inerte par rapport à l’eau et de densité à peu près égale à celle-ci), en faisant pour ainsi dire « rouler » ces particules sur les surfaces filtrantes, roulement produit par l’agitation imprimée au liquide. En même temps, pour obtenir un débit plus constant, il a introduit dans ce liquide même une poudre également inerte, qui vient former une sorte de gaine protectrice sur les bougies et reçoit les matières mucilagineuses.
- Les particules, dont il a été question ci-dessus, sont des morceaux de liège qui flottent dans le liquide. Lors de la mise en mouvement du nettoyeur, elles sont violemment agitées et sont ainsi lancées
- sous les frotteurs en Y qui les pressent contre les bougies.
- Au moment d’introduire l’eau, on verse, par un orifice supérieur de 10 à 20 grammes de poudre d’entretien (poussier de charbon, sciure de bois blanc, poudre de liège, etc.). Le filtre étant mis en pression, après quelques tours de manivelle pour mélanger la poudre au liquide, la filtration commence, la poudre en suspension vient s’appliquer sur les bougies. Pour le nettoyage, on arrête la pression, on laisse échapper un peu de liquide par le purgeur, puis on tourne la manivelle du nettoyage successivement dans les deux sens. Les tubes t du nettoyeur mettent en mouvement les particules de liège qui viennent rouler contre les bougies sur lesquelles les appliquent les frotteurs en Y. On ouvre ensuite le robinet de vidange; l’eau chargée des impuretés et de la poudre en suspension s’écoule; les particules sont arrêtées par un tamis.
- Le filtre étant ainsi vidé, on le rince en laissant le purgeur ouvert; puis on referme ce dernier et on introduit par le tampon la poudre d’entretien. L’opération du filtrage peut alors recommencer.
- D’après les diagrammes présentés parM. 0. André à la « Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle », le nettoyage permet de ramener le débit des bougies depuis longtemps en service à celui que donnent les bougies neuves au début de leur mise en fonctionnement. On a de plus constaté que l’introduction de la poudre inerte dans le liquide assurait à un filtre composé de bougies anciennes le même débit que celui d’un filtre à bougies neuves, ce qui démontre la perfection du nettoyage.
- M. le Dr Netter, rapporteur de la Commission nommée par le Comité consultatif d’hygiène au Ministère de l’intérieur, vient de déposer son Rapport basé sur de nombreuses expériences; il conclut que l’appareil de M. 0. André donne tous les résultats qu’en attendait l’inventeur, et que grâce à la simplicité de son fonctionnement, à la suppression des chances de bris ou de fêlure, et à la facilité du contrôle et de l’isolement des bougies filtrantes, il réalise d’excellentes conditions pour l’alimentation en eau parfaitement pure des agglomérations telles que les casernes, hôpitaux, etc. G. Ricuou,
- Ingénieur des arts et manufactures. --------
- CHRONIQUE
- L’Institut Pasteur. — L’Assemblée générale de l’Institut Pasteur a eu lieu le 25 mars 1891. Le secrétaire, M. le professeur Grancher, après avoir fait connaître la situation financière de la Société, a donné lecture des rapports scientifiques des différents chefs de service. Au point de vue de la rage, les résultats obtenus ne peuvent plus être contestés. Pendant l’année 1890, 1546 personnes mordues ont été traitées; sur ce nombre 10 seulement sont mortes, dont 6 dans les quinze jours qui ont suivi le traitement et 4 après ces quinze jours. En dehors de la rage, les professeurs de l’Institut Pasteur se livrent à des recherches microbiologiques sur les autres maladies infec-
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- lieuses. L’établissement a acquis dans le monde une grande réputation ; on y vient de tous les pays pour s’initier à ses méthodes : à l’heure qu’il est, quatre-vingts savants français et étrangers suivent ses cours. Les journaux scientifiques étrangers, rendent hommage aux travaux de notre grand savant, et nous avons lu récemment, avec le plus vif intérêt, un article magistral sur Louis Pasteur, publié en tête du numéro du 26 mars de notre confrère de Londres Nature. La Notice, fort bien écrite par M. James Pajet, fait un sincère éloge du savant français; elle est accompagnée d’un admirable portrait de M. Pasteur gravé avec art et imprimé en taille douce en planche hors texte.
- La densité de la population et la pluie. — Si
- l’on en croit le Bradstreet, les résultats du dernier recensement ont mis en évidence ce fait que la distribution de la population aux États-Unis est réglée par l’abondance ou la disette de pluie. La plus grande partie de la population est distribuée dans les régions où la hauteur annuelle des pluies varie entre 30 et 40 pouces. Ces régions comprennent les trois quarts de la population des États-Unis. La densité de la population diminue très rapidement dès que la hauteur annuelle des pluies s’écarte sensiblement de ces deux chiffres, dans un sens ou dans l’autre, de ces valeurs moyennes. La densité de la population est la plus grande dans les régions où la pluie atteint annuellement une hauteur de 40 à 50 pouces. Cette densité atteint alors 59 habitants par mille carré. Dans les régions où la pluie varie entre 30 et 40 pouces par an, la densité moyenne de la population est de 43,1 habitants par mille carré. Les régions arides de l’Est, où la pluie tombant annuellement est inférieure à 20 pouces, région qui comprend les deux cinquièmes du territoire des États-Unis, ne renferment pas actuellement plus des trois centièmes de la population. La population se développe avec la plus grande rapidité dans les régions où la pluie tombant annuellement varie entre 20 et 30 pouces, dans les grandes plaines qui s’étendent du Texas à Dakota, où la densité s’est accrue de 1,6 à 8,1. Ces chiffres montrent que la densité de la population se rencontre dans les points qui jouissent d’une température moyenne et d’une pluie annuelle moyenne. „
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 31 mars 1891. — Présidence de M. Duchartre.
- La séance n’a duré que trois quarts d’heure.
- L’amphibole artificielle. — De la part de M. de Kronts-chotf (de Saint-Pétersbourg), M. Fouqué annonce la synthèse de l’amphibole qui n’avait pas été réalisée jusqu’ici. L’appareil employé n’est autre que le tube platiné de M. Friedel, chauffé au bloc de “Wiesnegg; l’expérience a duré plusieurs mois consécutifs. Elle a procuré, outre l’amphibole en cristaux parfaitement nets, un mélange de quartz, d’orthose et de pyroxène. De tous les minéraux fondamentaux des roches, il n’y a plus actuellement que la tourmaline qui ait résisté à toutes les tentatives de synthèse.
- Cent nébuleuses nouvelles. — Durant ces dernières deux années, M. Bigourdan a découvert, à l’Observatoire de Paris, cent nouvelles nébuleuses dont M. Mouchez dépose sur le bureau la liste en son nom. Il y a quelque chose de frappant dans la simplicité d’une semblable présentation,
- quand on songe qu’il s’agit de réunions sidérales dont chacune équivaut à tout l’ensemble des étoiles qui, dans notre ciel, composent les constellations et la bande opaline de la voie lactée. En même temps, le savant directeur de l’Observatoire signale la suite des recherches de M. Gayot sur les variations de la latitude. Non seulement celle-ci change durant l’année, mais elle change aussi tous les jours, atteignant un maximum le malin et un minimum le soir. Ces nouveaux résultats rendent de plus en plus évidente l’opinion qu’il s’agit seulement d’une question de température et de réfraction. Enfin M. Mouchez donne avis à l’Académie, que ce matin même, a eu lieu la première réunion du Comité international de la carte photographique du ciel. Tous les préparatifs sont terminés, et d’ici à trois mois, les travaux auront commencé dans tous les observatoires.
- Géographie physique de l'Asie centrale. — Comme conclusion des mesures barométriques qu’il a soumises à toutes les corrections d’usage, M. le général Alexis de Tillo annonce qu’au pied du Kamcha, au centre du continent asiatique, le sol est à 50 mètres au-dessous du niveau général des mers.
- Varia. — La pression à l’intérieur des milieux magnétiques occupe M. Duhena (de Lille). — M. Painlevé étudie la théorie de la représentation conforme. — Un auteur, dont le nom nous échappe, emploie l’acide carbonique à la stérilisation des liquides organiques. — D’après M. Lin-det, les alcools supérieurs contenus dans les phlegmes industriels dérivent, non de la levure, mais de ferments spéciaux qui lui sont associés. — M. Sire (de Besançon) fait fonctionner un nouvel appareil giroscopique mettant en évidence la tendance au parallélisme des axes de rotation. — Suivant M. Lesage, la présence du sel dans les eàux apporte une entrave à la production de l’amidon dans le tissu des végétaux ; l’excellence des pommes de terre fournies par le terrain si marin de Roscoff paraît indiquer cependant que le sel a du bon dans la production des plantes féculentes. — Des analyses précises conduisent M. Aubert à reconnaître qu’en pleine lumière les cactées émettent non seulement de l’oxygène, mais de l’acide carbonique. Cela revient à dire que ces plantes respirent au soleil; ce doit être le cas de toutes les plantes, mais la constatation du phénomène doit être bien difficile à cause de la superposition de la fonction chlorophyllienne. Stanislas Meunier.
- VIEILLES RECETTES
- MANIÈRE D’ÉTEINDRE UNE CHANDELLE A QUATRE CENTS PAS
- PAR LE MOYEN DUN COUP DE FUSIL CHARGÉ A BALLE
- Ce résultat très extraordinaire ne pourrait être obtenu que difficilement même par des tireurs de la force de ceux que nous avons actuellement dans les stands, et encore arriverait-on à couper la chandelle par hasard de temps en temps plutôt que de l’éteindre simplement.
- Voici le procédé donné dans la vieille recette :
- Vous prendrez un fusil et vous le chargerez à balle devant l’assistance. Votre adversaire en fera autant; il tirera le premier et vous aurez le plaisir de le voir manquer son coup. Vous tirerez alors après avoir badiné sur sa mala-
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- dresse et vous éteindrez la chandelle, au grand étonnement des spectateurs qui vous auront vu charger votre fusil comme à l’ordinaire sans s’apercevoir que votre balle était percée de part en part en forme de croix.
- Malgré plusieurs expériences infructueuses, nous croyons cependant la chose réalisable, car la croix forée dans la balle doit apporter dans toutes les couches d’air traversées de grandes perturbations, mais cela à condition d’employer une arme à âme lisse et une balle ronde. Nous n’avons pu tirer qu’avec des armes de guerre ou de précision, à rayures et à balle longue. Dans ces armes, la balle étant forcée, s’écrase, et les trous, que l’on ne peut faire très grands, se bouchent. De plus, la balle longue ne tourne que sur elle-même dans le sens de son axe; en outre, l’arme étant fabriquée et guidonnée pour une balle de tel ou tel poids ne porte plus juste, car la trajectoire est changée si on rend le projectile plus léger ; par suite, le déplacement d’air produit par la balle forée n’arrive plus à se faire dans les environs du but visé et il faudrait tirer assez longtemps pour rectifier son tir. Avec un fusil à âme lisse ou même à rayures ordinaires pouvant tirer une balle ronde, nous sommes persuadés qu’un tireur de très moyenne force obtiendra le résultat cherché.
- Le prestidigitateur Alber.
- IA MAISON DE NICÉPHORE NIEPCE
- Nous parlons trop souvent ici des applications de la photographie moderne, pour que nous manquions l’occasion de rendre hommage aux inventeurs de cet art merveilleux, Niepce et Daguerre. Nous avons décrit récemment la maison qu’habitait Daguerre à Cormeilles-en-Parisis1 ; nous reproduisons aujourd’hui l’aspect de l’habitation dans laquelle Nicéphore Niepce fit ses premières découvertes. Cette maison d’humble apparence est située près de Chalon-sur-Saône; elle se trouve actuellement sur la voie du chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée. Nous en devons l’intéressante photographie que nous repro-
- duisons à l’un de nos lecteurs, M. P. Fontaine.
- C’est à partir de 1811 que Nicéphore Niepce, après avoir dû se séparer de son frère Claude, résida près de Chalon dans la maison dont nos lecteurs ont le dessin sous les yeux. C’est là que le chercheur persévérant consacra dix années de sa vie à poursuivre le problème qu’il s’efforçait de résoudre. Après de nombreux travaux sur la mécanique, sur la culture du pastel, Nicéphore Niepce s’était dirigé dans une voie nouvelle, au moment où la lithographie fit son apparition en France. Il fit des essais de reproduction sur des pierres lithographiques, et se servit bientôt de planches d’étain poli. Il expérimentait sur ces planches divers vernis de sa composition, puis il appliquait dessus des gravures qu’il avait préalablement vernies afin d’en rendre le papier transparent, et il exposait ensuite
- le tout à la lumière de la fenêtre de sa chambre. Voilà le commencement de Y héliographie.
- Une fois lancé dans celte voie, Nicéphore Niepce continua ses recherches avec acharnement : il ne tarda pas à recourir à la chambre noire. Isolé dans sa modeste maison de campagne, il faut qu’il s’ingénie à fabriquer lui-même ce qui lui manque ; il façonne ses chambres noires et ses appareils. En 1817, Niepce a recours, pour ses études héliographiques, comme il les appelle déjà, au chlorure d’argent, puis à des matières organiques telles que la racine de gaïae, puis enfin au phosphore, qui, d’abord blanc, rougit peu à peu au contact de la lumière; mais il ne tarde pas à abandonner celte dangereuse substance. C’est en 1826 qu’il s’arrêta définitivement au baume de Judée, matière résineuse qui, étalée en couche mince et soumise à l’action de la lumière, blanchit notablement. L’année suivante, Daguerre qui poursuivait de son côté la fixation des images dans la chambre noire, entra en correspondance avec Niepce ; les deux inventeurs devinrent associés, et l’on doit écrire leurs deux noms à côté l’un de l’autre, quand on veut parler des inventeurs de la photographie moderne. G. T.
- Le Propriétaire-Gérant: G. Tissa.ndiek.
- Maison de Nicéphore Niepce près de Chalon-sur-Saône. (D’après une photographie de M. P. Fontaine.)
- 1 Voy. n° 852, du 28 septembre 1889, p. 284.
- Paris. — Imprimerie Laliurc, rue de Fleurus, 9.
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- N° 932. — 11 AVRIL 1891.
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- LA NATURE.
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- MACHINES A SCIER LES PIERRES DURES
- De tous les matériaux de construction k l’usage du génie civil, la pierre est sans contredit le plus important. Or, tandis que l’outillage pour le travail mécanique des autres matériaux, briques, bois, fer, etc., a fait, depuis une vingtaine d’années, des progrès considérables, l’outillage pour le sciage et îe manufacturage des pierres est resté presque stationnaire.
- De divers côtés pourtant, le sciage mécanique des
- Machine à scier les pierres
- pierres dures et des marbres est l’objet de recherches intéressantes, on a hâte de renoncer au travail à la main dont le rendement, surtout lorsqu’il s’agit de pierres dures, est, on le sait, excessivement faible. On a bien essayé d’augmenter ce rendement par l’emploi de corps durs tels que le sable, l’émeri, la fonte blanche granulée, introduits avec l’eau dans le trait de scie; mais on a rencontré un écueil, ces corps usants sont entraînés en grande partie par l’eau avant d’avoir produit aucun effet et ce qui reste use la pierre, il est vrai, mais aussi la lame de scie qui est promptement hors d’usage.
- res de MM. D'Espinc et Acliard.
- Parmi les tentatives faites en vue de substituer à la scie ordinaire une lame convenable, se prêtant au travail mécanique, il faut retenir avant tout celle qui consiste k garnir la denture avec du diamant. Il y a plus de trente ans, un constructeur de machines, M. Hermann, se servait d’outils diamantés pour tailler et façonner les meules et auges en granit entrant dans la construction des broyeurs ; les outils diamantés pour le retaillage des meules de moulins sont également d’un usage déjà ancien. Peu de temps après les premiers essais de M. Herrmann, un ingénieur bien connu, M. Lécliot, appliquait le diamant a sa perforatrice et obtenait avec ce nouvel engin des résultats remarquables. Depuis lors, des
- i9e année. — 4er seineslre.
- progrès ont été réalisés de divers côtés et le diamant est devenu d’un emploi industriel courant pour le travail k l’outil de matières dures telles que la fonte trempée, la porcelaine, le verre, etc.
- Le diamantage de lames de scie minces en acier très dur présente des difficultés beaucoup plus grandes que celui d’un outil massif comme un crochet de tour ou un burin ; il s’agit ici d’obtenir, en effet, non plus un seul point diamanté résistant, mais de former par une succession de points diamantés rapprochés, une arête droite ou de courbure déterminée ; il faut ensuite que le réglage des arêtes des points diamantés soit exécuté avec une exactitude telle que ces arêtes en mouvement, travaillent toutes
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- LA NATURE.
- dans le même plan. Le sertissage du diamant avait jusqu’ici toujours laissé à désirer au point de vue de la solidité; aussi, dans les lames à mouvement alternatif qui en ont été pourvues, l’ébranlement du diamant ne tarde-t-il pas à se produire, suivi à bref délai de son arrachement complet.
- Si le choix d’une lame est d’une grande importance, le bon agencement de la machine est aussi un facteur important dans la qualité et la production du travail. MM.D’Espineet Achard ont repris l’étude de cet important problème et ils ont créé des types de machines à scier les pierres qui satisfont aux conditions reconnues nécessaires dans la pratique.
- Ces machines permettent de scier des blocs de grandes dimensions avec un avancement de scie vingt a cinquante fois plus rapide qu’avec les anciens procédés au sable et sans exiger de manutentions longues et coûteuses. Les faces coupées sont nettes et polies et le bloc peut être aisément débité dans tous les sens ; enfin les diamants de la denture agissant toujours dans le même sens, n’éprouvent pas d’ébranlement dans leurs alvéoles.
- La machine repose sur l’emploi d’une lame circulaire dont la périphérie est armée de petits diamants qui constituent la denture et dont le procédé de sertissage a été imaginé en 1889 par M. Kohler. Voici en quoi consiste ce sertissage : on prend une barrette en acier doux et après l'avoir recourbée en forme d’U, on serre un petit diamant entre ses branches qu’on soude ensuite à chaud et qu’on épanouit de façon à constituer une rondelle, dans laquelle le diamant est enchâssé sans l’interposition d’aucune matière soudée.
- i Dans la lame de scie, on fraise autant d’alvéoles que la denture doit compter de diamants ; chacune d’elles est pratiquée suivant deux diamètres sur la demi-épaisseur, pour recevoir la rondelle et ménager un trou qui permet au besoin de la chasser. On achève ensuite le montage par une soudure à l’étain. Entre chacune des alvéoles, on pratique dans la scie des évidements afin que les diamants puissent facilement entamer la pierre ; on les répartit de façon à occuper successivement différentes positions sur la tranche de la lame, ce qui est une condition très favorable pour la rapidité et la perfection du sciage.
- Passons maintenant à l’examen des dispositions imaginées par MM. D’Espine et Achard pour l’emploi de la scie ainsi construite. La scie, abondamment arrosée d’eau par des ajutages convenables, est maintenue entre des guides réglables à volonté situés sur un arbre fileté soutenu par trois paliers. Cet arbre est mis en rotation par une courroie passant à volonté sur des poulies fixe et folle, et il porte à l’une de ses extrémités un cône à quatre vitesses pour agir au moyen d’un second cône sur le mécanisme d’avancement. On peut ainsi transmettre au chariot porte-bloc un mouvement de translation plus ou moins rapide suivant la dureté de la pierre.
- Les paliers de l’arbre fileté sont solidement reliés entre eux par de fortes semelles entretoisées et assu-
- jetties sur des massifs en maçonnerie dont la hauteur est assez grande pour que les plus volumineuses pierres à scier puissent passer aisément sous l’arbre de la scie. Plusieurs mécanismes d’embrayage et de désembrayage sont établis pour permettre à volonté l’arrêt et la mise en marche. Les leviers de ces embrayages sont reliés entre eux de façon que la manœuvre de l’un ne puisse se faire qu’après le dégagement de l’autre. La disposition de ces embrayages est telle qu’on peut arrêter l’avancement en un point quelconque du sciage, faire revenir la pierre au point de départ avec une vitesse vingt fois plus rapide qu’à l’aller, suspendre automatiquement le mouvement du chariot dès que le sciage est terminé, enfin obtenir l’arrêt automatique du bloc lorsqu’il est parvenu à nouveau à son point de départ. En satisfaisant à l’ensemble de ces conditions, on réduit au minimum les manutentions de la pierre qui, une fois montée sur son chariot, peut être débitée en tranches sans en changer la mise en place. Le chariot est équipé avec une plaque tournante qui permet de faire pivoter le bloc et de pratiquer des sciages verticaux sous des angles quelconques.
- Ces machines s’établissent sur plusieurs modèles différents dont les scies ont de 0m,75 à 3 mètres de diamètre. Avec le premier type, on débite des blocs de 0'",30 de hauteur sur lm,50 de longueur; avec le second type, on peut couper des blocs de lra,25 de hauteur sur 3 mètres de longueur et 2ra,80 de largeur, ce qui correspond aux dimensions des balcons.
- A la scierie de marbre de MM. Chaudet frères à Clarens (Suisse), où deux machines sont installées, on obtient pratiquement les avancements suivants :
- AVANCEMENT IIESCIAGE A LA MINUTE
- 20 centimètres
- 15 —
- 10 —
- 5 à 8 —
- 2 —
- APPLICABLE AUX ROCHES ET MARBRES CI-DESSOUS
- Roche tendre d’Anjou, molasse de Berne et de Fribourg et autres pierres de dureté similaire.
- Roche de Divonnc et marbre blanc de Carrare.
- Pierre dure de Yillebois et Villctlc (Ain) et marbre de dureté moyenne.
- l'ierre d’IIautcville et de Comblanelnen, marbre rose d’Arvel (Suisse) et marbre noir et veiné de Saint-Triplion et de Co-lombet (Suisse).
- Granit vert des Alpes.
- Ces résultats se passent, nous semble-t-il, de tout commentaire sur le rendement élevé de ces nouvelles machines à scier la pierre, dont l’extension rapide dans les ateliers importants ne paraît pas douteuse
- L. Knab.
- LE ROYAUME DE SERA
- ET L’OR DE SALOMON
- Les récents conflits des Anglais et des Portugais sur la côte sud-est de l’Afrique donnent un intérêt d’actualité à une hypothèse fort curieuse d’après laquelle l’arrière-pays (Hinterland, disent les Allemands) du Mashonaland ne serait autre que le fameux royaume d’Ophir dont la reine de Seba, au dire des récits bibliques, envoya
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- LA NATURE.
- m
- des navires porter au roi Salomon, par la mer Rouge, la somptueuse offrande de 420 talents d’or, quelque chose comme 80 millions d’aujourd’hui.
- Non seulement le nom de Sofala, qui est celui d’un port placé au fond de la baie en face de Madagascar, paraît une simple dénaturation de celui d’Ophir, par adjonction du préfixe S, non seulement l’abondance de l’or aux mains des indigènes, a toujours été constatée, mais ce qui a surtout frappé tous les voyageurs, c’est l’existence, en plusieurs points de l’intérieur, de ruines comme il n’en a jamais été signalé nulle part ailleurs sur le continent noir et comme il semble impossible que la race autochtone en ait jamais architecturé.
- Les explorateurs Cari Mauch, G. A. Farini, G. C. Daw-nay, ont tous été saisis d’étonnement devant ces apparitions inattendues des vestiges de vastes enceintes construites en morceaux de granit régulièrement taillés et parfois cimentés, qui ne peuvent, comme certaines tours ruinées, ou certains restes d’endiguements, être attribuées aux premiers exploitants portugais, laveurs d’or d’il y a quatre siècles. Cependant, il paraît évident, à leur aspect d’ouvrages défensifs, comparé par M. J.-M. Stuart, à celui des ruines aztèques du Mexique 1 qu’ils ont dû être élevés par une race conquérante venue du dehors et obligée de maintenir par la force sa domination. S’agit-il de quelqu’une des grandes puissances commerçantes de l’ancien monde, Babyloniens, Hébreux, Phéniciens, Égyptiens. Rien ne permet de trancher la question, mais tout semble, au dire de M. 0. Neil, ancien consul d’Angleterre à Mozambique, militer en faveur de l’hypothèse de l’ancien royaume d’Ophir. A. G.
- --X^-O—
- IA GRANDE PYRAMIDE
- INSTRUMENT DES PASSAGES
- On a souvent assigné à la grande pyramide de Giseb, dite de Chéops, un emploi astronomique, mais sans trop préciser les motifs à l’appui, el l’opinion publique n’y voit guère qu’un gigantesque tombeau érigé pour et par un monarque orgueilleux. La très exacte orientation du monument, certainement supérieure de beaucoup à celle qu’auraient pu obtenir les astronomes de l’Occident avant l’invention du télescope, est le seul argument un peu connu en faveur de cette interprétation de l’édifice, alors que les détails si caractéristiques de sa structure interne, suffisants à donner une grande évidence à cette théorie, restent à peu près ignorés.
- En coupe verticale par le plan médian nord-sud, on voit (fig. 1) que la pyramide repose sur une surface inégale de roc vif. Du pied de l’axe part un premier couloir ascendant ABC, piquant droit sur a du Dragon à sa culmination inférieure. Or, trente-quatre ou trente-cinq siècles avant notre ère, cette étoile était la Polaire du tempsi c’est-à-dire l’étoile importante et bien visible, la plus voisine du pôle céleste. On sait, en effet, qu’en deux cent cinquante-huit siècles ce pôle décrit une courbe extrêmement compliquée amenant successivement au rôle de polaire quatre étoiles : la polaire actuelle ou a de la Petite Ourse, a du Cygne, a de la Lyre et a du Dragon. Cette courbe se compose de 1385 à 1386 arcs sinusoïdaux alternativement intérieurs et
- extérieurs à un cercle de 25° 1 /2 décrit autour du pôle de l’écliptique, lequel cercle se dilate et se contracte alternativement par périodes de soixante-huit siècles environ (fig. 2). C’est l’effet bien connu de la précession et de la nutation. Or, à l’époque probable de la construction de la grande pyramide, confirmée par les traditions rapportées par Proclus et Diodore de Sicile, a du Dragon était la polaire du temps. Cette exacte direction du 'pesage inférieur ascendant est donc un premier argument de valeur, et, de plus, on comprend qu’enraciné dans le roc
- Fig. 1. — Coupe verticale médiane N. S. de la grande Pyramide. — PP. Plate-forme d’observation. — R. Chambre de la reine. — K. Chambre du roi. — G. Grotte naturelle dans le roc.— ZZ. Débris accumulés.— A. Chambre inférieure contenant des blocs plus gros que le passage AB.
- il ait pu servir à l’orientation parfaite de toute la construction subséquente. Un second couloir ascendant BI) s’embranche avec le premier et détermine avec lui le plan du méridien. Il aboutit à la grande galerie DE, qui le prolonge exactement, et qui doit être considérée, ainsi que nous allons le voir, comme l’instrument proprement dit des passages.
- Supposant la pyramide terminée par une grande
- OC de/a Petite Ourse Polaire actuelle
- Fig. 2. — Trajectoire du pôle de la sphère céleste en 25 800 années
- plate-forme horizontale au niveau E (fig. 3), cette conviction de l’utilisation astronomique de l’édifice s’impose en raison de la bizarre structure de ses parois, dont la disposition est inexplicable en toute autre hypothèse. Parfaitement lisses et du plus beau granit d’Assouan (à 500 milles dans le sud), elles sont formées de huit portions verticales en retrait les unes par rapport aux autres. Or, si les conditions de stabilité exigeaient bien des parois obliques avec un certain fruit, cette forme en escaliers constituait une complication au moins inutile, contrastant avec la simplicité géométrique et cyclopéenne de tout le monument. Mais, dans la supposition de la plate-
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- forme on voit que la grande galerie découpe dans le ciel un champ admirablement disposé pour l’observation des passages (fig. 4), car, au moyen de ces ressauts, il était facile de repérer les portions AA' de trajectoires apparentes des astres dans leur marche de l’est à l’ouest. 11 y a plus, certains trous f,, C,, absolument mystérieux pour les égyptologues , servaient probablement à fixer des cadres ou châssis de repérage, tandis que d’autres T placés inférieurement tout le long des
- deux côtés de la galerie, pouvaient servir à fixer à des distances invariables de l’ouverture extérieure des bancs d’observa -
- Fig. 5. — Coupe détaillée de la plate-forme d’observation.
- tion, et précisément cette condition d’invariabilité importait fort à l’exactitude des mesures. Dans toute autre hypothèse ces trous n’ont pas de sens.
- La grande galerie ne débouche pas au centre du carré de section horizontale de la pyramide, mais se trouve tout entière à l’est du plan méridien médian.
- Le motif en est manifeste, car ainsi le centre de la plate-forme restait libre pour y placer tels instruments appropriés aux observations. Autrement, dans un édifice aussi géométrique, la galerie eût été sûrement placée dans son plan médian. Il est à remarquer qu’elle se termine à la cinquantième strate de gros blocs constituant la pyramide. Ce nombre est-il dû au simple hasard?
- L’adaptation du monument à un but astronomique le suppose terminé par une grande plate-forme horizontale au niveau E, et cela constitue l’unique et principale objection 'a l’hypothèse, car l’édifice complet, tel que nous le connaissons, ne peut être qu’un tombeau. On conçoit
- I cependant qu’en raison du caractère surtout astrologique des observations astronomiques dans l’antiquité,
- | la pyramide n’ait eu cette destination spéciale que
- du vivant de Chéops. On les appliquait peut-être plus particulièrement aux astres sous lesquels il était né pour en suivre les aspects et en déduire les horoscopes relatifs à sa fortune. Lui mort, l’édifice aurait été terminé et réduit au rôle de sépulcre. C’est ainsi que les Parsis, représentants modernes des anciens cultes sabaïstiques, font disparaître, en les brûlant au moment de la mort, tout ce qui a trait aux horoscopes de ceux pour lesquels ils ont été tirés. Le même sort aurait été dévolu à la grande pyramide en tant qu'instrument des passages spécialement destiné aux astres favorables à Chéops seul, et, par conséquent, ne pouvant servir sans sacrilège à ses successeurs.
- Ces déductions ne sont pas purement hypothétiques, en dehors même de leur caractère d’évidence par rapport aux détails de structure interne qu’elles seules expliquent. Proelus dit, en effet, que les prêtres observaient du sommet de la pyramide, alors qu’elle était terminée en plate-forme, ce qu’il eût été difficile de faire, faute d’espace, de la très petite surface du sommet, évidemment insuffisante pour y placer les encombrants instruments nécessaires, instruments parfaitement inconnus d’ailleurs
- Fig. 4. — Prêtres de l’ancienne Egypte observant les astres dans la grande Pyramide.
- jusqu’à présent, mais dont la grande ingéniosité des Égyptiens nous permet de supposer l’existence pour expliquer leurs connaissances astronomiques si développées dès la plus haute antiquité. F. ue Ballore.
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- LA N A TURF.
- LES PANORAMAS1
- I'ig. 1. — Les premières coupoles des panoramas à Paris sur le boulevard Montmartre (1802). (D’après une gravure du temps.)
- Pour obtenir deux panoramas l’un au-dessus de l’autre, il faut que la circonférence de celui du haut soit plus petite que celle du panorama du bas : le jour tombe alors sur celui-ci en frisant extérieurement le derrière de la toile de celui du haut.
- C’est ainsi que sont disposés aujourd’hui les dio-ramas au-dessous des panoramas ; dans ce cas, le plancher sert de parajour au panorama du bas.
- Peu après l’établissement de la première rotonde à Londres, l’américain Ful-ton, plus connu parla découverte des bateaux à vapeur, étudia les procédés de Barker et voulut les importer en
- 1 Suite et fin. — Voy. n° 930, du 28 mars 1891, p. 26G.
- France. Robert Fulton avait d’abord été ouvrier orfèvre et avait appris dans son atelier quelques
- principes de dessin et de peinture. Venu en Angleterre en 1786, il suivit à Londres les leçons du peintre d’histoire West et comprit bien vite, après les avoir examinés, les procédés d’exécution des panoramas. Appelé à Paris, en 1796, par un de ses compatriotes Joël Barlow, il prit, le 6 floréal an VII (26 avril 1799), un brevet d’importation en France, dont la durée était de 10 ans. Ne pouvant tirer parti de son brevet, faute d’argent, Fulton s’entendit avec M. et Mmc James Thayer, et leur céda tous ses droits le 17 fri-
- NORD
- Place
- Spectateur
- Fig. 2, — Le panorama de Rome (1820), tel qu’il est dans la Notice explicative.
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- LA NATURE.
- maire an VIII. L’argent que lui rapporta cette vente lui permit d’abandonner la peinture et de se consacrer à la mécanique ; ce qui lui valut sa célébrité.
- James Thayer fit construire simultanément deux coupoles sur le boulevard Montmartre à l’entrée du passage qui prit, de ce fait, le nom de « passage des Panoramas ». Dans la première, fut représentée une Rue de Paris prise du sommet du dôme central des Tuileries ; elle avait été peinte par Jean Mouchet, Denis Fontaine, Pierre Prévost et Constant Bourgeois1. On l’annonça ainsi au public : « Le panorama ou « tableau sans bornes » représentant une superbe vue de Paris et de ses environs, prise du haut du Palais des Tuileries, est ouvert, tous les jours, à la nouvelle rotonde située Jardin dit d’Apollon, boulevard Montmartre, depuis 8 heures du matin jusqu’à 8 heures du soir. Prix d’entrée : lfr,50 par personne. » Nous reproduisons d’après une gravure du temps (fig. 1) le curieux aspect des panoramas du Boulevard Montmartre.
- Le second panorama représentait « VÉvacuation de Toulon » par les Anglais, en 1793, lorsque le feu de notre artillerie, dirigée par le jeune Bonaparte, avait mis la place dans l’impossibilité de se défendre. Celte page historique, peinte par Pierre Prévost et Constant Bourgeois, fut déclarée supérieure à la « Vue de Paris » et mérita les éloges de l’Institut.
- Lesdeuxpremiers panoramas parisiens furent payés aux peintres 8000 francs chacun. Les rotondes, qui les contenaient, avaient 17 mètres de diamètre sur 7 mètres de hauteur. Leur construction n’atteignait pas le degré de perfection des rotondes actuelles : le jour y pénétrait par un vitrage monté sur châssis, en sorte que, par le soleil, l’ombre du châssis se reproduisait sur la toile. II fallait un ciel très clair pour visiter ces panoramas; si le temps devenait sombre, ou s’il y avait du brouillard, on fermait l’entrée.
- En même temps que Prévost et Bourgeois faisaient les premiers panoramas de Paris, Barker transportait les siens en Allemagne, sous le nom pompeux de « Nausorama ». En 1799, on vit à Hambourg le tableau de La flotte anglaise à Portsmouth, et l’année suivante, Leipsig posséda, au moment de la foire, la vue de la Ville de Londres prise du moulin d'Albion.
- L’Allemagne ne resta pas longtemps tributaire de
- 1 Magasin encyclopédique, année 1800, n° 533, p. 91. La Commission a conclu que la manière d’exposer les tableaux, connue sous le nom de panorama, inventée à Londres par M. Barker d’Édimbourg, introduite en France par l’Américain Fulton, et perfectionnée par son compatriote, le citoyen James, à 1 aide des artistes français. Fontaine, Prévôt et Bourgeois, était une découverte aussi curieuse dans ses effets qu’intéressante au progrès des arts auxquels elle est essentiellement liée, et qu’à ce titre elle mérite l’intérêt et l’approbation de l’Institut : que la vue de Toulon, nouvellement exposée par le citoyen James, et exécutée par les citoyens Prévôt et Bourgeois, étant, à bien des égards, supérieure à la vue de Paris, l’Institut devait témoigner sa satisfaction au citoyen James et à ces artistes, et les engager à redoubler d’efforts pour obtenir de nouveaux succès qui leur méritent de plus en plus les suffrages des gens instruits et la bienveillance du Gouvernement.
- l’étranger pour la construction des panoramas. Un peintre décorateur de Magdebourg, Breysig, fut l’introducteur de ce genre de peinture dans son pays.
- En France, les premiers panoramas avaient excité un intérêt considérable. L’Institut nomma, en l’an VIII, une Commission pour étudier cette découverte. L’architecte et peintre Dufourny, nommé rapporteur, publia sur la question un Mémoire qui est resté un modèle de précision et de clarté. Dans sa conclusion, l’auteur ouvrait la voie à de nouvelles inventions en indiquant les applications multiples que pourrait avoir ce genre de peinture.
- À partir de 1800, les panoramas parurent dans toutes les capitales de l’Europe. On en fit un à Vienne, qui revint à 15 000 florins ; la toile mesurait 1000 mètres carrés et avait 27 mètres de diamètre ; elle représentait la Vue de Vienne prise du haut de la tour des Augustins, et avait été exécutée par le professeur Jansche et le peintre Postl, d’après les dessins de William Barton. A Amsterdam, Van de Watt fit le panorama de la Gueldre en 1806. Prévost, qui était devenu à Paris le principal artiste en ce genre de peinture, fit paraître « Le camp de Boulogne » et la « Vue d’Amsterdam » au commencement de l’hiver, tandis qu'à Londres, Barker exposait « La bataille de Trafalgar » et qu’à Berlin on apportait le panorama représentant la « Vue de Vienne » qui avait d’abord été montrée dans cette ville.
- Malgré leurs imperfections, ces premiers panoramas eurent un succès prodigieux, partout où ils furent exposés. Un est même étonné, en pensant à la proximité du spectateur et de la toile, de l’enthousiasme qui s’empara des artistes et des connaisseurs à leur apparition. A Paris, David conduisit ses élèves voir l’un de ceux peints par Prévost, au boulevard Montmartre; après quelques minutes d’examen, il ne pût s’empêcher de dire, dans son admiration : « Vraiment, messieurs, c’est ici qu’il faut venir pour étudier la nature1. »
- Prévost avait été le principal peintre de panoramas à Paris; James Thayer qui en était l’entrepreneur, se l’associa, et tous deux, en 1807, firent élever, entre la rue Neuve-Saint-Augustin et le boulevard des Capucines, une nouvelle rotonde de 52 mètres de diamètre sur 16 mètres d’élévation. La plate-forme du milieu était appuyée contre le pilier du centre qui soutenait la toiture; des châssis vitrés, placés dans la partie inférieure du comble, laissaient pénétrer le jour. Cette construction, entourée de terrains vagues ou enclavée au milieu d’habitations particulières, n’avait aucuns décors extérieurs ; on y pénétrait par un corridor de 15 mètres de longueur à partir du boulevard où était l’entrée ornée de pilastres coniques.
- C’est dans cette nouvelle rotonde que fut exposée « L'entrevue de Tilsitt en 1807 ». Napoléon y vint
- 1 Dai.y. Jtevue générale de /’architecture, tome IL page 2227. Paris, 1841. Article île M. J.-J. IIittorkf, membre I de l’Institut, sur l’origine des panoramas.
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- en 18 J 0 ; il pensa que ce genre de peinture pourrait lui servir à populariser ses victoires et il chargea alors l’architecte Célérier de dresser les plans de huit rotondes, qui devaient être élevées dans le grand carré des Champs-Elysées. Dans chacune d'elles devait être représentée l’une des grandes batailles de la Révolution ou de l’Empire. L’Empereur se réservait la faculté d’acheter les toiles au prix de 45 000 francs l’une ; on devait ensuite les promener dans les principales villes de l’Empire. Les événements de 1812 ne permirent pas la réalisation de ce projet.
- Peu de temps avant la campagne de Russie, le 6 mai 1812, Prévost inaugura la Vue de la ville d'Anvers qui demeura jusqu’en 1816, époque à laquelle elle fut remplacée par une vue de Londres, dont une description nous a été donnée par Miel dans son Essai sur le Salon de peinture de 1817.
- En 1819, Jérusalem remplaça Londres dans la grande rotonde du boulevard des Capucines, et un journal nous apprend que cette vue produisit une recette de 28 755fr,45 durant l’année 1820, tandis que les petites rotondes du boulevard Montmartre avec les panoramas de Rome (fîg. 2) et d’Amsterdam, qui n’avaient pas été changés depuis 1804 ne rapportaient que 5019fr,50. En 1821, Athènes succéda à Jérusalem. Ces deux panoramas (d'Athènes et de Jérusalem), reçurent la visite de Chateaubriand qui leur consacra quelques lignes dans la préface de ses œuvres complètes.
- En 1816, aussitôt son panorama de la vue de Londres terminé, Prévost était parti pour l’Orient et y avait successivement étudié Jérusalem, Athènes et Constantinople. Malgré la maladie dont il était atteint, il put achever la peinture des deux premières villes ; mais il mourut en 1823, au moment où il commençait celle de Constantinople. Son frère Jean Prévost et son élève Roumy durent la terminer.
- Ces deux artistes firent paraître à Paris en 1824, la « Vue de Rio-Janeiro », mais ils n’avaient pas le talent de Prévost et ne jouissaient pas comme lui de la faveur du public. Trois ans après, en 1827, M. Alaux fit construire, rue Saint-Fiacre, une nouvelle rotonde, dans laquelle il représenta un système de panorama connu sous le nom de « Néorama » inventé par lui : c’étaient des vues d’intérieur principalement, d’églises, de temples ou de palais. Il peignit d’abord la basilique de Saint-Pierre h Rome et ensuite l’abbaye de Westminster; mais le néorama eut peu de succès. La toile représentant l’abbaye de Westminster est encore conservée au Musée du Louvre ; ceux qui en connaissent les greniers ont pu la voir, sous la forme d’énormes rouleaux placés dans les corridors des combles.
- Aussi, Prévost mort, crut-on que les panorSmas allaient disparaître et qu’il ne resterait plus rien de la découverte de Barker. La grande rotonde du boulevard des Capucines fut alors démolie ; celles plus petites du boulevard Montmartre subsistèrent encore, et l’on y montrait les vues de Naples et de Rome jusqu’en 1831, époque où elles furent détruites. Le public n’y affluait plus comme au temps de Prévost :
- heureusement ce peintre avait dressé deux artistes qui acquirent plus tard de la célébrité et qui, s’ils ne firent plus de panoramas, furent les inventeurs du « Diorama ». C’était Daguerre et Bouton. En même temps que ces deux artistes créaient le diorama, un officier, le colonel Langlois, régénérait, transformait et propageait le panorama. Grâce k lui, ce genre de peinture d’histoire entra complètement dans nos mœurs et vint se classer au premier rang parmi les branches de Part. Germain Bapst.
- LE NORD SANS BOUSSOLE1
- Nous nous empressons d’insérer la Note suivante que nous recevons de M. le commandant Moëssard, au sujet de nos précédents articles sur le Nord sans boussole.
- « Les plus petites découvertes ont leur mérite quand elles sont pratiques. C’est pourquoi je tiens à revendiquer la priorité du procédé d’orientation à la montre dont vous avez parlé dans vos précédents numéros. C’est en 1883, alors que j’étais professeur de topographie à Saint-Cyr que je l’ai sinon inventé (on n’invente jamais rien), du moins réinventé, car je n’en avais jamais entendu parler auparavant. De 1883 à 1887, je l’ai introduit dans mon cours à Saint-Cyr et dans mes conférences à l’École de guerre, et, depuis, je me suis appliqué à le répandre en toutes circonstances.
- « Ma formule me paraît un peu plus simple que celle que vous avez donnée, la voici :
- « Placer sa montre horizontalement, de telle sorte que la petite aiguille soit dans la direction de l’ombre de l’observateur, le nord est alors dans la direction de la bissectrice de l’angle que cette aiguille fait avec le rayon XII. »
- « La théorie peut s’en exposer en deux mots : elle résulte de ce fait qu’à midi, l’ombre de l’observateur est dirigée vers le nord, et que cette ombre, faisant un tour entier en vingt-quatre heures, marche avec une vitesse moitié moindre que la pelite aiguille, qui fait deux tours dans le même temps. 1
- « Il est bien évident que ce procédé ne serait mathématiquement exact qu’au pôle, sauf encore la petite erreur provenant de l'équation du temps. Dans nos régions, il donne autant d’exactitude que la boussole de poche, sans présenter les grosses causes d'erreur auxquelles on est exposé avec ce dernier intrument : usure du pivot, désaimantation de l’aiguille, proximité de masses de fer, etc. Il est plus rapide et peut s’employer à cheval, en voiture, en chemin de fer puisqu’il n’y a pas ici d’oscillations gênantes à éteindre. ’
- « Il lui faut le soleil, c’est vrai, ou du moins la position du soleil,
- « Pourtant il peut encore servir la nuit, avec la lune : il suffit alors, et c’est facile d’après l’apparence de l’astre,; de savoir à quelle heure la lune passe au méridien ; la bissectrice donnant le nord, sera prise entre la petite aiguille et cette heure.
- « La montre devient ainsi à elle seule un instrument de topographie complet, puisqu’elle donne les distances, par le temps employé à les parcourir et les directions azimu-tales, qui résultent de la connaissance du nord. »
- P. Moëssard, Commandant du génie.
- 1 Voy. n° 930, du 28 mars 1891, p. 270.
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- LA NATURE.
- ÉTUDE EXPÉRIMENTALE DES EXERCICES PHYSIQUES1
- LA VITESSE DD COUP DE CANNE
- Les exercices de canne sont des exercices d’agilité qu’il est impossible de ne pas placer a côté de la boxe française. S’ils ne demandent pas la finesse de l’escrime, ils ont, au point de vue gymnastique, l’avantage d’exiger des mouvements plus étendus et plus variés; au point de vue de la défense personnelle ils peuvent être quelquefois même plus utiles. Chacun n’a-t-il pas souvent une canne à la main sans se douter de ce qu’il peut en tirer en la maniant avec art.
- La qualité du tireur est encore la vitesse à la parade et à la riposte, mais les coups sont moins variés que dans l’escrime et se rapprochent de ceux de l’escrime au sabre. En dehors des coups de bout, le coup de canne se donne le plus souvent à plat, en fouettant et son effet est d’autant plus sérieux que la vitesse de la canne est plus grande au moment du toucher.
- Nous avons eu la curiosité de mesurer la rapidité du coup de canne chez les deux sujets qui nous avaient servi aux expériences sur la vitesse du coup de poing.
- Le procédé de mesure était l’analyse photochronographique. Nous avons demandé à ces deux sujets d’élite de nous exécuter un coup de canne simple, coup qui consiste dans un abaissement violent de la canne, et un coup composé, coup qui consiste dans un coup simple précédé d’un moulinet.
- Le premier sujet, M. 0. Quiller, a abaissé la canne en 9/50 de seconde. La pointe de celle-ci a acquis une vitesse maximum de 65 centimètres en 1/50 de seconde ou, ce qui revient au même, de 32m,50 à la seconde. Cette vitesse est mesurée sur la plaque photographique par la distance entre deux images consécutives de l’extrémité de la canne. La canne avait pour longueur 1m, 15 et la distance parcourue horizontalement par la pointe a été de 2m,50 d’arrière en avant.
- Dans la seconde expérience qui consistait à analyser le coup composé, nous avons trouvé, pour le même sujet, les chiffres suivants : durée du mou-
- Stute. — Vov. n° 922, du 31 janvier 1891, p. 135.
- linet préparatoire, 17/50 de seconde; durée du coup, 9/50 de seconde; durée totale du coup, 26/50 de seconde. La pointe de la canne atteint, dans cette seconde expérience, la même vitesse maximum que dans le coup simple.
- Le second sujet, M. Sandoz, comparé au précédent, donne les nombres suivants : 1° Coup de canne simple (fig. 1); durée de l’élévation de la canne, 14/50 de seconde; durée de l’abaissement de la canne, 8/50 de seconde ; durée totale du coup de canne, 22/50 de seconde. Espace parcouru horizontalement par la pointe, 80 centimètres. Vitesse maximum de la pointe, 64 centimètres en 1/50 de seconde ou 32 mètres à la seconde : 2° Coup de canne composé (enlevé). Durée du moulinet: 16/50 de seconde ; abaissement de la canne ou coup réel, 8/50 de seconde; durée totale du coup, 24/50 de seconde. La vitesse de l’extrémité de la canne est la même que dans le coup précédent. Il résulte de ces mesures que le moulinet qui précède le coup simple n’a pas eu pour effet d’augmenter le moins du monde la vitesse du coup. On aurait pourtant pu penser que, pendant le moulinet, la vitesse de la canne s’accélérait et que le coup était ainsi plus dangereux. Nous avons vu qu’il n’en est rien; cependant le moulinet peut avoir l’avantage de dissimuler le coup que l’on va donner et de fermer la ligne à l’adversaire en se couvrant. Nous soumettons cette expérience aux professeurs qui en savent beaucoup plus long que nous à ce sujet.
- Nous mettons sous les yeux du lecteur une série d’images obtenues au moyen de l’appareil à dissociations de M. Marey pendant un assaut de canne (fig. 2). Cette série est composée d’épreuves successives prises à 1/20 de seconde environ sur une pellicule sensible se déplaçant entre chaque épreuve et s’arrêtant pendant le temps de pose qui est réduit au millième de seconde.
- Pour la lecture de la figure 2 il faut suivre les images dans l’ordre indiqué par leurs numéros. On
- Fig. 1.— Analyse du coup de canne et recherche de la vitesse au moyen de la photochro-uographie. Images successives à 1/50 de seconde d’intervalle. (Cliché de la station physiologique.) Reproduction directe par l’héliogravure.
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- Hg. 2. — Assaut de canne. Images photographiques successives prises à des intervalles de temps égaux très rapprochés, sur une pellicule sensible, par la méthode de M. le professeur Marey. (Cliché de la station physiologique. Reproduction directe par l’héliogravure.)
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- LA NATURE.
- observera que pour la facilité de la reproduction les figures ont été retournées ce qui fait que les sujets semblent gauchers.
- — A suivre. — Georges Demeny.
- LE TÉLÉPHONE DE PARIS A LONDRES
- Nous avons publié, clans le numéro du 28 mars dernier, une description technique de l’installation et des conditions de fonctionnement de la ligne téléphonique reliant Londres et Paris, ligne actuellement en service depuis le 31 mars. L’exactitude de nos renseignements est confirmée par une communication faite le 1" avril devant la Société internationale des électriciens, par M. Thomas, ingénieur de l’Administration française chargé de la direction des travaux, qui a assisté à toutes les opérations de la pose du câble ainsi qu’à toutes les expériences. Il ne nous reste plus qu’à donner, d’après M. Thomas, le montage des appareils à chaque poste.
- La figure 1 représente le montage ordinaire, montage que nous avons déjà signalé et qui a été tout d’abord
- la main une clef de Morse qui, dans sa position ordinaire, met les téléphones récepteurs sur la ligne ; au contraire, il retire de la ligne les récepteurs du poste parlant et met en ligne le fil fin de la bobine d’induction du poste transmetteur lorsque l’on appuie dessus. Cette disposition améliore la transmission en n’intercalant, dans le circuit que les appareils strictement nécessaires à la conversation : bobine d’induction au poste transmetteur et téléphones récepteurs au poste récepteur. L’inconvénient pratique est la nécessité dans laquelle on se trouve, nécessité qui sort des habitudes téléphoniques actuelles, de manœuvrer une clef Morse suivant que l’on veut parler ou écouter, sous peine de ne pas entendre ou de ne pas transmettre, si la manœuvre est faite à contresens. Néanmoins, les avantages de cette disposition sont très grands, car ils permettent de téléphoner sur une ligne pour laquelle le produit de la capacité par la résistance atteint 40 000 et même 45 000, et c’est à cette disposition qu’il faudra, en définitive, avoir recours si l’on veut pouvoir téléphoner sur des lignes souterraines ou même aériennes présentant un plus grand développement que la ligne actuellement en service entre Paris et Londres. E. Hospitalier.
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- Fig. 1, 2 et 5. — Différents modes de montage des appareils téléphoniques sur la ligne Paris-Londres. — 1. Montage ordinaire. — 2. Montage avec téléphone en dérivation. — 3. Montage avec clef d’exclusion. — B. Bobine d’induction. — M. Microphone. — P. Piles. — T. Téléphones récepteurs. — C. Clef de substitution.
- expérimenté avec succès de Paris à Londres, en partant des bureaux centraux de chacune de ces villes. Mais, lorsque l’on a voulu correspondre de poste d’abonné à poste d’abonné, on a rencontré des difficultés spéciales résultant du fait que les lignes doubles souterraines présentent une résistance kilométrique et une capacité électrostatique kilométrique beaucoup plus élevées que les lignes aériennes et le câble lui-même. Il en résultait un accroissement notable du facteur caractéristique d'une bonne transmission téléphonique. On a pu remédier pratiquement dans une grande mesure à l’imperfection apportée par ce s lignes souterraines en modifiant le couplage des appareils de transmission et de réception.
- Le montage représenté figure 2 a donné des résultats meilleurs que le montage ordinaire (fig. 1). Cette disposition consiste à placer les deux téléphones récepteurs non plus en tension avec la ligne double et le fil fin de la bobine d’induction, mais en dérivation aux extrémités de la ligne, le fil fin de la bobine d’induction formant lui-même une seconde dérivation.
- Mais les résultats les plus remarquables ont été obtenus en montant les appareils comme le représente la figure 3. Dans cette disposition, chaque pofete est récepteur ou transmetteur, mais il ne saurait être à la fois transmetteur et récepteur. A cet effet, chacun des interlocuteurs a sous
- LES JEUX A L’ÉCOLE1
- ESSAI DE CLASSIFICATION
- En cherchant à classer les jeux, nous avons été arrêté par la difficulté de trouver entre plusieurs jeux un caractère commun très net qui permît de constituer un groupe distinct. Tous les jeux, en effet, consistent en un exercice accompagné d’un plaisir ; le corps et l’esprit y ont chacun part, seulement l’exercice exige plus ou moins de force, d’adresse, d’agilité, de souplesse, de promptitude ou de grâce, l’esprit doit être plus ou moins avisé, ingénieux, éveillé, prompt, les différences ne sauraient servir de moyens de classification; ce ne sont là que des nuances.
- On ne parvient pas davantage à distinguer des jeux gymnastiques et des jeux uniquement récréatifs. Les premiers forment en quelque sorte une transition entre la gymnastique et les jeux. La course, le saut, la lutte font partie de ce groupe intermédiaire et ne sont pas des jeux, quoiqu’on puisse les tourner en jeu, comme on fait de choses plus sérieuses.
- Il est encore factice de classer les jeux eu égard à l’espace nécessaire et de considérer des jeux d’intérieur et des jeux d’extérieur, car une cour d’école insuffisante pour les exercices des grands peut suffire aux petits pour un même jeu. Ce qu’on peut dire, c’est que, si l’on ne dispose jamais de trop d’espace, on se contente, faute de mieux, de celui qu’on a. Dans certains cas, on diminue l’amplitude des mouvements afin de les proportionner à l’espace disponible. Il est difficile de jouer au ballon, par exemple, dans une trop petite cour ou dans un lieu couvert qui n’a pas de grandes dimensions. Les enfants sont les premiers à reconnaître si, dans un lieu déterminé, ils peuvent se livrer à tel ou tel jeu.
- Nous ne pensons pas qu’il faille tenir grand compte de la différence des sexes dans la classification des jeux, filles et garçons peuvent participer aux mêmes jeux à moins que les vêtements ne soient un obstacle ou une gêne, ou que les convenances s’y opposent. Frères et sœurs jouent souvent ensemble sans inconvénient. Toutefois, il convient de choisir, pour les jeunes filles, les
- 1 Suile. — Yoy. n° 029, du 21 mars 1891, p. 242.
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- LA NATURE.
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- exercices qui ^exigent moins d'efforts musculaires et des mouvements moins vifs. Encore, dans ce cas, il ne s’agit que de'différences peu importantes.
- Enfin, ni l’âge ni le tempérament ni l’état de santé ne sauraient convenir comme éléments de classification, mais il faut en tenir compte pour modérer le jeu ou même l’interdire à certains enfants qui, d’ailleurs, y sont peu portés lorsqu’ils n’ont pas la force ou la santé nécessaire pour y participer. Ainsi, les barres, la corde peuvent porter atteinte à la santé de quelques enfants délicats ou prédisposés aux maladies du cœur.
- 11 ne nous resterait qu’à dresser la liste des jeux si nous ne distinguions ceux qui exigent l’emploi d’un outillage comme les billes, les quilles, la balle et ceux qui n’en exigent pas comme les barres, cache-tampon, etc.
- Nous commencerons par les jeux de l’école maternelle, c’est-à-dire qui conviennent aux enfants des deux sexes, au-dessous de sept ans; puis, nous passerons aux jeux de l’école primaire, pour les enfants de sept à treize ans.
- Nous avons déjà écarté, comme ne convenant pas aux enfants, si ce n’est dans certains cas, les jeux qui n’exigent pas d’exercice et laissent l’enfant immobile, comme les dames, les dominos, les jeux de patience, le loto. Nous laissons aussi de côté les jeux d’esprit qui sont plutôt un divertissement souvent laborieux qu’un jeu. Nous choisissons de préférence les jeux qui exigent un exercice et permettent à l’enfant de manifester sa joie par des cris et des rires, ce ne sont pas les plus compliqués, tant s’en faut; après ceux-là viennent ceux qui développent plus particulièrement l’adresse et la grâce pour le corps, la finesse et la promptitude pour l’esprit.
- — A suivre. — FÉLIX DÉMENT.
- SONNETTE ÉLECTRIQUE
- POUR ENFONCER LES PIEUX
- Tout le monde connaît la vieille machine appelée sonnette employée habituellement pour l’enfonçage des pilotis. Le treuil de cette machine est généralement mû à bras d’homme. On a cherché à remplacer, dans ce genre de travail, la force de l’homme par la vapeur.
- Des appareils 1res ingénieux ont été inventés et appliqués principalement dans les grands travaux de l’État. Ils consistent en principe en un cylindre à vapeur, tantôt placé sur le bâti de l’appareil et tirant directement la corde du mouton, tantôt installé sur la tète du pieu et faisant lui-même, à chaque coup, office de mouton sans aucun intermédiaire.
- Ces appareils n’ont qu’un inconvénient, c’est qu’ils nécessitent l’emploi d’une chaudière qui doit se déplacer au fur et à mesure de l’avancement du travail.
- La transmission de la force mécanique par l’électricité devait tout naturellement trouver ici son application. Elle était tout indiquée, notamment dans un établissement comme la papeterie d’Essonnes, dont le sol tourbeux exige pour les moindres constructions des pilotis de dix mètres de longueur, et dont la plupart des ateliers sont éclairés à l’électricité. 4
- Les dynamos employées à l’éclairage ne servent, cela va sans dire, que la nuit, l’une d’elles est utilisée le jour au battage des pieux, procurant ainsi un travail mécanique beaucoup plus économique que la main de l’homme.
- Notre dessin indique comment les choses sont disposées. La machine réceptrice K, du type Edison à vitesse constante et sans décalage de balais, est montée directement
- sur le patin de la sonnette; elle attaque au moyen d’une courroie, un treuil ordinaire à chaîne T sur l’arbre de commande duquel sont placées deux poidies, l’une fixe et l’autre folle; les fils conducteurs arrivant de la génératrice sont reliés à la réceptrice en même temps qu’à une résistance placée près d’elle.
- Le circuit étant fermé, le courant passe constamment par la réceptrice qui conserve la même vitesse, et ne traverse au contrairelarésistancequependantl’arrêtdutreuil, pour compenser le travail absorbé par le levage du mouton.
- A cet effet, le fil de dérivation de la résistance est raccordé d’un côté à une pièce de cuivre fixe et de l’autre à un taquet rivé à la barre de débrayage, laquelle fait aussi
- Sonnette actionnée par un moteur électrique. — T. Treuil à chaîne. — M. Manivelle démontable. — R. Moteur électrique de 8 chevaux effectifs à vitesse constante. — C. Pièce de cuivre fixée à la barre de débrayage. — PP’. Pièces de cuivre fixes sur lesquelles glisse la pièce C fixée au débrayage.
- office de commutateur; de cette façon, en même temps qu’on fait passer la courroie de la poulie fixe sur la poulie folle, on intercale la résistance dans le circuit; le travail absorbé reste alors sensiblement le même, et la génératrice et son moteur conservent une vitesse régulière.
- Le mouton, du poids de 500 kilogrammes, est élevé à raison de un mètre par seconde à 5 ou G mètres au-dessus de la tète du pieu, sur lequel il retombe.
- L’intensité du courant est de 05 ampères, la force électro-motrice de 112 volts aux bornes de la génératrice, et de ICO volts aux bornes de la réceptrice distante de 100 mètres environ : le fil de cuivre rouge qui les relie a 5 millimètres de diamètre.
- Le travail absorbé par les conducteurs, la réceptrice et
- £* V 11%
- le treuil, est de -y^-— = 725 kilogrammètres = 9cl“,66
- pour un travail utile de 500 kilogrammètres ou 6th,66, soit une perte totale de 51 pour 100 environ.
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- LA NATURE.
- LE VACCINOSTYLE
- l’ne des objections principales présentées par les opposants à la vaccination et surtout à la vaccination obligatoire est, en dehors de la question de liberté individuelle, la possibilité d’infection par le transport de la lymphe d’un vaccinifère malade au vacciné. Les exemples de ces contagions sont peu nombreux, en présence des milliers d’inoculations; mais ils existent. On a répondu à cette crainte, par l’emploi de plus en p'us exclusif de la lymphe animale. Des instituts privés ou publics entretiennent sur de jeunes génisses des cultures de vaccin et fournissent à tous les médecins ou sages-femmes des tubes ou des plaques de vaccin de bonne qualité.
- Mais, disent les antivaccinateurs, vous pouvez inoculer la tuberculose, si fréquente dans l’espèce bovine; et puis, en admettant que votre vaccin soit pur, votre lancette peut, d’un vacciné à l’autre, transporter les germes d’une affection dangereuse.
- A la première objection, on peut répondre que des expériences fort délicates, entreprises par des savants du plus grand mérite,
- MM. Chauveau,
- Straus, ont démontré que le bacille tuberculeux n’existait pas dans la lymphe vaccinale et que la contagion par l’inoculation de la lymphe n’était pas possible. Pour mettre le public à l'abri de toute crainte, les instituts vaccinaux font mieux : la lymphe recueillie sur un animal n’est délivrée qu’après que l’animal a été sacrifié et qu’on a pu ainsi vérifier, d’une façon absolue, le bon état de santé de la bête.
- Quant à l’infection par la lancette, elle est assurément toujours possible, si le vaccinateur n’a le soin, absolument élémentaire aujourd’hui, de stériliser son instrument chaque fois en le passant à l’eau bouillante et le flambant. Dans la discussion pendante devant l’Académie de médecine, un article additionnel avait été introduit dans le projet de règlement sur la vaccination. Tout vacciné sera vacciné avec des instruments à lui, ne devant toucher que lui.
- L’article est sage, bien formulé, mais son application n’est pas pratique. Comment un médecin vaccinant des recrues dans les casernes, des élèves dans des pensionnats, pourra-t-il avoir à sa disposition la quantité de lancettes nécessaire. 11 ne pourra que tourner la difficulté, en stérilisant l’instrument, ce qui équivaut à se servir d’un instrument neuf et absolument vierge, au point de vue de l’infection. Cette solution ne satisfera pas des entêtés, des grincheux qui, devant une vaccine à marche anormale, s’imagineront toujours, en dépit de toutes les précautions préalables, que l’instrument n'était pas propre.
- Il fallait cependant résoudre ce problème et il vient de l’être d’une façon à la fois très simple et très économique par un médecin de notre armée, le I)r Maresclial. Après avoir essayé des épingles, des aiguilles de tous genres, notre confrère s’est arrêté à l’emploi de la plume métallique, la vulgaire plume à écrire. Autant de sujets à vacciner, autant de plumes à employer et jetées au rebut. Acheté à la grosse, l’instrument n’est pas cher. Et défait les vaccinations pratiquées avec cette lancette primitive ont réussi comme avec les procédés ordinaires. En deux heures, M. Mareschal a pu revacciner ainsi cinq cents soldats sans avoir aucun accident et avec des résultats de 73 pour 100.
- La plume Ordinaire peut donc servir de lancette, mais en réformateur ingénieux, M. Mareschal a voulu faire mieux. La plume est en effet peu aiguë et provoque de ce fait un peu de douleur; il fallait l’aiguiser mais légèrement, de façon à ne pas provoquer un écoulement de sang inutile. Pour obvier à ces petits inconvénients il a fait
- construire par les grands fabricants de plumes, MM. Blanzy, Pouce, les types reproduits à la partie supérieure du dessin ci-contre et leur a donné le nom de vaccinostyle (( Le Jenner ». Pour la commodité de l’opérateur, deux types ont été créés, l’un plat, de la forme de la lancette à vacciner ordinaire, l’autre évidé et cannelé ; le premier établi indifféremment pour la vaccination par piqûre ou par scarification; l’autre établi plus spécialement pour la vaccination par piqûre. Un porte-plume spécial permet de remplacer la plume aussitôt la piqûre faite.
- Je crois qu’en dehors de la vaccination, le vaccinostyle sera bien accueilli dans les laboratoires, où l’on fait tant d’expériences d’inoculation, ainsi qu’en médecine vétérinaire.
- Le procédé est, on le voit, fort ingénieux et fort simple. J’ajouterai que ces lancettes sont d’un prix fort modique, 2 francs le cent, 3 francs le vaccinostyle cannelé, ce qui met le débours à 2 ou 3 centimes pour chaque vaccination, soit autant dire presque rien.
- De même que l’encre sur une plume neuve, le vaccin prend souvent sur l’instrument une forme globulaire et adhère mal à la pointe; cela est dû à la présence d’une très légère couche d’un vernis destiné à prévenir l’oxydation ; on la fait disparaître facilement par une immersion préalable dans l’alcool. Outre les deux modèles de vaccinostyle, notre dessin représente une pochette en bois dans laquelle le fabricant a réuni deux étuis contenant une cinquantaine d’instruments, deux porte-plumes auto-expul-seurs des plaques de verre, et un long étui destiné à recevoir les tubes de vaccin. Dr A. Cartaz.
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- LA NATURE.
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- LA SCIENCE AU THEATRE
- l’incendie DU (( MAGE )) A l’oPÉRA DE PARIS
- Fig. 1. — Appareils destinés à imiter la fumée de l’incendie, à l’Opéra de Paris. — Représentation du Mage.
- La mise en scène au théâtre, aujourd'hui, est devenue un art des plus complexes et des plus raffinés. Le spectateur, en effet, ne se contente plus comme jadis d’une illusion vaine à laquelle vient suppléer son imagination; il lui faut un semblant de réalité capable de lui donner la sensation de la chose vraie, et, naturellement, impresarii, machinistes, décorateurs, etc., tout le monde s’ingénie, avec succès le plus souvent, à satisfaire son goût.
- Chaque pièce à spectacle nouvelle nous révèle des trouvailles inédites, et, en vérité, ce n’est pas une occupation sans intérêt, ni sans utilité, que de comparer comment avec le temps un même effet scénique se modifie et se perfectionne.
- Prenons, par exemple, le cas de la représentation des incendies au théâtre. Jadis, comme dans Mignon ou dans le Prophète, quelques flammes de lycopode, quelques feux rouges de Bengale suffi-
- saient à satisfaire tout le monde. Depuis, l’on s’est amplement rattrapé, et, en ces dernières années, les habiles metteurs en scène de l’Opéra nous ont montré à deux reprises, d’abord dans Sigurd, et voici seulement quelques jours dans le Mage, le nouvel opéra de M. Massenet, des embrasements perfectionnés au point de pouvoir rivaliser, comme effet, avec des incendies réels. A cet égard, la mise en scène du Mage est particulièrement remarquable.
- Nous sommes au dernier acte du drame. Le temple de la Djahi est en ruines. Les Touraniens l’ont brûlé. Seule se dresse intacte la statue triomphante de la déesse devant laquelle, comme une fumée d’encens, s’élèvent de légers flocons de vapeur blanche surgissant des décombres. Le mage Zarastra contemple avec horreur les débris amoncelés, et, près de lui, se trouve Anahita, la reine de Touran. Cependant, la prêtresse du temple, Varédah, blessée
- Fig. 2. — Appareil pour imiter l’éclair. — Ou jette de la poudre de magnésium mélangée de chlorate de potasse sur une grille métallique rougie au feu.
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- LA NATURE.
- mortellement et demeurée étendue sur le sol, se ranime, et, voyant Zarastra triomphant auprès de sa rivale, dans un élan de fureur tragique, invoque la Djabi. Celle-ci obéit à sa voix. Le l'eu, qui couve encore sous les cendres, se réveille terrible. D’abord, la fumée devient plus intense et ses spirales s’élevant dans l’air se nuancent de rouge; puis, bientôt les flammes reparaissent le long des corniches demeurées debout, la statue s’effondre, l’incendie s’étend de proche en proche et bientôt la scène n’est plus qu’un immense brasier ardent où crépitent les étincelles, voltigent les flammes et tourbillonne la fumée.
- Quelle est maintenant le secret de cette merveilleuse mise en scène ?
- Dans Sigurd, on se le rappelle, l’effet obtenu est produit par des jets de vapeur que l’on colore en rose avec des flammes de Bengale. La vapeur sous pression arrive dans de gros conduits circulant sous le théâtre, et s’échappe par de petits tubes soudés aux tuyaux d’amenée et traversant le plancher de la scène. La manœuvre s’exécute en ouvrant un robinet. L’inconvénient du procédé, d’un aménagement fort simple, est dans les stridences bruyantes de la vapeur s’échappant à l’air.
- Dans le Mage, où la musique de l’orchestre, au moment de l’incendie, est relativement douce, cette circonstance eût été des plus gênantes. Il a donc fallu trouver le moyen de la produire en abondance tout en évitant le bruit d’échappement. Voici comment la difficulté a été heureusement tournée. C’est encore la canalisation de Sigurd qui amène la vapeur produite par la chaudière. Seulement, au lieu de la laisser fuser par mille orifices étroits, on l’oblige à passer dans des appareils spéciaux, sortes de grands cadres en forme de triangle isocèle, réunis par couple aux deux extrémités d’un même conduit d’amenée. Ces cadres qui sont fixés par le sommet opposé à la base du triangle, présentent, à leur point d’attache, une épaisseur assez forte qui va en diminuant régulièrement à mesure que l’on se rapproche de la partie élargie de l’appareil. A la hase même du triangle, l’épaisseur est tout à fait réduite et la vapeur qui s’est étalée dans toute l’étendue du cadre s’échappe alors sans bruit aucun et sur toute sa largeur, par une fente étroite réservée entre les deux faces de l’appareil. A l’intérieur des cadres se trouvent des lames de feutre dont l’objet principal est de retenir les gouttelettes humides mécaniquement entraînées (fig. 1).
- L’avantage de cet aménagement particulier qui, à l’Opéra, a été installé entièrement par M. David fils, constructeur-mécanicien à Bruxelles et entrepreneur de la machinerie au théâtre royal de la Monnaie, est de permettre d’obtenir des dégagements de vapeur partout où cela est nécessaire. Ces cadres, en effet, sont facilement maniables par deux hommes, et, des crochets fixés à leur surface permettent de les attacher à volonté et en un instant le long d’un portant ou ailleurs, aussi bien dans les
- dessus qu’au niveau même de la scène. Un simple tuyau de raccord fixé sur la prise de vapeur, et l’appareil fonctionne.
- Pour l’incendie du Mage, on emploie dix-neuf de ces doubles cadres ; sept se trouvent répartis sur le théâtre en des points divers et presque jusqu’à la hauteur des frises ; les douze autres demeurent installés dans les dessous et leur rainure d’échappement de vapeur traverse le plancher de la scène dans les costières.
- Ce système d’incendie dont les effets sont accentués par des feux de Bengale, des flammes de lyco-pode, des jets de lumière électrique diversement colorés et de petites pièces d’artifices destinés à simuler le fourmillement d’étincelles produites par l’effondrement de la statue, n’est pas absolument nouveau. Il a, en effet, été déjà employé à Dresde et au théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, dans la mise en scène de la Valkgrie.
- A Paris, par exemple, il a été perfectionné notablement par M. David. A Dresde, en effet, les cadres étaient en bois et laissaient fuser la vapeur qui venait bientôt noyer tous les dessous de la scène. Aujourd’hui, ils sont construits en tôle galvanisée et toute fuite est devenue impossible.
- Le trucage de l’incendie n’est pas la seule innovation faite à l’Opéra à propos du Mage. La foudre, également, a subi des perfectionnements. Au troisième acte, Pacte de la montagne, l’on voit un orage terrible dont les éclairs sont véritablement aussi étincelants, aussi aveuglants que les éclairs naturels. Us sont produits d’une façon très simple et sont dus à la combusfion brusque, sur une plaque treillagée et chauffée fortement, d’un mélange de trois parties de magnésium en poudre et d’une partie de chlorate de potasse (fig. 2). C’est, du reste» un procédé semblable qui est employé par les photographes pour faire la nuit des épreuves instantanées. Combinés avec les flammes de lycopode, ces éclairs au magnésium produisent des effets surprenants de réalisme et dépassent de beaucoup tout ce que l’on peut obtenir en ce sens avec l’étincelle électrique. G. Vitoux.
- CHRONIQUE
- Un nouveau procédé de déplâtrage du vin.
- — Tous nos lecteurs savent que l’État ne tolère le plâtrage du vin que jusqu’à la limite de 2 grammes de sulfate de potasse par litre. Beaucoup de vins en contenant une quantité supérieure, on a cherché à les déplâtrer pour les faire rentrer dans les conditions exigées par l’État. Cette opération se faisait autrefois avec du chlorure de baryum ajouté en proportion calculée ; il se formait du sulfate de baryte insoluble qui se déposait et du chlorure de potassium, substance toxique au même titre que le sulfate de potasse. Pour éviter ces fraudes, le Comité d’hygiène a interdit la vente des vins chlorurés. On signale aujourd’hui un nouveau mode de déplâtrage qui repose sur l’emploi en quantité calculée du tartrate de strontium. En présence
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- LA NATURE.
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- du sulfate de potasse, celle matière produirait la réaction suivante (en notation atomique) :
- S0*K* + OlI*06St = C*H«0*K* + S04St
- Sulfate Tartrr.t! Tartrate Sulfate
- de potassium. de strontium. de potassium. de strontium.
- Le sulfate de strontium insoluble se dépose tandis que le lartrate neutre de potasse rencontrant l’acide tartrique libre du vin se transforme en tartrate acide ou bitartrate de potasse. On détermine ainsi une réaction inverse de celle provoquée par le plâtrage qu’on peut représenter par cette équation :
- 2(OII40BKH) + S0'*Ca = C4H406Ca + S04K* + C4Il«0e
- lïitartrate Sulfate Tartrate Sulfate Acide
- de potassium. de calcium, de calcium, de potassium, tartrique.
- On rétablit donc la composition initiale du vin quant au tartrate et à l’acide tartrique et on peut ainsi ramener tous les vins à la limite de 2 grammes de sulfate sans enfreindre les obligations imposées par la loi.
- Les chèvres en Corse. — En Corse, les statistiques établissent qu’il y a plus de 90 000 chèvres, qui pourraient, si l’on y apportait quelque attention, constituer un capital fort important, d’autant plus que ces animaux pouvant être nourris avec des matières qui, sans elles, resteraient sans utilisation, le produit annuel de chacun équivaut au moins à la valeur du capital qu’elle représente, et constitue un rendement de près de 100 pour 100. Les chèvres vivent sur les niveaux les plus élevés, où il n’y a guère que des bruyères et des végétaux ligneux, et elles seules peuvent mettre ces sommets en valeur et les rendre habitables à l’homme. La chair des chevreaux est assez délicate pour la consommation, et la peau a une valeur commerciale assez importante, dans les industries de la ganterie et de la cordonnerie. Le lait de chèvre consommé en nature ou transformé en fromages peut également donner lieu à un important trafic. La race qui vit en Corse peut produire en moyenne 2 litres de lait par jour, soit environ 450 litres par an. Un éleveur a calculé que pour une chè-vrerie de 24 têtes, d’une valeur de 20 à 30 francs par tète, on pouvait compter sur une recette de 2918 francs sous forme de lait et de chevreaux. Les dépenses étant évaluées à 1898 francs, le bénéfice était de 1020 francs, soit 42fl,50 par tète, c’est-à-dire presque le double du capital.
- Conditions de construction d’nn téléphone.
- — 11 résulte des recherches poursuivies par M. Mercadier et dont les résultats viennent d’èlre récemment présentés par l’auteur à l’Académie des sciences que, pour obtenir d’un téléphone magnétique le maximum de rendement, il faut réaliser principalement les quatre conditions suivantes : 1° favoriser la mobilité des lignes de force du champ ; 2° faire traverser les lignes de force oar le plus grand nombre possible des fils des bobines tt perpendiculairement à leur direction; 3° diminuer l’épaisseur du diaphragme jusqu’à celle qui est juste suffisante pour absorber le plus grand nombre des lignes de force existant dans son voisinage ; 4° augmenter le rapport du volume induit du diaphragme au volume total, ce qui conduit à diminuer le diamètre jusqu’à une certaine limite.
- LTn sac de lettres du seizième siècle. — On
- vient de faire une curieuse trouvaille à Francfort-sur-le-Mein. Un sac de courrier, ou malle-poste datant de 1584, et renfermant 475 lettres, a été trouvé dans une cave du tribunal civil. Toutes les lettres, qui étaient cachetées et intactes, sont d’origine italienne et à destination des Pays-
- Bas. Elles ont été déposées au Musée postal de Berlin, où les savants qui s’occupent d’histoire ont obtenu l’autorisation de les examiner.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 0 avril 1891. — Présidence de M. Düchartue.
- Raphaël météoritologue. — Dans une intéressante Notice publiée dans la livraison de mars 1891 de /’American Journal of sciences, M. II.-A. Newton signale l’opinion de M. Uolden directeur de l’Observatoire de Lick, à l’égard d’une peinture de Raphaël. Cette peinture, connue sous le nom de M adonna di Foligno et conservée à Rome dans la Pinacothèque du Vatican, représente la SI adonna debout dans le ciel au-dessus d’un paysage qui comprend la ville de Foligno et ses environs. Entre ciel et terre, sont des nuages, un arc-en-ciel et une grosse larme de feu animée évidemment d’un mouvement de précipitation poisseuse vers le sol. Or, que représente cette larme de feu : beaucoup d’érudits y ont vu un coup de tonnerre, mais, il n’a aucunement l’aspect fulgurant consacré dans toutes les images de la foudre ; d’autres ont pensé y reconnaître une bombe avec sa trajectoire ou un feu grégeois, allusion aux guerres si sanglantes de l’époque; mais l’absence de toute fumée rend la supposition invraisemblable. M. Holden et après lui, M. Newton, émettent une opinion toute différente ; d’après eux, ce que Raphaël a voulu représenter, c’est un bolide apportant des météorites et laissant derrière lui sa traînée. M. Daubrée, qui signale aujourd’hui à l’Académie la Note américaine, a examiné à l’École des beaux-arts une copie de la toile de Raphaël et se range à l’opinion exprimée. Il est remarquable qu’au moment où le tableau fut peint, une pluie de météorites avait eu lieu depuis peu à Crema, à une faible distance de Milan : Raphaël, sans être témoin du phénomène, en avait eu des récits très circonstanciés comme celui d’Aino-retti, par exemple, qui est parvenu jusqu’à nous, et il est tout naturel qu’au moment où la terrible guerre finissait avec les Français, le phénomène météoritique ait été rangé avec l’arc-en-ciel, parmi les témoignages de l’intercession divine.
- L'iodure de bore. — M. Berthelot présente à l’Académie un travail de M. Henri Moissan sur la préparation de ’iodure de bore. Ce corps qui n’avait pas encore été obtenu, peut se préparer dans différentes circonstances, mais surtout par l’action de l’acide iodhydrique gazeux au rouge sur le bore amorphe de Deville et Wœhler. M. Mofssan a obtenu ainsi un composé très hygroscopique, bien cristallisé, incolore, fondant à 43 degrés et entrant en ébullition à 210 degrés. Au contact de l’eau, il produit le bruit d’un fer rouge en donnant de l’acide borique et de l’acide iodhydrique. Avec le soufre et le phosphore, il réagit de suite. 11 fournit des combinaisons avec le chloroforme, l’iodofortne, les alcools, les éthers et les ammoniaques composées. Les dérivés ainsi obtenus sont cristallisés. Avec l’alcool ordinaire, en particulier, M. Moissan a démontré qu’il se produit un dédoublement très net en acide borique hydraté et iodure d’éthyle. Ce nouveau composé fournit donc des réactions très énergiques.
- Biologie du bacille pyocyanique. — Un graphique exposé sur le mur de la salle, montre avec beaucoup d’éloquence, les résultats obtenus par MM. Arnault et Charrin dans l’examen qu’ils viennent de faire des modifications imprimées au milieu dans lequel il vit par le microbe de la maladie pyocyanique. Une culture étant faite dans un litre de bouillon, on y ajoute 5 grammes d’asparagine. On
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- LA NATURE.
- constate, au bout de cinquante heures, la destruction totale de celle-ci. L’azote passe en partie à l’état d’ammoniaque et en partie à l’état d’acide aspartique, mais ce dernier, dont la proportion augmente d’abord assez vite, est consommé à son tour dès que l’asparagine vient à manquer et finalement presque tout l’azote se transforme en sels ammoniacaux. 11 y a cependant, en outre, une petite proportion de substances azotées indéterminées encore, dont la production est extrêmement lente et auxquelles appartiennent sans doute des fonctions physiologiques de première importance. On sait déjà qu’elles sont toxiques et douées de propriétés vaccinantes.
- Fonction du pancréas. — De deux côtés différents, parviennent à M. Bouchard, en même temps, que les analyses, deux Notes fort analogues sur les fonctions du pancréas. Elles sont dues, l’une à M. Ilénon, l’autre à M. Clé. Leur résultat commun est que l’ablation de la glande détermine la glycorusie permanente. Il se fait en même temps de l’azoturie et celles-ci, par l’excès d’urée éliminée, explique surabondamment l’amaigrissement, noté déjà chez les sujets où le pancréas est frappé de destruction fonctionnelle.
- La sardine de l'Océan.
- — A propos d’un récent travail de M. Marion sur la sardine de la Méditerranée, M. Georges Pouchet décrit, avec beaucoup de détail, les particularités relatives à la sardine de l’Atlantique. La comparaison aura le plus vif intérêt pour les zoologistes.
- Les cellules lymphatiques de la grenouille.
- — D’après M. Ranvier, les cellules lymphatiques de la grenouille (Rana tem-poraria et R. esculenta) peuveht se transformer en cellules ramifiées, arborisées, immobiles, c’est-à-dire en clamatocytes. Pour obtenir cette transformation, il suffit de faire une préparation dans une cellule de verre de la lymphe péritonéale et de la maintenir pendant une heure à la température de 25 degrés centigrades.
- Varia. — M. Bouchard a constaté qu’avec deux tiers de gouttes de culture pyocyanique par kilogramme d’animal on réalise une vaccination parfaite. — Le rôle du muscle thyro-aryténoïdien dans le mécanisme de la voix humaine occupe M. Hubert. — La petite planète 309 de Borelly a été observée à Paris par M. Bigourdan. — M. Massol décrit le malonate d’éthyle et de potassium. — L’acide permolybdique est obtenu par M. Péchard qui décrit de nombreux sels cristallisés. — Un procédé de séparation électrolytique du fer, du nickel et du cobalt est proposé par M. Leroy. — M. Cruls, de Rio-Janeiro, propose un nouveau procédé de mesurer des longitudes en mer. Stanislas Meunier.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- CURIEUX INSTRUMENTS DE MUSIQUE
- Avec un tube de verre quelconque, on peut reproduire facilement le chant d’un petit oiseau. 11 suffit de frotter ce tube dans le sens de sa longueur avec un morceau de liège mouillé. Pour imiter le chant de l’oiseau, il faut promener le liège sur le tube avec des vitesses très variables, tantôt lentement, tantôt rapidement, et en produisant des arrêts brusques. Cette expérience peut se faire plus simplement en frottant un morceau de liège sur une bouteille ordinaire.
- Prenons un tube en verre, large de 2 centimètres environ, et long de 30 centimètres, légèrement évasé a l’une de ses extrémités. Enroulons sur ce tube une feuille de carton bristol, de manière à doubler à peu près sa longueur. Ce double tube est assez long pour constituer une bonne trompette dont le son fondamental sera très grave. En faisant glisser graduellement le bristol sur le verre, on diminue la longueur de la colonne d’air vibrante ; on entend la note s’élever à mesure que le tube se raccourcit. Ceci est une résurrection de l’antique trombone à coulisse.
- La figure ci-contre, qui représente un trombone à coulisse de ce genre, est la reproduction d’une excellente photographie exécutée par M. Albert Buysse, membre de VAssociation belge de photographie. L’exécutant dont nous donnons le portrait, est fort habile à jouer de cet instrument : c’est le fils aîné de M. César Snoeck, le savant amateur musicien qui possède à Gand un musée d’instruments de musique des plus remarquables, et dont nous parlerons dans La Nature.
- On sait que dans les appareils du genre de celui que nous décrivons, ce sont les lèvres qu’il faut faire vibrer. La trompette représentée ci-dessus peut aussi se réaliser avec un bambou ou un morceau de tuyau métallique et du carton bristol. La matière qui constitue les instruments à vent n’a pas d’influence sur la qualité du son. Félix Leconte.
- Le Propriétaire-Gérant: G. Tissanmer.
- I Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- Trombone à coulisse formé d’un tube de verre et d’un tube de carton. (D’après une photographie.)
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- N° 953. — 18 AVRIL 1891.
- LA NATURE.
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- LE GRAND ÉQUATORIAL COUDÉ DE L’OBSERVATOIRE DE PARIS
- Fig. 1. — Le grand équatorial coudé (système Lœwy). — Yue d’ensemble de l’appareil.
- Le grand instrument dont notre Observatoire national vient de terminer l’installation est construit sur le même principe que l’équatorial coudé de 27 centimètres de diamètre établi en 1882, suivant l’ingénieuse disposition imaginée, dès 1872, par M. Lœwy, sous-directeur de l’Observatoire de Paris, et dont La Nature a déjà entretenu ses lecteurs i.
- Nous rappellerons ici que l’équatorial coudé se compose de deux parties à angle droit : l’une estdirigée suivant l’axe du monde et peut tourner sur elle-même; l’autre, qui lui est perpendiculaire,
- 1 Yoy. n° 538, du 22 septembre 1883, p. 204.
- •19e année. — l01' semestre.
- peut décrire autour de la première un plan représentant l’équateur céleste. Au sommet de l’angle
- droit se trouve un miroir plan en verre argenté, incliné à 45°, par rapport à l’axe optique, qui renvoie vers l’oculaire l’image venant de l’objectif et déjà réfléchie par un autre miroir plan semblable. L’objectif et ce second miroir incliné à 45° sont placés à l’extrémité de la partie extérieure du tube et font partie d’un cube mobile autour de l’axe de l’instrument perpendiculaire à l’axe du monde. La figure schématique ci-après fera iacilement comprendre la marche d’un rayon lumineux venant de l’espace
- 20
- Fig. 2. — L’oculaire ilu grand équatorial coudé.
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- LA NATUllK.
- (fig. 5). L’image de l’étoile A, sur laquelle est dirigé l’instrument, traverse l’objectif BC, se réfléchit une première fois sur le miroir BD et une seconde fois sur le miroir central EF pour arriver enfin en 0, à l’oculaire où se trouve l’observateur.
- Le nouvel équatorial coudé diffère du premier modèle par des dimensions beaucoup plus considérables et des perfectionnements mécaniques extrêmement remarquables. La partie optique, admirablement soignée, se compose d’un grand objectif astronomique de 0m,60 de diamètre et d’un autre objectif photographique de même ouverture, pouvant se substituer l’un à l’autre suivant la nature des travaux qu’on voudra accomplir à l’aide de celte colossale lunette dont la longueur focale est de 18 mètres. Les deux miroirs plans qui complètent ce système optique ont respectivement des diamètres de 0m,85 et 0m,73. Ces deux magnifiques objectifs et les deux miroirs ont été construits par MM. Henry
- Fig. 3. — Schéma donnant la marche du rayon lumineux dans le grand équatorial coudé.
- frères dont la double réputation comme astronomes et opticiens est si universellement établie.
- La partie mécanique a été admirablement réussie par M. Gautier qui en a soigné tous les détails avec la plus grande perfection et a réalisé ainsi un véritable chef-d’œuvre. Le colossal instrument, dont le poids total est de 12000 kilogrammes, se manœuvre en effet à la main avec une extrême facilité. Un mouvement d’horlogerie, du à cet habile constructeur, peut d’ailleurs, en outre, entraîner l’instrument avec toute la précision désirable et lui permettre de suivre les astres dans leur course à travers le ciel. Une étoile apparaissant à l’horizon peut être observée de la sorte depuis son lever jusqu’à son coucher. L’astronome, l’œil à l’oculaire, est toujours commodément assis à la même place, observant ces mondes lointains immobilisés pour ainsi dire dans le champ de l’instrument. Pour les astres qui, comme la lune et les planètes, ont une marche différente du mouvement diurne, il est possible de modifier la marche du mouvement d’horlogerie afin de pouvoir les suivre aussi facilement que dans le cas précédent.
- La figure 1 donne une vue générale de l’installa-
- tion nouvelle, pour laquelle il a fallu construire un édifice de 20 mètres de hauteur, dans la partie des terrains sud de l’Observatoire en bordure sur le boulevard Arago. Une grande cabane mobile sert à recouvrir la partie extérieure de l’instrument; elle repose sur des rails sur lesquels on la fait glisser vers le sud lorsqu’on veut procéder aux observations. On voit de quelle manière l’axe principal de l’instrument repose sur les deux piliers de maçonnerie dont l’un a 15 mètres et l’autre 4 mètres de hauteur.
- Le prix de la dépense totale, pour le pavillon et la cabane roulante, ainsi que pour l’instrument (y compris les deux objectifs) s’élèvera à 400 000 francs environ, lorsqu’on aura muni le nouvel équatorial des outils scientifiques qui doivent l’accompagner nécessairement pour les diverses et nombreuses applications auxquelles son emploi donnera lieu.
- La figure 2 nous transporte dans la pièce d’obser-\ation où l’astronome, sur son siège, se trouve complètement à l’abri des intempéries. Là, l’œil à l’oculaire, il peut, sans changer de position, grâce à toutes les manettes et poignées qui agissent, à sa volonté, sur les transmissions multiples nécessaires à la manœuvre, diriger lui-même son instrument vers tous les coins du ciel avec une sûreté et une précision merveilleuses. L’observateur a devant lui, sur un même plan, les deux cercles divisés dont l’un donne les ascensions droites et l’autre les déclinaisons, et qu’il consulte à chaque observation pour l’orientation exacte de l’équatorial.
- Toutes les lectures se font à l’aide de lampes électriques de très petites dimensions alimentées par des accumulateurs et qu’on allume à volonté; chacune de ces lampes est d’une bougie, deux d’entre elles sont destinées à la lecture des deux cerchs d’ascension droite et de déclinaison; une troisième sert à la lecture du cercle de position du micromètre ; deux autres sont employées pour la lecture des tambours fixés sur les vis micrométriques; quatre autres servent à rendre brillants sur fond noir les fils d’araignée du réticule ; une dernière sert à l’éclairage du champ de l’instrument où les mêmes fils restent noirs sur fond lumineux.
- Les courants qui alimentent ces lampes sont amenés au moyen de deux circuits différents dans lesquels sont intercalés des rhéostats qui permettent de graduer à volonté l’intensité de la lumière.
- Depuis l’installation du premier modèle d’équatorial coudé de 27 centimètres d’ouverture, en ï 882, à l’Observatoire de Paris, les avantages nombreux et incontestables de ce genre d’instrument ont engagé un certain nombre" d’observatoires à en faire construire de semblables, mais de plus grandes dimensions. En France, les Observatoires d’Alger, de Besançon et de Lyon en possèdent dont les objectifs ont des diamètres de 51 à 33 centimètres et qui servent depuis plusieurs années aux observations équatoriales de toutes sortes. L’Observatoire de Vienne (Autriche) emploie depuis deux ans un in-
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- LA NATURE.
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- slrument de cette espèce, dont l’objectif a 58 centimètres d’ouverture. Un autre équatorial coudé de 40 centimètres est actuellement en construction pour l’Observatoire de Nice où il sera surtout employé comme un chercheur de puissance exceptionnelle, rôle auquel ce mode d’instrument se prête admirablement. La partie optique de tous ces appareils est due à MM. Henry, la partie mécanique àM. Gautier.
- Le plus grand équatorial coudé est donc celui de l’Observatoire de Paris. Son pouvoir optique répond d’ailleurs parfaitement à ses énormes dimensions. Les observations d’essai auquel il a été déjà soumis justifient pleinement les espérances qu’on était en droit de fonder sur l’habileté professionnelle des éminents artistes auxquels on doit ce colossal instrument. Les images des étoiles ont été de la plus grande netteté; les détails de la surface de la lune et des planètes, plusieurs amas d’étoiles ont pu être étudiés, dans toutes leurs particularités, de la façon la plus remarquable.
- Quand on pourra se servir de cet équatorial au point de vue photographique, nul doute qu’on n’obtienne les résultats les plus importants. En ce qui concerne la Lune, en particulier, dont la photographie a fait déjà de si grands progrès, son image directe, au foyer du grand objectif photographique de 0m,60, aura 18 centimètres de diamètre et pourra étant agrandie, donner des images de plus d’un mètre dç diamètre.
- Les astronomes éminents auxquels sera confiée la tâche de mettre en œuvre d’aussi puissants moyens d’investigation tiendront à honneur de s’en servir au plus tôt, pour pénétrer de plus en plus les mystérieux secrets de l’infini. Nous espérons que leurs savantes recherches les conduiront à des résultats du plus haut intérêt que nous serons heureux de faire connaître à nos lecteurs. A. Fraissinet.
- IA CARTE DU CIEL1
- TROISIÈME RÉUNION 1)U COMITÉ INTERNATIONAL
- Le Comité international pour l'exéculion photographique de la carte du ciel s’est assemblé pour la troisième fois à l’Observatoire de Paris, dans la semaine de Pâques, pour arrêter les dernières dispositions avant l’entreprise simultanée des travaux définitifs dans les observatoires participants.
- Dès le samedi 28 mars, les membres du Comité, arrivés à Paris, se sont réunis à l’Observatoire pour condenser et rédiger dans un même programme les questions proposées par divers membres. Nous donnons plus loin ce programme.
- Les séances générales du Comité ont été tenues dans la grande galerie du premier étage de l’Observatoire, meublée et décorée pour la circonstance par les soins du Mobilier national. Elles ont eu lieu les 51 mars, 1er, 2, et 5 avril dernier.
- 1 Voy. n° 704, du 21 janvier 1888, p. 122.
- M. l’amiral Mouchez, directeur de l’Observatoire, a ouvert la première séance en sa qualité de Président du Comité par un discours de bienvenue. L’honorable académicien a rendu compte de l’état actuel des travaux préparatoires dans les Observatoires qui prendront part à l’œuvre grandiose dont la France a pris l’initiative, à la suite des importants résultats de photographies stellaires obtenus par MM. Henry à l’Observatoire de Paris.
- Le bureau a été ensuite complété pour cette session de la façon suivante :
- Vice-présidents : M. II. G. van de Sande Bakhuyzen, directeur de l’Observatoire de Leyde; M. David Gill, directeur de l’Observatoire du Cap de Bonne-Espérance.
- Secrétaires : M. Kapteyn, professeur à l’Université de Groningue; M. Trépied, directeur de l'Observatoire d’Alger.
- Nous donnerons ultérieurement le texte des résolutions adoptées par le Comité dans ses quatre séances générales. Nous nous bornons aujourd’hui à faire connaître le programme qui a servi de base aux travaux de cette troisième Conférence. Nous le reproduisons tel qu’il a été distribué aux membres de la réunion :
- PROGRAMME
- DES
- QUESTIONS A DISCUTER PAR LE COMITÉ PERMANENT
- 1. Rapports des différents observatoires sur leur installation astrophotographique.
- 2. Exposé des résultats photographiques obtenus.
- 3. Discussion sur le mode d’impression des réseaux.
- 4. Renseignements sur les qualités des diverses plaques.
- 5. Etat d’avancement des travaux relatifs au catalogue d'étoiles-guides.
- 6. Sur la convenance d’augmenter la distance del’étoiles guide au centre de la plaque.
- 6 bis. Discussion sur la forme la plus convenable de micromètre pour la lunette pointeur.
- 7. Sur l’orientation des plaques.
- 8. Fera-t-on toujours dans la même soirée les deux clichés pour la carte et pour le catalogue ?
- 9. Pour les étoiles du catalogue y aura-t-il lieu d’augmenter la durée de la deuxième pose primitivement fixée à une durée d’un quart de la première ?
- 10. Pour les clichés de la carte conviendrait-il de faire trois poses au lieu d’une ?
- 11. Discussion relative à la fixation du diamètre minimum que devront avoir les images des 11* (catalogue) et des 14e (carte).
- 12. Étude de la possibilité d’établir une relation entre les diamètres et les temps de pose.
- 13. Y a-t-il lieu de revenir sur la définition pratique de 14e grandeur?
- 14. Sur les méthodes de mesure et l’emploi du réseau.
- 15. Au point de vue de la détermination ultérieure des coordonnées, fixation du nombre des étoiles fondamentales de chaque plaque, le choix de ces étoiles et les moyens propres à assurer les observations méridiennes de ces étoiles.
- 16. Sur le mode de reproduction des clichés de la carte. Fera-t-on cette reproduction1 immédiatement ?
- 17. Y aura-t-il un ou plusieurs bureaux de centralisation des mesures ? Les observateurs qui ont des appareils pourront-ils commencer immédiatement et par quelles méthodes ?
- 18. A quelle époque pourra-t-on commencer le travail ?
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- LA NATURE.
- 19. Y a-t-il lieu d’instituer une série spéciale de plaques à longue pose pour la région écliptique ?
- 20. Répartition définitive des zones entre les différents observatoires.
- Assistaient aux séances, les membres du Comité dont les noms suivent :
- MM. Badlaud, directeur de l’Observatoire de Toulouse; Bakhuyzen (II. G. van de Sande), directeur de l’Observatoire de Leyde; Beuf, directeur de l’Observatoire de La Plata; Christie, directeur de l’Observatoire de Greenwich ; Benza (Le R. P.), directeur de l’Observatoire du Vatican; Donner, directeur de l'Observatoire d’Uelsingfors ; Gill, directeur de l’Observatoire du Cap ; Henry (Paul), astronome de l'Observatoire de Paris; Henry (Prosper), astronome de l’Observatoire de Paris; Janssen, directeur de l’Observatoire de Meudon; Kaptevn, professeur à l’Université de Groningue ; Lœwy, sous-directeur de l’Observatoire de Paris; Mouchez, directeur de l’Observatoire de Paris; Pu-jazon, directeur de l’Observatoire de San-Fernando ; Rayet, directeur de l’Observatoire de Bordeaux; Tacchini, directeur de l’ObservatoireduCollège romain à Rome; Trépied,directeur de l’Observatoire d’Alger; Ricco,directeur de l’Observatoire de Catane.
- À ces personnes, s’étaient joints un certain nombre de savants invités à prendre part aux travaux du Comité et quelques astronomes délégués par des directeurs d’Observatoires empêchés d’assister à la réunion :
- MM. Abney, vice-président de la Société royale astronomique de Londres ;
- Andoyer, astronome à l’Observatoire de Toulouse; Bélo-polsky, astronome de l’Observatoire de Poulkova; Rouquet de la Grye, membre de l’Académie des sciences ; Cornu, membre de l’Académie des sciences; Gautier, constructeur d’instruments de précision à Paris; lvnobel, secrétaire de la Société royale astronomique de Londres ; Maturana, délégué de l’Observatoire de Santiago (Chili) ; Plummer, astronome de l’Observatoire de l’Université d’Oxford; Scheiner, astronome à l’Observatoire de Potsdam; Tisserand, membre de l’Académie des sciences; Wolf, membre de l’Académie des sciences.
- Nous sommes heureux de faire savoir à nos lecteurs qu’à la suite des résolutions du Comité, le travail définitif de la carte photographique du ciel, va pouvoir être entrepris dans les meilleures conditions, dans le courant de cet été. Deux observatoires seulement sur dix-huit seront en retard : celui de Santiago, du Chili, par suite des événements politiques, et celui du Brésil parce qu’on s’occupe depuis un an de transférer l’Observatoire de Rio-de-Janeiro à 6 ou 8 kilomètres hors de la ville. Le ciel sera réparti entre les différents observatoires participants suivant la décision du Comité de 1891. Ces observatoires sont au nombre de dix-huit à la surface du monde entier. Le nombre de plaques photographiques à exécuter sera, pour chaque observatoire, de mille à quinze cents.
- MEDAILLE DE L’ASSOCIATION FRANÇAISE
- pour l’avancement des sciences
- L'Association française pour Vavancement des sciences est bien connue de nos lecteurs. Chaque année, nous l’avons suivie dans les sessions qu’elle tient dans les grandes villes de la province. Relever le pays par une vive impulsion donnée aux sciences, et partant, à toutes les applications industrielles, provoquer une émulation parmi les savants et faciliter leur tâche, tel est son but. Pour l’atteindre, l’Association a organisé des conférences annuelles à Paris pendant la période d’hiver; aux vacances, elle lient un Congrès dans une de ces villes qui l’appellent, tantôt au nord, tantôt au sud, sur tous les points de la France. Les travaux de ces Congrès sont publiés dans un recueil qui forme une riche collection de documents sur toutes les branches des sciences. D’autre part, elle donne, sur ses revenus, des subventions importantes, variant de 12 000 à 15 000 francs,
- aux savants qui ont besoin de poursuivre des recherches coûteuses, de mener à bien des travaux compliqués nécessitant des appareils dispendieux. Enfin elle distribue à titre d’encouragement et de témoignages de satisfaction, un certain nombre de médailles d’argent ou de vermeil, aux lauréats du concours général, aux officiers de la marine marchande, aux capitaines au long cours pour le relevé d’observations météorologiques, à d’autres personnes, à titres divers.
- Jusqu’ici, cette médaille était prise dans les modèles de la monnaie. Le Conseil d’administration a pensé que l’Association devait avoir une médaille personnelle et il a été décidé que la gravure de cette médaille serait confiée à M. Iloty, membre de l’Institut. L’éminent artiste s’est, comme on peut le voir, surpassé dans cette œuvre d’art. D’un côté, la France en deuil, le glaive tombé des mains, conduite par la Science, qui lui fait entrevoir, après les désastres de l’année sombre, une aurore nouvelle, le relèvement par les conquêtes industrielles et le travail de ses enfants. Le revers nous montre une figure allégorique, pleine de charme et de grâce; une jeune femme, à l’altitude recueillie, médite sur le livre ouvert; c’est la science, c’est la poésie, c’est la pensée idéalisée. Pour exergue, la belle devise de l’Association : « Par la Science, pour la Patrie. »
- A. C.
- La médaille de l'Association irançaise pour l'avancement des sciences.
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- LA NATURE.
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- IA TROUVAILLE DE M. GRÉBÂUT
- A DÉIR-EL-BAHAR1
- La découverte de M. Grébaut a déjà fait du bruit dans le monde. Elle méritait d’en faire à tous égards : peut-être les lecteurs de La Nature me sauront-ils gré de leur en conter l’histoire et de leur en donner les résultats connus jusqu’à présent.
- Les touristes qui ont visité les ruines de Thèbes
- — ils commencent à être nombreux parmi nous — se rappellent sans doute cette longue levée, droite et nue, qui monte doucement de la lisière de la plaine au temple de I)éir-el-Baliarî. C’est à 40 mètres au nord de cette levée, et à 150 mètres environ du temple, non loin d’un des sentiers qui mènent pardessus la montagne à la vallée des Rois, que M. Grébaut a eu l’heureuse fortune de trouver une cachette analogue à celle qui renfermait la dépouille de Thout-mosis 111 et de Sésostris. Un sarcophage de reine, à
- demi enfoui en cet endroit (au point I du plan de Wilkinson), avait attiré son attention: il observa que le terrain du voisinage paraissait ne pas avoir été retourné depuis l’antiquité et y mit des ouvriers le 31 janvier de la présente année. Quelques heures de fouilles lui révélèrent l’ouverture d’un puits carré, taillé largement dans le roc et encombré encore des masses de pierres qu’on y avait jetées confusément pour le remplir, au moment où, l’ensevelissement terminé, les vivants s’étaient retirés laissant les morts dans leur chambre funéraire. A 6 mètres environ de profondeur, une petite chambre aménagée dans la paroi sud, murée soigneusement, mais vide, déconcerta un instant les ouvriers; à 15 mètres, on rencontra le sol et l’on découvrit dans la paroi nord, au ras du sol, une porte étroite, fermée de blocs de pierre non cimentés. M. Grébaut y fit pratiquer en sa présence et devant M. Daréssy, conservateur adjoint du Musée de Gizéh, une ouverture par laquelle il se glissa en rampant; en se relevant, il se trouva dans un long couloir, haut d’environ lm,80 et presque aussi large qu’il est haut, et constata du premier coup
- d’œil que nul explorateur moderne n’y avait pénétré avant lui.
- A quelques mètres de la porte, une vingtaine au moins de cercueils, placés dans tous les sens et empilés l’un sur l’autre, le barraient jusqu’au plafond : comme au dépôt des momies royales, les
- fossoyeurs égyptiens, pressés d’en finir, ne s e-taient pas donné la peine de ranger méthodiquement les dernières momies et les avaient entassées au hasard. Ce barrage déblayé et franchi tant bien que mal, on reconnut que les cercueils étaient rangés assez exactement le long des parois, et qu’il y avait entre eux un passage étroit, mais à peu près libre, qui semblait mener fort loin. Après avoir marché environ l’espace de 90 mètres, M. Grébaut descendit un escalier de cinq marches, s’arrêta un moment sur la droite, devant la porte d’une seconde galerie courant vers l’ouest et pleine de cercueils, puis remonta, par un nouvel escalier de cinq marches, dans un couloir percé au même niveau que le premier, et déboucha bientôt dans deux petites chambres, communiquant par enfilade l’une avec l’autre : il y a 30 mètres environ de l’escalier au mur termi-
- COUPE
- PLAN
- Fig. 2. — Coupe et plan du puits et de la galerie souterraine.
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- LA NATURE.
- nal de la seconde chambre. C’est, comme on voit, la même disposition que dans la cachette des Momies royales. Deux grandes statues en bois, d’assez bon style et représentant l’une Isis, l’autre Nephthys, veillaient à la porte de la seconde chambre. Des boîtes à statuettes funéraires étaient mêlées aux cercueils, ainsi que des Osiris en bois, creux et contenant des rouleaux de papyrus. A première vue, on pouvait affirmer que plus de cent cercueils étaient accumulés dans ce chantier funèbre.
- Le déménagement commença aussitôt, et l’inventaire qu’il permit de dresser montra que M. Gré-baut n’avait pas exagéré le nombre de ses morts. Il compta 163 cercueils, 110 boîtes à statuettes, 77 Osiris en bois, dont deux seulement étaient vides : les autres avaient gardé leur papyrus. Le mobilier funéraire proprement dit ne paraît pas avoir été très abondant, sauf en statuettes funéraires. On ramassa pourtant quelques paires de sandales, plusieurs balles d’enfant, deux éventails en feuilles de palmier, dont l’un est peint à simuler une feuille de lotus. Çà et là, des plats de terre grossière contiennent les restes du repas funéraire, des dattes séchées, des grains de raisin isolés ou enfilés en brochette, des fruits de doum, des morceaux de pain. Les guirlandes funéraires en une sorte de Delphinium, les fleurs de lotus, les débris des bouquets déposés frais avec les cercueils formaient par endroit comme une litière, où les botanistes trouveront à glaner après Schweinfurth. Le tout est en route pour Gizéh, et peut-être même est arrivé déjà à destination.
- Et maintenant l’importance historique de la découverte en égale-t-elle l’importance numérique? Au premier instant, je pensai que M. Grébaut avait mis la main sur un second dépôt de momies royales, qui existe-à Thèbes, que les Arabes connaissent, qu’ils exploitent, et que j’ai cherché vainement à leur prendre en 1886. M. Grébaut n’a pas renoncé tout à fait à l’espoir qu’il possède quelque prince ou princesse, peut-être même quelque Pharaon : toutefois, il a vu, dès le premier moment, que la plus grande partie de ses momies appartenait au sacerdoce d’Amon, le dieu de Thèbes. La plupart des noms qu’il a lus jusqu’à présent lui donnent des personnages revêtus des titres secondaires de la prêtrise. Les hommes sont ou bien prêtres (ouîbou), ou bien pères divins d’Amon (iôt noutir) ; l’un d’eux pourtant, Hori, était prophète (hon-noutir) d’Amon, et joignait à cette qualité celles de Père divin de la déesse Maout, de Prophète de Sit, seigneur d’Oxyrrhynchos. Plusieurs étaient attachés au culte des Pharaons divinisés, surtout de celui d’entre eux qu’on vénérait le plus à Thèbes, Amenhotpou Ier et de sa femme. Les femmes — il y en a soixante-cinq jusqu’à présent — sont toutes des chanteuses (qimâït) d’Amon : la plus noble d’entre elles, Ga-soshou, était fille d’un Premier prophète (hon-nou-tir tapi) d’Amon, dont le nom n’est pas écrit malheureusement, et s’intitulait la Première des Palla-
- cides (oiril khonaïtou) d’Amon, la Première des Pallacides de Montou Thébain, ce qui est la marque d’nn rang élevé. Beaucoup des noms que portent ces personnages sont ceux des grands prêtres et des princesses de la XXIe dynastie, Pinozmou, Menkho-pirrî, Isimkhobiou, Masahirti, Ilonttooui, Màkerî, Nsikhonsou. Les autres sont formés avec le nom des dieux thébains, Amon, Maout, Khonsou, sur l’un des modèles fréquents à cette époque : Zod-Khonsou-Aoufànkhou, Petéamon, Nsiamon, Pétémout, etc. Le gros de la trouvaille appartient donc à la fin de la XXIe dynastie, à la XXIIe dynastie, peut-être à la XXIIIe ou à la XXVe, entre le dixième et le septième siècle avant notre ère.
- Toutefois, certains cercueils, et peut-être aussi certaines momies, remontent à une époque antérieure. M. Grébaut a remarqué, en effet, qu’un nombre assez respectable de ses sarcophages n’appartenaient pas primitivement au personnage qui l’occupe actuellement, mais avaient été volés à un personnage plus ancien et simplement appropriés à un nouvel usage. Le cas est fréquent en Egypte, et il y avait sur le marché de Thèbes ou de Memphis, quelquefois même sur les marchés étrangers, en Phénicie et peut-être à Chypre, nombre de cercueils en bois ou de sarcophages en pierre d’occasion, que les familles éplorées de la perte d’un de leurs membres, mais économes malgré leur douleur, se procuraient à meilleur compte que les cercueils et les sarcophages neufs. On effaçait le nom et les titres du premier propriétaire pour les remplacer par le nom et les titres du second ; encore cette opération était-elle faite le plus souvent avec une négligence telle, que nous lisons parfois aujourd’hui sur les diverses parties d’une même bière le nom des deux ou trois individus qui s’y sont couchés tour à tour, chacun pour l’éternité, à ce qu’il croyait. Pour en citer quelques exemples empruntés à la trouvaille de M. Grébaut, la chanteuse d’Amon Shadsoutapou avait dépossédé la chanteuse Zodmaoutausônkhou; et le chef du trésor royal Imasibou, — le même dont le tombeau fait l’admiration des touristes, — a été délogé par le prêtre qui dirige les promenades d'Amon, l'intendant de la maison des domestiques d'Amon, Nsiamenôpit. Il n’est pas certain pourtant que les deux usurpateurs aient joui longtemps de leur vol, et peut-être M. Grébaut, en soulevant les couvercles, trouvera-t-il la momie d’un troisième larron. Ajoutons que la plupart des cercueils sont fort jolis et décorés de tableaux très fins, d’une couleur vive et gaie. Une demi-douzaine seulement ont un masque doré, et deux la cuve peinte en blanc : la plupart des autres ont la figure rouge, et sont enduits de ce vernis transparent dont le ton roux fait la joie des peintres.
- Voilà à peu près tout ce qu’on sait de certain sur la trouvaille de M. Grébaut. Le public et les savants, dont les récits des touristes présents à Thèbes au moment de la découverte ont surexcité la curiosité, devront probablement attendre assez longtemps, avant
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- LA ISATTIRE.
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- d’être renseignés complètement sur l’état civil et l'histoire des personnages qu’un coup de pioche heureux vient d’arracher à leur long sommeil. Les momies ne sont pas rares en Égypte : en 1884, la nécropole d’Akhmîm en a rendu par milliers, pauvres et riches, avec ou sans cercueils. Ce qui fait qu’une trouvaille est plus importante qu’une autre, c’est la qualité des gens qu’on déterre, c’est surtout l’époque à laquelle ils remontent et le rôle qu’ils ont pu jouer dans l’histoire d’Égypte. Évidemment, lés cent soixante-trois personnages que M. Grébaut a ramenés à la lumière étaient des grands seigneurs en leur temps. L’endroit où ils reposaient n’était pas un tombeau ordinaire : c'était une cachette où on les avait enfouis, longtemps peut-être après leur mort, pour les sauver du danger d'être pillés ou détruits par les bandes de voleurs qui ravageaient la nécropole de Thèbes. On ne se serait pas donné la peine de cacher les premiers venus avec tant de soin, et j’en conclus que des momies dont on s’inquiétait si fort ne devaient pas être des momies ordinaires. Des princes? des reines? des grands-prêtres? les seigneurs féodaux de Thèbes et leurs barons ? M. Grébaut est plein de confiance, et je souhaite que l’examen minutieux des cercueils lui donne plus encore qu’il n’ose espérer. G. Maspero, de l’Institut.
- LE NORD SANS BOUSSOLE
- Tout n’a pas encore été dit dans La Nature, sur le Nord sans boussole. M. le commandant Moëssard1 fait bien observer que le procédé d’orientation à la montre ne serait exact qu’au pôle, sauf la petite erreur provenant de l’équation du temps. On doit ajouter que le procédé est d’autant moins exact que l’on s’éloigne davantage du pôle.
- Il est évident que ce procédé est complètement faux entre les tropiques, lorsque le soleil passe au zénith à midi et que l’ombre d’une tige verticale est dirigée de l’est à l’ouest à toute autre heure de la journée. Alors, ce n’est pas la petite aiguille de la montre qu’il faut mettre dans la direction de l’ombre, mais la ligne diamétrale de 6 à 12 heures, et la direction du nord est suivant la ligne perpendiculaire de 9 à 3 heures.
- Il est facile de calculer l’erreur que l’on commet aux diverses latitudes et aux diverses dates de l’année en appliquant la méthode indiquée dans les numéros précédents de La Nature. Nous ne donnerons pas les détails de ces calculs, mais voici quels en sont les principaux résultats.
- Au pôle, le procédé donnerait des résultats exacts, à quelque heure que soit faite l’observation, sauf l’erreur provenant de l’équation du temps. 11 en serait de même à une latitude quelconque si l’observation était faite à midi. Le maximum de l’erreur provenant de l’équation du temps serait de 4 degrés et on le constaterait deux fois par an, le 11 février et le 3 novembre. L’erreur serait nulle quatre fois par an, les 15 avril, 14 juin, 1" septembre et 25 décembre.
- Elle est'donc généralement négligeable et nous n’en tiendrons pas compte.
- 1 Yoy. n° 932, du 11 avril 1891, p. 295.
- A la latitude de 45 degrés, l'erreur est indiquée par le tableau suivant pour les diverses saisons et heures de l'observation.
- Heures Solstices
- matin soir d’hiver d’été Equinoxes
- 6 6 » 17» 0»
- 7 5 )) 23° 4»
- 8 7° 28° 8»
- fl 5 4* 31» 10»
- 10 2 1» 30» fl»
- 11 ï » 21“ 0»
- Il résulte de là qu’en France et dans les pays plus méridionaux, la méthode de la montre donne des résultats très erronés pendant les mois de juin et juillet. Mais il est facile de corriger la méthode. Les erreurs étant de sens contraire avant et après midi, il faut faire deux observations à égale distance de midi, la moyenne de ces deux observations donnera la direction du nord. Jollois,
- Inspecteur général honoraire des ponts et chaussées.
- CAYERNE SOUTERRAINE EN CORSE
- On a récemment découvert en Corse une grotte des plus curieuses. Elle est située à 2 kilomètres environ de la gare de Ponte-Leccia; on y accède très difficilement; son ouverture est petite, mais dès qu’on l’a franchie, on se trouve dans une immense salle dont les parois atteignent jusqu’à 20 mètres de hauteur. De cette première salle, on passe en traversant d’étroits couloirs dans d’autres salles successives en nombre considérable. La grotte de Ponte-Leccia, en effet, n’a pas encore été explorée complètement quoique déjà un assez grand nombre de touristes aient essayé de la visiter, mais, après quatre, six ou huit heures de marche, ils revenaient en arrière, exténués, mais aussi émerveillés par le spectacle féerique qu’ils avaient pu entrevoir.
- On suppose que la nouvelle caverne a une issue qui donnerait sur la mer et se trouverait non loin du cap de la Revellata, près deCalvi. En cet endroit, existe une cavité profonde, inexplorée aussi, presque au niveau de la mer et connue sous le nom de grotte du Mugissement. Lorsque, par le mauvais temps, les vagues viennent s’y engouffrer, le bruit qu’elles produisent, acquiert une grande intensité. Or, lorsque la mer fait ainsi mugir la caverne, on entend, à l’entrée de la grotte de Ponte-Leccia, une espèce de grondement sourd, intermittent, qui fait songer au mouvement saccadé des vagues déferlant contre les rochers. Ce bruit, d’ailleurs, est bien connu des bergers de la contrée ; il est pour eux le signe précurseur des tempêtes.
- Deux professeurs de la Faculté des sciences de Christiania ont pénétré dans la grotte, et leur opinion confirme l’hypothèse que nous venons d’exposer.
- D’ailleurs, dans ces immenses galeries où l’air circule parfaitement, où vivent même des chauves-souris, il semble que le sol ait été réellement un lit de torrent. Il est tout parsemé de rochers arrondis ; tantôt, il a une largeur de 20 mètres ; tantôt, il offre à peine de quoi laisser passer un homme ; il décrit des sinuosités, des courbes ; parfois, il suit une pente douce ; parfois, il est tourmenté et offre des accidents de terrain plus ou moins prononcés.
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- LA NATURE.
- MANOMÈTRE A AIR LIRRE
- DE 500 MÈTRES ÉTABLI A LA TOUR EIFFEL
- Nos lecteurs connaissent les beaux travaux de M. L. Cailletet sur la liquéfaction des gaz et sur les questions de physique qui se rattachent aux phénomènes de pression1.
- Le savant physicien, auquel la science est redevable de résultats d’une haute importance, s’est préoccupé, depuis plusieurs années, de l’exécution d’un manomètre à air libre de grande dimension qui offrirait un double intérêt. Au point de vue scientifique, un tel appareil servirait directement comme manomètre de haute précision, et serait en outre précieux pour l’étalonnage des manomètres à azote ou à hydrogène destinés aux expériences de laboratoire ; au point de vue industriel il offrirait une utilité incontestable pour la vérification des manomètres métalliques. Les manomètres à air libre sont les seuls instruments qui permettent d’obtenir pratiquement, d’une façon rigoureuse et avec une approximation constante, la mesure des pressions des liquides et des gaz.
- M. Cailletet avait déjà entrepris la construction de manomètres de 100 mètres de hauteur sur le penchant d’un coteau, puis, un peu plus tard, au puits artésien de la Butte-aux-Cailles.
- La construction de la Tour Eiffel offrait des conditions exceptionnelles pour l’établissement d’un manomètre à air libre de 500 mètres dont tous les organes, liés d’une façon invariable à la Tour elle-même, fussent accessibles a l’observateur sur toute
- 1 Vov. Tailles des matières des dix premières années.
- Fig. 1. — Escalier le long duquel est établi le manomètre de la Tour Eiffel. T T T, tubes de verre verticaux fixés au tube manométrique.
- son étendue. Grâce à la libéralité de M. Eiffel, la construction de cet instrument est actuellement un fait accompli.
- L’installation du manomètre à air libre de 500 mètres a été inaugurée le jeudi 2 avril 1891, en présence des membres de la Société de physique et d’un grand nombre de notabilités scientifiques. Nous décrirons d’abord l’ensemble de l’appareil, dont nous examinerons ensuite les détails et le dispositif des différents organes. Nous ne saurions mieux faire que d’emprunter à ce sujet quelques passages au Mémoire présenté par M. Cailletet dans la dernière séance de l’Académie des sciences :
- « La pression de 400 atmosphères, que mesure un manomètre de telle hauteur ne peut être maintenue dans un tube de verre. On a dû recourir 5 un tube d’acier doux de 4 millimètres environ de diamètre intérieur, relié par sa base à un récipient contenant du mercure. En comprimant à l’aide d’une pompe et d’après le dispositif bien connu, de l’eau sur ce mercure, on peut l’élever graduellement jusqu’au sommet de la Tour. La direction inclinée des piliers de la Tour ne permettait pas l'installation du tube d’acier dans une direction verticale. De la base de la Tour à la première plate-forme, c’est-à-dire jusqu’à une hauteur de 60 mè-contre le plan incliné Un escalier en fer le
- très environ, ce tube est fixé d’un des rails de l’ascenseur, suit dans toute sa longueur. Entre la première et la deuxième plate-forme, c’est-à-dire sur une hauteur à peu près égale à la précédente, l’appareil manométrique est installé contre l’escalier hélicoïdal, celui-ci se divisant en plusieurs tronçons non superposés sur une même verticale à cause de l’obliquité du pilier; le tube manométrique lui-même se divise en autant de parties et s’incline pour passer d’un de ces escaliers à l’autre, en conservant une pente assez grande pour assurer la descente du mercure
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- lig. 2. — Manomètre à air libre de Ja Tour Eiflel. — Laboratoire installé au niveau du sol dans le pilier ouest.
- au retour. Enfin, de la deuxième plate-forme le tube est disposé de la même manière contre les deux grands escaliers verticaux en hélice. L’observation facile est donc assurée, comme on le voit, de la base au sommet. »
- La gravure ci-contre (fig. 5) indique en un trait plein ABCDEF la position du tube manométri-que.
- L’opacité du tube d’acier s’oppose à la lecture directe du niveau du mercure; aussi M. Cail-letet a-t-il dû disposer, à des distances égales de 5 mètres en 5 mètres, des robinets communiquant avec un tube de verre vertical. Notre figure 1 représente, d’après une photographie, la disposition de ces tubes placés le long d’un escalier spécial.
- Chaque tube est muni d’une échelle graduée, soigneusement tracée sur bois vernis ; quand on ouvre un des robinets, on met l’intérieur du tube d’acier en communication avec le tube de verre dans lequel peut alors pénétrer le mercure. Fig.3.-
- Pour réaliser, à un moment donné,
- au sommet, j déterminée, il suffit d’ouvrir le robinet du tube de verre
- qui porte la division correspondant à celle pression, on fait agir la pompe hydraulique et quand le mercure arrive au robinet, il s’élève en même temps dans le tube de verre et dans le tube d’acier. On l’amène alors exactement à la division voulue, en agissant très lentement sur la pompe hydraulique. Si en opérant ainsi on dépasse le niveau recherché, on laisse échapper une certaine quantité d’eau par un robinet de décharge placé dans le voisinage de la pompe. Le liquide qui s’échappe ainsi pénètre dans un tube de verre vertical gradué où sa hauteur indique l’abaissement correspondant de la colonne de mercure. Cette manœuvre, qui se fait dans le laboratoire installé à la base de l’appareil (fig. 2), est rendue très simple au moyen d’un téléphone que l’observateur emporte avec lui, et qui, à chaque robinet, peut être mis en relation avec le poste inférieur. Dans la figure 4, les pièces de contact destinées à établir la communication téléphonique sont représentées en T. Si, pour une cause quelconque le mercure vient à dépasser le sommet d’un des tubes de verre, il se déverse dans un
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- ier Ouest
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- -Ensemble de l’installation du manomètre, une pression | autre tube de retour en fer, qu’on aperçoit en XX
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- (fig. 4) et qui le ramène à la base de l’appareil.
- La figure 5 représente le détail d’un des robinets des tubes de verre verticaux. BC est le tube d’acier, D est l’ajutage métallique auquel le tube de verre s’adapte par un caoutchouc, EF est la tige filetée dont la pointe conique E ouvre ou ferme l’entrée du mercure dans le tube de verre. Des rondelles de cuir G, comprimées par le serrage de l’écrou II, assurent l’étanchéité de l'appareil. De la base de la Tour à la première plate-forme, ainsi que nous l’avons dit, la direction du tube d’acier est inclinée. La figure 4 (n° 1) indique la disposition des robinets et des tubes de verre, contre l’escalier de service, dans cette partie de l’appareil. La figure 4 (n° 2) représente ces divers organes, du premier étage au sommet. Les tubes et
- Raccord en caoutchouc
- Raccord du trop plein
- ‘Tube de trop plein
- Tube de trop plein
- *Ra.ccord du trop plein-H"'*
- r&éyRobinet conduisant 5 Sie mercure dans le tube
- ..—Tube en fer Colonne de mercure VW Tube en verre
- Fig. 4. — Détails des tubes de verres verticaux fixés au tube manométrique. — 1. Vue extérieure. — 2. Détails des enveloppes.
- robinets sont protégés par des coffres en bois dont les deux faces opposées s’ouvrent pour permettre les observations.
- Le laboratoire du manomètre de la Tour Eiffel est situé dans le pilier ouest à la base du tube de mercure. Notre figure 3 en montre la disposition d’après une photographie. A gauche de la gravure, on aperçoit la pompe foulante hydraulique qui comprime l’eau à la surface du mercure contenu dans un récipient d’acier situé au milieu du laboratoire. Ce récipient dont le couvercle est solidement boulonné, est muni de trois tubes. Le premier est celui de l’arrivée de l’eau, le second au centre, est celui du départ du mercure, et s’élève jusqu’au sommet
- de la Tour; le troisième communique la pression au manomètre établi contre le mur du fond du laboratoire.
- L’observateur, représenté dans notre figure, regarde ce manomètre de grande dimension mis en relation avec le liquide comprimé.
- Ce manomètre porte une première graduation en atmosphères, une seconde graduation correspond au numéro d’ordre des divers robinets. On sait ainsi immédiatement, par avance, dans quel tube de verre devra s’élever le mercure sous une pression donnée, ce qui permet de trouver, sans hésitation, le robinet à ouvrir pour avoir la position exacte de son niveau. Le calcul de la valeur de la pression, d’après la mesure de la colonne de mercure soulevée, nécessite, dans chaque expérience, la connaissance de la température moyenne de cette colonne. Cette température sera mesurée par la variation de la résistance électrique, qu’elle communique au fil téléphonique, qui la suit dans toute sa longueur.
- Pour que le magnifique appareil, dont nous venons de donner une description sommaire, fonctionne avec la rigueur scientifique, il est de toute nécessité que les hauteurs des échelles divisées fixées le long du tube à mercure, soient certaines.
- La COte de Chaque Fig. 5. — Détail du robinet auquel , 1 sont fixés les tubes de verre.
- point de la 1 our est connue d’une manière très exacte et a fourni un certain nombre de points de repère. Pour le raccordement de deux règles graduées consécutives, on s’est servi de deux vases communicants- remplis d’eau réunis par un tube de caoutchouc et permettant de trouver, pour la base de chaque échelle, le plan horizontal correspondant au niveau supérieur de l’échelle précédente. La graduation ainsi exécutée s’est trouvée complètement d’accord avec la ] cote des diverses parties de la Tour.
- Nous ajouterons que M. Cailletet va s’occuper de faire vérifier ces hauteurs par des mesures de nivellement de la plus grande rigueur.
- Le manomètre de la Tour est déjà utilisé par M. Cailletet et l’un de ses collaborateurs, M. Colar-deau, à étalonner un manomètre à hydrogène qui a servi à établir la tension des vapeurs d’eau jusque dans le voisinage de 400°. L’appareil est représenté au premier plan dans notre gravure (fig. 2) ; on le voit relié par un tube flexible au récipient de mercure.
- Nous ne croyons mieux terminer cette Notice qu’en reproduisant les paroles prononcées par M. Cailletet lors de l’inauguration du grand manomètre ; nous nous y rallions pleinement :
- « C’est avec une entière générosité que M. Eiffel
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- s’est chargé de toutes les dépenses relatives à la construction de cet important appareil, dont il a confié l’installation à son personnel aussi habile que dévoué. Nous devons citer tout spécialement MM. Mi-lon et Le Bouvier qui n’ont cessé d’apporter à la direction de ces travaux tous leurs soins et leur expérience. Cet appareil ne pourra manquer de rendre les plus grands services en permettant d’aborder des recherches impossibles jusqu’ici; il a été construit dans un but entièrement désintéressé et purement scientifique, aussi suis-je assuré d’être l’interprète de tous les savants en adressant mes sentiments de gratitude à M. Eiffel qui, tant de fois déjà, a tenu à montrer l’intérêt aussi éclairé que dévoué qu’il porte à la Science. »
- Nous avions raison de dire, dès 1884, alors que la Tour Eiffel était à l’état de projet lointain1, que ce monument ne serait pas seulement une merveille de l’art de l’ingénieur, mais qu’il rendrait les plus grands services à la science.
- Gaston Tissandif/r.
- L’ATLANTIQUE
- TRAVERSÉ PAR DES TORPILLEURS
- Les torpilleurs de première classe n°* 61 et 62 (58 mètres sur 4 mètres), construits en 1886 par Yarrow, ont quitté Plymouth le 15 juin 1890, sous l’escorte du transport Tyne, pour aller prendre place parmi les bâtiments de défense de la Nouvelle-Écosse. Le récit de cette traversée a été publié par un officier dans YEnglish lllustrated Magazine.
- Le mauvais temps, de véritables tempêtes même, ont fait subir aux équipages des deux torpilleurs autant de souffrances que de risques. Pendant les coups de vent, c'est en répandant de l’huile sur les vagues que le transport est parvenu à procurer un peu de calme aux bateaux qui marchaient dans son sillage. Sans cette précaution, ils n’auraient pas pu rester debout à la lame, et, s’il était survenu une avarie dans les gouvernails, ils seraient tombés en travers et se seraient perdus. L’importance des avaries est résumée par cette déclaration : tout ce qui pouvait être brisé l’a été ; tout ce qui était mobile a été emporté par la mer. Dans le voisinage de Terre-Neuve, surtout, les deux bateaux ont couru de grands dangers, par suite du brouillard et de la rencontre de débris de montagnes déglacé.
- Il y avait, à bord de chaque bateau, deux officiers, un maître et treize matelots ou chauffeurs. Le récit donne une idée de la manière dont ce personnel était obligé de vivre, en racontant que, pour les repas, il fallait qu’un homme tînt une boîte de sardines pour qu’un autre pût en saisir une par la queue; qu’il fallait être deux, également, pour manier un jambon, l’un pour le tenir, l’autre pour en couper des morceaux.
- Les bateaux sont cependant arrivés enfin à leur destination; mais on ne dit pas quelle était l’importance des réparations qu’ils ont dû subir, ni si tous les dégâts étaient réparables2. H. Garreau,
- Commissaire de la marine en retraite.
- 1 Voy. n° 600, du 29 novembre 1884, p. 401.
- 2 Revue maritime et coloniale.
- L’EAU FILTRÉE A NANTES
- ET LE PUITS LEFORT
- De tous côtés, la question de l’alimentation des villes en eau potable se pose avec des difficultés toujours croissantes en même temps que s’accroît la densité de leur population. Le meilleur moyen de résoudre ce problème consiste évidemment à'capter des sources au loin et à en amener l’eau dans les réservoirs des cités; mais ce moyen, très coûteux, soulève, de plus en plus, les protestations des propriétaires des sources, et celles des riverains des cours d’eau alimentés par ces sources avant leur captation. Ils font payer très cher aux villes le précieux liquide, en même temps qu’ils obtiennent, comme on l’a vu récemment lors de la captation des sources de l’Avre et de la Vigne, pour Paris, de voir la force motrice hydraulique dont ils disposaient, remplacée par une force motrice à vapeur onéreuse.
- Nos ingénieurs et nos hygiénistes se sont demandé, avec juste raison, s’il ne serait pas possible de faire entrer d’une façon pratique dans la consommation, l’eau des fleuves et des rivières sur lesquelles sont invariablement installées les aggloméralions humaines. C’est toujours par cette eau que les villes ont été alimentées au début ; toutes y ont renoncé successivement dès que l’agglomération de la population en a souillé la pureté par la projection de toutes sortes de résidus solides et liquides.
- N’est-il pas possible, cependant, de puiser cette eau en amont des villes avant qu’elle ait subi la contamination et de la filtrer convenablement de façon à la rendre potable au même titre que les eaux pures empruntées aux sources?
- Cette question a été posée d’une façon très nette au Congrès d’utilisation des eaux fluviales de l’Exposition de 1889, et elle a donné lieu à des polémiques ardentes.
- Pour une partie de nos hygiénistes, l’eau de rivière semble à jamais condamnée et incapable d’entrer dans la consommation; pour d’autres, en nombre égal, et c’est avec eux que nous nous rangeons, l’eau de rivière, bien filtrée, vaut tout autant que l’eau de source. Une source d’eau, aussi pure que l’on voudra, peut, en effet, être contaminée à distance, par l’incorporation de quelques germes, et elle sera d’a'utant plus dangereuse, peut-être, que l’on s’en méfiera moins. L’eau de rivière qui provient du grand filtre naturel constitué par le sol avec ses couches d’épuration variées a, en sa faveur, la dilution dans un énorme volume. En la recueillant, comme nous l’avons dit, avant quelle n’ait reçu les souillures des riverains entassés, en la filtrant d’une façon rationnelle, on doit pouvoir la consommer sans danger.
- C’est précisément la théorie qui vient d’être émise par M. Lefort, le savant Ingénieur en chef des ponts et chaussées de la ville de Nantes. Il en a poursuivi la réalisation avec une patience et une
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- LA NATURE.
- conviction couronnées de succès. Se bornant à son rôle d’ingénieur pour la réalisation pratique du problème, M. Lefort, au point de vue de l’hygiène, s’en est respectueusement référé au contrôle de nos chimistes et de nos bactériologistes les plus distingués, MM. Audouard, Debray, Gautrelet, Miquel, Yaillard, bureau, ainsi qu’à M. le professeur Joiion qui a présenté le nouveau système à la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle : les résultats obtenus par ces divers savants concordent, et l’on peut en conclure que l’eau de rivière, sortant d’un puits Lefort, peut être employée, sans hésitation, pour l’alimentation publique.
- Nous nous permettrons d’être très net dans cette affirmation, d’autant plus que l’honorable ingénieur dont nous apprécions brièvement le beau travail, n’a
- voulu prendre aucun brevet et n’a cherché qu 'a être utile à l’humanité avec la largeur de vues et le désintéressement que nos savants français apportent aux problèmes de ce genre.
- Voici en quoi consiste le système Lefort.
- Après avoir fait avec une précision scientifique indiscutable le procès des grands filtres artificiels qui ont l’inconvénient de filtrer très peu et très mal, M. Lefort a pris, comme filtre, un îlot artificiel, construit en pleine Loire, sur l’emplacement de file Beaulieu, à 2640 mètres en amont de la ville et par conséquent de la zone de pollution des eaux qu’elle rejette dans le fleuve. Nos dessins (fig. 1 et 2) en montrent la disposition. Le puits d’exhaure est situé à peu près au milieu de l’île dont la masse, convenablement disposée, sert de malière filtrante.
- Fig. 1. — L'ile Beaulieu dans la Loire, auprès de Nantes, et l’installation du puits Lefort.
- Toute la grève à cet endroit est formée de beau sable d’un grain moyen, d’épaisseur variable, limitée par une couche épaisse de vase compacte ou jalle qui s’étend à 2m,30 environ au-dessous des plus basses eaux.
- Le puits filtrant est établi sur un caisson en tôle supportant sa maçonnerie. Il est entouré d’un remblai de sable pur, recouvert par un perré de 0ra,40 d’épaisseur et par un enrochement terminal granitique. Son diamètre intérieur est de 2 mètres, sa maçonnerie en mortier de chaux hydraulique et ciment, avec un enduit de ciment à l’intérieur et à l’extérieur.
- L’eau filtrée pénètre dans le puits par 66 barba-canes que montre notre troisième gravure (fig. 3) et que l’on peut ouvrir ou fermer à volonté : le premier rang de barbacanes se trouve à environ lm,53 au-dessous des plus basses eaux dans les parages de l’île Beaulieu.
- Chaque barbacane est formée d’un bloc en ciment 0ra,40
- de 0m,50 de longueur et de évidé à l’intérieur.
- Dans la moitié de l’épaisseur, l’évidement est en forme de tronc de cône ayant 0m,20 de diamètre intérieur et 0ra,30 à l’extérieur; cet évidement est rempli de petites pierres cassées qu’il a été nécessaire de retenir par un grillage métallique dont les mailles sont de 0m,004 environ. Dans la seconde moitié de l’épaisseur de la barbacane, l’évidement a une forme cylindrique de 0m,10 de diamètré et cette ouverture peut être fermée, soit au moyen de tampons en bois, soit par une disposition de robinets facilitant le puisage de l’eau aux diverses barbacanes et leur fermeture.
- La hauteur totale depuis le dessus de la margelle jusqu’au fond du puits est de 7m,44 ; il se trouve enfoncé de 4m,70 au-dessous de la grève; un escalier tournant permet d’y descendre et d’ouvrir, à
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- volonté, l’un ou l’autre rang de barbacanes. Telle est la description sommaire de l'installation étudiée, d’ailleurs, avec un soin méticuleux dans tous ses détails.
- Les expériences de débit, faites d’une façon continue pendant plus d’un mois, jour et nuit, permettent de conclure qu’un puits de ce genre, de 2 mètres de diamètre, contenant 10 barbaea-nes par rang, espacées de 0,n,50 dans le sens vertical, peut donner, avec trois rangs de bar-bacanes seulement,
- 2000 mètres cubes d’eau potable en 24 heures, soit 600 000 mètres cubes dans une année de 500 jours effectifs, à la condition que le plan d’eau de la rivière se maintienne au moins à un mètre en contre-haut du rang supérieur (troisième rang), c’est-à-dire que le rang le plus bas se trouve au moins à 2 mètres en contre-bas des
- plus basses eaux. Dans
- Fig. 3. — Détails du puits de l’ile Beaulieu. — a a, barbacanes. b b, tampons permettant de laisser entrer l’eau filtrée.
- nombre de bactéries, de 2 i 000 pour l’eau
- un devis total de douze puits proposé à la ville, de Nantes par M. Lefort, pour un rendement de 50 000 mètres cubes ou 250 litres d’eau par habitant et par jour, chiffre réclamé par l’hygiène, le prix de revient de chaque puits est de 55 000 francs.
- Au point de vue de la salubrité de l’eau ainsi obtenue, nous emprunterons quelques chiffres à l’excellent rapport présenté, à ce sujet, par M. le professeur Joüon à la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle.
- L’eau extraite du puits est limpide et fraîche, condition primordiale de qualité pour une eau potable; les matières en suspension dans la rivière sont totalement arrêtées par le filtre. Le par centimètre cube, qui est puisée directement dans la
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- LA NATURE.
- Loire, tombe à 150 environ pour l’eau sortant du puits : ces chiffres résultent des analyses faites par M. Miquel à l’Observatoire de Montsouris et par M. Vaillardau laboratoire du Val-de-Grâce. Or, voici, par comparaison, les chiffres de bactéries relevés dans les eaux qui sont mises 'a la disposition de la
- consommation parisienne : Bactéries
- par mètre cube.
- Eau de la Vanne 705
- — Dhuys 1890
- — Ourcq 36190
- — Marne 28510
- — Drain de Saint-Maur. . 2110
- — Seine à Ivry 27 340
- — — Pont d’Austerlitz. 31060
- — — Chaillot 77 525
- Ce sont là les moyennes bactériologiques générales des eaux de Paris pendant les années 1887, 1888 et 1889 : elles sont fâcheusement éloquentes.
- Est-ce à dire que l’excellent système de M. Lefort doit se substituer immédiatement à tous les autres et que dans un avenir plus ou moins prochain l’eau de source n’entrera plus dans la consommation publique? Nous n’allons pas jusque-là. Mais convaincus que, dans une civilisation intelligente, l’eau à profusion est la base de la santé et de la salubrité publiques, nous croyons que les puits Lefort viendront fournir un concours puissant et utile à l’alimentation de nos grandes cités.
- C’est par l’application de ces procédés progressifs que l’on arrivera, dans une large mesure, à faire disparaître de nos centres agglomérés un grand nombre de fléaux, notamment la redoutable fièvre typhoïde qui fauche nos générations dans leur fleur. On connaît les résultats obtenus par noire éminent Ministre de la guerre, M. de Freycinet, en tenant la main à la distribution de l’eau potable dans nos casernes : encore faut-il que cette eau soit obtenue d’une façon certaine, économiquement et abondamment1. Le procédé préconisé par M. Lefort nous paraît être une des solutions du problème; nous en verrions, avec un grand plaisir, installer quelques spécimens dans nos grandes villes sans oublier notre camp retranché de Paris. Ce procédé, que la précision des analyses de laboratoire encourage et confirme, n’a en effet contre lui que,des arguments empruntés, en très grande partie, à la routine et aux préjugés. Max de Nansouty.
- NOTE QUE SEMBLE DONNER
- LE SIFFLET D’UNE LOCOMOTIVE
- EN MARCHE
- La Boîte aux lettres du numéro de La Nature du 11 avril contient un appel aux musiciens pour expliquer les variations apparentes de la note que donne le sifflet
- 1 Voir rapport officiel du Dr Henri Monod. — Journal officiel, 13 avril 1891.
- d’une locomotive en marche, avant, pendant ou après le croisement avec le train où se trouve l’observateur1. Ce phénomène découle des lois de l’acoustique ; il est général et se produit toutes les fois que varie la distance d’un corps sonore à l’oreille.
- La hauteur du son perçu par l’oreille dépend, en effet, non pas du nombre de vibrations qu’émet le corps sonore, mais bien du nombre de ces vibrations qui arrivent à l’oreille en un temps donné. Or le son se propage avec une vitesse de 532 mètres à la seconde. Lorsqu’un corps sonore se rapproche, le retard que subit le son pour arriver à l’oreille va en diminuant à mesure que la distance diminue; il en résulte qu’en un temps donné on perçoit .plus de vibrations que n’en a émis le corps sonore dans le même temps; le son paraît donc plus aigu. Cette sorte de condensation des vibrations est constante ; quand la vitesse de rapprochement du corps sonore est elle-même constante, elle varie avec cette vitesse : dans le premier cas, la note perçue est plus élevée que la note émise d’un intervalle invariable (demi-ton, ton majeur ou mineur, tierce, etc.) ; dans le second cas, elle monte ou descend selon que cette vitesse augmente ou diminue.
- L’effet inverse se produit et le son paraît plus grave quand le corps sonore va en s’éloignant.
- Lorsque deux trains marchent au-devant l’un de l’autre sur la même ligne, on peut admettre que la distance du sifflet à l’oreille diminue de façon constante, la note que donne le sifflet semble donc plus élevée d’un intervalle fixe; au moment précis du croisement, le son baisse presque instantanément et donne la note juste pendant un instant très court; puis, les trains vont en s’éloignant et la note devient plus grave encore, en restant constante jusqu’à la fin.
- Prenons, par exemple, deux trains express lancés à la vitesse de 1500 mètres par minute, soit 25 mètres à la seconde. Nous pouvons supposer l’un de ces trains immobile en B et l’autre animé d’une vitesse de 50 mètres.
- A'
- B
- Soit la locomotive mobile, en un point A quelconque, et AA'= 50m. Le son émis en A arrivera en B avec un retard égal à une fraction de seconde représentée par
- Oo*
- et celui émis en A' avec un retard de Donc les
- 3o2
- vibrations produites en une seconde de A en A', seront
- reçues par l’oreille B en une seconde, diminuée de la dif-
- AB A'B AA' 50 , t ferenee c est-a-d.rc eu une f.-sc-
- . , .... 352 — 50 282 141
- tum de seconde égalé a .
- Le nombre de vibrations reçues en une seconde s’obtiendra en multipliant le nombre de vibrations réelles par
- le rapport qui représente un intervalle musical su-
- i> ’ 9 ....
- périeur à un ton majeur, et presque égal a une tierce
- 168
- 140'
- A l’oreille, c’est bien une tierce mi-
- 1 L’explication du phénomène se trouve dans l’article lu orchestre original, publié dans le n° 742, du 20 août 1887.
- p. 186.
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- LA NATURE.
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- Après le croisement la note sera baissée de même d’un
- intervalle de ^ = 332 “ Ï66’ Un peU infeneur
- au précédent, mais encore sensiblement égal à une tierce
- 6 198
- mineure : F = T7Tv-5 165
- L’intervalle total des notes d’avant et d’après est repré-
- t 191 .. , 4 188
- sente par le rapport soit une quarte : - —
- 11 est aisé de mettre ce problème en équation. Soient alors V la vitesse du son dans l’air, v la vitesse de rapprochement ou d’éloignement du corps sonore de l’oreille, c’est-à-dire la quantité dont varie la distance de ces points en une seconde ; on trouve que la note apparente s’obtient
- V
- en îiiultipliant la note réelle par ^--quand on se rap-
- proche, par —--------quand on s’écarte. Pour passer du son
- V -j- »
- qui s’approche au son qui s’éloigne, il faut multiplier le
- Y — v
- premier par ^----------
- Une conséquence curieuse de ce qui précède est qu’une oreille un peu exercée peut déduire la somme des vitesses de deux trains qui se croisent de l’intervalle musical des notes d’avant et d’après le croisement. Ainsi, dans l’exemple cité dans le numéro de La Nature, du 11 avril, cet
- intervalle est d’une tierce mineure ou Il en résulte
- 5
- V — v 5 Y 3o2 _ , .
- que ------=- ; donc v — — = -— = 3üm. Chaque train
- H V + i> 6 11 11 ^
- fait donc 15 mètres à la seconde ou 909 mètres à la minute.
- Si la vitesse des trains atteint une valeur paradoxale encore aujourd’hui, mais qui sera peut-être la réalité de demain, l’intervalle entre les deux sons peut devenir con-
- .Y — v 1 Y
- sidérable. Il sera d’une octave si ==—-— = - ou v = - =
- Y + v 2 d
- 110m, soit 55 mètres par train, soit 3360 mètres à la mi-V — v 1 3
- nute; de deux octaves si =------= -r ou t> = r V = 200n’
- ’ Y + v 4 5
- environ, ce qui donne 6 kilomètres à la minute pour chaque train.
- Si le corps sonore considéré est un projectile, le bruit qu’il produit en se rapprochant est d’autant plus aigu que la vitesse de rapprochement est plus proche de 352 mètres; elle atteint alors la limite des sons perceptibles éle-
- vés, puisque ^—- = - = oo. Si la vitesse est plus grande, ce rapport change de signe et devient égal à et la note baisse, au contraire, quand la vitesse
- v — Y
- croît; si u = 664m,-------^ = 1, °n 3 PMn*sson> chan"
- gement de signe montre que le projectile arrive au croisement avant d’être entendu, et les sons d’avant et d’arrière se confondent ensuite.
- C’est ainsi qu’on peut s’expliquer la locution : le sifflement des balles, employée par tous les anciens auteurs, tandis que nos projectiles modernes semblent plutôt gémir ou ronfler; c’est qu’avec les armes à âme lisse on n’atteignait que des vitesses moyennes de 200 à 250 mètres, tandis qu’aujourd’hui on arrive à 600 ou 700 mètres.
- La même théorie est applicable aux vibrations lumineuses. La couleur apparente d’un corps lumineux mobile tire d’autant plus sur le bleu et le violet du spectre qu’il
- se rapproche plus vite de l’œil, elle marche au contraire vers le jaune et le rouge s’il s’éloigne. La vitesse delà lumière, 300 000 kilomètres à la seconde, est trop considérable pour que ces phénomènes puissent s’observer à la surface du globe; mais on peut dire, avec une certitude presque absolue, que les étoiles blanches sont immobiles par rapport à la terre, ou du moins ne sont animées que d’une vitesse de rapprochement ou d’éloignement négligeable par rapport à la vitesse de la lumière; que les étoiles jaunes ou rouges s’éloignent de nous, d’autant plus vite que la teinte est plus rouge, et que les étoiles bleues, au contraire, se rapprochent avec une vitesse considérable. De la connaissance exacte de la teinte d’une étoile, on pourrait déduire la vitesse dont cette étoile est animée par rapport à notre système solaire.
- On voit que les plus petits faits méritent l’attention en matière scientifique, puisque l’étude d’un phénomène aussi simple que le bruit d’un sifflet de locomotive nous a amené à résoudre, ou tout au moins à aborder, les plus grands problèmes des mouvements des astres dans les espaces infinis. P. Moëssard,
- Commandant du génie.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 13 avril 1891. — Présidence de M. Düchartre.
- Le manomètre de 300 mètres. — C’est au milieu de l’attention générale que M. Cailletet annonce qu’il vient de terminer à la Tour Eiffel l’installation de son colossal manomètre à air libre. La Nature donne la description de cette merveille que l’illustre savant ajoute à toutes celles qu’on lui doit déjà (p. 312). Nous nous bornerons à exprimer ici notre admiration pour le remarquable appareil qu’il nous a été permis de visiter dans tous ses détails depuis sa base jusqu’à son sommet, grâce au bienveillant empressement de M. Cailletet et de M. Eiffel.
- Les unités électriques. — Déjà les électriciens se sont occupés à différentes reprises de préciser les rapports mutuels des unités électromagnétiques et des unités électrostatiques de l’électricité. Ce coefficient est de première importance puisqu’il établit une relation nette entre l’électricité et la lumière, et l’on sait que les tentatives exécutées pour le déterminer ont conduit à leur attribuer une valeur numérique qui coïncide avec l’expression de la vitesse même de la lumière. M. Cornu présente, de la part de M. Pellat, de nouvelles recherches dans la même direction. L’auteur comparant les mesures fournies par un conducteur de grande résistance, d’une part à l’ampèremètre et d’autre part à l’électromètre absolu de Sir William Thomson, trouve pour le rapport de ces valeurs le nombre 300 900 kilomètres. Or, on sait que M. Cornu a assigné 300 400 kilomètres à la vitesse de la lumière : la différence n’est pas sensible. M. Cornu ajoute que le travail de M. Pellat a été exécuté avec toutes les garanties d’exactitude au laboratoire de physique de l’École polytechnique et représente trois années entières d’efforts assidus.
- Petit compendium médical. — C’est le titre d’un charmant petit volume 'constituant !un Mémento de pathologie et de thérapeutique en même temps qu’un formulaire et un petit traité de médecine pratique qui est adressé par M. le Dr Antonin Bossu, l’un des vétérans toujours actifs de la presse scientifique. Ce petit livre qui, suivant l’expression de sa propre préface, n’est guère plus embarras-
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- LA NATURE
- sant qu’un étui à lancettes, est assuré d’avance d’un très grand succès.
- Botanique. — Parmi les communications de botanique, il faut citer une suite, par M. Yesque, à ses recherches sur les Clusiacées. Aujourd’hui le savant auteur signale dans une section du genre Clusia des « points nodaux », autour desquels rayonnent les espèces. D’après M. lieriaque, professeur à Alger, certaines racines et spécialement les racines adventives de la pervenche contiennent du liber, contrairement à l’opinion généralement répandue. On doit rappeler que M. Yan Tieghem a déjà fait des observations analogues sur des racines de cucurbitacées.
- Varia. — Par l’intermédiaire de M. Lœwy, MM. Rain-baud et Sicre font parvenir des observations de la comète
- Barnard, faites à Alger les 4, 5 et 6 avril. — M. Linos-quet estime que son aspergilline n’est pas identique à la matière colorante rose des palmellas, et constitue vraiment une hématine végétale. — Un savant de Copenhague a employé l’oléo-réfraetomètre de M. Amagat à l’analyse de plus de 500 variétés de beurre, et il en tire des conclusions qui n’ont pas été lues en entier. — En faisant réagir l’acide bromhydrique sur le chlorure de silicium, M. Besson est arrivé à substituer un, deux ou trois atomes de brome à des quantités correspondantes de silicium. — M. le général Derrecagaix expose, de la part du Ministre de la guerre, l’état des mesures reprises récemment d’une base trigonométrique entre Villejuif et Juvisy. —M. de Baker lit un Mémoire sur les vaccinations antituberculeuses.
- Stanislas Meunier.
- ——
- Spécimen du menu photographique d’un déjeuner à la campagne.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- LES MENUS PHOTOGRAPHIQUES
- Un de nos lecteurs, M. Maurice Bossière, amateur de photographie, nous fait part d’un charmant procédé qu’il a imaginé pour la confection de ses menus, quand il reçoit des amis 'a sa table hospitalière. Il leur offre la photographie de la maison où ils sont reçüs, ou des sites qu’ils vont visiter s’il s’agit d’un déjeuner à la campagne, comme c’est le cas pour le menu ci-dessus qui représente la SeineàPoissy. — On tire les épreuves positives après avoir collé sur le cliché de verre deux morceaux de papier qui forment des réserves en blanc. Le tirage doit se faire avec des papiers sur lesquels on peut écrire à l’encre. 11 est facile de trouver ces papiers dans le com-
- merce. Nous citerons ceux qui servent au tirage pla-tinique et qui donnent une épreuve grise; nous mentionnerons aussi le papier au prussiate, qui donne une épreuve bleue sur laquelle la plume glisse parfaitement sans bavure. L epreuve sèche est collée sur bristol ; on écrit sur la réserve du haut, le menu, et sur la réserve du bas, le nom du convive. Les sujets peuvent être différents pour chaque invité.
- Il y a là une idée originale, susceptible d’être variée à l’infini, et nous avons la persuasion que tous ceux qui pratiquent l’art de Daguerre nous sauront gré de leur avoir fait connaître les menus photographiques. G. T.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandieu.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 934. — 25 AVRIL 1891.
- LA NATURE.
- 521 ^
- Fie. 1.
- LES USAGES DU PHONOGRAPHE
- Nos lecteurs connaissent depuis ses débuts le merveilleux appareil d’Edison, le phonographe, dont le dernier modèle perfectionné 1 commence à être utilisé pratiquement aujourd’hui.
- On nous a souvent demandé quelles pouvaient être les ressources fournies parle phonographe dans la vie usuelle, et quel devait être l’avenir pratique de cet instrument.
- Nous sommes heureux de pouvoir répondre à ces questions intéressantes par la plume même d’Edison, qui vient de publier un article à ce sujet dans le premier numéro d'un nouveau journal américain, The Plionogram. Nous traduisons mot à
- mot la notice d’Edison, et nous reproduisons en même temps les deux gravures que la publication de New-York a cru devoir offrir à ses lecteurs comme un hommage rendu au grand inventeur.
- Elles représentent la maison d’habitation d’Edison et son beau cabinet de travail élégamment orné de plantes exotiques (fig. 1 et 2). Ce sont là des documents historiques qu’il est intéressant d’enregistrer de ce côté de l’Atlantique.
- Dans un article publié il y aune dizaine d’années, j’ai énuméré parmi les applications possibles du phonographe :
- 1° L’écriture de la correspondance et de toutes sortes de dictées, sans l’aide d’un sténographe ; 2° les livres phonographiques qui parleraient aux aveugles sans exiger aucun effort de leur part; 3° l’enseignement du langage ; 4° la reproduction de la musique; 5° le document de famille, qui conserverait des souvenirs, des réminiscences, etc., des membres de la famille, ainsi que les dernières paroles des moribonds; 6° les boîtes à musique et
- La maison d’Edison à Orange, aux Etats-Unis.
- Voy. n° 831, du 4 mai 1889, p. 19e année. — 1er semestre-
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- les jouets ; 7° les horloges automatiques qui annonceraient en langage articulé l'heure de rentrer à la maison, celle des repas, etc. ; 8° la conservation des langues et des idiomes, par une reproduction exacte de la prononciation ; 9° l’enseignement par la conservation des explications données par le professeur et auxquelles l’élève peut se référer à un moment quelconque, l’épellation et toutes leçons orales inscrites sur le phonographe en vue d’aider la mémoire ; 10° la combinaison du phonographe et du téléphone, en vue de substituer aux commu n i cations verbales et éphé-mères, des inscriptions permanentes et authentiques. Chacune de ces applications du phonographe perfectionné est aujourd’hui prête pour l’exécution. Je puis ajouter que, grâce à la facilité avec laquelle l’appareil enregistre et reproduit toutes sortes de musique, les airs sifflés et les récits, il peut être utilisé à fournir des distractions aux invalides, aux réunions de sociétés, aux dîners, etc. Chacun, sans quitter son fauteuil, peut commander un assortiment de cylindres de cire sur lesquels sont gravés des chansons, des poésies, des morceaux de violon ou de piano, de courtes histoires, des anecdotes, et, en les plaçant sur le phonographe, s’otfrir le plaisir de l’audition d’une pièce nouvelle, dite ou chantée par les auteurs ou des chanteurs célèbres, des acteurs ou des orateurs renommés. La variété des plaisirs ainsi mis à la disposition d’un amateur est en quelque sorte illimitée.
- Des morceaux d’orchestre, et même des opéras tout entiers, peuvent être emmagasinés sur le cylindre : la voix de la Patti chantant en Angleterre peut être entendue de ce côté de l’Océan et conservée
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- Fig. 2. — Le cabinet de travail d'Edison.
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- pour les générations futures. Sur quatre cylindres de huit pouces (20 centimètres) de longueur et de cinq pouces (15 centimètres) de diamètre, je puis mettre tout le Nicholas Nickleby sous la forme pho-nographique. Pour apprendre correctement la langue anglaise et les langues étrangères, le phonographe paraît sans rival, car aucun procédé d’épellation phonétique ne peut figurer pour l’élève la prononciation d’un pur anglais, français, allemand ou espagnol, la machine reproduisant les plus délicates nuances plus exactementque le plus habile imitateur.
- L°s discours des orateurs, les sermons des prédicateurs, peuvent être à chaque instant prêts pour l’audition (on tap) dans toute maison qui possède un phonographe. 11 n’y aurait pas lieu d’être surpris si, dans quelques années, des bulletins ou des journaux phonographiques étaient édités sur des cylindres de cire. Dès maintenant, lorsque l’usage du phonographe se sera généralisé, les reporters et les correspondants de journaux pourront dicter leur copie à un phonographe, soit dans le bureau de rédaction, soit à distance, par un fil, téléphonique relié à un phonographe monté dans la salle de composition, de sorte que l’article pourra être imprimé directement sans avoir été écrit par les moyens ordinaires.
- Les cylindres de cire peuvent être envoyés par la poste dans de petites hoîles que j’ai combinées dans ce but, et disposés à l’arrivée pour être entendus par un ami ou un correspondant. Pour remédier à la difficulté résultant du fait que l’ami ne dis -pose peut-être pas d’un phonographe, on sera conduit à établir des stations d’audition où chacun pourra apporter les phonogrammes qu’il a reçus, en écouter la lecture, les transcrire ou les faire transcrire à la machine, moyennant une faible rétribution. Qui de nous ne consentirait à s’imposer un léger supplément de dépense pour entendre la voix d’un parent ou d’un ami nous parlant de l’autre bout du monde?
- Les auteurs pourront enregistrer leurs idées passagères à toute heure du jour ou de la nuit sans courir après du papier, de l’encre et des plumes, et dans un temps plus court qu’il n’en faudrait pour écrire le mémorandum le plus succinct. Ils pourront également publier leurs nouvelles et leurs essais littéraires sous forme exclusivement phonographique, et parler ainsi directement à leurs fidèles auditeurs, tout en ayant la certitude que leurs œuvres ne seront pas tronquées par des copistes maladroits. Les compositeurs de musique, en improvisant leurs compositions, auront la faculté de les inscrire instantanément sur le phonographe.
- Tous les phonographes ont la même dimension, de sorte qu’un enregistrement fait à New-York peut être entendu sur un autre appareil de même modèle monté en Chine, et répéter exactement comme il l’aurait fait sur notre continent. Chaque cylindre de cire peut recevoir de huit cents h mille mots, et l’on peut, naturellement, employer un nombre quelconque de cylindres pour phonograver un seul et même document Cette adoption d’un modèle unique
- rend l’appareil d’un emploi pratique dans les bureaux qui ont des relations dans le monde entier.
- Mon secrétaire particulier parle aujourd’hui toutes ses lettres dans un phonographe d’où elles sont reprises par un écrivain à la machine ou un expéditionnaire ordinaire écrivant à la main.
- Les personnes qui ont une volumineuse correspondance peuvent dicter toutes leurs réponses à un phonographe en un temps très court, et donner les phonogrammes à un copiste, sans perdre de temps avec un sténographe et sans avoir l’ennui de corriger les erreurs du copiste.
- Mais il y a plus : deux hommes d'affaires, en correspondance phonographique, peuvent parler sur le cylindre, à l’aide d’un double tube, d’une façon absolument indépendante, et obtenir ainsi une transcription irréprochablement exacte de leur conversation, avec leurs propres voix, les pauses, les hésitations, les affirmations confidentielles, les explications spéciales infailliblement inscrites sur la cire.
- Cette conversation peut être ensuite écrite à la main où à la machine et conservée pour référence ultérieure, ou bien elle peut être recopiée sous forme phonographique en plusieurs exemplaires par un procédé mécanique spécial. Par ce procédé, bien des malentendus peuvent être évités. D’intéressantes discussions philosophiques ou littéraires peuvent être enregistrées par le même procédé. En résumé, le phonographe peut dès à présent réaliser, en ce qui concerne la parole articulée, tout ce que, par comparaison, la photographie instantanée réalise avec les objets en mouvement : l’enregistrement est obtenu avec une minutieuse exactitude qu’aucun autre procédé ne permet d’atteindre.
- Un abonné au téléphone peut disposer sur son appareil un phonographe qui, à chaque appel, annoncera au bureau central qu’il est sorti, et qu’il sera de retour à une certaine heure. De même, un abonné en appelant un autre et ne le trouvant pas à la maison, pourra dire ce qu’il veut et le faire inscrire sur le phonographe de l’interpellé. Ce procédé évitera l’ennui d’écrire une note, et de confier à un employé, 'a un garçon de bureau ou à une servante, un message oral qui, dans bien des cas, serait oublié ou inexactement transmis. Les hôtels et les clubs trouveront ce mode de correspondance excessivement utile ; hôteliers et clients en feront un usage fréquent.
- Il ne faut pas perdre de vue que je ne parle pas ici de choses possibles dans un avenir plus ou moins éloigné. J’ai écrit mes prédictions il y a déjà dix ans, et les applications énumérées ci-dessus sont celles que le phonographe perfectionné est dès à présent capable de réaliser pratiquement. Il faut, évidemment, pour faire usage du phonographe, un peu d’instruction et de pratique, mais il en faut moins, par exemple, que pour savoir se servir d’une machine à écrire, et incomparablement moins qu’il n’est nécessaire pour savoir faire marcher convenablement une machine à coudre. Tu.-A. Edison.
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- L’INDUSTRIE PHONOGRAPHIQUE
- AUX ÉTATS-UNIS
- Le phonographe, qui est resté pour nous jusqu’ici un simple appareil de curiosité, se prépare à jouer en Amérique un rôle industriel important, rôle préparé de longue main par la formation d’une grande compagnie, The North American Phonograph C°, propriétaire des brevets de Thomas Alva Edison pour enregistrer, conserver indéfiniment et reproduire la parole articulée, ainsi que les autres sons, et agent exclusif de Y American Graphophane C°. La North American Phonograph Company, dont les bureaux sont à New-York, a déjà constitué plus de trente compagnies locales dans les principales villes des États-Unis, et vient de créer un organe spécial que nous avons cité plus haut (p. 521). Cet organe a pour titre : The Phonogram, magazine mensuel consacré à la science du son et à l’enregistrement de la parole. La lecture des deux premiers numéros du Phonogram auquel nous avons emprunté l’article qui précède est des plus attrayantes, malgré la nature un peu spéciale du sujet.
- Le mode d’exploitation actuel du phonographe forme deux catégories distinctes, suivant que l’appareil est envisagé, comme objet de curiosité et d’amusement, ou comme objet d’utilité. Comme objet d’amusement, une exploitation actuellement fructueuse faite par un certain nombre de compagnies locales consiste à l’utiliser à des auditions sur le principe bien connu des appareils automatiques, principe dénommé en Amérique : Nickel-in-the-slot. Le seeond mode d’exploitation consiste à louer à l’année, et, depuis quelques mois, à vendre, au choix du client, des phonographes et des graphophones. Un article du Phonogram est consacré à l’examen du tort moral, et partant commercial, que le premier mode d'exploitation, actuellement le plus fructueux, peut faire au second mode qui représente l’avenir. L’auteur exprime la crainte que l’impression produite par le jouet empêche le public de bien se pénétrer du rôle utilitaire du phonographe comme appareil d’affaires. Pour que la recherche des recettes immédiates ne fasse pas de tort aux recettes de l’avenir, l’auteur propose de créer, dans chaque compagnie locale deux services distincts, dont l’un s’occuperait de la bagatelle, et l’autre du côté sérieux. Un autre article du Phonogram nous apprend qu’il existe à New-Jersey une véritable fabrique de musique, d’où sortent, chaque mois, plusieurs milliers d’airs nouveaux. Ces airs sont d’ailleurs très variés avec la nature dé la clientèle. Avant l’inscription du mor-èeau, le titre en est crié sur l’appareil, et lorsque son exécution est terminée, s’il reste un peu de place sur le cylindre, on n’oublie pas de l'utiliser en y inscrivant des applaudissements et des hurrah ! que les musiciens se prodiguent à eux-mêmes à la fin. Tous les morceaux sont expérimentés avant d’être mis dans le commerce; ceux qui présentent des défectuosités sont mis de côté. Le prix commercial de ces morceaux est de 1 à 2 dollars chacun, ce qui laisse un certain bénéfice, déduction faite du salaire des musiciens, car l’inscription d'un même morceau se fait sur plusieurs cylindres à la fois. Les recettes des phonographes exploités par le système du Nickel-in-the-slot sont très variables avec l'endroit où est placé l’appareil, et la nature du morceau/morceau que l’on change d’ailleurs tous les jours. Certains appareils ont donné jusqu’à 24 dollars (120 francs) de recette journalière.
- APPLICATIONS DE LA LAMPE ÉLECTRIQUE
- a l’exploration des canons, des obus
- ET DES TROUS DE SONDAGE
- M. Trouvé a fait connaître une application ingénieuse de la lampe à incandescence pour l’éclairage des trous de sondage destinés à fournir des renseignements sur la nature et l’épaisseur des couches de terrains et particulièrement sur leur richesse en minéraux utiles. Cette lampe est une modification de celle que le commandant Manceron a appliquée à l’exploration de l’intérieur des canons et des obus.
- Lorsqu’une pièce vient d’être fondue, elle est l’objet d’un examen ; lorsqu’elle a été achevée, elle est soumise à un nouvel examen, car il arrive parfois que ce second examen met en évidence des défauts qui n’avaient pas d’abord été aperçus.
- La petite lampe à incandescence employée pour explorer les bouches à feu est enfermée dans un cylindre métallique noirci à l’intérieur et percé sur la partie convexe d’une ouverture contre laquelle elle s’applique, sans toutefois en toucher les bords. Un miroir, incliné sur l’axe de l’àme à 45°, renvoie l’image de la partie éclairée vers l’ouverture et cette image est grossie par une lentille qui se trouve sur le trajet des rayons.
- Le cylindre est fixé à une tige métallique le long de laquelle il peut glisser d’un mouvement doux et lent. Celle-ci est introduite à l’intérieur et dans l’axe du canon. Du dehors, on amène la lampe successivement vis-à-vis de chaque point de la paroi, puis, on la fait tourner autour de la tige de manière à éclairer la même région transversale.
- Le courant peut être fourni par une pile, un accumulateur, ou une machine magnéto-électrique. La pile exige le maniement de liquides acides ; le transport n’en est pas commode. Or, ce n’est pas seulement dans le laboratoire qu’on examine les canons, c’est même plus souvent au dehors, au polygone, après les exercices. Les accumulateurs ne sont pas non plus d’un maniement facile. Reste donc l’emploi d’une petite machine magnéto-électrique dont quelques tours de roue suffisent pour obtenir la lumière. M. le commandant Manceron en a fait construire une, d’après ses indications, au constructeur Ducretet.
- Cette petite machine réunit plusieurs avantages : elle n’est pas encombrante; on peut la mettre en mouvement très facilement. Un rhéostat spécial continu, permet de régler le courant à volonté à la vitesse normale de 450 tours par minute de la manivelle, soit 5900 tours de l’induit ; elle fournit aux bornes une différence de potentiel de 26 volts et une intensité de 2 ampères, soit 52 watts utiles. On peut alors allumer 2 lampes de 26 volts et 4 ampère en dérivation, ou plusieurs lampes dont l’ensemble ne dépasse pas, bien entendu, les 26 volts et les 2 ampères que peut donner la machine, et éclairer a distance le lieu où se trouve l’obus ou la pièce à examiner.
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- L’intérieur des projectiles doit être visité pour Vassurer qu'ils ne présentent ni des rugosités trop saillantes, ni d’autres défauts de fabrication. Dans ce cas, la petite lampe est portée par une tige coudée; l’obus étant disposé verticalement, on introduit la lampe par l’ouverture qui se trouve au sommet de l’ogive (fig. 1, n° 1) ; grâce à un mouvement de crémaillère, la tige peut être allongée ou raccourcie comme un tuyau de lunette et la lampe est ainsi amenée à toutes les hauteurs, puis, à l’aide d’un mouvement de rjtation qu’on lui imprime, on éclaire successivement tous les points d’une même région horizontale.
- L’observation du canon est faite à l’oeil nu, car la distance de la culasse, où se trouve l’observateur, aux divers points de la pièce, n’est jamais assez grande pour qu’on ait à recourir a une lunette ; néanmoins, rien n’empêche de se servir d’une lunette de Galilée ou lorgnette de spectacle. Il en est de même pour l’examen des obus.
- Les procédés du commandant Manceron sont mis en pratique dans les écoles d’application de l’artillerie et du génie.
- La lampe a pu être employée à la vérification des raccordements des colonnes montantes des ascenseurs hydrauliques. On sait que ces colonnes sont formées de plusieurs parties qu’il faut rapprocher bout à bout et raccorder avec beaucoup de soin. Le contrôle de cette opération délicate exige un examen attentif et, par suite, un éclairage assez vif et un grossissement des objets au moyen d’une lentille.
- Enfin, quand on veut explorer le sol, ainsi que nous l’avons dit en commençant, on éclaire des trous de sondage comme on fait de l’intérieur des bouches à feu. M. Trouvé a apporté quelques modifications à la lampe pour l’approprier à ce nouveau but. Afin de lancer le courant h toutes les profondeurs qui,
- dans certains cas, ont atteint jusqu’à 500 mètres, la lampe est suspendue à un câble formé de deux fils enroulés sur un treuil placé à la surface du sol, à l’entrée du trou. Le double fil communique, d’une manière permanente, avec la source électrique, de sorte que la lampe peut parcourir toute la longueur du puits sans que le courant, et, par conséquent, la lumière, soient interrompus. Le gouvernement
- portugais a envoyé l’an dernier u ne mission scientifique sur les côtes de Mozambique dans le but d’y explorer les terrains et surtout de voir s’il n’y aurait pas des gisements de charbon. M. le colonel Andrade et M. Mariano de Carvalho, chefs de cette mission, ont eu occasion de faire usage de la lampe Manceron, modifiée pour ce butparticulier par M. Trouvé. Ils ont pu voir les diverses couches de terrain d’une manière très nette, aussi bien qu’une tranchée à découvert leur aurait permis de le faire, mais avec une grande économie de temps et d’argent.
- Ajoutons que la même machine est employée à faire éclater les mines. La figure 2 donne dans ce cas la disposition de l’ensemble.
- En Rh est le rhéostat ; en -1- et — se trouvent les deux conducteurs reliés aux bornes. L’un de ces conducteurs Am est relié à un poussoir P qui peut appuyer sur un contact r et le faire communiquer à la borne — de la machine. Un câble Ca est relié aux deux bornes + et — et se rend à l’amorce Am. Au moment de la mise à feu, une plaque F est ouverte, et l’on appuie sur le poussoir P, l’étincelle jaillit aussitôt. Un projecteur Pr est disposé spécialement pour éclairer le fond de la cavité, en dehors des instants où ont lieu l’inflammation des amorces.
- Félix Hément.
- Fig. i. — 1. Disposition intérieure de ia Jampe à incandescence dans un obus. 2. Vue extérieure de la machine magnéto, et du projecteur pour éclairage.
- Fig. 2. — Schéma figurant le projecteur et l’intérieur de la machine avec la disposition des câbles sur les amorces.
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- MESURE DE LA VITESSE DES NAVIRES
- La Nature a donné à plusieurs reprises toutes explications sur la valeur de cette expression constamment usitée en marine : « Ce navire marche à tant de nœuds » ; et, sans revenir sur ces explications, nous rappellerons seulement que le nœud est une longueur de 47 pieds et demi ', et que le nombre de milles marins parcourus par un navire pendant une heure (étant supposée une vitesse uniforme) est exactement le même que celui des nœuds constatés. Mais une question intéressante est précisément de savoir comment on peut relever ce nombre de
- nœuds, et ce sent les différents procédés employés dans ce but que nous voulons indiquer aujourd’hui.
- L’appréciation exacte des vitesses est bien autrement importante à notre époque qu’elle ne l’était jadis. Et d’abord, avant l’emploi des navires à vapeur, il n’était pas question de faire des essais sur un nouveau navire, avant de l’accepter des mains du constructeur : la vitesse du voilier était un peu secondaire, et surtout, comme elle dépend d’une foule de circonstances essentiellement variables, direction du vent, état de la mer, on attendait, pour l’apprécier, qu’un premier voyage eût été entièrement accompli. Cependant, dès cette époque, on employait un instrument spécial pour mesurer la
- Le lancement du loch. — En haut de la gravure, détail de l’appareil.
- vitesse, dans le but de savoir la route qu’on faisait, et d’apprécier le point où Ton pouvait être arrivé. Après avoir fait le point le matin, par exemple, on constatait la vitesse moyenne, et, étant donnés cet élément et la direction suivie, on en déduisait aisément le point de la carte où l’on se trouvait le soir. Ce procédé très imparfait est, encore aujourd’hui, souvent en usage.
- Cet instrument, qu'on employait au siècle dernier, et qui est toujours d’un usage très courant et au moins très facile, sinon très exact, est le loch2.
- 1 Voy. Le mille marin ou nœud, n° 784, du 9 juinl888, p. 19.
- 2 Ajoutons que, d’après l'Hydrographie du Pcre Fournier, le lok aurait été inventé en Angleterre en 1643 (d’autres disent 1602) ; le mot anglais primitif était logg (morceau de bois?) ; en France on l’appella d’abord batelet, on n’employa le mot loch qu’au dix-huitième siècle. D’après Pigafctta, il pa-
- Sauf certaines améliorations toutes récentes dont nous pourrons dire un mot tout à l’heure, le loch est resté ce qu’il était il y a cent ans et plus, même au point de vue de l’unité de mesure employée. 11 se compose essentiellement et d’abord du bateau de loch, triangle isocèle en bois d’environ 20 centimètres de hauteur, lesté au bas d’une masse de plomb suffisante pour la faire enfoncer verticalement dans l’eau jusqu’au sommet. Ce bateau est muni à chaque
- raîtraît que les Italiens, au quinzième siècle, se servaient dans le même but d’un flotteur amarré par une chaîne, instrument dont on ne connaît pas le détail, et qui se nommait catenaa poppa (la chaîne à la poupe). Enfin, d’après Yitruve, les anciens disposaient une petite roue à aileltes le long du flanc du navire, les ailettes plongeant à moilié; le nombre de tours dans un temps donné indiquait la course du bâtiment pendant ce même temps.
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- sommet d’une petite corde; à 12 centimètres environ de la planchette, elles se réunissent par un nœud et se prolongent par un cordage de 250 à 250 mètres de longueur, qui est la ligne du loch. Cette ligne est garnie d’une suite de nœuds rouges espacés à 47 pieds 6 pouces les lins des autres, distance qui est précisément un nœud1 ou la cent-vingtième partie du mille de 1852 mètres; en outre, entre deux nœuds rouges, une marque indique le demi-nœud. La ligne est enroulée sur un dévidoir nommé tour de loch. Si l’on veut mesurer la vitesse à un moment donné, voici comment on procède. Au signal, un matelot, ou plutôt un timonier, pose le tour de loch sur le couronnement, à l’arrière du bateau; le tour est sur des tourillons qui lui permettent de se dévider très rapidement. Il jette le loch à la mer et le fil se déroule : bientôt le premier nœud, le nœud de départ marqué par une grosse étoffe rouge et situé à une distance de la planchette égale à la longueur du navire, atteint la surface de l’eau, et l’on commence à compter. A ce moment même un second matelot, à côté du premier, renverse un sablier donnant une durée d’une demi-minute. Le bateau, la planchette se mettant debout, fait résistance, et l’on considère (nous verrons que cela est faux) qu’elle se maintient immobile à l’endroit où elle est tombée. Le fil se déroule toujours; on compte combien l’on a vu passer de nœuds pendant la durée d’écoulement du sablier, pendant une demi-minute : autant il a passé de nœuds, autant de fois le navire a parcouru la distance de 47 pieds et demi depuis une demi-minute. Telle est la première façon d’évaluer la vitesse : elle est très inexacte. Nous n’avons pas besoin de dire que la planchette n’est pas absolument immobile, subissant toujours une légère traction; pour remédier à ce défaut on met les nœuds à une distance réduite de 45 pieds (14ra,60). En outre, le loch ne lient pas compte des courants pour ou contre la marche. On a essayé d’inventer d’autres lochs, des lochs mécaniques, tel le loch Reynold, assez inexact, donnant l’avance par le nombre de tours d’hélice constaté dans le petit instrument. Citons aussi, comme bien supérieur, le nouveau locb permanent Michel, indiquante vitesse comme le baromètre la pression barométrique, sur un cadran relié au loch par un tube de caoutchouc.
- Mais les vitesses ne peuvent se mesurer exactement que par l’emploi des bases. Le matériel naval d’aujourd’hui nécessite des constatations minutieuses : par suite des conditions nouvelles des combats et de l’emploi des torpilleurs, comme en matière commerciale, par une conséquence des besoins actuels, la rapidité est devenue un élément prépondérant. Quelques indications subsidiaires peuvent donner une idée de l’importance qu’on attache à la vitesse. Dans la marine de guerre française, quand on traite avec l’industrie privée, les primes allouées
- 1 Le mot provient de noeuds rouges qui désignent les divisions.
- pour excédent de vitesse sur les conditions du marché, ou les pénalités imposées pour déficit sont, échelonnées par centième de nœud 1 ; et le montant de ces primes ou pénalités est énorme : pour le Cécille, par exemple, dont La Nature a parlé, et qui donnait 19 nœuds à toute puissance, la prime était spécifiée à 10 000 francs par 1/100 de nœud. En Amérique, on donne 250 000 francs par quart. Aujourd’hui, c’est une véritable course au clocher entre les marines d’Europe, chacun modifiant son matériel pour avoir les navires filant le plus de nœuds. Comment opérons-nous en France pour vérifier les vitesses? Nous avons dit que nous opérons sur les bases.
- La base est une longueur repérée sur la côte et mesurée vis-à-vis de ces repères en mer, plus ou moins loin du rivage, suivant les conditions des fonds : le navire à essayer vient faire route le long de cette ligne idéale, matérialisée et précisée d’ailleurs par des balises et des corps-morts; il suit ainsi un chemin d’une longueur déterminéëv D’ailleurs le navire doit faire plusicurs.,parcôurs consécutifs sur cette base, si l’on veut avoir un résultat exact, surtout pour les grandes vitesses; la Commission siégeant à bord inscrit la durée des différents parcours. Copme ils se font en sens opposé, les causes d’erreurs sont éliminées et l’on obtient une moyenne exacte. Il faut éviter les bases trop courtes, comme en Angleterre; nos grands* ports militaires ont tous des bases. Celle de Toulon atteint 12 440 mètres; celle de Cherbourg, en dehors de la digue, est de 2506 mètres; à Lorient, elle mesure 6905 mètres; le port de Brest en possède deux : l’une a 11 126 mètres, l’autre 5989. Elle se trouve dans l’immense rade, dans la partie sud, au large de la haie de Roscanvel et de l’Anse du Fret, là où les fonds varient entre 19 et 27 mètres. Elle est repérée par trois coffres ou corps-morts indiqués sur la carte dont on se sert à cet effet; la direction en est donnée par un alignement spécial. Tel est le vrai procédé de mesure des vitesses.
- Cependant, il en est un autre que nous ne .voulons point omettre. Devant la base, on fait les essais à toute puissance et à tirage forcé; mais il est important de faire des expériences de longue haleine, avec tirage naturel, dans les conditions à peu près normales d’un voyage. On fait d’abord un essai sur la base, avec tirage ordinaire, et, comparant la distance parcourue avec le nombre de tours d’hélice donnés, on en conclut l’avance par tour; une fois en route, on relève le total des tours d’hélice pendant le voyage, on en déduit le chemin parcouru, et une comparaison avec le temps écoulé donne la vitesse fournie.
- Avant de finir, nous ajouterons que la vitesse effective en service courant, est toujours de beaucoup inférieure à celle qui est constatée aux essais : la Champagne, par exemple, a fourni aux essais 18,80 nœuds-, tandis que sa marche normale n’est
- 1 Le loch n’apprécie qu’à un demi-nœud près.
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- que de 16,80 à 17,75 nœuds en service. L’amirauté anglaise a pour principe de ne compter en service que sur les deux tiers de la puissance obtenue aux essais; en France, on prend les huit dixièmes. Mais on ne peut faire autrement, pour les réceptions, que de s’en rapporter aux essais. Daniel Bellet.
- LE COMMERCE DE L’IVOIRE EN AFRIQUE
- L’ivoire est, on le sait, un des principaux éléments du commerce du centre de l’Afrique, et il constitue pour les caravanes un produit d’une grande valeur, sous un petit volume relativement aisé à transporter. C’est ainsi, et par conséquent, le premier des objets d’exportation pour le grand Etat indépendant du Congo. Ainsi l’Etat du Congo étant sous la dépendance directe de la Belgique, il s’est institué à Anvers un important marché d’ivoire, à côté de celui qui existe à Liverpool. Ce marché se tient trimestriellement, et quelques chiffres en feront comprendre l’importance : la première de ces ventes trimestrielles a eu lieu en juillet 1890 et comprenait 1399 défenses représentant un poids de 13 tonnes et demie ; le 30 du mois d’octobre a eu lieu la seconde vente, comprenant 3000 défenses provenant du Congo et pesant au total près de 55 tonnes. Pour donner une idée de la valeur de cette marchandise, nous ajouterons que récemment une dent de premier choix a été vendue 1637 francs les 50 kilogrammes.
- SOUVENIRS D’UN VOYAGE AUTOUR DU MONDE1
- LES ANTIQUES CAPITALES DE CEYLAN ANURADHAPURA, POLLONARUA
- L’ile de Ceylan a acquis la réputation méritée d’être un séjour célèbre entre tous par ses merveilles végétales et ses beautés pittoresques. Lors de mon premier voyage en ce pays (1887), j’avais déjà pu visiter quelques-uns des endroits les plus intéressants s. Cette fois, je devais pénétrer plus avant dans l’intérieur du pays pour étudier les ruines des villes antiques de Ceylan, Anuradhapura, Pollona-rua et les localités environnantes encore peu connues.
- Pour accomplir ce projet, il ne faut plus penser aux facilités auxquelles le chemin de fer a habitué les voyageurs. A partir de la station de Matalé, située non loin de Kandy, on doit consentir à vivre de la vie ancienne des Cynghalais et voyager dans un grand chariot traîné par des bœufs à la manière des anciens personnages du moyen âge.
- Ce grand chariot (fig. 1), non suspendu, est recouvert d’une bâche faite de roseaux qui vous abrite du soleil.' Grâce à l’épaisse couche de feuillage et aux couvertures que les conducteurs ont soin d’étaler dans le char, les secousses sont amoindries. Les bœufs, touchés souvent par leur guide, trottent quelquefois, mais ils ne tardent pas à reprendre la marche lente qui leur est habituelle.
- Le voyage, quoique assez fatigant, est agréable
- 1 Suite. —Voy. n° 929, du 21 mars 1891, p. 216.
- * Voy. n° 806, du 10 novembre 1888, p. 374.
- néanmoins. De belles routes ont été faites pour aller à Anuradhapura. On parcourt tout d’abord des plantations de café et de cacao pour gagner la première étape, Dambulla, célèbre par ses anciens sanctuaires placés dans des grottes naturelles formées par de colossales roches granitiques.
- Dambulla se compose d’une longue avenue de cabanes de bois habitées par les indigènes; un rest honse, sorte d’hôtellerie confortablement aménagée pour les Européens en voyage, y est installé par les soins du gouvernement anglais.
- Le sentier qui mène aux temples, continuellement parcouru par les fidèles, est facile à reconnaître; en quelques minutes, on est parvenu près des grottes qui renferment les images des dieux. Les Cynghalais n’ont jamais creusé de temples dans les montagnes, comme les Indiens. Ils se sont contentés de profiter des nombreuses excavations ou cavernes naturelles de leur pays, pour y installer des sanctuaires, en choisissant cependant les endroits les plus beaux, au point de vue pittoresque. C’est ainsi que les temples de Dambulla ont été créés. Les hauts rochers de granit voilent d’un côté la vue, mais leur aspect grandiose excite letonnement, puis l’immense panorama des champs de culture et des jungles lointaines qu’on découvre au travers des grands arbres qui abritent l’entrée des grottes, complète par sa beauté l’impression première éprouvée.
- L’intérieur des cinq grottes qu’on doit visiter est caché par de mauvaises clôtures de briques recouvertes d’une peinture blanche et des portiques de bois grossièrement taillé. Ces entrées délabrées et mesquines sont pour le touriste une véritable déception, mais aussitôt que le bonze qui vous conduit a ouvert la lourde porte d’un des sanctuaires, appelé Maha Dewa Dewale, le contraste est saisissant. Les yeux s’habituent à l’obscurité qui règne en ces lieux sacrés et ils en découvrent peu à peu les beautés. La gigantesque figure de Bouddha, couché, vous frappe tout d’abord (fig. 2), elle semble une apparition fantastique avec sa coiffure dorée et ses longs vêtements de couleur jaune. Taillée dans le roc, cette sculpture a près de 14 mètres de longueur. On suppose qu’elle a été exécutée par les ordres du roi Vatta-Gamani-Abhaya qui régnait à Anuradhapura, environ quatre-vingt-huit ans avant Jésus-Christ. Forcé de fuir de son palais et de quitter sa capitale à la suite de l’invasion des Malabars dans l’ile de Ceylan, il se cacha dans maintes cavernes et lieux solitaires des forêts de Yessagiri et de Yelanga1. Proscrit pendant près de quinze années, il vécut, dit-on, de longs mois dans les cavernes de Dambulla. Il put remonter enfin sur le trône et reconquérir son pouvoir. C’est alors que, reconnaissant envers les dieux, il voulut embellir les temples qui l’avaient si bien caché. Outre cette grande sculpture de Bouddha, la caverne de Maha Dewa Dewale possède la statue de Vishnou et d’autres idoles construites en briques enduites de
- 1 The Mahavansa by L. C. Wijesinha Mudaliyar (1889) Colombo. — G. J. A. Skecn, government printer, Ccvlon.
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- terre. La paroi tout entière de la caverne est recouverte d’une fresque peinte à sujets réguliers représentant les dieux innombrables de la mythologie cinghalaise.—Un autre sanctuaire voisin de Maha Dcwa Dévalé, le Maha Yihare ou grand temple, est d’un effet plus impressionnant encore que ce dernier. Cette grotte naturelle mesure environ 49 mètres sur 15. Elle possède aussi un grand Bouddha couché et tout autour des murs de la caverne cinquante-trois statues de dieux, souvent plus grands que nature, semblent veiller sur son repos. De curieuses et anciennes fresques ornent les rochers d’une petite
- salle voisine de ce temple qui possède encore des Dagobas (autels) et d’autres statues parmi lesquelles on vous montre celle du roi Vatta-Gamani dont
- nous venons de parler. Sauf deux ou trois statues qui sont taillées dans le roc môme, toutes les autres plus modernes et môme renouvelées de nos jours sont faites de briques enduites de terre et recouvertes d’une brillante peinture.
- Je quitte bientôt Dambulla pour reprendre la grande route qui, cette fois, est bordée par des jungles épaisses et monotones. Nous arrivons enfin à Ànuradhapura. Cette capitale existait déjà quatre cents ans avant
- Fig. 2. — Statue de BoUddha couché, dans le sanctuaire de Dambulla à Ceylan. (Dessin d’après nature de M. Albert Tissandier.)
- Jésus-Christ, elle resta florissante pendant plus de mille années jusqu’en l’an 769 après Jésus-Christ. Les révolutions intestines et les invasions fréquentes
- finirent par causer sa ruine. Les habitants l’abandonnèrent en suivant la fortune de leur roi. Un autre lieu, plus éloigné dans les forêts, fut choisi par
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- eux : Pollonarua fut fondée et pendant près de mille autres années, cette nouvelle capitale resta prospère et aussi belle peut-être que sa devancière.
- Anuradh apura, la première capitale, avec ses immenses Topes, dômes de briques voués à Bouddha, qui contenaient les reliques saintes, ses palais d’été, séjours des anciens rois, ses viharas (monastères) et ses nombreuses constructions destinées au culte bouddhique, forme encore actuellement un ensemble extraordinaire. En cherchant sous les lianes et dans l'épaisseur des bois, on découvre le séjour des anciens bonzes pèlerins, qui vivaient sous des rochers ;
- on retrouve des traces de rues, des réservoirs et des bassins luxueux, les restes des écuries pour les éléphants royaux, un puits grandiose aux parois de
- granit et une foule de petits monuments ornés de fines sculptures dont il ne resté plus que les piliers de granit et les beaux perrons de marbre. Cette civilisation d’un autre âge dont on peut connaître en pàrtie l’histoire en lisant le poème national cynghalais, le Mahavansa, excite en nous un sentiment étrange d’admiration et de curiosité. Dans ce livre, les récits historiques qui donnent les dates exactes des constructions grandioses accomplies par ce peu-
- Fig. 3. — Le Thuparama, le plus ancien Tope d’Anuradhapura. Ccjlan. (D’après une photographie.)
- Fig. F. — Le Jetawanarama, Tope en ruine à Anuradhapura. Ceylan. (Dessin d’après nature de M. Albert Tissandicr.)
- pie, leurs victoires, leurs défaites contre les invasions fréquentes des Indiens, sont racontés d’une façon tellement précise qu’on ne peut douter un
- moment de leur exactitude. Vient ensuite le côté fabuleux, comparable aux contes orientaux.
- L’avènement de la religion bouddhique produisit
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- à Ceylan une révolution plus extraordinaire encore que dans l’Inde et la superstition parvint à exciter les esprits à un degré presque surnaturel. Nous voyons le roi Duttha Gamani (161 ans av. J.-G.) construisant un monastère de neuf étages, le Lowa-mahapaya ou palais de cuivre qui contenait mille chambres pour loger les disciples de Bouddha. Ces appartements avaient des ornements qui brillaient comme autant de pierres précieuses et éblouissaient les yeux. La grande salle de" réunion était formée par des piliers plaqués de feuilles d’or et soutenus par des lions de pierre ; un trône d’ivoire avec un soleil d’or, une lune d’argent et des étoiles de perles faisaient aussi l’admiration des pèlerins.
- Modifié, puis détruit, enfin réédifié par le roi Maha Sena, ce monastère fut encore restauré une dernière fois au douzième siècle de notre ère par le roi Pra-krama Baliu. De ce séjour tant de fois chanté, il ne reste plus que seize cents colonnes de granit qui remplissent un vaste carré de 70 mètres de côté environ et qui formaient les premières fondations du palais. Nous voyons ainsi combien, à ces époques lointaines, l’esprit religieux était poussé. 119 ans avant Jésus-Christ, à l’occasion des fêtes du Giri-kümbhila vihara, le roi Lajjitissa offrit en présent des vêtements sacerdotaux aux soixante mille prêtres qui faisaient partie du monastère.
- On doit donc comprendre qu’à Anuradhapura les ruines importantes ont presque toutes un caractère religieux. Nous citerons une des plus anciennes, le Thuparama, tope élevé sous le règne de Dewananpia Tissa, 307 ans avant Jésus-Christ (fig. 3) et destiné à recevoir les ossements sacrés de Bouddha. La hauteur du monument est de 19 mètres, construit entièrement de briques enduites d’un stuc d’une blancheur éblouissante, suivant les traditions antiques; il a été restauré il y a quelques années. Le Thuparama, placé sur un haut soubassement, est entouré de trois rangs de piliers monolithes de granit.'Au-dessus de presque tous les chapiteaux de ces piliers on remarque de hauts tenons sculptés. Ceux-ci servaient sans doute à recevoir des pièces de bois munies de mortaises qui venaient s’y adapter et qui, reliant les piliers entre eux, servaient aussi à porter une couverture quelconque composée d’étoffes ou de nattes-pour ahriter les, fidèles des rayons du soleil pendant les processions. Cette Coutume existe dans les Indes. Pendant les grandes fêtes, on établit près des temples des portiques provisoires faits de bambous et de nattes ; à Ceylan, les habitants avaient pensé sans doutera un moyen plus durable et plus élégant en construisant des piliers autour de leur sanctuaire. Enrcontmuant l’excursion plus loin dans le$ ruines, sous les grands arbres, on arrive auprès d’ùn des plus grands topes ou dagobas de la ville antique. C’est le Jetawanarama, construit par le roi Maha Sena à la fin du troisième siècle après Jésus-Christ. Ce tope a près de 76 mètres de hauteur; il forme un dôme immense. La base est llanquée de quatre sortes de chapelles dont les vestiges restent
- cachés sous les arbres. Un pavillon, sur soubassement de granit, précédait le Jetawanarama (fig. 4).
- Le Thuparama, restauré, donne un aperçu de l’effet que pouvait produire ce tope lorsque son dôme tout couvert de stuc resplendissait au soleil. Aujourd’hui, le Jetawanarama n’offre plus qu’une masse compacte de verdure et d’arbres séculaires dont les racines vigoureuses achèvent la destruction de jour en jour. De nombreux singes habitent ces lieux antiques et le touriste, en visitant les ruines, fait lever dans les hautes herbes quelques biches ou daims effarouchés par sa présence.
- La grande capitale Anuradhapura avait un luxe d’eau sans pareil, des bassins considérables y étaient partout installés. Les lacs artificiels de Kalewewa créés par le roi DhatmSena 463 après Jésus-Christ, dépassaient par leur magnificence tout ce qu’on peut rêver. Us forment à eux deux..une surface d’environ 7 milles carrés avec un contour de 30 milles. Un canal grandiose, le Yodi-Ela, qui a 25 lieues de longueur, amenait les eaux dans la ville et en même temps les habitants riverains pouvaient, tout le long de son grand parcours, prélever ce qui leur était nécessaire pour l’irrigation de leurs champs.
- Pour se rendre à Pollonarua, le voyageur a bien moins de facilité que dans les autres excursions. Les routes bien entretenues n’existent plus et on ne peut compter sur un rest house à peu près confortable. Il faut emporter toutes sortes de provisions et se munir d’un guide qui puisse faire votre maigre dîner dans l’épaisseur des forêts ou dans des logis des plus primitifs. Les chemins sont souvent impraticables pour le chariot traîné par un bœuf; je me vis forcé de faire une grande partie du voyage à pied. Je jouissais mieux ainsi du beau spectacle des jungles habitées par un «monde d’insectes et de papillons et dont la végétation est extraordinaire.
- Les ruines de Pollonarua sont moins considérables que celles d’Anuradhapura, étant plus modernes, elles sont cependant très intéressantes à étudier.
- Quelques sanctuaires construits en granit et dont les sculptures ont beaucoup de rapport avec les ra-thas de Mahavellipore dont nous avons parlé dans le précédent article, sont fort curieux. On y remarque aussi d’autres monuments construits en briques enduites de stuc, ' tout couverts de riches ornementations semblables à celles des Hindous, des temples souterrains ef d’anciens palais qui ont été construits en grande partie par le roi Prakrama Bahu pendant son règne, 1154 à 1186.de notre èie.
- Le spectacle des ruines accumulées de ces deux antiques capitales atteste le degré étonnant de civilisation auquel les Gynghalais avaient su parvenir, et tousces monuments enfouis sous les fleurs offrent dans leur genre un intérêt presque aussi puissant que ceux que la ville de Pompéi fait passer sous les yeux du touriste.
- — A suivre. — AlRERT TlSSANlUER,
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- L’ALUMINIUM
- Depuis que La Nature 1 a décrit les premiers procédés électro-chimiques de fabrication des bronzes et laitons d’aluminium, la question a marché a pas de géant. M. Héroult, modifiant légèrement ses méthodes, est arrivé, en même temps que le Dr Kiliani, h la préparation de l’aluminium pur par électrolyse incandescente de l’alumine fondue; d’import mtes usines fondées à Froges (Isère), par une Société française au capital provisoire de 650 000 francs, et une installation colossale à Neuhausen (Suisse), créée par une Société au capital de \ 0 millions de francs, versent, sur le marché européen en aluminium, bronzes et laitons d’aluminium, une quantité de métal deux à trois cents fois supérieure à la production d’il y a quelques années. En effet, l’usine de Salindres, de beaucoup la plus importante jusqu’ici, produisit, en 1887, presque exactement deux tonnes d’aluminium. Actuellement, l’usine de Neuhausen en fournit une tonne par jour, et la Société électro-métallurgique française environ 600 kilogrammes ; la production de cette dernière augmentera prochainement dans une forte proportion.
- Cet essor subit de l’industrie de l’aluminium était prévu; Sainte-Claire Deville l’avait clairement prédit, et en avait mesuré l’importance; produire l’aluminium à bon marché est, depuis bien des années, un des problèmes auxquels on a consacré la plus grande somme d’efforts. C’est encore aux immenses progrès de la technique électrique que l’on doit d’avoir vu surgir de tous les pays à la fois, la solution non encore complète, mais au moins très avancée de cet important problème.
- En effet, seul le prix de revient de l’aluminium, qui était, jusqu’à ces dernières années, de 120 francs le kilogramme, l’empêchait de prendre dans l’industrie la place que ses précieuses propriétés lui assignaient. Aujourd’hui, l’aluminium pur esta 18 ou 20 francs, et, lorsque l’on sera sorti de la période onéreuse des tâtonnements et des installations, lorsque, aussi, l’abaissement du prix et l’augmentation de la consommation se seront fait la courte échelle, les frais généraux des usines ne pèseront plus que pour quelques centaines de francs sur la tonne d’aluminium, et l’on verra le prix de ce métal baisser de moitié ou même des deux tiers. Tant que l’on n’aura pas trouvé des méthodes entièrement nouvelles de production du métal, on sera limité par le prix de la matière première, rendue, sous forme utilisable, dans les usines; or, actuellement, la valeur marchande de l’alumine et du charbon aggloméré nécessaire à la production de 1 kilogramme d’aluminium (2kM alumine, 600 grammes charbon), est voisine de 5 francs; ce chiffre, majoré du prix de l’énergie employée à disjoindre les combinaisons, est donc, dans l’état actuel de la question,
- ‘ Voy. n° 813, du 29 décembre 1888, p. 76.
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- la limite inférieure que l’on peut fixer comme prix définitif au-dessous duquel l’aluminium ne pourra pas descendre, mais dont il peut s’approcher asymptotiquement ; c’est sur cette base que l’on pourra établir, pour une série d’années, les usages auxquels l’aluminium pourra prétendre, et ceux que son prix: trop élevé lui interdira.
- Il ne faut pas perdre de vue que, dans les discussions relatives au prix d’un métal, il est généralement beaucoup plus rationnel de s’en rapporter à l’unité de volume, qu’à l’unité de masse. Or, la densité de l’aluminium pur varie de 2,6 à 2,7 suivant le travail qu’il a subi; il est donc de trois à quatre fois plus léger que les métaux usuels, et son prix, rapporté au volume, s’abaisse dans la même proportion. A volume égal, l’aluminium à 5 francs serait au prix du cuivre à son cours le plus bas; l'abondance extraordinaire de la matière première le mettra, lequilibre une fois établi, à l’abri des fluctuations; plus encore, comme il peut suppléer le cuivre dans une certaine mesure, il servira peut-être un jour à régulariser son cours.
- Quel que soit, du reste, son avenir, on ne peut chercher à l’esquisser que si l’on est exactement renseigné sur ses propriétés. Elles sont encore assez mal connues, car on a presque toujours opéré sur de l’aluminium sensiblement moins pur que ne le livre aujourd’hui le commerce. Or, des quantités relativement faibles d’impuretés, telles que le silicium et le fer, abaissent notablement ses qualités. Du reste, les essais de laboratoire ne donnent pas tous les éléments de la.question. Tel défaut, qui paraît capital à l’étude, devient insignifiant à l’usage ; et vice versa.
- Nous essayerons de donner ici une idée de ce que l’on sait aujourd’hui sur l’aluminium, nous bornant aux propriétés immédiatement utilisables. Nous serons à dessein très réservé sur ses usages, persuadé que nous ferions fréquemment fausse route; nous nous bornerons pour cela à quelques indications générales. Mais, auparavant, nous désirerions donner à nos lecteurs une idée de la remarquable usine de Neuhausen, aujourd’hui encore la plus importante dans l’industrie de l’aluminium.
- L’usine de Neuhausen, ainsi que celle de Froges, prépare directement le bronze d’aluminium par le procédé Héroult, et l’aluminium pur par la méthode Héroult-Kiliani. On tend cependant de plus en plus à abandonner la production directe des bronzes pour se rejeter sur l’aluminium.
- La Société de Neuhausen a obtenu du gouvernement du canton de Schaffhouse la concession d’une partie de la chute du Rhin, à laquelle elle peut emprunter 20 mètres cubes par seconde; elle en aurait pris volontiers davantage, mais l’opinion publique s’émut à l’idée que l’on allait gâter à tout jamais l’un des spectacles les plus grandioses de la Suisse pittoresque. Les touristes peuvent se rassurer; le détournement ne s’aperçoit même pas, et la chute du Rhin n’a rien perdu de sa beauté. Peu
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- d’usines disposent d’une puissance hydraulique aussi favorable; en aval du lac de Constance, le niveau est absolument à l’abri des fortes crues, et l’eau est admirablement claire. La chute est de 20 mètres, ce qui fait une puissance de 400 000 kilogrammètrcs par seconde, soit environ 4000 chevaux utilisables; la production pouvant être de 55 grammes environ par cheval-heure, on voit que l’usine de Neuhausen serait capable de fournir plus de 2 tonnes d’aluminium par jour.
- L’usine possède actuellement trois dynamos : deux machines colossales, les plus puissantes des machines à courant continu qui aient été con-struites; elles absorbent chacune 600 chevaux et donnent 14000 ampères et 50 volts; une dynamo excitatrice de 300 chevaux qui donne 5000 ampères et 65 volts.
- Les deux premières sont employées exclusivement à l’élec-trolyse; elles sont du système Brown (Oerlikon), a 24 pôles. L’inducteur, qui ressemble à une roue dentée, ne pèse pas moins de 12000 kilogrammes. La figure 1 représente un de ces inducteurs.
- La principale innovation que l’on a faite dans ces machines consiste à les avoir placées verticalement, l’arbre de l’induit étant couplé directement sur la turbine. — La figure 2 représente l’installation des turbines et des dynamos à Neuhausen. L’entrée de l’eau se fait par les conduits qui traversent la muraille, la sortie par le plancher; entre deux se trouve la turbine, dont l’axe émerge au sommet du cylindre. On réalise, de cette manière, plusieurs avantages : d’abord les transmissions sont supprimées; de plus l’inspection continue du collecteur devient très facile. Il est très essentiel que ces machines marchent sans arrêt
- et sans trop d'usure; or, on sait (pie les étincelles des balais détruisent rapidement le collecteur. On ne l’évite qu’en surveillant activement les balais, en modifiant sans cesse leur calage, et en les maintenant toujours parfaitement taillés. À Neuhausen, un ouvrier est exclusivement occupé à ce travail. À chaque pôle, correspondent cinq balais sur un même support, de telle sorte que l’on peut, sans aucun inconvénient, en supprimer momentanément un ou
- deux d’une même série.
- Le travail d’inspection des balais ne présente, du reste, pas le moindre danger, la machine travaillant à faible potentiel.
- Propri êtes physiques et chimiques de l'aluminium. — L’aluminium est un métal d’un blanc bleuâtre, gris lorsqu’il contient beaucoup de silicium, d’un blanc d’argent lorsqu’il a été traité par l’acide chlorhydrique ou fluo-rhydrique et lavé à l’eau. Sa conductibilité électrique est de 50 pour 100 de celle du cuivre ; elle est rapidement abaissée par l’addition de métaux étrangers. Sa chaleur spécifique est énorme, 0,22 environ; sa conductibilité calorifique est-à peu près de la moitié de celle du cuivre. Son point de fusion est à 625°. L’aluminium pur est très malléable; il se laisse battre en feuille comme l’or et l’argent, ou étirer en fils très fins, dont, jusqu’ici, l’usage a été limité presque entièrement à la confection des poids très petits, mais que l’on commence à employer dans les tissus, les franges, etc. Il se forge et s’étire à froid, s’étampe et s’emboutit. Ses propriétés élastiques réunies à sa densité sont telles, qu’une barre d’aluminium suspendue à un fil et frappée rend un très beau son; il en est de même des timbales ou gobelets d’aluminium ;
- Fig. 1. — Carcasse d’inducteur d'uue grande dynamo de Neuhausen.
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- peut-être emploiera-t-on un jour l’aluminium dans la confection des cloches.
- Au point de vue chimique, il occupe un rang intermédiaire entre les métaux précieux et les métaux communs. 11 est très peu attaquable par les agents chimiques ordinaires; il ne s’oxyde à froid, ni à l’air sec, ni à l’air humide; les acides sulfurique et nitrique l’attaquent très peu; les gaz sulfureux ne le tachent pas; il résiste à l’acide acétique étendu, et à l’acide citrique, ce qui permet son emploi pour les services de table; dans ce cas, cependant, il est bon de ne pas l’exposer à l’action .de l’eau de soude, et des alcalis en général. A l’état fondu, ses propriétés sont très différentes; il s’oxyde avec facilité,
- au contraire, à son profit, car elle fait de l’aluminium le métal le plus avantageux pour la désoxydation des fontes. On sait, en effet, que les cuivres, fers et aciers coulés, contiennent toujours de petites quantités d’oxydes, qui diminuent la cohésion, se décomposent en partie dans le refroidissement et forment des soufflures. Or l’aluminium décompose l’oxyde, et forme une scorie légère, qui monte à la surface du bain. Les fondeurs ont remarqué depuis longtemps que, lorsqu’on ajoute de l’aluminium à du cuivre fondu, la température de la masse s’élève subitement; on en a souvent conclu que les deux métaux formaient une combinaison; cependant il n’en est rien; l’élévation de température est due surtout à la combustion de l’aluminium.
- Les premières portions d’aluminium (quelques
- et entre dans des combinaisons très stables, que l’on ne décompose que sous l’effet d’actions chimiques ou électriques puissantes. C’est sur la connaissance de cette propriété que sont basées les méthodes de préparation de ce métal; dans l’électrolyse incandescente, il faut immédiatement capter le second produit de la décomposition de son sel, et protéger l’aluminium lui-même contre une nouvelle attaque. C’est pour cela que, dans l’électrolyse de l’alumine, on emploie une électrode en charbon, qui brûle, et débarrasse ainsi le bain de l’oxygène retiré de la combinaison. Cette propriété, gênante à bien des égards, n’est point aussi préjudiciable à l’emploi de l’aluminium que l’on pourrait le croire; elle tourne,
- millièmes) ajoutées aux fontes servent donc uniquement à les rendre plus compactes; le reste entre dans l’alliage, auquel il communique de remarquables propriétés. Les bronzes et laitons d’aluminium ont été beaucoup étudiés et sont relativement bien connus; les alliages avec le fer n’ont point encore fait autant de chemin ; les avis sont partagés, et, pour des motifs faciles à deviner, beaucoup d’essais sont tenus secrets.
- Nous ne terminerons pas ce premier article sans mentionner les intéressantes expériences faites par M. Minet en vue d’extraire l’aluminium de son fluorure ; par une étude serrée des phénomènes et une détermination exacte' des constantes du bain, ce chercheur habile et consciencieux est parvenu à effectuer l’électrolyse avec une force électromotrice
- Fig. 2. — Fabrication de l’aluminium. — Installation des turbines et des dynamos à Neuhauseu.
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- de 4 volts et un rendement de 30 à 35 grammes par cheval-heure. L’usine de MM. Bernard frères, à Creil, travaillant par les procédés de M. Minet, produit depuis cinq ans 10 à 15 kilogrammes d’aluminium par jour avec 25 a 35 chevaux ; on nous assure que l’on se dispose à opérer plus en grand.
- V ^ A suivre. — Ch.-Ed. GUILLAUME.
- UN BAL SCIENTIFIQUE
- Nous avons récemment parlé du curieux dîner électrique 1 donné par la Franklin Institution de New-York. M. D. Ilelbig, jeune savant, physicien de l’Université de Rome, nous envoie la description d’un bal scientifique, qui a eu lieu récemment sur le sol même de la Ville Éter-inelle.
- ;! *< Le cotillon s’ouvrit par une représentation d’un dael iau vingtième siècle. Les cavaliers, deux à deux, se dispu-ptaientleurs dames avec des épées, au bouton imprégné de jfarine, et mises en communication avec une forte source 1 d’électricité, par deux fils invisibles. Les lames, en s'entrechoquant, produisaient des arcs voltaïques et des étin-I celles brillantes, d’un effet magique.
- | La chimie eut aussi sa part dans la fête. Des fleurs arti-Ificielles de toutes sortes étaient offertes aux dames. Ces ifleurs, imprégnées de phénol-phlaléine, de cyanine, de dinitro-naphlol sulfurique, de curcuma, etc., se colo-t iraient, de nuances variées sous l’influence du jet d’eau Chargée de carbonate de soude d’un pulvérisateur. j* Après ces premières figures, les courants électriques tarent "de toutes parts leur apparition. Les danseuses s'asseoient dans un gigantesque fauteuil moyen âge, et quand, jàevant elles, se présente le cavalier qui leur est destiné, Ide nombreuses petites lampes à incandescence disposées !èn auréole au-dessus de leurs têtes, s’allument à la fois. ;Le circuit était fermé par un opérateur caché, qui assor-ïtissait'les couples selon sa volonté. i;-'L’électricité se présenta encore sous une foule d’autres Tormes^mous citerons les changements de couleur de ‘grandes lampes Bernstein, qui désignaientlequel des deux icavaliers dansait avec,, une damé. Autre figure très curieuse : une cage 'métallique, très solide, recouvrait un Ibouquet; la cage, formée d’une armature en fer doux, pouvait être fixée très solidement par un grand électroaimant, de manière que tel cavalier s’efforçait inutilement de la soulever, et tel autre la retirait et prenait le bouquet avec la plus grande facilité, après interruption du courant. Peu après, une grande machine à influence de Wimshurst fonctionna, avec ses étincelles monstres.
- La fin du cotillon fut signalée par la figure suivante : de charmants bracelets en aluminium électrolytique étaient cousus dans des mouchoirs de pyroxyle : un inflammateur électrique produisait la déflagration sur une table, le tissu brûlait et disparaissait sans aucune trace, en laissant aux dames le brillant souvenir qu’il renfermait.
- Le courant nécessaire à toutes ces applications, et à l’éclairage de la salle, était fourni par 25 accumulateurs de YElectric Power Storage, de la capacité de 500 ampères-heure chacun.
- Après avoir décrit la partie scientifique de cette fête, on sera curieux d’en connaître les auteurs : le maître de la maison était le professeur Mengarini, directeur de
- ‘ 1 Voy. n° 927, du 7 mars 1891, p. 222.
- l’usine électrique de Rome, bien connu par ses intéressants travaux sur les courants alternatifs; la partie chimique avait obligeamment été préparée par M. le professeur Nasini, de l’Université de Rome; enfin, pour la partie électrique, M. Mengarini avait été aidé par M. Thou-venot et par M. D. Helbig.
- CHRONIQUE
- La fabrication française des câbles sous-marins.— La fabrication des grands câbles sous-marins qui constituait jusqu’ici le monopole presque exclusif de l’Angleterre, perd ce caractère, grâce à l’heureuse initiative de la Société générale, des téléphones qui a fondé à Calais une usine importante. Cet établissement qui fait honneur à notre industrie nationale, a été visité dimanche dernier 19 avril par une nombreuse société de spécialistes parisiens, parmi lesquels plusieurs notabilités de la science électrique. Après avoir passé en revue l’usine de confection des câbles, qui est munie des appareils de fabrication et de mesure les plus perfectionnés, les visiteurs ont été reçus à bord du navire anglais le Westmeath qui était en partance pour la pose d’un nouveau câble des Antilles. La journée s’est terminée par un banquet qui réunissait, dans Y Hôtel terminus de Calais, les visiteurs parisiens, les conseils d’administration de la Société générale des téléphones et de la Société française des télégraphes''sous-marins, le haut personnel de l’usine dé Calais, le’sôus-préfet de Boulogne, le maire de Calais, les officiers de l’équipage du Westmeath et les fonctionnaires de là'ville. De chaleureux toasts ont été portés au Président de 4a République par M. Lair, président du Conseil d’administration de la Société générale des téléphones, par‘II. le sous-préfet, à la prospérité delà Sociétéet de sêsientreprises, etc. Un train rapide formé de wagons-salons a ramené les visiteurs à Paris, en quatre heures, avec une‘rapidité qui fait honneur à la Compagnie du Nord.
- Expériences d’éleclrostatique. — On sait combien les expériences d’électrostatique sont difficiles a répéter dans les conférences et cours publics. L’isolement des supports est toujours imparfait, et il est impossible de garder plus de quelques secondes la charge d’un corps isolé monté sur des tiges de verre, comme le sont habituellement tous les appareils d’enseignement. M. Bou-dréaux, conservateur des collections de physique à l’École polytechnique, a rendu un véritable service aux professeurs en montrant aux dernières séances annuelles de Société française de physique un procédé bien connu, mais qu’il a généralisé et appliqué avec succès à un grand nombre d’appareils d’électrostatique. Ce procédé consiste à séparer l’objet à isoler de son support par une colonne de paraffine de quelques centimètres de longueur. Tous les appareils ainsi montés gardent leur charge pendant plusieurs heures, et, si l’on a soin de préserver la paraffine du contact de la poussière, cette charge peut se conserver pendant plusieurs jours, souvent même plus d’un mois. Pour que la paraffine conserve ses propriétés isolantes, il est indispensable que sa surface reste irréprochablement propre, aussi tous les appareils d’électrostatique créés par M. Boudréaux en vue de mettre à profit les propriétés isolantes de cette substance, sont-ils munis d’un dispositif spécial, tube coulissant, cloche en verre ou métallique, etc., qui vient emboîter la paraffine, la recouvrir et la préserver du contact de l’air et des poussières lorsque l’appareil n’est pas en service.
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- LÀ NATURE.
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- Les aliments pour les chevaux. — On a soutenu, avec raison, que l’avoine écrasée et le foin haché sont plus nutritifs pour les chevaux, en général, que les mêmes matières non divisées. La Compagnie des omnibus de Londres, qui a 6000 chevaux, a fait sur ce sujet, il y a quelques années, une expérience très instructive. Elle a divisé ses chevaux en deux catégories : ceux de la première recevaient, comme ration journalière, 8 kilogrammes d’avoine broyée et 5kg,750 de foin haché, plus lkVl25 de paille. Ceux delà seconde recevaient 9ke,500 d’avoine intacte et 6kg, 500 de foin non haché. Soit 13 kilogrammes de nourriture pour les premiers et IG pour les seconds. Or, les chevaux de la première catégorie ont fait un aussi bon service que ceux de la seconde et ne le cédaient en rien sous le rapport de l’embonpoint et de la vigueur. La nourriture, au moyen de l’avoine broyée et du foin haché, a produit une économie de 1500 francs par jour et de 581 000 francs par an. Nous n’avions pas besoin, dit le journal l'Éleveur, de connaître cette expérience pour aflirmer que les aliments divisés de toutes nature sont plus nutritifs que les aliments intacts. Le fait s’explique de lui-même quand il s’agit d’animaux âgés, dont l'appareil dentaire est plus ou moins usé ou ébréché. Ceux-là ont besoin que le concasseur et le hache-paille fassent la besogne que leur bouche n’est plus capable d’opérer entièrement.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 avril 1891. — Présidence.de M. Ducharthe
- Une excursion zoologique, — M. de Lacaze-Duthiers raconte à l’Académie qui l’écoute avec un puissant intérêt, l’excursion zoologique à laquelle il a récemment convié à son laboratoire de Banyuls les élèves du cours de la Sorbonne. Les élèves, au nombre de quarante-cinq, ont pris part à des pêches au chalut et avec l’engin des corailleurs sur les côtes de France et sur les côtes d’Espagne : ils ont recueilli de précieux échantillons de corail, d’am-phioxes, de brachiopodes divers comme les cranies, les argiopes, etc., de verelilles, de comatules. Ils ont assisté au laboratoire à la ponte des seiches, à la naissance des penlacrines et à une foule d’autres phénomènes que n’ont pas vu beaucoup de vétérans de la zoologie. En terminant sa communication, le savant professeur émet de nouveau le vœu, auquel tous les amis de la science s’associeront, que le laboratoire Arago soit prochainement mis en possession d’tlne chaloupe à vapeur munie de dragues.
- Géologie sous-marine. — Au nom de M. Renault, M. Bouquet de la Grye rend compte d’une récente campagne entreprise pour reconnaître le sous-sol du fond de la Manche entre le cap Gris-Nez et Folkestone. Il s’agissait cette fois, non pas seulement de reconnaître les vases et les sables de sédimentation récente, mais les roches en places à plusieurs mètres au-dessous du bassin marin. L’auteur a commencé par descendre verticalement, sur le sol submergé, un trépied solidement établi, entre les jambes duquel était disposée une lance suffisamment longue, Celle-ci a ensuite été enfoncée à l’aide d’un mouton à 3, 4 mètres et même plus. On l’a extraite ensuite et l’on a trouvé sa cavité remplie des roches qu’elle avait atteintes. Une carte donne le résumé des résultats qui fournissent un nouveau type de relevé géologique sous-marin et qui procurera une donnée très sûre pour la poursuite de projets de communication entré les deux rives. En
- même temps un procédé nouveau est marqué qui, suivant M. Bouquet de la Grye, pourra être mis en œuvre non seulement par des fonds de 60 mètres, mais sous 500 ou 600 mètres d’eau.
- Le bassin houiller de Commenlry. — M. Daubrée signale à l’Académie trois nouvelles livraisons, comprenant trois volumes in-8° de texte et trois atlas de la grande publication éditée sous l’inspiration de M. Fayol par la Société de l’industrie minérale, sous le titre d'Eludes stir le bassin houiller de Commenlry. La première est intitulée Lithologie et stratigraphie, par Mil. de Launay et Stanislas Meunier; la seconde, Flore fossile (deuxième partie), par M. Renault; et la troisième, Faunes ichtyolo-gique et entomologique, par MM. Charles Brongniart et Emile Sauvage. Les planches, très nombreuses, sont exécutées avec le plus grand soin dans le format in-folio.
- Election de correspondant. — La section de géographie et navigation a présenté une liste de candidats comprenant : en première ligne, M. da Serpa Pinto; en deuxième ligne, M. le prince de Monaco. L’Académie a ajouté à cette liste les noms de M. Fridjef Nansen et Schweinfurth. Les votants étant au nombre de 45, M. da Serpa Pinto est élu par 42 voix ; les 5 autres se portent sur M. de Monaco.
- Une nouvelle variété de soufre. — Déjà on connaît quatre formes cristallines incompatibles entre elles que le soufre est capable de revêtir, suivant les circonstances. M. Engel en signale une nouvelle dans une Note analysée en son nom par M. Friedel. L’auteur décompose une solution aqueuse d’hyposülfite de sodium par de l’acide chlorhydrique. Le liquide, après quelque temps, devient jaune et si on l’agite avec du chloroforme, on en extrait du soufre qui, par évaporation, cristallise en rhomboèdre. C’est une forme qu’on n’avait pas encore observée et qui, d’ailleurs, ne subsiste au plus que quelques heures. De plus, on constate que la liqueur aqueuse abandonnée à elle-même se trouble par le dépôt de soufre qui est soluble dans l’eau.
- Le seigle enivrant. — Des accidents d’empoisonnement ayant suivi, dans le département de la Dordogne, la consommation d’un certain pain de seigle, M. Prillieux a reconnu, dans le grain de cette céréale, la présence d’un champignon spécial dont il a fait une étude très minutieuse et qui présente, au point de vue botanique, des particularités tout à fait singulières.
- Varia. — On annonce la mort de M. Ledieu, correspondant de l’Académie. — La dissociation du bromhv-drate d’amylène à des températures diverses et sous la pression d’un dixième d’atmosphère, occupe M. G. Lemoine. — La matière noire du sang connue sous le nom de mélanine a été reproduite artificiellement par M. G. Pouchet. — Une Note de M. Ranvier concerne l’endothélium des séreuses. — Certaines particularités relatives aux deux corpuscules de l’ovule après la fécondation sont révélées par M. Hermann Frol. — De nouvelles études ont montré à M. Delebecque que l’entonnoir de 80 mètres, signalé dans le fond du lac d’Annecy, livre passage à une source volumineuse. Il paraît que cette constatation confirme une prévision émise par M. Sadi Carnot alors qu’il était Ingénieur des ponts et chaussées avant de devenir Président de la République. Stanislas Meunier.
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- LA NATURE.
- LE BAQUET DE MESMER
- A notre époque, où les expériences d’hypnotisme et de magnétisme animal sont l’objet de tant d’engouement, il nous paraît intéressant de placer sous les yeux de nos lecteurs la reproduction d’une ancienne gravure, qui représente le fameux baquet de Mesmer. Voici la légende complète qui accompagne cette curieuse pièce; nous la reproduisons textuellement:
- M. Mesmer, docteur en médecine de la Faculté de Vienne en Autriche, est le seul inventeur du magnétisme animal; cette méthode de guérir une multitude de maux
- (entre autre l’hidropisie, la paralisie, la goutte, le scorbut, la cécité, la surdité accidentelle) consiste dans l’application d’un fluide ou agent que M. Mesmer dirige tantôt avec un de ses doigts, tantôt avec une baguette de fer qu’un autre dirige à son gré sur ceux qui recourent à lui. Il se sert aussi d’un baquet auquel sont attachées des cordes que les malades nouent autour d’eux et des fers recourbés qu’ils approchent du creux de l’estomac ou du foie ou delà ratte, et en général de la partie de leur corps dans laquelle ils souffrent; les malades, surtout les femmes, éprouvent des convulsions ou crises qui amènent leurs guérisons; les magnétiseurs (ce sont ceux à qui M. Mesmer a révélé son secret, et ils sont plus de cent, parmi lesquels on compte les premiers seigneurs de la Cour) appuient
- Le baquet de M. Mesmer ou représentation lidèle des opérations du magnétisme animai. (D’après une gravure de 1779. Collection de M. Gaston Tissandier.)
- leurs mains sur la partie malade et la frottent pendant quelque temps, cette opération hâte l’effet des cordes et des fers. Il y a un baquet pour les pauvres tous les deux jours; des musiciens jouent dans l’antichambre des airs propres à exciter la gaieté chez les malades. On voit arriver en foule chez ce célèbre médecin des hommes et des femmes de tout âge et de toute condition : le militaire décoré, l’artisan, le médecin, le chirurgien. C’est un spectacle vraiment digne des âmes sensibles, de voir des hommes distingués par leur naissance ou par leur rang dans la société, de magnétiser avec une douce inquiétude des enfants, des vieillards et surtout des indigents. Quant à M. Mesner, la bienfaisance respire dans son air et dans tous ses discours ; il est sérieux, parle peu ; sa tète en tout temps paraît chargée de grandes pensées.
- Logé à l’bôtel Bouret dans le quartier de la place Vendôme, Mesmer produisit à Paris une sensation
- extraordinaire. Son baquet magique fit accourir le monde entier. Le maître se promenait au milieu de la foule agitée, armé d’une baguette qu’il étendait sur les individus réfractaires. —A côté du charlatanisme, il y avait assurément dans le Mesmérisme des phénomènes véridiques, analogues à ceux que l’on observe dans l’hypnotisme moderne. Mais alors, comme parfois aujourd’hui, l’imagination d’esprits exaltés ou crédules, dépassait souvent la mesure des faits et de la vérité. Quelles que soient ces exagérations d’adeptes trop fervents, il y a lieu de se féliciter de voir qu’en tout temps, le bon sens et la saine raison font la part des illusions, et reprennent leur droit. G. T.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Flourus, 9.
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- N* 935.
- 2 MAI 1891
- LA NATURE.
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- LE MUSÉE DE L4 SUSIÀNE
- AU PALAIS DU LOUVRE1
- l’apadàna d’artaxerxès
- Le monde scientifique et artistique s’est beaucoup ému des récentes découvertes archéologiques faites en Susiane par M. et Mme Dieulafoy. Qui n’a visité les galeries parallèles à la colonnade du Louvre, où depuis quatre années, ont été successivement exposées les admirables frises émaillées des somptueux palais de Darius, d’Artaxerxès et ce chapiteau monumental formé de deux taureaux accolés, reliques grandioses de l’art achéménide?
- En considérant l’installation de ces premières salles, on se félicitait de l’idée ingénieuse qu’avait eue M. Dieulafoy d’exposer au centre même des monuments le plan en relief des surélévations artificielles sur lesquelles s’élevaient jadis les palais et la forteresse de Suse. On y retrouvait les tranchées exécutées par la mission française, le plan du palais déblayé; on pouvait suivre sur les flancs du tumu-lus les sondages qui ont permis de rétablir dans un ouvrage d’une haute valeur scientifique1 l’ensemble d’une fortification très savante, laissant bien en arrière tout ce que l’on connaissait jusqu’ici des dispositions défensives usitées chez les anciens.
- Ce plan en relief satisfaisait de légitimes curiosi-
- Restauration de l’Apadâna d’Artaxerxès. Modèle exposé dans la nouvelle salle Dieulafoy au musée du Louvre à Paris.
- tés, mais il ne montrait que le néant là où turent jadis la splendeur et la richesse. M. Dieulafoy n’avait pas achevé son œuvre : l’empressement, l’impatience du public à la connaître l’en avait empêché. Aujourd’hui elle se présente complète dans ses résultats, et jamais l’on ne comprit mieux l’architecture achéménide qu’en présence de la restitution magistrale placée au fond de la salle récemment ouverte.
- Nous sommes devant un apadâna. Qu’était un apadâna? Quelle place convient-il de lui attribuer dans l’ensemble des monuments susiens ? Quel rôle jouait-il ? Autant de questions résolues par la restitution de M. Dieulafoy.
- L’apadàna, construit sur une terrasse arlificielle
- 1 Suite. — Voy. n°819, du 9 février 1889, p. 1(57.
- 19e année. — 1er semestre.
- élevée de dix-huit mètres au-dessus de la plaine de Suse, correspond à la salle du trône de nos palais modernes. Celui dont la reproduction figure au Louvre (Voy. la gravure ci-dessus) fut bâti vers l’an 400 avant notre ère par Artaxerxès Mnémon, roi de Perse, fils de Darius II et de la célèbre Pary-satis 2. Il remplaça, ainsi que l’indiquent des inscriptions, un palais du même ordre qu’avait édifié Darius Ier, le vaincu de Marathon, et que le feu détruisit sous le règne de Xerxès, le vaincu de Sala-mine, l’incendiaire des temples d’Athènes.
- Complètement séparé du harem, de la citadelle et de l’habitation du monarque, l’apadàna servait de
- 1 L’Acropole de Suse, par Marcel Dieulafoy. — Ilachcltc, éditeur.
- i Parysatis, par Jane Dieulafoy. — Lemerrc, éditeur.
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- LA NATURE.
- cadre aux grandes assises de la royauté, aux fêtes populaires, aux pompeuses re'ceptions des ambassadeurs qui, du monde entier, venaient se prosterner aux pieds du Grand Roi, du « Roi des Rois ». Sous ses colonnades, dont les récits bibliques évoquent le souvenir, se donnaient ces repas légendaires où, pendant huit jours et huit nuits, coulaient à flots les vins du roi, où nul ne s’éloignait sans être rassasié.
- L’édifice est constitué par une grande salle hypo-style large et profonde de 60 mètres environ, haute sous poutre de 25, entourée sur trois côtés de massives murailles de briques et flanquée de trois portiques semblables exposés à l’est, au nord et à l’ouest. Trente-six colonnes, sculptées dans un marbre gris extrait des montagnes de l’flabardip, supportent la toiture de cèdre. Le fut cannelé repose sur un double socle carré et se couronne d’un chapiteau où s’étagent successivement le lotus égyptien, la volute ionique, les taureaux agenouillés, aux cornes, aux oreilles, aux yeux, aux sabots d’or ; ces trois éléments si divers réunis avec cette parfaite entente de l’harmonie qui, dans l’antiquité comme de nos jours, caractérise les conceptions artistiques des Iraniens. Sur les puissantes encolures des colosses, s’appuie la charpente de cèdre surmontée elle-même d’un épais matelas de pisé. Ces boiseries représentent un volume de 5000 mètres cubes et un poids de 2 800 000 kilogrammes. Elles furent traînées à bras d’homme depuis les forêts du Liban, à travers des montagnes abruptes, sur un parcours de plus de 1800 kilomètres.
- M. Dieulafoy, soucieux de ne rien livrer au hasard, s’est servi des encastrements de poutres encore debout aux palais de Persépolis, pour restituer l’équarrissage exact des charpentes.
- Différentes des colonnes de la salle, celles des portiques reposent sur une base ciselée comme une pièce d’orfèvrerie et s’élancent, sveltes et légères, jusqu’aux taureaux qui portent directement sur elles sans l’intermédiaire du lotus et de la volute réservés aux splendeurs de l’intérieur.
- Au-dessus des colonnes, ornant l’architrave de la façade méridionale, se déploie cette magnifique frise des lions émaillés dont les spécimens si brisés, mais si patiemment reconstitués, apparaissent aux regards du visiteur surpris quand il pénètre pour la première fois dans ce musée unique de la polychromie antique. Figés sous les portiques, se tiennent les archers à l’allure fière, aux robes constellées de broderies, à la lance à pomme d’argent, montant la garde devant une inscription cunéiforme qui relate la gloire des Achéménides.
- Devant la salle de l’Apadàna, comme devant la haute voûte du palais construit à Ctésiphon sous les dynasties sassanides, tombaient ou se déployaient, au gré du monarque, des tentes hyacinthes, pailles et bleues manœuvrées, ainsi que des voiles de navire, par des câbles de byssus glissant dans des anneaux d’argent. La tradition de ces palais, ouverts du haut en bas sur une de leurs faces, s’est si bien
- conservé que, de nos jours encore, Nasr ed din Chah, à l’occasion de la solennelle audience du No Rouz ou nouvel an, siège dans un talar qui, sauf la splendeur et les dimensions, rappelle les apadànas édifiés par ses antiques prédécesseurs.
- Une comparaison permettra de se faire une idée de l’immensité de l’apadàna. Cette salle incomparable et les portiques adjacents couvraient une superficie de plus de 9000 mètres carrés, à peu près égale à celle de la cour du Louvre. Les jardins qui en rafraîchissaient les abords, les pylônes, les escaliers, occupaient près de 16 hectares.
- Tels sont les renseignements que nous sommes à même d’offrir à nos lecteurs sur une restitution d'un puissant intérêt, d’après les renseignements qui nous ont été donnés par M. Dieulafoy, lors de l’inauguration de la nouvelle salle du musée du Louvre. Il y a la des résultats d’une haute importance, qui seront appréciés par tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’humanité.
- Gaston Tissandier.
- LE SON DES CORPS EN MOUVEMENT
- La Nature a récemment publié, à propos du sifflet d’une locomotive en marche1, un exposé parfaitement clair des phénomènes auxquels donne lieu le déplacement de la source sonore, dans les cas accessibles aux formules élémentaires, c’est-à-dire pour un déplacement uniforme de faible vitesse, dirigé suivant la ligne de jonction de l’observateur et de la source. Mais le phénomène change complètement lorsque ces conditions ne sont pas remplies, et en particulier lorsque la vitesse de la source est supérieure à celle du son. Des études très approfondies, publiées par M. le général Sebert, les capitaines Journée et de Labouret, pour le cas des projectiles, ont à peu près élucidé la question.
- Considérons un projectile P parcourant une droite avec une grande vitesse; les ondes parties delà trajectoire atteindront un observateur O avec un retard d’autant moindre que le projectile sera plus rapproché du point A; le premier son perçu sera parti d’un point si ué en arrière de A, et dont la position dépend de la vitesse du projectile. La formule donne go lorsque la vitesse du projectile est égale à celle du son, le point A pour une vitesse infinie. Il est facile de démontrer que, à partir du moment de première perception, l’intensité du son augmente très rapidement et diminue de même, les ondes d’avant et d’arrière suivant de très près la première. Une variation aussi rapide de la perception produit absolument l’impression d’un choc, que l’on a si souvent confondu avec la détonation de l’arme. Le son perçu n’a, du reste, aucune qualité musicale, et ne ressemble même en rien au sifflement habituel des obus ; cela devrait être, même si le projectile rendait un son absolument pur ; en effet, d’après la théorie exposée par M. le commandant Moèssard, la surélévation du son dépend de la vitesse relative de la source et de
- 1 Vov. n° 933, du 18 avril 1891, p. 318.
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- l’observateur, et l’élévation est constante pour un déplacement uniforme ; or, lorsque l’observateur n’est pas dans la ligne de tir, le déplacement relatif n’est pas proportionnel au temps, et le son varie constamment de hauteur ; on a donc, en résumé, une succession très rapide de sons de hauteurs diverses, dont l’intensité croît et décroît avec une grande rapidité ; c’est la caractéristique du son que l’on nomme choc. Le même raisonnement s’applique, suivant M. Durand-Gréville, au bruit des bolides, fréquemment attribué à une explosion.
- Suivant M. Ch. Dufour, les vieux troupiers de Napoléon Ier avaient coutume de dire, lorsque le son d’une balle s’abaissait : « Cette balle n’est pas pour nous, elle est pour d’autres » ; avec les projectiles à grande vitesse, on peut être rassuré pour son propre compte dès que le projectile a été entendu.
- Nous ne pouvons souscrire entièrement à l’application que le savant auteur de l’article sur le sifflet d'une locomotive en marche fait au mouvement des étoiles; il est bien connu que le spectre d’un corps en mouvement se déplace en bloc vers le rouge ou le violet, suivant que le corps s’éloigne ou se rapproche de nous ; mais, pour que sa couleur varie dans le même sens, il est en outre nécessaire que la partie ultra-violette ou infra-rouge de son spectre ait une intensité (mesurée par son énergie) beaucoup moindre que la partie lumineuse, car, dans le cas contraire, les ondulations invisibles à l’état de repos deviennent visibles, et remplacent celles qui ont disparu à l’autre extrémité du spectre1. Ch.-Ed. Guillaume.
- LES VOIES NOUVELLES
- DE L’INDUSTRIE ÉLECTRIQUE
- Si l’année 1890 n’a pas été bien féconde au point de vue des progrès de la science électrique et de ses applications, il n’en est pas de même de l’année 1891 qui s’annonce déjà comme des plus brillantes.
- Les recherches nouvelles auxquelles nous faisons allusion portent tout particulièrement sur les courants alternatifs. Jusqu’à l’année dernière, les tensions employées couramment dans l’industrie étaient limitées à 2500 volts, oüOO volts au plus. Après bien des déboires et bien des insuccès, inévitables d’ailleurs dans des questions aussi nouvelles, délicates et difficiles, M. Ferranti est parvenu à distribuer l’énergie électrique produite à Deptford à 5000 et, tout récemment, à 10 000 volts. Mais ces tensions vont être prochainement de beaucoup dépassées, car la maison Siemens étudie les phénomènes produits par des courants alternatifs de 20 000 volts, et il est question, pour l’Exposition d’électricité qui doit s’ouvrir le mois prochain à Francfort-sur-le-Main, d’un transport de force motrice par courants alternatifs à 180 kilomètres de distance, avec des tensions qui dépasseront 30000 volts.
- A côté de ces recherches, il y a lieu de signaler les études qui se font actuellement en Amérique par M. Nicolas Tesla et M. Elihu Thomson sur les courants alternatifs de grande fréquence. On sait que la fréquence d’un courant alternatif, d’après la définition donnée par le Congrès des électriciens de 1889, est le nombre de périodes par seconde. Les fréquences extrêmes adoptées jusqu’ici variaient entre un minimum de 42 périodes par seconde (Zipernowsky) et un maximum de 135 (Westinghouse). M. Tesla et M. Thomson ont largement étendu le champ
- 1 M. le commandant Moëssard reviendra sur cet intéressant sujet dans une de nos prochaines livraisons.
- de ces recherches, et ont construit, pour les effectuer, des dynamos à courants alternatifs, ou alternateurs, avec lesquels on a obtenu des fréquences de 500, 1000, 5000 et jusqu’à 10 000 périodes par seconde. Avec ces fréquences, les propriétés des courants électriques et les manifestations auxquelles nous sommes habitués se trouvent complètement changées, et souvent travesties au point de devenir méconnaissables.
- Nous aurons l’occasion de décrire un jour quelques-unes des expériences qui mettent ces phénomènes en évidence, en faisant une sélection parmi les communications qui paraissent périodiquement dans la presse américaine, sous la signature de l’un ou l’autre des deux champions des courants alternatifs de grande fréquence.
- Enfin, depuis quelques mois à peine, une nouvelle forme de courant a fait son apparition sous le nom de courants rotatifs ou courants tournants. On a été conduit à imaginer et à étudier théoriquement et pratiquement cette nouvelle forme de courants électriques en cherchant à rendre l’emploi des moteurs électriques à courants alternatifs tout à fait industriel.
- En effet, la plupart des moteurs électriques à courants alternatifs employés jusqu’ici présentent l’inconvénient capital de ne pas démarrer à pleine charge, et de ne fonctionner avec un rendement satisfaisant que si la vitesse est égale à celle du générateur électrique qui leur fournit le courant, ou dans un rapport bien déterminé avec elle. On a donc cherché à réaliser un moteur asvn-chronique démarrant quelle que soit la charge; on a trouvé la solution du problème ainsi posé dans l’emploi des courants tournants.
- L’explication de ces courants demanderait plus de développements que n’en comporte cette Note, aussi nous contenterons-nous de dire que les courants tournants sont des courants alternatifs multiples produits par un générateur de forme spéciale, courants alternatifs de même période, mais de phases différentes, et passant par des maxima ou des minima à des intervalles de temps variables avec le nombre des courants, mais le même nombre de fois par unité de temps pour chacun d’eux.
- Le cas le plus simple et le plus intéressant en pratique, jusqu’à nouvel ordre, est celui où l’on emploie trois fils traversés par trois courants périodiques alternatifs décalés l’un par rapport à l’autre de un tiers de période, et produits par un générateur à trois bobines ou trois séries de bobines.
- En reliant ces trois fils à un moteur à courants tournants approprié, on peut réaliser un appareil qui possède, au point de vue du démarrage et de la vitesse, toutes les qualités des moteurs à courant continu, mais qui, de plus, permet l’emploi des hautes tensions sans collecteur ni commutateur, avec un circuit métallique entièrement fermé et invariable. On voit, par l’énumération succincte des recherches auxquelles se livrent actuellement les savants et les industriels, que les progrès de l’électricité ne touchent pas à leur fin, et qu'elle nous ménage encore bien des surprises. E. H.
- LE CUIRASSÉ D’ESCADRE « MARCEAU »
- Le cuirassé de premier rang Marceau a récemL ment terminé les essais officiels de vitesse et d’artillerie; il a pris aussitôt armement définitif, sous le commandement de M. le capitaine de vaisseau Véron. Il va très prochainement prendre rang parmi l’esca-
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- LA NATURE.
- dre de la Méditerranée et du Levant, et augmenter cette imposante force navale d’une nouvelle unité, qui ne le cédera en rien aux autres cuirassés qui la composent.
- Le Marceau a été construit dans les ateliers de la Société des Forges et chantiers de la Méditerranée, à La Seyne-sur-Mer près de Toulon, sur les plans et devis de M. l’ingénieur de la marine Huin. En même temps que le Marceau, le Département de la marine faisait mettre en chantiers trois autres cuirassés de même type et de même déplacement : le Magenta dans l’arsenal de Toulon (en armement à Ilot), le Hoche à Lorient (en ce moment en escadre, portant le pavillon de l'amiral Dorlodot des Essarts) enfin le Neptune en construction à Brest.
- Ces quatre cuirassés, conçus dans le même ordre d’idées, ont suhi quelques modifications qui les rendent actuellement assez différents les uns des autres. Ils font, grâce à leurs excellentes dispositions d’ensemble, le plus grand honneur à l’éminent ingénieur qui en a dressé les premiers plans.»
- Le Marceau a comme dimensions principales : longueur de bout en bout, 103m,60; largeur au fort, 20m,120; creux au milieu, 13m,170, déplacement, 10 581 tonneaux.
- Il est cuirassé à la flottaison sur toute sa longueur; les plaques de la ceinture ont une épaisseur de 45 centimètres et ont été fournies par la maison Marrel frères de Rive-dc-Gier. Les tourelles barbettes, placées sur le pont supérieur, sont également fortement cuirassées avec des plaques de 40 centimètres d’épaisseur.
- L’armement offensif du Marceau comprend : 1° dix-sept canons de 14 centimètres dont seize en batterie dans l’entrepont ; la dix-septième pièce est placée à l’avant sous le pont et tire directement en chasse ; 2° quatre canons de 34 centimètres disposés chacun dans une tourelle barbette située sur le pont supérieur. Les tourelles avant et arrière sont placées dans l’axe du navire et peuvent battre un secteur d’environ 270 degrés. Les tourelles milieu sont disposées en abord et possèdent un champ de tir de 180 degrés (du tir en chasse direct au tir en retraite). Ces quatres tourelles forment ainsi un losange et trois d’entre elles peuvent toujours faire feu simultanément dans une direction quelconque.
- La manœuvre du pointage latéral, du pointage vertical, l’élévation des projectiles et gargousses se font hydrauliquement au moyen d’appareils étudiés par M. L'agane, ingénieur en chef des Chantiers de la Seyne. La disposition d’ensemble des tourelles, affûts, châssis, etc., est l’œuvre de M. Canet, directeur du service d’artillerie de la Société des Forges et chantiers de la Méditerranée.
- L’armement du Marceau est complété par quatre canons de 65 centimètres, et huit canons de 47 millimètres à tir rapide et plusieurs canons revolvers Hotchkiss. Pour être complet, nous devons mentionner également quatre tubes lance-torpilles. Ce cuirassé n’a qu’une mâture militaire avec doubles hunes
- qui reçoivent quatre canons à tir rapide de 47 millimètres et un groupe de fusiliers marins.
- Sous le pont cuirassé qui complète la puissance défensive de ce magnifique bâtiment, sont logées les huit chaudières du type de l’Amirauté, à tubes en prolongement et les deux machines motrices qui actionnent chacune une hélice en bronze de grand diamètre.
- Ces machines, du système dit à pilon, sont à deux cylindres l’un d’admission, l’autre d’expansion. L’appareil moteur comprend, en outre, une série de machines auxiliaires indépendantes pour la circulation de l’eau dans les condenseurs, pour les ventilations et pour le vireur.
- Les essais officiels de vitesse du Marceau ont eu lieu en février 1891, en présence d’une Commission officielle présidée parM. le contre amiral Roco-maure, major de la flotte. La vitesse moyenne réalisée aux essais, sur les bases mesurées des îles d’Hyères, a été de \ 6 nœuds 2 dixièmes. Pendant plusieurs parcours la vitesse a atteint près de 16 nœuds et demi (exactement 16 nœuds 47 centièmes). Le Marceau est donc un des cuirassés les plus rapides de la flotte française. Ajoutons que pendant toutes les expériences à grande et petite vitesse, pendant les essais de consommation, le fonctionnement des machines et chaudières n’a pas laissé un seul instant à désirer et qu’il fait le plus grand honneur aux ateliers que la Société des Forges et chantiers possède à Menpenti-Marseille, ateliers qui ont construit ces machines et chaudières.
- Les expériences de recette des quatre tourelles hydrauliques, et des affûts pour canons de 34 centimètres, ont eu lieu simultanément, et se sont terminées le 6 mars dernier.
- On a commencé par la tourelle avant, chaque pièce devant tirer sept coups, le premier à demi-charge, le deuxième à trois quarts de charge et les cinq autres à charge de combat. Cette dernière comprend 176 kilogrammes de poudre brune prismatique répartie en deux demi-gargousses et un projectile du poids de 420 kilogrammes.
- Ces sept coups ont été tirés pour chaque tourelle sous des angles de pointage latéral et horizontal différents, afin de pouvoir se rendre compte des avaries que le bâtiment aurait à supporter sous le souffle puissant des gros canons de 34 centimètres usinés par les ateliers de Ruelle.
- Dans les cuirassés de ce type, le tir en chasse et en retraite est particulièrement dangereux pour les superstructures qui avoisinent les tours latérales, en raison du cône de projection des gaz, qui vient rencontrer les murailles du bâtiment, et dont les effets sont souvent si redoutables. On sait que c’est pour éviter des avaries de ce genre que, dans la marine anglaise, on a dû renoncer à tirer, dans toutes les positions, les canons de 67 tonnes du cuirassé Trafalgar. Sur le Marceau, les expériences faites avec le plus grand soin, sous les ordres de l’amiral Rocomaure, ont démontré que
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- Le nouveau cuirassé d'escadre de la marine française le Marceau. (D'après une photographie.)
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- LÀ NATURE.
- les quatre tourelles pouvaient tirer dans toutes les positions sans avaries majeures. Des moutons vivants et des mannequins en bois avaient été placés aux endroits dangereux, et il a été constaté que les animaux avaient fort peu souffert.
- Les particularités à signaler consistaient uniquement dans un canot qui a été détruit par le souffle de la pièce de la tourelle tribord, tirant en retraite et quelques rivets de la muraille de Bâbord avant, qui a été légèrement emboutie par le souffle de la pièce de bâbord tirant en chasse. Ces avaries sont insignifiantes et beaucoup moins importantes que sur des bâtiments similaires. Elles indiquent seulement qu’il faut proscrire complètement le bois des superstructures, lesquelles doivent être consolidées le plus possible.
- On a constaté de plus que le tir des pièces de 14 centimètres n’était pas gêné par le tir des tourelles. Les mannequins placés dans la batterie et représentant les servants des 14 centimètres, n’ont pas eu à souffrir.
- Ajoutons, en terminant, que tous les officiers qui assistaient aux essais ont admiré la précision et la régularité avec laquelle s’effectuaient les opérations de chargement et de pointage. Il ne faut pas plus de quatre à cinq minutes pour charger et tirer un coup de canon de 34 centimètres.
- Le Marceau, une fois ses dernières installations achevées, va entrer en escadre, et il fera partie du groupe des navires qui se rendra, en été, dans la mer Baltique, à Cronstadt, pour rendre à la flotte russe la visite que cette dernière a faite récemment à nos ports du Nord. X..., ingénieur.
- LE MOUSTIQUE '
- ÉTUDE PRATIQUE
- Je ne suis pas entomologiste ; je ne parlerai qu’en observateur, avec le désir d’être utile aux patients, mes confrères, dont le nombre croît avec le goût des voyages sur le littoral. Voilà huit années, en effet, ou plutôt huit automnes que j’ai fait connaissance avec le moustique des rives de la Méditerranée. Je l’appelle moustique pour être compris par tout le monde. Sans quoi je lui conserverais son nom provençal zinzin, une onomatopée bien expressive. Zïnzïnar, c’est susurrer comme le moustique (ce verbe manque au français). Zinziniero, c’est la moustiquaire, un protecteur qui ne tient pas souvent ses promesses, je dirai plus loin pourquoi.
- Il y a des années de moustiques comme il y a des années de prunes. Je ne sais trop si c’est en raison de leur humidité. Le premier mois de septembre que je passai dans le Midi fut celui de l’année 1860, pluvieuse entre toutes. J'eus de la pluie à Nîmes, à Marseille, à Avignon; au départ de Paris, j’avais des moustiques une peur extrême, et cependant je n’en vis pas un.
- En septembre 1889, je me trouvais à Marseille
- encore; l’humidité n’y régnait pas comme en 1860; je fus aux prises avec les moustiques chaque nuit.
- On ne parle d’eux que dans le Midi, mais ils ont en France bien d’autres coins de prédilection. Les cousins d’Alsace sont à redouter sur les bords du Rhin comme les mussets de la Rochelle; ces derniers, plus velus que les autres, sont d’une rare férocité. Piqué en août 1865 à La Rochelle, je conservais quatre mois après la marque de la blessure, et tous les jours, un peu avant la nuit, il m’en cuisait encore. Pourquoi les appelle-t-on mussets? Sans doute parce qu’ils se cachent (se mussent, en vieux français) dans les coins sombres et sous les habits des garde-robes1.
- En certains pays et certaines saisons, il est des moucherons imperceptibles plus féroces encore, piquant jusqu’au sang sous les cheveux et sous la barbe. A Besançon, pendant une chaude journée d’août, j’en ai souffert extrêmement. Les gros taons des montagnes du Doubs ne leur cèdent d’ailleurs en rien, et, au fort,de l’été, on ne peut risquer des chevaux sur la route que la nuit ou de très grand matin.
- Ces variétés peu consolantes n’empêchent pas le moustique d’assumer sur lui toutes les malédictions méritées par l’espèce. Et cela se comprend. On part pour l’Italie, on longe la fameuse Corniche, on visite bien doucement ces oasis merveilleuses du Yar et des Alpes-Maritimes, et chaque nuit le zïnzïn aigu vient tuer la poésie du voyage, sans parler des marques cruelles qu’il laisse au visage. La peau est d’autant plus éprouvée qu’elle est plus délicate. Ce qui est un petit point rouge sur l’une est dans l’autre une boursouflure inquiétante. Cela finit par empoisonner le paysage. On n’admire plus, on se gratte et on s’exaspère. A ce mal, il est cependant divers remèdes fort simples. Pourquoi ne les point employer?
- Au lieu de faire des mines contrites ou de feindre une surprise complète quand on leur dit : mais votre chambre est un repaire de moustiques, les hôteliers feraient bien mieux d’y placer des moustiquaires véritables, et non des simulacres qui servent de retranchements à l’ennemi.
- La fausse moustiquaire, seule en usage dans les hôtels, joint imparfaitement et ne descend jamais assez bas. La vraie, qu’on rencontre seulement dans la bourgeoisie indigène (et encore pas chez tout le monde), retombe sur le lit comme une cloche sans offrir la moindre issue, et sa base traîne suffisamment à terre pour ne pas permettre au moustique de s’introduire en rampant. Cette moustiquaire, faite d’une mousseline spéciale, coûte de 35 à 40 francs. Je repète qu’on ne la trouve cependant dans aucun
- 1 Le mot cousin, qui a fini par prévaloir et qui vient on ne sait trop d’où, car Littré forge en hésitant le diminutif latin culicinus (de culex, cousin), me paraît plutôt une forme du vieux mot français cusant (souci, tourment) qui doit être lui-même le participe présent du vieux verbe cuire, pris comme substantif. C’est un nom d’effet donné à la cause
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- hôtel, même dans les chambres à 12 francs (et 1 franc de bougie) que l’hôtel Terminus de Marseille offre à ses arrivants de minuit. C’est une réforme à opérer sur toute la ligne.
- De son côté, le voyageur doit être muni d’un remède préventif et d’un remède curatif. Si le premier rate, le second adoucira ses peines.
- Le remède préventif, qui est bien connu, consiste dans la boîte de fidibus qu’on trouve à bon marché chez tous les pharmaciens. La meilleure marque est italienne (celle de Zampironi, à Venise). Ce fidibus a la forme conique d’une pastille du sérail; il s’allume à la bougie et se maintient fumant sous les rideaux du lit sur une pelle ou mieux dans un de ces petits récipients de faïence qu’on trouve toujours sur la toilette d’une chambre à coucher. La fumée abondante dégage une odeur particulière qui est celle de la poudre de pyrèthre, base du fidibus qui sera votre sauvegarde pendant cinq à six bonnes heures. Passé ce délai, le moustique peut secouer son engourdissement et recommencer à vous donner la chasse. De votre côté, si vous ne dormez que d’un œil, vous avez le droit de brûler un nouveau fidibus, ou deux fidibus si la chambre est fort grande, ce qui peut arriver en Italie.
- Je passe maintenant à mon moyen curatif que je crois avoir trouvé le premier, qui n’est point connu encore, et qui me paraît jusqu’ici réunir tous les mérites : il est d’application facile et il ne coûte rien en ce sens qu’il est nécessaire à la toilette. Je veux parler d’un savon sulfureux ordinaire qu’on trouve dans le commerce de la droguerie, rue des Lombards, à 3 francs la boîte de six, ce qui fait 50 centimes par savon.
- J’avais été piqué un jour par un de ces gros moustiques qu’on appelle facétieusement papa-tais-toi! dans le dialecte des Alpes-Maritimes, parce qu’ils font plus de bruit que les autres. Us font aussi plus de mal, et la sensation douloureuse d’une piqûre à la main se prolonge parfois jusqu'à la saignée. Pour échapper à cet ennui, j’imaginai de prendre un savon sulfureux que j’avais sous la main, de le mouiller légèrement et d’en frotter aussitôt la piqûre sur laquelle je laissai sécher une couche épaisse. A ma vive satisfaction, la douleur cessa au bout de cinq minutes, et la marque de la piqûre s’effaça ensuite assez rapidement. Pour en avoir le cœur net, il m’est arrivé de donner ce savon dans un hôtel à des voisins et des gens de service qui en éprouvèrent les mêmes bons effets. Aussi le gardais-je à demeure sous mon traversin pour en faire l’application à l’aide d’un peu de salive dès que je me sentais piqué. Cela m’a toujours réussi, en opérant sans délai, et me paraît préférable à l’alcali.
- Avec une vraie moustiquaire telle que je l’ai décrite, le danger des moustiques n’est point à redouter. 11 peut arriver tout au plus que, dans le milieu du jour, lorsque la moustiquaire est relevée pour l’aération du lit, un moustique s’introduise et se cache pour commencer les hostilités, presque toujours
- pendant votre premier sommeil que le monstre semble attendre. Mais son zinzinement aigu réveille bientôt. Ce que vous avez alors de mieux à faire est de saisir voire serviette ou votre caleçon et de le faire tourner dans l’obscurité comme une aile de moulin à vent; il a bientôt balayé l’étroit espace formé par l’enceinte de mousseline. Bien que le moustique se dérobe avec une habileté extrême, il échappe difficilement, et si peu qu’on parvienne à le toucher, la mort s’ensuit. Il est si grêle.
- Lorsque vous n’êtes défendu par rien, le mieux est de s’entortiller dans le drap de façon à ne laisser que la fente nécessaire aux fonctions respiratoires du nez et de la bouche. Le moustique s’acharne alors en raison des obstacles, pique les narines et les lèvres, faute de mieux, car il préfère de beaucoup la main et le bras dont sa piqûre suit le réseau veineux avec une préméditation évidente. S’il voit une issue à l’autre bout, il attaquera vos pieds, au risque de se faire écraser par leurs ruades instinctives. Lorsqu’il a pu se gorger de sang sans être dérangé, il sonne la retraite avec un sifflement aigu très prolongé qui semble un chant de triomphe et de moquerie. Puis, enivré de sang, il va se plaquer de préférence au ciel du lit où vous êtes sûr de le trouver à l’aube.
- Si vous manquez alors votre vendetta, courez vous poster devant la fenêtre en ayant soin d’écarter grands et petits rideaux de façon que le premier rayon du soleil pénètre sans obstacle. Alors, si bien tapis qu’ils soient, vous êtes sûr de voir arriver les moustiques de votre chambre; ils viennent d’un trait se coller droit à la vitre où ils semblent rester en extase devant l'astre empourpré de son premier feu. C’est l’heure de les écraser d’un coup de serviette, de gazette ou de brochure fiexible. Pour les prendre à la main, il faudrait avoir la prestesse des femmes du pays qu’on n’égale généralement pas.
- Si les moustiques échappent, vous êtes sûr de les voir reparaître à la même place avec les dernières flambées du soleil. Guettez de nouveau sans vous lasser. Répétées chaque jour, ces deux chasses à l’affût constituent le meilleur moyen de vous débarrasser de ces hôtes incommodes. Elles entraînent nécessairement l’obligation de tenir vos fenêtres closes au lever et au coucher du soleil, heures auxquelles les moustiques du dehors rendent le plus volontiers visite. On s’en aperçoit bien en les voyant se heurter aux carreaux.
- Ceci ne veut pas dire que vous soyez exempt de visites fâcheuses dans la journée, surtout si vous avez des arbustes au balcon ou des arbres dans le voisinage. Mais, avec des persiennes closes, il y en aura toujours moins que le matin et le soir.
- Faut-il le dire? Le moustique n’est pas seulement tapi sous les feuilles des arbres. Il pullule dans des endroits moins poétiques, tels que les égouts et les fosses d’aisances. Parfois, on ne s’en aperçoit que trop en les voyant s’échapper par bandes dès que s’entr’ouvre la soupape d’un water-closet. En ce cas.
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- je recommande au propriétaire de la maison infestée, un moyen d’extermination complète ; c’est d’attendre une nuit froide où le thermomètre tombe à zéro. On lève alors la dalle de pierre recouvrant l’orifice de la fosse, et son horrible garnison est gelée du coup. J’ai vu cet expédient imaginé et pra-
- tiqué avec succès à Menton, dans la villa du colonel Le Clerc, qui lui doit une parfaite tranquillité.
- On assure généralement que les indigènes ne sont pas tourmentés par les moustiques comme les étrangers. Cela tient à deux causes : c’est que l’épiderme du nouvel arrivant est toujours plus tendre, car le
- Cousin commun ou Moustique (Culex pipiens). — 1. Mâle grossi. — 2. Grandeur naturelle. — 3. Femelle grossie. — 4. Grandeur naturelle. 5. Larve grossie. — 6. Grandeur naturelle. — 7. Nymphe grossie. — 8. Grandeur naturelle. — 9. Ponte (masse d’œufs réunis formant un radeau. — 10. Un œuf isolé et grossi. — 11. Eclosion de l’insecte. — 12. Détail des pièces buccales formant l’aiguillon. — 13. Pointes de l’aiguillon. — 14. Aiguillon commençant à entrer dans la peau. — 13. Le même complètement enfoncé. —16. Extrémité de l’abdomen de la femelle. —17. Extrémité de l’abdomen du mâle.
- littoral est une région de haie par excellence; puis, la peau de l’homme du pays, du travailleur surtout, a une saveur insecticide due à une alimentation où l’ail joue le premier rôle. Les émanations sulfureuses de la sueur alliacée ont, à défaut de tout autre mérite, celui de chasser les moustiques. Ce qui me le fait penser, c’est qu’ils ne font pas de grâce aux domestiques du pays sevrés d’ail pour ne pas contrarier les habitudes culinaires de maîtres
- étrangers. Ceux-là ne sont pas sauvés par leur indi-génatl. Lorédan Larchey.
- 1 Comme l’annonçait mon sous-titre, je crois être resté pratique dans ce bout d’étude. Je n’ignore pas qu’on a préconisé d’autres moyens de sauvegarde : le plus original est celui qui conseille aux voyageurs de s’oindre d’huile de laurier ou de foie de morue. Souvenir par trop odorant de la préparation aux luttes olympiques. Je crois y avoir mis moins d’apprèt et plus de propreté.
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- LE SECTEUR ÉLECTRIQUE DE LÀ PLÀCE CLICHY, À PARIS1
- Fig. 1. — Vue d’ensemble d’une partie de l’usine électrique du secteur de la place Clicliy. Moteur à vapeur, dynamo, et tableau de distribution. (D’après une photographie.)
- Tableau de distribution. — Nous avons dit, dans notre précédent article, que le principe du mode de distribution adopté pour le secteur de la place Clichy consistait à maintenir une différence de potentiel constante utile de 440 volts environ aux extrémités desfeedersrayonnants de l’usine centrale, et à coupler à chaque instant, sur ces feeders, un nombre de machines suffisant pour satisfaire à la consommation aux différentes heures de la journée. Toutes les combinaisons nécessaires pour obtenir ce résultat se font au moyen d’un tableau général de distri-
- 1 Suite. — Voy. n° 925, du 21 février 1891, p. 183.
- bution établi à l’usine et représenté au fond de notre vue d’ensemble (fig. 1), en même temps que l’une des
- trois grandes dynamos et le moteur à vapeur qui l’actionne. Le rez-de-chaussée de ce tableau est réservé aux appareils de couplage, de réglage et de contrôle des dynamos : le premier étage est affecté au service des feeders.
- Sur le tableau du rez-de-chaussée sont disposés les commutateurs permettant d’intercaler, entre deux barres longitudinales de cuivre entre lesquelles on maintient une différence de potentiel constante, les circuits d’excitation de chaque machine et les rhéostats correspondants, les induits des dynamos et les indicateurs de courant
- Fig. 2. — Régulatrice.
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- qui font connaître à chaque instant le débit de chaque dynamo et permettent de le régler en agissant sur l’excitation.
- Le tableau porte aussi un voltmètre disposé sur chaque machine et faisant connaître la force électromotrice à chaque instant, afin que le couplage sur les barres du tableau puisse se faire au moment où sa force électromotrice est égale à la dilïérence de potentiel existant entre les deux barres. Les rhéostats d’excitation peuvent être manœuvrés à l’aide de volants, soit individuellement, soit tous ensemble, suivant qu’il s’agit de régler le débit d’une machine ou de l’ensemble de la distribution.
- Les feeders qui rayonnent tout autour de l’usine sont couplés sur les barres au premier étage du tableau. C’est la qu’aboutissent aussi les fils de retour de chacun des feeders, fils de retour reliés à des voltmètres indiquant la différence de potentiel aux extrémités de chacun de ces feeders. La charge de chacun des feeders est encore actuellement assez petite, les installations intérieures des abonnés n’étant pas toutes terminées, et il n’y a pas de différence importante entre la pression à l’usine et la pression au bout des feeders. Aussi n’a-t-on pris jusqu’ici aucune disposition spéciale pour effectuer une compensation parfaite sur chaque branche. Lorsque, par suite de l’accroissement du nombre des abonnés, l’égalisation des pertes sur feeders sera reconnue nécessaire, on ajoutera des dispositions convenables pour assurer cette compensation le plus facilement et le plus économiquement possible.
- Distribution. — Il sort du tableau, comme nous venons de le dire, une série de feeders aboutissant en certains points placés à des distances variables de l’usine, et aux extrémités desquels nous maintenons une différence de potentiel de 440 volts. Il s’agit maintenant, pour assurer la distribution, de partager cette différence de potentiel entre quatre parties, ou ponts, et de maintenir une différence de potentiel de 110 volts environ sur chacun des ponts, quel que soit le nombre des appareils d’utilisation alimentés 'a chaque instant par chacun de ces ponts. Deux procédés très distincts sont actuellement employés au secteur de la place Clichy pour obtenir ce résultat: des accumulateurs et des régulatrices.
- Accumulateurs. — Pour diviser en quatre parties égales les 440 volts disponibles, on monte en dérivation en un point quelconque du réseau à 5 fils un certain nombre d’accumulateurs (ce nombre est un multiple de 4), tel que la force électromotrice de la batterie soit égale à la différence de potentiel maintenue entre les conducteurs.
- Ces accumulateurs sont normalement maintenus chargés à saturation. Au secteur de la place Clichy, on emploie des batteries d’accumulateurs de la Société électrique pour le travail des métaux, au nombre de 200 en tension pour chaque batterie.
- Ces 200 accumulateurs sont divisés en quatre groupes de 50, et trois conducteurs intermédiaires sont établis en dérivation sur chacun des groupes,
- ce qui porte à cinq le nombre des conducteurs. Il est facile de voir que, dans ces conditions, la différence de potentiel sur chacun des quatre ponts se maintiendra voisine de 110 volts.
- Les accumulateurs étant complètement chargés, ont une force contre-électromotrice de 2,3 volts environ par élément. Si tous les ponts sont égaux en dépense, c’est-à-dire s’ils débitent tous le même courant en ampères, les différences de potentiel sur les quatre ponts sont égales par symétrie. Si les ponts ont des débits inégaux, les ditlérences de potentiel tendent à augmenter sur les ponts à faible débit et à diminuer sur les ponts à gros débit, mais la compensation s’établit automatiquement avec des variations insensibles, par le fait que les accumulateurs branchés sur les ponts à gros débit, sont alors traversés par un courant de charge plus petit, et les accumulateurs branchés sur les ponts à faible débit, par un courant de charge plus grand que le courant normal qui maintient les accumulateurs à saturation, lorsque les quatre ponts débitent également.
- En service courant, les accumulateurs seront donc en grande ou en petite charge, suivant que le pont qu’ils desservent sera peu chargé ou le sera beaucoup. Les accumulateurs n’auront ainsi qu’à parer aux différences extrêmes de débit de chaque pont, et la grande habileté du service de la canalisation extérieure consistera à faire la répartition des abonnés sur les différents ponts pour que les variations de débit soient les plus petites possibles, et que les accumulateurs chargés d’effectuer la régularisation et la répartition ne soient pas soumis à des charges exagérées pendant des temps trop longs, afin de réduire à un minimum les frais d’installation et d’amortissement.
- Régulatrices. — Le second procédé employé par la station électrique du secteur de la place Clichy pour subdiviser les 440 volts en quatre ponts, consiste à faire usage de régulatrices, appareils dont un type est représenté figure 2. La régulatrice, extension du principe du compensateur de M. Eliliu Thomson, n’est pas autre chose qu’une dynamo quadruple à axe commun dont les quatre induits sont montés en tension entre eux et en dérivation sur les 440 volts : trois fils intermédiaires partent des points de jonction des balais de deux machines successives. L’excitation de ces quatre dynamos est prise en dérivation sur les feeders à 440 volts. Les induits de ces machines présentent une très faible résistance, condition nécessaire au bon fonctionnement de l’appareil.
- Si les quatre ponts sont égaux, il ne passe dans les induits qu’un courant très faible, juste suffisant pour faire tourner la régulatrice à sa vitesse angulaire normale, et vaincre les frottements mécaniques qui sont très faibles, la machine tournant à vide. Si les ponts sont inégalement chargés, le courant se partage inégalement dans les quatre induits. Pour les ponts les moins chargés, le courant traverse l’induit correspondant est en sens inverse de celui
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- qui traverse les ponts les plus chargés. Comme, par construction, lés induits sont mécaniquement solidaires, il en résulte que les uns agissent comme générateurs et les autres comme moteurs électriques, et compensent ainsi les différences de potentiel qui tendraient à se produire entre les ponts, par suite de l’inégalité de résistance de l’ensemble des appareils d’utilisation établis sur chaque pont.
- La puissance électrique fournie par la dynamo sous 440 volts est égale, à la dépense de l’appareil près, à la somme des puissances dépensées sur chaque pont, mais, comme les dépenses sur chacun des ponts ne sont pas égales entre elles, la régulatrice déverse, par l’intermédiaire de l’axe commun, la puissance en excès reçue par les ponts peu chargés sur les ponts qui le sont davantage. En résumé, les accumulateurs agissent par absorption variable d’énergie; les régulatrices transfèrent cette énergie d’un pont sur l’autre.
- Comme égalisateurs de tension et répartiteurs d’énergie, chacune des dispositions employées présente des qualités spéciales : les régulatrices sont peu volumineuses et peu coûteuses relativement aux accumulateurs, mais ces derniers présentent l’avantage de constituer une réserve1, réserve actuellement suffisante pour que l’on puisse effectuer le petit service de nuit, depuis minuit jusqu’à 2 ou 5 heures de l’après-midi, en arrêtant complètement les dynamos et en fermant l’usine. L’expérience comparative qui se poursuit actuellement nous dira quel est le meilleur procédé au point de vue industriel, ainsi que les circonstances les plus favorables à l’emploi de l’un ou de l’autre système qui, au point de vue du fonctionnement, donnent des résultats équivalents.
- — A suivre. — E. Hospitalier.
- LES JEUX A L’ÉCOLE2
- a l’école maternelle
- La main chaude. — Voici un groupe d’enfants. L’un d’eux s’assied sur un siège et un autre désigné par le sort se courbe en avant et pose sa tête sur les genoux de celui qui est assis. Il met alors une main sur son dos, retournée de manière à en présenter la paume sur laquelle un autre frappe avec la main. Si celui qui reçoit une tape devine celui qui l’a donné, ce dernier prend la place du premier, sinon, il se remet en posture jusqu’à ce qu’il ait deviné. A ce jeu, la main, d’abord fraîche, s’échauffe, ou chaude, s’échauffe davantage, de là le nom donné au jeu. C’est une simple distraction bonne quand on manque de place ou que le temps est mauvais, car on peut jouer dans l’intérieur de l’école.
- La ronde. — La ronde est très usitée dans nos écoles maternelles; elle permet, — ce qufest bien utile dans les établissements scolaires, — d’y faire participer un grand
- 1 Cette réserve est obtenue à l’aide de deux batteries de 200 éléments dont les fonctions alternent chaque jour ; elles sont successivement l’une régulatrice et 1 autre usine de nuit, et inversement, la décharge de la batterie fonctionnant comme usine de nuit étant récupérée dans la journée du lendemain.
- a Suite. — Voy. n° 932, du 11 avril 1891, p. 298.
- nombre d’enfants. Elle exige peu d’efforts et des jambes seulement, mais une assez grande agililé. Le mouvement est accompagné de chants qui animent le jeu et font sauter les enfants en mesure et avec grâce. L’oreille, la voix, les mouvements du corps, tout est simultanément exercé.
- Elle peut être simplement une ronde avec chant en chœur, ou une ronde avec jeux, c’est-à-dire qu’un des enfants au milieu du cercle doit, à un moment donné, lorsque l’y invitent les enfants qui forment la ronde, embrasser un de ceux-ci.
- Enfin, on peut briser le rond et faire une chaîne d’enfants se tenant par la main ou farandole qui se roule et se déroule comme un serpent, toujours avec accompagnement de chant. De temps à autre, les deux premiers qui conduisent la farandole forment, avec leurs' bras levés à la hauteur de la tête, un arc sous lequel toute la farandole passe en commençant par l’autre extrémité.
- Enfin, on peut faire des évolutions en partageant les * enfants en deux groupes qui après avoir marché côte à côte, deux par deux, se séparent, se rejoignent, avancent ou reculent sur deux rangs; toujours en se tenant par la main et en chantant.
- La ronde qu’on peut appeler double ne convient qu’à des enfants plus âgés Les deux cercles sont entrelacés ou concentriques d’abord, s’entrelacent ensuite, et, tout en tournant, ceux de l’extérieur passent à l’intérieur et inversement sans cesser de se tenir par les mains.
- Les quatre coins. — Quatre arbres d’une allée occupant les quatre sommets d’un carré ou quatre points marqués disposés de la même manière, voilà les quatre coins. Cinq enfants seulement peuvent prendre part à ce jeu, un à chaque coin, le cinquième désigné par le sort, au milieu. Ce dernier se nomme le nigaud. Les enfants qui occupent les coins se concertent par signes, afin de changer rapidement et simultanément de coins à un instant donné. Mais le nigaud est là qui les épie du coin de l’œil, prêt à s’emparer d’un coin que laisse vide un joueur peu agile. Le joueur en défaut devient alors nigaud à son tour. On peut compliquer plus ou moins le jeu en prenant six coins au lieu de quatre et deux nigauds au lieu d’un. Ce jeu développe l’agilité et tient constamment l’esprit en éveil, mais sans fatigue. Les cris de joie et les éclats de rire sont un excellent accompagnement.
- Le sabot. — Un grand nombre de dictons ou de proverbes prouvent que ce jouet, avec lequel nous abordons l’examen des jeux avec instruments, a toujours été très goûté. Le sabot est une sorte de toupie faite d’un morceau de bois emprunté à un sabot, une moitié est conique, l’autre cylindrique couronnée par un petit plateau. Les enfants le font tourner en le fouettant. La lanière ou la ficelle du fouet s'enroule autour de la tète cylindrique du sabot et en se déroulant, le fait pirouetter. De nouveaux coups de fouet augmentent la rapidité du mouvement, si bien qu’à certains moments, le sàbot semble immobile tant il tourne vite. On dit alors qu’il dort, et de là est venue l’expression dormir comme un sabot.
- Ce jeu exerce le bras droit seulement, mais il oblige à de nombreux mouvements sans efforts sérieux ; il donne de la précision au coup d’œil et de l’adresse à la main.
- La corde. — La grande convient surtout aux jeunes enfants. Deux enfants font tourner la corde, quelquefois un seul, si la corde est fixée par une de ses extrémités à un clou placé à une hauteur convenable. Les autres, en nombre quelconque, viennent à tour de rôle sauter un certain nombre de fois, tantôt sur les deux pieds, tantôt
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- sur un seul. Les sauts sont plus ou moins rapides, mais réguliers. Les enfants doivent sauter sur la pointe des pieds, non sur les talons dont le choc contre le sol se répercute dans le cerveau. Cet exercice est favorable à la circulation et à la respiration, à la condition d’être réglé. Il ne doit être ni de trop longue durée ni trop rapide; on l’interdira aux enfants prédisposés aux affections du cœur.
- La petite corde permet plus de diversité dans le jeu parce que l’enfant peut se déplacer tout en sautant, et, non seulement varier sa manière de sauter, mais courir avec d’autres enfants vers un but commun.
- Le cerceau. — Le cerceau est un des jeux les plus populaires et à juste titre. 11 est rarement usité dans nos cours d’école parce qu’un grand espace est nécessaire; il
- Les Jeux à l’école. — 1. La main chaude. — 2. La ronde. — 3. Le sabot. — 4. La petite corde. — 5. Le cerceau. — 6. Les quatre coins.
- est au contraire le compagnon naturel de l’enfant dans les promenades, dans les longues allées ombreuses. C’est un bon exercice à bien des points de vue, parce qu’il en comprend plusieurs : la course d’abord avec toutes sortes d’incidents, puis il donne de la précision au coup d’œil, de l’adresse et de la grâce dans le maniement de la baguette, de la souplesse et de l’agilité au corps. Ajoutons qu’il a pour l’enfant un charme particulier et lui donne dans le cerceau l’illusion d’un être animé qu’il dirige à
- son gré du bout de sa baguette : il l’excite, le ralentit, l’arrête, le pousse en avant, en arrière, de côté, comme un cheval docile et bien dressé.
- Le jeu du cerceau peut donner lieu à des combinaisons diverses analogues aux courses de chevaux ou aux régates ; l’animation est alors plus grande ; en même temps l’ordre est nécessaire. Félix Uément.
- — A suivre. —
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- LE VIVAMIS
- Fig. 1. — Cascade du Ray-Pic. Vue d’ensemble. Fig. 2. — Cascade du Ray-Pic. Vue de la chute inférieure.
- Le Yivarais est l’un des plus intéressants de ces coins de la France, encore à peu près ignorés des touristes, où se rencontrent des beautés naturelles aussi remarquables que celles devenues célèbres dans les pays lointains. Si l’engouement pour ce qui est au delà de nos frontières entre pour une part dans cette sorte de dédain de nos richesses pitto -resques, il faut bien dire que le manque de gîtes à peu près confortables et de communications rapides dans les régions générale-ment montagneuses qui les recèlent, n’était pas la moindre des causes de l’abandon où elles étaient laissées. Aussi, à mesure que nos montagnes les plus déshéritées sous le rapport des voies de communications sont pénétrées par les réseaux de chemins de fer secondaires, un mouvement
- de réaction contre cet abandon injustifié se dessine-t-il de plus en plus. C’est de cette réaction que va certainement bénéficier le Vivarais par suite de
- l’ouverture des lignes à voie étroite destinées à relier les vallées du Rhône et de la Loire en traversant cette région montagneuse.
- Et ce sera justice, car le Yivarais est un pays d’élection non seulement pour le simple touriste, mais encore pour le naturaliste et surtout pour le géologue. Le touriste y trouve des paysages dont l’aspect varie avec une rapidité étonnante, depuis les basses vallées des affluents du Rhône, au faciès tout méridional dans leurs gorges tourmentées, brûlées par le soleil, jusqu’aux plateaux du faîte entre Rhône et Loire où les vastes pâturages tachés de noires forêts
- Fig. 3. — Dyke phouolithique (le Fay-le-Froid. (D’après des photographies de M. Léon Gillard.)
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- de sapins, blancs de neige pendant plusieurs mois de l’année, lui donneront l’illusion de s’être transporté de plusieurs degrés vers le nord. S’il est doublé d’un naturaliste, ces variations rapides dans le climat présentent pour lui le plus grand intérêt en lui faisant parcourir en peu de temps une échelle étendue de végétations diverses jusqu’à ce qu’il rencontre, sur les hauts plateaux du Mézenc, une flore tout alpestre. Mais s’il gravit la butte phonolithique qui couronnne cette montagne, véritable belvédère de la France centrale, le touriste reprend ses droits. Sous ses yeux, s’étend en d’immenses horizons, comme en une merveilleuse leçon ,de choses, près du quart de la France : du Jura à la Méditerranée, des monts d’Auvergne aux Alpes. Et lorsque le touriste, après avoir épelé, la carte en mains, cette grande leçon de géographie, reste fasciné par les blancs pointements des Alpes qui paraissent se perdre dans le ciel, le géologue ramène ses regards à ses pieds et ses réflexions aux plus récentes convulsions de notre globe en lui signalant les traînées de cônes phonolithiques qui jalonnent les lignes de fracture du sol et les vastes nappes de basalte capricieusement découpées par les érosions qui couvrent comme d’un manteau la région environnante. Ces épanchements de laves donnent lieu à maints tableaux pittoresques : dykes bizarres, comme celui de Fay-le-Froid représenté par l’une de nos gravures (fig. 3) orgues de basaltes, chaussées des géants. En barrant les vallées, ils produisent des cascades comme celle du Ray-Pic, dont nous reproduisons les divers aspects (fig. 1 et 2) qui en mettent si bien en relief la structure prismatique. Ne sont-ce pas là, comme nous le disions en commençant, des spectacles égaux à ceux qu’on avait l’habitude jusqu’ici d’aller chercher au loin? Edme Vieluard.
- CHRONIQUE
- Chemin de fer transsibérien. — Nous apprenons que la construction du chemin de fer sibérien a été décidée par le Czar. Les travaux seraient de suite commencés, d’après les nouvelles qui ont été envoyées de Russie. Deux groupes d’ingénieurs vont se rendre, l’un, sur un vapeur de la flotte patriotique, à Vladivostok, l’autre, par voie de terre, à Tomsk. Dès le printemps on commencera la construction des deux lignes les plus importantes au point de vue commercial et stratégique, celle de Tomsk-Irkoutsk et celle de Khabarovka-Vladivostok. Plus tard on les reliera par la ligne circulaire du Baïkal. De Tomsk, on préparera la construction de la voie par laquelle le chemin de fer sibérien sera relié au réseau russe européen. Dans ce but, on construit déjà, en ce moment, la ligne Zlatooust-Tché-liaba. On espère achever la voie ferrée de Sibérie dans toute son étendue, en 1894. L’État se charge des frais, évalués à 350 millions de roubles. Le chemin de fer de l’Oural sera également relié au réseau général des voies ferrées de l’empire par l’embranchement de Kouschva-Tcheliabinsk. L’importance de celui-ci ne sera cependant que locale, tout en ayant néanmoins une grande portée pour l’industrie minière.
- Une dompteuse dévorée par une lionne. —
- Dimanche 5 avril, dans l’après-midi, un terrible accident est arrivé sur le champ de foire de Grenoble, où plusieurs ménageries attiraient depuis quelque temps bon nombre de curieux. M11® Augustine Gondolfo, jeune dompteuse de 18 ans, était entrée, en présence d’une dizaine de spectateurs, dans la cage d’une lionne qu’elle se préparait, pendant une indisposition du dompteur habituel, son frère, à faire travailler, quand l'animal se précipita sur elle et, la saisissant à la gorge, lui enfonça ses énormes crocs au travers du cou et des poumons. Aux cris poussés par la jeune fille et les spectateurs, on se précipita à son secours ; mais les deux médecins accourus immédiatement constatèrent tout de suite que les blessures étaient mortelles. M1,e Gondolfo fut transportée à l’hôpital dans la soirée, mais malgré les soins empressés de M. le Dr Léon Comte, chirurgien chef adjoint de l’hospice, qui était de service, cette jeune fille expira en pleine connaissance vers deux heures du matin. Des obsèques touchantes lui ont été faites.
- Fantaisie télégraphique. — L’ouverture récente du service téléphonique entre Paris et Londres remémore au Newcastle Chronicle une histoire amusante qui remonte aux premiers'temps de la télégraphie, alors que la possibilité du téléphone n’était même pas soupçonnée, et que l’on ne parlait encore, suivant la métaphore consacrée, qu’avec le parleur Morse. A l’époque déjà- lointaine de cette histoire, deux compagnies rivales étaient en communication avec le continent. L’une était la Submarine, dont le bureau était dans Threadneedle Street, la seconde s’appelait Electric and International, et avait son office dans Telegraph Street, à quelques mètres de distance de la première. L’une communiquait avec la France, l’autre avec la Hollande, et toutes deux faisaient usage du Morse imprimeur. La rivalité des compagnies n’empêchait pas les bonnes relations de leurs employés respectifs, et deux d’entre eux en particulier avaient pris l’habitude de se retrouver ensemble chaque matin, avant de reprendre leur service à 11 heures. Un jour, à 11 h. 10 m., l’employé attaché au poste d’Amsterdam fut invité par son collègue de Londres à le relier à Bruxelles, celui de Bruxelles fut invité à établir la communication avec Calais, et l’employé de Calais prié enfin de relier la ligne de Calais à Londres, au bureau voisin du premier poste. Et tout ce long circuit télégraphique aérien et sous-marin fut établi pour que l’employé de Telegraph Street puisse demander affectueusement à son collègue de Threadneedle Street s’il avait pris soin de bien débourrer sa pipe en quittant le public-home !
- Valeur des chevaux. — On a vendu le 50 janvier 1891, à New-York, 122 trotteurs envoyés par le sénateur Stanford de Washington, et élevés par lui. Une vente analogue a lieu du reste chaque année. La moyenne des prix payés est de 5300 francs, soit 1500 francs de moins que l’année dernière. Les plus hauts prix ont été atteints par les descendants d’Electionecr qui n’a pas peu contribué à rendre le nom du sénateur Stanford célèbre. Vingt descendants de ce cheval fameux ont été vendus 250 000 francs et l’un d’eux 37 000 francs. La vente totale a produit 640 000 francs.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 avril 1891. — Présidence de M. Duchartre.
- Hypsométrie ibérique. — M. de Botella, membre de l’Académie des sciences de Madrid, fait hommage d’une
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- intéressante Carte de l’Espagne et du Portugal représentant, à l’aide de couleurs conventionnelles, les altitudes relatives des différents points. Au-dessous de 1500 mètres les courbes de niveaux sont espacées de 100 mètres; au-dessus on a laissé entre elles 500 mètres d’intervalle. Les documents fournis par la marine ont permis de continuer les tracés dans le bassin des mers et il en résulte des versions très intéressantes principalement en ce qui concerne les rapports mutuels de l’Europe et de l’Afrique. On remarquera que l’altitude moyenne de l’Espagne est de 662 mètres; à 3 mètres près, c’est la hauteur même du pavé à l’Observatoire de Madrid.
- Cristallisation de la silice. — Ayant décomposé le silicate de soude sirupeux par de l’acide sulfurique fumant, placé dans un vase poreux, j’ai obtenu de la silice sous une forme très particulière. Il s’agit de plaquettes cohérentes et dures agissant sur la lumière polarisée et donnant spécialement entre les niçois croisés une croix noire tournante qui rappelle celle de la calcédoine. Coproduit, dont je poursuis l’étude, est remarquablement peu hydraté.
- Nouveau carbure d'hydrogène. — La distillation de boghead pour la fabrication du gaz comprimé fournit des produits que MM. Etard et Lambert viennent d’étudier. Dans le nombre est un carbure C®I16 qui spontanément à la température ordinaire se condense de façon à passer à l’état de C,0IIlâ. Si on tente de le distiller, on Je voit se dédoubler pour reproduire le carbure d’oùj’on est parti.
- Le tréhalose. — De nouvelles expériences achèvent de démontrer à M. Maquenne, aide-naturaliste au Muséum, l’isomèrie du tréhalose avec la saccharose. L’auteur, à l’aide de l’acide sulfurique étendu, transforme le tréhalose en glucose droit et il est parvenu à l’unir avec l’acide acétique.
- Destruction du phylloxéra. — On sait que l’emploi du sulfure de carbone contre le phylloxéra est fort mal aisé dans les pays très chauds : le produit s’évapore avant d’avoir agi. Dans un travail présenté par M. Dehérain, M. Cazeneuve indique les résultats obtenus avec le sulfure de carbone mélangé à une quantité convenable de basses huiles, c’est-à-dire des carbures peu volatils extraits des pétroles. La consommation toujours croissante de ce mélange par les propriétaires de vignes paraît une garantie de sa bonne qualité. En 1888, on en a consommé 25000 kilogrammes ; en 1889, 89 000 kilogrammes, et en 1890, 242 000 kilogrammes.
- Multiplication de l’ophioglosse. — Il résulte des observations de M. Georges Poirault que l’ophioglosse ne se reproduit jamais par ses spores. Cette fougère, si singulière d’aspect, se propage, d’après l’auteur, exclusivement par les bourgeons qui prennent naissance sur les racines.
- Election. — Une place de correspondant étant restée vacante dans la section de géographie et navigation par suite du décès de M. Tchihatchef, M. le prince Albert de Monaco est appelé à le remplacer par 38 suffrages sur 52 votants. M. le général de Tillo réunit 9 suffrages, M. Nansen 2, M. Schweinfurth 1 ; il y a 2 bulletins blancs.
- Varia..— La constante diélectrique du mica employé pour faire des condensateurs est déterminée par M. Bouty. — M. Poisson ayant adressé un voume sur l’alchimie, M. Berthelot fait remarquer que le symbolisme n’a été
- introduit dans le sujet qu’à partir du seizième siècle; tous les manuscrits ont été alors plus ou moins falsifiés. — Un gisement de diatomées du miocène est signalé dans le nord de la France par M. Cayeux. — M. Ranvier étudie l’origine des cellules du pus et leur rôle dans les tissus enflammés. — L’isocinchonine fournit à M. Jungfleisch la matière d’une Note déposée par M. Friedel. — M. Vidal montre que la réaction duphosphamme sur les alcools donne naissance à des alcalis artificiels. Stanislas Meunier.
- LA SCIENCE AU THEATRE
- UNE COURSE DE CHEVAUX AUX « VARIÉTÉS )) A l'ARIS
- La Nature a donné l’année dernière, d’après l'Electrical World, la description du procédé adopté au théâtre de Madison Square à New-York, pour la représentation sur la scène de courses de chevaux1. Dans ce système, les chevaux étaient placés sur une série de lames de volets formant une toile sans fin, dont ils déterminaient le déplacement d’une manière analogue à la mise en marche de certaines batteuses. Dans ces conditions, l’animal est astreint à des efforts considérables, si l’on veut qu’il prenne une allure rapide, et ses mouvements n’ont pas la liberté qu’il possède sur la piste d’un champ de courses. Aussi l’illusion cherchée ne se réalisait-elle pas d’une manière complète, malgré l’emploi d’une toile de fond et d’une barrière qui se déplaçaient parallèlement à la scène dans la direction contraire à celle que semblaient suivre les coureurs.
- Au théâtre des Variétés, on a conservé, dans la revue Paris port de mer, le déroulement de la toile de fond et la barrière mobile. Celle-ci, comme l’indique notre dessin, se compose de barreaux verticaux, distants de 2m,50 les uns des autres; ils sont fixés sur des sabots en bois posés eux-mêmes sur une courroie sans fin. La courroie est commandée par un petit moteur à air comprimé, et maintenue par un tendeur. Les barreaux s’appliquent contre une lisse fixe à l’aide d’un fil de fer horizontal, que le spectateur n’aperçoit pas, et s’engagent à chaque bout de la scène dans un guide également fixe, qui représente une haie, et dont la courbure dissimule leur descente.
- Mais le truc qui oblige les chevaux à prendre le galop sans pouvoir quitter la scène, a été entièrement modifié par M. Emile Gaitton, ingénieur, ancien élève de l’Ecole centrale. Au lieu d’obliger les chevaux à faire mouvoir le plancher sur lequel ils se trouvent, on les place sur une piste animée d’une vitesse propre, contre laquelle ils ont à lutter. L’animal conserve ainsi toute la liberté de ses mouvements et n’a d’autre effort à développer que celui qui est nécessaire pour se maintenir à l’allure convenable.
- Comme on le voit sur notre gravure, il y a trois pistes parallèles sur chacune desquelles galopje un cheval. Elles sont formées d’une bande sans fin,
- 1 Voy. n° 884, du 10 mai 1890, p. 307.
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- dont la surface est un tapis-brosse, cousu sur une courroie en aloès, capable de lui donner la solidité indispensable et l’adhérence sur les tambours. Ceux-ci ont 1 œ,75 de diamètre et 0m,93 de largeur; ils sont éloignés de 8 mètres d’axe en axe. La courroie est soutenue sur toute sa longueur par des rouleaux en bois, de O01,19 de diamètre, fous sur leurs axes, et écartés de 0m,20 de centre en centre, c’est-'a-dire presque jointifs.
- Comme chaque cheval possède ses qualités propres de vitesse et de résistance, on n’a pu commander tout le système par un moteur unique. Chaque courroie est, en conséquence, actionnée par une dynamo spéciale placée dans les dessous, et com-
- mandant, par l’intermédiaire d’un pignon, une grande roue dentée calée sur l’arbre du tambour moteur. A cette dynamo correspond un rhéostat établi sur le plancher de la scène à la portée de l’électricien.
- Les dynamos Gramme employées, sont alimentées par les accumulateurs de la station centrale Popp établie dans la rue Feydeau : c’est également la proximité de cette station qui a déterminé l’emploi du petit moteur à air comprimé qui manœuvre la courroie de la barrière. Elles marchent avec une différence de potentiel de 100 volts et un débit très variable suivant les périodes successives de la course. Au démarrage, l’intensité atteint de 90 à 100 ampères pour arriver, en pleine marche, k 25 ampères.
- Mécanisme pour imiter une course de chevaux, installé au théâtre des Variétés, à Paris.
- 11 faut, en effet, faire passer rapidement l’animal de l’allure du pas à celle du galop, sans donner d’k-coup; l’entraînement doit donc être progressif, mais rapide, malgré l’inertie très grande que présente tout le système. On passe ainsi en huit à dix secondes par un réglage convenable des résistances, d’une vitesse très faible à celle de 120 k 130 tours à la minute pour les tambours, ce qui correspond k celle de 800 mètres pour la courroie.
- La course, indépendamment des huit ou dix secondes consacrées à la mise en train avant le lever du rideau, dure environ une minute et demie : les chevaux, avec la vitesse de 800 mètres, prennent donc à peu près l’allure qu’ils atteignent dans les courses réelles, et cela, grâce 'a la liberté de mouvements que leur laisse le système. Aussi l’effet, en
- ce qui les concerne, est-il complet, et il suffirait de donner k la barrière un déplacement un peu plus rapide pour arriver k la représentation parfaite de la réalité. Quoi qu’il en soit, l’illusion produite est largement suffisante, et le truc rencontre un succès considérable auprès du public.
- Le truc de la revue des Variétés a été réalisé par MM. Solignac, Liepmann et Brison, ingénieurs de la Compagnie Popp, avec la collaboration de M. Bruder, machiniste du théâtre, sur l’initiative du directeur, M. Bertrand, qui, l’un des premiers k Paris, a fait installer l’éclairage électrique dans les salles de spectacle. G. A. Renel,
- Ingénieur civil.
- Le Propriélaire-Gérant : G. Tissasdier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N' 936. — 9 MAI 1891.
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- POÊLE THERMO-ÉLECTRIQUE
- DR M. LE Dr GIRAUD
- Toutes les recherches faites pour transformer directement l’énergie thermique en énergie électrique ont échoué jusqu’ici par suite du rendement plus que médiocre des appareils de transformation, c’est-'a-dire des piles thermo-électriques. En effet, si, pour fixer les idées, nous considérons les piles thermoélectriques à gaz actuelles les plus perfectionnées, nous trouvons, d’après les expériences les plus récentes de M. Carpentier, de M. Uppenborn et de l’auteur de cet article, que la consommation ne saurait descendre au-dessous de 30 litres par watt-heure, ou 30 mètres cubes par kilowatt-heure, chiffre qui, à Paris, ferait ressortir le kilowattheure à 9 francs, prix six fois plus élevé que celui payé au maximum aux stations centrales de distribution. Les 30 mètres cubes de gaz dégagent, par leur combustion, 156000 calories environ, tandis que le kilowatt-heure n’en représente que 850. C’est donc à peine cinq millièmes de l’énergie thermique de combustion qui se transforme en énergie électrique disponible.
- Ce chiffre, qui paraît prohibitif lorsque l’énergie électrique constitue l’élément essentiel de production, n’a rien de ce caractère, lorsque, au contraire, c’est la production de la chaleur qui joue le rôle le plus important, et que l’énergie électrique peut être considérée comme produite par-dessus le marché pour ainsi dire, la dépense supplémentaire étant seulement représentée par l’intérêt et l’amortissement du complément apporté à l’appareil de chauffage qui conserve toute sa puissance et sa fonction. Il n’est donc pas illogique de chercher à construire un poêle thermo-électrique capable de fournir à la fois le chauffage d’un appartement et la quantité d’énergie électrique suffisante pour l’éclairage normal de cet appartement. Bien pénétré de cette idée, M. le Dr Giraud, de Chantilly, a poursuivi depuis plusieurs années des recherches qui
- 49e année. — Ier semestre.
- nous paraissent aujourd’hui couronnées de succès, et dont nous allons présenter rapidement les résultats à nos lecteurs.
- Le poêle thermo-électrique du Dr Giraud, représenté en élévation (fig. 1) et en coupes longitudinale et horizontale sur les gravures ci-après (fig. 2), ne diffère pas essentiellement, quant à l’aspect, des appareils qui ont fait la réputation de M. Ghoubersky.
- Les deux poêles ont comme caractères communs la forme cylindrique allongée, le chargement du combustible par la partie supérieure, la fermeture par joint de sable, et le montage sur roulettes. Les différences résident dans le mode de circulation des gaz, le réglage de la combustion par l’ouverture plus ou moins grande du cendrier, et surtout par
- l’enveloppe extérieure à ailettes formant une gaine circulaire danslaquellesont disposés les éléments de la pile thermo - électri -que. Dans l'appareil que nous avons vu fonctionner, les éléments sont au nombre de 700 environ, disposés en 25 couronnes horizontales qui occupent toute la circonférence sur toute la hauteur du poêle, sauf à l’endroit réservé pour le passage du tuyau déversant les produits de la combustion dans la cheminée. Chacun de ces éléments est constitué par une lame de nickel ou de fer-blanc, et par un alliage à base d’antimoine et de zinc, additionné de quelques autres métaux ajoutés dans de faibles proportions, dans le but de donner à l’alliage toutes les qualités de solidité, de résistance mécanique et de durée qui faisaient défaut jusqu’ici à la plupart des autres éléments thermoélectriques. Ce sont les études des meilleures proportions de cet alliage, les procédés de coulée rapide et économique, et le montage de ces éléments autour du poêle, qui constituent les principaux mérites des travaux de M. le Dr Giraud sur la question.
- Pour isoler les éléments entre eux et éviter leur contact direct avec les parties les plus chaudes du poêle, ce qui pourrait amener leur fusion, ou tout ou moins leur détérioration rapide, la partie chaude de chaque élément est enveloppée d’une feuille
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- Fig. 1. — Poêles thermo-électriques de M. le Dr Giraud.
- A. Modèle à enveloppe et à ailettes. — B. Modèles à éléments nus.
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- d’amiante et enfermée dans une petite boite a base carrée en tôle emboutie.
- Toutes ces boîtes juxtaposées et superposées, le tond appliqué contre la face cylindrique du poêle, constituent une sorte de damier creux dans les cases duquel viennent se loger les 700 éléments, tous montés électriquement en tension. La circulation des gaz est combinée pour éviter un coup de feu aux couronnes inférieures et assurer cependant une température suffisante aux couronnes supérieures, afin
- d’égaliser la force électromotrice des éléments. Sans cela, certains éléments seraient portés à une température excessive, dangereuse même, tandis que d’autres, à peine chauds, introduiraient dans le circuit une résistance qui absorberait, par le passage du courant normal, une différence de potentiel plus grande que leur force électromotrice. La continuité de l’enveloppe formée par les petites boîtes en tôle, et la masse même des éléments assurent une égalisation de la température suffisante en pratique pour éviter de trop grandes différences d’échauffe-ment.
- Voyons maintenant les résultats. L’un des poêles à lames de nickel produit une force électromotrice de 40 volts et une intensité de courant, en court-circuit, de 4 ampères. Dans les conditions de puissance utile maxima, et c’est toujours dans ces conditions que doit fonctionner une pile thermo-électrique, car sa consommation est indépendante de son débit, on peut donc obtenir 40 watts disponibles.
- Ce débit correspond à la pleine marche normale : en réduisant le tirage, on diminue la consommation, on abaisse la température, et le débit peut descendre à 55, à 50 ou même à 25 watts. On peut donc disposer chaque jour, suivant l’allure adoptée, d’une quantité d’énergie
- Cette quantité d’énergie correspond à 20 ou 25 lampes-heure de 10 bougies, en comptant la consommation des lampes a incandescence à raison de 5 watts par bougie, chiffre facilement atteint aujourd’hui. La meilleure disposition à adopter consiste 'a faire usage de 16 accumulateurs en tension alimentant des lampes de 50 volts, la pile thermo-électrique chargeant successivement les huit premiers éléments ou les huit derniers éléments de la batterie préalablement divisée en deux groupes. Le poêle ther-
- Coupe verticale du Poêle.
- Fig. 2. — Coupes longitudinale et horizontale du poêle thermo-électrique. — b. c. Roulettes. — e. Foyer. — f. Grille. — i. Enveloppe. — j. Couvercle à joint de sable. — h. Ailettes refroidissantes. — l. Espace d’ascension des gaz. — o. Descente des gaz. —p. Cheminée. — t. Vides pour la circulation de l’air. — n. Couvercle ajouré pour l’échappement de l’air chaud.
- électrique égale à 800 ou 1000 watts-heure. Les 50 à 40 watts fournis par la pile d’une manière continue permettraient d’alimenter directement une lampe de 10 à 12 bougies, et c’est une solution qu.il serait possible d’adopter dans tous les cas où l’on n’aurait pas besoin d’avoir plus d’une lampe allumée 'a la fois. Pour pouvoir alimenter plusieurs lampes simultanément, dépenser en quelques heures sa production journalière, et faire même des provisions disponibles à volonté, il sera préférable d’avoir recours à des accumulateurs. On pourra alors compter chaque jour en moyenne sur 600 à 800 watts-heure disponibles pour l’éclairage.
- mo-électrique à lames de fer-blanc donne 55 volts à circuit ouvert et 5 ampères en court-circuit, ce qui correspond à une puissance utile maxima de près de 44 watts.
- En présence de ces résultats encourageants, M. le Dr Giraud étudie un poêle de plus grand modèle qui pourrait servir à la fois à l’éclairage et au chauffage des petits magasins, des petites gares de chemin de fer, des châteaux, villas, etc., et un autre modèle qui pourrait se disposer dans les fourneaux de cuisine du modèle ordinaire; mais ce ne sont encore l'a que des projets.
- Pour en revenir aux choses déjà réalisées, il nous reste à dire un mot delà consommation. Les poêles thermo-électriques ne consomment ni plus ni moins de combustible que les autres poêles de même puissance thermique, car nous avons vu que la quantité de chaleur transformée en énergie électrique y est insignifiante. Dans l’appareil de M. Giraud, la consommation varie entre 20 et 28 kilogrammes de coke par jour. En comptant l’hectolitre de coke à 2 francs, et la consommation maxima à 28 kilogrammes pa-r jour, on voit que le prix du combustible consommé est au maximum de lfr,50 par jour.
- Comme le poêle produit sensiblement 1 kilowatt-heure par jour à cette marche, on voit que l’énergie électrique fournie coûte exactement le même prix que celui payé actuellement aux stations centrales. Ce prix se trouve naturellement majoré de 1 intérêt et de l’amortissement du prix supplémentaire du poêle et du coefficient de perte des accumulateurs; mais comme, d’autre part, on a le chauffage en plus, on voit que la question se présente d’une façon très engageante au point de vue économique.
- Le seul point que l’expérience ait encore à décider, et sur lequel nous faisons, jusqu’à nouvel ordre, toutes réserves, est celui de la conservation des éléments. Un poêle est en fonction; depuis trois mois environ, chez M. le Dr Giraud et n’a pas donné, jus-
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- qu ici, le moindre signe de détérioration : si cette expérience n’est pas d’une durée suffisante pour garantir la longue durée des éléments, elle constitue néanmoins une présomption de bon augure.
- Le poêle thermo-électrique résolvant le problème de l’éclairage pendant l’hiver, laisse pendante la question de l’éclairage pendant l’été. On s’éclaire peu pendant l’été, et l’on a toujours la ressource de pouvoir s’adresser à d’autres illuminants, ou même d’allumer périodiquement le poêle pour recharger les accumulateurs, en ayant soin de placer ce poêle dans un endroit où le chauffage ne présente pas d’inconvénients.
- Il reste enfin une dernière solution, absolument fantaisiste au point de vue économique, mais d’un très haut "intérêt scientifique. Cette solution consiste à charger le poêle avec de la glace, en ayant soin de changer le sens des communications avec les accumulateurs, d’en réduire le nombre et de ménager un écoulement à l’eau de fusion. Le poêle produira des calories négatives, c’est-à-dire qu’il refroidira l’appartement : la plus grande partie de la chaleur ainsi soustraite servira à fondre la glace, une petite partie de cette chaleur se transformera en énergie électrique et s’emmagasinera dans les accumulateurs. Comme cette énergie se transformera ultérieurement en chaleur dans la lampe à incandescence, le poêle thermo-électrique, les accumulateurs et la lampe à incandescence auront permis, en définitive, de réaliser ce phénomène paradoxal en apparence : la production de températures élevées avec de la glace.
- Quittons le domaine de la fantaisie pour reconnaître, en terminant, que le poêle thermo-électrique réalisé par M. le Dr Giraud présente un réel intérêt et (ju’il apporte une solution nouvelle au problème de l’éclairage électrique domestique dans bien des cas où l’on ne dispose pas d’usine centrale de distribution. E. Hospitalier.
- LE TOMBEAU D’ARISTOTE
- Si notre siècle n’est pas fécond en ces gloires littéraires qui se perpétuent d’âge en âge, aucun ne l’aura assurément égalé par l’importance des recherches et des découvertes de tout ordre. On nous annonçait, il y a quelques semaines, que l’on venait de trouver parmi des papyrus récemment acquis par le British Muséum, un important manuscrit d’Aristote sur la constitution athénienne que l’on croyait à jamais perdu *. Et voici que nous apprenons la découverte du tombeau de ce puissant génie, une des gloires les plus incontestables de l’humanité. Nous savions qu’Aristote, accusé d’impiété envers les dieux, s’était retiré à Chalcis dans l’ile d’Eubée, pour éviter à ses concitoyens de renouveler le crime qu’ils avaient commis en faisant mourir Socrate. Nous savions aussi qu’il était mort dans son exil volontaire en 322 av. J.-G. et qu’il avait été enseveli dans l’ile. C’est effectivement à Eretria auprès de Chalcis que sa tombe a été retrouvée par un groupe de
- 1 Un des éminents membres de l’Institut, M. Barthélemy Saint-Hilaire, vient de publier dans la Revue bleue un remarquable travail sur ce manuscrit si curieusement découvcit.
- jeunes Américains ayant à leur tête le Dr Charles Wald-stein, professeur d’archéologie à l’Université de Cambridge.
- Dans des fouilles qu’ils poursuivaient depuis quelque temps, ils rencontrèrent à une profondeur de 2 mètres environ, une série de tombes placées les unes à côté des autres. Deux d’entre elles avaient été violées et leur contenu pillé et dispersé. Deux autres avaient été fort heureusement protégées par les fondations d'une maison qui les reconnaît et ce serait l’une de celles-ci, si nous acceptons la conclusion du savant professeur de Cambridge, qui aurait été la sépulture du philosophe de Stagire.
- Des raisons sérieuses militent en faveur de cette hypothèse; ce sont tout d’abord les objets recueillis dans la tombe. Nous citerons sept couronnes en or à l’une desquelles était encore attaché un fragment de crâne humain, un style et une pointe à l’extrémité fendue, également en or ; puis, fait plus curieux encore, une figurine en terre cuite représentant un philosophe dans l’attitude delà méditation assez semblable à la description que donne Chris-todore d’une statue d’Aristote qui existait encore à Constantinople au cinquième siècle de notre ère! Enfin sur la tombe voisine on put lire les mots Biole Aristotclou. Il semble que toutes les circonstances de la découverte permettent de dire que les conclusions du professeur Waldstein n’ont rien de déraisonnable. Nous faisons des vœux pour que les fouilles qu’il doit continuer viennent les corroborer et nous permettre cette fois une affirmation dégagée de toute réserve. jy,
- LE MANIPOUR
- L’émotion qui s’est emparée de l’Inde anglaise à la nouvelle des événements qui se sont passés dans le Manipour est facilement concevable. Ce petit État est enclavé dans le Bengale et bordé par l’Assam et la Birmanie supérieure. Ce dernier pays, comprend des tribus montagnardes voisines toujours remuantes : on pouvait craindre que Kukis, Nagas et Lushais, qui ne se rendent qu’imparfaitement compte de la puissance anglaise, profitassent des troubles du Manipour et de la Birmanie pour secouer un joug qui leur semble trop lourd.
- Les Anglais ont su empêcher le Manipour de devenir un nouveau centre de rébellion ; des troupes ont été rapidement dirigées sur le théâtre des événements pour couper court à une tentative qui avait coûté la vie au commissaire anglais et aux principaux officiers qui l’accompagnaient.
- Depuis nombre d’années, le souverain du Manipour, jugeant sagement qu’il lui serait impossible de résister aux Anglais, avait pris le parti d’entretenir avec eux d’amicales relations. Pendant la guerre de 1879, il avait même rendu à leurs troupes d’importants services.
- Cependant, à plusieurs reprises, des séditions avaient ébranlé le trône du rajah; il les avait jusqu’alors réprimées, lorsque, à la fin de l’année dernière, il fut renversé par une conspiration mieux ourdie que les précédentes. C’est alors qu’ayant fait appel à l’Angleterre, le commissaire général de l’Assam, M. Quintoz, fut envoyé pour rétablir son autorité. Entré dans le Manipour le 22 mars, il avait
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- convoqué pour le 25 les principaux chefs du pays, lorsqu’il fut assailli, fait prisonnier avec une partie de son escorte et finalement mis à mort dans la nuit du 24 au 25 mars.
- Il est assez difficile, dans l’état actuel de la cartographie de l’Inde, de bien se rendre compte de la disposition du Mani-pour; nous pouvons dire cependant que ce pays est le centre d’une chaîne de vallées mettant l’Inde en communication avec la Birmanie.
- A l’ouest, le Ca-char et les monts Naga. au nord,' les Naga et les tribus indépendantes du même nom, au sud, les tribus Kuki, à l’est, les Naga et la Birmanie délimitent le Manipour dont l’aréa est d’environ 7600 milles carrés habités par des tribus montagnardes ne parlant pas moins de vingt idiomes différents, mais dont la plupart sont apparentés au sanscrit.
- Bien qu’elle soit a 2570 pieds au-dessus de la mer, cette vallée est presque continuelle-mént couverte d’eau; elle est traversée par une grande rivière, le Kongba ou Impal Too-rool, affluent de la Ningthie et qui est en communication avec une nappe d’eau étendue, le Logtak. Il est d’ailleurs probable qu’autrefois la vallée tout entière ne devait constituer qu’un seul et vaste lac ainsi qu’en témoigne sa végétation marécageuse. Aussi ne faut-il pas s’étonner que la vallée soit infestée de serpents qui sojit souvent d’une taille énorme. Les plus redoutés de ces reptiles sont appelés Tanglei dans le pays; ils se meuvent avec rapidité au milieu des bambous autour desquels ils s’enlacent pour fondre sur la proie qu’ils convoitent. Les principales tribus portent les noms de Koomul, Loang, Moirang, Mei-thei, Tengkul, Ayok-pa, Kei, etc. Les différences entre ces tribus
- manipouries et les Nagas sont presque insensibles et l’on peut les considérer comme de même race. « Les habitants du Manipour, dit Elisée Reclus, émigrent comme les Auvergnats; on les voit sur toutes les routes de la Birmanie, poussant devant
- eux leurs animaux de charge, buffles ou chevaux et vendant des étoffes et mille petits objets de leur industrie. Parmi les émigrants se rencontrent aussi des brahmanes très appréciés chez les Bouddhistes comme astrologues. C’est de Manipour, comme captifs ou comme émigrants libres, que sont venus tous les magiciens de la cour de Birmanie. La famille la plus illustre des brahmanes manipouris est celle des Grenouilles, ainsi nommée de la fréquence de Ses ablutions. » Ajoutons que les Manipouris sont passionnés pour l’équitation ; ils sont d’ailleurs arrivés à une habileté dans cet exercice qui dépasse de beaucoup celle des tribus voisines. Leur race de petits chevaux est au loin célèbre et dans les grandes villes de l’Inde on peut voir souvent les officiers de la garnison montés sur ces chevaux ' se livrer avec une ardeur frénétique au jeu dangereux du polo ou hockey, jeu qu’ils ont emprunté aux Manipouris. Les courses à pied et en canot sont également en honneur chez les Manipouris. Le Gaiettler de Thornton évalue la force militaire du Manipour à 4400 hommes d’infanterie, 500 artilleurs et 400 cavaliers.
- Les habitants et leur petite armée, sont favorisés par l’accès difficile d’un pays insalubre, souvent noyé et enveloppé de montagnes escarpées, mais ils ne sauraient opposer une résistance prolongée à l’Angleterre. G. M.
- Fig. 1. — Types d’habitants du Manipour.
- Fig. 2. — Carte du Manipour.
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- L’ANALYSE DES Y1NS1
- DOSAGE DES CHLORURES DANS LE VIN LE CHLORUROMÈTRE
- Pendant longtemps, on a employé le sel marin ou chlorure de sodium pour hâter la clarification du vin et le rendre moins apte à s’acétifier et à tourner. Cette pratique, qui n’avait en soi-même rien de condamnable, a dû cependant être réglementée, il y a quelque temps, car la falsification s’en était emparée sur une assez grande échelle. En effet, quelques viticulteurs étrangers, afin de profiter dans toute son étendue de la limite de richesse alcoolique qui leur est imposée par la douane (15°,9) vinent leurs vins en les additionnant d’alcool et pour rétablir l’extrait sec dans de justes proportions, on ajoute
- Fig. 1. — Décoloration du vin par le noir animal.
- fensif. Les négociants et viticulteurs ont donc maintenant intérêt à doser le chlore qui se trouve dans leurs vins, pour voir s’ils n’ont pas été déplâtrés ou vinés.
- Ce dosage s’effectue dans les laboratoires de la façon suivante : on fait les cendres du vin de la façon que nous avons indiquée dans un précédent numéro2, en ayant soin de calciner au rouge sombre seulement pour éviter la perte des chlorures par volatilisation. Ces cendres sont lessivées à l’eau bouillante, et dans cette liqueur on détermine le chlore par une solution titrée d’azotate d’argent, comme nous allons l’indiquer plus loin.
- Mais cette simple opération de l’évaporation du vin et de la calcination de son extrait sec, exige, outre un laboratoire muni d’un matériel convenable, un temps assez long. Aujourd’hui le dosage du chlore dans le vin a été mis à la portée de tous les viticul-
- * Suite. — Voy. n° 910, du 8 novembre 1890, p. 362.
- * Voy. n° 910, p. 362.
- alors au vin différents produits tels que de l’extrait sec factice, de la glycérine, de la glucose, quelques grammes de sel marin par litre, etc. D’autre part, certains viticulteurs, sachant que les vins non plâtrés jouissent d’une plus-value notable, déplâtrent leurs vins à l’aide du chlorure de baryum ajouté en proportions exactement calculées. Ce sel, agissant sur le sulfate de potasse produit par le plâtrage, donne naissance à du sulfate de baryte insoluble dont on se débarrasse par filtration, mais il reste en dissolution dans le vin du chlorure de potassium, sel purgatif et toxique au même titre que le sulfate de potassium qu’il remplace. Telles sont les raisons qui ont guidé le Conseil d’hygiène quand il a décidé d’arrêter à la frontière les vins chlorurés. Cette mesure a été prise surtout contre le déplâtrage par le chlorure de baryum et non contre le salage qui est inof-
- Fig. 2. — Dosage du chlore.
- teurs en remplaçant l’incinération du vin par une simple décoloration au noir animal pur, pulvérisé et lavé. M. Dujardin a constaté, en effet, qu’en laissant séjourner des solutions contenant exactement 1, 2, 3 grammes de sel par litre sur du noir animal bien lavé, la richesse des liqueurs en chlorures n’est pas sensiblement modifiée. Les mêmes essais effectués sur des vins salés n’ont pas non plus donné de différences avant et après décoloration.
- La condition absolument rigoureuse, pour obtenir des résultats exacts, est d’opérer avec du noir animal pur et qui a dû être lavé à l’eau distillée jusqu’à ce qu’il ne contienne plus de chlorures. On s’en assure facilement en ajoutant à quelques gouttes d’eau de lavage un peu d’une solution de nitrate d’argent qui donne un précipité de chlorure d’argent s’il reste encore du chlore dans l’eau de lavage, et qui laisse la liqueur limpide, si les chlorures sont enlevés.
- S’inspirant de ces expériences, M. Dujardin a établi un appareil complet pour le dosage des chlo-
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- rlires. Ce nécessaire se compose de : deux vases à précipiter, des agitateurs, une éprouvette à pied, un entonnoir, des filtres, une mesure pour le noir animal, une autre mesure correspondant à 50 centimètres cubes pour le vin à essayer, une pipette de 10 centimètres cubes, du papier tournesol bleu, une burette de Cay-Lussac, enfin des flacons contenant le nitrate d’argent titré, le chromate de potasse, le carbonate de soude et le noir animal nécessaires au dosage.
- On opère de la façon suivante : dans un des vases à précipiter, on met une mesure de noir animal et une autre du vin à essayer, on mélange en agitant pendant quelques instants ; on place l’entonnoir garni d’un filtre sur l’éprouvette à pied et on y jette le mélange devin et de noir animal (fig. 1). Le liquide filtré est limpide et incolore ; on en prélève avec la pipette 10 centimètres cubes qu’on verse dans le second vase; on ajoute quelques gouttes de carbonate de soude pur jusqu’à ce qu’une bande de papier tournesol bleu plongée dans le liquide n’y rougisse plus; on détruit ainsi l’acidité du vin; on verse dans le vase 10 centimètres cubes environ d’eau distillée et on y ajoute trois ou quatre gouttes de chromate jaune de potasse. La liqueur devient jaune clair.
- On remplit alors la burette de Gay-Lussac jusqu’au trait 0 avec la solution titrée de nitrate d’argent et on verse goutte à goutte dans le vase à précipiter (fig. 2); la liqueur se trouble et devient laiteuse par suite de la formation de chlorure d’argent qui se précipite, puis vers la fin les gouttes de nitrate donnent une auréole rouge qui disparaît par l’agitation; on s’arrête au moment où une goutte de liqueur titrée ne r?mène plus la teinte jaune; le liquide est alors d’une couleur rouge brique très nette qui indique le terme de l’opération. Cette coloration est due à ce que le nitrate d’argent ne rencontrant plus dans le liquide de chlore pour former du chlorure d’argent insoluble, réagit sur le chromate de potasse en donnant du chromate d’argent de couleur rouge hrique.
- On lit sur la burette graduée la division correspondant au niveau du liquide; la solution de nitrate d’argent est titrée de telle façon que 1 centimètre cube représente 1 milligramme de chlorure de sodium pour les 10 centimètres cubes de vin employés dans la prise d’essai, soit 1 décigramme de chlorure de sodium par litre. Le nombre de centimètres cubes de nitrate d’argent ajouté correspond donc à autant de décigrammes de sel marin par litre de vin.
- M. Dujardin a également construit un chloruro-mètre de petit modèle, plus simple, destiné pour les achats aux vignobles et qui est basé sur les mêmes réactions que celui que nous venons de décrire. Cet appareil est d’un emploi très pratique.
- Dans notre prochain article, nous parlerons du dosage du plâtre dans les vins..
- — A suivre. — A. IlÉftERT.
- TIR SUR UN BALLON
- Nous avons reçu d’un des lecteurs de La Nature qui est un de nos officiers de marine les plus distingués, la communication suivante ; nous la publions in extenso et nous la ferons suivre de quelques observations et de quelques renseignements complémentaires :
- Une erreur généralement répandue dans toutes les classes de la société fait croire à l’impossibilité d’atteindre, à coups de fusil, un ballon ou les personnes qui le montent, à des distances même assez rapprochées relativement à la portée des armes actuelles. On a pu lire souvent qu’une balle tirée verticalement monte à peine à quelques centaines de mètres. Il n’en est rien cependant, et nous voulons essayer ici de rectifier cette erreur, d’abord parce que toute erreur est bonne à rectifier, ensuite parce que celle-ci en particulier pourrait, à un jour donné, empêcher de bons tireurs d’essayer de démolir les observateurs aériens ennemis que nous verrons à coup sûr surgir dans la prochaine guerre.
- La balle de notre fusil actuel possède une vitesse suffisante pour transpercer un ballon ou blesser ceux qui le montent à 1800 mètres de distance, même verticalement. Ceci demande à être expliqué et nous allons le faire, laissant de côté, autant que possible, les formules de balistique.
- Un projectile lancé est soumis à deux influences : la résistance de l’air et l’attraction de la terre. Dans le tir ordinaire, qui est horizontal ou à peu près, la résistance de l’air diminue la vitesse du projectile et l’attraction de la terre le fait tomber avec une vitesse croissante. Il est très difficile de calculer ce que l’air fait perdre de vitesse à la balle. Cela dépend de sa forme, de sa densité, de son poids, etc., mais on l’obtient expérimentalement en mesurant par des procédés particuliers la-vitesse restante de 100 en 100 mètres. Ainsi notre balle du fusil Lebel, qui a 640 mètres de vitesse à sa sortie de l’arme, n’en a plus que 557 à 100 mètres plus loin, 258 à 1 kilomètre, et 149 à 2200 mètres. Si nous supposons supprimée l’attraction de la terre et que nous tirions verticalement au lieu de tirer horizontalement, la résistance de l’air donnera les mêmes diminutions de vitesse et notre balle arrivera à 2200 mètres de haut avec 149 mètres par seconde.
- Ces chiffres sont au-dessous de la réalité, car la résistance de l’air est moindre, sa densité diminuant à mesure qu’on s’élève dans l’atmosphère; contentons-nous toutefois de ces quantités que nous savons être inférieures à la réalité.
- Rétablissons maintenant l’attraction de la terre dont le résultat est d’attirer vers le centre de notre globe, de faire tomber tout corps pesant. Notre balle, bien que lancée en l’air, subit cette loi de la pesanteur, elle tombe de 5 mètres environ dans la première seconde, de 20 mètres en deux secondes, de 45 mètres en trois secondes, etc..., c’est-à-dire que la distance qui serait parcourue horizontalement pendant une, deux, trois secondes, est diminuée de 5, 20, 45 mètres dans le tir vertical. Tout corps qui tombe acquiert aussi une vitesse déplus en plus grande: 10 mètres après une seconde de parcours, 20 et 50 mètres environ après 2 et 5 secondes.
- Notre balle aura donc sa vitesse ascendante diminuée de ces quantités. Si nous appliquons ces lois pour la distance de 2200 mètres, parcourus en neuf secondes dans le tir horizontal, nous voyons que la balle, pendant ce temps, sera tombée de 400 mètres, et que sa vitesse de
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- chute sera de 90 mètres par seconde ; elle sera donc arrivée, après une course verticale de neuf secondes, à 2200 moins 400 mètres soit 1800 mètres et elle aura encore une vitesse de 59 mètres par seconde.
- Nous avons déjà dit que les chiffres obtenus étaient trop faibles par suite de la diminution de la résistance de l’air à cause de sa raréfaction; une autre cause qui augmente l’erreur dans le même sens est celle-ci : la perte de vitesse par la résistance de l’air, supposé à densité constante, est d’autant plus grande que la vitesse est plus grande et diminue beaucoup pour des vitesses moindres. Or la vitesse de la balle étant diminuée à chaque seconde par suite de la pesanteur, la perte de vitesse provenant de la résistance de l’air est moindre que nous ne l’avions comptée.
- Nous savons donc que nous pouvons tirer sur un ballon à 1800 mètres avec certitude de le crever si nous le touchons; mais là est la difficulté. C’est pourtant là un but de belle taille, qu’un bon tireur toucherait à coup sûr en tir horizontal, mais la hausse du fusil est faite pour ce tir et ne s’applique pas à un tir très incliné et encore moins au tir vertical. Dans ce dernier cas il ne faudra pas faire usage de la hausse, mais viser parallèlement au canon et découvrir entièrement le but. Dans le tir incliné on diminuera la hausse de la distance d’autant plus que le ballon sera élevé sur l’horizon. Cette distance est difficile à évaluer à cause du manque de points de comparaison. On pourra cependant se rappeler qu’à 1100 mètres un ballon de 10 mètres de diamètre paraît à peu près de la dimension de la lune.
- Il y a lieu de tenir compte également de la vitesse du ballon que des tireurs expérimentés apprécieront facilement. Dans une troupe régulière armée, il sera bon de procéder par feu de salve, avec des hausses différentes variant de quelques centaines de mètres.
- Mais ce sont là des détails techniques que des hommes compétents sont beaucoup plus à même que nous de résoudre. Nous voulions seulement nous élever contre cette idée très répandue de la faible hauteur verticale à laquelle atteignent les projectiles des armes actuelles. Nous espérons avoir convaincu tout le monde et, dans l’affirmative, nous serons fiers d’avoir vaincu'un préjugé et rectifié une erreur.
- L’erreur qui s’est propagée dans le public depuis la guerre de 1870, à savoir qu’un aérostat n’a rien à craindre d’une balle de fusil à 500 mètres de hauteur, provient d’une expérience qui avait été faite à Tours pendant le siège de Paris. L’aéronaute Duruof avait été chargé par le Gouvernement de la Défense Nationale de confectionner de petits ballons captifs que l'on enlevait à 200,300,400 mètres et au delà. Quelques bons tireurs visaient l’aérostat à ces hauteurs successives ; on ramenait à terre le ballon et l’on comptait le nombre de balles dont il avait été atteint, ce qui était visible par les trous ouverts dans le tissu. On avait constaté qu’à partir de 500 mètres, aucune balle n’avait jamais touché, et cependant l’on avait choisi des tireurs de première force ; il est probable que ces tireurs se servaient de la hausse comme au tir horizontal, et l’expérience était absolument dé-fecteuse comme on vient de le voir par la Note précédente. L’erreur aurait pu avoir beaucoup de gravité.
- De nouvelles expériences ont été faites par le ser-
- vice de l’aérostation et le service de l’artillerie ; on a eu soin de ne plus se servir de la hausse. Voici les résultats qui ont été obtenus en 1887 au camp de Châlons. Un ballon de 500 mètres cubes a été atteint à 1400 mètres d’altitude, plusieurs ballons de 5 mètres de diamètre ont pu être touchés à des hauteurs variant de 1200 à 1450 mètres. A partir de 1500 mètres, aucun aérostat n’a été touché. Ces résultats sont à peu près d’accord avec ceux que donne la théorie. Un de nos officiers, M. le capitaine Dufaux, a d’ailleurs publié à la Librairie militaire une excellente brochure sur le Tir contre les ballons; on y trouve toutes les conditions du problème.
- G. T.
- LES MENUS PHOTOGRAPHIQUES
- En signalant récemment l’heureuse invention de M. Bossière1, nous lui avons prédit grand succès, mais nous ne pouvions soupçonner alors que le menu photographique aurait l’honneur de passer entre des mains royales.
- Sa Majesté la Reine d’Angleterre, ayant quitté Grasse le mardi 28 avril, a passé à Mantes le mercredi 29 a 2 heures, et a déjeuné à la gare de Mantes-embranchement.
- « A ce sujet, dit le Journal de Mantes du 29 avril, nous ne saurions passer sous silence le menu même de ce déjeuner : non au point de vue culinaire, mais au point de vue nouveauté, innovation. Inspirée par l’idée tout heureuse que donnait la semaine dernière, un amateur de photographie à un journal parisien, La Nature, la maison Beaumont frères, à qui fut confié le soin d’établir les menus du déjeuner de la Cour, a choisi dans ses clichés photographiques une collection complète et variée de vues de Mantes et en a composé un ensemble de menus des plus charmants. »
- Les menus qui ont servi à la table de la Reine d’Angleterre à Mantes (celte table comprenait 18 couverts pour la Cour, et 12 couverts pour sa suite) représentaient tous des vues de Mantes et de ses environs. MM. Beaumont avaient perfectionné le menu de La Nature, en plaçant l’épreuve photographique au milieu d’un cadre historié, et en se servant pour écrire le menu, d’une réserve en blanc dont les bords avaient été découpés en une figure géométrique très réussie. Il n'en faut pas plus pour que les menus photographiques soient exportés en Angleterre.
- SOUVENIRS D’UN VOYAGE AUTOUR DU MONDE2
- UNE FAMILLE ANNAMITE A SAIGON
- Une escale de deux journées permet aux voyageurs du navire des Messageries maritimes le Natal de bien visiter Saigon. La ville européenne est charmante avec ses rues plantées de beaux arbres qui ressemblent à autant d’allées de parc, et ses coquets hôtels bien construits qui les bordent.
- De grands et gracieux jardins environnent la
- 1 Voy. n° 955, du 18 avril 1891, p. 520.
- 2 Yoy. n° 954, du 25 avril 1891, p, 527, ;
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- ville et contribuent a en faire un agréable séjour.
- Grâce à de bons amis que j’ai 'a Saigon et qui ont bien voulu me servir de guide, j’ai pu visiter en détail le lieu le plus curieux de la colonie, c’est-à-dire Cholon, la ville chinoise, où plus de 60 000 Annamites et Chinois font leur séjour. Ils sont entassés dans de petites maisons pittoresques et originales et garnissent leurs innombrables boutiques d’objets exotiques intéressants à voir pour un nouveau débarqué. Cholon donne un avant-goût des cités que le touriste se prépare à visiter en Chine.
- Mené par mes amis, nous allons voir une famille annamite fort riche installée dans une des plus belles rues de Cholon.
- Le père était malheureusement absent et les fils sont dans un collège parisien ; nous sommes reçus, par les deux filles aînées, de la manière la plus aimable.
- Elles sont assez jolies, malgré leur figure plate.
- Leurs beaux yeux embellissent leur physionomie gracieuse, mais leurs dents laquées, toutes noires, gâtent un peu l’ensemble du visage.
- Elles sont vêtues d’un large pantalon de satin noir; une tunique de crêpe de Chine blanc les couvre ensuite entièrement comme le ferait une grande chemise fendue des deux côtés à partir de la taille. Ce costume est très élégant et laisse deviner la forme du corps. Ces demoiselles sont fort bien faites de leur personne ; elles ont des colliers d’or et des bracelets enrichis de diamants, leur coiffure consiste en belles épingles d’or ciselé piquées dans les cheveux. Après les saluts et poignées de mains d’usage, on nous montre les principales chambres de la maison. Elles sont simples d’aspect, les murs peints en blanc sont généralement nus, mais elles sont remplies de beaux meubles incrustés de nacre et nous remarquons de superbes bibelots. Il y a des vases en argent ciselé, des objets en jade, des armes et des soieries brodées, dignes des plus belles collections. Le jardin est charmant ; les demoiselles annamites nous font remarquer surtout leurs plantes nanifiées et taillées que leur père a fait venir pour elles de Canton. Ce sont des
- pièces étonnantes. Un petit arbuste représente un paon perché sur son perchoir, un autre un tigre qu’on a orné d’yeux d’émail, etc. Dans des vases de grossière poterie émaillée, je remarque aussi une fantaisie charmante. Ce sont de jolies petites poupées rustiques représentant des dames chinoises, des mandarins ou autres personnages.
- La tète, les mains et les pieds sont seuls en terre émaillée et peints de façon brillante. Le corps est entièrement modelé en fil de fer (fig. 1 et 2). On plante des fleurs grimpantes de façon à ce que la végétation puisse sortir de terre en passant au travers des pieds de la poupée. La plante monte peu à peu, en couvrant le réseau de fil de fer, ne laissant à découvert que les mains et la tête. La poupée est
- bientôt habillée de fleurs et de feuillage, c’est tout à fait gracieux. Au milieu du parterre de fleurs et des bassins d’eau limpide, nous voyons un magnifique pavillon tout de bois sculpté. C’est la pagode. Son sol est dallé de marbre précieux, ses colonnes en bois sculpté sont délicieuses de fan-I taisie et la toiture est richement ornée. Trois beaux autels sur lesquels sont des va-[ ses de bronze et | des brûle-parfums sont placés au fond du pavillon devant de grandes statues dorées de Bouddha. Nos gracieuses hôtesses nous font asseoir dans ce splendide pavillon. Leur mère l’a fait construire récemment à l’insu de son mari pendant qu’il visitait l’Exposition de Paris et pour lui faire une surprise à son retour. On nous offre des rafraîchissements. Sur notre demande, les demoiselles annamites font chercher par leurs servantes leurs coffrets à bijoux, et nous admirons les délicates pièces d’orfèvrerie ciselée qu’elles nous montrent, les bracelets d’or, les boîtes d’ivoire sculpté, etc. Il faut prendre enfin congé de ces modestes et très sympathiques personnes; elles nous remercient de notre visite et nous remettent elles-mêmes des bouquets que nous emportons en souvenir de leur gracieuse hospitalité.
- — A suivre. — ALBERT TlSSANDIER.
- Fig. 1 et 2. — Mannequins de jardin chinois.
- 1. Avec fleurs grimpantes. — 2. Autre mannequin représenté sans fleurs.
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- LA SALLE DES INSTRUMENTS DE LA TOUR EIFFEL
- AU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE
- Nous avons décrit précédemment 1 l’installation du Bureau central météorologique et celle de la station organisée au sommet de la Tour Eiffel. A la suite de l’Exposition et pendant les travaux de réfection des jardins du Champ de Mars, les instruments enregistreurs, placés au sommet de la Tour, transmettaient leurs indications à la base même, dans la salle des Machines, située dans le soubassement du pilier sud. Cette installation provisoire était très incommode; il fallait aller chaque jour à la Tour
- pour changer les papiers et remonter tous les mouvements d’horlogerie ; de plus, si quelque modification atmosphérique intéressante se produisait, on n’en était généralement informé que le lendemain matin.
- Tous ces inconvénients ont disparu au mois de novembre dernier par le transport au Bureau central météorologique des instruments enregistreurs qui sont commandés électriquement par les appareils placés tout en haut de la Tour. Pour cela le som-
- Fig. 1. — Appareils enregistrant à la surface du sol, rue de Grenelle-Saint-Germain (Bureau central météoi’ologique), les indications données par les instruments placés au sommet de la Tour Eiffel.
- met de la Tour a été réuni au Bureau météorologique par un câble électrique à vingt fils, de sorte que maintenant tous les appareils de la Tour écrivent automatiquement et d’une manière continue leurs indications au Bureau météorologique même, à une distance totale de près d’un kilomètre.
- Nous donnons ici (fig. 1) la disposition de la pièce du Bureau météorologique où ont été réunis tous les enregistreurs de la Tour. Le câble électrique à vingt fils, qui vient de la Tour par les égouts du Champ de Mars et de la rue de l’Université, aboutit dans une boîte de communications F d’où sortent ensuite les fils qui se rendent, comme le montre la figure, aux divers appareils récepteurs. Ces appareils,
- 1 Voy. n° 846, du 17 août 1889, p. 182 et n° 869, du 25 janvier 1890, p. 117.
- qui ont tous été imaginés et construits par MM. Richard frères, sont les suivants :
- En E, tout au bout de la table, est le thermomètre. Cet appareil fonctionne par cinquièmes de degré, c’est-à-dire que dès que la température au sommet monte ou baisse d’un cinquième de degré, la plume du récepteur E s’élève ou s’abaisse de la même quantité vis-à-vis d’une feuille de papier enroulée sur un cylindre qui fait un tour entier en une semaine. On trouve donc au bout de la semaine sur ce papier une courbe continue qui donne tous les mouvements de la température pendant ce temps.
- En C est la girouette, qui, au moyen de trois fils seulement, enregistre les variations de la direction du vent par cent-vingt-huitièmes de circonférence, c’est-à-dire que l’appareil est assez sensible pour
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- donner trente-deux directions intermédiaires entre le nord et l’ouest, par exemple.
- En B est l’enregistreur de la composante verticale du vent; la plume de cet instrument se déplace de gauche à droite quand le vent est ascendant, de droite à gauche quand le vent descend, et les déplacements sont proportionnels, à chaque instant, à la vitesse du vent dans un sens ou dans l’autre.
- Enfin en A et en D sont deux anémomètres qui indiquent la vitesse horizontale du vent ; le premier est actionné par le moulinet de Robinson, qui est en usage dans la plupart des stations météorologiques; le second est actionné par un moulinet spécial, beaucoup plus sensible et plus exact, imaginé par MM. Richard frères.
- Ces deux derniers instruments inscrivent la vitesse du vent en mètres par seconde sur un cylindre qui fait sa révolution entière en une journée, et sur lequel il est difficile de distinguer des intervalles de temps plus petits qu’une minute. Comme la vitesse du vent varie avec une extrême rapidité, il y a grand intérêt à pouvoir, lors des tempêtes, obtenir des détails beaucoup plus grands et surtout a mesurer exactement alors les maxima de la vitesse. ^
- C’est à cet objet qu’est destiné le cinémographe à indications instantanées de MM. Richard frères, que l’on aperçoit en G à la droite de la figure. Dans cet appareil, la vitesse du vent s’inscrit à chaque instant sur une bande de papier qui se déroule avec une vitesse de 3 centimètres par minute; une seconde de temps correspond donc à un demi-millimètre, quantité parfaitement appréciable. Cet appareil, qui débite en vingt-quatre heures une longueur de 43m,20 de papier, serait impossible à employer d’une manière courante; il faudrait dépenser plus d’une journée de travail à relever les indications qu’il fournit pour quelques heures; il est donc réservé seulement pour les moments intéressants, pour les tempêtes.
- Dafis ce but, il est muni d’une sorte de verrou qui est commandé électriquement par l’anémomètre ordinaire D ; tant que ce dernier instrument indique une vitesse du vent inférieure à 20 mètres par seconde, le verrou de G est fermé et cet appareil reste au repos; dès que la vitesse du vent sur l’anémomètre D atteint 20 mètres, le verrou de G s’ouvre et l’anémomètre entre en action sans pour cela interrompre la marche de D; les deux appareils fonctionnent alors simultanément, D donnant les grandes variations de la vitesse du vent et G les plus petits détails, et cela jusqu’au moment où la vitesse du vent retombe au-dessous de 16 mètres par seconde; G s’arrête alors de nouveau automatiquement.
- 7’?28T’
- 24Novembre 1890 matin.
- Vie. 2.
- Nous donnons ici (fig. 2) deux réductions des courbes obtenues avec ce dernier instrument; dans les courbes originales, la distance qui sépare deux traits verticaux, et qui correspond à une minute, est exactement de 3 centimètres.
- On remarquera particulièrement la courbe obtenue le 24 novembre 1890 entre 7,l27m et 7h28m du matin; le vent avait à ce moment une variabilité extrême : en moins de trente secondes il a passé de 34 mètres à 18 mètres; les pressions correspondantes auraient été respectivement de 116 kilogrammes et de 32 kilogrammes par mètre carré. On voit ainsi à quelles énormes variations de pression un corps est exposé en quelques secondes pendant les tempêtes.
- L’autre courbe, qui a été obtenue pendant le coup de vent de la nuit du 20 au 21 janvier 1891, est, au contraire, beaucoup plus régulière.
- Un dernier perfectionnement a été apporté dans l’installation de tous ces instruments ; pour les mettre en marche il faut de l’électricité : tant que les enregistreurs étaient à la Tour Eilfel, on employait des piles Callaud ou Leclanché. Il fallait plus de cent éléments et l’on avait sans cesse des interruptions produites par l’épuisement des piles, la rupture d’un fil, etc. ; de plus l’entretien de toutes ces piles était extrêmement long, pénible et coûteux. Depuis l’installation au Bureau météorologique, on a remplacé toutes ces piles par des accumulateurs. Il suffit d’une batterie de quatorze accumulateurs de dimensions moyennes pour fournir l’électricité nécessaire non seulement aux instruments enregistreurs de la Tour Eiffel, que nous venons d’énumérer, mais encore à tous ceux du Bureau météorologique. Les accumulateurs sont rechargés une fois tous les douze jours en y faisant passer pendant trois heures le courant fourni par une machine dynamo-électrique Edison ; au moyen d’une disposition particulière, cette opération peut être accomplie sans interrompre en rien le fonctionnement des enregistreurs. Nous ajouterons que, depuis le mois de janvier, il ne s’est pas produit avec les accumulateurs une seule interruption. Ces renseignements intéresseront tous ceux qui ont besoin d’une source régulière et continue d’électricité..
- Parmi les instruments énumérés plus haut, il n’y a pas de baromètre. On a reconnu que les variations de pression, en haut et en bas de la Tour, étaient assez peu différentes pour qu’il n’y eût aucun intérêt à transmettre en bas les fluctuations de la pression au sommet; elles sont enregistrées sur place par un baromètre ordinaire. Alfred Angot.
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- 20 Janvier 1891 .soir Spécimens des courbes obtenues par les anémomètres.
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- LES
- MANCHOTS DU CAP DE DONNE-ESPÉRANCE
- AU JARDIN D’ACCLIMATATION DE PARIS
- Parmi les nombreux Palmipèdes que possède le Jardin d’Acclimatation, il en est peu d’aussi intéressants que les Sphériisques ou Manchots du Cap (Spheniscus demersus) qui se trouvent réunis, au nombre d’une douzaine, dans la même enceinte, derrière l’aquarium. Ces animaux, en effet, représentent un des types les plus étranges, les plus aberrants du monde ornithologique. Comme les Autruches et les Casoars, ils sont complètement privés de la faculté de s’élever dans les airs, car si leurs ailes sont moins réduites que celles des Brévipen-nes, elles ont subi des modifications profondes qui les rendent absolument incapables de remplir leurs fonctions ordinaires. Dépourvues de pennes et couvertes seulement de petites plumes écailleuses, ces ailes constituent de larges palettes suspendues de chaque côté du corps et semblables aux nageoires des Dauphins. Au moyen de ces rames et avec le concours de leurs pieds largement palmés, les Sphé-nisques progressent dans l’eau avec une aisance et une rapidité extraordinaires, le corps presque entièrement immergé, et méritent, jusqu’à un certain point, le nom d’Oiseaux-Poissons donnés par Quoy et Gaimard à tous les membres de la famille des Manchots. D’autres voyageurs les ont, avec plus de raison, comparés à des Phoques, dont ils ont, toutes proportions gardées, l’aspect et les allures, quand ils se jouent au milieu des Ilots.
- La mer est le siège exclusif de leurs évolutions et on les rencontre parfois à 40 ou 50 milles des côtes, occupés à pêcher les poissons qui constituent leur principale nourriture. Comme les Manchots des îles Campbell et Saint-Paul, si bien observés par les naturalistes attachés aux missions françaises du passage de Vénus sur le Soleil, les Sphénisques ne vont à terre que pour se reposer, pour nicher et pour élever leur progéniture. Et l’on comprend qu’ils ne se plaisent pas autant sur la terre ferme que sur l’Océan, quand on voit avec quelle difficulté ils se meuvent ou plutôt ils se traînent sur le sol. Leurs pattes sont rejetées tout à fait à l’arrière du corps, et cette disposition, éminemment favorable à la locomotion aquatique, mais absolument contraire à la locomotion terrestre, force l’oiseau à se tenir dans une position presque verticale en s’appuyant sur une sorte de trépied formé par les plumes rigides de la queue et par les membres postérieurs.
- Ceux-ci reposent d’ailleurs sur le sol, non seulement par les doigts et par les palmures intermédiaires, mais encore par la portion de la patte que l’on appelle vulgairement la jambe et qui n’est, en réalité, que la base du pied, c’est-à-dire le tarse soudé au métatarse. En d’autres termes, les Sphénisques sont plantigrades, à la façon des Ours dont ils semblent imiter, en l’exagérant singulièrement,
- la démarche lourde et disgracieuse. Parfois même, quand ils veulent courir pour échapper à un danger pressant, ils sont obligés de s’aider de leurs ailes qui remplissent alors le rôle de béquilles pour soutenir le corps, fortement incliné.
- Ces allures bizarres ne sont d’ailleurs point spéciales aux Sphénisques ; elles ont été observées également chez les Apténodytes patagons, chez les Manchots huppés ou Eudyptes des îles Saint-Paul, Amsterdam, Campbell et Kerguelen, en un mot, chez tous les Palmipèdes des régions australes que l’on appelle vulgairement, mais à tort, des Pingouins L Dans leurs formes générales, dans la structure de leurs ailes, de leur bec et de leurs pattes, dans la nature et le système de coloration de leur plumage, ces Apténodytes, ces Manchots huppés offrent aussi de grandes analogies avec les Sphénisques. Ils ont, comme ceux-ci, la mandibule supérieure sillonnée longitudinalement, les pieds courts et larges, les ailes en palettes allongées, la queue formée de pennes raides à barbes très courtes, plus ou moins usées et le corps revêtu de plumes dures, brillantes, qui donnent à l’oiseau un aspect lustré. Chez tous les Manchots les teintes du plumage sont simples cf largement distribuées ; le blanc pur domine sur les parties inférieures du corps et contraste vigoureusement avec le noir ou gris bleuté des parties supérieures; en outre, on remarque parfois soit des bandes jaunes sur la poitrine et les côtés du cou, soit des touffes de plumes d’un jaune d’or au-dessus et en arrière des yeux. Ces huppes, qui ont valu à certaines espèces d'Eudyptes les épithètes de chry-socome et de chrysolophe, font complètement défaut chez les Sphénisques. On n’observe pas non plus chez ceux-ci les bandes jaunes sur les côtés du cou, comme chez les Apténodytes ou lîois des Pingouins, qui se font remarquer d’ailleurs par leur haute stature et par la gracilité de leur bec. En revanche, les Sphénisques ou, pour parler plus exactement, les Sphénisques mâles parvenus à leur complet développement portent une, deux ou trois bandes foncées, qui se détachent sur le fond blanc des parties inférieures du corps (fig. 2). Chez le Sphénisque du CsLp(Spheniscus demersus) le dessus et les côtés de la tête, le dos, les ailes et le menton sont d’un gris bleuâtre foncé, et une bande de même couleur, partant de la base des pattes, remonte en forme de fer-à-cheval jusque vers la base du cou, sans rejoindre pourtant la tache gulaire, dont elle reste séparée par une bande blanche. Chez le Sphénisque de Magellan (Sph. magellanicus), la coloration des parties supérieures étant la même, il existe un large collier noirâtre également distinct du ruban pectoral et de la tache gulaire; enfin, chez le Sphénisque des îles Galapagos (Sph. mendieatus) celte dernière tache se trouvant découpée, pour ainsi dire, par une marque blanche, placée à la base de la mandibule
- 1 Ce nom doit être réservé à 1 ’Alca torda, de l’Europe septentrionale et à 1 ’Alca impennis, espèce aujourd’hui complètement éteinte.
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- inférieure, on remarque trois colliers superposés 1.
- Tous les Sphénisques ont, du reste, à peu près la même taille et mesurent, à l’âge adulte, environ 66 centimètres de longueur; leurs ailes ont les mêmes dimensions; leur bec est conformé de la même façon, avec la mandibule supérieure sillonnée, comprimée latéralement, arrondie vers la pointe et légèrement recourbée sur les bords; enfin leur plumage offre les mêmes teintes fondamentales, les bandes foncées des parties inférieures du corps, bandes qui n’existent, du reste, ni chez les femelles, ni chez les jeunes, pouvant être considérées comme des modifications d’un même dessin. On peut donc rattacher tous les Sphénisques, quelle que soit leur provenance, à un seul type primitif. Il faut remarquer , d’ailleurs, que les Sphénisques du Cap, dont nous nous occupons spécialement, ne sont nullement particuliers à l’Afrique australe, puisqu’ils ont été retrouvés, avec les mêmes caractères, dans les îles Malouines, c’est-à-dire sur un point du globe très voisin des pays habités par les autres espèces du même genre.
- Les Sphénisques du Cap sont connus des marins anglais sous le nom de Jackass Pen-guins. On les rencontre très communément sur toute la côte sud-ouest du continent africain, depuis le Cap jusqu’à Woolwich Bay ; mais leurs séjours de prédilection sont les îles Ichabœ, Mercury, Hol-lanis-bird et Possession, ainsi qu’un petit îlot appelé Seal Island et situé vers le milieu de False Bay. Cet îlot, entièrement dépourvu de végétation et constamment battu par une mer furieuse, est d’un accès très difficile. Néanmoins, il y a quelques années, un naturaliste anglais bien connu, M. Layard, parvint à y aborder, en compagnie de quelques marins et y trouva installée une nombreuse colonie de Manchots. Des centaines de ces oiseaux se tenaient rangés en longues files sur les corniches de rochers, d’autres montaient la garde à l’entrée de terriers creusés dans la falaise, d’autres enfin étaient occupés à couver sur la terre nue. Ceux-ci se levèrent aussitôt et se précipitèrent avec rage sur M. Layard
- 1 Voy., au sujet de ces especes, le beau Mémoire de M. À. Milne-Edwards sur la faune des régions australes.
- Annales des Sc. nat. et Bibl. des Hautes-Etudes, 1880.)
- et ses compagnons, mordant jusqu’au sang les jambes nues des matelots qui venaient violer leur domicile.
- Le même îlot a été visité plus récemment par M. Moseley, zoologiste attaché à l’expédition du Challenger, qui a trouvé les nids des Manchots placés les uns sous de grosses pierres, les autres, et c’était le plus grand nombre, sur la terre nue ou plutôt sur le roc, exposés à toutes les intempéries. Les nids étaient grossièrement construits avec des cailloux et avec des valves de Balanes1 que le flot rejette et qu’il amoncelle sur divers points de Tîlot, avec des bouts de câbles et des morceaux de bois provenant d’une hutte sous laquelle s’étaient abrités quelques chercheurs de guano. Ces matériaux étaient évidemment destinés à protéger les œufs et à les tenir au sec en formant autour d’eux des sortes d’enceintes à claire-voie, facilitant l’écoulement des eaux tombées du ciel ou lancées par les Ilots jusque sur les falaises; mais, par leur variété même, ils semblaient dénoter l’existence, chez les Manchots, d’un instinct analogue à celui qui pousse les Pies à collectionner les objets les plus disparates. M. Moseley rappelle, d’ailleurs, que les Sphénisques de Magellan ont la singulière habitude de recueillir et de placer à l’entrée de leurs terriers des cailloux de couleurs variées.
- Ce n’est pas sans peine que M. Moseley et ses compagnons purent obtenir des œufs et des oiseaux pour les collections du Challenger, car, tandis que beaucoup de Manchots s’enfuyaient, plus rapidement qu’on ne pouvait s’y attendre, en se glissant le long des rochers, d’autres n’hésitèrent pas à défendre leur couvée avec un courage extraordinaire, en poussant des cris comparables aux braiements d’un âne et opposant aux assaillants une résistance désespérée. Ceux que l’on parvint à prendre vivants et à transporter à bord du bateau étaient tellement exaspérés par la lutte qu’ils s’en prenaient à leurs compagnons de captivité auxquels ils cherchaient à arracher les yeux. D’ordinaire, cependant, les Sphénisques vivent en bonne harmonie les uns avec les autres, nichant et couvant côte à côte et élevant
- 1 Vulgairement Glands de mer, Crustacés voisins des Ana-tifes, dont le corps est abrité sous des plaques solides.
- Fig. 1. —Manchot du Cap de Bonne-Espérance (jeune).
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- leurs petits sans chercher noise à leurs voisins. Il n’y a souvent qu’un seul œuf par couvée et cet œuf, comme celui de tous les Manchots, est d’un blanc pur, et de forme plus globuleuse qu’un œuf de Canard.
- Dans les parages du cap de Bonne-Espérance, la ponte s’effectue du mois d’aoùt au mois d’octobre, période qui correspond du reste, il ne faut pas l’oublier, au printemps de notre pays. 11 n’en a pas été de même au Jardin zoologique du Bois de Bou-logne où les Sphénisques se sont reproduits plusieurs fois depuis quatre ans.
- Ici, en effet, les pontes ont eu lieu d’abord dans lespremiersjours du mois de mars 1887, ensuite au mois de janvier et au mois de no-vembre 1888, puis en février 1889, et enfin au commencement du mois de septembre 1890. En d’autres termes, en dépit de variations notables, il s’est manifesté chez les Sphénisques une tendance à rapprocher les dates de leurs pontes de la saison de la modification de nos oiseaux indigènes. La même tendance a été constatée, d’ailleurs, chez d’autres espèces exotiques transportées sous notre climat. En 1890, comme les années précédentes, les Sphénisques ont déposé leurs œufs dans des sortes de terriers creusés dans l’épaisse couche de foin qui tapisse le fond des niches à chiens où ils ont élu domicile. D’après les renseignements que M. Geoffroy Saint-Hilaire, le savant directeur du Jardin zoologique d’Acclimatation, a bien voulu nous communiquer, un premier œuf pondu le 8 septembre n’a éclos que le 17 octobre. L’incubation a, par conséquent, duré cinq semaines, c’est-à-dire exactement le meme temps que chez les Man-
- chots observés à l’île Saint-Paul parM. Vélain1. Le petit était couvert d’un duvet brun auquel a succédé une livrée grise sur la tête et le dos, blanchâtre sur les parties inférieures du corps, livrée dans laquelle, ainsi qu’on peut en juger par la gravure ci-jointe (fig.l), on n’aperçoit encore aucune trace des bandes foncées qui orneront la poitrine de l’adulte. Dans les premiers temps de son existence il a été nourri, on pourrait même dire allaité par les parents qui dégorgeaient dans son bec une bouillie lactescente faite d’aliments en partie digérés et mélangés à des sucs fournis par les glandes du tube digestif. Souvent même on a remarqué que les jeunes Manchots,comme lesjeunes Cormorans, allaient chercher cette nourriture jusque dans le fond du bec du père ou de la mère qui les appelait par ses cris. Comme me le disait M. Geoffroy Saint-Hilaire, on ne se fait pas une idée des fatigues que subissent les Sphénisques en couvant pendant plus d’un mois et en préparant ensuite la nourriture pour leurs jeunes. Aussi se montrent- ils, après cette période, singulièrement épuisés, en dépit du surcroit d’aliments qu’on leur fournit pour réparer leurs forces. Plus tard, ils ont encore une époque critique à traverser, celle de la mue, qui s effectue en décembre ou en janvier. Tandis que leurs plumes tombent, les oiseaux restent plongés dans une sorte d’engourdissement et, jusqu’à ce que leurs nouvelles plumes aient repoussé, ils n’osent se mettre à l’eau, leur corps n’étant revêtu que d’un duvet spongieux. La plupart des Sphénisques du Jardin d’Acclimatation ont heu-
- 1 Remarques au sujet de la faune des lies Saint-Paul et Amsterdam, Paris, 1878.
- Fig. 2. — Manchots du Cap de Bonne-Espérance (adultes et poussins). (D’après les individus vivant actuellement au Jardin d’Acclimatation de Paris.)
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- reusement traversé ces pénibles épreuves : ils ont même vaillamment supporté les rigueurs du dernier hiver, ce qui, d’ailleurs, n’est pas étonnant, car, s’ils viennent d’un pays tempéré, leurs congénères vivent dans le voisinage du pôle austral ; tout porte donc à croire que l’an prochain de nouvelles naissances viendront combler les quelques vides qui se sont produits dans leurs rangs. Ë. Oustalet.
- --x>o--
- NÉCROLOGIE
- ’Æédé. — Nous avons appris avec un profond regret la mort d’un ingénieur de grand mérite, M. Zédé, directeur des constructions navales en retraite, vice-président du Conseil d’administration de la Société des Forges et chantiers de la Méditerranée, officier de la Légion d’honneur, décédé à Paris à l’àge de soixante-six ans. M. Zédé avait été l’ami et le collaborateur de Dupuy de Lomé dans ses constructions navales et dans ses mémorables expériences de navigation aérienne. Zédé avait dû quitter le service de l'Etat à la suite d’une blessure reçue pendant qu’il faisait des expériences sur les torpilles, blessure qui ne lui permettait plus de développer l’activité physique nécessaire dans le service des arsenaux. C’est à M. Zédé qu’on doit les plans du bateau sous-marin le Gymnote, qui, pour la première fois, a satisfait aux conditions de la navigation sous-marine. Nos lecteurs pourront se reporter aux Notices que nous avons publiées à ce sujet. Il nous suffira de dire que ce sont les idées de M. Zédé qu’on applique aujourd’hui dans la construction d’un nouveau spécimen de bateau sous-marin, la Sirène, qui est sur nos chantiers. M. Zédé avait donné à la France les plans de son Gymnote, c’est-à-dire le fruit d’une vie de travail, avec le désintéressement le plus complet ; bien quelle fût sa propriété personnelle, que depuis longtemps il eût quitté le service de l’État, il resta sourd à toutes les propositions qui lui vinrent de l’étranger pour l’acquisition de son invention. M. Zédé était le frère du vice-amiral Zédé, préfet maritijne à Brest, et du général Zédé, commandant la brigade régionale d’infanterie de Lyon et membre du comité d’état-major.
- Maximilien Marie. — Nous avons à enregistrer encore la mort de M. Maximilien Marie, mathématicien distingué. Né en 1819, il entra à l’École polytechnique en 1838. Sous-lieutenant-élève d’artillerie à l’école de Metz, il était à cette école quand il résolut le problème du mouvement d’un corps solide" libre. En faisant intervenir les solutions imaginaires des équations, il fonda une nouvelle méthode qui lui permit de résoudre les problèmes les plus élevés de l’analyse transcendentale. Les méthodes de M. Marie furent longtemps incomprises, et il fallut l’appui de M. Liouville et du général Poncelet pour le faire nommer en 1863 répétiteur de mécanique à l’École polytechnique. En 1875, il fut nommé examinateur d’admission à l’École. Il avait été mis à la retraite en 1890. M. Maximilien Marie a publié plusieurs ouvrages de hautes mathématiques.
- CHRONIQUE
- Exposition générale de la lithographie. — Les
- organisateurs de cette intéressante Exposition, qui est ouverte à l’école des beaux-arts (quai Malaquais) jusqu’au 24 mai, ont voulu faire renaître un art aujourd’hui dé-
- laissé, et remettre en honneur « un procédé merveilleux de souplesse, de richesse et de facilité, qui pendant un tiers de siècle fut adopté par les plus célèbres de nos peintres ». L’Exposition de lithographie qui ne renferme pas moins de mille numéros, montre en effet les ressources que l’art peut emprunter à ce procédé. Nous ne saurions ici aborder ce côté de la question, mais il nous paraît curieux de l’envisager au point de vue scientifique et technique qui, le croirait-on ? est resté très obscur. Nous avons sous les yeux le catalogue de l’Exposition, et nous y lisons une excellente Notice de l’un des plus actifs organisateurs, M, Henri Beraldi. L’auteur rappelle l’origine de la lithographie, et il indique avec raison que la théorie de la lithographie est encore à faire. La lithographie est un procédé d’impression qui permet la multiplication de l'écriture ou du dessin au moyen d’une modification particulière de la surface de la pierre, mais cela d’une façon bien plus compliquée qu’on ne le croit habituellement. Il y a, d’un côté, réactions entre les acides gras de l’encre ou du crayon et le calcaire, de l’autre, réactions entre le même calcaire et l’eau acidulée gommée, et formation de composés, là attractifs, ici non attractifs de l’encre grasse. H faut un calcaire particulier, permettant la nuance de ces réactions, pour obtenir la lithographie. Au point de vue physique et chimique, le phénomène est très complexe.
- Journaux photographiques. — Le nombre des publications photographiques va chaque jour en s’augmentant, et donne la mesure des développements que ne cesse de prendre la pratique d’un art qui rend aujourd’hui tant de services. Nous avons reçu la semaine dernière la première livraison d’une nouvelle revue mensuelle intitulée Paris photographe. Cette Revue, publiée sous la direction d’un de nos praticiens les plus compétents et les plus sympathiques, M. Paul Nadar, est éditée avec grand luxe, et nous paraît constituer tout à la fois une œuvre de science et une œuvre d’art. La première livraison contient de belles planches hors texte, de très bons articles de M. Marey, de l’Institut, de MM. Nadar, F. Hément et II. Fourtier; elle nous promet de se placer au premier rang parmi les publications photographiques. Une autre publication digne d’étre signalée, est le Bulletin du Pliolo-Club de Paris, publié mensuellement par le Comité d’administration de ce cercle d’amateurs qui a son local à Paris, son laboratoire et son atelier vitré fort bien installé. C’est M. Maurice Bucquet qui est actuellement président du Photo-Club. Nous avons déjà signalé la Photo-Gazette de M. Mareschal, nous mentionnerons encore le Bulletin des Sociétés photographiques de France, le Photo-Journal (MM. Paul Gers et Abel Buguet, directeurs) qui, joints au Moniteur de la photographie de M. Léon Vidal et au Bullttin de la Société française de photographie, forment une belle pléiade de publications photographiques.
- Le chlorure d’éthyle et ses applications. —
- On sait que les gaz liquéfiés sous de hautes pressions, l’acide carbonique, l’ammoniaque, le chlorure de méthyle, etc., absorbent en repassant à l’état gazeux une énorme quantité de chaleur qu’ils empruntent nécessairement au milieu ambiant et aux corps avec lesquels ils se trouvent en contact. Cette action réfrigérante est depuis longtemps utilisée dans les laboratoires et dans l’industrie. On obtient des effets analogues en employant non plus les gaz liquéfiés par la pression, mais des liquides dont le point d’ébullition est voisin de zéro et qui sont par conséquent gazeux aux températures ordinaires. Un des corps I employés d'une façon courante est le chlorure de méthyle
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- qui se vend enfermé dans des siphons métalliques à parois très résistantes. Grâce à une disposition spéciale et sous l’action de la pression intérieure, le liquide, quand on ouvre le récipient, s’échappe pulvérisé en fines gouttelettes et se convertit immédiatement en vapeur. Mais le siphon de chlorure de méthyle nécessite un appareil d’un prix assez élevé; il faut, lorsqu’il est vide, l’envoyer au fabricant pour qu’il l’emplisse de nouveau. Dans ces conditions, le I)r Redard, de Genève, a eu l’idée, pour produire l’anesthésie locale par réfrigération, de substituer au chlorure de méthyle un composé analogue, le chlorure d’éthyle. Il a ainsi obtenu les plus heureux résultats dans le traitement de la sciatique, de diverses névralgies et dans les opérations qui se pratiquent habituellement sur la bouche : extraction des dents ou des racines. Le chlorure d’éthyle est un liquide incolore, d’une odeur éthérée agréable, et d’ailleurs peu intense; il bout à + 10° C. Le récipient qui sert à le contenir est un simple tube de verre terminé par une pointe effilée et fermée à la lampe. Il suffit, pour s’en servir, de briser cette pointe avec une pince, et de renverser le tube. Le liquide s’échappe en un jet très mince qu’on dirige sur la partie à insensibiliser. On peut au besoin arrêter le jet soit à l’aide du doigt, soit avec de la cire. Chaque tube contient environ 10 grammes de chlorure d’éthyle, quantité plus que suffisante pour la plupart des opérations. Il n’est pas besoin d’insister sur les services que peuvent rendre les tubes de chlorure d’éthyle dans les manipulations de laboratoire et dans les démonstrations de cours. Il suffit de conduire le jet sur la paroi d’un tube mince contenant de l’eau, pour obtenir en quelques instants un petit glaçon. Les tubes de chlorure d’éthyle fournissent en outre aux histologistes un moyen aussi simple que peu coûteux de produire la congélation à laquelle ils sont si souvent obligés d’avoir recours pour pratiquer des coupes sur des tissus frais.
- Nouvel emploi des plaques de verre. — On a
- trouvé en Allemagne un nouvel emploi pour le verre en plaques poli. M. Frederick Winterhoff, de Cologne, a récemment exposé dans celte ville un grand nombre de plaques d’impression en verre, destinées à remplacer les pierres dans la lithographie. Les avantages réclamés en faveur des plaques de verre sont : un moindre volume, ce qui nécessite beaucoup moins de place pour emmagasiner les plaques préparées; la rapidité avec laquelle on peut faire les reports sur pierre, zinc ou verre ; l’absence de veines et de taches de chaux qui existent si souvent dans les pierres lithographiques de grande dimension; enfin le grand écart du prix de revient, le coût du verre étant une quantité négligeable comparativement à celui de la pierre lithographique.Les reports de la pierre demandent de trente à soixante minutes; avec des plaques de verre, les reports ont été aussi clairs, aussi fins et aussi nets que ceux qu’on a pu obtenir dans les meilleurs travaux litho= graphiques exécutés jusqu’à présent. Un brevet a été pris pour le nouveau procédé de préparation des plaques d’impression en verre et une description complète est promise par le journal Diamant qui parle en termes très élogieux des résultats obtenus jusqu’à présent.
- Explosif sans fumée. — MM. Thorn, Westendorp et Pieper, ont récemment fait breveter un procédé de fabrication d’explosifs sans fumée au moyen de nilro-crésols ou de leurs dérivés. Voici la description du procédé : On obtient une excellente poudre en mélangeant dans un pétrin, ou au moyen de mécanismes convenables quelconques, 48 parties en poids de trinitrocrésol avec
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- 20 parties de carbonate de baryte ou de strontiane, ou d’hydrate de baryte ou de strontiane en quantités équivalentes ; on ajoute au mélange une quantité d’alcool suffisante pour que le tout fasse une masse homogène, puis on ajoute une solution de 5 à 4 pour 100 de cire, de paraffine, de cérosine, de stéarine, ou, de préférence, d’une résine qui s’amollisse dans l’alcool et on pétrit de nouveau jusqu’à ce que toute cette solution soit répartie exactement dans la pâte. On sèche ensuite dans le vide ou à l’air, puis on comprime, on granule et on additionne d’un peu de plombagine pour noircir les grains et donner du brillant. Lorsqu’on veut arriver à brûler complètement le trinitrocrésol, on ajoute, par exemple, pendant la neutralisation par la baryte ou la strontiane, jusqu’à 55 pour 100 de nitrate de baryte ou de strontiane en quantité équivalente.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 mai 1891. — Présidence de M. Ducnautre.
- En l’absence des deux secrétaires perpétuels, c’est M. Mascart qui dépouille la correspondance et on peut noter qu’il s’acquitte de cette tâche difficile d’une manière particulièrement distinguée.
- La température du Pamir. — Jusqu’ici les observations météorologiques relatives au « Toit du monde » sont très peu abondantes et très peu précises. C’est une raison pour qu’on attache un prix d’autant plus grand aux résultats adressés aujourd’hui à l’Académie par [M. Capus. Au cours de son grand voyage dans cette région dont l’altitude moyenne dépasse 4000 mètres et où tous les cols sont plus élevés que notre mont Blanc, l’auteur a noté très souvent, du jour à la nuit, des différences thermo-métriques de plus de 40 degrés. Avant le lever du soleil le mercure était congelé et vers midi on avait à peu près zéro. Parfois même, cette oscillation diurne a atteint 60 degrés ! Il en résulte des conditions particulièrement antihygiéniques. Le voyageur qui marche quelques heures dans une même direction est exposé à être considérablement plus échauffé du côté qui fait face au soleil que du côté opposé et il est contraint, sous peine d’accident grave, de se retourner de temps en temps pour prévenir de trop grandes inégalités entre ses deux moitiés.
- Roches phosphatées. — Selon M. Bleicher, les roches phosphatées du Dekma, dans le département de Constan-tine, montrent au microscope le mélange d’une très notable proportion de débris osseux qui, selon l’auteur, éclairent vivement l’origine du phosphore contenu.
- Gisements quaternaires. — Deux localités de Seine-el-Oise, Eragnv et Cergy, viennent de fournir à M. Émile Rivière d'intéressants gisements quaternaires à ajouter à la liste déjà si longue de ceux dont on doit déjà la connaissance à l’infatigable paléontologiste. A Eragny, situé entre Saint-Ouen-1’Aumône et Conflans-Sainte-Honorine, le gisement est représenté par trois sablières presque contiguës, dont l’une abandonnée déjà depuis quelque temps ne m’a fourni aucun élément d’étude et sur laquelle je n’ai pu avoir aucun renseignement. Les deux autres, la sablière Plaudet et la sablière Laveau, sont en pleine exploitation. Elles sont situées à un demi-kilomètre environ des bords de l’Oise, sur sa rive gauche, entre le chemin vicinal d’Eragny à Saint-Ouen-l’Aumône et la voie ferrée qu’elles côtoient dans toute leur longueur. Ces deux
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- carrières sont exploitées pour le sable fin et pour le gros caillou qu’elles renferment jusqu’à la profondeur de 5 mètres environ. Les lits de sable, de gravier et de gros caillou sont surmontés d’une couche de terre végétale qui varie entre 60 et 90 centimètres d’épaisseur. Les ossements d’animaux ainsi que les silex taillés qui y ont été trouvés gisaient dans une couche de moyens graviers mêlés de sable, situé à 3m,40 de profondeur et de 60 à 70 centimètres d’épaisseur. Les animaux, dont les restes y ont été découverts, sont : 1° YElephas primigenius, 2° 1 ’Equus caballus fossilis, 3° le Bos primigenius. Quant à l’industrie de l’homme quaternaire, elle est représentée par un disque, une petite lame triangulaire et un nucléus. La sablière de Cergy est située un peu au delà du village. Les ossements recueillis se rapportent à Equus caballus fossilis, Bos primigenius et Cervus (indéterminé). Treize silex taillés ont été trouvés en même temps : ce sont des lames et des pointes moustériennes.
- Les dissolutions d'acide tarlrique. — Ayant repris les célèbres expériences de Biot sur le pouvoir rotatoire des solutions aqueuses d’acide tartrique plus ou moins riches en soude ou en potasse, M. Lement arrive à des résultats nouveaux. Loin de croire, avec son illustre prédécesseur, que la li-queurrenferme des combinaisons con-tinuement variables de l'acide avec les bases, l’auteur croit démontrer qu’il s’y trouve des composés parfaitement définis et en partie dissociés.
- C’est formuler comme on voit des conclusions analogues à celles auxquelles M. Gernez est arrivé pour les molyb-dates et pour les tungstates.
- Varia. — Les combinaisons du chlorure mercurique avec l’ammoniaque et avec les ammoniaques composées occupent M. André. — M, P. Sabatier décrit un séléniure de bore obtenu en traitant le bore au rouge pur, l’hydrogène sélénié et qui correspond au sulfure. — Une suite est donnée par M. Lemoine à ses recherches sur l’expression analytique de l’action chimique de la lumière du soleil sur différents composés. — C’est aussi une contribution à la chimie théorique qu’apporte M. Hinrichs dans une Note sur la détermination mécanique de position vraie des atomes de carbone dans les composés organiques.
- — La description d’une trombe adressée par M. Lucas est renvoyée à l’examen de M. Faye. — La dexlrorsité de certains gastropodes dits senestres est étudiée par M. Pel-seneer. — Une boussole d’inclinaison à indication, construite par M. Wilde de Saint-Pétersbourg, procure d’après son auteur une approximation de quatre secondes d’arc.
- — Un auteur revient sur les changements géographiques subis par la baie du Mont Saint-Michel depuis les temps
- historiques. — Une étude anatomique sur les racines renflées des ombellifères est présentée par M. Duchartre, au nom de M. de la Morlière. Stanislas Meunier.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- PORTE-PLUME-RÉSERVOIR
- On a souvent construit des porte-plumes à cavité intérieure creuse, destinée à contenir l’encre nécessaire à remplacer au fur et à mesure de la consommation le liquide répandu sur le papier. La plupart de ces systèmes laissaient à désirer, et offraient l’inconvénient de fuir. Nous allons faire connaître aujourd’hui un petit appareil de ce genre, désigné sous le nom de plume à fontaine. Cet instrument nous a paru bien combiné, et fonctionne dans de bonnes conditions. Le système que nous représentons ci-contre
- (fig. 1) est formé d’un tube de métal cannelé ; le porte-plume proprement dit B est protégé par un petit couvercle en métal ou capsule A, que l’on met en place et que l’on retire à volonté. La figure 2 donne le détail des organes intérieurs. Le porte-plume F est muni en G d’une rondelle de caoutchouc perforée qui sert de couvercle à un petit tube de verre figuré à droite de la figure; c’est ce tube qui, étant rempli d’encre, forme réservoir. Quand la plume est tenue verticalement et au repos, l’encre ne peut s’échapper par les orifices inférieurs trop étroits. Lorsque l’on se sert de la plume, le liquide est sollicité par le mouvement de glissement sur le papier ; il se trouve en contact en avant de la plume, avec une tige D évidée par deux rainures ou petits canaux qui le conduisent jusqu’à l’extrémité C de la plume. Vue en dessus E, la plume offre l’aspect d’une plume ordinaire. Au bas de notre gravure, les détails des enveloppes extérieures sont données, en A, capsule noire protectrice de la plume et en K, tube tenu à la main et contenant le réservoir de verre rempli d’encre.
- Le tube rempli d’encre d’un de ces petits porte-plumes permet d’écrire 2000 mots. Dr Z....
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Fig. 1 et 2. — Porte-plume à réservoir d'encre.
- Paris. — Imprimerie -Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- LA TORPILLE AUTOMOBILE DIRIGEABLE SIMS-EDISON
- Fig- 1.—Aspect de la torpille Sims-Edisou eu marche. (D’après une photographie instantanée exécutée aux Etats-Unis en 1890.)
- Les torpilles automobiles sont des appareils qui, enveloppe, peuvent accomplir certains mouvements,
- moyennant le jeu d’un moteur enfermé sous leur se transporter automatiquement d’un point a un
- Fig. 2. — Torpille Sims-Edison. — Coupe. — Appareil ayant lonctionné au Havre le samedi 2 mai 1891.
- G. Gouvernail. — A. Arbre de l’hélice. — M. Moteur! — G. Compartiment du câble. — E.Matière explosible.
- autre, et produire une explosion lorsqu’ils atteignent le but visé. Ce sont de véritables projectiles qui, pointés du bord, peuvent fournir une assez grande course entre deux eaux, suivant une direction et par une submersion, données au départ. Ces torpilles automobiles
- 19e année. — 1er semestre-
- présentent cependant de graves inconvénients : elles ne sont dirigées qu’au moment du lancement qui offre de grandes difficultés, elles n’ont qu’une assez faible .portée ne dépassant pas 500 mètres aux grandes vitesses, et, enfin, elles ne peuvent plus être
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- LA NATURE.
- dirigées lorsqu’elles ont quitté l’appareil de lancement; elles obéissent à la marée, aux courants et n’atteignent que bien rarement le but contre lequel elles sont lancées.
- Dans le but de faire disparaître tout ou partie de ces inconvénients, on a imaginé les torpilles automatiques dirigeables conservant avec l’opérateur une communication qui permet d’en diriger et régulariser la marche, et d’en produire l’inflammation au moment opportun.
- C’est en 1872 que la première torpille automobile dirigeable fit son apparition, à Newport, sous le nom de torpille La y. La force motrice était empruntée à un réservoir d’acide carbonique renfermé dans les flancs de la torpille. Des fils conducteurs faisant communiquer la torpille avec le rivage ou le bateau porte-torpilles, permettaient, par l’envoi de courants de sens inverse, de régler la vitesse, la direction et l’inflammation. La provision d’acide carbonique était suffisante pour parcourir une distance de 2 milles (3km,7).
- La torpille Sims-Edison, dont nous avons eu récemment l’occasion de voir les premiers essais au Havre, grâce à l’aimable invitation de la Société des Forges et Chantiers de la Méditerranée, résoud le même problème sous une forme essentiellement différente, en ce sens que si la torpille porte bien encore le moteur qui l’actionne et les organes de commande de direction et d’explosion, le générateur d’énergie qui alimente ces organes, reste à terre, ce qui allège considérablement la torpille et lui donne une énorme puissance spécifique.
- La torpille Sims-Edison, toute récente, et d’origine américaine, se compose de deux parties : le flotteur et le poisson. Le flotteur, construit en feuilles de cuivre laminé, est rempli d’une substance insubmersible et a pour but de soutenir le poisson à un niveau constant au-dessous du niveau de l’eau. L’avant de l’appareil est en forme d’éperon très tranchant, ce qui lui permet soit de briser les obstacles, soit de les franchir en passant au-dessous. Deux petits guidons, l’un en forme de boule, l’autre en forme de drapeau, permettent de suivie toutes les évolutions de la torpille.
- Le poisson, ou torpille proprement dite, relié au flotteur par des entretoises en acier, est formé de quatre compartiments étanches, démontables à volonté pour rendre le transport et l’emmagasinage faciles ; ces quatre parties peuvent être rapprochées et remontées en quinze minutes. Le compartiment d’avant, E (fig. 2) renferme la charge, dynamite ou tout autre explosif, charge qui peut atteindre 225 kilogrammes. Le second compartiment, ne renferme que de l’air et sépare la partie explosible de la partie motrice. Le troisième compartiment G renferme le câble, soigneusement enroulé sur une bobine creuse afin qu’il puisse se dérouler à l’arrière de l’hélice, sans efforts et sans faire de coques. On comprend tout l’intérêt qu’il y a à disposer le câble sur la torpille et non pas à terre ou à bord du navire de lan-
- cement, car on n’a à produire ainsi aucun traînage aussi nuisible à la bonne marche de la torpille qu’à la conservation du câble. Par ce traînage, la couche isolante du câble serait rapidement déchirée, ce qui mettrait l’appareil hors de service, et la vitesse de l’appareil considérablement réduite par la résistance offerte par le fil traîné. Le quatrième compartiment renferme le moteur électrique M,et le gouvernail G. Le moteur électrique tourne à 1500 ou 1600 tours par minute et entraîne l’hélice à l’aide d’engrenages, à une vitesse angulaire deux fois moindre. Ge moteur à deux pôles, a ses inducteurs roulés en série, de telle sorte que le sens de sa rotation est indépendant de celui du courant qui le traverse. L’hélice ne peut donc faire marcher le navire qu’en avant, et la faculté que l’on obtient ainsi de pouvoir inverser le sens du courant, à un moment donné, est mise à profit pour produire l’inflammation sans avoir recours à un fil spécial. Ce moteur électrique est alimenté par une dynamo à courants continus, type municipal, placée à terre. Cette dynamo, dont nous avons donné autrefois la description *, fournit normalement, à la vitesse angulaire de 1500 tours par minute, 25 ampères et 1300 volts. A cause de la résistance électrique du câble, il n’arrive au moteur, en marche normale, que 1150 volts et 25 ampères, soit 29 kilowatts. Le poids total de la torpille est de 1360 kilogrammes, et aucune de ses parties ne pèse plus de 360 kilogrammes. Le corps du poisson a 55 centimètres de diamètre; sa longueur est de 8m,4.
- Les procédés de direction, de réglage et d’explosion ne sont que très incomplètement décrits dans la Notice qui nous a été remise lors de notre visite, et de laquelle nous avons extrait les quelques chiffres que renferme cet article. Nous pouvons dire toutefois que la communication entre la torpille et la terre ou le bateau de lancement, se fait par l’intermédiaire de deux fils seulement. Les deux fils sont concentriques et le fil intérieur est de section beaucoup plus petite que le fil extérieur. Le câble isolé, de 1 centimètre environ de diamètre total, qui renferme les deux conducteurs, a une densité voisine de celle de l’eau de mer. Dans ces conditions, il flotte sans tomber au fond, et, pendant le déroulement, l’eau qui s’introduit dans le troisième compartiment pour prendre la place du câble, n’augmente pas le poids de la torpille.
- Pendant le cours des expériences auxquelles nous avons assisté, M. Sims qui dirigeait les manœuvres en personne, à Egide d’une table de commutation montée sur une estacade disposée en vue de ces expériences, était muni de grandes hottes isolées et de gants en caoutchouc. Ces précautions semblent indiquer que la terre joue le rôle d’un troisième fil, ce qui rend parfaitement naturel l’emploi de toutes ces précautions isolantes, eu égard aux tensions élevées dont on fait usage. D’autre part, la différence de section des deux conducteurs du câble nous
- 1 Yoy. Il0 800, du 25 janvier 1800, p. 125.
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- laisse croire que l’un d’eux seulement sert à amener le courant au moteur, le retour se faisant par la terre et la mer.
- La manœuvre du gouvernail se fait à l’aide d’un électro-aimant polarisé. L’une des extrémités du fil de l’électro-arimant communique avec la terre, l’autre avec la ligne. A l’aide d’un inverseur de courant placé sous la main de l’opérateur, il est possible d’envoyer des courants de sens inverse dans cet électro-aimant et de donner ainsi des coups de barre à bâbord ou à tribord pour rectifier périodiquement la marche de la torpille, ou même, comme nous avons eu l’occasion de le constater, pour la faire virer complètement sur elle-même en décrivant tout ou partie d’un cercle de quelques mètres de rayon.
- Enfin, l’explosion, à un moment donné, se produit par inversion brusque du courant moteur. Il n’est pas difficile de concevoir des dispositions permettant d’obtenir ce résultat. La plus simple possible, celle qui, croyons-nous, a été adoptée, consiste à disposer dans le circuit moteur l’enroulement primaire d’une bobine d’induction dont l’enroulement secondaire communique avec l’amorce d’inflammation. La mise en marche lente du moteur par un courant graduellement croissant ne produit dans la bobine que des forces électromotrices d’induction insuffisantes pour produire l’inflammation de l’amorce, tandis que le renversement brusque du sens du courant primaire développe dans le circuit secondaire une tension suffisante pour produire cette inflammation. Ainsi s’explique la possibilité de quatre fonctions différentes avec deux fils seulement.
- La portée delà torpille Sims-Edison est en quelque sorte indéfinie, et ne dépend que de la longueur du câble. Cette portée est actuellement de 5500 mètres environ. La vitesse atteint et dépasse 20 nœuds à l’heure et elle est modifiable à chaque instant ainsi que la direction. La charge est suffisante pour produire la destruction des plus grands cuirassés, et il est d’ailleurs possible de l’augmenter de 450 kilogrammes en plaçant un tube renfermant le supplément de charge entre le flotteur et le poisson. Le lancement peut se faire soit par un tube de lancement ordinaire, soit, plus simplement, sans appareil spécial, au moyen des porte-manteaux employés pour la mise à l’eau des canots sur les grands navires.
- Les premiers essais faits au Havre, le 2 mai, ont réussi à la satisfaction générale des nombreux invités de la Société des Forges et Chantiers de la Méditerranée, qui se pressaient sur la tribune ménagée sur le bord de la mer aux chantiers de Graville. Nous n’avons aucune compétence pour juger des mérites de cette nouvelle invention ; contentons-nous d’y voir, à notre point de vue spécial, une nouvelle conquête de l’électricité et une preuve de la fécondité pour ainsi dire inépuisable des ressources qu’elle offre à l’ingénieur, au savant, au marin et au soldat, pour résoudre les problèmes les plus difficiles et les plus compliqués. E. Hospitalier.
- LES RACES DE CHIENS*
- PETITS CHIENS D’APPARTEMENT
- Dans nos précédents articles nous avons montré que nos chiens de berger, nos chiens de garde, nos lévriers et nos chiens de chasse descendent plus ou moins directement de trois types spécifiques dont les restes fossiles, ou les monuments historiques les plus anciens nous ont démontré l’existence.
- En ce qui regarde les petits chiens d’appartement, nous ne trouvons aucun renseignement sur leur souche, soit dans la paléontologie, soit dans les monuments anciens, ce qui prouve qu’ils sont un produit de la domestication. En effet, cette domestication remontait déjà à plusieurs milliers d’années quand l’existence des petits chiens d’appartement a été signalée pour la première fois. La plus ancienne indication à cet égard est due à Strabon. Ce géographe grec, qui vivait dans le dernier siècle avant notre ère, dit quelque part : « Il existe une ville de Sicile, Melita, d’où l’on exporte des chiens nains admirablement beaux et bien proportionnés, que l’on appelle Canes melitei ». On pense que les petits chiens de Melita, si choyés par les dames romaines et grecques, ne sont autre chose que nos Chiens de Malte actuels (Melita par altération étant devenu Malte)*.
- Ces chiens, qui, au siècle dernier, sous le nom de Bichons faisaient la joie des douairières, transportés par les Espagnols dans leurs possessions américaines, nous en sont revenus sous le nom de Chiens de la Havane.
- Un auteur latin du troisième siècle, Oppien, parle aussi d’une petite race de chiens, qu’on trouvait dans les Iles Britanniques où elle était employée à la chasse : « Il existe pour la quête, dit-il, une certaine race de chiens fort vaillante, petite de taille, mais qui n’en est pas moins digne d’être célébrée dans nos chants. On les élève chez les farouches Bretons, qui ont l’habitude de se teindre le corps, et ces peuples leur ont donné le nom à'Agassins. Pour la taille, ils ne l’emportent en rien sur ces chiens de maison de nulle valeur et qui s’engraissent des restes de nos tables. Ils ont le corps arqué, fort peu de chair, beaucoup de poils qui obscurcissent la vue, mais leurs pieds sont armés de griffes très fortes, et leurs mâchoires de dents très acérées à la morsure venimeuse. Du reste, c’est pour le flair seulement que l’Agassin n’a pas de rival et il convient éminemment pour la quête.... Quand c’est à la vraie chasse en liberté que vous conduisez ce chien, alors collé à la voie, il s’approche en sourdine, se fait petit, rampe à l’abri des cépées et des roseaux Mais, arrivé à l’endroit où le lièvre a son gîte, notre chien bondit plus rapide qu’une flèche.... A-t-il pu
- 1 Suite et fin. — Voy. n° 925, du 7 février 1891, p. 147.
- 2 Cet article était sous presse quand nous avons appris par le Veidmann, journal de chasse allemand, qu’on vient de trouver en Egypte au milieu de nombreuses momies de chats, quelques momies de chiens de la taille et de la conformation des levrettes.
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- surprendre la bête, il en a bien vite raison avec ses griffes aiguës. Alors il la prend dans sa gueule et vous apporte en toute hâte ce fardeau, énorme pour lui : haletant, pliant sous le faix, il arrive à son maître. Tout joyeux le maître s’empresse d’aller à sa rencontre. Prenant alors du même coup le vainqueur et sa victime, il les enlève bien au-dessus de la terre nourricière et les place dans un pli de sa robe1. »
- La plupart des auteurs qui se sont occupés de l’origine des races de chiens, ont cru que les Agas-sins dont parle Oppien n’étaient autre que nos Bassets actuels, sans réfléchir que ceux-ci sont à poil ras et de véritables chiens courants. 11 est évident qu’il s’agit de Terriers griffons comme il en existe de temps immémorial en Angleterre et dont dérivent les nombreuses races de Terriers, actuellement véritables chiens d’appartement bien qu’employés encore souvent contre la vermine, tels que les Terriers irlandais, écossais, gallois, Bedlingtons,
- Dandie Dinmont,
- Skyes, etc., etc., et même le petit Griffon bruxellois et le Singe allemand qui sont dérivés par dégénérés -cence des premiers.
- Nous venons de prononcer le mot de dégénérescence. C’est en effet la dégénérescence, les arrêts de développement qui sont la principale cause de la formation des races naines.
- Lorsqu’on compare le crâne d’un Carlin, d’un Blenheim et surtout d’un Chïn japonais avec celui d’un chien de chasse d’une des espèces types que nous avons signalées dans nos précédents articles, on est frappé de la différence considérable que ces crânes présentent; on remarque que chez les chiens de races naines la boîte crânienne est arrondie de façon à ne plus montrer de traces des crêtes occipitales ou pariétales (sagittales). C’est une conformation qu'on ne voit chez aucune espèce de carnassiers sauvages, pas même chez celles qui ont la tête la plus ronde,
- 1 OrriEN, Cynégétiques, liv. Ier, vers 470 et suivants. Traduction de Uourquin, citée par M. Piètrement.
- comme les chats. Il est facile de se rendre compte que la conformation crânienne des chiens nains est le résultat d’un arrêt de développement et d’une soudure hâtive des os de la tête. Nous représentons (fig. 1) le crâne d’un épagneul adulte sur lequel on peut voir combien sont développées les crêtes occipitales et sagittales; nous représentons au-dessous et à la même échelle (fig. 2) le crâne d’un jeune sujet de la même race de l’âge de deux mois. On peut voir que ce dernier crâne est parfaitement
- arrondi et que les crêtes sagittales et occipitales ne sont même pas encore indiquées.
- Si nous comparons maintenant ce jeune crâne avec celui d’un Chïn japonais adulte (fig. 3), nous voyons que ce dernier a la même conformation frontale, pariétale, temporale et occipitale; il a, déplus, les sus-naseaux avortés comme chez le bouledogue, en sorte que ces petits chiens sont le résultat d’un double phénomène tératologique : arrêt de développement des os du crâne et arrêt de développement des os sus-naseaux et des os maxillaires.
- Les King-Charles, les Blenheims, les Carlins [•résentent la même conformation crânienne que le Chïn japonais, mais c’est chez ce dernier que les caractères du groupe sont le plus marqués. Chez la Levrette il n’y a pas refoulement des os du nez; l’arrêt de développement est simple au point qu’un crâne de levrette ressemble exactement à celui d’un jeune lévrier anglais (Greyhound) de deux ou trois mois.
- L’apparition des chiens nains est évidemment due au hasard, comme l’apparition des premiers bouledogues et des premiers bassets ; puis on s’attacha à faire multiplier ces êtres curieux, ce qui donna lieu aux premiers chiens d’appartement.
- Leur rareté, la difficulté de les conserver, la curiosité qu’ils excitaient, les ayant rendus précieux et de haut prix, on arriva à provoquer leur apparition par des procédés qui furent, ét sont encore, tenus secrets, et qu’ont possédés, et que possèdent certaine-
- Fig. 1, 2 et 3. Crânes de chiens. —Fig. 1. Crâne d'épagneul français adulte. — Fig. 2. Crâne d’un jeune épagneul de deux mois. — Fig. 3. Crâne d’un chien nain japonais.
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- ment encore, des éleveurs anglais, chinois et japonais, car cette industrie s’exerce, non seulement sur les chiens, mais surtout sur les volailles : on crée maintenant couramment des Pa-doues et même des Cochinchinois nains !
- Un de ces procédés consiste à introduire dans l’alimentation une certaine quantité d’alcool.
- MM. Mairet et Combemale, professeurs à l’École de médecine de Montpellier, ont démontré qu’en donnant journellement une dose non toxique d’alcool à des jeunes chiens on provoque chez eux un arrêt de développement et la soudure hâtive des os du crâne. U parait que les Japonais arrêtent la croissance des Chïns (fig. 4) par l'usage du saki, extrait spiritueux dont ils font eux-mêmes un assez grand usage. 11 serait très possible que ce soit de l’extrême Orient que nous vienne la connaissance de ce moyen, car il y a des siècles que l’industrie de la fabrication des chiens nains existe en Chine. C’est de là que nous sont venus, il y a deux ou trois siècles, le Carlin et les petits épagneuls de salon : les King-Charles et les Bien-heims.
- On compte une trentaine de races de chiens d’appartement, mais toutes ne sont pas également en honneur, ou au goût du jour, si l’on peut dire, car la faveur dont jouissent certaines de ces races à un moment donné est une pure affaire de mode : nous avons vu la levrette très choyée il y a une vingtaine d’années, puis disparaître presque complètement; elle avait remplacé le Carlin dont on n’aurait pas
- trouvé deux ou trois couples à l’époque en question. Aujourd’hui le Carlin est revenu sur l’eau et partage les faveurs des dames avec les petits Griffons. Demain peut-être nous verrons reparaître la levrette. Ainsi de suite de toutes les races de luxe dont nous allons énumérer les principales.
- Le petit Danois, ou Dalma-tian, qui, il y a cinquante ans, accompag nait tous les équipages de luxe, a presque totalement disparu depuis. De temps en temps on en voit encore quelques beaux spécimens. C’est un chien relativement grand qui a la taille et l’apparence d’un braque léger et est caractérisé par une robe à fond blanc semée de taches noires rondes de la grandeur de pièces de 1 à 5 francs.
- Le Caniche est un dérivé du Barbet de chasse et très intelligent ; il y en a de blancs et de noirs et à poil laineux, ou cordé. Les caniches noirs sont très à la mode depuis quelques années.
- La Levrette, qu’on appelle encore Levron italien, est une miniature du lévrier anglais, elle a le poil fin comme celui de la souris, de même couleur ou gris fauve. Elle manque d’odorat comme tous les lévriers.
- Le Loulou est un diminutif du chien de Poméranie. Le loulou blanc, compagnon des conducteurs de diligences, a disparu avec celles-ci. Depuis quelques années, le petit Loulou noir est très à la mode.
- Les petits épagneuls de salon ont la tête du carlin avec de grandes oreilles tombantes garnies ains
- Fig. 4. — Chïn Schico, chien nain japonais. (D’après une photographie.)
- Fig. 5. — Chien de Malte, ou havanais à M. le capitaine d’État-major en retraite Finot, photographié par lui.
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- que la queue et le reste du corps d’un poil long, ondulé et soyeux, rappelant .celui de l’épagneul d’ar rêt. Leurs noms dépendent de la couleur de ce poil : Le King-Charles est à manteau noir avec les régions inférieures couleur roux-orangé (feu). Le Blenheirn est pie blanc et orangé. Le Prince Charles est aussi pie, mais de trois couleurs, blanc, orangé et noir. Enfin il y a une quatrième sous-race qui est entièrement roux-orangé comme le setter irlandais.
- Le Carlin est un bouledogue en miniature mais avec les mâchoires égales; il a la robe du mastif, de couleur café au lait et a, comme lui, le masque noir et la peau du front très plissée.
- Les Terriers anglais sont très nombreux en variétés : Les uns sont à poil ras comme le Fox terrier qui est, de plus, tricolore ; le Terrier anglais, dont les uns sont tout blancs, les autres noirs et feu ; le Boule-terrier qui est un croisement du bouledogue avec le précédent ; les autres sont à poil hérissé, ou griffons comme une variété de Fox terrier : le terrier irlandais qui est entièrement roux, le Terrier du pays de Galles qui est noir gris et feu, le Bedlington-Terrier et le Terrier d'Airedale. Enfin il y a des terriers bassets, c’est-à-dire à jambes courtes et généralement à long poil plus ou moins hirsute, comme le Terrier écossais, le Dandie-Dinmont et le Skye-Terrier.
- Il y a des Toys-Terriers ou Terriers nains, les uns à poil ras, les autres à poil long et hérissé comme le Griffon bruxellois et ÏAffenpinscher ou griffon singe allemand.
- Enfin il y a le Chien de Malte, bichon ou havanais (fig. 5), entièrement couvert de poils longs, soyeux et blancs qui le font ressembler à une pelotte de soie plus ou moins bien peignée ; le Ch'in japonais (fig. 4) qui est du groupe des petits épagneuls, mais encore plus petit et plus exagéré dans tous ses caractères. P. Mégmx.
- LE SPIROGRAPHE
- Tous les dessinateurs, les architectes et les ingénieurs qui ont à tracer des courbes apprécieront les avantages que peut offrir un procédé réellement pratique et rapide.
- Habituellement on trace les volutes par les méthodes géométriques dites à deux ou quatre centres, mais nul n’ignore combien ces tracés sont longs et peu précis par suite de la difficulté que présentent les raccordements d’arcs successifs.
- Frappés de ces inconvénients, plusieurs inventeurs ont imaginé des appareils spéciaux pour dessiner des volutes d’un trait continu; seulement tous ces instruments avaient les mêmes défauts : ils étaient d’un emploi difficile et coûtaient cher.
- Le spirographe que nous présentons à nos lecteurs et qui a été inventé par M. de Baecker, ingénieur, donne des spires absolument régulières ; de plus son maniement est des plus simples.
- C’est une sorte de compas dont la branche traçante (fig. 1) est fixée par un ressort a à un manchon b pouvant prendre, autour de la branche centrale, fixe, c, un double mouvement de rotation et de déplacement vertical ; au
- besoin une vis de pression d permet d’arrêter complètement le manchon, ce qui transforme le spirographe en compas ordinaire. Une autre vis e peut rapprocher plus ou moins de la tige centrale la branche traçante que le ressort a tend à maintenir écartée.
- A sa partie inférieure, la tige centrale porte une petite mortaise dans laquelle on peut faire tenir, au moyen de la vis /, une pointe sèche dont on possède une série graduée. Près de la mortaise se trouve un petit trou dans lequel on passe un fil fin fixé, par son autre extrémité, au bas de la branche traçante.
- Pour dessiner, on prend le bouton g dans la main gauche et on maintient la tige centrale dans une position verticale invariable, puis, avec la main droite, on imprime au manchon un mouvement de rotation.
- Ce mouvement fait enrouler autour de la pointe sèche le fil qui entraîne alors la pointe traçante et la force à se rapprocher de la pointe sèche en décrivant des arcs successifs infiniment petits dont les rayons vont en décroissant d’une façon graduelle. On obtient ainsi une développante de cercle ayant des spires régulièrement écartées. Suivant le sens dans lequel on fait tourner le manchon, la courbe obtenue peut être Dextrorsum ou Sinistrorsum (fig. 2).
- L’écartement des spires étant égal au développement de
- L,yo n
- Fig. 2. — Spécimen de quelques tracés obtenus au moyen du spirographe.
- a circonférence de la pointe sèche augmentée de l’épaisseur du fil, une série de pointes sèches, de diamètre croissant, permettra de tracer pratiquement des spires a’équidistance voulue. L’appareil peut dessiner soit au crayon, soit à l’encre.
- En métal, le spirographe sera très apprécié des dessinateurs, ingénieurs, architectes, auxquels il fera gagner du temps.
- En bois, d’un format plus grand, il sera très utile pour dessiner au tableau dans les écoles. Enfin son usage est tout indiqué pour les sculpteurs et les modeleurs.
- Fig. 1. — Spirographe.
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- LA NATURE.
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- LA FABRICATION RE
- L’ACIDE CARBONIQUE LIQUIDE
- ET SES APPLICATIONS INDUSTRIELLES
- Depuis les expériences de Faraday, Pouillet et Tbilorier sur la liquéfaction des gaz, l’acide carbonique liquide dont la préparation était restée longtemps dans le domaine de la science et s’exécutait uniquement dans les laboratoires, non sans quelque danger pour le préparateur et les assistants, est devenu un produit industriel dont les applications sont nombreuses. Des usines importantes produisent journellement des quantités considérables d’acide carbonique liquide et le répandent partout, le livrant dans des conditions qui en permettent la manipulation avec une sécurité absolue et une grande précision.
- L’acide carbonique liquide est un agent précieux entre tous pour la production du froid artificiel.
- La brasserie l’emploie en outre à la saturation des bières d’exportation. Dans les cafés, l’acide carbonique liquide prend avantageusement la place de l’air comprimé pour soutirer les bières en fûts et pour les distribuer constamment fraîches et mousseuses a n’importe quel étage1.
- Dans l’industrie des eaux gazeuses, nous voyons le gaz liquéfié remplacer les appareils de production directe et fournir un gaz chimiquement pur.
- Nous le rencontrons en médecine jouant les rôles les plus divers, tantôt comme stimulant, tantôt comme anesthésique local.
- Pour la conservation des denrées alimentaires, il a, d’après l’affirmation de quelques spécialistes, une action antiseptique efficace et d’une application des plus faciles (conservation des viandes, lait, beurre, etc., dans des récipients clos et remplis d’acide carbonique). Dans la panification il pourrait même, assure-t-on, supprimer la levure et la confection des levains.
- Nous limitons là l’énumération de ses usages variés ; le lecteur aura une idée approchée de l’importance des débouchés de ce produit industriel nouveau. Nous avons autrefois parlé de la production de l’acide carbonique liquide en Allemagne2; cette industrie intéressante s’est établie en France, et nous allons aborder la description de sa fabrication à Paris.
- L’acide carbonique liquide est fabriqué au moyen des appareils du système Windhausen, installés dans l’usine de Grenelle, appartenant à la société anonyme la Carbonique française, que nous avons été admis à visiter. Cette fabrication comporte :
- 1 Nous ayons donné précédemment le dispositif d’un appareil employé pour monter la bicre dans les brasseries au moyen de l’acide carbonique liquide (Voy. n° 567, du 12 avril 1884, p. 308).
- 2 Voy. L’acide carbonique liquide, sa production industrielle et ses usages, n' 567, du 12 avril 1884, p. 307.
- 1° La production de l’acide carbonique; 2° sa compression et sa liquéfaction qui jermet de le livrer dans des cylindres métalliques qui constituent de véritables bouteilles.
- 1° Production de l'acide. — L’acide carbonique gazeux est obtenu en décomposant le carbonate de chaux naturel par un acide; les appareils de production sont installés en batterie permettant une fabrication continue. La gravure ci-contre (fig. 1) montre les générateurs de gaz acide carbonique obtenu par la craie et l’acide chlorhydrique, suivis de leurs laveurs et épurateurs.
- 2° Compression et liquéfaction. — Dans l’installation présentée au lecteur, les compresseurs destinés à obtenir la liquéfaction de l’acide carbonique sont accouplés au nombre de trois, rangés parallèlement et attelés directement sur la machine motrice (fig.2). Ces pompes horizontales à double effet ne se distinguent d’une pompe ordinaire que par le choix des matériaux, par les soins apportés dans la construction des détails et par les dispositions prises pour assurer la lubréfaction des surfaces frottantes.
- Le premier compresseur, d’un volume suffisant pour puiser dans le gazomètre 100 à 150 kilogrammes d’acide carbonique à l’heure sous la pression de 18 à 20 centimètres d’eau, les comprime à 8 atmosphères environ. Le deuxième, aspire sous 8 atmosphères, la masse de gaz comprimé que lui envoie le premier et porte cette masse de gaz à 20 atmosphères environ. Enfin, le troisième, recevant à 20 atmosphères le gaz carbonique fourni par le second, l’amène à la pression définitive sous laquelle il se liquéfiera en se refroidissant.
- Le gaz débité sous une pression moyenne de 60 atmosphères par le troisième compresseur, est refoulé dans le condenseur où s’effectue la liquéfaction.
- Ce condenseur représenté par le récipient cylindrique que l’on voit à gauche de notre figure 2, est constitué par un cylindre de tôle contenant cinq serpentins dont la longueur est de 700 mètres et la surface de 70 mètres carrés. L’acide carbonique traverse ces serpentins en sens inverse du courant d’eau qui les refroidit.
- Un robinet spécial interposé sur le parcours du tuyau abducteur, sert à régler la sortie de l’acide liquéfié et à faire correspondre son écoulement à la production des pompes de compression.
- Le tuyau d’amenée de l’acide liquide, se termine par un robinet d’arrêt disposé pour être relié, avec les récipients en fer servant à le renfermer, au moyen d’un tube ilexible muni à ses extrémités de deux écrous de raccord se vissant l’un sur le robinet d’arrêt du tuyau abducteur, l’autre sur le robinet de la bouteille à remplir qui est dressée sur le plateau d’une bascule.
- Les bouteilles une fois liées au tube flexible, sont exactement tarées à vide et reçoivent en une demi-minute une charge de 10 kilogrammes d’acide car-
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- bonique représentant à peu près un volume de 10 litres. Ces récipients ou bouteilles recevant l’acide carbonique liquide, sont des tubes en fer forgé d’une capacité de 12 litres environ, timbrés comme les serpentins pour une pression de 250 atmosphères. Sur leur fond supérieur se trouve vissé un robinet spécial faisant partie intégrante de la bouteille.
- On voit, au coin de la figure 2, en A, la partie supérieure d’une de ces bouteilles métalliques, avec son robinet spécial et le manomètre, avec lequel elle se trouve en relation. L’acide carbonique liquide y est renfermé sous une pression
- qui s’élève de 67 atmosphères à la température de zéro. — L’usine d’acide carbonique liquide à Grenelle, que nous avons visitée avec grand intérêt,comporte non seulement la fabrication de l’acide carbonique liquide, mais encore et simultanément celle de la glace destinée à la consommation. Cette fabrication est basée sur le principe commun à tous les systèmes de machines frigorifiques à liquéfaction. Nous n’en dirons que quelques mots.
- L’effet frigorifique nécessaire pour congeler l’eau dans un appareil appelé générateur de glace, est obtenu par la vaporisation spontanée sous une
- 1 ig. 1. — Appareils de production de l’acide carbonique.
- Fig. 2. — Liquéfaction de l’acide carbonique; compresseurs et condenseurs. — A. Détendeur-régulateur automatique de pression.
- pression réduite à 25 atmosphères, d’une masse d’acide liquéfiée. Le générateur de glace est formé d’un vaste réservoir rempli d’une dissolution de
- chlorure de calcium incongelable jusqu’à 18 degrés au-dessous de zéro ; c’est dans ce bain, nommé saumure, que se trouvent suspendus 450 mouleaux
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- remplis de l'eau k congeler, et que circule un sys- | dont le changement d’état enlève constamment à la tème de 3 serpentins où passe l’acide carbonique j saumure assez de chaleur pour la maintenir à une
- Fig. 5. — Le débit et la mise eu bouteille de la bière sous pression d’acide carbonique et à l’abri de l’air.
- température notablement inférieure à zéro. L’eau des mouleaux se transforme en blocs de glace. On extrait, toutes les quinze minutes,
- 15 mouleaux congelés que l’on remplace par 15 nouveaux remplis d’eau pure.
- L’acide carbonique liquide, livré en bouteilles ou cylindres mé-talliques, est, comme nous l’avons dit précédemment, utilisé dans les brasseries ; on l’emploie à la saturation, à la mise en bouteille et au débit de la bière. Notre figure 3 représente l’appareil pour la mise en bouteille. T est le récipient métallique ou bouteille à acide carbonique liquide, envoyé de l’usine. En ouvrant le robinet placé à la partie supérieure, on fait arriver l’acide carbonique dans le tonneau B;
- le gaz agit par compression, et fait jaillir la bière dans les bouteilles disposées à la partie
- inférieure du réservoir R. On conçoit que par la pression on peut ainsi faire monter la bière d’une cave au café placé à un étage supérieur. C’est ainsi que les bocks sont généralement remplis, la bière provenant directement du tonneau.
- Notre figure 4 représente l’appareil destiné à la fabrication des siphons d’eau de Seltz. On voit, à gauche de la gravure, un ouvrier qui ouvre le robinet de la grande bouteille d’acide carbonique liquide, le gaz s’échappe et charge l’eau contenue dans les siphons. Ceux-ci sont placés sur un berceau qui oscille, afin que le gaz et l’eau soient constamment
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- agités. Une toile métallique recouvre le'berceau, pour protéger les ouvriers en cas de rupture d’un des siphons de verre.
- La fabrication industrielle de l’acide carbonique liquide, constitue aujourd’hui une opération d’une grande importance, et fournit un produit dont les applications deviendront assurément de plus en plus nombreuses. 11 était intéressant de la faire connaître.
- Gaston Tissandier.
- CAVERNE SOUTERRAINE EN CORSE1
- Nous avons signalé précédemment, d’après plusieurs journaux politiques, la découverte qui aurait été faite en Corse, d’une grande caverne souterraine. Le mot découverte n’est peut-être pas exact; il s’agit de l’exploration d’une caverne peu connue, désignée sous le nom de Inferno. M. E. A. Martel, l’explorateur bien connu du monde souterrain, a voulu avoir des renseignements précis sur cette caverne et sur ce qu’on en avait dit ; il s’est adressé à M. Palazzi, propriétaire de la caverne, qui lui a envoyé la Note suivante. Nous remercions M. Martel de vouloir bien nous en donner la primeur :
- Ponte Leccia, Corse, le 25 avril 1891.
- « La grotte Inferno (enfer) a été connue de tout temps; elle forme, si je puis m’exprimer ainsi, le sous-sol de la carrière de marbre Pietralbello. Ces marbres sont à nous (Société des mines). Pietralbello est un grand coteau limité, à l’est et à l’ouest, par un ravin; au nord par la rivière l’Asco, et au sud il fait corps avec le grand massif calcaire. La grotte Inferno est à flanc de coteau à la cote 280. La rivière l’Asco, au pied du coteau, est à 220. Le point de jonction au confluent de l’Asco et du Golo doit être à environ 180 mètres au-dessus de la mer.
- « Avant-hier (23 avril), j’ai pénétré dans la grotte en compagnie de dix hommes munis de lampes de mineurs et de cordes. J’étais, bien décidé à aller aussi loin que possible. Sur mes dix hommes tous ont travaillé aux mines avec moi, huit avaient déjà visité la grotte, deux étaient nouveaux et pour moi c’était ma cinquième visite. J’ajoute que mes quatre premières visites avaient été de simples promenades. Ma visité du 23 avait pour but d’atteindre la grande crevasse.
- « L’entrée de la grotte a besoin d’être travaillée, elle est en ce moment assez dangereuse. Pour atteindre le fond de la première salle, il faut faire une glissade de 60 mètres, pour les premiers 20 mètres une corde est très utile.
- « Cette salle a 20 mètres sur 15 environ. Il y a beaucoup de stalactites et, dans les parties qui ne sont pas couvertes par les pierres roulées du dehors, la quantité de ces pierres est très forte et elles paraissent avoir bouché les passages allant en profondeur, partout il y a de la stalagmite et sur cette stalagmite une légère couche d’argile.
- « Le solde la première salle est à peu près au niveau de la rivière l’Asco. Trois de mes hommes ayant affirmé que le passage menant à la grande crevasse était dans la première salle, nous nous sommes livrés à des recherches restées inutiles, à cause des pierres roulées. Sur la paroi nord, un énorme bloc est tombé et laisse bien voir que toute la voûte est en marbre plus beau et plus régulier que celui de l’extérieur. De la première pour aller à la deuxième salle on grimpe une rampe de 20 à 25 mètres
- 1 Suite. — Voy. n° 933, du 18 avril 1891, p. 311.
- toute couverte par la stalagmite qui, à partir de ce point, reste toujours visible malgré la légère couche d’argile. La deuxième salle a plus de 40 mètres est-ouest, et environ 50 nord-sud; sur les parois nord et sud on trouve de petites salles assez jolies.
- « Dans cette salle les passages sont nombreux, mais tous aboutissent au même couloir; le couloir est entièrement couvert par les stalactites et les stalagmites. On y marche tantôt droit, tantôt couché ; par moments la pente devient très forte, nous avons atteint un niveau de 170 mètres, c’est-à-dire inférieur à celui du confluent Asco-Golo. A partir de ce niveau, il nous a été impossible d’aller plus loin ou plus bas. Les crevasses ne sont plus assez larges ou sont obstruées par les blocs. Pendant un bon moment, j’ai dirigé les recherches moi-même, mais ne trouvant plus de passage en avant, je suis remonté à la deuxième salle après avoir pris seulement quelques instants de repos; les hommes ont encore essayé de trouver un passage, mais sans succès. »
- LES PHÉNOMÈNES NATURELS
- EN FRANCE
- Le dernier volume des Annales du Bureau central météorologique de France contient la suite des intéressantes études de M. A. Angot sur la marche des phénomènes de la végétation et sur la migration des oiseaux en France.
- Après avoir discuté les observations recueillies en 1886 et 1887, l’auteur donne un tableau — qui sera très utile pour les discussions ultérieures — des températures moyennes auxquelles se produisent, en France, les phénomènes de végétation, de migration des oiseaux et d’apparition des insectes.
- Ces températures moyennes diurnes, calculées pour la
- période 1880-1887, sont les suivantes:
- Feuillaison du lilas.......................... 9°,1
- — du marronnier d’Inde.......... 10°,1
- — du bouleau.................... 10°, 1
- — du chêne...................... 11°,1
- Floraison du lilas........................ 11°,2
- — du marronnier d’Inde............ 14°,6
- — du sureau.......................... 17°,1
- — du tilleul. .................... 18°,9
- — du seigle....................... 13°,4
- — du blé d’hiver. . .............. 16°,2
- Arrivée des hirondelles........................ 9°,9
- Dernier chant du coucou................... 10°,4
- Apparition du hanneton.................... 11°,4
- Départ des hirondelles.................... 12°,9
- Quant aux céréales, les sommes de températures supérieures à 5° qui leur sont nécessaires pour accomplir les différentes phases de leur végétation sont, en moyenne, les suivantes, pour la même période de huit années :
- Seigle : jusqu’à la floraison............‘. 477°
- — jusqu’à la moisson..................... 1085°
- Blé d’hiver : jusqu’à la floraison.......... 707°
- — jusqu’à la moisson............. 1256°
- Orge de printemps : jusqu’à la moisson. . 1102°
- Les nombres individuels varient entre d’assez grandes limites, suivant les années et les stations. Ces variations sont probablement en rapport avec les conditions météorologiques particulières.
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- FLEURS EN COQUILLAGES
- Dans une récente excursion aux plages bretonnes, nous avons eu occasion d’admirer une très gracieuse manière d’utiliser ces mille coquilles aux fraîches couleurs, que la mer taille et polit dans son incessant travail des sables. Il est à la fois curieux et intéressant de voir avec quel art, quelle vérité, la plupart des fleurs de nos jardins sont ainsi imitées ; la reproduction ci-jointe (flg. 1) d’un de ces petits chefs-d’œuvre de patience et d’observation fait parfaitement ressortir avec quelle perfection on arrive à reproduire la nature. D’abord pratiqué dans les familles, surtout par les jeunes filles, cet art charmant, en présence des demandes des baigneurs, a fait naître une sorte de petite industrie le long de nos côtes. Nous avons voulu étudier de près la fabrication de ces fleurettes, dont la fraîcheur défie le temps ; ce sont les résultats de nos observations que nous consignons ici, heureux si ces quelques notes peuvent être de quelque utilité aux lectrices de La Nature.
- Les coquilles ne sont employées que pour former la fleur proprement dite, toutes les parties vertes de la plante, telles que tiges, feuilles, sépales, etc., sont faites en papier d’après les procédés ordinaires des fleuristes et se trouvent toutes prêtes, découpées et gaufrées, dans le commerce des fleurs artificielles. L’outillage est des plus restreints (fig. 2) : il comprend une pince coupante (1) pour débiter les fils de fer des tiges, des limes douces plates et demi-rondes (2 et 3) pour rogner et façonner le bord des coquilles, une pince fine, appelée brucelle (4), pour saisir les petits coquillages ; un godet plein de colle (6) faite avec un mucilage de gomme arabique, auquel on ajoute assez d’amidon en poudre pour lui donner la consistance de miel ; quelques boites de semoule préparée (5), c’est-à-dire teinte en jaune ou en rouge pour former les anthères;, enfin un assortiment de feuilles gaufrées, papier serpente, fils de fer, etc.
- Dans la majorité des cas, les coquilles qu’on ramasse sur nos grèves suffisent à l’exécution des fleurs, particulièrement de celles dont les corolles sont blanches ou jaunes; pour les pétales colorés, on est obligé d’avoir recours aux coquilles exotiques plus riches en teintes variées que les nôtres et qu’on trouve du reste facilement chez tous les marchands de coquillages de nos grands ports.
- Les variétés employées sont relativement en petit nombre et nous décrirons les principales au cours de cette Note. Les coquilles se trouvent, en général, à l’état roulé, c’est-à-dire déjà usées par le frottement sur le sable et privées de leur habitant ; dans cet état, elles ont perdu leur brillant et ont acquis une sorte de velouté très favorable à une bonne imitation des fleurs. Il y a lieu de remarquer que chaque espèce de coquille semble avoir un habitat préféré ; dans les grèves sablonneuses de Saint-Cast on
- trouve les cornes, les anatifes dans les fonds rocheux, battus par la vague, les bigorneaux dans les endroits où croissent certaines algues en longs filaments minces (l’Enteromorpha compressa),les moules sur les roches qui découvrent, etc.
- Une des bestioles de mer, qui fournit le principal appoint à l’industrie florale, est YAnatife (fig. 2 a), (Anativa lævis de Lamarck) qu’on appelle dans le pays Bernache ou Gravant : ce singulier hôte de l’Océan, qui a un faux aspect de plante, a déjà été décrit de la façon la plus complète par La Nature*; la carapace comprend cinq pièces d’un beau blanc laiteux : deux coquilles triangulaires qui embrassent le pied et protègent la plus grande partie de l’animal, deux autres coquilles plus petites assemblées à charnières sur les précédentes, et de forme triangulaire très allongée; les doubles valves sont réunies suivant un des côtés par une longue pièce étroite recourbée en gouttière et dont la forme générale est celle d’une faucille; cette pièce se nomme lance ou crochet. Les Anatifes se rencontrent la plupart du temps fixées, par leur pied charnu, sur des morceaux de bois que la mer entraîne ou sur des roches découvertes aux seules grandes marées. Les coquilles sont très légères et, pour les séparer sans dommage de leur habitant, on doit les rassembler dans une terrine où on les laisse entrer en décomposition : en peu de jours l’opération est terminée; on lave à grande eau et, à l’aide des pinces, on recueille les valves qui se détachent facilement ; on les plonge alors dans une solution d’hypochlorite de chaux pour débarrasser les bords des dernières traces des charnières. Les valves sont dès lors aptes à faire de nombreuses fleurettes ; il y aura lieu toutefois, à l’aide de la lime, d’arrondir la base de ces lames triangulaires, de rectifier les bords et de donner au tout la forme des pétales des fleurs à construire. Les crochets servent à faire les chrysanthèmes ou les barbules du chèvrefeuille (fig. 2, c); les grandes valves seront employées pour les camélias, les églantines, les œillets blancs, les roses blanches, les pervenches; les petites, pour les verveines, le jasmin, la clématite et les marguerites doubles.
- Décrivons la fabrication d’un camélia qui nous servira de type pour la construction de toutes les fleurs similaires, roses, etc. : on prend un fil de fer de moyenne grosseur dont on recourbe une extrémité en forme de boucle plate qu’on fixe, à la gomme, sur une rondelle de carton de la grandeur d’une pièce de 10 centimes et qu’on recouvre d’une couche hémisphérique de cire blanche, préalablement ramollie par un pétrissage dans les doigts. On a préparé, à côté de soi, une série de pétales, taillés dans les valves de l’Anatife et qu’on a eu soin de classer par rangées de grosseurs croissantes : le premier rang, qui formera le cœur, comprend trois petites coquilles, le second cinq, le troisième neuf et ainsi de suite; mais, afin de mieux faire tourner
- 1 Voy. n° 80 du 15 février 1875, p. 175.
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- la fleur, on aura soin d’alterner par rangées le sens des valves, en prenant tantôt celles de droite, tantôt celles de gauche. On trempe la pointe dans la pâte de gomme amidonnée et on enfonce les pétales une à une dans le support de cire, la colle, en séchant, fixe les coquilles avec une grande solidité.
- Toute l’habileté de la fleuriste consiste à choisir les coquilles convenables, en évitant dans l’implantation des pétales une trop grande symétrie. La fleur se constitue avec une étonnante rapidité; la tige est couverte d une mince couche de coton pour lui donner la grosseur voulue, puis recouverte en spirale d une bandelette de papier vert très mince appelé papier serpente ; la base de carton est recouverte d’un papier vert découpé imitant les sépales, puis on fixe sur la tige les feuilles gaufrées, on ajoute au besoin une ti-gelle sur laquelle est collé un cône blanc taillé dans un os de seiche [Sépia elegans) et garni de sépales de papier qui forme le bout, et la fleur et son bouton sont achevés.
- On opère de même pour constituer un chry-santème, mais les pétales sont simulés avec des lances d’Anatife.
- Si la fleurette comporte un cœur, comme la marguerite des prés ou l’aster, on emploiera soit un gaufrage de carton colorié que fournit le commerce, ou on le fabriquera très aisément en pétrissant un peu de mie de pain dans la forme voulue sur un crochet de fil d’archal, on le recouvre de gomme puis on le trempe dans de la semoule fine, colorée en jaune avec un peu de safran ou de terra mérita. Les valves étroites de l’Anatife taillées à la lime seront collées sous le cœur et formeront la corolle (fig. 2 A), l’assemblage est consolidé avec un découpage vert en forme de sépales. La fabrication des reines-marguerites mettra la patience de la fleuriste à une rude épreuve, on nous a montré de ces fleurettes, grosses à peine comme une pièce de 50 centimes, et contenant près d’un millier de ces petites lames de coquille.
- Pour former les cœurs avec étamines saillantes, on se sert d’un pinceau de fils de soie raidis par de
- la gomme et dont la pointe passée sur la colle amidonnée est garnie par saupoudrage de grains de semoule jaunie au safran ou rougie au carmin.
- Une autre variété de coquillage lort employée est nommée dans le pays la Corne (Dentalium tarenti-num de Lamarck, fig. 2 (l); c’est une sorte de tube conique, légèrement recourbé, d’un blanc pur ou annelé de jaune et qu’on ne trouve généralement qu’à l’état roulé; les tubes servent à la confection de toutes les fleurs dont la corolle ne s’étale qu’à la suite d’un calice allongé, comme le fuchsia, le chèvrefeuille, les primevères, jasmins, etc. Enfilée au bout d’une tige garnie de colle d’amidon, le bord en sera muni de pétales assortis.
- Sur les falaises, on trouve sous le nom d’oreille
- d’ours (fig. 2 B) une petite primevère à la corolle brune, au calice blanc, dont l’imitation se fera assez aisément : une petite corne blanche fournira le calice fuselé, par-dessus on colle à plat une coquille blanche en forme d’entonnoir évasé (Calyptrée, fig. 2 m) sur les bords de laquelle on fixe deux par deux ces petits opercules bruns qui bouchent l’orifice des bigorneaux (fig. 2 G).
- Les petites coquilles de moule aux jolis tons violacés, qu’on aura eu soin de débarrasser de tout tégument animal, par une immersion dans l’hypocblorite de chaux, serviront à faire les clochettes de Cantorbéry, les scabieu-ses, les violettes et même des myosotis. Les piquants d’oursin, suivant leur couleur, seront employés pour les bleuets, les résédas, les scabieuses, etc.
- Le commerce fournit des rubans de soie tissés en forme de frangettes plates de couleur vert bronze qu’on enroule en spirale sur un fil de fer, ce qui donne aussitôt l’illusion de brins de bruyère (fig. 2 !)) ; on fleurit ces brins en collant aux extrémités des frangettes de petites coquilles en hélice blanches ou violettes qu’on trouve à foison dans le sable (Rissoia (Persephona) violacea et 11. lactea (Massotia).
- Les coquillages univalves, tels que les patelles (Patella Taslei fig. 2 g) à la forme conique évasée, ou les bivalves, telles que les mies (Teltina baltica
- Fig. 1. — Une corbeille de fleurs en coquillages. (D’après une photographie.)
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- Fig. 2. — L’outillage du fleuriste en coquillages. — 1. pinces coupantes. — 2 et, 3. Limes.—i. Brucelles. — 5. Semoule préparée.—tî. Colle à l'amidon. — Coquillages. — a. Carapace d’anatife. — b. Valves d’anatife liinees eu pétales. — c. Opercule du bigorneau. — d. Cornes. — e. Tellissa baltica. — f. Strigilla. — g. I'atella. — h. Nassa incrustata. — i. Ilissoia lactea. — k. Rissoia violacea. — m. Calyptrée. — Fleurs. — A. Aster en anatifes. — B. Oreilles d’ours en cornes et opercules de bigorneau. — C. Chèvrefeuille. — D. Bruyères, rissoia.
- fîg. 2 e), même les débris de toutes sortes colorés de rose, de jaune pâle et de violet seront utilisés après limage pour imiter les plus petites parties des Heurs, tandis que les coquilles uni-valves en spirales (Nassa incrustata fîg. 2 h, Ne-rites, etc.) formeront la plupart des boutons.
- Pour imiter les Heurs colorées, on pourra teindre les coquilles à l’aide de couleurs d’aquarelle, dissoutes dans un mucilage gommeux, mais il vaudra mieux employer dans ce but les coquilles exotiques, et nous citerons entre autres Tune d’elles qui vient des Antilles et d’une coloration rose-carminé du plus charmant effet
- (Strigilla Canaria fig. 2 f) ; c’est un bivalve ayant assez d’analogie de forme avec les clovisses ou les coques ; ces valves forment les pétales des roses, des églantines, etc.
- Notre figure 3 montre le mode de confection de diverses fleurs, telles que marguerites, bruyères, etc. Au cours de notre petite enquête, on nous a montré un procédé de décoration des coquilles blanches qui mérite une mention spéciale : il s’a-| gissait d’imiter les veinules roses qu’on remarque à la base des pétales de certaines variétés de géraniums ; l’habile fleuriste s'était servi dans ce but d’une decesjoliesmousses marine? (lePlocamium vulgare),
- Fig. 3. — Mode de confection de diverses fleurs eu coquillages. — 1. Marguerite des près (anatifes limés) et un bouton (escargot de mer). —. 2. Oreilles d’ours (Corne, calyptrée et opercule de bigorneau). — Chèvrefeuille (Corne, anatifes, petites valves et lance), bouton (Corne et escargot de mer). — Bruyères (Brin de soie à frangette et Rissoias).
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- d’un beau rose-carminé qu’on trouve dans les grèves rocheuses de la Manche : étalées sur les valves blanches de l’Anatife et fixées avec un peu d’eau gommée, les délicates ramilles de la mousse imitaient parfaitement les réseaux de la plante : or les échantillons qu’on nous montrait avaient été exécutés bien avant la guerre de 1870 et avaient une telle fraîcheur qu’on eût dit qu’ils venaient d’ètre terminés. Ce dernier détail ne marque-t-il pas tout l’intérêt que présentent ces petites lîeurettes si délicates, si fragiles et qui résistent cependant sans peine aux atteintes du temps? H. Foürtieu.
- LE CLIMAT DE BRÉCOURT
- (manche)
- Dans une série d’articles sur les instruments qui servent aux observations météorologiques *, M. Gaston Tis-sandier a présenté aux lecteurs de La Nature les appareils en fonction à l'Observatoire météorologique fondé par M. Hervé Mangon, en 1868, dans sa propriété de Brécourt (Manche). Cette station dépend de la commune de Sainte-Marie-du-Mont; elle est située à l’altitude de 35 mètres, vers le sud-est de la presqu’île du Cotentin, à 4 kilomètres à l’ouest de la baie de Carentan, dans la région si justement renommée par ses riches pâturages, qui couvrent la plus grande partie du sol. Les vingt années d’observations recueillies jusqu’ici dans d’excellentes conditions d’installation, avec des instruments précis dont un grand nombre ont été imaginés ou perfectionnés par M. Hervé Mangon lui-même, constituent une des meilleures séries que nous ayons en France * ; elles contribueront, avec celles de M. Marchand à Fécarnp, de M. Reiset près de Dieppe, de M. l’abbé Lebreton à Sainte-Honorine-du-Fay, à fixer les particularités climatériques du littoral de la Manche.
- Le climat de Brécourt est remarquable par sa douceur et sa régularité ; il est extrêmement rare que la température moyenne d’un mois d’hiver s’abaisse au-dessous de 0° ; ce fait ne s’est produit qu’une seule fois pendant les vingt dernières années, en décembre 1879. Des figuiers très âgés témoignent de la rareté des hivers rigoureux ; les figues sont bonnes et mûrissent tous les ans. Mais les chaleurs de l’été sont tempérées par le voisinage de la mer, et le raisin, même sur les espaliers les mieux exposés, arrive très rarement à maturité, et n’est jamais de très bonne qualité.
- On y compte en moyenne, par hiver, quarante-cinq jours de gelée, dont les deux tiers correspondent à des froids qui n’atteignent pas 2° au-dessous de zéro. Pendant l’hiver si rude de 1879-1880, la gelée a été constatée soixante-huit fois, chiffre tout à fait exceptionnel; par contre, dans certains hivers, comme celui de 1884-1885, le thermomètre n’accuse que dix-huit jours où la température descende au-dessous du point de congélation de l’eau.
- Les fortes chaleurs en été sont aussi rares que les grands froids en hiver sur le littoral de la Manche. La température moyenne de juillet et. d’août dépasse rarement
- 1 Voy.n0,114,115,119,128,130 et 136 :annéesl875et1876. 3 Résumé des observations météorologiques faites 'par M. Hervé Mangon à Brécourt (Manche) de 1868 à 1889; par M. Th. Mouremjx. 1 vol.. in-4°. — Paris, Gauthicr-Yillars et lils, 1891.
- 18° à Brécourt, même dans les étés les plus chauds. Trois fois seulement en vingt ans, le maximum absolu de l’été a dépassé 30°; la plus forte température constatée pendant cette série a été de 31°,2 le 2 juillet 1874. La moyenne annuelle des vingt années est de 9°,6, chiffre qui paraîtra peut-être un peu faible, mais qui présente pourtant toute garantie d’exactitude. Cette particularité qu’une grande étendue de pays autour de la station est couverte d’herbages, doit intervenir dans les conditions qui déterminent la vraie température de l’air, et concourir, toutes choses égales d’ailleurs, à donner des indications plus dégagées des causes d’erreur qu’au milieu d’un sol en culture ou dans l’intérieur d’une ville : la température est beaucoup moins élevée dans les forêts vierges de l’Amérique du Sud que dans les sables du Sahara, à latitude égale.
- Les pluies, comme sur toute la côte, sont fréquentes à Brécourt, surtout pendant la saison froide; elles se répartissent sur deux cents jours en moyenne par an. La hauteur totale annuelle d’eau tombée est de 844 millimètres, d’après la moyenne des vingt années ; elle peut dépasser 1 mètre comme en 1872, ou rester inférieure à 700 millimètres comme en 1874. Les pluies les plus fortes et les plus prolongées se produisent pendant les mois d’automne, et particulièrement en octobre; la saison chaude est généralement belle. Par la répartition de la pluie dans le cours de l’année, Brécourt appartient au régime V de M. Rau-lin, lequel est caractérisé par un printemps et un été un peu secs, et un automne très pluvieux. Les pluies d’été, quoique relativement faibles, sont encore assez abondantes pour assurer aux herbages la fraîcheur qui leur est nécessaire.
- En raison de la nature humide du sol, de la pluviosité, et du voisinage de la mer, l’air n’est jamais bien sec à Brécourt; l’état hygrométrique moyen est de -0,78 à 1 heure du soir, la saturation étant représentée par 1.
- Les observations de Brécourt portent en outre sur les autres éléments météorologiques, la pression barométrique, le vent, la température du sol et des eaux, les radiations solaires, etc. Ces données, non moins importantes, mais peut-être un peu spéciales pour être traitées ici, sont publiées dans les Annales du Bureau central météorologique, ainsi qu’une Note de grand intérêt, œuvre posthume de M. Hervé Mangon, sur la vitesse du vent à Paris.
- La précieuse et déjà longue série des observations de Brécourt n’a pas été interrompue par la mort de M. Hervé Mangon. Mme Mangon a voulu que l’œuvre de prédilection de son mari lui survécût, et elle a pris des dispositions pour en assurer la continuation avec le même soin que par le passé. Th. Moureaux.
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- CHRONIQUE
- h’éclairage électrique des grands boulevards à Paris. — Tout le monde a pu apprécier l’éclairage électrique des grands boulevards à Paris. Depuis 1888, cet éclairage n’avait été établi que d'une façon provisoire. Le Conseil municipal de Paris, dans sa séance du 30 avril, a accordé une concession de dix ans aux diverses sociétés électriques qui exploitent cet éclairage. Le prix convenu est de 57 centimes par lampe-heure à arc de 15 ampères et de 40 centimes par lampe-heure de 10 ampères. L’éclairage au gaz de toute la partie de la voie publique revenait à 121 000 franes par ah; car le gaz n’était payé par la ville de Paris que 15 centimes
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- LA NATURE.
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- le mètre cube. L’éclairage électrique coûtera 548000 francs; mais la quantité de lumière sera cinq fois plus considérable en certains points, et dix fois plus en d’autres. Il s’agit là d’une intéressante application que nous enregistrons avec plaisir.
- Un nouveau distributeur automatique. — La
- collection des distributeurs automatiques vient de s’enrichir d’un nouveau type dont les services seront rapidement appréciés, et qui a été établi à titre d’essai en une dizaine de points de la ville de Londres. Il s’agit d’un distributeur automatique de timbres-poste, de très petites dimensions, puisqu’il a seulement 50 centimètres de hauteur, 17 centimètres de largeur et 10 centimètres d’épaisseur. En mettant une pièce de dix centimes dans une fente ménagée dans ce but sur l’appareil, un déclenchement se produit, et libère un bouton qu’il suffit de tirer et de repousser à nouveau pour obtenir un timbre-poste enfermé dans une enveloppe qui renferme en outre un petit carnet à couverture rouge. Les pages de ce carnet sont alternativement blanches et couvertes d’annonces, et d’utiles renseignements postaux. Comme ces distributeurs sont installés près des boîtes aux lettres, on à, par eux, le moyen de jeter un mot à la poste à toute heure du jour et de la nuit, et de le mettre immédiatement à la boîte sans être obligé de se livrer à une série d’achats de papier, enveloppe, et timbre-poste. Comme particularité nouvelle de ce distributeur, nous signalerons le fait que l’introduction d’un disque de fer ayant les mêmes dimensions qu'un penny ne fait pas fonctionner l’appareil, et qu’un disque de plomb de mêmes dimensions se trouve tordu sans faire sortir l’enveloppe renfermant le timbre-poste. Toutes les tentatives faites pour empêcher l’appareil de fonctionner, ont échoué, mais il ne faut pas désespérer de l’habileté des faussaires qui trouveront bien un alliage mécaniquement plus résistant que le plomb, et non magnétique comme l’est le fer, pour obtenir des timbres-poste de valeur marchande au prix nominal du jeton.
- Ues serpents domestiques. — Les rats se sont tellement multipliés au Brésil qu’on y élève une espèce spéciale de serpents qui ont pour mission de les détruire. Le serpent domestique brésilien n’est autre que la Giboia, une espèce de petit boa qui ne dépasse guère 4 mètres de long, mais atteint à peine la grosseur du bras. La Giboia se vend 5 à 6 francs la pièce sur les marchés de Rio-Janeiro, Pernambuco, Bahia, etc. Absolument inoffensif et d’allures paresseuses, ce serpent passe toute la journée endormi au pied de l’escalier de la maison, dai-^ gnant à peine lever la tête quand un visiteur arrive ou qu’un bruit inaccoutumé se fait entendre dans le vestibule. A l’entrée de la nuit, la Giboia se met en chasse, se glissant, pénétrant partout, même entre les plafonds et les planchers. S’élançant avec la rapidité d’un ressort brusquement détendu, elle saisit les rats à la nuque, leur brisant les vertèbres cervicales. Comme les serpents mangent rarement, même quand ils sont en liberté, la Giboia tue pour le plaisir de tuer. Elle s’accoutume si bien à la maison de son maître que, si on l’emporte au loin, elle s’échappe et sait regagner son domicile. Chaque maison, dans les provinces les plus chaudes où les rats pullulent, possède sa Giboia, immeuble par destination, et dont le propriétaire sait vanter les qualités quand il veut vendre ou louer son domaine.
- Ballon captif à Moscou. — L’aérostation civile et militaire est très eu faveur en Russie depuis quelques
- années ; on ne sera pas surpris d’apprendre que, pendant la durée de l’Exposition de Moscou, un aérostat captif fonctionnera dans celte ville. C’est le ballon captif construit et exploité l’an dernier par M. H. Lachambre au Trocadéro, à Paris, qui fonctionnera en Russie. Ce bel aérostat, en soie de Chine, fait route en ce moment avec tout son matériel, machine, treuil, câble, etc., pour l’Exposition française de Moscou. Son installation aura lieu le 1er juin prochain.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 11 mai 1891. — Présidence de M. Duchartre.
- Nouveau feldspath. — Un savant distingué de Saint-Pétersbourg, M. K. de Kronstchoff, adresse par l’intermédiaire de M.Fouqué la description d’un nouveau feldspath triclinique dont la composition est analogue à celle de l'oligoklase, mais qui se distingue, paraît-il, par des particularités spéciales. L’auteur saisit l’occasion de sa Note pour apporter son acquiescement à la théorie de M. Tscher-mak d’après qui l’albite et l’anorthite existeraient seuls comme feldspaths tricliniques définis, les autres n’étant que des mélanges physiques de l’un avec l’autre. A l’occasion de ce travail, M. Fouqué revient avec beaucoup de raison, à notre sens, sur les objections qu’il a déjà opposées à la manière de voir du minéralogiste autrichien. Les principales reposent sur ce fait que les soi-disant mélanges de Tschermak ne jouissent pas en général des propriétés moyennes entre celles de leurs constituants. C’est ainsi que la réfringence de l’albite et de l’anorthite est notablement supérieure à celle des feldspaths de composition intermédiaire; c’est encore ainsi que la plupart des feldspaths sont beaucoup plus fusibles que l’albite et que l’anorthite, ce qui est évidemment incompréhensible dans la théorie examinée.
- Géologie pyrénéenne. — C’est avec les termes de l’admiration la plus entière que M. Fouqué présente aussi un travail de M. Roussel sur la constitution de la chaîne des Pyrénées entre la Garonne et la Méditerranée. Il consiste non seulement en une carte de la région dont il s’agit, mais encore en plus de cinquante coupes transversales de tout le massif. C’est une œuvre colossale d’autant plus digne d’attention que son auteur, simple professeur du collège communal de Figeac, est absolument dépourvu de tout moyen de travail. M. Fouqué le recommande de la manière la plus chaleureuse à la sollicitude de l’Académie.
- Un nouveau pli couché. — Sous le nom de plis couchés, M. Marcel Bertrand a signalé des renversements remarquables de stratification qu’il a étudiés en plusieurs points du midi de la France. Ce géologue décrit aujourd’hui un nouvel accident du même genre qu’il a découvert avec M. Ph. Zurcher dans le voisinage de Toulon. Il s’agit d'une superposition anormale d’un lambeau de schistes précambrien à du terrain permien qui recouvre lui-même du muschelkalk et du grès bigarré. Le tunnel de l’Egouticr qui vient d’être percé au travers de la masse, a permis d’en préciser tous les détails.
- Histoire de la silice. — J’ai déjà montré que l’acide sulfurique fumant agissant sur du silicate de soude sirupeux au travers d’une paroi poreuse, en retire de la silice ayant les propriétés de l’hyalite et de l’opale sphérulitique. De nouvelles expériences me montrent qu’en plaçant l’appareil dans un bain de sable chauffé à 450 degrés envi-
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- ron, on obtient un produit où la silice hydratée est mélangée d’une forte proportion de silice insoluble dans les lessives alcalines, même concentrées et bouillantes et rayant le verre à la manière du quartz.
- Nitrification de la terre arable. — Il est très remarquable que les cultures artificielles du microbe nitrifica-teur ne donnent jamais que des nitrites et non point des nitrates. M. Muntz, recherchant comment la transformation se fait dans le sol arable, repousse d’abord l’hypothèse d’un second ferment. Il fait voir ensuite que si l’acide carbonique, agissant seul, élimine seulement de l’acide nitreux, au contraire, un mélange d’acide carbonique et d’oxygène détermine la production du nili»ate.
- L'ennemi du ver blanc. — Le cryptogame déjà signalé par M. Le Moult comme s’attaquant à la larve du hanneton, vient d’ètre soumis par MM. Prillieux et Delacroix à une étude botanique complète. Ces observateurs y reconnaissent un végétal très voisin de celui qui produit la muscardine du ver à soie, et ils le désignent sous le nom de Bo-trylis tenella. Ayant arrosé avec un liquide de culture des pots contenant des vers blancs, ils ont constaté que ceux-ci, au bout de peu de jours, étaient tous attaqués de la manière la plus grave et succombaient bientôt.
- M. Edmond Becquerel.
- — On donne de mauvaises nouvelles de la santé de M. Edmond Becquerel1.
- Varia.—M. Vaillant donne lecture d’un Mémoire sur les zones littorales. — Les Clusia continuent à occuper M. Yesque.—L’histoire des bâtonnets chromatiques renfermés dans le noyau des cellules végétales reçoit, de la part de M. Guignard, des perfectionnements très notables. — Un beau volume de M, Filhol sur les mammifères fossiles de Sansan est présenté par M. Alph. Milne-Edwards qui signale spécialement l’identification démontrée par l’auteur entre le Macrotherium et le Calicho-terium. — D’après M. Bechard, l’eau oxygénée fait passer l’acide paratungstique à l’état d’un acide hypertungstique qui n’avait pas encore été décrit. — La mesure graphique des pressions dans les armes à feu, est très ingénieusement obtenue par M. V ieille. Stanislas Meunier.
- UNE ANCIENNE MACHINE ÉLÉYATOIRE
- En Égypte et dans un certain nombre de contrées où l’irrigation a été pratiquée sur une plus ou moins
- 1 Au moment de mettre sous presse nous apprenons avec une vive douleur la mort du savant physicien qui laisse un grand vide dans la science française. Nous rendrons hommage à sa mémoire dans notre prochaine livraison.
- vaste échelle, l’ingéniosité des habitants s’est appliquée pendant des siècles à combiner des systèmes de toute espèce pour l’élévation des eaux. Quelques-uns de ces systèmes sont d’une simplicité qui confine à la naïveté; d’autres, au contraire, font preuve d’une science et d’un esprit inventif dignes du siècle actuel. En réalité, c'est un fait bien connu que la plupart des appareils primitifs n’ont reçu, dans la suite des siècles, que des perfectionnements ou des changements insignifiants. Parmi ces antiques systèmes, le identifie American en décrit un non moins inconnu qu’ingénieux, et que, pour cette raison, il nous semble intéressant de présenter aux lecteurs de La Nature. C’est l’élévateur d’eau pendule que représente la figure ci-contre. L’appareil
- encore employé dans les Indes, se compose, en principe, de deux séries de gouttières en bois disposées de chaque côté d’un bâti triangulaire oscillant autour d’un axe horizontal. Les deux séries de gouttières sont montées en zigzag, et alternées, de telle façon que lorsque la partie inférieure d’une des gouttières plonge dans l’eau qu’il s’agit d’élever, l’autre gouttière se vide dans celle qui est au-dessus, un clapet battant retenant l’eau qui tendrait à s’échapper de la gouttière dans laquelle elle vient de s’engager pendant le mouvement en sens contraire. Par ce procédé, lorsque l’on imprime un mouvement d’oscillation au système à l’aide de deux hommes tirant alternativement sur deux cordes attachées à la partie inférieure du pendule, l’eau avance de gouttière en gouttière, en s’élevant à chaque oscillation, jusqu’à ce qu’elle se déverse au sommet du pendule oscillant, dans un canal disposé pour la recevoir.
- Sans prétendre que le rendement d’un appareil hydraulique semblable soit très élevé, et ce rendement ne saurait l’être, à cause des changements de vitesse subis par le fluide dans son mouvement al ter-natif ascensionnel, il n’en est pas moins vrai que le système est original, et témoigne d’une véritable science hydraulique de la part de l’inventeur dont le nom ne s’est pas perpétué jusqu’à nous.
- X..., ingénieur.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- Ancien élévateur d’eau pendulaire.
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- N° 938. — 23 MAI 1891
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- ; '"VllOTHifug
- EDMOND BECQUEREL
- On ne saurait retracer l’existence si bien remplie d’Alexandre-Edmond Becquerel, ni résumer sa longue et belle carrière, sans remonter à son illustre père, Antoine-César Becquerel, que l’on peut considérer comme le fondateur d’une dynastie scientifique, puisque nous comptons encore aujourd’hui parmi nos physiciens les plus distingués, M. Henri Becquerel, le fils de celui que la mort a récemment enlevé à ses travaux.
- La Physique a les Becquerel, comme les Sciences Naturelles ont les Jussieu et les Milne-Edwards ; beaux exemples d’hérédité dans ces familles privilégiées, où les qualités de l’intelligence sont vivifiées de père en fils par l’amour du travail et de la vérité.
- Edmond Becquerel, né a Paris, le 24 mars 1820, était le second fils d’Antoine-César Becquerel, l’immortel créateur de l’Electrochimie qui, après être sorti de l’École polytechnique en 1808, après avoir fait comme officier du génie la guerre d’Espagne et la campagne de France en 1814, fut élu membre de l’Académie des sciences le 20 avril 1829 C Edmond Becquerel, dès sa première enfance, reçut l’éducation scientifique la plus soignée. Il fut admis à l’École normale en 1837 et à l’École polytechnique en 1838.
- La même année, le jeune et studieux élève, devenait aide du Cours de physique appliquée, que celui qui était tout à la fois son père et son maître, professait au Muséum d’histoire naturelle à Paris.
- Il suffira d’énumérer les titres successifs que sut obtenir Edmond Becquerel, pour donner une idée de son assiduité et de sa persévérance.
- Docteur ès sciences en 1840, il ne tarde pas à faire comme suppléant le Cours de physique à la Faculté de Paris (1844). En 1850,on le voit obtenir aucon-cours, la chaire de physique et de météorologie à l’Institut agronomique de Versailles. Après la suppression de cet établissement en 1852, Edmond Becquerel, le 30 décembre de la même année, est nommé professeur de physique appliquée au Conser-
- 1 Voy. Notice nécrologique de A.-C. Becquerel : n° 248, du 2 mars 1878, p. 209. ,
- 19® année. — semestre.
- vatoire des arts et métiers. Le 18 mai 1863, il est élu dans la section de physique, membre de l’Académie des sciences ; depuis 1838, l’infatigable travailleur n’avait cessé de publier de nombreux Mémoires dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences, les Annales de chimie et de physique, la Bibliothèque universelle de Genève, les Annales de l'Institut agronomique, les Annales du Muséum, les Annales du Conservatoire des arts et métiers. Ces Mémoires, très étudiés et souvent d’une importance capitale, sont relatifs à l’électricité, au magnétisme, à l’optique et à la météorologie.
- Parmi les recherches d’Edmond Becquerel sur l’électricité, on doit citer en première ligne celles qu’il a exécutées sur les lois de décompositions électrochimiques des corps, sur le dégagement de la chaleur par suite du passage de l’électricité dans les circuits, sur le dégagement de l'électricité par actions mécaniques, physiques et chimiques sur les propriétés des corps électrisés.
- Le savant physicien a étudié particulièrement, de 1849 à 1855, l’action du magnétisme sur tous les corps, il a montré l’action des milieux environnants pour expliquer le diamagnétisme dans les solides, les liquides et les gaz. Il a découvert que l’oxygène était magnétique, et est par rapport aux autres gaz comme le fer aux autres métaux. L’observation de ce fait d’un grand intérêt, l’a conduit à démontrer l’intervention de l’atmosphère sur le magnétisme terrestre.
- Les recherches optiques d’Edmond Becquerel ont porté sur la constitution du spectre solaire et sur l’action chimique de la lumière. L’habile expérimentateur a reconnu que certains rayons n’agissent qu’après un commencement d’impression sous d’autres rayons ; il a étudié le développement de l’électricité dû aux actions chimiques, et s’est trouvé conduit à construire l’actinomètre électro-chimique agissant de la même manière pour la lumière, que la pile thermo-électrique pour la chaleur.
- C’est en 1848 que Becquerel découvrit une matière chimiquement sensible dont on a beaucoup parlé dans ces derniers temps à propos des expériences de M. Lippmann, le sous-chlorure d’argent conservant l’impression des rayons colorés, et qui a
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- Edmond Becquerel, né à Paris, le 24 mars 1820, mort à Paris le 11 mai 1891 (D’après une photographie de M. A. Liébert.)
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- LA NATURE'.
- permis de fixer pour la première fois par la photographie les spectres solaires avec toutes leurs couleurs. Les images s’altèrent lentement à la lumière, mais se conservent indéfiniment dans l’obscurité.
- Edmond Becquerel a étudié dans plusieurs Mémoires les effets lumineux qui résultent de l’influence de la lumière sur les corps, et en vertu desquels ces corps ont la propriété de devenir sources de lumière. Ses travaux sur les corps phosphorescents resteront parmi les plus remarquables de notre époque. Observateur des plus rigoureux, le savant physicien a construit le phosphoroscope qui permet de mesurer la durée de la phosphorescence. Cet instrument a permis d’aborder en optique des questions analogues à celles qui règlent, dans la chaleur, le refroidissement et les quantités de chaleur émises ou absorbées par les corps. L’étude spectrale des lueurs émises par phosphorescence, a conduit à une analijse spectrale toute nouvelle -donnant les résultats les plus inattendus et les plus importants, sans détruire les corps soumis à l’expérience.
- '* Outre ses Mémoires scientifiques dont nous n’énumérons ici que les plus importants, Edmond Becquerel a écrit de nombreux ouvrages ; nous citerons notamment celui qu’il a publié sous le titre : La lumière, ses causes et ses effets, en 2 volumes in-80, et ceux qu’il a élaborés conjointement avec son père : Traité de physique terrestre et météorologie (1 vol., 1847), Traité d'électricité et magnétisme (2 vol., 1855, 1856), Précis d'histoire de /’électricité et du magnétisme (1 vol., 1858).
- - Professeur très méthodique, Edmond Becquerel a rendu les plus importants services à l’enseignement; ses cours du Muséum d’histoire naturelle et du Conservatoire des arts et métiers ont contribué à l’instruction de plusieurs générations de travailleurs. Opérateur minutieux, orateur très précisai savait captiver l’attention de son auditoire, et le séduire par l’éclat de ses expériences ; — comme homme, Edmond Becquerel se montrait avec tous d’une rare courtoisie, et d’une affabilité peu commune; il avait, au plus haut degré, le respect de la vérité et le culte de la famille.
- Edmond Becquerel, à la suite d’une carrière si laborieuse, d’une vie de travail si brillante par l’importance des recherches et des découvertes, avait été successivement nommé membre de l’Institut, professeur au Conservatoire des arts et métiers, membre de la Société centrale d’agriculture de France, président honoraire de la Société d’encouragement, membre de l’Académie royale de Londres, commandeur de la Légion d’honneur. Il avait certes bien mérité tous ces honneurs, mais il avait su conquérir, par son caractère élevé et la noblesse de ses sentiments, ce qui vaut plus encore que les récompenses : l’estime et l’affection de ses contemporains. Le jour des obsèques d’Edmond Becquerel, on voyait des larmes sincères mouiller les yeux des membres de sa famille et de ses amis. Gaston Tissandieu.
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- LES PHOQUES DE LA 1ER DE BEHRING
- On sait qu’actuellement un conflit s’est élevé entre l’Angleterre et la Confédération américaine sur le monopole que voudraient sè garder les Américains de la chasse (oh appelle cela improprement des pêcheries) des phoques à fourrures de ces parages. Cette industrie spéciale s’est localisée dans l’archipel des Phoques ou de PribylofT, au nord-est et tout près des îles Aléoutiennes, que les États-Unis ont achetées en même temps que l’Alaska aux Russes moyennant une indemnité de 37 millions.
- Pendant les mois d’été, de juin à octobre inclusivement, les phoques viennent s’établir sur les plages des îles Saint-Paul et Saint-Georges, pour que les femelles puissent mettre bas et commencer à élever leurs petits; mais, après octobre, ces animaux regagnent la haute mer. C’est là que prétendent les poursuivre les pêcheurs de la Colombie britannique, massacrant le plus possible, sans distinction d’âge ni de'sexe, tandis que le Gouvernement américain prend toutes précautions pour préserver cette espèce si précieuse. Au siècle dernier il ne restait plus que des animaux isolés ; mais, grâce aux restrictions exercées et à une surveillance continue, à une exploitation modérée, chaque année voit arriver aux îles PribylofT un immense troupeau de 4 millions et demi à 5 millions de phoques à fourrures. Nous ne voulons point décrire la chasse aux phoques, dont La Rature a parlé, mais simplement dire l’importance pécuniaire de cette chasse.
- Les 2 millions de femelles mettent bas à chaque campagne environ 1 500 000 jeunes ; la seconde année il n’en survit que 700 000 à peine, qui comprennent environ 350 000 mâles, et comme le phoque est polygame, il reste au merins 200 000 célibataires (c’est le nom qu’on leur donne), qui n’ont aucune utilité pour la continuation de l’espèce. On pourrait donc en sacrifier 200 000 par an; mais, par un excès de précautions, on ne permet d’en tuer que 100 000 annuellement. Cette permission est accordée à la Compagnie qui a la concession de l’exploitation des fourrures de l’Alaska, ainsi que des îles russes de Behring et du Cuivre. Elle paye une redevance annuelle de 1500 000 francs au Gouvernement américain, moyennant quoi elle a le droit de venir établir son exploitation d’été à Saint-Paul et à Saint-Georges, et de recueillir les 100 000 fourrures des animaux qu’elle fera tuer (et même leur huile, si on ne préfère laisser pourrir leurs corps sur les îles). Qu’on juge de l’importance de cette industrie : non seulement elle fait vivre la plus grande partie de la population des îles Aléoutiennes, qui vient s’établir dans le petit archipel pendant l’été, chaque homme employé recevant 2 roubles par peau et, en outre, des vivres en nature; mais encore ce sont les PribylofT qui fournissent les 5/6 de toutes les fourrures de phoques que. l’on met en œuvre sur le globe ; on n’en trouve que très peu dans les îles Crozet (océan Indien), dans les New-Shetland et les Falkland. Enfin la Compagnie ^Ile-même, y gagne de jolis bénéfices : on calcule qu'elle tire de ses ventes environ 4 millions et demi chaque année.
- Le Gouvernement est donc intéressé à garder pour lui cette source de richesse, non seulement pour les citoyens de la Confédération, mais encore dans l’intérêt du Trésor lui-même : depuis 1870 que cette chasse est affermée a la Compagnie fermière, celle-ci a versé 30 millions, ce qui paye presque entièrement la somme-qhe les JÉItàts-Unis avaient dû verser pour entrer en possession <fe l’Alaska et des Aléoutiennes. D. Bellet.
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- L’ALUMINIUM1
- Avant de continuer l’étude de l’aluminium, nous désirons dire quelques mots de l’usine de Froges. Celte usine est actuellement moins importante que celle de Neuhausen; située sur le ruisseau des Adrets, à 20 kilomètres de Grenoble, elle dispose d’une puissance de 800 chevaux; elle possède deux turbines de 500 chevaux actionnant deux dynamos de 6000 ampères et 15 volts, et une turbine de 100 chevaux pour l’excitatrice de 500 ampères et 65 volts. C’est, on le voit, exactement le même arrangement qu’à Neuhausen, dans des proportions réduites; les machines sont du même système et ont été fournies par la même maison. La figure 1 représente la grande salle des creusets à l’usine de Froges. La figure 2 donne l’aspect de l’atelier où se fabriquent les alliages de l’aluminium. Ce sont ces alliages dont nous allons à présent étudier spécialement les propriétés.
- Jusqu’à ces derniers temps, on n’a guère demandé à l’aluminium que la légèreté, surtout pour la construction de parties mobiles d’appareils délicats ; son prix permettant aujourd’hui de l’employer à une foule d’autres usages, on cherche en outre à constituer des alliages à haute teneur, très légers, et cependant suffisamment rigides ; c’est là le point de départ d’essais importants, au premier rang desquels nous trouvons ceux de M. le capitaine Jullien, collaborateur de M. le commandant Renard, et qui, en raison de sa position dans l’aérostation militaire, devait être un des premiers à s’en occuper. Les alliages à petite dose d’aluminium sont plus anciennement connus; cependant on a dépassé couramment, dans ces derniers temps, les teneurs anciennes, et la plus grande pureté du métal employé depuis quelques mois leur-communique des propriétés plus nettes. Nous nous arrêterons plus longuement sur cette partie de notre sujet. L’aluminium pur et coulé se rompt sous une charge de 10 à 12 kilogrammes par millimètre carré ; laminé ou tréfilé, il arrive à une ténacité de 20, 25 et même 27 kilogrammes, avec un allongement de 3 à 4 pour 100; recuit, il retombe à sa première charge de rupture, cependant avec un allongement très supérieur à celui du métal coulé ; la ténacité diminue rapidement lorsque la température s’élève.
- L’addition d’un peu de cuivre ou d’argent augmente, comme on devait s’y attendre, la dureté et la ténacité du métal, tout en diminuant sa malléabilité; uu-dessus de 8 pour'100 de cuivre, il est presque impossible de le laminer; mais, jusqu’à cette proportion, on obtient un bon métal, dont les qualités varient d’une manière continue dans le sens prévu. Pour l’argent, on peut dépasser cette limite; cependant, les alliages à 5 et 10 pour 100 d’argent, tout en étant d’assez bons métaux, ne paraissent pas devoir donner tout ce qu’on en attendait. •
- 1 Suite et fin. — Yoy. n° 954, du 25 avril 1891, p! 551.
- L’alliage s’oxyde rapidement et, à moins de découvertes imprévues, il restera impropre aux usages auxquels on le croyait spécialement destiné, comme, par exemple, la construction de certains appareils de précision, cercles divisés, sextants, etc. 11 faut cependant réserver le cas de nouvelles recherches dans ce domaine, car diverses propriétés des alliages d aluminium ont été profondément modifiées par l’emploi d’un métal de plus en plus exempt de silicium et de fer. La présence de ces derniers est parfois favorable, le plus souvent mauvaise. Les essais industriels sur du métal très pur ne sont pas encore suffisamment avancés.
- Les essais de ténacité exécutés par M. le capitaine Jullien ont donné les résultats suivants :
- Alliage aluminium-cuivre.
- à 0 pour 100 de cuivre, à 2 — —
- à 4 — —
- à 0 — —
- à 8 — —
- Résistance à la rupture par millimètre carre. 18k«,7 30»*, 7 51kyt 38k*,6 59‘s,5
- L’allongement à la rupture était, pour tous ces alliages (laminés) d’environ 3 pour 100. Certains essais avec l’alliage à 6 pour 100 ont donné des charges de rupture dépassant 40 kilogrammes. Ce métal est très peu altérable ; sa densité est très voisine de 3. C’est peut-être là, sauf quelques applications particulières, le métal léger de l’avenir; il offre, en effet, à volume égal, une ténacité presque double de celle de l’aluminium pur, avec une densité très peu supérieure; il est plus dur, plus facile à travailler au tour; la petite quantité de cuivre qu’il contient n’altère aucunement sa, couleur. Il est aisé de calculer qu’un fil de cet alliage, de diamètre uniforme, suspendu verticalement, supporte 13 kilomètres de son propre poids. N’est-ce point le métal idéal pour établir la communication entre un aérostat et la terre?
- Si nous voulions énumérer tous les usages auxquels ce métal se prête, notre étude dégénérerait promptement en une sèche nomenclature. Il a trouvé un emploi immédiat dans la confection des clefs que, certainement, bien des personnes eussent désiré pouvoir alléger ; rien n’est plus facile aujourd’hui, et les clefs brutes en aluminium-cuivre se trouvent déjà dans le commerce. Nous avons vu aussi un modèle de casque de ce métal ; il est joli, léger, et, sous une faible épaisseur, très suffisamment résistant à la pression; mais nous craignons fort que la déformation de 3 pour 100 à la rupture ne soit pas suffisante pour que le métal supporte, sans se partager, un choc violent tel qu’un coup de sabre. On préconise aussi cet alliage pour la fabrication des petites armes à feu, et nous avons vu un fusil Flo-bert en aluminium, d’une légèreté extraordinaire; là encore, croyons-nous, on a fait fausse route ; les tireurs exercés savent fort bien qu’on ne fait pas de bon tir avec une arme trop légère; un fusil léger est trop impressionnable; il obéit trop rapidement à tous les mouvements involontaires du tireur. Nous
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- ne parlons pas, bien entendu, des armes de guerre, pour lesquelles la ténacité de l’aluminium-cuivrc serait tout à fait insuffisante.
- Mais il est une application à laquelle cet alliage conviendrait particulièrement bien : nous voulons parler de la monnaie de billon. Chacun se plaint de la monnaie de cuivre, dont le moindré défaut est d’être malpropre. Si, cependant, on n’a pas jugé à propos de la changer, c’est que, en réalité, on n’avait guère mieux à mettre à la place.
- Les pièces belges, la très jolie monnaie suisse, sont certainement beaucoup plus agréables à manier; mais ces dernières surtout ont le défaut de ressembler tellement aux pièces d’argent qu’il peut y avoir
- confusion si l’on n’y prend pas garde ; elles ne conviennent pas, croyons-nous, au commerce des grandes villes où l’on perdrait un temps précieux si l’on était obligé d’examiner pièce à pièce la petite monnaie; autant que possible, les pièces de billon doivent se reconnaître au toucher, et c’est pour cela que l’on avait proposé, en France, de frapper des pièces de nickel percées ou à pans. Les alliages légers d’aluminium sont particulièrement désignés pour donner une solution de cette importante question. L’Etat ne consentirait pas, sans aucun doute, à échanger sa monnaie contre une autre de fabrication sensiblement plus coûteuse1 ; c’est dire que l’application dont nous parlons est encore un peu
- prématurée; mais, comme nous l’avons dit en commençant, tout fait espérer que, dans peu de temps, l’aluminium sera, à volume égal, à peine plus cher que le cuivre ;. il ferait une monnaie extrêmement propre, et dont la légèreté serait un grand avantage. Qui sait si ce n’est pas de ce côté que l’on trouvera la possibilité d’une entente internationale pour la monnaie de billon?
- Nous ne quitterons pas la question de l’aluminium pur et des alliages légers, sans faire remarquer que, en raison de leur ténacité aussi grande que celle du cuivre et leur conductibilité suffisante, les fils d’aluminium, qui auraient un moindre poids à porter, conviendraient bien à certaines lignes télégraphiques ou téléphoniques, en permettant d’espacer davantage les poteaux. Lesehifl'res donnés plus haut
- montrent immédiatement que l’on a une même résistance électrique avec un fil d’aluminium deux fois plus léger qu’un fil de cuivre de même longueur. Dans les dynamos légères, pour l’aérostation en particulier, l’aluminium trouve naturellement son emploi.
- En Allemagne, on recommande beaucoup l’emploi de l’aluminium pour l’importante confection des cruches à bière, parce que, dit un rapport officiel, les vases en verre sont sujets à altérer cette boisson, et les cruches en argent doré sont généralement trop coûteuses.
- 1 La pièce de deux sous pèse 10 grammes, et contient pour moins de 2 centimes de matière. Une pièce de même volume en aluminium pèserait moins de 3 grammes; actuellement, elle vaudrait encore près de 6 centimes.
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- Bronzes et laitons. — Quoi qu’en disent quelques fanatiques, les propriétés mécaniques de l’acier n’ont encore été surpassées par celles d’aucun métal ; on fabrique couramment aujourd’hui les fils d’acier ayant un coefficient de rupture de 250 kilogrammes par millimètre carré; les bronzes d’aluminium n’approchent pas encore de ce métal extraordinaire; mais certains d’entre eux dépassent les aciers de qualité moyenne; ils ont sur eux l’avantage d’une altérabilité infiniment moindre; elle est moindre aussi que celle de tout alliage similaire ne contenant pas d’aluminium. Cependant, une condition essentielle pour que les bronzes et laitons jouissent d’une grande immunité, est que l’aluminium employé soit relati- |
- vement très pur; jusqu’à l’année dernière, les meilleurs échantillons d’aluminium électrolytique contenaient plusieurs centièmes de silicium (provenant de l’alumine) du fer; et aujourd’hui, on fabrique couramment de l’aluminium à 99,5 pour 100. On à fait, au laboratoire annexé à l’usine de Neuhausen, des essais très concluants sur le degré d’attaque de divers alliages par les liquides avec lesquels ils viennent le plus fréquemment en contact. 1
- Bans une première expérience, des plaques de même surface restèrent immergées pendant quatorze heures dans une solution à 5 pour 400 de sel de cuisine et 4 pour 100 d’acide acétique, chauffée à 80° environ. Ces plaques furent ensuite chauffées
- Fig. 2. — Usine de Froges. — Atelier de l’alliage de l’aluminium.
- pendant dix-huit heures dans de l’eau de mer; enfin les mêmes tôles restèrent partiellement immergées dans de l’eau de mer pendant vingt-quatre jours; elles étaient en contact avec du fer, de telle sorte qu’elles formaient pile, et se trouvaient exactement dans les mêmes conditions que les parties externes des vaisseaux. Les résultats de ces divers essais sont consignés dans le tableau suivant :
- Degré d’attaque.
- I II III
- De l'alliage dn Or.
- Bronze d’aluminium 10 pour 100 pur. 1 11 172
- Bronze d’aluminium 7 pour 100,silicium 2,8 pour 100......................2,1 39 2 86
- Laiton d’aluminium 3,3 pour 100
- (Cu, Zn, Al)....................... 4,4 101 50 198
- Bronze phosphoreux.....................3,2 116 9 172
- Métal Delta........................... 6,3 450 40 86
- L’influence du zinc est frappante surtout dans le dernier essai. L’attaque, bien que minime, était manifeste dans tous les cas, même pour le meilleur bronze; c’est pourquoi cet alliage, comme du reste tous ceux qui contiennent du cuivre, s’adapte mal aux usages culinaires.
- Quant aux propriétés mécaniques des bronzes et laitons d’aluminium, elles sont supérieures à celles de tous les autres bronzes; elles varient dans une énorme mesure avec la composition de l’alliage, et sont profondément modifiées par le forgeage ou le laminage à chaud ou à froid ; on peut préparer des bronzes dont la résistance à la traction varie entre 100 et 47 kilogrammes par millimètre carré, avec un allongement de 5 à 7 pour 100. La résistance augmente en même temps que l’allongement diminue
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- avec une teneur croissante en aluminium; les bronzes à 10 pour \ 00 et les laitons à 5 ou 4 pour 100 deviennent subitement cassants, en même temps que les premiers atteignent la dureté du bon acier, à tel point qu’ils usent très rapidement les outils en acier anglais, et ne se laissent travailler avec succès qu’au moyen des burins et des outils de tour faits avec de l’acier au chrome ou au tungstène; nous recommandons tout spécialement ces derniers à l'attention de ceux qui travaillent les métaux durs.
- Nous avons cherché à montrer, dans cette étude, l’importance énorme de la production de l’aluminium à bon marché. La vente de ce précieux métal au prix du cuivre n’est plus qu’une question de peu d’années, et prépare une véritable révolution dans la métallurgie. Est-ce à dire que l’on doive attendre, pour s’en emparer, qu'il soit tombé au tiers du prix actuel? Nous ne le croyons pas, car son emploi courant demandera encore bien des essais ; on ne sait guère le souder, et il y a encore place pour d’importantes recherches; les premiers exercés seront les premiers à profiter des nouvelles inventions ; c’est pourquoi l’on ne saurait se mettre trop tôt à l’œuvre, quitte à faire au début quelques '^sacrifices. Les enthousiastes voient s’ouvrir un nouvel âge à l’humanité; l'âge du fer est fini, disent-ils; l’aluminium va prendre sa place. Il y a là, croyons-nous, une erreur de jugement; le fer, avec ses infinies modifications, reste le maître de l’industrie; comme ténacité, comme dureté, comme élasticité, il surpasse, sous diverses formes, tout ce qu’on a obtenu jusqu’ici avec l’aluminium et ses alliages; son bon marché ne sera jamais atteint. Mais, à côté de lui, il y a place pour le métal léger, employé à de tout autres usages; il y a place aussi pour un métal possédant toutes ses propriétés bien qu’atténuées, mais qui présente l’immense avantage d’être presque inoxydable. Ch.-En. Guillaume.
- MESURE DE LA. YITESSE DES ASTRES
- DANS LA DIRECTION DU RAYON VISUEL
- L’étude que nous avons publiée sur les variations de la note que semble donner le sifflet d’une locomotive en marche1, se terminait par quelques aperçus généraux sur l’application de la même théorie aux ondes lumineuses, et, par suite, à la mesure de la vitesse de déplacement des corps célestes.
- L'Annuaire du Bureau des longitudes pour 1891 renferme justement un très remarquable et 1rès complet Mémoire de M. A. Cornu, donnant l’historique de la question et faisant connaître les résultats déjà fournis par cette méthode. Nous croyons intéressant de résumer ce Mémoire dans ses traits les plus essentiels.
- La première idée de l’influence du mouvement relatif d’une source sonore ou lumineuse sur le son ou la lumière perçus a été développée en 1842 par un savant autrichien, Christian Doppler. Toutes les fois qu’une telle source se rapproche ou s’éloigne de l’observateur, ce dernier per-
- 1 Voy. n° 933, du 18 avril 1891, p. 318
- çoit, en un temps donné, plus ou moins de pulsations que la source n’en émet.
- Quel est l’effet résultant pour nos sens?
- En ce qui concerne les ondes sonores, il n’y a pas de doute possible : un son, un bruit quelconque étant toujours produit par un nombre fini de vibrations de nature déterminée, sera transformé en un son, un bruit de même nature, mais à vibrations plus serrées dans le cas du rapprochement si la vitesse de rapprochement n’est pas supérieure au double de la vitesse du son, plus espacées dans le cas de l’éloignement ou dans celui du rapprochement à une vitesse plus grande que le double de la vitesse du son; le bruit paraîtra donc plus aigu dans le premier cas, plus grave dans le second, tout en conservant le même timbre. L’effet est mathématique et l’expérience est absolument d’accord avec la théorie.
- Pour les corps lumineux, Doppler, entraîné par une analogie apparente, concluait de même qu’une source lumineuse blanche paraissait plus bleue en se rapprochant, plus rouge en s’éloignant.
- L’étude approfondie delà question ne tarda pas à montrer que le problème était plus complexe. Dès 1844, un savant hollandais, Buys-Ballot, faisait observer que l’assimilation aux effets sonores ne pouvait s’appliquer que dans le cas d’une source lumineuse homogène, c’est-à-dire n’émettant qu’une seule espèce de vibrations, ou tout au moins n’occupant qu’une portion déterminée et restreinte du spectre; alors, en effet, la teinte résultante serait modifiée en apparence vers le violet ou vers le rouge, selon le sens du mouvement. Encore faudrait-il, pour que le phénomène fût sensible, que la vitesse relative de cette source fût considérable et du même ordre que la vitesse de la lumière, ce dont aucune observation astronomique ne nous permet jusqu’à présent l’hypothèse.
- Mais tout rayon de lumière se compose d’une infinité d’ondes vibratoires d’amplitudes différentes, réparties sur toute l’étendue du spectre visible et même au delà, dans l’infra-rouge et dans l’ultra-violet. Le mouvement de la source lumineuse a simplement pour conséquence de déplacer toutes ces ondes dans’un sens donné sans modifier, d’une manière sensible, la nuance de l’ensemble, car, si, d’une part, quelques ondes disparaissent dans l’ultra-violet, par exemple, par contre, un peu de l’infrarouge entrera dans la région visible et l’aspect ne variera pas.
- C’est à M. Fizeau que revient l’honneur d’avoir montré le premier, en 1848, la possibilité d’appliquer à ce phénomène des mesures de haute précision : il fit remarquer, en effet, que le déplacement des ondes s’étendait aussi aux raies du spectre et que le problème revenait, en somme, à mesurer le déplacement de ces raies.
- A cette époque, l’étude des spectres lumineux n’était pas encore entrée dans la pratique courante des astronomes, de sorte que la belle découverte de M. Fizeau ne produisit aucun résultat et tomba même dans l’oubli, jusqu’au moment où Bunsen et Kirchhoff découvrirent l’analyse spectrale et démontrèrent que les raies du spectre devaient leur origine à la présence de vapeurs de corps simples dans les flammes étudiées. Les instruments se perfectionnèrent, on trouva que les raies qui caractérisent certains éléments chimiques terrestres, hydrogène, sodium, magnésium, etc., existaient dans le spectre du soleil et dans celui des étoiles. Dès lors le mode de mesure était trouvé, puisqu’il suffisait d’étudier comparativement le spectre de l’étoile avec un spectre artificiel, et de mesurer le déplacement relatif d’une raie bien définie, comme la raie F de l’hydrogène, pour en déduire ensuite, par le
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- calcul, la vitesse de rapprochement ou d’éloignement de l’astre considéré. C’est ainsi qu’opérèrent, en 1868, M.Uug-gins et Maxwell, qui retrouvèrent la théorie de M. Fizeau.
- 11 ne restait plus, pour dissiper tous les doutes, qu’à faire une contre-épreuve, c’est-à-dire à prendre un astre dont les mouvements soient bien connus, et à s’assurer que le déplacement réel des raies de son spectre était bien égal à leur déplacement théorique.
- Or, le Soleil tourne sur lui-même avec une vitesse équatoriale de 2 kilomètres par seconde : en visant alternativement les bords extrêmes de l’équateur, on se trouve donc en présence d’une différence de vitesse de 4 kilomètres dans le sens du rayon visuel, différence devant amener un déplacement facile à calculer des raies du spectre ; ce déplacement est d’ailleurs excessivement petit, il n’éxcède pas la soixante-quinzième partie de l’écartement des deux raies Ddu sodium, que les spectroscopes ordinaires séparent à peine. En augmentant beaucoup la dispersion du spectre, M.Young, astronome américain, parvint à mesurer ce déplacement en 1876. Quatre ans après, en 1880, ces observations étaient reprises à Nice, en tenant compte de ce fait récemment démontré par M. Janssen, que certaines raies du spectre solaire, dites telluriques, sont dues à l’absorption des rayons lumineux par l’atmosphère terrestre; ces raies étant indépendantes du mouvement de la source, restent fixes quand on passe d’un bord à l’autre du soleil, alors que les raies solaire s se déplacent.
- En 1882, on opéra sur la belle comète Wells, visible en plein jour près du soleil, et, en 1889, sur la planète Yénus. Les résultats furent concluants et prouvèrent que la méthode Doppler-Fizeau pouvait être employée en toute confiance à la détermination du mouvement des étoiles.
- Ce mode d’investigation est d’autant plus précieux qu’il subsiste encore, quand tous les autres procédés de mesure dont dispose l’astronomie font défaut, et qu’il donne la vitesse vraie dans la direction du rayon visuel, quelle que soit la distance de l’étoile observée.
- On emploie d’ordinaire, comme spectre de comparaison, celui de l’hydrogène raréfié, rendu incandescent par l’étincelle électrique. Ces études se poursuivent couramment à Greenwich depuis 1875, au Harvard College et à Potsdam depuis 1888. Voici quelques résultats se rapportant à des étoiles très connues :
- Sirius se rapproche à la vitesse de 11 kilomètres par seconde Arcturus — — 8 —
- Aldébaran s’éloigne — 49 —
- La Chèvre — — 25 —
- déduction faite, en chaque cas, de la vitesse propre de l’observateur, entraîné par la terre dans son orbite, mais sans correction du mouvement général du système solaire vers la constellation d’Hercule. L’emploi de la photographie a fait faire un pas en avant à la méthode, puisque, avec une pose suffisante, elle permet dé fixer l’image de toutes les raies du spectre, même et surtout de celles situées dans le violet et au delà et invisibles à l’œil.
- C’est ainsi que M. Yogel, de Potsdam, découvrit que l’étoile Algol était animée de vitesses variant périodiquement de — 46 kilomètres à + 45 kilomètres, il en a déduit que cette étoile décrivait en deux jours, vingt heures et quarante-neuf minutes un orbite circulaire de 1 700 000 kilomètres de rayon, autour d’un astre invisible jusqu’ici.
- De même pour l’Épi de la Vierge, pour £ de la Grande Ourse, pour 3 du Cocher, qui ont été reconnus, par l’examen de photographies de leur spectre, comme formés de deux astres brillants tournant l’un autour de l’autre. En ce qui concerne 3 du Cocher, on a calculé que l’orbite
- de l’étoile mobile avait 13 000 000 de kilomètres de rayon; or, étant donnée leur distance à la terre, le plus grand écart angulaire des deux astres composants ne peut dépasser 0",004,4 millièmes de seconde, angle absolument inappréciable aux plus grands télescopes.
- Ainsi l’analyse de la lumière de l’astre nous fait voir l’imperceptible ; ces résultats sont absolument prodigieux et ouvrent à la science des horizons inattendus.
- Comme le dit en terminant M. Cornu, l’astronomie stellaire entre dans une voie nouvelle. MoSssard.
- L’ANALYSE DES AINS1
- DOSAGE DU PLATRE. ---- LES GYPSOMÈTRES !
- Dans un précédent article, nous avons indiqué par quel procédé on pouvait doser exactement la quantité de plâtre ou mieux de sulfate de potasse contenue dans un vin. Nous avons fait remarquer à ce sujet que l’État ne tolérait le plâtrage que jusqu’à une limite de 2 grammes par litre, et cette limite devra être dorénavant exigée strictement d’après la dernière circulaire ministérielle relative au plâtrage, et publiée sur le rapport du Conseil d’hygiène. D’après cela, on comprendra facilement que les négociants en vins aient besoin de connaître la quantité de sulfate contenue dans leurs vins.
- Mais les négociants ne possèdent généralement pas les laboratoires nécessaires à cette détermination telle que nous l’avons indiquée, ni l’habitude des manipulations qu’elle exige. On a résolu le problème en construisant des instruments qu’on a appelés gypsomètres2 ; nous citerons entre autres ceux dé M. Poggiale et de M. Salleron.
- Sans entrer dans le détail de ces appareils dont le maniement est un peu compliqué, nous allons décrire un gypsomètre imaginé récemment par M. Dujardin, donnant des renseignements moins parfaits que ceux que nous venons de citer, mais qui réunit les conditions de simplicité, de rapidité et de bon marché, nécessaires pour répandre son emploi parmi les négociants et les viticulteurs, et qui permet de dire en toute sécurité si le vin contient 1, 2, 5 ou 4 grammes de sulfate de potasse ou 1 gramme et demi, 2 grammes et demi, 5 grammes et demi approximativement, ce qui est bien suffisant dans la plupart des cas.
- Cet appareil, destiné pour les achats aux vignobles, tient fort peu de place et peut se renfermer dans une boîte de poche. Il se compose d’un filtre posé sur trois pieds (voy. la figure) garni d’une toile métallique destinée k soutenir les papiers poreux que l’on y place quand on se sert de l’instrument. Ce filtre est surmonté d’un couvercle sur lequel peut se placer une burette de verre, cylindrique, graduée d’une façon spéciale et sur laquelle nous allons revenir. Au-dessous du filtre, on peut adapter, par l’intermédiaire d’un bouchon percé, un tube
- 1 \'oy. n° 956, du 9 mai 1891, p. 357.
- 2 Le mot gypsomètre signifie mesure du gypse. On sait que le gypse n’est que du plâtre hydraté.
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- que l’on voit sur notre gravure au centre des trois pieds de l’appareil; il est destiné à recueillir le liquide filtré. Le mode opératoire est le suivant : Après avoir dévissé le filtre, on place sur la toile métallique deux disques de papier à filtrer Bcrzelius et par-dessus une rondelle de cuir destinée à opérer la jointure avec le couvercle du filtre ; on serre à fond ce couvercle, on monte l’appareil sur ses pieds et on met en place le tube inférieur. La burette graduée est alors remplie du vin à essayer jusqu’au trait marqué vin, on y ajoute la liqueur gyjisométrique1 jusqu’au trait 2 grammes2, par exemple; on agite en bouchant la burette avec le pouce et on la place sur le filtre. On remarque la formation d’un précipité de sulfate de baryte. Après agitation, on ouvre à moitié le robinet de la burette et on laisse filtrer; le sulfate de baryte reste sur le filtre et le liquide s’écoule dans le tube inférieur. Si ce liquide se trouble à nouveau par l’addition de quelques gouttes de liqueur gypsométrique, c’est qu’il y reste encore du sulfate de potasse et que le vin en contient plus de 2 grammes par litre. La burette porte les graduations 1, 2,
- 5, 4 grammes de telle manière qu’on puisse constater si les vins qu’on veut essayer contiennent 1, 2, o, 4 grammes de sulfate par litre.
- A chaque opération, on doit nettoyer le tube avec un goupillon qui accompagne l’instrument; la burette doit être rincée, avant chaque essai, avec le vin à essayer.
- Enfin la condition essentielle pour obtenir des résultats exacts est d’avoir une liqueur de chlorure de baryum bien titrée. Ce titrage est assez délicat et difficile à exécuter convenablement pour les personnes qui n’ont pas l’habitude des manipulations chimiques. L’auteur dugypsomètre que nous venons de décrire a paré à cet inconvénient en livrant aux acheteurs une liqueur gypsométrique toute titrée et prête à être employée. A. Hébert.
- 1 La liqueur gypsométrique n’est autre qu’une solution titrée de chlorure de baryum.
- 8 C’est-à-dire que la quantité de liqueur gypsométrique comprise entre le trait vin et le trait 2 grammes correspond à 2 grammes de sulfate de potasse par litre de vin.
- LA MANTE DIABOLIQUE
- L’ordre des Orthoptères renferme une des plus remarquables séries d’insectes aux formes tellement bizarres que l’imagination capricieuse d’aucun artiste ne pourrait en concevoir de semblables; la famille des Mantides est, avec celle des Phasmides, surtout très riche en espèces curieuses. L’insecte que nous figurons ci-contre en est un exemple remarquable, aussi M. II. de Saussure lui a-t-il donné un nom en rapport avec sa conformation étrange : Idolum diabolicum l.
- C’est dans l’intérieur de l’Afrique que l’on rencontre ce grand et bel orthoptère, très carnassier comme toutes les espèces de la famille des Mantides. Il doit être intéressant à voir posté sur les plantes lorsque, immobile, la partie antérieure du corps fièrement relevée, les pattes de la première paire repliées; il attend avec la patience du chat qui guette une souris, qu’une mouche, un papillon, etc., vienne se poser à proximité; la proie tant désirée arrive-t-elle enfin, un fantastique spectacle s’olfre à la vue de l’observateur : sa tête pointue se tourne prestement du côté de sa victime, puis soudainement comme mue par un ressort, une de ses terribles pattes ravisseuses s’allonge pour se replier aussitôt, étreignant et lacérant avec les longues épines du dessous de la cuisse et les fines denticulations de la jambe, le malheureux insecte qui a eu l’imprudence de s’approcher trop près du monstre.
- Reprenant l’attitude primitive, la mante dévore tranquillement sa capture ainsi maintenue solidement. Il n’est pas doüteux que ces formes hétéroclites ont, avec la couleur verte de l’insecte analogue aux végétaux, la mission de le dissimuler à ses victimes ou à ses ennemis. Son prothorax avec ses expansions membraneuses denticulées qui lui donnent la forme d’un écusson héraldique (à quoi le compare le savant entomologiste déjà cité), ses hanches antérieures fortement dilatées, ses cuisses
- 1 Idolum, Saussure. Bulletin entom. Suisse. III, p. 53.1869. /. diabolicum, Saussure. Mélanges orlhoplérologiques, 3e fascicule. Mantides, p. 350. 1870.
- Gypsomètre de poche de M. Dujardin.
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- La mante diabolique (Idolum diabolicum, 11. de Saussure. Grandeur naturelle.
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- surmontées d’espèces de folioles, sont probablement "un" mimétisme des plantes de ces contrées.
- L’un des sujets représentés vient du Zanguebar. Le R. P. Leroy, missionnaire apostolique qui en a fait don au Muséum d’histoire naturelle avec d’autres insectes de cette contrée, l’indique comme se trouvant sur un basilic. On ne connaît encore que la femelle de cette rare espèce qui appartient à la tribu des Empusiens, caractérisée surtout par la tête conique et qui a pour représentant dans le midi de la France la Mante appauvrie (Empusa pauperata), bien connue des paysans qui la nomment, ainsi que la Mante religieuse (Mantis religiosa), Prégadiou à cause de la singulière attitude quelles prennent en joignant l’une contre l’autre leurs pattes antérieures tout en relevant plus ou moins obliquement leur prothorax avec la tète infléchie comme si elles étaient dans un profond recueillement. Les perfides cachent ainsi leurs cruelles intentions même pour leurs semblables qu’elles mangent tout aussi bien lorsque l’occasion s’en présente.
- Les Mantides joignent à ces curiosités de formes et de mœurs celle de renfermer leurs œufs dans une capsule ou coque appelée oothèque formée d’une matière visqueuse qu’elles sécrètent pendant la ponte même et qu’elles fixent sur les tiges, les rochers, etc. Cette matière se dessèche promptement et contient une série de petites cellules régulières dans chacune desquelles se trouve un œuf. G.-A. Poujade,
- Préparateur au Muséum d’histoire naturelle de Paris.
- LES CULTURES FRUITIÈRES
- EN CALIFORNIE
- Nous avons à plusieurs reprises signalé l’importance commerciale de la culture des fruits dans certaines régions des États-Unis et notamment de la Californie. Nous trouvons dans un intéressant journal américain, le Garden and Forest les chiffres suivants, qui prouvent surabondamment que la culture des fruits pour l’exportation, en Californie, a donné jusqu’ici des résultats dépassant les plus belles espérances.
- Pendant la dernière saison, il a été expédié, par chemin 'de fer, de la Californie, à destination d’autres pays, environ dix mille tonnes de fruits frais, secs et conservés.
- La plupart des fruits frais de valeur ont été expédiés par les express, et leur quantité peut être évaluée à la ^charge de cent yvagons. Les Prunes figurent sur le chiffre total pour 15 millions de livres, les Raisins pour 40 millions de livres et les Oranges pour 400 wagons.
- Quelques envois de primeurs ont également été tentés, cette année, dans les États de l’est des États-Unis, où ils ont été vendus dans de bonnes conditions, grâce à l’abaissement des prix de transport sur les chemins de fer.
- Les Oranges ont doublé de prix cette année dans le sud de la Californie,jet les trois quarts de la récolte ont été placés à un cours qu’elles n’avaient pas atteint depuis de nombreuses années.
- On le voit, la Californie joue, pour le reste des États-Uni'S* mais sur une bien plus grande échelle, le même pôle que le littoral méditerranéen pour le centre et le nord de la France.
- ABIMES ET GROTTES
- DU CAUSSE DE GRAMAT (i,Ot)
- TROISIÈME CAMPAGNE SOUTERRAINE (l890)
- Notre troisième campagne sous les causses du Languedoc1, effectuée en compagnie de mon cousin G. Gaupillat et de mon beau-frère L. de Launay (professeur à l’École des mines), a eu pour objectif l’exploration méthodique du vaste causse de Gramat plus grand, mais moins élevé (altitude moyenne, 350 mètres) que les causses majeurs de la Lozère et de l’Aveyron, et situé dans le département du Lot au nord-est de Cahors, entre le Lot au sud et la Dordogne au nord. Elle s’est divisée en quatre parties : 1° achèvement de la découverte de la rivière souterraine du puits de Padirac2; 2° reconnaissance de plusieurs ruisseaux qui disparaissent dans des cavernes ; 3° reconnaissance des avens percés à la surface du causse ; 4° reconnaissance de quelques grottes imparfaitement connues.
- Les résultats ont été de résoudre définitivement l’énigme du cours d’eau caché de Padirac, — dé faire justice d’une quantité de fables relatives aux abîmes (appelés dans le pays igues ou cloups) et aux rivières perdues du Quercy, — de confirmer enfin les résultats géologiques de nos précédentes recherches.
- 1° Gouffre du puits de Padirac. — On sait que cet abîme situé sous la partie nord-est du causse de Gramat à 5 kilomètres au sud de la Dordogne, est un immense puits naturel de 35 mètres de diamètre au fond duquel, à 103 mètres sous terre (mesure rectifiée, au lieu de 108 mètres), nous découvrions, les 9 et 10 juillet 1889, une rivière intérieure; arrêtés, faute de temps et d’éclairage seulement, après une navigation hasardeuse de plus de 2 kilomètres à travers des grottes admirables, il nous avait fallu renvoyer à l’année suivante la fin de l’exploration.
- Les 9 et 10 septembre 18903, nous avons achevé la découverte si heureusement commencée, — constaté l'existence d’une grandiose salle haute de 70 à 80 mètres où deux lacs souterrains se trouvent suspendus à 30 mètres l’un au-dessus de l’autre, — et trouvé la fin complètement fermée et sans débouché de l’étrange rivière à 600 mètres du point atteint lors de notre première expédition. Il a été impossible, contrairement à ce que les dictons locaux nous avaient fait espérer, de ressortir par quelque grotte largement ouverte au bord même de la Dordogne; mais nous avons acquis la conviction que le courant de Padirac alimente, par voie de simple infiltration entre la base du calcaire bajocien et les argiles imperméables du lias, les sources de Gin-trac situées à 100 mètres au-dessus du niveau de la
- 1 Voy. n»> 821 et 824 (1889), et 874 (1890).
- s Yoy. n° 874.
- 3 Voy. le Tour du monde, n° 1564, 27 décembre 1890, et las Annuaires du Club alpin, 1889, et 1890 pour les détails complets sur ces deux expéditions.
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- Dordogne, et à 2 ^kilomètres au nord du..point où nous nous sommes trouvés définitivement arrêtés dans une dernière salle, close de toutes parts par la roche ou l’argile.
- En résumé cette rivière souterraine mesure 5 kilomètres de longueur; elle forme douze lacs de 20 à 75 mètres de diamètre et s’abaisse par trente-six barrages naturels en stalagmite (hauts de 0m,30 à fi mètres), de 103 mètres à 130 mètres au-dessous du niveau de l’orifice. Quoiqu’elle soit sans issue, c’est au point de vue pittoresque, une merveille unique en France et comparable seulement aux cavernes de la Recca à Saint-Canzian près de Trieste (Autriche). Il faut citer surtout comme particulièrement admirables le premier grand puits lui-même (profondeur, 75 mètres), complètement éclairé par la lumière du jour; — la galerie de la Rivière plane, longue de plus de 800 mètres et dont une partie peut se parcourir à pied ; — le lac de la Pluie et la grande Pendeloque ; — le lac des Bouquets tout orné de splendides concrétions ; — le Pas du Crocodile (fig. 4)*, passage étroit de 90 centimètres, entre deux colonnes stalagmitiques hautes de 30 mètres, où nos barques démontables ont eu grand’peine à se glisser; — et la grande salle des sources du Mammouth ou des deux lacs superposés (découverte en 1890).
- 11 va sans dire que cette exploration a été hérissée de difficultés; mais il serait aisé, bien que coûteux assurément, de rendre accessible la première partie jusqu’aux deux lacs superposés. Les touristes trouveraient là des spectacles inusités pour eux et les savants profiteraient de cet aménagement si désirable pour se livrer à toutes sortes d’études : sur la flore du gouffre humide et des galeries intérieures; — sur la faune (aveugle sans doute) des lacs souterrains (poissons, reptiles, crustacés, insectes) ; — sur la paléontologie même, car sous l’amas des roches et des cailloux qui encombrent le fond du premier grand puits, il doit y avoir à recueillir de précieux ossements fossiles enfouis depuis de lointaines époques géologiques. La découverte géographique est accomplie, il reste maintenant à en profiter.
- 2° Exploration des rivières qui se perdent dans des cavernes. — A la différence des causses de Sauveterre, Méjean, Noir et du Larzac, celui de Gra-mat voit dans sa partie orientale (c’est-à-dire au sud de Padirac) sept ou huit ruisseaux couler à sa surface même pendant quelques kilomètres sur les argiles imperméables du lias ; en venant buter contre les calcaires fissurés de l’étage bajoeien superposés aux argiles et généralement taillés en falaises, ces ruisseaux s’engouffrent dans des cavernes plus ou moins larges inexplorées jusqu’en 1890. On prétendait que ces grottes avaient plusieurs myriamètres de longueur et conduisaient les eaux absorbées directement aux sources vauclusiennes voisines de la rive gauche de la Dordogne.
- 1 Ainsi baptisé du nom de l’un de nos bateaux.
- C’est ce que nous avons voulu vérifier en profitant de l’extrême sécheresse du mois de septembre 1890 et en explorant du nord au sud les six principaux de ces ruisseaux. — A, Ruisseau de Cazelle. —A l’ouest de Padirac, il tombe après 8 kilomètres de cours, dans l’énorme gouffre de Roque de Corn, splendide cirque naturel* profond de 38 mètres, large de 70 mètres et où l’on peut descendre sans échelle; au fond s’ouvre une grotte basse (vraie rivière souterraine, à sec le 12 septembre 1890), sans belles stalactites, qui nous a conduits après 400 mètres de parcours facile au bord d’un bassin d’eau fermé de toutes parts, de 15 à 20 mètres de longueur sur 5 mètres de largeur et assez profond ; c’est assurément le niveau supérieur d’un réservoir de source, assez bas lors de notre visite pour nous avoir permis d’accéder jusque-là. Si la grotte n’offre rien de pittoresque, elle nous a procuré en revanche deux résultats intéressants : d’abord le lac du fond ne sc trouve qu’à 20 mètres au-dessus du niveau de la Dordogne et comme les bords de cette rivière sont encore distants de 5 kilomètres, il est bien probable que les eaux de la Cazelle les rejoignent (peut-être à la source de Saint-Georges) par des canaux capillaires d'infiltration trop étroits pour l’homme comme à Padirac; — en second lieu, dans une poche latérale de la grotte en forme de petit puits, nous avons rencontré pour la première fois au cours de nos trois campagnes souterraines, l'acide carbonique libre dont l’absence nous avait jusqu’alors tant étonné ; c’est l’extinction fortuite d’une bougie qui en a heureusement révélé la présence, contrôlée ensuite par une expérience formelle, —B, Ruisseau de Salgues. —Au sud du précédent, long d’un kilomètre seulement ; il se perd au fond du beau gouffre facilement accessible de Réveillon (profondeur, 53 mètres) (fig. 1), sous une grandiose voûte de caverne haute de 30 mètres et large de 40 mètres, hors de proportion avec l’insignifiance de l’intérieur; là encore nous ne trouvons en effet qu’un lit à sec, long de 400 mètres, boyau sans intérêt avec fort peu de concrétions calcaires, large et haut de 4 à 10 mètres; au bout, la galerie très rétrécie est obstruée par de l’argile, des cailloux, du bois mort et des carcasses d’animaux; sans doute l’écoulement des pluies ne s’effectue que par d’impénétrables fissures vers les sources ou gouffres du Limon (? !) à 7 kilomètres de distance. —C, Ruisseau de Rignac. — Cours aérien, 6 kilomètres; perte dans le gouffre du saut de la Pucelle qui doit son nom à l’universelle légende de la jeune fille sautant saine et sauve un large et profond précipice pour échapper à la poursuite d’un soudard ; caverne ouverte dans une falaise à pic, dans le genre de Réveillon, mais bien moins grande et moins pittoresque; galerie de 210 mètres, puis l’éternel bouchon d’argile et de débris divers ; le'ruisseau revoit le jour indubitablement dans la vallée voisine de l’Alzou, soit au moulin du Saut (1300 mètres au sud), soit au moulin de Tournefeuille (1000 mètres au sud-ouest), par
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- une source jaillissant du rocher.—D, Ruisseau de la Thémine (10 kilomètres), au village de ce nom.Il se perd dans trois trous qui nous laissent pénétrer dans des galeries étroites de 10, 20 et 140 mètres de longueur respective, toujours obstruées de la même manière. — E,
- Ruisseau de la Théminette (15 kilomètres),au village du même nom. — Disparition sous trois petites arcades ; quelques mètres de galerie puis simple orifice dans le roc large comme les deux poings et absorbant l’eau. —
- F, Ruisseau d'As-sier (2 kilomètres), dans la cour même du cbàteaud’Àssier. Disparition dans un trou semblable à un tuyau de gouttière.
- On prétendait1 que ces trois derniers cours d’eau reparaissaient aux sources de l’Ouysse à l’ouest de Rocamadour : cela n’est pas im-possible, mais leur voyage sou-terrain serait alors de 22 à 28 kilomètres au moins avec une descente de 200 mètres; le Celé, affluent du Lot, est plus rapproché (8 à 15 kilomètres). Nos recherches prouvent qu’il est impossible de se prononcer, et que personne ne saura sans doute jamais à quoi s’en tenir exactement sur l’itinéraire et l’allure de ces eaux intérieures. Résultat négatif, mais au moins véridique.
- 3° Exploration des « Igues » du causse de Gramat. — On disait, comme sur les autres causses, que les puits naturels avaient ici jusqu’à 300 mètres de profondeur et communiquaient tous, pareils à Padirac, avec des rivières souterraines. Nous en avons visité sept et sondé deux dont voici l’énumération du nord au sud: A, Barrières, près Roque de Corn; 65 mètres de profondeur totaledont31 mèlresà pic, aboutit à une grotte de 125 mètres de longueur seulement;. Formé par simple érosion des eaux exté-
- 1 Voy. Delpon, Statistique du Lot. 2 vol. in-4°, Paris, 1831. t. I, p. 83.
- rieures. — R, Gibert, au sud de l’Alzou entre Gramat et Rocamadour; 75 mètres de profondeur totale, 25mètresàpic (fig. 3). Formé par un effondrement; c’est une cavité de 140 mètres de long dont le milieu est occupé comme à Padirac par un énorme talus de
- pierres : les deux extrémités se trouvent obstruées encore par de l’argile et des éboulis. Peut-être qu’en déblayant ces obstacles, on parviendrait ici à une rivière souterraine également mais le travai serait long, coûteux et son résultat incertain. — C, Igue de Riau, sondé seulement, 46 mètres. — D, Igue de Saint-Martin, à l’ouest de Gramat. Profondeur totale,
- 90 mètres; simple puits comme figue du causse Noir, sans eau au fond ; au printemps de 1890, un braconnier s’y précipita après avoir assassiné un garde-cbasse ; par miracle il ne se tua pas et s’ar-rêtasuruneplate-forme rocheuse à 65 mètres de profondeur; on l’en retira pour le livrer à la justice et ses sauveteurs déclarèrent que bien plus bas encore ils avaient entendu distinctement un courant d’eau. Ce rapport nous avait attirés vers cet abîme ; nous eûmes la déception de constater là une illusion de plus. — E, Grand Cloupmann. Puits unique et à pic sans rien au fond; 90 mètres. — F, Petit Cloupmann, 25 mètres de profondeur accessible ; aboutit d’un côté à une petite grotte à stalactites; de l’autre, à une fissure impraticable où l’on entend rouler les pierres assez bas, mais où des éboulis de gros blocs inconsistants enseveliraient infailliblement l’imprudent qui tenterait la descente. Igue d’effondrement. — G, Picastelle ou Rigue-Estialo, sondé seulement ; 87 mètres. — H, Roche Percée. Magnifique gouffre ovale de 6 et 8 mètres de diamètre, ouvert en pleine roche; puits unique et vertical de 100 mètres de profon-
- Fig. 1. — Plan et coupe du goulîre de Réveillon.
- Abîme et Grotte de LIGUE. DE BAR près Marcillac (Lot)
- explorés pour la lV'fois le 16Septembre 1890 par E.A MARTEL et G GAUPILLAT. Profondeur toi ah 65 met.— Longueur totale 3oo mètr.^\
- PLAN
- Fig. 2. — Coupe et plan de Figue de Bar.
- Fig. 3. — Coupe et plan de l’Igue de Gibert.
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- deur (on lui en attribuait 300). Rien au fond. Ces quatre derniers abîmes sont situés dans la partie centrale, la plus élevée et la plus aride du causse, la Braunhie ou Brogne, au sud de Reilhac, localité connue pour les nombreux dolmens et abris préhistoriques qui l’environnentl. — J, Igue de Bar, sur la lisière sud du causse de Gramat, à 5 kilomètres au nord de la rive droite du Celé et de la commune de Marcillac. Sa profondeur passait pour incommensurable (Delpon, ouvr. cité) ; en réalité il n’a que 65 mètres en tout dont 31 à pic. Mais cela a été le plus heureux résultat de notre campagne, après l’achèvement de Padirac ; car Figue de Bar conduit a une belle grotte à stalactites (fig. 2), galerie unique longue de 300 mètres, haute et large de 1 à 20 mètres où nous avons rencontré l'eau tant cherchée partout: sous la forme d’un petit lac long de 25 à 30 mètres, large de 5 à 6 mètres, profond de 1 mètre en moyenne et contenant, le jour de notre visite, environ 100 000 litres d’eau: faible quantité sans doute, mais la sécheresse persistait depuis longtemps (16 septembre) ; l’équinoxe n’allait pas tarder à ramener les pluies, et l’aspect de la caverne, avec ses planchers d’argile humide, glissante et craquelée, avec ses parois toutes rayées de dépôts argileux ou stalagmitiques marquant l’alternance de différents niveaux d’eau, démontrait clairement qu’elle est une vaste citerne presque entièrement asséchée quand nous y pénétrâmes les premiers.
- Ici donc existe, a n’en pas douter, un de ces rares réservoirs que l’on croyait à tort si nombreux dans l’intérieur des causses et que nous n’avions encore rencontrés qu’à Padirac et à l’abîme du Mas-Ravnal (Larzac, cours souterrain de la Sorgues).
- * Cartailimc et Boule, ha grotte de Reilhac, Lyon,1889, in-4°.
- 4° Grottes incomplètement connues. — Nous avons visité six grottes (longues de 160 à 400 mètres) soi-disant inachevées et où des précipices insondables devaient nous conduire à de nouvelles merveilles : aucune ne nous a rien révélé de curieux, sauf la dernière, celle des Brasconies (près de l’Igue de Bar) qui possède un puits de 15 mètres de profondeur et une magnifique salle de 65 mètres de hauteur ornée de merveilleuses stalagmites, et qui pourrait rivaliser avec Dargilan même si sa trop courte étendue (230 mètres seulement) n’en faisait une caverne de
- second ordre. — Dans celle de Marcillac, très célèbre à Cahors, nous avons trouvé que deux gouffres inexplorés n’é taientquedesim-ples culs-de-sac profonds de 6 et 12 mètres à peine, — que la fumée des torches avait odieusement sali des stalactites fort belles jadis, — et que la longueur totale est de 300 mètres et non de 460 comme le disent Delpon et le guide Joanne.
- En résumé, si nos recherches de 1890 ne nous permettent de recommander aux curieux que Padirac, Figue de Bar, les Brasconies et les extérieurs de Roque de Corn et de Réveillon, elles nous ont fourni la confirmation éclatante des résultats théoriques et géologiques acquis dans les deux précédentes campagnes, savoir :
- 1° Formation des avens surtout par érosion extérieure, par le phénomène des marmites de géants (Barrières, Saint-Martin, Grand Cloupmann, Roche Percée, Bar), et exceptionnellement par effondrement intérieur (Padirac, Gibert, Petit Cloupmann).— 2° Inexactitude de la théorie du jalonnement, qui consistait à faire des avens des regards ouverts sur le trajet de rivières souterraines et communiquant avec elles. — 3° Négation de la correspondance directe entre les eaux des hauts plateaux et les sources des basses vallées. — 4° Circulation de ces
- Fig. L — Pas du Crocodile (Padirac).
- (D’après une photographie au magnésium de M. G. Gaupillat.)
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- mêmes eaux d’abord à la surlace, ensuite dans les puits naturels et grottes; puis par infiltration dans un réseau de fissures capillaires impénétrables à l’bomme ; et enfin, réapparition au contact de nappes d’argile par des sources généralement vauclusiennes, le tout subordonné à la nature stratifiée, diaclasée ou imperméable des couches de terrain.
- Ces fontaines encore demeurent une énigme, insoluble peut-ctre, car jusqu’ici aucune ne nous a permis de pénétrer loin sous un causse. Beaucoup restent à consulter, mais les essais déjà faits ne sont guère encourageants, et comme toutes les tentatives par en haut se sont butées plus ou moins loin et plus ou moins bas à l’argile obstruante, il est fort à craindre qu’il n’en soit de même dans l’autre sens. Bramabiau est la seule exception, expliquée d’ailleurs aisément par le peu d’épaisseur et la grande homogénéité du terrain traversé.
- Peut-être qu’en déblayant les amas d’argile, de branchages, d’ossements, de cailloux, qui obstruent les fonds atteints, on trouverait soit d'autres Padirac (à Gibert, par exemple), soit des prolongements de Vastes grottes (à Réveillon) ; mais ce travail est d’autant plus impraticable qu’il n’aurait d’autre guide que le pur hasard. E.-A. Martel.
- ... —><$<—
- CHRONIQUE
- Les Acridiens et M. Kunckel d’IIerculais. —
- Notre savant collaborateur et ami M. Kunckel d’IIerculais, aide-naturaliste au Muséum d’histoire naturelle, qui depuis plusieurs années est chargé d’une mission en Algérie pour l’étude delà destruction des Acridiens dévastateurs que l’on appelle improprement Sauterelles, vient d’être victime d’uneerreurou d’une mystification qui a eu un tel retentissement que nous croyons devoir en enregistrer l’histoire.
- Le Petit Journal du lundi 18 mai annonçait, d’après unedépêche reçue d’Alger que M. Kunckel était mort, de la manière la plus effroyable et la plus dramatique.
- Voici la nouvelle publiée par le Petit Journal et reproduite par plusieurs de nos journaux politiques : (( S’étant rendu au douar Sidi-Eral pour y relever des gisements d’œufs d’acridiens, M. Kunckel d’IIerculais fatigué par la température, s’était endormi à l’ombre de quelques broussailles. Il fut probablement réveillé par un vol énorme de sauterelles, qu’on suppose être venu de Cliellala. Elles s’abattirent précisément en cet endroit, et l’épaisseur de ce nuage était telle, que M. Kunckel fut complètement submergé sous les flots pressés des acridiens. Le malheureux savant se releva et lutta désespérément contre ces innombrables ennemis; mais la pluie de sauterelles, continuait avec une intensité incroyable; le ciel était complètement obscurci. M. Kunckel, pour échapper au danger, fit flamber, mais sans succès, les broussailles qui l’avaient abrité. Ses appels désespérés ne pouvaient être entendus. En vain l’infortuné piétina des milliers de sauterelles; bientôt, littéralement étouffé, il perdait connaissance et tombait. Ce fut une mort épouvantable. Vers trois heures de l'après-midi les acridiens reprirent leur vol, et des Khammès venant constater les dégâts, trouvèrent la victime morte asphyxiée, couchée sur un monticule d’acridiens, véritable mauso-
- lée. Détails affreux, dans leur voracité les sauterelles avaient dévoré la barbe, les cheveux et la cravate d’alfa du mort ».
- Nous avons été heureux d’apprendre qu’il s’agissait d’un canard qui prendra sa place à côté du serpent de mer du Constitutionnel. M. Kunckel d’IIerculais est en bonne santé en Algérie, où il continue ses intéressants et utiles travaux; nous rappedlerons qu’il y a deux ans, en 1888, le savant naturaliste donnait dans La Nature des notices du plus haut intérêt sur les Acridiens en Algérie et leurs déprédations1. « Hanté par les impressions les plus pénibles, disait M. Kunckel, j’ai toujours devant les yeux les scènes de dévastations auxquelles j’ai assisté... J’ai pensé qu’au naturaliste incombait un immense devoir, celui de mettre son savoir au service des malheureux ruinés par ces êtres dont il fait l'objet de ses études. » Ce devoir, M. Kunckel d’IIerculais continue à l’exécuter, avec activité et énergie, mais grâce au ciel, il n’est nullement victime des ennemis ailés qu’il poursuit. G. T.
- Explosions de grisou causées par la foudre.
- — Une intéressante Note a été lue récemment devant l’Institut des mines d’Écosse par M. David Smith, qui a décrit les effets de la foudre quand elle est tombée dans les travaux du puits de charbonnage de Drumsmudden, en novembre 1890. L’éclair a été observé quand la cage descendante était à 20 mètres de la surface. Plusieurs ouvriers reçurent des secousses très violentes, mais il n’en résulta pas d’autre mal. Des globes de feu sautaient des câbles d’extraction au guidage, le machiniste fut à moitié aveuglé, mais il eut la présence d’esprit de serrer le frein et il n’en résulta aucun accident de personnes. Dans la discussion qui suivit la lecture de la Note, plusieurs cas du même phénomène furent mentionnés; l’explosion du grisou dans une mine abandonnée, près de Hexham, est due à la foudre, et l’explosion de liisca, en 1880, eut lieu pendant un violent orage, ce qui a fait supposer qu’elle pouvait avoir eu la même origine. M. F. Evrard, ingénieur directeur des télégraphes belges, dit, dans l’un des derniers numéros de la Société belge des Électriciens, que l’administration des mines de Belgique a porté à sa connaissance deux explosions de grisou qui ont été attribuées à la foudre : l’une, le 22 mars 1847, au charbonnage de la Grande-Veine du Bois de Saint-Ghis-lain, à Dour, où il y eut 27 tués et 50 blessés; l’autre, le 24 janvier 1878, au siège d’Yvoz-Rainel, des charbonnages de Marihaye. Dans le premier cas, le directeur produisit le témoignage de deux ouvriers qui dirent avoir vu tomber la foudre dans le puits. Dans le second, personne n’avait mis les pieds depuis plus de deux jours dans la baenure où l’accident s’est produit, et, au moment même, il n’y avait absolument personne dans la mine. D’autre part, un mécanicien et un veilleur de nuit dirent avoir entendu un violent coup de tonnerre dans la direction du puits d’extraction, à l’heure de l’accident. Il faut noter que ce puits était sur une hauteur, qu’une conduite enfer pour l’air comprimé allait de l’orifice du puits au bout de la baenure, siège de l’accident, et enfin qu’on a constaté l’enlèvement par le tonnerre d’un éclat de bois sur le chevalement, tout contre le tuyau. Cette dernière explosion ne peut donc être attribuée qu’à la foudre. Les faits ci-dessus n’ont rien de bien récent, mais ils sont peu connus, et ils ont été l’objet d’une communication de M. Ros-signeux à la Société de l'industrie minérale de Saint-Étienne.
- 1 Yoy. n° 802, du 15 octobre 1888, p. 505.
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- La consommation journalière de charbon des steamers modernes. — On ne se fait pas dans le public une idée, même approchée, de la consommation journalière de charbon des steamers modernes, aussi croyons-nous intéressant de fixer ce point en citant quelj ques chiffres empruntés au Moniteur industriel, et se rapportant à la consommation de ces steamers à pleine vapeur, la seule qui puisse servir de terme de comparaison. Les petits steamers delà Nelherland line consomment 50 tonnes par jour, soit environ 2 tonnes par heure, ceux de ÏInman line et de la While Star line de 100 à 110 tonnes. Quant aux grands steamers, tels que YEtru-ria et YUmbrica de la Cunard line, et la City of Rome de 1 ’Anchor line, ils consomment 340 tonnes de charbon par jour à pleine marche. Le City of New-York. de Vin-man line consomme journellement 325 tonnes de combustible, et le City of Paris, à sa limite de puissance, atteint l’effrayante consommation de 480 tonnes par jour, soit 20 tonnes par heure, une tonne en trois minutes,
- 5 kilogrammes et demi par seconde ! On s’explique maintenant pourquoi, en présence de ces fantastiques consommations, les machines à triple et même à quadruple expansion s’introduisent rapidement dans la marine marchande et se substituent aux moteurs à double expansion ou moteurs compound, dans le but de réduire la consommation de combustible de 10 à 15 pour 100, à puissance et travail égaux. On comprend également pourquoi, eu égard à l’énorme approvisionnement de combustible nécessaire pour effectuer à grande vitesse une traversée un peu longue, il reste si peu de place disponible pour les marchandises, et pourquoi, enfin, ces prix de transport sont si élevés, la quantité de charbon nécessaire pour faire franchir à une marchandise donnée une distance donnée variant, toutes choses égales d’ailleurs, en raison directe du cube de la vitesse. Quelle meilleure confirmation apporter an classique proverbe anglais : Time is money ?
- Ce qu’on fabrique de fil dans le Lancastre.
- — Un statisticien patient (tous les statisticiens le sont) vient de calculer quelle longueur de fil produisent par jour les métiers de toutes les filatures que compte en si grand nombre le comté de Lancastre. En mettant bout à bout tout ce qui est fabriqué en une seule journée, on aurait un fil qui pourrait faire sept mille fois le tour du globe.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 19 mai 1891. — Présidence de M. Dochartre.
- M. Edmond Becquerel. — La séance est ouverte par quelques paroles de regret adressées, au nom de l’Académie, par le président au grand savant dont nos lecteurs connaissent déjà la fin. On trouvera dans la présente livraison de La Nature une Notice spéciale sur la vie et les travaux de M. Ed. Becquerel.
- Travaux à faire. — On sait que le récent passage de Mercure sur le disque du Soleil s’est opéré dans des conditions météorologiques tout à fait défavorables à l’observation, au moins dans nos pays. Un nouveau passage devant avoir lieu en novembre 1894, M, Janssen saisit l’occasion pour signaler des points spécialement intéressants à examiner. 11 s’agit d’abord de la confirmation (et définitive cette fois) qu’on pourra obtenir de la réalité physique de l’atmosphère coronale du Soleil. Tout le inonde
- se rappelle l’immense sensation produite en 1871, puis en 1874, par l’annonce des grandes découvertes de M. Janssen sur la constitution du Soleil. A cette dernière date, notre compatriote qui était au Japon avec M. Tisse-rant et quelques autres astronomes, avait vu Vénus encore à deux ou trois minutes du Soleil, se détacher sur un fond lumineux. Celui-ci ne pouvait être que l’atmosphère constituant la couronne. Il faudra évidemment faire tous les efforts pour constater un fait d’une importance si grande et Mercure s’y prêtera parfaitement. Il faudra même, reprenant les idées de M. Iluggins, tenter de photographier la planète à une distance encore plus grande de l’astre central. Si les résultats sont satisfaisants, la conclusion sera encore plus formelle que dans le cas précédent. Enfin, selon M. Janssen, et tout le monde sera de son avis, la perspective du prochain passage de Mercure doit faire hâter, autant que possible, la construction des observatoires en très hautes régions. Là seulement seront éliminées, en effet, au moins pour la plus grande part, les perturbations causées par l’interposition des gaz terrestres.
- Œuf fossile de poisson. — Sur le très bienveillant conseil de M. Léon Vaillant, professeur au Muséum, j’ai comparé aux œufs d’holocéphales la curieuse empreinte jurassique dans laquelle j’avais cru récemment pouvoir reconnaître une feuille séminifère de Cycadée. La conclusion de cette comparaison, est qu’en effet il s’agit ici d’un œuf de chondroptérygien et je propose d’en faire le genre Yaillantoonia. Il se trouve que cette méprise reproduit exactement celle que deux très savants paléontologistes, MM. Bernard Renault et R. Zeiller, ont récemment commise en décrivant d’abord certains fossiles de Commentry qu’ils ont nommés Fayolia comme des plantés et qu’ils ont reconnus ensuite eux-mêmes.pour être des œufs d’ilétérodontes.
- L’Annuaire géologique. — C’est de la manière la plus intéressante queM. Albert Gaudry signale le tome VI qui vient de paraître de l'Annuaire géologique universel, fondé par le Dr Dagincourt et publié par une série de savants spéciaux sous la direction de MM. L. Garez et Dou-vilié. Plus de trois mille publications représentant le bilan de 1889 ont été analysées avec une compétence et un soin, parfaits. Après un index bibliographique de plus de 120 pages où les recherches sont très aisées, on trouve : la stratigraphie du système permo-carbonifère par M. Ber-geron, celle du trias parM. Uaug, du terrain jurassssique par M. Carez, du tertiaire par M. Fallot, et quaternaire par M. Dollfus. M. U. Le Verrier étudie la pétrographie et M. Johnston Lavis le vulcanisme et la sismologie. Une deuxième partie concerne la géologie régionale : M. Carez s’est chargé de la France et de l’Angleterre, MM. Rutod et Van den Brœck de la Belgique, M. Pavlow de la Russie; M. Siémiradsky de la Pologne et de la Galicie, M. Ilaug de la Suisse, M. Aichino de l’Italie, M. Choffal de la péninsule Ibérique, M. Peron de l’Afrique, et M. de Margerie de l’Asie, de l’Océanie et de l’Amérique. Les différents chapitres de la paléontologie sont de même répartis entre des collaborateurs très compétents et l’ouvrage se termine par une importante étude de M. G. Ramond sur la géologie à l’Exposition universelle de 1889.
- Varia. — MM. Arnaud et Charrin continuent leurs si curieuses études sur la biologie du bacille pyocyanique. — D’après M. Ficheur, le turonien manque aux environs de Sétif entre le cénomanien et le sénonien. — Une lettre adressée de Chine par M. Martin à M. Dàùbrée signale la
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- découverte de gisements de jade. — L’explication physique delà fluidité fournit le sujet d’un Mémoire à M. Boussi-nesq. — M. Leclère proposé un procédé de dosage de la silice en présence du fer. — Un double halo avec parhélie est décrit par M. Cornu. — L’emploi de la bombe calorimétrique permet à M. Berthelot de déterminer la chaleur de formation et de combustion des composés chlorés. — M. Lœwy poursuit ses études sur la valeur de l’aberration.
- Stanislas Meunier.
- LAMPE A POUDRE-ÉCLAIR
- DE M. PAUL NADAR
- Toujours désireux de tenir nos lecteurs au courant des progrès de la photographie, nous avons décrit, nous pou-vons le dire, d’une façon à peu près complète, les principaux types de systèmes qui ont été utilisés dans ces dernières années pour procéder aux opérations de la photographie nocturne par ce qu’on a appelé la poudre-éclair : poussière de magnésium projetée dansune flamme.
- Dans la plupart des appareils, la production de la lueur est d’une très faible durée, et produit un éclair instantané. M.PaulNadar a voulu remédier à cet inconvénient, et il a récemment présenté à la Société française de photographie une lampe à poussière de magnésium qui permet d’obtenir l’éclair d’une façon continue, pendant 40, 50 secondes et même plus. Notre gravure représente la lampe ; dans la partie gauche de la figure, on en voit l’aspect extérieur pendant le fonctionnement; nous donnons dans la partie droite la coupe du système, cette coupe nous servira pour l’explication.
- L’appareil de M. Paul Nadar se compose d’un réservoir R que l’on remplit de poudre de magnésium . Un injecteur 0 est placé à la partie inférieure du réservoir, un tube de caoutchouc y est adapté, et le jet d’air est obtenu d’une façon continue de la manière suivante. En pinçant avec le doigt le tube de caoutchouc, on insuffle de l’air avec une poire de caoutchouc, dans un autre ballonnet de caoutchouc
- à mince enveloppe qui se gonfle jusqu’à remplir un filet de soie destiné à empêcher sa rupture. En dégageant le tube, le ballonnet produit un fort courant d’air; ce ballonnet est toujours maintenu gonflé par la poire de caoutchouc et produit ainsi un jet d’air continu.
- Le jet d’air traversant l'injecleur 0, entraîne avec lui de la poussière de magnésium, qui traverse le tube T et brûle à la partie supérieure de ce tube, dans la flamme qui surmonte l’appareil. Cette flamme est produite par la combustion de l’alcool dont est imbibée la mèche M. La petite lampe C est convenablement montée sur un cylindre d’aération qui se visse en V et forme corps avec le réservoir 1\. La lueur obtenue par cette lampe est très intense,
- très durable, mais elle offre l’inconvénient par suite de l’abondance de magnésium brûlé, de projeter dans l’air ambiant des quantités d’oxyde de magnésium qui ne permettent d’opérer à plusieurs reprises que dans un grand espace. M. Paul Nadar se sert de cette lampe avec succès dans son atelier, mais il la fait brùlerau-dessous d’une botte, où un tirage d’air entraîne au dehors les vapeurs de magnésie par une cheminée. C’est une installation qui convient parfaitement à un atelier de photographie chez un amateur bien installé.
- Le nouvel appareil nous paraît destiné à rendre des services dans un grand nombre de circonstances, et il conduira à de nouveaux perfectionnements que nous ne manquerons pas de signaler quand ils se produiront. La grande difficulté de l’emploi tout à fait pratique des lampes à poudre-éclair consiste à éliminer les produits de la combustion du magnésium en poudre : quand on a fait deux ou trois opérations successives, l’air se trouve voilé de véritables nuages de magnésie qui non seulement entravent les photographies, mais finissent par former un air peu respirable pour les assistants. G. T.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Lampe à magnésium eu poudre, à llamme continue, de M. Paul Nadar.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Flcurus, 9.
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- N* 93U.
- 50 MAI 1891.
- LA NATURE.
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- LES DERNIERS ANTHROPOPHAGES
- Fig. 1. — Indigènes anthropophages des Nouvelles-Hébrides.
- (D’après une photographie de la collection du Laboratoire d’anthropologie au Muséum d’histoire naturelle de Paris.)
- Dans les premiers âges de l’humanité, alors que nos ancêtres vivaient dans de sombres cavernes au fond des forêts, le cannibalisme dut probablement être la conséquence des difficultés de la lutte pour la vie.
- Depuis ces époques lointaines, un certain nombre de peuples restés à l’état sauvage ont conservé l'horrible pratique de l’anthropophagie, quelques-uns par nécessité lorsqu’ils manquent de vivres, le plus grand nombre, par superstition. Ce sont, en général, des prisonniers de guerre que dévorent ces peuples barbares, à la suite des combats qu’ils ne cessent de se livrer.
- Malgré le contact des tribus cannibales avec les explorateurs et les missionnaires, qui, au péril de leur vie, s’efforcent, parfois avec quelque succès, de les faire renoncer à une habitude aussi repoussante et aussi
- annéü. — ter semestre.
- contre-nature, il existe encore bien des pays reculés où les indigènes ont un goût très prononcé pour la chair humaine. En Amérique, les rares tribus Peaux-Rouges de Sioux, de Cris et de Pieds-Noirs qui, reculant devant la civilisation qu’apporte le flot des envahisseurs européens, sont disséminés dans le Canada septentrional, se livrent assez fréquemment a des actes de cannibalisme. A la Guyane et dans le bassin de l’Orénoque, se trouvent des Caraïbes anthropophages de même race que ceux qui peuplaient les Antilles lorsqu’elles furent découvertes par Christophe Colomb ; c’est du nom indigène de ce peuple, Galibis ou Canibis, que les anciens voyageurs ont formé le mot cannibale, par lequel sont aujourd’hui désignés tous les sauvages qui mangent de la chair humaine.; Dans le haut Amazone et entre ce fleuve géant, la
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- Bolivie et le Paraguay, les Toupis-Guaranis sont également anthropophages. Il en est peut-être de même des misérables Fuégiens de la Terre-de-Feu.
- En Océanie, les derniers cannibales sont les Papouas de la Nouvelle-Guinée, des îles Salomon, de l’archipel de la Nouvelle-Bretagne et de celui des Nouvelles-Hébrides, les Canaques de la Nouvelle-Calédonie, les Fidjiens, les Australiens du Nord et du Centre, les Battaks de Sumatra, les Tring-Dayaks de Bornéo et probablement aussi quelques Négritos des Philippines. Les naturels des Nouvelles-Hébrides offrent un caractère particulier de férocité. Nous reproduisons un groupe des habitants de Mallicolo, Mairo et Ambrim, d’après une belle photographie (fig. 1). Nous appelons l’attention de nos lecteurs sur ce document du plus haut intérêt.
- C’est l’Afrique qui. demeure par excellence la vraie terre 'des anthropophages. Les nombreuses peuplades habitant au centre du continent noir, dans l’immense région qui forme le bassin du Congo, surtout entre ce grand fleuve et le Soudan, sont justement réputés cannibales : en effet, les Niams-Niams et les Mombouttous sont les plus féroces des mangeurs d’hommes, ainsique les Fans ou Pahouins du Gabon et de l’O-gôoué (fig. 2). Il en est aussi de même des nègres Bantous du haut Zambèze et de l’Angola intérieur. La carte que nous publions ci-dessus (fig. 5) montre qu’il existe à la surface du globe bien des contrées où se trouvent encore des cannibales.
- Il semble naturel que les sauvages qui se livrent à l’anthropophagie doivent être en tous points les plus inférieurs de la race humaine. Cependant, il n’en est rien, car la plupart des peuples cannibales possèdent une certaine civilisation relativement à bien d’autres tribus barbares dont les membres n’ont pas la répugnante coutume de dévorer leurs semblables.
- A la plus grande honte des anthropophages, il faut avouer que c’est généralement par goût qu’ils consomment de la chair humaine, les pays que presque tous habitent produisant avec abondance des vivres très variés. Pour les cannibales, cette viande constitue donc, à cause de son goût particulier, un mets fort recherché, qui est en outre considéré comme une dernière satisfaction, une vengeance suprême du vainqueur sur le vaincu, et comme un moyen d’acquérir les qualités de celui de ses enne-
- mis que l’on dévore. En un mot, c’est pour eux l’aliment noble par excellence ; aussi, les Polynésiens l’interdisent-ils à leurs femmes. Dans le nord de l’Australie, les indigènes mangent même, paraît-il, ceux d’entre eux qui périssent de mort naturelle, afin de s’incorporer la force et l’intelligence des défunts.
- Tandis que les Peaux-Rouges américains dévorent seulement les guerriers faits prisonniers dans les combats suscités par des querelles entre tribus, les Niams-Niams et leurs voisins font surtout la guerre pour s’approvisionner de chair humaine quelconque. Chez les naturels du haut Ogôoué et de l’Oubanghi, qui ont récemment fait un horrible festin de notre malheureux compatriote Musy, la principale viande de boucherie est celle des nombreux ennemis réduits en esclavage pendant leurs guerres continuelles. Les Papouas sont également parmi les plus incorrigibles anthropophages; aux Nouvelles-Hébrides, ils ont mangé récemment plusieurs Européens, dont la
- chair est tout particulièremen t appréciée par les cannibales1 !
- Mais l’expansion de la race blanche qui d’année en année en valut graduellement la surface entière du globe terrestre, est appelée à faire disparaître les peuples sauvages dans une assez brève échéance ; le contact des voyageurs civilisés fait heureusement perdre peu à peu à certaines tribus leurs cruelles habitudes de cannibalisme. Le temps n’est donc pas très éloigné où l’on pourra visiter en touriste les contrées les plus reculées de notre globe, sans avoir à craindre d’être dévoré par des hommes sanguinaires et féroces, inférieurs en cela à presque toutes les espèces animales2. Jacques Léotard.
- 1 On trouvera dans l’ancienne Revue d’ethnographie de M. E.-T. Hamy de l’Institut une très intéressante Notice sur les indigènes des Nouvelles-Hébrides ; de nombreux faits d’anthropologie y sont signalés.
- 2 Nous avons joint à l’article que l’on vient de lire la reproduction de très remarquables photographies qui proviennent de la magnifique collection du Laboratoire d’anthropologie du Muséum d’histoire naturelle. Nous nous faisons un devoir d’adresser à ce sujet nos sincères remerciements à M. de Quatrefages qui a bien voulu nous autoriser à les publier. Nous avons consulté d’autre part la belle collection anthropologique de M. le prince Roland Bonaparte qui a mis à notre disposition un très intéressant album de photographie de naturels australiens. Quelques-unes de ces photographies ont été publiées précédemment; nous renvoyons nos lecteurs à la livraison qui les contient. (Voy.n°804,du 27 octobre 1888, p. 341.)
- Fig. 5. — Carte des régions habitées par des anthropophages.
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- CHRISTOPHE COLOMB
- SA MLLE NATALE. -------- SA SÉPULTURE
- LES FÊTES DU QUATRIÈME CENTENAIRE
- 11 y aura quatre siècles, le 12 octobre 1892, que l’illustre navigateur Christophe Colomb débarqua à Sau-Salvador, une des îles Lucayes ou Baharna, faisant la découverte pour ainsi dire officielle de l’Amérique, qui a ouvert ce magnifique pays au commerce et à la civilisation de l’Europe. On sait, en effet, qu’il avait eu de nombreux précurseurs ; les Irlandais notamment fondèrent bien avant l’an mille de petites colonies dans la région septentrionale du continent américain. Il paraît même qu’un de nos compatriotes, le Uieppois Jean Cousin, atteignit l’embouchure du fleuve des Amazones en 1488.
- Un grand mystère a toujours entouré les origines de Cristoforo Colombo, dont le nom devenait en espagnol Cristoval Colon. Il est né vers 1440 dans l’Etat de Gênes, mais plusieurs localités revendiquent l’honneur de sa naissance. On croit généralement que c’est la cité même de Gènes qui est'la ville natale du grand amiral; toutefois, cette opinion n’est appuyée d’aucun titre, ni de solides considérations. Une ville de Corse, Calvi, vient au contraire de revendiquer Colomb comme un de ses fils en basant cette prétention sur de sérieux documents locaux, qui ont été publiés par l’abbé Peretti. A l’époque de Colomb, le centre de la domination génoise en Corse était Calvi, dont la fidélité à la République avait fait conférer à scs habitants le privilège de pouvoir se dire citoyens de Gènes, ce qui explique la nationalité de Génois donnée à Colomb par plusieurs historiens de son temps.
- Le 50 juillet 1880, une plaque commémorative a été apposée à Calvi, dans la rue Colombo, sur la maison où la tradi ion fait naître le célèbre marin. En outre,une souscription a été ouverte par le Conseil général de la Corse pour l’érection d’une statue. Gênes se prépare néanmoins à fêter pompeusement l’anniversaire de la découverte du Nouveau Monde.
- Quant à la dépouille mortelle du grand homme, qui est mort dans la disgrâce à Valladolid, le 12 mai 1506, avec la conviction d’être arrivé par l’ouest aux contrées orientales de l’Asie, et non d’avoir découvert un second continent, elle fut d’abord inhumée à Séville, d’où onia transporta à Saint-Domingue, en Haïti, vers l'année 1540. En 1795, lorsque survint la domination française, les Espagnols exhumèrent des caveaux de la cathédrale un cercueil qu’ils jugèrent être celui contenant le corps de Colomb, et le transférèrent à la cathédrale de La Havane. Mais en 1877, on découvrit à Saint-Domingue un nouveau caveau près de celui ouvert en 1795. Le cercueil qu’on y trouva portait des inscriptions qui démonlrèrent que c’étaient bien laies restes mortels de Christophe Colomb. Le corps précédemment exhumé était celui de son fils Diégo. Actuellement, la dépouille de l’illustre navigateur repose toujours dans la cathédrale de Saint-Domingue, capitale de la République Dominicaine et la plus ancienne ville européenne de l’Amérique.
- Le principal descendant de Colomb est aujourd’hui le duc de Yeragua, grand d’Espagne, qui a confié à l’Académie de Madrid le soin de décerner en 1892 un prix de 50 000 francs à l’auteur de la meilleure histoire de son immortel ancêtre.
- De belles fêtes se préparent pour l’an prochain dans la péninsule hispanique. D’autre part, l’Amérique célébrera magnifiquement le quatrième centenaire de sa découverte;
- toutefois, l’Exposition universelle de Chicago ne pourra pas être ouverte pour le mémorable anniversaire, mais seulement le 1er mai 1895.
- Les divers États de l’Amérique du Sud ont formé le projet d’ériger une statue monumentale de Christophe Colomb au sommet de la colline, dite le « Pain-de-sucre », qui domine l’entrée de la merveilleuse baie de Rio-Janeiro. De grandes fêtes auront également lieu dans les Antilles. On sait qu’une statue du glorieux amiral s’élève déjà sur l’isthme américain, à Colon ou Aspinwall, montrant la future route de l’océan Pacifique, la grande voie maritime qui s’ouvrira un jour pour donner une impulsion nouvelle au commerce du globe et au progrès de l’humanité. La commémoration de la découverte de l'Amérique est même une fête internationale, car le grand navigateur Colomb fut un des puissants génies qui ouvrirent l’ère glorieuse des temps modernes. J. L.
- RÉPARTITION DE LÀ PLUIE EN FRANCE
- La distribution de la pression barométrique sur un pays de grande étendue peut être obtenue assez exactement avec un nombre relativement faible de stations convenablement choisies, mais il n’en est pas de même des autres phénomènes météorologiques, qui subissent davantage l’action des influences locales. Pour se former une idée de la distribution des pluies, par exemple, il devient nécessaire de multiplier considérablement les points d’observation. La constatation de la quantité de pluie que peut recevoir un sol est très importante pour l’agriculture, pour certaines industries, et dans la pratique de l’art de l’ingénieur; aussi les Commissions météorologiques départemen- f talcs, secondées parle Bureau central météorologique, ont dirigé leurs efforts vers l’extension du réseau plu-viométrique en France, qui comprend actuellement plus de deux mille quatre cents stations.
- Nous avons déjà publié dans La Nature la carte des pluies annuelles de 1878 et de 1879 1 ; celle que nous donnons aujourd’hui a été dressée par M. An-got d’après vingt années d’observations, de 1869 à 1888; elle présente donc un intérêt capital, et peut être considérée comme figurant la distribution normale de la pluie dans notre pays. Cette carte, dans ses grands traits, ressemble à une carte liypso-métrique : les régions élevées sont celles qui reçoivent les plus grandes hauteurs d’eau, et les minima de pluie, absolus ou relatifs, se rencontrent dans les plaines ou dans les vallées. Les zones où la pluie totale annuelle n’atteint pas 500 millimètres, sont peu nombreuses et de faible étendue; on n’en voit que dans les vallées inférieures du Cher et de la Vienne, «aux environs d’Angers, et sur la côte de la Méditerranée dans la région de Perpignan. Les plaines de la Loire, le bassin de Paris, la vallée inférieure du Rhône, constituent des minima relatifs où la pluie est comprise entre 500 millimètres et 600 millimètres. Au contraire, les régions montagneuses ; les Ardennes, les Vosges, le Jura, le Morvan, le Pla-
- 1 Voy. La Nature, 2* semestre de 1880, p. 145, et 2* semestre de 1881, p. 45.
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- teau central, les Pyrénées, les Cévennes, les Alpes, correspondent à des maxima nettement déterminés. Les plus fortes quantités d’eau sont recueillies sur le versant nord des Basses-Pyrénées, et sur le versant méditerranéen des Cévennes; là, les totaux annuels atteignent jusqu’à 1800 millimètres. Des maxima relatifs se montrent en Bretagne, et sur les collines du Perche et de la Normandie.
- Les causes principales qui règlent la répartition des pluies sont : l’altitude, l’orientation des montagnes relativement aux vents pluvieux, le voisinage de la mer. Lorsqu’une masse d’air s’élève le long d’un des versants d’une montagne, elle se refroidit peu à peu, son état hygrométrique augmente, et les nuages se résolvent en pluie ; cette condensation est fonction de l’état hygrométrique de l’air à la base, et du refroidissement dù au mou-vement ascensionnel. Le phénomène inverse se produit lorsque le courant, après avoir franchi la crête de la montagne, redescend sur les pentes du versant opposé ; l’air se réchauffe, son état hygrométrique diminue : la pluie est faible. Le versant occidental des Vosges, exposé aux vents humides de l’ouest, reçoit considérablement plus d’eau que le versant du Rhin ; il tombe très peu d’eau à Colmar. 11 suffit d’ailleurs de jeter un coup d’œil sur la carte pour voir que les grandes vallées, dans les pays de montagnes, correspondent toutes à des minima relatifs.
- Le régime des pluies est donc absolument différent de part et d’autre d’une ligne de faite, et l’influence de l’orientation des montagnes relativement aux vents pluvieux est manifeste lorsque, au lieu d’envisager une carte d’ensemble, on étudie séparément les différentes périodes pluvieuses. En groupant ainsi les pluies selon la direction du courant qui les détermine, on voit, par exemple, que le maximum considérable des Cévennes ne correspond pas à des pluies tombées simultanément dans toute la région montagneuse; les deux versants principaux sont exposés, l’un aux vents pluvieux de l’Océan, l’autre aux vents de la Méditerranée, également très chargés de vapeurs d’eau. Les fortes pluies tombent sur l’un des versants ou sur l’autre,
- selon le régime des vents. Cette opposition disparaît naturellement sur une carte générale. De même, dans le bassin de l’Adour, les pluies correspondent presque exclusivement aux vents d’entre ouest et nord, qui soufflent de l’Océan ; les vents du sud ont déchargé leur humidité sur le versant espagnol des Pyrénées et n’amènent pas de pluie de l’autre côté de la chaîne.
- Les minima relatifs des vallées profondes s’expliquent aisément : les courants ne peuvent y arriver qu’après avoir opéré un mouvement de descente pendant lequel l’air se réchauffe, et peut contenir une plus grande quantité de vapeur d’eau. La vallée de l’Ailier, abritée des vents d’est par le Forez, des vents du sud par les monts de la Lozère, des vents d’ouest par les monts d’Auvergne, reçoit très peu
- d’eau; elle n’est découverte que du côté du nord, et les vents de cette direction sont habituellement secs. C’est par des considérations de même ordre qu’on peut se rendre compte des minima si caractérisés des vallées du Rhône, de la Durance, de la Saône, de la Loire supérieure, etc.
- Le minimum du bassin de la Saône présente une particularité qui met bien en évidence l'influence du reliel du sol sur la répartition des pluies. Le Morvan et les monts du Beaujolais, qui correspondent à des maxima, sont séparés, vers Digoin, par une dépression naturelle du sol dans laquelle les ingénieurs ont établi le canal du Centre ; la partie de la vallée.de la Saône située à l’est de cette dépression n’étant pas abritée des vents humides de l’ouest, il y pleut plus qu’au nord et au sud. La carte montre en effet que le minimum de la Saône est interrompu par une zone de pluies plüs fortes entre Cha-lon et Mâcon.
- Les maxima relatifs de la Bretagne et des côtes de la Manche sont dus principalement au voisinage immédiat d’une grande masse d’eau située dans la direction des vents pjuvieux. Cette influence est surtout prépondérante en hiver, lorsque la différence de température entre la mer et la terre atteint sa plus grande valeur. Th. Moureaux.
- —><>«—
- Carte de la distribution des pluies en France, par M. A, Angol.
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- LE SECTEUR ÉLECTRIQUE DE LA PLACE CLICHY, A PARIS1
- Canalisation. — La canalisation adoptée par le secteur de la place Clichy est entièrement en câbles simples du système Siemens. La grosseur des fee-
- ders dépend de la distance de l'usine à la boîle de distribution ou point de jonction des fils de distribution aux feeders. La figure 1 représente, en gran-
- Fig. 1 et 2. — Secteur électrique de la place Clichy, à Paris. — Fig. 1. Coupe d'un l’eeder eu grandeur d'exécution. — Fig. 2. Pose des cinq (ils sous trottoirs. — A. Sable. — B. Terre des déblais. — C. Toile métallique. — D. Terre des déblais. — E. Ciment — F. Bitume.
- deur naturelle, la section de l’un de ces câbles présentant une section de cuivre de 655 millimètres carrés, pesant 13 tonnes et coûtant 58 000 francs par kilomètre.
- Ces chiffres permettront de se faire une idée de l’intérêt qu’il y a à adopter le potentiel le plus élevé possible pour diminuer la section, le poids et le prix, et à sortir de l’usine avec deux fils seulement, au lieu de cinq que l’on dçyjait employer si l’on n’avait pas eu recours aux accumulateurs et aux régulatrices.
- Le toron en cuivre formant l'âme du câble est recouvert d’un épais guipage de jute imprégné d’une composition isolante spéciale, renfermant des huiles lourdes et du bitume. Le câble recouvert, ainsi isolé, est enveloppé par pression
- 1 Suite et fin. — Voy. n° 955, du 2 mai 1891, p. 515.
- à la machine d’un tube de plomb, sur lequel est roulé à son tour un épais matelas de chanvre bitumé. Sur ce chanvre, sont roulées, dans le même
- sens, deux bandes d’acier non jointives, la seconde couvrant le filet vide ménagé pendant l’enroulement de la première. Cette disposition a pour but de laisser au câble une certaine élasticité, tout en assurant l’herméticité et la continuité complètes de l’enveloppe de fer, dont le but est de donner au câble une protection mécanique suffisante. Le fer est ensuite bitumé et recouvert d’une dernière couche de filin asphalté pour protéger le fer de la corrosion. L’un des fils formant l’âme du câble est de plus petite section que les autres, et isolé : ce fil sert de retour pour indiquer à l’usine les différences de potentiel aux extrémités des feeders.
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- La figure 2 montre comment ces câbles sont posés en terre. Cette pose est d’ailleurs des plus simples : elle consiste à faire une tranchée sur laquelle on dispose un lit de sable : le cable est posé sur ce lit de sable et recouvert de sable à son tour. Ce sable a pour objet de placer le câble dans un milieu un peu poreux facilitant le drainage et maintenant le câble propre dans le cas où il serait nécessaire de le retirer pour une cause quelconque.
- La tranchée est ensuite remplie du terrain provenant du déblai, en ayant soin d’intercaler une toile à larges mailles en fer étamé qui prévient de la présence du câble dans le cas où l’on viendrait à ouvrir de nouveau le trottoir pour y établir de nouvelles canalisations, électriques ou autres. Lorsque la tranchée est remplie, on reforme la couche de ciment et la couche de bitume, et le trottoir est remis en état.
- Nous n’insisterons pas sur les boîtes de jonction des câbles, les boîtes de dérivation, les manchons
- ,----r—,------1—
- Fil 2.
- + 1
- -^nnnnr^
- 4 ampères
- Fil 3
- 2 ampères
- Fil 4
- 1 ampere
- --------J-----------
- Fig. 4. — Diagramme de moulage des bobines du compteur à eiiuj lits.
- d’accouplement et d’embranchement, les passages de rues avec tuyaux en fonte, etc. Nous avons seulement reproduit (fig. 5) une entrée de poste d’abonné, qui réunit un certain nombre de ces dispositions.
- Dans le fond de la tranchée supposée ouverte sont installés les conducteurs principaux qui continuent leur chemin pour desservir d’autres abonnés.
- Cinq manchons d’embranchement permettent de prendre sur les conducteurs principaux cinq dérivations qui aboutissent à une boîte d’abonné d’où partent, après avoir traversé les coupe-circuits de branchement, les cinq fils pénétrant dans l’immeuble. Ce cas est le plus complexe, et n’est fait ainsi que pour les abonnés possédant un grand nombre de lampes desservies, en vue d’égaliser la consommation et de la répartir sur les quatre ponts à la fois. Pour les abonnés d’importance moyenne, on ne fait pénétrer que deux ponts dans l’immeuble ; la distribution est à trois fils. Enfin, les petits abonnés n’ayant qu’un petit nombre'de lampes h alimenter, sont branchés sur un seul pont.
- Compteurs. — Le secteur de la place Clichy fait exclusivement usage jusqu’ici, pour le service de ses abonnés, de compteurs de quantité ou de comp-
- teurs d’énergie du système Aron, appareils dont nous avons donné autrelois la description *, mais le système de distribution employé a demandé une modification de l’appareil qui mérite une mention spéciale.
- Nous avons vu que, suivant l’importance de l’installation de chaque abonné, on faisait arriver chez lui trois ou cinq fils, desservant respectivement deux ou quatre ponts, entre lesquels étaient montés les appareils d’utilisation, mis en service en nombre variable à volonté sur chacun des ponts. Il a donc fallu modifier le compteur pour qu’il puisse enregistrer k chaque instant la somme réelle des consommations sur chaque pont, malgré les changements de sens du courant sur chaque fil intermédiaire lorsque l’on fait varier le nombre des lampes alimentées par chacun d’eux. Supposons, pour fixer les idées, que chaque lampe consomme un ampère et qu’il y en ait en service, k un moment donné, comme le représente la figure -4, quatre sur le premier pont, zéro sur le second, deux sur le troisième et une seulement sur le quatrième. Il faut, dans le cas particulier, que le compteur fonctionne comme s’il était traversé par un courant de 7 ampères, le premier fil étant traversé par un courant positif de 4 ampères, le deuxième par un courant négatif de 4 ampères, le troisième par un courant positif de 2 ampères, le quatrième par un courant négatif de 1 ampère, et le cinquième par un courant négatif de 1 ampère. Pour obtenir le résultat cherché, le compteur de quantité porte théoriquement cinq bobines, et, pratiquement, quatre bobines seulement.
- Sur le premier fil, l’enroulement a une valeur relative égale k 2, c’est-à-dire qu’il exerce sur le compteur deux fois plus d’action que l’enroulement du deuxième fil, représentée par 1. Ce résultat est obtenu très simplement en doublant le nombre de spires de l’enroulement du fil 1 par rapport k celui du fil 2. Le troisième fil ne comporte aucun enroulement et communique directement sans passer par le compteur. L’enroulement de la bobine montée sur le fil 4 est le même que celui de la bobine montée sur le fil 2, et l’enroulement de la bobine montée sur le fil 5 est identique k celui de la bobine montée sur le fil 1 ; seulement ces deux enroulements sont négatifs, c’est-à-dire qu’ils n’agissent dans le même sens que les bobines 1 et 2 que si les courants qui les traversent sont de sens inverse.
- Si, faisant la somme des actions avec leurs vrais signes, nous cherchons à déterminer l’action résultante sur le compteur, nous trouvons dans le cas particulier choisi :
- Pour le fil 1 + 4x2 = + 8
- — 2 — 4xl= — 4
- — 3 -+- 2x0= 0
- — 4 -f—l)xl=+l
- — 5 — (— l)x2 = + 2
- Total. =-1-7
- Les quatre bobines agiront donc comme un cou-
- 1 Voy. n° 786, du 25 juin 1888, p. 57.
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- rant résultant égal h 7, ce qui est exact, puisqu’il y a, dans le cas supposé, sept lampes de 1 ampère en service. Il est facile de s'assurer qu’il en serait de meme pour toute autre combinaison. Le compteur à bobinage multiple résout donc un problème qui, sans cet artifice ingénieux, exigerait l’emploi de quatre compteurs distincts.
- Telles sont les principales dispositions employées par la Société anonyme du secteur de la place Clichy pour assurer le service de son secteur. Bien que la plupart des appareils d’utilisation actuels marchent sur une différence de potentiel de 110 volts, il est bien évident que l’on peut utiliser à volonté 110, 220, 550 ou 440 volts en branchant convenablement les appareils. C’est ainsi, par exemple, que l’usine alimente un certain nombre de lampes à incandescence Ivhotinsky de 220 volts installées chez M. Augé. Les moteurs électriques d’une puissance supérieure a 5 kilowatts pourront être établis aussi sur la même différence de potentiel, et le jour où l’on installera dans le quartier des tramways alimentés par une usine centrale, la différence de potentiel de 440 volts disponible au bout des feeders pourra être directement utilisée, sans qu’il soit nécessaire de construire une usine spéciale en vue de cette application.
- Ce sont là des considérations importantes qui justifient l’adoption du système que nous venons de décrire, système qui constitue une sorte de compromis entre les basses tensions à 110 et 220 volts adoptées dans les autres secteurs parisiens et les hautes tensions à 2000 ou 2400 volts qui sont l'apanage presque exclusif des courants alternatifs.
- Nous devons, en terminant, adresser nos remerciements à la Société alsacienne de constructions mécaniques qui a construit tout le matériel mécanique et électrique, à M. Lalance, administrateur de la Société du secteur, et à M. Pirani, ingénieur de la Société alsacienne chargé du montage de l’usine, des renseignements qu’ils ont bien voulu nous fournir avec une parfaite obligeance pour rédiger cet article malheureusement trop succinct et incomplet, bien qu’il dépasse de beaucoup l’espace dont nous disposions. E. Hospitalier.
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- SOUVENIRS D’UN VOYAGE AUTOUR DU MONDE1
- CANTON
- Un service de bateaux superbes construits dans le genre américain se fait régulièrement entre Hong-Kong et Canton. Six heures environ suffisent pour faire le voyage et les touristes parfaitement installés dans de larges cabines ou dans de beaux salons bien aérés, exempts de tous soucis, peuvent contempler les rives monotones de la grande rivière des Perles.
- L’arrivée à Canton offre un spectacle merveilleux d’animation, un coup d’œil unique, dont l’attrait plein d’originalité est tout à fait extraordinaire.
- 1 Suite. — Voy. il" 97»6, du 9 mai 1891, p. 359.
- La ville de Canton se compose de deux parties distinctes qui la rendent la plus curieuse du monde. La première, celle qu’on peut observer tout d’abord, constitue la cité aquatique. Sans les liantes tours des Monts-de-Piété construites en briques où les Chinois, craignant les incendies fréquents, déposent leurs objets de valeur, il semblerait quelle n’est formée que de barques de pêche et de jonques de toutes sortes.
- Les riverains, au nombre de plus de 100000, vivent toujours sur l’eau; ils y naissent et ils y meurent, formant une population spéciale. Le mouvement des barques voguant dans tous les sens et luttant contre le courant rapide, est incomparable (fig. 1). Canton ne possède pas de quais, une quantité d’embarcations, à l’ancre le long du rivage, placées tout auprès des maisons de bois de la ville, et souvent alignées à peu près comme elles, semblent continuer les rues et les ruelles étroites sur la rivière même. Des milliers de barques chargées de Chinois allant à leurs affaires, circulent au travers de ce labyrinthe, véritable faubourg flottant. Ce sont le plus souvent de jeunes batelières à la physionomie fraîche etaccortequi sont chargées de conduire votre, harque dans ce dédale pittoresque ; elles godillent ou rament vigoureusement, évitant tout danger. Bras nus et pieds nus, vêtues d’une longue tunique de satinette noire et parées de leurs Beaux cheveux dont les reflets sont pa^pils à ceux de l’aile du corbeau, leur présence, dans l’ensemble général de ce tableau féerique, offre un aperçu gracieux et charmant.
- La seconde partie de Canton, de beaucoup la plus importante, consiste dans l’immense développement des rues étroites où se trouvent les temples, les maisons et les magasins innombrables. Une foule considérable est toute la journée dans les rues où règne un commerce des plus actifs. Le voyageur, presque toujours en chaise à porteurs, peut parcourir en toute tranquillité les lieux les plus populeux de la ville, et jouir sans se lasser, pendant plusieurs jours de ce spectacle intéressant donné par les Chinois toujours au travail.
- Une de mes premières visites fut à l’établissement célèbre de Canton, le Koong Yuin, où tous les trois ans, onze mille jeunes gens viennent passer leurs examens du deuxième degré littéraire. Ces candidats ou Siut-sai, ont déjà obtenu le premier degré et devront plus tard, s’ils sont reçus, se rendre à Pékin pour concourir au troisième, le plus haut de tous, et recevoir des emplois civils dans le gouvernement. L’établissement occupe un espace considérable. Il se compose tout d’abord des onze mille loges destinées aux candidats. Elles sont disposées à droite et à gauche d’une longue avenue, plantée d’arbres, qui mène aux différents corps de logis des examinateurs et des gens de service (fig. 2). D’étroits passages, munis de numéros d’ordre largement peints en noir, et couverts de nattes pendant la durée du concours, donnent accès aux loges qui se divisent par série de soixante.
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- LÀ NATURE
- Chacune d’elles a 2 mètres de longueur sur 1111,10 de largeur. Un banc formé par une planche épaisse et une table faite de même façon, forment tout le mobilier.
- La durée des 'examens écrits est de trois jours et trois nuits. On donne à chacun des concurrents le même sujet de concours, le matin du premier jour,
- Fig. 1. — Vue de la rivière des Perles à Canton. (Dessin d’après nature de M. Albert Tissandier.)
- et la composition doit être remise le lendemain à la repos cette journée, pour revenir le matin suivant, première heure. Le candidat peut prendre alors du faire comme la première fois une nouvelle compo-
- Fig. 2. — Vue d’ensemble des loges pour passer les examens à Canton. (D’après une photographie.)
- à ce règlement d’une sévérité aussi rigoureuse.
- C’est dans de larges pavillons placés tous dans l’axe de l’avenue principale, que les examinateurs remettent à chacun le sujet du concours, et c’est aussi dans ce lieu que les compositions doivent être rapportées.
- sition. Durant les examens écrits, c est-a-dire deux fois, pendant un jour et une nuit, le candidat ne peut sortir de sa loge sous aucun prétexte. Il a dû s’entendre avec les gardiens pour recevoir sa nourriture et il serait chassé aussitôt, s’il désobéissait
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- Pour garder les candidats, et les servir, il faut un personnel considérable dans le Koong Yuin. Les examinateurs, en grand nombre, y logent aussi pen-
- dant ces trois journées. On estime à trois mille environ le nombre de ces différents employés.
- Nous avons donné dans La Nature1 une descrip-
- Fig. 3. — Pavillon d’une corporation de thé à Canton. (Dessin d’après nature de M. Albert Tissandier.)
- tion d’un des principaux temples de Canton, le temple des Cinq cents Génies; nous ne saurions revenir sur ce sujet. La ville est d’ailleurs remplie d’un nombre considérable de sanc-tuaires de tous les genres dont quel-ques-uns sont considérables.
- Les temples de llonam et leur monastère, sont parmi les plus importants et les plus curieux.
- On visite avec intérêt lesjardins dont ils sont entourés et l’intérieur de chacun des grands pavillons de bois qui composent un ensemble imposant. Dans la ville, au centre du quartier marchand, quelques hôtels assez anciens sont fort remarquables par leur des-
- tination. L’un des plus riches est certainement celui des marchands de thé vert qui forment dans Canton
- une corporation importante. II. date d’une centaine d’années à peine et remplace exactement l’ancien qui fut détruit par un incendie.
- Les corporations en Europe existaient dès le moyen âge, elles ont disparu chez nous depuis la Révolution, mais en Chine elles sont nombreuses actuellement, et fort puissantes encore ; elles luttent souvent victorieusement, contre les exactions des man-
- 1 Yoy. n° 217, du 28 juillet 1877, p. 132.
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- darins. L’hôtel des marchands de thé n’a aucune apparence extérieure, on y pénètre par une allée étroite et sombre bordée de planches noires fort délabrées.
- L’hôtel se compose d’un vaste rez-de-chaussée et les bâtiments sont construits en bois.
- Le pavillon central est celui qui sert aux réunions de la corporation. Il est meublé de beaux meubles incrustés de nacre. Des cloisons ajourées en bois sculpté permettent de voir les fleurs aquatiques, les vases garnis de plantes et les chimères de marbre qui garnissent les balustrades des bassins. Les portiques latéraux vous conduisent au pavillon du fond où se trouve l’autel consacré à Bouddha. C’est le sanctuaire.
- La richesse des sculptures sur bois y est extrême. Chacune des pièces qui composent la charpente est garnie d’ornements d’une exécution délicate et fine, et charmants de fantaisie. La coupole à pans coupés qui orne le plafond, toute construite de petites consoles de bois, formant encorbellement, est d’un travail surprenant. Véritable casse-tête chinois, elle n’en est pas moins une œuvre de beaucoup de goût.
- Le bassin qui se trouve devant cet élégant pavillon est traversé par un pont minuscule d’une seule arche tout en marbre blanc, il sert d’entrée triomphale au sanctuaire où trône le Bouddha doré.
- Nous donnons l’aspect du troisième pavillon, le plus riche de tous en sculptures (fîg. 5). Il est réservé aux grandes réceptions et aux fêtes données par la corporation ; c’est aussi la salle de spectacle.
- Les marchands de thé vert font venir des acteurs et chanteurs pour donner la comédie ou le drame h leurs invités. Les spectateurs se rangent sous les portiques latéraux et dans la grande sajle placée au centre de l’hôtel. Les acteurs paraissent sur la haute estrade et dominent les fleurs qui ornent le bassin central ; ils ont une porte sur le côté, et les deux ouvertures garnies de portières placées au fond de la salle, servent de coulisses. Derrière le pavillon, quelques chambres pour les acteurs servent aux changements de costume et aux accessoires.
- On voit en Chine, dans les principales villes, de nombreux hôtels de corporation qui rivalisent tous de luxe et d’élégance. A Ning-Po ceux des sociétés coopératives des marchands du district et des marchands de bois sont peut-être plus riches encore que celui de Canton; à Foochow, il en est de même. Les fêtes données y sont assez fréquentes ; on peut aisément se figurer leur aspect charmant, lorsque tous les portiques, les bassins, etc., sont éclairés de brillantes lanternes aux couleurs multicolores.
- Il faut remonter en chaise pour continuer l’intéressante visite de la ville ; mes deux porteurs me conduisent au milieu des rues étroites toutes remplies de monde. Chacun se range vivement sur mon passage, et cela n’est pas toujours aisé à cause du peu de largeur de la voie publique.
- Les rues mal tenues et souvent fort sales, puisqu’il n’y a aucun règlement de voirie pour la ville,
- n’en sont pas moins attrayantes à visiter. Les rayons ardents du soleil ne sauraient vous y atteindre, car dans presque toutes leurs parties, une toiture légère de nattes ou d’étoffe transparente est disposée. Les boutiques souvent brillantes, toutes parées d’ornements de bois sculpté doré ou de couleur rouge, forment des contrastes variés et pittoresques. Un grand nombre de petits marchands ambulants de toutes sortes (fig. 4), vendant du thé, des gâteaux ou des joujoux, y apportent aussi la gaieté.
- Dans cette grande ville de Canton composée de plus de un million et demi d’habitants ardents au travail et industrieux au plus haut degré, il y a bien des sujets divers et intéressants à étudier. En Europe, nous parlons de nos capitales avec orgueil ; en Amérique, les grandes villes sont partout vantées ; il serait juste de citer, â coté de ces grandes métropoles, Canton, la ville chinoise qui malgré ses défauts, mérite comme elles l’admiration, et qui est capable d’exciter comme elles la curiosité et l’étonnement.
- — A suivre. — Al.BERT TlSSANDIER.
- .VOLANT ISOCHRONE DE M. RAFFARD
- On sait qu’un volant est un système mécanique qui a pour but de réduire lès variations de vitesse angulaire d’une machine dont les couples, moteur et résistant, subissent des variations périodiques régulières ou irrégulières. Le volant se comporte comme un véritable accumulateur d’énergie mécanique, sous forme de puissance vive ou énergie cinétique : la vitesse ne peut s’accroître que si le volant emmagasine une certaine quantité de travail proportionnelle à la différence des carrés des vitesses, la vitesse ne peut diminuer que si le volant restitue une quantité de travail, proportionnelle à la différence des carrés des vitesses angulaires aux deux limites. Toutes choses égales d’ailleurs, un volant est donc d’autant plus efficace que, pour une variation de vitesse donnée, la différence d’énergie, emmagasinée dans le volant à ses deux vitesses limites, est plus grande.
- Le seul moyen actuellement employé pour augmenter l’efficacité d’un volant, consiste à accroître la masse de la jante et sa vitesse linéaire, mais on est alors souvent conduit à un appareil lourd, encombrant, coûteux, et dont la part de frottement de l’arbre sur les paliers devient une fraction importante de la puissance utile.
- M. Raffard s’est demandé s’il ne serait pas possible d’obtenir le même résultat avec un volant beaucoup moins lourd, et il a imaginé dans ce but le volant isochrone dont nous allons indiquer le principe e’t les propriétés, d’après une Note publiée par l’auteur dans un récent numéro du Bulletin technologique de la Société des anciens élèves des Ecoles nationales des arts et métiers.
- Dans le volant isochrone proposé par M. Raffard, toute la matière utile, au lieu d’ëtre fixée sur la jante, est divisée, au contraire, en un certain nombre de masses satellites réparties symétriquement autour de l’axe de rotation, et mobiles suivant le rayon. Ces masses sont maintenues en équilibre contre les effets de la force centrifuge, par des ressorts. Dans ces conditions, dès que la vitesse angulaire tend à varier tant soit peu, le système tournant se déforme, absorbant ou mettant en liberté de
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- grandes quantités de travail, et s'opposant ainsi à un plus grand écart de la vitesse angulaire. Si les ressorls sont calculés pour faire équilibre à la force centrifuge, on obtiendra un isochronisme parfait; ce volant peut être considéré, pendant la période de déplacement des masses, comme un volant de puissance presque infinie.
- Le volant isochrone de M. Raffard n'est donc pas autre chose, en réalité, qu’un volant à moment d’inertie variable, jouissant de cette propriété précieuse de pouvoir reprendre plus vite sa vitesse de régime dans le cas de ralentissement, car alors son moment d’inertie a diminué, et il faut que le moteur dépense moins de travail pour le ramener à sa vitesse normale que dans le cas d’un volant ordinaire.
- Pour mettre ces avantages en évidence, M. Raffard a calculé la quantité d’énergie disponible pour deux volants de même masse (10 tonnes), dont la vitesse angulaire normale de 100 tours par minute diminue de l pour 100.
- Le volant ordinaire possède une puissance vive égale à 450 000 kilogrammètres pour une vitesse angulaire normale de 100 tours par minute, et de 441 000 kilogram-mclres à la vitesse angulaire de 90 tours par minute. En perdant 1 pour 100 de sa vitesse angulaire, il a donc restitué 9000 kilogrammètres, soit 2 pour 100 environ de son énergie cinétique.
- Le volant isochrone a pour puissance vive 264 500 kilo-grammèlres à 100 tours par minute, et 98 000 kilogrammètres seulement à 99 tours par minute. Il a donc pour la même variation de vitesse angulaire de 1 pour 100 restitué 166 500 kilogrammètres, soit plus de dix-sept fois plus qu'un volant ordinaire de même masse. Cela revient à dire que, pour la même variation d’énergie, le volant isochrone produirait une variation de vitesse angulaire beaucoup moins grande. Le volant restitue 57 pour 100 de son énergie cinétique pour une variation de vitesse angulaire de 1 pour 100, soit 18 fois plus que le volant ordinaire.
- Nous croyons que l’idée émise par M. Raffard mérite une sérieuse attention de la part des constructeurs de machines, des constructeurs de moteurs à gaz en particulier; nous attendrons les applications qui ne tarderont pas à se produire pour faire connaître les résultats obtenus par la mise en pratique de cet ingénieux dispositif.
- X..., ingénieur.
- LA. SCIENCE AU THEATRE
- i,'enceinte métallique hydraulique et les lions a l’hippodrome de paris
- Depuis quelques années, l’Hippodrome de Paris, par la nature de son spectacle aussi bien que par l’importance de la décoration, devient un théâtre en même temps qu’un cirque, et la machinerie y tient une place considérable.
- La Nature a déjà, l’an dernier, donné la description du curieux décor en toile métallique qui servait à la représentation de Jeanne d'Arci. On se souvient que la manœuvre de cette toile circulaire se faisait au moyen de douze treuils placés dans la toiture et manœuvrés chacun par un machiniste. Dans ces conditions, il était fort difficile d’arriver à un ensemble parfait et la toile, subissant des efforts iné-
- 1 Yoy. n° 89ÏL du 20 juillet 1890, p. 125.
- gaux, risquait de se déchirer. Pour obvier à cet inconvénient dans la manœuvre de la nouvelle toile qui sert actuellement à la grande pantomime, Néron, l’habile ingénieur de la maison, M. Ernest Berthier, a eu l'idée de substituer à la manœuvre à bras d’hommes, une manœuvre entièrement mécanique. Les poulies sur lesquelles viennent s’enrouler les câbles qui supportent le décor sont toutes montées sur des axes au nombre de quatre placés dans la toiture ; deux au-dessus des grands côtés de la piste elliptique et deux autres au-dessus des petits côtés ; ils sont reliés entre eux par des engrenages d’angle et il suffit d’en faire tourner un seul pour que les autres marchent à la même vitesse. Un moteur électrique commande l’un des axes et il est mis en mouvement au moment voulu depuis la salle des machines; il suffit de tourner un commutateur pour lui envoyer le courant. U y a là une application très intéressante de l’électricité au théâtre, fort ingénieuse dans ses détails sur lesquels nous regrettons que le manque de place ne nous permette pas d’insister. Notre but aujourd’hui est de décrire l’installation de la grille gigantesque qui entoure la piste et qui fait l’admiration de tous les ingénieurs. Dans la pantomime actuelle, Néron, l’un des tableaux représente un combat de gladiateurs fort bien réglé qui se passe dans le décor en toile métallique représentant un cirque romain. Aussitôt ce combat fini, la toile métallique se relève et est remplacée tout à coup par une énorme grille de fer qui entoure toute la piste s’élevant de terre d’un seul morceau (fig. 1). Il s’agit de protéger les spectateurs contre la voracité d’une dizaine de lions, chacun d’eux quærens quem devoret, et de les empêcher d’oublier qu’ils doivent se repaître seulement de chrétiens en effi-gie.
- L’installation de cette grille a nécessité des travaux et des dépenses considérables. MM. Roux et Combaluzier, les ingénieurs-constructeurs bien connus, dont deux ascenseurs fonctionnent à la Tour Eiffel, ont été chargés de sa construction. Au lieu de se contenter de la faire fonctionner par morceaux séparés venant se rajuster les uns aux autres, ils ont mis une véritable coquetterie à chercher la difficulté; ils ont voulu la faire d’une seule pièce et ont réussi d’une façon merveilleuse. Au moyen du jeu de quelques robinets, cette grille, qui a 185 mètres de développement et ne pèse pas moins de 52 000 kilogrammes, monte et descend en moins d’une minute, comme par enchantement. Nous allons exposer succinctement les détails les plus intéressants de son installation et de son fonctionnement.
- Les barreaux qui la composent, sont des tubes de fer, recourbés en forme de dent de fourche à leur extrémité supérieure, ayant 5 centimètres et demi de diamètre; ils sont espacés l’un de l’autre de 15 centimètres; la hauteur totale est de 4m,50. Ils sont fixés en bas sur une poutre de 0m,50 de haut et 0m,18 de large faite en fer cornière. A 4 mètres au-dessus de cette poutre, ils sont maintenus par
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- une traverse de fer en U spe'cial. Il n’y a aucun in- ner aucun point d’appui aux animaux qui voudraient termédiaire entre ces deux supports afin de ne don- essayer de franchir la grille. Les barreaux sont gou-
- Fig. 1. — L’enceinte métallique ou grille mobile hydraulique de l’Hippodrome de Paris. Vue d’ensemble.
- pillés dans la traverse du haut ainsi que sur la poutre ; ils traversent celle-ci et sont attachés en dessous par des écrous et contre-écrous de façon à former encastrement.
- Tous les deux mètres environ des montants de fer en U traversent la poutre et forment contreven-tements. Tout cet ensemble repose sur seize ascenseurs et disparaît dans une fosse ou gaine en maçonnerie faisant le tour de la piste et qui en temps ordinaire est recouverte d’une trappe en bois à charnière.
- La grille renverse cette trappe au moment de sa montée et apparaît complètement en quarante secondes; elle peut disparaître dans le même temps.
- L’effet produit par cette immense construction, qu surgit tout à coup du sol ét qui entoure la piste d’une
- enceinte métallique (fig. 1), est fort curieux.
- La figure 2 représente une travée de la grille abaissée dans sa gaine ; on voit deux des seize pistons d’ascenseurs sur lesquels elle repose. Chaque piston est en fer plein de 8 centimètres de diamètre ; ils sont distancés de 12 mètres dans les parties droites et llm,30 dans les parties courbes. Près de ces pistons, on a établi
- de solides écharpes B, B, perpendiculaires à la poutre, de ‘même constitution et de même moment d’inertie qu’elle; ces écharpes ont 3m,50 de long et portent
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- chacune de forts coulisseaux doubles en fer. Elles coulissent dans des guidages de fer en U fortement
- scellés dans la maçonnerie par des boulons disposés tous les 75 centimètres. Ces dispositions empêchent
- Fig. 3. — Uù lion et une lionne de l’Hippodrome de Paris. Fig. 4. — Lion de l’Hippodrome sautant vers un morceau/le viande.
- (D’après des photographies instantanées de JIM. Albert Londe et Yvart.)
- complètement la grille de se déjeter en avant ou en arrière pendant la manœuvre, et elles jouent un rôle extrêmement important dans la construction. Les seize ascenseurs marchent d’une façon absolument simultanée, résultat indispensable à atteindre pour éviter tout gauchissement.
- Le réglage en est fait au moyen de dispositions spéciales dans le détail desquelles nous ne pouvons pas entrer ici.
- L’eau qui les fait manœuvrer est envoyée au moyen d’un accumulateur placé dans la salle des machines. Il se compose d’un piston de 58 centimètres de diamètre dont la course est de 3m,50 et dont la tête est chargée d’une cuve remplie de béton pesant 65 000 kilogrammes. On comprend qu’avec une telle pression la grille puisse se manœuvrer
- comme avec la main ; une course complète consomme 550 litres d’eau. Une fois sortie du sol, la
- grille est soutenue dans cette position par les pistons des seize ascenseurs qui restent sous pression. Mais il fallait prévoir le cas où une fuite dans la canalisation aurait laissé descendre piston et grille, à un moment fort inopportun pour le spectateur. Aussi les constructeurs ont-ils disposé sur chaque guidage un verrou hydraulique automatique dont on voit le détail sur la figure 6. Une came G fixée sur le guidage vient s’enclencher sur le verrou R qui ne peut être retiré qu’en envoyant l’eau sous pression dans le petit cylindre qui le porte.
- En dehors de cette machination spéciale à la grille,
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- il en est une autre très importante aussi et que le public ne voit pas; elle est destinée à la cage des lions et on en voit le détail figure 6. La cage en fer est placée dans une fosse située vers le milieu de lTlippodrome et à laquelle un homme peut accéder par un long couloir T (fig. 2). Dans cette fosse manœuvre le plateau d’un ascenseur d’une force de 8200 kilogrammes, qui peut être amené au niveau du plancher de la piste.
- Après chaque représentation la cage renfermant les fauves est placée sur ce plateau et une fois descendue, on la fait passer dans un logement spécial qui lui est ménagé sous le sol de la piste (fig. 6). Elle est munie de galets a cet effet.
- Pour les représentations, on n’amène pas la cage en face du public, on la laisse dans son logement et
- Sol de la. Piste
- p ; '“gj
- Verrou de sûreté.
- Fig. 6. — Détails d’un des ascenseurs de l'Hippodrome de Paris.
- on ouvre la porte. On force les lions à venir sur le plateau de l’ascenseur amené à leur niveau.
- On les laisse là, à 4 mètres au-dessous du niveau de la piste jusqu’au moment où la représentation ayant lieu on veut les faire paraître; on fait alors fonctionner l’ascenseur et dès qu’ils ne sont plus qu’à environ 4 mètre ils sautent d’eux-mêmes sur le sol de la piste (fig. 5).
- C’est la première fois que le public peut contempler des animaux féroces en liberté dans un aussi grand espace. Nous reproduisons (fig. 3 et 4) des photographies instantanées faites dans la journée pendant les répétitions. Ces photographies exécutées par MM. Albert Londe et Yvart, donnent une juste idée des lions présentés au public à l’Hippo-drome de Paris. On voit que leurs allures ne ressemblent en rien à celles que nous étions habitués à voir dans les ménageries. C’est cette exhibition qui a donné le prétexte à la magnifique installation que nous venons de décrire et dans laquelle se sont encore une fois distingués les deux jeunes ingénieurs Roux et Combaluzier qui ont prouvé par ce tour de force qu’aucune difficulté ne peut plus les arrêter.
- (I. Mareschai..
- CHRONIQUE
- Locomotives pour chemins de fer de montagnes. — La Société des anciens établissements Cail a récemment exécuté de très intéressants essais des nouvelles locomotives dusystème Abt, qu’elle construit pour les chemins defer de l’État grec, ligne de montagnes de Üiacophto à Kalavryta, qui comporte de fortes rampes. Les locomotives pour l'exploitation de cette ligne, ont été essayées à l’usine Cail, à Paris, où les ingénieurs ont établi une voie spéciale de 120 mètres de longueur pour servir de démonstration. Cette voie montre les cas les plus difficiles qui peuvent se présenter en pratique. Le point de départ est en palier sur quelques mètres de longueur, ou descend ensuite en adhérence une pente de 35 millimètres par mètre en courbe de 50 mètres ; la partie en adhérence se termine en palier et alignement droit pour attaquer la pièce d’entrée en crémaillère; on arrive après sur la rampe de J 45 millimètres, combinée avec une courbe de 100 mètres. Les locomotives essayées lundi dernier, sont du système mixte, elles comportent trois essieux accouplés et un essieu porteur à l’arrière. Le mécanisme à crémaillère donne le mouvement à deux essieux portant chacun deux roues dentées. Elles sont munies de deux freins à main, l’un agissant sur les roues d’adhérence et l’autre sur les couronnes cannelées des roues dentées. Chaque paire de cylindres est en outre munie d’un frein à air. Le poids de ces locomotives est de 12 tonnes et demie à vide, et 16 tonnes en charge avec approvisionnements complets; elles peuvent remorquer un train composé de deux ou trois voitures, d’un poids total de 15 tonnes à la vitesse de 15 kilomètres à l’heure sur les rampes d’adhérence de 55 millimètres, et à la vitesse de 5 à 10 kilomètres à l’heure sur les rampes de 145 millimètres. Elles peuvent développer un effort de traction de 4800 kilogrammes correspondant à une puissance de 90 à 120 chevaux. Ces machines auront probablement de nombreuses applications dans les régions accidentées de la France, où elles seront appelées à rendre des services au double point de vue stratégique et industriel.
- Nouveau procédé de métallurgie du cuivre.
- — Une difficulté assez grande dans la métallurgie du cuivre est de séparer complètement l’arsenic de ce métal : c’est ce qui explique le prix élevé des cuivres de bonne conductibilité électrique, car il faut employer les procédés électrolytiques pour les obtenir. Un métallurgiste anglais, M. Gilchrist, vient de résoudre ce problème difficile de l’affinage du cuivre par l’emploi du procédé basique. On sait que dans le traitement des aciers par le procédé Bes-semer, on a substitué le revêtement basique (constitué par de la magnésie) au revêtement acide (sable, quartz) qui garnit les parois intérieures du convertisseur Besse-mer. Grâce aux propriétés oxydantes du revêtement basique, le phosphore, qui rend les aciers si cassants, est transformé en acide phosphorique qui s’élimine par une combinaison directe avec la substance basique. M. Gilchrist a été conduit par ses expériences à employer des fours à sole basique pour l’affinage du cuivre. L’arsenic contenu dans les rnattes, est transformé en acide arsénieux et arsé-nique, et est éliminé par combinaison avec la sole basique du four. La proportion de cuivre entraîné par les scories est moindre que dans les autres procédés : ces scories sont du reste travaillées dans une opération suivante. Si ce procédé ne permet pas d’obtenir du cuivre de haute conductibilité, il a l’avantage de donner plus facilement
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- que par les procédés usuels, du cuivre de bonne conductibilité, et par conséquent d’en réduire le prix de revient.
- Ballons et chasseurs. — Croirait-on qu’à notre époque, il puisse y avoir des gens assez ignorants, nous n’osons pas dire assez criminels, pour tirer sur des aérostats qu’ils voient atterrir. Les journaux de Naples ont donné le récit d’une ascension aérostatique faite dimanche 10 mai 1891 par M. Spelterini, membre de l’Académie d’aérostation de Paris, accompagné de M. Marcellin Pellet, consul général de France. Le ballon VUrania, jaugeant 1500 mètres cubes, est parti de Sainte-Lucie et a été d’abord entraîné sur le golfe. Un courant supérieur l’a ramené sur la ville, les Camaldules, et l'a poussé du côté de Morano. L’atterrissement a eu lieu près de cette localité; au moment où l’aérostat descendait, un coup de fusil a été tiré à balle par un chasseur, à 400 mètres de terre. Le ballon a été percé de part en part.
- Prouesses vélocipédiques. — M. Louis Masi, du Club des Cyclistes de Paris, a frauchi en six heures le trajet de Paris à Rouen. Parti de Paris à cinq heures du matin, il est arrivé à Rouen à onze heures. Mais ce qui est plus remarquable, c’est que, reparti à deux heures du soir, il arrivait à Paris à dix heures, effectuant ainsi ‘260 kilomètres en dix-sept heures, y compris trois heures d’arrêt à Rouen et une heure à Manies. — D’autre part, M. Mills, le vainqueur d’une course de Bordeaux [à Paris, a accompli le trajet en vingt-six heures trente-six minutes. ——
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du ‘25 mai 1891. — Présidence de M. Duchartre.
- Echinodermes nouveaux. — Par l’intermédiaire de M. Milne-Edwai ds, M. Edmond Perrier, professeur au Muséum, adresse deux volumineux Mémoires relatifs, l’un aux stellérides du golfe de Gascogne, l’autre aux échino-dermes recueillis durant la Mission du cap llorn. Ces derniers, au nombre de plus de cinq cents, se répartissent en trente-huit espèces remarquables avant tout par leur extrême variabilité. Parmi les formes les plus singulières, l’auteur signale des étoiles de mer possédant une poche incubatrice dans laquelle se trouvent, suivant les cas, de vingt à cinquante jeunes. Jusqu’ici on ne connaissait que deux espèces ainsi constituées et M. Perrier a profité de ses nouveaux matériaux pour préciser les rapports mutuels de la mère et des embryons. Chacun de ceux-ci est fixé par un pédoncule qui, malgré sa différence de situation, est l’homologue du pied des crinoides.
- Le point critique de la vapeur d'eau saturée. — M. Cailletet donne lecture en son nom et en celui de son collaborateur, M. E. Collardeau, d’un travail dont il nous sera facile de faire comprendre toute l’importance. Ce travail, en effet, donne les résultats de l’application, au cas particulier de l’eau, d’une méthode que les auteurs ont fait connaître récemment à l’Académie, et qui permet de déterminer les tensions de la vapeur saturée et le point critique d’un liquide enfermé dans un récipient non transparent. On sait, en effet, que l’eau chauffée à haute température dans un tube de verre l’attaque et le détruit. Cette méthode consiste à enfermer des poids variables du liquide étudié dans un tube d’acier relié à un manomètre à hydrogène comprimé. Ce tube peut être chauffé dans un bain de nitrates de soude et de potasse en fusion, jusqu’à une température voisine du rouge. On mesure, pour chaque température, la pression de la vapeur, et on construit, dans chaque cas,, la courbe des résultats. Toutes
- ces courbes coïncident jusqu’à un certain point, à partir duquel chacune d’elles prend une direction qui dépend du poids de liquide employé. Les deux coordonnées de ce point sur la courbe représentent la température et la pression critiques. Cette température, à partir de laquelle la vapeur d’eau cesse de pouvoir reprendre l’état liquide, quelle que soit la pression exercée sur elle, est de 565°. La pression correspondante est 200“m,5. La partie commune à toutes les courbes donne la loi expérimentale des tensions de la vapeur saturée qui n’était connue, depuis les mémorables travaux de Begnault, que jusqu’à la pression de 25 à 50 atmosphères. Cette courbe a été comparée aux données théoriques fournies par les travaux de divers physiciens, et, en particulier, de Clausius et de M. Bertrand. Cette comparaison, qui a donné l’accord le plus satisfaisant, était très intéressante, à cause de ses conséquences pour les travaux de thermodynamique qui ont pris un si grand développement dans ces dernières années. C’est à l’occasion de ce travail que le manomètre à air libre de la Tour Eiffel a élé employé pour la première fois. 11 a permis d’obtenir, avec beaucoup de certitude, la valeur des pressions mesurées dans ces expériences, car le manomètre à hydrogène comprimé, dont il a été question plus haut, n’a servi que d’intermédiaire provisoire, et a été gradué directement par comparaison avec celui de la Tour.
- Nouveaux proyrès de l'éleclrolyse par fusion. — 11 résulte de nouvelles expériences de M. Minet que si les minerais d’aluminium soumis à l’électrolyse contiennent du fer ou de la silice, il se fait, dans les premiers temps de l’opération, des alliages de ces corps avec le métal principal. Parmi les alliages quelques-uns présentent des qualités de résistance à la traction qui paraissent susceptibles d’application.
- Appareil portatif pour les sondages. — M. Émile Bel-loc soumet, par l’intermédiaire de M. Janssen, un appareil à fil d’acier destiné à l’étude des eaux et des fonds immergés. Le fil d’acier est enroulé sur le tambour qui peut en porter de 1100 à 2000 mètres suivant que le diamètre est de 0mm,8 ou 0“B1,5, et un compteur de tours donne à chaque instant la quantité dévidée, et par conséquent la profondeur atteinte à 2 millimètres près. Un frein automoteur très sensible indique le moment précis où le plomb de sonde touche le fond. Une flèche très facilement démontable peut se mouvoir de droite à gauche ou de gauche à droite, permettant à l’opérateur de ramener le plomb de sonde dans l’embarcation sans qu’il lui soit nécessaire de se pencher au dehors. L’appareil que M. Janssen qualifie très favorablement pèse 18 kilogrammes.
- La radiation solaire. — Appliquant les méthodes et les appareils de M. Crova, M. Sawelieff (de Kiew) vient de mesurer à nouveau la constante solaire dans des conditions exceptionnellement favorables. Le froid en effet était de 22 degrés au-dessous de zéro et par conséquent l’atmosphère était extrêmement peu chargée de vapeur d’eau. Aussi, au lieu de trouver 1 calorie et 75 centièmes, comme avait fait Pouillet, 2,5 comme M. Violle, ou même 5 comme M. Langlev, dans ses belles observations du mont Wilhney, en Amérique, le savant russe est parvenu au nombre 5,589. M. Janssen pense qu’on aurait un résultat plus élevé si on combinait une grande altitude avec le grand froid.
- Varia. — M. Pigeon décrit des combinaisons cristallines du chlorure de platine avec l’acide chlorhydrique. — Les seiches de lacs fixent l’attention de M. Dubois. — Un géo •
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- LA NATURE.
- logue dont le nom nous échappe, adresse par l’entremise de M. Fouqué, une étude sur les roches de l’Asie centrale. — M. Mascart présente, au nom de M. Guilbert, des considérations sur la précision du temps. — M. Marès lit un mémoire sur le phylloxéra. Stanislas Meunier.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- RÉCHAUD A ESPRIT-DE-VIN
- Sous le titre, Un chapeau plein de ouate dans un verre d'alcool, vous pouvez présenter à vos amis l’expérience suivante : montrez-leur d’une part un chapeau haut de forme plein de ouate ou de coton cardé, d’autre part un verre complètement rempli d’alcool, et annoncez que, sans faire déborder une seule goutte de cet alcool, vous allez introduire dans le verre tout le coton contenu dans le chapeau ; l’assistance croira à une mystification ou soupçonnera un tour de passe-passe, mais vous l’aurez vite convaincue de la réalité en introduisant successivement dans l’alcool du verre, et par petites portions, tout le coton du chapeau sans qu’une seule goutte d’alcool soit tombée hors du verre. Cette amusante expérience de physique sans appareils semble contredire la théorie de l’impénétrabilité des corps, en vertu de laquelle deux corps ne peuvent exister simultanément à la même place. C’est le principe résumé dans le dicton populaire : Ote-toi de là que je m'y mette !
- En regardant les choses de plus près, on verra que la contradiction n’est qu’apparente ; il y a réellement déplacement de l’alcool par les fibres du coton, mais ces fibres occupent dans l’espace un si petit volume que l’élévation du niveau du liquide reste à peu près insensible. Nous savons tous à quel faible volume se réduit un morceau de ouate lorsque nous le comprimons dans nos doigts, ou lorsque nous agglutinons ses fibres en le trempant dans un liquide.
- Si j’ai rappelé ce fait à propos du réchaud à esprit-de-vin que nous mettons sous les yeux des lecteurs de La Nature, c’est parce que l’inventeur, M. Allain, a justement appliqué à sa fabrication cette faculté d’imbibition de la ouate par l’alcool. Le corps du
- réchaud est en effet rempli complètement de ouate modérément bourrée, qui absorbe et retient une quantité d’esprit-de-vin presque aussi grande que si l’intérieur du récipient était vide. Le réchaud est traversé en son centre par un large trou cylindrique, autour duquel est disposé un cylindre de carton d’amiante remplaçant la mèche et faisant office de brûleur. Ce brûleur est en contact avec le coton imbibé d’alcool dont il n’est séparé que par un grillage métallique à mailles très larges. A l’intérieur du brûleur glisse verticalement un cylindre métallique, qui règle la surface de combustion selon qu’il recouvre une plus ou moins grande portion du cylindre d’amiante.
- Le tube obturateur est manœuvré par un levier coudé dont la poignée traverse le manche du réchaud et aboutit sous le pouce de la personne qui tient
- l’appareil. En abaissant le levier avec le pouce, on relève le tube métallique plus ou moins selon qu’on veut une flamme courte ou longue ; en abaissant à fond le levier, on masque toute la surface interne du brûleur et le réchaud s’éteint subitement sans qu’on ait à souffler la flamme, ce qui évite les dangereuses brûlures d u visage, trop fréquentes avec d’autres systèmes. Mais voici le point capital, sur lequel je désire attirer plus spécialement l’attention. Grâce a la garniture de coton, dont nous avons étudié plus haut les effets, le réchaud Allain peut être confié, sans danger d’incendie, à des mains inhabiles ; il peut, tout en étant allumé, tomber par terre, être renversé sur le côté ou retourné complètement, sans qu’une seule goutte d’alcool se répande au dehors; comme l’indiquent les deux figures de gauche et de droite de notre dessin, on peut le mettre dans n’importe quelle position, et cette absence totale de danger en cas de chute nous semble en constituer un des principaux avantages. A côté de l’appareil, le dessin représente la petite burette-entonnoir, vendue avec le réchaud, et dont la capacité correspond exactement à la quantité d’alcool que le récipient peut contenir. Arthur Good.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE
- DIX-NEUVIÈME ANNÉE — 1891
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abat-jour à foyers conjugués de M. de I’arville, 16.
- Abîmes et grottes du causse de Gramat (Lot), 394.
- Academie des sciences (Séances hebdomadaires de 1’), 15, 51, 46, 62, 79, 94, 111, 127, 143, 158, 174, 191, 207, 225, 238, 255, 271, 287, 503, 319, 335, 550, 367, 383, 599, 415.
- Accident de Nancy (L’), 33.
- Accumulateurs Atlas (L’), 245.
- Accumulateurs (Indicateur de l’état de charge des), 91.
- Acide acétique (Les qualités respiratoires de F), 15.
- Acide carbonique liquide et ses applications industrielles (La fabrication de 1’), 575.
- Acridiens et M. Kunckeld’IIerculais (Les), 398.
- Agrafe d’or et d’argent fabriquée par saint Éloi, 258.
- Alcool dans les vins (Dosage de F), 128.
- Aliments pour les chevaux, 335.
- Alligators (La protection des), 78.
- Alpes-Maritimes (Les fleurs des), 145.
- Aluminium (Electrométallurgie de F), 143, 331,387.
- Amphibole artificielle (L’), 287.
- Analyses chimiques industrielles (Application de la force centrifuge aux), 250.
- Animaux (La longévité des), 54.
- Annamite à Saigon (Une famille), 559.
- Annuaire géologique (L’), 399.
- Anthropophages (Les derniers), 401.
- Apadàna d’Artaxerxès (L’), 337.
- Appareil instantané, 39.
- Appareil photographique panoramique de
- • M. J. Damoizeau, 102.
- Araignées aéronautes (Les), 282.
- Arbres fruitiers sous verre (La culture des), 54.
- Aréomètres (L’unification et le contrôle des), 18.
- Argent (Les variations de la valeur de F), 30.
- Argile à silex, 159.
- Aristote (Le tombeau d’), 555. Armcngaud (J.), 174.
- Astres (Mesurede la vitesse des), 390. Atlantique traversé par des torpilleurs (L’), 315.
- Azalées (Les), 231.
- Azote de l’air par les légumineuses (Fixation de F), 46.
- B
- Bacille pyocyanique (Biologie du), 503. Baguettes de Napicr (Les), 37.
- Bal scientifique, 354.
- Balance hydrostatique (L’histoire de la), 62.
- Ballon (Tir sur un), 358.
- Ballon captif à Moscou, 583.
- Ballons et chasseurs, 415.
- Baquet de Mesmer (Le), 336. Baraquements en plaques de tôle, 238. Baromètre enregistreur (Nouveau), 80. Bassin houiller de Commentry, 535. Bâtiment à 26 étages, 126.
- Becquerel (Edmond), 384, 385, 599. Berlin port de mer, 127.
- Bibliographie géologique, 95.
- Bilobites portlandiennes, 255.
- Bore (L’iodure de), 503.
- Boucle de vapeur (La), 219.
- Bronze (L’origine du nom de), 126. Bureau central météorologique (La salle des instruments de la Tour Eiffel au), 361.
- C
- Câbles sous-marins (La fabrication française des), 334.
- Cadrans solaires (Les), 25, 273.
- Cahours (A.-T.), 270.
- Caisse indéclouable, 94.
- Caissier automatique (Le), 221.
- Caisson flottant pour la réparation des navires, 229.
- Canal de Kioto-fu au Japon, 53.
- Canalisation du lait, 207.
- Canne (La vitesse du coup de), 296.
- Canton, 407.
- Capitan Prat (Lancement du), 129.
- Carbure d’hydrogène (Un nouveau), 351.
- Cartes du Léman, 95.
- Castrographie (La), 224.
- Caverne souterraine en Corse, 311, 378.
- Cellules lymphatiques de la grenouille (Les), 304.
- Cercle (La quadrature du), 31.
- Cerveau des fous (Le), 234.
- Ceylan (Les antiques capitales de), 327.
- Chandelle à quatre cents pas par le moyen d’un coup de fusil chargé à balle (Manière d’éteindre une), 287.
- Charbon des steamers modernes (Consommation journalière du), 399.
- Chasseurs alpins (Les), 227.
- Chaudière du monde (La plus grande) ,158.
- Chauffage des voitures de chemin de fer par thermosiphon (Le), 163.
- Chemin de fer de la Jungfrau en Suisse, 138.
- Chemin de fer transsibérien, 350.
- Chemins de fer de montagnes (Locomotives pour), 414.
- Cheminées volcaniques (Origine des), 15.
- Chevaux (Valeur des), 350.
- Chevaux percherons (Les), 67.
- Chèvres en Corse (Les), 303.
- Chien comestible chinois (Le), 31.
- Chiens (Les races de). Les chiens d’arrêt. Petits chiens d’appartement, 147, 37l.
- Chlorure d’éthyle et ses applications (Le), 366.
- Chlorures dans le vin (Dosage des), 357.
- Chloruromètre (Le), 357.
- Ciel (La carte du). Troisième réunion du comité international, 307.
- Cigares en papier (Les), 190. *
- Circulation sur les Elevated railroad* de New-York, 14. -
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- INDEX ALPHABETIQUE.
- Gliff Dwellers (Les), 106.
- Climat de Brécourt planche), 382.
- Coi fleur (L’hygiène chez le), 91.
- Coke en Pensylvanie (La région du),
- 127.
- Colomb (Christophe), 403.
- Compendium médical (Petit), 319.
- Concerts téléphoniques à grande distance, 241.
- Conducteurs bimétalliques (Les), 106.
- Conduites téléphoniques en fibres de ligneux, 206.
- Conférence Scientia, 222.
- Cordes (Jonction de), 219.
- Cosson (Notice sur la vie et les ouvrages dErnest), 79.
- Coton (Un nouveau), 206.
- Cotonnier de Nassau (L’arbre), 81.
- Couleurs (La notation des), 186.
- Couleurs (La photographie des), 159, 161, 174.
- Cuirassé d’escadre Marceau (Le), 339.
- Cuivre (Nouveau procédé de métallurgie du), 414.
- Cuivre étamé (Le), 50.
- Culture fruitière en Californie, 246, 394.
- Culture sous verre des arbres fruitiers (La), 54.
- Cvcadospadix Yirei (Le), 174.
- Cyclone du 19 août (Encore le), 63.
- r.„, •-
- _(V D ..
- Dahomiens et Egbâs, 199^262.
- Défin il fon’s scientifiques, 254.
- Densimètre et pèse-acides à propos du pèsô-aéidès Baume', 170.
- Densimètre^ pèse-acides et volumètre, 190.
- Déplâtrage du vin (Un nouveau procédé de)., 302. !
- Dépôts mortuaires à Paris (Les), 99.
- Dîner électrique (En), 222.
- Distributeur automatique (Un nouveau), 383.
- Distributeurs automatiques d’eau chaude è Paris, 158.
- Distribution de /l’énergie électrique par les courants alternatifs à Paris, 139.
- Dompteuse dévorée par une lionne, 550.
- Dynamos (L’étude et la construction des), 223.
- E
- Eau filtrée à Nantes et le puits Lefort (L’), 315.
- Eaux d’alimentation à Paris (Les), 14.
- Eaux de-condensation à la chaudière (Procédé simple et économique de retour des), 219.
- Eaux de drainage (Composition des), 223.
- Échinodermes nouveaux, 415.
- Éclair en boule (Reproduction de 1’),
- 122. •
- Éclairage électrique de la Belle-Jardinière, 139.
- Éclairage électrique des grands boulevards à Paris, 382.
- Éclairage des mines, 262.
- Écorce terrestre (La constitution de 1’),
- 114.
- Ecuyère (L’), 144.
- Egbas et Dahomiens, 199, 262
- Électricité (Les dangers de U), 53.
- Électrolysc par fusion (Nouveaux progrès
- , de 1’), 415.
- Électrostatique (Expériences d’), 334.
- Éléphants quaternaires, 191.
- El Goléa (Algérie), 6.
- Embâcles par les explosifs (La rupture des), 155.
- Énergie électrique par la pile (La production industrielle de 1’), 178.
- Épitaphe de Franklin (L’), 15.
- Épuration des eaux pour l’alimentation des villes. Le filtrage, 209, 250.
- Équateur au dix-huitième siècle (La mesure du degré de 1’), 203.
- Équatorial coudé de l’Observatoire de Paris (Le grand), 305.
- Éruption volcanique à l’ilc Yuleano 1888-1889 (La récente), 211.
- Étoile de première grandeur (Découverte d’une), 128.
- Eucalyptus, 128, 207.
- Excursion zoologique (Une), 355.
- Exercices physiques (Étude expérimentale des), 135, 296.
- Explosif sans fumée, 367.
- Exposition universelle de 1889 (Statistique de 1’), 60.
- F
- Famille annamite à Saigon (Une), 359.
- Fantaisie télégraphique, 350-
- Feldspath (Nouveau), 583.
- Fer (Chimie du). Sur un ouvrage de Berzelius, 91.
- Fer à cheval en papier, 126.
- Fibres de Buazé (Les), 78.
- Fil dans le Lancaslre (Ce qu’on fabrique de), 399.
- Fils électriques à New-York par une tempête de neige (Destruction de), 261.
- Fils invisibles (Les), 191.
- Filtre à grand débit à bougie Chamber-land avec nettoyeur mécanique, 285.
- Flèches empoisonnées par les microbes, 238.
- Fleurs des Alpes-Maritimes (Les), 143.
- Fleurs en coquillages, 379.
- Flotte de guerre chinoise (La), 245.
- Flotte télégraphique du monde (La), 270.
- Foyers industriels (L’alimentation automatique des), 278.
- Français à l’étranger (Les), 62.
- Frégate turque Ertogrul (La perte de la), 191.
- Froid (Résistance des bêtes au), 191.
- Fruits bigarrés, 238.
- G
- Gaz (Action érosive du), 127.
- Gaz (Compressibilité des), 207.
- Gaz de l’éclairage à Paris (Le), 38.
- Gazeux (Compressibilité des mélanges), 15.
- Géographie physique de l'Asie centrale, 287.
- Géologie pyrénéenne, 174, 583.
- Géologie russe, 223.
- Géologie sous-marine, 335.
- Géologique de l’Afrique du Nord (Histoire), 65.
- Gisements quaternaires, 367.
- Givre (Cristaux de), 238.
- Glace (Les palais de), 195.
- Glaces (Moyens d’éviter le bris des), 78.
- Glaces de fond vLes), 146, 193.
- Glaces platinées. Métallisation du verre par le platine, 239.
- Gravures par insolation (Reproduction des), 150.
- Grisou causées par la foudre (Explosions de), 398.
- Gyroscope (Un nouveau), 271.
- Gypsomètres (Les), 391.
- Il
- Heure nationale (L’adoption de P), 275.
- Hiver 1890-1891 (L’), 113, 165, 193.
- Homme bête de somme (L’), 187.
- Huile des copeaux de machines-outils (L’), 222.
- Huîtres de Roscoff (Les), 223.
- Huîtres d’Ostende (Les), 190, 222.
- Hygiène chez le coiffeur (L’), 94.
- Hypnotisme à la salle Robert Iloudin à Paris (Imitation des phénomènes d’), 28.
- Hypsométric ibérique, 550.
- I
- Illusion d’optique, 158.
- Importation des bestiaux vivants de l’Argentine, 225.
- Imprimerie à Avignon en 1444 (L’), 18.
- Indicateur de l’état de charge des accumulateurs, 91.
- Indicateurs de courant, 235.
- Industrie électrique (Les voies nouvelles de 1’), 339.
- Institut Pasteur, 286.
- Instruments de la Tour Eiffel au Bureau central météorologique (La salle des), 361.
- Instruments de musique, 304.
- Ivoire en Afrique (Le commerce de 1 ), 527.
- J
- Jetée-promenade rie Nice (La), 145.
- Jeux à l’école. Utilité des jeux, 242, 298, 347.
- Jouets (La mécanique des), 144.
- Journaux photographiques, 566.
- Jungfrau en Suisse (Le chemin de fer de la), 139.
- K
- Kowalewsky (M”e), 191.
- L
- Lac de Genève (La vase du), 158, 190.
- Lait (Canalisation du), 207.
- Lampe à poudre-éclair de M. Paul Na-dar, 400.
- Lampe Auër et les projections photographiques (La), 269.
- Lampe électrique du photographe, 120.
- Lampe électrique à l’exploration des canons, des obus et des trous de sondage (Applications de la), 323.
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- INDEX ALPHABÉTIQUE.
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- Lampes à la poudre-éclair, 39.
- Lampes à incandescence (Réparation des),
- Lettres du seizième siècle (Un sac de), »^0o.
- Liagrc (J.-ll.-J.), 158.
- Liqueurs de table. Manière économique de les préparer soi-meme, 22.
- Lithographie (Exposition générale de la), 366.
- Localisations cérébrales au diagnostic (Application des), 203.
- Locomotives pour chemins de fer de montagnes, 414.
- Loups en France (Les), 51.
- Lumière dans les villes (La consommation annuelle de). 126.
- Lumière jaune (Curieux effet de la), 234.
- Lumière polarisée (Nature de la), 143.
- Lune (La forme de la), 206.
- Lymphe de Koch (Toxicité de la), 255.
- M
- Machine à vapeur et de l’utilisation mécanique de la chaleur solaire (Les origines de la), 51.
- Machine élévatoire (Une ancienne), 384.
- Machines à scier les pierres dures, 289.
- Machines à écrire, 107.
- Magnétiques (Déterminations), 174.
- Malleco (Le viaduc du), 93.
- Manchots du cap de Bonne-Espérance au Jardin d’Acclimatation de Paris (Les) 363.
- Manipour (Le), 355.
- Manomètre à air libre de 300 mètres établi à la Tour Eiffel, 312.
- Manomètre métallique de M. Mignot, 260.
- Mante diabolique (La), 392.
- Marche (Expérience de), 135.
- Marcheur infatigable (Le), 64.
- Marie (Maximilien), 366.
- Marine chilienne, 129.
- Marine des diverses puissances européennes (Les budgets île la), 86.
- Mécanique des jouets (La), 64, 256.
- Médaille de l’Association française pour l’avancement des sciences, 308.
- Médimarémètre de M. Ch. Lallemand (Le), 19.
- Ménagerie du Muséum (Le froid et la), 143.
- Mémoire (La), 59.
- Menus photographiques (Les), 320, 359.
- Mer Noire (Les profondeurs de la), 138.
- Mers par la reproduction artificielle des poissons (Le repeuplement des), 109.
- Mesmer (Le baquet de), 336.
- Mesure électrique industrielle (La). Indicateurs de courant, 255.
- Métallurgie du cuivre (Nouveau procédé de), 414.
- Météorite d’Oschansk (La), 12.
- Météorites (Histoire des), 207.
- Microbes (Les), 179.
- Microphotographies de projection, 134.
- Mines profondes de Bohême, 190.
- Minière au Canada (L’industrie), 23.
- Mollusque français (Nouveau), 158.
- Molyhdénite artificielle, 32.
- Monde apparaît aux animaux inférieurs (Comment le), 31.
- Monde souterrain (Les richesses du), 58.
- Moteurs à gaz (Les), 226.
- Moteur thermique de l’avenir, 170. Moulin électrique de Cleveland (États-Unis) (Le), 97.
- Moustique (Le), 342.
- Mulets en Espagne (Le dressage des), 127. Multiplication cellulaire (Mécanisme de la), 259.
- Musée de la Susiane au palais du Louvre (Le), 557.
- N
- Naufrage du Serpent et les croiseurs-torpilleurs de la marine anglaise (Le!, 41.
- Navigation sur les grands lacs américains (La), 43.
- Navire séparable en deux tronçons, 177. Navires (Mesure de la vitesse des), 325. Nébuleuses nouvelles (Cent), 287. Nécrologie, 30, 142, 158, 174, 270, 366, 385.
- Neige dans un salon (Formation de), 254. Neige en Tunisie, 142.
- Nickel natif, 127.
- Niepce (La maison de Nicéphore), 288. Nitrate de méthyle (L’explosion du), 95. Nitrification de la terre arable, 384. Niveau d’eau de précision du capitaine Leneveu, 5.
- Noms propres (L’origine des), 30, 142. Nord sans boussole (Le), 254, 270, 295, 311.
- Note que semble donner le sifflet d’une locomotive en marche, 518.
- O
- Obturateur Gillon, 253.
- Obturateurs instantanés (Les), 195.
- Œuf fossile de poisson, 599.
- Œuvre météorologique d’IIervé Mangon, 271.
- Oiseaux de basse-cour (Les), 46.
- Oiseaux de proie, 142.
- Olfactomètre (L’), 174.
- Ophioglosse (Multiplication de F), 551.
- P
- Pancréas (Fonction du), 304.
- Panoramas (Les), 266, 293.
- Papier jaune (Le), 62.
- Papier vert (Le), 30.
- Papiers peints (Impression mécanique au rouleau des), 78.
- Papyrus égyptiens, 46.
- Patinage (Les dangers du), 62. Peaux-Rouges (Les), 278.
- Pêche bathypélagique (La), 43.
- Peptones (La synthèse des), 145. Pèse-acides Baumé employés dans l’industrie (Sur la graduation des), 107, 150.
- Philatélie (La), 83, 122.
- Phonographe (Les usages du), 6, 321. Phonographique aux États-Unis (L’industrie), 523.
- Phoques de la mer de Behring (Les), 386. Phosphate de chaux en Tunisie (Le), 243. Phosphates de Gourbesville (Les), 223. Phosphorescence (Sur les phénomènes de la), 255.
- Photographie de l’amateur (La), 39.
- Photographie des couleurs,159,161,174.
- Photographie panoramique, 102.
- Photographie pratique, 118, 134, 150, 195, 253.
- Photographiques (Journaux), 566.
- Phrynosome (Le), 245.
- Phtisie (Le traitement de la), 138.
- Phylloxéra (Destruction du), 351.
- Pierre mouvante de Tandil, 237.
- Pigeons messagers sur mer (Les), 190.
- Pigeons voyageurs (Les races de), 131.
- Pistolet cri-cri. Pistolet ticket, 256.
- Planète (Nouvelle petite), 238.
- Planètes (Les trois premières centaines de petites), 62.
- Plantes dans les appartements (Les), 231.
- Plantes parasites (Biologie des), 271.
- Platine (Hausse du prix du), 126.
- Plâtre (Dosage du), 391.
- Pli couché (Un nouveau), 385.
- Pluie de manne en Turquie d’Asie, 82.
- Pluie en France (Répartition de la), 405.
- Poêle thermo-électrique de M. le Dr Giraud, 553.
- Poing (La vitesse du coup de), 135.
- Poinsot (Éloge historique de L.), 79.
- Point critique de la vapeur d’eau saturée (Le), 415.
- Population et la pluie (La densité de la), 287.
- Porte-plume-réservoir, 568.
- Poudre-éclair (Lampes à la), 59.
- Prix décernés pour 1890 par l’Académie des sciences, 79.
- Progrès économiques aux États-Unis, 118.
- Projection (Microphotographies de), 134.
- Projections stéréoscopiques, 49.
- Projet extraordinaire (Un). Appareil pour les chutes de 300 mètres, 47.
- Purificateur Anderson (Le), 250.
- Pyramide (La grande). Instrument des passages, 291.
- R
- Radiation solaire, 415.
- Raphaël météoritologue, 503.
- Rat musqué respire sous la glace (Comment le), 127.
- Recettes (Vieilles), 287.
- Récifs disparus dans l’océan Pacifique, 191.
- Récréations scientifiques. Les fils invisibles. La castrographie. Un nouveau gyroscope. Curieux instruments de musique. Les menus photographiques, 159, 191, 224, 271, 304, 520.
- Reproduction des gravures et des photographies, 118.
- Réseau métropolitain de Paris(Le), 34,69.
- Réseau téléphonique militaire d’Anvers (Le), 14.
- Réservoirs et pièces d’eau dans l’Inde, 214.
- Ressemblance protectrice chez les Araignées, 270.
- Reynier (Émile), 142.
- Roches à figures animées, 275.
- Roches à formes animées, 32.
- Roches calcaires (Sur l’origine des). Opinion de Bergman, 195.
- Roches phosphatées, 367.
- Rohan (L’ancien hôtel de), 254.
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- Royaume de Seba et l’or de Salomon (Le), 290.
- Rubis (La synthèse du). Expériences de MM. Fremy et A. Verncuil, 5, 207.
- S
- Sahara (Histoire géologique du), 127.
- Sang (Alcalinité du), 15.
- Sang par l’altitude (Modification du), 47, 159.
- Sardine de l’Océan (La), 304.
- Saucissons de charogne, 142.
- Science au théâtre (La). Imitation de phénomènes d’hypnotisme à la salle Robert lloudin, à Paris, 28. — Une femme escamotée. Les étoffes lumineuses, 95. — L’incendie du Mage à l’Opéra de Paris, 301. — Une course de chevaux aux Variétés, à Paris, 351. — L’enceinte métallique hydraulique et les lions à l’Hippodrome de Paris, 411.
- Science pratique (La). L’abat-jour à foyers conjugués de M. de Parvillc, 1(3. — Appareils mouilleurs pour enveloppes de timbres, 111. — Le caissier automatique, 221.— Le porte-plume-réservoir, 368. — Réchaud à esprit-de-vin, 415.
- Secteur électrique de la place Clichv, à Paris, 183, 345, 405.
- Seigle enivrant, 335.
- Sel dans l'atmosphère (Répartition du), - 207.
- Sélénium (Applications électriques du), 71.
- Serpents domestiques (Les), 383.
- Silex taillé (Un atelier de), 46.
- Silice (Cristallisation de la), 551.
- Silice (Histoire de la), 383.
- Son des corps en mouvement (Le), 538.
- Sondages (Appareil portatif pour les), 415.
- Sonnette électrique pour enfoncer les pieux, 299.
- Soudure du verre et de la porcelaine avec les métaux, 91.
- Soufre (Une nouvelle variété de), 535.
- Soufre dans les végétaux (Rôle du), 170.
- Souvenirs d’un voyage autour du monde, 110, 214, 246, 327, 359, 407.
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Spirographe (Le), 374.
- Stations centrales d’énergie électrique à New-York (Les), 254.
- Statues de neige, 111.
- Substance la plus infecte du monde (La), 238.
- Superphosphates (Emploi agricole des),
- 1.
- Système métrique (Le), 162.
- T
- Taches solaires en 1879 (Les), 206.
- Tamanoir ou grand fourmilier (Le), 71.
- Tannage à l’électricité, 218.
- Tartrique (Les dissolutions d’acide), 568.
- Télégraphe en Chine (Le), 111.
- Téléphone de Paris à Londres (Le), 258, 298.
- Téléphone (Conditions de construction d’un), 503.
- Température du Pamir, 367.
- Températures et pressions critiques et, en particulier, de celles de l’eau (Sur une nouvelle méthode de détermination des), 255.
- Temples de l’Inde méridionale, 246.
- Terre (La constitution de la), 51.
- Thallose (La), 47.
- Timbres-poste (Les collectionneurs de). La philatélie, 83, 122.
- Tir sur un ballon, 558.
- Tirelires-distributeurs automatiques, 207.
- Tombeau d’Aristote (Le), 355.
- Tombeaux identiques, 207.
- Torpille automobile dirigeable Sims-Edi-sou (La), 569.
- Torpilleur à Paris (Lancement d’un), 17.
- Tourbe (Les usages de la), 98.
- Tramways électriques, 270.
- Travaux à faire, 399.
- Tréhalose (Le), 551.
- Tremblements de terre de janvier 1891. Catastrophe de Gouraya en Algérie, 175.
- Tremblements de terre et la pression barométrique (Les), 254.
- Trombe (A propos d’une), 15.
- Trombes (Les). Expériences et observations, 76.
- Trouvaille de M. Grébaut à Déir cl-Ra-liâri (La), 309.
- Trucs de théâtre. Une femme escamotée. Les étoffes lumineuses, 95.
- Tuberculose (Traitement de la), 257.
- ü
- Unités électriques (Les), 519.
- y
- Vaccinostyle (Le), 500.
- Vapeur employée comme force motrice à Constantinople au sixième siècle (La), 10.
- Vase du lac de Genève (La), 158, 190.
- Vélocipède (5600 kilomètres en), 82.
- Vélocipèdes à caoutchoucs pneumatiques, 227.
- Vélocipédiques (Prouesses), 415. *
- Vent (Utilisation de la force du), 97.
- Ver blanc (L’ennemi du), 384.
- Verre (Nouvel emploi des plaques de), 567.
- Vers de terre (Le rôle des), 278.
- Viaduc du Malleco (Le), 95.
- Vigne à Bailleul et à Roubaix (Culture de la), 120.
- Vin (Déplâtrage du), 502.
- Vins (Analyse des), 557, 591.
- Vis tellurique (La), 111.
- Vitesse des astres (Mesure de la), 390.
- Vitesse des navires (Mesure de la), 525.
- Vitraux céramiques, 234.
- Vivarais (Le), 349.
- Voiture à vapeur de M. Serpollet, 65.
- Volant isochrone de M. Raffard, 410.
- Voyage autour du monde (Souvenirs d'un), 110, 214, 246, 327, 359, 407.
- Voyage dans l’Asie centrale de M. G. Ronvalot et du prince Henri d’Orléans, 151.
- Z
- Zédé, 366.
- Zoologie expérimentale, 271.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Alber (Le prestidigitateur). — La mémoire, 59. — Trucs de théâtre. Une femme escamotée. Les étoffes lumineuses, 95. — Récréations scientifiques. Les fils invisibles, 159, 192. — Curieux effet de la lumière jaune, 234. — Le nord sans boussole, 254. — Vieilles recettes. Manière d’éteindre une chandelle à quatre cents pas par le moyen d’un coup de fusil chargé à halle, 287.
- Ancot (Alfred). — La salle des instruments de la Tour Eiffel au Bureau central météorologique, 5C1.
- Bâclé (L.). — Le chauffage des voitures de chemin de fer par thermosiphon, 163.
- Balland. — Le cuivre étamé, 50.
- Ballore (F. de). — La grande pyramide. Instrument des passages, 291.
- Bapst (Germain). — Les panoramas, 206, 293.
- Bellet (D.). — Les variations de la valeur de l’argent, 50. — Le naufrage du Serpent et les croiseurs-torpilleurs de la marine anglaise, 41. — Les budgets de la marine des diverses puissances européennes, 86. — Progrès économiques aux États-Unis, 118. — La marine chilienne. Lancement du Capitan Prat, 129. — Importation des bestiaux vivants de l’Argentine, 225. — La flotte de guerre chinoise, 243. — La flotte télégraphique du monde, 270. — Mesure de la vitesse des navires, 325. — Les phoques de la mer de Behring, 386.
- Berges (Aristide). — Un projet extraordinaire. Appareil pour les chutes de 300 mètres, 47.
- Bernard (A.). — Densimètre, pèse-acides et volumètre, 190.
- Brandicourt (V.). — L’homme bête de somme, 187.
- Cartaz (Dr A.). — Les usages de la tourbe, 98. — Le traitement de la phtisie, 138. — Les microbes, 179. — Le traitement de la tuberculose, 257. — Le vaccinostyle, 300.
- Collât,deau-Vacher.— Le pèse-acide Baume, 150.
- Deiiérain (P.-P.). — Emploi agricole des superphosphates, 1.
- Demeny (Georges). — Etude expérimentale des exercices physiques. La vitesse du coup de poing, 135. — La vitesse du coup de canne, 296.
- Ducom (J.). — La photographie pratique. Obturateur Gillon, 253.
- Dybowski (J.). — El Goléa (Algérie), 6.
- Edison (Tii.-A.). — Les usages du phonographe, 321.
- Foa (Édouard). — Dahomiens et Egbas, 199, 262.
- Fol (Hermann). — La pêche bathypélagique, 43.
- Fonvielle (W. de). — La science au théâtre. Imitation de phénomènes d’hypnotisme à la salle Robert Iloudin, à Paris> 28. — La mesure du degré de l’équateur au dix-huitième siècle, 203.
- Fourtier (IL). — La photographie pratique. Les obturateurs instantanés, 195. — Fleurs en coquillages, 379.
- Iratssinet (A.). — Le grand équatorial coudé de l’Observatoire de Paris, 305.
- Garçon (Jules). — Le tannage à l’électricité, 218.
- Garreau (IL). — L’Atlantique traversé par des torpilleurs, 315.
- Good (Arthur). — La mécanique des jouets. Le marcheur infatigable, 6i. — L'écuyère, 144. — Pistolet cri-cri. Pistolet ticket, 256. — La science pratique. Appareils mouilleurs pour enveloppes et timbres, 111. — Tirelires-distributeurs automatiques, 207. — La castrographie, 224. — Réchaud à esprit-de-vin, 416. L-'.
- Grignard (Géo P.). — Les collectionneurs de timbres-poste*. La philatélie, .83, 122.
- Guillaume (Cii.-Ed.). — Les cadrans solaires, à propos de deux instruments anciens, 25, 273. — Les baguettes de Napier, 37. — L’aluminium, 331, 387. — Le son des corps eii mouvement, 338.
- Guédon (Yves). — La science pratique. Le caissier automatique, 221.
- Hébert (A.). — L’analyse des vins. Dosage des chlorures dans le vin. Le chloruromètre, 557. — Dosage du plâtré. Les gypsomètres, 591.
- IIément (Félix). — Le cerveau des fous, 234. — Les jeux à l’école. Utilité des jeux, 242, 298, 347. — Applications de la lampe électrique à l’exploration des canons, des obus et des trous de sondage, 523. :
- Hospitalier (E.). — L’unification et le contrôle des aréomètres, 18. — Indicateur de l’état de charge des accumulateurs, 91. — Densimètre et pèse-acides à propos du pèsé-acidcs Baume, 170. — Le moteur thermique de l’avenir, 170. — La production industrielle de l’énergie électrique par la pile, 178. — Le secteur électrique de la place Clichy, à Paris, 185, 345, 405. — La boucle de vapeur, 219. — Indicateurs de courant, 235. — Concerts téléphoniques à grande distance, 241. — Le téléphone de Paris à Londres, 258, 298.
- — I/alimenlation automatique des foyers industriels, 278.
- — Les voies nouvelles de l’industrie électrique, 359. — Poêle thermo-électrique de M. le Dr Giraud, 353. — La torpille automobile dirigeable Sims-Edison, 569.
- Jollois. — Le nord sans boussole, 511. -
- Knab (L.). — Niveau d’eau de précision du capitaine Leneveu, 3. —Machines à scier les pierres dures, 289. ‘
- Kunstler (J.). — Le repeuplement des mers par la reproduction artificielle des poissons, 109. - . 1 \
- La Tour-du-Pin-Yerclause. — Vélocipèdes à caoutchoucs pneu matiques, 227.
- Ladureau (A.). — L’industrie minière au Canada, 23. '
- Laffargue (J.). — Les dangers de l'électricité. L’accident de Nancy, 53. — Utilisation de la force du vent. Le moulin électrique de Cleveland (États-Unis), 97. — Éclairage électrique de la Belle-Jardinière, 159. — Manomètre métallique de M. Mignot, 260.
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- LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE ALUIIADÉTIQI E.
- Laisant (A.).— Les conducteurs bimétalliques, 106.
- Lallemand (A.). — Le médimarémètre de M. Ch. Lallemand, 19.
- Larbalétrieis (Albert). — Les liqueurs de table. Manière économique de les préparer soi-même, 22. — Les chevaux percherons, 67. — Les plantes dans les appartements. Les azalées, 231.
- Larchey (Lorédan). — La vapeur employée comme force motrice à Constantinople au sixième siècle, 10. — Le moustique. Étude pratique, 342.
- Lauriol (P.). — L’épuration des eaux pour l’alimentation des villes. Le filtrage, 209, 250.
- Leconte (Félix). — Curieux instruments de musique, 304.
- Léotard (Jacques). — L’adoption de l’heure nationale, 275. — Les derniers anthropophages, 401.
- Le Roy d’Ètiolles (Dr). — Agrafe d'or et d’argent fabriquée par saint Éloi, 258.
- L’Hôte (L.). — Sur un ouvrage de Berzelius : Chimie du fer, 91. — Sur la graduation des pèse-acides Baume employés dans l’industrie, 107. — Sur l’origine des roches calcaires, 195.
- Lokde (Albert). — La photographie panoramique. Nouvel appareil de M. J. Damoizeau, 102.
- Marcel (Gabriel). — Le Manipour, 555.
- Mareschal (G.). — Projections stéréoscopiques, 49. — La lampe Auër et les projections photographiques, 269. — La science au théâtre. L’enceinte métallique et les lions à l’Ilip-podrome de Paris, 411.
- Martel (E.-A.). — Abîmes et grottes du causse de Gramat (Lot), 394.
- Martin ez-Ancira (J.). — Les trombes. Expériences et observations, 76.
- Maspéro (G.). — La trouvaille de M- Grébaut à Déir-el-Bahâri,
- 309.
- Mayrargue (P.). — La jetée-prornenade de Nice, 145.
- Mégnin (P.). — Les races de chiens, 147, 371.
- Meunier (Stanislas). — La météorite d'Oschansk, 12. — Séances hebdomadaires de l’Académie des sciences, 15, 31, 46, 62, 79, 94, 111, 127, 143, 158, 174, 191, 207, 223, 238, 255, 271, 287, 303, 319, 335, 350, 367, 383, 399, 415.
- Mocquard (F.). — Le phrynosoine, 245.
- Moëssard (P.). — Le nord sans boussole, 295. — Note que semble donner le sifflet d’une locomotive en marche, 318.
- — Mesure de la vitesse des astres dans la direction du rayon visuel, 390.
- Morinerie (Ray de la). — Reproduction des gravures par insolation, 150.
- Moureaux (Th.). — Le climat de Brécourt (Manche), 382. — Répartition de la pluie en France, 403.
- Nadaillac (Marquis de). — Les Cliff Dvvellers, 166. — Les Peaux-Rouges, 278.
- Nansouty (Max de). —Lancement d’un torpilleur à Paris, 17.
- — Les dépôts mortuaires à Paris, 99. — L’eau filtrée à Nantes et le puits Lefort, 315.
- Noguès (A.-F.). — Le viaduc du Malleco, 93.
- Oustalet (E.). — Le tamanoir ou grand fourmilier, 71. — Les manchots du cap de Bonne-Espérance au Jardin d’Acclima -talion de Paris, 363.
- Philippi (E ). — La constitution de la terre, 51. — Comment le monde apparaît aux animaux inférieurs, 31.
- Platania (Jean). — La récente éruption volcanique à l’île Vulcano 1888-1890, 211.
- Pouiade (G.-A.). — La mante diabolique, 392.
- Renel (G-.A.). — Une course de chevaux aux Variétés, à Paris, 351.
- Renou (E.). — L’hiver 1890-1891, 165.
- Renouard (Alfred). — La culture sous verre des arbres fruitiers, 54. — La culture de la vigne à Bailleul et à Roubaix, 120.
- Requin (L’abbé). — L’imprimerie à Avignon en 1444, 18.
- Richou (G.). — Le réseau métropolitain de Paris, 34, 69. — Caisson flottant pour la réparation des navires, 229. — Destruction de fils électriques à New4York, 261. — Filtre à grand débit à bougie Chamberland avec nettoyeur mécanique, 285.
- Rochas (A. de). — Les origines de la machine à vapeur et de l’utilisation de la chaleur solaire, 51. — Les races de pigeons voyageurs, 131. — La notation des couleurs, 186.
- Tissandier (Albert).'— Souvenirs d’un voyage autour du monde : Réservoirs et pièces d’eau dans l’Inde. — Temples de l’Inde méridionale. — Mahavcllipore, Tadputri, Madura. — Les antiques capitales de.Ceylan. Anuradhapura, Pollonarua. —Une famille annamite à Saïgon. — Canton, 110, 21 4, 246, 327, 359, 407.
- Tissandier (Gaston). — La synthèse du rubis. Expériences de MM. E. Fremy et A. Verneuil, 5. — La science pratique. L’abat-jour à foyers conjugués de M. de Parville, 16. — Roches à formes animées, 32, 275. — La photographie de l’amateur. Lampes à la poudre-éclair. Appareil instantané,
- 59. — La statistique de l’Exposition universelle de 1889
- 60. — Voiture à vapeur de M. Serpollct, 65. — Nouveau baromètre enregistreur, 80. — Pluie de manne en Turquie d’Asie, 82. —L hiver 1890-1891, 113, 193. — Voyage dans l’Asie centrale de M. G. Bonvalot et du prince Henri d’Orléans, 151. — La photographie des couleurs. Expériences de M. Lippmann, 161. — Glaces platinées, 239. — La maison de Nicéphore Niepcc, 288. — Manomètre à air libre de 300 mètres établi à la Tour Eiffel, 312. — Les menus photographiques, 320. — Le baquet de Mesmer, 336. — Le musée de la Susiane au palais du Louvre. L’apadâna d’Ar-taxerxès, 337. — Tir sur un ballon, 358. — La fabrication de l’acide carbonique liquide et ses applications industrielles, 375. — Edmond Becquerel, 385. — Les acridiens et M. Kunckel d’IIerculais, 398. — Lampe à poudre-éclair de M. Paul Nadar, 400.
- Varigny (Henry de). — Les araignées aéronautes, 282.
- Vielliard (Edme). — Le Yivarais, 519.
- Vitoux (G.). — La science au théâtre. L’incendie du Mage à l’Opéra de Paris, 501.
- X..., ingénieur. — La rupture des embâcles par les explosifs, 155. — Navire séparable en deux tronçons, 177. — L’accumulateur Atlas, 243. — Le cuirassé d’escadre Marceau, 339. — L'ne ancienne machine élévatoire, 584. — Volant isochrone de M. Raffard, 410.
- Yvon (P.). — La photographie pratique. — Reproduction des gravures et des photographies, 118.
- Z.... (Dr). — Machines à écrire, 107. — La lampe électrique du photographe, 120. — Un nouveau gyroscope, 271. — Porte-plume-réservoir, 568.
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- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Cbronlqne, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont Indiqués
- dans notre table en lettres italiques.
- Astronomie.
- Les cadrans solaires (Cii.-Ed. Guillaume).........25, 273
- L’adoplion de l'heure nationale (Jacques Léotard). . . 275
- La grande pyramide. Instrument des passages (E. de
- Bali.ore)........................................291
- Le grand équatorial coudé de l'Observatoire de Paris (A.
- Eraissinet)......................................305
- La carte du ciel. Troisième réunion du comité international...................................................307
- Mesure de la vitesse des astres dans la direction du
- rayon visuel (Moëssard)..........................390
- La constitution de la terre......................... 51
- Les trois premières centaines de petites planètes. . (52
- Découverte d’une étoile de première grandeur. . . 128
- Jja forme de la lune................................206
- Les taches solaires en 1890........................ 206
- Nouvelle petite planète.............................238
- Cent nébuleuses nouvelles...........................287
- Travaux à faire.....................................399
- Physique générale.
- Niveau d’eau de précision du capitaine Leneveu (L. Knab). 3 L’unification et le contrôle des aréomètres (E. II.). . . 18 Le médimarémètre de M. Ch. Lallemand (A. Lallemand). 19
- Projections stéréoscopiques (G. Mareschal)................. 49
- Nouveau baromètre enregistreur (G. T.)..................... 80
- Soudure du verre et de la porcelaine avec les métaux. . 91
- Sur la graduation des pèse-acides Baume employés dans
- l’industrie (L. L’IIôte)................................107
- Le pèse-acide Baume (Collaudeau-Vacher)....................150
- Le système métrique........................................162
- Densimètre et pèse-acides à propos du pèse-acide* Baume
- (E. H.).................................................170
- La notation des couleurs (lieutenant-colonel A. de Rochas). 186 Densimètre, pèse-acides et volumètre (A. Bernard). . . 190
- La boucle de vapeur. Procédé simple et économique de retour des eaux de condensation à la chaudière (E. IL). 219 Le nord sans boussole (Alber, Moëssard, Jollois) . 251,
- 270, 295............................................... 311
- Manomètre métallique de JL Mignot (J. L.)..................260
- Manomètre à air libre de 300 mètres établi à la Tour
- Eiffel (Gaston Tissandier)..............................312
- Note que semble donner le sifflet d’une locomotive en marche (P. Moëssard).......................................318
- Le son des corps en mouvement (Ch.-Ed. Guillaume). . 338
- Compressibilité des mélanges gazeux.................. 15
- Le papier jaune...................................... 62
- L’histoire de la balance hydrostatique............... 62
- La consommation annuelle de lumière dans les villes. 126
- Nature de la lumière polarisée.......................143
- Illusion d'optique...............................4 58
- Compressibilité des gaz..............................207
- Formation de neige dans un salon.....................254
- Définitions scientifiques........................... 254
- Sur les phénomènes de phosphorescence................255
- Sur une nouvelle méthode de détermination des températures et pressions critiquas, et en particulier
- de celles de l'eau.................................255
- Point critique de la vapeur d’eau saturée. .... 415
- Électricité théorique et appliquée.
- Application du phonographe................................... 6
- Les dangers de l’électricité. L’accident de Nancy (J. Laffargue)................................................... 35
- Applications électriques du sélénium......................... 71
- Electricité pratique. Indicateur de l'état de charge des
- accumulateurs (E. H.)..................................... 91
- Utilisation de la force du vent. Le moulin électrique de
- Cleveland (Etats-Unis) (J. Laffargue)..................... 97
- Les conducteurs bimétalliques (A. Laisant)...................106
- Distribution de l’énergie électrique par les courants alternatifs à Paris. Eclairage électrique de la Belle-Jardinière (J. Laffargue)........................................139
- La production industrielle de l’énergie électrique par la
- pile (E. Hospitalier).....................................178
- Le secteur électrique de la place Glichy, à Paris (E. Hospitalier .................................... 185, 345, 405
- Le tannage à l’électricité (J. Garçon).......................218
- La mesure électrique industrielle. Indicateurs de courant (E. H.)................................................235
- Concerts téléphoniques à grande distance (E. IL). . . 241
- L’accumulateur Atlas (X..-, ingénieur).......................243
- Le téléphone de Paris à Londres (E. Hospitalier).. 258, 298 Destruction de fils éleclriquus à New-York par une tempête de neige (G. Ricuou)....................................261
- Eclairage des mines........................................ 262
- La flotte télégraphique du monde (D. Bellet).................270
- Sonnette électrique pour enfoncer les pieux..................299
- Les usages du phonographe (Th.-A. Edison) .... 6, 321
- L’industrie phonographique aux Etats-Unis....................323
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-
-
-
- 424
- TABLE DES MATIÈRES.
- Application de la lampe électiique à l’exploration des canons, des obus et des trous de sondage (Félix Béaient)................................................523
- L’aluminium (Ch.-E. Guillaume)..........................551
- Les voies nouvelles de l’industrie électrique (E. IL). . 339
- Poêle thermo-électrique de M. Iel)r Giraud (E. Hospitalier) ................................................353
- Le réseau téléphonique militaire d’Anvers. .... 14
- Le télégraphe en Chine..................................111
- Electrométallurgie de Valuminium. » . . . . ; . • . 143
- Réparation des lampes à incandescence. ...... 200
- Conduites téléphoniques en fibres de ligneux. . . . 206
- Un dîner électrique......................................222
- L’étude et la construction des dynamos..................223
- Les stations centrales d’énergie électrique............ 254
- Tramways électriques....................................270
- Conditions de construction d’un téléphone...............303
- Les unités électriques. .................................319
- La fabrication française des câbles sous-marins.. . 334
- Expériences d’électrostatique...........................534
- Fantaisie télégraphique.................................350
- L’éclairage électrique des qrands boulevards à Paris...................................................382
- Explosions de grisou causées par la foudre............. 398
- Photographie.
- La photographie de l’amateur. Lampes à la poudre-éclair.
- Appareil instantané (Gaston Tissandier)............
- La photographie panoramique. Nouvel appareil de M. J.
- Damoizeau (Albert Londe)...........................
- La photographie pratique. Reproduction des gravures
- et des photographies (P. Yvon)......................
- La lampe électrique du photographe (Dr Z.). . , . . .
- Microphotographies de projection......................
- Etude expérimentale des exercices physiques. La vitesse du coup de poing. La vitesse du coup de canne (Georges Demeny)............................... 135,
- Reproduction des gravures par insolation (Ray de la Mo-
- rinerie)............................................
- La photographie des couleurs. Expériences de M. Lipp-
- mann (Gaston Tissandier)............................
- La photographie pratique. Les obturateurs instantanés
- (IL Fourtier).........................
- Obturateur Gillon (J. Ducom)..........................
- La lampe Auër et les projections photographiques (G. Ma-
- " reschal)..........................................
- La maison de Nicéphore Niepce (G. T.)...............
- Les menus photographiques (G. T.)............ 520,
- Lampe à poudre-éclair de M. Paul N'adar.............
- La photographie des couleui s................ 159,
- Journaux photographiques............................
- 39
- 102
- 118
- 120
- 134
- 296
- 150
- 161
- 195
- 253
- 269
- 288
- 359
- 400
- 174
- 366
- Chimie générale.
- La synthèse du rubis. Expériences de MM. E. Frcmy et
- A. Yerneuil (Gaston Tissandier)........................... 5
- Les liqueurs de table. Manière économique de les préparer soi-même (Albert Larbalétrier)....................... 22
- Le cuivre étamé (Balland).................................. 50
- Soudure du verre et de la porcelaine avec les métaux. 91
- Dosage de l’alcool dans les vins...........................128
- Application de la force centrifuge aux analyses chimiques
- industrielles............................................230
- Vitraux céramiques....................................... 234
- Glaces platinées. Métallisation du verre par le platine
- (Gaston Tissandier)......................................239
- Le phosphate de chaux en Tunisie...........................243
- Filtre à grand débit à bougie Chambellan! mec nettoyeur
- mécanique (G. Riciiou)..................................285
- L’aluminium (Ch.-E. Guillaume).................. 351, 387
- L’analyse des vins. Dosage des chlorures dans le vin. Le chloruromètre. Dosage du plâtre. Les gypsomètres (A.
- Hébert).................................... 557, 391
- La fabrication de l’acide carbonique liquide et ses applications industrielles (Gaston Tissandier).............375
- Les eaux d'alimentation à Paris..................... 14
- L’alcalinité du sang. . :.............................. 15
- Le papier vert......................................... 50
- L’explosion du nitrate de méthyle...................... 95
- La vis tellurique. . ...................................H1
- Hausse du prix du platine..............................126
- Action érosive du gaz.................................127
- Nickel natif...........................................127
- La synthèse des peplones...............................143
- L’argile à silex.......................................159
- La synthèse du rubis...................................207
- Répartition du sel dans l’atmosphère...................207
- Sur la composition des eaux de drainage.............223
- La substance la plus infecte du monde..................258
- Un nouveau procédé de déplâtrage du vin................302
- L'iodure de bore.......................................303
- Une nouvelle variété de soufre. . .....................335
- Cristallisation de la silice...........................351
- Nouveau carbure d'hydrogène............................351
- Le tréhalose...........................................351
- Le chlorure d’éthyle et scs applications...............366
- Explosif sans fumée....................................367
- Roches phosphatées.....................................367
- Les dissolutions d’acide lartrique.....................567
- Histoire de la silice..................................583
- Nouveau procédé de métallurgie du cuivre................414
- Nouveaux progrès de l'électrolyse par fusion. ... 415
- Météorologie. — Physique du globe. Géologie. — Minéralogie.
- La météorite d’Oschansk (Stanislas Meunier)...........
- L’industrie minière au Canada (A. Ladliieau)...........
- Les roches à formes animées (G. T.)...............52,
- Les richesses du monde souterrain.....................
- Les trombes. Expériences et observations (Dr J. Martinez
- Ancira).............................................
- Pluie de manne en Turquie d’Asie (G. T.)...............
- L’hiver 1890-1891. Les grands froids sont-ils périodiques? Etudes à entreprendre. Les cristaux de neige. Le verglas. La formation des glaces flottantes. Le patinage. Récolte de la glace. Les palais de glace. Les
- glaces de fon I (Gaston Tissandier)..........115,
- Reproduction de l’éclair eu boule.....................
- Les glaces de fond..............................146,
- La rupture des embâcles par les explosifs (X..., ingénieur) ...............................................
- L’hiver 1890 1891 (E. Renou)...........................
- Les tremblements de terre de janvier 1891. Catastrophe
- de Gouraya en Algérie...............................
- Sur l’origine des roches calcaires. Opinion de Bergman
- (L. L’IIôte)........................ ...............
- La récente éruption volcanique à File Yulcano, 1888-
- 1890 (Jean Platania)................................
- La pierre mouvante de Tandil (République argentine)..
- Le phosphate de chaux en Tunisie.......................
- Caverne souterraine en Corse.................... 511,
- La salle des instruments de la Tour Eiffel au Bureau
- central météorologique (Alfred Angot)...............
- Les phénomènes naturels en France.....................
- Le climat de Brécourt (Manche).........................
- Abîmes et grottes du causse de Gramat (Lot). Troisième
- campagne souterraine (1890) (E.-A. Martel)..........
- Répartition de la pluie en France (Tu. MoureauxI . . .
- Origine des cheminées volcaniques......................
- A propos d'une trombe..................................
- Encore le cyclone du 19 août........................ .
- Histoire géologique de l'Afrique du Nord...............
- 12
- 23
- 275
- 38
- 76
- 82
- 193
- 122
- 193
- 155
- 165
- 175
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- 211
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-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 425
- Bibliographie géologique........................... 95
- La constitution de l'écorce terrestre...............111
- Histoire géologique du Sahara. . ...................127
- La neige en Tunisie.................................142
- Le cycadospadix Virei...............................174
- Géologie pyrénéenne......................... 174, 383
- Mines profondes de Bohême...........................190
- Récifs disparus dans l’océan Pacifique..............191
- Géologie russe......................................223
- Cristaux de givre...................................238
- Les tremblements de terre et la pression barométrique................................................254
- Le conglomérat de Gourbesville......................255
- L’œuvre météorologique d’Hervé Mangon...............271
- L'amphibole artificielle............................287
- Raphaël méléoritologue.............................303
- Géologie sous-marine................................535
- Le bassin houiller de Gommentry.....................335
- Hypsométrie ibérique................................350
- La température du Pamir.............................307
- Roches phosphatées..................................307
- Nouveau feldspath..................................383
- Un nouveau pli couché...............................383
- Explosions de grisou causées par la foudre.. . . 398
- L’Annuaire géologique...............................399
- Appareil portatif pour les sondages.................415
- La radiation solaire................................415
- Sciences naturelles. — Zoologie. — Botanique. Paléontologie*
- Roches à formes animées (G. T.)...................... 32
- La longévité des animaux............................. 54
- La pêche batbypélagiquc (Hermann Foi.)............... 43
- Les loups en France (A. H.).......................... 51
- Les chevaux percherons (A. Larbalétrier)............. 07
- Le tamanoir ou grand fourmilier (E. Oustai.et). ... 71
- L’arbre cotonnier de Nassau............................ 81
- Les races de pigeons voyageurs (Lieutenant-colonel de
- Rochas).............................................151
- Les races de chiens. Les chiens d’arrêt. l’etits chiens
- d’appartement (P. Mégnix).................. 147, 571
- Rôle du soufre dans les végétaux. Expériences de
- MM. Berthelot et André..............................170
- Les plantes dans les appartements. Les azalées (A. Larbalétrier).......................................... 231
- Le phrynosome (F. Mocqdard)............................215
- Le rôle des vers de terre..............................278
- Les araignées aéronautes (Henry de Varigny)............282
- Le moustique. Etude pratique (Lorédan Larchey) .... 542
- Les manchots du cap de Bonne-Espérance au Jardin
- d’Acclimatation de Paris (E. Oustai.et).............503
- Les phoques de la mer de Behring (D. Bellet) ... 580
- Comment le monde apparaît aux animaux inférieurs.............................................. 51
- Le chien comestible chinois........................... 51
- Les oiseaux de basse-cour............................. 46
- La thallose........................................... 47
- La protection des alligators.......................... 78
- Les fibres de Buazé................................... 78
- Le dressage des mulets en Espagne......................127
- Comment le rat musqué respire sous la glace. . . . 127
- Eucalyptus.............................................128
- De nouveaux oiseaux de proie...........................142
- Les fleurs des Alpes-Maritimes...................... . 143
- Le froid et la ménagerie du Muséum....................145
- Nouveau mollusque français.. ..........................158
- Les jugeons messagers sur mer..........................190
- Eléphants quaternaires.................................191
- Résistance des bêtes au froid......................... 191
- Emploi des eucalyptus..................................207
- Mécanisme de la multiplication cellulaire............ 239
- Bilobites jyortlandiennes.............................255
- Ressemblance protectrice chez les araignées. .... 270
- Biologie des plantes parasites......................271
- Zoologie expérimentale............................ 271
- Les chèvres en Corse................................303
- Fonction du pancréas............................... 304
- La sardine de l’Océan...............................304
- Les cellules lymphatiques de la grenouille..........304
- Botanique...........................................320
- Une excursion zoologique............................335
- Multiplication de l’ophioglossc.....................351
- Gisements quaternaires..............................567
- Les serpents domestiques............................583
- Les Acridiens et M. Kunckel d'Herculais.............398
- OEuf fossile de jyoisson............................399
- Echinodermes nouveaux.............................415
- Géographie. — Voyages d’exploration.
- El Goléa (Algérie) (J. Dybowski).......................
- 3000 kilomètres en vélocipède..........................
- Expérience de marche...................................
- Les profondeurs de la mer Noire........................
- Voyage dans l’Asie centrale de M. G. Bonvalot et du
- prince Henri d’Orléans (Gaston Tissandier)..........
- Les Clilf Dwellers (Marquis de Nadaillac)..............
- La mesure du degré de l’équateur au dix-huitième
- siècle (W. de Fonvielle)............................
- Souvenirs d’un voyage autour du monde. — Réservoirs et pièces d’eau dans l’Inde. — Temples de l’Inde méridionale. Mahavellipore, Tadputri, Madura. — Les antiques capitales de Ceylan, Anuradha pura, Pollo-narua. — Une famille annamite à Saigon. — Canton (Albert Tissandier). . . 110, 214, 240, 527, 559,
- Le nord sans boussole (Le prestidigitateur Alber. Commandant P. Moëssard. Jollois). . . 254, 270, 295,
- Le royaume de Scba et l’or de Salomon (A. G.). . . .
- Le Yivarais (Edme Yielliard)...........................
- Le Manipour (G. M.).. .................................
- Christophe Colomb. Sa ville natale. Sa sépulture. Les
- fêles du 4° centenaire..............................
- Cartes du Léman........................................
- Un voyage autour du monde................................
- Géographie physique de l’Asie centrale.................
- Hyjisométrie ibérique..................................
- 6
- 82
- 155
- 158
- 151
- 160
- 203
- 407
- 511
- 290
- 349
- 355
- 403
- 95
- 110
- 287
- 550
- Anthropologie. — Ethnographie. — Sciences préhistoriques.
- Les Clilf Dwellers (Marquis de Nadaillac)...........166
- L’homrne bête de somme (Y. Bhandicourt).............187
- Dahoméens et Egbas (Edouard Foa)............... 199, 262
- Agrafe d’or et d’argent fabriquée par Saint-Eloi (Dr Le
- Roy d’Etiolles).....................................258
- Les Peaux-Rouges (Marquis de Nadaillac)................278
- Le royaume de Scba et l’or de Salomon (A. G.). . . . 290
- La trouvaille de M. Grebaut à Déir-el-Bahâri (G. Maspero). 509 Le musée de la Susianc au palais du Louvre. L’apadâna
- d’Artaxerxès (Gaston Tissandier)....................557
- Le tombeau d’Aristote (N.).............................555
- Les derniers anthropophages (Jacques Léotard). .... 401
- Papyrus égyptiens...................................... 46
- Tombeaux antiques.................................... 207
- L’ancien hôtel de Rohan..............‘ ...........254
- Un sac de lettres du seizième siècle...................503
- Mécanique. — Art de l’ingénieur. — Travaux publics. — Arts industriels.
- La vapeur employée comme force motrice à Constantinople au sixième siècle (Lorédan Larchey).............. 10
- Le réseau métropolitain de Paris (G. Richou). . . . 54, 69
- Les baguettes de Napier (Ch.-Ed. Guillaume)............ 57
- Le gaz de l’éclairage à Paris....................... . 38
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-
-
-
- m
- TABLE DES MATIÈRES.
- Les origines de la machine à vapeur et de l’utilisation mécanique de la chaleur solaire (A. de Boudas'. . . .
- Le canal de Kioto-fu au Japon.........................
- Voiture à vapeur de M. Sorpollct (Gaston Tissandier). .
- Le viaduc du Malleco (A-.F. Noguès)...................
- Utilisation de la force du vent. Le moulin électrique de
- Cleveland (Etats-Unis) (J. Laffarguk)..............
- Machines à écrire (Dr Z...)...........................
- Le chemin de fer de la Jungfrau en Suisse.............
- La jetée-promenade de Nice (G. Mayrargue).............
- La rupture des embâcles par les explosifs (X..., ingénieur) ...............................................
- Le chauiïagc des voitures de chemin de fer par thermo-
- siphon (L. B.).....................................
- Le moteur thermique de l’avenir (E. Hospitalier).. . . L’épuration des eaux pour l’alimentation des villes Le filtrage. Le purificateur Anderson (B. Lauiuol). ‘J(19,
- Jonction de cordes....................................
- La boucle de vapeur. Procédé simple et économique de retour des eaux de condensation à la chaudière
- (E- H-)- • :.......................................
- Les moteurs à gaz............................. ...
- Vélocipèdes à caoutchoucs pneumatiques (La Touk-du-Pin
- Verclause).........................................
- Caisson flottant pour la réparation des navires (G. Ricnoc).
- Les panoramas (Germain Bapst)................. 265,
- Un nouveau gyroscope ( Dr Z— )........................
- L’alimentation automatique des foyers industriels (E. H.).
- Machines à scier les pierres dures (L. Knais).........
- L’eau filtrée à Nantes et le puits Le fort (Max de Nan-
- souty).............................................
- Le spirographe........................................
- Une ancienne machine élévatoirc (X..., ingénieur). . .
- Volant isochrone de M. Balfard (X..., ingénieur)......
- Les eaux d’alimentation à Paris.......................
- La circulation sur les Elevated railroads de New-
- York...............................................
- La quadrature du cercle...............................
- Un atelier de silex taillé............................
- Impression mécanique au rouleau des papiers peints.
- Un bâtiment de vingt-six étages.......................
- La région du coke en Pensylvanie......................
- Distributeurs automatiques d'eau chaude à I>aris. .
- La plus grande chaudière du monde.....................
- Un nouveau coton......................................
- Canalisation du lait..................................
- L’huile des copeaux des machines-outils...............
- Chemin de fer transsibérien...........................
- Nouvel emploi des plaques de verre....................
- Un nouveau distributeur automatique...................
- Ce qu'on fabrique de fil dans le Lancastre............
- Locomotives pour chemins de fer de montagnes. . .
- Physiologie. — Médecine. — Hygiène.
- La mémoire (Le prestidigitateur Alber)................
- 3600 kilomètres en vélocipède.........................
- Les usages de la tourbe (Dr Cartaz)...................
- Les dépôts mortuaires à Paris (Max de Nansouty) ....
- Expérience de marche..................................
- Etude expérimentale des exercices physiques. La vitesse du coup de poing. La vitesse du coup de canne (Georges Demeny)................................... 135,
- Le traitement de la phtisie (I)r A. Cartaz)........
- Les microbes (Dr A. Cartaz)........................
- Application des localisations cérébrales au diagnostic
- (F- H.).. • ......................................
- Les chasseurs alpins...............................
- Le cerveau des fous (Félix Hément).................
- Les jeux à l’école. Utilité des jeux (Félix IIément). 242,
- 298...............................................
- Le traitement de la tuberculose (l)r A. Cartaz)....
- Le vaccinostyle (Dr A. Cartaz).....................
- Le moustique. Etude pratique (Loueras Larchey).. . .
- Les qualités respiratoires de l’acide acétique. ... 15
- Modification du sang par l’altitude................. 47
- Le papier jaune..................................... 62
- L’hygiène chez le coiffeur.......................... 94
- La vase du lac de Genève................... 158, 190
- Influence des grandes altitudes sur la constitution du
- sang............................................. 159
- L'olfactomètre...................................... 175
- Flèches empoisonnées par les microbes............... 238
- Toxicité de la lymphe de Koch.......................255
- Biologie du bacille pyocyanique.....................303
- Fonction du pancréas.................................504
- Petit compendium médical.............................519
- Agriculture. — Acclimatation. — Pisciculture.
- Emploi agricole des superphosphates (P-.P. Deiiérain). . 1
- La pèche balhypélagiquc (Hermann Fol).................. 43
- La culture sous verre des arbres fruitiers (Alfred ïï -
- souard)............................................ 54
- Les chevaux percherons (A. Lardalétrier)............... 67
- Le repeuplement des mers par la reproduction artificielle des poissons (J. Kunstler)......................109
- La culture de la vigne à Bailleul et à Roubaix (A. Re-
- nouard).............................................120
- L’importation des bestiaux vivants de l’Argentine (Daniel
- Bellet).............................................225
- Culture fruitière en Californie.............. 546, 394
- Fixation de l’azote de l’air par les légumineuses. . 46
- Les huitres d’Ostende........................ 190, 222
- Sur la composition des eaux de drainage................223
- Fruits bigarrés........................................238
- Le parfum de la terre..................................271
- Les aliments pour les chevaux..........................535
- Le seigle enivrant.....................................535
- Destruction du phylloxéra..............................351
- Nitrification de la terre arable.......................384
- L’ennemi du ver blanc..................................584
- A.rt militaire. — Marine.
- Lancement d'un torpilleur à Paris (Max de Nansouty). . 17
- Le naufrage du Sapent et les croiseurs-torpilleurs de la
- marine anglaise (Daniel Bei.let).................... 41
- La navigation sur les grands lacs américains........... 43
- Les budgets de la marine des diverses puissances européennes (Daniel Bei.let)................................... 86
- La marine chilienne. Lancement du Capitan Prat (Daniel Bellet)...............................................129
- Navire séparable en deux tronçons (X..., ingénieur).. . 177
- La flotte de guerre chinoise (1). B.). ..............243
- L’Atlantique traversé par des torpilleurs.................515
- Mesure de la vitesse des navires (Daniel Bellet) . . . . 325
- Application de la lampe électrique à l’exploration des
- canons, des obus, etc. (Félix IIément).................523
- Le cuirassé d'escadre Marceau (X..., ingénieur). . . . 339
- La torpille automobile dirigeable Sims-Edison (E. Hospitalier) .................................................369
- Berlin port de mer......................................127
- Perte de la frégate turque « Erlogrul »................ 191
- Baraquements en plaques de tôle.........................238
- La consommation journalière de charbon des steamers modernes. ........................................ 599
- Aéronautique.
- Tir sur un ballon (G. T.)............................358
- Ballon captif à Moscou...............................383
- Ballons et chasseurs.................................415
- 51
- 53
- 65
- 93
- 97
- 107
- 139
- 145
- 155
- 163
- 170
- 250
- 219
- 219
- 226
- 227
- 229
- 293
- 271
- 278
- 289
- 515
- 374
- 584
- 410
- 14
- 14
- 31
- 46
- 78
- 126
- 127
- 158
- 158
- 206
- 207
- 222
- 350
- 367
- 383
- 399
- 414
- 59
- 82
- 98
- 99
- 135
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- 138
- 179
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- 234
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- 257
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- TABLE DES MATIÈRES.
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- Notices nécrologiques. — Histoire de la science.
- La vapeur employée comme force motrice à Constantinople au sixième siècle (Lorédan Larchey)................ 10
- L’imprimerie à Avignon en 1444 (l’abbé Requin). ... 18
- Mougel-Bey........................................... 30
- Les origines de la machine à vapeur et de l’utilisation mécanique de la chaleur solaire (Albert de Rochas). . 51
- Sur un ouvrage de Berzelius. Chimie du fer (L. L’hôte). 91
- Emile Reynier........................................142
- J.-B.-J. l.iagre.....................................158
- J. Armengaud.........................................174
- La mesure du degré de l’équaleur au dix-huitième siècle
- (W. de Fonvielle).................................203
- A.-T. Cahours........................................270
- Zédé................................................5(50
- Maximilien Marie....................................30(5
- Une ancienne machine élévatoire (X..., ingénieur).. . . 584
- Edmond Becquerel (Gaston Tissandier).................385
- L’épitaphe de Franklin............................... 15
- L’origine des noms propres........................50, 142
- L’histoire de la balance hydrostatique............... 62
- L’origine du nom de bronze.............................. 120
- Sociétés savantes. — Congrès et associations scientifiques. — Expositions.
- Académie des sciences (séances hebdomadaires de F) par M. S. Meunier. 15, 31, 40, 02, 79, 94, 111, 127,
- 143, 158, 174, 191, 207, 223, 238, 255, 271, 287,
- 303, 519, 355, 350, 3u7, 383, 599.................. 415
- Médaille de l’Association française pour l’avancement des
- Sciences (A. C.).....................................308
- Conférence « Scientia ».................................222
- Exposition générale de la lithographie..................360
- Science pratique et récréative.
- La science pratique. — L’abat-jour à foyers conjugués de M. de Parvillc. — Appareils mouilleurs pour enveloppes et timbres. — Le caissier automatique. — Porte-plume-réservoir.—Réchaud à esprit-de-vin. 10,
- 111, 221, 368................................. 415
- La science au théâtre. — Imitations de phénomènes d’hypnotisme à la salle Robert lloudin, à Paris. —
- Une femme escamotée. — Les étoffes lumineuses, — L’incendie du Mage, à l’Opéra de Paris. — Une course de chevaux aux Variétés, à Paris. — L’enceinte métallique hydraulique et les lions à l’Hippodrome de
- Paris......................... 28,95,301,551, 411
- Un projet extraordinaire. Appareil pour les chutes de
- 300 mètres (Aristide Berges)....................... 48
- La mécanique des jouets. Le marcheur infatigable.
- L’écuyère. Pistolet cri-cri. I'islolet ticket.. 64, 144, 250
- Récréations scientifiques. I es (ils invisibles. La caslrogra-phie. Curieux effet de la lumière jaune. Un nouveau gyroscope. Curieux instruments de musique. Les menus photographiques. 159, 191, 224,254, 271, 304, 520
- Tirelires-distributeurs automatiques (Arthur Goon). . . 207
- Glaces platinées (Gaston Tissandier)....................239
- Vieilles recettes. Manière d’éteindre une chaude le à quatre cents pas par le moyen d’un coup de fusil chargé à balle (Le prestidigitateur Auber)..................287
- Le baquet de Mesmer (G. T.).............................350
- 'Variétés. — Généralités. — Statistique.
- La statistique de l'Exposition universelle de 1889 (Gaston Tissandier)......................................... 60
- Les collectionneurs de timbres-poste. La Philatélie
- (Géo P. Grignard)........................... 85, 122
- Progrès économiques aux Etats-Unis (D. Bellet). . . . 118
- Le commerce de 1 ivoire en Afrique......................327
- Un bal scientifique.....................................334
- Fleurs en coquillages (II. Fourtier)....................579
- La circulation sur les Elovated railroads de New-
- York ................................................ 14
- Les variations de la valeur de l'argent................. 30
- Les Français à l’étranger............................... 62
- Les dangers du patinage................................. 02
- Moyens d’éviter le bris des glaces...................... 78
- Caisse indéclouable..................................... 94
- Statues de neige........................................111
- Le fer à cheval en papier...............................120
- Saucissons de charogne..................................143
- Les cigares en papier...................................190
- Un dîner électrique.....................................222
- L'Institut Pasteur.................................... 280
- La densité de la population et la pluie.................287
- Une dompteuse dévorée par une lionne....................350
- Valeur des chevaux......................................350
- Prouesses vélocipédiques................................415
- FI K DES TABLES.
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- ERRATA
- Page 201, col. 2, ligne 2. Au lieu de : 90 000 kilomètres
- carrés.
- U faut: 50000 kilomètres carrés. Page 351, col. 2. Article sur la science au théâtre. Dans la course de chevaux au théâlre américain,
- la piste était animée d’une vitesse propre, contrairement à ce qui est al'lirmé par erreur. On peut se reporter à la Notice que nous avons publiée. (Voyez n° 884, du 10 mai 1890, p. 307.)
- Paris — Imprimerie Lahurc, rue de Fleurus, 9.
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- Supplément au numéro 914 de LA NATURE, du 6 décembre 1890
- c:1!) 606e BOITE AUX LETTRES (.*=».,)
- Lm lettres et communications relatives à la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à M. Gaston TISSANDIEH
- 80, rue de Châteaodun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERYICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAIN T - GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui, précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Niveau d’eau de précision de M. le capitaine Leneveu : M. H. Morin, constructeur, 3, rue Boursault, à Paris. — Abat-jour de Parville : M. C. Legrand, .constructeur, 38, rue de la Folie-Méricourt, à Paris. — L’aspirateur de Kunwald, pour vider les touries, dont nous avons parlé dans notre précédente livraison, se trouve chez M. A. de Kunwald, 41, boulevard Victor-Hugo, à Neuilly (Seine).
- M. N..., à Epinac-les-Mines. — Vous vous plaignez que nous n’ayons pas répondu d’une façon complète à vos questions. Il nous est malheureusement impossible de connaître tous les procédés, toutes les formules, tous les tours de mains de l’industrie. Nous mettons toute notre bonne volonté à la disposition de nos lecteurs, et quand cela nous est possible, nous les renseignons avec le plus grand plaisir, mais nous n’avons jamais pris, et nous ne saurions prendre, aucun engagement à ce sujet.
- M. A. Romieux, capitaine, président de la Commission météorologique de l’Ecole d’application de l’artillerie et du génie, nous adresse, au nom de cette Commission, les tableaux résumés des observations recueillies, à l’Observatoire de Héronnières, à Fontainebleau, à l’altitude de 70 mètres, en 1886, 1887 et 1888. Ces tableaux, fort bien conçus, donnent, pour chaque jour de l’année, les hauteurs barométriques maxima et minima ramenées à 0 degré et au niveau moyen de la mer, les températures maxima et minima à 9 heures du matin, les états hygrométriques à 9 heures du matin déduits de l’observation du psychromètre, les hauteurs d’eau tombée, l’état du ciel, la direction et la force du vent à 9 heures du matin. Tous ces renseignements sont contenus dans un tableau de dimensions très restreintes, de sorte qu’il est possible de suivre très facilement les courbes des variations des divers éléments météorologiques pendant toute une année.
- M. E. R., à Lille. — Vous aurez tous ces renseignements en consultant les Boîtes aux lettres des numéros que vous mentionnez.
- M. P. d’Andrimont, à Micheroux. — Accumulateurs Pollak ; M. C. Rousseau, 113, boulevard Sébastopol, à Paris.
- Une abonnée, à Paris. — Mettez des coquilles d’œuf en petits morceaux dans la carafe, avec du vinaigre, et agitez fortement pendant quelques instants; tous les dépôts disparaîtront.
- M. P. Denis, à Selles-sur-Cher. — Nous avons cherché à nous procurer quelques renseignements sur ce vernis, et nous n’avons rien trouvé. Tous nos regrets.
- M. F. H., h Paris. — Baromètres enregistreurs de MM. Richard frères, 8, impasse Fessart.
- M. P. Barault, à Vignelles. — On peut facilement dépolir le verre en frottant à sa surface un autre morceau de verre et de l’émeri très fin. Il faut avoir soin de mouiller légèrement.
- M. B. de il/., à Lyon. — 1° Le salol est le salicvlate de phénol. — 2° Nous ne croyons pas qu’il soit possible d’utiliser ce terrain pour des plantes. — 3° Il serait intéressant d’essayer. — 4" Nous posons plus loin une question à ce sujet. »
- M. R. Labouchède, à Bordeaux. — 1° La puissance mécanique d’un homme est environ de 10 à 12 kilogrammètres par seconde; mais elle est très variable suivant les individus. — 2° Société anonyme d’électricité, 39, avenue Marceau, à Courbevoie. — 5° Oui.
- M. F. Courmonlagne, à Amiens. — Pour que nous puissions vous répondre, il faut nous indiquer le nom de la pile que vous désirez.
- M. Legrand, à Paris. — Tenir les feuilles de la plante bien propres, les éponger de temps en temps, humecter la terre.
- M. A. Chassai, au Dorât. — Veuillez nous envoyer l’explication de votre expérience.
- M. Soulès, à Dijon. — On ne saurait faire de prévision de temps à longue échéance.
- M. F. G., à Amiens. — Nous avons déjà indiqué ce procédé. Remerciements.
- M. L. B., à A. — Aucun résultat d’expérience n’a encore été publié à cet égard; nous ne croyons pas que cet appareil présente un grand intérêt industriel.
- M. M. GU, à Mexico. — La poudre employée dans les microphones est de la poudre de charbon de cornue extrêmement divisée.
- M. H. Chagnona, à Paris. — Vous pouvez vous adresser à l’inventeur à Fives-Lille; mais nous croyons que le moteur ne se fabrique plus.
- Mna J. Quillot, à Frangey. — Il faut ventiler fortement la serre.
- M. A. Favreau, à Segonzac, — Nous n’avons pas encore entendu parler de cette nouvelle invention.
- M. Th. Duchâteau, à Châteaurenault. — L’.adresse du fabricant
- de ce collier est donnée en tète de la Boîte aux lettres du numéro qui en contient la description (371° Boîte aux lettres, n° 879, du
- 5 avril 1890).
- M. J. Posth, à Genève. — Nous avons indiqué le procédé des fonds noirs ou fonds russes, pour photographier deux ou trois fois la même personne sur le même cliché. Voyez le n° 740, du
- 6 août 1887, p. 151.
- M. F. Dussaut, à Bordeaux. — Non ; cet appareil ne se trouve pas dans le commerce; il faudrait s’adresser directement à l’inventeur.
- M. Desnos, à Nancy; M. M. Frèmont, à Châtenay; M. 0., à Lou-viers. — Remerciements pour vos intéressantes communications.
- M. G. Naudin, à Soissons. — Il n’existe pas de cours supérieur de ce genre : nombre de cours élémentaires de dessin ont lieu le soir dans les mairies ou les écoles de Paris.
- M. E. Fergeau, à Paris. — La photographie prise en ballon captif à Nice, que nous avons publiée, est une épreuve directe sans agrandissement.
- M. F. Ch. Kœchlin, à La Haye. — Oui; il s’agit bien d’un arc-en-ciel lunaire.
- M. Richou, à Nantes. — Traités d electrolyse et d’électro-métallurgie, à la librairie Baudry, rue des Saints-Pères, à Paris.
- L’abonné 509, à X. — Vous trouverez des traités sur ces questions chez M. B. Tignol, 45, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. R., h Brives; Al. Gariel, à Orléans. — Il n’existe pas de traité de ce genre.
- M. R. Berlin, à Paris; M. Ranslos, à Bruxelles; M. S., à Paris. — Il faut vous adresser aux grands libraires de Paris.
- M. A. Vilcoq, à Chazurollettes. — MM. Lecène et Oudin, éditeurs, 17, rue Bonaparte, à Paris.
- M. A. Guillot’, à Montpellier. — Le microscope, par Pelletan, à la librairie G. Masson. M. Chevalier, opticien, a aussi des livres qui vous renseigneront. (158, galerie de Valois, au Palais-Royal, à Paris.)
- M. J. Merle, à Paris. — 1° Non. — 2° A la librairie E. Lacroix, 112, boulevard de Vaugirard.
- M. A. Valet, à Mareuil-sur-Ay. — L’éditeur des conférences de M. Georges Ville, est M. G. Masson, à Paris.
- M. P. Chcvillot, à Meaux. — Nous pensons que vous pourriez employer le procédé indiqué pour le nettoyage des cadres dorés dans le petit livre des Recettes et procédés utiles.
- M. P. Grosjean-Redard, à Chaux-de-Fonds. — La lunette pyrométrique de MM. Mesuré et Nouël décrite dans les Nouvelles recettes utiles pourrait vous convenir.
- M. C. Fauvelais, à Paris. — Voyez le même, petit livre indiqué ci-dessus.
- M. Higg, au Thillot. — Remerciements pour votre nouvelle communication ; nous ne saurions encore revenir sur le même sujet.
- M. E. B., h Arras. — Nous ne connaissons pas de pile de ce nom : il existe bien une pile Lagarde qui a été signalée dans les Annonces.
- Un abonné, à Bordeaux. — 1° L’adresse était exacte quand nous l’avons donnée, mais aujourd’hui l’inventeur a disparu. — 2° Il faudrait voir vos expériences pour vous répondre.
- M. H. F., à La Rochelle. — 11 vous faut consulter des traités de peinture; nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. 0., à Nantes. — La distillation permet d’atténuer l’odeur empyreumatique, mais pion de la faire disparaître complètement.
- M. J. Arnaud, à Carcassonne. —Nous nous servons habituellement des plaques Lumière.
- M. A. Ménard, à Saint-André-de-Cubzac. — Nous donnons l’adresse ci-dessus en tète de la Boîte aux lettres.
- M. Abel, à Tours. — L’article sur les chaufferettes à l’acétate de soude a paru dans le n° 502, du 13 janvier 1885, p. 101.
- M. E. Paillard, à Chalon-sur-Seine. — H faut vous adresser à l'Office de publicité, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- Un artilleur, à Vincennes. — Nous vous avons répondu dans notre 605° Boîte aux lettres.
- M. A. B., à. B. — Pour empêcher l’eau de se geler, il faut l’additionner d’un peu de glycérine ou de chlorure de calcium. — M. J. Monier, 151, avenue de Paris (Plaine Saint-Denis) fabrique d’autre part, des réservoirs en ciment avec ossature de fer, qui résistent à l'action de la glace.
- M. Saïd, à Constantinople. — Consultez les traités de météorologie.
- M. G. B., à Salerno. — Nous ne croyons pas qu’il existe de procédé semblable ; nous n’avons pu en retrouver l’indication dans La Nature.
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- M. Ch. Kœchlin, à Ryswick.,— 1° Nous avons déjà parlé de l’invention en question dans nos précédentes Boîtes aux lettres. — 2° Oui ; le fait a déjà été signalé.
- M. M. G., à Castille. — Vous trouverez des ouvrages sur les accumulateurs électriques à la librairie Baudry, à Paris.
- M. P. Tournié, à Carcassonne. — L’intensité du courant est trop faible; l’atlraction ne peut avoir lieu.
- QUESTIONS
- N° 1305. — L'abonné 314, à Lyon, demande comment on peut confectionner soi-même les lanternes vénitiennes, cylindriques, en papier plissé.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- llydromëtre avertisseur. — L’hydroinètre avertisseur a pour but de prévenir automatiquement les riverains des fleuves ou des torrents, des crues imminentes et des inondations désastreuses qui peuvent en résulter. Cet appareil est dû à M. Marius Otto, à Saint-Raphaël (Var). Nous donnons, dans la figure ci-jointe, le schéma qui permet de se rendre compte du fonctionnement. Dans la mairie ou dans la maison d’école de chaque commune est un galvanomètre spécialement arrangé qui indique automatiquement, et à chaque instant, le niveau des eaux à une distance de 20 kilomètres (ou plus), en amont de cette commune. Le galvanomètre est un galvanomètre Marcel Desprez ordinaire à aimant. L’aiguille mobile AB se meut devant un secteur dont les divisions correspondent à des hauteurs
- vwwww
- Terre
- différentes des eaux. Le cadre du galvanomètre, représenté en coupe sur la figure entre les deux pôles de l’aimant N et S est convenablement incliné pour donner, d’un seul côté, une plus grande amplitude aux mouvements de l’aiguille. Sur la glace qui couvre le devant de l’appareil est fixée une aiguille mobile (DE) que l’on place en face de telle division du secteur gradué que l’on désire. Le niveau des eaux montant toujours, dès que l’aiguille indicatrice (AB) vient buter contre l’extrémité recourbée à angle droit de l'aiguille (DE), le circuit d’une pile locale dans lequel est intercalée la sonnerie (C) se trouve fermé et cette dernière se fait entendre. Cela n’a lieu qu’en cas de danger extrême. Une résistance destinée au réglage de l’amplitude des déviations du galvanomètre se troqve, en (S), dans le circuit général. Pour protéger le galvanomètre contre les effets de la foudre, l'inventeur a disposé un paratonnerre à fil fusible et à pointes. Il y a maintenant une disposition particulière qui permet de lire constamment le niveau des eaux d’un fleuve ou d’un torrent à distance. En amont de la commune où se trouve l’hydroinètre, on place dans le lit même de la rivière, verticalement, un poteau en fer creux au sommet duquel vient aboutir, sur un isolateur, le fil de ligne. De 10 en 10 centimètres environ, à partir du fond de la rivière, le poteau porte des lames métalliques convenablement isolées, L,, L2, Lv.., ces lames sont toutes réunies entre elles au moyen de bobines de 10 ohms de résistance environ, qui sont à l’intérieur du poteau. L’extrémité supérieure du poteau est reliée au cadre du galvanomètre, puis le circuit se continue par une résistance S, une pile et la terre. La pile qui convient le mieux à cet appareil est une
- pile composée de plusieurs éléments Daniel. Supposons, par exemple, qu’une crue se produise. L’eau monte le long au poteau avertisseur, établissant successivement des communications entre les lames isolées et le fer du poteau relié à la terre. Chaque fois‘que l’eau monte de 10 centimètres, la résistance du circuit diminue de 10 ohms, par suite de la disposition même des bobines de résistance. L’intensité du courant augmente donc, et l’aiguille (AB) du galvanomètre avance d’une division; cette division correspond précisément à 10 centimètres, c’est-à-dire à la distance réelle qui sépare deux James isolées consécutives. A la baisse des eaux le phénomène inverse se produit. Les résistances de 10 ohms s’introduisant successivement dans le circuit du galvanomètre, l’intensité du courant diminue, ce qui se traduit par un mouvement de recul de l’aiguille indicatrice. On aura donc bien, en suivant les indications de l’aiguille* qui se meut devant le secteur gradué de l’appareil, la hauteur des eaux à chaque instant précis.
- l«es vers et les toitures en zinc. — Sous ce titre, La Nature a mentionné le fait d'une toiture en zinc rongée par des vers. Ce n’est par la première fois que les larves sont signalées comme perçant des corps fort durs. De Géer a élevé des Anthrenus dans une boîte de corne dont les parois étaient entamées de toutes parts. Uerbst a vu une espèce de Dermestes traverser le bois. M. Blanchard a présenté à la Société entomologique de France une boîte en écaille fondue rongée par Y Anthrenus pimpinellæ. Chenu a constaté à la Glacière, sur le bord de la rivière des Gobelins, un mur perforé par les larves des Dermestes vulpinus et lardarius', ainsi que par des Anthrenus. La Revue zoologique mentionne des clichés d’imprimerie absolument attaqués par YApate capucina. Enfin M. Brême a vu des balles de cartouches creusées à 4 ou 5 millimètres par des insectes. (Communiqué par M. le Comte d’Orfeuille à Versailles.) .
- BIBLIOGRAPHIE
- Photo-gazette. Revue internationale illustrée de la photographie et des arts qui s’y rattachent. Rédacteur en chef : G. Mareschal. In-8°. Publication mensuelle. M. L. Picard, administrateur, 57, rue Saint-Roch. Prix unique pour la France et l’étranger, 7 francs.
- Nous recevons la première livraison de la Photo-gazette que dirige notre collaborateur et ami M. G. Mareschal. Elle contient une belle planche hors texte d’une épreuve phototypique de Ber-thaud et des articles pratiques très intéressants. Cette nouvelle publication photographique, fort bien éditée, ne manquera pas d’être appréciée par les amateurs et les praticiens. Nous lui souhaitons grand succès.
- Essai de physiologie synthétique, par Gérard Encaüsse. 1 vol. in-8% avec 35 schémas inédits. Georges Carré, éditeur. — Paris, 1891.'
- Au Canada et chez les Peaux-Rouges, par Georges Démanché.
- 1 vol. in-8”, avec 9 gravures hors texte, d’après les dessins de G. Tiret-Bognet et L. Boudier et une carte eu couleur. Librairie Hachette et Cie. — Paris, 1890.
- La photochromie. Tirage d’épreuves photographiques en couleurs, parle comte E. Ogon'owski. 1 brochure in-18 de la Bibliothèque photographique. Gauthier-Villars et fils, imprimeurs-libraires. — Paris, 1891.
- Agenda Vermorel viticole et agricole pour 1891, avec le concours de M. Barbut, professeur d’agriculture, de MM. Battanchon, Grand-voinnet, Rougier, Poncet, Michaut, Robin. 1 petit vol. in-18. Michelet, libraire-éditeur. — Paris, 1891.
- Esquisse géologique des environs de Marseille, accompagnée1 de 21 planches de coupes classées par massifs, par E. Fournier.
- 1 brochure in-8°. Imprimerie générale Achard et C°. — Marseille, 1890.
- Nouveau guide pratique des jeunes filles dans le choix d’une profession, par M“e Paquet Mille, avec une préface de M. Jacques, député de Paris. 1 vol. in-18. Paris. Lecène Oudin et Cu, 1891. — Prix : 3 fr. 50.
- In Algérien, Marokko, Palastina und am roten Meere, récits de voyages, par Alfred Stahelin. 1 vol. in-8° avec 5 cartes. Benno Schwabe, éditeur. — Bâle, 1891.
- La Rédaction «1 l'Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser à l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, me de Flenrns.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA
- D’APRÈS UES OBSERVATIONS DE M. RENOD (PARC DE SAINT-MAUR, ALTITUDE ; 49 K. 30)
- NATUR]
- Novembre 1890. — Semaine du lundi 24 au dimanche 30 Novembre 1890.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de RK. Rédier. — Thermomètre à l'abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. LE 26 A 1 H. 52 M. DU SOIR.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après le bulletin international du bureau CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLOIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 24 novembre. . . . 11°,5 S. W. 5 y Couv. pluie. 0,0 Nuag. de G h. à 15 h., couv. av. et ap., pluie à plus, reprises.
- Mardi 23 2°,0 W. S. W. 2 Nuageux. o,i Nuag. jusq. 13 h., couv. ensuite; gel. Ll., grésil à 6 h. 55.
- Mercredi 26 - 1°,8 N. E. 5 Très nuageux. 0,0 Nuag., beau après 16 h., petite neige à div. reprises.
- Jeudi 27 — 6%1 N. N. E. 2 Eclaircies, neige. 0,0 Très nuageux ; neige à plus, reprises.
- Vendredi 28 — 15°, 9 N. E. 0 Beau. 1,0 Couv. de 10 à 11 h. 1/2, quelq. nuages le reste du temps, grains de m-dge à 11 h.
- Samedi 29. 9°,2 N. 2 Nuag. à l’horizon. 0,0 Nuag. jusq. 8 11., couv. ensuite.
- Dimanche 30 - 5°,1 S. E. 0 Couvert. 0,0 Couv. jusq. 14 h., beau ensuite; brumeux. *
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- La neige à Paris. — La neige a fait son apparition à Paris. Le 26 novembre, le ciel est devenu nuageux, quelques grains de neige sont tombés dans l’après-midi. A 7 heures du matin, le thermomètre de la Tour Eiffel Marquait — 9°. Le 27 novembre, la neige est tombée en abondance dans l'après-midi également. En quelques instants la ville a été recouverte d’une couche de plusieurs centimètres. Un froid rigoureux n’a cessé de régner à Paris. La température maxima a été de 5°,6, et la température iniuima de — li°; à la Tour Eiffel, cette dernière a été de —15°,9.
- Les inondations en Allemagne et en Belgique. — On mande de Kiel, à la daté du 23 novembre, que le Schleswig, la ville de Lübeck et toute la côte de la mer Baltique ont été inondés, le niveau de la mer s’étant brusquement élevé à la suite d’une récente tempête venue du nord-est. Les dom-
- mages sont considérables. A Elberield. cinq personnes ont péri par suite de l’inondation et deux ponts ont été détruits.
- A la même date, à Rostock, un vent violent, soufflant du nord, a causé une crue des eaux. Les bas quartiers de la ville ont été inondés et les dépôts de bois qui s’y trouvent ont été submergés.
- A Warneimuide, la promenade du bord de la Warnow a été eu partie emportée par l’inondation.
- De grandes inondations ont également eu lieu en Belgique. A Liège, par suite des pluies considérables tombées dernièrement, les eaux de la Vesdre et de l'Ourthe ont subitement monté et se sont répandues sur les contrées voisines qu’elles ont recouvertes de plusieurs pieds d’eau. Tous les environs de Grivegnée, d’Angleur et même une partie du territoire de la ville de Liège ont été inondés. Plus de 300 hectares ont été envahis. Les communications ont été complètement interrompues sur les routes d’Angleur et de Chenée. Plusieurs grands établissements industriels ont été menacés de chômage. L’usine de la Vieille-Montagne a été en partie envahie par les eaux. A la houillère d’Angleur, on a dû faire remonter les ouvriers. On signale encore des inondations à Yaux-Chevremcüt, Chaudsfontaine, Yendres, Malines et Verviers.
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- Supplément ma numéro 915 de LA NATURE, du 13 décembre 1890
- (u’:.™*) 607e BOITE AUX LETTRES GhSiw)
- Lias lettres et communications relatives à la Boite aux lettres et à la rédaction doivent être adressées & I. Caston Tl SBA KD IEB
- BO, rue de Chêteandnn, i Paria.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements s’adresse, etc.) doivent être Anmüaafa»
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut itre répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour ce qui concerne les extraits de liqueurs de table, s’adresser à M. Ch. Bureau, chimiste, à Arras.
- M. E. Daguin, à Bayonne. — Le passage de Rabelais sur l’expérience de l’inertie, que vous citez, est connu; nous l’avons déjà publié dans La Nature.
- M. E. de S. M., à Santander. — 1® 11 vous faut quatre accumulateurs en tension. — 2° Pour indiquer la puissance d’une dynamo, on doit connaître à la fois la différence de potentiel en volts qu’elle peut produire et l’intensité du courant en ampères.
- M. J. Tarbouriech, à Perpignan. — Voyez les Adresses relatives aux appareils décrits en tète de la Boîte aux lettres du numéro qui contient la description de l’appareil.
- M. H. Gilly, à Nîmes. — Le dépôt de soufre peut provenir des sulfures contenus dans le gaz.
- M. X., à Culoz. — Le mode de préparation n’a pas encore été indiqué. •
- M. P. Morin, à Neuilly-sur-Seine. — 1° Adressez-vous à la librairie Masson. — 2° Il existe de nombreux traités de chimie de ce genre; consultez l'Aide-mémoire du chimiste, à la librairie Baudry.
- M. A. deM., à Paris. —L’appareil a été indiqué dans les Annonces, mais la description n’a pas paru dans La Nature.
- M. Magnant, à Maisons-Alfort. — La lettre a été envoyée à destination.
- M. D. Maes, à MeJJp. -— 1° Un grand nombre d’ouvrages ont été publiés sur le sujet, nous ne saurions vous en indiquer un en particulier. — 2° Pas d’usine de ce genre. — 3° La perte dans la transmission par câble électrique dépend d’une quantité de facteurs variables, qu’il nous faudrait connaître pour le cas qui vous occupe.
- L'abonné 1183, à Mexico. — 11 s’agit d’un aggloméré spécial fabriqué à Paris.
- M. Ch. L., à Paris. — Il suffit de passer un peu de noir de fumée sur les traits à l’aide d’un chiffon, et de nettoyer ensuite le verre.
- M. F. E., à Valence. — 1“ 11 est bien difficile de vous renseigner sans avoir examiné l’affaire sur place. — 2° Remerciements.
- M. E. Schmerber, à Ulfurth, nous signale un bolide qui est apparu <ians cette contrée le 1er décembre à 7 h. 25 m. du soir. Sa direction a été du sud-ouest au nord-est ; il a été visible pendant cinq à six secondes, et a paru en feu pendant deux secondes environ. Le phénomène a été vu de plusieurs endroits distants de 5 ou 6 kilomètres l’un de l’autre.
- M. E. Pouchin, à Rouen. — Abat-jour à rotation sphérique : M. E. Lieux, 81, rue du Temple, à Paris.
- M. Van Hyfle, à Gand. — Le dépôt de la maison Mouchel, à Paris, est : 10, rue Commines.
- M. X., à Paris. — Pas d’adresse spéciale à vous indiquer.
- M. Jayet, à Montigny-sur-Yingeanne. — La machine Arbey, pour la fabrication de la laine de bois, a été décrite dans le n° 676, du 15 mai 1886, p. 575.
- M. J. Monclus, à Barcelone. — Nous n’avons pas expérimenté ces verres ; nous ne pouvons vous renseigner.
- M. L. M., à Toulouse. — 1° Cet appareil ne se trouve pas en Europe. — 2° Non.
- M. F. Nicolet, à la Grande-Tronche. — Vernis pour émail sur bois et métaux : M. L. Caron, 58, rue du Cherche-Midi, ou M. Bolloré-Sœhnée, 19, rue des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. C. Bmyez, au Câteau. — Consultez les articles que nous avons publiés sur ces appareils; le diamètre des plaques vibrantes est environ de 4 à 5 centimètres.
- M. Lutz,. à Faremoutiers. — L’article promis est en préparation et paraîtra prochainement. Il y a eu quelques retards.
- M. M. A., à Ochain; M. S. G., à Paris; M. C. Fournier, à Paris; M. L. Tronel, à Lyon; M. L. Saint-Olive, à Lyon; Mme Morel, à Caluire ; M. J. Conty, à Oinville. — L’adresse de l’abat-jour de Par-ville a été donnée en tète de la 606" Boîte aux lettres (n° 914, du fi décembre 1890).
- M. E. P,, à Mariemont, — Machine à calculer : M. Léon Bollée, au Mans.
- M. L. Hirigotjen, à Bayonne. — L’expérience a parfois réussi et d’autres fois elle a échoué : cela dépend probablement du bureau de poste où la lettre est déposée.
- M. F. Llopart y Ester, à Barcelone. — 1" L’appareil a donné de bons résultats. — 2" Le fabricant est indiqué en tête de la Boîte aux lettres du numéro du 6 décembre 1890.
- M. F. Bance, à Mantes. — Votre lettre a été envoyée à destination.
- Un lecteur, à Liège. — Ce journal n’est pas mentionné sur la Hc»o
- des journaux de Paris; nous ne pouvons vous fournir l’adress demandée.
- M. P. B., à Nîmes. — 1° M. A. Molteni, 44, rue du Château-d’Eau, à Paris. — 2° M. Laverne, 10, rue de Malte.
- M. A. Achard, auPuy. —Les renseignements que vous demandez sur la résistance des cordes se trouvent dans le Dictionnaire des arts et manufactures et de l’agriculture, de Ch. Laboulaye.
- M. X., à Nantes. — 1° Librairie Baudry, rue des Saints-Pères, à Paris. — 2° Annuaire de l’électricité : 72, rue Louis Blanc, à Paris.
- M. P. Gravier, à Orléans. — Consultez les traités de mécanique industrielle ; ils parlent de ces différentes expériences.
- Un abonné, à La Chaux-de-Fonds; M. A. Andrieu, à Montpellier; M. F. Lematte, à Nonancourt. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. H. D., à Doullens; M. A. Soult, à Lyon. — Voyez le petit livre de la Science pratique.
- M. A. Blazy, à Paris. — Nous ne connaissons pas l’adresse que vous nous demandez; mais vous trouverez plusieurs recettes d’encres à écrire sur le verre dans le petit livre des Recettes et procédés utiles.
- M. X., à Evreux. — Vous pourrez vous procurer des ouvrages de ce genre à la Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. Don Simoni, à Asnières; M. R. Bernard, à Nancy; Un abonné, à X.; M. J. L. Marcorelle, à Marseille; M. G. S., à Treviso; M. Ott, à Paris. — Remerciements pour vos communications.
- M. A. Guilhermin, à Paris. — Pas de traité spécial; consultez les ouvrages généraux d’électricité.
- M. P. Noël, à Châlons-sur-Marne. — Traités d’impression photographique, à la librairie Gauthier-Villars, à Paris.
- M. J. Creus, à Granada. — 11 n’existe pas de traité de ce genre.
- M. Y., à Nîmes. — Voyez les ouvrages d’électricité que nous avons signalés dans nos différentes bibliographies.
- M. J. Bardin, à Bruxelles. — Nous pensons que les plus grandes chaudières existant en Europe sont les chaudières Babcok et Wilcox de la station d’électricité de üeptford près de Londres, et faisant 800 chevaux.
- M. J. L., à Paris. — Nous avons déjà discuté autrefois la question de savoir si une lampe à huile dépense plus d’huile quand la mèche est baissée ou quand elle est levée. Un de nos lecteurs aura peut-être des documents plus précis à nous communiquei
- M. P. Darcy, à Paris. — La Boîte aux lettres a indiqué autrefois les maisons qui vendaient à bon marché le sel pour les besoins de l’agriculture ou pour faire fondre la neige ; nous ne retrouvons plus ces adresses, nous allons les rechercher.
- M. K., à R. — Voyez le petit moteur à pétrole décrit dans le n° 911, du 15 novembre 1890, p. 371.
- M. H. P., à Clermont-Ferrand. — 1“ Le pôle positif est formé par l’enveloppe extérieure en cuivre, et le pôle négatif par le zinc. — 2° La sciure de bois doit être imbibée de sulfate de cuivre. — 5" Nous ne croyons pas.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- E>es locaux commerciaux et les usines & Paris. —
- Sait-on quelle est la totalité des locaux commerciaux et des usines à Paris ? Les résultats de la dernière statistique publiée par la direction des finances de la Seine vont nous l’apprendre. Au l“r janvier 1889, 85 717 immeubles ou propriétés bâties, dont 28 400 locaux d’usines. La valeur locative des locaux d’usines s’élevait à 23 millions et demi. La répartition de ces locaux varie beaucoup suivant les arrondissements : on en compte 3142 dans le 11“ arrondissement, 3053 dans le 19", de 2600 à 2760 dans les 3e, 15e et 15“ arrondissements. 5 arrondissements ont plus de 1000 locaux d’usines; ce sont les 1er, 5“, 10“, 12“ et 18“. Le 8“ arrondissement et le 16' en comptent 773 et 711. U n’y en a que 2 dans le quartier du Roule et 7 dans les Champs-Elysées, 7 dans le quartier des Invalides, 7 dans le quartier Gaillon, Palais-Royal. La Monnaie n’en a que 5. Enfin, dans le 2* arrondissement, oh ne constate, pour ses 4 quartiers, que 95 locaux d’usines. Dans les locaux qui ne servent pas à la grande industrie, il faut établir des distinctions. On doit compter à part les boutiques, les ateliers, les magasins, les locaux affectés à l’enseignement libre. L’enquête a montré qu’il y avait, pour ces diverses catégories, 158144 locaux d’une valeur locative de 268 millions. C’est le 11“
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- il y en a,15000 d’un loyer annuel de 18 millions. Mais c’est le ' 2” arrondissement, centre du commerce dé gros; èt de. détail, qui a\ le chiffre de loyers le plus élevé. Les valeurs locatives de ses 11500 locaux montent à près de 40 millions. Le 9S arrondissement compte 10600 locaux d’une valeur de 32 millions. On trouve, en résumé, que les locaux affectés au commerce et à la petite industrie sont au nombre de 505148, ayant une valeur locative de 505 millions et demi.
- BIBLIOGRAPHIE
- Souvenirs et récits d'un aérostier militaire de l'armée de la Loire (1870-1871), par Gaston Tissapi’dier, avec une lettre autographe du -général Chanzy et de nombreuses illustrations de V.-A. Poirson. 1 vol.in-8°.Maurice Drevfous, éditeur. Paris, 1891. — Prix; 9fr.
- Nous empruntons à la Préface de cet ouvrage les lignes Suivantes qui font connaître dans quelles circonstances il a été publié : <1 Quand j’ai quitté
- ' Paris assiégé, dans la nacelle d’un aérostat, dît Fauteur, j’avais conscience de l’importance des événements
- 1 ’ auxquels j’allais assister ; je n’ai jamais cessé, pendant toute là durée de la guerre, d’écrire mes impressions quotidiennes et
- dé noter chaque soir sur mon carnet tout ce que j’avais eu l’oc-
- 1 casion de voir ou d’en-
- ' tendre dans la journée. Après là signature dë la paix, en 1871, je réunis quel-
- ques-unes de ces notes en un petit livré très ’softimairé que j’avais intitulé' En ballon! pendant le siège de Paris.' Lé général Chanzy voulut bien en
- ' accepter la dédicace.
- Malgré l’état de trouble qui suivit la Commune, cet opuscule fut 'épuisé; toutefois il ne fut pas réimprimé, et je laissai dormir mes Souvenirs. Après vingt ans, je les fais revivre; l’œuvre primitive, transformée remaniée dé toutes pièces, complétée par de nombreux récits, devient une petite histoire de tout un aspect ignoré de l'Année terrible. C’est un livre nouveau, que j’ai écrit avec émotion, parfois même avec des larmes. Je l’offre à tous ceux qui aiment la Patrie, et surtout à notre Jeunesse, sur laquelle repose son avenir. »
- Cet ouvrage donne l’histoire des aéronautes du siège de Paris, et de toutes les tentatives faites pour établir les communications entre la capitale investie et la province. On y trouve des récits extraordinaires quoique véridiques, tels que le voyage aérien en Norvège, la descente à Belle-lsle-en-Mer, les ballons perdus dans l’Océan, les aérostats capturés par l’ennemi. L’auteur a fait partie de l’armée de la Loire et il en décrit les campagnes souvent remplies d’actes d’héroïsme et d’actions mémorables. 11 donne enfin les détails des ascensions captives faites à l’armée dè la Loire et des curieuses tentatives de retour dans Paris assiégé par voie aérienne. Lô livre, fort bien édité, est illustré avec beaucoup 'd’art et d’esprit par un artiste de talent, M. V.-A. Poirson, qui a. semé çà et là des croquis attrayants,, ainsi que de remarquables compositions de plus grand format. Nous donnons ci-desms un spécimen des illustrations de M. Poirson. Il représente des paysans àùx environs d’Orléans qui abandonnent leurs demeures à l’arrivée des Prussiens. • '
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- •r.
- Moÿeh de coller le ~cuîr sur le fer. ', V
- On frotte d’abord le fer avec une couleur à base de plomb, céruse ou minium. Quand l’ènduit est Sec, on le recouvre d’un rimeift préparé de la manière suivante : On se procure de la colle d’excellente qualité, quô l’on immerge dans l’eau froide jusqu’à ramollissement ; alors seulement on la-fait dissoudre dans du vinaigre sous l’action d’une chaleur modérée, et on ajoute à la masse un tiers de son poids d’essence de térébenthine ; on mélange à fond de façon à faiçe^une pâté, et on appliqué le ciment encore chaud avec un pnïcèau: On étend alors le cuir, et on l’applique à l’endroit voulu. ' :
- Moyen d'éviter le voile jav,ne des clichés photographiques*
- M. H. Fourtier a signalé récemment à la Société des amateiirs ' de photographie, un procédé fort ingénieux pour enlever le voile jaune des èlichés. Ce procédé, qui lui a été communiqué par M. ©ttenh'êîm.
- vice-président de fa Société versaiilaiSe! Ue photographie, eônsîste à ne point laver les cfiehé au sortir de l’hyposiïlfite et à le laisser imprégné de ce sel pendant''pttt-sieurè hetfres; La- décoloration se fait peu 'à peu ; on précède erièuite à un lavage soigné.' Si l’on veut faire ëette épé-ration sur un clfché ancien, il faut le mettre tremper dans d’eâu- préalablement pour ramollir 1* couché ‘ de gélatine, et opérer ensuite eomffle il vient d’être expliqué. Pendant l’opération,* le cliché doit être maintenu au frais pour éviter le séchage de la couche èt la cristallisation de l’hy-posulfite qui produirait une infinité de petits trous. M. Fourtiêr > -a essayé ce procédé avec succès et il montré des épreuves au gélafinô-chlorure, qui ont : été traitées de cette manière et sont complètement décolorées. Il rappelle à ce sujet dans quels eason obtient le plus souvent le voile jaune : 1 "quand pendant le développement, le bain s’est fortement coloré, dans ce Cas le ' voile est visible de suite ; 2° le voile n’existe pas après fixage et lavage, il n’apparaît que plus tard après le tirage de quelques épreuves. Qet inconvénient provient du fixage qui a été fait dans un bain trop peu concentré. Les sulfures d’argent formes ne sont pas dissous complètement et ils restent dans la couche d’où le lavage ne les élimine qu’incomplètement à cause de leur faible solubilité. Par la suite, sous ]’inffuence de la lumière, ils brunissent et donnent le voile jaune.
- Manière.d'affaiblir les clichés photographiques trop intenses.
- Voici d’après M. Belilski un très bon bain pour affaiblir les négatifs trop intenses : eau 200 grammes; hyposulfite de soude 50 grammes ;oxalate ferrico-potassique 10 grammes; sulfite neutre sôdique 8 grammes ; acide oxalique 5 grammes. Plongez la plaque sans ou avec lavage après l’hyposulfite dans ce bain et observez sa descente; lavez ensuite abondamment. — L’oxàlate ferrico-potassique se troüye tout préparé au fond des vieux bains d’oxalate de fer; souvent on le trouve tout cristallisé dans les cuvettes dans lesquelles on à abandonné un bain d’oxalate de fer qui a servi à développer .les plaques.
- Paysans s’enfuyant, aux environs d’Orléans, avant
- l'arrivée des Prussiens.
- (Gravure extraite des Souvenirs et récits d’un aérostier militaire de la Loire, par Gaston Tissandier.
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- Décembre f890. — Semaine du luüdi 1er au dimanche 7 Décembre 1890.
- ' •-’> 71/’
- La courbe supérietfre indique la nébulosité de 0 à 10 ; les floches inférieures, la direction du vent.
- iaronètro «nreffiitronr de tt/Rédler. — Thermomètre h Fabri, à boule sèche et à boule mouillé»'.
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- Le baromètre est ramené à O ati niveau de la mer.
- >HA,SÉS DE LA LUNE : D. Q. LE 4 A 1 H. 36 M. DU EOIRi ; • » ' ' 1 •
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- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN 7
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- D'APRÈS LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL METEOROLOGIQUE DE FRANCE
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- JOURS THERMOMÈTRE à 7, h. m. VENT DIRECTION ET FORCE ÉTAT'DU CIEL à 7 h. m. PLOIE EN MILLIMÈTRES m -, t* t v>. • • OB^ERVATIpN^ÙÉNÉRAJUSÿ - '
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- Vendredi 5L-. .... . 0*,9 E..N. E. 2 ^Couvert. J 0,5 Couv.,-pluie «fine de .4 jh.«à 6 h.-;i halo.> ' ' .. • '
- Samedi -fy,- .-y» .p. . 0%1 E. N. E. .2 .Couvert 0,0 Couvert; .
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Résumé dés observation» météorologiques faites au [parc de Saint-Maur en novembre » NttO
- ppr M. E. Renôu.
- Soyenne barométrique Irmidi, 7o6”*,'N2 ; minimum, le 7, .à 6 heures du îtin, 7ii"“,32 ; maximum, le 20, à: 10 heures‘et 11 heures du .matin,
- Moyennes thermomètrîquès r des minima, 3°,t4; des maxima, 0°,12; du >is, 6°,43 ; moyenne vraie des vingt-quatre heures, a°,%. Minimum, le 28, *s 3 hèifres et demie du malin, —15°,0; maximum, le 16, vers 2 heures du , 15°,2. Il y a eu cinq jours de gelée, les cinq derniers jours du mois et
- Btre jours de gidée blanche. • - _ „ , , , ,
- tension moyenne de ,1a vapeur, 6"",49 ; la moindre, le 27 a -7 heures*du ir, 1““3: la plus grande, le 15, plusieurs fois, 14““;0. Humidité relative, ,1a moindre, le .26, à minuit, 56; la plus grande, 1L0, en huit jours.
- Pluie, 62-”,6, en cent trois heures et demie, réparties .en vingt-deux jours. n'v a eu ciue deux jours de pluie notable, le 2, t|ui^a donué 14“"“,5 et le 13, —Kg. les autres jour A n’ont donné que des pluies très faibles durant long-taps.’ Deux jours de petite neige, les 26 et 27 ; le dernier jour.a donne 1 cen-, mètre- de neige. Grésil le 25 Brouillard, six joiu’s, dont deux •seulement,d une Vparence de 200 mètres, les 10 et .17 uovemlrre. Nébulosité, 76. ^
- Température moyenne de la Marne, 7°,90; elle a varie de 2 ,43 le aO au à 10°,23 le 21 au soir; très claire au comniencetiient du mois, elle est
- devenue très trouble depuis le 10. Son niveau s’est élevé rapidement en sens i inverse. ;
- •Relativement aux moyennes normales, le mois de novembre 1890 présente 1 ' •les résultats suivants : Baromètre plus bas de 0““,32; thermomètre plus haut | de 0°,15. Tension de la vapeur moindre de:0““, 16. Humidité relative égala. ; Pluie plus forte de 12”“,6. Nébulosité plus forte de 6. . ,
- Ce mois est remarquable par son passage-subit d’une température élevée.à l une température , très basse. Lu moyenne du 28 ayant été .de-10° au-dessous de | -0°, une aussi basse température en novembre ne s’était pas vue.aux enviroris s-de .Paris depuis 1788 ; le minimum a eu lieu le même jour, 28, et a été à i l’Observatoire de r4- 14u,l, qui devait bien correspondre à..—16°-ou —rl7°dans i
- précédé la gelée, la. Marna avait dans la journée une température de 9?,04; le
- 30, à la même heure, celle température était à 2°,43, ayant descendu de 6°,61 t en cinq-jours,-ec qui est-considérable: • - -
- •L’année météorologique est encore une.ïannée'froide; sa-moyenne est 9°,7; c’est donc la çtouzièniè'année froide. , , ...
- Ce baromètre offre une moyenne de' 758”",77, supérieure' de' 1““'13 à la moyenne normale Tension moyenne de la vapeur, 7",40, déficit de 0"”,25. Humidité relative, .79,. déficit de' 1; la pluie, 526““,3, est en déficit de ,j.
- nigis le nombre d'heures de pluie est considérable,;'la nébulosité 60 est peif*' dillérente de là moyenne habiiuèUe, Il y a eu trente-trois jours d’orage et neuf*’' ’ jours d’éclairs. Depuis cinq ans, le nombre de jours d’orage, trente-itn, est *"'' plus élevé. nue .la_iuo.veiine .normale', vingt-sept. "*“
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- HISTOIRE DE LA CIVILISATION
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- HISTOIRE DELA CIVILISATION AU MOYEN AGE ET DANS LEsj TEMPS MODERNES, 1 volume in-18, carlonué toile avec figures. 3 fr.J
- HISTOIRE DE LA CIVILISATION CONTEMPORAINE
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- Comme le titre le fait deviner, M. Seignobos n’a pas voulu faire une œuvre d'érudition; il n’a pas non plus eu la, prétention de compo.-er une philosophie de l’histoire contemporaine, et de dégager les lois de l'énorme niasse des faits. Dans sa pensée, ses livres ne sont que des livres de classe. Quand les élèves possèdent dans leur mémoire les principaux événements de l'histoire, leur tâche n’est pas terminée : ils doivent discerner quelle est l'importance relative de chacun de ces événements, s’il a été un bien ou un mal, s’il a contribué au progrès ou, pour mieux dire, s’il a amené une transformation dans la société.
- M. Seignobos a voulu les aider dans cette étude générale, et, pour eux, il a écrit successivement trois ouvrages ; la Civilisation ancienne, la Civilisation au moyen âge et dans les temps modernes, enfin, la Civilisation contemporaine.
- ..............................» 3 francs.
- Pour réussir dans ce dessein, il était nécessaire de réunir deux qualités eii apparence contradictoires. M. Seignobos le» possède l’une et l’autre ; et c’est ce] qui donne à ces volumes une très haute valeur. 1
- La première est une grande curiosité, qui s’applique à tous les faits, à toutes] les idées, à toutes les manifestations de 1 esprit humain. Tel historien n'attache] d’importance qu’aux événements militaires; tel autre croit avoir rempli sa tâche] quand il a suivi les intrigues d’une négociation diplomatique, et quand il a ra-1 conté, pendant une certaine période, les relations de la (rance avec les pays] voisins; un troisième étudie seulement les institutions. M. Seignobos, lui, nefail] pas de semblable choix; dans la Civilisation contemporaine, qu’il fait dater avet] raison non de 1789, mais du milieu du dix-huitiéme siècle, vous trouverei ui|
- s Pv^-y.
- ...
- Atrium d’une maison romaine.
- résumé remarquable des campagnes de la Révolution et de l’Empire ; vous y lirez des pages fort bien faites sur les négociations et les traités de paix, notamment sur le Congrès de Vienne et sur la politique des cougrè»; enfin, vous y verrez quelle était la situation de la France en 1789 et quelles constitutions multiples notre pays s’est données de 1791 jusquVu J875 Mais là ne se borne pas la curiosité de l’auteur. Comment faire une histoire de la civilisation sans jeter un coup d’œil sur les lettres et les arts? M. Seignobos leur a consacré d’excellents chapitres. Ce n’est pas encore tout. Ou »ait de quelle importance sont de nos jours les questions économiques et sociales; M. Seignobos n’a eu garde de les négliger.
- Pour éviter la sécheresse de l’exposition il donne sans cesse des descriptions de pays, de costumes, de cérémonies ; il ra< outc des anecdotes choisies, de façon a représenter vivement les usages, les préjugés, les sentiment» des hommes
- Suite d’une armée sous Louis XIV. d’autrefois, et les gravures qui les accompagnent donnent l’idée des monument! des costumes, des habitations dont il est parlé.
- Mais comment faire tenir tant de choses? M. Seignobos y a réussi, d’abord part qu’il a lui-même une vue très nette de l’histoire, des idées personnelles tri arrêtées, parfois un peu tranchantes; parce qu’ensuite il sait enfermer sesopi nions en des formules simples et préci-es; enfin, parce qu’il prend soin de tr* bien diviser ses chapitres, d’annoncer d’avance son plan, de ne jamais le perdf de vue et de le reprendre à l’occasion.
- Pour tous ces motifs, ce livre intéressera non seulement les élèves pour lei quels il a été écrit, mais eucore les historiens de profession. Il apprendra ceux-là à réfléchir ; il leur montrera qu’en histoire les faits ne sont qu’un matière première, que l’essentiel est d’en saisir l’onchaiuement et la portée.
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- Supplément au numéro 916 de LA NATURE, du 20 décembre 1890
- (uT;i“J 608e BOITE AUX LETTRES
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- Lee lettre* et communication* relative* à la Boite an lettre* et à la réaction doivent être adreeeéee à . Gaaton TIUARBUitt
- 50, rue de CUteaadus i Parle.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SET'VTCE DU JOURNAL (aloa iements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, IOULE/ARÛ SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précédé la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décnts. —Les baguettes à calcul pour multiplications et divisions se trouvent à la librairie Gauthier-Villars* 55, quai des Grands-Augustins, à Paris. — Nous avons acheté la Lampe-Soleil que nous décrivons chez M. A. Schaeffner, 2, rue de Châteaudun, Paris. — La petite lampe pour l’éclair magnésique et le photosphère se trouvent à la Cu française de photographie, 7, rue Solférino, à Paris.
- M. le Dr X. Servanlie, à Bordeaux, à propos de notre article sur la conservation des cadavres par les procédés galvanoplastiques (voyez n° 913, du 29 novembre 1890, p. 403), nous écrit que le Dr Yariot employait pour le même objet un procédé spécial qui date de quinze ans. La pièce anatomique était plongée, pendant vingt-quatre heures, dans un bain contenant 10 pour 100 d’azotate d’argent et de l’alcool à 90°; puis on l’exposait à l’air pendant quelques heures, et on la renfermait ensuite dans une caisse où circulait un courant d’hydrogène sulfuré. Quand on avait obtenu une couche très nette de sulfure d’argent, la pièce était portée au bain galvanoplastique. Ce procédé a, paraît-il, donné d’excellents résultats.
- MM. Adrien Rousseau, à Carpentras, et Un abonné du Yar. — Nous utiliserons vos communications dans un prochain article. Remerciements.
- M. E. Gay, à Cognac; M. F. Zuber, à Rixheim; M. P. Casada-ran, à l’Isle ; M. A. Vautier, à Hautmont; M. A. Rieder, à Fluntern; M. E. Perrottet, à Genève ; M. Fazuille, à Saint-Flour. — L’adresse du constructeur de l’abat-jour de Parville est donnée en tète de la 606° Boîte aux lettres, dans le numéro même qui contient la description de l’appareil. .
- M. Féret, à Souk-el-Kemis. — Le constructeur de l’aspirateur de Kunwald est indiqué dans la même Boîte aux lettres que ci-dessus.
- M. R. Cura, à Nancy. — A la Photographie hippique, chez M. Delton, 260, boulevard Saint-Germain, vous trouverez, croyons-nous, des photographies de ce genre.
- M. P. L., à La Vallée. — 1° Le procédé, que nous avons donné récédemment, pour empêcher l’eau de geler par l’addition d’un peu e glycérine ou de chlorure de calcium, ne convient nullement pour les eaux potables. — 2“ En petites quantités d’abord, augmenter ensuite s’il n’y a pas d’effet.
- M. A. Hebert, à Venette. — Il nous est impossible de vous fournir les renseignements que vous demandez sur ces apprêts.
- M. C. B., à Nantes. — 1* Pas de marchand spécial. — 2° Voyez aux Annonces. — 3° Cette pile n’offre pas d’avantages particuliers. — 4® Non.
- M. L. Teycheney, à Baurech. — Nous n’avons pas encore entendu parler de ce nouveau moteur.
- M. J. Mirand, à Versailles. — Il faut installer un thermomètre enregistreur à distance : MM. Richard frères, constructeurs, 9, impasse Fessart, à Paris.
- M. H. D., à Valenciennes. — Un vernis à la gomme laque ordinaire suffit.
- MM. Betts, à Carcassonne. — Pour paraffiner les bois, il faut simplement les tremper dans un bain de paraffine fondue ; mais il convient d’avoir bien soin que la paraffine ne soit pas à une température trop élevée pour ne pas carboniser le bois.
- M. Higg, à X. — Il se présente souvent en pratique des difficultés ui font renoncer à telle ou telle disposition ; c’est peut-être le cas ans la question qui vous occupe.
- M. Jean Gaudet, à Montrond. — 1° Les adresses que vous demandez sont données en tête de notre avant-dernière Boîte aux lettres. — 2° Il a paru trois petits volumes de ce genre à la librairie Masson : 1° Recettes et procédés utiles ; 2° La Science pratique ; T)0 Nouvelles Recettes utiles. — 3° Remerciements pour votre intéressante communication.
- M. Dominique, à Gray. — Vous pouvez essayer de faire disparaître le pétrole dont le sol est imprégné en lavant fortement avec de l’eau acidulée sulfurique. Renouveler plusieurs fois le lavage.
- M. C. de Georges, à Bucharest. — Cartes et ouvrages de géographie : M. Andriveau-Goujon, 4, rue du Bac, à Paris.
- M. 0. H., à Paris. — S’adresser à M. E. Langlois, 23, rue Etienne-Marcel.
- Un amateur d’aérostation, à Amiens. — Le brevet dont vous parlez n’existe pas; il y a eu un simple vœu du Congrès aéronautique.
- M. F. D., au Mans. — La cire est soluble dans l’alcool.
- L’abonné 1H5, à X. — N’est pas de notre compétence.
- * M. A, R., à B. — 1° Il s’agit d’une enveloppe en cuivre de cartouche ordinaire; le cuivre constitue le pôle positif et le zinc le pôle
- négatif. — 2° Réunir le pôle positif d’un élément au pôle négatif du suivant et ainsi de suite. — 3° 8 à 10 volts environ. — 4° Voyez le Formulaire pratique de l'électricien. (G. Masson, éditeur.)
- M. J. Bénézet, à Marseille. — Emaux photographiques : M. Ma-thieu-Deroche, 39, boulevard des Capucines, à Paris.
- M. Ramerve, à Lyon. — 1° Oui. — 2° Des expériences seraient nécessaires pour vous répondre.
- M. E. C., à Pau. — 1° Il serait préférable de prendre des accu-: mulateurs qui seraient chargés dans la journée par des piles. — 2° Pas d’adresse particulière à vous indiquer.
- M. T. Duchâleau, à Châteaurenault. — Société générale du Harnachement métallique, 175, rue Saint-Honoré, à Paris.
- M. G. B., à X.; M. Thomasset, à Saint-Denis; Un abonné, à Beauvais. — Nous n’avons pu retrouver les indications que vous nous demandez. Tous nos regrets.
- M. de N., au Mans. — Il faut produire une combustion complète sans grande déflagration; l’acide carbonique étant plus lourd que l’air, les gaz s’approcheront de terre.
- M. P. Barbarin, à Toulon. — Compagnie française de l’autoco-piste noir, 9, boulevard Poissonnière, à Paris.
- M. Saggi, à Libau. — On a déjà employé la terre glaise pour les joints de conduites à vapeur.
- M. J. P. Pingray, à Bellevue (Hérault). — Quand on met un morceau de savon dans un récipient contenant du vin pour éviter lecume, on met à profit une action purement physique, le savon se répandant à la surface du liquide et faisant disparaître l’écume.
- Un abonné, à Poitiers. — Sur le bord des fleuves et des rivières, il se forme souvent des brouillards qui abaissent la température en ces endroits.
- M. T., à Bois-Bernard. — Nous ne pouvons vous donner une adresse en particulier; voyez aux Annonces.
- M. R. Bosquain, à Paris. — Il existe bien, en effet, des bicyclettes à deux places; nous nous sommes renseignés auprès de fabricants qui nous ont même parlé de bicyclettes à trois places, appelées triplettes.
- M. Mermilliod, à Paris. — S’adresser directement aux constructeurs, MM. Aron frères, 132, rue de Turenne, à Paris.
- M. Gotendorf, à Chatou. — Choisissez parmi tous les ouvrages d’électricité que nous avons mentionnés dans nos différentes bibliographies ; il est difficile de vous renseigner. Il existe en effet, sur le même sujet, une quantité de livres qui répondent presque tous au même but.
- M. P. J., à Saint-Quentin. — Vous pourrez vous procurer cet ouvrage chez un des grands libraires de Paris.
- M. G. M., à Château-Chinon. — Nous ne pensons pas qu’il "existe de traité de ce genre.
- Un abonné, à Besançon. — Le procédé de fabrication de la soie artificielle à l’aide de la cellulose a été indiqué dans le n° 767, du 11 février 1888, p. 163.
- . M. Hautreux, à Marseille. — Il faut vous adresser au constructeur pour obtenir ces renseignements.-
- M. L. Deveny, à Paris. — Il n’y a guère d’autre* moyen que de tenir l’huile dans un endroit un peu chaud.
- M. J. L., à Condom. — Ce nouveau flotteur nous est inconnu; il faudrait nous donner sa description pour que nous puissions vous communiquer les renseignements que vous demandez.
- M. G. M., à Paris. — Il est bien difficile d’apprécier un appareil de ce genre sans un examen approfondi.
- M. G. Fouletier, à Lyon. — Nous ne pouvons juger l’appareil sur une simple description;"il nous faudrait faire quelques expériences.
- MM. Janet, à Montignÿ-sur-Vingeanne. — 11 vous a été répondu dans la 607° Boîte aux lettres.
- M. F. Bournichel, à Paris. — 1° Remerciements. — 2° La déclinaison magnétique, à Paris, était de 15°,47' le 1er janvier 1890.
- M. P. Darcy, à Paris. — Vous nous demandiez dernièrement l’adressé d’un marchand de sel dénaturé pour faire fondre la neige. Le Comptoir de vente des sels de l’Est (Daguin et Cie), 44, rue Châ-teau-Landon, vend cette matière dans les prix de 3fr,75 à 4fr,75 les 100 kilogrammes.
- M. R., à Paris. — A été envoyé à destination.
- M. A. B., 'a Strasbourg. — Il est certain que le plus fort grossissement vous sera toujours préférable ; mais il faut également choisir l’appareil le moins encombrant. Nous ne saurions vous l'enseigner.
- M. A. L., à Paris. — Adressez-vous au secrétariat de l’Académie des sciences.
- M. H. Lebègue, à Marseille. — 1° Piles au bichromate avec accu-
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- mufateurs. — 2° Le nombre d’éléments dépend de la lampe choisie. — 3° Ces prix sont variables et ne peuvent être établis que par l’expérience.
- M. Dugravier, à Chaillac. — Les deux appareils sont également bons. «
- M. F. de Chapel, à Cardet. — Nous avons reçu votre intéressante communication que nous publierons prochainement.
- M. Gervaise, à Charleville. — Adressez-vous au fabricant, qui vous enverra un prospectus.
- M. Ch. Rousseau, à Paris. — Vous trouverez peut-être des briquets de ce genre chez M. Vaudaine, 18, rue du Faubourg-Saint-Denis.
- M. P. de Loriol, à Genève. — Appareils de chimie : Voyez aux Annonces les fournisseurs de produits pour laboratoires.
- M. Paid Guillaume, à Paris. — Pour nettoyer l’ivoire, il faut le frotter avec un chiffon imbibé très légèrement d’eau oxygénée.
- M. H. Joly, à Caen, nous envoie la photographie d’un effet de gelée fort curieux. 11 s’agit d’un flacon de laboratoire contenant un vieux bain de virage au benzoate de potasse. La glace qui s’est formée est sortie de la bouteille en se dilatant, et a poussé au dehors le bouchon de liège d’environ 8 ou 9 centimètres. Nous avons déjà signalé des effets de ce genre dans La Nature avec dessins à l’appui.
- M. H. T., à La Teste. 1° Voyez aux Annonces. — 2“ On admet, en général, que les courants électriques deviennent dangereux à partir de 1000 volts pour les courants continus,- et 500 volts pour les courants alternatifs.
- M. G. G., à Arras. — L’électrolyse vous permettra de précipiter ces métaux.
- M. R. K,, à Paris; M. J. Donat, à Planzuel. — Nous ne connais-'sons pas de produit qui puisse donner ce résultat.
- M. C. H. A., à Elvas. — Vous trouverez les indications d’un hygromètre facile à construire dans la Science pratique. (G. Masson, éditeur.)
- M. Lecomey, à Saint-Marlin-des-Besaces; M. G. B., à Caudebec-en-Caux. — Remerciements pour vos communications.
- M. E. J., à Saumur. — 1° Le petit moteur domestique à pétrole peut actionner une petite dynamo; l’expérience a déjà été faite, nous l’avons signalée dans l’article que vous mentionnez, — 2° Nous n’avons pas essayé cette turbine.
- BIBLIOGRAPHIE
- La lutte et les lutteurs. Traité pratique. Histoire. Saltimbanques. Exercices corporels au point de vue de l’hygiène, par Léon Ville. Préface par le baron de Vaux, avec 39 vignettes et 25 planches photographiées par Nadar, reproduisant toutes les prises de lutte. 1 vol. in-8°. — Paris, J. Rothschild, 1891.
- Nous avons lu avec grand intérêt ce livre écrit par un amateur, lutteur passionné, qui voudrait voir revivre parmi nous, non pas les luttes foraines, mais les luttes antiques telles que les pratiquaient les Grecs et les Romains, au grand profit de leur force physique. Le livre abonde en reuseigm meuts historiques et en anecdotes intéressantes sur les lutteurs célèbres, anciens et modernes. 11 se termine par l’exposé de la pratique de la lutte, avec d’excellentes reproductions photographiques de Nadar.
- Méthode de transformation de& combinaisons organiques, par P. Aléxéyeff, professeur de chimie à l’Université de Ivieff. Traduit du russe par Georges Darzens et Léon Lefebvre. Introduction par Ed. Grimaux, professeur à l’Ecole polytechnique. 1 vol. in-8°, — Paris, G. Masson, 1891.
- Du chimisme stomacal (Digestion normale. Dyspepsie), par Georges Hayem, professeur de thérapeutique à la Faculté de médecine de Paris, membre de l’Académie de médecine, etc., et J. Winter, préparateur du laboratoire de thérapeutique à la Faculté de médecine de Paris. 4 vol. in-8°. — Paris, G. Masson, 1891.
- Emin-Pacha et la rébellion à l'Equateur, neuf mois d’aventures dans la plus reculée des provinces soudanaises, par A.-J. Mountenev Jephson, l’un des officiers de Stanley, avec la révision et la collaboration de H.-M. Stanley. Ouvrage traduit de l’anglais avec l’auto-‘ risation de l’auteur et contenant 47 gravures et 1 carte. 1 vol. in-8°. Librairie Hachette et Ci0. — Paris, 1890.
- Manuel général des vins. Vins rouges, vins blancs, vendanges, vinification, sucrage, coupages, utilisation des résidus de la vigne et
- des vins, par Edouard Robinet, d’Epernay. 1 vol. in-16 de la * Bibliothèque des actualités industrielles. 4" édition entièrement refondue, corrigée et accompagnée de 50 figures dans le texte. B. Tignol, éditeur. — Paris, 1890.
- Voyage sous les flots, par leDr J. Rengade. 1 vol. in-16 de h Bibliothèque du Journal des voyages, avec illustrations de Ch. Clérice. E. Kolb, éditeur. — Paris, 1890.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Moyen de connaître le Jour d'une date déterminée. —-
- Nous avons déjà fait connaître, dans le n° 646, du 17 octobre 1885, p. 320, un calendrier perpétuel permettant de trouver le nom du jour de la semaine qui correspond à une date quelconque. Voici encore un autre calendrier qui nous est communiqué par M. G. Floctq à Brest, et qui permet la solution du même problème pour une date
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- ?rrA ni
- Avril. Juillet.
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- Fév. Mars Nov.
- Août
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- Janvier Octobre
- quelconque du calendrier julien et du calendrier grégorien. Le calendrier se compose d’un petit disque mobile placé au milieu de colonnes renfermant des chiffres, comme le montre la figure ci-jointe. Chaque année dans laquelle on recherche une date doit être caractérisée par une lettre spéciale. Ou trouve cette lettre pour une année donnée en amenant en regard de la’première colonne, à gauche du tableau inférieur, colonne marquée d’un astérisque *, lal ettre qui correspond au nombre des centaines de cette année dans le tableau supérieur. La lettre cherchée se voit alors dans la couronne intérieure du disque, en regard du dernier ou des deux derniers chiffres de l’année. On amène ensuite cette lettre en face du nom du mois en question, et on cherche dans le tableau, à droite, le jour correspondant à la date indiquée. Par exemple, dans notre figure, si nous voulons savoir quel jour était le 23 août 1227, nous trouvons la lettre A en regard du douzième siècle, nous mettons cette même lettre en regard de l’astérisque. Le nombre 27 qui forme les deux chiffres de l’année et qui .se trouve dans le tableau inférieur, correspond à la lettre E. Nous amenons cette lettre en face du mois d’aout, et dans l’autre tableau, à droite, nous trouvons un lundi pour la date du 23.
- Li Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces ponr lesquelles on doit s’adresser i l’Office de Publicité de l’Imprimerie, P, me de Flenrns.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La IVaCureestJnterdite.^La reproduction des illustration», même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur. ” ~ v ,
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- 60e BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- d’après LES OBSERVATIONS DE M. RENOO (parc DE SAINT-MAUR, ALTITUDE 49 M. 30)
- Décembre 1890. — Semaine du lundi 8 au dimanche 14 Décembre 1890.
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent.
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- Baromètre enregistreur de DI. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
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- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE I N. L. LE 12 A 3 H. 20 M. DU MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS ’ THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES i.
- Lundi 8 décembre. . . . — 5°,2 E. N. E. 2* Beau. 0,0 « '• Peu nuageux.
- lardi 9 — 3°,4 E. S. E. 1 Beau. » Très nuageux de 11 à 17 h., beau av. et après.
- (ercredi 10 - 6°,1 N. E. 2 Beau. » Beau jusq. 15 II., couv. ensuite.
- Jeudi 11 — 8“,2 N. E. 1 Beau. » Peu nuageux à 1 h., beau ensuite, puis couv. ap. 22h.
- Vendredi 12 — 5”,5 E. 5 Couvert. » Coov. jusqu’à 11 h., beau ensuite.
- Samedi 15 — 8%0 N. E. 2 Beau. » Beau.
- Dimanche 14 — 8*,9 N. VV. 1 Peu nuageux. » Beau; quelques nuages de 4 b. à 10 b.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- lrn bolide à Bordeaux. — M. C. Brun, à Bordeaux, nous [écrit que le ®edi 6 décembre, à 7 heures du soir, il a aperçu dans l’air un globe de feu ai tombait à terre doucement et verticalement. La clarté du météore a iniinué graduellement d’intensité et a fini par disparaître. Le phénomène a tiré environ cinq minutes. La boule lumineuse, du volume du poing, avait une •inné ellipsoïdale; c’est le grand diamètre qui était vertical.
- Etoile filante émettant des radiations successives diversement colorées à Saint-Raphaël (Var). — Le 50 novembre 1800, à S h, 20 m. du soir, j’ai observé, à Suint-Raphaèl (Var), un phénomène céleste Ws intéressant et certainement très rare : le passage dans notre^atmosphère lune étoile filante qui a émis successivement différentes radiations du spectre
- normal. Le météore se dirigeait du nord-est au sud-ouest; il a décrit dans le ciel un arc lumineux visible de plus de 45°. D’abord blanc éclalant, il est devenu subitement jaune, puis rouge et il s’est éteint laissant après lui une traînée vert émeraude du plus bel effet. Plusieurs de mes amis ont pu constater avec moi, malgré la presque instantanéité de l’apparition, ces trois colorations bien nettes; elles peuvent fournir, ce me semble, de précieuses indications sur la constitution chimique de l'étoile observée. Le jaune indique sûrement du sodium. Le rouge peut être dû soit à du strontium, soit à du rubidium ou du potassium; la présence du potassium dans l’étoile me semble toulcfois douteuse, car sa flamme'est plutôt violette que rouge. Le vert montre enfin que le baryum, le calcium et le thallium ne doivent pas être étrangers à la constitution de l’étoile. Cette analyse spectrale n’a pas la prétention d’être rigoureusement exacte. Mais il n’est pas impossible d’en tirer, au point de vue astronomique des conclusions du plus haut intérêt.
- Marks Otto, licencié ès sciences physiques à Saint-Raphaël (Var)
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- CHOIX D’OUVRAGES ILLUSTRES
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- HISTOIRE DE LA CIVILISA TI0N CONTEMPORAINE
- 1 volume in-18, cartonné toile, avec figures, Comme le titre le fait deviner, M. Seignobos n’a pas voulu faire une œuvre d’érudition; il n’a pas non plus eu la prétention de composer une philosophie de l’histoire contemporaine et de dégager les lois de l’énorme masse des faits. Dans sa pensée, ses livres ne sont que des livres de classe. Quand les élèves possèdent dans leur mémoire les principaux événements de l’histoire, leur tâche n’est pas terminée : ils doivent discerner quelle est l'importance relative de chacun de ces événements, s’il a été un bien ou un mal, s’il a contribué au
- Srogrès ou, pour mieux dire, s’il a amené une transformation dans la société.
- !. Seignobos a voulu les aider dans cette étude générale, et, pour eux, il a écrit successivement trois ouvrages ; la Civilisation ancienne, la Civilisation au moyen âge et dans les temps modernes, enfin, la Civilisation contemporaine.
- ..............................3 francs.
- Pour réussir dans ce dessein, il était nécessaire de réunir deux qualités en apparence contradictoires. M. Seignobos les possède l’une et l’autre ; et c’est ce qui donne à ces volumes une très haute valeur.
- La première est une grande curiosité, qui s’applique à tous les faits, à toute! les idées, à toutes les manifestations de l’esprit humain. Tel historien n’attache d’importance qu’aux événements militaires; tel autre croit avoir rempli sa tâche quand il a suivi les intrigues d’une négociation diplomatique, et quand il a raconté, pendant une certaine période, les relation*»de la France avec les pays voisins ; uu troisième étudie seulement les institutions. M. Seignobos, lui, ne fait pas de semblable choix; dans la Civilisation contemporaine, qu’il fait dater avec raison non de 1789, mais du milieu du dix-huitième siècle, vous trouverez un
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- Atrium d’une maison romaine.
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- Suite d’une armée sous Louis XIV.
- résumé remarquable des campagnes de la Révolution et de PEmpire ; vous y lirez des pages fort bien laites sur les négociations et les traités de paix, notamment sur le Congrès de Vienne et sur la politique des congrès; enfin, vous y verrez quelle était la situation de la France en 1789 et quelles constitutions multiples notre pays s’est données de 1791 jusqu’en 1875. Mais là ne se borne pas la curiosité de l’auteur. Comment faire une histoire de la civilisation sans jeter un coup d’œil sur les lettres et les arts? M. Seignobos leur a consacré d’excellents chapitres. Ce n’est pas encore tout. On sait de quelle importance , sont de nos jours les questions économiques et sociales; M.'Seignobos n’a eu garde de les négliger.
- Pour éviter la sécheresse de l’exposition il donne sans cesse des descriptions de pays, de costumes, de cérémonies ; il raconte des anecdotes choisies, de façon à représenter vivement les usages, les préjugés, les sentiment-des hommes
- d’autrefois, et les gravures qui les accompagnent donnent l’idée des monuments, des costumes, des habitations dont il est parlé.
- Mais comment faire tenir tant de choses? M. Seignobos y a réussi, d’abord parce qu’il a lui-même une vue très nette de l’histoire, des idées personnelles très arrêtées, parfois un peu tranchantes; parce qu’ensuite il sait enfermer ses opinions en aes formules simples et précises; enfin, parce qu’il prend soin de très; bien diviser ses chapitres, d’annoncer d’avance son plan, de ne jamais le perdre de vue et de le reprendre à l'occasion.
- Pour tous ces motifs, ce livre intéressera non seulement les élèves pour les-, quels il a été écrit, mais encore les historiens de profession. 11 apprendra à ceux-là à réfléchir ; il leur montrera qu’en histoire les faits ne sont qu’une matière première, que l’essentiel est d’en saisir l’enchaînement et la portée.
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- Supplément au numéro 917 do LA NATURE, du 27 décembre 1890
- (uT.«;be) 609e boite aux lettres («<=,.»)
- Lm lattrss et commnnlcatlon» relative* à la Boite «as lettre* et à la rédaction doivent être adressée* à H. Gaston TISSANDTO
- B O, rne de Châteandnn, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BODLEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- AVIS DE I/AOMINISTRATION. — L’échéance du 31 décembre étant des plus chargées, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 27 décembre (n“ 917) de nous faire parvenir soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent sera, sk Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de janvier 1891 aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 31 décembre renouvelé ou donné ordre contraire.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne le matériel des projections stéréoscopiques, s'adresser à M. Molteni, 44, rue du Château-d’Eau, à Paris.
- M. S. C. A rozena, aux îles Canaries, nous adresse une intéressante description d’un mirage qu’il a eu l’occasion d’observer à l’île Ténériffe. Le pic de Feyde, par un ciel d’une clarté éblouissante, se réfléchissait dans la nappe des nuées supérieures produisant un spectacle d’un effet grandiose. — Réponse au même correspondant. — 4° Il n’est pas possible d’avoir un bon appareil photographique pour un prix aussi minime. — 2° Adressez-vous directement à M. Plu-mandon à l’Observatoire du Puy-de-Dôme (France).
- U abonné 722, à Lisbonne. — 11 faut démonter le vase poreux, et le remonter de nouveau avec de nouvelles substances.
- M1'* F. K., à Paris. — 1° M. Lachambre, 24, passage des Favorites, à Paris-Vau girard. — 2° La montre sans aiguilles : M. Schwob, 19, boulevard Bonne-Nouvelle. — 3° Thermomètre pour bains : M. Léon Bloch, 16, Grand-Quai, à Genève.
- M. le Dr Masson, à Lyon. — Nous acceptons les documents que vous nous proposez; mais nous vous prévenons que la question doit être traitée succinctement.
- M. L. Pier ret, à Nogent-sur-Vernisson. — La veilleuse à bougie se vendait autrefois, 24, avenue de l’Opéra ; nous ne connaissons pas d’autre adresse.
- M. L. Gautier, à Paris. — Remerciements pour votre communication ; nous publierons prochainement un article à ce sujet.
- M. Goubert, à Meysse. — Versez de la paraffine fondue, mais non portée à une température trop élevée.
- M. P. Couchet, à Périgueux. — Nous décrirons prochainement une voiture à vapeur vraiment pratique.
- MUe C. Janicot, à Paris; M. J. Barrère, à Nérac; 'Un Brésilien, à Petropolis. — Veuillez vous adresser aux grands libraires de Paris.
- M. E. Court, à Paris. — Voyez les traités de chimie; vous y trouverez ces renseignements.
- Un lecteur, à Saint-Sorlin. — Pas de traité de ee genre.
- M. D. Bénézet, à Dol-de-Bretagne; M. L. Béraud, à Lyon. — Remerciements pour vos communications.
- M. P. W., à Valence-sur-Rhône. — Vous pourriez employer, pour écrire sur la porcelaine, le procédé qui est indiqué pour écrire sur le verre dans le petit livre des Recettes et procédés utiles.
- M. J. Plassard, à Paris. — Essayez l’expérience, en soumettant le liquide à Faction d’un mélange réfrigérant. .
- M. P. Leturque, à Orléans. — Nous-avons reçu vos intéressants documents, que nous utiliserons; agréez nos remerciements.
- M. E. Carquillat, à Noyon. — La Revue aéronautique paraît toujours à la librairie Masson aux conditions que vous mentionnez; mais les livraisons sont en retard.
- M. C. S., h Epernay. — 1° MM. Parsons et Ci0, à Gateshead (Angleterre), doivent fabriquer la lampe bijou. — Scientific American : MM. Munn et C“, 561, Broadway, New-York.
- M. K. P., à Sedan. — 1“ L’intensité d’une lampe à arc dépend de l’écartement des charbons, de leur diamètre. — 2° Il faut enrouler sur les électros la quantité de fit nécessaire peur produire seulement l’effet voulu (attraction ou répulsion). —3° 50 à 55 volts aux bornes, il faut ajouter une résistance auxiliaire.
- M. G. K., a Gand. — Voyez Instructions météorologiques, 1 vol. in-18, chez Gauthier-Villars. Vous y trouverez les renseignements que vous demandez.
- M. E. C., a Rouen. •— Adressez-vous à un bon horloger de votre ville; il se chargera facilement de ce travail.
- Un lecteur, à Saint-Nazaire. — Un lavage à l’eau oxygénée fera disparaître toutes ces taches.
- m. E. de Traz, à Paris. — 1° La pile électrique, par Niaudet, à la librairie Baudry, rue des Saints-Pères, à Paris. — 2° Non.
- M. P. Gravier, à Orléans; M. A. H., à X. — Nous regrettons de ne pouvoir fournir ces renseignements.
- M. Lavud, à Suresnes. — Nous avons, en effet, entendu parler de moteurs de ce genre; mais nous ne saurions vous garantir leur fonctiqpnement.
- 4 H. E. B., a Dijon. — Chauffez au bain-marie pour faire dissoudre les cristaux formés par le froid.
- M. F. S., à Arcachon. — 1° Non. — 2° On calcule la puissance d’une machine à vapeur, en connaissant le diamètre du piston, sa course, la pression de la vapeur, etc.
- M. T. P., a Monthermé; M. P. F., à Paris. —Nous ne croyons pas qu’il existe d’ouvrages sur ces sujets.
- M. E. Bollée, au Mans. — Adressez-vous à M. Léauté, membre de l’Académie des sciences, pour tout ce qui concerne les renseignements sur les travaux de Phillips.
- M. le DT C. C., à Toulon. — Il y a eu simple cristallisation formée sous l’action de l’abaissement de température. Vous pouvez vous servir de la solution tiède.
- M. L. P., a Pau. — Les avis sont partagés à ce sujet.
- M. C. Sellier, à Paris. — Le serpent de Pharaon a été décrit dans la La Nature (n° 264, 1880, 2“ semestre).
- M. L. R., à Niort. — Il s’agit, vraisemblablement, de nettoyages ordinaires à l’eau oxygénée étendue.
- M. J. de Bertemati, à Jerez. — Vous pourrez vous procurer des accumulateurs hydrauliques de ce genre, soit chez M. Morane, 23, rue Jenner, soit chez M. Séraphin, 37, boulevard Magenta, à Paris.
- Un abonné, à Paris. — 1° Non. — 2° Prenez une pompe aspirante; il en existe une grande quantité de divers modèles. —-3° Pas d’adresse spéciale. ?
- M. H. Bollinckx, à Bruxelles. — Maison de l’aluminium : 21, boulevard Poissonnière, à Paris.
- M. J. F., a Narbonne. — La composition de ce produit n’est pas connue ; nous ne saurions vous l’indiquer.
- M. A. Viget, à Saint-Quentin. — 1° Adressez-vous au secrétariat de l’Académie des sciences. — 2° L’appareil fonctionne bien.
- Un abonné, à Paris. — 1° Il est préférable de charger vos 'accumulateurs par séries de 3 en tension. — 2° Il existe bien un appareil automatique pour effectuer ces charges successives, mais nous ne croyons pas qu’il soit dans le commerce; renseignez-vous auprès de M. Bablon, 42, rue Boulard. — 5° Oui.
- MUR. Henry, à Paris ; M. H. Fahuet, à Orléans ; M. E. Maréchal, à Dijon.— Consultez, en tête de notre 606“ Boîte aux lettres, les Adresses relatives aux appareils décrits.
- M. M. Sédition, à Paris. — L’appareil dont vous parlez, rend de grands services. 1
- M. E. F., à Maisons-Laffitte. — Adressez-vous à un grand marchand de papiers.
- M. J. Helfman, à Detroit. — Nous n’avons pu nous procurer les adresses que vous nous demandez. Tous nos regrets.
- M. A. J. A., a Paris. — Mettez simplement un peu de glycérine ou de chlorure de calcium dans le réservoir; nous avons indiqué ce procédé dernièrement.
- M. X. Y., à B. — Voyez nos précédentes Boîtes aux lettres; nous avons répondu aux mêmes questions.
- M. L. de Chazotte, à Saint-Victor. — Nous ne saurions vous donner d’indications de ce genre; tout dépend du prix que vous voulez mettre, de la construction que vous désirez, etc.
- M. L. Doucet, à Pithiviers. — Parties égales de charbon de cornue concassé et de bioxyde de manganèse en poudre. ,
- M. L. G., à C. — On a publié jusqu’ici fort peu de renseignements sur ces divers procédés électrolytiques; ils sont tenus secrets.
- M. Le Doyen, à Paris. — L’adresse que nous vous avons indiquée était bien exacte au moment où nous avons décrit l’appareil.
- M. F. Thienpont, à Etichove. — Il n’y a pas eu de description plus complète que celle qui se trouve dans les traités de mécanique.
- M. le D1 A. Pozzetto, à Vérone. — L’adresse est donnée en tête de la Boîte aux lettres de ce même n° 910 qui contient la description de l’appareil.
- M. René Martin, à Paris. — Les clichés pelliculaires vous donneront de très bons résultats.
- (La suite au prochain numéro )
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- 9‘ BULLETIN TRIMESTRIEL ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris d’aprds les publications dn Bureau des Longitudes POSITION DES PLANÈTES PRINCIPALES ï JANVIER-FÉVRIER-MARS 1891
- lFév.
- iMars 21 Passage
- • Cocher
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- Bélier
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- SATUBUE
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- Lièvre,
- Grand/Chien
- Dauphin
- Poissons
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- URANUS
- V E N VJ S
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- (corpio i
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- Occultation* des Etoiles par la Lune, visibles à Paris.
- 1891 Nom de t’aslre. Grandeur. Immersions. Emersions.
- Janvier 6 tu* Scorpion. 4-5 17 h. 31 m, 0 18 b. 11 m, 3
- — 6 w* Scorpion. 4-5 18 h. 19 m, 1 ippalst i 3’,0da bord.
- — 15 i' Verseau. 6 6 h. 46 m, 8 7 h. 16 m, 1
- — 13 t! Verseau. 4 7 h. 59 m, 5 8 h. 51 in, 9
- — 17 V Baleine. 4-5 3 h. 58 m, 0 1 h. 58 m, 9
- — 17 1 Bélier. 5-6 11 h. 17 m, 2 12 h. 17 m, 8
- — 19 Neptune. — 15 h. 27 m, 5 15 h. 58 m, 2
- —. 22 u jjémeaux. 6 17 h. 41 m, 5 lppolse p O’t du bord.
- — 21 Y Écievisse. 4-5 15 h. 15 m, 0 ippulse t 2'5 do bord.
- — 28 v Vierge. 4 11 h. 5 m, 5 12 h. 18 in, 7
- Février 1 a Balance. 5-6 11 h. 8 m, 3 15 h. 16 m, 2
- — 12 33 Baleine. 6 7 h. 19 m, 9 8 h. 16 m, 5
- — 17 121 Taureau. 6 7 h. 10 m, 0 8 h. 28 m, 1
- Mars 13 31 Bélier 5 9 h. 6 m, 3 9 h. 18 m, 8
- 22 i Lion.' 6 8 h. 6 m, 7 9 h. 28 m, 1
- — 26 1* Vierge. 5 10 h. 11 m, 9 11 h. 21 m, 2
- —* 28 y' Balance. 5-6 11 h. 18 m, 7 12 h. 21 m, 8
- Satellites de Jupiter.
- PHÉNOMÈNES VISIBLES JL TA RIS
- Janvier 3. IV E.c.
- — 5. I P.c.
- I O.c.
- — 6. I E.f.
- III E.f.
- II O.f.
- — 13. II O.c.
- Abréviations : Eclipse.
- Passage du satellite
- sur le disque de la planète.
- Passage de l'ombre du satellite sur le disque de la planète.
- 4 lu. 53 m. 59 s.
- 4 h. 57 m.
- 5 h. 38 m.
- 5 h. 9 m. 49 s.
- 5 h. 20 m. 10 s.
- 5 h. 21 m.
- 5 h. 0 m.
- E.c. commencement. E.f. fin.^ .
- P.c. commencement, P.f. fin.
- O.c. commencement O.f. fin.
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- xiS
- 76iE BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATUR]
- «
- D’APRÈS LES OBSERVATIONS DE N. RENOO (PARC DE SÀINT-MADR, ALTITODE ; 49 M. 30)
- I
- Décembre 1890. — Semaine du lundi 15 au dimanche 21 Décembre 1890.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; tes flèches inférieures, la direction du vent.
- i«roni(n enregistreur de BS. Rédier. — Thermomètre à l'abri, à bon le sèche et à bonis mouillée
- Le baromètre est ramené à O an niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. LE 18 A 8 H. 46 M. DO SOIR.
- OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DD BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- 1 JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 décembre. . . — 12*,1 *N. E. 1 Beau. 0 Peu nuageux de 14 h. à 17 h. et à 21 h.-22 h; beau le reste ; très brumeux.
- Mardi 16 — 8’,8 N. E. 0 Couvert. 0 Couvert. *
- Mercredi 17 — 6%3 N. N. W. 2 Couvert. Couvert ; quelques grains de neige de 12 h. à 20 h. ; brumeux.
- Jeudi 18.. - 6-,4 N. W. 2 Couvert. 0 Couvert' grains de neige à 7 b., de 12 h. à 16 h. et après 25 h. ; très brumeux.
- Vendredi 19.. »... . — 2-,9 S. S. E. 4 Couvert. 3,0 Couvert jusqu’à 14 h. ; 3 cm. de neige de minuit à 7 h. ; atmosph. très claire.
- Samedi 20 2%5 S. S. W. 2 Très nuageux. 0,5 Couvert de 2 h. à 6 h.; beau après 16 b.; petite pluie de 4 à 6 li.
- Dimanche 21 - 1\7 N. 0 Très nuageux. 0 Nuageux jusqu’à 9 h.; beau de 10 à 17 h. ; eouvcri et léger brouillard ensuite.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- la glace et la neige en France. — La température s’est considérablement abaissée cette semaine. A Paris, le froid a été très vif, notamment les 16 et 17 décembre. La Seine a charrié des glaçons énormes pendant plusieurs Wrs. — On nous écrit de Lyon, à la date du 17 décembre, que la température fest radoucie. La Saône a charrié des glaçons et la navigation a été inter-®mpue. A Tours, le 17 décembre, la chute de la neige a été considérable. La auche a atteint 30 centimètres d’épaisseur à certains endroits. Les voitures et M tramways ont interrompu momentanément leur service. Plusieurs trains #nt arrivés en retard.
- La navigation a été arrêtée à Nantes, le la décembre, par les glaces qui ont lé si épaisses que plusieurs personnes ont pu traverser le fleuve dans toute sa •rgeur. Vis-à-vis du quai de la Fosse, deux bateaux à vapeur, le Gaulois et la
- Glaneuse, poussés par des glaçons, ont accosté devant la gare m? manœuvrant, le Gaulois a défoncé l’arrière d’un autre navire. V sur la basse Loire a été très difficile depuis Paimboeuf, où le' large d’une lieue, a charrié des glaçous énormes.
- le brouillard à Londres. — On nous informe de I lard le plus intense qu’on ait vu depuis 1880 a régné cembre. La circulation a été presque impossible, le? guaient plus; c’est à peine si l’on pouvait entrevoir allumé dans les boutiques depuis 7 heures du ma’ tains quartiers de Londres, ont suspendu ieur se lieuÆ ont éprouvé des retards de plusieurs heur rier de l’étranger et de la province n’était pr on a allumé des torches autour des théâtr ont été tenus d’éclairer les rues princb électriques.
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- Supplément au numéro 918 de LA NATURE, du 3 janvier 1891
- LuJ 610e BOITE AUX LETTRES (üS... )
- IcHtm et communication» relative* à la Boite an lettre» et à la rédaction doivent être adressée» à K. Gaston TISSAMOIEB i 80, rue de ChAteandnn, à Paris.
- ToVTU LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Voiture à vapeur : M. Serpollet, 27, rue des Cloys, Paris-Montmartre. — Pour tout ce qui concerne le nouveau baromètre enregistreur, que nous décrivons, il faut s’adresser à M. Georges Meyer, successeur de M. Redier, 8, passage des Petites-Ecuries, à Paris. — L'indéchiffrable décrit plus loin se trouve chez M. C. V. Kronberg, 75, boulevard Magenta, Paris.
- Un lecteur, à Paris, nous adresse, sous le titre L’abracadabrant, une récréation mathématique qui consiste à trouver 65 cases dans un échiquier, alors qu’il n’en existe réellement que 64. Nous avons déjà publié cette récréation dans la Boîte aux lettres de La Nature, et elle se trouve également décrite dans le petit livre de La science pratiqua
- Un lecteur, à Alger. — Pour l’application que vous avez en vue, nous vous conseillons d’employer le petit moteur à pétrole décrit dans notre n° 911, du 15 novembre 1890, p. 371.
- M. F. B., à Marseille. — Nous ne pensons pas que la pile en question soit bien pratique.
- . M. F. Guiot-Dewarenne, à Paris. — 1° A partir du 1er janvier 1891, l’éditeur de VElectricien est M. G. Carré, rue Saint-André-des-Arts. — 2* Non.
- M. A. Potvint, à Jeumont. — Vous trouverez les renseignements
- 2ue vous demandez sur les analyses du gaz de l’éclairage dans la himie industrielle, de Payen, et dans les traités de chimie analogues.
- M. V. A., à Beaucaire. — 1° Non. — 2* Fabrique de vernis en tous genres : MM. Bolloré-Sœhnée, 19, rue des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. A. Saglio, à Fourchambault. — 1® Les réactions des flammes peuvent s’obtenir avec la lampe à alcool, mais pas très nettes, et dans ae mauvaises conditions. — 2° Nous publierons prochainement, au sujet de la formation de la glace, un article qui vous renseignera.
- M. L. S., à Amiens. —Vous pouvez employer le filtre que vous mentionnez; il vous donnera de bons résultats.
- M. L. Pasquet, à Chalo-Saint-Mard. — Nous ne croyons pas que ces lampes soient encore fabriquées.
- M. Thomatie, à Cambrai. — 1° Une machine shunt est une machine dont les électros sont excités par une dérivation prise sur le courant total. .— 2° Les accumulateurs peuvent également être chargés par des piles.
- “if. D. A. Maes, à Melle. — 1“ 11 existe une quantité d’ouvrages sur ce sujet ; chacun a ses avantages et ses inconvénients. — 2° Impossible de vous répondre avec des données aussi vagues. ,
- M. P. Tournié, à Carcassonne. — Il faut que le fer soit bien doux, c’est-à-dire exempt de toute impureté et surtout de carbone.
- if. J. Geng, à Rouen. — 1° Un bon lavage à l’eau acidulée chlorhydrique doit suffire. — 2* Ajoutez un peu ae tanin dans l’eau.
- if. E. Demartinécourt, à Is-sur-Tille. — Nous avons reçu votre lettre, mais non le prospectus que vous annoncez.
- if. P. Monnier, à Versailles. — Nous ne connaissons pas de procédé de ce genre.
- M. G. Perrin, à Paris. — 1* Aucun inconvénient. — 2° Les produits du commerce conviennent. — 5° La gélatine doit être de bonne qualité.
- M. le Dr Vaysse, à Quillan. — 1° Eclairage à l'électricité, par H. Fontaine, à la librairie Baudry. — 2° Pas de vernis spécial.
- if. F. Arghal'ter, à Marseille. — 1* Nous avons mentionné cet ouvrage dans une de nos bibliographies ; nous n’avons pu retrouver l’indication. — 2° L’adresse est donnée en tête de la 595e Boîte aux lettres (n“ 903, du 20 septembre).
- M. G. M., à Paris. — Nous croyons que l’appareil n’est plus fabriqué; mais vous trouverez plusieurs autres appareils du même genre; voyez aux Annonces.
- U. J. Gaudet, à Montrond. — 1° Il vous a été répondu dans notre dernière Boîte aux lettres. — 2° Ce retard est dû à l’Administration des postes.
- if. H. Gaudriot, à Courbevoie, — Nous ne connaissons pas de marchand de ce genre.
- if. C. Gallier, à Yascœuil. — L’auteur a indiqué l’opinion de sir William Thomson à titre de curiosité. On n’a pas insisté sur le sujet.
- if. A. Hamo, à Saxon. — 1° Consultez l’ouvrage Le piégeage des animaux nuisibles que nous avons signalé dans une de nos dernières bibliographies. — 2° Nous avons indiqué quelques recettes à ce sujet.
- if. Ferret, à Paris. — La pression d’une bouteille de champagne est environ de 12 à 15 atmosphères.
- M. R. Godfernaux, à Pans. — Nous avons parlé de la hauteur
- des maisons de Chicago dans un article sur la ville de Chicago, à propos de l’Exposition de 1893 (n* 881, du 19 avril 1890, p. 311),
- M. E. Rousseau, à Paris. — Voyez les principaux fabricants de Paris ; à notre grand regret, nous ne pouvons vous renseigner.
- M. C. Bleicher, à Lyon-Saint-Just. — Des recherches de laboratoire seraient nécessaires pour vous répondre.
- M. X., à Paris. — Vous nous demandez où vous pourrez vous •procurer des veilleuses-bougies; adressez-vous à MM. P. Brun, 19, rue des Halles.
- M. A. M., à Cahors. — La question exigerait de longues discussions dans lesquelles nous ne saurions entrer; agréez nos remerciements.
- M. A. Cools, à Ryckevorsel. — Essayez l’emploi de l’alcool, qui dissout les résines. ,
- M. À. M., à Chalon-sur-Saône. — 1° Moteurs à gaz ; M. Otto, 17, avenue de l’Opéra, à Paris; et M. Forest, 76, quai de la Râpée, à Bercy-Paris. — 2° Le moteur mentionné est sérieux.
- M. Gillet, à Villers-Allerand. — Adressez-vous à des armuriers spécialistes à Paris; nous n’avons aucune compétence à cet égard. Nous devons publier prochainement, sur les fusils de chasse, un article qui pourra vous intéresser.
- M. Chambert, à Châteauroux. — Voyez le n° 508, du 24 février 1883, p. 207.
- M. L. Guette, à Bordeaux. — Il est bien difficile de vous renseigner sans connaître votre machine à vapeur et les défauts que vous lui reprochez; consultez un constructeur spécialiste.
- M. J. Gotendorf, à Maisons-Laffitte. — 1“ Nous ne saurions vous fournir des renseignements bien précis à cet égard. — 2° Eclairage au gaz atmosphérique : M. Boutet, 170, rue Saint-Antoine, ou M. L. Monier, 17, rue Condorcet, à Paris.
- M. A. Leplay, à Epouville. — Vous trouverez des renseignements sûr la manière d’extraire le gluten de la farine dans le Dictionnaire des arts et manufactures et de l'agriculture, de Ch. Laboulaye, à l’article gluten et à l’article farine.
- M. H. L. X., à Boulogne. — A Paris, nous avons les sociétés ; Société française de photographie, Société d’excursions des amateurs de photographie, Photo-Club, Société d'études photographiques.
- Un abonné, à Neuilly. — Vous aurez quelques renseignements sur la manière de décalquer les gravures et de faire les reports sur verre pour lanternes magiques dans le petit livre des Recettes et procédés utiles.
- M. A. Lévy, à Asnières. — 1° Consultez le petit livre indiqué ci-dessus. :— 2° Non.
- M. A. Lépine, à Bruxelles. — Il n’existe pas de traité de ce genre.
- M. E. Samin, à Lille; M. N., à Lisbonne. — Adressez-vous aux grands libraires de Paris.
- M. Higg, au Thillot ; Jf. L. Vandevyver-Grau, à Gand. —Remerciements pour vos communications qui seront utilisées.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- I.a clef mobile de cryptographie système Ch.Kronberg.
- — Il peut être quelquefois très utile d’employer un système particulier de cryptographie pour correspondre avec une personne en un langage incompréhensible à tous les intermédiaires. Il existe jusqu’ici un très grand nombre de systèmes. Nous ferons connaître aujourd’hui à nos lecteurs la clef mobile du système de cryptographie de M. Ch. Kronberg. Elle se compose d’une série de disques de carton superposés et de différents diamètres. Le disque le plus grand porte à la périphérie les lettres de l’alphabet ; les autres portent des nombres de deux chiffres, de telle sorte qu’il est facile d’amener en regard des différentes lettres toutes les combinaisons de chiffres possibles. Cette clef est simple, portative (de la grandeur d'une carte commerciale), ne réclame, aucune étude et malgré sa simplicité elle est indéchiffrable en raison des 450 000 combinaisons differentes que chacun peut faire en déplaçant les rayons mobiles à son gré.
- Voici maintenant le mode d’emploi : Chaque lettre de l’Alphabet est représentée par quatre nombres de deux chiffres, ce qui permet de ne pas répéter de suite le même chiffre pour une même lettre puisqu’on en a quatre à sa disposition. Exemple: Si nous plaçons sous l’A les quatre nombres 01, 27, 53, 79, nous pourrons écrire le mot événement comme suit : 05 22 31 14 5713 8340 20. On remarquera que c’est avec intention que l’on prend toujours deux chiffres pour indiquer une lettre en évitant les unités, car cela permet de
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- lier tou s les mots sans les séparer; de cette façon la correspondance est indéchiffrable pour tous, excepté pour le destinataire dont la clef est disposée de la même façon que la précédente. Quant à la lecture, il suffit que le destinataire regarde sur sa clef quelle lettre est représentée par chaque paire de chiffres qu’il voit sur la dépêche à traduire. On peut encore, si on le veut, augmenter le nombre des combinaisons. Les lettres E, A, étant celles qui se répètent le plus souvent, on peut convenir avec son correspondant de déplacer Tes 4 rayons de quelques crans (dont le nombre est facultatif) aussitôt que dès les
- Frémi ers mots on aura épuisé l’emploi des 4 premiers chiffres sous E ou sous l’A ; en renouvelant ainsi sa série de 4 chiffres par le déplacement des rayons, il est facile de comprendre que jamais un •hiffre ne représentera la même lettre, de là impossibilité matérielle
- de déchiffrer sans connaître la clef des 4 premiers chiffres. On peut convenir aussi à l’avance qu’on placera un certain nombre de chiffres nuis au commencement de sa dépêche afin de la rendre plus indéchiffrable encore pour les indiscrets. Pour éviter toute indiscrétion, fl serait bon de ne jamais laisser sa clef dans l’ordre convenu ;* on dérange exprès quelques rayons en les reculant ou en les avançant et on ne les remet en place qu’au moment de s’en servir ; en agissant ainsi, on n’a aucune surprise à craindre.
- Curieux phénomène lumineux. — Samedi 6 décembre, à 6 heures moins 7 minutes, heure du chemin de fer, j’ai été témoin d’un phénomène que je ne m’explique guère et dont je viens vous rendre compte. Voici le fait : Je rentrais le soir en voiture découverte; temps doux ; ciel étoilé, vent nord-nord-est très faible. La lanterne delà voiture était allumée et donnait très peu de clarté, lorsque j’ai distingué, à environ 30 ou 40 mètres en avant de la voiture, une lueur bleutée, semblant partir du sol et se localisant sur la route sur une longueur d’une vingtaine de mètres. Cette lueur s’accentua et le cheval, qui était au trot, s’arrêta net en arrivant à cette zone lumineuse. Cette espèce de phosphorescence augmenta rapidement d’intensité et je distinguai sous une vive lumière tous les détails de la route : cailloux, inégalité de terrain, etc.; les mûriers qui la bordent en cet endroit étaient vivement éclairés, tandis que le côté opposé à la route avait des oppositions d’ombres très noires; absolument l’effet d’un feu de Bengale à flamme bleutée. Puis après ce vif éclat, tout s’évanouit instantanément. J’évalue à 3 secondes la durée du
- Shénomène. J’ai eu le temps d’être surpris sans me rendre compte, e dire à mon cocher : « Mais qu’est-ce ? C’est un bolide? » Et tout disparaissait pendant que je me retournais pour consulter l’horizon. Je n’ai vu aucune traînée lumineuse ni au ciel, ni sur terre. En effet, cet éclat lumineux n’était pas provoqué par un bolide ; car le sol était très lumineux; mais les arbres étaient éclairés par réflexion et le cocher et moi, ainsi que le dessus de la voiture, sommes restés dans l’obscurité. Le cheval et la voiture n’ont porté aucune ombre sur le sol, cet éclat lumineux (dû à l’électricité, à mon avis), était au ras du sol. Il dépassait un peu la route, empiétant sur la terre vers le nord-est, de quelques mètres seulement (est-ce le feu Saint-Elme ?). Je n’ai vu aucun foyer de lumière; et au moment où l’intensité lumineuse, très vive, était à son apogée, j’ai vu la lumière entre la caisse et le paracrotte, donc nous étions bien dans l’ombre nous-mêmes, et au-
- dessus de la lumière. Aucune pointe n’a manifesté de flammes ou d’aigrettes lumineuses. Mon fusil que je tenais debout, entre mes genoux, n’a donné lieu à aucune manifestation. En résumé et en conséquence des observations décrites plus haut, la lueur bleutée a graduellement grandi en intensité jusqu’à devenir très éclatante (durée 3 secondes environ). Le phénomène a eu lieu au ras*du sol, sans foyer lumineux, sans bruit, sans étincelles (Route de Ners à Anduze, commune de Cardet, Gard).
- F. de Chapel, à Cardet (Gard).
- BIBLIOGRAPHIE
- Deux campagnes au Soudan français, A 886-1888, par le lieutenant-colonel Gallieni, avec une préface de M. Victor Duruy. Ouvrage contenant 163 gravures sur bois d'après les dessins de Riou et 2 cartes et 1 plan. 1 vol. grand in-8°. Librairie Hachette et G4*. — Paris, 1891.
- Les statuettes de terre cuite dans l’antiquité, par E. Pottier. Ouvrage illustré de 92 gravures d’après les dessins de J. Devillard. 1 vol. in-16 de la Bibliothèque des merveilles. Librairie Hachette et Cle. — Paris, 1891.
- L’émaillerie, par E. Molimer. Ouvragé illustré de 71 vignettes d’après les dessins de P. Sellier. 1 vol. in-16 de la Bibliothèque des merveilles. Librairie Hachette et Cle. — Paris, 1891.
- Production de l’électricité, par J. Baille. Ouvrage illustré de 124 vignettes sur bois. 1 vol. in-16 de la Bibliothèque des merveilles. Librairie Hachette et Cu. — Paris, 1891.
- L’hypnotisme, par le Dr Foveau de Courmelles. Ouvrage illustré de 42 vignettes par Laurent-Gsell. 1 vol. in-16 de la Bibliothèque des merveilles. Librairie Hachette et Cu. — Paris, 1891.
- L’enfance de l’humanité. I. L’âge de la Pierre, par le Dr Verseau. Ouvrage illustré de 66 vignettes. 1 vol. in-16 de la Bibliothèque des merveilles. Librairie Hachette et C‘*. -— Paris, 1891.
- Trois mois en Irlande, par Marie Anne de Bovet. Ouvrage contenant 76 gravures. 1 vol. in-16 de la Collection des voyages illustrés. Librairie Hachette et CK — Paris, 1891.
- Explorations dans l’Amérique du Sud, par A. Thouar. Ouvrage contenant 60 gravures d’après les dessins de Riou et 2 cartes. 1 vol. in-16 de la Collection des voyages illustrés. Librairie Hachette et CK — Paris, 1891.
- L'unité des maladies et l'unité des remèdes, par Auguste Poggi. Etude physiologique, étiologique, thérapeutique et prophylactique.
- 1 vol. in-8\ G. Masson, éditeur. — Paris, 1890.
- La chaleur. Leçons élémentaires sur la thermométrie, la calorimé-trie, la thermodynamique et la dissipation de l’énergie, par J. Clerk-Maxwell. Traduction française, par M. G. Moürkt, ingénieur des ponts et chaussées, précédée d’une préface par M. À. Potier. 1 vol. in-16 de la Bibliothèque des actualités industrielles. B. Tignol, éditeur. — Paris, 1891.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- La conservation des plumes.
- Les plumes de fer se détériorent moins par suite de l’usure que par le fait de l’oxydation. Les gens méthodiques ont soin de bien essuyer leur plume chaque fois qu’ils viennent de g’en servir, ils parviennent ainsi à les conserver trois, quatre, cinq jours et même davantage. Les autres, c’est-à-dire la plupart des écrivains et des journalistes, doivent changer de plume au moins tous les jours parce qu’ils trouvent le matin rouillée et hors d’usage celle que le soir ils avaient laissée chargée d’encre sur leur table. Voici un procédé pour conserver les plumes en métal, quelque peu soigneux qu’on soit : il suffit d’avoir sur son bureau un vase cylindrique, un verre à boire, par exemple, au fond duquel on a jeté un morceau de carbonate de potasse et par-dessus une petite éponge mouillée. C’est dans ce verre
- 2u’on repose son porte-plume lorsqu’on cesse de s’en servir; lelen-emain, grâce à la dissolution alcaline qui s’est opposée à l’oxydation, on retrouve la plume après un rapide essuyage, propre et nette, neuve en quelque sorte et prête à un nouvel usage. (Communiqué par M. P. Guyot, à Paris.)
- Lt Wdaetion it l’AUiihtritioi de LANATURR tout étrangère» in service dns Annonte» pour lesquelles on doit s'adresser à l'Office de Publicité de l'Imprimerie, 9, raide Fleuris.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La ÎVature est_interdite.j La reproductiondes illustrations, i même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- P f
- BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- • i '
- d’après LES OBSERVATIONS DK M. RENOU (PARC DR SAINT-MAUR, ALTITODE 49 H. 30)
- Décembre 1890. —- Semaine du lundi 22 au dimanche 28 Décembre 1890.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; tes flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de II. Rédier. — Thermomètre à l'abri, h bonle sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. LE 26 A 6 H. 6 M. DU MATIN.
- * ». > i* M*
- 'OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCB
- « .i-
- JOURS THERMOMÈTRE i 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL A 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Udi 22 décembre. . . - i’,6 N. N. E. i . Couvert. . V <K Couvert; petit brouillard.
- hrdi 23 — 3*,8 S. S. E,” 1 Couvert. 0 Couvert; brouillard à 1 h.
- faredi 24.. ...... — 3%7 . N, E. 3 Très nuageux. Nuageux jusqu’à 7 h. ; beau ensuite ; halo.
- «di 25 — 6\3 N. E. 2 . y -si* * .. Très nuageux. 0 { Couvert.
- ttdredi 26 - 7*,i N. N. w; 2* Couvert. 0 Couvert; givre ; brouillard à 10 h.
- imedi 27 — 3*,8 N. 2 Couvert. 0 Nuageux de 11 h. à 15 h.; couvert le reste; très brumeux le matin.
- tanche 28.. , — 6*,8 N. E. 2 Beau. 0 Beau jusqu’à 14 h. ; couvert ensuite.
- T<M-
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Nutations en Algérie. — On nous écrit d’Oran, à la date du 24 délire ve les routes de Moslaganem à Tiaret ont été inondées. Lé Village tou-Beimi a été complètement sous l'eau. 11 en est de même du Village ù-Aineur, sur la route d’Oran à Arzeu. f ,,,
- r'hiver en Suisse. — L’hiver ne serait pas très rigoureux en Suisse, eu eroit les nouvelles qui nous parviennent. Depuis la fin de novembre ’* pas vu le soleil, la température n’a presque pas .varié,‘le ciel reste “* et le thermomètre demeure stationnaire entre ,5° èt 6® au-dessous de
- zéro. Il n’y a eu ni froid rigoureux, ni dégel, les eaux stagnantes restent congelées, mais les lacs et les rivières sont libres. Quelques contrées de la Suisse, le Tessin entre autres, ont joui d’un hiver sec et ensoleillé, tandis que les vallées et les plateaux ont eu presque constamment un ciel couvert et le brouillard. Le froid a été plus vif dans le Jura, on signale même à la frontière franco-suisse la présence de loups qui paraissent être descendus du chaînon de Somont. Il parait que les froids doivent être excessifs dans le Nord, car les lacs n’avaient jamais eu pendant l’hiver autant de palmipèdes variés : canards* sauvages, sarcelles, grèbes, etc. Les bords du lac Léman et surtout les eaux abritées entre Vevey et Montreux paraissent le rendez-vous de tous ces hôtes de l’hiver.
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- 763e BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- D’àPRÈS LES OBSERVATIONS DS M. RENOU (PARC DS SAINT-MAUR, ALTITUDE ; 49 H. 30)
- Décembre 1890-Janvier 1891. — Semaine du lnndi 29 décembre 1890 an dimanche 4 janvier-1891.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de H. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LÜNE : D. Q. LE 3 A 10 H. 22 M. DD MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES A OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 décembre. . . — 6’,6 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Peu nuageux ;• très brumeux
- Mardi 30 — 10‘,9 N. 1 Beau. 0,0 Beau jusqu’à 15 heures ; couvert ensuite.
- Mercredi 31 - N. E. 2 Couvert. 0,0 Presque couvert; gouttes à 8 h. et de 14 à 21 h.
- Jeudi 1*' janvier 1891. . - 1*»3 E. N. E. 0 'Beau. 0,0 Quelques nuages; horizon lointain brumeux.
- Vendredi 2. .... . . — 5*,8 N, E. 1 Peu nuageux. 0,0 * Peu nuageux ; le matin beau, le soir très brumeux.
- Samedi 3 — 5*,3 S. E. 0 Nuageux. 0,0 Très nuageux; gouttes àll h. et demie; trèsbrumeux.
- Dimanche 4. 1*,9 S. S. W. 2 Couvert. 0,0 Couvert; petite pluie de 15 à 18 h.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Résumé des observations météorologiques faites au parc de Baint-Maur en décembre IS90
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 757“",52; minimum, le 19, à 8 heures du matin, 74i““,13; maximum, le 2ô, à 8 heures dù matin, 767““,03.
- Moyennes thermométriques : des minima, —5°,7Ï; des maxima, — 0°,19; du mois, — 2°,97 ; moyenne vraie des vingt-quatre heures, —3°,42. Minimum, le 15, un peu avant 8 heures du matin, —15°,1 ; maximum, le 20, vers 1 heure du soir, 7°,1. Il y a eu vingt-huit jours de gelée dont dix-huit sans dégel.
- Tension moyenne de la vapeur, 3”“,22; la moindre, le 15 à 8 heures du matin, 1“”,6; la plus grande, le .20, à 8 heures du matin, 5"”,2. Humidité relative, 88; la moindre, le 2, à 2 heures du soir, 50;. la plus grande, 100, en quinze jours.
- Pluie, 19““,0, en vingt-quatre heures réparties en quatre jours; cette chute d’eau comprend 15"“,7 tombés, les 3 et 4 décembre et 5““,3 tombés sous forme de neige qui forment une couche de 3 centimètres sur le sol.
- Nébulosité, 57. Il n’y a eu que quatre jours de faibles brouillards entre le 21 et le 26. Température ihoyenne de la Marne, 0°,52; elle a été à zéro pen-. dant quinze jours, du 15 au 31 et a eu sa. température la plus haute, 2°,43, le 9, à 3 heures et demie du soir. •,
- Les vents ont été faibles ; ceux du nord-est et de l’est-nord-est très dominants. ;
- Relativement aux moyennes normales, le mois de décembre 1890 présente : les résultats suivants :
- Baromètre plus bas de 1””,21. Thermomètre plus bas de 6°,20. Tension'de . la vapeur moindre de 1””,92. Humidité relative moindre de 2. Pluie moindre, de 22"“,6. Nébulosité, moindre de 17. . ,
- La Marne a commencé à se prendre d’un bord à Fàutre au pont du chemin de fer de Grande-Ceinture en amont de Cbampigny ; le 25, elle était prise de. tous côtés avec quelques espaces libres de glace. On y patine depuis.
- La température souterraine était à la lin du mois à 0“,30 de profondeur i — 0°,90 et à 1“,0, 3°,00, ce qui indique un sol gelé jusqu’à 0”,46 de profondeur.
- Le mois àe décembre 1890 est un mois froid; on ne trouve, depuis 1757, que les mois correspondants de 1829, 1840 et 1879 (années civiles) qui soient^ plus froids. -
- TEMPÉRATURE
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- " ' 612e BOITE AUX LETTRES ( “
- iLA NATURE
- J
- 17 janvier 18111
- )
- U* lettre* et communication* relative* à la Boite an lettre* et à la rédaction doivent être adressée* à V. Gaston T1SlANDltiA
- 50, rue de Châtecadnn, à Pari*.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Appareil de photogra-
- Shie panoramique : M. Damoizeau, 52, avenue Parmentier, Paris. — [achine à écrire de M. Meritt, chez M. Williams, 1, rue Caumartin, à Paris. — Le Mouilleur épistolaire se trouve chez M. Petit, 105, Faubourg-Saint-Honoré, à Paris. — Le Mouilleur à cylindre est d’origine étrangère. Nous serions reconnaissants à nos lecteurs s'ils pouvaient nous indiquer l’adresse où l’on peut se le procurer en France. — Fils bimétalliques : MM. E. Martin, Ducamp et Ci6, 15, rue des Petites-Ecuries, à Paris.
- M. J. Chabassière, à El-Guerrah (Algérie), nous adresse de magnifiques photographies qu’il a obtenues des mosaïques de Tebessa, antérieurement signalées dans La Nature. Nous adressons nos félicitations à l’opérateur pour ces belles reproductions.
- M. Hector Blanchet, à Grenoble, nous envoie une intéressante brochure sur une Tentative d'empoissonnement des lacs de la Pra. (Grenoble. Imprimerie Allier.) On ne saurait trop recommander et encourager les tentatives de ce genre, qui sont souvent couronnées d’un plein succès.
- Un très ancien lecteur, à Troyes. — Nous avons eu entre les mains le Célibataire : il avait été acheté à la Ménagère, mais il y a longtemps déjà. Nous n’avons pas d’autre adresse.
- M. A. P., à Brive. — 1° Pour [le capuchon-cuisine, adressez-vous à M. Lecornu du Taillis, à Caen. — 2° Non ; les recettes contenues dans le dernier ouvrage sont récentes. — 3° Le voltamètre permet de déterminer la quantité d’électricité, en connaissant le poids de métal déposé dans un certain temps. L’ampèremètre indique à chaque instant l’intensité du courant.
- M. G. Bonfait, au Havre. — Voyez les traités de métallurgie pour les renseignements sur le manganèse. Pour ce qui concerne l’aluminium, vous trouverez un article très complet de M. E. Guillaume dans Y Electricien (n° 400, du 13 décembre 1890, p. 1123), à la librairie G. Masson.
- M. E. J. F., à Paris. — Nous pensons que vous pourrez vous procurer des étiquettes de ce genrexhez les marchands de produits photographiques.
- H. P. Thévenot, au Grand-Lemps. — Remerciements pour votre communication qui sera insérée.
- M. J. de la Vallina, à Habana. — 1° Traité élémentaire de l'énergie électrique, par M. E. Hospitalier, à la jibrairie Masson. — 2" Petits ouvrages sur l’Exposition de 1889, à la librairie Bernard Tignol, 45, quaides Grands-Augustins, à Paris. — 3° En français.
- M. Dutoit, à Beauvais. — Les piles au bichromate et à écoulement sont préférables.
- M. E. Neveu, à Rouen. — L’adresse est donnée en tête de la 610* Boîte aux lettres (n° 918, du 3 janvier 1891).
- M. P. S., à Dijon. — Il ne faut attacher aucune importance aux prévisions du temps à longue échéance des almânachs.
- M.Jm Creus, à Granada. — Veuillez vous adresser au directeur de l’usine, désigné dans notre article.
- M. G. B., à Pontarlier. — Voyez l'article que nous avons publié sur le météoroscope Plumandon (n° 830, du 27 avril 1889, p. 349).
- M. G. Despicht, à Paris. — 1° Il faudrait essayer la pile en question pour pouvoir vous répondre. — 2° Oui; mais employez des lampes de faible voltage.
- M. Ai Coze, à Reims. — Nous recevrons volontiers les renseignements que vous voudrez bien nous adresser à ce sujet.
- M. A. H., à Bruxelles. — 1* Ces solutions colorantes sont bien connues. Remerciements. — 2* Non.
- M. L. Baillot, à La Chaux-de-Fonds. — Ne serait pas réalisable pratiquement.
- M. Lasserre, à Duras. — Nous ne pensons pas que le procédé dont vous parlez, soit employé.
- M. H. de Witte, à Anvers. — 1° Adressez-vous à un constructeur spécialiste. — 2* Voyez les Adresses relatives aux appareils décrits en tête de la 606* Boîte aux lettres (n° 914, du 6 décembre 1890).
- M. A. Leroy, à Paris. — Les inconvénients que vous signalez ne sont pas très importants. Remerciements.
- M. N.'Klein, à Paris. — 1° 27, rue des Cloys. — 2* M. Alvergniat, constructeur, 22, rue de la Sorbonne.
- H. G. d’Hermival, à Paris. — Nous ne savons pas si cette bibliothèque est ouverte au public; il faudrait faire une demande au directeur.
- Un lecteur, à Saint-Raphaël. — Nettoyer avec du papier émeri très fin, passer ensuite un vernis dessus.
- JM. Marius Grandjean, k Lausanne. — Nous avons donné une adresse en tête de notre dernière Boîte aux lettres.
- M. E. Ghislain, à Gilly. — La rectification a été faite dans un article suivant donnant des indications plus complètes.
- U. M. G., à Paris. — Pas de procédé à vous indiquer.
- Un abonné, à Paris. — La description du photomètre Mascart a été donnée dans le n° 262, du 21 avril 1888, p. 241, du journal l'Electricien. (G. Masson, éditeur.) Le constructeur est M. Pellin, successeur de M. Duboscq, 21, rue de l’Odéon.
- M. J. Reynaud, à Povoa-de-Varzin. — La semaine des constructeurs (André, Daly fils à Paris, éditeur), La construction moderne (Dujardin et Cie, à Paris, éditeur) vous conviendront. Pour ce qui concerne la construction, vous trouverez aussi de nombreux renseignements dans le Génie civil (6, rue de la Chaussée-d’Antin, à Paris).
- M. P. de W., à Valence-sur-Rhône. — H s’agit là de positifs sur verre, derrière lesquels on passe une couche de vernis noir. Dans certains cas, on collodionne directement une plaque de métal.
- M. A. Emei'y, à Marseille. — S’adresser à l’éditeur.
- M. H. Gr., à Paris. — 1° Le rapport entre le nombre de spires induites et le nombre de spires inductrices* dépend de la transformation à effectuer. Lë diamètre du fil dépend de l’intensité du courant. — 2° Le condensateur est formé d’une série de lames de
- Sier d’étain superposées et séparées par des feuilles de papier inaire. Ces lames de papier d’étain sont réunies de façon à former deux groupes composant les deux pôles. — 3° En dérivation aux bornes du circuit primaire. — 4° La pile au bichromate est indispensable pour certains effets puissants.
- M. A. D., à Versailles. — Nous avons essayé quelquefois avec succès de peindre avec des couleurs transparentes des épreuves photographiques sur verre.
- M. C. Buisson, à Saint-Etienne. — Nous avons examiné l’appareil de M. Buisson, qui peut être intéressant, mais qui présente de grandes différences avec la chaudière que nous avons signalée. La chaudière Buisson reçoit de l’eau pulvérisée par le passage à travers un trou capillaire, et se trouve ensuite en présence de l’éponge métallique. Dans la chaudière Serpollet, toute la longueur du tube est un espace ^ capillaire. ^
- Un élève, à Epernay; M. X., à Paris. — Nous regrettons de ne ': pouvoir vous renseigner. ><
- M. J. Andrade, à Saint-Paulo (Brésil). *— Adressez-vous aux , grands libraires de Paris.
- M. G. Tardieu, à Sisteron. — Vous trouverez les explications nécessaires pour le durcissement des pierres dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, p. 166.
- M. Duchesne, à Vouziers. — 1° La pierre tombera certainement au fond. — 2° La pression qu’elle supportera sera proportionnelle à la hauteur d’eau qui sera au-dessus.
- M. F. D., k Grenoble. — Pour vous répondre, il faudrait pouvoir examiner de près l’appareil dont vous nous parlez.
- M. L. S., à Dunkerque. — 1° Pas d’ouvrage spécial. — 2° Cet ouvrage a la réputation d’être sérieusement fait. — 5* Nous ne pouvons encore indiquer un procédé simple de construction. — 4° Il faut une différence de potentiel de 12 à 14 volts ; l’intensité doit être de 1 ampère par kilogramme de plaques environ. — 5* Les deux jambes de l’électro doivent être enroulées en sens inverse.
- M. Malavant, à Paris. — Il suffit de faire sécher le sang des abattoirs pour l’utiliser comme engrais.
- M. le baron de Forestier, à Versailles. — 1° Vous trouverez, croyons-nous, des allumoirs à étincelles chez M. Bueninck, 9, rue Fontaine; chez M. Monteillet, 123, boulevard Voltaire; ou chez M. H. Serrin, 13, boulevard du Temple, à Paris. — 2° Piles Godwin,
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- M. X., à Paray-le-Monial. — Nous ne pouvons vous fournir tous les renseignements que vous nous demandez ; mais vous en trouverez plusieurs dans le petit livre des Recettes et procédés utiles déjà indiqué plus haut, notamment pour les encres et papiers autographiques.
- M. l’intendant C., à Vincennes. —L’adresse de l’appareil est s donnée en tète de la Boîte aux lettres du numéro qui en contient la description.
- M. J. Céziano, à Bucharest. — Nous ne pouvons, indiquer ici les1 prix des différents objets ; il faut vous adresser directement aux fabricants.
- M. C. S., à Epernay. — La lettre ne doit pas rester plusieurs mois dans chaque ville, puisqu’eüe ne porte pas la mention de poste restante.
- M. J. E. M., au Vésinet. — 1° Voyez diverses formules de colles
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- dans le petit livre des Recettes et procédés utiles. — 2° Pas de procédé.
- M. J. Fardel, à Lille. — Les eaux sont simplement congelées.
- M. J. P., à Paris. — D’après une étude récemment publiée par M. René Yarennes, le train le plus rapide de l’Europe serait celui qui va de Londres à York en 3 h. 46 m., soit une vitesse moyenne de marche à l’heure de 83 kilomètres.
- ^ M. J. N. G., à Paris. — Le bichromate de souae doit être préféré au bichromate de potasse, la quantité d’acide chromique qu’il ren-ferme étant plus considérable.
- i£* ; M. A. Maigroz, à Àrcachon. — Nous n’avons pas d’autres rensei-^ gnements à vous fournir.
- “*' M. G. Dupuis, à Troyes. — 1° Il nous faudrait connaître la nature de la couche à déposer; un vernis suffit-il? — 2“ MM. Desmarais frères, 29, rue de Londres, à Paris.
- M. A, Z., à Strasbourg. — Nous vous conseillons de consulter à ce sujet un traité de photominiature, à la librairie Gauthier-Yillars, à Paris.
- M. G. Damagnez, à Candas. — 1° Extincteur instantané Blon, 14, rue des Messageries, à Paris. — 2° Nettoyer avec un chiffon imbibé d’ammoniaque étendu ou d’eau oxygénée.
- M. J. Blanc, à Rives. — Adressez-vous aux fabricants de dynamos ; notamment à la Société l’Eclairage électrique, 250, rue Lecourbe, à Paris.
- M. Desmarest, à Montreuil-sur-Mer. — 1° Cette pile n’a pas donné les résultats annoncés. — 2° Consultez le Formulaire pratique de Vélectricien. (G. Masson, éditeur.)
- M. G. D., à Y. — 1° On filtre les liquides corrosifs sur l’amiante. — 2° Pas d’adresse.
- M. R. Nothaule, à Bruxelles. — Tout le monde ne partage pas votre avis; quand j’écris en Chine, je puis indiquer sur l’enveloppe viâ Marseille ou via Brindisi.
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- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Le siphon-trompe. — Le siphon, appareil d’un usage constant dans les laboratoires de chimie et dans les cabinets de physique, a déjà été l’objet de différentes modifications en vue de faciliter son amorcement. La question à résoudre était : de rendre l’instrument ; pratique, rapide, d’éviter une perte de liquide et qui plus est, - i- d’écarter tout danger pour l’opérateur lorsqu’il s’agissait de transva-#V‘ ser ou de décanter un liquide corrosif ou émettant des vapeurs mal-çj, saines. Le « siphon Radiguet » réunit toutes ces conditions, mais sa a>t,construction est assez compliquée et son prix de revient s’en ressent. <{AVoici un siphon que nous avons imaginé, qui est de construction b* simple, et qui nous paraît réunir les avantages des siphons les J plus perfectionnés. Sur la grande branché d’un siphon ordinaire et
- quelques centimètres au-dessous de l’horizontale passant par A, nous greffons un petit tuyau légèrement conique CD se terminant par un bec D rétréci et recourbé vers le bas, ainsi que l’indique la figure. Le fonctionnement se conçoit sans peine. La petite branche A plongeant dans le liquide, si on souffle directement ou à l’aide d'une poire en caoutchouc dans l’appendice. C, l’air vient buter avec une grande vitesse contre le bec D qui l’oblige à descendre de haut en bas. Dans son mouvement, cet air entraîne la colonne gazeuse AMBD, un vide tend à se produire dans cette partie du siphon et en vertu de la pression atmosphérique, l’eau s'élève en A, pénètre en M et bientôt l’appareil est amorcé. Si l’on souffle un peu fort, l’opération se fait très rapidement, et, comme on le voit, l’inhalation de vapeurs délétères n’est jamais à craindre. L’ouverture C peut être fermée ou laissée ouverte à volonté ; en la fermant l’écoulement est plus accentué. Ce siphon que l’on pourrait appeler le Siphon-Trompe puisqu’il repose sur le même principe que les trompes, peut se construire en divers grandeurs. Le diamètre intérieur peut varier de 1 à 10 millimètres; passé cette limite, il ne paraît plus très commode, la quantité d’air à déplacer devenant trop considérable ; au reste, 9 à 10 millimètres de diamètre donnent un débit suffisant pour l’usage journalier. Quant au tube d’amorcement, on peut le fixer à un endroit quel-
- conque de la partie inférieure de la grande branche ; le point milieu donne un très bon résultat. Il va de soi que si l’on fixait CD dans la partie MB, en vertu de la théorie dynamique du siphon, l’appareil ne marcherait pas. Yandevyver-Grau,
- Docteur ès sciences physiques et mathématiques. — Gand.
- L’exterminateur Lagrange. — L’exterminateur Lagrange a pour but de débarrasser instantanément les volatiles des parasites qui les incommodent. Tout le monde connaît l’appareil dont on se sert pour prendre des bains de vapeur, et qui consiste en une boîte dans laquelle s’enferme le malade, ou plutôt le corps du malade dont la tête, retenue par une espèce de cangue, demeure en dehors de l’appareil surchauffé à l’intérieur, afin de pouvoir respirer. L’exterminateur Lagrange n’est autre chose que l’appareil à bains de vapeur, modifié pour la circonstance et adapté à l’usage des divers volatiles. Il consiste en un coffre de bois fermant à la partie supérieure par un couvercle, et dans lequel on introduit la volaille ou le sujet de volière que l’on veut traiter. Une ouverture, pratiquée sur le devant, est destinée à laisser passer la tête de l’oiseau pour lui permettre de respirer, et se clôt par une lunette à guillotine, formée de deux glissières suffisamment évidées pour emprisonner le cou du patient et le maintenir, sans le gêner, pendant le cours de l’opération. Une cloison à claire-voie, placée à l’intérieur, maintient le volatile et l'empêche de faire des efforts pour rentrer sa tête dans la boîte; cette cloison, qui est mobile, peut être rapprochée ou éloignée selon la grosseur de l’oiseau à traiter. Dès que cet oiseau, dont on a eu la précaution d’attacher les pattes, et que l’on a couché sur le côté
- pour l’empêcher de se débattre, a la tête prise entre les coulisses, alors l’operation commence. Cette opération consiste à faire brûler une mèche soufrée accrochée à une pointe fixée dans un petit rayon disposé à l’intérieur. La combustion du soufre produit un dégagement d’acide sulfureux qui emplit la boîte de gaz dans lequel baigne! le corps du patient. Cinq à sept minutes suffisent pour tuer tous les parasites. Ce bain d’acide sulfureux est, en outre, souverain pour les affections de la peau et notamment pour la gale aux pattes. Pour débarrasser le sujet des parasites qui pourraient se trouver logés dans la tête et la partie supérieure du cou, il n’y a qu’à badigeonner ces parties, avant l’opération, avec un petit pinceau imbibé d’alcool camphré. L’exterminateur Lagrange est également appelé à rendre de très grands services à la race canine en remplaçant pour les chiens les bains de barège si difficiles à leur faire prendre et toujours très désagréables pour la personne qui en est chargée. Ce bain d’acide sulfureux sera souverain non seulement pour les débarrasser des puces, tiques et poux qui les incommodent, mais encore pour détruire les maladies parasitaires de la peau telles que la gale.
- Le papier jaune. — La Nature a signalé récemment, à plusieurs reprises, les avantages que l’emploi du papier teinté en jaune offre pour la conservation de la vue. Les lecteurs de La Nature peuvent facilement s’assurer de la réalité de ces avantages. Il suffit, pour cela, de lire avec un fort éclairage une de ses Boîtes aux lettres, puis, au bout du quelques minutes, sans lever les yeux, tourner subitement quelques pages et continuer à lire. Le sentiment d’éblouissement sera perçu plus ou moins nettement, suivant le lecteur et la force de ses yeux. Pour les personnes dont la vue est un peu sensible, l’impression est pénible. G. A. S. :
- hf Lt Rédaction et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an servieo des Annonces ponr lesquelles jon doit s’adresser i l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rue de Fleurai.
- ! ......................................................................................................... .....p--------------------------------------------------------------
- A AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est^interdite.^La reproduction des illustrations, U même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- f N* 919 de
- XA NATURE
- SsrpplémftEit au carnfro 919 de LA NATURE, du 10 janvier 1891
- ) 611e boite AUX LETTRES (
- SAMEDI
- Uf lettres et communications relatives A la Botte aux lettres et à la rédaction doivent être adressées à M. Gaston TISSAHDDE m
- 50, me de Châteandnn, A Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉ]
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- {dresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui icerne albums et collections de timbres-poste, vous pouvez vous esser à M. Maury, 8, cité Malesherbes, à Paris. — L’indicateur de irge pour accumulateurs, de M. Roux, se trouve chez M. Daniel f é, 16, rue de Hambourg, à Paris. — Le petit jouet Marcheur i ‘igable dont nous avons donné la description, se trouve chez i les marchands de joujoux, et notamment au Paradis des enfants, f de Rivoli, à Paris.
- P M. Ch. Ballet, horticulteur, nous adresse la brochure contenant Ci conférence qu’il a faite à l’Exposition universelle de 1889 sur Phorticulture française, ses progrès et ses conquêtes depuis 1789. £et opuscule renferme, à côté de détails historiques fort importants, .îles renseignements très intéressants sur les plantes potagères, les primeurs et les cultures forcées, l’arboriculture et la pomologie, la •dendrologie et la florieulture.
- a Mt A. Bandsept, ingénieur, à Rruxelles, nous envoie une Notice gur la Propagation du courant électrique. (Bruxelles, 1 brochure m-8". Imprimerie Verteneuil, 1890.) Il v a peu de questions qui 'soient aussi controversées et à la fois aussi peu éclairées que celle-là. M, Bandsept publie à cet égard quelques renseignements qui méritent de fixer l’attention.
- M. P. M., à Paris. — On a essayé plusieurs fois de faire des ressorts de cette puissance ; mais on n’a pu y parvenir.
- M. L. N., à Auxon. — 1° Mettre un pare-étincelles. — 2° Pas de foyer, spécial.
- M. E. C., à Issy. — 1° Il serait difficile de vous renseigner sans >>e d’expériences. — 2° Les traités de mécanique ordinaires ren-nent ces renseignements.
- V. F. de Flores, à Mogner. — Voici l’adresse que vous demandez : 2, Faubourg-Saint-Denis, à Paris.
- M. Chedin, à Paris. :— 1° lia été question de la photographie sans ijectif dans le n° 708, du 25 décembre 1886. — 2° A la librairie asson.
- M. A. B., à Paris. — Les machines à fabriquer les bouchons ont été ’écrites dans La Nature (même numéro que ci-dessus).
- L'abonné 725, à Lisbonne. — Voyez l'article que nous avons mblié sur l’injecteur Giffard (ne 557, du 15 novembre 1879, ». 585). Pour la théorie, voyez les Traités de mécanique.
- M. J. P., k Paris. —La pile en question n’a pas été décrite dans le journal.
- Un abonné, à Molenbech. — 1° L’usine des lampes à incandescence Edison-Swan se trouve à Ivry-sur-Seine. — 2° Pas d’adresse spéciale.
- M. H. W., à Thuringen. — Nous vous conseillons de prendre de "préférence des éléments Daniell.
- M. Bertier, à Paris ; M. A. Hudellet, à Jasseron; M. A. de Rosée, à Moulins; M. H. P., à Paris; M. E. M., à Paris; M. P. Gay, à Paris.
- — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- - M. L. de Goy, à Chaumont. — Remerciements pour votre communication. Nous avons déjà signalé le fait de la glace sortant d’une bouteille.
- M. P. Gauthier, à Orléans. — 1“ Non. — 2° Employer l’eau distillée.
- M. A. H. Rapp, à Oleggio. — Nous désirerions connaître la description de la pile, et avoir quelques chiffres d’expériences.
- M. P. Leturque, à Orléans. — 1" Nous utiliserons les intéressants documents que vous nous envoyez. Remerciements. — 2° Cet appareil peut fournir des renseignements utiles, mais non donner la solution du problème de la prévision du temps.
- M. J. de Condé, à Soigmes. — M. L. Figuier a traité complètement la question des tablés tournantes dans son Histoire du merveilleux (4 vol. in-18, à. la librairie Hachette et Cie).
- M. C. A., à Paris. — Voyez le premier paragraphe de notre Boîte aux lettres.
- M. L. M., à Quintin. — 1° Oui; ce plomb peut servir à condition d’être bien nettoyé. — 2° Laver à l’acide chlorhydrique et racler fortement. — 3° Deux à trois semaines environ, en ayant soin de tremper les plaques dans l’acide azotique dilué, et de faire une série de charges et décharges successives.
- M. A. Aucompte, à Paris. — Nous avous indiqué quelques recettes pour tuer les rats dans le petit livre des Recettes et procédés utiles et dans les Nouvelles recettes utiles.
- M. E. D., à-Dijon. — Nous ne connaissons pas ce procédé; nous allons le rechercher pour vous renseigner, si possible, ainsi que sur votre seconde question.
- M. P. Bernard, à Lille. — Nous n’avons pas expérimenté ces
- turbines; nous ne pouvons vous indiquer leurs avantages et leurs inconvénients.
- M. Goubert, à Meysse.;— Le volume du sablier pour un laps de temps donné, dépend de la vitesse d’écoulement du sable ; en dimi nuant l’orifice du tube, on peut arriver à diminuer le volume.
- M. P. K., à Grenoble. — Nous avons donné précédemment le moyen d’obtenir des Hortensias bleus; voyez Recettes et procédés utiles, 6e édition, p. 570. (G. Masson éditeur.)
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- I/acclimatatlon du saumon de Californie. —La Nature a déjà publié des articles fort intéressants sur l’acclimatation du saumon de Californie faite au Trocadéro par les soins du savant directeur de l’aquarium, le docteur Jousset de Bellesme. Je viens aujourd’hui vous communiquer un fait qui prouve combien cette espèce est précieuse par sa rapide croissance et son instinpt migrateur qui lui fait rechercher au loin les milieux où elœ trouve le plus de nourriture. L’Epte, avec son affluent la Levrière, était une des petites rivières des environs de Paris, où il y avait le nombre.* le plus considérable de truites, avant que les usines et le braconnage aient à peu près tari cette source de l’alimentation publique. Le docteur Jousset de Bellesme qui chaque année s’occupe du réempoissonnement de nos cours d’eau, était venu, il y a trois ans, apporter lui-même plusieurs milliers de jeunes saumons de Californie et les avait lâchés dans la Levrière à Bézu-Saint-Éloi.
- Ils avaient environ 8 centimètres de longueur et étaient âgés de cinq mois. Cette année on avait pris dans le centre de la ville de Gisors, vis-à-vis du marché au Poisson, des truites d’un poids comme on n’en avait jamais vu dans ce pays, pesant de 4 à 5 kilogrammes, et toutes, aux environs de ce marché. C’est que deux fois par semaine les marchandes jettent dans l’Epte les détritus des poisson de mer, objet de leur commerce. Nous avons consulté Je ducteur Jousset de Bellesme, qui, en examinant la forme particulière de la queue de ces poissons, a donné la preuve qu’ils étaient bien des saumons de Californie, ce que nous avions supposé. Comme il n’y en avait pas dans nos rivières, on est certain de leur âge. En trois ans, cette espèce, qui a tout à fait la forme et les mœurs de la truite commune, a donc atteint un poids de 5 kilogrammes. On en a aperçu deux autres, avant la fermeture de la pêche, que l’on estime au moins à 6 kilogrammes. Ce qui est extrêmement remarquable, c’est que, pour arriver dans l’intérieur de Gisors, ces poissons ont eu à descendre la Levrière jusqu’à son confluent avec l’Epte, puis ont dû remonter les chutes de quatre ou cinq Usines pour venir se cantonner à la place où ils trouvaient une nourriture très abondante.
- Il faut espérer que quelques-uns de ces beaux poissons pourront se reproduire naturellement dans nos rivières. (Communiqué par M.A. de Boispréaux, à Gisors, Eure.)
- Le tour du monde d’une carte postale. — C’est un sujet que nous avons abordé depuis quelques mois dans notre Boîte aux lettres (voyez notamment 601e Boîte aux lettres, du 1er novembre 1890). Quelques-uns de nos lecteurs, sur l’avis d’un de nos correspondants, ont essayé de faire faire le tour du monde à une lettre, en F affranchissant convenablement, et en indiquant sur l’adress ! le parcours à exécuter : leur expérience a réussi. D’autres ont été moins heureux; écrivant de Paris pour Paris, avec 50 centimes d’affranchissement et indiquant sur l’enveloppe la désignation du parcours : viâ Marseille, Suez, Bombay, etc., la lettre a suivi le droit chemin de Paris pour Paris, arrivant à destination le soir même. Une lettre étant munie d’un affranchissement suffisant, le bureau de poste doit-il, ou ne doit-il pas, suivre l’itinéraire indiqué? C’est une question au sujet de laquelle nous aimerions avoir une réponse de l’Administration des postes. Quoi qu’il en soit, nous reproduirons aujourd’hui le récit d’une curieuse expérience de ce genre qui a été faite par un de nos lecteurs de Buenos-Ayres, M. Julian Solveyra.
- Voici ce que nous écrit notre aimable correspondant : ^
- « Monsieur Gaston Tissahdier, .,
- « Je viens de voir dans le n%901 (6 septembre 1890) de j
- Nature qu’un lecteur bruxellois se plaint de ce que la poste a refusé; Jj| de faire circuler une lettre destinée à faire le tour du monde. Je me ivJB permets de vous envoyer une photographie d’une carte postale qui -;$|§ figure dans ma collection comme une véritable curiosité philatélique.. £§| Cette carte a fait le tour du monde, faisant en même temps un '4,
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- ^voyage d’agrément par les principales villes de l’Europe. Je vous da' d’erai en quelques mots son histoire. Douze voyageuses (cartes pos-pr< Jéales) partirent de Buenos-Ayres, le 23 février 1880, dans diverses ( D irections et avec divers itinéraires. Six ont été renvoyées de Rio-à.aneiro, Lisbonne, Paris, Londres, New-York; elles étaient accom-M tfiagnées de lettres dans lesquelles on me faisait savoir que la poste ^refusait de faire circuler ces cartes sous le prétexte que ces expé-
- m riences étaient faites dans un but commercial. Cinq se sont perdues,
- * et une seule est arrivée à mon domicile, le 15 octobre 1880, après avoir fait, sans interruption, un voyage de sept mois et vingt jours. La carte, à réponse payée, d’une valeur de 60 centimes, est arrivée, comme on peut le voir (figure ci-dessous) littéralement couverte des . .timbres humides des postes des divers pays qu’elle a parcourus.
- Voici l’itinéraire : départ de Buenos-Ayres le 23 février 1880, arrivée *7 r
- . t, * t_ _ * i_ ___ >. r:_i______ai- in x l„ ch x t\ . I
- à Rio-Janeiro le 1er mars, à Lisbonne le 19, à Madrid le 21, à hiù le 23, à Berne le 24, à Milan le 25, à Vienne le 28, à Berlin le . à Copenhague le 31, à Amsterdam le 2 avril, à Bruxelles le mèmè J jour, à Londres le 5, au Caire le 15, à Bombay le 4 mai, à Madrasj le 7, à Calcutta le 28, à Hong-Kong le 12 juin, à Yokohama le 271 départ le 10 juillet, Saint-François (Californie) le 26, LeCallao (Pérou le 7 septembre, à Valparaiso le 25, et à Buenos-Ayres le 15 octo bre 1880. La reproduction que j’ai faite avec très grand soin peij vous donner une idée exacte de la carte. J’ai tiré, sur une mê’ j plaque, les deux côtés pour faciliter la reproduction si vous cro quelle le mérite.
- Julian J. Solveyra, rue Tucuman 2027, Buenos-Ayres.
- Formation des plaques d’accumulateurs.
- Nos lecteurs nous demandent souvent le moyen de former rapidement des plaques d’accumulateurs. Nous leur indiquerons aujourd’hui la méthode de M. Epstein qui permet d’abréger le temps ordinaire de formation. Des lames de plomb sont immergées dans une cuve remplie d’eau acidulée d’acide nitrique au centième; on maintient le bain à l’ébullition jusqu’à ce que les plaques soient recouvertes d’une couche gris sombre, puis on les retire et on les fait sécher à l’air. Elles présentent alors une teinte gris-jaune due à un composé plombeux très adhérent, insoluble dans l’eau acidulée et n’absorbant pas les gaz. Cette première opération effectuée, il reste à former les électrodes positives et les électrodes négatives. On plonge dans l’eau acidulée d’acide sulfurique, comme à l’ordinaire, deux groupes de plaques reliées respectivement aux bornes positive et négative de la dynamo, et l’on fait passer le courant jusqu’à ce qu’il se produise un dégagement de gaz autour des électrodes. L’hydrogène se dégage des positives et réduit la couche rouge des négatives en plomb poreux; un abondant dégagement d’hydrogène autour des négatives annonce la fin de l’opération, et la couleur des positives doit être passée du rouge-brun au gris-bleu. Les plaques sont alors formées et prêtes à servir. Il suffirait de quelques heures pour former un double groupe de plaques, et il ne serait pas nécessaire de renverser plusieurs fois le sens du courant, comme dans la méthode ordinaire de formation des plaques d’accumulateurs.
- Moyen de cuire les œufs à la coque.
- J’ai lu dans La Nature les divers moyens employés pour arriver à cuire à point les œufs à la coque. Permettez-moi de vous en décrire
- réponse payée, ayant fait le tour du monde,
- (> \
- un, à la portée de tout le monde et qui ne demande aucun appareil \
- II faut verser dans une casserole autant de verres d’eau quil y.tU d’œufs à cuire. On porte l’eau à l’ébullition. Quand l’eau bout,"onl met les œufs dans la casserole, en la retirant du feu. On laisse refroi- j dir à l’air libre, sans mettre de couvercle. On peut laisser les œufs/ dans cette eau indéfiniment, ils cuiront, mais ils ne durciront pas J Il est évident que si l’eau se refroidit complètement les œufs devien-W-dront froids, mais on peut calculer le moment où on doit les faîreF cuire pour les servir encore suffisamment chauds. Ce moyen a étés indiqué par le professeur de chimie Balard. (Communiqué pari M. J. L. Marcorelle, à Marseille.)
- Le froid aux pieds.
- Lu
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- Un journal de Russie annonce que le Dr Jockelson, de Saint-AI Pétersbourg, vient de découvrir le moyen de préserver à tout jamais du froid aux pieds. Nous savons déjà le procédé employé en Russie, et qui consiste à introduire une simple feuille de papier entre la chaussette et la semelle de la bottine. Le nouveau procédé consiste-1 rait en une semelle spéciale appelée semelle calorique, et qui garantit les pieds contre le froid et l’humidité, en activant la circulation périphérique.
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- Destruction des loirs.
- J’ai vu appliquer, au château de Maubuisson (Seine-et-Oise), un procédé fort simple pour la destruction des loirs. Il consiste à enfouir, au raz de terre, le long des espaliers, ou auprès des arbres, des cloches à melons renversées. La cavité est à demi remplie d’eau. Une bande de loirs mangeait nos pêches. J’ai fait disposer des cloches, et, en une seule nuit, nous en avons pris sept. (Communiqué par M. Camille Arnoul, à Saint-Ouen-d’Aumône.)
- Li Rédaction et l’AdmiEistraiion de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces ponr lesquelles ; on doit s’adresser à l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, rne de Fleures.
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- irrivéè à Paris le 50, même Madras le 27. Pérou octo ] 1 pei 1 mè~
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- G4E BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- D’iPRfa LES OBSERVATIONS DB M. RENOO (PARC DE SAINT-MADR, ALTITUDE 49 M. 30)
- Janvier 1891. — Semaine du lundi 5 au dimanche 11 janvier 1891.
- s faire» a étér’ 3 parP 4 . A JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DÜ CIEL i 7 h. m.
- ’â li Lundi 5 janvier 1891. . 1%° , N. 2 Couvert.
- Saint-. 1 Mardi 6 — 5*,6 N. N. E. 3 Nuageux.
- amais 1 Mercredi 7 - 6*,4 N. N. W. 3 Beau.
- ussie, p tre la 1 Jeudi 8 — 7*,8 S. S. E. 0 Très nuageux.
- isiste^ ’ Vendredi 9 — U‘,3 N. E. 1 Nuageux,
- aran- lation Samedi 10 — 7*,9 N. 3 Beau.
- Dimanche 11 — 9*,7 N. 2. Beau.
- PLUIE EN MILLIMÈTRES
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- OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Couvert, sauf de 14 h. à 22 h.; grains de neige à minuit. „
- Nuageux jusq. 9 h.; couv. ensuite, petite neige.
- Couvert jusq. 6 h ; nuageux ensuite,
- Couv., éclaircies de S à 9 h. et de 16 â 21 li.; grains de neige à 10 h'.; tr. brumeux le matin.
- Beau; nuages de 7 à 13 h.; tr. brumeux le matin.
- Beau; nuages de 14 à 20 h.
- Beau.
- ), un iste à [lires, l’eau, s clo-niqué
- Itmt.
- lions,
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Le froid en France et à l’étranger. — Le froid qui a régné depuis
- £ longtemps a encore subsisté, et nous avons eu à enregistrer des températures —15° centigrades. La Seine a été prise à Paris le lundi 12, mais le dégel St survenu le mardi 13. On mande de Colmar que les elTets de ces froids ont été Mrtout préjudiciables à l’alimentation et à l’industrie. De nombreuses con-iuites d’eau se sont rompues sur divers points, provoquant de fortes inonda-, Sons dans les rues. Mais d’autres accidents se sont produits. La congélation le l’eau des fontaines publiques a privé plusieurs quartiers de l’eau nécessaire * l’alimentation. On a dû prendre en toute hâte les mesures propres à éviter !e danger du manque d’eau, famine d'un nouveau genre, qui pouvait sévir
- rapidement. « L’industrie, nous écrivait-on à la date du 11 janvier, souffre également de ce fait. L’eau destinée aux chaudières fait complètement défaut, on rompt les couches de glace des étangs pour les approvisionner, mais le dégel artificier est difficile, de sorte que le travail est relativement suspendu dans presque toutes les fabriques. Personne, dans la région, ne se rappelle un hiver semblable à celui qui se présente cette année. »
- Cette semaine, les gfands froids ont continué de régner dans toute l’Espagne. Une forte bourrasque s’est abattue sur la côlef de Valence et plusieurs navires ont subi de grandes avaries. Un froid intense a sévi à Valence ; des champs d’orangers sont gelés et les pertes Sont considérables.
- Le 8 janvier, une violente bourrasque mêlée de grêle et de neige est tombée toute la journée sur Alger et les environs.
- A la même date, on écrivait de Mantoue que la neige tombait depuis deux jours presque sans interruption.
- TEMPÉRATURE
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- PEINTURE
- Guide du peintre, édit. ill. Paris,1889. Envoi franco c. 3 fr. 50. L. CARON, 58, r. Cherche-Midi (couleurs, vernis).
- PHOTOGRAPHIE
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- Supplément an numéro 921 de LA NATURE, du 24 janvier 1891
- CZJ 613e BOITE AUX LETTRES ( 24 janvier 181)1 )
- Lta lettres et communications relatives à la Boite anx lettres et a la rédaction doivent être adressées à H. Gaston ÜSIiHBini
- 80, rue de Gh&teandun, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements s’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Lampe électrique des photographes : M. Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris. — Pour tout ce qui concerne l’outillage des collectionneurs de timbres-poste, on peut s’adresser à M. Maury, 8, cité Malesherbes, à Paris. — L’exterminateur Lagrange que nous avons décrit dans notre précédente Boîte aux lettres se trouve chez M. Lagrange, à Autun (Saône-et-Loire). — Un modèle de mouilleur à cylindres, semblable à celui que nous avons décrit précédemment, est fabriqué par les usines françaises de Baccarat (Meurthe-et-Moselle), ou de Saint-Louis (Lorraine). — M. J. B., à Paris, nous écrit que le mouilleur à cylindre pour timbres-poste se trouve chezM. Renaut, 86, Faubourg-Saint-Denis, à Paris.
- M. le Dr L. Bleekrode, à La Haye, nous adresse une Note très complète sur la désagrégation de la matière sous l'influence de l'action électrique, résumé d’une conférence qu’il a faite dernièrement sur ce sujet. Cette Note renferme des aperçus très intéressants et est accompagnée de plusieurs expériences remarquables. Nous signalerons en particulier l’expérience de la lampe à incandescence ayant une lame de platine entre les deux filaments lumineux pour démontrer au galvanoscope le passage d’un courant de la lame à la branche positive du filament, l’expérience ayant pour but de mettre en relief les ombres moléculaires dans une lampe à incandescence alimentée par des courants alternatifs, la déviation de l’arc électrique par l’approche d’un électro-aimant, et l’expérience démontrant l’existence de particules conductrices dans l’arc électrique. Nous adressons nos compliments à l’auteur de cette intéressante communication.
- M. X., h Rouen, nous signale un abat-jour à surface ondulée, analogue à celui que nous avons indiqué dernièrement, et qui aurait déjà une vingtaine d’années d’existence ; on sait que ces sortes d’antériorités sont fréquentes dans l’histoire des inventions.
- M. A. P., à Saint-Julien-lès-Metz. — Pour tout ce qui concerne les catalogues de timbres-poste, voyez l’adresse indiquée plus haut.
- — Le même correspondant nous cite le fait d’une carte postale qui a fait le tour du monde en quatre-vingt-un jours, en passant par Marseille, Yokohama et San-Francisco.
- M. J. Creus, à Granada. — 1° Pas d’autre adresse que celle indiquée dans l’article. — 2“ L’administration de La Nature ne saurait vous procurer la collection des Boîtes aux lettres que vous demandez.
- M. P. Marchai, à Rothau. — Pas d’autre moyen que de ventiler énergiquement.
- M. Piallat, à Sèvres. — La soudure de l’aluminium a déjà été réussie par plusieurs opérateurs. Remerciements.
- M. L. Mathieu, à Paris. — Pour faire disparaître des taches de rouille sur le nickel, frottez les taches avec de la terre pourrie humectée d’huile.
- Un abonné, à Paris. — Nous croyons que ces cours ont été * publiés à la librairie Gauthier-Yillars.
- M. A. Bertiay, à Paris. — 1° Pour fixer le prix de revient, il faudrait établir un devis complet. — 2“ Ces données ne sont certainement pas exactes.
- M. L. Boillot, à La Chaux-de-Fonds. — Le Formulaire pratique de l’électricien (G. Masson, éditeur) vous conviendra.
- M. Léon Jeannot, à Arbois. — 1° Le fil est peut-être un peu gros.
- — 2° Nous transmettons votre lettre à l’administration avec l’indication des numéros à vous envoyer.
- M. N. Léon, à Morelia. — Adressez-vous à M. H. Galante, fabricant d’instruments de chirurgie, 2, rue de l’Ecole-de-Médecine, à Paris.
- M. P. Dumas, à Paris. — Le coiffeur qui pratique l’asepsie pour les cheveux, indiquée dans le n° 919 de La Nature, est M. Boîssard, coiffeur, à Lyon.
- M. F. C., à Paris. — 1° Pour dépolir le verre, frotter de l’émeri très fin sur le verre à dépolir, à l’aide d’un autre morceau de verre. Mouiller légèrement. — 2“ Nous ne pouvons vous renseigner.
- M. F. Garnier, à Troyes. — Vous trouverez, croyons-nous, des patins de ce genre au bazar de l’Hôlel-de-Ville, à Paris.
- Un lecteur, à Lyon. — Essayez des mastics au minium.
- M. C. B., h Grenoble. — Le parchemin se trouve tout préparé dans le commerce ; il existe même un papier-parchemin spécial pour les cloisons poreuses des piles.
- M. E. S., à Longwy. — 1° A la librairie Masson. — 2® 2 fr. 25.
- M. Taregreb, à LiUe. — La couleur des ressorts provient de la trempe; suivant que cette dernière est faite à des températures différentes, ou qu’elle est plus ou moins prolongée, on obtient des cou-
- urs différentes.
- M. A. de Rivais, à Toulouse. — L’adresse de l’inventeur est
- donnée en tête de ta Boîte aux lettres du numéro qui contient la description de l’appareil.
- M. F. Dubois, à Paù; M. Tamburini, à Paris; M. J. d'Almeida, à Seixal; M. Ed. Dollfus, à Mulhouse; M. A. Bernoin, à Asnières. — Pas d’adresse spéciale à vous indiquer. Tous nos regrets.
- M. E. R., à Smyrne. — Veuillez vous adresser directement aux établissements que vous indiquez.
- M. L. Michelot, à Epernay. — Soudure électrique des métaux : Compagnie Thomson-Houston, 7, rue du Louvre, à Paris.
- Un abonné, à Braine. — 1° 2 ou 5 éléments. — 2“ 11 existe une série d’ouvrages sur ce sujet.
- Un abonné, à Saint-Denis. — Pas de proportions bien définies à vous faire connaître.
- M. E. M., à Odessa. — Le phaéton à vapeur de M. Serpollet coûte 6500 francs; adressez-vous directement au constructeur.
- M. P. Carré, à Paris. — 1° Office de publicité, 9, rue de Fleurus, à Paris. — 2° A la librairie Gauthier-Villars.
- Un abonné, à Paris. — Consultez la Revue chronométrique (M. Saunier, 154-, rue Saint-Honoré); vous y trouverez l’indication de nombreux ouvrages d’horlogerie.
- M. le baron de Fonscolombe, à Cogolin. — Voyez dans le petit livre des Recettes et procédés utiles (G. Masson, éditeur) les moyens de peindre sur soie.
- Un abonné, à Blangy-sur-Bresle. — 1° N’y a-t-il pas quelque produit mélangé à l’acide sulfurique, sulfate de zinc ou autre? — 2° Plusieurs moyens sont indiqués pour enlever l’acidité aux vins dans les Nouvelles Recettes utiles, p. 157. — 3° Pour solidifier le pétrole en Russie, on a simplement ajouté à chaud 1 à 3 pour 100 de savon.
- Un observateur, à Poitiers. —• Quand le pluviomètre ne contient pas d’eau, et qu’il est tombé seulement quelques gouttes, on mentionne le fait sur le registre d’observations : quelques gouttes à telle heure. Hervé-Mangon a construit un appareil qui enregistre les moindres gouttes de pluie.
- M. E. M., à Paris. — Société française de navigation aérienne, 7, rue des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Allary, à Paris. — Pour obtenir des tons très noirs avec le collodion, il faut renforcer au moyen du bichlorure de mercure.
- M. E. D., à Dijon. — La teinte sanguine s’obtient au moyen de papier au charbon.
- 32' de ligne, à Châtellerault. — Nous vous répondons bien tardivement. Votre lettre avait été égarée. La photographie des opérateurs forains se fait au collodion sur de la tôle de fer noircie. On a, en réalité, un négatif qui, à cause du fond noir, prend l’aspect d’un positif.
- M. L. N., h Paris. — La vitesse de l’électricité est une question qui a donné lieu à plusieurs discussions intéressantes. Quelques physiciens ont fait des expériences à cet égard. VVheatstone a trouvé 460 000 kilomètres par seconde pour la vitesse de propagation dans un fil de cuivre. Fizeau et Gounelle ont obtenu une vitesse de 100 000 kilomètres par seconde dans un fil de fer. Kirchkoff, par diverses considérations théoriques, avait admis que la vitesse de l’électricité était la même que la vitesse de la lumière, soit 308 000 kilomètres par seconde. Clerc Maxwell était arrivé théoriquement aux mêmes conclusions. Les expériences de Hertz, en 1889, ont enfin démontré l’identité de la lumière et de l’électricité; on peut donc admettre aujourd’hui, jusqu’à nouvelle preuve du contraire, que l’électricité se propage avec la même vitesse que la lumière.
- M. X., à Paris. — 1° On augmente ainsi la surface de dépolarisation. — 2° Oui.
- . Mme M. H., à Paris. — Adressez-vous aux magasins que vous indiquez; il s’agit peut-être d’une spécialité.
- M. J. Guinan, à Paris. — Consultez les ouvrages d’optique photographique ; ils traitent ces questions.
- M. Bout?& Tlemcen.—Nous ne connaissons pas d’autre produit qui soit employé en remplacement de la levure de bière dans la fabrication du pain.
- M. A. N. Valente, à Porto. — Les détails de la fabrication du celluloïd n’ont pas été publiés : nous ne saurions vous donner les renseignements que vous demandez et qui ne sont pas connus.
- M. E. Herbeau, à Boulogne-sur-Mer. — 1' Scies circulaires : M. Cartereau-Laporte, 6 et 8, impasse Touzet; etM. Coulaux, 12, rue Sévigné, à Paris. — 2° Il est très difficile de faire disparaître ce goût.
- M. E. D., à Tourcoing. — 1' Un thermomètre enregistreur à distance vous indiquerait à chaque instant la température ; adressez-
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- vous à MM. Richard frères, 9, impasse Fessart, à Paris. — 2° Non.
- M. D. Frunza, à Batinesti. — La chaleur de cette machine sera supportable en été, quoique assurément un peu gênante. Il sera, du reste, très facile de l’atténuer à l’aide de substances calorifuges.
- Un lecteur bourguignon. — La fabrication n’a pas été organisée. M. A. D., à Metz. — Le décollement tient à la qualité des plaques; il n’y a pas de remède. Les plaques ne sont pas de bonne qualité ou ont été détériorées.
- M. A. Levasseur, à Amiens. — Voyez dans le présent numéro les adresses en tête de la Boîte aux lettres.
- M. G. Dupuis, à Paris. — 1° Il faut un vernis que l’on applique à froid, et que l’on soumette ensuite à l’action de la chaleur; des essais sont nécessaires. — 2° Même réponse que plus haut.
- M. M. B., à Paris. — Il n’existe pas d’ouvrages spéciaux; ces sujets sont traités dans tous les ouvrages d’électricité.
- M. L. Coiras, à Privas. — Essayez un lavage à l’eau de Javel.
- Un lecteur, à Orbais. — 1° Traités de photographie à la librairie Gauthier-Yillars. — 2° Voyez les articles publiés à ce sujet dans La Nature.
- Un abonné, à Guignes. — Adressez-vous aux grands libraires de Paris.
- Un abonné, à Sedan. — L’adresse est donnée en tête de la Boîte aux lettres du numéro qui contient la description de l’appareil.
- M. P. P. H., à Nice. — 1° Oui; cette dynamo peut servir de moteur. — 2° 60 volts et 10 ampères. — 3° Les Machines dynamoélectriques, par R. V. Picou, à la librairie Baudry.
- M. C. P., à Rio-de-Janeiro. — Il faut avoir soin de tenir toujours les armes légèrement graissées ; la vaseline convient très bien à cet effet.
- M. M. V., à Rambervillers. — Le Moniteur de la photographie, directeur : M. Léon Vidal, 13, quai Voltaire, à Paris; Le Bulletin de la Société française de photographie, à la librairie Gauthier-Yillars; La Photo-Gazette, directeur : M. G. Mareschal. Administrateur : M. L. Picard, 57, rue Saint-Roch, à Paris; etc.
- M. L. de Manville, à Paris. — La neige se forme quand la température est au-dessous de 0°. Votre question n’est pas très nette.
- M. Ej. Neumann, à Toulouse. — 11 y a des machines à écrire à tous les prix; tout dépend de la somme que vous voulez y consacrer.
- M. N. N., à Paris. — 11 n’existe pas encore de voitures électriques de ce genre.
- M. A. Saint-Elme, à Paris. — 1° Ces lampes sont d’assez bonne qualité ; leur prix peu élevé est le résultat de la concurrence qui s’établit. — 2° Oui. — 3° Le phénomène dépend de la résistance extérieure.
- M. L. M., à Yanves. — Consultez les nombreux articles que nous avons publiés à cet égard dans La Nature.
- M. J.,L., à Bruxelles. — Pas d'adresse spéciale à vous indiquer.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Conférences de l’Association française pour l’avancement des sciences. — Les conférences de l’année 1891 ont lieu dans l’amphithéâtre de l’hôtel des Sociétés savantes, 28, rue Serpente, et 14, rue des Poitevins, à Paris, les samedis, à 8 heures et demie très précises du soir. Elles ont commencé le 10 janvier. En voici la liste : Samedi, 10 janvier. M. Janssen, membre de l’Institut, directeur de l’Observatoire d’astronomie physique de Meudon. Les observatoires de montagne. (Avec projections). — Samedi, 17 janvier. M. Henry L. de Vilmorin, membre de la Société nationale d’agriculture, vice-président de la Société d’horticulture. Production et commerce des fleurs à Paris. (Avec spécimens). — Samedi, 24 janvier. M. Marcellin Boule, agrégé de l’Université. Les grands animaux fossiles de l'Amérique. (Avec projections). — Samedi, 31 janvier. M. Thoulet, professeur à la Faculté des sciences de Nancy. L'Océanographie: (Avec projections). —Samedi, 7 février. M. Jean Dy-bowski, maître de conférences à l’Ecole nationale d’agriculture de Grignon. L'Algérie et le Sahara. (Avec projections). — Samedi, 14 février. M. le Dr Léon Petit, secrétaire général de l’Œuvre des enfants tuberculeux. La tuberculose et ses traitements. (Avec projections). — Samedi, 21 février. M. H. Cordier, professeur à l’Ecole des langues orientales vivantes. La Chine à travers les siècles, vue par les étrangers. (Avec projections). — Samedi, 28 février. M. E. Fournier de Flaix, membre de la Société d’économie politique. Les grands ports de France. — Le port de Paris. (Avec projections). — Samedi, 7 mars. M. Maquenne, aide-naturaliste au Muséum d’histoire naturelle. L'azote atmosphérique et la végétation. (Avec spécimens). — Samedi, 14 mars. M. Demontzey, correspondant de l’Institut, inspecteur général des forêts. Le reboisement des montagnes et l'extinction des torrents. (Avec projections).
- Société zoologiqne de France. — La Société zoologique de France vient de procéder au renouvellement annuel du Bureau et d’un tiers du Conseil. Ont été élus : Président : M. Railliet ; Vice-Présidents : M. Dautzenberg, M. Oustalet ; Secrétaire général : M. R. Blanchard; Secrétaires : M11’ Bignon, M. J. Richard, M. de Kerhervé; Trésorier : M. Schlumberger; Archiviste-Bibliothécaire: M. H. Pier-son; Membres du Conseil : M. L. Bureau (de Nantes), M. Jousseaume, M. J. G. de Man (de Middelbourg), M. P. Mégnin.
- Projections lumineuses économiques. — M. P. Marcillac, de Marseille, nous indique un moyen simple de faire des projections destinées à accompagner un cours de physique ou de mécanique où il s’agit de montrer des appareils ou des coupes d’appareils aux auditeurs. Le procédé consiste simplement à calquer sur un papier transparent la figure de ces appareils sur un livre où ils sont représentés par la gravure sur bois. On monte le calque sur un petit cadre découpé en carton mince. Le moyen est économique et pourra rendre des services aux établissements d’instruction qui ne disposent pas des moyens suffisants pour se procurer des clichés photographiques.
- BIBLIOGRAPHIE
- Histoire d'un inventeur. Exposé des découvertes et des travaur de M. Gustave Trouvé dans le domaine de l'électricité, par Georges Barrai,. Edition enrichie d’un portrait, de dessins originaux de M. Gustave Trouvé, avec 280 gravures dans le texte. 1 vol. in-8\ — Paris, Georges Carré, éditeur, 1891. Prix : 8 francs.
- Une mission au Tademayt (territoire d’In-Salah) en 1890, par Fernand Foureau. 1 vol. in-8°, avec planches hors texte. — Paris, Augustin Challamel, 1890.
- Les récréations photographiques, par A. Bergeret et F. Drouin, avec 2 planches hors texte en phototypie et 120 gravures dans le texte. 1 vol. in-8°. — Paris, Cn. Menael, 1891.
- Les premières applications de l'électricité aux grandes orgues, par Albert Peschard. 1 vol. in-8°. — Paris, imprimerie Larousse, 189Û.
- Conférences-visites à l'Exposition universelle de 1889, publiées par l’Association amicale des anciens élèves de l’Ecole centrale des arts et manufactures (groupe de Paris). 1 vol. in-8°. Imprimerie typographique L. Maine. — Paris, 1890.
- Congrès international de photographie à l'Exposition universelle de 1889. Rapports et documents publiés par les soins de M. S. Pector, secrétaire général. 1 vol. in-8°. Gauthier-Villars et fils, imprimeurs-libraires. — Paris, 1890.
- Essai d’une théorie rationnelle des sociétés de secours mutuels, par Prosper de Lafitte. 1 vol. in-8°. Deuxième édition entièrement refondue. Gauthier-Villars et fils, imprimeurs-libraires. — Paris, 1890.
- La pisciculture en eaux salées, par A. Gobis, professeur départemental d’agriculture du Jura. 1 vol. in-16 de la Bibliothèque des connaissances utiles, avec 00 figures dans le texte. Librairie J.-B. Baillière. — Paris, 1891.
- Manuel de l’ingénieur, par Colombo-Marcillac. 1 vol. in-18. A. Pia-get, éditeur. — Paris, 1891.
- Traité encyclopédique de photographie, par Charles Fabre. Tome quatrième. Agrandissements. Applications de la photographie. 18e et 19’ fascicules. 2 vol. in-8°. Gauthier-Villars et fils, imprimeurs-éditeurs. — Paris, 1891.
- Aux Antipodes. Voyage en Australie, à la Nouvelle-Zélande, aux Fidji, à la Nouvelle-Calédonie, aux Nouvelles-Hébrides et dans l’Amérique du Sud, 1888-1889, parM. G. Verschuur. 1 vol. in-16 contenant 50 gravures sur bois. Librairie Hachette et C”. — Paris, 1891.
- Guide pittoresque des stations hivernales du littoral méditerranéen.
- 1 brochure in-18. Librairie Léopold Cerf. — Paris, 1890.
- Annuaire de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. 1 vol. in-16. 57° année. F. Hayez, imprimeur. — Bruxelles, 1890.^
- Annuaire pour l'année 1891, publié par le Bureau des longitudes avec des Notices scientifiques. 1 vol. in-32. — Paris, Gauthier-Villars et fils. Prix : 1 fr. 50.
- La Rédtetios et l’Admimitntios de LA NATURE sont étrangères es terme det Annonces pour lesquelles on doit s’adresser à TOlfiee de Pnblieito de l’Iiprimerie, 9, ne de Fleini.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite., La reproduction des illustrations, mime avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 765e BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- D'APRÈS LES OBSERVATIONS DE M. RENOU (PARC DE SAINT-JfAUR, ALTITUDE ; 49 X. 50)
- Janvier 1891. — Semaine du lnndi 12 an dimanche 18 janvier 1891.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de X, Rédler. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE *. P. Q. LE 17 A 6 H. 27 M. Dü MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- D’APRÈS LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. - VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lnndi 12 janvier 1891. . — 8*,0 N. E. 1 Nuageux. 0,0 Nuag. jusq. 8h., couv. ensuite; pluie fine dans soirée.
- Mardi 15 1*,7 N. E. 2 Couvert. 1,2 Couv. jusq. 19 h., nuageux ensuite; bruine jusq. 6 h.
- VapptaHI 11 V,5 N. W. 1 Couvert. 0,0 verglas. Couv. jusq. 10 h., nuageux ensuite. Bruine et neige,
- J Audi 15. — 0*3 N. W. 4 Couvert. 0,5 verglas. Tr. nuageux, couv. après 17 h.; neige à div. reprises.
- Vendredi 16 XomA/ji 17 ...... 1-,1 — 8*,5 N. W. 2 N. N. W. 2 Couvert. Nuageux. 2,0 0,0 Couv. jusq. 13 h., et de 21 b. à 23 h.; beau le reste, neige jusq. 7 h. Nuageux jusq. 8 h., beau ensuite; grésil à 5 h.
- Ttiman/thp. 18 — 9*, 4 N. 3 Couvert. 0,0 Presq. couv.; grains de neige çà et là, halo.
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Un tremblement de terre en Algérie. — On a ressenti, dans la nuit du 14 au 15 janvier, de violentes secousses de tremblements de terre en de nombreux points du territoire algérien. Les oscillations se sont produites du nord au sud et presque aux mêmes heures en diverses localités. D’abord une première secousse, très forte, à 4 h. 7 m., d’une durée de dix secondes, suivie d’une seconde, également forte, à 4 h. 46 m., d’une durée de dix secondes aussi; enfin, deux autres plus légères vers 7 heures, pendant environ quatre
- secondes. Gouraya, village près de Cherchell, compose d’une cinquantaine de maisons, a été en partie détruit. Les plafonds de la caserne de gendarmerie se sont effondrés. Les gendarmes ont dû s’installer dans les écuries. Plusieurs habitants ont péri sous les décombres, d'atilres sont blessés. En même temps, une violente tempête, avec mer démontée, balayait le littoral. Le courrier de France, qui devait partir à midi, n’a pu appareiller qu’à 4 heures. La tempête qui a soufflé en Algérie s’est fait sentir également sur les côtes de Provence, où on a dû subir de grands coups de vent de mistral.
- Le Melbourne, des Messageries maritimes, arrivé de Chine, a été obligé de se réfugier dans l’anse de l’Estaque. Les voiliers n’ont pu sortir du port.
- TEMPÉRATURE
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- G. MASSON, ÉDITEUR, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- OUVRAGES NOUVEAUX
- Formulaire pratique de Vélectricien, par E. Hospitalier, ingénieur des arts et manufactures, professeur à l’École de physique et de chimie industrielles de la Ville de Taris, 9e année, 1891. 1 vol. in-12, avec figures dans le texte, cartonné...............5 fr.
- Nouvelles recettes utiles et appareils pratiques, par Gaston Tissan-dier, rédacteur en chef du journal La Nature. 1 vol. in-12, avec
- 91 figures dans le texte. Franco.....................2 fr. 50
- Cartonné toile........................ 3 fr. 25
- Histoire naturelle des poissons de la France, par le Dr Emile Moreau. Supplément. 1 vol. gr. in-8% avec fig. dans le texte. 8 fr.
- L’ouvrage complet comprenant 3 beaux volumes grand in-8% avec 220 figures dessinées d’après nature, est vendu, avec le supplément. ............................... ...............65 fr.
- Les fêtes du sixième centenaire de V Université de Montpellier, par Henri Rouzaud, maître de conférences à la Faculté des sciences de Montpellier, officier d’Académie. Ouvrage publié sous les auspices du Conseil municipal'de Montpellier, du Conseil général de l’Hérault, du Comité des fêtes du sixième centenaire, et honoré d’une souscription au Ministère de l’instruction publique, avec Préface de M. Lionel Dauriac, professeur à la Faculté des lettres, membre du Conseil général des Facultés de Montpellier. 1 vol. in-8% avec nombreuses figures dans le texte...............16 fr.
- Almanach de Vagriculture, fondé par J.-A. Barrai. Année 1891, publié par H. Sagnier, rédacteur en chef du Journal de VAgriculture. 1 vol. in-16, avec 68 figures ....... 0 fr. 50
- Manuel méthodique pour l'enseignement de la langue française, & l’usage des instituteurs et institutrices, des professeurs des classes élémentaires et élèves-maîtresses des Écoles normales, par Frédéric , Bataille, ancien instituteur public, chargé d’une classe primaire au n lycée Michelet. 1 vol. in-12...............................4 fr.
- ' Description des cépages principaux de la région méditerranéenne de la France, par M. Henri Marès. 2e livraison. 1 vol. in-4°. Prix (pour les souscripteurs)....................................30 fr.
- Méthodes de transformation des combinaisons organiques, par P. Aléxeyeff, professeur de chimie à l’Université deKieff (Russie). Traduit du russe par G. Darzens, licencié ès sciences, ancien élève de l’École polytechnique, et Léon Lefèvre, ingénieur préparateur à l’École polytechnique. Introduction par Ed. Grimaux, professeur à l’École polytechnique et à l’Institut agronomique, t volume in-8°................................................... 6fr.
- D'une cause de dépérissement de la vigne et des moyens d'y porter remède, par R. Dezeimeris, correspondant de l’Institut, conseiller général de la Gironde. 5* édit., augmentée. 1 vol. in-8% 2 fr. 70
- Memento d'histoire naturelle, par R. Marage, docteur ès sciences, docteur en médecine, professeur à l’École Sainte-Geneviève. 1 vol. in-18 avec 102 figures dans le texte. ........ 2 fr.
- Association française pour l'avancement des sciences. Compte rendu de la 18* session (Paris, 1889). 2 forts vol. in-18* d’ensemble cxx-1650 pages, avec 21 planches. Cartonné toile. ... 25 fr.
- Voyages chez les lépreux, par le Dr Zambaco-Pacha, membre correspondant de l’Académie de médecine de Paris, ex-chef de clinique à la Faculté de médecine. 1 vol. in-8% avec une carte indiquant les localités lépreuses. .......... 8 ,fr.
- Le vin, ses caractères, ses défauts, par G.'Grazzi-Soncini, directeur de l’École de viticulture de Conegliano. Traduit de l’italien par A. Picaud. 1 vol. in-12. ............ 2 fr. 25
- Carte régionale vinicole de la province de Barcelone, ayec texte explicatif en castillan, catalan et français, par Roig Armengol. 20 fr.
- Carnet de notes ampélographiques. 30 cadres de descriptions de cépages, précédés de l’explication des mots techniques employés en ampélographie et des indications à fournir au sujet des articles du cadre de description, par G. Foex, directeur et professeur de viticulture à l’École nationale d’agriculture de Montpellier. 1 vol. in-8% Franco.........................................2 fr. 90
- Les vignes américaines. Catalogue et manuel, par Mm* veuve Ponsot. 1 vol. in-8% Franco.......................................3 fr<
- L'Algérie et ses vins, par M. Berniard. 2* partie: Alger. 1 vol.in-18, avec 1 carte..............................................3 fr.
- PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- SOMMAIRES
- Bulletin de la Société chimique de Paris, paraissant le 5 et le 20 de chaque mois.
- Numéro du 5 janvier : Extrait des procès-verbaux des séances. — Analyse ' d un mélange de cire, de paraffine, de stéarine et d’acide stéarique par
- F. Jean. — Sur une cause d’altération de la surface des objets en or mat, • par L. Calderon. — Combinaisons du cyanure de mercure avec les sels de
- lithium, de cadmium et de zinc, par R. Yaret. — Sur les causes de l’altéra-bilité que présentent un grand nombre de composés organiques sous l’action simultanée de l’air et de la lumière, par A. Bidet. — Sur la présence du furfurol dans les eaux-de-vie et dans les flegmes industriels, par L. Lindet.
- — Remarque sur les procédés de préparation des éthers p-cétoniques,' par J. Hamonet. — Analyse des travaux de chimie.
- L'Anthropologie (Matériaux pour l’histoire de l’homme, Revue d’anthropologie, Revue d’ethnographie réunis), paraissant tous les deux mois, sous la direction de MM. Cartailhac, Hamy, Topinard (numéro de novembre-décembre). — Les bronzes préhistoriques du Cambodge et les recherches de M. L. Jammes, par E. Cartailhac, avec 15 figures dans le texte. — Notes ethnologiques et historiques sur les Giao-chi, par
- G. Dumoutier, avec 4 figures. — Notes sur l’autopsie d’un Indien d’Amérique et d’un, nègre de la Martinique, par les Dr‘ Fallût et Alezais (de Marseille), avec 2 figures. — Le district de Kerassunde au point de vue anthropologique et ethnographique, par Aristote G. Néophytos, avec reproductions de chants et de danses, et figure (première partie). — Mouvement scientifique. — Nouvelles et correspondance.
- — Ce numéro contient la table des matières du tome lor : la liste des planches et des figures. L’index alphabétique et analytique.
- Annales de chimie et de physique, paraissant] tous les mois (numéro de janvier). — Sur les chaleurs de formation et de combustion de divers principes azotés, dérivés des matières albuminoïdes, par MM. Berthelot et André. — Chaleur de formation de quelques amides, par MM. Berthelot et Fogh. — Chaleur de combustion des principaux composés azotés contenus dans les êtres vivants et son rôle dans la production de la chaleur animale, par MM. Berthelot et André. — Note sur une méthode expérimentale pour l’étude des courants induits, par M. le capitaine Gosselin. — Recherches sur le fucusol et le méthylfurfurol, par M. Ma-quenne. — Recherches sur l’élasticité des solides et la compressibilité du mercure, par A. Amagat. — Sur le dosage du carbone total dans les terres arables, par M. J.-A. Muller.
- Revue d’hygiène et de police sanitaire, paraissant le 20 de chaque mois (numéro du 20 décembre). — Prophylaxie de la diphtérie, transport et isolement dans les hôpitaux des diphtériques, par M. le Dr Gran-cher. — A propos des revaccinations, par M. le Dr Mangenot. — Contribution à l’étude du saturnisme à Rouen, par M. le Dr Deshayes. _________
- L’hygiène et l’éducation médicale en Angleterre, par M. le Dr Vintras. — Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle (Séance du 26 novembre). — Bibliographie. — Revue des journaux.
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- Supplément au numéro 922 de LA NATURE, du 31 janvier 1891
- r N* 922 de \
- LA NATURE/
- 614“ BOITE AUX LETTRES (
- SAMEDI
- 31 janvier 1891
- U« lettres et oommanlcatfone relative* à la Boite ans lettres et à la rédaction doivent être adressée* à M. Gaston TI S S AN Dira
- SO, rne de ChAteaudnn, h Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’appareil pour doser l’alcool dans les vins, que nous avons décrit dans notre précédente livraison, a été construit par la maison Alvergniat sur les indications de M. Dupré, du laboratoire municipal. Il se trouve à la maison Alvergniat frères (Victor Chabaud, successeur), 10, rue de la Sorbonne, à Paris. — Nous ne connaissons pas le fabricant du jouet .l’Ecuyère. Nous avons vu de ces jouets en vente aux magasins du Tapis-Rouge, 65, Faubourg-Saint-Martin, à Paris.
- M. F. Pillault, à Cayenne, nous adresse un échantillon à’aya-pana, au sujet de laquelle nous demandions dernièrement quelques renseignements. Cette herbe séchée et bien préparée peut donner,
- fiaraît-il, une excellente infusion valant le tilleul et le thé de Chine. I suffit de quelques feuilles à peine pour préparer une infusion d’un demi-litre. L’aya-pana croît avec beaucoup de vigueur en Guyane et tout le long de l’Equateur amazonien. L’aya-pana peut également être employée dans la fabrication de quelques liqueurs.
- M. E. Witz, à Rothau, nous écrit que le mouilleur à cylindre, dont il a été question précédemment, se trouve chez M. Léon Lévy, papetier, place Gutenberg, à Strasbourg. Il ajoute que cet appareil lui rend les plus grands services pour coller chaque semaine plusieurs centaines de timbres sur les cartes de travail des ouvriers. f M. Ch. Despicht, à Paris. — 1° Non. — 2° Il s’agit de produits
- Earticuliers qui se forment dans la décomposition du bichromate.
- e même correspondant nous informe qu’il a acheté un mouilleur à cylindre, (voy. paragraphe précédent) chez M. J. Loys, 17, rue d’Haute ville, à Paris.
- . Mme M. Caucurtc, à Paris. — 1° Appareil photographique pouvant se mettre dans la poche : M. Dubroni, 250, rue de Rivoli. — 2° Appareil de M. Molteni, 44, rue du Château-d’Eau.
- M. A. Couvy, à Liège. — Nous ne connaissons pas de moteur d’aussi petites dimensions.
- M. Bloncel, à Paris. — Cette machine a été essayée à titre expérimental, mais ne se construit pas. »
- M. Th., à Paris. — Nous n’avons fait qu’examiner les projets proposés jusqu’à ce jour. Remerciements.
- Mm° Mathilde P., à Paris. — 1° S’adresser à M. Serpollet, 27, rue des Cloys. — 2° M, Bureau, chimiste, à Arras.
- M. L". de Launay, à Paris. — Remerciements pour votre proposition; mais le sujet nous semble épuisé pour Êa Nature.
- M. Ed. Pellorce, à Paris. — R est difficile d’effectuer les calculs que vous demandez, à cause des coefficients à admettre; il serait plus simple d’essayer expérimentalement.
- M. R. Haeffely, à Sainte-Marie. — Nous n’avons pas fait personnellement usage de l’appareil ; les avis sont partagés à son sujet.
- M. J. de M., 'a Coïmbre. — Nous ne connaissons pas d’école de ce genre.
- M. K. Z., à Bruxelles. — Oui; vous pouvez remplacer les rondelles de tôle séparées par du papier par une bobine en fil de fer, mais il faut avoir soin de passer quelques couches de vernis à la gomme laque entre les fils de fer.
- M. A. Dolmans, à Marseille. — 11 faut éviter d’employer ce procédé pour l’argenterie de table. Le cyanure est très dangereux dans les coupures.
- M. J. Klein, à Soultzbach. — 1° La composition de cette pâte nous est inconnue. — 2°Nous ne pouvons vous fixer de proportions; il faut faire des essais.
- M. Robur, à Paris. — 1° S’adresser au secrétaire de la Faculté de médecine, rue de l’Ecole-de-Médecine, à Paris. — 2° 11 existe plusieurs traités de mécanique appliquée ;« adressez-vous aux grands libraires de Paris.
- M. A. R., à Arcachon. — 1° Oui. — 2° La force électromotrice diminuerait. „
- M. A. Ch., à Orléans. — M. Buisson, villa Faux, à Yillebeuf-Champs-Elysées, à Saint-Etienne (Loire).
- M. J. Ducôté, à Cluny. — Avec les piles primaires, vous ne pourrez avoir aucune constance ; il est nécessaire d’avoir des accumulateurs.
- M. L. Chevet, à Saint-Mandé. — 11 n’est guère facile d’employer des mastics pour l’ivoire; voyez cependant les formules de quelques mastics dans le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. E. P. Z., h Nantes; M. de Lucé, à Paris. — Remerciements pour vos communications.
- M. G. B., h. Zurich. —La maison du Cristallos, qui fabrique les pellicules photographiques, dont nous avons parlé, se trouve, 4, rue Pastourelle, à Paris.
- M. Ç. P.f à Saint-Y. — Pas d’adresse spéciale à vous indiquer.
- M. P. Bodet, à Dieulefit. — Nous regrettons de ne pas connaître '# d’autres procédés que ceux que nous avons publiés. f
- M. E.P. R., à Paris. — Nous avons décrit plusieurs appareils de ce genre, notamment, l’appareil cosmographique de M. Girod .4 (n0 723, du 9 avril 1887, p. 301). <i
- M. Peyridier, à Marseille. —L’expérience que vous citez, et qui .J-consiste à soulever un homme au moyen des doigts, a été décrite, ’ dans La Nature; elle se trouve aussi dans la 5e édition des Récréa-tions scientifiques, de M. Gaston Tissandier. (G. Masson, éditeur.) % M. E. de Favereau, à Tongres. — Nous avons publié l’analyse ;> du liquide contenu dans une grenade extincteur dans le n° 758, du ’ 10 décembre 1887, p. 30. ^
- M. E. Gagny, à Moulins. — Appareil galvanoplastique : M. A. -y? Gaifîe, 40, rue Saint-André-des-Arts, à Paris. I
- M. E. Bouthier, à Saint-Didier-la-Seauve. — 1° De nombreux ouvrages donnent la description des machines électriques ; nous ne saurions vous en indiquer un en particulier. — 2° Ajouter du chlo- yi rure de baryum ; s’il y a de l’acide sulfurique, il se formera un pré-cipité blanc de sulfate de baryte. r |
- M. Alexandre, à Paris. — Nous décrirons prochainement un lîj nouveau mode de fabrication de l’oxvgène par l’électrolyse de l’eau, < J qui pourra vous intéresser. • y
- M. Ch. Sion, à Tou’on. — L’expérience d’Amphitrite a été donnée | dans le n° 814, du 5 janvier 1889, p. 95. t . .r , J]
- M. G. Oznobichine, à Kozlow. — 4° Pas d’adresse spéciale. ^ :i| 2° Pour empêcher que le crayon ne s’étende sur une feuille de | papier, tremper cette dernière dans du lait cuit, mais froid. r y.
- M. L. Héraud, à Lyon. — Nous avons déjà signalé un grand f nombre d’installations électriques analogues; nous ne saurions Y encore revenir sur le sujet. •
- L’abonné 2042, à Paris. — Il faudrait examiner votre cuvette et f vos produits pour vous bien répondre. Tous nos regrets. y ;
- M. Ch. Verdoie, à Toulouse. — 1° Il est préférable d’écrire sur le cliché avec de l’encre à copier; l’étiquette vient en blanc sur le positif. — 2° Non. " f
- M. J. Beauchet, à Paris. — Nous ne connaissons pas d’autre pro- ' ’ cédé à vous indiquer; ce procédé est très pratique.
- M. N. de Cramer, à Smyrne. —II n’existe pas de traité de ce genre. >' ’
- M. E. Durand, à Schaarbeek. — Adressez-vous aux grands libraires ' t de Paris.
- M. H. Hubac, à Saint-Denis. — Il nous semble difficile de revenir f encore sur le sujet. Remerciements.
- Mme Chabellard, à Nancy. — Les adresses que vous nous demandez y; sont données en tète des Boîtes aux lettres des n°* 901 et 914 qui | contiennent la description de l’appareil et de l’engrais mentionnés. ;| M. Bleekrode, à La Haye. — Votre communication était déjà parue quand votre carte postale nous est parvenue. Tous nos regrets. • L’abonné 1423, à Paris. — Vous trouverez des renseignements y relatifs à l’action de la lumière sur le sélénium dans La Nature r (n°’ 14, 177, 387). ..... . , "?
- M. Laurent, à Lyon. — L’explication détaillée de toutes les unités , ) C. G. S. est donnée dans le Traité élémentaire de l'énergie électrique y
- de E. Hospitalier. (Librairie Masson.) ' -d
- M. L. V., à Paris. — Consultez le même traité indiqué ci-dessus. /
- M. A. Dassonville, à Bruxelles. — Les marchands de couleurs à -
- Paris sont très nombreux; nous ne pouvons vous en désigner quel- l
- ques-uns en particulier. f
- M. E. Séguela, à Saint-Gaudens. — II faut vous adresser à des ;;? marchands de chromolithographies, au passage du Caire, à Paris. d
- M. J. Lazard, à Amiens. -— Nous trouverez des vernis tout préparés pour meubles à la maison Bolloré-Sœhnée, 19, rue des ^ Filles-du-Calvaire, à Paris. ;
- M.Sicard, à Dives. — Il n’existe pas d’ouvrage de ce genre.
- M. J. P., à Paris. —11 y a une relation assez complexe entre la température d’un corps et la pression à laquelle il est soumis. ? L'Annuaire du Bureau des longitudes pour 1891 (Gauthier-Villars, y éditeur) donne les tensions de la vapeur d’eau avec la température correspondante. Le même ouvrage donne une étude très intéressante sur le point critique des fluides, parM. E. Sarrau.
- M. J. J., à Lyon. — Des essais ont été faits dsns cette voie; mais g on n’a pas encore construit de machine industrielle. y.
- M. C. A. F., à Saint-Etienne. — Aucun danger pour la santé -dans l’emploi des couverts d’aluminium. f
- M. H. P., à Mourmelon. — Machines dynamos Rechniewski : ;
- Société l'Eclairage électrique, 250, rue Lecourbe, à Paris.
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- M. Buffenoir, à Paris. — 1° Il s’agit sans doute d’un mélange réfrigérant formé de nitrate d’ammoniaque dans l’eau. — 2° Action oxydante qui détruit les matières colorantes.
- M. G. Celesia, à Gênes. — Le Tour du Monde, Hachette, éditeur, 79, boulevard Saint-Germain.
- jIf. Ch. Breton, à Orléans. — Traités d’hypnôtisme, à la librairie Plon, 8, rue Garancière; à la librairie Kolb, 7, rue du Croissant; et à la librairié Hachette, à Paris.
- M.E. Maréchal, à Dijon. — Non.
- M. E. de R., h Paris. — 1° Adressez-vous à M. le Dr Ranque, 13, rue Champollion.
- M. J, R., à Sedan. — Nous ne connaissons pas d’autre traité sur le sujet.
- M. T. H. Biganon, à Paris. — 1° 5 francs. — 2° Consultez l’article que nous avons publié sur le phare de la Tour Eiffel (n° 833, du 18 mai 1889, p. 385).
- M. H. F., h Valence (Drôme). — A notre grand regret, nous ne pouvons accepter votre travail, ayant des Notices à publier sur des sujets analogues. Tous nos remerciements.
- M. J. Gavé, à Notz-Marafin. — Votre idée est excellente; mais une collection de ce genre n’existe pas encore.
- M. B., à Saint-Elme. — 1° 20 volts et 6 ampères dans le premier cas, et 2 volts et 60 ampères dans le second. — 2° Non.
- QUESTIONS
- N* 1506. — M. L. V., à Lodève, demande le moyen d’enlever le goût de moutarde à un vin ayant séjourné dans un fût qui avait été désinfecté au moyen de la farine de moutarde.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Expériences de capillarité. — M. Fitremann, professeur de physique au lycée de Nantes, nous communique une expérience bien simple qu’il emploie tous les ans dans ses cours pour démontrer la capillarité. Elle consiste à prendre un tire-lignes, à le mettre dans un liquide coloré, de l’encre rouge, par exemple, et à le fermer comme pour tracer une ligne. On remarque d’abord que malgré la pesanteur, le liquide se tient entre les deux lames, et on peut observer à la partie supérieure un ménisque concave bien accentué. Si on vient à ecarter doucement les deux lames, le ménisque supérieur s’aplatit, et il s’en forme un second à la partie inférieure. L ecarte-ment des lames augmentant encore, la gorge se creuse peu à peu jusqu’au moment de la rupture.
- BIBLIOGRAPHIE
- Pour les grands et les petits. Fables, par M. Charles Richet. Préface de M. Sully-Prudhomme, de l’Académie française. 1 vol. in-4°. — Paris. Librairies-imprimeries réunies, 7, rue Saint-Benoît, 4891.
- Il n’est pas dans nos habitudes de parler ici des livres de poésies, les poètes ne songent guère à soumettre leurs œuvres au jugement de ceux qui vivent dans le domaine souvent aride de la science. Mais voici des Fables que nous recevons et dont nous parlerons ; elles nous sont adressées par notre savant ami, M. Ch. Richet, le sympathique professeur à la Faculté de médecine, le physiologiste distingué, le directeur de la Revue scientifique, l’infatigable travailleur, qui, dans ses moments de loisir, trouve le moyen de rimer, défaire des vers, et de les faire bons. M. Sully Prudhomme, dans une pré%e, exquise de Finesse et d’esprit, indique l’effroi qu’il a éprouvé en décachetant l’enveloppe qui contenait les Fables d’un homme de science, mais il est contraint de déclarer que ses alarmes n'étaient pas fondées. Les Fables de M. Charles Richet sont écrites pour ses fils ; fort agréablement rimées, d’une moralité charmante, elles n’expriment que de beaux et bons sentiments ; toutes pleines d’une saine philosophie, elles sont destinées à charmer et a élever l’esprit de tous ceux qui les liront. G. T.
- La traction électrique et la traction animale des tramways, par M. Paul Gadot, 1 vol; in-16. E. Bernard etCu, éditeurs. — Paris, 1891.
- La traction électrique est une des applications qui méritent le plus sérieux examen. En France, nous n’avons qu’une ou deux installations de tramways électriques, alors qu’elles se comptent
- {>ar milliers en Amérique. M. P. Gadot a eu l’ingénieuse idee de aire une étude réellement pratique de tramway électrique, et pour
- cela, il a adopté le type d’une voiture de 50 places de la Compagnie générale des omnibus de Paris. Il a examiné ensuite avec- détails et explications toutes les dépenses et tous les frais nécessaires à l’entretien, et a pu établir une comparaison des plus exactes avec la traction animale. Comme conclusion, on arrive à réaliser des économies par la traction électrique. Le travail que nous signalons et qui est l’étude d’un ingénieur pratique est des plus^ soignés et mérite de fixer l’attention; il est à souhaiter que l’expérience vienne bientôt confirmer les conclusions énoncées plus haut.
- Revue technique de l'Exposition universelle de 1889, par un comité d’ingénieurs, de professeurs, d’architectes et de constructeurs. Ch. Vigreux, secrétaire de la rédaction. 2* partie, 1" fascicule; 8' partie, l*r fascicule; 9e partie, 2° fascicule. 3 brochures in-4% avec 1 atlas. E. Bernard et Cie, imprimeurs-éditeurs. — Paris, 1890.
- Les inondations du Vivarais depuis le treizième siècle. Prédiction et historique de celle du 22 septembre 1890, par Henry Valchade. 1 vol. in-8° avec 17 gravures. Imprimerie de Mm* Robert. — Aubenas, 1890.
- Examen quimico y bacteriologico de las aguas potables, por A. E. Salazar y C. Newmànn, con un capitulo del Dr Rafael Blanchard, profesor agregado de la Facultad de medicina de Paris. 1 vol. in-8“. Burns et Dates, éditeurs. —Londres, 1890. ,
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Le compas des photographes.
- Quand on veut photographier un sujet quelconque, il faut d abord installer devani ce sujet la chambre noire munie d’un objectif convenable, et s’assurer que l’effet produit sur le verre dépoli est bien celui qu’on désire obtenir : ce résultat n’a lieu que par tâtonnements et perte de temps très préjudiciables. Avec le compas des^ photographes on évite tous ces inconvénients en déterminant a 1 avance, avec certitude, l’objectif, le point de distance et le point de vue le plus convenable pour éviter les déformations ou les fautes de perspective. Cet instrument est simple, pratique, toujours prêt à l’usage ; son emploi est très avantageux, pour ainsi dire indispensable ; ses petites dimensions, longueur 0”,09, largeur 0m,07, et son peu d épaisseur, 3 millimètres, permettent de le renfermer dans un portefeuille. Sa forme est rectangulaire, avec une ouverture semblable dans la
- partie postérieure. La partie supérieure est mobile, elle forme couvercle et s’ouvre sous un angle de 70°; elle est destinée à diriger le rayon visuel dans l’axe de l’instrument et aussi à maintenir la distance invariable de l’œil à l’ouverture postérieure en l’appuyant légèrement près dé l’œil, comme le montrent les figures ci-dessus. Des diaphragmes mobiles renfermés dans l’instrument permettent de diminuer à volonté l’ouverture postérieure. Avant de se servir de l’instrument, il faut le mettre en rapport, une fois pour toutes, avec l’objectif et la chambre qu’on possède ; pour cela, il suffit de diriger la chambre noire, munie de son objectif, sur un sujet quelconque, et, après avoir examiné l’image représentée sur le verre dépoli, regarder ce même sujet au moyen du compas garni d’un diaphragme, qui laisse voir juste le sujet naturel contenu sur le verre dépoli. Dans cet état l’instrument est ajusté pour tous les cas possibles. Ce petit instrument offre aussi un grand avantage aux dessinateurs, paysagistes, etc. Garni d’un diaphragme unique correspondant à un angle de 50° d’ouverture, qui est la moyenne de l’angle optique visuel, il indique les limites du dessin à exécuter, qu’on ne saurait dépasser sans s’exposer
- à des fautes de perspective. D. Fenaut,
- Société photographique de Rennes.
- Lt Rédaction et l'Administration de LA NATURE sont étrangères an serrite des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser i l’0fllte de Publicité de l’Imprimerie, 9, me de Fleuris.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite., La reproductiondes illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 766e BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- d’après les observations de m. renod (parc de saint-maur, altitude ; 49 m. 30)
- Janvier 1891. — Semaine du lundi 19 an dimanche 25 janvier 1891.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de K. Rédler. — Thermomètre à l’abri, à bonté sèche et à boule mouillée. Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE *. P. L. LE 25 A 0 H. 35 M. DD MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après le bulletin international do bureau CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 janvier 1891. . — 6*,0 N. N. E. 2 Couvert. 0,5 Couv.; éclaircies à 13-14 h.; petite neige jusq. 13 b.
- Mardi 20 — 9*,8 S. 0 Couvert. 2,0 Beau jusq. 6 h.; couvert ensuite ; petite neige de 11 h. à 15 h.
- Mercredi 21. 2*,0 S. S. W. 1 Couvert. 1,5 Couv. ou éclaircies, halo jusq. 18 h.; beau ensuite; neige jusq. 5 h.; brouillard.
- Jeudi 22 — 0*,2 S. S. W. 2 Couvert. 3,0 Couv.; quelq. éclaircies, petite neige et brouillard à 7 h
- Vendredi 23 i*,y 0 Couvert. 0,9 Couvert, gouttes.
- Samedi 21 6%0 S. S. W. 4 Couvert. 0,8 Couv.; pluie de 20 h. 30 à 23 h. 20.
- Dimanche 23 2*,9 S. W. 2 Nuageux. 2,8 Beau; qq. nuages.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Le grisou et les phénomènes cosmiques et météorologiques.
- — Le D' Wagner a lu récemment à la Société météorologique de Berlin un travail sur les rapports qui existent entre les explosions de grisou dans les mines et les conditions cosmiques et météorologiques. Il communique plusieurs faits constatant le rapport qui existe entre les explosions et la pression barométrique. Ses travaux ont eu spécialement pour but d’établir la statistique du •district minier de Dortmund, où les explosions sont plus fréquentes que partout
- ailleurs en Prusse; ils comprennent un espace de 21 ans, au cours desquels 7000 explosions ont eu lieu. II a d’abord cherché à trouver un rapport entre le nombre des explosions et les phases de la Lune, mais n’en a constaté aucun. Il a ensuite cherché un rapport semblable avec la période de rotation du Soleil, calculant celle-ci à raison de 25,5 jours ; le résultat a été également négatif. Enfin, il a comparé la fréquence des explosions avec des périodes de 27,9 jours, qui, suivant Buys Ballot, constituent le cycle des variations de température résultant de la rotation du Soleil. Les courbes contenues dans ce dernier cas sont uniformes et régulières, ayant un maximum le troisième jour et un second maximum le vingtième jour. - (Ciel et Terre.)
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- Supplément au numéro 923 de LA NATURE, du 7 février 1391
- urj 615e BOITE AUX LETTRES (i
- Lm lettres et communications relatives à la Boite ans lettres et à la rédaction doivent être adressées à DE. Gaston TISSAMDUEH
- 50, rne de Châteaudun, à Paris. ‘ ,
- Toutes les communications qui concernent le SERYICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- -- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- M. Béraud, 8, rue Saint-Martin, à Paris, nous écrit au sujet de l’article que nous avons publié sur les usages de la tourbe, dans le n° du 17 janvier 1891 (p. 98) que la Béraudine qu’il a inventée, a été signalée dans un brevet pris en 1884 en Angleterre avant que M. Redon fit ses communications aux sociétés savantes. Nous enregistrons la réclamation de M. Béraud, mais nous ne saurions discuter ici les questions de priorité quand il s’agit de substances commerciales.
- M. le Dt E., à Saumur. — L’appareil est fabriqué spécialement pour M. Marey ; il n’existe pas dans le commerce.
- M. Foulon, à Estrées-Saint-Denis. — 1° Le bougeoir à pétrole de M. Chandor se trouve chez MM. Desmarais, 29, rue de Londres, à Paris. — 2° L’éolipyle Paquelin est en vente chez M. Gillet, 52, boulevard Henri IV.
- M. J. F., h Valence. — Nous ne connaissons pas de maison spéciale où l’on trouve le goudron de bouleau. Nous vous avons déjà répondu. Tous nos regrets.
- M. P. Trabut-Cussac, à Bordeaux. — Nous avons indiqué plusieurs adresses de fabricants de mouilleurs à cylindres dans nos dernières Bottes aux lettres,
- M. Gotendorf, à Maisons-Laffitte. — Vous trouverez des pompes qui vous conviendront à la maison Broquet, 121, rue Oberkampf, à Paris.
- M. Davin, à Mustapha-Alger. — Filtres Mallié, 50, avenue de l’Opéra; filtre Chamberland, système Pasteur, 58, rue Notre-Dame-de-Lorette; filtres Maignen, 5, avenue de l’Opéra, à Paris.
- M. Thuilleux, à Paris. — Le constructeur de la voiture à vapeur, M. Serpollet, 27, rue des Cloys, vous donnera ces renseignements.
- M. R. Cerni, à Ceuta. — Adressez-vous à des fabricants d’instruments de précision : maison Alvergniat (Y. Chabaud, successeur), 10, rue de la Sorbonne, à Paris.
- M. J. B. Leriche, à Amiens. — La photographie nous a été donnée par l’auteur de l’article. Adressez-vous à lui à Bordeaux.
- M. J. Louria, à Philippople. — Remerciements pour votre communication qui sera utilisée.
- M. le Dr C., à Lyon. — Nous ne pouvons insérer une formule déjà publiée; voyez l’article du n° 901, du 6 septembre 1890.
- Mm* M. H., h Paris. — Nous regrettons de vous dire que nous n’avons pu, malgré nos efforts, nous procurer l’adresse du fabricant de la serviette La Prodigieuse qui sert à nettoyer les métaux et qui se trouve aux magasins du Louvre. Un de nos lecteurs pourra peut-être nous renseigner.
- M. J. Vincent, à Thiers. — Un grand nombre de dispositifs, analogues à celui que vous nous indiquez, ont déjà été imaginés. Remerciements.
- M. P. M., à Paris. — Ces divers appareils ont été décrits dans des revues périodiques ou dans des traites de physique; mais il n’existe pas de traité spécial.
- M. F. Barault, à Orléans. — Pour tous autres renseignements complémentaires à ceux que nous avons déjà donnés, veuillez vous adresser au constructeur
- M. A. Rennesson-Vasset, à Donchéry. — Presque toutes les machines électriques actuelles peuvent alimenter à la fois des lampes à arc et à incandescence.
- M. A. V., au Pouget. — S’adresser directement au Ministère des travaux publics, bureau de la statistique.
- M. E. Faitot, à Paris. — 1° Le fusil, dont vous nous parlez, n’a pas été construit en grand. — 2° L’adresse demandée est : 7, rue Laborde.
- M. B. T., à Lille; M. C. G., à Voyenne; M. F. Bonney, à Clermont-Ferrand; Un abonné, à Cambrai; M. B.,k Paris; M. H. Eppe, à Rouen. — Pour tout ce qui concerne les ouvrages et traités divers, nous prions nos lecteurs de vouloir bien s’adresser directement aux grands libraires de Paris. Il existe souvent plusieurs livres sur une même question, et il nous est impossible de bien renseigner nos correspondants.
- Un abonné, à Moutiers. — Dictionnaire de l'ameublement, à 1 librairie Quantin, rue Saint-Benoît, à Paris.
- ' M. D. Provadolief, à Varna. —A la librairie B. Tignol, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- Un abonné, à Lyon. — 1® Ouvrages de chimie, à la librairie Masson et à la librairie Hachette. — 2° Traité des feux d'artifice, par Amédée Denisse, chez l’auteur, à Bry-sur-Marne (Seine).
- M. F. Jonas, à Amiens, nous informe qu’il vend pour l’agriculture le sel dénaturé aux tourteaux à raison de 5fr,50 les 109 kilogrammes, et pour la fonte des neiges le sel dénaturé au goudron, à
- raison de 5fr,25 les 100 kilogrammes. Cette adresse pourra être utile à plusieurs de nos abonnés qui nous demandaient dernièrement des renseignements à ce sujet.
- M. S. Vigneron Jousselandière, à Paris. — L’adresse du constructeur du niveau de M. le capitaine Leneveu est donnée en tête de la 606e Boîte aux lettres (n° 914, du 6 décembre 1890).
- M. J. Alberti, à Paris. — 1° Laver le verre avec un peu d’alcool. — 2° Ces chocs sont dus aux coups de bélier qui se produisent dans les tuyaux d’eaux par suite de la pression.
- M. E. Olivier, à Liège. — Nous regrettons de ne pas connaître l’adresse que vous nous demandez.
- L'abonné 162, à Paris. — Pour rendre la souplesse aux peaux dont il est question, vous pourriez essayer de les laver avec du savon mou, puis de les rincer dans une solution ammoniacale très faible, et de rincer encore dans de l’eau chaude additionnée de savon. Tordre ensuite dans un torchon et laisser sécher.
- M. G. R., h Paris. — Maisons démontables : M. Poitrineau, 5, rue de Douai. >
- M. Bernard, à Sentis. — Votre lettre a été envoyée ’a destination.
- M. A. B., à M. Votre projet nous paraît offrir des difficultés pratiques insurmontables.
- M. X., à Besançon. — 1° Il n’existe pas d’école décernant le diplôme d’ingénieur spécialement. — 2° Les deux sciences occupent une large part dans ces industries. — 5° A Amiens (Somme).
- M. P. Pinchon, à Sétif. — L’encre employée était de mauvaise qualité; il n’y a pas de remède.
- M. J. Plassard, à Paris. — Trois petits volumes de recettes ont été publiés; ils ont pour titre : Recettes et procédés utiles, La science pratique, Nouvelles recettes utiles. (G. Masson éditeur.)
- M. G. Poulet, à Blérancourt. — Voyez le premier des ouvrages indiqués ci-dessus.
- M. E. Fergeau, à Paris. — 1° On ne saurait indiquer une limite maxima; tout dépend de l’appareil employé. — 2° Ces trois modes de développement peuvent convenir.
- M. J. P., à Paris. — Vous pourriez transmettre directement vos observations à l’inventeur ; nous ne croyons pas qu’il puisse remédier de suite aux inconvénients que vous mentionnez.
- M. G. A. G., à Paris. — 1° Pour le nickelage, il faut employer un bain composé de 1 partie de sulfate double de nickel et d ammoniaque pur et 10 parties d’eau distillée. — 2" Nous chercherons à vous donner l’explication que vous demandez.
- M. Higg. — 1° Remerciements pour votre communication que nous utiliserons. — 2° Nous ferons une rectification. — 5° Il s’agit bien, en effet, de la planète Saturne.
- M. M. Dailas, à Bordeaux. — Nous avons reçu la description de votre petit cadran solaire; nous l’utiliserons prochainement.
- M. A. Gobin, à Poligny. — Il y a des tables de correction qui vous permettront d’utiliser directement les observations des thermomètres à boule sèche et à boule mouillée sans calculs. Il existe aussi un appareil qui donne l’humidité relative par une simple lecture : l’hygromètre graphique de Lowe. (M. Georges Meyer, successeur de M. Redier, constructeur, 8, passage des Petites-Ecuries, à Pans.)
- M. H. Bourdier, inventeur de la lampe soleil au magnésium pour la photographie, lampe que nous avons décrite dernièrement, nous écrit que, contrairement à ce que nous avons dit, on peut facilement faire une quinzaine d’opérations sans remettre d'alcool; mais il faut d’abord que les mèches soient bien imbibées.
- M. A. Mathieu, à Paris. — 11 s’agit de baudruche ordinaire, mais de bonne qualité.
- M. H. C., à Cannes. —La benzine enlève les taches de peinture à l’huile; mais elle peut aussi agir sur les couleurs claires.
- M. Barbier, à Aix-les-Bains. — 1° Prenez d’abord l’empreinte du sceau avec de la gutta percha ramollie, plombaginez ensuite le moule ainsi formé, et soumettez au dépôt galvanoplastique. — 2° Piles Daniell.
- M. Bocquet, à Paris; M. J. Rigaux, à Bruxelles. — Nous n’avons pas l’adresse du fabricant. Tous nos regrets.
- M. P. Armingeat, à Paris. — Nous avons transmis votre lettre à l’auteur de l’article, qui répondra ici même.
- Un amateur d’aérostation, à Amiens. — Adressez-vous au directeur de l'Ecole.
- M. R. Comboul, à Bordeaux. — Nous n’avons encore aucuns renseignements bien précis sur l’invention dont il s’agit.
- M. X., à Paris. — Il n’y a pas moyen, semble-t-il, de réussir, la présence de l’acide sulfurique est dangereuse.
- M. A. Botjard, à Bruxelles. — L’adresse que nous avons donnée
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- suffit; écrivez directement à notre correspondant à Granada (Espa-gne).
- la. C. Âudisio, à Milan. — 1" Le sel est bien un sulfate double de nickel et d’ammoniaque. — 2° Les produits employés doivent être ♦très purs, surtout exempts de sels alcalino-terreux.
- M. A. C., à Champigny. — L’appareil ne se construit plus. Nous ne pouvons transmettre votre lettre.
- M. Gotendorf, à Maisons-Laffitte; L’abonné 1183, à Mexico. — Remerciements pour vos communications.
- M. G. de K., à Gand. — Les moyens que vous indiquez peuvent être suffisants; il faut essayer.
- M. J., à La Flèche. — Quand il s’agit d’appareil photographique, il ne faut pas seulement examiner un projet, mais bien expérimenter un appareil.
- M. Abel Gignon, à Nagaro. — 1° Nous n’avons pas d’autres renseignements. — 2° 11 faut un émail blanc appliqué à chaud.
- M. L. S., à Clermont-Ferrand. — 1° Le zinc ne doit pas tremper dans le liquide, quand la pile ne fonctionne pas. — 2° 2 ou 5 éléments de piles suffisent.
- M. Desmarest, à Montreuil. — L’expérience seule peut vous renseigner.
- QUESTIONS
- N* 1307. — M. E. de Felcourt, à Paris, demande quel est le navire français (paquebot, cuirassé, torpilleur ou autre) qui file le plus de nœuds à l’heure.
- RÉPONSES
- Réponse au n° 1306. — Moyen d’enlever le goût de moutarde û un vin. — Le meilleur moyen pour enlever le goût de moutarde à un vin ayant séjourné dans un fût qui a été désinfecté avec ce produit est d’abord de sortir le vin du fût infecté et de l’agiter avec de l’huile d’olives bien pure, dans les proportions d’un kilogramme par barrique. On décante ensuite l’huile qui surnage et ui s’est chargée des produits de la moutarde, et, si le vin n’est pas ’un cru précieux, on fera bien de le couper avec un vin factice de raisins secs dans la proportion d’un tiers : le vin obtenu sera excellent. (Communiqué par M. le Dr Bidonnard.)
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Nouveau commutateur-inverseur. — Le commutateur-inverseur que nous allons faire connaître est dû à M. Rouland; spécialement destiné aux expériences de cours, l’appareil se compose, tel qu’il est construit par M. Démichel, de deux barreaux de cuivre parallèles, de forte section, AB, CD, présentant en leurs milieux E,F, deux solutions de continuité qu’on peut faire disparaître au moyen de chevilles G. La portion EB du premier barreau se prolonge, en diagonale, jusqu’à la partie CF du second, à laquelle une cheville peut la réunir en F' ; de même la moitié FD du deuxième barreau est prolongée diagonalement jusqu’à la partie AE du premier avec laquelle on peut également la faire communiquer au moyen d’une autre cheville placée en E'. Pour isoler l’une de l’autre les deux pièces en diagonales, on les a doublement coudées à angle droit l’une en dessus, l’autre en dessous du plan de la figure. Quatre poupées sçrre-fils A'B'C'D' complètent l’appareil. On obtient l’interruption et l’inversion du courant de la manière suivante : supposons que le ôle positif de la pile aboutisse en B et le pôle négatif en D. 'appareil se trouvant dans les conditions de la figure, on voit que le courant ne passe pas. Si on place les chevilles en E et F, le courant circule dans le fil extérieur suivant le sens de la flèche f; tout se passe alors comme si les pièces en croix n’existaient pas. On l’interrompt et on le rétablit à volonté en enlevant et replaçant l’une des chevilles. Si, au contraire, on place les chevilles en E' et F', le courant circule dans le sens de la flèche f par l’intermédiaire des pièces croisées : il a donc changé de sens dans le circuit. On l’interrompt et on le rétablit comme précédemment. Dans chaque cas, une troisième cheville placée dans un des trous restés libres donne une dérivation dans l’appareil; il en résulte une diminution de l’intensité du courant qui circule dans le fil extérieur, résultat souvent utile pour de nombreuses expériences de cours et tout à fait particulier à l’appareil de M. Rouland. Pour rendre entièrement visible ce dispositif d’ailleurs fort simple, on a évidé le milieu de la planchette qui sert de support à l’appareil. Les élèves peuvent ainsi, sans
- qu’on soit obligé de démonter aucune pièce, suivre très facilement la marche du courant. Une des qualités essentielles de ce commutateur le rend précieux dans les expériences de mesure : grâce aux dimensions des barreaux et à la perfection des contacts donnés par
- les chevilles, il n’apporte aucune résistance au passage du courant,' avantage dont ne peut se recommander aucun des commutateur^ à ressorts habituellement employés. C’est en raison de ces perfectionnements que le commutateur de M. Rouland a, croyons-nous, sa place marquée dans tous les laboratoires de physique. Poitevin,
- Préparateur de physique au lycée Charlemagne.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Destruction des loirs.
- M. Nisse, jardinier à Esquermes-Lille, a fait connaître à la Revue horticole un procédé de destruction des loirs. « J’ignore, dit M. L. Morin, si ce procédé est nouveau et connu, mais ce que^j* peux affirmer, c’est qu’il est absolument radical et d'une complète efficacité, tout cela sans frais pour ainsi dire. En effet, j’ai acheté pour 30 centimes de noix vomique, 20 centimes de sucre en poudre, puis j’ai fait une omelette de six œufs que j’ai coupée en vingt morceaux sur lesquels j’ai saupoudré un peu de noix vomique recouvert de sucre et placés sur des morceaux de carton comme M. Nisse l'indique, Je les ai accrochés au treillage sur un mur garni de belles pêches et long d’environ 40 mètres. Dès le lendemain même dç cette opération, je trouvais deux loirs au pied du mur; le surlendemain j’en trouvais deux autres, c’est probablement tout ce qu’il y avait dans mon jardin, car depuis (il y a de cela quinze jours), je n’ai plus trouvé de pêches entamées, là où je pouvais les compter par demi-douzaine tous les matins. »
- Retouche des clichés photographiques pendant le développement.
- M. H. Fourtier a fait connaître un procédé de retouche chimique ui peut s’employer pendant le développement même et a pour but e retarder la venue de certaines parties qui prennent trop d’intensité par rapport aux autres, les ciels, les grandes lumières, par exemple. Lorsque celles-ci apparaissent sans qu’il y ait encore aucun détail dans les parties moins éclairées, on arrête le développement en lavant vivement le cliché. On le laisse égoutter, puis on touche les grandes lumières avec un pinceau imbibé de la solution suivante : bromure de potassium, 4 grammes; citrate de potasse 2 grammes; eau 100". On continue ensuite le développement comme d’habitude. Il y a arrêt de développement dans les parties ainsi traitées et l’on peut, par suite, pousser sans crainte les détails dans les ombres.
- Moyen de rendre le papier imperméable.
- Le Lithographer and printer donne la formule suivante pour rendre le papier imperméable. Toute espèce de papier peut être rendu imperméable en le plongeant dans une solution de colle forte additionnée d’un peu d’acide acétique. Ajoutez pour chaque litre de cetie solution 30 grammes de bichromate de potasse. Faites passer le papier à travers.cette solution, puis faites sécher dans la lumière, jamais dans l’obscurité.
- Li Rédietion et l’Administration de LA NATURE sont étrangères an service des Annonces pour lesquelles on doit s’adresser i l’Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, me de Flenrns.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Rature est interdite. La reproduction des illustrations,' même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 767' BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- d'après les observations db h. renod (parc de saint-maur, altitodb ; 49 m. 30)
- Janvier-Février 1891. — Semaine du lundi 26 Janvier au dimanche 1er Février 1891.
- t
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregiatraur de li. Rédier. — Thermomètre à l'abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après le bulletin international du bureau CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL i 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 26 janvier 1891. . 1*>8 S. 0 Beau. 0 Beau; brouillard de 400 mètres à 8 h.
- Mardi 27 • - 1*j0 S. 2 Beau. 0 Très peu nuageux jusqu’à 17 h.; couv. ensuite.
- Mercredi 28 3*,5 S. E. 2 Couvert. 0 Couv. jusq. 18 h.; peu nuag. ensuite.
- Jeudi 29 l-,8 S. 2 Peu nuageux. 0 Très peu nuageux jusq. 7 h.; presque couv. ensuite, gouttes à 22 h.
- Vendredi 30 5%4 S. S. W. 2 Couvert. 4,3 Couv. le matin, peu nuageux le soir; pluie de 2 h. à 7 h. 1/2, etde9 h.50àlUh.20;transp. atm.5h.à9h.
- Samedi 31 3%1 S. S. E. 2 Couvert. 1,2 Couv. de 5 h. à 14 h.; nuag. ou beau le reste ; brouil. à 1 h., pluie de 10 h. 35 à 11 h. 30.
- Dimanche février. . . 5%5 S. W. 3 Couvert. 1,3 Couv.; éclaircies (le 13 h. à 17 h.; petites pluies.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
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- Les inondations en province. — De grandes inondations se sont profites, à partir du dégel, à Arras et dans les environs. La petite rivière Le Crin-thon, grossie démesurément par la fonte des neiges et les glaces, a déborde a ichicourt et s’est précipitée impétueusement dans la ville d’Arras, dont plusieurs quartiers ont été inondés. Les dégâts matériels ont été considérables. Plusieurs Biaisons se sont effondrées et de nombreux bestiaux ont été noyés. La circu-btion des trains a été interrompue pendant quelques jours sur la ligne de
- Calais à Anvin, par une inondation causée par. le dégel, entre les stations de Lumbres et de Fauquembergues.
- A Saint-Quentin, une partie du faubourg Saint-Jean a été inondée. On a dû faire évacuer plusieurs maisons ayant 50 centimètres d’eau au rez-de-chaussée.
- Coïncidence climatologique curieuse. — Notre confrère Ciel et Terre cite le fait suivant, qui est tout à fait singulier. Pendant l’année climatologique de 1888-1889 (décembre 1888 à novembre 1889), à Bruxelles, 170 jours ont eu leur température au-dessus de la normale, 191 au-dessous de la normale et 4 jours ont eu leur température égale à la normale. Or, pendant l’année climatologique 1889 1890, on a noté exactement les mêmes valeurs, c’est-à-dire : 170,191 et 4. Il y a là, il faut en convenir, une coïncidence vraiment extraordinaire. La température moyenne de l’année 1889 a été de 10°,08 ; celle de 1890 est de 10°,00. La normale est : 10®,29.
- TEMPÉRATURE
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- Réai
- Supplémert au numéro 924 do LA NATURE, dn 14 février 1391
- (uT.?™*) 616e BOITE AUX LETTRES (..**.«)
- 1m lettres et communication» relatives à la Botte au lettres et à la rédaction doivent être adressées & II. Gaston TISSANIHEB
- 50, rne de Châteandnn, à Paris.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements s’adresse, etc.) doivent être adressées
- ' A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- M. G. Trouvé, à Paris, nous adresse une intéressante lettre sur les glaces de fond dont nous avons parlé précédemment. M. Trouvé •a observé la formation des glaçons sur'la Seine, et il a constaté qu’ils «e formaient à la surface. Sans nier l’existence des glaces de fond, dans des cas particuliers, l’habile physicien croit que le phénomène est assez rare.
- M. le vicomte de Noiie, à Heugueville-les-Andelys (Eure), nous adresse d’intéressantes photographies, représentant la débâcle de la Seine au Petit-Andely. [Ces photographies ont été faites en face du
- Sont de pierre actuel qui remplace le pont suspendu coupé en 1870. oiis remercions notre correspondant de sa communication. Une ravure publiée dans la présente livraison donne une exacte idée des ébâcles de nos fleuves en janvier 1891 i M. Charles Sibillot nous écrit au sujet de l’article publié sur les Races de pigeons voyageurs, page 134, du n° 922, et manifeste son regret que son nom n’ait pas été cité nominativement à propos d’une Note extraite d’un de ses travaux. M. le L'-colonel de Rochas a fait la citation entre guillemets et l’attribue à « Un colombophile expérimenté ». L’auteur avait emprunté jadis le passage cité à la France colombophile et il avait omis de noter le nom de l’écrivain ; il se fait un plaisir de donner satisfaction à M. Sibillot.
- M. G. D., à P. — 1° Ajouter peu à peu la gélatine dans la solution. *— 2° 6 accumulateurs de 1 kilogramme de plaques. — 3“ Vous pouvez charger vos accumulateurs avec ces piles. — 4° Non. — 5° Voyez aux Annonces.
- M. J. Stoffel, à Paris. — La disposition que vous nous signalez est intéressante; mais elle a déjà été employée. Remerciements.
- M. Paul, à Paris. — Adressez-vous au directeur du Muséum d’histoire naturelle.
- M. G. de Malafosse, à La Roque. — 1° Cette pile nous est inconnue. — 2° Avec le montage en tension, la disposition n’offre pas d’inconvénients.
- M. P. Armingeat, à Paris. — Il n’y a rien à changer à l’article relatif au concours de locomotives ; l’auteur n’a pas parlé de l’application des chaudières Flaman à des locomotives déjà existantes.
- M. A. B.C., à Saint-Mandé.—"Remerciements pour votre communication; nous décrirons prochainement les réglettes que vous .signalez.
- M. L. Boiïlot, à La Chaux-de-Fonds. — 1° Prenez du phosphate d’ammoniaque. — 2° Les accumulateurs en question donnent de bons résultats.
- . M. D., à Grenoble. — Holos veut dire tout entier, et stéréos, solide; orométrique signifie: pour mesurer les montagnes.
- M. Grégoire, à Reims. — Contrôleurs de ronde : M. Collin, 118, rue Montmartre, à Paris.
- M. E. P. C., à Arras. — 1° Revue universelle des inventions nouvelles: M. H. Farjas, directeur, 25, rue Saint-Augustin, à Paris. — 2° Journal des inventeurs : M, H. Fléchier, administrateur, 120, rue Lafayette, à Paris.
- * M. B. X., à Commentry. — Adressez-vous au directeur du Bureau "central météorologique de France, 176, rue de l’Université, à Paris.
- M. Melet F., à Castelnaudary. — Nous pensons que vous trouverez des photographies de ce genre à la maison J. Hautecœur, 172, rue de Rivoli, à Paris.
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- M. Snilko, à Bobruisk. — La fabrication industrielle de ce fusil n’a pas été entreprise.
- M. Ch. Fournier, à Paris; M. C., à Paris. — L’adresse est donnée en tête de la Boîte aux lettres du numéro qui contient la description des engrais ou de l’appareil.
- M. E. A. de Seabre, à Lisbonne. — Nous n’avons aucun renseignement à ce sujet.
- M. J. Roux, à Douai. — 1° Oui. — 2° On ne saurait donner de conseil à cet égard. — 3° Certainement; nous examinerons votre théorie. .
- M. G. R., à Paris. — L’adresse que nous vous avons donnée précédemment, est erronée. Pour les maisons démontables, s’adresser à M. Poitrineau, architecte, 58, rue de Clichy.
- M. C. Orsat, à Lyon. — 1° Nous pensons que cette machine peut rendre des services. — 2’ Prochainement.
- M. E. Duflos, à Vitry-en-Artois. — 11 n’existe pas jusqu’ici d’appareils pratiques; mais plusieurs essais ont été faits dans cette voie.
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- M. H. L. S., à. Abbeville. — 1° Cette machine a été expérimentée,
- mais n’est pas en construction. — 2° Pour le prix de cet appareil, veuillez vous adresser au constructeur que nous avons indiqué.
- M. Marcel, à Orléans. — Les procédés que vous indiquez seraient inapplicables.
- M. S. S. B., à Saint-Brieuc. —1° Il faut laver la fumée de tabac avant de l’introduire dans la bouche ; vous trouverez des appareils construits à cet effet chez les marchands d’objets orientaux. — 2“ Non.
- M. A. Rebello Valente, à Porto. — L’adresse que vous demandez a été donnée, à différentes reprises, dans nos dernières Boîtes aux lettres.
- M. S. Hammer, à Lyon. — Il faut coller un morceau de papier sur le noyau de fer de l’électro-aimant. Si le levier restait encore attiré, disposez un petit ressort antagoniste très faible pour équilibrer l’attraction.
- M. G. M.J.,à Bruxelles. — Nous ne connaissons pas d’autre encre à vous indiquer.
- M. C. L., à Paris, nous informe qu’il a trouvé du goudron de bouleau à la maison Chardin-Hadancourt, fabricant de parfumerie, 16, boulevard Sébastopol.
- M. L. L., à Vayres. — La”formule du papier aristotype a été donnée dans le Bulletin de la Société française de photographie.
- M. A. G., à Bruxelles. — Voyez l’article publié sur la Photographie des couleurs, dans le présent numéro.
- M. Roland, à Lyon. — L’ouvrage de M. E. Keignart a été édité par la librairie Michelet, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. A. H., à Bruxelles; M. R. Homo, à Dam ville. — Remerciements pour vos communications.
- M. E. Ebran, à Fécamp; M. J. M. Richard, à Lyon. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. A. Poulet, à Attichy; M. L. S. D., à Saint-Etienne; M.A.B., à Orléans; M. J. P., à Paris. — Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. Ch. Rollhaus, au Havre. — 1° Le gaz hydrogène comprimé peut constituer une force motrice ; nous ne saurions vous dire si elle est économique. — 2° Nous n’avons pas entendu parler de cette application.
- Un abonné, à Rouen. — 1° Pas de journal spécial. — 2° Toutes les grandes maisons de serrurerie ont des albums qui contiennent les spécimens de leur fabrication.
- M. A. M., à Malakoff. — Aucun ouvrage n’a été publié sur le sujet.
- M. P. Barré, à Paris. — Vous aurez ces dessins en vous adressant à M. Trouvé, 14, rue Vivienne, à Paris, et à M. Pieper, à Liège (Belgique).
- M. Letousey, à Blangy-sur-Bresle. — Cette société doit être une société très ancienne; nous ne pouvons vous fournir de renseignements. Tous nos regrets.
- L'abonné 2343, à Monsol. — Une ventilation énergique est ce qu’il y a de préférable.
- M. P. P., à Reims. — 1° Assurément, l’objet qui aura bougé fera tache dans le cliché. — 2° Cette lunette a été décrite pour être confectionnée soi-même.
- M. E. Mo?iod, à Versailles. — Les appareils photographiques à •bon marché ne sauraient avoir les qualités des appareils des prix élevés.
- Mm° M. H., à Paris. — Un dç nos lecteurs, M. F. C., a Paris, nous donne, à votre intention, l’adresse du fabricant de la serviette La Prodigieuse : M. G. Renaut, 86, rue du Faubourg-Saint-Denis.
- M. le comte Fttslowski, à Varsovie. — L’analyse, dont vous nous adressez le résultat, ne nous paraît pas bien exposée. Il n’v a pas de fer métallique dans les minerais, et nous ne voyons pas de composition centésimale.
- M. E. Nipas, à Louvain. — Le journal l'Electricien (G. Masson, éditeur) a publié quelques articles techniques sur la distribution de l’air comprimé, notamment dans les n°’ 355 et 367, du 1er février et .du 26 avril 1890. La Compagnie de l’air comprimé, au lac Saint-Fargeau, à Paris, vous fournira aussi d’autres renseignements. .
- • M. G. D., h Paris. — 1° Pour faire de l’encre de Chine, broyez du noir de fumée avec de la colle forte bouillie dans l’eau, ajoutez un peu de camphre ou de musc, et laissez sécher. — 2° Il est difficile d’empêcher ce précipité; il dépend de la qualité de l’encre. — 3° Oui ; la vaseline convient bien. — 4° Une huile fine suffit. — 5° On a essayé, en effet, le cobaltage des métaux ; mais jusqu’ici on ne peut être très affirmatif pour les résultats obtenus. — 6° Remerciements.
- M. E. de R., à Paris. — 1° Nous ne connaissons pas la pendule
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- électrique dont il est question. — 2° Oui. — 3° Cette nouvelle pile : ’ n'a absolument aucun intérêt, et ne répond nullement aux appli-| cations que l’on a en vue.
- j? M. Ch. Mercier, à Paris. — Vous trouverez plusieurs moyens de . remédier au suintement des lampes au pétrole dans le petit livre de la Science pratique (G. Masson, éditeur).
- : M. J. Rolez, à Manchester. — Vous trouverez des livres sur' le
- j Brésil à la librairie Hachette, à Paris.
- M. Gotendorf, à Maisons-Laffitte. — M. Jeunet, pisciculture, 30, quai du Louvre, Paris.
- année, comme pour les années précédentes, le livre contient toutes les nouvelles valeurs relatives aux divers appareils (piles, accumulatenrs, machines, etc.) ; les renseignements ont été modifiés suivant les dernières expériences exécutées dans le courant de l’année, et suivant les nouveaux modes de construction. Signalons, en particulier, plusieurs chapitres intéressants dans ce qui a trait aux générateurs à force électromotrice périodique, et aux transformateurs, question industrielle à l’ordre du jour aujourd’hui. Le formulaire tout entier est, du reste, écrit avec cette précision et cette correction toute mathématique qui distingue les œuvres de notre savant collaborateur. J. L.
- j RÉPONSES
- Réponse au n° 1307. — Le navire français filant le plus de nœuds à l’heure est Y Ouragan, lancé en 1887 par les chantiers de la Loire. Sa machine a une puissance de 1700 chevaux, et sa vitesse aux essais a été de 25 nœuds à l’heure; c’est un éclaireur-torpilleur. Ensuite vient le Coureur, éclaireur-torpilleur, qui file 23,8 nœuds à l’heure. Enfin, sur un modèle plus grand, il y a le Forbin, croiseur de troisième classe, qui a filé près de 23 nœuds. Les paquebots ont une vitesse maxima de 19 à 20 nœuds; enfin le cuirassé le Hoche file 16,2 nœuds. (Communiqué par M. Paul Besson, à Paris.)
- Précis de pathologie vétérinaire, par E. Leclainche, chef des travaux de pathologie interne et de clinique à l’Ecole d’Alfort. Maladies internes du cheval. 1 vol. in-18. — Paris, G. Masson, 1891.
- Hypnotisme, suggestion, psychothérapie. Etudes nouvelles, par le Dr Bernheim, professeur à la Faculté de médecine de Nancy. 1 vol. in-8°. Octave Doin, éditeur.— Paris, 1891.
- Thérapeutique suggestive, son mécanisme, propriétés diverses du sommeil provoqué et des états analogues, par le Dr A. Liébeàult. 1 vol. in-16. Octave Doin, éditeur. — Paris, 1891.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Cours municipal de pisciculture. — M. Jousset de Bel-lesme, directeur de l’aquarium de la Ville de Paris, commencera ce cours le lundi 16 février 1891; à 2 heures, à la mairie du I8r arrondissement (Saint-Germain-l’Auxerrois) et le continuera les lundi, mercredi et vendredi à la même heure. — Objet du cours : Poissons d’eau douce de la France; mœurs, instincts, fonctions, hygiène et maladies ; reproduction et culture du poisson ; procédés pratiques de pisciculture ; fécondation artificielle ; appareils ; repeuplement des cours d’eau et étangs; pêche fluviale; législation; usages alimentaires et industriels; approvisionnement du marché de Paris.
- ______BIBLIOGRAPHIE
- Merveilles de la nature. — Les races humaines, par le Dr R. Verneau, préparateur au laboratoire d’anthropologie du Muséum d’histoire naturelle. 1 vol in-4°, avec une préface par M. A. de Qua-trefages. Librairie J.-B. Baillère et fils. — Paris, 1891.
- M. le Dr Verneau, préparateur d’anthropologie au Muséum d’histoire naturelle, vient ae publier un magnifique et important ouvrage sur les races humaines. Le savant auteur nous présente le tableau complet des différents groupes humains. « Dans un style clair et précis, dit M. de Quatrefages, à la fin de la préface magistrale dont l’ouvrage est accompagné, il en fait connaître avec détails les caractères physiques, intellectuels, moraux et religieux dans une suite de chapitres toujours placés dans le même ordre et ortant les mêmes titres. Ses descriptions, ses caractérisations eviennent ainsi aisément comparables, et le lecteur saisit sans efforts les rapports et les différences qui existent entre les groupes voisins ou éloignés, en même temps qu’il se fait une idée nette de chacun d’eux. » Le livre est enrichi de nombreuses illustrations et d’excellents types des races humaines reproduits d’après des photographies. L’œuvre de M. Verneau est un monument élevé à l’Anthropologie. ' G. T.
- Petit traité des punitions et des récompenses, par Félix Hément, avec une lettre de M. Legouvé, de l’Académie française. 1 vol in-12. G. Carré, éditeur. — Paris. Prix : 2 francs.
- L’hiver dans les Alpes-Maritimes et dans la principauté de Monaco. Climatologie et hygiène, par le Dr E. Onimus. 1 vol. in-16. Octave Doin, éditeur. — Paris, 1891.
- Origine des forces de la nature. Nouvelle théorie remplaçant celle de l’attraction, par Guillaume Poche. 1 vol. in-16. G. Masson, éditeur. — Paris, 1891.
- Effets du projectile du nouveau fusil de petit calibre. Exposé scientifique en vue de juger des blessures dans les prochaines guerres, par M. le professeur Paul Bruns, chef de la clinique chirurgicale à Tubingen (Wurtemberg). Traduit de l’allemand avec l’autorisation de l’auteur, par E. Hartog, capitaine d’artillerie belge. 1 brochure grand in-4°. Imprimerie veuve Monnom. — Bruxelles, 1891.
- Index to the literature of thermodynamics, by Alfred Tuckerman. 1 vol. in-8°dela Smithsonian miscellaneous collections. Published by the Smithsonian institution. — Washington, 1890.
- Explorations of the fishing grounds of Alaska, Washington terri-tory, and Oregon, during 1888, by the U. S. Fish commission steamer Albatross. 1 vol. ia-8°. Government printing office. — Washington, 1889.
- Monographs of the United States geological Survey. 1 vol. 1n-4°. Government printing office. — Washington, 1890.
- Ninth annual report of the United States geological Survey to the secretary of the interior 1887-1888, by J. W. Powell, director. 1 vol. in-4°. Government printing office. 1889.
- Minerai resources of the United States. Department of the interior. United States geological Survey, J. W. Powell, director. Calendar year 1888. 1 vol. in-8°. Government printing office. — Washington, 1890.
- Bulletin of the United States geological Survey, n°* 58, ’59, 60, 61, 63, 64. 6 brochures in-8°. Government printing office. — Washington, 1890.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Huile à graisser les machines.
- Dans une de vos précédentes Boîte aux lettres, vous avez répondu à une question sur T huile à graisser les machines, qu’il est difficile de la préparer soi-même d’une façon satisfaisante. Voici un procédé qui m’a été enseigné par un industriel l’employant chaque jour pour le graissage de ses machines. On plonge, dans un bocal de bonne huile d’olive, des lamelles de plomb présentant le plus de surface possible. Toutes les impuretés de l’huile se déposent peu à peu sur le plomb ou au fond du vase. Au bout de deux à trois mois, l’huile est aussi pure que l’huile spéciale du commerce. (Communiqué par M. F. E., à Valence.)
- Voici un petit livre excellent -et d’une lecture agréable, même pour les profanes en pédagogie. Nul pédantisme : un tour libre, aisé, familier, des rencontres d’expression très heureuses; une noblesse, une pureté de sentiments qu’on est habitué à retrouver chez l’auteur. Maîtres et parents, parents surtout, ne sauraient se dispenser de lire ce petit livre qui est venu à propos au moment de la révolution opérée dans les méthodes d’enseignement et de discipline. Après l’avoir lu, nous sommes certains qu’ils le reliront. F. D.
- Formulaire pratique de l’électricien, par E. Hospitalier, 9° année, 1891.1 vol. in-16. G. Masson, libraire-éditeur. — Paris, 1891.
- Il n’est plus besoin de faire l’éloge de cet ouvrage annuel si précieux pour tous les électriciens. Rappelons seulement que cette
- U Rédaction et l'Administration do LA NATURB sont étrangères an aortite dos Annontos ponr losqnelles on doit s’adressor à l’Office do Publicité do l’Imprimerie, 9, rno do Flonrns.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 768e BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA NATURE
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- d’après les observations de h. renoo (parc de saint-maor, altitude : 49 M. 30)
- Janvier-Février 1891. — Semaine du lundi 2 au dimanche 8 Février 1891.
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- Baromètre
- Thermomètre£*Then^^]^-è/ humide
- La courbe supérieure indique la nébulosité de Q à 10; les flèches inférieures., la direction du vent.
- Baromètre enregietrenr de V. Rédfer. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée. Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. LE 2 A 4' H. 52 M. DD MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- D’APRÈS LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL A 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 février 1891. . 3*,0 N. N. W. 2 Couvert. 1,3 Couv., petit brouillard à 9 h.
- Murdi 3 ‘. — 0*,6 S. W. 1 Couvert. 0 Couv., brouillard la nuit.
- ÜAPPrAlii 1. 3*,9 W. S. W. 0 Couvert. 0,3 Couv.; bruine la nuit; petit brouillard à 7 h.
- J au ri i — 1*,0 N. N. E. 2 Couvert. 0 Couv.; brumeux; bruine soirée.
- Vendredi 6 0*,3 S. S. W. 0 Couvert. 0 Couv.; brouillard nuit.
- SlftYnA/li 7 ...... 1*,1 N. N. E. 1 Couvert. •0 Couv. jusq. 18 b.; beau ensuite; très brumeux.
- nimanf»hA 8 — 2*,5 N. N. E. 1 Beau. 0 Beau.
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Résumé des observations météorologiques faites au parc de gaint-Maur en janvier fl »®I
- par M. E. Renoo.
- Moyenne barométrique à midi, 762“"*,35; minimum, le 21, à 2 heures du soir, 746“,02; maximum, le 12, à 8 heures du matin, 774“",49.
- Moyennes thermométriques : des minima, —3®,69; des maxima, 2°,78; du mois, — 0°,45; moyenne vraie des vingt-quatre heures, — 0°,83. Minimum, le 20, vers 5 heures du matin, —13°,5; maximum, le 30, entre 2 heures et heures du soir, 10°,7. Il y a eu vingt-un jours de gelée et trois jours de gelée blanche. 11 y a eu dix jours sans dégel en 2 séries.
- Tension moyenne de la vapeur, 3",88 ; la moindre, Je 17 à 3 heures du soir, 1“,6; la plus grande, le 31, à 3 heures du soir, 7““,4.
- Humidité relative, 85; la moindre, le 11, à 2 heures du soir, 57; la plus grande, 100, en dix-huit jours.
- .Pluie, 21““,2 en quatorze jours de neige et pluie; parmi lesquels dix jours de neige, la plupart du temps insignifiante; la neige n’a couvert légèrement la terre que du 15 au 23. Le 16, il y en a eu 4 centimètres sur le sol. Jusqu’au 23, le sol a été constamment couvert de verglas ou de glace. Il y a eu huit jours de faible brouillard.
- Nébulosité moyenne, 58.
- Température moyenne de la Marne, 0°,14; elle a été dix-sept jours à zéro; elle a atteint 1°,55 le 31. Très claire jusqu’au 23, elle a été très trouble les six derniers jours ; son niveau a marché en sens inverse ; la rivière, basse jusqu’au 24, s’est élevée le 26 à 4”,67, jour où elle a débâclé, s’élevant de 2“,53 en deux jours.
- Le vent a soufflé presque toujours du nord-nord-est jusqu’au 19 et du sud-sud-ouest ensuite. Il a soufflé du nord très fort le 16.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de janvier 1891 a présenté les résultats suivants :
- Baromètre plus haut de 3"”,54; thermomètre plus bas de 2°,40; tension de la vapeur moindre de 1”“,05; humidité relative moindre de 4; pluie moindre de 18“”,9; nébulosité moindre de 14.
- TEMPÉRATURE
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- Librairie de G. MASSON, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris
- VIENNENT DE PARAITRE :
- TRAITÉ
- D’ANALYSE CHIMIQUE
- DE
- R. D. SILVA
- Professeur à l’École centrale des arts et manufactures, et à l’École municipale de physique et de chimie industrielles
- I
- Rédigé par
- - M. ËIVGEL
- Professeur à l’École centrale, membre correspondant de l’Académie de médecine.
- 1 volume in-8° avec figures.........* 8 fr.
- Chef des travaux de chimie analytique à l’Ecole centrale des arts et manufactures, puis professeur de chimie à l’École municipale de physique et de chimie industrielles et enfin professeur de chimie analytique à l’École centrale, M. Silva a consacré les dernières années de sa vie laborieuse à l’enseignement de la chimie analytique.
- Le succès de son enseignement à l’École centrale avait été si marqué, la direction qu’il lui donnait était si pratique, qu’on lui demanda de rédiger un Traité élémentaire de chimie analytique, qui allait être publié quand la mort vint le surprendre.
- On trouva dans Ses cartons un assez grand nombre de leçons complètement rédigées, et beaucoup de notes, de plans de conférences ou de leçons, écrits souvent plusieurs fois, témoins de son labeur assidu.
- M. Engel, qui a remplacé M. Silva dans sa chaire de l’École centrale avec le talent et le succès que l’on sait, a bien voulu se charger de mettre en ordre ces manuscrits en éliminant ce qui faisait double emploi et en achevant la rédaction des portions qui ne se trouvaient qu’indiquées.
- Le meilleur éloge que nous puissions faire du livre que nous annonçons se trouve dans ces quelques lignes empruntées a la Préface dont M. Friedel a bien voulu accompagner l’ouvrage :
- « Le présent ouvrage nous semble répondre à un besoin et pouvoir remplacer dans la plupart des cas, avec avantage, des traités beaucoup plus volumineux qui laissent au lecteur l’embarras du choix parmi de nombreuses méthodes, sans lui donner suffisamment le moyen de reconnaître quelle est celle qui doit être préférée dans le cas qui l’occupe. Sa publication n’est pas seulement un hommage rendu à la mémoire d’un savant distingué et d’un professeur dont le dévouement à sa tâche et à ses élèves était sans bornes, mais, en même temps, un service rendu aux commençants en les initiant aux premiers éléments de la science, ainsi qu’aux chimistes ayant déjà la pratique du laboratoire en leur rappelant des'détails d’opérations que la mémoire la plus sûre ne suffit pas à retenir. »
- LA NEUVIÈME ANNÉE (1891) '
- DU
- FORMULAIRE PRATIQUE
- DE L’ÉLECTRICIEN
- PAR
- E. HOSPITALIER
- Ingénieur des arts et manufactures, professeur à l’Écolè municipale de physique et de chimie industrielles
- 1 volume in-18, cartonné toile.. 5 fr.
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- PRÉFACE
- Les modifications apportées à la neuvième année du Formulaire sont assez importantes, et se traduisent par un accroissement sensible du nombre de pages ; car, pour répondre au désir exprimé par un grand nombre de nos lecteurs, nous avons dû, indépendamment des nouveautés, remettre dans cette édition les renseignements pratiques que nous avions supprimés dans l’édition précédente.
- Les additions à la partie théorique portent principalement sur les courants périodiques : accroissement de résistance des conducteurs cylindriques traversés par ces courants; loi des courants dérivés, générateurs périodiques agissant sur un circuit présentant de la capacité, mesure des courants périodiques, etc.
- Les renseignements pratiques composant la troisième partie ont été remaniés et complétés par de nouveaux chiffres sur la consommation des becs de gaz, les résistances spécifiques des métaux, alliages, liquides, etc., et les valeurs des principales constantes magnétiques des aciers employés à la fabrication des aimants permanents.
- Nous signalerons dans la quatrième partie* consacrée à la production, à la canalisation et aux applications de l’énergie électrique, dés données numériques nouvelles relatives aux accumulateurs, aux dvnamos, aux coefficients pratiques, pouvant servir de guide à la construction des transformateurs d’induction, au platinage, aux intensités lumineuses des lampes à arc, à la répartition et à la distribution de foyers lumineux suivant les différents besoins de la pratique, et aux conditions de fonctionnement des principaux appareils d’horlogerie électrique. ‘ v
- Nous espérons que notre formulaire ainsi tenu au courant sera utile aux praticiens et leur facilitera leurs travaux.. Si nous avons réussi selon nos vœux, nous leur demanderons à notre tour de collaborer à notre œuvre en nous adressant les documents pratiques qui nous feraient encore défaut et dont nous profiterons pour les éditions ultérieures.
- CHEMIN DE FER D’ORLÉANS
- Billets d’aller et retour de famille pour les stations des Pyrénées , et le golfe de Gascogne.
- Tarif spécial A 11° 3i (Orléans).
- Des billets d’aller et retour de famille, de lr0 et de 2” classe, sont délivrés toute l’année à toutes les stations du réseau d’Orléans, avec faculté d’arrêt à tous lès points- du parcours :
- ; Pour Areaclion, Biarritz, Dax, Guéthary, Pau, Saint-Jeau-de-Luz et Salies-de-Béarn ;
- Avec les réductions suivantes, calculées sur les prix du tarif légal d'après la : distance parcourue, sous réserve que cette distance, aller et retour compris, sera d’au moins 500 kilomètres.
- Pour une famille de 3 personnes, 25 pour 100
- — 4 — 30 —
- — 5 — 33 —
- • ’ - — 6 — 40 —
- Durée de validité : 33 jours, non compris les jours de départ et d’arrivée.
- La durée de validité des billets de famille peut être prolongée, pour une ou deux fois, de 30 jours, moyennant le payement, pour chacune de ces périodes, "d’un supplément égal à 10 pour 10D du prix du billet de famille.
- CHEMIN DE FER DE L'OUEST
- Nouvelles cartes d’abonnement, avec parcours circulaires sur la banlieue de Paris.
- La Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest délivre, depuis le 1" septembre dernier, de nouvelles cartes d’abonnement (1” et 2* classe), de trois mois, de six mois ou d’une année, pour les quatre itinéraires suivants :
- 1° De Paris (Saint-Lazare, Montparnasse ou Champ-de-Mars) à Saint-Cloudj Pont de Saint-Cloud, Garches, Sèvres (Ville-d’Avray et rive gauche) et vice versa;
- 2“ De Paris (Saint-Lazare ou Montparnasse) à Versailles (rive droite et rive gauche) et vice versa;
- 3° De Paris (Saint-Lazare) à Saint-Germain (via Le Pecq et via Marly-le-Roi) et vice versa ;
- 4* De Paris (Saint-Lazare, Montparnasse ou Champ-de-Mars) à Versailles (rive droite et rive gauche) et à Saint-Germain (via Le Pecq et Marly-le-Roi) et vice versa.
- Arrêts facultatifs à toutes les gares intermédiaires.
- Faculté de régler le prix de l’abonnement de six mois ou d’un an, sqit immédiatement, soit par payements échelonnés.
- Les cartes des 1", 2* et 4* itinéraires sont, moyennant un supplément de prix, rendues valables sur la Ceinture, de Paris (Saint-Lazare) à Ouest-Ceinture.
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- N* J25 de \
- LA NATURE/
- Supplémert an numéro 925 de LA NATURE, du 21 février 1391
- 617‘BOITE AUX LETTRES (
- SAMEDI
- 21 février 1811 ^
- 'Km lettre* et communication» relatives à la I}o!ta an* lettres et à la rédaction doivent être adressées à I. Gaston TI S BANDEES
- 60, rue de Ch&teaadnn, à Paris/ h * - . ,
- Toutes les communications ouf concernent Le •SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressée»
- ' • ' *, . A LA LIBRAIRIE JÉaSSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN. . *- ‘
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison. i
- •-M'J JœgërfX Jolivet (près Lunéville), nous adresse deux photographies de glaçons qui ont été. déposés sur les prés par la crue des eaux de la Vezouse le 25 janvier dernier. Â ce moment ces glaçons avaient 70 à 80 centimètres d’épaisseur.- La rivière était encore couverte,^ 15 février, d’une eouche.de glace de 50 à 60 centimètres. Sur les bords du canal, la température était de 10 à 12 degrés au-dessous-de; zéro.5
- M. J. P., à Paris. — Vous nous demandez ce qu’est la Connais-sancédes temps, citée dans les livres scientifiques ou astronomiques; c’est un volume publié chaque année par notre Bureau des longitudes *çt qui contient des tables astronomiques donnant, jour par jour,“‘les positions du Soleil, de la Lune et des astres.
- U. Alexandre Henriot, à Reims. — Lettres et photographies seront publiées dans un prochain numéro; tous nos remerciements.
- Mac-Iwnard, à D. — L’article que vous nous avez adressé est puremënt théorique et n’entre pas dans le cadre de La Nature.
- M. L. Reverchon, à Paris, nous adresse une Notice sur la compensation du balaneier à tige de sapin. Ce bois est en effet très employé dans la construction des régulateurs en raison de, son bon marché et de son faible coefficient de dilatation. Ce dernier coefficient n’étant pas négligeable, on cherche à réduire au minimum son influence, en la compensant à l’aide d’un métal, le zinc. C’est l’objet de la Notice qui nous est adressée.
- M. le Dr Vogt, à Paris, nous écrit que l’année dernière, en sep-tèmbre, il n’avait pu trouver des chrysalides malgré ses recherches à 50 centimètres en terre, et malgré le grand nombre de chenilles en juillet. Le même terrain, à Ja même profondeur, a été examiné .dernièrement, et on en a trouvé un grand nombre. Ces insectes auraient-ils eu, au mois de juillet, la prescience d’un hiver rigoureux ? Le jardinier de l’endroit affirme que pareil fait s’est présenté lors des hivers rigoureux. Notre correspondant demande si des observations ont été faites à ce sujet.
- M. E. Amiyot, à Paris. — Si la lumière a fait défaut pendant la ose, il faut ajouter beaucoup de carbonate de soude à votre bain de éveloppement.
- M. J. Febvrcl, au Saut-du-Broc. — D’une manière générale, le fonctionnement des régulateurs automatiques dans les distributions électriques laisse à désirer; il est préférable de s’abstenir de leur emploi et de régler à la main. Si vous voulez nous désigner quelques-uns des systèmes qui vous sont soumis, nous pourrons vous conseiller.
- ! M. Delplanque, à Amiens. — Nous n’avons rien à ajouter ni à retrancher à ce que nous avons dit précédemment sur la voiture à vapeur Serpollet ; nous avons pu juger par nous-même du fonctionnement pratique de cet appareil..
- M. A. P., à Brive. — Pour faire disparaître, dans les thermomètres, les bulles d’air qui divisent les colonnes liquides, il faut utiliser l'action de la force centrifuge. Attacher le thermomètre à l’extrémité d’une cordelette, et faire tourner violemment.
- * M. E. Lencou, à Paris. — 1° Oui. — 2° Pas d’adresse spéciale.
- M. H. Touplain, à Thouaré. — 1° Non. — 2° Chez tous les marchands de quincaillerie.
- M. E. Fergeau, à Paris. — Vous trouverez un petit spectroscope de poche, dans les prix de 20 à 25 francs, chez M. Pellin, opticien, 21, rue del’Odéon; ou chez M. Lutz, 82, boulevard Saint-Germain.
- Un lecteur, à Angers. •— Il faudrait examiner l’objet lui-même; nous ne saurions juger à distance.,
- M. G. Leyde, à Cologne. — Il serait plus simple de remplacer le caoutchouc ; il s'agit d’une réparation difficile.
- M. Rogez, à Sedan. — Nous ne croyons pas que vous trouverez toutes faites des plaques de cuivre argentées qui étaient employées autrefois pour daguerréotypie ; vous pourrez les préparer vous-même.
- L’abonné X. Y. Z., à Culoz. — i° Nous n’avons pas d’autres renseignements sur la recette que nous avons publiée précédemment, — 2° Cette pile ne possède pas les qualités qu’on lui attribue.
- M. E. Trétrop, à Bruxelles. — Pour graduer votre galvanomètre en milli-ampères, il faut mesurer la différence de potentiel aux bornes d’une très grande résistance connue. La loi élémentaire de Ohm permet de calculer à chaque instant le nombre de milli-ampères obtenus ; il suffit de lire l’indication du galvanomètre et de comparer.
- M. G. Queiroz, à Paredés-de-Coura. — Il est préférable de vous adresser directement au constructeur, qui seul peut vous donner les renseignements que vous demandez.
- M. le Dr Tournié, à Escales. — Essayez l’éther, mais avec précaution.
- M. Sivan, à Genève. — Pour ce qui concerne le phonographe
- Edison, renseignez-vous à la Compagnie continentale Edison, 9, rut Caumartin, à Paris.
- M. B. Camarate, à Lisbonne. — 1° Ecrivez à la librairie Gau-thier-Villars ; la lettre sera remise à l’auteur. — 2° Moulures en carton-pierre : M. Collignon, 7, rue Norvins; MM. Delapierre el A. Baillif, 66, rue Truffault, à Paris.
- M. E. Gleye, à Mende. — Pour calculer cette résistance, il suffit de remplacer les lettres par leurs valeurs dans la formule que vous indiquez.
- M. Castelli, à Paris. — Nous croyons qu’il s’agit de Varzo.
- M. J. Dupeyron, à Paris. — Dans les accumulateurs, on peu! employer une pâte composée de deux parties de minium et d’une de litharge d’une part, et de deux parties de litharge et d’une de minium d’autre part, le tout malaxé avec de l’eau acidulée sulfurique.
- M. G. de B., à Lamoricière. — Les principales maisons d’installations électriques se chargeront volontiers, pensons-nous, de cette construction.
- M. B., à Saint-Elme-Arcachon. — On peut faire de la pose avec lès appareils sans pied, en les plaçant sur un meuble, une table.
- M. A. Raugé, à Challes. — Nous avons déjà indiqué, à plusieurs reprises, dans la Boîte aux lettres, des ouvrages et des journaux de photographie.
- M. H. Léo, à Chéragas. — Le petit moteur hydraulique de MM. Fribourg et Hesse, 26, rue des Ecoles, à Paris, vous conviendra.
- M. E. Leilz, à Longwy. — 1° Vous trouverez du mica chez les marchands de produits chimiques pour laboratoires. — 2° Fabrique de câbles électriques: MM. Menier, 7, rue du Théâtre; Société India Rubber, 97, boulevard Sébastopol; usines Rattier, 26, rue d’Aboutir, à Paris.
- M. F. Barault, à Orléans. — Veuillez vous adresser au constructeur dont l’adresse est donnée en tête de la Boîte aux lettres, il vous enverra un prospectus explicatif.
- M. E. Monod, à Versailles. — Les expériences de M, le Dr Herz ont été décrites dans le n° 858, du 22 juin 1889, p. 51.
- M. Léon Stass, à Paris. — Voyez l’article que nous avons publié sur les fontaines lumineuses (n° 854, du 25 mai 1889).
- Un étudiant, à Genève. — L’adresse à laquelle on peut se procurer la clef mobile de cryptographie Kronberg est indiquée, en tête de laBoîte aux lettres qui en contient la description.
- - M. A. Rieffel, à Saint-Jean.— 1° L’auteur n’a pas donné le mode opératoire. — 2° Non. — 5° On obtient les couleurs complémentaires. -
- M. L. M., à Chalon-sur-Saône. — Une excellente brochure a été publiée sur la cryptographie par le journal le Génie civil, 6, rue de la Chaussée-d’Antin, à Paris. C’est M. de Viaris qui en est l’auteur.
- Un abonné, à Belfort. — La librairie Hachette a édité récemment une carte de l’Afrique très complète.
- M. L., a Paris. — 1° Ces journaux ne se vendent pas au numéro; adressez-vous à la librairie Masson. — 2° Nous avons décrit des appareils analogues. Remerciements.
- M. L'Esprit, à Paris. — Remerciements pour vos communications.
- M. J. P. C., à Lisbonne; M. F. Cazaux, à X.; M. J. G., à Dijon; MtJ. Scheurer, à Lure; M. V. H., aux Riceys; Un amateur, à Amiens; M. G. S., à Naples. —- Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. A. Poulet, à Jaulzy. — Nous avons indiqué, dans les petits livres des Recettes et procédés utiles, Science pratique, Nouvelles Recettes utiles, une série de recettes qui peuvent vous convenir.
- M. C. B., a Tours; M. le D1 Hussein, à Ispahan; Un abonné, à Troyes. — Voyez le premier des petits livres indiqués ci-dessus.
- M. G. H., aux Ponts-de-Cé. — 1° Vous trouverez plusieurs formules de pâtes à polycopier dans le même petit livre. — 2* Pas d’autre adresse que celle indiquée dans la Bibliographie.
- Mm“ C. L. de Cruz-Coke, à Santiago. — Pour tout ce qui concerne les engrais pour plantes d’appartement, vous pouvez vous adresser à M. Poiret, à Arras (France).
- M. L. L,, à Lyon. — La librairie Gauthier-YiUars, à Paris, a publié une série d’ouvrages sur la photographie. Demandez le catalogue.
- M. H. R., à Vannes. — La question que vous nous adressez comporte des développements que nous ne saurions indiquer ici. Vous trouverez des renseignements dans le Manuel de bibliographie universelle, à la librairie Roret, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. Gehwarz-Hauser, à Stuttgart. — Nous décrirons prochainement une fabrique de ce genre fonctionnant à Paris.
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- M. F. C. Kœchlin, à La Haye. — Le journal le Timbre, organe de la Société néerlandaise de timbrophiles, paraît en français tous les ianois. L’administration se trouve, 114, Nieuwendijk, à Amsterdam.
- M. J. Brière, à Saint-Maurice. — La composition exacte de cet explosif n’a pas été publiée.
- Un abonné, à Paris, — Il n’existe pas de lampe au magnésium fonctionnant si longtemps.
- Afm“ R. B., a Paris. —La poudre depyrèthre est l’insecticide qui convient le mieux.
- M. C. R., à Freiberg. — 1° Le Bulletin de la Société chimique de Paris est publié par la librairie Masson. — 2° Les traités de chimie organique sont très nombreux; adressez-vous aux librairies scientifiques (Masson, Hachette, Gauthier-Villars, Bernard, etc.).
- M. P. Dauzat, à Billom. — Il ne s’agit pas, dans l’épreuve dont vous parlez, de couleurs directement obtenues.
- M. A. Belin, à Rouen. — 1° La construction de cette machine n’a pas été indiquée avec détails, comme pour la dynamo. — 2° Nous ne pouvons vous renseigner.
- M. Louis de Morsier, à Paris. — 1° Un baromètre à mercure vous donnera exactement la pression. — 2® Instmctions météorologiques publiées par le Bureau central météorologique, à la librairie Gauthier-Villars. '
- M. E. M., à Rennes. — Nous ne pouvons nous occuper des acquisitions d’appareils.
- M. H. S., à Cazau. — 1° Avec 70 volts la secousse serait désagréable, mais non dangereuse. — 2° La plus puissante dynamo est celle de la station de Deptford ; elle donne, croyons-nous, 5000 chevaux avec une différence de potentiel de 5000 volts.
- M. X., à Y. — Il ne suffit pas d’indiquer une modification; il faut étudier aussi ce qu’elle peut donner en pratique. La solution que vous proposez compliquerait l’appareil.
- M. H. Duclos, à Troyes. — Composer une encre à base de plombagine.
- QUESTIONS
- N* 1308. — Un abonné, à Paris, demande quel est le procédé le meilleur pour nettoyer les diamants, et notamment quel est celui qu’emploient les bijoutiers pour nettoyer une rivière.
- BIBLIOGRAPHIE
- Précis de pathologie vétérinaire. Maladies internes du cheval, par E. Leclainche, chef des travaux de pathologie interne et de clinique à l’Ecole vétérinaire d’Alfort. 1 vol. in-18. G. Masson, éditeur,— Paris, 1891.
- Les planètes et leurs satellites, par Amédée Guillemin. 1 vol. in-16 de la Petite encyclopédie populaire. Librairie Hachette et Cie. — Paris, 1891.
- Traité de teinture sur laine et sur étoffes de laine, par P.-F. Levaux, directeur des fabriques impériales ottomanes. 1 vol. in-16. Jacques Godenne, imprimeur-éditeur. — Liège, 1890.
- Traité scientifique et industriel de la ramie, par Félicien Michotte, ingénieur. 1 vol. in-8°. — Paris. Office technique, 43, rue de Saintonge. 1891.— Prix : 10 francs.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Sous la rubrique Hygiène et Santé, nous publierons aussi régulièrement que possible des conseils, des formules simples, pour les indispositions banales, les maladies courantes qui ne nécessitent pas l’intervention du médecin; quelques avis sur les premiers secours à donner, en cas d’accidents, en attendant l’arrivée d’un docteur. Il s’agira d’une sorte de memento, destiné à remplacer les recettes de bonnes femmes par des formules rationnelles et pratiques et des avis utiles : ce sera en quelque sorte le pendant, dans l’ordre de l’hygiène et de la thérapeutique, de nos Recettes utiles auxquelles nos lecteurs ont fait un si favorable accueil. Inutile d’ajouter que nous accueillerons volontiers les renseignements qui reposeront sur une observation sérieuse.
- Remèdes contre le coryza aigu, vulgairement rhume de cerveau.
- Le coryza aigu survient à la suite d’un refroidissement, d’un courant d’air qui saisit au moment où le corps est plus ou moins en
- sueur. Le froid aux pieds par l'humidité en est une cause fréquente. La prophylaxie consistera donc à éviter sagement ces causes occasionnelles.
- Pour le combattre, voici la formule d’une poudre à priser six à huit fois par jour, comme une prise de tabac, qui réussit souvent à le faire avorter*:
- Menthol.......................10 centigrammes
- Chlorhydrate de cocaïne. .... 20 —
- Acide borique pulvérisé.......... 4 grammes
- Salicylate de bismuth...... 12 —
- Voici d’autre part la recette d’un remède populaire en Allemagne :
- Acide phénique................... 4 grammes
- Ammoniaque liquide............... 4 —
- Alcool.......................... 1 —
- Eau distillée....................10 —
- Imbiber de ce liquide une petite éponge que l’on place dans un petit cornet de papier ou dans un flacon à odeurs et respirer par le nez de temps à autre,
- L’action de l’ammoniaque est, pour certaines muqueuses, un peu irritante; respirer les premières fois avec précaution.
- Un remède très simple, mais moins efficace : Prendre une cuillerée à café de camphre en poudre, la jeter dans un verre d’eau en ébullition légère et inhaler les vapeurs par le nez.
- Dans les coryzas violents, accompagnés de maux de tête, il faut avoir recours à une légère sudation, au moyen d’une infusion chaude pectorale additionnée a’un peu de cognac, prise au moment du coucher. La belladone agit bien dans ces cas-là, mais le maniement de cette substance est dangereux et nécessite l’avis et l’ordonnance du médecin.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Colle de gomme arabique.
- Prenez de la belle gomme arabique; ajoutez-y une fois et demie environ son poids d’eau et abandonnez quelques jours en agitant de temps en temps. Portez au bain-mar*e sur un feu doux. En agitant, vous arriverez rapidement à obtenir la dissolution complète. Filtrez sur un linge, puis laissez refroidir. Ajoutez environ 1 gramme d’acide phénique pour 250 grammes de colle. Celle-ci se conservera indéfiniment. Pour la mettre à l’abri de la dessiccation et l’avoir toujours sous la main, disponible et bien propre, remplissez-en un flacon disposé comme le montre la figure ci-jointe. A est un simple encrier des plus communs; on a ajusté et collé sur le goulot le bouchon F, percé à la queue de rat. Un pinceau C peut glisser à frottement dur dans le bouchon D qui est renversé sur le goulot. Le pinceau est amené à hauteur telle que sa pointe seulement plonge dans la colle, de façon qu’il n’en prenne jamais trop. N’essuyez jamais le pinceau que sur la paroi intérieure du goulot sans jamais en déposer au dehors. Le bouchon F sera ainsi toujours propre et le petit verre à liqueur E vous donnera toujours une fermeture parfaitement hermétique, évitant ainsi toute évaporation, toute déperdition du phénol et, par suite toute altération de la colle. Le flacon à base très large ne se renversera jamais. Cette colle est très épaisse, très forte, eue agit immédiatement et sèche en quelques minutes. Si, parfois, vous avez besoin d’un peu de colle plus claire, versez un peu de celle-ci dans un godet et ajoutez d’eau Ce qu’il vous faut. Je n’ai pas besoin de dire combien souvent les amateurs photographes auront à recourir à ce petit ustensile. Abel Buguex.
- Pétrole contre les insectes.
- Le professeur Riley, à Washington, préconise l’usage du pétrole contre tous les insectes. Il recommande un mélange de deux parties de pétrole raffiné et d’une de lait aigri qu’on bat bien ensemble comme si l’on fouettait de la crème. Ce mélange gras et liquide se conserve très longtemps dans une bouteille fermée, ün l’emploie avec de l’eau qu’on ajoute dans les proportions que l’on veut. La chaleur accélère la préparation de ce composé qui agit très énergiquement, même administré en petites quantités.
- La Rédaction al l’AdministratioB da LA NATURE sont étrangères au service des Annoifeas pour lesquelles on doit s’adresser i l’OIflee de Publicité de l'Imprimerie, 9, ma de Fleura.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA
- d’après LIS OBSIRVATIONS DI I. RENOU (PARC DI SAINT-MAUR, ALTITUDE ; 49 I. 30)
- NATURE
- Février 1891. — Semaine dn lundi 9 an dimanche 15 Février 1891.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre «nraglitrcDr de M. Rédler. — Thermomètre à i'abrl, à boule sèche et è boule mouillée. Le baromètre est ramené à O an niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE *. N. L. LE 9 A 2 H. 21 M. DU MATIN.
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE A 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL A 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- ndi 9 février 1891. . — 3*,9 N. N. E. 1 Beau. 0 Beau; brumeux matin, givre; brouillard à 24 h.
- rdi 10 . - . — 3*,9 N. N. E. 0 Couvert. 0 Couvert; brouillard.
- rcredi 11 - 1%1 S. 1 Couvert. 0 Couvert; brumeux.
- idi 12 0*,9 S. 2 Couvert. 0,5 Couvert; brouillard; bruine de 6 h. à 12 h.
- idredi 13 — 0*,8 E. 0 Couvert. 1,7 Couvert jusqu’à 12 h.; peu nuageux eu beau ensuite, brouillard.
- nedi 14.. — 3*,5 N. E. 1 Beau. 0 Peu nuageux.
- unche 13.. ...... — 1*,2 S. S. E. 0 Couvert. 0 Couvert ; brumeux.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- année météorologique I*»0 en Belgique. — L’année 1890 *ns interruption la sixième année dont la température est au-dessous de ternie (9°,6 au lieu de 10°,3).
- l’on considère isolément les moyennes thermiques des douze mois de 1890, Dit que huit d’entre elles ont été basses. Quatre mois seulement, janvier, s, mai et septembre, ont eu leur température supérieure à la normale ; «s thermique pour chacun d’eux a été de : 3°,4, en janvier; 0°,9, en mars; en mai ; 0®,6, en septembre.
- iur les autres mois, l’écart avec la moyenne a été de : 2°,2, en février; en avril; 1«,5, en juin; 1°,7, en juillet; 0°,8, en août; 0°,6, en octobre; i en novembre; 7°,2, en décembre.
- 1 froid a été notable en février, excessif en décembre ; juin et juillet ont très frais. Janvier, par contre, a été très doux; mai assez chaud, es fluctuations de.la température ont été plus considérables en 1890 qu’en
- 1889. Les minima thermométriques les plus bas ont été constatés à Chimay (—18u,8), à Carlsbourg (—19,°0), à Bastogne (—19°,A), à Stavetot (—19°,7) èt à Neufchâteau (—20°,9), en décembre, sauf celui de Carlsbourg, en mars. Les moins bas, à Liège (— 14°,5), Namur (— 15°,4) et Bruxelles (— 13°,6) dans la ville basse). Les maxima thermométriques les plus élevés ont été observés à Turnhout (52°,0), Selzaete (32°,5), Maeseyck (32°,7), Huy (32°,8) et Iseghem (33°,0); les moins élevés, à Bastogne (28°,3), Mons (28°,2), Ostende (26°,4) et à la Baraque-Michel (2b°,0). Les phénomènes orageux ont été beaucoup moins fréquents eu 1890 que pendant les deux années précédentes. Toutefois, le nombre de jours de tonnerre en 1890 est encore notablement supérieur au chiffre normal. Le mois d’août a compté le plus d'orages. L’année 1890 a été assez pluvieuse. Les mois de janvier, avril, juillet, août, octobre et novembre ont donné beaucoup d’eau (632”" au lieu de 384““); août, oetobre et novembre réunis ont fourni à eux seuls la moitié de la hauteur normale de pluie qui tombe en une année. Février et décembre, par contre, ont été particulièrement secs (16*" au lieu de 110"“). (Ciel et Terre.)
- TEMPÉRATURE
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- f N* 926 de \
- Xk NATURE/
- Supplément au numéro 926 de LA NATURE, du 28 février 1391
- 618‘ BOITE AUX LETTRES (» ="»«)
- I.T- lettre* et communication» relative* à la Boite au lettres et à la rédaction doivent être adressées à H. Caston T1SBAHDEEB ^ 80, rue de ChAteandnn, à Paris.
- Toutes les communications oui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- * A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Tirelire-distributeur de bonbons : MM. Uckermann, 74, Faubourg-Saint-Martin, à Paris. —p Tirelire des petits gourmands (chocolat) : M. Renault, 86, Faubourg-Saint-Denis, à Paris.
- M. A. Z., à Mulhouse. — Vous nous demandez si l’article que nous n’avons pas accepté parce qu’il nous paraissait d’ordre trop théorique, pourrait être inséré en payant, et quel serait le coût de l’insertion. Quelques lecteurs croient, comme vous, que nous admettons des insertions de ce genre. C’est une erreur absolue. La Nature ne publié jamais d’article payant, ni de réclame. Tous les appareils que nous décrivons, sont signalés gratuitement. Notre but est de faire connaître les objets intéressants, les expériences curieuses; nous pouvons nous tromper dans nos appréciations, mais nous agissons toujours de bonne foi et sans aucun intérêt personnel.
- M. le Dr Juventin, à Nice, nous envoie la photographie d’un palmier bifurqué analogue à ceux dont nous avons déjà parlé. Ce palmier, qui orne depuis quelques jours l’entrée du Palais de la Jetée-Promenade de Nicet possède quatre branches, émergeant du même point; c’est un arbre magnifique de haute taille.
- M. L. Roux, à Mustapha. — Pour blanchir la cire jaune des abeilles, on la fait fondre avec de la crème de tartre en poudre, et on l’expose ensuite plus ou moins longtemps à la lumière du soleil. On peut la blanchir plus rapidement en y versant du chlorure de chaux et en agitant fortement le mélange avec une spatule ou une cuiller de bois.
- * M. E. S., à Bellerive. — On obtient le fer galvanisé en plongeant le fer réduit en feuilles et bien décapé dans du zinc fondu, et en le retirant peu de temps après son immersion.
- M. le Dr Vogt, à Paris, nous adresse quelques renseignements complémentaires relatifs à sa dernière Note que nous n’avons pas résumée d’une manière suffisamment explicite. « En juillet, dit notre correspondant, vivent sur du delphinium purpureum des chenilles qui s’enterrent fin juillet et se transforment en peu de jours en chrysalides : ces dernières ne peuvent se mouvoir; on les trouve en creusant la terre près des plants de delphinium. Le papillon éclôt en mai l’année suivante. Pendant trois années à hivers doux, en septembre, les chrysalides se trouvaient à 30 centimètres dans lë sol. Au mois de septembre dernier, précédant un hiver rigoureux, on n’a pas rencontré de chrysalides à cette profondeur. Dernièrement elles ont été'trouvées à la même place, mais beaucoup plus profondément. Les chenilles se sont donc enterrées en juillet 1890, avant notre hiver rigoureux, beaucoup plus profondément que les années précédentes. »
- Un abonné, à Paris. — Plonger l’épreuve dix minutes environ dans un bain d’hyposulfite renfermant 100 grammes d’eau et 15 grammes d’hyposulfite.
- M. M. Nourisson, à Croix. — 1° La manière d’obtenir des arbres nains, d’après le procédé chinois, est indiquée dans le n° 711, du 15 janvier 1887, p. 110. — 2° Adressez-vous au journal l'Eleveur : M. P. Mégnin, directeur, 2 ter, avenue Aubert, à Vincennes.
- M. Garçonnot, à Arcis-sur-Aube. — Les articles que nous avons publiés antérieurement dans La Nature (n° 654,'du 12 décembre 1B85, p. 23 ; n° 692, du 4 septembre 1886, p. 211j; n° 702, du 13 novembre 1886, p. 375) vous donneront des renseignements suffisamment complets.
- M. L. J., à Perpignan. — La substance qui s’est formée à la surface du plomb est bien du carbonate de plomb; des expériences seraient nécessaires pour déterminer exactement la cause de ces altérations, ^ , : . > . .
- M. E. Coriol, à*Marseille'. — Il suffit d’indiquer la ville; la lettre parviendra à son adresse.
- 4 >Un amateur électricien, à Amiens. — Avant de fixer le minium et là litharge dans les plaques des accumulateurs, il est nécessaire de former une pâte en malaxant avec de l’eau acidulée sulfurique. Pour les plaques positives, mettre deux parties de minium et une de litharge, et, pour les plaques négatives, deux parties de litharge et une de minium.
- Un lecteur, à Clermont-Ferrand. —II paraissait autrefois un journal spécial, La Revue internationale des produits chimiques, publié par" M. F. Thivet, à Saint-Quentin ; mais nous ne savons pas s’il existe encore.
- M. R.f à Paris. — 1° La charge est trop faible, ou vos accumulateurs présentent des contacts intérieurs. — 2° 11 faut les charger successivement les uns après les autres; M. Bablon, 42, rue Boulard, à Paris, a construit un appareil à cet effet. — 3° La pile au bichromate à écoulement convient parfaitement.
- M. E. Durand, à Bruxelles. — 1° La composition de ce goudron
- nous est inconnue. — 2° Quand les questions qui nous sont poséés
- E résentent un intérêt général, nous ne manquons pas de les indiquer.
- a plupart des réponses intéressantes sont ensuite insérées dans les petits livres que vous mentionnez.
- M. N. Evrard, à Marcinelle. — L’auteur a obtenu de bons résultats avec le fer; nous ne saurions vous mieux renseigner.
- M. P. Lebel, à Paris. — Consultez un médecin; cela n’est pas de notre compétence.
- M. J. Calvo, à Guadalajara. — Cet appareil ne se fabrique plus couramment.
- M. G. L., à Boudeville. —Vous trouverez les adresses de plusieurs constructeurs dans le Dictionnaire de Bottin.
- M. E. V. L., à Lyon. — Moteur domestique : M. Gracchus Balbi, 21, rue Eugène-Sue, à Paris.
- M. G. Lazard, à Paris. — L’adresse que vous demandez est la suivante : Amiens. Le nom de la ville suffit.
- M. A. Cossé, à Nantes. — 1° Oui. — 2“ Il existe plusieurs méthodes permettant d’effectuer ces mesures. — 3° Voyez les traités d’électricité théorique, au chapitre contenant les résistances spécifiques des liquides.
- M. X., à Gand. — 1° Nous croyons que vous pouvez ëmployer la, photographie. — 2° M. Lachambre, aéronaute, 22, passage des Favorites, à Paris.
- M. Auzoumé, à Antibes. — Tous les entrepreneurs d’appareillage à gaz ont des catalogues analogues à celui que vous demandez. Nous vous citerons les maisons Beau et Bertrand Taillet, 226, rue dû Faubourg-Saint-Denis, et Clémançon, 26, rue Lamartine, à Paris. , M. J. G., à Apt. — Pour des expériences galvanopla'stiques, la pile Daniell est préférable. , ~
- M. E. Biver, à Paris. — Adressez-vous à Mlle Jacquot, à Remire-mont (Vosges),
- M. G. Calderoni, à Pérouse. — Le diable des camionneurs pourrait convenir. / "
- M. W. de Jussigny, à Lyon. — Cet appareil est un appareil d’étude construit à l’état de premier spécimen.
- M. G. D. E., à Bordeaux. — Ces photographies ne sont pas dans le commerce; écrivez directement à l’auteur.
- M. M., à Cahors. — L’auteur ne publie pas encore son procédé.
- , Société alsacienne de constructions mécaniques, à Belfort. — Pour tout ce qui concerne le schiséophone, adressez-vous au capitaine L. de Place, à Saumur. ' •
- M. G. Gauthier, h Boulogne-sur-Mer. — Les distributeurs auto-’ matiques d’eau chaude, dont nous avons parlé dernièrement, sont fabriqués par MM. Robin et Cio, 68, rue de Bondv, à Paris.
- M. G. L., à Caen. — Consultez les cartes de géographie.
- M. M. Dallaz, à Bordeaux. — 1° Pas de traité spécial. — 2° Pour effacer l’encre d’aniline, vous pouvez employer une solution très étendue de permanganate de potasse ou ' d’acide sulfureux. — 3° Filtrer sur du noir animal.
- M. C. M., à Toulon. — 1° Ce papier est en vente chez un grand nombre de marchands; nous ne connaissons pas le fabricant. — 2° Remerciements.
- M. Siegfried Zausmer, à Varsovie, — Pour les portraits en forme de timbres-poste, adressez-vous à MM. Francis et C°, 29, Ludgate ’ Ilill, k Londres.
- M. E. Chanoix, à Excideuil. — î® Nous avons déjà indiqué cette adresse. Remerciements. — 2° Ce moteur ne se fabrique plus. — 3° Pour percer la porcelaine, employez un petit foret, et ayez soin d’humecter légèrement la partie attaquée.
- M. C. A., à Joigny. — Nous ne saurions vous donner de plus amples renseignements.
- 1 M. B. G., à Paris. — 1° Vous trouverez probablement ce tire- ‘ bouchon à la quincaillerie fine II. Lustrât, 55, rue de Richelieu. — 2° L'intermédiaire des chercheurs et des curieux : M. Lucien Faucou, directeur. 13, rue Cujas.
- Un lecteur,-a La Varenne. — 1° Voir les traités de céramique. — 2° Nous ne connaissons pas l’éditeur de cet ouvrage.
- M. P. Rdvaur,a Paris. — Pour protéger le cuivre de l’oxydation, il faut le recouvrir d’un vernis.
- M. L. Guichard, à Paris. — Nous avons indiqué plusieurs procédés, pour métalliser les fleurs, dans la 512° Boîte aux lettres (n* 820, du 16 février 1889. Réponses au ri0 1268).
- «. M. L. Lesage*à Nogent-le-Rotrou. — 1° Pas d’autre journal à vous ' indiquer. — 2° Le liquide ne serait pas épuisé; il s’écoulerait en pure perte.
- M. E. Beuton, à Paris; M. G. Lefebvre, à Versailles; M. C. A. S.
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- Carvalhal, à Paris. — Remerciements 'pour vos communications.
- M. le Dr Tour nié y à Escales. — 1° Pas d’adresse à vous indiquer. — 2° Aucun livre n’a été publié sur ce sujet.
- M. A. S., à Champagnole; M. X., à Rouen; M. E. Carpentier, à Roubaix. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. H. Rnsset, à Aigle. — Vous trouverez différents traités sur la vigne à la librairie Masson et à la Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. G. L., à A. P. — 1° Non. — 2° Ouvrages sur les chemins de fer, à la librairie E. Bernard, 53 ter, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. M. L., à Bordeaux. — Pour les abonnements à ces journaux, adressez-vous à la librairie Masson.
- M. le DT J. S., à Paris; M. A. Bertrand, à Pont-Sainte-Maxence; M. E. B., à Lorient. — Yovez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. L. de Morsier, à Paris. — 1° Nous ne connaissons pas cet ouvrage. — 2’ Dictionnaire des arts et manufactures et de Vagriculture, de Ch. Laboulaye.
- M. 0. Diradour, à Constantinople. — Voici l’adresse que vous demandez; 51, rue Gabrielle, à Paris.
- M. E. Binet, à Paris. — Adressez-vous à la librairie Bernard, désignée plus haut.
- M. A. S., à Calais. — Consultez le Formulaire pratiqué de Télectricien de-M. E. Hospitalier.
- M. E. Geneay, à Villeneuve-Saint-Georges. — Votre lettre a été envoyée à destination. -,
- M. E. /?., à Paris; M. Charpentier, à Nancy. — Tous les ouvrages d’électricité contiennent ces notions.
- M. S. Al, à S. — Cette appréciation est exagérée.
- M. B. T., à Bordeaux, — 1° Nous ne comprenons pas votre question. — 2° Environ 30 à 40 éléments débitant 3 ampères.
- M. J. H. Kuntzl à ïïohwad. — Consulter les statistiques publiées par le Ministère de l’intérieur; nous ne saurions vous répondre exactement.
- M. E. Chouville, à Déville. — 1° Nous ne pouvons vous indiquer aucun appareil de ce genre. — 2° Remerciements pour votre communication.
- QUESTIONS
- JV° 1309. — M. X., à Montpellier, demande où l’on peut trouver des renseignements sur la carabine Spencer que vendent les mar7 chands d’armes réformées.
- RÉPONSES
- Réponse au n* 1308. — Moyen de nettojer les bijoux, diamants, montés argent et or. — 11 existe dans le commerce plusieurs ingrédients pour nettoyer les bijoux, diamants, montés argent et or; à mon avis ils sont peut-être expéditifs, mais ils sont tous défectueux. Le moyen le plus simple et celui qui abîme le moins les bijoux, consiste : 1° à frotter le bijou, à l’aide d’une brosse demi-dure (genre brosse à dents) trempée légèrement dans du blanc d’Espagne, imbibé d’eau ; faire cette opération jusqu’à complète disparition de l’oxyde; 2“ à laver l’objet à l’aide d’une brosse (toujours demi-dure) dans de la mousse de savon très chaude (savon à l’Etoile) les autres savons contenant des sels qui oxydent facilement l’argent; 3° à tremper ensuite l’objet, pour le débarrasser des matières grasses du savon, dans de l’esprit-de-vin (pas d’esprit de bois) et de le laisser sécher ensuite dans de la sciure de bois chaude. (Communiqué par M. C. Marie, bijoutier, à Paris.)
- Autre réponse au n° 1308. — Deux procédés sont employés par les bijoutiers pour nettoyer les diamants. Le premier consiste à prendre du savon blanc, à le râper dans de l’eau et à bien agiter avec une tige de bois jusqu’à ce que la mousse apparaisse; on y met alors les brillants que l’on y laisse séjourner environ une demi-heure. On les sort ensuite et on les étend dans de la sciure de bois. Lorsqu’ils sont secs, on les brosse avec une petite brosse ad hoc et on les replace dans l’écrin. 11 faut avoir soin de les laisser bien égoutter avant de les jeter dans la sciure de bois. Le deuxième procédé consiste à laisser séjourner les brillants, rivières, etc., dans de l’alcool bien rectifié et à 90° pendant quatre ou cinq heures. Au bout de ce temps, on les relire et on les met dans de la sciure de bois ; quand ils sont bien secs, on brosse comme plus haut. (Communiqué par M. le Dr Bidonnard, chimiste, à Angoulême.)
- BIBLIOGRAPHIE
- Histoire de la chimie, par Raoul Jagnaux, ingénieur, professeur de chimie à la maison d’éducation de la Légion d’honneur de Saint-Denis. 2 vol. grand in-8°, avec figures dans le texte. — Paris. Librairie Polytechnique, Baudry et Cie, 15, rue des Saints-Pères.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement de la coqueluche.
- La coqueluche est une maladie extrêmement rebelle aux traitements les plus variés. Tel moyen, très efficace, dans un cas, ne donne que des résultats médiocres "ou nuis dans un autre. Comme cette affection sévit surtout sur les jeunes enfants, les affaiblit et les débilite beaucoup, que d’autre part elle peut entraîner des complications graves du côté de l’appareil broncho-pulmonaire, il est indiqué de la traiter dès le début et avec grand soin. Nous n’avons pas la prétention d’indiquer un moyen infaillible; mais parmi tant d’autres, il a donné de nombreux succès.
- Dès le début, si l’enfanta, comme on dit, la poitrine grasse, c’est-à-dire une certaine quantité de mucosités dans les bronches, il est indiqué de donner un léger vomitif. Le sirop d’ipécacuanha est le meilleur vomitif pour le jeune âge. Donner ensuite quatre fois par jour une cuillerée à entremets de la potion (pour un enfant de 5 à 6 ans) :
- Bromure de sodium.................... 2 grammes
- Sirop de belladone...................15 —
- Sirop de codéine.....................15 —
- Hydrolat de fleurs d’oranger. ... 20 —
- Julep gommeux....................... 90 — '
- Faire trois fois par jour dans les fosses nasales, une insufflation ’ (gros comme une forte prise de tabac) avec la poudre suivante ;
- Acide borique pulvérisé............ 4 grammes
- Salicylate de bismuth. ............16 — J
- Essence de menlhe.................. 2 gouttes
- Un moyen très simple pour faire cette insufflation est de prendre un morceau de tube de caoutchouc de 30 centimètres de long (diamètre de 3 à 4 millimètres). On fait pénétrer un peu de poudre dans un des bouts, on insinue ce bout dans la narine du malade et la personne chargée du pansement souffle par l’autre extrémité. Fermer les yeux de l’enfant pendant cette petite manœuvre pour éviter que la poudre ne pénètre dans l’œil. On peut se servir d’un petit insufflateur à boule de caoutchouc.
- Contre les vomissements qui suivent fréquemment les quintes,' administrer, après chaque repas, une infusion légère de café vert. Couper le vin du repas d’une petite quantité d’eau de Seltz artificielle.
- Bien alimenter l’enfant pendant la durée de la maladie. Si le temps est doux et beau, s’il n’y a pas de complication, ne pas craindre de le sortir dans le milieu de la journée. Le changement d’air et le déplacement à la campagne modifient Dévolution de la coqueluche, mais ce bon effet se produit surtout quand la maladie touche à son terme.
- Les badigeonnages de l’arrière-gorge avec la solution de la cocaïne réussissent également bien, de même que l’emploi interne de l’antipyrine ; mais l’emploi de ces moyens demande à être surveillé de près par le médecin.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- L'éponge remplaçant*la brosse pour nettoyer les habits»
- Le procédé suivant n'est pas nouveau ; mais il n’est peut-être pas mieux conrih pour cela, et il mérite de l’être. ^Au lieu de vous servir de la brosse qui massera la poussière et les taches du collet et des manches d’un habit, prenez une éponge bien lavée, dont vous faites sortir l’eau en la pressant à plusieurs reprises dans une serviette. Si vous la passez sur les habits dans le sens des poils, l’éponge enlève complètement la poussière du drap et du velours, de la soie, du chapeau. Le peu d’humidité qu’elle conserve dissout les taches de nature débile telles que la boue, la salive, le sucre, les confitures et beaucoup d’autres éclaboussures culinaires que la brosse ne peut enlever sans arracher le poil et sans substituer une large tache grasse à la petite lâche maigre. Une éponge d’un grain moyen, grosse comme les deux poings, et qui peut rendre une infinité d autres services, suffit pour remplacer toutes les brosses du monde.
- Lt Rédaction et l'Administration de LA NATURE tout étrangères » eeniee des Annonces pont lesquelles on doit s'adresser i l’Offiee de Publicité de l’Imprimerie, 9, me de Fleini.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal^ La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur. •
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA NATURE
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- d'après lis observations de m. renou (parc de saint-maur, altitude : 49 h. 30)
- Février 1891. — Semaine du lundi 16 au dimanche 21 Février 1891.
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- •romUrt enregistreur de M. Rédler. — Thermomètre à l’abri, à bonle sèche et h boule mouillée. Le baromètre est ramené à O an niveau de la mer.
- phases de la LUNE : P. Q. le 15 a 6 h. 39 m. dd soir (a été omis dans notre précédent Bulletin.)
- OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DD BOREAÜ CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE & 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 février 1891. . 0*,2 N. N. E. 2 Couvert. )> Couv. le m., beau le s.
- Mardi 17 0%1 N. 1 Peu nuag. » Peu nuageux jusq. 15 h.; beau ensuite; brouil). av.
- \ Mercredi 18 — 1*,0 N. 2 Beau. » le jour; halo. Beau jusq. 16 h,; quelques nuages ensuite.
- Jeudi 19 0*,5 N. E. 2 Beau. D Beau.
- Vendredi 20 — 2*,1 E. S. E. 1 Beau. M Beau.
- Samedi 21 — 3*,3 N. W. 0 Beau. » Beau.
- Dimanche 22.. — 2*,3 N. E. 1 Beau. » Beau.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- L’Observatoire météorologique de Monméa. — On vient d’établir à Nouméa (Nouvelle-Calé Ionie), un observatoire météorologique de premier ordre; on y trouve réunis : un baromètre d’Adie, du modèle de l’Observatoire de Kew, des thermomètres à boule sèche, à boule mouillée, à maximum et à minimum, un barogrnphe et un therinométrographe Richard, un pluviomètre, des thermomètres pour la température du sol, et un thermomètre électrique
- de Negretti et Zambra. Cet Observatoire est confié au soin de l’agence de la Compagnie de navigation anglaise, Australian United Steam navigation. .
- Pluie insolite. — Le bulletin de l’Observatoire de Monealieri fait mention d’une averse curieuse, notée à Naples, par M. Faustin Brioschi, astronome à l’Observatoire de Capodimonte. Celte pluie commença cinq minutes après‘midi,;., le 13 septembre 1890, et finit à 2 heures. La quantité d’eau recueillie dans cet intervalle fut de 53”“,6. Mais il y eut quinze minutes pendant lesquelles la pluie enregistrée fut de 50 millimétrés. Si 1 averse avait continué sur ce pied, on eût eu 120 millimètres en une heure, ce qui est un taux plus que considérable à Rome, où l’on n’a eu qu’une moyenne de 85"”,2. Cette pluie est doue l’averse la plus forte constatée dans un Observatoire européen.
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- ADRESSES UTILES
- Pour loi annonces, s’adresser à l’Office de publicité de l’Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleuras» Paris
- IA RÉDACTION ET L*ADMINISTRATION DK « LA NATURE )) SONT ÉTRANGÈRES A CE SERVICE
- ACCESSOIRES ET SUPPORTS POUR L YMPES A INCANDESCENCE ET A ARC
- C. Grlvolas fils, Sage etGrillet.Suc". Manufacture. 16. r. eontgolfier, Parts.
- ACCUMULATEURS
- Aboilard, 7, rue Bleue, Paris.
- E. Blanc et C'% constructeurs à Marly, près Friboug (Suisse).
- Cn. Banal, 29, rue Richelieu, Paris. Jacquet frères, à Vernon (Eure). Radiguet, 15, b. des Filles-du-Calvaire. E. Reynier, ing. 3, r. Benouville, Paris. A.Bimm*n,5S,r.Dombasle(P.-Vaugir.).
- AGRICULTURE ET HORTICULTURE
- Dorléana, Clichy (Seine). Paillassons. Claies p. serres, kiosques. Env. P-prosp.
- Vilmorln-Andrieux et C", 4, q. de la Mégisserie. Graines et oignons à fleurs.
- ARMES
- ROUXEL, fabric.,163, rue Montmartre, Paris. Armes fines, demi-fines, garanties B ans, 40 pour 100 plus bas prix qu’ail-leurs. Demander catalogue, 0 fr. 25.
- BIÈRE
- La Lorraine, 208, r. Lafayette.Livraison, fûts et bouteilles. Méd. orExp. 1889. La bout. 0 fr. 45 en fûts, Olr. 601e litre.
- BREVETS D’INVENTION Armengaud aîné ^ iN.ÇJ 45, r. Saint-Sébastien, à Paris. Maison fondée en 1836. Brevets en France et à l’étranger i médailles d’or Expos, universelle 1889. Armengaud j*\ 23, Bd de Strasbourg. Barrault (Emile) M°* fondée en 1856, transf. 58 bis, chaussée d’Antin, Paris. H. Josse,anc. élève de l’Ec.polyt. suce', m. du s. deslng.-c. Brev. France Etrang. H. Danzer, 9, r. de Florence, Paris. A. Parmentier, 19, r. de Lancry, Paris.
- CHAUFFAGE DES GÉNÉRATEURS
- Georges ALEXIS GODILLOT,50, rue
- d’Anjou. Utilisation des mauvais combustibles pour le chauffage des générateurs. Appareil réalisant la combustion méthodique. Chargement mécanique du combustible.-Fumivorité complète.
- CHIMIE ET APPLICATIONS (Alvergniat frères. M°*) Victor Cha-baud, Sucr, 6,10,12, r. de la Sorbonne, Paris. — Fournit, comp. p. laboratoires.
- MARSEILLE: André etLieutier.Chimie, physiq., photogr.Tarif illustré, 1 franc.
- BHlanlt, 22, r. de la Sorbonne, Parts. Produits chimiques et pharmaceutiques.
- CHAPUIS (H.), O Anv. 36* r- Grenéta. Fab. d’app. en platine pour laboratoires.
- Chauffier, manuf. de porcelaine pour chimie, photog. élect. Eslernay (Marne).
- Comptoir central. Ch. Legrand, 10, rue des Filles-du-Calvaire. Prod.chim. pour doreurs, argenteurs, nickeleurs, etc.
- Comptoir Lyon-Alemand. 13, r. Montmorency. Or, argent et platine, fils pour lampes à incandescence, nitrate d’argent, aranti pur, chlorures d’or et chlorure e platine.
- Fontaine, 18, r.Mansieur-le-Pnnce. Organisation de laboratoires p. industrie et enseign., chauffage.
- Wiesnegg 633, 64, rue Gay-Lussac. Constructeur d’appareils de chauffage par le gaz, à l’usage des sciences.
- ÉLECTRICITÉ ET APPLICATIONS
- Aboilard, 7, r. Bleue, Paris.
- Ed. Biron, 237, rue Saint-Martin. Fondeur de cloches, sonnettes, timbres et grelots pour appareils électriques.
- Cb. Danel, 29, rue Richelieu, Paris.
- Ducretet (B.) ^ E32 et T5, r. Claude-Bernard. Instr. pour les sciences. — Electr. statique et dynamique. — Catalogue illustré.
- Fontaine, 18, r. Monsieur-le-Prince. Piles, instr. et applications.
- C. Grivola» fila, Sage et Griilet,Sucr*. — Accessoires et supports pour lampes à incandescence et à arc. — Manufacture, 16, rue Montgolfier, Paris.
- Meyer Eng., 121, r. de ta Pompe, Paris.
- Mornat Genteur et Cie, 77, r. Chariot. Fab. d’app. et fournitures électriques.
- Mors, 8, avenue de l’Opéra. Signaux électriq., téléphones.
- E. Née, rue du Montparnasse, 47. Fournitures générales d’électricité. — Robinets électriques, brevetés s. g. d. g.
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- Ch. Danel, 29, r. Richelieu. Ane** M“* L.
- Desruelles. Jouets élect. Mach. à vapeur. Radiguet, 13, b. des Filles-du-Calvaire.
- OPTIQUE
- Maison de l’ing. Chevallier, 15, pi.
- du Pont-Neuf. Longues-vues, microscopes, jumelles, etc.
- Maison Jules DUBOSCQ, 0. *, Ph.
- Pellin,Q,$, ing.civil, 21, r.de l'Odéon. MORIN (H.), 3, rue Boursault. Construction d’instruments de nivellement, géodésie. Microscopes, Longues-vues, Jumelles, Baromètres, Compas supérieurs, etc. — Catalogue franco. Radiguet, 15, b. des Filles-du-Calvaire.
- OR, ARGENT, PLATINE
- Comptoir Lyon-Alemand, 13, r. Montmorency. Or, argent et platine, fils pour lampes à incandescence, nitrate d’argent, aranti pur, chlorures d’or et chlorure e platine.
- Duplessy et Rinqoe, fondeurs-apprê-teurs, 220, r. Saint-Martin, Paris. Fils et planés en tous métaux précieux. Fils de platine pour iampes à incandescence. Argent vierge en grenaille et en plaques. Achats de lingots, limailles, déchets, vieil or et argenterie.
- PEINTURE
- Guide du peintre, édit. ill. Paris,1889. Envoi franco c. 3 fr. 50. L. CARON, 58, r. Chercke-Midi (couleurs, vernis).
- PHOTOGRAPHIE
- Balagny, 11, rue de Salneuve, Paris. — Plaques souples instantanées préparées par Lumière.— Collographie rapide.
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- Nadar, 53, rup des Malhurins. Office général de photographie.
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- Supplément au numéro 927 de LA NATURE, du 7 mars 1891
- CT.™*) 619“ BOITE AUX LETTRES (. SV. )
- Lm lettres et communications relatives à la Boite ans lettres et à la rédaction doivent être adressées à 11. Gaston -TISSAIVDIEB
- se, rue de Châteandnn, à Paris.
- 1 ‘ Toutes us communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements s'adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le mardi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le caissier automatique se trouve chez MM. Walker et Jacquet, 8, rue Paul-Lelong, à Paris.
- M. E. Barrère, à Bayonne, nous écrit qu’il serait très important, au point de vue météorologique, d’établir une station d’observations sur la montagne de la Rhune, près de Bayonne. Cette montagne, d’une hauteur de 900 mètres environ, se trouve en avant du massif pyrénéen à 8 kilomètres de l’Océan touchant la frontière espagnole, et tout à fait au fond de la courbure du golfe de Gascogne. Ce serait un observatoire maritime de premier ordre, et spécialement disposé pour faire des études sérieuses sur les orages. — Le même correspondant se plaint de ne recevoir La Nature que le samedi après midi. Notre administrateur a adressé déjà bien souvent des réclamations à l’Administration des postes et télégraphes. Nous pouvons certifier que les envois sont toujours faits le jeudi soir.
- M. L. C., à Paris. — Pour éviter les accidents qu’occasionne le manque d’eau dans les chaudières, vous proposez un système formé d’un flotteur qui ouvrirait une ouverture par laquelle la vapeur se rendrait à un injecteur. Ce dernier introduirait de l’eau dans la chaudière, lorsqu’elle viendrait à manquer. Le procédé pourrait présenter, en pratique, de graves inconvénients; il serait notamment difficile d’obtenir un fonctionnement régulier. Il est plus sim-
- file d’adapter un sifflet d’alarme qui avertit lorsque le niveau de ’eau descend au-dessous d’une certaine limite.
- M. E. Robert, à Grenoble. — 1® Nous ne saurions vous fournir cette adresse. — 2° Remerciements pour votre envoi.
- M. J. J., à La Rochelle. — 1° Le procédé doit s’appliquer au plomb directement ; il serait nécessaire de l’expérimenter. — 2° Ce produit est formé par la précipitation d’un sel de platine par les alcalis. — 3° Oui.
- M. X., à Tournai. — Laver la citerne et désinfecter à l’acide phé-nique.
- M. X., à C. L. — Votre raisonnement n’est pas exact.
- M. P. D. S., à Juilly. — 1° La préparation des plaques photographiques présente des difficultés ; il est plus simple de les acheter toutes préparées ; vous trouverez toutefois des renseignements dans les traités. — 2° Prenez des piles et chargez des accumulateurs. — 5» Piles O’Keenan ou piles au bichromate à écoulement. — 4° Nous ne pouvons répondre à toutes vos questions.
- M. J. M., k Marseille. — On ne peut encore donner d’autres renseignements.
- M. E. Doré, à Argenteuil. — Dans les éléments de Lalande et Chaperon, la couche de bioxyde de cuivre doit avoir quelques milli-
- __ mètres d’épaisseur. La solution de potasse caustique est de 30 à 40
- pour 100. „
- M. W. L., à Poitiers. — Nous ne savons si cet essai a été fait.
- M. Vignal, à Paris. — Le fumivore-ventilateur décrit dans le n* 757,, du 3 décembre 1887, se trouve chez M. Becker, à Beaumont-sur-Oise (Seine-et-Oise).
- M. P. S., à Evreux. — 1° Non. — 2° N’offre aucune garantie de certitude.
- M. G.- F., à Saint-Jean, — Le texte indique que l’appareil est fait avec un encrier de verre, un bouchon, etc. Gela doit être fabriqué par soi-même.
- M. E. Talent, à Grenoble. — 11 n’y a pas d’appareil spécial pour la photographie sans objectif ; il suffit de faire un trou dans un écran opaque fermant la chambre noire, cela est expliqué dans notre article.
- Une abonnée, à Mâcon. — 1° Lavez l’ivoire avec de l’eau oxygénée. — 2° Ce bruit est dû aux coups de bélier; il est difficile de éviter.
- hev. M. H. Dapples, à Gênes., — 1° L’expérience seule pourra vous anti, renseigner. — 2° Lampes portatives Trouvé, 14, rue Vivienne, à 5 jj® Paris.
- M. C. B., à Tekeli. — Machines à glace : MM. Rouart frères, boulevard Richard-Lenoir; machines Carré, 29, rue de l’Estrapade; glacière des familles, aux magasins de la Ménagère, boulevard Bonne-Nouvelle, à Paris.
- M. Dubois, à Paris. — Les auditions imparfaites au téléphone Proviennent souvent d’un mauvais contact du crochet ferme-circuit, l’appareil dont vous parlez n’améliorerait pas l’audition.
- M.L. A., h Toulouse. —Vous trouverez probablement ce renseignement dans les traités de dessin. La question nous semble bien Spéciale pour nos lecteurs.
- M. A. M., à Paris. — Les horloges pneumatiques de Paris ont été décrites dans le n° 365, du 29 mai 1880, p. 407.
- M. C. S., à Epernay. — 1° Pas de journal de ce genre. — 2° Un
- [uar-e. — J27)
- a laisse)-
- J33)
- ÎS atioo
- JÜO.
- fr. le grande de.
- nom quelconque suffit. — 3“ L’essence de térébenthine convient parfaitement.
- M. E. Fergeau, à Paris. — Prenez une eau à peine colorée par quelques gouttes de bichromate de potasse.
- M. D. Gruson, à Calais, nous adresse la description d’un nouvel appareil d’attelage automatique des wagons de chemins de fer. Dans ce système, chaque wagon porterait une tige de traction terminée par une tête pouvant osciller d’un quart de tour autour d’un boulon. Un appareil composé de deux mailles, l'une à buttoir et l’autre mobile, viendrait agir sur la tête de la tige pour la rendre libre ou fixe. Le mouvement nécessaire à la manœuvre de ces mailles serait fourni par un excentrique mû par un arbre aboutissant de chaque côté aux faces latérales des wagons.
- M. E. Turpin, à Colombes, nous envoie le croquis des taches du Soleil, qu’il a relevées le 24 février à l’aide d’une lunette grossissant deux cents fois.
- M. C. Amsler-Jundt, à Reims, à propos des derniers articles que nous avons consacrés aux glaces de fond, nous écrit que, d’après lui, la cause principale réside dans la diathermancie de l’èau. Dans les nuits claires le fond de l’eau se refroidit plus rapidement par rayonnement que la surface, et la température de ce fond étant parvenue au degré de congélation, l’eau gèlera à la surface du fond par contact, sur une épaisseur d’autant plus grande que le rayonnement sera plus actif. Nous avons déjà rapporté des opinions analogues de plusieurs de nos correspondants.
- M. L. G., à Paris. — 1° Vélocipèdes et voitures à vapeur : MM. Ser-
- Sollet, 27, rue des Cloys ; MM. de Dion, Trépardoux et C‘% 20, rue es Pavillons, à Puteaux (Seine). — 2° M. G. Trouvé, dont l’adresse est indiquée plus haut.
- L'abonné 692, à Valence. — 1° Pas de traité de ce genre. — 2° Cette fabrication est une annexe des distilleries de pétrole. — 3° On fabrique soi-même les vases poreux avec du papier parchemin que l’on trouve chez tous les marchands de produits chimiques.
- Un lecteur, à Paris. — On peut faire des photographies à Paris sans autorisation spéciale. Pour le Jardin d’Acclimatation, il faut demander l’autorisation au Directeur.
- M. L. Couvreur, à Beaurepaire. — La machine à composer de M. Lagermann, au sujet de laquelle vous voulez être renseigné, a été décrite dans le n° 621, du 25 avril 1885, p. 328.
- M. Et de Roure, à Turcifal. — Pour vous répondre, il nous faudrait connaître l’application que vous voulez faire de cette chaudière.
- M. E. Calusse, à Bayonne. — La bonde automatique pour tonneaux a été imaginée par M. William Hubert, de Genève.
- M. E. Barbier, à J. —M. Guimbert, 1, rue de Javel, à Paris.
- M. L. Lesage, à Nogent-le-Rotrou. — Nous nous servons, pour soulever nos plaques, d’un petit crochet très pratique et peu coûteux, qui se trouve chez tous les marchands d’appareils photographiques.
- MM. Le Petit, Paul Carré, James Jackson. — Nous avoiis reçu les Notices relatives à des remèdes, que vous nous avez adressées pour nos recettes à'Hygiène et santé; nous les avons transmises au collaborateur chargé de ce chapitre. Tous nos remerciements.
- Cercle des Alpes, à Digne. — Tours d’opticiens : .MM. Dujardin, 47, rue des Francs-Bourgeois; M. Herlin, 108, quai de Jemmapes, à Paris.
- M. G. M. L., à Bruxelles. — Nous vous remercions de votre très intéressante»communication ; mais il est impossible, à notre regret, de reproduire par la gravure les effets de vos photographies ; cela nous privera de les faire connaître.
- M. Ch. Ruelle, à Paris; M. E. Maynard, à La Rochelle; Un lecteur, à Paris; M. E. L., à Paris; M. G. François, à Béthune. — Remerciements pour vos communications.
- M. Monteils, à Florac. — Adressez-vous à la Librairie agricole de la maison rustique, 20, rue Jacob, à Paris.
- M. T. R. V., à Bourg; M. P. A. D., à Paris; M. G. V., à Paris; M. A. Pujus, à Condom.- — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- Un lecteur, à Avignon; M. E. G., k Paris. — Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M, L. S., à Paris. — Vous trouverez la recette de la colle au fromage dans le petit livre de la Science pratique. (Même éditeur.)
- Un abonné, à Epernay. — 1° Regrets de ne pouvoir vous renseigner. — 2° Oui ; ces appareils peuvent servir aux instantanés.
- Xf. A. Rengel, à Lyon, affirme que l’étoile de première grandeur qui aurait été découverte n’est bien, comme nous l’avons dit, que la planète Saturne.
- M. H. Anot, à Chalon-sur-Saône, nous écrit, au sujet du navire
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- démontable américain que nous avons décrit précédemment, que les chantiers du Creusot établis à Ghalon ont maintes fois lancé sur la Saône des vapeurs qui devaient franchir, avant d’arriver à leur destination définitive, des écluses de longueur inférieure à leurs propres dimensions. Ces navires ont été construits comine le steamer américain.
- M. E. Renoult, à Paris. — Vous nous demandez comment se prononce le nom Schopenhauer. Si l’a ne porte pas de tréma, il faut prononcer Schopenaouer; mais s’il y a un tréma sur l’a, on doit prononcer Schopeneuier.
- M. G. Raymond, à Paris, nous informe, à propos de l’analyse que nous avons faite dans notre 617e Boîte aux lettres du 21 février, de la brochure de M. L. Reverchon sur la compensation des balanciers de pendule à tige de sapin, qu’il avait déjà fait connaître cette application. Il avait même exposé, en 1889, un balancier de ce genre qui lui a valu une médaille de bronze.
- M. G. de Chapel d'Espinassou, à Montpellier. — Les chiffres indiqués sont des chiffres théoriques, qui donnent bien, d’après les interférences, les alternatives de lumière et d’obscurité ; mais quand ils se rapportent aux dépôts métalliques, ils n’ont rien d’absolu.
- M. A.Roujou, à Chamalières. — Nous avons reçu votre brochure; nous vous ferons remarquer que vous ne citez que des projets, et nullement des résultats d’expériences.
- M. Desmarest, à Montreuil-sur-Mer. — Vous pouvez vôus adresser à l’inventeur, 44, rue Boursault, à Paris.
- M. Duprante, à Robiac. — La photographie sans objectif, par R. Colson, à la librairie Gauthier-Villars, à Paris. — 2° 1 fr. 75.
- M. E. ifuze, à Donchery. — Consultez des marchands de vernis : M. Bolloré-Sœhnée, 19, rue des Filles-du-Calvaire ; et M. L. Caron, 58, rue du Cherche-Midi, à Paris.
- M. Ch. Verdale, à Toulouse. — Nous ne croyons pas que cet organe soit indispensable.
- M. Mallard, à Sabres. — Il y a beaucoup de renseignements sur le grisou dans les Annales des mines; pas d’ouvrage spécial, succinct, comme vous le demandez.
- M. E. L., à Paris. — Consultez un médecin; cela n’est pas de notre compétence.
- Un abonné, à Bruxelles. — L’appareil à mise au point donne toujours plus de netteté.
- M. P. P., à Reims. — Cliché trop posé; pas de remède pratique.
- M. F. Serve, à Saint-Etienne. — 1* Ces appareils sont de plusieurs sortes, et sont fabriqués par divers constructeurs anglais. — 2° M. de Branville, 25, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, à Paris.
- RÉPONSES
- Réponse au n° 1509. — M. X..., à Montpellier, trouvera des renseignements sur la carabine Spencer dans un extrait des Merveilles de la science, de Louis Figuier : Armes de guerre et bâtiments cuirassés (chap. vi, p, 509). (Communiqué par M. E. Saurel, à Paris.)
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Nouveau système d’étrier. — Permettez-moi de vous signaler un type d’étrier que j’ai expérimenté et qui réunit certains avantages qu’il est utile de ne pas négliger quand on s’occupe d’équitation, d’autant plus que le modèle que j’ai fait faire ne coûte ^—v ^
- pas sensiblement plus que les TT modèles ordinaires. Comme l’in- Ancien etner diquela figùre ci-contre, le point d’attache de l’étrier se compose d’un anneau aplati en acier libre dans son œillet et dans lequel s’engage l’étrivière. Cette combinaison permet de laisser l’étrivière à plat sur les quartiers de la selle : dès lors l’étrier se chausse naturellement en se présentant perpendiculairement au pied. De plus, en évitant la torsion de l’étrivière, l’appui du genou est de beaucoup moins dérangé, et de cette suspension mobile de l’étrier résulte une adhérence plus complète à la plante du pied. L’étrier oscille avec le pied dans tous sens sans que le mouvement se transmettre à l’étrivière et réciproquement l’étrier est indépendant des mouvements de celle-ci.
- Peut-être mon renseignement est-il de nature à intéresser les amateurs de chevaux ou industriels, dans ce cas je suis heureux de le leur communiquer. L. M., chasseur à cheval.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les armes, par M. G. R. Maurice Maindron. 1 vol. in-8e de la Bibliothèque de l'enseignement des beaux-arts. Ancienne maison Quantin. Librairies-imprimeries réunies. — Paris, 1891.
- Manuel pratique de viticulture pour la reconstitution des vignobles méridionaux, par Gustave Foex. 1 vol. in-18 avec 105 figures dans le texte, 5e édition. G. Masson, libraire-éditeur à Paris; Camille Coulet, libraire-éditeur, à Montpellier. 1891.
- Instructions pratiques sur la reconstitution des vignobles par les cépages américains. Choix des variétés. Multiplication. Etablissement du vignoble. Culture et fumure. Traitement des maladies, par L. Rougier. 1 vol. in-18, avec 58 figures dans le texte, G. Masson, libraire-éditeur, à Paris; Camille Coulet, libraire-éditeur, à Montpellier. 1891. i
- Les grands centres d’action de l'atmosphère. Leur influence sur le temps d’après les recherches de M. Léon Teisserenc de Bort, par M. G. Raymond. 1 vol. in-18. Gauthier-Yillars et fils, imprimeurs-! libraires. — Paris, 1890.
- Die elektrischen Verbrauchsmesser, par E. de Fodor. 1 vol. in-18,i Hartleben, éditeur. — Vienne, 1891.
- HYGIENE ET SANTE
- Traitement des engelures.
- Une foule de moyens ont été préconisés contre cette inflammatioi due au froid et dont l’apparition est très favorisée aux pieds par 1 port de chaussures qui serrent et compriment les doigts de pied[ notamment les chaussures à bout pointu, .dont l’usage antihygié nique est si malheureusement répandu. t 1 '
- Voici un procédé qui ne demande pas de préparations bien coraj pliquées et qui réussit à calmer les cuissons, les démangeaisons;et. faire, en peu de jours, disparaître l’érythème et le gonflement. Quam le sujet est, ce qui arrive souvent, de tempérament lymphatique, i est bon de faire prendre, pendant l’hiver, de l’huile de foie d morue ou des préparations à base d’iode, vin ou sirop antiseorbutique sirop de raifort iodé.
- Matin et soir, baigner les parties malades dans une décoctiond roses de Provins, 15 grammes pour 500 grammes d’eau. Après di minutes, essuyer avec un linge bien sec.
- Frictionner alors avec le mélange :
- Baume de Fioravanti....... 25 grammes.
- Alcool camphré........................50 —
- Essence de romarin................ . XV gouttes.
- Essuyer doucement et saupoudrer avec »
- Amidon pulvérisé..........• •/„„<»£
- Salicylate de bismuth ..... j ^
- Si les démangeaisons sont très fortes, on peut, le soir, frictioM au lieu du mélange alcoolique, avec
- Acide tannique................ . 2 grammès.
- Eau de roses. ........................10 —
- Glycérine........................... 10 —
- Ce traitement ne convient pas pour les engelures ulcérées, a fissures, crevasses. Il serait trop douloureux. Il faut, dans ce c après le bain, dans la décoction de roses de Provins, essuyer panser avec
- Acide phénique .............. . . 1 gramme.
- Liniment oléo-calcàire............ . 200 —
- Ou cette autre pommade :
- Hydrolat de laurier-cerise......... 10 grammes,
- Oxyde de zinc 4 —
- Vaseline blanche................ - 50 —
- Un moyen très simple, très banal et qui a réussi à bien des sonnes consiste à baigner, chaque soir, les pieds ou les mains de l’eau aussi chaude qu’il est possible de la supporter. Avoir d’augmenter progressivement la température, par addition d'eaujj chaude et tâcher d’arriver au maximum de tolérance, sans se M Essuyer après une immersion de quinze minutes et saupoudrer la poudre ci-dessus.
- Il Réiution et l’Adminittritioa de LA NATURE sont étraufèm an terme det Aniontes pou lesquelles on doit t'adresser I l’Olflee de Publicité de l’Isprimerie, 9, rue
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- n&ne avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 77iE BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATUKû
- D’APRÈS US OBSERVATIONS Dl X. RENOU (PARC DK SAINT-MAUR, ALTITUDE ; 49 X. 30)
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- Février-Mars 1891. — Semaine du lnndi 23 Février au dimanche 1er Mars 1891.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur do DS. Réciter. — Thermomètre à l’abri, à bonle sèche et à bonis mouillée. Le baromètre est ramené à O an niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. LE 23 A 7 H. 28 X. DU SOIR
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL i 7 h. m. PLUIE EN millimètres w t OBSERVATIONS GÉNÉRALES j
- Lundi 23 février 1891. . — 3*,5 Calme. • Beau. . 0 • • • > t Très bèau; très bTumêuX le matin. -k
- Hardi 24.. ........ — 3*,0 N. N. E. 1 Bcad.* * 0* • Très beau," sans nuages; très brumeux le matin,
- Hercredi 23 . — 2*,5 N. N. E. 1 Beau. 0 — — —
- Jeudi 28 0*,7 S. S. E. 2 Beau. 0 Très beau; sans nuages.
- Vendredi 27 - o-,i N. E. 1 Beau. 0 Beau.
- Samedi 28.. - 1%5 N. 0 Beau. 0 Beau. Peu nuageux jusqu’à 16 h.; couv. ensuite; très brumeux le matin. 4 - 1
- Dimanche 1" mars. . . . - l*i 8 Calme. Beau. 0
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tempête à Madagascar. — Une tempête d’une extrême -violence a sévi à Diégo-Suarez, les 21 et 22 janvier, et causé de grands dégâts. Les établissements militaires ont été détruits en partie; de son côté, la population civile a subi de très grandes pertes.
- Chute d’un météorite h Madison {Etats-Unis). — On écrit de Uadison que le 23 février, à 4 h. 13 m. du matin, un météore d’une grosseur considérable est tombé du ciel en produisant une grande détonation et s’est brisé en une multitude de fragments qui se sont aussitôt dispersés dans tous
- les sens en projetant des éclairs. La commotion a été si vive que.la terre.a ét ébranlée comme s’il y avait eu un tremblement de terre.
- Changements subits de température. — Un fait anormal déchui de température s’est produit à Oreubourg, le 19 novembre 1890, dit M. Müllc Matt dans une lettre écrite à la Société de géographie. On a vu la température après une pluie abondante, passer, eu vingt minutes, de 3 degrés au-dessus cl zéro à 30 degrés au-dessous, atteignant ainsi une différence de 33 degrés. Ut trentaine de Kirghiz, qui se rendaient à Orenbourg, ont été’surpris par la plui. à laquelle a succédé le froid qui les a gelés sur leurs chevaux. On a rapport à Orenbourg, dix de ces malheureux et l’on est allé chercher les autres. I froid a fait aussi périr beaucoup de chevaux et de bestiaux; on suppose que toc les êtres vivants d’un transport, qui se rendait à Orenbourg, ont gelé en rout
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- ' N* 928 de \
- LA NATURE/
- Supplément au numéro 923 de LA NATURE, du 14 mars 1891
- 620' BOITE AUX LETTRES ( « )
- liM lettres et eommaoleeUone relative* k le « Boite eus lettres » et k le rédaction doivent être adressées à M. Oaston TUIUDOOI
- 80, rue de Châteandnn, k Paris.
- Dans la <r Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications.
- Toutes les communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- Il ne peut être répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne les glaces platinées, s’adresser à MM. E. et H. Dodé, 99, boulevard de Charonne, à Paris. — Caoutchoucs creux pour vélocipèdes, chez la plupart des fabricants de tricycles : Humber et Cie, 19, rue du Quatre-Septembre, à Paris; Clément et Cie, 31, même rue, etc. — Vitraux céramiques : M. Léon Fargue, ingénieur, 152, Faubourg-Saint-Martin, à Paris.
- Un de nos lecteurs, à Paris, nous communique un modèle d’obturateur, analogue au système de M. II. Fourtier, à rideau, que nous avons décrit dernièrement. Ce modèle d’obturateur a été construit par lui, il y a six ou sept ans; il peut se mettre devant ou derrière l’objectif, et se place comme une planchette d’objectif. Le rouleau est commandé par un barillet contenant un ressort dont on peut varier la tension.
- M. E. Combrun, à Ribécourt (Oise), et M. Ch. Commessy, à Allonne (Oise), nous signalent un bolide qui a traversé le ciel dans cette contrée le 5 mars, à 9 heures et demie du soir. Le phénomène a duré environ cinq à six secondes. Nous avons observé ce magnifique bolide à Paris.
- M. H. G., à Paris. — La ville de Londres étant la plus peuplée de l’Europe, doit renfermer probablement le plus grand nombre d’imprimeries.
- M. L. D., à Mustapha. — Pour nettoyer la pierre poreuse d’un filtre ordinaire, il suffit de la gratter avec une brosse.
- M. V., à Marseille. — Le spécimen que vous nous adressez est fait à la plume et reproduit en gravure typographique par le procédé Gillot.
- M. A. M., à Cahors. — L’Exposition universelle aura lieu à Chicago en 1892.
- M, P. D., ancien écuyer, à Paris, nous écrit au sujet du nouveau système d’étrier dont il a été question dans notre 619e Boîte aux lettres. M. P. D. n’approuve pas ce système, et affirme que l’étrivière restant à plat sur les quartiers de la selle, offre un grave inconvénient; le cuir, dans cette position, pourrait blesser le cavalier surtout quand l’étrier est chaussé à fond pendant le galop. Nous ferons observer que l’élrier ne doit être chaussé à fond que pour les allures de grande vitesse et les sauts importants.
- M. E. C. Donnel, à Bordeaux. — Il faudrait consulter un oculiste; le sujet n’est pas de notre compétence.
- M. R. Tamariz, à Puebla. — Renseignement purement commercial que nous ne pouvons vous fournir.
- M. Th. Bere, à Lima. — Nous pensons, comme vous, qu’il y aurait lieu de reformer l’enseignement de la cosmographie, en apprenant que c’est la Terre qui tourne autour du Soleil et non de dire que par hypothèse le Soleil se lève et se couche.
- M. P. Radulescu, à Bucharest. — 1° Bulletin de la Société chimique de Paris, à la librairie Masson. — 2° Les divers appareils ont leurs avantages et leurs inconvénients; tout dépend du prix que vous voulez y mettre.
- M. Y. M. Campdera, à San Juan de Alcaraz. — Nous n’avons pas les adresses que vous nous demandez. Tous nos regrets.
- M. A. L., à Amiens. — Dans le cas des piles Leclanché, la force électromotrice est trop faible, et le débit trop limité; il n’en est plus de même avec les piles au bichromate.
- Un lecteur, à Moscou. — L’aluminium commence à être préparé industriellement ; on fabrique une grande quantité d’objets en aluminium. Mais pour l’aluminiage des métaux nous n’avons pas de nouvelles applications à vous signaler.
- M. D. H armant, à Paris. — l°0ui. — 2° Un concours a eu lieu; on ne connaît pas encore les résultats.
- M. F. JR., à Marseille. — Votre demande a été transmise à l’Administration du journal.
- M. C., à Autun. — Le procédé n’a pas été indiqué par l’inventeur.
- M. D., à M. — 1° Conformément h votre opinion, le siècle se terminera bien à la fin de l’an 1900. On a dû compter un an, à la fin de la première année. — 2° Le terme de comparaison dans les mesures photométriques est la lampe Carcel, définie comme brûlant à l’heure 42 grammes d’huile de colza épurée, et valant 10 bougies.
- M. E. Chouville, à Deville. — Nous regrettons de ne pouvoir insérer cette question : adressez-vous à la Ménagère à Paris.
- L'abonné 2156, à Paris. — 11 ne faudrait pas mettre votre eau dans une fontaine de grès après filtration.
- M. G. R., à Paris. — Adressez directement une demande aux explorateurs ou à la Société de géographie.
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- le parquet avec du sel d’oseille ou du vinaigre; si elle ne disparaît pas, gratter le parquet. — 2° Essayez une solution très faible de protochlorure d’étain ou d’acide sulfureux.
- M JH. Risch et Cheminant, à Paris. — Essai purement expérimental : pas encore d’applications.
- M. B. E. X., à A. — La librairie Reinwald, rue des Saints-Pères, à Paris, vous renseignera sur les ouvrages de l’auteur en question.
- M. J. Faure, à Valence. — Vous trouverez de nombreux renseignements dans le livre Eclairage à l’électricité, par H. Fontaine, à * la librairie Baudry; mais pour une installation, il faut vous adresser à un ingénieur-conseil.
- M. M. R., à P. — Il existe une quantité de traités sur les analyses chimiques. Voyez à la 4° page de ce supplément;
- M. C. S., à Bar-le-Duc ; M. A. Amat, à Smyrne ; M. K. Z., à Bruxelles. - Pas de traité de ce genre.
- M. E. L. D., à Paris. — Consultez les ouvrages de mécanique appliquée, aux chapitres concernant les résistances des matériaux.
- M. E. D., à Gand. — 1° Pour vous répondre, il faudrait connaître le moteur que vous désirez employer, la différence de potentiel en volts qu’il exige, l'intensité en ampères, etc. — 2° Voyez le Formulaire pratique de l’électricien. (G. Masson, éditeur.)
- Un abonné, à M.; M. le Dr J. Paoletti, à Padoue; M. A. J. A., à Paris. — Remerciements pour vos communications. ,
- M. E. P. Z., à Nantes; M. Barré, à Paris; M. G. A., à Epinal;
- Un lecteur, k Belgrade ; Un abonné, à Paris. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- MM. H. Rodrigues, à Bordeaux. — Voyez le petit livre de la Science pratique. (G. Masson, éditeur.)
- M. E. Talent, à Grenoble. — Nous vous avons dit, la semaine dernière, qu’on pouvait faire soi-même l’expérience de la photographie sans objectif; mais il y a bien dans le commerce des appareils sans objectif; vous en trouverez un chez MM. Dehors et Deslandres, 8, rue des Haudriettes, à Paris.
- M. Paul de Savoye, à Juilly. — 1* Vous aurez tous les renseignements que vous demandez dans les traités de photographie. —
- 2° Le bichromate de soude est préférable.
- M. A. J. A.,ù Paris. — Nous sommes d’accord sur la manière de prononcer; mais il est difficile de bien indiquer par écrit les prononciations.
- M. A. D., à Fontainebleau. — Vous pouvez nous envoyer votre procédé.
- M. E. M., à Paris. — Nous nous servons avec succès de la machine à écrire Remington.
- M. J. B., à Paris. — Cette question comporte de trop longs développements; nous ne pouvons y répondre ici.
- M. E. Gurdjian, à Constantinople. — L’adresse des fabricants de cigares en papier, dont il a été question dernièrement, nous est inconnue.
- M. L. Giraud, à Paris. — Il existe plusieurs traités relatifs à l’électrolyse à la librairie Baudry.
- M. A. Chaveron, à Paris. — 11 est impossible de vous donner une réponse sans examiner les divers systèmes que vous avez en vue.
- M. E. Granchet, à Tulle. — Il nous semble que le chromographe ordinaire vous rendra les mêmes services ; vous aurez la composition de plusieurs pâtes à polycopie dans le petit livre des Recettes et procédés utiles.
- M. A. D.C., à Saint-Paul-Trois-Châteaux. — Vous trouverez dans le Bottin les adresses de plusieurs marchands, où vous pourrez vous procurer les chromolithographies que vous désirez.
- M. H. Rhéti, à Cazaux. — Les ballons de baudruche vous conviendront; adressez-vous à M. II. Lachambre, 24, passage des Favorites, à Paris. Ces aérostats peuvent très bien vous servir comme réservoirs pour l’oxygène.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les fiançailles de Thérèse, par M"' Stanislas Meunier. 1 vol. in-18, avec un dessin de Haumont. — Paris, G. Charpentier et Fasquelle, 1891. Prix : 2 fr. 50.-
- Il y a quelques semaines nous parlions ici même d’un livre de fables de M. Ch. Richet, et nous disions que nous mentionnions exceptionnellement un livre purement littéraire. Cette petite Notice nous a valu le plaisir de recevoir un autre livre écrit par une dame dont le nom est sympathique à tous, et particulièrement aux lecteurs de La Nature: il s’agit d’un roman; l’auteur est M“" Stanislas Meunier. Le roman, que nous avons pris grand plaisir à lire, est charmant; la forme y est simple et gracieuse tout à la fois; il peut être recommandé aux mères de famille et à tous ceux qui aiment les bonnes lectures. G. T.
- Vannée électrique, ou exposé annuel des travaux scientifiques, des inventions et des principales applications de l’électricité à l’industrie et aux arts, par Pu. Dklahaye. 7“ année. 1 vol. in-18 jésus. Librairie polytechnique Baudry et Cio, éditeurs. — Paris, 1891.
- Les engrais. Engrais potassiques. Engrais calcaires. Engrais divers. Engrais composés. Achat. Transport. Contrôle. Expérimentation des engrais, par MM. A. Müntz et A. Ch. Girard. 1 vol. in-8° de la Bibliothèque de l'enseignement agricole. Librairie de Firmin-Didot et Cie. — Paris, 1891.
- Les races de chiens. Histoire, origine, description, par Pierre Mégnin. 3e partie. Les chiens de montagne, les dogues, les bouledogues, les terriers et les chiens d’appartement. 1 vol. in-8% avec 45 figures hors texte. Aux bureaux de l'Eleveur. — Yincennes, 1891.
- Etude sur la croissance et son rôle en pathologie. Essai de pathologie générale par M. le Dr M. Springer, ancien interne des hôpitaux de Paris. 1 vol. in-8#. Félix Alcan, éditeur. — Paris, 4890.
- Annuaire de l'Observatoire royal de Bruxelles, par F. Folie, directeur de l’Observatoire, 1891. 58® année. 1 vol. petit in-16. F. Hayez, imprimeur de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. — Bruxelles, 1891.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Coryza.
- Voici une recette simple, peu coûteuse et qui m’a toujours réussi, soit à moi*, soit à me$ amis. Priser du salol mélangé de moitié avec sous-nitrate de bismuth ou amidon; trois à quatre fois par jour. L’odeur de ces prises n’est pas désagréable, le salol ayant un parfum aromatique prononcé. (Communiqué par JH. Carré, de Paris).
- M. James Jackson, à Beaulieu, nous dit qu’il se sert depuis plusieurs années d’un moyen qui lui a rendu de grands services et qui a l’avantage d’une extrême simplicité, il suffit de priser du sel de table (chlorure de sodium, sel en poudre, comme on prise du tabac). Il n’y a pas à renouveler plusieurs fois l’opération ; une seule suffit, à condition d’opérer aussitôt que possible après qu’on a éprouvé les premiers signes de chatouillement nasal.
- Le procédé employé par M. Jackscn, qui a le double avantage de ne rien coûter et d’étre à la portée de tous, a été conseillé par un médecin américain pour combattre les névralgies dentaires et faciales. Comme tous les moyens simples, il ne réussit pas toujours et je connais plusieurs personnes qui l’ont essayé, à diverses reprises, sans résultats favorables. Le badigeonnage de la muqueuse nasale avec la solution de cocaïne au dixième est encore un procédé très sûr pour calmer le coryza, mais non toujours pour l’enrayer.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Cryptographie. — Nous avons reçu la lettre suivante : « Vous avez publié, dans La Nature du 3 janvier dernier (n* 918), sous la rubrique des communications diverses, un article sur la clef mobile de cryptographie, système Ch. Kronberg. La question des correspondances secrètes pouvant intéresser et rendre service à un grand nombre de personnes, j’ai l’honneur de vous communiquer ci-inclus, un système de cryptographie, désigné sous le nom de multiplicateur Dlanaol qui, tout étant aussi indéchiffrable que le système Kronberg, pour les personnes qui ignorent la clef, offre sur celui-ci l’avantage a’être d’une construction beaucoup plus simple, pouvant être fabriqué
- et employé par tout le monde. L’appareil se compose tout simplement d’un carton, sur lequel on a tracé un carré, ce même carré est lui-même divisé en vingt-cinq autres petits carrés égaux, dans chacun des deux sens horizontal et vertical, soit en tout 625 cases, dont chacune est occupée par une des 25 lettres de l’alphabet disposées dans leur ordre naturel, comme l’indique la figure suivante.
- A B C D E F G H I J K E M X O P 9 R s T F V X Y Z
- B C D E F G H I J K E M X 0 P 9 R S T F V X Y Z A
- C D E F G H I J K L M X 0 P 9 R S T F V X Y Z A B
- D E F G H I’ J K E M X 0 P 9 R S T F V X Y Z A B C
- E F G H I J K L M X 0 P 9 R S Y F V X Y Z A B C P
- F G II I J K L M X 0 P Q R S T F V X Y Z A B C D E
- G H I J K L M N 0 P 9 R S T F V X Y Z A B C P E F
- H I J K E M X 0 P 9 R S T F V X Y Z A B C P E F G
- I J K L M X 0 P 9 R S T V V X Y Z A B C D E F G H
- J K L M N 0 P 0 R S T F Y X Y Z A B C D E F G H I
- K L M N 0 P 9 R S T F Y X Y Z A B C D E F G H I J
- L M N 0 P Q R S T ü V X Y Z A B C D E F G R l J K
- M N 0 P 9 R S T F V X Y Z A B C P E F G II I J K L
- K 0 P i> R S T U Y X Y Z A B C P E F G H I J K E M
- fô P Q R S T U V X Y Z A B C D E F G H I J K L M N
- P 9 R S T F V X Y Z A B C D E F G H I J K L M X <0
- Q R s T U Y X Y Z A B C P E F G H I J K L M N O P
- R S T F V X Y Z A B C D E F C H I J K L M N 0 P <L
- S T U V X Y Z A B C D E F G H I J K L M X 0 P 9 R
- T U V X Y Z A B C » E F G H I J K E M N 0 P Q R S
- U V X Y Z A B C D E F G H I «J K L M N 0 P 9 R S T
- IV X Y Z A B C D E F G H I J K L M X 0 P 9 R S T F
- X Y Z A B C D E F G H I J K E M X O P 9 R S T U V
- Y Z A B C D E F G H I J K L M X 0 P 9 R S T F V X
- Z A B c| D E F G H l J K L M X 0 P 9 R S T F V X X
- Multiplicateur Dlandol.
- L’on fait usage de cette table comme d’une table de multiplication de Pythagore; les deux correspondants ont entre eux un mot, ou une
- fhrase convenue, qui est la clef, laquelle peut varier et se changer à infini. Que cette clef soit, par exemple, la phrase : Nec plus ultra, et que l’on veuille commencer une correspondance par les mois : « D’après votre lettre du dix courant, » on écrira chacune des lettres des mots formant la clef, au-dessus de chaque lettre de la correspondance, en répétant la clef autant de fois qu’il sera nécessaire ; puis, au moyen de la table, prenant les deux premières lettres N D, l’on trouvera, à l’intersection de leurs deux colonnes horizontale et verticale respectives, la lettre Q qui formera la première lettre de la correspondance secrète, l’on continuera de même jusqu’à la fin comme dans l’exemple suivant :
- Clef convenue
- NECPLUSULTRA.NECPLUSULTRANECPL Lettres de la colonne verticale
- Texte
- DAPRESVOTRELETTREDUDIXCOURANT
- Lettres de la colonne horizontale Correspondance envoyée
- QARHPNOJFLVLRYVHPYNYTQTOIVCDF Lettres obtenues à l’intersection des deux colonnes
- Pour déchiffrer cette correspondance, indéchiffrable pour toute personne qui n’en possède pas la clef, le destinataire, à son tour, écrit lettre à lettre les mots de la clef au-dessus de chacune des lettres de l’épître mystérieuse, et trouvera en opérant au moyen de la table, mais dans le sens opposé à son correspondant, la traduction exacte de sa lettre comme dans l’exemple suivant :
- Clef convenue
- NECPLUSULTRANECPLUSULTRANECPL Lettres de la colonne verticale
- Correspondance envoyée
- QARHPNOJ FL VLRY VHPYNYTPTOIVCDP Lettres se rencontrant à l’intersection des deux colonnes
- Texte
- DAPRESVOTRELETTREDUDIXCOURANT
- Lettres obtenues à la colonne horizontale supérieure
- Paul Thévenot, au Grand-Lemps (Isère).
- Lt Rédtetion «t rAdministrstioi de LA NATURE sont ftrinjèm tu terriee des Auuoitet pour lesquelles on doit s’adresser à l’Offlee de Publicité de l’Imprimerie, 9, rie de Fleurii.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publias par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 9 '9
- 772e BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- D'APRÈS LIS OBSERVATIONS DR H. RENOU (PARC DR SAINT-MAUR, ALTITUDE ; 49 M. 30)
- Mars 1891. — Semaine du lundi 2 an dimanche 8 Mars 1891.
- LUNDI I MARDI I MERCREDI ' JEUDI ^p}yÉ^0REDMEDI ..^.1 DIMANCHE 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6" MIDI 6 min 6 MIDI' 6 • (j^tyiiDÏ ‘jfJ:1MIN 'É MIDI 6 MÏN 6 MIDI 6
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- Immû3m3nS33SmSS"mbZÏ=:2m33SS3mm33m»m333S3335SS33S«m»mSSS33Sh9mm«hsm5—'
- Thermomètre, se
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Iwomèln tnreglftrtnr de H. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à bonle sèche et à boule mouillée
- Le baromètre est ramené à O an niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE l D. Q. LE 3 A 7 H. 47 H. DU SOIR
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- D’APRÈS LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCB
- ' \ *
- JOURS THERMOMÈTRE i 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES V ; J
- Lundi 2 mars 1891.. . 8*,9 S.W. 1 Couvert. 0,0 Couvert ; quelq. averses.
- Mardi 3 4*,9 W. N. W. 5 Beau. 0,9 Nuag. jusq. 16 h., beau ensuite, gouttes à minuit 30 et à 13 n.
- Mercredi 4 0*,4 W. S. W. 2 Beau. 0,1 Beau jusq. 7 h., très nuag. jusq. 14 h., couv. ensuite,, pluie de 18 à 22 h.
- Jeudi 3 7%4 W. 2 Couvert. 0,2 Très nuageux, beau après 19 h.
- Vendredi 6 6»,8 W. 2 Couvert. 0,0 Couv. le m , beau le s.
- Samedi 7 2*,2 S. S. AV. 1 Très nuageux. 0,0 Très nuageux, gelée blanche.
- Dimanche 8 i 4‘,8 S. S. E. 2 Couvert. 0,0 Couv.; petite pluie presque toute la journée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Résumé des observations météorologiques faites au pare de Saint-Maur en février 1N91
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 769“",67]; minimum, le 26, à 3 heures du soir, 7o8“,05: maximum, le IA, à 11 heures du matin, 776““,76.
- Moyennes thermomélriques : des minima, —1°,41 ; des maxima, 7°,89; du mois, 3®,2i; moyenne vraie des vingt-quatre heures, 2®,52. Minimum, le 10, vers 1 heure du malin, —5°,2; maximum, le 27, entre 2 heures et 3 heures du soir, 17**1. Il y a eu vingt-quatre jours de gelée, dont vingt-un consécutifs, du 8 au 28, et un seul jour sans dégel, le 10; la moyenne de ce jour, la plus basse du mois, a été —3°,03.
- Tension moyenne de la vapeur. 4““.46; la moindre, le 14 à 4 heures du soir, 2““,5; la plus grande, le 4, à 2 heures et 4 heures du soir, 7““,1. Humidité relative moypnne, 83; la moindre, le 27, à 3 heures et 4 heures du soir, 26; la plus grande. 100, en quinze jours.
- Pluie, 4““,9 en seize heures réparties en trois jours; dans ce total de pluie sont contenus 0““,7 d'eau apportée dans le, cours du mois par le givre et le brouillard. Pas trace de neige.
- Dix jours de brouillard, dont cinq assez forts.
- Nébulosité moyenne, 42. La première moitié du mois le ciel a été très nuageux comme d'ordinaire; mais, à parlir du 17, il a été entièrement clair et six ours n’ont pas offert la moindre trace de nuage.
- Température moyenne de la Marne, 5®,32; la plus basse, 1®,69 le 1" et la plus haute 5°,41 le 28. Très trouble au commencement du mois, à la suite de la débâcle, elle s’est éclaircie progressivement en même temps que son niveau s'abaissait. En moyenne, ce niveau est beaucoup au-dessous de ce qu’il est ordinairement à la fin de l’hiver.
- Le vent faible a dominé, d’abord du nord au nord-est, puis du sud au sud-ouest.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de février 1891 a présenté les résultats suivants : Baromètre plus haut de 11““,23; thermomètre plus bas de 1*,05; tension de la vapeur moindre de 1““,05; humidité relative moindre de 3; pluie plus faible de 28“”,2; nébulosité plus faill e de 27.
- Ce mois est remarquable par sa faible néhulosilé, la moindre depuis 1863; par sa faible quanlité de pluie; elle était pourtant encore moindre l’an passé; par sa grande hauteur barométrique qui revient à 774““,t0 au niveau de la mer. C’est la plus haule moyenne de février depuis 1779, c’est-à-dire depuis eent douze ans. Cotte a eu à Montmorency, à 2 heures du soir, une moyenne de 765“",43 ce qui, toutes corrections faites, revient à 775““.2o au niveau de la mer; mais ce mois, bien ditférent de février 1891, était plus chaud que la moyenne normale.
- Ont fleuri dans ce mois : le 6, le Chimonanthus flagrans et, le 21, la Perce-neige; à la fiu du uumla campagne, dans une grande partie de la France, a une teinte d’un gris InMin par suite de la congélation de toute verdure; les blés sont en très grande partie gelés.
- La moyenue des trois nmis d’hiver est de —0®,n8 au lieu de 2°.64 ; la hauteur movcmie du baromètre 763““,18 au lieu de 738““,65; la nébulosité 32 au lieu de 72; la pluie 46““,3 au lieu de 103“”,9. Le nombre de jours de gèlée depuis octobre a été de 83.
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- Librairie de G. MASSON, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris
- VIENNENT DE PARAITRE :
- TRAITÉ
- D’ANALYSE CHIMIQUE
- de R. D. SILVA
- Professeur à l’Ecole centrale des arts et manufactures, et à l’École municipale de physique et de chimie industrielles
- Rédigé par M. EIVGEL
- Professeur à l’École centrale, membre correspondant de l’Académie de médecine
- 1 volume in-8° avec figures..........8 fr.
- Chef des travaux de chimie analytique à l’Ecole centrale des arts et manufactures, puis professeur de chimie à l’Ecole municipale de physique et de chimie industrielles et enfin professeur de chimie analytique à l’École centrale, M. Silva a consacré les dernières années de sa vie laborieuse à l’enseignement de la chimie analytique.
- Le succès de son enseignement à l’École centrale avait été si marqué, la direction qu’il lui donnait était si pratique, qu’on lui demanda de rédiger un Traité élémentaire de chimie analytique, qui allait être publié quand la mort vint le surprendre.
- On trouva dans ses cartons un assez grand nombre de leçons complètement rédigées, et beaucoup de notes, de plans de conférences ou de leçons, écrits souvent plusieurs fois, témoins de son labeur assidu. M. Engel, qui a remplacé M. Silva dans sa chaire de l’École centrale avec le talent et le succès que l’on sait, a bien voulu se charger de mettre en ordre ces manuscrits en éliminant ce qui faisait double emploi et en achevant la rédaction des portions qui ne se trouvaient qu’indiquées.
- Le meilleur éloge que nous puissions faire du livre que nous annonçons se trouve dans ces quelques lignes empruntées à la Préface dont M. Friedel a bien voulu accompagner l’ouvrage :
- « Le présent ouvrage nous semble répondre à un besoin et pouvoir remplacer dans la plupart des cas, avec avantage, des traités beaucoup plus volumineux qui laissent au lecteur l’embarras du choix parmi de nombreuses méthodes, sans lui donner suffisamment le moyen de reconnaître quelle est celle qui doit être préférée dans le cas qui l’occupe. Sa publication n’est pas seulement un hommage rendu a la mémoire d’un savant distingué et d’un professeur dont le dévouement à sa tâche et à ses élèves était sans bornes, mais, en même temps, un service rendu aux commençants en les initiant aux premiers éléments de la science, ainsi qu'aux chimistes ayant déjà la pratique du laboratoire en leur rappelant des détails d’opérations que la mémoire la plus sûre ne suffit pas à retenir. »
- TRAITE ÉLÉMENTAIRE
- D’ÉLECTRICITÉ
- Par J. JOUBERT
- Ancien professeur au collège Rollin, inspecteur de l’Académie de Paris.
- Deuxième édition, revue et augmentée.
- 1 vol. in-8°, avec 371 figures dans le texte. . . 8 fr,
- PRÉFACE DE L’AUTEUR. — Je me suis proposé dans ce livre d’exposer, d’une manière simple et cependant assez complète, la théorie de l’électricité et les principales applications qui s’y rattachent. J’ai eu en vue un lecteur désireux non seulement de connaître les faits, mais d’en suivre l’enchaînement logique et de se rendre un compte exact des phénomènes. Je ne lui suppose, d’ailleurs, d’autres connaissances que celles qui forment la base de l’enseignement élémentaire classique.
- Je me suis tenu strictement sur le terrain des faits, en écartant toute hypothèse. J’ai écarté également les détails historiques : autant je les crois intéressants et profitables pour ceux qui savent, autant je les estime peu utiles pour ceux qui apprennent. C’est à ces derniers que je m’adresse. J. J.
- Cette seconde édition a subi des remaniements assez nombreux en vue de tenir compte des travaux récents. Les chapitres relatifs au Magnétisme, à l’Electromagnétisme et aux Courants alternatifs sont ceux qui ont reçu les modifications les plus importantes. J. J.
- 28 février 1891.
- Table des chapitres. — Phénomènes fondamentaux. — Distribution de l’électricité. — Influence électrique. — Potentiel électrique. — Théorèmes généraux. — Capacité électrique, condensateur. — Effets de la décharge. — Appareils de mesures électrostatiques. — Machines électriques. — Pile électrique. — Courants électriques, actions calorifiques. — Courants dérivés, travail maximum. — Phénomènes chimiques des courants. — Thermoélectricité; — Magnétisme, phénomènes généraux. — Constitution des aimants. — Influence magnétique. — Equilibre et mouvements des corps magnétiques. — Aimants permanents. — Magnétisme terrestre. — Electromagnétisme. — Actions électromagnétiques. — Aimantation par les courants. — Induction. — Cas particuliers d’induction. — Courants alternatifs. — Oscillations électriques. — Galvanomètre. — Mesures électromagnétiques. — Unités électriques.
- — Détermination de l’ohm. — Machines à courants constants. — Machines à courants continus. — Machines à courants alternatifs. — Eclairage électrique. — Galvanoplastie. — Télégraphie électrique.
- — Electricité atmosphérique.
- THÉORIE MATHÉMATIQUE
- PLACEMENTS ET EMPRUNTS A LONG TERME
- Par A. BRASIL.IER
- Ancien élève de l’École polytechnique, professeur à l’École supérieure de commerce et à l’École des hautes études commerciales
- ANNUITÉS DE PLACEMENT ET D’AMORTISSEMENT EMPRUNTS PUBLICS — SERVICE DES TITRES — ÉTABLISSEMENTS DE CRÉDIT
- } Un volume grand in-8°............ 1© fr. ,
- Cet ouvrage correspond à un des cours que M. Brasilier professe depuis de nombreuses années. Il s’adresse aux élèves des Écoles supérieures de commerce, mais il ne sera pas moins utile aux banquiers et à tous ceux qui font des finances et de la haute comptabilité leur occupation habituelle.
- Us y trouveront, notamment, toute une sérié de tables numériques absolument nécessaires pour le calcul des emprunts et des amortissements.
- DIVISION DE L’OUVRAGE. I. Formules et Tables d’intérêts composés. — II. Formules et Tables d’Annuités et Placements annuels. 111. Théorie générale de 1 Amortissement. —- IV. Solutions des quatre problèmes généraux relatifs aux emprunts. — V. Tableaux d amortissement^ d Emprunts remboursables par annuités constantes. — VI. Amortissement d’un Emprunt avec la condition des « Anticipativen Zinsen ». VII. Annuités variables. — VIII. Conversion d’un capital en annuités ou en Rente, et d’une suite d’annuités en une autre suite de payements périodiques. — IX. Amortissement des Rentes d’Etat par voie de rachat; Caisse d’Amortissement. —
- X. Emprunts par obligations. — XI. Etude de diverses complications dans le service des Titres. — XII. Tvpes d’emprunts étrangers. — Ytir K.m»ccionc nuKlumoc 4- ~( ** *• ®
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- Supplément au numéro 929 de LA NATURE, du 21 mars 1891
- Cl™ J 621e BOITE AUX LETTRES (
- SAMEDI \
- 21 mars 1891 /
- 'Lm lettres et communie* tlon» relative» à la a Boite ans lettre» » et à la rédaction doivent être adreseéee à M. Caston TISIANDUat
- 80, me de ChAteaadan, & Paris.
- Dans la « Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications.
- .Toute* UES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressée»
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne l’obturateur Gillon, s’adresser directement à M. Gillon, 22, rue Beautreillis, à Paris. — Le pistolet cri-cri a été acheté sur les boulevards, à Paris, nous ne connaissons pas l’adresse du constructeur; le pistolet ticket a été acheté chez le marchand de jouets du passage Jouffroy, à Paris.
- M. Louis Martin, à Paris. — Le mot incunable qui sert à désigner les premiers livres imprimés (fin du quinzième siècle et premières années du seizième) provient du latin incunabulum qui veut "dire berceau. Un incunable est un livre datant de l’origine de l'imprimerie.
- M. JF. A., à Paris. — Les journaux parlent des Dahoméens; mais c’est bien, comme nous l’avons indiqué dans La Nature, Dahomiens qu’on a l’habitude de dire. Le dictionnaire Larousse dit Dahomiens (le dictionnaire de géographie de M. Vivien de Saint-Martin dit Daho-mans) pour désigner les habitants du Dahomey. Nous ne saurions indiquer pour quelle raison la direction du Jardin d’Acclimatation a adopté le mot Dahoméens.
- M. le marquis de Viaris, à Paris, nous écrit que le système de cryptographie, que nous avons mentionné dans notre précédente livraison, est un système ancien sur lequel il donne des détails dans son étude sur la cryptographie. Nous recommandons à nos lecteurs cette étude que nous avons déjà signalée; elle a été publiée par le Génie civil.
- Un abonné, à Paris. — 1° Les piles au bichromate à écoulement fournissent la source d’électricité la plus pratique pour produire la lumière à domicile. — 2° Adressez-vous aux fabricants d’accumulateurs.
- Mma L. G., à Belfort. — Pour rendre la souplesse aux vêtements de caoutchouc, il faut les soumettre à des vapeurs ammoniacales ; quelques personnes ont l’habitude de les suspendre dans les écuries.
- M. U. Grenier, à Paris. — Votre terrasse sera toujours fendillée par suite du jeu des bois qui servent de base. Il n’y a pas d’autre remède que de combler les crevasses au fur et à mesure qu’elles se produisent, jusqu’au moment où le bois cessera de travailler.
- M. C. C., à Paris. — On peut très bien expliquer la décomposition du sulfate de fer par l’acide carbonique, d’après la troisième loi de Berthollet : quand il doit se former un composé insoluble, ce com-
- Îiosé se forme, bien que l’acide soit moins énergique. Cependant, les ois de Berthollet ne sont plus admises dans l’enseignement. Les réactions sont déterminées dans le sens des plus grandes quantités fie chaleur dégagées.
- M. le comte H. d'Aucourt, à Montfort-ï’Amaury. — Turbines hydrauliques : Blanchod et Cie, 32, place Saint-Georges, et A. Lépine, 41, boulevard Barbés, à Paris. La turbine Victor peut également -vous convenir; adressez-vous à M. Clifford Smith, représentant de M. F. Nell, 8, rue de Trévise, à Paris.
- M. Lutringer, a Reims. — Vous trouverez de la fibre vulcanisée «chez M. Kapferer, 12, rue Jean-Jacques-Rousseau, à Paris.
- Un abonné, à Paris. — Vous nous demandiez une lampe au ma-nésium de longue durée. M. L. Mignon, 105, boulevard National, à lichy, nous informe qu’il possède un modèle fonctionnant trois heures sans discontinuer.
- M. L. P. D., à Huisfen. — 11 faut faire l’analyse complète de celte •eau afin de savoir quelles sont les substances qui produisent ces •dépôts.
- Un colombophile, à Angoulêine. — Cette publication n’est pas •mentionnée dans la liste des journaux ; nous ne saurions vous renseigner..
- M. A. Bouloumois, à Paris. — Pour alimenter des lampes à incandescence de faible puissance lumineuse, et si vous ne désirez de la lumière que par intermittence, prenez des éléments Leclanché de grandes dimensions.
- M. L. Couratier, à Paris. — 1° Nous connaissions l’application du •caissier automatique que vous signalez. — 2° Remerciements.
- M. Pincha, à Saumur. — Employez la lampe sans flamme qui se Trouve chez M. L. Muller, pharmacien, 40, rue de la Bienfaisance, à Paris ; elle permet de faire disparaître l’odeur du tabac dans une salle •où l’on fume.
- M. Fargue, à Aiguillon. — Des expériences ont été faites sur la .germination électrique des plantes ; mais on n’a rien publié jusqu’ici •en fait de renseignements pratiques.
- M. L. Nievsky, à Londres. — Les deux affirmations contenues dans l’imprimé que vous nous transmettez, ne nous semblent pas ‘ «exactes.
- ques d'accumulateurs, on ajoute au plomb qui forme les supports du mercure et de l’antimoine en certaines proportions, environ 3 à 4 pour 100 d’antimoine et 2 pour 100 de mercure.
- M. D. V., à Sainte-Marguerite. — Le fabricant est parti sans laisser d’adresse.
- M. H. A., à Paris. — 1° Il n’y a rien de particulier à vous indiquer pour la construction d’une chambre noire. — 2° La formule se trouve dans tous les traités de physique.
- M. J. P., à Paris. — Vous pouvez chauffer de l’eau ou du bouillon au moyen de l’électricité, en entourant le récipient d’une spirale traversée par le courant ou bien encore en faisant passer Recourant directement dans le récipient.
- M. Z., à Paris. — Horlogers électriciens : M. J. Wagner, 47, rue des Petits-Champs, M. Paul Garnier, 6, rue Taitbout, à Paris, etc.
- M. H., a Cannes. — 1° Il existe plusieurs compteurs pour courants alternatifs : adressez-vous à la Compagnie des compteurs Frager, 16, boulevard de Vaugirard, et à la Compagnie E. Thomson, 7, rue du Louvre, à Paris. — 2° Librairie Michelet, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. G. Duffié, à Sedan. — Il faudrait étudier un appareil spécial; renseignez-vous auprès de constructeurs électriciens. ,
- L'abonné 1545, à Paris. — Le tableau synoptique de la prévision du temps de M. Plumandon est construit par MM. Richard frères,* 8, impasse Fessart, à Paris.
- M. E. Risack, à Vilvorde. — Prenez des renseignements auprès des fabricants d’accumulateurs.
- M. E. Piron, à Guitres. — Il est bien difficile de vous conseiller sans examiner le détail de l’installation. N’y a-t-il pas une fuite dans les tuyaux, ou ces derniers ne sont-ils pas obstrués de temps à autre par un dépôt quelconque?
- M. J. Genot, à Thuin. — 1° Pas de procédé pratique. — 2" Remerciements.
- M. H. L., à Rouen. — Graisseurs automatiques : Hamelle et C1*, 21, quai Valmy; et Lefebvre, 5, rue Deltéral, à Paris.
- M. Z., à M. — Vous trouverez probablement ces renseignements dans le Manuel du mécanicien du chemin de fer, par MM. Bâclé et Richard, à la librairie’Dunod, à Paris.
- M. X., à Besançon. — 1° Le procédé a été appliqué dans plusieurs machines. — 2° On dépense plus d'énergie dans la décomposition de l’eau qu’on n’en recueille soit en lumière, soit en chauffage. — 3° Quelques applications ont été faites.
- M. Emir-Ahmed, à Paris. — Remerciements pour votre communication; ce ne sont là que des hypothèses qu’il serait nécessaire de vérifier par l’expérience.
- M. Merle J., à Grasse. — 1° Piles au bichromate à écoulement.
- — 2° Le nombre dépend du voltage que vous adoptez. — 3° II est préférable d’avoir des accumulateurs.
- M. S., à Paris, nous écrit qu’un bon procédé pour attraper les loirs est d’amorcer les pièges avec des pruneaux*de bonne qualité.
- M. A. Ricco, à Catone. — Pour donner au laiton la couleur grise obscure nacrée, il suffit de plonger le laiton bien décapé dans du chlorure d’antimoine.
- Un abonné, à La Rochelle. — Nettoyer les touches de piano avec de l’eau oxygénée.
- M. P. Van Eukhout, à Malines. — Cette coloration tient à la présence du fer.
- M. C. Pierrart, à Fontaine-au-Bois. — Les voltmètres sont très nombreux; il suffit d’ouvrir un journal d’électricité pour trouver la description de plusieurs modèles.
- M. F. G., à Paris. — Les recherches se poursuivent encore; les résultats obtenus sont contestés.
- Un abonné, à Avignon. — Traiter les substances par de l’acide chlorhydrique, ou azotique; l’or restera insoluble.
- M. V. Riston, à Malzéville. — Bureaux du journal : 22, rue Vi-vienne, à Paris.
- M. B., à Arles. — Vous trouverez la description de plusieurs systèmes de thermomètres métalliques dans la collection de La Nature; voyez la Table des matières des dix premières années.
- M. de la Davière, à Paris. — La composition des poudres de chasse est indiquée dans les traités de chimie, notamment dans la chimie de Pelouze et Frémy.
- Un abonné, à Soignies; M. Colfs, à Bisag; M. A. G., à X. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. F. Ketlner, à Strasbourg. — 1° Pas d’ouvrage de ce genre.
- — 2° Nous ne connaissons pas cette adresse.
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- •«. Recettes et procédés utiles plusieurs procédés pour couvrir le fer de vernis préservatifs de la rouille.
- M. P. Ij., à Paris. — Adressez-vous à la librairie Gauthier-Villars, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. A. L. L., à Paris. — Les taches de cire à cacheter sur étoffes de laine sont difficiles à enlever; essayez l’alcool à chaud.
- M. J. Richou, à Bordeaux. — Nous nous servons d’un appareil pour plaques 8/13 avec objectif Darlot. Vous pouvez avoir un excellent appareil pour le prix que vous indiquez.
- M. G. Damagnez, à Candas. — Désinfecter les vêlements au moyen de l’acide sulfureux obtenu par la combustion du soufre.
- M. Goubert, à Mevsse. — 1° Dans le compteur F rager, il y a un petit moteur qui met en mouvement une came qui sert d’intégrateur.
- — 2° Les essais du concours de compteurs de la Ville de Paris se poursuivent encore,
- M. T. L. Villain, à Charleville. — Nous ne pouvons rien vous conseiller; il serait préférable de consulter un homme du métier.
- M. F. Mortier, à Malakoff. — 1° Les deux plaques de zinc et de cuivre doivent être enfoncées dans la terre et reliées à la partie supérieure. — 2° Employer la glacière des familles que nous avons signalée il y a quelque temps dans la Botte aux lettres.
- M. M. Garcia, à Herrera. — Adressez votre lettrp au Ministère de la guerre, section technique du génie, à Paris.
- M. G. Lebrethon, à Lisieux. — 11 nous est impossible de vous renseigner. Tous nos regrets.
- M. M., à Cosne. — Il faut consulter une agence de brevets, qui pourra vous indiquer les antériorités s’il en existe.
- M. A. Golembiowski, à Constantine. — Pas de brochure à ce sujet; mais vous pouvez écrire directement à M. de Lacaze-Duthiers', membre de l’Académie des sciences, qui se fera certainement un plaisir de vous renseigner au sujet de ses intéressantes expériences.
- M. G. M., à Charenton. — 1° Pas de traité spécial. — 2° Vous trouverez plusieurs moyens de fixer le caoutchouc sur les roues de vélocipèdes dans le petit livre des Recettes et procédés utiles indiqué plus haut. (G. Masson, éditeur.)
- M. E. Galloo, à Bergues. — 1° Consultez le même petit livre. — 2* Employez le camphre.
- M. A. Félizon, à Senlis.—Filtres Chamberland, système Pasteur, 58, rue Notre-Dame-de-Lorette, à Paris.
- M. Nantir, à Paris. — 11 faut vous entendre directement avec les marchands d’appareils.
- M. Savary, à Rennes. — 1 ° Tremper le laiton dans le chlorure d’antimoine, comme nous l’avons indiqué précédemment. — 2° 2 fr. 25.
- — 3° Nous transmettons votre lettre à l’administration du journal.
- M. Jacquet, à Vernon. — Vous pourrez vous procurer du ferro-
- nickel pour rhéostats à la Société du ferro-nickel, 17, rue du Pont-aux-Choux, à Paris.
- M. A. Cornille, à Lille. — Il n’existe pas d’ouvrage tel que vous le demandez ; vous aurez cependant beaucoup de renseignements dans le Guide pratique de l'amateur électricien pour la construction de tous les appareils électriques, par E. Keignart, à la librairie J. Michelet, 25, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Tremblement de terre. — Observatoire de la Baumette, (près Angers). — Le 10 mars 1891 à 7 h. 43 du matin, j’ai ressenti une faible secousse de tremblement de terre dont la durée a été d’environ 5 secondes. Cette secousse, ayant secoué un peu les portes, avait un bruit sourd semblable au roulement d’une voiture. Le ciel était peu chargé de cumulus, le vent dont la vitesse était de 7 mètres par seconde venait du sud-ouest. La température était de 7°,0 et le baromètre à 0° marquait 744mm,18. — Un second tremblement de terre,
- Elus fort que le premier, s’est fait ressentir le 13 à 2 h. 25 du matin.
- a secousse, dont la durée a été d’environ 5 secondes, a secoué un peu fortement les portes et les fenêtres et avait un bruit d’un train de chemin de fer passant sur un pont, dont l’intensité semblait être vers le sud. Le ciel était couvert, le vent venait de l’est-sud-est et avait une vitesse de 3m,5 par seconde. La température était de 5°,3 et le baromètre à Q° marquait 745ram,G8. A. Ciieux.
- La Tour Eiffel. — Avec le printemps les ascensions de la Tour Eiffel vont reprendre. Le monument sera ouvert au public à partir du dimanche 22 mars. Le prix des ascensions, est le même que l’année dernière : Jusqu’au 1er étage, 1 franc; du 1er au 2e étage, 1 franc; du 2° au 3e étage, 2 francs, soit 4 francs pour l'ascension au sommet. Les prix sont réduits de moitié les dimanches et fêtes. Jusqu’au 30 avril, la fermeture ayant lieu à 7 heures du soir, les restaurants ne seront accessibles au public que pour le déjeuner.
- BIBLIOGRAPHIE
- L'année industrielle, par Max de Nansouty. Revue des progrès industriels et scientifiques. 5“ année, 1891. 1 vol. in-16. B. Tignol, libraire-éditeur. — Paris, 1891.
- L'année scientifique et industrielle, par Louis Figuier. Exposé annuel des travaux scientifiques des inventions et des principales applications de la science à l’industrie et aux arts qui ont attiré l’attention publique en France et à l’étranger. 34e année, 1890. 1 vol. in-16. Librairie Hachette et Cie. — Paris, 1891.
- Marines étrangères, par H. Buchard, lieutenant de vaisseau. 1 vol. in-8° de la Bibliothèque du marin. Berger-Levrault et Cie, éditeurs.
- — Paris, 1891. ' ^
- L'éclairage électrique à l'usine municipale de Paris, par M. F. Meyer, ingénieur des ponts et chaussées. Extraits des Annales des ponts et chaussées. 1 brochure in-8°. Veuve Ch. Dunod, éditeur.
- — Paris, 1890.
- Résumé des observations météorologiques faites à l’observatoire de la Baumette près Angers en 1890, parM. Cheux. 1 brochure in-8°. Germain et G. Grassin, imprimeurs-libraires. — Angers, 1891.
- Tarifs paraboliques et hyperboliques. Nouvelle méthode d’unification des tarifs différentiels, par J. Courau. 1 brochuré in-8°. Publications du journal le Génie civil. — Paris, 1890.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le traitement de l'entorse.
- Avant de parler du traitement, précisons en deux mots ce qu’on entend par entorse. C’est un déplacement momentané des deux surfaces d’une articulation. Une chute, un faux pas en descendant la marche d’un trottoir, une inégalité de terrain dans lequel le pied porte à faux en courant, sont les causes les plus ordinaires de l’entorse. L’articulation a subi une disjonction brusque et temporaire; il n’y a aucun déplacement, sans cela ce serait une luxation. Mais il en est résulté une attrition des ligaments, une déchirure des petits vaisseaux, des ligaments, parfois avec arrachement des points d’insertion sur les os. Que l’entorse soit mal soignée, il peut survenir une arthrite, et, si le sujet est débile, lymphatique, cette arthrite peut devenir sérieuse.
- Le premier signe d’une entorse est la douleur et l’impotence du membre; impossibilité de marcher si c’est au pied, impossibilité de relever la main, de prendre avec fermeté un objet si c’est au poignet. Puis survient assez rapidement du gonflement dù en partie à l’épanchement sanguin.
- Comment traiter cet accident? Il faut tout d’abord empêcher cet épanchement sanguin de prendre des proportions trop considérables et, pour cela, plonger le pied (siège le plus ordinaire des entorses, le cou de pied), dans l’eau froide ou appliquer des compresses d’eau blanche. L’arnica, si fréquemment employé, n’a absolument aucune valeur. Après un quart d’heure d’immersion dans l’eau, faire sur la partie douloureuse un massage doux et continu de bas en haut dans la direction de pied à la cuisse, de la main au coude. Ce massage doit , être d’abord très léger, en raison de la douleur. La main de la personne qui fera cette petite opération sera imprégnée d’huile d’olives ou d’un autre corps gras et suivra lentement le modelé de la région, en exerçant petit à petit une pression plus énergique. Au bout de quelques instants, la pression peut être assez intense sans que le malade ressente une douleur bien vive, et l’on verra se réduire le gonflement. Cette séance doit durer un quart d’heure.
- Après le massage, envelopper la partie malade d’une compresse imbibée d’alcool camphré et poser une bande de toile (non neuve). modérément serrée, depuis la pointe du pied ou l’extrémité de la main jusqu’à 10 centimètres au-dessus de la partie lésée. Mettre ensuite ie malade dans un repos absolu.
- Le massage sera renouvelé les jours suivants dans les mêmes conditions, et il est rare que l’entorse ne soit pas à moitié guérie au bout du quatrième ou cinquième jour.
- 11 est entendu qu’il s’agit d’entorses non compliquées, et il est bon de signaler à ce propos que les fractures de l’extrémité inférieure du péroné se différencient avec peine, pour celui qui n’a pas de connaissances médicales, de l’entorse ordinaire. Le massage n’aura pas, même dans cette hypothèse, d’inconvénients fâcheux, mais la fracture demande, après, l’immobilisation dans un. appareil spécial. Dr X...
- U Rédaetioi «t l’Administratioa de LA NATURE sont étrangères ta leniee des Annoneei pour lesquelles on doit s’adresser 1 l'Office de Publicité de l’Imprimerie, 9, me de Flenmi.
- La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations,
- niîme avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 773e BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- I * *•*•
- B’ATRiS US OBSERVATIONS DE M. RBHOO (PARC DE SAINT-MAUR, ALTITODB ; 49 M. 30)
- Mars 1891. — Semaine du lundi 9 au dimanche 15 Mars 1891.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de H. Rédler. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et A boule mouillée. Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE ! N. L. LE 10 A 0 H. 0 M. DO SOIR
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU. BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- i
- i ;
- JOURS THERMOMÈTRE & 7 h. m. R VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES i
- Lundi 9 mars 1891.. . . 9’, 7 S. S. W. 2 Couvert. 6,0 Couvert, pluie la plupart du temps à partir de 8 h. 30.
- Hardi 10 10*, 1 S. S. W. 4 Couvert. 24,4 Couvert jusqu’à 9 h.; nuageux ensuite; pluie jusqu’à 8 h.; tonnerre à l’W., à 17 h. 20.
- Mercredi 11 4%9 S. 5 Couvert. 0,1 Couvert ; beau après 21 h.; gouttes à diverses reprises.
- Jeudi 12.. - 1*,9 E. S. E. 0 Beau. 0,6 Couv. de 12 à 18 h., nuageux le reste ; halo.
- Vendredi 13 5°,5 E. S. E. 2 Nuageux. 0 Couv. de 0 h. à 6 h. et de 12 à 19 h : nuageux le reste, gouttes à 16 h.; halo.
- Samedi 14 0*,1 N. N. E. 0 Nuageux. 0 Très nuageux de 8 h. à 11 h. et après 6 h.; beau lè reste.
- Dimanche 15 4-,5 W. S. W. 2 Couvert. 0 Nuageux de 8 h. à 15 h.; couv. le reste; petite averse à 23 h. 1/2 ; halo.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- K,a tempête de neige de Calais. — On écrit de Calais qu’une tem-pêle effroyable de neige a sévi sur celte ville le 9 mars. La voie ferrée qui conduit de la gare maritime à la gare centrale, h 5 heures du soir, a été subitement couverte de neige, et il a été impossible de la déblayer. Deux locomotives armées de chasse-neige ont été projetées hors des rails par un vent très violent. A 9 heures du soir, la temnête augmentait encore ; la mer était complètement déchaînée. La malle de Calais-Douvres n’avait pu quitter le port de Douvres . Un steamer mieux armé, le Victoria, était parti de Douvres vers 6 heures et était arrivé en vue de Calais à 10 heures. 11 lui a été impossible d’entrer au port avant 9 heures du lendemain matin. Ce navire est donc resté
- ainsi quatorze heures en mer entre Douvres et Calais sans pouvoir atterrir. On Y'Y n’a eu à déplorer aucun accident; le navire a subi quelques avaries, il a eu les Y* voiles arrachées et le bastingage défoncé à l’arrière. C’est là première fois. que le bateau de Douvres à Calais subit un pareil retard. ,
- Photographie de Ja partie ultra-rouge du spectre solaire.
- — M. E. Lommel a repris à nouveau la méthode de Becquerel pour l’observa-1 tion du spectre solaire dans l’ultra-rouge, au moyen de substances pliospho- •
- rescentes. Le spectre est reçu sur une surface recouverte de l’enduit de Bal-main. Une plaque photographique sèche est alors placée sur l’image pliospho- Oi-.'v rescente, et on peut photographier le spectre jusqu’à la région correspondant à ' :
- la longueur d’on Je de A = 950. Des photographies ont été exécutées à la fois || | par Ja méthode du prisme et par le réseau concave de Rowland. %'
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- LES MERVEILLES DE LA PHOTOGRAPHIE
- LE PHOTOSPHÈRE
- Les progrès de la photographie, en ce qui concerne la partie chimique, ont été considérables depuis une dizaine d’années, mais la construction des appareils est restée, relativement, en arrière. Aussi le journal La Nature s’est-il empressé de signaler à ses lecteurs l’apparition d’un nouvel instrument qui semble réunir toutes les conditions heureuses que peut rêver un praticien sérieux.
- Le Photosphère décrit par M. Gaston Tissandier, dans un numéro de décembre dernier, est un petit appareil de forme et de poids très réduit. Il est tout en métal recouvert d’argent oxydé. Sa construction ne ressemble en rien à celle des appareils connus. Les principes sur lesquels elle repose sont entièrement nouveaux et la manipulation en est des plus simples. Le Photosphère n’exige ni mise au point, ni connaissance quelconque de la photographie. 11 suffit de regarder dans le viseur l'image dont on veut s’emparer et pousser un ressort. L’opération de pose se trouve ainsi terminée. Les objectifs, d’une construction spéciale, sont très puissants, ils fouillent dans les ombres et dans les lointains avec une finesse inouïe.
- La photographie instantanée est celle qui rend le plus de services; elle est la plus répandue. Prise dans un petit format 8x9, elle peut supporter des agrandissements jusqu’à 18x24. Quoique dans cette petite mesure elle offre déjà un grand intérêt. C’est la dimension adoptée pour les projections, si à la mode actuellement.
- Le Photosphère est construit dans deux mesures, celle 8x9 et celle 9x12. Ce dernier format est celui le plus courant servant à former des albums charmants de voyages et de scènes qui ne se reproduisent jamais.
- C’est grâce au Photosphère que les explorateurs ont pu, depuis plus d’un an, obtenir dans les pays chauds des épreuves photographiques. Au Tonkin, cet appareil est très répandu. C’est le seul qui résiste au climat chaud et humide de ces contrées.
- Nous avons tenu d’une façon particulière à appeler l’attention de nos lecteurs sur cet instrument qui est jusqu’à présent le seul qui soit véritablement un appareil scientifique. Le modèle 9x12 est à foyer variable et possède un jeu de diaphragme et la vitesse de f obturateur peut se modifier à volonté. Enfin il peut servir, comme tous les appareils à faire des portraits, des objets posés ainsi que des reproductions.
- Afin de donner à nos lecteurs un spécimen des épreuves obtenues avec le Photosphère, nous reproduisons deux vues prises avec le petit modèle 8x9. Nécessairement il faut tenir compte de l’imperfection d’un tirage typographique et de celle d’une reproduction sur zinc.
- Il y a d’ailleurs un point de repère pour connaître la valeur pratique du Photosphère, c’est l’immense quantité qui en est fabriquée et vendue par la compagnie française de photographie, propriétaire des brevets.
- CLICHÉS INSTANTANÉS OBTENUS PAR LE PHOTOSPHÈRE
- PLACE DE L’OPÉRA VUE PRISE DU PONT d’iÉNA PENDANT l’e.XPOSITION
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- LA PHOTOGRAPHIE PAR LE PHOTOSPHÈRE• — Traité pratique de photographie instantanée, 4 épreuves hors texte
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- ' N; 93Û de \
- LA NATURE/
- Supplément au numéro 930 de LA NATURE, du 28 mars 1891
- 622‘ BOITE AUX LETTRES ( » =*« )
- . ? *
- Lm lettre* et oommanloeUons relative* A la a Botte ans lettre* » et A la rédaction doivent être adressée* & Gaston TISIANDIEA
- 60, me de Châteandnn, A Pari*.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications.
- TOUTE* LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précédé la date de la livraison.
- La ligne midi-6 heures donnera la
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Manomètre métallique : M. Mignot, 34, rue Gauthey, Paris. —;Pour tout ce qui concerne la lampe Auër, s’adresser à M. Auër, 67, rue de Richelieu, à Paris. — Nouveau gyroscope : M. J. Pinguet, 32, passage du Saumon, à Paris. >
- M. X., à Montargis, à propos du mode d’orientation Le Nord sans boussole, que nous avons indiqué dernièrement, nous écrit que depuis plus de quinze ans un mode d’orientation analogue est employé dans l’armée française. La ligne midi-6 heures est considérée comme invariable. Quelle que soit l’heure à laquelle on se trouve, on place la grande aiguille au milieu de l’intervalle qui sépare cette heure de midi, la pointe tournée du côté du soleil et de telle sorte qu’elle couvre exactement son ombre ligne nord-sud.
- M. E. Jacquesson, à Paris. — C’est par erreur que le procédé de s’orienter avec une montre a été donné comme d’origine américaine. Nous publions une rectification dans la présente livraison.
- M. J., à Paris. — Un parachute destiné à porter s'ans danger le poids d’un homme moyen (70 kilogrammes environ) doit avoir au moins 14 mètres de diamètre.
- M. A. Dubreuil, à Isigny. — 1° Oui. — 2° La déclinaison magnétique est variable suivant la contrée. Au 1er janvier 1891, la déclinaison occidentale était de 16°,36' à Ronfleur.
- M. le comte de Morlain, à Jarnac. — 11 faut, bien mettre au point, et bien centrer le foyer lumineux.
- M. Ch. Laugier, à Orange. — 1° Vous nous demandez un modèle d’accumulateurs portatifs : M. P. Gadot, 89, rue de Tocqueville, construit un modèle spécial de trois accumulateurs en tension, renfermés dans une boîte, qui pourrait vous convenir. — 2° Une lampe de trois bougies prend environ 4 volts et 3 ampères; il vous faudra deux accumulateurs à trois plaques, d’un poids total de 10 kilogrammes. La lampe pourra fonctionner pendant quatre à cinq heures. — 3° Pour charger cet accumulateur, vous pourrez avoir recours à des piles, ou mieux à des stations centrales d’énergie électrique, s’il en existe aux environs, en leur portant votre appareil. — 4° Remerciements.
- M. R. Destout, à Paris. — Vous désirez savoir ce que signifient lès termes de multiplication employés par les marchands de bicyclettes, quand ils parlent d’une bicyclette multipliée à 1,33 ; 1,70, etc. Un de nos abonnés, M. Ch. de Thierry, à Paris, nous a envoyé quelques explications <qui nous permettent de vous répondre. Une bicyclette a deux petites roues d’engrenage, une de grand diamètre et une de plus faible diamètre, reliées entre elles par une chaîne sans fin. La grande roue comporte un plus grand nombre de dents d’engrenage, et les pédales ; la plus petite roue est la roue motrice, elle comprend un moins grand nombre de dents et tourne, par conséquent, plus vite que la grande roue dans un rapport proportionnel au nombre de dents. Elle est reliée à la grande roue de derrière de la bicyclette. On appelle multiplication le facteur égal au produit du diamètre de la grande roue à laquelle est reliée la chaîne par le rapport du nombre de dents du pignon de la roue des pédales, au nombre de dents du pignon de la roue motrice. Ce fac leur multiplié par le rapport r. de la circonférence au diamètre donne le chemin parcouru par la bicyclette à chaque tour de la roue des pédales. Ainsi, pour une bicyclette dont le diamètre de la roue est D, le nombre de dents du pignon des pédales N, et le nombre de dents du pignon de la roue motrice n, le facteur multiplication est —• Si D = 0“,70,N = 17, n = 9, on a ^ ~(j~ ~
- —1,32. Le chemin parcouru à chaque tour de la roue des pédales
- 7t x D x N
- est -----------> Dans le cas actuel la valeur est 3,14x1,32 =
- 4m,15.
- M. Emauuel Gurdjian à Galata. — Vous trouverez ces sels de benzoates de soude chez les fournisseurs de produits chimiques pour laboratoires (voy. aux adresses utiles).
- M. L. M., à Dreux. — La Nature a publié les travaux de M. Croockes; voyez la Table des matières des dix premières années.
- M. T. L., à Durango. — Pas de fabricant spécial à vous indiquer.
- M. le Dr L. de Gonzalez, à Zacatecas. — L’acide phénique est un puissant désintectant.
- M. V. C., à Paris. — Le papier parchemin se trouve chez tous les marchands de produits chimiques.
- M. Kammerlocher, à Constantine. — Vous voulez sans doute parler
- du 15 septembre 1890. Nous n’en connaissons pas d’autre de ce genre.
- L'abonné 1458, à Paris. — Il n’y a pas de mastic qui puisse résister suffisamment à l’action de la vapeur; il faut mettre une pièce à la chaudière.
- Un amateur, à Marquion. — Le chauffage à l’acétate de soude a été décrit dans les n08 412, du 23 avril 1881 et 502, du 13 janvier 1883.
- M. L. Belin, à Doulon-lès-Nantes. — Adressez-vous directement au fabricant.
- M. D. G. Sertorio, à Albenga. — Chez tous les marchands de produits chimiques.
- M. Ch. Dietz, à Munster. — Cette question ne touche en rien à la science, nous ne pourrions vous renseigner.
- M. B. R., à Cluny. — Société anonyme d'électricité, 39, avenue Marceau, à Courbevoie.
- M. J. Gotendorff, à Maisons-Laffitte. — 1° Nous ne voyons pas d’autre procédé que de gratter légèrement les statues, pour faire disparaître l’enduit blanc qui les recouvre. — 2^ Il est préférable de passer une couche de peinture.
- M. le baron de T. Serboes, à Anvers. — Ecrire directement à M. Radiguet, dont nous avons précédemment indiqué l’adresse.
- Uti ancien abonné, à Paris. — 1° Ne se trouve plus dans le commerce. — 2° Le phénomène est signalé dans les cours scientifiques; mais il n’existe pas de documents précis à cet égard.
- M. E. Reynoso, à Yrapuata (Mexique). — Nous avons déjà indiqué plusieurs machines à fabriquer la glace dans nos précédentes Boîtes aux lettres.
- Un abonné, à Lyon. — Pas d’adresse spéciale à vous indiquer.
- M. R. B., à Paris. — 1° Renseignez-vous auprès de l’inventeur. — 2° 8 à 9 piles en tension. — 5“ Oui.
- M. H. R. D., h Neuilly. — Ces listes n’ont pas été publiées; nous ne les connaissons pas.
- M. J. Vaugien, à Salaise. — Ce petit problème est très ancien, et a été décrit dans La Nature. Remerciements.
- M. F. Noël, à New-York. — Votre lettre a été expédiée.
- M. H. Martha, à Reims. — Stilligoutte : MM. Roux et Cu, 21, rue Gambey, à Paris.
- M. R. Maurel, à Draguignan; M. L. Neukomm, à Chaux-de-Fonds; M. X., à Paris. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. V. Mathouillot, à Versailles. — Remerciements pour votre intéressante communication relative à la cryptographie; mais nous ne pouvons continuer à publier tous les procédés, qui sont fort nombreux, et qui se trouvent réunis dans des livres spéciaux.
- M. A., au Puy; M. L. Godefroy, à Puteaux, — Adressez-vous aux grands libraires de Paris; nous ne connaissons pas d’ouvrages sur ces sujets.
- M. A. L., à Bruxelles; M. Ch. Derue, à Paris. — Pas de publication spéciale à vous indiquer.
- M. A. J., à Montpellier. — Vous trouverez un ouvrage sur Les champignons, à la librairie Rothschild, à Paris.
- M. L. H., à Paris; M. C. G., à Bapaume. — Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. Maljean, à Montargis. — La description de la machine électrique que l’on peut construire soi-mème est donnée dans la Science praliqtie (à la même librairie).
- M. Z. J., à Saint-Aignan. — Vous trouverez des recettes à ce sujet dans le petit livre indiqué ci-dessus et dans les Nouvelles Recettes utiles (a la même librairie).
- Un lecteur, à Rome. — Nous vous conseillons de vous procurer du caoutchouc vulcanisé plutôt que de le fabriquer vous-même.
- M. Bruyant, à Orbais-l’Abbaye. — Adressez-vous à M. Luys, médecin des hôpitaux, rue de la Mairie, 23, à lvry (Seine).
- (La suite au prochain numéro.)
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Exposition de la Société nationale d’acclimatation de France. — La section d’aviculture de la Société nationale d’acclimatation de France fera, du 14 au 20 avril 1891, au Jardin d’Accli-matation du iois de Boulogne, une exposition internationale d’animaux de basse-cour. Les demandes de renseignements ainsi que les demandes d’admission doivent être adressées à M. le secrétaire géné-
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- ! 10e bulletin trimestriel astronomique
- I
- ' Dressé à l’Observatoire de Paris d’après les publications du Bureau des Longitudes
- POSITION DES PLANÈTES PRINCIPALES î AVRIL-MAI-JUIN 1891
- • Cocher
- Persée
- MARS
- ijuii
- • SA ru R
- ,1 Avril
- Petit Chien
- Baleine
- Coupe *
- Lièvre
- Grand/Chien
- .sage au : nériâien
- ( purorfne
- E^oréaJfe
- Hercule
- Dauphin
- Poissons
- Z1
- Serpent
- Caprieorne
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- :
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- Passage de Mercure sur le disque du Soleil, le 9 mai 1891, en partie visible à Paris.
- Entrée, contact externe ........
- Entrée, contact interne . . .......
- Moindre distance des centres = 12’,35",6
- Sortie, contact interne ..........
- Sortie, contact externe . . ........
- Temps moyen de Paris. . 12 il. 3 m. 8 s.
- . 12 h. 8 m. 3 s.
- . 14 h. 31 m. 29 s.
- . 16 h. 54 m. 52 s.
- . 16 h. 59 m. 47 s.
- 1891.
- Avril
- Mai
- Occultations des Etoiles par la Lune, visibles à Paris.
- Nom de l'astre. Grandeur. Immersions.
- 1 a Sagittaire. 2-3 15 h. 34 m, 1
- 20 v Vierge. 4 6 h. 16 m, 7
- 25 41 Balance. 6 9 h. 1 m, 0
- 25 * Baleine. 5-6 10 h. 47 m, 7
- 10 121 Taureau. 6 9 h. 25 m, 5
- Émersions. ippolse 1 !'8 di bord.
- 7 h. 52 m, 2 9 h. 52 m, 8 11 h. 46 m, 5 9 h. 51 m, 8
- Occultations des satellites de Jupiter, visibles h Paris.
- 1891. Satellites. Immersions. Émersions.
- Avril 30 I 16 h. 22 m.
- Mai 19 11 14 h. 58 m.
- — £2 III 14 h. 51 m.
- — 29 I 15 h. 7 m.
- — 29 III 15 h. 30 m.
- Juin 3 IV 13 h. 41 m.
- ' —. 14 I 13 h. 24 m.
- 20 H 14 h. 36 m.
- Éclipses 1891 des satellites de Jupiter, visibles à Paris. Satellites. Commencement.
- Mai 20 I 15 h. 5 m. 12 s.
- Juin 2 II 14 h. 37 m. 44 s.
- 5 III 13 h. 58 m. 17 s.
- — 28 I 13 h. 52 m. 23 s.
- (La suite au prochain numéro.)
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- 774e BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- D'APRÈS US OBSERVATIONS DI X. RENOU (FARC DK SAINT-MAUR, ALTITUDE ; 49 X. 30)
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- Mars 1891. — Semaine du lundi 16 au dimanche 22 Mars 1891.
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- MiiMaiaiaaHiaiaiaiaiMaiail
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- Baromètre Thermqynièlrel secy<\^r\^_^ ..iThermom'e.tre humide-' .•*
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent.
- hromMn Mmgbtnor de K. Rédler. — Thermomètre à l’ebrl, h boule sèche et à boule mouillée. Le baromètre est ramené b O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE i P. Q. LE i 7 A 9 H. 20 X. DU MATIN
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- < D* APRÈS LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE & 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIHÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 mars 1891. . . 3’,8 S. S. W. 2 r Couv. pluie. 6,4 Couv., pluie jusq. 13 h. 1/2, gouttes dans la soirée.
- Mardi 17 5‘,4 E. 0 Couvert^ 7,8 Couv. jusq. 17 h., qq. nuages ensuite; pluie le m., halo. Peu nuageux de 7 h. à 9 h.; couv. av. et apr.; pluie après 18 h. 1/2, gel. bl.
- Mercredi 18. 3%1 N. 1 Nuageux. 1,6
- Jeudi 19 2% 7 N. N. W. 5 Couvert. 2,7 Couv. jusq. 19 h.; beau ensuite ; pluie jusq. 5 h.
- Vendredi 20 2°.,3 N. N E. 0 Tr. peu nuageux. 0,0 Beau jusq. 6 h.; peu nuag. jusq. midi, couv. ensuite.
- Samedi 21 . . 1*,4 N. N. E. 4 Tr. nuageux. 0,0 Trèsnuag.; averses de grésil, neige et pluie.
- Dimanche 22 - 1*,3 N. E. 2 Quelq. éclaircies. 0,3 Nuageux; grésil à 1 h.; flocons de neige dans la journée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- L’atmosphère de fondre». — L’opacité des brouillards qui enveloppent la cité de Londres s’explique facilement, d’après les récents travaux de M. G. AA’hite qui a établi qu’il Hotte dans l’air ambiant des tonnes de suie. Ces travaux sont analysés dans un des derniers numéros de noire confrère Nature. M. White a recueilli une quantité de neige équivalente à celle tombée sur un carré de 20 centimètres de côté, du 27 novembre au 27 décembre de l’année dernière. Cette neige lui a fourni 13 grammes de suie. En supposant que la ville de Londres couvre 110 milles carrés (1 mille = 1600“,3), un simple calcul montre que l’on aurait pu recueillir sur toute sa surface, pendant cette période, près de 1000 tonnes de suie; 1000 chevaux attelés à 10U0 charrettes, pour enlever une pareille masse, formeraient une ligne d’environ 6 kilomètres de longueur.
- 4--
- T.
- L’hiver en Islande. — Pendant que l’Europe occidentale subissait un hiver des plus rigoureux, l’Islande jouissait d’un temps exceptionnellement doux. Notre confrère Ciel et Terre dit à ce sujet que l’hiver a été sans précédent par sa douceur. 11 n’y a eu ni neige, ni gelée; les brouillards ont été assez fréquents et il a plu quelquefois. Pendant l’hiver de 1879-1880, qui fut très.dur en Europe, le temps fut de même fort clément en Islande.
- Les nuages lumineux. — D’après un travail de M. Jesse, présenté à l’Académie des sciences de Berlin, la hauteur de ces nuages est, suivant .des mesures récentes, de 83 kilomètres au-dessus de la surface de la lerre. En 1883, on a trouvé 75 kilomètres; la hauteur est donc restée à peu près la même. L’éclat des nuages est à son maximum vers le matin. Les nuages se meuvent avec une vitesse notable dans le sens horizontal. Pour l’un d’eux, on trouva une vitesse de 308 mètres par seconde dans la direction sud-sud-ouest. Un autre se mouvait avec une vitesse de 121 mètres dans la direction ouest-sud-ouest. Leur vitesse est donc plus grande que celle des tempêtes les plus violentes.
- TEMPÉRATURE
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- Supplément au numéro 931 de LA NATURE, du 4 avril 1891
- 623" BOITE AUX LETTRES ( , .T!„, )
- Lm lettres et communication» relative» Ha < Botte tu lettres » et à la rédaction doivent être adressées à I. Oaston TUUIDUR
- O, rue de Châteandnn, à Paris.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications.
- Ticru LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DD JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressée*
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- Il ne peut être répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- M. J. Martin, à Paris. — Vous nous demandez quelle peut bien être l’origine des plaisanteries que l’on fait parfois à l’époque du 1" avril, sous le nom de Poissons d’avril. Les pêcheurs n’y voient qu’une allusion à l’ouverture de la pêche qui a eu lieu dans certains pays le 1er avril. Les historiens croient que cet usage remonte à la fin du seizième siècle, à l’époque où l’année cessa de commencer en avril. C’est Charles IX qui, par une ordonnance royale, reporta le premier jour de l’année au l®' janvier. A partir de ce moment on ne fit plus, le 1er avril, que des compliments de condoléance ironiques ou plaisants; on envoyait, à cette époque d’ancien premier de Pan, des cadeaux sfmulés ou de faux messages. On sait cPautre part que le soleil en avril quitte le signe zodiacal des Poissons : nos pères donnèrent à ces plaisanteries le nom de Poissons d’avril.
- M. le Dr Fontaine Atgier, à Paris, nous adresse une Notice sur une nouvelle machine électrique, à laquelle il donne le nom de machine de Volta-Gramme, et dans laquelle il n’utilise qu’un des deux courants de fermeture et d’ouverture des bobines Ruhmkorff, en éliminant celui de sens contraire. On peut ainsi obtenir une succession de courants de même sens, qui, s’introduisant dans le circuit avec 400 vibrations par minute, se rapprochent sensiblement de la continuité. Les courants ainsi produits, permettraient des applications avantageuses en électrothérapie.
- M. h. Gauthier, à Lausanne, nous envoie une Notice sur le cyclone du 19 août 1890 en France et à travers la vallée de doux. Cette brochure, extraite du Bulletin de la Société vaudoise d’histoire naturelle, renferme des détails fort nombreux et très intéressants sur l’ouragan ; l’auteur étudie la marche de la tempête, ses caractères distinctifs, et ses effets de dévastation. Les explications sont accompagnées de planches, qui permettent de suivre l’ensemble du cyclone.
- M. W. Schlosseri à Reichenberg. — Adressez-vous directement à l’inventeur, M. Serpollet, 27, rue des Cloys, à Paris.
- M. H. Herry, à Gand. — Vous pouvez souder deux pièces de caoutchouc en les humectant de sulfure de carbone.
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- M. C. M. Raynaud, à Pans. — M. Raaiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire.
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- Un lecteur, à Tourcoing. — Ces appareils ne sont pas encore dans le commerce; ils viennent seulement d’être expérimentés.
- M. F. Buchschacher, à Boulogne-sur-Seine. — Le projet du moteur en question ne nous paraît pas pratiquement réalisable : il serait trop long de vous exposer les objections qu’il présente.
- M. L. Couppey, à Amiens. —Couveuses artificielles : M. Voitellier, 4, place du Théâtre-Français, à Paris; et MM. Roullier et Arnoult, à Gambais-lès-Houdan (Seine-et-Oise).
- M. Michy, à Paris. — Les proportions de ce produit employées dans les diverses usines nous sont inconnues; elles sont, du reste, très variables.
- M.,H. Magunna, à Saintes. — Compagnie E. Thomson-Houston, 7, rue du Louvre, à Paris.
- Un amateur, à Maubeuge. — L’adresse est donnée en tête de la Boîte aux lettres’du numéro qui en contient la description.
- M. A. V. B., à Saint-Denis. — 1“ Piles Leclanché de grandes dimensions. — 2° Pas d’ouvrage spécial.
- M. F. P., à D. —Les détails manquent sur cette nouvelle inven-tion.
- Un lecteur, à Grignon. — Voyez notre article sur les réveille-matin (n° 878, du 29 mars 1890, p. 269).
- M. A. de G., h. Paris. — La poudre obtenue est formée par du sexquioxyde de chrome.
- M. M., à Montpellier. — Nous avons publié un article qui vous renseignera sur la fabrication économique des liqueurs (n° 915, du 13 décembre 1890, p. 22).
- M. R., à C. — 1° Cette description se trouve dans les traités de physique. — 2° Consultez la 622e Boîte aux lettres, du 28 mars 1891.
- M. A. Maurocordato, à Athènes. — 1“ Votre lettre a été envoyée à destination. — 2e Ces procédés n’offrent rien de pratique.
- M. P. B., à Orléans. — Vous trouverez les livres que vous désirez en choisissant dans les catalogues des principaux libraires scienti-flmips Nnns ne saurions vous indirmer tel ou toi ouvrant- ils «ouf
- M. P. Schott, à Nancv. — Essayez quelques-uns des vernis indiqués dans le petit livre àes Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. A. Peray, à Cuesmes. — Voyez le petit livre indiqué ci-dessus.
- Un lecteur, à S. N. — La formule de préparation du papier au ferrocyanure est donnée dans la Science pratique. (G. Masson, éditeur.)
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- M. A. Agnus, à Bruyères: M. Vrijthoff, à Dordrecht; M. M. Toussaint, au Havre; M. E. de Roure, à Tarcifal. — Remerciements pour vos communications.
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- M. P. B., à Nîmes; M. F. Pasquier, à Saint-Martin ; M. Tardif, à Gand; L’abonné 622, à Paris; M. A. Débat, à Arcachon; M. R. de Pierrefitle, à Vallière; M. P. Vaissière, à Saint-Antonin ; M. L. D., à Paris. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. E. Caigniet, à Chauny. — Nous examinerons prochainement cette pile, et nous vous renseignerons s’il y a lieu.
- M. D., à Chàlons. — Ie Le kilowatt est l’unité industrielle de puissance électrique; il est égal à 1000 watts. Le watt est le produit d’un volt par un ampère. — 2° Ces définitions se trouvent dans tous les traités élémentaires d’électricité. La Nature a toujours parlé des nouvelles unités quand elles ont été adoptées.
- M. H. Blanchel, à Grenoble. — L’encre noire ordinaire vous permettra d’atteindre ce résultat.
- M. B., h Carcassonne. — Nous ne connaissons pas la composition de ce nouveau produit.
- Un lecteur, à S. R. — Voyez les traités de photographie.
- M. P. Chedin, à Paris. — Il existe à Paris plusieurs laboratoires qui se chargent volontiers de faire des analyses industrielles ; nous ne pouvons vous en désigner un en particulier.
- M. E. Touzaa, à Bordeaux. — Adressez-vous à MM. Vilmorin-Andrieux, 4, quai de la Mégisserie, à Paris.
- M. E. Tissier, à Paris. — Vous pouvez essaver les cornets acoustiques.
- M. H. Chauvry, à Cabourg. — 1* Le voltage dépend du type de lampe adopté. — 2° 1,5 volt utile. — 5° Le prix est très variable.
- M. E. B. L., à Passy. — Voyez les articles que nous avons publiés sur la conservation des plantes, herbiers, etc. (n" 827, du 6 avril 1889, p. 298; n# 830, du 27 avril 1889, p. 346; n° 834, du 25 mai'1889, p. 411).
- M. A. Gérard, à Paris. — Le ieu que vous nous envoyez, a été emprunté à La Nature qui l’a publié il y a déjà longtemps; il se trouve aussi dans le petit livre ae la Science pratique.
- M. F. Frentz, à Metz. — Remerciements pour votre communication; nous avons le livre d’Ozanam.
- M. M. Fabre, à Nîmes. — 1* Pas d’adresse spéciale. — 2* La lumière électrique, boulevard des Capucines, à Paris; L’électricien, à la librairie Carré, rue Saint-André-aes-Arts, à Paris. — 3e Le moniteur de la photographie, 13, quai Voltaire, à Paris; La photo-gazette, rue Saint-Rocn, à Paris; etc.
- M. Boulanger, à Douai. — Nous ne connaissons pas la substance que vous mentionnez. Tous nos regrets.
- M. A. F. J., à Saint-Pierre-Ayghem. — 1° Vous trouverez la description de la sirène dans la plupart des traités de physique. — 2° La pression ordinaire de la chaudière suffit.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Fruits bigarrés. — A propos des fruits bigarrés dont vous parliez dernièrement dans la chronique de La Nature, je puis vous dire que je possède un pied de vigne donnant séparément des grappes complètement rouges et d’autres complètement blanches. En outre, il existe sur la même grappe des grains moitié blancs et moitié rouges, d’autres grains blancs n’ont qu’un quart, qu’un huitième ou qu’un seizième de rouge, et cela en fuseaux très réguliers ; d’autres fois, ce sont des grains rouges qui ont des fuseaux blancs, mais toujours réguliers, un demi, un quart, un huitième, un seizième. J’ajoute que le pied est dans un jardin, au milieu dé chasselas et loin de toute visme rouee. fCommunioué nar M. Louis Teuchenev. à
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Histoire contemporaine de la France en 60 tableaux, illustrée de 256 vignettes, par Paul Lehugeur, professeur agrégé d’histoire au lycée Henri IY. 1 album in-folio. — Paris, A. Lahure, imprimeur-éditeur.
- • Cette publication nous paraît devoir rendre de grands services : elle résume en tableaux illustrés dont le texte est concis, mais suffisamment explicite, notre histoire contemporaine, depuis 1815 jusqu’à nos jours (Exposition universelle de 1889). On enseigne aux jeunes gens l’histoire des temps anciens ; il est bon qu’ils connaissent leur époque. Ce livre, fort bien résume par l’auteur, leur permettra d’en avoir le tableau, sous les yeux.
- Revive des sciences naturelles de l'Ouest, paraissant tous les trois mois. 1 bi’ochure in-8% 14, boulevard Saint-Germain. —Paris, 1891.
- Nous recevons le premier numéro de cette Revue qui a pour objet de mettre en relation tous ceux qui, dans l’ouest de la France, s’occupent des questions du domaine des sciences naturelles. La Revue fera connaître les travaux des spécialistes de cette région et sera consacrée à des articles ayant trait surtout aux anciennes provinces de Bretagne, Anjou, Maine, Poitou, Aunis et Saintonge.
- L’agriculture de l'avenir, par Pierre Laraire. 1 vol. in-16. Gilon, éditeur. — Paris, 1891.
- Richesse de la France. Production par l’hygiène de 25 millions de revenu pour Paris et de'500 millions pour la France, par M. le marquis Chappuis de Maübou. 1 vol. in-18. Lamulle et Poisson, éditeurs.-—Paris, 1891.
- Nouveau dictionnaire de géographie universelle, par M. Vivien de Saint-Martin. 1 vol. grand in-4°. 57° fascicule. Librairie Hachette et Ci8. — Paris, 1891.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- * De l'épistaxis ou saignement par le nez.
- L’hémorragie nasale ou épistaxis a des causes diverses : un coup violent, une ulcération de la muqueuse. Les maladies générales, amenant des modifications dans la constitution intime du sang, fièvre typhoïde, paludisme, maladies du foie, etc., peuvent donner lieu à des hémorragies nasales. Pour maîtriser ces dernières, pour en empêcher le retour, il faut, en dehors de toute action locale, traiter la cause, s’adresser à la maladie générale. Ce n’est pas là notre affaire. N’ayons en vue que l’hémorragie traumatique ou celle due, comme c’en est la cause la plus fréquente, à une petite ulcération variqueuse de la muqueuse de la cloison.
- Un conseil avant tout : ne jamais employer le perchlorure de fer
- qui forme un caillot par eschare et qui peut faire plus de mal que de bien. Même en dilution dans l’eau, le perchlorure de fer est délicat à manier dans ce cas.
- Avec des moyens plus simples, on peut arriver à se rendre maître de l’écoulement de sang. Prenez de petits morceaux de glace et introduisez-les dans le nez ; la 'glace est sans danger et constitue un excellent hémostatique.
- Vous n’avez pas de glace sous la main, prenez des bourdonnets d’ouate pure, aseptique, l’ouate hydrophile ; trempez-les dans de l’eau légèrement vinaigrée ; introduisez-les dans la fosse nasale d'où sort le sang et pincez légèrement les ailes du nez. Au bout d’un instant, si le sang vient de la partie antérieure, il s’arrêtera. L’hémorragie a-t-elle au contraire pris naissance dans le fond du nez, plus en arrière, le sang coulera dans la gorge.
- Prenez alors une série de ces bourdonnets d’ouate, attachez-les à un fil à 5 ou 6 centimètres les uns des autres, comme une queue de cerf-volant, imbibez-les d’eau glacée, vinaigrée et enfoncez-les l’un après l’autre au moyen d’un manche de porte-plume,, doucement, sans violence, mais de façon à remplir le nez. A défaut de glace une injection à’eau aussi chaude qu’on peut la supporter, lancée dans le. nez avec une seringue ou un irrigateur, mais en ayant la précaution de diriger le jet bien horizontalement et non pas verticalement, en haut.
- Il est inutile d’insister sur les moyens connus et vulgaires qui réussissent souvent quand l’hémorragie est légère. Élévation du bras du côté correspondant à la narine, application d’un corps froid entre les deux épaules, sinapisme à la nuque ou aux bras.
- L’eau glacée ou vinaigrée n’est pas l’hémostatique le plus parfait comme liquides de ce genre et n’ayant pas de dangers dans leur maniement, nous pourrons citer les solutions de chlorhydrate de cocaïne au dixième, d’antipyrine au dixième, l’eau de Pagliari, excellent liquide dont voici le mode de préparation. Prenez : Benjoin, 50 grammes; sulfate d’alumine et de potasse, 100 grammes; eau, 1000 grammes; faites bouillir 6 heures dans un pot de terre vernissée en remplaçant de temps à autre l’eau évaporée par de l’eau bouillante pour ne pas arrêter l’ébullition. Filtrez.
- Je me borne à citer pour le moment ces moyens simples : l’occasion se présentera d’en indiquer d’autres. En voici cependant encore un excellent, mais qui a l’inconvénient de former une espèce de ciment dans le nez, d’agglutiner les poils du nez et de la moustache et de s'enlever fort difficilement.
- Acide tannique. . Gomme arabique.
- aa 10 grammes.
- Insufflez dans le nez cinq ou six prises de cette poudre et placez à l’entrée de la narine un fort tampon d’ouate.
- Si l’hémorragie persiste en dépit de ces petits moyens, il faut alors ou cautériser le point de la muqueuse d’où sort le sang, ou pratiquer un tamponnement plus complet, en avant et en arrière du nez, avec la sonde de Belloq. Ce ne sont pas là des moyens à la: portée de tous. Dr X...
- 10‘ BULLETIN TRIMESTRIEL ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris d’après les publications du Bureau des Longitudes
- AVRIL-MAI-JUIN 1891 -(Suite et fin. — Yoy. la précédente Boîte aux lettres)
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- Éclipse totale de Lune, le 23 mai 1891, en partie visible à Paris.
- , Temps moyen de Paris.
- Entrée de la Lune dans la pénombre............................ % h ifi m
- Entrée dans l’ombre . .................................... * 4 h" 50 m.' 8
- Commencement de l’éclipse totale......................... * 5 h 59 m' 1
- Milieu de l’éclipse .. '!!.** G h. 58 m! fi
- Fin de 1 éclipse totale....................................... 7 h 18 m 1
- Sortie de l’ombre..............................................8 h! 26 m! fî
- Sortie de la pénombre..........................................9 h. 50 m 9
- Grandeur de l’éclipse =1,299, le diamètre de la Lune étant un.
- Lé ver de la Lune à Paris, le 23 mai, à 7 h. 44 m.
- Eclipsé annulaire de Soleil, le 6 juin 1891, visible à Paris comme éclipse partielle.
- Commencement de l’éclipse générale. 6 juin, à 2 h. 12 ni. a, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 155° 56’ 0. de Paris, latitude = 24°43’B.
- Commencement de l’éclipse annulaire, 6 juin à 4 h. 1 m. 1, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 167° 58’ E. de Paris, lalitude=o6° 45'B.
- Commencement de l’éclipse centrale, fi juin, à 4 h. 1 m. 9, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 167" 17’ E. de Paris, latitude = 57° 12’ B.
- Eclipse centrale à midi vrai, 6 juin, à 4 h. 47 m. 4, temps moyen de Paris, dans le lien, longitude = 107ü46’ E. de Paris, latitude = 69°59'B.
- Fin de l’éclipse ceulrale, 6 juin, à 4 h. 47 m. 8, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude 107°5’ E. de Paris, latitude = 66°46’ B.
- Fin de l’éelipse annulaire, 6 juin, à 4 h. 48 m. 6, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 105°52’ E. de Paris, latitude = 66u50' B.
- Fin de l'éclipse générale; 6 juin, à 6 h. 57 m. 3, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 16° 58’ E. de Paris, latitude = 45° 17’ B.
- L’éclipse est visible comme éclipse partielle dans les lieux suivants :
- Temps moyeu du lieu
- Lieu Commencement Plus grande phase Fin
- Paris 5k19-4 5-57-5 6h35-7
- Besancon 5.37,6 6.14,3 6.49,6
- Bordeaux .... 5.25,4 5.51,7 6.17,1
- Brest 4.56,5 5.29,7 6. 1,5
- Lille. 5.16,2 5.57,7 6.37,1
- Lyon 5.38,9 6.11,9 6.43,5
- Marseille 5.50,0 6.17,7 6.44,2
- Nicelobscrvatoirc) 5 54,2 6.24.5 6.53,6
- Rochefort. . . . 5.19,0 5.48,5 6.16,4
- Toulouse .... 5.37,0 6. 1,5 6.25,1
- Grandeur le T diamètre du soleil , étant un
- 0,201 0,197 '
- . 0,089 0,136 .0,244 0,155
- 0,126 r
- 0,134
- 0,110
- 0,080
- Li Rédietion st l'Administration <U LA NATURE tout étrsngèrsj m sorriw des Annonces pou lesquelles on doit s'idrossor à l’Offlee de Publicité de l'Imprimont, 9, me de Fleuit.
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- AYIS. — La reprodnetion, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication-de provenance, n’est autorisée <m’an <*JUt H’nndt AntAnto am^niela «van l'^îtAnr
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- 775e BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- ' D’mil US OBSIRTATIOW D* M. RENOD (ïi*C DS SAINT-MA.tR, ALTITODB ; 49 M. 30)
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- Mars 1891. — Semaine du lundi 23 au dimanche 29 Mars 1891.
- LIMNül ! MARDI I MERCREDI ' JEUDI I- VENDREDI j SAMED i DIMANCHE
- V 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 min £ MIDI 6 Min 6 midi 6 min 6 MIDI 6 min 6 MIDI 6
- Bàroweîre.
- Thermomètre ‘sec ’s
- i
- :V.
- / >• Thermomètr e humide
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- troosilr* •Drtflftrsar de I. Stédier. — Thermomètre à l'abri, à boale eècbe et è bonle mouillée
- Le baromètre eet ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LOUE : P. L. LE 25 A 1 H. 21 M. Dü SOIR
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LS BULLETIN INTERNATIONAL DD BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCB
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL* Â 7 b. m. FLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundf 25 mars 1891. . — 5-5 . N. N. E. 2 Beau. 0 Beau, sauf à 1 h. couv., et de 12 h. à 17 b., nuag.
- Mardi 21 — 2 9 S. 1 Peu nuageux. 0 Peu nuag, jusq. 11 h.; très nuag. et couv. ensuite; halo, gouttes à 19 h.; brumeux le matin.
- Mercredi 25 5*,6 S. S. W. 2 Couvert. 0,5 Couvert; pluie de 4 h. à 6 h. et à 19 h. 30 ni. — 45m.
- Jeudi 26.. 7*6 S. S. W. 4 Couvert. 0,1 Couv. dominant ; giboulées ; grêle à 17 h.
- 1 9 S. W. 5 Pieau. 3,6 Nuag. de 8 h. à 20 h., beau le reste; giboulées entre
- J* •' V. 12 b. et 20 h. avec grêle à 13 h.; gelee blanche.
- Samedi 28 2” 1 S. W. 5 Beau. Tr. nuag. avec éclaircie*, averses à 13 h. 22 et 45 m., à 16 b. 13 : gel. hl.
- Dimanche 29.. ...... 5*,5 W. 2 Beau. 0,1 Peu nuag. à 7 h. — 8h.; couv. le reste av. éclaircies; qq. pluies à partir de 2 b., halo; gel. hl.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Variation magnétique pendant un tremblement de terre. —
- Nous avons signalé, dans notre 765” Bulletin météorologique du 24 janvier 1891, la secousse de tremblement de terre ressentie le 15 janvier vers 4 heures du matin sur la côte d’Algérie.. La courbe relevée le 15 janvier au magnétographe de l’Observatoire du Parc Saint-Maur, à Paris, porte, à 4 h. 15 m. du matin, la trace du trouble particulier de l’aiguille aimantée, constatée déjà lors des tremblements de terre de Nice, de Werny (Asie centrale) et de Gallipoli; l’oscillation n’a pas dépassé l',5 d’amplitude. Le bifilaire et la balance ne semblent pas avoir participé au mouvement du barreau de la déclinaison, et le bifilaire à barreau de cuivre est resté, comme toujours, absolument calme.
- Distribution géographique du magnétisme terrestre. -
- M. A. W. Rücker a présenté à la Société royale d fondre» un importai]
- travail sur la relation qui existe entre la perméabilité magnétique des roches et les perturbations locales dans la distribution géographique du magnétisme terrestre. Deux théories principales ont été proposées pour expliquer les anomalies magnétiques qu’on observe en certains points : l’une les attribue aux courants terrestres, l’autre à la magnétisation des roches. M. Rücker a déjà montré, en 1889, que les courants terrestres ne pouvaient rendre compte de ces anomalies. Il s’est attaché alors à étudier la « sensibilité » des différentes roches au magnétisme et il a entrepris dans ce but de longues séries d’expériences que relate son travail. Ces expériences ont révélé ce fait curieux, que certaines parties d’une même roche peuvent être très perméables à l’action magnétique, alors que d’autres y sont absolument rebelles. Les roches basiques ont été trouvées les plus magnétiques. La conclusion du mémoire de M. Rücker est que les perturbations locales dans la répartition des cléments magnétiques doivent être attribuées à un état magnétique plus ou moins prononcé des roches sous-jacentes. (Ciel et Terre.)
- TEMPÉRATURE
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- . Supplément an numéro 932 de LA NATURE, du 11 avril 1891
- L'ïïJ 624‘ BOITE AUX LETTRES ( « )
- Im UttrM st oomssanlostlons nlaÜTM à la «Boita an lettre*i> et à la rédaction doivent être adressées à I. Oaston TISIAHOin
- O, ma do Châteaadnn, à Paris.
- Bans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes 'les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- Tour*» Lia communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GBRMAIN, PARIS.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne les machines à scier les pierres dures, s’adresser à “ MM. D’Espine, Achard et C‘°, 52, quai de h Marne (Petite Villette), < à Paris. — Le vaccinostyle : MM. Blanzy, Poure et C1®, fabricants, 107, boulevard Sébastopol, à Paris.
- Un abonné, à Courbevoie. — Vous nous demandez un moyen pour détruire ou éloigner des chats qui, toutes les nuits, bouleversent votre jardin. Vous avez essayé en vain des pièges, collets, trappes, etc. Nous connaissons un procédé qui a donné de bons résultats. Dans une assiette remplie de lait, on fait aboutir le pôle d’une petite bobine de Ruhmkorff, et l’autre pôle est mis en communication avec la terre. Dès que le chat friand du lait a ressenti une secousse, il s’éloigne pour ne plus revenir,
- M. P. L., à Paris. — C’est en effet pour préserver la bière de l’action de la lumière blanche que l’on a l’habitude de la conserver dans des bouteilles en verre jaune. La lumière agit sur la couleur d’un grand nombre de liqueurs.
- M. A. de Carvalha, à Porto, nous écrit au sujet des Notices que • nous avons publiées sous le titre Le nord sans boussole et où il était question de l’orientation avec une montre. Notre correspondant nous informe qu’il a trouvé la description du procédé dans un ouvrage consulté à l’Ecole des mines, il y a du ans environ.
- M. J. Bois, ingénieur, à Genève, nous adresse une intéressante communication sur le même sujet, et nous fait observer avec raison que le procédé n’est pas d’une exactitude rigoureuse. Un article publié dans la présente livraison complète ce qu’il y avait encore à dire sur le sujet.
- Mm* A. de Stigny, à Paris, nous fait part du phénomène suivant qu’elle a observé. Si deux trains se croisent et sifflent, une personne étant dans l’un des trains et écoutant attentivement le son produit ' par le sifflet de l’autre train qui s’éloigne, remarque une baisse d’une tierce mineure (un ton et demi exactement) dans la tonalité du sifflet. Le son se perçoit au moment même où la machine passe devant le compartiment de la personne qui écoute. Quelques-uns des musiciens qui nous lisent, auraient-ils eu l’occasion de constater ce même fait, et pourraient-ils l’expliquer?
- M. Marcel Couillaud, à Issoire, nous écrit au sujet de la Note publiée sur le tramway électrique de Marseille (n° 930, p. 270), que cette installation n’est pas le premier exemple de traction de tramways par fils aériens, adopté en France. Le tramway électrique de Clermont-Ferrand à Royat et à Montferrand, construit il y a ‘ deux ans, est une application de ce système.
- M. G. Catala, à Braine-le-Comte, nous écrit qu’il suffit de laisser une solution de sulfate ferreux en plein soleil pour la conserver indéfiniment claire. Si même la solution a déjà la teinte rougeâtre de la solution ferrique, quelques heures de soleil la ramènent bientôt à la couleur vert clair. Ce dernier phénomène s’explique facilement par l’action réductrice de la lumière.
- M. A. Artus, à Port-Louis, à propos des roches à figures animées dont nous avons parlé, nous adresse deux photographies d’une patate ' monstre pesant (500 grammes. Cette patate est formée de plusieurs ' morceaux juxtaposés qui lui donnent, d’un côté, l’apparence d’un phoque en miniature, et, de l’autre, celui d’une tortue.
- M. E. B., à Paris. — Le renforcement des clichés au bichlorure de mercure est presque le seul procédé employé; on peut encore renforcer au moyen d’une solution gallique acidifiée, à laquelle on ajoute un peu de nitrate d’argent, mais ce procédé a l’inconvénient de colorer les clichés.
- M. V. D.,i Poschiavo. — La dépense de pétrole par cheval-heure varie avec les différents moteurs employés ; nous avons indiqué ces
- chiffres chaque fois que nous avons décrit un nouveau système de
- moteur.
- Un abonné, à Saint-Claude. — Soudure électrique : Compagnie E. Thomson, 7, rue du Louvre, à Paris.
- M. G. P., à Paris. — Quelques travaux récents ont été effectués sur la fusion du platine ; mais on n’a encore rien publié.
- Un abonné, à Türkis-mühie. — Lorsque les piles Leclanché sont polarisées, il suffit de les laisser quelque temps sans travailler; il est nécessaire de les recharger au bout d’un certain laps de temps.
- M. L. Philippe, à Paris. — Vous trouverez le lampascope chez M. Molteni, 44, rue du Château-d’Eau.
- M. A. Gouvy, à Liège. — Vous pouvez employer les allumoirs électriques ordinaires.
- Réunion des officiels, à Toulon. — 1° La^cire à modeler convient
- bien. __ 2° Un vernis blanc, mielcnnmio --**
- changée; il faudrait établir une cloison avec ouverture très étroite, afin de laisser communiquer les liquides et diminuer autant que possible les dérivations.
- M. A. Lederbin, à Thaon; M. E. Bietry, à Paris. — Ces adresses sont données en têto de la 622® Boîte aux lettres, du n° 930, qui contient la description des appareils.
- M. R. Fouilliand, à Lyon. —<1® M. P. Garnier, horloger-électricien, 14, rue Taitbout, à Paris. — 2° Nous ne croyons pas qu’il existe de tels appareils en France.
- M. L. Michelot, à Epernay. — 1® Il n’y aurait pas d’intérêt à prendre cette disposition. — 2° Il faut l’isoler.
- M. X., à Mulhouse. — 1° Pas de fournisseur spécial pour ces anciennes gravures; s’adresser aux marchands d’estampes. — 2°L’action réductrice de l’acide pyrogallique est bien connue, mais non expliquée.
- M. P. M., à Lille. — Ventilateurs : MM. Geneste et Herscher, 42, rue du Chemin-Vert; M. d’Anthonay, 30, rue Berthollet; M. Farcot, 189, rue Lafayette, à Paris.
- M. E. Christachi, à Constantinople. — Il faut employer le camphre.
- Un abonné, à X. — 1° Ce produit doit se trouver chez les marchands de produits chimiques. — 2° Il nous semble que cette disposition peut fonctionner convenablement.
- L'abonné 575, à Baurech. —11 s’agit d’un émail appliqué à chaud ; on ne peut le préparer soi-même.
- M. E. Ivoy, au Caire. — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons déjà publiés sur le tannage à l’électricité. Les fabricants ne font pas connaître leurs procédés.
- Un amateur, à Maubeuge. — Vous pouvez vous servir d’une lampe à gaz ordinaire pour travailler dans le laboratoire de photographie, à la condition de prendre des verres rouges ou non photogéniques.
- M. X., à Saint-Brieuc. — 1° La description de la très intéressante installation dont vous parlez, sera donnée complètement dans La Nature. — 2° Fabius Henrion, à Nancy.
- M. E. /., à Lyon. — Nous avons déjà indiqué, à plusieurs reprises, divers ouvrages électriques; voyez nos précédentes Boîtes aux lettres.
- M. de Pina, à Toulon. — Consultez les traités de mécanique appliquée.
- M. A. T., h Valence. — 1° Pas d’ouvrage spécial. — 2“ Nous ne pouvons vous fournir ces renseignements.
- L'abonné X., à Tournai. — La description de la machine électrique que l’on peut construire soi-même est donnée dans la nouvelle édition de la Science pratique augmentée d’un supplément.
- M. A. Chartier, à Paris; M. E. Hayem, à Paris. — Nous ne connaissons pas de traité de ce genre.
- Un lecteur, à Gand; M. F. M., à Paris; M. E. Mooricht, à Bruxelles. — Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, à la librairie Masson.
- M. A. D.,h Barcelone; M. X.,h Chaumont; M. Resnwski, à Paris; L'abonné 162, à Paris; M. P. Leturque, à Orléans; M. X., à V.;, M. A. H., h Bruxelles. — Les questions que vous nous adressez ne touchent en rien à la science; nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner. t
- M. J. Passoir, à Paris; M. E. L., à Elbeuf; M. A. de Shaeck, à Prague. — Remerciements pour vos communications.
- M.P.J., à Paris. — Nous regrettons de ne pouvoir vous indiquer de fabricant de ce genre.
- M. P. Harry, à Bruxelles. — Nous ne connaissons pas d’autres constructeurs que ceux que nous avons précédemment indiqués.
- M. J. T., à Granada. — Vous trouverez les modes de préparation industrielle de l’hydrogène et de l’oxygène dans les traités de chimie (Dictionnaire de Wurtz, Chimie industrielle de Payen).
- M. E. J., à Saumur. —11 est bien difficile, pour ne pas dire impossible, d’éviter l’oxydation des contacts aux bornes des accumulateurs*
- M. A. Faure, à Alger. — 1® Il serait préférable de prendre une pompe mue par un petit moteur. — 2° Pompes L. Dumont, 55, rue Sedaine; Meunier, 16, rue Birague; pompes Broquet, 121, rue Ober-kampf, à Paris. — 3° Oui. — 4® Nous ne croyons pas.
- M. L. L. F., à Marseille. — 1® Pas d’autre adresse à vous indiquer. — 2° Renseignez-vous au Ministère des travaux publics.
- M. Crapez, à Paris. — Remerciements pour votre communication. Ou sait depuis longtemps que les insectes peuvent vivre longtemps
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- I objet spécialement par un cartonnier ou le faire soi-même avec un masque.
- M. F. Milhelmi, à Berlin. — Adressez-vous directement à MM. Ser-pollet frères, 27, rue des Cloys, à Paris.
- M. G. A., h Bergues. — 1° Formulaire pratique de l'électricien. ‘ (G. Masson, éditeur.)
- | M. G. Houlès, à Mazamet. — Le procédé de la boucle de vapeur | a été décrit dans le n° 727, du 7 mars 1891, p. 219; l’article que ï vous citez est fait d’après celui de La Nature.
- A M. H. Lacombe, à Rouen. — 1° Pas d’ouvrage spécial. — 2° Les ij fabriques de dynamos sont très nombreuses; il faudrait' connaître j l’installation que vous projetez pour vous répondre.
- M. R. M., à X. — 1“ Quand on coupe du verre avec des ciseaux, sous l’eau, le liquide empêche les vibrations qui déterminent les s cassures ; nous avons publié jadis un article à ce sujet. — 2° A la ’ librairie Gauthier-Villars, à Paris. — 5° Prix : 1 fr. 50.
- J M. P. Béteille, à Pouilly-en-Auxois. — M. Rapp, 10, rue Natio-] nale, à Argenteuil (Seine-et-Oise).
- | M. Arsène Dulac, à Paris. — Aucune insertion payante n’est jamais faite ni dansfoBoîteauxlettres, ni dans le corps d eLaNature.
- M. A. H., h Bruxelles. — Ce fait est bien connu des naturalistes; nous l’avons déjà signalé. Remerciements.
- M. E. F., à Paris. — Le bicarbonate de soude et l’acide tartrique produisent l’acide carbonique dans les appareils dont vous parlez.
- M. A. Hardret, à Senlis. — Pour gonfler un ballon de 400 mètres cubes dans les conditions que vous citez, il faudra trois ou quatre heures au moins.
- ! Un abonné, à Lisbonne. — Nous ne saurions vous répondre sans
- savoir le mode de reproduction de l’aquarelle. Voulez-vous employer la chromolithographie ou la gravure typographique en couleurs ? Les prix dépendent aussi du nombre des couleurs, du nombre d’exemplaires, etc.
- M. L. Lapicque, à Epinal. — Le traité, que vous nous demandez, n’existe pas; vous trouverez cependant quelques chiffres dans les traités de mécanique appliquée.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Guides vélocipédique». — Je crois être utile aux lecteurs vélocipédistes de La Nature en leur signalant les principaux guides vélocipédiques de ma connaissance. En France, il y a : 1° Guide routier du vêloccman en France et en Europe. 4 fr. 75; 2° Guide des environs de Paris dans un rayon de 140 kilomètres, 5 francs; 5° Guide de la forêt et des environs de Fontainebleau, 1 franc. Tous trois sont de M. de Baroncelli, 18, rue Roquépine, à Paris. 4° Guide Jacquot (Pyrénées, 1 volume), aux bureaux du Véloce-Sport, Bordeaux. Prix : 5 francs; 5° Guide du Cyclist Touring Club (G. T. G.). 1 volume. 5 schel. 6 d. ; Shipton 139-140 Fleet-Street, Londres. 6° De Bordeaux à Paris, par Maurice Martin, du Véloce-Sport, 2 francs. — En Belgique, nous trouvons le Guide du vèlocipédiste, édité par le Cycliste belge (provinces de Liège, Namur et Luxembourg, avec les pays limitrophes), 2 francs. Bruxelles, rue du Pélican, 30. — En Hollande, Reiswijzer van den allgemeine nederlands-chen Bond (éditeur Van Ditmar, (Jtrecht). — En Allemagne, 1° Hand-buch des Deutschcn Radfahrer Bundes, 2 marks; 2° Tourenbuch fur. Gau Hamburg, 50 pfen. ; 3° Tourenbuch für Bremen, 1 mark 50; 4° Tourenbuch für Wesfalen, 60 pfen. ; 5“ Tourenbuch für Rhein-provinz,5 marks; 6° Tourenbuch für Elsass Lolhringen undBaden, 2 marks 15 ; 7° Tourenbuch für Frankfurt, 2 marks ; 8° Tourenbuch für Magdeburg, 1 mark; 9° Tourenbuch für Leipzig, 1 mark 20; 10" Tourenbuch für Hessen, 50 pfen.; Il* Tourenbuch für Harz, 1 mark 50; 12° Tourenbuch für Rhôngebirges, 1 mark 50. Tous ces guides se trouvent à la libraire Weber, Querstrasse, 9, Leipzig; 13° Road-Book du C. T. C., volume II; 14° Tourenbuch für Radfahrer Dimistrey, Berlin, 3 fr. 75. Pour la Belgique, la Hollande, l’Italie, la Suisse, le Danemark, l’Espagne, etc., volume III du Continental Road Book du C. T. C. — En Autriche, il existe : 1° Rou-tenbuch von Nêider-Oesterreich, 1 mark 60; 2° Die kilomelrirten Strassen N. 0., 1 mark; 5° Tourenbuch von Steiermark (Librairie Weber, à Leipzig). — En Angleterre, 1" The Cyclist road book of Great Britain, par Spurrier, 1 fr. 25; 2° The Cyclist Road Book of England, 1 fr. 25.; 3° The Roads of England and Wales, par C. Howard, 7 fr. 50 ; 4° Bandy route Book of Middle England, par C. Howard, 1 fr. 50; 5" Handy of Southern England, par G. Howard, 1 fr. 50; 6° The Roads of Scotland, par C. Howard, 3 fr. 30; 7“ Specyelly Surveyed Roadsin Scotland for Cyclists, par R. Brays-hay, 6 fr. 50. Bureaux du Cyclist, Coventry, 19, Hertford Street. (Communiqué par M. Paul Gilbert, à Louvain). *
- BIBLIOGRAPHIE
- Grammaire latine à l'usage de la classe de quatrième et des classes supérieures, par H. Brelet. 1 vol. in-16 cartonné. G. Masson, éditeur. — Paris, 1891.
- Exercices latins (versions et thèmes) à l'usage de la classe de sixième, par V. Charpy. 1 vol. in-16 cartonné. G. Masson, éditeur. — Paris, 1891.
- Nouveau manuel complet de l'accordeur et du préparateur de pianos, traitant de la facture des pianos anciens et modernes et de la réparation de leur mécanisme, par M. G. Huberson. 1 vol. in-18 de la collection des manuels Roret. Librairie encyclopédique de Roret. — Paris, 1891.
- Journal du canonnier Bricard, 1792-1802. 1 vol. in-16 de la collection des Mémoires de soldats, avec introduction de Lorédan Larchev. Librairie Ch. Delagrave. — Paris, 1891.
- Formulaire de médecine pratique, par le docteur E. Monin, secrétaire de la Société française d’hygiène. 1 vol. in-16 avec une lettre-préface de M. le professeur Peter. Société d’éditions scientifiques. — Paris, 1891.
- Itinéraire de France, d'Alsace-Lorraine, du grand-duché de Bade, de Suisse et de la Haute-Italie à l'usage des vélocipédistes, par A. Jacquot. IV® région. Pyrénées avec carte gravée par Erhard frères. 1 vol. in-16 de Y Union vélocipédique de France, publiée par le journal Le Véloce-Sport. Au siège de l’Union vélocipédique de France. — Paris, 1890.
- Etude sur la transmission électrique de l'énergie, par M. C. Trd-chot, extrait du Bulletin de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Clermont-Ferrafid. 1 brochure in-8“. Imprimerie M. Bel-let et fils, éditeurs. — Clermont-Ferrand, 1891.
- Tablas graficas taquimètricas, par Ricardo Codorniü y Starico. 1 brochure grand in-8°. José Requena Hernandez, imprimeur. — Cartagène, 1890.
- Mémorial des fêtes d'Alais. Octobre 1889. Erection de la statue Jean-Baptiste Dumas. Inauguration du lycée. Inauguration du buste du marquis de la Fare-Alais. 1 vol. in-8°. Imprimerie J. Martin. — Alais, 1890.
- Le climat de la Belgique en 1890, par A. Lancaster, météorologiste-inspecteur à l’Observatoire royal de Bruxelles. 1 vol. in-16. F. Hayez, imprimeur. — Bruxelles, 1891.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le portefeuille de pansement,
- La direction du service de santé des armées vient de transmettre au Ministère de la guerre la proposition d’un pansement de poche qui sera distribué à chaque officier ou soldat, au moment de la mobilisation ; ce paquet sera porté dans la poche intérieure du dohnan, de la veste ou de la capote.
- C’est un paquet antiseptique, dont le blessé pourra se servir immédiatement et que le médecin de régiment trouvera de suite pour les premiers besoins ; la plaie pourra ainsi être mise immédiatement à l’abri des souillures ae la terre, et des causes d’infection, en attendant l’examen du médecin d’ambulance et un pansement plus complet.
- Ce paquet, qui a la forme d’un petit portefeuille plat, se compose : 1° d’une enveloppe extérieure en tissu de coton; 2° d’une seconde enveloppe en tissu caoutchouté, mettant le contenu à l’abri de l’humidité; 3“ d’un gâteau de ouate rendu aseptique par le séjour préalable dans une solution de sublimé au miUième ; ce gâteau, entouré de tarlatane pour empêcher son effritement, peut se diviser en deux parties dans le cas de blessure double ou pour la plaie d’entrée du projectile et la plaie de sortie; 4° d’une etite compresse en gaze de soie également aseptisée parle sublimé; 0 d’un morceau de tissu caoutchouté analogue à celui de la deuxième enveloppe, empêchant le dessèchement de la plaie et du pansement; 6° d’une bande de 6 centimètres de large et de 7 mètres de long, en gaze de soie également bichlorurée; 7° enfin d’épingles de sûreté, épingles de nourrice, enveloppées de papier et mises entre les deux enveloppes pour que le métal ne soit pas attaqué par le bichlorure de mercure. Dr X...
- U Rédtetion «1 l’Adminiitrition d« LA NATURE sont étrinfèm ta iirriei des Adbodmi pour lesquelles on doit s’adresser i l’ôfflee do Publicité di l’Imprimerie, 9, ru ds Fiions.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustration;, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 776e BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- D'APRÈS US OBSERVATIONS DI M. RENOU (PARC DI SAINT-MAUR, ALTITOBI ; 49 M. 30)
- Mars-Avril 1891. — Semaine dn lundi 30 Mars an dimanche 5 Avril 1891.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre «nreglatrenr de M. Rédler. — Thermomètre à l’abri, à boule sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. LE 2 A 6 H. 40 M. DD MATIN
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après U BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL i 7 h. m. pluie en MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 30 mars 1891. . . 3*,5 N. W. 4 Nuag. à l’horiz. 2,6 Nuageux, pluie av. le jour. Grésil et neige à 14 h. et 15 h.
- Mardi 31 1*,8 N. W. 5 Presque couvert. 0,0 Tr. nuag. jusqu'à 16 h., quelques nuages ensuite; gel. bl. gouttes, grésil et neige çà et là.
- Mercredi 1" avril . . . . - 1*,8 N. E. 0 Nuages légers. 0,7 Nuageux de 8 h. à 16 h.; beau avant et après.
- Jeudi 2 1*,2 E. N. E. 2 Iieau. 0,0 Beau jusq. 9 h.; se couvre ensuite ; halo.
- Vendredi 3 6*,5 S. 1 Couverts 2,1 Couv., pluie de 1 h. à 5 h.
- Samedi 4 9”,3 S. 1 Couvert. 0,7 Couv., beau à 24 b.; pluie le quart du temps.
- Dimanche 5. - ii. - 6”, 2 S. 2 Nuages légers. 5,2 Peu nuag. jusq. 8 h., presque couv. ens., tonn. au N. à 16 h. 20-50 et de 17 h. 18 à 18 h.; souv. de la pl.; grains de grêle à 6 h. 30.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- --------- I
- Résumé des observations météorologiques faites au parc de Saint-Maur en mars fSDl
- par M. E. Renod.
- I
- Moyenne barométrique à midi, 7a4""“,31 ; minimum, le 11, à 10 heures du matin, 737“,71 ; maximum, le 3, à 10 heures et 11 heures du soir, 770“,78.
- Moyennes thermométriques : des minima, 2°,35; des maxima, 10°,49; du mois, 6°,52 ; moyenne vraie des vingt-quatre heures, 5°,72. Minimum, le 24, entre 4 et 5 heures du matin, —5°,5; maximum, le 1", entre 2 heures et 3 heures du soir, 17°,0. Il y a eu neuf jours de gelée et cinq jours de gelée blanche.
- Tension moyenne de la vapeur, 5“,06 ; la moindre, le 23 à 3 heures du soir, 2“,1; la plus grande, le 9, à minuit et le 10, à 1 heure du matin, 8“,8.
- Humidité relative, 73; la moindre, le 14, à 5 heures du soir, 27; la plus grande, 100, en sept jours. Nébulosité, 66.
- Pluie, 61“,2 en cent deux heures réparties èn vingt-un jours. Quatre jours de petite neige et huit jours de grêle. Il y a eu un seul jour de brouillard partiel, le 20.
- On a entendu quelques coups de tonnerre à l’ouest, à 5 h. 20 m.-25 m. du soir, le 10.
- Température moyenne de la Marne, 6°,90; elle a varié de 5°,38 le 1" à 8°,40 le 10. Assez claire au commencement et à la fin du mois, très trouble au milieu; elle n’a été un peu haute que le 11; mais son niveau moyen est assez bas. L’intensité moyenne du vent a été plus grande que d’habitude. Le vent d’ouest a été dominant; ensuite celui du nord-nord-est.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de mars 1891 présene les résultats suivants : Baromètre plus bas de 3“,25. Thermomètre plus bas de 0°,03. Tension de la vapeur moindre de 0“,42. Humidité relative moindre de 2. Pluie plus forte de 25“,0. Nébulosité plus grande de 5.
- Floraison du saule-marceau le 13.
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- ' N* 953 de
- kLA NATURE
- Supplément au numéro 933 de LA NATURE, du 18 avril 1891
- ) 625e BOITE AUX LETTRES
- SAMEDI \
- 18' mil 1891
- Lm lettre* et oomrannloetlon» relative* à la a Boit* aux lettre*» et à la rédaction doivent être adressée* à H. fiaston TISSAHDIEM
- 80, rne de ChAteandnn, à Pari*.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ‘ renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- T on» LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-OERMAIN, PARIS. ,
- M. Jollois, inspecteur général honoraire des ponts et chaussées, à Versailles; M. A. Boisbourdin, professeur de théologie au séminaire de Saint-Sulpice ; M. Henry,horloger-bijoutier, àLonguyon ; M.Félix Duprê', à Paris; le frère Alphonse-Joseph, à Passy; Un interne des hôpitaux, M. Billet, M. Fiallaire, M. Laloy, à Paris ; M. Henry Prévost, lieutenant au 8e d’infanterie; M. A. P., ancien élève de l’Ecole polytechnique; M. Godard, professeur de physique à Com-piègne; M. le comte Henri d'Aucourt, à Montfort-l’Amaury ; M. T. Castagnol, ingénieur; M. Raymond Vautherin, au château de Rans, (Jura) nous adressent d’excellentes réponses au sujet de la question qui avait été .posée dans notre précédente Boîte aux lettres, par Mm° de Stigny, sur la variation de note d’un sifflet de chemin de fer en marche. Nos honorables correspondants nous donnent, sous des formes différentes, des explications analogues, qui se trouvent confirmées par la Notice publiée dans la présente livraison sur ce sujet intéressant, par M. le commandant Moëssard. Nous adressons tous nos remerciements aux lecteurs qui nous ont envoyé ces intéressantes communications.
- M. E. Blot, à Clermont, nous rappelle que dans Y Annuaire du Bureau des longitudes de 1891, on trouve une Notice « sur la méthode Doppler-Fizeau ». Cette Notice décrit les expériences d’acoustique en chemin de fer faites par Buys-Ballot, et montre quels magnifiques résultats l’astronomie a su tirer du phénomène observé par notre lectrice. -
- Mf A. T. L., Indre et-Loire. — Vous nous demandez des renseignements sur la Lune rousse. Arago raconte que Louis XVIII assistant à une séance des membres du Bureau des longitudes, s’adressa au grand Laplace et lui dit : « Pourriez-vous m’expliquer nettement ce Jqu’èst la Lune rousse et son mode d’action sur les récoltes. » — « La-place/ dit Arago, resta comme atterré ; lui qui avait tant écrit sur la Lufie n’avàit‘jamais songé à la Lune rousse. » Il fallut, pour répondre au roi, consulter des jardiniers : Laplace apprit par eux que Tôn donne le nom de Lune rousse « à la Lune qui, commençant en avril, devient pleine, soit à la fin du mois, soit plus ordinairement dans le courant de mai. » Telle est la définition donnée par Arago dans son Astronomie populaire. Vous trouverez, dans ce bel ouvrage, des renseignement^ complets sur ce que l’on sait de la Lune rousse.
- M. Fernand D., à Paris. — Nous avons donné l’histoire des premiers timbî'es-poste dans les articles publiés récemment sur la Phi->latélié'(n° 921, du 24 janvier 1891, p. 122).
- M. J; Fardel, à Lille. — L’intéressante expérience que vous nous rappelez a déjà été décrite dans La Nature.
- M. A. B., à Paris. — Vous nous demandez la date de l’ouverture •de l’Exposition de Chicago. Le service religieux, en souvenir de la -décôuverte de l’Amérique par Colomb, se fera le 12 octobre 1892; mais l’oüverture officielle de* l’Exposition aux visiteurs, n’aura pas lieu avant le 1er mai 1893.
- ' M. Méùriier G., à Suresnes, nous écrit, à propos d’une de nos réponses dans notre précédente Boîte aux lettres, qu’il a pu éviter l’Oxydation des bornes des accumulateurs, en recouvrant le liquide d’une certaine quantité d’huile minérale, \et en passant sur les contacts une couche d’une solution de caoutchouc dans la benziné’ou le «ûlfure de carbone.
- M. E: Serb, à Paris.' — Nous croyons qu’il a été question de ce produit dans le Bulletin de la Société française de photographie.
- Un lecteur, en Espagne. — Poür amalgamer ces déchets de zinc, il suffit de les tremper dans le mercure, en ajoutant quelques gouttes d’eau acidulée sulfurique.
- M. F. M, R., à Paris. — On ne saurait breveter utilement un appareil dont la description a été publiée.
- M. P. G., à Paris. — Pour éviter la buée sur les glaces des magasins, il faut frotter la surface intérieure de celles-ci avec un tampon imbibé de glycérine.
- M. F. Mà Podensac. — Voyez l’article publié par M. Hospitalier (n° 925, du 21 février 1891).
- M. L. Ouste, à Saint-Etienne, à propos de notre récent article sur les araignées aéronautes, nous signale l’ouvrage du Père Babaz, Le vol des araignées, édité en 1884, chez Victor Palmé.
- M. L. G., à Villedieu. — Les différents systèmes d’attaches pour courroies ont leurs avantages et leurs défauts; il est bien difficile de vous renseigner exactèment.
- ~ M. A. Armao, à Smyrne. —Il n’y a aucun inconvénient à laisser pousser très longs tes cheyeux’d’un enfant.' •>
- M. J. Foucard, à Nice. — Voyez notre article' sur le moteur'à saa Simolex dans le n° 924. du IA févrîpr 1SQ1 n 170
- dans le sang des tuberculeux. — 2° La description est donnée dans le n° 914, du 6 décembre 1890, p. 16. „
- L'abonné 1565, à Marseille. — Nous n’avons pas reçu votre première lettre; nous ne connaissons pas d’ouvrage qui puisse vous renseigner; tous nos regrets.
- M. Stoltz, à Roubaix. — Il existe en Amérique plusieurs systèmes de foyers à alimentation automatique ; nous ne saurions vous faire connaître les noms des fabricants.
- M. Max Forest, à Nancy. — 1° Le problème est facile à résoudre; tous les constructeurs pourront vous fournir cette machine. — 2° Tout dépend des conditions d’installation. — 5’ 5000 francs environ. — 4° Non.
- M. le Dr Ch. D., à Caen; M. E. Maréchal, à Dijon. — Vous aurez des renseignements sur les canots de plaisance en vous adressant à MM. Bertin frères, à Argenteuil; Charles et Babillot, à Saint-Denis (Seine); Tellier, 52, quai de la Râpée, à Paris; etc.
- M. J. Carcaletzcanos, à Bucharest. — Les appareils photographiques à mains dont vous parlez ne dépassent pas la dimension des plaques 9x12.
- M. R. Peiniger, à Paris. — Voyez les procédés de dorure indiqués dans le Formulaire pratique de l'électricien, à la librairie Masson.
- M. Yesulus, à Torino. — Il faudrait connaître l’intensité du courant qui doit traverser le fil de platine.
- Un chercheur, a Paris. — 1° Oui. — 2° Il y aura déperdition de gaz jsi l’enveloppe est perméable.
- Un abonné, à Paris. — 1° La science constate les faits, et n’explique pas toujours les causes. — 2° Le calibre des canons est le diamètre intérieur de lame, exprimé en millimètres.
- M. Ch. Broyer, à Paris. — 1° Essayer l’alcool pur à 90°. — 2* Les traités élémentaires d’énergie électrique expliquent des notions.:
- M. G. C., à Paris. — Il faut consulter les ouvrages de thermo-chimie.
- M. P. P. 0., à X. — 1° Traités sur les machines à vapeur, à k librairie Baudry, rue des Saints-Pères, et a la librairie ‘ Bernard, quai des Augustins. — 2° Le Bulletin bibliographique! mentionne les ouvrages qui sont envoyés à la Rédaction de La Nature, mais à titre purement gratuit; aucun article payant n’est jamais publié dans la Boîte aux lettres comme dans le corps du journal.
- M. G. d'A., à Paris; M. G. C., à Rouen. — L’adresse à laquelle on peut se procurer le bec Auër a été donnée en tête de la Boîte aux lettres du numéro qui en contient la description.
- M. G. B., à Oran, — On peut arriver à la décoloration complète, à l’aide de plusieurs opérations successives par le noir animal.
- M. E. P., à Paris. — Le fusil dont vous parlez, n’est pas exploité; l’affaire n’a pas eu de suite.
- M. V. Fouassier, a Château-Gontier. —Dans la présente livraison, l’article publié sur le manomètre de la Tour Eiffel vous donnera satisfaction.
- M. C. D., h Bruxelles. — 1° Traités de chimie, à la librairie Masson. — 2° A la librairie Hachette.
- M. J. P., à Saint-Aubin-Epinay. — l°.Le changement d’adresse sera effectué. — 2° L’ouvrage de M. Ser sur La chaleur (G. Massoiq éditeur) pourrait vous renseigner. — 3° Non.
- il/. L. Rolla, à Lyon. — L’indicateur dont vous nous envoyez le dessin est intéressant; mais il a déjà été construit plusieurs appareils de ce genre.
- M. E. Gouville, à Garentan. — Vous trouverez des couvertures de carton de ce genre, chez tous les grands papetiers.
- M. R. F., à Cognac. — 1° On peut laisser le poêle à découvert, X 2° 11 faut disposer les œufs dans une série de petits bocaux.
- M. E. Duché, à Souppes. — Pour vous répondre, il faudrait faire des recherches de laboratoire que nous ne pouvons entreprendre.
- M. Marips Villard, architecte, à Valence. — Nous jie saurions insérer' une question de ce genre : vous trouverez une multitude d’adresses dans le Dictionnaire des adresses de Bottin.
- M. P. D., à Saint-Cloud; M. G. A~. Malhey, à Genève; M. J. Pau-lhe, à Salon; M. 0. L. de Survilliers, à La Trinité; M. C. Po-rumbaru, à Bucharest; M. J. Pingray, à Béziers. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- Un abonné, à Paris; M. Ed. S., au Caire. — Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. J. Fabrègue, à Chartres. — Nous avons donné quelques recettes sur la photominiature dans le même ouvrage. J '
- M. E. Miiller, à Mulhouse. — Remerciements pour votre com-
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- l’aclion du silicate de potasse; 2® Nous tiendrons compte de vos observations.
- M. Flori, à Boulogne-sur-Seine. — Les proportions des produits à employer et les détails des expériences, n’ont pas été publiés.
- M. P. P. IL, à Nice. — Vous trouverez des renseignements sur les piles thermo-électriques dans les traités divers et les journaux; mais j] n’existe pas d’ouvrage spécial.
- M. A. €., à Paris. — Votre remarque serait juste, si Dahomey ne sè terminait pas par un y.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Muséum d’h*s<oIre naturelle. — M. A. Gaudry, membre de l’IoM..ut, professeur de patéon olngie au Muséum d’histoire naturelle, a ouvert ce cours le mercredi 8 avril courant, à 3 heures et demie/ dans l’amphithéàlie d’anatomie comparée, et le continuera les vendredis et mercredis suivants, à la même heure.
- AL des C/oizeaux. membre de l'Institut, professeur de minéralo-ie, au Muséum d’histoire naturelle, a ouvert ce cours le mercredi avril courant, à i heures trois quarts, dans l’amphithéâtre de miné-; ralogie, et le continuera les vendredis et mercredis suivants, à la même heure.
- Société centrale «l'apiculture et «l’insectolosie. — La
- | dixième exposition internationale des insectes utiles et de leurs pro-
- f duits, des insecfés nuisibles et de leurs dégâts, aura lieu cette année,
- f du 23 août au 27 septembre, dans l'orangerie des Tuileries. Les péris sonnes qui désirent participer à cette exposition, pourront ultérieu-
- rement envoyer leurs collections et leurs produits. Pour l’apiculture,
- ; s’adresser à M. Sevalle, secrétaire général de la Société, 167, rue Lecombe, et pour l’entomologie, à M. Wallès, 18, rue Dauphine, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité élémentaire d’électricité, par J. Joubert, inspecteur de l’Académie de Paris. 1 vol. in-8", 2* édition, revue et augmentée, avec 371 figures dans le texte. G. Masson, éditeur. — Paris, 1891.
- Traité pratique de chimie métallurgique, par le baron Uanns Jüptner de Jo.vstokff. Traduit de l'allemand par Ernest Vlasto, ingénieur des arts et manufactures. 1 vol. iu-8*. Gauthier-Villars et fils, imprimeurs-libraires. — Paris, 1891.
- Le» théories modernes de l'électricité. Essai d’une théorie nouvelle, ar 0. Lodor, professeur de physique à YUniversily College de iverpool. Traduit de l’anglais et annoté par E. ÂIeylan. 1 vol. in-8*. Gauthier-\illars et fils, imprimeurs-libraires. — Paris, 1891.
- Conférences sur la science et l'art industriel. Année 1890. 1 vol. iri-18 de la Bibliothèque municipale professionnelle d'art et d'industrie Forney. S. Michelet, éditeur. — Paris, 1891.
- Géologie Principes. Explication de l’époque quaternaire sans hypothèses, par H. Dermite. 1 brochure in-8®. Attinger frères, éditeurs. — Neuchâtel, 1891. \
- Trai'é pratique et élémentaire d’électricité. Sonneries. Pose et entretien, par Georgk.s La,\quest. 1 brochure in-8®. J. Michelet, éditeur. — Paris, 1891.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement du furoncle.
- Le furoncle est dû à une inflammation des follicules de la peau; cette inflammation est causée par un microbe, et la généralisation, la répétition des furoncles ne tient qu’à la pénétration de cet agent morbide sur divers points de la surface tégumentaire. Mais il faut bien retenir que certaines conditions générales favorisent à un haut degré l'inflammation des follicules glandulaires : tels sont l’état arthritique, goutteux, par-dessus tout le diabète. Les causes d’irritation locale, mauvais entretien de la peau, malpropreté, frottements
- du col sur le cou et la nuque, provoquent l’apparition de cette inflammation. Ajoutons encore les troubles digestifs, constipation habituelle, dyspepsie qui modifient la nutrition et le fonctionnement régulier de l’appareil tégumentaire.
- Etant donnée une de ces causes générales, il est clair qu’en y remédiant, on aidera puissamment à la disparition de l’inflammation locale. S’il s’agit de troubles digestifs* quelques laxatifs légers pris à jeun le matin, feront disparaître l’embarras gastro-intestinal. Chez les arthritiques, les goutteux, l’usage de boissons alcalines, eau de Vichy, de Vais, une alimentation composée de viandes blanches, de légumes herbacés, seront nettement indiqués. Les eaux sulfureuses naturelles ou artificielles conviennent encore bien, chez les sujets arthritiques, à condition d’absence de glycosurie.
- Le traitement local est, de tous, le plus important. Au début du furoncle, on pourra en arrêter l’évolution en appliquant sur le point enflammé de la teinture d’iode (méthode du l)r Gingeot). Trois ou quatre applications d’un badigeonnage iodé, fait avec un pinceau à aquarelle, amènent en général la résolution.
- Le furoncle est-il plus développé, la teinture d’iode a-t-elle été inefficace, appliquez sur le point enflammé une couche d’ouate hydrophile trempée dans une solution chaude d’acide phénique à
- I pour ) 00, ou d’acide borique saturé, recouvrez de tafietas gommé et renouvelez le pansement toutes les deux heures. N’employez pas de cataplasmes de farine de lin ; les ferments contenus dans ce produit ne font que faciliter la culture et la dissémination de ce microbe.
- II vaut mieux de simples compresses d’eau bouillie appliquées très chaudes.
- On peut encore aider la résolution du furoncle par des pulvérisations faites toutes les deux heures, au moyen d’un petit pulvérisateur à vapeur ou simplement à la main (comme le pulvérisateur de toilette pour les parfums) avec une solution aqueuse d’acide phénique à 1 pour 100.
- Le Dr Iteddie conseille de laver la région où siège le furoncle avec un bourdonnet d’ouate trempé dans une solution d’acide phénique à l pour 40 ou bien avec une solution de sublimé à 1 pour 2000. Puis, à l’aide d’un pinceau imbibé d’huile phéniquée, on étend, sur le furoncle, une couche de poudre composée, à parties égales, d’iodo-forme et d’oxyde de zinc. Ce pansement est pratiqué deux fois par jour et continué jusqu’à disparition complète du furoncle, que l’on n’est pas forcé d’inciser.
- Quand les furoncles sont nombreux, on se trouvera très bien de grands bains avec addition d’un litre d’une solution de sublimé à 2 iour 1000 (il faut pour ces bains une baignoire en bois) ou de un itre d’une solution phéniquée à 10 pour 1000.
- Une fois les furoncles disparus, veiller au bon entretien de la peau par des bains savonneux ou alcalins pris deux- fuis par semaine.
- Le pain de soja pour les diabétiques.
- Le Sojahispidaest une léguminpuse très employée au Japon et en Chine dans l'alimentation. D’après les analyses de Muntz, les matières amylacées et sucrées ne dépasseraient pas 6,40 pour 100, tandis que les matières protéiques sont presque plus considérables que dans la viande elle-même, 37 pour 100.
- La farine s’émulsionne avec l’eau et fournit aux Chinois une sorte de lait; en coagulant cette émulsion par une solution saturée de sel, on obtient une sorte de fromage très répandu. De même, au Japon, la graine forme la base d’une sauce dite shoya.
- Cette graine est intéressante au point de vue des applications thérapeutiques, en raison de la petite quantité d amidon ou de sucre qu’elle renferme. Aussi a-t-on proposé de faire avec cette farine des biscottes et des pains pour les diabétiques, qui ne peuvent s’habituer au pain de gluten.
- Voici la formule du Dr Ménudier pour fabriquer ce pain de soja :
- Bio\er les grains dans un moulin à café, passer au tamis, et panifier ainsi :
- Farine de soja.................... 300 grammes. -
- Beurre............................150 —
- Œufs..............................n® 3.
- Mêler le tout, ajouter une cuillerée à café de sel et une verrée d’eau tiède.
- Pétrir et laisser reposer cinq minutes, puis étendre sur une tôle qu’on met au four de cuisine. On aplatit plus ou moins, suivant le goût pour la mie et la croule.
- Ce pain forme un véritable gâteau très appétissant dont les diabétiques ne se dégoûtent pas.
- Dr X.... *
- U IMittiog «t l’AdBiiDiitritioB d« LA NATURE sont dtrinjèrot il urvieo du Aiaoout pour luquolloi os doit l’tdmior à l’OfUto do PiblitiU do l’iipriaorio, 9, ru do Floini.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, tn&me avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 777' BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA NATURE
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- Bar 3wetre.
- Thermomètre sec
- Thermomètre Humide
- La courba supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- iTOMèln «nrsgiatraar de I. Rédler. — Thermomètre à l'ebrl, à boale sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené h O eu niveau de le mer.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. LE 8 A 9 H. 6 M. DD SOIR
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- D’APRÈS le BULLETIN INTERNATIONAL DO BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE i 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- de 0 à 9
- Lundi 6 avril 1891. . . . 6*,9 S. 2 Nuageux. 6,0 Nuageux jusq. 9 h., couvert ens.; pluie à partir de 2 h. 30.
- Mardi 7 7*,0 S. W. 1 Couvert. 9,8 Couv.; éclaircies de 17 h. à 22 h.; pluie, halo.
- 4*,1 N. 2 Couvert. 5,3 Couv.; gouttes ou pluie jusq. 7 h. 30.
- 4*8 N. E. 1 Couvert. 0 Couv. jusq. 12 h.; peu nuageux de 12 h. à 20 h., beau
- 0 , ensuite.
- Vendredi 10 3* ,2 N. 2 Beau. Beau jusq. 10 h.; couv. ens., gel. bl., premières hiron-
- 0 déliés.
- Samedi 11. . ; . .. 5‘,4 N. N. W. 2 Couvert. Couv., éclaircies de 14 h. à 18 h.; pluie de 13 h. à 20 h.
- Dimanche 12 3*,1 N. N. E. 2 Beau. M . Couv. de 10 h à 18 h.; peu nuageux le reste; gouttes
- à 13 h. 5 ni. et à 14 h. 45 m.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I,j» pluie en Algérie.— Nous Irouvons dans le compte rendu de la séance du 7 avril 1891 de la Socié é météorologique de France une lettre de M. Mares, qui mentionne les dégâts o|iérés par la pluie en Algérie : «La courbe des pluies, dit-il, s’est élevée d’uue manière inquiétante par la mauvaise distribution des eaux qui empêchent de semer et aussi parce que leur trop grande abondance, en imbibant toutes les terres, même en montagne, rend malsains, en été, les ' points les plus salubres jusqu'à présent. En 1889 et 1890, bien des terres n’avaient pu être ensemencées; cette année, c'est bien pire et des champs semés de bonne heure, en montagne, ont été ravinés par les paux. Les hauts plateaux eux-mêmes qui touchent au pays classique « de la soif » et qui n’ont de la récolte que par les années pluvieuses, souffrent eux-mêmes et bien des points n’ont pu être labourés. Enfin, vers le 20 janvier, nous avons eu la
- Milidja et le Sahel recouverts d’une nappe de neige, variant de 15 à 30 centimètres pendant deux jours entiers ; on pouvait se croire dans l’extrême nord de la France; en trente-cinq ans, j’avais vu ici de la neige quelquefois, mais tout ce qu’elle pouvait faire, c’était d’arriver sur le sol sans y tenir un instant. L’effet a été désastreux pour les primeurs et beaucoup d’auimaux; cependant certains végétaux ont résisté sur divers points, le reste repousse sous l’influence d’une température assez douce qui est arrivée tout à coup et a produit un immense dégel ; quant aux animaux, ils sont plus sensibles que leurs similaires d’Europe, et les oiseaux à bec fin, dès le premier jour, mouraient de tous côtés; les pluies sont rapidement revenues. »
- Bolide. — Un bolide a été aperçu le 12 mars dernier, à Antheuil, près de Compiègne, vers 7 heures et demie uu soir. Sa direction était de l’E. à l’O. Il a été é«alemeut visible en Belgique à Theux, vers 7 h. 4$, à \Salcourt, vers 7 h. 49 et à Verviers, vers 7 h. 45.
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- - Les renseignement? précieux^ que pèüvèqtpuiser , dans cet ouvrage les ingénieurs, les mécaniciens, les fabricants,; et tous ceux qui portentintérêt, de. près qtu,de loin, aux questions Ihdtistrielles j ou agricoles, expliquent- la-réputation dûment acquise ai’œutre magistrale deM. Çhatles' Labouiaye.;fl y .. 'i La diffusion de la science, la vulgarisation ides procédés tfiphnimies. tels ont été les objectifs de l’auteur. En s’attachant,
- son œuvre, à faire ressortir les rapports intimes de la théorie et de la pratique et à mettre en lumière les principes de l’économie industrielle, il a voulu diriger les inventeurs dans leurs recherches et donner aux producteurs l’idée des perfectionnements applicables à chaque fabrication.
- Les procédés industriels ne sont et ne doivent être' que des-applications des sciences ; cette idée, qui domine' EoùvrageJ' ouvre la voie aux progrès utiles et' aux découvertes-brillaqtçsl ;Soùs« sa forme actuelle, le» Dictionnaire des»Arts' et‘Manufacturés èt de l’Ag^IciiI*iiir0,! rérn.éme dans ses parties les plus im^rtahtes.-(^^m«te;.'’ÿr««jai^ publics,' été.), et mis au courant’dés derriii^re prb^rè^‘adtomr' plis’ xonstituç le’ traité de technologie JejpJ^ existe, une véritable encyclopédie consacrée à l’exposition rai-
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- Supplément au numéro 934 de LA NATURE, du 25 avril 1891 1
- (u.?,;™) 626e BOITE AUX LETTRES (a.ïmi)|
- Lm lettres et oomaannlœtlone relatives à la «Botte au lettres » et à la rédaction doivent être adressées à M. Oaston nSIAHDDHI
- SO, rne de ChAteandnn, à Paris.
- Bans la a Botte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les | renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre j à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date | de la livraison. 1
- Tour» LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERYICE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS d'adresse, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne la petite dynamo pour l’exploration des cavités, s’adresser à M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, à Paris. — Concierge automatique : M. Cros, 21, rue Hamelin, Paris.
- M. A. Saulières, à Valence. — 11 n’est pas délivré de brevet pour les remèdes secrets. On peut déposer le nom et la marque au tribunal de commerce. La vente de ces remèdes dits secrets, n’est autorisée qu’après approbation de la Commission de l’Académie de médecine à laquelle la formule doit être communiquée. Les pharmaciens seuls ont qualité pour faire et vendre ces produits.
- Un abonné, à Paris, nous écrit, à propos du procédé indiqué dans notre 624“ Boîte aux lettres pour conserver le sulfate ferreux, qu’il est nécessaire d’ajouter dans le flacon quelques petits cristaux d’acide tartrique, environ 2 à 5 grammes par litre.
- M. P. P., à Reims. — Les pétrifications d’oiseaux, fleurs, etc., s’obtiennent dans les fontaines naturelles chargées de sels calcaires, notamment à Saint-Àllyre, en Auvergne.
- M. J. W., à Paris. — Vous trouverez des vues stéréoscopiques coloriées de l’Inde anglaise, des pays de l’extrême Orient et des ruines du Mexique et du Yucatan chez MM. Bourne and Shepherd, photographes, 11, Esplanade road, à Bombay, et dont les représentants sont à Londres MM. Marion and C°, 22 et 23, Soho Square.
- M. L. D., à Lyon. — Il y a des ouvrages spéciaux sur la truffe; voyez à la Librairie de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. E. Nipa, à Paris. — Il n’existe pas de traité particulier sur l’éclairage de Paris.
- * M. A. Ribette, à Brive. — Des piles de types différents peuvent bien être couplées ensemble en tension ; pour le couplage e,n quantité, il faut qu’elles donnent toutes la même différence de potentiel.
- M. Bonnaz, à Lyon. — La description de la machine à écrire Remington est donnée dans le n° 197, du 10 mars 1877, p. 225.
- M. L. Crompire, à Bruxelles. —Voyez les théorèmes de trigonométrie relatifs à la mesure des distances de deux points inaccessibles.
- M. V. P., à Voiron. — Il faut avoir recours à des sondages. Vous trouverez des outils et appareils spéciaux chez MM. Arrault-Paulin, 69, rue Rochechouart, et chez M. H. Becot, 25, rue de la Quintinie, à Paris.
- M. E. P., à Couthures. — S’adresser à M. Ch. Tellier, 20, rue Félicien-David, à Paris.
- M. Fleury, à Mazatlan. — Le Punka de M. Gaston Bozérian se trouve aux magasins de la Ménagère, boulevard Bonne-Nouvelle, à Paris.
- M. L. Chevet, à Paris. — Essayez la colle formée de blanc d’œuf et de chaux vive.
- M. B. C., à Jaffa. — Abandonner le lait à l’air.
- M. G. Courtois, à Verberie. — Voyez l’article que nous avons publié sur les glaces platinées (n° 928, du 14 mars 1891, p. 239).
- M. J. C. G., à Viarines. — Vos produits ne sont probablement pas purs.
- M. J. Maldiney, à Besançon et M. F. Bergmann, à Lyon. — Remerciements pour vos intéressantes communications que nous publierons prochainement ; nous allons faire faire les petites figures.
- M. Ch. Jousseaume, à Baugé. — Ce projet n’a pas eu de suite; il n’est pas sérieux.
- M. F. Rigole, à Narbonne. — 1° Nous n’avons pas d’autres renseignements à vous donner que ceux précédemment indiqués. — 2° Chez tous les marchands de produits chimiques.
- » M. L. Kaufmann, à Fleurier. — 1° L’aluminium peut être soudé électriquement; voyez à la Compagnie Thomson-Houston, 7, rue du Louvre, à Paris. — Adressez-vous aux inventeurs, 27, rue des Cloys, à Paris.
- ' M. Ginot, à Saint-Etienne. — L’adresse est donnée en tête de la Boîte aux lettres du numéro qui contient la description de l’appareil.
- M. C. Voulalas, à Plomari. — Humidificateur d’air : M. P. Meyer, à Lille. i
- M. L. Marchetti, à Paris. — Les négociants emploient généralement des abréviations de ce genre dans leurs messages télégraphiques.
- M. E. D., à Aix. — Avec des qualités supérieures de pétrole, vous n’aurez pas les inconvénients que vous signalez.
- M. P. Dhamelincourt, à Louviers. — Ces bascules .peuvent parfaitement être emnlovées.
- courant énergique. — 2° Ajouter ensuite dans la solution un peu de sulfate de soude pour éviter la carbonatation ultérieure.
- M. V. Michelin, à Paris. — M. Balbreck, constructeur, 81, boulevard Montparnasse.
- M. V. Bourgeois, à Coulours. — 1° Ajouter quelques gouttes d’huile de lin. — 2° Les avis sont partagés à ce sujet.
- M. Kammerlocher, à Constantine. — Pour la manœuvre de la cafetière russe, il faut retirer l’appareil du feu et le retourner aussitôt que la vapeur s’échappe par le goulot.
- M. Ch. L., à Lille. — L’appareil dont vous parlez a été décrit, il y a peu de temps, dans un grand nombre de journaux, notamment dans le Cosmos. Nous ne croyons pas à l’efficacité de ses résultats.
- M. H. P., à Bordeaux. — Nous ne pouvons vous répondre; nous n’avons pas essayé la pile dont il est question.
- Un amateur, à Epernay. — Les procédés que vous nous demandez sont tenus secrets.
- Un abonné, à Paris. — Vous trouverez cet ouvrage à la librairie G. Masson.
- Un lecteur, à Paris. — Coiisultez les traités d’analyse chimique.
- M. A. Catelan, à Nîmes. — Cette brochure se trouve à l’imprimerie Larousse, 19, rue Montparnasse, à Paris.
- M. A. Maigros, à Arcachon. — Traité pratique de photominiature, par A. Simons, à la librairie Gauthier-Villars.
- M. Ch. Breton, à Orléans; MM. Fremont, à Châtenay. — Adressez-vous aux grands libraires de Paris.
- M. Person, à Epernay; M. E. Delabarde, à Paris; M. N. S., à Nimègue; M. le DT Zaleski, à Alais; M. X., à Paris; M. R. Desclée, à Tournay; M. V. Serru, à Paris; M. P. Z., & Porrentruy; M. A. Kemna, à Anvers. — Remerciements pour vos communications.
- M. Henry, horloger-bijoutier, à Longuyon. — Votre communication a été mentionnée dans notre 625“ Boîte aux lettres (troisième ligne). Votre nom aurait dû être placé au second paragraphe.
- M. I. /., à Cambrai. — 1° L’acétate de soude sera sans action sur ces métaux. — 2° Oui. — 3° H faudrait faire l’expérience pour vous répondre.
- M. Gautier, au Havre. — Le développement est obtenu >avec l’acide pyrogallique : il faut beaucoup de sel de soude, la pose étant courte. ,
- M. Demay, à Auxerre. — Pas de livre spécial sur ce sujet.
- Un lecteur de Lille. — M. Mégnin a publié sur les Chiens de chasse un livre] qui vous conviendra ; s’adresser à l’auteur, 2 ter, avenue Aubert (Vincennes, Seine).
- M. Jules Gauthier, à Saint-Claude. — Il faudrait essayer une plume de ce genre : nous ne saurions vous répondre a priori.
- M. B. Perplex, à Paris. — Le téléphone vous conviendra mieux, que le tuyau acoustique.
- M. F., au Pour du Cens, près Nantes. — Vous trouverez des formules d’enduits inattaquables aux acides dans le petit livre Recettes utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. V. M., à Paris. — Même réponse en ce qui concerne la destruction des fourmis.
- M. B. Croft, à Hampshire. — Ces portraits n’ont pas été publiés dans La Nature.
- M. L. R. — 1° Le procédé ne serait pas pratique. — 2° Nous avons donné la description complète du funiculaire de Belleville.
- M. Bataille, à Thiberville. — Ce tire-bouchon, confectionné par un amateur, ne se trouve pas dans le commerce.
- M. M. Laloy, à Paris. — Il n’y a pas d’ouvrage complet de ce genre à vous indiquer.
- M. J. P., h Paris. — Les piles du commandant Renard ont été décrites dans le n° 879, du 5 avril 1890, p. 277.
- M. Milleret, à Reims. — Le mouilleur à cylindre pour les timbres se trouve chez les principaux papetiers de Paris. Nous ne connaissons pas l’adresse du fabricant.
- M. H. A. C., Hanovre. — Provient de glaces de fabrication défectueuse; pas de remède bien pratique.
- M. Orner de Bast, ingénieur, à Liège. — M. Ed. Augé, constructeur, 35, avenue Laumière, à Paris.
- M. Ch. Couleru-Meuri, à Chaux-de-Fcnds. — Voici l’adresse que vous nous demandez : M. L. Appert, 1, rue Boursault, à Paris.
- M. F. Dulac, à Aurillaç. — La poudre de pyrèthre de bonne qualité est très efficace pour la destruction des cafards. En saupoudrer^)
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- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Le concierge automatique. — Le petit tableau indicateur que nous représentons ci-dessous, fermé en A, ouvert en B, doit être placé dans le vestibule d’une maison : il permet à chaque locataire individuellement d’indiquer lui-même qu’il est sorti, en faisant sortir la lettre S qui s’échappe de derrière le nom, au moyen d’un ressort fonctionnant par un bouton que l’on touche du doigt. Quand le locataire rentre, il repousse l’S derrière le nom. Dans le tableau A, MmeCros etM. de K. sont sortis. le visiteur peut mettre en regard des noms sa carte de visite dans une petite pince métallique. Pour soustraire les organes de l’appareil à l’action de personnes malveillantes ou mal intentionnées, et pour que le concierge ou gardien de l’immeuble soit averti qu’on agit sur le tableau indicateur, et que, par conséquent, une personne entre ou sort, ou tente de déranger les organes de l’appareil avertisseur, M. Cros, l'inventeur de cet ingénieux système, a enfermé les organes de cet appareil avertisseur domestique dans une sorte d’armoire dont la porte vitrée permet de lire les noms des locataires et d’apercevoir les S ou signes indicateurs de la sortie des locataires. Cette armoire est pourvue d’une griffe ou d’un contact venant agir, lors de Y ouverture, sur les organes d’une sonnerie ordinaire ou d’une sonnerie électrique, de manière à produire un son capable d’arriver jusqu’aux oreilles du concierge ou gardien
- de l’immeuble. On a ainsi le double résultat suivant, avec l’avertisseur
- Îilacé en dehors de la loge du concierge, à savoir : 1° optique pour es visiteurs se rendant chez les locataires ; 2° acoustique pour le concierge qui se trouve averti qu’un locataire entre ou sort, ou qu’une personne touche à l’appareil. Dans le cas où l’appareil sera appliqué à un grand nombre de locataires, vingt-quatre, par exemple, au lieu de six, le tableau total se composera alors de deux tableaux jumeaux et solidaires, compreiiant chacun douze tablettes et ayant chacun une porte vitrée indépendante. Pour ces deux tableaux, on pourra alors avoir un fronton unique contenant deux timbres placés en correspondante connexion avec les portes; seulement, les porte-cartes du tableau de gauche seront transportés au côté gauche du tableau. Au point de vue pratique de l’usage de l’avertisseur que nous faisons connaître, il devra résulter pour les locataires et les visiteurs : 1° d’être dispensés de parlementer avec les concierges; 2° de substituer une certitude à un doute, les concierges ne sachant presque jamais si un locataire est ou non chez lui.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les engrais et la fertilisation du sol, par A. Larbalétrier . 1 vol. in-18 delà Bibliothèque des connaissances utiles. J.-B. Baillière et fils, éditeurs. — Paris, 1891.
- Almanach-annuaire de l’électricité et de l’électrochimie. Année 1891. 7* année. Publié par Firmin Leclerc. — Paris, 1891.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Epistaxis ou saignement par le nez.
- Le Dr Jonathan Hutchinson recommande le moyen suivant qui lui a toujours réussi : plonger les mains et les pieds du malade dans de l’eau aussi chaude que possible.
- Le procédé précédent nous engage à rappeler le suivant d’uu emploi beaucoup plus facile.
- Ce procédé est basé sur l’action hémostatique puissante de l’antipyrine. Il suffit de priser de l’antipyrine en nature : une bonne pincée toutes les deux ou trois minutes. Le sang devient immédiat tement noir par formation de méthémoglobine; puis rapidement l’hémorragie s’arrête, à moins que le vaisseau lésé ne soit par trop volumineux. 50 centigrammes à 1 gramme suffisent largement, en général, pour priser et pour saupoudrer un morceau d’ouate qu’on introduit ensuite dans la narine ; on le change plusieurs fois si besoin est et on le laissé en place lorsque l’hémorragie est arrêtée»
- (Médecine moderne.)
- Gerçure des mains.
- La formule suivante donne des résultats excellents :
- Menthol................................0 gr. 75
- Salol..................................4 gr. 50
- Huile d’olive..........................5 gr. »
- Lanoline..............................45 gr. »
- La douleur est atténuée après une première application en onctions douces. La peau est adoucie et les crevasses disparaissent après un emploi régulier de la pommade appliquée une ou deux fois par jour. Une autre formule réussit également bien :
- Aristol......................... 2 grammes.
- Vaseline........................20 —
- Traitement de la coqueluche.
- Le thym commun (thymus vulgaris) est un remède très efficace contre la coqueluche; non seulement cette plante a la propriété d’abréger la durée de la maladie et de modérer la violence des accès, mais elle préviendrait, en outre, la naissance de complications de nature inflammatoire. La toux cesse, en général, dans l’espace d’une quinzaine de jours ; au bout de deux à trois jours les symptômes douloureux ont disparu.
- L’infusion se prépare, comme on ferait du thé, avec 20 grammes de thym pour 150 grammes d’eau bouillante; laissez infuser un quart d’heure. Passez, sucrez légèrement avec du sirop de tolu et donnez une cuillerée à soupe six à dix fois par jour suivant l’âge de l’enfant. b' X.,.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Moyen de couper une bouteille de verre.
- La Nature a décrit jadis deux curieuses expériences consistant à couper du verre au moyen de ciseaux plongés dans de l’eau et à faire un récipient utilisable d’une mauvaise bouteille cassée au moyen d’un fer rouge plongé dans de l’huile. Je me permets de vous faire part d’une expérience tout aussi curieuse, qui consiste à couper une bouteille en deux, non au moyen de ciseaux, de fer rouge ni d’huile, mais simplement avec un bout de ficelle. On prend une bouteille ordinaire noire, ou une bouteille de cognac. Sur cette bouteille que deux personnes doivent tenir immobile par les deux bouts, on assujettit solidement deux bâtonnets dont les bouts seront distants l’un de l’autre d’un centimètre environ. Puis on passe une ficelle ou plutôt une forte cordelette longue d’un mètre et de cinq millimètres de diamètre, autour du corps de la bouteille, de façon à faire un tour complet passant par l’intervalle laissé libre entre les deux bâtonnets. Les personnes qui de leur main gauche tiennent la bouteille par las deux bouts en maintenant les bâtonnets, saisissent de la droite chacune une extrémité de la cordelette qu’ils mettent en mouvement en tirant alternativement. La bouteille étant immobilisée, la cordelette la frottera fortement, toujours à la même place. Après deux à trois minutes de ce travail, au moment où les expérimentateurs commencent à sentir quelque fatigue, si une tierce personne verse quelques gouttes d’eau froide sur la cordelette en mouvement, aussitôt un bris se produit, et chacun des deux expérimentateurs reste avec une demi-bouteille en main, nettement coupée comme avec un couteau. Pour que l’expérience réussisse, il faut que la cordelette frotte toujours la même partie circulaire de la bouteille, et les bâtonnets qui s y trouvent assujettis sont là pour l’empêcher de se mouvoir, soit à droite, soit à gauche. Il faut ne verser l’eau qu’au moment où l’on suppose la partie frottée assez échauffée. La bouteille et la cordelette ne doivent pas être humides. (Communiqué par M. J. Louria, à Philip-popolis.)
- Li JWdtetion ot rAdministrttion do LA NATURE sont «trtngèros ta lorrieo dos Annoncot pou loipolloi on doit s’adresser à l’ÔNUo do Publicité do l’Imprimerie, 9, no do Floins.
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- r 9
- 778e BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- D’aPRÈI LIS OBSIRTATIONS DI X. RENOU (PARC DK SAINT-MAUR, ALTITUDE *. 49 X. 30)
- Avril 1891. — Semaine du lundi 13 au dimanche 19 Avril 1891.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent.
- laromètn •nregl*tr«nr de M. Rédier. — Thermomètre à l'abri, à boule sèche et à boule mouiUée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. LE 16 A 1 H. 50 M. DD MATIN
- OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- d’après LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES l OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 avril 1891.. . . 3*,3 N. N. W. 1 Couvert* 9 Couv. le m., tr. nuageux le s., gel. bl.
- Mardi 11 2*,6 N. 0 Couvert. » Presq. couv. gouttes; grêle, gel. bl.
- Mercredi 13. *,9 N. W. 1 Couvert. 0,1 Presq. couv., quelq. averses avec grêle, 12 h.
- Jeudi 16 4VJ S. W. 1 Couvert. 1,0 Couv. le m., tr. nuageux le s., gel. bl., halo, gouttes.
- Vendredi 17 7*,3 W. 2 Couvert. O Couv. jusq. 8 h., nuag. puis beau ap. 11 h., averse à 6 ti.
- Samedi 18 2*,6 S. S, W. 0. Beau. 9 Nuag. de 10 à 17 h., beau av. et ap. tr. brum. le m.
- Dimanche 19 3% 7 N. E. 1 Beau. 9 Peu nuageux de 10 à 17 h., beau av. et ap.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I.e premier orage de l’année 1891. —C’est pendant la soirée du 10 mars que se sont déclarés, en Belgique, les premiers phénomènes orageux de l’année actuelle. Dès 7 heures, des éclairs ont été aperçus en divers points du pays et plus tard on a pu en observer sur la Belgique entière. Peu de stations, toutefois, ont entendu le tonnerre. A Tournai, de 6 heures et demie à 8 heures, un violent orage a sévi. 11 venait de l’ouest ; les éclairs se succédaient sans interruption, en même temps qu’une véritable trombe d’eau et de grêle se déchaînait sur la ville et les environs. A Ledeberg, près de Gand, l’orage avait les caractères d’un orage d’été par la fréquence des éclairs et des coups de tonnerre, dont l’un a été assez fort pour faire croire à la chute de la foudre
- dans les environs; ces phénomènes se passaient entre 7 heures et demie et 8 h. 10 m.; un peu de grêle fut observée vers 8 heures. A Selzaete, l’orage fut également violent, mais il n’eut lieu qu’à 8 heures et dura jusqu’à 8 h. 20 m. A Iseghem, enfin, quelques coups de tonnerre, accompagnés d’une forte averse, lurent entendus vers 7 heures.
- Un magnétomètre de montagne. — M. 0. E. Meyer a construit un nouvel instrument d’observation. L’aiguille mobile et l’aimant d’épreuve se meuvent tous deux dans un plan vertical au lieu d’un plan horizontal. Cet appareil est utile pour observer l’attraction dans de grandes masses de rochers et pour signaler les changements qu’offre le champ magnétique dans certains endroits des observatoires et des laboratoires, changements produits par des variations de la condition magnétique des matériaux avec lesquels ces établissements sont construits. (Ciel et TerreJ
- TEMPÉRATURE
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- :'M. Albert Landry, à Paris. — Vous nous demandez, à propos de notre récente Notice sur les Menus photographiques, quelle est l’origine des menus. Elle est fort ancienne, car Aristophane donne, dans une de ses comédies, un menu tout à fait appétissant et qu’il rédige en un seul mot composé : on y trouve huîtres, turbots, têtes de squale, grives, merles, tourterelles, têtes de coq grillées, poules, pigeons, lièvres, etc. Nous ne saurions vous dire à quelle époque remonte l’usage des menus historiés et embellis de dessins, comme on les confectionne aujourd’hui.
- Un diabétique, à Paris. —Les grains de Soja hispida se trouvent chez les grainetiers en gros ou les droguistes. S’adresser à la maison Vilmorin, quai de la Mégisserie, ou à la pharmacie Adrian, rue de la Perle.
- M. E. C., à Rouen. — Renforcer le cliché au moyen du bichlorure de mercure.
- M. Béteille, à Pouilly-en-Auxois. — Il vous a été répondu dans la 624e Boite aux lettres (n° 932, du H avril 1891).
- M. P. Delcourt, à Castres; M. H. von Kempen, à Amsterdam. — La glacière des familles, aux magasins de la Ménagère, boulevard Bonne-Nouvelle, à Paris, vous conviendrait parfaitement.
- M. R. Pavon, à Cordoue. — 1° Nous ne connaissons pas d’autre adresse à Paris. — 2° Turbines Hercule : MM. Singrünn frères, à Epinal.
- M. le D’ Rivière, à la Ferté-Milon. — Nous croyons qu’il s’agit de la voie lactée qui forme bien, comme vous l’indiquez, une zone blanche, quand le ciel est pur.
- « M* V. Neveux t au Mans. — L’appareil que vous décrivez est intéressant, mais nous connaissons plusieurs systèmes du même genre.
- M. A. H., à Bruxelles. — Nous avons cité des faits de longévité des crapauds dans le n° ‘214, du 7 juillet 1877, p. 95 et dans un grand nombre d’autres livraisons. 1
- Un abonné, à Marseille. — Nous publierons prochainement l’article en question.
- M. Goubert, à Meysse. — 1° Le mercure ne salit pas le verre uand il est pur. Xes traités de chimie donnent le moyen de le puri-er. — 2e Non.
- M. C:d. N., à Lisbonne. — 1° Rien n’a été publié à ce sujet. — 28 II existe plusieurs fabricants, notamment MM. Baillif, 66, rue Truffant; Flandrin, 15, quai Bourbon, à Paris. 1
- M: Tav ie, à’Albi. — Essayez de fermer l’ouverture, en y collant une feuille de caoutchouc à l’aide de sulfure de carbone.
- M. E. de Ldriolfk Genève. — Le grillage des plaques d’accumulateurs'est obtenu par* des coulées dans des moules.
- M. G. Sursùck, à Paris. — Il n’existe pas encore de voiture électrique pratique. Pour les voitures à vapeur, adressez-vous à' MM. Ser-pollet, 27, rue des Clûys. 1 " ,
- M. E. F., à. B. — Disposez une sonnerie électrique qui vous avertira.
- M. Th. Cordier, à Moscou. — L’adresse est donnée en tête de la Boîte aux lettres du même numéro.
- M, P. D., à Saulzais. — 1° Les indications dépendent de la graduation effectuée. — 2° Chaque système a ses avantages et ses inconvénients. î
- M.L. Boüan, à Versailles. — Il existe un grand nombre de marchands de petites lampes à incandescence; voyez aux Annonces.
- M. S. Paul,'.k Aix. — Les données que vous nous fournissez, sont incomplètes;nous ne pouvons vous répondre.
- M. G. Nagant, à Neerœteren; M. Valet, à Saint-Nazaire. — Il serait nécessaire de faire des recherches de laboratoire pour vous renseigner.
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- M. M. F., à Juilly. — Si vous voulez bien nous envoyer le dessin et la Notice, nous essayerons de les utiliser.
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- M. A. de G., à Paris. — Le moyen n’a pas été mentionné dans nos recettes,
- <M. H. A., à Albert. — Pas d’usages industriels.
- M. J. Dubois, à Amiens. — L’adresse nous est inconnue. Tous nqs regrets.
- M. U. Bardou, à Saint-Denis. — M. Molteni, 44, rue du Château-d'Eau, à Paris, vous donnera les produits et les renseignements nécessaires.
- tement à M. Lauriol, ingénieur des ponts et chaussées, à Chartres (France).
- M. F. Augier, à Paris. — Aucun livre spécial de ce genre; voyez L’électricité dans la maison, à la librairie Masson.
- M. B. de C., à Paris. —Les Instructions météorologiques, publiées prie Bureau central météorologique de France (librairie Gauthier* Villars) donnent l’énumération des instruments nécessaires à une station météorologique.
- M. C. Inaebuit, à Faoug. — L’Agenda du chimiste, à la librairie Hachette, à Paris, vous fournira ces renseignements.
- Un lecteur, à Albi. — La photographie moderne, par Albert Londe. (G. Masson, éditeur.)
- M. A., k Dunkerque. —: II s’agit du Pronostic ou sturm glass, qui a été décrit dans La Nature et dans le petit livre de la Sciéhce pratique, à la librairie G. Masson.
- M. J. J., à Bruxelles. — Voyez le même ouvrage.
- M. P, G. C., à N. — Remerciements pour votre communication, qui nous paraît bien spéciale. ;
- M. E. Boigeol, à Giromagny. — Eclairage à l’électricité, par H. Fontaine, à la librairie Baudry, rue des Saints-Pères. ..
- M. E. Gaymy, à Paris. Ç— 1° Adressez-vous à des marchands de bicyclettes. — 2e Société des machines Gramme, 15, rue Drouot.
- M. J. Ferreira, à Porto. — Machine à cigarettes : Mr H. Lemaire, 12, quai de la Mégisserie, à Paris. Cette machine a été décrite dans La Nature. '
- M. M. B., à Bordeaux. — Nous croyons que vos groupes sont mal" éclairés. Il faudrait, pour bien vous répondre, voir vos photographies.
- M. Nicolas, à Bordeaux. — Il est facile de doser la quantité d’acide acétique contenue dans un vinaigre; mais il*n’existe pas de procédé pratique pour reconnaître si le vinaigre tire son origine du vin. .........
- M. P. D., à Nice. — Vous ne pouvez employer le c.ouplage que vous indiquez ; il faut que les deux sources d’énergie électrique que-vous coupiez en quantité, aient la même différence de potentiel, soit 25 volts dans le cas actuel. . - *•
- M. C. B., à Paris. — Nous ne pensons pas qu’un concours ait’ encore été ouvert à ce sujet.
- M. L. Lulz, à la Ferté-Gaucher. — Renseignement purement commercial que nous ne saurions donner ici.
- Un abonné, à Porto. — Manuel général des vins, par E. Robinet, Bernard Tignol, éditeur, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. le Dr Comnaiteaux, à Sens. — L’adresse 'a été donnée dans la 622e Boîte aux lettres du numéro qui contient la description de l’appareil de projection au moyen de la lampe Auer.
- M. le DT de Launay, à Paris. —Votre système a-t-il été décrit? On ne peut revendiquer une invention que si la description en a été publiée.
- Un lecteur, à Fourmies. — Pas de traité de ce genre.
- M. V. Sourdat, à Paris. — Voyez le Formulaire pratique det Vélectricien. (G. Masson, éditeur.) , f
- M. A. F., à Vouziers. — 1° La manière de fabriquer lès timbrés de caoutchouc est indiquée dans le petit volume des Recettes et procédés utiles. — 2° La soudure ordinaire des plombiers peut être, utilisée.
- M. de Meaux, à Paris. — Nous reviendrons prochainement sur la. question d’une façon complète.
- M. C. M., à Beauvais; M. Joseph, à Paris; M. F. Melon, à Lyon;1 M. E. C., à Montauban; M. X. F., à Bordeaux; M. L. Champagne, à Ay; M. G. L. S., à X.; M. L. Hue, à Paris; M. F. P. H., à Jamaica; M. H. C., à Bruxelles; Un abonné, à Epernay. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Muséum d’histoire naturelle. —M.P.P. Dehêrain, membre de l’Institut, professeur de physiologie végétale appliquée à l’agriculture au Muséum d’histoire naturelle, a ouvert ce cours le mardi 21 avril 1891, à deux heures, dans l’amphithéâtre de la galerie de minéralogie, et le continuera les samedis et mardis suivants à la même heure. —M. de Quatrefages, membre de l’Institut, professeur d’anthropologie ou d’histoire naturelle de l’homme au Muséum d’histoire naturelle. En son absence, M. IJamij, membre de l’Institut,., aide-naturaliste, a ouvert ce cours le mardi 21 avril 1891, dans l’amnhi théâtre d’anatomie comparée, à trois heures, et le continuera
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- Fraude électrique. — Si l’on en croit YElectrical Review, la fraude consistant à immerger pendant quelques instants des pièces d’or dans un bain galvanique, prendrait une grande extension en Amérique. Des banquiers, qui pèsent les sommes au lieu de compter les pièces, éprouveraient quelquefois des pertes d’une certaine importance. L’action ne s’exerce pas conformément sur toute la périphérie de la pièce; ce sont de préférence les angles qui ont à souffrir. Cette circonstance pourrait servir à reconnaître les pièces qui ont subi ce genre de rognure tout à fait moderne.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- i Sirop pour les diabétiques. •
- Quelle que soit la nature du diabète, et quel que soit le régime
- Îrescrit, il est indiqué, pour obtenir la diminution de la glycosurie, e s’abstenir de tout aliment sucré. Bien des personnes ont cependant la passion des boissons sucrées, beaucoup aiment à prendre le café plus ou moins sucré. Voici pour les diabétiques-, une préparation qui remédiera à la suppression du sucre :
- Saccharine......................... 1 gramme
- Eau distillée...................... 125 —
- Cette solution donne, comme saveur, un véritable sirop dont il suffira de prendre une cuillère à café ou à entremets, pour donner au café le même goût qu’avec un ou deux morceaux de sucre.
- En ajoutant à la solution ci-dessus 10 grammes d’une teinture aromatique (teinture de zestes de citrons, teinture d’oranges amères) ou d’un suc de fruits (groseilles, cerises) on obtiendra un sirop parfumé et ne contenant pas un atome de sucre.
- Traitement des'pellicules du cuir chevelu.
- Tracer avec le peigne des raies successives pour écarter les cheveux et faire une onction sur ces points découverts avec la pommade :
- Turbith minéral....................... 2 grammes
- Vaseline............................ 60 —
- Essence de bergamote ou toute autre
- essence............................. 20 gouttes
- Faire cette opération le soir; le lendemain matin, lavage de la tête et des cheveux avec le shampoing, solution savonneuse qui se compose de : sous-carbonate de soude, 50 gramfhes; savon noir, 50 grammes; eau chaude 1 litre. Faire dissoudre et décanter. Parfumer au goût de chacun.
- Le deuxième jour, lotion avec l’eau de quinine.
- * Ce traitement réussit bien, mais la disparition des pellicules n’est que temporaire. Il faut y avoir recours environ tous les quinze à vingt jours. Dr X...
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Essence de térébenthine factice.
- On vient de breveter, en Allemagne, un produit connu en France depuis plusieurs années déjà, mais qui n’avait pas encore reçu duplications industrielles : la fabrication, à l’aide d’un mélange d’huile e camphre et de pétrole, d’un isomère de l’esseuce de térébenthine. Ce mélange a l’odeur caractéristique de l’essence de térébenthine, une densité peu différente et une composition chimique à peu près identique. Il peut remplacer l’essence de térébenthine dans tous ses emplois industriels, et est seulement un peu moins inflammable, ce qui est loin d’être un défaut.
- Nettoyage des pièces polies des machines, des outils, etc.
- On met dans un flacon un litre de pétrole auquel on ajoute une vingtaine de grammes de paraffine sous forme de raclures. Le flacon étant bouché, on le laisse reposer pendant une couple de jours, en ayant soin de l’agiter de temps en temps. Le mélange est alors prêt à servir. L’emploi en est tout aussi simple que la préparation. On a soin d’abord de bien agiter le flacon, puis on étend la solution sur
- les parties à nettoyer, soit avec un chiffon de laine, soit au pinceau. Le lendemain seulement, on frotte avec un chiffon de laine sec. La rouille, l’huile résinifiée, etc., disparaissent complètement, sans
- 2u’il y ait à craindre l’action oxydante du pétrole, annulée par la paraf-ne. L’aspect des pièces jainsi nettoyées est fort satisfaisant, et le brillant est comparable à celui de l’argent. Enfin la dépense est insignifiante. Nous pensons que ce moyen doit être recommandé partout où l’entretien des appareils est quelque peu intermittent, par exemple, dans les travaux publics, les exploitations agricoles, etc.
- Moyen de reproduire une gravure.
- On détache une gravure quelconque d’un journal illustré, on la place au fond d’une assiette, d’une cuvette, d’un récipient quelconque, en ayant soin de tourner vers le haut la partie imprimée» On verse sur la gravure ainsi disposée du soufre fondu. Il n’y a plu» qu’à laisser refroidir pour obtenir un beau gâteau de soufre contre lequel est fixée la gravure. Pour retirer le papier, il suffit de mettre la plaque obtenue dans l’eau : le papier absorbe l’eau, il n’y a plus qu’à frotter avec la peau, en particq^* avec le pouce, pour retirer le papier et voir apparaître la gravure reproduite sur le soufre; cette reproduction est solide, l’on peut frotter, «ans gratter, même avec de l’eau, elle ne s’en va pas. Cette expérience permet de reproduire très nettement toutes sortes de gravures, de petit format et d’obtenir des planches ou panneaux qui peuvent servir à décorer ijn mur à la campagne. (Communiqué par M. C. R., à Vanves.)
- Procédé acoustique pour isoler au milieu du tumulte d’un atelier un bruit se produisant dans une machine.
- u-> i •
- M. Robert Bourcart a imaginé le procédé suivant : on s’introduit dans l’oreille un tube de caoutchouc pour gaz, auquel on laisse.une longueur de 1 mètre environ. L’extrémité libre sert à étudier le bruit. Comme elle ne reçoit d’autres vibrations sonores que celles qui sont émises par la petite portion de surface dont on l'approche, elle ne conduit à l’oreille que le bruit isolé. Il arrive souvent que dans des machines présentant des points de frottement nombreux, on passe un temps relativement long et énervant à trouver celui qui commence à gripper et dont on entend, à intervalles réguliers, le léger sifflement. Au moyen du tuyau acoustique, on réussit très rapidement en promenant l’extrémite libre de coussinet en coussinet, surtout si l’on prend la précaution de se boucher l’autre oreille au moyen d’un tampon d’ouate.
- Renforcement des clichés.
- Il existe un renforcement des clichés sans mercure qui a été publié dans le Journal des Sociétés photographiques; ce procédé pourrait être utile à M. E. B., h Paris, qui vous adressait une demande dans la 624e Botte aux lettres. Il consiste à plonger le* négatif dans la solution d’ammoniaque du commerce étendue de son volume d’eau et à l’y laisser un temps proportionné au renforcement qu’on veut obtenir. Laver ensuite avec soin et plonger dans la solution : alcool à 90°, 1000 centimètres cubes; bromure de cadmium,
- 1 gramme. La couche sèche en quelques minutes au sortir’ de ce dernier bain èt offre une coloration d’un beau noir» (Communiqué par M. Higg, à X.)
- Moyen facile de percer un trou dans le fer«
- Il existe un procédé très curieux pour percer des barres ou des lames de fer forgé. On commence par mouler un bâton de soufre auquel on donne la forme que doit avoir le trou; ce qui est très facile, car le soufre fond aisément et prend toujours les formes que l’on veut. Le fer est chauffé au rouge olanc. Le bâton de soufre est appuyé à l’endroit qu’on veut percer, où il entre, à proprement parler, comme dans du beurre ; le trou a exactement la forme du bâton.
- Composition de Vokonite.
- L’okonite est un isolant qui tend à remplacer la gutta-percha pour la fabrication des enveloppes isolantes ; il a la composition suivante : dans 100 parties il entre: caoutchouc, 49,60 parties; soufre,5,30; noir de fumée, 3,20; oxyde de zinc, 15,50; litharge, 26,30; silice, 0,10.
- :3S
- Ll Rddtclioi il l’Adiifliitrilioi di LA NATURE «ont étrin(èroi u iirrin du Abbobiii pour lupiüii ob doit s’idnuif à HMIu di PiWieiU do lTipiinrii, 9, ni di Filin».
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 779e BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
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- D’aPRÈB LIS OBSERTATIONS DI H. RENOU (PARC DI SAINT-MAUR, ALTITUDE ; 49 M. 30)
- Avril 1891. — Semaine du lundi 20 an dimanche 26 Avril 1891.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre Mrafldranr de I. Rédler. — Thermomètre è l'abri, è boule aèche et è boule mouillée.
- Le baromètre est ramené è O au niveau de la mer.
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- PHASES DE LA LUNE ! P. L. LE 24 A 5 H. 15 H. DU HATIN
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES OU MATIN
- D'ABRIS LI BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EM MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 avril 1891.. . . 4*,2 N. N. E. 3 Beau. 0 Beau; qq. nuages; gel. blanche; halo.
- Mardi 21 . 5-,l N. N. E. 2 Beau. JO Beau; qq. nuages; gel. blanche; halo.
- Mercredi 22. . » 7*,2 N. E. 1 Nuageux. 0 Peu nuag. jusq. 10 h.; presq. couv. ensuite ; halo.
- Jeudi 23 7*,1 N. N. E. 2 Beau. 0 Nuag. de minuit à 5 h., et de 11 h. à 17 h.; beau le
- reste ; gelée bl.; halo,
- Vendredi 24 6*,8 N, E. 3 ' Beau. 0 Nuag. de 10 h. à 18 h.; beau le reste.
- Samedi 25., 4-,9 N. 2 Beau. 0 Nuag. de 12 h. à 17 h.; beau le reste; gel. bl.
- Dimanche 26.. ...... 4*,0 N. 2 Beau. ' 0 Nuag. de 12 h. à 18 h.; beau le reste; gel. bl.
- Au milieu de chaque carré, on a installé deux thermomètres Tonnelot, don* nant le dixième de degré, dont les réservoirs sont placés à 30 et 50 centimètres de profondeur, et qui sont protégés par des cages cubiques de 50 centimètres en toile métallique de 5 millimètres de maille. Ces thermomètres ont été observés chaque jour à une heure convenable, en même temps que l’on prenait, au moyen d’un thermomètre fronde, la température de l’air ambiant.
- Les principaux résultats observés ont été les suivants :
- 1* A 20 centimètres de profondeur, le minimum diurne est atteint dans la tourbe vers 4 heures du soir, et le maximum vers 4 heures du matin;.dans les trois autres terres, ces heures sont voisines de 9 heures du matin et de 8 heures du soir; *
- 2* Aux époques de l’année, janvier et juillet, où la température moyenne diurne devient sensiblement stationnaire, la température de la terre de tourbe s’élève de plusieurs degrés au-dessus de celle des autres terres ; celles-ci présentent entre elles des différences beaucoup moindres ;
- 5* L'amplitude moyenne des oscillations thermométriques diurnes correspondant à une même oscillation diurne de la température de l’air, dilfère d’une terre à l’autre; ainsi, à 20 centimètres de profondeur, pour une oscillation atmosphérique de 9°,4, elle est à peu près de 3° pour le sable, l’argile et le calcaire, tandis qu’elle se réduit à 0®,3 pour la tourbe.
- Ces observations conGrment les renseignements déjà connus par les recherches de MM. Becquerel, pour ce qui concerne les variations thermométriques.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- fluence de la nature du terrain cur la température du
- •ol. — MM. Ch. André et J. Rauliu ont effectué, du 3t mars 1888 au 30 juin 1890, une série d’études au champ d’expériences de la station agronomique du Rhône, pour étudier l’influence de la nature du sol sur la propagation de la chaleur a son intérieur. Les expériences ont été disposées de la façon suivante • on a enlevé, sur une étendue de 5 ares et à une profondeur de 90 centimètres, la terre végétale du champ d’expériences de la station, et on lui a substitué, par carrés de 1 are chacun, l’un des terrains que nous désignons par tourbe, argile, sable, calcaire, composés comme suit (le cinquième carré étant occupé par un mélange à volumes égaux des quatre précédents) :
- Tourbe. Argile. Sable. Calcaire,
- Humus. . . , . , . 67,3 0.0 0.0 0,0
- Argile . . . » , . . 0,0 25,4 4,5 0,0
- Calcaire. . . . . , . 20,1 0,0 20,7 61,4
- Sable. . . . . . 12,6 74,4 74,8 38,6
- le sous-sol restant formé par du gravier des alluvions du Rhône.
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- 1 Supplément an nnméro 936 dé LA NATURE, dn 9 mai 1891
- (uISSJ 628* BOITE AUX LETTRES (. )
- laM lettres et eoemanleetlons relatives à la « Botte au lettres » et à la rédaction doivent être adressées à M. Gaston IlSIiROIlB
- 80, rne de ChAteandan, A Paris.
- Dans la <t Boîte aèx lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre • à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de ta livraison.
- Tout a us communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- r.- AVIS DE E'ADMINISTRATION. — A partir du 15 mai prochain, le départ du journal La Nature sera réglé de façon à assurer le service comme suit : MM. les abonnés des départements devront recevoir leur exemplaire le vendredi ou au plus tard le samedi matin selon l’éloignement de Paris, c’est-à-dire en même temps que parviennent dans les gares ou les librairies les numéros destinés à la vente au numéro. — MM. les abonnés de Paris recevront leur numéro à domicile le vendredi matin; et c’est également désormais le vendredi matin que les acheteurs au numéro trouveront le journal dans les kiosques et dans les librairies. — Cette organisation assure à nos abonnés et aux lecteurs au numéro un service plus simultané; et nous leur saurons grand gré de nous signaler les irrégularités qui pourraient survenir tanta Paris que dans les départements, afin qu’il y soit immédiatement porté remède. — Les exemplaires destinés à l’étranger seront expédiés, comme ceux des départements, par les courriers du jeudi soir.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — 1° Pour tout ce qui concerne le poêle thermo-électrique s’adresser à M. le Dr Giraud, à Chantilly. — 2° Appareil pour le dosage des chlorures dans les vins : M. Dujardin, successeur de Salleron, 24, rue Pavée au Marais, à Paris. — 5° Appareils à acide carbonique liquide, s’adresser au Directeur de la Carbonique française, 11, rue de Richelieu, à Paris. — 4° Le
- Korte-plume réservoir se trouve chez M. Souque, libraire, 52, rue de ome, à Paris. — 5° Tubes de chlorure d’éthyle : MM. J. Fribourg et Hesse, 26, rue des Ecoles, à Paris.
- M. V. M., à Nice. — Le Jubæa spectabilis appartient au genre de Palmiers-Coccoïnées. Il habite le Chili, et supporte la pleine terre dans le midi de l’Europe.
- M. le Dr Fée, à Nantes. — Vous nous demandez une substance de l’épaisseur et de la consistance d’une carte de visite, qu’on puisse aisément découper et qui soit transparente ou au moins translucide. Nous croyons que certains parchemins, ou des préparations de gélatines pourront vous donner satisfaction ; mais il y aurait à faire des essais que nous ne saurions entreprendre.
- Un abonné, à X., nous écrit que l’article récemment publié sur la mesure de la vitesse des navires lui a donné l’idée de nous communiquer l’origine peu connue du mot loch qui se trouverait, d’après lui, dans un vieux mot celtique, loch. Ce dernier mot signifierait déplacer, remuer, soulever, mouvoir, se mouvoir. On pourrait trouver dans cette expression comme l’image de la planchette tressautant à la crête des vagues, à l’extrémité de sa corde.
- M. X., à Rome, à propos du moyen de couper une bouteille en verre que nous avons indiqué dans notre 626e Boîte aux lettres, nous écrit qu’à son avis il est préférable de prendre deux ou trois fils de coton ou une mèche, et de les tremper dans le pétrole ou l’alcool. On les place ensuite sur la bouteille à couper et à l’endroit voulu; on les enflamme, et quand la partie est bien chauffée, on y verse quelques gouttes d’eau froide. On peut aussi, ajoute notre correspondant, remplacer la mèche par un fil de platine maintenu à l’incandescence par un courant électrique.
- M. Le Page, à Bordj-Rou-Arreridj, nous écrit au même sujet que, pour réussir, la cordelette en mouvement doit être amenée à une température très élevée et sentir fortement le roussi.
- M. E. Fernandez, à Bilbao. — Le pétrole est efficace pour empêcher l’invasion des boiseries par les vers. Si vous craignez le feu, essayez des injections de jus de tabac.
- M. Albert Levy, à Asnières (Seine). — La course des chevaux au théâtre des Variétés est, en effet, semblable à celle du théâtre américain. Nous ferons une rectification dans notre erratum.
- M. H. Boulte, à Paris. — L’objet doit être fabriqué par l’amateur lui-même; pas d’adresse particulière.
- M. Gascou, à Mustapha. — Essayer des téintures noires végétales : jus de noix, par exemple.
- M. J. Bettencourt, à Lisbonne. — Il a été répondu à ce sujet dans notre dernière Boîte aux lettres.
- M. A. Meyer, à Lille. —Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux déjà publiés. Tous.nos regrets.
- M. C. Laporte, à Bordeaux, r-- Le principe des orgues électropneumatiques a été décrit dans le n° 807, du 17 novembre 1888. Une brochure spéciale à ce sujet, Les premières applications de l’électricité aux grandes orgues, par A. Péschard, se trouve à la librairie Larousse, 19, rue Montparnasse, à Paris. (
- M. G. Legs, à Berlin. — Il n’existe pas de journal du genre de La Nature en Allemagne. Die Natur est plus spécial et moins illustré.
- M. B., à Poitiers. — On peut toujours se procurer la marchandise par envoi direct.
- M. L. J., à Paris. — Il est impossible d’éviter, d’une façon complète, les taches produites par l’acide pyrogallique.
- M. Albert, à Nice. — L’essence grasse pour la retouche des clichés est formée de suif dissous dans l’essence de térébenthine; on en
- trouve chez M. A. Gouache, marchand de couleurs, 1, rue des Martyrs, à Paris.
- L’abonné 2171, à Paris. — Il est permis de faire des photographies dans Paris ; mais pour le Jardin des Plantes et le Jardin d’Acclimatation, il faut des autorisations spéciales des directeurs.
- M. Garconnot, à Arcis-sur-Aube. — L’obturateur doit être à la place des diaphragmes ou près de la lentille d’arrière. Dans votre cas spécial, nous ne croyons pas qu’il y ait intérêt à réduire l’ouverture.
- M. Ch. Despicht, à Paris. — 1° L’expérience seule peut guider à cet égard. — 2° Il faut serrer les morceaux de charbon dans des petites pinces établies à fixité.
- M. M. Simon, à Paris; M. Isidore Philip, à Bordeaux; M. D. D., à Aglié. — Nous ne pensons pas qu’il soit encore possible de se procurer un phonographe en Europe. S’adresser directement à la Compagnie Edison, à New-York.
- M. Doutreuive, à Saint-Denis. — Vous trouverez de nombreux articles dans la collection de La Nature, notamment dans les n08 409, du 2 avril 1881, p. 284; 456, du 8 octobre 1881, p. 291; 635, du 1er août 1885, p. 154; 768, du 18 février 1888, p. 182.
- M. L. Marchetti, à Paris. — Nous pouvons vous affirmer qu’aucune publication de ce genre n’existe en France. Mais il y a des traités de cryptographie ; voyez le livre de M. de Viaris au Génie civil, 6, rue de la Chaussée-d’Antin. i
- M. E. Bouts, à Paris. — Nous avons publié, dans La Nature, des articles sur la laine de bois, dans le n° 676, du 15 mai 1886. Ce produit se trouve chez M. Arbey, 21, cours de Vincennes, à Paris.
- M. R. Bosquain, à Paris. — Pour que les dynamos de faibles dimensions puissent remplir les fonctions de génératrices, il est nécessaire que les inducteurs soient convenablement calculés et, disposés; la condition n’est pas souvent remplie.
- M. J. M., h Véron. — Dans les tramways que vous mentionnez, la vapeur est emmagasinée dans des usines centrales à l’état surchauffé; elle est ensuite utilisée dans des moteurs appropriés.
- M. L. B., à Paris. — Ces verres dépolis sont d’un prix peu élevé; nous vous conseillons de remplacer le vôtre.
- M. L. D., à Mustapha. — La réparation est impossible.
- M. le baron de Forestier, à Versailles. — La colle de dextrine ou de gomme bien épaisse peut convenir.
- Un abonné, à Luxeuil. — On ne saurait empêcher les éléments Leclanché de se polariser au bout de quelques instants.
- M. C., à Louvain. — L’adresse demandée est : 12, rue Caumartin, à Paris.
- M. H. M., à Saint-Palais. — 1° Il s’agit, croyons-nous, du poids de la rame. — 2e II faut disposer en quantité trois groupes de 20 piles en tension environ. • .
- M. J. P., à Briançon. — Pour les fontaines lumineuses, il faut une source de lumière très puissante; l’électricité a été employée jusqu’ici. Nous avons publié à ce sujet un article très complet dans le n° 834, du 25 mai 1889, p. 406.
- M. Faivre, à Aubin. — 1° Un livre spécial sur les engrais G. Ville a été édité à la librairie Masson. — 2° La quantité est variable. — 3° Remerciements.
- M. F. Bergmann, à Lyon ; M. H. Benoit, à Paris. — Remerciements pour vos communications.
- MM. Monpillard et Paul Brunei. — Nous avons reçu vos recettes que nous publierons prochainement. . . ... , t ;
- M. B. Gilles, à Paris. — Pas de procédé à employer.
- M. A. Fleurot, à Philippeville; M. IL Ménard, à Limoges. — Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- L’abonné 934, à Paris. — Pas d’ouvrage de ce genre.
- M. J., à Poitiers; M. X., h Sabres. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. J. Barcala, en Espagne. — Nous ne connaissons pas d’appareil tel que celui que vous décrivez.
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- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Muséum d’histoire naturelle. — A partir du 5 mai inclusivement, des leçons théoriques et pratiques sur les familles de
- Slantes vivaces (dicotylédones, polypétales) auront lieu au Muséum 'histoire naturelle, au laboratoire de botanique, rue de Buffon, 63, i les mardis à midi et demi et samedis à 1 heure et demie. Des leçons
- ) sur les plantes fossiles auront lieu dans le grand amphithéâtre, les
- jj samedis à midi et demi.
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- j Exposition toulousaine internationale 1891. — Une
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- BIBLIOGRAPHIE
- Traité [d’analyse chimique, de R. D. Silva, professeur à l’Ecole centrale des arts et manufactures, publié par R. Engel, professeur à l’Ecole centrale. 1 vol. in-8°, avec 110 figures dans le texte. — Paris, G. Masson, éditeur, 1891.
- Ce livre, œuvre remarquable d’un savant que la mort a enlevé à ses travaux, est précédé d’une Préface de M. Friedel, de l’Institut, qui résume la vie laborieuse du regretté professeur. M. Silva mettait une conscience rare à l’accomplissement de ses devoirs et le succès de son enseignement de chimie analytique à l’Ecole centrale était si marqué, qu’on lui demandait de toutes parts de faire de ses leçons, de ses conférences, de ses entretiens de laboratoire, un Traité élémentaire d’analyse chimique. Silva « accepta, nous dit M. Friedel, mais toujours méfiant de lui-même, il n’avait encore pu se décider à donner son manuscrit à l’imprimeur quand la mort vint le surprendre ». M. Engel, qui a remplacé M. Silva dans sa chaire à l’Ecole centrale, avec un talent et un succès incontestés, a bien voulu se charger de préparer le manuscrit pour l’impression, et de le tenir au courant de l’actualité scientifique. L’ouvrage est un des plus complets, des plus clairs et des mieux édités que l’on puisse citer.
- Traité élémentaire de l’objectif photographique, par E. Wallon, ancien élève de l’Ecole normale, professeur de physique au Lycée Janson de Sailly. 1 vol. in-8°. — Paris, Gauthier-Villars et fils.
- Exposer méthodiquement, les lois simples de la réfraction dans les systèmes convergents formés de lentilles; les phénomènes qui viennent troubler l’application de ces lois et qui, n’ayant dans les instruments d’optique en général qu’une influence pour ainsi dire secondaire, prennent dans l’objectif 'photographique une importance capitale; les moyens que l’on a employés pour en corriger les effets; les dispositions diverses que l’on a adoptées pour augmenter, soit d’une manière générale, soit à des points de vue
- Îiarticuliers, le pouvoir de l’instrument ; indiquer enfin et discuter es procédés opératoires qui permettent au photographe ou à l’amateur d’étudier l’appareil qu’il a entre les mains, telle est la tâche que l’auteur s’est proposée. Ce traité s’adresse à ceux qui veulent choisir, en connaissance de cause, l’instrument dont ils ont besoin; à tous ceux qui sont curieux, après avoir vu sur la glace dépolie de leur chambre noire les images si fines et si brillantes que viennent y former les rayons lumineux qui ont traversé l’objectif, de savoir comment ils l’ont traversé et comment ils ont été guidés dans leur marche par l’art de l’opticien.
- Synthèse du rubis, par E. Fremy, membre de l’Institut, directeur du Muséum d’histoire naturelle, avec 22 planches hors texte, donnant les reproductions photographiques des rubis obtenus par la synthèse. 1 vol. in-4°. — Paris, veuve Ch. Dunod, 1891.
- . Leçons sur l’électricité professées à l’Institut électro-technique Montefiore annexé à l’Université de Liège, par Eric Gérard, directeur de cet Institut. 2 vol. in-8°, 2e édition. Gauthier-Yillars et fils, éditeurs. — Paris, 1891.
- Leçons sur les métaux, professées à la Faculté des sciences de Paris, par Alfred Ditte, professeur de chimie à la Faculté. Premier fascicule. 1 vol. grand in-4°. Ch. Dunod, éditeur. — Paris, 1891.
- La théorie, la pratique et l’art en photographie avec le procédé au gélatino-bromure d’argent, par Frédéric Dillaye. 1 vol. in-8% avec 214 illustrations. Librairie illustrée. — Paris, 1891.
- La grande natioti 1870-1871, par E. Horn. 1 vof. in-16, avec Préface de Jules Simon. E. Plon, Nourrit et Cie, imprimeurs-éditeurs. — Paris, 1891.
- Catalogue illustré de peinture et de sculpture. Salon de 1891.1 vol. in-8°. Librairie d’art Ludovic Baschet, éditeur. —Paris, 1891.
- Le progrès de l’anthropologie, par le marquis de Nadaillac, correspondant de l’Institut, etc. Extrait du correspondant. 1 brochure in-8°. Paris. De Soye et fils, imprimeurs. 1891.
- The Missouri botanical garden. 1 vol. in-8°. — Saint-Louis, 1891.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Encre pour mettre en blanc des inscriptions sur des photographies.
- Laissez aux photographies un bord de papier sensibilisé qui aura été exposé à la lumière — et qui sera donc bien noir — et inscrive! à l’aide d’une solution de : iodure de potassium 20 grammes ; eau distillée 60 grammes; iode sublimé 2 grammes; gomme arabique 2 grammes, l’inscription que vous jugerez convenable et laissez sécher.
- Colle forte résistant à l’eau.
- Faites tremper dans de l’eau froide de la colle forte ordinaire jusqu’à ce qu’elle commence à se déformer. Retirez-la de l’eau et chauffez-la à petit feu avec de l’huile de lin ordinaire. Cette colle très forte résiste parfaitement à l’eau et rendra de grands et fréquents services dans les opérations photographiques.
- Encre sympathique.
- On obtient une belle encre sympathique rouge en écrivant sur le papier avec une solution au centième de phénol-phtaléine dans l’alcool à 50°. En mouillant la feuille avec un pinceau préalablement trempé dans une dissolution au dixième de gaz ammoniac, on voit nettement apparaître, en rouge, les caractères précédemment invisibles. Les caractères disparaissent après l’évaporation de l’ammoniaque et redeviennent visibles au contact de l’ammoniaque. Oh devra employer une plume très fine. (Communiqué par M. Camtis, à Paris.)
- Formule de liqueur.
- M. F. Descamp, aide-pharmacien à Nantes, nous communique la formule de liqueur suivante. On prend : aya pana de l’Inde, 15 grammes; fèves Tonka pulvérisées, 10 grammes; racine d’angélique, 15 grammes. On fait macérer les trois substances dans 380 grammes d’alcool à 60° pendant huit jours ; on exprime et on filtre en ajoutant dans le produit 700 grammes de sirop de sucre pour obtenir un litre. Cette liqueur, d’après l’auteur, est hygiénique et tonique.
- Graisse pour empêcher les robinets de fuir.
- Faites fondre séparément parties égales de gomme et de suif; en opérant le mélange, ajoutez même quantité, soit un tiers, de graphite finement pulvérisé; on en fait des bâtons coulés dans un moule. Pour s’en servir, on chauffe légèrement cette graisse pour pouvoir enduire la clef du robinet qui fuit.
- Les dorures à l'épreuve des mouches.
- Les dorures, cadres ou revêtements de meubles et d’appartements sont trop souvent piqués par les mouches pour que nous n indiquions pas un procédé bien simple pour les en garantir. On fait bouillir trois ou quatre oignons dans un demi-litre a’eau : de cette décoction, on enduit, avec une brosse douce, les cadres dorés des tableaux et des glaces ; cette dissolution ne les altérera en aucune manière et les mouches, repoussées par l’odeur, ne les piqueront jamais.
- La Kddaetion it I’Adatimitrâtion do LA NATGK8 soit dtranproa ai tarriu d«t Alloua» pour liapollii on doit s’adroiatr i lWu do Publiait* do l’iipriiorio, 9, no do Floirii.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 780' BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE LA NATURE
- d’afrés lis observations de k. renou (parc de saint-maur, altitude : 49 m. 30)
- Avril-Mai 1891. — Semaine du lnndi 27 Avril an dimanche 3 Mai 1891.
- La courbe mpirieüre indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre onroffiitroar de I. Rédler. — Thermomètre à l'abri, à boule sèche et à boule moaillée.
- Le baromètre est ramené à O an nlvean de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. LE 1er A 2 H. 1 M. DU SOIR
- OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES A 7 HEURES OU MATIN
- D’APRÈS LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. FLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 avril 1891.. . . 8*,9 E. 1 Beau. 0,0 Beau jusq. 10 h. ; couv. ensuite ; pluie dans la soirée; gelée blanche.
- Mardi 28 10*, 5 W. 1 Couvert. 9,6 Couv. jusq.16 h. peu nuageux ensuite; pluie la matinée.
- Mercredi 29 8”,6 S. W. 1 Beau. 1,3 Irrégulièrement nuageux ; forte rosée.
- Jeudi 30 12*,1 S. S. W. 4 Très nuageux. 0,0 Presq. couv. de 7 à 18 h. ; peu nuageux avant et après.
- Vendredi l*rmai. . . . 13”,9 S. W. 1 Couvert. 0,0 Presq. couv. jusq. 17 h. ; nuageux ens. ; gr. poussière.
- Samedi 2. . 10*,1 S. S. W. 3 Couvert. 0,7 Couvert ; pluie la matinée.
- Dimanche 3 8*, 7 W. S. W. 0 Quelques nuages. 1,9 Nuageux; beau après 20 heures.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Résumé des obersvations météorologiques faites au parc de Saint-Maur en avril INOl
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 756"“,54; minimum, le 28, à 3 heures et demie du matin, 743“",66; maximum, le 15, à 11 heures du soir, 764“",72.
- Moyennes thermométriques : des minima, 3°,28; des maxima, 13°,85; du mois, 8°,57 ; moyenne vraie des vingt-quatre heures, 8°,19. Minimum, le 1", entre 5 heures et 6 heures du matin, —3°,5; maximum, le 27, entre 1 heure et 2 heures du soir, 19°,3. Il y a eu quatre jours de gelée et dix jours de gelée blanche.
- Tension moyenne de la vapeur, 5““,29; la moindre, le 1", à 5 heures du soir, 2"“,6; la plus grande, le- 30, à 4 heures du soir, 9"“,4.
- Humidité relative moyenne, 67; la moindre, le 27, à 11 heures et midi; la plus grande, 100, le 1" et le 18. Nébulosité moyenne, 54.
- Pluie, 45”,1 en cinquante-cinq heures réparties en dix jours. Un peu de grêle, les 5, 14 et 15. Le 5, tonnerre au nord, puis au nord-nord-est de 4 lu 20 m. à 30 m. du soir, et au nord-ouest de 5 h. 20 m. à 6 heures du soir.
- Température moyenne de la Marne, 9°,33; elle a varié de 5°,91 le 1", à 12°,53 le 30. Très trouble tout le mois, surtout vers le 10. Elle a eu un maximum de crue le 8, puis sa hauteur a diminué régulièrement jusqu’à la fin du mois et est au-dessous de la moyenne.
- Le vent a soufflé de la région de sud-ouest jusqu’au 7 dans la matinée; puis celui de la région nord, jusqu’au 28, ensuite il a tourné au sud-ouest ; celui du sud manque totalement. Son intensité a été modérée.
- Relativement aux moyennes normales, le mois d’avril présente les résultats suivants : Baromètre plus haut de 0““,52; thermomètre plus bas de 1°,3; tension de la vapeur moindre de 1““,02; humidité relative moindre de 4; pluie plus forte de 2”,7 ; nébulosité moindre de 4.
- Nous avons noté la floraison des plantes suivantes : le 6, Abrieotier et Gro-seilier à grappes; le 10, Narcisse double jaune; le 12, Pêcher en espalier; le 13, Groseillier à maquereaux ; le 16, Coucou et Glechoma ; le 17, Poirier en espalier; le 19, Cerisier sauvage; le 20, Mahonia, Guignier noir et Cerisier; le 22, Ficaire et Prunier ; le 23, Pêcher en plein vent, Cassis et Sureau à bouquets; le 26, Poirier saint Michel ; le 27, Fraisier des quatre saisons et des bois et Salix vitellina; le 28, Epine noire et Renoncule âcre; le 29, Cerisier de Sainte-Lucie et Lamium album ; le 30, Poirier duchesse.
- Le 10, apparition des Hirondelles; le 18, Rossignol; le 24, Tourterelle des bois ; le 28, Loriot; le 29, Pic-vert.
- TEMPÉRATURE
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- A. Berthéiemy, 16, r. Dauphine. Instr. de géodésie, nivellement, topographie.
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- Supplément au numéro 937 dé LA NATURE, du 16 mai 1891
- L"»™™) 629e BOITE AUX LETTRES ( »™i )
- Lm bltna et oommanlaetlona reletiTee à le «Botte en lettres » et à le rédection doivent être adressées à - Gaston nSIANDim
- 80, rne de Châteendnn, à Perle.
- Dans la « Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. —11 n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- Toute* le* communications qui concernent le SERVICE DU JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- AVIS DE L’ADMINISTRATION. — A partir de cette semaine, le départ du journal La Nature est réglé de façon à assurer le service comme suit : MM. les abonnés des départements devront recevoir leur exemplaire le vendredi ou au plus tard le samedi matin selon l’éloignement de Paris, c’est-à-dire en même temps que parviennent dans les gares ou les librairies les numéros destinés à la vente au numéro. — MM. les abonnés de Paris recevront leur numéro à domicile le vendredi matin; et c’est également désormais le vendredi matin que les acheteurs au numéro trouveront le journal dans les kiosques et dans les librairies. — Cette organisation assure à nos abonnés et aux lecteurs au numéro un service plus simultané; et nous leur saurons grand gré de nous signaler les irrégularités qui pourraient survenir tant à Paris que dans les départements, afin qu’il y soit immédiatement porté remède. — Les exemplaires destinés à l’étranger seront expédiés, comme ceux des départements, par les courriers du jeudi soir.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le spirographe de M. de Baecker est construit par M. Guerineau, 16, passage de l’Industrie, à Paris. — Pour tout ce qui concerne l’acide carbonique liquide, s’adresser à la Société de la Carbonique française, 112, rue de Richelieu, à Paris.
- M. le Dr Fée, à Nantes. — Nous pouvons, cette semaine, répondre à votre question grâce à l’obligeance de M. Radiguet qui nous écrit à votre sujet : « On trouve dans le commerce des plaques de celluloïd de toute épaisseur ; elles sont transparentes et peuvent être découpées, comme le demande votre correspondant. »
- M. E. Tirard, à Paris, nous demande pourquoi une allumette dite suédoise, au phosphore amorphe, qui ne s’allume pas par frottement sur une surface rugueuse, s’enflamme par friction rapide sur une glace polie. Nous ne croyons pas, comme il arrive bien souvent dans l’étude des propriétés chimiques et physiques des corps, que l’on connaisse l’explication de ce fait.
- M. le Dr A. Cordes, à Genève, à propos de l’intéressant article de M. Larchey sur les moustiques, nous écrit que pour prévenir les piqûres de ces insectes, il suffit de faire des lotions avec le produit de la macération dans l’eau de la quassia amara. Quand la piqûre est faite, il faut appliquer immédiatement de la teinture d’eucalyptus ou de la liqueur de Van Swielen, solution de sublimé corrosif.
- M. G. F., à Saint-Pol-sur-Mer. — Nous avons déjà dit, dans notre précédente Boîte aux lettres, que l’on ne pouvait encore se procurer en France le phonographe; s’adresser directement à la Compagnie Edison, à New-York.
- Un abonné, à X. — Consultez les traités de physique pour étudier la question théorique ; mais il serait plus simple de faire l’expérience.
- M. N., à Saumur, — L’emploi du cachou est excellent pour enlever le goût du tabac.
- L'abonné 1594, à X. — Renseignez-vous au siège de la Société, 30, rue du Bac, à Paris.
- M. P. Troupeau, à Mouy. —Le loch est décrit dans un grand nombre d’ouvrages; vous trouverez notamment des renseignements à ce sujet dans le Dictionnaire universel de P. Larousse.
- M. P. Lehuen, à Bernay. — Un article sur la nickelure des métaux, paru dans le n° 459, du 29 octobre 1881, p. 542, vous renseignera.
- M, Charpentier, à Nancy. — 1° C’est l’acide azotique qui peut être remplacé par le bichromate. — 2° Les piles peuvent rester en 'charge sur les accumulateurs pendant que ces derniers travaillent.
- Mm° Berthe, à Paris. — Adressez-vous aux éditeurs de photographies, notamment à M. J. Hautecœur, 172, rue de Rivoli.
- M. Regnier, à Paris. — Il est bien difficile de faire disparaître des taches d’huile sur la pierre; essayez cependant la benzine ou le pétrole rectifié ; on peut encore gratter la pierre.
- M. Dhoy, à Gand. — Les marchands de verres en plaques pourront vous procurer ce produit ; pas d’adresse spéciale à vous indiquer.
- M. P. Baudoin, à Théoule. — La question est complexe; il faudrait observer le-phénomène sur place, il y a peut-être des influences locales que nous ne pouvons déterminer (direction des vents, etc.).
- Un ascensioniste, à X. — Vous trouverez tous les instruments nécessaires aux grandes ascensions alpestres chez M. Lafontaine, opticien, 18, Galerie Montpensier, au Palais-Royal, à Paris.
- M. Fontaine, à Tours. — Nous avons donné un article sur le graphophone de M. L. Tainter, dans le n° 855, du 1er juin 1889,
- p. 1.
- M. F. Brière, à Saint-Mandé. — Pour paraffiner les charbons de piles, il suffit de les plonger dans la paraffine bouillante, et de laisser quelques instants dans le liquide.
- M. P. Noël, à Arcachon. — Votre procédé est tout à fait inconnu; il faudrait faire des recherches pour vous répondre.
- M. P. Mantélier, à Tours. — La filtration n’éliminera pas le sul-
- fate de chaux en dissolution ; il faudrait, au préalable, précipiter par le chlorure de baryum.
- M. C. de B., à Paris. — 1° Adressez-vous à M. Molteni, 44, rue du Château-d’Eau. — 2° Le photosphère répondra à ce que vous demandez.
- M. Quercynole, à Cahors. — Nous ne saurions vous renseigner sur les appareils de natation dont vous nous parlez; mais nous avons décrit un gilet de sauvetage analogue dans le n° 788, du 7 juillet 1888, p. 85.
- M. D. P., à Barjols. — 1° Petites machines dynamos réceptrices : dynamos Rechniewski, Société l'Eclairage électrique, 250, rue Lecourbe; M. Cadiot, 44, rue Taitbout, à Paris. — 2° La pluie que vous citez a été souvent désignée sous le nom de pluie de soufre; elle est constituée, en réalité, par du sable fin. Il y a eu à ce sujet de nombreux articles publiés dans La Nature.
- M. A. Blanc, à Paris. — Nous ne pensons pas que votre système soit pratiquement réalisable; il n’offrirait, du reste, aucun avantage.
- M. L., à Fontainebleau. — A la librairie J.-B. Baillière, rue Hau-tefeuille, à Paris.
- M. Séguéla, à Saint-Gaudens. — Vous trouverez du caoutchouc en bandes à la Compagnie India Rubber, 97, boulevard Sébastopol, et à la Compagnie des usines Rattier, 8, rue d’Aboukir, à Paris.
- Un abonné, à Genève; Un abonné, à Chartres. — Il nous est difficile d'indiquer tel ou tel appareil photographique; tout dépend du prix que l’on veut y mettre, de la qualité de l’instrument, etc.
- L'abonné 1655, à Porto; M. L. A., a Clermont-Ferrand; M. H. Couplet, à Bousies. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. E. Grach, à Saint-Germier. — Nous ne connaissons pas de ciment tel que vous le demandez ; il faudrait faire des essais.
- M. H. P., à Paris; M. G. Nagant, à Neerseteren. — Il n’existe pas d’ouvrage de ce genre.
- Un abonné, à Narbonne. — Adressez-vous aux principaux éditeurs de livres de médecine, à Paris.
- M. 0. Gauthier, à Paris; M. A. Lebreton, à Nantes. — Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. 0. Blais, à Pont-Rousseau. — Vous trouverez dans la Science pratique (dernière édition) la description d’une lampe sans flammes pour purifier l’air ; cette lampe est en vente chez M. Muller, pharmacien, 44, rue de la Bienfaisance, à Paris.
- Un abonné, à Paris. — Remerciements pour votre communication.
- M. A. Dubreuil, à Isigny. — Vous pouvez employer le brou de noix.— ~
- M. A. Hénin, à Milan. — Il s’agit de gomme ordinaire dans la formule que vous mentionnez.
- QUESTIONS
- N° 1510. — M. F..., à Paris, nous écrit : « Il existe, dans de grandes administrations, des appareils automatiques pour contrôler l’entrée et la sortie des employés. Je voudrais connaître les plus nouveaux et les plus complets de.ces appareils. »
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Muséum d’histoire naturelle. — M. Georges Ville, professeur du cours de physique végétale, a ouvert le cours le mardi 5 mai 1891, à 5 heures et demie, dans le grand amphithéâtre, et le continuera les samedi et mardi de chaque semaine, à la même heure. — M. Fremiet, professeur du cours de dessin appliqué à l’étude des animaux, a commencé ses leçons le mercredi 6 mai, à 4 heures, et le continuera les vendredi, lundi et mewve/i; ? ••
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- même heure, dans la salle des cours de dessin (porte d’Austerlitz). Des leçons auront lieu dans la ménagerie quand le temps le permettra. — M. A. Faguet, professeur du cours de dessin appliqué à l’étude des plantes, a commencé le cours le samedi 9 mai 1891, à 3 heures, et le continuera les mardi, jeudi et samedi de chaque semaine, à la même heure, dans la salle des cours de dessin (porte d’Austerlitz).
- BIBLIOGRAPHIE
- Théories et symboles des alchimistes, par Albert Poisson. 1 vol. in-80 carré, ouvrage orné de 15 planches. — Paris. Bibliothèque Chacornac, 11, quai Saint-Michel. 1891.
- Tous les chimistes qui s’intéressent à l’histoire de leur science, après avoir rencontré la filiation des découvertes chimiques depuis
- Fig. i. — Les sept métaux. Les quatre éléments, les opérations et les couleurs de l’œuvre.
- notre temps jusqu’à la fin du seizième siècle, se sont vus arrêtés en arrivant à cette époque. C’est que de la chimie ils passaient à l’alchimie, et que les traités alchimiques sont inintelligibles pour
- Fig. 2. — (Euts philosophiques scellés.
- nous, tant à cause du langage obscur des alchimistes, qu’à cause de leurs théories spéciales ; et pourtant on ne peut nier que les alchimistes ne fussent de vrais savants, leurs découvertes parlent éloquemment en leur faveur, ils connaissaient parfaitement leur chimie minérale, surtout les métaux; en chimie organique même, ils avaient fait de nombreuses découvertes. Basile Valentin préparait l’acide acétique en décomposant l’acétate de cuivre. Biaise
- de Vigenère avait obtenu le premier l’acide benzoïque, et son procédé est encore en usage dans les laboratoires. Van Helmont, qui étudia les gaz bien avant Boyle et Fludd, était un alchimiste. Faut-il citer encore Paracelse et Glauber. Il est à croire que du jour où l’on pourra comprendre les traités d’alchimie, on trouvera qu’ils connaissaient bien des composés que nous croyons avoir été inventés récemment. M. Poisson a fait dans ce sens un travail qui - facilitera de beaucoup les recherches. Dans son ouvrage : Théories et symboles des alchimistes, on trouve exposées avec clarté les théories hermétiques en vogue au moyen âge. Elles sont expliquées et analysées systématiquement en elles-mêmes et dans leurs applications à la pratique. Dans la seconde partie du volume, nous trouvons la clef du grand œuvre, cette mystérieuse opération, qui a certainement intrigué plus d’un chimiste. Il résulte des recherches de l’auteur que la prétendue pierre philosophale était un mélange de sels d’or et d’argent, d’où il suit que l’or alchimique ne pouvait être qu’un alliage, mais les procédés analytiques étant au moyen âge assez imparfaits, l’on conçoit que l’erreur alchimique se soit maintenue si longtemps. La partie la plus curieuse de cette seconde partie, est l’explication des symboles dont les alchimistes se servaient pour cacher leur science aux yeux des profanes. Un grand nombre de ces symboles, reproduits par la photogravure dans le corps du volume, sont recommandables par leur bizarrerie et leur étrangeté. En résumé, cet ouvrage est un guide pour tous ceux qui étudient l’histoire de la chimie, ils pourront désormais, dépassant la Renaissance, s’enfoncer dans le moyen âge et remonter jusqu’aux fondateurs de leur science, les alchimistes grecs, dont les travaux ont été si magistralement exposés par M. Berthelot.
- Nous empruntons au livre de M. Poisson deux des intéressantes gravures qui accompagnent le texte. L’une (fig. 1) se trouve en tête du Gloria mundi dans le Muséum hermeticum. On y voit l’Initiateur et l’Initié, le vieillard et le jeune homme; puis la matière universelle symbolisée par l’arbre métallique portant les sept métaux. La Terre est symbolisée par l’Homme et le Lion, le Feu par le Dragon, l’Eau par la Mer, l’Air par l’oiseau sur le Rivage, etc. L’autre gravure (fig. 2) est empruntée au Liber singularis de Barchusen. Deux œufs philosophiques scellés renferment la Matière de la Pierre, or et argent. Dans l’un, il y a sublimation, indiquée par l’oiseau qui s’élève ; dans le second, la matière sublimée s’est condensée, puisque l’oiseau descend.
- Revue technique de VExposition universelle de 1889, par Gu. Vi-greux, fascicules n°* 23, 24, 25 et 26. 4 brochures in-8*. E. Bernard et Ci0, éditeurs. — Paris, 1891. ;
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Sirop pour les diabétiques.
- Dans la 627* Boîte aux lettres de La Nature, je trouve la formule d’un sirop pour diabétiques, à base de saccharine. En raison du peu de solubilité de la saccharine dans l’eau, cette préparation est assez difficile; de plus, cette solution de saccharine pure possède un arrière-goût rappelant vaguement l’essence de mirbane et qui ne lait pas toujours. Si l’on sature la saccharine qui est acide, par une ase telle que la soude, l’on obtient un sirop ne possédant aucun arrière-goût et dont la saveur est absolument celle du sucre.
- Voici Ta formule : eau, 1000 parties; saccharine, 10 parties; bicarbonate de soude, 4 parties. '
- On porte 250 grammes d’eau à une température voisine de l’ébullition, puis on ajoute par petites^ doses et alternativement la saccharine et le bicarbonate de soude; à chaque addition il Se produit une vive effervescence; l’opération étant terminée, le liquide doit encore être acide, il faut alors ajouter une petite quantité de bicarbonate pour le rendre légèrement alcalin, et étendre d’eau ensuite, jusqu’à 1 litre. (Communiqué par M. Monpillard, à Paris.)
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Un moyen de conserver la fraîcheur aux fleurs coupées.
- Mettez la tige de vos fleurs fraîchement coupées dans un vase où vous aurez eu soin de verser cinq grammes de sel ammoniac par litre d’eau et vous les conserverez au moins quinze jours dans leur première fraîcheur. ‘ '
- Ll Rédutioiit l’Adainitiritioi d* LA NATURE tout étrinjèmin tirriud» Auonus pou Hiqntllu on doit Vtdmiir à l’Offlu do Publicité d« l’Iiprinerie, 9, no d« Fliuu.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrât! ms, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 781e BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- D’aPRÈI LIS OBSERVATIONS DI H. RENOU (PARC DE SAINT-MÀUR, ALTITUDE : 49 M. 30)
- Mai 1891. — Semaine du lundi 4 au dimanche 10 Mai 1891.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre enregistreur de M. Rédler. — Thermomètre à l'abri, à bonle sèche et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
- i
- PHASES DE LA LUNE : N. L. LE 8 A 6 H. 25 M. DU MATIN
- OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- D’APRÈS LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- %
- JOURS THERMOMÈTRE à 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 mai 1891. . . . 9*,5 N. 1 Beau. 0 Beau jusq. 11 h.; tr. nuag. ensuite; halo.
- Mardi 5 9',8 N. N. W. 2 Couvert. 0 Couv.; gouttes ou pluie à partir de 10 h.
- Mercredi 6 10* ,7 N. N. W. 2 Couvert. 3,2 Couv.; pluie à partir de midi ; très brumeux le soir.
- Jeudi 7 8*,9 N. W. 1 Couvert. 11,4 Couv. sauf éclaircies à 12 h. et beau après 20 h.; pluie ou gouttes jusqu’à 7 h.
- Vendredi 8. .... . 10»,2 S. 2 Peu nuageux. 0 Tr. nuag.; averse de 17 h. à 18 h. 30; halo.
- Samedi 9 10’,5 N. E. 1 Couvert. 6,5 Couv.; beau, puis très nuag. de minuit à 6 h.
- Dimanche 10 9*,9 N. 2 Couvert. 0 Couv.; pluie forte avec tonnerre de 13 à 15 h. 30. Gouttes ensuite.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Trombe à Fort-en-Bessin (Calvados). — A la séance du 7 avril 1891 de la Société météorologique de France, M. L. Teisserenc de Bort a communiqué une lettre de M. Guilbert, de Caen, relative à une trombe observée le 27 novembre 1890 devant Fort-en-Bessin (Calvados). Dans l’après-midi de ce jour, deux trombes ont été aperçues en mer. L’une a promptement disparu; l’autre, d’un aspect terrifiant, d’après les témoins, s’est rapidement dirigée du nord vers la côte. Le tourbillon paraissait avoir 50 mètres de diamètre. A sa base, la mer semblait noire comme de l'encre; des vapeurs intenses ou nuages brumeux déchirés, agités en tous sens par des courants divers, donnaient l’illu-
- *L...
- sion d’une chaudière en ébullition. Enfin, à 300 mètres du rivage, la trombe s’est fondue, selon l’expression des marins;
- L’hiver de ISOO-fSOi aux Etalslnis. — Dans la Chronique météorologique du n* 930, nous avons déjà dit que le dernier hiver a été exceptionnellement doux en Islande. Le Monthly weather review du service météorologique des États-Uuis nous apprend aujourd’hui que la température a été également fort au-dessus de la normale, en décembre et en janvier, [sur l’Amérique septentrionale. Le mois de janvier, en particulier, y a été le plus chaud depuis une longue période d’années Seules, certaines parties de la Floride, de la Louisiane et de la Californie font exception. Les écarts avec la moyenne y sont d’ailleurs peu élevés. Il est intéressant de constater qu’un excès de froid sur une région quelconque de l’hémisphère nord est compensé par un excès de chaleur sur une autre région de cet hémisphère.
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- Supplément au numéro 938 de LA NATURE, du 23 mai 1891
- LrZD 630e BOITE AUX LETTRES ( »ï*« )
- ,‘ba lattrea et communication» relatlTM k la a Boite au lettres » et à la rédaction doivent être adressées à M. ttaston TISIARDUW ( B O, rne de Ckâteaudun, à Paris.
- Dans la « Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les i1' renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — ll n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date . de la livraison.
- ;Todtm les communications qui concernent le SERVICE DD JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- ' A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- AVIS DE L'ADMINISTRATION. — MM. les abonnés au journal La Nature dont l’abonnement expire avec len° 939 (30 mai 1894) 'sont instamment priés, pour faciliter ce renouvellement, un des plus chargés de l’année, de nous faire parvenir avant cette époque leur ordre de renouvellement. Les quittances seront présentées à domicile, à Paris et dans les départements, à partir du 5 juin, à ceux qui n’auraient pas fait parvenir d’ordre contraire. — Prière de joindre une bande aux demandes d’abonnements.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le gypsomètre se trouve chez M. Dujardin, successeur de M. Salleron, 24, rue Pavée-au-Marais, à Paris ; la lampe au magnésium à combustion continue, chez Nadar, 51, rue d’Anjou, à Paris.
- M. A. Gérard, ingénieur-électricien, à Paris, nous écrit la lettre suivante au sujet du fait que M. Tirard avait signalé précédemment, à savoir qu’une allumette suédoise s’pnflamme par le frottement sur une glace : « La pâte des ajlu/nçttes suédoises est composée de chlorate de potasse, peroxyde de, manganèse, et gomme. Si l’on frotte vivement une allumette de ce genre sur une glace polie, comme le verre est mauvais conducteur de la chaleur, toute la chaleur produite par le frottement s’accumule sur un seul point, et la température s’élève assez pour produire l’inflammation de l’allumette. Le même phénomène ne saurait se produire sur un corps rugueux, car la majeure partie du travail est, dans ce cas, employée à désagréger la tête de l’allumette ; il en est de même si l’on frotte sur une surface métallique polie, qui, par sa conductibilité, ne permet pas une élévation suffisante de température au point de contact.
- - M. Ch. Palmers, au château de Stevoort; M. B. de L., à Amiens; MM. Richter, H. P., Maurice Bossière, à Paris, J. Burniaux, à Bruxelles, nous donnent des explications analogues; nous ferons observer que l’expérience signalée par M. Tirard réussit avec les allumettes suédoises, mais ne réussit pas avec les allumettes de sûreté, de la Compagnie générale des allumettes chimiques. Le verre peut être remplacé par d’autres surfaces polies, formées de corps mauvais conducteurs de la chaleur. i
- M. Mello, à Lisbonne. — Nous publierons prochainement une Notice qui vous renseignera : le sujet est intéressant à traiter et peu connu.
- ( M. Audibert. — Dans l’article que La Nature a publié sur la grande pyramide, instrument des passages (n° 932) la phrase a piquant droit sur a du Dragon, etc. » s’applique bien à l’état de choses existant il y a trente-cinq ou quarante siècles.
- • M. Ch. Lepierre, à Coimbra, à propos du moyen de reproduire une gravure, que nous avons indiqué dans notre 627e Boîte aux lettres (n° 955, du 2 mai 1891), nous écrit que ce procédé n’est u’un cas particulier de la propriété curieuse du soufre de repro-uire non seulement les encres typographiques, mais encore les encres lithographiques, les crayons de graphite, etc.... Notre corres-ondant a effectué à ce sujet quelques expériences qu’il a publiées ans le Bulletin de la Société chimique de Paris, du 5 mars 1891. A la suite de ces expériences, il a proposé le procédé de gravure suivant : on fait un dessin sur papier à l’aide d’un crayon de graphite, on fait la reproduction sur le soufre, et on l’attaque par une solution de sulfure de carbone convenablement diluée par de l’alcool, afin d’en diminuer le pouvoir dissolvant. On obtient ainsi une plaque gravée en relief qui peut servir à l’impression. Les expériences relatives à ce procédé de gravure, ne sont pas encore terminées.
- M. le D* M. B., b Paris. — Vous trouverez des renseignements sur la fabrication des briquettes de charbon dans les traités de chimie industrielle, notamment dans la Chimie de Payen.
- M. H. Durif, à Montélimar. — On a pu obtenir de l’aluminium métallique par l’électrolyse ; mais il est encore difficile d’obtenir des dépôts.
- M. G. L., à Genève. — Le procédé que vous nous indiquez pour arrêter les saignements de nez nous semble bien contestable; nous ne saurions le publier sans plus de preuve de son efficacité.
- M. C. Jungfleisch, à Paris. — Il s’agit de gomme ordinaire dans la formule que vous mentionnez.
- M. Fl d. V., à Anvers. — 1“ Cette'pile ne nous est pas encore connue. — 2e II paraît un journal spécial, Electricitàt, à Imposition de Francfort-sur-le-Mein.
- M. R. C., à Arras. — MM. Bariquand et fils, 127, rue Oberkampf, > à Paris.
- M. V. M., à Maromme. — L’adresse nous est inconnue; tous nos regrets.
- M. Gamourguct, à Mende. — Employer une dissolution de caout-
- chouc dans l’essence de térébenthine. Ce produit se trouve dans le commerce et chez les marchands de vélocipèdes.
- M. Fafe, à Paris. — 1° Laver et rincer plusieurs fois à l’alcool pur. — 2° Ajouter à l’eau quelques gouttes a’acide phénique.
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- L'abonné 2309, à Remiremont. — Le ivatt est égal à -...... kilo-
- v j ol
- grammètres par seconde, et le kilowatt vaut 1000 watts.
- M. Patricot, à Lyon. — Ecrire directement à la Compagnie Edison, à New-York.
- M. X., b Barjols. — 1° Il faut une dynamo de 7 à 8 ampères et 100 volts. — 2° Le prix dépend de plusieurs conditions que nous ne saurions indiquer.
- M. D., à Saint-Denis. — 1° Oui; les poinçons en zinc des toitures sont dangereux en cas de foudre, à moins d’être isolés et reliés au sol. — 2e Oui.
- ' M. K., b Bordeaux. — Avec deux accumulateurs de 24 ampères-heure, vous pourrez alimenter une lampe de 4 volts et 1 ampère pendant vingt-quatre heures., ou douze lampes de 4 volts et 1 ampère pendant deux heures, etc.
- M. E. J. S., à Sultzeren. — Nous ne comprenons pas le sens de votre question.
- M. G., à G. — On peut établir de grandes sonneries que l’on commande à distance.
- M. G. D., à Paris. — Cette pile n’a pas été décrite dans La Nature.
- M. R. A., b Dijon. — Pour de petites dynamos, adressez-vous à M. Cadiot, 44, rue Taitbout; ou à M. D. Sack, 9, rue de Florence, à Paris.
- M. Enault, à Paris. — Essayez le lavage successif à l’eau et à l’alcool.
- M. E. J. B. E., b Nantes. — Remerciements pour votre proposition ; mais le sujet nous paraît un peu trop spécial pour La Nature.
- Un abonné, à Paris. — Pas de piles électriques pratiques pour l’éclairage domestique. Voyez tous les articles que nous avons publiés à ce sujet.
- M. A. Tardif, à Aix. — Vous trouverez d’excellents renseignements dans la Méthode d’enseignement manuel pour former un mécanicien, par Denis Poulot. 1 vol. grand in-4°, avec 3000 gravures, à la librairie Monrocq frères, à Paris.
- M. A. Poussié, à Melun. — Il existe un grand nombre de livres sur les tours de prestidigitation, nous vous indiquons en particulier le Traité complet des tours d'escamotage anciens et nouveaux, par Etienne Ducret, à la librairie de Th. Lefèvre, rue des Poitevins, à Paris.
- M. H. Dutheil, à Billom. — Nous avons publié une longue série d’articles sur les expériences de M. Crookes ; voyez la Table des matières des dix premières années.
- M. Marsy, b Villers. — Traité des parfums, par Piesse, à la librairie J.-B. Baillière.
- M. E. Délogé, à Paris. — On peut nickeler le cuivre : nous avons publié le procédé employé, en 1881, deuxième semestre.
- Mm‘ veuve Piat, au Thillot. — On trouve à la Ménagère, à Paris, de petits meubles servant de glacière, pour conserver la viande, le poisson, etc., pendant les chaleurs.
- _ M. A. Leleu, à Bruxelles. — Le fabricant des filtres Chamberland, système Pasteur, est M. Boulet, 31, rue Boinod, à Paris.
- M. Demoncy, à Dormans. — L’appareil Carré pour fabriquer la glace pourra vous convenir. (M. Carré, 19, rue de l’Estrapade, à Paris.)
- M. G. Archambault, à Pithiviers. — Les adresses que vous nous demandez sont les suivantes : 1° Paris photographe, directeur : M. Nadar, 51, rue d’Anjou,à Paris; 2e Bulletin du Photo-Club de Paris, M. Bucquet, président, 40, rue des Mathurins, à Paris; 5° Photo-Gazette, directeur : M. G. Mareschal; administrateur : M. L. Picard, 57, rue Saint-Roch, à Paris; 4° Photo-Journal,, directeurs : MM. Gers et Bucquet, 22, rue Vivienne, à Paris.
- M. G. Per lus, à Tibi-Ouzou. — Le compas photographique est
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- très facile à confectionner par un amateur; vous pouvez vous adresser à M. D. Ferrant, à la Société photographique de Rennes.
- M. Gétaz, à Bienne. — Cette adresse nous est inconnue ; tous nos regrets.
- M. le Dr G., à Toulon. — Vous trouverez dans le Dictionnaire des adresses de Bottin tous les renseignements que vous désirez avoir sur les adresses d’éditeurs de musique.
- M. Munier, à Autun. — Ballons en caoutchouc de faibles dimensions : M. Brissonnet, H5, boulevard Sébastopol, à Paris.
- M. L. Vaudel, à Chambéry. — Adressez-vous à M. H. Morin, 3, rue Boursault, à Paris.
- M. A. Souzé, à Amiens. — L’adresse du marchand du porte-plume-réservoir est indiquée en tête de la Boîte aux lettres du n° 936, ((lu 9 mai 1891, qui contient la description.
- M. Simon, à Chatonnay. — L’appareil nous semble trop spécial pour être décrit.
- M. E. Masson, à Dommartin. — Remerciements pour votre communication.
- M. E. Haurie, à Jerez. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. A. Bouloumois, à Paris. — Voyez le petit livre de la Science pratique. (G. Masson, éditeur.)
- QUESTIONS
- IVe 1511. — M. A. C., à Lille, demande pourquoi les marchands de vins conseillent ordinairement à leurs clients de ne pas mettre leur vin en bouteilles pendant les mois de mai, juin et juillet. La raison en est-elle qu’à cette époque la vigne travaille ? Y a-t-il une autre raison plus plausible ?
- RÉPONSES
- Réponse au n° 1310. — Vous trouverez l’appareil que vous désirez sur le contrôle de l’entrée des employés, à l’adresse suivante : The Automatic timestampand registerC°, 71, Sudburg Street, Boston. Massachusetts, U.-S. A. (Communiqué par M. H., ingénieur à Paris.)
- COMMUNICATIONS DIVERSES
- Muséum d’histoire naturelle. — M. Arnaud, professeur du cours de chimie appliquée aux corps organiques, a ouvert ce cours le lundi 20 avril 1891 dans le grand amphitéâtre du Muséum d’histoire naturelle, à 4 heures et demie, et le continuera les jeudis et lundis suivants, à la même heure. Des conférences pratiques complémentaires auront lieu le samedi, dans le grand amphitéâtre : elles seront annoncées par des affiches spéciales. — M. A. Milne-Edwards professeur du cours de zoologie, membre de l’Académie des sciences, a commencé ce cours le mercredi 15 avril 1891, à deux heures. Le
- }>rofesseur traite de l’histoire des mammifères au point de vue de eur organisation, de leur classification et de leur distribution géographique. Les leçons ont lieu les lundis, mercredis et vendredis à 2 heures dans la salle des cours de zoologie, et elles sont complétées par des conférences faites dans le laboratoire, dans les galeries, ou dans la ménagerie, à des jours et heures indiqués par des affiches spéciales. ♦
- BIBLIOGRAPHIE
- Recherches sur la culture de la pomme de terre industrielle et fourragère, par M. Aimé Girard, professeur au Conservatoire des arts et métiers, et à l’Institut agronomique, membre de la Société nationale d’agriculture. 1 vol. in-8°, 2e édition revue et augmentée. Gauthier-Villars et fils, imprimeurs libraires. —Paris, 1891.
- Dictionnaire d'agriculture. Encyclopédie agricole complète, par J.-A. Barrai., continué sous la direction de Henry Sagnier. 24e fascicule SEI-SYS. 1 brochure in-8\ Librairie Hachette et Cie. — Paris, 1891.
- Recherches récentes sur diverses questions d’hydrodynamique. Exposé des travaux de Von Helmhollz, Kirchoff, sir W. Thomson, Lord Rayleigh, etc., par M. Marcel Brillouin. lro partie. Tourbillons, 1 brochure in-4°. Gauthiers-Villars et fils, imprimeurs-libraires. — Paris, 1891.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Moyen de prendre les poudres médicamenteuses.
- Pour faciliter l’ingestion des poudres toujours désagréables à prendre, même quand elles n’ont pas d’amertume, les pharmaciens enveloppent ces médicaments dans un cachet de pain azyme qu’on trempe légèrement dans l’eau et qu’on avale ainsi facilement.
- Il est un moyen plus simple et à la portée de tous. C’est l’emploi du papier à cigarettes; plus le papier sera fin, léger, mieux il conviendra. Vous placez dans le creux de la main la feuille de papier bien étalée, vous versez bien doucement la poudre au centre et vous repliez tout autour les bords de la feuille, en tortillant les extrémités, de façon à former une sorte de petit paquet en boule. La boulette est placée sur la langue et une gorgée d’eau en facilite la déglutition. Le papier se déchiré sans la moindre difficulté dans l’estomac, t laissant, comme avec le pain azyme, le médicament libre dans la cavité digestive. Le papier est rejeté dans les selles.
- Les Allemands prônent en ce moment, dans le même but, le papier d’usego, fabriqué avec une plante du Japon. Ce papier japonais n’a aucun avantage sur le premier papier à cigarettes venu pris dans les conditions que nous venons d’indiquer.
- Contre Vhaleine fétide de la bouche.
- Rincer la bouche plusieurs fois par jour avec un demi-verre d’eau à laquelle on mélange une cuillerée à dessert du mélange suivant :
- Bicarbonate de soude...................... 5 grammes
- Saccharine................................. 5 —
- Acide salicylique. . . .................... 5 —
- Alcool....................................150 —
- Dr X.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Moyen de rendre aux photographies leur couleur primitive.
- On laisse tremper les photographies dans une solution de : eau distillée, 100 centimètres cubes; bichlorure de mercure, 2 centigrammes, et on les maintient dans ce mélange jusqu’à ce que les parties éclairées deviennent blanches et les ombres noires. On lave ensuite à l’eau pure. Il faut avoir soin, avant de tenter cette expérience, de s’assurer sur un coin de la photographie, préalablement décollée de son carton et débarrassée de toute trace de gomme, de la manière dont elle a été virée complètement. Si le virage employé n’avait pas contenu une forte dose d’or, on risquerait de détruire complètement l’image.
- Virage au platine des épreuves aux sels d'argent.
- Les diverses formules de virage au platine, publiées jusqu’à ce jour, présentent toutes l’inconvénient de donner un bain très peu stable, par suite ne se conservant pas. Or, le chlorure de sodium ou sel marin, donnant de la Stabilité aux chloroplatinites employés pour le virage, donne de bons résultats. C’est ce que l’expérience m’a démontré. J’ai donc été conduit à composer la formule comme suit : chloroplatinite de soude, 2 grammes; chlorure de sodium, 2 grammes; bitartrate de soude, 1 gramme; eau, 1000 grammes. Le bitar-trate de soude, ajouté à la présente formule, sert à rendre le bain légèrement acide, le virage ne pouvant se produire dans un bain alcalin. La manière de se servir de ce bain est bien simple. Il suffit d’y plonger les épreuves, après les avoir préalablement dégorgées dans l’eau, et de leur laisser atteindre la teinte que l’on désire. On obtient d’abord des tons pourpres, pourpres-bruns, bruns, et enfin noirs brillants d’encre de Chine. Il faut retirer l’épreuve dès qu’eüe est sur le point d’atteindre le ton que l’on désire, car elle devient plus foncée en séchant. II ne faut pas non plus la laisser trop longtemps dans le bain, car elle deviendrait grise, terne et sans relief. Au sortir du virage, on lave et on fixe à rhyposulfite de soude à 20 pour 100, suivi de lavages abondants. Une fois sèche, l’épreuve possède un joli ton noir et est inaltérable. Ce virage, qui réussit avec tous les papiers albuminés sensibles, salés, etc., répandus dans le commerce, se compose de produits faciles à se procurer, excepté toutefois le chloroplatinite de soude, qui, n’étant pas d’un usage courant, se trouve plus difficilement. Je crois donc être utile à vos lecteurs en leur indiquant où je me le procure. J’achète ce produit à M. Ganichet Paul, chimiste, à Vaison (Vaucluse), au prix de 2 francs le gramme, rendu franco. Jusqu’à présent, j’en ai été très satisfait. (Communiqué par M. Brunei Paul, à Vaison.)
- La Rddietionet l’Adiiiistntioi de LA NATURE «ont dtrinfèresin unité des Aanontes pou lesquelles on doit s’adresser i l’Ûfüte de PnMieite de l'Imprimerie, 9, rie de Fleuris.
- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations, même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 782e BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- D’ipnic US OBSERTATIOM DI X. RENOU (PARC DK SAINT-H ADR, ALTITDDI ; 49 X. 30)
- Mai 1891. — Semaine du lundi, 11 an dimanche 17 Mai 1891.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- IitobUn enregistreur de K. Rédier. — Thermomètre à l’abri, à boni© sèche et à boni© mouillée.
- Le baromètre est ramené à O au niveau de la mer.
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- PHASES DE LA LUNE : P. Q. LE 15 A 7 H. 14 M. DU SOIR
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- »’APRÈS LE BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCE
- JOURS THERMOMÈTRE i 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 & 9 ÉTAT DU CIEL à 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 mai 1891. . . . 10%1 N. E. 1 Couvert. 10,8 Couv. jusq.lSh., p. nuag. ensuite. Eclairs à E.-N.-E. à 1 h., pl. jusq. 2 h.
- Mardi 12 14*,6 N. N. W. 2 Beau. 1,7 Quelq. nuages jusq. 16 h. et ap. 22 h., couv. lereste, tonn. d. N.-E. de 18h. 45à 19 h. 45.Ecl. j. 22 h. av.pi.
- Mercredi 13 15-, 7 N. 2 Beau. 0,0 P. nuag. de 12 à 20 h.; beau av. et apr., tonn. au N. à 14 g. 45 et 15 h. 35.
- Jeudi 14 15*,3 N. N. E. 2 Beau. 0,0 Tr. nuag. de 10 à 18 h.; beau av. et apr. gouttes à 16 h. 30.
- Vendredi 15 11*,3 N. W. 2 Nuageux. 0,0 Nuag., beau ap. 21 h., gouttes à 18 et 19 h.
- Samedi 16. 7-,5 W. 2 Couvert. 0,8 Tr. nuageux ; quelq. averses le m.
- Dimanche 17 5%1 N. W. 3 Nuageux. 0,6 Tr. nuageux ; quelq. averses çà et là ; flocons de neige à 10 h. 43-45. i
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Ili’hiver 1890-1901 en Normandie et dans le midi de la France. — Dans la séance du 7 avril 1891, à la Société météorologique de France, M. Teisserenc de Bort a fait remarquer que l’hiver dernier a été | exceptionnellement froid en Normandie, dans le midi de la France ainsi qu’en | Algérie ; à Perpignan, les arbres des pays sub-tropicaux comme les eucalyptus, j les orangers, les citronniers, ont été gelés. A Alger, il y a eu deux jours de ! neige, et le sol a été complètement recouvert, ce qui ne s’était pas vu depuis | 1830; mais la température de l’air n’est pas descendue au-dessous de —3°,0, j en sorte que les pointes seules des branches de mandariniers et de citronniers j ont été gelées; les eucalyptus, en un grand nombre de points plus éloignés de ; la mer, ont eu tout leur feuillage gelé, et les céréales ont été atteintes en : certaines parties des hauts plateaux; à Sétif, la température s’est abaissée à i —13°,0. Du reste, on ne peut s'en rapporter complètement, pour juger de
- I l’intensité du froid, aux dégâts causés sur les arbres, parce que l’état plus ou moins avancé de la sève joue un rôle tout à fait prépondérant dans le gel des branches. Les cultivateurs du Midi savent très bien qu’il est nécessaire d’ar-
- roser les orangers pendant l’été, dans les années sèches, pour les empêcher d’entrer en végétation active au moment des pluies du commencement de l’hiver, ce qui rendrait ces arbres beaucoup trop sensibles à la gelée.
- La neige. — Une période de temps froid très remarquable s’est fait sentir pendant plusieurs jours depuis le 17 mai 1891.
- Voici des nouvelles reçues. On nous a écrit de Grenoble à la date du 17 mai : La neige tombe en abondance depuis hier, non seulement sur les montagnes, mais sur les coteaux qui environnent Grenoble. Les voitures qui sont arrivées ce matin du Bourg-d’Oisans et du Villar-de-Lans étaient couvertes de neige. Le thermomètre est descendu à un degré au-dessus de zéro. On craint des gelées nocturnes.
- On a écrit de Lyon à la même date : La température s’est considérablement refroidie. Le thermomètre marquait ce matin -+- 2. Un peu de neige fondue est tombée.
- La neige est tombée aux environs de Paris, le 17 et le 18 au matin, notamment au Bois de Boulogne.
- La neige a été signalée le 17 mai à Belfort, où le ballon d’Alsace et les sommets des Vosges n’ont pas tardé à être tout blancs. La neige a encore été signalée à Nancy, au Havre et dans un grand nombre d’autres localités.
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- Supplément au numéro 939 de LA NATURE, du 30 mal 1891
- C,™*) 631“ BOITE AUX LETTRES ( )
- ••a Uttraa et oomaBiinio«lions relative* à la a Boita au lettres » et à la rédaction doivent être adressées à H. Oaston nSIAIBIIB
- SO, me de Cliâteandnn, à Paris.
- Dans la « Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les . renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précédé la date de ta livraison.
- Tout u les communications! qui concernent le SERVICE DD JOURNAL (abonnements, réclamations, changements d’adresse, etc.) doivent être adressées
- A LA LIBRAIRIE MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- A1TIS DE L'ADMINISTRATION. — MM. les abonnés au journal La Nature dont l’abonnement expire avec lan° 939 (30 mai 1891) sont instamment priés, pour faciliter ce renouvellement, un des plus chargés de l’année, de nous faire parvenir avant cette époque leur ordre de renouvellement. Les quittances seront présentées à domicile, à Paris et dans les départements, à partir du 5 juin, à ceux qui n’auraient pas fait parvenir d’ordre contraire. — Prière de joindre une bande aux demandes d’abonnements.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Réchaud à esprit-de-vin : M. Allain, 8, avenue de l’Église, à Créteil.
- M. Vicente Gonzalès Cazalis, à Valence. — L’ancienne gravure alchimique, dont vous nous avez envoyé une reproduction photographique, nous paraît très intéressante ; nous en donnerions volontiers une reproduction dans La Nature, mais il faudrait que nous pussions disposer de l’original.
- M. C. Vercollier, à Nanterre. — Veuillez nous excuser de vous répondre un peu tardivement : le sujet des anciens cadrans solaires ortatifs nous paraît épuisé, nous avons cité un grand nombre 'exemples de ces appareils, nous ne saurions en prolonger la description.
- M. J. de Rey Pailhade, à Toulouse. — Nous avons reçu et lu avec intérêt vos Mémoires, sur les montres et boussoles solaires. Veuillez agréer tous nos remerciements.
- ’ M. Frédéric Hesselgren, à Turin. — Votre Notice nous paraît très bien étudiée; mais le sujet est un peu trop spécial pour La Nature.
- M. L. V., abonné, à Laval. — Il y a là un usage dont la cause n’est pas connue. Nous avons publié antérieurement un article sur Y Heure des chemins de fer.
- M. le colonel Poupon, à Clermont-Ferrand. — Tous nos remerciements pour votre Notice du Bulletin de l’Académie des scienecs de Clermont; nous l’utiliserons si nous revenons sur le sujet.
- M. le Dr 0lt, à Saint-Malo. — Vous trouverez ce produit chez les principaux fournisseurs des produits photographiques.
- M. Cabbé Jovenay, à Château-Thierry. — Nous avons publié jadis plusieurs gravures analogues à celles que vous signalez ; on en a fait autrefois un très grand nombre.
- M. le Président de la Société photographique vincennoise, à Yin-cénnes, nous informe que sa Société a organisé pour le 14 juin 1891 un concours de pose et d’instantanéité. On peut s’adresser à la Société pour avoir le Programme de ce concours.
- M. Troncq, à Aubervilliers. — On a souvent cité des exemples de monstruosités analogues.
- M. Brandon, à Paris. —Nous n’avons jamais entendu parler d’une encre semblable à celle que vous décrivez.
- M. Paul Loga, à Rochefort. — Toutes les formes d’acné sont difficiles à guérir ; on les combat à l’aide d’applications locales qu’un médecin seul peut indiquer suivant les cas.
- M. J. Beyt, à Toulouse. — Il faut vous adresser à Y Office de publicité, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- M. X., à Lamalou. — Nous avons donné les principaux types de fusils ; nous ne saurions les décrire tous. Nous reviendrons peut-être sur la question.
- M. Mouchet-Wiser, à Anvers. — Nous ne sommes pas d’avis de signaler aux enfants les jeux dans lesquels on se sert de hannetons vivants; il est inhumain de faire souffrir les animaux.
- >. M. A. Van Hoecke, à Gand. — On ne peut amalgamer le charbon même; il faut mettre un support pour maintenir le charbon.
- M. Mittenhoff, à Levallois-Perret. — Pour ce qui concerne la métallisation des fleurs, voyez les 512“ et 523“ Boîtes aux lettres, du 16 février et du 4 mai 1889.
- M. S., à Dijon. — On ne saurait faire, dans l’état actuel de la science, de semblables prévisions d’une façon certaine.
- M. Ad. A., à Vernon. — 1° Ecole Diderot, 60, 'boulevard de la Villette, à Paris. — 2° Pas de machine de ce genre.
- M. P. Zeller, à Relfort. — Il s’agit là d’une recherche facile, que vous pouvez entreprendre vous-même.
- Un lecteur, à Rouen. — Des essais de laboratoire seuls pourront vous renseigner.
- M. A. Levy, à Asnières. — Nous ne croyons pas que ces anneaux existent en France.
- M. Van N. d’H., à Bruxelles; M. Graillot, à Paris. — La Société la Carbonique française, 112, rue de Richelieu, pourra vous donner satisfaction.
- M. F. Mathieu, à Reims. — Il ne nous paraît pas impossible de
- faire des eaux pétrifiantes; mais il serait nécessaire de faire des recherches de laboratoire que nous ne saurions entreprendre.
- M. J. E., à Lyon. — Voyez les différents articles qui ont été publiés par La Nature sur l’utilisation industrielle des piles.
- M. A. Z., à R. — Les formules à l’acide pyrogallique et à l’hy-droquinone donnent de très bons résultats.
- M. G. Falletti, à Lierna. — Nous ne comprenons pas bien les renseignements que vous nous demandez.
- M. E. Faitot, à Paris. — Dans un instrument d’optique, le grossissement est le rapport du diamètre de l’image au diamètre de l’objet ; le rapprochement est le rapport de la distance de l’objet à la distance de l’image. Le grossissement et le rapprochement sont en raison directe de la puissance d’une lentille.
- M. Martinet, à Marseille. — Le Journal du ciel, publié par M. Joseph Yinot (cour de Rohan, à Paris) fait paraître actuellement des articles de Notions élémentaires astronomiques pour le jeune âge : vous trouverez ce que vous désirez dans ces articles que nous vous recommandons.
- M. Maxime B., à Arcachon et Un jeune amateur. — Remerciements pour vos recettes que nous utiliserons.
- M. A. Roques, à Grenoble. — Regrets de ne pas connaître cet appareil.
- M. E. C. A., à Issy. — 1° Pas d’adresse spéciale. — 2° Yoyez le petit livre des Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.)
- M. M. de C., à Nice. — Même petit livre que ci-dessus.
- M. P. Delaporte, à Paris. --- Remerciements pour votre communication.
- M. E. G., à Paris. — Vous trouverez plusieurs ouvrages sur les machines électriques à la librairie Baudry, 15, rue des Saints-Pères.
- Un abonné, à G. — 1° Non. — 2° Eclairage à l’électricité, par H. Fontaine, à la même librairie.
- M. L. M., à Ornans, — Ouvrages divers relatifs à l’électricité élémentaire, à la librairie Bernard Tignol, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. A. Thiery, à Etréaupont. — Pas de traité de ce genre.
- M. P. Dite, à Ustaritz; M. L. B., h Salins. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. P. Sarrazin, à L. — Voir la recette publiée dans Hygiène et santé (630“ Boîte aux lettres, n° 938, du 23 mai 1891).
- M. G. Coutela, à Paris. — 11 est difficile de répondre à votre question. Chaque appareil a ses avantages et ses inconvénients; adressez-vous aux divers constructeurs de téléphones.
- M. E. B., à Alexandrie. — Nous avons déjà publié la description des différents types de chaudières au moment de leur création. Une étude de ce genre nous entraînerait trop loin.
- M. F. Lacaze, à Bordeaux. — Pour effacer les taches d’encre sur le papier, on peut employer une solution à 5 pour 100 de permanganate de potasse pour un premier lavage, et ensuite une solution saturée d’acide sulfureux.
- L’abonné 1512, à Aubigny-sur-Nère. — Nous ne pouvons vous renseigner; il faudrait, pour vous répondre, faire des recherches que nous ne pouvons effectuer.
- M. C. F., à Douai. — Vous pouvez adresser des lettres aux directeurs des postes des différents pays, ou encore aux consuls français.
- M. M. Camperio, à Livourne. — L’extraction du sel s'obtient par l’évaporation sous l’action des rayons solaires, soit dans les bassins d’évaporation, soit dans les bâtiments de graduation.
- M. E. Mouzin, à Nimy. — Nous regrettons de ne pas connaître d’autres mastics que ceux déjà indiqués.
- M. Bilogorry, à Arnéguy. — Filtre Maignen, avenue de l’Opéra, à Paris.
- M. X. V., à Huy. — 1° Cette précaution peut éviter certainement des coups de foudre. — 2° Aucun danger.
- M. A. Vorley, à Paris. — Voyez le n° 905, du 4 octobre 1890, p. 283.
- M. A. L. M., à Paris. — Il faut vous adresser directement au Secrétariat de la Faculté des sciences, à Paris.
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- M. R. B., au Vésinet. —Consultez le livre suivant: Le chevaline ‘ P. Mégnin, aux bureaux du journal l'Eleveur, 2 1er, avenue Aubert, à Yincennes.
- !M. Demeuldre, à Soignies. — La description du Pronostic ou Sturm-glass est donnée dans le petit livre de la Science pratique.
- M. P. Z)., à Saint-Amand. — 1° Pas d’adresse spéciale. — 2° Des essais ont été effectués à ce sujet et ont donné de mauvais résultats.
- Un lecteur, à Rouen. — Une des meilleures teintures pour les cheveux consiste dans le jus de l’écorce verte de noix.
- M. L. A. F., à X. — Ce projet constitue un mouvement perpétuel irréalisable. Nous avons publié sur le mouvement perpétuel (n° 503, du 20 janvier 1883) un article que nous vous conseillons de lire. f. M. F. G., à Argelliers.— 1° Oui. — 2“ M. Ch. Tellier, 20, rue 1 Félicien-David, à Paris-Auteuil.
- | M. L. T., à Lorient. — Nous ne saurions apprécier votre invention !' sans en avoir la description ; cependant le sujet nous paraît a priori ! un peu spécial.
- QUESTIONS
- N° 1312. — MM. Blanc et Aubert, à Pinerolo, près Turin, demandent s’il existe un moyen d’empêcher les oiseaux, tels que paons, faisans, etc., de voler, sans leur couper les ailes.
- RÉPONSES
- Réponse au n° 1310. — Voici l’adresse d’une maison qui fabrique des contrôleurs mécaniques pour l’arrivée et la sortie des employés dans une usine : Llewellin’s machine Company, à Bristol. (Communiqué par M. F. Ch. Kœchlin, à La Haye.)
- BIBLIOGRAPHIE
- Guerre de 1870-1871. Paris, Chevilly et Bagneux. 20 septembre-20 octobre, avec deux cartes des opérations militaires, par Alfred Duquet, 1 vol. in-18. — Paris, Bibliothèque Charpentier, 1891.
- L'année militaire et maritime, par H. Barthélémy et Léon Renard. Première année, 1891. 1 vol. in-18. — Paris, Maurice-Joseph Ducher, 9, rue de Verneuil, 1891.
- L'hydrogène et ses applications en aéronautique. L’électrolyse de Veau, avec figures dans le texte. 1 vol. in-18 de la petite Bibliothèque aéronautique, par le commandant G. Espitalllier. — Paris, G. Masson, 1891.
- Étude complète sur le développement et les développateurs, par L. Mathet, avec figures dans le texte. 1 brochure in-18. —Paris, Société générale d’éditions, 24, boulevard Saint-Germain, 1891.
- Agenda de l'amateur photographe pour 1890, par E. Forestier, secrétaire de la rédaction du journal l'Amateur photographe. 1 vol. in-32, à la Société générale d’éditions. — Paris, 1891.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La stérilisation du lait.
- Il est très difficile, pendant les temps chauds, d’assurer aux enfants qu’on allaite artificiellement un lait pur et non aigri. Le lait qu’on trouve à Paris a passé par bien des mains avant d’arriver au consommateur ; il a séjourné dans des vases qui ne sont pas nettoyés comme ils devraient l’être, c’est-à-dire, passés à l’eau bouillante à chaque fois. De là résulte une fermentation très rapide du lait et partant, un aliment non seulement défectueux pour l’enfant, mais capable d’engendrer ces diarrhées estivales si rebelles, ces troubles digestifs qui causent la mort de tant de nourrissons.
- Pour remédier à ces inconvénients, il faut employer du lait privé de ses principaux ferments et microbes. Voici, dans ce but, un moyen pratique. Prenez une marmite en terre ou métal, un peu large, comme celle qu’on emploie pour faire le pot-au-feu. Disposez au fond un petit treillage de fil de fer ou une petite planchette de bois percée ae trous.
- Dès que vous avez reçu le lait, divisez-le dans des flacons de 125 à 150 grammes de capacité, bien nettoyés à l’eau bouillante ; bouchez chaque flacon avec un petit tampon d’ouate hydrophile peu serrée et disposez vos vases dans la marmite sur le* treillage. Le lait ne doit pas affleurer, dans chaque flacon, le bouchon d’ouate ; il faut un écart de 2 à 3 centimètres pour laisser l’espace nécessaire à la dilatation du liquide par la chaleur.
- Mettez alors votre marmite sur le feu et portez à l’ébullition l’eau de la marmite qui devra atteindre la hauteur correspondant à peu près au tiers supérieur des flacons. Faites bouillir l’eau pendant trois quarts d’heure. Retirez du feu.
- Le lait sera, par ce bain-marie, porté à’une température d’environ 80 à 85 degrés, suffisante pour détruire la plus grande partie des microbes et arrêter le développement de la fermentation. L’air ne pouvant rentrer dans le flacon qu’au travers de la ouate, est purifié, débarrassé de ses germes par ce filtre et ne provoque pas l’altération. Le lait peut se conserver ainsi plusieurs jours ; mais il sera bon de ne pas faire une provision de plus de quarante-huit heures. Il suffit, pour l’allaitement artificiel, d’introduire dans le flacon l’embout du biberon, préalablement bien nettoyé à l’eau bouillante. C’est là une mesure fort importante. Plus vous laverez, nettoierez ces appareils consciencieusement, plus vous assurerez la pureté du lait que vous donnez au bébé. * Dr X...
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Menu photographique avec inscriptions pouvant s'effacer à volonté.
- Les menus photographiques, signalés pour la première fois par La Nature, commencent à devenir à la mode en France. C’est là un agréable passe-temps pour les amateurs qui ont du goût et de l’imagination. Les menus faits sur papier salé ou au platine, encadrés et ornementés de dessins à la plume, sont d’un effet très artistique. Mais ils ne peuvent servir qu’une fois, car les inscriptions à l’encré de Chine ou ordinaire ne peuvent pas s’enlever. Pour remédier à cet inconvénient, j’ai cherché et trouvé facilement un papier photographique sur lequel on pouvait écrire et effacer sans peine le menu, sans rien détériorer. C’est le nouveau papier de la celloïdine, qui donne de bons résultats. On ne doit pas se servir d’encre ayant un mordant. Ce qui réussit le mieux, c’est de prendre, dans une boîte d’aquarelle, le noir et le carmin, et, avec un peu d’eau dans un godet, de composer une couleur se rapprochant le plus possible du ton photographique de l’épreuve. On écrit, sans appuyer fortement, avec une plume douce. On efface au moyen d’une éponge fine légèrement mouillée. Entre les mains de personnes soigneuses, ce menu peut servir longtemps. (Communiqué par Georges Margot, photographe-amateur, à Périgueux.)
- Poulets chasseurs de souris.
- J’ai eu chez moi plusieurs poulets et canards qui pouvaient rivaliser d’adresse avec le meilleur chat pour guetter, saisir et croquer les souris. Voici comment je suis arrivé à dresser, sans m’en douter, ces jeunes oiseaux à chasser les souris. Chaque année, je vais passer quelques mois aux bords de la mer et j’emporte comme bagage culinaire une cargaison de volailles que je tâche de maintenir dans un état passable d’embonpoint jusqu'au jour de l’holocauste. Mais vu la nature de la localité, ce n’est pas aussi facile qu’on pourrait le croire d’abord, et malgré le grain et les pâtées à discrétion, ma basse-cour, qui n’est autre que le sable de dune, n’offre aucune nourriture en verdure ou en insectes à ses hôtes qui en souffrent beaucoup, aussi se jettent-ils avec avidité sur la moindre feuille de salade et sur les ’ etits morceaux de viande. Si mes poulets ne prospèrent pas à sou-aits aux bords de la mer, je n’en dirai pas autant des souris et des rats, ils pullulent prodigieusement malgré une destruction sérieuse. Un jour que toutes les souricières étaient garnies de leurs prises, afin de les replacer de suite, je les débarrassai et je jetai négligemment ces petits rongeurs dans la basse-cour, mais je vis aussitôt poulets et canards se jeter sur ce friand morceau et s’en repaître avec avidité. A quelques jours de là, me souvenant de ce qui s’était passé, je voulus m’offrir le spectacle d’une chasse à courre par ma meute de volailles; je lâchai donc quelques souris vivantes dans la' basse-cour. Aussitôt elles furent poursuivies, happées par les poulets plus vifs que les canards et finalement mises en pièces et avalées. A dater de ce jour, mes poulets-chasseurs (avant d’avoir subi la sauce ainsi nommee) étaient dressés; je les voyais auprès d’un tas de bois, dans l’écurie, auprès des fourrages, guetter les souris avec la patience d’un chat; aussitôt qu’une imprudente se montrait à portée, elle était saisie et emportée au milieu de la cour, malgré ses cris aigus, qui ne manquaient pas d’attirer le reste de la basse-cour affamée; l’heureux poulet-chasseur, la souris dans le bec, était poursuivi à outrance par ses compagnons suivis des canards moins vifs à la course, mais parfois plus habiles et prompts à profiter du moment opportun pour prendre et avaler la victime ou ses débris qui, après avoir passé cent fois de bec en bec, devenaient* la proie du plus adroit. (Revue des sciences naturelles.)
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- AVIS. — La reproduction, sans indication de source, des articles publiés par le journal La Nature est interdite. La reproduction des illustrations,' même avec indication de provenance, n’est autorisée qu’en cas d’une entente spéciale avec l’éditeur.
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- 783e BULLETIN METEOROLOGIQUE DE LA NATURE
- S’APKiS LIS OBSERVATIONS DI M. RENOU (PARC DR SAINT-M ADR, ALTITUDE *. 49 X. 30)
- Mai 1891. — Semaine dn lundi 18 an dimanche 24 Mai 1891.
- LUNDI I V MARDI J MERCREDI I • JEUD'Llÿ^ ^ENDRÊDr *U £ SAMtDI%Ç ^MANCHE 6 MIDI 6 MiN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI f'6 MIN 6 Mibi 6 min 6 MIDI 6 .min '6 MIDI 6
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- La tourbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.
- Baromètre •arefftitranr de , Rédler. — Thermomètre à l'abri, à boule eècbe et à boule mouillée.
- Le baromètre est ramené h O au niveau de la mer.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. LE 23 A 6 H. 35 M. DU SOIR
- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES A 7 HEURES DU MATIN
- l’APRÈS LK BULLETIN INTERNATIONAL DU BUREAU CENTRAL MÉTÉOROLOGIQUE DE FRANCB
- JOURS THERMOMÈTRE i 7 h. m. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 i 9 ÉTAT DU CIEL i 7 h. m. PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 mai 1891. . . . 7*, 7 S. 5 Couvert. 0,9 Couv. ; pluie le tiers du temps.
- Mardi 19 10*,8 S. S. W. 4 Presque couv. 7,6 Tr. nuageux jusq. 18 h. ; qq. nuages après; qq. averses le matin.
- Mercredi 20 8%4 S. 1 Couvert. 0,7 Presque couv. ; pluie à diverses reprises ; éclairs au S.-E. de 21 à 24 h.
- Jeudi 21 13*,5 S. E. 3 Couvert. 2,9 Peu nuageux de 16 à 17 h. ; couv. le reste; tonnerre de 14 h. 30 à 15 h. ; éclairs à E. à 20-21 h.
- Vendredi 22 9*,9 W. S. W. 3 Nuageux. 3,7 Nuag. jusq. 16 h. ; qq. nuages ensuite; pluie av. le jour.
- Samedi 23 11*,2 N. E. 1 Presque couv. 0,0 Tr. nuageux ; pluie dans la soirée.
- Dimanche 24 10*,3 S. 4 Couvert. 1,8 Couv. jusq. 17 h. ; tr. nuageux ensuite; pluie à diverses reprises.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- 1<C0 orages du St mai 1801. — Un orage d’une extrême violence i s’est abattu sur Paris le 21 mai à 3 heures. Pendant quelques minutes la pluie ’ et la grêle sont tombées en abondance. Toutes les avenues plantées de marron-> niers ont été littéralement jonchées de fleurs et de branches arrachées de ces j arbres. La foudre est tombée sur un des arbres de l’esplanade des Invalides et l’a fendu. Un marronnier du square Sainte-Clotilde a été renversé. Enfin, rue Paul-Louis-Courier, une cheminée a été jetée sur la chaussée où elle a brisé une voiture à bras. Des orages ont eu lieu le même jour sur un grand nombre de localités.
- Dans la soirée du 21 un ouragan s’est abattu subitement sur Bordeaux; un peu après 7 heures, un vent terrible venant de l’ouest-sud-ouest, précédé d’éclairs et suivi de coups de tonnerre s'est déchaîné tout à coup soulevant une poussière aveuglante, puis sont arrivés des torrents d’eau.
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- Les dégâts, en ville, ont été considérables. Des cheminées ont été enlevées, les trottoirs de la plupart des rues étaient jonchés de tuiles, d’ardoises, de débris de toutes sortes arrachés aux toitures, les promenades étaient couvertes de branches d’arbres cassées. Sur les quais, les tentes des compagnies de navigation étaient emportées par le vent, laissant des marchandises sans abri. Un échafaudage était renversé dans le quartier de la Bastide. Les effets de la tempête ont été encore plus sensibles quai de Queyries : on ne voyait que des arbres et des réverbères arrachés ou tordus. L’avenne Thiers a été complètement dévastée; presque tous les arbres étaient couchés sur le sol. Sur la ligne du chemin de fer, les fils télégraphiques sont rompus. La foudre est tombée sur la cathédrale, détachant un énorme bloc de pierre d’une des arcades latérales. Le fil téléphonique de Bordeaux à Pauillac a été rompu ; toutes les communications télégraphiques avec la région du sud-ouest ont été arrêtées par suite, de la chute des poteaux. On n’a signalé aucun accident grave de personnes : quelques blessures légères seulement.
- TEMPERATURE
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